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Full text of "Journal de pharmacie et des sciences accessoires"

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JOURNAL 


DE 


PHARMACIE 


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TOME  XV, 


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PARIS.  — IMPRIMERIE  DE  FAIN,    RUE  RACINE,   N».  4, 

Place  d«  rOdeon. 


JOURNAL 

DE  PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES, 

RÉDIGÉ 

Par   mm.   P.  -  J.    Bouillov  -  Lagrange  ,    L.  -  A.   Plauchb  , 

P.    -  F.  -  G.     BOULLAT  ,     J.  -  P.     BoUDET  ,     J.  -  J.     ViRBT  , 

J.    Pelletier,  A.  Busst^  E.   Soubeirait»  O.  Heurt  fils; 

ET 

BULLETIN  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS, 

Rédigé  par  M.  Hehbt,  et  par  une  Commission  spéciale. 


Major  coUectis  viribns  exit. 


TOME  QUINZIÈME. 


A  PARIS, 

CHEZ  LOUIS  COLAS  FILS,  LIBRAIRE, 

KDE    DAUPHIRE,    H'.    3a. 


■■■■ 


iSap. 


JOURNAL 

DE  PHARMACIE 


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DES  .SCIENCES  ACCESSOIRES 


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sac 


N*".  ^^  — 15*.  Année.  —  Janvier  1829. 

NOTE 

Sur  l'existence  de  la  cholestérine  dans  Vhuite  de  jaunes 
d* œufs  ^  par  M.  TjECavv^  pharmaeiàn, 

Lorsqu'après  avoir  séparé  par  le  fiitte  la  malière 
solide  qui  se  dépose  par  le  refroidissement  de  l'huile 
de  jaunes  d'œufs  récemment  préparée ,  on  expose  le  li- 
quide huileux  à  l'action  d'une  température  inférieure  à 
celle  de  10°,  il  s'en  sépare  de  nouveaux  flocons  sem- 
hlahles  aux  premiers ,  et  comme  eux  essentiellement 
formés  de  stéarine.  Ils  se  comportent  en  effet ,  ainsi  que 
l'a  fait  voir  notre  habile  confrère  M.  Planche,  d'une 
manière  tout-à-fait  analogue  à  celle  des  stéarines  qu'on 
rencontre  dans  plusieurs  huiles  animales  et  végétales, 
dans  leur  contact  avec  l'alcool ,  les  alcalis  caustiques  ; 
et  nous  nous  sommes  assurés,  M.  Bussy  et  moi ,  dans  le 
courant  de  nos  recherches  sur  les  matières  g'rasses,  qu'ils 
XV*.  Année. — Jan^/ier  1829,  1  . 


a  JOtJRI«AL 

fournissaient  aussi  les  mêmes  produits  à  la  distillation» 
Mais  9  si ,  au  lieu  d'exposer  au-dessous  de  10*»  le  liquide 
huileux  obtenu  à  la  température  ordinaire  de  18  à  28«, 
on  l'abandonne  à  lui-même  à  la  température  moyenne 
de  12  à  1 5»  j  au  bout  de  quelques  jgnn's,on  remarque 
qu'il  s'en  sépare ,  sous  forme  de  lames  brillantes  et  na- 
crées, une  nouvelle  matière  solide  parfaitement  dis- 
tincte de  la  stéarine,  qu'on  ne  peut  en  aucune  manière 
confondre  avec  elle. 

C^tte  matière  ,^  qui  parait  exister  dans  l'buîle  d'ceufs 
pour  3^  environ  de  son  poids,  peut  être  obtenue  sensi- 
blement pure  en  filtrant  le  liquide  qui  la  laisse  déposer, 
et  comprimant  fortement  entre  des  feuilles  de  papier  non 
collé  le  résidu  restée  sur  le  filtre  ;  elle  est  alors  en  masse 
cotnpacte,  dure,  cassante,  presque  complètement  inco- 
lore, insipide  et  d'une  légère  odeur  d'huile  d'œufs.  L'eau 
ne  la  dissout  pas«  L'alcool  et  l'éther  la  dissolvent  au  con- 
traire avec  assez  de  facilité,  surtout  à  chaud,  sans  qu'elle 
leur  con;imunique  la  propriété  de  réagir  sur  les  réactifs 
colorés;  et  y  par  le  refroidissement ,  la  laissent  déposer 
presque  en  totalité  sous  forme  d'écaillés  brillantes ,  na- 
crées et  du  plus  beau  blanc. 

Si,  après  l'avoir  parfaitement  purifiée  au  moyen  d'une 
ou  de  deux  cristallisations  dans  Talcool,  lavoir  compri- 
mée de  nouveau,,  puis  enfin  séchée  au  bain-marie,  on 
vient  à  l'exposer  à  l'action  de  la  chaleur,  on  voit  qu'elle 
se  fond  vers  le  145**  du  thernioinètre  centigrade,  et  qu'à 
une  température  plus  élevée  elle  se  décompose  et.se  vo- 
latilise en  partie  sans  paraître  i^oduire  d'acides  gras. 

La  potasse  caustique  enr  dissolution  concentrée  ne  la 
dissout  pas  et  ne  parait  pas  l'altérer.  Du  moins ,  j'en  ai 
fait  bouillir  pendant  près  d'une  heure  une  partie  dans  10^ 
parties  d'eau  contenant  la  moitié  de  son  poids  de  po- 
tasse caustique,  et,  4u  bout  de  ce  temps ,  la  matière  mise 
en  expérience  n'avait  mille|nent  changé, de  fusibilité;  la^ 


V 


DE    PHAABiAGiE»  3 

inpeUr  alcaline  qu  elle  surnageait,  sursaturée  par  lacide 
hjdrochlorique ,  ne  s'est  pas  troubléèv 

Il  mé  semble  r^ultef  des  expériences  précédentes,  que 
la  matière  séparée  de  Thuile  de  jaunes  d'oeufs ,  présente 
les  principaux  caractères  de  la  matière  cristalline  des  cal-^ 
culs  biliaires ,  à  laquelle  M.  Ghevreul  a  donné  le  nom  de 
icholestérine ,  et  doit  par  conséquent  lui  être  assimilée. 
Son  point  de  fusion  est ,  il  est  vrai ,  de  quelques  degrés 
plus  élevé  que  celui  de  la  cbolestérine  \  mais  cette  légère 
différence  ne  me  semble  pas  de  nature  à  empêcher  de 
rapprocher  IVne  de  l'autre  deux  substances  ^  dont  les 
propriétés  essentielles  sont  identiques.  Dans  Tèxamen  des 
principes  immédiats  organiques,  quonne  peut  guère  se 
flatter  d'avoir  obtenus  dans  un  état  parfait  de  pureté,  il 
est,  selon  moi,  bien  plus  rationnel  d'assimiler  tous  ceux 
dont  les  propriétés  vraiment  caractéristiques  sont  sem-« 
blables ,  que  d'en  faire  autant  d'espèces  particulières»  Rien 
d'ailleurs  ne  s'oppose  h  ce  que  Ton  considère ,  si  l'on  veut, 
la  matière  cristalline  de  l'buile  d'oeufs  comme  une  variété 
de  cbolestérine,  de  même  qu'on  admet  plusieurs  variétés 
de  stéarine  diversement  fusibles» 

L'existence  de  la  cbolestérine  dans  le  jaune  d'oeuf,  oit 
MM.  Planche,  Cbevreul,  John  avaient  déjà  reconnu  la 
présence  d'une  huile  fixe,  de  l'albumine,  de  l'albumine 
modifiée,  du  soufre,  d'un  acide  libre  présumé  être  le 
phosphorique ,  d'une  matière  brunâtre  soluble  dans  l'al- 
cool et  Téther,  d'une  matière  colorante  rouge  et  d'une  au- 
tre matière  colorante  jaune,  est  d'autant  plus  remarqua- 
ble, que  M.  Cbevreul,  en  examinant  les  propriétés  de  cette 
dernière  matière  jaune,  avait  cru  lui  reconnaître  une 
grande  analogie  avec  la  matière  jaune  de  la  bile* 

Il  eût  été  curieux  de  rechercher  si  toutes  les  huiles 
fournies  par  les  œufs  d'oiseaux  contiennent  également 
de  la  cho^stérine ,  et  de  plus ,  si  ce  principe  ne  se  re- 
trouve pas  aussi  dans  les  oeufs  de  poissons,  avec  lesquels 

1. 


4  JOURNAL 

les  œufs  d'piseâux  ont.,  comme  on  sait ,  paries  analyses 
de  MM.  Yauquelin  et  Morin,  une  grande  analogie;  mais 
la  difficulté  de  me  procurer  ces  matiéte^grasses  en  quan- 
tité suffisante  pour  les  bien  étudier ,  ne  ma  pas  permis 
d'entreprendre  les  recherches  auxquelles  j'aurais  désiré 
me  livrer.  Je  nai  pu  également  tenter  les  expériences 
auxquelles  j'aurais  voulu  soumettre  la  partie  graisseuse 
qui  avoisine  l'ovaire  de  la  poule.  La  présence  de  la  cho- 
lestérine  dans  cette  matière  grasse,  qui,  suivant  l'inté- 
ressante observation  de  M.  Planche,  contient  déjà  la 
stéarine  de  l'œuf,  aurait  fourni  un  fait  de  plus  à  l'appui 
de  l'opinion  des  physiologistes  qui  ont  «ivancé  que  cette 
graisse  concourait  à  la  formation  du  jaune  d'œuf. 

J'observerai,  au  sujet  de  la  cholestérine  dont  il  estques-* 
tion  dans  cette  note,  qu'on  n'a  pu  sans  erreur  avaucer 
que  les  anciens  chimistes  avaient  confondu  cette  sub- 
stance avec  le  blanc  de  baleine  et  la  matière  grasse  des 
cadavres.  Il  les  désignaient  toutes  trois ^  il  est  vrai,  sous 
le  nom  d'adipocire;  mais  ce  mot  était  employé  par  eux 
d'une  manière  générique  et  non  pas  spécifique.  Je  lis  en 
effet,  page  il4  du  mémoire  de  Fourcroy ,  sur  le  cerveau 
, humain,  inséré  tome  16  des  Annales  de  chimie  : 

«  Ces  3  substances  (la  matière  cristalline  des  calculs 
biliaires ,  la  matière  grasse  des  cadavres  ,  le  blanc  de  ba« 
leine) ,  ne  peuvent  soutirir  aucune  espèce  de  comparaison 
aux  yeux  des  chimistes  exercés,  puisqu'on  sait  qu'une 
chaleur  de  30  à  32°  Réaumur  suffit  pour  fondre  le  blanc 
de  baleine  et  l'espèce  de  cire  sébacée  retirée  des  matières 
animales  enfouies  depuis  long-temps,  tandis  que  la  ma- 
tière huileuse  copcrète  des  calculs  biliaires  demande  quel* 
ques  degrés  au-dessus  de  l'eau  bouillante  pour  passera 
l'état Jiquide.  Ces  matières  donc,  malgré  qu'on  en  ait  dit 
plusieurs  fois,  n'ont  de  rapport  entre  elles  que  par  la 
tendance  à  prendre  une  forme  régulière  en  se  figeant,  et 
cette  propriété,  dont  le  résultat  n'est  pij^méme  semblable,. 


DE    PHARM^IE.  5 

est  bien  loin  (ie  pouvoir  seule  établir  une  ressemblance 
parfaite ,  puisque  tous  les  autres  corps  la  partagent  sans 
cependant  se  ressembler.  « 

Bostock  ,  jinithles  de  chimie,  tQme  46,  page  94,  ter- 
mine ainsi  le  mémoire  dans  lequel  il  a  consigné  les  résul** 
fais  de  Texamen  comparatif  des  mêmes  substances. 

«  Ces  expériences  prouvent  qu  il  y  a  plusieurs  circon- 
stances importantes,  dans  lesquelles  la* matière  cristalline 
des  calculs  bilLiires  difl^re  du  blanc  de  baleine  et  de  Ta- 
dipocire  auxquels  on  la  compare;  et  en  résultat,  quoi- 
que ces  substances  possèdent  quelques  propriétés  com- 
munes et  aient  un  certain  degré  de  ressemblance  dans 
leur  apparence  extérieure ,  elles  difil&rent  matériellement 
dans  leur  nature  chimique.  Il  y  a  lieu  de  conjectnrer 
qu'elles  sont  composées  des  mêmes  élèmens,  mais  dans 
des  proportions  diverses  et  avec  difiercns  degrés  d  at-^ 
traction.  » 


jyune  nauf^lle  résitie  odorante  du  Mexique  et  <  des 

insectes  qu'elle  renferme:^ 

Par  J.-J.  VinET. 

M*  le  docteur  François,  membre  de  FAcadémie  de 
médecine  et  honorablement  connu  par  sa  mission  da^s 
la  fièvre  jaune  de  Barcelone,  ma  remis  cette  substance. 
Il  lavait,  rççue  d'un  négociant  arrivé  du .  Mexique ,  où 
cette  résiae  balsamique  est  fixée  ^s^ur  les  rameaux  d'un 
arbre;  elle  s'iemploie  pour  des  fumigations  odorantes,, 
car  1/es  peuples  des  climats  chauds,,  s'exposant  à  l'hu* 
midité  et  à  la  fratcbeur  des  nuits',  on^  Siouvent  besoin  de 
ranimer  les  fonctions  trapspiratoires  de  la  peau,  par  1q 


6  J  O  U  K  N  A  L 

moyen  <les  aromates ,   comme    remèdes  anti«rliumatis-^ 

Cette  résine,  par  sa  disposition  autour  des  rameaux 
ou  4es  branches  d  arbre 9  et  par  les  insectes  qu'elle  ren- 
ferme abondamment  dans  des  cellules ,  offre  plusieurs 
analogies  avec  la  lacque  en  bâtons  apportée  des  Indes 
orientales.  Néanmoins  cette  résine  a  des  caractères  tout 
différens  et  une  odeur  distincte  cjui  se  rapproche  Je 
anime. 

1^,  La  lacque  est  de  couleur  rouge -brun,  presque 
lisse  ou  faiblement  mamelonnée  à  sa  surface  :  notre 
résine  est  de  couleur  terreuse,  raboteuse  ,  contenant 
avec  du  sable  et  des  impuretés  une  multitude  de  petits 
fragmens  anguleux  de  résine ,  soit  blanche ,  soit  de 
nuance  briquetée ,  sorte  d'aggrégation  moins  homogène 
que  celle  de  la  lacque.  Celle-^ci  paraît  être  un  résultat 
de  Texsudatioa  clés  branches  de  Tarbi'e  ;  ces  masses  rési-» 
neuses,  au  contraire,  semblent  être  artificiellement 
agglomérées  pour  servir  de  nid  à  des  larves  particu^ 
lières  d'hyménoptères, 

2^.  Tout  le  monde  sait  que  la  lacque  est  plus  ou 
moins  remplie  d'insebtes  d'un  rougè  vif,  du  genre  .d^s 
coccus^  gallinsectes  analogues  aux  cooheiiilles  ;  mais  dans 
la  résine  mexicaine,  il  existe  des  cellules  nombreuses, 
contenant  d  ordinaire  des  meinbi'dnes  jaunes  ,  enveloppes 
de  nymphes  d'hyménoptères  dont  nous  avons  reconnu 
des  traces  manifestes,  et  même  les  insectes  à  letat  par- 
fait, comme  nous  en  présentons  à  FAcadémie  de  méde- 
decine. 

3^.  L'insecte,  d'après  l'observation  du  célèbre  cnto-* 
mologiste  Latreille,  et  l'examen  comparé  que  nous  en 
avons  fait ,  appartient  à  une  division  de  Tordre  des  petiteis- 
abeilles  solitaires,  ou  apiaires,  à  antennes  filiformes, 
courtes ,  brisées ,  à  mandibules  fortes ,  aiguës ,  saillantes  ; 
Mt  Latreille  en  avilit  formé  un  ^enre  sous  le  nom  de 


I>E    PH^iRBllAOIE.  7 

mnthidium  (I).  L^ espèce,  qui  parait  être  nouirette,  est 
petite,  brune  avec  des  demi-baûides  jaunâtres  de  fdiaque 
côlé  de  1  abdomeii  qui  se  recourbe. en  dessous.;  1^  dies- 
soas  est  poilu;  les  cuisse& iortes ,  de  couleur  faute ,  sont 
aussi  garnies  de  poils  raidcs^' serrant  sans  doufe  ayec 
les  mâchoires  à  recueillir  les  firagmens  de  résina  pour 
construire  ces  nids'. 

En  efiet,  ces  sortes  d  abeilles ,  comme  les  mégaèbiles, 
les  xylocopes  et  autres  genres  voisins ,  amassent  diverses 
substances  végétales,  quelles  -cardent  et  feutrent  pour 
former  des  cellules ,  en  y  mêlant  parfoi»  ans»  de  là  terre. 
Dans  ces  cellules,  elles  <lépos€nt,  a/veedes  nourritures, 
un  œuf  qui  passe  à  l'état  de  larvé  *«t  de  nymphe,  puis 
sort  à  Vétat  parfait ,  hors  de  ses  enveloppes  et  de  Tha* 
bitation  que  lut  a  préparée  sa  mère. 

Cette  disposition  se  remarque  fort  bien  dans  les  petites 
masses  résineuses  apportées  du  Mexique  s  on  y  voit  des 
cellules  ouvertes,  et  d  autres  qui «oo^ervent. encore  adhé- 
rentes les  membranes  de  la  nymphe.  Ces  masses  de  résine 
paraissent  évidemment  formées  par  une  multitude  de 
petits  fragmens  agglutinés^  de  la  même  manière  que 
l'anthidie  à  cinq  crochets '(a/i^Ai^*um  manicatum^  Pan-* 
zer  ) ,  dans  nos  départemens  méridiojoaux ,  réunit  des 
pelottes  du  duvet  des  plantes  labiées,  qu'elle  mâche, 
pour  en  for^et  les  ceihfles  dans  lesqjielles  ses  œufs  sont' 
pLncés  avec  une  pâtée  alimentaire. 

Nous  ignorons  quelle  nourriture  Tanthidie  de. la  ré-^ 
sine  mexicaine  donne  à  sa  pro^niture;  mais  il  nous 
paraît  constant  quelle  seule  construit -ces  nids  résineux, 
soit  avec  lexsudation  du  végétal  but  lequel  elle  If^  place , 
soit  Quelle  aille  la  recueillir  ailleurs  à  la  manière  de  la 
propolis  amassée  par  les  abeiHes- ordinaires. 


(1)  annales  du  Muséum  d'hift,  nat. ,  tom.  xiïi.  Voyez  aussi  Fabriciuf  ^ 
Gen.  et  spèc.  instct.^  tom.  2.  '^ 


8  JOURNAL 

Nous  avons  de  la  résine  du  schinus  motte ,  arbre  don^ 
nant  en  Amérique  use cKMrte  de  tacaxaah{tca  doot  lodeur 
offre  beaucoup  d'analogie  avec  celle  de  la  résine  mea^ir 
cainei  Les  rameaux  sur  lesquels  celle-'Ci  se  trouve  ont 
une  légère  saveur  aromatique  et  piquante ,  qui  se  rap- 
proche pareillement  de  celle  des^^ora  et  des  schinus.  ^ 
arbres  résineux  de  la  famille  des  lérébinthacées.  Ces 
nids  résistent  à  la  pluie  dans  un  climat  aussi  biunide 
que  chaud.  , 

Nous  pouvons  désirer  l'insecte  mexicain,  d'après  les^ 
caractères  suivans  : 

•  Anthibium  REsmosuM^  nignan^  abdomin^cunyo^fasciis^ 
lateralibus  fia\^is ,  ulrinque  quatuor,  femorifius  Juscis , 
pilosis.  *  . 

Habitat  in  regno.  mexicano  ;  nidulans  intra  globules 
resinosos  ramulis  arborum  adfixos, 

NOTE 

.  .  Sur  l'aja-panck^hmïWeAes  corymhifères  ) , 

Par  M.  Waplart,  phann^cien.  ' 

Une  personne  de  Tîle  de  Franice  m'ayant  cédé  nw 
assez  grande  quantité  daya-pana ,  en  me  disant  que  dans 
ce  pays  cette  plante  eet  très-employée  contre  \e  choléra 
morbiis  y  les  maladie  de  poitrine ,  les  indigestions,  etCf 
j'ai  voulu  faire  quelques  essais-  pour  savoir  quels  étaient 
les  principes  qui  pouvaient  lui  donner  ces  propriétés  si 
vantées.  L'aya-pana  est  en  fei^illes  allongées  en  pointe , 
présentant  des  stries,  à  leur  surfaire,  d'une  odeur  aroma- 
tique agréable,  et  d'une  saveur  amère  mucilagineuse. 
X'éther  en  sépare  une  matière  grasse  peu  abondante. 

Huit  onces  de  cette  plante,  soumises  à  la  distilktioa,, 


DE    PK  ARM  ACIE.  €) 

ixi'ont  foami  une  eau  distillée  laiteuse^  trèç-paromatiqne 
et  très-chargée  d'une  huile  essentielle  acre,  que  l'on  pour* 
rait  sans  doute  recueillir  en  agissant  sur  une  plus  grande 
quantité ,  et  en  mettant  dans  le  récipient  florentin  une 
eau  déjh  chargée  d'huile  essentielle.  Le  résidu  de  la  dis- 
tillation, filtré  et  évaporé  au  bain«raarie,.  m'a  rendu  2 
onces  3  gros  d'eitrait  de  bonne  consistance,  consf;ryant 
Todeur  de  la  plante',  et  d'une  saveur  amère  piquante 
assez  fortement  prononcée. 

De  l'alcool',  bouilH  sur  une  portion  de  cet  extrait ,  s^est 
fortement  coloré;  évaporé  à  l'air  libre,  il  est  resté  dans 
la  capsule  un  extrait  d'un  brun  clair,  d'une  saveur  beau- 
coup plus  amère  que  le  premier,  verdissant  le  sirop  de 
violettes. 

La  portion  de  l'extrait 4  qui  n'avait  pas  été  attaquée 
par  Taleoûl  bouillant ,  fut  traitée  par  l'eau  distillée  froide  ; 
en  peu  de  temps  tout  l'extrait  fut  dissout ,  mais  le  li* 
quide  resta  trouble*  Après  l'avoir  filtré,  on  trouva  sur  le 
filtre  un  faible  dépôt  sur  lequel  la  teuitare  d'iode  dénota 
quelques  traces  d'amidon. 

Une  petite  portion  d'extrait  fut  dissoute  dans  leau  et 
mise  en  contact  avec  de  la  levure  de  bière;  il  s'opéra 
au  sein  du  liquide  un  léger  mouvement  de  fermenta- 
tion; mais  il  ne  fut  pas  possible  de  reconnaître  s'it  s'était 
formé  de  l'alcool  à  l'odeur,  à  cause  .de  celle  dominante 
de  la  plante. 

Ayant  fait  bouillir  une  autre  portion  d'extrait  avec  un 
excès  de  magnésie  calcinée,  et  repris  le  dépôt  par  l'al- 
cool bouillant,  je  n'ai  reconnu,  après  une  évaporation 
lente ,  aucun  signe  de  cristallisation. 

La  solution  de  cet  extrait ,  traitée  par  divers  réactifs , 
présente  les  caractères  suivans  : 

Le  sons-acétate  de  plomb  la  trou)>le.  et  la  blancfait.  Le 
proto-sulfate  de  fer  y  fait  naître  un  prédpité  d'un  bruû 
noirâtre  peu  abondant.  L'ammoniaque  n'y  produit  rien. 


lO  JOURNAL 

Lenu  da  cliaux  le  trouble  abondamment.  Le  nitrate  de 
baryte  y  occasione  un  préeipité  insoluble  dans  lacide 
nitrique.  L'oxalate  d  ammoniaque  n'y  produit  lien.  '  Le 
nitrate  d'argent  un  précipité  blanchâtre  soluble  dans 
l'ammoniaque. 

En  résumé ,  je  crois  pouvoir  dire  que  Fâya^pana  c6n« 
tient  : 

t^. .  Une  matière  grasse  solable  dans  l'étber  ; 

2*".  Une  buile  essentielle  assez  abondante; 

S"".  Un  principe  amer  que  l'on  peut  facilement  séparer 

en  traitant  Te^t trait  par  lalcool  bouillant  ; 

4°.  De  l'amidon.   1         i  ^ 

^     ^  ^    }  quelques  traces, 

5*.  Du  sucre,        )   *      ^ 

Je  laisse  aux  persoi^nes  plus  exercées  que  moi  le  soin 

de  faire  Une  analyse  complète  et  plus  détaillée  de  Taya- 

pana;  j'ai  seulement  voulu  appeler  l'attention  sur  une 

plante  dont  la  thérapeutique  p3urrait  faire  usage  avec 

succès,  et  dont  l'emploi  chez  nous  a  été  sans  doute  né-t- 

gligé  jusqu'à  présent  à  cause  de  sa  rareté*. 

DE   L'OR, 

J)e  son  emploi  dans  le  traitement  de  la  syphilis  et 
dans  celui  des  dartres  syphilitiques;  du  mercure,  de 
son  inej^cacité  et  des  dangers  de  l'administrer  dans  le 
traitement  des  mêmes  maladies:  par  A.  Legrand, 
d'Amiens. 

Cet  ouvrage,  qu'il  ne  nous  appartient  pas  de  juger  sous 
le  point  de  vue  médical,  pourra  être  de  quelque  utilité 
^lux  pharmaciens ,  parce  qu'il  renferme  les  formules  de 
toutes  les  préparations  d'or  dont  l'expérience  a  démon- 
tré l'efficacité.  L'aujteur  a  pmsé  partout,  et  surtout  dans  la 
thèse  que  M.  Gbamayon  a  soutenue  à  Técole  de  pharma*- 


DE     PHARMACIE.  Il 

cie  de  Montpellier.  Nous  ferons  observer  seulement  que 
M.  Legrand  attribue  à  M«  Chamayon  Temploi  de  la  ma- 
gnésie pou^  la  |>récipitntion  de  loxide  d'or  ;  tandis  que 
les  avantages  de  son  emploi  ont  été  signalés  d'abord  par 
M.  Pelletier.  C'est  à  tort  également  qu  il  annonce  que 
M.  Chamayon  a  succédé  à  M.  Figuier,  puisque  le  fils 
de  cet  habile  pharmacien  poursuit  avec  ardeur  ses  études 
pharmaceutiques  pour  mériter  la  confiance  que  son  père 
avait  acquise  à  tant  de  titres.  M.  Legrand  avance  que  les 
praticiens,  pour  être  certains  des  effets  des  préparations 
dor ,  devront  s'adressera  la  pharmacie  de  IVf.  Chamayon 
à  Mojatpellier,  et  à  celle  de  M.  Laillet  à  Paris  ;  mais  les 
préparations  d'or  bien  faites,  se  trouvent  «gaiement  chez 
tous  les  pharmaciens^  instruits  et  consciencieux. 

£.  S. 

Procédé  peur  reeonncUtrm  les pbis' petites  traces  d'arsenic 
combiné  au  soufre,  par  MM.  Geicek  i(t  Rcimann. 

Ce  procédé  consiste  à  réduire  le  soufre  que  Ton  veut 
essayer  en  poudre  trèsrfîne  et  à  le  faire  digérer  pendant 
quelque  temps  avec  l'ammoniaque  liquide ,  filtrer  la  li- 
queur et  y  verser  de  l'acide  hydrochlorique  en  excès  ;  si 
Ton  observe  un  précipité  j^uine ,  ce  sera  un  indice  de  la 
présence  de  l'arsenic  dans  le  soufre;  si  l'on  n'obtient  pas 
de  précipité,  il  faudra,  avant  de  prononcer  négativement, 
évaporer  le  liquide  presque  à  siccité,  reprendrie  le  résidu 
par   un  peu  d'ammoniaque ,  saturer  par  l'acide  hydro- 
chlorique  comme   précédemment ,  et    ajouter   ensuite 
quelques  gouttes  d acide  hydrosulfarique  qui,  dans   le 
cas  de  la  préseace  de   l'arsenic,  donnera  un  pfréoipité 
jaune.  Les  auteurs  pensent  que,  par  ce   procédé,  Ion 
peut    découvrir  moins  dç  0,00061  d'arsenic  en  combi- 
naison avec  le  soufre.  A.  B, 


li  JOURNAL 


I   « 


Nouveau  chalumeau  à  courant  d'air  continu  y  jp'^opre  à 
remplacer  le  chalumeau  à  soufflet  de  la  lampe  d'é^ 
mailleur  (1). 

Ce  chalumeau  j  de  rinrention  de  M.  Danger,  consiste- 
en  une  vessie ,  à  louverture  de  laquelle  se  trouire  fixé  un- 
tube  qui  se  divise  en  deux  branches,  l'une  terminée  en. 
pointe  par  un  orifice  très-petit,  est  dirigée  sur  la  flamme 
de  la  lahipc  ;  la  deuxième  ^  qui  présente  un  orifice  beau- 
coup plus  large ,  communique  avec  la  bouche  de  l'opé- 
rateur et  sert  à  introduire  dans  la  vessie  lair  qui  doit 
s'écouler  par  l'orifice  étroit.  Afin  d'éviter  que   l'air  ne 
s'échappe   par  l'ouverture   qui   est   en  communication 
avec  la  bouche ,  on  introduit  dans  la  grande  branche  une 
soupape   qui  presse  de  dedans  en  dehors ,   et  s'oppose 
ainsi  à  la  sortie  de  l'air»  Lorsqu'on  veut  se  servir  de»  cet 
instrument,  on  le  fixe  solidement  sur  la  table  où  se  trouve 
la  lampe,  de  manière  que  la  vessie  soit  en  dessous,  et  que 
la  pression  puisse  être  exercée  par  les  genoux  ,  à  là  vo- 
lonté de  celui  qui  travaille.  On  pfeut  aussi  suspendre  à 
lia  vessie  un  poids  qui  règle  la  pression  sous  laquelle  Tair 
doit  s'échapper. 

r    «  * 

r 

Description  de  P appareil.  (Voyez  planche  !'".)• 

A ,  Vessie  à  laquelle  se  trouve  suspendu  Je  poids  P  ;  B> 
tube  métallique^  sur  lequel  la  vessie  est  hermétiquetnent 
ajustée  ;  D,  orifice  par  lequel  on  introduit  l'air  ;  E,  petit  ré- 
servoir pour  réunir  les  produits  liquides  de  rinsofflation  ; 


(1)  Gçt  instrument  se  trouve  chez  Tinven^ar,   ri^e  du    Chercha' 
Midi,  n^  3t. 


u. 


d 


DE     T»JlABilACtE.  l3 

F,-  tube  méta]Iiqiie;K,  pièce  de  bois  ou  de  cuivre  qui  sert 
h  fixçr  tout  Tuppareil  à  la  table  I,  au  moyen  de  la  vis  H; 
M^jig.  2, soupape  Vjui  se  trouve  placée  dans  le  tube  L  et 
suppose  à  la. sortie  de  Tair  par  le  tube  C.  Le  même  ap» 
reil  peut  aussi  -être  employé  comme  le  chalumeau  ordi* 
^aire  à  Tessai  des  substances  minérales:  il  suffit  pour 
cela  de  remplacer  le  tube  F  par  un  tubç  d*un.orifice  beau- 
coup plus  petit,  semblable  à  celui  du. chalumeau  d'essai. 

Cet  instrument,  que  Ion  trouve  décrit  dans  le  dernier 
n".  du  Bulletin  de  la  Société  cTcncouragement ,  septem- 
bre 1828,  nest  point  une  invention  nouvelle.  Nous  cite- 
rons particulièrement  Touvraçe  de  M.  Faraday ,  sur  les 
manipulations  chimiques,  n*".  225,  dans  lequel  on  trouve 
la  description  d'un  chalumeau  semblable.  Néanmoins , 
nous  avons  jugé  convenable  de  le  feire  connaître,  at- 
tendu que,  par  la  simplicité  de  sa  construction,  la  faci- 
lité qu'on  trouve  à  Fadapter  h  toute  espèce  de  table,  et 
par. la  modicité  de  son  prix,  il  peut  suppléer  au  besoin 
le  soufflet  et  la  table  de  l'émailleur. 

On  pourrait  encore  en  simplifier  la  construction  en 
employant  simplement  deux  tubes  de  verre  que  Ton 
adapterait  à  deux  ouvertures  faites  sur  la  vessie ,  il  fau- 
drait alors  remplacer  la  soupape  indiquée  dans  la  figuré 
par  une  soupape  beaucoup  plus  simple,  ada{)tée  au  tube 
d'insufflation. 

L'on  prend  pour  cela  un  tube  assez  épais  en  verre, 
d-un  petit  diamètre  intérieur,  et  parf^iitement  uni  à 
l'extrémité  qui  doit  entrer  dans  la  vessie.  Sur  cette 
extrémité  ouverte,  on  adapte  une  bande  de  tafietas 
gommé,  ou  simplement  un  morceau  de  ruban  ciré, 
qui  soit  plus  large  que  le  diamètre  du  tube.  Les  deux 
extrémités  de  ce  ruban  sont  rabattues  le  long  du  tube  et 
arrêtées  solidement  par  quelques  tours  de  fil ,  mais  de 
telle  manière  que  le  ruban  ait  encore  assez  de  jeu  pouç 
que  l'air,  insufflé  par  les  poumons^  puisse  entrer  facile- 


l4  JOURVAL 

men^t  dans  la  vessie,  et  qne,  par  Tefiet  de  la  pression  in^ 
térieure  qni  s'exerce  en  sens  inverse ,  le  ruban  s'appli- 
que exactement  sur  l'orifice  du  tube  et  empêche  le 
retour  de  Vaiv.  Un  instrument  semblable,  réduit  à  cet 
ét«it  de  simplicité,  peut  être  exécuté  par  tout  le  monde 
avec  la  plus  grande  facilité,  et  rendre  de  grands  services 
à  ceux  qui  commencent  letude  de  la  chimie  et  ne  pos-* 
sèdent  pas  encore  tous  les  appareils  nécessaires  dans  un 
kboratoire.  A.  B< 


EXTRAIT 

D'une  lettre  de  M.  Regimbau  à  M,  Plancher 

Ayant  eu  occasion  de  préparer  des  pilules  avec  la  ré- 
sine de  gaïac,  le  sublimé  corrosif  et  le  savon  blanc  du 
commerce,  j  ai  remarqué  qu'il  se  développait  dans  ce  mé- 
lange une  couleur  bleue  assez  intense. 

Je  connaissais  les  diverses  expériences  qui  avaient  été 
publiées  par  les  chimistes  sur  la  -coloration  de  la  résine 
de  gaïac ,  ainsi  que  celles  que  vous  aviez  consignées  dans 
les  deuxième  et  sixième  volumes  du  Journal  de  Pharmacie. 
Je  n'ignorais  donc  pas  que  M.  William  Brande  avait 
déjà  constaté  que  dans  la  vapeur  du  chlore,  celte  sub- 
stance devenait  d'abord  verte ^  puis  bleue,  et  ensuite 
brune;  mais  je  ne  sache  point  qu'on  ait  dit,  nulle  part, 
que  la  résine  de  gaïac  fut  susceptible  de  prendre  une 
belle  cpuleur  bleue  ,  mêlée  au  savon  et  au  sublimé  corro- 
sif. Vous  aviez  bien  reconnu,  monsieur,  dans  un  de 
vos  nombreu>t  et  intéressans  essais,  comme  j'ai  eu  lieu 
de  m'en  assurer  aussi  moi-même ,  que  le  savon  colorait 
sensiblement  en  vert  bleuâtre  cette  substance;  mais  la 
couleur  qui  se  manifeste  dans  les  pilules  dont  il  s'agit, 
est  bien  autrement  prononcée. 

Désirant  m'assurer  si  la  coloration  de  la  résine  de  gafac 


DE    P'HAujii Acie.  i5 

était  due  dans  celte  circonstance  à  l'action  séparée  ou 
combinée  du  savon  et  du  sublimé  corrosif,  j  ai  fait  quel- 
t|ues  expériences,  par  lesquelles  j  ai  cru  reconnaître  que 
la  couleur  bleue,  que  prenait  cette  singulière  substance, 
devait  être  atribuée  à  une  partie  de  cblore  devenue  libre 
dans  ce  mélange,  par  laction  d'un  excès  d'acali  du  savon 
sur  le  deatocblorure  de  mercure  (t).  J'ai  vérifié  le  fait  en 
faisant  agir  directement  sur  la  résine  de  gaïac  une  solu- 
tion de  cblore  ;  mais  il  est  nécessaire  dans  ce  cas  que  la 
résine  soit  préalablement  dissoute  par  une  substance  al- 
caline pour  produire  la  couleur  bleue.  L'acali  n'iigit  ici 
que  comme  dissolvant.  J'emploie  ordinairement  la  po- 
tasse ou  la  soude. 

Il  est  à  remarquer  que  le  cblore ,  le  brome  et  l'iode ,  em-« 
ployés  dans  des  proportions  coqvenables,  colorent  au 
même  degré  d'intensité  la  teinture  alcoolique  de  gaïac , 
ainsi  que  nous  nous  en  sommes  assurés  avec  mon  confrère 
et  ami ,  M*  Balard ,  à  qui  j'ai  communiqué  mon  obser- 
vation. Mais  cet  eSet  n'est  pas  permanent;  la  teinte  s'af- 
faiblit de  plus  e9  plus,  et  finît  par  disparaître  enlière- 
tnent.  Lorsqu'on  fait  passer  de  l'nydrogène  sulfuré  dans 
les  liqueurs,  elles  se  décolorent  à  l'instant  même,  et 
il  y  a  précipitation  de  soufre.  L'hydrogène  se  combine- 1- 
il  dans  cette  circonstance  avec  la  résine  de  gaïac ,  ou 
bien  avec  le  chlore,  le  brome  et  l'iode...  ?  Ces  diverses 

Îropriétés  communes  à  ces  trois  substances ,  sont  autdnt 
e  traits  de  ressemblance  qui  les  caractérisent.  J'ai  ob- 
tenu également  la  couleur  bleue,  en  combinant,  soit  du 
cblore ,  du  brome  ou  de  l'iode  avec  le  savon  et  la  résine 
de  gaïac,  ou  bien  avec  unoxide  alcalin  et  cette  même 
résine.  Dans  ce  cas,  la  coloration  est  permanente  comme 
dans  les  pilules  préparées  avec  lé  sublimé  corrosif.  En 
faisant  varier  les  proportions  des  composans ,  on  donne 
lieu  à  la  manifestation  d'une  nuance  tantôt  bleue ,  et  tan- 

(1)  Nous  ne  saurions  admettre,  avec  M.  Reâ^mbaa,  <tu«  l'excès  d'alcul» 
dn  savon  puisse  mettre  du  chtore  en  «iherte  par  suite  de  son  méiang» 
ayec  le  chlorure  de  mercure.  Mous  nous  bornons  à  rapporter  les  fait» 
qu'il  a  observé  ,  sans  nous  rendre  garant  dé  sa  tlicorie. 
^       .  •.  Note  d»  Rèdaçtmiw- 


i6  JOURNAL 

tôt  verte.  Les  choseâ  6é  passent  de  itiéme  lorsqu'on  dgi6 
sur  la  teinture  alcooli<^e  de  gdïac.  Les  chlorures  ,  les^ 
bromures  d'oxides  alcalins,  ainsi  que  le  deuto-bromure  de 
mercure ,  composé  analogue  au  sublimé  corrosif,  colorent 
aussi  en  bleu  la  résine  de  gaïac ,  mais  toujours  avec  le 
concours  d'un  alcali.  Le  tnéme  effet  a  lieu  arec  le  savon. 
Les  chlorures  et  les  bromures  développent  aussi  la  cou* 
leur  bleue  dans  la  teinture  alcoolique  de  gaïac  ^  en  aban- 
donnant probablement  du  chlore  et  du  brome. 

Dans  tous  les  cas,  le  chlore , le  brome  et  Tiode  se  com- 
binent-ils avec  la  résine  de  gaïac?  Y  développent-ils  la 
couleur  bleiie,  en  modifiant  sa  nature  par  le  seul  coa- 
tact  ?  ou  bien  agissent-ils  sur  cette  même  résine  en  la  dés-^ 
hydrogénant  ?  Cette  dernière  hypothèse  paraîtrait  la 
plus  vraisemblable.  On  connaît  en  effet  la  grande  affi- 
nité qui  existe  entre  l'hydrogène  et  ces  trois  corps  sim- 
ples. M.  Balard  a  reconnu  que  le  brome  décompose  la 
plupart  des  substances  organiques  végétales,  en  for- 
mant toujours  de  l'acide  hydro-bromique ,  et  en  précipi- 
tant quelquefois  du  charbon.  C'est  ainsi,  dit-il^  qu'il 
agit  sur  l'éther ,  lalcool ,  les  huiles  essentielles ,  la  poix 
résine,  etc.  (Mémoire  sur  le  brome,  pag.  41  )*  On  avaft 
déjà  reconnu  cette  même  propriété ,  au  chlore  et  à  Ciode^ 
de  déshydrogéner  ces  mêmes  substances. 

Je  vous  prie,  monsieur  ,  de  vouloir  bien  donner  de  la 
publicité  à  ma  lettre,  si  vous  le  croyez  utile,  afin  que  les 
médecins  et  les  pharmaciens  soient  avertis  d'avance  qu'il 
n'est  pas  sans  inconvénient  de  mêler  la  résine  de  gaïac  au 
sublimé  corrosif  et  au  savon  en  même  temps.  Dans  les( 
pilules  dont  il  est  question,  il  y  a  non-seulement  coloratiou 
permanente  de  la  résine  de  gaïac,  mais  il  y  a  encore  dé- 
composition plus  ou  moins  complète  du  sublimé  corrosif 
par  l'excès  de  soude  du  savon.  Dans  cette  préparation ,  le 
mercure  doit  se  trouver  quelquefois  en  partie  à  l'état  de 
deutoxido-chlorure  (oxido-chlorure  de  mercure).  Je  me 
suis  assuré  par  lexpérience  que  le  sublimé  corrosif  passe 
au  rouge  de  brique,  en  le  mêlant  avec  le  savon  blanc  du 
commerce  récent.  Le  même  effet  n'a  pas'  lieu  avec  leur 
dissolution  par  l'eau ,  à  moins  qu'on  n'y  ajoute  un  plus 


DE    PHABHAtllE.  I7 

grand  excès  d*alcaH  (1).  Le  savon  sec,  et  préparé  depuis 
quelque  temps  ,  n'agit  pas  non  plus  sur  le  sublimé  corro- 
sif avec  celte  même  énergie ,  lors  même  qu'on  l'humecte, 
par  la  raison  qu'il  est  moins  alcalin  que  le  premier  ;  mal- 
gré cette  difiérence  dans  leur  action  sur  le  deuto-chlo- 
rure  de  mercure,  ils  sont  aptes  l'un  et  l'autre  à  produire 
la  couleur  bleue^  mêlés  à  la  résine  de  gaïac  et  au  sublimé 
corrosif.  Je  cite  les  faits,  je  laisse  aux  chimistes  le  soin 
d'expliquer  la  coloration  dans  l'une  et  l'autre  circon- 
stance ,  c'est-à-dire ,  l'élimination  du  chlore  pour  dévelop- 
per la  couleur  bl^ue. 

Il  est  bon  d'observer  qu'on  doit  employer  autant  que 
possible  du  savon  sec  et  pas  trop  récent ,  toutes  les  fois 
que  Ton  a  à  préparer  des  pilules  avec  le  sublimé  corro- 
sif et  cette  substance ,  qui  est  toujours  très-alcaline,  lors- 
qu'elle est  nouvellement  fabriquée.  L'action  des  alcalis 
sur  le  deuto-chlorure  de  mercure,  est  bien  connue  des 
chimistes. 

I 

ACADÉMIE  AOYALE  DE  MÉDECINE. 

SECTION    DE    PHARMACIE. 

analyse 'de  ses  trav^aux. 

Séance  du  29  novembre  1828.  —  L'ordre  du  jour  ap- 
pelle un  rapport  de  MM.  Boullay  et  Chevallier  sur  une 
note  de  M.  Pomier,  pharmacien  à  Salies ,  relativement  à 
un  procédé  pour  enlei^er  au  i^in  le  goût  et  l'odeur  de 


(1)  Ces  mêmes  solutions  de  deuto-chlorure  de  mercure  et  du  savon, 
mêlés  ensemble,  développent  aussi  une  couleur  bleue  dans  la  résine  de 
gaïac ,  ainsi  que  dans  sa  teinture  alcoolique.  Si  le  deuto-chlorure  se 
transforme  en  hydrochlorate  dans  l'eau,  comment  expliquer  la  colprar 
tion  de  la  résine  de  gaïac  dans  cette  circonstance  ?  Comment  concevoir 
Vélimi nation  du  chlore  de  sa  combinaison ,  pour  agir  sur  la  résine  ? 
Tout  cela  serait  fort  obscnr ,  et  compliquerait  singulièrement  le  phéno- 
mène ,  si  on  admettait  rigoureusement  que  le  sublimé  coriosif  dissoilt 
dans  Tean  passe  à  l'état  a  hydrochlorate  de  mercure. 

XV'-  Année,  —  Jan^^ier  1 829.  2 


l8  JOURNAL 

fût  qu'il  contracte  dans  Jes  tonneaux  recouvert»  d^ 
moisissures.  Ce  procédé  consiste  à  verser  de  Thuile  d'olives 
dans  le  vin  ainsi  détérioré ,  à  agiter  fortement  le  mélange, 

()uis  à  laisser  reposer  le  tout  afin  de  séparer  les  deux 
.  iquides. 

Pour  répéter  cette  expériience,  les  commissaires,  à 
défaut  d'un  vin  ayant  le  goût  de  fût,  en  ont  préparé 
.artificiellement  en  mettant  en  contact  du  vin  ordinaire 
avec  les  moisissures  prises  sur  des  tonneaux  d'une  cave 
Jhumide.  Ce  vin  eut  bientôt  acquis  la  saveur  et  Todeur 
désagréables  des  vieilles  futailles.  On  y  mêla,  avec  forte 
agitation  ,  de  Thuile  d  olives ,  et ,  après  douze  heures  de 
contact,  on  filtra  pour  séparer  le  liquide  huileux.  Le 
vin  passa  pur  et  exempt  totalement  du  goût  et  dé 
l'odeur  de  moisi  qu'il  avait  contracté.  Les  commissaires 
en  présentent  un  échantillon  à. la  section.  Ils  déclarent 

Sue  le  procédé  de  M.  Pomier  mérite  de  fixer  l'attention 
ê  l'Académie,  et  proposent  de  faire  adresser  à  l'auteur 
des  remercîmens,  ce  que  la  section  adopte.  Les  commis- 
saires ajoutent  à  leur  rapport  que  M.  Lajour,  secrétaire 
de  la  Société  d'Agriculture  du  département  de  l'Arriége, 
a  recommandé  d'enduire  d'huile  l'intérieur  des  vieux 
tonneaux  moisis,  afin  que  le  vin  qu'on  y  mettra  ne 
s'imprègne  point  d'une  odeur  et  d'une  saveur  répugnante, 
et  qu'il  reste  potable. 

M.  Planche  dit,  à  ce  sujet,  qu'on  met  aussi  sans  in- 
convénient du  vin  dans  des  tonnes  à  huile  ;  d'autres 
membres  signalent  Ja  pratique ,  connue  en  Italie  et  en 
Provence,  d  huiler  intérieurement  les  tonneaux  à  via, 
comme  de  mettre  une  léi^cère  couche  d'huile  sur  le  vin 
dans  les  boiiteilles  et  autres  vases  pour  le  garantir.de 
l'odeur  des  bouchons;  mais  on  fait  remarquer  aussi  qu'il 
est  à  craindre  que  l'huile  ne  devienne  rance  et  ne  com- 
munique une  saveur  désagréable  à  son  tour. 

M.  Virey  rappelle  que  comme  les  huiles  fixes ,  en  les 
agitant  avec  des  eaux  odorantes  distillées  ,  ont  la  pro- 
priété d'absorber  les  huiles  volatiles  contenues  dans  ces 
eaux,  par  affinité  pour  ces  essences;  de  même  l'huile 
d'olives,  agitée  avec  du  vin  ayant  le  goût  du  fût,  s'empare 


bE     PHARMACtE.  ig 

àe  la  substance  qui  produit  cette  saveur  désagréable  ; 
on  en  pourrait  iDterer  que  cette  substance  serait  de  na- 
ture grasse. 

Une  communication  de  M.  feoullay  fait  connaître  que 
Yeau  distillée  de  laitue  officinale,  précipite  eh  grande 
partie  Y  extrait  d'opium ,  qui  se  dissout  au  contraire 
en  totalité  dans  de  l'eau  distillée  simple.  Ainsi,  Teau 
distillée  de  laitue  vei'séé  dans  une  solution  concentrée 
dextrait  aqueux  d*opium  ,  y  occasiône  Un  jprédpité 
floconneux,  très-abondant,  une  sorte  decoagutum  gris- 
foncé,  lequel  se  dépose  au  fond  du  liquide.  La  solution 
aqueuse  a  opium  brut  éprouve  un  effet  analogue  p^r  son 
mélange  avec  Veau  de  laitue ,  quoique  moins  fortement 
que  lex trait  d opium.  L'auteur  se  propose  d'examiner 
la  matière  qui  s'isole  dans  celte  circonstance ,  et  si  elle 
contient  la  partie  lia  pliis  activrî  de  l'opium.  Mais  ce  fait 
est  important  à  recueillir,  parce  que  les  médecins  fqui 
prescrivent  cette  composition,  loin  d'accuser  alors  Tin- 
exactitude  du  pharmacien,  ou  l'impureté  de  l'opium 
employé,  doivent  «^empresser  de  recobnattre,  par  la 
manifestation  de  ce  phénomène,  la  fidélité  de  la'lprépa- 
ration.  En  eiFet,  toute  solution  de  ce  genre  qui  serait 
«tempte  de  précipité,  au  lieu  de  sembler  tnieux  exécutée 
serait  évidemment  infidèle  ou  formée  avec  de  leau  pure. 
Du  reste,  M.  Boullay  ajoute  que  d'autres  eaux  diistillées 
manifestent  le  même  phénomène,  comme  celles  de  pa- 
riétaire, de  bourrache,  etc. 

M.  Planché  confirme  les  mêmes  faits,  qui  prouvent 
que  ces  eaux  distillées  peu  ou  point  odorantes,  qu'on 
regardait  eomme  inertes,  jouissent  Cependant  de  pro- 
priétés particulières  ;  elles  recèlent  une  matière  plus  ou 
moins  azotée,  gélatineuse.  M.  Boullay  rappelle  encore  que 
ces  eaux,  d'Abord  légèrement  acides  au  moment  de  leur 
distillation^  deviennent  à  la  longue  ammoniacales,  pro- 
bablement par  la  décomposition  de  Icir  matière  azotée 
g^atiniforme.  Ainsi  de  l'eau  de  roses  très-chargée 
qui  est  d'abord  limpide,  comme  l'a  vu  M.  Planche  de- 
vient après  un  an  presque  gélatineuse  :  cette  substance 
gélatiniforme  se  produit  Surtout  d^ans  les  dernières  por- 
tions de  la  distillation  dep  eaux;  M.  Mitouart  cite  aussi 

2. 


iO  JOURNAL 

Tespècè  de  maladie  des  eaux  de  fleurs  d! oranger ,  qui 
deviennent  filantes  après  quelques  mois  ;  c'est  que  la 
distillation  a  été  poussée  trop  loin  et  trop  long-temps. 

M.  Chevallier  a  rencontré  dans  toutes  les  eaux  distil- 
lées, même  récentes,  des  végétaux,  du  suracétate  d am- 
moniaque. M.  Pelletier,  dit  que  pour  empêcher  les  eaux 
d'être  ammoniacales,  on  peut  les  distiller  sur  un  peu  de 
phosphate  acide  de  chaux.  M.  Henry  cite,  comme  fait 
remarquable,  qu'après  la  bataille  de  Montereau ,  les 
cadavres  d'hommes  et  de  chevaux  jetés  dans  les  eaux 
avaient  rendu  celles  de  la  Seine  très-ammoniacales. 

M.  Chevallier  dit  avoir  observé ,  dans  un  flacon  rempli 
d'essence  de  citron  distillée,  des  cristaux  d'un  acide  très- 

Î)iquant  dont  il  n'a  pas  déterminé  la  nature.  M.  BouUay 
ait  remarquer  que  cette  même  essence  de  citron  ronge 
les  bouchons  de  liège  presque  comme  l'eau-forte ,  efiet 
observé  aussi  par  M.  Virey  dans  l'essence  de  térében- 
thine. 

Séance  du  M  décembre.  —  A  l'occasion  de  la  note  de 
M*  Pomier,  sur  les  moyens  d'enlever  au  vin  le  goût 
de  fût  par  son  mélange  avec  de  l'huile  d'olives,  M.  Se** 
ruUas  fait  connaître  le  procédé  avec  lequel  on  enlève 
le  goût  désagréable  qu'ont  les  eaux-de-vie  de  pommes-*» 
de-terre.  Ces  eaux-de-vie  se  fabriquent  surtout  dans  le 
département  de  la  Moselle  et  l'ancienne  Lorraine.  Oo 
les  rectifie  sur  de  l'huile  d'amandes  douces  qui  s'em- 
pare de  presque  toute  la  matière  odorante  particulière 
si  désagréable  de  cet  alcool. 

La  correspondance  présente  une  note  de  M.  Magnes- 
Lahens,  pharmacien  a  Toulouse,  correspondant  de  la 
section ,  relatwe  à  la  conservation  des  sangsues.  L'au- 
teur s'est  assuré  que  les  sangsues ,  qui  périssent  en  si 
grand  nombre  en  été  par  cette  maladie  dans  laquelle 
çlles  se  recouvrent  de  mucosités  épaisses  se  concrétant 
sur  leur  peau ,  sont  rendues  à  la  santé  au  moyen  d'une 
faible  quantité  d'hydrosulfure  de  potasse  ou  de  soude 
dissous  dans  l'eau.  Selon  M.  Magnes ,  c'est  à  l'hydro- 
sulfure  de  la  vase  des  marais  où  s'enfoncent  ces  anné- 
Kdes  ^  qu'ils  doivent  leur  état  naturel  et  sain ,  en  sorte 


D£    PHARMACIE.  2f 

qu'il  faut  les  placer  dans  des    circonstances  analogues 

Eour  les  ramener  â  la  santé.  D ailleurs,  on  sait  que  les 
ains  et  lotions  lijdrosulfureuses  sont  aussi  eàicaces 
contre  les  afiections  de  la  peau  dans  Tcvspèce  humaine; 
et  des  expériences  directe^,  que  l'auteur  a  tentées  avec 
un  plein  succès  sur  les  sanf^sues,  l'engagent  à  proposer 
ce  moyen  de  conservation.  MM.  Pelletier  et  Boudet  sont 
invités  à  répéter  ces  expériences. 

MM.  Boullay  et  Boutron  lisent  leur  rapport  sur  une 
note   de  M.   Lecanu,  relatwe  à  l'existence  de  la   cho^ 
lestérine  '  dans    l'huile    d'œufs.    L'auteur    a    remarqué 
qu'après  avoir  séparé  par  le  filtre  la  stéarine  qui  se  dé- 
pose par  le  refroidissement  dans  l'huile  d'œufs  récente, 
si  on  abandonne  de  nouveau  ce  liquide  à  la  température 
de  12  à  1 5° ,  il  s'en  sépare  encore  des  lamelles  brillantes , 
nacrées  d'une  matière  solide ,  distincte  de  la  précédente. 
Cette  seconde  substance  obtenue ,  soit  par  la  filtration , 
>  soit   en   traitant  le  dépôt  formé ,  à  1  aide  d'alcool  qui 
s'empare  d'elle  sans  dissoudre  sensiblement  la  stéarine , 
a  été    reconnue  pour  de  la  cholesténne  véritable   par 
M.  Lecanu;  elle  en  a  toutes  les  propriétés ,  quoiqu'elle 
soit  un  peu  moins  fusible  que  la  cholestérine  des  calculs 
biliaires  humains.  C'est  donc  une  découverte  fort  inté-^ 
ressante  due  à  ce  chimiste.  Les  commissaires  rappellent 
toutefois  que ,  dans  le  tome  1*'.  du  Journal  de  Phar- 
macie ^  M.   Planche  avait  consigné  l'observation  d'une 
matière   cristalline    semblable    dans  l'huile    de  jaimes 
d'œufs ,  mais  ne  l'avait  pas  isolée  ni  analysée.  L'existence 
de   la  cholestérine  dans  ce. liquide  parait  d'autant  plus 
remarquable  aux  commissaires ,  que  M.  Chevreul  avait 
cru  reconnaître  dans  la  matière  jaune  de  l'œuf  une  grande 
analogie  avec  celle  de  la  bile.  Les  commissaires  engagent 
Fauteur  à  poursuivre  des  recherches  comparatives  sur 
l'huile  des  œufs  de  poissons ,  et  ils  proposent  à  la  sec- 
tion  d'approuver  le  travail  de  M.  Lecanu  >  l'Académie 
adopte  ces  conclusions. 

La  séance  est  terminée  par  la  présentation  de  graines 
à'abrus  precatorius  trouvées  par  M.  Bonastre  dans  un 
collier  sur  une  momie  de  femme,  en  Egypte,  et  fort 
bien  conservées,  mais  toutes  noires ,  avec  de  petits  co- 


quillages  univalves  du  gejare  ancilla  de  Lamarck  (  voi- 
sins de  l'espèce  uentrico^a  qui  vit  dans  la  mer  Rouge). 
Ainsi  YaBrus  n'est  pas  originaire  d'Amérique ,  comme 
on  Ta  pensé ,  et  il  est  assez  remarquable  que  jusque 
dans  des  pays  et  des  siècles  si  éloignés,  les  graines  de 
cette  légumineuse  s'emploient  pour  faire  des  colliers  et 
autres  ornemens  des  femmes. 

Séance  du  27  décembre,  —  M.  le  président  fait  part  à 
la  section  de  la  perte  douloureuse  de  M.  Jjian-JPierre 
BouDET  oncle ^  membre  de  l'institut  d'Egypte,  et  hono- 
raire de  l'Académie  de  Médecine,  décédé  le  18  décembre, 
à  l'âge  de  81  ans.  Une  députatiou  de  six  membre  a  été 
désignée  pour  assister  à  ses  obsèques.  MM.  le  baron 
Desgenettes,  au  nom  de  l'Académie  générale,  et  Virey, 
au  nom  de  la  Section  de  Pharmacie,  ont  prononcé  des 
discours  sur  sa  tombe. 

Le  renouvellement  du  bureau  pour  Tannée  1829^  ^^ 
donné  pour  président,  M.  Boullay, 

Vice-président^  M.  Pelletier, 

Secrétaire,  M.  Virey, 

NÉCROLOGIE, 

Les  pharmaciens  civils  et  milit^ures  viennent  de  per- 
dre un  de  leurs  plus  anciens  et  plus  dignes  collègues. 

J.-P.  Boudet  oncle ,  chevalier  de  la  Légion-d'Honneur, 
anciep  pharmacien  de  Paris,  et  pharmacien  en  chef  d'armée 
en  Orient ,  en  Allemagne  et  en  Pologne ,  membre  de  l'in- 
stitut d'Egypte,  de  1  Académie  royale  de  Médecine,  et 
de  la  {Société  de  Pharmacie  de  Paris ,  etc. ,  a  terminé  sa 
laborieuse  et  honorable  carrière,  à  l'âge  de  80  ans  et 
deux  mois. 

Il  est  mort  entouré  de  ses  neveux  et  petits-neveux, 
qu'il  aimait  comme  ses  enfans  et  qui  le  vénéraient  comm^ 
\ui  père. 

S;ft  dépouille  mortelle ,  escortée  d«  sia  nomvreuçci  fk« 


DE    PflÂUMACIE.  23 

mille,  de  ses  bons  amis,  d'une  députafion  de  FÂcadémie 
royale  de  Médecine ,  de  la  Société  de  Pharmacie ,  et  en- 
tourée du  deuil  militaire,  a  été  conduite  au  cimetière 
de  rOuest,  et  déposée  près  de  son  vénérable  ami  Par- 
raentier. 

Son  neveu  ,  J.-P.  Boudet,  son  élève  et  son  successeur, 
avec  Taccent  douloureux  d'un  fils  qui  vient  de  perdre  un 
père,  a  prononcé  sur  sa  tombe  les  paroles  suiv^intes  ; 

«Il  n'est  donc  plus.  Messieurs^  ce  parent  vénérable  et 
si  digne  de  nos  regrets!  Non,  il  n'est  plus!  mais  il 
vivra  long-temps  di\ns  vos  souvenirs  :  ses  droits  y  sont 
acquis  par  les  qualités  de  son  cœur,  et  celles  de  son 
esprit.  La  bonté  de  l'un ,  la  finesse  et  la  solidité  de  l'au- 
tre, n'ont  pu  échapper  à  ceux  qui  vécurent  avec  lui. 
Je  vois  ici  de  ses  vieux  camarades  qui  pourront  nous 
dire  que,  daos  les  circonstances  les  plus  .difficiles,  cet 
homme  supérieur  déploya  constamment  une  fermeté 
d'âme ,  une  égalité  de  caractère  qui  ne  se  sont  même 
pas  démentis  à  ses  derniers  momens. 

,.  »  Ce  vertueux  citoyen, constamment  occupé  du  bon- 
heur de  ses  semblables,  ne  rêvait  que  liberté,  amé- 
liorations, perfectionnement,  industrie,  sciences;  ses 
études  n^avaient  d'autre  but,  ses* pensées  d'autre  objet. 

»  Son  désintéressement  était  poussé  à  l'extrême,  sa 
modestie  égalait  ses  vastes  connaissances  ,  son  attache- 
ment h  ses  devoirs  ,  à  sa  famille,  à  sf,s  amis,  ne  con- 
naissait pas  de  bornes. 

»  Fiiut-il  que  la  Parque  cruelle  nous  prive  d'un  sî 
bon  parent ,  d'un  si  précieux  conseil ,  d'un  si  bon  ami  ! 
Que  d'exemples  il  nous  lègue ,  lui  dont  la  vie  entière 
a  été  une  pratique  constante  de  morale,  de  charité,  de 
dévouement  à  son  pays  !  Il  s'occupait  surtout  de  l'instruc- 
tion de  la  jeunesse,  parce  qu'il  regard«iit  l'instruction 
comme  le  plus  sur  moyen  de  rendre  les  hommes  meil- 
leurs, de  les  rendre  heureux  ;  aussi,  malgré  sa  très-modeste. 
fortune,  il  a  légué  une  somme  de  cinq  cents  francs  à  la 
Société  pour  l'enseignement  mutuel. 

»  Puissent  ses  vertus  consoler  ses  amis  de  la  pénibl© 


\ 


24  JOURNAL     DE      PHARMACIE. 

séparation ,    que    nous    subissons   aujourd'hui  !  Ne    ie 
quittons  qu'en  nous  promettant  de  chercher  à  Tiniiter. 

»  Adieu ,  homme  vénérable  ;  adieu ,  moii  meilleur  ami  l 
adieu  !  !  !  » 

MM.  Boullay  et  Félix  Boudet  ses  nereu  et  petit* 
neveu ,  ont  aussi  prononcé  chacun  un  .çjiscours  ,  dans 
lequel  ils  ont  retracé  en  termes  touchans  leurs  vifs  re- 
grets. 

M.  le  baron  Desgeneltes  ,  avec  une  émotion  bien  pro- 
noncée, au  nom  de  l'Académie  royale  de  Médecine; 

M.  Virey,  représentant  la  Section  de  Pharmacie  ; 

M.  Dublanc  (1),  la  Société  de  pharmacie,  lui  ont 
également  payé  un  tribut  déloges,  avec  un  accord  de 
âentimens  qui  en  attestait  la  sincérité. 

ê 

ANNONCES. 

Les  travaux  récens  de  M.  fearthez,  qui  vient  de  déterminer  Inaction 
du  brome  sur  Téconomie  animale  ^  et  les  expériences  de  M.  le  docteur 
Fourché  de  Montpellier,  qui  assure  avoir  trouvé  ce  corps  simple  plus 
efficace  encore  que  l'iode  dans  îe  traitement  des  maladies  scrof uleases , 
faisant  supposer  que  le  brome  et  ses  composés  seront  bientôt  introduits 
dans  la  matière  médicale ,  nous  croyons  dès  lors  devoir  prévenir  nos 
lecteurs  que  M.  Balard,  à  qui  l'on  doit  la  découverte  de  ce  corps 
nouveau,  est  parvenu  à  simplifier  assez  les  procédés  d'extraction  pour 
pouvoir  le  livrer  à  15  francs  l'once ,  et  qu'on  peut  se  le  procurer  à  ee 
prix  à  Paris,  chez  M.  Quesneville,  rue  du  Colombier  (2). 

(1)  Voyez  plus  bas,  Bulletin  des  travaux  de  la  Société. 

Çl)  £n  dérogeant  par  l'annonce  d'un  médicament  nouveau ,  aux  habi^ 
tudes  bien  connues  de  ce  journal,  nous  n'avons  eu  en  vue  que  l'intérêt  ^ 
de  l'art  de  guérir,  et  nous  devons  ajouter,  dans  celui  de  la  vérité,  que 
depuis  long-temps  M.  Robiquet,  fabricant  de  produits  chimiques,  rue 
des  Fossés-Saint-Germain-FÂuxerrois ,  a  livré  au  même  prix  à  la  Phar- 
macie  centrale,    et   à   d'autres   établissemens ,   du  brome  qu'il  tire 

d'Allemagne. 

Note  du  Rédacteur, 


BULLETIN 


f      « 


DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIETE  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS; 

Bédigé  pac/^l.  Robiquet,  secrétaire  général,  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCES  VERBAL. 

Séance  </u  15  décembre  1828. 

Le  procès  verbal  de  la  séance  précédente  est  lu  et 
adopté. 

M.  Planche  annonce  à  la  société  la  perte  douloureuse 
qu'elle  vient  de  faire  dans  la  personne  de  M.  Moringlane, 
membre  honoraire  de  TAcadémie  royale  de  médecine ,  et 
de  ]<i  Société  de  pharmacie ,  dans  laquelle  il  a  ezercé  pen- 
dant 1 2  ans  les  fonctions  de  trésorier. 

La  Société  reçoit,  1**.  un  numéro  du  Journal  de  Phar- 
macie et  des  sciences  accessoires;  2°.  un  numéro  du 
Journal  de  Chimie  médicale  ;  3"".  deux  numéros  des  An- 
nales Scientifiques  ;  Industrielles  et  Statisques  de  l'Au- 
vergne; 4°,  un  numéro  des  Ann<iles  de  l'Industrie  fran- 
çaise et  étrangère;  5®.  un  numéro  des  Archives  de  Brandes; 
6°.  un  exemplaire  de  l'Analyse  du  domite  léger  du  Puy- 
de-Dôme,  offert  à  la  Société  par  M.  Girardin;  7°.  un 
Traité  de  la  culture  et  des  emplois  du  houblon,  par 
MM.  Payen'et  Chevallier  ;  8^.  un  deuxième  Mémoire  im- 
primé, sur  la  lithographie  et  sur  des  procédés  de  re- 


^6  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

toucbe  et  d'efiaçage,  par  MM.  Chevallier  et  Lamglumé. 
(Ce  mémoire  est  rcDvoyé  à  la  commission  de  rédaction.  ) 
L'ordre  du  jour  appelle  les  rapports  des  commissaires 
près  lés  sociétés  savantes.  M.  Buèsy  lit  pour  M.  Boudet 
oncle  le  rapport  suivant. 

M.  Cagnart  de  la  Tour  annonce  que  le  dépôt  qu'il  a 
fait  au  secrétariat  àe  l'Académie,  le  19  janvier  1824, 
avait  pour  objet  la  fabrication  du  diamant;  que  son  pro- 
cédé ne  ressemble  point  à  celui  de  M.  Gannal  ;  que  les 
échantillons  quil  adresse,  quoiqu ayant  des  propriétés 
chimiques  semblables,  ofi'rent  cependant ,  sous  le  rapport 
de  l'aspect  et  de  la  dureté  ,  des  dissemblances  remar- 
quables. 

'  M.  Fourier  déclare  que  M.  Cagnart  de  la  Tour,  en  dé- 
posant entre  ses  mains  son  paquet  cacheté,  lui  a  fait 
connaître  qu'il  contenait  de  la  poussière  de  diamant  fa- 
briquée par  lui. 

M.  Gay-Lussac  dit  qu'il  est  à  sa  connaissance  que , 
depuis  au  moins  huit  ans ,  M.  Gannal  s'occupe  de  la  fa- 
brication du  diamant. 

M.  Arago  dit  qu'une  personne  de  sa  connaissance  a 
entrepris  sans  succès  de  décomposer  le  carbure  de  soufre 
avec  la  pile  voltaïque,  mais  qu'elle  ne  désespère  pas  de 
vaincre  la  difficulté  qu'oppose  à  la  réussite  le  défaut  de 
conducibilité  du  carbure  de  soufre. 

M.  Lassis  donne  dans  une  note ,  les  movens  de  faire 
cesser  instantanément  1  épidémie  de  Gibraltar. 

Cette  épidémie,  dit-il,  est  plus  propre  qu'aucune 
autre  à  montrer  la  fausseté  des  deux  théories  qui  parta- 
gent le  monde  médical ,  puisqu'il  n'est  pas  moins  absurde 
de  chercher  sur  ce  rocher  une  cause  suffisante  d'infec- 
tion, que  de  supposer  que  la  maladie  y  a  été  apportée 
par  un  vaisseau. 

On  sait  que^  suivant  ce  médecin,  toutes  les  maladies 
qu'on  appelle  fièvre  jaune^  peste ,  typhus,  etc. ,  sont  ideu- 


DE    LA    SOCIETE    D£    PUàBÙAClC.  37 

tiques,  qu'elles  ne  diffèrent  point  de  nos  fièvres  bi- 
lieuses ou  putrides  ,  et  qull  attribue  les  grands  désastres 
qu'elles  causent  aux  précautions  dites  s<initaires,  em- 
ployées dans  le  but  de  les  arrêter. 

Yeulez-Yous  faire  cesser  instcintanément  le  mal ,  re- 
noncez dit-il ,  absolument  à  ces  précautions. 

Le  ministre  met  une  somme  de  six  cent  dix  francs  à 
la  disposition  de  l'Académie ,  pour  se  procurer  la  masse 
météorique  de  la  Caillie. 

M.  Becquerel,  s  étant  proposé  de  déterminer  la  tempé- 
rature des  diiléreus  points  d'un  fil  métallique  (d'une 
grande  longueur^  pour  qu'on  n'eût  pas  à  craindre  l'effet 
du  refroidissement  des  extrémités),  a  trouvé  que, 
quand  ce  fil  est  traversé  par  un  courant  électrique,  la 
température  va  en  augmentant^  a  partir  de  chaque  côté 
jusqu'au  milieu,  et  que  par  conséquent  la  cause  qui 
fait  naître  un  courant  électrique  dont  l'intensité  est  con- 
stante dans  chaque  point  du  fil ,  agit  comme  force  accélé- 
ratrice pour  développer  de  la  chaleur. 

M.  Becquerel  promet  de  faire  connaître  les  détails  de 
ses  expériences. 

M.  Flourens,  dans  un  mémoire  dont  il  fait  la  lecture, 
observe  les  effets  du  froid  sur  les  oiseaux,  et  spéciale- 
ment l'influence  qu'il  peut  avoir  chdz  eux  sur  les  ma- 
ladies du  poumon. 

Il  en  résulte  : 

1°.  Que  chez  les  oiseaux  le  froid  exerce  une  action 
constante  et  déterminée  sur  les  poumons; 

2^,  Que  l'eQet  de  cette  aetion  est  d'autant  plus  prompt 
et  plus  fort,  que  l'animal  est  plus  jeune; 

3"*.  Que  quand  le  froid  ne  détermine  pas  une  inflam- 
mation pulmonaire  aiguë  et  promptement  mortelle ,  il 
produit  une  inflammation  chronique ,  c'est-à-dire  la 
phthisie  pulmonaire  même; 

4°.  Que  la  chaleur  prévient  constamment  l'invasion  de 


a8  BULLETIN    DES    TnAVA.U.X 

la  phthisie  pulmonaire ,  que  constammentaussi ,  qu^uc^ 
rinvasion  a  eu  lieu ,  elle  en  suspend  les  progrès ,  que 
quelquefois  même  elle  les  arrête  et  même  procure  une 
guérison  complète  ; 

5®.  Que  cette  maladie  ,  à  quelque  degré  qu  elle  soit 
parvenue,  n'est  jamais  contagieuse; 

6^.  Enfin,  que  l'action  d'uuair  trop  long-temps  ren^ 
fermé  expose  ces  animaux  à  des  abcès  de  la  cornée  et  à 
des  inflammations  du  globe  de  l'œil ,  abcès  et  inflamma- 
tions que  détermine  aussi  chez  eux,  et  d'une  manière 
bien  plus  cruelle  encore,  le  froid  et  surtout  le  froid 
humide. 

Ce  résultat  prouve  que  le  froid  est  le  fléau  le  plus 
redoutable  pour  les  inflammations  pulmonaires  chroni- 
ques des  hommes,  et  que  la  chaleur  en  est  au  contraire 
le  remède  le  plus  efficace. 

M.  Flourens  tire  aussi   des  conclusions  très-intéres<* 
santés  des  expériences  par  lesquelles  il  a  privé  les.oi 
seaux  de  la  faculté  de  coordonner  leurs  mouvemens, 
elles  sont  relatives  à  l'apoplexie. 

Le  ministre  de  l'intérieur  ayant  manifesté,  au  nom  du 
roi ,  le  désir  de  voir  les  savans  profiter  de  la  présence 
de  l'armée  française  dans  le  Péloponèse  pour  explorer 
cette  antique  contrée,  l'Académie  nomme  MM.  Cuvier 
et  GeoB'roi  Saint-Hilaire  pour  rédiger  les  instructions 
qu'ils  jugeront  utiles  aux  voyageurs. 

MM.  Fourier  et  Serres  font  un  rapport  verbal  sur 
l'ouvrage  de  M.  Girou  de  Buzarcingues,  intitulé  :  Re-  ^ 
cherches  statistiques  sur  la  prédominance  relatifs  des 
sexes  ^  dans  les  dii^ers  dt^partemens  de  la  France.  Il  ré- 
sulte des  expériences  de  l'auteur,  que  Ton  peut,  à  volonté 
faire  prédominer  les  naissances  des  mâles  sur  celles  des 
femelles,  et  réciproquement,  en  accouplant  des  mâles 
trop  jeunes  avec  des  femelles  dans  l'âge,  de  la  force  ^ 
et  i^ice  i^ersâ  ;  en  un  mot ,  que  chez  les  animaux  comme 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHAKMACIE.  ^Q 

chez  Iliomnie,  la  procréation  des  mâles  est  favorisée  par 
la'  prédominance  des  forces  actives  ou  motrices  chez  les 
individus  accouplés ,  et  que  riûférîoritéde  ces  forces  pro- 
duit un  efiet  opposé. 

D'après  cela,  comme  les  forces  actives  reçoivent  plus 
de  développement  des  travaux  de  l'agriculture  que  de 
ceux  de  l'industrie  commerciale  et  manufacturière ,  il  ex- 
plique l'augmentation  du  rapport  des  deux  sexes  dans 
les  départemens  agricoles,  et  la  diminution  de  ce  rapport 
dans  les  départemens  commerciaux  et  manufacturiers. 

M.  Thenard  fait  connaître  à  l'Académie  le  résultat  des 
recherches  qu'il  a  tentées  avec  MM.  Dumas  et  Gagniart 
de  la  Tour  ,  sur  la  nature  des  cristaux  récemment  pré- 
sentés à  TAcadémie  par  ce  dernier,  et  qu'il  soupçonnait 
être  du  carbone  pur. 

Le  traitement  de  ces  cristaux  par  les  acides  et  les  al- 
calis a  démontré  aux  rapporteurs  que  c'étaient  des  sili- 
cates et  non  des  diamans;  mais  en  même  temps ,  ils  ont 
reconnu  que  ces  silicates  formaient  des  pierres  artificielles 
très-dures ,  et  dont  on  devait  la  découverte  à  M.  Ca* 
gniart  de  la  Tour. 

'  M.  Vâuquelin  fait  en  son  nom  et  au  nom  de  M.  d'Arcet 
un  rapport  très-favorable  sur  un  mémoire  de  MM.  Che- 
vallier et  Langlumé,  relatif  à  plusieurs  améliorations  qu'ils 
ont  apportées  à  l'art  de  la  lithographie.  Ces  améliora- 
tions consistent  surtout  dans  l'acidulation  des  pierres , 
FeSaçage  des  dessins  et  la  retouche  de  ces  mêmes  dessins 
siir  pierre.  Les  rapporteurs  les  jugent  capables  de  porter 
l'art  de  la  lithographie  très-près  de  la  perfection. 

M/Arago  annonce, au  nom  delà  commission  chargée 
d'examiner  les  échantillons  de  crown-glass  et  (fe  flint- 
glass  présentés  par  MM.  Thibaudeau  et  Bontems ,  que 
son  rapport  est  ajourné  jusqu'à  l'époque  où  eHe  aura  reçu 
des  pièces  qui  réuniront  tous  les  avantages  que  les  in- 
venteurs promettent  de  donner  à  leurs  produits. 


3o  BULttTlK    DES    TnAVA^pj: 

La  société  reprend  la  &uite  de  ses  travaus  ;  elle  procède 
au  renouvellement  du  bureau. 

M.  Virey  est  élu  vice-président  ; 

M.  Dublanc  jeune ,  secrétaire; 

MM.  Blondeau ,  Bonastre  et  Guibourt  sont  nommés 
membres  de  la  commission  des  travaux. 

M.  BouUay.  fait  un  rapport  sur  les  travaux  du  oonseil 
de  salubrité  de  Nantes;  ce  rapport  s^ra  renvoyé  à  la 
commission 'de  rédaction. 

MM.  Lecanu  et  Guibourt  font  un  rapport  favorable 
sur  un  mémoire  de  M.  Desmarets,  ayant  pour  titre  iMé-- 
moire  sur  textinction  du  mercure  dans  V onguent  mercu--^ 
riel  et  les  préparations  analoguçs;  la  Société  a-dôp te  le 
rapport  et  renvoie  le  mémoire  à  la  commission  des  tra-^ 
vaux. 

M.  Derosne  fait  un  rapport  sur  une  modification  à  ap-' 
porter  à  Tarticle  23  du  règlement.  Cet  article  est  ainsi 
conçu:  On  ne  fait  de  rapport  sur  les  ouvrages  ou  mé- 
moires des  membres  résidens  de  la  Société  que  lors- 
qu'ils le  demandent  eux-méme9*  M.  le  rapporteur ,  au 
nom  de  la  commission  dont  il  est  l'organe  ,  propose  de 
modifier  ainsi  cet  article  :  On  fera  des  analyses  raison-^ 
nées  et  sans  conclusions  des  mémoires  des  membres  cor-" 
respondans  et  des  associés.  Cette  modification  est  adop- 
tée après  une  discussion  à  laquelle  prennent  part  MM. 
Boullay  et  Pelletier. 

M.  Robiquet  lit  en  son  nom  et  en  celui  de  M.  BouLron 
yn  rapport  sur  le  mémoire  présenté  à  la  dernière  séance 
par  M.  Ader ,  sur  la  séparation  de  Tbuile  essentielle  du 
çopahu  au  moyea  des  alcalis.  • 

M.  Bussy  oBre  a  la  Société  un  échantillon  de  ma- 
gnésium métallique,  obtenu  de  la  décomposition  du  chlo- 
rure de  magnésium  par  le  potassium.  Ce  métal  nouveau 
est  d'une  couleur  gris  de  fer,  extrêmement  malléable, 
•non  altérable  à  Tair^  non  attirable  à  l'aimant ,  sans  action 


* 


DE 'LA    SOCIÉTÉ    DK    PSARMACIE.  3t 

«ur  l'eau  à  la  température  ordinaîre,  se  convertissant  en 
magnésie  lorsqu'on  le  cbaufTe  au  rouge  dans  lair. 


*viivifiv>»i)VMiv%wir^%'»^><r»vilirt»ii»»<i»»<»t>^i^<jt%i% 


MEMOIRE 

Sur  l'extinction  du  mercure  dans  l'onguent  mercurî^  «f 
les  préparations  analogues  ^  présenté  à  la  Société  de 
Pharmacie,  le  M  octobre  1828. 

Par  J.-L.  Desmarest,  pharmacien. 

De  toutes  les  opérations  pharmaceutiques ,  il  n'en  est 
sans  contredit  aucune  dont  on  se  soit  autant  occupé  et 
pour  laquelle  ont  ait  proposé  autant  de  moyens  d'exé- 
cution,  que  pour  lextinction  du  mercure.  On  conçoit 
en  effet  que  l;i  fatigue  qu'elle  occa^ione  et  sa  longueur 
fiistidieuse  ont  dû  faire  chercher  de  tout  temps  à  l'a- 
Jbréger  et  à  la  rendre  moins  pénible.  De  là  cette  foule  de 
procédés  pour  les  pilules  et  l'onguent  mercuriels.  Ce- 
pendant, il  faut  1  avouer,  quoiqu'on  ait  employé  tous 
les  corps  qui.  semblaient  promettre  quelque  ressource 
et  qu  on  ait  modifié  la  manipulation  à  Tinfini ,  on  n  en 
est  pas  plus  avancé. pour  cela.  Il  s'ensuit  donc  qu'il  ne 
peut  être  qu'utile  de  fixer  les  idées  sur  les  phénomènes 
qui  accompagnent  cette  opération ,  et  de  déterminer  la 
manière  d'agir  des  divers  excipiens.  Tel  est  le  but  de 

ce  mémoire. 

»  }  » 

Pour  procéder  avec  ordre,  j'ai  du  commencer  par 
rechercher  la  cause  de  la  différence  qu'on  observe  dans 
l'action  des  divers  corps  sur  le  mercure;  mais,  pour  cela, 
j'ai  cru  nécessaire  de  m'écarter  de  la  méthode  expéri- 
mentale suivie, jusqu'alors,  ne  la  trouvant  pas  suscep- 
tible d'exactitude,  tant  il  est  difficile  d'établir  une  com- 
paraison dans  Içs  circonstances  ou  dans  les  résultats,  en 
opérant  sur  des  quantités  un  peu  considérables  et  dans 


3a  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

un  mortier.  J'ai  jugé  qu'il  fallait  réduire  lopération  à 
sa  plus  grande  simplicité  pour  y  voir  clfiir;  et,  partant 
ile  ce  principe,  j'ai  d'abord  opéré  sur  de  simples  glo- 
bules, en  me  servant  pour  excipiens  de  liquides ,' les 
croyant  plus  propres  à  l'observation  des  phénomènes, 
à  raison  du  peu  de  cohésion  de  leurs  molécules. 

Pour,  cela,  je  plaçai  sur  une  plaque  de  verre,  au  mrlieu 
d'une  goutte  de  chaque  liquide ,  un  globule  de  mercure , 
et  au  moyen  d'une  lame  mince  je  le  partageai  en  deux. 
La  réunion  s'opéra  toujours  en  étant  la  lame ,  lorsque 
le  mercure  se  trouvait  dans  l'eau ,  dans  l'alcool  ou  dans 
réther;  le  contraire  eut  lieu  lorsqu'il  se  trouvait  dans 
l'huile  de  choux ,  l'huile  d'amandes  douces ,  le  sirop  de 
sucre  ou  l'essence  de  térébenthine. 

Ce  résultat  me  montrait  déjà  qçiê' les  liquides  peu 
fluides;,  qûelleque  fût  lèdrcomposîtion  thrmiquè ,  étaient 
ceux'quiiibàinteniaiént  le  mieux  la  division  du  mercure; 
mais  ils  ne  tn^iïidi\q[uaient  nullement  dans  quel  rapport 
ils  étaient  iïbtiës  dcf  dette  propriété ,  puisque  l'essence  d!e 
térébenthine,  le  pluà  fluide  d'entre  eux,  l'était  déjà  trop 
peu  pour  permettre  la  réunion  qui ,  sur  le  plan  hori- 
zontal ,  n'était  sollicitée  que  par  la  seule  force  d'attrac- 
tion. Cela  m'engagea  à  abandonner  ce  mode  d'expériences 
pour  en  prendre  un  autre  par  lequel ,  l'attraction  et  hi 
pesanteur  agissant  concurremment,  la  réunion  devait 
être  possible ,  même  en  me  servant  de  liquides  très-peu 
fluides  :  c'était  en  secouant  du  mercure  dcins  des  tubes 
avec  ces  liquides,  et  en  prenant  le  temps  du  rapproche- 
ment des  globules  pour  point  de  comparaison  ,  que  je 
comptais  obtenir  ce  résultat. 

Je  pris  plusieurs  tubes  de  verre  de  6  pouces  de  lon- 
gueur et  5  lignes  de  diamètre  environ ,  et  les  emplis ,  à 
moitié ,  d'un  volume  de  mercure  bien  net  et  de  deux 
volumes  de  liquide.  Puis,  les  ayant  bouchés,  je  les  se- 
couai fortement  pendant   un  temps  égal ,  et  les  posai 


DE    lA.   SOCIÉTÉ    DC    PHAHMACIC.  33  ' 

«n&uite  Terticalemèat  sur  un  table;  veîci  ce  que  1ob^ 
«ervai  :  ,  . 

Avec  rétber,  le  mercure  se  précif^Jta  inçtantanément  ; . 
Avec  1  alcool,  Teau  (1)  et  lammoniaquev  la  précipita- 
tion dura  environ  une  demi-seconde,  tem^ps  trop  court 
pour  apercevoir  u»e  dlfTérenoe ,  s'il  ei>  existait  une 
entre  ces  liquides  à  raison  de  leurs  densités  relatives;* 
Avec  Fessence  de  térébeiitbine,  le  mercure  se  réduisit 
«n  une  poudre  grise  formée  de  globules  très«jSns  qui 
n  étaient  réuiiis  qu'en  partie  au  bout  de  buit  jours  }i 

Avec  Thuile  de  cbouz,  la  lessive  des  savonniers .  et 
Tacide  sulfurique^  les  globules,  beaucoup  plus  gros 
quavec  l'essence,  se  réunirent  en  deux  qu  trois  joiirs; 

Enfin,  avec  lliuile  d'amandes  douces,  Tbuile  de  riciii 
et  le  sirop  de  sucre  à  35<*,  la  pisécipitation  fut  presque 
aussi  prompte  quavec  l'akool  et  l'ammoniaque*  Il  resta 
seulement,  à  la  surface  du  mercure,  quelques  globul^ 
assez  gros  qui  ne  tardèrent  pas  à  disparaître. 

Jefèis  queiq'iie  temps  sans  pouvoir  me  rendre  raison 
de  la  diversité  de  ces  résultats;  cùt  je  ne  concevais  pas 
pourquoi  le  sirop  de  sucre  et  Tbaile  de  ricin  ne  divi*  . 
saient  pour  ainsi  dire  pas  le  mercure  lorsque  Fessence 
de  térébenthine  le  divisait  avec  tant  de  facilité;  mais 
enfin,  je  rcconûus  qu'il  existait  entre  ces  liquides  une 
difiérence  des  plus  tranchées,  quoiqu'encore  mal  définie; 
En  effet,  les  uns  se  couvraient  par  l'agitation  de  bulles- 
d'air  plus  ou  moins  permanentes;  les  autres,  au  con-» 
traire,  n'en  présentaient  aucunes,  ou  du  moins  on  les 
voyait  crever  à  mesure  qu'elles  .  se  formaient  et  dès 
quelles  atteignaient  la  teinte  irisée,  caractère  de  lex-* 
tréme  minceUr  de  leur  enveloppe.  Or,  les-  liquides  qui 


■^-i-» 


(1)  La|pTemièr€  fois  que  je  fis  l'expérience  avec  l'eau,  le  mercare  se 
précipita  instantanément    comme   dans  l'éther.    On  verra  plus  loin 
lexf  lication  Vie  cette  anomalie. 

XV •.  ^nnée.  —  Jawier  1 829,  3     * 


X 


34  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

«Il 

produisaient  des  bulles  étaient  précisément  les  mêmes 
qui  divisaient  le  mercure.  Il  me  parut  évident  pour  lors 
que  tout  dépendait  de  la  cohésion  d«s  molécules  de  ces 
liquides  ou  de  leur  viscosité ,  qui ,  surpassant  celle  du 
mercure ,  leur  permettait  de  s'interposer  entre  les 
globules  de  ce  métal  et  de  s'opposer  à  leur  rappro- 
chement. 

Cette  opinion  pouvant  sembler  paradoxale  ^  puisqu'on 
s'accorde  généralement  à  considérer  les  huiles  volatiles 
comme  des  liquides  dépourvus  de  viscosité,  je  crois  néces- 
saire de  la  développer  davantage.  Mais  avant  je  com-« 
mencerai  par  fixer  la  valeur  des  mots  cohésion  et  viscosité. 
Par  le  premier,  j'entendrai,  comme  tout  le  monde,  la 
force  qui  unit  entre  elles  les  molécules  de  tous  les  corps  ; 
par  le  second ,  l'efTet  spécial  qui  résulte  de  cette  force 
dans  certains  liquides  :  comme  on  appelle  ténacité  celui 
qu'elle  produit  dans  les  solides  1  Le  mot  viscosité  dispen- 
sant d'une  périphrase,  je  l'emploierai  de  préférence. 

Je  dirai  donc,  à  l'appui  de  ma  manière  de  voir,  que 
ce  n'est  pas  seulement  par  la  production  des  bulles  que 
la  viscosité  des  liquides  se  manifeste,  mais  bien  encore 
par  d'autres  propriétés  qui,  se  retrouvant  dans  les  corps 
à  l'état  liiou  et  même  solide  (1),  ne  permettent  plus  de 
la  confondre  avec  le  défaut  de  fluidité;  ainsi,  c'est  de  la 
viscosité  que  provient  cette  résistance  que  l'on  éprouve 
à  faire  tourner  les  bouchons  des  flacons  d'essences  et  le 
cri  qui  en.  résulte;  c'est  à  elle  que  plusieurs  de  ces 
liquides  doivent  de  s'étendre  en  pellicule  irisée  à  la 
surface  de  l'eau,  la  térébenthine  et  les  mucilages  de 
couler  en  longs  filets,  la  poix  de  s'aplatir,  le  verre  fondu 
de  prendre  une  infinité  de  formes  utiles  et  agréables  ; 
c'est  l'absence  de  la  viscosité  au  contraire  qui  rend  les 


(i  )  Tespère  proa^er  bientôt  que  les  corps  les  plus  Visqueux  à  Tétat 
liquida  sont  aussi  les  plus  tenaces  à  l'état  solide. 


DE    tk    SOCIETE    DE    PftABBiXCIE.  35 

Corps  gras  plus  cODYenables  que  d'autres  pour  diminuer 
le  frottement  dans  les  machines ,  c'est  elle  qui  commu- 
nique à  la  cire,  au  suif,  la  propriété  de  rçt^ir  leslbrmes 
qu'on  leur  donne ,  aux  huiles  celle  de  couler  goutte  à 
goutte  et  de  ne  pas  s'étendre  à  la  surface  de  Teau  ;  c'est 
sur  die  enfin  qu'est  fondé  Fart  si  connu  de  réduire  le 
plomb  en  grenaille. 

Persuadé ,  d'après  cela,  que  la  viscosité  était  la  prin- 
cipale cause  de  l'extinction  du  mercure,  il  me  parut 
important  de  rechercher  cette  propriété  dans  un  plus 
grand  nombre  de  corps ,  et  surtout  de  constater  dans 
quel  rapport  ils  en  étaient  doués.  Le  moyen  que  j'em- 
ployai pour  cela,  et  que  j'appliquai  avec  avantage  aux 
graisses ,  est  extrêmement  simple  ;  il  consiste  à  prendre 
ces  corps  à  l'état  liquide,  à  les  secouer  soit  seuls ^  sçit 
avec  le  mercure ,  et  à  comparer  la  durée  des  bulles  d*air 
ou  des  globules  métalliques.  J'en  ai  obtenu  des  résultats 
qui ,  sans  être  très-exacts ,  sont  cependant  suffisans  pour 
remplir  le  but  que  jç  me  propose  :  comme  ils  perdraient 
à  être  isolés ,  je  les  présente  sous  forme  de  série ,  où  j'ai 
rangé  les  qorps  selon  l'ordre  croissant  de  leur  viscosité. 
Cette  disposition  me  permettra  de  démontrer  l'iDfluence 
de  la  viscosité ,  celle  de  l'électricité ,  et  la  cause  de  lao- 
tion  plus  prompte  des  graisses  rances  ;  elle  me  fournira 
du  reste  quel([ues  rapprochemens  qui  ne  seront  pas  sans 
intérêt  : 

Éther,  alcool,  eau ,  sirop  de  sucre  pur,  fiuile  d'olwes , 
izxonge,  suif  de  mouton^  beurre  de  cacao,  huile  d'à- 
mandes  douces ,  huile  d*œufs ,  acide  margarique,  acide 
oléique ,  mercure ,  ï^uile  de  ricin  ,.  huile  d' œillette ,  huiles 
rances ,  graisses  rances ,  ammoniaque  liquide ,  acide 
suffurique ,  solution  concentrée  de  sulfate  de  magnésie , 
huile  dé  choux  ^  lessive  des  saisonniers ,,  essences  de  téré^ 
benthine ,  de  romarin ,  de  menthe ,  de  citron  ,  d'anis , 
denérolit  de  pétrole,  de  suce  in  ,  de  gérofle ,  de  cannelle , 

3, 


3<5  .BULLETIN    0E5    TBAVAUX 

huile  de  Dippel  noircie  à  l'air,  eau  de  sauon.,  albumine^ 
extraits  liquides  ,  mucilage  de  gomme  arabique ,  résine 
de  copahuy  térébenthine. 

On  voit  que  les  indications  de  cette  série  sont  d  ac«* 
cord  «iveç  celles  que  la  pratique  avait  données  depuis 
long-temps;  la  térébenthine,  le  mucilage  de  gomme  ara- 
bique, les  extraits,  sont  plus  visqueux  que  les  graisses 
tances ,  celles-ci  plus  que  le  mercure  ^t  les  corps  gras 
récens.  J  observerai  néanmoins  que  tous  les  liquides  vis- 
queux ne  se  comportent  pas  de  la  même  manière  avec 
le  mercure  et  avec  Tair,  et  qu'il  exisl^e  même  entre  eux  y 
à  ce  sujet ,  une  différence  plus  sensible  que  je  ne  lavais 
cru  d'abord,  et  qui  devra  foire  modiuer  l'énoncé  que  j  ai 
donné  précédemment  de  ma  théorie.  Qu'on  mette  sur  un 
bain  de  mercure  bien  net  une. goutte  d'huile  à  côté 
à*une  goutte  d'eau,  et  qu'ensuite  on  les  rapproche  jus- 
qu'au contact,  on  verra  toujours  l'huile,  malgré  sa  plus 
grande Jégère té,  pénétrer  sous  l'eau  et  la  soulever.  Ce 
résukat ,  conforme  à  celui  qu'on  obtient  dans  les  expé-* 
riences  capillaires,  où  l'on  voit  le  mercure  &!élever  dans 
les  tubes  graissés  et  s'abaisser  dans  les  tubes  humides , 
ne  provient  évidemment  que  de  la  diiiérence  ou  de  la 
similitude  qui  existent  entre  les  électricités  propres  de 
ces  corps  et  celle  du  mercure,,  qui  les  disposent  à  être 
attirés  ou  repousses  par  ce  métal  v  le  même  effet  n'ayant 
pas  lieu  avec  l'air,  vu  que  ce  corps,  par  sa  composition 
chimique  ou  par  sa  disposition  à  se  charger  de  toutes 
sortes  de  vapeurs,  parait  n^exercer  aucune  répulsion 
spr  les  liquides,  de  quelque  na^ture  qu'ils  soient.  Or,  on 
conçoit  que  lorsqu'il  y  a  répulsion  eqtre  des  globules 
de  mercure  et  le  liquide  qui  iejS  sépare ,  cette  force  doit 
concourir  avec  la  pesanteur  et  même  avec  lattraction 
des  globules  entre  etix ,  à  amincir  de  plus  en  plus  la 
couche  du  liquide,  et  par  suite  à  déterminer  leur  rappro^ 
chôment  ;  c'est  ce  qu«  confirme  l'expérience  ;  car  bien 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  ij 

^e  l'eau  de  s<nvon  soit  plus  visqueuse  que  l'essence  de 
terébexithine,  elle  est  cepeudant  moins  propre  qu'elle 
à  mainteoir  la  division  du  mercure,  parce  qu'au  lieu 
d'être  attirée  par  ce  métal  j  elle  en  est  l'cpoussée. 

Cette    préférence   du    mercure   pour  l'huile    rendra 
maintenant  plus  f;>cile  l'explication  d'une  anomalie  que 
je  n'ai  fait  qu'indiquer  plus  haut  en  parlant  de  la  durée 
de  la  précipitation  du  mercure  dans  l'eau.  Ayant  remar- 
qué en  effet  quelle  n'avait    pas   lieu   avec   Falcoot  et 
J'ammoniaque ,  je  pensai  qu'elle  pouvait  provenir  de  ce 
que  mon  mercure  était  sali  par  un  corps  gras ,, lequel , 
n'étant  pas  soluble  dans  l'eau,  lui  communiquait  la  pro^ 
priété  de  repousser  ce  liquide  plus  qu^il  ne  le  repousséf 
naturellement.  Pour  în'en  assurer,  je  recommtençai  mon 
expérience  en  prenant  le  plus  grand  soin  d'éloigner  tout 
corps  gras',  ict  le  résultat  fut  tel  que  je  l'avais  prévu,  la 
précipitation  durait  à  peu  près  autant  que  dans  l'alcool 
où  l'ammoniaque.  L'expérience  inverse  me  réussit  égale- 
ment, car,  en  ajoutant  un  atome  d'huile,  la  précipitation 
redevenait  instantanée,  même  avec  des  liquides  assea 
risqueux  (1). 

Bien  que ,  dans  la  série ,  la  graisse  récente  soit  rangée 
au  nombre  des  corps  qui  ne  divisent  pas  le  mercurfe , 
elle  peut  cependant  en  opérer  la  division  lorsqu'elle 
commence  à  figefr ,  par  l'efict  de  la  stéarine  qui  s'inter- 
pose alors  entre  les  globules  et  tient  lieu  de  lajriscosité , 
agissant  ainsi  à  la  manière  des  corps  pulvérulens.  Je 
ferai  remarquer   toutefois  que  cette  division  est    a^sez 


(1)  C*est  sans  doute  par  «n  effet  analogue  que  l'huile  possède ,  comme 
on  saity  la  propriété  d'apaiser  Técume  des dui^adières  de  sa<;re,  et,  pins 
en  grand ,  celle  des  âots  de  la  mer* 

Ceci  me  condait  à  faire  remarquer  aussi  que  l'ammoniaque  réduit 
la  poussière  grise  qui  se  forme  à  la  surface  des  bains  de  mercure,  en 
^solvant  le  corps  gras  qui  kû  a  donné  naissance  r  et  non  en  cédant 
vue  portion  d«  son  hydrogène  comme  qaelques  personnes  Vont  mvamcéi 


38  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

limitée^  et  quelle  cesse  lorsque  les  globules  ne  soiît 
plus  assez  gros  pour  se  briser,  en  surpassant  la  cobésion 
de  la  graisse ,  par  la  force  d'impulsion  qu'ils  reçoivent 
en  raison  de  leur  niasse. 

Quant  à  la  cause  de  la  viscosité  des  graisses  rances , 
je  rappellerai  dabord  la  composition  chimique  de  ce» 
corps ,  qui  diffère  de  celle  des  graisses  répentes ,  par  la 
transformation  de  la  stéarine  et  de  Télaïne  en  acides 
tnargarique  et  oléique,  et  la  formation  en  outre  d'une 
huile  volatile  ou  plutôt  d'un  acide  analogue  aux  acides 
hircique  et  butirique  qui  en  possèdent ,  comme  on  sait , 
les  principales  propriétés.  Faisant  remarquer  ensuite 
que  de  ces  trois  corps  il  n'y  a  que  l'huile  volatilç  qui 
dans  la  série  soit  rangée  au  nombre  des  corps  visqueux  ; 
j'en  induirai  facilement  que  c'est  elle  ou  cet  acide  qui 
communique  aux  graisses^  rances  leur  viscosité  et  leur 
plus  grande  fluidité  qui  en  est  la  suite. 

Jleste  à  savoir  maintenant  si  la  viscosité  est  inhérente 
aux  huiles  volatiles  oa  si  elle  n'est  que  le  résultat  de  leur 
altération.  D'après  la  grande  disposition  qu'on  cotinaît 
à  ces  corps  à  s'altérer  au  contact  de  l'air  et  à  se  résinifier, 
tout  porte  à  croire  que  c'est  à  la  présence  d'une  plus 
ou  moins  grande  quantité  de  matière  résineuse  qu'ils 
doivent  cette  propriété.  Toujours  est-il  que  les  liuiles 
volatiles  nouvellement  distillées  sont  beaucoup  moins 
visqueuses  que  celles  qui  sont  anciennes ,  et  que  celles 
qui  sont  colorées  le  sont  en  général  plus  que  celles  qui 

sont  incoloi:es  (1). 

— ■ ■  ■■ I  ■  •  —        * 

(1  )  Je  ferai  remarquer  que  Thuile  animale  de  Bîppel ,  par  le  rang- 
qa*elle  occupe  dans  la  série,  doit  être  assimilée  aux  huiles  volatiles 
ou  aux  acides  gras  volatils.  Comme  ces  porps  ,  en  effet,  ell^  «'altère  ai> 
contact  de  Tair,  devient  plus  visqueuse  et  se  colore  beaucoup. 

Je  dirai  aussi ,  à  l'occasion  de  cette  grande  tendance  des  huiles  vola- 
tiles à  s'altérer,  que  ce  n'est  probablement  qu'en  se  résinifiant  qu'elles 
sont  susceptibles  de  s'unir,  aux  alcalis  et  de  former  les  combinaisons 
connues  sous  le  nom  de  savonules. 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    I^IlJl^llMAClE.  Sq 

Je  tenmnerai  cçs  notions  préliminaires  par  deux  ob*^ 

nervations  très-importantes.  La  première,  c'est/"  que  la 

graisse  et  les  corps  visqueux  n'ont  pas,  comme  on  le  croi-* 

rait ,  la  propriété  de  maintenir  constamment  la  division 

du  mercure  ;  qu'ils  la  perdent  au  contraire  lorsque  leur 

consista&ce  vient  à  augmenter  à  tel  point  qu'on  peut  les 

considérer  plutôt  comme  solides  que  comme  liquides, 

parce  qu'alors  l'enveloppe  qu'ils   formaient  autour  des 

globules,  ayant  perdu  sa  flexibilité,   se  brise  et  leur 

permet  de  se  réunir;  ayant  solidifié  en  effet  de  l'onguent 

mercuriel  en  l'exposant  à  la  gelée  ou.  en  le  saponifiant , 

j'ai  vu  le  mercure  s'en  séparer  en  gros  globules  par  la 

trituration  ,  ce  qui  a  lieu  également  pour   le  mercure 

gomméux  de  Plei^k  et  Ws  pilules  de  Belloste  desséchées , 

comme  je;  l'ai  vérifié  plusieurs  fois. 

La  seconde  observation,  a  rapport  à  l'infidélité  de  l'es-» 
sai  sur  le  papier,  qui  est  telle  que  des  personnes  ont 
pu  croire  faire  en  quelques  heures  ce  que  d'autres  ne 
Êdsaiexit  pas  ou  ne  croyaient  ^pas  faire  en  plusieurs 
jours. 

Dans  l'intention  d'abréger  la  préparation  de  l'onguent 
mercuriel ,  j'essayai  il  y  a  quelque  temps  de  ne  ikiettre 
en  commençant  que  le  huitième  de  la  graisse  au  lieu  du 
quarts  a^n  quelle  mercure  se  pulvérisât  plus  vite  eu 
passant  plus  souvent  sous  le  pilon  ;  mais  le  papier  mon- 
trait encore  des  globules  après  huit  jours  d'un  travail 
assidu  :  j'ajoutai  néanmoins  un  peu  de  graisse  par  pure 
curiosité;  mais  quel  fut  mon  étonuement,  lorsquen 
essayant  de  nouveau  il  ne  me  fut  plus  possible  de  re- 
trouver un  seul  globule  !  Réfléchissant  alors  à  cette  dis-« 
parition  si  subite  et  si  inattendue,  je  m'aperçus  quelle 
provenait  uniquement  de  la  quantité  de  graisse;  qu^ 
lorsqu'il  y  en  avait  peu,  le  papier Tabsorbait  en  entier, 
et  le  mercure  ,  laissé  à  sec,  se  réunissait  en  globules;  que 
torsqu'llyen  avait  beaucoup,  au  contraire,  elle  restait  «14 


4o  BUH.KTÎW    ©M   THAVAUX 

gfande  partie  à  la  êapface  du  papier  où  elle  sertàît  à 
maintenir  la  division  des  globules  et  même  à  la  favoriser; 
en  secondant  l'efiet  du  frottement. 

Maintenant  que  j'ai  analysé  la  manière  d'agir  de  toiis 
les  excipiens,  et  que  j'ai  montré  à  quoi  tiennent  les  diffé- 
rences si  grandes  -qu  ils  présentent  dans  leur  emploi ,  il 
ne  me  sera  plus  difficile  d'indiquer  les  avantages  ou  lesf 
i'ncônvéniens  des  divers  procédés  d'extinction,  et  de 
rendre  raison  dés  contradictions  nombreuses  qu'ils  ont 
suscitées.  Je  saurai  1**  que  le  suif,  le  beurre  de  cacao,  la 
pommade  oxigénée,  et  tous  les  cbï^p's  qui  augmentent  la 
consistance  de  la  graisse,  ne  conviennent  pas  ,*  et,  par  la 
même  raison ,  que  la  température  à  laquelle  on  opère 
n'est  pas  indifférente  ; 

2^.  Qu'au  contraire  la  térébenthine,  le  styrax,  les 
graisses  rance«,  le  mucilage  de  gomme  arabique  et  les 
extraits  conviennent  beaucoup  ;         » 

3".  Que  1a  diversité  d'opinions  qui  a  eu  lieu  sur  l'action: 
de  l'huile  d'œufs  et  de  l'huile  de  ricin  peut  provenir  de 
ce  qu'on  n'a  pas  toujours  eu  égard  à  l'état  <}e  fraîcheur  ^ 
de  rancidité  ou  de  congélation  de  ces  corps  ; 
'  4**.  Que  la  trituration  n'agit  efficacement  sUr  le  mercure 
dans  l'onguent  mercuriel ,  que  lorsqu'elle  commence  à 
changer  la  nature  de  la  graisse  en  la  fai^nt  rancir  ; 

5".  Que  l'agitation  du  mjercure  avec  la  graisse  dans  une 
bouteille  ,  comme  M.  Chevallier  l'a  indiqué  ,  ne  convient 
<C[U€i  pour  commencer  l'onguent  et  ne  pourrait  jamais 
servir  à  l'achever  ; 

6°.  Enfin,  que  le  procédé  de  M.  Dufilho,  qui  consis- 
terait à  secouer  du  mercure  dans  l'eau  pour  en  faire  une 
poudre  qu'on  incorporerait  ensuite  à  la  graisse,  serait 
absolument  impossible  à  exécuter.    - 

Faisant  ensuite  application  de  ces  diverses  connais- 
sances et  de  plusieurs  remarques  que  j'^ai  faites  dans  la 
pratique,  je  proposerai  d'employer  pour  l'onguent  mer- 


DE    Vk    SOCIÉTÉ    0£    ^RARMXCIE.  4^ 

curiel ,  de  la  graisse  déjà  un  peu  rance ,  et  qui  aurait  par 
exemple  l'odeur  qu'a  toujours  Tonguent  lorsqu'il  vient 
d'être  fait  (1)  :  à  moins  toutefois  qu'on  ne  préfère  met- 
tre un  peu  de  térébenthine  copime  les  pharmaciens 
allemands. 

Pour  les  pilules ,  je  conseillerai  de  preudreV  aii  lieu  àft 
mucilage  de  gomme  qui  est  trop  élastique,  et  de  .miel  qui 
est  trop  déliquescent,  et  d'ailleurs  peu  visqueux  /des  ex- 
traits qui  ne  sèchent  ni  ne  s'humectent  à  l'air,  comme  ceux 
de  menyanthe<,  de  saponaire  ou  de  fleurs  d'oranger. 

Quant  au  mode  d'extinction,  j'indiquerai  pour  Ton-* 
guent  mercuriel  la  trituratioù'  à  une  chaleur  de  25  à 
30*  dans  une  chaudière  de  fer  au  moyen  d'un  pilon  de 
néme  métal,  à  large  surface  et  à*long  manche  relenii 
dans  xin  anneau ,  ce  moyen  me  paraissant  plus  simple 
que  celui  de  M.  Chevallier  et  plus  commode  qiîe  celui 
de  M.  Hemandez,  puisque  la  chaudière  peut  être  placée 
sur  un  fourneau  ou  sur  un  tonneau  ouvert  par  le  milieu 
dans  lequel  on  introduit  Un  peu  de  charbon  allumé 'ou 
une  lampe. 

Enfin ,  pour  remplacer  l'essai  au  papier,  je  proposerai 
un  nnoyen  qui  est  infiniment  plus  sur,  et  qui  n'est  paft 
moins  simple,  c'est  d'étendre  une  couche  très-mince 
d'onguent  sur  une  plaque  de  verre  et  de  le  liquéfier  par 
là  cbaleur,  les  globules  deviennent  alors  visibles  m^me 
sans  loupe,  On  juge  par  leur  teniiité  de  l'avancement 
de  l'opération. 


(1)  A  défaut  de  gi'aisse  rance,  on  pourrait  se  servir  de  graisse  ré- 
cente et  ajouter  on  peu  d'eau  (  5  j  par  lirre  )  pendant  la  trituration 
pour  activer  son  rancisgemeiit. 


42  BULLETIN    DES   TïlAVAUX 


I 

MÉMOIRE 

Adressé  à  la  Société  de  Pharmacie ,  par  M.  Ricqrd-Ma- 

DiANNA,  de  la  Guadeloupe,  sur  Thistoirc  Daturelle  et 

chimique  de  TAvocatier. 

..'■'-  ,        • 

L'avocatier ,  Laurus  persica  de  Linné.  Laurus  persea 

de  Jagquin. 

.  FoUis  oi^atis ,  coriac^is  ^  transi^ersè  venosis ,  peren^an- 

tibus  ;floribus  corymbosis.  Jacq,^  obs.  1*,  P*  ^^-  Swartz, 

obs.  150.  Habit,  in  Americd  çalidd.  Stamina  6.  Fructus 

ma§nus  ^  pyriformis  y  gratissimus. 

PsKSobN.  —  Ahuaca  quap  hik,  Hern.,  Mex.,  &^. 

Le  nom  français  de  cet  arbre,  dit  Pouppé  I^esportes  y 
paraît  dériver  de  son  nom ,  caraïbe  aouïcate* 

Classe  et  ordre  ennéandrie  monogynie,  de  Linné. 

Famille  des  Laurinées  de  M.  de  Jussieu. 

Cet  arbre  est  originaire  du  sud  du  continent  4'Amé* 
rique.  « 

Aublet  nous  4it  qu'il  fut  apporté  à  Gaîenne  en 
1750. 

Dans  une  relâche  que  fît  M.  L'Esquelin  au  Brésil ,  il 
prit  des  fruits  de  cet  arbre  dont  il  porta  les  semences. à 
Tîle  de  France  ^  et  qu'il  remit  à  M.  le  juge-conseiller.  Cet 
amàteu^,  qui  avait  une  collection  d'arbres  rares  et  utiles 
dans  son  jardin ,  en  éleva  un  pied  qui  porta  des  fruits  en 
1758.  On  doit  à  cette  culture,  suivant  M.  de  Lamarck, 
tous  les  Lauriers  avocats  qui  se  trouvent  aujourd'hui  à 
rtle  de  France  et  dans  les  Antilles.  Le  père  Nicolson 
nous  dit^  qu'à  Saint-Domingue  cet  arbre  s'élève  jusqu'à 
60  pieds  de  haut.  Je  n'en  ai  point  vu  à  la  Guadeloupe 
qui  s'élevassent  au-dessus  de  30  à  40  pieds.  Le  bois  de 


DE    LA    SOCIETE    I>E    PBARMACIE.  4^ 

cet  arbre  est  trës^cassant,  bkocbâtre,  et  ^'est  j^ropre 
c[U  a  brûler.  L  ecorce  du  tronc  est  grisâtre  et  crevassée. 

Les  feuilles  sont  alteroes ,  éparses ,  pétiolées ,  ovales  y 
légèrement  acuminées ,  vertes ,  glabres  et  lisses  en  des- 
sus, un  peu  glauques  ou  blanchâtres,  et  presque  imper- 
ceptiblement veloutées  en  dessous,  où  elles  sont  ner- 
Téttses,  et  ont  entre  leurs  nervures  latérales  des  veines 
transverses ,  obliques ,  réticulées  et  anastomosées  entre 
elles.  Ces  feuilles  varient  dans  leurs  dimensions  et  dans 
leurs  formes;  en  général,  elles  ont  2  à  3  pouces  de  large 
et  de  4  à  6  pouces  de  long.  Les  fleurs  sont  petites ,  nom- 
breuses, blanchâtres,  et  disposées  en  panicules  courtes,, 
corjrabifères  et  terminales.  Leur  calice  est  velouté  ou  pircs- 
que  cotonneux  et  découpé  profondément  en  six  décou- 
pures oblongues,  leurs  étamines  sont  au  nombre  de  12^ 
dont  6  fertiles  sur  un  premier  rang^  et  6,  alterna tivenient 
fertiles  et  stériles,  sur  un  second  rang,  et  ont  leurs  fila- 
nxens  veloutés  comme  le  calice. 

Les  fruits  ont  un  peu  la  forme  d'un  coing ,  d'autres  d'une 
poire ,  variant  pour  la  grosseur  ;  il  y  en  a  qui  ont  jusqu'à 
6  pouces  de  long.  On  en  remarque  6  variétés  à  la  Guade- 
loupe^ tant  pour  la  forme  que  pour  la  couleur  : 

1*».  L'avocatier  à  fruits  ronds  ^et  verts  ;  2*.  l'avocatier 
à  fruits  o-onds  et  violets;  3°.  l'avocatier  à  fruits  oblongs 
et  violets  ;  4*».  l'avocatier  à  fruits  oblongs  et  verts  ;  5**.  l'a- 
vocatier à.  fruits  mamelonnés  violets  ;  6®.  l'avocatier  à 
fruits  mamelonnés  verts. 

La  peau  de  ce  fruit  se  détache  aisément  lorsqu'il  est 
mûr,  et  sa  pulpe  est  d'un  vert  pistache  sous  cette  peau , 
et  jaunâtre  intérieurement.  Son  goût  varie  beaucoup  sui- 
vant le  sol  et  la  saison  plus  ou  moins  pluvieuse  dans  la- 
quelle on  lescueille* 

En  général ,  l'avocatier  vert,  lorsqu'il  est  un  peu  sec  ^ 
c'est-à-4î^e  que  sa  pulpe  n'est  pas  aqueuse,  est  le  meil- 
leur» Ce  fruit  varie  beaqcoup  pour  le  goût  :  il  y  en  a  de 


44  BUttETlW    DES    TRAVAUX 

douceâtres!,  d'autres  qui  n'ont  qu'an  mauvais  goût  aqueini 
très-insipide.  Le  P.  Nicolson  nous  dit  que  Tâvocat  est 
insipide,  et  qu*à  cause  de  sa  fadeur  on  a  de  la  peine  à  s  y 
accoutumer,  tandis  que  M.  Jacquin  nous  le  donne  comme 
un  des  meilleurs  fruits  d'Amérique.  Suivant  moi,  je  lui 
trouve  le  goût  de  l'amande  du. pistachier  commun  [pistai 
cia  i^era) ,  qtie  l!on  mangerait  avec  du  beurre  frais  ^  et  j'en 
suis  très-friand.  Quelques-uns-  l'appellent  beurre  végé-» 
lai,  vil  que  sa  pulpe  est  grasse  au  toucher  et  d'une  con- 
sistance butyreuse,  il  n'a  presque  aucune  odeur.  Ce  fruit 
n'eât  pas  ordinairement  servi  au  dessert,  on  le  mange 
avec  les  entre-mets.  Tous  les  anifnaux  s'en  nourrissent 
aisément,  même  ceux  qui  ne  soht  pas  frugivores,  tels  que 
les  chats,  et  Ton  verr.>,  par  l'analyse  chimique  que  nous 
en  avons  faite,  que  c'est  par  rapport  à  la  grande  quan- 
tité d'huile  qu'il  contient  que  les  animaux  la  mangent 
avec  avidité.  Le  P.  Nicolson  nous  dit  qu'à  Saint-Domin- 
gue on  le  croyait  propre  à  exciter  les  plaisirs  de  l'a- 
mour. «  La  vertu  merveilleuse  qu'on  attribue  à  ce  fruit 
•  et  à  son  noyau ,  pourrait  rappeler  à  son  sujet  le  beau 
»  vers  qu'on  a  fait  en  faveut*  de  la  Roquette  ,  dit 
»  M.  Pouppé  Desportes  :  Excitât  ad  ueneret^  tardas 
»  persea  maritos.  Son  amande  ou  semence  broyée  et  in- 
»  fusée  dans  du  vin ,  est,  dit-on,  un  remède  sûr  pour  cet 
»  efl'et.  On  pardonnera,  ajoute  M.  Pouppé  Desportes, 
»  cette  observation  à  un  médecin  obligé  en  quelque  sorte 
»  de  faire  mention  de  tout  ce  qui  concerne  son  art  (1).  * 
On  voit  par  celt«  citation  que  le  docteur  Pouppé  Des- 


(1)  On  fait  ^vec  les  pistaches  de  terre  {arachys  hypogea^  Lin.  )  r6ties 
et  pilées  avec  du  sucre  brut,  une  espèce  de  çigery ,  comme  les  Orien- 
taux font  le  leur  avec  les  graines  huileuses  du  sésame.  Les  nègres  re^ 
cherchent  ce  .gigery ,  croyant  qu'il  les  excite  4  Tamour  ;  ceux  de  la 
Guadeloupe  font  usage  d'un  arbre  qu'ils  appeUent  bois  à  ...b... ,  c'est 
ie  mabouï  des. Caraïbes,  de  la  £simille  des  urtîcées.  Il  s'élève *de  25  à  3b 
pieds  de  Iiaut.  Ils  raclent  un  peu  de  ce  bois  dans  du  vin  qu'ils  boireni 


\ 


DE    LA    SOCIETE    DE       UARMACIE.  4^ 

portes  Be  croyait  pas  que  la  graine  de  l'avocat  fût  un  poir 
sop ,  comme  plusieurs  personne^  le  pensent  dans  nos  lies* 
Cependant,  je  ne  conseillerai  à  personne  dé  prendre  cet 
aphrodisiaque,  dont  les  propriétés  sont  douteuses,  et  qui, 
sans  être  précisément  délétère,  peut  être  nuisible  chez 
certains  individus. 

On  emploie,  à  la  Guadeloupe  les  bourgeons  et  le» 
feuilles  de  lavocatier,  comme  emménagogues.  Qn  leur 
donne  aussi  beaucoup  d'autres  propriétés,  telles  que 
d'être  stomachiques,  carminatives ,  résolutives,  propres 
à  guérir  les  maladies  pé<liculaires ,  la  jaunisse ,  la  colique 
hystérique,  etc. ,  etc.  , 

Le  P.  Labat ,  dans  Thistoire  de  ses  voyages  aux  An- 
tilles, rapporte  qu'on  emploie  avec  le  plus  grand  succès 
ie  fruit  de  l'avocatier  dans  le  traitement  du  flux  dysen- 
térique.  Nos  commères  guérisseuses  de  la  Guadeloupe 
ne  lui  accordent  cependant  point  cette  veçtu;  elles  ont 
plus  souvent  recours  aux  feuilles  d'avocatier  comme  car- 
minatives, qu'aux  autres  parties  de  l'arbre.  M.  Joseph 
Roques  nous  dit,  dans  son  excellent  ouvrage  sur  les 
^plantes  Nindigènes  exotiques,  que  les  rameaux  encore 
tendres  du  laurus  persea  sont  employés  comme  un  re- 
mède contre  le  pian.  Je  puis  assurer  avoir  entrepris  la 
cure  des  pians  chez  deux  nègres  avec  les  rameaux  et 
bourgeons  d'avocatier,  et  n'ayant  pu  en  obtenir  aucun 
succès,  j'ai  abandonné  ce  remède  pour  avoir  recours  aux 
sels  mercàrîels  combinés  avec  l'opium.  L'avocatier  est  ^ 
suivant  Pouppé  Desportes ,  «  le  remède  universel  des- 
»  nègres  dans  les  maladies  des  femmes.  »  On  s'en  sert 
aussi  comme  d'un  excellent  apéritif  et  en  qualité  de  bé- 
chique  dans  les  maladies  de  poitrine. 

A  la  Côte-Ferme,  à  Caracas,  le  fruit  de  l'avocatier  est 
dévoré  par  un  grand  nombre  de  larves,  dont  je  n'ai  pa& 
eu  occasion  d'examiner  l'insecte  parfait»  Aux  Antilles^ 
ce  n'est  pas  la  même  chose ,  les  fruits  de  l'avocatier  sont 


46  RUtLE-flJf    Dtô    TliAVAtlX: 

exempta  de  cette  vemiine.  Le  noyau  se  trouve  dans  i& 
centre  du  fruit  sans  y  adhérer  ;  il  est  enveloppé  d'une 
pellicule  arille  (l)  qui  ne  touche  pas  excictement  aux  co- 
tylédons, lesquels  ont  une  surface  raboteuse.  Ce  noyau  a 
un  goût  âpre  et  fort  désagréable  ;  il  coiAient  une  liqueur 
laiteuse  qui  rougit  à  lair,  et  dont  on  «e  sert  quelque- 
fois pour  marquer  le  linge  d'une  manière  indélébile.  Quel- 
ques habitans  pensent,  comme  nous  Tavons  dit,  que  la 
graine  d'avocat  est  délétère  ;  pour  m'en  assurer,  j'ai  fait 
les  expériences  suivantes  : 

Première  expérience.  Dix  gros  dé  cette  graine  coupée 
en  petits  morceaux  ont  été  piles ,'  et  l'on  a  versé  dessus 
un  demi-verre  d'eau  bouillante ,  laquelle  a  pris  une  cou- 
Icîur  rouge  orangé.  Cette  dose  a  été  donné^tà  un  jeune 
chien,  sans  avoir  produit  d autre  effet  $ur  lui  qu'une 
légère  toux  occasionéè  par  l'âcreté  de  l'infusion ,  et  cette 
toux  s'est  dissipée  au  bout  de  quelques  minutes.  L'ani- 
mal s'est  bien  porté  les  jours  suivans  et  a  mangé  connue 
de  Coutume. 

Deuxième  expérience..  Les  mêmes  graines  pilées  eu. 
une  pâte ,  qu'on  a  administrée  à  fortes  doses  à  plusieurs 
cbiens  de  différentes  tailles,  n'ont  produit  aucun  mauvais 
eâet.  Ainsi  donc,  la  graine  de  l'avocatier  est  encore  un 
poison  imaginaire  pour  plusieurs  personnes  :  ce  n'est  pas 
que  le  noyau  d'un  fruit  ne  puisse  être  très-vénéneux  et 
son  péricarpe  excellent  à  manger.  J'en  donnerai  plusieurs 
exemples,  et  particulièrement  celui  de  l'abricotier  des 
Antilles  ( /i^amea  americana^  Lin.),  dont  la  graine  est 


(1)  AriUe  (arillus  ctdypta^  Tourn.),  expansion  simple  ou  maltiple  du 
cordon  ombilical  qi;ii  enveloppe  ou  recouvre  plus  ou  moins  complète- 
ment la  graine  ;  par  exemple,  dans  les  euphorbes ,  l^s  polygalas.  Il  porte 
dans  la  muscade  le  nom  de  macis  ;  dans  le  café,  où  il  enveloppe  entiè- 
rement la  graine,  celui  de  parchemin.  (Théorie  élémentaire  de  la  bota* 
nique,  par  le  docjteur  De  GandoUe^  p.  4H)« . 


I>E    LA   SOCIETE    DE    PRARM4C1E.  4? 

un  poison  violent  et  le  fruit  un  des  plus  délicieux  ^e  j6r 
connaisse  dans  les  Antilles. 

{La  suite  au  prochain  numéro.  ) 

« 

DISCOURS 

Lu  par  M.  TyxjBLAJxc  jeune ,  secrétaire  particulier  de  ta 

Société  de  Pharmacie, 

Sur  la  tombe  de  M.  J.-P.  Boudzt. 

MXSSIEVAS ,  ET  TOUS  MBIgBRXS  DE   UL  SOCIÉTÉ  DE  PHABUACIE , 

La  terre  ne  s'est  pas  encore  raffermie  sur  la  tombe  d'un 
de  nos  collègues  (1  ),  que  déjà  une  autre  tombe  s'ouvre 
devant  nous.....«  Nos  âmes,  actuellement  émues  d'une 
perte  récente ,  sont  frappées  d  un  nouveau  coup,  et  d'au- 
tres, larmeé,  d'autres  regrets  accompagnent  nos  pas  dans 
ce  lieu  où  nous  venons  déposer  les  dépouilles  mortelle^ 
d'un  homme  justement  révéré  ! 

J.-P.  Boudet,  pharmacien,  chevalier  de  la  légion 
d'honneur ,  membre  de  l'institut  d'Éçypte ,  de  l'académie 
royale  de  médecine,  etc. ,  fut  l'un  des  fondateurs  de  la 
Société  de  Pharmacie;  elle  vit  toujours  en  lui  l'un  de, ses 
membres  les.plus  distingués.  Plein  d'ardeur  et  d'affection 
pour  les  sciences  auxquelles  il  consacra  la  plus  grande 
partie  de  son  existence,  il  prit  une  part  active  (ïans  les 
travaux  nombreux  qui  répandirent  le  nom  dé  cette  So* 
ciété  dans  toutes  les  capitales  du  monde  savant.  Malgré 
son  âge  avancé  et  les  souffrances  qui  semblaient  présager 
la  mort  qui  vient  de  l'enlever ,  sa  constance  et  son  assi- 
duité ne  se  démentirepjt  jamais  ;  ce  fut  le  même  intérêt , 
les  mêmes  efforts  pour  la  propagation  des  lumières  ;  aussi 
avait-il  été  choisi  par  la  Société  de  Pharmacie  pour  lui 
faire  connaître  les  objets  importans  dont  s'occupe  la 
classe  des  sciences  physiques  de  l'institut  de  France; 
on  remarqu<iit,  dans  les  rapports  qu'il  faisait  à  ce  sujet, 

(t)  M.  Moringlane. 


48  BULLETJN    DES    TBAVAUX,   ETÇ/ 

un  esprit  habile  à  «aisir,  un  jugement  exercé,  parfois 
une  critique  aclroite,  délicate  çt  mesurée;  il  savait  atti- 
ref  J  attention  sans  la  lasser  et  la  retenir  sur  les  objets 
qu'il  en  trouvait  dignes.  Après  «avoir  exercé  pendant' 
long-temps  la  pharmacie  civile  avec  distinction  et  atta- 
ché à  son  nom  une  de  ces  réputations  qui  s'élèvent  an** 
dessus  des  autres  et^commandent  le  respect  sans  jamais 
exciter  Fenvie,  J.-P.  Bondet  accompagna  l'expédition 
mémorable^ d'Egypte  ;  il  était  avec  Monge,  BerthoUet, 
Desgenettes,  de  cette  cohorte  illustre  qui  répandait  là 
clarté  des  connaissances  humaines  sur  lé  terrain  où  la 
gloire  française  cdnquit.riinmort^lîté.  Remarqué  par  ses 
qualités  personnelles,  par  son  noble  caractère  et  son  pro- 
fond savoir,  il  obtint  des- distinctions,  dft.9, titres;  mais  il 
les  porta  avec  xi^igdegjtie,  pjjrce  qu'il  les  avait  mérités.  Ob- 
servateur attentif  des'progrès  de  l'industrie  autant  que 
jaloux  delà  prospérité  de  son  pays,  il  ne'Tit  point  avec 
indiflërence  naître  cet  art  nouveau  qui  promettait  à  la 
France  raffranchissement  d'un  tribut  étraiiger  j  et  la  fa- 
brication du  sucre  indigène  lyi  iuspijra  un  intérêt  qu'il 
manifesta  utilement  dans  sa  correspondance  avec  le  digne 
chef  de  la  pharmacie  militaire.  Le  nom  de  Boudet  uni  à 
celui  de  Parmentier,  comiiie  ces  deux  savans  furent  unis 

i)endant  leur  vie,  lègue  a  la  pharmacie  les  plus  honora- 
bles souvenirs  et  des  exemples  qu'on  s'empressera  de 
suivre.  . 

Organe  delà  Société  de  Pharmacie,  nous  n'enlèverons 
pas  à  des  amiç,  à  des  parens  la  douce  et  triste  consolation 
de  louer  dans  Boudet. les  vertus  de  l'homme  privé;  ceux 
qui  vécurent  avec  lui  dans  l'intimité ,  à  qui  il  confia  ses 
principes;  ceux  qui  lui  prodiguèrent  les  soins  de  la  piété 
filiale  jusqu'au  pioraent  oii  ses  yeux  se  sont  fermés,  trou- 
veraient nos  accens  trop  faibles;  c'est  à  eux  que  cette 
tâche  est  réservée-  Mais  nous  dirons  encore,  pour  justifier 
l'admiration  qu'il  nous  inspira,  qu'il  eut  pour  amis  tous 
Jes  cœurs  faits  pour  apprécier  les  vertus  élevées,  les  qua- 
lités sociales  et  les  plus  doux  sentimeps^e  la  vie  domes- 
tique. 


PARIS.  >-IMPniMEllIE    DE    TÀIV ,    RUE    RICINS,    11°.    4,    PLACE    UB    l'ooÉQV. 


JOURNAL 

DE  PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


N".  II.  — 15^  Année,  —  Février  1829. 


NOTE 

Sur  la  préparation  de  quelques  bromures  et  sur  celle  du 
cyanure  de  zinc  ,  par  M,  Hetxhy^Is. 

M.  Balard,  dans  l'intéressant  Mémoire  qu'il  a  publié 
sur  le  brome  y  dont  la  découverte  lui  appartient ,  a  donné 
la  description  d  un  grand  nombre  de  composés  résultant 
de  la  combinaison  de  ce  corps  simple  avec  plusieurs 
autres  corps  métalliques  ou  non  métalliques.  Déjà  quel- 
ques-unes de  ces  combinaisons  ont  été  demandées  à  la 
Pharmacie  centrale  pour  être  administrées  dans  les  hôpi- 
taux de  la  capitale.  Mais  comme  dans  le  beau  Mémoire 
de  M.  Balard  on  ne  trouve  pas  la  manière  de  préparer  la 
plupart  de  ces  bromures ,  et  que  même  leurs  caractères 
sont  indiqués  très-succinctement ,  nous  avons  cru  qu'il 
serait  peut-être  utile  pour  nos  confrères  de  publier  les 
procédés  dont  nous  nous  sommes  servis  pour  en  préparer 
plusieurs ,  bien  que  ces  procédés  n'offrent  la  plupart  rien 
XV*.  Année.  —Février  1 829.  4 


'*A. 


5o  JOURIfAL 

de  neuf,  puisqile,  ^n  rAisoa  dé  la  grande  analogie  du 
brome  avec  le  cblofe  et  l'iode,  ili  sont  calqués  sur  ceux 
appliqués  déjà  à  l'obtention  des  chlorures  et  des  iodures. 
Nous  ne  présentons  donc  ce  travail  que  dans  le  but 
seul  d'offrir  qudqu'intérêt  à  nos  confrères,  sans  préten- 
dre lui  attribuer  aucune  originalité. 

Les  différens  brpmures  que  j'ai  Thonneur  d'offrir  à 
l'Académie  çoyale  de  médecine,  sont  ceux  de  magnésium, 
de  baryum,  de  calcium,  de  potassium,  de  sodium,  le 
perbromure  de  fer  et  leâ  bromures  de  mercure.  Ceux  de 
plomb  et  d'argent  ont  été  obtenus  également;  mais,  nous 
ne  ferons  que  les  indiquer^  ne  présumant  pas  qu'ils  re- 
çoivent d'applications  dans  Ja  thérapeutique.  Plusieurs 
de  CQ8  bromures  ont  été  obtenus  par  M*  Balard  ;  mais  il 
n'a  donné  les  caractères  que  d'un  très-petit  nombre  d'entre 
eux,  et  a  indiqué  à  peine  succinctement  les  moyens  de  les 
préparer.  On  peut  y  jparyenir  directement  par  la  combi- 
naison des  bases  avec  l'acide  hydrobromique ,  qui  peut 
très -facilement  se  retirer  du  bromure  d'antimoine  dé- 
composé par  l'eau  en  grande  proportion ,  comme  l'a  fait 
voir  M.  Sérullas ,  et,  comme  déjà  ce  savant  chimiste  l'avait 
aussi  indiqué ,  par  l'iodure  d'antimoine.  (  La  petite  quan- 
tité de  métal  retenue  en  dissolution  est  précipitée  à  1  état 
d'oxide  à  l'aidç  des  bases  qui  servent  à  neutraliser  ces 
acides  hydriodique  et  hydrobromique  ). 

Cependant  j'ai  suivi  un  mode  plus  simple  ou  au  moins 
plus  facile  à  exécuter,  et  qui  repose  sur  tout  ce  que  l'on 
r  savait  déjà  sur  les  iodures  de  potassium ,  de  sodium ,  etc.  \ 
j'ai  appliqué  au  brome  Tingénieux  procédé  donné  par 
M.  Caillot,  pharmacien,  pour  la  préparation  de  l'iodure 
de  potassium;  et  c'est  à  Tàide  du  bromure  de  fer  que  j'ai 
eu  la  plupart  des  bromures  dont  je  rais  avoir  l'honneur 
de  vous  entretenir.  Leur  corapoisition  chimique  suit  les 
mêmes  lois  que  les  chlorures  et  les  iôdurës,  ainsi  que 
kl  théorie  l'indiquait  et  que  l'analyse  de  quelques-uns 


DE     PKABMACIE.  5t 

me  Fa  démontré.  Ils  sont  tous  formés  d'un  atome  de 
métal  et  du  doubltf  d'^lottk»  de  br^me  |  qa^  ce  métal 
contient  d'atomes  d'oxigène  pour  former  ses  divers  degrés 
À'otidatioli4 

h  tdmtùtnàttaii  par  k  préparation  da  bromûfe  de  fer, 
({m  nous  êei'virà  pour  la  plupart  des  antfes. 

Perhromure  de  fer.     Pe  Br.  ' . 

•  On  prend  un  poids  détermine  de  brdme  pur,  im  le 
vene  dans  Une  capsule  de  porcelaine  contenant  envirMi 
30  foifi  1«  m^me  poids  d'eau  distillée  \  on  ajoute  par  por^ 
tiens,  et  en  agitant  avec  une  tige  de  verre,  de  la  limaille 
de  fer  bien  divisée ,  jusqu'à  ce  eue  la  liqueur  cesse  de 
faire  un  bouillonnetnent  ^  on  chauQe  à  une  douce  cba- 
leur;  et ,  lorsque  le  liquide  a  acquis  une  teinte  verdâtre, 
on  le  filtre  avec  soin.  .La  liqueur  renferme  du  proto- 
bromure de  fer,  ^ui  précipite  en  blanc  par  la  potasse , 
comme  les  protosels  de  fer,  et  qui  dégage  une  odeur  très- 
i<ettiar<|uabt^  analogue  à  celle  de  la  mousse  de  Corse  ;  on 
fkit  évaporer  à  l'air  libre  et  à  siccité.  La  masse  qui  reste 
est  d'un  rouge  tirant  sur  l'orange;  traitée  par  l'eau,  felle 
ne  se  dissout  pas  toute  entière ,  il  reste  des  flocons  de 
peroxide  de  fer,  provenant  de  la  peroxidation  d'une  pe- 
tite p(Mtioin  du  fer  de  ce  protobromure.  Évaporée  dé 
nouvèciu,  la  inâtiëre  rouge  fournit  un  dépôt  d'une  cou- 
leur semblable,  tm  peu  briquetée,  attirant  très-fôrte- 
itent  rhtumidité  de  l'air,  sôlubledans  Valcoôl.  Traitée  par 
les  »ci<i€s  siilffxrique ,  hydrochlbrique ,  il  s'en  dégage  des 
v«pieui«  blanches  acides. 

Ce  perbromnre  est  composé  d'an  atome  de  fer  et  de  3  (F^r.     .     15,27 
atpmes  de  brome. f  Brome.     84,73 

•    100 


4. 


5^  JOUBNàL 


Bromure  de  magnésium.     Magn.  Br,  -. 

J'ai  pris  la  dissolution  de  protobromure  et  j  y  ai  ajouté 
un  excès  de  magnésie  calcinée ,  puis  j'ai  fait  bouillir 
légèrement.  Le  liquide  filtré,  évaporé  presque  à  siccité^a 
fourni  des  cristaux  qui ,  purifiés  par  une  nouvelle  cris- 
tallisation et  séchés  à  rétuve,  étaient  en  petits  prismes 
aiguillés,  très-solubles  dans  l'eau  et  dans  l'alcool,  at- 
tirant l'humidité,  d'une  saveur  amère  et  fraîche ,  précipi- 
tant en  flocons  blancs  par  l'ammoniaque ,  et  se  décom- 
posant par  la  chaleur  en  base  et  en  acide,  ainsi  que  l'a  dit 

M.  Balard.  ,  .     ,      / 

.       ■ 

Il  est  composé  d'an  atome  de  magnésium,  .r  Magnésium.       7,760 

de  2  atomes  de  brème.  ...  iBrôme.  .  .  «    92,246- 


100 

Bromure  de  calcium.     Ca.  Br.  ^. 

On  remplace  la  magnésie  par  la  chaux  éteinte,  et  l'on, 
agit  de  même  que  ci-dessus.  On  filtre  quand  le  précipité, 
est  passé  du  veft  au  rouge  brique. 

Le  bromure  de  calcium  est  très-déhquescent  ;  il   se 
fond  en  une  masse   blanchâtre ,    et  dégage  une  odeur 
particulière  qui  a  quelque  analogie  avec  celle  du  brô-; 
me;  il  paraît  se  décomposer  une  petite  quantité  de  ce 
sel.  Le  bromure  est  cristallisable   en  aiguilles  prismà'-, 
tiques,  très-sçluble  dans  l'alcool  et  dans  l'eau  ;  sa  saveur  est- 
assez  analogue  à  celle  du  chlorure  de  calcium.  L'acide  sul- * 
furique  en  dégage  une  vapeur  blanche  d'acide  hydrobjro- 
mique,  et  à  la  fin  des  vapeurç  rougeàtres  de  brome  et 
d'acide  sulfureux . 

Analysé  au  moyen  de  l'oxalate  neutre  de  soude,  j  ai 
obtenu ,  pour  1  gramme  de  bromure  bien  desséché ,  un 
poids  dWalate  de  chaux ,  puis  de  chaux  par  la  calcina- 


DE    rHABMACIE.  53 

tion,  représentant  à  trés-peu  près  la  proportion  de  calcium 
indiquée  par  la  théorie. 

V    ^.  ,     .    ,  ,    .  <  Calcium  1  atome  )  Cakiam.     11,974 

La  théorie  donne  par  le  bromure  j  ^^^^^    ^  ^^        {  ht(>xrï&.  .    89.026 

100 
Bromure  de  baryum,     Ba.  Br.  ^. 

l'ai  fait  bouillir  le  protobromure  de  fer  avec  un  excès 
de  carbonate  de  baryte  encore  humide  pour  que  sa  cohé- 
sion fût  moindre.  Quand  le  dépôt  a  été  rougeAtre  (sa 
teinte  était  moins  foncée  à  cause  de  Texcès  de  carbonate 
barjtique  qui  s'y  trouvait  mêlé) ,  on  a  filtré^  évaporé  et 
calciné.  Le  produit,  repris  par  Teau  pure,  et  soumis  à 
une  évapora tion  ménagée,  a  donné  des  cristaux  blancs, 
prismatiques,  rhomboïdaux ,  peu  déliquescens  ,  solubles 
dans  l'eau  et  dans  l'alcool ,  précipitant  à  la  manière  des 
sels  de  baryte ,  d'une  saveur  amère  ,  nauséabonde  ,  indé- 
composables par  la  chaleur,  et  faisant  avec  l!acide  sul- 
f|irique  des  vapeurs  blanches  d'abord  épaisses ,  puis  un 
peu  rutilantes. 

Le  bromure  de  baryum  dissous,  traité  par  l'acide  suif u- 
rique  étendu  en  léger  excès ,  a  fourni  pour  1  gramme  de 
ce  composé  :  sulfate  de  baryte  calciné  0,89 ,  représen- 
tant baryum  0,3162  environ. 

La  théorie  indique.  1 5*1^''°*  \  *!^"®-    '  !  ^^J"^^'  '    ^'^S 
uft  uAcuj^w  uiuA^uv*  (  Brème    2  atomes.  .  j  Brome.    .    68,31 

îoô 

Ce  bromiure  de  baryutn  dissous  peut  servir  aussi  à  pré- 
parer, par  double  décomposition ,  les  bromures  de 
magnésium ,  de  zinc  (  si  on  demandait  ce  dernier  ) ,  en 
employant  les  sulfates  de  magnésie  ou  de  zinc ,  et  versant 
le  bromure  goutte  à  goutte,  etc. 


54  JOtfRUAL 

Bromure  de  potassium.     K-«Br.  ^w 

• 

Pour  co  ifl  on««9€rl40  carbonate  dç  potasse  purifié  (  1)> 
afin  de  précipiter  le  fer  du  protobromure  à  l'état  de  carbo- 
nate^ comme  dans  la  préparation  de  Tiodurc  de  potas- 
sium (  procédé  de  Tsï,  Caillot).  L.ors({qe  la  saturation  est 
très-exacte  ,  on  chaufiîe  à  Taîr  pour  faciliter  la  peroxida- 
dation  du  fer;  on  filtre,  on  évapore ,  et  par  une  ou  deux 
cristalltsatioiis  on  obtient  le  bromure  pur. 

Ce  sel  erislalUse  très-bien  en  cubes;  il  a  une  ffaretiF  nn 
peu  salée  ;  il  est  un  peu  altérable  par  rfamnidité  ;  se  dis- 
sout aussi  dans  Falcool;  est  décomposé  par  Tacide  sul- 
ftiriqtre ,  comme  ceux  de  caldum  et  de  baryum.  H  se  fond 
aans  se  décomposer ,  indique  la  présence  de  la  potasse  par 
les  réactifs ,  qui  serrent  à  démontrer  cette  base. 

Analj'sé  au  moyen  de  l'acîde  sulfurique  et  de  la  chaleur, 
on  a  eu  le  soin,  après  la  décomposition  ,  de  sa lurer  l'excès 
d'actde  sulflirîque  par  un  peu  de  carbonate  d'ammopiû- 
que ,  et  :on  â  calciné  de  nouveau  fortement.  Le  poi^s  de 
sulfate  de  potasse ,  donné  pour  I  gramme  de  bromure  ^ 
se  rapporta  assen  bien  à  la  théorie ,  qui  indique, 

1  atome  potassium.  .  .  (  Potassium.  .  .     26,£»48 

2  a^ome^irône.  ....  fVt^dw.  .....     73,453 


■^r" 


100 

Bromw»  de  sodium.    Jîa.  Br.  '- 

Même  procédé  que  le  précédent  ;  on  remplace  le  car- 
bppate  de  potasse  par  celui  de  sou4^  cristallisé» 

Le  bromure  cristalU^ç  trè3-bie»  ea  petits  prismes  ai- 
guillé^ ,  groupé^ ,  d'un  blanû  up  pçu  mal;,  Ei;posé  k  l'air  il 

/  (1)  J'ai  essayé  de  remplacer  qq  c4r))oi9tiEi  pnv  )e  ferrorqjiMpr?  4f 

potassium  qui  donne,  par   l'action  de  Tair,  du  blea  de  Prusse  dont 
'"l'emploi  est  pins  réel  que  le  seus-carbonate  de  fer.  Je  lai  applique 
aussi  à  riodare  de  fer^  et  mes  résultats  ont  été  assez  satisfaisans. 


DE     Pff  AlltlA<2IE.  55 

n'en  attire  que  peu  rhumidité.  Sa  8avei\r  est  plutôt 
alcaline  urineuse  que  salée,  et  sa  solubilité  dans  l'eau 
et  dans  l'alcool  sont  grandes.  Il  se  comporte  avec  les 
acides  comme  ci-dessus. 

r»« ,  ...  ^       I  Sodiam  1  atome*    .  )  Sodium     i3^8 

Composition.    -\j^^^^^    2  lOàmes.  .  \  Brème      86,62 

100 

Bromures  de  mercure. 

Il  existe  deux  combinaisons  dç  brome  avec  le  mercpre^ 
ainsi  qu'il  en  est  pour  le  chlore  et  l'iode  s  mais  ces  com* 
binaisous  se  rapprochent  plus  de  celles  du  chlore.  Ainsii 
le  deutobromure  est  soluble  et  ne  peut  être  obtenu  par 
précipitation  comme  le  deutiodure. 

Pratohromure  de  mercure.     Hydr.  Br. 

On  verse  une  dissolution  de  bromureneutre  de  potassium 
ou  de  sodium ,  de  calcium ,  de  magnésium ,  etc. ,  dans  une 
autre  solution  de  protonitrate  de  mercure  très-étendu 
d'eau  ;  il  se  forme  un  précipité  floconneux  très-abondant^ 
d'uu  blanclégèrement  jaunâtre,  qui, lavé  avec  soin  et  séché 
à  l'abri  du  contact  de  la  lumière  ,Tournit  un  résidu  blanc- 
jaunàtre ,  se  volatilisant ,  mais  à  une  chaleur  assez  forte,  en 
aiguilles  groupées  d'un  très-beau  jaune  tant  que  la  masse 
est  chaude,  et  devenant  blanchâtres  par  le  refroidisse- 
ment. Elles  ae  fondent  à  la  manière  deft  proto  et  deutor 
chlorures  de  niercure.  Les  réactifs,  tels  que  la  potasse, 
la  soude,  les  hydrosulfates ,  forment  avec  ce  bromure,  en 
précipitant ,  des  protosels  mçrcuriols. 

«  ^  .\,' i^      .    ,.         1 1  atome  mercure.  \  Mcrcnre.    .     57,2W 

La  theoney  indique.   ,  ^^^  ^^^^^   .Brome-    .  .    42  63 


56 


JOURNAL 


JDeutobromure  de  mercure.     Hydr.  Br.  *. 


Ce  composé,  étant  soluble  dans  Teau ,  ne  peut  s'obtenir 
à  la  manière  du  deutiodure  de  mercure  ;  il  faut  le  pré- 
parer directement,  ainsi  que  l'indique  M.  Balard,  en 
traitant  le  mercure  par  le  brome  et  sublimant ,  ou , 
comme  je  Fai  essayé  ,  1°.  en  décomposant,  à  laide  de  la 
cbaleur ,  le  deutosulfate  de  mercure  par  le  bromure  de 
potassium  bien  sec.  (A  cet  eQ'et  j'ai  pris  parts  égales  de 
ces  deux  sels,  et,  après  les  avoir  bien  mêlés,  j'ai  sublimé 
le  tout  dans  une  fiole  à  médecine^  à  une  chaleur  assez 
forte.  J'ai  obtenu  une  croûte  cristallisée  à  la  surface 
interne,  blanche  et  jaunâtre,  fendue  à  l'extérieur  et 
soluble  en  partie  dans  l'eau;  elle  contenait  du  proto- 
bromure insoluble  )  ;  2''.  en  faisant  chauffer  sous  l'eau 
mercure  6  parties,  brome  6.  La  matière  devient  pâteuse  ; 
en  évaporant  le  liquide,  il  s'y  forme  bientôt  des  ai- 
guilles soyeuses  de  deutobromure  :  on  peut  évaporer  à 
siccité  et  sublimer.  La  dissolution  évaporée  a  fourni 
quelques  aiguilles  ;  mais  la  quantité  en  était  très-petite , 
vu  la  faible  proportion  sur  laquelle  j'avais  agi.  Purifié 
par  sublimation ,  il  est  en  aiguilles  satinées  très-belles , 
très-soluble ,  d'une  odeur  pénétrante,  très-volatil.  Elle 
précipitait  en  jaune  par  la  potasse,  en  rouge  par  le 
chromate  de  potasse ,  etc. 

La  composition  du  deutobro-  j  1  at.  mercure.  |  Mercure.     59,47      (i) 
bure  est  de (  2  at.  brome,     j  Brome.  .     46,53 

100 

Ces  huit  bromures  ont  tous  dégagé  promptement  le 
brome  par  l'action  du  chlore. 


(1)  Tons  ces  résultats  ont  été  calculés  d'après  les  dernières  tables 
atomistiques  de  M.  Berzelius.  (  Annales  de  Chim^  et  de  Physique, 
août  -1828.  ) 


DE    PHARMACIE.  5j 

Ces  difiérens  essais ,  répétés  sur  une  grande  échelle , 
donneront ,  je  n'en  doute  pas ,  dés  cristallisations  très- 
belles;  et  j'espère  m'en  occuper  lorsque  les  expériences 
-  de  MM.  les  médecins  auront  constaté  l'efficacité  de  ces 
préparations ,  et  que  nous  serons  alors  plus  à  même  de 
les  faire  en  quantité  considérable. 

Cyanure  de  zinc. 

La  combinaison  résultant  de  l'union  du  cyanogène  avec 
le  zinc  est  quelquefois  demandée  dans  les  pharmacies ,  et 
déjà  cette  préparation  a  été  annoncée  dans  la  Phaima^ 
copée  raisonnée  de  MM.  Henry  père  et  Guibourt;  depuis 
même  la  pubUcation  de  cet  ouvrage,  les  auteurs  y  ont 
apporté  quelques  modifications ,  par  suite  d'expériences 
faites  à  la  Pharmacie  centrale.  Ces  modifications  se  trou- 
vent dans  les  additions  à  leur  Pharmacopée^  insérées 
dans  les  journaux  de  pharmacie  et  de  chimie  médicale 
(janvier  1829).  Comme  tous  les  pharmaciens  ne  sont 
probablement  pas  en  possession  de  ce  Traité  pratique  et 
théorique ,  j'ai  cru  leur  être  de  quelqu'utilité  en  pu- 
bliant le  procédé  à  l'aide  duquel  nous  préparons  avec 
avantage  le  cyanure  de  zinc. 

Nota.  Je  ne  pense  pas  qu'on  puisse  l'obtenir  facile- 
ment par  la  calcination  du  ferrocyanure  de  zinc,  car 
M.  Berzelius  indique  qu'il  n'y  a  que  les  métaux  alcali- 
gènes  qui  conservent  leur  cyanogène  à  une  température 
élevée. 

Procédé. 

On  prend  du  ferrocyanure  de  potassium  le  plus  exempt 
de  sulfate  qu'il  est  possible  ;  on  le  transforme  en  cyanure 
de  potassium  charbonneux  ,  d'après  le  procédé  de  M.  Ro- 
biquet.  Ce  cyanure,  dissous  promptement  dans  l'eau  et 
filtré,  est  versé  avec  précaution  dans  un  soluté  de  sulfate 
de  zinc  étendu  d'eau.  Le  précipité  blanc,  lavé  et  séché 


58  'JQIJ[»>AL 

^yeo  épia  9  e3(  le  cyanure  mét;illique»  Il  est  d'un  blirnc 
ntat  très-beau ,  iufiqluble  daus  leau  et  l'alcool i  il  se  dé^ 
compose  em  (grande  partie  par  l'action  de  la  clialeur  î  âé<- 
gage  à  chaud  beaucoup  d'acide  bydrocjanique  par  l'adr 
ditioa  de  l'acide  hydrochlorique  ou  de  l'acide  sulfurique 
étendu  d'eau;  souvent^  comnoie  il  renferme  unpeud'hy- 
drosulfate  de  zinc ,  il  produit  alors  quelques  traces  d'acide 
Lydrosulfurique  (  l'hydrosnlfate  vient  de  la  décomposition 
du  sulfate  alcalin  par  le  charbon  ^  qui ,  transformé  en  un 
nouveau'sel ,  a  agi  sur  celui  de  zinc).  ' 

Le  cy^nvre  de  zinc  d*après  |  Zinc.    <  .  •  1  atome 
la  théorie I  est  formé  de.  .  .  (Cyanogène.  2 atomes.      (1)  (Berzelius.) 

Zinc 64,131  .^û. 

CyaDogêne.    ..    35,8SP"^ 

Nous  en  avons  fait  l'analyse  en  décomposant  \  poid^ 
connu  au  moyen  de  l'acide  sulfurique  mêlé  d'eau ,  et  re- 
cevant le  gaz  dans  du  nitrate  d'argent  très-étendu.  Le 
cyanure  d'argept,  recueilli»  lavé  et  séché  très^xaqtement, 
a  donné  d'une  part  son  poids  d'argent  en  chlorure  au 
moyeu  de  l'acide  hydrochlorique  et  de  la  calciuation  ;  de 
l'autre,  le  volume  et  le  poids  de  cyanogène  par  la  décomr 
position  dans  un  appareil  convenable  conduisant  le  gaz 
sons  le  mercure. 

Quant  au  zinc,  on  en  a  apprécié  Toxîde  en  le  précipi- 
tant de  sa  dissolution  sulfurique  à  l'aide  du  carbonate 
neutre  de  potasse,  lavant,  puis  calcinant  fortement. 

Cette  analyse  a  donné  beaucoup  de  rapprochement 
avec  la  composition  ci-dessus. 

--■■■■---  -  ■  .  ■      I  I         !■        I 

(1)  D'après  la  composition  de  l'acide  kydrocyaniqae ,  cyanogène  1 
T^lume,  hy4rQg;ène  1  Tolnme. 

D'après,  kçs  chimistes  français,  cet  acide  renferme  hydrogène  2  vo- 
lumes; ce  cyanure  alors  est  composé,  ainsi  que  celui  d'argetts  de 
métal  f  atome ,  cyanogène  4  atomes. 

Zinc 38,09   )  ,rru         i  x 

Cy^-wogène.    .  .       61,92   jCTHenard) 


DE    PMAftMACIE.  5^ 

Sur  la  formation  de  téther  ^  jpar  M,  SerriiI'AS. 

(  Extrait.  ) 

])^s  le  9|iéni4^ir0  quQ  ]V(.  S^rraUç  vie^c^t  dç  publier 
fruf  1^^  pbéiii^oj^àD^ft  qui  çoiit  produits  par  l'action  d^ 
Ymdfi  #u)torique  sur  T^ilçool ,  il  a  été  Qcmiduit  à  eavi- 
sager  sous  un  point  à»  vue  oouv^au  1a  formatiota  é^ 

lethep, 

U»eiipu  de  Vmàe  «ulfurique  Aur  t alcool,  faYori»Q« 
pa?  rélévation  de  température  qui  «e  produit  par  le 
«eut  fait  du  mélange ^  ou  par  quelques  )U3tau9  dappU*-^ 
cjrtioa  d'une  ebaleux  artifioielle  i  eQiiai9te  dau9  la  aoustrao* 
tien  de  la  moitié  de  leau  essentielle  à  laloopl,  et  $a 
trandfomatÎQn  çn  étber  tulfurique-  CeluH?i  n  apparaît 
pas  eepi»idal)t^  il  reste  eomUné  ^yec  lacide^uUurique, 
constituant  un  sulfate  acide  d'éther  compp$é  de  i 

2   atomes  d'acide  fuTfurique  , 
^  atome  d'éther. 

Ce  eemposé  n'est  autre  que  l'acide  iulforiniqtie. 

Quand  on  le  aoumet  à  l'ébullitickB  il  se  tranaibrnse  en 
adde  sulfurique  et  en  alcool ,  sans  qu'il  ae  produise 
d'acide  «alfurenx  ou  d'autre  gaa  ;  il  faut  «ijouier  de  Veau 
de  temps  en  temps ,  et  un  grand  nombre  de  fois  >  pour 
que  l'acide  ae  dtarbonne  pas  la  matière  organique, 

LàB  ndfi^te  aeide  d'éiher ,  en  se  combinant  aux  bases  ^ 
faraie  deis  seliâ  qui  ont  été  désignes  jusqu'à  présent  $QU$ 
le  nom  de  solfovtiiates*  Geux^oî  à  L'ébuUitlon  se  décom-^ 
posent  en  donsant  de  lalcoolel  du  bisulfate ^  de  sorte 
que  la  décomposition  est  la  même  que  si  lUcide  xi  et^ùt 
pars  ialiifé.  il  faut  ajouter  de  Veau  de  temps  en  temp^  et 


6o 


JOURIf  AL 


par  petites  portions.  Quand  le  résidu  ne  contient  pres- 
que plus  d'eau  ,  il  se  forme  de  lacide  sulfureux ,  de 
l'hydrogène  carboné ,  du  charbon  et  une  huile  qui  n'est 
autre  chose  qu'un  sulfate  double  d'éther  et  d'hydrogène 
carboné  ,  sur  lequel  nous  reviendrons. 

Ces  sels  ont  été  considérés  comme  un  composé  de  base 
et  d'acide  hyposulfurique  uni  à  une  matière  végétale  : 
telle  ne  doit  pats  être  leur  composition ,  car  les  hyposul- 
fates  donnent  de  l'acide  sulfureux  par  l'acide  sulfurique 
concentré,  tandis  que. les  sulfovinates  ne  donnent  pas 
de  gaz ,  mais  seulement  du  charbon. 

La  seconde  période  ,  dans  la  fabrication  de  l'éther ,  est 
le  moment  où  le  liquide  porté  à  l'ébuUition  laisse  passer 
Téther  dans  le  récipient  ;  l'action  reste  la  même  jusqu'à  ce 
que  lacide  sulfureux  apparaisse.  M.  Serrulas  voit  dans 
cette  séparation  de  l'éther  une  simple  dissiociation  des 
élémens  du  sulfate  acide,  d'où  résulte  de  l'éther  qui  se 
volatilise ,  entraînant  avec  lui  un  peu  de  sulfate  acide 
d'éther,  puis  de  l'acide  sulfurique  hydraté,  qui  reste 
dans  la  cornue. 

Il  est  remarquable  que  dans  cette  circonstance  ce  soit  de 
l'éther  qui  passe  à  la  distillation;  car  le  sulfate  acide  d'éther^ 
chauffé  seul  ou  du  'moins  avec  de  l'eau ,  donne  de  l'alcool. 
M.  Serrulas  explique  cette  différence  par  l'impossibilité 
presque  absolue  de  sécher  le  sulfate  acid^.  Alors  l'eau 
qu'il  contient  concourt  à  la  formation  de  l'alcool.,  ce  qui 
ne  peut  avoir  Ueu .  au  milieu  d'une  masse  d'acide  qui 
retient  l'eau  avec  avidité.     .    .      ^  , 

Dans  la  troisième  période  de  la  fabrication  de  l'acide 
sulfurique  ,  il  passe  encore  un  peu  d'éther  ;  mais  il  se 
fait  de  l'acide  sulfureux  ,  du  charbon  et'un  liquide  jaune, 
qui  est  un  sulfate  double  d'éther  et  d'hydrogène  carboné. 
Exaniinons  les  propriétés  de  ce  corps  avant  d'étudier 
sa  formation. 

L'analyse  a  fait  connaître  que  c'est   un  composé  de 


DE      PHAKMACIE.  6l 

2  atomes  d'acide  sulfurique  ,  d'un  demi-atome  d'éther ,  et 
de  2  atomes  d'hUilè  douce  (  C  H  2  )•  C'est  un  sulfate  dou- 
ble d'éther  et  d'hydrogène  carboné  ,  ou ,  pour  mieux 
dire ,  sa  composition  peut  être  représentée  par  2  atomes 
d'acide  sulfurique ,  un  demi-atome  d'éther ,  et  2  atomes 
d'hydrogène  percarboné. 

Ce  hquide ,  quand  il  a  été  purifié ,  est  incolore  ou 
vert ,  et,  sous  ces  deux  aspects ,  il  a  les  mêmes  proposés 
chimiques  ;  son  odeur  est  aromatique  et  pénétrante  :  sa 
saveur  est  piquante  et  a  quelque  analogie  avec  celle  de 
la  menthe.  Sa  densité  est  de  1,33.  Il  est  un  peu  soluble 
dans  l'eau  ;  il  se  dissout  très-bien  dans  l'alcool  et  l'éther. 
On  peut  le  retirer  de  sa  dissolution  par  une  évaporation 
lente  ou  en  le  précipitant  par  l'eau. 

Placé  sous  l'eau  il  se  transforme  lentement  erw  huile 
douce  et  en  sulfate^  acide  d'éther.  Une  douce  chaleur 
facilite  singulièrement  la  réaction  ;  elle  est  alors  terminée 
en  quelques  instans. 

Les  bases  le  transforment  en  huile  douce  (  C  H  2  )  ,  et 

en  sulfovinate. 

Nous  avons  dit  que  ce  corps  se  forme  vers  la  fin  de 
la  distillation  de  l'éther  ;  mais  il  vaut  mieux  distiller 
deux  parties  et  demie  d'acide  sulfurique ,  et  une  partie 
d'alcool  à36^  On  obtient  dans  le  récipient  deux  Hquides, 
Tun  incolore  ,  l'autre  coloré  en  jaune  :  oh  sépare  celui-ci 
et  on  le  lave  de  suite  avec  de  l'eau  pour  enlever  l'acide  sul- 
fureux^ une  partie  d'alcool,  d'éther  et  d'acide  sulfureux.  On 
le  place  dans  une  capsule  soUs  le  récipient  de  la  machine 
pneumatique  avec  de  l'acide  sulfurique  ,  et  on  fait  le 
vide  ayec  lenteur ,  parce  q»e  la  volatilisation  brusque  de 
Tacide  sulfureux  ,  de  l'alcool  et  de  l'éther,  causerait  une 
trop  vive  ébullition.  Quand  celle-ci  est  apaisée,  le  li- 
quide est  incolore  et  transparent  :  on  le  laisse  dans  le 
vide  pour  faire  évaporer  l'eau.  Au  bout  de  vingt-quatre 
heures  il  est  d'un  vert  foncé.    '  *  . 


6d  âQVfkHkL 

Il  Tftut  mieuK  encore  »  |>our  ee  procurer  oe  corps  ^ 
cbauffer  quelque  temps  $^w  distillutidn ,  parties  é^le& 
d'alcool  à  38  ^  et  d'acide  sulfariaue  :  on  sature  par  une 
bouillie  de  chaux  claire  ^  et  Ton  filtre  $  on  concentre  à  uhe 
douce  chaleur,  et  on  filtre  de  noureau  pour  enlever  dd 
la  chaux  qui  s'est  carbonatée  et  un  peu  de  sulfate  de 
chaux  :  on  abandonne  à  l'évapOration  dans  uneéture; 
la  cristallisation  «'opère  parfaitement ,  mais  avec  lenteur. 
Ou  dessèche  avec  soin  le  sulfovinate ,  et  on  le  chaui& 
dans  une  cornue  pour  recueillir  le  principal  produit» 

Nous  avons  vu  que  le  sulfate  iieutre  d'éther  et  d'by dro-* 
gène  carboné)  se  transforme  rapidement  en  huile  douce 
et  en  sulfate  acide  d'éthei^,  sous  l'influence  de  l'eau  et 
d'une  légère  chaleur. 

C'est  le  meilleur  moyen  de  se  procurer  Thuile  douce 
de  vin ,  et  ]e  sulfate  acide  d'éther  :  on  les  sépare  par 
la  filtration  sur  un  filtre  mouillé ,  et  on  évapore  le  sel 
acide  dans  le  vide. 

Si  lorsque  la  décomposition  du  sulfate  neutre  est  faite, 
on  abandonne  dans  un  lieu  frais  ;  l'huile  douce  laisse 
séparer  une  matière  solide  cristallisée  ;  on  jette  le  tout 
sur  un  filtre  mouillé  qui  laisse  passer  la  dissolution  du 
sulfate  acide  d'éther^  on  lave  pour  le  séparer  entièrement. 
On  place  alors  l'entonnoir  sur  un  flacon  $  le  filtre  se  des- 
sèche peu  à  peu  ;  l'huile  coule  et  les  cristaux  restent  :  on 
les  distille  dans  un  tube  )  après  quoi  on  les  liquéfie  pour 
les  couler  en  une  couche  mince;  on  exprime  entre  du 
papier  brouillard  jusqu'à  ce  que  celui-ci  ne  soit  plus 
taché. 

L'huile  douce  est  composée  d'un  atome  de  carbone ,  et 
deux  atomes  d'hydrogène.  Elle  a  donc  la  même  composition 
que  l'hydrogène  percarboné  :  Sans  doute  ses  élémens  sont 
unis  dans  un  autre  état  de  condensation.  C'est  un  liquide 
jaune,  d'une  odeur  aromatique  particulière  quî  se  dé- 
veloppe bien  quand  on  le  chauffe  ou  qu'on  le  frotte  entre 


DE     PHABAtAGIE.  ^  63 

]es  doigts.  Sa  densité  est  de  0,921  :  elle  bout  à  280*'  ; 
eUe  s  épaissit  par  le  rcfroidissemciit  :  à — 26*  elle  a  la  con- 
sistance de  la  térébenthine  :  à —  35^  elle  est  solide.  Quand 
elle  a  été  bien  privée  d'eau,  elle  ne  conduit  pas  du  tout 
l^lectriciié* 

La  matière  solide  qui  se  dépose  de  Thuile  douce,  a  la 
même  composition  quelle.  E\\e  est  très-brillante ,  cristal- 
lisée en  longs  prismes  transparens  :  elle  n  a  pas  de  sa- 
veur. Son  odeur  est  aromatique ,  particulière,  bien  ma- 
nifeste quand  elle  est  cbaufiee ,  et  tout-a-fait  analogue  à 
celle  de  l'huile  douce.  Elle  fond  à  11 O^",  se  volatilise  à 
260**.  L'eau  ne  la  dissout  pas  :  elle  est  soluble  dans  lai 
cool ,  et  surtout  dans  Tèther ,  et  reparait  cristallisée  par 
levaporation  du  dissolvant»  Sa  densité  est  0,980. 

Revenons  maintenant  aux  phénomènes  qui  se  pro- 
duisent quand  Tacide  sulfureux  apparaît  dans  la  prépara- 
tion de  Télher.  Les  corps  qui  se  forment  sont  :  lacide 
sulfureux,  l'hydrogène  carboné,  le  charbon  et  le  sulfate 
neutre  d'éther  et  d'hydrogène  carboné  :  c'est  qu'à  cette 
éj)0(|ue)  quand  l'alcool  a  disparu,  la  température  s'élève 
assez  pour  déterminer  uïie  réaction  entre  les  élémensdu 
sulfate  acide  d'éther..  Il  s«  fait  de  l'acide  sddfureUjc ,  du 
charbon  et  de  l'hydrogène  carboné.  Celui-ci  sature  une 
partie  du  sulfate  acide,  et  passe  dans  le  récipient  à  Tétat 
de  sulfate  double  d'éther  et  d'hydrogène  carboné. 

Une  autre  supposition  serait  que  la  partie  d'acide  sul- 
furlque  excédante  ,  qui  constitue  le  sulfate  acide ,  est  sé- 
parée ou  détruite  ,  laissant  le  sulfate  acide  à  l'état  de 
sulfate  neutre,  dont  une  partie  passe  à  la  distillation, 
tandis  qu'une  autre  se  décompose  en  donnant  de  l'acide 
sulfureux  9  du  charbon  de  l'hydrogène  carboné. 

£•  S. 


64  JOURNAL 


De  la  décomposition  successiue  des  sulfates  dans  les  eaujè 
par  les'  substances  organiques  y  lu  à  la  Société  des  na^*. 
turalistes  d'Allemagne  à  Berlin  ,  le  20  septembre  1 828^ 
par  M.  VoGEL,  de  Munich. 

,  Plusieurs  chimistes ,  surtout  MM.  Dœbereiner,  Long- . 
champ,  Chevreul,  Henry  et  autres,  ont  déjà  émis  l'opi- 
nion que  les  sulfates  peuvent  donner  naissance  à  la  for- 
mation de  l'hydrogène  sulfuré  ;  et  difiérentes  observations, 
dues  en  partie  au  hasard,  ont  été  faites  à  cet  égard,  qui 
paraissent  confirmer  la  justesse  de  cette  opinion. 

Comme  j'ai  fait  des  expériences  directes  sur  cet  objet, . 
qu'il  me  soit  permis  d'en  communiquer  le  résultat. 

Le  commencement  de  ces  expériences  retombe  dans, 
l'année  1825,  où  je  fis  dissoudre,  le  1  2  novembre  de  la 
même  année ,  deux  gros  de  sulfate  de  soude  dans  deux  litres 
d'eau  distillée,  et  je  partageai  la  liqueur  en  deux  cru- 
ches de  grès  que  j'en  remplis  tout-à-fait.  Dans  une 
de  ces  solutions  je  mis  un  demi-gros  de  glycyrrhizine 
faite  d'après  le  mode  de  Dœbereiner. 

Je  fis  de  ménfe  une  solution  saturée  de  sulfate  de 
chaux. 

Un  litre  de  cette  solution  fut  mêlé  avec  un  demi-gros 
de  glycyrrhizine.  Après  deux  ans  et  neuf  mois  j'ouvris 
les  deux  cruches  bien  bouchées  et  conservées  dans  l'ob- 
scurité où  elles  étaient  restées  intactes. 

Les  deux  solutions ,  celle  du  gypse  et  celle  du  sulfate 
de  soude,  dans  lesquelles  on  n'avait  pas  mis  de  i^lycyrrhi- 
zine,  étaient,  comme  je  m'y  attendais,  sans  odeur,  €ans 
couleur,  et  n'avaient  pas  d'autre  saveur  que  celle  de 
gypse  et  de  sulfate  de  soude  ;  enfin ,  on  n'y  aperçut  pas 
le  moindre  changement. 

Les  solutions  du  gypse  et  du  sulfate  de  soude ,  au  con- 
traire, qui  étaient  mêlées  de  glycyrrhizine,  donnaient 
des  résultats  tout-à-fait  différens. 


DK    PHARM4CIE.  6d 

Examen  de  la  solution   du  sulfate  de  soude  mêlée  de- 

glycjrrhizine. 

Lorsque  la  cruche  fut  déboucbée,  on  sentit  une 
odeur  très-forte  de  gaz  hydrogène  sulfuré  ;  la  saveur  que 
la  solution  avait  immédiatement  a^ès  qu'elle  eut  été  faite, 
était  entièrement  disparue,  et  on  apercevait,  an  lieu 
d'une  saveur  douée,  nue  très-amère  et  hépatique.'  L'eau 
était  ioat*à-fait  claire  et  tirait  légèrement  sur  le  jaune. 
Mêlée  avec  des  sels  de  plomb  et  d'arcrent,  il  se  formait 
subitement  des  précipités  noirs  de  sulfures  métalliques. 

Une  certaine  quantité  de  ce  liquide  fut  partdgéfe  en 
deux  parties  égales,  dont  Tune,  après  l'avoir  tenue  en 
ébullition,  fut  mêlée  avec  une  solution  de  muriate  de 
baryte;  de  même  l'autre  moitié,  qui  n'avait  pas  été 
exposée  à  la  chaleur. 

Il  en  résulta  que  le  précipité  obtenu  par  la  baryte 
dans  la  solutioù  qui  avait  été  bouillie,  pesait  douze  pour 
cent  de  plus  que  celui  de  la  solution  qui  n'avait  pas  été 
mise  en  ébullition. 

D'où  résulle  que  l'acide  bydrosùlfurique  (  et  l'acide 
hyposulfurique ,  qui  vraisemblablement  s'était  formé  ) , 
ont  été  changés  en  acid.e  sulfurique  par  Tébullition  du 
liquide. 

Lorsqu'on  chauffait  Feau  jusqu-'àrébullition,  il  se  dé- 
gageait beaucoup  de  gaz  hydtx)gène  sulfuré  et  de  l'acide 
carbonique.  Après  avoir  continué  l'ébullition  pendant 
une  heure  dans  un  matras  qui  était  muni  d'un  tube  re- 
courbé, il  se  dégagea  toujours  du  gaz  hydrogène  sulfuré  ; 
et,  même  après  l'ébullition,  pendant  deux  heures  de 
temps ,  il  y  avait  encore  de  ce  gaz  combiné  avec  là  soude^ 
dont  on  pouvait  s'assurer  par  des  sels  métalliques ,  ou 
bien  en  y  ajoutant  un  acide  faible,  qui  en  dégageait  du 
gaz  hydrogène  sulfuré.  La  liqueur,  long-temps  tenue  en 
ébulHtion  et  concentrée,  était  très^alcaline ,  mais  ne  con- 
tenait plus  d'acide  bydrosùlfurique,  et  ne  dégageais ,  eh  V 
ajoutant  des  acides ,  que  de  Taeide  carbonique  avec  effet--" 
vescençe,  pqndant  qu'on  y  remarquait  en  mêmé'temps 
une  odeur  très-foirte  d  acide  acétique.     -  •       j  .  \ 

XV*.  Année.  —  Février  1829.  5 


66  JQVRNAL 

Lorsque  j['évaporais  une  plus  grande  quantité  de  cette 
eàu ,  il  se  forma ,  par  le  refroidissement ,  des  cristaux 
prismatiques  qui  effleurirent  à  l'air  sec ,  et  se  compor- 
tèrent iComme  un  mélange  de  sulfate  et  de  carbonate  de 
soude. 

Je  iîs  dissoudre  la  m^sse  saline  bien  desséchée  dans  un 
peu  d'eau ,  et  je  versai  la  liqueur  dans  une  cornue  ,  après 
y  avoir  ajouté  un  mélange  d'une  partie  d'acide  sulfuri- 
que  concentré  et  de  trois  parties  d'eau.  En  distillant, 
j  obtins  une  liqueur  limpide ,  d'une  odeur  piquante  et 
très-acide;  cependant  elle  ne  contenait  ni  acide  sulfuri-^ 
que  ,  ni  acide  muriatique.  Je  la  rendis  neutre  par  le 
moyen  de  la  potasse  caustique ,  et,  après  lavoir  évaporée 
jusqu  a  siccité ,  j'obtins  des  petites  feuilles  blanches  très- 
solubles  dans  1  alcool,  et  tombant  en  déliquium  à  l'air 
humide  en  peu  de  temps. 

Là  solution  concentrée  précipitait ,  du  protonitrate  de 
mercure ,  des  écailles  blanches  et  nacrées  ;.  et ,  mêlée  avec 
d,e  l'acide  sulfurique  faible ,  il  se  dégageait  une  odeur  très- 
prononcée  d'acide  acétique. 

Examen  de  la  solution  du  gypse  mêlée  a^^ec  la  gljcjV" 

rhizine. 

Ce  mélange  avait  également  une  odeur  très-forte  et 
une  saveur  amère  d'acide  hydrosulfurique.  Porté  à 
Fébullition ,  il  se  dégagea  un  mélange  de  gaz  hydrogène 
sulfuré  et  d'acide  carbonique. 

La  liqueur  se  troublait  pendant  l'ébullition ,  et  il  ae 
déposa  une  poudre  en  grande  partie  soluble  avec  effer- 
vescence dans  l'acide  muriatique.  Elle  était  composée 
de  carbonate  de  chaux  mêlé  d'un  peu  de  sulfate  de  chaux. 
Le  liquide,  concentré  . par  Vévaporation  et  décanté  du 
dépôt  qui  s'était  formé,  fut,  comme  la  solution. du.  sul- 
fate de  soude,  mêlé  avec  l'acide  sulfurique  et-âouanis  à 
la  distillatiou.  Il  se  dégagea  comme  ci-^aessus  un  acide 
volatil  qui  était  analpgue,à  l'acide  acétique*  On  pourrait 
opposer  aux  résultats  de  cep  expériences ,  que  la  glycyiv 
phizine  employée  renfermait    elle-même-  un.  acétate  , 


DE    PHARMACIE.  67 


pour  m  assurer  que  ce  n  était  pAS  la  glycyrrhizine  qui 
fournissait  ici  un  acétate ,  je  mêlai  d'ayaoce  les  solutions 
de  sulfate  de  soude  et  de  gypse  avec  du  sucre  pur,  de> 
même  avec  de  la  gomme  arabique. 

J ouvris  les  flacons  après  quatre  mois,  et  j  examinai 
ensuite  l'eau  comme  ci-dessus.  Je  trouvai  qu'il  s'était 
également  formé  des  traces  d  acide  bydrosulfuriquô ,  d  a- 
cide  carbonique  et  d'acide  acétique,  dont  la  quantité 
augmentera  sans  doute  après  plus  de  temps.  Je -me  ré* 
serve  d'en  donner  des  renseignemens  plus  étendus.  Ces 
trois  acides  se  forment  plus  promptement  et  en  plus 
grande  quantité,  quand  on  fait  dissoudre  le  sulfate  de 
soude  dans  de  Teau  distillée  qui  a  été  tenue  six  mois  en 
contact  avec  du  bois  de  bétre.  Il  résulte  de  ces  rechercbes, 
que  les  substances  organiques,  comme  les  matières  çx* 
tractives,  le  sucre,  la  gomme,  l'infusion  de  bois,  quand 
elles  restent  long-temps  en  CQutact  et  enfermées  avec  des 
solutions  (très -délayées)  de  sulfates,  changent  l'acide 
sulfurique  en  acide  bydrosulfurique,  et  que  ces  substances 
organiquesr  éprouvent  eHes-mémes  par  cette  réaction  un 
cbangement  qui  donne  lieu  à  la  formation  de  l'acide  car- 
boniques et  de  Tacide  acétique  (1). 

Nous  voyons  par  ces  faits  que  les  eaux  minérales  bépa^ 
tiques  peuvent  se  former  pour  ainsi  dire  sous  nos  yeux , 
pourvu  qu'il  y  ait  dans  ces  eaux,  outre  les  sulfates,  une 
substance  organique  en  dissolution  ;  et  cela  nous  prouve 
de  plus  que  la  présence  du  sulfure  de  fer  n'est  pas  néces- 
saire pour  que  la  formation  de  l'acide  bydrosulfurique 
ait  lieu. 

Déjà  plus  d!une  fois  j'avais  remarqué  dans  les  eaux 


(1)  On  m'a  fait  l'objection  dans  un  entretien  amical  (et,  si  je  ne  me 
trompe  pas,  c'était  M.  Mitsiliei-lich,  de  Berlin  ),  que,  les  cruches  de 
g^s  étant  poreuses  V  Tacide  cai^omqne  de  Vair  pourrait  y  pénétrer 
et  se  combiner  avec  les  salfuiçs  de  soude  et  de  chaux  formés  :  n  ayan^ 
pas  fait  Texpérience  jusqu'à  préçent  dans  des  flacons  de  verre,  je  ne 
pourrais,  rien  décider  â  cet  égard.    ^  . . 

5. 


68  JOURNAL 

minérales  des  traces  d'acide  acétique.  Cette  obserya^ 
lion  a  déjà  été  faite  par  M.  Duménil.  Tout  récemment 
j'avais  fait  la  même  remarque  dans  une  eau  minérale 
qui  se  trouve  au  milieu  de  l'Allemagne ,  et  cela  dans  une 
eau  très-connue  et'  très-renommée  par  ses  vertus  médi- 
cales. C'est  à  Neumarkt,  petite  ville  en  Bavière,  près 
de  la  grande  route ,  entre  Nuremberg  et  Ratisbonne ,  où 
je  trouvai  dans  une  eau  minérale  de  l'acide  acétique 
combiné  avec  une  base. 

Cette  eau  de  Neumarkt  a  cela  encore  de  remarquable, 
qu'elle  laisse  déposer  après'  quelque  temps  une  poudre 
noire,  quoiqu'elle  soit  tout-à-fait  limpide  à  la  source. 
Cette  poudre  renferme  beaucoup  de  sulfure  de  fer; 
phénomène  qu'on  a  jusqu'à  présent,  à  l'exception  de 
quelques  chimistes ,  très-rarement  remarqué. 

Comme  il  y  a  presque  dans  chaque  eau  une  substance 
organique,  il  n'y  a  pas  de  doute  qu'il  ne  puisse  s'y 
former  aussi  de  1* acide  acétique  qui  se  portera  sur  une 
base;  et  je  ne  serais  pas  surpris  si  l'on  rencontrait  par  la 
suite  plusieurs  acétates  dans  les  eaux. 


aiyuwyvvtvMVVvi^niVi'ft'irni't*  "**'*******  ******************  ■»«>»<«»<..i.*i.aa«»ai»A.««. •■»*». »aa»«»A 


NOUVELLES   DES   SCIENCES. 


Sulfure  de  cyanogène. 

M.  Lassaigne  vient  de  découvrir  un  nouveau  composé 
de  soufre  et  de  cyanogène.  Il  est  formé  d'un  atome  de 
soufre  et  de  4  atomes  de  cyanogène. 

Le  sulfure  de  cyanogène  cristallise  en  lames  rhomboï- 
dales ,  blanches  et  transparentes  ;  son  odeur,  forte  et  pi- 
quante ,  excite  le  larmoiement;  il  produit  sur  la  langue 
vne  impression  douloureuse;  il  est  soluble  dans  l'eau  et 
dans  l'alcool,  mais  plus  dans  ce  dernier.  Sa  solution 
aqueuse  rougit  le  tournesol ,  il  n'en  est  pas  de  même  de 


DE    PHARMACIE.  69 

!a  liqueur  alcoolique.  Ce  composé  parait  saturer  les  ba* 
ses,  il  forme,  ayec  les  sels  de  peroxide  de  fer,  une  couleur 
cramoisie,  de  même  que  Taçide  sulfocyaniqu^  de  Porret. 

Il  est  si  Tolatil,  qu'il  se  sublime  de  lui-même  à  la  tem- 
pérature ordinaire  dans  les  vases  qui  le  contiennent. 

Exposé  à  la  lumière  diffuse ,  il  jaunit  en  quelques  se- 
maines ,  puis  il  devient  orangé;  décomposé  par  une  pile 
voltaïque  à  conducteurs  en  argent,  le  fil  positif  se  couvre 
de  sulfure  d  argent ,  et  une  odeur  prussique  se  manifeste 
au  pôle  négatif. 

On  obtient  le  cyanure  de  soufre  en  versant  sur  le  cya- 
nure de  mercure  en  poudre  fine,  la  moitié  de  son  poids 
de  bichlorure  de  soufre;  12  à  15  jours  après,  le  ballon, 
exposé  à  la  lumière  diffuse ,  se  tapisse  de  cristaux  à  sa 
partie  supérieure.  On  les  purifie  en  les  redistillant  avea 
un  peu  de  craie.  E.  S. 

Sur  l'origine  de  ta  myrrhe. 

Dans  le  rapport  fait  sur  les  voyages  des  naturalistes 
Ehrenberg  et  Hempricb  en  Egypte,  dans  le  Dongolah, 
la  Syrie,  l'Arabie  et  sur  la  pente  orientale  des  monta- 
gnes de  l'Abyssinie ,  par  M.  Aex.  de  Humboldt  (in-4**. , 
Berlin,  1826 ,  en  allemand)  ;  il  est  dit  que  ces  voyageurs 
ont  recueilli  eux-mêmes  la  myrrbe  sur  l'amyris  kataf , 
qu'ils  ont  décrit  sous  le  nom  de  halsamodendron  mjrrha, 
M.  Nées  d'Esenbeck  a  figuré ,  d'après  ces  savans , 
f arbre  dans  la  17*.  livraison,  dé  ses  plantes  officinales 
comme  étant  celui  qui  fournit  Ik  myrrhe.  C'est  Forskal 
qui  a  le  premier  fait  cette  observation  en  donnant  la 
description  des  amjris  hataf  et  kafal,  (  Flora  jEgjrptiô^ 
Arabica  y  cent.  III,  pag.  80)  ;  on  doit  donc  la  rapporter 
à  cet  auteur  dans  les  matières  médicales,  si  toutefois 
cette  origine  de  la  myrrhe  est  désormais  hors  de  doute.. 


'JO  JOUHNAL 

De  la  résine  de  mancenilier. 

Le  bois  de  mdncenilier  sec  est  un  bon  diurétique;  sd 
résilie  (  espèce  de  suc  laiteux  dessécbé  spontanément  èur 
1  arbre  )  est  aussi  diurétique  ;  elle  a,  selon  le  docteur  Henry 
Barhani  {Hortus  Americanus^  and particularitjr  qfthe 
island  ofJamaica ,  Kingston ,  Jamaïca  «  1 745  ) ,  les  mêmes 
vertus ,  avec  les  apparences  et  les  qualités  physiques  de 
la  gomme  résine  de  gajac ,  au  point  qu*on  s'y  trompe. 

Dusalep  indigène  d'Allemagne^  par  Beissèïibirt2. 

(Dans  Brandes  ,  ^rc^iV.  des  apothehers^reins ,  t.  22^ 
cahier  2'.,  pag.  113.)  On  recueille  pour  cet  effet  les 
racines  des  orchis  en  juillet  après  leur  floraison.  Elles 
sont  lavées^  ensuite  plongées  dans  Feau  bouillante,  égout- 
tées  et  séchées  promptement.  Les  meilleurs  saleps  vien- 
nent des  orchis  morio ,  mascula  et  militaris  ;  les  orch» 
maculata  et  latifolia  en  donnent  d'inférieurs  ;  Yorchis 
bifolia  (  ou  satyrion  des  pharmacies }  en  donne  de 
mauvais. 

J.-J.  V. 

ACADÉMIE  ROYALE  DE  MÉDECINE. 

SECTION    DE   PHARMACIE. 

Analyse   de  ses   travaux. 

Séance  du  27 -  décembre  1628.  —  Dans  la  çorreSpon- 
daiice  hianuâtrite,  M.  Lemàire  Lisancourt  annobce  avoir 
obtenu  des  hybrides  entre  le  cucwnis  metiow  et  le 
melopepo  cljpedtus,  ou  bonnet  d'électeur  ;  le  produit  a 
été  un  fruit  tuberculeux  pyramidal ,  avec  des  lignes  sail- 
lantes formant  une  sorte  de  dodécaèdre  ;  la  chair  en  était 
bonne  à  manger.  Notre  confrère  annonce  encore  qu'on 
a  obtenu  la  fécondalion  du  maclurea^  arbuste  dioïqtie, 
par  le  rapprochement  des  deux  sexes;  il  a  produit  des 


DE     PHAROIACIE.  7^ 

fruits  en  forme  de  petites  oraiiges,  mais  qui  n^oot  pas-, 
mûri.  Ce  végétal  paraît  appartenir  à  la  famille  des  téré*^ 
binthacées. 

M.  Henry  rappelle  que  M.  Sageret,  membre  de  la 
société  d'agriculture  de  Paris ,  s'est  beaucoup  occupé 
pareillement  de  produire  des  hybrides  parmi  les  cucur* 
bitacées. 

Une  lettre  de  M.  Germain,  pharmacien  à  Fécamp, 
notre  correspondant ,  dit  que  dans  la  préparation  de  l'on* 
guent  populéùm,  ce  n'est  point  |2  livres  de  fécule  verte 
de  chaque  plante  entière  qu'il  faut  employer  pour  100 
livres  a axonge ,  mais  seulement  douze  livres  de  cette  fé- 
cule verte  extraite  d'une  quantité  suffisante  de  toutes  les 
plantes  réunies.  On  admet  cinq  parties  de  morelle  noire 
sur  une  de  chaque  autre  plante.  Suivant  'ce  procédé , 
outre  que  M.  Germain  le  dit  plus  commode ,  1  on  peut 
constamment  donner  à  l'onguent  populéum  les  qualités 
et  la  couleur  qu'on  y  recherche,  et  le  garantir  de  Tin* 
fluence  des  saisons  sèches  et  humides  auxquelles  il  est 
assujetti  par  l'ancienne  méthode. 

M.  Dizé  donne  lecture  de  ses  eapériences  sur  la  colo-- 
ration  du  pain  par  la  graine  de  mélampyre,  et  sur  le 
moyen  de  constater  sa  présencfe  dans  la  farine  de  blé. 
Ce  travail  a  été  entrepris  à  la  sollicitation  de  M.  Ber- 
thelmy,  contrôleur  de  la  halle  à  la  farine  de  Paris,  au 
sujet  des  contestations  qui  s'élèvent  dans  la  réception 
de  ces  farines.  M.  Dizé ,  après  avoir  donné  la  notice  des 
melampyram  et  de  l'espèce  art^nse y  ^àiie  aussi  blé  de 
i^ache,  dont  la  graine  communique  au  pain  une  couleur 
rougeâtre  violacée  et  une  saveur  désagréable,, qui  passe 
même  pour  insalubre;  il  entre  dans   le  détail   de   ses 
expériences.   Cette   graine   noirâtre  et   dure   concassée 
imprime  une  tache  huileuse  sur  le  papier;  sa  saveur  est 
déplaisante.  La  couleur  rouge  de  l'enveloppe  de  la  graiae 
n'a  pas  pu  être  isolée  par  les  procédés  ordinaires;  mais 
notre  confrère  est  parvenu  à  la  manifester  à  l'aide  de 
l'acide  acétique  étendu  d'eau.  Il  remarque  que  ,  dans  le 
pain  azyme  ou  non  levé,  cette  coulear  ne  se  développe 
pas  dans  sa  pâte,  tandis  que  la  fermentation  panaire 


7^  .JOURNAL 

,(|ui  dégage  de  Tacide  acétique,  réagit  sur  cette  semence 
et  fait  alors  communiquer  la  teinte  rouge  violacée  à  la 
pâte.  M.  Dizé,  après  plusieurs  recherches  consignées 
dans  son  travail ,  donne  le  procédé  pour  découvrir'  la 
présence  de  la  graine  de  mélampyre  dans  .une  farine 
quelconque.  Il  consiste  à  former  une  pâte  molle,  delà 
farine  qu'on  veut  essayer,  avec  une  quantité  suffisante 
d'acide  acétique  affaibli  de  deux  tiers  d'eau;  on  fait  cuire 
ce  petit  pain  dans  une  cuillère ,  exposée  à  une  chaleur 
suffisante.  Si  la  farine  est  mêlée  de  graine  de  mélam- 
pyre, l'intérieur  du  pain  sera  coloré  en  rouge  violacé; 
moyen  prompt  et  facile  de  s'assurer  de  la  qualité  des 
farines  à  cet  égard. 

M.  Henry  père  annonce  qu'à  la  Société  royale  d'agri- 
culture^ dont  il  est  membre,  il  a  été  chargé  de  l'exameù 
d'un  mémoire  qui  avait  été  adressé  sur  le  mélampyre; 
notre  confrère  promet  à  la  section  de  communiquer  le 
résultat  des  expériences  sur  cet  objet,  comme  une  suite 
du  travail  de  M.  Dizé. 

Sur  la  proposition  du  secrétaire,  le  mémoire  de  M.  Dizé, 
étant  d'un  intérêt  public,  sera  envoyé  au  comité  de 
publication  pour  faire  partie  des  mémoires  de  l'Aca- 
démie. 

M.  Bonastre ,  en  son  nom  et  en  celui  de  MM.  Laugier 
et  Chevallier,  fait  un  rapport  sur  un  mémoire  de  M,  Lau- 
%^rgne,  chirurgien  de  la  marine  à  Toulon,  concernant 
la  géographie  botanique  du  port  de  Toulon  et  des  îles 
d'Uyères.  Les  commissaires  font  observer  que  ce  travail 
intéresse  beaucoup  plus  l'agriculture  que  1  art  de  guérir, 
et  qu'il  est  rédigé  dans  le  seul  butd'appeler  l'attention 
du  gouvernement  sur  les  terrains  incultes ,  qui  pourraient 
fournir  par  la  culture  des  produits  d'une  grande  impor- 
tance. Le  mémoire  de  M.  Lauvergne  leur  paraît  d'ailleurs 
un  ouvrage  bien  fait  sous  le  point  de  vue  de  l'histoire 
naturelle  botanique  ;  l'auteur  dit  qu'on  peut  facilement 
acclimater  en  ces  lieux  le  cactier  qui  nourrit  la  coche- 
nille, le  cotonnier  gossjpiwn  herbaceum,  le  phormium 
tenax  ou  lin  de  la  nouvelle  Zélande. 

Le  stipa  tenacissima  et  le  Ijrgeum  spartium  pourraient 

/ 


DE      PHilRniACliE:.  ^3 

aussi  trouver  leur  place  dans  la  fabrication  de  la  spar-- 
terie ,  et  plusieurs  espèces  de  pavots  procureraient  un 
opium  aussi  efficace  que  celui  du  Levant.  Les  commis- 
saires donnent  un  , aperçu  des  autres  recherches  bota- 
niques de  M.  Lauvergne,  et  terminent  leurs  conclusions 
par  l'approbation  de  son  travail ,  en  demandant  de  plUs, 

Juil  soit  transmis  au  ministre  de  l'intérieur,    à.  cause 
es.  vues  utiles  qull  renferme.  La  section  approuve  ces 
conclusions. 

Séance  du  \1  jans^ie  1829.  —  M.  Gaventou ,  qui  avait 
été  chargé  par  l'Académie  générale,  avec  MM.  Lhermi- 
nier  et  Laugier,  de  faire  un  rapport  relatif  à  u^n  bézoard 
humain  adressé  par^  M.  Colombot ,  médecin  à  Chaumont 
(Haute-Marne),  rapport  approuvé  de  l'Académie,  de- 
mande la  parole  pour  une  addition  k  ce  travail.  M.  Ga- 
ventou a  reçu  de  M.  Bourdois,  membre  de  l'Académie, 
d'autres  calculs  d'une  origine  analogue,  mais  d'une 
nature  plus  fusible.  Ils  ont  été  rendus  par  les  selles  ; 
légers ,  verdàtres,  translucides,  sans  formes  déterminées, 
mais  assez  volumineux,  ils  ont  été  gardés  dans  une 
boîte  pendant  quinze  jours ,  et  sont  devenus  alors  opa- 
ques ,  blancs-grisâtres  ,  grippés,  et  exhalaient  une  odeur 
de  beurre  rance;  ils  rougissaient  alors  la  teinture  de 
tournesol.  Traités  par  l'alcool  chaud,  ils  furent  dissous 
immédiatement,  mais  laissèrent  des  pochas  membraneuses 
vides ,  affaissées ,  racornies ,  en  forme  de  pellicules  gri- 
sâtres, minces.  L*alcool  déposa  par  le  refroidissement 
une  matière  blanche  cristalline ,  qui  n'avait  aucun  rap- 
port avec  la  cholestérine  ,  mais  qui  se  comporta  à  la 
manière  de  la  stéarine  avec  les  alcalis.  G  es  calculs  d'un 
^enre  tout  nouveau ,  ajoute  M.  Gaventou ,  étaient  donc 
composés  de  stéarine  et  d'oléine,  renfermées  dans  de 
petites  poches  membraneuses  ;  le  malade  les  rendait 
assez  fréquemment  sans  •  douleurs ,  à  l'exception  d'un 
sentiment  de  compression  dans  la  région  du  foie;  il  était 
tourmenté  par  un  sentiment  d'acidité  que  le  régime  le 
plus  alcalin  n'a  pu  dissiper,  d'après  les  observations  de 
M.  Bourdois. 

Sur  la  demande  de  plusieurs  membres  de  la  section , 


74  JOURNAL 

M.  Garentou  est  ioTité  à  donner  plus  de  développement 
à  cette  communication ,  afin  d'en  former  un  examen  séparé 
destiné  à  compléter ,  sous  le  rapport  de  1  analyse  cbi* 
mique,  le  mémoire  de  M.  Golombot,  qui  a  été  renvoyé 
au  comité  de   publication  des  travaux   de  l'Académie . 

M.  Chevallier  cite  un  calcul  biliaire  pesant  13  gram- 
mes, et  qui^  malgré  son  volume  considérable^  a  traversé 
le  canal  cholédoque.  Il  était  formé  de  cholestérine ,  et 
en  le  brisant  on  voyait  des  rayons  partant  du  centre  à  sa 
circonférence. 

M.  Henry  père  lit  une  note  sur  le  mélampjre ,  pour 
compléter  le  travail  de  M.  Dizé.  C'est  un  extrait  d'un 
mémoire^  adressé  par  M.  le  docteur  Gaspard,  médecin 
à  Saint-Etienne  en  Bresse  (département  de  la  Loire), 
à  la  Société  royale  d'Agriculture  de  Paris,  et  dont 
M.  Henry  a  été  l'examinateur.  M.  Gaspard  annonce 
avoir  trouvé  dans  la  semence  de  Tnelamprrwn  an^ense  z 
1"*.  une  matière  caséiforme,  tcès-soluble  clans  les  alcalis  , 
insoluble  dans  l'alcool  et  les  acides  ,  précipitable  par 
les  astringens,  etc.  ;  2°.  une  petite  quantité  d'albumine  ; 
3°.  un  peu  de  matière  sucrée  incristallisable  ;  4°.  de  la 
gomme  résine;  5°.  une  substance  blanche  considérée 
comme  de  la  stéarine;  6°.  une  espèce  d'oléine;  7*^.  une 
matière  colorante  fauve  soluble  dans  l'eau  et  l'alcool , 
non  dans  l'éther.  Le  reste  de  la  graine  consiste  en 
corps  ligneux  et  en  matières  salines  peu  remarq-uables  ;. 
il  n'y  a  ni  acide  gallique ,  ni  tannin ,  ni  amidon ,  ni 
soufre ,  selon  M.  Gaspard.  Cet  auteur  a  vu  la  fermen- 
tation développer  la  couleur  violette  des  graines  de 
mélampyre;  il  attribue  cette  couleur  à  leur  partie  caséi- 
forme, tandis  que  notre  confrère  M.  Dizé  a  donné  le 
moyen  de  développer  immédiatement  cette  couleur  par 
le  procédé  qu'il  a  découvert. 

D'après  l'avis  de  la  section,  le  renvoi  de  cette  note 
à  M.  Dizé  e3t  ordoi^né ,  afin  d'en  compléter  son  tra*- 
vai^  sur  le  mélampyre. 

M.  Chevallier  ajoute  quelques  remarques  sur  dea 
farines  auxquelles  on  a  mélangé  des  fécules  ;  il  annonce 
avoir  distingué ,  soit  par  le  moyen  d'une  forte  loupe  et 


DE     PHARMACIE.  7$ 

surtout  à  Taide  du  microscope ,  des  molécules  de  fécule 
analogue  h  celle  de  pommes-de -terre ,  dans  plusieurs 
farines  qu'il  a  examinées. 

M.  Henry  fils  donne  connaissance  de  son  mémoire  sur 
la  préparation  de  quelques  bromures  demandés  à  la 
Pharmacie  centrale,  pour  être  admiûistrés  dans  les  hôpi- 
taux civils  de  la  capitale. 

J.-J.  V. 


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BIBLIOGRAPHIE. 


Dictionnaire  de  Médecine  et  de  Chirargie  pratiqués ,  par  MM.  ANDâAL  , 
Bi^GiN,  Blamdih,  Booillaud  ,  Bouviee,  Ckoveilhies,  €ulibbibr, 
Devebgie  (Alph.)  ,  Dnaks ,  Doputtreu  ,  Fovillb  ,  Goieoury,  Jollt, 
Lailemard,  Lorde  ,  Magevdie,  Ratier,  Rater,  Roche,  Sanson. 
15  volumes  in-S*.  Ptix  :  7  francs  chaque.  Paris,  chez  les  libraires- 
éditenrs,  Gabon,  rne  de  rËcole-de-Mëdecine ,  n.  10;  Mëquignon- 
Marvis,  rue  du  Jardinet,  n.  13;  Baillière,  rue  de  rËcoIe-de-Mé • 
decine,  n.  13  bis. 

Extrait  du  tome  premier. 

Il  y  a  un  grand  avantage  à  venir  le  dernier  ;  nous  avons  ce  mérite 
à  regard  de  l'antiquité  qui  n'était  que  la  jeunesse  du  monde  ;  c'est 
nous  qui  en  sommes  la  vieillesse  expérimentée ,  et  nos  descendans 
profiteront  encore  mieux  de  nos  erreurs  comme  de  nos  découvertes. 
Le  mérite  ici  naît  donc  de  la  position  non  moins  que  des  talens  indi- 
viduels. Aussi  ce  nouveau  dictionnaire  aurait  bien  du  malheur  si, 
précédé  de  plusieurs  autres  analogues ,  il  ne  savait  pas  s'enrichir  de 
leurs  dépouilles  :  les  sciences  sont  au  pillage,  et,  comme  à  Sparte,  le 
voleur  habile  est  seul,  récompensé.  Toutefois,  il  ne  suffit  pas  de  s'ap- 
proprier les  faits  des  autres ,  il  faut,  pour  ne  pas  rester  un  simple 
compilateur ,  y  joindre  aussi  les  siens ,  afin  de  pouvoir  être  un  jour 
dévalisé  à  son  tour,  et  de  ne  point  passer  pour  un  pauvre  d'esprit. 

Cela  dit  en  passant ,  examinons  le  nouvel  ouvrage  :  il  n'est  pas  et 
ne  peut  pas  être  mauvais ,  surtout  avec  des  auteurs  considérés  dans  les 
sciences  médicales  ;  mais  dans  quel  esprit  sera-t-il  rédigé  7  Personne 
n'ignore  que  l'anarchie  des  doctrines  opposées  a  produit  le  dogmatisme 


76 


JOURNAL    DE    PHARMACIE. 


absolades  uns  et  réclectisme  ouïe  scepticisme  des  autres.  JNfous  arons 
bien  lu  dans  l'introdaction  par  M.  Bégin,  que,  grdce  aux  efforts  de 
M.  Broussais  ,  la  médecine  est  débarrassée  de  ses  langes  ,  et  marche  (  appa> 
remment  elle  est  dans  son  enfance  encore)  ;  cependant  elle  a  quelques 
milliers  d*années.  Toutefois  d'autres  articles  sont  moins  exclusifs  et 
soupçonnés  d*aimer  aussi  les  anciens  ;  cela  nous  fait  présumer  que  la 
médecine-pratique  ne  s'y  bornera  point  aux  prescriptions  de  la  théra- 
peutique actuelle.  Il  était  temps ,  cela, pouvait  devenir  fade,  et  nous ^ 
avons  besoin  de  nouvelles  modes  ;  les  mêmes  modificateurs  de  t organisme 
perdent  leur  action  par  Teffet  d*une  trop  longue  application  qui  dégé- 
nère en  habitude.  Nous  allons  peut-être  retourner  de  V oligopharmacie 
à  la  pol/pharmacie  f  cela  paraîtrait  neuf  à  son  tour,  mais  aussi  peu  dési- 
rable . 

Au  raste,  nous  avons  lu  de  bons  articles  en  ce  volume  ;  entre  autres 
aliénation  mentale,  par  M.  Foville  ;  je  ne  blâme  pas  son  étendue:  ce  que 
je  ne  dirais  pas  de  quelque  autre.  Les  articles  de  chimie  et  pharmacie 
nous  ont  aussi  paru  traités  avec  soin.  M.  Magendie  promet  des  articles 
de  thérapeutique  et  de  pharmacie.  La  chirurgie  paraît  également  offrir 
des  travaux  rédigés  avec  beaucoup  de  talent^  et  M.  Dupuytren  a  fourni 
l'important  article  abcès.  L'article  acclimatement  ^  par  M.  Andral,  aurait 
pu  être  plus  complet  d'après  des  travaux  récens  sur  l'anthropologie. 
L'article  acéphalocystes  est  plutôt  un  mémoire  étendu  qu'un  résumé 
propre  à  un  dictionnaire  ;  mais  les  éditeurs  livreront  gratif  les  volumes 
qui  dépasseront  le  quinzième.  Ils  n'imiteront  donc  pas  certains  éditeurs. 
C'est  un  gage  de  succès ,  surtout  si  les  auteurs  accueillent  également, 
toutes  les  vérités  sans  prévention  pour  aucune  doctrine  exclusive. 

J. -J.  V. 


\. 


BULLETIN 


»      » 


DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIETE  DE  PHARMACIB 

DE  PARIS; 

Hédigé  par^l.  Robiquet,  secrétaire  général^  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCES  VERBAL. 

Séance  du  \5  janv^ier  1 829. 

*  Le  procès  verbal  de  la  dernière  séance  est  lu  et  adopté. 
M.  le  secrétaire  général  dopne  connaissance  de  la  corres- 
pondance manuscrite  compo'sée,  1^.  d'une  lettre  de 
M.  Guilhon,  pharmacien  à  Lectoure  (  Gers),  relative  à 
la  composition  de  plusieurs  concrétions  vé^icales  repdues 
par  l'urètre  à  la  suite  d'un  traitement  par  le  bi-carbo- 
nate  de  soude  ;  2°.  d'une  lettre  de  M.  Vivier,  pharmacien 
il  Saint-Barthélémy,  dans  laquelle  il  fuit  connaître  les 
phénomènes  qu'il  a  observés  en  mêlant  un  infusum  d^ 
feuilles  d'oranger  et  de  sommités  de  mélisse  aVec  le  sirop 
d'acétate  de  morphine  :  la  couleur  du  mélange  devint  au^si,- 
tôt  brune ,  et  fut  rétablie  comme  dans  l'infusum  seul  quai:»} 
on  y  ajouta  du  sirop  de  coings..  Après  divers  essais, 
M.  Vivier  s'est  assuré  que  ces  phénomènes  étaient 
dus  à^l'aticienneté  du  sirop  d'acétate  de  morphine.  Celte 
lettre  est  renvoyée  à  la  commission  des  travaux,  ha.  cor- 
respondaûce  impidmée  présente,  l/".  des  additions  à  la 
PJiamiacie.  raisonnée  de  M.IV}.  Henry  et  Guibourt  ;  2'*.  un 


8o  BUJ.LET1N    DES    TKXYkVX 

gétaux  parcaissent  pouvoir  se  rapporter  tous  à  six  familleS' 
différentes:  quatre  appartienuent  aux  cryptog«imes  ^  une 
aux  monocotylédooes  ,  et  une  probablement  aux  dicoty- 
lédones. 

.  La  deuxième  époque  est  caractérisée  par  l'égalité  nu^ 
jnérique  des  fougères  ;,  des  monocotylédones  et  des  coni- 
fères ,  et  la  moindre  taille  des  cryptogames. 

La  troisième  est  remarquable  par  la  prédominence  desr 
cycadées. 

La  quatrième  est  indiquée  par  la  présence  des  dico-^ 
tylédones ,  et  par  la  similitude  de  sa  flore  avec  ce  qui 
subsiste  aujourd'hui  à  la  surface  du  globe.  < 

En  rapprochant,,  dit  M.  le  rapporteur,  ces  diverses 
périodes  de  végétations  avec  ce  que  nous  observons 
actuellement  à  la  surface  du  globe,  nous  voyons  que  la 
première  période  se  rapproche  de  la  végétation  des 
petites  îles  situées  entre  les  tropiques  et  très-éloignées 
des  continens ,  ce  qui  fait  penser  à  Fauteur  qu'à  cette 
époque  la  température  était  plus  élevée ,  et  qu'il  n  exis* 
tait  pas  encore  de  grands  continens,  mais  seulement  des 
îles  éparses  dans  un  vaste  océan ,  conséquence  qui  s  ac^ 
corde  au  reste  avec  la  disposition  géologique  des  terrains 
hbuiliers. 

Les  flores  des  deuxième  et  troisième  époques  ont  quel- 
ques-uns des  cai*actères  de  la  végétation  des  grandes  tles 
et  des  côtes;  enfinv  celle  des  terrains  tertiaires,  correspon- 
dant à  la.quatrième  époque ,  est  analogue  à  la  végéèîitioîi 
des  continens  tempérés,  et  surtout  à  celle  des  grandes 
£c>réts  de  l'Europe:  et  .de  l'Amérique. 
^iXi'auteur  fait  ensuite  le  ra]>prochement  du  règiie 
végétal  et  du  règne  animal  à  ces  diverses  époques  ;  il  a 
mtonnvL  que  dans  la  première  époque  il  n'existait  quQ 
des  mollusques  et  autres  animaux  invertébrés,  et  que 
probablenfent  Jjes  mers.ne  renfermaient  point  encore  dé 
poissons.  .  ' 


DS    LA.   SOCIETE    DE    PHABMAGIE.  8ï 

La  deuuëme  et  la  troisième  époques  végétales  oorres-» 
pondent  à  celle  de  Teifistenee  des  grands  reptiles  orga-« 
nisés  pour  voler  ou  pour  nager ,  et  dont  les  espèces 
sont  actuellement  perdues ,  mais  dont  l'existence  est 
prouvée  par  les  restes  fossiles  que  nous  possédons;  enfin, 
ce  n'est  qu'à  la  quatrième  époque  qu'ont  paru  les  grands 
quadrupèdes  mammifères ,  tels  que  les  mastodontes , 
les  éléphans ,  les  rhinocéros. 

M.  Adolphe  Brongniart  émet  ensuite  une  hypothèse 
à  l'aide  de  laquelle  il  cherche  à  expliquer  la  formation 
successive  des  êtres  qui  ont  peuplé  la  terre.  Cette  hypo^ 
thèse  consiste  à  admettre  que  l'atmosphère,  qui  entou- 
rait primitivement  la  terre  ,  était  beaucoup  plus  chargée 
d'acide  carbonique  qu  elle  ne  l'est  actuellement  ;  que  cette 
grande  quantité  d'acide  carbonique  s'opposait  nécessai** 
rement  à  l'existence  des  animaux  à  respiration  aérienne , 
tandis  qu'au  contraire  elle  facilite ,  comme  on  le  sait ,  le 
développement  des  végétaux  sans  l'influence  solaire;  mais 
lorsque ,  par  suite  de  la  végétation  et  de  l'enfouissement 
des  grands  dépôts  houillers ,  l'atmosphère  se  fut  purifiée, 
elle  devint  susceptible  d'entretenir  la  vie  des  poissons 
et  des  reptiles;  enfin  les  mammifèrçs  quadrupèdes ,  et 
les  autres  animaux  à  sang  chaud,  ne  durent  paraître 
que  lorsque  l'atmosphère  fut  arrivée  à  peu  près  à  l'état 
de  pureté  où  nous  la  voyons  actuellement. 

L'Académie  procède  à  l'élection  d'un  vice-présideat. 
L»  majorité  des  suffrages  se  réunit  sur  M.  Girard»  M.  de 
Mirbel ,  vice-président  pendant  l'année  1 828 ,  passe  de 
droit  à  la  présidence  pour   l'année  1829. 

Dans  sa  séance  du  12  janvier,  l'Académie  reçoit  une 
lettre  renfermant  des  observations  faites  dans  le  courant 
de  l'année  dernière ,  à  Vienne  en  Navarre ,  par  M.  le 
docteur  Pages ,  desquelles  il  résulte  que  cette  ville,  si- 
tuée à  plus  de  quarante  lieues  de  l'Océan ,  et  privée  de 
tout  commerce  maritime ,  a  été  envahie  par  la  fièvre  jaune, 
XV.  u4nnée.  —  Fémer  1829.  6 


BULLETIN     DES    TRAVAUX 

cftioîque  sa  siiuation  parùl  plus  favorable  que  toatë  autre 
pour  la  défendre  de  ce  fléau.    '    * 

M<  le  docteur  Pages  a  également  observé  ujq«  épidé- 
mie de  petite  vérolb  qui  lui  a  paru  différente  de  toutes 
cdtes  décrites  par  les  auteurs ,  et  dont  un  grand  nombre 
dû  personnes  vaccinées  ont  été  atteintes. 

Ljl  société  reprend  la  suite  de  ses  travaux. 

M.  Virey  feit  part  des  observations  présentées  à  l'Aca* 
déiiûe  royale  de  médecine,  section  de  pharmacie,  par 
M.  Dise ,  sur  le  mélange  de  la  graine  de  mélampyre  avec 
le  froment.  Le  pain  fabriqué  avec  la  farine  provenant  de 
ce  mélange  a  Une  couleur  violacée.  On  reconnatt  cette 
altération  de  la  farine  eti  en  formant  une  pAte  avecdeTeau 
faiblement  acide  et  la  faisant  cuire.  Lorsque  la  pâte  se 
colore  en  rouge  on  est  assuré  de  la  présence  de  la  graine 
de  mélampyre.  C'est  également  lacide  développé  pen- 
dant la  fermentation  panaire ,  qui  est  la  cause  de  la 
eoloration  du  pain  quand  la  farine  contient  de  la  graine 
de  mélampyre. 

M.  Boudet  fait  hommage  à  la  Société  de  plusieurs  exem- 
plaires du  discours  qu'il  a  lu  sur  la  tombe  de  M.  Boudet , 
son  oncle. 

M.  Plisson  lit  un  mémoire  sur  la  matière  cristalline 
annoncée  par  'Kl.  Boulay  dans  Thuile  volatile  de  fleur 
d'orange.  Renvoyé  à  la  commission  de  rédaction. 

M.  Boudet  communique  une  lettré  de  M.  Dénos ,  phar- 
aàacien  à  Alénçon ,  qui  demande  le  titre  de  membre  cor-^ 
r^pondant^ 

M.  Planche  présente  à  la  Société  un  mélange  de  baume 
de  copahu  et  de  magnésie  calcinée,  où  la  saveur  du  pre- 
mier de  ces  corps  parait  avoir  disparu  en  grande  partie. 
Ce  mélange,  aromatisé  avec  Thuile  de  cannelle,  ne  laisse 
apercevoir  que  la  saveur  de  cette  huile  vc4atile.  Ayant 
mis  d'abord  une  partie  de  magnésie  calcinée  en  contact 
avec  seize  parties  dé  baume  de  copahu,  et  ce  mélange 


DE    hh.    SOCIETE    DE    PHAAMÀCIE.  $3 

n'ayant  pas  pris  de  consistance  au  bout  d'un  mois ,  il  j 
mit  un  nouveau  dix-septième  de  magnésie  calcinée  ;  la 
consistance  n'était  pas  encore  suffisant^  ua  mois  après  , 
il  forma  une  masse  avec  parties  égales  de  ce  baume  de 
copahu  mélangé  et  de  magnésie  calcinée  ;  c'est  alors  qu'il 
remarqua  la  diminution  de  saveur^  qui  lui  parut  qn  pbé* 
nomène  digne  d'intérêt. 

Plusieurs  membres  font  part  des  résultats  qu'ils  ont 
obtenus  en  répétant  le  procédé  de  M.  Mialbe ,  pour  don- 
ner dç  la  copsistaj;ice  au  baume  de  copabu  ;  les  i|ns  ^f^t 
été  joiégatifs ,  les  autres  affirmatifs»  L'expUeation  de  oea 
contradictions  reste  encore  inconnue. 

M.  Godefroy  lit  des  observations  sur  les  protocMorares 
de  mercure  désignés  vulgairement  sous  les  noms  d^ 
mercure  doux  et  de  précipité  blanc,  sur  leur  prépara- 
tion et  les  différences  qui  Les  caractérisent.  Les.  Ppi- 
nions  de  l'auteur  étant  contraires  à  celles  émises,  par 
MM..  Henry  et  Guibourt  dans  leur  Pharmacopée  raison^ 
née ,  et  ayant  été  présentées  avec  l'intention  de  les  coin«» 
battre,  MM.  Bussy,  Pelletier  et  Robiquet  sont  chargés^ 
sur  la  demande  de  M.  GodefKX)y  lui-même ,  d'examiner 
son  mémoire  et  d'en  rendre  compte  à  la  Société. 

MM.  Labarraque  et  Lecanu  appellent  l'attentioii  de  I4 
Société  sur  une  substitution  qu'ils  ont  eu  l'oco^sio^,  dç 
constater.  C'est  oeUe  du  sulfate  de  zinc  y  cristallisé  Goan-n 
fusément,  au  sulfate  de  magnésie  auquel  il  resseaible.  Il 
leur  semble  que  Ton v peut  facilement  prévemr  uàe  pa^ 
reille  erreur  en  pi'écipitant  une  dissolution  du  sel  paf  la 
^  potasse  caustique.  L'excès  d^alcali  dissoudra  le  précipité 
formé  si  on  a  opéré  sur  du  sal/ate  de  ^inc. 


6 


84  BULLETIN     DES    TRAVAUX 

SUITE  DU  MÉMOIRE 

jidressé  à  la  Société  de  Pharmacie ,  par  M.  Ricord-Ma- 
DiANNA,  de  1(1  Guadeloupe,  sur  Thistoire  naturelle  et 
chimique  de  l'avocatier. 

Analyse  chimique  dujruit  de  l'ai^ocatier  {hanvixs  persea). 

L'avocat ,  auquel  on  donne  aussi  le  nom  de  beurre  vé- 
gétal, et  qui,  parla  quantité  d'huile  et  de  matière  ani- 
male qu'il  contient ,  se  rapproche  assez  d'une  substance 
butyreuse ,  n'a  point  été  analysé  que  je  sache  par  aucun 
habile  chimiste,   probablement  parce  que  les  hommes 

Sui  se  Uvrent  à  cette  belle  science  sont  peu  communs  aux 
.ntilles ,  où  l'on  ne  rencontre  que  très-peu  de  docteurs 
qui  ont  étudié  les  sciences  médicales»  Et  quoique  je  sois 
bien  éloigné  d'avoir  la  prétention  d'être  un  habile  chi- 
miste, je  n'ai  pu  m'em pêcher  de  jeter  un  coup  d'œi! 
analytique  sur  ce  fruit  singulier  qui  se  distingue  consi- 
dérablement des  autres  fruits  des  Antilles,  lesquels  soiit 
presque  tous  aqueux  ou  acides.  Suivant  le  savant  chi- 
miste Thenard  (vol.  4,  p.  294),  «  les  fruits  charnus 
»  sont  presque  toujours  acides  ;  ils  doivent  leur  acidité 
»  le  plus  souvent  aux  acides  malique  et  citrique ,  quel- 
%  quefois  à  l'acide  acétique,  quelquefois  aussi  au  tar- 
it trate  de  potasse.  Ils  contiennent  en  général  une  cer- 
»  taine  quantité  de  sucre  et  de  matière  fermentescible,  ou 
»  du  moins  capable  de  le  devenir  par  le  contact  de  lair, 
»  du  mucilage,  de  la  fibre,  une  matière  colorante;  quel- 
»  ques"-uns  contiennent  encore  de  la  gelée,  du  tannin  et 
»  une  matière  animale  analogue  à  l'albumine  ou  au  glu- 
»  ten.  »  C'est  particulièrement  cette  matière  animale, 
ainsi  qu'une  grande  quantité  d'huile,  qui  rendent  l'avocat 
si  différent  des  autres  fruits ,  et  qui  lui  ont  valu  la  dé- 
nomination de  beurre  végétal. 

Traitement  alcoolique  de  l'a\focat. 
I*.  Deux  onces  ou  11 52  grains  de  pulpe  d'un  avocat 


DE    ]LA    SOCI£T£    DE    PHARMACIE.  85 

bien  mûr  (  de  l'espèce  des  mamelonnés  ) ,  ont  été  pistées 
dans  un  mortier  de  porcelaine  avec  six  onces  d'alcool  à 
36  degrés*  L'alcool  a  pris  une  belle  couleur  d'un  yert 
pistacbe ,  il  rougissait  légèrement  le  papier  de  tournesol. 
(Il  est  à  remarquer  que  la  pulpe  de  ce  fruit  est  à  sa 
surface ,  c'est-à-dire  à  la  partie  qui  se  trouve  immédia- 
tement sous  la  peau,  d'une  couleur  verdâtre^,  formant 
une  couche  de  1  épaisseur  d'une  gourde  et  même  plus, 
le  restant  de  la  pulpe  est  d'autant  plus  jaune  qu'efie  se 
rapproche  du  noyau).  Le  tout  a  été  jeté  sur  un  tamis 
de  crin;  Ion  a  versé  d'autre  alcool  sur  Je  résidu,  et 
Ton  a  répété  les  macérations  de  ce  fruit  dans  Talcool 
froid,  jusqu'à  ce  que  cette  liqueur  ne  se  soit  plus  colorée. 
Les  liqueurs  alcooliques,  ainsi  obtenues,  ont  été  réunies 
et  ont  fait  un  dépôt  abondant;  elles  ont  été  filtrées  sur 
un  linge  fin,  et  le  dépôt  a  été  mis  à  part  et  marqué  de  la 
lettre  A  pour  être  examiné  après. 

Le  marc  du  fruit  épuisé  par  l'alcool  a  aussi  été  mar- 
qué de  la  lettre  B  après  avoir  été  desséché  sur  un  ta- 
mis ,  il  était  alors  du  poids  de  84  grains. 

2*'.  Les  liqueurs  alcooliques  ont  été  mises  dans  une 
cornue ,  et  l'on  a  distillé  plus  des  cinq  sixièmes  de  la  li- 
queur. L'alcool  obtenu  dans  le  récipient  n'ofirait  rien  de 
f)articulier  ;  ce  qui  restait  des  liqueurs  alcooliques  dans 
a  cornue  était  aun  vert  foncé ,  je  l'ai  retiré  de  cette  cor- 
nue et  mis  dans  une  capsule  sur  un  feu  doux.  A  peine 
cette  substance  avait  perdu  le  quart  de  son  poids  par 
l'évaporation ,  qu'il  s'en  est  séparé  une  huile  verte  qui  est 
venue  à  la  surface  du  liquide ,  lequel  avait  pris  une  cou- 
leur rousse.  J'ai  enlevé  cette  huile  verte  et  l'ai  trouvée  du 
poids  de  50  grains,  et  nous  l'examinerons  après. 

3**.  La  liqueur,  de  laquelle  j'avais  enlevé  cette  huile 
verte,  a  été  évaporée  à  siccité,  et  a  donné  une  substance 
que  l'on  a  marquée  de  la  lettre  C,  et  qui  s'est  trouvée  du 

{>oids  de  60  grains ,  d'une  couleur  rousse ,  transparente , 
uisante ,  d'un  goût  douceâtre ,  d'une  odeur  approchant 
de  celle  de  la  corne,  rougissant  le  papier  de  tournesol, 
parfaitement  soluble  dans  l'eau.  On  a  versé  un  peu  d'al- 
cool dans  cette  dissolution,  qui  a  occasioné  un  légec 
précipité  roussàtre. 


/ 


86  BULLETIN    DKS    TIVAVAUX 

La  substance  C  s'est  aussi  trourée  soluble  dans  Feau 
mêlée  aVec  un  peu  d'acide  sulfurique.  N.  B.  Suivant  le 
chimiste  The.  Thomson,  «  lacide  sulfurique  ne  fait 
ji  «prouver  aucun  changement  à  la  gélatine  dissoute  dans 
•  Teau.  » 

Cette  même  substance  C  était  insoluble  daûs  Takool. 

«  L'alcool  ne  dissout  point  la  gélatine.  »  (Thomson). 

Le  nitrate  d'argent  a  fait  prendre  une  couleur  laiteuse 
k  la  dissolution  dans  l'eau  de  la  substance  C ,  et  a  occa- 
sioné  un  précipite  floconneux  roussâtre. 

«  X«a  solution  de  la  gélatine  devient  laiteuse  par  le  ni^ 
»  trate  d'argent.  »  (Thomson).  N.  B.  «  Le  nitrate  dar- 
»  gei^t  ne  produit  ni  précipité ,  ni  changement  dans  la 
»  gomme.  »  (Thomson).  . 

j  Le  sulfate  de  fer  a  produit  une  couleur  jaune  et  un 
léger  'précipité  floconneux.  «  Le  sulfate  de  fer  fait  pa- 
»  raître  quelques  flocons  jaunes  dans  la  solution  de 
.»  gélatine.  »  (  Thomson  ).  Le  sulfate  de  fer  ne  pro- 
duit aucun  changement  dans  la  gomme.  (Thomson). 
Le  tannin  a  produit  un  précipité  insoluble  :  donc  la 
substance  C  est  végéto-animale,  composée,  suivant  moi, 
d'une  espèce  de  fibrine  (1),  de  sucre  non  cristallisable  et 
d'acide  acétique.  La  petite,  quanti  té  que  j'avais  de  cette 
substance  C  ne  m'a  point  permis  d'en  pousser  plus  loin 
l'analyee.  Je  laisse  d  ailleurs  volontiers  à  quelques  chimis- 
tes plus  habiles  que  moi  de  bien  déterminer  cette  matière 
aniijDale. 

4^.  Le  dépôt  marqué  de  la  lettre  A  était  d'une  couleur 
jaunâtr/e,  parsemé  de  grandes  gouttes  d'une  huile  grasse 
d'une  beÛe  couleur  dorée,  d'un  goût  douceâtre;  il  a  été 
.délayé  dans  l'eau  distillée;  une  grande  portion  de  cette 
huile  estjvenue^au-dessus  de  l'eau  et  en  a  été  séparée.  CJn 

-I  r^i-  --  I  I  I  il  II  f,,'---.^---- -1.  .—■     '  ■    ■  m   1         ■  1     ■  I     t      I  ^É^^^i^» 

<1)  La  fibrine  régétale  -,  suivant  M.  Desraux  (dans  sa  'classification 
-  lits  iprincipes  immédiate  4es -végétaux),  forme  une  espèce  distincte  de 
celle  qvi£  fournissent  le^  ammaux^  elle  se  reconnaît  à  la  facilité  qu  elle 
a^e  se  putréHer. 

Il  est  temarquable  avec  )[fuette  promptitude  le  fruit  de  l'avocatier  se 
']Éntiiéiie,'poar  peu  qu'on  «le  igarde  une  journée  seulement^  lorsqu'il  est 


len  mur. 


DE    LA    «OCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  87 

£eu  d'alcool  versé  dans  le  liquide  a  produit  un  précipité 
ôconueux  blanchâtre ,  et  il  s  est  formé  à  la  surface  de  la 
liqueur  une  substance  butireuse  qui  n  était  autre  chose 
que  cette  huile  jaune  amalgamée  avec  uit  peu  de  mu-- 
queux  qu'elle  tenait  au'-^lessiis  du  liquide.  Cette,  sub- 
séance  butireuse ,  ainsi  que  le  liquide  au-dessus  duquel 
elle  nageait  y  ont  été  mis  sur  un  papier  pour  être  filtrés. 
La  Uqueur  filtrée  était  limpide  et  ne  ma  paru  être  autre 
chose  que  l'eau  et  Talcool  versés  sur  le  dépât  A  pour  en 
séparer  l'huile  jaune. 

La  substance  restée  sur  le  filtre  en  papier  consistait 
en  quelques  gouttes  d'huile  jaune  attachées  à  sa  partie 
supérieure,  et  du  muqueux  du  poids  de  60  grains. 

S*".  L'huile  jaune  trouvée  dans  Tavocat  était  d'une  belle 
couleur  de  gomme*gutte,  limpide,  douce  et  d'un  goût 
affréable ,  ne  formant  aucun  dépôt ,  elle  était  du  poids  de 
30  grains,  ne  s'étant  point  épaissie,  ni  altérée  après  15 
jours  de  son  exposition  à  l'air ,  formant  avec  la  soude  un 
savon  parfaitement  soluble  dans  l'eau.  Je  pense  que 
cette  huile  fixe  est  parfaitement  combinée  avec  les  cou- 
ches internes  de  la  pulpe  du  fruit  qui  environne  la 
graine,  qai  est  au^si  la  partie  la  plus  douce  de  ce  fruit. 

Autant  que  j'ai  pu  m'en  assurer  en  employant  le 
moven  de  M.  Braconnot,  pour  connaître  les  proportions 
d'oléine  et  de  stéarine  qui  se  trouvent  dans  l'huile  d'avo- 
cat (  lequel  moyen  est  de  presser  l'huile  dans  un  papier 
gris  pour  en  séparer  la  matière  liquide  qui  le  conupose, 
laquelle  matière  reste  adhérente  au  papier  et  constitue 
rotéîne  ou  matière  grasse  liquide ,  et  dans  laquelle  opé- 
ration, la  partie  non  absorbée  par  le  papier  est  la  stéa- 
rine ou  matière  grasse  solide  ) ,  ces  deux  corps  m'ont 
semblé  être  dans  les  proportions  à  peu  près  de  :  oléine  70, 
et  stéarine  30  sur  100. 

'6°.  L'huile  verte,  du  poids  de  50  grains ,  provenant  des 
liqueurs  alcooliques  qui  la  tenaient  combinée  avec  la 
matière  végéto-animale  dont  nous  avons  parlé,  me  sem- 
ble avoir  été  formée  par  cette  couche  verdàtre  de  la 
pulpe  qui  se  trouve  immédiatement  sous  la  peau  du 
iruit.  Cette  huile  est  d'un  vert  très-foncé,  d'une  odeur 


88    .  BULLETIK    DES    TBAVAU.X 

forte,  aromatique,  d'un  goût  très-amér,  Acre  (le  même 
goût  que  Ton  trouve  au  fruit  de  Tavocatier  qui  n'est  point 
mûr)  ;  elle  m'a  semblé  être  la  chloronite  de  M.  Desvaux, 
ou  résine  verte,  matière  colorante  des  végétauic  (1)  que 
MM.  Pelletier  et  Gaventou  nomment  chlorophylle ,  des 
deux  mots  grecs  couleur  et  feuille  [Journal  de  Pharma- 
cie, vol.  3,  p.  486).  Après  quelques  jours  de  repos,  elle 
avait  laissé  déposer  des  cristaux  en  forme  d  aiguilles ,  lé- 
gèrement teints  en  vert. 

A.  L'huile  verte  de  l'avocat  se  rapproche  de  la  na- 
ture des  huiles  grasses  par  son  aspect  et  sa  propriété  de 
tacher  le  papier;  cependant  elle  est  soluble  dans  l'éther 
et  dans  l'iilcool  duquel  elle  n'est  point  précipitée ,  ce  qui 
la  fait  difiérer  de  l'huile  grasse  (2). 

M.  Desvaux  nt)us  dit  que  la  chloronite  est  d'un  goût 

.acre,  comme  nous  l'avons  trouvé  dans  notre  huile  d'avocat  ; 

ce  que  M.  Yauquelin  a  de  même  observé  dans  la  chloronite 

qu  il  a  obtenue  de  Técorcedu  daphné.  Donc  ces  principes 

SQnt  les  mêmes  :  la  chloronite  et  la  chlorophylle. 

B.  Le  chlore  détruit  la  couleur  verte  de  la  chlorophylle 
d'avocat,  comme  MM.  Pelletier  et  Gaventou  l'ont  ob- 
servé pour  celle  de  quelques  autres  végétaux. 

G.  Elle  est  de  même  dissoute  par  leç  alcalis  sans  être 
altérée, 

D.  L*acide  sulfurique  mêlé  à  parties  égales  avec  une 
dissolution  alcoolique  de  chloropliyle  d'avocat  ne  lui  a 
fait  éprouver  aucun  changement. 

Ë.  L'acide  acétique  dissout  aussi  cette  chlorophylle,  et 
l'eau  ne  la  précipite  point  de  cette  dissolution. 

L'huile  verte  d'avocat  devient  louche  lorsqu'on  la  rap- 


(1)  La  ckloronite,  suivant  M.  Desvaux,  «  perd  facilement  sa  couleur 
»  verte  pour  passer  au.  jaune.  *  C'est  ainsi  que  la  partie  verte  de  la 
pulpe  de  l'avocat ,  contenant  la  chloronite ,  passe  aisément  du  vert  au 
jaune  à  mesure  que  le  fruit  devient  mûr,  et  plus  un  de  ces  fruits  est 
inàr,  pins  mince  est  sa  couche  de  pulpe  verte. 

(2)  Elle  ressemble  en  cela  à  Téloïne  de  l'huile  de  ricin,  comme  le  fait 
observer  M.  Bonastre,  en  parlait  de  l'huile  des  baies  du  laurus  nobi- 
lis ,  dans  laquelle  il  a  trouvé  les  mêmes  propriétés  que  l'on  trouve  dansi 
cellç  de  l'avocat. 


De  la  société  de  pharmacie.         89 

proche  y  parce  qu'elle  dépose  de  la  résine  et  de  la  stéa- 
rine qui  s  y  trouvent  dissoutes  dans  un  peu  d'huile  essen- 
tielle, comme  l'a  fait  observer  M.  Bonastre  pour  l'huile 
des  baies  du  laurier  noble. 

Je  séparai  de  l'huile  verte  d'avocat  autant  de  cristaux 
qu'il  me  fut  possible  pour  les  examiner.  (  Je  fais  remar- 
quer à  mon  lecteur  qu  à  l'époque  où  je  m'occupais  de  l'a- 
nalyse chimique  du  fruit  de  l'avocatier ,  j'étais  sur  une 
montagne^  dans  un  endroit  désert  de  la  Guadeloupe,  en- 
foncé dans  les  campéches  (  hœnuUoxylum  campechia'- 
nwn.  Lin.],  et  les  acacias  {mimosa  phamesiana.  Lin.), 
privé  du  peu  de  livres  que  je  possède ,  et  par  conséquent 
n'ayant  pas  sous  la  main  le  volume  du  Journal  de  Phar-- 
macie  (1;  ,  dans  lequel  se  trouve  le  Mémoire  de  M.  Bo- 
nastre sur  l'analyse  chimique  des  baies  du  laurier  commun 
(  laurus  nobilis.  Lin.  )  et  de  leur  matière  cristalline.  Et 
l'on  voit  que  par  mon  procédé ,  qui  diffère  de  celui 
de  M.  Bonasti^e,  j'ai  du  obtenir  beaucoup  moins  de 
cristaux  de  l'huile  verte  de  l'avocat  que  n'en  avait  eu  ce 
savant  chimiste  par  ses  mains  exercées  et  habiles.  Ainsi 
^onc,la  petite  quantité  de  ces  cristaux,  que  je  trouvai  sur 
les  bords  de  la  capsule  en  verre  dans  laquelle  était  mon 
huile  verte ,  ne  me  porta  point  à  faire  d'autres  recher- 
ches/sinon  que  de  mentionner  la  forme  de  ces  crisltiux, 
sans  chercher  même  à  en  connaître  le  poids  ni  à  les 
blanchir.  Mais ,  plus  tard ,  le  travail  de  M.  Bonastre ,  sur 
les  baies  dvi  laurier  commun,  m'ayant  tombé  entre  les 
mains,  je  fus  surpris  de  l'analogie  qu'il  y  avait  entre  les 

Erincipes  constituans  de  l'avocat  avec  ceux  des  baies  du 
mrier  commun ,  quoique  j'eusse  procédé  d'une  manière 
différente  que  M.  Bonastre.  Et ,  en  effet,  on  trouve  dans 
les  baies  du  laurier  commun ,  de  même  que  dans  l'avo- 
cat ,  savoir  : 

'1".  L'huile  verte,  ayant  les  mêmes  propriétés  ; 
2''.  La  matière  cristalline; 
3".  La  stéarine;    , 

•  ■    I  ■        Il    ■  I     I    1 1       ■!■     Il  ■   I        M^^^— ^  I  ,  Il      m^m^m^  M    i       il         il  i   ■    i      ■  ■  f  »  ^   ■         ■ 

(1)  Vol.  10,  pa^e  30,  année  1824.  , 


90  BULLETlIf    V1^    TRAVAUX 

4"".  La  résine  ;  ^ 

5^.  L'extrait  gommeux  ; 

6'*,  Une  substance  analogue  à  la  bassorine; 

7°.  Un  acide; 

S**.  Une  substance  vegéto^animale. 

Dans  raon  travail  je  nai  point  reconnu  la  fécule  amy- 
lacée dans  la  pulpe  ou  péricarpe  de  l'avocat,  quoiqu'elle 
fût  très-abonoante  dans  la  graine  (1). 

Le  sucre  doit  aussi  exister  dans  l'avocat,  sans  doute  en 
Irès-petite,  quantité,  et  vraisemblablement  d'une  na- 
ture incristallisable,  ce  qui  m'a  empécbé  de  le  produire , 
vu  la  petite  qui^ntité  de  pulpe  employée  dans  mon 
analyse. 

Je  ne  pense  point  que  l'buile  jauuje  trouvée  dans  l'a- 
vocat diΏre  beaucoup  dans  sa  nature  de  la  verte. 

Cette  dernière  est ,  suivant  moi ,  cette  même  hiiil« 
jaune  qui  tient  en  dissolution  la  chlorophylle,  qui,4»>mxi2« 
ou  le  sait,  est  soluble  dans  les  huiles  ûxes  et  la  laurine. 

Je  pense  aussi  avoir  découvert  la  laurine  ou  matière 
cristalline  provenant  des  végétaux  du  genre  laurier ,  quoi- 

Îue  je  n'attache  aucune  prétention  a  cette  découverte. 
>'abord  parce  que  je  n'ai  obtenu  ce  principe  qu'un  an 
après  M.  Bonastr^;,  et  que  je  suis  bien  éloigné  d  avoir  la 
prétention  de  me  croire  autre  chose  qu'un  faible  amateur 
de  chimie  végétale,  qui  n'a  point  l'ambition  de  faire  des 
découvertes  dans  cette  belle  science,  mais  qui  se  borne 
humblement  à  Caire  quelques  recherches  sur  les  végétaux 
des  Antilles. 

Mais  revenons  à  la  laurine  :  ayant  mieux  examiné  ces  cris- 
taux, j'ai  trouvé  que  ceux  de  l'avocat  étaient  très-appro- 
chant de  ceux  du  taurus  nobilis.  Ils  étaient  d'un  blanc  ver- 
dàtre,  transparens,  en  forme  d'aiguilles,  delà  grosseur 
depuis  une  ligne  jusqu'à  trois  lignes.  (  Ceux  décrits  par 
M.  Bonastre  étaient  de  trois  à  quatre  lignes,  et  s'élevaient 

même  jusqu'à  quinze  lignes.  )  Je  pense  aussi  que  la  même 

.  .    .1      .      g  ■       ... 

(1)  Comme  M.  Bonastre  ne  dit  point  avoir  retiré  les  graines  des  baies 
de  laarier  dont  il  a  fait  Tanalyse ,  n'est-il  pas  probable  que  la  fécale 
qu4I  a  obtenue  provenait  de  ces  graines? 


DE    LA    SOCIETE    DE     PHAHMAClË.  QI 

description)  que  Mt  Brongniart  donne  de  ces  cristaux  du 
laurier,  convient  à  ceux  de  Tavocat  :  «  Cristaux  en  aiguilles 
p  très-déliées  ^  qu'on  peut  considérer  comme  octaèdres  à 
»  basa  rbomboïdale ,  très-allongés  ,  et  paraissant  dériver 
n  d  un  octaèdre  symétrique  rhomboïdal  d'à  peu  près 
»  120  à  160°.  Ces  cristaux  ont  quelque  analogie  avec 
»  la  forme  primitive  du  soufre,  n  Ces  cristaux  sont  d'une 
amertume  et  d'une  âcreté  très-prononcées.  Est-ce  la 
cblorophylle  qui  leur  donne  cette  propriété  ou  la  laurine 
qui  communique  son  âcreté  et  son  amertume  à  la  cbloro- 
pbjUe  ?  Ces  deux  principes  pris  séparément  sont  égale- 
ment acres  et  amers.  L'odeur  de  ces  cristaux  et  celle  de 
la  cblorophylle  dans  laquelle  ils  sont  placés ,  est  la  même 
que  l'odeur  de  l'avocat  qui  n'est  point  encore  mûr,  comme 
je  l'ai  dit.  Us  sont  peu  solubles  dans  l'alcool  froid;  maid 
l'alcool  bouillant  et  l'étber  les  dissolvent  entièrement. 
L'eau  froide  ne  les  dissout  point.  L'eau  cbaude,  sans  les 
dissoudre,  prend  de  leur  amertume;  ils  ne  sont  ni  acides, 
ni  alcalins.  On  voit  que  toutes  ces  propriétés  sont  abso- 
lument comme  celles  de  la  laurine  du  laurus  nobilis  ;  et 
cela  ne  doit  pas  être  surprenant ,  puisque  ce  principe  est 
le  même  dans  ce  genre  de  fruits.  Je  n'ai  point  mis  les  cris- 
taux de  l'avocat  en  contact  avec  les  acides  ou  les  alcalis, 
ni  fait  d'autres  recherches  sur  la  laiurine  de  l'avocat , 
ayant  consommé  tout  ce  que  j'en  avais.  Je  laisse  d'ailleurs 
volontiers,  à  nos  chimistes  des  Antilles,  le  plaisir  de 
pousser  plus  loin  les  recherches  que  l'on  peut  encore  faire 
sur  la  laurine  du  laurus  persea. 

Traitement  par  r eau  distillée, 

7**.  Le  marc  du  fruit  désigné  par  la  lettre  B  pesait 
84  grains  après  avoir  été  desséché.  On  l'a  mis  en 
macération  dans  l'eau  distillée ,  puis  jeté  sur  un  filtre 
en  papier  pour  séparer  le  liquide  :  cette  opération 
a  été  répétée  à  plusieurs  reprises ,  jusqu'à  ce  que 
l'eau  ne  se  colorât  plus.  Les  liqueurs  ont  été  réunies; 
elles  étaient  troubles  et  ne  donnaient  aucun  précipité. 

A.  Sur  une  portion  de  ces  liqueurs  le  perchlorure  de 
mercure  n'a  produit  aucun  changement. 


ga  BULLETIN    DKS    THAVAUX 

B*Dans  une  autre  portion  Talcool  a  occàsioné  dçs  flo- 
cons blanchâtres  qui  peu  à  peu  se  sont  précipités. 

C.  Le  sous-acétate  de  plomb  a  produit  un  coagulum 
abondant  ;  Teau  est  restée  limpide. 

D.  La  potasse  siiicée  a  formé  un  précipité  blanc  flocon- 
neux léger  ;  eflet  que  ce  réactif  ne  produit  point  dans  le 
muqueux  des  graines  de  lin ,  comme  Tobserve  Thom- 
son (1  ) ,  ce  qui  prouve  évidemment  que  cette  liqueur 
contient  de  la  gomme  en  dissolution.  Suivant  M.  The- 
nard  :  «.On  rencontre  la  gomme  dans  tous  les  fruits.  » 
X  Vol.  IV,  p.  43.  )  * 


(1)  Le  savant  chimiste  Thenard  ne  dit  rien  de  la  différence  qui  existe 
entre  le  muqueux  de  la  ^omme  (telle  que  la  gomme  arabique)  et  le 
muqueux  (tel  que  celui  obtenu  de  la  graine  de  lin):  ne  mettrait-il  au- 
cune différence  entre  ces  deux  mucilages  ?  Il  me  semble  qu'on  peut  en 
constituer  deux  principes  différens,  quoiquç  très-Hinalogues.  J  ignore  ce 
^ue  les  savans  d'Europe  ont  écrit  sur  ces  substances  :  je  n'ai  point  lu  les 
expériences  du  docteur  Bostock ,  dont  il  est  fait  mention  dans  le  Système 
de  chimie  du  docteur  Thomson,  lesquelles  démontrent  que  les  pro- 
priétés du  muqueux  de  graines  de  lin,  par  exemple,  diffèrent  de  celles 
■'de  la  gomme  arabique,  et  qu'on  né  pouvait  plus  confondre  ces  deox 
principes  sous  la  même  dénomination  de  mucilage.  Voici  les  différences 
que  les  réactifs  produisent  dans  ces  mucilages ,  suivant  le  docteur 
Thomson. 

io.  Celui  de  graines  de  lin  mêlé  avec  l'alcool  forme  un  précipité  en 
flocons  blancs  ;  mais  le  liquide  ne  devient  point  opaque  et  laiteux , 
comme  cela  aurait  lieu  dans  le  mucilage  de  gomme  arabique  avec  l'alcool. 

2o.  L'acétate  de  plomb  donne  lieu  à  un  précipité  copieux,  dense,  dans 
le  mucilage  de  graines  de  lin.  Il  ne  produit  aucun  changement  dans 
celui  de  gomme  arabique,  dans  lequel  cependant  le  sous-acétate  de 
plomb  produit  un  coagulum  abondant. 

3°.  L'hydrochlorate  de  peroxide  d'étain  ne  produit  aucun  changement 
âans  le  mucilage  de  gomme  arabique.  Il  donne  de  l'opacité  au  liquide 
contenant  le  mucilage  de  graines  de  lin  et  le  précipite  aussi. 

4°.  L'hydrochlorate  d'or  ne  produit  aucun  changement  dans  le  muci- 
lage de  graines  de  lin,  suivant  le  docteur  Bostock  {Nicolsons  Journal^ 
XVIII,  t.  31),  et  n'en  produit  aucun  non  plus  dans  la  gomme  arabique. 

5°.  La  potasse  siiicée  ne  produit  aucun  effet  dans  le  mucilage  de  grai- 
nes de  lin  ;  et  dans  celui  de  gomme  arabique ,  elle  occasione  un  préci- 
pité blanc,  floconneux  et  léger.  La  potasse  siiicée  est,  suivaut  le  doc- 
teur Thomson,  le  réactif  le  plus  délicat  de  la  gomme. 

M.  Yauquelin  a  trouvé  dans  le  mucilage  de  graines  de  lin  beaucoup 
de  gomme ,  un  peu  de  substance  animale .  de  la  silice ,  l'acétate  et  le 
phosphate  de  chaux,  du  sulfate  et  de  l'hydrochlorate  de  potasse.  (^n<. 
naU$  de  chimie ,  t.  80,  page  318). 


D^    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  qS 

Ce  liquide  gommeux  a  été  mis  dans  une  capsule  sur  un 
bain  de  sable  et  évaporé  jusqu'à  consistance  sirupeuse, 

I^ttis  on  a  laissé  achever  Tévaporation  à  Tair  seulement ,  et 
<>n  a  obtenu  ime  substance  gommeuse  rousse,  demi- 
transparente,  entièrement  soluble  dans  Teau,  insoluble 
dans  l'alcool^  et  du  poids  de  36  grains. 

8*^.  Le  résidu  dont  on  avait  obtenu  cette  gomme  était 
d'une  couleur  grisâtre,  d'une  consistance  grasse,  onc- 
tueux au  toucher,  insoluble  dans  Teau ,  lalcool  froid  et 
l'éther  (  il  a  été  désigné  par  la  lettre  C  ).  Il  a  été  soumis- 
à  plusieurs  reprises  à  Faction  de  l'alcool  bouillant  qu'on 
décantait  immédiatement  après  cet  usage.  Les  liqueurs 
alcooliques  réunies  ont  laisse  déposer,  en  se  refroidissant, 
une  matière  floconneuse  d'une  couleur  grisâtre  légère; 
c'était  de  la  stéarine  (1).  Cette  stéarine  était  du  poids  de 
quinze  grains  ;  en  se  desséchant  il  s'en  est  séparé  environ 
le  tiers  en  huile  jaune  douce  ayant  l'odeur  d'avocat.  J'ai 
mis  une  portion  de  cette  substance  dans  l'éther^  et  elle 
s'y  est  dissoute  presque  entièrement ,  ne  laissant  que 
quelques  fibres  qui  avaient  été  entraînées  dans  les  opé- 
rations par  l'alcool  bouillant.  L'éther,  tenant  la  stéarine 
en  dissolution,  ayant  été  décanté  et  évaporé,  a. laissé 
apercevoir  une  cristallisation  confuse  et  comme  moi- 
rée, de  même  que  l'avait  observé  M.  Bonastre  pour  la 
stéarine  du  laurier  noble.  Ces  cristaux  laissaient  une 
sensation  brûlante  sur  la  langue. 

Un  morceau  de  cette  stéarine  mis  dans  la  bouche  s'y 


(1  )  La  stéarine  est  une  substance  grasse  qui  a  été  décrite  en  1 81 4  par 
M.  Chevreul,  et  en  1815  par  M.  Braconnot,  et  qu'on  rencontre  dans  les 
huiles  fixes  et  dans  les  graisses  animales;  elle  est  ainsi  nommée  du  mpt 
grec,  qui  signifie  suif. 

La  stéarine  est  sans  action  sur  le  tournesol  et  le  cnrcuma,  suscepti- 
bla  de  cristallisation  en  petites  aiguilles  soyeuses,  insoluble  dans  Tean, 
soluble  dans  6  fois  ^  sou  poids  d'alcool  à  0,795  de  densité  et  bouillant. 

Il  paraît,  d'après  les  expériences  de  M.  Chevreul,  que  le  suif  et  toute 
autre  espèce  de  graisse  animale ,  ainsi  que  les  kuiles  des  substances  vé- 
gétales (suivant  M.  Braconpot),  sont  un  mélange  ou  une  combinaison 
de  deux  substances  huileuses  distinctes.  Celle  de  ces  substances  qui  est 
solide  à  la  température  ordinaire  de  l'atmosphère ,  a  reçu  le  nom  de 
stéarine^  et  l'autre,  qui  est  fiuide  à  cette  même  température ,  a  été  nom- 
mée élaïne,  du  mot  grec  huile. 


94  BULLETIN    DES    THAVAUX 

ramollit ,  puis  se  fond  comme  le  ferait  uu  morceau  de 
beurre  de  cacao ,  et  disparait  sans  laisser  aucun  gQÀt. 
Enveloppée  dans  du  papier  ,  elle  le  tache  comme  ferait 
Thuile ,  dont  elle  contient  encore  une  assez  grande  (|uan- 
tité.  JV.  B.  Je  pense  que  la  substance  résineuse  que 
M.  Bonastre  a  trouvée  dans  les  baies  du  laurier  noble  >  si 
elle  n  a  pas  été  fournie  en  totalité  par  les  graines  de  ces 
baies  ainsi  que  la  fécule,  elle  Ta  du  moins  été  en  grande 
partie. 

Je  n'ai  point  trouvé  de  résine  dans  le  péricarpe  du 
fruit  de  l'avocatier  ,  mais  j'en  ai  trouvé  dans  la  graine* 

9*.  Le  résidu  obtenu  par  Tévaporation  d'où  l'on  avait 
extrait  la  stéarine  était  du  poids  de  23  grains.  Sa  cou- 
leur était  roussâtre,  d'apparence  fibreuse,  encore  un 
peu  onctueuse  au  toucher  .après  avoir  été  ramollie  par 
un  peu  d'eau.  On  a  fait  sécher  ce  résidu,  puis'  on  y  a 
versé  de  l'éther  sulfurique  à  plusieurs  reprises  et  décanté 
les  liqueurs  éthérées,  lesquelles,  ayant  été  évaporées  dans 
une  capsule ,  ont  laissée  f  7  grains  d'une  belle  huile  jaune 
parsemée  de  quelques  filets  d'huile  verte.  Le  marc  est 
resté  du  poids  de  16  grains,  c'était  des  fibres  ligneuses. 
Je  l'ai  soumis  à  l'action  de  l'éther  bouillant  qui  lui  a 
encore    enlevé  2   grains   d'huile;   et  ce  marc,  resté    du 

{)oids  de  14  grains,  n'était  plus  que  du  ligneux  'dont 
es  fibres  étaient  parfaitement  distinctes  :  «  Le  ligneux 
»  est^  de  tous  les  corps  immédiats  des  végétaux,  le  plus 
»  répandu  et  le  plus  abondant  ;  on  le  trouve  dans  toutes 
»  leurs  parties,  dans  la  racine,  la  tige,  les  feuilles,  les 
»  fleurs  et  les  fruits.  »  (Thenard.  ) 

U  résulte  de  l'analyse  chimique  de  la  pulpe  du  jfrujit  de 
l'avocatier  (  laurus  persea  )^  que  11 52  grains  d'un  avocat 
mur  ont  donné  : 

1®.  Huile  verte  ou  chlorophylle 50  grains. 

.    2*».  La  laurine  obtenue  dans  cette  huile 

verte — • 

3».  Huile  douce  composée  de — 

4°.  Oléine 39 

89 


DE    LA.    SOCIÉTÉ     DE    PHARMACIE.  gS 

89 
5*.  Stéarine. 25 

6°.  Matière  végéto-animak 60 

7®.  Muqueux  ou  gomme 60 

8**.  Ligneux 14 

9**.  Sucre  non  cristallisé,  quantité  sup- 
posée  • — 

lO"*.  Acide  acétique,  quantité  supposée.  — 
11''.  Eau  évaporée  de  cette  pulpe  dans 

les  opérations ,  ainsi  que  la  perte.  .  .  904 

Total.  .  .- ^  .  .  .  1152  grains. 

{La  suite  au  prochain  numéro.  ) 

NOUVEAU  MOYEN 

D'extraire  l'huile  volatile  de  copahu ,  et  de  saponifier 
la  résine  en  même  temps  ;  par  F.-E.  Ader. 

Depuis  l'introduction  de  l'huile  volatile  de  copahu  dans 
la  pratique  médicale ,  les  pharmaciens  soumettent  assez 
souvent  à  la  distillation  la  résine  fluide  du  copaifera  offi,- 
cinalis ,  seul  moyen  connu  pour  se  procurer  ce  médica- 
ment. J'ai  eu  recours  plusieurs  fois  à  ce  mode  d'extraction, 
et,  quoique  fort  simple  ,  il  présenté  dans  ce  cas  des  in- 
convéniens  qui  méritent  de  fixer  l'attention  des  pharma- 
ciens. Je  crois  utile  de  lés  sigaler  et  d'indiquer  un  procédé 
nouveau  pour  extraire  cette  huile  volatile. 

Après  là  distillation  du  copahu  dans  un  alambic  de 
cuivre  étamé ,  j'ai  remarqué  que  ce  vaisseau  avait  entière- 
ment perdu  son  brillant  métallique  par  l'action  de  l'huile 
volatile  sur  l'étamage  ;  et  que  1  odeur  désagréable  dont  il 
était  imprégné ,  le  rendait  pour  quelque  temps  impropre 
à  toute  autre  préparation.  Les  vaisseaux  de  verre,  dans 
eette  distillation  ,  sont  exempts  d'inconvéniens  aussi 
graves  ;  mais  le  temps ,  le  combustible  et  l'attention  que 


o6  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

cette  opération  réclame  par  lemploi  de  ces  vases ,  là 
rendent  assez  dispendieuse,  surtout  lorsqu'on  agit  sur 
une  masse  un  peu  considérable. 

Eu  étudiant  l'action  des  alcalis^  à  différentes  tempé- 
ratures ,  sur  les  huiles  volatiles ,  j'ai  cru  à  la  possibilité  de 
préparer  plusieurs  de  ces  essences  sans  recourir  à  la  dis- 
tillation ,  et  principalement  celle  du  copahu  qui  m'occu- 
pait dans  ce  moment.  Mon  premier  essai  a  été  couronné 
du  succès.  Aidé  des  conseils  de  M,  Planche  ,  je  crois  que 
le  procédé  que  je  vais  décrire  offre  au  pharmacien  un 
moyen  de  préparer  l'huile  volatile  de  copahu,  plus 
prompt  et  plus  économique  que  par  distillation;  en 
même  temps  qu'il  devient  applicable  à  l'analyse  de  plu- 
sieurs résines  fluides ,  très-propre  à  reconnaître  leur  pu- 
reté ,  et  à  la  préparation  du  savon  de  résine  de  copahu. 

J'introduis  dans  unmatras,  d'une  capacité  juste  au  li- 
quide qu'il  doit  contenir,  100  parties  en  poids  d'alcool  à 
0.837  de  densité ,  et  100  parties  de  copahu ,  j'agite  assez 
fortement  le  matras  pour  opérer  le  mélange  ;  j  y  ajoute 
ensuite  37  ^  p.  ^  de  dissolution  de  soude  caustique  à  1 .333 
de  gravité  spécifique ,  j  agite  de  nouveau  pour  faciliter  la 
saponification  de  la  résine ,  et  j'y  verse  aussitôt  1 50  parties 
d'eau  ;  je  remue  légèrement  le  matras  fermé  d'un  bouchon 
de  liège ,  en  le  renversant  plusieurs  fois  sur  lui-même , 
et  je  le  place  ensuite  dans  un  lieu  tranquille  ;  à  l'instant 
on  aperçoit  des  petites  parties  d'huile  volatile  suspen- 
dues dans  le  liquide  ;  après  deux  ou  trois  heures  de  repos, 
la  masse  est  séparée  en  deux  couches  bien  distinctes  :  la 
supérieure  ,  à  peine  colorée ,  légèrement  louche  et  très- 
fluide,  occupant  le  col  du  matras,  est  Thuile  volatile; 
l'inférieure  ,  d'une  couleur  jaune  d'ambre ,  parfaitement 
transparente,  est  la  résine  saponifiée , dissoute  dans  l'al- 
cool affaibli.  Je  sépare  l'huile  volatile  au  moyen  d'une 
pipette  et  je  la  verse  dans  un  vase  propre  à  laisser  dé- 
poser l'eau  qu'elle  peut  contenir;  je  la  décante,  et  je  la 
filtre  ensuite  ;  elle  doit   représenter  les  ~  du  copahuv 
traité.  Dans  cet  état,  elle  est  légèrement  verdâtre,  un 
peu  moins  fluide  et  d'une  odeur  moins  désagréable  que 
celle  obtenue  par  distillation;  mais ,  comme  elle ,  elle  est 


DE    LA    SOCIETE     PE    PHAKMACIE.  g'] 

très-Iin^pide ,  d'une  pesanteur  spécifique  de  0.  90Oà  1  $  ""; 
sa  saiveur  est  légèrement  acre  etamère;  ellç  est  soluble 
dlns  Teau,  plus  soluble  dans  l'alcool,  mais.^^oins  que 
leîicopahu. 

Procédé  pour  obtenir  le  sa\K>n* 

Pour  obtenir^le  savon  ,  je  fais  évaporer  la  couche  infé- 
rieure dans  une  capsule  de  porcelaine  jusqu^à  consistance 
de  miel ,  je  sépare  Texcès  d'alcali  par  une  dissolution 
saturée  d hydrochlorate  desoufle/je  décante  le  liquide, 
je  lave  légèrement  le  réiidu  avec  un  peu  d'eau,  et  je 
l'égoutte  en  inclinant  la  capsule  ;  je  le  le  fais  dissoudre 
epsuite  dans  deux  parties  d'alcool  rectifié,  je  filtré. la 
dissolution  et  je  la  fais  évaporer  à  un  feu  doux  jusqu'à 
consistance  solide  (1  ).  Le  résidu  est  un  ^ritable  Savon 
de  résine  de  copahu  ;  il  est  d'une  couleur., jaune ,  très- 
transparent ,  il  a  une  odeur  faible  "de  copahu ,  et  une  sa- 
veur acre  et  amère  plus  prononcée  que  ce  dernier,  p.e^t 
soluble  dans  douze  foi^  son  poids  d'eau  à  15°., 
tandis  qu'il  n'exig'e  que  irois  parties  (\e'Ce  ]i(^ide  à  1 00  ** 
pour  se  dissoudre.  Ses  propriétés  doivei^t  être  beaucoup  ' 
plus  actives  que  celles  du  copahu  ;  en  raison  de  sa  grande 
solubii^é;  jil  appartient. au. médecin  seul  d'en  apprécier 
la  valeur. 

Ce  savôh  a  quelque  ressemblance  a^veaun  médicament 
qu'on  prépare  a  Londres  depuis  quelque  temps ,  connu 
sous  le  nom  de  résine  soluble  de  copahu.  Il  eist  employé 
avec  succès  par  quelques  praticiens ,  dans  les  cas  bu  l'on 
prescrit  le  cppanUi  M.  Rlorsény  qui  est  l'auteur  de  cette 
préparation, *robtient,* à  ce  quil  pataû,  ep  faisiant'agir 
directetnent  la  soude  caustique  sur  la,  résine  de  copahu , 
séparée  de  son  huile  volatile  par  la  chaleur.  J'ai  exa- 
mixte  un  éèhAnjtillQn  de  ce  m.^dicame9tque  <2e  pharmaci^m 
a  adressé  à  m.  Planche';  il  est  d'un  rouçe  brun,  'trans- 
parent ,  presque  entièrement  .privé  de  l'odeur  du  copàhtt; 
mais  S4  saveur  est  plus  prononcée  y  il  est  peu  Soluble 
dans  1/eau,  il  se  délaie  même  assez  imparfaitement  dans 

— — — ^— -^— ^— ■— ^—     ■!■       ■   ■  ■    ■^■r—W  I  ■■  I  ^       I        I         (    ■  I       t    I    M        ■ 

(1  )  Lors(ïtie  j'dpére  sur  des  Quantités  assez  conéfdérablcs ,  je  distille 
la  dissolution  aa  Dain«mârie  pour. obteiiir  l'alcool.- 

XV'.  Année.  —  Février  .1 829.  7 


' 


gS  BULLETIN    PES    TRAVAUX 

une  grande  quantité  de  ce  liquide  à  100**.  Cette  prépa- 
ration ne  parait'étre  autre  chose  que  de  la  tésine  de  co^- 
pàhu ,  doutée  partie  est  légèrement  saponifiée.  Le  pro- 
cédé que  j'indique  me  paraît  préférable  à  tous  égards.  * 

Ma  tâche  d  élève  ne  me  permet  pas  de  ^'occuper  de  la 
sapohification  des  autres  résines  ;  je  me  propose  dy  re- 
venir incessamment ,  ainsi  que  sur  celle  du  copahu ,  en 
continuant  mes  recherches  sur  la  composition  des  huiler 
volatiles.  Depuis  les  travaux  de  MM.  Chevreul  et  Bra- 

^  connot  sur  les  huiles  grasses ,.-  et  lés  observations  de 
Proust  et  Margueron  sur  les  huiles  volatiles ,  et  tout 
récemment  celles  de  M*  Bizio,  plusieurs  chimistes  con- 
sidèrent les  huiles  volatiles  comme  essentiellement  for- 
mées <ie  plusjpurs  principes  immédiats^  solides  et  li- 
quides, unis  en  proportions  indéfinies ,  et  les  séparent 
Îoqr  cela  du  système  rationnel  des  espèces  organiques, 
e  crois  qu^il  est  prématuré  d'établir  ainsi  la  comppsi- 
tiOB  des  huiles  volatiles ,  et  dé  leur  assigner  une  telle 
pl^e  dans  la  classification  des  prodiiita  Organiques.  J'es- 
père prouver  que  <?ertaines  sub^f ances 'crjj»taHines ,  qu'on 
a  obtenues  de  quel<jue^  huiles  volatiles, «ont  le  résultat  du 
'  calorique  et  de  Fair  sur  la  matière  huileuse.  Par  un  pro- 
cédé difiérènt  de  celui  qui  vient  de  mV)ccuper,  mais 
fondé  sut  lem^me  principe*,  j'ai  obtenu  pi usieiirs  huiles 

•  volatiles,  douées  de  propriétés  bien  différentes  de  celles 
de  ces  mêmes  huiles  obteiiUes  par  distillation,  ^'aurai 
ITioniveùr  de.  soumettre  mon  travail  àla  Sopièté,  si  elle 
daigne  agréer  l'offre,  de  ce  preii>îer  es^. 


%%«> 


•  '       '.  .         .       .    "    ■  ,  .    '    "     i  •     •  .  y      • 

■     ;    ,  ■  NO.TÉ    ■  ' 

Sur  les  ferrp^yànures  ayec  maximum  de  cjanogène  ^ 
'    ou  ferm-cjanuves  rouges ,  peu*  4/.  K.^aM£r  ^Jqbricant 
à  Milan.  <  ,     .  . 


f      '     • 


Ayant  voulu    préparer   du    ferro-cyanure  youge    de 
potassium,   pour  vérifier    les    expériences    £ai4es    par 


»     t 


DE    LA    SOCw£    UE    PHAKBIACIE.  99 

M,  Girardin ,  élève  interne  de  Ia  pharmacie  centrale  des^ 
liôpitaux  civils  Àe  Paris,  insérées  dans  1^  Journal  do 
Pharmacie  y  au  mois  de  juin,  et  étant  venu  moi*méme 
dans  le^cas  de  faire  quelques  observations  relativement 
à  ce  corps,  si^gfilier,  je  prwds  la  liberté  de  vou^  les 
communiquer.  Le  cahier  du  mois  suivant  du  même 
journal ,..  qui  me  parvint  lorsque  je  m  occupais  de  ce& 
e:spérien643S  ^  contenait  votre  mémoire ,  ce  qui  m'engagea 
dautanf  plus  à.vous  adresser  le.  résultat  de  mon  p?u 
dopérationf.  M.  Girardin- indique  dans  sa  note  quç  ce 
sel  cristallise  en  petites  aiguillas::  il  parait  donc  cpu'il 
n  a  pu  o^epir  la  vraie  forme  des  cristaux  ;  c^r,  comme 
M.  pers^tfs^J'it^dique  dans  sa  chimie,  <]lu  fer^  p«^g€  194, 
Ies*cristaux  sont  parfois  nssez  grands  ^  j'ai,  aussi  observé 
que  ce  sel  ne,  cristallise  en  aiguilles  que  lorsque  I4 
dissolution  des  cristaux,  provenant  de  la  première  éva-,  * 
poration,  a  été  trop  concentrée.  D  ailleurs,  presque  toutes 
les  obs^ervations  •  faites  p^r  ledit  M.  Girardin  .se  trouvent 
indiquées  par  M.  Berzelius  ^vec  assez  de  dét;iils,  <}ans 
louvrage  ci-dessus  mei^tioané.  Suivant  le. s(avant  sué- 
dois, ce  sel  serait  un  ferro^cyanure  de  potassium  avec 
maximum  de  cyanogène.        „         . 

Gomme  le  procédé  de  M.  Gm.elin  pour  préparer  c^ 
sel  est  fort  compliqué  et  long,  jai  voulu  essayer  d'en 
chercher  un  autre  plus  court  et  plus  .facile;  et  quoique 
je  n^aie  pu  obtenir  ce  sel  dans  toute  sa  puret^é ,  cepen-^ 
dant  les  résultats  curieux  auxquels  ces  recherches  ont 
donné  lieu,  m'engagent  à  les  exposer  «ici.  Ayant  dé-r 
composé  par  du  chlorure  de  potasse  du -cyanure  de 
fer  (bleu  de  Prusse)  à  une  chaleur  modérée  ^  et  ayant 
mis  celui-ci  en  excès ,  j*ai  obtenu  un  liquide  jaune  vu 
en,  petites  masses ,  et  rougeâtre  vu  en  grosses  masses  ^ 
qui  ne  précipitait  pas  les  sels  de  fer  au  maximum,  et 
qui  au  contraire  précipitait  c^x  au  n^inimum,  comme  le 
fait   une  dissolution  de  ferro-cyanure  rouge  de  potas^ 


4^* 


lOC  BULLETIN    DWMaAVAUX 

,  siuni  (1).  Quelquefois  6epe;p4aat  il  m'est  arriré  quel^ 
liqueur  précipitait  partiellement  lès  sels  au  maii:imumf 
mais ,  en  ajoutant  un  petit  excès  d'eau  de  chlore,  cette 
propriété  disparaissait. 

Évaporant  la  liqueur,  elle  laisse  déposer  une  petite 
quantité  de  bleu  de  Prusse  mêlé  à  une  poudre  rougeâtre  ; 
elle  dévient  rouge  fopcé  et  en  tout  semblable  à  celle 
que  Ton  obtièntjà  la  première  opération  ftu  procédé  de 
Gmelin ,  c'est-à^Ohre  lorsque  Ion  a  fait  passer  le  couraiit 
.   de  cblorcp  .         *  * 

Ayant  convenablement  évaporé  cette  liqueur  et  l'ayant 
filtrée,  j'ai  obtenu  par  lé  refroidissediént  deig^. cristaux. 
Jaunes  serins ,  mêlés  de  cristaux  rouges  «t  ^u  jouissuient 
de  la  mémej)ropriétç  qi\e  ç^s  damiers,  c'esl-à-dire de  ne 
pqint  altérer  les  dissolutions  de  perotide  de  fer^  Les 
'^cristaux  sont  de»  aiguilles  ^o^dràngiilaires  à  sommets 
pyramidaux  fort  petits,  et  quelquefois  je  les  ai  obtenu 
cristallisés  en  tubes. 

Gfe  sel ,  que  j'avais  d'abord  regari^é  commîe  un  fèrro- 
cyanure  rougè'^de  potassiu^ï,  coQteâant  une  moîtidre 
proportion  de  cyanogèpe  que  le  cyanure  rouge  de  Gmelin, 
ni'est  au^re  chose  qu'un  mélange  dé  ferro-cyanùre  rôuge 
de  potassium  >  dé  cblofure  de  potassium  et  d'une  très- 
petite  quantité  de  chlorate -de  potasse. 

Les  eaux -mèrçs  de  ces  cristaux  furent  évaporées,   et 
j'obtins    une   belle  ,cristâHisation   rôuge  écàrlate  ,   plus 
claire  cependant  que  les  cristaux  rouges  de  M.  Ginelin, 
La  couleur  moin  $  intense  de  cette  cristallisation  provietft^ 
comme  je  m'en  siiis  assuré ,  d'une  petite,  quantité  '  de 
chlorure  de  potajssiujn  qui  s'y  troave  mêlée.  Cependant 


-  *-  -  -  -         -  / 

,  (1)  Il  est  assez  peu  probable  que  ce  procédé  soit  préférable  à  celui 
de  Gmelin;  la  pluf  grande  abdadanCe  du  chlorure  de  potassium  vient 
encore  compliquer  les  résultat^  ^.  nuire  à  la  cristallisation  du  cyanure 
rotage.  •  ;,  *  R. 


*  • 


4' 


i>E    1.4   SOCIETE    DE    PHAAMAGIE.  lOI 

on  peut  l'obtenir  presque  exempt  de  oe  dernier  sel,  par 
plusieurs"*  cristallisation»  successives. 

L'on  trouve  sfussi  ce  sel  jaune  en  très-petite  quantité 
sur  les  facettes  des  cristaux  '  de  cyanure  rouge  obtenu 
parje  procédé  ushé^  cyr,  en  observant  bien  surtout  la 
cristallisation  des  eaux-mèires^.elle  est  parsemée  de  petits 
cristaux  jaunes  clairs.  Au  microscope  on  les  aperçoit 
fort  bien,  soiïs  Ibrme  de  petits  globules  jaunes  trës^ 
confusément  Cristallisés. 

Âyantlu  d(vis  la'Ghimie  du  fer  de  M.  B#zel|as,  que 

M.  Gmelin  avait  J:roiivé  quavec  la  soude ,  Tami^oniaqué, 

la  baryte  ei  la  chaux ,  Ton  forme  des  sels  rouges  sem- 

'  blables ,  j'ai  voulu  les  préparer  et  voici  quel  fut  le  résulta^ - 

de  mes  expériences  :      >      .  «  •  • 

Cyanure  rouge  de  sodium. 

\ 

3e  me  suis  procure  de  Thydro-ferro-cyanate  de  soude 
en  décomposant  par  de  la  soude  .caustique  du  bleu  dé 
Prusse  préalablement  débarrassé  de  Talumine,  et  ayant 
fait  cristalliser  la  liqueury  j'ai  rçdUssous  les  cristaux,  et; 
c'est  dans  cette  dissolution  que  j'ai  fait  passer  un  cou-^ 
rant  dé  chlore.  La  ligueur  devient  bientôt  brunâtre,  et 
il  se  forme  à  sa  surface  une  écume  j^une»  Sa  couleur 
devient  toujours» plus  foncée  en  ch^geant  de  nuance, 
jusqu'à  ce  qcf'elje  ^it  obtenu  celle. d'uln  beau  rouge  rubis 
foncé ,  vue  à  la  lumière  d'une,  bougie. . 

Il  n  a  pas  fallu  beaucoup  de  chlqre  pour  arriver  au 
point  ^à.  elle  ne  précipite  plus  les  se^s^  dé  fer  au  maxi^ 
mum.  A  cette  époque  la  ligueur  conserva  sa  couleur  rouge 
e,t  sa  transparence ,  m^éiiie  à  la  lumière.splaire;  cependant^, 
vue  en  petite  quantité^  dans  un  tube ,  par  exetnple  ,  elle 
tire  vers  le  jaunâtre.  L'ayant  ensuite  évaporée  pour  la 
faire  cristalliser ,  il  s'est  déposp  du  bleu  de  Prusse  mêlé  à 
une  poudre  jaunâtre  semblable  à -celle  qui  se  dépose  en 


i 


t      > 


103        BULLETIN  PES  TRAVAUX 

opérant  sur  Thyd^cyandie  de  potasse  ferrure ,  qui  •^rai-^ 
semblahlement  est  du  cyanure  cb  fer;  il Veu  dégagea  di| 
jcy^nogèhe.  * 

La  liqueur  filtrée  cristallisa  par  le  refroidissement.  Les  * 
cristaux  furent  redissoUs,  et  Top  obtint,  par  une  secgndip 
cristallisation  ,  dé  longs  prismes  quadrangulaires  d'un  ' 
^une  verdâtrQ  et  transparent-.  Il  faut  cependant  ajouter 
qu^il  est  assez  difficile  d'obtenir  cette  forme  de  cristaux , 
parce  que  la  cristallisation  est  ordinairement  confuse';  du 
moins  jl|b'aiipu  obtenir  cette  forme  que  4eux  fois^ 

Le  ferro-i^yanure  dé  sodium  au  ma^^imum  de  cyano«- 

gène  est  effloresceiit ,  fond  à  la  tenxpératui^e  de  50  oentig'. 

^^  dissolution  est  jaua&  ^t  tirant  sur  le  vert   d'autant 

fplus  qu'elle  est  concentrée.  100  parties d'eaU  distillée,  à 

la  température  ordinaire ,  en  dissolvent  19  parties  ,  et  à 

<Jelle  de  l'eau  bo\ixUanie  quatre  cinquièmes  de  wson  poids. 

L'alcool  en  dissout  fort  peu  :  uùe  température  élcfvée  le 

^décompose. 

Je  n'ai  p'u  obtenir  ce  sel* crié tallisé  avecleprpcédç  indi- 
qué au  cyanure  rouge  de  potassium  et  de  fer,  d*est-à'- 
dire  de  décomposer  du  bleu  de  Prusse -par  du  thlorùre 
de  soude.       .  .  , 

Cjanure  nouge  d'ammoniaqu(f  et  de  for. 

Je  fis  digérer  de -l'ammoniaque  caustique  sur  du  bleu 
de  Prusse  çxemp^  d'alumine ,  de  manière  à  obietiir  de 
libydrorférro-cyanate  d'ammoniaque ,  puis  filtrai ,  et  c'est 
à  travers  cette  liqueur  que  je  fis  passer  un  courant  de 
chlore,.  Il  se  forma  de  suite  des  vapeurs  blanches  dues  k 
de  l'hydro-chlprate  d'ammoniaque.  Une  espèce  d',efler-  . 
.vescence'se  manifesta  ,^et  il  se  déposa  une  poudre  rou- 
geâtre.  Tout  en  continuant  le  courant  de  chlore,  le  dé- 
gagement des  vapeurs  blanches  cesse ,  et ,  à  cette  époque, 
la  liqueur  précipite  encore  les  sels  de  fer  au  maximum. 
Quelques  inslans  aprèè'  elle  devient  rouge  foncé  ;  une 


DE.  LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIA.'         Ip3 

petite  effervescence  continue  cependant,  et  après  rpiel- 
^es  momeos  le  liquide  ne  précipite  plus  les  sels  de  pei'- 
oxide  de  fer.  '         ' 

Si  l'on  expose  cette. liqueur  à  la  chaleur,  dans  Tioten-^ 
tiôn  de  la  concentrer  et  de  chasser  Tèxcès  de  chlore  ,  elle 
se  décompose ,  et  il  se  précipite  une  quantité  tfès-abon* 
àante  de  bleu  de  Prusse ,  et  une  quantité  respective  de 
cjdDOgéne  se  dégage.  Jetant  le  tout  sur  un  filtre ,  Ion 
obtient  une  liquçur  jaune  qui  ne  précipite  plus  les  sels 
de  fer  au  minimum^  composée  d'hydro-clilorfll^e  d'ammo- 
niaque et  d'bydrb-chlqrate  cie  fer.  Le  cyanure  rouge  d'am- 
moniaque' a  refusé  de  cristalliser,  et  s'est  décomposa 
même  j>ar  une  évaporation  lente  où  la  chaleur  n'outre- 
passait pas  les  40°.  Von'  doit  donc  nécessairement  en 
conclure  que  le  ferjrj^yanure  rouge  d'ammoniaque  |ie 
cristallise  point,  qv'il  se  décompose  aU^desçous  de  1 00°,  et 
que,  obtenu  de  la^manière  cinlessus  indiquée,  il  contient . 
toujours  de  rhydfo-chlorate  d'ammoniaque.  Sa  couleur  est 
verdâtre  fonc^  vu  en  quantité  ,  et  rouge  vu  en  petite 
masse..  Avec,  le  temps  il  se  décompose  piirtiellément, 
même  sans  le  contact  de^^ai^,  et  laisse  déposer  du  bleii 
de  Prusse,  L'alcool  né  l'altère  pas.  Les  acides  sulfurique 
et  nitrique  concentrés  ien  précipitent  une  poudre  jaune 
sale^  solable  dans  un  excès  d'eau^,  et  la  liqueur  est  alors 
vert  bleuâtre  ;  ce  phénomène  a  cependant  seulement  lieu 
quand-la  liqueur  ëlle-niéme  est  concentrée. 

Cfanufierougede  baryfimet  dejef\     , 

Lorsque  Ton  fait  passer  du  chlore  à  travers  upe  disso- 
lution d'Hydro-cyanate  ferrurée  de'  baryte ,  elle  commence 
par  se  troubler,  devient  d'unie  couleur  j[aunc  verdâtre,  et 
laissei^poSer  une  poudre  verte.  La  <^uleur  devient  d'iin 
vert  plus  intense  à  Isi  lumière  solaire ,  et  paraît  jaunâtre 
à  la  flammé  d'tBQe  bougie.  lElle  change  ensuite  encore. 


104    ;  BULLETIN  DES  TRAVAUX,  ETC» 

.  paâse  ajU  }>ran  paiir  devenir  4*un  ]t>eau  rouge  fonce  ;  elle, 
parait  alors  jaunes  vue  en  |jetitê  auantité  dans  un  tube. 
"Il  paraît  que  cette  Ik^tteui^  ne  cristallise  pas,  puisque  si 
Ion  essaie  de  la  concentrer  elle  se  #écompose  peu  à  peu, 
et  laisse  déposer  une  matière  blancne  bleuâtre. \M.  Gpine- 
lin  prétend  que  ce  sel  cristallise ,  ainsi  que  celui  d'am- 
môniàque ;  ces t  fort  possible ,  mais  quant  à  notoi  je  n%i 
pu  les  obtenir  cristallisas.  . 

t  '  '  ' 

Cjfûinure  rouge  de^  cdlçium  et  de  fer, 

•^         ■  ^       ,  ,■>■•• 

Ce  selprésentç  à  peu  prés  Içs  mêmes  phéi^omènes  que 
le.  préciêdent ,'  lorsque  l'pn.y'  à  faii  passer  lé  chlore  à  tra- 
vers *la  ^iisolution  dç  cyanure  de  calcium;  et  de  fer,  et 
que  Ton  vient  à  Iç  cojioentrer.  Ce{)endant  j  ai  pu  obtenir 
,qu©lqu,ps  i^idiniens  de  cristaux^  en«suivaut  lei  inême  pro* 
cédé  indiqu^  pour  obtenir  le  cyanure  TOug^e  de  potassium 
efed^fer,      '   \       ..■"•'■■.-.  ^.  -',.,• 

'     >  \  Cjanure  rpuge  ds  i^gnésium  et 

^  /Après  avoir  fait  passéî?  le  courant  de  chlore  a  travers  ** 
Thy dro-KîyanaCe  ferrure  de.  magnésium! ,  et  que  Ton  est 
parvenu  au  point  où  la  liqueur  lie  précipite  plus  les  sels 
de  fer  au  maximum,,  la  liqueur  est  jauiïe  transpareiite , 
et  il  ne  s'est  formé, aucun  dépôt  1. Si  Ion  essaie  ^de  Téva- 
'i    porer  elle 5ç  décomposé;  •        . .  .\  r 


r 


»...  .  .-,    .  ,  .      Tf 


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P^IS.  -r-UMPAIMERIE   DE   FAIN ,    RÇJE    RACIJfE,    N?-    4  ^'-^  *' 

PLACE  DE   h*Otif^f(',  ' 


JOURNAL 

DE  PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


I  i    I   ^   '  1    ■  -        ^— -   '       -^-    ■         -     ■    ■    -  ^^  -^ — .    -  ■-  ■    ■         -     r         > 


N''.  m.  — 15*.  Année.  —  Mars  1829. 


"•■'•''  .  ^  *       '     '  '-^ 


MEMOIRE 


%  X 


«$ïir  la  formation  des  alcoates  ,  combinaisons  défit  lies  de 
sels  et  d'alcool ,  analogues  aux  hydrates  ;  par  M.  Tho- 
mas Graham» 

En  déterrmnaot  la  solubilité  des  sels  et  d  autres  corps 
dans  l'alcool ,  op  a  besoin  d'opéfer  avec  de  Tesprit  en- 
tièrement priyé  d*eau.  Mais  lalcool  anhydre  ou  absolu 
s'obtient  difficilement,  m^me  par  le  procédé  le  plus  per- 
fectionné ,  celui-^le  Richter.  En  rectifiant  l'alcool  sur  du 
chlorure  de  calcium,  comme  le  rçôommande  Richter ,  ie 
ne  l'ai  jamais  amené  à  la  pesanteur  spécifique  de  0,798 
à  la   tcmpératui^e  de   25«>    par   une    seule    distillation. 
Mais  en  rectifiant  une  seconde  fois  ce  produit  sur  de  nou- 
veau chlorure  de  ealdium ,  je  réussissais  généralement 
à  le  réduire  à  0,798,  pesanteur  spécifique  de  l'alcool 
modèle  de  ce  chimiste.  L'expérience  suivante  écJaircira 
ce  procédé. 

XV .  Année.  —  Mars  1 829 .  8 


106  JOURNAL 

Quatre  mesures  d'alcool ,  de  la  pesanteur  spécifique 
de  0,826  ,  furent  yersées  d^ns  une^comue  ;  et  une  quan- 
tité de  clilorure  de  calcium  bien  desséché  ,  équivalant 
à  peu  près  aux  trois  quarts  du  poids  de  lalcool,  fut  gra- 
duellement ajoutée,  et  Ton  eut  soin,  d agiter  de  temps 
en  temps.  Une  grande  partie  du  sel  fut  dissoute  avec 
dégagement  de  chaleur,  et  la  combinaison  hâtée  par 
une  ébullition  de  quelques  minutes ,  la  vapeur  étant 
condensée  dans  le  col  de  la  cornue  et  retournant  à  la  so- 
lution. Un  récipient  fut  ensuite  ajusté  à  Torifice  delà 
cornue,  et  la  distillation  conduite  si  lentement,  queTal- 
cool  se  condensait  entièrement  dans  le  col  de  ce  vaisseau, 
et  tombait  goutte  à  goutte  dans  le  récipient.  Près  de  deux 
secondes  s'écoulaient  entre  la  chute  de  chaque  goutte.' 
La  première  mesure  d'alcool  obtenue  était  de  la  pe- 
santeur spécifique  de  0,800  ,  la  seconde  mesure  de 
0,798 ,  et  la  troisième  mesure  de  0,801  :  la  distillation 
fut  alors  arrêtée.  Ces  trois  mesures  furent  mêlées  en- 
semble, et  soumises  à  une  seconde  distillation  qui  fui 
conduite,  de  la  même  manière ,  et  j'obtins  deux  mesures 
d'alcool  de  la  pesanteur  spécifique  de  0,796.  D'après 
l'analyse  de  l'alcool  par  Saussure^  et  la  détermination 
de  la  pesanteur  spécifique  de  sa  vapeur  par  Gay-Lussac, 
on  ne  peut  guère  douter  que  l'alcool  ainsi  obtenu  ne  soit 
parfaitement  anhydre.  Il  est  vrai  que  cet  alcool  contient 
encore  de  l'oxigène  et  de  l'hydrogène  en  quantité  corres- 
pcmdante  aux  proportions  atomiques  de  Teau.  Mais  cette 
proportion  d'oxigène  et  d'hydrogène  est  essentielle  à  la 
constitution  de  l'alcool ,  la  soustraction  partielle  de  ces 
deux  élémens  convertissant  l'alcool  en  éther  ,  et  la  sous- 
traction totale  en  gazoléfiant.  De  plus,  la  supposition 
que  l'oxigène  et  l'hydrogène  existent  à  l'état  d  eau  est 
purement  gratuite* 

Le  procédé  de  Richter  est  excessivement  fastidieux , 
vu  la  nécessité  de  conduire  lentement  l'opération ,  et  l'on 


DE    l^MÀllMAdlE.  lOy 

dépense  une  quantité  considérable  d'alcool.  J'édsflyài  dé 
substituer  l'emploi  de  la  chaux  vive- au  cblorure  de  cal- 
cium, et  je  distillai  à  la  chaleur  d'un  bain-marie  composé 
d'une  solution  saline.  Si  notre  objet  unique  était  d'obtenir 
de  l'alcool  parfaitement  privé  d'eau  ,  aucun  procédé  ne 
saurait  être  plus  avantageux.  Ce  produit  était  de. la 
pesanteur  spécifique  de  0,794*  Mais  il  contenait  une 
trace  d'éthter  ,  et  c'est  à  cela  qu'il  faut  attribuer  l'abaisse-  • 
ment  de  sa  pesanteur  spécifique.  Il  avait,  de  plus,  une 
odeur  empyreumatique ,  malgré  la  température  modérée 
à  laquelle  la  distillation,  avait  été  conduite.  Ce  procédé 
est  également  très-lent. 

Celui  que  je  préférai  est  fondé  sur  le  principe  de  l'ap- 
pareil frigorifique  de  M,  Leslie.  L'alcool  est  concentre 
sous  le  récipient  d'une  machine  pneumatique  avec  de  lu 
chaux  vive.  Une  capsule  large  est  couverte  d'une  couche 
assez  mince  de  chaux  récemment  calcinée,  réduite  en 
poudre  grossière  ,  et  une  capsule  plus  petite  contenant 
troiâ  ou  quatre  onces  d'alcool  du  commerce  est  placée 
au-dessus  de  la  chayx  :  on  met  le  tout  sur  le  plateau  de 
la  machine  pneumatique  ,  et  on  le  couvre  d  un  récipient 
assez  bas.  On  continue  la  soustraction  de  l'air  jusqu'à 
ce  que  l'alcool  annonce  les  premiers  signes  de  l'ébulli- 
tion  ;  puis  on  s'arrête.  Des  vapeurs  mêlées  d'alcool  et. 
d'eau  remplissent  alor»  le  récipient.  La  chaux  vive  ne 
peut  prendre  que  la  vapeur  aqueuse,  et  s'en  empare 
promptement ,  tandis  que  la  vapeur  alcoolique  demeure 
inaltérée.  Mais  comme  l'eau  ,  à  moins  d'avoir  au-deâsus 
d'elle-même  une  atmosphère  de  sa  propre  vapeur,  ne 
peut,  pas  rester  dans  lalcool,  il  s'élève  une  nouvelle 
quantité  de  vapeur  aqueuse.  Celle-ci  est  de  même 
absorbée ,  et  le  procédé  continue  jusqu'à  ce  que  la  tota»- 
lité  de  l'eau  contenue  dans  l'alcool  soit  soustraite.  Plu- 
sieurs jours  sont  nécessaires  pour  cette  opération ,  et  en 
hiver  elle  est  plus  longue  qu'en  été.  Les  exemples  sui- 
"  .  *  8. 


iOi{  JOUBN4L 

▼ànft  inoii:ttejit  dans  quelle^  proportions  Teau  est  sous-» 
traite.  La  ptemiëre  expérience  fut  faite  en  été.  Qtiatre 
ôn^e»  d'alcool  de  la  pesanteur  spécifique  de  0^827  furent 
eùncetittéed.  La  pesanteur  spécifique  ayant  été  prise 
toutes  les  vingt  -  quatre  heures ,  j'obtins  la  série  de 
résiUtats  ci- dessous: 

0,817 
0,808 
0,802 

0,796 

Dans  ce  cas ,  la  totalité  de  Teau  fut  soustraite  en  cinq 
jours  ^  mais  souvent  un  temps  plus  long  est  nécessaire , 
quoiqu^il  faille  rarement  plus  d'une  semaine^  En  hiver  y 
l'alcool  a  généralement  hesoin  d'être  exposé  à  la  chaux 
pendant  un  jour  ou  deux  de  plus  qu'en  été.  Les  progrès 
suiyans  de  concentration  ont  été  obtenus  dans  une  expé- 
rience d'hiver  ^  la  quantité  d'alcool  et  toutes  les  autres 
circçnstances  étant  les  mêmes  que  dans  la  première  ex-' 

périence. 

0,825  ' 

0,817 

0^809 

0,804 

0,799 

0,797 

0,796 

La  chaux  vive,  comm6  substance  poreuse  ^  parait  ca-f 
pable  de  condenser  une  petite  portion  de  vapeur  alcooli- 
que :  il  ne  convient  donc  pas  de  l'employer  en  grand 
excès.  Dans  un  cas  ou  trois  livres  de  chaux  rive  furent 
employées  avec  quatre  onces  d'alcool  y  environ  un 
sixiiàme  de  l'alcool  fut  perdu  par  cette  absorption,  La 
chaux  vive  ne  doit  jamais  excéder  trois  fois  le  poids  de 
ralcooV,  autrement  la  quantité  d'alcool  absorbée  devient 


DE    9HÀRMÂCIE.  lOQ 

seosilile.  Elle  doit  être  étendue  sur  une  «urface  ansst 
^«nde  que  le  permet  le  récipient. 

Dan»  lepffi^cédé  de  ftiehter  ,il  ne  convient  pas  d'opérer 
aiir  plps  de  qiielques  onces  d'alcool  à  la  fois  ;  car ,  lors- 
qu'une grande  quantité  de  substance  est  introduite  dans 
la  oonuie ,  la  chaleur  nécessaire  pour  dégager  l'alcool 
du  centre  de  la  masse .  chasse  inévitablement  l'eau 
laissée  dans  le  chlorure  de  chaux ,  dans  les  points  où  le 
cbloFure  est  le  plus  exposé  à  la'  chaleur.  Dans  la  ma- 
chine pneumatique  aussi ,  on  ne  pent  en  général  con- 
centrer que  quelques  onces  ;  mais,  dans  un  grand  réci- 
pient ,  deux  ou  trois  capsules  de  chaux  vive  peuvent 
être  soutenues  Tune  au^essus  de  l'autre  ,  k  une  petite 
distance,  et  contenir  chacune  en  outre  une  petite  capsule 
d'alcooL  Le  procédé  pourrait  être  encore  exéc^uté  facile- 
ment è\iLt  une  grande  échelle,  au  moyen  d'une  botte  fermée 
d'une  grandeur  quelconque,  garnie  de  plusieurs  tablettes 
qu'on  couvrirait  de  chaux  vive  en  poudre,  et  qui  porte- 
raient de  nombreuses  capsules  d'alcool.  La  botte  pourrait 
être  suffisamment  privée  d'air  an  moyen  d'une  pOYnpe, 
car  il  n'est  pas  nécessaire  que  le  vide  soit  parfait. 
Après-  avoir  £siit  le  vide,  on  pourrait  ne  plus  songer  à 
Topération ,  et ,  en  ouvrant  la  botte  à  l'expiration  d'une 
semaine  ou  de  dix  jours,  on  trouverait  Falcôol  anhydre. 
Il  est  évident  que  l'alcool  absolu ,  obtenu  par  ce  procédé ,  ' 
pourrait  se  vendre  à  très*^peu  de  chose  près  le  même 
prtx  qu'avant  l'opération  :  il  aurait  de  plus  une  bien 
plus  grande  valeur  pour  les  emplois  auxquels  on  le 
destine  dans  les  arts  'et  dans  la  médecine.  Je  crois 
toutefois  quÊ  les  loiâ  sur  l'impôt  actuellement  existantes ,' 
ne  fiermettent  à  ancnn  distillateur  de  concentrer  l'esprit 
de  vin  au  delà  d'un  certain  degré.  Les  apothicaires  li- 
cenciés ont  seuls  la  permission  de  préparer  et  de  vendre 
de  Faloool  absolu. 

L'aloool   peut  aussi  être  concentré  dans  un  viusseau 


fermé  ^yçç  ;de  la^  chaux  vive  ,   sans>  le   secours  d  acide  ; 
mais  lopération  marclve  bien  pluslentenuent,  au>moin8  à. 
la:  tempérât urie  de  i  air.  L'expérieuce  fut  tentée  à  une 
haute  température,  en  chauffant  au  bain^marie  un  e  grande- 
bouteille  d'un  .orifice  fort  large,  au.fond.de  laquelle  j'a- 
vais, placé  une  certaine  quantité  d'alcool.,  et  je  suspen^l 
dis  au-dessus,  de  la  chaux  vive  dans  un  petit  nouet  de* 
lioge.  Quand  le  bain-marie  atteignit .  la  température  de 
âG""  R..,  la  bouteille  fut  bouchée ,  et  Ton  fixa  la  tempéra-' 
ture^du.  b^in-piarie.  Une  grande  quantité  de  .chaux  fut' 
promptement  conver^tie  en  hydrate  ,  et  Talcool  considé-^ 
rablement  concentré.  Mais  ce  procédé  est  pénible, et  de 
beaucoup  inférieur   à  celui  dans  lequel  on  emploie   la 
machine  pneumatique. 

.  Dans  le  procédé  précédent ,  Facide  sulfurique  ne  peut- 
pas  être  substitué  à  la  chaux  vive ,  comme  Uquide  absor- 
bant^ à  cause  d'une  propriété  remarquable  qu'il  ptfs- 
aède.  U  est  capable  d'absorber  la  vapeur  d'alcool  absolu , 
de  la  même  manière  qu'il  absorbe  la  vapeur  d'eau.  Je 
fus  conduit  à  faire  cette  observation  en  considérant  les- 
phénomènes  qui  accompagnent  lé  mélange  de  l'alcoolat 
de  l'acide  sulfurjqcie.  .Il.se  développe  presque  autant  de 
chaleur  que  si  l'on  avait  ajouté. de  l'eau  à  l'acide  -,  quand 
bien  même  on  emploie  de  l'alcool  absolu.  L'alcooL  est 
aussi  retei;ku  par  .l'acide  loi)s.qu'on  le.  chauffe  à  «230^  ou 
260°  R. ,.  température  à  laquelle  il  serait  décidément 'Va- 
porisé; ce  qui  indique  l'existenoe  possible  du  même 
rapport  entre  l'acide  .sulfurique  et  la  vapeur  d'alcool , 
qu'entre  l'eau  et  les  gaz  qu  elle  retient  à  l'état  liquide , 
comme. le  gaz  ajnfimoniacal , .  à  une  température  ^qui  les 
ferait,  nécessairement  passer  à  la  forme  de  >fi»ide  é)as*^ 
tique.  Mais  ,  outre. qu'elle  retient  les  gaz  ,  l'éau  peut  les 
condenser  et  les  absorber. 

Gomme  l'alcool ,  de  même  que  l'eau,  produit ^du. froid 
ÇI4.  fiîç  y^porisan^t,  on.  peut  le  substituer*  «à;  l'eauvdans 


DE      PHARIIACIE.  jtlt 

Yappâreil  frigorifique  de  M.  Leslie,  Tacide  sulfurique 
étant  retenu  comme  le  liquide  absorbant.  Dans  des  cir^ 
constances  parfaitement  semblables,  je  trouvai  quiin 
tbermomètre  ,  dont  j'avais  recouvert  la  boule  de  coton  , 
tomba  à 7"*  mouillé  d'eau;  mais  bumecté  avec  l'alcool  absolu 
il  descendit  à  10°.  Il  ne  convient  pas  de  continuer  Fac- 
tion de  la  pompe  durant  l'expérience  ,  comme  on  le  fait 
pour  l'étber.  Mais  l'alcool  étendu  d'un  tiers  d'eau  se 
trouva  avoir  une  puissance  réfrigérante  aussi  grande 
que  l'alcool  absolu.  L'avantage  résultant  de  la  grande 
volatilité  de  l'alcool  parait  être  contrebalancé  eq  partie 
parla  petite  quantité  de  cbaleur  latente  de  sa  tapeur. 
Probablement  un  mélange  d'alcool  et  d'eau  dans  de  cer^ 
taines  proportions  produirait  le  plus  haut  degré  de 
froid  qu'on  puisse  atteindre  par  ce  procédé.  L'acide  sulfu- 
rique  perd  la  faculté  d'absorber  la  vapeur  d'alcool  lors* 
qu'il  est  étendu  d'eau.  Imprégné  de  vapeur  alcoolique , 
l'acide  se  colore;  mais  aucune  quantité  appréciable  de 
gaz  ne  se  dégage  à  la  température  de  l'atmosphère ,  même 
dans  le  vide  de  la  machine  pneumatique. 

D'après  une  expérience,  l'eau  paraît  avoir  la  faculté 
de  hâter  l'évaporation  de  l'alcool ,  en  absorbant  sa  vapeur 
comme  fait  l'acide  sulfurique ,  mais  plus  faiblement. 
Deux  capsules ,  l'une  contenant  de  l'alcool ,  et  l'autre  de 
l'eau  pure,  furent  enfermées  ensemble  dans  une  boite 
d'étain  presque  vide  à'sâr  et  mises  à  part  dans  un  endroit 
tranquille  pendant  six  semaines.  Les  capsules  ne  se 
touchaient  pas,  mais  étaient  peu  éloignées  l'une  de 
l'autre.  A  l^expiration  de  ce  temps,  on  trouva  en  ouvrant 
la  boite  que  la  capsule  qui  contenait  primitivement 
de  l'eau  pure ,  contenait  maintenant  un  mélange  d'eàu 
et  d'alcool ,  tandis  que  l'alcool  demeuré  dans  l'autre  cap- 
sule avait  diminué  de  force.  Le  professeur  LesUe  m'ap- 
prend qu'il  a  fait  une  semblable  expérience  il  y  a  très* 
leng-temps,  quoiqu'il  n'ait  lu  aucun  mémoire  à  ce  sujet. 


1^2  JOUll^AL 

Mai$  ]  absorption  de  la  vfipaur  alcoolique  p^^r  l'fsau  est 
si  faible ,  qu'elle  n'çcçaaioqe  pas  une  r^^uçtioii  scua^ible 
4e  température  dans  Talcool. 

Le  cblorure  de  calciqm  ne  convient  pas  pour  absojrber 
la  vapeur  d'eau  dans  la  purification  de  Talcool  pour  la 
même  raison  que  l'acide  sulfurique.  J'ai  trouvé  qi^e  le 
chlorure  de  calcium  absorbe  la  vapeur  xd'alcool  absolu  ; 
il  sç  liquéfie  ou  tombe  en  dçliquium  dans  la  vapeur 
d'a|cool.  Une  petite  quantité  de  cette  substance  fut 
suspendue  dans  une  capsule,  .à  la  l^fiuteur  de  deux 
pouces  au  7  dessus  d'une  certaine  quantité  d'alcool 
absolu  dans  un  vaisseau  fermé.  Pans  le  mms  de  vingt-^ 
qijatre  heures  elle  se  résolut  entièrement  en  liquide,, 
absolument  comn^e  si  elle  avait  été  suspendue  sur  Veau. 
Le  liquide  se  troi^va  être  une  solu.tion  de  chlprure 
dp  caldum  dans  TalcOol  absolu.  L'expérience  4  été  sou^ 
vept  répétée.  Comm^  les  sels  qui  toinbent  en  déU-r 
quescence ,  en  absorbant  la  vapeur  d'eau ,  sont  toujours 
capables  de  former  des  hydrates  ^  l'observation  de  ce 
fait  me  conduisit  à  essayer  la  formation  *de  coix^posés 
analogues  d'alpool  et  de  sel»  J  arrive  maintenant  au  siyeè 
d^  ofi  mémoire 

Ces  conippsés  solides ,  4^  ^U  et  d'alcool  t  définis  et 
imparfaitement  cristallisables  ^  peuvent  être  appelés 
alcoate^  ^  désignation  qui  n'esl  pa^  irréprochable^^  mais 
qui  me  parait  préférable  au  B&m,  de  vinate^  puisqu'il 
e:(iste  un  aci^e  sulfovinem^ ,  ou  à  tout  autre  nom  qui 
aurait  pu  Içur  être  imposé, 

Les  f^Icoate^  qup  j'ai  réussii  a  former  lie  9ont  pas 
npmbreux.  ^p  lef  ai  pré  poirés  en  dissolvait  l^s  sels* 
r^nd^3  préalablement  anhydres  da^  l'alcool  absolu^ 
avec  le  secours  de  la  chaleur.  Par  le  refroidissement ,  ces 
alçp^tes  se  déposèrent,  à  l'état  solide,  La  cristallisation 
étaj^  généralement  cpnfuse  9  mais  dans  quelques  cas  les. 
foirm^s  cristallines  paraissaient  singuli^r^.  Les  cristaux 


DE    PHARMACIE.  lia 

I 

sont  trfustpareitf  -,  très -mous  ,  facilemea't  fusibles  à  la 
chaleur  dans  leur  alcool  de  cristallisation ,  qui  est  gé* 
néralemeat  en  quantité  considérable,  et  qui  s  élève 
dans  un'  cas  jusqu'aux  trois  quarjLs  du  poids  des 
cristaux:. 

Alcoate  de  chlorure  de  calcium. 

Du  muriate  pur  de  cbaux  fut  sécbé  ,  aussi  bien  que 
possible,  sur  un  bain  de  s^ble  ^  9i  \à  température  de 
250''  à  SOû"",  et  eusuite  lentement  cbaufTé  jusqu'au 
rouge ,  et  maintenu  pendant  quelque  temps  à  cette  tem,- 
pérature.  Le^  chlorure  sec  de  caicium  ainsi  obtenu  ,  se 
dissout  dans  lalcool  absolu  très-faci'ement  à  12o  R. ,  et 
produit  une  chaleur  ..^Irès^forte ,  quelquefois  même  Té'- 
;   buUition  de  la  solution, 

La  quantité  de  chlorure  dissout  augmente  avec  la 
tf;mpérature;  çt  à  64** ,  point  de l'ébullilion  de  l'alcool, 
dix  p£|rties  d'alcool  dissolvent  sept  parties  de. chlorure 
de  calciuni.  Cette  solution  est  épaisse  et  visqueuse , 
mais  p^rfaitçment  transparente,  pourvu  que  le  chlo^ 
rure  soit  pur-:  ^Ue  bout  à  SG*"!  de  même  que  les 
solutioi^s  ^queu^es  et  alcooliques  bouillent  à  des  tem-* 
pérature^  plus  élevées  que  les  liquides  purs,  lUi  visco"- 
sitQ  de  la  solution  du  ohlorure  de  calcium  augmeiit<^ 
beaucoup  à  mesure  qu'elle  sa  refroidit.  De  brillantes 
étoiles  cristallines  s^pp^rai^sent  bientôt  à  sa  surface,  et 
sur  les  pai^oi^  du  vaisseau  ,  qui  ont  été  mpuillées  pa)^ 
la  solution.  La  solution,  quelque  fqrte  qu'elle  soit, 
ne  cristalline  ;-  jamais  instantanéo^ent  ipais  graduell^ç- 
ment  en  Ifimes  transps^rent^^  e^t  inçolprc^  ,  de  forme^^ 
indçtermiipkables  9  excepté  k  1^  surface  du  liquide  et 
sur  1^^  parois  du  vaisseau*  Pour  obtenir  l'alcool  dans 
un  état  de  pureté  absolue ,  il  est  nécessaire  de  for- 
mer une  #alutiox^^  faible^  qUeUe  puisse,  lorsqu  elle  est 
chaude  )  pAS&^i'  ^  travers  un  papier  à  filtrer,  et  ensuite 


Il4  JOURNAL 

de  concentrer  la  solution  filtrée  pat  la  chaleur.  Une 
solution  d'une  partie  de  chlorure  de  calcium  dans  ciaq^ 
parties  d'alcool  passe  à  travers  le  filtre.  ILest  remarqua-, 
ble  que  les  formes  cristallines  les  plus  di^inctes  ne 
s'obtiennent  pas  par  la  cristallisation  lente  de  solutions 
comparativement  faibles,  mais  bien  par  des  solutions 
qui  ont  été  entièrement  saturées  ,  ou  à  peu  près,  à  la 
température  de  l'ébuUition. 

Dans  le  premier  cas ,  les  lames  ôristallines  sont  larges 
mais  confuses,  et  l'on  ne  peut  y  reconnaître  que  des 
angles  ;  tandis  que,  dans  le  dernier  cas  ,  les  formes  sous 
lesquelles  apparaissent  les  lames  à  la  surface  de  la  solu- 
tion ,  et  mieux  encore  sur  les  parois  du  vaisseau  ,  sont  ' 
généralement  distinctes.  Ces  lames  sont  toujours  pe- 
tites ,  souvent  belles  et  délicatement  striées ,  et  elles  ont 
toujours  la  forme  de  triangles  isocèles.  En  général , 
quatre  de  ces  figures  triangulaires  sont  groupées  par  leurs 
sommets  ;  et ,  s'ils  sont  semblables ,  ils  forment  un  carré. 
Mais,  ce  qui  arrive  plus  souvent ,  les  paires  de  triangles 
opposés  sont  seules  semblables,  et  la  figure  est  un  pa- 
rallélogramme rectangulaire ,  divisé  par  deux  lignes 
diagonales  en  quatre  triangles.  La  résolution  du  rectan- 
gle, en  figures  triangulaires,  est  rendue  sensible  par  la 
discontinuité  des  stries,  et  la  formation  de  lignes  dia- 
gonales brillantes  et  d'un  bel  effet. 

Ces  cristaux  ne  peuvent  pas  être  enlevés  de  la  fiole 
où  ils  se  sont  formés  sans  être  altérés ,  vu  leur  grande 
mollesse.  Exposés  à  l'air  ils  fondent  promptément  par 
l'absorption  de  l'humidité  hygrométrique.  La  chaleur  de 
la  main  suffit  pour  les  fondre.  La  totalité  de  l'alcool  est 
chassée  par  une  chaleur  de  1 10« ,  et  il  reste  du  chlorure 
de  calcium  pur  qui  ne  dégage  plus  rien  à  la  chaleur 
rouge. 

Une  certaine  quantité  de  cef  alcoate  fut  desséchée , 
d'abord  par  une  compression  forte  entre  plusieurs  mor- 


DE    PHA.R  MAGIE.  Il5 

oeau, de  linge ,  et  ensuite  entre  plusieurs  feuilles  de  papier 
brouillard.  L'alcoate , .  soigneusement  desséché  de  cette 
manière  f  avait  une  apparence  blanche  semblable  à  la 
cire  blanchie,  et  était  mou,  mais  sans  ténacité. 

Dix  grains  furent  chauffés  dans  une  capsule  de  verre , 
jusqu'à  ce  que  la  totalité  de  l'alcool  fut  dégagée  ;  il  resta 
quatre  grains  de  chlorure  de  calcium. 

Le  poids  atomique  du  chlorure  de  calcium  est  7.,  et 
celui  de  .l'alcool  2.^875.  Dans  l'alcoate  4)1  grains  de 
chlorure  de  calcium  étaient  combinés  avec  5,9  grains 
d'alcool. 

4,1  :  5,9  ::  7  :  10,0731. 

Dans  une  seconde  analyse ,  dans  laquelle  20  grains 
dalcoate  furent  employés  ,  le  résultat  fut  précisément 
semblable  ;  car  8,2  graind  de  chlorure  de  calcium  furent' 
employés ,  et  c'est  précisément  le  double  de  ce  que  j'avais 
eu  dans  le. cas. précèdent,  avec  une  quantité  d'alcoate 
moitié  moindre.  Si  cet  alcoate. était  considéré  comme  un 
composé  d'une  proportion  équivalente  de  chlorulre  dé 
.  calcium ,  et  de  trois  proportions  et  demie  d'sdcool  > 
TalccM^  a'jélèverait  à  1.0,0625  y  ce  qui  approche  beaucoup 
des  résultats  de  l'expérience  ;  mais  il  vaudrait  beaucoup 
mieux  exprimer  ainsi  la  composition  de  l'alcoate  : 

2  atomes  de  chlorure  de  calcium 14 

7  atomes  d'alcopl 20,125 


34,125 


Dans  la  solution  de  chlorure  de  calcium,  aucune 
cristallisation  n'a  lieu  à  la  température  de  22"" ,  quand 
l'alcool  excède  la  proportion  de  10  parties  pour  4  de  sel 
sec  Mais  la  solution  cristallise  promptement  à  im 
degré  supérieur  de  concentration.  Une  solution  saturée 
à  75%  et  qui  cot^stait  èh*  10  parties  d alcool,  et  7  par- 


Il6  JOURNAL 

tie^  dç  chlorure  de  calcium ,  c^eAi-à-^lire  à  peu  près  les 
proportions  atomiques  d^  Valcoate ,  oristallise  lentement 
par  le  refroidissement ,  formant  des  cristaux  réguliers  à 
la  surface  du  liquida,  et  sur  les  parois  de  la  fiole.  Le 
tout  cristallisa  pçndapt  une  nuit  froide,  ne  laissant  au- 
cune eau-mère  quelconque. 

L'inconvénient  de  la  présence  de  l'eau  dans  la  for-» 
matiôn  de  cet  alcoate  fut  évident  pour  l'alcool  de  la 
pesanteur  spécifique  de  0,798  ;  car  ^  dans  ce  cas  ,  l'eau 
ne  montait  pas  à  1  pour  100.  Une  solution  de  chlorure  de 
calcium ,  dans  cet  alcool ,  ne  cristallisa  pas  promptement , 
et  les  cristaux  accidentellement  déposé^  étaient  petits  et 
mal  formés.  Le  chlorure  de  calcium  ne  cristallise  pas 
du  tout  dans  lalcool  de  la  pesanteur  spécifique  de  0,827. 
Il  y  a  le  même  inconvénient  à  employer  le  chlorure  de 
calcium  contenant  un  peu  d'eau. 

Quoique  Valcoate  de  chloruve  de  calcium  à  Tétat  pur 
soit  entièrement  décomposé  à  une  température  qui  n'es* 
cède  paa  11 1^  >  cependant ,  quand  il  y  a-  de  l'eau ,  l'alcool 
peut  être  retenu  par  le  chlorure  de  calcium  à  une  tem- 
pérature beaucoup  plus  haute.  Ainsi ,  j'ai  plusieurs  fois 
trouvé  que  le  chlorure  de  calcium ,  duquel  on  avait  dé- 
gagé l'alcool,  et  qui  ensuite  avait  été  lavé  àFeau  pour^ 
être  détaché  de  la  cornue,  indiquait  encore  la  présence 
de  l'alcool ,  après  avoir  été  exposé  sur  Uloi  bain  de  sable 
à  ^ne  chaleur  de  175®  ou  190»  pendant  plusieurs  heures. 
Place  dans  un  creuset  sur  le  feu  ,  après  qu'il  eut  cessé 
de  perdre  de  son  poids^  sur  le  bain  de  sable,  il  se  dégagea 
une  vapeur  alcoolique  qui  prit  feu  et  brûla. 

II.  Alcoate  dei  nitrate  dé  magnésie.  * 

Il  est  difficile  de  chaçser  la  totalité  de  l'eau  l^yec  la*, 
quelle  le  nitrate  de  magnésie  est  cqmbiné  i  $an$  enlever 
une  portion  de  l'acide ,  et  saus  décomposer  le  sel  ;  car 


DE      PflAillIlACIE.  lin 

ce  sel  peut  être  entièrement  rédait  à  n'être  plus  que  de 
la^ magnésie  ,  dans  un  tube  de  verre  h  la  chaleur  d*uiie 
lampe  k  esprit-^de^vin  f  et  cependant  un  kâinde  sable  ,  à 
la  température  de  250  ou  300*,  ne  suffit  pas  pour  lui  en- 
lever toute  son  eau  de  eristallisation^  Mais  là  décompo- 
sition partielle  de  ee  sel  n'a  pas  de  graves  consé<juences , 
puisque  Talcool  dissout  la  portion  iûdécotnpôsée  du  sel , 
tandis  que  la  magnésie ,  résultant  de  la  décomposition , 
se  précipite  ,  et  peut  être  séparée  par  la  décantation  de 
la  solution  ou  par  la  fîltration. 

Quatre  parties  d^alcool  à  la  température  de  25"*  dis- 
solvent une  partie  de  nitrate  de  magnésie,  et  lalcool 
bouillant  dissout  plus  de  la  moitié  de  son  poids  de  ce 
sel.  Vu  la  grande  différence  de  solubilité  de  ce  sel  à 
de  hautes  et  basses  températures ,  lalcoate  s'obtient 
facilement.  Une  solution  chaude,  contenant  plus  dune 
partie  de  nitrate  sur  trois  d'alcool,  devint 9  par  le  re- 
froidissement, une  masse  sèche,  irrégulière,  ^nscep^ 
tible  d'être  entamée  avec  la  pointe  d'un  tube  de  verre, 
mais  beaucoup  plus  dure  que  l'alcoate  de  chlorure  de 
calcium.  Dans  des.  solutions  beaucoup  plus  faibles ,  des 
cristaux  se  déposèrent  par  le  refroidissement ,  quel- 
quefois semblables  à  ceux  *  du  premier  alcôate ,  mais 
beaucoup  plus  petits  et  moins  distincts  ;  le  plus  sou- 
vent les  cristaux  étaient  extrêmement  ténue  et  isolés , 
sans  aucune  fofKie  régulière  discernable  ;  la  masse  cris- 
talline se  précipitait  en  flocons  aussi  brillans  et  aussi 
blancs  que  la  perle,  et  formés  en  apparence  de  petits 
cristaux . 

Séché  par  la  compression  dans  du  papier  brouillard , 
cet  alcoate  ressemblait  beaucoup  à  Talcoate  de  cWorure 
de  calcium  ,  au  moins  pour  les  caractères  extérieurs.  Il 
s'etifouçait  dans  Teau,  mais  flottait  à  la  surface  d'une 
solution  saline  de  la  pesanteur  spécifique  de  1,1. 
Ghaufl[é,il  fondait promptement ,  entrait  en  ébullition  et 


H8  JOURjNAL 

dégageait  beaucoup  d'alcool.  Soums  à  une.jébnllkiokTiQr^ 
lente  j  on  voyait  une  fumée  rouge  s'élevei*  aveè  la  vapeur 
d'alcool  ;  mais  lorsqa'on  le  séchait  Icintement ,  il  n'y  avait 
aucune  déperdition  d'acide. 

Chauffés  avec  précaution  jusqu'à  dessicatron,  13,4 
grains  d'alcoate  de  nitrate  de  magnésie  Jàissèrent  3 
grains  56  de  nitrate  de  magnésie;  ceci  donne  9  grains 
84  d'alcool  T pour  3  grains/ 56  de  nitrate ^ de  magnésie; 
mais  le  poids  atomique  du  nitrate  de  magnésie  est  9,25. 
Donc  , 

3,56  :  9,84  ::  9,25  :  25,57. 

Dans  un  autre  cas,  16  grains  d'alcoate  fur)ent  réduits 
à  4  grains,  2.* Ceci  donne  11  grains,  8  d'alcool,  pour  4 
grains ,  2  de  nitrate  de  magnésie , 

4,2  :  11,8  ::  9,25  :  25,99. 

Si  l'on  suppose  que  cet  alcoate  est  composé  d'un 
atome  de  nitrate  de  magnésie ,  et  de  9  atonies  d'alcool , 
l'alcool  s'élèverait  alors  à  25,875 ,  nombre  intermédiaire 
entre  les  deux  résultats.  Cet  alcoate  seraainsi  représenté  : 

1   atome  de  nitrate' de  magnésie.  .  .         9,  25 
9  alomes  d'alcool 25,875 


35^125 

III;  Alcoate  de  nitrate  de  chaux. 

Le  nitrate  de  chaux  anhydre  s'obtient  beaucoup  plus 
facilement  que  le  nitrate  de  magnésie;  car,  après  avoir 
été  desséché  sur  un  bain  de  sable,  il  peut  être  chauffé 
dans  une  capsule  de  verre  sur  une  lampe  à  esprit- de- vin , 
sans  être  décomposé,  quoiqu'il  fuse  en  partie.  L'alcool 
bouillant  saturé  de  ce  sel  forma  une  solution  qui  de- 
vint visqueuse  par  le  refroidissement ,  et  demeura  sans 
cristalliser   pendant    tout    un  jour  ;    mais ,  durant  une 


Dfi    PHAJ&ttACIE.  119' 

nuit  de  gelée,  elle  se  résolut  en  une  masse  amorphe  9 
solide,  légèrement  moite,  mais  sans  aucune  apparence 
de  cristallisation.  Cette  substance  fut  soigneusement 
desséchée  selon  la  méthode  ordinaire.  , 
-  Quatorze  grains,  8,  furent  réduits  par  la  chaleur  à 
8  grains ,  8  :  ceci  donne  6  grains  d'alcool  pour  8  grains  , 
8  de  nitrate  de  c^iaux.  Le  poids  atomique  du  nitrate  an- 
hydre de  chaux ,  est  10,25.  Donc  , 

8,8  :  6   ::   10,25   :  6,98. 

Dans  un  autre  cas,  15,6  grains  furent  réduits  à  9,2; 
cQ  qui  doime  6,4  d'ajcool  pour  9,2  de  nitrate  de  chaux. 
Mais^ 

9,2  :  6,4  ::   10,25  :  7,13. 

Ceci  approche  beaucoup  de  7,1875  ou  deux  fois  et. 
demie  les  proportions  équivalentes  d'alcool.  D'après  ces 
considérations  ,  la  composition  de  l'alcoate  de  nitrate 
de  chaux  serait  représcfntée  par  :  ' 

2  atomes  de  nitrate  de  chaux.   .  .       20,5 
5  atomes  d'alcool.    . 14,375 

34,875 

Dans  une  autre  solution  alcoolique  de  nitrate  de 
chaux  assez  forte ,  un  petit  nombre  de  cristaux  irrégu- 
liers se  déposèrent  ;  mais  la  quantité  n'était  pas  suffi- 
sante pour  être  examinée ,  quoiqu'elle  prouvât  d'ailleurs 
que  cet  alcoate  est  capable  de  cristalliser. 

IV.  Alcoate  de  protochlorure  de  manganèse. 

Le  protochlorure  de  manganèse,  desséché  dans  un 
tube  de  verre  à  une  chaleur  rouge ,  était  léger ,  friable , 
et  d'une  couleur  rougeâtre.  L'alcool  en  dissolvait:  lue 
très-grande  quantités  Quand  la  solution  était  faite  à  une 


120  JOURNAL 

liaute  température,  ralcôate  cristallisait  promptenient 
pat  le  refroidissemefit.  14^6  grains  de  cet  alcoate ,  soi<« 
gneusement  desséchéâ  par  la  compression  dans  du  pa^ 
pier  brouillard,  furent  réduits  pat*  la  ohaleUr  à  7  grainSi 
Par  conséquent  Talcoaie  consistait  en  7  grains  de  proto- 
chlorta*e  de  manganèse,  et  7,6  grains  d'alcool.  Le  poids 
atomiqtae  du  protochlorure  -  de  maeDganèse  est  de  8. 
Donc ,  ^ 

7  :  7,6   ::  8  :  8,686. 

v/ 

Ceci  excède  un  peu  trois  atomes  dalcool  =  8,525  ; 
mais  l'approximation  vers  le  nombre  théorique  est  aussi 
prochaine  qu'on  pouvait  l'espérer.  La  composition  de 
cet  alcoate  peut  donc  être  exprimée  par  : 

1  atome  de  protochlorure  de  manganèse.     8     ^ 
3  atomes  d'alcool 8,625 


»>fc— ■<      I     r  I 


16^625 

V.  jilcoate  de  chlorure  de  zinc* 

L'alcool  dissout  le  chlorure  de  zinc  avec  une  grande 
facilité,  etia  solutied  filtrée  est  d'une  couleur  légèrement 
ambrée  ;  cette  solution  peut  être  concentrée  très-loin 
sans  se  -décomposer,  et  devient  si  visqueuse  par  le  re- 
froidissement ,  qu'elle  peut  être  renversée  sans  couler 
sensiblement.  Elle  est  à  peine  èoncentrée  à  ce  point, 
qu'elle  commence  à  déposer  des  cristaux  qui  sont  petits  et 
isolés ,  mais  qui  n'ont  en  apparence  aucune  forme  régu- 
lière. Une  solution  visqueuse ,  dans  laquelle  se  formèrent 
des  cristaux,  se  trouva  composée  de  20  parties  de  chlorure 
de  zinc ,  et  de  7  parties  d'alcool.  La  proportion  d'alcool 
est  étonnemment  petite.  Cependant  il  ne  se  dégagea  pas 
plus  d'alcool  quand  le  chlorure  fut  chaufié  presque  <au 
rouge  ^  et  commença  à  se  volatiliser ,  et  une  porticm  du 
chlorure  ainsi  ebaufFé  ne  prit  pas  feu  q^iand  je  fexposàf 
directetiieiit  à  la  flamme  d  une  bougie. 


DE    BAARMACIE*  III 

,  Câ  matière  cristaUine. f ut  séchée  avec  difficulté  par  la 
«ompreêsion  dans^du  papier  brouillard.  Desséchée,  elle 
possédait  la  mollesse  habituelle  des  alcoates*,- analogue 
à  la  consistance  delà  cire ,  et  était  d'une  couleur  jaunâtre  ; 
chauffée ,  elle  entrait  dans  un  état  de  semi-fusion  ,  et 
abandonnait  son  alcool.  9  grains  d'alcdate  furent  ré- 
duits par  l'applicatioti  d'une  chaleur  suffisante  à  7,65 
grains  j  par  Oosséquent ,  Talcoaté  consistait  en  7,65  de 
chlorure  de  sine,  et  1 ,35  d'aloool  :  mais  le  poids  atomiqiie 
du  chlorure  de  zinc  est  8,75 , 

7,65  :  1,35   ::  8,75  :  1,544. 

.   1 ,544  excède  légèrement  1 ,4375  ,  ou  une  demi-pro- 

Sortion  atomi(/ue  a  alcool.  Il  est  probable  que  cet  excès 
épend  de  la  difficulté  que  Ton  éprouve  à  dégager  com- 
plétenoent  lalcool  de  la  solution  visqueuse.  D après  ces 
considérations ^  lalcoate  de  zinc  consiste  en  : 

2  atomes  de  chlorure  de  zinc 17,5 

1  atome  d'alcool 2,875 


20,375 


Outre  ces  alcoates,  des  composés  semblables  de  chlo- 
rure de  magnésie  et  de  protochlorure  de  fer  et  d'alcool 
se  sont  formés  sous  mes  yeux ,  mais  en  quantités  trop 
petites  pour  me  mettre  à  même  d'en  déterminer  les  pro- 
portions. L'alcool  est  retenu  très-fortement  par  le  chlorure 
de  fer ,  et  est  partiellement  décomposé  par  la  chaleur  , 
comme  cela  serait,  par  exemple,  avec  beaucoup  de 
chlorures  métalliques. 

Comme  je  ne  pouvais  présenter  à  l'acool  absolu  que 
des  alcalis  fixes  à  rétat  d'hydrates ,  il  ne  parut  se  former 
aucun  alcoate.  La  même  chose  arriva  avec  les  acides 
végétaux  solubles  dans  ralcool.  Il  est  probable  que  beau- 
coup d'autres  alcoates  de  sels  peuvent  se  former,  parti- 
culièrement avec  les  chlorures  métalliques.  Ce  qui  ô'op- 
{)osç  à  leur  formation ,  c'est  la  difficulté  et  quelquefois 
'impossibilité  de  rendre  les  sels  parfaitement  annydfes 
avant  d'essayer  de  les  dissoudre  daiis  l'alcool. 

Je  ne  connais  pas   d'autres    composés    solides  de   la 

ISN^.  Année.— Mars  \%l!è.  9 


12a  JOURIJAL 

même  classe  que  les  hydrates  et  les  alcoates  :  mais  fl  y 
a  un  oxide  classé  par  le  docteur  Thomson ,  dans  son 
Système  de  chimie,  avec  l'eau,  et  d'autres  oxides  neutres 
et  insalifiables ,  dont  les  liabitudes    avec  certains  sels 
sont   extrêmement  remarquables ,  et  ont  été  regardées 
comme  anomales,  mais  suf  lesquelles  les  propriétés  bien 
établies  des  hydrates  et  des  alcoates  me  paraissent  jeter 
quelque  lumière.  Je  veux  parler  du  deutoxide  d  azote 
ou  caz  nitreux.  Cent  volumes  d'eau  pure  sont  capables 
d'absorber  cinq  volumes  seulement  de  ce  gaz  d  après  les 
expériences  du  docteur  Henry  ;  mais  le  docteur  Priestey 
et  sir  H .  Davy  ont   prouvé    que  certains  sels  métalli- 
ques   et  en  particulier  les  protoseis  de  fer,  sont  capa- 
bles d'absorber  ce  gaz  en  grandes  proçortions ,  et  d  en 
déeaeer  la  plus  grande  partie  sans  altération  lorsquon 
les  chaufte.  L'absorption  du  deutoxide  d'azote ,  par  ces 
sels  ,  ne  dépend  pas  de  l'oxigène ,  de  leurs  bases ,  ni  de 
l'eau  qu'ils  contiennent ,  je  l'ai  prouvé  de  deux  manières 
.  par  le  protomuriate  de  fer.  En  chaufiant  ce  sel  a  la  cha- 
leur rouge  dans  un  tube  de  verre  ,  on  le  réduit  a  l  état  de 
protochlorure  de  fer  ;  or,  je  trouve  que  ce  chlorure,  a 
l'état  sec ,  àbsr>rbe  le  deutoxide  d'azote  quoiqu  en  pro- 
portion comparativement  petite  ;  et  la  solution  alcooli-  , 
aue  du  chlorure,  où  ni  l'oxigène  ni  l'eau  n'interviennent, 
paraît  dépasser  la  solution  aqueuse  du   protomuriate 
dans  sa  capacité  pour  le  deutoxide  d'azote. 

Le  deutoxide  d'azote ,  formé  par  l'action  de  l'acide 
nitriaue  dilué  sur  le  cuivre ,  fut  conduit  dans,  un  bal- 
lon environné  d'eau  froide ,  et  de  là  dans  un  tube 
de  verre  de  deux  pieds  de  long,  rempli  de  petits 
fra'^mens  de  chlorure  de  calcium:  ainsi  dessecbe,  le 
deutoxide  d'azote  traversa  lentement  du  protochlorure 
de  fer  soigneusement  préparé,  en  poudre,  et  contenu 
dans  un  tube  de  verre  d  un  petit  diamètre.  Le  proto- 
chlorure prit  immédiatement  une  couleur  foncée,  et 
lorsqu'on  le  retira  après  l'avoir  exposé  au  courant  du 
caz  pendant  quelque  temps ,  on  trouva  qu  il  conservait 
l'odeur  du  gaz  nitreux,  et  qu'il  avait  augmente  de  poids. 
Dans  un  cas,  30  grains  de  chlorure  s'étaient  accrus  jus- 
qu'à 31  1    grains  ;  et,  dans  un  autre  cas,  25  grams  de 


DE    PtlAR  MACIE.  12^ 

cMorure  étaient  arrivés  à  25,25  grains.  Chaufie  douce- 
ment, le  deutoxide  d'azote  se  dégageait,  et.  le  chlorure 
reprenait  sa  première  couleur. 

La  solution  de  protochlorure  de  fer  dans  Falcool 
absolu ,  absorbait  une  bien  plus  grande  quantité  de 
dcutoiiide  d'azote,  et  devenait  presque  noire.  Une  solu- 
tion saturée  de  gaz  commençait  à  bouillir  vers  45o , 
.  dégageant  en  grande  abondance  un  gaz  qui,  recueilli  sur 
la  cuve  pneumatique,  se  trouva  être  du  deutosid^* 
d^azote  pur.  La  plus  grande  partie  du  gaz  fut  chassée 
avant  que  Falcool  fût  arrivé  à  TébuUition  ,  et  quelques 
secondes  après  que  la  solution  fut  en  pleine  ébullition, 
le  gaz  se  dégagea  ,  et  la  solution  alcoolique,  recouvra  sa 
couleur  primitive ,  qui  était  en  général  une  couleur 
brune  analogue  à  celle  du  chocolat ,  vu  la  présence  d^uu' 
peu  de  bichlorure  de  fer.  La  quantité  de  gaz  dégagée 
aune  solution"  d'une  partie  de  protochlorure  de  fer 
dans  cinq  parties  d  alcool  absolu ,  s'élevait  à  vingt-trois 
fois  le  volume  de  l'alcool. 

■  « 

Je  crois  que  probablement  l'absorption  du  deutoxide 
d'azote,  par  le  protochlôrure  de  fer,  est  analogue  à 
l'absorption  des  vapeurs  alcooliques  et  aqueuses  par  le 
même  corps  ;  car  je  trouve  que  Je  protochlorure  de  fer 
absorbe  la  vapeur  d'alcool  aussi-bien  que  la  vapeur  d'eau. 
L'absorption  du  deutoxide  d'azote  peut  dépendre  de  la  ten«. 
dance  du  chlorure  de  fer  à  tomber  en  déliquium  ,  d'une 
façon  semblable  dans  une  atmosphère  de  cet  oxide  neutre. 
Aune  très-basse  température,  qu'il  n'est  peut-être  pas 
en  notre  pouvoir  d'atteindre,  le  protochlôrure  de  fer, 
absorberait  probablement  le  t^az  en  quantité  suffisante 
pour  avoir  l'apparence  de  la  déliquescence ,  et  pourrait 
former  avec  lui  un  composé  neutre  semblable  à  son  al- 
coate  ou  à  son  hydrate. 

On  peut  aussi  rendre  raison  de  la  supériorité  des  solu- 
tions aqueuses  et  alcooliques  de  ce  chlorure  sur  le  chlo- 
rure sec,  pour  l'absorption  du  deutoxide  d'azote.  Nous 
avons  vu  d  abord  que  l'alcool  de  l'alcoate  de  chlorure  de 
calcium  était  complètement  chassé  par  une  chaleur  de 
110>  lorsqu'il  n'y  avait  pas  d'eau,  mais  que  lorsqu'il  y 
avait  une  quantité  considérable  d'çau ,  1  alcool  était  re-  * 

9. 


1^4  TOURNAI- 

tenu  par  ce  chlorure  à  la  température  de  400  eu  500"*. 
Or,  n  est-il  pas  possible  que  Id  chlorure  de  fer  acquière 
la  propriété  de  retenir  le  deutQxide  d'azote  plus  puis- 
samment à  laide  de  lalcool  ou  de  Teau ,  de  la  même 
manière  7  Mais  nous  avons  déjà  trouvé  que  la  faculté  de. 
retenir  indiquait  la  faculté  d'absorber  :.c  est  pourquoi  les» 
solutions  de  pratochlorure  de  fer  pourraient  absorber 
le  deutoside  d'azote  plus  puissammeqt  aue  le  chlorure 
lui-même.  {Traduit  des  jintiales  de  Philos. ,  octobre 
eï  noi^embre  1828-)  L-'A.  P* 

De  l'action  des  rayons  solaires  sur  le  nitrate  d'argent 
dissous  dans  ïeau  ordinaire;  parM.YoaiSfj  de  Munich, 

*  .  '  *  ■ 

Lorsque  M.  Hermbstaedt  fit  le  premier  l'observation, 

au'une  dissolution  de  nitrate  d'argent  très^étendue  d'eau, 
evient  rouge  aux  bords  de  la  mer,  il  en  attribua  la  cause 
à  un  principe  gazeux  contenu  dans  Fair,  opinion  qui 
fut  en  partie  adoptée  par  MM.  Kriiger,  Pfaff  et  quel- 
ques autres. 

Les  expériences  que  j'eus  l'occasion  de  faire  sur  cet 
objet,  quelques  années  après,  me  portèrent  à  croire  qu'il 
existait  dans  l'atmosphère ,  près  de  la  mer,  un  muriate 
entraîné  par  l'eau  en  vapeur. 

De  plus,  je  n'avais  rencontré  jusqu'alors  nulle  part 


chaque  eau  quelques  traces  d  un  muriate  quelconque. 

M.  Zimmermann  de  Geissen  obtint  cependant  un  autre 
résultat ,  et  il  trouva  qu'une  matière  végéto-animale  par- 
ticulière, qu'il  appelait  j3;^r/'Awe,  occasionait  ces  cnan- 
geniens  dans  une  dissolution  de  nitrate  d'argent.  L'exi- 
stence de  cette  matière  particulière  fut  confirmée  par 
M.  Rudolph  Brandes  et  par  Wiegmann.  Par  les  obser-, 
vationsde  M.  Zimmermann,  je  fus  coiiduit  à  naettre  quel- 
que méfiance  dans  mes  résultats ,  et  je  fis  encore  à  ce 
,  sujet  les  expériences  suivantes. 


DE    f MAAMIAciE.  133 

Dans  deujL  grands  retreé  cylindriques ,  remplis  d'eau 
distillée ,  je  tins  plongées  deux  bèenes  de  bois  de  hêtre 
bien  desséchées  ^  dont  TiSne  était  mfime  de  son  écorce , 
et  de  l'antre lecorce  avait  été  enleréc. 

Au  bout  de  siit  mois,  l'eau  dans  les  cylindres,  qui 
ïi'étaîent  couverts  que  d'une  plaque  de  verre ,  avait  perdu 
à  peu  près  la  moitié  de  son  volume.  Le  bois  devenu 
noir  et  plus  pesant  que  l'eau  s'était  couvert  d'une  ma- 
tière gélatineuse.  L'eau  elle-même  avait  acquis ,  par  ce 
long*  contact,  une  teinte  jaunâtre.  Décantée  au  bois,  elle 
ne  fut  point  noircie  par  le  sulfate  de  fer ,  ni  troublée  par 
la  gélatine  ;  il  n'y  avait  donc  ni  acide  gallique ,  ni  tannin 
dans  cette  ean.  La  dissolution  de  nitrate  d'argent  n'y 

Produisit  aucun  précipité;  et  cette  eau,  mêlée  de  nitrate 
arg^fnt  et  conservée  dans  l'obscurité ,  ne  prit  pas  de 
couleur  rouge  ;  mais,  exposée  auic  rayons  du  soleil,  elle 
se  colorait  bientôt  en  rouge  de  vin.  Au  bout  de  quelques 
jours  la'  liqueur  se  décolora  entièrement  et  laissa  dé  - 
poser  une  poudre  noire. 

La  décoloration  du  liquide,  rougi  par  le  nitrate  d'ar* 
gent  à  l'aide  du  soleil,  eut  lieu  de  suite  par  le  chlore  ;  et , 
ainsi  blanchi,  il  n'était  pas  possible  de  lui  rendre  la  cou- 
leur rouge,  quand  même  u  fut  exposé  aux  rayons  du 
soleil  les  plus  intenses. 

Le  liquide  rouge  fut  blanchi  de  la  même  manière  et 
aussi  promptepent  par  une  dissolution  d'iode  très^éten- 
due  deau. 

L^eau  qui  avait  été  en  contact  avec  le  bois  fut  évaporée 
jusqu'à  siccité,  d'où  résulta  une  matière  brune  pulvé- 
rulente iqui,  échauffée  dans  une  petite  cornue,  laissa 
dégager  du  carbonate  d'ammoniaque. 

Lorsque  l'on  fait  plonger  un  morceau  de  bois  seule- 
ment deux  heures  dans  dei  eau  distillée ,  cela  est  déjà  suf- 
fisant pour  que  l'eau  acquière  la  propriété  de  rougir  au 
soleil  quand  on  y  a  ajouté  d'avance  du  nitrate  d'argent. 
II  est  évident  et  hors  de  do^Ute  que  ce  n'est  pas  ici  l'acide 
muriatique^  mais  plutôt  une  substance  organique  qui  rou- 
git le  nitrate  d'argent  à  l'aide  du  soleil. 

Outre  le  boj($,  il  y  a  encore  beaucoup  d'autres  suhstan- 


120  JOURHAL 

c^s  organiques  qvi  ont  la  propriété ,  étant  dissoutes  dans 
Teau,  de  produire  une  couleur  rouge  sur  le  nitrate  d  ar- 
gent. Ce  sont  surtout  le  terreair,  la  fibrine  pure  du  sang 
que  Ion  laisse  séjourner  peu  de  temps  dans  l'eau ,  la 
fécjile  torréfiée,  les  huiles  volatiles  dissoutes  dansi'eau, 
comme  de  Thuile  de  gérofle  et  de  menthe  poivrée,  l'a- 
cide henzoïque,  le  vinaigre  distillé  et  même  les  acétates. 
Les  eaux-de-vie  de  grains  et  de  pommes-de-terre  pos-^ 
sèdent  cette  propriété  d'une  manière  frappante,  bien 
moins  l'eau-de-vie  retirée  du  vin.  L'alcool  de  grains,  qui 
est  purifié  ou  privé  de. son  huile,  n'affecte  pas  du  tout 
le  nitrate  d'argent  étendu  exposé  au  soleil ,  moyen  chi- 
mique par  lequel  on. pourrait  distinguer  l'alcool  pur  de 
celui  qui  renferme  encore  l'huile  de  grains  (  Fusel). 

On  sait  que  M.  Zimmermnan  de  Giessen  a  trouvé  dans 
l'eau  des  météores  une  substance  organique  qu'il  appelait 
de  même pyrrhine ^  comme  nous  lavons  déjà  dit.  Pour 
reconnaître  cette  matière,  j'exposai  une  large  capsule  de 
porcelaine  sur  une  prairie  éloignée  ^es  arbres ,  où  je  me 
procurais  en  temps  de  pluie  plusieurs  litres  d'eau  de  pluie 
en  quelques  heures.  Je  fis  foudre  aussi  de  la  neige, 
et  je  mis  les  deux  liquides,  après  y  avoir  ajouté  du  ni- 
trate d'argent,  au  soleil.  Les  deux  liqueurs  devinrent 
bientôt  rouges,  et  la  couleur  roiige  disparut  aussitôt  par 
le  chlore. 

Comme  Teau  de  rivière ,  de  lacs  et  de  sources  se  trou- 
ve souvent  en  contact  avec  des  substances  organiques^ 
telles  que  le  bois,  les  feuilles,  les  racines  et  beaucoup  d'au- 
tres substances  du  règne  végétal  et  animal  ;  et  comme 
de  plus  il  y  V  toujours  une  poussière  organique  qui  vol- 
tige dans  l'atmosphère,  et  qui  est  par  conséquent  tou- 
jours en  contact  avec  de  l'eau  de  pluie ,  il  est  évident  que 
cette  matière  doit  se  dissoudre  en  partie  dans  l'eau  de 
pluie^  et  lui  communiquer  la  propriété  de  rougir  au  soleil 
quand  on  y  a  ajouté  du  nitrate  d  argent. 

Dans  un  jardin  de  fleurs  ou  dans  une  serre  fermée,  la 
dissolution  de  nitrate  d'argent  devient  rouge  qu  soleil, 
parce  que  l'arôme  ou  les  huiles  essentielles,  comme  nous 
l'avons  vu^  sont  en  état  d'opérer  ce  changement.  L'expé- 
rience réussit  aussi  avec  une  dissolution  faite  de  nitrate 


DE     PHARMACIE.  ^  1:27 

d'argent  dans  Teau  distillée  mise  sous  une  grande  cloche  où 
fleurissent  des  narcisses ,  du  réséda,  des  tubéreuses,  etc. 
Ck>mme  enfin  tant  de  substances  différentes  volatiles  et 
fixes,  des  matières  yégétales  et  animales,  communiquent 
à  l'eau  la  propriété  de  rougir  par  le  nitrate  d'argent  à 
Taide  du  soleil,  il  me  parait  que  lapyrrhine,  à  laquelle 
on^ayait  attribué  cette  propriété  comme  caractère  distinc- 
tif,  ne  doit  plus  occuper  une  place  parmi  les  principes 
particuliers  du  règne  végétal. 

Communication  sur  des  mélanges  de  farine  de  froment , 

par  M.  Henry. 

Plusieurs  variétés  de  farines  ont  été  soupiises  à  notre 
examen,  pour  y  reconnaître  la  présence  de  la  lecule  amy- 
lacée de  la  pomme-de-terre. 

A  l'aide  d'une  bonne  loupe ,  et  par  un  temps  très-clair, 
lorsque  le  soleil  paraît  dans  tout  son  éclat ,  il  est  facile  de 
xeconnaître  des  points  brillans  et  cristallins  ;  mais ,  ne 

{)oizvant  déterminer  les  proportions  de  fécule  mêlée  à  la 
arine,  nous  avons  pensé  qu'il  était  préférable  de  déter- 
miner la  quantité  de  gluten  que  ces  farines  fournissaient ,, 
en  prenant  pour  terme  de  comparaison  des  farines  in- 
tactes ,  et  préparées  sous  nos  yeux. 

Nous  avons  donc  cherché  à  obtenir  le  gluten  de' vingt- 
cinq  à  trente  espèces  de  farines  purçis ,  provenant  de  blés, 
de  1827  et  1828,  et  sans  nous  inquiéter  des  autres  prin- 
cipes constituans  de  ces  farines ,  et  sans  prétendre  en  faire 
une  analyse  exacte ,  laissant  à  d'autres  ce  soin. 

Nous  avons  reconnu  que  toutes  ces  farines  avaient 
donné  pour  terme  moyen  dix  un  quart  pour  cent  de  gluten 
parfaitement  sec  et  pulvérulent ,  tandis  que  des  farines, 
annoncées  comme  mélangées,  n'ont  donné  tantôt  que  six 
pour  cent,  tantôt  que  six  et  demi  de  gluten  parfai- 
tenient  sec. 

IVaprès  cela ,  il  sera  facile ,  par  la  simple  opération  de- 
Textraclion  du  gluten  ,  dé  constater  si  une  farine  est  mé- 
langée. 


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lOVRtiUlX 


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ACADEMIE  ROYALE  DE  MEDECINE. 

f  « 

9£CTION    DE   PHARHAOSC. 

analyse  dé  ses  trai^aux. 

Séance  du  i\  JcLnuier  1829.  — M.  Henry  père  donne 
communication  de  son  travail  sur  des  mélanges  de  farine 
de  froment  auec  la  fécule  amylacée  de  la  pomme-de-- 
terre. 

MM.  Chevallier  et  Pianote  ont  bien  distingué  pareil- 
lement des  grains  de  fécule  à  la  loupe  dans  des  «farines 
iné)a?)gée9  ?  tputefoi$  les  quantités  de  celle-ci  sont  difBci- 
lei^cint  ^Tuluabl^s.  '!d.  Lodibert  pense  qu'au  moyen  de^ 
pesanteurs  spécifiques  des  diverses  fécules  et  de3  farinas, 
comparées  séparément ,  pn  pourrait  reconnaître  jusqu'à 
certain  point  leurs  mélangqç ,  et  d'ailleurs ,  la  plus  grande 

Stisanteur  de  la  fécule  de  pomme-de-terre  fait  qu'elle 
oit  5e  précipiter  dans  l'eau  lorsqu'on  y  délaie  ces  farines 
mélangées, 

M.  Henry  observe  que  les  farines  ainsi  mélangées  ne 
fournissent  pas  autant  de  pain ,  proportionnellement,  que 
les  farines  pures.  Il  a  rçtiré  à  peine  quelques  atomes 
de  gluten  de$  farines  de  seigle, 

M.  Caventou  remarque  que  le  gluten  est  soluble  dans 
l'apide  acétique ,  et  M.  Virey  pensç  aussi  que  Taçidité 
çpnt^*actée  si  facilen^ent  par  la  farine  de  seigle  doU  con- 
tribuer à  rendrç  son  gluten  soluble,  d'où,  il  doit  être 
plus  difficile  dç  l'ottçnir. 

IVI.  Bppastre  lit  ^V^^  nptç  ayant  pour  titre  :  eocamen 
chijr^\qiffs  d^  Péçorq^  <fe  n^i^ssc^  ou  v^assohij  (^q  la  fa-^ 
i^Ule  des.  l^uriné^s.  Il  y  £|  trouvQ  entre  s^utr^s  pri]:icipes 
u%p.  huilç  vvJatilç  qui  rougil  par  Vf^cidç  i|itriqv»§. 

M.  Planche  pense  que  beaucoup  de  substances  aroma- 
tiqi^f^^  présentent  des  huiles^  voïaitiles  analogues  q^'il 
n  es.t  pas  :pécçssaire  de  séparer  par  des  caractères  par- 
ticuliers en  fractions ,  coUlame  autant  de  produits  distincts. 


DE    PHAKMiICCIE.  l^Q 

n  cite  de  rbuîle  essentielle  de  Tadéiiane  qoi  ne  bleuit 
pmnt  constamment  par  l'acide  nitriqne.  M.  Bonastre  dit 
one  d  autres  huilte  Tolatiles  de  valériane  obtenues  par 
uiverses  personnes,  ottt  bleui  par  l'action  de  cet  acide. 

M.  Pelletier  ajoute  cp'on  peut  former  difiiérens  groupe 
pes  des  buîles  e&âentielles'dont  les  unes  auraîeut  le 
c^iractère  de  rougir,  d'autresde  bleuir  par  l'acide  nitrique^ 
mais  qu'il  ne  faut  pas  multiplier  les  dirisions  dans  les 
mêmes  genres  d'buile  sans  nécessité* 

U  serait  utile,  ajoute  M.  Gaveotou,  de  recbercber  si 
l'buile  de  valériane  prend  la  couleur  indigo  par  sa  pro«» 
pre  nature ,  avec  l'acide  nitrique ,  ou  si  cet  effet  ne  résulte 
pas  de  principes  étrangers ,  que  cette  buile  aurait  en* 
traînés  avec  elle  dans  sa  fUstiÙation.  M.  Pelletier  cite  en 
exemple  analogue  la  strychnine  qui,  très-^pure,  ne^ 
rougit  pas  par  l'acide  nitrique ,  tandis  qu'un  atome  de 
brucine  la  fait  rougir,  M  Bonastre  émet  le  doute  que  la 
strychnine  soit  le  principe  le  plus  pur  des  strychnos. 
Il  présente ,  au  reste,  de  1  buile  volatile  denula  campana 
à  l'état  concret, 

M.  Plancbe  fait  observer  que  les  builes  essentielles 
ne  sont  pas  de  même  pesanteur  spécifique  quand  on  les 
retire  de^iLintes  des  années  ou  pluvieuses  ou  sècbes. 

M.  Lodibert  signale  une  substance  particulière  for- 
mant une  sorte  de  voile  au-dessus  de  plusieurs  bùilea 
essentielles,  substance  qui  na  point  enoore  été  examinée 
et  qui  peut  modifier  ces  builes. 

Séance  du  M  J^étrier  1829.  —M.  BouUay  signale  les 
grandes  difficultés  pour  distinguét  les  divers  liiélanges 
de  fécules  et  de, farines  dans  les  préparations,  et  par 
exemple  pour  recmmaftre  la  présence  de  la  farine  de 
fit  dans  du  vermicelle,  comme  on  1  avait  demandé. 
M.  Gaventou  ajoute  que  le  ri2^  offrant,  d'après  les  expé- 
riences de  M.  Vauquelin,  un  principe  mmeilaginenx  qui 
tient  en  dissolution  du  phosphate  de  chaux  ,  il  serait 
possible  quon  put  reconnaître  son  existence  dans  les 
autres  farineux,  au  moyen  de  ces  indices. 

M.  Guibourt  donne  lecture  d'un  mémoire  sur  l'amidoiu 
L'auteur  expose  d'abord  les  recherches  de  M.  Raspail  qui 
a  considéré  la  fécule  comme  un  organe ,  et  chacun  de 


\ 


l3o  JOURNAL 

ses  granules  commet  composé  d'iin  tégumeni  insoluUe  à 
Teau  froide,  et  d'une  substance: intérieure  soluble,  ana- 
logue à  la  gomme;  puis^  l^es  travaux'  de  M.  Caventou 
contraires  à  ces  conclusions.  M.  :  Guibourt  s'est  proposé 
d'éclaircir  cette  question  indécise.  r 

De  la  fécule  de  pomme-de-terre ,  bien  préparée  reste 
insoluble  à  Teau  froide;  mais  broyée  sur  un  porphyre, 
elle  perd  de  sa  blancheur  et  de  son  éclat  ;  mouillée  âJors 

•  avec  de  Teau ,  elle  forme  une  colla  tenace ,  ou  battue 
dans  un  mortier,  elle  donne  un  mucilas^e  analogue  à  la- 
dragant  ;  ces  effets  ont  même  lieu  ^ous  Teau.et  sans  que 
la  chaleur  développée  par  le  frottement  y  ait  contribué. 
La  fécule  entière,  sur  laquelle  on  verse  de  la  teinture 
aqueuse  d'iode ,  prend  lentement  une  teinte  bleue  céleste  ; 

Ja  fécule  broyée,  à  l'instant  où.  elle  touche  Teau^  établit 
des  courans  dus  à  l'émission  de  la  matière  sol uble  des 
granules  déchiréis  ;  cette  matière  dissoluble ,  surtout  à 
raide  d'une  légère  chaltur,  laisse  apercevoir  facilement 
les  tégumens  déchirés  qui  l'enveloppaient*  Les  aci- 
des ou  les  alcalis  (y>Dcentrés,  dissolvant  en  entier  les 
grains  de  fécule,  ne  permettent  pas  de  bien  distinguer 
les  tégumens  de  leur  matière  sol  uble.  La  dissolutioi» 
aqueuse  d'iode  versée  dans  une  solution  de  fécule  broyée, 
colore  d'aboi'd  en  .bleii  céleste  la  partie  dissoute,  mais 
teint  bientôt  en'  bleu  foncé  presque  noir  la  jiartie  té- 
^umentaire,  ce  qui  vient  de  la  concentration  de  Tiode 
dans  l'intérieur  de  ces  enveloppes,  tandis  que  sa  cou- 
leur reste  plus  délayée  dans  là  portion  sol  uble  gélatineuse. 
Ainsi  M.  Guibourt  pense  que  la  fécide  est  constituée 
d'enveloppes  insoliihl es  contenant  une  matière  intérieure 
soluble.  Celle-ci ,  privée  des  tégumens  par  la  filtration 
du  liquide  qui  l'a  dissoute,  reste  toujours  capable  de  se 
colorer  en  bleu  par  Tiode.  M.  Guibourt  a  pareillement 
observé,  comme,  MM.  CoUin  et  Gaultier  de  Glaubry,  que 
de  la  féculô  bleuie  avec  l'iode,  perd  sa  couleur  par  l'agi- 
tation ,  même  dans  un  flacon  fermé  ;  ce  qu'il  attribue  à 
la  formation  d'un  protoiodure  blanc  d'amidon,  et  non 
à  la  déperdition  d'un  principe  volatil  comme  le  pensait 

'M.  Raspail.;  l'addition  d'un  peu  de  chlore  ou  d'iode  ré- 
tablit la  couleur  bleue.  La  fécule  soluble,  soumise  à  un* 


:  DE    PHAI(M>iCie»  /  I$I 

longue  ébuBition ,  n'en  conserre  pas  moins  en  effet  .la 

Sropriété  de  bleuir  arec  riode,  car  cet  amidon  soluble, 
esséché,  n'est  point  d»  la  gomme,  ainsi  que   la  ciru 
M.  Raspail. 

M.  Guibourt  établit  ensuite  que  les  tégun^ens  et  la 
partie  soluble  des  granules  damidon  diffèrent  peu  chi- 
miquement, entre  eux;  il» bleuissent  également  par  Tiode, 
ils  précipitent  la'  noix  de  galle. et  les  dissolutions  métal* 
tiques,  ils  se  comportent Tuncommie l'autre  avec  les  acidet 
et  les  alcalis,  etc.  Lebullition  dans  l'eau  dissout  aussi  la 
partie  tégumen taire  des  fécules ,  laquelle  est  la  même 
substance  que  l'intérieur  de  leurs  granules,  mais  plus 
dense,  d'après  ce  chimiste. 

L'amidon,  devenant  aisément  soluble  par  son  seul  broie- 
ment à  froid ,  conduira  bientàt  à  l'employer  en  place  de 
gomme  dans  plusieurs  arts  ;  ce  moyen  altère  moisis  la 
técule  que  la  torréfaction  employée  pour  cela.  L'amidon 
de  froment  présente  des  granules  très-petits  et  moins  de 
tégumens  solides  que  celui  de  pommes-dc-terre.  L'arrotv- 
root  (  fécule  du  maranta  indica  )  nSve  des  granules  plus 
▼c^mineux  que  l'amidon;  il  donne  à  leau  bouillante 
moins  de  consistance  que  celui-ci,  car  il  paraît  contenir 
plus  d'eau ,  comme  M.  Théodore  de  Saussure  l'a  constaté 

Sour  la  fécule  de  pommes-de-terre.  Le  tapioca  (fécule 
a  jatrapha  manihot)  ayant  été  desséché. sur, des  plaques 
de  fer  chaudes,  est  formé  de  grains  crevés,  en  gru- 
meaux irréguliers,  tandis  que  Xsl  moussache ^  obtenue  de 
la  même  racine,  mais  non  chauffée,  a  des  granules  plus 
petits  que  ceux  d'arrow-root  et  d'amidon  de  blé,  et 
égaux  en  volume.  Le  tapioca  bleuit  fortement  par  l'iode. 
lue  sagou^  en  petites  masses  ou  grains  soudés,  est  la 
mioins  soluble  des  fécules  dans  l'eau  bouillante.  Sa  cou- 
leur rousse  ne  parait  pas  due  à  une^  légère  torréfaction  , 
comme  on  l'a  pu  croire,  mais  à  im  principe  étranger 
qui  aide  à  souder  les  grains  entre  eux.  Le  salep ,  bien 
examiné  par  M.  Caventou,  n'est  pas  une  fécule,  mais 
une  racine  d'orchis  trempée  dans  l'eau  bouillante ,  et 
offrant  plusieurs  caractères  de  la  bassorine  et  de  l'amidon  ; 
il  bleuit  avec  l'iode  aussi. 

M.  Théodore  de  Saussure  appelait  «miWiVïe  un  pro- 


l3a  JOURNAL    DE    PHAHMACIE. 

duit  dp  l'altération  spontanée  de  lempois ;  M.  Raspail  la 
regardée  comme  les  tégumens  de  Tamidon  échappés  à  la 
décomposition ,  et  M.  Gayentoa  a  pensé  que  c^est  un 
amidon  modifié  qui  correspond  à  la  fécule  soluble  de 
M.  Guibourt.  Ses  propriétés  sont  intermédiaires  entre 
celles  de  la  gomme  et  de  TamidoQ.  Soluble  «n  partie  dans 
l'eau  froide,  et  entièrement  dans  l'eau  à  60'',  elle  bleuit 
par  l'iode.  M.  Guibourt  regarde  cette  amidine  comme 
réunissant  les  propriétés  assignées  par  M  Raspâil  à  ses 
tégum<SQS  d'amidon ,  et  celles  que  M.  Cayentou  attribue 
à  son  amidon  modifié. 

Ce  mémoire  détaillé  fait  nattre  quelques  observations. 
M.  Caventoù  se  propose  d'en  examiner  plus  tard  diverses 

Sarties.  M.  Pelletier  demande  si  la  eause  de  la  disparition 
e  la  couleur  bleue  de  Tiode  dans  Tamidon  ne  résulterait 
pas  du  mélange  de  l'iodure  formé  dans  une  trop  g^rande 
masse  d'amidon;  mais  si  l'on  ajoute  une  goutte  à'acide 
sulfurique  concentré,  la  teinte  bleue  reparaît.  M.  Gui*- 
bourt  fait  observer  que  l'amidon  peut  se  combiner  avec 
le^  acides.  M.  Planche  signale  la  légèreté  singulière  de 
la  moussache ,  qui  est  telle  qu'on  n'en  fait  entrer  que 
1'4  onces  dans  une  boite  capable  de  contenir  16  onces  de 
fécule  d'arrow-root ,  et  quelle  a  le  même  volume  et  la 
même  légèreté  que  la  fécule  de  radis  noir.  Un  sagou 
falane  de  ilnde^  qui  lui  parsdt  le  plus  pur,  se  criore  par 
l'iode ,  ainsi  que  le  sagou  factice  de  fécule  de  pommea-» 
de-terre ,  mais  celui-ci  absorbe  beaucoup  plus  a  eau  que 
le  premier.  Quant  à  la  couleur  des  sagous  ordinaires ,  elle 
paratt  naturelle  et  tenir  aux  végétaux  d'où  ils  sont  tirés^ 
et  non  pas  dépendre  de  la  torréfaction. 

Avant  la  levée  de  la  séance,  M,  Caventoù  annonce 
que  sur  quatre  livres  de  baume  de  copafau ,  fl  a  pu  ob^ 
tenir  par  distillation  28  onces  d'huile  volatile  (ou  /  onces 
par  livre  )";  il  promet  une  note  à  ce  sujet. 

J.-J.  V. 


BULLETIN 


«  » 


DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIETE  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS; 

Jiédigà par  M..  Robiqdet,  secrétaire  général,  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCES  VERBAL. 

Séance  du  1S  Jet^rier  1â29. 

PRÉSIDENCE    DE    M.     SERULLAS. 

• 

La  correspondance  imprimée  se  compose,  l*'.  du  pré- 
cis des  travaux  de  T  Académie  royale  des  sciences ,  belles* 
lettres  et  arts  de  Rouen  (M.  Moutillard,  rapporteur); 
2"".  de  deux  numéros  des  Annales  de  l'industrie  française 
et  étrangère  (M.  Bussy,  rapporteur);  3^.*  du  caZiier  de 
février  du  Journal  de  pharmacie  et  du  Journal  de  chimie 
médicale  ;  4".  d'un  /extrait  des  travaujc  de  la  Société  vue* 
dico-botanique  de  Londres  (M,  Soubeiran,  rapporteur)  ; 
5°.  d'un  opuscule  italien  sur  l'emploi  du  chlorure  de  chaux, 
par  M.  Bonafous  de  Turin,   - 

M.  Chevallier  o0re  à  la  Société  son  ouvrage  intitulé  -. 
De  l'eut  de  préparer  tes  chlorures  de  chaux ,  de  soude, 
de  potasse  jf  etc. 

M.  Serollas  fait  hommage  de  plusieurs  mémoires  qu'il 
a  récemment  publiés ,  savoir  :  le  premier ,  sur  1  action  dft 
l'acide.sulfurique,  sur  l'alcool  et  les  produits  qui  en  ré- 
sultent ;  le  deuxième,  sur  un  nouveau  composé  de  brome 
et  de  carbone ,  et  sur  les  iodures  de  carbone  ;  le  troisième , 


l34  BULLETl]y    DES    TRAVAUX 

sur  les  bromures  d'arsenic":  et  de  bismuth  ;  le  quatrième 
sur  un  nouveau  composé  de  chlcfre  et  de  cyanogène    et  le 
rapport  sur  ces  ouvrages  fait  à  l'Académie  des  sciences. 

M.  Recluz  p^ése^te  à  lai  Sckîiété  son  mémoire  survies 
sucs  végétaux.  Des  remerc^mens  sont  adressés  à  MM.  Se- 
rullas,  Chevallier  et  Recluz. 

M.  BouUay  communique  une  lettre  des  pharmaciens  de 
Nantes ,  qui  demandent  Timpression  du  travail  que  leurs 
confrères  de  Paris  ont  présenté  au  gouvernement.  La 
société,  se  déclarant  incompétente,  sur  cette  question , 
décide  que  la  lettre  sera  envoyée  à  la  commission  qui  a 
rédigé  le  travail. 

L'ordre  du  jour  appelle  les  rapports  des  commissaires 
près  les  sociétés  savantes. 

M.  Bussy  rend  le  compte  suivant  des  séances  de  l'In- 
stitut. 

M.  Cordier  communique  à  l'Académie  une  lettre  de 
M.  Renaud  de  Vilbac,  directeur  des  mines  de  houille  de 
Cavailhac ,  près  de  la  ville  du  Vigan,  relative  à  la  décou- 
verte qu'il  vieijt  de  faire  d  une  grotte  à  ossemens  fossiles  ^ 
appartenant  à  des  mammifères  antédiluviens. 

Cette  grotte  est  située  dans  la  partie  occidentale  du  dé- 
partement du  Gard^  et  à  la  partie  supérieure  de  la  mon- 
tagne de  Fessonne ,  qui  borde  le  plateau  calcaire  de  Larrac , 
du  côté  de  la  vallée  de  l'Hérault.  Elje  paraît  comprise 
entre  le  calcaire  magnésien  et  le  lias  qui  en  forme  la  partie 
supérieure.  Ce  lias  est  un  terrain  qui  correspond  au  cal- 
caire agriphite  de  la  Bourgogne  et  du  nord  de  la  France 
de  sorte  que  ce  gisement  correspondrait  tout-à-fait  à  celui 
des  fameuses  cavernes  de  Gayleureuth,  en  Allemagne. 

M.  Cordier  a  reçu  également  de  M.  Renaud  de  Vil- 
bac  ,  plusieurs  échantillons  des  os  de  cette  caverne  en- 
veloppés encore  dans  la  matière  rougeâtre  qui  leur  sert 
de  gangue. 

M.  Cuvier,  qui  les  a  examinés,  en  a  reconnu  plusieurs' 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHAKMACIE.  l35 

pour  apparteair  à  une  espèce  d'ours  à  front  bomb^ ,  dont 
le  type  est  actuellement  perdu. 

M.  Gordier  ajoute  à  sa  communication ,  qu'il  est  dans 
l'intention  de  proposer  à  l'Académie,  dans  le  copiité  se- 
cret cpii  doit  suivre  la  séance  publique,  d'a0ecter  une 
somme  à  l'exploration  de  cette  caverne,  comme  elle  a  déjà 
été  autorisée  à  le  (aire  pour  les  ossemens  trouvés  à  Auxelles, 
départemeat  des  Landes,  . 

M.  Chevreul  fait  un  rapportf,  en  son  nom  et  en  celui 
de  M.  Thenard ,  sur  un  mémoire  de  M.  SeruUas ,  intitulé  : 
De  Fiiction  de  tiicide  Sulfurique  sur  f alcool,  et  sur  les 
produits  qui  en  résultent. 

M.  le  rapporteur  commence  à  tracer  l'bistorique  des 
diverses  théories  qui  ont  été  successivement  adoptées,  re- 
lativement à  la  production  de  l'éther  par  la  réaction  de 
l'alcool  et  de  l'acide  sulfurique.  Il  présente  d'abord  la 
première  théorie  qui  fut  donnée  par  MM.  Fburcroy  et 
Yauquelin ,  qui  firent  dépendre  la  formation  de  l'éther 
de  la  grande  affinité  de  l'acide  sulfurique  pour  l'eau ,  et  de 
la  séparation  d'une  certaine  quantité  d'oxigène  et  d'hydro- 
gène de  l'alcool^  qui  entrait  en  combinaison  avec  l'acide 
sulfurique  à  l'état  d'eau. 

Passant  de  là  aux  expériences  de  M.  Dabit ,  de  Nantes, 
il  en  déduit  les  objections  qu'elles  présentent  à  la  théorie 
qui  avait  été  admise  jusqu'alors,  et  qui  ne  cessa  d'être 
considérée  comme  vraie  que  lorsque  les  expériences  de 
M.  Dabit,  reprises  par  Sertuerner  et  mises  hors  de  doute 
par  M.  Wogel ,  de  Munich,  eurent  porté  les  chimistes  à 
admettre  qiie  dans  l'éthérification  il  se  forme  un  acide 
particulier  aux  dépens  des  élémens  de  l'acide  sulfurique  et 
de  l'alcool.  C'est  cet  acide  auquel  M,  Vogel  donna  le  nom 
d'acide  sulfo-vinique ,  et  que  plus  .tard  M.  Gay-Lussac 
considéra  comme  de  l'acide  hypo-sulfuriqùe,  combiné  à 
une  matière  végétale  qui  n'en  changeait  pas  la  capacité  de 
saturation,  et  qui  paraissait  jouer,  à  son  égard,  le  même 


i36        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

rôle  que  l'eaù  dans  l'acide  hydraté.  D'aprèa  ces  considé-f 
rations ,  M.  Gay-Lussac  et  tous  les  chimiâtes  admirent  quâ 
dans  rétUérificatioa  1  acide  sulfurique  cède  tle  loxigène  à 
l'alcoQl  j  et  qu'il  en  résulte  de  Téther  et  de  Tacide  hypo-t 
sulfurique;  plus,  une  matière  qui  a  la  plus  grande  ana-» 
logie  avec  l'huile  douce  du  vin. 

M.  le  rapporteur  passe  ensuite  aiix  expériences  de 
M.  Hennel ,  dont  les  résultats ,  suivant  lui  ^  li'ont  pas  été 
compris  en  France  faute  de  développelnetas  nécessaires.  Il 
réiuliè,  des  expériences  de  M.  Hennel,  que  l'huile  douce 
du  Min  purifiée  est  un  composé  jiieutre  d'acide  sulfurique 
et  d'hydrogène  carboné.  Il  faut  obsferver  à  cet  égard  /comme 
l'a  fait  remarquer  M.  Serullas ,  que  M.  Hennel  donne  le 
nom  d'huile  douce  du  vin  à  une  matière  qui  n'est  pas  du^ 
tout  celle  que  l'on  désigne  en  France  sous  la  même  dé* 
nomination  ;  et  c'est  de  là  qu'est  née  en  grande  partie 
la  confusion  et  l'obscurité,,  qui  n'ont  pas  permis  aux 
chimistes  français  d'apprécier  ses  résultats  à  leur  véritable 
valeur* 

Ce  même  composé  est  désigné  par  M.  Serullas  sous  k 
nom  de  sulfate  d'hydrogène  bi-carboné  hydraté  ;  il  eh  a 
étudié  en  détail  les  propriétés,  ainsi  que  de  plusietlrd 
autres  composés ,  dont  on  lui  doit  la  connaissance. 

M.  le  rapporteur  termine  de  la  manière  suivante  "s  «  Con- 
n  sidérant  la  clarté  que  l'auteur  a  apportée  daps  la  discus 
»  sion  des  faits  qui  composaient  avant  lui  l'histoire  de 
»  l'acide  stdfo-vinique  et  celle  de  l'huile  douce  du  vin  ; 
»  considérant  les  faits  importans  qu'il  a  ajoutés  à  cette  par- 
»  tie  dès  connaissances  chimiques ,  nous  avons  l'honneur 
»  de-proppscr  à  l'Aoadémie  l'insertion  de  ce  travail  dans 
W  le  Recueil  des  ^vans  étrangers.  » 

M.  Mongez  donne  lecture  d'une  partie  d'un  mémoire 
intitulé  :  Reôherchest  sur  les  animaux  promenés  ou  tués 
dans  les  cirques  chez  les  peuples  anciens. 

M,  Frédéric  Cnvier  fait  un  rapport  très-détaillé  sur  un 


DE    LA    SOCIÉTÉ     DE    PHARMACIE.  iSy 

mémoire   de  M.  Isidore  Geofiroy-Saint-Hilaire,  relatif 
aux  singes  de  rAmérique. 

M.  Sayart  lit  un  mémoire  intitulé ,  Becherches  sur  la 
structure  des  corps  qui  cristallisent  régulièrehieat ,  dont 
les  résultats  paraissent  devoir  conduire  à  de  nonvelles 
données  sur  les  formes  et  l'arrangement  des  molécules  des 
corps.  Les  seules  données  que  Ton  eut  jusqua  ce  jour  sur 
cette  matière ,  étaient  tirées  des  lois  de  la  cristallisation,  et 
de  la  polarisation  de  la  lumière. 

M.  Savart  pense  pouvoir  en  obtenir  de  nonvelles  au 
moyen  des  vibrations  sonores  ;  il  a  déjà  ess«iyé  ce  nouveau 
mode  d'expérimentation  sur  le  cristal  de  roche  et  sur  la 
chaux  carbonatée,  et  il  s  est  particulièrement  attaché  à 
faire  remarquer  les  diilérences  et  le  rapprochement  qui 
existaient  entre  les  résultats  fournis  par  ses  expériences  et 
ceux  que  Ion  peut  déduire  des  recherches  faites  sur  la  lu* 
mière.  ^ 

M.  Cauchy  lit  plusieurs  mémoires  de  mathématiques , 
dont  un,  relatif  aux  vibrations  des  corps  solides  ou  fluides 
contient  précisément  la  démonstration  d'une  loi  décou- 
verte par  M.  Savart ,  çt  exposée  par  lui  dans  la  même 
séance. 

M.  Cuvier  fait  un  rapport  sur  plusieurs  objets  d'histoire 
naturelle  «nvoyés  à  l'Académie  par  MM.  Quoy  et  Gay-* 
mart ,  attachés  à  l'expédition  de  la  cprvette  la  Coquille. 

L'Académie  reçoit  un  mémoire  de  MM.  Vilîermé  et 
Milne  Edwards,  relatif  à  l'influence  de  la  température  sur 
la  mortalité  des  enfans  nouveau-nés. 

11  résulte  de  leurs  recherches ,  que  c'est  toujours  dans  la 
saison  la  plus  froide  de  l'année  qu'il  meurt  le  plus  grand 
nombre  d'enfans  au-dessous  d'un  an,  tandis  que,  depuis 
l'âge  d'un  an  jusqii  a  la  vieillesse  exclusivement ,  c'est  tou- 
jours le  contraire  qui  a  lieu.  Ils  pensent  que  cet  excès  de 
mortalité  chez  les  nouveau-nés ,  est  du  au  froid  auquel 
ils  sont  exposés,  à  un  âge  où  la  faculté  calorifique  est 
lLy\  Année.  —  Mars  i  829.  1 0 


l38  BULLETIN    DES    TK  AT  AUX 

mbîndre  qu'à  tout  autre  ,  et  au  nombre  des  causes  qui  ^ 
selon  eux ,  ont  une  grande  influence  sur  ce  résultat.  Ils 
placent  en  première  ligne  1  xtsage  où  Ton  est  de  transporter 
les  enfans ,  dès  les  premiers  jours  de  leur  naissance ,  dan» 
les  églises  et  dans  les  mairies,  pour  leur  faire  donner  le 
baptême  ,  ou  les  faire  inscrire  sur  les  registres  de  Tétai 
civih 

M.  Serullas  présente  à  la  société  de  pharmacie  les  pro- 
duits de  l'action  de  Tacide  sulfurique  sur  Falcool,  et  les 
combinaisons  de  Tacide  sulfovinique  avec  les  bases  chaux^ 
baryte,  soude  et  potasse  ;  il  présente  aussi  les  bromures  et 
iodures  de  carb<Mie  qu'il  a  c^tenusdanff  ses  intéressantes 
recberdhes.  L'auteur  accompagne  cette  communication  de 
développemens  qui  fixent  l'attention  de  la  Société. 

M.  Chevallier  expose  sur  le  bureau  un  petit  appareil 
évaporatoire,  auquel  il  a  reconnu  cies  avantages  sous  le 
rapport  de  l'économie  et  de  la  commodité  ;  il  se  compose 
d'une  table  supportant  quatre  pièces  mobiles  :  une  lampe  ^ 
qui  ne  con9omm.e  que  4  onces  d'huile  en  1 4  heures ,  et  qui 
sert  de  veilleuse ,  en  même  t^nps  qu'elle  fournit  la  chaleur 
nécessaire  à  l'opération  ;  un  bain-marie  et  deux  bassins  où 
le  liquide  peut  être  évaporé. 

M.  Godefroy  lit  des  réflexions  sur  le  néologisme  en  gé- 
néral ,  suivies  d'observations  critiqueç  sur  quelques  nou- 
velles  dénominations  particulières  introduites  dans  la  phar^ 
macie.  Gel  écrit  est  renvoyé  à  la  commission  des  travaux. 
WL*  Lecanu  fait  un  rapport  fayorable  sur  M,  Vallet 
fils ,  pharmacien  de  Paris ,  et  conclut  à  son  admission  en 
qualité  de  membre  résidant. 

M.  Robiquet  fait  un  rapport  sur  M.  Vivier ,  pharma^ 
den  à  Saint  -  Barthélémy ,  et  conclut  à  son  admission 
comme  membre  correspondant. 

M.  Serullas  fait  part  à  la  Société  des  regrets  qu'éprouve 
M.  Groslambert ,  de  ce  que  sa  santé  s'oppose  encore  à  ce 
qu'il  puisse  se  rendre  à  ses  séances. 


/ 


DE    Lit    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  t3çf 

.  M.  Guibourt  montre  ua  stéthoscope  fait  de  li^ois  de 
cédfe  ,  où.  loa  distingue,  dans  une  des  cavités,  des  cris-* 
taux  de  forme  aciculaire  ^  dont  il  attribue  la  formation 
à  la  condensation  du  principe  aromatique  du .  bois^ 
M.  Plantbe  dit  a^roir  remarqué  des  cristaux  de  nitre  sur 
des  yases faits  de  l^isde quassia . 

M.  Blondeau  présente  f'es  fragmens  de  racine  de  gui- 
xnaure,  achetée  dans  le  commerce,  dont  la  blancheur  ar- 
tificielle a  dû  être  produite  par  un  lavage  au  lait  de 
chaux. 

La  Société  passe  au  scrutin  pour  la  nomination  de 
M.  Yallet  :  il  est  admis,  à  l'unanimité,  au  nombre  des 
membres  résidans. 

On  met  au  scrutin  la  nomination  de  M.  Viyier  ;  il,  est 
admis  ,  à  lunanimité ^  au  nombre  des  membres  cor/'es- 
pondans. 

EXTRAIT  D'UN  MÉMOIRE 

Sur  la  lithographie^  publié  par  MM.  Chevallier    et* 

LAHGLTJMjfe. 

Le  mémoire  de  MM.  Chevallier  et  Langlumé  ayant  été 
approuvé  par  l'Académie  royale  des  sciences^  nous  avons 
cru  devoir  faire  connaître  à  nos  lecteurs  les  formules  des 
préparations  indiquées  par  pes  auteurs  ,  pour  'opÉr.er  fû- 
cidulation ,  Veffaçage  et  la  retouche  des  dessins ,  ainsi 
.que  la  mapière  d'employer  les  préparations. 

Préparation  d'une  liqueur  destirtée  à  aciduler  les  pierres é 

On  prend  trois  livres  diacide  fay  drochloriqiie  pur,  oa  «let 
cet  acide  dans  un  vase  bien  propre  (une terrine  dé  gréa)*, 
on  y  ajoute  du  marbre  blanc  (le  marbre  saccharoïde)  ,  en 

10. 


î4o  BULt-ETlN    DES    TRAVAUX 

quantité  suÉBsante  pour  saturer  l'acide  î* lorsque  la  satu-'*  . 
dation  est  complète',  6t  qu'il  y  a  un  excè»  de  marbre  dansi  . 
la  liqueur ,  on  filtre  la  solution ,  on  lavç  le  filtre  à  plu- 
dieufs  reprises  avec  trois  livres  d'eau,  en  réunit  le  li- 
quide et  les  ea'ux  de  lavage ,  et  on  y  fait  fondre  douze  on- . 
ces  de   gomme  arabique  l^lancb^  bien  pure,    et    pri- 
vée de  toute  substance  étrangère.  Lorsque  la  gomme  est 
dissoute ,  on  ajoute  à  la  solution  trois  onces  d'acide  hy- 
drocblorique  pur ,  on  mêle  exactement  et  on  conserve 
dans  des  flacons. 

Emplfii  de  la  liqueur. 

La  liqueur  ainsi  préparée ,  eit  employée  pour  aciduler 
les  pierres  ;  elle  empêche  la  portiop  de  la  pierre  qui  n'est 
pas  couverte  par  le  dessin ,  d^  prendre  le  noirj  et  elle  reild 
le  crayon  insoluble  à  l'eau.  Pour  s'en  servir,  on  en  verse 
dans  ttn  verr« ,  et  à  l'aide  d'un  pinceau  en  poil  de  blai- 
reau ,  on  en  répand  sur  toute  la  surface  de  la  pierre ,  en 
agissant  de  la  thème  manière  que  si  T'on  .voulait  gommer 
celte  pierre. 

Aifantagè  que  présente  cette  préparation. 

1"*.  Elle  prépare  également  toutes  les  parties  de  la 
pierre;  2°.  elle  peut  être  employée  avec.autant  de  faci- 
lité povr  aciduler  les  grandes  pierres  que  lés  petites  ; 
3",  elle  n'exige  pas  que  la  pierre  soit  retournée  et  im- 
mergée d'eau ,  en  cela  elle  rend  les  ateliers  plus  saliibres  ; 
4**.  elle  peut  être  employée ,  même  par  un  enfant  intel-* 
ligent;  5°.  elle  tient  constamment  la  pierre  dans  un»  état 
d'humidité  convenable;  6°.  son  emploi  es.t  d^une grande 
économie  de  temps ,  soit  lors  de  l'acidulation ,  soit  lors  du 
tirage  'des  dessins. 


DE   I^A    SOCIETE    DE    PHAUMÂCIE.  l4X 

* 

Préparation  d'Une  liqueur  alcaline,  destiné^  à  être  em- 
ployée pour  effacer  complètement  ou  partiellement  hs 

dessins  faits  sur  pierre^ 

*  •, 

On  prend,  eaii  dktillée 3  liyres. 

Potasse  à  la  chauiK.  .  .   .  '. Y  litre. 

On  fait  dissoudre  la  chaux  dans  l'eau ,  et  on  conserve 
cette  solution. 

Pour  l'employer  on  agit  de  1»  manière  suivante  :  on 
laVe  à  grande  eau  la  pierlre  sur  laquelle  est  le  dessin  qu'on 
veut  efiacer  ;  lorsqu'elle  est  bien  lavée ,  on  laisse  sécher. 
Aussitôt  qub  la  pierre  est  sèche,  on  recouvre  de  solution 
alcaline  le  dessin  en  entier  ^  ou  seulement  la  partie  que 
Ion  veut  effacer  :  on  laisse'réagir  pendant  quatre  heures, 
au  bout  de  cet  espace  de  temps  on  lave  la  pierre  avec  de 
l'eau ,  en  se  servant  d'un  chiffon. 

Après  cette  opération,  la  partie  du  dessin  qui  était  re- 
couverte de  solution  est  enlevée  ;  on  laisse  sécher  une  se^ 
conde  fois ,  on  recouvre  de  nouveau  de  Uquide ,  et  on  ré- 
pète l'opération  ;  on  lave  ensuite  la  pierre  à  grande  eau , 
on  la  fait  sécher,  et  lorsqu'elle  lest,  on  peut  s'en  servir 
pour  dessiner  sur  toute  la  surface ,  si  on  a  opéré  l'effa- 
cage  complet ,  ou  sUr  l'une  des  parties  seulement ,  si  Tef- 
iaçage  opéré  n'est  que  partiel. 

Affantage  que  présente  V emploi  de  la  liqueur  cfeffaçage. 

\*.  Elle  peut  servir  à  effacer  les  dessins  $ans  que  la 
pierre  ait  besoin  d'être  usée  î  2®.  elle  enlève  des  parties 
de  dessin^  qui  ensuite  peuvent  être  remplacées  par  d'au- 
tres; 3""^  elle  épargne  l'emploi  dt  l'effaçage  par  le  sable  ou 
par  le  grattipir,  moyens  qui  ne  sont  pas  sans  inconvé^ 
-nient;  4*.  elle  peut  être  d'une  grande. utilité  pour  les  éta- 
blissemens  qui  s'qccupent  ô^ autographie  \  .en  «ffet ,  une^ 


l4i  ftULXETlN    DES    TRAVAUX 

seule  persoDDç  pçut  dans  une  même  journée  effacer  un 
{^rand  nombre  de  pierres,  qui  eussent  exigé  beaucoup 
de  temps;  ô*'.  elle  ménage  les  pierres  qui  étaient  usées 
avant  de  servir  de  nouveau  ;  6*.  elle  sera  d'une  grande 
utilité  pour  les  diverses  administrations  qui ,  pour  la  plu- 
part du  temps,  sont  pressées  défaire  paraître  leurs circu- 
culaires  ;  7°.  on  peut  l'employer  avec  avantage  pour  corri- 
ger les  nombreuses  fautes'qui  se  glissent  dans  les  dessins 
géographiques. 

Formule  ^une  liqueur  destinée  a  aidera  la,  retouche  des 

dessins  sur  pierre,  ^ 

On  prend ,  eau  distillée.. 4  onces. 

Potasse  à  la  chaux.   .•...'. 36  grains. 

Oa  fait  dissoudre  la  potasse  dans  l'eau ,  et  on  conserve 
la  solution,  4 

Lorsqu'on  veut  employer  cette  préparation ,  on  lave  à 
grande  eau  la  pierre  qu'on  veut  retoucher  j  puiè,  à  Taidi 
d^Cine  éponge  trempée  dans  cette  solution,  on  imprègne 
le  dessin^  et  on  continue  de  le  faire  jusqu'à  ce  que  l'on 
sente  que  l'éponge  adhère  légèrement  ;  on  cesse  alors  de 
se  servir  de  la  solution  alcaline ,  on  lave  de  nouveau  Iq 
pierre  à  grande  eaii,  on  laisse  sécher.  Ton  retouche  à  l'aide 
du  crayon,  on  acidulé  avec  la  sçilution  de  muriate  de 
chaux  acide ,  et  on  procède  au  tirage.  L'emploi  de  cette 
.,  dernière  préparation  permet  au  Utbographe  de  retQuchi|r 
son  dessin  une ,  deux  et  même  un  plus  grand  nombre  de 
fois,  enfin  jusqu'à  ce  qu'il  ait  atteint  la  perfection.  ^ 

Nous  avons  dit  que  le  mémoire  dont  nous  donnons  l'ex- 
trait avait  été  soiimis  au  jugement  de  plusieurs  Sociétés 
savantes.  Les  gravures  qui  en  font  partie  ont  obtenu  à 
l'exposition  de  Càmbray  latoîédaille  debronie  ;  fa  Société 
d^eticOurngement  a  decéirné  aiiit  auteurs  la  médaillé  d'bt^ 
3e  ^remiè^e- classe  ;  enfin ,  les  rapporteurs  près  FInslitut , 


DE    LA,    SOCIÉTÉ    DE    PHAAHA<2lE.         l43 

MM.  d'Arcet  et  Vauqaelin ,  se  soot  exprimés  en  ces  ter» 
mes  : 

F^oilà  donc  les  artistes  lithographes  en  possession  de 

procédés  simples ,  peu.  dispendieux ,  qui  leur  permettent 

de  retoucher  et  de  raviser  leurs  dessins  autant  de  fois 

qu'il  leur  plaira,  ai^antage  qui  nous  paraît  d'une  impor^ 

lance  majeure. 

L'art  de  la  lithographie  nous  parait  ai/oir  reçu  une 
grande  amélioration  par  les  recherches  de  MM.  Chei^al- 
lier  et  Langlumé ,  et  arriver  très-près  de  sa  perfection , 
et  nous  avons  lieu  d'espérer  que  les  lithographes  sauront 
quelque  gré  aux  personnes  qui  ont  porté  la  lumière  de  la 
chimie  sur  cet  objet  important ,  et  sans  laquelle  cet  art 
serait  peut-être  encore  resté  long^temps  dans  l'obscurité 
de  Ifi  routine. 

Nous  pensons  enfin  que  l'Académie  doit  donner  son 
approbation  au  travail  de  MM.  Chevallier  et  Langlumé, 
et  les  engage  à  diriger  leurs  connaissances  chimiques 
Sur  les  autres  arts  qui  peuvent  en  avoir  besoin. 

L'Académie  adopte  les  conclusions  de  ce  rapport. 


SUITE  DU  MÉMOIRE 

Adressé  à  la  Société  de  Pharmacie ,  par  M.  Ricord-Ma- 
DiANHA,  de  la  Guadeloupe,  sur  Tbistoire  naturelle  «t 
chimique  de  l'avocatier. 

Analyse  chimique  de  la  graine  de  l'avocatier, 

La  couleur  de  la  graine  d  avocat  est  d'un  blanc  jau- 
nâtre ;   et ,  lorsqu'on  en  coupe  un  morceau  ,  sa  surface 
exposée  à  Tair  devient  d'un  neau  rouge  orangé,  comme 
ous   l'avons  déjà  dit  dans  la  description  que  nous  en 
^^ns  faite.  Je  coup<Tfi  deux  trancbes  d  une  de  ces  graines  : 
^^'ine  de  ces  trancbes  je  versai  quelques  gouttes  d'une 


y 


l44        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

solution  alcoolique  d'iode ,  elle  prit  une  couleur  violàtre, 
ce  qui  m'indiqua  la  présence  de  la  fécule  amylacée  ou  ami- 
don (1).  Sur  Pautre  tranche  je  mis  un  peu  de  protosul- 
fate de  fer ,  elle  prit  une  couleur  d'un  vert  noirâtre ,  ce 
qui  me  fit  connaître  que  cette  graine  contenait  de  Facide 
gallique. 

Avec  ces  données ,  je  procédai  à  lanalyse  chimique , 
d'abord  pour  obtenir  la  fécule  amylacée. 

Traitement  par  l'eau  froide, 

«  La  fécule  étant  toujours  libre  dans  les  plantes ,  et 
»  ayant  d'ailleurs  une  pesanteur  spécifique  plus  grande 
»  que  celle  de  toutes  les  substances  avec  lesquelles  elle  se 
»  trouve  mêlée ,  on  peut  l'extraire  facilement  par  de  sim-. 
»  pies  lotions.  »  (Thenard). 

1  •'.  Une  portions  de  graines  d'avocat,  pesant  888  grains, 
fut  pilée  dans  un  mortier  de  marbre ,  et,  avec  un  peu  d'eau 
distillée ,  j'en  fis  une  pâte  que  je  renfermai  dans  un  nouet 
de  linge  ;  puis ,  pétrissant  ce  nouet  avec  la  main  dans  une 
bassine  d'eau  jfroidç  distillée,  il  en  sortit,  par  un  grand 
nombre  de  lotions  une  substance  rougeâtre  qui  épaissit 
l'eau.  Je  continuai  «ce  pétrissage  jusqu  à  ce  que  l'eau  res- 
tât incolore  et  limpide,  comme  elle  est  naturellement. 
Alors  je  mis  le  nouet  dans  une  presse  pour  en  faire  sortir 
tout  le  suc.  Toutes  les  eaux  réunies  laissèrent  déposer  une 
substance  farineuse  fine  et  de  couleur  nankin  jaune,  dans 
laquelle  on  voyait  des  filets  d'une  matière  d'un  beau 
blanc ,  et  qui  était  la  fécule  amylacée  ou  amidon.  Je  la 
mis  au  soleil,  et,  lorsqu'elle  fut  sèche,  elle  pesait  122 
grains.  Elle  avait  beaucoup  blanchi  ;  elle  était  d'un  goût 

(1)  On  sait  que  la  combinaisoii  de  ces  deux  corps  est  d'autant  plus, 
foncée  du  bleu  au  noir,  que  Tawidon  est  en  plus  grande  ou  en  plus 

{>etite  quantité  dans  la  liqueur  examinée.  M..  Tfaenard  nous  dit  que 
'amidon,  trituré  avec  plus  pu  moips  d'iode,  fprme  des  combinaisons 
dont  la  couleur  varie.  Ces  combinaisons  sont  violâtres  quand  la  quan- 
tité d'iode  est  petite,  bleues  quand  elle  est  un  peu  plus  grande,  noire» 
quand  elle   Test  plus  encore.  On  peut  toujours  obtenir  la  plus  beil' 
couleur  bleue  en   traitant  Tamidon  avec  un  excès  d'iode,  dissolva' 
le  composé  dans  la  potasse  liquide ,  et  précipitant  la  dissolution 
^n  acide  végétal.  (  Th.enar4.  ) 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  l45 

insipide ,  et ,  par  plusieurs  autres  lavages ,  elle  deyint  par^ 
faitement  blanche  et  très-légère.  L'eau  lui  avait  enlevé  une 
substance  rousse  du  poids  de  20  grains,  que  je  marquai 
de  la  lettre  B ,  qui  s'est  trouvée  êtredu  principe  colorant 
mêlé  ayec  du  ligneux. 

J  ai  aussi  obtenu  Tamidine  de  la  graine  du  laurus persea. 
C'est  une  substance  ainsi  nonunée  par  M.  de  Saussure , 
laquelle  a  des  propriétés  intermédiaires  entre  la  gomme  et 
ramidon.  Elle  est  demi-transparente,  cassante  et  très-so- 
luble  dans  l'eau,  et  cette  dissolution  se  colore  en  violet  avec 
l'iode.  Elle  est  coagulée  et  précipitée  par  le  sous-acétate 
de  plomb  i 

2*.  Les  eaux  réunies  avec  lesquelles  on  avait  fait  des 
lotions  sur  le  nouet  contenant  la  graine  d'avocat ,  et  qui 
avaient  aidé  à' fournir  la  fécule  amylacée,  furent  évapo- 
rées dans  une  capsule  sur  un  bain  de  sable ,  et  donnèrent 
un  extrait  d'une  couleur  brune  du  poids  de  63  grains, 
d'une  odeur  très-acide ,  rougissant  fortement  le  papier  de 
tournesol ,  d'un  gQut  aigre-doux  désagréable.  -  Il  a  été 
marqué  de  la  lettre  A.  Après  'avoir  resté  quinze  jours 
dans  une  capsule  à  l'air ,  il  ne  s'éfait  point  desséché;  il 
avait  la  consistance  de  la  rire  molle ,  il  était  onctueux  et 
se  pétrissait  dans  les  doigts,  prenant  la  foi:me  que  l'on 
voulait ,  comme  l'aurait  fait  la  cire.  G^Mè  substance  était 
entièrement  soluble  dans  l'eau  distillée.  La  teinture  d'iode 
n'a  plus  indiqué  aucune  trace  de  fécule. 

L'oxide  rouge  de  fer  a  montré  la  présence  de  l'acide' |^1- 
lique.  La  gélatine  n'a  point  indiqué  celle  du  tannin. 

Un  petit  morceau  de  cette  substance  A,  roulée  avec 
quelques  fils  de  coton ,  a  formé  une  petite  chandelle  qui 
n'a  pas  pu  brûler  avec  flamme  ;  elle  s  est  boursoufflée  et  a 
fait  uii  cnarbon  volumineux. 

Sur  20  grains  de  cette  substance  A ,  mise  dans  l'alcool 
contenant  un  peu  d'eau,  17  grains  y  ont  été  solubles. 

La  liqueur  filtrée  et  évaporée  a  donné  un  extrait  verdâtre. 
L»e  marc  de  3  grains ,  resté  sur  le  filtre ,  était  rougeâtre  ; 
c'était  du  ligneux,  ou  impuretés,  avec  du  muqueux.  , 

Cet  extrait  alcoplique,  marqué  D,  était  soluble  dans 
l'eau  distillée  ,  à  laquelle  il  a  donné  une  couleur  verdâtre. 


1^6  BULLETIN    DES   TRAVAUX        ' 

La  solntion  rougissait  le  papier  de  tournesoL 
Loxide  rouge  de  fer  (peroxide)  lui  a  donné  une  cou* 
leur  noire ,  indiquant  évidemment  la  présence  de  lacide 

fallique.  Une  portion  de  l'extrait  A  était  insoluble  dans 
éther,  de  même-que  dans  lalcool  absolu. 

L'acide  sulfurique  concentré  a  précipité  la  dissolution 
dans  Feau  distillée,  eu  une  substance  floconneuse  jaunâtre, 
et  a  laissé  dégager  des  vapeurs  de  vinaigre  ,  comme  le  doc- 
teur Thomson  à  fait  remarquer  que  cela  arrive  lorsqu'on 
verse  de  Tacide  sulfurique  concentré  dans  une  solution 
aqueuse  d'extractif  ;  et ,  de  même  que  Textractif ,  la  sub- 
stance -^  s  est  trouvée  soluble  dans  Tammoniaque  liquide. 
Et  l'étber,  Versé  sur  cette  solution ,  est  resté  limpide  au- 
dessus  de  Fammoniaque,  et  il  s'est  évaporé  sans  former 
aucun  mélange ,  quoique  les  liqueurs  eussent  été  bien  re- 
muées avec  une  baguette  de  verre.  D'après  ces  recherches, 
il  paraît  que  la  substance  A  est  de  l'extractif  combiné  avec 
une  grande  proportion  d'acide  gallique. 

3'.  Le  marc  des  888  grains  de  graine  d  avocat  épuisé 
par  Teau  froide  ,  et  dont  on  avait  obtenu  122  grains  de  fé- 
cule ,  et  63  grains  de  l'extrait  A ,  éteint  bien  sec ,  pesait  1 56 
grains ,  ce  qui  fait  tout  ensemble  341  grains  ;  il  y  avait 
donc  eu  547  grains  d'eau  évaporée  par  la  seule  dessicca- 
tion à  l'air,  sans  l'aide  du  feu.  Voulant  savoir  combien  il 
s'évaporerait  d'eau,  ou  de  tout^autre  principe  de  888 
grains  de  graine  d*avocat  pilée ,  comme  dans  l'opération 
pour  en  extraire  la  fécule ,  je  fis  évaporer  cette  quantité 
de  graine  sur  un  bain  de  sable  à  un  feu  doux ,  pendant 
deux  jours.  Les  888  grains  furent  réduits  à  309  ;  il  y  eut 
.dans  cette  opération  579  grains  d'eau  évaporée  ,  ce  qui  est 
32  grains  de  plus  que  par  la  dessiccation  à  l'air  seul. 

Traitement  de  la  graine  d'ai^ocatpar  l' alcool, 

1  ^'.  Ce  marc ,  du  poids  de  1 56  grains ,  était  d'une  belle 
couleur  rousse ,  d'une  odeur  peu  prononcée ,  n'ayant  pres- 
que aucun  goût ,  n'offrant  sous  la  dent  qu'une  substance 
ligneuse  ;  il  a  été  miâien  digestion  dans  l'alcool  à  36''.  Vingt 
jours  après  j'ai  décanté  ce  premier  alcool  ;  il  avait  pris 


DE    LA   SOCtiri    T)E    PIIAllHPAGIE.  1^^ 

une  couleur  jaune  paille  très-faiMe.  Fki  mis  d'autre  al- 
cool sûr  le  marc.  Jai  ensuite  traité  ce  marc  'par  Talcool 
bouillant.  Les  liqueurs  alcooliques  réunies  rougissaient  le 

Sapier  de  tournesol  ;  mises  dans  une  capsule  sur  un  bain 
e  sable ,  elles  ont  donné  un  extrait  a  une  belle  couleur 
brune  du  poids  de  5  grains ,  rougissant  le  papier  de  tour- 
nesol ,  d'une  odeur  aromatique  approchant  de  celle  de  la 
laurine ,  d'un  ffoût  doufceâtre  mêlé  d  amer  et  désagréable , 
soluble  dans  Péther ,  insoluble  dans  l'eau ,  soluUe  dans 
1  ammoniaque  liquide.  C'est  dans  cet  extrait  ou  substance 
grasse  et  acide  que  se  trouve  le  principe  colorant  qui  fiait 
des  taches  indélébiles  sur  le  linge.  J  en  ai  appliqué  une 
petite  quantité  sur  un  morceau  de  percale  blancne ,  et  j'ai- 
produit  une  tache  rougeâtre  qui  na  pas  pu  être  enle?srée 
par  plusieurs  lavages. 

Ce  marc  delà  graine  d'avocat,  épuisé  par  l'eau,  puis 
par  l'alcool ,  était  resté  du  poids  de  1 38  grains  ;  il  a  été 
marqué  de  la  lettre  S ,  et  mis  en  macération  dans  l'ammo- 
niaque liquide  ,  qui  a  pris  une  couleur  brune  très-foncéé, 
indiquant  qu'il  y  avait  encore  beaucoup  de  matière  à  dis* 
soudre.  En  effet,  dans  l'espace  de  six  jours  j'ai  renou- 
velé deux  fois  l'anmioniaque  qui  s'est  toujours  très-char- 
gée.  (J'en  avais  employé  3  onces  à  chaque  fois).  Les  li- 
queurs ammoniacales  ont  été  mises  dans  une  capsule  pour 
être  évaporées.  J'ai  versé  de  l'eau  distillée  sur  le  marc  S  ; 
l'eau  s'est  colorée  d'un  brun  noirâtre.  J'ai  décanté  et  passé 
sur  un  linge  ,  puis  mis  d'autre  eau  sur  le  même  marc  ,  la- 
quelle s'est  encore  colorée  d'une  teinte  très- foncée.  J'ai 
aussi  renouvelé  l'eau,  jusqu'à  ce  qu'elle  soit  restée  limpide. 
D'autre  amnioniaque  liquide  a  été  versée  sur  ce  marc , 
dont  l'eau  ne  pouvait  plus  rien  enlever.  Il  a  pris  une  cou- 
leur  noirâtre  ,  et  a  dissout  encore  beaucoup  de  matière" , 
puis ,  sur  ce  même  marc ,  l'eau  a  encore  agi  et  dissout  de 
nouveau.  Ces  macérations  ont  été  répétées  jusqu'à  ce  que 
l'ammoniaque  ni  l'eau  ne  pussent  plus  rien  enlever.  Les  li- 

Îueurs  ont  été  réunies  et  évaporées  sur  un  bain  de  sable, 
l'extrait  obtenu  a  été  marqué  de  la  lettre  V.  Il  était  noi- 
râtre ,  d'une  o4eur  forte  ammoniacale.  Une  petite  portion 
de  cet  extrait  a  été  soluble  dans  Teau  et  dans  Fîilcool ,  fiui 
ont  pris  une  couleur  brune.  Quelques  gouttes  d'acide  suU 


l48       BULLETIN  DES  TRAVAUX 

furique  ont  fait  un  précipité  floçonnçux  brun  ;  la  liqueur 
est  restée  limpide.  Dans  une  autre  portion  de  cet  extrait 
V,  délayé  dans  leau ,  un  peu  il  oxide  rouge  de  fer  n'a  point 
indique  la  présence  de  l'acide  gallique.  Dans  une  autre 
portion  délayée  dans  Teau,  une  solution  de  gélatine  na 

S  oint  indiqué  la  présence  du  tannin.   Cet  extrait  V  était 
u  poids  de  94  grains.  Il  ne  tachait  point  le  linge.  L'eau 
enlevait  la  marque  brune  qu'il  y  faisait. 

Un  accident  m'ayant  fait  perdre  cet  extrait  V ,  je  n'ai 
pas  pu  pousser  plus  loin  mes  recherches  pour  en  déter- 
miner la  nature  ;  mais  j'espère  dé  le  mieux  connaître 
dans  la  suite  de  mes  recherches  sur  les  végétaux  des  An- 
tilles. 

Le  marc  S ,  après  avoir  été  épuisé  par  l'ammoniaque, 
est  resté  du  poids  de  93  grains.  Il  a  été  marqué  de  la 
lettre  X,  et  mis  *en  macération  dans  l'acide  sulfurique 
étendu  d'eau,  qui  lui  a  fait  prendre  une  couleur  noi- 
râtre j  et  l's^cide ,  ainsi  étendu,  n'a  plus  rien  enlevée  Ce  ré- 
sidu était  donc  de  la  fibre  ligneuse.  «  Cette  substance  est 
»  insoluble  dans  l'eau  et  dans T alcool.  Les  alcalis  fixes  lui 
»  donnent,  à  l'aide  de  la  chaleur,  une  couleur  brune  fon- 
»  cée.  Ils  la  ramollissent  et  la  décomposent  ;  une  dissolution 
»  alcaline  faible  la  dissout  sans  en  altérer  la  nature ,  et  On 
»  peut  l'en  précipiter  de  nouveau  par  un  acide.  Cette  pro- 
»  priété  rend  les  bois  susceptibles  a'étre  facilement  séparés 
»  de  la  plupart  des  autres  principes  végétaux  ,  puisqu'il 
»  n'y  en  a  que  très-peu  qui  soient  solubles.dans  les  lessives 
»  alcalines  faibles.  »  (  Thomson,  vol.  iv,  p.  205  ). 

Graine  d' avocat  traitée  en  premier  par  V  alcool. 

1°.  888  grains  de  la  graine  d'avocat  ont  été  piles  et  mis 
en  macération  dans  six  onces  d'alcool  à  36**.  Après  plu- 
sieurs jours  ,  l'alcool  s'était  coloré  en  orange.  Il  rougissait 
le  papier  de  tournesol.  Il  a  été  décanté ,  et  l'on  a  renouvelé 
l'alcool  jusqu'à  ce  qu'il  ne  se  soit  plus  coloré. 

2**.  Les  liqueurs  alcooliques  ont  été  filtrées  sur  un  pa- 
pier ;  elles  étaient  d'une  belle  cotileur  de  topaze.  On  les  a 
mises  dans  une  capsule  sur  un  bain  de  sable.  Arrivées  à  la 


DE    LA    SOCIÉTÉ    D£    PHARMACIE.  l49 

consistance  sirupeuse ,  elles  ont  été  sumagées  par  une 
substance  huileuse ,  grasse  ,  très-amère  ^  désagréable  ,  et 
d'une  couleur  rousse.  Je  Fai  enlevée  ,  et  eUe  s'est  trouvée 
du  poids  de  12  grains.  Elle  a  été  marquée  de  la  lettre  C. 
Le  reste  de  la  capsule  a  été  évaporé  à  siccité  ,  et  a  donné 
un  extrait  d'un  nrun  rougeâtre  du  poids  de  63  grains. 
Marquée  de  la  lettre  D,  cette  substance  m'a  semblé  être  un 
vrai  savon  végétal,  d'une  odeur  agréable. 

N.  B,  L'huile  rousse  marquée  G,  enlevée  de  dessus  le 
savon  végétal  marqué  D,  ne  s'est  point  desséchée  après  avoir 
été  exposée  plusieurs  jours  à  l'air.  Mise  dans  l'eau ,  elle  s  y 
est  précipitée.  «La  pesanteur  spécifique  du  savon  est  plus 
»  grande  que  celle  de  l'eau.  »  (  Thenard,  vol.  iv,  p.  74). 
Puis ,  l'ayant  délayée  avec  une  baguette  en  verre ,  elle  s'y 
est  fondue ,  donnant  à  Teau  une  couleur  blanche  comme 
l'aurait  fait  le  savon  ordinaire ,  y  formant  la  même  écume 
que  forme  le  savon ,  et  faisant  aussi  des  bulles  lorsqu'on 
soufflait  dans  cette  eau  avec  un  petit  tube.  Ainsi ,  la  sub- 
stance C  est  la  mémç  que  le  savon  D  ;  seulement  c'en  est 
la  partie  la  plus  huileuse.  «  Le  principe  savonneux ,  dans 
»  les  végétaux ,  est  soluble  ^dans  l'eau  et  dans  l'alcool.  « 
(  Thœnson  ). 

jRemarques  sur  le  saison  i^égétal fourni  par  la  graine  (Ta- 

v^ocat  traitée  par  V alcool. 

1®.  Ce  savon  est  d'une  couleur  rougeâtre,  d'une  odeur 
aromatique  agréable ,  d'une  consistance  deeire  molle ,  «  le 
n  savon  de  potasse  est  mou ,  il  n'a  que  la  consistance  de  la 
»  graisse  de  porc  »  (  Thomson ,  vol.  ii ,  p.  776) ,  ne  lais- 
sant aucune  couleur  dans  les  doigts  lorsqu'on  l'y  écrase , 
d'un  goût  douceâtre  mêlé  d'amertume,  et  moins  dés- 
agréable que  l'huile  grasse  ou  savon  liquide  qui  le  surna- 
geait dans  l'opération  pour  l'obtenir  ;  d  une  pesanteur  spé- 
cifique plus  grande  que  l'eau. 

2''.  Entièrement  et  promptement  soluble  dans  Teau, 
qu'il  blanchit  à  la  manière  du  savon  du  commerce ,  for- 
mant beaucoup  d'écume  lorsqu'on  l'agite ,  et  des  bulles 
comme  le  savon  ordinaire. 

3°.  Cette  eau  sitivonneuse  rougit  le  papier  de  tournesol 


ceau 


})ar  une  quantité  dacide  galliqxie  gui  s  y  trouve  en  diss€k 
ution  ^  ne  formant  aucun  précipité ,  quoique  après  un 
long  repos. 

4".  Ayant  lavé  avec  cette  eau  savonneuse  un  petit  mor- 

;au  de  percale  tachée  avec  du  suif,  ce  corps  gras  a  été 
enlevé  par  cette  eau  savonneuse;  mais  ce  savon  végétal  ^ 
contenant  de  l'acide  gallique  et  un  principe  colorant ,  a  en 
même  temps  taché  cette  percale  en  roux.  «  Le  savon  j  de 
»  quelque  nature  qu'il  soit ,  possède  la  propriété  d'enlever, 
».  de  dessus  le  linge  et  les  étoffes,  la  plupart  des  corps  gras 
»  qui  peuvent  y  être  appliqués.  »  (  Thomson ,  voL  iv , 
p.  75). 

5**.  Dans  une  dissolution  aqueuse  de  ce  savon  végétal , 
quelques  gouttes  d'acide  sulfurique  ont  produit  des  flo- 
cons nlancnàtres.  «  Une  dissolution  de  savon  est  sur-le- 
»  champ  troublée  par  la  plupart  des  acides.  »  (  Thenard>, 
vol.  IV  ,  p.  74- 

6*^.  Quelques  gouttes  d'ammoniaque  versées  dans  une  diSf- 
solution  aqueuse  de  ce  savon  ,  y  ont  produit  une  belle  cou- 
leur vineuse  ,  qui  iie  se  montrait  d  abord  qu  a  la  surface  du 
liquide ,  là  oà Taïcali  rencontrait  lacidf  gallique  s^\^c  le- 
quel ce  savon  se  trouve  combiné.  Puis,  en  remviant  lali- 
queur,  elle  a  pris  une  teinte  vineuse  en  entier.  C'est  cet 
acide  combiné  av^c  un  principe  colorant  qui  tache  le 
linge  sur  lequel  on  l'applique.  Ainsi ,  le  savon  fourni  par 
la  graine  "d'avocat  ne  pourrait  être  utile  pour  les  usages  do- 
mestiques ,  que  tout  autant  qu'on  l'aurait  dégag je.  de  ces 
principes  ,  avec  lesquels  il  est  si  intimement  uni  ,  que  le 
travail  en  secait  très-considérable. 

Il  résulte  de  l'analyse  chimique  précédente ,  que  la 
graine  d'avocat  contient ,  dans  les  proportions  qui  ont  été 
données ,  savoir  :   . 

1°.  De  la  fécule  amylacée  ; 

2°.  DeTextractif; 

3°.  De  l'eau; 

4*".  De  l'acide  gallique  ; 

5°.  Du  savon  végétal  ; 

6°.  De  la  fibre  ligneuse. 

Le  genre  laurier  (  laurus  )  offre  ixf^  grande  quantité 


DE    Lii   SOCIETE    DE    PHARMACIE.  IDI 

d'espèces.  Voici  celles  que  j  ai  trouvées  à  la  Guadeloupe, 
et  sur  lesquelles  j'ai  fait  quelques  recherches. 

1^.  Le  laurier  cannellier.  Laurus  cinnamomum.  Lin. 

Il  réussit  très-bien  à  la  Guadeloupe.  J'en  ai  vu  qui  s'é- 
levaient à  plus  de  vingt  pieds  de  haut,  et  dont  lécorce 
était  excellente. 

2°.  Le  laurier  caiïiphier.  Laurus  camphora.  Lin. 

ï'.'ii  eu  cet  arbre  dans  xsxoti  jardin,  doù  il  a  été  trans- 
porté dans  l'île  de  la  Dominique.  Ce  laurier  réussirait 
lort  bien  aux  Antilles  si  on  le  cultivait. 

3°.  Le  laurier  noble.  Laurus  nobilis,  Lîn. 

J'ai  "VU  un  de  ces  lauriers  à  la  Capestere  ,  qui  avait  12 
pieds  de  haut.  11  réussirait  très-bien  à  la  Guadeloupe 
si  on  le  cultivait. 

4".  Le  laurier  à  petites  feuilles.  Laui^us  parx^ifolia. 
Lin. 

Les  Caraïbes  s'en  servaient  pour  assaisonner  leurs 
viandes. 

La  racine  donne  une  couleur  violette.  Le  bois  est  em- 
ployé à  la  charpente,  et  assez  estimé. 

5".  Le  laurier  rouge  des  Antilles.  £attraj/7ia/*fimcc/z^zV. 
Jacquin. 

Variété  du  laurus  borbonnia.  C'est  un  grand  arbre  dont 
le  bois  est  blanchâtre  et  tendre.  On  ne  l'emploie  point. 

6°.  Le  bois  négresse  à  la  Guadeloupe.  Laur^is  pendu- 
la.  Lin. 

Les  nègres  en  recherchenf  les  branches  pour  emman- 
cher leurs  houes ,  parce  que  ce  bois  est  léger  et  fort. 

7°.  Le  bois  colique  des  nègres.  Laurus  coriacea.  Lin. 

8°.  Le  bois  fourmi  des  nègres.  Laurus  saliùifolia. 
Lin. 

9®.  Laurus  éxaltata, 

10**.  Le  laurier  bois  jauiie. *Z^nii  chloroTc^lcn. 

11*".  Le  laurier  &£ruits  ronds.  Laurus  globosa.  Lin. 

Ses  racines  donnent  une  cou]:€ur  vitilette. 


iSa        BULLETIN  DES  TRAVAUX 


EXAMEN 

De  la  matière  cristallisable  de  V huile  {volatile  de  fieiir 
d* oranger  y  par  M,  h..Vhi%soix^  pharmojcien  attaché  à 
la  Pharmacie  centrale* 

Malgré  quelques  recherches  heureuses  de  plusieurs  sa- 
vons sur  les  huiles  volatiles ,  l'histoire  de  ces  suhstances 
est  encore  très-incomplète  et  bien  loin  d'avoir  reçu  tout 
le  développement  dont  elle  est  susceptible.  D'un  côté,  si 
Ton  commence  à  connaître  assez  bien  la  plupart  de  leurs 
propriétés  physiques  et  chimiques;  de  l'autre,  quelle  in- 
certitude ne  règne-t-il  pas  sur  leur  composition?  Elles 
ne  psgraissent  pas  en  effet  (exemple ,  essence  de  térében- 
thine) toujours  formées,  comme  les  huiles  fixes,  de  deux 
principes  immédiats  ;  et,  quand  cela  serait  (ex.  ,  huiles 
essentielles  de  roses,  J'anis),  ces  deux  nouveaux  principes, 
déjà  nommés  igrusine,  séreusine,  seraient-ils  toujours 
comparables  à  l'élaïne  et  à  la  stéarine?  Mon  but  n'étant 
pas  ici  de  résoudre  ces  difficultés ,  je  ne  ferai  mention 
que  des  expériences  de  M.  Boullay  père,  comme  étant 
les  seules  auxquelles  les  miennes  se  rapportent  direc- 
tement. 

Pour  enlever  d'un  flacon  de  l'essence  de  fleur  d'oran- 
ger, j'avais  pris  de  l'alcool  que  j'avais,  l'année  dernière, 
employé  à  pareil  usage.  Cet  alcool  avait  déposé  un  assez 
grand  nombre  de  paillettes  Manches,  qui,  par  leur  brillant 
aspect ,  attirèrent  mon  attention;  et,  dès  de  moment,  je 
résolus  d'en  examiner  la  nature.  J'avais  terminé  cet  exa- 
men, et  je  recherchais  des  analogies,  lorsque  M.  Henry 
fils  me  donna  communication  du  travail  de  M^  Boullay , 


DE   hk  SOCIBTB   DE   PlIABMACiE.  l53 

lequel,  n'ayant  pas  été  publié  à  cette  époque  (i) ,  m'était 
demeuré  tout-<a-fait  inconnu  :  comme  ce  savant  pharma- 
cien TOUS  a  oflêrt  la  matière  cristalline  du  neroli  encore 
knpure,  et  que  j'ai  pu  faire  l'étude  de  celle*ci  avec  hssez 
de  détails  pour  l'estimer  une  substance  particulière,  je 
vous  demanderai  la  permission  de  vous  en  entretenir 
aujourd'hui  de  nouveau. 

Préparation.  Ayant  observé  que  cette  matière»  cristal- 
line s'était  séparée  de  l'alcool  qui  la  tenait  en  solution , 
jai  été  conduit,  de  même  que  M.  Boullay,  à  employer 
ce  véhicule  pour  en  recueillir  une  quantité  plus  considé- 
rable. La  préparation  de  cette  substance  est  donc  fort 
simple ,  et  consiste  à  ajouter  de  l'alcool  35o  Baume ,  à  de 
l'huile  volatile  de  fleur  d'oranger,  jusqu'à  ce  qu'il  cesse 
de  se  produire  un  précipité  blanc.  Ce  précipité,  quicom- 
'  menée  à  paraître  vers  la  fin  de  la  solution  de  toute  l'huile, 
et  qui  se  continue  même  après  cette  solution  pendant 
un  certain  temps,  est  le  produit  cherché  (2).  On  le  purifie 
en  l'édulcorant  avec  de  l'alcool ,  le  dissolvant  dans  l'éther 
sulfurique  et  le  précipitant  de  nouveau  par  le  premier 
menstrue.  Pour  l'avoir  cristallisé,  comme  je  vous  le  pré- 
sente ,  on  évapore  spontanément  son  soluté  dans  l'éther, 
et  on  arrête  Tévaporation  quand  oh  juge  qu'il  s'est  formé 
un  assez  grand  nombre  de  cristaux.  L'huile  volatile  ré- 
cente donne  en  produit  un  peu  plus  de  la  centième  par- 
tie de  son  ])oids ,  au  bout  d'un  an ,  elle  fournit  beaucoup 
moins,  et,  si  elle  est  encore  plus  vieille ,  l'alcool  n'y  occa- 
sione  plus  de  précipité.  Dans  cette  dernière  circonstance , 


'  0)  Ce  trayaU  a  été  depuis  imprimé  sons-  le  titre  d*Obtervaii<ms  sut* 
la  composition  des  huiles  volatiles ,  et  .particulièrement  de  celles  de  fleurs 
d'oranger  et  de  cannelle ,  dans  le  Journ.  de  Pharmacie,  tome  14,  p.  497. 
(2)  L'alcool  contenant  Thuile  essentielle,  déposerait  encore  sans 
doute  à  la  longue  des  paillettes  blanches  ;  quelques  jours  sont  insoffî- 
sans  pour  produire  ce  résultat.  C 

XV.  Année.  —  Mars  1 829.  11' 


l54        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

la  matière  cristalline  a  contribué  à  former  un  dépôt  où  il 
est  assez  difficile  de  la  reconnaître. 

Propriétés,  La  matière  cristallisable  du  neroli  peut 
s'ojbtenir  parTéther  sous  forme  de  cristaux  blancs,  nacrés , 
sans  odeur,  sans  saveur,  sans  action,  sur  les  couleurs 
végétales,  ainsi  que  leur  soluté  dans  l'alcool  ou  l'étber  :  C6S 
cristaux  ressemblent  assez  bien  à  du  blanc  de  baleine 
légèrement  trituré. 

Par  Faction  d'une  cbaleur  lentement-  progressive,  elle 
se  ramollit  vers  le  5o**  centésimal ,  et  est  en  fusion  au  55"®- 
Par  le  refroidissement ,  elle  ne  cristallise  pas  régulière- 
ment ^  elle  prend  en  une  masse  un  peu  diaphane  ayant 
l'aspect  et  la  cassure  de  la  cire. 

Sous  ce  dernier  état,  sa  pesanteur  spécifique  est  de 
0,913  à  la  température  de  i^"*  Réaumur  :  par  conséquent, 
elle  est,  ainsi  que  la  annoncé  M.  Boullay,  plus  légère 
que  l'eau,  plus  pesante  que  l'alcool. 

En  l'exposant,  dans  un  espace  vide,  à  une  tempéra- 
ture qui  ne  soit  pas  trop  élevée ,  elle  fond  ,  se  volatilise , 
se  solidifie  par  son  retour  à  la  température  ordinaire ,  et 
conserve  sans  doute  toutes  ses  propriétés  primitives^ 
puisqu'elle  n'a  laissé  aucun  résidu ,  ne  s'est  pas  colorée  , 
et  n'a  point  augmenté  l'espace  où  elle  a  éprouvé  la  subli- 
mation. Quelques  semaines  d'exposition  à  l'air  ne  lui  font 
subir  aucune  altération;  peut-être  rancirait-elle  par  un 
contact  plus  prolongé. 

Soumise  à  l'action  du  feu  dans  un  volume  d'air  déter- 
miné, une  partie  se  volatilisjB,  une  autre  se  décomposç 
en  prenant  une  teinte  brune ,  et ,  comme  le  volume  de 
l'air  a  diminué,  il  s'est  donc  produit  de  l'eau;  il  ne  se 
forme  pas  de  corps  azoté.  ^ 

Elle  est  entièrement  insoluble  dans  l'eau  ;  elle  peut  se 
dissoudre  dans  60  parties  d'alcool  bouillant  (44**  Baume) , 
et  s'en  séparer  sous  forme  d'écaillés  peu  distinctes  ;  elle  se 
dissout  très-bien  à  chaud  dans  l'essence  de  térébenthine, 


',  / 


1>E    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHABMAGIE,  l55 

et  par  le  refroidissement  elle  cristallise  en  lames  transpa- 
rentes; l'huile  mère  en  retient  à  peine;  Téther  sulfuriqrie 
est  son  meilleur  dissolvant,  à  froid  même  il  peut  s'en 
charger  d'une  qiiantité  considérable,  et  Tabandonner  en 
masse  par  l'eau  ou  l'alcooL 

L  acide  sulfurique  concentré  ne  l'attaque  pas  à  froid  ; 
à  chaud  il  la  carbonise,  en  donnant  lieu  à  du  gaz  sulfu- 
reux, etc. 

Tenue  dans  25  fois  sou  poids  d'acide  nitrique,  concen* 
iré  en  ébullition  tout  le  temps  nécessaire  pour  qu'il  s'éva- 
pore la  moitié  de  Tacide,  une  partie  se  volatilise  et 
l'autre  reste  inattaquée.  En  répétant  cette  expérience 
avec  des  cristaux  impurs  qui  s'étaient  déposés  lentement 
d'un  soluté  alcoolique  de  néroli ,  le  laboratoire  s'est  rempli 
d'une  très-douce  odeur  d'ambre  et  de  musc. 

L'acide  hydrochlorique  à  toutes  températures  n'exerce 
sur  elle  aucune  action. 

J'ai  tenté  en  vain  d'en  opérer  la  saponification  en  me 
eonfopnant  au  procédé  décrit  par  M.Chevreul.  Je  me  suis 
assuré  que ,  d^gois  son  contact  avec  la*  potasse  caustique, 
celle-ci  nen dissolvait  qu'une  excessivement  petite  quan- 
tité et  qu'elle  ne  donnait  lieu  à  aucun  acide. 

'11  me. reste  maintenant  à  décider  si  cette  substance  est 
réellement  une  partie  indispensable  de  l'huile  essentielle 
de  fleur  d'oranger,  ou  si  elle  ne  s'y  trouve  qu'accidentel- 
lement,  ayaiA  été  entraînée  par  la  vapeur  aqueuse. 

Etant  par  elle-même  insipide ,  inodore,  l'ayant  recher- 
chée inutilement  dans  plusieurs  essences  nouvelles , 
l'ayant  séparée  du  néroli  sans  que  celui-ci  éprouvât  de 
changemens  dans  ses  propriétés  d'huile  volatile ,  je  crois 
que  l'existence  de  ces de^ix  corps  est  tout-à-fait  jndépèn- 
dante  l'une  de  l'autre ,  et  que  le  néroli  est  plutôt  purifié 
que  décomposé  par  la  distraction  de  la  matière  cristalli- 
sable  qui  l'accompagne. 

Cette  matière,  comme  on  peut  le  voir  maintenuxit. 


j5^  bulletin  des  travaux     * 

jouit  de  propriétés  qui  la  distinguent  de  toutes  les  autres. 
La  myricine  est  celle  qui  s'en  rapproche  le  plus  ;  elle  en 
diffère  cependant,  parce  que  cette  myricine,  d'après 
MM.  Boissenot  et  Bpudet,  ne  fond  qu'à  65?  ;  parce  que, 
d'après  John ,  ainsi  que  nous  l'apprend  M.  Virey,  la  ray- 
ricuie  est  "^eu  soluble  dans  l'éther,  même  à  l'aide  de  la 
chaleur,  ^t  que,  dissoute  en  grande  quantité  par  l'essence 
de  térébenthine  à  chaud ,  elle  ne  s'en  précipite  pas  par 
le  refroidissement  ;  parce  qu'enfin  l'acide  nitrique  peut 
attaquer  à  chaud  la  myricine. 

D'après  lensemble  de  ces  considérations,  il  me  semble 
couyenable  d'envisager  le  corps  que  je  vous  présente 
comn^e  une  ma  tierce  particuli^e  pour  laquelle  je  tous 
proposerai  le  nom  (1)  d'aurade  {aurantium,  adeps,) 
L'aurade  viendra  naturellement  se  ranger  dans  la  classe 
des  corps,  gras ,  auprès  de  la  chcdestérine ,  de  l'ambréiâe, 
de  la  myricine,  de  Téthal  et  de  la  céraïne;  mais  elle  for- 
mera un  genre  nouveau  dont  eUe  sera  la  première  espèce , 
et  qui  comprendra  toutes  les  substances  qui  seront, inal- 
térables  par  Tacide  nitrique  et  les  alcalis  caustiques. 

En  recherchant  l'aurade  dans  les  huiles  volatiles  ,  l'une 
d'elles  m'a  présenté  un  fait. que  je  crois  devoir 'puliliér. 
De  l'essence  de  citron  avait  laissé  déposer,  danâ  Le-  flacon 
où  on  la  conservait,  une  matière  résineuse,  laquelle  m'a 
fourni  des  cristaux  en  la  traitant  par  l'alcool  et  l'eau.  Ces 
cristaux  sont  très-petits,  satinés,  amers,  eticore  légère-^ 
ment  jaunes,  peu  solubles  dai^s  l'eau  bouillante ,  .mais 
en  plus  grande  quantité  que  dans  l'eau  fi;oide  ;  la  potasse 
caustique  rend  cette,  solution  très-facile  à  froid,  et  les 

(1)  Le  nom  daurade  est  préférable  a  •celui  d'auradine,  ce   dernier' 
ayant  l'inconvénient  de  xappeler  les  alcalis  organiques.  Il  semit  à  dé- 
sirer que  toutes  les  substances  grasses  finissent  en  ade ,  ou  ».  )ate  autre , 
terminaison  qui,  en  faisant  connaître  leur  nature,  empêcherait  par  cela 
même  de  les  confondre  avec  des  corps  jouissant  de  propriétés  tout-à- 
fait  différentes. 


DE   £A   SOCtiné    DE    FHARXASGIE.  tS'J 

cri&tâux  peuvent  être  précipités  sans  altération  par  l'ad- 
dition d'un  acide  ;  l'acide  sulfurique.  les  fait  passer  suc- 
cessivement du  jaune  oranger  ^  un  rouge  éclatant  ;  Tacide 
nitrique  les  convertit  en- acide  oxalique,  etc.;  etc.  Ces 
cristaux  étaient  donc  l'hespéridine  de  M.  Lebretoh  ;  ce- 
pendant je  dois  dire  qu'ils  ne  changeaient  pas  la  teinte  du 
perhydrochloratfe  de  fer,  et  qu'ils  le  dissolvaient  dans  Tes- 
sence  de  térébenthine  à  l'aide  de  la  chaleur. 

Je  terminerai ,  Messieurs ,  en  vous  donnant  connais- 
sance d'une  note  qu'a  bien  voulu  me  remettre  M.Lecanu, 
sur  la  nature  des  cristaux  qui  se  fomient  à  la  longue  dans 
l'huile  volatile  de  cannelle. 

Les  cristaux,  dont  je  vous  remets  ci-joint  un  échantillon, 
Ont  été  séparés  par  décantation  d'une  huilé  de  cannelle  assez 
ancienne ,  au  fond  de  laquelle  ils  s'étaient  déposés.  Ils 
étaient  primitivement  légèrement  colorés  en  rouge-brun  j 
mais  ,  après  deux  ou  trois  lavages  avec  l'alcool ,  ils  sont 
devenus  presque  complètement  blancs  ,  en  même  temps 
qu'ils  ont  perdu  une  grande  partie  de  la  forte  odeur  de 
cannelle  qu'ils  exhalaient  d'abord. 

Lorsqu'on  les  chauffe  avec  précaution ,  ils  se  fondent  en 
un  liquide  limpide ,  susceptible ,  par  le  refroidissement  y 
de  se  piaendre  eu  masse  cristalline.  Lorsqu'on  les  chauffe 
plus  f^te'mtot ,  une  portion  se  décompose  et  l'autre  vient 
se  sublimer  à  la  partie  supérieure  du  tube  sans  paraître 
altérée ,  ou  si  la  chaleur  et  le  refroidissement  ont  été  con- 
venablement taénagés,  on  les  obtient  Sublimés  en  longues  * 
aiguilles  soyeuses  et  satinées. 

L'alcool ,  i'éther,  dissolvent  les  cristaux  de  l'huile  de 
cannelle  en  très-grande  proportion ,  surtout  à  thaud ,  et  la 
dissolution  qui  en  résulte  rougit  fortement  le  papier  bleu 
de  tournesol.  Il  en  est  de  même  des  huiles  volatiles  qui 
De  dissolvent  que  faiblement  l'acide  succinique,  avec  \é^ 
quel  l'acide  benzoïque  a ,  comme  on  le  sait ,  la  plus  grande 
analogie.  L'eaù,  au  contraire,  ne  les  dissout  que  difficile-^ 


l58  BULLETIN    DES   TRAVAUX 

ment ,  et  les  précipite  en  flocons  blanchâtres  de  leur  dis- 
solution alcoolique. . 

A  laide  de  la  chaleur,  l'acide  nitrique  ne  tarde  pas  à  les 
dissoudre;  il  se  dégage  des  vapeurs  rutilantes  ;  mais  ces 
vapeurs  doivent  être  attribuées  à  la  présence  d'une  ma- 
tière organique  étrangère ,  car  elles  ne  tardent  pas  à  dis- 
paraître, et  si  Ion  concentre  la  liqueur,  et  qu'on  l'aban- 
donne à  elle-même ,  la  matière  solide  ihise  en  expérience 
s'en  sépare  par  suite  du  refroidissement  sans  paraître  avoir 
subi  de  l'altération. 

Il  me  Semble  que  cet  ensemble  de  propriétés  ne  s  est 
encore  rencontré  que  dans  l'acide  benzoïque ,  et  que  l'on 
peut  par  conséquent  conclure,  des  expériences  auxquelles 
je  les  ai  soumis,  que  les  cristaux  séparés  de  l'huile  volatile 
de  cannelle  en  sont  essentiellement  formés.  Ils  diffèrent 
donc  des  cristaux  observés  dans  cette  huile  par  M.  Boul* 
lay,  puisque  cet 'habile  pharmacien  les  assimile  aux  cris- 
taux neutres  séparés  de  l'huile  de  néroli. 


t%»%<»»%<»»^^%%»Mil<»^>»%»\%»\%»»»»»'\»%%»%»»\%%lt,- 


HISTOIRE  NATURELLE 

de  la  Guêpe  i^égétale  de  la  Guadeloupe,  par  ,M..  J.-B. 
Ricord-Madianna  ,  médecin  à  la  Guadeloupe. 

Un  jour,  étant  sur  les  bords  de  la  petite  JRwière- 
du'Coin^  au  quartier  de  la  Baie^MahauM  ,  ile  de  la 
Guadeloupe ,  occupé  à  récolter  quelques  plantes  pour, 
mon  herbier ,  je  vis  contre  le  tronc  d'un  vieux  poirier 
(Bignonia  pentaphylla^  Lin.),  un  nid  de  guêpes  qui 
attira  mon  attention.  J'observai  que  la  plus  grande  par- 
tie de  ces  insectes  tombaient  à  mesure  qu'ils  sortaient 
des  alvéoles  du  nid  où  ils  avaient  été  nourris.  Je  m'a- 
vançai de  plus  près ,  et ,  à  ma  grande  surprise ,  je  vis  que 
chaque  guêpe  portait  à  la  partie  postérieure  du  sternum 


I)C  LA  SOCIÉTÉ  DE    phahatacie.  i5g 

une  espèce  de  y^iétation  qui  les  empêchait  de  voler 
et  les  faisait  tomber  par  terre ,  sans  qu  elles  pussent  re- 
prendre leur  vol.  Il  y  avait  cependant  quelques  unes 
de  ces  guêpes  qui  n^étaient  point  embarrassées  de  cette 
excroiscence ,  et  qui  voltigeaient  tout  autour  du  nid ,  dans 
lequel  j'observai  aussi  quelques  larves  encore  dans  leurs 
alvéoles  y  et  qui  portaient  le  même  fardeau  ;  mais  leurs  ex- 
croiscences  étaient  infiniment  plus  petites  ^  n'ayant ,  de 
même  que  ces  larves ,  point  encore  atteint  tout  leur  dé- 
veloppement. Je  me  mis  alors  à  faire  provision  de  ces 
insectes  pour  ma  collection ,  et  tenant  une  de  ces  guêpes 
à  la  main ,  j  observai  que  la  plante  cryptogame  qui  s'éle- 
vait de  son  sternum  pouvait  avoir  cinq  à  six  lignes  de 
long  (il  y  en  avait  de  plus  longues) ,  était  de  Fépaisîfeur 
d'un  gros  fil  à  coudre ,  et  terminée  par  une  tête  ovale  de 
deux  lignes  de  haut,  en  fohne  de  massue;  la  couleur  de 
cette  végétation  était  brune. 

Ce  cryptogame  était  le  même  que  celui  que  Dicksonadé- 
crit  en  Angleterre  sous  le  nom  de  Sphœria  entomorhiza  ; 
mais  il  ne  l'a  jamais  rencontré  que  sur  Içs  larves  mortes  des 
insectes,  comme  il  nous  le  dit  dans  son  ouvrage.  Il  est  aussi 
à  remarquer"  que  notre  plante  parasite,  ainsi  que  l'a  ob-  . 
serve  M.  A.  Holsey  de  New-Yorck  (1)  (  à  qui  j'ai  donné 
quelques-unes  de  ces  guêpes)  difi'ère  un  peu  de  celle  dé- 
crite par  Dickson ,  dont  le  capitulum,  ou  espèce  de  massue 
qui  la  termine ,  est  globuleux  au  lieu  d^être  ovale ,  comme 
on  le  voit  sur  la  guêpe  végétale  de  la  Guadeloupe.  Il  est 
probable  que  la  production  de  ces  végétations  parasites 
sur  nos  guêpes  est  due  au  vent  qui  en  apporte  les  graines 
sur  les  nids  de  guêpes^  lorsqu'elles  sont  encore  en  lar- 
ves ,  et  que  les  plantes  parasites  croissent  en  même  temps 
que  les  insectes  ,  et  les  font  périr  au  moment  où  ils  veu- 
lent s'envoler.  Le  savant  M.  A.  Holsey  de  New-Yorck , 

(1)  Annales  du  Lyceum  d'histoire  naturelle  de  New-Ybrck  (  dont  je 
suis  membre  ) ,  mai  1824. 


i6q       BVLLETI^  des  tr^avaux,  etq^ 

dont  je  in'hoxiQre  d'être  l'ami ,  s'explique  ainsi  rdatiTe-' 
ment  à  cette  végétation  :  «  On  peut  mettre  en  doute 
»  qu  un  végétal  puisse  s'implanter  et  vivre  sur  un  animal, 
j»  tandis  que  ce  dernier  jouit  de  toute  sa  vigueur;  mais 
»  il  est  possible  qu'une  faible  larve  d'insecte  satis  mou- 
»  vement  puisse  recevoir  une  graine  parasite  et  se  déve* 
»  lopperavec  elle  jusqu'à  sa  métataorphose  complète.  Ce 
»  qui  offre  quelque  analogie  avec  les  vers  intestinaux  ,  tels 
»  que  les  tœnia ,  ascarides  ,  tetraguja  <,  hydatides ,  etc. , 
y  que  l'on  trouve  le  plus  souvent  chez  les  animaux  faibles 
»  et  d'une  santé  languissante.  » 

J'ai  aussi  aussi  vu  à  la  Guadeloupe  l'espèce  de  sphinx 
végétal  auquel  M.  de  Schweinitz  adonné  le  nom  dUsaria 
jq)hmgum.  Le  genre  Isaria  (1)  a  été  établi  par  Pers.  Il  se 
trouve  sur  les  insectes  morts  ,  .et  les  espèces  de  ce  genre 
prennent  leur  nom  des  différentes  espèces  d'insectes  sur 
lesquels  on  les  trouve. 

\ 

BIBLIOGRAPHIE. 


Deutsches  iàlvrbueh  fur  die  Pharmacie^,  etc. ,  Annuaire  allemand  pour  la 
pharmacie ,  etc. ,  par  Wilbelh  Meissner,  pharmacien  à  Halle  sur  la 
Saal ,  in-18.  Berlin ,  1 828. 

Cette  quinzième  partie  comprend,  comme  les  précédentes,  divers 
mémoires  intéressans  de  Bucholz  et  d'autres  chimistes  sur  les  corps 
gras ,  un  de  Hornemann  sur  Yèponge  officinale ,  dans  laquelle  il  a  trouvé, 
outre  une  matière  animale  et  une  matière  grasse,  de  Thydriodute  de 
soude  et  de  Tiode ,  puis  divers  sels ,  du  phosphate  de  chaux  et  des  bases 
terreuses,  Textrait  du  mémoire  de  JVIM.  Dumas  et  P.  Boullay  sur  les 
éthers,  et  plusieurs  petits  articules.  J.-J.  V. 

(1)  Synop.  Fung.  Carol.  sup. ,  p.  100. 


PARIS. IMPRIMERIE   DE   FAIN ,    RUE    RACINE,    N**.    4, 

PLACE  DE  I.*0J)É0I1. 


JOURNAL 

DE  PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES 


N^.  IV.  — 15®-  Année.  —  Avril  1829. 


Procédé  pour  extraire  l'urée  de  l'urine  humaine  ; 

Par  M.  Henrt  fils,  sous-chef  à  la  pharmacie  centrale. 

L'urée ,  corps  singulier ,  découvert  dans  l'urine  par 
Rouelle  le  jeune,  a  été  l'objet  d'un  grand  nombre  de 
rechercbes  très-intéressantes,  soit  de  Cruishanck,  de 
Proust,  etc.,  et  surtout  de  MM.  Fourcroy  et  Vauquelin. 
C'est  même  à  ces  deux  savans  que  nous  devons  presque 
tout  ce  que  Ton  sait  sur  ce  principe  cristallisablé ,  qui 
depuis  peu  a  été  obtenu  artificiellement  par  M.  Wohler 
en  combinant  l'ammoniaque  avec  l'acide  qu'il  désigne 
sous  le  nom  d'acide  cyanique  ou  avec  ses  élémens  (1).    "* 

Déjà  l'urée  a  plusieurs  fois  été  essayée  dans  la  théra-i 


'  (1)  Cet  acide  ne  paraît  pas  être  le  même  que  celai  découvert  par 
M.  SerullaSy  comme  ce  chimiste  Ta  démontré. 

Xy\  Année,  — A^^ril\%29.  12 


102  JOURNAL 

peutiqu^e  pour  conibattre  diverses  affections  morbides, 
et  principalemait  celle  du  diabète  dans  lequel  ce  prin- 
cipe a  disparu  souvent  en  totalité  de  Turine;  mais  ces  di- 
verses tentatives  sont  presque  toutes  restées  sans  succès. 
Depuis  quelque  temps  de  nouvelles  expériences  sur  le 
même  corps  et  dirigées  dans  un  autre  but,  ont  été  re- 
prises à  l'hôpital  Saint- Antoine,  et  la  plupart  ont  offert 
des  résultats  satisfaisans. 

Pour  répondre  aux  demandes  de  MM.  les  médecins,  nous 
avoQ^^  été  forcés  de  préparer  des  quantités  assez  grandes 
d'uréé,  et  à  cet  effet  ïious  avons  d'abord  s^uivi  le  procédé 
décrit  dans  Fouvrage  de  M.  Thenard;  qui  consiste, 
comme  on  le  sait ,  à  décomposer  le  nitrate  acide  d'urée 
par  le  carbonate  de  potasse  et  lalcoDl  très-rectifié.  Mais 
ce  mode  ingénieux  exige  de  longues  manipulations;  et 
par  l'action  soit  de  l'acide  nitWque,  soit  de  la  chaleur 
prolongée  sur  la  matière  cristallisable  de  l'urine,  on 
n'obtient  jamais  qu'un  prod>uit  peu  abondant^  très-éloi- 
gnédela  proportion  d'urée  que  l'analyse  indique,  trois 
centièmes.  J'ai  donc  cru  devoir  recourir  à  d'autres  moyens 
plus  économiques  et  plus  prompts  pour  extraire  ce 
principe,,  et  c'est  dans  cette  vue  que  j'ai  tenté  les  essais 
chimiques  dont  je  vais  avoir  1  honneur  d'entretenir 
la  section  de  pharmacie  ;  je  rapporterai  toutefois  aupa- 
ravant le  procédé  de  ^I.  Thenard  modifié,  et  tel  que 
nous  l'avons  exécuté  à  la  Pharmacie  centrale  des  hôpitaux 
civils  de  Paris  ;  le  voici  : 

On  prend  l'urine  humaine  récente,  on  la  fait  évaporer 
en  consistance  du  sirop  clair^  à  une  chaleur  soutenu^; 
on  laisse  déposer  les  sels  microcosmiques ,  et  le  liquide 
décanté  avec  soin  est  concentré  de  nouveau  légèrement  ; 
quand  il  est  refroidi ,  on  y  verse  environ  les  deux  tiers 
de  son  volume  d'acide  nitrique  du  commerce-,  presque 
aussitôt  il  se  forme  une  masse  cristalline ,  confuse ,  mi- 
cacée, formée  de  beaucoup  de  nitrate  acide  d'urée.  Cette 


DE      PHARMACIE.  x63 

m^Mi^^  4gQUtMe  ftvec  soiin ,  Iai8sç4iiii«i  écouler  un  liquide 
épais ,.  rw^eàtre ,  extrémemeat  acide  et  contenant  pro** 
bablewent  be^^ucoup  d'urée ,  ou  le»  élémens  de  ee  prin- 
cipe décODp^po^é  ;  oa  le  rejette  vu  la  difficulté  d'ea  retirer 
le  nitrate  rqstant. 

Quant  au  nitrate  d  urée  ,  il  renferme  une  grande  qûah*- 
lité  de  mucus  ou  de  matière  animale ,  et  du  phosphate 
de  chaux  «à  peu  près  le  tiers  de  son  poids.  Pour  obvier 
h  l'ioconvénient  de  faire  agir  lalcpol  à  40<»  sur  des  dé* 
pots  trop  abondans,  et  pour  éviter  peut-^étre  la  solubi-. 
Jité  d'upe  certaine  proportion  de  matière  animale  à 
laide  du  carbonate  de  potasse,  ainsi  que  la  formation 
du  phosphate  de  cette  base,  nous  purifions  le  nitrate 
acide  d'urée  exprimé  convenablement  en  le  traitant  par 
1  eau  distillée  qui  laisse  le  phosphate  <alcaire  et  le  mu- 
cus en  partie  intacte  (le  nitrate  acide  peut  cristalliser 
par.  évaporation  ) ,  Nous  concentrons  au  bain*maric  en 
sirop  et  nous  ajoutons  par  portions  le  carbonate  de  po- 
tasse réduit  en  poudre  jusqu'à  ce  que  le  liquide  soit 
neutre^  On  évapore  alors  de  nouveau ,  et  à  siccijté ,  tou* 
jours  au  bain-marie ,  et  le  résidu  pulvérisé  mis  en.  di- 
gestion dans  IViIcool  à  40°  laisse  dissoudre  Turée ,  qui 
cristallise  lorsque lalcool  en  a  été  séparé  par  la  distilla* 
tion ,'  purifiée  alors  par  de  nouvelles  cristallisations  et  à 
laide  du  charbon  animal,  elle  se  présente  en  aiguilles 
soyeuses  ou  prismatiques,  blanches,  très-nsolubles  dans 
leau ,  l'alcool ,  Téther  sulfurique ,  d'une  saveur  fraiche 
brûlant  sur  les  charbQps  saps  laisser  de  résidu  et  en  dé- 
gageant une  odeur  animale.  Si  elle  renferme  du  nitrate 
dépotasse,  ellejais^ra  aprè?  la  calcination  un  peu  de 
potasse;  si  elle  renferme  du  nitrate  d  ammoniaque,  oe 
qui  pourrait  avoir  lieu  dans  ce  procédé,  elle,  dégagera 
cçt  akali  par  la  tiituration  avQC  l'Jiydrate  de  chaux  ou 
de  plçunb ,  et  fusera  ou  détonera  sur  les  charbons  ar- 
dens.  Ig^pfin  mêlée  avec  du  wivre   ep  limaille,  et  de 

12. 


i64  JOURNAL 

lacide  sulfurique  étendu  d'eau,  il  se  produira  de  Tacidé 
nitreux ,  ce  qui  n  a  pas  lieu  quand  l'urée  est  pure.. 

On  peut  remarquer  quels  soins,  et  quelles  manipu- 
lations nécessite  ce  procédé;  l'emploi  de  la  chaleur  pro- 
longée, l'acide  nitrique,  le  carbonate  de  potasse  sont  de 
plus  capables  4'a'^^^^^  ^^^  partie  du  produit,  ce  tjue 
prouve  au  reste  le  résultat.  Enfin  la  valeur  assez  élevée 
des  substances  dont  on  fait  usage  augmente  encore  le 
prix  de  cette  opération  qui  exige  beaucoup  de  temps, 
et  qui  peut  facilement  donner  un  corps  impur,  si  on 
n'emploie  pas  l'alcool  très-déphlegmé,et  les  matières  bien 
préalablement  desséchées.  Aussi  l'inconvénient  de  la 
présence  du  nitrate  de  potasse  avait  fait  proposer  par  ' 
M.  Proust  la  su}>stitulion  de  la  céruse  à  la  place  du 
carbonate  de  potasse,  à  cause  de  la  moindre  solubilité 
du  nitrate  de  plomb;  il  fallait  toutefois  alors  bien  s'as- 
surer de  l'absence  de  ce  nouveau  sel  dans  l'urée  obtenue. 

Quant  au  mode  suivi  par  MM.  Fourcroy  et  Vauquelin, 
dans  lequel  on  sépare  l'urée  en  concentrant  l'urine  en 
sirop ,  et  la  traitant  par  l'alcool  très-rectifié ,  il  nous  a  mal 
réussi  en  grand,  en  raison  de  la  présence  d'une  matière 
animale  qui  peut-être  préexistait ,  ou  que  la  chaleur  a 
modifiée  de  manière  à  la  rendre  très-soluble  dans  ce 
menstrue,  et  qui  s'oppos>e  beaucoup  à  la  cristallisation 
de  l'urée.  Il  peut  de  plus  rester  avec  l'urée  quelques  sels 
de  l'urine  solubles  dans  l'alcool. 

Occupé  des  divers  inconvéniens  existant  dans  ces  pro- 
cédés ,  j'avais  songé  d'abord  à  extraire  l'urée  sans  recourir 
à  l'emploi  de  l'alcool ,  et  pour  cela  j'avais  essayé  de  Ift 
combiner  avec  les  acides  tartrique  ou  oxalique ,  en  agis 
sant  sur  l'urine  concentrée  ,  comme  avec  l'acide  nitrique 
(  les  solutions  acides  étaient  aussi  concentrées  que  pos- 
sible). Je  recueillais  ensuite  le  sel  d'urée  formée  et  après 
l'avoir  exprimé  pour  en  séparer  l'eau-mère  visqueuse ,  je 
décomposais  les  sels  au  moyen  d6  la  chaux  en  léger  excès  ; 


DE    PB  ARMACtE. 


l65 


le  trailemen^  par  Teau  pure  enlevait  ensuite  facilement 
l'urée,  qu'il  fallait  purifier  par  cristallisation. 
•  A  l'aide  de  quelques  manipulations  accessoires  peu  dis- 
pendieuses ,  je  retirais  des  tirtrate  et  oxalate  de  chaux 
la  majeure  partie  des  acides  qui,  quoique  impurs,  pou- 
vaient servir  de  nouveau  à  une  opération  semblable. 

Dans  ces  deux  essais  ,  l'acide  tartrique  ne  ma  pres- 
que nullement  réussi ,  et  quoique  l'autre  m'ait  donné  des 
résultats  plus  satisfaisans ,  je  me  suis  vu  forcé  de  l'aban- 
donner aussi.  Je  m'arrêtai  donc  au  procédé  suivant,  qui 
m'a  paru  beaucoup  plus  économique  que  tous  les  autres, 
et  dont  j  ai  retiré ,  de  plus,  d'assez  bons  produits. 

Procédé  pour  extraire  l'urée. 

Je  verse  dans  l'urine  fraîche  un  léger  excès  de  sous- 
acétate  de  plomb  ou  d'hydrate  de  ce  métal;  le  dépôt  ren- 
ferme ,  outre  les  sels  formés  par  l'union  du  plomb  avec 
divers  acides  des  sels  de  l'urine,  un  composé  produit  aussi 
par  la  précipitation  du  mucus  et  d  une  grande  partie  dç 
la  matière  animale,  à  l'aide  du  sel  employé  (1). 

La  liqueur,  décantée ,  est  additionnée  d'acide  sulfuri- 
que  en  petit  excès  pour  séparer  tout  le  plomb,  et  ensuite 
pour  pouvoir  réagir,  pendant  l'évaporation ,  sur  les  acé- 
tates de  soude  et  de  chaux  qui  ont  pu  se  former.  Après 
avoir  séparé  le  précipité  blanc  ,  on  concentre  très-rapi- 
dement sur  un  feu  soutenu ,  en  mettant  aussi  dans  le  li- 
ijuide  une*  certaine  quantité  de  charbon  animal  pendant 
l'ébuUition.  Lorsque  le  tout  est  en  sirop  clair,  on  le  passe 
sur  une  toile  serrée,  et  on  l'évaporé  ensuite  d'environ  un 
tiers  de  son  volume  ;  par  le  refroidissement ,  la  liqueur 


(1)  Ce  dépôt,  bien  lavé  et  traité  à  chaud  par  le  carbonate  de  potasse , 
a  donné  un  liquide  d'où  Ton  peut  précipiter,  au  moyen  de  Tacide 
hydrochlorique  en  excès,  une  assez  grandes  quantité  d'acide  uriquê  qn*i1 
suffit  de  purifier  conyenablement- 


IÔ6  JOURNAL 

se  prend  souvent  en  une  masse  aiguillée  jaui^Atre,  formée 
de  beaucoup  d'urée  ^t  de  quelques  sels.  Les  cristaux 
égouttés  et  exprimés  sont  réunis  à  ceux  provenant  de 
i'eau^^mère  à  laquelle  On  fait  subir  un  traitement  sem- 
blable ;  ainsi ,  privés  de  la  matière  brune  visqueuse  qui 
les  enveloppait  et  qqi  elle-même  renferme  encore  de  l'u- 
rée ,  on  les  traite  par  Une  très-  petite  quantité  de  carbo- 
nate de  soude ,  afin  de  séparer  Tacétatè  calcaire  qui  pottr*- 
rait  rester,  et  on  les  met  en  digestion  dans  Talcool  à  38 
ou  40"^.  Ce  menstrue  filtré  et  distillé  laisse  pour  résidu 
Turée,  que  l'on  fait  cristalliser  de  nouveau  dans  Teau ,  si 
on  le  juge  Convenable. 

L'urée  obtenue  est  en  aiguilles  soyeuses  ou  prismati- 
ques ,  très-solubles  j  d'une  saveur  fratche ,  elle  brûle  sans 
laisser  de  résidu  sensible.  Nous  y  avons  trouvé  quel- 
quefois des  traces  d'hydrocblorate  de  soude ,  dont  la  pré- 
sence est  tout-à-fait  incapable  d'avoir  une  action  nuisi- 
ble. Elle  se  transforme  de  suite  en  acide  d'urée  par  son 
contact  avec  l'acide  nitrique ,  etc. ,  etc. 

On  agit  sur  les  eaux-mères  comme  çi-dessus,  ayant 
soin  de  bien  purifier  les  cristaux. 

Nota.  Si  la  quantité  d'acide  sulfurique,  ajoutée  en 
excès ,  était  trop  grande ,  il  faudrait  en  saturer  une  par- 
tie par  le  carbonate  de  soude ,  plutôt  que  par  la  cbaux , 
(^i'ptFa%Niit  former  aussi  de  l'acétate  très-âoluble  dans 
'Ijal^cool.  L'acide  sulfurique  a  l'inconvénient,  d'abord,  db 
décomposer  une  certaine  proportion  d'urée  ^  et  de  donner 
au^i  naissance  à  une  matière  visqueuse  qui  gène  beau- 
coup la  cristallisation.    ^- 


DE    F0/LAAIA.CIE.  167 


MEMOIRE 

Sur  un  noui^eau  procédé  pour  obtenir  en  peu  d'heures  le 
sulfate  de  quinine  sans  y  employer  V alcool;  suiyi 
d'auùes  moyens  plus  faciles  pour  se  procurer  ce  sul- 
fate; par  M.  Cassola^  professeur  particulier  de  chi- 
mie, membre  honoraire  de  F  Institut  royal  d'encou- 
ragement de  Naples,  correspondant  de  la  Société 
linnéenne  de  Paris ^  et  de  plusieurs  autres  sociétés  sa- 
luantes* 

Lorsqu'une  découverte  en  chimie  présente  de  grands 
avantages,  ceux  qui  cultivent  cette  sciende  cherchent 
à  en  étendre  les  apphcations ,  afin  d'augmenter  son  im- 
portance. Guidés  par  de  nouvelles  iùvestigations ,  ils 
sont  souvent  amenés  à  de  nouvelles  découvertes  plus 
utiles,  que  se  réservent  ceux  qui,  par  un  excessif 
amour-propre ,  ou  par  trop  de  zèle  pour  la  science,  se 
sont  hâtés  de  puhlier  leur  travail ,  avant  de  l'avoir 
complété. 

La  découverte  de  deux  alcalis  végétaux  dans  les  prin- 
cipales espèces  de  quinquina ,  c'est-à-dire  la  quinine  et 
la  cinchoninej  est  de  ce  genre.  MM.  Pelletier  et  Caven- 
tou,  peu  satisfaits  (l)des  analyses  faites  sur  ces  substan- 


(1)  Cette  observation,  peu  obligeante  poar  MM.  Pelletier  et  Gavei>- 
ton ,  mérite  d'être  relevée  On  sait  qaels  progrès  la  chimie  a  fait  faire 
à  Tanalyse  organiqae,  et  sons  qaeU  points  de  vue  noaveaux  elle  est 
enrisagée  anjoard'hai  ;  il  était  donc  bien  naturel  aux  auteurs  de  la  dé- 
couverte delà  quinine,  de  reprendre,  même  après  nos  premiers  maî- 
tres t  des  travaux  qui  offraient  entr'eux  beaucoup  d'incertitude  ;  et  les 
résultats  si  importans  auxquels  MM.  Pelletier  et  Caventou  sont  parve- 
nus ,  doivent  les  faire  applaudir  d'avoir  entrt pris  Qette  tâche  diificile* 

O.  H. 


*l68  JOUR  IV  AL 

ces  par  MM.  Gomez ,  Reuss ,  Vauquelin  ^  Buquet ,  Se* 
^uin,  Laubert,  etc.,  entreprirent  d'autres  recherches 
plus  intéressantes  sur  le  même  sujet ,  et  parvinrent 
à  obtenir  des  résultats  plus  satisfaisans  que  ceux  de 
leurs  prédécesseurs.  Il  est  vrai  que  le  plus  grand  avan- 
tage que  Ton  ait  retiré  de  ces  deux  alcalis,  est  la  coa-* 
naissance  exacte  de  leurs  propriétés  et  des  sels  qu'on  en 
obtient ,  surtout  celle  de  sulfate  de  quinine.  Je  crois 
inutile  de  redire  dé  quelle  utilité  a  été  l'application  de 
ce  sel  en  thérapeutique,  dans  le  traitement  des  fièvres 
intermittentes.  Il  suffira  de  rappeler  que  MM.  Pelletier 
et  Caventou  eurent  une  preuve  nanifeste  de  la  recon- 
naissance générale  ,  lorsque,  dans  la  séance  publique  de 
l'Académie  des  scieçkces  royale  de  Paris,  du  11  juin  1827, 
à  laquelle  j  assistais ,  il  leur  fut  décerné  un  prix  de  dix 
raille  francs. 

Cependant  le  procédé  pour  obtenir  le  sulfate  de  qui- 
nine, tel  qu'il  fut  arrêté  dans  l'origine  p.ir  MM.  Pelletier 
et  Caventou,  et  celui  modifié  (1)  par  M  Henry,  ne  pré- 
sentaient })as  peu  de  difficultés  dans  l'exécution  ;  puisque, 
outre  la  grande  quantité  d'eau  et  d'alcool  qu'ils  exigent, 
et  tant  de  décoctions  et  de  di»gestions  successives,  huit  à 
dix  jours  ne  suffirent  pas  pour  terminer  l'opération  ;  ce 
qui  rendait  encore  le  procédé  de  ce  dernier,  assez  long, 
dispendieux  et  compliqué. 

Ces  difficultés,  que  moi  et  plusieurs  autres  avons  signa- 
lées, me  donnèrent  lieu,  peu  de  temps  après  la  publication 
du  procédé  de  M.  Henry,  à  y  apporter,  de  concert  avec 
M.  Klain ,  une  modification  telle ,  qu'il  en  résultât  éco- 


(1)  Le  procédé  de  M.  Henry  fils  nest  pas  une  modification  de  celui 
de  MM.  Pelîetîi  r  et  Caventou;  il  doit  être  considéré  comme  nouveau; 
car  avant  lui  on  n'avait  pas  l'usage  de  traiter  directement  les  substan- 
ces végétales  par  les  acides  affaiblis.  A  peu  près  dans  le  même  temps 
M.  Voreton ,  de  Grenoble ,  proposait  de  son  côté  un  moyen  analogue 
pour  Tex traction  de  la  quinine.  O    H. 


I 

DS    PHABMACIE.  169 

nomie  d'alcool,  et  économie  de  temps  dans  l'exécution. 
Notre  procédé ,  qui  fut  adopté  par  le  premier  collège  roy^àl 
de  médecine  du  royaume ,  et  consigné  dans  le  formulaire 
pharmaceutique  de  Naples  de  1823,  peut  être  com- 
plètement terminé  en  moins  de  trois  jours ,  en  faisant 
une  seule  décoction  de  quinquina  en  poudre  et  non  pas 
concassé ,  traitant  le  précipité  bien  égoutté  sur  le  filtre, 
avec  de  Talcool  à  iO^  de  Baume,. et  distillant  le  mélange 
dans  un  alambic  étamé;  au  lieu  de  sécher  ce  précipité, 
et  de  faire  plusieurs  digestions  avec  Talcool  à  36®. 

Malgré  cette  modification  et  les  efforts  réitérés  d'autres 
savans  chimistes,  aucun  à  ma  c()nnaissance  n avait  pensé 
qu'on  put  extraire  des  quinquinas  jaunes  le  sulfate  en 
question  ^  en  peu  d'heures  et  sans  y  employer  de  l'alcool. 

J'étais  déjà  occupé  depuis  quelques  mois  d'un  travail 
sur  le  quinquina  calysajya,  lorsque  dant  la  dernière 
tournée  de  notre  institut  royal  d'encouragement ,  M.  le 
président ,  chevalier  Monticelli ,  nous  communiqua  jxne 
lettre  de  M.  Guarini ,  laquelle  contenait  l'examen  d'une 
substance  envoyée  par  M.  Peretti ,  professeur  très- dis- 
tingué de  pharmacie  dans  l'université  de  Rome ,  sous  le 
nom  de  quinquina  prwé  de  la  matière  ligneuse.  Dans  cet 
examen  M.  Guarini  non-seulement  propose  un  succédané 
de  la  «ubstance;  mais  il  indique  aussi  les  moyens  de 
Tobtenir.  Il  consiste  à  faire  la  décoction  de  quinquina 
avec  l'acide  sulfurjque,  comme  dans  l'ancien  procédé  du 
sulfate  de  quinine  ;  à  filtrer  par  la  toile ,  à  concentrer  la 
décoction, *puis  à  la  décomposer  avec  le  sous- carbonate 
de  potasse ,  au  lieu  de  la  chaux  ;  il  se  forme  ainsi  un  sel 
soluble  avec  la  potasse  et  l'acide  sulfurique ,  lequel  n'aug- 
mente en  rien  le  poids  du  précipité ,  comme  cela  à  lieu 
au  contraire  par  la  grande  quantité  de  sulfate  de  chaux  (1), 
qui  se  forme  lorsqu'on  opère  avec  la  chaux. 

V — . — . —  ■ 

(1)  La  quantité  de  salfftte.de  chaux  qui  se  forme  dans  l'opération  de 


J^O  JOURNAL 

Ce  précipité ,  qui  remplaçait  le  quinquina  prité  ^e 
matière  ligneuse  de  M»  Peretti ,  devait  être  considéré 
comme  un  composé  presque  insoluble  de  sôus-carbo->- 
nate,  de  ses  bases  et  de  la  matière  colorante  rouge 
insoluble  y  ou  de  tannin ,  et  quelqu'autre  principe  contenu 
dans  le  quinquina  ,  rendu  insoluble  au  moyen  de  la  sé- 
paration de  Faoîde  sulfurique  opérée  par  ia  potasse*  Il 
ne  pouvait  d'après  cela  être  à  la  rigueur  réputé  comme 
un  composé  qui  eut  remplacé  exactement  le  sulfate  de 
quinine  ;  car  les  principes  actifs  du  quinquina ,  rendue 
insolubles,  auraient  dû  exelrcer  une  action  plus  lente ^  de 
môme  que  la  quinine  elle-*méme ,  lorsqu'on  la  donne  isolée 
intérieurement.  Mais  comme  son  action  thérapeutique  est 
tout^à-fait  étrangère  à  mon  travail ,  je  me  contenter^ 
d'en  avoir  exposé  cette  seule  circonstance,  qui  semble 
devoir  faire  'considérer  ce  composé  comme  moins  aCrtif 
que  le  sulfate  de  quinine  même  y  dont  l'action ,  antipériô^ 
diqiie  semble  déjà  sanctionnée  par  le  suffrage  général. 

Revenant  à  mon  premier  travail  sur  le  quinquina 
en  question,  je  m'aperçus  dans  diverses  opérations 
qu'on  aurait  pu  obtenir  le  sulfate  de  quinine  par  un 
procédé  qui  aurait  épargné,  non  -  seulement  autant 
d'opérations  successives ,  mais  encore  nous  délivrer  dfe 
la  nécessité  d'employer  l'alcool  pour  l'extraction  de  ce 
sulfate.  Ces  premières  conjectures  n'étaient  encore  ap*- 
puyées  que  de  peu  de  faits;  cependant  elles  coïncidaient 
avec  lîl  théorie  des  principes  immédiats  qui  composent 
le  quinquina,  lesquels  doivent  être  séparés  «iu  moyen 
de  l'action  réunie  de  Teau  et  de  la  potasse  caustique , 
et   par  les    sous«-carbonates  de  potasse  et    de    soude  ; 


M.  Henry  Hls,  n'est  pas  aussi  considérable  que  l'indique  M.  Cassola; 
car  par  l'acide  hydrochlorîque  la  proportion  du  dépôt  formée  n'est  pas 
beaucoup  moindre  ;  €«  dépèt  étant  principalement,  formé  par  la  combi- 
naison de  la.oluWiX  a?ec  ]#  rougft  ciocbontqtte*  0.  H* 


DE    PgAHaiACIE.  171 

GQ9  aladis  poutast  jifoduire  un  effet  inverse  de  Taoîde 
sulfurique ,  c'^t-à*-dire  rendre  plus  fixes  dans  le  ligneux 
du  quinquina  ses  principes  actifs ,  et  en  séparer  la  ma- 
tière grasse,  le  tannin,  6u  la  matière  rouge  inéoluble , 
ôtc*  (1).     •  .  *        ■ 

Mes  principes,  diamétralemeiit  opposés  à  ceux  connus 
jusqu^ici ,  et  mis  en  usage  pour  se  procurei*  le  sulfate  de 
quinine,  sotit  étayés  des  expériences  suivantes  : 

A.  J'ai  fait  bouillir  pendant  environ  dix  minutes  deux 
onces  dequinquioa  cdly saya  en  poudre,aveC  une  livre  d'eau 
et  soixante  grains  de  potasse  du  tartre  à  la  chaux  (pierre 
à  cautère)  ;  j'ai  passé  par  une  toile  la  décoction  obtenue , 
lavant  avec  de  l'eau  à  la  tempéifature  ordinaire  le  résidu 
ligneux,  jusqu'à  ce  que  les  lotions  devinssent  presque 
sans  couleur  ;  <ie  qui  s'obtient  en  peu  de  temps ,  Talcali 
ayant  séparé  dès  le  commencement  presque  toutes  les 
matières  colorantes  et  autres  principes  peu  actifs  existant 
dans  le  quinquina. 

.  B.  Le  premier  liquide  rouge-brun  obtenu,  qui  ne  ma- 
nifestait presque  pas  de  saveur  amère,  qui  ne  chan- 
geait pas  tfès-sensiblekneut  en  rouge  le  papier  de  cur- 
cuma  y  ayant  été  décomposé  par  l'acide  sulfurique ,  donna 
un  abondant  précipité  gélatineux  rouge-btun,  lequel 
desséché  avait  l'odeur  aromatique  intense  de  la  décoc- 
tion de  quinquina.  Le  liquide  restant  était  de  couleut 


(1  )  Uemploi  des  alcalis  pour  l'extraction  des  alcaloïdes  du  quina ,  a 
depuis  loDg-temps  été  mis  en  usage  par  M.  Gomes ,  qui  0'en  servait  pour 
extraire  le  cinchonin.  Depuis  ii  a  été  adopté  par  différeos  chimistes , 
soit  MM.  BadqlUer  (  Annales  de  chisiie  «  etc.,  de  physique,  tom.  XVIL), 
Guiblert ,  Desbrière ,  qui  ont  proposée  raninioniaq«d ,  poUr  traîAer 
préalablement  le  quinquina  avant  de  faire  agir  les  acides  siir  cette 
éoQvce*  J)e«  expériences  ,  qui  nous  soDt  propres  ,  m'ont  depuis  Idn^» 
temps  démontré  que  la  potasse  et  la  solide  altèrent  sensiblement  la 
quinine  et  la  cinchonine  «  «t  que  leurs  carbonates  n*en  précisent  paâ^ 
la  totalité t  oti  doit  donc  perdre  n^  yartié  dtâprodvitv        ^   O.  >H» 


l'JT,  JOUBNAL 

jaune  de  caimd^le  4  el  presque  entièrement  pri^é  d'amer-' 
tume(l).*  ♦  ^    ^ 

.  G.  Le  résiilu  de  quinquina  obtenu  de  !a  pfemiire  expé- 
rience A  ^  c  est-à-dire  qui  avait  ép]^)ui«B  Faction  de  Fal- 
cali ,  était  très-décoloréiv  et  priyé  presque  entièrement 
d'odeur.  Il  fut  traité  avçcune  livre  d'eau  coilimune/aeif* 
dulée  avec  quarante  grains  d'acide*  suif uri que ,  Q%y  après 
quinze,  à  vingt  minutes 'd'ébullition,  l«liqi,ii4i^  à  pçine 
coloré ,  filtré  par  le  papier,-  avait  une  siveur  amè^^e,  in* 
tense ,  durable ,  comme  celle  du  sulfate  de  quinine.   , 

D.  L'alcali  ayant  si  bien  réussi ,  'dans  I9  -première  ex-* 
périence  A ,  a  enlever  la  matière  colorante  du  quinquipa 
avec  d'autres  principes  peu  sictifs^  je.  saturai  d  abord  la 
décoction  ^acide  G ,  avec  du  sous-carbonate  de  ohitux  ^ 
puis  je  la  décomposai  complètement  avec  la  potasie  en 
léger  excès,  ^afin  que  l'alcali  retînt  en  solution  d'autre 
matière  colorante  qui  ne  s'était  pas  séparée  dans  la  pre- 
mière action  du  même  agent.  En  effet  le  précipité  ,  qui 
au  moment  de  sa  formation  était  blanc,  devint  h 
peine  de  couleur  rosée  par  l'action  de  la  lumière ,  sécbé 
il  était  peu  coloré  ;  et  le  liquide  avait  une  couleur  jaune 
de  cannelle. 

E.  Ge  précipité  recueilli  sur  un  filtre,  après  Tavoir 
lavé  avec  un  peu  d'eau,  fut  dissous  encore  humide  dans 
environ  six  onces  d'eau  acidulée  avec  vingt  grains  d'a- 
cide sulfurique.  Le  liquide  qui  contenait  le  sulfate  de 


(1)  Par  l'action  à  chaud  des  alcalis  sur  les  quinquinas ,  on  enlève 
bien  en  grande  partie  le  rouge  cinchonique,  qui  devient  rouge  soluble, 
non  analogue  au  tannin  (Pelletier  et  Gaventou ,  Journal  de  Pharmacie, 
tom.  XXI),  on  extractif  rouge  soluble  (Berzélius,  Annales  de  chimie 
et  de  physique,  tom.  XXVII,  pag.  385)  ;  mais  le  lil^uide,  ainsi  que 
l'a  dit  M.  BadolHer,  est  d'un  rouge  de  sang  épais  et  comme  gélatineux, 
en  refroidissant,  ce  qui,  dans  l'exploitation  en  grand,  forme  un 
très-grand  obstacle  pour  obtenir  les  liqueurs  claires,  et  débarrasser 
rëcorcc  de  cette  portion  liquide  ronge.  O.  H. 


DE      PHARMACIE.  1^3 

quinine  lut  traité  avec  de  lu  poudre  de  marbre ,  jusqu'à 
ce  ^u'il  De  s  y  produisit  plus  d'e0enre$cence ,  et  après  y 
a^oir  aJQUié  ying^-cinq  à  tr«ote  grains  de  charbon  ani- 
mal ,  et  fait  bouillir  le  mélange  pendant  huit  à  dix-minu- 
tes,  on  lé  fUtra  bouillant.  Il  donna. par  le  refroidissement 
de  petits  crittai^x  ^e  sulfate  de  quinine,, qui  devin- 
rent plus  aë(jndaDS  pait  la  concentration  du  liquide. 
Ce  sàlfale,  et^par  la  forme  des  cristaux  en  aiguilles 
brillantes j,  par  sa  solubilité  daps  1  alcool  >  et  sa  saveur 
amené  periistante.,  était  parfaitement  identique  avec 
celui  obtenu  par  le^  ancien»  procédés» 

F.  Le  quinquina  qui  avait  subi  le  traitement  avec  la 
potasse  et  avec  1  acide  ^  et  dont  la  dernière  décoction 
faite  avec  Teau  acidulée  n'avait  donné  aucun  précipité , 
par  Talcali,  qui  indiquât  que  Tacide  n'avait  pu  séparer  d'au- 
tre quinine  du  quinquina ,  fut  traité  de  nouveau  par  la  po- 
tasse caustique ,  comme  on  lavait  pratiqué  dans  l'expé- 
rience A;  et,  après  l'avoir  bien  lavé,  on  le  fit  bouillir 
avec  de  l'eau  légèrement  acidulée.  Le  liquide  manifestait 
une  saveur  sensiblement  amère;  il  était  parfaitement 
décoloré ,  et  donnait  avec  la  potasse  un  précipité  blanc  , 
qui  n!était  pas  altéré  par  l'actioii  de  la  lumière  , 
comme  celui  indiqué  dans  Texpérience  D  ;  ce  qui  prouve 
que  la  quinine  était  entièrement  privée  de  tannin  et  de 
toute  autre  matière  colorante.  Les  autres  opérations  me 
confirmèrent  que  la  seule  action  de  l'acide  sulfurique  ne 
peut  séparer  du. quinquina  toute  la  quinine,  laquelle 
doit  être  considérée  à  l'état -de  combinaison  chimique 
avec  d'autres  principes ,  que  la  potasse  caustique  peut 
facilement  séparer.  Afin  de  me  convaincre  encore  davan- 
tage de  cette  vérité,  j  ai  fait  une  autre  expérience  que 
voici  : 

G.  J'ai  fait  bouillir  à  l'ordinaire  de  la  poudre  de  quin- 
quina,  d'abord  directement  avec  l'eau  acidulée,  et  je 
répétai  l'opération  jusqu'à  quatre  fois.  Dans  cette  der- 


174  JOURNAL 

nière  décoction  le  liqruide  ne  manifestait  plbg  de  sa^em 
amère,  ne  donnait  aucun  précipité  arec  la  potasse;  mais, 
en  répétant  les  opérations  ci-dessus  indiquées ,  c'est-à- 
dire  en  faisant  agir  sur  ce  quinquina  ainsi  traité  par 
Paeide,  la  potasse  caustique,  puis  Teau  acidulée)  la 
décoction  donna  un  précipité  blanc  avec  la  potasse, 
comme  dans  les  expériences  ci-dessus  énoncées. 

Après  cet  examen  analytique ,  pour  prouver  la  po&st- 
l)jlité  d'exclure  la  grande  quantité  dalcoôl  de  Fextriic-^ 
tion  du  sulfate  de  quinine,  et  de  Fobtenir  en  peu  d'heu- 
res ,  j'ai  pu  établir  plus  -en  grand  les  deux  procédés  sui» 
vans. 

Premier  procédé  a^ec  l'alcool  (1). 

On  fait  bouillir,  pendant  un  quart  d'heure,  deux  H* 
vrés  de  quinquina  jaune  réduit  en  poudre ,  dans  douze 
livres  d'eau  alcalisée  avec  une  once  et  demie  de  tartre  à 
la  chaux  (potasse  caustique)  (2);  on  passe  à  travers  une 
toile  serrée  le  décoctum  obtenu,  on  exprime  fortement  le 
quinquina  restant ,  on  le  lave  dans  la  même  toile  jusqu'à 
ce  que  ce  lavage  en  sorte  presque  décoloré.  On  fait 
bouillir  la  pondre  de  quinquina  ainsi  traitée,  pendant 
vingt  à  vingt-cinq  minutes ,  avec  quinze  livres  d'eau 
acidulée ,  et  une  once  d'acide  sulfurique  du  commerce  ; 
on  passe  le  décoctum  par  la  toile  comme  auparavant,  et 
Ton  répète  cette  opération  surle  résidu ,  aussi  long-temps 
que  la  seconde  fois,  employant  cependant  un  gros  d  acide 


(1)  Ce  procédé  n'est  presque  que  le  mçme  donpé  par  M.  BadqlUer 
(Annales  de  chimie  et  de  physique  tom.  XVIII).  O.   H. 

(2)  A  défaut ,  ou  au  lieu  de  potasse  caustique,  on  pourra  faire  bouillir 
pendant  quelques  minutes  dans  les  mêmes  quantités  d'eau ,  2  -^  de 
&ousrCarbonate  do  potasse ,  avec  s^ut^nt  de  çh^UK  caustique  en  poudre  ; 
le  liquide  fjltré  fournira  l'eau  alcalisée ,  qui  pourra  servir  comme  celle 
faite  directement  avec  la  potasse  caustique  indiquée. 

Note  de  fauteur. 


DE     P^^ARMÂCIE.  I7S 

si|r  la  mèinç  q^anUlé  d'eau.  Oq.  réunit  les  tfois  décùo^ 
tum  âcid^^  obtenus ,  on  les  traite  avec  de  ia  poudre  de  / 

iaar)>re  pour  çn  saturer  tout  Tescès  diacide ,  et  en  préci- 
piter l'autre  matière  colorante.  Le  liquide  ainsi  décoloré', 
s^rès  l'avoir  filtré  ou  décanté ,  on  le  décompose  complè- 
tement avec  le  soua-earbooate  de  potasse. 

Lq  précipité  obtenu  ^  recueilli  sur  un  filtre  et  lave  avec 
pou  d'eau  a  la  température  ordinaire ,  on  le  fait  bouillir 
encore  humide  avec  six  fois  son  poids  d'alcool ,  à  40®  de 
Réaumur;  ondécantela  solution,  pour  la  séparer  du  dépôt, 
et  on  l'évaporé  jusqu'au  tiers  de  son  volume.  On  ajoute 
au  liquide  restant  cinq  parties  d'eau  pour  chaque  par- 
lie  du  précipité  employé  ,  etj'on  évapore  le  liquide  lai- 
teux jusqu'à  ce  que  tout  l'alcool  soit  dégagé.  Alors  ou 
sature  la  quinine  avec  quelques  gouttes  d'acide  sulfuri- 
que,  qui  rendra  à  l'instant  le  liquide  limpide;  et  après 
avoir  saturé  avec  de  la  poudre  de  marbre  l'excès  d'acide , 
s'il  y  en  a  ,  on  filtre  ainsi  bouillant.  Le  sulfate  de 
quinine  se  dépose  en  aiguilles  blanches,  comme  dans 
l'ancien  procédé,  après  le  refroidissement  du  liquide; 
et  les  eaux-mères  donnent  par  la  concentration  d'autre 
sulfate  qu'elle  tient  en  solution. 

Par  ces  opérations ,  la  potasse  caustique  ,  outre  qu'elle 
dissout  la  matière  colorante,  le  rouge  cinchonique,  l'a- 
cide quinique,  la  matière  grasse,  etc. ,  décompose  aussi 
les  quinates  de  quinine  et  de  chaux,  et  fixe  la  quiiiine 
dans  le  quinquina  employé.  L*acide  sulfurique  sépare  la 
quinine  parce  qu  elle  s'y  combine,  et  devient  très-solu- 
ble  à  l'état  de  sulfate  acide,  et  le  marbre  en  enlève 
Fexcès  tfacide  et  en  précipite  l'autre  matière  colorante , 
le  liquide  restant  ainsi  suffisamment  décoloré.  La  po- 
tasse décompose  ensuite  le  sulfate  indiqué ,  en  précipi- 
tant la  quinine ,  laquelle  est  séparée  par  l'action  de  l'alcool 
de  quelques  autres  substances  ,  et  surtout  du  sujf^t^  dç 
chauvi ,  et  de  l'^unu^f^  contenue  dans  la  potasse  employée. 


l'jÇ  JOOBJfAL 

Alors  en  éraporant  à  un  tiers  la  soluticu  alcoolique,  et 
ajoutant  de  Feau au  résidu,  la  quiiDine  se  précipite ,  on  la 
combine  avec  Tacide  sulfarique,  d'où  résulte  le  sulfate 
de  quinine. 

Si  Ton  concentre  le  liquide  filtré ,  aj^rès  avoir  saturé 
l'excès  d acide,  et  Tavoir  décoloré  par  la  seule  action  du 
marbre,  on  peut  avoir  aussi  le  sulfate  de  quinine  sans  y 
employer  l'alcool  ;  mais  il  serait  en  cristauiç:  moins  régu- 
liers et  un  peu  color^. 

•  ••* 
Deuxième  procédé  sans  alcool  (I). 

On  fait  bouillir  deux  livres  de  quinquina  calysaya  ré- 
duit en  poudre ,  pendant  douze  à  quinze  minutes ,  avec 
buit  livres  d'eau  commune ,  dans  laquelle.  •  on  a  dissous 
trois  onces  de  sous-carbonate  de  potasse  ou  de  soude , 
ou  mieux  encore  une  once  et  demie  de  potasse  caustique 
(pierre  à  cautère),  agitant  continuellement  le  mélange. 
On  retire  le  vase  du  feu ,  l'on  décante  le  liquide  rouge- 
brun  dans  un  autre  vase ,  l'on  exprime  le  résidu  renfermé 
dans  la  toile ,  le  lavant  ensuite  j  usqu'à  ce  que  les  dernières 
lotions  en  sortent  presque  incolores. 

On  fait  bouillir  pendant  un  quart  d'heure  le  résidu 
ainsi  lavé  avec  environ  dix  livres  d'eau  et  une  once 
d  acide  sulfurique  ;  on  p«isse  la  déqpctum  bouillant  à 
travers  une  toile  serrée,  et  on  le  décompose  par  un  léger 
excès  de  sous-carbonate  de  potasse.  Le  précipité  formé, 
recueilli  sur  le  filtre ,  on  le  lave  avec  une  petite  quan- 
tité d'eau;  on  le  dissout  encore  humide  dans  quinze  à  seize 
onces  d'eau  acidulée  avec  environ  un  gros  d'acide  sul- 
furique. Aprèa  quelques  minutes  d'ébullition ,  on  sature 


(1)  C'est  plutôt  encckreune  modification  du  procédé  de  M.  Badollier, 
qu'un  nouveau  mode.  Il  est  à  regretter  seulement  que  M.  Cassola 
n*indique  pas  les  produits  qu'il  a  retirés  comparativement  avec  ceux 
obtenus  pour  le  même  quinquina  par  les  autres  procédés.        O.  H. 


PE     PHAKMACIÈ.  t97 

l'acide  sulfurique ^  s'il  est  en  excès ,  avec  de  lapoudre  de 
marbre ,  et  Ton  y  ajoute  deux  onces  environ  de  charbon 
animal  en  poudre  ;  on  filtre  bouillauti  II  suffit  alors  de 
concentrer  le  liquide  obtenu ,  pour  que  Je  sulfate  de 
quinine  se  dépose  par  le  refroidissement  comme  dans 
lancien  procédé. 

En  concentrant  Teau-mère  restante,  on  aura  d autre 
sulfate  de  quinine  moins  blanc;  on  le  réunira  au  premier, 
et  Ton  traitefa  le  tout  par  le  charbon  animal  ^  pour  feire 
ensuite  cristalliser. 

Conclusion. 

L'on  peut  déduire  des  faits  précédemment  exposés  t 
1®.  Qtie  le  rouge  cinchonique,  le  quinate  de  quinine 
et  de  cinchonine ,  et  le  quinate  acide  de  chaux ,  la  matière 
grasse^  etc. ,  se  trouvent  dans  le  quinquina  dans  un  état 
de  cohésion  ou  de  combinaison  chimique  tel  qu'il  com- 
plique et  rend  difficile  la  séparation  totale  de  la  quinine 
par  l'ancien  procédé; 

2°.  Que  l'action  de  l'acide  sulfurique,  en  rendant  solu- 
ble  dans  l'eau  la  quinine  et  la  cinchonine ,  dissout  éga- 
lement beaucoup  d'autres  principes ,  et  surtout  les  matiè-^ 
res  colorantes  )  pour  lesquelles  il  était  d'abord  nécessaire 
de  recourir  à  l'action  réunie  de  la  chaux  (1)  et  de  l'ai- 

(I)  MM.  Heni'y  fils  et  Plissoû,  Joarnal  de  Pharmacie,  lom.  XIII, 
ont  indique  l'état  des  alcalis  de  qulna  en  combinaison,  d'une  part, 
avec  Tacide  quiniquc ,  comme  Tu  valent  dit  MM.  Pelletier  et  Gavcntou , 
et,  deTâUtre,  principalement  avec  le  ropge  cincLonique;  combinaison 
seluble  dans  Talcool  et  les  acides  à  chaud ,  mais  qui  demande  Tinter- 
vention  d'un  oxide  pour  être  dissociée  ;  c'est  un  véritable  sel ,  où  l'al- 
caloïde est  la  base.  L'oxide  se  combine  avec  la  matière  colorante 
comme  avec  un  acid^;  et,  dans  le  procédé  de  M.  Cassola,  c'est  la  po- 
tasse ou  la  soude  qui  s'emparant  du  rouge  cinchonine  pour  le  modifier, 
en  isole  les  alcaloïdes.  Il  est  fâcheux  que  ces  alcalis  puissent  réagir 
sur  ces  derniers  et  en  détruisent  ane  partie  ,  car  le  procédé  serait  alors 
avantageux.  O.  H.  • 

XV'.  ^nvêe.  —  v^mV  1 829.  1 3 


j«g  JOURNAL 


cool ,  pour  en  séparer  ensuite  la  quinine  par  l'acide  si&ï- 

furique;  ,....» 

5».  Que  comme  ralcool  agit  sur  la  qmnme,  et  entraî- 
ne en  solution  encore  d'autres  substances ,  il  est  plu» 
utile  de  séparer  celles-ci ,  d'abord  par  l'action  de 
la  potasse,  pour  en  isoler  la  quinine  et  la  cinchonine, 
parce  que  alors  on  rend  plus  facile  l'extraction  de  cet 
alcali  du  résidu  par  l'action  de  l'acide  sulfurique,  sans 
recourir  au  moyen  de  l'alcool ,  comme  le  plus  long  et  le 

plus  dispendieux  ;  ^  ,  , , , 

4».  Qu'une  fois  ainsi  résolu,  le  problème  propose, 
c'est-à-dire ,  «  si  l'on  pouvait  en  moins  de  temps ,  et 
sans  Y  employer  l'alcool,  obtenir  le  suif ate  de  quinine ,  » 
le  nouveau  procédé  qui  vient  d'être  décrit^  est  suscep- 
tible de  beaucoup  d'autres  modifications.  Cest-à-dire: 

1».  Que  l'on  pourrait  encore,  au  lieu  d'alcool,  traiter 
le  dépôt  obtenu  par  le  moyen  de  la  cbaux  dans  l'ancien 
procédé ,  avec  l'acide  sulfurique  en  excès  ;  filtrer  le  li- 
quide pour  le  séparer  du  sulfate  de  chaux,  le  saturer  avec 
le  marbre  en  poudre  pour  en  précipiter  l'autre  sulfate 
de  chaux  tenu  en  solution  par  l'excès  d'acide  sulfurique, 
et  concentrer  le  liquide,  en  le  décolorant  ensuite  avec  le 
charbon  animal ,  pour  en  avoir  le  sulfate  de  quinine  (I)  j 

2»  Que  si ,  au  lieu  de  se  contenter  de  décomposer  la 
décoction  acide  de  quinquina,  avec  la  potasse,  jusqu'à  ce 
qu'il  ne  se  forme  plus  de  précipité ,  on  ajoute  un  excès 
de  cet  alcali,  et  qu'on  opère  à  chaud,  on  pourra  séparer 
de  la  quinine  presque  toute  la  matière  colorante ,  après 
crue  le  précipité  privé  de  cette  substance ,  traité  conve- 
nablement avec  l'acide  sulfurique,  aura  donné  le  sulfate 

de  quinine  ;  «     ,         ,  j 

3".    Que,  voulant  mettre  à  profit  la   substance   de 

' 

(1)  Ce  moyen  n'en  donne  qu'une  petite  quantité,  comme  M.  Cassola 
pouri'a  s'en  convaincre  en  exécutant  cette  modiiication.         O.  H. 


I>£   l^fiARMACtB.  t^9 

MM.  Guadni  et  I^eretti,  celle-ci  occupant  uiî  petit  vo** 
lume;  après  lavoir  fait  digérer  dans  une  solution  de  po*^ 
tasse  caustique,  pour  en  séparer  les  autres  matières 
colorantes,  elle  pourrait  êti*e  traitée  avec  un  peu  d alcool 
bouillant^  et  la  solution  alcoolique  évaporée  ^  ou  distillée 
pour  les  4)  donnerait  , comme  dans  l'ancien  procédé,  le 
sulfate  de  quinine  ; 

4*.  Que  la  susdite  substance  de  M.  Peretti,  étant  un 
composé  de  principes  immédiats  végélaux,  qui  obéissent 
à  divers  menstrues,  ou  ne  saurait  assigner  Un  caractère 
particulier  pour  en  reconnaître  la  pureté ,  à  moins  d  en 
faire  une  véritable  analyse  chimique  pour  déterminer  la 
quantité  éii'ective  de  quinine  qu'elle  peut  contenir;  lors« 
que  au  contraire ,  la  pureté  du  sulfate  de  quinine,  sub- 
stance dont  l'action  est  plus  énergique  et  plus  sûre  dan^ 
le  traitement  des  fièvres  intermittentes,  peut  être  faci- 
le^ment  prouvée  par  l'examen  de  ses  caractères  physi- 
ques, et  par  son  entière  dissolution  à  chaud  dans  l'alcool  $ 

S"".  Que  Futilité  de  ma  nouvelle  méthode  étant  re- 
connue ,l  on  pourrait  l'appliquer  dans  beaucoup  d'autres 
opérations,  d<ins  lesquelles  on  veut  séparer  un  principe 
actif  contenu  dans  une  substance  végétale,  et  rendre 
ainsi  son  extraction  plus  prompte  et  moins  dispendieuse , 
non-seulement  en  économisant  l'alcool  et  Téther  sulfuri- 
que,  mais  en  généralisant  davantage  l'usage  de  ceux-ci 
dans  la  thérapeutique  ;  enfin  je  dirai ,  sans  craindre  d'être 
taxé  de  présomption,  que  lorsqu'il  s'agit  d'un  composé 
chimique  d'une  aussi  grande  importance  que  l'est  le 
sulfate  de  quinine,  dont  l'obtention  exigeait  aupara- 
vant tant  de  peine  et  de  dépense ,  le  présent  travail  n^ 
devrait  pas  être  considéré  comme  une  simple  modifica- 
tion du  procédé,  suivi  jusqu'ici,  mais  comriie  une  des 
nouveautés  du  plus  grand  intérêt.  Pour  le  prouver,  il 
me  suiBra  seulement  de  dire  que,  dans  l'ancien  procédé , 
il  fallait  employer  sur  deux  livres  de  quinquina  au  moins 

13. 


l8o  JOURNAL 

vingt  à  vingt-quatre  livres  d'alcool ,  et  huit  à  dix  jours*(I), 
pour  riunener  à  fin;  tandis  que  dans  le  nouveau  procédé 
que  jai  décrit,  huit  à  dix  heures  suffisent,  et  sur  la 
même  quantité  de  quinquina  deux  à  trois  onces  de  po- 
ttisse,  environ  une  once  d  acide  sulfurique ,  et  quelques 
onees  d'alcool ,  que  l'on  peut  même  retrouver  au  moyen 
de  la  distillation. 

Persuadé  que  ce  procédé  pouvait  être  utile ,  j'ai  préféré 
le  publier  par  la  voie  de  l'impression,  plutôt  que  d'en  fairç 
un  secret,  en  y  sacrifiant  tout  ii van tage  particulier,  afin 
d'encourager  par  mon  exemple  ceux  qui  sont  en  position 
de  coopérer  par  leurs  talens  au  bien  de  leurs  sembla- 
bles (2).  L.-A.  P. 


REMARQUES 

Sur  le  premier  quinaquina  des  anciens  Péruv^iens ,  ou 
sur  l'arbre  du  baume  du  Pérou ,  a^ec  la  description 
de  ses  semeîices  ; 

Par  J.-J.  ViREY. 

Ayant  reçu  de  Valp.iraiso  ,  port  du  Chili ,  des  gousses 
balsamiques  reconnues  par  le  célèbre  M.  Ant.  Laur.  de 
Jussieu  pour  appartenir  au  mjrospermum^  dit  quina^ 
quifiades  anciens  Péruviens,  nous  avons  fait  quelques 
observations  d'histoire  naturelle  botanique  sur  ce  végétal 
intéressant  à  plusieurs  égards. 


(1  )  Je  crois  que  les  quantités  d'alcool  indiquées  sont  beaucoup  exa- 
gérées O.  H* 

(2)  11  faudrait  savoir  beaucoup  de  ^é  à  M.  Cassola  d'avoir  rendu  pu* 
blic  le  procédé  qu'il  donne,  s  il  paraissait  réellement  avantageux;  mais 
tout  nous  porte  à  croire  qu  en  grand  il  serait  impraticable ,  et  nous 
regrettons  que  ce  chimiste  n'ait  pas  agi  sur  une  échelle  plus  grande 
que  deux  livres ,  pour  en  tirer  les  inductions  qu'il  annonce.      O.  H. 


DE    PHàRfllÀCIE.  l8l 

Le  médecin  génois ,  Sébastien  Badus,  qui  écrivit  Tun 
des  premiers  sur  le  quinquina  (1),  avait  annoncé  qnil  dé- 
coulait une  résine  balsamique  de  larbre  qui  le  produit; 
il  avait  évidemment  confondu  avec  les  cinchona ,  de  la 
famille  des  rubiacées ,  un  végétal  de  la  classe  des  légumi- 
neuses ,  anciennement  employé  comme  parfum  cbez  les 
Péruviens ,  ou  les  Incas,  adorateurs  du  soleil. 

Enefiet,  La  Condamine,  après  avoir  donné  la  pre- 
mière description  exacte  du  vrai  quinquina  de  Loxa  (2) , 
ajoute  :  «  Mais  il  y  a  un  autre  arbre,  fort  célèbre  et  connu 
n  dans  diverses  provinces  de  TAmérique  méridionale  sous 
«  le  nom  de  quinaquina^  et  dans  la  province  de  Maynas, 
»  sur  les  bords  du  Maragnon ,  sous  le  nom  de  tatché.  De 
»  cet  arbre  distille  par  incision\ine  résine  odorante.  Les 
)•  semences,  appelées  parles  Espagnols  pepitas  de  quina- 
»  quina,  ont  la  forme  de  fèves  ou  d amandes  plates,  et 
»  sont  renfermées  dans  une  espèce  de  feuille  doublée; 
»  elles  contiennent  aussi ,  entre  l'amande  et  Tenveloppe 
»  extérieure,  un  peu  de  cette  même  résine  qui  distille 
»  de  larbre  ;  leur  principal  usage  est  pour  faire  des  fumi- 
»  gâtions ,  qu'on  prétend  salutaires  et  confortatives ,  mais 
»  qui  ont  été  en  bien  plus  grand  crédit  qu'elles  ne  sont 
»  aujourd'hui.  Les  naturels  du  haut  Pérou,  où  croît  cet 
»  arbre ,  forment  de  sa  résine  ou  baume  des  rouleaux  ou 
»  masses  qu'ils  vendent  au  Potosi  et  à  Chuquizaca ,  où 
»  ils  servent.en  parfum  ou  en  emplâtre...  Tantôt  aussi 
j»  les  naturels  portent  ces  boU  à  la  main  ou  les  mâchent 
»  pour  fortifier  les  nerfs,  rétablir  la  transpiration  dans 
»  la  goutte ,  les  rhumatismes^  etc.  » 

Cet  «irbre  était  en  honneur  parmi  les  anciens  Péru- 


(1)  Anastasis  corticis- peruviani  ^  seii  chinœ-chmœ  defensio,  1660,  cnp.  1 
C'est  vers  Tan  1640,  ou  environ,  qne  la  vertu  dn  quinquina  commença 
d*étre  connue.  Le  comte  de  Chinchon  cessa  en  1638  sa  vice-royauté. 

(2)^Af«m.  jâcad,  des  sciences,  1738,  voyez  pag.  237. 


182  JOURNA.L 

viens  à  cause  du  parfum  balsamique  qu'il  doime,  et, 
selon  des  écriyains  espagnols,  saint  Thomas,  l'apôtre 
des  Indes ,  a  le  premier  planté  une  croix  de  quinze  pieds 
de  hauteur  avec  ce%  bois  dequinaquina^  façonné  de 
ses  mains. 

Joseph  de  Jussieu ,  qui  voyagea  au  Pérou  au  temps 
de  La  Condamine ,  a  laissé  une  description  manuscrite  de 
cet  arbre  de  quinaquina  ou  saumerio ,  avec  des  échan- 
tillons de  fleurs  et  de  fruits  qui  existent  encore  dans 
les  herbiers  de  MM.  de  Jussieu ,  professeurs  au  Jardin 
des  Plantes  de  Paris.  L'illustre  auteur  du  Gênera  plan-- 
tarum  en  a  déterminé  le  genre  sous  le  nom  de  myrosper- 
mum  (1)^  à  cause  dh  suc  balsamique  que  contient  l'enve* 
loppe  de  sa  semence.  Déjà  un  premier  dessin  en  ^vait  été 
gravé  par  John  Hawkins ,  en  1 742,  sous  le  nom  de  quina^' 
quina  prima  ,  car  on  croyait  alors  que  son  écorce  fournis- 
sait l'espèce  la  plus  excellente  d'un  quinquina  balsami- 
que (2). 

M.  de  Jussieu  communiqua  à  M.  Delamarck  la  descrip- 
tion ave&Ie  dessin  de  ce  végétal  pour  le  DicticMinaire  bo- 
tanique de  l'Encyclopédie  méthodique  (3),  et  nilustration 
des  genres  (4).  C'est  un  grand  arbre  à  écorce  cendrée,  à 
bois  d'un  rouge  foncé  à  l'intérieur,  avec  un  aubier  blan- 
chàtire.  Ce  bois  est  fort  dur.  Les  folioles  ovales  des  ra^ 
meaux  sont  alternes ,  coriaces,  criblées  de  raies  diapha- 
nes/OU  poreuses,  dans  le  sens  des  nervures.  Le  calice 
a  cinq  dents ,  il  porte  cinq  pétales  blancs ,  dix  étamines 


(1)  Qenera,  pag.  365.  F^uir  papilionacëe,  décandrie,  monogynie  de 
Linné- 

(2)  Voyez  aussi  dans  les  Transact,  ofihe  Linnean  soc. ,  voL  3,  p.  59-61 , 
la  description  de  l'espèce  d'écorce  dite  quinaquina  primitif  du  Pérou. 

(3)  ToflU'  4,  p.  191 ,  sous  le  nom  de  myrospermum  pediceUatum. 

(4)  Planche  341 ,  iig;.  1 ,  Jacquin ,  Americ.  stirp. ,  1 763 ,  a  décrit  une 
autre  espèce.  Bertero ,  voyageur  an  Chili  »  doAqe  à  ce  genre  le  nom  de 


dephahmacie.  i83 

■  séparées ,  un  style.  Les  fruits  sont  des  samares  oblon- 
gués,  comprimées,  obtuses,  mucronées  à  leur  sommet, 
.  élevées  sur  un  pédicule  aplati  en  aile.  Ces  gousses  ont 
une  couleur  brune  claire  ou  fauve,  et  sont  lisses  ou  gla- 
bres ,  mais  rugueuses  vers  le  haut*  A  l'intérieur  il  y  a  une 
seule  semence  fauve ,  réniforme  comme  un  haricot,  ayant 
sa  radicule  recourbée.  Le  fruit  est  indéhiscent ,  imprégné 
à  son  intérieur  d'une  résine  balsamique  «  dont  l'odeur 
paraît  analogue  à  celle]  du  mélilot  ou  de  la  fève  tonka.  Si 
on -le  brûle,  cette  odeur  devient  plus  forte  et  plus  suave. 

MM.  Robert  Brown ,  DecandoUe  et  Kunth  ,  se  rap- 
portent pouç  réunir  dans  un  même  genre  le  myrospermum 
avec  les  myroxjlon  desquels  découlent  le  baume  du  Pé- 
rou et  le  baume  de  Tolu,  arbres  que  Linnée  avait  décrits 
séparément.  Il  est,  en  effet ,  évident  que  les  baumes  pré- 
cieux de  ces  végétaux  oQrent  des  rapports  intimes,  et  les 
botanistes  sont  d  avis  que  le  myrospermum pedicellMum , 
dont  nous  présentons  ici  des  gousses  ou  samares  ,  est  le 
même  végétal  qui  fournit  le  véritable  baume  du  Pé* 
rou  (1). 

Il  reste  à  savoir  pourquoi  le  nom  de  quinaquina  lui 
fut  imposé  par  les  Incas  ou  Péruviens ,  et  pourquoi  ce 
nom  a  été  transporté  à  Técorce  des  cinchona  en  Europe^ 
et  partout  ailleurs  que  dans  les  lieux  de  son  origine , 
comme  le  remarque  La  Gondamine.  Cet  auteur  nous  met 
sur  la  voie  de  cette  recherche.  L'ancienne  langue  quiehoa 
ou  des  Péruviens  désigne,  sous  le  nom  de  quina  m,  toute 
espèce  de  manteau  ou  d'enveloppe,  ce  qui  a  probablement 
été  attribué  figurément  aux  écorces  d'arbres  ^  et  par  le  re- 
doublement du  mot  quinaquina^  Ton  a  voulu  désigner  une 
écorce  précieuse  par  excellence.  Ce  terme ,  d'abord  appli- 

(1)  Decandolle  ,  Prodromus  syttem.  natur.  regrU  vegetah.y  tom.  2  »  p.  95. 
Myroxylon  peruiferum.  C'est  sans  doute  le  cabureiha  de  Pilon  «  Brasil,^ 
p.  57  ;  le  hoiuHoxitl  de  Uernandez,  Mexic, ,  p.  51* 


l84  JOURNAL 

que  à  Técorce  balsamique  du  myrroxyclon,  a  pu  être  trans. 
féré  à  celie  des  cinchona^  devenues  si  importantes  par 
leur  vertu  fébrifuge.  De  là  e&t  restée  sans  doute  aussi 
Fopinion  que  les  meilleurs  quinquinas  doivent  paraître 
les  plus  résineux  et  exhaler  une  odeur  balsamique. 

ACADÉMIE   ROYALE  DE  MÉDECINE. 

SJEGTION    DE    PHARMACIE. 

Analyse   de  ses   trav^aux. 

Séance  du  28 yëmer  1829. —La  correspondance  ma- 
nuscrite offre  une  réclamation  de  M.  Lassaigne,  pro^ 
fesseur  de  chimie  à  Técole  vétérinaire  d'Alfort.,  relative 
à  la  note  de  M.  Gaventou  sur  un  calcul  intestinal  hu- 
main, remarquable  par  la  grande  quantité  de  stéarine 
qu'il  contenait.  M*  Lassaigne  dit  que  ce  faitn^est  poi^t 
^nouveau,  et  que  le  calcul  observé  par  M.  Gaventou 
présente  la  plus  grande  analogie  avec  celui  dont  il  a 
déjà  publié  l'analyse  dan$  le  Journal  de  Chimie  médi^ 
cale^  tome  1*'. ,  p.  119,  et  cité  depuis  par  M.  Thenard 
(  Traité  de  Chimie,  tome  4,  art.  Goncrétions).  Ce  calcul? 
rendu  en  1825  par  une  jeune  fille,  fut  remis  à  M.  Las-^ 
saigne  par  M.  le  docteur  Kergaradie.  M.  Lassaigne 
demande  qu'il  soit  fait  mention  de  sa  réclamation^ 
M.  Gaveûtou  réplique  que  les  calculs ,  dont  il  a  donné 
une  analyse  plus  complète ,  avaient  cette  particularité 
distinctive,  et  jusqu'ici  sans  exemple  analogue,  d'être 
renfermés  dans  un  kyste  ou  membrane  celluleuse  >  fail 
absolument  nouveau. 

MM.  Henry  père  et  Robiquet  donnent  lecture  de 
leur  rapport  sur  l'atropine  ou  1§  principe  actif  de  Yatrçpa 
Mladona ,    wvoyé  à  l'Académie  par  M.  Tilloy,  phar* 


DE    PHAAMAGIE.  l85 

macien  à  Dijon.  Les  commissaires  ont  suivi  lé  procédé 
indiqué  par  Tattteur.  L'extrait  de  belladone  ,  soumis  à 
l'alcool ,  débarrassé  par  l'eau  de  sa  résine ,  a  été  ensuite 
traité  par  la  magnésie  caustique ,  repris  par  l'étber,  en^ 
fin  soumis  à  l'acide  acétique ,  et  séparé  au  moyen  de  la 
soude  caustique;  il  n'a  point  donné  d'atropine,  mais  un 
faible  précipité  jaunâtre.  Les  commissaires  ont  donc  du 
tenter  d'autres  expériences  sur  la  matière  brune  envoyée 
par  M.  Tilloy,  comme  étant  de  l'atropine  pure.  Traitée 
par  l'hydrate  de  protoxide  de  plomb  (  d  après  le  procédé 
de  M.  Plisson  pour  des  substances   analogues),  cette 
atropine  a  montré  la  présence  de  l'ammoniaque  toute 
formée,  ou,  en  partie  du  moins ,  combinée  à  l'état  d  acé- 
tate. Les  commissaires    concluent  que  le   procédé   de 
M.  Tilloy  n'est  pas  assez  détaillé  pour  obtenir  l'atropine 
qu'il  annonce ,  et  que  celle  dont  il  décrit  les  propriétés 
est  un  mélange  d'ammoniaque,  de  chaux,  d  acide  acé- 
tique et  d'autres  substances  organiques  dont  on  n'a  pu 
déterminer  la  nature,  faute  de  quantités  suffisantes.  La 
présence  d'un  alcali  organique  n'est  nullement  démon-- 
trée.  Ce  travail  n'offre  donc  pas  un  intérêt  assez  pro^ 
nonce,  quoiqu'on  doive  savoir  gré  à  l'auteur  d'avoir  cott- 
centré  les   propriétés   de   la  belladone    de    manière  à 
procurer  aux  médecins  un  agent  très*énergique.  L^s  com- 
missaires votent  des  remercîméns  à  M.  Tilloy,  et  deman- 
dent que  l'extrait  de  leur  rapport  lui  soit  commtiniqué. 
La  section  adopte  ces  conclusions. 

Le  secrétaire  lit  des  remarques  sur  le  premier  quina-^ 
quina  des  anciens  Péruuiens  y  ou  sur  l'arbre  du  baume 
du  Pérou,  ai^ec  la  description  de  ses  semences  qu'il  pré- 
sente à  l'Académie.  • 

M.  Guibourt,  afin  de  compléter  son  mémoire  sur 
l'amidon ,  présente  une  note  sur  l'hordéine ,  d'abord  dé- 
crite par  le  célèbre  Proust  [AnnaL  Chim.  et  Phys., 
loin,  5,  p.  337);  c'est  ce  corps  rude,  sablonneux  ,  rcs-* 


l86  JOURNAL 

semblant  à  delà  sciure  de  Lois ,  formaiît  lés  55  centièmes 
àe  la  farine  dorge,  et  donnant  au  pain  d'orge,  suiyant 
ce  chimiste,, ses  qualités  grossières  et  indigestes.  M.  Gui- 
-  L'ourt ,  comparant  la  farine  d'orge  perlé  ou  séparé  de  son 
péricarpe  avec,  celle  dV)rge  entier ,  comprit  que  l'hordéine 
pourrait  bien  n'étre.formée  que  de  cette  enveloppe  du 
grain  d'orge.  L'auteur  conclut,  de  ses  diverses  expériences 
tentées  à  ce  sujet ,  que  l'hordéine  n'est  qu'un  mélange 
des  tégumens  de  fécule  et  d'une  matière  ligneuse  ;  il  n'a 
tiré  que  25  pour  cent  de  cette  hordéine  de  l'orge  pré- 
paré par  l'ébullition ,  car  l'eau  enlève  une  partie  de  ces 
'  tégumens.  La  maturation  du  grain  avait  organisé  le  tégu- 
ment pour  défendre  la  matière  nutritive  ou  fécule  de 
toute  déperdition,   mais  la  germination  désorganise  ce 
tégument ,  afin  de  le  rendre  soluble  ;  c'est  pour  cela  que 
Proust  a  trouvé  moins  d'hordéine  dans  la  drèche  ou  le 
malt  de  l'orge  germé  (  seulement  12  centièmes };  c'est  pro- 
bablement toute  la  proportion  de  ];natière  ligneuse  que 
contient  l'orge.  M.  Guibourt  pense  que,  comme  la  matière 
ligneuse  existe  aussi  dans  l'enveloppe  du  blé ,  c'est  moins 
à  la  quantité  de  cette  substance  qu'à  sa  qualité  qu'on 
doit   attribuer    la  propriété  indigeste   de  l'orge.  Cette 
graine  est  beaucoup  plus  dense  et  résistante ,  ou  moins 
attaquable  par  les  sucs  de  l'estomac  que  ne  l'est  le  blé. 
L'enveloppe  même  des  grains  de  fécule  d'orge  est  moins 
idissoluble  à  l'eau  bouillante  que  celle  de  l'amidon  de 
froment.  Telle  est,  d'après  M.  Guibourt,  la  cause  de  la 
moindre  dissolution  de  l'orge  pris  comme  aliment  par 
l'homme ,  et  non  pas  la  présence  d'un  produit  immédiat 
qui  lui  serait  particulier. 

M.  Henry  fils  donne  ensuite  connaissance  d'un  now- 
yeau  procédé  pour  extraire  l'urée  de  l'urine  humaine. 

M.  Robiquet  dit  que  de  l'éther  employé  pour  enlever 
la  matière  colorante  de  l'urine  concentrée  enlève  aussi 
beaucoup  d'urée,  en  sorte  que  ce  procédé  pourrait  se" 


.     DE    PHARMACIE.  187 

pratiquer  m  grand  pour  obtenir  Turée  ;  Téthcr  se  retire 
ensuite  au  moyen  de  la  distillation. 

M.  Henry  .père  ajoute  que  l'urée  (laquelle  est  .em- 
ployée maintenant  contre  l'hydropisie  ) ,  contient  assez 
souvent  du  nitrate  de  potasse  dont  il  faut  la-  débar- 
rasser. 

Séance  du  20  mars  1829.  Parmi  la  correspondance  ma- 
nuscrite, la  section  reçoit  de  M.  Touéry ,  pharmacien  à 
Soloçiiac ,  un  mémoire  sur  lepipérin^  contenant  une  mé- 
thode noui^elle  pour  l'obtenir  pur  à  la  première  et  à  la  se-- 
conde  cristallisation*  L'auteur  adresse  en  même  temps 
des  produits.  MM,  Caventou  et  Chevallier  sont  désignés 
commissaires  pour  examiner  ce  travail. 

Une  lettre  de  M.  Dallet  Ledoux ,  pharmacien  à  Ya- 
lençay ,  présente  la^ormu/e  éPune pommade  contre  la  ger-^ 
cure  des  seins*  M.  Planche  est  invité  à  faire  un  rapport 
sur  cette  recette. 

M.  Ossian  Henry  donne  lecture  de  Vexamen  d'une 
urine  particulière  humaine,  M.  Caventou  présume ,  avec 
quelques  chimistes,  que  Yacide  rosacique  trouvé  dans 
ce  liquide  ne  diffère  de  Yurique  que  par  une  matière 
colorante  rouge  avec  laquelle  il  est  étroitement  com- 
biné ;  mais  que  si  l'on  sépare ,  à  l'aide  de  l'acide  sulfuri- 
que ,  cette  matière  colorante ,  on  obtient  de  l'acide  urique 
plus  ou  moins  pur'.  L'alcool  peut  aussi  enlever  cette  sub- 
stance colorante  qui  transforme  l'acide  urique  en  rosaci- 
que. M.  Caventou  ajoute  encore  que  M.  Vauquelin  , 
ayant  répété  les  expériences  de  Will.  Prout,  sur  Yacide 
purpurique  retiré  par  ce  dernier  des  urines ,  a  reconnu 
que  c'est  à  une  matière  d'un  rouge  pourpre  que  l'acide 
urique  doit  sa  transformation  en  ce  prétendu  nouvel 
acide. 

M.  Quesneville  fils  a  donné  un  procédé  de  purification 
de  Tacide  urique. 

M.  Henry  fils  objecte  toutefois  que  Vogel  a  considéré 


.^ 


l88  JOURNAL    DE    PHARMACIE. 

comme  des  acides  difïérens ,  quoique  analogues  et  voisins, 
les  acides  urique  et  rosacique. 

M*  Lodibert  rappelle  que  BerthoUet,  examinant  les 
urines  durant  les  accès  de  goutté,  avait  reconnu  qu'outre 
le  dépôt  brique  té  qu'elles  présentent,  elles  manifestent 
encore  un  grand  excès  d'acide  phosphorique.  Cette  sura- 
bondance d'acide  disparait  après  les  paroxysmes.  M.  Boul- 
lay  désirerait  qu  on  eut  l'occasion  d'examiner  de  nouveau 
la  nature  de  l'acide  rosacique.  M-  Virey  et  d'autres  mem- 
bres font  aussi  diverses  remarques  sur  la  nature  et  la  quan- 
tité des  principes  contenus  dans  l'urine ,  d'après  les  es- 
pèces d'alimens  dont  on  fait  usage. 

M.  Chevallier,  ayant  traité  par  l'éther  un  extriait  d'u-  , 
rine  récente,  d'après  l'indication  donnée  par  M.  Robiquet, 
n'a  pu  en  séparer  de  l'urée. 

M.  Sérullas  est  chargé  de  faire  un^rapport  sur  le  mé- 
moire de  M.  Dubuc ,  de  Rouen ,  relatif  au  principe  véné-   ^ 
neux  du  redoul,  coriarîa  jnjrrtifolia, 

M.  Caventou  appelle  l'attention  de  l'académie  sur  les 
procédés  de  rouissage  du  chanvre.  On  cite  la  broie  méca- 
nique proposée  par  M.  Christian  pour  y  suppléer ,  moyen 
qui  n'a  point  réussi.  M.  Chevallier  dit  que  M.  Nicolas  , 
chimiste,  avait  obtenti  un  rouissage  plus  facile  dans  de 
l'eau  contenant  en  dissolution  du  savon  noir.  M.  Quatre- 
mère  Disjonval ,  au  rapport  de  M.  Lodibert,  avait  recom- 
mandé avec  succès  en  Hollande  une  eau  chargée  de  les- 
sive alcaline.  M.  Henry  père  annonce  que  la  société  royale 
d'agriculture  de  Paris  a  nommé  sur  ce  sujet  une  commis- 
sion dont  il  fait  partie  ;  il  ajoute  que  l'emploi  d'eau  alca- 
line n'a  pas  réussi  pour  le  rouissage  da  phormium  tenax, 
lin  de  la  Nouvelle-Hollande ,  dont  il  s'est  occupé. 

J.-J,  V. 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS; 

Rédigé  par  M.  Robiquet,  secrétaire  général  ^  et  parun& 

Commission  spécial^. 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL. 

Séance  du  16  mars, 

PRÉSIDENCE     DE     M.     SERULLAS. 

M.  le  secrétaire  général  donne  connaissance  de  la  cor- 
respondance manuscrite,  qui  èe  compose  :  1  <>.  d'une  note  de 
M.  Farines,  pharmacien  à  Perpignan,  membre  corres- 
pondant ,  dans  laquelle  il  rapporte  des  observations  sur 
les  propriétés  vésicantes  de  diverses  espèces  de  coléop- 
tères de  la  section  des  hétéromères.  - 

M.  Chereau  adresse  des  observations  pour  répondre  à 
la  note  de  M.  Godefroy,  sur  la  nomenclature  pharmaceu- 
tique. 11  maintient,  contre  les  raisons  employées  pour  le 
combattre,  que  le  mot  dccocté  doit  être  substitué  à  celui 
de  décoctum^  en  ce  qu'il  est  sa  traduction  fidèle. 

La  correspondance  imprimée  se  compose:  1".  de  deux 
numéros  des  Annales  de  l'industrie  française  et  ^étrangère 
(M.  Bussy,  rapporteur)  ;  2^*  un  numéro  des  Annales  sta- 
tistiques et  industrielles  de  l'Auvergne  (M*  Boudet ,  rap- 
porteur) ;  3°.  un  discours  adressé  par  M.  Stanhope  à  la 
société  médico-botanique  de  Londres  ;  4**.  un  discours  de 
M.  Girardin,  à  l'occasion  de  l'ouverture  d'un  couVs  gra- 
tuit de  chimie  appliquée  aux  arts ,  dans  la  ville  de  Rouen  ;. 


igO  BULLETIN    DES   TRAVAUX 

5*».  Fanalyçe  critique  du  Mémoire  de  sir  H.  Dary ,  sur  les 
phénomènes  des  volcans ,  par  le  même  ;  6^.  un  numéro  du 
Journal  de  pharmacie  ;  7*".  les  Annales  des  mines  (M.  Sou-' 
beiran,  rapporteur);  8**.  une  brochure  sur  l'emploi  da 
chlorure  de  chaux  pour  purifier  les  ateliers  de  vers  à  soie; 
9"^.  un  opuscule  sur  la  purification  du  sucre  de  betterave, 
par  M.  Clemandot  (M.  Derosne,  rapporteur)  ;  10".  un 
numéro  des  Archives  de  Brandes  (M.  Valte ,  rapporteur)  ; 
1 1o.  un  prospectus  de  l'école  centrale  des  arts  et  manu- 
factures. 

L'ordre  du  jourappelle  les  rapports  des  sociétés  savantes . 

M.  Bussy  fait  le  rapport  suivant  de  l'académie  des 
sciences  : 

M.  Julia  Fontenelle  écrit  à  l'académie  pour  rappeler 
que  lorsqull  lut  9  il  y  a  quatre  ans ,  une  note  sur  un  banc 
de  soufre  découvert  par  lui  dans  les  environs  de  Nar- 
bonne,  il  remit  aux  commissairc^s,  chargés  de  l'examen 
de  sa  note ,  un  os  fossile  qu'il  crut  être  un  humérus  hu-^- 
main,  et  qui  avait  été  trouvé  à  peu  de  distance  de  la 
caverne  où  M.  Tournai  a  rencontré  ceux  dont  on  a  entre- 
tenu l'académie  dans  sa  dernière  séance. 

M.  Pouillet  lit  un  mémoire  sur  l'attraction  et  la  répul< 
sion  des  corps  échauffes ,  et  sur  la  rapidité  avec  laquelle 
la  chaleur  se  transmet  dans  les  corps. 

M.  Civiale  lit  un  mémoire  sur  le  cautère  vésical. 

M.  de  Pontécoulant  lit  un  mémoire  sur  plusieurs  ques- 
tions .d'astronomie. 

M.  Héricart  de  Thury  entretient  l'académie  d'un  nou- 
veau puils  foré  qui  vient  d'être  établi  par  MM.  Fiachat ,  *- 
près  de  la  gare  de  SaiatTOuen.  Ce  puits,  commencé  le 
29  décembre,  était  complètement  terminé  à  l'époque  de 
la.  communication  de  M.  Héricart  de  Thury.  L'eiiu  avait 
été  rencontrée  à.  la  profondeur  de  49  mètres,  entre  la 
craie  et  l'argile  plastique  qui  la  recouvre,  comme  cela 
avait  eu  lieu  à  Epinay  et  dans  plusieurs  autres  localité* 


) 


DE    LA    SOCIETE    DE  .PHARMACiE.*        IQI 

des  environs  de  -  Paris;  ce  qui. porte  M.  Héricart  de 
Thur j  à  penser  qu'il  existe  j  sous  la  ville  de  Paris ,  deux 
grandes  nappes  d'eau  entre  les  deux  mêmes  formations , 
la  craie  et  Targile  plastique  ;  que  la  condition ,  pour  pou- 
pouvoir  établir  un  puits  fo^ ,  est  dans  l'intégrité  de  la 
couche  d'argile  plastique  ;  que  ce  serait  en  vain  que  l'on 
chercherait  à  en  faire  dans  les  localités  où  la  craie  se  re- 
lève et  perce  l'argile  plastique ,  comme  à  Meudon  ;  mais 
qu^on  peut  le  tenter  avec  beaucoup  de  chance  de  succès 
dans  les  quartiers  bas  des  environs  de.  Paris ,  tels  que  le 
Jardin  du  Roi ,  le  Palais-Rojal ,  l'Hôtel-de-Ville ,  etc. 

Sans  pouvoir  réspudre  complètement  la  question  d'é- 
conomie, M.  Héricart  de  Thury  pense  qu'il  y  a> avantage 
à  en  établir  dans  le  plus  grand  nombre  de  cas. 

M.  Leroi,  d'Ëtieles,  présente  à  l'académie  un  nouvel  in* 
strument  pour  ie  broiement  de  la  pierre,  dont  il  aan^ncO' 
avoir  obtenu  les  plus  heureux  résultats. 

M.  Duhamel  envoie  un  mémoire  relatif  à  la  théorie  ma 
thématique  de  la  chaleur. 

M.  Héron  de  Villefosse  fait  un  rapport  favorable  sur 
un  ouvrage  de  M.  Charles  Du  Rozior ,  intitulé  :  F^oyage 
pittoresque  dé  sa  majesté  Charles  X  dans  le  départe^' 
ment  du  Nord, 

M.  Babinet  donne  lecture  d'un  mémoire  dans  lequel 
Tauteur  traite  plusieurs  questions  importantes  de  la 
théorie  de  la  lumière.     . 

La  séance  est  terminée  par  un  mémoire  très-détaillé 
de  M.  Becquerel,  sur  l'influence  des  phénomènes  élec- 
triques dans  plusieurs  combinaisons  chimiques.  Dans  la 
première  partie  de  ce  mémoire,  l'auteur  étudie  particu- 
lièrement les  effets  électriques  qui  se  npanifestent  dans 
Faction, chimique  des  corps,  principalement  dans  l'action 
des  liquides  les  uns  sur  les  autres.  Il  applique  ensuite 
les  forces  électriques ,  qui  se  développent  dans  ces  cir- 
constances^ à  la  formation  des  divers  produits.  Il  a  obtenu 


igi  BULLBTin    DES  .TEAVAlUX 

de  ceftte  manière ,  par  l'efi'et  d'UQC  force  électr(Hmoiriiie 
trés-faible ,  mais  agissant  pendant  long*temps  et  dans  des 
circonstances  convenables,  doyeloppées  avec  beaucoup 
détail  danis  son  mémoire,  des  produits  cristallisés  re^ 
marquables ,  tels  que  le  chlorure  d  argent ,  le  protoxide 
de  cuivre ,  d^es  iodures  et  chlorures  doubles ,  que  Ton  ne 
peut  obtenir  par  les  moyens  ordinaires. 

Suivant  l'auteur,  ces  considérations  peuvent  jeter  un 
nouveau  jour  sUr  Thistoife  géologique  de  la  terre ,  danâ 
laquelle  on  trouve ,  en  effet ,  un  grand  nombre  de  sub- 
stances minérales  cristallisées,  dont  la  formation  parait 
due  à  des  causes  analogues  à  celles  que  M.  Becquerel  a 
mises  en  jeu  dans  ses  expériences  en  petit. 

M.  Babinetiprésente  à  l'académie  une  machine  pneu- 
matique perfectionnée ,  dans  laquelle  on  peut  faire  le 
vide  avec  plus  d'exactitude  que  dans  les  machines  ordi- 
naires. 

'  Il  présente  aussi  une  boussole  à  réflexion ,  portative  , 
destinée  particulièrement  à  mesurer  les  variations  di-* 
versés. 

ÎM.  Héricart  de  Thury  fait  une  nouvelle  -communica- 
tion au  sujet  du  puits  foré  de  MM.  Flachat ,  près  la  gare 
de  Saint-Ouen.  II  résulte,  des  nouveaux  travaux  de  son-^ 
dage  entrepris  par  MM.  Flachat,  quils  sont  parvenus  à 
trouver,  à  ja  profondeur  de  64  mètres,  une  seconde  nappe 
d'eau  très-inférieure,  comme  Ton  voit ,  à  celle  qu'ils  avaient 
rencontrée  dans  leurs  premiers  travaux ,  à  la  profondeur 
de  49  mètres.  L'eau  de  cette  deuxième  napp^  a  eu  da- 
bord  quelque  peine  à  s'élever  dans  le  tube  vertical ,  eu 
raison  du  sable  que  le  courant  d'eau  accumulait  dxms  la 
partie  inférieure  du  tuyau.  Mais,  à  l'aide  de  l'aspiration 
produite  par  une  forte  pompe,  on  est  parvenu  ii  déter- 
miner le  déplacement  de  la  terre  qui  obstruait  rdrifice  du 
tube ,  et  actuellement  leau  s'élève,  en  jet  rapide,  à  une 
hauteur  de  plus  de  3  mètres  au-dessus  du  niveau  du  sol. 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DK    PHARMACIE.  tg3 

En- recouvrant  rorifice  du  tube  avec  uo  ajutage  percé  de 
trous ,  on  varie  la  direction  du  jet  d'eau  de  manièrQ  à 
produire  les  effets  les  plus  agréables. 

Mais  ce  que  ce  nouveau  puits  offre  surtout  de  remar- 
quable y  c'est  que'les  eaux  fournies  par  les  deux  nappes 
ne  se  mêlent  point,  et  s'élèvent  par  deux  tubes  concen- 
triques ,  de  diamètres  différens  ;  de  telle  manière  que  4li 
nappe ,  qui  se  trouve  à  49  mètres  de  profondeur,  s'élève 
dans  le  tube  le  plus  large,  à  peu  de  distance  au-de$&ud  du 
soi ,  et  que  l'eau  de  la  nappe  inférieure  monte  dans  un 
tube  d'un  diamètre  plus  petit  que  le  premier,  placé  au 
centre  de  celui-ci  et  s'élève  de  3  mètres  au- deâsus  du 
sol. 

Chacun  de  ces  tubes  fournit  à  peu  près  5  mètres  cubea 
ou  120  mètres  par  24  heures. 

M.  Cuvier  fait  un  rapport  favorable  sur  des  observa- 
tions et  des  objets  d'histoire  naturdle ,  recueillis  par  les 
officiers  de  santé  de  la  gabarre  du  roi  la  Chevrette  ,  pen- 
dant son  voyage  dans  les  mers  de  l'Inde. 

M.  Pouillet  lit  un  mémoire  sur  un  nouveau  pyromètre 
à  air  qu'il  a  imaginé  pour  la  mesure  des  hautes  tempéra- 
tures. L'instrument  dont  se  sert  M.  Pouillet  est  un. vase 
ovoïde  en  platine ,  soudé  à  un  tube  de  même  métal ,  ef 
dont  on  connaît  la  capacité ,  ce  vase  communiquant  avec 
un  .tube  gradué,  de  telle  façon  qu'on  puisse  lire  immé- 
diatement l'augmentation  de  volume  due  à  la  variation 
de  température. 

Pour  se  servir  du  pyromètre  de  M.  Pouillet  ^  on  plonge 
le  vase  de  platine  dans  le  foyer  dont  on  veut  apprécier  la 
température.  Lorsqu'on  suppose  qu'elle  s'est  transmisé  au 
gaz ,  on  détermine  l'augmentation  de  volume  que  celui*<f 
ci  a  éprouvée  ;  et ,  connaissant  le  volume  primitif  du  gaz 
et. le  volume  dilaté,  on  parvient  facilement  à  détermi-* 
ner  la  température  à  laquelle  cette  augmentation  est 
due.  En  supposant  que  le  coefficient  de  la  dilatation 
XV*.  Année.  —Auril  1829.  14 


194  BULLETIN    DES  .TRAVAUX 

reste  constant  pour  les  hautes  températures ,  et  le  même 
que  celui  qui  a  été  déterminé  par  expérience ,  d'abord  par 
M.  Gay-Lussac  pour  la  température  depuis  0®  jusqu'à 
100",  et  par  MM,  Dulong  et  Petit,  pour  les  tempéra* 
tures  supérieures  jusqu'à  TébuUition  du  mercure,  pour 
l'hydrogène  et  l'air  atmosphérique  :  ce  nouvel  instrument 
pourra  servir  lui-même  à  reconnaître  si  réellement  la  loi 
de  dilatation  des  gaz  se  maintient  à  une  haute  température, 
et  si  elle  est  la  même  pour  les  gaz  simples  et  composés 
qui  ne  sont  pas  décomposables  par  la  chaleur. 

La  société  reprend  la  suite  de  ses  travaux. 

M.  Soubeiran  fait  un  rapport  sur  la  notice  des  travaux 
de  la  société  médico-botanique  de  Londres.  L'intérêt  que 
lui  a  présenté  cette  notice  l'engage  à  conclure  qu'il  ^oit 
réclamé ,  près  de  la  société  médico-botanique  de  Londres , 
communication  de  ses  mémoires  ,  s'ils  ont  été  imprimés. 

M.  Bussy  fait  un  rapport  verbal  sur  un  numéro  des 
Annales  de  l'industrie  française  et  étrangère. 

M.  Robiquet  communique  une  note  de  M.  Couerbe  sur 
un  nouveau  principe  immédiat  retiré  de  l'albumine. 
(MM»  O.  Henry  et  Soubeiran,  rapporteurs.) 

M.  Robiquet  présente  un  aréomètre  de  l'invention  de 
MM.  Violet  et  Guélaud  pour  apprécier  la  pureté  des 
huiles  essentielles  par  leur  densité  relative.  MM.  Bussy 
et  Chevallier  sont  chargés  d'examiner  les  avantages  que 
peut  offrrr  cet  instrument. 

M.  Chereau  dépose  sur  le  bureau  une  notice  bibliogra- 
phique sur  l'Antidotaire  de  Nicolas.  Renvoyé  à  la  com- 
mission des  travaux. 

M.  Guibourt  lit  des  observations  en  réponse  à  la 
note  communiquée  par  M.  Godefroy,  dans  la  dernière 
séance,  sur  la  préparation  du  proto-chlorure  de  mer- 
cure et  celle  de  l'oxi-chlorure  de  mercure  ammoniacal. 


9  i 


DE    LA   SOCIETE    DE    PHARMACIE. 


<*%»%»%fc%%»»»l^»^^. 


EXAMEN 

lies  rapports  généraux  du  conseil  de  salubrité  de  Nantes 

i>onr  1826  et  1827;  ' 

CommoAMïué  à  la  Société  de  Pharmacie,  le  15  décembre  1828 

par  M.  BouLLAY.  ' 

Messieurs, 

Je  me  reproche  d'autant  plus  d'ayoir  autant  tardé  à 

1827,  quil  s  agit  dun  genre  d'institution  éminemment 
utie,  trop  peu  répandu  en  France,  et  qui  mIrTterak 
d  être  encouragé  et  multiplié  pour  le'granl  av^taTde 
Ihygiène  publique.  De  plus ,  rétablissement  d'un  conseil 
^  sdubnté.à  Nantes,  analogue  à  celui  qui  r"d  de 
grands  servicesdans  la  capitale,  a  eu,  pou?premiers  mo 
b.  es  et  pour  collaborateurs  très-actifs,  deux  de  nos  pis 
esun^les  correspondans.  Ces  deux  pharmaciens,  met£ 
de  côte  leur  intérêt  particulier  ,  s'y  sont  voLTs  sal 
reserve ,  y  ont  consacré  leur  temps  et  leur  savoir  •  et    1 
concert  avec  les  autres  membres  de  ce  conseil  a'pparte! 
nant  aux  diverses  branches  de  la  médecine ,  ils  om  pro. 
cure   a  lautonte  toutes  les  vues  d'amélioration  qu^eHe 
avait  droit  d  attendre  de  leur  concours. 

Les  fondateurs  du  conseil  de  salubrité  n'ont  pas  bAr.-' 
leur  sollicitude  à  la  ville  principale  ;  mais,:^^'  " 
M.  le  préfet  de  la  Loire-Inférieure ,  ils  ont  étende  des 
ramifications  bienfaisantes  ,  et  chaque  chef-lieu  d'arron 
dissement  a  été  appelé  à  posséder  son  conseil  corresnor 
dant  avec  le  chef-lieu  du  département,  au  sein  du"  M 
concentrent  et  s'élaborent  \s   obsédât  on"  reS:: 
dans  toute  l'étendue  de  la  circonscription.         *''"^'"'"* 


196  BULtETIN    DES    TRAVAUX 

n  ei[istait  à  Naiites  beaucoup  de  causes  d'insalubrité  ; 
elles  ont'  été  signalées  à  Tautorité  municipale ,  qui  a  déjà 
.remédié  au  plus  grand  nombre.  Les  principaux  objets  sur 
lesquels,  dès  sa  fondation,  le  conseil  de  salubrité  de 
Nantes  a  porté  son  attention  ,  et  qui  ont  été  lobjet  de 
rapports  partiels  très^détaillés ,  sont  : 

1°.  Les  moyens  d'éviter  la  disette  d'eau  dans  les  cam- 
pagnes, et  de  purijBer  celles  qui  ne  sont  pas  potables  : 

20.  L'état  sanitaire  de  l'ancien  dépôt  de  mendicité  ;    ' 

3*".  La  distribution  dé  deux  nouvelles  prisons  alors  en 
construction ,  sous  le  rapport  sanitaire  ; 

4'*.  Le  charlatanisme,  cette  i.èpre  des  temps 'd'igno- 
rance, que  les  progrès  des  lumières  et  de  la  civilisation 
ne  sont  pas  encore  parvenus  à  guérir  ;   . 

5"*.  L'hydrophobie,  pour  rectifier  le*  ^reurs  populaires 
relatives  à  cette  affredse  maladie ,  et  indiquer  les,  meil- 
leurs moyens  connus  pour  s'en  préserver  ; 

G"".  La  substitution  d'une  baguette  en  cuivre  à  celle 
de  fer ,  dont  se  servent  les  mineurs ,  et  dont  le  cboc  avec 
des  silex  donne  lieu  à  des  étincelle^  et  peut  déterminer 
des  explosions  ;  < 

l""-.  Sur  les  travaux  du  canal  de  Brest ,  et  les  moyens  ^ . 
dans  l'intérêt  de  la  santé,  des  ouvriers  et  des  populations 
qui  avoisinent  les  travaux  ; 

%".  Sur  l'opportunité  des  boîtes  fumigatoires  destinées 
à  secourir  les  noyés,  et  sur  les  cbangemens  quelles  pro*- 
grès  des  sciences  doivent  faire  apporter  à  celles  qu'on 
avait  coutume  de  mettre  en  usage  ; 

Les  fabriques  de  papier  et  de  cfirton ,  les  amidonne- 
ries ,  dont  la  màuv£^ise  odeur  avait  occasioné  des  plaintes , 
ont  aussi  fixé  l'attention  du  conseil  de  salubrité ,  qui  a  su 
concilier  l'encouragement  dû  à  l'industrie  avec  les  inté- 
rêts individuels  des  citoyens  ; 

.  L'examen  du  pain  altéré  par  le  mélange  de  la  farine  des 
céréales  avec  celle  des  plantes  légumineuses;  celui  des 


'  DE    JUA    SOCIETE    OE    PUAKfllACIE.  ig^ 

luarch^ndHes  airoriées  qu'il  serait  dangereux  de  livrer  à 
la  consommation  ;  des  obaëryations  sur  la  mauvaise  dis- 
position des  cales  où  se  puise  l'eau  pour  les  usagés  éco- 
noBjiques,  et  par  conséquent  l'expression  d'un  besoin 
urgent  die  fontaines  publiques  :  tels  sont  les  principaux 
sujets  qui  ont  attiré  l'attention  du  consul  de  Nantes  pen- 
dant l'année  1 82&. 

Le  rapport  général  en  question  contient  en-  outre 
l'extrait  de  la  correspondance  des  conseils  d'arrondisse- 
ment, rempli  de  détails  et  de  f^its  curieux.  De  sembla- 
bles recherches^  faites  avec  le  mjéme  soin  sur  tous  les 
point!»  divers  de  ia. France,  ne  tarderaient  p^s  à  procu- 
rer les  élémeos  d'une  bonne  statistique  médicale.  Celles- 
ci  servent  du  moins  à  prouver  combien  les  plus  petites  lo- 
calités con tiennent. d'bomp^es distingués  d'une  instruction 
solide ,  .et  quelles  ressource?  ils  ofi'riraient  au  pays  si  on 
savait  les  utilise;:.  .   ,  *    - 

Pour  ne  pas  dontier  trop  d'étendue  k  pet  extrait.,  je 
vais  parcourir  rapidement  le  secpnd  Rapport  général  du 
conseil  de  salubrité  de  N;>ntes,  contenant  le  sommaire 
de  ses  travaux  en  1827-  Le  plan  est  à  peu  près  le  même 
que  pour  celui  de  l'année  précédente,  et  il  se  termine 
également  par  l'extrait  des  détails  instructifs  transmis 
par  tes  conseils  correspondans'  des  diiférens  points  du 
département. 

Les  principaux  rapports  faits  à  .l'autorité  par  le  con- 
seil central  de  Nantes,  pendant  la  susdite  année,  sont 
relatifs  :• 

1«».  A  Ve^jhuifS£ment  des  (animaux  morts  dje  maladies 
réputéedcontagieuses; 

2?,.  A  Tassainissen^ieçt  de  la'poissonçerie,  des  baquets 
et  des  paniers  destinés  à  contenir  Iç  poisson,  d'après 
la  méthode  de  notre  confrère  Labarraque  ; 

3**.  A  la  désinfection  des  latrines  publiques  au  moyen 
dès  solutions  d'alun ,  conseillées  par  M.  d'Arcet; 


198  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

4^",  A  ]a  fabrication  de  la  poadrette  si  importante  pour 
l'engraîs  des  terres  argileuses  ; 

5".  Aux  ateliers  destinés  à  la  fonte  du  suif  en  branches^ 
dont  lodeur  désagréable  et  incommode  contribuait  à  dé- 
peupler les  quartiers  où  ils  se  trouvent  situé».  Ces  sortes 
d  usines  ont  été  soumises  à  une  investigation  particulière 
par  le  conseil  de  salubrité  de  Nantes  ;  et  en  même  temps 
qu'il  tentait  une  série  d'expériences  sur  ce  grand  objet 
d'hygiène  locale,  il  a  eu  Fidée  de  rechercher  comment 
on  procédait  dans  les  principales  villes  de  France  et  de 
l'étranger,  et  de  recueillir  l'opinion  des  hommes  instruits 
sur  cette  matière.  En  conséquence,  il  a  été  écrit  à  un 
grand  nombre  de  pharmaciens  et  de  chimiste? ,  qu'on  sup- 
posait le  plus  en  possession  d'éclairer  la  question. 

On  trouve  dans  le  rapport  général  un  extrait  de  cette 
nombreuse  correspondance  :  elle  a  peu  ajouté ,  il  est 
vrai,  à  ce  que  savaient  déjà  les  membres  du  conseil. 
Elle  a  offert  toutefois  des  idées  nouvelles  qui  sont  ve- 
nues corroborer  les  expériences  à  la  suite  desquelles 
le  conseil  de  salubrité  a  conclu  aux  applications  suivantes  : 

1**.  De  faire  voûter  les  fondoirs  pour  placer  les  chau- 
dières au  premier  étage  ; 

2**.  De  faire  plafonner  toutes  les  charpentes  ; 

3**.  D'opérer  la  fonte  à  vases  clos  avec  addition  d'acide 
sulfuriquedans  les  proportions  indiquées  par  M.  d'Arcet, 
qui  d'ailleurs  paraissent  devoir  varier; 

4".  De  faire  condenser  les  vapeurs  dans  les  égouts  de 
l'établissement  ; 

5**.  Enfin ,  d'exiger  la  plus  grande  propreté  dans  les 
fondoirs ,  et  de  n'y  pas  laisser  séjourner  le  suif  brut. 

L'assainissement  du  quai  des  Tanneurs ,  des  cloaques 
de  la  chaussée  de  la  Madeleine,  des  fabriques  de  cha- 
peaux vernis,  de  celles  où  se  fait  le  noir  animal  ;  l'examen 
de  l'influence  dés  marais  de  Barbin  et  de  leur  inonda- 
tion au  mois  de  mai ,  ainsi  qu'une  foule  d'autres  sujets  non 


DE  LA   SOCIETE    DE     PHARMACIE.  I99 

moins  graves ,  ont  fourni  la  matière  d  autant  de  rapports 
particuliers,  accueillis  par  lautorité,  et  qui  ont  déjà 
amené  des  améliorations  considérables. 

Quand  on  considère  le  bien  que  peuvent  produire  l'in- 
struction et  le  zèle  beureusement  dirigés  de  quelques 
gens  de  l'art  réunis  pour  s'occuper  de  la  santé  publique , 
n'y  a-t-il  pas  lieu  de  s'étonner  que  l'institution  des  con- 
seils de  salubrité,  quoique  dune  date  assez  récente 9 
même  à  Pans ,  n'existe  encore  que  pour  trois  ou  quatre 
des  principales  villes  de  France  7  Et  ne  serait-il  pas  bien 
opportun  d'attirer  l'attention  du  gouvernement  sur  cet 
objet  d'utilité  générale  ?  Il  y  a  vraiment  urgence ,  et  cha- 
que département  doit  être  appelé ,  sans  distinction ,  à 
jouir  d'un  semblable  bienfait.  Il  ne  suffirait  pas  même 
d'abandonner  la  formation  des  conseils  de  salubrité  au  libre 
arbitre  des  préfets  ;  il  faudrait,  au  contraire^  les  faire  éma- 
ner d'une  loi  spéciale ,  ou  les  rattacher  à  celle  qui  se  pré- 
pare sur  l'organisation  de  la  médecine  et  de  la  pharmacie. 

Paris  possède  un  excellent  modèle ,  qui  a  servi  de 
guide  pour  ceux  qui  ont  été  formés  depuis.  Nantes  y 
a  ajouté,  par  ses  ramifications  et  sa  correspondance  avec 
les  points  divers  d'un  département ,  un  complément  ap- 
plicable à  tous  les  autres. 

Je  conclurai,  Messieurs,  à  des  éloges  bien  mérités 
pour  le  conseil  de  salubrité  de  Nantes,  et  en  particulier 
pour  ceux  de  nos  confrères  dont  le  concours  l'a  rendu 
véritablement  efficace.  Je  vous  proposerai  donc  de  dépo- 
ser honorablement  dans  vos  archives ,  pour  y  necourir 
de  nouveau,  les  deux  rapports  généraux  pour  1 826  et  1 827, 
regrettant  que  vous  n'ayez  pas  à  votre  disposition  des 
moyens  pour  exciter  le  gouvernement  à  procurer  à  cha- 
cun de  nos  départemens  le  bienfait  de  semblables  établis- 

semèns. 


'20Ù  BULLETIN    BES    THAITAUX 

EXAMEN  CHIMIQUE    • 
De  l'écorce  de  massoY  ou  mazoï,  par  M.  Bonastre. 

Lu  à  r Académie  royale  de  Médecûae,  le  31  janvier  1829- 

L'arbre  qui  produit  cette  écot1:e  est  d'une  stature  as- 
sez élevée;  il  croît  Baturellement  au  milieu  des  autres 
arbres  qui  composent  la  masse  boisée   des  forêts  de  Ja  ' 
Nouvelle-Guinée. 

Les  feuilles  sont  d'une  couleur  verjt-clair,  un  peu  lui- 
santes 5  d'une  forme  oblongue ,  d'une  odeur  très-aroma- 
tique. Ce  végétal  parait  appartenir  à  la  famille  des  lau- 
rinées ,  et  ciu  genre  laurus  L. 

L'écorce  qui  fait  l'objet  de  cet  ei^amen  m'a  été  re- 
mise par  MM.  Garnot  et  Lesson ,  officiers  de  santé  dis- 
tingués de  la  marine.  Ces  messieurs  la  recueillirent 
eux-mêmes  pendant  la  relâcbe  qu'ils  firent  sur  les  côtes 
de  la  Nouvelle-Guinée,  et  la  rapportèrent  de  leur 
voyage  de  circurrinavigation,  à  bord  de  la  corve,tte  La 
Coquille. 

L'écorce,  que  j'ai  soumise  à  l'analyse,  paraissait  prove- 
nir des  branches  de  l'arbre  plutôt  que  du  tronc;  elle  était 
extérieurement  d'une  couleur  gris- blanchâtre  ou  légère- 
ment jaunâtre  ;  elle  offrait,  de  distance  en  distance  ,  des 
intervalles  irrégùliers,  parsemés  de  plusieurs  cryptoga- 
mjes,  tels  que  le  porina  marginata  (Fee)  (1).  oa  ças- 


(1)  Le  pyretmla  margùuUa  (  Adi. )  occupe ,  selon  M.  Fée,  de  larges  es- 
paces sur  les  écorces  du  honplandia  trifoliata  (Humb.),  sur  Vëpiderme 
de  Vexostema  florihunda  (Roem.  et  Sch.),  ainsi  que  sur  l'écorce  du 
laurus  massoy.  sur  laquelle  notre  collègue  l'a  rencontré  le  premier. 
(Essai  sur  les  cryptogames  des  écorces  officinales,  pag.  Sa.  ) 


9  » 


DE    LA    MdiETE   ^DE    PHARMACIE.  20t 

sore  est  inégale ,  son  tissu  spongieux ,  p€ii  épais  et  très- 
fragile. 

Elle  est  ^intérieurement  d'une  couleur  fauve,  un  peu 
rougeâtre,  et  comme  parsemée  de  petits*  rudimens  cris- 
tallin s  d'un  blanc  opaque . 

Sa  saveur  est  piquante ,  excite  à  la  salivation  et  n'offre 
que  très-peu  d'amertume. 

Son  odeur  est  très-sensible  et  rappelle  tout-à-fait  celle 
du  sassafras 

Analyse, 

25  grammes  d'écorce  de  mas^oy  ont  été  soumis  à  la 
distillation  dans  une  cornue  de  verre,  avec  250  grançilnes 
d'eau.  Cette  quantité  d'écorce  a  fourni  dans  le  réci- 
pient un  liquide  laiteux,  trouble,  qui  était  surnagé  par 
une  petite  portion  d'huile  volatile  fluide  et  extrêmement 
aromatique. 

Le  même  liquide  déposa  par  le  repos  une  seconde  por- 
tion d'huile  volatile  ;  mais  celle-ci  est  plus  pesante  que 
l'eau,  et  un  peu  moins  aromatique  que  la  première. 

Enfin  un  troisième  produit,  volatil  aussi,  blanc,  pulvé- 
rulent ,  insipide ,  presqu  inodore ,  et  qui  ne  s'élève  que 
vers  la  fin  de  la  distillation ,  se  précipita  peu  après  ^u 
fond  du  liquide ,  et  immédiatement  sur  la  portion  même 
de  rbuile  volatile  pesante. 

Ainsi  le  liquide  laiteux  fourni  par  la  distillation  con- 
tenait, en  substances  volatiles,  trois  espèces  de  produits 
bien  distincts  ; 

1°.  Une  huile  volatile  fluide  plus  légère  que  l'eau; 
2".   Une  huile  volatile  fluide  plus  pesante  que  l'eau; 
3**.  Une  substance  pulvérulente  semi-concrète,  aussi 
'  plus  pesante  que  l'eau. 

Nous  allons  essayer  de  les  décrire ,  et  nous  verrons  si 
c^  trois  substances  volatiles  ,  prises  isolément,  sont  as- 


203  BULLETIN    DES    TRA.yA.UX 

sez  distinctes  entr'elles  pour  prendre  en  chimie  organi- 
que le  nom  d'espèce  définie  (]). 

1°.    De  Vhuile  uolatile  légère. 

Cette  tuile  possède  une  propriété  aromatique  parti- 
culière ,  tout-à-fait  analogue  à  celle  de  Thuile  volatile  de 
sassafras. 

Sa  saveur  est  forte,  et  assez  piquante  pour  exciter  à 
là  salivation. 

Elle  est  transparente ,  très-limpide ,  preçqu'inçolore  ; 
elle  jouit  d'une  grande  fluidité  et  d'une  ^densité  moins 
forte  que  celle  de  l'eau  distillée. 

Sa  solubilité  lest  complète  dans  l'alcool  rectifié ,  l'éther 
sulfurique. 

Elle  Test  de  même  dans  l'acide  acétique  concentré, 
dissolution  dans  laquelle  l'addition  de  trois  parties  d'eau 
occasione  une  espèce  d'émulsion  d'où  l'huile  essentielle 
se  sépare  ,  et  s'élève  peu  à  peu  sous  la  forme  de  myria- 
des de  globules  incolores  et  transparens. 

Mise  en  contact  avec  l'acide  nitrique  à  froid,  elle 
prend,  comme  celle  du  sassafras  véritable ,  une  couleur 
rouge-n^carat ,  qui  passe  à  la  couleur  rouge-cerise  plus 
ou  moins  foncée. 

La  quantité  xle  cette  huile  s'élève  à  peu  près  à  la  ving- 
tième partie  du  produit  volatil  retiré.  Le  peu  que  j'en  ai 
obtenu  ne  m^i  pas  permis  de  la  soumettre  à  un  plus  grand 
nombre  d'expériences ,  aiiisi  qu'à  l'action  de  l'acide  nitri- 
que aidé  de  la  chaleur. 

■  ■    ■  .  .     ■  I  ,  .  I  ,  I         ■!    < 

(1)  Selon  M.  Gheyreal ,'  parmi  les  corps  composés  ,  l'espèce  en  chi- 
mie est  une  collection  d'êtres  identiques   par  leur  nature,  leurs  pra^, 
priétés  j  la  proportion  et  Tarrangement  de  leurs  élémens. 


V 
* 


DE  XA    SOCIETE    DE    PHABMAGIE.  !^o3 

2®.    De  l'huile  volatile  fluide  et  pesante. 

Celle-ci  est  plus  épaisse  et  moins  volatile  que  la  pre- 
mière. 

Sa  saveur  est  tout  aussi  forte  et  aussi  piquante  que 
cette  de  Thuile  légère. 

Son  odeur,  quoique  moins  vive,  présente  toujours  la 
plus  grande  analogie 'avec  celle  du  bois  de  laurus  sassa- 
fl-as. 

Sa  densité  est  plus  forte  que  la  première ,  aussi  tombe- 
,t-elle  Tivement  au  fond  de  l'eau. 

Elle  est  soluble  en  toutes  proportions  dans  Talcool  à  40% 
dans  l'éther ,  ainsi  que  dans  lacide  acétique.  ' 

Elle  se  sépare  aussi  de  ces  derniers  dissolvans  au 
moyen  dé  l'addition  d'eau.  Mais  l'I^uile  se  précipite  au 
fond  du  liquide  au  lieu<le  s'élever  à  sa  surface. 

Sil'oa  verse  quelques  gouttes  diacide  nitrique  à  froid 
sur  cette  huile,  elle  acquiert  peu  après  une  couleur 
rouge-nacarat  comme  le  fait  l'huile  volatile  de  sassafras. 

Traitée  par  l'acide  nitrique  aidé  de  la  chaleur,  jusqu'à 
parfaite  dissolution  et  concentration  des  liquides ,  il  y 
a  eu  formation  de  quelques  cristaux  d'acide  oxalique. 

La  portion  du  liquide  (eau-^mère)  qui  n'a  point  donné 
diacide  oxalique,  n'a  point  acquis* l'amertume  de  l'amer 
dit  de  Welther. 

Exposée  à  un  froid  de  1 0**,  l'huile  volatile  de  massoy 
s'est  troublée ,  «a  acquis  une  consistance  semi-concrète, 
mais  elle  n'a  point  présenté  d'aspect  cristallin ,  non  plus 
que  celle  du  sassafras. 

Elle  ne  se  combine  que  très-imparfaitement  avec  la 
lessive  de  soude  ou  ^  potasse ,  avec  l'ammoniaque  li- 
quide ou  gazeuse,  avec  l'eau  de  baryte  ou  de  strontiane; 
agitée  fortement  avec  ces  jdernières  elfe  prend  néanmoins 
un  aspect  opaque,  blanchâtre,  devient  épaisse;  mais 
cette  combinaison  éphémère  ne  tarde  pas  à  se  sépçirer.    * 


204;  BtLLJETIW    DES    TRAVAUX 

Ce  dernier  caractère Téloigne  principalement  de  l'huile 
volatile  de  girofle ,  de  celle  de  piment  de  la  Jamaïque ,  et 
de  cannelle  giroflée,  niyrtus  pimenta  et  ékryopfi^Uata , 
et  la  rapproche  ^  comme  grouppe,  d'espèces  particulières 
de  la  série  dés  divers  produits  volatils  de  l-esisence  de  sas- 
safras ,  aiosi  que  de  ceux  de  la  fève  de  Picburim ,  esten- 
^ees  qui  appartiennent  au  genre  laurusi  C'est  ce  caractère 
essentiel  de  ne  point  se  combinei«^avec  les  bases  salifift- 
blés  qui,  en  un  mot ,  étant  bien  étf^J)li,  peut  servir  à 
isoler,  au  moyen 'de  ces  bases  et  de  la  distillation,  par 
l'intermède  de  l'eau ,  les  huiles  volatiles  du  genre  /aw- 
rus,  d'avec  celles  qui  appartiennent  au  genre  myrtus  et 
caiyophyllits{\). 

Troisième  prodi^t  sHilatil  ^  concret  ou  pulvérulent.  . 

4  •  * 

C'est  le  troisième  produit  qui  a  été*  oBtenu  par  la  di- 
stillation de  l'écorce  de  maésoy.  Celui-ci  passe  ordinaire- 
ment vers  la  fin  de  la  distilla tio;i. 

Ce  produit  est  blanc,  pulvéruleùt,  moins  doux  au 
toucher  que  Jes-  corps  gra«,  tels  quela  margarine  et  la 


(1)  C'est  bien  certainement  par  une  erreur  involontaire  si  M.  De«ma- 
re'ts  annonce  (Journal  de  Pharmacie,  tom.  XV,  pag.,  38)  que<ce  n'est 
qu'en  se  résifiiiiaiit  que  le^hùiles  volatiles  sont  susceptibles  déformer 
deâ  combinaisons  bonnues  sous  le  nom  de  stivoruiles. 
'  Si  notre  coufrère.eût,  ainsi  que  ïjaus  l'avons  fait,  soumis  à  là  distilla- 
tion du  girofle  récent,  qu'il  en  eût  lectifié  l'huile  volatile  par  une  se- 
,£onde  distillation,  et  l'eût  soumise  de  suiteà  l'acticvi^des  alcalis,  soudd^ 
potasse ,  ammoniaque ,  baryte<  stfont^ane,  etc.,  il  se  fût* convaincu  de  la 
facilité  avec  laquelle  l'huile  volatile  de  girofle,  récemment  extraite 
et  rectifiée  immédiateinent,  se  combine  avec  les  alcalis  et  les  autres  basés 
salifîables. 

'  Il  eût  remarqué,  de  meM^e  que  nous ,  qg^  l'huile  volatile  de  cansielld- 
.giroQée^  de  piment  de  la  Jamaïque,  nouvellement  extraite ,  jouissait 
de  la  même  propriété  qie  l'huile  de  girofle,  et  qu'il  n'était  pas  nécessaire, 
pbur  expliquer  cette  tendance  à  se  coiAbiner  avec  les  alcalis  et  les  oxides 
métalliques ,  que  ces  différentes  huiles  volatiles  fussent  parvenues  à  l'état 
de  rètinification. 


DE    hk    SOCIETE    DE    PH-ARMAGIE.  .2X)5 

"SiésLTiner  moins  rude  néaDmpiD&  ^ue  Vamyrine,,  la  ce- 
roxyline  et  autres  sous-résines  cristallisables  et  phospho- 
rescentes parole  frottement. 

,  Les  caractères  physiques  et  chimiques  de  ce  produit 
le.  rapprocheraient  assez  de  la  caiyophjlline^  ou  peut- 
être  de  la  laurine ,  espèces  de  sous-résfties  parfaitement 
cristallisables ,  mais  qui  ne  sont  pas  lumineuses  par  le  frot- 
tiBmeut.  Au  surplus  Tincertitude  qui  règn€  encore  à  son 
4gard,  n'est  due  qu  à  ce  que  nous  n'avons  pu  l'obtenir 
qu'en  proportion  assez  minime,  sôus  l'aspect-  pulvéru- 
lent,  et  non  Sous  «ne  formé  cristalline  et  régulière  (1). 

Sa  densité  est  plus  forte  que  celle  de  l'eau. 

Sa  solubilité  est  complète  dans  l'alcool  c^aud  et  dans 
l'éther  sulfurique. 

Cette  solubilité  s'efiectue  moins  bien  dans  l'acide  acé- 
tique concentré ,  que  celle  des  deux  huiles  volatiles  fUii- 
des ,  de  quelque  densité  qu'elles  soient. 

Sa  saveur  est  faible ,  à  peine  sensible. 
.    Son  odeur  presque  nulle. 

L'acide  nitrique  à  froid  ne  lui  fait  développer  qu'une 
couleur  légèrement  jaunâtre  ;  encore  e^-il  extrêmement 
probable  que  ce  n'est  qu'en  raison  de  ce  que  ce  produit 
retient  encore  une  petite  portion  d'huile  volatile  fluide 
qu'il  se  colore  ainsi. 

Sa  proportion  est  d'environ  3  à  4  parties  sur  SOil'huile 
fluide. 

Ainsi ,  si  Yoh  veut  appliquer  à  ces  trois  produits  vola-? 
tils  de  la  distillation,  la  définition  par  laquelle  M.  Che- 
vreui  désigné  Certaines  espèces  chimiques  y  nous  voyons 
effectivement  que  cels  trois  diffiérens  produits  volatils  de 


(1)  G'est-peut  être  un  produit  analogue  à  celui  que  notre  confrère 
M.  Lodibert  a  signalé  le  premier  dans  l'huile  essentielle  de  sassafras; 
produit  qui  forme  ordinairement  une  espèce  de  voiU  entre  Veau  et 
rhuile  essentielle. 


!Î06  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

Técorce  de  massoy  ont  les  qualités  nécessaires  poui:  les^ 
constituer  espèces. 

On  ne  saurait  affirmer,  par  le  simple  exposé  des  faits 
que  nous  relatons  ici ,  qu'il  en  est  de  même  de  toutes  les 
huiles  volatiles  connues.  Cependant  rien. ne  s'oppose  à 
ce  qu'il  en  soit  ainsi  ;  car  si  nous  rapprochons  ce  fait  de 
celui  déjà  observé  par  M.  Robiquet  sur  Thufle  volatile 
d'amandes  amères ,  de  laurier-cerise ,  de  prunier-maha- 
leb ,  huiles  volatiles  qui  d'après  notr^  honorable  confrère 
donnent  à  l'analyse  trois  espèces  de  produits  volatils 
bien  distincts,  d'une  consistance  et  d'une  densité  diffé- 
rentes, doués  chacun  en  particulier  de  propriétés  mé- 
dicinales extrêmement  actives  ou  fout-à-fait  inertes  (1) , 
oja  se  convaincra  que  l'opinion  émise  par  M.  Chevreul, 
sur  la  composition  des  huiles  volatiles ,  acquiert  chaque 
jour  plus  de  force  et  de  certitude  :  d'autant  plus ,  comme 
M.  Robiquet  l'a  déjà  fait  remarquer,  les  propriétés  phy-- 
siques  on  chimiques ,  celles  qui  sont  toxiques ,  irritantes 
ou  inertes ,  appartiennent  plutôt  à  telle  espèce  ou  pro- 
duit chimique  ,  qu'à  telle  autre ,  quoique  ces  difierentes 
espèces  ou  produits  chimiques  aient  été  séparées ,  sans 
altération  aucune ,  de  la  même  huile  volatile. 

Examen  du  résidu  de  la  distillation. 

Le  résidu  de  la  distillation  a  été  fortement  exprimé^ 
puis  soumis  à  une  seconde  et  même  à  une  troisième  ébul- 
ïitions,  ensuite  filtré. 

La  portion  du  liquide  filtrée  était  très-colorée  en- 
rouge*brun,  elle  formait  im  précipité  brun-noirâtre  par 
l'addition  d'une  dissolution  de  sel  de  fer. 


(1)  Voy.  Pharm.,  tom.  VIII,  pag.  293;  idem,  tom.  III,  tom.  VII, 
pag.  465.  Consulter  les  iûtéressans  travaux  de  MlVï^Vogel ,  Sœmering' 
et  Ittner  de  Fribourg,  sur  Thuile  volatile  d'am.  amères. 


DE    LA   SOCIETE    DE    PHARMACIE*  20^ 

Rapprochée  en  consiajtance  d'extrait  et  desséchée  à 
l'étuye,  cette  matière  estractive,  pesée  avec  soin ,  formait 
à  peu  près  un  cinquième  du  poids  de  Técorce  employée. 

Mise  en  contact  avec  Talcool  rectifié  à  froid,  ce  véhi- 
cule ne  se  chargea  que  d'un  peu  de  matière  résineuse  so- 
luble. 

Soumise  à  l'action  de  l'alcool  bouillant ,  et  filtrée  de 
suite ,  l'alcool  prit  en  se  refroidissant  un  aspect  trouble 
qui  laissa  déposer  : 

1®.  Une  poudre  blanche ,  rude  au  toucher,  et  de  nature 
sous-résineuse  ; 

2^.  Une  autre  substance  blanchâtre ,  douce  au  toucher, 
et  analogue  à  la  stéarine.  Cette  dernière  substance,  de 
nature  grasse ,  enduisait  en  outre  une  partie  des  filtres 
à  travers  lesquels  l'alcool  bouillant  avait  passé. 

Il  en  a  été  de  même  du  traitement  du  résidu  de  l'ex- 
trait par  Téther.  Ce  véhicule  ne  laissa  après  son  évapo- 
ration  qu'un  peu  de  matière  grasse  très-épaisse ,  et  en 
proportion  extrêmement  minime. 

Ce  qui  restait  de  l'extrait  après  les  divers  traitemens» 
alcooliques  et  éthérés ,  fut  trouvé  complètement  soluble 
dans  l'eau  froide ,'  et  se  comportait  comme  une  matière 
gommeuse. 

La  deuxième  portion  du  résidu  exprimé  de  la  distilla- 
tion qui  n'avait  point  passé  à  travers  le  filtre ,  s'était  prise 
en  gelée. 

C'était  un  mélange  de  gomme  visqueuse,  insoluble 
dans  l'eau  froide,  soluble  en  partie  dans  l'eau 
bouillante^  ainsi  que  de  la  fécule ,  car  en  y  versant  quel- 
ques gouttes  de  teinture  d'iode ,  elle  se  oolora  en  bleu 
foncé. 

Ainsi  Feau  bouillante  avait  dissout  à  l'aide  les  uns 
des  autres  les  divers  praduits  immédiats  suivans  : 

Beaucoup  de  gomme ,  soluble  et  insoluble  ; 

De  la  fécule  ; 


!208  nULLETiN    DES    TRAVAUX 

Peu  de  résine  et  de  squs-résii^e  ; 

A  peine  de  la  matièce  grasse  ;. 

Un  extrait  contenant  du  tannin. 

Le  résidu  ligneux  a  été  desséché  et  soumis  à  l'action 
de  l'alcool  à  froid.  Ce  véhicule  s'est  à  peine  coloré;  il 
n'a  laissé ,  après  son  évaporation ,  qu'un  peu  de  résine 
soluble ,  d'une  couleur  fauve,  sans  pdeur  et  sans  saveur. 

Soumis,  ensuite  à  l'action  de  l'élhqr  sulfurique ,  celui-ci 
ne  s'est  chargé  qu'en  proportions  extrêmement  minimes 
des  deux  produits  suivans  :  . 

De  matière  grasse ,      ' 

De  sous-résine. 

* 

La  quantité  de  ces  deux  derniers  produits  était  trop 
faihle  pour  être  isolés  l'un  de  l'autre  ,  et  ce  n'est  qu'ap* 
proxiraativement  que  nous  avons  pu  les  indiquer^  et  en 
apprécier  la  nature.  .  . 

Il  est ,  ce  me  semble ,  démontré  par  tout  ce  qui  précède 
que  les  propriétés  actives  de  l'écorce  de  massoy^  rési- 
dent tout  entières  dans  l'huile  volatile  fluide  soit  légère  ^ 
soit  pesante;  car  pour  les  autres  produits,  comme  la  ma- 
tière concrète  pure^  ia  fécule,  la  gomme,  l'extrait  tan- 
niné ,  la  résine  et  les  corps  gras*  en  substances  «  ces  sub- 
stances ne  possèdent  par  elles-mêmes  que  des  proprié- 
tés très-peu  actives. 

Traitement  alcoolique  èimplé. 

Un  traitement  alcoolique  et  éthéré  fait  en  sens  inversé 
du  premier,  c'est-à-dirê  en  fâisaùt  agir  directement  Tal- 
cool  et  l'éther  sur  la  poudre  de  l'écorce  de  massoy,  a 
donné  lieu  à  la  dissolution  des  divers  produits  volatils , 
résineux,  sousTrésinenx,  été. 

L'alcool  rougissait  fortement  le  papier  bleu  de  toilt^ 
nesoL 

L'évaporation  lente  et  à  une  chaleur  trèâ-modérée,  à 
laissé  un  résidu  peu  coloré ,  mais  qui  jouissait  d'une  sa- 
veur très-piquante  :  ce  qui  concorde  avec  l'opinion  que 


DE    LAl    SOCIETE    DE    ^HABMACIE.  ^OQ 

nous  avons  émise  plus  haut,  que  c^est  principalement 
dans  l'huile  volatile  que  réside  lef  principe  actif* 

Calcinatiorté 

Une  certaine  quantité  de  poudre  d'écorce  a  été  calci- 
née dans  un  creuset.  La  cendre  a  été  lavée  dans  l'eau  dis- 
tillée, qui  a  dissous  une  assez  grande  quantité  d alcali, 
que  les  sels  de  platine  ont  fait  reconnaître  pour  de  la 
potasse. 

Le  résidu  s'est  dissout  complètement  dans  lacide  mu- 
riatique  faible.  On  versa  dans  la  dissolution  de  Toxalate 
d ammoniaque,  (fax  y  occasiona  un  précipité  très-abon- 
dant d'oxalate  de  chaux-. 

Itésumé. 

En  résumé  on  voit  que  Vccorce  demassoy  est  composée 
en  principes  immédiats  ,  ainsi  qu'il  suit  : 

Îitt,  Huile  volatile  fluide  plus  légère  que  Teau. 
2**.  Huile  volatile  fluide  plus  pesante  que  l'eau. 
30.  Produit  volatil  concret,  inodore,  aussi  pins  pesant 
que  l'eau. 
^  f  Gomme  soluble  à  froid* 

?™  \  Gomme  visqueuse  soluble  à  chaud. 

Extractif.       <  Un  extrait  tanniné  peu  coloré. 

i  Fécale  amylacée. 
Un  acide  non  caractérisé. 
Résine  solnble. 
Sous-résine         j  CjJ^""pLi.^  j    «oluble  à  chaud. 

p  /  Huile  épaisse  bntyrense. 

L.orps  gras.  -^  Huile  épaisse  analogue  à  la  stéarine. 

Cl  (A  base  de  potasse. 

^^'^-  (  A  base  de  chaux. 

Enfin  d'une  assez  grande  proportion  de  ligneux. 

Ainsi  les  divers  produits  immédiats  organiques  dont 
récorce  d#massoy  est  formée,  se  rapportent  singulière- 
ment avec  ceux  que  «M.  Yauqueliil  a  rencontrés  dans  les 
produits  de  cannelle  de  Chine  ou  de  Ceylan ,  écorces 
qui  appartiennent  aussi  au  genre  laurus  de  Linnée. 
XV.  Année.  —  Aigrit  1 829.  1 5 


210        BULLETIN  DES  TRAVAUX 


>%»%»»V%»%%V»%%V»^i»»^^'*^'<'<^*^**^^^*'<^'»*^^*^**'%*^^^^^»*^»»V»*^<iM»»»»%V»%l»»%%VV>%»»»%»»%%»» 


REFLEXIONS 

Sur  le  néologisme  en  général  ^  et  sur  quelques  nouvelles 

dénominations  en  particulier  ; 

Par  M.  60DEFROT. 

L'introductioD  de  mots  nouveaux  dans  une  science  doit 
être  motivée  par  une  nécessité  indispensable.  Cette  néces- 
sité peut  dériver  de  la  découverte  d'un  corps  nouveau 
ou  d'un  procédé  nouveau  d'opération,  ^lors  la  formation 
du  mot  n'est  pas  du  néologisme  ^  elle  est  la  conséquence 
d'un  fait  matériel  qui  exige  une  dénomination  qui  le  re- 
présente à  notre  idée.  La  nécessité  de  la  formation  du 
mot  une  fois  admise ,  la  logique ,  avec  toute  sa  sévérité  , 
doit  présider  à  sa  formation,  afin  que  le  mot  explique  clai- 
rement et  réellement ,  autant  que  possible ,  Têtre  ou  l'ac- 
tion que  ce  mot  doit  représenter  à  l'imagination  de  l'au- 
diteur. On  doit  appliquer  à  la  formation  de  ce  mot ,  «  ut 
yi  picturapoesis  eritj  d'Hor-dce*  Il  faut  encore  que  le  mot 
soit  court ,  et  que  sa  prononciation  ne  blesse  pas  Teu- 
pbonie  de  la  langue.  Les  mots  chrome ,  iode ,  chlore  ^  pour 
spécifier  des  corps ,  les  mots  de  coction ,  oxigénation,  etc., 
pour  désigner  des  actions  subies ,  ceux  de  distilla- 
tion ,  vaporisation ,  torréfaction  ;  pour  indiquer  une  opé-' 
ration  et  le  mode  actuel  de  son  exécution,  ces  termes, 
dis-je,  formés  logiquement,  rappellent  de  suite  à  là  mé- 
moire les  êtres  ou  les  faits  auxquels  ils  se  rapportent , 
une  fois  que  l'on  a  bien  connu  ces  êtres  ou  ces  faits . 

Mais  lorsqu'il  y  a  un  mot  adopté  généralement  pour 
représenter  un  fait  ou  un  être  anciennement^ connu,  la 
nécessité  de  former  un  nouveau  mot  n'existe  pas.  L'in-> 
tention  de  celui  qui  le  propose  peut  quelquefois*  être 
bonne  en  ce  sens ,  qu'il  vaut  mietix  pour  dépeindre  l'objet 


DE    LA.    SOCIETE    BE    PHARMACIE.         âll 

auquel  il  l'applique  ^  qu'on  ne  le  faisait  par  le  mot  ancien  ; 
mais  cette  formation  de  mots  sera  toujours  du  néologisme^ 
et  il  aura  rinoonvénient  de  compliquer  inutilement  l'é- 
tude de  la  science  ;  car  ia  science  n'est  que  la  connais- 
sance des  faits  et  de  leur  explication  :  la  science  comme  on 
le  sait  ne  se  compose  pas  de  noms  propres ,  mais  bien 
des  êtres  et  des  faits  auxquels  ils  sont  applicables.  Si 
ïr^n  doit  repousser  rigoureusement  l'adoption  de  mots 
nouveaux  dont  la  nécessité  n'est  pas  démontrée ,  quand  ' 
bien  même  leur  formation  serait  faite  d'après  les  prin- 
cipes, de  la  grammaire  et  de  la  logique ,  ne  doit-on  pas 
être  encore  plus  sévère  lorsqu'il  s'agit  de  mots  dont  la  né- 
cessité n'est  pas  prouvée,  et  qui  joignent  à  ce  vice  radical , 
ledéfaut  d'être  formés  contre  les  règles  de  la  grammaire  et 
d'exprimer  tout  le  contraire  du  seqs  dans  lequel  on  pro- 
pose de  les  employer? 

La  pharmacie  a  plus  que  jamais  besoin  de  considéra- 
tion, et,  en  adoptant  les  termes  que  je  vais  signaler  plus 
bas,  nous  l'exposerions  au  ridicule  et  aux  sarcasmes 
même  des  jeunes  gens  qui  se  présenteraient  pour  être 
élèves  en  pharmacie.  Quelle  idée  prendra  de  la  phar- 
macie un  jeune  bachelier  ès^lettres  (  car  on  parie 
d'exiger  ce  titre  de  tous  ceux  qui  àl'avenir  voudront'être 
pharmaciens), .quelle  idée  pourra -t-il  avoir  de  la  phar- 
macie et  du  patron  qui  se  chargera  de  lui  en  donner  les 
premiers  élémens ,  lorsqu'il  entendra  désigner  les  pro- 
duits les  plus  simples  de  nos  opérations  par  des^mots 
formant  un  contre-sens  manifeste? 

Molière ,  Regnard  n'existent  plus ,  l'Académie  vient  de 
témoigner  ses  sincères  regrets  sur  la  tombe  de  celui  qui 
trouva  encore  à  glaner  dans  le  champ  qu'ils  avaient  mois- 
sonné ;  mais ,  à  défaut  d'auteurs  de  ce  mérite.,  nous  pou- 
vons être  traduits  sur  la  scène  par  des  gens  d'un  moindre 
talent,  à  la  vérité ,  mois  ^ar  des  gens  dont  les  armes,  aus^i 
acérées  et  plus  légères,  nous  mettraient  dans  le  cas  den- 


ma  ,         BULLETIN    DES   TRAVAUX 

tendre  fredomier  des  refrains  malicieux  dans  les  carre- 
fours et  même  à  la  porte  de  nos  officines» 

«  Le  Français  né  malin  créa  le  vaudeville  »  ;  ne  nous 
exposons  pas  à  être  en  butte  à  sa  malice ,  en  adoptant  des 
termes  qui  donneraient  une  idée  défavorable  de  Im-- 
struction  et  du  jugement  grammatical  des  pharmaciens.  Il  ' 
y  a  quelques  années  on  avait  proposé  les  mots  de  de^ 
coctum^  solution^  infusum^  etc.,  pour  désigner  les  produits 
de  la  décoction ,  de  la  solution  ,  de  la  digestion,  etc.;  ces 
mots  sont  des  participes  passifs  neutres  et  par  consér 
quent  en  les  employant  à  désigner  un  corps  qui  a  agi  re- 
lativement sur  un  autre  corps ,  qui  lui-même  n'a  joué 
dans  l'opération  qu'un  rôle  passif,  on  faisait  un  véritable 
contre-sens.  Ces  mots  avaient  en  outre  le  ridicule  d'être 
latins  et  non  français.    On  a  depuis  senti  le  ridicule  de 
parler  latin  en  français ,  et  on  propose  actuellement  de 
substituer  à   ces  mots  latins  les  mêmes  mots  dont  on 
change  la  terminaison  latine  en  une  désinence  française  ; 
et  de  dire  macéré ,  digeste ,  infusé ,  décocté ,  soluté.  Mais 
la  terminaison  du  mot  par  un  é  fermé  ne  change  pas  sa 
nature,  il  est  toujours  participé  passif,  ainsi  le  contre- 
sens existe  toujours.  Si  l'on  adoptait  ce  principe  de  no- 
menclature, on  serait  ensuite  dans  la  nécessité  d'accepter 
des  expressions  encore  plus  bizarres  ;  car ,  en  admettant 
un  principe,  on  est  nécessairement  forcé  de  subir  ses 
conséquences.  Ainsi,  il  faudrait  dire  de  l'exprimé  de  fu- 
meterre,  de  cresson,  et  même  de  l'exprimé  d'amandes, 
de  cacao ,  pour  désigner  les  sucs  des  plantes ,  les  huiles 
exprimées  ;  de  l'exprimé  d'épisté  d'amandes  hydrolé  pour 
désigner  l'émulsion.  Il  est  inutile,  je  crois,  de  pousser  plus 
loin  l'application  d'un  principe  qui  mènerait  infaillible- 
ment à  l'absurde.    Le  participe  passif  indique  toujours 
une  action  passée ,  consommée ,  et  subie  par  le  corps  au-«- 
quel  se  rattache:  le  participe.  La  patience,  le  gaïac,les 
grenouilles,  etc. ,  qu'on  soumet  à  l'action  de  l'eau  et  de  la 


DE    JLL   SOCIÉTÉ    DÉ    PHABMAGIE*         2l3 

chaleur,  sont  décoctéspar  l'eau,  et  éprouvent  pa&sivement 
la  réaction  qu'elles  exercent  sur  eux  ;  leur  rôle  est  aussi 
passif  que  celui  du  mercure ,  lorsqu'on  le  soumet  à  Tébul- 
lition  dans  l'eau ,  que  celui  du  fer  dans  la  préparation  de 
leau  chalibée',  {préparations  quil.faudrait,  d'aprèç  le  prin- 
cipe proposé  9  nommer  décocté  de  mercure ,  macéré  ou 
immergé  de  fer.  La  formation  gallico-latine  de  ces  mots 
en  a  imposé  à  quelques  personnes,  qui  n'ont  pas  re« 
marqué   qu'on  ne  les  proposait  que  parce  que  les  mots 
français,  qui  .expriment  ce  que  ces  mots  signifient ,  au- 
raient rendu  le  contre-sens  trop  évident.  Au  lieu  de  dire 
le  decoctum ,  ou  le  décocté,  etc.,  pour  parler  en  français , 
il  fallait  dire  le  cuit,  le  bouilli  de  patience ,  de  limaçons  ^ 
du  dissous  de  mercure  ^  de  fer  au  lieu  de  solutum ,  ou  so- 
luté de  ces  métaux  ;  mais  ces  mots  peu  euphoniques ,  em- 
ployés de  cette  manière,  netaient'pas  proposahles;  La 
langue  pharmaceutique  n'a  jamais  manquré  de  noms  pour 
exprimer  les  produits  de  ces  opérations.  Ces  noms  sont 
à  la  vérité  anciens  et  un  peu  vulgaires  :  ainsi  le  diction- 
naire nous  dit  que  le  mot  bouillon  signifie  de  l'eau  qui 
a  bouilli  sur  de  la   viande  ou  des  herbes.    Ce  mot  est 
employé  dans  la  diététique  et  même  dans  réconomie  do- 
mestique et  Tart  culinaire  !  Mais  est-ce  une  raison  pour 
le  répudier  delà  pharmacie?  Il  a  été  employé  par  nos 
prédécesseurs  qui  ont  posé  les  bases  de   la  science ,  et 
qui   disaient  du  bouillon  de  choux  rouges ,  de  riavei , 
d'ognons ,  de  vipère ,  de  grenouilles ,  de  limaçons.  Pour- 
quoi ,  à  leur  exemple ,  ne  dirions-nous  pas  du  bouillon  de 
séné ,  de  lichen ,  d'ononis ,  de  corne  de  cerf,  etc.?  Les  mots 
bouillon  ,  tisanne  ,  teinture  aqueuse ,  en  fixant  bien  leur 
sens  déterminé  ,  peuvent  suffire  à  tous  les  besoins  de  la 
science ,  et  on  doit   rejeter'  les   mots  proposés ,  parce 
qu'ils  ne  sont  pas  nécessaires  d'aune  part,  et  que  de  l'autre 
ils  forment  un  contre-sens. 


2l4  BULL&TIII    DES   TRAVAUX 

t 

OBSERVATIONS 

Sur  la  note  de  M.  Godefroy,  par  A.  Chéreau. 

Dans  notre  dernière  séance,  M.  Godefroy  vous  a 
foréisenté  lexamen  critique  de  quelques  termes  nouvel- 
lement indiqués.  Je  rappelle  qu'e  ces  termes  sont  ceux 
d'infusé,  macéré,  digeste/ 6t  particulièrement  décocté. 
Je  sens  bien  que  c'est  dérober  à  la  Société  un  tetaips 
précieux  que  de  l'entretenir  de  disputes  grammaticales  : 
mais  c'est  )noi  qui  ai  proposé  ces  termes  ;  il  faut  bien 
que  je  les  justifie,  d'autant  plus  que  )a  note  de  M.  Go- 
defroy a  été  publiée.  J'espère  seulement  faire  excuser 
cette  nécessité,  en  abrégeant  ma  réponse  autant  qu'il 
me  éera  possible. 

Chacun  sait  qu'on  avait  contracté  l'habitude  de  se 
servir  du  même  mot ,  du  mot  décoction  pour  désigner  à 
la  fois  l'opération  et  son  produit.  Plusieurs  pharmaco- 
logistes  réclamèrent  contre  cette  insuffisance  des  termes. 
On  crut  alors  remédier  à  tout  inconvénient  par  l'emploi 
des  mots  infusum^  decoctum^  etc.-  C'était,  comme  je  le 
fis  observer,  accuser  la  stérilité  de  notre  langue,  et,  à  l'i-' 
mitation  de  Schwilgué  (1),  je  proplosai  de  se  servir 
du  mot  décocté.  C'est  à  ce  terme  que  je  m'arrête,  car 
c'est  sur  lui  qu'a  porté  principalement  la  critique  ;  et  ce 
que  j'en  dirai  pourra  d'ailleurs  s'appliquer  en  partie  à  ses 
analogues. 

On  a  fait  entendre  les  mots  de  néologisme  et  de  coii- 
tre-sens;  il  n'v  a  eu  nixl'un  ni  l'autre;  car  on  n'a  poiiit 
dans  cette  circonstance  cçéé  à  la  rigueur  un  terme  nou- 
veau ;  on  na  fait  que  traduire  un  mot  qui  était  en  usage, 
Il  I  ■  I  III         .         .1.(1.1      .  <    I  I   I  I        i  ■ 

(1)  Cet  auteur  proposa  le  terme  infuté. 


BS    LÀ    SOGIléTli    DE    PHAKMACIE.  2l5 

puisque  le  mot  decoctum  avait  été  jugé  conrenable  pour 
désigner  le  produit  de  la  décoction;  il  n'y  a  pas  eu  de 
contre-sens ,  si  la  traduction  a  été  fidèle;  car  alors  le  mot 
français  a  dû  avoir  le  même  sens  que  le  mot  latin  qull 
représente.  Il  a  du  être  pris  dans  la  même  acception;  or 
pourrait-on  rendre  autrement  le  mot  decoctum  que  par 
celui  de  décocté? 

Mais  c'est  le  mot  decoctum  lui-même«qûi  est  le  terme 
défectueux,  selon  ce  que  M.  Godefroy  nous  enseigne 
dans  sa  note  et  dans  son  ouvrage,  et  il  en  cite  pour  preuve 
les  mots  decoctum  hordeum,  qui'  veulent  dire  de-  l'orge 
qui  a  bouilli  et  non  autre  chose.  Notre  confrère  a  raison, 
et,  je  lui  rends  justice ,  il  a  traduit  -fidèlement  à  son 
tour;  mais  il  aurait  dû  remarquer,  avant  de  publier  sa 
note,  que  les  Latins,  et  Pline  (1)  à  leur  tête,  em- 
ployaient le  mot  decoctum  tantôt  comme  un  substantif 
neutre  et  tantôt' comme  Sià jeciif.  Decoctum  hordeum 
veiit  dire  de  l'orge  qui  a  bouilli ,  mais  decoctum  hordei 
s'entend  de  l'eau  ou  du  liquide  dans  lequel  a  bouilli 
l'orge.  Il  en  serait  de  même ,  si  nous  disions ,  orge  décocté  ; 
mais  nous  disons  décocté  d'orge,  et  c'est  ainsi  que  la 
confusion  cesse  au  moment  où  la  cause  s'en  explique. 
Trouve-t-on  dans  nos  codex  passés  et  présens,  dans 
nos  plus  anciennes  pharmacopées  ,  autre  chose  que  de^ 
coctum  hordei  ?  Leurs  auteurs  n'ont  jamais  dit  decoc- 
tum. hordeum.  C'est  ici  la  règle  de  liber  Pétri  et  non 
celle  de  deus  sanctusj  dont  les  écoliers  les  plus  sim- 
ples savent  faire  la  différence.' 

Supposons  maintenant  (ce  que  je  ne  saurais  admettre), 
que  le  mot  décocté  ne  remplisse  pas  toutes  les  condî- 


(1)  Pline    avG^it   le    mot  decoctio ,  et   quand    il    ^ployait   lé  mot 
decoctum ,  c'était  évidemment  pour  désigner  les   procmits  de  la  décoc- 
tion. Si  nous  avons  traduit  ces  deux  mDts  par  le  même ,  c'est  parce- 
'  qu'on  manquait  des  deux. 


aiG  BULLETIW    DES    TRAVAUX,  ETێ 

lions  Toulues ,  il  faudrait  en  chercher  un  autre ,  car  le 

mot  decoctum  répugne  à  M.  Godefrpy  lui-imême. 

Prendrons-nous  celui  de  houiHon  qu'il  affectionne? 
Mais  il  faudrait  auparavant  remonter  à  Tétymologie,  à 
Forigine  de  ce  mot,  peser  sa  valeur,  et  rien  ne  serait 
plus  facile  que  de  démontrer  combien  il  est  inférieur 
sous  tous  les  rapports  au  terme  qu'on  voudrait  proscrire  ; 
mais  j'ai  promis4^'étre  court  et  je  réserve  cette  explication  ' 
pour  le  cas  où  le  terme  de  bouillon  menacerait  de  nous 
envahir. 

Le  mot  bouillon  ne  remplacerait  d'ailleurs  que  celui 
de  decoctum.  Gomment  ferait-on  pour  les  mots  injusum, 
maceratum,  digestwn ,  solutum  et  dissolutum  ?  cav  desti- 
nés à  peu,  ou  à  ne  jcimais  bouillir,  on  ne  pourrait  leur 
donner  le  nom  de  bouillon  ;  et,  quant  au  ridicule,  croira- 
is on  qu'un  terme  aussi  simple,  je  dirai  aussi  naturel  que 
celui  de  décocté,  qui  manquait  à  notre  langue^  prêtera 
davantage  à  la  risée  que  le  terme  de  bouillon,  dont  Ç'ar- 
bonella  démontré  l'inutilité,  que  M.  Godefroy  qualifie  lui- 
même  de  trivial  ;  un  terme  emprunté  au  ménage,  et  qui  est 
par  conséquent  plus  digne  de  figurer  dans  un  livre  dexui- 
sine,  que  dans  un  traité  de  pharmacie?  Il  n'y  aurait  donc 
aucun  avantage  à  se  servir  du  mot  bouillon.  Les  termes 
decoctum  ou  décocté  sont  les  seuls  qui  puissent  d'une 
manière  exacte^  désigner  le  produit  de  la  décoction.  On 
peut  opter  entre  l'un  ou  l'autre^  il  n'y  a  pas  de  difierence, 
si  ce  n'est  que  l'un  est  latin,  et  que  l'autre  devient 
français.  Ceux  qui  tiennent  au  vieil  usage  ,  à  leurs  habi- 
tudes ,.  prendront  le  mot  decoctum  ^  et  ceux  qui  aiment 
leur  langue  et  qui  sont  jaloux  quelle  puisse  tout  expri- 
mer se  serviront  du  mot  décocté,  et  il  n'en  résultera 
aucun  dommage,  car  toiis  deux,  d'après  ce  que  je 
viens  de  dirè^  peuvent  être  regardés  comme  synonymes. 

■  '       ■  ■■        ..  .  ■  .      ..    ■  ^ .  ■■, 

PARIS. ~>IMPAIMEA}B    DE    FAIV ,    AllE    RACINE,    h".    4,    PLACE    DE   l'odÉON.      « 


JOURNAL 

DE  PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES 


MteA*rfHrf«M^M^ 


N».-  V.  — 15«.  Année, — Mai  18^9. 

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MÉMOIRE 

iS^ur  les  produits. huileux  et  résineux  delà  distillation  sèche 

du  bois ,  par  J.-J.  ]^AZ£iti«6. 

(Bfctrait.)  (1). 

M.  Berzélius  obtient  quatre  sortes  de  produits  :  l"".  du 
goudron  ;  ^<'.  une  liqueur  acide  ;  3°.  des  ga£  divers;  4°  du 
^rharbon.  Il  n'étudie  que  les  deux -premierd  (2). 

1^  Goudron. 

Ce  produit  est  incolore  et  liquide  au  commencement 
de  sg  préparation ,  et  plus  tard  brun ,  jaunâtre  ^  de  plus 


■■  ■■  < 


(1)  Annales  de  ImcLas^ie,  janvier  1829. 

(2;  M.  Colin  a  publié  en  1819,  dans  le  tome  Xll  des  Annales  de  Chi- 
mie et  de  Physique ,  un  mémoire  sur  le  même  sujet  qm  venfenne  plu- 
si«ttt8  obMfyâtions  intëressantes  et  qui  pourra  être  consulté  avec  fruit. 

XV,  Année.  —  Mai  1 829.  1 6 


!ll8  JOURNAL 

en  plus  visqueux  ,  de  manière  que  le  dernier  obtenu  reste 
sous  forme  presque  solide  dans  le  col  des  cornues.  Le 
dernier  produit  est  très-soluble  dans  le  premier  et  le 
colore  en  brun.  Si  on  sépare  l'huile  de  la  liqueur  acide  et 
aqueuse  qui  a  distillé  avec  elle  et  qu'on  là  distille  de 
nouveau >  on  obtiendra  d abord  une  huile  incolore,  dont 
les  dernières  portions  se  coloreront  de  plus  en  plus;  il 
passe  aussi  à  la  distillation  un  peu  d'eau  acide  brune. 

M.  Berzélius  compare  ces  diverses  espèces  de  goudron 
aux  bitumes,  naturels,  qui,  à  la  distillation  avec  l'eau, 
donnent  très-peu  d'huile  volatile ,  mais  qui ,  à  une  tempé- 
rature plus  élevée ,  donnent  des  huilés  empyreuma tiques 
plus  consistantes. 

Distillé  avec  de  l'eau,  le 'goudron  ne  laisse  dégager 
qu'une  huile  presque  incolore,  et  il  reste  dans 'la  cornue 
de  la  poix  non  volatile  par  elle-même,  mais  qui  le 
devient  en  partie  par  sa  combinaison  avec  la  portion 
huileuse.  On  obtient  donc  de  oe  goudron  deux  produite 
distincts:  l'un  est  l'huile  empyreumatique,  l'autre  la 
résine  empyreumatique.  La  ppèmière  est  le  produit 
distillé  avec  l'eau,  là  seconde  est  le  résidu. 

Huile  empyreufnatique. 

Cette  huile  n'est  point  homogène;  elle  offre  des  variétés 
nombreuses ,  qui  diffèrent  par  leur  composition  et  leurs 
propriétés  physiques.  Leurs  '  caractères  généraux  sont 
d'être  presque  incolores,  très  -  odorantes  et  sapides. 
Cette  odeur  et  cette  saveur  sont  désagréables  et  persis- 
tantes ;  elles  s'évapoi*ent  dans  l'air,  et  lui  communiquent 
par  leur  mélange  la  propriété  de  brûler  quand  il  est 
dirigé  par  une  ouverture  capillaire  sur  un  torps  en- 
flammé. Elles  se  dissolvent  dans  l'alcool ,  dans  l'éther^  - 
dans  les  huiles  grasses  et  volatiles,  dans  l'acide  sulfu- 
riqUe   concentré,  qui   forme   avec    elles  des  composés  ' 


DB    PHARMACIE.  219 

analogaes  à  l'ncide  sulfoyinique  ;  qùelques-ujies  sont 
solubles  dans  les  alcalis^  d'autres  y  sont  insolubles;  elles 
dissoWent  les  résines ,  le  caout-chouc  ;  les  unes ,  dans  leur 
conctact  avec  lair,  absorbent  de  Toxigène  et  se  transforment 
en  une  matière  noire  résineuse  ;  les  autres  ne  sont  point 
changées^  On  peut  produire  instantaném,ent  le  p|iéno-^ 
mène  de  la  transformation  en  résine,  en  agitant  les  pre- 
mières huiles  avec  une  dissolution  chaude  un  peu  con- 
centrée et  neutre  de  persulfate  de  fer^  Foxide  est  réduit 
à  rétat  d'oxidule ,  et  Vhuile  est  transformée  en  résine.; 
les  autres  huiles  ne  sont  pas  attaquées. 

• 

Résines  empyreumatiques . 

Les  résines  empyreumatiques  forment  une  classe  de 
combinaisons  analogues  aux  résines  ordinaires,  etassujet* 
ties  plus  que  dautres  corps  par  Tinfluence  de  leurs 
propriétés  chimiques  à  des  variations  dans  leur  composi- 
tion. Elles  peuvent  se  diviser  en  deux  genres  :  celles 
qui  sont  formées  .dans  les  distillations  sèches  où  il  se 
forme  de  lacide  acétique,  et  celles  qui  sont  le  produit 
des  distillations  sèches  où  il  ne  se  forme  que  peu  ou 
point  d  acide  acétique  et  plus  ou  moins  d'anunoniaque. 

Résine  empjreumatique  acide  du  bois  de  bouleau. 

Examinant  cette  résine,  M.  Berzélius  a  vu  qu'étant 
çoiùbinée  à  Tacide  pyro-ligneux  elle  était  demi-liquide  à 
dix-huit  degrés,  noire  et  puante  ;  se  comportant  avec  les 
divers  réactifs ,  comme  si  chacun  d'eux  y  produisait  de 
nouvelles  combinaisons. 

L'eau  restant  dans  la  cornue  après  la  distillation  de 
l'huile  rougit  le  tournesol  ;  étant  évaporée  elle  dépose 
une  matière  résineuse  qui  ne  se  dissout  plus  qu'en  partie 
dans   Peau.  La  cause  de  ce  phénomène  provient  de  ce 

16. 


aaO  JOURNAL    ' 

que  la  résine  contient  de  Tacide  acétique  c(»Qbiné  qui  la 
rend  soluble  dans  l'eau.  L'acide  se  volatilisant  par  1  eva- 
poration ,  la  résine  se  précipite. 

Cette  résine  est  altérée  par  une  longue  ébullition  dans 
l'eau  ;  les  premières  eaux  sont  acides ,  les  autres  ne  le  de- 
yiennent  que  par  la  concentration.  La  résine  est  alors 
convertie  en  une  ina«se  pulvérulente,  brune,  lidirAtre, 
enveloppée  partiellement  d'une  espèce  de  corps  gras 
analogue  au  suif.  Les  dissolutions  aqueuses  donnent  par 
Tévaporation  une  résine  acide*  . 

La  portion  indissoule  dans  Feau  se  dissout  plus  diffi- 
cilement dans  l'alcool  qu'avant  l'opération ,  et  n'est  plus 
acide.  Elle  se  dissout  lentement  dans  les  sous-carbonates 
alcalins^  et  forme  une  cçmbinaison  soluble  dans  l'alcool  ^ 
et  en  partie  dans  Tçau  ;  si  oii  verse  dans  cette  dernière 
dissolution  de  l'acide  bydrochlorique,  il  se  forme  un 
précipité  brun,  floconneux,  qui  se  dissout  en  petite 
quantité  dans  l'eau  et  la  colore  en  jaune  ;  quand  l'eau 
ne  rougit  plus  le  tournesol ,  le  précipité  en  dissolution 
'  dans  l'alcool consei:ve  encore  cette  propriété,  qui. ne  tient 
cependant  pas  à  la  présence  de  l'acide'  hydrochlorique , 
iiinsi  que  s'en  est  assuré  M.  Berzélius. 

Les  parties  de  résine  dissoutes  dans  l'eau  sont  vérita- 
blement de  la  résine  non  altérée  mais  combinée  avec 
de  l'acide  acétique. 

Si  on  a  traité  par  l'alcool ,  de  suite  après  la  distillation 
de  l'buile,  la  résine  qui  se  précipite,  elle  se  dissout 
très-facilement ,  mais  laisse  après  la  filtration  un  résidu 
pulvérulent  brun  foncé  ;  par  le  sécbage  ce  résidu  devient 
d'un  gris-brun  ;  il  est  doux  au  toucber ,  insoluble  dans*  les 
scms-catbonates  ;  il  ne  fond  pas ,  mais  donne  à  hi  distilla- 
tion sècbe  une  résine  visqueuse ,  et  laisse  un  cbarbon  agglo- 
méré qui  possède  la  singulière  propriété  de  brûler  comme 
àe  l'amadou  y  de  se  dissoudre  dans  le  nitrate  d'argent 


DE    PHAHAtAClE.  211 

«ans  dégagement  de  gaz  en  réduisant  Toxidé  d  argent  et 
^è  recouvrant  d'une  couche  d'argent  métallique. 

Cette  substance  brune  se  dissout  dans  la  potasse  caus^ 
tique,  d'où  elle  est  précipitée  par  les  acides ,  en  une  masse 
volumineuse  qui  rougit  le  papier  de  tournesol  même  après 
un  lavage  complet ,  se  dissout  dans  lammoniaque  et  les 
sous-carbonates  alcalins  qu  elle  colore  eu  noir.  Ainsi 
cette  matière^  qui  était  neutre,  a  été  changée  en  un  corps 
plus  électro-négâtif  par  son  contact  avec  la  potasse^ 

La  dissolution  alcoolique  de  résine,  empyreumatique 
se  combine  aux  acides  avec  lesquels  on  la  met  en 
contact  ;  ceux-ci  n'en  pei^vent  plus  être  séparés  par  l'é* 
bullilion  avec  du  carbonate  de  chaux.  Cette  même  dtsso* 
lution  précipite  par  l'eau  et  donne  une  résine  analogue 
à  la  poix  ;  l'eau  retient  une  partie  résineuse  jaune. 

L'éther  dissout  aussi ,  mais  en  partie ,  cette  résine  em* 
pyreumatique ,  et  la  change  en  deux  résines  de  pesanteur, 
et  de  fluidité  difiërentes.  Le  résidu  est  soluble  en 
partie  dans  les  sous-<:arbonates  alcalins ,  en  partie  dans 
la  potasse  caustique,  et  il  reste  encore  un  résidu  inso-«' 
lubie  dans  tous  ces  liquides  et  dans  l'alcool. 

Si  on  traite  la  résine  précipitée  par  l'eau  de  Talcool, 
par  le  sous-carbonate  de  soude  a  chaud ,  la  dissolution  est 
^complète;  elle  devient  gélatineuse  à  froid. quand  il  y  a 
excès  d'alcali.  Si  on  filtre,  on  obtient  une  liqueur  noire, 
et  la  matière  gélatineuse  reste  sur  le  filtre  d  où  on  peut 
l'enlever  presque  complètement  avec  une  faible  disso^ 
lution  de  sous-^carbonate  de  soude.  Le  résidu ,  gris  foncé , 
se  dissout  difficilement  alors  dans  l'eau  froide  et  dans 
l'alcool ,  mais  assez  bien  dans  Teau  chaade ,  et  donne  un 
vernis  brun  par  l'évaporation.  La  dissolution  dans  Teau 
bouillante  îaélée  avec  du  sous-carbonate  de  soude  se  pré- 
cipite à  froid  comme  la  gelée  de  la  mousse  d'Islande.  La 
même  dissolution  est  précipitée  par  le  sel  ammoniac ,  par 
les  sels  terreux.  Précipitée  par  un  acide ,  on  obtient  vuote 


I 


!ia2  lOUAlNAL 

substance  gils  brun ,  acide ,  soluble  dans  1  alcool,  qui  laissé 
par  Tévaporation  une  matière  en  partie  résineuse ,  et  en 
partie  pulvérulente.  Ce  résidu  se  dissout  partiellement 
dans  l'ammoniaque  ;  le  nouveau  résidu  se  dissout  dans 
la  potasse  caustique ,  et  parait  se  comporter  comme 
l'ulminé.  Le  précipité  obtenu  par  un  acide  peut  être  ra- 
molli par  lacide acétique  et  pétri  dans  lr«9  doigts.  L'acide 
s'en  dégage  à  la  température  ordinaire  et  laisse  une 
matière  pulvérulente. 

«  Il  suit  de  ce  qui  précède,  dit  M.  Berzélius ,  que  la  ré- 
»  sineempyreumatique  acide  est  attaquée. de  différentes 
»  manières  par  les  réactifs  ^  dont  l'influence  finit  par 
»  réparer  de  la  résine  une  quantité  plus  ou  moins 
»  grande  d'une  matière  semblable  à  Tulmine  ^  qui  ne  se 
»  dissout  pas  dans  le  sous-carbonate*  de  soude  et  de 
»  potasse,  mais  bien  dans  la  soude  et  la  potasse  caus« 
»  tiques.  Précipitée  de  cette  dissolution  par  un  acide , 
»  elle  rougit  le  papier  de  tournesol ,  se  dissout  par  les 
»'  sous-carbonates  de  potasse,  de  soude  et  d'ammoniaque  j 
w  et  laisse  par  la  distillation  sècbe  avec  ou  sans  alcali 
»  un  cbarbon  qui  enflammé  brûle  comme  de  l'amadou , 
»  et  qui  réduit  la  dissolution  d'argent  sans  l'intervention 
»  de  la  lumière  et  sans  dégagement  sensible  de  gaz  (1). 
»  La  seule  diflefence  entre  cette  matière  et  l'ulraine ,  con- 
»  siste  en  ce  que  sa  combinaison  avec  l'ammoniaque 
»  perd  par  l'évaporation  assez  d'alcali  pour  que  la  ma- 
»  tière  cesse  d'être  soluble  dans  l'eau,  ce  qui  n'arrive 
»  pas  avec  Fulmine.  Par  Tébullition  dans  l'eau  ,  la  résine 
»^  empyreumatique fournit  des  résines  acides  plus  molles; 


(1)  Les  charbons  de  plusieurs  substances,  végétales  pc^sèdent  cette 
propriété  quand  ils  restent  long-temps  dans  la  dissolution  d'argent^ 
ou  que  cette  dissolution  est  exposée  à  la  lumière  ;  le  charbon  en  ques- 
tion  s'argente   presque   instantanément    même    à   la  lumière    d*uner 
bougie 


i 


DE'PHAE  MACIE.  223 

«  cette  matière  étant  traitée  par  lalcool ,  <:ielui-ci  dii»sout 
>»  une  matière  analogue  à  la  poix;  si  on  dissout  cette 
»  dernière  dans  Téther,  il  reste  pour  résidu  une  certaine 
Il  quantité  de  cette  même  matière  combinée  avec  une 
»  partie  de  résine  empyreumatique  qui  en  est  séparée 
»  par  le  sous-carbonate  de  potasse,  et  l'éthér  dissout 
»  deux  résines  èmpyreumatiques ,  Tune  plus  dense, 
»  l'autre  plus  légère  que  Teau. 

»  Le  sous-carbonate  de  soude  décompose  la  résine 
»  empyreumatique  spluble  dans  Talcool  en  trois  autres  : 
»  Tune  d'elles  e^t  gélatineuse  et  contient  de  l'alcali;  la 
»  seconde ,  est  en  combinaison  avec  de  la  soude ,  elle  est 
y»  ^oluble  dans  lâlcool  ;  la  troisième  contient  également 
»  de  la  soude  et  est  insoluble  dans  Talcool.  Toutes  les 
»  trois,  après  avoir  été  précipitées  par  un  acide  ,  et  lavées 
»  avec  del-eau,  rougissent  le  papier  de  tournesol,  et  cette 
»  propriété  ne  provient  pas  de  la  présence  de  l'acide 
»  employé  pour  effectuer  la  précipitation.  Par  l'ébulli- 
y»  tion*  avec  de  l'eau ,  elles  éprouvent  une  altération  sem- 
»  blable  à  celle  qu  éprouve  la  résine  empyreumatique 
»  qui  n'a  pas  été  traitée  par  les  alcalis.  L'ammoniaque 
»  dissout  incomplètement  là  résine  empyreumatique,  et^ 
»  produit  une  effet  analogue  à  celui  de  l'eau  mais  plus 
i^  énergique. 

»  Je  laisse  indécis ,  si  toutes  ces  décompositions  pro- 
M  viennent  de  ce  que  la  résine  empyreumatique  acide, 
n  est  une  combinaison  d'acide  acétique  et  d'un  corps 
»  résineux  (  uliiiine  )  ^  ou  si  les  réactifs  s^emparent^ 
»  dans  quelques  circonstances,  d'une  plus  grande  quantité 
»  du  premier  que  du  second  de  ces  produits.  Ce. qu'il 
»  y  a: de  certain,  c'est  que  les  combinaisons  artificielle&> 
»  d'acide  et  des  produits  de  la  décomposition  des  résines 
»  èmpyreumatiques  ressemblent  aux  résines .  empyreu- 
N  matiques ,  lïiais  se  détruisent  au  contact  de  l'air  pat 
»  l'évaporation  de  l'açîde  acétique.  »  . 


324  .     JOURNAL 

Résine  tmpjrreumatiquù  non  acide. 

Résines  empjrreumatiques  proi^enant  de  la  décompon-^ 
tion  des  précédentes.   Quand  la   résine    précédemment 
dçCtite  est  soumise  à  une  nouvelle  distillation ,  la  masse 
se  bodrsouille ,  fond  et  bout  bientôt  après.  Elle  ne  donne 
alors  que  peu  ou  point  d'eau ,  mais  une  huile  empyreu- 
xaatiijue    jaune  -  paille    d'abord ,    puis    succésrsivement 
bru^^e  et  dont  la  consistance  augmenté  peu  à  peu^   et 
il  reste  dans  I9  coiHue  un  cbarboù  poreux  et  brillant. 
Quand   on    distille  ce    produit  brun  avec  de  l'eau ,  On 
obtient  Fbuile  empyreumatique  iâolée;  elle  est  jaune  > 
d'une  odeur  de  cire,  se  colore  peu  à  peu  à  l'air;  par  le 
persulfate  de  fer  elle   est   instantanément  changée  en 
poix.  L'ammoniaque  fournit  avec  elle  une  émulsiôn  rouge 
de  sang.  La  résine  empyreumatique  est  molle ,  tenace  y 
soluble  en  partie  dans  les  alealis  caustiques ,  d'où  elle  est 
précipitée  par  les  acides  en  flocons  qui  s'agglomèrent 
promptement.  L'alcool  divise  ceux-ci  en  deux  produits, 
dont  l'un  est  soluble,  l'autre  insoluble  dans  ce  menstruel 
Le  dernier  est  soluble  dans  Téther  et  le  colore  en  noir. 
•    Résine  'empyreumatique  du  bituma  de  l'ambre.  Cette 
résine ,  réparée  de  son  huile  empyreumatique ,  est  ino- 
dore y  gluante  ,  brune ,  jaunâtre  ;  transparente ,  demi- 
coulante  à  la  température  ordinaire ,  plus  pesante  que 
l'eau ,  insipide,  peu  soluble  dans  l'alcool ,  dans  la  potasse 
caustique ,    soluble  dans  l'éther ,    les   huiles  empyreu- 
matiques ,  lies  huiles  grasses  et  presque  insoluble  dans 
l'acide  acétique. 

2°.    Examen    du  liquide  aqueux    A   provenant   de  la 
distillation  des  matières  ligneuses,       ' 

Ce  liquide  &e  produit  en  plus  grande  proportion  au  - 
commencement  de  1»  dîstillatîon*  Au  demî^r  tien  de 


DE     PHARMACIE.  r^^lS 

l'opâration ,  son  dég^igement  cesse  complètement,  ilpour-^ 
tait  même  cesser  plus  tôt  si  on  pouvaip  chauiler  égale- 
ment toutes  1^  parties  de  la  matière. 

La  composition  de  ce  liquide  varie  suivant  la  tempé- 
rature à  laquelle  il  a  été   obtenu.    Ainsi  ,    Teau   qui 
parait  d'abord  est  incolore  ;  et  provient  uniquement  de 
la  dessiccation  du  bois  ;  plus  tard  elle  commence  à  se 
colorer  -par   l'huile  empyreumatique  qui    se.  forme;  h 
la  fin  elle  devient  brune.  La  liquear  contient,  1"".  d^ 
l'eau;  2°.   de  l'acide  acétique   quelquefois  en.  quantité 
très  -^  considérable  ;   3^.  rarement  de  l'acétate  d'ammo-  . 
niaque;  4***  plus  •  rarement  encore  d  autres  acides  em«. 
pjreumatiques  ;  5*.  de  l'huile  ;  6*.  de  la  résine  empyreu- 
matique   acide;    7"*.    enfin,    une    matière    particulière 
extractive  azotée  qui  colore  la  liqueur  en  jaune  ou  en 
brun  et  la  rend  puante  ;  elle  renferme  en  outre  de  l'ésprjt 
pyro-ligneiix.    . 

Cette  liqueur  acide  brune  A,  donne  à  la  distillation, 
1*^  dei'esprit  pyro-ligneux  ;  puis  de. Facide. acétique,  de 
l'eau,  des  huiles  empyreumatiques  incolores;  et  il  reste 
dans  la  cornue  une  matière  d*un  brim  noirâtre  sen^lable 
à  de  l'extractif. 

La  liqueur  distillée  B  ,  dont  on  a  séparé  Tesprit  pyro- 
acétique-,  contient  encore  de  l'acide  acétique,,  un  peu 
^  résine  empyreumatique  acide  ,  beaucoup  d'huile  em- 
pyreumatique et  .un  peu  •  d'ammoniaque.  En  contact 
avec  des  matières  oxidantes,  telles  que  le  persul^ 
£iite  'de  fer,  le  chlorure  de  chaux ,  elle  noircit  ;  avec  le 
sel  de  fer  elle  dévient  {>ourpre  d'abord,  puis  noir^e. 
Abandonnée  pendant  jquelque  temps,  elle  laisse  déposer 
une  matière. noire  semblable  à  la  poix,  la  liqueur  de<^ 
vient  vert  foncé  et  s'éclaircit  ;  avec  le  chlprure  de  platine 
elle  ne  produit  pas  le  phénomène  de  réduction  qui  dis- 
tifigae  l'acide  lampique. 
La  liqueur  acide  non  £stiUée,  A  ifenne ,  par  la.ooncenK 


!î!l6  JOURNAL 

tration,  un«  solution  brune,  d'où  il  se  dépose  par 
le  refroidissement  une  matière  analogue  à  la  poix^ 
qui  se  décompose  par  Teau  en  résine  empyreumatique 
acide  insoluble ,  et  en  une  dissolution  de  cette  matière 
dans  Tacide  acétique  auquel  elle  communique  son  odeur 
et  sa  saveur.  Si  on  évapore  davantage  cette  même 
liqueur  A ,  il  se  forme  une  matière  ex tràctive  C  ,  brune, 
en  partie  soluble  dans  Feau,  se  décomposant  à  chaud  par 
une  grande  quantité  d'èau ,  et  laissant  précipiter  beau- 
coup de  résine  acide. 

Lé  résidu  extractif  G  distillé  fournit  beaucoup  d'acide 
acétique  ayant  une  forte  odeur  émpyreumatique ,  et 
laisse  un  mélange  de  résine  insoluble  et  d'extractif  so- 
luble. ~  . 

Traité  par  Téthei:,.  le  résidu  C  lui  cède  une  résine 
empyrçumatique  qui  le  colore  en  jaune.  Cette  résine 
obtenue  par  Tévaporation  de  Téther  eat  âçre,  amère, 
jaune  et  transparente  ;  elle  contient  encore  ass^isz  d'acide 
acétique  pour  être  .soluble  dans  l'eau  en  partie ,  et  pout 
la  colorer  en  jaune.  Cette  dissolution  aqueuse  est  ppéci-' 
pitée  par  Taoétate  de  plomb  sans  perdre  entièrement  sa 
couleur;  le  sulfate  de* fer  la  brunit  instantanément. 
.  L'acétate  de  plomb  détermine  un  précipité  jaune  brun 
floconneux  dans  la  dissolution  aqueuse  dé  l'extractif 
C.  Le  précipité  ,  formé  d'oxide  de  plomb  et  de  résina 
acide,  décomposé  par  l'hydrogène  sulfuré ,  cède  à  l'eau 
une  combinaison  jaune  d'acide  acétique  et  de  ré&ine 
qui  se  séparc^^n  gouttelettes  htiileusesr  à  100*».  Cette 
combinaison  desséchée  laisse  un  résidiï  solide  et  presque 
insoluble  ;  arrosée  avec  de  l'eau  ,  elle  se  décompose  en  une 
dissolution  de  résine  et  d'acide  acétique ,  plus  une  ré- 
sine gluante ,  Vnôlle  ,  qui  doit  sa  consistance  k»  Teau. 

L'alcool,  mis  en  contact  avec  le  sulfure  de  plomb  formé, 
lui  enlève  une  matière  résineuse  semblable  à  celle  qui  est 
précipitée  par  un  acide  d'une  dissolution  de  résiné  em- 


DE    PHARMACIE.  227 

pyreumatique.par  un  alcali.  Cette  résine  se  dissout  dans 

les  sous-carbonates  alcalins. 

», 

La  liqueur  qui  a  dissous  le  résidu  extractif  C,  de  même 
que  le  liquide  A  ,  ne  sont  pas  entièrement  précipités  par  * 
lacetate  de  plomb  et  retiennent  encore  de  la  résine ,  en 
raison  de  Tacide  acétique  de  Facétate  de  plomb ,  dont 
l'oxide  s'est  combiné  à  une  partie  de  la  résine^  en  évapo- 
rant le  liquide  à  siccité  ilse  forme  un  précipité  qui  brunit 
à-lair.  Ce  précipité,  traité  par  Teau*,  laisse  une  com- 
binaison doxide  de  plomb  et  de  réshie  insoluble.  Sir  6n 
précipite  ensuite  par  Thydrogène  sulfuré  le  plomb 
retenu  en  dissolution  dans  la  liqueur  et  ajouté  en  excès., 
qu  on -filtre,  qu'on  fasse  évaporer,  et  sécber  au  bain- 
marie  jusquà  disparition  complète  d'odeur  de  vinaigre, 
il  reste  un  extractif  brun ,  jaune ,  se  ramollissant  par  la 
chaleur  ;  sa  saveur  est  amère ,  son  odeur  analogue  à  celle 
de  l'extrait  de  viande;  .il  est  dissout  en  partie  par  lalcool 
et  possède  une  réaction  acide. 

Si  on  sature  exactement  par-  l'ammoniaque*  la  liqueur 
A  avant  de  la  traiter  par  lacetate  de  plomb,  ce  sftéine  . 
réactif  précipite  la  résine  empyreumatique ,  plus  la  partie 
de  Fextractif  insoluble  dans  l'alcool  ;  et ,  si  alors  on  traite 
ce  produit  par  l'hydrogène  sulfuré,  on  obtient  par  Téva- 
poration  un  extractif  non  amer,  soluble  -en  entier  dans 
l'eau  et  Talcool. 

(  M.Berzélius  étudie  ensuite  les  caractères  de  cet  ex- 
tractif brunâtre  ;  il  le  nomme  extrait  empyreumatique  -, 
ilofire,  de.  même  que  la  plupart  des  autres  produits, 
des  caractères  que  chaque  réactif  fait  varier,  fait  changer 
quelquefois  totalement). 

La  partie  soluble 'dans  Talcool  devient  par  levapora- 
tion  molle  ^  épaisse,  brune  et  transparente;  si  on  leva- 
pore  davantage,  elle  devient  sèche,  pulvérisable  ;  elle  est 
acide,  soluble  en  grande  partie  dans  Feau.  Distillé^  l'extrait 
empytreumatique donne  naissance  à  de  l'huile  empyreuma- 


aaS  JOUB1HAL 

tique ,  û  de  la  résine  et  à  une  liqueur  acide  contefiaufc 
un  peu  d'ammoniaque;  donc. cette  matière  renferme  elle*' 
méiûe  de  l'azote.  II.  examine  successivement  Taction  dé 

•  l'acide  nitrique  qui  la  décompose  sans  former  de  matière 
amère  ;  il  recherche  ensuite  les  caractères  qu'offrent  la 
plupart  des  réacitifs  avec  sa  dissolution  aqueuse  et  les 
phénomènes  qu'ils  présentent. 

La  partie  de  l'extrait  insoluble  dans  l'alcool  est  peu 
considérable,  brune,  pulvérulente,  insipide;  (du  reste 
die  se  comporte ,  à  peu  de  chose  près,  comme  la  partid 
solubledans  l'alcool ,  dont  elle  n'est  qu'une  modification). 
*  Si  on  sature  la  première  liqueur  acide  A  par  un  alcali , 
elle  devient  brune,  ne  laisse  rien  déposer;  parlérapora* 
tion,  le  résidu  est  noir  et  complètement  soluble  dans  Teau, 
et  On  peut,  par  Thydrate  de  chaux,  séparer  de  la  résine 
empyreumatique  et  une  matière  analogue  à  l'ulniine, 
qui  a  une  si  grande  affinité  pour  la  chaux ,  que  quand 
on  fait  bouillir  une  dissolution  alcaline  d'ulmiue  avec  de 
l'hydrate  de  chaux,  il  reste  une  lessive  alcaline  près- 

.  qu'incolore  ,  la  résiné  empyreumatique  et  l'ulmine  étant, 
précipitées  avec  la  chaux.  Mais  quand  il  y  a  présence  de 
l'extrait  empyreumatique  celui-<<;i  reste  en  combinaison. 
«  Je  regarde  comme  probable ,  dit  en  terminant  M.  Ber« 
3»  zélius  j  que  la  connaissance  de  ces  phénomènes  chimi- 
»  ques  contribuera  à  faciliter  la  purification  dé  l'acide 
»  pyro-ligneux.  »  •  A.  B. 

Examen    d'une   urine    humaine  particulière;  par 

M.  Henry  ^&. 

Affecté  depuis  deux  ans  de  rhumatismes  aigus  articu- 
laires qui  m'ont  fortement  incommodé  à  plusieurs  re- 
prises, j'ai   constamment  remarqué,   pendant    chaque 


DE    PHARMàCIE.  22g 

accis,  i-apparitioR  d'tuM  couleur  très-rouge  dans  mçs 
urines ,  et   d'un  dépôt   abondant   orangé  qui  s'y  pro-^ 
duisait  aussitôt  leur  refroidissement.  Ce  fait ,  qui  parait 
fort  ordinaire  dans  les  affections  de  ce  genre ,  surtout 
lorsqu'elles   sont  accompagnées   d'une*  fièrre   nerveuse 
très-intense ,  a  été  signalé  par  beaucoup  de  praticiens , 
et  l'urine  soumise  plusieurs  fois  a  l'examen  de^  chimis- 
tes. MM.  Proust ,. y âuquelin  ^Vogel,  ont  à  ce  sujet  publié 
des  mémoires  très-curieux,  tendant  à    démontrer  dans 
Turine  Texistence  d'un  acide  nouveau ,  auquel  ils  ont 
donné  le  nom  d*acide  rosaciqiie^  à  cause  de  la  couleur 
rosée  qu'il  communique  pii   dépôt  (1)'.  Voulant  aussi  à 
mon  tour  rechercher  si  mes  urines  devaient  leur  couleur 
au  même  corps  ,  j'ai  fait  lés  essais  suivans ,  qui  peut-^étre 
ne  seront  pas'sans  intérêt ,  puisqu'ils  paraissent  démon- 
trer' que   ce   nouvel  acide  y  a    remplacé   entièrement 
l'acide  urique  qu'on  y  rencontre  dans  l'état  de  santé  ; 
,  c'est  ce  qui  m'«i  déterminé  à  les  publier. 

* 

Caractères  de  l'urine,  • 

Sa  couleur  est  d'un  rouge  orangé  foncé,  tant  qu'elle  est 
chaude;  mais  peu.  à  peu,  en  refroidissant,  elle  laisse 
déposer  un  abondant  précipité  briqueté  ou  rosé  ,  puis 
reste  trouble  alors  et  rqugeâtre;  son  odeur  a  quelque 
chose  d'aromatique,  et  parait  présenter  sous  ce  point 
quelque  analogie  avec  l'urine  des  animaux  herbivores  où 
existe  l'acide  benzoïque.  Elle  est  extrêmement  acide ,  sa 
saveur  est  un  peu  salée;  elle  devient  très-lentement. am- 
moniacale par  son  exposition  à  l'air  ;  chauffée ,  elle 
perd  sa  transparence  primitive,  et  reste  un  peu  louche. 
.  I  ■■■«..  1     t  ■  I   .    I  ■  •      ,        il    I  ■— 

(1)  BerthoUet  (  Mémoires  de  l'uéeadèmie  des  Sciences ,  1 780  )  a  reconna 
Inexistence  de  Tacide  phosphoriqu^  libre  dans  Farine,  ainsi  que  dans 
celle  d'une  personne  affectée  de  la  goutte  ;  mais  il  ne  fait  mention  d*au- 
cutk  autre  acide. 


23o  JOURNAL 

Ppur  rechercher  les  principaux  corps  qu'elle  renferme, 
je  l'ai  soumise  aux  expériences  qui  suivent.  - 

PREMIER    TRAITCMEIîT: 

^  ■  • 

Trois  litres  au  moins  ont  été  mis  en  contact  arec 
qiiatre  fois  leur  volume*' d'alcool  rectifié  à. 38^,  à  me- 
sure que  l'urine  était  rendue  ;  il  s'est  formé  un-  dép6t 
légèrement  rosé  et  des  flocons  abondans  orangés,  occa-^ 
sionés  en  grande  partie  pat  le  mucus.  On  a  séparé ,  au 
moyeu  du  filtre ,  ce  dépôt  et  ces  flocons  ,  qui ,  séchés 
alors,  se  sont  réduits  a  un  petit  volume;  nous'  dési- 
gnerons le  tout  sous  le  n*".  A.  . 

La  liquçur  alcoolique  transparente  était  d'une  couleur 
ambrée  £oncée ,  tirant  sur  Toràngé  ;  elle  rougissait  très- 
fortement  les  couleurs  bleues  végétalesv 

On  la  satura  par  l'eau  de  chaux ,  et  le  précipité  blanc 
n'était  presque  que  du  phosphate  de  chaux  prévenant 
de  l'acide  phosphûrique  existant  libre.  Ce  nouveau  liquide 
obtenu ,  distillé  aux  |de  son  yoliime,  produisit  ie  l'alcool 
sensiblement  ammoniacal  au  sirop  de  violette  ,  mais  ne 
renfermant  pas  d'hjrdrochlorate.  U  est  probable  que  cet 
alcali  provenait  d'un  'sel  ammoniacal ,  tel  que  le  phos- 
-  phatè,  qui  perdit  une  partie  de  sa  base  par  l'ébuUition , 
car  loK  liqueur  restante  était  redevenue  acide.  Cejle-ci 
était  d'un  rouge  brunâtre ,  avait  une  odeur  d'tirine  très- 
prononcée;  rappi*ochée  en  consistance  de  sirop,  je  l'ai 
traitée  par  un  excès  d'hydrate  de  plomb ,  et  j'ai  repris 
le  tout  au  moyen  de  l'alcool  à  40**.  Ce  véhicule  filtré 
doiina ,  après  évaporation ,  beaucoup  de  cristaux  d'urée 
colorée  légèrement  en  rouge,  contenant  quelques  traces 
d'hydrochlorate  et  de  phosphate ,  phjs  un  sel  de  plomb 
en  très-petite  quantité ,  sans  doute  Yacétaie,  J'ai  blan- 
chi assez  bien  l'urée  en  la  décolorant  par  une  légère 
addition  d'acétate  de  plomb,  qui*  forma  un  précipité 
rosé.  (De  ce  précipité  j'ai  retiré  une  matière  colorante 


DE     PHAEMACIE..  a3l 

rottgëâtre  animalisée ,  qui  ne  m'a  pas  para  acide,  ni  offrir 
tous  les  caractères  assignés  à  Tacide  rosacique ,  et  de  plus 
des  traces  de  résine  noirâtre  ). 

Quant  au  dépôt  oocasioné  par  l'hydrate  de  plomb  y 
il  était  rosé ,  assez  abondant.  Je  l'ai  lavé  successivement 
par  l'eau ,  lalcobi ,  puis  décomposé  au  moyen  de  Tacide 
bydrosulfurique  et  de  quelques  gouttes  d'acide  sulfuri- 
que  ;  le  liquide  qui  en  résulta  était  très^-acide ,  très-rouge^ 
surtout  après  avoir  été  concentre.  .   . 

Une  partie  saturée  à  l'aide  de  la  chaux  laissa  précipiter 
du  phosphate  de  ohaux ,  et  la  liqueur  additionnée  d'acide 
bydrochlorique  ne  forma  pas  de  précipité  blanc ,  comme 
l'aurait  fait  l'acide  be^zoïque;  elle  prit  seulement  uhe 
teinte  jaunâtre. 

Une  autre  portion  fut  aussi  saturée  par  la  chaux  , 
pour  enlever  l'acide  phosphorique  ;  et  le  Uquide  traité 
par  l'acétate  de  plomb  fit  un  précipité  rosé  assez  abon- 
dant ,  où  je  recherchai  lacide  rosacique  qui  colorait  en 
roùgé  le  premier  liquide.  (Il  est  vrai  de  dire  que  les  li- 
queurs qui  filtraient  étaient  très-faiblement  *colorées  en 
rose,  probablement  par  le  même  corps;  mais  je  crus 
devoir  les  négliger ,  vu  leur  pofite  quantité  ),  Le  précipité 
rose,  lavé  et  décomposé  convenablement,  a  donné  par 
l'alcool  à  SO""  un  liquide  très-acide ,  soluble  dans  Feau  et 
même  hygrométrique ,  ^ai ,  évaporé  spontanément,  offrit 
un  enduit  très -rouge  et  quelques  petits  grains  cristallins  ; 
il  donna  sur  les  charbons  une  odeur  animalisée ,  et  ne 
laissa  qu'un  résidu  à  peine  appréciable  ;  traité  par  les 
acides  nitrique ,  sulfurique ,  il  prit  avec  le  premier  une 
teinte  plus  foncée,  puis  fournit  après  quelque  temps 
une  poudre  blanche  d'acide  urique ,  rougissant  par  l'acide 
nitrique  et  l'ammoniaque  ;•  avec  le  deuxième^  il  devint 
brunâtre.  Les  bases ,  telles. que  la  baryte  et  la  chaux  ,  n'y 
formaient  pas  de  précipité  sensible.  Mais  quand  elles 
étaient  en  excès ,  il  y  avait  dépôt  rosé  ;  avec  la  potasse 


23!>  JOURNAL 

le  liquide  fut  jautiitre ,  précipitaot  par  les  acides  ;  areo 
rammoniaque ,  effet  à  peu  près  semblable ,  n^oins  évi*- 
dent  ;  avec  le  nitrate  d'argent ,  un  précipité  d'un  brun 
verdâtre.  Quant  h  l'acide  sulfurent ,  il  ne  ma  pas  paru 
cbanget  en  rien  sa  céuleur  ou  la  rendre  plus  vive  ;  les 
acétate,  et  sous-acétate  de  plomb  donnaient  des  préci*^ 
pi  tés  roses.  Je  pense,  a  après  ces  caractères ,  que  l'aàde 
rouge  est  lerosaciquè^  car  ils  se  rapportent  assez  bien 
à  ceux  indiqués  par  MM.  Yauquelin  (Annales^  du  Mu" 
séum ,  tom.  1 7)  et  Vogel  (  Journal  de  Pharmacie  y  Xom*  2). 

Cet  acide,  dit  le  premier  de  ce's  saittins  chimistes ^  est 
soluble  dans  Talcool  ;  il  forme ,  après  1  evaporation  de  ce 
menstrue,  un  enduit  rouge  de  cinabre,  très-acide,  don- 
nant sur  les  cbarboâs  une  odeur  d'urine  d'abord ,  puis 
piquante  comme  les  substances  végétales.  II  est  très- 
soluble  dans  Teau,  se  combine  aux  alcalis,  ne  précis 
pité  point  les  terres  alcalines  de  leur  dissolution ,  mais 
l'acétate  de  plomb  en  rose  léger. 

Il  forme  avec  l'acide  uriqué  une  combinaison  insoluble 
intime,  quf  se  dépose  pendant  le  refroidissement  de 
l'urine. 

M.  Vogel ,  aux  caractères  aimoncés  par  M.  Vauqùelin, 
ajoute  que  l'acide  sulfurique  concentré  le  convertit  en 
une  poudre  foncée  rouge ,  le  dissout  et  le  transforme  en 
àcidéurique.  • 

I/acide  nitrique  agit  de  même.  Quanta  l'acide  sulfu^ 
reux ,  il  lui  donùe  une  belle  teinte  d'un  rouge  vif  qui 
augmente  avec  le  temps;  l'bydrocblorique  parait  sans 
action  sensible. 

La  potasse  semble  l'altérer  en  se  combinaint  avec  lui , 
car  il  ne  réparait  plus  avec  ses  propriétés  primitives  ;  il 
se  dépose  en  poudre  jaune  par  l'addition  des  acides. 

L'amnioniaque  se  comporte  à  peu  près  de  la  même 
manière. 

L'alcool  cb^rgé  d'acide  rosacique ,  évaporé ,  le  laisse 


f 


.     DE    PHARMACIE.  ^33 

en  une  poudre  inaltérable  à  Tair;  très-soluble  dans 
l'eau  et  fortement  acide ,  la  dissolution  de  nitrate  d'ar- 
gent communique  à  cet  acide  rosacique  une  teinte  d'un 
brun  fauve,  qui  devient  vert-bouteille  au  bout  de  vingt- 
quatre  beures. 

Ces  caractères ,  dont  la  plupart  se  retrouvent  dans  mes 
essais ,  confirment ,  je  le  pense,  Texistence  de  l'acide  ro- 
sacique dans  l'urine  soumise  à  l'analyse  (1). 

DEUIUÈME    TRAITEMENT. 

La  partie  A  iûattaquée  par  l'alcool  froid  était ,  après 
la  dessiccation  légère,  sous  la  forme  d'une  pâte  molle  ro- 
sée qui,  sécbée,  devint  blanchâtre;  triturée  avec  la 
cbaux ,  je  n'ai  pas  senti  d'odeur  ammoniacale  ;  mise  en 
contact  avec  l'eau  tiède  à  plusieurs  reprises ,  j'ai  obtenu 
l|ne  liqueur  claire ,  mousseuse ,  colorée  en  rose ,  sensi- 
blement acide,  et  un  résidu  B  insoluble.  L'évaporation a 
troublé  légèrement  cette  liqueur,  et  lateinte  rose  a  presque 
disparu.  Le  trouble  était ,  je  crois,  occasioné  par  la  pré- 
sence de  traces  d'albumine.  En  évaporant  davantage , 
le  liquide  devint  jaunâtre ,  il  se  troublait  par  le  refroidis* 
sèment,  et  reprenait  en, partie  la  transparence  par  l'ac 
tion  de  la  chaleur;  évaporé  jusqu'à  siccité,le  résidu  était 
en  plaques  jaunâtres  d'une  odeur  de  colle  animale,  for- 
mées par  le  mucus  ou  quelque  matière  du  même  genre. 

Une  partie  mise  à  part  fut  traitée  par  l'acide  nitrique, 
puis  l'ammoniaque ,  et  l'on  ne  remarqua  pas  cette  teinte 

-■  ■ —        -       '  -  ^^^^^_^^-^___ 

(1)  Les  acides  urique  et  rosaeique  offrent  sans  contredit  beaucoup  de 
rapprochement  entre  eux,  ce  qui  ne  doit  pas  étonner,  puisque  Tun 
paraît  se  former  aux  dépens  de  l'autre  ;  cependant ,  la  grande  solubi  « 
îité  du  deuxième  dans  l'eau  et  l'alcool  ne  permet  guère  de  croire 
que  c'est  le  premier  seulement  uni  à  une  matiè*  e  colorante  rouge.  Il 
faudrait  de  plus  grandes  quantités  d'acide  rosacique  pour  décider 
ce  fait.  , 

XV .  ^nnée.  —  Mai  1 829.  17 


I 


234    "  JOURNAL 

rouge  qui  catactérise  lacide  unique.  Après  la  calcinatiou 
du  résidu  jaunâtre,  pendant  laquelle  on  observa  les 
produits  fétides  amnioniacaux  des  substances  animales , 
il  resta  une  poudre  blanche  formée  de  plusieurs  sels  ,  tels 
que  les  sulfate  et  phosphate  de  soude,  de  tracés  de  sel  à 
base  de  potasse ,  le  muriate  probablement ,  et  enfin  de 
beaucoup  de  phosphate  de  chaux.  Ce  dernier  était  re- 
tenu en  dissolution  primitivement  par  un  petit  excès 
d  acide  ;  car  il  suffit  d'une  goutte  de  cet  acide  phospho- 
rique  pour  dissoudre  de  suite ,  comme  Texpérience  me 
la  prouvé ,  une  quantité  très-sensible,  de  sel  calcaire. 

La  couleur  rosée,  que  j  ai  signalée  plus  haut ,  prove- 
nait ausçi  probablement  d'un  reste  d'acide  rosacique 
échappé  au  premier  traitement. 

TROISIÈICE   TRAITEMEAT. 

La  partie  B ,  restée  insoluble  après  les  deux  grandes 
opérations  précédentes ,  n'avait  qu'une  teinte  rose  à 
peine  sensible.  Je  l'ai  mise  en  contact  avec  l'eau  de  chaux , 
et  aussitôt  la  matière  acquit  une  couleur  jaune  ;  en  l'éva- 
porant à  siccité  et  la  traitant  par  l'alcool  à  30°  ,  j'obtins 
une  liqueur  jaunâtre ,  dont  la  chaux  fut  séparée  au 
moyen  de  l'acide  oxalique;  elle  donna  un  résidu  jaune 
animalisé,  non  acide  et  en  fort  petite  quantité. 

L'eau  pure  agissant  après  l'alcool  se  chargea  de  traces 
de  chaux,  mais  à  peine  d'acide  urique;  car  le  liquide 
clair ,  acidulé  par  l'acide* hydrochlorique ,  n'en  laissa  pré- 
cipiter que  quelques  parcelle^ ,  rougissant  au  moyen 
de  l'acide  nitrique  :  l'acide  hydrochloriquc  décanté  et 
concentré  devint  rougeâtre  par  une  petite  proportion 
d'acide  rosacique  qu'il  tenait  en  dissolution.  La  substance 
blanche  non  altérée  par  l'eau  de  chaux  était  formée  de 
mati*ère  animale ,  de  ailice  et  de  beaucoup  de  phosphate 
de  chaux*  Au  moyen  de  l'acide  hydrochlorique,  il  fut  fa- 
cile  de  séparer  ce  sel  des  deux   autres  substances  ;   la 


DE      PHARMACIE.  ^35 

« 

talcination  fit  bien  reconHattre  la  partie  animalisée.  Ou 
voit  donc  en  résumé  que  cette  urine  contenait  : 

l».  Beaucoup  d'urée; 

2°.  Du  mucus  soluble  dans  1  eau  et  une  substance  animalisée  dissoute 

par  l>lcool  ; 
3».  Une  matière  rouçeâtre  non  acide,  et  un  peu  de  résine  noirâtre  ; 

40    n         M       I   }^^f*^^?^«.  (   fortabondans, 

4  .  Des  acides,;   le  phosphonque 

tels  que         \   Tacetique  probablement  (  lactique) , 
I   Turique  «  à  peine  quelques  traces  ; 
5°.  Des  tvAces  d'albumine  \ 
Go^  Une  matière  'animale,  insoluble  dans  Teau  ; 

le  phosphate  ,  acide  d  ammoniaque , 
le  phosphate  de  soude , 

7o    Des  sels       }   ^®  sulfate  idem  ,  ^%. 

le  mnriate  de  soude    |  probablement ,  mais  en 

de  potasse  \     très-petite  proportion , 

le  phosphate  de  chaux ,  beaucoup  ; 
8o.  De. la  silice. 

I  Conclusions. 

Ce  résultat  prouve  que  dans  cette  urine  Tacide  uri- 

que  a  été,  pour  ainsi  dire,  complètement  remplacé  par 

l'acide    rosacique,  et  que  le  phosphonque   s'y   trouve 

\  aussi  en  assez  grande  proportion.  Les  urines  de  la  même 

personne,  quinze  ou  vingt  jours  après  le  rétablissement 

entier,  sont  beaucoup  moins  acides,  nullement  rougeâtres , 

et  donnent    ujbe  quantité  bien  notable  d  acide  urique. 

'  En  effet ,  ayant  versé  dans  ce3  urines  encore  tièdes  du 

r  sous-acétate  de  plomb  liquide  en  léger  excès ,  et  ayant 

lavé  le  précipité  convenablement ,  je  l'ai  traité  par  le 

,  carbonate  de  potasse  à  l'aide  d'une  douce  chaleur;  la  li-^ 

f  queur  refroidie,  acidulée  par  Tacide  hydrochlorique,  donna 

un  précipité  d'acide  urique  sous  forme  de  paillettes ,  qui , 

purifiées  denouveau,  ofi'raient  tous  les  caractères  assignés 

à  cette  substance. 


17. 


236  JOURNAL 


MÉMOIRE 

Sur  les  os  provenant  de  la  \^iande  de  boucherie  y  par 
M,  d'Arcet  ,  membre  de  l'Académie  des  Sciences, 

(  EXTRAIT.  ) 

De  la  composition  des  os  y   et  de  leur  emploi  comme 

substance  alimentaire, 

• 

Nous  ne  considérons  ici  les  os ,  dit  M.  d'Arcet ,  que  sous 
le  rapport  économique,  et  nous  n'aurons  égard,  en  en 
indiquant  la  composition,  qu'aux  principales  substances 
qui  les  constituent. 

Les  oSi,  qui  forment. la  partie  solide,  et  pour  ainsi  dire 
la  charpente  des  animaux ,  doivent  se  diviser  en  deux 
classes  relativement  à  Tobjet  qui  nous  occupe.  Les  o» 
compactes,  plats  ou  cylindriques,  ne  contenant  que  peu 
de  graisse,  et  qui  se  vendent  fort  cher  aux  tourneurs, 
aux  boutonciers ,  aux  tabletiers  et  aux  éventaillistes , 
doivent  être  mis  à  part,  et  conservés  pour  ces  usages.  Les 
autres  os,  ceux  qui  restent  après  le  triage  dont  nous 
venons  de  parler,  et  parmi  lesquels  se  trouvent  les  têtes 
spongieuses  des  gros  os,  et  les  extrémités  des  os  plats , 
sont  ceux  qu'on  doit  employer  comme  substance  alimen- 
taire dans  le  procédé  dont  il  s'agit  (1);  c*eàt  par  consé- 
quent la  composition  moyenne  de  cette  espèce  d'os  qu'il 
nous  importe  de  connaître.  Une  longue  expérience  et  de 
nombreuses  analyses  nous  apprennent  que  ces  os,  étant 
séchés^  contiennent  environ  par  quintal: 

Substance  terreuse 60 

Gélatine 30 

Graisse ,       10 

100 

(1)  Les  os  de  mouton,  et  les  os  qui  proviennent  de  la  viande  rôtie, 
donnent  souvent  de  la  grawse  rance  ou  sentant  le  suif  ;  il  est  essen- 
tiel de  mettre  ces  os  à  part  pour  le^  traiter  séparément. 


/ 


DE     PHARMACIE.  ^3^] 

Ce  sera  donc  d'après  ces  proportions  que  nous  éta- 
blirons les  calculs  que  nous  aurons  à  présenter  dans  la 
suite  de  ce  mémoire.  Nous  ferons  seulement  observer 
ici  que  les  têtes  des  gros  os  contenant  jusqu'à  50  pour 
cent  de  graisse,  il  serait  facile  de  former  à  volonté,  avec 
les  os  dont  nous  parlons ,  des  mélanges  pouvant  fournir 
ou  plus  de  graisse  ou  plus  de  gélatine,  àelon  l'avan- 
tage qu'il  y  aurait  dans  telle  localité  ou  telle  circonstance , 
à  obtenir  de  préférence  Tun  de  ces  deux  produits. 

'100  kilogrammes  d'os  contenant  30  kilogrammes  de 
gélatine,  et  10  grammes  de  gélatine  suffisant  pour  ani- 
maliser  un  demi-litre  d'eau,  au  moins  autant  qae  Test 
le  meilleur  bouillon  de  ménage,  il  est  évident  que  100 
,  kilogrammes  dos  peuvent  fournir  assez  de  dissolution 
gélatineuse  pour  préparer  3000  rations  de  bouillon.  Un 
kilogramme  d'os  doit  donc  servir  à  pr^arer  30  bouil- 
lons de  demi-litre  chaque,  mais.1  kilogramme  de  viande 
ne  peut  fournir  que  4  bouillons ,  d'où  il  suit  qu'à  poids  ' 
égal,  les  os  abandonnent  à  l'eau  sept  fois  et  demie  autant 
de  matière  animale  que  la  viande. 

On  sait  que  100  kilog.  de  viande  de  boucherie  con- 
tiennent environ  20  kilog.  d'os;  cette  quantité  de  viande, 
pouvant  donner  400  bouillons,  et  les  20  kilogr.  d'os  pou- 
vant servir  à  en  préparer  600,  on  voit  qu'en  extrayant 
toute  la  gélatine  des  os  provenant  d'une  quantité  don- 
née de  viande,  on  peut  faire  3  bouillons  avec  les  os 
quand  la  viande  et  les  os  réunis  n'en  donnent  actuelle- 
ment que  deux ,  et  qu'on  pourrait  par  conséquent  pré- 
parer 5  bouillons  avec  la  même  quantité  de  viande  non 
désossée,  qui  n'en  fournit  maintenant  que  deux. 

On  sentira  toute  l'importance  de  ces  considérations, 
quand  on  se  rappellera  que  la  viande  de  boucherie 
consommée  dans  le  seul  département  de  la  Seine,  peut 
fournir  à  peu  près  10  millions  de  kilogr>  d'os  par  an  ,  et 

3ue  cette  quantité  d'os  pourrait  suffire  à  la  préparation 
e  plus  de  nuit  cent  mille  rations  de  bouillon  par  jour.  On 
voit  combien  il  est  à  désirer  que  Ton  organise  prompte - 
ment  des  procédés  au  moyen  desquels  on  peut  arriver  à 
un  résultat  si  important  pour  l'amélioration  du  régime 
alimentaire  des  pauvres  et  de  la  classe  peu  fortunée. 


238  JOURNAL 

Du  bfoiement  des  os. 

Les  os  destinés  à  Fusage  alimentaire  ne  doivent  pa9 
être  écrasés  à  coups  redoublés,  car  ils  contracteraient 
ainsi  une  odeur  empyr^umatique  fort  désagréable;  il 
faut  d'abord  les  mouiller  et  les  écraser  ensuite,  ai^tant 

Îue  possible,  en  un  seul  coup ,  en  les  faisant  passer  entre 
es  cylindres  de  fonte  cannelés ,  ou  sous  un  mouton  asses 
Sesant;  si  Ton  n  avait  que  peu  d'os  k  broyer  chaque  jour, 
suffirait  de  faire  usage,  pour  cela,  d'un  levier  nori^n^ 
tal  pareil  à  celui  qu emploient  les  fabricans  de  toiles 
peintes  et  de  papiers  peints  ,  ou  du  tas  et  de  la  masse 
que  Ton  voit  représentés  aux  figures  1  et  !2  de  la  plan* 
cne  première  Dans  tous  les  cas ,  il  faut  avoir  soin  de 
tremper  dans  Teau  les  fractions  d'os  que  Ton  veut  sou^* 
mettre  de  nouveau  à  l'action  des  cylindres,  du  mouton 
ou  de  la  masse,  pour  en  achever  la  pulvérisation.  On 
parvient  ainsi  à  réduire  les  os  en  morceaux  assez  me* 
nus  sans  leur  faire  contracter  de  mauvaise  odeur,  mais 
on  doit  les  employer  immédiatement  ;  ^ans  cela ,  il  fau- 
drait lés  conserver,  en  ks  tenant  plongés  soit  dans  l'eau 
courante,  soit  au  moins  dans  l'eau  fraîche,  ou,  ce  qui 
serait  beaucoup  mieux ,  dans  une  dissolution  de  sel 
marin  presque  saturée  :  ce  qui  est  toujours  suffisant  lors- 
qu'il ne  s'agit  de  conserver  les  os  que  pendant  quelques 
jours  seulement. 

De  la  conservation  des  os^ 

Nous  consacrerons  ce  chapitre  à  l'exposition  des 
moyens  à  employer  pour  assurer  la  conservation  des 
os  pendant  plusieurs  années  de  suite,  comme  cela  est 
nécessaire,  pour  qu'ils  puissent  prendre  rang  parmi 
les  substances  alimentaires  admises  dans  les  grands  ap- 
provisionnemens. 

Dans  ce  sens ,  les  procédés  à  employer  pour  rendre  les 
os  conservables  doivent  avoir  pour  but  d'en  séparer  la 
graisse  et  de  les  dessécher,  ou  bien ,  si  l'on  veut  y  laisser 
fa   graisse,  de  l'empêcher  de  s'y  rnncir,  et  de  supposer 


î 


DE    PHARMACIE.  239 

en  outre  à  laltération   que    l'humidiié   pourrait  faire 
éprouver  à  l'os  qui  la  renferme. 

Voici  le  procédé  au  mojen  duquel  je  suis  parrenu  à 
rendre  les  os  conservables  aux  moindres  frais  possibles.  : 

Je  prends  upe  dissolution  de  gélatine  contenant  en- 
viron vingt  centièmes  de  gélatine  sèche,  je  la  fais  chauf- 
fer jusqu'à  80  ou  90  degrés  centigrades ,  et  j'y  trempe 
hi  plusieurs  reprises  les  os  nettoyés,  concassés  en  petits 
monceaux ,  restant  chargés  de  leur  graisse ,  ou  ayant  été 
à  volonté  dégraissés  avec  soin  au  moyen  de  la  vapeur 
ou  de  l'eau  bouillante  ;  les  os ,  ainsi  enveloppés  a  une 
couche  de  gélatine,  sont  mis  à  sécher  sur  des  filets 
exposés  dans  un  séchoir  à  l'air  libre,  et  sont  ensuite 
traités  une  ou  deux  fois  de  la  même  manière  pour  aug- 
menter à  volonté  l'épaisseur  de  la  couche  de  gélatine, 
ui  en  recouvre  toute  la  surface.  Les  os ,  ainsi  enrobés 
e  gélatine,  doivent  être  parfaitement  desséchés,  d'a- 
bord à  l'air  libre,  et  ensuite  dans  une  étuve  chauSee 
seulement  à  20  ou  25  degrés  centigrades  ;  amené  à  cet 
état,  chaque  os  se  trouvant  comme  renfermé  dans  une 
vessie,  ne  craint  pour  ainsi  dire  pas  même  l'humidité 
de  lair,  puisque  la  gélatine  n  est  que  faiblement  hygro- 
métrique et  se  trouve  alors  être  parfaitement  conser- 
vable. 

« 

La  gélatine,  extraite  des  os  parle  moyen  du  procédé 
qui  fait  le  sujet  fie  ce  mémoire,  convient  très-bien  à 
1  usage  dont  il  s'agit;  celle  qui  sert  à  préparer  les  os  n'est 
d'ailleurs  pas  perdue ,  puisqu'elle  se  retrouve  au  moment 
où  les  os  qui  en  sont  enrobés  servent  à  la  préparation 
des  gelées  ou  du  bouillon,  et  qu'elle. vient  alors  aug- 
menter la  dose  de  gélatine  que  les  os  ordinaires  peuvent 
fournir.  On  voit  que  ce  procédé  présente  les  avantages 
désirables  ;  en  eitet ,  tous  les  os  frais  peuvent  être  ainsi 
facilement  préparés  ;  la  graisse  et  la  gélatine  qu'ils  con- 
tiennent se  trouvent  complètement  à  labri  uu  contact 
de  l'air  et  de  l'humidité,  et  sont  par  conséquent  garantis, 
de  toute  altération;  on  ne  fait  usage,  d'ailleurs,  pour 
leur  préparation,  que  d'une  substance  qui  en  augmente 
la  richesse  alimentaire ,  et  dont  l'emploi  ne  nécessite  au-. 


i4o  JOtJKNAL 

cune  perte  de  main-d'œuvre.  Il  suffira,  pour  obtenir  de 
bons  résultats  de  ce  procédé,  de  conserver  autant  que 
possible  les  os  enrobés  de  gélatine,  dans  des  sacs  ou  dans 
des  tonneaux  placés  dans  un  endroit  sec. 

Nous  terminerons  ce  chapitre  en  faisait  observer  que 
l'application  du  procédé  de  conservation  que  nous  ve- 
nons d'indiquer  pourrait  ouvrir  une  branche  de  revenus 
assez  importante  pour  l^s  hôpitaux  et  pour  les  autres 
grandes  réunions  d'hommes ,  pour  les  ateliers  de  salaison, 
et  en  un  mot  pour  tous  les  établissemens  où  Ton  recueille 
une  grande  quantité  d'os  propres;  en  effet,  ces  adminis- 
trations ,  qui  font  vendre  maintenant  ces  os  à  bas  prix, 
pourraient ,  en  les  rendant  conservables ,  en  faire  l'objet 
d'un  commerce  régulier,  et  les  vendre  comme  substance 
alimentciire  pour  les  aj^provisionnemens  de  la  marine  ou 
de  la  guerre,  pour  l'amélioration  des  soupes  écono- 
miques, pour  celle  des  autres  nourritures  végétale$^ 
destinées  à  la  classe  indigente,  et  enfin  pour  l'usage  des 
cuisines  particulières. 

Description  du  procédé  actuellement  employé  à  Uhôpi" 
tal  de  ta  Charité  ^  pour  y  extraire  en  grand  la  géla- 
tine contenue  dans  les  os ,  et  pour  y  préparer  environ 
1,000  rations  gélatineuses  par  jour. 

Le  procédé  dont  il  s'agit  consiste  %  exposer  les  os  à 
l'action  de  la  vapeur  ayant  une  faible  tension,  et  doit  le 
succès  qu'il  procure  à  ce  que  la  vapeur,  en  se  conden-' 
sant  jusque  dans  les  pores  des  os,  commence  à  en  ex- 
pulser la  graisse  et  en  dissout  ensuite  successivement 
toute  la  gélatine  :  c'est  la  mise  en  fabrique  d'un  ancien 
procédé  pharmaceutique  oublié  dans  les  officines,  dont 
on  a  évidemment  méconnu  la  portée,  mais  qui  se  trouve 
cité  à  la  page  108  des  Élémens  de  pharmacie  de  Baume, 
édition  de  1790.  Voici  comme  nous  avons  régularisé  et 
appliqué  en  grand  ce  procédé. 

L'expérience  nous  ayant  appris  qu'il  faut  au  moins 
quatre  jours  pour  extraire,  jiar  ce  moyen,  toute  la  géla- 
tine des  os  lorsqu'on  tient  à  l'avoir  de  bonne  qualité. 


DB    FH4HMACIE.  ^4^ 

nous  avons  composé  lappareil  de  quatre  yases  d'égale 
capacité  :  ces  vases  se  voient  en  plan  aux  lettres  A ,  B , 
C  ,  D  de  la  figure  3  .,  et  en  élévation  aux  mêmes 
lettres  de  la  figure  4.  Cela  dit,  rien  nest  plus  facilp 
que  de  bien  entendre  le  jeu  de  cet  appareil. 

On  prend  des  os  frais  ou  des  os  conservés  par  le  pro* 
cédé  que  nous  avons  indiqué;  on  broie  convenablement 
ces  os ,  s'ils  ne  le  sont  pas  gssez ,  au  moyen  de  la 
masse  et  du  ta)»  que  Ton  voit  ena^  b ,  c ,  d,  fig.  1  , 
on  en  remplit  le  panier  fait  en  fil  de  fer  étamé  dont 
on  voit  une  élévation  à  la  fig.  5  ;  on  introduit  ce  panier 
dans  le  premier  cylindre  A ,  on  place  le  couvercle  de  ce 
cylindre,  et  on  en  assure  la  fermeture,  soit  au  moyen 
d'un  poids  suffisant,  soit  en étrésillonnant  ce  couvercle, 
ou  en  Tassujettissapt  au  moyen  d'un  étrier  garni  d'une 
vis  de  pression  ou  d'un  coin^  soit  en  se  servant  tout 
simplement  de  l'outil  que  les  blanchisseurs  nomment 
épingle^  «t  qui  est  indiqué-  en  6  ,  fig.  6  ;  ou  encore 
mieux  de  l'ingénieuse  fermeture  dont  on  doit  l'idée  à 
M.  Moulfarine,  qui  est  représentée  en  a^b^c^  fig.  7,* 
et  que  Ton  voit  appliquée  en  i,  i,  i,  i,  figure  4. 
Cela  fait ,  il  suffit  d'introduire  la  vapeur  dans  le 
cylindre  chargé  d'os ,  pour  que  bientôt  après  on  en 
puisse  retirer,  par  le  robinet /*,  la  graisse  et  la  géla- 
tine que  la  vapeur  extrait  des  os,  en  se  condensant  à 
leur  surface  et  jusque  dans  leur  intérieur.  Les  os  s'é- 
puisant  ainsi  en  quatre  jours  de  travail  continu,  on 
conçoit  qu'en  chargeant  d'os  un  cylindre  chaque  jour,  et 
en  réunissant  dans  un  même  vase,  h  chaque  tirage,  les 
liqueurs  qui  s'écouleront  en  ouvrant  à  la  fois  les  robi- 
nets des  quatre  cylindres ,  on  arrivera  à  établir  un  ordre 
de  travail  régulier,  à  épuiser  complètement  les  os,  et  à 
en  obtenir  constamment  une  dissolution  gélatineuse  de 
la  même  force,  toutes  conditions  qu'il  fallait  remplir 
pour  rendre  le  service  de  l'appareil  aussi  avantageux  que 
possible.  Rien  de  plus  facile  que  de  placer  les  paniers 
remplis  d'os  dans  les  cylindres,  et  de  les  en  retirer 
lorsque  les  os  sont  épuisés  de  gélatine  ;  il  suffit,  pour  les 
y  placer,  daccrocher  l'anse  du  panier  rempli  d'os  au 
crochet  d'un    moufle    mobile   roulant    sur    une   tringle 


34^  JOURNAL 

fixée  au  plafond  ,  à  laplomb  des  centres  des  auatre 
cylindres,  comme  on  le  Toit  en  o,  fig.  4  et  5 ,  a  enle- 
ver le  panier  de  manière  à  ce  que  son  fond  soit  élevë 
de  un  ou  deux  décimètres  au-dessus  des  cylindres  ; 
de  faire  glisser  la  gorgée  du  moufle  sur  la  tringle  pour 
amener  le  panier  au-dessus  et  a  Taplomb  du  cylindre 
vide  où  Ton  veut  le  placer,  et  enfin  de  ly  descendre  en 
laissant  filer  peu  à  peu. la  corde  du  moufle;  la  même 
manœuvre ,  faite  en  sens  contraire ,  sert  avec  tout  autant 
de  facilité,  à  enlever  de  dedans  les  cylindres  les  paniers 
chargés  d'os  épuisés ,  et  à  les  descendre  à  droite  ou  à 
gauche  de  l'appareil  jusque  sur  le  sol  de  latelier.  On 
voit,  d'après  ce  qui  vient  d'être  dit,  que  la  marche  de 
l'appareil  étant  régularisée  dès  le  quatrième  jour  de  tra- 
vail, son  service^  ne  consiste  plus  (mk  remplir  chaque 
jour  un  panier  d'os  concassés,  qu'a  ouvrir  Je  cylindre 
où  les  os  sont  restés  quatre  jours  exposés  à  l'action  de 
la  vapeur,  qu'à  en  retirer  le-panier  chargé  d'os  épuisés, 
qu'à  le  remplacer  par  le  panier  chargé  d'os  neufs  que 
1  on  doit  préparer  d'avance,  et  enfin  qu'à  refermer  exac- 
tement ce  cylindre  pour  y  introduire  de  nouveau  la 
vapeur. 

Recettes  pour  préparer  du  boultton  ai^ec  la  dissolution 
gélatineuse  proi^enant  du  traitement  des  os  par  le 
mojen  de  ta  {tapeur  comprimée. 

On  sait  que  le  meilleur  bouillon  de  ménage  ne  con- 
tient que  1  à  2  centièmes  de  substance  animale;  c'est 
donc  à  ce  titre  ou  à  ce  degré  de  force  qu'il  faut  ctoi- 
ployer  la  dissolution  gélatipeuse  que  l'on  veut  convertir 
en  bouillon.  ^ 

Nous  supposerons  d'abord  que  l'on  veuille  aromatiser 
le  bouillon  de  gélatine  seulement  avec  des  légumes  et 
sans  employer  de  viande.  On  peut  arriver  à  ce  but  par 
deux  procédés  différens. 

La  dissolution  contenant  environ  20  gr.  de  gélatine 
sèche  par  litre ,  doit  être  salée  convenablement  en  fai- 
pant'  usage  d'un  mélange  de  sels  fait  avec  30  parties  dé 


DE     PHAKMÀCIE.  ^43 

chlorure  de  potassium  et  70  de  sel  inariD.  On  colore 
ensuite  la  dissolution  gélatineuse  en  y  ajoutant  soit  du 
caramel,  soit  une  forte  décoction  de  carotte  br&lée,  ou 
d'ognon  grillé  ;  on  y  met  assez  de  graisse  de  pot  on  de 
sain-doux  pour  qu'il. en  reste  à  la  surface  du  bouillon, 
et  on  Taromatise  avec  de  Foseille  cuite  ou  avec  toute 
autre  préparation  analogue. 

On  peut  encore  préparer  cette  espèce  de  bouillon  en 
faisant  cuire  à  petit  feu  1  kilog.  de  légumes',  tels  que 
panais,  carottes,  ognons,  poireaux  et  céleri ,  dans  cinq 
litres  de  dissolution  gélatineuse  convenablement  salée 
avec  le  sel  préparé ,  et  à  laquelle  on  ajoute  d'avance  trois 
clous  de  girofle  et  quantité  suffisante  de  graisse  de  pot 
ou  de  sain-doux  ;  on  colore  ensuite  le  bouillon  comme 
on  le  fait  de  coutume  ;  on  le  retire  du  feu  lorsque  les 
légumes  sont  bien  cuits ,  et  on  achève  de  l'aromatiser , 
soit  avec  un  peu  d'oseille  cuite ,  soit  en  y  ajoutant  d'au- 
tres légumes  cuits  et  coupés  en  petits  morceaux.  On 
obtient  facilement  par  ces  deux  procédés  ^  et  sans  em- 
ployer de  viande,  un  bouillon  aussi,  nutritif  que  le  bouil- 
lon ordinaire ,  et  qui  a  à  peu  près  la  même  saveur  que  ce 
bouillon,  lorsqu'on  y  ajoute  de  l'oseille,  ou  lorsqu'on 
s'eri  est  servi  pour  préparer  une  julienne. 

Si  l'on  veut  aromatiser  la  dissolution  gélatineuse  au 
moyen  de  la  viande ,  il  faut  opérer  comme  il  suit  : 

On  prendra  cinq  litres  de  dissolution  de  gélatine,  on 
les  mettra  dans  une  marmite  avec  500  grammes  ou  1  livre 
de  viande  désossée  et  contenant  un  peu  de  graisse ,  bn 
salera  le  pot  avec  le  mélange  salin  dont  nous  avons  parlé 
plus  haut  ;  on  écumera  le  bouillon  ;  on  y  ajoutera  750 
grammes  ou  une  livre  et  demie  de  légumes ,  tels  que 
panais ,  carottes  ,  ognons  et  céleri  :  on  y  mettra  ensuite 
trois  clous  de  girofle,  et  quantité  suffisante  de. graisse  de 
pot  ou  de  sain-doux  ;  il  ne  restera  plus-  quà  colorer  le 
bouillon ,  comme  de  coutume ,  avec  un  ognon  grillé 
ou  du  caramel,  et  ii  faire  bouillir  légèrement  le *mé^ 
lange  jusqu'à  ce  que  la  viande  soit  assez  cuite.  L'opé^ 
ration  est  alors  achevée ,  et  fournit ,  si  elle  a  été  bien 
conduite  /au  moins  .4  litres  de  bouill<Hi  gras,  les  lé-< 


^44  JOURNAL 

gumes  cuits  daos  le  pot ,  ;et  eAV^roD  250  grammes  ou 
une  demi-livre  de  bouilli.  On  a  fait  ainsi  autant  de  bouil- 
Ion  gras  qu'on  en  pourrait  obtenir  avec  2  kilogrammes , 
ou  4  livres  de  viande;  on  a  donc  économisé  ou  mis  à 
part  1500  grammes  ou  trois  livres,  de  viajride   que  Ton 

Eeut  faire  rôtir  ou  apprêter  de  toute  autre  manière,  ou 
ien  dont  on  peut  employer  la  valeur  à  l'achat  de  tout 
autre  aliment  plus  substantiel  ou  plus  agréable  que  ne 
l'est  la  viande  bouillie.  On  voit  combien  l'emploi  de  la 
dissolution  gélatineuse  pour  la  préparation  du  bouillon 
présente  peu  de  difficulté  ;  quant  à  s'en  servir  pour  ani- 
maliser  les  alimens  de  nature  végétale,  la  chose  est  en- 
core plus  simple  ,  puisqu'il  n'y  a  alors  qu'à  employer  la 
dissolution  gélatineuse  au  lieu  d'eau  pour  opérer  la 
cuisson  de  ces  alimens ,  que  l'on  sale  comme  nous  l'a- 
vons dit  ci-dessus  ,  et  que  Ton  assaisonne  d'ailleurs  abso- 
lument comme  on  a  coutume  de  le  faire.  A.  B. 


ACADÉMIE  ROYALE  DE  MÉDECINE. 

SECTION   DE   PHARMACIE. 

I 

analyse  de  ses  tta^aux. 

Séance  •du  28  mars  1829.  —  L'ordre  du  jour  ofi're  la 
continuation  de  la  discussion  relative  au  rouissage  du 
chanvre  7  question  élevée  dans  la  séance  précédente  par 
M,  Caventou.  A  cet  égard,  M.  Robiquet  rappelle  que  cette 
question  a  été  proposée  en  sujet  ae  prix  par  la  Société 
aencouragement  de  Paris,  Il  y  a  peu  d'années  qu'il  en 
€Si  déjà  résulté  divers  travaux  plus  ou  moins  recommanr 
dables  ;  entre  autres  un  pharmacien  des  environs  de 
Strasbourg  a  fait  des  essais  en  exposant  le  chanvre  à  la 
vapeur  de  l'eau  bouillante;  il  obtint  par  ce  procédé  une 
facile  exfoliation  de  la  pellicule  déjà  tige ,  et  les  filamens 
corticaux  se  séparent  plus  aisém^ent.  Ce  moyen  toutefois 
n'a  encore  été  tenté  que  sur  de  petites  quantités. 

M.  Chevallier  dit  que  l'emploi  de  la  vapeur  d'eau  sut 


DE    PtoABMACIE.  245 

les  tiges  de  chanvre  et  de  lîn  avait  élé tais  en  œarre  ily  a 
trois  ans ,  et  ne  peut  pas  être  considéré  comme  nouveau. 

M.  Caventou  met  en  douté  que  la  vapeur  aqueuse 
suffise  pou?  dissoudre  les  matières  glutineuses  ou  rési- 
noïdes  qui  enduisent  les  fibres  du  chanvre  ;  mais ,  pour 
arriver  à  une  plus  exacte  connaissance  des  moyens  de  le 
rouir,  il  faudrait  d'abord  s'occuper  de  l'analyse  chimique 
des  matériaux  divers  qui  constituent  son  écorce  filan- 
dreuse, car  autrement  on  ne  fait  que  des  tâtonnemeiis 
infructueux.  Il  insiste  sur  la  nature  encoce  inconnue  de 
ces  principes  résinoïdes  bu  glutineux. 

M.  Robiquet  montre  combien  est  jidhérente  cette  ma- 
tière particulière ,  puisque  non-seulement  les  toiles  ne  la 
perdent  pas  complètement,  même  après  plusieurs  blanchis- 
sages ,  mais  qu'on  en  reconnaît  encore  des  traces  jusque 
dans  les  fibres  de  quelques  papiers.  U  y  a  des  toiles  qû  on 
ne  parvient  jamais  à  blanchir  parfaitement ,  et  le  chlorure 
de  chaux  agit  plus  ou  moins  sur  certaines  d'entre  elles. 

M.  Chevallier  confirme  ces  faits  par  des  expériences 
qui  lui  sont  particulières  :  il  a  vu  que  le  blanchissage  doit* 
varier  suivant  la  nature  des  chanvres  ;  outre  cette  ma- 
tière fiflutineuse  ou  résinoïde ,  il  y  a  une  substance  d'odeur 
d'encens  et  de  la  gomme,  etc.  Au  reste,  on  a  reconnu 
que  les  chanvres,  obtenus  par  les  moyens!  d'une  broie  mé- 
canique comme  celle  de  M.  Laforest,  étaient  plus  forts 
ou  supportaient  un  plus  grand  poids  que  les  chanvres 
obtenus  par  le  rouisçage. 

M.  Planche  avait  été  chargé  de  rendre  compte  à  la 
section  de  \di pommade  contre  les  gerçures  des  seins  pro- 
posée par  M.  Dalbet-Ledoux ,  pharmacien  à  Valençay. 
Cette  pommade  se  compose  de  mucilage  de  graines  de 
coings  extrait  au  moyen  d'alcool  à  dix-huit  degrés ,  d on- 
guent populéum,  de  cérat  sans  eau  et  de  poudre  de  noix 
de  galles.  M.  Planche  a  répété  la  formule ,  et  a  pu  obtenir 
un  mucilage  de  ces  graines  dans  de  l'eau-de-vie  à  dix-huit 
degrés  ;  c'est  que  ce  liquide  alcoolique  contient  encore  as- 
sez deau  pour  extraire  ce  mucilage,  bien  (^ue  ce  ne  soit 
pas  le  meilleur  procédé  skns  doute  ;  mais  il  s  ensuit  que  ce 
mucilage ,  soustrayant  ainsi  de  l'eau  à  cette  eau-de-vie , 


^48  JOURNAL    DE    PHARMACIE. 

an  pareil  mode  de  classement,  il  est  impossible  de  faire  pAsser  an  ëlève 
à  an  rang  plus  élevé  que  celui  qu'il  a  mérité  ;  si  un  membre  da  jury 
pouvait  se  laisser  tromper  sur  le  mérite  réel  d'un  candidat,  il  serait  bien- 
tôt convaincu  de  son  erreur  par  la  comparaison  minutieuse  de  ses  notes 
avec  «celles  de  ses  collègues. 

Le  troisième  examen  consiste  en  des  manipulations.  L'expérience  a 
généralement  fait  reconnaître  que  les  élèves  s'en  acquittent  bien  ;  le  plus 
ou  moins  de  perfection  sert  à  établir  le  rang  entre  des  candidats  qui  se- 
raient très-rapprochés.  Les  copies  sont  li^es  à  haute  voie,  des  notes  sont 
prises  sur  elles  à  mesure,  et  aussitôt  après  la  lecture  on  leur  donne  un 
numéro  d'ordre.  Une  série  entre  0  et  100  se  trouve  ainsi  établie,  et  les 
nombres  accordés  aux  compositions  représentent  exactement  leur  va- 
leur relative. 

Quand  tous  les  élémens  de  la  nomination  définitive  sont  arrêtés,  on 
•  ouvre  les  cachets  qui  tenaient  ignorés  les  noms  des  élèves,  et  ceux-ci 
viennent  remplacer  les  numéros  d'inscription  des  copies.  Alors  en  ad- 
ditionnant les  nombres  qui  représentent  la  valeur  des  compositions 
écrites  et  des  réponses  orales,  en  consultant  d'ailleurs  les  notes  recueil- 
lies sur  les  manipulations,  la  liste  se  trouve  faite  sans  que  le  jury  ait 
rien  à  y  changer.  Si  quelques  candidats  se  trouvent  sur  le  même  rang, 
la.pféfereiice  est  donnée  à  celui  qui  l'emporte  par  sa  composition  écrite. 

On  voit  que  par  ce  plan  d'examen,  le  jury  s'est  retiré  toute  possibilité 
de  favoriser  aucun  des  candidats.  On  ne  peut  empêcher  qu'il  ne  voie 
avec  plaisir  le  succès  des  élèves  que  des  relations  antécédentes  lui  ont 
fait  connaître ,  mais  il  s'est  interdit  sagement  les  moyens  de  rien  accor- 
der 4  toute  autre  considération  que  celle  du  mérite  des  candidats. 

£i*  S. 

ANNONCE  BIBLIOGRAPHIQUE. 

■—4 

Le  bb&ae>  âmmal  distribué  d'après  son  organisation  ^  pour  servir  de  base  a 
l'Histoire  naturelle  des  animaux ^  et  d'introduction  à  VAnatomie  comparée} 
par  M-  le  baron  Cuviia,  conseiller  d'état,  secrétaire  perpétuel  de  l'a- 
cadémie des  sciences,  etc.,  etc.  Seconde  édition,  en  cinq  volumes  in-8°M 
avec  figures.  Les  tomes  I  et  II  traitant  des  animaux  vertébrés,  et  les 
tomes  Vf  etV  rédigés  par  ^.  LATaxiLLE ,  membre  de  l'institut ,  con- 
tenant les  crustacés,  les  arachnides  et  Jes  insectes,  sont  en  vente. 
Prix  de  ces  quatre  volumes  brochés,  28  fr.  Le  tome  III ,  qui  complé- 
tera l'ouvrage,  et  comprendra  les  mollusques,  les  annélides,  les  zoo- 
phytes,  etc.,  avec  les  figures  et  les  tables,  paraîtra  dans  quelques  mois. 
Paris,  chez  Déterville,  libraire,  rue  Hautefeuille,  no.  8;  et  Crochard, 
libraire,  cloître  S  t. -Benoît,  no.  16. 

Nous  nous  proposons  de  rendre  un  compte  détaillé  de  cette  importante 
publication.  -  >      . 

«  ,  """    '  ' 

iV.  B,  La  planche  qui  accompagne  le  mémoire  de  M.  d'Arcet  sera 
distribuée  avec. le  un^méro  prochain. 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS; 

t 

Rédigé  par 'il.  Robiquet,  secrétaire  général^  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL. 

Séance  du  iS  a^riL 

PRÉSIDENCE    DE    M.     SERÛLLA8. 

Le  procès'verbal  delà  dernière  séance  est  lu  et  adoptie. 

Les  articles  de  la  correspondance  imprimée  sont,  1^.  un 
numéro  du  Journal  de  Pharmacie  :  2^.  un  numéro  des 
Annales  scientifiques  et  industrielles  de  l'Auvergne, 
(  M.  Boudet ,  rapporteur)  ;  3^.  deux  numéros  des  Archives 
deBrandes,  (M.  Vallette,  traducteur);  4^.  deux  numéros 
des  Annales  de  llnduétrie,  (M.Bussy,  rapporteur);  5°.  un 
ouvrage  intitulé  ,  Répertoire  de  Chimie ,  par  M.  Rod 
Brandes,  (M.  Vallette,  traducteur-jrapporteur)  ;  6^.  une 
Apte  sur  une  nouvelle;  mine  de  manganèse ,  par  M.  le 
docteur  Cantu  ;  7^^  un  essai  chimico-médical  sur  la  source 
minérale  dite  du  pont  ou  jardin  de  la  ville  de  Njons  ,  dé- 
partement de  la  Drame  ;  8^.  une  monographie  générale 
«les  quinquina ,  par  M.  Bergen,  (  MM.  Guibourt,  Robinet, 
Virey,"  rapporteurs). 

L'ordre  du  jour  appelle  les  rapports  des  commissaires 
près  des] sociétés  savantes. 

XVf .  ^nnéel  —  Mai  1 829.    '      .  18 


uSo  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

M.  Bussy,  rapjHM-tour  prés  l'Acadéoue  des  sciences, 
communique  lextrait  suivant  des  dernières  séances  ? 

L'Académie  entend  la  lecture  de  deux  lettres  datées 
de  file  de  Fnaoce,  18  novembre  1828,  de  MM.  Quoy 
et  Gaymard,  officiers  de  saaté  de  la  marine,  faisant 
partie  de  l'expédition  de  la  corvette  la.  Coquille.  Dans 
ces  lettres ,  MM.  Quoy  et  Gaymard  donnent  beauomp 
de  détails  sur  leur  séjour  à  Tucopia  ;  ils  annoncent 
avoir  recueilli  un  grand  nombre  de  documens  qui  ne 
leur  laissent  plus  aucun  doute  que  ce  ne  soit  réellement 
dans  ces  parages  que  périt  l'expédition  de  la  Peyrouse; 
pendant  leur  séjour  ils  ont  élevé  sur  la  montagne  de 
Maniçolo  tm  monument  fun^re  à  la  mémoire  de  cet 
infortuné  navigateur  :  -mais  ils  ont  en  vain  recbercbé 
quelques  traces  qui  annomçassent  le  iséjour  des  marins 
français  sur  cette  terre  iubospitaliëre.  II  parait ,  si  Ton 
s'en  rapporte  au  téœioignage  des  naturels  d^  pays, 
dont  plusieurs  conservent  encore  un  souvenir  confus  du 
naufrage  de  la-  Peyrouse ,  que  ceux  de  ses  compagnons 
qui  échappèrent  au  naufrage,  ne  tardèrent  point  à  suc- 
comber sons  l'insalubrité  du  climat. 

On  a  recueilli  en  outre  de  ces  témoignages  plusieurs 
débris  d'instrumens  de  pbysique  et  d'astronomie ,  des 
objets  d'équipement  et  même  une  pièce  de  canon  qui 
a  été  retirée  du  fond  de  l'eau  ;  mais  ,  malgré  tous  les 
soins  donnée  à  ces  recherches ,  on  n'a  encore  retrouvé 
sur  ces  objets  aucune  preuve  matérielle  qu^ls  aient 
appartenu  à  l'expédition  de  la  Peyrouse. 

M.Geoflroy-Saint-Hilaire  lit  un  mémoire  extrêmement 
développé,  dans  lequel  il  cherche  à  établir  les  rapports 
de  structure  et  de  parenté  qui  peuvent  exister  entre  les 
diverses  espèces  d'animaux  qui  ont  vécu  successivement 
sur  la  terre,  particulièrement  entre  les  espèces  dont  le 
type  est  perdu,  qui  ont  vécu  avant  les  temps  historiques, 
et  celles  qui  existent  aujourd'hui.  Ces  recherches,  que 
l'auteur  se  propose  de  faire  connaître  dans  une  suite  de 


DE    LA    SOCIETE    DE    PII/IRMACIE.  25 1 

mémoires,  ont  pour  but  de  {)rdiîver  que  Tœuvre  de 
la  création  n'a  point  été  reprise  à  plusieurs  époques', 
que  les  espèces  que  Ton  croit  nouvelles  et  appartenir 
exclusivement  à  la  période  géologique  actuelle  peuvent 
bien  n'être  qiie  la  succession  par  voie  de  génération  des 
espèces  aûtédilttviennesi  que  l'on  croit  perdues  ,  mais 
dont  les  formes  et  les  Caractères  anatomiques  ont  été 
modifiés  successivement  par  l'efiet  des  causes  extérieures 
qui  ont  cbangé  avec  la  constitution  pbysiquè  de  notre  pla- 
nète, et  ont  dû  agir  avec  d'au  tant  plus  d'efficacité,  que  leur 
action  lente ,  mais  non  interrompue  pendant  une  longue 
série  de  siècles,  ne  devait  imprimer  aucune  secousse  vio- 
lente à  l'économie  aniatale,  de  telle  sorte  que  le  type 
originel  des  .espèces  animales  se  serait  progressivement 
modifié  de  manière  à  se  trouver  continuellement  en  har- 
monie avec  les  objets  extérieurs  à  l'influence  desquels 
leur'elistence  était  subordonnée. 

Toutefois,  M.  Geofiroy  ne  se  dissimule  pas  que  la 
scieiïce  n'e^t  point  encore  assez  avancée  pour  que  1  on 
puisse  juger  définitivement  la  question  à  la  solution  de 
laquelle  il  travaille;  mais,  a  défaut  de  preuves  positives 
toujours  difficiles  à  apprécier  dans  Tordre  de  phénomènes 
dont  il  s'jûfccupe ,  il  offre  tes  analogies  que  lui  présente  la' 
connaissance  des  monstruosités,  dont  il  a  fait  une  étude 
spéciale  y  particulièrement  sur  les  oiseaux ,  monstruosités 
qu'il  peut  reproduire  pour  la  plupart  à  volonté  ,  en  pla- 
çant dans  des  circonstances  semblables  les  œufs  fécondés 
destinés  à  produire  la  même  espèce  de  difformités  ;  il  cite 
smssi  les  modifications  apportées  dans  la  constitution  d'un 
grand  nombre  d'animaux  par  le  simple  changement  de 
température. 

Enfin  ,  il  rapporte,  à  Tappui  de  son  opinion ,'  celle  du 
célèbre  Tjamark  touchant  l'influence  des  actions  et  des 
habitudes  des  corps  vivans ,  sur  la  modification  de  leurs 


organes. 


18.' 


aStl  BULLETIN    DES   TRAVAUX 

L'Académie  reçoit  une  lettre  de  M.  Berlau  de  Giyet, 
qui  réclame  la  priorité  sur  M.  Robert  de  Marseille,  pour 
Tobservation  bien  constatée  de  variole ,  développée  sur 
des  individus  vaccinés. 

M.  de  Blainville  fait  savoir  à  l'Académie  que  M.  l'Al- 
lemand de  Montpelier  vient  de  pratiquer  avec  succès ,  à 
l'aide  de  procédés  et  d'instrumens  nouveaux  ^  la  suture 
de  la  vessie. 

M.  Desprez  lit  un  mémoire  sur  les  modifications  que 
subissent  les  métaux  par  l'action  combinée  de  la  chaleur 
et  du  gaz  ammoniac  (I). 

M.  Guay-Lussac  fait  un  rapport  détaillé  en  réponse 
à  des  renseignemens  demandés  par  son  excellence  le  mi- 
nistre de  la  guerre ,  et  qui  avaient  pour  objet  la  retberche 
des  causes  qui  avaient  pu  occasioner  la  chute  de  la  fou- 
dre sur  le  magasin  à  poudre  de  Baïonne  y  bien  qu'il  fût 
armé  d*un  paratonnerre»  M.  le  rapporteur,  après  avoir 
discuté  les  diverses  circonstances  qui  ont  accompagné  la 
chute  de  la  foudre  sur  cet  édiâce  ,  attribue  uniquement 
cet  accident  à  ce  que  le  paratonnerre,  destiné  à  protéger 
le  magasin  a  poudre  de  Baïonne  ^  était  mal  disposé ,  et 
surtout  à  ce  qu'on  ne  s'était  point  attaché  à  établir  une 
communication  large  et  facile  entre  le  sol  et  le  conducteur. 
M.  Gày-Ludsac  fait  observer  ù  ce  sujet  qu'on  ne  saurait 
apporter  trop  de  soin  à  cette  dernière  cause ,  et  qu'un 
paratonnerre,  dont  la  communication  avec  le  sol  est  mal 
établie,  est  plus  propre  ci  occasioner  des  accidens  qu'à 
les  prévenir;  que  dans  beaucoup  de  circonstances  on 
pourrait,  dans  rétablissement  des  magasins  à  poudre,  se 
dispenser  de  l'emploi  des  paratonnerres,  pourvu  que  ces 
magasins  fussent  voûtés  en  dessus  et  en  dessous  comme 
cela  a  lieu  assez  ordinairement,  et  que  les  murs  fussent 

(1)  Nous  donnerons  dans  notre  prochain  numéro  un  extrait  de  ce 
travail.  it* 


DE    L\    SOCIÉTÉ    DE    PHAUMACIE.       *    253 

impeirméables  à  rhumidité,  condition  que  Ton  peut  faci- 
lement obtenir  par  l'emploi  d'une  bonne  cbaux  hydrau- 
lique; enfin  qu'on  évitât,  dans  leur  construction,  de  faire 
usage  de  substances  métalliques,  surtout  à  l'extérieur  pour 
les  toitures. 

M,  Gagniard-Latour  lit  un  mémoire  sur  la  manière 
dont  se  produit  le  son  qui  a  lieu  lorsque  Yon  sifQe  avec  la 
bouche. 

MM*  Ghevaljer  et  Langlumé  envoient  à  l'Académie  des 
épreuves  de  lithographie  obtenues  pat  le  procédé  qu'ils 
ont  décrit  précéd^emment. 

M.  SeruUa^  fait  connaître  à  l'Académie  le  résultat  de 
ses  recherches  sur  l'iodu^re  et  le  chlorure  d'azote. 

M.  JuKia-FontCAelIç  communique  à  rA.cadémie  les  re- 
cherches du  docteur  Trévisau,  faites  en  Italie,  particu- 
lièrement à  Castel-Franco ,  sur  Tinfiluence  que  le  froid 
exerce  sur  la  mortalité  des  enfans  nouveau -nés,  des- 
quelles il  résulte,  l^^  que  sur  100  enfans  qaî  naissent  en 
décembre ,  janvier  et  février,  en  Italie ,  66  meurent  dans 
le  premier  mois,  15  dans  le  cQurant  de  Tanqée ,  çt  que 
19  seulement  survivent^ 

2°.  Sur  100  enfans  nés  <daas  le  printemps  ,  4.8  vivent 
au  delà  de  la  première  année  ; 

3^.  Sur  le  njiémenon^re  d'enfans  nés  en  été,  83  vivent 
plus  d'un  an^ 

4^.  Enfin ,  sur  tOO  enfpins  nés  dans  1-e  courant  de  l'au- 
tomne ,  il  n'y  en  a  plus  que  58  qui  atteignent  au  delà  de 
leur  première  année. 

M.  Geoffroy-Saiixt-Hilaire  annonce  que  MMi  Quoy  et 
Gaymard  rapportent  dès  îles  Gélèbes  deux  babiroussas 
qu'ils  amènent  vivant  à  Paris. 

M.  SeruUas  annonce,  par  une  lettre  à  l'Académie, 
qu'il  vient  de  découvrir  que  te  corps  que  l'on  regardait 
comme  du  chlorure  d^azote ,  n'était  en  réalité  que  du  chlo- 
rure d'animoniaque. 


254    *  BULLETIN    DES    TllAVAUX 

M.  de  BlianviUe  fait  un  rapport  sur  des  observations 
adressées  à  rAcadémie  par  MM.  Farine  et  Garcassonne  , 
relatives  à  la  dissection  qu'ils  ont  faite  d'un  cétacée  qui 
a  été  poussé  par  la  mer  sur  les  côtes  du  4épartenient  des 
Pyrénées-Orientales.  Les  auteurs  de  ce  travail  regardant 
comme  nouvelle  l'espèce  de  baleine  qu'ils  ont  disséquée, 
lui  ont  donné  le  nom  de  Baleine  Arago^  en  Thoupeur  de 
leur  compatriote.  M.  Iç  rapporteur  doute  que  dette  ba-r 
leine  soit  une  espèce  nouvelle. 

M.  Virey,  chargé  de  rendre  compte  des  travaux  de 
fa  section  de  pharmacie  de  l'Académie  royale  de  Méde- 
cine 9  fait  savoir  que  M.  Bonastre  a  lu,  dans  cette  société, 
un  mémoire  sur  l'origine  de  la  myrrhe  avec  la  description 
des  différentes  espèces  répandues  dans  le  commerce. 

M.  Guibourt ,  rapporteur  près  la  Société  de  Médecine 
du  département ,  dit  que  M.  Mouchon ,  pharmacien  de 
Lyon ,  a  proposé  de  faire  le  cérat  avec  l'huile  blanche 
au  lieu  d'huile  d'amandes  doucçs ,  par  l(i  raison  cju'on 
pouvait  introduire  dans  le  cérat,  avec  de  l'huile  blanche^ 
une  proportion  d'eau  beaucoup  plus  grande  que  dans 
celui  du  codex.  M.  Guibourt  a  contesté,  par  induction^ 
r^vantage  de  ce  procédé  ;  m^is  plusieurs  méd.ecins  ayant 
pensé  qu'il  n'était  pas  désavantageux^  d'avoir  un  cérat  plus 
chargé  d'eau,  on  a  envoyé  la  note  aux  chirurgiens  de 
l'Hôtel-Dieu,  pour  que  des  expériences  soient  faites.  Le 
même  pharmacien  ^  encore  proposé  de  repiplacer  leau 
dans  la  composition  ordinaire  du  cérat  par  une  pareille 
<}uantité  d'émulsion.  M.  Guibourt  ^  préparé ,  suivant 
cette  formule ,  du  cérat  qui  s'est  trouvé  aigre  au  bout 
de  quatre  jours.  Le  même  a  joint  à  ce?  envois  un  taffetas 
végéto-épispastique  à  l'instar  de  celui  des  frères  Mauvage. 

La  Société  reprend  ses  travaux. 

M.  BouUay  donne  des  explications  s^r  les  motifs  du, 
retard  qu'éprouve  le  rapport  qu'il  a  été  cbargç  de  faire 
sur  un  mémoire  de  M.  Galard. 


DE    hk    SOCIETË    DE    PHARMACIE.  ^55 

M.  Derosiie£|it  uq  rapport  sur  une  brochure  de  M.  Glé- 
mandot,  relative  à  la  fabricatiou  du  sucre  de  betteraves , 
4vec  des  considérations  sur  l'action  qtt'e3cerceo,iles  agens 
employés  dans  la  défécation.  Tout  en  donnant  une  en- 
tière approbation  aux  faits  de  pratique  ccnsi^nés  dans 
Vouvrage^  de  M,  Clémandot^  M*  le  rapporteur  discute 
quelques-unes  de  ses  idées  tJUéoriques  sur  l'action  des 
agens  défécalears.  La  Société ,  trouvant  ce  rapport  inté- 
ressant ,  décide  qu'il  sera  renvoyé  à  la  commission  de 
publication. 

La  Société  remercie  1VI.  Glémendot  de  soa  utile  qpm^ 
munication. 

M.  Yalletteiait  un  rapport  sur  les  archives  de  la  Société 
des  pharmaciens  de  rÂUemagne  septentrionale.  Les 
principaux  articles  sont ,  i^.  la  préparation  du  protoxide 
de  chrome ,  par  Wohler  ;  ^^.  réduction  du  sélénium  con- 
tenu dans  lacide  sélénique  par  le  professeur  Fischer; 
3^.  l'augmentation  de  la  solubilité  du  deuto-chlorure  de 
mercure  dans  Talcool  et  Téther  au  moyen  du  camphre , 
par  Karls  ;  4^.  action  de  l'ammoniaque  caustique  sur  cer- 
taines huiles  essentielles^  par  Karls.  Renvoyé  à  la  com- 
mission des  travaux. 

M.  Bussy  fait  un  rapport  verbal  sur  les  Annales  de 
rindustrie. 

M.  Soubeirau  fait  un  rapport  refbal  sur  les  AbUales 
des  Mines.  • 

M.  Moutillard  fait  un  rapport  vierbal  sur  les  travaux 
de  l'Académie  de  Rouen. 

M*  A.  Plisson  lit  un  mémoire  sur  un  acide  nouveau 
qu'il  appelle  acide  aspartiquey  et  qui  est  le  résultat  de 
la  réaction  chimique  de  l'hydrate  de  j)looib  sur  le  prin- 
cipe désigné  sous  le  nom  d'asparagine.  Ce  mémoire  sera 
publiée 

M.  le  président  communique  ,  an  nom  de  M.  Q^iesne- 
viUe  fils ,  uii  ap|>2ireil  po4ir  1^. préparation  des  chloffiircs 


256  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

volatils.  MM.  Bussy  et  Serullas  sont  nommés  rappor- 
teurs. 

M.  Serullas  fait ,  sous  les  yeux  de  la  Société ,  une 
expérience  intéressante  sur  le  sodium ,  et  lit  une  note 
qui  sera  insérée  dans  ce  numéro. 

M.  Boissenot  adresse  une  note  sur  une  substance 
cristalline  recueillie  dans  une  huile  essentielle  de  citron , 
exposée  long-temps  au  courant  de  l'air.  Renvoyé  à  la 
commission  de  rédaction.  * 

M.  Virey  fait  un  rapport  sur  M.  le  docteur  Ricord- 
Madiana  de  la  Guadeloupe ,  pour  son  admission  en  qua- 
lité de  membre  correspondant. 

Au  dépouillement  du  scrutin,  M.  Rieord-Madiana  est 
noinmé  membre  correspondant  à  l'unanimité. 


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SOCIÉTÉ  DE  PHARWACIE, 


RAPPORT 

Sur  un  ouvrage  de  M.  Gl^andot,  membre  correspondant 
de  la  Société  de  pharmacie ,  intitulé  :  Considérations 
sur  V action  qu'exercent  les  agens  employés  dans  la  dé- 
fécation du  jus  de  betterai^e^, 

^  Par   m.   Derosne, 

*  « 

;   MjESSI|:URe, 

M.  Glémandot ,  votre  coiifrère  et  aujourd'hui  fabricant 
de  sucre  de  betteraves ,  vous  a  fait  hommage  d'un  opus- 
cule relatif  à  cette  fabrication,  et  vous  m'avez  chargé  de 
vous  en  rendre  compte. 

Lorsqu'on  essaya  d'extraire  en  grand  |e  suere  de  bette- 


DE  LA    SOCIETE    DE     PHARMACIE.  2S7 

raves  par  des  procédés  manufacturiers ,  pour  remplacer 
celui  des  cblomes,  on  ne  crut  pas  que  cet  art  nouveau 
survivrait  aux  circonstances  extraordinaires  qui  lui  avaient 
donné  naissance.  En  efiet ,  les  événemèns  de  1814  occa- 
sionèrent  la  ruine  de  la  plupart  des  fabriques  existantes 
aldrs.  Cependant,  quelques  hotnmes  plus  persévérans,  à  la 
tête  desquels  il  est  juste  de  citer  M.  Crespel ,  continuè- 
rent leurs  exploitations ,  et  le  succès  couronna  leur  con- 
stance. Quand  on  vit  leur  industrie  prospérer,  malgré  la 
grande  diminution  des  droits  d'entrée  sur  les  sucres  des 
colonies ,  les  anciennes  fabriques  se  relevèrent  ;  il  s'en 
forma  de  nouvelles,  et  le  nombre  s'en  aecroit  encore  tous 
les  jours.  II  est  prouvé  aujourd'hui  que  dans  tous  les  pay? 
où  la  nature  des  terres  est  favorable  à  la  culture  des  bet^ 
teraves ,  où  la  mainnl'ceuvre  et  le  combustible  sont  à  l>on 
marché ,  et  où  Ton  peut  employer  les  résidus  à  la  nourri- 
ture des  bestiaux ,  l'exploitation  du  sucre  de  betteraves  est 
av^tageuse.  C'est  une  espèce  de  garantie  de  plus  pour  la 
prospérité  de  ces  éta])Iissemens ,  quand  ceux  qui  les  for- 
ment y  apportent, 'comme  M.  Clémandot,  des  connais- 
sances chimiques  et  pharmaceutiques  pour  diriger  les 
opérations  et  améliorer  les  procédés.  Depuis  plusieurs 
années,  cet  ancien  pharmacien  se  livre  avec  succès  a  ee 
genre  de  fabrication.  En  homme  prudent  et  réservé ,  il  n'a 
pas  clperché  dans  les  commencemens  à  porter  des  innova- 
tions dans  les  procédés^  et,  suivaflt  l'exemple  de  ses  devan- 
ciers ,  il  s'est  contenté  de  spivre  le  procédé  d'Achard  dans 
la  persuasion  que  ce  ]!irocédé,  fournissait  plus  de  sucre 
que  les  autres  ;  mais  une  expérience  de  plusieurs  années 
a  fini  par  le  convaincre  qu'il  était  dans  l'erreur,  et  qu'on 
pouvait  obtenir  tout  le  sucre  cristallisé  de  la  betterave  par 
des  procédés  plus  manufacturiers  et  par  conséquent  moins 
embarrassans  et  plus  économiques.  Lorsque  ses  occupa- 
tions lui  laisseront  plus  de  loisir ,  M.  Clémandot  se  pro- 
pose de  publier  un  ouvrage  qui  contiendra  des  obser^Ni-^ 


a58        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

lions  pratiques  8U1;  cette fabricajtion,  avec  des  explications 
chimiques  qui  en  faciliteront  l'intelligence.  Dans  lopus-^ 
cale  préliminaùre  dont  nous  nous  occupons.,  il  n  a  eu  pour 
but  que  d  examiner  rinfluence  qu'exercent  les  agens  ent- 
ployés  dans  la  défécation,  et  d'indiquer  desmodifiçations 
au  procédé  qui  lui  parait  le  meilleur.  • 

M.  Glémandot  compte  trois  procédés  principaux  adop- 
té3  pour  l'extraction  du  sucre  de  betterares  y  le  procédé 
d'Acbard»  le  procédé  français  et  celui  des  colonies,  il  exa- 
inine  et  il  discute  Ijsurs  dTgntages  et  leurs  inconvéniens 
{"elatifs. 

Le  procédé  d'Achard  .consiste  «  comme  on  sait ,  à  défé^ 
quer  le  jus  de  betteraves  au  moyen  de  l'acide  sulfurique 
qu'on  laisse  en  contact  pendant  quelques  heures  :  l'acide 
ooagule  l'albumine,  la  fécule  et  la  matière  végéto-animale 
que  le  jus  contient,  0^  sature  ensuite  l'acide  par  la  chaux, 
on  tire  à  clair  et  on  fait  évaporer  la  liqueur  en  consistance 
de  sirop ,  qu'on  met  ensuite  a  l'étuve  dans  dos  cristallisqirs 
pour  en  obtenir  le  sucre.  M.  Glémandot  reproche  à  ce 
procédé  plusieurs  inconvéniens,  dalvord  la  présence  dans 
le  sirop  d'une  assez  grande  quantité  de  sulfate  de  chaux 
qui  se  précipite  pendant  révappration  et  qui  la  retarde, 
ce  qui  oblige  à  de  fréqueas  transvasemens  et  à  -des  net* 
Voyages  de  chaudières  ;  ensuite;  l'impossibilité  d'amener 
les  sirops  au  point  de  la  cuite  sans  les  altérer  par  l'at^tion 
du  feu,  ce  qui  oblige  d^recoupir  au  moyeu  lôiag  et  dis-r 
pendieux  des  cristallisoirs.  et  des  étuyes  ;  e^fin,  un  de§ 
grauds  inconvéniens  que  ilVE.  Glénmndot  trouve  dans  l'em- 
ploi de  l'acide  sulfurique,  c'est  l'action  altérante  que  cet 
^ide  exerce  sur  le  suerç  ;  et,  à  ce  suJQt ,  il  ei(itre  dans  de§ 
déyeloppemeïis  ^ssez  longs  siir  l'altératiaQ  que  le  sucre 
éprouve  toutes  les  fois  que  la  nature  ou  l'airt  mettent  Iç 
sucre  en  contact  a^vec  des  acides.  Il  cite  çn  exemple  le 
sucre  du  raisin  et  des  autres  fruits,  celui  qui  se  dépose 
dans  les  sirops. de  fruits  acides,  celui  dctffcule  formé  par 


D£    lA    SOCIÉTÉ     DE    PHARMACIE.  ^Sq 

Faction  de  Facide  siilfurîcfuç ,  et  il  prouve  que  tous  ces 
sucres  forment  une  espèce  à  p^rt  et  très-diifêrente  da 
celle  du  sucre  de  cannes. 

Dans  le  procédé  que  M.  Glémaudot  désigne  30118  le  nom 
de  procédé  français,  on  emploie  aussi  Facide  sulfurique  et 
la  chaux,  mais  dans  un  ordre  inverse  du  procédé  d'Achard, 
On  défèque  par  la  chaux  et  on  ajoute  ensuite  de  Facide 
sulfurique  ;  la  liqueur  tijrée  à  çl^iiir  est  soumisç  à  rébuUi-. 
tion,  et  le  sirop  est  immédiatement  amené  au  point  de 
cuite  et  versé  ensuite  dans  les  formes ,  pour  Fy  faire  cris-v 
talliser.  Les  quantités,  de  chaux  et  d'acide  sulfurique  à 
employer  dans  cette  opération  varient  selon  la  nature  des 
betteraves  \  mais  on  recommande  de  ne  pas  ajouter  trop 
d'acide ,  af^n  qu'il  reste  un  léger  excès  dVlcali  dans  la  li«. 
queur.  M.  CJléinandot,  tout  en  préférant  ce  procédé  à  ce*^ 
lui  d'Achard,  y  trouve  cependant  encore  quelques  vices,, 
et  il  se  deipande  si,  en  laissant  dans  le  jus  un  excès  d'al- 
cali ,  on  saturera  toute  la  potasse  qui  selon  lui  y  existe , 
pour  lïe  laisser  que  l'ammoniaque  libre.  Il  ne  pense  pa» 
que  cela  soit  possible  dans  un  travail  manufacturier. 
Ainsi,  on  est  exposé  à  deux  dangers  en  suivant  ce  pro- 
cédé :  d'un  côté,  si  on  sature  complètement  les  alcalis ,  le 
sulfate  d'ammoniaque  se  décompose  en  partie  pendan^t 
Févaporalion,  l'ammoniaque  se  dégage  et  le  sirop  rede* 
vient  acide,  et  00  tonlbe  dans  l'inconvénient  signalé  plus 
haut  ;  d'un  autre  ,^  si  Fou  laisse  un  excès  d'alcali  dans  la  li- 
queur, la  potasse  agira  À  soi^  tour  sur  le  sucre,  et  quoique, 
son  action  sur  oe  principe  immédiat  des  végétau^^  soit, 
différente  do  celle  des  acides ,  ell^  n'en  sera  pas  moins^ 
dangereuse,  en  se  cc^nhinant  intimement  aveo  lui,  et  en 
donnant  pour  résultat  une  masse  gommeuse  sucrée  ai^> 
lieu  de  sucre  pur.  En  yaia  voudra-A-^n^  après  Faclioi\. 
prolongée  de  la  potasse  sur  le  sucre  y  séparée  celui«-€i  ù.. 
l'état  de  pureté  au  moyen  d'un  acide ,  le  sucre  aura  été. 
trop  altéré  pour  reprendre  ses  propriétés  cristallisahles. 


aÔo        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

D'après  ces  principes ,  et  pour  éviter  ces  deux  inconvé- 
niens,M.  Glémandot,  convaincu  (jue  ce  procédé  a  besoin 
d'être  modifié,  propose  de  ne  pas  verser  d'une  seule  fois 
tout  l'acide  nécessaire  à  la  saturation  des  alcalis,  et  il  con- 
seille de  ne  le  faire  (ju'à  deux  reprises  ;  ainsi  y  après  avoir 
déféqué  le  jus  par  la  chaux  et  l'avoir  tiré  au  clair,  on  Té- 
vapore  pour  l'amener  à  1 0°  de  concentration  pour  dég.a- 
ger  l'ammoniaque  en  partie.  Alors ,  on  verse  l'acide  dans 
le  jus ,  50  grammes  par  hectolitre,  et  on  continue  l'évapo- 
ration  du  jus  pour  le  concentrer  à  18°;  on  essaie  alors 
l'état  chil^ique  du  jus,  et,  comme  il  est  encore  alcalin,  on 
ajoute  10, 1 5  ou  20  grammes  d'acide  pour  opérer  la  com- 
plète neutralisation.  Telles  sont  les  modifications  que 
M.  Glémandot  propose  de  faire  au  procédé  français,  et  dont 
Texpénence  lui  a  démontré  les  avantages.  Il  pense  que  les 
fabricans  adopteront  facilement  ce  procédé,  dont  toute  la 
difficulté  se  borne  à  l'emploi  des  papiers  bleu  et  rouge  de 
tournesol,  pour  reconnaître  l'état  chimique  du  jus  de 
betteraves. 

Dans  le  3*.  procédé ,  celui  des  colonies ,  la  chaux  est  le 
seul  agent  employé  pour  la  défécation  du  jus.  M.  Glé- 
mandot convient  que  la  défécation  se  fait  bien  par  cet 
agent ,  et  que  l'évaporation  réussit  également ,  tant 
que  le  sirop  n'a  pas  atteint  plus  de  80°  de  densité  ; 
mais  quand  il  marque  85  à  86°,  il  arrive  souvent  qu'il 
cesse  de  bouillir  et  qu'il  ne  se  fait  plus  d'évaporation.  Si 
l'opération  a  lieu  à  feu  nu ,  le  sirop  brûle  ;  si  elle  se*  fait 
à  la  vapeur,  elle  est  interminable.  Ge  phénomène,  dit-il , 
dépend,  à  n'en  pas  douter,  de  la  présence  de  la  potasse 
libre  dans  le  sirop  ;  sa  grande  affinité  pour  l'eau  retient 
celle-ci  avec  force  e4  l'empêche  de  passer  à  l'état  de  va- 
peur, et  ce  qui  prouve,  ajoute-t-il,  que  les  choses  se  pas- 
sent ainsi ,  c'est  que  si  on  verse  une  petite  quantité  d'acide 
sulfurique  dans  le  sirop,  l'ébuUition  recommence  aussitôt, 
et  la  cuite  se  termine  sans  nouvel  accident. 


DE    LA.    SOCIÉTÉ    DE    PHÀRSIACIE.         261 

Telles  sont,  Messieurs,  les  idées  de  M.  Clémandot  sur 
les  trois  procédés  usités  dans  les  fabriques  pour  l'extrac- 
tion du  sucre  de  betteraves  et  ses  Tues  pour  la  réforme  du 
2<'.,  le  procédé  français,  auquel  il  accorde  la  préférence. 
Nous  nous  permettrons  quelques  réflexions  sur  les  opi- 
nions qui  les  accompagnent,  et  principalement  sur  celles 
qui  concernent  l'action  des  acides  et  des  alcalis  sur  la  ma- 
tière sucrée,  et  sur  leur  application  à  la  fabrication  du 
sucre  de  betteraves. 

L'action  altérante  des  acides  sur  le  sucte  est  bien  re- 
connue, et  elle  a  été  observée  depuis  long-temps,  par  les 
pharmaciens  dans  la  confection  des  sirops  acides,  et  sur- 
tout deâ  sirops  préparés  avec  les  fruits  rouges.  Quand  en- 
suite on  a  examiné  plus  particulièrement  la  nature  des 
sucres  de  raisin  et  de  fécule,  on  a  remarqué  que  ces  sucres, 
bien  difTérens  de  celui  de  cannes ,  avaient  été  modifiés 
par  les  acides  qui  avaient  accompagné  leur  formation, 
soit  naturelle ,  soit  artificielle.  Mais  de  ce  que  le  contact 
prolongé  des  acides  avec  la  matière  sucrée  la  modifie  beau- 
coup ,  doit'-on  en  conclure  que  l'emploi  de  l'acide  sulfu- 
rique  dans  le  procédé  d'Achard  soit  aussi  nuisible  que  le 
pense  M.  Clémandot ,  et  que  cet  agent  altère  une  partie 
du  sucre  contenu  dans  le  jus  de  betteraves  ?  Nous  ne  pou- 
vons l'admettre.  l)ans  le  procédé  d'Acbard,  l'acide  nç 
reste  pas  assez  en  contact  avec  le  jus  pour  avoir  le  temps 
d'altérer  la  matière  sucrée,  et  comme  ensuite  on  le  sature 
complètement  par  la  chaux ,  il  n'en  reste  plus  dans  la  li- 
queur pendant  le  reste  des  opérations.  Ce  qui  prouve  que 
ce  procédé  n'est  pas  aussi  défectueux  sous  le  point  de  vue 
chimique  que  M.  Clémandot  le  prétend,  c'est  qu'il  est 
encore  employé  avec  succès,  et  de  préférence,  par  plusieurs 
fabricans,  et  notamment  par  M.  Crespel,  que  leurs  su- 
cres cristallisent  très-bien  et  sont  en  tout  semblables  à  ce- 
'  lui  de  cannes.  Si  le  procédé  d'Achard  a  des  défauts,  c'est 
qu'en  efiet  il  occasione  pendant  l'évaporation  un  dépôt 


Î1&2  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

considérable  de  sulfate  de  cliauxqui  retârdefrévaporation , 
et  qui  oblige  h  beaucoup  de  soins  pour  s'en  débarrasser, 
c'est  qu'il  est  long  pour  obtenir  la  cristallisation  du  sucre, 
c^est  qu'il  constitue  le  fabricant  en  dépenses  considérables 
par  l'emploi  des  cristallisoirs  et  la  construction  des  étuves 
sujettes  en  outre  à  des  incendies.  On  a  donc  eu  raison  de 
cbercher  un  autre  mode  de  travail  exempt  de  tous  ces  in- 
ccmyéniens. 

Relativement  à  l'action  altérante  des  alcalis  fixes  sur  le 
sucre,  elle  n'a  pas  échappé  non  plus  à  l'attention  des  chi- 
mistes ;  mais  l'application  que  M.  Clémandot  fait  de  cette 
observation  à  la  fabritation  du  sucre  de  betteraves ,  est-elle 
bien  juste?  Il  est  permis  d'en  douter.  Il  est  vrai  que  les 
betteraves ,  en  outre  du  sucre  qu'elles  donnent ,  contien- 
nent encore  beaucoup  d'antres  sUljstanceâ,  et  particulière- 
ment beaucoup  de  sels  à  base  de  potasse ,  de  chaux  et 
d'ammoniaque.  Il  est  bien  reconnu  que  lorsqu'on  défèque 
le  jus  de  betteraves*  au  moyen  de  la  chaude,  tous  les  sels 
ammoniacaux  doiveût  être  décomposés  et  lammoniaque 
mise  en  liberté.  En  est-il  de  même  pour  les  sels  à  base  de 
potasse?  M.  Clémandot  le  dit,  mais  cette  assertion  nous 
paraît  douteuse.  Ces  sels  restent  probablement  dans  le 
jus  déféqué  comme  ils  y  existaient  avant  l'opération. 
Comment  donc  expliquer  le  fait  cité  par  M.  Clémandot  et 
que  nous  admettons ,  qu'un  sirop  de  betteraves  concentré 
et  refusant  de  bouillir  h  causée  ,  selon  son  opinion  ,  de  la 
grande  quantité  de  potasse  mise  à  nu,  reprend  l'ébullition 
et  se  comporte  bien  quand  on  y  ajoute  une  petite  quantité 
d'acide  sulfurîque  ?  Les  bases  salifiables  qui  existent  en 
abondance  dans  le  jus  de  betteraves  y  sont  saturées  par 
des  acides  minéraux  et  plus  encore  peut-être  par  des 
acides  végétaux,  on  peut  donc  conjecturer  que  ce  jus 
tient  en  dissolution  plus  de  sels  déliquescens  que  de  sels 
cristallisables.  Ne  peut-on  pas  attribuer  à  la  présence  do 
ce»  sels  déliquescens  le  phénomène  que  M.  Clémandot 


DE    Lk    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  203 

attribue  à  celle  de  la  potasse  libre,  et  alors  ne  peut-on 
pas  expliquer  tout  naturellement  l'action  de  Facide  sulfu* 
rique  ajouté  aux  sitops  qui  refusent  de  bouillir,  en  disant 
qu'il  décompose  Ces  sels  déliquescent  pour  en  formel* 
d'autres  moins  avides  d'eau,  plutôt  que  de  supposer  que 
cet  acide  sature  alors  la  potasse,  qui  ne  peut  guère  y  être 
à  l'état  de  liberté  ?  D'ailleurs  ,  ne  peut-il  pas  exister  aussi 
dans  le  jus  de  betteraves  d'autre^  matières  qui  ont  échappé 
à  l'action  de  la  chaux,  et  qui  peuvent,  comme  les  sels  dé^ 
liquescens,  arrêter  l'ébullition?  Enfin,  on  sera  encore 
moins  porté  à  admettre  la  supposition  de  la  présence  de 
la  potasse  libre  dans  le  jus  de  betteraves  déféqué,  quand 
on  saura  que  quelquefois  des  sirops  de  betteraves  déféqués 
par  la  cbaux  seule  redeviennent  acides  par  leur  concen- 
tration et  par  la  décomposition  successive  des  sels  ammo- 
niacaux. Cet  effet  pourrait-il  avoir  lieu,  si  réellement  il  y 
avait  de  la  potasse  libre  dans  ces  sirops? 

M.  Clémandot  a  partagé  pendant  long-temps  l'opinion 
dcj^beaucoup  de  fabricans ,  qui  pensaient  que ,  quand  on 
employait  la  cbaux  pour  la  défécation ,  il  pouvait  rester 
dans  le  jus^  déféqué  une  assez  grande  quantité  de  cette 
terre  alcaline.  Plus  tard  il  s'est  convaincu,  par  des  expé<^ 
riences  exactes,  que  c'était  une  erreur,  et  que  s'il  se  trouva 
de  cette  terre  à  l'état  non  combiné  dans  le  jus  de  betteraves 
déféqué ,  c'est  en  si  petite  quantité,  qu'elle  échappe  à  tous 
les  moyens  chimiques  employés  pour  la  reconnaître. 

Le  mémoire  de  M.  Clémandot  contient  encore  beaucoup 
d'observations  sur  les  quantités  plus  ou  moins  grandes  de 
cbaux  et  d'acide  sulfurique  à  employer  pour  la  défécation, 
suivant  la  nature  des  betteraves  qu'on  travaille,  et  sur  les 
avantages  que  présente  l'évaporation  au  moyen  de  là  va- 
peur, 

M.  Clémandot  reconnaît  qu'il  est  des  espèces'  de  bette- 
raves dont  le  jus  n'a  besoin  que  de  la  chaux  aeule  pour  la 
défécation ,  sans  recourir  ensuite  à  l'addition  de  l'acide 


2G4  BULLETIN    DES    TRi^VAUX 

siilfurique.  Le  procédé  des  colooies  est  en  effet  en  usage 
dans  beaucoup  de  fahriques ,  et  il  se  répandra  probable- 
ment encore  davantage ,  à  mesure  que  l'on  connaîtra  plus 
le  filtre  à  cbarbon ,  inventé  nouvellement  par  M.  Dumont, 
ancien  fabricant  de  sucre  de  betteraves.  L'usage  de  ce  filtre 
et  du  cbarbon  animal ,  auquel  M.  Dumont  donne  une  pré- 
paration particulière ,  a  déjà  permis  à  plusieurs  fabricans 
.  de  livrer  au  commerce  des  sucres  indigènes  supérieurs  en 
qualité  et  en  bonté  à  tout  ce  qu'on  avait  fait  jusqu'à  pré- 
sent. 

M.  Clémandot  a  fait  preuve  de  toute  abnégation  d'in- 
térêt personnel,  en  publiant  ses  observations  sur  un  genre 
de  fabrication  qu'il  exploite  avec  succès,  et  nous  pensons 
qu'il  a  bien  mérité  de  ses  confrères  en  les  mettant  à  même 
d'en  profiter.  Il  a  suivi  avec  attention  tous  les  phénomènes 
qui  se  passent  dans  le  travail  du  sucre  de  betteraves ,  il  a 
proposé  des  améliorations  utiles  que  nous  nous  empres- 
sons de  reconnaître,  bien  que  nous  ne  partagions  pas 
entièrement  ses  opinions;  et  nous  proposons'  en  consé- 
quence, à  la  Société  de  lui  adresser  des  remerctmens 
pour  la  communication  qu'il  a  bien  voulu  nous  faire. 


i%w%»%»i^»»<»»*%ii»»»^%»w%%>iv>»»^^/<^%%Mr»%vv»»i»\v\%vw^%»w^<«liW»»vi»»i%%^>%%w%^<a%^%^>%^» 


Sur  le  sodium  ;  par  M.   Serullas. 

Si  l'on  met  du  potassium  sur  un  bain  de  mercure  , 
on  voit  les  fragmens  rester  d'abord  immobiles  ,  puis 
prendre,  en  s'amalgamant ,  un  mouvement  qui  s'accrott 
successivement  au  point  de  devenir  très-rapide  et  gy- 
ratoire.  Ce  mouvement ,  comme  je  l'ai  dit  dans  mes 
mémoires  sur  les  alliages  du  potassium  et  du  sodium  , 
dépend  de  l'absorption  et  de  la  décomposition  de  l'hu- 
midité atmosphérique  par  le  n^étal ,  d'où  résulte  une 


s||P*DE   PHARMACIE.         ±65 


DE   LA.   80G1£«£*DE   PHARMACIE. 

émission  d'hydrogène  qui  imprime  ce  mouvement  ;  puis-^ 
que,  lors  qu'on  place  le  potassium jen  cohtàct  aveci  le  mer- 
cure sous  une  cloche  renfermant  de  Tair  sec,  Tamalga- 
tion  s'opère  tranquillement. 

Si  5  d'un  autre  côté ,  on  projette  vivement  sur  Ife  mer- 
cure un  fragment  de  sodium  ,  il  en  lance  avec  violence 
hors  du  hain  ,  donnanJbJieu  à  une  petite  explosion  ,  ac- 
compagnée de  chaleur  et  lumière  ;  résultat  prévu  ,  d  a- 
près  lobservation  de  MM.  Gay-Lussac  et  Thenard,  qui , 
en  préparant  pour  la  première  fois  l'amalgame  de  so- 
dium, ont  vu  l'amalgamation  s'effectuer  avec  chaleur, 
el  lumière. 

D'une  autre  part ,  on  sait  que  le  potassium  brûle  |iu 
contact  de  l'eau,  tandis  que  \e  sodium  décompose  ce  li- 
quide sans  combustion. 

Ainsi ,  les  caractères  distinctifs  du  sodium  et  du  po- 
tassium sont  que  le  premier  s'unit  au  mercujre  avec  chalcfur 
et  lumière ,  et  l'auti;^  avec  chaleur  seulement  ;  que  le  so- 
dium décompose  l'eau  sans  brûler,  et  le  potassium  donne 
*  lieu,  dans  la  même  circonstance  ,à  une  vive  lumière.  On 
voit  donc,  dans  les  deux  cas,  que  chaque  métal  jouit 
précisément  de  propriétés  inverses. 

Le  dernier  effet  est  dû  à  ce  que  l'élévation  de  tempé- 
rature est  plus  grande  pour  le  potassium,  et  va  jusqu'à 
sa  combustion  ;  tandis  qu'avec  le  sodium ,  la  chaleur  n'est 
pas  suffisante  pour  produire  l'inflammation  :  on  en  trou- 
vera la  .preuve  dans  l'expérience  suivante ,  où  Ton  peut 
déterminer  l'inflammation  du  sodium  au  contact  de  l'eau. 
On  fait  un  mucilage  peu  épais  quelconque ,  une  dis- 
solution suffisamment ,  mais* pas  trop  chargée  de  gomme- 
arabique  ,   sur   laquelle  on  projette   le  sodium  ;    il  ne 
tarde  pas  à  s'enflammer.  Les  parcelles  sont  retenues  par  . 
la  densité  du  liquide  et  fixées  sur  un  point ,  s'échauf- 
fant  alors  assez  pour  entcei:-èn  ignition ,  et  parcourir  la 
surface  du  liquide  à  ]a  mîijqiere  du  potassium.    On  ne 
XV^  Année.  — Mai  1829.  <  19 


206  BULLETIN  DES  TRAVAUX 

peut  obtenir  cet  effet  sur  Teau  ou  sur  un  corps  humecté  ^' 
qui ,  par  sa  ma^e  et  sa  nature ,  soutire  la  chaleur  pro-* 
duite  dans  la  décomposition  du  liquide. 

En  effet ,  en  touchant  avec  une  ou  deux  gouttes  d'eau 
du  sodium  qu'on  a  fixé  en  le  pressant  sur  un  corps 
mauvais  conducteur  du  calorique,  sur  du  bois,  il  s'en- 
flamme, fait  à  l'instant  sous  foirme  de  globules  incan- 
descens  ;  ce  qui  n  a  pas  lieu  sur  le  verre  ou  la  por- 
celaine. 

4 

NOTE 

Sur  quelques  insectes  vésicans ,  par  M.  Fakine. 

t 

Plusieurs  essais  comparatifs  ,  entre  diverses  espèces  de 
coléoptères  de  la  section  des  hétéromières,  m'ont  démontré 
que  le  mylabris  cjanescens  est ,  après  les  cantharides , 
l'insecte  de  cette  famille  qui  possède  le  plus  de  proprié- 
tés vésicantes  ;  que  le  mjlabris  uariabilis  vient  après. 
J'ai  remarqué  que  leur  action  était  d'autant  plus  puis- 
sante ,  qu'ils  habitaient  des  localités  plus  chaudes  et  mieux 
exposées  au  soleil.  Des  expériences  furent  faites  sur  des^ 
individus  de  la  même  espèce,  pris  sur  la  même  espèce  de 
plante ,  înais.  les  uns  dans  des  vallées  des  Pyrénées ,  où  le 
soleil  ne  donne  que  quelques  heures  par  jour ,  et  où  la 
température  est  plus  basse  de  plusieurs  degrés  qu'à  la 
plaine  où  furent  ramassés  les  autres  ;  appliqués  en  vé- 
sicatoire ,  les  premiers  ont  donné  un  résultat  infiniment 
plus  faible  que  les  seconds. 

D'autreg  causes  encore  activent  ou  atténuent  les  pro- 
priétés épispastiques  des  insectes  de  cette  tribu.  Par 
exemple ,  dans  lemeloë  majàlis ,  le  mâle  est  toujours  plus 
rubéfiant  que  la  femelle ^  et,  toutes  choses  égales,  cet  in- 


DE   Ik    SOCIÉTÉ    PE    PHAKmàGIE.  à6^ 

secte ,  pris  et  tué  aussitôt ,  est  plus  actif  que  si  on  le  garde 
vivant,  ne  serait-ce  que  quelques  heures.  Souvent  aussi , 
dans  des  insectes  du  même  genre,  les  uns  sont  vésicans 
et  les  autres  ne  le  sont  que  peu  ou  point.  Ainsi  le  meloé 
autwnnalis  jouit  de  moins  de  propriétés  vésicantes  que  le 
majatisj  le  meloë  reticulata  encore  moins  ^^  et  le  tuccia^ 
quoique  vivant  dans  les  mêmes  localités,  et  prenant  les 
mêmes  alimens  que  le  majalis ,  n'est  que  très-peu  vé- 
sicant.  IjCS  ripiphorus  bimaculatûs  et  fiabellatus  sont  sans 
action ,  tandis  que  le  ripiphorus  subdipterus  est  légère^ 
meiA  épispastique ,  le  zonitis  prœusta  est  inerte,  et  lé 
A^punctata  est  sensiblement  actif. 

L'époque  de  l'accouplement  parait  être  celle  oà  les 
insectes  de  la  famille  des  tracbélides  jouissent  des  pro^ 
priétés  plus  intenses.  Il  m'est  arrivé  qu'en  voulant  sé- 
parer deux  meloë  mo/a/iV  accouplés ,  et  les  ayant  rom-^ 
|)us ,  une  goutte  dé  la  liqueur  résultant  de  la  section  . 
m'étant  tombée  sur  la  main  ,  y  produisit  une  ampoule  ; 
tandis  que  la  même  expérience  faite  avec  un  de  ces  in«* 
sectes  isolés  ^  il  n'y  eut  pas  même  de  rougeur. 

L'expérience  m  ayant  démontré  que  pendant  les  amoars^ 
ces  animaux  contenaient  plus  de  principe  vésicant  qu'en 
tout  autre  temps ,  nous  conseillons  de  choisir  cette  épo- 
que pour  en  faire  la  récolte;  car,  dans  cette  circonstance^ 
ou  tre  l'avantage  de  la  qualité,  on  les  trouve  en  plus  grande 
quantité  ,  et  ils  sont  plus  faciles  à  prendre.  Le  choix  des 
localités  n'est  pas  indifférent,  il  faut  de  préférence  les 
prendre  dans  des  endroits  bien  exposés  au  soleil^  et  leS' 
faire  périr  immédiatement  en  les  plongeant  dans  du  vi^ 
naigre  pyrc^igneux. 


19. 


308        BULLETIN  DES  TRAVAUX 


RECHERCHES 

Sur  f acide  aspaHique par  A.  Plisson  ^pharmacien  âttà-^ 

ché  à  la  pharmacie  centrale. 

* 

i  Après  avoir  démontré  la  nature  identique  des. matière»  ' 
cristallines  contenues  dans  les  jeunes  pousses  d'asperge  ^ 
^ns  les  racines  de  réglisse,  de  guimauve  et  de  grande 
consoude ,  après  les  avoir ,  pour  cette  homogénéité,  con- 
fondues toutes  en  une  seule  et  même  espèce  sous  le  nom 
dasparagine  (  nom  formé  par  MM.  Vauquelin  et  Robi-- 
c[uet  ) ,  j  ai  cru  que  je  devais  revenir  sur  cette  propriété 
remarquable  qu'elles  possèdent ,  de  pouvoir  donner  nais- 
sance par  leur  contact  avec  Thydrate  de  plomb,  à  un  sel 
insoluble  jusqu'alors  inconnu.  En  éloignant  la  base  de  ce 
•sel  par  l'hydrogène  sulfuré ,  j'étais  parvenu  à  recueillir 
un  acide  dont  ]a  petite  quantité  ne  m'avait  permis  de  ten- 
ter que  les  expérieiQces  rigoureusement  indispensables 
pour  bien  m  assurer  qu'il  avait  une  existence  toute  par- 
ticulière. Aujourd'hui,  plus  heureux,  je  solliciterai  de 
votre  complaisance  le  sacrifice  de  quelques  instans ,  pour 
vous  exposer,  beaucoup  plus  largement  que  je  ne  l'ai  fait, 
les  propriétés  de  cet  acide  que  j'appelle  aspartique  ,  et 
dont  j'ai  pu  me  procurer  une  plus  ample  provision.  Vous 
me  faciliterez  ainsi,  messieurs,  les  moyens  de  mieuxfaire 
connaître  un  corps  de  peu  d'utilité  sans  doute ,  mais  qui 
deviendra  peut-être  intéressant  pour  la  scitnce ,  en  cela 
qu'il  ma  fourni  l'occasion  d'étudier  un  genre  de  réactions 
chimiques  encore  obscures,  et  dont  je  m'occupe  même  en 
ce  moment  avec  assez  de  bonheur  pour  ne  pas  craindre  de 
vous  annoncer  des  résultats  nouveaux  que  je  me  propose 
de  publier  incessamment. 


DE    LA   SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  tlÔQ 

^cide  aspartiquCé 

Propriétés.  Cet  acide,  par  sa  cristallisation  dans  Teau , 
se  présente  sous  forme  d'une  poudre  brillante ,  laquelle , 
examinée  au  microscope ,  paraît  composée  de  longs  pris- 
mes à  quatre  pans,  à  sommet  dièdre ,  d'une  transparence 
parfaite  et  sans  couleur  :  il  est  inodore  ;  il  a  une  saveur 
acidulé  qui  s'évanouit  bientôt  en  laissant  un  faible  ar- 
rière-goût d'aspartate;  il  rougit  bien  la  teinture  de  tour- 
nesol. 

Il  se  dissout  en  petite  prop'ortion  dans  l'eau.  Pour  pré- 
ciser l'action  dissolvante  de  celle-ci ,  j'ai  suivi  le  procédé 
de  M.  Gay-Lussac  pour  la  détermination  de  la  solubilité 
des  sels  ,  et  j'ai  vu  qu'à  la  température  de  -j-  8" ,  5  centi- 
grades, cet  acide  ne  se  dissout  que  dans  128  fois  son 
poids  d'eau.  A  chaud ,  il  est  beaucoup  soluble  -,  aussi  cris^ 
tallise-t-il  par  le  refroidissement  du  liquide. 

A  la. température  ordinaire,  il  est  insoluble  dans  l'al- 
cool à  40°.  Cette  insolubilité  m'a  rendu  facile  l'évaluation 
de  sa  pesanteur  spécifique  que  j'ai  trouvée  de  1 ,873  à  1^ 
température  de-|-8°,5. 

A  l'air,  il  n'éprouve  pas  d'altération  ;  si  on  le  chauffe 
au  contact  de  ce  fluide ,  il  se  décompose  en  répandant  l'o- 
deur d'une  matière  animale  qui  brûle  ;  l'air  n'est  point  in- 
dispensable pour  cette  décomposition ,  ainsi  dans  le  vide 
l'acide  jaunit  sous  l'influence  seule  delà  chaleur,  noir- 
cit ensuite  en  donnant  Ueu  à  un  charbon  brillant ,  à  de 
l'ammoniaque^,  à  de  l'acide. prussique ,  etc. 

L'acide  si4lfurique  concentré  1^  dissout  à  froid;  il  ne 
l'attaque  qu'à  chaud  et  répanlP" alors  de  l'acide  sulfu- 
reux ,  etc.;  l'acide  muriatique  le  rend  beaucoup  plus  so- 
luble dans  Teau. 

Chauffe  avec  douze  fois  son  poids  d'acide  nitrique 
jusqu'à  siccité,  l'acide  aspartîque  n'est  pas  détruit,  ou  du^ 


^'JO  DULLETlMDES    TRAVAUX 

moins  ne  lest  qu'en  partie,  puisqu'on  en  retrouve  aisé* 
ment  dans  le  résidu  de  levaporatien. 

Cet  acide,  dissous  dansTeau,  ne  précipite  pas  les 

Muriate  de  baryte, 

—  —    de  chaux, 
Sulfate  de  magnésie , 
Proto-sulfate  de  manganèse  , 

—  —     de  zinc , 
Les  sels  de  fer  , 

Le  sulfate  de  cuivrç  , 
L'acétate  neutre  dé  plomb, 
Le  sous-acétate*de  plomb , 
Le  sublimé  corrosif , 
Le  nitrate  (J'argent  , 
L'émé  tique  ^ 

Il  trouble  légèrement  l'eau  de  savon ,  et  déplace  l'acide 
carbonique  de  ses  combinaisons  avec  les  bases  : 

Mis  en  ébullition  dans  de  l'eau  avec  dé  la  fécule ,  il  a 
été  au  moins  vingt  heures  pour  empêcher  celle-ci  de 
bleuir  par  l'iode.  Ce  point  atteint ,  l'ébullition  a  encore 
été  soutenue  quelque  temps,  après  lequel  la  liqueur 
mêlée  avec  un  peu  dé  levure  de  bière  a  donné  dé  l'acide 
carbonique  tout  en  prenant  une  odeur  vineuse. 

La  lenteur  de  l'amidon  à  devenir  insensible  à  l'iode , 
m'a  fait  supposer  que  cette  insensibilité  était  peut-être 
le  résultat  de  l'action  de  la  chaleur  humide  longuement 
continuée.  Pour  lever  le  doute,  j'ai,  pendant  un  temps 
considérable ,  fait  bouillir  séparément  dans  dfe  l'eau  dis- 
tillée et  dans  de  l'eau  de  Seine  que  je  renouvelais  au  be- 
soin ,  une  petite  proportion  de  fécule ,  sans  pouvoir  dé- 
truire chez  elle  la  propriété  cyanogénique  ;  je  regardé 
cette  expérience  comme  assez  concluante.  Dans  le  règne 
organique ,  l'acide  aspartique  n'est  pas  le  seixl  qui  puisse 
convertir  la  fécule  en  sucre  i  l'acide  quiùique  ,  comme  j^ 


DE    LA    ^GlETE    DE    FHABMACIE.  'l.^t 

le  dirai  bieDtôt  avec  M.  Henry  fils,  recèle  égalemeat  cette 
faculté.  M-  Couverchei  même ,  dans  un  savant  mémoire 
sur  la  maturation  des  fruits.  {Joum.  de  Phatm.  182l  j , 
a  déjà  publié  que*  plusieurs  acides  végétaux  'étaient  sus- 
ceptibles d'apporter  de  semblables  changemens.  Il:est 
vrai  d'ajouter  que  ,M.  Gouvercbel  ayant  agiè^la  tempéra- 
ture de  125^  ,  il  n'était  pas  tout-à-fait  impossible  d'ad- 
mettre à  cette  époque  qu'une  cbaleur  au-dessus  de  100** 
eût  produit  la  conversion  en  matière  gommeuse^  etjqu'a- 
lors  seulement  les  acides  eussent  déterminé  la  sacebari- 
fîcation.  Il  est  bien  certain ,  maintenant ,  que  les  acides 
végétaux,  du  moins  un  certain  nombre,  peuvent  trans- 
muer en  sucre  les  corps  féculens,  par  le  concours  de  l'eau 
et  d'une  température  de  100  seulement,  ou  peut-être 
moindre. 

L'acide  aspartique  se  combine  avec  les  bases  et  consti- 
tue un  nouveau  genre  de  sels  qui  doit  prendre  la  dénomi- 
nation à'aspartate. 

Des  aspartates.. 

Tous  ces  sels  se  décomposent  par  l'action  du  feu  ;  ceux 
qui  ont  pour  base  un  alcali  minéral ,  se  transforment  en 
ammoniaque  ,  en  acide  hydrocyanique,  en  cyanure  mé- 
tallique, etc. ,  etc. 

Tous'  ceux  qui  sont  solubles  ont  une  saveur  remar- 
quable de  jus  de  viande  qui  devient  uri  de  leurs  caractères 
principaux.  Cette  saveur  est  ordinairement  franche  pour 
les  sels  iieutres  à  base  alcaline  ou  terreuse,  et  suivie  de 
plus  ou  moins  de  stipticité  dans  les  sels  métalliques; 

Préparation,  Tous  ceux  qui  sont  solubles  s'obtiennent 
directement  ou  en  traitant  l'aspartate  de  baryte  par  un 
sulfate.convenable  ;  tous  ceux  qui  sont  insolubles  se  pré- 
parent par  voie  directe  ou  plus  exactement  par  doubles 
.décompositions.  . 


^7^^  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

uispartate  de  potasse.    -  .    •  < 

Ce  sel  ne  cristallise  pas ,  il  attire  l'humidité  de  Tair, 
possède  une  saveur  de  jus  de  viande  légèrement  suiïTée  ; 
disspus  dans  Teau  il  ne  précipite  pas 

-  î'  Le  muriate  de  baryte , 

-'  ^-^     —     de  chaux, 

'    Le  sulfate  de  protoxide  de  manganèse  , 

—  —     de  fer , 

—  —     de  zinc , 
Le  sublimé  corrosif, 
L'émétique, 

Le  sulfate  de  nickel  • 

—  —     de  cobalt , 

Le  muriate  d  or ,  .       ' 

Le  sulfate  de  quinine , 

—  —     cinchonine , 

—  —     morphine. 

Il  ne  précipite  point  non  plus 

Le  sulfate  de  cuivre  , 

Le  permuriate  de  fer  ; 

Mais  avec  le  premier  il  se  produit  une  couleur  d'un 
bleu  céleste  magnifique  ,  et  avec  le  second  la  liqueur  de- 
vient d'un  rouge  intense.  Ces  chaogemens  remarquable* 
de  couleur,  si  toutefois  il  lie  se  compose  pas  un  sel  double, 
ne  tçndraient-ils  pas  à  faire  supposer  que  deux  sels  en 
solution  peuvent  changer  leur  ba%e,  alors  même  qu'il 
n'en  résulterait^oint  un  corps  insoluble?  J'espère  un  jour 
revenir  sur  cette  observation. 

Avec  lacétate neutre  de  plomb  , 

Le  sous-acétate  du  même  métal , 
Le  proto-nitrate  de  mercure , 
Le  nitrate  d'argent* 

L'aspartate  de  potasse  iforme  un  précipité  blanc  ,  plus 


DE    EA    SOCIÉTÉ    DE    PHAEMA.CIE.  278 

OU  moins  abondant ,  soluble  dans  l'acide  nitrique ,  et  qui 
parait  toujours  Tétre  aussi  dans  un  excès  de  Tun  des  deux 
sels. 

Aspaftate  de  soude.  Ce  sel,  qui  cristallise  facilement, 
se  fait  distkiguer  par  son  goût  de  jus  de  viande  agréable*  ' 
ment  sale. 

Uaspartate-  de  baryte  est  une  niasse  friable ,  compo- 
sée de  très-petits  cristaux  blancs  opaques  ,  d'une  saveur 
d'aspartate  sans  amertume. 

\!aspartate  de  chaux  se  prend  en  masse  gommeiise, 
sa  saveur  se  rapproche  de  celle  de  1  aspaftate  de  soude  et 
ne  rappelle  en  aucune  manière  un  sel  de  chaux  :  décom- 
posé par  le  feu,  il  fournit  beaucoup  d'acide  prussique  , 
il  devient  sensiblement  alcalin  en  bouillant  avec  du  car- 
bonate  calcaire ,  etc. 

Aspartate  de  magnésie.  Ce  que  je  viens  de  dir^  de  las^ 
partate  dé  chaux  peut  se  répéter  ici* 

Uaspartate  de  zinc  cristallise  en  petits  points  blancs 
opaques ,  n'attire  pas  l'humidité  de  l'air  ,  développe  sur 
la  langue  la  saveur  caractéristique  du  genre  de  sels  auquel 
il  appartient  9  mais  cette  saveur  est  bientôt  suivie  delà 
stypticité  des  sels  de  zinc. 

Uaspartate  de  nickel ,  par  une  évaporation  très-lente , 
finit  par  se  convertir  en  une  masse  vente  ,  fragile  et  fen- 
dillée. 

>     •     «  «  » 

Aspartates  neutres  à  base  organique. 

Pour  la  préparation  de  ces  sels ,  il  est  indispensable 
que  Talcali  végétal  soit  de  la  plus  grande  pureté  ,  autre- 
ment ils  seront  colorés  ;  ainsi ,  lu  quinine  précftpilée  du 
sulfate  très-blanc  du  commerce,  a  besoin  d'être  fencore 
purifiée.  L'amertume  de  ces^  sels  couvre  entièrement  la 
-saveur  générale  des  aspartàtes. 

..   Uaspwrtote  de  quinine  est  très^soluble  dans  l-eaÀ; 


274  BUJiLETIN    DES    TRAVAUX 

quand  on  évapore  doucement  son  soluté,  une  partie  du 
sel  s'élève  au-dessus  du  liquide  sous  forme  d'un  riiban 
ondulé  ayant  des  échancrures  plus  ou  moins  profondes  j 
l'autre  partie  tapisse  le  fond  de  la  capsule,  elle  paraît 
d'un  mat  argenté, 

Uaspartate  de  cinchonine  cristallise  très-facilement  en 
belles  aiguilles  prismatiques* 

Uaspartate  de  morphine ,  très-solublo,  n'attire  paâ  rbu- 
midité  de  lair  ;  il  donne  lieu ,  par  1  evaporation  ,  à  uûç 
matière  d'apparence  gommeuse ,  au  milieu  de  laquelle  il 
est  aisé  d'apercevoir  une  multitude  de  petits  cristaux 
brillans* 

jinalyse  et  composition  des  aspartates  neutres, 

^spartate  de  magnésie .  En  détruisant  par  le  feu  cet 
aspartate,  et  calcinant  à  l'air  le  résidu  jusqu'à  ce  qu'il 
cessât  de  bouillonner  par  les  acides ,  j'ai  pu  établir  les 
(Chiffres  qui  suivent  :  • 

1'«.    EXP1BRIE9CE.  2«.    EXPlSaiENCE. 

Acide.  .....    0,872  'Acide.  .  .  i  .    6,867 

Base..  .....    0,128  Basé 0,133 

1,000  1,000 

Moyenne  pour  1 00  parties  de  sel  : 

Acide.  ...........    0,8695 

Base 0,1305 

-  -  .''i  ^.  ■  •'•'  -'    .1,0000   ■• 

Moyenne  pour  une  qus^ntitéide  sel  contenant  106  p. 
.4acide:M...-  .•  ;  .'    ,  .  ••:'.  ;.; 


I 


Base..  * '.    0,1500  renfermant  oxigéne  0,05806 

Aspartatede  chaux,  Enagi^sant  comme-sur fâspartate 
de  magnéfiie^  voiciJes  résultats  auxquels  je«suis  parvi^u. 


DE    LA  'SOCIÉTÉ    lïE    ^llAHMACIE.  nS.. 


17 


1*«.    EXPERIENCE.  2*      EXPEAIEIfOE.    , 

Acide 0,831  Acide 0,824 

Base 0,169  Base 0,176 

1,000  •  1,000 

Moyenne  pour  100  patlies  de  sel  •. 

Acide 0,8275 

D3LSC»  ••  •  •       U.  I  4  Jt^  \      "«i    /    «  '    1 

1,0000'    .1    ' 
Moyenne  pour  sel  ayant  100  parties  d  acide  : 

Acide 1, 

Base 0,2084  d'où  oxigène  0,05653 

1,2084 


•      p 


AspaHate  de  baryte.  Après,  avoir  décomposé  ce  sel 
par  l'acide  sul/urique^  j'ai  déduit,  du  poiâs*  du  snlf^ite 
insoluble,  les  nombres  suivâjQS  : 

i^*     EXPÉRIENCE.  '  2«.  EXPERIENCE. 

Acide 0,6295  "     '    '    Acld'e.  i  .  .  /  .    0,6345 

Base 0,3705  Ôaéé.  .;.  .  .  '.  .    0,3655 

1,0000  '    '      1,0000 

Moyenne  pour  1 00  parties  dç  sel  :  ^ ,  . . 


Acide-  k.  ,  *  .  ,.  ...  .  ..  .  ' ,0,6320 

fease.  ...:...  .'\ '.  .    0,3680 


/  »  «  ' 


1,0000 

%  •  t. 

Moyenne  pour  sel  ayant  1  ÔO/partiefe  d'acide  : 

•  J  î.      A(HJLle.-'.  '.•.....     1,       -i 

Base................    0,5822  d'où  oiigène  0,06084 

.    1,5822  '     ' 

Si  je  prends  l'intermédiaire  de  ces  analyses,  il  arrive 
que  100  parties  d'acide  \aspârtï(jue  saturent  une  dose  de 
j^^se  telle  qu'elle  :rÇontient.  Ç^^l  43   d'oxigèné  ; . je  puis 


« 


276  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

donc  poser  ainsi  la  composition  d'un  aspartate  neutre  : 
soit  celui  de  potasse  en  exemple , 

1  atome  de  potasse ,  dont  le  nombre  proportionnel  est.  .  .  .    589,916 
1  atome  d'aoide  aspartiqae,  dont  le  nombre  proportionnel  sera.  H  690, 81 7 

i 

Des  avariâtes  bi^basiques^ 

Sous-aspartate  de  chaux.  L'aspartate  neutre  de  chaux 
est  susceptible  de  dissoudre  beaucoup"  de  chaux  ;  il  ac- 
quiert par  là  une  eristallisation  facile  ,  et  la  saveur  d  as- 
partate est  alors  suivie  d'une  grande  âcreté. 

Ce  sel  alcalin  ,  en  solution,  ne  précipite  pas 

Le  muriûte  de  magnésie ,  , 

—  —     d'or, 

—  —    de  platine , 
Le  sulfate  de  cobalt. 

Il  ne  trouble  point  non  plus  le  sulfate  de  cuivre  dont 
il  change  la  teinte  à  la  manière  de  Taspartate  de  potasse. 
Il  forme  avec  ^ 

Le  muriale  de  pepoxide  de  fer, 

Les  ûcétatejs  de  plomb , 

L'émétigue , 

Le  sublimé  corrosif, 

Le  nitrate  d'argent ,  etc. , 

Un  précfpité  soluble  dans  un  ei:cès  de  l'un  ou  de  l'au- 

tre  sel. 

Sous-aspartate  de  magnésie.  Le  sel  neutre  de  magné- 
sie est ,  comme  celui  de  chaux  ,  susceptible  de  se  surchar- 
ger de  base,  et  de  se  constituer  en  sous-aspartate  dont  la 
saveur  est  acre  aussi.  Par  une  évapora tion  lente,  le  sel 
alcalin  prend  l'aspect  de  la  gomme. 

■* 
t  •  . 

analyse  et  composition.  ■  ., 

J'ai  analysé  les  deux  sous-aspattates  qui  précèdent ,  en 


DE    LA   SOCIÉTÉ   DE   PHARMACIE.  H'jfJ 

les  brûlant  comme  leur  »el  neutre;  j'ai  obtenu  par  ce 
moyen ,  pour  le  soûs-aspartate  de  chaux  î  '  •  ' 

■     ••••■• 

A'^^e 0,699  Acide 0^698 

^«« '    0,3H  .      Baw. ....  .  .    0.302- 

^»000    .  ,  1,000 

Moyenne  pour  100  parties  de  sel: 

Acide 0,6935 

^«'«e 0,3065 

1,0000 

» 

Moyenne  pour  sel  renfermant  1 00  parties  d'acide  ;. 

Acide.  .......     1, 

^ase. 0,4419  d'où  oiigène  0,12412 

1,4419 

J  ai  eu ,  poui'  le  sous-aspartate  de  magnésie  : 

1'«.  EXPÉRIENCE.  2e.  EXPe'rIEHCE. 

A"de 0,7855  Acide .    0,7655 

^s« 0.2145  Basé..  .  i  .  .  .    0,2345 

1.0000  1,0000 

Moyenne  pour  1 00  parties  de  sel  : 

Acide 0,7755 

Base 0,2245 

1,0000 

Moyenne'pour  une  quantité  de  sel  contenant  100  par- 
ties d'acide  : 

Acide 1, 

Base 0,2894  ayant  oxigène  0,1120 

1,2894 

D'où  il  résulte  que  dans  les  sous-^aspartates ,  100  par- 
ties d'acide,  s'uniront  à  une  dose  de  base,  qui  renfermera^ 
terme  moyen],  1 1 ,81 1  â'o:&igène  dont  la  moitié  5,905  re- 


21^8  BUIiLilTIN.  DES   TRAtTAUX 

pr«B€Bte,  à7~7'.  près,  l'oxigèûe  4e  Toxide  des  aspartates 
Qeutres.  Ces  sou&^sels  sont  donc  bi-basiques.  En  oorri^ 
géant  l'expérience  ,  on  aura ,  pour  leur  composition , 
exemple  celui  de  chaux , 

2  atomes  de  chaux  ou.  ... 712,038        * 

1  atome  d'acide  aspartique  ou.    .^  .  .  .«.     1690,817 

• 

Classification.  Quoiqu'on  n'ait  pas  coûnu ,  jusque 
dans  ces  dernière  temps  ,  de  substance  azotée  parmi  les 
'  acides  végétaux ,  Tacide  aspartique  viendra  se  placer 
parmi  ceux-ci ,  de  même  que  Tacide  sulfo*-sinapique  de 
MM.  Henry  fila  et  Garot  \  autrement  il  faudrait  éliminer 
du  règne  animal ,  Ife  sucre  de  lait,  etc.  On  ne  saurait  ce- 
pendant se  dissimuler  que  le  rang  qu'occuperont  ces  nou-^ 
veaux  composés  dépendra  des  différentes  divisions  qu'on 
peut  adopter  ou  proposer.  Ainsi ,  en  consacrant ,  dans 
chaque  règne  organique  ,  Une  classe  pour  les  acides  ,  et 
en  subdivisant  ceux-ci  en  azotés  et  en  non  azotés  ^  l'acide 
aspartique  resterait  dans  le  règne  végétal  d'où  on  ne  sau-» 
rait  le  faire  sortir  sans  injustice. 

Composition.  Pour  rendre  moins  incomplète  l'histoire 
de  Tacide  aspartique ,  je  sens  que  je  devrais  déterminer 
ici  les  proportions  des  élémens  de  cet  acide,  et  je  rempli- 
rais cette  tâche  si  elle  ne  se  rattachait  point  à  un  travail 
que  nous  publierons  prochainement,  M.  Henry  fils  et 
moi ,  sur  l'analyse  ultime  des  substances  organiques. 
Ayant  appris  indirectement,  depuis  quelques  jours ,  que 
le  procédé  dont  nous  nous  occupons  a  quelque  chose  de 
commun  avec  une  méthode  d'une  précision  extrême ,  que 
M.  Gay-Lussaç  vient  de  découvrir  et  d'appliquerà  l'ana- 
lyse des  carbures  de  fer ,  nous  vous  prierons  ,  messieurs , 
de  recevoir  aujourd'hui ,  la  communication  de  la  base  de 
nos  recherches,  communication  dont  nous  prendrons 
date,  d'une  part,  pour  constater  l'avantage  que  âous  poiir- 
rons  avoir  de  nous  être  rencontrés  sur  quelques  points 


DE   LA  SOCIETE  I>E   PHàRMACIE,  a 79 

avec  le  célèbre  professeur  que  je  viens  de  voua  nOiôxaer  ; 
et  de  Tautre ,  pour  nous  acquérir  la  piiorité  sur  4?e  qui 
pourrait  paraître  ulténeurement  sur  le  même  sujet. 

Désireux  de  terminer  la. monographie  de  l'acide  qui- 
nique ,  par  une  analyse  très-exacte  de  cette  substan^çe  , 
nous  avons  niédité  sur  les  différentes  méthodes  capables 
de  nous,  conduire  ver$  ce  but  ^  et;  pour  ne  pas  nous  écar- 
ter des  principes  posés  par  les  grands  maîtres,  nous  avons 
même  composé,  pour  notre  instruction  particulière  ,  un 
extrait  des  importans  travaux  que  nous  venions  d'étudier. 
Malgré  ces  travaux  ,  qui  ont  déjà  produit  de  si  beaux  ré^ 
sultats  et  dont  on  espèt'e  encore  davantage,  il  nous  a  sem^ 
blé  que  Tanalyse  organique ,  cette  branche  d'investiga- 
tion toute  nouvelle  due  au  génie  des  chimistes  français  , 
était  encore  susceptible  de  recevoir  quelques  perfection- 
nemens.  L'opinion  suivante  du  savant  Berzéhus ,  n'a  pas 
peu  contribué,  nous  l'avouerons,  à  nous  contirmer  dans  ce 
sentiment. 

«  La  mesure  des  volumes,  lorsque  toutes  les  substances 
»  employées  sont  gazéiformes  ^  est  sans  contredit  un  des 
»  moyens  les  plus  sûrs  ;  mais  il  n'en  est  pas  de  même  lors- 
»  qu'il  faut  peser  l'une  et  mesurer  l'autre  :  toutes  les  ana- 
»  lyses  faites  de  cette  manière  que  j'ai  eu  occasion  d'ex'a- 
»  miner ,  se  sont  toujours,  trouvées  plus  ou  moins  en  dé- 
»  faut.  » 

Étant  donc  convaincus ,  mieux  que  jamais  ,  qu'il  exis*- 
tait  des  modifications  très-avantageuses  à  découvrir,  nous 
nous  sommes  mis  aussitôt  à  leur  recherche ,  et  après  bien 
des  tâtonnemens  nous  croyons  en  avoir  trouvé  plu- 
sieurs. 

Les  unes  consistenl^  à  simplifier ,  les  opérations  déli-^ 
cates  que  l'on  exécute  pour  évaluer  les  produits; 

Les  autres  s'appliquent  à  convertir  chaque  élément 
en  un  corps  gazeux ,  simple  ou  composé ,  sur  lequel  on 
puisse  toujours  agir  avec  certitude. 


a8a     BULLETIN  BES  TRAVAUX  y  ETC* 

Voici  comment  nous  pensons  satisfaire  ^  ces  consis- 
tions >'  ■         '  " 

1<>.  L'appareil  dont  nous  nous  servcfns ,  est  un  simple 
tube  de  verre,  lequel  peut  n'avoir  qu'un  seul  joint  ; 
•    Nous  remplaçons  l'atmosphère  intérieure  par  un  gaz 
de  notre  choix  ; 

Nous  rassemblons  dails  des  cloches,  les  produits  ga- 
ïeux,  dont  les  dernières  parties  sont  expulsées  du  tube  ^ 
soit  par  le  mercure  i  soit  par  un  gaz  convenable^      . 

2°.  Gomme. le  pratiquent  MM.  Gay^Lussac ,  Thenard^ 
Chevreul  l  nous'  rendons  l'azote  libre ,  nous  faisons' passer 
le  carbone a.Tétat  d'acide  carbonique;  •     '   '  v  *•   •>  *  ..    ;  ' 

A  raidé  du  potassiumi ,  uui  et  mélc  avec  d'autres  sub- 
stances /  nous  dégageons  l'hydrogène'  de  tonte  combinai- 
son, et  nous  avons  ainsi  un  moyen  dé  déterminer  pliis  ri* 
goureusement  que  jamais ,  les  plds  petites  quantités  de 
ce  gaz.  * 

L'azote,  le  carbone  et  l'hydrogène,  ayant  été  obtenus 
par  des  moyens  si  sévères ,  le  calcul  présente  beaucoup 
plus  de  sûreté  qu'autrefois  pour  la  détermination  de  l'oxi-^ 
gène.  Nous  évaluerons  de  ^ette  manière  l'oxigène  de  l'a- 
cide quinique ,  mais  nous  ajouterons  que  nous  sommes 
loin  de  désespérer  de  déduire  ce  gaz  de  l'une  de  ses  com- 
J)fnaisons  aériformes  ;  des  essais ,  que  nous  sommes  en 
train  de  continuer ,  nous  présagent  que  cette  difficulté  ne 
«era  pas  insurmontable. 

Tels  sont,  messieurs,  les  principaux  changemens 
que  nous  proposerons  d'apporter  à  l'analyse  organique , 
nous  étions  pressés  de  vous  les  confier.  Si ,  dans  quelque 
temps ,  lorsque  nous  aurons  donné  tous  les  détails  néces- 
saires ,  nos  recherches  peuvent  mériter  votre  sufirage , 
ce  suffrage  sera  pour  nous  une  de  nos  plus  douces  récom- 
pensés. 


PARIS.— IMPAIMERIB   1>E    TA,iV  y    RUE   RACIIIE ,    D°.    4y    FLACB    I>B   t'otitOX, 


.  •   I 


DE  PHARMACIE 


ET 


bES  SCIÉNGES  AdCÉSSOIRES. 


N°.  VI.  — 15«.  Année, — JciK  18^9. 


*  t» 


i'.ît 


A..    «.. 


Il      I  I  I  «  I 


=» 


■     -  NOTE       " 

«Sur  Ûn^  nouyelle  espèfe  de  myrrhe  y  et  anafyse  de  çte$i9 


*        •         » 


La  société  médicçKbotanique  dé  Lotàdr^^.  âya^t  ^rrôté 
C[uil  serait  accordé  une  médaille  dpr  à  celui,  qw  d^cQii-^ 
vrir^^t  le  premier  l'arbre  qui  produit  la  myrrhe,  a  donuç 
une  preuve  de  Timportance  qu^elle  attache  ^la^  solutipa 
d'un.prphlème  qui,  depuis  bien  des  siècles ,  est  encore  k 
i*ésoudrç ;  ci^r  le. nom demyrrhe ,  qxu/ivi]  ou fAvppsc ^  se  trouve 
dcja  rapporlé  dans  les  livres  suiuts  itu  temp&  de  Jacob  p( 

ae  ]^îoïse  (i).      _  '        ,  ,.  ;      ,"    '■ 

Le  travail  que  j'ai  Thonneur  de  présenter  à  la  section, 
ii'esl  point  entrepris  "daiis  llntentioh  de  résoudre  cettier 
question  iûiportânte^-éiais  ^èulêinent  de Téclairer.'  ' 


*  ♦    •  •    •        f 


(1)  Genèse,  page  41 ,  vers.  11  ;  Exode  ''J,  8iv.   ■  '  '  •' ,   "• 

XV'.  Jniiée.  —Juin  1«29.  20 


.  •  .<  •     I      • 


282  JOURNA.L 

Bruce  aUribue,  coraiDe  laa  9m%^  I»  myrrhe  à  line  ei« 
pècede  mimc^^^frou  dkaamda  [nUnioàu  ias^a].  Cette  opinion 
est  depuis  long-temps  considérée  comme  de  nulle  valeur, 
et  M.  le  docteur  Duncan  {In  the  Edimb.  Jîeporitorjc) ^ 
remarque  £bvt  judicieusement  que  le» mimo^«  qhm  acacia 
ne  doiulêut  que  des  gomaieÈ  pures  et.  nân  pas  de  gomme* 
résine. 

Forskal  (Flor,  jEgyptio-Aràbica,  centur.  m,  pageSO), 
a  observé  le  premier  qu^on  devait  rapporter  la  myrrhe  à 
Vamjris  hataffoxx  hafal^  et  M.  Virey,  notre  savant  col)è« 
guê^  il  est  pas  éloigné  d'adopier  ceète  maaîèfB  de  veif. 

Enfin,  plus  récemment,  MM.  Ehrenberg  et  Hempricb, 
naturalistes  de  Berlin;  dans  le  voyage  qu'ils  entreprirent  j, 
au  compte  de  leur  gouvernement,  en  Egypte,  dans  le 
Dongo}ab ,  h  Syrie,  l'Arabie,  ^  sur  la  pente  orientale  des 
montagnes  de  TAbyssinie,  attestent  qu'ils  recueillirent 
la  myrrhe  sur  l'arbre  méhie  qui  la  produit ,  arbre  qu'ils 
ont  désigné  soûs  le  nom  de  balsamodenifrum  myrrha, 
M.  Nées  d'Esenbeck  a  figuré  ce  végétal,  d'après  les  échan- 
lifièn» qae  e€«  0atiir<afllstes  lui  ont  remis,  daâ^la  di^sep-» 
tième  livraison  dee  p^tes  offi^ix^^t  Au  surplus,  cette 
espèce  de  balsamodendrum  est,  selon  ces  messieurs,  ttès^ 

Quoitpi'il  en  smt,  mal^gré  l'àirtorité  de  tidihs  aussi  rés- 
pettftblés ,  Uôus  voyons  qu'il'  ii'è»t  pas  encore  bien  dé- 
ihûntré  sî  le  bahaftrodTendmrh  myrrha  ûe  ÎMMl  Èlkrën- 
bet-g  etHeniptith,  lérst  absolument  identique  at^ec  i^amyris 
Jkàtajf  et  kqfal  de  Fbrskafl,  el  pat  cfôîiséîjueiit,  si  les  prô- 
diiif à  immédiats  qui  décôujfent  dé  t'es  ambres  sont  identi- 
quement les  mêmes.  Nous  devons  donc  c6nsé)rvéii'  jèûCoi*é 


.    t    ■  •  .».  -  -  ^  '       •  .    »^ 

(i)  La^gonmiè  àe'<:^ta^\fr(è  (offris  ka/al"^,  dit  Fovskal>  «st  j^»r^atlve/ 
Deax  autres  arbres  sont  connus  sous  le  nom  de  Schadjtwet  el  murr  i.  e. 
àrbor  myfrtiœ,  tS^Vte  t^adasek.  Ces  dctox  afbte»  ont  des  cafactères  «em- 
blables,  à  ce  que  Von  diC.> 


DE    P)I  AAl«t4<StE.  3i^ 

«fiielqBÏélP  ddtllé»  Mt  Vàthre  qixi  produit  là  Vhivè  khyrrhe , 
et  si  lehalsMiodéndrknt  ou  Yamjrris^  auxquels  oh  la  tîx^^ 
porte,  soat  réefltftMïit  bien  eonnus. 

Le  doute  que  /élèverai  pour  lé  moriïeiït ,  pfeii£  ëf.f  e 
d'autant  mieux  justifié ,  que  j'ai  eu  Thoniieur  de  présenter 
à  FAcadétnie  r6yâle  de  inédedâe,  sefctiôii  de  pharmacie, 
dans* sa  séance  du  11  avril  dernier,  plusieurs  mùtt^ixia 
d'une  gomme-résine  particulière  qu'on  vend  maintenant 
dans  le  commerce  pour  de  la  myrrhe  véritable,  mais  qui 
n'es t^  dans  le  fait ,  qu'un  assortiment  der  plusieurs  espèce^i 
de  gommes-résinec'^ ,  au  nombre  desquelles  lar  inyrrhe 
vraie  ou  ancienne,  n'entre  que  dans  une  proportion  extrê- 
mement faible;  j^'ai  réussi  à  séparer  chaque  esp^e  parti*^ 
culière.  Je  vais  donner  sommaîremei^t  quelques-uns*  d& 
leurs  caractères  les  plus  saillans ,  ainsi  q.aef  la  ppopoi*tie« 
dans  laquelle  chacune  d'elles  entre  dans  la  niasse  cômmuaei 

La  première  espèce  de  myrrhe  élait  sôus  forme  de 
morceaux orbiculaires  plus  ou  moins  gros,  dont  les  plus- 
forts  pesaient  5  iiâ  environ.  Ces  morceaux  étaient  exté- 
rieurement brunâtres,  inégaux,  r^ssembkiit'asis^sâ  biéiià 
de  la  myrrhe  vraie;  intérieurement  ils  ofiVaient  Utte'côti* 
sistanceâioUè,  adhérant  forteMene  anx  doigtsv  Lëtr^  eôu^ 
leur,'  dans  quelques  écbaiitiHoas^'éljÂt  brumà  fo^éerd/itis 
d'autres,  elle  était  blanchâtre,  semi-opaque,  tàrvtttit  de 
la  cire  blanche  ancienne  ;  dans  d'autres  enfin',  là'  tôttletir 
était  légèrement  verdâtre.   Leur  ode«ir   téféUnf liâCée , 
faible  d'abdrd^  devenait  plus  inteûse  lorsqU^di^  ks  éehanf-  ' 
fjttt  légèrement.  Leur  saveur  amère  était  bieA'  jdUs'  Vive 
que  celle  de  la  myrrhe  ancienne  et  avàië  qUel^i^e^  chb^ 
d'analogue  à  cdile  du  baume  de  la  Mecque  ^  oUr  bien  à  celle 
d^imeitéréhenthiiie.  Cette  sarear  était  lâéltiè  'àiâs«fs!:«  forte 
et  assez  aromatique  ftottf  ^u'on  1a  {>rH  au  prtnii<i^  abdfd 

20. 


284  >ot;r\ivAt 

)30ur  celle  /d'uDC  tésiiie  seule.  M^ûs.  po  examen  alteotif^y 
ra'a  fait  v:oir ^u U  n'en  était  point  fiinsi,  et  que  cette  nou-^ 
vellc  espèce  de  mjrrhe.était  bien  évidemment  uoue  gomme^ 
résine,  probablement  voisine  de  la  myrrhe  véritable.  . 

Myrrhe  nouyelle,  deuxième  espèç6;QUi^(ktiété» 

Gelte-<â -était  ent  niîorceâux  à  peu  •pi'ès  Ah  triéfne  Voliime 
et  dtt  même  aspeét  que  la  précédente. 

Sa  Oaslsufcf  était  ttçne,  à  peine  demi«-vitreuse ,  quel- 
quefois opaque  et  d'une  couïeur  bruiie  un  peu  plus  foncée 
à  Textérieur  et  à  Fiirtérieur  que  celle-  de  la  première  es*'' 
pèoe. 

Sa  saveur  amère  avait  qùdque  cbose  dé  désagréable  éH 
qui  tenait  fortement  à  la  gofge.  Son  ddéuirn'éïait  *pt>în< 
t^ut«à-fait  semblable  à  celle  de  lespéscè  ci-déisué',  cette 
gomme-résine  semblait  ravoir  subi  quelque  altéraition'  et 
n  être  formée  que  par  des  morceaux  plus  anciennement 
exsudés  de  l'arbre  ^  et  par  conséquent^,  eonstièuer  une  va-» 
riétéf  plutôt  qu  une  espèce  distincte^  ^ 

t  -  •  , 

My^rrJie  vrâiè ,iroisihme  espèce *>      .    '        .    .. 

^.a^^iroisième  es|>:èpe  dft  gommer^résise  qui  entrait  daiw. 
la  masse  commune  était  de  la;  myrrhe  véritable:^  celle*ci 
présentait,  à  peu  de  cbo&^^rès,  îes  mêmes  ,caractèffe&eîs-^. 
t^rieursquç  les  4eaxaatr es:  espèces  deBïyrrhe  ci-^dessas* 
mentionnées.    .  ,'.,,'.' 

.  La  myr;rhe.  tr^ic;,  ou  anci«iwiei  oui  myrrhe  de  Jà  Tre-i\^ 
glodytie,.çomi»e  on  voudm  l'appeler  y  éiaitfacilemènLre- 
cpnoaissabie  par  ro4eMr  eLJa:;sSrvJeuf  p»rticui«èrôs  qui^ 
caractérisent  61  bien  c^l|.e;s<»h8tatncjBv  ddeur:  et .  isavîeiir  i 
q^u'on  ne  sai^Rittrop  déJiniT\.q,uûlqu-oniles)  rohnaisse  . 
bien.  Mais  çqtLe  n^yrihe  i,i'cjali'4ttlidaiifi»a)ajiimsfiejg^^ 
qu5'çn  i^rji^ppi^i#ûp .ejanêmçiïieiy;  ifiiiKiès vtcfej  qweî  jmî tWMaH  » 
vj€saij>^,?*içpaitiejss^*ir  U)iftd8çai-^li/v,^e;Mjij.::Kir  ^:>^^î.     » 


I 


DE    f^HAniKIÀélE»  285 

« 

•    ^«••.  eipèce.  WyrrK/e  fausse,  molle. et  vcrdàtre .^ij 

'2'". —  (variété)»  jrtu»  ferme  et  très-brune,  ....  ^^iij  .•  5tv 

3«.  —  Myrrhe  vraie,  (seukment).  .....  giv 

4«.  Pierres  assez  grosses  end uitCvS  de  myrrhe.   ...:...  §ij 

L'on  voit,  par  ce  que  je  vienç  d'exposer,  que  la  myrrhe 
«vraie  ne  se  rencontipe  dans  la  myrrhe  du  commerce,  au 
,  moi  os  dans  celle  qui  m'a  été  vendue  pour  telle,  que  dans 
la  proportion  d'un  ëfe?zième.  Cette  proportion  suffit  néan- 
moins^ poar  ddnner  à'  la  myfrhè  nouvelle  une  partie  de 
i^odeur  qui  cdraetériâ^e  si  bien  la  myrrhe  ancienne^  et  peut 
«n  imposer  an  premier  abord,  surtout  si  Ton  considère 
que-  les  caractères  extérieurs  sont  presque  sembLnbles-, 
ni$às  la;  saveur  de  rune  et  celle  deTaulre  est  bien  diffé^ 
.Fente.  L'amertume,'  par  exelnple,  est  bien  plus  vive  daiis 
la  myrrhç  de  nouvelle  espèce  que  dans  l'ancienne  ;  tandis 
•qu'au  contraire,  l'odeur  de  )a  myrrhe  vraie  est  bien  suv 
pàicure à' eelle  delà  myrrhe  fausse. 

L!èzamén  analytique  que  j'ai  entrepris  sur  la  myrrbe 
-nouvelle  ( première «t  deuxième  espèce) ,  ne  m'a  pas  offert 
ide  caractère  assez  tranché -pour  les  distinguer  rigoureuse- 
mcfnt  l'une  de  loutre.  Je  suis  même  porté  à  croire  que  les 
deux  espèces  sont  identiques  ;  mais ,  comme  j'ai  eu  l'hon- 
neur de  le  faire  observer  à  la.  section,  dans  un  état  phis  ou 
moins  récent,  ou  exsudée  d'un  arbre  plus  ou  moins  âgé. 
.  .  L'analysé  de  la  première  et  deuxième  espèce  de  myrrhe 
nouvelle  que  je  viens  d'entreprendre,  se  rapporte  tout-à- 
iait  ^vec  Tanalyse  que  M.  Brandes  a  faite  de  la  myrrhe  du 
•ialsamodendrum  myrrhay  recueillie  par  MM.  Ehrenberg 
et  Hemprich  sur  l'arbr^méme,  ce  qui  me  porte  à  croire 
:4}ué  la  iâayrrhe  dec^s  voyageurs  pourrait  bien  être  celle 
qui  est  actuellement  (et  peut-être  depuis  fort  long-temps) 

répandue  dans  le  commence  (1)';  ïnais  à  coup  sûr,  si  c'est 

•  .»•••         .  •  i       •  1 

■  M        .    I  il!  !■  ■  I  ■  I         I  ...  I  I  lui  ,      ,     ,         ■■  I    ,1. 

(1)  Notre  collès^ue ,  M-  Guibourt,  m'a  fait  voir  de  la  myrrhe  de  cette 
ir^pèce  qu'il  avait  depuis  l6ng-tGmps  dans  son  drofuicr.' 


/ 


^86  ip«9InA|. 

cette  même  espèce ,  ce  p'«ist  point  ]a  myrirlie  ynjde  ou^tr 
ci^BXie,  et  les  preUT^  que  je.  vais  apporter  à  Tappui  de 
mon  opinion  seront,  je  Vespère,  partagées  par  la  section. 

Analyse.  ' 

JL'ai^ojui^isàla  çUstilljktiom  âaii9  mt^ss^x^  quantité  d'cftu, 
39  grirminef  ilç  myfrl^  opuvseUç  ou  law&e ,  4X»inma  on 
YOu4f  ^  l'appeler  ;  U  iç}i<ll^W  .«  Mentdt  fermé  un  magna 
tr^s-épstis  qp!  l^is^ait  ^  pçgiii?  paM^  le  liquide  dans  le  ré- 
cipient. jT^joulai  une  nouTelk  qumatité  d'eau  poitr  éteiif- 
dre  le  ma^a ,  m?i»  V^^cfioa  4e  la  chaleur  produisit  de 
nçiivefm  Jb  m^wP  iQCOpyépi^ut*  Apcé$  yingt^quatre  heu- 
xe#  d^  r^pp^ ,  ]$i  ]^U9  ignuad«  portion  de  la  résine  molle  y 
.tpmba  ai^  ^on4  4^  H  oornue.  Je  décantai  le  magma  gom*- 
ipeuX|  j'ajov^tAi  4e  nouTisUe  eau  et  je  la  soumis  k  la  dis- 
tillation. Le  liquide  condensé  était  surnagé  par  une  petite 
pprjLion  4'b|ii)e  Yi>hiih  fluide ,  le  fond  du  FécijMent ,  que 
j'ayais  çhgi$i  t^è.s^longé  »  oontenait  auaai  quelques  glo-^ 
.byle/i  |:f an^parens  ^  tr<è3'*épais  ,•  et  comme  résineux ,  ainsi 
4qu  uiiMQ^  petûç  quantité  4^  matière  pukérulente. 

/)«  la  gomme  de  ia  myrrhe  nout^elle. 

JjSk  solution  gopunçuse  décantée  3'était  séparée  en  deux 
portions. 

La  pr^^rj^pu  ^qpéri^ure,  ^tait  la  ^nii*^  soIuUe^elle 
formait  un  mti^l^ge  épais  cçnim^  çfslui  dç  la  gomme  arar 
J)iqpe.  ,     / 

La  den;^iëme  pu  ;n£édieure ,  qui  formait  UP  précipité 
d'un  hlanç  ^el^it,  était  la  gomme  insoluble  et  çaillel^otée 
çomi?îe  4u  cîaséuni  4e  fromagiç  m  4^  T^lbiuniiie  fQoaguléo. 

Celle-ci  ne  se  dissolvait  plus  dans  Teaù  froide ,  dans 
Teau  bouillan  te ,  dans  les  acides  faibles  à  froid ,  même  dans 
les  alcalis;  eli^e  j6ui$?ait  de  toutes  les  proprié téç  cbi^nir 


DE     FifABMi&GIE.  îSj 

qties  ^\ie  H'  Bràooiiiièt  a  r^cenraes  le  premier  èan^  la 
giemnie  iBsoluble  de  la  tsjrrhe  traie  l\).  ' 

D'un  $«itre  cèté  auMÎ ,  si  l'on  traite  préàlableiitent  la 
myrrhe  (2)  nouyelLe  par  Talcool ,  ainsi  que  M.  Pelletier 
fa  fait  pour  la  myrrhe  ancienne ,  afin  d'enlever  la  ré-f 
une  (3) ,  la  portion  gommeuse  reprise  par  l'eau,  se  dis- 
sout en  presque  totalité;  et  ce  n'est  qu'en  concentrant  le 
liquide  et  laissant  reposer  de  temps  en  temps  que  l'on 
J«marque  k  formation  de  eaillof s  blanchâtres ,  ce  qui  ex- 
plique la  différence  des  résultats  obtenus  par  ces  chi- 
mistes ,  puisqu'il  est  probable  qu'ils  ont  opéré  tous  deux 
sur  la  myrrhe  Traie. 

La  substance  gommeuse  soluble  <et  insoluble  de  la 
myrrhe  nouvelle,  ne  donnant  que  des  caractères  incer-' 
tains ,  je  tentai  quelques  ^sais  sur  la  substance  résineuse 
mémje. 

De  la.  résine. 

L|»  résine  de  )a  myrrhe  nouvelle,  privée  par  Ve^ix  froidç 
et  bouillante  de  toute  sa  gomme  soluble  et  insoluble,  avait 
^ne  consistance  molle,  moins  cependant  qiie  celle  d'i^ne 
térébenthine. 

f^Uç  se  dissout  complètement  dws  l'alcoo} ,  Véthef  et 
l'ficide  acétique. 

Sa  saveur  était  encore  amère. 

Sa  couleur  jaune  blanchâtre. 

Son  odeur  comme  térébinthacée. 

£lle  retient  ^vec  elle  une  certaine  quantité  d'extrait 
amer,  soluble  en  partie  dans  l'eau. 
'  Elle  ne  se  combinait  point  àfroid  avec  les  alcalis,  soude, 
potasse,  ammoniaque. 


(1)  Annales  de  Chimie ,  tome  68 ,  page  53. 

(2)  /</.,  tome  80,  page  48. 

(3)  Cet  alcool  a  rongi  le  papier  toornesol. 


•  «Traitéie  par  Taçide  Bitrique  bouillant  ju3qu'à  parfaite 
dissolution  de  ]a  résine^  je  il'dt^tins  par  la  concentratioi:! 
qu'fine  matière  pulvérulente,  blanchâtre,  un  liquidé  ex- 
trémeinQntamer,et  quelques  cristaux  opaques  qui  n'étaient 
point  dç  1  adde  oxalique,  car  ils  ne  troublaient  point  Teau 
de  chaux.  Soumise  à  la  distillation  danjs  une  cornue  avec 
su$s{|nte  quantité  d'eau,  elle  s  agitait  continuellement  par 
l'ébullition  sans  paraître  se  dissoudre,  le  liquide  distillé 
était  louche  et  surnagé  par  ipie  petite  portion  d'huile 
Yolatilç  fluide, 

Sous*résine. 

m 

Lç  résidu  de  la  distillation  était  encore  mou,  il  se  disr 

<*      •  '  •  ■  ■  <■ . 

solvit  ^  presque  totalité  dans  l'alcool  à  36".  La  légère 
portion  non-disspute ,  reprjse  par  l'éther,  s'y  dissolvi^ 
complètement;  filtrée  dans  de  Tâlcool  à  32°,  ce  véhicule 
se  troubla  bientôt  p^r  l'évaporation  spontanée  de  l'éther , 
et  il  se  précipita  plusieurs  flocon^ blanchâtres,  tenaces, 
glutineux  ^  «analogues  à  la  matière  résineuse  insoluble  ou 
sous-résine  d\x  baum^  de  la  Mçcque  et  du  baumçt  de  su- 
crier. 

Les  caractères  spécifiques  de  la  gomme ,  de  la  résine  ou 
de  la  sous-résine  ne  suffisaient  point  pour  différlpncier  ri- 
goureusement les  deux  espèces  de  myrrhe  nouvelle  de  la^ 
myrrhe  ancienn^Ei ,  je  me  suis  détermmé  •  à  soumettre  la 
petite  quantité^  d'hi^ilç  volatile  que  j'avais  obtenue  à  quel-? 
ques  çssais. 

•    r  «  « 

JDe  l'huile  polatite^de  la  myrrhe  nouyellç» 

Cette  hi^ilç  vqlatjle  est  fluide,  presque  incolore  ou  légè- 
rement ambrée,  ayant  une  densité  mpins  forte  que  cellç 
de  l'eau  distillée. 

Il  faut  deux  à  trois  parties  d'alcool  à  36°  pour  en  dis- 
soudre une  d'huile  volatile  ;  il  en  est  de  même  avec  Facide. 
acétique  concentré. 


DE      PHA^RMAGIE.  389 

L'étber  la  dissout  au  oônUraîre  arecheancùap  de  fecili  tfa. 

SoA  odeur  rappelle- celle  de'lasuJast.'inGe  méboie,  sa-  sa- 
yeur  es|;  acre;  par  sou  contact  avec  -racide  sulfariqu^ 
gMe  prend  une  couleur  rouf^e  aafrané. 

Par  l'acide  muriatique ,  il  n'y  a  aucune. action  colorante 
Reproduites 

lyiais  ayant  mis  en  contact  parties  égales  d'huile  vola^* 
tile  de  myrrhe  et  d'acide  nitrique  à  froide  à  la  tempéra- 
ture de*  1^^  au-dessus  de  0^  j  observai  qu'il  se  dévelop^ 
pait  peu  à  peu  une  couleur  d'abord  jose,  puis  rouge,  enfin 
)ie  de  vin  peu  foncéiCv  couleur  qui  quelquefois' mémo  pa-f 
paissait  violette.  Cçtté  couleur  cependant  n'avait  pas  l'in- 
tensité que  j'ai  remarquée  dans  plusieurs  autres  huiles 
yolatiles. 

M'imaginant  que  la  coloration  produite  dans  l'huilé 
volatile ,  au  moyen  de  l'acide  nitrique ,  pourrait  se  répé- 
ter dans  une  teinture  alcoolique  extrêmement  concentrée 
de  l'une  de^  trois  myrrhes  de  quelques  espèces  ou  variétés 
qu'elles  soient ,  j'ai  vejrsé  dans  chacune  des  teintures  quel- 
ques goutties  d'acide  nitrique ,  et  j'ai  remarqué  que  ces 
teintures  se  trouj^l^ient  et  qu'une  couleur  rose,  puis 
irouge,  enfin  lie  de  v^n  se  développait  progressivemept 
dans  la  teinture  de  jnyrrhe  vraie  (1),  tandis  que  dans  la 
teinture  des  preipières  et  deuxièmes  espèces  de  myrrhe 
nouvelle  ou  fausse,  il  n'y  avait  qu  une.  couleur  jaunâtre 
Re  produite. 

Je  pensai  alors  ce  que  j'ai  vérifié  depuis ,  c'est  que , 
parmi  le^  fragqiens  de  myrrhe  nouvelle  soumis  à  la  distilr 
lation,  il  s'en  était  trouvé  quelques-uns  de  myrrjjie  an-r 
pienne  et  que  ce  n'était  qu'àces  derniers  qu'il  fallait  at- 
tribuer la  colorat(0|i  produite  par  l'acÂde  nitrique. 

En  effet,  m'étant  procuré  la  plus  belle  myrrhe  ancienne 


.  (t)  hù.  s^l^stance  même  de  la  myrrhe  ancienne  se  colore  ainsi  par  so.a 
fontact  avec  l'acide  nitrique. 


990  JOURNAL 

qu'on  puisse  irûumer  à  Pans,  €l  je  dois  eei  avanUige  à  no- 
tre honorable  collègue  M.  Boutron-Ghairliard ,  j'ai  enlevé 
k  chaque  morceau  de  myrrhe  environ  iip  grain  ou  deux 
de  substance',  je  l'ai  mis  en  contact  avec* trois  ou  quatre 
gouttes  d acide  nitrique;  et,  en  qi^elques  minutes,  une 
couleur  rose,  rouge,  .enfin  lie  de  vin  et  quelquefois  vio« 
lette  ss  devdeppa« 

Sur  les  dix-i-hûit  échantillons  de  myrrhe  andei^ne,  seiae 
se  coloraient  en  rose ,  ro^ge  ou  violet  par  l'acide  ilitrique, 
un  seul  ^e  se  colora  point ,  je  le  reconnus  poiir  du  bdelr 
liupi.  Enfin  le  dernier  ou  dix-huitième  échantilton,  qui 
ne  se  colorait;  point  non  plus  par  l'acide  nitrique,  oflSrit  par 
cela  seul  un  caractère  incertain,  et  je  ne  pus  le  recon- 
naître ni  pour  de  la  myrrhe  vraie  ou  fausse,  ni  pour  du 
bdellium,  ni  même  pour  aucune' autre  gomme-résine 
connue* 

D'un  autre  c6té ,  j'ai  constaté  aussi  que  tous  les  échan- 
tilloiis  de  myrrhe  vraie  qui  faisaient  partie  de  la  myrrhe 
fausse  du  commerce ,  possédaient  la  propriété  de  se  colo^ 
rer  de  la  même  manière,  par  l'acide  nitrique,  que  les  seise 
échantillons  de  myrrhe  vraie  donnés  par  notre  collègue 
M.  Soutron-Gharlard,  et  qu'il  en  était  de  même  de  la 
myrribe  ancienne  que  j'avais  dans  mon  oiBcine. 

Il  parait  hors  de  doute,  par  ce  que  je  viens  d'exposer, 
que  l'acide  nitrique  est  le  meilleur  et  le  plus  prompt  ré- 
actif pour  distinguer  chimiquement,  non-seulement  la 
vraie  myrrhe  4«  la  lattsse  et  du  bdellium,  mâtis  en- 
core de  quelques  autres  gommes-résines  avec  lesquelles 
<»  pourrait  la  confondre. 

Il  résulte  de  l'analyse  ci-dessus  rapportée,  que  la 
myrrhe  nouvelle  contient  en  principes  immédiats  dis-^ 
tincts ,  sur  100  parties  -, 


DS     PHARMACIE»  ^l 


Bfoluble.  ^  •...«•.%  ) 


50 


38 


•^  insoloble. 
Rétine  foluble. 

Soas-résîne. 

Huile  rolatile.  ^  .  .  >«  \  •  .  .  .«...%«.  ^  «'.-....  ^      3 

Extrait  tiner  noD-rénnenyc*   ,,.>».• >  «     «  t      4 

Acidç  pon^dëteragiiné. 
Sels  a  base  de  potasse. 

6 
Silice, 


iciaç  pon^deteragiine.  •  •  »  ,  •  ] 
els  a  base  de  potasse ••   f 

liUce^  seolement  adliérente.  •  ^  J* 


IpO 


Procédé  pour  obtenir  l'oxîde  de  cobak  pur,  par 

M*  QvESKEVUJXjils* 

]^a  mauvaise  qualité  de  preçgiie  tous  les  cobalt^  rçr 
pandus  aujourd'hui  dans  le  commerce ,  rend  l'extraction 
de  son  oxide  aussi  longue  que  pénible  pour  le  fabricant  ; 
je  crois  inutile  de  rappeler  les  procédés  mis  en  usage 
jusqu'à  ce  jour  pour  l'obtenir.  Qui  ne  connaît  en  effet 
les  beaux  travaux  de  MM.  Laugiçr  et  Berthier,  et  surr 
tout  l'ingénieuse  pRioyen  inventé  par  le  premier  pour 
;séparer  du  cobalt  jusqu'à  la  dernière  parcelle  de  nickel? 
Ainsi ,  sa/is  m'étendre  davantage  là  d^ssu^ ,  j'exposerai 
de  suite  le  ^oyen  dont  je  me  suis  servi ,  ^t  qui  n'est 
qu'une'  modification  bien  simple  des  procédéft  donnés 
par  ces  deux  célèbres  chimistes.  Je  traite  directement  là 
^ne  de  cobalt  par  l'acide  nitrique  (1).  J'évapore  U 
dissolution  à  siccité ,  et  reprends  par  l'eau.  La  dissolution 


<1)  I49  gr^Ilaf^e  d/ç  la  i|iii)e  <ie  vi^  P9ra|it  pQ^ir  apcun  9^y%nU$^»  h 
I^ap4«  di/fîcttUé  gi»e  Vçp,  a  à  ^ieso^dre  enf^ite  le  ii)éu)  dani  Tteide 
mUiqv^  m'a  ftit  rejeter  f*  mpym 

'  (  Noie  de  l'auteur  ) 


•  • 


bga  JOURNAL 

étendue,  je  la  précipite  avec  att^ention  par  le  sous-^ar-r 
bonate  de  potasse,  jusqu'à  ce  que  je  m'aperçoive  que 
Toxide  de.  cobtilt  commence  à  se  précipiter  à  son  tour. 
Alors  je  sépare  par  le  filtre  Tarséniate  de  fer  qui  vient 
ide  se  précipiter  en  premier,  et  je.verse. dans  Ja  liqueur 
une  dissolution  d'oxalate  acide  de  potasse:  au  bout  de 
quelques  beures  tout  Toxâlate  de  cobalt  est  pipécîpi'té; 
le  fer,  l'arsenic  et  presque  tout  le  nickel  restent  en  dis- 
solution (1).  Le  précipité  bien  lavé  peut  être  alors  traité 
par  lammoniaque  (2)  (procédé  de  M.  Laugier),  si  Ton 
veut  avoir  loxide  rigoureusement  pur;  dans  le  cas  con- 
traire il  ne  restera  plus"  qu'à  décomposer  l'oxalate  par 
le  feu  pour  avoir  loxide  de. cobalt.  Dans  cet  état  il  ne 
contient  ni  fer,  ni  arsenic ,  et  n'est  encore  souillé  que  par 
quelques  traces  de  nickeL  , 

Note  sur  l'huile  de  fougère ,  par  .M.  Allard. 

« 

M.  Peschier  vient  de  nous  donner  des  détails  très-inté^ 
ressaus  {BibL  Brit.,  1825-1826) ,  sur  la  récolte  de  cette 
racine,  sur  la  préparation  de  son  huile  ,  et  sous  les  yeux 
de  monsieur  son  frère ,  médecin,  ils  ont  confirmé  l'idée 


(1)  Cet  oxalate ,  ainsi  que  je  m'en  suis  assuré;  ne  .retient  pas  la  moin- 
dre trace  d*arsenic  ;  ;mais  en  supposant  même  qu'il  en'  -restât  ;  il  serait 
ti'ès-facile  de  le  séparer  en  traitant  lo  précipité  par  )  acide  nitriqae 
faible.  L'arséniate  de  cobalt  est,  comme  on  sait,  très-soluble  dans  cet 
acide;  il  s'y  dissoudrait  donc,  tandis  que  Tarséniate  qui  y  est 'insoluble 
«esterait^  ,      •  ' 

(2)  Comme  la  quantité  de  nickel  y  est  tres-minime ,  et  rnême  inap- 
préciable, il  est  inutile  de  redissoudre  tout  Toxalate  de  cobalt  dans 
l^amtnoniaqae.  On 'pourra  le -purifier  compîétcmt&nt  en  le  traitant  à 
<^ia«d  par  une  petite  quantité  de  cet  alcali.  L't^xalate  de  nickel  sê 
dissoudra  en  premier,  en  communiquatit  à  la  liqueur  une  coufeur  bleiiiF. 

(  NoCes  de  hauteur.  ) 


♦  f 


DE  PH;^Aa(iACiE.  293 

4c  M.  MorinCl),  «  quiltij  a^ait  pas  de  doute  qu0,^d(iu^ 
êhuîle- résidait  lapi^opriété  yefmifuge^  m  en  ladminiç-^ 
trantayec  avantage  çonlre  le  tasiila  ;  en,  raison  des  suc- 
cès ^  soP; emploi  devient  presque  général.      • 

M'étant  beaucoup  occupé  de  celte  préparation,  je 
viens  soumettre  à  MM.. les  rédacteurs  de  notre  journal  la 
manière  dont  je  lobliens ,  et  .proposer  aux  médecins  un 
npiuveau  produit  astringent  qui  me  paraîtrait  remplacer 
les  cachou  ^  rathania  j  kino.       .  ^  - 

Ce  produit,  très*abondant  daùs  la  fougère  mâle ,  ne 
me  paraît  pas.  jouer  un  xole.  nul,  et  je  le  ccois  très*^ 
propre  à  favoriser  l'action  de  l'huile ,  et  j'ose  encore 
proposer  de  le.  réduir&en  poudre  et  d'en  ajouter  à  l'buile 
pour  la- cqnfe^tiomxer  en  pilules^  .     ^ 

JLa  ,  racine .  récoltée  favorablement ,  je  J^a  coupç  par. 
traûches  minces  tant  qui!  y  a  des  pa^*ties  bien  vertes  y 
rejetant  ce  qui  ne  Test  pas,  pour  me  conformer  aux 
judicieuses  obser\'ations  de  M.  Pescbier  ;  étant  séchée 
convenablement,  je  la  con  tu  se  et  la  fais  vanner ,  ensuite 
plier  et  passtîp- au- tamis  grossier. 

4  kilog.  7  de  cette  racine  ont  étf .  mis  dans  une  cucur- 
bite  étamée,  ay eu  14  litres  c'^^alcpol  à  35%  laissées  vingt- 
quatre  heures  en  contact,  en  mêlant  de  temps  en  temps 
arec  lirie  spatule  de  bois.  On  a  exprimé  à  la  presse,  et 
on  a  traité  avec  tO  nouveaux  litres  dalcool.  O.n  â  flïirfi'ct 
distillé  au  bain-mariê,  arrêtant   la  distillation  lorsque 
Tàtcôd  fest  venn  faible,  afin  qu'il  en  restât 'suffisamment 
])T>UP  itvù>c^  au  moyen  du  calorique ,  lliuilé  etl  feolutionr' 
f.^  ^ùfî  est  reâlë  dans  ce  bain-marie  a  été  vfersë  da-ûs  un' 
Vâso- assez  grand  pour  pouvoir  y' ajouter*  encore  ttois- 
litres '^«ttû;  Thuile  s'est  déposée,  on  adétantéV<it  on  la 
lii^rée  aV<^  di5  ûouvelie  eau*,  pour  iie 'laisser  que  Thuile 


^         .     j     ■■  ..  P       i»  Il  >— — — i^— .irfU— 1^.— P^i— ^— — — — »— ^i^i*i^iMi<*'g. 


CI)  Journal  de  Pharmacie,  tome  10,  ragr  223-         .  .,..,. 


^94  lOttitNÂt 

Si  pH  «^aperçoit  gii'il  j  ait  qttejl€fut&  coi^^  ëti^aiï^ef/ 
oii  peut  la  reprendre  pat  de  Féther  qui  la  diâsout  avec' 
tant  de  facilité.  On  décante ,  et,  au  moyen  de  Tévapora- 
tion  du  liquide,  on  obtient  de  très-belle  huile ,  et  la  quatt- 
til!é  de   s  ^ij  par  kilog. 

M.  Tiloy  de  Dijon  (t)  conseille  d'employer  le  sous-' 
acétate  de  plomb ,  et  ensctite  l'acide  sulfurique ,  pobr  dé- 
barrasser l'huile  delà  matière  extractive,  Cette  substance* 
étant  si  soluble  dans  l'eau,  ce  moyen  devient  inutile. 

Ayant  fait  évaporer  lé;  liquidé  séparé  de  Fhtiiié  ,  j'ai 
obtenu  un  kilog.  d'extrait  en  consistance  de  pilules,  d'une 
forte  astringence ,  tempérée  par  le  principe  sucré ,  n'é- 
tant composé  à  la  rigueur  que  de  tannin ,  atnde  galKque 
et  macoso-sucré  ;  c'est  ce  produit  que  Ton  ôbtieilt  par  ItL 
modification  que  je  propose;  s'il  peut  étte  jugé  digkie 
d'être  employé  médioalemâftt ,  on  doniiera  la  préférence- 
au  procédé  pat  l'étheri 

s 

OBSÊRVATIONâ- 

Sur  ta  clarification  par  les  blancs  d'œu/s^  des  décoction^: 
animales  ;  par  M.  KissAur^pharmacienà  Tarascon. 

■  • 

Il  y  a  peu  de  jours  ^  qu'en  préparant*  le  sit<^  de  môïU: 
de  veau ,  j'ai  eu  lien  de  corroborer  ime  idée  qui  s'est  sou- 
vent présentée!  à  mon  esprit  :  savoir,  que  la  clarification- 
parles  blancs  d'œuf  ne  remplit  nullement  son  objet,  eu^^ 
égard  aux  décoctions  animales  ^  qu'elle;  les  troublq,  .^-u  copi^f 
traire,  que  l'albumine  ne  se  coagule  pas  comme  dans  J^si 
autres  circonstances',  mais  s'y  mêle  et  ne  peut  en  étr§  se- 


mrtj^ 


(1)  Joornal  de  Pharmacie,  tome  13,  page  214. 


parée  que  fat  r«(dàits<»  d'un  acide  ^uî  la  cMgille^liai;  prér 
vipite^  et  rend  la  liqueur  IraUspateDle  i  oet  adide  ^  me  mhs^ 
je  dit,  coagule  sans  doute,  no&-6«ulenié]it lalbumiilet 
ajoutée ,  mais  encore  celle  iujléreiïte  à  la  liqueur  (  pai6«* 
que  quelquefois- 1^  simple  ébullitioD  le  sépare)^  et  |>eul 
être  quelqu'autre  principe  constituant  du  bouillon  ;  lai» 
bumine  est  essentielle  à  la  déoootiou  animale^  ou  du  léoins 
doit  en  faire  partie  ^  ou  cette  clarification  y  qui  oblige  d  em-» 
ployer  un  sel  acide,  et  prire  la  décoctioa  d'ua  des. prrin* 
cipes  dont  elle  a  été  chargée  ^  derient  non-seutemeàt  inus 
tile,  mais  mÀme  déplacée,  ou  il  ne  faut  pas  clarifier  les 
préparations  dans  lesquelles  il  câfttre  des  prîneipee 
aÉâmduxb 

J'ai  préparé  le  sirop  de  mou  de  veau  par  le  pvoèédé 
indiqué  dans  le  Codex  ;  la  décoction  avec  le  sucre ,  cooref 
nablement  rapprochée^  était  assea  transparente  y  je  l'ai 
traitée  par  quelques  blancs  d'œuf  battus  ;  mais  elle  s'est 
troublée  instantanément,  et  a  pris  un  aspect  sale  et  dé- 
goûtant ;  j'ai  pensé  qu'il  fallait  précipiter  cette  albumine 
et  pour  cela  la  coaguler,  la  crème  de  tartre  m'a  semblé 
devoir  remplir  ce  but^  en  efiét ,  tfiittte  gtains  de  crétne 
de  tartre  dans  environ  trois  livres  de  sirop  ont  dépouillé 
parfaitement  la  liqueur,  et  lui  ont  donné  une  transpa- 
rence parfaite. 

J'ai  fait  exactement  la  même  observation  en  préparant 
la  gélatine ,  les  tablettes  de  bouillon ,  etc» 

J'ai  fait  la  même  observation  en  préparant  la  gelée  d^ 
lichen,  et  la  crème  de  tartre  a  été  absolument  nécessaire 
pour  coaguler  l'albumine  ajoutée.  D'où  vient,  pour  le  dire 
en  passant ,  que  la  décoction  de  lichen  se  trouve  placée 
dans  la  méni^e  catégorie  que  les  décoctions  animales? 
IVaprés  lesanalyses  qui  en  ont  été  faites ,  le  lichen  ne  con-> 
titçnt  point  d'albumine ,  c'est  donc  un  autre  principe  qui 
embarrasse  les  blancs  cl'œuf  et  en  empêche.  la  sépara- 
tion 4  Mais  d'où  vient  que  l'albumine,  dans  lea  décoctionn 


ig6  .   JOUR N Al 

animales  9^  &^^^côâgii^W  pas  par  F^^  déhicbâielifôrfmitiéf 
dans  toutes  les  autres  clarifications ,  ou  du  moins  ne  sef 
sépare  pas;  il  semble  qu'iL est  permis  dç  supposer  ^ué. 
c'est patce qu'elle  s'unit  à  Tii^bumhie,  déjà' existante  dans^ 
ces  liquides,  et  que^cette  dernière  la  tient  plus  ititimey 
ment  liée  et  divisée  là  où  elle  est  en  coiAbinaisûn,  oit 
parcëqueson  affinité  est  plus  grande  ponf^  une  substance 
qui  lui  est  identique  que  pour  le  calorique. 
-  Que  conclure  de  ces  observations?  que  la  clarification' 
des  décoctions  animales  et- de  licben  ne  saurait  s'opérei^ 
par  les  blâmes  d'ceuf,  que:  le- sel  acide  qu'pn  est  forcé 
d'ajouter  précipite  un  des  corps  tbnstituans  de  cesméme^ 
décoctions;. qu'ainsi  Ton  ne  doit  recourir  à  ce  mode  àe 
cIarifi€a|tion'( les  blancs  d'œnf  et  ia  crème  de  tartre  simul- 
tanément) qu'autant  que  le  médicament  que  l'c«î  prépaï*€f 
consei-verait  un  aspect  d'une  répugnance  invinèiblev 


■•  r 


><»v»»»%%i%%»»%»y'W»»%%»%»»^lî*v»»»»%%»>wt'\v»»%%v»»%%»\^/\v^ 


ACADÉMIE   IfcOYALE  DE  MÉDECINE^. 

SECTIOir   DE   PHARMACIE. 

analyse   de  ses  trav^aux. 

■  •  •    '        •     •  • 

•  «  <  1» 

Séance  du  25  «m/  1S29.  -^ —  M.  Henry  pèfe,  entre** 
tient  rAcadéiiiied'un  mémoire  sur  les'proëèdés  dejierfec-^ 
tionnement  des  s>ins par  Vappiicaiion  de  là  chaleur',  pro-* 
posé  à  la  Société  royale  et  centrale  d'agriculture  de  Paris'^ 
par  M.  Gervais.  C'est  au  moyen  de  deux  plafqaes  en  fer-i 
blanc;,  soudées,  par  leurs  bords,  ne  laissant  que  deux  àt 
trois  lignes  d'intervfiUe ,  dont  le  forôd  est  tnxxnï  de  quatM 
supports.  A  ceC  aj^pareil  fest  adapté  lin  tuyau,  dit  àtà 
charge^  puis  un  second,  -servant  à  conduire  le' Vin'  danisf 
ûû'  récinietit;'  Ge  vin  qui  descend :dtiris  Fappàrdl  est  r^ 


DE    PHARMACIE.  2§7 

cbauffé  par  celui  sur  lequel  on  a  déjà  opéré.  Veut-on  y 
d'après  M.  Gervais  ^  réparer  ua  vin  passé  à  l'aide  ou  en^ 
tièremeot  détérioré?  On  place  lappareii  dans  une  cbau^ 
dière  contenant  de  l'eau  enéhuUition.  Le  via  passant  dans 
cet  appareil  est  échauffé  sans  prendre  de  mauvais  goût  ; 
et ,  selon  Fauteur ,  la  chaleur  détruit  le  ferment ,  corrige  la 
verdeur  du  vin,  en  développe  les  principes  spiritueux ,  etc« 
Les  commissaires  ayant  répété  cette  expérience,  se  sont 
assurés  que  cette  caléfaction  du  vin ,  loin  de  lui  enlever  de 
l'acidité,  ou  de  perfectionner  ses  qualités,. et  d'accroître 
ses  principes  spiritueux ,  n'a  procuré  qu'on  vin  usé ,  se-» 
}on  les  dégustateurs  les  plus  habiles  et  d'après  les  recher«- 
ches  chimiques  les  plus  exactes. 

M.  Lodibert  rappelle , qu'au  contraire,  un  pharmacieu 
de  Bourbonne4es~Bains ,  M.  Bé2u,  suspendait  ia  ferment 
iation  acide  des  vins  qui  tournent  à  l'aigre ,  au  moyeu 
du  froid ,  et  en  plaçant  des  vessies  pleines  de  glace  dans 
les  tonneaux. 

La  préparation  de  Id pommade  au  garou  a  été,  pour 
M.  Guibourt ,  le  sujet  de  nouvelles  recherches,  afin  de  l'a» 
Xifeéliorer.  Ayant  i^marqué  qu'un  anciea  négociant  avait 
éprouvé  de  graves  aocideus  dans  l'appareil  urinaire,  pour 
avoir  employé  une  pommade  épispastique  cantharidée^ 
M.  Guiboudf  a  perfectionné  le  procédé  de  M.  Coldefy 
pour  obtenir  une  pommade  au  garou  très'^actiire ,  sans 
«voir  aucun  besoin  d'y  faire  intervenir  les  eoBtharides^ 
Pour  .cet  effet,  M.  Guibourt  conseille  de  piler  i'écorce  de 
garou  fraîche  airec  de  l'alcool ,  d'en  former  une  teinture 
très^chargée  qu'on  réduit  par  évaporation  à  l'état  d'ex* 
Irait  alcoolique.  G  elui- ci,  qui  estbrim^'se  traite  de  nou- 
veau avec  de  Talcool,  afin  d'en  séparer  les  matière^ 
résinoïdes.  Ce  second  extrait,  plus  riche  en  matière  vési-^ 
cante  verte ,  est  uni  dans  la  proportion  d'un  gros ,  ai>ée 
neiff  onces  d'axonge  et  imé  once  de  cire.  Onobtient  ai|isi 
«ne  pommade  au  garou  pun,  laquelle  a  fort  bien  eatï«<t- 
^Y\  Année.  ^  Juin  WB.  21 


ac;8  JOUKKAL 

tenu  ractiozt  résicatoire  pendant  plusieurs  mois ,  sans 
enuser  aucun  accident  sur  les  voies  urinaires. 

Plusieurs  membres  font,  observer  qu'on  a  parfois  in« 
troduit  aussi ,  dans  la  pommade  au  garou ,  de'  là  poudre 
fine  de  son  écorce,  afin  d'augmenter  l'énergiç  de  cette 
préparation. 

.  M.  Robiquet  fait  part  à  TAcadémie  de  ses  recherches 
sur  le  principe  colorant  des  orseilles ,  et  des  faits  nôu* 
Teaux  qu'il  a  reconnus.  Les  orseilles  du  commerce  sont  de 
deux  principales  espèces ,  le  lichen  roccella  {stereocolon 
roccella,  achar.  )  des  iles  Canaries  ,  et  les  parelles  d'Au- 
vergne, qui  sont  diverses  s^ariolaria.  On  sait  que  Ion 
avait  coutume  de  les  apprêter  pour  la  teinture,  tantôt  en 
les  pétrissant  avec  de  l'urine  ,  tantôt  en  y  joignant  de  la 
cbaux ,  cru  même  de  l'alun ,  de' l'acide  arsénique ,  etc.  Les 
fabricans^  depuis  peu ,  avaient  amélioré  leur  procédé  en 
se  servant  d'ammoniaque.  Toutefois ,  on  n'avait  point  en-> 
core  suffisamment  porté  les  lumières  de  la  chimie  dans  ces 
niatières.  M.  Robiquet  s'en  est  occupé;  Il  a  agi  sur  la 
Variolariadealhata  DC. ,  choisie  avec  soin;  il  a  traité  piir 
de  l'alcool  bouillant,  l'orseille,  qui  a  fourni  d abord  une 
substance  cristalline  très-Hanche ,  présentait  quelque 
analogie  avec  ce  qu'on  a  nommé  des  sous-résines.  L'ex-- 
trait  alcoolique  obtenu  des  orseilles  offrait  l'odeur  de  thé* 
riaque  récente;  broyé  à  leau,  cet  extrait  a  donné  une 
matière  sucrée  comme  de  la  mannite;  en  évaporant  cette 
mati^e,  on  la  reràeilleen  masse  jaunâtre  présentant  des 
rayons ,  mais  encore  embarrassée  d'une  liqueur  invi séante. 
Au  moyien  de  la  pression,  Ton  en  a  pu  débarrasser  cette 
.  jsorte  de  moscouade  ou  mnnnite  sucrée.  Reprise  par  l'é- 
ther, celui-ci  a. séparé  une  matière  cristalline  rigide,  par- 
ticulière, et  un  principe  jaune  verdâtre.  Mais  au  moyen 
de  quelques  procédés  de  purification,  l'on  écarte  ce  prin- 
cipe verdâtre.  Le  résidu  de  l'orsleille,  après  ces  divers 
tiraitenvens  qui  l'ont  épuisé  ^  n'offre  plus  qu'une  matière 
pulvétulente,  azotée,  de  peu  d'intérêt. 


'1)K  •PHARMACIE.  ^^g 

"    La  matière  cristalline  séparée  par  l'étliei^V  ^^  fasiblé 

•à  une  douce  chaleur',  elle  se  reprend  en  cristaux  par  lé 

refroidissement  ;    une   chaleur  plus  forte  la  volatilise  i 

mais  elle  se  dépose  en  cristaux  sur  le  col  de  la  cornue; 

elle  n  est  pas  susceptible  de  se  colorer.  ' 

C'est  la  matière  sucrée  qui  est  colorable^  quoique  dan^ 
son  état  de  pureté  naturelle  elle  soit  d'un  blanc  jaatià* 
tre  ;  elle  diQère  des  autres  principes  sucrés ,  en  ce  qu  elle 
peut.se  précipiter  par  le  suus-cicétate  de  plomb. 

Cette  matière  sucrée,  purifiée  par  le  charbon  animal, 
donne  des  cristaux  quadrangùlaires ,  terrùinés  par  des  bi^ 
seaux  ;^  susceptible  de  se  fondre,  de  se  volatiliser  à  une 
chaleur  peu  intense,  elle  se  fige  au  parois  de  la  cornue'. 
Sa  propriété  la  plus  singuHère  ,  est  de  se  colorer  en  bruii 
foncé  par  Tammoniaque ,  puis  ,  par  Tex position  à  Fair  li- 
bre, à  Aesure  quune  partie  de  cette  ammoniaque  doit 
sans  doute  se  dissiper,  elle  acquiert  une  couleur  d'abord 
violâtre,  enfin,  de  plus  en  plus  rouge.  Tel  est  donc  le 
principe  colorant  des  orseilles  ;  c'est  d'abord  l'ammonia- 
que qui  le  développe  en  brun  ;  ensuite  l'action  de  l'air  lui 
donne  son  éclat  purpUrin.  Nulle  fermentationn  est  nécès- 
'saire;  l'addition  de  la  chaux,  de  l'alun,  etc.,  est  plutôt 
ntiisible  qu'utile  pour  )a  préparation  de  cette  couleur. 
M.  Kobiquet  ajoute  que  l'hydrogène  sulfuré  décolore  la 
teinture  d'orseille  par ^ une  action  spéciale,  sans  qu'on 
puisse  en  conclure  qu'il  y  ait  désoxigénation;  on  sait  que 
l'acide  hydro-sulfuriquedécplorc  pareillement  la  teinture 
de  tournesol  ;  de  même  ,  l'abbé  Nollet  avait  jadis  observé 
que  dans  le  vide  de  la  machine  pneumatique ,  la  teinture 
d'orseille  se  décolore.  M.  Chevreul  a  vu  aussi  la  teinture  ^ 
d'hématine  (du  bois  deCampèche)  devenir  jaune  par  l'ac- 
tion des  acides.  M.  Robiquet  déclare  que  M.  Chédoux, 
son  préparateur ,  k  exécuté  ces  travaux  sous  sa  direction. 

M.  Chevalier   s'est  aussi  proposé;   d'après   ce  qu'il 
annonce ,  d'examiner  les  lichens  des  environs  de  Paris. 

21. 


3oO  JOURNAt 

Séance  du  16  mai  1829.  La  correspoadance  jua- 
nuserite  comprend  ud  mémoife  de  M.  Germain-,  phar- 
macien à  FécÀmp ,  notre  correspondant  ^  sur  Yanafyse 
dps  wufs  j  des  mufles  et  des  arêtes  de  l'orphie  {esox 
behrte  L.)*  MM.  Laubert,  Pelletier  et  Henry  fils,  sont 
cbat^ges  de  faire  connaître  à  TAcadémie  les  faits  contenus 
dans  ce  travail. 

M.  Robiquet  dépose  un  mémoire  de  M.  Gbereau ,  sur 
les  moyens  de  séparer^  des  farines ,  la  fécule  q^  on  y 
introduit  quelquefois.  Ce  travail  est  réservé  pour  la  lec- 
ture dans  la  prochaine  séance. 

M.  Chevallier  donne  conjçuiissance  à  la  section  d'une 
circulaire  adressée  par  la  préfecture  de  police  de  Paris 
aus  commissaires,  pour  faire  saisir  des  bonbons  et  autre3 
pàstillages  en  sucre ,  colorés  par  des  matières  vénéneuses 
minérales,  telles  que  le  vert  de  Scbweinfurt  {oé^arsenite 
de  culture  ) ,  poison  fort  actif,  et  le  chromate  de  plomb. 
Il  parait  que  ces  pàstillages  sont  apportés  d'Allemagne. 

M*  BouUay  désirerait ,  à  cet  ég^rd,  que  les  confiseuis 
ne  pussent  vendre  ces  sucres  colorés  avant  lautorisation , 
aoit  du  conseil  de  salubrité,  soit  de  toute  autre  autorité 
compétente ,  après  l'examen  des  matières  colorante»  em* 
ployées. 

M*  Deyeux ,  notre  confrère ,  qui  est  membre  du  conseil 
de  salubrité ,  dit  que  les  confiseurs  ne  connaissant  point 
las  dangers  de  ces  matières ,  vont*  les  prendre ,  ainsi  que 
font  les  peintres ,  chez  les  marchands  de  couleurs ,  qui. ne 
s'informent  point  non  plus  à  quoi  on  les  destine.  La  police 
devrait  donc  donner ,  par  une  circulaire ,  avis  à  ces  confi- 
seurs du  danger  auquel  ils  s'exposent  sans  en  connaître 
toute  la  gravité  sans  doute. 

M;  Pelletier,  aussi  membre  du  conseil  de  salubrité, 
ajoute  pareillement  qu'on  a  déjà  saisi  de.  ces  pastiUages^ 
dont  M.  Barruel  a  fait  l'examen;  qu'un  moyen  simple  et 
à  la  portée  de  tout  le  monde ,  pour  faire  d'abord  présum/^ 


,DE    FHARMACIB.  3^1 

Fesistence  d'ape.  matière  colorakite  minéi^ale  mspeole,' 
consiste  à  dissoadre  dans  de  l'eau  ces  bonbons  colorés; 
si  Fêatt  restée  trouble  areç  un  dépôt  au  fond ,  il  y  a  pro- 
bablement une  substance  minérale  ;  tandis  cfue  les  cou« 
leurs  végétales ,  se  dissolvant  bien ,  laissent  Teau  plus 
limpide  pour  Tordinaire. 

Toutefois  M.  Robiquet  fait  aussi  remarquer  que  les 
confiseurs  admettent,  dans  leurs  p^stillages  et  dragées, 
des  fécules  et  laques  colorées  par  des  matières  végétales , 
qui  peuvent  troubler  l'eau,  sans  qu'on  en  doive  conclure 
qu'elles  sont  dangereuses;  ot  M,  ftoullav  ajoute  qu'on 
emploie  aussi  pour  les  pastilles  jaunes  de  la  gomme  gutte 
qui  n'est  pas  sans  inconvénient. 

Pour  donner  moyen  aux  confiseurs  de  connaître  les 
substances,  nuisibles  qu'ils  emploient,  la  plupart  des 
membres  se  réunissent  à  çoavenir  qu'i)  serait  nécessaire 
de  publier  une  instruction^  età^s'enréférer  sur  ce  sujet 
au  conseil  de  salubrité  établi  près  la  préfecture  de  police. 

M.  Bonastre.aioute  à  son  mémoire ,  lu  précédemment , 
sur  la  myrrbe ,  des  rccber^^bes  d'analyse  faites  sur  une 
nouvelle  espèce  dfi  cette  gomme-résine. 

M.  Virey  fait  observer  qu'au  milieu  des  plus  beaux 
nsorceaux  de  vraie  myrrhe  ancienne ,  il  se  trouve  une 
partie  très-pure ,  «d  larmes  presque  transparentes^  qui 
ne  paraissent  pas  susceptibles  de  se  colorer  ea  rouge  lie  de 
vm  par  Facide  nitrique.  M>  Bpnastre  répond  que  cette 
poirtionplus  pu^ccnitient  iine  grande  quuntité  de  ^mmè. 

I.  J.  V; 


xMeetification.  H  s'est  glissé.une  errenr  dans  le  compte 
rcsidu  des  travaux  de  rAcadémie  de  médedue  inséré  dans 
le  AUméro'de  mai  y  M.  Gnibourt  n'a  pas  conseillé  de  pré^ 
piirer  le  laudanum  de  Rousseau  avec  le  .double  de  la 
qji9nii(é  d  opium  quç  l'on  emploie  otdinaiceBiejtft  ;  mais 


3oa  JOURIfAL 

pensant  que  ce  laudanom' était  le  type  origLuacre  des 
gouttes  noires  anglaises ,  qui  lui  paraissent  différer  du* 
premier,  surtout  par  une  dose  d'opium  presque  double  ^^ 
il  a  conseillé  de  préparer«les  gouttes  noires  à :1a  manière 
du  laudanum  de  Kousseau,  en  y  introduisant  le  douille 
d  opium. 


%%%%  %%%»»%%%%»%»%»%%»»%%  %»%%%»%%%<W»1»%»»»%»»V%V»»»»%»»»H<»»%\%V»\%»V%»%»»1>»»1»»»»»%»»»<» 


NOUVELLES   DES   SCIENCES. 


Combinaison  du  chlore  awec  le  prussiate  dépotasse, 

M.  James  F.  W.  Johnston  a  publié  sur  ce  sujet  un 
mémoire  dont  ce  qui  suit  est  extrait  : 

Le  nouveau  composé  décrit  dans  ce  mémoire  est  consi-' 
déré  comme  un  cbloro-i'erro-cyanure  de  potassium  et 
consiste  en  .  . 

1  atome  d'acide  cbloro-ferro-cyanique.     31   1    t| 
4  potassium 20    j 

On  peut  obtenir  ce  nouvel  acide  isqlément  par  diffé- 
rens  procédés  que  M.  Johnston  promet  de  djéiaillier  dans 
uri  prochain. inémqire.  Lorsqu'il  est  pur,  ilfo^mede  pe- 
tites aiguilles  à  quatre  faces  d'un  beau  rouge,  nedillérant 
pas.  en  apparence  de  tous  ses  autres  sels>        ;  r 

M.  Johnston  a  formé  les  diiférens  sels  résultant  de 
l'union  de  cet  acide  avec  les  bases ,  et  donne  la  notice 
suivante  de  leurs  propriétés  générales  : 

!•*.  Ils  sont  tous  d'une  couleur  rouge  foncîé',  Cristalli- 
sant en  pyramide  à  quatre  faces  et  en  prismes  thombôï- 
•daux.  En  aiguilles  fines,  leur  couleur  est  d'un  jaune 
/d'or..  .  ,  '-•  •      •  ■ .   '  ' i  1        '  '    '•  ^ 

2*.  A  l'état  ^huitiidflL  les  cristaux  sont  sujets  à  étredé^ 


DE     PHAHMÀCIE.  ^O^ 

composés  par  la  lumière  et  la  chaleur,  deTeuaut  exté- 
rieurement d'une  couleur  verdâtre ,  et  déposant  dans  les 
solutions  un  sédiqient  vert. 

3*.  Ils  sont  très-solubles  dans  l'eau,  mais  insolubles 
dans  lalcool,  à  moips que  celui-ci  ne  soit  très-affaibli. 

4°%  Leurs  solutions  chaudes  et  concentrées  ont  une 
odeur  particulière  approchant  de  celle  du  chlore  foible, 
et ,  à  l'exception  des  sels  dé  plomb ,  elles  ont  toutes  une 
saveur  amère  ;  celle  de  plomb  ayant  la  saveur  sucrée  des 
autres  sels  de  ce  métal. 

5"*.  Ces  solutions  décomposées  par  l'hydrogène  sul- 
furé, deviennent  vertes  en  déposant  du  soufre.  Quelques 
hydrosulfures  produisent  un  semblable  effet ,  mais  ils  ne 
sont  pas  changés  par  le  gaz  hydrogène. 

6®.  Traités  en  poudre  avec  facidê  sulfurique ,  ils  dé- 
gogent  du  chlore  gazeux.  La  chaleur  le  dégage  aussi  en 
partie  des  sels  de  baryte ,  de  stroritiane  et  de  plomb. 

7°.  Leurs  solutions  sont  encore  décomposées  par  le 
mercure  métallique,  et  changées  en  vert,  passant  au  vert 
jaunâtre  en  laissant  déposer  un  précipité  bleu.  Elles  ont 
aussi  une  forte  action  sur  le  fer  métallique,  qu'elles 
récouvrent  immédiatement  de  bleu  de  Prusse. 

8^.  Elles  donnent  toutes  des  précipités  semblables  avec 
les  oxides 'métalliques. 

9°.  Les  sels  secs  ne  changent  pas  par  leur  exposition  à 
Tair,  excepté  le  sel  de  cadmium  qui  devient  déliquescent. 

10\  Plusieurs  d'entre  eux  décrépitent  par  la  cbaleur 
et  brûlent  a  la  flamme  d'une  boujurie  en  lançant  dès  étoiles* 
blanches  brillantes,  et  laissant  un  résidu  brun  foncé.  Le 
^el  de  baryte  fond  sans  brûler  sensiblement ,  et  celui  de 
plomb  J>riile  doucement  comme  l'synadou  ,  laissant  de  pe- 
tits ^lolbùles  de  plomb  métallique.     Brewsters  journaL 


3o4  JOURNAI» 

Chlorure  de  sodium  et  cf  argent. 

Lorsqu'on  fait  bouillir  du  chlorure  d'argent  ^vec  une 
solution  concentrée  de  sel^^ommun^U  se  produit  un  corn* 
posé  de  deux  chlorures,  qui  cristallise  par  le  refroidisse-? 
ment  du  fluide.  Ces  cristaux  ne  sont  pas  affectés  par  la 
lumière,  et  sont  décomposés  par  l'eau  ;  le  pouvoir  dissol- 
vant du  chlorure  de  sodiunx  sur  le  chlorure  d'argent  peut 
être  utilement  employé  dans  les  analyses.  De  semblables 
composés  peuvent  être  obtenus  en  employant  des  chloru- 
res de  potassium  et  de  calcium.  Armais  of  Philosophy , 
novembre  1828. 

/ 

JDe  tinflufinçe  dd  la  gomme  arabique  dans  la  précipitar 

tion  du  plomb  par  les  sulfates^ 

Suivant  M.  A.  J.  Walcker ,  le.  sulfate  de  soude  pn)4uit  j 
après  quelques  minutes,  wa,  précipité  dans  une  solution 
d'f^cétate  de  plon4»  cristallisé  contenant  j^  de  ce  sel  '^ 
inais  lorsque  Teau  contient  en  même  temps  x^  de  son 
poids  de  gomme  arabique,  on  n'obtient  de  précipitai 
qu'avec  7~d  acétate.  La  cause  de  cette  anomalie  ne  peut 
être  attribuée  à  la  suspension  du  précipité  par.  le  fluide 
visqueux;  car,  ni  un  repos  de  plusieurs  jour^,'ni  rébulli- 
tion  n'aident  le  précipitant ,  tandis  que  quelcpies  gouttes 
d'acide  '  acétique ,  nitrique  ou^  sulfuriqUe,  déterminant 
^stantanément  la  précipitation.  Hojr.  Instit*  Journ. 

L.  P. 

JSmploi  de  la  morpk^e  comme  correctif  de  l'iode. 

M,  Gabriel  Pelletan ,  dans  l'opinion  que  la  morphine 
est  le  meilleur  moyen  d'obvier  aux  inconvéniens  qui  résul- 
tent des  préparations  d'iode ,  a  fait  usage  avec  suecës , 


ps   PHAHBtACXE.  3o5 

dap$  le^  cas  d'engorgement  de  Tutérus  et  de  glandes 
squirrheuses  au  sein ,  dç  la  pommade  soivante  : 

^  AxoDge.    .  •  .  .  • •  •    Si 

Proto-iodure  de  mercure.    •  •  •  •  «    •  gr.  rj 
Acétate  de  morphine.    .' gr.  Tiij 

Méle^  exactement  pour  être  employés  en  frfctions  lonv 
guement  et  lon^-temps  répétées. 

Huile  de  térébenthine  dans  latraitement  des  nétn'algies  , 
0t particulièrement  dans  la  sciatiq^.  Formules  adop  -- 
téesjpar  M.  le  docteur  Martinet. 

Opiat. 

Huile  de  térébenthine.  ...••••...    S  j 

Magnésie  calcinée ;  .  .  .  ^  .  .  3iJ4 

Essence  de  menthe.  ,...••..  gouttes,  viij 

Pose  trois  fois  par  jours  y  un  demi  gros*.       . 

Loock. 

Jaune  d'œuf. n*.  1 

Huile  de  térébenthine. S  j 

,  Sirop  de  menthe 

Eau  de  fleurs  d'oranger ,  .  Sa  $  ij 

«    Mêlez  et  donnez  trois  cuillerées  par  jour^ 

La^fement• 

Huik  de  térébenthine. i  û 

Jaune  d'œuf. n*.  1 

Décoction  de  pavot. •  •    S  ▼^U 

Donnez^en  une  fois. 

Gazette  de  santé,  janvier  etjeyrier  18.2% 

BOUDXT. 


\ 


3o6;  JOURNAL 

Sur  urte  encre  indélébile. 

On  sait  que  Son  Etc.  le  ministre  de  la  justice  a  de- 
mandé à  l'Académie  des  sciences  les  moyens  d'obtenir 
une  encre  inattaquable  aux  réactifs  cbimiques  ,  objet  de 
la  plus  baute  importance  dans  les  actes  publics  et  les 
transactions  commerciales.  M.  Braconnot  vient,  d après 
l'annonce  de  M.  Gaj-Lussac ,  de  proposer  une  composi- 
tion dont  la  teinte ,  sans  être  d'un  noir,  très-pur,  résiste 
à  l'action  des  alcalis  et  des  acides. 

Sur  20  gros  de  potasse  de  Dantzick,  dissoute  dans  l'eau 
bouillante ,  on  ajoute  10  gros  de  matière  animale  et  5  gros 
de  fleur  de  soufre,  divisées  conveuctblement.  (M.  Bra- 
connot s'est  servi  des  parures  de  peau  tannées.)  On  fait 
évaporer  à  siccité  dans  une  vase  de  fonte,  et  on  cbaufie 
ensuite  plus  fortement  en  agitant  continuellement  jusqu'à 
ce  que  la  matière  se  ramollisse,  en  évitant  toutefois 
qu'elle  n'entre  en  ignition;  puis,  après  avoir  ajouté  peu 
à  peu  la  quantité  d'eau  convenable ,  on  filtre  à  travers 
une  toile  lâche.  Il  en  résulte  une  liqueur  très-foncée  qui 
peut  se  conserver  indéfiniment  dans  un  flacon;  mais  il 
faut  le  tenir  bouché  le  plus  possible ,  ce  qui  n'est  pas 
embarrassant ,  car  une  seule  plumée  de  cette  liqueur 
suffit  pour  écrire  une  ou  deux  pages  in-4''.  Elle  coule 
mieux  que  l'encre  ordinaire  et  résiste  aux  agens  chimi-  . 
ques  les  plus  puissans.  La  potasse,  l'acide  sulfurique 
suffisamment  étendu,  dissolvent  le  papier  plus  vite  qu'ils 
ne  détruisent  les  caractères.  Au  bout  de  vingt -quatre 
heures,  lacide  nitrique  concentré  ne  l'avait  pas  altéré. 

L'action  successive  du  chlore  et  de  la  potasse  laisse  en- 
core les  lettres* distinctes. 

M.  Braconnot  pense  que  cette  liqueur  pourra  servir 
avec  avantage  dans  la  teinture. 

E.  S. 


DE    PHARMACIE.  307* 

»  > 

Teinture  de  lobelîa  inflata  contre  l'asthme ,  p4ir  JoBir . . 

Andrew^ 

Le  docteur  John  Andrew,  des  États-Unis^  et  d'autres 
médecins  des  mêmes  contrées  ont  reconnu  la  puissante 
efficacité, de  cette  plante  contre  ra3tlime,  la  toux  convul- 
sive  et  le  croup  spasmodique.  Elle  est  non-seulement  ex- 
pectorante ,  mais  encore  vomitive  et  diaphoré tique.  Elle 
provoque  l'évacuation  de  mucosités  visqueuses  des  bron- 
ches. Voici  la  formule  de  cette  préparation. 

* 

"if  Feuilles  de  lobelia  infiata o  U  ^ 

Alcool  à  18° Ibj 

Faites  digérer  pendant  quinze  jours  et  filtrez. 
La  dose  est  de  30  à  4^  gouttes  dans  un  liquide  ap- 
proprié ,  plusieurs  fois  par  jour,  selon  la  gravité  du  mal. 
{Glasgow  medic.  journal,  mai  1828.) 

Empoisonnement  causé  par  des  fromages  passés. 

L|^  docteur  H.  L.  Westrumb  ,  de  Hcipieln,  (Hprn's^ 
Archiva,  fur  der  Medicin,  Erfahrung^  Janvier  et  février 
182o,  p.  65)  donne  l'observation  de  sept  personnes  em- 
poisonnées par  des  fromages  passés. 

M.  Sertûrner ,  d'après  l'analyse  de  ces  fromages  tâtés 
qui  ont  causé  les  accidens  d'empoisonnement ,  a  trouvé 
un  acide  particulier  qui  parait  être  le  principe  vénéneux  , 
selon  lui ,  et  aussi  selon  M,  Westrumb.  L'analyse  a  été 
faite  avec  l'éther  et  avec  l'alcool.  On  obtint  trois  sub- 
stances diflérentes  d'odeur  de  fromage ,  savoir  : 
1°.  Du  caséate  acide  d'ammoniaque;  ' 
2°.  Une  matière  grasse  ou  résinoïde  caséeuse  acide , 
3"*.  Une  substance  moins  graisseuse,  également  acide. 
Ces  substances,  essayées  séparément  sur  des  chiens  et 
des  chats ,  ont  montré  que  la  première  était  la  moins  vé- 


3o8  JOUEJIAL 

liéneuse^  b  seconde  l'était  s^u  plus  haut  degré ,  la  troi-* 
siàme  avait  des  effets  yénépeux  moins  yiolens^ 

Les  symptômes  de  l'empoisonnement  de  ces  animaux 
ressemblaient  à  ceux  de  Thomme  ;  ils  étaient  d'abord  ner- 
Teux  j  puis  suivis  d'une  inflammation  gastro-intestinale. 
Un  phénomène  remarquable  surtout ,  était  la  production 
d'une  énorme  quantité  de  gaz  ammoniacal  dans  les  intes- 
tins ,  résultat  d'une  sécrétion  organique ,  puisque  les  cotps 
graisseux  empoisonnans  ne  contiennent  point  d'ammo- 
niaque dans  leurs  principes  coijistituans. 

^  J..J.  V. 

HfOTE. 

1  •     •         •  i 

* 

En  publiant  un  procédé  pour  extraire.  Furée  (  Joun^f^ 
de  Pharmacie  y  avril  1829) ,  j'ai  décrit  eQ  détaille  moyen 
indiqué  dans  l'ouvrage  de^  M*  Tbénard,  tel  que  nous  le 
pratiquons  à  la  pharmacie,  centrale.  Ce. procédé,  que 
j'ignorais  avoir  été  donné  par  M.  Yauquelin ,  est  consi- 
gné dans  les  Annales  du.  Muséum  ,  t.  xi^  Je  mi'einpress^ 
de  rectifier  cet  oubli ,  sur  lequel  ce  savant  cliimiste  a 
bien  voulu  m'édairer  avec  une  bienveillance  toute  par- 
ticulière. 

Le  moyen  d'obtenir  l'urée,  proposé  par.MM*  Four- 
çroy  et  Yauquelin,  dont  j'ai  également  parlé,  e$t  tiré 
de  leur  beau  travail  sur  l'urine  {Annales  de  Chimie^ 
X.  xxxn).  O.  H. 


BB    FHÂRl^ACK.  3àg 


%M¥>Mt^tk^^^^nnnMtMMtM^MI^ItmUitl/llltt^f*t^^^^*^'*^Mt/VV^^ 


BIBLIOGRAPHIE. 


COLLBCTIOV  DB  MiKOiait   POVft  SBBTIA  A  I.*SISTOtBB   DO   tAoWM  viaÛTAM,  ^ 

par  M.  AuG.  Ptb.  Decàvdollb,  professear  dé  botamqae«t  directeur 
du  jardin  de  Genève ,  etc.  Premier  mémoire  ,  tur  lafamilU  des  Mi" 
lastomacées,  aveC  10  planches.  Second  mémoire,  $i4r  la  familie.  det 
Crassulacées ,  ùvec  13  pi.  Troisième  mémoire,  sur  ia/amille.  des  Onm- 
^airesy  avec  3  pi.  Quatrième  mémoire,  tur  la  fymt'Ue  det  Pm^ny* 
.  chiéet,  avec  6 pi.  In.4«.  Paris,  1828-29 »  chez  ïreattel  et  Wùrtft, 
libraires ,  me  de  Bourbon ,  n«.  17. 

A  mesure  que  le  savant  professeur  Decandolle  avance  dans  sa  revue 
universelle  du  règne  vé^tal  et  dans  la  publication  de  son  Prodromu€f 
il  a  senti  le  besoin  de  développer  ,  dans  des  mémoires  particuliers,  les 
motifs  de  sa  distribution  particulière  de  certaines  familles  de  plantes , 
de  rétabUssement  de  certains  çeûres,  et  du  rejet  ou  de  1  eloignement  de 
plusieurs  espèces  dont  un  examen  criti<pie  plus  sévère  lui  montrait 
la  néceisité.  Tous  ces  détail! ,  infiniment  précieux  pour  les  vrais  bo- 
tanistes ^tti  veulent  .approfondir  Tétude  des  rapports  naturels  des  plan- 
tes ,  ne  pouvaient  paf  trouver  place  dans  un  ouvrage  aussi  sommaire 
et  aussi  serré  que  Test  le  Prodromus  ,  concentré  dans  les  seuls  faits 
les  plus  indispensables.  Les  savans  sauront  donc  beaucoup  de  gré  à 
M.  Decandolle  d'avoir ,  dans  pes  importans  méihoires ,  donné  les 
raisons  de  la  circonscription  et  de  Tordre  nouve«^u  qu*il  a  établis  dans 
ces  diverses  familles.  Et ,  par  exemple  ,  celle  des  Mélastomacées  ,  qui 
est  fort  naturelle ,  et  par  cette  même  raison  diiiiciie  à  partager  en 
genres  bien  distincts  ,  s*est  accrue  considérablement  depuis  peu  dan- 
nées  ;  elle  a  montré  divers  rapports  avec  les  Myrtacées  d'une  part , 
les  Lythrariéesd'^autrepart  ;  une  petite  famille  ,  celle  des  Charianthée^ , 
lui  est  connexe  ;  quant  aux  véritables  Mélastomées ,  M.  Decandolle  les 
a  partagées  eu  quatre  sous-classes:  les  Lavoisiérées ,  les  Rhexiées, 
les  Osbeckiées ,  les  Miconiées.  Nous  n'entrerons  pas  dans  le  détail  d« 
ce^  divisions  ,  dont  les  unes  comprennent  dés  plantes  d* Amérique , 
d  autres  de  l'Asie.  Ce  mémoire  est,  après  celui  des  Crucifères,  àù  au  même 
auteur,  l'un  des  mieux  tra variés.  On  sait  d'ailleurs  que  M.  Decandolle 
s'était  exercé  déjà  sur  les  familles  des  légumineuses  ,  les  Guspariées  »  ' 
et  familles  voisines  des  Bystnéria.cées  ,  des  Ternstromlacées ,'  des  Ly* 
thraires ,  des  Combrétacées,  des  Connaracées ,  des  Portulacées ,  etc. 

Le  second  mémoire ,  traitant  des  Cratsulacées ,  réduit  cette  famille 


r 

5lO  JOURIfAL^BK    PHAAlfAGIE. 

à  des  limites  plus  étroites  que  celles  données  aux  semptr^vt»  d«  Linné 
«tde  Jassiea. 

Dans  les  Onagraires  ,  Tautenr  publie  plusieurs  nouvelles  espèces  de 
Jussiœa.  Maintenant  on  multiplie  la  jolie  fleur  de  Clarkia  dans  les  jar- 
dins d'Europe. 

Les  Pctronychièes  ont  été  bien  décrites  par  1\IM.*  Ang.  de  Saint- 
Hilaire  et  Jussieu.  L*anteur  y  ajoute  quelques  remarques  utiles  pour 
les  bien  distinguer  dés  Portulacées  et  de  quelques  Cai-yophy liées , 
entre  lesquelles  oa  les  place.  Cette  famille,  en  outre,  semble  toucher 
à  des  Amarantbiscées  et  même  à  des  Chénopodées.  Ces  divers  rapports 
prouvent  que  loin  de  former  une  chaîne  continue ,  les  familles  des 
végétaux  constituent  une  trame. à  plusieurs  mailles  qui  adhérent  et 
s'attachent  à  des  classes  souvent  très-éloignées  sous  d'autres  rapports. 
Le  paême  phénomène  s'observe  dans  le  règne  animal ,  parmi  les  classes 
d*insectes  surtout  ;  il  prouve  que  la  nature  agit  en  tout  sens ,  et  que 
son  énergie  se  déploie  comme  dans  ces  rameaux  d'arbres  touffus  qui 
•^anastomosent  en  mille  méandres  inextricables  ;  ceux-ci  font  le  charme 
et  le  désespoir  de  cette  étude  toujours  nouvelle ,  toujours  ravissante 
et  inépuisable  dans  ses  merveilles.  J.-J.  Y. 

/ 

•  *  ê  J 

.Supplément  to  the  Udtmburgh  new  dispensiUor^*  Supplément  au  nouveam 
dispensaire  d'Edimbourg  »  par  André  Duncan  »  professeur  de  matière 
médicale  à  l'université.  Edimbourg,  1829.  ln-S<*.  ^ 

Cet  ouvrage ,  que  nous  adresse  notre  savant  correspondant ,  est  digne 
de  sa  réputation ,  et  nous  nous  proposons  d'en  donner  l'analyse  pro- 
chainement. J.-J.  V. 

Brome  et  bromure  de  potassium. 

Des  préparations  du  brôrae  commencent  à  être  em- 
ployées par  les  médecins.  Nous  nous  faisons  un  devoir 
d'avertir  nos  lecteurs,  que  M.  Lœvin  de  Creuznach  a 
placé  chez  MM.  Robiquet  et  Bayveau  le  dépôt  du  brome 
île  sa  fabrique.  Ces  messieurs  peuvent  livrer  ce  produit , 
ainsi  que  le  bromure  de  potassium,  à  12  francs  l'once. 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS;  . 

ê 

Rédigé  par '^l,  Robiquet,  secrétaire  général  ^  et  par  une 

Commission  spéciale. 


'  '  rffi 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL. 

•  -  « 

Séance  du  15  maû 

FRÉSID^KCE    DE    M^     SERiaLAS. 

Le  procès  verbal  delà  dernière  séance  est  lu  et  adopté: 
La  correspondance  imprioiée  se  compose  :'!".  d*un  iru- 
mérodes  Arcbives  deBrandes;  2"*.  d'un  numéro  dii  Jour"- 
nul  de  Pharmacie,  de  Geiger  (M.  Valette,  rapporieut 
pour  ces  deux,  ouvrages);  3".  d*un  numéro  des  Annales  de 
rindustrie  (  M.  Bussy,  rapporteur)  ;  4°.  d*un  numéro  dU 
Journal  de  Pharmacie;  5°. d'un  exemplaire  du  Traité  sur 
les  moyens  de  découvrir  les  falsifications,  dont  MM.  Bou- 
tron  et  Bussy  font  boqimnge  à  la  Société  ;  6**.  d'un  nu- 
méro des  Ann«ilesw  de  Tlnstituthorticole  de  Fromont. 

La  correspondance  manuscrite  fournit  une  lettre  de 
M.  Dumont,  dans  laquelle  il  eiL prime  le  désir  de  faire, 
sous  les  yeux  dWe  commission  que  la  Société  voudrait 
bien  nommer,  ses  expériences  de  décoloration  sur  le  sa- 
cre au  moyen  d!nn  cbarbon  animal  qu'il  prépare  d'une 
manière  particolière*  —  La  Soeiété  acquiesce  à  la  èm-^ 


3l3t  BULLETIN    DES   TRAVAUX 

•       •         •        • 

* 

mande  de  M.  D|imd&t ,  et  nomme  j  pour  faire  partie  de 
cette  commission  ,  MM.  Derosne  ,  SeruUas  et  Bussy. 

L'ordre  du  jour  appelle  les  rapports  dés  commissaires 
près  des  sociétés  savantes  « 

M.  Bussy,  rapporteur  prés  TAcadémie  des  sciences  ^ 
communique  l'extrait  suivant  des  dernières  séances* 

Il  est  donné  lecture  d'une  lettre  de  M.  Kobiquet ,  qui 
annonce  avoir  découvert  la  matière  colorante  de  Forseille. 
Cette  matière  colorante,  qui  existe  dans  plusieurs  espèces 
de  lichens  du  genre  variolaire,  est  naturellement  blanche^ 
et  ne  se  colore  que  par  le  contact  simultané  du  gaz  am- 
moniac et  de  l'air  ;  elle  est  cristallisée  en  beaux  priâmes 
quadrangulaires  et  d'une  saveur  sucrée  très-remarquable. 

Mi  Ârago  communique  à  l'Académie  des  détails  qu'il 
a  reçus  sur  un  tremblement  de  terre  qui  s'est  fait  sentir 
aux  environs  de  Dieppe ,  le  2  avril.  Ce  tremblement,  qui 
eut  lieu  vers  sept  heures  dix  minutes  du  matin ,  fut  pré- 
cédé d'un  bruit  sourd  semblable  à  celui  du  tonnerre  qui 
gronde  dans  le  lointain,  ou  à  celui  d'une  lourde  voiture 
qui  roule  sur  le  pavé.  ' 

n.a  été  aussi  aperçu  le  4  du  même  mois,  dans  lA 
environs  de  Dieppe ,.  tm  météore  lumineux  très-remar«> 
quable,  consistant  en  une  tratttée  de  feu  d'une  asstt 
grande  étendue ,  et  qui  répandit  une  lueur  semblable  à 
celle, de  la  lunç;  mais  ce  phénomène  ne  parait  pa»  avoir 
-de  rapport  direct  avec  le  tremblement  de  terre  qui  se 
manifesta  deux  jjcmrs  auparavant. 

M.  Arago  communique  aussi  à  l'Académie  des  obser^ 
vations  d'aurores  boréales  faites  à  G^an ,  qui  sont  une 
nouvelle  confirmation  de  l'opinion  qu'il  a  émise  de  In- 
fluence que  ce  genre  de  météore  exerce  sur  l'aiguille 
aimantée ,  même  dans  les  lieux  éloignés  où  ils  ne  sont 

-pas  visibles. 

Enfin  M.  Arago  annonce  que  les  pierres  lithographie 
ques  découvertes  par  M.  Damet  de  Mont  j  dans  1^ 


•' 


DE    LA    SOCIÉTÉ    t>E    I^HAItStACtE»  3x3 

virons  de  Dôle  ^  ont  été  employées  avec  succès ,  niaij  qu'il 
en  eât  certaines  qui  exigent  quelques  môdiGcations  dans 
les  proiôédés  ordinaires.  Un  mémoire  dé  M.  Daniët  de 
Mont;  relatif  à  tel  objet ^  est  renvoyé  à  Tcxamen  des 
commissaires  déjà  chargés  de  faire  un  rapport  sur  les 
nouvelles  pierres  lithographiques  trouvées  dan^  lés  en^ 
virons  de  Paris  par  MM.  Chevalier  et  Langluraé* 

%  Le  même  memhi'e  fait ,  en  son  i^om  et  en  celui  dé 
MM.  Mathieu  et  dé  Rossel ,  un  rapport  très-favorable 
sur  les  travaux  relatifs  aux  sciences  mathématiques  qui 
ont  été  exécutés  à  bord  de  la  ^abarre  la  Chevftette^  péD"* 
dant  son  Voyage  de  découvertes; 

»  L'Académie  reçoit  une  notice  de  M.  Perkins  sur  là 
folie  chez  les  animaux  inférieurs  à  l'homme.  Ce  travail 
(est  renvoyé  à  l'examen  de  M.  Duméril. 

»  M.  Dulong  lit  une  lettré  de  MM.  DelariVe  et  INiarcet, 
de  Genève  ,  dans  laquelle  ces  deux  physiciens  font  con- 
Hattre  le  résultat  de  leurs  nouvelles  recherches  sur 
là  chaleur  spécifique  dés  gaâ& ,  desquelles  iU  concluent 
que  tous  lés  gaz  simples  sous  le  inéhie  volume  et  la  même 
pression  ont  une  égale  capacité  pour  la  chaleur.  Résultat 
que  les  mêmes  auteurs  avaient  déjà  déduit  de  leurs 
précédentes  recherches,  mais  qui  avait  été  contesté 
par  quelques  physiciens ,  en  raisoti  dé  l'insuffisance  des 
preuves. 

»  M.  Cdrdier  fait  uii  l'apport  sur  les  objets  relatifs  à  là 
géologie  recueillis  dans  les  mers  des  Indes,  par  MM.  Bios* 
èevillè  et  Rainaud ,  officiers  de  la  gabarre  la  Chei^rctte. 
Ces  objets,  suivant  M.  le  rapporteur,  pourront  fournir  des 
documenS  précieux  pour  la  science.  MM.  Blosseville  et 
Bainaud  ont  aussi  rapporté  des  échantillons  de  l'eau  douce 
du  Gange  et  d*uné  fontaine  miraculeuse  située  près  de 
la  fameuse  pagode  de  RaugoUn.  Il  serait  à  désirer  que 
l'analyse  chimique  qui  en  sera  faite  p4t  éclairer  sur  les 
propriétés  réelles  ou  supposées  qu  oii  lui  attribue. 
XV.  Année.  —  Juin  1829.  22 


•3l4  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

»  M.  Gordier  annonce  qu'il  vient  de  recevoir  de  M.  Dès 
trenne ,  ingénieur  des  ponts  et  chaussées  à  Carcassonae, 
de  nouveaux  renseigoemens  sur  la-  caverne  à  ossemens 
fossiles  de  Biza,  département  de  TAyde.  Malgré  l'in- 
spection détaillée  que  M.  Destrenne  a  faite  de  cette  ca- 
verne, il  n'a  pu  y  découvrir  aucune  trace  d  ossemens 
humains  ;  il  a  examiné  avec  Ja  même  attention  ceux 
dont  M.  Tournai  fils  a  entretenu  l'Académie ,  et  il  croit 
pouvoir  affirmer  que  ces  derniers  n'étaient  point  dans  la 
même  couche  géologique  que  celle  où  Top  a  trouvé  les 
ossemens  que  l'on  peut  considérer  comme  antédiluviens- 

»  Le  reste  de  la  séance  a'  été  consacré  à  la  lecture  de  la 
relation  c^u  voyage  de  la  corvette  la  Coquille,  Cette  rela- 
tion ^  qui  était  faite  par  le  capitaine  même  de  l'expédition^ 
M.  Durville  ,  a  excité  l'intérêt  de  l'assemblée.  » 

La  Société  replrend  l'ordre  de  ses  travaux. 

MM.  Bussy  et  SeruUas  font  un  rapport  sur  une  nbte 
de  M.  Quesneville  fils  ,  relative  à  la  préparation  de  qi^el- 
qi^es  chlorures  volatils.  Ils  pepsent  que  la  modification 
apportée  par  l'auteur  au  procédé  en  usage  ponr  la  prér 
paration  des  chlorures  peut  être  utile,. et  ils  proposent 
d'insérer  la  noie  de  M.  Quesneville  dans  le  3ulletin 
de  la  Société.  —  Adopté. 

M  BuSsy  rend  compte  des  Annales  de  l'industrie. 

M.  le  président  communique  une  note  de  M.  Mialhe, 
sur  la  substitution  de  l'acide  sulfurique  au  vinaigre  dans 
la  fabrication  du  mastic  destiné  à  joindre  les  dalles. 
(M.  Soubeiran  est  chargé  de  faire  un  rapport  sur  celte 
npte^).  M.  O.  Henry  fait  un  rapport  verbal  sur  une  mé- 
thode naturelle  proposée  par: M.  le  D'.  Pauquy,  pour 
rendre  l'étude  de  la  chimie  plus,  facile  et  plus  prompte. 
M.  le  rapporteur  propose  à  la  Société  d'adresser  des 
remercîmctfis  à  l'auteur ,  et  témoigne  le  désir  que 
Jtf .  Pauquy  soit  engagé  à  leur  communiquer  Içs  tr^ivaux 
qui!  entreprendra  par  la  suite. 


DE    LK  SQ^IETE    DE    PAARMACIE.  Sl5 


f  •  .' 

OBSERVATIONS 

Sur  le  protochlorure  de  mercure  préparé  par  précipita- 
tion j  par  M.  GuiBOURT. 

Parmi  les  procédés  proposés  pour  la  préparation  du 
protochlorure  de  mercure  par  précipitation ,  il  en  est  ; 
un  que  nous  avons  cru  devoir  omettre,  M.  Henry  et 
moi,  d.ins  notre  Pharmacopée  raisonnée^  parce  cju'il 
nous  a  paru  n'offrir  qu'une  modification  défectueuse  dé 
ceux  généralement  connus.  Cependant  cette  omission 
n'ou9  ayant  été  reprochée,  je  vais  rapporter  le  procédé, 
en  le  faisant  suivre  des  remarques  dont  il  me  parait 
susceptible. 

«  Prenez  du  protonitrate  de  mercure  liquide  ;  versez  . 
»  dessus  acide  hydrochlorique  jusqu'à   ce    qu'il  ne    se. 
»  fasse  plus  de  précipité.  Etendez  le  mélange  avec  Ijb  ' 
»  double  d.e  son  poids  d'eau   distillée;  laissez  reposer, 
»'  décantez ,  et  faites  égoutter.  Versez  de  nouvelle  eau 
»'  distillée ,  et  chauffez  jusqu'à  réhullition.  Elle  est  accom- 
»  pagnée  d'un  abondant  dégagement    de  bulles  d'une 
»  odeur  piquante  d'acide  muriatique.  Continuez  l'ébul- 
»  lition  jusqu'à  cessation  d'effervescence.  Le  précipité , 
»  qui  par  la  moindre  agitation  se  mêlait  à  la  liqueur  et 
j»  y  restait  suspendu ,  s  en  sépare  au  moindre  repos  ;  sa 

I  •'**«.J*_^'L  -1-1  Jl*â^  -l 


Il  d'eau  distillée,  on  le  jette  sur  im  filtre  et  on  le  fait 


»  sécher.  Ce  précipité  est  aussi  fin  que  le  protochlorure 
»  de  mercure  sublimé ,  reçu  dans  Feau ,  et  peut  être 
».  employé  aux  naêmes  usages. 

»  On  se  procure  également  ce  sel  en  triturant,  daps  un 
»  mortier  de  verre  du  proto-nitrate  de  mercure  cristallisa  ^ 
»  ai^ec  de  l'acide^  hydrochlorique  y  ou  im  sel  muri^tique^ 
»  quelconque.    La  combinaison  s'opère  aussi   bien  eii 

22  ' 


3l6  BULLETIN   Des    TtkYkVX 

»  ayant  soin  de  triturer  long- temps.  De  quelque  manière 
»  que  l'on  opère  >  il  faut  toujours  faire  bouillir  dans 
B  leau  le  précipité  obtenu.  Les  lavages  à  l'eau  froide, 
»  quelque  réitérés  qu'ils  soient  «  ne  peuvent  pas  sup- 
»  pjéer  à  l'ébullition ,  qui  modifie  le  précipité.  » 

1*".  Je  remarque  que  Tauteur  verse  de  l'acide  bydro- 
cblorique  non  étendu  sur  du  nitrate  de  mercure  li- 
quide ou  cristallisé  :  or,  s'il  eût  consulté  une  observation 
précédemment  insérée  dans  le  Journal  de  Pharmacie, 
tome  8  ,  pag.  220,  et  rappelée  dans  notre  Pharmacopée  y 
il  aurait  su  qu'il  est  nécessaire  que  le  nitrate  et  l'acide 
soient  étendus  d'eau  ;  faute  de  quoi  l'acide  niti^qiie  mis 
à  nu,  et  l'acide  bydrochlorique,  constituent  de  \eau 
régale;  et  de  là  résulte  un  dégagement  abondant  de  gaz  . 
nitreux,  du  chlore,  et  par  suite  du  sublimé  corrosif. 

2''.  L'auteur  insiste  beaucoup  sur  la  nécessité  de  faire 
bouillir  le  précipité.  On  sait  en  effet,  et  depuis  long- 
temps ,  que  l'ébullition  dans  l'eau  rend  en  général  les 
précipités  plus  denses  et  plus  faciles  à  séparer  des  li- 
quides. On  peut  donc  appliquer  avec  avantage  le  calo- 
rique au  lavage  du  précipité  blanc,  ainsi  que  nous 
l'opérons  souvent  nous-mêmes  ;  mais  seulement  après 
avoir  presque  entièrement  privé  le  précipité  à  froid,  des 
acides  interposés.  Car  lorsqu'on  le  fait  bouillir  dans 
l'eau,  après  avoir  étendu  le  mélange  de  nitrate  et  d'a- 
cîde,  seulement  du  double  de  son  poids  d'^eau ,  le  préci- 
pité ,  bien  qu  égoultè ,  retient  assez  des  acides  nitrique 
et  bjdrochlorique ,  pour  qu'il  se  forme  encore  du  gaz 
nitreux  et  du  sublimé  corrosif  par  l'ébullition.  Aussi 
l'auteur  reconnaît-il  qu'il  se  produit  une  effervescence 
de  bulles  acides ,  qu'il  donne  pour  de  V acide  hydrochlo^ 
rîque.  Mais  il  me  permettra  de  lui  dire  qu'il  se  trompe , 
et  que  d ailleurs  rien  de  pareil  ne  se  manifeste,  lorsque 
le  précipité  blanc  a  été  préalablement  bien  lavé  à  froid. 
Il  ne  s'en  dégage  aucune  portion  d  acide,  et  un  papier 
de  tournesol,  introduit  dans  le  col  4"  matras,  nen  est 
nullement  altéré. 

3^.  Suivant  l'auteur,  le  précipité  résultant  de  l'action' 
de  lacide  hydrbchlorique  sur  le  protônitrate  de  mercure 


DI    LÀ  iOCIBTK   DK   PHARSIACIE.  817 

jaunit  par  ]i'ébullitton.  Je  puii  assurerqail.n'eB  est  rien, 
quand  le  précipité  a  été  biea  prépare.  Mais  lorsque, 
ainsi  qu'il  est  indiqué^  on  triture  du  protonitrate  cris- 
tallisé avec  deTaciae  hydrochlorique ,  ou  mieux  encore, 
avôc  un  bydrochlorate  neutre,  il  se  produit  un  magma 
tellement  épais  de  chlorure,  qui  enveloppe  le  proton!- 
trate  non  décomposé ,  qu'une  portion  de  ce  sel  reste  dans 
le  précipité  :   alors  nécessairement,  ce  précipité  jaunit 

£aF  Tébullition  ;  parce  que  le  protonitrate  de  mercure, 
ouilli  dans  l'eaM ,   se  transforma  en  spu^-^protoni trate 
jaune  nommé  autrefois  turbith  nitreux», 

4®.  Enfin ,  si  le  lavage  à  cbaud  peut  être  utile  pour 
enlever  les  dernières,  pprtjoo^  d'acides  ou.  de  sels .  m^ 
langés  au  précipité!  bianç,  je  prouverai  bientôt  qu'il 
^'est  pas  nécessaire,  et  que  le  lavage  à  froid  suffît  pour 
amener,  méine  a^ssez/acilement ,  1q  pr.écipité  à.  I  état  di& 
simple  chlorure . 

Dans  des  observations  plus  récentes,  l'auteur  du  pnv< 
cédé-  que  je  viens  d'examiner,  jqe  s'est  pas  borné  \\e 
rappeler,  et  il  a  cru  devoir  l'app.uyei^de  diverses  prp,- 
positicm^  que  je  passerais  entièrement  sou3  silence,,  ^ 
quelques-unes  ne:  ieadaient  à  prolongée  la.,  confusion 
qui  a  si  long-temps  régné  entre  les  deux  précij^ités  hlanç^ 
xiercuriels.  Ainsi.,,  après  avoir  éndnqé  qu'on    peut  se 

I)rocurer  le  protochlorure  de  nierçure,  en,  précipitant 
e  protonitrat.e  dissous,  ou^  cristallisé,  par  d^  ilacide 
bydrochlorique  ou  un.  sel  muria tique  queloonq^ie,  il 
ajoute  et  même  as^ec  le  muriate  d'ammor}iaqu,e  ;  tout  le 
inonde  sait  en  effet,, que  soit  qu'on  précipite  le  protp- 
Bitrate  de  mercure  p^r  l'acide  hydrochtorique  ou  par 
un  bydrochlorate,^  y  compris  celui,  d'ammoniaque,  le 

Îrécipité  est  identique.  Là  seule  différence  qu'il  y  ait 
ans  les. résultats,  c'est  que,  d<ms  un  cas,  l'acide  ni- 
trique reste  libre  dans  là  liqueur^,  et  que  dans  lautre  il 
se  combine  à  la  base,  dite  l'hydrochlbrate. 

Mais  ce  n'est  pas  ainsi  que  raisonne  l'auteur  du  pro^ 
^édé  :  suivant  lui,  le  précipite  formé  par  l'hydrochlôratQ 
d'ammoniaque  est  tout-à-fait  différent  de  celui  produij^ 
^ar  l'aciçlç  hydrochlorique  ou  un  bydrochloratç  à  ba.s« 


.  -     • 

3l8        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

;  .  ■,■".'■  *  ■ 

♦é'alcali  fixe;  et  la  preuve  qu'il  eij  flonne^  c'est  que, 
'tandis  que  le  dernier,  soumis  à  rél)uIIitiQii ,  dégage  des 

bulles  acides^  le  premier  donne  lieu  à  un  dégagement 
*  A' ammoniaque  ;  de  telle  mapière  que  cest  après  lébulli- 

tion   seulement,    que   les  deux    précipités   deviennent 

identiques. 

Véritablement  je  ne  puis  croire  que  du  sel  ammoniac 
versé  dans  un  liquide  acide  donne  lieu  à  un  précipité 
qui  dégage  de  l'ammoniaque  par  Tébullition;  et  tout  le 
monde  partagera  mon  opinion.,  lorsqu'on  verra  rawteur 
appliquer  au  protochlorure  de  mercure  y  obtenu  en  ver- 
sant de  Thydrochlorate  d'ammoniaque  dans  une  dissolu- 
tion de  protonitrate  mercuriel,  la  composition  et  les 
propriétés  de  Yoxichlorure  ammoniacal  de  mercure  qui 
provient  de  la  décomposition  du  sublimé  corrosif  par 
Fammoniaque ,  ou  par  le  sel  ammoniac  et  les  alcalis  fixes. 
Voici  en  efiet  ses  propres  paroles,  que  je  crois  citer 
exactement: 

«  Mais  si ,  au  lieu  de  prendre  un  des  précipités  ci- 
»  dessus  énoncés  (produits  par  l'acide  bydrocblorique 
"i»  ou  un  bydrocblorate  à  base  d'alcali  fixe),  on  soumet 
j»  à  l'ébuUition  dans  l'eau  le  précipité  obtenu  par  le  sel 
»  ammoniac,  ou  celui  obtenu  en  uersant  dans  une  solu- 
,  »  tion  de  suhlimé  corrosif  et  de  sel  ammoniac  une  solu- 
»  tïon  de  carbonate  de  potasse ,  on  obtient ,  au  lieu  de 
»  bulles  acides,  un  dégagement  considérable  de  bulles 
'!•  ammoniacales.  »  L'auteur  poursuit  : 

«  Cependant  si ,  avant  de  soumettre  ces  précipités 
\  ammoniaco^mercuriels  à  l'ébuUition,  on  les  lave  avec 
»  beaucoup  de  soin ,  et  en  réitérant  les  aiTusions  aqueuses , 
»  on  finit  par  détruire  ./e  sel  triple  qui  s'est  formé, 
»  et  obtenir  un  protochlorure  acide  pareil  à  celui  qui 
»  résulte  de  la  précipitation  par  l'acide  bydrochlorique; 
j)  et  alors  ces  précipités  mercuriels  donneront  par  1  ebul- 
»  lition^dans  1  eau  des  bulles  d'acide  bydrocblorique.  » 

Ici ,  non-seutement  l'auteur  continue  d'assimiler  en- 
tiêrement  le  protochlorure  de  mercure ,  formé  par  l'ac- 
tion réciproque  du  protonitrate  de  niercure  et,  du  sel 
ammoniac,  avec  Voxichlorurç  ammoniacal i  mais  ces  deux 


DK   LÀ    SOCtCTÉ   DE    PHABMACIE.  3c9 

précipites  qui ,  tout  à  Theure ,  dégaigenient  de  l'ammo- 
niaque par  rébuUitîon  dans  leau,  produisent  mainte* 
nant  de  i'acide  hydtocfalorique ,  après  avoir  été  lavés  à 
froid.  A  ces  assertions,  au  moins  trës*tingulières,  op-* 
posons  les  propriétés  réelles  et  très-distioctes  de  ces 
deux  composés  :  le  premier,  celui  formé  par  le  proto- 
nitrate  de  mercure  et  Thydrochlorate  d'ammoniaque , 


pas  décomposé  par  les  lainages  à  froid;  mais  à  cbaud^ 
il  dégage  de  lammoniaque ,  fournit  une  dissolution  neutre 
d'hydrochlorate  de  mercure  et  d'ammoniaque^  et  laisse 
un  résidu  jaune,  formé  de  deutoxide  et  de  deutocblorure 
de, mercure.  Cet  oxichlmfure  diflière  par  sa  couleur,  et 
sans  doute  par  ]a  proportion  de  ses  deux  composants , 
de  Yoxichloruré brun  déjà  connu,  résultant  de  la  décom- 
position partielle  du  sublimé  corrosif  par  la  potasse 
caustique.  Celui  que  je  présente  ne  change  pas  de  cou- 
leur par  les  alcalis,  et  se  dissout  dans  Vacide  bydrocblo- 
rique  à  l'aide  d'une  légère  chaleur  ;  ces  deux  propriétés 
ne  permettent  pas  de  le  confondre  avec  le  mercure  doux. 
Je  pense  avoir  suffisamment  démontré  combien  sont 


d'acide  bydrochlorique  dans  le  protocblorure  de  mer- 
cure, seulement  lavé  à  froid,  et  la  possibilité  d'attribuer 
à  cet  acide  la  plus  grande  «ictivité  du  précipité.  Ce  fait 
et  sa  conséquence  sont  encore  démentis  par  l'expérience. 
Je  rappellerai  d'abord  les  faits  antérieurs  qui  prou- 
vent J'identité  chimique  du  protochlorure    de  mercure 
précipité  et  du  mercure  doux.  Je  les  ai  déjà  mentionnés 
dans  le  Journal  de  Chimie  médicale^  tom.  3,  pag.  577, 
dans  la  vue  de  répondre  à  une  note  d'un  cbiraiste  napoli- 
tain ,  qui  prétendait  que  le  précipité  bl«inc  de  Sclièele  con- 
tenait 12  pour  100  de  sublimé  corrosif  ;  résultat  qui  peut 
être  dû  à  une  préparation  vicieuse,  mais  dont  il  ne  faut 
pas  accuser  le  procédé  lui-même  employé  par  des  maiiss 
plus  exercées. 


3a6  BUtLETÏN   0E8    TRAVAUX 

Je  disais ,  à  cette  occasion ,  que  Schèele  apportait  pour 
preuves  que  son  mercure  doux  ne  difierait  pas  de  celui 
préparé  par  sublimation,  qu il  est  tout<-à?fait  insipide; 
qu'il  précipite  en  noir  par  les  alcalis  ;  que,  sublimé  len-r 
tement ,  le  premierproduit ,  qui.  devrait  ^tre  du  sublimé 
corrosif ,  n'est  que  du  mercure  doux  ;  enfin ,  que  sublimé 
avec  un  quart  de  mercure ,  oji  en  retire  exactement  la 
quantité  de  métal  employée. 

Je  citais  également  M.  Zaboada,  d'après  les  expériences 
duquel  100  grammes  de  mercure  doux  et  100  grammes 
de  muriate  précipité,  dissous  dans  l'acide  nitrique  et  pré-, 
cipités  par  le  nitrate  d'argent ,  donnent  également  60 
grammes  de  muriate  d'argent. 

100  grammes  de  mercure  doux  ou  de  précipité  blanc,^ 
réduits  à  letat  métallique  par  le  muriate  d étain ,  ont 
donné  l'un  et  l'autre  de  ©4,5  à  85  de  mercure  coulant. 

100  grammes  de  muriate  de  mercure  précipité  ont  donné 
100  grammes  de  mercure  doux  sublimé. 

tOQ  grammes  des  deu;c  muriates,  dissous  dans  un  mé-^ 
}^Be;e  4'acide  nitrique  et  d'acide  muriatique,  on^  donn^ 
également  <Je  1 1 7  a  1 19  de  sublimé  corrosif. 

Je  rapportais,  en  dernier  lieu,  une  expérience  qujm'esfc, 
propre^  danslaquelle  ^jant  chauffé  du  muriate  de  mercurç 

Îrécipité  dans  une  cornue,  je  l'ai  transformé  en  mercure 
.  QUXSubliniéà^prè%desop  poids.  La  perte  était  due,  taiù 
a  de  l'eau  bygippmé trique  dont  les  corps  pulvérulens  ne  sont 
jamais  entièrement  dépourvus ,  qu'à  de  l'acide  bydrocblo-- 
f  ique,  dû,  je  pense,  à  cequel'eau  (lécQmpose  un  peude  chlo-. 
rure  de  mercure  à  l'aide  du  calorique ,  et  forme  de  l'acide 
hydrochlorique  qui  se  dégage  et  de  l'oxide  demercure^ui 
effectivement  reste  d'abord  dans  la  cornue  ;  mais  ensuite 
cet  oxide  se  décompose  en  oxigène  et  en  mercure  ,  ainsi 
qvie  le  moptre  une  légère  couche  de  ce  métal  que  l'on 
trouve  à  l'extrémité  du  chlorure  sublimé. 

J^nfin ,  pour  rentrer  dans  la  qucstioa  qui  nou,s  occupe, 
je  viens  tout  récemment  de  sublime^  dans  un  tube  de 
verre ,  à  l'aide  d'urne  lampe  à  esprit-de-vin  ,  0,5"°*.  55  dç. 
prqtochlorurc;  précipi^té,  seul •jment  lavé  à  froid  et  sé- 
ché à  l'air  libre.   Comme  dans  l'expérience  précédente, 


DK   hk'  SOCIÉTÉ    DE    PHAAMAClEr         3a  £ 

il  s'est  formé  un  peu  de  vapeur  d'eau  acide  qnrj -di  cflias- 
sée à  laide  d'une  légène  chaleur.  La  cpiantité  cm  était  si 
petite ,  que  le  tube  m'a  paru  peser  exactement  le*  même 
poids  qu'avant  la  sublimation.  Je  conclus  donc ,  et  plu» 

J^ue  jamais ,  que  le  mercure  doux  précipité ,  bien  la^v^é  k 
roid  -comme  à  chaud ,  n'est  que  du  protochlocure  d» 
inercure. 

Il  est  vrai  cependant  que ,  lorsqu'on  a  lavé  du  précis 
pité  blanc  à  froid,  jusquau  point  d'obtenir  une  liqueur 
qui  soit  tout-à-fait  sans  action  sur  le  nitrate  d'argent,  et 
qu'on  le  fait  bouillir  dans  l'eau ,  avec  le  contact  de  l'air^ 
le  liquide  acquiert  de  nouveau  la  propriété  de  précipiter 
ce  réactif;  mais  comme  cet  eS'et  se  répète  indélBniment , 
et  aussi  souvent  qu'on  réitère  lopération ,  il  en  résulte 
d'abord  que  le  précipité  lavé  à  chaud  ne  diffère  pas  à  cet 
égard  du  précipité  lavé  à  froid,  fkisuite ,  je  dirai  que  le 
calomélas  préparé  à  la  vapeur,  et  le  mercure  doux  su- 
blimé, porphyrisé  et  lavé,  se  comportent  exactement  de 
}a  même  manière. 

J'ai  pris  5  grammes  de  calomélas  préparé  à  la  vapeur  ^ 
fabriqué  par  M.  Robiquet  ;  je  les  ai  rois  avec  1 500  gram- 
mes a  eau  distillée  dans  un  matras  de  3  litres ,  et  j'ai  fait 
bouillir  ce  liquide  jusqu'à  réduction  des  deux  tiers.  L'eau 
décantée  a  été  remplacée  par  d'autre  que  j'ai  réduite  de 
la  même  manière.  Le  calomélas  rassemblé  avec  soin  et 
séché  ne  pesait  plus  que  3  grammes  9. 

J'ai  pris  5  grammes  de  mercure  doux  porphyrisé  et 
lavé ,  je  les  ai  fait  bouillir  d'abord  dans  500  grammes 
d'eau ,  et  ensuite  dans  1 500  grammes,  réduits  à  1 000  gram- 
mes. Le  chlorure  séché  ne  pesait  plus  que  3  grammes  55. 
5  autres  grammes  du  même  mercure  doux,  préalable- 
ment l)ouillis  dans  l'eau ^  et  séché3  de  nouveau,  se  sont 
réduits  à  3  grammes  25 ,  «iprès  deux  ébullitions  dans 
1 500  grammes  d'eau. 

Toutes  les  liqueurs  provenant  des  trois  sortes  de  pro- 
tochlorures ,  même  la  sixième  au  moins  qui  avait  bouilli 
sur  celui  préparé  par  précipitation ,  toutes  précipitaient 
fortement  le  nitrate  d argent;  mais  la  disparution  pres-^ 
que  complète  du  précipité  blanc ,  l'identité  constante  do 


32  a  BUf.LETtN    DES   TRAVAUX 

la  partie  ni6n  dissoute ,  et  les  autres  propriétés  du  liquide 
bouilli ,  montreot  évidemment  qufe  ce  n  est  pas  seulement 
de  Tacide  hydrochlorique  qui  se  dissout ,  mais  le  proto- 
cblorure  tout  entier^  qui  change  dé  nature  et  Mevient 
iKduble  dans  une  grande  quantité  d'eau. 

Une  ancienne  expérience  que  j  ai  aussi  rapportée  dans 
le  Journal  de  Chimie  médicale  y  tome  n ,  p.  274,  m'a 
démontré  que  le  protocblorure  précipité  se  dissolvait 
entièrement  par  râ>ulIition  à  Tair  libre ,  dans  de  l'eau 
aiguisée  d'acide  hydrocblorique  \  et ,  comme  la  liqueur 
évaporée  ne  contenait  que  du  sublimé  corrosif,  il  était 
évîaent  que  le  mercure  était  passé  au  m^xintum  d'oxida- 
tion,  en  absorbant  loxigène  de  l'air.  Aujourd'hui  je  ne 
TÔi&  pas  pourquoi  il  n'en  serait  pas  At  même  du  préci- 
pité blanc  sans  addition  d  acide  hydrochlorique  ;  la  seule 
différence  qui  puisse  en  résulter,  c'est  que,  au  lieu  d'un 
deutobydrochlorate  ou  deutochlorure ,  on  obtiendra  un 
sous-deutohydrochlorate  ou  un  oxichlorure,  ainsi  que  cela 
a  lieu  pour  tous  les  sels  métalliques  qui  pas3ent ,  sans 
augmentaticm  d'acide ,  du  minimum  au  maximum  d'oxi- 
dation. 

8i  nous  examinons  les  propriétés  de  l'eau  qui  a  bouilli 
pendant  long-temps  sur  le  protochlorure  de  mercure  su^ 
blimé ,  précipité ,  ou  divisé  par  la  vapeur,  nous  verrons 
quelles  s'accordent  toutes  avec  la  formation  d'un  oxi- 
chlorure  au  maximum.  La  liqueur  précipite  le  nitrate 
d.argent,  mais  elle  ne  rougit  pas  le  tournçsol;  ou^  plus 
exactement,  si  son  premier efiet  semble  être  de  faire légè-* 
xement  virer  au  rouge  le  tournesol,  un  instant  après  ce 
virement  disparaît,  et  il  devient  impossible  dedistin^ 
guer  la  liqueur  d'une  autre  teinture  de  tournesol  faite 
comparativement  dans  l'eau  distillée. 

Cette  dissolution  jouit  d'une  forte  saveur  m ercurielle; 
elle  précipite  en  noir  par  lacide hydrosulfurique  et  les 
hydrosulfates,  en  blanc  par  rammoniaque ,  en  blanc  jau- 
nâtre par  la  potasse  caustique.  Elle  attaque  prompte- 
ment  le  cuivre  ;  mais  elle  te  recouvre  d'une  couche  dox/- 
chlorure  uert\,  indice  certain  qu  elle  contient  elle-même 
uu  composé  avec  excès  d  oxide ,  car  elle  le  blanchit  aussi-^ 
tôt  qu'on  y  ajoute  une  goutte  d'aci:de  hydrochlorique. 


DE    LA.  •SOCIÉTÉ:    DE    PHARMACIE.         3^3 

La  solubilité  de  cet  oxichlonire  mercuriel  ne  doit  pas 
plus  nous  étonner  c|ue  sa  formation  ;  car,  d'une  part,  le 
'deutoxidé  lui-même  étant  soluble ,  il  n'est  pas  surprenant 
ou'nn  cofnposé  de  cet  oxide  et  de  deutochlorure  le  soit 
également;  et,  de  l'autre,  j'ai  vu  du  protoxide  passer 
presque  instantanément  à  l'état  de  peroxide ,  par  1  action 
simultanée  de  l'air  et  de  la  vapeur  d  eau  ;  et  je  possède 
un  flacon  de  protoxide ,  qui ,  bien  que  bouché ,  n  a  pas 
çmpiScbé  ce  composé  de  passer  presque  complètement  au 
maximum  d  oxiaation. 

Il  était  cependant  utile  de  déterminer  si  cette  altéra- 
tion du  protochlorure  de  mercure ,  par  l'action  de  l'air 
•et  de  l'eau  bouillante ,  pouvait  avoir  lieu  à  froid ,  par  l'air 
seul ,  et  à  l'aide  d'un  temps  plus  ou  moins  long ,  ainsi 
jque  cela  existe  si  évidemment  pour  le  protoxide  ;  d'autant 
^lus  que  M.  Lodibert  nous  a  rapporté  que,  lors  d'ex- 
périences faites  à  Lyon ,  sur  l'emploi  du  protochlorure 
de  mercure  par  la  méthode  de  Clarc,  le  médecin  qui  les 
dirigeait  avait  crû  remarquer  que  le  précipité  blanc ,  an- 
'ciennement  préparé,  jouissait  de  propriétés  plus  actives 
que  le  nouveau,  et  quelquefois  nuisibles  k  son  adminis*- 
tration.  J'ai  donc  pris  4  onces  de  protochlorure  de  mer- 
<:ure  précipité,  préparé  depuis  six  à  huit  ans,  et  que  j'ai 
tout  lieu  de  croire  1  avoir  été  avec  soin.  Je  Fai  trituré  dans 
nxn  mortier  avec  de  l'eau  :  l'ai  filtré  et  obtenu  huit  onces 
-d«  liquide  seulement.  Ce  liquide  oftîrait  une  saveur  sen- 
siblement mercurielle,  se  Colorait  par  l'acide  bydrosulfo- 
lique ,  et  formait  ensuite  un  précipité  brun,  par  un  repos 
d«  vingt-quatre  heures.  Quelque  faible  que  soit  ce  résul- 
tat ,  comparé  aux  quatre  onces  de  protocnlorurc  employé, 
J  altération  que  ce  composé  éprouve  à  l'air  me  parait  ce- 
pendant assez  marquée  pour  que  les  pharmaciens  y  fas- 
sent attention,  et  s'attachent  à  l'avoir,  non-seulement 
hien  lavé ,  mais  encore  récemment  préparé. 

De  tout  ce  qui  précède  je  crois  pouvoir  conclure  l'idenr- 
tilé  chimique  du  protochlorure  de  mercure,  de  quelque 
manière  qu'il  ait  été  obtenu ,  quand  m^me  il  le  serait  par 
précipitation ,  et  seulement  lavé  à  froid.  II  y  a  plus  :  c  est 
au'assuréînaintenant  que  tous  se  dissolvent  de  même  par 
1  action  réunie  de  l'eau  bouillante  et  de  l'air ,  j'en  viens  à 


Sl4  BULLETin    DES  TRA^YAUX 

croire  que  FopÎDioii  qui  a  fait  attribuer  au  protocUorure 
précipité  une  énergie  beaucoup  plus  grande  que  celle  du 
mercure  doux  sublimé ,  peut  p  être  fondée  que  sur  la 
confusion  presque  constante  qui  a  existé  entre  les  deux 
espèces  Ae  précipité  blanc ,  ou  sur  une  préparation  dé- 
fectueuse du  protocblorure.  L'expérience  médicale  inter-* 
rogéa  de  nouveau  pourra  seule  décider  la  question. 

NOTE 

Sur  une  substance  cristalline  recueillie  dans  une  huile 
essentielle  de  citron  qui  était  restée  long-temps  expo^ 
sée  au  contact  de  l'air.  Par  M.  Boisseaot  ,  pharnia^ 
^ien  à  Châlons-sur-Saône  ,  et  ancien  préparateur  dU 
cours  de  chimie  du  Collège  de  France. 

Dans  la  note  que  nous  avons  publiée ,  M.  Persoz  et 
moi ,  sur  une  matière  cristalline  particulière  retirée 
d'une  huile  essentielle  de  térébenthine ,  qui  était  restée 
long-temps  exposée  au  contact  de  Tair ,  nous  annoncions 
que  nous  comptions  poursuivre  nos  recherches  et  dé* 
terminer  s'il  ne  se  produirait  pas  des  matières  analogues 
dans  d'autres  huiles  essentielles  placées  dans  les  même» 
circonstances  ;  c'est  le  résultat  de  quelques-unes  des  nour 
Telles  expériences  que  j'ai  tentées  à  ce  sujet ,  que  je  vais 
avoir  l'honneur  de  communiquer  à  la  Société.  J'ose  es* 

{)érer  qu'elle  voudra  bien  les  accueillir  avec  sa  bifsnveil* 
ance  ordinaire. 

De  l'huile  essentielle  de  citron  d'une  odeur  franche  ^ 
d'une  saveur  suave ,  et  présentant  tous  les  caractères 
d'une  huile  essentielle  parfaitement  pure ,  a  été  aban* 
donnée  au  contact  de  l'air  pendant  l'espace  de  deux  an»* 
nées ,  à  la  température  uniiorme  et  moyenne  d'une  cave. 
Elle  était  placée  dans  un  flacon  bouché  seulement  d'un 
liège  qu'on  avait  le  soin  d'enlever  de  temps  à  autre  pour 
renouveler  l'air. 

Au  bout  d'un  an  environ ,  on  remarquait  à  la  partit 


DS   LA    SOCIETE    BS    PHABMACIC.  SnS 

inférieure  du  bouthon  une  réunion  de  petits  cristaux 
transparens;  mai$  leur  quantité  était  tellement  faible  ^ 
qu'il  me  Alt  impossible  de  les  recueillir. 

Au  bout  d'une  seconde  année  d'exposition  à  l'air  ^ 
l'huile  essentielle  de  citron  était  devenue  plus  épaisâe  : 
s6n  odeur  n'était  plus  la  même ,  et  sa  saveur  ^  d'abord 
strave  était  devenue  acre  et  piquante  ;  une  partie  fut 
soumise  à  la  distillation.  Pendant  toute  la  durée  de  l'o*^ 
pétation ,  et  surtout  vers  la  fin ,  il  se  produisit  un  liquide 
aqueux^  acide,  à  la  sur£sice  duquel  venait  se  rassembler 
une  huile  essentielle  également  {^ide  et  de  couleur  om-^ 
brée.  Il  resta  dans  la  cornue  une  espèce  de  matière 
réskieuse- 

Le  liquida  aqueux ,  saturé  par  la  potasse,  fournit  par 
révaporati(m  un  sel  déliquescent  doué  de  toutes  les 
propriétés  qui  caractérisent  l'acétate  de  potasse  ^  et 
<lont  l'acide  «ulfurique  dégageait  des  vapeuts  faciles 
à  reconnaître  pour  des  vapeurs  d  acide  acétique ,  quoi-* 
que  «on  odeur  fût  accompagnée  d'une  odeur  particu-^ 
lière«  £n  même  temps  le  liquide  prenait  une  teinte  rou*». 

{|[eàtre>  ainsi  que  cela  avait  eu  lieu  avec  le  produit  de 
à  distillation  de  l'huile  essentielle  de  térébenthine. 
Exposé  4  une  température  de  7  à  S""  au  -  dessous  de 
zéro,  ce  liquide  aqueux  laissa  déposer  au  bout  de  quel* 
ques  jours  des  cristaux  qui  furent  séparés  par  décanta-^ 
tion.  Ces  cristaux,  semblables  en  apparence  à  ceux  qu'on 
avait  primitivement  observés  à  la  base  du  bouchon,  étaient 
parfaitement  incolores  >,  transparens ,  brillans  ,  et  m'ont 

}>aru  présenter  la  forme  de  prismes.  Leur  odeur  était 
aible  ,  mais  leur  saveur  était  acre  et  piquante. 

Soumis  à  l'action  de  la  cbaleur,  ils  se  sont  fondus  entre 
le  43''  et  le  45"*  centigrades,  et  se  sont  volatilisés  à  une 
température  supérieure  à  celle  de  l'eau  bouillante  ;  en 
disposant  l'opération  de  manière  à  recueillir  les  vapeurs, 
elles  venaient  se  condenser  dans  le  récipient  sous  forme 
de  gouttelettes ,  et  pat  un  entier  refroidissement ,  se  pre- 
naient eu  masse  cristalline  composée  de  cristaux  ai- 
guillés. 

Projetés  sur  des  chatbons  ardens  ,  ils  se  sont  volatili- 


3q6  ISUiïLETlN    DES    T^RAVAUX 

ses  sans  s'eB£bmmer.  Proiietés  dans  ua  creuset  rouge: 
<{ue  Ton  recouvrait  d'une  cloclie ,  ils  se  sont  décomposes . 
en  partie ,  et  la  partie  non  décomposée  est  venue  s'at- , 
tacher  aux  parois  de  la  cloche^. 

L'eau  froide  ne  parait  pas  les  dissoudre  ;  l'eau  bouil- 
lant^^ au  contraire ,  les   dissout  en  si  grande  propqr- . 
tion],  que  la  solution  se  prend  en  masse  par  le  reifraidis-*. 
sèment.  ^ 

L alcool,  Téther,  même  à  froid,  les  dissolvent  aussi 
avec  facilité  ;  et  ces  dissolutions  alcooliques  et  étbérées, . 
de  même  que  la  dissolution  aqueuse,  ne  manifestent 
aucun  signe  d'alcalinité  ou  d'acidité  aux  réactifs  colorçs. 

Mis  en  contact  avec  l'acide  nitrique  concentré,  ces. 
mêmes  cristaux  se  dissolvent  à  la  température  ordin^if  e 
sans   paraître    éprouver   d'altération.     £in  élevant    la. 
température ,  ils  se  décomposent  en  produisant  d'abon- 
dantes vapeurs  rutilantes,  sans  toutefois  qu'il  se  foF^e< 
d'acide  oxalique. 

L'acide  sulfurique  les  dissout  instantanément  en  se* 
colorant  en  rouge  ,  et  il  se  dégage  alors  une  odeur  arOf^v 
matique  particulière  ;  la  dissolution  sulfurique  se  trouble. 

Ïar  l'addition  de  l'eau,  et  il  s'en  sépare  une  matière, 
lanche  résinoïde,  infusible  à  la  température  de  Teau: 
bouillante  ,  insoluble  dans  l'eau  et  dans  l'acide  <bydro-; 
cblorique.  » 

L'acide  hydrocblorique  en  opère  également  la  disso- 
lution à  froid  ,  avec  cela  de  singulier  que  la  dissolution» 
se  trouble  par  Taction  d^une  cnaleur  inférieure  à  celle' 
de  Teau  bouillante,  pour  devenir  transparente  en  se 
refroidissant. 

L'acide  acétique  dissout  facilement  aussi  ces  cristaux, 
tandis  que  les  dissolutions  de  potasse  de  soude,  d'ammo- 
niaque ne  paraissent  les  dissoudre  qu'à  raison  de  l'eau- 
qu'elles  contiennent. 

L'iiuile  essentielle  de  citron  pure  n'a  pas  d'action  sur' 
eux;  ce  qui  prouve  qu'ils  se  forment  en  même  temps  que' 
l'acide  acétique  dans  celles  de  ces  huiles  qu'on  abandonne 
au  contact  de  l'air ,  et  qu'ils  ne  peuvent  rester  dissousi 
qu'à  là  faveur  de  cet  acide  acétique  qui  les  accompagne. 


DE    hA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  3l'J 

La  portion  d^huile  volatile  acide  provenant  de  la  distil* 
lation  a  été  soumise  à  des  lavages  répétés ,  dans  le  but 
d'enlever  Tacide,  mais  on  n'a  pu  le  séparer  complète- 
ment ,  et  Ton  a  été  obligé ,  pour  y  parvenir ,  de  la  trai- 
ter d'abord  par  Talcool ,  puis  de  précipiter  par  l'eau  la 
dissolution  aqueuse.  La  portion  d'huile  privée  d'acide 
était  d'un  jaune  d'ambre ,  d'une  odeur  aromatique ,  de 
saveur  acre  et  piquante.  Les  eaux  de  lavage  ayant  été 
réunies  et  évaporées  à  la  température  de  3&à  4q''9  elle» 
ont  fourni  des  cristaux  semblables  à  ceux  précédemment 
décrits.  ^    , 

Pour  reconnaître  si  cette  matière  cristalline  était  bien 
réellement  le  résultat  de  l'action  de  Fair ,  et  non  pas  celui 
de  la  chaleur  sur  l'huile  volatile  de  citron ,  j^'ai  exposé 
de  nouveau  à  l'action  de  l'air  de  l'huile  volatile  de  la 
distillation  parfaitement  privée  d'acide.  Au  bout  de  trois 
mois ,  elle  est  devenue  épaisse ,  acide  ;  et  après  l'avoir 
traitée  par  l'alcool  et  l'eau ,  comme  il  est  dit  ci-*desaas  , 
elle  a  fourni  des  cristaux  semblables  à  ceux  que  nous 
venons  d'examinée 

L'essence  de  cédrat  ^  l'essence  de  bergamotte ,  placées 
dans  les  mêmes  circonstances  que  l'huile  essentielle  de  ci- 
tron ,  donnent  naissance  à  des  matières  cristallines  \  dont 
les  propriétés  sont  semblables.  Plusieurs  autres  huiles 
m'ont  également  fourni  des  matières  analogues ,  mais  <tt- 
vera^ment  fusibles  et  splubles  ;  de  sorte  que  je  crois,  pou- 
voir annoncer  que  la  plupart  des  huiles  volatiles  sont 
dans  le  même  cas  ,  c'est-à-dire  produisent ,  par  suite  de 
leur  exposition  au  contact  de  l'air,  de  l'acide  acétique 
et  des  matières  cristallines  analogues  y  quoique  leur  fu- 
sibilité et  leur  solubilité  différentes  ne  permettent  pas 
de  considérer  ces  matières  comme  étant  parfaitement 
identiques. 


\/ 


3^8  BOLIrETIN    DES   TRATÀUX 


Procédé  pour  obtenir  les  chlorures  ifolatils , 

par  M.  QUESNEVILLE    fîls. 

Plusieurs  corps  métalliques  nouveaux  Tieunent  d*étre 
^obtenus  par  M,  WoUer,  et  ron  s'empresse  de  répéter 
les  expériences  de  cet  habile  chimiste ,  curieux  que  Ton 
est  de  voir  des  métaux  dont  l'existence  annoncée  depuis 
long-temps  n'avait  pas  encore  été  mise  en  évidence. 

Pressé  par  la  niéme  turiosité ,  et  désirant  ^  d'un  autre 
c6té  )  satisfaire  à  quelques  demandes  qui  nous  on4;  été 
laites  de  ces  singulières  substances ,  j'en  ai  préparé. 

Ainsi  que  l'auteur  l'a  indiqué ,  je  me  suis  servi  de 
tnbes  de  porcelaine;  mais  la  petite  quantité  de  produits 
qu'on  obtient  chaque  fois ,  l'obstruction  presque  Conti- 
nuelle de  ces  tubes ,  leur  fracture  trfis-fréquente ,  sont 
iiutant  d'inconvénietis  qui  rendent  l'opération  peu  com- 
mode ,  longue  9  puisqu'il  faut  recommencer  plusieurs 
fois  )  conséquemment  coûteuse ,  et  par  là  peu  i^scep- 
tible  d'être  admise  dans  Une  fabrication  en  grand. 

J'ai  du  chercher  un  procédé  expéditif  et  plus  sûr  ;  voici 
<;elui  auquel  je  me  suis  arrêté ,  et  qui  me  pai'aft  cfirir  ce 
double  avantage. 

Je  remplace  le  tubfe  de  porcelaine  par  une  cornue 
de  grès  lestée,  à  laquelle  je  pratique  une  ouverture  à  la 
voûte.  C'est  par  cette  espèce  de  tubulure  que  je. fais 
arriver  le  chlore  sec  au  moyen  d'un  tube  de  porcelaine 
qui  plonge  au  fond  de  la  cornue  ;  à  son  col  s  adapte  un 
ballon  à  quatre  tubulures  semblable  à  celui  adopté  par 
M.  Henry  61s  ^  pour  obtenir  le  mercure  doux  à  la  va- 
peur; celle  de  ces  tubulures  qui  se  trouve^dans  la  di- 
rection du  çol  de  la  cornue  sert  à  passer  une  tige  de 
fer  enveloppée  de  corde  d  amiante ,  pour  en  déboucher 


j 


•'       r. 


• 


I 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  SjQ 

le  col  lorsqu'il  meûace  de  s'engorger.  La  tubulare  inré- 
rieure  plonge  dans  un  flacon  entouré  de  g  ace  duquel  part 
un  tube  qui  va  plonger  dans  de  la  chaux  pour  absorber 
f  excès  de  chlore  ;  enfin  la  tubulure  supérieure  sert  à 
dégorger  Torifice  inférieur  du  ballon  qui  plonge  dans  le 
flacon  lorsqu'il  est  engorgé  par  l'abondance  du  chlo- 
rure. Cet  appareil  ,  dont  je  me  suis  servi  plusieurs  fois 
avec  un  égal  succès ,  me  permet  de  préparer  autant  de 
chlorure  que  je  veux  :  car  tout  dépend  du  choix  de  la 
cornue,  que  Ton  prend  plus  ou  moins  grande ,  selon  la 
quantité  qu'on  désire  obtenir. 

Lorsque  les' chlorures  que  l'on  prépare  sont  liquides, 
l'opération  devient  encore  plus  facile ,  car  ne  craignant 
point  d'engorgement ,  on  peut ,  sans  danger ,  abandonner 
l'opération  à  elle-même  ;  le  ballon  devient  même  inutile, 
et  l'on  peut  le  remplacer  si  l'on  veut  par  une  simple 
allonge  courbe  qui  plonge  dans  un  flacon  entouré  de 
glace. 

J'ai  préparé  dans  le  même  appareil  les  chlorures  d'a- 
luminium ,  de  zirconium  ,  de  glucinium ,  de  silicium, 
d'arsenic ,  de  titane  et  de  phosphore.  On  peut  obtenir 
de  même  tous  ceux  qui  sont  volatils. 


EXTRAIT  DU  RAPPORT 

Fait  à  la  Société  de  pharmacie  sur  une  note  de  M.  Ques- 
v^nxAxJils  ,  relativ^e  à  lapréparation  de  quelifues  chlo^» 
rures  uolatiU  »  par  MM.  Serullas  et  Busst. 

La   préparation   des  ddorures  offre  plus  qu'aucun 

autre -^enre  ^e   produits  chimiques    une   très -grande 

variété  dans  les  procédés.   Quelques-uns  se  préparent 

en  combinant  directement  le  chlore  avec  lès  métaux, 

XV .  Jnnée.  —  Juin  1 829,  23 


t 

1 


33o  BULLKTIW    DES    TRATAUX 

inais  c'est  la  plu«  petite  partie:  d  autres,  et  c'est  le 
plus  grand  nombre,  peuvent  être  préparés  en  traitant 
par  r.icide  bydrochlorique  les  oxides  ou  les  carbonotefi 
métalliques ,  et  faisant  ensuite  dessécher  ou  quelquefois 
|Stnvplement  cristalliser  le  produit.  Tels  sont  les  chlorures 
.  de  barium ,  de  patassiuin ,  etc.  ;  ce  procédé  n*est  pas 
à  beaucoup  près  applicable  à  tous  les  oxides  métal^ 
liques  ;  il  en  est  plusieurs  qui .  bien  que  susceptibles  de 
se  combiner  avec  Tacidc  bydrochlorique ,  ne  peuvent 
point  être  transformés  en  chlorure  par  la  dessication. 
Tels  sont  particulièrement  les  oxides  que  M.  Thénard 
range  dans  sa  première  section ,  savoir  :  Talumine ,  la 
glucide ,  ryttria  et  la  magnésie. 

Ces  oxides,  en  eflet ,  se  dissolvent  bien  dans  l'acide 
bydrochlorique;  mais,  lorsque  par  Tévaporation  on  ré- 
duit kl  dissolution  à  un  certain  état  de  concentration  ,  unq 
portion  de  l'eau  se  décompose ,  d'où  résulte  de  l'acide  by- 
drochlorique qui  se  dégage,  et  l'oxide  se  régénère.  La, 
jnéme  chose  arrive  lorsque  l'on  prend  les  chlorures  secs 
des  métaux  appartenant  à  cette  section  ,  et  qu'après  les 
avoir  dissous  dans  l'eau,  on  cherche  à  évaporer  la  disso-; 
lution  à  siccité  ;  Ton  reproduit  aussi ,  dans  ce  cas  ,  dc^ 
l'acide  bydrochlorique  et  l'oxide  métallique. 

Le  meilleur  moyen  que  Ion  ait  jusqu'à  présent,  pour 
obtenir  les  chlorures  de  ce  genre ,  est  celui  qui  a  été  em- 
ployé par  M.  OErstedt  pour  le  chlorure  de  silicium, 
qui  consiste  à  faire  un  mélange  très-intime  de  charbon 
et  de  l'oxide  de  la  substance  dont  on  veut  obtenir  le  chlo- 
rure; à  calciner  fortement  le  mélange,  et  le  soumettre 
à  Faction  d'un  courant  de  chlore  daps  un  tube  de  porce- 
laine chauffé  au  rouge  ;  il  se  produit  alors  du  gaz  oxide 
jle  carbone  qui  &e.  dégage  avec  l'excès  de  chlore,  et  le 
chloruré. est  reçu  dans  un  récipient  approprié  que  l'on: 
a  soin  de  tenir  à  une  température  d'autant  plus'  basse 
que  le  chlorure  obtenu  est  plus  vobtiL        ;   .    , 


(  ■'■ 


DE    LA^  SOCliri    DE    PHAKM'ACIE.         53l 

Ce  même  procédé  fui  employé  plut  tard  paf  M.  Duihai 
pour  la  préparation  des  chlorures  ds  titane  et  de  bove; 
Dans  les  derniers  temps,  M.  Wolber  l'a  appliqué  à  Ja 
préparation  du  chlorure  d'aluminium,  et  d:ans  YOtre 
séance  du  16  août  182S,  l'un  de  vos  commissaires  eut 
llioBneur  de  vous  présenter  du  chlorure  dé  glucinium 
obteïiu  par  ce  procédé  ;  depuis  ,  M.  Wplber  a  aussi  pré-» 
paré  du  eWorure  de  gluciniiim  et  du  chlorure  d  y tlriûm 
j^ar  ce  moyen.  * 

•Pour Tendre  complet  ITiistorique  du  procédé  qili  noua 
occupe,  nous  devons  ajouter  que,  dès  1-81 T,  MM;  Thénard 
et  Gay-Lusisac  lavaient  sinon  pratiqué,  du  moins  décria 
d'une  manière  extrêmement  précise  dans*  'leurs  belleâ 
Recherches  sur  le  GWote  ;  et  prévu  les  propriétés  des 
produits  qui  devaient  eh  ï^ésulter.  On  lit  en  efi'et,page  143 
de  leurs  jRetoherches  physico-chimiques ,  :\près  "bi  prépa-^ 
ration  du  chlorure  de  magnésium  par  la  voie  sèche. 

«  Il  est' probable  que  plusieurs  des  autres  terres,  et  sut- 
»  tout  ]a'glu(;ine ,  I  alumine  et  Fyttria  pourraient ,  comnie' 
»  la  magnésie ,  décomposer  le  gaz  acide  muriatiqiie  oxi-* 
»  gêné  a  une  haute  température,  et  on  peut  assurer 
»  que  si  cette  déeompositioa  a  lieu ,  les  muriates  qui  «n* 
»  résulteront  résisteront  à  l*  action  du  plus  grand  Jeu, 
9  encore  bien  que ,  par  un  peu  d'eau ,  ils  soient  décorrh* 
»  posés  au-dessous  du  rouge  cerise^  on  pourrait  faciliter 
»  cette  décomposition  en  mêlant  la  base  ai^ec  un  peu  de 
1»  charbon,  alors  on pan^iendrait peut-être  à  combiner  la. 
j»  silice  elle-même  a^ec  l'acide  muriatique.  » 

La  disposition  d  appareil  adoptée  jusqu'à  ce  jour  pour 
la  préparation  des  chlorures  volatiles ,  consiste  essentiel*^ 
lement,  comme  nous  venons  de  le  dire,  dans  un  tube  de 
porcelaine  contenant  le  mélange  sur  lequel  on  veut  agir , 
élevé  à  une  température  rouge  :  cet  appareil  est  sans 
doutie  suffisant  tant  qu'il  ne  s'agit  que  de  préparer  dé 
petites  quantités  de  chlorures   ou  de  tenir  exactement 


33^  BULLETINS    DES   TRAVA.UX 

» 

compte  des  divers  produits  qUi  se  forment  pendaijit  la 
réaption  des  substances  que  l'on  met  en  contact  ;  mais , 
dès  qu'on  a  l'intention  d'obtenir  des  quantités  de  pro^ 
duit  un  peu  considérables ,  on  s'aperçoit  facilement  des 
inconvéniens  qu'il  présente  ;  tant  par  la  petite  quantité  de 
mélange  sur  laquelle  on  est  forcé  d'opérer  que  par  l'im- 
possibilité de  cbaufier  le  tube  sur  toute  son  étendue ,  et 
par  la  difficulté  d'empécber  qu'il  ne  s'obstrue  dans  l'extré* 
mité  où  vient  se  condenser  le  chlorure;  ce  qui  arrive 
particulièrement  pour  les  chlorures  d'aluminium ,  de-gh^ 
cinium ,  d'yttrium ,  qui ,  bien  que  volatils ,  se  solidifient 
néanmoins  à  une  température  assez  élevée  saxu.  i^asser 
par  l'état  liquider 

,  C'est  pour  obvier  à  ces  inconvàaiens  que  M.  Quefne* 
ville  fils  a  imaginé  le  procédé  qui  a  été  soumis  à  lioira 
çxamen  (1).  Nous  pensons  que  la  modification  qu'il  pré- 
sente peut  être  utile  surtout  pour  la  prépan^tion  des 
chlorures  liquidas,  tels  que  ceux  de  titane  et  de  sili- 
cium^ et  nous  avons  l'honneur  de  proposer  à  la  Société 
de  l'insérer  dans  son  Bulletin, 


%»<»»%%»»<WA»%%»^v^vt»»%»w%%%^»»^<v%<»%%»%»»(%.%\%»iii»»4<w**wii^»^%»ftw»»»^^»»i»<^< 


Articles  extraits  des  Ajxhi\/es  de  la  société  des  pharma^ 

.    maçiens  de   l'Allemagne   septentripnàle   {  y*oL  xvni^ 

cah.  2;   1829)  \p^V  M*  Vallçt.  ^  . 

Messieurs, 

Lf.s  articles  empruntés  aux  Annates  de  Physique  et 
de  Chimie,  par  J.-C.  PoGOXin>OHF  (vol.  x  ),  .sont  ceux  qui 
m'ont  offert  le  plus  d'intérêt.  Je  vais  faire  connaître  le$ 
principaux.  .    * 

V.  Préparation  duprotoxide  de  chroma ^  par  TVohler^ 


(1)  Veyes-plus  haut. 


DE  lia   SOQIÉTB  DIE     PHAKfttftCIE^  533 

Lé  prdtoiid^  de  chrome ,  que  )  on  prépare  ardinaireinent 
en  aécompoaant  par  la  chaleur  le  cfaromaie  deproloitide 
-de  mercure ,  peut  aussi  s'ohtenir^  de  même  que  Toxide 
-de  molybdène  ,  par  la  décomposition  du  chromate  d'am-^ 
moniaque.  On  expose  à  la  chaleur  rouge ,  dans  un  creuset 
couvert,  parties  égales  de  éhromate  acide  de  potasse  et 
de  sel  ammoniac,  et  un  peu  moins  de  carbonate  de 
potasse  ou  de  soude ,  jusqu'à  ce  qu'il  ne  se  dégage  plus 
de  vapeur  de  sel  ammoniac.  Après  le  refroidissement , 
on  lave  la  masse  avec  de  l'eau,  et  on  obtient  pour  résida 
Toxide  vert. 

2<^.  Jiéduotidn  du  sélénium  contenu  dans  l'acide  sélé- 
nique  ^  par  le  professeur  Fischer  de  Breslau.  ISon-seule^ 
ment  le  zinc ,  mais  tous  les  métaux  depuis  le  zinc  jusou'à 
l'aident,  et  y  compris  ce  dernier  ,  réduisent  l'acide,  selé- 
nique.  L'argent  surtout  peut  être  recommandé  pour 
démontrer  la  présence  du  sélénium  dans  l'acide  sulfu- 
rique.  On  peut,  au  moyen  de  ce  réactif,  reconnaître  jus- 
qu à  ioôoo  d'acide  sélénique.  L*argent  se  colore  de  même 
u'avec  l'hydrogène  sulfuré  ,  et  au  bout  de  quelque  temps 

se  sépare  de  petites  paillettes  de  seleniure  d'argent« 

S*".  Augmentation  de  la  solubilité  du  deutochlorure 
de  mercure  dans  l'alcool  et  l'éther  au  moyen  du  camphre, 
par  Karts.  A  la  température  ordinaire,  4  parties  detber 
dissolvent  1  partie  dé  sublimé  ;  si  on  ajouté  4  parties 
de  camphre ,  elles  en  dissolvent  2  ;  si  on  en  ajoute  8 , 
elle$  en  dissolvent  4  ;  si  on  en  ajmite  1 6 ,  elles  en  dissol- 
vent 8.  3  parties  d'alcool  dissolvent ,  à  la  température 
ordinaire ,  1  partie  de  sublimé  ;  4  parties  d'alcool ,  avec 
addition  de  4  parties  de  camphre,  en  dissolvent  4;  la 
même  quantité  d'alcool,  avec  8  parties  de  camphre,  en 
dissout  8.  On  peut  faire  dissoudre  à  chaud  16  partie&  de 
sublimé  dans  4  parties  d'alcool,  à  l'aide  de  16 parties 
de  camphre;  mais  la  liqueur  dépose  par  le  reiroidis- 
sèment.  ^ 

4^.  Action  de  l'ammoniaque  caUstiqu49  su^  certaines 
huiles  essentielles^  par  Kaks.  L'ammdutaqUe  liquide 
concentrée  transforme  prpmptement  l'huile  essentielle 
de  girofle  en  une  masse  cristalline  asseis  consistante.  Pi^ 


î 


334        RULLETin  DES  TBAYAUX 

l'évaporation  de  rammoniaque  ^  la  masse  redevient  fiaidLei, 
et  l'huile  recouvre  ses  propriétés..  Xt'hniie  essentielle  de 
caonelle  ne  change  pas  aussi  vite  par  1  addition  de  l'anlo- 
moniaque,  elle  ne  fait  que  s'épaissir  ;  mais  elle  ne  rede^ 
vient  plus  fluide ,  lors  même  qu  on  Texpose  dans  un  lieu 
chaude  Elle  semble  être  entrée  en  combinaison  intime 
avec lammoni^que. LihuUe essentielle d^amandes  amères^ 
non  pjrivée  d'acide  prûssique,  ne.  devient  d'abord. que 
plus  épaisse  quand  on  y  ajouté  de  l'ammoniaque  ;  mais  lo 
4:omposé  acquiert  à  la  longue  une  dureté  telle  qu  on  peut 
le  réduire  en  poudre. 

5^^  Sur  le-  brome,  pur  Hérmstadt..  Ce  chim^te  an- 
nonce l'existence  du  brome  dans  les  éponges.  Il  s'y  trouve 
à  l'état  d'hydrohFomate  de  chaux, 

JV,  B^  MM,  Wohler  et  Kind  ont  découvert  la  mé^e 
substance  dans  les  eaux  de  la  mer  Baltique. 

Sur    le   suif,  par  M.    Funke  ,  pharmacien   à    Linz  \ 

(fr'o/.  xxvn,  1828,  p.   299). 

Painni  tous  les  moya^is  proposés  pour  durcir  le  suif  eil 
été,  remploi  de  l'alun,  et  le  mode  de  blanchiment  dans 
des  lieux  ombragés  et  humides ,  méritent  sans  contredit 
la  préférence.  Néanmoins ,  par  l'addition  d'une  petite 
quantité  de  sulfate  de  zinc,  ou  mieux  encore  d'acétate  de 

Slomb  ,on  parvient  aussi  à  empêcher  les  chandelles  de  se 
éformer  durant  les  chaleurs,  et  en  outre  à  les  faire 
brûler  un  peu  plu&long-^temps  sans  qu'elles  qoulent* 
...  •    »       ■  * 

Mt>yen  d'enlei^er  les  taches  de  graisse  sur  le  papier  im^ 
primé  ou  écrit,  par  M,  Rotgeri,  pharmacien  à  Ritt-^ 
bergy  (  v^oL  xxvn,  p.  298 ,  1828). 

La  substance^  que  ce  pharmacien  emploie  est  de  la 
terre  bolaire  blanche  (argile  blanche  obtenue  en  poudré 
fine  par  le  moyen  de  la  dilution).  Il  met  sur  les  deux 
càtésde  la  tache  une  couche  de  cette  terre  de  l'épaisseur 
d'une  lame  de  céuteau  ;  il  place  par-dessùs  une  feuille  de 
|>apier,  puis  il  soumet  le  tout  à  la  presse.  Au  bout  d^ 


I>£    LA   SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.         335 

vingt-quatre- heures  ,  il  retire  h.  terre ,  ea  r^met  de  nou- 
velle ,  et  soumet  de  nouveau  à  la  presse. 

\^ction   des  rayons  solaires  sur  le  sulfate  de  quinine  ; 
'    note  communiquée  à  M.  "B^ajuhes  par  un  de  ses  amis  y 
uoL  xxwiij  jp.  335,  1829). 

'  Deux  flacons  contenant  quatre  onces  de  sulfate  de  qui- 
nine pur  et  bien  bouchés ,  furent  laissés  par  hasard  sur 
une  fenêtre  exposée  au  nord-est ,  et  où  le  soleil  donnait 
le  matin,  d'une  demi-heure  à  une  heure.  Au  bout  de 
jsix  à  sept  semaines  ,  on  trouva  coloré  en  brun  le  sel  qui 
touchait  la  paroi  des  vases  exposée  au  soleil.  A  côté , 
tnais  dans  les  endroits  garantis  par  le  châssis  de  la  fe- 
nêtre ,  il  n'était  pas  du  tout  coloré. 

Préparation  du  principe  gélatineux  du  lichen ,  par, 
M,  Xi^fi  y  pharmacien  à  Zerbstj  {v^oL  xxYm,jp.  335, 
1829). 

Faites  bouillir  le  lichen  dans  de  Teau  à  deux  ou  trois 
ireprises  différentes,  jusqu'à  ce  qu'il  soit  entièrement 
épuisé,  sans  toutefois  exprimer  le  résidu.  Passez  les 
liqueurs  à  travers  une  étamine,  et  faites  rapprocher 
aussitôt  à  grand  feu ,  jusqu'à  ce  qu  elles  vous  donnent  en 

£oids  le  quintuple  de  la  quantité  de  lichen  employé, 
aissez  refroidir  un  peu  le  produit  de  l'évaporation ,  mais 
tie  manière  à  ce  qu'il  ne  se  prenne  pas  en  gelée  ;  versez- 
le  dans  un  vase  de  terre  profond ,  et  «ijoutez-y ,  en  re- 
muant promptement ,  une  quantité  égale  d'esprit-de-vin 
contenant  80  pour  100  d'alcool  absolu.  Couvrez  le  mé- 
lange, et  laissez  refroidir.  Alors  passez  à  travers  une 
toile.  Si  la  colature  précipite  encore  un  peu  par  l'esprit-- 
de-vin,  ajoutez-en  de  nouveau,  et  repassez.  Sur  là  toile 
reste  une  matière  élastique  dé  consistance  de  bouillie.  ^On 
la  soumet  légèrement  à  la  presse  pour  la  priver  du  liquide 
qu'elle  peut  retenir  encore ,  et ,  après  l'avoir  divisée  en 
plusieurs  morceaux  ,  on  la  fait  sécher  à  une  douce  cha- 
leur. Sa  dessication  >exige  à   peine    quelques   heures. 


336     BULLETIN  DES  TBAVAUX,  ETC. 

Dans  cet  état ,  eile  est  cornée ,  transparente  ;  elle  se  dis* 
sout  parfaitement  dans  Teau  bouillante ,  n'offre  pas  la 
moindre,  amertume ,  et  représente  en  poids  1«5  4  àa 
lichen  sec.  Une  partie  de  cette  sorte  de  gélatine ,  pulvé- 
risée et  traitée  par  dix  parties  d'eau  bouillante,  donne  , 
même  en  été ,  une  belle  gelée  qui  prend  vite  :  il  faut  tou- 
tefois y  ajouter  un  peu  de  sirop.  Le  pharmacien  épargne, 
par  l'emploi  de  cette  substance ,  beaucoup  de  peines  et 


presque  totalité  de  Tesprit-de-vin.  Ce  liquida 
n'a  point  de  mauvais  goût.  Faites  évaporer  jusqu'à  siccité 
le  résidu  aqueux  de  la  distillation,  et  réduisez  en  poudre  ; 
il  fait  le  huitième  du  lichen  employé ,  et  en  a  tout  le  goût 
et  toute  l'amertume. 

La  distillation  de  l'esprit-de-vin ,  et  levaporation  du 
liquide  amer,  doivent  se  faire  de  suite,  parce  que  le  prin- 
cipe amer  du  lichen  disparait  en  quelques  jours  quand 
cm  le  laisse  en  solution  dans  un:  liquide  spiritueux.  Par  ce 
procédé ,  on  isole  les  principes  amer  et  nutritif  du  lichen. 
Ainsi  préparés,  ils  se  conservent  tcèsrbien,  et  on  peut 
les  employer  séparément ,  ou  bien  ensemble ,  dans  les 
proportions  que  l'on  juge  convenables. 

Noie  sur  les  sangsues  ,  par  M.  Joseph  Konig  ,  étudiant 
en  pharmacie  à  Eupen^  (  i^o/.  xxvni ,  j?.  343  ,  1829). 

On  sait  que  les  sangsues  peuvent,  en  hiver,  geler 
avec  l'eau  qui  les  contient ,  et  dégeler  avec  elle  sans 
qu'elles  en  souffrent.  Un  fait  peut*étre  moins  connu,  c'est 
qu'elles  peuvent  se  conserver  long-temps  dans  de  la  terre 
encore  assea  sèche.  L'auteur  de  cette  note  dit  avoir  trouvé 
durant  Véié  plusieurs  centaines  de  sangsues  dans  quel-» 

Sues  tas  de  vase  que  l'on  avait  retirée  ^  au  printemps , 
'un  étang.  Cette  vase  était  presque, sèdie. 


PARIS. IMPRIliERIE   DE   FAIN ,   RUJB    RACINE ^  l»"*»    4, 

PLACE  DB  L*(M>l£oil. 


-♦ 


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I  #./  tmtre,e  *M*rùr. 


JOURNAL 

DE  PHARMAGIE 


ET 


DES  SCIENCES,  iyCG]e§SQaES 


«*  r^     "     '.»-•■     •  . 


If. 


ft  9    •    -^ 


i5\  Aw[tée.  TTjr  Jwï-LE?.  iSiag. 


^^ 


NOTE 

4£^ps  ^nl\G[uid;p  ç,§t,  sans  contredit,  celvii  ^ui  aété  ipdiqué 
pour  ila  prçmi^re  fois  par  M.  Balard  de  Moptpelîier,'  et 
<JW  PWsiM?  ^  WPÎPÎ-er  a  la  ^is  lamidon ^  l'acide  sulfu- 
riq^g  ft  la  ^i^^ç^utipjQ  de  chlore;  mais  jusc^u'à  présçnt ^ 
pe^sçilî^^ç.,  gqie  jç  si^çhe,  na  cherché  à  «déterminer  ^ueUe 
peut  être  la  sensibilité  de  ces  trois  réactifs  pj^r  rapport 
à  l^y^qo^^ç  ^e  pçtass^e-  Çi^e  détcrmin^i^on  eist  xxè;^nl 
n^oins  jfpf  t  çujrieuse  sou^  le  point  ^e  vue  scientifique ,  (;t 
^€  jr^tt^çi^Ç  ^ir-çctçjnçnt  a,  Vanaïjse  chimicjue.  Il  est  vr^. 
que  Thomson  (1)  rapporte  que  M.  Stromeyer,  professeur 


^    t 


{<}  SystcoM  .dé  6himM;  tonii.  i,  pag*  231.  tcadoit  p»  Biffaiat. 
1818. 


XV*.  Annét.  —  Jvàllet  1829. 


24 


338  JOUKNAL 

» 

de  chimie  à  GottiDgue ,  a  trouvé  que  l'amidon  est  un  àe% 
réactifs  les  plus  sensibles  pour  découvrir   la  présence 
de  Tiode  dans  les  liquides,  et  que  le  même    chimiste 
assure   que  dans  un  liquide  qui   ne  contiendrait  quW 
quatre  cent  cinquante  millième  d'iode ,  l'amidon  acquiert 
une  teinture  bleue  qu'on  peut  apercevoir.  Mais  Thomson 
n'indique  pascommentM.  Stromeyer  a  employé  l'amidon, 
et  à  coup  sûr,  il  n'aura  pas  fait  usage  de  la  dissolution  de 
'    chlore ,  car  le  mémoire  de  M.  Balard ,  publié  dans  les 
Annales  de  chimie  et  de  physique ,  est  bien  postérieur 
à  la  publication  de  Thomson. 

Je  ne  décrirai  pas  toutes  les  expériences  particulières 
que  j'ai  faites  pour  parvenir  à  l'évaluation  que  je  m'étais 
proposée  en  traitant ,  cette  année-ci ,  ce  sujet  dans  mon 
cours  de  chimie  minérale ,  et  je  me  bornerai  à  citer  quel- 
ques observations  et  le  résultât  final  auquel  je  suis 
parvenu. 

Quand  la  quantité  d'hydriodate  de  potasse  contenue 
dans  l'eau  est  extrêmement  petite ,  on  ne  peut  plus  aper- 
cevoir de  zone  bleue  au  point  de  contact  en  versant  la 
dissolution  saturée  de  chlore  dans  le  mélange  de  l'eau 
minérale  de  l'amidon  et  de  l'acide  sulfurique  (1),  et  dans 
ce  cas ,  la  meilleure  méthode  à  suivre  est  d'agiter  vive- 
ment le  tout  et  abandonner  la    liqueur  à  elle-même 
pendant  quelque  temps  ;  on  voit  alors  que   l'amidon  a 
pris  une  teinte  violacée  très-marquée,  et  d'autant  plus 
véritable ,    que  l'expérience   a   duré   plus  long-temps , 
et  que  la  quantité  d'iode  contenue  dans  le  liquide  est 
plus  grande. 

J'ai  fait  à  10®  cent,  une  dissolution  d'hydriodate  de  po* 
tilsse  avec  une  partie  de  ce  sel  et  deux  parties  d'eau  dis- 
tillée; j'ai  versé  dans  quatorze  litres  d'eau'de  fontaine  une 


(4)  Voyes  le  Mémoire  de  M.  Balard ,  Anuaks  de  chixnie  et  di»  pkf- 
ilqne,  tom.  XXYIII,  page  17$. 


DE    PHikRMÀCIE.  339 

^uite  de  la  dissolution  saline  du  poids  de  Ogr.,  0455  (1)', 
j'ai  ajouté  2  grammes  d'amidon ,  et  de  lacide  sulfurique 
en  quantité  convenable ,  pour  que  la  liqueur  fût  légère- 
ment acidulée*,  j'ai  agité  vivement  le  mélange,  puis  j'ai 
versé  (  à  la  manière  ordinaire),  8  gouttes  d'une  ^dissolu- 
tion saturée  de  chlore,  et  agitant  vivement  le  tout;  une 
seconde  fois ,  j'ai  abandonné .  Texpérience  à  elle-même  :. 
aubout  de  quatorze  heures ,  lamidoq  s'était  réuni  au  fond 
du  vase,  et  avait  acquis  une  légère  teinte  violacée  ;  j'ai 
agité  de  nouveau ,  et  après  vingt-quatre  heures ,  la  cour 
leur  était  très-marquée,  et  ne  pouvait  plus  laisser  le 
Qip^ndre,  doute. 

Si  Ton  pousse  plus  loin  les  recherchés  sur  des  quan- 
tités d'hydriodate  plus  petites  par  rapport  au  liquide  em- 
ployé ,  il  faut  un  temps  trop  considérable ,  et  dès  lors 
la  couleur  n'est  plus  bien  tranchée. 

D'après  les  données  ci-dessus  ,  il  résulte  que  la  goutte 
de  dissolution  d'hydriodate  pesait  0  gr. ,  0455  ;  et  comme 
les  deux  tiers  étaient  de  l'eau ,  il  n'y  avait  que  Ogr. ,  1 51 7 
d'hydriodate  réel  qui ,  d'après  sa  composition ,  contient 
seulement  0  gr. ,  01 104  d'acide  hydriodique ,  et  ce  dernier 
0  gr. ,  01095 ,  ou  Ogr. ,  011  d'iode  effectif.  Cette  quantité 
minime,  comparée  aux  quatorze  litres  d'eau  employée  , 
qui ,  en  eau  distillée ,  pèsent  1 4,000  grammes ,  repré- 
sente le  7777^77,  ou  soit  les  0,0000008.  Or,  comme  une 

eau  minérale  quelconque  pèse  plus  que  l'eau  distillée  , 

* 

<1)  J'ai  fait  cette  estimation  dans  une  balance  d'essais  extrêmement 
sensible ,  que  possède  TËcole  des  Mines  de  Madrid ,  pareille  à  celles 
de  rilôtel  des  Monnaies  de  Paris.  Pour  avoir,  dans  ces  expériences, 
des  gouttes  d'un  poids  constant,  j'ai  fait  usage  d'un  tube  effilé,  et 
l'on  conçoit  que  tant  que  la  disposition  de  la  pointe  sera  la  même, 
les  gouttes  que  l'on  obtiendra,  seront  toutes  identiques,  pourvu  que 
le  tube  soit  également  plein  de  liquide  chaque  fois ,  et  en  variant  le 
•grosseur  de  la  pointe  effilée,  ou  eu  ayant  différens  tubes  effilés,  ou 
anra  des  gouttes  plus  ou  moins  grandes ,  à  volonté. 

24. 


54^  jaUBNAL 

âéi^è',  pétir  le  tkèinè  imeqifâiitité d'iode quiiife  Mm ^me 
ïéë  d)0OOÛOO»  du  poids  du  liquide  employé. 
'  6i  Tm  <;Mipar6  eètte  ifoontité  aTec  ceHe  déti^nnÎMe 
pAt  M.  StfE)meje# ,  un  toit  qu'elle  est  presque  troi»  fpi^ 
ftti^i  éOflsidéi'àble ,  et  que  ^  par  eosséquent^  l'acide  ftutfu^ 
rique  et  1«  eldore  efliployés  HmaUanément  y  forment  wn 
ti$ttiV  presque  troiâ  foi»  austi  éuergiqtte  q|ie  Taeide  mU 
lâriqtre  seul  poiàr  décompoeer  Fliyéciodate  de  potage  et 
oMltre  l'iode  à  iaLtt(1)« 

MÉMOIRE 
5Kr  V acide  pectiquè  et  là  f'ààinà  dt  eàf6ttf$^. 

ï^ôùr  côfinattre  aveie  quelque  «^étiittide  l'6ri^»e  et  kr 
nature  de  Taddè  pectiquè ,  acide  étudié  et  uolumé  par 
M.  ^{^èônnot,  6n  a  fait  lanalye  de  la  racine  de  carotte 


'    ^)  Pli^nemrs  procédés  ont  été  donnés  poar  reconnaître  de  petite» 
quantités  dlodè  dans  les  liquides. 

.  Oa  Biél«  l*AinîdoB  dans  an  flacon  avec  la  liqueur  qui ,  pour  séparer 
riode  d'une  combinaison  quelconque,  est  aigaisée  avec  de  l'acide  ni- 
trique ;  puis  on  bouche  et  on  abandonne  le  mélange  à  lui-même,  L'a- 
midon se  colore  peu  à  pçu.  On  peut  découvrir  ainsi  Tiode  ^as 
liqueur  qui  n'en  contient  que  yjo^oêr  (  Stromejrtr.) 

On  mêle  le  liquide  dans  un  flacon  avec  de  Tacicle  nitrique;  oa 
pend,  à  la  surface  de  la  liqueur,  un  papier  humide  saupoudré  d'amidon, 
après  quoi  on  bouche  le  flacon  et  on  le  laisse  pendant  quelques  lieaM»; 
si  la  liqueur  renferme  dellode,  le  papier  devient  bleu.  On  peat  re- 
connaître ainsi  rsâhum  d'iode  ;  et  ici  la  coloration  ne  peut  être  *pve«^ittle 
que  par  l'iode.  Par  exemple ,  quand  on  examine  certaiiiéii  esMt  m^N» 


DE   BHilRMAilIE.  34< 

\pA  contient  wie  proportioii  ftscce  cattsi^^fal^lt  ii£  tt% 
acide.  M.  BouilIon-la-^Grange  -a  ^à  public  nm  «tmaî  toft 
fes  propriétés  médicales  et  t'analyse  des. carotte^  noug^s, 
et  M.  Lanfp^r  a  ki  «oe  note  4  la  SoetéHé  iphijOMatiqMf 
wr  ies  tiaBstformatiofts  q^i'^rouve  le  eue  de  ce^te  cacine» 

Le  suc  de  carottes  a  tme  odeur  particulière  ijiii  lut  est 
propre  ;  sa  saveur  est  douceâtre  ;  il  «st  po«r  aioai  4h% 
opaque  ;  on  lie  parvient  que  difficileÉoeRt  à  !l'ée}^ir«ir  par 
là  BItratiôn.  Il  rougit  faiMement  le  papier  d<e  ioumesoi* 
TI  précipite  a'bondamment  par  l'acétate  de  ploml»  ;  ie  pré* 
cipvté  recueilli ,  et  traité  par  l'hydrogène  sulfuré ,  a  dosur* 
né  de  l'acide  malique.  Les  matières  fixes  eont«a«ies  danc 
le  suc  de  carottes ,  sont  la  cfaaux  et  la  pt)tas$e  combinées 
avec  3es  acides  ptiosphorique  et  hjdrocUorique. 

{je  suc  de  carotte  se  clarifie  par  la  cbaleur,  il  «e  sépare 
des  flacons  albi^mipeux  d'une  couleur  jaune  et  d'une  od«ur 
très  -  prononcée  ;  ces  flocons  traités  par  l'alcool  à  40* , 
jet  Jes  colatures  évaporées ,  on  a  obtenu  deux  produits 
distincts;  P.  un  corps  gras  résinoïde,  2®.  des  criataux 
aiguillés  ayant  tous  les  caractères  de  la  mannite.  M.  'Lau* 
gier.a  annoncé  que  la  mannite  ne  se  trouvait  dans  la  racine 
dé  carottes  que  par  suite  de  Taltération  de  ce  suc;  le  bit 
précédent  parait  ne  pas  s'accorder  avec  cette  remarque  ; 
cependant  Y  comme  dans  toutes  les  opérations  on  n'a  pas 
toujours. obtenu  de  mannite  cristallisée,  on  peut  croire  que 
les  iracines  dont  Jle  suc  en  a  fourni  immédiatement  avaient 


àe  iiondiB,  iraçlde  nHiiqpe  .pMcif  ite  jipràs  gqelqn^  ^teniD^  ,4v  bl^pd^ 
JPiyn^e^,  q^i ,  .9^  jnêlifitnt  à.l'aiiiidon,  .P^ut  induire  en  errenr.  ifiçiup,) 

Quand  on  recherche  llode  dans  un  mélange  de  chlorure  et  dHo* 
dure,  il  faut  éviter  de  transformer  Tiode  «n  iieide.clilocoiodHiiie/q^i 
ae  cdlere  pas  IVunidon.  D^ns  ce>€i»8, 4i|i;diswut  l'amidofi  f^^s^WP/^V 
4^cld£  iGiiulf crique  ^tendu^et  bpnUUpt;  Qn  mêle  la  dissolution  avec  la 
liqueur  qpe  Vop.  veut  essayer,  çt  on  y  ajoute  quelques  gouttes  de 
chlore  dissons ,  et  on  remue  le  mëlange.  Si  h  liqMur  «tait  j|K>p  éten** 
^M /le  Mâiân  poorva-fitoê  insensible.  Jj^.  , 


34l  JOURNAL 

subi  déjà  quelque  altération  :  on  a  opéré  sur  des  racine^ 
conservées  depuis  six  mois. 

Le  corps  gras  résinoïde  parait  évidemment  composé  de 
plusieurs  principes  immédiats  qu'une  analyse  exacte  pour- 
rait isoler;  il  est  d'une  belle  couleur  jaune  rougeàtre,  d'une 
consistance  moUe,  sa  saveur  et  son  odeurrappellent  exacte- 
ment celles  de  la  carotte  ;  il  paraît  que  cette  substance  est 
le  principe  de  la  couleur  et  de  la  saveur  particulière  de 
cette  raciiie.  Les  corps  gras ,  l'alcool^  dissolvent  très-bien 
cette  matière,  l'éther  est  son  meilleur  dissolvant,  quoi- 
qu'elle soit  insoluble  dans  l'eau ,  elle  est  tenue  en  suspen- 
sion à  l'aide  de  l'albumine ,  de  la  gomme  et  du  sucre. 

Les  flocons  albumineux ,  épuisés  par  l'alcool  et  l'éther, 
ont  tous  les  caractères  de  l'albumine  végétale  coagulée. 

Le  suc,  éclairci  par  l'ébullition ,  étant  filtré,  évaporé  et 
traité  en  consistance  sirupeuse  par  l'alcool  à  40^,  il  se 
forme  un  précipité  insoluble  dans  l'alcool  rectifié  qu*ôn 
peut  prendre  pour  une  masse  gommeuse  ;  l'alcool  étant 
évaporé ,  il  laisse  une  matière  d'une  saveur  sucrée  qui  n'est 
pas  cristallisée.  Cette  matière  sucrée  étant  délayée  dans 
de  l'eau  sous  l'influence  de  la  levure  de  bière  et  d'une 
cbialeur  convenable  y  a  éprouvé  une  fermentation  alcoo- 
lique bien  manifeste. 

Il .  était  curieux  de  s'assurer  quel  genre  d'altération 
éprouverait  le  principe  sucré,  éloigné  de  l'influence  de  la 
matière  gommeuse^  et  sans  addition  de  ferment.  On  a  for« 
mé  une  solution  ayant  la  densité  naturelle  du  suc  ;  aban- 
donné à  lui-même ,  ce  liquide  parut ,  durant  les  premiers 
jours ,  ne  pas  subir  d'altération  ;  mais  après  huit  jours  il 
s'établit  une  fermentation  alcoolique ,  il  se  manifesta  un 
précipité  de  matière  floconneuse,  et  la  quantité  d'alcool 
formé  fut  très-sensible  ;  le  résidu  évaporé  n'avait  plus  de 
saveur  sucrée  et  ne  donna  aucun  indice  de  niannite.  On 
verra  que  le  sijc  de  carottes  donne  des  résultats  bien  dif- 
férens.  La  partie  du  suc  qui  a  refusé  de  se  dissoudre 


DE    PHARMACIE.  343 

«Uns  l'alcool  peut  facilement  être  dissoute  dans  l'éau.  On 
pourrait  croire,  d'après  ce  caractère,  que  ce  principe  n'est 
qu'une  Yariété  de  gomme  ;  mais  l'expérience  force  d'aban- 
donner cette  opinion.  .  .    ^ 

En  effet ,  si  l'on  traite  ce  résidu  insoluble  dans  l'alcool 
à  40^  par  de  l'alcool  à  25^ ,  ce  -véhicule  exerce  sur  lui  une 
action  dissolvante  ;  il  en  sépare  la  partie  la  plus  colorée 
qui  est  encore  sensiblement  sucrée  ;  si,  sur  la  partie  inso- 
luble dans  l'alcool  à  25^,  ou  fait  agir  successivement  de 
l'alcool  de  plus  en  plus  faible,  on  obtient  un  précipité  blanc 
assez  abondaM,  qui  est  alors  tout-à-fait  insoluble  dans 
l'eau  pure  même  à  l'aide  de  la  chaleur.  Les  alcalis ,  les 
acides  en  solution  affaiblie  dissolvent  cette  matière  en  for- 
mant des  solutions  gélatineuses  ;  brûlée  en  vase  clos  elle 
ne  clonne  pas  d'ammoniaque ,  et  répand  des  vapeurs  pi- 
quantes ,  affectant  les  organes  comme  les  vapeurs  de  la 
gomme  qui  brûle. 

La  propriété  la  plus  remarquable  de  cette  matière,  c'est 
d'être  tenue  en  dissolution  à  l'aide  du  principe  sucré ,  et 
dé  le  retenir  assez  fortement  lors  de  la  précipitation  par 
l'alcool  à  40°  pour  ne  point  le  laisser  dissoudre  par  ce 
véhicule. 

Cette  matière  peut  encore  être  séparée  du  suc  de  ca- 
rottes mais  avec  une  toute  autre  apparence.  Si  on  aban- 
donne à  lui-même  le  suc  de  carottes  privé  de  son  albu- 
mine ,  après  quelques  jours  il  répand  une  légère  odeur  de 
vinaigre  et  prend  une.  consistance  à  peu  près  semblable 
à  celle  du  blanc  d'œuf.  Arrivé  à  cette  période  d'altération 
il  est  alors  dans  un  état  d'indifiérence  de  décomposition 
fort  remarquable.  On  a  conservé  ce  suc  pendant  plus  de 
trois  mois ,  exposé  à  tous  les  changements  de  tempéra- 
ture, et  ses  caractères  physiques  n'ont  pas  sensiblement 
changé  ,  la  proportion  d'acide  acétique  développé. ne  pa- 
rut pas  s'accroître.  Cet  état  passif,  le  changement  du 
sucre  en  mannite  parait  dû  à  la  présence  de  cette  matière 


^évpè  Mdté^  '<^  ^  !fép9irë'lor5-^e  i'akéra'ficm,  iâonâè-an  me 
ifei/côÉi^i^Wiicè  filfinte-,  6a  tpeut  riàcrikr  bcMcoop  «feu 
en  précipitant  ce  suc  altéré  par  Falcool.  Ia  màniiîte^cri^ 
wHite  ^r  l'éVà|p6rft(!ibn  ée  Valcod^,  «et  ceUtie  matièkv  f^Wéci-- 
^ê&,  ëttËit  ^rifiéë  ^tfr  des  iaVkgës ,  a  tdûs  k^  earactlAreB 
'dhi^tqties  h1%  <^)he  ifu'on  'a  dbtemiè  en  tsmplojpàntie  mbc 

Uttè  'afhé^[*sition  'semblabfe  à  celîe  qùW  Viebt  «de  décrilie 
'3'dk^ërVib  èairs  fplùstetirs  'Kquiâ^s  Convainques  qtfi  ^vieil-' 
âëhtlilklt/f^  ;'eette  pfroSpriété  pourrait 'hien^'^i«  dneqa^ 
')a  ^tèiftiSce  "cte  ce^e  Matière  îùisoluble  diseonte  -dans  te 
^'AtfcHpfe  sucn§.  On  ipourrait  'aldrb  otttribuer  à  cette  ^stili'*^ 
9tàïtee  un  t^le  impôrHant  'dans  fteB  «transfonkdtîobs  onga* 
Vicfdfô. 

^n'Cfxtr&itdes  racines  de  carottes  ^ne^prdportion  «très- 
faible  d'amidon  ;  quelques  eiEpériences  avàrebtrméinejparu 
'donner  Ags  Té^akats^négatife ,  mais' la  -qukÉitité  de.  ce:{frin- 
'ci^teçcfut-étre  variable,  suivant  la'Tacite'emplQyée; c'est 
Hitï  'rapprocbiement  :pbysiologique  'qui  -n'est  ipas  «ans  ifa- 
téfèt^qoecette'très^pétiteiproportiond'amidto.qtii^ratt 
suppléé  par  un  autre  principe  qui  a  avec  lui  quelques  cft- 
^'rtidtêr'és  îpWysiques^cominuns»,  'lucide  rpeeiit{ue  fpx'ék  va 
'indint^nferbt  esanttircr. 

ïîe^ifii^'de't^rottés  dont  <n)a'^ie trait  le '««ic  étant 'bien 
'}â>^é'à^r^âii'distillée, 'ne  doimeipliis^alo^s 'aucun 'Signe  d<a- 
^idilé  ;'lnaiÎB  «i  ,'Conime'Ie*feiit  M.  'Bradounot ,  oniraile^e 
intofc^Jïarurie'CHu;de  potasise  étéadue^%  Faide  ^ë  l'ébulM- 
fi6ii''On'<3Bt΀nt  une  soliition  gélatineuse  qui  précipite 
hbotidaknnient  par  rfaydrocblorate^dè  ch&iiX';  le  ^précipité 
«ctilçaipé  étant  bien4avé  et^traité  par  Fadide^hydrocblorique, 
'fiiible'én'cxcè»,  on  obtient  au 'mQyenMde'lavages  une.'gelée 
rfyâtft  totfô  les  ^caractères  de  l'acide  que;M.  Btaconuot^a 
'hohittfé'péotil[|ue.  Ctefooips^eât  instiluble4aBs4'isau  Croide, 
'^pirèMtue-insolubledans  FeàubomUante^^iasolubled^i» les 


DE   ^HAAMACIE.  ^4^ 

amdM  4iM9i  ibiAéral»  ^^  Yci|;ét'auK|  nktÂs  ill»«  ^Mout  très- 
inèndaiisleS'alcalM',  *q«i'iï*8ature«eiiMblenieBU 

L'-aèide  peeli^ue  obtenu  .par  ce  procédé  est  toujours  plus 

4m  «ioiliè  ebloi^ ,  pouren  obloâir  de  plir  pour  les  essais 

c)nimi|iie8,t««eiiopic^é -divers  ptooédéi;  v^^     celui  qui 

-réasMi  le  miéKx.  Si  lKi4îéli  de  pciéci{>iter  le  pectate  d^  p<^ 

taêse^i^tenu «par  Taeâon d'une ^utîoti  de  potasse eur te 

marc  de  caroiftes  )  parl^bjdr^ochlorate  de  chaux ,  on  le  pré* 

x;ipite  ^ar  l'hy  droeàloratede  èary  te^  on  obtient  un  peclate 

insoluble},  qtÀ  pré^é  enite  des  papiers  josepb  se  dessëcbe 

^vec  la  plus  grande  ^fadUté.  3i  on  traite  <x  pectate  par 

IWide  éulfuifirque  en  excès >èn  obtient  du  sfidiate  de  baryte 

et -de  l'acide  peôtique  qui  lui  l'esté  intiflciement  uni;  mais 

si  eh  (fait  bottillîlr  ce  précipité  avec  de  l^a  potasse  causti^ 

que^  il«e  forme  un  peotate  de  potasse  solubllS),  qu'on  peut 

M^éparer  par  'filtraiion  du  isnifate  «de  baryte.     . 

£^n  précipitant  par  l'acide  bydrecbloriqae  en  texoès,  et* 
en  lëraht  le  précipité ,  «on  <^iebt  4àinsi  l'acide  pectique 
iparfaitement  blanc  et  très-'pur.  « 

^oînme  i'adidc  peoiiquea  été  indiqué  pour  divers  usa- 

-geb/dt'C^ue  dans  lès /procédés  indiqués  l'eniiplôi  d'eau,pure, 

qui  était  indispensable  pour  ^leslaVage^  du  mlirc  ^  rendait 

«cette  opération  ^presque  iilipraèi($able>âillettrs  que  dans  un 

laboratoire,  on  a  cberdhéun  ihoyèn  qui;p4t  en  dispenses. 

'Le  ^procédé  siliVahiit  -doiftie  Jie  l'acide  pliiis  blanc  et  en 
aussi  grande  proportion  que  les  procédés^' connus.  On  lave 
•letaarcâe'eafotle&av^cde'reau  ordinaire  jusqu'à  ce  qu'xelle 
^soFèe  4inlpide.  On  >foPine< ensuite  une  bouillie  dlaire  avec 
de  marc  ^tde  Teaii  ddntenânt  dubi-oaifboïKite  dcipotasse, 
*5ipartii3s  pour  160  parties  de >mlsiFc.  On  'soumet  à  T'ébulU- 
'lion  le  temps'ordinairei,  on!pasee^t  on  obtient  unfe  liqueur 
tipès-^obargée  «de'piedfate'dje  ^pbtassed'où  on  peut  obtenir 
l^ncide  pectique  .pat^ks  moyens  «connus.  Si  On  ï^edierche 
fun  proôédélrès-éebnomictuév  on  pâlit  »ubstitU(Nr  aubi*.car- 
>boiHlteide{pola8iâe ,  le*  carbonate  de  soude ,  n'ajouter  rpour 


.1 


346  JOURNAL 

une  première  décoction  qu'une  proportion  faible  de  ce  sel, 
la  même  quantité  par  exemple  de  carbonate  cristallisé  qu'on 
a  indiqué  de  bi^carbonate,  on  obtient  un  pectate  très-con- 
centré »  qui  peut  fournir  immédiatement  de  Facide  pecti- 
que ,  ou  par  l'addition  d'un  acide  ou  d'un  autre  corps  préci- 
pitant. Pour  obtenir  la  quantité  totale  d'acide  pectique  on 
fait  de  nouvelles  décoctions  avec  des  quantités  successi-* 
vement  plus  grandes  de  carbonate  de  soude. 

L'acide  pectique ,  sous  l'influence  des  alcalis ,  éprouve 
des  cbangemens  fort  remarquables.  Si  on  ajoute  dans  de 
l'acide  pectique  gélatineux  un  excès  de  potasse  caustique 
et  qu'on  cbauflfe  doucement ,  le  mélange  se  liquéfie ,  noir- 
cit; en  faisant  évaporer  l'eau  par  une  chaleur  modérée, 
le  mélange  se  solidifie  et  prend  une  couleur  presque  blan- 
che ,  le  résidu  salin  se  dissout  dans  l'eau  avec  facilité  ;  si 
à  la  dissolution  on  ajoute  de  l'acide  nitrique  jusqu'à  ce 
qu'elle  devienne  très-légèrement  acide ,  on  ne  remarque 
aucune. précipitation  d'acide  pectique;  si  on  ajoute  du 
nitrate  d'argent ,  il  se  forme  un  précipité  abondant  d'une 
poudre  grenue  blanche,  et  qui,  exposée  à  l'air,  devient  un 
peu  rosée.  Ce  précipité  d'argent ,  traité  par  l'acide  hydro- 
chlorique,  donne  du  chlorure  d'argent ^  et  les  liqueurs  éva« 
porées  ont  fourni  des  cristaux  blancs,  transparents,  ayant 
tous  les  caractères  de  l'acide  oxalique. 

Des  expériences  à-peu-près  semblables  ont  été  faites 
avec  un  excès  de  chïmx. 

On  peut  admettre  deux  explications  de  cette  transfor- 
mation d'acide  pectique  en  acide  oxalique  sous  l'influence 
d'une  action  alcaline  assez  faible.  1^.  L'action  d'un  alcali 
peut  être  assimilée  à  celle  de  l'acide  nitrique  sur  le  même 
corps.  Il  produit  des  dérangements  dans  ses  éléments  et 
de  là  formation  du  composé  qui  parait  être  un  des  derniers 
dans  l'échelle  organique ,  l'acide  oxalique;  2**.  si  on  com^ 
pare  les  caractères  chimiques  des  acides  pectique  et  oxa- 
ique ,  on  y  trouvera  une  assez  grande  conformité  par 


DE      PHARMACIE.  34? 

rapport  à  l'insolubilité  des  sels.  On  pourrait  admettre  que 
Tacide  pectique  est  un  composé  d'acide  oxalique  et  d^une 
niatière  gélatineuse  qui  lui  est  intimement  associée ,  l'ac- 
tion de  la  potasse  se  bornerait  alors  à  détruire  cette  ma- 
tière gélatineuse,  et  à  se  combiner  avec  l'acide  oxalique 
qui  conserve  plus  de  fixité  en  s'ùnissant  avec  cet  alcali. 
Cette  opinion  réunit  peut-être  plus  de  probabilités  en  sa 
faveur ,  mais  elle  ne  sera  entièrement  vérifiée  que  lors 
qu'on  pourra  réussir  à  isoler  cette  matière  gélatineuse , 
et  à  former  de  l'acide  pectique  en  la  combinant  avec  l'acide 
oxalique. 

'  L'analyse  des  sels  contenus  dans  le  marc  de  carottes 
épuisé  par  la  potasse  ou  son  carbonate ,  a  donné  du  car- 
bonate de  chaux  et  du  phosphate  de  la  même  base. 
*  Le  marc  de  carottes  bien  lavé ,  n'offre  aucun  caractère 
d  acidité ,  l'acide  qu'on  extrait  possède  tous  ces  caractères 
et  il  ne  les  doit  pas  a  l'acide  hydrôchlorique  employé  pour 
sa  préparation ,  car  en  l'unissant  avec  la  potasse  on  ne 
découvre  aucune  trace  de  cet  acide  quand  il  est  bien  lavé. 
Si  ces  propriétés  acides  sont  dues  à  lacide  oxalique ,  il 
faut  que  ce  dernier  acide  existe  dans  les  carottes  combiné 
avec  une  base  quelconque,  et  que  la  présence  de  la  matière 
organique  avec  laquelle  il  forme  l'acide  pectique ,  favo- 
risesa  séparation  par  le  moyen  d'un  alcali ,  cette  opinion 
parait  assez  vraisemblable ,  si  on  remarque  que  les  carbo- 
nates saturés  j  qui  n'ont  qu'une  faible  action  alcaline ,  dé- 
gagent plus  facilement  Tacide  pectique  qu'un  alcali  caus- 
tique ,  et  si  on  fait  attention  qull  se  trouve  de  la  chaux 
dans  le  suc  exprimé. 

En  parlant  de  l'état  sous  lequel  l'acide  pectique  se  ren- 
contre dans  les  végétaux ,  je  saisis  cette  occasion  pour  ex- 
primer ici  les  vues  que  j'ai  souvent  développées  dans  mes 
cours  ,  et  dont  j'ai  parlé  brièvement  dans  quelques-uns 
de  mes  mémoires  sur  laformation  des  principes  imméditUs 
acides, 


J'ai  |»eadé  que  i^aa*  un  ^laDd^onânre  de  cas^  1^  Ûérer 
ioppement  des  .acides,  daas  les  yégétauY,  avait  pour 
cause  principale  la  présence  des  idcalis.  Ou  j  troure  en 
^efiet  presque  linr^oiirs  les  aiâdes  acnUcalisés  en  tout  ou  eu^ 
partie  par  «dtrers  alcalis  «ti^^ue  la  chaux ^  Ja  potasse  9  Ift 
soade ,  la  magnésie,  et  qud<{ue£»is  aussi  par  des  alcalis 
iviégéta«ix ,  let  jeae  sache  pas  quWait  encorje  trouvé  pos 
deraiers  à  nu  idans  le  règne  v;ég«etal. 

Celui  'des  akalis  «pii  jouie  le  plus  gnaad  jnôle  À  cet  égard,, 
^daos  la  végétatiofli,  «est  aasranémesit  la  c>bau9c,p«rce  qu'elle 
est  plus  généralement  répandue  et  plus  abondante  à  hi 
surface  de  ia  terre,  et  qia'eUe:a±tire  puîssammeat  les  acides- 
fl>est  vrai  qu  elle  n'.e»tre  pas  à  letatde  cbaïuxtdans  ler-i- 
gne  organique,  mais  bien  .à  l'état  de  carbonate,  qui. Siaw 
eKèn^enr  d'aotMNa'd^étèrcsur  les  végétaux,  conserve  ce^pen- 
dant^isFsesE^e  fotae  alcaiiside^  pour  déterminer  la  forma ticnpt 
des  acides  ^  ^et  particuliÀPement  »de  facide  OKa'lique.qu'<eU^ 
:préf  ère  k  tous  les  autres* 

'L'on  peut ,  'ainsi  que  je  lai  dit  ailleurs ,  expliquer  .par^ 
)&  l'effet  des  marnes  ca^lcaires  sur  la  végétation.  Immédiat 
tèment  après  son  introduction  •dons  les  ovganes  des/planteâ, 
9e  carbonarte  de  chaux  déterminé  le  (développement  tl'tifi 
ircide  qui  le  décompose  cft  met 'à  nu  son  acide  carboniqtte^ 
tequel,  à  laidedela  lumière,  tourne  au  profit  de  la  aialiure 
végétale.  De  là  on  peut  condlureque  les  imarnes^calcaicos 
remplissent  à  4a  fois  deux  fonctions  impoptanies,  isavflôr  ; 
la  division  du  sdl  et  lia  natrition  des  plantes. 

Résumé, 

Le  suc.de  laxarotte  contient , 
De'l'sflbumine  qui  .entraîne  avec  elle , 
Une  matière  ,grasse,  résineuse,  d'une  iialle  couleur 
jaune; 

Delà  mannitei 


DE     ItRAllAfrAGIE.  S^g. 

Vu  principe  sucré  très-difficilement  cristallisable  ; 

Uneimalière  organique  ÛDUsoluble  qui  est  tenue  en  dis- 
solution à  Taide  du  principe  sucré  ; 

De  l'acide  malique.  . 

Le  résidu  salin ,  provenant  de  la  décomposition  du  suc  r 
Q$t  formé  :  .  . 

De  chaux  et  de  potasse  combinées  avec  les  acides  phos- 
phorique ,  hydrochlorique ,  carbonique,  ce  dernier  résul- 
tant de  la  décomposition  d'un  acide  organique. 

Le  marc  épuisé  par  Teau  froide  contient  : 

De  la  fibre  végétale , 

De  Tacide  pectique ,  on  le  principe  dont  il  procède ,  en 
supposant  qu'il  n'y  soit  pas  tout  formé. 

Le  marc  épuisé  par  le  carbonate  de  potasse  étant 
brûlé,  le  résidu  salin  est  formé  de  phosphate  de  carbo^- 
nate  de  chaux. 

La  matière  sucrée ,  privée  du  principe  insoluble  qui  ««t 
dissous  à  sa  faveur ,  est  susceptible  de  fermentation  alcoo- 
lique ;  elle  perd  cette  propriété  sous  l'influence  de  ce  prin'- 
cipe ,  mais  elle  éprouve  la  transformation  en  maimite. 

L'acide  pectiqtie ,  chaufié  modérément  avec  nn  eateès 
de  potasse,  fournit  de  l'acide  oxalique. 

On  peut  employer  Feau  ordinaire  pour  les  lavages  èa 
marc  de  carottes  si  on  substitue  aux  alcalis  cauetiqu^ 
leurs  carbonates. 

On  obtient  ainsi  de  Tacide  avec  plus  de  facilité  et  dans 
un  plus  grand  état  de  pureté. 


Après  avcdr  comomniqué  ce  mémoire  à  l'Académie 
des  acieoces ,  M.  Yiiuquelia  a  £»it  observer  qu'il  avait 
été  secondé  dana  l'ejuio^Hçn  de  o#  tcavâil  par  M.  £lQU- 
chardat. 


35o  JOURN.At. 


4 

MÉMOIRE 

Sur  Vexistence  d'un  principe  propre  à  caractériser  le 
sang  de  l'homme  et  celui  des  diverses  espèces  d'ani'- 
maux  y  par  M.  Barruel. 

(Extrait.) 

.  Le  sang  a  été  l'objet  des  méditations  des  plus  anciens 
philosophes  y  les  importantes  fonctions  que  remplit  ce 
liquide,  et  les  changemens. qu'il  éprouve  dans  la  nutri- 
tion n'ont  point  cessé  d'occuper  les  physiologistes  ;  enfin 
les  chimistes  en  font  journellement  le  sujet  de  leurs  re- 
cherches. .  - 

r 

Considéré  sous  le  point  de  vue  légal,  la  détermination 
de  ce  principe  a. fait  le  sujet  de  travaux  intéressans  et  de 
controverses  très-curieuses.  Chacun  se  rappelle  les  dis- 
cussions élevées  par  M.  Raispail  sur  la  difficulté  de  re- 
connaître le  sang  dans  une  foule  de  circonstances.  On 
sait  que  ce  savant  prétendit  pouvoir  imiter  d'une  manière 
parfaite  ce  fluide,  au  moyen  de  mélanges  particuliers 
propres  à  produire ,  avec  les  réactifs ,  des  efiets  tout-à- 
îait  semblables,  ou  fort  analogues.  Cette  opinion  nous 
paraît  avoir  été  combattue  victorieusement  par  M.  le  doc- 
teur Orfila  { Journal  de  Chimie  médicale^  t.  iv  ) ,  et 
les  expériences  que  nous  avons  vu  répéter  par  M.  Bar- 
ruel sont  très-concluantes.  Le  mémoire  de  cet  habile 
chimiste ,  sur  le  sang ,  pourra  intéresser  beaucoup  nos 
lecteuts ,.  et  contribuer  peut-être-  un  jour  à  les  éclairer 
dans  les  recherches  dont  ils  se  trouveront  chargés.  C'est 
ce  qui  nous  a  engagés  à  leur  en  donner  un  extrait. 

Le  sang  est  divisé  en  sang  rouge  ou  artériel ,  et  en  sang 


DE    PHAIIBIAGIE.  35 1 

noir  ou  veineux.  Le  premier  noircit  en  quelques  heures , 
quand  il  est  complètement  privé  d'air  atmosphérique  ;  le 
second  rougit  en  peu  de  secondes  par  son  contact  immé- 
diat avec  le  gaz  oxigène  ou  avec  l'air  atmosphérique. 
L'hydrogène  carboné  et  le  gaz  oxide  de  carbone  ne  don- 
nent pas  au  sang  veineux  une  couleur  vermeille,  comme 
on  l'a  prétendu.  L'action  du  gaz  oxigène  sur  le  sang  noir 
m'a  présenté  un  phénomène  digne  de  .remarque  ,  et  qui 
mérite  bien  9  je  crois,  d  éveiller  l'attention  des  physiolo- 
gistes; c'est  que,  conservé  pendant  plusieurs  semaines, 
ce  liquide  jouit  encore  de  la  propriété  de  devenir  vermeil, 
alors  même  que  quelques-uns  de  ses  élémens,  et  spécia- 
lement la  fibrine  et  l'albumine , .  sont  déjà  soumis  aux  lois 
de  la  décomposition.  Il  semblerait  que  la  matière  colo- 
rante du  sang. sur  laquelle  loxigène  se  porte  de  préfé- 
rence ,  est  douée  d'une  grande  force  vitale  ^  qui  ne  s'éteint 
qu'après  la  mort  complète   de  tous  les  autres  principes 
immédiats  du  même  liquide. 

C'est  dans  cette  matière  colorante ,  soit  qu'elle  pro- 
vienne du  sang  artériel  ou  veineux,  que  réside  le  seul 
principe  qui  distingue  le  sang  de  tous  les  autres  fluides 
animaux;  car  la  propriété  de  se  coaguler  par  le  repos, 
<et  de  se  diviser  en  un  caillot  et  en  un  liquide ,  ne  lui  est 
pas  exclusive  ;  elle  appartient  également  au  chyle  :  comme 
aussi  la  propriété  de  se  solidifier  par  la  chaleur ,  par  l'al- 
cool ,  les  acides ,  lui  est  coïnmune  avec  les  diverses  espè- 
ces d'albumine. 

Les  procédés  indiqués  par  MM.  Yauquclinet  Braud, 
pour  avoir  cette  substance  pure ,  ne  réussissent  qu'impar- 
faitement; elle  retient  toujours  de  l'albumine.  Quant  au 
principe  colorant,  privé  ou  non  de  la  propriété  de  devenir 
vermeil  par  l'oxigène ,  la  chaleur  agit  sur  lui  de  la  même 
manière;  seulement,  dans  le  premier  cas,  étendu  d'eau, 
il  donne  une  liqueur  rouge  vineuse;  et,  dans  le  second, 
il  acquiert  une  teinte  vermeille;  desséché  à'  l'air,  il  a 


35a  i0i>RNAL 

perdtt  ta  faculté  d^ètro  modifié  ensuite  paB  ÏMiim  ào 
ûet  air^ 

G^eet  daBft  la  ttule  action  de  la  chal^uv  sar  la  ifialièrc^ 
colorante  du  sang"  que  v^ûde  le  TeritabW  çatadèM  dûb 
tincèif  de  ee  principe,  qui  es:t  toujoim accompagné c^alr 
bnimne. 

Les  expériences  d^  M.  Orfila  (  Joiêmml  d^  Çkimie  mér 
dicmte ,  t.  ly)  ont  fait  Toir  que  du  sang  d/ss^éolnéf  v^VM 
depuis  long-temps ,  mis  dans  l'eau ,  fournit  un  li<{nid^ 
rosé,  qui ,  exposé  à  la  cbale^ir,  se  tronl^lQ,  de^i^jt  4'ièP 
gris  sale,  opaque,  solu^le  dans  la  potasse  caustique  ;  o^Ke 
base  y  détermine  une  teinte  verte  vue  par  ré&exian ,  f>t 
brùn-rouçe  par  réfraction ,  tandis  qu  aucun  des  campoaés 
artificiels  d^albumine  colorée  par  la  garance  ou  par  d'aur 
très  substance^ ,  ne  se  comporte  de  la  mémbe  manière,  La 
liqueur  coagulée  ferme  un  magna  rougeâtre  dqnl  le 
lavage  enlève  facilement  la  matière  colorante,  et  la  ]:iq^euf 
devient  rosée. 

L'eau  diatiHée ,  mise  en  contact  avec  le  9»k^^  naturel 
desséché  et  le  sang  artificiel ,  dissout  la  matière  coloranto 
et  Valbumine ,  et  laisse  la  fibrine  intacte  sou^  îovm».  4f^ 
filamens  blancs  ;  ce  qui  n'a  pas  lieu  avec  le  second.  LW 
cide  bydrochlorique  pur  et  concentré  brunit  la  «tache  do 
sang ,  et  fait  une  teinte  jaupe  avec  F^i^tre  au  bout  de  ving^ 
à  vingt-cinq  minutes  de  contact. 

Tous  ces  caract^^s ,  et  d'autres  que  noua  ne  citoiiii 
pas ,  sont  sensibles  sur  le  sang  de  toutes  les  espèces  d'anin 
maux ,  et  se  reconnaissent  encore ,  sur  de  petites  quanti- 
tés de  ee  principe  desséché  à  Tair  depuis  plusieurs  années  ; 
mais  ils  ne  suffisent  pas  pour  prononcer  sur  la  nature  do 
telle  ou  telle  espèce  de  sang.  Déjà  les  savantes  rech^ichea 
microscopiques  de  MM.  Prévost  et  Dumas  ont  démontoé 
des  différences  dans  la  forn^e  et  la  dimension  des  ^nbulea 
du  sang  d'un  grand  nombre  d'animaux.  Ces  expémences 
remarquables  pourraient  peut-être  «ésoudre  en  parlio  la 


DE    PITAilM/ECIE.  '353 

fWtêlion  V  sir  le.  saB{^' /  deseéofaë  t)i{raît  eaoore  ces  ^lo))utes , 
et  fii  d'ailleurs  les  essais  «u  microscope  n'éUieilt  point 
^AOiiVSDt  propres  à  produire  des  ill usions  mensongères. 
.  M.  Barriiel  paraît   avoir   surmonté'  cette    difficulté, 
en  analysant  le  sang  d'une  personne  empoiscoDinée  par 
la  morphine,  il  fut  frnppé  de  Todeur  trè^-ijiteDse  de 
s^eur  dhomme  q;u'il  exhala  par  l'action  de  l'acide  ^ulfu- 
rique ,  et  se  rappela  alors  celle  de  bœuf  et  d'étable  ,  qu'il 
avait  remarquée  long-tempç  avant,  en  traitant  le  sang  de 
l>ceuf  par  le  même  ajgeat.  Il  entreprit  donc  alprs  de  nom- 
breuses   recherches    dont    les    résultats   l'amenèrenj:    à 
conclure  : 

.  «  P.  Que  le  sapjg  de  chaque  espèce  d'aninaal  contient   ^ 
M  un  principe  particulier  à  chacune  d'elles^ 

«  2°*  Que  ce  principe ,  qai  est  très-volatil,  a  upe  odeur 
w  semblable  à  celle  de  la  sueur  ou  de  lexhalation  cutanée 
»  et  pulmonaire  de  ^animal  d'où  le  sang  provient. 

»  0*".  Que  ce  principe  est  à  l'état  de  combinaiso:^  dans  1^ 
p  sang  9  et  n'est  pas  sensible  tant  que  cette  /combinaison 
»  existe. 

»  4".  Que  lorsqu'on  rompt  cette  combinaison  ,  le  prin- 
»  cipe odorant  se  volatilise.,  ?t  dès  lorgil  est  pon-seulesn^ent 
»  possible,  mais  assez  facile  de  reconnaître  l'animal  a uqueil 
»  il  appartient. 

p  S'î.  Qiaç  d«n$  chaque  espèce  d'animal,  le  -principe 
»  odorant  est  bien  plus  prononcé  dans  le  sang  du  mâle 
j»  .4|ue  dans  cdui  de  la  femelle. 

;»  fi^  Que  la  eombincfison  dé  ce  principe  odorant  est  à 
m  l'état  de  dissolution  dans  le  sang  ;  ce  qui  permet  de  le 
9  développer ,  soit  dans  le  saftg  entier,  soit  dans  le  sang 
ji  privé  de  fibrine  ,  «tc.<, 

»  7*.  Enfin  que ,  de  tous  les  moyens  employés  pour 

m  mettre   «n    liberté     ce    principe ,    Tacide     sulfurique 

»  cQncenfrç  est  celui  qui  réussit  le  mieux.  ïl  suffit ,  pour 

M  détenir  ces  j^ésultats,   de  verser  quelques  gouttes  de 

XV \  Année.— Juillet  \^')Q.  •  25 


354  JOUHNAL 

»  sang  ou  de  sa  sérosité  dans  un  verre ,  et  d'y  ajouter 
»  ensuite  un  léger  excès  d'acide  sulfurique  concentré, 
»  environ  le  tiers  ou  la  moitié  du  volume  du  sang; 
»  d'agiter  avec  un  tube  de  verre  :  immédiatement  le 
»  principe  odorant  se  manifeste. 

»  1^.  Celui  de  Tliomme  dégage  une  forte  odeur  de  sueur 
n  d'homme  ,  qu'il  est  impossible  de  confondre  avec  toute 
»  autre  ; 

»  2''.  Celui  de  la  femme,  une  odeur  analogue,  beau- 
»  coup  moins  forte ,  enfin  celle  de  la  sueur  de  femme  ; 

»  3*».  Celui  du  bœuf,  une  forte  odeur  de  bouverie  ou 
»  de  bouse  de  bœuf; 

»  4"".  Celui  de  cbeval,  une  forte  odeur  de  sueur  de 
»  cbeval  ou  de  crottin  ; 

»  5^.  Celui  de  brebis ,  une  vive  odeur  de  laine  impré- 
»  gnée  de  son  suin  ; 

»  6*".  Celui  de  mouton,  une  semblable,  mêlée  d'une 
»  forte  odeur  de  bouc  ; 

»  7*".  Celui  du  chien,  l'odeur  de  la  transpiration  du 
»  chien; 

»  8o.  Celui  du  porc ,  une  odeur  de  porcherie  ; 

n  9"*.  Celui  du  rat  répand  une  odeur  désagréable  de 
j»  rat.  » 

On  obtient  avec  le  sang  des  poules ,  des  canards ,  des 
pigeons ,  l'odeur  qui  caractérise  ces  différens  volatiles. 
^nin ,  le  sang  d'une  grenouille  et  celui  d  une  carpe  ont 
fourni  l'odeur ,  le  premier,  des  joncs  marécageux  ;  le  se- 
cond, de  la  matière  muqueuse  qui  revêt  les  poissons 
d'eau  douce.  Du  sang  desséché  depuis  quinze  jours  a 
présenté ,  par  l'acide  sulfurique ,  des  effets  semblables. 
M.  Barruel  ignore  si  après  un  laps  plus  grand  le  principe 
odorant  serait  encore  sensible  ;  il  engage  alors  messieurs 
les  juges  d'instruction  à  retarder  le  moins  possible  les 
expériences  que  doivent  faire  les  hommes  de  l'art  pour 


DE    >HABMAC1E*  355 

constater  la  nature  des  taches  de  sang  observées  sur  des 
vétemens  qu  sur  d'autres  corps» 

Il  termine  son  intéressant  mémoire  en  engageant  for- 
tement les  médecins  et  les  pharmaciens,  reqtds  si  sou-^ 
vent  en  pareille  circonstance ,  à  répéter  ses  expériences ,. 
et  à  faire  en  quelque  sorte  l'éducation  de  leur  odorat , 
pour  constater  d'abord  l'odeur  des  différentes  espèces  de 
sang;  et  principalement  pour  reconnaître  celui  de  la 
femme.  Ils  seront  alors  plus  à  même  de  rendre  à  la  ma- 
gistrature d'importans  services  dans  les  cas  de  suspicion 
d^homicide,  de  viol  vrai  ou  supposé  ;  et  surtout  dans  les 
cas  de  défloration  simulée  (1). 

M.  Barruel  promet  de  poursuivre  ce  travail  remarqua- 
ble ,  en  recherchant  la  nature  du  principe  odorant  du 
sang.  Lorsque  ses  expériences  auront  été  publiées , 
nous  nous'  empresserons  d'en  donner  connaissance  à  nos 
abonnés*  O.  H. 


(i)  On  ne  saurait  trop  applaudir  aux  efforts  de  M.  Barruel  pour  «daU 
rer  des  questions  aussi  difficiles  et  qu  il  importe  tant  pour  la  société 
de  voir  répandre  entièrement.  Cependant  malgré  Thabileté  bien  con» 
nue  de  ce  chimiste,  nous  ne  pouyons  nous  empêcher  d'aronër  que  cet 
résultats ,  si  curieux  pour  la  science ,  n'offrent  pas  peut-ét/e  encore  pour 
la  médecine  légale ,  toutes  les  certitudes  naturelles  et  eu  quelque  sorte 
palpables  qu'elle  exige  nécessairement.  La  délicatesse  du  sens  de  l'o- 
dorat est  trop  yariollle  chez  tous  les  individus  pour  que  le  moyen  pro- 
posé ne  prodjaise  pas  quelquefois  des  erreurs  plus  ou  moins  graves  en 
pareille  circonstance;  aussi  nous  engageons  forten^ent  po^  lecteurs  » 
avant  de  porter  led  moindres  jugements ,  à  expérimenter  de  nouveau 
avecle  plus  grand  soin ,  comme  l'indique  lui-même  l'auteur  du  mémoire, 
et  à  mettre  dans  leurs  décisions  toute  la  prudence  que  nécessitent  de 
semblables  matières.  O.  H*   > 


25. 


356  J  ou  UN:  AL 


Lettre  à  M*  le pm/èssmir  Pelletier ,  pat  l.-J.  Virêy  ,  sur 
rétjrmolpjgie  orientale  de  quelques  noms  de  substances 
médieamefiteuses, 

,    Mon  GHEa  ooiAfe«0£, 

Vous  m'avez  engagé  à  rechercher  rorigiûe  dtt.  moi 
napha  ou  naphe  sous  lequel  on  désigae  souvent  encore 
en  médecine  les  fleurs  d'oranger  et  Teau  distillée  qu'on 
en  retire.  Les  dispensaires  oix  codex,  et  presque  tous  les 
dictionnaires  de  médecine ,  se  contentent  de  rapporier  ce» 
xiomis  sans  explication  et  même  sans  en  indiquer  la  sources 
f>rimitive,  comme  si  c'était  ujae  sorte  d'urgot  convcau, 

De  pluS|  les  termes  naphte ,  narcaphte,  nard ,  eto^^ 
semblent  déceler  quelque  origine  analogue  ;  mais  bien 
qtre  ces  derniers  aient  été  grécisés ,  ou  se  trouvent  déjà 
àwks9  DiMeoride ,  et  le  nard  dans  Tbéopliraste,  on  ue 
jieùt  pas  douter  quils  ne  dérivent. des  langues  séiniti^ 
^ues  de  Tôrient,  et  surtout  de- l'Arabe.  A  Tépoquè  du 
BjiQy^n  âge  et  du  débordiethefat  dés  Sarrasins  dans  TEu- 
pdpe  âiièttal'é ,  on  sait  com)>ién  U  médecine  des  Axabes^ 
âiC(![uit  de  prépondérance,  et  notts  trantniit^'avcl;  plo^ 
sieurs  substances  médicûttietiteusès ,  des  tiiût's  qui  sont 
restés  Vulguites  en  chimie  et  en  médecine ,  comme  alcali, 
àléooî,  àlàmhic^  alcanna,  çUhandal,  etc. 

Quoique  fort  éloigné  d'occuper  mon  temps  à  de^  ihi- 
nutiea  afides  d'étjmôlogie ,  certains  termes  sont  pour- 
tant si  usités  qu'il  devient  honteux  de  rester  court  de- 
vant le  vulgaire  lorsqu'il  demande  pourquoi  Ion  prescrit 
aquam  naphœ ,  lorsqu'il  s'agit  de  calmer  les  nerfs  délicats 
dc^s  belles  vaporeuses  ou  des  hommes  qui  les  imitent. 

Or  y. n'étant  point  du  tout  And>e,  non  plus  que  beau- 


'    , 


DE      PDA  H  MAGIE.  35^ 

tK>up  de  Bos  confrères  ^  quoi  qu'on  due ,  jeeonfeé«e  Avo\t 
puisé  toute  mon  érudition  dans  les  Lexioon  6t  Hiesaufus 
de  Meninski,  Golius  ,  CaâtelH  ,  etc. 

Les  racines  nqftt  nef,  en  arabe ,  ainsi  que  ne/z^  nefez^ 
uefa^  y  4€&ig'Beat  une  lîoFoe  pénétrante ,  une  Activité  pins 
ou  moins  excitante  ;  car  nefs  est  Tinspiration  ,  l'esprit ,  la 
passiûn  ;  nif^  nifa^  ners ,  signifient  rappeler  là  vigueur , 
stimuler  et  ranimer-,  naji ^  nafiz ,  annoncent  un  objet 
aromatique,  vivifiant;  nafè,  désigne  le  musc;  nefh,  un 
parfum  pénétratit;  nûfych,  nafiget,  une  vapeur  irritante;- 
niifcih  ^  iH>e  odeur  fragrante^  nufuz  y  trains p erce  ;  jmfes  , 
est  uae  vive  aspiration  (1);  ne$a,  ne$en ,  ^;e^w^t  W- 
mswety  nis^ve,  désignent  d;es  composés  d'odeur  siiavA , 
mi  certains  électuairee  foriifianS)  comme  la  tfaériaques 
nèsaty  signifie  être  réjoui ,  récréé ,  restauré-,  ntfsuni ^ 
tiefscunlîk,  être  transporté  J)ar  des  parfuma  à  lamouf , 
^ùx  volupté^;  nufrat  est  Une  pastille  odorante  portée  en 
sacbet  pu  amulette  par  les  enfans ,  etc. 

Au  contraire,  netn  est  une  mauvaise  odgur  ;  /be^im^y 
«§ntir  mauvais;  nœft  est  le  pétrole;  nefl  OM  nyji  est  {^ 
Aaphte ,  et  nefat  (2).^  un  lieu  d'où  il  découle;  nefalœt^, 
Une  matière  qui  en  recèle  ;  car  au»si  les  termes ,  neffa  , 
neffu,  neffah y  désignent  des  cbôses  salutaires,  efficaces. 
ou  bienfaisantes  pour  la  santés  aussi,  le  naphte  es^t 
très-estimé  des  Orientaux  ilans. plusieurs  ipialadiçs.  J^.ç>. 
A-Uemands  nonifnenjt  aussi  napbte  letber. 

C'eist  sans  doute  de  la  même  source  qu'on  «do^it  dériv^er 
le. nom  nmtis ,  médecin,  de  nœts  y  savant  ou  habile  ',naetas^ 
«^ience ,  lnjaMteté,  génie  ;  nœtz^  force  et  vigouneu<se  con- 
stitution, etc. 

C'est  donc  d'après  l'idée  dès  ôdeiirà  et  de  leur  puissance 
pénétrante  que  sont  émanés  la  plupart  de  ces  termes  d'o-^ 

mnmi     M  fini     %     \ »      >  ■■■m  H  ■  'l'i    'Il  '       J   I  ■  1        '  |M    >  ■  ■  ■  I  ^     U's  ■  yiJ  J  .  ^''I^     <  >  "?    .'    >■        I'  ^    J 

■    (i)  Benijler  paraît  dëriver  dé  la  métope  soàrce. 
(2)  Le  terme  mèphitisme  n*aurait-îl  f  as  de  ranalôgie  arec  cette  origine. 


358  J  O  U  R  N  AX 

ri^9e  orjenialé.  D  ailleurs,  toute  la  méiiedine  de  ces  asia- 
tiques îest  parfumée  (1). 

Agréez ,  mon  cher  confrère ,  etc. 


ACADÉMIE  ROYALE  DE  MÉDECINE. 

SECTION    DE   PHARMACIE* 

Analyse  de  ses  travaux. 

Séance  du  iO  mai  1829.—  Une  lettre  de  M.  Poutet^ 
pharmacien  à  Marseille,  notre  correspondant,  contient 
plusieurs  observations.  Il  annonce  avoir  pu  très-bien 
embaumer  un  petit  épervier  à  Taide,  non  du  natron 
d'Égjpte ,  mais  du  natron  artificiel ,  où  de  nos  fabriques 
de  soude.  Ensuite  il  a  tenté  diverses  expériences  par  le 
chlorure  de  chaux,  mis  en  contact  avec  du  poisson  frais  ou 
salé,  haché  et  divisé;  en  ajoutant  un  peu  d'eau  pure;  il 
s*en  est  exhalé  une  très-forte  odeur  de  brome  si  insuppor- 
table et  causaint  des  nausées ,  qu'elle  a  incommodé  quel- 
ques personnes.  La  viande  fraîche  de  bœuf  ou  de 
mouton,  hachée  et  mêlée  à  Feau,  ne  dégage,  avec  le 
chlorure  de  chaux,  nulle  odeur  désagréable;  seulement 
celui-ci  décolore  le  sang  qui  entoure  la  fibre  musculaire. 
La  chair  du  poisson  corrompu  répand ,  par  le  méine  pro- 
cédé, une  vapeur  de  brome  encore  plus  fétide  que  le 
poisson  frais.  Les  algues  marines ,  les  coquillages ,  et  sur- 
tout les  éponges,  produisent  le  même  résultat.  M.  Poutet 
en  conclut  que  le  chlorure  de  chaux  ne  peut  désinfecter 
ni  enlever  l'odeur  chez  aucun  des  animaux  marins ,  comme 
il  le  fait  pour  les  matières  animales  terrestres  putréfiées^ 
Il  attribue  cette  différence  à  la  composition  particulière 
de  la  chair  de  poisson  ,  consistant ,  d  après  lui,  en  fibrine 


(t)  On  pourrait  dire  que  ces  peuples  virent  principalement  par  lé 
nez  ;  ils  ont  les  sinus  frontaux  très-développés  ;  l'Arabie  henrense  est 
fertile  en  parfums,  etc.  L^.  Sa^amite  dans  le  Canlfiç^oe  des  cap  tiques 
dit;  FulcUe  me Jloribus  ^uiot  atnore  langneo ,  etc. 


DE    PHARBtilClE.  SSq 

aeolée ,  en  ichtyocolle  et  en  brame.  Le  meilleur  moyen 
désinfectant  pour  le  poisson  et  les  paniers  où  Ton  en  dé- 
pose parait  à  M.  Poutet ,  être  une  simple  lessive  caus^ 
tique  avec  le  lavage  à  grande  eau. 

M.  Henry  père  dit ,  qu'en  employant  du  chlorure  de 
soude  pour  désinfecter  les  paniers  aux  poissons  de  la 
halle ,  il  a  très-bien  réussi ,  parce  que  d'ailleurs  il  existe 
toujours  de  la  soude  en  excès  dans  ces  chlorures. 

A  cette  occasion,  M.  Chevallier  cite  une  épizootie 
qui  régnait  sur  les  poules  à  Yaugirard,  et  qui  vient  d'être 
arrêtée  par  l'emploi  du  chlorure  de  chaux. 

L'ordre  du  jour  appelle  une  autre  observation  de 
M.  Chevallier  sur  l'extraction  de  l'ammoniaque  des  urines 
putréfiées;  il  a  pu  obtenir,  par  distillation,  jusqu'à  un 
quart  d'ammoniaque  liquide  de  ces  urines,  et  il  croit 
cette  exploitation  avantageuse.  Toutefois  cette  ammo- 
niaque est  faible. 

M.  Planche  annonce  qu'ayant  retiré ,  par  les  procédés 
ordinaires,  de  l'ammoniaque  d'un  muriate  ammoniacal 
du  commerce  très-blanc  et  qui  paraissait  pur  ;  cette  am- 
moniaque conservait  une  odeur  d'empyreume  ou  d'huile 
pyrogénée  très-notable ,  dont  il  est  difficile  de  la  débar- 
rasser. Cette  huile  pyrogénée  peut  passer  incolore  à  la 
distillation  et  rester  en  dissolution  dans  l'ammoniaque , 
suivant  les  remarques  de  quelques  chimistes  allemands, 
d'après  M.  Caventou.  M.  Chevallier  ajoute  que  l'acide 
sulfurique  noircit  le  seL  ammoniac  blanc ,  lorsque  celui-ci 
contient  de  l'huile  pyrogénée. 

Le  secrétaire  donne  lecture  d'une  note  de  M.  Chereau 
sur  la  fécule  de  pomme  de  terre  mêlée  ai^ec  les  farines. 
L"'auteur  observe  que  celles-ci  forment  avec  l'eau  un 
magma  adhérent  aux  vases,  qu'elles  absorbent  moins 
d^eau  et  fournissent  aussi  moins  de  pain  h  proportion , 
et  moins  de  gluten  que  les  farines  pures.  Pour  découvrir 
les  fraudes,  M.  Chereau  ayant  remarqué  que  de  la 
farine  pure  torréfiée  était  très-peu  solubfe  à  1  eau ,  tan- 
dis que  de  la  fécule  torréfiée  s'y  dissout  très-bien,  il  a 
employé  ce  moyen.  Ainsi  64  grammes  de  farine  pure 
mêlée  à  16  grammes  de  fécule  tut  grillée  jusqu'à  perdre 


36o  JOOft.NAL. 

1«  qu»rt  (le  $an  poiia.  Aéduite /<  60  grammè«.  et  roussie, 
elle  fut  délnyée  d^iDS  de  4'eaiii  froide.  L'aau  filtrée^  Il 
resta  48  j^rammes  de  ntatièi'e  desséchée .  sur  le  filtre* 
L'eau  évaporée  donna  1 1  graiùmes  7  disièmea  de  matière 
qui  était  la  fétule  soluble.  Od  obtient  aifisi  le  moyen 
approximatif  de  constater  la  proportion  de3  fécules  ^ 
mélangées  aux  farines.  M.  Henry  observe  qu«  c'est  par 
le  plus  ou  le  moins  de  cohésion  ded  farines  pressées 
dans  la  main,  que  les  meuniers  et  les  boulangers  recon- 
naissent celles  qui  sont  pures  ^  ou  au  contraire  mélangées, 
et  échauilées. 

M.  Chevallier  présente  des  épreuves  lithographiques 
qui  ont  été  obtenues  sur  du  marbre  ;  celui-ci ,  malgré  W 
grelin  apparent  de  sa  texture,  parait  susceptible  aétre 
employé  pour  la  lithographie. 

M.  Guibourt  appelle  l'attention  de  la  section  sur  un 
empoisonnement  des  chiens  avec  des  boulettes  que  la 
police  emploie  pour  se  défaire  de  ces  animaux  erranSi  II 
paraît  qu  elles  sont  composées  avec  de  la  noix  vomique.  tJn 
chien,  qui  en  avait  mangé  ,  éprouvait  des  contractions  te«- 
taniques  violentes.  M.  Guibourt  lui  fit  avaler,  par  force, de 
la  poudre  de  noix  de  galle  ;  aussitôt  les  convulsions  mus- 
culaires cessèrent,  mais  l'animal  auquel  on  donna  de 
llpècacuanha  ensuite  ne  put  pas  vomir.  On  lui  fit  prendre 
beaucoup  de  lait ,  et  le  lendemain  on  le  purgea  à  Taide 
de  la.maAoe.  Il  rendit  beaucoup  de  matières  noirâtres, 
et  dures ,  et  il  fut  guéri. 

M.  Cavëntou  dit  que  l'infusion  de  noix  de  galle  est 
en  eflet  un  moven  très-efficace  contre  le  vomissement, 
outre  qu'elle  se  combine  aux  alcalis  végétaux  et  neu- 
tralise l'action  de  1  emétine  aussi ,  comme  il  en  a  fait  sur 
lui  rç^périence.  M.  Virey  rappelle  aussi  que  cette  mémç 
infusion  de  noix  de  galle  combat  les  effets  de  l'opium  ^ 
et  M.  Orfila  vient  de  la  conseiller  dans  rempoisonnement 
par  les  sels  de  morphine  i  on  sait  qu'elle  décompose  l'é-* 
métique  et  d'autres  sels  minéraux. 


DE      l^tflAAffAClË.  36 


^V%%««%%%  VV«*«««%«  ««I  %<^%»%»%%%»»»%»%\'\%»»%^t%l«»»»V»^^/>%»M^»»»»l»H%%»»»»% 


BIB];.IOGRÀPHI£. 


VotAOt  WitiitAt  HTTOOR  DU  MoNBB,  eJtéûUtè  sur  là  corvette  ta  Coquille, 
pendant  les  années  1822  à  1825,  par  R.  P.  Lesson;  i  vol.  in-So.  de 
248  pa^.    Paris,  chez  Koret,  libraire,  rue  HaatefeDille.  An  1829. 

-^  Prix  :  4  fr.  50  cent. 

'    »  '  • 

'  Ce  rapport  sar  Fétat  sanitaire  de.  Tëqtiîpage  de  ce  bâtiment  peodani 
toute  la  campagne,  et  sous -des  latitudes  froides  et  chaudes,  est  d'au- 
tant pins  satisfaisant,  qu'aucun  homme  n  a  péri.  MM.  Garnot  et  Los- 
son  étaient  chargés  du  service  de  Scinté  ;  ils  détaillent  les  soins  néces- 
saires en  mer ,  Tatilité  des  caisses  en  fer  pour  contenir  de  Teau  salubre« 
l'état  des  approvisionnemens  en  biscuit,  salaisons,  tablettes  de  bouU». 
Ibn ,  etc.  ;  les  moyens  de  conserver  les  substances  alimentaires*  lef 
moyetis  de  propreté,  etc.  Ce  qu'on  y  lira  de  non  moins  intéressant» 
c*est  rhistoire  naturelle  des  médicamens  des  différentes  contrefis  visir^ 
tées  dans  cette  expédition ,  avec  des  renseignemens  précieux  sur  iei 
pratiqiles  empyrlqUes  locales  usitées  dans  ces  mêmes  lieux.  Ce  petit 
livre  renferme  ensuite  un  mémoire  sur  les  races  humaines  répandues 
dans  rOcéanie ,  la  Malaisie  et  TAustralie,  toutes  régions  encore  bieo 
imparfaitement  connues,  et  pur-là  même  offrant  des  faits  très-ca- 
rîéut.  Cet  ouvrage  présente  donc  beaucou.)  de  choses  nouvelles,  soit 
pour  l'histoire  naturelle  anthropologique  et  médicale,  soit  pour  Vhy*> 
gièné  navale,  et  nous  pensons  qu'il  meiiteVaccueil  dupublic.  M.  Im^ 
son  est  connu  d'ailleurs  ï>ar  a  autres  travaux  également  recanuaan 
dable^  J  J.  V. 

* 
Dhftii  so«  LES  MOTcirs  DE  aEGOmrAlTfts  les  rALSiriCATiows  dès  uaoduii» 

SIMPLES     ET     COMPOSEES,    ET     DE     CONSTATER     LE^JK    DEGhi    DE    POIlÉTti 

>ar  MM.  Bossi ,  professeur  de  chimie  à  l'école  de  Pharmacie  de 
Parts,  membre  adjoint  de  F  Académie  de  médecine ,  membre  de  U 
àociété  Philomathique,  etc.,  et  BooTaoH-CuARLAftO ,  pkarmacien, 
nêmbre  Ae  T Académie  de  médecine  ^  etc. 

..  Q«ielf|ues  esprits  chagrin*  ont  paru- voir  avec  une  sorte  d^  d^l*it4ir 
cpu'oa  diévQilâi,  dans  les  journaox.sciBntifi<[aes<^  dans  l«s  oUvrages  e» 
professa ,  les  fraucles  dont  les  droçuefi  simples  et  composées  sont  devenues 
l'objet.  On  a  prétendu  que  C'était  offrir  mi  nouvel  appât  à  la  cupidité  , 
et  que  des  hommes ,  qui  easselirt  pMiC^étre  exercé  loyaicment  l*ur  pipéfe»- 
sion,  n'avaient  dévié  de  la  bonne  route  que  par  la  facilité  qu'on  leur 
offrait  de  s'en  écarter  sans  être  aperçus.  Cette  objection  nous  paraît  plus 
spécieuse  que  solide  :  toutes  les  fois  que,  à  côté  de  la  fraude ,  se  trouve 
placé  le  moyen  de  la  constater,  il  faut  bien  reconnaître  qu'il  y  a  là 
plus  d'avantages  que  d*inconvéniens.  C'est  aux  parties  intéressées  a  user 
de  toutes  les  précautions  qu'on  leur  indique.  Si  elles  se  laissent  trom-s 


36a 


JOUHNAL    DE    PHARMACIE. 


per,  elles  ne  doi7ent  en  accuser  que  lenr  incurie.  Loin  donc  de  blâmer 
des  r<;cherches  anssi  atiies,  il  faudrait  s'empresser  de  les  encourager. 
C'est  du  moins  notre  opinion,  et  nous  sommes  persuadés  que  les  dissi- 
dens  ne  tarderont  pas  à  la  partager  après  avoir  lu  le  traité  des  falsifica- 
tions de  MM.  Bussy  et  Boutron,  Dans  un  court  avant-propos,  les  au- 
teurs indiquent  les  causes  qui  depuis  une  vingtaine  d'années  ont  rendu 
les  falsifications  plus  fréquentes  ;  c'est  particulièrement,  disent-ils ,  de- 
puis les  guerres  de  la  république  et  l'établissement  du  système  con- 
tinental que  l'art  de  falsifier  a  pris  un  plus  grand  développement.  Les 
ports  français  ayant  été  fetmés  aux  marcbanmses  étrangères ,  le  gouver- 
nement impérial  crut  devoir  encourager  l'emploi  des  succédanées  ;  des 
ouvrages  furent  publiés  afin  de  faire  connaître  à  la  France  sa  Tiropre 
richesse  en  ce  genre  ;  et ,  soit  enthousiasme  •  soit  nouveauté ,  la  plu» 

S  art  des  productions  des'  Amériques  et  des  contrées  équinoxiales  ne  tar- 
èrent pas  à  être  remplacées  par  dès  produits  de  notre  sol.  On  fut 
même  jusqu'à   doter  des  qualités  les  plus  précieuses  des  substances 
'  qui  jusqu'alors  avaient  été  regardées  comme  sans  vertus.   L'écorce  de 
maronnier,  la  rhubarbe  du  Morbihan,  le  pavot  et  le  pastel  de  nos  dé- 


plus d'un  genre ,  qui ,  malgré  la  paix  et  la  concurrence  ,  sont  restes 
debout  comme  pour  témoigner  en  faveur  de  notre  industrie  et  de  nos 
efforts  ,  a  servi  de  prétexte  aux  falsificateurs  pour  donner  à  leur  cupi- 
dité et  à  leurs  manœuvres  frauduleuses  la  couleur  du  zèle  et  du  pa- 
triotisme. Malheureusement  les  lois  qui  sévissent  contre  les  falsifica- 
tions susceptibles  de  porter  atteinte  à  la  santé  publique ,  lorsqu'elles 
ont  pour  objet  les  substances  alimentaires ,  sont  restées  jusqu'à  ce  jour 
étrangères  a  la  répression  de  celles  qui,  pour  n'avoir  pas  sur  1  éco- 
nomie vivante  une  action  aussi  immédiate ,  n'en  sont  pas  moins  nui- 
sibles lorsqu'elles  sont  pratiquées  sur  des  drogues  ou  des  médicameus 
doués  de  propriétés  énergiques.  Mus  par  ces  considérations  puissantes, 
les  auteurs  ont  pris  la  plume.  Puisant  avec  discernement  dans  les 
sources  qui  pouvaient  leur  fournir  des  matériaux  utiles ,  y  ajoutant 
ce  que  leur  propre  expérience  ou  leur  position  respective  avait  pu  leur 
apprendre,  ils  ont  formé  du  tout  un  traité  que  nous  regardons  eomnae 
beaucoup  plus  complet  que  ceux  qui  ont  été  publiés  depuis  vingt  ans 
sur  le  même  sujet ,   bien  qu'on  y  remarque  encore  quelques  lacune^. 

MM.  Bussy  et  Boutron  ne  se  sont  pas  bornés  à  signaler  les  fraudes 
qu'on  fait  suoir  aux  drogues  simples  et  composées.  Ils  fournissent  en- 
core les  meilleurs  moyens  de  déterminer  le  deeré  de  pureté  de  beau- 
coup de  produits  usités  dans  les-  arts ,  et  qui ,  sans  être  f .dsifiés  à 
dessein ,  se  trouvent  dans  le  commerce  mélangés  à  d^s  quantités  va- 
riables de  matières  étrangères.  Cette  partie  de  l'ouvrage  est  traitée 
avec  une  clarté  et  une  précision  qui  ne  laissent  rien  a  désirer.  On 
n'attendait  pas  moins  de  nos   deux  habiles  confrères. 

L.  A.  P. 


BULLETIN 


I  • 


DES  TRAVA.UX  DE  LA  SOCIETE  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS; 

JiéJigéparM.  Robiquet,  secrétaire  général,  et  par  une 

Commission  spéciale. 

I 

31     I    «           -  »««  I   I       »  •«  -111  I  I  I  I      I     I    I    I  mil  II  I  II  II  II  »  «.  .  ■  ^.j^^^M» 
-.        —        ■---■--                        .                                                                              .               .     ^                                                        .                              ^                    ^                                                     .      ■  ^  ■  .    .         m. 

V 

EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL. 

Séance  du  M  juin. 

l'RÉSIDENGE     DE    M.     BEKVLhAS. 

Le  procès  verbal  de  la  deroière  séance  est  lu  et 
adopté. 

La  Société  reçoit  une  note  de  M.  Béral ,  pharmacien  à 
Paris ,  renfermant  plusieurs  recettes  de  préparations  of- 
fi.çinales.  Ui^e  commission  composée  de  MM.  Baget  et 
Robinet  est  chargée  d'en  faire  un  rapport  à  la  société. 

La  correspondance  imprimée  se  compose  :  1^.  d  un  nu- 
méro des  Annales  de  TAuvergne,  (M.  Boudet  rappor- 
teur) i  2''.  deux  numéros  des  Annales  des  Mines  (  M.  Sou- 
beiran  rapporteur);  3".  d'un  numéro  des  Archives  de 
Brandes ^  écrit  en  allemand,  (M.  Valette  rapporteur); 
4f .  d'un  numéro  du  Journal  de  Pharmacie  ;  5*.  d'un  nu- 
méro du  Journal  de  Chimie  médicale. 

M.  Bussy,  rapporteur  près  l'Académie  des  Sciences/ 
communique  l'extrait  suivant  des  dernières  séances. 

L'Académie  reçoit  de  M.  Ternaux  une  lettre  par  la^ 


364        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

quelle  il  annonce  que  les  siloa  dans  lesquels  il  tient  du 
blé  en  réserve  vont  être  ouverts  dans  le  courant  de  la  se-» 
maine  suivante.  Ces  grains,  destinés  à  lapprovisionnement 
de  la  ville,  de  Paris ,  formeront  une  masse  de  quatre  ceot 
mille  kilog. 

M.  Temaux  demande  que  TAcadémie  veuille  bien 
nommer  des  commissaires  pour  apprécier  les  avantages 

I  de  son  mode  de  conservation  :  l'Académie  nomme  pour 

commissaires  MM.  Sylvestre ,  Chevreul  et  Huzard. 

M,  Navier  fait  un  rapport  au  nom  de  la  commissibn 
chargée  de  décerner  le  prix  de  mécanique  fondé  par 
M.  de  Monthyon.  M.  le  rapporteur^  propose  d  accorder 
un  prix  de  1 ,500  fr.  à  M.  Thilorier,  inventeur  d'une  nou- 
velle pompe  à  compression  destinée,  à  l'aide  d'un  travail 
continu ,  à  comprimer  dans  une  capacité  un  gaz  quel- 
conque. Ce  gaz  étant  pris  dans  un  réservoir  ou  la  pres- 
sion  est  peu  supérieure  à  la  pression  atmosphérique ,  Ton 

^  peut,  à  Taide  de  cette  machine  et  par  laction  d'une  force 

qui  n'est  pas  très-considérable,  réduire,  par  une  seule 
allée  et  venue  du  piston ,  six  cent  quarante-cinq  centimè- 
tres cubes  de  gaz  à  la  millième  partie  de  leur  volume  pri* 
toîtif.  MM.  les  commissaires  annoncent  avoir  vn  opérer 
sous  leurs  yeux,  et  avec  beaucoup  de  facilité,  la  liqtté^ 
faction  du  gaz  acide  carbonique  par  TapparteildeM.  Thi- 
lorier. '  '• 
M.  Dulông  lit  la  première  partie  d'un  mémoire  êurles 
chaleurs  spécifiques  des  fluides  élastiques.  ÎVI.  t)uldn^ 
rappelle  d^abord  qu'il  y  a  deux  conditions  très-difieretitéà 
dans  lesquelles  peuvent  être  placésleè  diveré  fluidesélââti'^ 
qùes  ,et  dans  lesquelles' il  est  nécessaire  d  employer  <l«fi 
quantités  de  chaleur  très-inégales  pour  produire  dans- 1« 
même  masse  une  même  variation  de  température.  L'owi 
peut  considérer  les  gaz  soùs  une  J)réssibof  conçtantt; ,  leur 
volume  pouvairt  varief  feû  rÂisdil  de  la  tempérîtturcj  ;  oU 
bien  on  jpeut  les  con^idéret  sons  un  volume  wnstant^  la 


DE   LA   SOCIETE    DE    PHÀBMACIE.  3G5 

pression  variant  avec  la  température  ;  et  dans  chacune  de 
ces  -conditions  lea  gaz  possèdent  des  chaleurs  spécificjues 
dii£erentes ,  dites  Tune  à  pression  constante ,  lautre  à  vo- 
lurae  constant.    , 

M.  Dulong  a  cherché  à  déterminer  le  rapport  qui 
existe  entre  les  chaleurs  spécifiques  des  gaz  dans  ces  deux 
conditions.  Les  considérations  desquelles  il  a  déduit  les 
résuitfltsauicquels  il  est  parvenu  sont  fondées  sur  la  vitesse 
du  son  dans  les  divers  fluides  élastiques.  M.  Dulonga  été 
€Of|duit  pat  ces  recherches ,  à  cette  loi  extrêmement  re- 
marquable par  sa  simpUcité  :  que  tous  les  fluides  élasti- 
ques ,  singles  ou  composés ,  considérés  à  une  même  tem- 
férature,  et  sous  une  même  pression^  étant  comprimés 
eU  dilatés  d'ww  même  fraction  de  leur  uolume^  dégagent 
ou  absorbent  la  même  quantité  de  chaleur  absolue*  De 
pkts  le  changemiént  de  température  qui  en  résulte  est  le 
même  pour  tous  les  gaz  simples  parce  qu'ils  ont ,  jous  le 
nséme  volume,  la  même  capacité  pour  la  chaleur  ;  mais, 
pour  les  gaz  composés  ,  cette  température  varie  en  raison 
inirèrse  ^e  leur  chaleur  spécifique. 

M.  Cuvier  fait  un  rapport  au  nom  de  la  commission 
chargée  de  décerner  le  prix  de  physique.  Le  sujet  pro- 
posé était  celui-ci:  Histoire  générale  et  comparée  de  la 
circulation  du  sang  dans  les  quatre  classes  d  animaux 
yerlébrés,  avant  et  après  la  naissance,  et  à  diilérens 
âges.  Une  seule  pièce  a  été  envoyée  au  concours;  c'est  un 
mémoire  de  M.;âavatier,  docteur  en  médecine,  auquel  JI4 
commission  propose  d  accord«r^  à  titre  d'encouragement, 
nnë  siomme  de  2^000  fr. ,  et  de  joindre  les  mille  fr.  res- 
tant au  prix  qui  doit  être  décerné  en  1831.  L'Académie 
aâopt<2  cette  propositieo.        .    . 

Xi' Académie  iid<)ipie.égalei?ient  tes  c(mclusi(>ns  d'un  rap« 
port  deM.  Secr^Sf'Organi^de  la  «^oi^^missioachairgéedeju-^ 
ger  Jies  pitèoes  p^ur  1^  prix  de  Sjli^tistique  ;  1  opinion  uJ»a- 
niAie  de  t^eCte  commission  ^  été.  d'accorder  le  prix,  à 


366        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

M.  Falret ,  auteur  d*un  ouvrage  sur  les  aliénés  ,  les  sui^ 
cides  et  les  morts  subites.  La  même  comniission  propose 
d'accorder  une  mention  honorable  à  M.  Yillot  aine ,  au- 
teur d'un  mémoire  sur  la  durée  des  générations  humaines. 

Sur  la  proposition  de  M.Cheyreul,  rapporteur  de  la  com- 
mission nommée  pour  décerner  le  prix  de  3000  fr.  fondé 
par  M.  de  Monthyon  en  faveur  de  celui  qui  aura  rendu 
un  art  ou  un  métier  moins  insalubre ,  l'Académie  accorde 
le  prix  à  M.  Dubuc,  ancien  pharmacien  de  Rouen,  qui  à 
propagé  le  premier  l'usage  d'un  parement  économique 
contenant  des  substances  déliquescentes ,  qui  permet  de 
tisser  actuellement  certaines  étoffes  dans  des  lieux  secs  et 
sains ,  opération  que  l'on  ne  pouvait  faire  précédemment 
que  dans  des  lieux  bas ,  humides  et  par  conséquent  mal- 
sains. '  ' 

M.  Strans  lit  un  mémoire  sur  le  système  tégumentaire 
et  musculaire  de  Taraignée  oriculaire. 

M.  le  docteur  Yirey  commmunique  à  l'Académie  les 
observations  qu'il  a  faites  sur  l'élévation  spontanée  dans 
l'air  de  petites  araignées  fîlcuses  ;  après  avoir  rapporté  les 
diverses  opinions  qui  ont  été  émises  sur  ce  sujet,  et  qui, 
suivant  lui,  ne  sont  point  admissibles ,  il  annonce  avoir 
vu  de  petites  araignées,  notamment  Vapeira  diademat^é" 
lèvera  volonté  dans  une  chambré  close,  et  par  conséquent 
hors  de  l'influence  des  courans  d'air;  elles  ont  la  faculté 
de  se  diriger  sans  être  soutenues  dans  une  direction 
quelconque.  M.  Virey  pense  que  cette  ascension  s'opère 
à  l'aide  du  mouvement  des  pâtes ,  qui  leur  servent  d'ailes 
ou  de  rames,  pour  exécuter  cette  espèce  de  natation 
aérienne. 

Aucun  des  ouvrages  envoyés  au  concours  sur  lé  pm 
fondé  par  M.  de  Monthyon ,  en  faveur  des  auteurs  qui 
auraient  apporté  quelques  perfectionnemens  esssentiels 
à  la  médecine  ou  à  la  chirurgie ,  n'ayant  été  jugé  digne 
du  pirix,  la  commission ,  par  l'organe  de  M.  de  Blainvilie  ^ 


DE    LA    SOGXÉTli    DE  >HAI1MÀGIE.  367 

son  rapporteur,  propose  d'accorder,  à  titre  d'encouragé- 
ment, 

1«.  A  M.  Piorry ,  aateur  d'une  modification  dans  l'em- 
ploi de  la  percussion  médiate,  une  sommede  1 ,000  fr. 

2*.  A  M.  Jaubert ,  pour  un  procédé  ingénieux  de  réu- 
nion immédiate  des  plaies  des  intestins  par  l'application 
directe  de  la  membrane  séreuse ,  2,000  fr« 

3*^.  A  M.  Breschet,  pour  l'emploi  rationnel  de  l'opium 
dans  les  pblegmasies  des  membranes ,  2,000  fr. 

4"*.  A  M.  Louis,  pour  ses  o)>seryations  sur  l'inflamma- 
tion ulcérative  de  la  membrane  muqueuse  des  intestins , 
2,000.  fr. 

La  commission  propose  ensuite  d'accorder  une  somme 
de  2,000  fr.  à  M.  Lassis ,  que  la  commission  de  1825 ,  n'a- 
vait pas  pu  récompenser  proportionnellement  aux  sacri- 
fices qu'il  avait  faits  pour  éclairer  la  question  de  la  conta- 
gion ou  de  la  non  contagion  de  la  fièvre  jaune. 

M.  Arago  annonce  à  l'Académie  qu'une  lettre  de  lady 
Davj^  lui  a  confirmé  la  nouvelle  qu'il  avait  déjà  donnée 
de  la  mort  de  l'illustre  chimiste  enlevé  à  la  science ,  dans 
la  nuit  du  29  au  30  mai  dernier,  par  une  attaque  d'apo- 
plexie foudroyante.  M.  Davy  était  âgé  de  cinquante  ans 
seulement. 

M.  Cordier  fait  part  à  l'Académie  d'une  lettre  de 
MM.  Marcel  de  Serres  et  Farine  de  Montpellier,  relative 
à  la  découverte  d'une  nouvelle  caverne  à  ossemens ,  située 
à  Argant,  près  de  Vingras,  dans  les  Pyrénées-Orientales, 
cette  caverne  offre  cela  de  remarquable  que  l'on  n'y  a  pas 
rencontré  ,  comme  dans  la  plupart  des  autres ,  des  osse- 
n;iens  d'animaux  carnivores  ;  ce  qui  obligerait  peut-être  à 
modifier  l'explication  que  l'on  a  donnée  sur  l'origine  de 
ces  ossemens. 

M.  Geofiroy-Saint-Hilaire  fait  un  rapport  sur  le  prix 
de  physiologie,  et  propose  de  l'accorder  à  M.  Lippi  de 
Florence. 


3Ç8  BUI.L6T1N    DES   TRAVAJUX 

La  Société  reprend  ses  travaux. 
]Vf.   Bussy   fait   un    rapport    sur   un  instrument  de 
MM.  YioUt  et  Guenot,  pour  reconnaître  la  pesanteur 
spécifique  de  toutes  les  huiles  essentielles^  comme  moyen 
de  les  distinguer  entre  elles  et  d  apprécier  leur  pureté. 

M.  Cresson,  membre  honoraire  de  la  Société,  commu- 
nique verbalement  quelques  réflexions  sur  Torigine  delà 
menthe  poivrée ,  dite  anglaise*  Il  résuUe  des  renseigne- 
mens  irréfragables  qu'il  s'est firocurés,  que  ce  végétal  est 
.originaire  des  Indes  Orientales  ,  d'où  il  a  été  importé  en 
Angleterre,  et  de  là  en  France  en  1765.  L'faonoral>le 
membre  déduit  des  observations  qui  lui  sont  particulières 
que  les  épis  fleuris  de  la  meothe  donnent^  la  distillation 
une  eau  plus  suave  ;  mais  que  les  feuilles  en  fournissent 
une  qu'il  croit  plus  excitante  n^t  plus  riche  en  propnétéis 
médicales. 

M.  Blondeau  lit  une  note  sur  la  préparation  dh  siro|> 
de  baume  de  Tolu, 

MM.  BouUay  et  Planche  rappellent  des  procédés  que 
M.  Blondeau  a  négligé  de  citer  dans  sa  note. 

M.  Dublanc  dit  qu'il  prépare  un  sirop  de  baume  de 
Tolu  doué  de  toutes  leet  qualités  qu'on  lui  désire,  en  tri- 
turant avec  le  sucre  la  moitié  de  la  proportion  de  baume 
de  Tolu  indiquée  par  le  codex ,  et  filtrant  le  sirop  qui  ré-- 
suite  d'une  dt&solutiou de  ce  mélange,  espèce  doléo*sa&- 
charum^  dans  Ift  quantité  deau  convenable,  après  qu'il  a 
séjourné  dans  uue  étuve  lespace  de  vingt^uatré  heiuHres^ 
et  que  son  refnoidissement  est  complet.  Il  a  comparé  ce 
sirop  avec  ceitx  qu'il  avait  préparés  conformément  auK 
iautres  procédés^  et  il  s'est  assuré  qu'il  était  de  tous  celiii 
qui  pouvait  i>9mmuniquer  l'arôme  qui  le  caractérise /à  Ja 
plus  grande  proportion  d'eau. 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.         S6q 


^^^fv^>^'VVW^^%*y^^ty%/*/t/%iyvw*t\fw^ 


VM>V«i««%»««WV%V\%V\%«\%% 


Modification  proposée  aux  procédés  pour  la  préparation 
du  sirop  de  baume  de  Tolu,  par  M.  Bi^ondeau. 

Beaucoup  de  procédés  pour  la  préparation  du  sirop  de 
baume  de  Tolu  ont  été  proposés  dans  le  but  d'obtenir  ce 
médieament  bienxhargé  de  principe  actif,  et  surtout  pour 
l'avoir  le  plus  transparent  possible.  Le  modusfaciendile 
plus  usité,  est  je  crois  celui  du  Codex  et  encore  un  procédé 
consigné  dans  la  pharmacopée  raisonnée  de  MM.  Henry 
et  Guibourt ,  qui  consiste  à  faire  dissoudre  le  baume  de 
iTolu  dans  sa  quantité  d  alcool  à  30^,  mélanger  cette  tein- 
ture au  sucre ,  faire  fondre  au  bain-marie  avec. dose  con- 
venable d  eau  albumineuse ,  et  passer  après  complète  so- 
lution. '  ^ 

Mais ,  par  ces  différend  moyens ,  on  obtient  toujours  un 
sirop  qui  ne  contient  que  la  quantité  d'acide  benzoïque 
rigoureusement  soluble  dans  l'eau.  Il  y  a  lieu  de  penser 
cependant ,  que  Tintentiî^n  de  ceux  qui  Us  premiers  ontin- 
diqué  la  préparation  de  ce  sirop ,  était  d'y  faire  entrer  tout 
ou  au  moins  la  majeure  partie  de  ce  principe  contenu  dans 
le  baume  de  Tolu  ;  or,  la  fîltration  soit  du  décocté  de  baume 
de  Tolu ,  soit  du  sirop  après  sa  confection,  prive  ce  médi- 
cament  d'une  grande  quantité  d'une  substance  qui  certai- 
nement n'est  pas  sans  action.  Je  pense  donc  que  s'il  est 
possible  d';àrriver  à  obtenir  un  sirop  bien  transparent  et 
qui  néanmoins  contienne  une  plus  grande  quantité  d'acide 
benzoïque  que  ceux  préparés  j  usqu'à  ce  jour,  par  quelque 
procédé  que  ce  soit ,  on  aura  atteint  le  but  que ,  ce  me 
semble ,  on  aura  du  constamment  rechercher. 

Je  propose  donc  de  modifier  ainsi  les  procédés  indiqués 
pour  la  préparation  du  Sïirop  de  Tolu. 

XV» .  Année.  —  Juillet  1 829.  ,  26' 


3^0  nXJLLEtlït    DES   TRAVAUX 

Après  avoir  tenu  pendant  un  certain  temps  le  baums 
de  Tolu  dans  l'eau  chauffée  au  bain-marie  ,  et  agité  sou- 
vent ce  liquide,  on  laisse  refroidir  et  on  filtre.  On  re- 
cueille ensuite  1-acide  benzoïque  déposé  sur  le  filtre,  et, 
après  lavoir  fait  dissoudre  dans  une  petite  quantité  d'eau 
bouillainte,  on  l'ajoute  au  sirop  encore  chaud ,  et  oii  agite 
pour  bien  opérer  le  mélange  (i). 


llrtlr^l^)lf^V^>^l^^l\rll^vv^|•>V\lr^^^^^l^VTlv^vv^^>^S^■^^^^^n^^>'>n■^^-n*■n^■^ll^^^->^■^^■^n-r^l^vV^^-*lnYy^ 

De  VAntidotairè  de  Nicolas^  par  A.  Chereau. 

Le  premier  ouvrage  qui  ait  offert  aux  pharmaciens 
un  corps  de  doctrine,  et  auquel  il.  leur  fut  ordonné 
légalement  de  «e  conformer  pour  la  préparation  des  mé- 
dicamens ,  a  porté  le  nom  d' An ti<)6 taire ,  et  plus  rarement 
d' Antidotaux.  Le  mot  antidotaire,  antidotariûm  en  latin, 
«vn^oTaoîov  en  grec^  vient  d'avri^orriv ,  antidote,  contrepoi- 
son, et  mieux  encore  da^n,  contre,  et  SiSta^i,  donner, 
comme  si  on  avait  voulu  diip  composition  donnée 
contre.  Le  terme  est  cité  par  Aulu-Gelle,  livre  xvu, 
pag.  16,  et  on  le  retrouve  dans  Pline,  liv.  xxiv,  pag.  519, 
lorsque  cet  illustre  naturaliste  parle  du  roi  de  Numidie , 
auteur  4es  Antidotes.  Par  un  édit  rendu  le  13  aoust 
1359  (1),  Jean  le  Bon,  roi  de  France,  ordonna  ,  entre 
autres  choses,  aux  pharmaciens,  d'affirmer  qu'ils  avaient 
l'antidotaite  de  Nicolas,  et  de  jeter  les  médecines  laxa-* 


(î)  Cette' modificatioti  a  été  proposée  par  M.  Babert,  Tiin- dé  met 
élèves ,  qui  depuis  plus  de  deux  ans  est  chargé  de  mon  laboratoire ,  et 
s'occupe  avec  une  intelligence  peu  commune ,  des  opérations,  qui  lui 
sont  confiées. 

(2)  Au  Livre-Vcrd ,  ordonnances  des  pharmaciens  de  la  ville  et  feu- 
bourgs  de  Paris ,  quarante-nnième  feuillet. 


DE    JsK    SOCIÉTÉ    n^    PHARMACIE.  87 1 

tives  et  opiats  de  l'axilidotaire ,  lorsqu'ils  seraient  eréj- 
salés. 

Mais  quel  est  positivement  l'ouvrage  dont  parle  Té- 
dit^  et  quel  est  son  véritable  auteur?  On  éprouve  quel-  « 
que  incertitude  à  cet  égard, > lorsqu'on  reconnaît  qu'il 
existe  plusieurs,  ouvrages  ou  dispensaires  sous  le  nom  de 
Nicolas,  et  que  plusieurs  Nicolas  figurent  aussi  comme 
auteurs^. 

1°.  Dispensatorium  Nicolai  Myrepsi  Alexandrini 
in  sectiones  XL VIII.  Cet  antidotaire  contient  2667  for- 
mules. ^ 

2°.  Dispensatorium  Nicolai  Alexandrini  medici  grœci 
usitatissimi  ,  cum  annotationibus  Joannis  Agricoles 
Amnionii, 

3°.  Dispensatorium  Nicolai  Prœpositi  ou  Prœvotii , 
doctoris  medici  àd  Aromatorios  ^  sis^e  introductiones .  in 
artem  apothecariam. 

Ce  dernier  paraît  être  le  meilleur  des  trois.  On  trouve 
aussi,  à  la  fin  de  l'ouvrage,  le  livre  de  Platearius  (1)  De 
simplici  medicind. 

Voilà  donc  trois  pharmacologistes  qui  ont  été  connus 
sous  le  nom  de  Nicola^,  et  il  faudrait  encore  en  ajouter 
un  quatrième,  qu'on  disait  être  de  Salerne,  Nicolaus  Sa^ 
lemitanus. 

Quelques  bibliographes,  embarrassés  si^r  la  détermina- 
tion  de  ces  auteurs,  ont  pensé  qu'ils  n'en  formaient 
qu'un  seul,  qu'il  n'avait  existé  qu'un  pbarmacologiste 
sous  le  nom  de  Nicolas,  et  la  question  serait  ainsi  réso- 
lue ;  mais,  si  l'on  contiulte  les  auteurs  de  l'époque ,  on  ne 
tarde  pas  à  se  convaincre  d'abord  que  deux  de  nos  phar» 
macologistes  ont  réellement  existé^ 

I0.  Nicolas  Myrepsus,   natif  d'Alexandrie,  Grec  de 


(i)  Jean  PlateariuB,  Français  de  naiss^^nce,  et  médecin  à  Salerne, 
an  treizième  siècle.  « 

26. 


37^1  BULLETIN  .DES   TRAVAUi 

nation ,  tpti  fit  son  dispensaire  en  l'âHnéé  t300.  Cet  ou^ 
yrage  fut  traduit  par  Léonard  Fuschs,  ou  Fuschius,  Sué- 
dois d'origine,  professeur  à  Tubingen.  Il  en  fut  fait 
un  igrand  nombre  d'éditions  (1  ),  parmi  desquelles  on  dis- 
tingue et  on  regardé  comme  la  meilleure  celle  imprimée 
en  1658  à  Nuremberg,  sous  le  titre  de  Theatmm  tnedicù 
pratieum  de  preparatione  medicamentorum. 

2°.  Nicolas  Praepositus  ou  Praevotias.  Il  naquit,  selotn 
quelques^tms,  à  Lyon,  mais  plutôt  à  Tours ,  et  la  pre- 
mière édition  de  son  ouvrage  parut  en  1488 ,  avec  les 
annotations  de  Plateanus^l  en  parut  encore  une  autre 
édition  à  Lyon ,  en  1 505  ,  et  une  troisième  à  Paris ,   en 
1582»  On  a  voulu  faire  passer  Prevôtius  pour  Myrépsus, 
mais  l'un  était  Grec ,  et  1  autre ,  comme  on  vient  de  le 
voir,  était  Français.  Ce  qui  a  dooné  lieu  à  cette  confu- 
sion ,  selon  Vemy  et  quelques  autres ,  c'est  cette  pbrase 
insérée  par  Petrus  Gastellanus ,  professeur ,  de  grec  à 
Tacadémie  de  Louvain,  dans  sa  Bibliothèque  des  méde^ 
dns  savans.  Nicolaus  Mjrepsus^  \>ulgb  Prœpositus^  no^ 
minatur  recentîssimis  grœcis  adnumerandus. 
Que  signifiait  ce  nom  de  Prœpositus  ? 
Michel  Dusseau  nous  l'apprend  dans  son  Enrichidion, 
ou  Manipule  des  Myropoles  (Lyon  1655),  lorsqu'il  dïl 
de  Nicolas ,  qu'il  a  bien  été  nommé  comme  vrai  portrait 
éi  patron  des  pharmaciens ,  éloge  qui  lui  fut  dans  la  suite 
vivement  contesté  par  de  Serres  qui  donne  à  son  tour  la 
même  explication  de  ces  épithètes. 

Quant  aux  deux  autres ,  je  ne  trouve  pas  que  leur 
^istence  soit  aussi  bien  constatée.  L'on  parle  de  Nicolas 
Alexandrin ,  et  l'on  indique  comme  de  lui  l'ouvrage  cité 


(1)  Comme  celles  faites  à  Lyon  en  1519,  1531  ,  avec  les  canons  de 
Mésue,  et  en  1550,  Tédition  deBâle  en  1549,  deux  faites  à  Venise  en 
1551  et  1602,  une  à  Francfort  en  1625,'  et  celle  de  Nuremberg.  Cette 
dernière  est  un  in-8<>. ,  avec  la  préface  de  Jean  Hartmann  Beyerti$. 


DE    hA    ^OCliri    DE    PHA.111IACIE.  3"]^ 

plus  haut)  Dispematorium  NUolai  A lex^mirini ^  étc,  ; 
mais  cet  ouvrage  eat  plutôt  uoc  autre  édition  du  dispen-* 
saire  de  "Sfi  Myrep&us ,  qui  fut  publiée  en  1541  à  Ingol*- 
stadt,  avec  les  notes  de  Jean^-Agricola  Ammonius,  nié-» 
decin  allemand ,  professeur  de  grec  dans  cette  ville ,  aiit 
la  version  latine  de  Rheginus  (1)-  Je  a'ai  point  de  doute 
à  cet  égard ,  depuis  que  j'ai  examiné  attentivement  cettf 
édition.  Ammonius  (2)  n'a  point  travaillé  sur  deux  au^ 
teurs.  Quant  au  nom  de  Nicolas  'Alexandrin ,  Myrepaus 
était  natif  d'Alexandrie  (3),  et  le  surnom  qui  loi  fut  donBé 
peut  s'expliquer  aisément. 

Pour  Nicolas  de  Saleme,  on  ne  trouve  aucun  docu- 
ment qui  puisse  éclairer  son  histoire,  et  Ton  doit  en 
conclure,  comme  il  a  été  fait,  qu'il  n'a  point  existé,  et 
que  ce  nom  fut  donné  à  Nicolaus  Alexander  Praepositus ,  W 
deuxième  de  nos  auteurs  (dont  on  puisse  avee  quelque  rai-< 
son  admettre  l'existence),  à  cause  des  notes  dont  Plataire 
ou Plateariijis  enrichit  son  ouvrage;  or  Platearius  (4)  était 
de  Salerne.  Il  faut  croire  aussi  que  c'est  Louis  de  Serres , 
traducteur  des  09uvr^  de  Jean  de  Renou  (5),  qui  a 
contribué  à  cette  méprise  par  le  portrait  d'un  quatrième 
Nicolas  qu'il  a  fait  graver  «i  taille^do^ce  au  frontispice 
de  ses  œuvres.  En  effet,  dans  l'édition  de  1637,  on  voit 


(i>  Nicolaus  Rheginas  ou  Regj^io,  parce  qa*il  était  né  dans  çett0 
¥ill«,  médecin  en  1336. 

(3^  Sous  le  titre  de  JÊtmoUUiunetéœ  ia  lihrum  Pfioolai  Alexand-  de  corn- 
po$it,  medicamentorum  secundum  ioca;  traduction  latine  de  N.  Rhe^ 
nus,  faite  d'aprèa  roriyinal  §iec  de  liicolas.  Ces  notes  aat  été  téimr 
primées  en  1542  et  en  1560- 

(3)  Dictionnaire  |)istoriqae  de  la  Médecine,  par  Élo^  (1778.) 

(4)  Bibliotheca  script,  madic.  Maugeti,  Genève,  1731.  Histoire  de  la 
Médecine,  par  Freind.'  Histoire  de  la  Médecine,  par  Daniel  Le- 
clere.  1729.  ^      . 

(5)  Le  grand  Disjpens^re  médicinal  de  Jean  de  IVenoa,  illustré  et 
mis  çn  lumière  par  Louis  de  Serres.  Lyon,  1624,  Il  y  en  a  eu  beaucoup 
d'éditions 


374  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

les  médaillons  dé  nos  quatre  auteurs  parmi  les  douze  qui 
composent  la  gravure.  Dans  Fédition  publiée  en- 1624, 
l'estampe  représente  une  officine  garnie  de  ses  pots  et 
chevrettes;  mais  dans  les  attributs,  on  ne  voit  que  deux 
figures,  celle  de  Mesué  et  celle  de  N.  Myrepsus.  Com- 
ment se  fait-il  que  plus  tard  de  Serres  ait  changé  ses 
portraits?. 

Quoi  qu'il  en  puisse  être,  il  n'a,  selon  moi,   existé 
que  deux  auteurs  sous  le  nom  de  Nicolas  ,N.  Prœposi- 
tus ^  ou  Nicolas  Prévost,  et  N.  Mjrepsus.  Ce  dernier 
fiorissait  sous  Frédéric  Suève  ,  surnommé  Barberousse , 
et  son  ouvrage  sur  les  préparations  et  onctions  médici- 
nales êxis^tait  d£^ns  la    bibliothèque  de  l'illustre  CaAta-* 
cuzène  à.Constantinople.  Il  a  vécu  dans  un  temps  où  la 
barbarie  et  la  plus  épaisse  superstition  répandaient  leurs 
ténèbres  ;  aussi  trouve-t-on  dans  ses  écrits  beaucoup  de 
choses  superstitieuses  et  de  termes  barbares.  Son  anti- 
dotaire  ou  dispensaire,  qu'il  fit  avant  l'an  1300,,  était, 
en  1332 ,  la  règle  de  toute  l'Europe  pour  la  pharmacie. 
.C'est  cet.  ouvrage  qu'il  fut  ordonîjé  primitivement  aux 
pharmaciens  de  suivre  par  le  roi  Jtfban  ou'  Jean  ,  et  les 
antidotaires  qui  parurent  ensuite  corrigés  par  les  maîtres 
delart,  conformément  aux  termes  de  larrét  rendu  par 
le  parlement  de  Paris  le  3  aoust  1536,  lui  furent  supé- 
rieurs, mais  îVouvrage   de  N.  Myrepse  avait  servi  de 
■type ,  et  long-temps  après  les  auteurs  donnèrent  à  leurs 
traités  (1)  de  pharmacie  le  nom  d'antidotaires  :  c'est  ainsi 

(i")  Le  premier  Codex  rttedicamentarius  parut  en  1639.  On  y  trouve 
encore ,  page  58 ,  quelques  médicamens  sous  le  nom  d^ Antidotes.  On 
suivit  a  peu*  près  Jean  Fernel ,  de  Summis  medicmmentorum  getierihus  et 
facultatibus  ,  i557,  édition  publiée  sous  Henri  II,  et  surtout  celle 
émise  enM602. 

(ï)  Antidotarium  générale  et  spéciale  a  Joanne  Jacobo  JVeckero,  Bast- 
hae,  l574ÂDans  la  liste  des  auteurs  que  publie  Wecker  dans  son  ou- 
vrage, on  ne  trouve  de  no&  quatre  auteurs  que  Nicolas  Myrepsus» 
Il  y  a  eu  plusieurs  éditions. 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    P»\RMAGIE.     '     3"^ 5 

qiK  Yqtk  connaît  l'antidotaire  de  Florence^  doitfié  par 
Glusius  en  1561  ;  L'antidotaire  de  Wecker,  publié  d'à-, 
bord  en>1 574.;  Tantidotaire  romain ,  commenté  par^Petro 
Castello,  et.  imprimé  à  Rome  en  1 629 ;l  l'antidotaire  de^ 
Bologne ,  des  années  1 61 5  et  1 750,  dont  il  existe  encore 
une  autre  édition  publiée  à  Venise  en  1783^  etc^ 

HISTOIRE  NATURELLE  ET  TOXIQUE 

J9e laJPhysalide pélasgienne,  Physalis  pelasgica,  vulgai^ 
rement  la  galère ,  frégate  ou  vaisseau  de  guerxe.  Eu 
portugais  Portuguese ,  et  en  anglais  mcui'  qfwar^ 

Par  M.  RicoBD^'M'ADURA,  médecmà  la  Guadeloupe. 

Synonymie  :  Phy salie  rougeâtre.  Pkysalis  pelas gica. 
Lamargk,  vol.  2 ,  p.  480.  Histoire- naturelle  des  animaux 
sans  vertèbres. 

,   Physalia  pela^gica ^  h." A^^-G»  Bosc.  Histoire  naturelle 
des  uers ,  t.  2 ,  p.  1 60. 

Holoturia  physalis  ^  hux.^Jlnuen.  acad.,  4*.  p.  25,4, 

t,  3 ,  £•  6. 

j^rtica  marina i^  Sloas. ^Jam,  Aii.,  i,  t«  4,  f.  5^ 

.    Arethusa,  Browiv,  Jam,,  p.  386. 

Médusa  cara^fella ,  Gmel  . ,  p .  3 1 5 . 

La  Physalide  pélasgienne  appartient  à  la  troisième- 
classe  des  animaux  sans  vertèbres  de  IVL  Lamarck,  ib 
l'ordre  premier  des  radiaires  molasses,  et  à  la  première, 
section  des  radiaires  anomales. 

Le  corps  de  cet  animal  est  gélatineux  ,  membraneux.,^ 
ovale,  vésiculeux  intérieurement,  un  peu  comprimé  sur 
les  côtés,  ressemblant  assezi  à  une  cornému&e,  luisaat* 


376  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

comme  au  Terre,  ayant  comme  imeeréte  «air  le  dos ,  d'uiie 
belle  couleur  brillante,  mêlée  de  rose,  de  yiolet  et  de  bleui 
Il  a  sous  le  yentre  des  tentacules  nomi)reu:z ,  inégaux  ,  fi- 
liformes^ très-longs,  les  uns  TÎolets,  les  autres  de  couleur 
rouge  et  transparéns.  Le  tout'  d'une  apparoice  cristal<- 
line  qui  au  soleil  brille  d'un  éclat  superbe;  mais  cfu 01» 
doit  bien  se  garder  de  toucher  sans  précautions ,  car  elles 
sont  imprégnées  d'un  fluide  brûlant  comme  du  feu ,  et  qui 
punit  bien  sévèrement  la  main  du  curieux  ignorant  qui 
veut  les  examiner  de  près.  C'est  probablement  dans  quel- 
ques-unes de  ces  tentacules  que  réside  la  faculté  brûlante 
de  la  galère  (  et  dont  la  loupe  ,  suivant  le  savant  natura- 
liste Bosc,  ne  fait  pas  voiries  organes  particuliers)'.  Gar^ 
lorsqu'on  la  prend  avec  deux  doigts  par  le  haut  de  la 
crête,  sans  toucher  les  tentacules,  on  n'éprouve  plus  or- 
dinairement les  effets  du  fluide  caustique ,  que  la  galère 
fait  peut-être  sortir  de  ses  tentacules ,  pour  se  soustraire 
à  son  ennemi  qu'elle  fait  éloigner  par  ce  moyen. 

La  bouche  de  la  galère  est  infiniment  subcentrale ,  elle 
n'a  point  de  portion  dure.  Cet  animal  n'a  point  de  tète,  ni 
d'yeux ,  ni  d'anus.  On  ne  lui  connaît  point  de  nerfs.  «Au-» 
»  cuneradiaire  mollasse  ne  présente  de  sens  particulier, 
»  elles  n'en  ont  nullement  besoin.  »  (Lamarck.  )    . 

La  vessie  aérienne  ou  créle  dorsale  de  la  galère,  lui  sert 
de  voile  pour  se  soutenir  sur  l'eau  dans  le  temps  calme  ; 
mais  lorsque  la  mer  devient  houleuse ,  et  dans  le  mauvais 
temps  9  l'animal  absorbe  lair  contenu  dans  la  vésicule,  et 
se  laisse  couler  au  fond  de  la  mer.  C'est  dans  la  saison  de 
Thivernage  que  les  galères  sont  cpmmunes  sur  les  plages 
des  Antilles.  C'est  après  le  coup  de  vent  qu'on  les  voit 
en  grand  nombre ,  comme  des  vessies ,  devenir  le  jouet 
des  flots ,  et  qu'elles  sont  poussées  par  le  vent  sur  les 
côtes,  où  elles  s'échouent  sans  qu'elles  puissent  l'éviter. 

Le  P.  du  Tertre,  dans  son  voyage  en  Amérique ,  nous 
du  :  «  tJn  jour  que  je  gouvernais  un  pelit  canot ,  ayant 


DE    LA    90iClÉT£    DE    PUAItHàCIE.         377 

«perçu  en  mer  «me  de  ce6  galères >  je  fus  oimeux  de 
voir  la  forme  de  cetaxiimal ,  et  je  recherchai  attentive* 
ment  sij'y  pourrais  rencontrer  quelque  chose  d^remar^ 
quable  ;  mais  je  ne  l'eus  pas  plutots  prise  y  que  tous  ses 
fibres  m'engluèrent  toute  la  main,  et  à  peine  en  eu»-je 
senti  la  fraîcheur  (car  elles  sont  froides  au  toucher}^ 
qu'il  me  sembla  avoir  plongé  mon  bras  jusqu'à  l'épaule 
dans  une  chaudière  d'huile  bouillante ,  et  cela  avec  de 
si  étranges  douleurs  9  que  quelque  violence  que  je  me 
pusse  faire  pour  me  contenir,  de  peur  qu'on  ne  se  mô* 
quast  de  moj,  je  ne  pu»  m'empècher  de  crier  par 
plusieurs  fois  à  pleine  teste  3  Miséricorde ,  mon  Dieu, 
je  brusle^  je  hruslel*-<^(  Voici  un  singulier  préjugé  du 
temps  da  P*  du  Tertre«)  De  bonne  fortuné  pour  moi  ^ 
cela  m'arrîva  à  deux  heures  après  midy  ;  car  s'il  arrivé 
que  l'on  tombe  dans  cet  accident  au  matin  ^  k  douleur 
croist  toujours  jusqu'à  midj ,  et  diminue  à  mesure  que 
le  soleil  décline ,  et  le  soleil  se  couchant  sous  l'horizon  ^ 
Ton  est  entièrement  garanti.  » 
Il  parait  d'après  tout  ee  qu'en  disent  les  voyageurs,  que 
le  fluide  caustique,  qui  découle  des  tentacules  de  la  ga« 
1ère,  cause  des  douleurs  extrêmement  cuisantes ,  et  que 
je  n'ai  jamais  eu  envie  d  éprouver,  quoique  j'aie  bien  des 
fois  manié  cet  animal. 

M.  Ldi>Iond  (dans  son  vQjage  aux  Antilles,  tome  i*'., 
page  35o ,  année  18t3) ,  s'exprime  ainsi  :  «Un  jour  je  me 
»#  baignais  avec  quelques  amis  sur  une  grande  anse ,  de-* 
9  vant  l'habitation  où  je  demeurais  ;  pendant  qu'on  pè^ 
»  chait  de  la  sardine  pour  le  déjeuner,  je  m'amusais  à 
»  plonger  à  la  manière  des  Caraïbes,  dans  la  lame  prête 
»  à  se  déployer;  parvenu  de  l'autre  côté,  je  gagnais  au 
»  large,  et  revenais  sur  une  autre  vague,  m'échooer 
»  sur  le  rivage.  Cette  prouesse,  que  les  autres  ne  s'avi-* 
»  saient  pas  de  tenter,  faillit  me  coûter  la  vie.  Une 
»  galère,  dont  plusieurs  étaient  échouées  sur  le  sable ,  se 


378        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

n  fixa  SVLV  mon  épaule  gauche ,  au  moment  où  la  lame  jne 
»  rapportait  à  terre  ;  je  la  détachai  promptement;  mais 
1»  plusieurs  de  ses  filamens  restèrent  collés  à.  ma  peau, 
»  jusqu'au  bras  ;  bientôt  je  sentis  à  Faisselle  une  douleur 
1»  si  vive,  que,  prêt  de  m'évanouir,  je  saisis  un  flacon 
»  d'huile  qui  était  là,  et  j'en  avalai  la  moitié,  pendant 
»  qu'on  me  frottait  avec  l'autre  ;  mais  la  douleur  s'éten- 
»  dant  au  cœur,  j'eus  un  évanouissement;  revenu  à  moi , 
»  je  me  sentis  assez  bien  pour  retourner  à  la  maison ,  où 
»  deux  heures  de  repos  me  rétablirent  ,  à  la  cuisson 
>   près ,  qui  se  dissipa  dans  la  nuit.  » 

Les  malheureux  qui  se  trouvaient  sur  le  radeau  con- 
struit dans  le  naufrage  de  la  frégate  la  Méduse,  eurent 
aussi  à  souffrir  les  brûlures  occasionées  par  les  galères. 
Voici  comment  s'expriment  MM.  Gorréardet  Savigny  qui 
en  ont  donné  l'histoire.  «Une  espèce  de  mollusque,  connue 
»  à  bord  des  vaisseaux  sous  le  nom  de  galère ,  était  qûel^ 
»  quefois  poussée  sur  notre  radeau  en  très-grand  nom- 
»  bre,  et  lorsque  leurs  longues  expansions  (  tentacules) 
»  se  reposaient  sur  nos  membres  dépouillés,  elles  nous 
»   occasionaient  les  soufirances  les  plus  cruelles ,  etc.» 

Beaucoup  d'habitans  des  Antilles,  et  plusieurs  des  sa- 
vans  qui  les  habitent ,  disent  que  la  galère  est  un  poison 
violent,  et  que  les  nègres  s'en  servent  après  les  avoir  fait 
sécher  et  pulvériser ,  pour  empoisonner  les  hommes  et  les 
bestiaux.  — ^  Les  pêcheurs  des  îles  pensent  aussi  que,  lors- 
que les  poissons  avalent  des  galères  ,  ils  deviennent. délé- 
tères, et  empoisonnent  ceux  qui  les  mangent.  Ce  préjugé 
a  été  adopté  par  un  grand  nombre  de  voyageurs,  et  a  même 
trouvé  place  dans  les  livres  scientifiques.  Nous  allons  voir 
par  l'expérience  que  la  galère  peut  bien  brûler  la  main 
ignorante  qui  touche  ses  tentacules  ;  mais  que  lorsqu'elle 
est  pulvérisée  et  desséchée  au  soleil ,  ce  n  est  plus  qu'une 
substance  inerte  qui  ne  produit  aucun  effet  délétère  suf 
l'économie  ianimale.  Voici  cependant  ce  qu'on  lit  daps  les 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  879 

ouvrages  des  voyageurs  les  plus  célèbres  :  «  Il  ne  faut  pas 
»  manger  la  bécune  sans  précaution,  dit  le  P.  Labat, 
«  (  vol.  2^  p.  31  ),  car  ce  poisson  est  sujet  à  s'empoison-* 
1»  ner  et  k  empoisonner  ceux  qui  le  mangent  quand  il  est 
»  dans  cet  état.  Gomme  il  est  extrêmement  vorace,  il 
■  mange  goulûment  tout  ce  qui  se  rencontre  dedans  et 
»  dessus  Tèau,  et  il  arrive  très-souvent  qu'il  s  y  rencontre 
»  des  galères  ou  des  pommes  de  mancenillier,  qui  sont  des 
»  poisons  très-violeos  et  très-caustiques.  La  bécune  n'en 
«  meurt  pas  quoiqu'elle  en  mange;  mais  sa  chair  con- 
*  tracte  le  venin,  et  fait  mourir  ceux  qui  la  mangent, 
»  comme  s'ils  avaient  mangé  de  ces  mécbàntes  pommes  ou 
»•  des  galères.  » 

«  Il  y  a  tout  lieu  de  croire,  dit  M.  Leblond  (ouvrage  cité), 
»  que  la  sardine ,  après  avoir  mangé  des  filamens  ou  ten- 
»  tacuies  de  galères,  acquiert  une  qualité  vénéneuse,  ainsi 
»  que  plusieurs  autres  espèces  de  poissons.  Me  trouvant 
»  à  souper ,  continue* t-il ,  dans  une  auberge  avec  d'autres 
»  personnes ,  on  servit  une  bécune^  dont  les  gastronomes 
»  sont  très- friands ,  et  qui  d'ordinaire  ne  fait  aucun  mal  ; 
D  cinq  en  mangèrent,  et  éprouvèrent  bientôt  après  des 
9  symptômes  de  poison  qui  se  manifestèrent  par  une  cha* 
»  leur  brûlante  à  la  région  de  l'estomac  ;  j'en  saignai  deux , 
»  l'un  fut  guéri  parle  vomissement ,  l'autre  ne  voulut.rien 
»  prendre  que  du  thé  et  quelques  cuillerées  d'huile.  La 
»  colique  lui  dura  toute  la  lauit,  s^apaisa le  malin  ;  mais 
»  il  lui  resta  une  horreur  de  l'eau  telle ,  qu'en  la  voyant 
)»  seulement  dans  un  verre,  il  en  pâlissait  comme  quel- 
D  qu'un  prêta  se  trouver  mal,  cette  incommodité  se  dis- 
9  sipa  d'elle-même.  »  Et  M.  Leblond  conclut  de  ce  fait 
que  les  poissons  qui  mangent  des  galères  deviennent 
un  poison  pour  ceux  qui  s'en  nourrissent  ;  et  cependant 
rien  n'avait*  prouvé  à  M.  Leblond  que  cette  bécune  eût 
mangé  des  galères  ou  toute  autre  substance  réputée  véné- 
neuse. —  Mais  les  livres  scientifiques ,  dont  un  bon  nom/- 


38o  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

hrene  sont  que  des  échos,  répètent  aussi  tout  ce  qui  a  été 
publié  de  vrai  ou  de  fauie  par  les  voyageurs  (1),  qui,  la 
plupart ,  n'ont  fait  que  répéter  à  leur  tour  ce  qu'on  leur 
ftvtiit  raconté  dans  le  pays  qu'ils  avaiedt'visité»..  Ecoutons 
celui-ci  :  ir  Je  ne  vois  pas  pourquoi  on  veut  élever  des  dou« 
»  les  sur  la  possibilité  de  l'empoisonnement  des  poisson» 
*»  dans  la' mer  des  Indes  par  la  coralina  cpuntia ,  le  fruit 
»  du  nianceiïillier,  les  méduses  et  les  boloturies,  (  koio^ 
»  turiaphysulis  ),  dont  malbeureusement  plusieurs  pois^ 
»  sons  sont  friands.  Remarquons ,  à  l'occasion  de  l'holotu*» 
»  rie  ou  galère ,  qu'elle  a  de  tout  temps  passé  pour  vénéx- 
»  neuse ,  et  qu'il  est  rapporté,  par  plusieurs  voyageurs^ 
»  que  quelques  Espagnols  d'Amérique  la  font  sécher  et 
»  la  mettent  en  poudre  pour  s'en  servir  comme  d'un  poi- 
»  '^son  actif  mêlé  avec  du  chocolat.»  {JHct.  des  sciancei 
médieahs,  art.  Toxicologie,  vol.  55,  p.  434,  par  le 
docteur  Fodéré).  Mais  il  en  est  du  Dictionnaire  des  scien- 
ces médicales  comme  de  tous  les  grands  ouvrages  scien- 
tifiques travaillés  par  un  nombre  de  savans ,  on  y  trouve, 
du  vrai  et  du  faux.  Voyons  encore  ce  qu'un  ^collaborateur 
du  même  dictionnëire ,  mieux  informé  sur  cette  matière 
que  le  savant  docteur  Fodéré,  nous  dit  relativement  à  la 


(1)  A  Gartigèo6,daD$  F  Amérique  esp«(|fnDle ,  le  fiimeiix  et  infortooé 
botaniste  danois ,  Yan  Rohr,  c^ui  a^^it  résidé  qudlqi\e  temps  dans  cette 
yîlle,  assurait  (dit  le  docteur  Ghisholm),  dans  une  communication 
faite  à  son  ami,  M.  John  Ryan-de-Sainte-Groix ,  que  les  Espagnols 
faisaient  usagée  de  la  galère  (luthsturia  phxfalis)  comme  d'un  poisou. 
Pour  cet  effet  ranimai  est  desséché  et  réduit  en  poudre  très-fine,  qu'ils 
mettent  dans  le  chocolat  de  la  victime  quils  veulent  empoisonner,  ce 
qui  la  fait  périr  infailliblement.  Il  est  de  coutume,  dans  cette  partie  de 
l'Amérique  du  Sud,  de  prendre  une  tasse  de  chocolat  tous  les  matins» 
et  lorsque  Ton  soupçonne  qu'une  personne  a  été  empoisonnée  »  on  dit» 
proverbialement ,  qu'elle  a  eu  sa  galère  ce  matin  -  là.  Ce  qui  est  très- 
probable^  ajoute  le  docteur  Ghisholm  ;  et  il  fait  remarquer  que  cette 
infâme  coutume  a  été  propagée  par  les  Espagnols  d'Europe  eux-mêmes. 
(  Ghisholm ,  on  fhe  poison  offish,  y  p«  406..) 


DE    LÀ    SOCIETE    DE   PHARMàCIE.  38 1 

g«llé1^e;  puis  nous  rapporterons  nos  expériences.  «  Si  l'on 
»  ajoute  foi  à  Tasser  lion  de  cerUins  marins,  les  méduses 
»  brûlantes  peuyent  servir  d'aliment  aux  hommes  qui, 
»  dans  plusieurs  occasioiis  y  les  ont  appropriées  à  leuc 

•  nourriture  sans  en  éprouver  aucune  incommodité.  Ce 
»  feit  sânble  prouver  que  ces  animaux,  malgré  les  fâcheux 
»  effets  de  leur  contact ,  n'exercent  point  leur  actÎQn  déléi. 

•  tère  lorsqu'on  les  a  préparés  par  la  coqtion.  Conunent 
»  donc  devieudraient*ils  l'origine  du  principe  empoisonné 
»  àeÈ  poissons»  •  (  Dictionnaire  des  sciences  médicales , 
t.  43,  p.  670»  par  Hipp.  Gloquet.)  1"^'.  Jtemarque.  Ta-^ 
vais  mis  une  galère  au  soleil  pour  la  faire  sécher  et  la 
pulvériser.  Les  fourmis  s'y  mirent  et  la  dévorèrent  en  en- 
tier. Beaucoup  de  personnes  dans  les  lies  pensent  que  ces 
insectes  ne  touchent  pas  aux  poissons  vénéneux» 

2*.  Une  autre  galère ,  que  j'avais  laissée  sur  une  table 
dans  mon  laboratoire ,  fut  assaillie  par  un  nombre  de 
grosses  mouches  qui^  7  déposèrent  leurs  œufs ,  d'où  les 
vers  édarent  et  se  nourrirent  du  mollusque  pouri. 

Première  expérience.  Le  12  juillet  1823  ,  me  trouvant 
à kv Guadeloupe,  sur  le  bord  de  la  mer,  dans  une  anse 
entre  Saintc^Marie  et  la  Goyave ,  je  vis  beaucoup  de  ga- 
lères récemment  échouées  sur  le  sable.  Ayant  avec  moi 
un  chien,  comme  celam'arrive  souvent  pour  mes  expé- 
riences ,  je  lui  fis  tenir  la  gueule  ouverte  par  mon  dômes» 
tique ,.  et  j^  introduisis  avec  un  petit  bâton  la  galère  la 
plus  fraîche  parmi  celles  qui  m  trouvaient  auprès  de  moi, 
avec  toutes  ses  tentacules  filiformes,  qu'il  avala,  non 
sans  quelques  difficultés.  Ôinq  minutes  après ,  il  sembla 
éprouver  une  vive  douleur  sur  les  bords  des  lèvres  et 
à  la  gueule,  il  bavait  et  se  frottait  cette  partie  dans  le  sa- 
ble, sur  les  heibes,  en  faisant  des  sauts  à  droite  et  à 
gauche ,  passant  sans  cesse  ses  pâtes  sur  sa  gu^e ,  où 
il  ressentait  certainennenit'  une  vive  douleur.  Je  remontai 
à  chev^  ,  et ,  malgré  sa  souffrance,  le  pauvre  animal  con- 


38i        BULLETIN  DES  TBAVAUX 

tiniia  de  me  suivre  ;  après  vmgt  minutes  de.  marche  il 
sembla  ne  presque  plus  rien  souffrir.  J  avais  un  morceau 
de  pain  que  je  lui  donnai ,  et  il  le  mangea  avec  appétit 
sans  qu'il  parut  avoir  aucune  diiEculté  pour  avaler.. Son 
qial  n'avait  eu  lieu  que  sur  les  bords  de  sa  gueule.  Il  fut 
bien  toute  la  journée  ^  n  ayant  eu  aucune  évacuation  ex- 
traordinaire qui  put  indiquer  que  l'ingestion  de  cette  ga- 
lère avait  eu  quelque  action  sur  les  organes  de  la  diges- 
tion.  Le  lendemain ,  et  les  jours  suivans,  l'animal  était 
aussi  bien  portant  que  de  coutume ,  sans  qu'il  parût  au- 
cune trace  d'inflammation  ni  dans  sa  gorge  ni  dans  sa 
gueule. 

Deuxième  expérience.  Le  20  du  même  mois ,  je  pris 
deux  galères  sur  le  bord  de  la  mer,  je  les  coupai  en  mor-  . 
ceaux ,  puis  ,  avec  une  cuiller,  je  les  fis  avaler  à  un  très- 
jeune  chien,  lequel  tettait  encore  sa  mère:  et  cette  forte 
dose  de  galère  n'eut  aucun  effet  sur  lui,  les  tentacules 
ayant  probablement  été  enveloppées  avec  le  corps  de  la 
galère  en  la  coupant  en  morceaux,  ne  lui  touchèrent. point 
la  gueule,  ce  qui  fit  qu'il  n'y  éprouva  aucune  douleur. 
Ne  serait-il  pas  possible  que  les  muqueuses  internes  sup- 
portassent l'application  de  certaine  substance  caustique 
sans  causer  le  même  degré  d'irritation  que  ces  mêmes 
membranes  exposées  à  l'air  éprouvent  lorsqu'on  leur  ap- 
plique ce  même  caustique  ? 

On  avale  quelque  cho^e  à  un  degré  de  chaleur  qu'on  ne 
pourrait  supporter  dans  la  bouche,  si  l'objet  brûlant  y 
restait. 

Troisième  expérience.  Je  me  suiô  procuré  plusieurs 
galères,  puis,  les  ayant  placées  sur  un  carreau  de  vitre,  je 
les  ai  fait  sécher,  et  les  ai  pulvérisées.  Vingt-cinq  grains 
de  cette  poudre ,  administrés  à  un  très-jeune  chien ,  n'ont 
produit  aucun  efiet  délétère.  Deux  fois  cette  quantité  ad- 
ministrée à  un  jeune  chat  n'a  rien  produit  non  plus*.  Et 
cela  ne  ma  point  surpris  ;  car,  puisque  la  galère  ^atch« 


'   DE    LA    SOCIÉTÉ    D£    PHARMACIE.  383 

n'empoisoiine  point,  comment  pourrait-^oa  supposer  que 
la  dessiccation  dé  ce  mollusque  pût  augmenter  ses  qualités 
Ténéneuses ,  s'il  e.n  avait  réellement  ;  bien  au  contraire,  il 
est  plutôt  raisonnable  de  croire  que,  par  la  dessiccation, 
le  principe  délétère  provenant  de  n'importe  quel  animal, 
tout  comme  des  boloturies  ou  galères ,  doit  perdre  infi- 
niment de  son  activité ,  par  Tévaporation  et  les  autres 
changemens  que  Fair  et  la  chaleur  produisent  avant  qu'il 
soit  entièrement  desséché. 

Quatrième  expérience  Je  coupai  une  galère  en  morceaux, 
et  je  les  fis  avciler  à  un  jeune  poulet  gras.  Il  n'en  fut  nul-* 
lement  incommodé.  Trois  heures  après ,  je  le  fis  tuer  et 
rôtir;  puis  je  le  mangeai ,  et  en  fis  manger  à  mon  domes- 
tique ,'  ce  qui  ne  nous  fit  aucun  mal,  ni  à  l'un  ni  à  l'autre, 
preuve  bien  certaine  que  ce  n'est  point  pour  avoir  mangé 
des  galères  que  les  poissons  deviennent  vénéneux  ;  car^  si 
c'était  ainsi ,  le  poulet  nous  aurait  bien  sûrement  empoi- 
sonnés. 

Cinquième  expérience.  Je  mis  vingt-cinq  grains  de  ga- 
lère pulvérisée  dans  un  peu  de  bouillon  ;  j  avalai  cette 
dose  sans  la  moindre  crainte ,  et  je  n'en  fus  nullement  in- 
commodé. 

D'après  ces  expériences  ,  qui  bien  certainement  sont 
concluantes ,  que  penser  de  Fbistoire  qu'on  rapporte  à  la 
Guadeloupe  d'un  monsieur  Tébé,  gérant  de  l'habita- 
tion de  M.  B.  ,  dans  le  quartier  du  Lamentin,  lequel  fut 
la  victime  de  son  cuisinier,  qui,  dit-on  ,  après  avoir  cher- 
ché en  vain  à  l'empoisonner  avec  un  peu  de  râpure  de 
ses  ongles,  qu'il  avait  soin  de  répandre  sur  le  poisson 
rôti  qu'il  lui  servait  tous  les  jours  à  son  dîner,  se  décida  , 
voyant  qu'il  ne  réussissait  pas  par  ce  moyen ,  à  mettre 
dans  sa  soupe  une  galère  pulvérisée.  Une  heure  après 
son  repas  ,  ce  monsieur  se  rendit  au  bourg  du  Lamentin, 
à  une  petite  distance  de  son  habitation ,  et  là ,  en  entrant 
chez  un  de  ses  amis  ,  il  fut  saisi  de  douleurs  atroces  dans 


384  BULLETIN  .DES,  TRAVAUX 

lestomac  et  dans  les  intestins,  qui  le  rongeaient  comme 
«tarait  pu  faire  le  poison  le  plus  corrdsif.  Le  mal  alla  en 
augmentant  de  plus  eu  plus,  juiqu  au  lendemain  matin 
qu  il  mourut  dans  les  tourmens  les  plus  affreux.  A  l'examen 
de  son  cadavre ,  on  trouva  l'estomac  et  les  intestins  en- 
flammés et  corrodés  ,  comme  s'il  eût  été  empoisonné  avec 
l'arsenic,  et  je  nai  presque  nul  doute  que  ce  fut  avec 
cette  substance ,  ou  avec  tout  autre  poison  corrosif ,  que 
le  cuisinier  de  M.  Tébé  commit  ce  erime.  Et  ce  mal- 
faiteur, pour  ne  point  faire. connaître  le  poison  dont  il 
s'était  servi,  voulut  laisser  croire,  à  ceux  qui  l'accusèrent 
et  le  firent  brûler  vivant ,  que  c'était  avec  une  galère pui 
vérisée  qu'il  avait  empoisonné  ce  gérant. 

Les  nègres  ne  font  jamais  connaître  la  substance  dont 
ils  se  sont  servis  pour  commettre  un  empoisonnement,  ils 
avoueront  tout  ce  qu'on  roudra  leur  faire  avouer,  excepté 
la  vérité ,  qu'ils  ont  juré  dcfne  jamais  faire  oonnattre  ,'sur 
l'article  des  poisons  dont  ils  font  usage. 


DE    i,A    SOCIETE    DE    l>HAAMACIC. 


3S5r 


TABLEAU  de  la  pesanteur  spécifique  des  huiles  essen- 
tielles plus  légères  qUe  Veau,  au  pèse  essence  dtMM.  ViOLÊf 

et  GUENOT. 


acâsastBiB 


tlOLO 


NNB    AS€E|lbAirTE. 


Aoses  de  Provence  con- 
crète.   •  .  . 

Id,  de  ponstantinople. 
Néroli  bigai'a.  de  Gra«sé^ 

ilears  d'oranges  amèreé. 

JPÎ'croli  de.  Paris  ,  fleurs 

d'onmges  amèfres^    .  . 

Néroli  de  ileurs  d'oran- 

.  ges  douces.  ..;«.. 

XVeroli  petit  ^ain^  .  ;  < 

Bergamotte  par  expres- 
sion. .  i  .*....;  4 
Portugal  par  expression. 
Citron  par  expression.  . 
Citron  rectifiée.    .  ;  .  > 


Lavande:  . 
Aspic  fin  (1); 
llomarin.   .  . 


Menthe  poivrée  non  rec- 
tifiée, b  ^  ..;...  . 

Bigarade    de    teste  par 

ez^ession.  «  .  . 
Carvi  *........  i 

Mft0RCes  plus  lourdes  que 
teau% 

COLOVirB  DCSCÊUDAIITE. 


Oéroile.  ^  .  .  .  .  . 
Amandes  améres.  « 
Cannelle.  ..... 

Ceylan. 

Sassafras,   t  .  ,  .  . 


hkcBÉs 
àlo" 


DE    TBMPEBATUBI. 


ao     a 

9»        O 


8 


6 


7 
12 
11 
12 

6 
5 

7 


12 
3 


8 
9 
9 
3 

11 


5 
2 


4 

5 
3 
2 

6 
9 

2 


3 


6 

7 
5 
S 

7 


à  20 


à  10 


9 

fe   S 

•s  s 


10 
9 

1Ô 


11 
7 


8 
13 
12 


19 


bO 


(1^  Essence  du  lavandula  spica. 

XV.  Année. --^Juillet  1829. 


7 
2 


9 
4 


5 
8 

4 


4      4 

8      1 


6     i 


13      4 
4      2 


871 


876 

85it 
884} 


880 
844 
854 
8461 

883 
|H)0 
909 


954^ 


846i 
906 


On  mélange  eeà 
huiles  efifièn- 
iieUe«: 


A¥ëe  lé  iiéroli  dé 
ilenrs  dotacos. 


Ave<ï  là  l^erga- 
motte. 

Avecle  Portugal, 

Avec  le  Portugal. 
A^c  le  Portugal 

rectifié. 
Atec  Taspic* 

Avec  l'aspic  (huilé 
*  dé  spic.) 

Avec  la  mènta- 
strum  ou  Ttun* 
jolaine. 

AvecbérgamoKéi 


37 


\  ^ 


38é 


BULLETIW    DES    TRAVAUr 


••     î 


RAPPORT 

^ur  un  ùislrumeiU  (I)  présenté  à  la  Société  de  phar^^ 
nmcièfpàf'  MM.  Violet  et  Guisot , parfumeurs ,  pour, 
prendre  la  densité  des  essences. 

Par  9^M.  ÇiijEVALLiBii ,  e\  |(osst  rappprteur. 

De  toutes  les  falsifications  que  Ton  peut  faire  subir  tiui^ 
^uilcs  essentielles ,  les  plus  difficiles  à  cpnsMter  sôpt  sans^ 
contredit  celles  qui  résultent  du  mélangé  d*huilës  essen^. 
^elle^de  qualités*  inférieures  ;  il  nfy  «i  à  cet  égard< qu'une 
gnfnde  h^^iiude  et  un  odorat  exquis  qui  puissent  laij:e^ 
reconnaître  la  fraude ,  et  encore  rit  peut-on  jamaia  obte- 
nir une  certitude  matérielle  qu'il  y  ait  eu  mélange;  il* 
serait  doKio  ettrémamont  à  désirer  que  Toii  fv^t  ifoav«r 
quelques  procédés  qui  missent  à  labri  des  fcaudei  trës^ 
faéffueiltes  qui  se  pratique^nt'  dans  ce  genre,  de  cooit. 
merce. 

>  C'est  daiM  cette  intention  que  vous  a«té-  prése^lé^  psMr 
MM.  Violet  et  Gueiiot ,  l'instrument  dont  vous  nou$ave2L' 
chargés  ,  M.  Chevallier  et  moi,  de  vous  Fendre-  compte. 

'^  Cet  instrun^ent  n'est  aiilre  qu'un  àreoinètr'e  ordinaire 
qui  portç  deux  échelles,  l'une  ascendante,  pour  Ifea  e*^ 


■»  »i 


,(}.)  Cet  inatroivient  n'es^aptreq^e  T^^réoifijètre  dé  Boajimé  »  stnfentCfit 
\ii  graduation  diffère  en  ce  que  0^  da  c«  nouvel  aréomètre  eorrespotidià- 
i(y*  de  Beaumé.  Ainsi,  à  chacUn  des  npmbres  dlonnés  danç  le  tableau,  il 
faudra  ajouter  10"  pour  avoir  le  degré  conrespondànt  dé  Beaumé  »  c'iefst> 
à-dire  que  Tessence  de  lavande,  par  exemple,  marquera  16o,.6  de 
Beaumé ,  celle  de  eitroo  rectifiée  22"2 ,  etc. 

Los  auteurs  ont  adopté  cette  modUication  pour  pouvoir  donner  plusy 
d'étendue  à  leurs  divisions ,  sans  que  rinstrument  ceijsât  d*éif9 
pyftatil". 


DE    lA    SOCrÉTE    DE    PHARMACIE.  58% 

neûces  plu9  léçères  que  Tenu;  Taulre  descendante,  pour. 
}es  essentes  plus  lourdes  ;  d<;\ns  le  deuxième  cas ,  lorsque 
f  ittst'ruhient  doit  servir  pour  ^es  esseuces  plus  Iqurdes 
que  IVau,  on  fixe  k.  son  cf^trétitité  inférieure  uri  poids 
qui  Fui  sert  de  lest ,  et  que  Yot^  peut  enlever  après  Vexr 
périence.  Nous  p'avons ,  comme  Voïi  voit ,  rien  h  dire 
l'clativèrment:  à  l'instrument  en  lui-même  ;  cette  addition^ 
d'^un  poids ,  pour  le  rendre  applicable  à  tousies  liquides , 
est  aussi  une  disposition  généralement  connue  ;  nous  n'a- 
yons donc  qu'a  appréciier  le  mérite  de  son  application. 

Gette'appliçation  est  foiidée  sur  ce  que  les  huilçs  esr 
sentiellesr  ont  des  pesanteurs  spécifiques  variables ,  sni-* 
yant  les  espèces,  xnaik  constantes  pour  chacune  d'cDes^ 
de  sorte  qu'en  dressant  un  tableau  du  degré  que  mar- 
/{Uentà  Tipstrument  les  diverses  huileis  et  leurs  mélariges^, 
^À  proportion  variable  ,  on  pourrait ,  sur  la  comparaison 
dé  la  pesanteur  spécifique  d'une  huile  quelconque  avec 
pelles  du  tableau ,  juger  de  sa  qualité,  de  la  nature  dit  jné- 
lange,  etc.  Il  est  bien  évident  que,  si  l'on  juge  ces  prir^ 
cipes  dans  toute  leur  généralité ,  ils  ne  sont  point  exacts, 
de  même  que  les  conséquences  qu'on  en  pourrait  tirer, 
parce  que  l'on  sait  que  lu  densité  d'une  huile  essen- 
tielle peut  varier  ^avec  le  temps ,  par  son  exposition  k 
lair  ou  par  l'influence  d'autres  causes  naturelles.  Il  est 
bien  évident  aussi  que  cette  densité  peut  changer,  non- 
seulement  par  le  mélange  d  autres  builçs  essentielles  , 
priais  aussi  par  celui  d'huiles  fixes  et  d'alcool. 

Cependant,  si  l'on  fait  attention  que  Ton  possè<le  des 
moyens  asse^  eiigicts  de  reconnaître  la  présence  de  l'huile 
fixe  et  de  ralçool  dans  les  huiles  essentielles,  si  l'on  con- 
sidère de  plus  que,  dans  le  plus  grand  nombre  de  cas,  les 
huiles  essentielles  avec  lesquelles  une  huile  peut  être 
mélangée  sont  très-peu  nombreuses  ;  que  les  huiles  se 
yendent ,  en  général ,  avant  que  le  temps  ou  les  circon-. 
îltanccs  çxtérjeures  aient  pu  les  modifief  noiabiemenê  ;  eB 


388      BUtLETIÎf  DES  TUAYAUX  ,  ETC. 

eoncevr**^  qu'il  est  possilile  de  tirer  quelque  profit ,  clans 
le  commerce ,  des  indications  fournies  par  un  aréomètre 
sensible.  Ainsi  le  nérolij  obtenu  de  la  distillation  des 
fleurs  d oranges  amères^.qui  est  le  plus  estimé,  n'est  en 
général  mélangé  qu'avec  Tbuile  essentielle  que  l'on  ob- 
tient avec  les  fleurs  ^es  oranges  douces ,  qui  est  la  seule 
qui  ait  quelque  analogie  avec  lui;  or,  d'après  les  auteurs 
de  la  note ,  le  néroli  de  Paris ,  c'est-à-dire  le  premier  ^ 
marque  7*",  5  à  leur  instrument,  tandis  que  le  deuxième 
dit  néroli  de  fleurs  d'oranges  douces  marque  10,5, 
difiërence  très-appréciable,  comme  on  le  voit,  et  qui 
permet  de  distinguer  celui  qui. est  allongé ,  de  celui  qui 
est  pur  ;  la  même  différence  se  reproduit  sur  beaucoup 
d'autres  builes  essentielles^  D'après  ces  considérations 
nous  avons  Tbonneur  de  vous  proposer  d'insérer  dan4. 
votre  Bulletin  le  tableau  dressé  par  MM.  Violet  et 
Guenot  ^  du  degré  que  marquent  à  diverses  température» 
les  principales  huiles  essentielles  du  commerce^ 


ti-A 


■■I^W-f       '  I        I     I    I        ri    I  II  m'   I         ^1     ■  itl 


■i^-^ 


#A1US. '«•IMPAIBCSMI   Ul   PAlIf,    »U«   KACIKÉ,    H°.   4,   PLACl    DE   LOOio^f, 


JOURNAL 

DE  PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


N\  VIII.  —  iB".  Année. — Août  1839. 


MEMOIRE 

Sur  l'acide  hinique,  et  ses  principales  combinaisons  avec. 

les  kases.  salifiables  ; 

Par  MM.  Heney  fils  et  A.  Plisson  ,  pharmaciens  attaches  à  la 
Pharmacie  centrale  des  hôpitaux  civils. 

(  Lu  à  la  séance  publique  de  1* Académie  royale  de  Médecine ,  section 

de  Pharmacie,  le  18  juillet  1629.  ) 

Messieurs, 

Après  les  immenses  recherches  et  les  intéressans  tra- 
vaux qui  ont  été  entrepris  sur  les  quinquinas ,  il  vous 
paraîtra  sans  doute  étrange  d'occuper  encore  votre  at- 
tention par  un  produit  extrait  de  ces  écorces ,  mais  c'est 
le  sort  des  plus  belles  découvertes.  Malgré  le  nombre 
et  l'habileté  des  chimistes  auxquels  elles  sont  dues ,  cha- 
XV\  Année.— Août  \%7Q.  28     ' 


3gO  JOURNAL 

t;un  veut  y  attacher  sùn  nom  j>ùt  quelques  expériences 
nouvelles,  capables ^  soit  de  confirmer  ce  qu'ils  ont  dit, 
«oit  de  constater  des  faits  qui  avaient  pu  leur  échapper. 

Cette  réflexion-^nous  est  applicable  aujourd'hui ,  pour 
le  mémoire  qUô  nous  avons  l'honneur  de  vous  présenter. 

Depuis  long- temps  M.  Descbamps  de  Lyon  avait, 
commue  on  le  sait,  retiré  du  quinquina  un  sel  particulier 
à  base  de  chaux ,  auquel  il  avait  donné  le  nom  de  quin- 
quinate  de  chaux  ,  et  dont  il  avait  assez  bien  indiqué  les 
principaux  caractères.  Ce  sel ,  examiné  quelques  années 
^près  par  M.  Vauquetin,  fournit  à  cet  illustre  chimiste 
l'occasion  d'en  démontrer  clairement  la  nature  et  d'en 
isoler  l'acide  qui  entrait  dans  sa  combinaison;  et,  bien 
que  cette  partie  de  son  mémoire  ait  été  en  quelque  éorte 
ébauchée ,  on  n'en  reconnaît  pas  moins  la  touche  de  cet 
habile  maître  ;  en  effet ,  il  trouva  à  ce  corps  des  propriétés 
très-dislinctes,  et  le  désigna  sous  la  dénomination  d'acide 
kinique. 

Dans  leurs  savantes  et  utiles  recherches  sur  les  quin- 
quinas ,^  MM.  Pelletier  et  G^ventou  ajoutèrent  aassi 
d'autres  documens  à  ceux  de  M.  YaAiquelin,  relativement 
à  cet  acide. 

Toutes  ces  données  ne  constatant  cependant  pas  un 
ensemble  propre  à  former  une  histoire  nssei  complète^de 
l'acide  quinique  et  de  ses  combinaisons ,  nous  avons  eu 
l'idée  de  remplir  autant  que  possible  cette  lacune ,  en  con- 
tinuant les  essais  qui  restaient  encore  à  faire.  C'est  donc, 
messieurs ,  une  s(K*te  de  monographie  de  Tacide  kinique 
que  nous  ^vons  l'honneur  de  soumettre  à  votre  jugement  ; 
heureux  si  notre  travail  peut  nous  Vùloit  et  nous  mériter 
vos  suffrages  ! 

Pour  entrepi'enclre  ce  travail,  il  était  indispensable 
d'avoir  d'abord  une  asse2  grande  quantité  de  kinate  de 
chàiix  dont  on  pût  isoler  ensuite  Tacidé,  soit  à  l'aide  du 
procédé  de  M.  Vauquelin,  i^oit  par  d'autres  moyens^ 


DE    PHARMACIE.     ^  3gi 

nnettant  donc^à^Wfit  lés  liqueurs  provenant  de  la  prépa- 
ration du  sulfate  de  quiiiine  de  notre  élablissenicnt ,  nous 
aTpns  agi  de  la  manière  suivante  pour  en  retirer  ce  sel\ 
san&  nous  conformer  aux  modes  longs  et  difficiles  proposés 
|>ar  nos  savans  devanciers. 

Premier  procédé. 

On  fait  rapprocher  à  feu  nu  et  avec  soin  en  sirop  clair^ 
les  liqueurs  rougcâtres  qui  résultent  de  la  décomposition 
des  décoctions  sulfuriques  de  quinquina  jaunepdr  la  chaux 
éteinte,  on  décante  pour  séparer  le  sulfate  calcaire  formé , 
et  Ton  concentre  alors  la  liqueur  au  bain-marie  en  con- 
sistance d'extrait  mou*  Ce  produit,  abandonné  à  l'air 
libre,  se  prend  souvent  en  une  masse  pulpeuse ,  formée 
par  la  cristallisation  confuse  du  kinaté  ;  mais  comme  il 
est  très-difficile  de  l'en  extraire ,  alors  il  vaut  mieux  trai- 
ter à  chaud  cette  matière  extractiforme  par  lalcool  du 
commerce  à  deux  ou  trois  reprises.  La  partie  insoluble 
dans  ce  menstrue ,  dissoute  avec  une  petite  quantité  d'eau 
pure  et  rapprochée  convenablement,  ne  tarde  pas  au 
bout  de  quelques  jours ,  surtout  si  la  température  est  peu 
-élevée,  à  fournir  un  magma  épais ,  grenu  ,  qui,  exprimé 
fortement  et  soumis  à  diverses  cristallisations,  donne  le 
kinale  de  chaux  parfaitement  blanc  et  très-pur. 

Des  eaux  mères  brunes  ,  épaissies,  on  relire  encore  àt^ 
nouveaux  cristaux  par  une  concentration  convenable. 

Deuxième  procédé . 

On  arrive  encore  plus  promptement  à  extraire  ce  sel 

calcaire ,  en  décolorant  entièrement ,    par  l'hydrate  de 

\    plomb ,  les  décoctions  sulfuriqu^  de  quinquina  jaune  oii 

gris ,  comme  nous  l'avons  indiqué ,  M.  Plisson  et  moi , 

dans  un  mémoire  publié  Journal  de  pharmacie^  t.  XIIÏ , 


3.9^  JOURNAL 

sur  Cétat  de  la  hinine  dans  les  quinq^ina&^  On  .priYe  \x 
liqueur  claire  du  plomb  qu'elle  renferme,  à  Vaille  d'dv 
excès  d'acide  hydrosulfurique  ou  d'acide  sulfurique 
étendu ,  versé  avec  soin,  «t,  après  Tavoir  saturée  par  la 
chaux,  on  filtre  et  on  évapore;  le  kiuate  cristallise;  il 
faut  le  purifier  alors,  en  le  faisant  cristalliser  à  plusieurs 
reprises.  Ce  mode ,  plus  prompt  que  le  précédent,  est  un 
peu  moins  économique. 

C'est  avec  le  kinate  de  chaux  très-pur ,  retiré  par  l'un 
ou  l'autre  de  ces  deux  procédés  >  t{ue  Ton  se  procure  l'a* 
cide  kinique. 

11  faut  pour  cela  le  traiter,  comme  l'a  proposé  M.  Tau- 
quelin,  par  l'acide  oxalique  ajouté  avec  beaucoup  de 
soin,  jusqu'à  cessation  de  précipité,  et  faire  cristalliser  la 
liqueur;  ou  bien  suivre  d autres  modes  qui,  sans  être 
peut-être  aussi  directs,  sont  au  moins  plus  économiques  ^ 
et  avantageux  dans  le  cas  où  l'on  préparerait  un  jour  cet 
acide  en  grand. 

Ces  modes  consistent  :  I  ^.  à  mettre  en  contact  le  kinate 
de  chaux  dissous  dans  une  petite  quantité  d'eau ,  avec  un 
m^laqge  d  acide  sulfurique ,  étendu  de  trois  fois  son  poids 
d*alcool  rectifié-;  on  en  ajoute  un  très-léger  excès,  et  leli*. 
quide  filtré,  privé  d'acide  sulfurique  à  l'aide  d'un  peu  de 
baryte  ou  de  kinate  de  cette  base ,  donne  par  évaporation 
à  une  douce  chaleur  l'acide  kinique  en  cristaux  très-» 
blancs  et  très->purs. 

2^.  A  traiter  par  l'hydrogène  sulfuré  le  sous*kinate 
de  plomb  délayé  dans  une  certaine  quantité  d'eau.  Après 
la  concentration  de  la  liqueur  claire,  on  trouve  le  même 
acide ,  qui  a  besoin  souvent  d'être  purifié  par  une  nou- 
velle cristallisation. 

S"".  Enfin ,  à  décomposer  le  kiùate  de  baryte  par  l'acide 
sulfurique  versé  goutte  à  goutte,  et  à  faire  évaporer  le 
produit  filtré. 
Nota,    Ce  kinate  de  baryte  peut  s'obtenir  facilement 


DB    P»ARftf.4CIS*  3931 

en  mettant  en- contact  à  chaud  un  soluté  de  klnate  de 
ciiaux  dans,  l^lc'ool  à  25** ,  avec  le  muriate  de  barvte 
di«sott8  dans  l'alcool;  ce  dernier  sel  étant  en  léger  excès, 
le  kinatede  baryte  qui  se  précipite,  laréà  l'alcool  recli-:* 
fié  jusqu'à  absence  de  muriate,  est  ensuite  dissous  d^nt.. 
Leau  pure  et  traité  comme  nous  venons  de  le  dire. . 

De  l'aoide  hinique.. 

Cet  acide,  lorsqu'il  est  pur,  se  présente  en  cristaux- 
assez  volumineux^  très-nets^^,  transparens,  d'une  saveur 
Irès-acide ,  non  désagréable  et  sans  aiicune  amertume  ; 
son  odeur  est  nulle  ;  sa  pesanteur  spécifique,  à  8"  et  demi, 
est  de  1 ,637,  Teau  étant  prise  pour  unité  ;  exposé  à  Tair-, 
il  ne  s'altère  pas  quand  il  est  bien  sec;  mais ,  dissous  dans 
l'eau ,  il  se  couvre  de  moisissures  ,  comme  les  acides  vé^ 
gétaux  ;  la  chaleur  te  fond  d  abord  ea  un  liquide  incolore , 
puis  le  décompose,  et  donne  lieu  à  une  matière  brune  et 
à  des  gaz  carbonés  doot  lodeur  rappelle  celle  des  tar-^ 
trates  brûlés  \  il  reste  pour  résidu,  un  charbon  léger  assez 
volumineux»  Si  L'on  recueillf  les  produits. volatils  de  cette 
décomposition ,  on  obtient  une  substance  blanche ,  en  pe- 
tits cristaux,  que  MM.  Pelletier  etCaventou  ont  décou- 
verte ,  examinée  avec  soin  et  reconnue  pour  être  un  acide 
particulier  ;  ils  l'ont  iiovf.mé py/O'Jiinique, 

L'action  de  la  chaleur  sur  l'acide  kinique  placé  dans 
le  vide  d'un  tube  barométrique  a  été  la  même ,  seulement 
un  peu  plus  lente.  Le  corps  dont  nous  parlons  est  soluble 
dans  l'alcool  et  dans  l'eau  ;  il  se  dissout  à  9**  dans  environ 
deux  fois  et  demi  son  poids  de  ce  dernier  liquide  ;  mis 
en  ébuUition  avec  la  fécule  et  l'eau  pendant  un  long  ts^ 
pace  de  temps ,  il  la  transforme  en  suore  ;  présenté  à  Tal-^ 
cool  dans  des  circonstances,  convenables ,  il  produit  une 
matière  particulière  qui  a  la.  plus  grande  analogie  avec 
Téther  tartrique  de  M.  Thenard  ^.  et  que  nous  présumons 
^tre  d*  Yéther  hniquc. 


394  JOURHAli 

Nota.  Ce  composé  n'ayant  pas  «acore  élé  obiedu  daû» 
un  état  de  pureté  assez  satisfaisant ,  noua  nous  proposons 
de  Tétudier  mieux  ultérieurement* 

•Traité  à  cli^ud  par  les  acides  sulfurit^ue  et  nitrique  ^ 
Tacide  kinique  est  altéré  ;  i\  donne  avec  le  premier  une 
substance  verte  particulière,  puis  se  charbonne ;  avec  le 
deuxième ,  il  fournit  de  Tacide  oxalique  ;  et  si  la  propor- 
tion de  l'acide  nitrique  est  moindre,  une  matière  acide 
particulière  qui  a  quelques  rapports  avec  l'acide  pyro- 
kinique.  Est-ce  un  acide  plus  oxigéné  ? 

Combiné  aux  bases  inorganiques  et  organiques  ,  il 
forme  des  composés  la  plupart  très-bien  cristallisables  et 
en  proportions  définies  ;  on  les  appelle  îdnatesr. 

Toutes  les  combinaisons  que  nous  avons  faites  sont  so- 
lubies,  à  l'exception  du  sous-kinate  de  plomb  signalé 
déjà  par  MM.  Pelletier  et  Caventou. 

M-  Vauquelin  avait  depuis  long-temps  annoncé  quel- 
ques-uns des  caractères  mentionnés  ci-dessus;  mais  il 
n'avait  pu  les  indiquer  que  très-succinctement ,  à  cause 
Ae  Fimpureté  de  l'acide  sur  lequel  il  avait  agi.  Ce  n'en  est 
pas  moins  à  ce  célèbre  professeur  que  nous  devons  les 
premières  bases  à  l'aide  desquelles  nous  nous  sommes 
guidés  dans  nos  recherches. 

En  soumettant  l'acide  kiniquè  bien  pur  et  calculé  à 
-  l'état  anhydre ,  dans  ua  appareil  propre  à  le  décomposer 
au  moyen  du  deutoxide  de  cuivre  ou  du  chlorate  de  po-: 
tasse  exempts  de  matières  étrangères,  et  en  nous  basant 
sur  les  principes  que  M.  Plisson  a  dernièrement  annon- 
cés en  notre  nom  commun  {Journal  de  pharmacie,  mal 
1829,  page  278),  nous  avons  évalué  les  élémeps  de  ce. 
corpsr  par  dés  produits  gazeux  j  ainsi  le  carbone  a  été  re- 
présenté par  le  gaz  acide  carbonique ,  à  la  maçiière  ordi^ 
naire;  Yhydrogène  a  été  obtenu  directement  sous  l'état 
siérîforme^  et  Voxigène  également  apprécié  à  l'état  gâzcux 


DIS    PHAI^VilÇlS.  3^^ 

parun  mode  indirect  ou  par  )a  diOerepce  eptv«  les  poid^^ 
primitiftB  e^t  ceux  des  produits  de  ropératiou* 

Qa  n'a  reconnu  aucune  trace  à'é3^90tG  provenant  da  Y^^ 
dde  kinique  ainsi  analysé.  » 

(Nous  comptons  pouvoir  publier  bientôt  le  mode  d'a-^ 
ns^ly^e  et  l'appareil  dont  nous  pous  servons  à  cet  effet  ; 
appareil  qui ,  nous  l'espérons ,  conduit  à  des  résultats  sa^. 
tisfaîsans  et  très-rapprocbés  de  la  vérité  )• 

Un  granime  d'acide  kipique  très-pur,  et  de3sécl;ié  avec- 
soin  à  1 0G"",  a  fourni  pour  1 00  : 

Carbone.  ..........    .^  ....  î»4,4320 

Hydrogène.    • «     5)5602 

Oxigène ,  .  .  60,O07Ç 

Ce  qui ,  d'après  la  tbéorie ,  conduit  à  le  considérer 
composé  de  : 

Carbone. 3^4,1149  —  2  atomes 

Hydrogène.    .    ,  .  .  .  .     5,5602  -^  4  atomes» 
Oxigène. 60,3249  —»  3  atomes 

Le  poids  atomique  de  eet  acide  serait  par  eoaséqaettt 
égal  à  477,8342. 

Xf^s  kinaie$. 

Les  combinaisons  de  l'acide  kinique  avie  les  bases 
portent ,  comme  nous  1  avons  dit ,  le  nom  de  hinates  ; 
elles  sont  ordinairement  neutres^  une  seule  a  été  jusqu'ici 
obtenue  à  l'état  de  sous-sel ,  et  aucune  encore  n'a  été  re<- 
connue  avec  excès  d'acide.  Nous  ne  sommes  pas  parvenus 
à  produire  des  sels  doubles ,  du  moins  cristallisés. 

Tous  les  kinates  neutres  sont  solubles  dans  Teau^ 
moins  dans  l'alcool,  surtout  s'il  est  très^-rectifié  ;  ils  cristal^ 
lisent  assez  bien  pour  la  plupart ,  mais  presque  toujours 
lentement  et  par  une  évaporation  spontanée. 

La  cbaleur  les  fond  et  les  dessèche  en  une  sorte  de  ver-- 


\ 


\ 


396  -■  JOUKWAL 

nis  «fui,  humecté  Irès-Iégèrement ,  ne  tarde  point  à  re- 
prendre l'apparence  cristalline.  Leur  saveur  est  très- va- 
riable ;  leur  odeur  nulle  ;  expoisés  au  feu  ,  ils  se  décom- 
posent en  répandant  une  odeur  de  pain  brûlé  comme 
les  tartrates. 

On  peut  les  préparer  en  combinant  directement  les 
baâes  avec  Tacide ,  ou  par  double  décomposition  au  moyen 
du  kinate  de  baryte  et  d'un  sulfate  soluble  ;  c'est  ainsi 
qu'on  obtient ,  en  proportion  très-constante,  les  kinates 
de  magnésie,  de  soude,  de  potasse,  de  cuivre  ,  de  zinc, 
de  manganèse ,  de  quinine  et  de  cinchonine. 

Tous  ces  sels  sont  neutres,  et  nous  avons  reconnu  de 
plus  que  ceux  de  zinc  et  de  plomb  ne  suivent  pas  les  lois 
des  oxalates.  Des  expériences  sur  lesquelles  nous  allons 
revenirjnous  permettent  d'assurer  que  ce  ne  sont  pas  desi 
carbonides.  Pour  arriver  à  connaître  la  composition  chi- 
mique de  ces  diflérens  kinates  n^inéraux ,  nous  avons 
calcmé ,  avec  les  plus  grandes  précautions ,  des  poids  bien 
déterminés  de  chacun  d  eux ,  desséchés  d'avance  convena- 
blement, et  ep  ayant  soin  d  opérer  la  destruction  complète 
de  la  matière  végétale  par  une  longue  calcina tion  .dans 
un  creuset  de  platine  placé  au  centre  d'un  plus  grand  de 
même  métal,  et  entouré  de  feu  de  toutes  parts.  L'oxide 
xnétallique  était  alors  ^esé  de  suite  ou  transformé  en  un 
sulfate  dont  on  prenait  bien  exactement  le  poids  après 
l'avoir  4:alciné,  et  qui  indiquait  la  quantité d'oxide  com- 
biné primitivement  dans  le  kinate. 

Plusieurs  essais  de  ce  genre  nous  ont  fait  voir  que , 
dans  ce  genre  de  sel  neutre,  100 parties  d'acide  saturent 
une  proportion  d'oxide  contenant  4,299  d^oxigène^  qui 
serait  double  dans  les  sels  bibasiques  et. moitié  moindre 
dans  les  bis^ls  ;  nous  avons  vu  aussi  que ,  dans  les  kinates 
neutres,  la  quantité  d'oxigène  de  la  base  est  à  celui  de  l'a» 
cide  coiTime  1  à  14,03. 


DE    PUA  M  Ma  Cl  £«  397 

Nous  passons  maintenant  à  rexamen  des  principales 
combinaisons  que  nous  avons  préparées  et  examinées. 

Kinate  de  rhagnésie. 

-  Ce  sel ,  déjà  obtenu  par  MM.  Pelletier  et  Cavcntou ,  a 
été  fait  par  double  décomposition  ou  directement.  11  est 
très-soluble ,  amer ,  paraît  inaltérable  à  lair  ;  il  cristallise 
assez  facilement  en  mamelons  ou  en  tubercules  ,  ^ffectaxrt 
la  forme  de  choux-fleurs. 
Sa  composition  est  de  : 

Acide.    •'  . 100 

Magnésie 11,105 

Kinate  de  chaux. 

Cette  combinaison  existe  ,  ainsi  que  les  expériences  de 
MM.  Deschamps  jeune ,  Vauquelin ,  Pelletier  et  Caven- 
tou  Font  prouvé,  dans  la  plupart  d^s  écorces  de  quin* 
quina.  Extrait  de  ces  écorces  ou  préparé  directement ,  il 
se  présente,  lorsqu'il  esl^  pue,  sous  le  même  aspect;  il 
cristallise ^n  lames  rbomboïdales  transparentes,  quelque- 
fois  très -volumineuses,  ou  bien  se  prend  en  une  masse 
blanche  comme  du  çucre,  ofirant  à  sa  surface  de  petites 
lames  rbomboïdales  brillantes.  Sa  solubilité  dans  Teau  est 
très-grande,  mais  elle  est  nu)le  dans  l'alcool  très-rectifié  ; 
sa  saveur  est  presque  nulle  aussi;  et  la  chaleur,  après, 
l'avoir  fondu,  le  décompose  entièrement,  quand  elle  est 
très-forte  et  donne  de  la  chaux  pour  résidu.' 

1  gram.  068  de  quinate  de  chcluiL  pur;  desséché  exacte- 
ment à  100°yfut  calciné  très-fortement;  le  résidu  blanc , 
composé  de  chaux ,  pesait  0,1 51 ,  ne  faisant  pas  éflerves* 
cence  avec  les  acides  ;  cette  quantité  donne ,  pour  la  com- 
position de  ce  sel  calcaire  : 

Acide. .100 

Chaux 15,34 


3gB  /ouB^Ai. 

La  théorie  indique  : 

Acide 100 

Chaux. 15,304 

Nous  avons  tenté  vainement  de  combiner  ce  sel  avec  un 
excès  de  base  ou  d  acide ,  de  manière  à  produire  des  sels 
basiques  et  des  bisels.  Dans  Tun  comme  dans  l'autre  cas  , 
le  sel  cristallise.de  pouveau  et  purifié  a  conservé  $on  état 
neutre. 

Kinate  d&  soude. 

En  saturant  exactement  Tacide  kinique  par  la  soude  à 
Talcool  très-pur ,  on  retire  par  levaporation  ménagée  de 
la  liqueur,  et  souvent  au  bout  d'un  assez  long  espace  de 
temps,  des  cristaus^  très-beaux,  transparens,  qui  sont  des 
primes  à  six  pans ,  et  sur  lesquels  Tair  est  satts  action. 

Ils  ne  paraissent  pas  contenir  d'eau  de  cristallisation  ; 
car,  desséchés  à  ;I00^  centigrades,  ils  n'ont  rien  perdu 
sensiblement  de  leur  poids,  il  semble  même  qu'il  en 
est  ainsi  pour  la  plupart  des  autres  kinates.  Ce  sel  de 
soude  est  très-soluble  dans  Teau ,  moins  dan^  lalcool ;  sa, 
saveur  est  un  peu  amère.  Chauffé  fortement ,  il  laisse 
pour  résidu  du  carbonate  de  soude ,  qui ,  transformé  ea. 
sulfate,  a  permis  d'arriver  à  la  composition  de  Fespèce 
dont  nous  parlons. 

Elle  reniferme  d  après  la  théorie  :  \ 

Acide t^  .  .  .  ,  .  100 

Soude 21,11 

'    L  expérience  avait  donné  un  résultat  fort  approximatif.. 

Kinate  dépotasse. 

On  le  prépare  comme  le  précédent.  Il  çst  trèi^-aoluble ,. 
Attire  un  peu  l'humidité ,  est  d'une  savçur  amère  ;  éva- 


poré,  il  s^est  desséché  çn  unç  mas^ç  goiomeu^^;,  Q14  biea 
en  une  sorte  d'enduit  luisant. 

La  théorie  indique  pour  composition  de  ce  sel . 

.  Acide 100 

Potasse. 25,59 

En  combinant  à  ce  kinate  une  proportion  double  d  a- 
cide  pour  avoir  un  bisel ,  nous  n'avons  obtenu  aucune 
cristallisation,  et  nos  efforts  ont  été  également  infruc- 
tueux en  cherchant  h  former  un  sel  double  par  la  siitu- 
ration  de  cet  excès  d  acide  à  l'aide  de  la  soude  pure-^ 

Kinate  d'ammoniaque. 

L'ammoniaque  sature  très-bien  Tiiçide  kinique;  mâiff 
ie  sel  évaporé,  soit  à  lair,  soit  dans  le  vide,  perd  une 
grande  partie  de  sa  base ,  et  devient  Irès-acide  sans  pré^ 
senter  aucun  indice  de  cristallisation. 

Il  ne  nous  a  pas  paru  produire  de  composé  salin  double 
avec  la  magnésie.  ^ 

Kinate  de  baryte* 

Avec  la  baryte  pure  ou  son  carbonate  hydraté  pur,  on 
peut  saturer  exactement  l'acide  kinique  «t  faire  uïi  sel 
çristallisable  en  octaèdres  allongée  trançparens ,  parais-* 
sant  s'eâleurir  à  Tair ,  et  dont  la  saveur  ^i  nau^éabondef 
Il  est  très-soluble  dans  Teau,  à  peine  dans  lalçool  trèfi-r 
reclifié  \  sa  cristallisation  ne  s'opère  qua  d'une  mapière 
très-lente,  et  même  cçlui  que  nous  avons. eu  en,  cristaux 
bien  prononcés ,  provenait  de  Tévaporatioii^  apont^oée  et 
partielle  d'une  liqueur  alcoolique  à  25° ,  chargée  4^  ce 
kinate. 

On  l'a  analysé  par  l'acide  sûlfurique  qui,  pour  1  gramme 
de  sel  anhydre ,  donna ,  sulfate  de  baryte  calciné ,  0,485 v. 

Ce  qui  établit  ainsi  sa  composition  i 


400  JOUR N 4L 

Acide.    ...  * 100 

Base \  .  .  .     4^3* 

Et  théoriquement  : 

Acide.    • \  ../...•.  .  100 

Baryte ^  ........  ,     41,14 

Nous  avops  indiqué  aussi  un  autre,  mode  de  prépara-» 
tion  du  kinate  de  baryte  à  Taide  du  muriate  de  baryte 
et  du  kinaté  de  chaux  dissous  dans  l!alcool  de  différenies 
dénotés.  Avec  ee  composé  de  baryte  ^  on  peut  obtenir  ua. 
grand  nombre  de  kinates  très-purs  et  dans  des  propor-- 
tions  bien  neutres. 

Kinatô  deperoxidè  de  fer. 

L'acide  kinique  dissout  très-aisément  Thydrate  de  per-^ 
oxide  de  fer,  et  il  en  résulte  une  liqueur  d'un,  jaune  rou-^ 
geâtre  très-styptique,  très-soluble,  non  hygroscopique^  et 
qui,  desséchée  convenablement,  puis  humectée,  se  prend 
en  une  masse  gommeuse  d'apparence  cristalline. 

Kinate  de  manganèse. 

lie  protoxide  de  manganèse  s'unit  assez  bien  avec  l'a-* 
cide  qui  nous  occupe ,  mais  la  combinaison  ne  s'opère  que 
par  double  décomposition  à  l'aide  du  kinate  de  baryte  et  du 
protosulfate  de  manganèse.  Le  sel  liquide ,  très-soluble , 
peu  coloré ,  évaporé  avec  soin ,  produit  des  plaques  min-^ 
ces ,  rosées ,  sur  lesquelles  on  aperçoit  de  petits  pointât 
brillans  criststllins. 

La  théorie  donne  pour  composition  ; 

Acide .100 

Protoxide  de  manganèse 19,59 


DE    PHARMAGIE.  4^1 

t 

Kinaie  de  zinc. 

Il  se  prépare  comme  le  précédent ,  en  dissc^ution  ;  il  est 
incolore,  très^soluble ,  d'une  saveur  un  peu  stjptique; 
évaporé  à  une  douce  chaleur ,  il  se  recouvre  de  plaqués 
sèches,  d'un  blanc  sale,  et  sur  lesquelles  on  distingue  beau*» 
coup  de  petits  cristaux  mamelonnés. 

'Unie  analyse  a  été  faite  en  le  décomposant  avec  le  plus 
grand  soin  par  le  carbonate  de  soude  pur  ;  le  précipité 
calciné  fournit ,  pour  un  gramme  de  kinate  sec ,  oxide 
de  zinc,  0,173 ,  ce  qui  indique  que  ce  n'est  pas  un  car- 
bouide ,  et  que  sa  composition  est  de  : 

Acide 100 

Oxide  de  zinc 21,635 

Kinate  de  nickel. 

C'est  encore  à  l'aide  de  la  double  décomposition  du  ki- 
nate de  baryte  et  du  sulfate  de  nickel  pur  qu'on  a  obtenu 
ce  composé ,  qui  est  trés-soluble  dans  l'eau ,  dans  l'alcool 
étendu ,  et  donne  des  solutés  d'un  beau  vert  ;  concentré , 
soit  à  l'air  libre,  soit  dans  le  vide ,  ou  à  une  température 
peu  élevée ,  il  a  constamment  refusé  de  cristalliser ,  même 
après  un  laps  de  temps  considérable  ;  il  s'est  desséché  en 
une  masse  gommeuse  transparente  et  d'une  belle  couleur 
verte.  lïous  n'avons  pas  obtenu  de  sel  double  avec  ce 
kinate  et  l'ammoniaque. 

Deutokinate  de  cuiv^re. 

Au  moyen  de  Thydrate  de  deùtoxide  de  cuivre,  on  peut 
saturer  facilement  l'acide  kinique  et  former  ce  sel  ^  ou 
hien  il  s'obtient  par  les  procédés  des  doubles  décompo- 
«itions.  Le  kinate  de  cuivre  se  dissout  fort  bien  dans 
l'eau ,  un  peu  moins  dans  l'alcool  ;  sa  saveur  est  très-dés- 


4oa  JOUnNAL 

agréable  ;  il  cristallise  assez  facilement,  et  produit  des  ai^ 
guilles  au  des  petites  lames  rhomboïdales  vertes ,  qui , 
exposées  à  Tair ,  ne  tardent  pas  à  devenir  blanchâtres  et 
paraissent  s'effleurir,  car  le  sel ,  humecté  de  nouveau  lé- 
gèrement, reprend  sa  teinte  première,  sans  laisser  aucun 
dépôt  insoluble  annonçant  quelque  altération.  L  analyse 
en  a  été  faite  par  la  calcination  prolongée  d'un  poids  de 
quinate  séché  à  100^  et  activé  à  laide  d'une  petite  quan- 
tité d'acide  nitrique*  L'oxide 0,1 75, obtenu  de  1  gramme 
de  sel  sec,  a  conduit  à  établir  ainsi  sa  composition ': 

Acide 100 

Base 21,21 

La  théorie  donne  : 

Acide. 100 

D'oxide  de  cuivre 21,313 

Kinate  de  plomb. 

M.  Yaiiquelin ,  dans  son  travail  sur  l'acide  kinique , 
a  annoncé  que  ce  corps  ne  précipite  pas  les  sels  de  plomb, 
de  mercure  et  d'argent ,  ce  qui  devait  annoncer  la  solu- 
bilité de  ces  différentes  combinaisons. 

Nous  avons  préparé  le  kinate  de  plomb  directement 
avec  l'hydrate  de  protoxide  pur  et  lacide.  C'est  un  com- 
posé extrêmement  soluble,  sucré  comme  les  sels  de  plomb, 
ne  cristallisant  qu'avec  une  très -grande  difficulté,  et 
toutefois  en  évaporant  au  bain-maric,  jusqu'au  point  de  le 
dessécher  ;  la  matière  refroidie  est  d'un  blanc  sale ,  et  se 
compose  d'une  multitude  de  petites  aiguilles  déliées ,  ac- 
collées  entre  elles;  lair  ne  semble  point  les  altérer,  et  lai- 
cool  à  32"  lés  dissout  sensiblement* 

Nous  avons  transformé  un  '  poids  connil  de  ce  kinate , 
séché  long-temps  h  100'  (  jusqn^à  ce  qu  il  ne  perdit  plas 
rien  ) ,  bu  sàl&te  de  plomb  qxki ,  -^sé ,  représenta  la  com^ 


DS    PHARMACIE.  4^3 

fiosilion  du  sel  analysé,  elle  fut  très^pproiima€iT€  de 
celle  indiquée  par  1^  théorie. 

Acide 100 

Protoxide  de  plomb 59,94 

Cette  composition  n'annonçait  point  Texistence  d'un 
carbonide  ;  voulant  toutefois  nous  en  convaincre  d'une 
manière  plus  certaine ,  nous  avons  jugé  qu'il  n'y  avait  pas 
de  marche  plus  sure  à  suivre  que  celle  d'y  détermi- 
ner, par  lanalyse  ultime  et  à  l'aide  de  notre  appareil , 
l'absence  ou  la  présence  de  l'hydrogène  ;  ce  principe  étant 
obtenu  à  l'état  gazeux ,  il  nous  était  facile  alors  d'en  ap- 
précier de  très-petites  quantités.  Nous  avons  donc,  à  cet 
effet,  décomposé  un  poids  connu  de  kinate  de  plomb 
anbydre ,  par  les  moyens  dont  nous  avons  déjà  dit  quel- 
ques mots  ci-dessus  ;  et  l'hydrogène  obtenu  nous  a  repré- 
senté, à  très-peu  prés,  la  proportion  que  ce  sel  devait  eu 
contenir ,  d'après  la  composition  donnée  par  la  théorie. 
Cet  essai  a  donc  confirmé  notre  première  analyse.  M.  Ber- 
zelius  ^  pour  juger  de  l'absence  de  l'hydrogène  d<ins  quel- 
ques oxalates,  s'était  basé  sur  les  mêmes  principes  ;  mais 
il  avait  cherché  à  déterminer  ce  gaz  par  un  mode  indi- 
rect et  plus  compliqué  que  celui  dont  nous  nous  sommes 
servis  ;  il  avait  calculé  l'absence  de  ce  principe  par  les  pro- 
portions d'oxide  d'or  réduit  au  moyen  de  l'acide  de  ces 
sels.  On  voit  que  notre  moyep  peut  être  encore  plus  ap- 
proximatif que  celui  deTilIustre  chimiste  suédois. 

SouS'hinate  de  plomb. 

Lorsqu'on  verse  du  sous-acétate  de  plomb  dans  l'acide 
kinique ,  MM.  Pelletier  et  Caventou  ont  reconnu  qu'il 
se  forme  un  sous-sel  de  plomb  insoluble ,  et  qu'il  reste 
dans  la  liqueur  de  l'acétate  neutre» 

Ce  sous-kinate  de  plomb  est  blanc,  insoluble  dans 


/|04  JOUAIfAL 

leau,  soluble  dans  le$  acides.  Oo  l'obtient  par  la  double 
décomposition  du  quinate  de  chaux  et  du  sous-acétate  de 
plomb» 

Deutokînàtè  de  mercure. 

Ce  sel,  préparé  par  l'hydrate  de  deutoicide  de  mercure 
et  lacide  kinique,  est  extrêmement  soluble  dans  leau, 
asseasdans  l'alcool.  La  solution  est  incolore ,  mais  refuse 
de  cristalliser  •;  et,  évaporée  au-dessus  de  100'',  il  se  forme 
une  substance  jaune,  rougeâtre,  due  sans  contredit  à  la 
décomposition  d'une  partie  du  i^inate ,  car  le  résidu  de* 
vient  à  peine  soluble.  Est-ce  du  deutoxide  de  mercure  ou 
un  sous-sel?  Nous  n'avons  pu  le  déterminer. 

Kinaie  d*argent. 

Nous  avons  préparé  directement  ce  composé  avec  l'hy- 
drate d'argent  et  l'acide  kinique.  Il  est  extrêmement 
soluble  dansFeau,  mais  moins  dans  l'alcool.  Il  indique 
tous  les  caractères  des  sels  d'argent.  Par  une  évaporation 
ménagée  et  faite  à  100^,  il  ne  tarde  pas  à  cristalliser,  et 
fournit  dés  tubercules  mamelonnés  blancs  assez  volumi- 
neux ;  la  lumière  et  la  chaleur  les  décomposent  très-rapi- 
dement et  les  rendent  noirs  ;  ils  cessent  alors  d'être  en^ 
tièrement  solubles,  et  présentent  une  couche  métallique 
noirâtre  très-distincte.  Il  eut  été  impossible  d'en  faire  l'a- 
i^alyse,  à  cause  de  cette  prompte  altération  ; 

Mais  la  théorie  établit  ainsi  sa  composition  : 

Acide.    . 1Ô0 

Oxide  d'argent. .62,4 

Sels  essentiels  fébrifuges  des  quinquinas. 

Après  avoir  passé  en  revue  les  difiérentes  combinai- 
sons que  l'acide  kinique  forme  avec  les  bases  inorgani- 


DE     PHARMACIE»  4^^ 

ques ,  H  nous  importait  de  rechercher  celles  auxquelles  il 
peut  donner  naissi^Dce  en  «'unissant  aux  bases  végétales, 
et  surtout  aux  alcaloïdes  des  quinquinas. 

Dans  un  mémoire  que  nous  avons  publié  |  M.  Plisson 
etixioi{Joumal  de  pharmacie,  tom.  XIII),  comme Jaisant 
suite  à  l'histoire  de  la,  quinine  et  de  la  cinchonine^  nous 
avons  confirmé  qu'une  grande  partie  de  ces  alcalis  orga« 
^  niques  était  combinée  avec  l'acide  kinique,  dans'  les 
écorces  péruviennes ,  ainsi  que  1  avaient  fait  présumer  les 
beaux  travaux  dei  MM.  Pelletier  et  Gaventou.  Nous 
sommes  même  parvenus  à  isoler  ces  sels  naturels,  quoi- 
que laissant  à  la  vérité  quelque  chose  à  désirer  pour  leur 
pureté.  Convaincus  néanmoins  de  leur  existence,  et, pen-* 
sant  qu'ils  pourraient  avoir  des  effets  très-avantageux  dans 
la  térapeut bique,  nous  avons  préparé  artificiellement  ces 
combinaisons  :  ' 

l**.  En  saturant  avec  soin  l'acide  kinique  au  moyen  de 
la  quinine  ou  de  la  cinchonine  pures  récemment  précipi- 
tées à  l'état  d'hydrates  ; 

2^.  En  décomposant  leurs  sulfates  par  le  kinate  de  ba- 
ryte ou  par  celui  de  chaux.  (Il  faut  *  pour  ce  dernier,  em- 
ployer Inlcool  à  32^,  afin  d'isoler  le  sulfate  de  chaux  et 
l'excès  de  kinate  calcaire.  )  Les  liquides ,  évaporés  à  une 
température  ménagée ,  donnent  des  cristalHsations  assez 
faciles  à  obtenir. 

Kinate  de  quinine^, 

Ce  produit  est  fort  soluble  dans  l'eau,  un  peu  moins 
dans  l'alcool  très-rectifié  ;  il  a  une  amertume  qui  rappelle 
tout-à-fait  celle  des  écorces  de  quinquina  jaune  ;  sa  cris- 
/  tallisati on  s'opère  par  des  espèces  de  croûtes  zonaires 
blanches ,  quelquefois  légèrement  aiguillées ,  mais  plus 
ordinairement  mamelonnées  ;  ces  croûtes ,  séchéiss  à  l'air, 
restent  opaques ,  comme  efileuries ,  ou  prennent  quel-^ 
quefois  un  aspect  corné  sur  les  bords. 

XN'.  Année.  — Août  A^^'è.  29 


4o6  JOURNAL 

Le  kinate  de  quinine  verdit  sensiblement  le  sirop  de 
violettes  lorsqu'il  esl  neutre.  Quand  on  ajoute  à  celui-ci 
quelques  gouttes  d'acide  quinique ,  la  cristallisation  en  est 
plus  aiguillée.  Nous  n'avons  pas  cherché  s'il  existe  un 
kinate  acide ,  ce  qui  est  probable. 

Nota.  Pour  préparer  le  sel  neutre  ,  il  faut  n'employer 
que  des  substances  extrêmement  pures  ^  sinon  le  résultat 
est  d'un  jaune  verdâtre  et  devient  très -difficile  à  dé- 
colorer. 

La  composition  du  kinate  de  quinine  est  de  : 

Acide 100 

Quinine 194,2 

Kinate  /ie  cinchonine. 

Le  composé  qui  nous  occupe  est  plus  soluble  que  le 
précédent  ;  sonamertume  a  quelquç  chose  de  plus  astrin- 
gent, il  cristallise  beaucoup  moins  facilement,  et  la  li- 
queur ,  épaissie  en  sirop ,  reste  assez  tong-temps  sans 
changer  d  aspect  ;  mais  ,  au  bout  de, quelques  jours  ,  il  s  y 
manifeste  de  petits  tubercules  radiés  qui,  en  se  réunis- 
sant, forment  bientôt  une  masse  cristallisée  dans  son 
centre  en  aiguilles  soyeuses  nacrées  ;  lair  est  sans  action 
sur  les  cristaux  sécbés.  Ce  sel  se  décompose  entièrement 
par  la  chaleur  comme  celui  de  quinine,  et  indique  tous 
les  caractères  des  sels  de  cinchonine. 

Il  est  formé  de  :  v 

Acide .......:..   100 

Cinchonine 165,4 

\  Kinate  de  morphine* 

Kous  avons  tenté  de  préparer  ce  sel  comme  les  deux 
dont  on  vient  de  parler  ;  la  combinaison  s'est  opérée  par^ 


D£    PHARMACIE.  >  4^^ 

faitemenl ,  mais  n'a  poiat  cristallisé ,  malgré  les  soins  et 
le  temps  qu'on  lui  a  consacrés^  Le  sd  s'est  réduit  en  une 
matière  gommeuse  ,  transparente  ,  sèche  à  sa  surface  ; 
on  y  distinguait  seulement  quelques  petits  rudimens  de 
cristaux. 

Afin  de  déterminer  la  composition  chimique  des  ki- 
nates  à  base  de  quinine  et  de  cinchonine ,  nous  avons  pris 
un  mode  indirect  qUi  nous  a  permis  de  l'établir  avec 
ex^titude.  Connaissant  d'avance  la  composition  du  ki- 
nate  de  baryte  et  des  sulfates  de  quinine  et  de  cinchonine, 
nous  avons  évalué  très-exactement  la  proportion  de  sul- 
fate de  baryte  formée  par  la  décomposition  réciproque  de 
ces  sels.  Le  ]>oids  de  la  baryte  connu,  on  en  a  facilement 
déduit  celle  de  l'acide  kinique  et  de  l'acide  sulfurique 
combiné  à  la  quinine  ou  à  la  cinchonine,  d'où  il  a  été 
facile  d'arriver  pour  le  calcul  à  l'analyse  des  kinates  à 
base  organique. 

Ainsi ,  par  exemple,  d'après  les  lois  générales  de  la  dé- 
composition réciproque  des  sels ,  1 00  de  sulfate  de  qui- 
nine sec  donnent  : 

Acide  sulfurique 9,85 

Quinine. 90,15 

qui  produisent  :  sulfate  de  baryte ,  28,94 ,  d  où  baryte , 
19^09,  cjui  représentent  acide  kinique ,  46,4 ,  pour  satu-    . 
rcr  la^juinine,  ci-dessus. 

10  parties  de  quinate  de  kinine  correspojçident  à  7,3 
de  sulfate  de  quinine  neutre ,  pour  la  quantité  d'alca- 
lofde,  et  10  parties  de  kinate  de  cinchonine  à  7  de  sul- 
fate de  la  même  base. 

« 

Considérations. 
Puisqu'il  est  constant,  comme  nous  l'avons  dé  montré  (|  ),     • 


I  ' 


mUl^x^^-^mm^mmf^iÊ^^^^^mm^^mm^mt^^Ê^mrHlàm.^i^ttÊmtm^Êm^fa^im 


(1)  Aux  expéii«Qceâ  qui  nous  eut  fait  admettra  que  la  quinine  et- la 

29. 


4o8  JOURNAL 

que  dans  les  écorces  de  quinquina  ,  les  alcaloïdes  y  sont 
surtout  combinés  avec  Tacide  kinique  pour  en  constitue^ 
la  partie  la  plus  active  ;  il  nous  paraît  évident  qu'en  les 
administrant  seus  cet  état  de  combininson ,  le  médecin 
doit  employer  le  principe  fébrifuge  naturel  de  ces  écorces 
précieuses.  Nous  pensons  qu'il  obtiendra  alof  s  plus  fidèle- 
ment qu'avec  aucune  des  autres  préparations  connues  de 
kina  des  effets  thérapeutiques  mieux  enharmonie  avec  les 
propriétés  médicales  qu'on  y  a  découvertes.  Ainsi,  par 


cînchonine  étaient  dans  la  nature  à  Tétat  de  kinates  et  de  ^combinai-» 
^on  avec  les  matières  colorantes ,  on  pourrait  peut-être  nous  objecter 
qne  rétude  de  la  physioloa^ie  yé^étale  nous  apprend  que  des  sucs  hé^ 
térogènes  sont  contenus  dans  des  vaisseaux  différens ,  qu*on  a  même 
constaté  dans  un  seul  organe  des  substances  de  nature  diverse  ,  sépa- 
rées les  unes  des  autres.  Ainsi,  en  disséquant  un  raisin,  M.  Fabroni 
9  remarqué ,  dans  le  parenchyme  de  ce  fruit ,  que  le  principe  sucré  et 
le  fermenta  trouvent  chacun  à  part  dans  des  espèces  de  loges  ,  et  que 
la  fermentation  vineuse  ne  peut  s  y  établir  qu'autant  que  les  cloi< 
•ons  viennent  à  être  rompues.  Mais  parce  que  la  nature,  toujours 
prévoyante  et  sage,  pour  empêcher  que  le  sucre,  à  mesure  qu'il  se  for- 
mait ,  fût  détruit  par  le  ferment  (  en  supposant  toutefois  la  présence 
de  Tair,  comme  Vaprouvé  M.  Gay-Lussac  ),  a  posé  des  barrières  entre  ces 
deux  corps,  pour  ainsi  dire  ennemis  ;  ce  h'est  pas  une  raison  pour  qn  elle 
ait  isolé  Taeide  kinique  des  aJcalis  végétaux  ,  covp»  qui ,  loin  de  s'en- 
tre-détruire,  peuvent  au  contraire  se  combiner  ensemble  et  donner  lieu 
à  des  composés  stables  ,  bien  définis.  Ces  objections ,  comme  on  lé 
\£oit ,  ne  pourraient  parvenir  qu-à  exciter  un  doute  ;  nous  leur  accor- 
derons peu  de  valeur,  ^ais,  pour  la  discussion  du  moment ,  en-ad- 
mi^ttant  même  que  l'erreur  soit  de  notre  côté,  lés  considérations 
médicales  que  nous  avons  déduites  seront-elles  pour  cela  moins  exactes? 
Non,  sans  doute  ^  car,  quel  que  soit  l'état  de  l'alcaloMe  d'ans  le  végétal^ 
il  n'en  est  pas  moins  évident  que  toutes  les  préparations  de  quinquinas^ 
pilules,  extraits,  décoctions,  teintures  alcooliques,  etc. ,  exigent  pour 
leur  confection  une  désorganisation  cellulaire.  Ces  médicaraens  con- 
tiendront donc  des  kinates  de  quinine  et  de  cinchonine  qui  se  seront 
formés,  s'ils  ne  préexistaient  pas,  et  si  toutefois  on  n'a  point  pris  un 
eorps  capable  de  les  décomposer.  Tels  seraient  les  alcalis ,  les  carbona- 
nates ,  etc.  Nous  croyons  donc  que  cette  note  nous  met  à  l'abri  de 
toutes  objections  subséquentes  ,  et  maintient  toute  la  valeur  des  consi- 
dérations médicales  que  nous  exposons. 


DE    PHARMACIK.  4^9 

exemple,  une  égale  quantité  de  quinine  agit  plus  effica- 
cement,  (nous  ne  saurions  établir  dans  quel  rapport), 
étant  unie  avec  Tacide  kinique  qu  avec  les  acides  sulfu-^ 
rique  ,  hydro-chlorique ,  nitrique ,  etc.  :  1  ^.  parce  que 
le  kinate  de  quinine  existe  dans  l'écorce  péruvienne; 
a®,  parce  que  Tacide  kinique ,  agissant  chimiquement 
moins  sur  la  quinine,  doit  la  retenir  d'une  manière  plus 
faible  que  les  acides  dont  nous  venons  de  parler,  et  la  pré* 
sente  alors  dans  son  plus  grand  degré  de  force  naturelle;  3***. 
parce  que  cet  acide  kinique  sature  moins  la  vertu  fébrifuge 
de  la  quinine  que  les  acides  sulfurique,  nitrique  bydro- 
chlorique  ;  nous  pouvons  à  cet  égard  nous  étajer  des  ob-. 
s^rvations  de  M.  le  docteur  Bailly  qui  a  constaté,  par  des 
ei^périences  nombreuses ,  que  la  morphine  a  plus  d  action 
à  l'état  d'acétate  qu'à  celui  de  sulfate  d'hydrochlorate V 
4^.  enfin  nous  ne  craignons  pas  d'être  accusés  de  porter  un 
faux  jugement ,  en  ne  regardant  pas  tout-à-fait  comme  in- 
vraisemblable que  l'acide  kinique  pourrait  être  plus 
propre  que  tout  autre  à  mettre  la  quinine  dans  1«  plus^ 
grand  développement  de  son  action  médicale. 

Au  reste ,  messieurs ,  nous  ne  pousserons  pas  plus  loin 
nos  présomptions  :  les  expériences  et  le  temps  feront 
juger,  si.  le  kinate  de  quinine  doit  être  préféré  dans  quel-^ 
ques  cas  au  sulfate,  etsi ,  lorsque  celui-ci  vient  à  échouer^, 
il  peut  les  vaincre  fit  faire  obtenir  des  succès  tentés  jus^- 
qu'ici  inutilement. 

C'est  à  messieurs  les  médecins  que  nous  confions  le  soin 
-de  vérifier  jusqu'à  quel  point  nos  observations  doivent 
4ti^e  prises  eu  considération,  et  si  elles  peuvent  se  réaliser^. 


4lO  JOUhNAL 


NOTE 

Sur  les   sangsues  ,    par  M.  Pouderous  fils ,    élè^^e   en 

pharmacie, sa  Perpignan. 

J'ai  lu  ,  dans  le  numéro  de  juin  du  Journal  Je  Phar^ 
macie,  pag.  336,  une  note  de  M.  Konig  d^Eupen ,  qui 
annonce  que  les  sangsues  peuvent  se  conserver  dans  de 
la  terre  assez  sèche ,  puisqu'il  en  a  trouvé  plusieurs 
centaines  dans  des  tas  de  vase  presque  sèche.  M.  Kouig 
aurait  mieux  fait  de  dire  que  cette  annélide  peut  se  con- 
server dans  de  la  terre  assez  humide  ;  car  je  ne  suis  pas 
le  seul  qui  ait  observé  qu'elles  périssent  promptement 
dans  de  la  terre  sèche,  mais  qu'elles  vivent  très-Lien 
dans  de  la  terre  humide ,  pour  peu  qu'elle  le  soit  assez 
pour  qu'elles  puissent  s'y  enfoncer.  L'observation  de 
M.  Konig  n'est  pas  nouvelle  ;  car ,  aujourd'hui,  toutes 
les  sangsues  qu'on  apporte  d'Espagne  nous  arrivent 
dans  des  caisses  plates  et  contenant  de  la  terre  hu- 
mide. On  les  transporte  de  Valence,  d'Albuféra,  de 
Majorque ,  et  d'autres  endroits  encore  plus  éloignés ,  par 
ce  moyen  et  sans  les  rafraîchir  en  route.  J'ai  vu  conser- 
ver des  sangsues  pendant  trois  mois  dans  de  la  terre 
argileuse  bien  humectée  sans  y  ajoutejT  de  Teau  (1).  Quel- 
ques marchands  peu  expérimentés  ayant  mis  dans  les 
caisses  à  sangsues  du  sable  au  lieu  d'argile,  lorsqu'ils 
ont  ouvert  les  caisses  ^  ils  ont  trouvé  le  sable  sec  et  les 
sangsues  mortes  ;  tandis  que  ,  du  même  envoi ,  celles 
mises  avec  de  l'argile  étaient  comme  à  l'ordinaire. 

(1)  C*est  le  moyen  proposé  par  M.  Achard  pour  conserver  les  8an|^ 
sues  ;  il  réussit  très-bien.  ^  R. 


DE     PHARMACIE*  4^^ 


Note  de  M.  Quesneyille^î/^. 

Relativement  à  la  note  que  j  ai  insérée  dsLnsle  Journal 
de  Pharmacie,  du  mois  de  juin  1829 ,  et  qui  a  pour  objet 
la  préparation  de  -  loxide  de  cobalt ,  M.  Robiquet  m'a 
fait  observer,  dans  une  lettre  qu'il  ma  fait  rkonneur 
de  m  écrire,  que  le  procédé  que  j'avais  donné  pouvant 
8  appliquer  avec  succès  aux  essais  dès  mines  de  cobalt , 
je  ferais  bien  de  faire  remarquer  que  la  calcination. 
de  Toxalate  de  cobalt  devait  être  faite  à  vase  ouvert^ 
et  même  spécialement  dans  un  têt  à  rôtir;  car  dans 
un  creuset  an  obtiendrait  un  mélange  d'oxide  et  de  mé- 
tal ,  ce  qui  causerait  une  grande  erreur  dans  ces  sortes 
d'essais.  Je  m'empresse  avec  d'autant  plus  de  plaisir  de 
réparer  cet  oubli  de  ma  part,  que  la  remarque  m'a  été 
faite  par  un  de  nos  chimistes  les  plus  distingués ,  aux 
avis  duquel  je  me  soixmettraî  toujours  avec  la  plus  grande 
confiance. 

P.  S,  Je  profiterai  de  celte  occasion  pour  rectifier 
quelques  fautes  d'impression  :  1^.  dans  cfette  phrase, 
jusqu'à  ce  que  je  m'aperçoive  que  X'oxide  de  cobalt,  lisez  : 
Tarséniate  dé  cobalt  ;  et ,  dan«  celle-ci ,  tandis  que  Xarsé^ 
uiate  est  insoluble^  lisez:  Toxalate.. 


4l2  JOURNAL 


.'v^vvkitittkMtM»imim/ymimmyti»t¥mMMimitt*fmi¥imnnHMm^^^M/>^^'mM»Myif¥mttt^v¥k  »*»  w»»<w»%>» 


Lettre  de  M*  Nachette  culx  rédacteurs  du  Journal   de 

Pharmacie. 

Messieurs, 

Je  suis  chargé ,  par  un  pharmacien  établi  dans  les  en- 
Tirons  de  Narbonne  qui  ne  veut  pas  être  nommé ,  de 
vous  prier  de  vouloir  bien  insérer,  dans  un  prochain 
numéro  de  votre  intéressant  journal ,  le  procédé  qu'il 
emploie  pour  tanner  les  cuirs ,  procédé  qu'il  désigne 
ainsi  :  Succédané  du  tan  par  le  marc  du  raisin  dans  l'art 
du  tanneur^ 

Plusieurs  pharmaciens,  dit-il,  se  sont  occupés  de 
chercher  un  moyen  de  suppléer  Técorce  du  chêne  dans 
Tart  du  tanneur;  aucun,  d'après  ses  recherches,  n'a 
pensé  à  utiliser  le  principe  tannant  et  astringent  que 
contiennent  les  rafles  et  les  graines  du  raisin  ;  frappé  des 
inconvéniens  qui  accompagnent  les  anciens  procédés , 
tant  par  rapport  au  long  temps  qu'ils  exigent  que  'par 
rapport  à  la  cherté  de  l'écorce  du  çhéne ,  il  emploie  le 
moyen  suivant. 

Après  avoir  fait  subir  aux  peaux  les  opérations  né- 
cessaires pour  être  mises  en  cuve ,  il  remplace  le  tan  par 
le  marc  de  raisin ,  soumis  d'abord  à  la  distillation  pour  en 
retirer  tout  l'esprit.  Treifte-cinq  à  quarante-cinq  jours 
suffisent  pour  terminer  l'opération.  Il  y  trouve  l'avantage, 
1".  d'employer  beaucoup  moins  de  temps;  2°.d'économi- 
sei;  sur  le  prix  de  1  ecorce  du  chêne  en  la  remplaçant  par 
une  substance  commune  et  abondante  dans  le  pays ,  qui 
ne  coûte  rien  et  que  Ton  rejette;  3°.  de  procurer  au  cuir 
une  odeur  douce  et  agréable ,  à  peine  sensible  ;  tandis  que 
celui  préparé  avec  le  tan  a  une  odeur  forte  ^  désagréable  > 


D  E    PHARMACIE..  4^^ 

quelquefois  infecte,  qui  incommode  et  imprègne  les  vête- 
mens  des  ouvriers  qui  travaillent  le  cuir,  tels  que  les 
cordonnifers ,  les  bourreliers  et  les  selliers  ;  4».  rexpérience 
et  l'usage  ont  prouvé  à  ce  pharmacien  ,^ce  qui  estle  plus 
utile,  qu%les  semelles  de  cuir  préparées  par  son  pro- 
cédé durent  le  double  de  temps  de  celles  qui  provien- 
nent du  tannage  ordinaire. 

Si  vous  jugez  que  ce  procédé  puisse  trouver  place 
dans  votre  journal,  je  vous  serais  obligé  de  ly  insérer,  par 
rapport  à  Testime  que  je  porte  à  Fauteur. 


MÉMOIRE 

Sur  un  dauphin  péché  aux  environs  de  Mèze  [Hérault  )  ; 
par  M.  Fariwes,  pharmacien  à  Perpignan.    . 

Il  y  a  quelques  semaines  qu'on  apporta,  au  marché  de 
Perpignan ,  un  mammifère  ^e  Tordre  des  cétacées ,  du 
genre  dauphin,  que  je  crois  pouvoir  rapporter  à  Tespèce 
delphinus  delphis ^  Linn.  (1),  malgré  que  la  description 
qu'en  donne  M.  Desmarest  (  Noui^.  dict,  d'hist.  nat.  ) , 
d'après  M.  de  Blainville,  soit  un  peu  différente. 

Les  dauphins,  au  rapport  de  la  plupart  des  auteurs 
qui  ont  écrit  sur  ces  cétacées,  ont  la  chair  coriace ,  de 
mauvaise  odeur  et  difficile  à  digérer ,  et  si  quelques  ma-' 

(1)  Cependant  nous  n'affirmerons  rien  à  cet  égard,  malgré  qae  nous  y 
trouvions  les  plus  grands  rapports,  surtout  après  le  jugement  que 
rient  de  porter  M.  de  Blainville  ,  dans  son  rapport  à  Tacadémie  des 
sciences,  séance  du  13 avril  dernier,  sur  le  mémoire  qui  nous  est  com> 
mun  avec  M.  Carcassonne^  relativement  au  cétacée  échoué  sur  nos 
côtes.  D'après  les  caractères  que  nous  avions  pu  saisir  sur  cet  animal, 
nous  crûmes  ne  pouvoir  rapporter  cette  espèce  à  aucune  de  celles  dé- 
crites. Dans  le  travail  que  nous  avons  eu  Thonneur  de  soumettre  à 


% 

4^4  TOURNAL 

telots  en  mani^ent  ,'ce  n'est  qu'après  l'avoir  laissée  faisan^ 
der  fortem^it  pour  l'attendrir.  Le  dauphin  que  nous  al- 
Ions  décrire  avait,  au  contraire ,  une  chair  assez;  tendre  y 
d'une  odepr  commune  à  la  marée,  et  de  facile  digestion , 
faits  qui  viennent  d'être  prouvés  d'une  mani^  irrévo- 
cable par  environ  quatre-vingts  familles  de  cette  ville , 
qui  ont  mangé  le  même  jour  de  la  chair  de-cet  animal.  J'ai 
interrogé  un  grand  nombre  de  ces  familles  ;  toutes  m'ont 
attesté  avoir  trouvé  ce  poisson  excellent ,  très-analogue 
au  thon,  et  qu'elles  n'en  avaient  nullement  été  incommo- 
dées. J'ai  moi-même  mangé  de  la  cervelle,  que  j'ai  trouvé 
meilleure  que  celle  d'agneau.  D'après  ces  faits,  nous  pou- 
vons avancer  d'une  manière  positive  que  l'espèce  de  dau- 
phin qui  nous  occupe  peut  être  servi  sur  nos  tables  avec 
toute  sécurité ,  que ,  loin  d'être  un  mets  désagréable  et 
malfaisant,  il  est  au  contraire  d'un  très-bon  goût  et  sain, 
et  qu'il  peut  prendre  place  à  côté  du  thon,  avec  lequel  sa 
chair  a  les  plus  grands  rapports ,  et  qu'on  peut  facilement 
confpndre  quand  on  n'a  pas  eu  occasion  de  les  comparer. 
Cet  animal  pesait  8a  kilogrammes;  il  avait  2  met. 
80  cent,  de  longueur,  et  98  cent,  de  diamètre  vers  son 
milieu  ;  sa  peau  était  lisse ,  de  couleur  noire ,  excepté 
sous  la  gorge  et  une  partie  du  ventre  qui  étaient  jau- 
nâtres ;  les  deux  nageoires  pectorales  de  forme  ovalaire , 
attachées  très-bas,  avaient  36  cent,  de  hauteur;  la  na- 
geoire dorsale ,  placée  à  1  met.  58  cent,  de  l'extrémité  du 


Tacadëmie,  dous  l^avons  décrit  sous  le  nom  de  Balenioptera  aragous, 
ayant  -poar  caractères  la  aoâchoire  mférieaf  e  plus  large  et  plus  longue 
que  la  supérieure ,  etc.  M.  de  Blainville  ne  trouvant  pas  les  motifs  de 
notre  détermination  suffisans ,  pense ,  sans  pourtant  se  pronetnoer  d'une 
manière-  formelle ,  qu'on  pourrait  mieux  rapporter  1  animal  à  la  baleine 
jubarte ,  Boops  Linn.  Cependant  celle-ci  a  pour  caractères  la  ^pàcboire 
inférieure  plus  courte  et  plus  mince  que  la  supérieure ,  etc.  (  Yirey , 
Dict.  cité).  Ces  caractères,  diamétralement  opposés  dans  ces  deuxani" 
maqx,  nous  parurent  snffisans  pour  ne  pas  confondre  ces  deux  espèces^. 


DE     PHARMACIE.  4^^ 

museau,  avait  21  cent,  de  hauteur;  elle  était  recourbée 
du  côté  de  la  queue  ;  la  nageoire  caudale  était  divisée  en 
deux  parties ,  formant  deux  demi-cercles  recourbés  l'un 
vers  Tautre» 

La  tête,  de  forme  conicjue,  aussi  large  que  haute  à  sa 
base,  longue  de  45  cent,  ^e  Textrémité  du  bec  au  trou 
occipital  ;  la  mâchoire  supérieure  renflée  vers  son  milieu ,. 
formant  un  écusson  dont  la  pointe  reposait  sittr  cette  ma-* 
choire  et  distante  de  13  cent,  de  Textrémité  antérieure 
du  bec  ;  le  museau,  allongé  en  forme  de  bec  d'oie,  avait 
12  cent,  de  diamètre  à  sa  partie  antérieure ,  et  22  cent, 
sous  )a  pointe  de  l'écusson  ,  c'est-à-dire ,  à  sa  partie  pos- 
térieure ;  la  mâchoire  inférieure  plus  large  et  plus  longue 
que  la  supérieure ,  munie  d'une  espèce  de  gouttière  entre 
la  lèvre  et  les  gencives.  Les  deux  mâchoires  étai<mt  gar- 
nies de  41  dents  de  chaque  côté ,  en  tout  164 ,  blanches  j 
coniques  ^  unies ,  celles  du  centre  sensiblement  plus  lon-^ 
gués  que  celles  des  deux  extrémités.  Malgré  que  le  nom- 
bre des  dents  des  deux  mâchoires  fût  égal,  toutes  n'é- 
taient pas  correspondantes ,  car  la  mâchoire  inférieure , 
quoique  plus  longue  que  la  supérieure ,  avait  un  espace 
de  1  cent.  50  millim.  de  chaque  côté  à  sa  partie  anté- 
rieure ,  qui  en  était  totalement  dépourvu  ;  l'espace  non 
denté  de  la  partie  antérieure  de  la  mâchoire  supérieure 
avait  4  cent,  de  chaque  côté ,  les  dents  de  cette  dernière 
mâchoire  se  prolongeaient  à  sa  partie  postérieure  de  4 
cent,  en  plus  que  la  rangée  de  dents  de  la  mâchoire  in** 
férieure.  Toutes  les  dents  correspondantes  des  deux  mâ- 
choires s'engrainaient  les  unes  entre  les  autres  ^  celles  de 
la  mâchoire  supérieure  se  dirigeant  en  dehor^.  Lès  yeux 
étaient  placés  sur  la  même  ligne  que  l'ouverture  de  la 
gueule  et  distans  de  5  cent,  de  sa  commissure.  LWbite 
avait  fi  cent,  de  large  et  1  cent,  de  hauteur;  l'ouverture  des 
évents ,  placée  sur  îe  front  à  35  cent,  de  l'extrémité  du  bec 
et  plus  en  arrière  que  la  ligne  des  yeux,  en  forme  de 


4l6  JOURNAL 

croissant ,  tiyant  2  cent,  de  diamètre ,  et  les  cornes  tour^ 
nées  du  côté  du  museau  ;  les  deux  conduits  se  dirigeaient 
en  avant,  et  le  droit  était  d'un  tiers  plus  large  que  le  gau-^ 
che,  séparés  par  une  membrane  brunâtre,  très- unie  et 
brillante  ;  Tintérieur  de  la  bouche. et  la  langue  étaient  d'un 
brun  clair^ 

Le  trou  occipital  avait  3  cent.  50  millim.  de'hauteur 
et  3  cent,  de  large;  la  cavité  cérébrale  avait  t2  cent,  de 
profondeur  sur  15  de  largeur;  la  cervelle  pesait  450* 
grammes. 

La  chair  de  ce  dauphin  était  rouge ,  très  -  finement 
veinée  de  blanc  ^  ferme ,  recouverte  dans  toutes  ses  parties 
et  inunédiatement  sous  Fépi derme  ,  d'une  couche  do 
graisse  blanche  peu  consistante,  qui  avait  2  céntirn.  de- 
paisseur  à  la  partie  coxigienne,  5  cent,  au  centre  et  8  cent< 
près  de  la  tête. 

Sur  Faltération  de  l'alcool  par  son  séjour   dans    des^ 
estagnons  et  sur   une  falsification  du   rocou^ 

Pa^r  M.  Qbdi^  ,  pharmacien  à  Villeneave-snr-Lot. 

J'ai  observé  il  y  a  quelque  temps  que  Falcool  du 
commerce  éprouve  une  altération  par  son  séjour  dans 
un  vase  étamé.  Sur  l'observation  qui  me  fut  faite  qu'il 
fallait  constater  avant  tout  que  ce  fait  se  représente 
souvent  et  qu'il  n'était  pas  purement  accidentel,  j'ai- 
fait  quelques  expériences  avec  de  Falcool  de  densité 
différente,  que  je  puis  appuyer  du  rapport  verbal  de 
quelques  maisons  de  droguerie  de  nos  contrées  qui 
expédient  encore  ce  liquide  dans  des  vases  de  semblable 
nature. 

De  l'eau*-de-vie  à  20*"  de  quatre  ans ,  refoulée  première 


DE    PHARMACIE.  ^fj 

qualité  et  de  l'alcool  à  BO""  rougissant  le  tournesol,  ont 
été  introduits  dans  des  estagnons  et  agités  de  temps  en 
temps  pendant  quarante  jours.  Persuadé  que  le  contact 
était  assez  prolongé,  je  les  filtrai  :  Tnn  et  l'autre  avaient 
contracté  une  saveur  acre  et  désagréable;  ils  ne  se  trou- 
blaient pas  par  leur  exposition  à  lair,  mais  précipitaient 
la  cochenille., 

L'acide  hydrosulfurique  £t  les  hydrosulfates  y  occa* 
sionaient  un  précipité  jaune ,  soluble  dans  Fammo* 
niaque  ; 

L'hydrocyanate  de  potasse  ferrure ,  la  potassé ,  Tarn- 
moniaque ,  un  précipité  blanc  ; 

L'oxalate  d'ammoniaque,  un  précipité  blanc; 

L'eau  de  chaux ,  un  léger  trouble  ; 

L'acide  nitrique,  le  chlore,  rien;  et  les  précipités 
obtenus  par  les  alcalis  se  sont  redissous  dans  un  excès 
de  ces  réactifs. 

Une  portion  de  ces  liqueurs ,  évaporée  séparément  à 
siccité  dans  une  capsule  -de  porcelaine ,  a  été  traitée  par 
l'acide  nitrique.  Il  y  a  eu  une  légère  effervescence;  j'ai 
étendu  d  eau  distillée  et  filtré.  Le  résidu  d'un  blaiic  gris 
s'est  dissous  dans  l'acide  hydrochlorique. 

Je  n'ai  pu,  malgré  plusieurs  recherches,  y  découvrir 
la  moindre  trace  d'un  sel  de  plomb ,  ce  qui  me  fait  croire 
que  le  dernier  alcool  examiné  le  devait  à  son  action  sur 
le  fragment  de  soudure  introduit  accidentellement  dans 
l'estagnon. 

De  l'alcool  à  36<»  que  j'avais  préparé,  moi-même  avec 
soin ,  sçumis  à  la  même  épreuve  pc^ndant  le  mém«  espace 
de  temps,  ne  s'est  nullement  altéré. 

Ces  résultats  me  prouvent  qu'il  n'y  avait  en  dissolu- 
tion qu'un  sel  d'ctain  à  l'état  de  deutoacétate. 

Je  crois  donc  que  toutes  les  fois  qu'on  renfermera  de 
l'alcool  du  commerce  qui  est  toujours  plus  ou  moins 
acide  dan$  des  vases  étamés    (ce  qui  arrivera  souvent 


4l8  JOUUWAL 

dans  nos  contrées'  surtout ,  où  Ton  cherclie  à  frustrer 
les  droits  qui  posent  sur  ce  li<juide  en  le  faisant  passer 
pour  de  Teau  de  fleurs  d'oranger  ) ,  il  pourra  en  résulter 
des  altérations  d  autant  plus  grandes  que  le  séjour  sera 
plus  prolongé. 

Du  rocou  expédié  k  un  négociant  de  notre  ville,  et 
que  j'ai  été  chargé  d'examiner,  avait  une  couleur  brune 
noirâtre  à  l'extérieur,  une  cassure  granuleuse  ;  il  était 
parsemé  intérieurement  de  quelques  taches  rouges, 
très-fragile,  rude  au  toucher,  d'une  odeur  très^faible  et 
d'une  saveur  presque  nulle. 

Triturée  avec  de  l'alcool  et  filtrée,  une  partie  de  ce 
rocou  m^a  donné  pour  résidu  uue  poudre  grossière , 
rude  au  toucher,  ne  craquant  pas  sous  là  dent,  que  j'ai 
prise  pour  une  substance  végétale  colorante ,  ajoutée  à  la 
première  pour  lui  donner  une  moindre  valeur. 

Une  autre  partie  a  été  mise  à  bouillir  avec  du  sous- 
carbonate  de  potasse  dans  4  onces  d'eau  distillée.  J'ai 
obtenu  pour  résidu  une  substance  semblable  à  celle  ci- 
dessus  énoncée^  et  une  teinture  d'un  rouge  foncé  qui, 
traitée  par  les  réactifs ,  m'a  donné  les  résultats  suivans. 

Les  acides  y  ont  formé  un  précipité  orangé  ; 

La  dissolution  d'alun,  un  précipité  orangé  abondant  ; 

Celle  de  sulfate  de  cuivre,  un  précipité  brun  jaunâtre, 
et  la  liqueur  surnageante  est  restée  incolore  dans  ces 
trois  essais. 

Le  sulfate  de  fer  y  a  occasioné  un  précipité  bruli  et 
la  liqueur  a  retenu  une  couleur' jaune  orangée. 

Les  hydrochlorates  d'ammoniaque  et  de  soude  n'y  ont 
produit  aucun  changement. 

Ayant  fait  des  expériences  semblables  avec  une  disso- 
lution de  rocou  de  bonne  qualité,  les  précipités  ont  été 
les  mêmes  à  peu  de  chose  près;  mais  la  liqueur  était 
jaune  pâle  dans  le  traitement  par  les  acides,  jaune 
citron   par'  la   solution   d'alun,  jaune    très-pâle  par  le 


DE    PHARMACIE.  4^9 

Bulfate  de  fer,  et  jaune  verdâtre  par  le  sulfate  de  cttiyre. 

Une  certaine  quantité  de  la  ppudrç  testée  après  le 
lavage  par  Talcool  pour  la  débarrasser  du  rocou  auquel 
elle  était  mélangée,  a  été  épuisée  à  plusieurs  reprises 
par  ce  liquide,  suivant  le  procédé  de  M.  Kulmann, 
inséré  dans  un  des  précédens  numéros  du  Journal  de 
Pharmacie.  J  ai  réuni  les  liqueurs  que  j'ai  fait  éva- 
porer aux  trois  quarts ,  j'y  ai  versé  une  petite  quantité 
d'acide  sulfurique  et  j'ai  étendu  d'eau  distillée. 

Le  précipité  formé  a  été  bien  lavé  et  traité  par  l'éther 
qui  Ta  dissout  en  entier.  La  dissolution  éthérée  mise  à 
évaporer  à  une  très-douce  chaleur  a  laissé  déposer  quel-* 
ques  cristaux  semblables  à  l'alizarine  de  MM.  Robiquet  et 
Colin ,  mais  en  quantité  si  minime,  que ,  voulant  pousser 
plus  loin  l'évaporation,  un  accide^nt  imprévu  qui  occa-? 
siona  la  rupture  du  vase,  me  fit  perdre  le  produit  de 
mes  recherches  et  la  satisfaction  que  j'aurais  eue  de  vous 
compiuniquer  les^  résultats  de  cette  opération  que  je  n'ai 
pu  recommencer,  n'ayant  pas  d'autre  matière  à  ma  dis- 
position. 

Nota.  Je  dois  observer  que  les  propriétés  physiques 
de  la  poudre  mélangée  au  rocou  étaient  en  tout  sem- 
blables à  celles  de  la  garance  pulvérisée  du  commerce. 


ACADÉMIE   ROYALE  DE  MÉDECINE. 

SECTION    DE    PHARMACIE. 

Analyse   de  ses   travaux. 

Séance  du  21  juin  1829.  —M.  Lodibert  demande  à 
rectifier   l'annonce  qu'il  avait  donnée,    dans  la  séance 


4^0  JOCRKAL 

précéilente  ,  de  la  coloration  en  yert  par  cle  Téau  àt  sa« 
von ,  d'une  pellicule-  mucilagineuse  formée  à  la  surface 
du  sirop  d'eau  de  fleur  d'oranger,  fait  sans  clarification 
par  des  blancs  d'oeuf.  L'auteur  s'est  assuré,  depuis,  que 
ce  n'est  pas  cette  pellicule  du  sirop  qui  a  yerdi  dans 
l'eau  de  savon ,  elle  y  est  devenue  au  contraire  noirâtre; 
nuûs  c'est  de  Teau  distillée  de  girofle,  chargée  d'huile 
volatile  qui  s'est  trouvée  jetée  en  même  temps  dans 
l'eau  de  savon,  et  y  a  verdi.  M.  Lodibert,  en  efi'et,  a 
répété  l'expérience  en  présence  des  membres  de  la  sec- 
tion ,  et  a  montré  que  l'eau  de  savon ,  ou  plutôt  les  alca- 
lis ,  ont  la  propriété  de  verdir  l'eau  chargée  d'huile 
volatile  de  girofle.  On  sait,  parles  expériences  de  M.  Bo- 
nastre,  que  l'acide  nitrique  colore  en  beau  rouge  naca- 
rat  cette  huile  volatile. 

M.  Guibourt  fait  part  de  quelques  remarques  sur  la 
préparation  de  l'iodure  de  potassium.  Ayant  voulu  éva- 
porer ce  sel  dans  une,  capsule  d'argent ,  celui-ci  se  prit 
en  une  masse  colorée  en  jaune  serin.  Examinant  ensuite 
ce  sel ,  il  reconnut  qu'il  s'était  formé ,  sous  l'influence  de 
l'air  et  par  l'action  de  l'iode  un  iodure  d'argent.  La 
niéme  réaction  s'opère  dans  les  capsules  de  fer  ^  il  faut 
employer  celles  de  porcelaine ,  que  l'iode  n'attaque  pas. 

'Ensuite  M.  Guibourt  s'est  assuré  qu'il  n'est  pas  né- 
cessaire de  recourir  à  la  méthode  d'Appert ,  ou  de  ren-v 
fermer  dans  des  bouteilles  bien  closes ,  au  moment  de 
l'ébnllition  ,  les  sucs  de  groseilles ,  de  verjus  ,  de  coings 
et  autres  fruits,  pour  en  former  ensuite  des  sirops  et 
les  empêcher  de  fermenter.  Il  suffit  de  les  chauQ'er  tout 
simplement  dans  des  vases  à  l'air  libre,  mais  il  fout  en- 
suite les  fermer  hermétiquement  dans  des  bouteilles  bien 
pleines  ;  l'auteur  a  ainsi  conservé  plus  d^un  an ,  sans  au- 
cune fermentation,  plusieurs  de  ces  sucs. 

M.  Henry  père  déclare  que  ce  procédé  lui  a  réussi , 
bien  qu'il  ait  pair  fois  vu  se  développer  ultérieurement 


j 


DE     PH/kRMAClE.  4^^ 

lie  la  fermentation  ;  il  dit'qu  un  confiseur  babile  (M.  Pom- 
merel  )  n'emploie  pas  une  méthode  autre. 

La  section  entend  avec  intérêt  les  développemens  que 
M.  Dey  eux  (dont  les  travaux  sur  le  sang,  en  commun 
avec  M.  Parmentier,  sont  connus  )  donne  aux  recherches 
nouvelles  de  M.  Barruel  sur  l'odeur  de  ce  liquide  ,  selon 
les  individus  et  les  espèces  d'animaux  auxquels  il  appar- 
tient. On  sait  qu'il  ajoute  de  l'acide  sulfurique  dans 
un  peu  de  sang  quelconque ,  afin  d'en  développer  l'odeur. 
MM.  Henry  et  Guibourt,  appelés  par  l'autorité  judiciaire 
à  des  examens  sur  cet  objet  important  pour  la  méde- 
cine légale ,  ont  bien  reconnu  l'odeur  du  sang  des  pois- 
sons ;  mais  ils  diffèrent  à  plusieurs  égards  avec  M.  Bar- 
ru^  sur  les  odeurs  soit  du  sang  de  bœuf,  dont  l'arôme  a 
quelque  chose  de  particulier  ;  sur  celui  de  cochon ,  qui' 
développe  de  la  fétidité  ;  sur  celui  d'homme ,  qui  répand 
parfois  l'exhalaison  de  la  sueur  des  aisselles;  sur  ce- 
lui de  la  femme ,  qui  a  présenté  dans  l'une  une  odeur 
aigre ,  chez  d'autres  une  vapeur  analogue  à  celle  de  la 
Tannée ,  etc.  M.  Deyeux  ajoute  qu'une  tache  de  sang  ' 
sur  du  linge,  ayant  été  lavée  avec  un  peu  d'eau,  la- 
quelle fut  aiguisée  par  de  l'acide  sulfurique ,  M.  Barruel 
y  a  reconnu  l'odeur  du  sang  de  pigeon ,  ce  qui  était  vrai. 

Tout  en  louant  la  finesse  de'  l'odorat  de  ce  chimiste 
exercé ,  plusieurs  membres  de  la  section  ont  pensé  que 
ces  indications,  d'ailleurs  précieuses,  exigeaient  une  ex- 
trême prudence  pour  leur  emploi  dans  les  cas  juridiques 
devant  les  tribunaux. 

M.  Chevallier  annonce  qu'il  s'occupe ,  avec  plusieurs 
médecins ,  de  répéter  ces  expériences  et  d'en  constater 
les  résultats. 

M.  le  Secrétaire,  chargé  par  les  commissions  pour 
les  prix  de  la  section  de  pharmacie,   de  faire  le  rap- 
port relatif  au  mémoire  envoyé  au  concours  et  à  la  pro- 
position d'un  sujet  de  prix,  donnelecture.de  ce  double 
XY\ ^nnée.— Août  ^829.  30 


^  4^2  JOURNAt 

rapport.  Un  seul  mémoire  a  été  envoyé ,  et  la  commission 
ne  Ta  point  jugé  digne  d^obtenir  le  prix.  La  section  ac- 
cueille cette  conclusion. 

L'autre  partie  du  rapport ,  considérant  que  la  question 
ofierte  précédemment  avait  paru  trop  vaste  par  sa  gêné* 
ralité  pour  être  résolue  dans  Tétat  actuel  de  nos  connais- 
sances ,  la  commission  a  cru  convenable  de  la  restreindre 
à  un  seul  point  spécial  ou  circonscrit ,  et  par  là  beaucoup 
plus  accessible  aux  moyens  dont  l'art  chimique  peut  dis- 
poser. En  conséquence ,  la  section  de  pharmacie  propose, 
pour  sujet  du  prix  qui  sera  décerné  en  1 830,  la  question 
suivante.  Voyez  le  programme. 

Séance  duW  juillet  1829. —  A  Foccasion  des  observa- 
tions de  M.  Guibourt ,  consignées  dans  le  précédent 
procès*verbal,  M.  Henry  père  ajoute  quelques  rectifica- 
tions. Par  exemple,  on  doit  d'abord,  d'après  M.  Pom- 
inerel ,  confiseur ,  cbaufier  à  l'air  libre  le  suc  des  gro- 
seilles commençant  déjà  à  fermenter;  mais  ce  moyen  ne 
dispense  pas  ensuite  de  faire  chauffer  le  même  suc 
dans  des  bouteilles  bien  closes,  suivant  la  méthode 
d'Appert;  sans  cela,  la  fermentation  pourrait  recom- 
mencer, surtout  si  les  bouteilles  contenaient  encore  un 
peu  d'air,  comme  on  l'observe  dans  celles  en  vidange. 

Toutefois ,  M.  Boullay  a  expérimenté  que  du  suc  de 
nerprun  ,  chaufié  et  cuit  à  l'air  libre ,  n'a  point  ensuite 
fermenté  dans  des  bouteilles  qui  n'étaient  pas  herméti- 
quement bouchées. 

L'ordre  du  jour  appelle  un  rapport  verbal  de  M.  Se- 
ruUas  sur  le  mémoire  de  M.  Dubuc,  ancien  pharmacien 
à  Rouen ,  notre  correspondant ,  relatif  au  principe.véné- 
neux  du  redoul,  Coriaria  mjrtifolia  L.  On  sait  que 
M.  Fée  et  d'autres  auteurs  ont  signalé  le  mélange  des 
feuilles  de  cet  arbuste  avec  le  séné ,  comme  étant  fort 
nuisible  et  causant  de  graves  accidens  en  médecine* 
M.  Dubuc  a  employé  le  sulfate ,  ou  mieux  l'ucétate  de 


DE    PflAAMAGIE.  4^3 

Ctr,  d^ns  le  décoctum  de  feuilles  de  redoul;  il  y  dé- 
ydioppe  uoe  couleur  uoire  intense;  celleTci  serait  encore 
recoanaissable  dans  un  décoctum  de  séné  pour  lequeJ  il 
n  entrerait  qu'un  diûème  de  feuilles  de  redoul.  M.  JDnhuc 
attribue  laction  délétère  de  celles^!  à  l'acide  gallique 
quelles  recèlent ,  et  il  propose,  pour  en  combattre  les 
«Sets,  Tempioi  de  l'ammoniaque  comme  neutralisant; 
ce  qui,  cependant ,  n'a  point  été  expérimenté. 
.  De  plus ,  le  .rapporteur  fait  observer  que  l'acide  gai* 
lique  a  été  sidministré  intérieurement  en  plusieurs  cirr 
constances ,  et  n'a  nullement  «igi  comme  pofson ,  ni  même 
41  a  produit  de  résultats  fâcheux  à  la  dose  de  un  à  deux 
gros.  M.  Chevallier,  notre  confrère^  en  a  pris  lui<*méme 
sans  inconvénient.  M.  Dubuc  évalue  à  un  dixième  la 
tpiantité  d'acide  galUque  contenue  dans  le  redoul.  M.  $é- 
rullas  a  tenté  en  vain  d'en  extraire,  par  les  mêmes  pro- 
cédés doQt  on  se  sert  pour  obtenir  celui  de  la  noix  de 
igalles.  On  connait ,  au  reste,  depuis  long-te;np&^ en  tein- 
ture pour  les  noirs ,  Vemploi  d^  cet  arbuste  désigné  com- 
munément sous  le  nom  de  sumac  redoul.  Il  procure  des 
imances  foncées  avec  les  sels  de  fer  les  plus  oxigénés 
surtout.  M.  Serullas  propose  de  voter  des  remerclmens 
à  ML  Dubuc ,  et  de  déposer  h<Hiorablement  sa  note  aux 
archives  de  l'académie.  La  section  accueille  ces  con- 
clusions. 

M-  Henry  rappelle  que  M.  Guibourt  sest  déjà  oc- 
cupé de  recherches  sur  le  redoul;  «t  M.  Morin,  de 
Rouen >  d'après  M,  Chevallier,  vient  d'en  faire  l'analyse. 

M.  Iiaubert  rî^pportç  ausçi  que  l'un  des  meilleurs  pro- 
cédés pour  séparer  l'acide  gallique  des  substances  vé- 
gétales dans  lesquelles  il  est  engagé,  est  l'éther  qui 
s'en  empare.  MM.  Dizé  et  Chevallier  ajoutent  que  l'al- 
bui^ine  ne  peut  dégager  cet  acide  ,  ainsi  qu'on  l'avait 
annoncé» 

.    M.  Henry  pèj;«  offre ,  de  la  p*rt  de  M.  Frigéno,  phaf- 

30. 


424  JOURNAL 

luacien  des  hospices  civils  de  Paris ,  un  mémoire  accom"^ 
pagne  de  dessins  sur  un  nouveau  procédé  de  désinfection 
des  lieux  d'aisance  au  moyen  du  noir  animal ,  comme  plus 
efficace  que  le  charbon  de  bois.  MM.  Henry  père  et 
Chevallier  sont  nommés  commissaires  pour  l'examen  de^ 
ce  mémoire. 

J.-J.  V. 

Séance  publique  du  samedi  i8  juillet  1829.  —  Prési-* 
dence  de  M.  le  baron  Portal  ,  président  d'honneur  pèr-* 
pétuel  ;  M.  Boullat  ,  président  de  la  section. 

M.  le  président  proclame  le  sujet  du  prix  à  décerner 
en  i83o,  d'après  le  programme  ci-après. 

M.  Yirey ,  secrétaire ,  rend  un  compte  succinct  des 
nombreux  travaux  de  la  section ,  depuis  la  séance  pu- 
blique précédente. 

M.  Henry  fils  lit  dés  recherches  chimiques  savantes  sur 
les  sels  des  quinquinas  dus  à  l'acide  kinique  ;  il  présente 
des  vues  nouvelles  sur  l'emploi  en  médecine  du  hinate 
de  quinine  comme  étant  plus  naturel  que  le  sulfate  de 
la  même  base, 

Ensuite  M.  Soubeiran  expose  des  considérations  im« 
portantes  sur  l'analyse  des  semences  des  euphorbia- 
cées.  Il  attribue  principalement  à  un  principe  résineux 
spécial  leurs  propriétés  purgatives. 

M.  Pelletier  fait  connaître  le  nouvel  alcali  végétal  qu'il 
a  retiré  d'une  écorce  apportée  d'Arica ,  province  du 
Pérou ,  comme  un  nouveau  quinquina  ;  elle  en  a  quelque 
apparence ,  mais  son  amertume  en  diffère ,  et  elle  con- 
tient un  principe  donnant  une  gelée,  au  lieu  d'un  sel 
-cristallin,  avec  l'acide  sulfurique.  Cet  alcaloïde  contient 
un  peu  d'azote  dans  ses  élémens  constitutifs. 

La  séance  est  terminée  par  les  éloges  historiques  de 

MM.  Antoine-Alexis  Cadet-de-Vaux  ,  Pierre  Moringlane 

''et  Jean-Pierre  Boudet,  membres  honoraires  de  la  section , 


D£      PHARMACIE.  4^^ 

qu'elle  a  perdus  en  1828.  Le  secrétaire  a  rendu  à  leurs 
vertus  et  à  leur  mérite ,  un  hommage  éclatant  qui  a  été 
confirmé  par  l'approbation  d'un  nombreux  auditoire. 

Programme  du  prix. 

L'Académie  royale  de  Médecine,  section  de  pharmacie, 
propoise,  pour  sujet  du  prix  qui  sera  décerné  en  i83o,  la 
question  suivante  : 

Analyser  le  sang  dun  ictérique  ,  par  comparaison  ai^ec 
celui  d*une personne  en  santé ,  et  en  établir  les  différences- 
chimiques. 

Les  anciens  regardaient  le  sang  comme  la  source  com- 
mune où  la  nature  puisait  presque  toutes  les  matières 
qui  constituent  les  êtres  organisés. 

Plus  tard  on  a  pensé  que  le  sang  n'en  contenait  que  les 
élémens ,  qui  ensuite  étaient  rassemblés  et  élaborés  par 
les  divers  organes. 

Dans  ces  derniers  temps,  les  belles  expériences  de 
M.  Brande ,  sur  le  principe  colorant  du  sang  ;  de  M.  Cbe- 
vreul  sur  les  élémens  de  plusieurs  fluides  animaux  ;  et  de, 
MM.  Dumas  et  Le  Royer  sur  l'existence  de  l'urée  dans  le 
sang  des  animaux  auxquels  les  reins  avaient  été  enlevés ,, 
semblent  donner  quelque  crédit  aux  opinions  des  an- 
ciens. 

L'Académie  pense  :  i*.  Que  c'est  principalement  dans 
le  cas  de  maladie  chez  l'homme  où  les  fonctions  .des  or- 
ganes sont  suspendues,  troublées  ou  ralenties,  que  Ton 
parviendra  plus  aisément  à  résoudre  la  question  ; 

2"*.  Qu'il  importe  de  constater  dans  la  jaunisse  et  les 
aiFections  de  1  appareil  hépatique,  par  des  expériences 
chimiques ,  si  la  bile  ou  ses  élémens  immédiats  existent 
dans  le  sang,  comme  Tout  fait  soupçonner  déjà  quelques, 
travaux,  et  comme  on  Ta  inféré  de  la  forte  coloration  de^ 
Turine  chez  les  ictériques.. 

Les  concurrens  pourraient  également  rechercher  la  na- 
ture du  principe  qui  jaunit  les  liqueurs  animales,  et  con- 
tribue à  rendre  le  teint  plus  ou  moins  foneé  diez-les  in- 


4^20  JOURNAL 

diridus  de  camplexion  dite  biHease,  surtoat  daqts  I^s  sbeI^ 
sons  et  les  contrées  chaudes. 

Le  prix  sera  nne  médaille  d'or  de  1»  TâJeur  de  vnilh 
francs. 

Les  mémoires  relatifs  à  cette  question  seront  écrits  en 
français  ou  en  latin ,  et  devront  être  remis  au  secrétariat, 
rue  de  Pûitiersy  n*"  8 ,  à  Paris ,  en  la  forme  ordinaire, 
atantle  i"  Septembre  i83o. 

D'après  l'article  9 1  du  règlement ,  les  membres  hono«- 
raires  et  titulaires  de  l'Académie  sont  seuls  exclus  du 
concours. 


mi^wvKr 


BIBLIOGRAPHIE 


Mémorial  pharmaceutique  du  Médecin  praticien  y  par  M.  PiEitQUiN  ,  à/tciett 
médecin  de  l'Hospice  de  là  Chatiié  à  Montpellier,  membre  depiusieurs  sociétés 
savantes,  et  auteur  de  mémoires  ,  recherches,  réflexions  et  obsétvaUànis  m4' 
diodes  et  littéraires,  3^.  éliticNi. 

Ii*aatear  annonce ,  dans  sa  préface,  qa'ii  à  eu  pour  but  d'indiquer 
Te  plus  ^fàûd nombre  possible  de  moyens  de  gaërison/et  quHl  a  cnx 
devoir  réunir  une  foule  de  formules  puisées  daiis  les  éerits  des  prati- 
ciens les  ^tus  êélMires. 

Il  petue  que ,  dans  les  pharmacies ,  liss-  reœtteti  j  pftrvtçniient  ou 
tronquées  ou  modifiées,  suivant  T urgence  ,  et  que  les  formulaires  sont 
i^arement  faits  ou  imprimés  avec  tout  le  soin  nécessaire  :  aussi  n'a-t-il 
eu  recours  ni  aux  pharmaciens  ni  aux  formulaires.  Cependant  les 
formulaires  sont  pour  la  plupart  Touvrage  de  médecins  praticiens ,  et 
on  recueille  souvent  dans  les  pharmacies  de^  formules  précieuses  inspt- 
rées  an  médecin  qui ,  en  les  prescrivant ,  n'en  tient  pa»  toujours  ùOte. 

A l'occasioa dès  eaux  miiiéraleâ,  M.  leddcteur  Pierquiii  reg;r^tt:ede  n  a- 
voîr  donné ,  dans  ses  premières  éditions ,  qu'un  catalogue  ;  il  a  préféré, 
dans  celle-ci  v  les  présenter  en  tab{eau  avec  un  aperçu  diagnostique  et 
thérapeutique  en  regard ,  et  en  les  groupant  d'après  le  mode  d'action 
le  plus  constaht  et  le  mieux  déterminé  ,  de  sorte  qUe  d'un  coup  d'oeil 
on  embrasse  toute  la  thei-miatrie  française  ;  et,  comme  l'auteur  a  visité 
fréquemment  certaines  eaux  minérales,  il.  a  p^U  donner  quelques  rea~ 
sei^iiemen«  xtouveaux.  Sou  avis-  est  que,  à  part  rutîlité  de  aoii. esquisse, 
on  verhi  quel  est  Vétat  actuel  de  nos  découvertes  et  de  nos  tonnais- 
lances  ,  et  que  les  médecins  et  les  chimistes  seront  plus  à  même  de 
compléter  une  branche  aussi  importante  de  la  thérapeutique. 


DE    PHARMACIE.  ^      4^7 

m 

M.  le  docteur  Pierqbiii  ê'eft  abstena  de  parler  de  U  tkermiatrie  ar- 
tificielle, parce  que,  dit-il,  il  ne  pourra  y  croire  que  lorsqu'il  sera 
conyaincn  qu'il  n'y  a  plus  à  désirer  sur  la  conppsition  chimique  des 
eaux  que  Ton  veut  imiter  ;  mais  il  nous  semble  que  ,  puisque  l'auteur 
du  SMmorial  qui  nous  occupe  YOuUit  procurer  le  plus  grand  nombre 
possible  de  moyens  de  guérison ,  il  aurait  pu  considérer  les  eaux  mi- 
nérales Csctices  comme  des  moyens  thérapeutiques  d'une  efficacité  ap* 
préciable,  pourant,  dans  quelques  cijrconstaooes ,  remplacer  les  cawi^. 
minérales  naturelles ,  soit  parce  que  celles-ci  seraient  ou  trop  fortes 
on  trop  faibles  en  gaz  ou  en  soj^stances  salines  «  ou  puisées  depuis  uu 
trop  long  temps  et  altérées.  Aussi  voyons-nous  des  médecins  prescrire , 
sans  renoncer  aux  eaux  naturelles,  des  eaux  gaxeuses  simples,  plus  ou 
moins  chargées,  ou  de  gaz  acide  carbonique,  ou  de  gaz  Uydrc^ 
sulfurique  ;  les  eaux  magnésiennes  gazeuses  ,  maguésiennes  saturées , 
les  eaux  dites  Soda* Wa ter,. ou  alcalines  gazeuses,  etc. 

Getableaudes  eaux  minérales,  qui  termine  Touyrage  de  M.  Pierquin»  a 
pour  titre,  T%ermiatrie  française.  Il  y  désigne  les  espèces,  les  noms  de  TiUe% 
de  la  source,  la  saison  propre  ;  il  indique  les  propriétés  géologiquesi  phv  ^ 
siques ,  médicales  y  thérapeuthiqnes  ;  le  mode  d'administration ,  Tanar 
lyse  chimique  et  les  noms  des  analystes ,  avec  des  observations  parti- 
culières et  générales. 

Ce  tableau  est  précédé  d'un  autre  qui  a  pour  titre  :  Pathologie  vé* 
nénieide.  On  y  trouve  la  classification  des  poisons,  leurs  noms  vul* 
gaires  «  scientifiques  ;  la  séméiographie  générale ,.  particulière  ;  les 
moyens  médicateurs,  généraux ,  particuliers  ,  proposés  $  la  nécrosco- 
pie ,  et  enfin  une  colonne  d  obsei^vations. 

On  conçoit  facilement  ce  que  ces  deux  tableaux  peuvent  avoir  dW 
vantageux  et  de  commode  dans  un  mémorial  à  l'usage  des  .médecins  , 
qui  trouvent  dans  un  petit  espace  ce  qu'il  leur  faudrait  recliercber 
dans  plusieurs  volumes. 

Maintenant  il  s'agit  de  savoir  si  M.  le  docteur  Pierquin  peut, 
échapper  aux  reproches  qu'il  adresse  aux  formulaires ,  raremeivt  « 
suivant  lui ,  faits  ou  imprimés  avec  tout  le  soin  nécessaire  :  je  ne  le 
crois  pas  ;  car  nous  voyons,  à  la  page  15  de  son  livre ,  que ,  pour  la., 
préparation  du  baume  acétique  camphré  de  Pelletier,  on  fait  dis- 
soudre ,  à  la  chaleur  du  bain-marie  ,  le  savon  ^t  le  can^hre  pour  en- 
suite y  mêler  l'éther  acétique  ^  ce  qui  n'est  pas  exact. 

Pag.  24 ,  d'aj^ès  sa  recette  des  biscuits  vermifuges  et  purgatifs , 
chaque  once  de  la  composition  doit  contenir  30  grains  de  jalap  et  quel- 
ques grains  de  mercure  doux,  et,  en  vérifiant  les  proportions  de  chaque-^ 
ingrédient ,  on  trouve  queJe  calcul  n'est  pas  exacte 

Page  29,  ou  lit  gouttè]e;'//sej  gnttèle. 

Page  68,  sous  le  nom  de  chocolat  blanc,   on  trouve  une  formule- 
impraticable  ;  telle  qu'elle  est  présentée ,    et  devant  fournir  un  pro* 
duit  coloré. 


4^8  JOURNAL    PE    PHAKMACIE. 

Page  120,  il  est  dit  de  recouvrir  les  parties  malades  d'une  pea«  de  s«' 
turne ,  sans  indiquer  ce  que  l'on  entend  par  cette  dénomination. 

Page  128,  dans  la  composition  de  Télectnaire  anthelmintiqne  >  on 
prescrit  les  feuilles  à'hierafricra. 

Page  171 ,  pour  obtenir  des  fumigations  de  gas  acide  carbonâque , 
on  prend ,  dit  l'antettr,  «n  pot  de  fer  dont  le  manche  est  creoz  ;  on 
laisse  dégoûter  peu  à  peu  dé  Teau  pure  sur  la  chaux ,  le  tout  chauffé 
modérément. —  Que  penser  d'une  s  emblable  formule  et  des  suirantes? 

Page  1 87 ,  injection ,  ou  liqueur  pour  injection  préparée  avec  sulfate 
acide  «Tanfi/ftoiite  3 iv  on  quatre  gros ,  pour  ]bj  d*eau  distillée,  sans 
faire  connaître  la  préparation  de  ce  sel. 

Page  203 ,  pour  préparer  du  lait  artificiel ,  on  fait  un  mélange 
d*amandes  écrasées  sur  lesquelles  on  verse  de  Teau  bouillante  et  du  lait 
avec  un  peu  de  sucre. 

Page  257,  on  l^it  la  formule  d'une  mixture  contre  les  fièvres  adyna- 
roiquesy  ainsi  conçue  ;  muriate  de  soude,  S.  Q.  Faites  saturer  autant 
que  possible  dans  suc  de  citron ,  n*>.  1 . 

Page  513 ,  on  trouve  le  mode  de  traitement  du  ténia ,  et  une  recette 
dans  laquelle  il  est  dit  d'ajouter  à  un  gros  de  racine  de  fougère/ioy7»ft^- 
risée  de  Taqnila  alba ,  du  jalap  ,  de  la  rhubarbe  et  du  miel  S.  Q. ,  sans 
préciser  les  doses. 

Nous  pourrions  encore  faire  d'autres  citations  qui ,  sans  révoquer  en 
doute  le  mérite  de  l'ouvrage ,  prouveraient  au  moins  qu'il  y  a  des  né« 
gligences  qu^il  sera  bon  de  faire  disparaître  dans  la  prochaîne  édition. 
Il  nous  semble  aussi  que  certaines  formules  inconvenantes  ne  de- 
vraient pas  figurer  dans  un  ouvrage  essentiellement  médical  ;  nous 
eussions  préféré  ne  pas  rencontrer  dans  le  Formulaire  de  M.  le  docteur 
Pierquin  la  recette  de  pilules  destinées  à  procurer  des  rêves  agréables  ,  à 
exciter  la  prédominance  de  certains  organes ,  et  dans  la  composition 
desquels  on  fait  entrer  les  cantharides.  L'auteur  n*a  sans  doute  pas 
réfléchi  à  l'abus  que  l'on  pourrait  faire  de  pareils  moyens  sous  l'auto  - 
rite  d'un  médecin.    '  J.  P.  B. 

Dictionnaire  de  Médecine  et  de  Chirurgie  pratiques ,  en  15  volumes,  par 
MM.  Andaal,  B^GiH,  Blamdiii  ,  Bouviex,  GanVElLHIBR,  GoLLBBIEa  . 
Devergib  (Alph.),  Doaks,  Doputtren,  Foville,  Guiboubt,  Jolly, 
Lallekand,  Londe  ,  Magendie,  Ratieb,  Ratbb,  Roche,  Sansoh. 
Tome  deu»ème.  ALIN=:  ANHÉL ,  papier  vélin ,  broché ,  7  franca, 
port  franc  par  la  poste,  9  francs.  On  souscrit  à  Paris,  chez  Gabon , 
rue  de  l'École-de-Médecine ,  n.  10;  Méquignon-Marvis,  rue  du 
Jardinet,  n.  13;  Baillière,  rue  de  l'Ëcole-de-Médecine ,  n.  13  bis. 

Nota.  Le  tome  trois,  sous  presse,  paraîtra  incessamment.. 


BULLETIN 


§  r 


DES  TRAVA.UX  DE  LA  SOCIETE  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS; 

Rédigé  par  ^.  Robiquet,  secrétaire  général^  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCES  VERBAL. 

Séance  du  ^5  juillet. 

PRESIDENCE    DE     M.     SERULLAS. 

En  l'absence  de  M.  Leblanc,  M.  Bussy  remplit  les 
fonctions  de  secrétaire.  , 

La  Société  reçoit ,  i**.  lé  numéro  du  Journal  de  Phar- 
macie pour  le  mois  de  juillet  ;  a"*,  un  numéro  des  An- 
nales statistiques  de  l'Auvergne;  3**.  un  numéro  des 
Annales  de  1  industrie  ;  4<*.  Monographie  du  brome ,  par 
M.  Loyig  de  Kreutznach. 

La  correspondance  manuscrite  contient  :  t^.une  lettre 
de  M.  Tapie  ,  pharmacien  à  Bordeaux  ,  qui  demande  le 
titre  de  correspondant  de  la  Société. 

Sur  l'observation  de  quelques  membres ,  la  demande 
de  M.  Tapie  est  renvoyée  à  une  commission  composée  de 
MM.  Boullay ,  Pelletier  et  Guibourt. 

2°.  Une  autre  lettre  de  M.  Tapie  ,•  renfermant  une  ob- 
servation relative  à  de  l'acide  hydro-cyanique  médicinal 
qui  contenait  du  mercure. 

M.  Lecanu  fait  observer  que  M.  Regimbeau  de  Mont- 
pellier avait  déjà  fait  une  observation  semblable.  Cette 


43o  BULLETIN     DES    TRAVAUX 

note  est  renvoyée  à  lexamea  de  MM.   Chevallier    et 
Lecanii. 

3°.  Une  note  de  M.  Quesneville  fils,  sur  la  préparation 
de  Foxide  d  urane ,  renvoyée  à  l'examen  de  M.  Laugier. 

4'**  On  dépose  sur  le  bureau  une  proposition  signée  de 
plusieurs  membres,  et  tendant  à  changer  le  jour  des 
séances  de  la  Société,  et  de  prendre  au  lieu  du  1 5  de 
Gha([«e  mois ,  un  jour  fixe  dans  la  semaine.  La  Société 
arrête  que  cette  question  sera  traitée  dans  la  prochaine 
séance,  et  que  chaque  membre  sera  prévenu  à  domicile 
par  une  lettre.  , 

M.  Bussy  rend  le  compte  suivant  des  séances  de  l'In- 
stitut. 

M.  Flourens  lit  un  mémoire  sur  les  effets  de  V fiction  du 
froid  sur  tes  animaux.  L'auteur  a  eu  particulièrement 
pour  objet  de  rechercher  quelles  sont  les  conditions  inté- 
rieures ou  organiques  sous  lesquelles  s'opère  Thibernatioa 
de  certains  animaux  ,  c'est-à-dire  cet  état  d'engourdisse- 
ment général  dans  lequel  ils  tombent  pendant  la  durée  de 
l'hiver  ;  tels  sont  particulièrement  tes  marmottes ,  les 
chauves-souris,  les  loirs,  etc. 

Il  fait  observer  d'abord  que  le  froid  n'est  pas  la  seuJe 
cause  qui  détermine  cet  état,  puisque  sous  la  zone  tor^de 
il  existe  une  espèce  de  mammifère  (le  taurce)  qui  res^ 
engourdi  précisément  dans  la  saison  la  plus  chaude  de 
l'année. 

Les  conséquences  de  F  engourdissement  sont  un  a)>ai^ 
semait  progressif  dans  la  température  des  animaux,  qui 
l'éprouvent  de  telle  sorte»  qu'elle  descend  de  38*  où  elle  s(^ 
trouvedansFétat  ordinaire  jusqu  a  5,  4  et  même  5^  Déplus 
la  circulation  et  la  respiration,  s'aflaiblissent  à  mesure  que 
l'engourdissement  se  propage,  et  lorsque  la  léthargie  est 
complète,  ces  deux  fonctions  se  trouvent  suspenduei^; 
et ,  si  'l'on  ouvre  alors  une  veine  ou  un  artère ,  on  n'en 
tire  point  de  sang ,  ou  seulement  quelques  gouttes  d'un 
sang  noirâtre. 

M.  Flourens  a  eu  occasion  de  vérifier ,  par  des  expé- 
nences,  que  lorsque  par  une  cause  quelconque  la  respira- 


DE    LA    SOCIETE    DE    PUABUACIE.  4^^ 

tion  se  trouve  ralentie ,  rengourdisseinent  s'opère  sans 
l'influence  d'une  terapéfiature  beaucoup  moins  basse,  et  il 
est  parvenu,  par  une  suspension  artificielle  de  la  respira- 
tion tour  à  tour  reprise  et  interrompue ,  à  rendre  un 
amimal  létfaat^ique  à  des  températures  très-Tïiriables  et  il 
en  conclut  que  c'est  par  la  respiration  et  par  l'intermé» 
diaire  des  modifications  qtiil  imprime  à  cette  /onction 
que  le  froid  aeit  dans  la  léthargie  (1)  ;  l'auteur  rappelle 
ensuite  que,  dans  un  travail  présenté  antérieurement  à 
l'Académie ,  il  avait  montré  que  l'eicposition  à  un  froid 
prolongé  était  la  principale  cause  susceptible  de  déter- 
miner Ja  pbthisie  pulmonaire,  et  que  le  meilleur  moyen  de 
combattre  cette  affection  était  au  contraire  Tes  position  à 
une  température  cbaude,  et  il  termine  en  insistant  sur  l'a*- 
vantage  que  l'on  pourrait  tirer ,  pour  la  pathologie  hu- 
maine ^  d'expériences  faites  sur  les  animaux ,  et  par  l'ob-* 
servation  des  maladies  auxquelles  ils  sont  sujets. 

M^  Cttvelier  annonce  à  l'Académie  qu'il  a  reçu  de 
M.  Ghristal ,  secrétaire  de  la  Société  d'histoire  naturelle 
de  Montpellier ,  un  mémoire  sur  deux  nouvelles  grottes  à 
ossemens  nouvellement  découvertes  prëa  de  Sanièrea , 
dans  le  département  du  Gard;  ces  grottes,  suivant  l'au;*^ 
teiïr  du  mémoire,  offrent  un  deuxième  exemple  du  mélange 
incontestable  des  ossemens  humains  avec  ceux  d'ani- 
maux ^  antédiluviens  ;  les  principales  espèces  que  l'on 
a  pu  reconnaître  dans  ces  débris  se  rapport^ut  à  des 
hyènes^ des  ours  ,  des  blaireaux ,  des  sangliers,  des  rhir 
nocjéros,  des  bœufs,  des  chevaux ,  des  cerf$,  dont  plusieurs 
surtout  laissent  encore  la  trace  apparente  de  la  dent  des 
hyènes  qui  ont  cherché  à  les  ronger.  Ces  observations 
sont  d'autantplus  importantes,  qu  elles  confirment  la  dé- 
couvjBrte  qui  avait  déjà  été  faite  par  M^%Tpurual  fils,  d'os- 
semens  humains  dans  les  mêmes  circonstances,  et  à  l'égaré 
de  laquelle  il  s'était  élevé  quelques  doutes. 

M.  Héricart  de  Thury  donnedes  détails  sur  un  nouveaiji  , 
puits  foré  établi  à  la  gare  de  Saint-Ouen,  par  M,  Flacbat. 
Une  circonstance  assez  remarquable  dans  rétablissement 


(1)  Les  eupériences  d«  M.  Flowens  ont  été  faite»  suv  uh  lérot. 


43a  BlfI.l«£TIIf    DES   rtifiYJLVX 

de  ce  puits  ,  c  est  que  la  sonde  ({uia  servi  à  le  percer,  est 
devenue  très-fortement  magnétique ,  au  point  de  suppor- 
ter très-£aci1ement  un  clef  d'appartement  de  dimension 
ordinaire,  et  de  pouvoir  attirer  a  une  distance  de  plus  d'un 
décimètre  un  morceau  de  fer  du  poids  de  6.kilog. 

M.  Lujal  lit  un  mémoire  sur  l'emploi  de  Fiode  dans  les 
maladies  scrophuIeuses.v  Ce  mémoire  est  renvoyé  à 
l'examen  d<e  MM.  Duniéril  et  Magendie* 

L'Académie  reçoit  plusieurs  mémoires  adressés  par 
M.  Bory  de  Saint-Vincent.  Ces  mémoires ,  qui  contien-* 
Bent  le  résultat  des  travaux  de  la  commission  scientifique 
envoyée  en  Grèce  sous  la  direction  de  M.  Bory  de  Saint- 
Vincent,  ont  été  renvoyés  à  l'examen  de  MM*  Guvier, 
Sesfontaines  et  Geofiroy  Saint-Hilaire. 
'  M.  Chevalier  annonce  à  l'Académie  qu  il  a  trouvé  un 
moyen  beaucoup  plus  prompt  et  plus  économique  que  le 

{;rattaçe  pour  restaurer  les  anciens  édifices,  et  leur  rendre 
eur  blancheur  primitive.  Ce  moyen  consiste  à  frotter  les 
Ïierres  avec  une  brosse  imprégnée  d'une  faible  dissolution 
'acide  bydrochlorique.  La  liqueur  qu'il  propo;5e  se  com* 
pose  de  douze  onces  d'acide  bydrochlorique  concentré 
pour  un  seau  d'eau. 

On  commence  par  laver  le  mur  noirci  à  l'eau  simjSle; 
on  fait  un  deuxième  lavage  avec  l'eau  aciduléo-,  et  enfin 
un  troisième  lavage  à  l'eau  simple. 

M.  Bollrigi  annonce  avoir  trouvé  un  nouveau  moyen 
de  tanner  les  cuirs ,  à  l'aide  duquel  on  pourra ,  en  quatre 
mois,  tanner  des  peaux  qui  exigent  plusieurs  années  de 
travail  par  Fàncien  procédé. 

M.  Baudelocquè-Narcis  expose  dans  un  mémoire  un 
procédé  nouveau  pour  Topération  de  Tembryotomie.  Il 
met  sous  les  yeux  de  l'Académie  l'instrument  de  son  in- 
vention dont  il  se  sert  pour  pratiquer  cette  nouvelle  opé- 
ration qu'il  a  su  rendre  beaucoup  plus  sûre,  plus  prompte 
et  moins  douloureuse  qu'elle  ne  l'était  auparavant. 

M.  SéruUas  donne  lecture  de  ses  nouvelles  observations 
sur  l'iodure  et  le  chlorure  d'azote ,  et  sur  un  nouveau 
composé  liquide  de  chlorure  de  soufre  et  de  phosphore. 

M.  Richard  lit  un  mémoire  sur  un  nouvel  arrangement 


DE    lA   SOCtExi  DE    PHARMACIE.  4^^ 

ries  végétaux  de  la.  famille  des  rubiacées ,  il  divise  cette 
famille  en  onze  tribus ,  qui  renferment  chacune  un  certain 
nombre  de  genres. 

M.  Virey  rend  compte  des  séances  de  l'Académie  de 
médecine^  (  Voyez  Académie  de  médecine). 

M  Lecanu  fait  en  son  nom  et  en  celui  de  M.  Bussy  un 
rapport  sur  une  note  de  M.  Goldefy  d'Orly. 

Copie  de  ce  rapport  sera  envoyée  à  M.  Goldefy. 

M.  Boadet  fait  un  rapport  sur  quatre  numéros  aes  An- 
nales de  l'Auvergne. 

M.  Derosne  lit  en  son  nom  et  en  ceux  d^e  MM.  SéruUas 
et  Bussy  un  rapport  sur  le  filtre  de  M.  Dumont.  Ce  rap- 
port est  renvoyé  à  la  commission  de  rédaction  pour  être 
publié  ainsi  que  la  description  de  l'appareil. 

M.  Blondeaufait  observer  que  ce  que  dit  l'auteur  du  rap« 
"port  ne  peut  s'appliquer  qu'à  l'emploi  du  charbc^n  animal 
qui  n'a  subi  aucun  lavage ,  mais  celui  que  l'on  destine  à 
la  décoloration  des  sirops  dans  les  pharmacies  ne  donne 
aucun  goût  à  ces  médicamens,  quand  le  charbon  a  été 
préalablement  traité  par  l'acide  hydrochlorique ,  et  lavé 
deux  fois  à  chaud  et  trois  fois  à  U'oid. 

M.  Valette  fait  un  rapport  sur  plusieurs  numéros  des 
archives  de  la  Société  des  pharmaciens  de  l'Allemagne 
septentrionale. 

M.  Soubeiran  fait  verbalement  un  rapport  favorable 
sur  une  note  de  M.  Mialhe ,  relative  à  la  préparation  du 
mastic  de  limaille  de  fer.  L'impression  de  cette  note  est 
ordonnée.  • 

M.  Baget  fait^.en  son  nom,  et  en  ceux  de  MM.  Robinet  et 
Chevalier,  un  rapport  très-favorable  sûr  les  diverses  for- 
mules et  procédés  propres  à  préparer  divers  tissus  spa- 
radrapiques ,  par  M.  Béral,  pharmacien.  L'impression 
de  la  note  de  M.  Béral ,  demandée  par  M  le  rapporteur , 
«st  ordonnée  parla  Société. 

M.  Henry  fils  lit  une  note  sur  les  moyens  de  décou- 
vrir les  falsifications  de  sulfate  de  quiniue. 

M.  SéruUas  lit  une  note  sur  la  préparation  de  l'é- 
ther  hydriodique  j  le  même  membre  dépose  sur  le  bureau 
une  note  que  le  défaut  de  temps  >  ne  permet  pas  de  lire , 
relative  à  des  compositions  factices  vendues  sous  le  nom 
de  calculs  urinaires. 


434  BULI.ETIN    VtS   tRAVAU}L 

1 

JExtraits  des  archivés  de  la  Société  des  pharmaciens  de 

l'Allemagne  septentrionale. 

Messieurs  , 

Les  journaux  allemands  dont  vous  m'avez  confié 
l'examen,  (et  notamment  le  Répertoire  de  pharmacie  et 
des  sciences  accessoires  de  Geiger,  où  sont  passées  en 
revue  les  découvertes  faites  en  AUemfigne  danslespace 
de  six  mois  ) ,  renferment  un  assez  grand  nombre  d'arti- 
cles intéressans  :  je  me  suis  restreint  aux  principaux  pour 
ne  pas  abuser  des  momens  de  la  Société. 

Action  de  V alcool  sur  les  hydro^erro-^yanaf/e  de  potasse 
et  l'ammoniaque ,  par  Fogel ,  pharmacien  de  Heins- 
berg.  (1828.  Fol.  xxvii,  caA.  1 .) 

Si  l'on  verse  une  solution  d'hydro-ferro-cyanate  de  po- 
tasse ,  ou  d'ammoniaque ,  dans  de  l'esprit-de-vin  conte- 
nant 41  pour  100  d'alcool  absolu ,  il  se  forme  aussitôt  un 
nuage  rouge ,  puis  un  précipité.  L'auteur  fut    d'abord 

Îorté  à  croire  que  l'alcool  contenait  du  cuivre  provenant 
es  vases  où  il  avait  été  distillé.  Pour  s'en  assurer,  il  dis- 
tilla quelques  onces  dans  une  petite  cornue,  et  alors  il  vit 
que  le  produit  de  la  distillation  reproduisait  le  précipité 
rouge.  D'après  lui ,  ce  phénomène  pourrait  peut-être  dé- 
pendre de  ce  que  l'alcool  enlève  1  eau  aux  bydro-ferro- 
cyanates  et  que  Tpxide  de  fer  est  mis  à  nu ,  car  aussitôt 
que  le  liquide  spiritueux  est  étendu  d'un  peu  d'eau ,  lé 
précipité  rouge  disparaît. 

Caractères  distinctifs  du  tannin  et  de  l'acide  gallique^par 
Pfaff.  (  1829.  Fol.  XXIX,  cah,  1  ^pag^  86) ,  article  tiré 
des  Annales  de  physique  et  de  chimie  de  Sch^veigger, 
{i^oL  23,  p.  240.) 

Pour  établir  ces  caractères ,  l'auteur  dit  avoir  employé 
l'acide  gallique  et  le  tannin  aussi  purs  que  possible,  et 
voici  quels  ont  été  les  résultats. 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.         ^35 

\  Dans  les  dissolutions  d'or  étendues ,  l'acide  gallique 
donne  une  couleur  bleu-verdàtre  paraissant  brune  par  Li 
réfle:sion  des  rayons  lumineux ,  et  réduit  complètement 
Tor.  Le  tannin  ramène.seulementroren  dissolution  à  Tétat 
d'oxidation  moins  avancé,  ou  colore  la  liqueur  en  pourpfe. 
L'acide  gallique  produit  à  peine  une  teinte  jaunâtre  dans 
les  dissolutions  ae  titane  ;  le  tannin  en  précipite  des  flo- 
cons de  couleur  rougc-orange.  Le  tannin  précipite  en 
blanc  la  dissolution  d  émétique ,  l'acide  gallique  n  y  oeca- 
sione  un  léger  trouble  qu'au  boiit  de  quelque  temps. 
L'acide  gallique  colore  en  brun  les  alcalis  purs.  La  cou- 
leur iju'u  produit  avec  les  alcalis  carbonates  est  d'abord 
d'un  jaune,  tirant  sur  le  brun  ^  mais  elle  passe  bientôt  au 
vert  foncé.  Le  tannin  est  précipité  par  les  alcalis  purseî 
carbonates ,  et  la  liqueur  se  colore  en  brun  sans  passer  au 
vert.  Les  sels  de  morphine ,  de  strychnine ,  de  quinine 
<et  de  cinchonine  ne  sont  pas  précipites  par  Tacide  gallique, 
mais  ils  le  sont  par  le  tannin.  Dans  sa  combinaison  avec 
les  alcalis,  le  tannin  semble  subir  un  changement  de  com- 

Sosition  qui  le  rapproche  de  l'acide  gallique.  Les  écumes 
e  café  doivent  leur  propriété  de  colorer  en  vert  le  blanc 
d'œuf ,  sous  l'influence  de  Tair,  à  l'acide  gallique  qu'elles 
contiennent ,  et  le  blanc  d'œuf  semble  contrarier  cette 
coloration  par  le  carbonate  de  soude  qui  entre  dans  sa 
composition. 

M.  Pfaff  n  a  pas  trouvé  d'acide  gallique  dans  les 
plantes  qui  contiennent  de  l'émétine  et  de  la  vératrine. 

Extraits  du  Répertoire  depharmacie^ par  Geiger,  Moyen 
expéditifdepurifier  l'eau  trouble  et  croupie,  par  Hahich . 
(1828^  no(^.  et  déc.  pag.  'iQ6 ,  et  tiré,  du  Journal  de 
Trommsdorff.  F^ol.  xvijpag,  1.) 

D'après  les  expériences  de  ce  chimiste,  un  mélange  d'une 
partie  de  chaux  et  de  deux  parties  d'alun  purifie  promp- 
tementde  l'eau  croupie.  Néanmoins  on  y  parvient  encoi'e 
mieux  au  moyen  d'un  mélange  de  guatre  parties  de  char- 
bon animal  et  d'une  partie  d'alun.  Une  partie  de  ce  mé- 
lange suffit  à  l'auteur  de  cette  note  pour  purifier  mille 
parties  d'eau  de  rivière  très-trouble.  Il  n'e'ut  besoin  que 
de  laisser  le  tout  en  contact  pendant  une  nuit.  Pour  pu- 


436  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

rifier  de  l'eau  de  malais  croupie ,  il  lui  fallut  la  mettre  en 
contact  avec  le  charbon  animal  seul ,  et  en  poudre  fine  ^ 

Eendant  un  jour,  et  n'ajouter  l'alun  que  le  lendemain, 
l'eau  purifiée  par  ce  moyen  ne  contenait  pas  d  alun  en 
dissolution  et  renfermait  moins  de  sels  que  l'eau  de  puits 
ordinaire. 

Perfectionnement  apporté  dans  lapréparation  de  Vacide 
titanique ,  par  Jtose.  (1 828  nov.  et  aéc. ,  pag.  329  ,  ar^ 
ticle  extr.  des  Annales  de  Poggendorff,  volume  un, 
pag.i79.) 

On  réduit  en  poudre  fine  la  mine  de  tit<ine  ferru^neux, 
<}ui  est  un  titanate  de  protoiide  de  fer  ,  puis  on  1  expose 
à  la  chaleur  rou^e  dans  un  tube  de  porcelaine  ,  pendant 
que  l'on  dirige  dessus  un  courant  d*acide  hjd^osuifurique 
sec.  Il  se  forme  du  sulfure  de  fer,  et  l'acide  ttanique  ne 
le  décompose  pas.  Le  mélange  est  traité  par  de  l'acide 
muriatique  concentré ,  et  Ycfn  obtient  pour  résidu  l'acide 
titanique  mêlé  avec  un  p^u  de  soufre,  que  Ton  sépare 
au  moyen  de  la  chaleur.  Toutefois  cet  acide  est  encore , 
légèrement  coloré  en  rouge  par  un  peu  d'oxide  de  fer 
que  la  grande  quantité  de  sulfure  de  fer  produit  a  garanti 
de  l'aètion  de  l'hydrogène  sulfuré  :  on  l'en  débarrasse 
complètement  en  répétant  l'opération  indiquée. 

Précipité  d'argent,  semblable  au  pourpre  de  Gassius ,  par 
Frick.  (1828  ,  nov^,  et  rfe'c,  pag,  335 ,  article  tiré  des 
Annales  de  Poggendorff^  %^oL  xiii, pag.  172.) 

Si  l'on  mêle  ensemble  une  dissolution  d'étain  dans  de 
l'acide  nitrique  étendu  et  préparée  à  froid  ,  et  une  disso- 
lution également  étendue  de  nitrate  d'argent ,  la  liqueur 
prend  au  bout  de  quelques  minutes  une  couleur  jaune 
qui  passe  au  brun ,  et  finit  par  devenir  pourpre  foncé  ; 
qu'on  y  ajoute