Skip to main content

Full text of "Journal de pharmacie et des sciences accessoires"

See other formats


Google 


This  is  a  digital  copy  of  a  book  thaï  was  prcscrvod  for  générations  on  library  shelves  before  it  was  carefully  scanned  by  Google  as  part  of  a  project 

to  make  the  world's  bocks  discoverablc  online. 

It  has  survived  long  enough  for  the  copyright  to  expire  and  the  book  to  enter  the  public  domain.  A  public  domain  book  is  one  that  was  never  subject 

to  copyright  or  whose  légal  copyright  term  has  expired.  Whether  a  book  is  in  the  public  domain  may  vary  country  to  country.  Public  domain  books 

are  our  gateways  to  the  past,  representing  a  wealth  of  history,  culture  and  knowledge  that's  often  difficult  to  discover. 

Marks,  notations  and  other  maiginalia  présent  in  the  original  volume  will  appear  in  this  file  -  a  reminder  of  this  book's  long  journcy  from  the 

publisher  to  a  library  and  finally  to  you. 

Usage  guidelines 

Google  is  proud  to  partner  with  libraries  to  digitize  public  domain  materials  and  make  them  widely  accessible.  Public  domain  books  belong  to  the 
public  and  we  are  merely  their  custodians.  Nevertheless,  this  work  is  expensive,  so  in  order  to  keep  providing  this  resource,  we  hâve  taken  steps  to 
prcvcnt  abuse  by  commercial  parties,  including  placing  lechnical  restrictions  on  automated  querying. 
We  also  ask  that  you: 

+  Make  non-commercial  use  of  the  files  We  designed  Google  Book  Search  for  use  by  individuals,  and  we  request  that  you  use  thèse  files  for 
Personal,  non-commercial  purposes. 

+  Refrain  fivm  automated  querying  Do  nol  send  automated  queries  of  any  sort  to  Google's  System:  If  you  are  conducting  research  on  machine 
translation,  optical  character  récognition  or  other  areas  where  access  to  a  laige  amount  of  text  is  helpful,  please  contact  us.  We  encourage  the 
use  of  public  domain  materials  for  thèse  purposes  and  may  be  able  to  help. 

+  Maintain  attributionTht  GoogX'S  "watermark"  you  see  on  each  file  is essential  for  informingpcoplcabout  this  project  and  helping  them  find 
additional  materials  through  Google  Book  Search.  Please  do  not  remove  it. 

+  Keep  it  légal  Whatever  your  use,  remember  that  you  are  lesponsible  for  ensuring  that  what  you  are  doing  is  légal.  Do  not  assume  that  just 
because  we  believe  a  book  is  in  the  public  domain  for  users  in  the  United  States,  that  the  work  is  also  in  the  public  domain  for  users  in  other 
countiies.  Whether  a  book  is  still  in  copyright  varies  from  country  to  country,  and  we  can'l  offer  guidance  on  whether  any  spécifie  use  of 
any  spécifie  book  is  allowed.  Please  do  not  assume  that  a  book's  appearance  in  Google  Book  Search  means  it  can  be  used  in  any  manner 
anywhere  in  the  world.  Copyright  infringement  liabili^  can  be  quite  severe. 

About  Google  Book  Search 

Google's  mission  is  to  organize  the  world's  information  and  to  make  it  universally  accessible  and  useful.   Google  Book  Search  helps  rcaders 
discover  the  world's  books  while  helping  authors  and  publishers  reach  new  audiences.  You  can  search  through  the  full  icxi  of  ihis  book  on  the  web 

at|http: //books.  google  .com/l 


Google 


A  propos  de  ce  livre 

Ceci  est  une  copie  numérique  d'un  ouvrage  conservé  depuis  des  générations  dans  les  rayonnages  d'une  bibliothèque  avant  d'être  numérisé  avec 

précaution  par  Google  dans  le  cadre  d'un  projet  visant  à  permettre  aux  internautes  de  découvrir  l'ensemble  du  patrimoine  littéraire  mondial  en 

ligne. 

Ce  livre  étant  relativement  ancien,  il  n'est  plus  protégé  par  la  loi  sur  les  droits  d'auteur  et  appartient  à  présent  au  domaine  public.  L'expression 

"appartenir  au  domaine  public"  signifie  que  le  livre  en  question  n'a  jamais  été  soumis  aux  droits  d'auteur  ou  que  ses  droits  légaux  sont  arrivés  à 

expiration.  Les  conditions  requises  pour  qu'un  livre  tombe  dans  le  domaine  public  peuvent  varier  d'un  pays  à  l'autre.  Les  livres  libres  de  droit  sont 

autant  de  liens  avec  le  passé.  Ils  sont  les  témoins  de  la  richesse  de  notre  histoire,  de  notre  patrimoine  culturel  et  de  la  connaissance  humaine  et  sont 

trop  souvent  difficilement  accessibles  au  public. 

Les  notes  de  bas  de  page  et  autres  annotations  en  maige  du  texte  présentes  dans  le  volume  original  sont  reprises  dans  ce  fichier,  comme  un  souvenir 

du  long  chemin  parcouru  par  l'ouvrage  depuis  la  maison  d'édition  en  passant  par  la  bibliothèque  pour  finalement  se  retrouver  entre  vos  mains. 

Consignes  d'utilisation 

Google  est  fier  de  travailler  en  partenariat  avec  des  bibliothèques  à  la  numérisation  des  ouvrages  apparienani  au  domaine  public  et  de  les  rendre 
ainsi  accessibles  à  tous.  Ces  livres  sont  en  effet  la  propriété  de  tous  et  de  toutes  et  nous  sommes  tout  simplement  les  gardiens  de  ce  patrimoine. 
Il  s'agit  toutefois  d'un  projet  coûteux.  Par  conséquent  et  en  vue  de  poursuivre  la  diffusion  de  ces  ressources  inépuisables,  nous  avons  pris  les 
dispositions  nécessaires  afin  de  prévenir  les  éventuels  abus  auxquels  pourraient  se  livrer  des  sites  marchands  tiers,  notamment  en  instaurant  des 
contraintes  techniques  relatives  aux  requêtes  automatisées. 
Nous  vous  demandons  également  de: 

+  Ne  pas  utiliser  les  fichiers  à  des  fins  commerciales  Nous  avons  conçu  le  programme  Google  Recherche  de  Livres  à  l'usage  des  particuliers. 
Nous  vous  demandons  donc  d'utiliser  uniquement  ces  fichiers  à  des  fins  personnelles.  Ils  ne  sauraient  en  effet  être  employés  dans  un 
quelconque  but  commercial. 

+  Ne  pas  procéder  à  des  requêtes  automatisées  N'envoyez  aucune  requête  automatisée  quelle  qu'elle  soit  au  système  Google.  Si  vous  effectuez 
des  recherches  concernant  les  logiciels  de  traduction,  la  reconnaissance  optique  de  caractères  ou  tout  autre  domaine  nécessitant  de  disposer 
d'importantes  quantités  de  texte,  n'hésitez  pas  à  nous  contacter  Nous  encourageons  pour  la  réalisation  de  ce  type  de  travaux  l'utilisation  des 
ouvrages  et  documents  appartenant  au  domaine  public  et  serions  heureux  de  vous  être  utile. 

+  Ne  pas  supprimer  l'attribution  Le  filigrane  Google  contenu  dans  chaque  fichier  est  indispensable  pour  informer  les  internautes  de  notre  projet 
et  leur  permettre  d'accéder  à  davantage  de  documents  par  l'intermédiaire  du  Programme  Google  Recherche  de  Livres.  Ne  le  supprimez  en 
aucun  cas. 

+  Rester  dans  la  légalité  Quelle  que  soit  l'utilisation  que  vous  comptez  faire  des  fichiers,  n'oubliez  pas  qu'il  est  de  votre  responsabilité  de 
veiller  à  respecter  la  loi.  Si  un  ouvrage  appartient  au  domaine  public  américain,  n'en  déduisez  pas  pour  autant  qu'il  en  va  de  même  dans 
les  autres  pays.  La  durée  légale  des  droits  d'auteur  d'un  livre  varie  d'un  pays  à  l'autre.  Nous  ne  sommes  donc  pas  en  mesure  de  répertorier 
les  ouvrages  dont  l'utilisation  est  autorisée  et  ceux  dont  elle  ne  l'est  pas.  Ne  croyez  pas  que  le  simple  fait  d'afficher  un  livre  sur  Google 
Recherche  de  Livres  signifie  que  celui-ci  peut  être  utilisé  de  quelque  façon  que  ce  soit  dans  le  monde  entier.  La  condamnation  à  laquelle  vous 
vous  exposeriez  en  cas  de  violation  des  droits  d'auteur  peut  être  sévère. 

A  propos  du  service  Google  Recherche  de  Livres 

En  favorisant  la  recherche  et  l'accès  à  un  nombre  croissant  de  livres  disponibles  dans  de  nombreuses  langues,  dont  le  français,  Google  souhaite 
contribuer  à  promouvoir  la  diversité  culturelle  grâce  à  Google  Recherche  de  Livres.  En  effet,  le  Programme  Google  Recherche  de  Livres  permet 
aux  internautes  de  découvrir  le  patrimoine  littéraire  mondial,  tout  en  aidant  les  auteurs  et  les  éditeurs  à  élargir  leur  public.  Vous  pouvez  effectuer 
des  recherches  en  ligne  dans  le  texte  intégral  de  cet  ouvrage  à  l'adressefhttp:  //book  s  .google .  coïrïl 


"toarvarD  nDc^tcal  Scbool 


«owltitcb  Xibrarç 


purcbaseD 


Il  ♦    ■  ^ 


,  I* 


/ 


Ê  .    « 


JOURNAL 


DV 


PHARMILCIE. 


TOME  XII. 


.  • .    *. 


>   J' 


VABIS.— IMPiUMBAIB  DB  VAUf»   RUE  BAGIKB ,   H®,    ky 

PLAGE  DE  l'oDÉON. 


JOURNAL 

DE  PHAfill^CIE 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES, 

.RÉDIGÉ 
Pab    mm.    p. -J.    Bouillon  - Laoravob  y    L.-A.    Plafche  , 

P.   -  F.   -  G.     BOULLAT  ,     J.   -  P.     BOUDET  ,     J.  -  J.     VutET  , 

J.  Pellbtibr,  a.   Busst,   E.   Soubiirah,  O.   Henrt  fils. 

■  T 

BULLETIN  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS, 

Rédigé  par  M.  Hb^t,  et  par  une  Commission  spéciale. 


Major  collectis  viribns  exit. 


TOME  DOUZIÈME. 


PARIS, 


CHEZ  LOUIS  COLAS  FILS ,  LIBRAIRE , 

mVE  DAUTBIBE  ,  B*.    Ss. 

i8a6. 


JOURNAL 

DE    PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


N^  I. —  12*.  Année. — JAityiER  1826. 


NOTE 

Sur  une  tnaiière  blanche  filamenteuse  qui  se  trouve  sur  de 

la  fonte; 

Par  M.  Yauqdbli». 

L«e  â  PAoailémic  rojrale  de  médecine ,  section  de  pharmacie , 

en  décembre  i8a5. 

M.  MoUerat  Guyon  me  remit,  le  17  juin  1824»  un 
morceau  de  fonte  de  fer ,  dont  une  grande  partie  de  la  sur- 
face est  recouverte  d^une  substance  blanche ,  formée  de 
filamens  soyeux  qui  paraissent  sortir  de  la  matière  de  la 
fonte,  et  qui  ressemblent  à  des  faisceaux  de  certaines  amian- 
tes on  d'alun  de  plumes. 

Les  filamens  sont  de  la  plus  grande  blancheur ,  et  si 
légers  que  le  moindre  mouvememertt  dans  Tair  les  enlève 
quand  ils  sont  détachés  de  la  fonte. 

J*ai  été  curieux  de  soumettre  à  Tanalyse  chimique  cette 
matière  soyeuse ,  et  j'ai  trouvé  que  c'était  de  la  silice  très- 
Xn*.  Année.  — Janvier  i8a6.  i 


a  JOURNAL 

pure  ;  elle  ne  oontieut  pas  un  atome  de  fier.  Je  me  rappelle 
à  cette  occasion  d'avoir  examiné  y  il  y  a  déjà  long-temps  , 
une  matière  à  peu  près  pareille ,  trouvée  dans  un  h^ut 
fourneau ,  attachée  à  un  morceau  de  fonte.  (  Voyez  An- 
nales de  chimie.  ) 

A  cette  époque  ,  quoique  le  potassium  et  le  sodium  fus- 
seiltconnuS)  on  ne  pensait  pas  encore  au  silicium,  en  sorte 
qu'il  était  difficile  d'expliquer  la  formation  de  cette  matière 
filamenteuse  qui  se  trouvait  ainsi ,  à  la  surface  de  la  fonte , 
restée  long* temps  dans  les  hauts  fourneaux.  Il  fallait  sup- 
poser une  certaine  volatilité  à  la  silice ,  soit  qu^on  admit 
qu'elle  sortit  de  la  fonte  ,  ou  que  venant  de  l'extérieur  elle 
s'y  fût  déposée.  Or  la  première  supposition  n'est  pas  pro- 
bable ,  car  si  la  chaleur  du  fourneau  avait  été  assez  forte 
pour  expulser  la  silice  de  l'intérieur  de  la  fonte  ,  elle  ne 
serait  pas  fixée  à  la  surface  de  celle-^ci  qui  devait  être  plus 
chaude  que  son  intérieur;  quant  à  l'autre  supposition  ,  il 
faudrait  que  la  fonte  eut  'été  placée  dans  la  partie  la  plus 
froide  du  fourneau  pour  que  la  silice  réduite  en  vapeurs 
eût  ptt  s'y  condenser.  Aujourd'hui  que  Ton  sait  que  le  ^i/t- 
ckim  peut  se  trouver  en  grande  quantité  dans  les  fontes 
de  fer ,  on  conçoit  que  ce  métal  au  sein  d'une  pareille  com- 
binaison exposée  à  une  haute  température ,  et  au  contact 
de  l'air ,  peut  être  réduit  en  vapeur  et  venir  sous  cette 
forme  à  la  surface  de  la  fonte ,  ou  il  brûle  et  cristallise.  Le 
morceau  que  je  présente  est  très-propre  à  faire  compren- 
dre cei  effet  :  sa  surface  est  dncûle  ,  tandis  que  le  centre 
est  encore  cassant. 


DE    PHARMACIE. 


RAPPORT 

«Sur  le  tartre  des  dents ,  fait  à  ta  section  de  pharmacie  de 
t Académie  royale  de  médecine{i)^  /e  3i  décembre  1825. 

La  section  de  pharmacie  nous  a  chargés,  M.  Laugier  et 
moi ,  d^ examiner  da  tarire  des  dents  que  M.  Duval ,  den- 
tiste, lui  remit  dans  la  séance  du  %S  novembre  i8l5.Voici 
les  essais  auxquels  nous  Favons  soumis. 

Première  expérience. 

Celte  matière ,  réduite  en  poudre  fine ,  a  perdu  sept 
centièmes  de  son  poids  par  la  dessiccaûon. 

Deuxième  expérience. 

Dissoute  dans  Facide  murtatique,  elle  a  laissé  i3  cen- 
tièmes de  son  poids  de  matière  animale  d^un  blanc-jaunàtre. 

Troisième  expérience. 

Cette  matière  animale ,  soumise  &  Faction  de  Feau  bouil- 
lante pendant  au  moins  deux  heures  ,  n'a  pas  été  dissoute , 
et  la  décoction  réduite  sous  un  très-petit  volume ,  n*a  pas 
donné  la  plus  légère  trace  de  gélatine.  Ce  résultat  prouve 
que  la  matière  animale  du  tarire  des  dents  n'est  pas  de  la 
même  nature  que  celle  qui  existe  dans  les  os. 

Quatrième  expérience. . 

Le  phosphate  de  chaux ,  précipité  par  Fammoniaque  de 
•a  dissolution  muriatiquc ,  était  jaunâtre  après  la  dessicca- 
tion, ce  qui  annonce  la  présence  d'une  certaine  quantité 
de  matière  \  en  effet ,  ce  phosphate  a  noirci  quand  on  Fa 

(i)  Par  M.  VAOQOELiif. 


/ 


4  JOURNAL 

fait  chauffer  dans  un  creuset  fermé.  Dans  cet  état ,  %on 
poids  représentait  les  ^  centièmes  du  tartre  employé. 

Cinquième  expérience. 

Dans  la  liqueur  dont  le  phosphate  de  chaux  avait  été 
séparé  ,  nous  avons  mis  de  Toxalate  d*ammon!aque  ;  le  pré- 
cipité formé  dans  cette  opération  formait  les  12  centièmes 
du  poids  du  tartre  employé ,  et  représentait  environ  9  cen- 
tièmes de  carbonate  de  chaux. 

Sixième  expérience. 

Les  produits  obtenus  dans  les  opérations  ci- dessus  ne 
représentant  pas  exactement  la  quantité  de  matière  sou- 
mise à  Taiialyse ,  nous  avons  fait  évaporer  le  liquide  dont 
le  phosphate  et  le  carbonate  de  chaux  avaient  été  précipi- 
tés ,  pour  savoir  s'il  contenait  encore  quelques  parties  de 
matière  animale.  En  effet ,  le  muriate  d'ammoniaque,  des- 
séché et  chauffé  doucement  dans  un  creuset  de  ptatine,  est 
devenu  noir ,  et  après  s'être  dissipé ,  il  a  laissé  une  matière 
brune,  pesant  trois  centigr. ,  qui  ressemblait  à  de  Toxide 
de  fer,  et  qui  était  en  effet  composée  de  fer  et  de  phosphate 
de  magnésie. 

Septième  expérience. 

Un  fragment  du  tartre ,  exposé  à  une  forte  chaleur  pen- 
dant une  heure ,  est  devenu  parfaitement  blanc  jusqu'au 
centre ,  et  a  perdu  22,4  pour  cent. 

Or ,  en  retranchant  de  cette  perte  7  d'humidité  ,  nous 
aurons  i4)6  pour  la  matière  animale ,  en  supposant  que 
dans  cette  opération  le  carbonate  de  chaux  n'ait  pas  été 
décomposé. 

Huitième  expérience. 

Une  des  dents  que  le  tartre  recouvrait ,  ayant  été  par- 
faitement nettoyée  et  chauffée  ensuite  jusqu'à  ce  qu'elle 
fut  devenue  blanche  dans  toutes  ses  parties  ,  a  perdu  33,2 


DE     PHARMACIE.  5 

pour  cent.  Aiasi ,  en  supposant  que  cette  dent  contint  la 
itième  quantité  d'eau  que  le  tartre ,  elle  renfermerait  beau« 
coup  plus  de  matière  animale ,  puisque  ce  dernier  n'en 
contient  que  14)6  et  la  dent  26,2.  C'est  sans  doute  là  une 
des  causes  pour  lesquelles  les  dents  sont  plus  dures  ,  ont 
plus  de  consistance  et  d'élasticité  que  le  tartre  des  dents. 

Neurième  expérience. 

Qu<Mqne  la  petite  quantité  de  tartre  des  dents  sur  la- 
quelle il  nous  a  été  permis  d'opérer  neus  laissât  peu  d'es- 
poir d^y  reconnaître  la  présence  du  phosphate  de  maguésie, 
cependant  nous  avons  traité  1,77  gr.  de  cette  matière  par 
Facide  sulfurique  de  la  manière  que  nous  avons  indiquée 
ailleurs,  et  nous  avons  obtenu  i5  milligr.  de  phosphate 
ammoniaco-magnésien  ~. 

Ainsi  j  le  tartre  des  dents  ressemble  aux  os  par  la  nature 
de  sa  base,  mais  il  en  difière  par  Fespèce  *de  matière  ani- 
maie  qui  en  lie  les  parties  ^  nous  pensons  que  celle-ci  est 
analogue  au  mucus. 

Désirant  aussi  nous  assurer  si  le  tartre  des  dents  ne  con- 
tiendrait pas  de  l'acide  urique  ou  quelque  urate  «  nous  en 
avons  traité  une  certaine  quantité  avec  une  solution  de 
pcftasse  ,  mais  nous  n'avons  rien  aperçu  de  pareil. 

Propriétés  physiques. 

Le  tartre  dont  il  est  ici  question  est  en  fragmens  assex 
volumineux  ;  le  poids  de  quelques-uns  d'entre  eux  s'éle- 
vait i  deux  grammes  ;  sa  texture  granuleuse  le  rend  assez 
fragile  ;  il  ne  présente  point  d'organisation  régulière  ]  il 
ressemble  en  quelque  sorte  à  la  matière  du  cal  qui  sert  à 
sonder  les  os  fracturés. 

Fait  à  la  section  de  pharmacie^  le  3i  décembre  iSsS. 

Yàuqueuii  ,  Làdgier. 


JOURNAL 


%%%%%»^»»<ll%^  •%%»%</»<>»»*»'*%»^  V*»»<*^^»»%'»^%<  W>«>%%  »»»»%%<%%%%%^%%i%%#»>^>*  %%%  %%%%%»%»<%%i^»»» 


Sur  un  phénomène  d^ignition  par  Toxide  brun  de  plomb 
au  contact  avec  le  gaz  acide  sulfureux  ; 

Par  M.  VoGEL ,  de  Munich. 

Les  phéDomènes  d'ignition  qui  se  manifestent  pendant 
Tacte  d'union  de  deux  corps  se  sont  tellement  multipliés 
depuis  l'époque  où  la  théorie  électro-chimique  a  flxé  Tat- 
tention  des  chimistes,  qu'il  n'y  a  plus  rien  d'extraordi- 
naire quand  au  contact  de  deux  élémens  on  aperçoit  une 
lumière  plus  ou  moins  vive. 

Depuis  long-tetnps  on  était  familiarisé  avec  ce  phénomène 
dans  le  cas  où  la  température  des  corps  était  élevée  ,  et  la 
plus  ancienne  observation  à  cet  égard  est  sans  doute  celle 
des  chimistes  hollandais ,  savoir,  la  vive  lumière  qu'on 
remarque  au  moment  où  le  soufre  se  combine  avec  plu- 
sieurs métaux. 

L'ignition  observée  par  M.  Chevreul,  en  mettant  en 
contact  la  baryte  avec  le  gaz  acide  muriatique  \  celle  par 
M.  Bussy  9  en  faisant  passer  la  vapeur  de  l'acide  sulfurique 
anhjrdrek  travers  de  la  baryte,  ainsi  que  celle  de  M.  H.  Davy, 
en  plongeant  un  fil  de  platine  échauffé  et  en  partie  refroidi 
dans  un  mélange  d'air  et  de  gaz  hydrogène ,  et  beaucoup 
d'autres  phénomènes  analogues  peuvent  être  placés  dans 
cette  catégorie. 

Dans  toutes  ces  circenstances  la  température  des  corps 
était  plus  ou  moins  élevée. 

L'observation  de  M.  H.  Davy  a  été  cepeodant  modifiée 
tout  récemment  d'une  manière  heureuse  par  M.  Doeberei- 
ner ,  en  amenant  par  l'hydrogène  et  l'air  un  fil  de  platine 
Jusqu'à  la  chaleur  rouge ,  sans  qu'il  soit  nécessaire  de  le 
chauffer  préalablement. 


DE     PHARBfACIE.  7 

Le  d^agement  de  lumière  a  donc  ailasi  fréquemment 
k'eo  par  ruuion  de  deux  corps  froids ,  comme  nous  en 
arons  des  exemples  quand  on  verse  de  Tacide  sulfurique 
de  Nordhausen  sur  la  magnésie  calcinée,  ou  bien  en 
plongeant  ^  d'après  M«  Eldmund  Davj  y  du  soua-oxide  de 
pUiÎDc  dans  du  gaz.  ammoniac ,  etc.  y  etc. 

£n  roulant  éprouver  dans  mon  cours  les  (Ufférens  moyens^- 
pour  faire  l'analyse  d'un  mélange  de  gaz  acide  sulfureux  , 
de  gaz  acide  carbonique,  etc* ,  etc. ,  j'employai ,  outre 
Toxide  noir  de  manganèse  et  le  borax,  Toxide  brun  de 
plomb  dont  M.  Beraiélius  recommande  beaucoup  Favantage 
dans  son  Traité  de  chimie. 

Comme  il  n'est  pas  facile  de  faire  passer  Foxide  brun  de 
plomb  en  poudre  fine  dans  la  cloche  contenant  le  mélange 
gazeux ,  je  Tenveloppai  légèrement  du  papier  Joseph  et  le. 
fis  passer  ainsi  &  travers  le  mercure  sous  la  cloche* 

A  peine  était-il  arrivé  dans  le  gaz  acide  sulfureux,  qu'il 
devint  incandescent,  et  le  papier  se  charbonna  sur  plusieurs 
points. 

Pour  avoir  la  certitude  que  ce  dégagement  de  lumière 
n'était  pas  favorisé  par  le  papier,  je  soufflai  un  tube  de  verre 
à  une  de  ses  extrémités  en  cuillère  ronde ,  et ,  après  avoir 
mis  de  l'oxide  brun  de  plomb  dans  sa  cavité ,  je  le  plongeai 
dans  un  flacon  rempli  de  gaz  acide  sulfureux.  Llncandes- 
cence  eut  également  lieu  5  l'oxide  devînt  d*un  rouge  cerise 
très-visible  dans  l'obscurité  et  dans  un  endroit  pas  trop 
éclairci  ;  pendant  cette  ignition ,  la  surface  de  Toxide  brun 
se  changea  en  poudre  blanche ,  qui  est  du  sulfate  de 
plomb. 

J'essayai  comparaUvemcnt ,  pour  absorbet  le  gaz  acide 
sulfureux ,  l'oxide  noir  de  manganèse  et  Toxide  brun  de 
plomb  5  mais  Fabsorption  est  tr^s-lente  et  très -imparfaite  5 
surtout  l'oxide  brun  de  plomb  présente  ce  grand  inconvé- 
nient de  n*absorber  plus  rien  après  Fignîtîon  ,  puisque  sa. 
surface  est  couverte  de  sulfate  de  plomb. 


8  JOURNAL 

Le  moyen  le  plus  expéditîf  pour  absorber  le  gaz  acide 
sulfureux  ,  et  pour  le  séparer  complètement  du  gaz  acide 
carbonique  et  de  quelques  autres  gaz ,  est  toujours  celui 
employé  par  M.  Cluzel ,  savoir  le  borax. 

Le  borax  calciné  absorbe  encore  plus  rapidement  le  gaz 
sulfureux  que  celui  en  morceaux  ;  il  se  forme  alors  du 
sulfate  de  soude  ,  et  Tacidc  boracique  est  mis  à  nu ,  ce  dont 
on  peut  se  convaincre ,  quand  on  traite  le  morceau  em- 
ployé par  Tacohol  qui  en  dissout  alors  Tacide  boracique. 


»|%»»%%«^<W»»1W»» >%»»»»%%■»<>»%»%  fciW»»»W< 


De  Facétate  de  potasse  dans  les  eaux  minérales  ; 

Par  M.  VoGEL ,  de  Munich. 

Etant  occupé  depuis  long-temps  ,  par  ordre  du  roi , 
d^examiner  toutes  les  eaux  minérales  du  royaume  de  Ba- 
vière,  je  6s  Tannée  dernière  l'analyse  d'une  eau  de  Brucke- 
nau,  petite  ville  à  l'extrême  frontière  »  seize  lieues  au  delà 
de  Wurtzbourg.  Cette  eau  de  Bruckenau  ,  quoique  très- 
pauvre  en  substances  salines  ,  mais  très-riche  en  gaz  acide 
carbonique ,  est  très- recherchée  par  les  étrangers  qui  y 
arrivent  pour  en  faire  usage. 

Après  en  avoir  déterminé  la  quantité  de  gaz  à  la  source 
même ,  je  rapportai  k  Munich  le  résidu  de  plusieurs  pintes 
d'eau  y  évaporée  à  siccité  ,  pour  faire  l'analyse  des  substan- 
ces concrètes. 

Présumant  dans  le  résidu  salin ,  qui  s'humectait  légère- 
ment à  l'air ,  un  sel  déliquescent ,  je  le  traitai  par  l'alcohol 
pour  dissoudre  ce  sel  ;  en  effet ,  la  liqueur  alcoholique , 
évaporée  à  siccité ,  attirait  si  fortement  l'humidité  qu'il 
tomba  entièrement  en  deliqutum. 

J'étais  cependant  surpris  de  voir  que  le  liquide  dans 
lequel  je  soupçonnai  du  muriatc  de  magnésie  ne  troublait 


V 


DE     PHARMACIE.  Q 

aocimement  le  nitrate  d*ai^efnt.  Lorsque  j^y  Tersai  de  Fa- 
cide  snlfurique  concentré  ,  il  n  y  avait  pas  la  plus  légère 
eSerrescence  ;  mais  j'y  remarquai  une  odeur  très«pronon-* 
cée  de  rinaigre ,  et  le  muriate  de  platipe  y  formait  un  pré* 
dpiié  jaune.  Par  des  expériences  ultérieures  j'adquia^  bientôt 
k  certitude  que  le  sel  en  question  était  de  Vacétafà  de 
potasse. 


ESSAIS  CHIMIQUES 

D'une  poudre  administrée  comme  spécifique  contre  la  goutte 
et  qui ,  eut  lieu  de  soulager  le  malade  ^  a  produit  presque 
T empoisonnement» 

(Exfrait  d'une  lettre  acires  ée  à  M.  Boudet,  par  H.  CiouaD  a!në,  phar- 
macien à  Rouen.  ) 

Un  charlatan  se  flatta  de  guérir  radicalement  M.  D'***, 
tourmenté  depuis  long-temps  par  la  goutte.  Ce  monsieur , 
ennuyé  de  souârir ,  consentit  à  prendre  ses  prises  de  pou- 
dre ,  après  lesquelles  il  était  recommandé  de  boire  une 
décoction  de  gayac  ,  salsepareille,  bardane  ^  sivsafras ,  her- 
modactes,  etc. 

Des  symptômes  alarmans  s'étant  manifestés  après  la  prise 
du  premier  paqiiet  de  poudre ,  tels  que  vomissémens ,  dou- 
leurs dans  l'estomac,  etc.  ;  le  malade  souffrant  beaucoup  et 
se  croyant  empoisonné  ,  on  m'en  envoya  un  paquet  pour 
en  counaitre  la  composition. 

Propriétés  physiques  :  Elle  était  d'uu  jaune  foncé  ,  gri- 
sâtre, assez  grossièrement  pulvérisée  ,  préseotaut  ça  et  là 
des  parcelles  brillantes  qui  se  ternissaient  par  la  chaleur 
et  s^aggloméraient.  Son  odeur  était  légèrement  aromatique 
et  sa  saveur  un  peu  acre.  Le  paquet  pesait  a4  grains. 


le  cas  étant  presaaai ,  afin  de  soulager  le  plus  prompte^ 
me»t  possible  le  malade»  je  fis  de  suite  quelques  essais  pour 
voir  si  elle  ne  contenait  pas  des  sels  ou  oxides  métalliques, 
le  mis  donc  cette  poudre  dans  un  verre  k  expérience  avec 
de  l'eau  distillée  ;  je  m  aperçus ,  après  avoir  agité  ,  qu'une 
substance  Jaune  pulvérulente  s'était  promptement  préci- 
pitée en  raison  de  sa  pesanteur.  Je  décantai  aussitôt  ce 
liquide  surnageant  qui  tenait  en  suspension  presque  la  toU- 
Kté  de  la  poudre  ;  on  lava  plusieurs  fois  ce  précipité  qui , 
recueilli ,  présenta  les  caractères  suivans  : 

H  était  d'un  beau  jaune  çt  un  peu  rude  au  toucher  ;  des- 
sccbé  à  la  température  de  4o  degrés  Réaumur  dans  un  verre 
de  montre ,  il  n'a  pas  changé  de  couleur  ;  il  pesait  4  grains. 
Frotté  sur  une  lame  de  cuivre  poli ,  il  l'a  blanchie  ^  mis 
sur  des  charbons  incandescens  ,  il  s'en  est  dégagé  du  gaz 
•*4acide  sulfureux  ;  et  une  lame  de  cuivre  que  l'on  tenait  au- 
dessus  des  vapeurs  qui  se  sont  formées  ensuite  a  été  blan- 
chie. De  l'acide  nitrique  versé  sur  cette  substance  Ta  dis- 
soute ,  et  a  donné  lieu  à  un  liquide  incolore ,  dans  lequel 
une  solution  de  potasse  a  produit  un  nouveau  précipité 
jaune,  qui  avait  tous  les  caractères  chimiques  du  deutoxide 
de  mercure  hydraté.  D*après  ces  résultats  ,  j'ai  conclu  que 
cette  partie  de  la  pondre  était  du  sous-deuto-sulfate  de.mer^ 
cure  (  turbith  minéral  ) ,  et  on  administra  alors  les  mé- 
dkamens  nécessaires  pour  combattre  l'eâet  de  ce  sel. 

J'ai  repris  le  lendemain  l'analyse  de  l'autre  partie  de  la 
mmère  suivante  : 

La  poudre  qui  était  restée  dans  l'eau  décantée,  à  laquelle 
on  avait  joint  celle  des  lavages  du  sous-sulfate  mercuriel , 
n'a  presque  rien  fourni  à  ce  liquide  qui ,  filtré,  n'était 
presque  pas  coloré  ;  il  rougissait  à  peine  le  papier  de  tour- 
nesol ,  et  les  réactifs  n'y  ont  indiqué  que  des  traces  de  sels 
terreux. 

La  partie  de  Ta  poudre  insohible  dans  Feau  ,  et  c'était 


DE     PHARMACIE.  Il 

pour  ainsi  dire  la  totalité  ,  s^est  dissoute  dans  Talcohol  k 
36  degrés  ,  excepté  une  substance  dont  les  fragmens,  exa- 
minés k  la  loupe ,  m'ont  paru  être  ceux  du  poivre  ;  quel** 
ques-ons  étaient  assez  gros  pour  être  mis  sous  la  dent ,  et 
la  sapeur  qu'ils  avaient  encore  confirma  mon  opinion.  I) 
pouvait  être  dans  les  proportions  d'un  cinquième. 

La  teinture  alcoholique  était  jaune  ^  divisée  par  parties , 
elle  présenta  les  caractères  suivans  :  elle  blanchissait  par 
l'addition  de  Teau  distillée ,  elle  bleuissait  par  celle  du 
cUore  ^  cette  couleur  bleue  disparaissait  quelques  instans 
après  et  la  couleur  verte  lui  succédait.  Un  papier  imbibé 
de  cette  teinture ,  et  plongé  dans  du  gaz  nitreux  ,  a  bleui 
sur-le-cbamp.  Versée  sur  une  tranche  de  racine  de  raifort 
fraîche ,  elle  a  formé  nue  zone  bleue.  D'après  ces  phéno- 
mènes ,  on  ne  peut  douter  que  cette  résine  ne  soit  celle  du 
gajac ,  du  moins  en  partie ,  car  ,  recueillie  et  séchée  à  un 
air  sec  ,  elle  ne  présentait  pas  la  fragilité  de  cette  résine 
ni  ses  propriétés  physiques  -,  mise  sur  un  fer  chaud ,  elle 
exhala  une  odeur  mixte  de  jalap  et  de  gayac.  C'était  à  n'en 
pas  douter  de  la  résine  de  jalap  falsifiée  qui  faisait  près  des 
trois  quarts  de  ce  prétendu  spécifique. 

Les  intéressans  travaux  de  M.  Planche  sur  la  résine  de 
gayac  (Journal  de  Pharmacie  ,  tome  6  ,  page  i6)  m'ont 
beaucoup  aidé  à  reconnaître  cette  résine  que  je  n'aurais 
peut-être  pu  déterminer  sans  eux. 

Agréez ,  etc. ,  etc. 

Rouen ,  i6  décembre  iSaS. 


\:k  iOURKAL 

EXTRAIT 

D'une  lettre  à  M,  Virey,  suf'  un  nouvel  appareil  dos  pour 
filtrer  les  liquides  s^olcUils ,'  par  M.  Riodffe  ,  pharmacien^ 
ex-préparateur  de  chimie  à  V école  des  Arts  de  Lyon. 

Antîbes  ,  le  ^4  décembre  i8i5. 

Le  numëro  de  novembre  du  Journal  de  Pharmacie  me 
présente  Tappareil  de  M.  Donovan  :  désireux  de  me  servir 
de  cet  appareil,  qui  offre  un  grand  point  d*utililë  dans  les 
filtrations  où  Tévaporation,  l'accès  du  gaz  acide  carbonique, 
de  Toxigène  ,  de  Thumidité  ,  etc.  ,  seraient  nuisibles  aux 
liquides  filtrés  ou  aux  substances  recueillies  sur  le  filtre  , 
j*y  vois  des  difficultés  que  je  soumets  à  son  auteur. 

1**.  Comment  introduit*il  son  liquide?  Il  démonte  l'ap- 
pareil et  il  lute.  Le  corps  que  Ton  veut  isoler  a  le  temps 
de  s'introduire  avant  qu'il  ait  ajusté  et  luté  ,  et  que  les  luts 
tiennent  \  et  souvent  même,  avant  qu'il  ait  fini  son  opéra* 
tion  et  que  les  luts  soient  secs  ou  qu'il  ait  bien  bouché  y 
tout  a  filtré.  Je  ne  vois  point  là  un  grand  avantage  \ 

a*.  Comment  introduit-il  un  nouveau  liquide  quand 
celui  que  l'on  doit  filtrer  excède  la  capacité  du  filtre?  Môme 
procédé  que  dessus ,  même  vice  et  même  observation  -, 

3*.  Quand  il  fihre  une  solution  de  potasse  caustique 
(non  à  l'alcohol  )  un  peu  concentrée ,  s\\  le  fait  à  chaud  9 
le  liquide  en  se  refroidissant  laisse  précipiter  des  sels  étran- 
gers qui  n'y  sont  plus  tenus  en  dissolution  ;  alors  comment 
décantc-t-il  le  liquide  à  l'abri  de  l'acide  carbonique  qui 
entre  dans  l'appareil  ? 

Je  soumets  à  vos  lumières  l'appareil  que  je  viens  de  met- 
tre à  l'usage  de  mon  laboratoire  y  qui  y  partageant  les  avan- 
tages de  celui  de  M.  Donovan  y  ne  partageant  point  ses 
défauts  ,  doit  être  préférable.    • 


DE      PHARMACIE.  l3 

Si  vous  le  jugez  digne  de  votre  approbation ,  il  réunira 
les  qualités  nécessaires  à  un  appareil  de  ce  genre  ;  alors 
j'ose  en  demander  Tinsertion  dans  un  des  prochains  numé- 
ros de  Tintéressant  Journal  de  Pharmacie. 

3c  partage  Topinion  de  M.  Donovan  sur  la  préférence  à 
donner  au  verre  vert. 

A  B  C  D  E  est  le  même  filtre  que  celui  de  M.  Donovan. 

Je  joins  une  seconde  tubulure  à  la  partie  supérieure  de 
mon  filtre  ;  à  cette  tubulure  F  ,  je  place  un  tube  en  S  ,  qui 
bouche  hermétiquement  en  lavec  un  bouchon  émerié  ,  par 
lequel  j'introduis  mon  liquide  à  côté  de  celui-ci ,  où  à  une 
troisième  tubulure  est  un  petit  tube  H  également  émerié. 
Ce  dernier  est  destiné  à  donner  p<i^age  à  la  colonne  d*air 
que  déplace  le  liquide  introduit. 

Je  joins  au  récipient  D  un  robinet  K  h  quelques  lignes 
du  fond ,  ce  qui  est  déterminé  suivant  la  contenance  du 
vase. 

Au  robinet  K  on  peut  ajouter  un  tube  plongeant  dans  du 
lait  de  chaux  ,  ou  mieux  de  Teau  de  baryte  pour  absorber 
le  gaz  acide  carbonique.  Ce  n'est  que  dans  une  analyse 
exacte  qu  on  a  recours  à  ce  moyen  -,  on  ne  tient  pas  à  si  peu 
de  chose  en  des  préparations  ordinaires. 

Qnand  mon  filtre  m'est  nécessaire ,  je  le  monte  et  le  lute 
la  veille  ;  lesluts  étant  bien  secs ,  j'introduis  par  le  tube  G 
mon  liqnide ,  et  j'ouvre  le  tube  H  pour  donner  passage  au 
fhiide  que  je  déplace  ;  lorsque  je  vois  le  filtre  bien  garni , 
je  bouche  les  tubes  H  d'abord  et  G.  Au  fur  et  à  mesure  que 
mon  filtre  se  vide  ,  je  le  garnis  par  le  tube  G  y  toujours  en 
ouvrant  le  H  et  le  fermant  avant  le  tube  G  pour  éviter  une 
introduction. 

Quand  le  récipient  D  est  plein  y  je  le  vide  sans  le  dé- 
monter par  le  robinet  en  ouvrant  le  tube  soupape  H,  et  si 
fopération  que  je  fais  craint  l'acide  carbonique  ou  tout 
aoire  gaz ,  je  fournis  à  mesure  de  l'air  qui  en  est  privé  tou- 


•  ♦. 


*^ 


l4  JOUKNAL 

)oars  par  1«  tube  A  y  auquel  j'adapte  une  vessie  pleine  de 
gaz  prirë  de  celui  qui  serait  nuisible  i  mes  produits. 

Je  puis  ainsi  filtrer  autant  de  liquide  que  j'en  ai  sans  ja- 
mais démonter  l'appareil ,  but  auquel  on  ne  peut  arriver 
'  '         avec  le  filtre  de  M.  Donovan. 
'.'*«-  Si  je  filtrais  un  liquide  chaud  qui  put  par  refroidisse- 

.*  *     çient  exigée  de  Pair,  j'en  fournis  par  le  tube  H ,  et  si  le  re- 
.    4)*oidissement  me  donnait  un  précipité  ,  je  puis  décanter  le 
*     V"'  ^    (liquide  par  le  rpbinet  K  sans  introduire  un  gaz  nuisible  , 
>,  ,  5^*  *.   ^1^  moyen  de  la  vassie  que  j'ai  déjà  citée. 


V   ir    ^ 


•/ 


A 
t 


.1^    'f^é- 


^**     '         ^%»âi»%\V%«%»%%^ll%»%%^%%%%%^%%»  %%»%%<  %%v»»^  »%%/%»»  »»»%%<»%»H  %%%/»%%  >^/»^^»  »%%%%<»' 

'  \  ÏIAPPORT 

^ur  un  mémoire  intitulé  :  De  la  reproduction  des  sangsues  , 
'fbnsiâérées  par  plusieurs  naturalistes  comme  uiinpares  ^ 

,  Par  M.  Desaux  ,  pharmacien  à  Poitiers. 

,#■'■■       '  • 

Messieur» ,  lorsque  nous  avons  eu  l'honneur,  M.  Planche 

et  moi ,  de  vous  faire  notre  rapport  sur  ce  mémoire ,  dans 
votre  séance  du  la  mars  dernier ,  notre  savant  et  illustre 
M.  Yauquelin  vous  rappela  que  la  plupart  des  résultats 
observés  et  annoncés  récemment  comme  nouveaux,  au  sujet 
,de  la  reproduction  des  sangsues  ,  avaient  été  indiques  près 
^de  soixante-dix  ans  auparavant  par  le  célèbre  Bergmann. 
tles  observations  vous  painirent  si  frappantes  ,  que  vous 
engageâtes  vos  commissaires  à  modifier  en  consétpence  la 
partie  historique  du  sujet  de  leur  rapport.  C'est  éclairés 
par  de  nouvelles  recherches  qu'ils  viennent  vous  sou* 
mettre  leur  travail. 

L'énorme  consommation  des  sangsues  qui  s'est  faite  de- 
puis quelques  années ,  et  qui  a  lieu  maintenant  encore  quoi- 
qu'/i  un  degré  moins  exagéré ,  a  dû  fixer  nécessairement 
Tattention  des  naturalistes  sur  la  conformation  et  le  mode 
•        ^  de  reproduction  de  ces  animaux  ,  et  avec  d'autant  plus  de 


-r 


DE     PHARMACIE.  l5 

niioo  que  da  train  où  on  y  allait,  il  était  permiê  de  craindre 
fëpiu4eraent  total  et  trè«-prochain  de  cette  race  d'animant  ! 

Avant  M.  Lenoble,  de  Versailles,  qni  a  le  mérite  d'aYoir 
rappdé  le  premier  que  les  sangsnes  médicinales  sont  otî- 
paKs ,  Bergmann ,  dès  17579  avait  publié  nn  mémoire 
sur  ces  animanx  ,  mémoire  qui  se  tronve  inséré  dans  les  ] 

oposcoles  chimiques.  Ce  savant  avait  si  bien  reconnu  le 
mode  de  reproduction  des  sangsues  ,  qu'il  dit ,  page  ai^ , 
vol.  V  :  c  Hirudinum  aliœ  oua  sua  sub  ventre  secum  por^  ^ 

»  tant ,  aUœ  eadetn  in  plantarum  aqualiKumfoKis  pariunt ,  \ 

d  àSœ  denique  puUos  vivos  progignunt.  Hoc  autem  plane  \ 

»  singulare  est ,  singula  ova  puUos  complures  œntinere.  n 

On  voit  dans  ce  paragraphe ,  extrait  mot  à  mot  du  cha- 
pitre où  Bergmann  traite  de  la  génération  des  sangsues  en 
général ,  qu'il  dit  que  panni  le^  sangsues  les  unes  sont  ovi- 
pares et  les  autres  vivipares. 

Bergmann  n'ignorait  pas  non  plus  que  si  les  sangsues  sont  > 

hermaphrodites ,  elles  ont  besoin  du  rapprochement  des  1 

deux  individus  pour  la  conservation  de  l'espèce ,  ainsi  qu'il  ^ 

Fexplique  page  a  19.  Enfin  l'étude  des  parties  de  la  gêné-  \ 

ration  ne  lui  était  pas  non  plus  étr^angère ,  puisqu'il  dit 
pages  217  et  a  18  :  «  Ea  (geni'talia)  sub  ventfe  propiiis 
»  ab  ore  quàm  ab  acetabulo ,  sita  sunt.  Meniula  Jiliformis 
»  estj  et  f ère  cylindrica^  cujuslocunijubiflaccet  et  retracta 
V  est ,  yestigium  aJbidum  dénotât.  ' 

»  F^uha  autem  mentulœ  proximè  subjacet ,  tutgiifBpimo    ' 
y^  orjfido  patens.  n  •••^^ 

Ces  diverses  citations  constatent  donc  indubitablement 
les  droits  d*antériorité  de  Bergmann  à  ce  sujet. 

Il  n'est  pas  excusable  sans  doute  de  les  avoir  oubliés*, 
mais  on  est  tenté  de  se  pardonner  A  tnoitié  lorsqu'on  é^. 
rappelle  que  le  traité  jle  plus  complet  et  le  plus  exact  que 
nous  possédions  sur  le  règne  animal  n'en  fait  aucune       « 
mention.  4  ^\ 

A  l'époque  où  votre  rapporteur  eut  Thonneur  de  vous  î      r 


4 
ê 


16  JOUANAL 

* 
donner  connaissance  de  Tintéressant  mémoire  de  M.  De* 

saux ,  Tun  de  tous  ,  Messieurs ,  prit  la  parole  pour  exposer 
que  M.  Rayçr  s'occupait  de  recherches  très-étendues  sur  le 
même  objet.  M.  Rayeir  vînt  vous. lire  spn  travail  dans  la 
séance  suivante ,  et  vous  Tavez  encore  présent  a  Tesprit  ; 
mais  si  les  auteurs  se  sont  rencontrés  sur  plusieurs  points 
importans ,  il  n'en  est  pas  moins  vrai  qu'il  est  facile  de  faire 
la  |>art  de  chacun..  En  effet ,  si  M.  Rayer  a  fait,  connaître 
d'une  manière  savante  et  toute  nouvelle  le  gisement  et 
surtout  la  conformation  et  la  structure  anatomique  des  co-> 
cons,  ainsi  que  leur  nature  chimique ,  personne  n'a  indi- 
qué et  suivi  avec  plus  de  soins  minutieux  et  attentifs  leur 
mpdede  reproduction  et  deddveloppementqueM.  Desaux. 
Sous  ce  dernier  rapport,  vos  commissaires  n'hésitent  pas 
à  regarder  le  travail  de  ce  pharmacien  comm^  tout-à-fait 
original. 

Vers  le  10  avril  18249  M-  Desaux  mit  4ooo  sangsues 
dans  une  mare  artificielle  dont  il  donne  la  description  et 
qu^il  a  composée.  L'eau  Tut  renouvelée  régulièrement  tous 
les  cinq  jours  :  jusqu'au  10  mai  suivant  il  ne  se  passa  rien 
d'extraordinaire  ;  mais ,  à  peu  près  à  cette  époque ,  il  re- 
marqua une  agitation  extrême  chea  ces  apimaux  ,  et  il  vit 
une  sorte  de  matière  huileuse  ^  verdàtre ,  surnager  l'eau  , 
matière  que  des  observations  ultérieures  lui  apprirent  être 
le  frai  propre  à  la  reproduction.  Enfin  ,  le  i5  mai ,  en  dé- 
couvrant la  mare  pour  renouveler  l'eau,  M.  Desaux s'aper- 
çut 4'nii  calme  général ,  il  trouva  quelques  sangsues  çâ  et 
là  afitourées  de  flocons  écumeux ,  du  plus  beau  blanc.  Pen^ 
dant  les  jours  suivaus ,  16 ,  17  et  18  ,  les  flocons  augmen- 
tèrent ,  presque  toutes  les  sangsues  en  étaient  entourées  y 
et,  chose  remarquable,  une  espèce  de  léger  sifflement  qu'on 
peut  comparer ,  suivant  l'auteur ,  à  un  dégagement  d'air 
d'uu.tube  capillaire  ,  se: fit  .entendre  à  son  attentive  obser- 
vation. Xé  19  au  matin ,  ce  travail  avait  cessé  ;  cette  écume 
floconneuse  qui  entourait  les  sangsues  avait  disparu ,  et 


DE     PHARMACIfi.  .    I7 

M,  Desaax  troava ,  près  de  chaqaranimal ,  un  corps  fem- 
UiMe  dans  tontes  ses  formes  à  une  forte  oK  ve^  d^ane  grande 
légèreté  et  recouvert  d'un  tissu  spongieux  de  Tëpaisseur  de 
quatre  lignes  y  adhérent  k  une  membrane  de  même  nature , 
et  contenant  un  liquide  mucilagineux  brunâtre. 

M.  Desaux  recueillit  à  part  un  certain  nombre  de  ces 
cocons,  afin  de  les  examiner  successivement  à  diverses 
époques. 

Vers  la  fin  de  juillet  ^  il  s^apcrçut  que  la  liqueur  des  co- 
cons avait  pris  plus  de  consistance ,  et  vers  la  mi-aoùt  cette 
consistance  avait  diminue;  mais  il  vit  un  point  blanchâtre 
muqueux ,  dans  lequel  il  découvrit ,  k  la  loupe ,  les  germes 
de  plusieurs  êtres.  Dès  le  20  du  même  mois  il  put  distin- 
guer facilement  la  forme  bien  caractérisée  de  la  sangsue» 
Enfin  le  3  septembre  suivant,  en  présence  de  M.  Edwards, 
tpù  se  trouvait  en  ce  moment  k  Poitiers  ,  M.  Desaux  incisa 
un  premier  cocon  ,  dans  lequel  il  trouva  onze  petites  sang- 
sues. La  même  opération  fut  faite  sur  plusieurs  autres  co- 
cons ,  et  toujours  on  trouva  les  sangsues  en  nombre  impair  ; 
fait  dont  il  est  difficile  d'indiquer  la  cause  ,  mais  que  Tau- 
teur  a  cru  devoir  signaler.  Toutefois ,  nous  ferons  remar- 
ier que  le  nombre  impair  n^est  pas  constant  -,  c^est  du  moins 
ce  qui  résulte  des  expériences  de  MM.  Lenoble  et  Rayer.  * 
Les  sangsues,  au  sortir  des  cocons,  sont  d'un  blanc 
ToageJ^tre  ;  elles  n'acquièrent  U  couleur  verte  noirâtre  qu'a- 
vec rage  et  le  temps. 

Tels  sont ,  Messieurs ,  les  faits  intéressans  contenus  dans 
le  mémoire  de  M.  Desaux  ;  vos  commissaires  vocts  pro*. 
posent^  en  faisant  remercier  Tautenr,  de  lui  donner  copie 
de  ce  rapport,  et  de  Tencourager  a  poursuivre  un  genre  de 
recherches  si  utile  et  si  profitable  aux  progrès  de  Thistoire 
Baturelle.  Nous  proposons  en  outre  de  renvoyer  ce  mé« 
moire  &  la  commission  de  rédaction. 

L.  A.  Plàkchb  ,  J.  B.  Cavehtou. 

XII*.  jinnée,  —  Janvier  i8a6.  a 


l8  JOURNAL 

ACADÉMIE  ROYALE  DE  MÉDECINE. 

Analyse  des  trauaux  de  la  section  de  pharmacie  pendant 
le  quatrième  trimestre  de  Vannée  iSaS. 

Il  semble  que  Fart  pharmaceutiqne ,  arrivé  tard  aux 
tjtres  académiques,  redouble  de  zèle  et  de  travaux  pour 
atteindre  le  niveau  que  les  autres  branches  de  Tart  médical 
ont  depuis  long-temps  obtenu.  Ainsi  s'efiacent  des  distinc- 
tions humiliantes,  et  Ton  juge  aujourd'hui  du  mérite  par 
le  savoir  ou  le  talent ,  et  non  par  des  dénominations  d^état  : 
seule  manière  d'apprécier  les  hommes. 

Histoire  naturelle  médicale»  i**.  Sur  Yabélésie.  On  im- 
porte d'Alexandrie  en  France ,  sous  ce  nom ,  de  petits 
tubercules  arrondis  qui  sont  ceux  du  souchet  comestible  , 
Cjperus  esculentus  L.  Ils  sont  jaunâtres,  oléagineux,  quoi- 
que des  botanistes  aient  prétendu,  à  tort ,  que  Ton  ne  trou- 
vait jamais  d'huile  fixe  dans  les  racines  et  semences  des 
plantes  monocotylédones.  Ceux  qui  ont  été  apportés  du 
Sénégal  sont  noirs  et  plus  gros. 

Une  poudre  d'iris ,  employée  a  poudrer  les  cheveux  » 
avait  causé  des  accidens  de  narcotisme  sul*  deux  personnes. 
M.  Pelletier  fait  remarquer  que  loin  qu'on  puisse  attribuer, 
ces  accidens  à  une  matière  huileuse  devenue  rance  par 
l'ancienneté  de  cette  poudre ,  l'iris  récente  est  au  contraire 
beaucoup  plus  acre  que  cette  même  racine  long-t^mps 
conservée. 

M.  le  docteur  Gaymard,  médecin  de  la  marine  et 
correspondant  de  l'Académie ,  présente  un  mémoire  de 
M.  Châtelain,  pharma<:ien  en  chef  de  la  marine  à  Toulon, 
sur  la  conseivution  et  la  reproduction  des  sangsues.  MM.Vi- 
rcy  et  Ileniy,  commissaires  pour  en  faire  un  rapport ,  an- 


Dfi    PHARMACIE*  IQ 

DonceDt  que  le  moyen  proposé  par  M.  Châtelain  consiftle 
i  placer  au  fond  des  vases  de  grès  contenant  les  snngsacs , 
une  couche  d'ai^gîle  réduite  en  pâte ,  séparée  des  pnrois 
lalérales  du  jrase  de  deux  à  quatre  centimètres  ,  afin  que  les 
sangsaes  qui  s'y  enfoncent  puissent  en  sortir  ,  car  si  elles 
j  périssaient ,  leur  corps  en  putréfaction   entrainerait  la 
mort  des  autres.  M.  Châtelain  veut  aussi  qu^on  ne  place 
pas  ces  vases  en  des  lieux  trop  frais  ,  car  elles  demandent 
même  toute  la  chaleur  atmosphérique  en  été  pour  déposer 
leurs  cocons.  Quant  à  Taction  du  chlore,  de  Tammoniaquc , 
da  camphre  ,  de  Thuile  volatile  de  térébenthine  ,  de  la  fu- 
mée de  tabac  j  ces  substances  ,  en  certaine  quantité  dans 
Teau  des  sangsues  ,  les  font  presque  constamment  périr. 
M.  Guibourt  fait  observer  que  Targile  salissant  les  sang- 
sues ,  il  a  eu  ridée  d'employer  plutôt  du  sa])le  au  fond  de 
Feaa.  Un  tuyau  plongeant  dans  ce  sable  y  verse  lentement 
et  sans  cesse  de  nouvelle  eau  ;  Tancienne  sort  par  un  autre 
tube  au  haut  du  vase  ,  en  sorte  que  cesnnnélides  sont  con- 
stamment dans  une  eau  renouvelée.   Quand  on  change 
l'eau  des  sangsues  dans  sa  totalité  en  une  seule  fois,  la  dif- 
férence subite  de  température  suffit  pour  faire  périr  sur- 
le-champ  plusieurs  sangsues.   A  cet  égard  M.  Pelletier 
rapporte  que  Teau  corrompue  et  croupissante  d'un  étang 
causait  aux  carpes  qu'il  contenait  une  maladie  érupiivc  ou 
des  pustules  rouges  sur  la  peau  qui  les  faisait  périr.  Un  de 
ses  élèves  conseilla  de  jeter  dans  cette  eau  du  charbon  ani- 
mal ;  cette  eau  l'assainit  et  les  carpes  y  recouvrèrent  la  santé. 
Des  auteurs  ont  cru  voir  dans  cette  maladie  éruplive  une 
sorte  de  petite  vérole  de  ces  poissons ,  mais  à  tort ,  comme 
la  dit  M.  Virey. 

Celui-ci  présente  une  grosse  écorce  rougc-l>r une,  épaisse 
dun  demi-pouce ,  avec  un  épidermc  gris.  C'est  celle  du 
manglîer  rouge  ,  rJdzophorn  candel^  arbre  maritime  singu- 
lier par  son  fruit ,  par  ses  racines  chargées  d'huîircs  quel- 
quefois, ainsi  quepar  ses  branches  plongcanidansla  n)er.  Il 

a. 


90  /OURNAL 

appartient  à  la  famille  des  chèvrefeailles^  selon  Jussieu,  et 
des  myrtes  selon  Dupetil-Thouars.  Cette  écorce  tonique 
et  astringente  sert,  comme  un  quinquina  grossier,  aux 
nègres  des  colonies  ,  soit  encore  pour  le  tannage  des  cuirs  ^ 
soit  pour  teindre  en  couleur  brunâtre. 

On  apporte,  sous  le  nom  d'huile  de  Karapat,  de  la  Mar- 
tinique ,  rhuile  extraite  des  semences  du  ricin  rouge  cul- 
tivé dans  nos  colonies  et  figuré,  n*.  Sg,  dans  la  Flore  médi^ 
cale  des  jintilles  ,  de  M.  Descourtilz  :  c'est  la  même  huile 
que  celle  dite  castors  oil  des  Anglais  de  la  Jamaïque.  Ob-' 
tenue  par  expression  ,  elle  est  plus  acre  ,  plus  purgative  , 
d'une  couleur  jaune  plus  foncée  que  celle  de  ricin  pré- 
parée en  France. 

M.  Virey  présente  encore  un  bois  jaune  d'une  texture 
très-poreuse  et  avec  des  prolongemens  médullaires  rayon-* 
naus ,  semblables  à  ceux  de  plusieurs  racines.  Ce  bois  fort 
amer,  qui  sert  comme  vermifuge  et  stomachique  contre 
l'ictère,  la  leucophlegmatie  ,  dans  les  Indes-C)rientales  , 
vient  de  Colombo ,  en  l'Ile  de  Ceylan.  Il  est  rapporté  au 
menispermum  flauescens  de  Lamark  (  fix&/ay7af^a  de  Rum- 
phius).  Il  teint  en  jaune. 

L'huile  volatile  de  caioupouti,  que  l'on  connaît  en  Europe 
sous  le  nom  d'huile  de  cajéput ,  est  un  médicament  difru** 
sible  et  stimulant  estimé ,  soit  contre  les  douleurs  rhuma- 
tismales en  frictions  ,  par  les  Indiens ,  soit  comme  propre 
à  écarter  des  collections  ou  des  vètemens ,  les  insectes 
rongeurs  par  sa  forte  odeur  de  romarin.  M.  Virey  en  montre 
un  échantillon  rapporté  par  M.  Lesson ,  pharmacien  et 
médecin  de  la  marine  royale,  de  son  voyage.  Celte  huile 
est  distillée  aujourd'hui  des  sommités  dnmelaleuca  leuca* 
dendron  ,  arbuste  de  la  famille  des  myrtes ,  par  les  Malais 
encore  sauvages  des  îles  Moluques  ^  comme  a  celle  de 
Bourou.  Ainsi  des  peuplades ,  naguère  anthropophages , 
commencent  à  cultiver  la  chimie. 

Chimie.  Celte  science  continue  également  sa  marche ,  et 


DE    PHAEMACtE.  ^l 

d^i  nous  avons  inséré  plusieurs  travaux  intéressans  dont 
on  avait  entretenu  la  section  de  pharmacie. 

M.  Caventou  a  troové  le  calcul  vésical  d'un  cochon 
presque  tont  composé  de  phosphate  animoniaco-magnésien, 
€xcepié  un  centième  de  mucus  ou  ciment  animal,  he  même 
chimisie  pense  que  la  cholestérine  n'est  que  le  produit 
dort  état  morbide  chez  les  animaux.  Toutefois  ^  M.  Lau- 
rier remarque  que  cette  substance  a  été  rencontrée  dans  la 
Liie  de  plusiears  animaux  sains ,  par  M.  ChevreuL 

Nous  ne  reviendrons  pas  sur  les  recherches  de  M.  Ro- 
biqaet,  qui  a  reconnu  un  muiiate  de  morphine  dans  To- 
plam  traité  par  des  solutions  de  sel  marin,  d'après  la 
méthode  de  M.  Robinet.  L'analogie  des  noms  de  ces  deux 
auteurs  a  fan  attribuer  à  tort  le  codéate  de  morphine ,  qui 
irexîstepas,  au  premier. 

MM,  Derosne  et  Boudet  neveu  font  un  rapport  sur  une 
note  de  M.  Tilloy,  pharmacien  de  Dijon,  relative  à  la 
fermcntition  des  mélasses  de  betterave.  Le  produit  en 
alcohol ,  tiré  de  ces  mélasses^  est  parfois  très-faible;  il  se 
dégage  alors  du  gaz  nitrenx  qui  s'oppose  à  la  fermentation; 
ce  gaz  nitreux  se  développe  quelquefois  aussi  a  la  fin  de  la 
cuite  des  sirops  de  betterave ,  soit  que  ce  sirop  ait  été  acide 
ou  alcalin.  On  fait  en  vain  fermenter  ce  sirop  avec  de  la 
levure  et  de  Teau  ;  il  donne  du  gaz  nitreux^  et  la  liqueur 
<*?!  mutée,  on  n'obtient  plus  d'alcohul.  Pour  éviter  cet  acci- 
dent, il  faut  faire  bouillir  un  moment  le  sirop  avec  seule- 
ment le  double  de  son  poids  d'eau  et  de  3  à  4  pour  cent 
d'acide  sulfurique  qui  dégage  baucoup  d'acide  carbonique. 
Oq  ajoute  ensuite  de  la  levure  ;  il  s'y  établit  alors  une  fer- 
mentation alcoholique  régulière ,  qui  donne  les  meilleurs 
produits  sans  aucun  dégagement  de  gaz  niireux.  Ce  pro- 
cédé prouve  combien  peu  était  fondée  l'opinion  de  Des- 
croisilles,  attribuant  le  dégagement  du  gaz  niireux  àl'ad- 
(iilion  de  Tacide  sulfurique  décomposant  les  nitrates  da 
iuc  de  betteraves.  M.  Maitliieu  Dombasie   avait  recom<- 


22  JOURNAL 

mandé  avant  M.  Tilloy  le  même  procédé ,  maïs  sans  pres- 
crire ,  comme  celui-ci ,  rëbullition.  Le  dégagement  du  gaz 
nitreux  en  ces  sirops  et  en  d'autres  végétaux  fermentans 
reste  encore  san;5  explication. 

M.  Dublauc  montre ,  dans  un  mémoire,  que  Tacétate 
de  morphine  n'a  pu  être  retrouvé  ni  dans  le  sang ,  ni  dans 
les  urines  d'une  personne  habituée  à  en  prendre  chaque 
jour  en  assez  grande  quantité. 

Dans  la  discussion  élevée  au  sujet  des  expériences  de 
M.  Robinet ,  sur  l'opium,  M.  Pelletier  croit  qu'elles  servent 
h  manifester  la  présence  des  alcalis  organiques  tout  formés 
dans  les  matières  végétales.  M.  Robiquet  au  contraire  fait 
remarquer  qu'aucun  alcali  organique  n'est  présent  dans  un 
produit  végétal  sans  qu'on  y  rencontre  également  quelque 
sel  i  base  d'ammoniaque  ;  en  sorte  que  cette  ammoniaque  , 
soit  dans  ses  élémens  y  soit  formée ,  pourrait  servir  à  rendre 
alcaline  la  matière  désignée  sous  le  nom  d'alcali  organique. 
M.  Pelletier  réplique  que  s^il  existe  un  sel  ammoniacal  daus 
Topium ,  le  procédé  de  M.  Robinet  ne  procure  aucun 
dégagement  ni  manifestation  de  cet  alcali  volatil.  M.  Che- 
vallier ajoute  que  la  plupart  des  végétaux  sont  ammonia- 
caux ,  tels  que  les  chenopodium  surtout,  sans  qu'ils  offrent 
néanmoins  des  alcalis  organiques  dans  la  même  pro- 
portion. 

L'on  doit  à  M.  Caventou  une  première  série  de  recher- 
ches sur  le  principe  actif  de  la  rhubarbe.  On  sait  que 
M.  Nani,  pharmacien  italien ,  avait  publié  que  la  rhubarbe 
contenait  un  nouvel  alcali  végétal  cristallisable, qu'il  nom- 
mait rhabarbarine  *,  il  en  formait  un  sulfate.  M.  Caventou  , 
reprenant  ses  expériences  ,  a  vu  que  ce  prétendu  sulfate  de 
rhabarbarine  contenait  des  matières  fort  hétérogènes ,  telles 
que  du  sulfate  de  chaux.  Revenant  donc  aux  travaux  anté- 
rieurs de  Schèele,  Payen ,  de  M.  Henry,  M.  Caventou  a 
trouvé  dans  l'extrait  alcoholique  de  rhubarbe  ,  et  à  l'aide 
ioîi  de  l'éiher  ,  soit  de  Talcohol,  une  matière  grasse  conte- 


DE     PliA^HMAClE.  ^3 

Ainton  peu  dliuile  volatile  odorante ,  un  principe  colorant 
îaune,  capable  de  cristalliser,  de  se  sublimer  à  la  chaleur 
sans  se  décomposer^ et  qu^on  devra  désigner  sous  le  nom  de 
Shabarbarin ,  comme  le  pipérin  du  poivre,  le  gentianin  de 
k  gentiane.  Ensuite  M.  Cavenlou  rencontre  une  substance 
brraie  ,  insoluble  à  Teau  ,  dans  son  état  de  pureté ,  soluble 
a  l'alcohol  et  jouissant  de  propriétés  particulières.  Corn* 
binée  au  rhabarbarin,  cette  matière  brune  devient  alors 
soluble  dans  l'eau ,  et  constitue  par  cette  combinaison  la 
caphopicnte  de  plusieurs  chimistes ,  et  même  la  rhaboi'ha- 
rine  de  Pfaff,  qui  jouissent  de  propriétés  différentes  de  leurs 
principes  composans.  On  doit  rejeter  ces  dernières  déno- 
minations. M.  Caventou  se  livre  k  des  considérations  inté- 
ressantes sur  les  combinaisons  diverses  dans  les  extraits 
des  matériaux  végétaux  ,  dont  les  uns  jouent  le  rôle  d'aci- 
des ,  les  autres  d'un  alcali ,  quoique  ces  propriétés  corres- 
pondantes soient  fort  peu  sensibles  à  nos  réactifs  ordi- 
naires. Ces  matériaux ,  parleurs  unions  dans  des  composés 
mixtes,  forment  des  combinaisons  analogues  aux  sels, 
comme  lliématine  aTec  un  autre  principe  dans  l'extrait  du 
bois  de  campèche,  selon  M.  Chevreul,  etc. 

Nous  avons  donné  connaissance  soit  en  entier ,  soit  par 
des  extraits  détaillés  des  savans  travaux  dont  M.  Vau- 
quelin  enrichit  presque  toutes  nos  séances  académiques. 
Ce  grand  exemple  est  bien  propre  à  soutenir  l'élan  imprimé 
aux  sciences  pharmaceutiques,  et  nous  nous  glorifierons 
toujours  d'en  faire  part  à  nos  lecteurs,  qui  y  puiseront  d'u- 
tiles instmctionstu 

M.  Henry  continue  ses  recherches  sur  Témétique  et  les 
oioyens  de  l'obtenir  toujours  pur  ]  il  préfère  le  procédé  de 
la  Pharmacopée  de  Dublin ,  qu  il  améliore  dans  la  formule 

«a/>ante  : 

ip  Sulfure  d'antimoine i,25o  grammes. 

Aicide  hydrocUorique  à  22".   ....  6,900 
Acide  nitrique.. o,pbo 


24  JOURNAL 

Oa  fiiTt  ftgtr  ces  arides  dans  un  mâtras  an  bain  de  saUe 
sur  le  sulfure  en  poudre,  il  se  déposer  une  poudre  gnse 

jaunâtre.  La  liqueur  surnagcatite  fournit  Toxkhlorure  dan^ 
tmioine  wi poudre  (t al garoth  en  la  versant  dans  une  grande 
quantité  d*eaQ.  On  lave  bien  cette  poudre  pour  la  priver 
d*acide.  Ce  nitro-muriate  d'antimoine  bien  sec,  mêlé  dans 
la  proportion  de  loo  parties  avec  i25  parties  de  biiartrate 
de  potasse  (  ou  crème  de  tartre  ) ,  serl  à  former  Témétique. 
On  projette  cette  poudre  à  Tordinaire  dans  Teau  ];K>uiIIante» 
on  concentre  à  ii5^  du  pèse-sel  de  Baume  ,  on  filtre ,  ou 
laisse  cristalliser.  L*émétique  est  assez  pur  pour  n'avoir 
pas  besoin  de  subir  de  nouvelles  cristallisations.  Les  eaux 
mères,  saturtes  par  la  craie ,  fournissent  encore  de  rémëti-* 
que,  mais  qui  est  sali  par  Toxide  de  fer  des  vases  dans  lesquels 
on  a  opéré.  On  peut  mettre  jusqu'à  i45  parties  de  crème  de 
tartre  pour  saturer  complètement  i  oo  parties  de  poudre  d'al- 
garoth  bien  séchée.  Les  eaux  mères  crontiennent ,  outre  du 
fer,  du  muriate  de  chaux  et  des  arides  hydrochlorique  et 
tartriquc  en  partie  libres ,  selon  M.  Berzélius ,  plus  sans 
doute  un  peu  de  muriate  de  potasse  et  de  tartrate^e  chaux. 
L'émétiquequ^on  obtient  en  gros  cristaux  prismatiques  à  six 
pans  contient  quelques  sels  étrangers  qui  modifient  sa  cris- 
tallisation \  en  effet  on  y  trouve  quelques  centièmes  de  chaux 
et  d'aeide  muriatique.  C'est  le  muriate  de  potasse  surtout  qui 
rend  prismatiques  à  6  pans  les  cristaux  d'émétique.  On  dort 
saturer  les  eaux  inères,non  par  du  sous-carbonate  de  potasse, 
mais  par  de  la  craie ,  et  jamais  complètement.  Si  Ton  em- 
ployait du  sous -sulfate  d'antimoine,  on  obtiendrait  un 
émétiqne  roèlé  de  crème  de  tertre. 

M.  Caventou,  ayant  analysé  plusieurs  mines  de  fer,, 
remarque  qu'elles  alternent  avec  des  mines  de  houille,  eu 
sorte  que  ce  rapprochement  facilite  leii^  exploitation.  Il  a 
trouvé  du  manganèse  dans  ces  mines,  ce  qui  sert  à  débar- 
rasser U  fer  de  l'acide  phosphorîque  qu'il  peut  conteofr^ 
alors  le  métal  est  plus  ductile.  M.YauqîicIin  avait  déjà  vu  » 


PE     PÉJLKHACIE.  35 

fourtktj  que  le  manganèse  entraîne  facilement  leâ  phosphates 
€C  phosphures  de  fer.  Les  mines  examinées  par  M.  Cayen» 
toa  (fer  carbonate  et  fer  hydraté)  se  traitent  avantageusement 
diaprés  la  méthode  catalane. 

M.  Goîbonrt  s'est  occupé  de  Tarsenic  ,  de  son  oïide  ei 
de  ses  sulfures.  Il  trouve  au  métal  non  la  pesanteur  spé- 
cift)ue  de  8,3o8  que  lui  attribuait  Bergmann,  mais  seu- 
lement 5,781).  L'oxide  blanc  opaque  pèse  S^GgS  et  le  vi- 
treux 3,7386.  Selon  M.  Guibourt,  ce  dernier  oxide,  solublé 
i  i5*  dans  io3  parties  d'eatt ,  se  dissout  dans  91  parties 
3a  cent,  d'eau  bouillante,  laquelle  ,  refroidie  à  iS"*,  ne  tient 
pins  que  i  partie  d'arsenic  sur  55  d*eau.  L'oxide  blanc 
opaque  est  soluble  dans  80  parties  d'eau  k  i5*,  et  dans 
seu\ement7,7a  d'eau  bouillante.  En  se  refroidissant  a  i5% 
cette  eau  tient  i  partie  d'arsenic  sur  33,5  d'eau.  Cette  so- 
Idiion  bleuit  le  papier  rougi  de  tournesol,  mais  la  première 
solution  ne  rougit  pas  sensiblement  ce  papier  bleu.  Les 
sulfures  naturels  d*arsenic  ne  contenant  pas  d'oxigène  ni 
d'oxide  d'arsenic  surabondant  ne  sont  pas  vénéneux ,  tan- 
dis que  les  réalgar  et  orpiment  artificiels  formés  d'une  plus 
grande  proportion  d'oxide  d'arsenic  ,  comme  l'ont  vu 
BiM.  Proust  et  Laugier ,  sont  de  violens  poisons.  Le  sul- 
fure d*arsenic ,  employé  pour  la  teinture  en  jaune  par 
M.  Braconnot ,  n'est  plus  vénéneux  après  que  les  objets 
teints  sont  passés  dans  un  acide,  comme  le  rappelle  M.  Ca- 
ventou. 

Dans  la  dernière  séance  de  décembre  ,  M.  Guibourt 
ajoute  quelques  autres  remarques  sur  les  oxides  d'arsenic, 
et  il  pense  que  l'ammoniaque  qui  se  trouve  dans  Fair  at- 
mosphérique des  habitations  pourrait  bien  se  combiner  à 
l'oxide  d'arsenic  ,  vitreux  d'abord  ,  lequel  devient  blanc 
opaque  ,  comme  on  sait  ;  il  s'appuie  sur  l'observation  de 
M. Vauquelin ,  qui  a  trouvé  de  Tammoniaquc  dans  la  rouille 
du  fer  formée  à  l'air  libre.  Toutefois  M.  Guibourt  n'a 
point  reconnu  la  présence  de  cet  alcali  dans  l'oxide  blanc 


"v 


20  JOURNAL 

d'arsenic.  M.  Chevallier  dit  que  rammoniaque  se  trouve 
jusque  dans  les  eaux  ferrugineuses  de  Passy,  et  même  dans 
les  dissolutions  du  cuivre.  M.  Robiquet  ne  pense  pas  que 
Fammoniaque  puisse  devenir  la  cause  de  l'opacité  blan- 
che que  prend  Toxide  vitreux  d'arsenic  ;  l'acide  arsenieux 
serait  d'ailleurs  ramené  à  l'état  doxide  par  cet  alcali. 
M.  Bussy  ajoute  cependant  que  l'arsenite  d'ammoniaque 
peut  être  formé  de  toutes  pièces.  Il  parait  que  la  blan- 
cheur et  Topacité  de  l'oxide  d'arsenic  résulte  plutôt  du 
mode  de  disgrégation  de  ses  molécules  par  l'action  de 
l'air.  M.  Yauquelin  a  vu  l'oxide  d'arsenic  parfois  rougir 
le  papier  bleu  de  tournesol  et  parfois  ne  pas  le  rougir , 
sans  savoir  si  c'est  à  cause  de  la  présence  ou  de  l'absence 
de  l'ammoniaque.  / 

M.  Guibourt  fait  encore  connaître  le  travail  sur  deux 
poisons  violens  )  l'arsenic  et  le  sublimé  ,queM.  Dubuc,. 
ancien  pharmacien  à  Rouen  et  correspondant  de  l'Acadé- 
mie, a  envoyés  à  la  section  de  pharmacie.  Indépendam- 
ment du  changement  opéré  dans  la  nature  du  sublimé  cor- 
rosif par  le  contact  des  matières  organiques  (il  s'agissait 
d'une  omelette  empoisonnée  par  ce  sel  mercuriel  ) ,  M.  Du- 
buc  croit  qu'il  peut  exister  un  sel  intermédiaire  entre  le 
sublimé  corrosif  et  le  mercure  doux.  M.  Guibourt  a  répété 
plusieurs  expériences  qui  ne  confirment  pas  cette  opinion; 
il  a  vu  de  plus  que  la  présence  simultanée  du  mercure 
doux  et  du  sel  marin ,  dissous  dans  l'eau,  détermine  plus 
fortement  l'oxidation  d'une  lame  de  cuivre  que  chacun  de 
ces  sels  séparément. 

Nous  pourrions  développer  bien  davantage  toutes  les 
intéressantes  recherches  qui  ont  occupé  les  séances  de  la 
(pction'de  pharmacie,  mais  plusieurs  ont  été  déjà  pu- 
bliées ;  nous  pensons  que  celles-ci  suffisent  pour  en  faire 
apprécier  les  utiles  travaux.  Nous  ne  pouvons  qu'engager 
tous  nos  confrères  qui  prennent  avec  zèle  les  intérêts  de 
Tart  pharmaceutique  à  soutenir  de  leurs  savantes  expé-^ 


DE    PHARMACIE.  27 

• 

rieDces  Tessor  qu'il  a  reçu.  Nous  marclions  au  milieu  d'un 
siècle  fécond  en  généreux  efforts  ;  l'Europe  savante  com- 
mence à  les  apprécier  par  des  traductions  pour  en  profiter 
à  son  tour ,  et  ni  la  renommée ,  ni  Testime  des  contem- 
porains ne  manqueront  aux  auteurs  de  tant  de  nobles 
travaux.  J.-J.  Vieey. 

Li  section  de  pharmacie  ayant  renouvelé  ses  bureaux 
pour  Tannée  i8a6,  a  nommé  pour  président  M.  Robiquet, 
pour  vice-président  M.  Henry  père ,  et  réélu  pour  secré- 
taire M.  Virey. 


ANALYSE 

De  leau  de  deux  sources  appela  Lagarde,  situées  dans  la  com- 
mune de  Bio  y  département  du  Lot; 

Par  JH.  HmtT  fils ,  pharmacien ,  membre  adjoint  de  l'Académie 

royale  de  médecine. 

Ajant  étë  charge  de  faire  l'analyse  de  Teau  des  deux  sources  dësi- 
gaëes  ci-des808y  dont  les  certificats  de  puisement  mutaient  arriTës  avec 
toates  les  formes  légales ,  et  ayant  M  étonne  de  ia  grande  quantit<^  et 
de  la  Tariété  des  matières  salines  qu*on  trouye  dans  ces  eaux,  j*ai  cru  que 
la  pablication  de  mes  résultats  ne  serait  peut-^tre  pas  sans  intérêt,  et  j*ai 
pensé  deroir  y  joindre  quelques  ezpéiiences  tentas  â  ce  sujet  sur  la 
caoae  de  la  solubilité  d*un  des  produits  de  cette  analyse. 

Pour  procéder  â  ce  travail,  nous  avons  pris  tous  les  soins  nécessaires, 
soit  dans  le  traitement  des  sels ,  soit  dans  Févaporation  de.  Peau  qui  a 
eu  lieu  le  plus  promptement  possible  à  une  chaleur  d'environ  iio 
centig.  en  évitant  que  des  matières  étrangères  vinssent  8*y  mêler. 

Les  essais  ordinaires  par  les  réactifs ,  et  quelques  expériences  premières 
■eus  ont  mis  d'avance  sur  la  voie  pour  isoler  les  divers  principes 
contenus  dans  ces  eaux,  et  m'ont  démontré  de  plus  qu'elles  avaient 
toates  les  deux  une  très-grande  ressemblance.  Les  caractères  physiques 
principaux,  et  tous  ceux  qui  ont  rapport  à  Fexamcn  des  eaux,  ont  été 
déterminés  par  les  moyens  mis  le  plus  ordinairement  en  usage ,  ainsi 
^fue  Tévaluatlon  des  gaz.  Je  me  dispenserai  donc  d'entrer  à  ce  sujet  dana 


^8  JOURNAL 

^ei  détails  hors  de  taison  oa  fastidieux  ^  je  donnerai  plas  loin  sealement 
les  résultats  obtcDus  (i). 

Quant  aux  substances  fixes,  on  a  de  même  suivi  les  modes  d^analjse» 
soit  directs»  soit  indirects,  pour  les  isoler  et  les  apprécier.  Ces  modes, 
dont  YOici  les  principaux  »  sont  de  séparer  par  Palcohol ,  IVau  et  les  acides 
en  trois  parties ,  le  résidu  de  Tévaporation  entière  d^un  poids  conna 
d*eau  minérale,  et  de  traiter  ensuite  chaque  produit  obtenu  par  Téva- 
poralion  de  Talcohol ,  Teau ,  etc.,  i«.  par  Talcohol  à  38<».  On  n^a  séparé 
que  des  bjrdrocblorates,  (  car  on  n^a  reconnu  aucunes  traces  soit  de 
sulfates ,  soit  de  nitrates,  soit  d^hjposulfites  ) ,  plus  une  certaine  propor- 
tion de  matière  organique  acotée.  Ces  bydrochlorates  étaient  â  base  de 
soude ,  et  de  magnésie  ;  on  n*j  trouve  que  des  traces  peu  sensibles  d^hjr- 
drocblorate  de  chaux,  et  celui  de  potasse,  démontré  cependant  visible- 
ment par  le  sel  de  platine  dans  le  résidu  concentré  privé  de  magnésie  et 
de  chaux ,  n'y  éUkit/p^»  appréciable.  L*hy drocblorate  de  soude ,  dont  la 
saveur  salée  était  franche ,  fut  séparée  par  Talcofaol  à  a5«  de  la  magnésie 
caustique  provenant  de  la  calcination  prolongée  du  mélange  des  deuK 
hjdrocblorates ,  car  ce  dernier,  comme  on  le  sait,  est  décomposable 
entièrement  parce  mojren ,  en  acide  et  en  oxide  qui  reste  ûze.  La  quan- 
tité de  magnésie  fit  connaître  celle  de  l^y drocblorate  magnésien.  L'autre 
à  basedo  sottde  s'obtint  directement  a  l'état  do  chlorure  par  l'évaporation 
à  siccité  de  la  liqueur  aleoholique  et  par  la  calcination. 

La  matière  organique  brune  se  détruisit  pendant  l'opération  de  la  pre- 
mière calcination  et  répandit  une  odeur  aniinalisée  de  colle-forte  brûlée. 
3*  Par  l'action  de  l'eau ,  on  sépara  du  résidu  les  sulfates  des  traces  à  peine 
visible^ d'hydrochlorate,  et  aucune  de  phosphate  ou  de  carbonate.  Ces 
sulfates  étaient  à  base  de  magnésie  et  surtout  de  ch.tux  ,  peut-être  même 
de  soude,  mais  il  n'y  eut  aucun  indice  de  sulfate  de  potasse;  pour  les 
isoler,  voici  le  mode  qui  a  été  pratiqué. 

A  l'aide  de  l'alcohol  versé  en  très-petite  proportion  dans  la  solution 
de  ces  sulfates  on  a  facilement  précipité  celui  de  chaux,  et  les  autres 
restèi'ent  dans  la  liquenr  filtrée  ;  après  avoir  fait  rapprocher  à  siccité, 

(i).  La  majeure  partie  de  ces  bouteilles  et  surtout  celles  portant  un  B, 
dégageaient  une  odeur  d'hydrogène  sulfuré  très-sensible;  mais  il  n'a  été 
po^^ible  d'en  apprécier  la  quantité  que  sur  un  petit  nombre  ;  encore  n'a- 
l-on  pu  y  parvenir  par  la  distillation  de  l'eau  en  recevant  les  gas  dans 
des  dissolutions  de  plomb  ou  de  cuivre ,  TeiTet  était  trop  peu  sensible. 
IVous  indiquerons  .le  moyen  employé  à  ce  sujet ,  et  suivi  seulement  sar 
reau  de  la  source  B. 


«B  a  petë  »  p«u  rediatoQs  le  tout  daiM  quantité  suffisante  â*eau  distilla' 
Venant     alors    un    excè$    de  carbonate  d^ammoniaque    récemment 
préparé,  comme  Ta  fait   obsenrér  If.  Guibourt  (Journal   de  chimie 
■édicaley  nonée  i8a5,  page  ^i^),  et  même  mêlé  d^un  peu  d^ammo- 
niaque ,  on  a  précipité  toute  la  magnésie  sous  forme  de  flocons  blancs  de 
aoos-carbonaie,  (ils  furent  essayés  à  part  et  reconnus  pour  être  à  base 
de  asagnésie  ).  La  liqueur  reûltrée  ne  contenait  plus  que  des  traces  de 
magnésie  par  Taddition  de  la  potasse  ;  on  Ta  donc  évaporée  à  sicciléaTec 
soin,  pois  calcinée  très- fortement  ;  le  reste  était  du  sulfate  de  soude ^ 
bien  reeonnaissable  d'ailleurs.  La  diflerence  entre  son  poids  et  le  premier 
dooma  celai  du  snlfate  magnésien.  Nous  avons  fait  remarquer  Pabsence 
do  sulfate  dépotasse,  à  Taide  du  réactif  de  plaline;  nous  passons  aux 
snbstaocea  inSolnhles:  elles  faisaient  eflèrvescence  avec  le«  acides,  et 
ae  donnèrent  que  des  traces  d*oxide  de  fer.  Pour  apprécier  la  quantité 
des  carbonates  de  cbaux  et  do  magnésie,  on  ont  recours  à  Tacide  acé* 
tique  faible  ^  00  enleva  bien ,  è  la  vérité  ,  un  peu  de  sulfate  de  cbaux  t 
mata  raJeobol  oe  peut  le  dissoudre  dans  le  résidu  de  Té vaporation  mena- 
géîe  des  deux  acétates  ;  ceux-ci ,  transformés  en  hjdrocblorates»  évapcir^ 
et  calcinés,  donnèrent,  par  cette  opération,  un  poids  de  magnésie  pure 
représentant  le  carbonate;  et  le  chlorure  de  calcium  dissous  dans  Tean 
alcoholisée ,  évaporé  û  son  tour  et  fond^  fut  facilement  pesé.  Il  représenta 
par  le  calcul  la  composition  du  carbonate  calcaire.  L^acîde  aGéliqvt 
enleva  one  certaine  quantité  de  matière  organique  qui  isolora  en  bnm 
les  sek.  Cette  substance  organique  restée  avec  les  sels  insolubles  prove- 
nait sans  doote  d^une  altération  par  Tair  ou  par  U  chaleur,  produite 
sor  celle  soluble  existant  dans  Tean  encore  intacte.  Tout  ce  que  Tacide 
hjdrocbloriqoe  étendu  laissa  insoluble  fut  redissous  dans  cet  acide  plus 
concentré,  on  dans  Tacide  nitrique;  estait  du  sulfate  de  cbaux  bien 
«eeoiitto  par  les  réactifs  ;  il  n'y  eut  que  quelques  traces  de  silice  ;  Toxide 
de  Ut  était  dissous  dans  Tacide.  Le   sulfate  de  cbaux  traité  par  Tacide 
^drochloriqoe  sVtait  cristallisé  en  aiguilles  soyeuses  par  la  concen- 
tration ;  one  grande  addition  d^eao  parvint  bientôt  à  le  dissoudre.  On  a 
en  le  soio  dVvaluer  sur  un  poids  connu  d^eau ,  les   quantités  d^acidr 
salforîqne  et  hydrocbloriqnc  par  les  nitrates  acides  de  baryte  et  d'argent. 
Ces  quantités  se  sont  trouvées  à   très-peu  près   en   rapport  avec   celles 
représentées  par  les  sulfates  ou  hydroclilorates  obtenus  directement. 
Çnant  à  Thydrogène  sulfuré ,  on  en  a  apprécié  la  proportion  contenue 
dans  quelques  bouteilles  (  proportion  qui  à  notre  avis  doit  être  un  peu 
vsnable),  en  versant  dans  un  poids  déterminé  dVau,  du  oitra'e  d'argent , 


3o  JOUKNAL 

ajoutant  un  excès  d^ammoniaque  afin  de  dissoudre  les  sels  d^argent  sans 
toucher  au  sulfure,  lavant,  puis  traitant  celui-ci  arec  une  eau  aiguisée 
diacide  acétique  pour  redissoudre  la  magnésie  mMee  au  sulfure  et  préci- 
pitée par  Tcxcés  d^ammoniaque.  Cette  magnésie  s'était  déposée  en  flocons 
et  aurait  augmenté  beaucoup  le  poids  du  sulfure.  Au  reste  il  fut  très- 
faible  et  la  non-produclîon  de  sulfure  de  plomb  en  recevant  les  gaz  de 
Teau  au  milieu  d*nn  sel  métallique  doit  le  faire  croire  facilement.  Un  faifc 
que  nous  ne  pouvons  passer  sous  silence ,  ^^cst  Faction  qu'exerce  Teau 
des  sources  de  Bià  sur  les  teintures  de  violettes  et  de  tournesol.  Elles 
verdissent  sensiblement  la  première  et  rougissent  la  deuxième.  Cet  effet 
a  déjà  souvent  été  remarqué,  et  nous  Tattribuons  avec  M.  Dulong  d'Asta* 
fort  (Journal  de  pharmacie,  année  1 835,  page  Sgj  ),  non-seulement 
à  la  présence  dû  carbonate  de  magnésie,  mais  surtout  à  celle  du  carbo- 
nate de  chaux  en  dissolution.  Après  une  ébullition  assez  prolongée ,  et 
quoiqu'il  se  fût  déposé  déjà  une  matière  blanchâtre ,  l'eau  verdissait 
encore  un  peu  le  sirop  de, violettes,  et,  à  Taide  de  l'eau  de  chaux  ,  elle 
forma  un  précipité  contenant  avec  le  sulfate  de  chaux  un  peu  de  carbo- 
nate de  chaux,  et  surtout  de  magnésie;  ces  deux  derniers  sels  n'avaient 
donc  pas  été  entièrement  précipités  par  l'action  de  la  chaleur^ 

En  traitant  un  poids  donné  d'eau  minérale  par  l'eau  de  chaux  pure, 
on  a  obtenu  (pour  3^  365  d'eau  )  une  quantité  de  précipité  pesant 
3  ,  4o  et  contenant  des  sulfates  de  chaux;  plus',  des  carbonates  de  chaux 
et  de  magnésie. 

Or ,  d'après  l'anal jse  du  précipité,  il  resta  des  carbonates  de  chaux  et 
de  magnésie,  un  poids  de  carbonate  calcaire  représentant  3,  aa ,  à  très- 
peu  près  à  la  fois  celui  fourni  par  l'analyse  (  voyez  plus  bas  )  ^  plus  , 

celui  que  devait  donner  la  combinaison  de  Tacide  carbonique  libre 
avec  la  base  de  Tcau  de  chaux  ajoutée.  (Il  faut  faire  attentioq  que  r«^na-. 
lyse  plus  bas  est  établie  sur  i^  4^a  d'eau  ).  Ces  carbonates  existaient 
donc  tout  formés  dans  l'eau  et  n'ontpas  été  le  résultat  de  doublçs  décom-; 
positions  arrivées  pendant  la  concentration  de  Teau. 

Nous  en  dirons  autant  sur  le  sulfate  de  chaux  dont  la  proporlioa 
paraîtra  peut-être  un  peu  grande  en  dissolution,  et  à  ce  sujet ,  nous  don- 
nerons quelques  expériences  sur  la  cause  présumablc  de  la  solubilité. 
Nous  disons  que  le  sulfate  de  chaux  était  primitivement  dissous  seulement 
dans  l'eau  et  ne  provenait  point  de  la  réaction  des  sels  les  uds  sur  les 
autres  pendant  la  concentration  ;  en  effet,  je  ne  doute  pas  qu'il  n'existe, 
primitivement  dans  Teau  de  Bio,  au  moins  pour  la  majeure  partie,  car 
s^il  en  était  autrement  il  faudrait  Tadmettre  dû  à  la  décomposition  de 


DE    PHARMACIE.  01 

rbjdrochlonit«  de  chaux  parle  «olfate  Je  soude,  et  alors  il  deTrait 
aister  dans  les  produits  de  Te'vaporation  une  quantilc^  d^faydrochlorate 
àt  wade  en  rapport  avec  celle  du  sulfate  de  chaux  obtenu ,  ce  qui 
ii*e$t  pas. 

An  reste  la  solubilité  du  sulfate  de  chaux  dans  certaines  eaux  en 
grafide  proportion  eit  trés-frtfqnente.  (  Citons  même  à  ce  sujet  Teau  de 
CootFexeTÎlte  qui  en  renferme  une  as^ez  grande  quantitc?,  et  beaucoup 
«Tastres  où  ce  sel  se  trouve  de  m^me  trés-abondaroment.  )  Pour  faire 
adfflettre  Texistence  primitive  de  ce  sel  en  solution  (i)  la  pr^ence  de 
Padde  carbonique  libre  fivorise-t-elle  cette  8olubilît<5?  pour  le  prouver 
aoos  aTons  tente  qaelqnes  expériences  à  ce  sujet.  Le  résultat  de  ces  essais , 
comme  on  le  verra  ,  paratt  indiquer  que  cette  soluhiliU^  pourrait  étredue 
â  la  présence  du  sulfate  de  sonde  qui  forme  avec  celui  de  chaux  une 
sorte  de  combinaison  connue  sous  le  nom  de  Schelot  dans  les  salines  et 
qni  se  drpose  pendant  la  concentration  des  liqueurs  sous  forme  de 
lameiécailleoses,  peut-être  aussi  cela  n^est-il  dâ  qu'à  la  solubilité  seule 
do  sulfate  Je  chaux. 

Efsais.  —  1^.  On  a  pris  du  sulfate  de  chaux  encore  humide,  précipite 
d^one  dissolution  d'hjdrochlorate  calcaire  par  le  sulfate  de  soude , 
etlavtf  convenablement.  lo  grammes  de  ce  sel  hydrate  calcinas  ont  fourni 
un  poids  Je  sulfate  calcaire  anhjdre  dgal  à  3  ,  6. 

3^.  On  en  a  mis  lo  grammes  hydrates  ci-dessus  avec  5oo grammes  d'eau 
diuille'e  à  froid  est  de  8«  apr^s  douze  heures  de  contact ,  et  ajant  soin 
d'agiter  souvent  on  a  trouve  o ,  85  de  sulfate  de  chaux  dissous ,  car  il  n'^est 
plus  resté  que  i  ,  76  de  dépôt  calcine. 

3^.0Qa  pris  de  nouveau  10  grammes  de  sulfate  calcaire  hydrata  ci- 
dessus  (  toujours  au  même  état  de  dessiccation  pour  ne  point  faire  varier 
les  quantités  dVad  et  de  sel)  et  on  les  a  laissés  de  même  en  contact  pen- 
dant douze  heures  soit  avec  une  eau  chargée  de  la  moitié  de  son  vo- 

(ij.  Malgré  Todeur  d'hydrogène  sulfuré  que  dégagent  les  bouteilles , 
loos  ne  croyons  pas  en  effet  que  le  sulfate  calcaire  soit  ici  le  résultat  de 
la  transformation  par  l'action  de  l'air  d'hydrosulfate  d'abord  en  hyposul- 
nte,  puis  en  sulfate  (  car  les  hyposulfites  sont  assez  stables).  J'attribue 
bien  plntât  cette  production  d'acide  hydrosulfurique  à  une  légère  décom- 
position du  sulfate  calcaire  des  eaux  séléniteuses  par  les  matières  orga- 
niques, comme  cela  a  déjà  été  remarqué  plusieurs  fois  ainsi  que  le  prou- 
vent les  travaux  de  plusieurs  chimistes  tels  que  .MM.  Proust,  Chevreiil, 
etc.  (  Fojre»  Journal  de  Pharmacie,  année  iS-i^ ,  pag!  5^} ,  et  Diction- 
Baire  des  Sciences  naturelles^  tome  ai,  P'^g*^  ^9<^  ) 


3:1  JOURNAL    DE     PHARMACIE. 

lame  d*adde  carbonique,  soit  chargde  du  double  et  même  da  triple.  Xjl 
quantité  de  sulfate  de  chaux  dissoutea  ëtëmoinsgrande  que  dans  le  premier 
cas.  Car  avec  Teau  très-gazeuse  il  a  paru  se  dissoudre  moins.  Elle  fut 
de  O)  8a  è  o,  64  environ. 

4?.  en  associant  aux  10  grammes  de  sulfate  hydrate ,  S  grammes  de 
carbonate  de  chaux  hydrata  aussi ^  et  représentant  a,  5  et  les  agitant 
avec  Teau  gazeuse ,  5oo  grammes  ,  on  n'a  pas  dissous  darantage  de 
sulfate ,  ce  qui  d^avance  me  paraissait  asse^  probable. 

5^.  Enfin  pour  former  une  sorte  d*imitation,  très-imparfaite  sans  douta 
du  schelot  (  sulfate  de  soude  et  de  chaux  qui  parait  élre  beaucoup  plus 
soluble  que  le  sulfate  calcaire  seul  )  ,  j'ai  fait  un  mélange  de  sulfate  de 
soude  anhydre  i  gr.  et  sulfate  de  chaux  hydrate'.  10  gr.  ci-dessus  ^  j^ai 
traité  par  Teau  distillée  5oo,  et  après  douse  henrfs  de  contact  j'ai  obtenu  , 
sulfate  de  chaux  dissous  i ,  a  ,  un  peu  plus  que  par  les  moyens  précédent. 
La  présence  du  sulfate  de  soude  aurait-elle  contribué  a  la  solubilité  ?  cVst 
ce  qui  me  semble  assez  probable  et  ce  qui  devra  être  encore  plus  vraisem- 
blable en  songeant  aux  moyens  naturels  qui  amènent  cette  sorte  de  corn-* 
binaison  ;  moyens  bien  plus  favorables  sans-doute  è  la  solubilité  de  cer- 
tains sels  insolubles  ou  peu  solubles  par  eux-mêmes.  Témoin  le  carbonate 
de  soude  qui  dissout  le  fluate  de  chaux  dans  les  eaux  de  Carlsbad ,  d'aprèa 
11.  Berzelius. 


\ 


Source  B.  ^  36 


Cuûeur,  —  Kolle  ,  trantparence  trè«-grande  ;  on  y  TOjait  cependant 

qoelqoes  lame*  brunes  de- matière  organique. 
Odêur.  —  D^agr^able  d'bjMlrogine  sulfuré  asseï  persistante  dans  qO| 

bouteillct. 
Sëiwa^^^  Du»e  y  amère,  peu  sulfureuse. 
PtHUUeur  spécijùfue ,  0,99891  Conlpar^  â  oelle  de  l'eaa  distillée  bo 

•jant  -4-  7^  et  prise  pour  unité. 
EkdUiion.  —  Assez  facile,  se  trouble  au  bout  de  quelque  temps. 
Eipotéaa-â- rair>  plusieurs  bonteiflet  se  sont  troublées  légèrement  J 

-    flortout  dont  Todeur  sulfureuse  était  très-marqnée.      ^  ^^ 

Essai  par  Us  réactifs, 

Tetntare  de  tonmesol Rougit  risiblement h 

'  de  iriolette •  .  Verdit  de  même  aseez  promptemeil 

— — ^->  de  noix  de  galle Rien  qn*un  trouble ^ 

Eaoz  de  cbanx Précipite  abondamment ^ 

—— >  de  barjte •  Id.  et  le  précipité  est  en  partie  insoj 

Potasse •  .  Précipite  en  blanc. i*®* 

Anmoniaqae Précipite  aussi  en  flocons 

Acide  salfurique. Rien 

bydrochlorique Idem. 

sulfureux Dlancbit  à  peine.  .  .  • 

arsénieox.  .  • Jaunit  très -faiblement 

Kitrates  de  barjte Donne  précipité  abondant  de  sulfal 

-       ■  d^argent Id,  moins  abondant  de  muriate.  . 

Qzalate  d*aminoniaqne.  *•#«..  Forme  un  dép^t  abondant 

Pbospbaie  de  soude  neatre Donne  précipité  et  la  liqueur  filtré* 

dique  par  Tammon.  un  peu  de  ma^' 
Bicarbonate  de  potasse.  ......  Précipité  ;  la  liqueur  filtrée  bouil] 

trouble. 

{fiBSfijranate  de  potasse •  Rien,  même  dans  l'eau  concentrée. 


»>n 


H 


Vrmhf  ftar 


SotlBCE  Y 


Gaz  hydro^ulfuiiquc .^  Q«*"*'^  indeUrmin^. 

oubstHHceê  jurt 

•^      ^ 

Carbonate  d«  cbaas .....,,..  .  ;.alcium,o,i7f  oxi|î<4iie, 

(Keprësenté  par  chlorure  i^^  ,„|, 

« y 

Ca«baiiato  de  »^;iu»i« j  acide'carbop,,  0,û65). 

(  Repr^oté  p, 

Sulfate  de  cbaax  calciné *  .  .  .  i 


de  magnésie.   .  . j 

— — -  <]e  soude ...,  ^      j 

H/drochlorate  de  magnésie  (i) arma^âésie...  0,044  ). 

(  BeprésenCé  pa^ , ^ 

Chlorure  de  sodium ......*. 

de  calcium.  .  .  >   ,  ppréciées.  _ 

t„  «^», «-:..«.        i-  des  traces  sensf      ,  1  ..    j 

1 de  potassium.  .  j  a  très-grande  partie  daeu 

Matière  organique  brune  azotée.  S0lubleen,p^^j^2i^^|.j|tiQQ / 

oohol ,  insoluble  par  suite 

par  les  acides  acétique ,  ï  ^^^^^ 

Silice ^  Je» < 

Oxide  de  fer.  .  .  /    ^*  *''^*^" „  o4eur  i^it.  swU4e. 

Soufre  sensible  dans  le  dessèchement  des  sel  ^ 

Perte \ ,«  pigV 

spï^ 

Total 4-4- 


fimitiTcment  composée  atant 
Voici  la  composition  naturelle  de  feau 

Composition  nai 

oî 

•Aïole. >  ^^  f    8I3 

Acide  carbonique  libre ^    of. 


k 


Gat  hydrosulfurique 

SuhskiWDés  fil       '  "1 

I  f  '  t 

arbonate  calcaire.  .  0,407  ">  «^^Mk 

Bi-carbonates  de  chaux icide  carbonique.  .  .  0.171/  '"^'^ 

,           '    .                              Jirbonate o,ia6">  ^  ^ 

^«  magnésie ^^j^^  carbonique. .  .  o,o65i  ''^ 


Proto-carbonate  de  ier.  Boa  tracas. 


(^ 


«  ^*fHiimtt' 


I. 


^JL 


i  tmk'au  C 


Kl*^t»att4Hi 


# 


N— - 


.«>.*.•+         <.•-•*»•  •••_«-.      ««IB.  •«    «•>»««>.V*«i-       •*•■»  ■-■.       ■- 


rr:- 


•«*- 


1. 


■):0 


^ 


^ 


P     Pùtn 


I     I     I     I 


1 


J     4      .« 


l}nii>è  fMT  Mt*ifi/. 


MW»W%»»>»»^»^»>»»MH»>*<**^*  »•»>***•<•  ***^*^^^*^»*****^^^*****»* 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOQÉTÉ  DE  PHARMAOE 

DE  PARIS  ; 

Rédigé  par  M.  Hehkt  ,  secrétaire  général  y  et  par  une 

Commission  spéciale. 


■ 


Nota.  Le  procès  verbal  du  i6  janvier  i8a6  paraîtra  dans 
le  Bnlledii  de  février  prochain» 

EXAMEN  CHIMIQUE 

De  de  la  résine  des  baumes  f 

Par  M.  Duloug,  pharmacien  à  Astafort. 

On  a  jusqu^A  présent  regarde  la  matière  résineuse  conte- 
nue dans  les  produits  naturels  ,  désignés  sous  le  nom  de 
baumes,  comme  entièrement  identique  avec  les  autres  ré- 
sines. Cependant  les  observations  que  je  viens  de  faire  sur 
cette  matière  ,  et  que  je  vais  rapporter ,  prouvent  qu'elle 
en  diilère  par  plusieurs  propriétés  chimiques  y  et  qu'elle 
doit  en  être  distinguée. 

Ayant  versé  par  hasard  de  Tacide  sulfurique  concentré 
dans  un  vase  qui  ni'avait  servi  à  traiter  du  benjoin  par  une 
dissolution  de  carbonate  de  soude  y  pour  en  préparer  du 
benzoate ,  je  m'aperçus  que  Tacide  avait  développé  unn 
belle  couleur  rouge  sur  quelques  portions  de  benjoin  qui 
étaient  restées  adhérentes  aux  parois  du  vase.  Frappé  de  ce 
XIl*.  Année.  —  Janvier  i8a6.  3 


34  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

phënomèm; ,  je  m'empressai  de  le  reproduire.  Après  cette 
observàtioA ,  je  Iiu  dans  le  Système  de  chimie  de  Thomp- 
son ,  que  M.  Hatchett  l'avait  déjà  faite.  Mais  il  n'avait  pas 
poussé  plus  loin  ses  expériences  sur  ce  point. 

Je  pris  une  certaine  quantité  de  benjoin;  je  versai  dessos 
quelques  gouttes  d  acide  sulfurique  concentré  :  il  s  y  dé- 
veloppa ausitôt  cette  belle  couleur  rouge  que  je  venais 
d'observer,  et  l'eau  en  sépara  une  foule  de  paillettes  d'un 
beau  rouge  cramoisi.  Sachant  que  les  acides  minéraux  ont 
peu  d'action  sur  l'acide  benzoïque ,  je  pensai  que  cette 
couleur  devait  être  produite  par  le  contact  de  Tacide  sulfu- 
rique avec  la  matière  résineuse  contenue  dans  le  benjoin  , 
et  que ,  d'après  ce  caractère ,  cette  matière  devait  être  dif- 
férente des  autres  résines.  Je  pensai  aussi  qu'il  serait  pos^ 
sible  que  la  résine  des  autres  baumes  offrit  cette  proprié- 
té. Je  les  examinai  donc  tous  de  la  même  manière  ;  et  tous 
me  présentèrent  les  mêmes  c;)ractères,  à  l'exception  de  la 
substance  que  l'on  trouve  dans  le  commerce ,  sous  le  nom 
àe  styrax  liquide  ^  et  que  l'on  range  parmi  les  baumes. 
J'en  dirai  les  raisons  plus  bas. 

Ces  expériences  m'engagèrent  i  examiner  avec  quelque 

soin  la  matière  résineuse  contenue  dans  les  baumes.  Je 

dus  d'abord  chercher  à  séparer  cette  matière  de  l'acide 

benzoïque  auquel  elle  est  unie  dans  les  baumes ,  afin  de 

l'avoir  aussi  pure  que  possible.  Pour  cela ,  je  traitai  par  un 

léger  excès  de  carbonate  de  soude,  à  l'aide  d'une  ébulliiion 

long-temps  prolongée  dans  une  suffisante  quantité  d'eau  y 

du  benjoin  réduit  en  poudre;  et  pour  que,  malgré  l'actioii. 

de  la  chaleur,  il  restât  divisé  autant  que  possible  ,  j'eus 

soin  d'interposer  entre  ses  parties  une  certaine  quantité 

de  sable  blanc.  Mais  comme,  malgré  ce  soin ,  il  ne  restait 

pas  long-temps  divisé,  je  le  retirai  plusieurs  fois  du  milieu. 

du  liquide  ,  je  le  triturai ,    et  je  continuai  dé  le  faire 

bouillir  dans  la  même  liqueur,  jusqu'à  ce  que  je  pensai 

qne  tout  l'acide  benzoïque  était  saturé.  Alors  je  versai  le 


DE    LA  SOC;ÊT£    DE     PHARMACIE.  ^Q^ 

\oai  snr  un  filtre,  et  je  lavai  avec  soin  jasqu*i  ce  que 
les  eaux  de  Javagea  fassent  sans  action  sur  le  papier  de 
tournesol  rougi.  Ensuite  je  traitai  la  matière  restée  sur  le 
filtre  par  de  Talcohol  bouillant  (la  dissolution  alcobolique 
étût  tout^-fait  sans  action  sur  le  papier  du  tournesol  ;  ce 
qui  indiquait  Tabsence  de  Tacide  benzoïque);  et  je  fis  éva« 
porer  Talcobol  au  bain-marie  pour  obtenir  la  matière  ré« 
fineuse*  On  sait  que  le  benjoin  est  compose  presqu*en  to- 
talité, d*après  Tanalyse  faite  par  Bucholz,  de  résine  et 
d*acide  benactikque ,  et qu*il  ne  contient  de  plus  qu'une  quan- 
tité presque  inappréciable  d'une  substance  analogue  au 
baume  du  Pérou^  et  d*un  principe  aromatique  ,  soluble 
dans  Veau  et  dans  Talcohol.  On  voit  donc  que  j*ai  dû  par 
ce  procédé^  obtenir  sensiblement  pure  la  matière  résineuse 
dn  bei\îoin« 

XL  est  inutile  de  dire  que  la  liqueur  dans  laquelle  j'avais 
Cùtbouillir  le  be^joiui  laissa  précipiter  par  quelques  gouttes 
d  adde  bydrochlorique,  une  assez  grande  quantité  d  acide 
benzoïque» 

La  résine  du  benjoin,  obtenue  comme  je  viens  de  le  dire, 
joint  des  propriétés  suivantes* 

EUea  une  couleur  rousse  qui  brunit  par  le  contact  de  Tair. 
Elle  est  solide ,  cassante  ,  son  odeur  est  peu  sensible ,  sa 
saveur  nuUe.Mise  sur  les  charbons  iucandescens,  elle  brûle 
eonune  les  autres  résines.  Elle  est  plus  soluble  dans  Falco- 
bol  a  chaud  qu'à  froid  ;  car  elle  se  sépare  eu  partie  par  le 
refroidissement  d'une  dissolution  alcobolique  concentrée. 
Sa  dissolution  dans  l'alcohol ,  évaporée  spontanément»  n'a 
n'a  pas  ofiert  de  cristallisation.  Elle  se  dissout  dans  l'éther^ 
les  huiles  essentielles  comme  les  autres  résines.  Sa  solubilité 
dans  la  potasse  caustique  est  très-grande  et  très-facile.  Une 
très-petite  quantité  dépotasse  eu  dissolution  dans  l'eau,  suffit 
pour  dissoudre  une  assez  grande  quantité  de  cette  résine.  La 
dÎMolution  faite  soit  à  froid,  soit  à  chaud,  est  toujours  trans- 
parente )  et  une  grande  quantité  d'eau  ne  la  trouble  pas. 

3. 


4o  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

Elle  en  est  précipitée-  par  quelques  gouttes  d*acide  hj- 
drochlorîque ,  en  flocons  blancs  qu'un  excès  d'acide  ne 
dissout  pas.  Elle  n  est  soluble  qu'en  petite  quantité  dans 
l'ammoniaque.  On  sait  que  la  résine  ordinaire  (celle  du 
pin  par  exemple,  entièrement  soluble  dans  l'alcohol),  se 
dissout  au  contraire  imparfaitement  à  froid  dans  la  potas^ 
se  :  la  dissolution  est  toujours  trouble;  et  si  on  la  fait 
chauffer,  elle  devient  plus  claire,  mais  elle  se  trouble  en- 
core par  le  refroidissement. 

L'action  la  plus  remarquable  sur  cette  résine,  est  celle 
de  l'acide  sulfurique  concentré.  Cet  acide,  mis  en  contact 
avec  la  matière  résineuse,  prend  sur  le  champ  une  belle  cou- 
leur rouge  en  la  dissolvant.  L'eau,  loin  de  décolorer  si  dis- 
solution, comme  elle  décolore  celle  des  autres  résines,  en 
précipite  une  multitude  de  gaillettes  qui  paraissent  d'une 
belle  couleur  rouge,  rose ,  ou  cramoisi ,  quand  la  dissolu- 
tion n'est  pas  trop  concentrée.  Cette  matière  jetée  sar  un 
filtre,  lavée  jusqu'à  ce  que  les  eaux  de  lavages  ne  rougis- 
sent plus  la  teinture  du  tournesol ,  et  traitée  par  Palcohol , 
s'y  dissout  très-facilement.  La  dissolution  est  sans  action  sur 
le  papier  de  tournesol.  Délayée  dans  une  certaine  quantité 
d'eau  contenant  un  peu  de  nitrate  de  baryte,  et  soumise 
ainsi,  pendant  assez  long-temps  à  l'ébullition,  elle  n'a  pas 
donné  de  sulfate  de  baryte.  Elle  ne  contenait  donc  pas  de 
l'acide  sulfurique.  Je  dois  observer  que  les  eaux  qui  avaient 
servi  à  laver  la  matière  sur  le  filtre,  avaient  pris  une  teinte 
légèrement  rose. 

'  Si  l'on  chauffe  la  dissolution  sulfurique  de  résine  de  ben- 
join, on  voitbientôt  sa  belle  couleur  rouge  changer,  et  pas- 
ser au  brun  :  il  s'qut  dégage  de  l'acide  sulfureux,  de  l'acide 
carbonique,  et  elle  s'épaissit  beaucoup.  L'eau  en  sépare 
une  matière  noire  que  l'alcohol  n'attaque  presque  pas. 

L'acide  sulfurique  étendu  d'eau ,  n'agit  pas  à  froid  sur 
la  résine  de  benjoin . 

L'acide  nitrique  concentré  l'attaque  faiblement  i  froid  j 


DC    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  •         4^ 

il  De  prend  qu'une  légère  couleur  jaune.  Mais  à  chaud  ,  il 
la  dissout  en  laissant  dégager  des  vapeurs  nilreuses.  La  dis- 
M>1utioD  d'une  couleur  jaune  orangée,  se  trouble  par  le  re- 
froidissement, et  l'eau  en  précipice  des  flocons  d'un  jaune 
serin.  On  sait,  d'après  les  expériences  de  M.  Hatchett,  que 
1  acide  nitrique,  en  agissant  sur  les  résines,  les  décompose, 
f*t  forme  une  liqueur  que  l'eau  pe  trouble  point.  (Tbcnard, 
^  Traité  de  diinde^  tom.  3,  pag.  ^78.)  Si  l'on  fait  évaporer  la 
liqueur  provenant  de  l'action  de  l'acide  nitrique  sur  la 
résine  de  benjoin ,  on  obtient  une  i[natière  cassante ,  jau- 
ne, qui  se  dissout  dans  l'eau  et  plus  fticilèment  dansl'alco* 
lioI,en  communiquant  sa  couleur  a  ces  deux  liquides.  Gîlte 
dissolution  rougit  le  papier  de  tournesol. 

L'acide  bjdroclilorique  concentré  n'attaque  pas  sensi- 
blement à  froid  la  résine  de  benjoin  ^  mais  à  chaud  ,  il  lui 
£iîc  prendre  une  couleur  grise  foncée  sans  la  dissoudre. 
Cette  matière  grise  est  soluble  aisément  dans  Falcohol ,  et 
eu  est  précipitée  par  l'eau.  On  sait  que  l'acide  hydrochlo- 
riquc  dissout  les  résines  ordinaires  sans  les  altérer.  Je  dois 
dire  cependant  ici ,  qu'ayant  traité  par  le  même  acide  à 
chaud ,  de  la  résine  de  pin ,  elle  ne  s'y  est  pas  dissoute', 
mais  elle  n'a  point  été  altérée. 

Après  avoir  répété  toutes  ces  expériences  plus  d'une  fois, 
j'ai  voulu  m'assurer  si  la  résine  d'un  autre  baume  présen- 
terait les  mêmes  caractères  que  celle  du  benjoin.  J*ai  donc 
soumis  aux  mêmes  essais  que  cette  dernière  la  résine  du 
iiaume  sec  du  Pérou,  obtenue  de  la  même  manière  que  celle 
du  benjoin;  elle  m'a  offert  les  mêmes  propriétés  ,  comme 
je  m'y  attendais ,  après  avoir  observé  l'action  de  Tacide  sul- 
furiqne  sur  ce  baume  analogue  à  celle  du  même  acide  sur 
le  i>en)oin. 

J  ai  négligé  d'examiner  de  même  la  résine  des  autres 
baumes*  L'action  de  l'acide  sulfurique  sur  toutes  ces  sub- 
stances ,  et  la  précipit£|tion  par  l'eau  de  la  matière  dissoute 


4^  BULLETIN    DES    THAVAUX 

ëtant  identique ,  je  ne  doute  point  que  la  résine  de  tous 
les  baumes  ne  soit  aussi  identique. 

Quoique  je  fusse  certain  ,  diaprés  les  caractères  assignés 
aux  résines  ,  qu^aucune  ne  présenterait  avec  l'acide  sulfu- 
rique  le  même  phénomène  que  la  résine  des  baumes  ,  ce- 
pendant j  pour  dissiper  toute  espèce  de  doute  sur  ce  point , 
je  les  ai  toutes  ou  presque  toutes  soumises  à  Taction  de  ce 
réactif  y  et  toutes,  à  Texceplion  de  la  résine  de  gayac,  m'ont 
offert  une  couleur  brune  jaunâtre  ou  rougeâtre  qui  avait 
déjà  été  observée  ;  toutes  aussi  ont  laissé  précipiter  des 
flocons  blancs  par  Teau.  Je  dis  i  Texception  de  la  résine 
de  gayac ,  car  cette  résine  m'a  donné  avec  Tacide  sulfuriq^c 
la  môme  couleur  rouge  que  les  baumes^  mais ,  ce  qui  l'en 
distingue  bien  ,  l'eau  fait  changer  la  couleur  de  la  (Ûssolu* 
tion  et  en  précipite  une  matière  d'un  gris  foncé  ^  d'ailleurs 
cette  résine  possède ,  comme  l'on  sait ,  plusieurs  autres  pro- 
priétés remarquables  bien  différentes  de  celles  de  la  résine 
des  baumes. 

'  J'ai  aussi  examiné  de  la  même  manière  un  grand  nom- 
bre de  gommes  de  résines  \  aucune  ne  m'a  présenté  de  cou^ 
leur  rouge. 

Je  crois  donc  pouvoir  conclure  de  toutes  ces  expériences 
et  de  la  coâsidératidu  des  caractères  assignés  aux  résines , 
que  la  matière  résineuse  des  baumes  dififère  par  plusieurs 
propriétéà  chimiques  des  autres  résines  connues ,  et  je  pense 
qu'elle  doit  en  être  distinguée. 

Cette  action  de  l'acide  sulfurique  concentré  sur  tous  les 
baumes  ,  et  la  couleur  sous  laquelle  se  présente  la  matière 
dissoute  précipitée  par  Teau ,  m'ont  fait  penser  qu'elles 
pourraient  servir  à  faire  distinguer  bien  facilement  les 
baumes  des  autres  substances  résineuses  ,  et  surtout  à  faire 
distinguer  les  baumes  naturels  et  purs  des  baumes  falsifiés. 
£n  effet,  ayant  mis  de  l'acide  sulfurique  concentré  en 
contact  avec  la  matière  que  l'on  trouve  dans  le  commerce 


BB  i:a  société  de  phaamacie.         4^ 

soas  le  nom  de  styrax  liquide  (i) ,  et  qui ,  suivant  Topiaion 
de  plusieurs  auteurs  de  matière  médicale,  est  une  substance 
falsifiée,  un  mélange  d'huile,  de  résine,  etc.,  je  n*ai  ob- 
tenu qu'une  couleur  brune  rougeâtre,  semblable  A  celle  que 
f  aï  obtenue  avec  les  résines ,  et  l'eau  en  a  séparé  des  flocons 
blaocs.  Cette  expérience  prouve ,  pour  le  dire  en  passant , 
que  ce  styrax  liquide  nVst  point  un  baume.  Jfai  ensuite 
traité  par  le  même  moyen  du  storax  calamité  que  j'ai  tiré, 
il  y  a  quelque  temps ,  d'une  maison  de  commerce  de  Tou- 
louse ,  et  qu'à  son  aspect  je  soupçonnais  être  falsifié  ;  il  ne 
m'a  en  effet  ofiert  qu'une  couleur  d'un  rouge  sale ,  et  l'eau 
en  a  séparé  des  flocons  d'uDe  légère  couleur  rose  altérée. 
Tous  ces  caractères  indiquaient  que  le  baume  sur  lequel 
j'agissais nétaît  point  pur,  ainsi  que  je  le  présumais  d  a- 
▼ance  :  au  contraire ,  du  storax  calamité  que  j'avais  retiré 
des  magasinsde  M.  Marchand,  droguiste  distingué  de  Paris, 
eisur  la  pureté  duquel  je  comptais,  m'a  présenté  tous  les 
caractères  des  baumes. 

Je  dois  dire  encore  ici  que  le  baume  noir  du  Pérou  ne 
m'a  pas  présenté  une  couleur  rouge  tout-à-fait  aussi  belle 
cjue  celle  des  autres  baumes ,  quoiqu'elle  fût  très- marquée. 
Elle  paraissait  un  peu  altérée  aussi  par  le  mélange  de  la 
couleor  brune  du  baume  non  attaqué.  L'eau  en  a  séparé 
une  matière  TÎsqueuse ,  d'un  violet  sombre ,  qui  s'est 
prise  en  une  seule  masse ,  et  elle  a  acquis  une  légère  teinte 
rote.  Cette  expérience  parait  indiquer  que  la  résine  de  ce 
baume  a  été  en  partie  altérée  par  le  procédé  que  l'on  em- 
ploie pour  l'extraire  (i)  ;  c'est  au  reste  ce  que  sa  couleur 
bmne  fait  d'abord  penser. 

Je  crois  donc ,  d'après  ces  observations ,  que  lorsqu'on 
voudra  distinguer  un  batmie  d'une  autre  substance  rési- 

(i)  Qâe  Y  on  cUite  parmi  les  batunet. 

(3)  Oa  sait  que  c«  baume  est  obteou  par  décoction  dans  l'«mtt  ds  Vi- 
corct  et  des  rameaux  da  MyroxyUmi  perui/erum,  L.  F.. 


44  BULLETIN    DES   TRAVAUX         T 

neuse  ou  bien  s^aissarer  de  la  pureté  de  ce  baume ,  il  faudra- 
eu  faire  dissoudre  une  petite  quantiié  dans  l'acide  suifu- 
rique  concentré  et  précipiter  la  dissolution  par  Teau.  Oa 
verra  facilement ,  d'après  la  couleur  de  la  dissolution  bI  de 
la  matière  précipitée  par  Tcau  j  si  la  substance  résineuse 
qu'on  examine  est  un  bautue ,  et  si  c'est  un  baume  la  coa-* 
leur  rouge  pure ,  ou  plus  ou  moins  altérée  de  la  dissolu- 
tion y  indiquera  aisément  la  pureté  ou  la  plus  ou  moins 
grande  falsification  ou  altération  de  ce  baume. 

Nota.  Après  avoir  présenté  à  la  Société  le  mémoire  sur 
la  résine  des  baumes,  qu'elle  a  reçu  il  y  a  quelque  temps, 
ayant  relu  avec  plus  de  soin  le  travail  de  M.  Hatckelt  sur 
les  résines ,  j'ai  été  conduit  à  répéter  quelques-unes  des 
expériences  rapportées  dans  ce  mémoire;  et  voici  ce  que 
j'ai  observe  de  nouveau. 

J'ai  dit  que  la  résine  des  baumes  est  très-soluble  dans  un 
solutum  aqueux  de  potasse  caustique  ,  à  froid  et  A  chaud , 
et  que  la  résine  ordinaire  (celle  de  pin  entièrement  soluble 
;dans  l'alcohol  )  ne  s'y  dissout  qu'imparfaitement  à  froid  ; 
que  sa  dissolution  trouble  devient  plus  claire  par  l'action 
de  la  chaleur ,  mais  qu'elle  redevient  trouble  parle  refroi- 
dissement* Ces  faits  sont  exacts  »  comme  je  m'en  suis  con- 
vaincu de.  nouveau;  mais  pour  les  observer  il  faut  em- 
ployer un  solutum  de  potasse  plus  ou  moins  étendu ,  sui- 
vant l'esp&ce  de  résine  que  l'on  examine.  Ainsi  la  résine 
des  baumes  se  dissout  en  grande  proportion  dans  un  solu- 
tum de  potasse  conlenantenviron  un  huitième  ou  un  dixième 
de  son  poids  d'alcali ,  et  sa  dissolution  est  toujours  transpa- 
rente ,  tandis  que  la  résine  de  pin  ne  se  dissout  qu'impar- 
faitement dans  ce  même  solutum  à  froid  ,  et  sa  dissolution 
est  toujours  trouble ,  quelque  faible  que  soit  la  proportion 
de  résine^mployée.  Si  l'on  fait  chaulFer  cette  dissolution  , 
sans  la  faire  bouillir ,  elle  devient  claire  ,  mais  elle  se  trou- 
ble de  nouveau  par  le  refroidissement.  Si  on  la  fait  bouiU 


DE    LA-  SOCIÉTÉ    DB    PHARMACIE.  4^ 

Hf^  elle  resté  claire  plus  long*tenips ,  mais  enfin  elle.se 
Iranble  encore  comme  auparavant. 

Si  au  solutnm  de  potasse  on  ajoute  environ  trois  ou  quatre 
fois  son  volume  d*eau ,  la  résine  des  baumes  ne  s'y  dissout 
plus  qu'en  très-petite  quantité ,  tandis  qu'an  contraire  !& 
résÎDe  de  pin  s'y  dissout  alors  en  assez  grande  proportion. 
Si  J  on  étend  d'eau  la  dissolution  de  résine  des  baumes 
dans  le  solutum  concentré  de  potasse  elle  ne  se  trouble 
point ,  tandis  que  si  l'on  ajoute  de  l'eau  à  la  dissolution 
trouble  de  résine  de  pin  dans  le  même  solutum  elle  s'éclair- 
dt  aussitôt*  Il  semblerait  d'abord  que  dans  le  premier  cas 
l'eau  devrait  troubler  la  dissolution,  puisque  la  résine  des 
baumes  ne  se  dissout  qu'en  petite  quantité  dans  le  solutum 
de  potasse  étendu  )  mais  on  voit  bientôt  qu'il  ne  doit  pas 
en  être  ainsi  en  considérant  |que  l'eau  dissout  facilement 
la  combinaison  de  potasse  et  de  résine  des  baumes  qui  se 
forme  lorsque  l'action  de  la  potasse  n'est  pas  trop  affaiblie 
par  l'eau.  Le  second  cas  se  conçoit  aisément  d'après  ce  que 
j'ai  dit  plus  haut. 

Tai  dit  aussi  dans  le  mémoire  j  qu'on  sait ,  d'après  les  ex- 
périences de  M.  Hatcbett ,  que  l'acide  nitrique  en  agissant 
sur  les  résines  les  décompose  et  forme  une  liqueur  que 
Feau  ne  trouble  poinL  Je  l'ai  dit  parce  que  je  l'ai  lu  dans 
le  Traité  de  Chimie  de  M.Tbenard  ;  mais,  d'après  ce  qu'on 
Ut  dans  le  Système  de  Chimie  de  Thomson ,  où  les  expé- 
riences de  M.  Hatchett  sont  rapportées  avec  plus  de  dé- 
tail ,  on  voit  que  l'eau  trouble  la  dissolution  faite  à  chaud 
de  résine  ordinaire  dans  l'acide  nitrique  ;  que  ce  n'est  que 
lorsqu'on  fait  digérer  asseï  long*temps  la  résine  dans  cet 
acide  qu'on  obtient  une  liqueur  que  l'eau  ne  trouble  point. 
Je  crois  devoir  dire  ici  que  j'avais  fait  la  même  observa- 
tion en  répétant  la  première  expérience  de  M.  Hatcbett , 
mais  je  n'avais  pas  osé  la  rapporter  craignant  d'avoir  com- 
mis quelque  erreur ,  puisque  je  croyais  avoir  obtenu  un 
résultat  différent  de  cçlui  de  M.  Hatchett ,  d'après  ce  que 


46  BULLETIN    DES   TRAVAUX 

j'aTais  lu  dans  Touvrage  de  M.  Thenard  ;  mais  je  doi»  ob- 
server que  les  flocons  qui  se  précipitent  par  Faddition  de 
Feao  dans  la  dissolution  nitrique  ée  résine  ont  une  couleur 
blancb&tre  bien  différente  de  la  couleur  jaune  serin  des 
flocons  séparés  de  la  dissolutio»  de  résine  des  bitumes. 

La  nialière  obtenue  par  Faction  de  Fràde  nitrique  sur  la 
résine  des  baumes  a  ^  comme  je  Fai  dit,  une  belle  couleur 
jaune.  Xai  ohserfé  de  plus  qu'elle  était  d*u]ie  sareur  très- 
amère  :  il  s'j  était  formé,  selon  tonte  apparence,  du /min- 
dpe  jaune  amer  dû  Webher.  Je  n'ai  pas  constaté  s'il  s'y 
était  formé  en  même  temps  du  tannin  artificiel  ;  mais  on 
sait  que  M.  Hatchett  en  a  obtenu  en  traitant  le  benjoin 
par  Facide  nitrique.  Il  ne  s'y  était  pas  produit  de  Fadde 
oxalique. 

Avant  de  finir ,  je  crois  devoir  dire  qu'après  avoir  ob^ 
sorvé  le  phénomène  de  la  coloration  en  rouge  du  benjoin 
]^r  Facide  sulfurique  j'ai  lu ,  dans  le  Système  de  Chimie 
de  Thomson ,  que  M.  Hatcbett  l'avait  déjA  observé  ;  mais 
il  n'avait  pas  poussé  plus  loin  ses  expériences. 


ANALYSE 

D'une  poudre  vendue  sous  le  nom  de  Poudre  aromatique 
de  Leayson  \  par  M.  HevkyJUs  ,  pharmacien^  sous-^hef 
à  ta  pharmacie  centrale. 

Cette  poudre,  que  Fon  demande  quelquefois  sous  le  nom 
de  collyre  sec  ammoniacal  y  a  d^A  été  examinée,  princi- 
palement par  on  chimiste  allemand  qui  Fa  trouvée  compo- 
sée soit  d'hydrochlorate  d'ammoniaque  et  de  carbonate  de 
potasse ,  soit  de  carbonate  d'ammoniaque  et  de  chaux. 
.(  Journal  de  chiinie  médicale  ,  page  216,^  avril  iSiS.  ) 

Ccmime  ces  mélanges  ne  paraissent  pas  toujours  sem- 
blables^ ayant  été  invité  par  un  membre  de  l'administration 
des  h6pitattx  civils  A  examiner  une  poudre  qu'il  avait  achc- 


DE    LA    fOClÉTB    DE    PI(ÀRMAC|£.  4? 

tie  à  Pari» ,  sous  le  nom  de  poadre  aromatique  de  LeBjson 
( Leoysans  odoraus  powder  ) ,  dans  nn  dea  dép6u  où  elle 
se  trouve  ,  nous  avons  cru  devoir  Texaminer  de  nouveau , 
et  nous  n'hésitons  pas  à  mettre  an  jour  nos  résuhats ,  puté- 
que  déjà  d'autres  chimistes  ont  fait  de  semblables  pftblica- 
lions ,  et  que  d'ailleurè  ce  remède  se  prépare  de  plusieurs 
manières.  Sans  vouloir  rien  6ter  au  mérite  de  cette  poudre, 
il  ne  serait  pas  inutile  y  au  reste ,  de  rendre  publiques  une 
foule  de  prescriptions  secrètes,  souvent  de  très-peu  d'im- 
portance par  leur  valeur  intrinsèque ,  et  que  Ton  débite  au 
public  è  des  prix  très-élevés.  y 

Quoi  qull  en  soit ,  rcvenotis  è  Pezamen  du  médicament 
irendu  sous  la  dénomination  de  poudre  odorante  deLeayson* 
cette  poudre  est  gris&tre  i  Tétat  sec  p  et  plus  noirâtre  quand 
on  l'humecte  ;  mêlée  de  petits  points  rotigeàtres  et  de  petits 
fra^ens  reconnus  par  la  saveur  pour  des  morceaux  de 
girofle ,  d'écorce  de  cannelle  ou  d'une  autre  très-aromar 
tique  ;à  la  partie  supérieure  des  flacoiis  qui  la  renferment^ 
elle  est  très*humide ,  et  présente ,  èùr  les  parois  des  vaïes, 
des  zones  rouges  et  noirâtres  veinées  ;  elle  dégage  une  forte 
odeur  d'ammoniaque  et  ne  se  dissout  qu^en  partie  dans 
Veau  qui  est  colorée  en  jaune  par  Faction  de  la  chaux  ou 
de  Tanummiaque  sur  la  matière  végétale. 

J'ai  d'abord  constaté ,  à  l'aide  des  réactifs,  la  présence 
de  la  chaux ,  de  l'ammoniaque ,  de  Tacide  hydrocblorique 
et  de  quelques  traces  de  sulfate  dans  cette  poudre ,  puis  j*y 
ai  reconnu  aussi  du  charbon ,  du  peroxide  de  fer  et  un  peu 
de  silice,  etc«  ;  mais  voulant  m'assurer  si  la  poudre  en  ques- 
tion ne  renfermait  pas  de  potasse  et  de  carbonate  àmmO'- 
niacal  au  lieu  d'hydrochlorate,  j*ai  tenté  divers  essais. 

1^.  Après  avoir  calciné  long-temps  et  très-^fortement  une 

partie  de  la  poudre,  je  l'ai  traitée  par  Teau,  puis  j'ai  éva- 

^ré.  Le  liquide  concentré  n'indiqua  ,  k  Taide  du  sel  de 

l'Lttine ,  aucun  indice  de  la  présence  de  la  potasse  ; 

;***•  J  ai  introduit  un  poids  connu  du  remède  de  Leayson 


48  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

dana.ur^  cloche  graduée  ,  placée  dans  la  cure  hydrargyro- 
pneumatique  9  et  j'y  ai  fait  arriver  uue  certaine  quantité 
d*acide  hydrochlorique.  La  production  du  gaz  carboaique 
fut  à  peine  sensible  »  aussi  je  l'attribue  à  la  présence  d*un 
peu  de  carbonate  calcaire  que  contenait  la  chaux ,  ou  qui 
s'était  formé  par  Faction  de  Tair  sur  ceue  base. 

Il  de  venait,  alors  constant  que  Tammoniaque.  avait  été 
primitivement  à  Tétat  d'hydrochlorate  dans  la  poudre  qui 
m'occupe  ^  je  ne  m'appliquai  donc  plus  qu'^  en  rechercher 
la  proportion  ^  mais  comme  il  eût  été  difficile  et  inème  im- 
possible d'obtenir  directement  cet  alcali  ou  le  sel  ammo- 
niacal ,  puisque  déjà  une  partie  avait  été  décomposée  par 
la  chaux ,  je  pensai  que  l'on  pourrait  Tapprécier  très-apr 
prçximativement  en  calculant  la  quantité  d'acide  hydroT 
chlorique  reslani  dans  la  poudre ,  soit  combiné  avec  l'am- 
moniaque ^  soit  uni  à  la  chaux»  Â  l'aide  d'un  sel  d*argent  ^ 
il  fut  facile  d'obtenir  cette  évaluation  ,  et  pour  cela  je  sur- 
saturai d'abord  la  poudre  par  l'acide  nitrique  pur  ,  je  fil- 
trai et  lavai  à  grandeeau  le  résidu  composé  ,  comme  ou  le 
dira  plus  bas ,  de  charbon  ,  de  silice ,  etc. 

La  liqueur  acide  fut  pesée  et  séparée  en  deux  parties  égar 
les  :  dans  l'une,  je  ne  recherchai  que  l'acide  hydrochlorique 
au  moyen  du  nitrate  d'argent. 

Dans  l'autre ,  dont  je  saturai  d'abord  l'acide  par  un  excès 
d'ammoniaque,  j'obtins  un  dépôt  floconneux  reconnu  pour 
être  un  mélange  de  beaucoup  d'alumine ,  d'oxide  de  fer 
et  de  traces  de  magnésie  ;  puis  la  liqueur  filtrée  contenant 
la  chaux  fut  précipitée  par  le  carbonate  de  potasse,  ou  mieux 
par  Toxalate  d'ammoniaque. 

L'oxalate  de  chaux ,  lavé  et  séché ,  fut  pesé  avec  soin , 
et  une  partie  calcinée  fortement  donna  la  quantité  de  chaux 
anhydre  qu'il  représentait. 

Le  poids  du  chlorure  d'argent  fournit  par  le  calcul  celui 
de  l'acide  hydrochlorique. 

Pour  10  grammes  de  poudre  humide  anal-ysée  on  eut , 


DE  .0\' !»OÊ4ÉTÉ  •  DE    PHARMACIE.  49 

f  !•;  Oxalate dtf'çl^tQc,  •  •  •;  • •      i^,8i 

D'où  49'%>^hidix  ai^h^dre  9prés  la  calcina- 
tion*daiii*^ids  6ç(nnu  d'oxalate; 
.   1*.  Chlonite^^ârgeftt  i.o^ooS^d'où  chlore.  •  o,a46a  ' 
*  ;          •  •  V  1    '  '"  ;.'               Hydrogène.  0,0067 
.    Et  alors  acide  Infi^rochlorique ;  o,^5ag 

Qnant  i^ifVMdLitTiqir  insoluble  dans  Tacide  nîlriqae,  on 
lé  pesa  et  fm'eiisép^a  facilement  les  fragmens  de  girofle 
on  d'écof c%  de  îftiïknelle  qui Vy  trouvaient  mêlés.  Au  moyen 
de  Taeide  faydrochloriqne  pur,  on  enleva  le  peroxide  de  fcr| 
et  il  resta  un  charbon  léger  très-fin,  comme  huileux  à  la  sur- 
face ,  et  que  je  pense  provenir  du  noir  de  fumée.  Au  moyen 
de  lacalcînation  on  brûla  ce  corps ,  ce  qui  permit  de  Téva- 
Iner  par  la  perte  obtenue;  le  reste  était  de  la  silice. 

Ces  diverses  substances  devaient  pour  la  plupart  pro- 
venir, soîi  de  la  chaux  ,  soit  de  Toxide  rouge  de  fer  que 
je  crois  avoir  été  pris  à  Tctat  de  bol  d'Arménie  ou  de  sable 
fermgineui  particulier  ;  le  charbon  avait  été ,  ainsi  que  le 
fer,. mélangé  A  cette  poudre  pour  lui  donner  un  aspect 
particidier  et  embarrasser  dans  l'analyse  ;  nous  ne  pensons 
pas  qn'ils  y  aient  été  mis  dans  un  autre  but ,  et  nous  croyons 
que  le  charbon  provient ,  soit  du  noir  de  fumée ,  soit  çl'ua 
corps ^rès-léger  ,  parce  que  sous  un  poids  très*petit  il  ren- 
ferme beaucoup  plus  de  parties  colorantes. 

Nous  avons  négligé  quelques  traces  de  sulfate  trouvé 
dans  la  poudre  et  par  conséquent  accidentelles  ou  de  peu 
d^importance  ;  je  dois  ajouter  aussi  que  la  poudre  de  Leay- 
son ,  soumise  à  des  essais  préliminaires  et  variés ,  n'a  pas 
présenté  toujours  la  même  composition  dans  toutes. ses 
parties^  nous  nous  en  sommes  rendu  raison  en  songeant 
qne  le  mélange  fait  probablement  dans  le  Tase  môme  ne 
pouvait  être  homogène  y  aussi ,  dans  l'analyse  que  nous 
annonçons ,  avons-nous  opéré  sur  un  poids  connu  de  la 
poudre  entière ,  mêlée  d'abord  convenablement  dans  un 
mortie"  de  porcelaine. 


5o  BITLLETIK    DES    TRAVAUX 

En  calcinant  fortement  pendant  quelque  temps  un  poids 
déterminé  de  la  poudre ,  on  a  obtenu  une  perle  qui  se 
composait  de  l'ammoniaque  dégagée ,  de  Teau ,  de  Thydn^c 
de  chaux  et  de  celle  ajoutée  pour  humecter  la  poudre , 
plu9  d'une  certaine  quantité  de  charbon  brûlé  ^  elle  fut 
de  4>^  9  et  9e  rapprocha  beaucoup  de  celle  donnée  par  Ta- 
Balyse ,  qui  fit  connaître  la  quantité  d'ammoniaque  et  celle 
de  Teau  combinée  et  non  combinée. 
•  Si  noua  faisons  observer  maintenant,  en  snivMit,  les  pro* 
portions  données  par  M.  Thenard  (  Traité  de  Chinde , 
tome  y,  4*.  édition ,  pag.  a58  et  ^56  ) , 

i^  Que  les  ^fig  de  chaux  anhydre  pMonent  eau  i,54' 
pour  devenir  hydrates  \ 

^\  Que  lo  grammes  de  chlorure  d'argent  représentent 
acide  hydrochlorique  0,2519,  qui  exige  pour  être  saturé , 
ammoniaque ,  0,20 1  • 

On  aura  alors  chaux  hydratée  6,43 ,  et  hydrochlorate 
ammoniacal  0,454^* 

Le  reste ,  après  l'addition  de  la  silice ,  du  fer  oxidé ,  etc. , 
donnel*a  la  quantité  d'eau  ajoutée  au  mélange  si  l'analyse  a 
été  bien  faîte.  Nous  avons ,  par  une  expérience  ci-dessus, 
■à  ce  sujet ,  obtenu  un  résultat  fort  satisfaisant  par  son  ap- 
proximation* 

Voici ,  d'après  l'examen  chimique  de  la  poudi*e  vendue 
sons  le  nom  de  Leaysoa ,  la  composition  que  nous  y  avons 
trouvée  : 

Hydrochlortte  d^ammonîaqae.    .  .  0,4^4 1 

ch.o.  AdBU  {:!?•«,:  |;^}toui.  6,43 

Charbon  trè«-Wger(cra  noir  de  fn- 

mëe) o»>9 

Silice 0,09  /Bold^Arm^ie.  0,49 

Alumine.  .  ï  «m  I Charbon.  .  .  .  0,10 

Magnésie?  .  / *  '      ^u  j  Chaux  éteinte.  6,A3oo 

Perozide  de  fer 0,18  A  Sel  ammoniac.  0,4^41 

Écorce  de  cannelle  ou  girof.concatstf.  0,11  I  Girofle 0,39 

Humidité  ou  eau  non  combinée.    .  a^aiSg  ^Eau  en  plus.  .  s^aiSi) 

10,0000  lOyOOOO 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHAJIMACIE.  5l 

n  DOQs  reste  k  dire  un  mot  de  la  manière  dont  noua 
crojona  que  Ton  peut  préparer  ou  imiter  très-bien  cet!» 
poudre. 

Comme  il  a  été  reconnu  que  c'est  un  mélange  peu  ho- 
mogène ,  nous  croyons  qu^on  doit  d*abord  introduire  dans 
le  fond  du  yase  une  certaine  quantité  de  chaux  éteinte , 
eciorée  par  une  petite  proportion  de  charbon ,  puis  ajouter 
par  couches  le  sel  ammoniac  et  une  proportion  de  chaux  ', 
puis  enfin  recouvrir  le  tout  par  le  reste  de  la  chaux  mêlée 
a  Foxide  de  fer  et  au  charbon.  Le  bol  d'Arménie  parait 
réussir  arec  avantage  pour  imiter  la  couleur  de  oereraède 
étranger.  On  verse  alors  sur  la  poudre  un  peu  d'eau  (  les 
quantités  données  par  Tanalyse) ,  et  Ton  bouche  arec  soin 
le  Saeon  poar  s'en  senrir  au  besoin. 

Au  liea  d'ajouter  dans  cette  poudre  des  fragmens  de 
gfroHe  y  d'écorce  de  cannelle  ou  de  tout  autre  substance 
aromauque,  on  peut  y  mêler  une  très -petite  quantité 
d*huile  essentielle  de  girofle  ou  de  cannelle. 

Noia,  Nous  n'aurions  pas  publié  cette  analyse  si  nous 
ne  pensions  pas  qu'il  peut  être  de  quelque  utilité  de  con* 
naître  la  composition  d'un  remède  que  Ton  demande 
quelquefois  dans  les  phannacies  ,  sous  le  nom  de  collyre 
sec  ammoniacal ,  et  qui  souvent  alors  est  peu  connu.  11 
serait  sans  doute  facile  de  le  modifier  et  de  le  présenter 
soos  ime  «utre  dénmniiiation. 


5a  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

NOTE 

Pour  servir  à  t histoire  des  semences  émulsives ,  lue  à  la 
Société  de  pharmacie  ^  peur  M.  Soubeiraw. 

Les  chimistes  douteut  encore  si  les  semences  émalsivçs 
contiennent  de  l'albumine  ou  de  la  matière  caséeuse.  En 
comparant  eptre  eux  les  divers  travaux  relatifs  à  cette 
question  ^  les  expériences  de  M.  BouUay  m'avaient  semblé  . 
les  seules  dignes  de  confiance^  mais  depuis  leur  publication 
un  travail  de  M.Vogel  sur  les  amandes  amèrcs ,  les  observa- 
tions de  M.  Martres  fils ,  et  tout  récemment  encore  Tanalysc 
des  pistaches  de  terre  publiée  par  MM.  Henry  fils  et  Payen 
ont  indiqué  dcf  nouveau  la  présence  de  la  matière  caséeuse 
dans  les  graines  émulsives.  J'ai  cherché  à  m'éclaircir  par 
quelques  nouveaux  essais ,  et  les  résultats  auxquels  je  suis 
parvenu  m'ont  paru  mériter  d*être  communiqués  à  la  So« . 
dété*  J'ai  cru  devoir  examiner  d'abord  quels  caractères 
difi*érencieut  la  matière  caséeuse  et  l'albumine,  afin  de 
pouvoir  les  reconnaître  si  l'une  ou  )'autre. existaient  dans 
les  amandes ,  et  me  prqcurer  un  moyen  de  les  séparer  si 
elles  s'y  rencontraient  tputes  deux. 

J'ai  préparé  la  matière  caséeuse  par  le  procédé  suivant  : 

Du  lait  a  été  coagulé  par  l'alcohol  au  moment  où  il  ve- 
nait d'être  trait.  Le  précipité  reçu  sur  une  toile  a  été  ex- 
primé ,  lavé  avec  de  l'eau  pure  et  exprimé  de  nouveau*  Il 
a  ensuite  été  épuisé  par  l'éther  de  tout  le  beurre  qu'il  con- 
tenait ,  et  enfin  on  Fa  séché*  Dans  cet  état  c'était  une  ma- 
tière blanche ,  opaque  /  inodore ,  insipide  et  insoluble  dans 
Tegu. 

En  comparant  les  propriétés  de  la  matière  caséeuse  à 
celles  de  l'albumine  ,  on  trouve  trois  caractères  qui  ne  per- 
mettent pas  de  les  confondre.  .  ^. 

1**  La  matière  caséeuse  est  soluble  à^iis  l'ammoniaque; 


BE    LÀ   SOCIÉTÉ    BE    PQAKMACIE.  53 

m  la  trilarant  àT«o  cet  alcali  caustique ,  elle  se  gonfle,  i  la 
numière  de  la  gomme  adragante  et  forme  une  masse  gëla- 
ttaenae  considérable  qui  se  dissout  dans  une  plus  grande 
quantité  d^eau.  L'albumine  coagulée ,  traitée  de  même,  ne 
dissent  pas;  si  on  se  sert  d^albumioc  d'amandes  préci- 
pitée d'une  émulsion  par  Talcohol  et  privée  d'huile  par 
Téther ,  on  peut  d'abord  dissoudre  au  moyen  de  l'eau  une 
petite  quantité  de  matière,  et  quand  on  a  épuisé  par  Teau , 
l'ammoniaque  peut  en  dissoudre  à  son  tour  ;  mais  les  phé- 
nomènes qui  accompagnent  cette  dissolution  sont  tous  dif- 
fêrens  de  ceux  que  présente  la  matière  caséeuse.  Une  petite 
portion  de  matière  seulement  est  dissoute^  et  Ton  n'observe 
ni  dans  la  liqueur  ni  dans  le  résidu  cette  tuméfaction  gé- 
latineuse qui  se  montre  è  un  si  haut  degré  avec  la  nutière 
caséeuse  du  lait. 

2^  L'albumine  se  coagule  par  la  chaleur  ;  c'eçt  un  phé- 
nomène connu  de  tout  le  monde.  Cçtte  propriété  n'appar- 
tient pas  i  la  matière  caséeuse ,  autrement  le  lait  devrait 
te  cailler  par  l'action  du  feu.  On  ne  peut  supposer  que  la 
présence  du  beurre  s'oppose  à  la  coagulation  ;  s'il  en  était 
ainsi ,  Thuile  devrait  produire  le  même  effet  dans  les  émul- 
tiens  végétales ,  et  l'expériece  prouve  le  contraire. 

3^.  L'albumine  et  la  matière  caséeuse  prennent  toutes 
deux  en  se  putréfiant  une  odeur  de  fromage  ^  mais  on  ne 
trouve  pas  d'oxide  caséeux  dans  les  produits  de  la  putré- 
faction de  l'albumine. 

Ces  différences  sont  bien  tranchées  et  caractérisent  suffi- 
samment les  deux  corps  que  nous  étudions.  J'arrive  a  l'ap- 
plication que  j'en  ai  faite  i  l'examen  des  semences  émul- 
sives.  J'ai  opéré  sur  les  graines  de  ricin  et  sur  les  amandes 
douces ,  et  j'ai  obtenu  avec  les  imes  et  les  autres  des  résul- 
tats parfaitement  semblables. 

Les  semences  mondées  ont  été  pilées  et  exprimées  pour 
en  extraire  la  majeure  partie  de  l'huile  ;  le  résidu  solide 
a  été  pulvérisé  et  délayé  avec  de  l'eau  distillée.  Le  pro- 
XII*.  Année. '^  Janvier  i8a6.  4 


54  BXIIX£TI]!f    »ES    tl^kfkVJC 

dtiil  y  pM<é  4  travers  un  linge ,  était  mie  étimlaibÀ  eoiH 
ûatante  et  médiocrement  laiteuse.  Elle  a  été  portée  k  Té- 
biiUition  ]  elle  s^estj  pour  ainsi  dire,  prise  en  masse  ;  on  Ta 
jelée  sur  «ne  toile  serrée ,  et  Ton  a  fortement  exprimé.  La 
partie  liquide  a  été  filtrée  et  concentrée  en  conMStanee  si« 
rapense.On  y  a  ajouté  de  Talcohol  qui  a  précipité  des  flocons 
Uanos  ;  ceux-ci  ont  été  reçus  sur  un  filtre  et  layés  avec  de 
Valcollci  ,  puis  ils  ont.  été  repris  par  Teau  froide  ;  ils  se  sont 
dleéous  et  la  solution  avait  toutes  les  propriétés  de  ht  gom- 
me.  La  liqneur  alcc^lique  était  acide  ;  elle  a  laissé  par 
Tévaporatlon  une  petite  quantité  de  matière  qui  offrait 
ipielque  ressemblance  avec  ce  qne  l'on  a  appelé  de  Tosma- 
xôme  \  et  que  je  n'ai  pas  cru  devoir  examiner  :  il  me  suffi- 
sait d'être  assuré  qne  la  liqueur  sépai^  du  coagulum  é'a« 
mandes  ne  contenait  ni  albumine  ,  ni  matière  caséense. 

Le  coagulum  dn  lait  d'amandes  a  été  privé  d'huile  par 
Vélher  quand  il  provmiait  des  amandes  douces ,  et  par  Val- 
cobol  quand  il  avait  été  fourni  par  les  ricins;  il  a  ensuite 
été  mis  en  contact  avec  l'ammoniaque  caustique. 

Au  bout  de  a4  heures  la  partie  liquide  a  été  séparée  par 
le  filtre ,  et  l'ammoniaqiae  a  été  chassée  par  une  ébuUition 
soutenue.  La  liqueur  concentrée  était  à  peine  colorée , 
L'alcohol  lui  laissait  sa  transparence,  par  conséquent  le  eo4- 
gulum  ne  contemMt  pas  de  matière  caséense. 

Une  me  restait  plus  qu'à  lui  faire  subir  un  dernier  genre 
d'épreuves,  et  k  cet  effet  je  l'ai  laissé  putréfier  pendant  srt 
semaines ,  et  je  l'ai  analysé  par  le  procédé  de  M.  Proust , 
en  ayant  l'attention  de  me  servir  d'une  masse  ass^'  forte 
pour  n'être  pas  trompé  sur  les  résultats,.  Je  n'ai  pas  til»onvé 
d'oxîde  caséemx. 

Les.  expérience»  que  je  viBeos  de  papporter  me  paraissent 
démontrer ,  ainsi  que  l'avait  déjà  fait  M.  Boullay  ,  que  les 
seouiices  éumlsives  ne  contîennenit  pas  de  matière  caséense, 
mais  de  l'albumine  végétale.  L'odeiir  de  fromage  que  prend 
l'albumine  des  amandes  par  la  putréfiiciîon  a  trompé^  les 


DE    |.A    SOCIETE    DE    PHABlftACIE.  55 

chimistes  qui  oot  cru  ],rouver  de  la  matière  caséeuse  dans 
les  semencçs  émulsives.  Il  est  vrai  de  dire  toutefois  que 
lalbamine  des  amandes  n^est  pas  parfaitement  idcotitjue 
avec  Talbumiiie  animale  ;  elle  existe  d^aiUeurs  dans  des  cir« 
constances  différentes  ;  toigours  elle  se  trouve  dans  des 
liqueurs  acides,  et  Talbumine  animale  dans  des  liqueurs 
alpalines.  On  sait  aussi  que  les  acides  forts  coagulent  les 
émnlsions  végétales  de  même  que  le  lail.  U  serait  assez  in* 
téressant  d^examiner  plus  particulièrement  celte  matière 
en  recherchant  quelles  sont  ses  propriétés ,  et  si  elle  est  la 
même  dans  tous  les  végétaux  et  dans  toutes  leurs  parties. 


DE  L'EXISTENCE 

Des  acides  Oléique  et  Marganque  dans  la  coque  du  Levant  ^ 

Par  MM.  J. -L.  Casasbca,  de  Salamanqùe, 

et  L.*R<  LBGAHfj61s. 

Malgré  les  nombreuses  recherches  auxquelles  les  corps 
gras  ont  donné  lieu,  nos  connaissances  ne  sont  point  encore 
assez  avancées  pour  permettre  d'accueillir  ou  de  rejeter 
exclusivement  Tune  ou  Tautre  des  hypothèses  qu*on  a  pro- 
posées relativement  k  Tordre  d'arrangement  de  leurs  molé- 
cules. L'on  peut  en  effet ,  ainsi  que  M.  Chevreul  Ta  fait 
voir,  considérer  ceux  d'entre  eux  qui  sont  identiques  à 
Taxonge  et  à  la  plupart  des  huiles  végéules  comme  de  sim- 
ples mélanges  en  proportions  variables  d'oléine  et  de  stéa- 
rine, ou  comme  de  véritables  combinaisons  d'acide  oléique 
et  margarique  avec  la  glycérine ,  c'est-à*dire  comme  des 
espèces  de  composés  salins  dans  lesquels  la  glycérine  joue 
le  rôle  de  base  ainsi  que  l'hydrogène  carboné ,  l'alcokol , 
lans  manifester  à  l'eut  de  liberté  des  propriétés  alcalines, 
font  cependant  réellement  fonction  de  bases  salifiables ,  le 
premier  dans  les  éthers  hydrochlorique ,  hydrîodique  ;  le 


n 


56  BULLETIN    ORS    TRAVAUX 

second,  dana  Téther  hypo^nitreux  et  les  écher's  Tëgëtimx; 
maïs  quelle  que  soit  celle  des  deux  opinions  qu'on  préfète^ 
quoique  dans  Tétat  actuel  de  la  science  la  première  nous 
semble  appuyée  de  preuves  plus  positives ,  st  Ton  fait  atfen* 
tion  aux  circonstances  nombreuses  dans  lesquelles  on 
observe  la  formation  ou  Tisolement  des  acides  oléique  et 
margarique ,  on  peut  sans  doute ,  avec  assez  de  vraisem- 
blance, supposer  que  la  nature  pourrait  bien  elle-même 
présenter  quelqu'un  de  ces  acides  avec  tous  les  caractè- 
res qu'ils  offrent  lorsqu'on  vient  à  traiter  la  plupart  des 
corps  gras  par  les  bases  salifiables  énergiques ,  par  l'acide 
sulfurique  ou  par  la  cbaleur,  soit  qu'ils  aient  été  formés 
durant  la  vie  de  l'être  organisé  par  des  causes  plus  ou 
moins  analogues  aux  précédentes,  soit  qu'ils  y  apparaissent 
uniquement  par  l'absence  de  la  glycérine  ,  comme  la  plu- 
part des  autres  acides  qui  se  rencontrent  dans  la  nature 
tout  à  la  fois  libres  et  combinés* 

Cette  opinion  n'est,  il  est  vrai ,  le  résultat  d'aucune  obser- 
vation directe^  car  l'existence  des  oléates  et  des  margarates 
de  chaux  et  d'ammoniaque,  constatée  par  M.  Chevreul 
dans  le  gras  des  cadavres  ,  doit  être  considérée  comme  la 
suite  d'une  véritable  saponiBcation  ;  mais  elle  paraîtra  sans 
doute  extrêmement  probable  d'après  les  expériences  dont 
nous  allons  avoir  Thonneur  de  rendre  compte  à  la  Société. 

Dans  le  traitement  de  la  coque  du  Levant  par  Teau  bouil- 
lante destinée â  s'emparer  de  toutes  les  matières  solûbles 
qu'elle  renferme ,  l'on  obtient  entre  autres  produits  une 
quantité  assez  considérable  de  matière  grasse ,  susceptible 
par  le  refroidissement  de  se  prendre  en  masse  solide  légè- 
rement colorée.  Cette  matière  grasse ,  lavée  k  l'eau  distillée 
jusqu'à  ce  que  les  eaux  de  lavage  sortent  parfaitement  inco- 
lores, est  alors  sensiblement  blanche,  et  présente  tous  les  ca- 
ractères extérieurs  d'un  véritable  suif;  mais  elle  en  difiere 
essentiellement  en  ce  que  mise  encore  humide  en  contact 
avec  le  papier  bleu  de  tournesol,  elle  rougit,  offrant  aiusr 


DS    LA   SOCIÉTK    DE    FHAJIMAGIE.  S7 

k  caraclère  ordinaire  de  raciditë  ;  ti  Ton  Tieot  i  la  traiter  à 
phsietirs  repriaes  par  Talcohol  bonillant  et  concentré ,  Ton 
obiient  un  liquide  alcoholique  coloré  en  vert ,  rougissant 
le  ummesol,  et  dont  le  refroidissement  précipite  sous  forme 
de  flocons  légers  et  parfaitement  blancs  une  matière  gra|se 
que  des  dissolutions  et  des  cristallisations  conyenablemertt 
répétées  finissent  par  priver  de  la  propriété  de  rougir  le 
tournesol  ;  en  sorte  qu'elle  n'offre  plus  alors  que  les  ca- 
ractères d'une  matière  parfaitement  neutre  aux  réactifs 
colères»    . 

La  liqueur  alcoholique  filtrée ,  pour  séparer  le  précipité 
flocooneoz  ,  conserve  au  contraire ,  avec  la  teinte  verte 
qu'elle  présenuit  d'abord ,  la  propriété  de  rougir  le  tour- 
nesol ,  et  par  l'évaporation  fournit  nn  résidu  de  matière 
gffasse  acide. 

Ce  résidu  ,  solide  à  la  température  ordinaire,  se  dissout 
avec  la  pins  grande  facilité  dans  l'alcohol  bouillant ,  lui 
communique  I.1  propriété  de  rougir  le  papier  de  tournesol , 
et  par  le  refroidissement  s'en  dépose  presque  en  totalité. 

Comprimé  entre  des  feuilles  de  papier  Joseph  ,  il  four^ 
mt  une  masse  compacte  y  incolore  ,  nacrée  ,  fusible  à  Sg"*, 
très-solnble  dans  l'alcohol  bouillant,  beaucoup  moins  so* 
lubie  dans  Talcohol  froid ,  susceptible  de  rougir  le  papier  de 
tournesol  humide,  et  par  conséquent  de  présenter  les  prin- 
dpauz  caractères<le  l'acide  margarique.  Le  produit  liquide 
qui  en  a  été  séparé  au  moyen  de  la  pression ,  et  que  l'on 
peut  obtenir  lorsqu'on  n'a  opéré  que  sur  de  petites  quan- 
tités en  traitant  par  l'alcohol  le  papier  qui  en  est  imbibé, 
pnis  en  évapprant  le  liquide  alcoholique ,  se  comporte 
comme  le  fait  l'acide  oléique.dans  son  contact  avec  le  pa- 
pier de  tournesol ,  l'alcohol  et  l'eau  de  potasse  faible  ;  il  en 
diffère  seulement.en  ce  qu'il  est  sensiblement  coloré  en 
Tertpar  la  présence  d'une  petite  quantité  de  matière  étran- 
gère provenant  des. enveloppes  de  la  coque  du  Levant ,  et 
qui  accompagne  l'acide  liquide  de  préférence  à  l'acide  so- 


5%  .  BULLcnn  des  travaux 

lide  I  ^  vàtfme  q«i«  les  maiiires  colorantes  des  hitilos  ac^ 
çonpi^oeiK  plue  ordinairement  leurs  oliines  qae  laurf 
serines* 

Lfa  maUère  ^rasie  de  la  eoque  du  Levunt ,  eatraite  non 
pli^^  par  rétmllitîon  dans  Teau ,  mais  en  copipriniAnt  la 
coque  diA  Levant  n^nidée  dé  ses  enveloppes ,  puis  broyée 
enire  des  plaqiies  de  métal  cliauffées  k  loo^,  afin  d'éviter, 
autant  que  poasîUe ,  le  contact  de  lair  ,  fournit  des  pro* 
dliit3  analogues  aux  pnécédens ,  avec  cette  différence  que 
Ton  y  rencontre  plus  de  matière  colorante  verte ,  par  suite 
de  U  aéparatîon  des  enveloppes. 

Il  résulte  des  iajis  ci-deaaus  énoncés  ,  qne  la  coque  du 
Levant  du  commerce  t^eoCarmé  une  quantité  notable  d  aci- 
df^  oléique  et  margarique ,  plus  une  matière  grasse  neutre 
sans  doute  analogue  à  la  stéarine. 

MM.  Pelletier  et  Caventou ,  dans  leurs  belles  recherches 
fur  (Jiflerens  végétaux  de  la  famille  des  colchicacées«  avaient 
çlepuis  longtemps  fait  une  observation  analogue  en  dé- 
mpirtrant ,  dans  la  cévadille ,  rexislence  d'un  acide  volatil 
qu*iU  ont  désigné  soua  le  nom  d'acide  cévadique  ;  mais 
nous  ne  crayons  pas  qu'on  ait  encore  annoncé  dans  une 
substance  végétale  Texistence  d'un  acide  gras  fixe. 

Observons  toutefois  ^  au  sujet  de  nos  expériences  ,  que 
pour  démontrer  d'une  manière  convenable  que  les  acides 
oléîque  et  margarique  sont  des  produits  de  la  végétation ,  Il 
fisudraît  constater  leur  présence  dans  les  coques  du  Levant 
féoenment  récoltées ,  puisque  la  matière  grasse  contenue 
dans  les  coques,  du  Levant  que  fournit  le  commerce ,  peut 
avoir  éprouvé  quelque  altération  par  le  contact  de  l'air. 
Cette  objection  ^  qui  nous  parait  s'appliquer  également  à 
l'acide  cévadique ,  mérite  d'être  résolue,  mais  elle  ne  pa* 
ratt  guère  susceptible  de  l'être ,  du  moins  sur  les  coques 
da  Levant ,  par  rimpoasibilité  où  l'on  se  trouve  d'opérer 
sur  d'autres  matières  premières  que  celles  qu'on  rencontre 
d«ns  le  commereté 


DE    1.A    90CISTt    IXE    PaAJIMAQlB.  6^ 

Nous  terminerofta  cette  noté  em  ra|}pdaiH  troua  M*  Boâsy, 
notre  collègue  et  notre  anti  i  ayaot  traité  de  rdxtrail  de 
coque  du  Levant  par  la  magnésie,  dans  Fin  tention  d'isoler 
la  picrotoxioe  ,  avah  obtenu  11  y  a  long-temps  un  olcate  et 
un  margarate  de  magnésie*  Oft  aurwt  donc  pu  ,  dès  cette 
époque ,  en  conclure  que  ces  acidea  exÎAlaient  tom  formée 
dans  la  coque  du  Levant ,  puisque  la  magAésie  m»  peut  dëh* 
teitniiier  la  saponification  (i)« 

I 

SpA&ÂDaAPiER  à  deux  couteaux  parallèles ,  proposé  par 
M.  Ba«-bt  ,  pharmacien  à  Pdrisx 


La  difficulté  do  faire  des  sparadraps  soi^  loile  d'uud 
épaisseur  convenable  et  uniforme  ^  a  fait  imaginer  une  in- 
finité de  sparadrapiers  j  mais  tous ,  jusqu'à  préa4»H  ^  n'olil 
pas  rempli  le  but  proposé.  Le  couteau  k  mmin  pvéaente 
ïinconvéoîeut ,  non-squlesuent  d'être  obUgé  de  palier  ctt 
Dépasser  j^usieura  fois  de  la  m;iase  empl^stîque ,  mai»  en- 
core celui  d'avoir  un  sparadrap  baveux  et  étead^.  sans 


Celui  que  j'ai  l'honneur  de  présenter  à  la  Sod^iéfié  offre 
les  avantages  suivans ,  de  f^^re  des  bandes>  de  sparadrifp 
larges  de  8  a  lo  pouces  ,  longues  de  :à^  3  ou  4  a«i«esà/d'une 
épaisseur  égale  et  lisse  d'un  bqiU  à  Tsuive  ,  et  n'ayant  au- 
cune bavure  ni  siir  les  bords  ni  ^n  dessous  $ie  la  tpijè. 

L  uniformité  du  sparadrap  ne  dépend  que  de  la  laitte  de 
bois  plaoée  en  avant;  eUe  sert  à  conserver  è  la  toile  la  mènle 
inclinaison  jusqu'au  bpi|C  de  la  bande  ^  i  tdUe  h^ii^euff  que 
toit  placé  le  couteau. ,  .  . 

(i)  DepuÎB  la  lecture  de  ce  mëmoire  M.  Casaseca  a  oboervë  que  Thuile 
coBcviite  éa  Muacade  et  ia-b«iiOTa  de  oaoao  rëeemnwat  frëparës  con- 
tieimeiit  aussi  des  aci4es  Qiëiqne  et  m^ripu-ique ,  mais  que  Tliaile  de 
«oscâde  tie  renferme  qn^une  tr^s-pétî^'p'roportîon  d^acioe  margarîque» 
et  aa  coa traire  beaucoup  d^attda  4l<fl^e, 


6o      BULLETIN  DES  TRAVAUX,  ETC. 

Iiorsqu^on  reul  robienir  d*ane  très-forte  épaisseur ,  on 
peut  le  charger  une  seconde  fois. 

Explication  de  la  planche. 

Sparadrapier  vu  dans  son  ensemble. 

A.  Plateau  du  sparadrapier. 

B.  Ouverture  pratiquée  sur  le  plateau,  servant  &  débarras- 
ser le  sparadrapier  et  la  toile  de  l'excédant  de  la  matière 
emplastique  ,  laquelle  tombe  dans  le  récipient  H. 

C.  Couteau  taillé  en  bizeau,  s'adaptant  a 'fleur  de  l'ou- 
verture B. 

c.    Petit  couteau  également  taillé  en  bizeau ,  ayant  6  ligues 

.  de  haut ,  s'adaptant  au  milieu  de  l'ouverture  B.  ^ 
DD.  Pommelles  à  vis  servant  à  retenir  et  élever  le  couteau 

a  volonté. 
EE.  Crochets ,  adaptés  aux  pommelles ,  servant  i  retenir 

le  petit  couteau. 
F.     Rouleau  d'acier  tourné ,  placé  entre  deux  supports 
sur  la  partie  latérale  du  plateau ,  et  servant  à  tendre  la 
toile. 
GG.  Supports  placés  diagonalement ,  servant  à  retenir  le 
rouleau. 
H.  Lame  de  bois  placée  eu  avant  du  sparadrapier  et  élevée 

à  un  pouce  au^lessus  du  plateau. 
II.  Supports  servant  è  retenir  la  lame  de  bois. 
KK.  Arrête  s'adaptaut  k  la  table  pour  fixer  le  sparadra- 
pier. 
L.    Tiroir  en  fer  brasé  placé  sous  le  plateau,  et  servant 

de  récipient  i  la  matière  emplastique. 
M.    Spatule  d'acier  souple  servant  i  ramasser  Templàtre 
dans  le  tiroir. 


PARIS.  —  IMPRIBIERIE  DE  FAIN  »  RUE  RACINE,  M*.  4 » 

PLACE   DE   l'odÉOH* 


JOURNAL 

DE    PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 

N^  II. —  12*.  Année.  —  Février  1826. 

■   ■    !    ,       ,  —  '    .  .      ,     I.,      I  r'  "t 

DU  PATCHOULY; 
Par  M.  J.-J.  VittET. 

On  vient  d'apporter  de  l'ile  de  Bonii>oa ,  et  un%  dooM 
d*autre$  îles  des  mers  (]e  Tlnde  ,  une  herbe  deasécWe  don| 
les  caractères  botaniques  sont  fort  difficiles  k  reconnaîtra 
i  cause  de  la  comminution  de  ses  parties ,  mais  qui  ^xhalt 
une  odeur  si  forte  ou  si  aromatique ,  qu'elle  doit  préseaier 
des  qualités  très-actives.  Cette  odeur  tenace  a  de  l'analo* 
gie  avec  celle  du  chenopodîum  anthelminticum ,  du  bo" 
trys ,  et  de  la  valériane  ;  néanmoins  la  plante  n'annopce 
aucune  ressemblance  de  forme  aveo  les  ansérines  ;  la 
plante  sécfae  a  peu  de  savenr  ^  mais  la  chaleur  développe 
Fodeur. 

On  donne  le  nom  de  patchoulj  à  ce  végétal.  D'après 
plusieurs  recherches  que  nous  avons  faites  et  quelques 
rens«*igneroens  obtenus  de  M.  Dupetit  Thouars ,  mem- 
bre de  TAcadéraie-  des  sciences  et  savant  botaniste  qui  a 
voyage  dans  les  mers  de  l'Inde ,  il  parait  que  cette  plante  à 
feuilles  opposées,  rugueuses,  ovales,  cordi formes,  dentées 
Xjr.  jénnée.  —  Féi^rier  18516.  S 


Ca  JounNAL 

en  scie ,  un  peu  veines  ,  k  tiçe  quadrangnlaire,  doit  être 
rapportée  manifestement  â  la  famille  naturelle  des  labiées, 
et  probablement  au  genre  Germanea  de  M.  de  Lamarck 
(  Plectranthus  de  THéritier  )•  Robert  Brown  a  décrit  sous 
le  ndmde  plectranthus graveolens (i)  une  plante  delà  nou- 
velle Hollande  et  des  îles  australes  qui ,  selon  nous ,  est  le 
patchouly  ;  cependant  l'absence  des  caractères  de  la  fruc- 
tification nous  prive  des  moyens  d'une  vérification  complète 
quoique  tout  le  reste  s'y  rapporte  très-bien. 

Les  germanea  ou  les  plectranthus  sont  fort  voisines  des 
ocymum ,  ou  basilics ,  et  plusieurs  de  ceux-ci ,  dans  l'O- 
rient, exhalent  des  odeurs  fortes  comme  le  zatarbendi ,  cul- 
tivé pour  son  parfum. 

Il  est  à  présumer  que  le  patcbouly  jouit,  de  propriétéi 
médicinales  qui  méritent  sans  doute  attention ,  puisqu'on 
l'importe  en  France  ;  c'est  pourquoi  nous  signalons  cette 
plante  aux  expériences  des  praticiens.  Elle  sert  aussi  pour 
écarter  les  insectes  des  vètemens  et  des  schals.  Elle  offre 
bien  plus  de  qualités  appréciables  à  nos  sens  que  Taya- 
pana  et  d'autres  plantes  jadis  très-préconisées.  On  voit 
par  l'exemple  de  la  menthe  crépue  et  des  basilics  que 
les  labiés  à  feuilles  très-rugueuses  sont  souvent  les  plus 
odorantes. 


(-1)  Sa  description  se  rapporte  avec,  les  parties  de  notre  patchoulj  que 
nous  avons  pu  défelopper  :  Foliis  ouatia ,  crenatit ,  villosis^  rugosissi' 
tms^  eauU  suffrudcoso.  H  décrit  aiusi  les  autres  parties  :  CalicU  hirtuû 
Imbio  injeripre^^  partUo  p  ittciniU  inlermedus  ptirUm  iongioribtu  p  t^rU' 
^UU  Jistineiis ,  pedicellis  caltctm  superanUbus. 


DE    PIIAIOIÀCIE.  63 

»...^^..  ■■■—.. ^■■.  ■..^■■— ^«. .-.^.j-^.^^^^  1nB^^tl^   -ni'--  n  1. 1  l  Liiiiti  .l 

DE  L'EXISTENCE 

De  T acide  benzoïque  dans  quelques  graminées  des  prairies; 

Par  M.  VoGEL,  de  Munich. 

Lorsque  Schcèle  avait  trouvé  de  Tacîde  benzoïque  dans 
rnrinedes  enfans  nouveau-nés ,  et  lorsque  MM.  Fourcroy' 
et  Vauqueliu  avaient  constate  la  découverte  de  Rouelle  le 
jeune ,  que  Tacide  benzoïque  existe  dans  Turinc  de  quel- 
ques animaux  herbivores,  notamment  dans  celle  de  la 
vacbe  et  du  cheval ,  on  ne  sut  pas  se  rendre  compte  de 
Torigine  on  de  la  formation  de  cet  acide. 

Par  les  observations  énoncées  ci-dessus ,  le  problème 
sur  Ja  formation  de  Tacide  benzoïque  ne  fut  donc  pas  ré- 
solu d^nne  manière  satisfaisante  ,  de  sorte  que  Tobjet  exi- 
geait de  nouvelles  expériences  pour  être  mieux  éclairci* 

n  y  a  quelques  années  que  je  trouvai  de  Tacide  ben- 
zoïque dans  Turine  de  rhinocéros,  tandis  que  je  ne  par- 
vins pas  à  en  démontrer  la  présence  dans  Turine  de  Vélé- 
phant ,  quoique  ces  deux  animaux  eussent  eu  la  même 
nourriture.  Ce  résultat  jeta  donc  encore  de  Tincertitude 
sor  lorigine  de  Tacide  benzoïque. 

Qnelque  temps  après ,  j'eus  l'occasion  de  rencontrer  de 
Tacide  benzoïque  dans  les  fèves  de  Tonha  et  dans  les  fleurs 
de  méUIot ,  ce  qui  fit  du  moins  voir  que  Tacide  peut  être 
prodoit  par  la  végétation  dans  nos  climats. 

Mais  comme  les  fleurs  de  mélilot  ne  croissent  pas  très- 
âbondamment  sur  nos  prairies ,  et  comme  la  quantité  de 
lacide  benzoïque  dans  Turine  de  vache  est  très-considé- 
rable ,  il  était  naturel  de  concevoir  le  soupçon  que  Taçide 
benzoïque  devait  exister  encore  dans  quelques  autres  plantes 
de  nos  contrées. 

Les  graminées  qui  ont  dans  le  foin  le  plus  d'analogie 

5. 


64  JOURNAL 

avee  le  benjoin  >  et  qui  rëpandem  cette  odeur  balsamique 
dont  Vidr  est  plus  ou  moins  chargé  quand  on  fait  le  foin  , 
sont  Yholcus odoratus  etVanthoxanihum  odoralum. 

Plusieurs  savans ,  conduits  par  Tanalogie  de  l'odeur , 
avaient  déjà  présumé  qu'il  existe  de  Tacide  benzoïqne  dans 
ces  graminées  ;  mais  personne ,  k  ma  connaissance  ,  n'avait 
jusqu'à  présent  vérifié  ce  soupçon  par  rexpérience. 

Comnie  ces  deux  graminées  viennent  abondamment  dans 
les  environs  de  Munich  ,  j'en  fis  récolter  une  quantité  suf- 
fisante pour  en  faire  les  essais  convenables. 

Je  versai  sur  une  partie  de  ces  plantes  desséchées  et 
coupées  trois  parties  d'alcohol  à  38^ ,  et  au  bout  de  quatre 
jours  la  masse  fut  exprimée  et  la  liqueur  filtrée*  Il  faut 
laisser  macérer  l'alcohol  à  froid,,  car  à  l'aide  de  la  chaleur 
il  dissout  une  trop  grande  quantité  d'une  huile  grasse  et 
de  chlorophylle. 

En  laissant  évaporer  lentement  la  liqueur  au  contact  de 
Taîr  y  on  obtient  des  cristaux  blancs  très-fusibles ,  que  l'on 
peut  purifier  en  les  sublimant.  Ils  se  comportent  sous  tous 
les  rapports  comme  de  Tacide  benzoïque  ,  et  je  n'ai  plus 
aucun  doute  sur  l'existence  de  cet  acide  libre  dans  les  deux 
graminées. 

Le  fait  me  paraît  suffisamment  démontré  par  ce  résultat , 
que  le  benzoate  de  soude  contenu  dans  l'urine  de  vache 
provient  de  la  nourriture  et  ne  doit  pas  être  attribué  aux 
{bnctions  animales. 

À  l'égard  de  Texistence  de  l'acide  benzoïque  dans  Furine 
des  enfans  nouveau-nés ,  l'origine  en  reste  cependant  en- 
core plus  ou  moins  problématique.  Il  faudrait,  pour  ëclair- 
cir  cet  objet ,  faire  quelques  expériences  directes  ,  car  il 
est  vraisemblable  que  l'acide  benzoïque  existe  dans  le  lait 
des  nourrices,  vu  que  cet  acide  se  trouve  dans  la  cannelle,  la 
vanille  et  dans  plusieurs  arômes  dont  les  nourrices  font  un 
fréquent  usage. .  ; 


I    mm     i^^immi^^  mmmtmtmu      im  i  j  ■»     ■  .  ^"tS^WW 


l>£     PUAAMACIP..  05 

Résumé» 

n  résulte  des  expëriences  énoncées  d'^dessits  : 
I*.  Qn*îl  existe  dt  l^icide  hentoïqnt  libre  dans  1rs  gra- 
minées hotcus  oihfatiù  et  anthoxanihum  odoratum ,  que 
ToQ  peut  extraire  «a  moyen  de  Falcohol  froid  ; 

1*.  Qne  Tacide  benzoTqne ,  trouvé  dans  l*liriné  des  aAî- 
msiix  y  n*cst  pas  dA  \  nne  fonction  anithalè ,  mais  qu^il 
faut  l'attribuer  anx  alimens  dont  ces  aniniaox  se  nour- 
rissent. 

NOTE 

Sur  r acide  oxalique  formé  par  Vaciion  de  t acide  nitrique 
sur  rhuile  essentielle  de  giro/le , 

Par  M.  BovÀSTms. 

On  n'a  fait  encore  que  peu  d'expériences  pour  apprécier 
Faction  que  plusieurs  acides  minéraux  exercent,  soît  à  Tétat 
liquide,  soit  à  Tétat  gazeux  ,  sur  certaines  huiles  essen- 
tielles. Les  seules  donuées  que  nous  ayons  à  cet  égard  ont 
pourtant  produit  des  résultats  assez  curieux.  Un  des  plus, 
connus  est  Tacide  campliorique ,  découvert  par  M.  Kosa- 
garten  en  1785,  et  obtenu  par  Faction  de  Tacide  nitrique 
sur  le  camphre  \  tel  est  aussi  le  camphre  artificiel  ^  décou- 
vert par  Kind  ,  produit ,  comme  on  sait ,  par  Tnclion  du 
gaz  hydrochiorique  sur  Thuile  essentielle  de  térébenthine:. 
composition  remarquable  et  qui  a  été  si  bien  étudiée  par 
MM.  TromsdorflT,  BouUay,  Grehlen,.Houton  LabilUrdière^ 
et  surtout  par  M.  Thenard^dans  le  tom.Il  des  Mémoires 
de  la  Société  d'Arcueil. 

Plus  récemment  encore,  MvdeSaussQMaeiiirepriitquel- 
fpies  expériences  sur  l'absorption  du  gaz  hydrochiorique 
par  les  huiles  essei^tielles  de  citron  et  de  térébenthine  ,  et 
il  en  a  obtenu  des  produits  cristallins  assez,  distincts  pour 


■IIIM 


» 


66  JOURNAL 

quMl  ait  cra  devoir  leur  donner  des  noms  particuliers,  tels 
que  muriates  citrés  et  muriates  tërébiuihînés» 

Qu'il  me  soit  permis ,  après  tous  les  noms  recommanda- 
Lies  que  je  viens  de  citer,  de  rappeler  quelques-uns  des  tra- 
vaux que  f  ai  entrepris  sur  cette  matière,  et  notamment  dans 
le  Mémoire  que  je  lus  au  mois  de  juin  dernier  à  la  Société 
de  pharmacie ,  sur  la  coloration  des  huiles  essentielles  par 
Tacide  nitrique ,  etc.  J*avais  remarqué  en  effet  qu'indé- 
pendamment des  couleurs  variées  obtenues  par  cet  acide  » 
couleurs  constantes  et  propres  à  chacune  de  ces  huiles  en 

{particulier  (i),rac{de  exerçait  une  actionbien  plus  vive  sur 
es  unes  que  sur  les  autres  ;  et ,  ce  qui  me  parut  non  moins 
remarquable ,  c'est  que  Tacide  sulfurique  ,  quoique  beau*» 
coup  plus  fort ,  n'avait  point  une  action  aussi  marquée* 

Ce  fut  surtout  sur  Thuile  essentielle  de  girofle  et  de  pi* 
ment  de  la  Jamaïque  que  l'acide  nitrique  me  parut  exercer 
une  plus  grande  influence,  et  d'autant  plus  qu^alors  je  n  ex- 
périmentai qu'à  froid  et  en  ne  faisant  agir  qu'une  partie 
d'acide  sur  douze  environ  d'huile  essentielle.    . 

Je  désirais  depuis  long-temps  continuer  ce  genre  de  re- 
cherches ,  comme  aussi  déterminer  la  nature  des  nouveaux 
produits  qui  devaient  en  résulter ,  surtout  en  continuant 
ces  opérations  à  l'aide  de  la  chaleur  ;  mais  mes  occupa- 
tions journalières  m^en  ayant  empêché  ,  je  ne  pus  repren- 
dre ces  recherches  que  beaucoup  plus  tard ,  c'est  leur  ré- 
sultat que  je  vais  avoir  l'honneur  de  soumettre  à  la  section. 
J'introduisis  huit  grammes  d'essence  de  girofle  dans  une 
cornue  de  verre ,  je  versai  peu  à  peu  par-dessus  32  gram- 
mes d'acide  nitrique  ;  la  moitié  de  cet  acide  nWait  pas  en- 
Ci)  Deux  parties  d'acide  uitriquc  sur  douze  d'huile  volatile  de  racine 
de  valëriaDe,  à  la  température  de  iS  à  ao  degrés  de  Rtfaumur ,  ont  fait 
dérelopper  à  cette  huile  la  plus  l>elle  couleur  violette  qu'on  puisse  voir. 
Je  ne  pense  pas  néanmoins  que  cette  couleur  soit  due  à  une  matière  co^ 
forante  entraînée  par  Pacte  de  la  cristallisation ,  puisque  Thuile  volatif^ 
ifivn  ratifiée  jouit  encore  de  la  niéme  propriété, 


JW 


DE'    FHARBtACIE.  C7» 

core  été  «nployée,  qu'une  vive  réaction  ,  qu^un  boursou-^ 
flement  coiuidéFable  ayéc  dégagement  de  gas  nitreux  eut 
lieu  \  la  production  de  k  cbaleur  fut  si  vive  que  je  craigaîs^ 
un  instant  rinflammation  du  mélange.  Enfin  »  quoique  la 
capacité  de  la  cornue  fût  quadruple  de  celle  du  volume  des 
Biatières  employées,  une  partie  de  ces  dernières  n'eu  sortit 
pas  moins  avec  force  en  dehors. 

La  réaction  s'éunt  apaisée  J'ajoutai  le  restant  de  Tacide^ 
je  plaçai  la  cornue  sur  un  fourneau  chauffé  par  quelques 
rliarbons  allumés ,  et  je  distillai  à  une  légère  éhullition^ 
Il  y  eut  un  nouveau  dégagement  de  gaz  ^  je  recueillis  l'a- 
cide qui  distillait,  et  je  recohobai  jusqu'à  ce  que  toute  l'huile 
fax  complètement  dissoute.  Néanmoins  je  remarquai  tou- 
jours une  espèce  de  croûte  difficile  à  faire  disparaître.  Quand 
cite  fat  entièrement  disparue ,  je  concentrai  la  liqueur  et 
la  laissai  en  repos;  au  bout  de  trois  jours  presque  toute  la 
matière  s'était  convertie  en  longs  cristaux  aiguillés ,  colo- 
res en  jaune  et  salis  par  une  matière  comme  résineuse.  Je  la 
Biis  sur  du  papier  Joseph  qui  absorba  le  liquide  et  laissa 
les  cristaux  &  sec  :  ils  étaient  déjà  beaucoup  moins  colorés. 
Je  les  lav.ii  dans  l'eau  distillée  froide  qui  les  dissolvit  com- 
plrtement.  Je  fihrai  la  dissolution  ,  je  la  fis  évaporer  con- 
venablement,  et  je  la  laissai  en  repos  pendant  vingt-quatre 
heures  ;  au  bout  de  ce  temps  j'en  retirai  des  cristaux  ai- 
guillés assez  blancs ,  brillans  y  quoique  un  peu  salis  par  la 
substance  résineuse.  Je  les  fis  redissoudre  dans  une  nou- 
velle quantité  d'eau  distillée  et  je  concentrai ,  ce  qui  me 
donna  au  bout  de  quelques  jours  des  cristaux  comme  ci- 
dessus  ,  mais  beaucoup  plus  blancs. 

Ces  cristaux  sont  sous  forme  de  longs  prismes  ou  d'ai- 
guilles à  quatre  pans  et  à  sommet  dièdre  ]  ils  ont  une  sa- 
veur très-acide  ;  ils  sont  très-solubles  dans  l'eau  distillée 
froide;  ils  forment  un  précipité  abondant  dans^ l'eau  de 
chaux  ,  et  précipitent  de  même  l'eau  de  Seine  filtrée.  Mis 
sttr  les  charbons  ardens  ,  ils  se  volatilisent  complètement 


J58  JOURNilL 

vn  domiahl  de  Veau  et  poÎDt  de  fésidii  ;  mis  ea  contAçt 
avec  Falcohôl  rectifie ,  ils  font  entendre  Un  léger  brait  :  à 
tous  ces  caraclères  j'ai  reconnu  l'acide  oxalique* 


I  »%«»»%  >%»^»»'<^»%%*  %««  « 


EXTRAIT 

/)'im  mémoire  sur  la  préparation  de  CéméîiqU^  par  divers 
ph)cédés ,  et  sur  un  moyen  dt  t obtenir  toujours  pur  ; 

Ld  i  FAoademie  de  méilpcinc  par  5f.   Hf.ivrt  père,  chef  de  la  phar- 
maèie  centrale  des  hôpitaux  cirils  de  Parin. 

L'usage  très-fréqnent  de  l'ëmétîque  et  la  nécessité  ^e 
présenter  toujours  pour  la  pratique  médicale  ce  médica- 
ment dans  un  éfat  de  pureté  parfaite  |  puisque  surtout  on 
ne  l'administre  qu'à  très-petites  dosés^oqt  engagé  M.  Henry , 
membre  de  l'Académie  royale  de  médecine,  à  entreprendre 
sur  ce  sujet  diverses  expériences ,  dans  le  but,  i*.  de  s'assu- 
rer des  moyens  les  plus  prompts  et  les  plus  sûrs  pour  obte* 
nir  ce  produit;  i^.  de  ceux  de  reconnaître  facilement  aussi 
la  pureté  de  cette  substance* 

Sans  doute  l'émélique  obtenu  par  divers  procédés  peut 
Être  amené  à  un  état  identique  de  pureté ,  comme  l'a  fait 
remarquer  l'auteur  du  mémoire  \  mais  il  faut,  pour  y  par- 
venir, des  manipulaiionslongues  et  souvent  dispendieuses 
que  M.  Henry  est  parvenu  à  éviter  en  suivant  un  procédé 
à  la  fois  commode  et  économique  sous  bien  des  rapports. 
Son  intention  a  donc  été  aussi  d'offrir  à  messieurs  les  phar- 
maciens un  mode  de  préparation  en  même  temps  facile  et 
peu  dispendieux.  Sans  chercher  à  entrer  dans  beaucoup  de 
détails  intércssans  de  son  mémoire ,  nous  renverrons  les 
lecteurs  au  Journal  de  chimie  médicale  (page  52 1  ,  dé- 
cembre 1825  y  et  page  5  ,  janvier  1826)  \  nous  nous  bor- 
nerons à  présenter  un  extrait  un  peu  étendu  de  son  lué- 
moire  lu  à  l'Académie  royale  de  médecine ,  persuadés  d'à- 


D£     PH-ABMACIE.  6(> 

va^k^ifiie  IVm  ho  npuf  saura  pas  mauttlis  gré  ^'aifoir  ainsi 
offert  à  ceux  qui  s'occtipeiDt  soit  de  Y  étude  <te  ki  pharmacie» 
soit  de  la  pmtiqi^e  médicale,  ud  travail  ^ui/peut^les  in- 
téresser (i), 

ivant  de  parler  en  partici^îcr  du  mode  de  prëparatîoa 
le  plo^  fidèle  pour  obteoir  Témi^tique  pur,  M.  Henry  a 
passé  en  revue  les  différens  procédés  par  lesquels  on  arrive 
à  sç  prpçnrer  ce  sel  \  nous  nous  ferons  un  devoir  de  Jea 
rapporter  comme  lui ,  en  supprimant  cependant  lotit  ce  qui 
peut  paraître  trop  étendu  pour  un  extrait. 

Les  procédés  indiqués  sont  ceux  des  pharmacopées 

D'Edimbourg , 

De  Londres , 

De  Dublin , 
le  prooéde  de  M.   Philipps ,  celui  du  GSdex  »  car  les 
modes  annoncés  dans  les  autres  formulaires  étrangers  se 
rapportent  aux  moyens  donnés  soit  par  le  Codex  de  Parii , 
soit  par  Lemery. 

Procédé  de  la  Pliarmacopée  d Edimbourg. 

Prenes  :  Sulfure  d^antimoine.   ...    1 

Nilrate  de  potasse J  «  .  .   ia5  gr. 

Bitartrate  de  potasse Q.  S. 

On  peut  préparer  ce  produit  de  deux  manières,  soit  en 
faisant  déflagrer  le  premier  mélange  par  portions  dans 
un  creuset ,  soit  en  Tenflammant  au  moyen  d'un  charbon 
incandescent  ;  i*.  après  avoir  fait  déflagrer  le  mélange  y  on 
retira  une  matière  remplie  de  cavités  et  offrant  plusieurs 
nuances,  elle  pesait  i35  gram.  ;  porphyrisée  ,  elle  <'laît 
verdâlre  ;  lavée  bien  exactement ,  elle  8*cst  réduite  à  56  gr. 
Les  eaux  de  lavage  étaient  très-alcalines  ,  et  contenaient  à 


(i)  Uaoteur  da  m^tDoire  iVtt  pla  aussi  â  Rendre  hommage  au  zèle  d« 
M.  Plisson  ,  éléf  c  interne  de  la  pharmacie  centrale ,  a.iquel  une  grande 
partie  des  ezperieDcei  est  due. 


70  JOURIfAL 

la  fois  du  fer  et  de  Toxide  d'antimoine  ^  à  Fétat  probaUe- 
ment  d'antimonite  ou  d*anlimoniate  de  potasse. 

Ou  a  traité  la  matière  pulvérurente  par  Teau  bouillante» 
et  les  neuf  dixièmes  de  son  poids  de  crème  de  tartre  (  bi- 
tartrate  de  poMsse  )  dans  un  vase  de  verre.  Il  s*est  dégagé 
beaucoup  d'acide  hydrosulfurique ,  et  après  une  beure 
d'ébuUition,  le  liquide  filtré  a  fourni  sur  le  filtre  3i  gram. 
de  matière  insoluble  et  53  gram.  de  matières  salines  pro- 
Tenant  de  Tévaporation.  On  a  retiré  de  ce  mélange  5o  gr. 
d'émélique  un  peu  couvert  de  tartrate  de  chauT. 

Ites  eaux  mères  retenaient  des  tartrates  de  fer  et  de  po- 
tasse avec  Témétique  ;  elles  n'ont  pas  cristallisé  ;  a*,  si ,  au 
lieu  de  faire  déflagrer  le  nitrate  et  le  sulfure  ,  on  les  en-* 
flamme  à  Taide  d'un  charbon  incandescent,  le  produit 
contient  plus  de  fer;  il  se  purifie  cependant  très<-facilement , 
et  a  donné  un  peu  plus  de  produit ,  car  on  a  obtenu  60  gr.. 
d'émétique  très-blanc. 

Procédé  de  la  Pharmacopée  de  Londres. 

Prenez  :  Sulfure  d'antimoine ia5  grammes. 

Nitrate  de  potasse. 64^ 

Bitartrate  de  potasse ia5 

Acide  sulfurique •   •      i^S 

Eau  distillée 3, 000 

On  fait  un  mélange  du  sulfure  et  du  nitrate  ,  on  l'ajoute 
à  l'eau  acidulée  par  l'acide  sulfurique ,  on  chauffe  le  tout 
dans  un  matras^  il  se  dégage  une  grande  quantité  de  va- 
peurs nitreuses.  Après  une  demi-heure  d'ébuUition  il  se 
forme  un  précipité  grisâtre  qu'il  faut  laver  avec  soin  jusqu  a 
ce  que  l'eau  soit  insipide.  Cette  matière  humide  pesait  390, 
et  séchée  i56.  On  traite  la  matière  hydratée  par  l'eau  et 
la  crème  de  tartre ,  et  au  bout  d'une  demi-heure  d'ébuUi- 
tion on  obtient  par  la  concentration  de  beaux  cristaux 
d'émétique.  On  en  retira  168  ,  y  compris  celui  des  eaux 


DE     PHARMACII*  7^ 

mères.  Cet  ëmétiqiie  recoavrait  une  coucht  cristalline  de 
nilfate  de  chanx. 

Procédé  de  Duhtm. 

Prenez  :  ITitro-mnriate  d^andmoine  (sous-oUorore 

d^antimoine i^5 

Crème  de  tartre  pulvérisée •  •  i^J 

Eau  distillée) i,ia5 

Voici  le  mode  de  préparer  )e  nitro-muriate  d'antimoine  ^ 
il  iaut  chauffer  dans  un  ms^tras  : 

Sulfure  d^antimoine •     i55 

Acide  hydrochlorique  à  a^o 690 

-     nitrique 8 

Puis  ajouter  â  la  dissolution  une  grande  quantité  d'eau  ; 
le  précipité  lavé*  et  séché  pèse  100  gr« 

Ayant  donc  obtenu  100  parties  de  sous-chlorure ,  on  les 
fait  bouillir  pendant  une  demi-heure  avec  : 

Elau  pure i  ,000 

Crème  de  tarlre 1^5 

Et  après  plusieurs  cristallisations  on  a  retiré  un  produit 
total  de  i47  gr.  de  cristaux  d'émétique  très-blancs  et  bien 
purs. 

Quand  on  examine  les  eaux  mères  à  l'aide  des  réactifs  y 
on  voit  qu'elles  renferment  de  l'acide  hydrochlorique, ,  uu 
peu  d*antimoine  j  point  de  fer ,  et  une  petite  quantité  d*é- 
mélique  mêlée  de  tartrate  de  potasse. 

En  saturant  l'excès  d'acide  avec  le  carbonate  de  cbaux  , 
comme  l'a  conseillé  M.  Pitay  pour  le  procédé  de  M.  Pbi- 
lîpps ,  on  a  obtenu  une  proportion  notable  de  tartrate  de 
chaux. 

Procédés  de  M.  PhiUpps  et  du  Codex  de  Paris. 

Ces  deux  procédés  étant  indiqués  dans  le  Codex ,  nous 
nous  bornerons  à  donner  ici  les  quantités  sur  lesquelles 
on  a  agi. 


Id-  JOUHNAL 

'  I^  On  a  fait  houillir  i3o  gram.  de  sous-sulfaie  d'anti- 
moine et  ^^6  de  bitartrate  de  potasse.  La  somme  totale  du. 
produit  fut  de  360  et  de  ^  10  en  négligeant  les  dernières 
eaux  mères. 

a^.  En  opérant  sur  : 

Verre  d'antimoine^ ia5 

Crème  de  tartre.  ••••.•••••      i85 


Eau  distillée» 


•  •  '  •  •  '  •  • 


•  •  •  . 


i,5oo 


oïi  a  retiré  k  part  le  kerihèft  y  la  silice ,  utl  produit  total 
de  agS  \  purifié  plusieurs  ibis ,  il  s'iMt  riédult  k  igS  gtam.^ 


ou  aoo. 

En  résumant  les  différenë  ptcfdnitê  obveiïtis  pÂr  les  pro- 
cédés mentionnés  «  on  a  : 

Pharmacopées  Substances. 

d^^imbourg    f^âlCure  d^antimoiAe 

par  <  Nitrate  de  potasse.  ..... 

déflagration.   (Crèflie  de  tartre 

d^Édimbourg    T Sulfure  d^antimoioe.  .  1  .  • 

par  l  Nitrate  de  potasse.- 

inflammation.  ICrénie  de  tartre, 


de  Londres. 


!  Sulfure  d^antimoioe. 
Nitrate  de  |iotas8e.  . 
Crème  de  tartre.  .  . 
Acide  sulfiirique.  .  . 
Eau  distillée 


de  Dublin. 


/Sulfure  d'antimpipe 

I  Acide  hydrochlorique  a  %2^. 

.f  Acide  nitrique 

I  Crèilie  de  tartre.  ...... 

lEau  disaUëe.  .  : 


de  Paris.  . 


i Verre  d^antimoine. 
Crème  de  tartre.  . 
Eau  distillée.  •  .  . 


Procédé 
de 


Quantités 

5o 
ii5 

5o 
i-i5 

135 

3,000 

laS 
Coo 
^8 
i^S 

1,125 

ia5 

t85 

i,5oo 


Produit. 


5o 


53 


16a 


'47 


93o 
3,000 


195 


910 


{Sous-tulfuré  d^antimoine.  . 
Crème  de  tartre 
Eau 

Si  Ton  compare  maintenant  les  produits  entre  eux ,  il 
est  facile  de  voir  que  y  sous  le  rapport  des  frais  ,  on  doit 


DE     PHARMACIE.  73 

mettre  au  premier  rang,  i^«  le  procède  dn  Codex  de  Paris; 
i\  celui  de  la  Pharmacopée  de  Londres  ;  3^.  la  formule 
de  M.  Pkilipps  *,  4^.  celle  de  la  Phavmacopëe  de  Dublin  \ 
S*,  et  en6n  les  procédés  de  la  Pharmacopée  d^dimbourg: 
Mais  quand  on  considère  qae  plusieurs  de  ces  moyens 
fournissent  des  cristaux  qui  exigent  une  longue  manipula- 
tion,  que  Ton  perd  beaucoup  de  temps  i  faire  de  nouvelles 
cristallisations  j  il  est  facile  déjuger  que  de  tous  ces  procé- 
dés ,  celui  de  la  Pharmacopée  de  Dublin  mérite  la  préfé- 
rence ,  parce  que  dès  la  première  opération  les  cristaux 
^•ont  très-purs.  M.  Henry  fait  remarquer  cependant  que  la 
quantité  de  bitartrate  n^est  pas  assez  considérable,  et  qu^en 
1  augmentant  on  obtient  un  meilleur  résultat.  Quant  aux 
autres  procédés,  i%  celui  de  M.  Philipps  présente, au  pre- 
mier aperçu,  de  Tavantage,  mais  on  éprouve  IMnconvénient 
très-grand  de  ne  savoir  jamais  sur  quelle  quantité  de  sous- 
solÊite  on  agit.  En  effet,  ce  sel ,  préparé  suivant  la  formule 
publiée  par  Fauteur ,  renferme  plus  ou  moins  de  métal , 
et  de  plus  le  produit  d'émétique  nous  a  paru  contenir  du 
bitartrate  de  potasse  en  assez  grande  quantité. 

a*.  Le  procédé  du  Codex  de  Paris  exige  une  manipula- 
tion longue  pour  obtenir  des  cristaux  parfaitement  purs  ; 
et  quoique  les  frais  paraissent  peu  considérables ,  cepen- 
dant, quand  on  met  en  somme  le  temps  et  la  manipulation, 
on  reconnaît  que  l'avantage  n'est  pas  de  son  côté. 

3^.  Les  deux  procédés  de  la  Pharmacopée  d'Edimbourg 
ne  pouvant  soutenir  la  concurrence  ,  nous  ne  les  propo- 
sons pas. 

Afin  de  prouver  Tétat  le  plus  approximatif  de  pureté 
parfaite  que  présente  chaque  éméiique  obtenu  de  prime 
abord,  à  Taide  des  procédés  ci-dessus  indiqués,  et  démon- 
trer par  là  que  ceux  dont  la  composition  est  plus  éloignée 
de  celle  de  Témétique  pur,  savoir  : 

(PoUsfe.  ia,53.  Protoxide  d*aDtimoîne.  37,1.  Acid«  tirtrique  53,9.  \ 
Eau. .  .    7, 1 7.  (  d'apiét  If.  h^néUuê  ).  ; 


1 


74  JOURNAL 

exigent  plus  de  manipulations  pour  Atre  amenés  k  iin  eut 
de  pureté  identique  pour  tous ,  M.  Henry  a  fait  Tanalysc! 
de  Fémétiqae  fourni  par  chacun  des  procédés  dès  la  pre- 
mière cristallisation. 

A  cet  effet ,  après  avoir  amené  le  sel  au  même  état  do 
dessiccation  ,  il  l'a  décomposé  par  Tacide  hydrosulfuriqiie 
pur  en  excès  ;  le  sulfure  d'antimoine  bien  lavé  et  séché 
représenta  le  poids  du  protoxide  de  ce  métal  en  combinai- 
son avec  la  potasse  et  Toxide  tarlrique.  Or  plus  la  quantité 
de  sulfure  obtenue  se. rapprocha  de  celle  fournie  par  de 
Témétique  reconnu  pur ,  égal  en  poids  à  celui  analyse  , 
|>lus  Ton  se  crut  fondé  à  regarder  Témétique  d'où  il  pro- 
Tenait  comme  rapproché  davantage  du  point  de  pureté 
désirée. 

Aucun  produit  d'émétique  de  première  cristallisation 
fourni  par  les  procédés  soit  du  G>dex  y  de  Londres ,  de 
PhilippSy  etc. ,  ne  donna  la  quantité  de  sulfure  voulue  pour 
Tétat  de  pureté  parfaite  y  et  tous ,  surtout  celui  du  Codex 
et  de  Philipps ,  s'en  éloignèrent  plus  ou  moins  ]  mais  Témé- 
tique  obtenu  à  Taide  du  mode  de  la  Pharmacopée  de  Du- 
blin se  rapprocha  constamment  ^â  très-peu  près ,  du  point 
de  comparaison  désiré.  Il  put  donc  en  déduire  que  le  pro- 
cédé de  Dublin  est  plus  avantageux  puisqu'il  fournit  de 
suite  del'émétique  presque  exactement  pur,  et  qu'une  seule 
purification  suffit  pour  Tavoir  constant. 

Cette  considération  a  engagé  M.  Henry  à  reprendre  ce 
procédé  qui  avait  été  jadis  indiqué  et  suivi ,  comme  il  l'an- 
nonce ,  par  Bergmann ,  Lassonne ,  Scheèle  ,  Fourcroy  , 
Demachy ,  Macquer ,  Baume ,  Morelot ,  etc. ,  etc. ,  enfin 
M.  Lartigues  y  de  Bordeaux  (i). 

C'est  dans  cette  vue  quil  a  revu  cette  préparation ,  et 
qu'il  y  a  fait  d'heureuses  modifications. 

a  Sans  nous  arrêter  y  dit  l'auteur,  aux  théories  que  don- 


(f)  Pkamucie  de  Morelot ,  tom.  3 ,  page  i84> 


I>E     PHARMACIE.  ^5 

naît  le8  dxîmistei  cités  plus  haut,  il  est  utile  de  se  rap* 
pder  que  Bergmann  et  Macquer  décrivent  la  manière  d*o- 
pérer  avec  un  scruptile  et  une  eicactitude  qui  prouvent 
combien  ces  savans  étaient  jaloux  de  confirmer  par  Texpér 
rience  ce  qu'ils  avançaient. 

3»  Macquer  (i)  et  Bergmann  (a)  s'élèvent  contre  ceux  qui 
n'adoptent  pas  leur  procédé  ,  surtout  quand  il  s'agit  d'un 
médicament  qui  doit  être  constant  dans  ses  effets.  Les  mo- 
tifs qui  le  faisaient  rejeter  étaient  le  haut  prix  du  sous- 
chlorure  (  poudre  d'Algaroth).  Aujourd'hui  ces  raisons  ser- 
raient futiles,  d'autant  plus  qu'on  peut  obtenir  ce  composé 
i  peu  de  frais ,  et  que  la  cherté  d'un  produit  ne  doit  pas 
d'ailleurs  retenir  quand  il  s'agit  d'un  médicament  ausu 
énergique  que  l'éméiique. 

»  Notre  honorable  collègue  et  ami ,  M.  Robiquet ,  a  de- 
puis long-temps  reconnu  cette  vérité ,  continue  l'auteur  ; 
car  il  annonce  dans  l'intéressant  article  sur  Xantimoine^  du 
Dictionnaire  technologique  ,  qu'il  emploie  de  préférence 
le  protoxide  de  ce  métal  pour  toutes  les  préparations  anii- 
moniales.  Une  autorité  aussi  respectable  est  un  puissant 
motif  pour  nous  engager  à  inviter  les  pharmaciens  à  re- 
nouveler les  procédés  de  Macquer  et  de  Bergmann  ,  et  à 
modifier  la  formule  de  Dublin  ,  d'après  les  motifs  qui  nous 
ont  fait  reconnaître  la  nécessité  et  l'avantage  de  le  faire.  » 

Voici  le  procédé  de  la  Pharmacopée  de  Dublin  mo- 
difiée (3)  : 

Prenez  :  Sulfure  d'antimoine.    .......  i^-aSo 

Acide  hydrochlorique  i  12*.    •  .  6  900 

Acide  nitrique. 80 

dans  un  matras  de  verre  dont  la  capacité  sera  une  fois  et 

(•)  Macqoer,  Dictionnairl  de  chimie  ,  tom«  4  f  VVSl^  >4  ('77^)* 
(9>  Bergman o  ,  Opuscules  ,  lom.  i ,  page  364  (i7^)* 
(3)  L*aatear  est  entré  dans  des  dëtaus  tb^rianes  sur  ce  qui  se  passe 
dans  cette  opération  ,  différente  de  celle  de  M.  rhilipps  ,  c^iie  M.  Soii- 
kriran  a  examinée  avec  le  plus  grand  soin.  Comme  ce»  détails  sont  fort 
iBtéressans,  noas  présenterons  plus  loin  i  nos  lecteurs  un  aperçu  de  oe 
qui  nous  a  paru  le  plot  important. 


7^  JOURNAL 

demie  la  valeur  du  volume  des  substances  (ju'il  doil  con- 
tenir, introduisez  tout  le  sulfare  réduit  en  une  poudre 
très- ténue,  et  versez  dessus  un  ou  deux  kilogr*  du  mélange 
exact  des  acides hydrochlorique  et  nitrique,  jusqu^à  ce  que 
le  sulfure  soit  bien  mouillé  dans  toutes  ses  parties  :  on  ajoute 
alors  le  compléifient  de  la  dose  des  acides ,  et  Ton  dispose 
le  matras  dans  un  bain  de  sable  pour  y  être  de  suite  porté 
â  Tébullition  par  un  feu  omodéré.  Un  dégagement  de  vapeurs 
incommodes  et  dangereuses  a  lieu  â  Tinstant  même  du 
contact  des  acides  et  de  la  poudre  ;  il  est  prudent  de  s'abs*^ 
tenir  de  les  respirer  :  Ton  se  met  facilement  à  Tabri  de 
leur  principe  vénéneux  en  le  détruisant  par  la  combustioné 
Pour  cela  on  adapte  au  col  du  matras  un  bouchon  è  deux 
trous  \  Tun  reçoit  la  douille  d'un  entonnoir  en  verre  que 
Ton  ouvre  a  volonté  en  enlevant  une  petite  baguette  mu- 
nie d*un  linge  qui  en  ferme  la  gorge ,  et  l'autre  nu  tube  a 
deux  coudes  destiné  au  dégagement  des  corps  gazeux  que 
Ton  enflamme. 

L'appareil  étant  ainsi  disposé  dans  le  bain  de  sable ,  et 
le  liquide  porté  à  rébullition  ,  on  soutient  celle-ci  jusqu'à 
ce  que  les  gaz  aient  cessé  depuis  quelque  temps  de  noircir 
le  papier  imprégné  d'acétate  de  plomb.  La  fliimme  8*éteint 
bien  avant  que  le  dégagement  d'hydrogène  sulfuré  cesse  de 
se  produire ,  parce  que  ce  gaz  est  môle  de  vapeurs  d'acide 
hydrochlorique  volatilisé ,  et  qui  n'a  pas ,  coqime  L'autre  , 
la  propriété  de  s'enflammer  et  de  brûler  à  l'air. 

A  cette  époque,  on  laisse  refroidir  et  reposer  la  liqueur 
jusqu'à  ce  qu'elle  soit  transparente.  La  liqueur  éclaircie  est 
décantée ,  et ,  pour  entraîner  toute  celle  qui  humecte  un 
résidu  gris-)aunàtre  qu'elle  laisse ,  «n  lave  celui-ci  avec  un 
peu  d'acidç  hydrochlorique  »  et  l^n  réunit  cet  acide  au 
liquide  décanté. 

C'est  ce  dernier  qui  est  destiné  à  fournir  la  poudre  d'ÂU 
garoih  (oxi-chlorùrc  d'antimoine).  Voici  comme  on  doit 
la  préparer  ; 


DE    PHAAHAtlE.  ^7? 

et  ÏOQ  agile  ,h  mesure  pemr  qhé  )at  poudre  algàroifbicftiè  c^oi^ 
le  produit  ausnt6l  8oit'plu«*diTMée')  e€  que  le  lartigè  Vën* 
iluse  plus  ezacleoienl.  On  reeoiinali  que  ia  Ates^e-d'eau; 
fBïj^ôjé€  a  éiiéaaaes  oouaièéiAte  quand,  aprèsav^îi^îlétem- 
fOêi  ll.ydiH»eklorirte  id'aaaifaMriiieKquide  ,*  elle  né  ife  laissé 
pIiiaAronbler.en  la  verumtdanttiiwiKmVelieèt  glande  qusm- 
ûlé  d'èan*^Apri».aireîr  précipité  toute  la  quantité  possible 
de^peudraid'Algarbik  4  bn4ala?e  k  graude  eau'jusqil^à  ce 
fae,ceUe^î:9i'oëqinèré  phia'  la  propriété  -de*  t^ugii^le  "pa^ 
pier  de  touniceol.  Oô  réunit  le  précipité  sur*  tiue  toile 
pour  le.laiaMr  égomier  pisiidaiit  ▼iurgti'quatre  heures,  afin 
dejbeid^barraswr  d' une  poi^ti<yu  d'eâu,  et  on^estime  la  pnv- 
poràon.quil  dcHticn  cemeuifèiii  eu*des^liaoCude'*pclite 
portion-coonue  diustiDe  eapsèileklé  pbireelaSiie  k  utie  douée 
cbaiêur;  et  la  pesadt  de  noureati  aprèsJa  dessiécadiofi  ;  la, 
difiereoce  indique  la  perte  qu  elle  a  faite,  et  par  la  cbittpàrai-' 
souoniait  à  com}>ieu  dc^pfiudr^&èf^h^.  corresp^md^UiftPHi^re 
honûde.  Par  exemplejpour  ^df^;^-de»6uaQa>iieiU»iM^ 
de  matière  l^umide,  eV'9^  fer>  ^yaui  pordu  i^ô^au^eul,  il-.^H 
clair  que  1^  33p  correspooidâ  iJ^*oa5*de.  poudre  sèicfaACflitrKh 
j?|uniiie  d'ajitîinoine  d'a^è^laPbarmaeopéede  Duhlip)v<)ar, 

20:  i54a  ::  i>33o  :  X<m.><cr:  >>■    ^^-  :;  '=  •fl^Wifc 

i«33o  X  i5,4i 

C'est  avec  cette  poudré  tju'on  prépare  rém'éiîljue  V  la 
Pharmacopée  de,  DuhKn  prescrit ,  comme  nous  Tavoïi'^  Vd- 
marqué  ,  une  trop  faible  quantité  de  crème  de  tartre*  \  bou^ 
^us  sommes  asaôrës  quW  pouvait  aidgafienter  la  dowi'de 
ce  sel,  et  dans  K  proportion  de»  %/^5  dé  crème  de  tartre 
pour  ioo:dc!fbtiMlj)e.autimdBÎaleva«us'avdns  pour  i^*bsiS 
de  cette  derixière  i  ,1^4^  ^^  bitâi^trate  de  pétasse.  ^ 

Lorsque  lies  pesées  ont  été.  faites*,  on  fait  bouillir  dans 

aue  ms^mi^  de  fonte  LOïki)^  d'eau ipure,  ptiiS'tiprès  avôÎF 

f  '        ■ 

I  I  ■  I  ^l ^— —  I      ■  Il         I    I    J         111   fmm—ml^im-*  IlIltMMlIlit»  >  illl» 

(1)  Il  H*  hul  jpaa  «ulvre  on  proche  invofg0  si  Too  Vefut  obtroir  lé  pro- 
dxut  qcre  nous  ànnonçoDs. 

XII*.  Année. — Février  i8a6.  G 


•  '     J  f 


7H  .       fOif|l||i.I« 

xàùii  exAeiewn^la  poia^fù  algar^^iiqM  6i|lfli  otène  de  Ur- 
tf  e  »  on  \q9  «^oute  Wraque  !•  lîqiM4e  eat  e»  ékoUidoii  ^  oid 
«gite  Je  qiâaoge  d^iM  U.murtoile^  et  Von  fHkésapoécrtJi^i^ 
pidefUQiUijttsqiil'À  ^&^  R^AnniftMi  ;  otLfihreetonlMsteierialtlH 
lifter  d^m  Wi  Um  (r|«qiii|ki<  fiie*l6t  rénéiîqne  eonuDeoce 
à  sa  $éf^v&t  ^  4(1^  iWv  éii  lendemakk  U  «riètftlUeMién'et^ 
coçiplète;  on  clédame  lee  eaux.inèra  .<*t  V<ni  fidrsédier 
rém^û^oe  pQiir  l^.oomerferrî  mr.ilWii  miHtéieirt  beeoift 
d'èirQ  panQë.^i  desubif  deiiotilveUe8jèristallIsi«iiai](sv{^(>iir 
le«  eatii;  mèf^^t  OQ  M(ur^  par  la  draie  Fac^e  «n  eneAftS  «il 
filtre ,  PU  réunit,  ccftti^.colalui^  a  xieUé  k]ui'jpfOTiem  du  la-* 
yaj^.da  papier qai  à-aervi  à  \^  première  fiUraiîoa,  dt  F<M 
cwceptre  le  tput  à  %^'^  ;  oYi  r:?«(i4eiileuDôiiMtvelIe  qaanJthé 
d'éméiique  ^  ou  en  fait.év^fior^r  une  dctnii^e  £àfi$  les  eawx 
vièfeA  wsai  à  a5/*^  et  il  faut  purifier  ces  dem/deraien 
p#ad«it9i«'. colorés  p^^  aa  peu  de  £ev.:Le  pvoduît  total  fUl 

dû  1^*8^,  ;      .         ,  ... 

Lm  tfoisième  crisialKsalfon  dpétée-,  11  «st  îniitfle  da  trai- 
ferles^ eaux  mères  dans  rintentioh  :d^accroltre  immédiate- 
ment te  produit.  Les  criatauxd'éttiéfique  qui  se  dé^c^e- 
raient; seraient  mèl^s  d'autres ' ^ia ,  el -présenteraient  -one 
particularité  dont  nous  partei<ôns  bk>  pétt  plus  loia  en  pas- 
saul  eu  iîevue  la  partie  théer^uo  d^  cctU  dpéralioii» 

,  Si)ivpps  Tatiteùr  dans  la  djEsscriptjon  des  phénomènes  qui 
accompagnent  la  formation  çle  rén^^tiquKf  p^r  le  procédé  de 
la  Pharmacopée  de  Dubliu* 

Sans  nous  occwpev  de  oe  qni  se 'passe  lors  de  ta  rëaction 
desaeides  hydrocldorique  et  nîtriqqe  sut*  le'sulfure  iTatiti^ 
moine,  uous  dirons  aeulemeot  quHi  se^l'éi^i^ite'Uit' (péadt 
soufre  et  de<chIorure,dfi  plomb.^  lê  prumier  d4'à  la  dêcàiù*- 
position  de  rhydix>gènp  snlftiré  par  l'acide  pitveux,  tVtitre 
dà  À  Timpurelé  du  sulfarei.>  Qàaat  à  la  liquéut^  ^A^lioiO'^ 
niale  acide  qui  se  forme  y  on  doit  attribuer  sa  uon-d^com- 
positioti  t^ar  l'hydrogène  sulfuré  A  Tétai  acîcl^  4àxH  elle 


/ 


\mt\  %fA  wt  troave  «ti  comactAvee  die  pMdânt  f opé- 
ntion.  ... 

L^iiâdirio»  de  rcara  en  grande  qoaolhëaTec^lli jdn>cliIo- 
Titt-acidc  fiiTorîte  la  soèobilité  du  i:bIbrured9:plodkb,  6t 
kilî^iseiir  q«i  §«nmge  relient  eeselattisi  qu'nn  peu  d'hy-» 
drocMcuttta»  d'antiaftoine^  veienu  à  la  fateuv  de.  Tacide  en 
excès. 

A  Taide  d'un  lavage  i  chaud  très-prolongé ,  M.  Henry 
adnonce  qu W  esl  panrenu  â  enlever  tout  le  chlore  â  la 
poadte'd'Algaroth  précipitée,  effet,  au  reste,  comme  il  Tin- 
(Uque  y  plm  prompt  à  obtenir  avec  une  eau  alcaline  d'aprèf 
M.  Thenard ,  mais  qui  ici,  d'ailleurs,  est  de  peu  d'îihporr 
tance.  Oiieppi^dce ,  mise  en  contact  avec  la  crème  dçr  tar- 
tine ^  se  iransfonne.pron^piement  fm  émétîque ,  et  il  u'eii 
jeste  insoluble  que  la  petite  quantijLé  en  excès  pécc^aair^ 
pour  ^xs^^ftô)^  Vi^Q^^tio  d^ètremèlé  de  erème  de  tartre^' 

Quand  ou  a  obtenu  deuiç  ou  trois  cristallisation^  succes- 
sives d'émétîque  ,  on  a  fait  obaexver  ci-dessus  qi^e  Ic^s,  der- 
niers produits  provenant  des  eaux  mères  saturées  par  le  car- 
bonate de  chaux  pu  celui  dépotasse,  oSrentune  cristallisa- 
tion particulière  qui  n^est  plus  cçlle  de  rémétique,.mais  de 
gros  prismes  &  six  pans  contenait,  outre  )e  tartrate  d'anti- 
moine etdep4^ta8se,  de  Thydrochlorate  de  poiasseel  quelques 
traces  dé  chaux  unie  au  mènoc  acidq  f  O.  Ces  cristaux  furent 
reconnus  poui  être  presque  entièrement. formés  déméti- 
que  ;  nous  renverrons  au  mémoire  original  pour,  tous  les 
détails  que  ne  comporte  point  la  nature  de  cet  elctriiit.  Au 
reste ,  les  expéneoces  tentées  ?ur  les  cristaux  pris6iatlques 
d'émérique  ,  que  Tauteur  avait  d'abord  cru  un  set  double 
particulier  ,  sont  très-variées  et  fort  intéressantes^ 

(i)  Uaateur  est  parfenn  à  obtenir  Pcmcfliciiie  avec  cette  forme  en  fai- 
flaot  cnsbilHtô^  im  Séltitiim  d'êati^tiqai,  3t  ^\tM^\  à9Mi  '«h  ii4uide 
«Éar^r  de a^  parti»  d^ianriafc  dfiiH>t«B4Q>el  d'uilf  44  aiiiri^to  d^olifTif^. 
La  nature  du  milieu  influait  doac ,  coinme  cela  arrive  souveqt  pour 
beaucoup  de  teli ,  sur  la  forme  de  rëmétique  tans  changer  sa  naturel 

6 


84  joirti^xt 

ia  potassé  eibtant  tbu»  îénx  dans  le  H^ide ,  iiiftuenl  bw 
la  cristallisation  de  l^autre  sel. 

Théorie^ 

D'^ptès  16at  ce  qui  vient  d*ètre  dît ,  IVnleut  a  tésumé 
ainsi  ta  théôitic  de  la  préparation  de  rdknétit|ue  par  le  pro« 
cédé  de  Dublin  tf 

Nous  ne  nous  nous  occuperons  point  desliytfrocMorates 
de  a^îhc,  de  fer,  de  plomb,  formés  en  même  temps  <jue 
ceTm  aantimoine  parl-acifou  de^  acides'sur  le  sulfure  du 
ë6mmefce  toujours  plus  ou  moins  imptir,  •eat  ces  trôi^ 
hydfocblohitcs  restent  en  dissolution  dans  Teau  lôrs  dek 
Sëcomposltioù  de  celui  d'antimoine  par  ce  liquide. 

Or  le  sous-chlorure  ou  oxi  -  chlorure  *(  nitrO-^rani^Me 
â*àiitfitr6fne  )  ëiant<d>tenu  et  bien  lavé  ,  mis  en  catitaet  avec 
l^^a'et  la  crème  de  tim^tre ,  donne  lieu  à  du  proioxide  d^an^ 
Umoine  <|ui  se  Ooiinfbine  au  bîtartrate  de  potasse  ^  unidis 
que  le  chlore  se  transforme  en  acide  hydrochlorique.  Cet 
acide  agit  sur  une  portion  de  crème  de  lartt-e,  et  donne  alors 
naissance  à  de  Thydrocblorale  de  potasse  et  à  deux  acides 
libres  taririquc  et  hydrochlorique ,  diaprés  Topinioii  émise 
par  M.  Berzélius  dans  l'action  des  acides  sur  les  dissolu*- 
tîons  salines  (  Essai  sur  la  théorie  des  proportions  chimi- 
que^, pnge  toa)  ,  et  d'après  di*s  expérieuces  à  ce  sujet,  par 
MM.  Soubeiran  et  Henry  fils  (Journal  de  Pharmacie , 
p^^  4^^  f  septembre  iS^S).  Les  autres  corps.,  tels  que  la 
chaux  ,  le  fer  ,  sont  accidentels  et  fournis  soit  par  les  vases 
où  l'opération  s'est  faîtç,  soit  par  la  crème  de  tartre  du 
commerce  5  ils  sgnt  d'ailleurs  en  petite  quantité  et  ne  four- 
hisscnt  que  du  tartrate  de  chaux  ,  du  tartrate  de  fer  et  de 
l^ydrochlorate  de,  chaux.  Ils  sont  d'ailleurs  peu  intércs- 
kans  ICI. 

Nouveau  moyen  de  reconnaître  la  pureté  de  Témélique  e$ 
surtout  de  constater  la  ptvsenoe  de  ta  crèa^  dts  lartre  9 


DE  ^AàBMA^lE.  H^ 

fm ,  pims  qm€  È»uet9  mOre  sêAf$0nc0  »  ^t  suse^ibte  de 

Cest  bien  ici  le  lieu  de  mendonner  le  procédé  facfle  que 
M.  Henry  a  fait  conuahre  pour  reconnaitre  promptement 
la  pureté  de  l'émëtique,  et  surtout  son  union  avec  la  crème 
de  tartre  ,  comjoiè  ceU  a  lieu  pour  Témétique  obtenu  par 
différcns  précédés  et  surtout  par  celui  de  M.  Philipps.  Sans 
contredit ,  ainsi  que  le  fait  observer  Vau^eur ,  le  plus  ri- 
goureux moyen  est  celui  de  le  décomposer  par  Tacide  hj- 
drosulfnriquc ,  et  déjuger  si  les  quantités  de  sulfure  d'au* 
limoine  et  de  crème  de  (artre  sout  celles  voulues  pour 
Témétique  pur  ;  mais  ce  mode  exige  à  la  fois  du  temps  et 
une  iyiau|]^aladon  longue;  il  était  donc  très-avantageux  de 
doDBer  «D  ]^rocédé  eapable  de  recevoir  une  prompte  appli- 
-catiou;  Tovci  ee  -qu'a  proposé  Tauteur  du  mémoire  dont 
noua  rendons  compte  : 

'  i"".  On  Cvit  dtstouére  t  partie  d'émétiqne  dans  i4  partieis 
d*eatt  distillée  ;  si  le  sel  est  mêlé  de  substances  insolubles  ^ 
elles  restent  au  fond  du  taae  y  et  si  Témétique  est  pm* ,  il 
doit  se  dissoudre  enlièremeMl^t  nepas  cristalliser  â  la  tem- 
pérature de  la  degréa.  ^ 
U  ne  dgii  pas  précipiter 

lil^drocUorate  de  baryte , 

L  exalate  iieuti*e  di'anmioinasf ue ,    . 

JLe  ^jlraie  acide  d'argent , 

{^acétate  de  plomb  conytnabUmeiU  acide  (i). 
-   1 1   ■  ■    »  I  II  I   1 1 1    I   1 1  II    I  I  ■  1 1  «  I    I  >  1 1  ■ 

(i)  On  obtient  ce  m1  de  la  manière  suivante  ;  >. 

Prenes  :  Acétate  de  plomb  cristallise'.  »..•••      8  parties. 
Eau  distillée. 3a 

Faitea  ^ssondre  dans  Teau  à  chaud  ;  on  remplace  celle  qui  sVst  év;i- 
porëe ,  et  ]*pn  £itire  pour  séparer  un  peu  da  carbonate.  On  ajoute  alors 
au  liquide  : 

Acide  acétique  à  g  degrés. i5  parties. 

K)u  ,  ce  qui  est  la  même  chose ,  on  prend  S  |iarties  du  solutum  d*acéta 
tl  on  y  ajoute  3  pavtieSidracide  acétique  à  9  degrcs. 


« 


Ce  dernier  reActif ,  préparé  oommB  il  viont  d^^tre-<Hl , 
fait  découvrir  dans  rémétique  jusqu*à  ,^«^de  cff^medeàar- 
tre  ;  il  faut  seulement  dans  ce  cas  attendre  quelques  îostans 
pour  que  la  précipitation  ait  lieu.  ^  '      ,r 

L acétate  de  plomb  n^agit  pas,  comme  on  vient  de;  le 
marquer ,  s^il  est  trop  ou  trop  peu  acide. 

A  cette  occasion ,  M.  Henry  a  établi  trois  questions ,  et 
a  donné  plusieurs  hypothèses  à  ce  sujet. 

1*».  Pourquoi  Tacétate  de  plomb  convenablement  adde  ne 
précipite-t-ilpas  par  Témétique,  tandis  qu*il  précipite  par 
la  crème  de.  tartre,  puisque  si  la  double  décomposition 
avait  lieu  ,  il  devrait  en  résulter  un  tartrate  insoluble? 

Nous  pensons ,  dit  Tau^ur ,  que  si  par  Témétique  pur  la 
décomposition  n'a  pas  lieu ,  cela  est  du  à  ce  que  ce  dernier 
sel  étî^nt  neutVe ,  l'acide  tartrique  y  est  beaucoup  plus  re- 
tenu que  dans  la  crème  de  tartre ,  dont  la  potasée  est  satu- 
rée par  le  double  d'acide ,  et  que  cette  différence  d'énergie 
dans  les  bases  de  ce&  deux  sels  jsst  telle  qu'elle  permet  à  la 
crème  de  tartre  seulement  d'agir  sur  cet  acétate  ;    . 

a"".  G>mment  se  fait-il  que  le  sous-acétate  et  l'acétate 
neutre  de  plomb  précipitent  par  Témétique  pur  ?    ( 

Ici  l'oxide  de  plomb  n'étant  pas  assez  retenti  par  l'acide 
acétique,  et  l'insolubilité  du  «tartrate  dé  plomb  ayant  beau- 
coup de  cohésion  ,  la  décomposition  doit  avoir  lieu. 

3^.  Enfin ,  lorsqu'on  rend  le  sel  ^c  plomb  plue  acide  , 
pourquoi  la  décomposition  de  l'émétique  a-t-elle  lieti  ? 

Cette  action  opposée  d'un  même  sel  dans  ses  divers  dt  - 
grés  d'aeidiié  ,  continue  l'auteur*,  paraît  d'abord  contra- 
dictoire ,  mais  on  peut  l'expliquer  de  la  manière  suivante  : 

Nous  avons  reconnu  plus  haut  que  pour  empêcher  l'acé- 
tate de  plomb  d'être  décomposé  par  l'émétique  ,  il  fallait 
rendre  la  quantité  d'acide  assez  grande  pour  que  reietsaift 
l'oxide  de  plomb  il  détruisît  la  force  de  cohésion  qui  tend 
à  former  du  tartrate  de  plomb ,  et  l'expérience  a  démontré 


DE   JtmàSi:,HÂ.QlE.  85 

qu'en  rosuat  dans  dtyatstes  limites  il  y  sTsit  éqsilibre,  ctque 
rien  a  Mnonçait  de  décomposition  ;  mais  que  si  Ton  aîonte 
an  excès  diacide  ,  cet  équilibre  est  rompu ,  l'excès  d'acide 
acétique  se  porte  alors  sur  Témétique  (i),  lui  enlèreune 
parue  de  sa  base  ,  et  met  de  Tacide  tartrique  en  liberté.  A 

De  tout  ce  qui  précède  on  pourra  se  convaincice  de  Futi^ 
hté  du  travail  de  M.  Henry  ,  dont  nous-mêmes  n'avons 
iadiqué  que  les  points  les  plus  importans,  et  nous  sommes 
persuadés  d^ivance  qu'il  dbit  oâfrir  beaucoup  d'intérêt  k 
nos  lecteurs.  O.  H.        * 


l***»>»»»>%»i»%»>^»<%%*»W»«»%l<»%»%l»m(»»>»»»| 


BIBLIOGRAPHIE. 


Plahtbs  vsuxllbs  DBS  Brasilieits  -,  par  M.  Aiïouste  m 
SAiHT-HiLAïaE,  corvespondant  de  l'Académie  des  scîen^ 
ces.  —  Paris,  iQ^^^tàS.  Livraisons  de  i  è  B  ,  in-4  •  » 
avec  cinq  figures  par  chaque  livraison. 

Ckez  Grimbert,  libraire,  ruedeSatroîe,  n^.  ï4-  Prix, 
5  fr.  par  livraison.  (  Livraisons  i  -  8.  ) 


EX  TRAIT. 


L>e&  sauvages  ont  découvert  plus  de  médicamens  pré- 
cieux que  toutes -les  académies  ,  a  dit  Linné.  Ouest  en  effi^ 
le  plus  riche  temple  de  la  nature,  sinon  dans  ces  forêts 
•incultes  etr  profondes ,  où  cetle  divinité  prodigue  à  se* 
vieux  enfans  des  remèdes  simples  comme  leurs  maux?  la 
solitude  même  enseigne  aux  animaux  qui  suivent  les  im^ 
pulsions  natives  de  leur  instinct,  tous  les  objets  salutaires 
i  leur  existence,  et  les  plus  favorables  au  soulagement  de 
leurs  infirmités.  Ne  syhas  quidem ,  horruUorque  naturœ 

(i)  L'aciJe  acétique ,  Tersé  dan&  un  solutum  contenant  un  quinzième 
d'étneirqnc  par  ;  Ae  donne  qu'après  vingt-quatre  heures  un  signe  de  dc- 
^MB^ositM  ^  il  j  a  de  peilts^criitaux  de  cnàme  de  tartre  formés. 


8d  iairtt^nni 

fadàt  maOêomié  oàrait^smcf^  îlM  pmfnhki  fkmmtammmn 
merqmam  jmn  remédia  .dt'sfww^mÊe  hooUm  ^  ul'*m%aiiKâné 
fierei *eUwn'séUtn4o  épsA.^.  Aie  naftt  medidÈmé^.-^  hme  5«k 
natufkt  pkwmrat  e%se.  remettiiLy  paratta  Wiigb  ^  iffm^saufaoi^ 
Ua^  ac  sine  hnpediwunio*  Pluie.  HiM^  imL^  lib.  X:Xiy» 


<^e  i>eH«  #^  w»ta  tan(  icpi'il  *voiidnl>  h  pUipvt  de» 

fque  fenr  ém^^gî^  ot  «oit  /ai(4e  plutôt  qu*utile  à  ^de*  orr 
gane^  ^i  tendres  et  profondément  lésës  par. la  deuleitr! 
Combien  la  nature  avait  su  mieux  leur  approprier  de  sim- 
ples végétaux  dans  lesquels  eîte  dépose  des  sucs  bienfaisans 
et  déjà  élaborés  par  Tor^amsaiion  végétale  !  C'est  la  vraie 
médecine  de  la  nature,  la  seule  dont  les  animaux  sauvages 
m  tiMmveor  si  >}ei»qa  ils  irly»at.|^ltt»  sains  eti  pnoporiiûli 
pl«6  loH^i«mp3  .(}u«  n6iOSipar  a^  aevla  s^ours* 

Telles  sofil  les  idées  i^ae  tious^uggère  la  haau -travail  de 
M.  Auguste  SaioirHi Uire,  qui ,  pénétrant  ^naioes  forêts 
TÎerges  iBt  anûques  du  nouveau  «londfi)  vdetil  faire  part  à 
la  vieille  Europe  4e  oes  soerels  merveiftetix  par  Lesquels 
tant  de  barbares  savent  dissiper  leurs  maladies.C'est,  je 
l'avoue  ,  un  spectacle  bien  intére^ant  que  cet  étrange  en- 
jeignem^nt  du  saonrage  à  ll^omme  civilisé  >  d'un  hécni-' 
#pb^^  §aQ9l^  .exiJE^nt  à  notce  imcien  moi>Gle^;  f  îi^x  éoo^ 
iierS)  nous  devons  rejtourner  i  T.école  de  la  pâture,  qui)  ^ 
^et  ,.Q§i^t  nouvelle  pour. nous.  D'ailleurs  ,  la  plupart 
de  nos  priuicipes  se  trouvent  étrangement  contredits.  Quoi 
4G,plusainguUer  qu'une  solanée  fébrifuge ,  comme  hiSO' 
lanum  psemdo^-ijuina  ?  Nous  remarquoiis  que  le  Brésil  est 
.riclfc^enplanAes  vomitives  9  ou  en  diverses  espèces  d'ip^ 
«a€uanha,-eil*on  peut  dire  qu&«i  M.  de  Martius  en  a  déccH  ^ 
plusieurs  nouvelles  espèces ,  M.  de  Saint-Hilaire  en  oSi^ 
encore  qui  n'avaient  jamais  été  publiées ,  comme  des  spcf'^ 
macoce  et  autres  rubiacées.  M.  de  Saint  Hilaire  a  cet  avan- 
tage aortout  d'enseigner  aux  Brasiliens  mêmes  leurs  ffo^ 


fte^  ritllcMes  ;  esir  H  khir  montre  qii^ils  pMVmt  «é  (Mièst^ , 
miA  q«e  a%iis  9  dn  doo  ideigmlfe  idtt'Mihiqsei^,  mveo  ié 

tade  de6  propriélés  de  DOâ^laates.  ijafdigèoes  qiMod  aihii 
Temmsdes  espèces  congéDercs^  en  Améci^e ,  dévdbpp C|r 
iHie  ftction  héroïque  en  |>1usiears  maladies  analogues  è 
celles  ou  on  les  emploie.  Ainsi  au  Brésil  ^Yanchietea  salu^ 
taris  est  une  plante  de  la  famille  des'  violettes  dont  Tus^ge 
parait  très-efficace  contre  les  maladies  de  la  peati.  Quelle 
plante  «en  Europe  «nétite  le  nom  donné  an  gomphrena 
i^fidnalis  du  Brésil ,  (celui  dépara  todo  ,  propre  à  tout), 
tant  elle  a  montré  de  propriétés  dans  les  fièvres  intermit- 
tentes f  les  coliques ,  la  diarrhée ,.  la  morsure  des  serpc^ns? 
Je  Teux  que  ces  vertus  soient  exagérées*,  mais  des  sauvages 
ont-ils  besoin ,  comme  les  charlatans  d^Europe,  de  vanter 
des  plantes  qo^s  ne  vendent  point?  Les  fruits  des  arbres 
încfiltes  même ,  en  ces  pays  dhauds,  sont  bien  strpérieurs 
a«x  nôtres, *comine  les  wrona ,  par  exempfed^y-et  que  sera- 
ae lorsque  la  cvltnreauva  «a:acc0olt9«  leur  Mineur  sucrée 
et  la  sapidité  de  leur  parenchyme?  IlfaUdmi^itor  toutes 
les  plantes,  pour  en  montrer  Futilité. 

n  n'y  a  rîen^^  rt*pnswÉresur  les  descrîptiOBS,  dont  le 
e<na,  le  développement^  la  £délité  «ousparaiaaeAt  égalet 
tcmt  ce  911'on  connaît  deoufeux  en  ce  ^nre»  L^s  6gures 
ne  sont  point  inférieures  a  celles  du  bel  ouvrage  ide  M!M» 
Hnmboldt,  Bomplaud  et  Kunth.  Tous  ces  végétaux  sont 
très-bien  classés  dans  leurs  familles  naturelles ,  et^  sauf 
quelques  espèces,  dont  les  propriétés  médicamenteuses 
offrent  des  doules,  surtout  dans  la '6^;  livraison,  nous  y 
trouTons  beaucoup  de  ricliessies  inconnues,  Kjai  iMMreDt 
la  bienyeiHatfie seHicflttdb  'àe  la aatoiie^daus  tmuks  tli^ 
aats. 

Ce  travail  est  donc  Vtta  deê  jflas  précieux  monumens 
âevésila  jaatière  médicale  et  a  la  botaniqne ^  par  M» 
Auguste  de  Saînt-Hilaire.  11  a  su,  aux  dépens  de  sa  santé. 


^8  Hi    JOVh^JfA^ 

achever  ^s  longues'  ci  pénibles  recherches  pou»  up  ciel 
brulani  ei  anr  uote  tetire«ouvent  déserte,  tK>ur«iirichir  iio§ 
contrées  de  ces  dons  de  là  nature.  Vanter  TeKaotitude  des 
dèscrîptîoiis ,  la  belle^  exécution  des  figures ,  est  un  soîd 
siîpei'flu  affres  le  comp!te  avantageux  qu'en  a  rendu  M.  de 
Humboldt'  a  rÀçadémîç  de$  sciences.  Ceux  iquî  se  plaî- 
Jouent  de  noire  sévérité  nTont  qu'à  présenter  de  semblables 
ouvrages  5  ils  ne  nous  accuseront  plus  d'injustice. 

'  .    .  J.-J.  Virex. 

Prooromtts  systematis  vaturalis  regni  vboetabilis  ,  5iVe 
enumeratio  contracta  orainum  ,  generum ,  specierumque 
plantar^um  huçusgue  cognitarum ,  juxta  meUiodi  naturalis 

,  nçrmas  digesta  ,  auct.  Auoust.  Pxram.  Dscandoi4.e. 
Tome  a', .contenant  dix  ordres  des  calyciflores.  Paris^ 
chez  Treuttel  et  Wuriz.,  rue  de  Bourbon,  n**.  17.  Un 
volume  in-8**  Prîxi  16  fr. 

Les  ceiojfn/i^  (  partie  des  rhamnoïdes  de  Jussieti), 
les  thamnées  f  les  bmniaceeSj  les  samydées  ^  les  komalt' 
nées  y  les  chalttetîées^  les  aquilarUiées^  les  térébinlhacéès  j 
surtout  la  vaste  classe  des  légumineuses ^  et  les  rosacée;, 
sont  comprises  dans  ce  volume  non  moins  remarquable 
que  le  précédent.  Plusieurs  genres  ont  été  traités  aussi  par 
M.  Seringe  avec  son  exactitude  rigoureuse.  Nous  pensons 
que  tous,  les  hommes  qui  s'intéressent  à  l'aimable  science 
des  plantes  ne  peuvent  se  passer  de  cet  immense  répcr* 
toire.  Nous  dirons  de  plus  que  toutes  les  espèces  employées 
en  divers  pays  dans  la  thérapeutique  étant  ici  classées  et 
désignées ,  ilimporte  essentiellement  de  les  connaître.  Notis 


I>E    PHARM^A^CIE.  89 

en  citerons  quelques -unes  ;  par  exfiinpje^  une  Içgumineuse, 
connue  en  Amérique  sous  Iç  nom  étalcornoco ,  et  qui  est 
peut-être  Falcomoque  écorcê  A  VaritZè ,  a  évê  décHfe^sous 
le  nom  de  Bawdichia  ^iV^{/7ôrJej^Vl'après  MM.  Rélinboldt, 
et  Kunth'.  La  brayera  anthelrrtinticà  ^  rkpportëe  AOrientv 
â  été  raog<e  parmi  les  rosacée^.  Le  boîs^^'d*aIoês  véritable^ 
aloejrylum  itgallochum^  aiuM  que  les  dite^  ak*biiBS  prodtri-^ 
saut  le  baume  de  copahu  ,*  les  cdpa^à^'à'.guiànèrms  ^  Lé^gê^ 
iorfii^  coriacêa^  dispemia,  ttVôff^néftê^Mïi'^cowdôntliê 
âan&  les  légumineuses,  avec  l^ftf é  ToDÉé ,  et'lAnt  A^iMiifiift 
e^f^ces  utiles  en'  médecine  oii"^ns>le^'0i»ts.  On  pOifT^U 
attribuer  aussi  la  rësitte  càiK^èé,  d  ufaëV>riginë'  si  6kii«ll|*é(  A 
Vicica  carana^  térébinthacée  comme  Fencens  pr6diiit*¥Mfh 
la  Bosx^eBSa  sèrrtUa.  Les  falsifidirions  des  tivék  ^6  rëebn^ 
naîtront  dans  les  dlterses  feailleS  Aé  Htarhnik  th&e'tàr^y 
(à>mme  dans  tilex  paragaàriensù  où  le  tbé  du'Pàta^â^. 
Combien  d'autres  cboses  ne  ^out'ridQs-noiis  pa^fH^b^tef^ 
11  faut  donc  lire  cet  ouvrage  sa  vatot.  J.-Ji»ViirtfYl 

'•      ,  •'  '         ,      l'  .  .   :     ;  r.«  '   f   J'ji'.ij;   .'"i 

'HlSiroiEEir4^1^U.1.1S*'tT:ifliDICJLLBJ»BÀS(iR0rfuttl^  ÙIHÙJSnkbl 

''  ia  descriptidtl  a^àtomique'des  .  orgsàea'deria  naagtee 

-  '  officinale,  h  vec  des  considéra  tionfpbfsiniogifmaiaorioaa 

organes,   dts  'ootes  tnèi*-élel^ttQa^6^  Jiiir<p<faiserM«ti6h 

domestiquée  >c«  Vét>,  sa  vcflrodjxicdbUvwt'Knllidtesf, 

ison  application^  etç  ;  par  Ji.-4L^  Desveimi^  {iliacnukt4sn , 

membre  de-plusieurs  sociétés  savantes^  —  i  xûl...ia-8*» 

Avee  six  piaocbes*  Pijx  3  fr.  5i),ic.  A  Paris,  cbçf  ,Jn*B* 

• 

Baillière,  libraire,  rne  de  FEcole  de  Médecine,  a%  .i4- 

— 1-825.  *■  *  *  •'    •••-■•'.- 

-    .  j      ^  •'»       Il     i   irtj  •»     oi     .  là   »  f    •!*>    \*% 


tC^^ai^onçiiiiJK^  dana  un  ;de  nos  précédens  numéros  t  le 
^itH^rnalcUhîqme  y^r  les  Diffcïrmités  dont  le  corps  de  T homme 
^H'S4$sceptibl0.  à  ioutei  hSy  çppquei  de  la  vie  (  i"*.  partie)^ 
ç£  sur  la  rr^é^nn/wB:  et  fei  instruniens  employés  par  h^.chi' 
r^gi^  mJFrqnqei^l^  f4^(mg^,  (a*,  p^riie)^  pnr  M»  5^î- 
fiP^picdi)^:^  d^icieuri4igreigi'  en  exercice  à  la  Faculté  dfi  mér 
^i(W  dff.  Pofisii  pr^essiiuf  \J!un  cours  sur  les  djffonnifés^xi^ 
f'k9$(fke  4e  peffei^lionnems^^  eu^ ,  doqs  ayoof 

^ih-qm  npQ»  £QfH>^|aQpiMi(i(^'i»ccs6amDaeiit  les'  vues  c^u^ 
ê'ji  fVQfM^  900  if lUe^r  ^  x  oa  ce^  4oui  iioas  allons  nous  oc- 

..  Chaque  AVBséro  ^j?  fîe  jpurnjKl  se  compose  desix.£çui)ljef 
d^.t^ie,  ^.de  plu^sieurs  gravures  représentant  desdiffor- 
p^\és  ejt  d^s  objeu  r^atiiÇs  à.la  mécani<|ue  et  aux  insUjB^: 
mens  employés  par  la  ehirurgie.  . 

Il /di^it.^n  paraître  quatre  numéros,  par  an^  k  compter  da 
i*\  juillet  1825  ;  il  en  a  àé^h  paru  deux  (i). 

Onlît  dans  le  !*'•  numéro  :  le  prospectus  ;  des  consi- 
xUratibcn  «or  les  difibcmités  em  général  )  svr  celles  de  k 
<»lji|niie  «vrtèbraie  en;  paf  ticnlier,  ci  U  description  de  di- 
;^persL<noyp^s<  htiéc^hiqnes  employés  par^culièrejnent  en 
'France^  idepusi  vj^^^^^^^^^^h^^^  dans  la  viie.d^opérer 
ie  rcdretsenienlj  de  la  colonne  vei:lébra)e  déviée. 

Patmi-cbsiBoyensv  on^t  ('^'..partie)  cpprésen;^  P*^ 


^r)  On  l*a1)0nT)C  chet  Taut^r  ,-i-sâ  maison  de-lraitemeBt  éé  drterses 
^flbrinitéd^t  de pàratytics,  tnie  deGlu}Tffeu0ei,'ti.o,  4  »  en  fao«  df  U  tfc^^' 
niéredu  boulevard  Mont-Parnasse,  et  chez  Bechet,  libraire ,, pl'f^ ^ 
rÉcole  de  Médecine.  Le  prix  de  rabonnement  est  de  is  fr.  pour  Pafîf  » 
«t  de  i3  fr.  5o  cent,  pour  les  département. 


bonne  liihc»gra{iUé  W  ^U>ft  d*one  '^ntié^  peittoniie  doat 
k  taiUe  est  dâDJ^e,  et  .d«tti  ofAomméB^YlRTîAmUa  sUr  les** 

Crtrom  4an«'  dcb  oilt  semblalblM^  Une  i«i»odQ  l^h^iiplim 
rÊpréaoDie  tiâ  Ul  <k  r»Qi^eii^<b4#  r«otettr»auplaqiiiol  ui^ 

Le  or*  BiiBiérii  st  oômpofe  (  rvpiirlje)'t  jAe^l!aiftic)e<Mr^ 
tfabpé<lie  extrait  de  Thistoire  des  progrès  récens  de  1»  chvH 
Mffgie,  pM-  M.  le  pfaA)ffiejdri/{Mi^iwi4»>aiFe$rdeA<a#t|Mde 
lantnir  ç  d'ane  pUacke  refiréatmtat  '  mm  djftbnnillé  ^ 
goBoa  ^'ii  a  nunluràe.&.rAAadtfilifi^  e^.iifi%pt«id  b<H  d'toe 
vaTÎit»  j^oaqttîci  inooniniè  intaon  déerii«^  de  eomîdérAr» 
iicmt  .géiéBrfAsfl  âar.kuie  ieluMt  4e  Tiçea  de  wmibftiifHM» 
dtfpeiidnftdun  »îwp}er>dM(di(fi|lbles9lB  Mi]kéreiitiaW)lîf^ 
mew  V  «eb  que  le. n^hDÎp^^^  yfQArèa».&cttiléiQhi|i  ««iMinfr 
«idkiAitt  db  iik  lttiialiM.*déJa  nîÀebotre  $rf£é*mftrel,  4a;ddr 
Tiation  laidrale  droite  de  la  colorine  Tertiibtfd^  ^468;déi4«^ 
tiens  du  bassin  ,  la  faiblesse  de  rariicnlation  de  la  hanche^ 
do  genoo,  du  pied,  etc.;  d^une  relation  sommaire  de 
toixante-buit  cas  de  maladie  ou  de  simple  déformation  de 
Ja  colonne  vertébrale  ;  de  la  réfutation  d^opinions  contre 
son  extension  korisoMalfi-  dan«  les  cas  ,de  sa  déviation  ; 
(ae.  partie)  de  considérations  générales  sur  la  mécanique 
et  les  instmmens  employés  par  la  chirurgie  ;  du  rapport, 
sur  le  lit  k  mécanique,  de  l'invention  deTautenr,  fait  k 
TAcadémie  royale  de  médecine ,  avec  des  noies  de  loi  sur 
le  même  rapport  et  les  conclusions  de  TAcadémie  ;  d'une 
nouvelle  description  de  ce  lit  avec  une  instruction  sur  la 
manière  de  lui  faire  produire  les  résultats  qu'on  doit  en 
obtenir ,  Tindication  de  ses  dernières  améliorations ,  et  sa 
comparaison  avec  les  autres  lits  ayant  la  même  destina- 


92;  JOURlfAI^   BC    PHARM'ACIE. 

tion  ^  et  enfin  de  trois  plÂncties ,'  dont  celle  n^.  a  repré- 
sente le  plan  employé  ety  Angleterre  dans  la  déTÎAtioo^de 
la  colonne  vertébrale*,  celie  n^.  3 ,  l'instrument* de  M.^Le- 
roy  d*Étioles ,  <lesii)ié  à  briser  les  calcols  de  Ja  ^esm*^  >le 
même  i.  peuprès  que  celui  du  docteur  CiWale  ^  let  celle 
n^.  4  9  des  pinces  employées'arec  Succès  en  Angleterre  pour 
etMfsiire  les  UïiActdsi^lui  se  forment  dans  l^Tcssie  et  les  y 
briser.        '•**   - .   <■  .     :  ^     ..■  '.if«.î     .  i  •  '■ 

'''Oti  pi^Utjuger  sur  ee  simple^^xpotsé  des  matiiifesr  tni-* 
lébstiânsicé JoavmlV^è  son-ipipôrtatiee  etde  ton  utilité.' 
'»llAùssi'Comi^e*Cllsïln0tière»•onti étrangères  aux.  sciences, 
qui  sont^plua  particulièrement  i'objet  de^not^en^^cuéil, 
imxB  n'ènirepona  pasplus^ratvt'dsmsilei.détailsideis^^fau" 
tn^^  qw  y  ouvragé  de  M.  MaisoiiabePp^pfësên«eri  LW 
position  que  n6us  venons  d?ea  Mre  suffil-a'  sans  doufte  pear 
piquet*  la  ^curiosité  ^  et  exciter  Vnfitérèl  «desbclniâies  iiVkti 
efàufltsi'dis  gem  an  monde*      '  '  '  >  '  •:   J.'^;B;  l  n<       / 


!t     i    :  1 


'  '  '  t                           f      •  * 

f  1  .  ;•.      rt     .Ij  ^«.'t    ■  il     vi»  ^1  4  .v'T'  /I    »":!-  ••  J/  .    i:    • 

JT  ';   »       ;   .  -H  ;'.f     r,     .  ^       ,..  i.j  .  .  ■  .j'i;.       r  .[   i  » 

'     t                                                               '                          A       *    t                 '  ** 

'.•J  (            ..   .    jji  •/    t  "      t.tr\  -*m'    :  J  ;i             .         .  .        • 

f  •                   •  •                            •  .            .        .  1 

f'  l  t   '        .      l      '      ,   '      ■  'é4     t            .II'"'          I                      <              j1<          j  j             «-4*..  .      .»',.,>      •î.i'*'              > 


f  »  *    t 


f>'.       '■:..*'  If   '■/••  î    ^  ■     " .  I 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS  5 

Rédigé  par  M.  Heurt  ,  secrétaire  général  j  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL 
De  la  séance  du  \6  janvier. 

Le  secrétaire  général  fait  observer  que  la  correspon* 
dance  imprimée  n'est  point  parvenue. 

n  annonce  les  pièces  suivantes  comme  composant  la  cor- 
respondance manuscrite  : 

Une  note  sur  des  accidens  causés  par  une  liqueur  colo- 
rée par  le  sulfate  de  cuivre  ,  de  M.  Derheims ,  de  Saim* 
Omer  ^ 

Une  lettre  de  M.  Dulong ,  d  Astafort ,  accompagnée  d'un 
travail  intitulé  :  Examen  chimique  élu  principe  aettf  do  la 
digitale  pourprée  ; 

Vue  note  sur  une  modification  du  sparadrapier  de 
M.  Guilbert ,  par  M.  Labarthe  ,  pbarmacien  k  Paris  ; 

Analyse  des  fruits  du  Liguslrum  yulgare ,  par  M.  Ma- 
non ,  d'Auxonne  ; 

Expériences  chœlographico^chœloîomiques  y  par  Mj 
Brossât. 

M.  Boudet  oncle ,  commissaire  près  TAcadémie  des 
sciences ,  rend  le  compte  suivant  : 

Xn*.  Année.  —  Fé\^rier  i8a6,  7 


9^  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

M.  Raspail  donne  lecture  d*un  mémoire  dans  lequel  il 
prouve  qu'à  Taide  du  microficape,  il  a  reconnu  la  grosseur 
des  molécules  des  differemes  fécules  amylacées  y  et  trouvé 
que  chacune  d'elles  est  un  petit  corps  contenant  y  sous  une 
enveloppe  iosolôblè  dans  Tèau  firolds,  une  matière  gd^oi- 
mcuse  qui  se  dissout  facilement  dans  Teau  lorsque  son  en- 
veloppe est  déchirée ,  soit  à  froid  par  la  trituration  ,  soit  i 
chaud  par  dilatation. 

M.  Fourier  fait  un  rapport  favorable  sur  un  ouvrage  de 
M.  Moreau  de  Jonnes  y  qui  a  pour  but  de  démontrer  IV 
vantage  des  grandes  forêts  qui  couronnent  les  montagnes, 
qui  abritent  les  plaines  et  alimentent  les  sources,  et  les 
grands  inconvéniens  qui  résulteraient  pour  Tagriculture  si 
des  lois  administratives  n'arrêtaient  pas  leur  destruction, 

M.  Deyeux  a  trouvé  que.  l'huile  extraite  du  cornouiller 
sanguin  ,  par  M.  Lachaussée ,  brûlait  aisément  sans  don- 
ner d'odeur ,  et  cpi'on  pouvait  très^bien  l'employer  pour 
les  lampes.  Il  s'agit  de  saroir  maintenant  s'il  y  aura  beau- 
coup d'avantage  à  la  fabriquer. 

La  Société  reprend  la  suite  de  ses  travaux. 

Mw  le  secrétaire  annuel  donne  lecture  de  la  note  de 
M.  Derfaeims  ;  un  membre  fait  observet  qa  elle  a  été  insé* 
rée  par  extrait  dans  le  Journal  de  chimie  médicale.  En 
oonséquence  cette,  note. sera  déposée  aux  archive». 

  cette  occasion  M.  Laugier  émet  des  doutes  sur  la 
possibilité  de  colorer  une  liqueur  en  Uea  av«c  le  sul- 
fate do  cuivre ,  sans  que  la  saveur  de.  çf^i^  çpmpp^ition  soit 
repouA5an|e« 

M.  Hafiche  regrette  que  M.  Derfaeims  n^ait  point  poussé 
plus  loin  fes  essais  ,  attendu  que  la  présence  de  matières 
végétales  peut  singulièrement  altérer  Faction  des  réactifs 
sur  le  cuivre. 

M.  Chevallier  raconte  qu^il  a  plus  d'une  fois  rencontré 
du  cuivre  dans  les  eaux-de-vie  du  commerce  ;  il  serait  pos- 
sible que  la  liqueur  de  M*  Derfaeims  fût  dans  ce  cas.  Il  Iti^ 


DE    LA  SOCIETE    DE     PHAHMACIE.  95 

parait  plus  que  douteuse  que  le  cujTre  ait  élë  igouté  dans 
riotentioD  de  colorer  en  bleu. 

M.  Guibourt  donne  lecture  du  travail  de  M.  Marion. 

M.  BooUay  dépose  sur  le  bureau  une  faote  en  réponse 
aa  mémoire  de  M*  Casaseca  sur  la  coque  du  Levant.  — ^ 
Renvoyé  à  la  commission  de  rédaction. 

On  procède  à  Télection  de  M*  Âncelin  \  ï\  réunit  Tuna* 
nîmité  des  suffrages ,  et  est  noouiié  membre  résident  de  la 
Sodété« 

M.  le  président  propose  de  nommer  une  commission,  de 
prix  qui  devra  examiner  si  la  question  mise  au  concours 
en  18^5  doit  être  de  nouveau  proposée  en  1826,  ou  s'il 
convîrnt  delà  remplacer  par  une  autre* 

L*a  Société  s'occupe  sur-le-champ  de  cette  nomination 
par  la  voie  du  scrutin  :  MM.  Planche  ^  Soubcirao  ^  Henry 
fils,  Buisy  et  Boullay,  ayant  réuni  la  majorité  des  suf-^ 
frages  y  sont  nommés  membres  de  la  .commission  du  prix 
pour  1826. 


fit  ^ 

RAPPOfiT  FAIT  A  LA  SOCIÉTÉ  DE  PttAPtACIE ,  , 

Smr  un  Mémoire  dt  M.  Anceliït  ,  relatif  à  la  falsificaiion 

du  baume  de  Copahué 

AhssiBults  I 

▼oui  n^aVéz  pas  oiibîié  que  notre  honorable  collègue  « 
M.  Hanche ,  nous  a  communiqué  deux  moyens  de  recon- 
naître la  falsification  du  baume  de  copahu  par  Thuile  de 
ridn  (Joum.  pharm«,XI  228).  M«  Ancelin  \e»  ayant 
mis  en  usage,  ne  les  a  pas  trouvés  aussi  avantageux  qu*oçi 
lavait  pensé  d^abord^  et  il  nous  propose  un  autre  procédé 
sor  lequel  vous  nous  avez  chargés  4e  vous  faire  up  rapport*, 
M.Boisselet  mol. 

Lors(|aoo  mélange ,  par  gouttes  et  dans  une  capisale ,  3 

7      ■ 


/ 


96  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

parties  de  baume  de  copahu  par  et  une  partie  d*aclde  sul- 
furique  concentré  9  il  en  résulte  Dne  niasse  d'une  consi- 
stance emplastiqiie  et  d^une  couleur  rougeâtre  très-foncée,* 
quand  on  répète  cet  essai  avec  de  Thuile  de  ricin,  1  huile 
acquiert  seulement  une  consistance  de  térébenthine  et  n'of* 
fre  aucune  coloration.  Kicn  n*est  donc  plus  facile  que  de 
distinguer  par  ce  moyen  le  baume  de  copahu  deThuilede 
ricin.  II  n  en  est  pas  de  même  du  mélange  de  ces  deux 
corps. 

Si,  comme  on  Va  cru  d^abord ,  une  petite  quantité  d'huile 
de  ricin  pouvait  défendre  le  copahu  de  la  coloration  pro- 
duite par  l'acide  sulftirique,  ce  moyen  serait  utile  jusqu'à 
un  certain  point  pour  s'assurer  de  la  pureté  de  ce  baume 
résineux  \  mais  nous  sommes  forcés  de  reconnaître,  avec 
M.  Âncelin ,  que  l'huile  de  ricin  n'exerce  aucune  action 
semblable  ;  qu'un  mélange  des  deux  corps  se  colore  et  se 
solidifie  par  Tacide  sulfurique ,.  proportionnellement  i  la 
quantité  de  copahu  qui  s'y  trouve  contenue ,  et  que  ces  deoi 
effets  sont  tellement  marqués ,  qu'ils  peuvent,  au  contraire^ 
servir  à  déguiser  une  assez  forte  proportion  d'huile  de 
ricin.  Voici  donc  la  modifi  ation  apportée  par  M.  Aucelin 
à  ce  procédé. 

M.  Ancelin,  de  même  que  M.  Planche ,  mêle  dans  une 
capsule  le  baume  de  copahu  avec  l'acide  sulfurique  con- 
centré dans  la  proportion  de  3  gouttes  du  premier  sur  une 
goutte  du  second  ;  que  le  copahu  soit  pur  ou  non ,  le  mé« 
lange  se  colore  fortement.  On  l'introduit  dans  un  flacon  et 
on  l'agite  avec  de  4  à  6  gros  d'alcohol  à  36  degrés.  Suivant 
M.  Ancelin,  lorsque  le  baume  de  copahu  est  pur,  l'alcohol 
est  sans  action  sur  le  composé  qu'il  forme  avec  l'acide  ; 
lorsqu'au  contraire  le  copahu  est  altéré  par  Thuile  de  ri- 
cin ,  le  mélange  se  dissout  facilement.  L'auteur  ajoute  que 
ce  procédé  est  encore  bon  lorsque  le  copahu  ne  contient 
qu'un  quinzième  d'huile  de  ricin. 

Nous  dirons  de  ce  procédé  ce  que  nous  avons  dit  du  pre* 


DE   LÀ    SOCIETE    DE    PHAAHA'CIE.  97 

raier;  le  cçinposé  d^huîle  de  ricin  et  d'acide  snlfurique 
se  dissom  sar-le-champ  et  en  grande  quantité  àtins  Talcohol^ 
celui  de  copahu  pur  et  d'acide  ne  s'y  dissont  que  peu  et 
très-lentement;  en  cas  de  mélange,  Fîn^olubililé  de  ce  dei> 
nier  composé  «^oppose  à  l'action  dissolvante  de  Talcoholsur 
le  premier  ^  et  peut  déguiser  une  assez  forte  proportion 
dloile  de  ricin;  c'est  ce  que  l'expérience  nous  a  dé* 
montré» 

Uu  mélange  de  7  gouttes  de  copahu ,  5  gouttes  d'huile 
de  ricin  et  4  gouttes  d'acide  sulfuriqne ,  s'est  fortement 
coloré  et  s'est  dissous  sur-le-champ  dans  l'alcohol. 

Un  mélange  de  9  gouttes  de  copahu  contenant  un  quart 
d'huile  de  ricin  et  de  3  gouttes  d'acide  sulfnrique  s'est 
foriement  coloré  et  s'est  dissons  dans  l'alcohol ,  mais  avec 
diflScuIté  et  en  laissant  un  petit  résidu  insoluble. 

Un  mélange  de  8  gouttes  de  copahu  ,  une  goutte  d'huile 
de  ricins  et  3  gouttes  d'acide  sulfuriqne,  n'a  pas  différé 
leosiblement  d'nn  pareil  mélange  fait  avec  le  copahu  pur , 
et  ce  n'est  qu'après  24  heures  que  nous  nous  sommes  aper- 
ças que  l'alcohol  avait  agi  dt?ssus.  Mais  il  agit  de  même  sur 
le  copahu  pur  y  quoique  d'une  manière  un  peu  moins 
marquée. 

U  résulte  de  ces  essais  que  le  procédé  de  M.  Ancelin 
ajonte  quelque  chose  à  celui  de  M.  Planche;  car  on  peut, 
par  son  moyen,  reconnaître  un  quart  d'huile  de  ricin  mêlé 
au  baume  de  copahu ,  peut-être  un  sixième  ou  un  septième  ; 
mais  il  ne  peut  servir  à  y  constater  la  présence  d'un  hui- 
tième ou  un  neuvième  d'huile  ,  et  dès  lors  il  faut  en  cher- 
cher un  plus  certain. 

M.  Planche  nous  a  appris  que  le  baume  de  copahu  pur 
formait  avec  l'a  m  moai;y{ue  (i)  un  composé  transparent,., 
bndis  qu'il  restait  blanc  et  opaque  lorsqu'il  contenait  de 


(1)  Uoe  goatte  d'amraooiaque  â  ^i  oa  ^a*  sur  (rois  gpaUet  de  copahu» 
•B,  en  poids  ,  i  sur  ^5.  U  faut  oporer  dans  mw  bout«iU«  bouchot. 


. 


•C)8  BULLETIN     DUS    THAVAUX 

riiuUe  de  rjcfn. ,  M.  ÂnccTio  annonce  qu'î!  a  obtenu  par 
ce  moyen  des  résuliats  très-vanables ,  et  f  aï  dît  moi-ijnême, 
dans  une  séance  de  la  spciété  ,  qu'ayant  répété  ce  procédé, 
je  ne  Vavais  pas  trouvé  Satisfaisant.  Je  dois  convenir  au- 
jourdliui  que  c'est  un  des  meilleurs  que  Ton  puisse  em- 
ployer, 

Le  baqme  decopahu,  qui  contient  un  quart  d'huile  de 
rîcin  forme  avec , l'ammoniaque  un  mélange  très-opaque, 
qui  reste  lel  malgré  spu  exposition  à  une  température  de 
a5  à  3o  degréîs ,  Je  sorte  cjue  ce  moyen  est  très- efficace  dans 
tous  les  temps ,  pour  reconnaitre  la  proportion  d'huile  qui 
vient  d'être  indiquée. 

tJn  uivjjfinge  de  8  ou  ^  parties  de  copahu ,  i  partie 
d'huile  de  ricin  et  3  parties  d'ammoniaque,  se  trouble 
fortement  dVbord  et  reste  tel  si  on  opère  à  une  tempéra- 
turc  de  la  à  l5  degrés  centigrades;  mais  à  20  ou  25  degrés, 
le  mélange  redevient  presqu^aussi  transparent  que  le  ce- 
pahu  pur  ;  et  c'est  après  avoir  opéré  cet  été  à  une  tempéra- 
ture semblable,  que  j'ai  dit  que  le  procédé  par  l'ammo- 
niaque n'était  pas  exact.  Il  est  pius  que  probable  que  cQ 
procédé  deviendra  très-bon,  même  dans  la  saison  la  plus 
cbaudft,  en  ayant  le  soin  de  refroidir  le  mélange  an^mo- 
niacal  au-dessous  de  i5  degrés  (i).  Dans  la  saison  actuelle, 
l'ammoniaque  indique  de  la  manière  la^oins  équivoque 
un  vingtiètné  d'huile  de  ricin  ajouté  au  baume  de  copahu  , 
et  nous  ue  doutons  pas  qu'elle  ne  puisse  en  faire  recon- 
naître une  bien  moindre  proportion. 

La  société  n  igi^ore  pas  que  notre  collègue,  M.  Blondeau, 
H  communiqué  à  l'académie  royale  de  médecine  plusieurs 
procédés  pour  reconnaître  la  pureté  du  baume  decop«h"* 
.Le  plus  remarquable  consiste  à  naôler  à  cel^e  réaine  fluide 

(1)  n  ne  i«at  pas  non  plus  trop  refroidir  le  mélange  $  car  ù  une  if^n^ 

ftcrature  de  5 degrés  à  o,  le  buun^e  de  copahu  le  plus  pur  «e  trouble  «ofsir 
1  convient  donc  d'ope'rer  entre  10  cl  1 5  degrés  centigrades. 


UE    LAT   dOCISTS    PE    PHARMACIE.  9^ 

mn  quart  de  son  poids  de  magnésie  earWoAtée.  Çetle  tit^th" 
stauce  s^j  dissout  compléAenieut^  et'iemélaivgfi*  devîenl  t!anf«' 
pareoi  en  quelques  heures  ^  lorsque  le  baume  d^  copaU» 
est  pur.  Il  reste^  au  contraire,  d^autanl  plus  x;>paqtie  que  le 
kume  est  plus  altéré.  L9  seule  chose  que  nous  ayons  i 
Kaire  observer  sur  ce  procédé  «  qui  est  eeriaîriemeut  U  àsn 
furieàac  et  fort  utile ,  cest  qu'il  semble  pçt*dre  de  so^  exa<;T 
ûludev  par  suite  de  rabaissemctnt  de  tempéraoïre ,  à  ipe-i 
sure  que  celui  par  Tammôniaque  en  acquiert  davAiita^ 
Cest  du  moiua  la  seule  manière  dont  npus  puissions  expli-r 
quer  pourquoi  du  baume  de  copaUu  essayé  duux  fois,  c^s 
jours  derniers,  par  le  sous^carbonatede  magnésie,  n  a  acquil 
c[a'iuM transpsvenc^  imparfaite,  qui  pourrait  JBnire  croire 
^'il  est  légèrement  falsifié,  si  nous  n'é^ns  4'ailkurs 
assurés  de  sa  pureté* 

JVons  coDcloonsè  ee  qUè  deé  remefclmen^^  soi^^iH  adres- 
sés à  M.  Ancelîâ^^  et  à  ce  qile  s»  note  soit  renûse  k  la  comH 
mission  de  rédaction  pour  être  insérée  par  eiUraii  dans  le 
Bulletin  des  travaux  de  la  société.. 

Paris  ^  ce  i5  décembre  i8a5.  G..  Gmap^t^r.. 


k*A%  ^«%  •i%%»'W*'»v«^«  **%•««>«  «**••  ««V 


ESSAI  CHIMIQUE 

Sur  là  coque  au  Lev^ant  (  Menkpermutn  cocculus  )  ,.  par 
J.  L.  CkskSECk j.  licencié èsrsciences  de  la  Faculté  de  Paiis^. 
élève  de  M-  Thenard. 

M.  Bottllay  a  fuit  une  étude  particoliére'dil  cette  coque. 
les  prhuîipaux  résultats  c[u*tl  a  obtenus  dans  son  premier 
travail  sont  (1)  :  i"^.  que  la  capsule  ligneuse  né- contient 
que  du  ligneux  et  un  principe  vomitif  jaune  ;  a^.  que  la. 
semence  du  menispcrmum  cocculusdébarrasséedesOn  pé- 
ricarpe lignenx  contient  environ  moitié  de  son  poids  d'une 

(1)  BuUftio  de  Pharmacie. 


lOO        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

huile  fixe  concrète  cm  céracëe;  une  matière  albnmhieuse  ] 
une  partie  colorante ,  jaune ^  un  principe  amer ,  Téné- 
nenx ,  cristallisable  ;  une  matière  fibreuse  ;  un  acide  Té^ 
^étal  qu'il  avait  d'abord  qualifié  d'acide  maliqne  ;  et  .en- 
fin du  sulfate  et  de  Thydrochlorate  de  potasse ,  une  petite 
quantité  de  phosphate  de  chaux ,  de  silice  et  de  fer;  Dané 
un  second  travail  (i),  M.  Boullay  a  cru  devoir  considérer 
ce  qu'il  avait  appelé  acide  malique  comme  un  acide  non* 
veau  qu'il  a  nommé  ménispermique ,  et  le  principe  véné«- 
neux  comme  une  véritable  base  salifinble  végétale  qui ,  a 
cause  de  son  extrême  amertume,  a  reçu  du  même  chimiste 
le  nom  de  picrotoxine. 

M.  Thenard  ,  dans  son  Traité  de  chimie  ^  manifeste  des 
doutes  sur  l'existence  de  Tacide  méni^permique  ;  il  pense 
également  que  de  nouvelles  expériences  deviendraient  né- 
cessaires avant  d'admettre  définitivement  le  principe  amer 
comme  une  nouvelle  base  salifiable  végétalel 

Dans  cette  indécision ,  j'ai  entrepris  de  répéter  les  expé- 
riences de  M.  Boullay  et  de  les  varier ,  dans  le  sepl  but 
de  fixer  mon  opinion  sur  ce  point,  et  de  m'assurer  de 
l'existence  ou  de  Tabseuce,  dans  la  coque  du  Levant,  de 
Tacide  ménispermique  et  de  la  nouvelle  base  salifiable  vé- 
gétale dont  il  est  question. 

J'avais  commencé  mes  expériences  à  Montpellier  \  mais, 
faute  de  laboratoire  convenable ,  je  me  suis  vu  forcé  d'y 
renoncer.  De  retour  à  Paris,  j'ai  repris  ces  expériences. 
Étant  parvenu  i  des  résultats  propres  à  éclaircir  sur  ce  su- 
jet, et  connaissant  d'ailleurs  la  bonne  foi  des  savans  fran- 
çais, j'ai  cru  bien  faire  en  soumettant  mon  travail  au  juge- 
ment de  la  société. 

M.  Boullay  a  suivi  deux  procédés  pour  se  procurer 
l'acide  ménispermique  :  le  premier  consiste  à  précipiter 

(i)  Deuxième  théte  soutenue  devant  la  Faculté  is-sciences  de  Paris, 
«a  (818. 


DE    LA.    SOCIETE    1>C    PHARMACIE.  19 1 


par  racétale  de  plomb  U  décoclion  de  coqaes  du  Levant 
laoodées  ,  et  à  faire  passer  à  travers  ce  précipité  bien  layë 
un  cousant  de  gàz  hydrogène  sutfaré.  L'adde  ainsi  obtenu 
éuit coloré  et  encore  amer,  ec  formait,  selon  lui,  ayec  le 
plomb ,  des  sels  solubles  dans  Tacide  acétique*  J^ai  répété 
celte  expérience ,  mais  Tacide  qae  j'ai  obtenu  ne  formait 
pas  avec  le  plomb  des  sels  solubles  en  entier  dans  Tacide 
acétique  ;  ce  que  Fou  devait  prévoir  puisque ,  d'après 
M.  Boullay  même  ,  il  y  a  dans  la  coque  du  Levant  du  sul- 
fate de  potasse  qui  a  dû  fournir,  par  Tacétate^de  plomb, 
du  sulfate  de  plomb,  lequel,  dans  sa  décomposition  par 
Iliydrogène  sujfuré ,  a  abandonné  son  acide  sulfurique  âla 
liqueur  supposée  contenir  Tacide  ménispermique. 

Le  second  procédé  qu'a  employé  M.  Boullay  pour  se 
procurer  Tacide  ménispermique,  consiste  à  précipiter  la 
décoction  de  coques  du  Levant  par  le  nitrate.de  baryte,  à 
laver  le  précipité  avec  de  Talcohol  pour  le  décolorer,  et 
après  l'avoir  desséché, ,i  le  décomposer  en  le  traitant  avec 
son  poids  d'acide  sulfurique  mêlé  de  moitié  d^eau.  J^ai  ré- 
pété cette  expérience ,  et  j'ai  obtenu  un  liquide^  très-acidç 
coloré  et  amer,  contenant  beaucoup  d'acide  sulfurique ,  ce 
que  l'on  devait  prévoir  encore*,  car  la  quantité  d'acide 
salforique employée  est  trop  grande,  et  le  précipité  fourni 
par  le  nitrate  de  baryte  contient  une  quantité  notable  de 
matière  animale  et  de  sulfate  de  baryte. 

n  résulte  donc  des  expériences  même  de  M.  Boullay,, 
que  l'acide  qu'il  a  obtenu  devait  toujours  contenir  de  l'a- 
cide sulfurique ,  dont  il  était  difficile  de  le  débarrasser 
sans  introduire  un  autre  acide,  puisque,  selon  M.  Boullay, 
l'acide  ménispermique  précipite  le  nitrate  de  baryte.  JV 
donc  cherché  un  procédé  pour  l'obtenir  exempt  de  cou- 
leur, d'amertume  et  d'acide  sulfurique ,  trois  causes  su(fir 
sautes  pour  faire  attribuer  à  l'acide  ménisperoiique  des 
propriétés  que  peut-être  il  n'avait  pas. 

Voici  le  procédé  que  j'ai  suivi  ; 


lOa  BUL1.KTIII    DES    TRAVAUX 

J'aJ  fait  Afec  (le  Ttuiu  distiliéeufie  forte  déooelkm  île  co< 
qnès  du  I^i^ani  «implement  conoassëes  ;  j*ai  filtré  «  ^uis 
craporë  jusqu^en  coivsîstaTice  d^extrait,  ayant  sOm*jd'«ftl«^ 
▼er  auiaiit  que  possible  la  matière  gratte  (i)  tjui  apparais^ 
sait  i  la  siferfaoe  du  liquide. 

L'extrait  ainsi  obtenu  a  été  é|Hiisé  k  ckaiM  par  ralcohol 
du  commerce,  qui  ^'est  chargé  de  toute  la  matière  nmère^ 
et  a  laissé  indissoute  une  matière  bt*uitàtre  t[tte  nous  exa- 
ïninerons  plut  tard. 

La  liqueur  alcoholSque  était  très-amère  et  assez  colorée  : 
elle  devait ,  sans  doute  y  contenir  atissi  le  ménispermate  de 
picrotoxine ,  puisque  la  matière  insoluble  ne  conservait 
plus  d'amertume.  Cette  liqueur  a  été  évaporée  avec  soin 
pour  chasser  TalcohoL  Eprouvée  vert  le  milieu  de  Topéra- 
lion  par  le  papier  tournesol ,  elle  a  donné  des  marques 
setisibles  d'acidité ,  et  vers  la  fin  de  l'opération  il  s'est  ras- 
semblé à  sa  surface  des  gouttelettes  d'une  matière  grasse 
verdâtre.  Lorsque  tout  l'alcohol  a  été  évapoi^  et  que  là 
matière  cul  acquis  tine  consistante  d*extrait,  j*ai  sép^arc 
avec  soin  cette  matière  grasse  :  elle  rougissait  fortement  le 
tournesol  ;  elle^était  composée  d*un  mélange  d'acides  oléi- 
que  et  margarique.  l'ai  traité  la  partie  extriictîve  par  IVan 
distillée  bouillante,  qui  a  tout  dissous.  Cette  dissotutron 
aqueuse  n'était  pas  acide.  Convenablement  concentrée,  t'ifc 
a  été  précipitée  par  le  nitrate  de  plomb ^  ce  précipité  était 
peu  considérable  et  gélatineux.  Comme  il  était  st>litble 
dans  une  quantité  suffisante  d'eau ,  j'ai  eu  le  soin  dans  la 
précipitation  de  m'arrèter  lorsque  la  dissolution  aqueuse 
ne  donnait  plus  qu'un  léger  précipité  par  l'addition  du 
nitrate.  J'ai  par  ce  moyen  diminué  les  lavages  qui  auraient 
dissous  en  partie  le  précipité. 


(i)  Gitte  matière  a  cté  Tobjcl  d'un  traTnil  particulier  qui  m'est  rom- 
muii  ayeo  mon  ami  Locanu  ,  avec  lequel  j*ai  travaille  saur  M.  Labillar-v 
dièrt,  dans  le  laboratoire  de  M.  Thenard  ,  au  CoUe'ge  de  Trance. 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHAHMACIE.  lo3 

Ce  précipité,  mis  en  saspension  dans  Team  distillée ,  a' 
éié  exposé  pendant  deux  heures  à  ractioa  continue  d*tm 
oonrant  de  g^i  hjdrofpène  sulfuré  ;  la  liqueur  filtrée  par  du 
papier  Joseph  ,  lavée  a  Vacide  hydrochloHque  et  ^à  Teau 
dVsXiUée,  était  encore  wn  peu  colorée.  Je  l'ai  traitée  par  du 
«barboa  animal  parfaitement  purifié^  et  en  filtrant  avec 
les  mêmes  précautions,  j'ai  obtenu  un  liquide  totalement 
incolore,  nullement  amer  ni  acide  au  goût,  sans  saveiir,  en 
no  mot,  et  ne  donnant  que  de  faibles  marques  d'acidité, 
par  je  tournesol.  Je  nj  ai  trouvé  que  de  Tacide  hydro-* 
cklorique  ^  en  outre ,  ce  liquide  évaporé  dans  une  capsule 
en  verre  n'a  laissé  aucun  résidu. 

.  Il  me  semble  que  cette  expérience  prouve  évidemment 
que  Tacide  ménispermique  n'existe  pas*  Dès  lors ,  j'ai  en 
Ueu  de  croire  que  les  effets  que  M.  Boullay  attribue  au 
nouvel  acide  végétal  qu'il  dit  avoir  obtenu  ppurraient 
bien  être  dus  au  mélange  de  l'acide  sulfurique  (existant 
dans  la  liqueur  acide  qu'il  a  retirée  de  la  coque  du  Lo- 
vant), et  de  la  matière  insoluble  dans  Talcobol  que  j*ai 
obtenue. 

Pour  m'en  assurer, j'ai  fait  une  eau  acidulée  avec  l'a* 
dde  sulfurique  ;  je  l'ai  fait  bouillir  avec  un  e?cçèa  de  celte 
maûèreinsoluble  dans  l'alcohol,  et  j'ai  fi|ti'é«  Cette  liqueur 
acide  colorée. formait  avec  les  différeus  réactifs  de$  préci- 
pités analogues  (i)  à  ceux  qu'indique  M.  Boullay;,  elle 
jouissait ,  en  un  mot ,  de  presque  toutes  les  propriétés  que 
ce  chimiste  a  assignées  à  l'acide  ménispermique.  Ceci  ex- 


{i>  Je  dn  préàçiiés  analoguei,  ^^aroe  qu^ils  n'avaient  pas  tout-à-fast 
la  ccMileHr  de  ccmz  4}im;  H.  Bouilaj  a  obtenus  ;  il  était  d^ailleura  Jiflîoile 
de  bieo  juger  de  leur  tciute ,  la  liqiieur  étant  elle-uipme  fort  colorée. 
Do  resU»,  j'ai  obtenu  des  précipités  arec  touii  les  réactifs  essayés  par  • 
M.  'Boa lia j,  excepté  le  sulfate  de  magnésie  «ar  le«fuel  otti«  Inpieur  acitie 
n'a  rien  i^roduit  »  et  Je  deutosulfate  de  fer  qui,  quoique  étant  devenu 
rert  foncé  presque  noir ,  n*a  cependant  pas  donné  de  précipité.  L'eau  de 
chaux  et  le  proto-tnlfate  de  fer  n'ont  rien  jproduit  dans  cette  liqueur. 


I04  BULLETIN     DïS    TRAVAITX 

piiquerait  encore  pourquoi  Tacide  menispermique  n'est 
pas  converti  en  acide  oxalique  par  l'aeide  nitrique. 

La  matière  insoluble  dans  Tatcohol  dom  j'ai  parlé,  a? 
été  traitée  par  Teau  bouillante  ;  la  liqaeur  filtrée  a  laissé 
sur  le  filtre  une  matière  brune  qui  était  insoluble  dans  les 
acides  ,  et  qui ,  dans  sa  décomposition  par  le  feu,  a  dégagé 
beaucoup  d'ammoniaque.  C'est  la  matière  végéto-animale-^ 
albumineuse  de  M.  Boullay ,  qui  sans  doute  se  trouve  dis* 
soute  dans  la  décoction  primitive  de  .coques  du  Levant  à 
la  faveur  de  la  matière  amère ,  et  peut-être  aussi  â  la  faveur 
des  matières  grasses. 

La  liqueur  filtrée  a  fourni  par  le  nitrate  de  baryte  ua 
précipité  brunâtre;  ce  précipité  bien  lavé  a  été  calciné 
dans  un  creuset  de  platine  :  il  s'est  charbonisé  fortement 
et  a  dégagé  de  Fammonraque.  Le  résidu  traité  par  un  grand 
excès  d'adde  nitrique  étendu  a  produit  une  vive  efierves- 
cence  due  à  de  Tacide  carbonique  ^  il  s'est  dégagé  en  même 
temps  une  odeur  sensible  d'hydrogène  sulfuré,  «et  il  est 
resté,  malgré  l'excès  d'acide,  une  quantité  consîdéi^able 
d'une  poudre  blanche  que  j'ai  reconnue  être  du  sulfate  de 
baryte;  d*oùje  conclus  que  ce  précipité  (qui ,  à  l'amer- 
tume près  j.  est  le  même  que  celui  qu'on  obtient  en  décom- 
posant la  décoction  de  coques  du  Levant  par  le  nitrate  de 
baryte)  parait  composé  de  matière  animale,  de  baryte  et 
de  sulfate  de  baryte. 

Enfin  une  portion  de  la  matière  insoluble  dans  l'alcohol 
a  été  calcinée  et  incinérée  dans  un  creuset  de  platine  :  le 
résidu  était  jaunâtre,  couleur  due  au  fer  contenu  dans  la 
matière  ;  ce  résidu  traité  par  l'eau  distillée  communiqua  à 
celle-ci  un  goût  fortement  alcalin  ;  la  liqueur  a  été  traitée 
successivement  par  l'acide  nitrique  ,  le  nitrate  de  baryte  , 
le  nitrate  d'argent  et  l'hydrochlorate  ^e  platine  ,  qMi  y 
ont  démontré  l'existence  du  sous-carbonale ,  du  sulfate"  et 
de  l'hydrochlorate  de  potasse  ;  la  matière  insoluble  dans^ 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  Io5 

Teau  coQtenait  du  fer  »  de  la  silice ,  du  pliospbate  et^ar* 
bonate  de  chaux- 

Par  conséquent,  la  matière  insoluble  dans  Talcohol 
eoniient  : 

1*.  Une  matière  animale  ; 

a\  Une  matière  colorante  \ 

3».  Du  fer  5 

4o*  De  la  silice  ; 

5<*.  Du  snlfate  de  potasse; 

Cp,  De  rhydrochlorate  de  potasse  ; 

j^.  Du  phosphate  de  chaux  ; 

8<^.  Des  sels  de  potasse  et  de  chaux,  formés  par  des  acides 
végétaux ,  décomposables  par  la  chaleur. 

J'ai  cherché  k  préparer  le  picrotoxine ,  et  pour  cela , 
après  avoir  évaporé  la  décoction  de  coques  du  Levant  en 
consistance  d^extrait,  j^ai  épuisé  celui-ci  à  chaud  par  Fal- 
cohol  du  commerce;  j^ai  décanté  et  obtenu  ainsi  cette 
matière,  insoluble  dans  Taleohol,  que  je  viens  d^examiner. 

La  liqueur  alcoholique  a  été  évaporée  en  consistance 
d'extrait,  ayant  soin ,  comme  il  a  été  dit  ailleurs,  d^en  se- 
'   parer  les  deux  acides  gras  qui  surnagent  a  la  surface  du 
liquide  vers  la  fin  de  l'opération. 

L'extrait  alcoholique  a  été  abandonné  à  lui-même  pen- 
dant vingt-quatre  heures,  en  contact  avec  un  excès  de 
mdgnéste ,  puis  traité  à  chaud  par  Talcohol  absolu  et  par 
Vévaporation  de  la  liqueur  alcoholique.  Tai  obtenu  une 
matière  exti^ctive  colorée  assez  amèrc  qui ,  au  bout  de 
quelque  temps,  a  donné  de  très-petits  cristaux.  Tai  mis 
cette  matière  extractive  sur  un  morceau  de  papier  Joseph 
loos  lequel  f  en  avais  placé  un  autre  d*égale  dimension  mi- 
bibé  d'eau;  la  matière  sirupeuse  s'étant  infiltrée  â  travers 
le  papier ,  a  abandonné  k  la  surface  de  ce  dernier  de  très- 
petits  criatatix  excessivement  amers. 

Ces  cristaux^  que  je  considère  c(»nme  la  picrotoxine  de 
M«  Boullay,  ont  été  lavés  i  Teau  distillée,  puis  dissous 


I06        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

dans  Takoliol  ;  ta  dissoluticm  alcoholkpie  iâ*a  dpooé  auca'a 
X  signe  d*alcalinité  par  les  papiers  réactifs.  A  peia^*  soluble 
dans  Tacide  sulfuriqne  afiaibiL,  celle  matière  u*en  a  pu  sa- 
turer la  moindre  partie ,  quoique  employée  en  grand  excèa. 
Si  Ton  considère  d^ailleurs  que  les  bases  salifiables  régé- 
tales  n'ont  été  rencontrées  jusqu'ici  dana  la  naiure  que 
combinées  à  des  acides  végétaux,  et  que  M.  BouHaj  même, 
dans  son  travail,  suppose  que  la  picrotoxine  so  rencontre 
dans  la  coque  du  Levant  à  Tétat  de  sur-ménispermate,  on 
pourra  conclure,  Tacide  ménispermique  n'existant  pas, 
que  la  picrotoxine  n'est  pas  uxM  nouvelle  base  aalifîable  , 
mais  bien  uft  principe  amer  paiticuiîerw 

Conclusions. 

On  peut,  ce  me  semble,  conclure  des  expériences  ci- 
dessus  : 

I^  Que  l'acide  ménispermique  n'existe  pas^ 

a*".  Que  les  propriétés  attribuées  à  Tacide  ménispermi* 
que ,  et  qui  l'ont  fait  regarder  par  M.  Boullay  comme  un 
nouvel  acide  végétal ,  sont  dues  au  mélange  de  l'acide  sui- 
furique  (qui  reste  toujours  daus  la  liqueur  acide  obtenue 
par  son  procédé)  avec  une  matière  organique  particulière  ; 

3"*.  Que  la  picrotoxine  ne  jouit  pas  des  propriétés  alca- 
lines et  ne  doit  pas  être  considérée  comme  une  nouvelle 
base  salifiable  végéule,  mais  bien  comme  un  principe 
amer  particulier,  ainsi  que  M«  BouUay .l'avait  annopciS 
dans  son  premier  travail. 

KOTE  SUR  LE  MÊME  SUJET; 

*    '  ■•■•■_ 

Par  ML  Bouu-iT% 

La  Picrotoxine  y  bien  dénommée ,' ce  me  semble ,  à  cause 
de  son  excessive  amertume  et  de  son  action  puissamment 
délétère,  offrait  un  résultat  très-remarquable  k  l'époqno 
de  sa  découverte.  Cétait  la  première  fois  qu'on  isoLiit 


BE    LA    SOCIETE    DE    PB4IIMACIB.         I07 

iun  rigétàl ,  répvte  poisot» ,  son  priocipe  actif  cbuif  mu 
eut  de  pureté  absolue.  Cristallisé  en  beaitx  groupes  oom-i 
pofés  d^une  oraltitude  d'aiguilles  prîsnatiques ,  doué  de 
propriétés  qui  lui  étaient  pM'ticuliires ,  ce  singulier  corpt 
dont  Vaqtenr  du  mémoire  qui  précède  parle  comme  d'une 
chose  à  peine  constatée ,  nen  ayant  recueilli  que  quelques 
parcelles  ,  tandis  que  j'en  ai  obtenu  et  livré  an  commerce 
phistenrs  cestaônes  de  grammes  ;  ce  corps  ,  disoje  ,  devinl 
une  espèce  de  tfpe^  le  noyau  d'nne  nouvelle  classe ,  autouo 
doqœl  Tintent  s'en  placer  d'autres,  ayant  ded  qualités-  oom-i 
■«nea^  mais  distingué^  par  quelques  caractères  qui  leur 
étaient  propres  « 

L'un  des  plus  intéressâns  de  ces  nonveanx  principes 
rénéneuT-,  la  morphine,  effril  à  Fauteur  de  sa  découverte 
une  propriété  jusqu'alors  inaperçue  dans  les  corps  organi^ 
ses ,  celle  déjouer  dans  le  règne  végétal  le  même  rôle  que 
les  bases  salifiables  jouent  dans  le  règne  minéral  y  c'est-à« 
dire  de  se  combiner  avec  les  acides ,  de  les  neutraliser  plus 
au  moins  parfaitement  en  donnant  eaissance  à  des  composés 
sslins.  Malgré  Tévidence  de  cette  analogie ,  Pexpi'essioQ 
dUealis  végétaux  parut  dès  lors  trop  pompeuse ,  et  celle 
da  bases  pins  ou  moms  salifiables  semblait  suffisante  pour 
bienquakfier  ces  corps  nouveaux  au  premier  rang  desquels 
bi  quimoene  tarda  pas  i.ètre  comptée. 

Le  peint  de  vue  curieux  sous  lequel  on  venait  d'envi- 
sager des  sabetances  auxquelles  je  trouvais  tapt  de  ressem- 
blance avec  celle  que  j*avaia  découverte  quelques  annéea 
auparavant ,  me  porta  à  l'étudier  sous  le  nouv^  aspect, 
Fluiiears  acides  étaient  ses  meilleurs  dissolvans ,  et  les 
bases  minérales  l'en  séparaient  sans  altération.  J'essayai 
l'en  former  4^  combinaisons  du  même  genre  que  celles 
formée»  avec  les  afcides  jpar  la  morphine  ,  la  quinio^  ,  Ip 
strychnine  ;  etc.  ^  mes  essais  furent  saxisfaisaps  jusqu'à  un 
certain  point  ;  mais  cependant ,  quoique  la  première  en 
date^  ma  picrotoxine  céda  le  pas,  soua  ce  rapport,  à  la 


Io8  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

plupart  des  Doairelles  bases  organiques,  et  je  la  laissai,  smis 
déclamation ,  placée  à  la  suite  de  celles  qui  semblaient  plus 
aptes  a  la  combinaison  ]  il  me  parut  pourtant  qu'elle  poo- 
Tait  être  placée  ayant  quelques  antres  également  qualifiées 
du  titre  d'alcalis  végétaux  ,  avec  lesquelles  on  n'est  pas 
même  parvenu  i  former  des  composés  cristal  lisables. 

Je  n'obtenais  ,  il  est  vrai ,  que  des  sels  avec  excès  d'a- 
cide ;  mais  la  même  chose  arrive  pour  beaucoup  de  bases 
métalliques  et  autres  ;  les  acides  nitrique  et  acétique  don- 
naient lieu  k  de  magnifiques  cristallisations ,  et  même  le* 
acides  citrique ,  tartarique ,  etc. ,  parce  qu'elle  éprouvait 
peu  d'action  de  la  part  de  plusieurs  acides ,  ce  n'était  pas 
une  raison ,  suivant  moi ,  pour  l'exclure  si  elle  subissait  la 
combinaison  avecquelques  autres.Tou  tes  ces  considérations 
m'avaient  porté  à  penser  que  malgré  sa  faible  affinité  il  j 
avait  peut-être  moins  d'intervalle,  sous  le  rapport  de  la 
sah'fication  ,  entre  la  morphine  et  la  picrotoxine ,  qu'il  n'y 
en  a  par  exemple  entre  la  potasse  et  l'alumine. 

La  circonstance  vient  de  me  mettre  d.-ms  le  cas  de  re- 
nouveler plusieurs  de  ces  combinaisons ,  et  j'avouerai  fran- 
<^hement  que  la  picrotoxine  ne  parait  pas  susceptible  de 
donner  naissance  à  des  sels  neutres.  Un  fait  que  je  viens 
d'observer  tendrait  cependant  à  restreindre  cette  conces- 
sion. De  l'acétate  de  picrotoxine  ,  lavé  au  point  de  ne  plus 
rougir  le  papier  de  tournesol  humecté  ,  a  été  trituré  avec 
du  bicarbonate  de  potase  ;  en  peu  de  temps  le  mélange;  est 
devenu  déliquescent  ;  et  de  l'acide  stilfurique  concentré 
versé  sur  ce  mélange  en  a  dégagé  de  l'acide  acétique.  Ce 
fait  n'est  pas  unique  probablement ,  mais  le  fût-il ,  A  la  ri- 
gueur il  offrirait  un  caractère  commun  aux  corps  qu'on  est 
convenu  de  nommer  alcalis  végétaux ,  dont  plusieurs  sont 
d'ailleurs  très-faiblement  caractérisés.  Je  pourrai  revenir 
sur  cet  objet ,  lorsque  oiies  loisirs  m'en  laisseront  la  pos- 
sibilité. 

Quant  à  la  préscuce  d'un  acide  libre  dans  les  fraits  du 


DE    hk    9DCIÉTC    DE    PHAH^ilCIE.  10^ 

mempermum  eoccutus  ^  c'est  à  tort  qu'on  Fa  contestée  :  la 
ample  laiicération  de  Famande  dans  Feau  rougit  fortement  Id 
temtore de  toômesol. On  saitque  les  acides  végétaux  obtenus 
dans  l'analyse  des  plantes  sont  presque  toujours  unis  d'une 
maidëre  intime  ayèc  diverses  substances  qui  fout  varier 
leurs  caractères.  Aussi  est-on  convenu  maintenant  de  ne 
lesadmettre  définitivement ,  comme  acides  nouveaux ,  qu'a- 
près les  avoir  obtenus  cristallisés. ' Celui-ci ,  que. j'avais 
d'abord  qualifié  acide  malique ,  était  dans  ce  cas  lorsqu'il 
m'a  présenté  des  propriétés  qui  semblaient  devoir  le  faire 
tlasser  à  part ,  et  je  n'en  possédais  pas  assez  pour  pousser 
son  examen  aussi  loin  que  je  l'aurais  désiré  alors. 

Je  viens  de  préparer  une  certaine  quantité  de  cet  acide 
avec  toutes  les  précautions  possible  ^  et  tandis  que  je  l'étu- 
diais  de  mon  çèté ,  M.  Yauquelin  ,  mon  maitrc  ,  si  bon 
juge  en  pareille  matière  ,  a  bien  voulu  en  faire  un  examen 
approfondi.  Je  dois  à  l'arnîtlé  dont  m'honore  ce  célèbre 
chimiste,  les  détails  suivans  ,  qui  mettrout  fin  à  loule  dis- 
sidence sur  ce  sujet. 

«  J'ai  examiné,  dit  M.  Vanquelin  ,  l'acide  que  vous  avez 
retiré  de  la  coque  du  Levaiit ,  et  je  l'ai  trouvé  compose 
d'une  petite  proportion  d'acide  sulfuriqac  et  d'acide  ma- 
Hqne,  coloré  par  un  peu  de  matière  végétale  îïmcre  (i). 
Voici  sur  quoi  je  fonde  rcxislence  de  l'acide  malique  : 

»  L'acide  de  la  coque  du  Levant  étendu  d'eau  ,  précipité 
parle  nitrate  de  baryte  et' filtré,  précipite  racctate  de 
^omb  en  flocons  blancs  qui  ont  tous  les  caractères  du 
malate  de  ptomb ,  et  que  i  acide  acétique  redissout.  Cet 
acide,  décomposé  dans  une  cornue,  fournit  un  phlegme 
adde  qui ,  réduit  à  un  petit  volume  par  Tévaporaiion  ,  pro- 
duis des  cristaux  en  aiguilles  semblables  à  ccukde  l'acide 
pyromalique.  '     ' 

— ^— ~ 

(i)  Si  l'on  y  a  trouva  de  Tacide  LyVlrochlorique,  il  provenait  sans  doute 
de  ceia^  qu'on  aura  çtÊfijAiOjé  pour  degnger  le  ;;ae  )iydro9dlfith(|ue. 

Xli%  Année.  —  Février  1 8a6.  b 


^10  toULLETlN    DES    tEAVAUX 

»  L*acid6  de  la  coque  du  Levant ,  évaporé  k  une  ckileur 
modérée  dans  une  cuillère  d^argeni  ,  ne  répand  pas  la  plus 
légère  odeur  d'acide  acétique  ,  et  reste  sous  k  forme  d^ûn 
vernis  brun  luisant.  Ce  même  acide  ne  précipite  pas  TeBii 
^e  chaux  immédiatement  \  mais,  an  bout  de  quelque  teinps^ 
il  se  forme  un  précipité  très-léger  et  an  peu  coloré^  etc.v.» 
Ainsi  je  ne  puis  doiiter  que  l'acide  dont  il  est  question  ne 
soit  de  Tacidc  malique.  » 

NOTE 

Sur  t  exsudation  acide  du  Pois  chkhé^Cicerûrietùimn.  Un.)/ 

Par  M.  DuLom; ,  pharmacien  k  Astafort ,  membre 
correspondant  de  la  Spotété» 

On  regarde  1^  liqueur  ecide  exsudée  par  le  pois  ehiche 
comme  composée ,  d'après  les  recherches  de  MM.  Yauque* 
lin  cl  Deyeux,  d'acides  oxaUque,  malique  et  acétique  libres» 
Cependant ,  quelques  expériences  que  j'ai  faites  cette  année 
sur  cette  liqueur  prouvent  qu'elle  présente  quelquefois 
dans  sa  nature  une  différence  i|ui ,  je  le  pense ,  doit  être 
attribuée  à  la  différence  du  terrain  dans  lequel  végète  le  pois 
chiche  ,  et  sans  doute  aussi  â  la  différence  du  climat. 

Cette  liqueur  est  exsudée ,  comme  Ton  sait ,  par  des  poilâ 
qui  couvrent  la  tige^  les  feuiHes  et  les  fruits  de  la  plante , 
et  qui ,  vus  avec  le  secours  d*une  forte  loupe ,  m'ont  paru 
articulés  et  terminés  en  sommet  par  un  renflement  ovoïde. 
Pour  me  la  procurer ,  j'ai  lavé  toute  la  plante  avec  suffisante 
quantité  d'eau  distillée ,  et  j'ai  filtré.  L'eau  »  après  cette 
opération  y  rougissait  d'une  manière  très-prononcée  le  pa- 
pier de  tournesol.  Pour  savoir  si  elle  contenait  de  l'acide  . 
oxalique ,  j'y  ai  versé  quelques  gouttes  d'hydrochlorate  de 
chaux ,  après  l'avoir  saturée  par  un  alcali  :  il  ne  s'y  est  pas 
produit  le  plus  léger  trocd>le.  Mais  comme  je  m'étais  aperça 


BE    mA    SOClSTfi:    DE    P»AAtfAClE.  ill 

foe  cette  eau  avait  entrainé  une  certaine  quantité  de  terre 
tépandue  sur  la  planète ,  j*ai  craint  que  le  carbonate  de  chaux 
que  contenait  cette  terre  n'eût  saturé  Tacide  oxalique  dont 
l^Snité  pour  1»  chaux  est^  comme  Ton  sait  »  si  grande.  Pour 
me  mettre  à  Tabri  de  cette  cause  d'erreur ,  j'ai  repris  une 
nouvelle  quantité  de  pois  que  j'ai  layés  comme  la  pre- 
Buére ,  mais  avec  de  Veau  contenant  quelques  gouttes  de 
potasse  can^tique^et,  cette  fois  non  plus,  les  sels  de  chuux 
uj  ont  point  démontré  la  présence  de  l'acide  oxalique. 

Pour  connaître  la  nature  de  la  liqueur  acide  que  l'caià 
arait  enlevée  k  la  plante  ^  j'y  ai  versé  un  excès  d^acétate 
neutre  de  plomb,  qui  j  a  formé  un  abondant  précipité  , 
facilement  solubledans  l'acide  acétique.  Ayant  recueilli  ce 
précipité,  je Tai  délayé  dans  une  petite  quantité  d'eau  ,  et 
)e  1  ai  dissons  a  l'aide  de  quelques  gouttes  d'acide  acétique^ 
ensuite ,  en  ayant  précipité  le  plomb  par  quelques  gouttes 
d'acide  sulfcirique  fajble  »  la  liqueur  surnageante ,  qui  ne 
contenait  pas  un  9tome  d'acide  sulfurique ,  m'a  présent^ 
tons  les  caractères  de  l'acide  nialique. 

Enfin ,  j'ai  saturé  par  le  carbonate  de  soude  une  nouvelle 
quantité  de  liqneor  acide,  et  l'ayant  fait  évaporer  à  une 
donjce  chaleur ,  j'ai  obtenu  un  résidu  qui ,  mis  en  contact 
avec  fadde  sulfurique  ,  a  laissé  dégager  des  vapeurs  pi- 
gnaotes  d'acide  acétique  que ,  pour  être  plus  certain  de 
leur  nature,  j*ai  comparées  à  celles  que  j'ai  fait  dégager  de 
lacétate  de  potasse  au  moyen  du  même  acide. 

J'ai  répété  toutes  ces  expériences  plusieurs  fois ,  et  avec 
des  pois  provenant  de  deux  lieux  différens,  et  j'ai  toujours 
reconnu  dans  la  liqueur  la  présence  des  acides  malique  et 
acétique ,  mais  jamais  de  l'acide  oxalique. 


»w 


îti     '    BULLETIN  DES  TRAVAUX 


t.»»»^^%%%<»%%^  %%%.%fc»^%>i^%  %%%i%^mm)ttn*htt*%*i^^mt9¥'tttn^^mmyknt%mwm  ^tm 


s  » 


PROGRAMME 


/?*ii/2  prix  proposé^  en  1826,  par  la  Société  de  pharmacie 

de  Paris. 


SUJET   I>U   PAIX< 


On  sait  par  e^përience  que,  non  seulement  les  liqueurs 
vineuses ,  mais  encore  plusieurs  autres  matières  végétales 
pu  animales  peuvent,  par  Teffet  d'une  altération  spon- 
tanée, que  Ton  a  désignée  jusqu'ici  solis  la  dénominatîoa 
iSe  fermentation  acide,  donner  naissance  à  Tacid^î  acétique. 
L^on  sait  également  que  de  Talcohol  mis  en  contact  .avec 
certains  fermens  fournît  aussi  de  Tacide  acétique,  mais 
on, ignore  la  plupart  des  circonstances  essentielles  qui  dé- 
terminent cette  modification. 

Quelle  est  la  véritable  fonction  de  ces  substances  que 
Ton  désigne  sous  le  nom  de  ferment?  Sont-ce  des  sub- 
f»tan('#>s  ayant  toutes  un  principe  commun ,  en  vertu  du- 
quel s'excite  la  fermentation,  ou  bien  y  a-t-îlautant  de 
fermens  particuliers  qu'il  y  a  de  substances  capables  de 
produire  la  fermentation?  Dans  le  cas  de  IVffirmative, 
quel  caractère  pourrait-on  assigner  à  ces  matières  pour  en 
faire  un  genre  à  part?  Chaque  ferment  donne-t-il  des  phé- 
nomènes diflt^rens ,  ou  bien  ces  phénomènes  se  reprodui- 
sent-ils d'une  manière  constante  et  invariable,  comme  il 
parnîi  que  cela  a  lieu  pour  la  fermentation  vineuse? 

Plusieurs  de  ces  questions  ont  été  déjà  traitées  par  des 
chimistes  fort  distingués  5  mais  il  faut  avouer  que ,  malgré 
tous  les  travaux  entrepris  sur  cette  matière ,  l'on  est  en- 
core loin  d'avoir  ol)tenu  une  solution  satisfaisante ,  môme 
m  ce  qui  concrrne  la  fermentation  alcoholique,  dont  la 
théorie  a  atteint  nn  degré  de  précision  que  l'on  est  fort 
éloigné  de  pouvoir  donner  encore  à  la  fermentation  acide. 


DE"  Ul.  SOCIETE    DE    PHAK?fAClE.  Il3 

L'oB  peut  consulter  à  ce  st^et  les  deux  mémoires  de 
M.  G>1iii ,  publiés  dans  les  tomes  XXYIII  et  XXX  des  Anr 
nales  de. physique  et  de  chimie,  L*anteur  y  admet  qu^un 
très -grand  nombre  de  substances  peuvent  déterminer  la 
fermentation  \  que  toutes  ces  substances  contiennent  de 
l^azoïe,  et  excitent  la  fermentation  à  la  faveur  de  Télectri- 
cjié  développée  par  suite  de  leur  décomposition  spontanée. 

D'un  autre  côté,  M.  Thenard  (Élémens  de  chimie)  a 
émis  depuis  loDg<-temps  Topinion  qu'il  y  a  dans  Tacte  de 
la  fermentation  une  certaine  quantité  d*azote  enlevée  au 
ferment ,  bien  que  Ton  ne  retrouve  ce  corps  dans  aucun 
des  produits  de  cette  opération. 

.  Uon  peut  encore  consulter  le  tome  YIII  du  Dictiofinaù^ 
de  technologie,  aux  articles  Ferment  et  Fermentation ,  dans 
lesquels  M.  Bobiquet  rapporte  et  discute  avec  beaucoup  de 
sagacité  les  diverses  opinions  émises  sur  le  sujet  qui  nous 
occupe. 

Si  nous  revenons  actuellement  i  la  fermentation  acide  ^ 
robscnrîlé  est  encore  pins  grande,  parce  que  les  divers 
fermens  sont  encore  moins  bien  définis  ^  tantôt  Ton  ajoute 
comme  ferment  aux  liqueurs  alcoholiques  ou  auifes  des 
lies  de  vin,  du  tartre,  des  liquides  en  fermentation,  et 
tantôt  delà  levure  de  bière,  de  la  pâte  aigrie^  mais  la  plu- 
part du  temps  les  matières  organiques  contiennent  elles- 
mêmes  ce  principe  d'altération ,  et  éprouvent  la  fermenta- 
tion sans  addition  de  substances  étrangères. 

Chaptal  (Art  défaire  le  uin)  attribue  à  la  .substance 
végéto-animale  que  contiennent  les  vins  nouveaux,  la  fa- 
culté de  déterminer  la  fermentation  acide,  et  c'est  par 
cette  raison  que  les  vins  vieux  qui  en  sout  dépouillés  en 
grande  partie  éprouvent  si  difficilement  ce  genre  d'alté- 
ration. 

Le  même  auteur  dit,  dans  l'ouvrage  déjà  cité,  qu'on  res- 
titue au  vin  la  propriété  de  fermenter ,  en  y  faisant  digérrr 


Il6  BULLETIN    DES    TBAVAinC  ^  ETC. 

5o.  Établir  en  résamé  une  théorie  de  la  fermentation 
acide  en  harmonie  a¥ec  tons  les  faits  observés* 

La  Société  accordera  une  médaille  de  looo  francs  à 
Tauteur  qui  aura  résolu  complètement  toutes  les  questions 
proposées* 

Mais  dans  le  cas  où  elles  licS  seraient  pas  entièrement 
résolues,  elle  accordera  une  médaille  de  la  valeur  de 
5oo  francs  à  Fauteur  du  mémoire  qui  aura  traité  d'une 
manière  satisfaisante  le  plus  grand  nombre  de  questions. 

Les  mémoires  seront  écrits  en  français  6u  en  latin.  Us 
devront  être  adressés  à  M.  Henry,  secrétaire  général  de  la 
Société,  chef  de  la  pharmacie  centrale  des  hôpitaux  civils 
de  Paris  ^  quai  4e  la  Touruelie,  n^.  5  ,  avant  le  i^.  avril 
1827,  terme  de  rigueur. 

Les  auteurs  ajouteront  à  leur  mémoire  uiie  devise ,  qui 
sera  répétée  sur  un  billet  cacheté  contenant  leur  nom  et 
leur  adresse.  Les  billets  dont  les  auteurs  auront  remporté 
le  prix ,  seront  décachetés  en  séance  générale  par  M.  le 
président ,  immédiatement  après  la  lecture  dii  rapport  de 
la  commission  du  concours. 

MM*  les  étrangers  sont  également  appelés  à  concourir. 


PiJUS.  — IMPRIMERIE  DE  FAIN ,  RUE  RACINE,  N».  4, 

PLACE  DB  Xi'ODÉOSr. 


JOURNAL 

DE    PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


N*".  m. —  la*.  Année. — Mars  i8a6. 

.      ,  ■  r      I  I  II  j? 


^ 

RECHERCHES 

D* histoire  naturelle  médicale  sur  les  powrîers  ,  et  la  racine 

d*ava  ou  katva  ; 

Par  M.  J.-J-  ViEBY,  D.  M. 

Depuis  que  M.  OErsted  a  rencontré  dans  le  poirre  noir 
ordinaire  une  matière  cristalline  qu^il  regardait  comme  un 
alcali  organique ,  mais  que  M.  Pelletier  a  bien  étudiée  en* 
suite  sous  le  nom  àepipérin ,  matière  également  retrouvée 
dans  le  poivre  long  par  M.  Dulong ,  d'Astafort  ;  enfin  de- 
puis les  autres  recherches  chimiques  de  M.  Vauquelin  sur 
le  poivre  cubèbe,  etc. ,  on  commence  à  faire  usage  en  mé- 
decine de  ce  genre  de  productions  ^  et  le  docteur  Gordini , 
de  Livourne ,  a  même  guéri  avec  le  pipérin  des  fièvres 
intermittentes  qui  ,  selon  lui  ^  avaient  résisté  au  sulfate  de 
quinine. 

Les  nombreuses  espèces  de  poivriers,  disséminées  sous  les 

zones  ardentes  des  deux  mondes ,  fournissent  à  une  grande 

partie  de  Tespèce  humaine ,  soit  civilisée,   soit  à  Tétat 

sauvage ,  des  condimens  pour  ses  nourritures  et  des  médi- 

XII*.  ^nnce*  -^Mars  1826.  9 


Il8  JOUEl«ÀL 

• 

cameDs  salataîras  dans  beaucoup  de  maladies.  11  importe 
donc  d^étudicr  ce  genre  de  yégétaux. 

§  L  Histoire  naturelle  des  poii^riers  y  en  général.  —  Noas 
ne  devons  pas  ici  traiter  des  cf  ractères  botaniques  du  genre 
piper  qui  doit  se  rapporter ,  avec  les  autres  pipëracëes  j 
parmi  les  monocotylédones ,  près  de  la  famille  des  aroïdes, 
comme  Tontfail  voir  des  observations  récentes  sur  la  struc- 
ture de  leur  embryon  (i)  »  et  comme  Tavait  pressenti  M.  de 
Jussieu.  Tous  ces  végétaux  contiennent  un  principe  doué 
d^une  àcreté  brûlante ,  et  la  plupart  répandent  une  odeur 
aromatiqucOn  connaît  plus  de  deux  cents  espèces  du  genre 
piper ,  qui  toutes  participent  plus  ou  moins  I  ces  qualités, 
de  môme  que  les  peperomia  »  les  saururus ,  etc.  Ce  sont  des 
arbustes ,  la  plupart  grimpans  j  presque  articulés  ,  dicbo- 
tomes  y  à  feuilles  entières,  opposées  en  beaucoup  d'espèces, 
portant  dans  Faisselle  des  feuilles ,  des  fleurs  réunies  en 
chaton  ou  spadice  dépourvues  de  calice  et  de  corolle  , 
ayant  deux  ou  plusieurs  anthères  presque  sessiles ,  et  don- 
nant pour  fruit  une  baie  monosperme.  Les  pépéromies  sont 
des  poivriers  la  plupart  herbacés,  plusieurs  ont  des  feuilles 
épaisses  ou  succulentes  ^  on  appelle  aussi  ces  derniers  , 
pourpiers  marrons  aux  iles  de  France  et  de  Bourbon. 
Quelques  espèces  deviennent  dioïques,  sans  doute  par  avor- 
tcment  des  organes  mâles  ou  femelles  de  la  fleur. 

Quoique  nous  employions  seulement  les  fruits  du  poivre 
noir  et  des  cubèbes ,  du  poivre  long  ,  etc.  ,  d^autres  parties 
de  ces  plantes  sont  usitées  également  ailleurs  ,  comme  les 
feuilles  du  héiel^  piper  belle  h, ,  dans  les  Indes*OrientaIes , 
les  tiges  du  piper  umbeUatum  ou  bois  d'^nisette ,  la  racine 
d*ava ,  piper  mctliysticum  ,  etc. 


(i)  Vojrex  Mém.  dit  Mttscum  iVhist.  nàUir,  »  ton.  lY,  par  M.  Kuntb-,^ 
et  kl  rtmarqaet  de  M.  Aicbard» 


DE   ^PJHAAMilCIE.  XI9 

§  II.  Des  espèces  de  poivriers  employés  soit  comme  médica-' 
mens  y  soit  en  qualité  de  condimens. 

I®.  Des  fruits  dts  poivriers  dont  on  fait  usage. 

PoivuB  nom  ordinaire ,  piper  nigrum ,  L.  j piper  aroma- 
ticumy  Lamarck.  Cette  espèce  est  trop  connue  pour  s'y  ar- 
rêter ;  dès  les  temps  les  plus  anciens  on  en  faisait  usage  en 
Europe,  puisque  Xénophon  rapporte  que,  pour  faire  com- 
battre les  coqs  avec  plus  de  courage  et  d'ardeur  ,  on  leur 
donnait  à  avaler  quelques  grains  de  poivre  ;  alors  ils  se 
battaient  jusqu'à  la  mort(i). 

Poivre  ccbèbe  ou  poivre  k  queue  ,  piper  cubeba ,  L.  ^ 
espèce  dioïque  ;  on  sait  qu'on  l'a  vanté  contre  les  anciennes 
blennorrliées ,  i  haute  dose ,  et  qu'il  contient ,  outre  une 
huile  volatile  presque  concrète ,  une  résine  analogue  au 
baume  de  copahu. 

PoivAE  LOHG  ,  pimpilim  ,  on  cattu-tirpali  des  Bengalais  ; 
fiper  longum ,  L.  U  s'emploie  confit  an  vinaigre ,  dans  les 
atchar  de  l'Inde ,  et  en  infusion  dans  l'alcohol  dont  il  aug- 
mente la  saveur.  Macéré  dans  Tean ,  il  y  fermente  ,  et  on 
en  tire  par  distillation  une  eau-de-vie  acre. 

PoiVAX  siEiBOA ,  piper  siriboa,  L.  Son  chaton  est  employé ,, 
dans  la  Nouvelle-Irlande  ,  en  place  du  bétel ,  avec  la  noix 
d'arec  et  la  chaux  vive ,  comme  un  puissant  sialagogue. 
Dans  les  lies  Pelew»  ou  Palaos ,  le  siriboa  est  infusé  dans 
de  l'eau  pour  former  la  boisson  dite  schiaka ,  qui  est  un 
excitant  fort  agréable  selon  le  goût  des  naturels.  A  Am- 
boine ,  on  use  pareillement  d'une  boisson  préparée  avec 
le  siriboa  \  elle  est  très-sudorifique. 

PoiYHB  AxouLGO,  piper  plantagineum ,  Lamarck  ^  appelé 
sureaa  piantain  à  Saint-Domingue.  Il  a  des  chatons  bruns, 


(i)  Erasme,  Apophthegm,  ,L.  VIID.;  Lycosthenes  »  âb  Fortiludinc,  etc. 


110  JOUENAL 

courts  que  l'ou  emploie  en  plusieurs  contrées  de  rAmériqne 
méridionale ,  et  au  Mexique ,  comme  aussi  dans  les  Indes- 
Orientales,  pour  préparer  une  boisson  stimulante  (t)  et 
aphrodisiaque. 

Poivre  a  feuilles  inégales  ,  piper  inœqualifolîum  ;  pe^ 
peromia  inœqucdifoïia ,  Ruiz  et  Pavon  ,  FL  pèruv. ,  lom.  I  y 
pi.  46.  Les  baies  de  cette  plante,  très-commune  au  Pérou, 
s^y  emploient  en  boisson  comme  cellesMu  précédent* 

Poivre  zfHAZfDi ,  piper  dûatatum  ,  Richard,  Mém.  Soc. 
Tinn.  de  Paris  ^  tom.  I,  pag.  io5.  Plusieurs  habitans  de 
Cayenne  en  tirent  aussi  une  boisson  excitante ,  sudori- 
fique,  coutume  venue  sans  doute  des  sauvages  de  la  Guyane 
et  du  Brésil ,  selon  Pison. 

Poivre  àkicilo  ,  piper  amsatum ,  Kuntb  et  Humboldt  9 
iVbi^.  gêner,  et  Spec.  plant. ,  tom«  I ,  p.  58.  L'anicilo  des 
riverains  defOrénoque  est  une  espèce  dont  les  fruits  et  les 
feuilles  répandent  Todeur  de  Tanis.  On  emploie  la  décoc- 
tion de  ses  baies  en  lavemens ,  dans  les  coliques ,  et  en  lo- 
tion pour  déterger  les  ulcères. 

Poivre  hohomo,  piper  dtrifolium ,  Laraarck.  Piper  Ion" 
gifoUum ,  Ruiz  et  Pavon ,  Flor.  perwf. ,  tom.  I ,  pag.  38  , 
tab.  57  I  fig.  4*^c(^c  espèce  donne  \  au  Pérou,  des  fruits 
qui  ont  la  même  saveur  que  le  poivre  ordinaire,  et  ils  peu- 
vent le  remplacer. 

%\  Des  feuilles  de  poivriers  usitées. 

Poivre  bétel  ,  piper  betle  ,  L.  Tous  les  voyageurs  dans 
les  Indes-Orientales  ont  parlé  de  Temploi  ,  comme  masti- 
catoire sialagogue ,  de  la  feuille  de  bétel  unie  à  la  chaux 
vive  et  à  la  noix  d'arec.  Cette  mastication  de  substances 


(i)  Le  PoiTRE  MELAiii&is ,  pipct  melamifis ^  L  ,  est  aussi  nomm^  ama» 
logo  par  yaa  Kliéde,  et  siriuni  par  Rumpbius  ;  il  peut  servir  également 
eo  boisson  par  ses  baies  dans  les  Indes -Orieotal es. 


DE   ^haumacie.  m 

ieres  et  astringentes  »  quoiqu'elle  finisse  par  corroder  Te- 
■ail  des  dents ,  devient  nécessaire  par  Fhabitude  ;  elle  titille 
alors  agréablement  la  membrane  buccale  en  cbatouillant 
l'appareil  salivaire ,  et  en  causant  une  li5gère  ivresse  ,  de 
m(me  que  le  tabac  que  Ton  chique. 

Poivan  cÀaPunTA,  pîper  carpunya^  Ruiz  et  Pfeivon,  Flon 
pérw. ,  lom.  z  >  p.  37,  talK  63  »  fig«  B  ^  offre  des  rapports 
af ec  le  poivre  mobomo  ;  ses  feuilles ,  même  lorsqu'elles 
soDi  sèches  »  conservent  une  odeur  agréable.  On  en  pré- 
pare une  sorte  de  thé  qui  favorise  la  digestion.  Les  blattes 
fiûent  Todeur  de  cette  plante  qui  croit  au  Pérou. , 

Peivas  miert^ovmhLE ,  piper  heteropkyUum ,  Ruiz  et 
Pavon,  Flor^  péruif.  j  tom.  I ,  p.  34  »  tab.  56^  fig.  A.  Ses 
feuilles  peuvent  s'employer ,  comme  celles  du  précédent , 
en  infusion  ou  en  mastication  ,  pour  faciliter  tfi  digeèViell. 

PorniB  DiCHOTOXB  ,  piper  dichotomum  y  Ruiz  et  Pavon  , 
JP7or.  pérm^*  ^  planche  60  ,  fig.  B.  Les  forêts  de  Chinchao, 
an  Pérou,  produisent  cette  espèce  de  poivre  dont  les  feuilles 
exhalent  une  odeur  aromatique  très-agréable.  Elles  s'em- 
ploient aussi  en  infusions  stomachiques  et  légèrement  dia- 
phoréiiques. 

PorviE  caxmvukYkjpiperchurumqya^  de  Ruiz  et  Pavon, 
trouvé  dans  les  forêts  de  Huassa-Huassi ,  au  Pérou  ;  il  oSre 
des  qualités  analogues  à  celles  du  poivrier  hétérophylle. 

VoiTTiiZKyBi,v  ^  pîper  hispidulum^  de  Swartz,  Flor.  occiJ. , 
tom.  1 ,  pag.  63.  On  le  recueille  à  la  Jamaïque,;  il  joint 
aux  qualités  des  autres  poivres  une  saveur  amère  qui  ajoute 
à  ses  propriétés  stomachiques. 

3*.  Des  racines  de  poivriers  usitées^ 

PoivaiEB.  dit  BERBE  À  COLLET  ,  piper  pehatum  ,  It.  Sau- 
rurus  peltatus  de  Plumier.  Sa  racine  ,  dotit  on  prépare  des 
infnsions,  offre  l'un  des  plus  puissaus  diurétiques  de  rAmé- 
riqne.  On  le  trouve  k  Saint*Domiugue  y.  il  suffit  d'en  faire 


122  JOURiJaX 

macérer  k  froid  dans  de  Feau  ,  car  rëbulHiion  enlève  aeé 
principes  volatils.  Celte  racine  est  blanche,  très-cbeveJuo  ; 
la,  lige  noueuse  porte  des  feuilles  opposées  et  pellées.  Cette 
plante  croit  au  bord  des  ruisseaux.  ^  ' 

PoivEiER  EN  OMBELLES,  pipcr  umbellatum^  L.,  ou  Lois  d  a- 
nisette  des  Antilles^ leyo&ora/id'des Caraïbes;  présente,  dans 
toiUes  ses  parties  ,  une  odeur  agréable  d'aneth  ;  ses  fruits 
peuvent  fournir  par  la  distillation  une  huile  volatile  ayant 
le  parfom  de  Tanis ,  et  dont  on  prend  quelques  gouttes  sur 
un  morceau  de  sucre  contre  les  langueurs  de  TestomAc  ^ 
mais  c^est  principalement  par  Tinfusion  de  ses  racines  qu'on 
se  procure  ^  une  boisson  sndorifique  et  stomachique  très- 
estimée  aussi  contre  le  scorbut.  D'après  M.  Auguste.  Sainte 
Hilaire ,  le  même  végétal ,  conpu  sous  le  nom  de  pari"paro« 
}^^  m  Br^it,  7  jesjLtcéss-estimé  dans  la  médecine  domestique , 
en  décoction.  Outre  ses  épis  en  ombelle,  cette  plante  a  des 
feuilles  en  coeur,  arrondies ,  aiguës.  L'analyse  chimique 
de  sa  racine  n'a  pas  offert  des  principes  bien  remarquables 
à  M«  Henry.  Cette  plante  a  été  désignée  par  Plumier  et  par 
Palrik  Brown  sous  le  nom  de  Saururus. 

PoiYRiEE  AVA  OU  KAWA  ,  pîper  meHiysticwn  de  Forster  , 
Plant.  Escul.  yiustràL  ,  p.  76 ,  n*.  5o,  piper  mite  de  Ruît  et 
Pavon ,  Flor.  pérui^. ,  tom.  I ,  p.  3^  ,  tab.  58  ,  fig.  A.  Cette 
plante  est  célèbre  dans  presque  toutes  les  Iles  de  la  mer  dh 
Sud ,  parce  que  ses  racines  et  ses  tiges  broyées  et  légèfre- 
ment  fertnentées  avec  de  Feau ,  fournissent  le  breuvage 
favori  de  tous  ces  insulaires.  Bien  que  Rcinhold  Forster , 
qui  voyagea  avec  le  capitaine  Cook ,  ait  parlé  d^  ce  végé^l, 
ainsi  que  d'autres  voyageurs  ,  nous  avons  reçu  des  rensei- 
gnemens  plus  exacts  <le  M.  Lesson,  pharmacien  de  la  ma- 
rine, qui  a  pu  examiner  sur  les  lieux  mêmes  la  plante  et 
ses  préparations ,  et  nous  en  offrons  ici  le  résumé. 

Plusieurs  espèces  de  poivriers  sont  estimées  comme  de 
puissans  sudoriGques ,  et  ou  les  emploie  contre  la  maladie 


DE     PH.ARBIAriE.  1*^3 

TéDérienne,  quHU  contribnent  à  dissiper  arec  le,  régime 
presque  tout  végétal ,  .composé  dMimens  doux  j  sucrés  et 
farineux  dont  usent  les  peuplades  sauvages  des  îles  do  la 
ner  du  Sud  ,  entre  les  tropi(|ues.  De  plus  ,  la  transpiratioii 
continuelle  qu'excite  la  chaleur  de  ces  climats ,  l'usage  fré- 
quent des  bains  et  de  cette  boisson  sudorifique  facilitent  la 
gnérison  presque  spontanée  de  la  syphilis.  Cette  maladie , 
nommée  étauna  par  les  habitans  d^Otahiti ,  leur  a  été  por- 
tée ,  comme  aux  îles  des  krMh ,  aux  Marquises  ,  aux  îles 
Sandwich  ,  à  la  Nouvelle-Zélande  ,  par  des  davîres  euro- 
péens  ;  les  missionnaires  attribuent  à  cette  affeciioii  funeste 
Pflbàtardissemem  dé  la  belle  racto  des  Otahïtiéui ,  qm  sont 
en  effet  d'uHe  conàtittition  trèl-aAdblie  aivgourdliai. 

Quoi  qu'il  en  toit ,  la  plame  d'ava  ou  kawa  agrstaitr  aussi 
puissamment  que  les  bois  suddrifiques,  Tusage  de  son  iiifu- 
sîon  sert  â  guérir  la  maladie  vénérienne ,  quoique  ces  fitsu«> 
laires  en  boivent  par  plaisir ,  et  pour  se  procurer  ut»e 
espèce  d'ivresse  le  plus  souvent  (i)« 

Voici  le  mode  de  préparation  dé  Tavâ.  On  emploie  seu- 
lement la  racine  de  ce  poivrier.  Elle  est  assez  volumineuse, 
ligneuse,  de  couleur  grise  k  rextériédr,  blanche  et  d'un 
tissu  lâche  ou  spongieux  à  Tintérieur^  les  fibres  rayon- 
nent du  centre  médullaire  à  la  circonférence  \  son  odeur 
et  sa  saveur  sont  aromatiques ,  mais  plus  odorantes  et  plus 
acres  a  Tétat  frais  que  dans  sa  vétusté.  Les  Otahitiens  se 
contentent  de  Técraser ,  dé  là  faire  infuser  dans  de  Teau 
froide  ,  en  la  laissant  subir  après  un  ou  deux  jours  une  lé- 
gère fermentation.  C'est  dans  cet  état  qu'ils  boivent  cette 
infusion  ;  elle  est  acre  ^  peu  aglréafale  ati  goût  de#.Eluro- 
péens  y  mais  elle  plait  beaucoup  a  ces  sauvages ,  car  elle  les 
jette  dans  une  ivresie  profonde  qui  persiste  pendant  vingt- 


»h 


(i)  n  paratt  qae  Pabut  de  ce  genre  de  boissons  détermine  aussi  des 
options  à  la  peau  »  qiii  finissent  parpreùdi^  rakpeot'erottCetis  et  même 


1^4  JOUHNAL 

quatre  hènres.  A  cette  ivresse  succèdent ,  areC  un  mal  de 
tète,  des  sueurs  abondantes  pendant  trois  jours,  et  même 
parfois  un  prurit  à  la  peau  et  de  petits  boutons.  Si  ces 
sueurs  n^enlèvent  pas  d^abord  la  maladie  vénérienne  ,  on 
recommence  Temploi  du  remède ,  et  il  est  rare  que  celle-ci 
résiste. 

Déjà  les  Anglais  ont  introduit  dans  leurs  officines  la  ra- 
cine d*ava  comme  un  utile  ^dorifique  \  ils  en  préparent 
des  teintures  alcokoliques  très-estimées  pour  la  guérison 
des  rhumatismes  cbroniques. 

n  serait  facile  de  multiplier  encore  les  recherches  sur 
le  genrç  des  poivriers ,  puisque  la  plupart  des  espèces  con* 
servent ,  avec  le  type  botanique ,  les  propriétés  distinctives 
de  leur  famille.  Il  parait  ainsi  que  Temploi  de  tous  ces 
végétaux  Acres  et  aromadques  n'est  pas  sans  uUlité  costre 
les  affections  syphilitiques. 

DE   L'EMPLOI 

Du  bicarbonate  de  soude  dans  le  traitement  médicat  des 

calculs  urinaires  ^ 

Par  M.   RoBiQUEï. 

(  Note  lue  â  rAcadëmie  rojale  de  médecine  »  le  ^i  janvier  rSaG.  ) 

4 

Du  moment  où  les  chimistes  eurent  fait  connaître  la  com- 
position des  calculs  vésicaux,  on  conçut  Fespéraiice  de  trou- 
ver des  moyens  de  délivrer  Tespèce  humaine  de  eette  af- 
freuse maladie.  Cependant  les  premiers  essais  furent  loin 
d'être  heureux ,  parce  qu'on  avait  cru  ne  pouvoir  mieux 
faire  que  d'injecter  directement  des  dissolvans  appropriés 
dans  la  vessie  ,  et  on  n  avait  pas  prévu  que  la  présence  des 


DE     PHARMACIE.  1^5 

toncrétions  nrinaires  mettait  cet  organe  dans  tm  état  d*îr- 
ritation  et  de  souffrance  tel  qu^îl  devenait  impossible  d*y 
faire  s^ovimer  ancun  agent  assez  puissant  pour  attaquer 
et  dissoudre  les  calculs.  Contraints  donc  de  renoncer  k  de 
si  flatteuses  idées,  on  n'a  pu  jusqu'alors  tirer  aucun  parti 
de  tant  de  recherches  et  de  découvertes.  Une  nouvelle  ob« 
servation  qui  m'a  été  communiquée  par  M.  d'Arcet ,  lors 
de  son  séjour  aux  eaux  de  Vichy ,  me  suggéra  la  pensée 
d'avoir  recours  k  un  autre  mode  d'emploi  pour  les  lithon- 
triptiques.  Cet  habile  chimiste,  qui  met  toute  sa  sollicitude 
k  appliquer  la  science  à  des  objets  d^unc  ntilité  générale  , 
ayant  reconnu  avec  les  plus  célèbres  praticiens  que  l'usage 
continué  des  eaux  naturelles  de  Tichy  exerçait  une  action 
très-marquée  sur  l'estomac  dont  elles  augmentent  singu*^ 
berement  l'énergie  digestive  ,  remarqua  en  outre  que  ces 
eaux  prises  en  boisson  habituelle  changeaient  la  nature  des 
urines  au  point  de  lear  rendre  sensiblement  alcalines,  d'a- 
cides qu'elles  sont  ordinairement.  M.  d'Arcet  chercha  k  se 
rendre  compte  de  ce  singulier  phénomène  et  de  la  diffé- 
rence observée  entre  le  mode  d'action  de  l*eau  naturelle  de 
Tichy  et  de  celle  qu'on  prépare  artificiellement.  La  cause 
qui  lui  parut  la  plus  plausible  fut ,  pour  ces  dernières  , 
Texcès  d'acide  carbonique  dont  on  les  surcharge  mal  k 
propos.  Les  eaux  naturelles  n'en  exhalent  pas  sensiblement 
à  la  pression  et  à  la  température  ordinaires ,  et  elles  ne  pa- 
raissent en  contenir  à  peu  près  que  ce  qui  est  nécessaire 
pour  que  la  soude  qu'elles  renferment  soit  à  l'état  de  bi- 
carbonate. 

Ce  fut  donc  à  la  présence  de  ce  bicarbonate  que  M.  d'Ar^ 
cet  rapporU  les  singuliers  effets  dont  chaque  jour  il  était 
témoin  non-seulement  sur  lui-même ,  mais  encore  sur  les 
nombreux  malades  qui  ,  comme  lui  ,  faisaient  usage  des 
eaux  de  Vichy.  Pour  vérifier  cette  conjecture,  M.  d'Arcet,. 
qui  avait  fixé  plus  particulièrement  et  par  besoin  son  at- 
tention sur  les  facultés  digcsiives ,  essaya  d'administrer  ce 


laG  JOURNAL 

sel  à  rintërieiir  ^  et  après  s*ètre  assuré  par  <le  nombreuses 
obsei*yations,  qui  doivent  être  incessamment  publiées,  que 
le  bicarbonate  de  soude  avait  une  influence  marquée  sur 
les  fonctions  de  Testomac,  il  en  conseilla  l'emploi  comme 
étant  un  des  meilleurs  et  des  plus  innocens  digestifs  aux- 
quels on  puisse  avoir  recours.  De  mon  côté ,  m'appuyaut 
sur  Falcalescence  que  le  bicarbonate  communique  au^ 
urines  ,  je  m'imaginai  qu'on  pourrait  par  son  usage  non- 
seulement  empècber  l'accroissement  des  calculs  d'acide 
nrique  qui  sont  les.  plus  fréquens  ^  mais  encore  prévenir 
leur  développement  et  peut-être  même  les  dissoudre  alors 
même  qu'ils  sont  déjà  formés..  Je.  me  proposai  donc  de 
tenter  ce  moyen,  tout-à-fait  exempt  d'inconvénient,  aussi- 
tôt qu'une  circonstance  favorable  se  présenteniit.  J'en  par- 
lai à  mon  ami  M.  le  D'.  Favrot ,  qui  peu  de  jours  après 
m'adressa  un  de  ses  cliens  atteint  d'une  affection  calculeuse, 
etqui  était  résolu  à  se  fair^  opérer ,  malgré  son  âge  assez 
avancé  ,  parce  qu'il  lui  devenait  impossible  de  supporter 
plus  long-temps  les  violentes  douleurs  qu'il  ressentait.  Je 
l'engageai  à  différer  et  à  faire  essai  du  traitement  que  j'al- 
lais lui  indiquer,  en  lui  donnant  d'ailleurs  toute  .garaniie 
qu'il  n'en  pouvait  résulter  d'autre  désavantage  que  de  souf- 
/qr  quelques. jours  de  plus.  Ce  Monsieur,  qui  me  con- 
naissait depuis  long- temps,  voulut  bien  ajouter  quelque 
confiance  dans  mes  assertions,  et  l'espoir  d'éviter  une  opé- 
l^ation  douloureuse  ,  dont  le  succès  pouvait  être  douteux 
surtout  à  son  âge  ,  le  détermina  facilement ,  et  il  fut  fort 
éloigné  d'avoir  à  s'en  repentir  ,  car  sa  guérison  a  été  aussji 
prompte  que  complète.  J'ai  cru-^de  mon  devoir  de  faire 
connaître  cette  observation  à  tous  ceux  qui  sont  plus  que 
moi  à  même  d'en  tirer  avantage  au  profit  de  l'humanité.  Je 
joins  ici  les  détails  de  cette  observation,  afin  que  chacun 
puisse  s'assurer  de  4a  vérité  des  faits  et  lui  accorder  le  do- 
gré  de  confiance  qu'elle  mérite. 

Jean-Baptiste  Mauqueris ,  âgé  de  74  ans  »  ancien  com- 


DE    FHARSAC1E.  127 

meieant',  aclnéUemeat  relire  et  dkmfonmtroefâei  Vieille»^ 
Étapes, 'll^  II ,  fat  atteint,  en 'février  x8a5',  ^  dopleur» 
Mses  ^ives  dantla  verge  et  •d*iuii&  légèreidiffioiilté  d*urin 
Ber.  Les  dooleiirs  ft'aocprtirent  soecetsivement  et  devinrenl 
aonvent  intolérables.  Le  «udadc  ne  panrenail  à  urioer 
qu'en  se  courbant  beaaeoup  ^  et  après  aVoir  idénaagé  par 
qnelqaes  mouteMeos  oscnUatoires  la  situation  de  la  pierre  # 
qui  trè^pitd>aUenMnt  s'engageait  dans  le  eol  4e  la  vessie  9 
rémission  de  rurine  ^tait'le  plus  ordinaioeoient  précédée 
d'un  jet  de  0anf.'Mi  ifftKfneeisne  maréhait  qu'avec  un* 
peine  extrême ,  el^souvient  il^  lai  était  iînpossible  de  BMKhr 
ter  en  voitnre.  Bafin  ^  w^at  sep  éiat  s^aggraver  de  plus 
em'plos  ,  il  témoigna'  lë^désir  de*  se  faire  epértr  ^  et  soà 
inédêoin,  M.  F^vrot^pour  actjuéKrplusdecertitiidesuB 
^existence  de  la  pierre ,  Fengagea  à  consulter  ie  doctcua 
Maijolîn  et'àse  faire scnénr;  Cet  habile  opérateur  ée^ii^it 
à:M.  FViwot  qu?il  avaitTeooonuirexistence.'de  U  pierre^ 
quA  estin]ak«qu'dle  était  petite  fatiipsex  molle ,  et  cfQ'iL  lll 
ciojndt  8mscepébIe4^^Ôtreyeitraite|)ar  la  .méthode  de  IVL  Gi^ 
viale;  Ce  fut  à'  çeûe  époque  (  fin  jaullet  dernier)  ,'qiili 
M«  MaQquèrisTttdtfet  ^dréssé.*^  nrtpie  v  d^un  cbmmuitt^ 
cttsd  ;a vec  le  1  idocttouff  Fanrre tv  nosrirluî  flaaes  jcoomieiiceii 
le  traitement  suivant  :  Je  lui  prescrivis  de  boire  isbaque. 
joor  a,  litres  de  «dluiiiôn.  ^  >15feèTbonatet  4^  AOudâ\  à 
5  gnmMnes  par  litne^  etje:luûooiiaei|lai  eu;qut|rr^{)re!i'^ 
drerfréquemment  des  beins'de  aiégo.et  desclavemenstimol* 
liens^  II  continua  d'aÂllfetrs*  le  même  Téginip  laUmenftaire 
qui]  suivait oofuûRavattt s  etqûi'neconaiètaitqtt'^  éviter  les 
substances  uop  excÎAantBAf  Comme  il  répugtiastftseifkrfver 
totalement  de  vin '^ je  feog^gôi^i  seulemeutà  substituer  le 
vin  blanc  au  .vit»  wop^&4  et  A  lo  tremper  le  f^ltts>  poasibi^ 
Au  boni  de  pem^de  jeurs;:  M.  MauquArisi «prouva' un 
mieux  trèè-sènsiMie^ilos.  uHaesdeVenues  pkia  abqndddtdii 
déterminai^it  moins' d'irrîtaiich  àla.vessié'^  etlémr  §BDf»- 
sion  était  raremeotiprécodéè  de  doulo«rs«  Après  i5  jours 


ia8  JOtTRUÀL 

de  traitement ,  on  mppriina  les  brins  de  sîége  et  liss  Isre- 
mens  ;  au  bout  d*un  mois  le  malade ,  se  regardant  comaM 
complètement  gnéri ,  voulait.  toiH  abandonner,  et  ce  ne 
fut  qu'avec  asse»  de  peine  que  je  pus  ler^décider  à  eonlif- 
nuer  de  boire>in  moins  un  litre  de  solution  par  jour.  Le 
I*'.  npvembre  \  x:'est*à-dire  3  mois  après  le  commencement 
de  son  trritement,  M.  Maûqueris  ressentit  des  douleurs 
asses  vives  dans  L'urètre  \  il  en  sortit  un  pèù  de  sang ,  et  il 
rendit  en  tirinant  un  petit  cblcul.de  la  forme  et  de  ta  gros* 
seur  d'une  lentille.  Je  irecottmis.<|ne  oei  calcul  âait  entiè*- 
renent  composé  d'acide  ùrique;.  les  «oucbes  successives 
et  ODUjours  croissantes  qu'om. distinguait  bien  nettement 
depuis  le  point  le  plus  eiîlmkiant  jus<{iie  vers,  les  borda , 
anuoofaientqne  c'était  le  noyau  d'une  pierie  plus.»olaniîs 
neuse  qui  avait  été  osée  et  dissoute.  Ildevenait  donc  lcès4 
probable  que  la  vesoe  setroamt^ntiènemendibéiée.  Ce^ 
pendant ,  pour  s'en  assurer ,  le  malade  fut  envoyé  Veii 
M.  Marjolin,  afin  qu'à -fiât  sondé  dënonveavi;  thaqs 
M.  Ataijblin  s'y  refuisa',  en  observant  qu'il  âttf  entai  inutile 
de  le  totimientbr -puisqu'il  nesouffV*ait  plus  v  et  il  lui)  dit 
qti'il'tt^ttvait  rien  de  mieux  à  faire  que  de  ceiitinuoBl pen- 
dant quelque  teaàpr  encore  le  traitement; auquel  xm^l'a^eait 
soumis;   ^     '  '^^  '''.■."".  ^  ^^^f  .*-  ui ^m  iù."'-  A 

Telest  te^jinlmierTésuUatque  j'ai  obtenu,  et  c'est  A  vous^ 
Mesfiieèrs,^  qu'il  appartient'  maintenant  de  \e  oeofirmer 
par  ide^neuveenix  essais;  niais  je  dois  vous  rappeler  ,  avant 
de  terminer^  qu'on  ne  peot  compter  sur  uà  >égal  suocès 
dans  tous  lés  cas.  H  est  certarneis  cotoerétions^iirinàires  sur 
lesqneUes^  lé  In^^arbonate  n'aurait  salis  doute  aucune^ac- 
tion^  tèllés'^ont,  par  exemple  ,.jeelles  dites  miiro/er ,  oom- 
podée8'4'<niâl^te  de  chaux.  Â  cela  pris  de  ces  exceptions 
heureueei|ient  assez  rares,  il  devient  estrémêmënt  pro- 
bable qu*oif  rieprera  de  grands  avantages  de  la  méthode 
que  je:  viena  d'indiquer.  Si  ou  réussit,  comme  je  l'espère, 
\em^  féliciterai  d'avoir  fourni,  conjointement  avec  M.  d'Âr- 


DE    PHARMACIE.  IIQ 

cet,  an  nouTel  exemple  des  seeours  qm  la  chimie  peat 
prêter  «  Im  thërapeatiqae  (i)« 

PASTILLES  ALCALINES  DIGESTIVES5 

Par  M.  d'A  e  g  b  t  (2). 

Prenez  :  Bicarbonate  de  sonde  sec  et  par.     5  grammes. 

Sucre  blanc. 95  grammes. 

Huile  volatile  de  menthe.    •  .  «     3  gonttes*  ' 
Mncilagc    de  gomme  adragant.     Q.  S. 
Faites  selon  Tari  des  pastilles  d'nn  gramme. 

Ces  pastilles  ,  attirant  légèrement  l'humidité  de  Tair , 
dorrent  être  conservées  dans  des  flacons  bien  bouchés  ou 
dans  un  endroit  sec. 

Elles  sont  très-efficaces  pour  rétablir  les  digestions  pé- 
nibles ,  elles  détruisent  instantanément  les  aigreurs  que 
produisent  les  mauvaises  digestions  et  favorisent  parfaite- 
ment les  fonctions  de  Festomac. 

Qiaque  pastille  du  poids  d*un  gramme  doit  contenir  à 
peu  près  o,o5  gramme  de  bicarbonate  de  soude  ,  et  Tex- 
périence  a  prouvé  qu'on  rétablissait  facilement  une  mau- 
vaise digestion  en  prenant  seulement  une  ou  deux  pastilles 
alcalines ,  et  qu'on  était  rarement  obligé  d'aller  jusqu^i 
trois.  L'expérience  a  encore  démontré  qu'en  faisant  usage 


{1}  J*ai  «pprU ,  depuis  la  lecture  de  «cette  notice ,  que  plusieurs  pra- 
ticiena  avaient  antérieurement  emplojë  avec  succès  contre  des  afiections 
ealcoleuses ,  soit  les  tous-carbonates  ,  soit  les  bicarbonates  de  potasse 
ou  de  soude,  et  on  verra  sans  doute  un  motif  de  plus  pour  faire  do 
BouTeanz  estais.  Pajoulerai  encore  que  je  dois  â  robligeance  de  mon 
honorable  collègue ,  M.  Lodibert ,  une  note  eitraite  de  la  Pharmacopée 
balare  ,  édition  de  1809 ,  contenant  la  recette  d'une  eau  alcaline  gazensa 
propre  à  la  dissolution  et  a  Texpulsion  des  calculs  urinaires. 
(1)  Extrait  des  Annales  dd  Chimie  et  de  Physique ,  t.  3i  ,  p.  58. 


|3o  JOURNJLL 

de  eps  pwtillcA  on  pooratt  noD-seuLsm«il  faciliter  nne 
digestion  pénible ,  et  remédier  même  à  une  digestion  in- 
complète ;  mais  que  l'on  pouvait ,  eu  prenant  d'avance 
<[nel(|U6s-unes  de  ces  pastilles  ,  éviter  ce  mal  et  permettre 
à  re&tomac  de  recevoir  des  alimens  qui ,  sans  ce  secours , 
en  troubleraient  les  fonctions.  Uaction  qu'elles  produisent 
est  tellement  prompte  et  complète  ,  qu'elle  parait  être  pa- 
rement chimique  ;  elle  a  sans  doute  pour  effet  de  saturer 
Fârcidie  qui  s'est  développé  dans  les  premières  voies. 

Ces  résultats  sont  confirmés  par  d'autres  expériences 
faites  plue  en  grand  et  depuis  un  espace  de  temps  consi- 
dérable ,  lesquelles,  en  même  temps  qu'elles  attestent  l'uti- 
lité du  bicarbonate  de  sonde  po^r  faciliter  les  digestions , 
font  voir  l'innocuité  complète  de  ce  sel ,  même  employé  à 
de  plus  fortea  doses.  C'est  ainsi ,  par  exemple ,  qu'en  pre- 
nant un  verre  d'eau  minérale  de  Vichy,  quantité  nécessaire 
pour  rétablir  une  digestion  pénible  ,  on  introduit  dans  l'es- 
tomac un  gramme  de  bicarbonate  de  soude ,  c'est-à-dire 
sept  à  huit  fois  plus  qu'en  prenant  deux  i  trois  pastilles. 
Il  est  probable  que  c'est  l'emploi  de  l'eau  pure  et  chaude 
qui  s'oppose  à  l'action  salutaire  du  bicarbonate  de  soude , 
et  ce  qui  prouve  mieux  encore  que  la  dose  de  pastilles  qoe 
nous  avons  indiquées  ne  peut  être  nuisible,  c'est  que  les  bu- 
jreurs  d'eau  de  Vichy  prennent  eu  quelques  heures  jusqu  a 
cinq  verres  d'eau  minérale ,  dans  une  matinée,  et  cela  pen- 
dant six  semaines  ou  deux  mois,  sans  qu'il  en  résulte  rien 
pour  eux  qu'un  effet  salutaire. 

Dans  les  ateliers  où  l'on  convertit  la  soude  brute  en  sel 
de  soude  >  il  y  a  des  ouvriers  qui  passent  leur  vie  dans  la 
poussière  de  ce  sel ,  et  qui  en  avalent  nécessairement  une 
grande  quantité ,  ils  n'eu  ont  jamais  éprouvé  aucune  incom- 
modité ^  tous  ont  déclaré  seulement  qu'ils  avaient  plus  tôt 
faim  et  plus  faim  que  dans  les  autres  ateliers  de  la  fabrique. 
On  sentira  combien  ces  résultats  viennent  à  l'appui  de 
l'innocuité  des  pastilles  alcalines ,  quand  on  calculera  que 


DB    PHARMACIE.  l3l 

k  sel  de  soude  est  beaucoup  pins  caustique  que  le  bic^- 
bonate ,  et  que  cependant  il  a  pu  pendant  plusieurs  années 
être  avalë  k  forte  dose  sans  qu^il  en  soit  résulté  d*acci« 
deDS  fâcheux.  E.  S. 

DE  L'INFLUENCE  DU  TEMPS 

Sur  la  réadion  du  sulfate  de  magnésie  et  du  bicarbonate 

de  soude. 

Par  M.  Plakchb. 

On  sût  que  le  bicarbonate  de  soude  et  le  sulfate  de  ma*- 
gnésîe ,  à  Yéiat  de  solution  aqueuse ,  n'exercent  rëcipro* 
quement  aucune  action  k  froid ,  et  que  ce  n'est  que  lorsque 
la  chaleur  en  a  dégagé  une  certaine  quantité  d'acide  carbo- 
nique ,  autrement  dit ,  lorsque  le  bicarbonate  alcalin  esl 
passé  à  l'état  de  sous-carbonate  y  que  l'acide  sulfurique  se 
porte  sur  la  soude  et  abandonne  la  magnésie  k  l'acide  car* 
boniqne  ;  mais  je  n'ai  tu  nulle  part  que  les  deux  sels  mé- 
langés, secs  et  réduits  en  poudrç,  réagissent  l'un  sur  l'autre; 
cela  devait  être  au  moins  quant  k  l'effet  qui  résulte  de  leur 
mélange  immédiat  et  instantané  >  puisque  dans  cet  état  ils 
se  dissolvent  dans  l'eau  sans  en  troubler  la  transparence  ^ 
et  cooséquemment  sans  qu'il  y  ait  décomposition  ,  ou  da 
moins  décomposition  apparente.  Fondé  sur  cette  propriété 
des  deux  sels,  un  médecin  prescrivait  depuis  plusieurs 
années  k  M.  de  Sommariva  un  mélange  de  sulfate  de  ma- 
gnésie pulvérisée  et  de  carbonate  de  soude  saturé.  U  donnait 
ahemaiivemeut,  soit  ce  mélange  seul ,  soit  du  bicarbonate 
de  soude.  Chargé  de  préparer  l'un  et  l'autre  pour  un  voyage 

de  trois  mois  que  M.  de  6 faisait  annuellement  en 

lulie  ,  j'ai  toiqours  eu  la  précaution  de  placer  la  poudre 
tnëlangée  ,  très  *  sèche  ,  et  divisée  par  paquets  dans  des 
boites  de  fer-blanc  pour  la  préserver  de  l'humidiié  ;  j'en  ai 


li'l  JOURNAL 

usé  de  même  à  Tégard.du  carbonate  de  soude.  J'observai 
que  le  sulfate  de  magnésie  était  exempt  d'hydrocblorate. 

Pendant  trois  ans  M.  de  S.... ,  homme  très-soigneux  de 
sa  san^é  et  capable  d\iilleurs  de  bien  observer,  ne  s*est  ja- 
mais aperçu  que  reau  froide  se  troublât  lorsqu'il  y  faisait 
dissoudre  les  sels  réunis;  mais  en  i8aa,  obligé  de  pro- 
longer son  voyage  au  delà  du  terme  ordinaire,  il  fit  sa 
provision  pour  un  an.  Vers  la  fin  du  cinquième  mois , 
M.  de  S....  remarqua  que  la  même  eau  qui  lui  servait  ha- 
bituellement devenait  légèrement  laiteuse ,  et  que  ce  chan- 
gement,  qu'il  attribuait  avec  raison,  sans  pouvoir  s'en 
expliquer  la  causera  Taltération  de  la  poudre,  allait  ton- 
jours  croissant  à  mesure  que  le  temps  s'écoulait.  Enfin , 
arrivé  au  septième  mois ,  le  précipité  qui  se  formait  dans 
l'eau  devint  si  considérable,  que  M.  de  S jugea  con- 
venable de  suspendre  l'usage  de  la  poudre;  il  m'en  fit  de- 
mander de  nouvelle,  me  promettant  de  me  rapporter  à  son 
retour  d'Italie ,  celle  qui,  selon  son  expression,  était 
éucntée. 

M.  de  S..*,  revint  au  bout  de  six  mois  et  me  remit  la 
poudre  en  question ,  que  je  soumis  aux  expériences  sui- 
vantes : 

I*.  Cette  poudre ,  délayée  dans  une  quantité  d'eau  froide 
double  de  celle  qui  est  nécessaire  pour  dissoudre  les  deux 
sels ,  ^  rendait  laiteuse. 

ao«  Etendue  de  beaucoup  d'eau ,  elle  a  déposé  une  pou- 
dre blanche  qui ,  lavée  à  plusieurs  reprises  et  desséchée , 
a  été  reconnue  pour  du  sous-carbonate  de  magnésie. 

La  liqueur  dans  laquelle  s'était  formé  ce  dépôt  était 
limpide  après  avoir  été  filtrée;  elle  ne  se  troublait  ni  à 
froid  ni  à  chaud  avec  les  sous-carbonates  alcalins  solubles. 
Tous  les  acides  plus  forts  que  l'acide  carbonique  en  déga- 
geaient ce  dernier.  Enfin ,  évaporée  convenablement ,  on 
obtint  du  suliate  et  du  carbonate  de  soude,  dont  partie  était  k  ! 
l'état  de  sous-carbonate.  Pour  expliquer  ici  la  présence  du 


DE  ^&AnMAt:iE,  t33 

tirbonate  de-soucte,  it  ÙtH  savoir  que  la  quantité  de  bi«- 
efrbtoale  métaiigé  au  sulfate  de  mngnësie ,  ëtâit  plus  que 
•ikfisaiite  pour  d^eomposer  ce  dernier  isel. 
-  U  rfeulte  de  cette  obserTation  que  le  contact  suffisâm* 
Aient  proloà^  4n  aulfinie  de  tntgnësie  et  du  bicarbouate 
de  soude  à  Tétat  sec ,  détermine  une  action  chimique  sem- 
Uible  à  Celle  que  produirait  }e  concours  àt  Teau  et  de  la 
dnleor^  noBvel  ci^empie  du  peu  d^exactitude  de  cet  an- 
cien axiome  chimiqtie  :  Côtfii»ra  non  tigurtt  nrsl  soluta. 


SUR  LA  PRODUCTION 

Vu  gaz  nilreux  pendant  la  fermentation  des  sirops  de 

bèueraûes  ^ 

Par  M,  Tii4x>r,  pharmacien  à  Dijon; 

{Hôte  lue,  le  17  septembre  1825,  â  TAcad^mie  rojale  de  médecioe, 

«ecUoa  de  pfearmaoîe.  )     .  /  " 

M,  DcscroisilleÀ  attribue  le  dégagemëiit  du  gaz  nltreux 
dans  les  sirops  de  foetterame^s  à  Fa  décotnpbsition  de  nitrates 
par  l'acide  9ulfur!que.  Voici  sur  quoi  il  fbnde  sa  théorie. 

«  Mettez,  dit  te  cfaimiisfte  ,  tant  quMl  tous  plaira  de  tel 
ft  nitrate  que  vous  croirez  le  plus  convenable  dans  la  dis- 
»  solution  chavde  d'un  extrait  sucré ,  et  vous  n'en  obtien- 
»  drez  pas  de  gaz  tûtreux ,  si  ii^est  seulement  aux  degrës 

•  de  concentration  et  ie  chaleur  ordinaires  à  ces  cuites,etc. 
i>  La  diaux  vive  est  employée  dans  plusieurs  manufac- 

V  tores  de  sucre  de  betteraves  :  son  usage  est  suivi  de  celui 
^  de  Tacide  sulfuriqtie ,  et  vraisemblablement  dans  le  but 
n  de  saturer  la  chaux  après  qu'acné  a  produit  reflet  désiré  ; 

•  mais  si  la  proportion  diacide  outrepasse  celle  de  la  chaux 
»  qui  s'ofiîre  à  Itti ,  il  est  évident  que  cet  excédant  resté 
»  libre  potirra ,  vers  la  fia  de  la  cuite ,  décomposer  du  ni- 

•  trate ,  et  surtout  si  c*^est  le  nitrate  de  chaux  ,  d^où  alors 
»  s'échappera  le  gaz  nitneux.  » 

XII*.  Année.  —  Mars  i8a6.  10 


l34  >I0URMJIL 

A  la  suite  de  cet  article  on  roit  dans  le  Journal  de 
Pharmacie  une  note  dé  M.  Robiquet.  Ce  profeateitr  ne 
croit  pas  probable  la  théorie  de  M.  DescroisîUes.  Il  pense 
au  contraire  que  le  gaz  nitreux  est  développé  par  la  réac- 
tion des  produits  or^^aniques  sur  les  nitrates.  Il  cite  à^rap* 
pui  les  faits  suivans  ; 

«  M.  Dcrosne  a  remarqué  sembla)>le  dégagement  de  f^az 
»  nitreux  pendant  ^a  fermentaUoa  du  jus  de  betteraves  , 
»  dans  lequel  on  n^avait  mis  ni  chaux^  ni  acide  sulfuiique. 

»  M.  Guibourt  a  vu  de  l'extrait  de  bourrache  mal  cui}., 
»  qui  laissait  échapper  des  bouffées  de  gaz  rutilant  par  l*agi- 
»  tation  avec  une  spatule. 

»  Enfin  M.  Chevallier  a  aussi  observé  que  les  feuilles  de 
»  pastel  donnaient  du  gaz  nitreux  après  deux  ou  trois  jours 
)i  de  fermentation,  w 

A  ces  faits  cités  par  M.  Robiqûct  f  en  ajouterai  deux 
autres. 

De  l'absinthe  verte  entassée,  un  jour  seulement ,  fut  mise 
dans  un  alambic^  avec  la  quantité  d*eau  nécessaire ,. dans 
le  but  d'en  extraire  Tessence.  Il  s'en  dégagea  beauicoup  de 
gaz  nitreux  au  moment  où  la  distillation  commença.    . 

En  1820  y  M.  de  Chauvelin  avait  au  moins  douze  tonnes 
de  sirop  pro  vena^it  de  sa  fabrication  4e  sucre  de  bet^ir^yes^ 
désirant  en  tirer  un  parti  avantageux ,  il  engagea  un  phar- 
macien de  Dijon  à  se  rendre  chez  lui ,  pour  mettre c^  sirop 
en  fermentation  et  en  extrafre  Teau-de-vie.  Ce  pharmaci^çn^ 
après  avoir  étendu  d'eau  une  partie  de .  cette  n^élasse,  y 
ajouta  de  la  levure  de  bière  *,  le  liquide  se  mit  en  mouve- 
ment *,  il  se  dégagea  un  peu  d'acide  carbonique  ,  pi^is<  du 
gaz  nitreux  ,  et  la  fermentation  cessa.  N'attribuant  ce  pdi^ 
succès  qu'à  la  mauvaise  qualité  de  la  levure ,  il  r^pét^  son 
opération  sur  de  nouveau  sirop ,  et  ne  se  servit  que  de 
levure  fraîche  ,  mais  il  ne  fut  pas  plus  )ieureux*  Enfin  , 
après  d'autres  essais  qui  ne  lui  réiusirent  pas  mjeux  ,  il 
'  abandonna  la  partie  et  laissa  le  propriétaire  encore  plus 


DE    PHARMACIE.  l35 

embarrassé  de  sa  marchandise.  Elle  me  fut  offerte,  j'en  de* 
msndai  25  kilogrammes  pour  échantillon.  Ce  sirop  avait 
xme  odpur  an  peu  ammoniacale  ;  il  retenait  encore  beau- 
coup de  sDcre  cristallisé.  Avant  de  le  soumettre  à  la  fer- 
mentation ,  je  jugeai  convenable  de  le  sat^urer  par  un  acide. 
En  consécjuence  ,  je  délayai  ces  ^5  kilogr.  de  sirop  dans 
sept i huit  fois  leur  poids  d'eau;  j'y  ajoutai  assez  d'acide 
snlfnrique  pour  rendre  la  liqueur ,  sinon  acide ,  au  moins 
neutre 5  j'y  délayai  ensuite  de  la  levure  de  bière.  La  fer- 
mentation ne  tarda  pas  à  se  montrer ,  elle  marcha  bien , 
et  j'obtins  ensuite  par  la  distillation  la  quantité  d'eau-de- 
vie  que  la  meilleure  mélasse  de  canne  aurait  pu  fournir 
(au  moins  le  volume  du  sirop  ).  Cet  essai  m'engagea  à  trai- 
ter avec  le  propriétaire  pour  toute  la  partie.  J'opérai  alors 
sur  5o  kilogrammes  de  la  même  manière  que  je  l'avais  fait 
sur  le  précédent  sirop.  La  fermentation  s'établit  bientôt , 
mais  elle  fut  acconipagnée  d'un  dégagement  de  gaz  ruti- 
lant si  considérable  qu'on  ne  pouvait  en  approcher  ,  et  la 
fermentation  cessa.  Frappé  de  ce  phénomène ,  qui  n'avait 
pas  eu  lieu  sur  mon  premier  essai ,  je  pensai  que  cette  mé- 
lasse était  différente  de  celle  qui  m'avait  été  remise  pour 
échantillon.  Je  ne  pouvais  admettre  que  le  gaz  nitrcux  fût 
le  résultat  de  la  décomposition  d'un  nitrate  par  l'acide  sul- 
furiqae ,  par  la  raison  que  le  sirop  étant  délayé  dans  sept 
parties  d'eau ,  l'acide  nitrique  dégagé  de  ses  bases  par  Ta- 
dde  sulfurique  serait  resté  en  dissolution  ,  et  n'aurait  pas 
été  lui-même  décomposé.  Rejetant  donc  cette  théorie  ,  et 
ne  trouvant  d'autre  cause  que  la  réaction  de  produits  orga<^ 
riiques  sur  l'acide  nitrique ,  réaction  favorisée  par  la  levure 
de  bière,  je  jugeai  convenable  de  changer  la  manièrelTêtre 
de. ce  sirop  ou  de  ce  composé  sucré.  A  cet  effet ,  j'en  pris 
cent  kilogr. ,  je  les  étendis  seulement  du  double  de  leur 
poids  d'eau,  j'y  ajoutai  assez  d'acide  sulfurique  pour  rendre 
la  liqueur  bien  sensiblement  acide.  Il  se  fit  une  vive  effer- 
vescence qui  donna  lieu  à  un  grand  dégagement  d'acide 

10. 


à 


làÔ  iOtjRNAi 

ciirLonîquc  scalcmeot^  je  fis  ensuite  chauflfer  le  tout  ja^ 
i\\\k  rcbuUiriou  y  que  je  prolongeai  envirba  un  quart 
(l'heure ,  pendant  laquelle  je  n*a perçus  aucun  di^gagement 
nitrcux.  Je  fis  retirer  le  liquide,  et  après  y  avoir  fait  ajouter 
au  moins  quatre  fois  son  volume  dVaû  j*y  délayai  de  la  le-^ 
vure  de  bière.  La  fermentation  se  fit  bientôt  remarquer  , 
elle  devint  très^active  et  ne  donna  aucune  trace  de  gas  ni^ 
treux.  Lorsqu'elle  fut  terminée  je  distillai ,  et  j'obtins  de 
Teau-de-vie  dans  les  mêmes  proportions  que  dans  mon 
premier  essai.  J'ai  opéré  de  la  même  manière  sur  les  dix 
tonnes  de  tirop  que  j  avais  ,  et  les  résultats  ont  été  aussi 
satisfaisans.  . 

Par  ce  qui  précède ,  on  voit  que  quel  que  soit  Tétat  du  si-» 
rop)  c'est-A-dire  qu'il  soit  acide  ou  légèrement  alcalin,  lors- 
qu'il est  délayé  dans  six  ou  sept  fois  son  volume  d'eau,  et  à 
l'aide  de  la  levure ,  il  y  a  production  de  gaz  nitreux  ,  et 
4è5  lors  la  fermentation  cesse  ^  et  que  ,  pour  éviter  la  pro- 
duction de  ce  gaz ,  il  suffit  de  faire  bouillir  un  moment  le 
sirop  avec  le  double  de  son  poids  d'eau  et  environ  trois  à 
quatre  pour  cent  d'acide  sulfurjque.  On  ne  peut  donc  attri- 
buer à  cet  acide  la  production  du  gaz  nitreux,  puisque  dans 
cette  dernière  expérience ,  la  plus  favorable  pour  le  déve- 
lopper ,  il  ne  s'en  présente  aucune  trace ,  et  qu'il  ne  se  re- 
produit plus  dans  les  fermentations.  Ce  gaz  mute  la  liqueur 
ainsi  que  le  ferait  l'acide  sulfureux ,  etc. 

Mes  occupations  ne  me  permettant  pas  pour  le  moment 
de  m'occuper  de  ce  genre  de  travail ,  je  ne  hasarderai  pas 
une  théorie  qui  ne  serait  pas  appyjéesur  des  fait? ,  d'autant 
que  le  but  de  cet  article  est  seulement  d'indiquer  aux  fa- 
bricans  de  sucre  de  betteraves  un  moyen  assuré  d'obtenir 
un  succès  constant  dans  la  fermentation  de  leurs  mélasses. 
Dijon ^  HÂJuin  tS%5. 


DE   PaXRHAClE.  tSiJ 


NOTICE 

r 

D'un  rapport  sur  un  mastic  hdyrofugc^  fait  par  A/M.  The- 
KARD  et  d'Arcet  y  membres  de  tjicadimie  royale  des 
sciences. 

Dans  la  séance  de  rAcadémîe  royale  dus  sciences ,  du 
^7  février,  M.  Thenard  a  lu  en  son  nom  et  celui  de 
M.  d'Arcel ,  une  note  sur  le  procède  que  ces  denx  savans 
ont  suivi  pour  enduire  Tîntérieur  de  la  coupole  de  Sainte- 
Geneviève  d*un  mastic  hydrofuge  capable  de  garantir  de 
tonte  atteinte  de  Thuinidîté  les  magniâques  peintures  qui 
la  décorent. 

Ces  premiers  essais  furent  faits  en  i8i4 ,  sur  Finvitation 
du  célèbre  artiste  qui  fut  chargé  &  cette  époque  de  peindre 
la  coupole  supérieure  de  cette  église. 

Les  anteurs  viennent  de  faire  une  nocvellc  application 
de  leur  procédé  aux  quatre  pendentifs  de  la  coupole  in- 
férieure, qui  doivent  être  peiuts  par  M.  le  baron  Gérard. 
(•es  expériences  qui  ont  été  faites  ne  permettent  pas  de 
douter  que  les  peintures  que  cet  eiiduit  est  destiné  â  pro- 
téger, ne  résistent  parfaitement  aux  atteintes  de  Thumiditc^. 

L'on  sentira  tout  le  prix  d%n  semblable  moyen ,  si  Ton 
fait  attention  que  la  plupart  des  peintures  qui  ornent  nos 
édi6ces  publics  «e  détériorent  au  bout  degrés  «peu  d'an» 
nées  par  Finfluence  de  Thiimidité  ;  et  pour  en  donner  un 
exemple  bien  remarquable,  nous  citerons  les  peintures  des 
plafonds  de  la  galerie  des  Antiques,  au  Louvre ,  peintures 
que  nens  devons  au  pinceau  de  Berthelmy ,  et  qui  étaient 
i  peine  achevées  en  t8io.  Une  grande  partie  se  trouve 
déjà  détraite  par  les  infiltrations  â*eau  qui  ont  en  lieu  de 
la  salle  supérieure. 

MM.  Thenàrd  et  d'Arcet  ce  se  sont  pas  bornés  seule*- 
ment  à  ce  qui  ponvaiil  contribuer  h  rembellissement  des 


l38  JOUBUAL 

édifices  publics.  Ils  ont  senti  le  grand  avantage  qui  pour- 
rait résulter  pour  Tassainissement  des  maisons ,  de  Tem- 
ploî  d'un  mastic  hydrofiige  qui  pût  les  garantir  de  toute 
humidité.  Des  expériences  qui  promettent  le  plus  heureux 
succès  ont  été  faites  dans  des  salles  basses,  qui  étaient 
inhabitables  par  rapport  à  Feau  qui  suintait  des  murs  et 
du  sol. 

Ce  mastic  hydrofuge  consiste  d^s  un  mélange  de  cire 
jaune  ou  de  résine  avec  de  Thuile  de  lin  lithargyrée.  Pour 
obtenir  l'huile  de  Un  lithargyrée ,  Ton  fait  dissoudre  i 
chaud ,  et  à  la  la  manière  ordinaire  ,  une  partie  de  litharge 
en  poudre  fine  dans  dix  parties  d'huile  de  lin  pure.  Pour 
faire  le  mastic  à  la  cire ,  l'on  prend  : 

Cire  jaune i  partie. 

Huile  de  lin  lithargyrée 3  parties. 

L'on  fait  dissoudre  à  une  douce  chaleur  et  Ton  conserve 
pour  l'usage. 

Le  mastic  résineux  se  fait  de  la  même  manière,  mais 
l'on  prend  alors  : 

Résine %  parties. 

Huile  lithargyrée. i  partie. 

Ce  dernier  mastic  étant  moins  cher ,  est  employé  sur- 
tout pour  les  ouvrages  communs  et  de  peu  de  valeur.  Le 
mastic  à  la  cire ,  au  contraire ,  est  préférable  pour  les  ob- 
jets précieux,  pour  les  moulures,  les  sculptures;  il  pé- 
nètre avec  facilité  les  détails  les  plus  délicats  ;  il  ne  laisse 
aucune  épaisseur  à  la  surface ,  et  par  conséquent  il  n'altère 
point  la  pureté  des  traits. 

Toute  la  difficulté  de  l'emploi  de  ce  mastic  consiste  dans 
son  application  ^  mais  c'est  à  ce  mode  d'application  surtout 
qu'il  doit  sa  supériorité  sur  les  autres  mastics  hydrofuges. 

Lorsqu'on  veut  l'appliquer  sur  la  surface  d'un  mur  ou 
d'une  voûte,  il  est  nécessaire  de  la  chaniSer  préalable- 
ment ,  afin  d'en  chasser  toute  l'humidité ,  et  que  le  mastic 
puisse  pénétrer  dans  l'épaisseur  de  la  pierre  ou  du  plâtre. 


DE    PEAKMACTE.  iBq 

Uon  99  sert  à  cet  effet  du  i^échand  de  dorenr  (i).  L'on 
commence  à  chaafièr  fortement  une  portion  de  la  surface  ; 
Foo  fait  ensuite  glisser  le  fourneau  devant  la  partie  voi- 
sine, et  lorsque  celle-ci  s'ëehauffe,  Fou  applique  le  mastic 
ditud  sur  la  première.  Si  |^*on  »*aperfoit  que  toute  la  surr 
&ce  ne  soit  pas  également  couverte  de  mastic ,  on  la  chauflè  . 
de  nouveau  pour  en  a|^pKquer  encore ,  et  Ton  répète  cette 
opération  jusqu^i  ce  ({uo  la  pierre  en  soil  saturée  ^  c'est«-à- 
dire ,  qu^elle  refuse  d'en  prendre. 

Les  pierres  tendres  et  les  plâtres,  même  ceux  qui  ont 
été  déjà  ramollis  par  Teau  y  acquièrent  par  ce  procédé  une 
grande  dureté  y  et  sont  désormais  inattaquables  par  Thu- 
midité  (2). 

Lorsque  Ton  a  Tintention  de  conserver  des  obfets  pré- 


i««*i 


(ij  Ce  r^hand  est  un  paraflilipipéde  rectftii|;le  tréB*apj>l«ti,  dont  cinq 
^  pans  sont  en  t61e ,  le  sixième  est  une  grille  en  fer.  L*on  place  le 
ebarbon  incandescent  dans  rintëriear  du  parallelipipédo ,  et  Ton  présente 
^  côté  grillé  à  la  partie  que  Fon  Tent  chanfier.  Ce  fonmean  porte  en 
OQtre  deax  croebets ,  au  moyen  de^nels  on  le  fait  glisser  parallèlement 
i  loi-méme  pour  chauficr  les  parties  Toisinas. 

(3)  n  est  facile  de  se  rendre  compte  de  la  supériorité  de  ce  nouveau 
VnUàé  sur  cens  que  Ton  suit  ordinairement.  En  effet ,  les  peintures 
ordioairet  consistent  dans  Tapplicalion  de  la  céruse  ou  de  quelques 
ozides métalliques  colorés  »  préalablement  délayés  avec  de  l*buile  de  lin  j 
il  arriva  alors  que  l'huile  de  Un  qui  est  liquide  à  la  température  ordi- 
naire ,  8*imbibe  dans  là  pierre ,  qu'elle  ê^y  étend  considérablement  et 
abandonne  la  couleur  ,  ce  qui  cause  Vimbus  à  la  surface  et  oblige  de  cou- 
vrir la  peinture  de  vernis.  Dans  cet  état,  la  peinture»,  n'ayant  plus  qu'une 
trés-Ciible  adhérence  avec  la  pierre  ,  obéit  â  l'action  du  vernis  qui , 
venant  i  s'écailler,  Tentratue  avec  lui.  La  nouvelle  composition  au  con- 
traire que  l'on  applique  avant  la  peinture ,  n'étant  susceptible  de  se  fon* 
dre  qa'à.4ine  température  supérieure  â  4o<^>  se  anlidifie  dans  l'intérieut 
de  la  pierre  9  dés  lors  elle  n'est  plus  susœptiblç  de.  s'étendre ,  eUe  reste 
combinée  â  la  peinture  et  la  maintient  adhérente  à  la  surface  de  la 
pierre,  en  mémo  temps  qu'elle  défend  celle-ci  de  lilomidilé.  Ce  procédé 
àmp^tu»  de  Temir  les  tableaux ,  ce  qui  est-  un  fort  grand  avantage.  Les 
peintures  de  la  coupole  d^  Sainte-Géneviéve  n'ont  point  été  vernies.  ; 
plusieurs  parties  de  ce  vaste  tableau  étaient  finies  depuis  plu)  de  di^ 
*Qs,  et  ancnne  n*a  éprouvé  jusqu'ici  la  moindre  altération. 


l4o  JOU&^ilL 

deux  en  plâtre ^  tels  ^iie  statues,  bas^rcHefs^  aieJftit-» 
les,  etc..  Ton  doit,  employer  la  cire  blanche,  et  du  aavoo 
de  plomb  fait  par  1a  4oQble  détomposition  d^un  sel  de 
plomb  et  du  savon  d'huile  de  Vin*  Le  savon  métallique 
ayant  été  préparé ,  lavé  et  séché ,  on  eu  prend  i  parties  y. 
qne  Ton  fait  fondre  avec  iiièe  de  cirp  blanche»  L'on  peiU 
se  servir  aussi  avec  avantage  du  savoo  de  aine  préparé  de 
la  même  manière  ;  mais  il  faut  faire  atteniion  q«e  le  sulfate 
de  zinc  du  commerce  contenant  toujours  du  fer ,  Von  n*ol>-* 
tient  un  savon  bien  blanc  qu'après  aïoir  purifié  convena- 
blement le  sulfate  de  aûnc. 

Lorsqu'au  lieu  d'employer  des  savons  blancs  comme 
ceux  de  zinc  ou  de  plomb ,  l'on  emploie  des.  savons  de 
cuivre  ou  de  fer ,  Ion  a  un  mastic  coloré  en  vert  ou  en 
rouge  brun.  Le  mélange  de  ces  deux  savons  fournit  toutes 
les  nuances  de  vert.  Si  l'on  prend  le  savon  qui  résulte  de 
la  décomposition  de  sulfate  de  fer.  ...       20  parties. 

■^    sulfate  de  cuivre.    .       80 
l'on  donne  an  plâtre  une  teinte  imitant  parfaitement  celle 
des  bronzes  antiques. 

Pour  l'appliquer,  Ton  chanfle  dans  une  étuve,  à  une 
température  qui  ne  doit  jamais  excéder  loo  degrés,  les 
objets  que  l'on  veut  enduire.  L'on  met  le  mastic  à  chaud , 
à  l'aide  d'un  pinceau  :  une  partie  s*absorbe  \  mais  comme 
la  température  ne  tarde  pas  à  s'abaisseï; ,  une  partie  se  so- 
lidifie sur  la  surface.  L'^on  remet  l'objet  à  l'étuve  ;  le  nui&^ 
tic  se  liquéfie  de  nouveau  et  s'absorbe  très-promptement. 
L'on  recommence  cette  manœuvre  jusqu'à  ce  que  l'on  sup- 
pose que  le  mastic  a  pénétré  assez  avant  dans  l'épaisseur 
du  plâtre  ;  alors  en  retirant  la  pièjce  de  l'étuve ,  et  avant 
qu'elle  ne  soit  froide ,  on  la  frotte  légèrement  avec  un  mor- 
ceau de  linge  fin  ou  du  coton ,  afin  d'enlever  une  légère 
couche  d'oxide  de  fer  qui  reste  ordinairement  à  la  surface 
et  lui  donne  une  couleur  jaune;  ce  qui  provient  sans 
doute  de  ce  qu'une  partie  du  fer  qui  passe  au  maximum 


r 


DE     PHABBIACIE.  tl^^ 

d'eiidati^n  »  ne  peui  plos  étr«  leouèii  disaoliitbb  damslo 
acides  gras ,  et  alors  u>st  poiu(  absoifbé  par  le  platpe« 

Les  euduits  métalliques  dpm  nous  venons  de  parler  ren* 
deut  les  plâtres  parfaitement  inattaquables  par  Toau  ;  nous 
avons  vu  des  bas-reliefs  dont  une  partie  de  la  surface  seu- 
lement avait  été  imprégnée  de  mastic  ,  qui  fut  ensuite  ex-* 
posée  k  Taction  d'une  ôhute  d'eaû.  Au  bout  d*uh  certain 
temps,  la  partie  recouverte  n'avait  pas  subi  la  moindre  al- 
tération ,  «t  Tautre  était  en  gratide  partie  dissoute  ^  le  plâtre 
y  était  petcë  <laiis  1  épaisseur  d*un  ponce* 

Ce  procédé ,  qui  manquait  jusqu'ici  à  Tart  du  mouleur  i 
réunit  toutes  les  qualités  d'un  procédé  parfait,  parce  qu'il 
n  altère  en  rien  la  pufeté  des  contours ,  et  qu'il  permet  do 
livrer  à  très-bas  prix  des  objets  de  sculpture  ayant  l'aspccl 
et  jusqu'à  un  certain  point  Finaltérabilité  du  marbre. 

A.  P.  BussT. 

EXTRAIT 

lyune  lettre  de  M.  Vanhoiis  ,  à  M^  Plaucqb  ,  sur  la  déco-' 
loration  de  la  résine  de  jalap ,  etc. 

M.  BSartius  â  obtenu  ta  résine  de  jalap  presque  incolore 
en  blanchissant  sa  solution  dans  Falcohol  avec  du  charbon 
animal.  La  résine  de  jalap  ainèi  dépurée  est  aisément  sol u- 
ble  dans  l'huile  de  térâienthtne  rectifiée  »  dans  l'éther  acé- 
teux  y  dans  l'acide  acétique  ,  dans  les  alcalis  fixes ,  causti- 
ques, liquides.  Il  suffit  d'une  température  de  45  â  5o^  ;  elle 
n'est  pour  ainsi  dire  pas  soluble  dans  l'éther  sulfurîque 
absolu.  L'ammoniaque  la  dissout  peu,  même  k  la  chaleur 
de  l'ébnllitioB. 

Lorsqtie  ^ans  une  solution  saturée  brunâtre  de  résine 
de  jalap ,  on  iatrodtut  du  dilore  gazeux ,  la  couleur  dis- 
parait entièrement ,  et  il  va  se  déposer  au  fond  du  vase 


l4^  JOURNAL 

une  couche  ëpaiase ,  incolore  et  claire  comme  Tëther  sul* 
farique ,  d'un  liquide  qui  doit  être  de  Téther  pesant , 
puisqu'il  occupe  dans  de  Falcohol  charge  de  résine  le  bas 
du  liquide  ;  par  Tagitation ,  la  liqueur  devient  uniforme  ^ 
et  il  se  répand  une  odeur  des  plus  pénétrantes  et  des  plus 
suayes  d^éther  nitrique  ,  k  peine  mêlée  de  Fodeur  d'éther 
muriatique  léger.  La  combinaison  formée  n'étant  pas  pro* 
prement  de  Féther  pesant ,  son  odeur  embaumait  toute  la 
maison.  Après  une  demi-heure  de  dégagement  du  chlore  , 
il  ne  s*était  encore  rien  précipité  de  la  résine ,  ce  qui  aurait 
pu  avoir  eu  lieu  par  la  soustraction  çt  la  prise  en  engage- 
ment de  Falcohol.  On  précipita  par  l'eau ,  et  on  obtint  an 
lait  épais',  mais  peu  de  dépôt ,  et  l'on  fut  obligé  de  vapo* 
riser  l'alcohol  et  Téther  pour  séparer  la  résine.  Elle  était 
transparente ,  mais  pas  entièrement  blanche.  Il  s'agit  de 
savoir  si  cette  dépuration  n'aura  pas  mitigé  ,  altéré  ou  dé- 
truit la  vertu  de  ce  remède.  On  fit  aussi  l'essai  sur  la  tein- 
ture alcoholique  de  sa  racine.  On  ne  se  sert  pas  assez  de 
chlore  pour  décolorer  les  liqueurs ,  par  exemple  ,  dans  la 
recherche  de  l'arsenic  soupçonné  exister  dans  des  estomacs 
remplis  de  vin  ,  de  café ,  de  bière  brune.  La  décoloration 
est  aussi  complète  que  rapide  (i). 

P.  «S.  J'ai  précipité  par  du  chlorure  de  chaux  du  phos- 
phate d'ammoniaque  ]  il  ne  s!est  dégagé  aucun  gaz  qui  au- 
rait pu  provenir  de  la^  décomposition  de  l'ammoniaque  ou 
de  l'acidification  du  chlorure  ;  la  liqueur  était  fortement 
blanchissante.  J'ai  rapproché  pour  faire  cristalliser  ,  mais 


(0  L'aotear  de  cette  lettre  ignore  probablement  que  M.  le  professeur 
Orfila  a  oonseilW  depuis  lonfç-tempt  remploi  da  chlore ,  prëcisënent 
dans  les  mêmes  circonstances.  L.  A.  P. 


BR     PHABMACIE.  l43 

il  y  a  en  efiTerresceDce ,  après  quoi  il  n'est  plus  resté  que 
du  murîate  d*ammoniaque  simple.  J'avais  réuni  les  deux 
Hquides  par  petites  portions  à  la  fois  ,  &  FeCTet  d'éviter  la 
clialear.  L.  A.  P. 

Je  me  suis  livré  à  des  recherches  suivies  pour  isoler  de 
la  résine  de  jalap  une  matière  particulière  différente  du 
principe  résibenx,  et  k  laquelle  on  pouvait  attribuer  les 
propriétés  purgatives  de  cette  résine  ^  en  effet  il  ne  parait 
pas  probable  que  le  principe  résineux  pur  soit  purgatif, 
même  dans  le  jalap,  la  scamonée ,  etc.  ;  car  pourquoi  toutes 
les  résines  ne  le  seraient-elles  pas  si  cette  propriété  était 
inhérente  au  principe  résineux.  Je  dois  cependant  avouer 
que  mes  recherches  ont  été  infructueuses ,  quoique  assez 
longues  et  variées.  Je  n'ai  pas  cru  devoir  publier  une  série 
d'expériences  négatives  ^  toutefois  y  puisque  l'occasion  s'en 
présente  y  j'en  profite ,  non  pour  détourner  les  chimistes 
d'une  recherche  qui  me  parait  mériter  toute  leur  attention, 
maiï  pour  prévenir  les  personnes  qui  croiraient  qu'aucun 
essai  n*a  été  tenté  sur  cet  objet,  qu'il  en  est  loin  d'être  ainsi, 
et  que  le  travail  qu'elles  voudraient  entreprendre  sur  cet 
objet  important  n'est  pas  sans  de  grandes  difficultés. 

J.  Pelletier. 


l44  JOUnNAL 


.V»%V«  %%*  «V«  %%«•%«%%««««.%%«•««%«'%/«««  ««««««« «««V* *%« ««««^v*  «« 


NOUVELLES  DES  SCIENCES. 

MIKÉKALOGIE. 

Effets  de  la  chaleur  sur  les  formes  des  cristaux, ^Ifti^ih 
les  observations  de  M.  Mîischierlich ,  la  chaleur  produit  la 
contraction  des  cristaux  de  spàik  d^Islande  ,  ce  qni  est 
commun  à  beaucoup  d'autres  cristaux  è  double  réfraction', 
ce  phénomène  est  appréciable  même  par  le  gobyomètpe. 
Dans  les  cristaux  réguliers  à  réfraction  éimple  ,  au  con- 
traire ,  il  7  a  dilatation  uniforme  par  la  chaleur  sans  chan- 
gement dans  leurs  angles.  En  général  les  petits  axes  se  dila- 
tent plus  à  proportion  que  les  grands.  Les  cristaux  dont  la 
forme  primitive  est  un  ^rhomboïde  ou  un  prisme  hexaèdre 
régulier  se  comportait  autrement  dans  la  direction  de 
leur  angle  principal  que  dans  les  directions  transverses. 

«Sur  la  formation  des  minéraux  réguliers  ou  orthobasigu^s, 
et  sur  ceux  à  base  oblique  j  ouplagiobosiqu^es.  —  MM*  ^^^^ 
et  Naumann  ont  vu  que  les  formes  de  ces  derniers  mio^ 
raux  se  laissent  ramener  plus  simplement  à  un  système  de 
coordonnées  oblicpies  qu'aux  coordonnées  rectangulaire». 
Les  cristaux  plagiobasiques  sont  les  formes  hémîpn*»*' 
tiques ,  les  tetariro-prismatîques  ,  etc.  Tel  est  le  système 
plagiorhombique  du  sel  de  Glauber ,  du  natron  et  autres  a 
base  de  soude.  La  topaze  ,  Fépidote ,  la  titanite  ,  le  stiiio- 
tricarbonate  de  plomb ,  etc. ,  appartiennent  k  ce  système. 

Les  cristaux  à  coordonnées  orthogonales ,  au  contraire» 
sont  les  tessulaircs  ,  les  pyramidaux  ,  les  prismatiques , 
rhomboédriqucs. 


DE      PHARMACIE.  l45 

BOTAXIQUB. 

Plantes  phosphorescentes.  —  Plaftiears  cryptogames  sou- 
terraines ont  été  obserrëes  lumineuses  dans  Tobscuritë. 
M.  Nées  d'Elsenbeck  cite ,  diaprés  M.  Heinzmann ,  la  r?tlzo^ 
morpha  phosphoreseens  trouvée  dans  les  mines  de  la  Hesse 
et  du  nord  de  TAllemagne  \  sa  lumière  est  sensible  aux 
extrémités  de  la  plante ,  surtout  lorsqu'on  les  rompt.  <]ette 
phosphorescence  disparaît  sous  les  gaz-hydrogène ,  Foxide 
de  carbone  et  sous  le  chlore.  D^autres  rhizomorpha^  comme 
le  suhierranea  et  Vàidula  ont  aussi  paru  phosphorescentes 
à  plusieurs  personnes  travaillant  dans  les  mines. 

Arbres  phii^ieux.  —  Dans  les  anciennes  relations  de 
voyageurs  en  Amérique ,  rapportées  aussi  par  Thévet  dans 
sa  G>sm<^aphie  ^  il  est  parlé  d*un  arbre  qui  attirait  les 
nuages  dn  ciel  et  les  résolvait  en  plaie  parmi  les  déserts 
arides.  Ces  relations  étaient  regardées  comme  des  fables. 
On  a  trouvé  depuis  peu  de  temps ,  au  Brésil ,  uu  arbre 
dont  les  jeunes  rameaux  laissent  exsuder  des  gouttes  d'eau 
qui  tombent  presque  comme  une  pluie.  Cet  arbre  ,  auquel 
Leander  a  donné  le  nom  de  cubea  phiviosa ,  est  rapporté 
par  M.  Decandolle  y  au  genre  Cœsalpinia  (plui^iosa)  dans 
son  Prodtxytnus ,  tom.  2  ,  p.  ^B3  ,  appartenant  à  la  famille 
des  légumineuses»  An  reste  plusieurs  végétaux ,  comme  les 
calamus  ix>tang  et  des  lianes  grimpantes  ,  la  vigne  et  d'au- 
tres sarmens ,  à  Tépoque  de  la  sève ,  surtout  quand  on  les 
coope ,  donnent  des  pleÊors  en  «bondance. 

Ce  genre  Qesalpinia ,  qui  fournit  tes  bois  de  teinture  de 
Femambouc  et  Sappan ,  préèetite  aussi  une  espèce  dont  les 
feuilles  sont  presque  aussi  sensibles  par  le  contact  que  des 
scnsitives  i^n  Malabar  ;  c'est  la  Qjesàlpinia  tmmosoides  y 
Lamarck. 


l46  JOURNAL 

De  Fempoisonnemepi  des  plantes.  —  Celles-ci  sont  sus- 
ceptibles de  perdre  ,  comme  Ta  va  Carradori ,  par  Teau 
distillée  de  laurier-rose,  leur  faculté  contractile^  ainsi  celte 
eau  j  ou  mieux  encore  Thuile  volatile  de  laurier-rose,  éteint 
toute  la  force  de  contractilité  des  capsules  de  momordica 
elalerium  et  de  balsamîna  impatiens.  M.  Mareet,  de  Genève, 
ayant  abreuvé  de  solution  aqueuse  d'opium  des  sensîtives 
et  d'autres  plantes,  remarqua  qu'elle  éteignait  aussi  l'action 
de  la  vie  végétale.  Delà  Carradori  concluait  que  les  plantes 
avaient  des  fibres  musculaires  contractiles  ,  M.  Marcct  a 
pensé  que  les  végétaux  possédaient  aussi  l'analogue  d'un 
système  nerveux ,  puisque  le  premier  de  ces  poisons  opère 
sur  la  contractilité  ,  le  second  sur  la  sensi)>ilité ,  dans 
les  animaux. 


ZOOLOGIE. 


Insectes.  ^"^He  môme  qu'on  cultive  la  cocbenille  ,  en 
Amérique  et  ailleurs  maintenant ,  les  Anglais  viennent 
d'établir  dans  les  Indes-Orientales  une  culture  suivie  du 
gallinsecte  qui  produit  la  résine  lacque.  Il  y  a  dans  la  Cbine 
un  autre  gallinsecte ,  lepé^la^  qui  procure  aussi  une  belle 
cire  dont  on  fabrique  des  bougies.  Nous  en  avons  parlé 
dans  notre  Mémoire  sur  la  lacque.  {Journal  de  Pharmacie^ 
i8ai ,  p.  5ai  •  note.) 

hesJUs  de  la  vierge ,  ou  ces  filamens  blancs  que  l'on  voit 
voyageant  dans  les  airs  en  automne  ont  déjà  été  cités  par 
Lister  et  d'autres  naturalistes  comme  étant  des  toiles  d'arai- 
gnées ]  elles  sont  blanchies  par  l'action  de  l'air  et  de  l'eau , 
de  même  que  les  toiles  de  lin  ou  de  chanvre ,  et  peuvent 
transporter  au  loin ,  au  moyen  des  vents  ^  de  petites  arai- 
gnées en  diverses  contrées.  Slrack,  Buhlmann^  Flugg^etc»^ 


OB     PHARMACIE.  l^'J 

\t$  ODt  observées ,  mais  elles  ODt  été  le  mieux  décrites  par 
GniTenbovst ,  qui  y  a  recornin  Varanea  obêteuix  et  une 
espèce  J^epeira^  depuis  peu  de  temps* 

Les  moasti<|iies  des  Antilles  ,  de  la  Louisiaiie  ,  ete. , 
éttôent  attribuées  an  genre  -des  cousins  si  fatigans  déjà  en 
Eorope  ;  leurs  larres  sont  en  ettèi  aquatiques  comme  celles 
des  culex  >  nuds  un  examen  plus  approfondi  les  a  fait  rap- 
porter an  genre  des  simûlies  dont  la  piqûre  est  bien  aucre- 
Hieot  doidoureuse  et  brûlante.  Il  en  existe  en  Servie  et 
daas  le  BumaS ,  une  euièce  si  dangereuse  par  ses  piqûres 
dans  le  nés  et  les  <  autres  oatei^nres  du  corps ,  soit  pour 
]liomme  ,  so'it  pour  les  bœufs  et  autres  bestiaux  ,  et  par 
leur  abondance ,  que  des  individus  en  sont  morts  j  au  rap- 
port de  F.  h  Yerdat. 

Vergot  du  seigle^  |i ttribué  à  un  cbampignon  selon  M,  De^ 
caudolle  »  i  une  mali^He  particulière  résultant  de  Thumi* 
dite  d  après  beaucoup  d'au^Lcnrs ,  est  considéré  par  M.  Mar* 
tin  Fidd  comme  la  suite  de  la  piqùrjc  d'un  insecte, du  genre 
musca ,  lorsque  le  grain  est  encore  pulpeux  :  cet  insecte 
ny  dépose  pas  tes  œufs  y  et  oyin'y  trouve  point  ep  ^fiet  de 
larves. Ce  senûtU liqueur  irritante  versée  dans  la.ptqi^ije 
qui  déterminerait  cette  excroissance  noirâtre  et  lui  com** 
muniquerait  des  prdprîétés  nuisibles* 

Erpàalogie*  «^  M*  Néale  eaft  jparvenu ,  en  Amérique ,  à 
apprivoiser  des  serpens  à  sonnettes ,  en  sorte  qu'ils  ne  font 
aucun  mal  ;  la  musique  sert  pour  les  charmer.  Cet  auteur 
assure  qu  ils  peuvent  exercer  sur  les  animaux  un  pouvoir 
de  terreur  ou  d'enchantement ,  car  il  dit  en  avoir  vu  un 
exemple  dans  son  jardin  même  ;  Fhaleine  de  ces  reptiles 
n'a  rien  de  nauséabonde. 

A  nie  de  Java  ,  les  habitans  se  délivrent  des  mouches  , 


1^8  JOURNAL   DE    9HAnM:ACIE. 

dans  leur»  apparia raàen» ,  an  moyen  4e»  lézanb'geckos  , 
appelés  4  apvèa  lears  cris  toké  et  gogok^  qui  dioaient  con* 
tinuellement  ces  io,secte9  pour  sW  âoaFrîr. 
,  I^es  Javajfiâ  ieiat>loieiil>  aufiflf  ^  dit-on^  lecœiir  àt  la  gre- 
l»QuîUe,  nontméd  kadok-lseiséj  pour  pvëpi^i:^  na  poisôii» 
D'siuires  repliles  passent ëgalcDuent  pour  TénSénenx  par  leur 
sang'ydont  ou  imprègne  des  poignards  on  krits.  On  sait  <£ae 
le  69ng'd*tin0  raiàeite  sert  aux  Américains  pour  tapiror 
les  peff ctquets  :  oo  arrache  àociix^i  des  plnmes  ^  on  im** 
bibft  le  lieu  d'où  elles  aont'  arrackéet  avec  le  saing  de  celte 
^/a;  ii  rem|l  des  pUuncB.  xk:  conlencs  Yâi^iées  et  très- 
k^es. 

Om&Ad&grfc.  —  Cfes' jbHes  pfoDïés  si'tecbérchées  pour 
les  parures ,  sous  le  nom  de  marabous  ^  appartiennent  k  la 
queue  dé  certaines  .cigûgnfe^  ^dccMû,  ^tnarabou  (  Laugiér  y 
Oiseaux  côlot. ,  livrais.  LXIV^"^.'36o)VCeà  oiiseâux ,  ap- 
privoisés  en  grandeé^^ôtipeS  dans  le  Ben^^sile  et  les  îles  du 
grftnd  arcliipel  des  Ihdei^,  sofnt  protégés ,  éf  ifse  fait  un 
Commercé^  si  nonsidéraUé  dé  ce^  plumes  que  des  pbpula- 
.  tions en  vivent.  Les ]^iumes  àeàeania  ai-gaîa ,  en  Afrique , 
et  celles  de  quelques  autres  espèces  .sont  moins  belles  et 
moins  rieclîerdiées.'  '  *  '^  '  *''  * 


}    t  .  *• 


I 


•    kt 


...>. 


»%*«%t 


»»»»■>«*  »»»»»•***%»»*»»•  »!>•«**— 


BULLETIN 

TRAVAUX  DE  LA  SOaÉTÊ  DE  TOARMAOE 

DE  PARIS  ; 


Rédigé  par  M.  Hxm&t  ,  secrétaire  général ,  et  par  une 

issioH  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL 

De  la  séance  du  i5  février. 

Le  secrétaire  génôvû  donne  connaissance  de  la  corres- 
pondance et  des  journaux  nationaux  et  étrangers. 

M.  Yauqueliu  adresse  à  la  Société  une  note  de  M.  Pe- 
retd  y  pharmacien  à  Rome ,  et  exprime  le  désir  que  M.  Pe- 
retti  soit  noinmé  membre  correspondant* 

M.  Bonisse  fils  adresse  un  travail  sur  Toxide  de  manga* 
nise  noiif. 

M.  Bondet  oncle ,  commissaire  près  l'Académie  royale 
des  sciences ,  rend  le  compte  suivant  : 

M.  Ramond  présenté  Tétat  de  la  végétation  au  sommet 
des  Pyrénées.  U  en  résulte  qu'entre  la  végétation' alpine 
et  la  végétation  polaire  il  y  a  bien  quelque  analogie ,  mais 
non  identité  parfaite. 

M.  Ramond  a  monté  trente»cînq  fois  sur  le  pic  du 
Midi ,  élevé  de  quinze  cents  toises  au-dessus  du  niveau 
de  la  mer  ,  et  qui  n'est  guère  accessible  que  pendant  trois 
mois  de  Tannée  ;  il  y  a  trouvé  cent  trente  espèces  de  végé- 
taux cryptogames  ou  phanérogames  qui  se  conservent  sous 
XII'.  Aimée.  —  Mars  i8aU.  x  i 


l5o    '         BULLETIN  DES  TRAVAUX 

In  neige  et  qui  se  rapportent  aux  mëmea  genres  que   les 
espèces  recueillies  près  du  p6le. 

Il  a  remarqué  qu^l  mesure  qu'on  dcicend  de  la  mon- 
tagne ,  la  yé]g;étation  éprouve  des  modifications  ,  et  qa*on 
rencontre  même  certains  végëtauii  qui  appartiennent  wacx 
latitudes  chaudes. 

M.  Geoffroy  Saint-Hilaire  fait  connaître  un  nouveau 
genre  de  monstruosité  qu^il  nomme  hjpognate* 

Un  de  ces  monstres  ^  que  M.  Geoffroy  Saint-Hiliire  a 
observé  pendant  les  sept  mois  qu  on  a  pu  prolonger  son 
existence ,  portait  attachée  i  sa  mâchoire  inférieure  Mie 
mâchoire  surnuméraire  garnie  de  dents  incisives  et  de  dents 
molaires.  L'animal  se  servait  de  cette  mâchoire  ainsi  armée 
pour  se  peigner  le  poil. 

M.  Geoffroy  Saiiit-Hilliire  ,  d'après  Texamen  qu'il  a  Hiit 
lui-même  des  momies  d'Egypte  pour  deviner  la  mnoicre 
employée  pour  les  préparer,  confirme  l'idée  que  le  docteur 
Granvillé  a  conçue  des  procédés  dont  se  servaient  les  an- 
ciens Égyptiens  pour  embaumer  les  cadavres. 

M.  Hu^rd  fait  approuver  un  mémoire  de  M.  Girard , 
.sur  les  hernies  inguinales  du  cheval. 

M.  Âudouard  ,  dans  un  nouveau  mémoire  sur  la  cause 
de  la  fièvre  jaune ,  fortifie  par  de  nouvelles  preuves  Topi- 
niob  qu'il  a  émise  que  cette  maladie  doit  être  attribuée  k 
l'infection  des  vaisseaux  négriers. 

M.  Civiale  commence  la  lecture  d'un  mémoire  dans 
lequel  il  doit  passer  en  revue  les  différentes  méthodes  eni^ 
ployées  pour  briser  la'pierre  dans  la  vessie. 

Des  commissaires  sont  nommés  pour  examiner  Ic's  avan- 
tages que  procurerait  Femploi  du  chlorure  de  chaux  pour 
désinfecter  les  objets  imprégnés  des  miasmes  tant  de  la 
peste  que  de  la  fièvre  jaune. 

M.  Geoffroy  Saint-Hilaire  présente  «  VAoadémie ,  de  la 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHAflMACIE.  IDI 

part  de  M.  Caillaud  ,  un  crocodile  momie  de  sept  p^ds 
un  ponce  de  longueur  très-bien  conserré. 

Il  annonce  que  M.  de  Lafayette  a  fait  présent^  au  Mu- 
séum dliistoire  naturelle ,  d'un  de  ces  ours  de  rAmërique 
du  nord ,  que  les  voyageurs  nous  ont  représentas  comme 
très-forts  et  très-féroces. 

Cet  ours  est  jeune  et  se  montre  doux  et  caressant. 

Les  fabricans  de  verre  avaient  sollicité  la  suppression 
d'un  impdt  sur  le  sulfate  de  soude ,  imp6t  qui  les  mettait 
hors  d^état  de  soutenir  la  concurrence  avec  les  fabriques 
étrangères.  Le  gouvernement ,  avant  de  prendre  une  dé- 
cision à  cet  égard ,  avait  adressé  à  FAcadémie  les  questions 
suivantes  : 

•  i^.  Est-il  possible  de  transformer ,  au  moyen  de  procé- 
dés chimiques  ,  le  sulfate  de  soude  en  sel  marin  ? 

1^.  Celte  transformation  serait-elle  avantageuse  à  ceux 
qni  voudraient  en  faire  un  objet  de  spéculation  fraudu- 
lease? 

M.  Thenard  ,  au  nom  d'une  commission  t  répond  â  la 
première  question  qu'il  est  possible.de  convertir ,  à  l'aide 
du  muriate  de  chaux  ,  le  sulfate  de  soude  en  sel  marin  ,  et 
à  la  seconde  qi^stion,  que  cette  conversion  ne  serait  d'au- 
cun avantage  pour  celui  qui  l'entreprendrait. 

n  dit  enstribe  que  la  commission  désire  voir  le  gouver- 
nement autoriser  la  vente  libre  du  sulfate  de  soude ,  l'im- 
pûi  sur  celte  substance  compromettant  les  intérêts  de  notre 
industrie. 

M.  Datrochet  lit  un  mémoire  dans  lequel  il  attribue  la 
tendance  qui  porte  la  radicule  du  gui  vers  les  corps  solides 
qui  l'avoisinent  au  besoin  qu'elle  a  de  fuir  la  lumière. 

La  Société  reprend  la  suite  de  ses  travaux. 

M.  Bussy,  au  nom  de  la  commission  des  prix ,  fait  le  rap- 
port dont  les  conclusions  sont  adoptées ,  savoir  : 


II.' 


l5i  BULLETIN    DES    TRiVÀÙ* 

I*.  Qu*il  convient  de  retirer  du  concours  les  questions 
proposées  en  i8ri3  ; 

a*.  Que  la  commission  propose  les  questions  suivantes 
(uoyez  Journal  de  Pharmacie  i8a6,  tom.  XII.  Bulletin 
des  travaux  de  la  Société ,  page  112.) 

M.  Moutillard  fait  un  rapport  sur  les  observations  phar- 
maceutiques et  les  formules  de  M.  Petit ,  de  Corbeil. 

Le  secrétaire  est  invité  à  écrire  à  M.  Petit. 

M.  Hottot  fait  9  au  nom  d^une  commission  ,  un  rapport 
sur  une  formule  d^emplàtre  épispnstii^ue  proposée  par 
M.  Limouzin  Lamotte.  Cette  recette  consiste  dans  remploi 
des  cantharides  vermoulues  ;  Tauteur  prétend  que  dans  cet 
état  les  insectes  vésicans  n'ont  rien  perdu  de  leurs  vertus  , 
et  que  leur  extrême  division  les  rend  très* propres  à  at- 
teindre le  but  désiré. 

M.  Planche  assure  que  Tétat  de  la  peau  influe  besiucoup 
sur  l'action  des  vésicatoires  ;  car  il  en  a  vu  souvent  de  par- 
faitement préparés  ne  point  produire  d'effet  sur  certaines 
personnes  et  bien  agir  sur  d'autres. 

M.  Robiquet  fait  observer  que  cette  manière  de  voir 
pourrait  bien  n'être  pas  très-exacte /puisqu'il  est  è  sa  con- 
naissance que  des  cantharides  vermoulues  n'ont  pas  i  beau- 
coup près  fourni ,  par  Tanalyse,  une  quantité  de  principe 
vésicant  égale  à  celle  que  donnent  les  cantharides  entières. 

M.  Publanc  rapporte ,  à  l'appui  de  ce  fait , qu'ayant  dans 
un  cas  d'urgence  employé  pour  confectionner  la  pite  épi- 
spastique  des  canlharide& qu'il  n'avait  point  fait  pulvériser  j 
lui-même ,  les  vésicatoires  qui  ont  été  confectionnés  avec 
cette  prc|)aratîon  ont  été  sans  effet. 

M.  BouIIay  pense  que  dans  le  cas  observé  par  M.  Robi- 
quet les  caniharides  avaient  sans  doute  été  altérées  pa r 
quelque  addition  frauduleuse. 

M.  Robiquet  répond  que  cette  idée  n'eût  été  admissible 


DE    L^    SOCIETE    DE    BIIARMA^ÇIE.  l53 

([tiedaiis  le  €<i8  àà  les  c^antliarUleft  en  quesiîoa  n*^uraieiit 
pas  offert  dans  la  même  proportion  que  les  cantbaridea 
entières  ,  les  différent  principes  quVn  obtient  par  Tanalyse 
de  ces  insectes  ^  mais  quSelles  opt  foumi  tujie  quantité 
dlinile  tout  aossi  considérable. 

M.  Godefroy  demande  s'il  ne  sérail  p45  poâtible  que  des 
cautharides  ^  traitées  poui;  en  obtenir  Uextrait ,  soient  re- 
inisçs  dans  le  commerce  par  des  i^idividus  peu  délicats. 

M.  Robiquet  repousse  cette  i4é^. 

M.  Pelletier  fait  observée  que  les  cantharides  ancienne- 
ment pulvérisées  ont  beaucoup  perdu  de  leur  vertu  :  or 
commç  le^  rantbari^^s  verqfiouluea  sont  toujours  des  can- 
tharides anciennes  «  il  est  infiniment  probable  qu'elles  doir 
vent  être  de  mauvaise  qualité. 

Aï.  Yirej  fait  reiçarquer  que  si  Toii  aidait  déterminé 
quelles  parties  rongent  d'abord  les  ptines  e^dermest^s.qu^ 
détruisent  les  cantbarides,  et  que  si  ces  parties  étaient  celles 
intérieases,  il  faudrait  en  cenelure  que  c'est  priaeipalemenC 
d«Ds  ces  parties  et  non  dans  les.pi^nes  durs  que  réside  la 
plus  grande  proportion  de  matière  active. 

91/  Guibourt  ayant  yu  que  les  imites  se  développaient 
^anslcs  cantharides  avec  une  extrême  rapidité  ,  a  prévenu 
cet  inconvénient  au  moyeii,  d'un  morceau  de  camphre  ren- 
fermé avec  ces  insectes.* 

La  discussion  ét^nt  lecminée  ^]a,  Société  arcéte.quQ  le 
rapport  sera  renvoyé  aux  commissaires  avec  invitation  d^ 
faire  de  nouveaux  essais  pour  qcl^irer  cc.ttç  intéressante 
gestion. 

M.  le  secrétaire  donne  leçturia  d'ofi  ;  rappprt  d^  IVJIM* 
Bouriat  et  Bajet ,  sur  un  pi^oqédé  proposé  par  M.  Qécard  , 
pourconfectioi^ner  ronguent.m^rcurieL  . 

Les  rapporteurs  concluent  à  ce  que  le  procédé  soit  dé- 
claré défectueux. 

M*  Boissenot  donne  lecture  d'un  mémoire  sur  une  ma- 


s 


l54        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

tîèro  solide  cristallisée  qui  se  forme  dans  l'essence  de  téré- 
bentliine  exposée  au  contact  de  Tair. 

M*  Planche  croit  devoir  rappeler  un  mémoire  de  Moret- 
ii ,  dans  lequel  il  fait  mention  d'un  acide  acétique  analogue 
à  Tacide  succinique ,  lequel  aurait  été  produit  dans  Thuilé 
volatile  de  térébenthine. 

M.  Virey ,  dans  un  rapport  sur  les  expériences  chœlotà^ 
nuques ^  etc. ,  de  M.  Brossât,  pense  que  ce  travail  n*esl 
pas  de  nature  à  occuper  la  Société. 

M.  Robiquet  présente  M.  Tilloy  ,  pharmacien  i  Dijon , 
comme  membre  correspondant  de  la  Société. 

M.  Bonllay  remet ,  au  nom  de  M.  Wahard ,  pharmacien 
St  Charlevillè  ,  un  travail  sur  un  phosphate  de  fer  natif.  — - 
Renvoyé  à  une  commission. 

M.  Lebréton ,  pharmacien  à  Angers,  est  nommé  membre 
correspondant. 

ANALYSE  CHIMIQUE 

'  De  la  racine  de  Styone  et  observations  sur  la  racine 

JtArum  ; 

Par  M.  J.  Duloug  ,  pharmacien  à  Asufort. 

n  est  certains  végétaux  ou  certaines  parties  des  végétaux 
qui ,  par  leur  action  particulière  sur  Véconomie  animale  , 
méritent  une  attention  spéciale  de  la  part  du  chimiste  , 
surtout  lorsque  ces  végétaux  jouissent  de  propriétés  véné^ 
neuses  bien  caractérisées.  La  connaissance  de  leurs  prin- 
cipes constituans ,  et  surtout  Tétude  des  caractères  du  prin*- 
cipe  particulier  qui  leur  communique  ces  propriétés, 
peuvent  conduire  à  trouver  des  moyens  de  s^opposerA  leur 
action  pernicieuse  et  délétère  :  c'est  ainsi  ,  par  exemple  , 
qu'en  étudiant  les  caractères  .de  Témëtine ,  MM.  Pelletier 


DR    Là    SOCiÊTfi    DE    NIARIKUCIE.  t5l5 

etMagfindîe  ont  reconnu  qoe  la  décociion  de  noix  de  galles 
jitraljse  ses  eflets*  Outre  cette  considération  qui ,  la  pre^ 
uièfe,  doit  guider  Tobsenrateur ,  ii  en  est  encore  une 
antre  qui  doit  exciter  son  intérêt  ;  ji?  veux  parler  de  Yoh-^ 
senatioD  des  caractères  du  priucipe  actif  de  ces  végétaux* 
auquel  il  est  porté  a  en  soupçonner  de  particuliers,  d'aprè* 
les  remarques  faites  jusqu'ici  sur  de  pareils  principes.  Cest 
aiusi  que  l'opium ,  Tipécacuanha ,  la  noix  vomique ,  etc. , 
doivent  leurs  propriétés  actives  à  des  corps  qui  jouissent 
cbacun  de  caractères  qui  leur  sont  propres.  Ce  sont  ces 
diverses  considérations  qui  m*ont  engagé  &  entreprendre 
Fanalyse  de  la  racine  d'arum  et  de  celle  de  bryone  qui ,  du 
moins  à  ma  connaissance ,  n'ont  point  encore  été  analy* 
sées(i).  Cette  dernière  racine  m'offrait  encore  nn  autre 
genre  d'intérêt  dans  la  comparaison  que  je  devais  être  k 
même  de  faire  de  son  principe  actif  avec  celui  de  la  colo- 
quinte y  de  la  même  famille  que  la  brjone ,  sur  lequel 
M.  Vauquelin  a  publié  une  note  dans  le  Journal  de  Phar* 
macie  (août  1824)9  et  auquel  il  a  reconnu  des  propriétés 
particulières.  Il  est  vrai  que  je  ne  devais  pas  m'attendre  à 
trouver  une  parfaite  identité  entre  ces  deux  principes , 
d'abord  à  cause  de  la  différence  de  genre,  et  surtout  à 
cause  de  la  différence  des  organes  qui  l(*s  renferment ,  dif- 
férence qtii  entraîne  généralement ,  ep  tout  ou  en  partie  , 


(ff)  Ea  Unat  le  mémoire  <]«  M*.  Duloag ,  on  pourra  te  conTaiocre 
^M  n*«vait  iMiUcsaeBt  connaiitance  des  travaui  3«  MM.  Vauquttio  , 
Bradca « F«inihabar,  ^r  le  même  sujet;  mais  ils  se  troufent  daos  d^è 
omn^ges  jimi  répandus ,  et  quUt  est  surtout  difficile  de  se  procurer  en 
prorince  ;  M.  Dulong  e&t  dune  très-cxcutalUe  d'avoir  ignoré  la  publica- 
tion de  ces  divers  mémoires.  Au  reste  ,  le  travail  de  notre  confrère  est 
tout  différent  de  ceux  cites  plus  Laut ,  el  nous  a  paru  beaucoup  plus 
complet.  Kous  pourrons  ,  a  Taide  de  quelques  notes  ,  rapporter  ce  qui  a 
iié  fait  s«r  la  bryone  par  les  autres  cbiflli^tes  ,  alin  de  prouver  que  les 
obaervatioBsde  M.  Duiond^raéfitoot  û'àtxe  Jucs  avec  atUnlion- 


l5i5  BULLETIN    DES    TRAVAUX        T 

celle  des  propriétés ,  ainsi  que  Va  si  bien  démontre  notre 
savant  botaniste  Decandolle ,  dans  son  important  Essai  sur 
les  propriétés  médicales  des  plantes^  dont  j'ai  déjà  eu  occa- 
sion de  parler  à  propos  de  Tanalysc  du  poivre  long* 

De  la  racine  d'arum  (arum  maeulatum  Lm.  famille  des 

aroïdées  de  Jvssieu  ). 

La  racine  du  gouet  maculé  ,  vulgairement  connu  sous  le 
nom  de  Gouet  ou  éePied-de^f^eau^  m'a  paru  mériter,  à  cause 
de  son  excessive  àcreté  et  de  ses  propriétés  vénéneuses,  un 
examen  particulier.  Il  devait  être  intéressant  d'examiner  la 
nature  de  son  principe  actif,  surtout,  d'après  ce  que  dit 
Murray  (^pparatus  med.  y  vol.  5  ,  pag,  44 )f  ^^^  1^  ^uc  de 
cette  racine ,  auquel  il  attribue  la  propriété  de  verdir  le 
sirop  de  violette  et  d'être  coagulé  par  les  acides  ;  mais  je 
dois  dire  d'avance  que  l'extrême  fugacité  connue  de  son 
principe  vénéneux  me  faisait  craindre  l'impossibilité  de 
l'obtenir. 

P6ur  tâcher  d'y  parvenir ,  j'ai  d'abord  clierclié  à  extraire 
le  suc  de  cette  racine  ;  j'en  ai  donc  recueilli  nne  assez 
grande  quantité.  Son  odeur  était  peu  caractérisée  :  sa  saveur 
excessivement  acre  était  toute  particulière  :  un  très-petit 
fragment  de  cette  racine  produisait  sur  la  langue  un  effet 
assez  analogue  à  celui  de  la  piqûre  de  plusieurs  aiguilles  , 
et  qui  ne  se  faisait  sentir  que  lorsque  la  langue  était  frois* 
sée  contre  les  parois  de  la  bouche,  auti*ement  on  n'y  éprou- 
vait qu'un  peu  de  chaleur.  J*avais  déjà  fait  la  même  re- 
marque avec  le  spadix  qui  supporte  les  fleurs  du  gouet. 
Tai  pilé  ces  racines  dans  un  mortier  de  marbre  ,  et  je  les 
ai  soumises  à  l'action  de  la  presse  :  il  en  est  découlé  un  suc 
blanchâtre ,  très-épais ,  semblable  par  son  aspect  à  une 
grande  quantité  d'amidon  délayé  dans  une  petite  quantité 
d'eau.  Mais ,  chose  remarquable ,  ce  suc  n'avait  point  ou 
presque  point  d'àcreté.  Surpris  avec  raison  de  ce  change- 


DE  Xk    SOCIÉTÉ    PE    PHARMACIE.  iB'] 

ment ,  mais  considérant  la  grande  volatilité  déjà  connue 
do  principe  acre  de  cette  racine  ^  j*ai  bientôt  pensé  que  la 
faible  chaleur  dégagée  pendant  les  opérntions  anxquellrs 
)e  Tenais  de  la  soumettre  avait  suffi  pour  le  volatiliser.  Da 
Teste  ,  ce  suc  ne  jouissait  nullement ,  comme  Ta  avancé 
Muiray,  de  la  propriété  de  verdir  le  sirop  de  yiolette  ,  ni 
d^étre  coagulé  par  les  acides.  Il  rougissait  légèrement  le 
papier  de  tournesol. 

J'ai  répété  ces  expériences  plusieurs  fois ,  et  j'ai  toujours 
obtenu  les  mêmes  résultats. 

n  est  inutile  de  dire  que  le  marc  de  la  racine  pilée ,  sou- 
mis à  TébulIitioD  dans  l'eau  y  na  communiqué  à  ce  liquide 
aucune  âcreté. 

Ces  observations  m^ont  détourné  de  cbcrcber  à  isoler  , 
par  d^autres  moyens ,  le  principe  actif  de  la  racine  d^arum, 
pensant  bien  que  ce  serait  chose  impossible. 

Quant  â  hi  fécule  amylacée  que  le  suc  a  laissé  déposer  en 
grande  quantité ,  elle  ne  présentait  non  plus  aucune  ou 
presque  aucune  âcreté  ,  même  avant  d*avoir  été  lavée  ,  ce 
qui  était  facile  à  prévoir  d'après,  les  propriétés  du  suc  lui- 
même.  Elle  offrait  Tappareuce  extérieure  de  la  fécule  des 
céréales ,  et  ses  principales  propriétés  chimiques  ,  celle  de 
former  une  gelée  ou  empois  avec  Teau ,  et  d'être  précipitée 
en  bleu  par  la  teinture  d'iode.  Son  extrême  abondance  et 
lafadlité  avec  laquelle  on  la  sépare  du  principe  acre  et  véné- 
neux devrait  rendre ,  comme  on  Ta  déjà  fait  remarquer,  la 
racine  qui  la  produit  précieuse  dans  les  temps  de  disette  ; 
jointe  à  cela  la  facile  propagation  de  la  plante  dans  les  lieux 
les  plus  incultes. 


l58        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

De  la  racine  de  Bryone  (  i  )• 

La  bryone  dont  j'ai  sonmis  hi  racine  &  l'analyae  cki* 
mîqae  est  la  bryone  commune ,  vulgairement  désignée 
le  nom  de  Cooleuvrée  (  5ryomVi  alba^  Lin.;  Biyi 
dioica ,  Jacq.  )  ,  platite  de  la  iamille  des  evcurbîtaoées  , 
fënéralement  très-commone  en  France  ^  où  eHe  cndc 
ordinairement  dans  les  haies.  Il  serait  'hors  de  propos  ém 
décrire  ici  %ette  plante ,  qui  d'ailleurs  est  tràs*coniiiie«  lo 
décrirai  seulement  sa  racine. 

Cette  racine  est  assez  remarquable  par  sa  grosseur ,  com- 
parée à  celle  des  faibles  tiges  qu'elle  supporte  :  elle  a  sou- 
vent de  trois  k  quatre  pouces  de  diamètre  à  sa  partie  supé- 
rieure ,  et  elle  est  longue  de  plus  d'un  pied  ,  conique  et 
ordinairement  bifurquée.  Sa  consistance  est  charnue  ^  sa 
couleur  jaune  grisâtre  à  Textérieur ,  où  elle  présente  une 
aérie  de  lignes  circulaires  rapprochées  Tune  de  l'autre  et 
blatach&tre  à  Tintérieur.  Elle  offre  dans  sa  coupe  transver- 
sale des  zones  concentriques  et  des  rayons  qui  vont  da 
eentre  a  la  circonférence ,  a  peu  près  comme  on  Tobservc 
sto^  la  trafnche  horizontale  du  tronc  d'un  arbre  dicotylé- 
donè.  Son  odeur  est  désagréable  ainsi  que  sa  saveur  qui 
est  très-amère.  Cette  racine  est  douée ,  comme  Ton  sait , 
d'une  propriété  drastique  et  même  vénéneuse ,  qu'elle  ne 
pelrd  point  par  la  dessiccation ,  ainsi  que  le  prouvent  plur 
sieurs  expériences  de  M.  Orfila  (  Toxicologie  générale  , 
tome  a  ).  Cependant  elle  pourrait ,  comme  la  racine  d'aroçi, 
servir  d*aliment  par  la  grande  quantité  d'amidon  qu'elle 
contient ,  et  que  l'on  peut ,  par  des  lavages  répétés  ou  par 
la  torréfaction ,  priver  du  principe  vénéneux. 

Après  avoir  été'dépouillée  de  sa  partie  extérieure  et  su- 
|>erficielle ,  cette  racine  a  été  râpée  et  la  pulpe  soumise  a 


(i;  Atialysce  par  Hrandcf ,  Feimbaber,  M.  Vauquclin ,  Collin. 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHAUftlAClE.  1^9 

r#ction  de  la  presse.  Il  en  est  ddcoalé  un  snc  troubh^ , 
blanchâtre  ,  d^une  sarenr  tr^amère  comme  celle  de  U  ne 
cme ,  sans  action  sensible  sur  le  papier  de  tournesol.  Il  a 
été  versé  dans  nn  flacon  boncfaë  et  ^acé  ainsi  dans  un  en- 
droit frais  ,  après  aroir  été  étendu  d^ùne  certaine  quantité 
dVaa  avec  laquelle  on  atait  taré  le  marc ,  et  que  Ton  en 
âraît  séparé  par  I^xpression.  Cette  liqueur  a  été  ainsi 
abandonnée  à  elle-même,  pendant  douse  heures  enyiron , 
pour  que  la  fécule  s'en  déposât.  Au  bout  de  ce  temps  ells 
a  été  décantée  et  filtrée  ;  mais  après  cette  opération  elle 
était  aussi  trouble  qu'auparavant. 

La  fécule  était  assez  abondante  et  parfaitement  blanche^ 
mais  d'une  saveur  amère  qu'elle  a  facilement  perdue  après 
plusieurs  lavages.  Du  reste  ,  etli*  ressemblait  par  ses  carac- 
tères extérieurs  k  la  fécule  d'arum  et  des  céréales ,  et  elle 
étaft  précipitée  en  bien  par  l'iode  comme  l'amidon» 

Une  portion  du  suc  filtré  a  été  mise  â  part ,  et  on  y  à 
versé  un  excès  d'ammoniaque.  Il  s'en  est  bientôt  séparé  une 
petite  qi^antité  de  matière  blanchâtre  sous  forme  flocon- 
neuse ,  et  la  Kqueur  alors  est  devenue  parfaitement  claire. 
Cette  matière ,  recueillie  sur  un  filtre  et  séchée  â  une  douce 
chaleur ,  a  été  traitée  â  chaud  par  de  l'alcohol  qui  s'est  c<^• 
loré  en  vert  pâle.  Cet  alcohol ,  évaporé  â  une  douce  cha- 
leur, a  laissé  une  petite  quantité  d'une  matière  Terte,  solide, 
d'une  odeur  un  peu  désagréable  ^  â  peu  près  semblable  à 
cette  de  la  graisse  rance,  se  liquéfiant  par  l'action  de  la 
chaleur,  tacbant  le  papier  et  brûlant  â  la  manière  des  corps 
gras,  saponifiable  par  la  potasse,  soluble  dans  Tes  huiles 
fixes,  les  huiles  essentielles.C'était  donc  une  matière  grasse, 
%ine  bnile  fixe  concrète.  La  portion  de  la  matière  de  laquelle 
Talcohol  avait  séparé  cette  huile  a  été  traitée  ,  à  l'aide  di^ 
Tébullition  ,  par  l'eau  qui  en  a  séparé  de  la  gomme  et  ik* 
l'amidon*  Le  reste  était  itis<rfuble  dans  l'eau ,  l'alcohol  , 
l'éiher ,  les  acides  ,  et  brûlait  à  la  manière  des  substances 
végétales  :  c'était  évidemment  du  Ugneuxv 


l6o  BULLETIN    DT.S    TRAVAUX 

L'autre  portion  du  suc  a  été  soumise  à  Tévaporatton  aïs 
bain-marîe.  Dès  la  première  impression  de  la  rhalear  il 
s'en  est  séparé  une  matière  qui  nageait  à  la  surface  du  li- 
quide ,  à  la  manière  de  Talbumine  coagulée ,  et  le  suc  esC 
devenu  clair.  Quelques  inslans  après  on  Ta  filtré  pour  en 
séparer  cette  matière,  et  on  Ta  remis  ensuite  sur  le  feu  , 
toujours  au  bain-marie ,  pour  le  faire  évaporer  entière- 
ment. Il  a  laissé  une  matière  jaune-roussàtre,  un  peu  vis- 
queuse ,  d'une  saveur  très<-amère. 

Quant  à  la  matière  restée  sur  le  filtre ,  elle  était  inso- 
luble dans  Peau  ,  dans  T^dcohol ,  so)uble  en  partie  dans  la 
potasse*  La  dissolution  trouble,  étendue  d'eau ,  précipitait 
en  flocons  par  l'acide  nitrique ,  par  Tinfusion.  de  noix  de 
galle.  Décomposée  dans  un  tube  de  verre ,  après  ayoii:  été 
lavée  ,  elle  ramenait  facilement  au  bleu  le  papier  de  tour- 
nesol rougi  ;  en  un  mot  elle  possé4ait  tQutes  les  propriér 
tés  de  Talbumine* 

La  matière  eztractiye  provenant  de  Tévaporation  du»  suc 
a  été  traitée  à  chaud ,  par  de  Talcohol ,  jusqu  i  ce  qujl  ne 
dissolvit  plus  rien.  Il  a  lai3sé  une  assfiz  grande  quaptit^ 
de  matière  à  dissoudre  ^  qui  a  été  mise  part  pour  èipe  exa- 
minée. Cet  alcohol ,  qui  s'était  cploré  en  jauncrrougeàire , 
a  été  soumis  a  Tévaporatioii  au  bain^marie.  Ilest  resté,  après 
cette  opération ,  une  matière  roussàtre ,  visqueuse ,  d^cune 
saveur  très*amère::  elle  était  assez  abondante.  Cette,  ma- 
tière ,  traitée  par  Tean  ,  s'y  est  dissoute,  facilement  ^  mais 
sa  dissolution  paraissait  trouble  ;  et ,  al^audonnée  à  elle- 
même,  elle  a  laissé  déposer ,  au  bout  de  quelque  teinps , 
une  substance  qui  s'est  redisspute  très-aisément  dans  l'al- 
cohoU  Pour  l'isoler ,  j^ai  fait  dissoudre  toute  la  matière 
amère  dans  l'eau  et  j'ai  filtré  i  il  est  resté  spr  le  filtre 
uhu  très-petite  quantité  de  cette  .substance  dont  je  vieii^  de 
parler,  et  à  laquelle  j'ai  reconuu  toutes  Ie4  propriétés 
d  une  résine. 

L'étber  sulfarique  que  j'avais  mis  en  contact  avec   la 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  l6l 


ornière,  amère,  pendant  assez  loog-temps,  n«n  avait  dis- 
HHis  qu'un  peu  de  cette  résine. 

La  dissolution  aqueuse  de  la  maiiire  amère,  évaporée 
3a  bain-Diarie ,  a  laissé  une  substance  douée  de  propriétés 
particulières  que  ]e  décrirai  plus  bas. 

La  portion  de  matière  extractive  provenant  de  Tévapo- 
radon  du  suc,  que  Talcohol  n'avait  pas  attaquée ,  a  été  trai- 
tée, k  r^ide^le  la  chaleur,  par  une  stiffîsante  quantité 
d*ean ,  qui  s^est  légèrement  colorée ,  et  n'en  a  dissous  qu  un 
peu  de  gomme  et  d'amidon.  La  plus  grande  partie ,  que 
Veau  n'arvaît  pas  attaquée,  se  présentait  sous  la  forme 
d^Que  poudre  grenue  et  blanche  :  elle  se  dissolvait,  sans 
eServescenc» ,  dans  l'eau  «igtiiftée  de  quelques  gouttes  d'a« 
cide  nitrique  ;  cliauffée  au  chalumeau ,  elle  laissait  un  rér 
sidu  blanc,  que  l'acide  nitrique  dissolvait  avec  efferves- 
cence; Foxalate  d'ammoniaque  indiquait  dans  la  dissolu- 
tion la  présence  de  la  chaux  :  c'était  évidemment  un  sd 
végétal  à  base  de  chaux.  Pour  parvenir  i  reconnaître  la 
Ditare  de  l'aeide  auquel  elle  était  unie ,  j'ai  décomposé 
cette  poudre  grenue ,  en  la  faisant  bouillir  pendant  assex 
long-temps  dans  une  dissolution  de  carbonate  de  potasse  ; 
j'ai  versé  dans  la  liqueur  résultant  de  cette  décomposition 
un  excès  d'acétate  neutre  de  plomb.  Le  précipité  qui  s'y 
esc  formé ,  recueilli  et  lavé  avec  soin  ,  a  été  délayé  dans 
une  snffisante  quantité  d'eau  ,  et  soumis  à  l'action  d'hydro- 
gène sulfuré'  La  liqoeur ,  après  cette  opération ,  filtrée  et 
évaporée  jusqu'en  consistance  sirupeuse,  n'a  point  cris^ 
lallisé  ;  enfin  ,  entièrement  évaporée ,  elle  a  laissé  un  ré- 
sidu presque  sans  couleur,,  attirant  l'humidité  de  l'air, 
d'une  saveur  très-acide ,  analogue  à  celle  des  acides  citrin 
que ,  tartrique ,  brûlant  à  la  nuinière  des  substances  véé- 
gétales  ,  se  dissolvant  très-facilement  dans  l'eau  ,  donnant 
avec  Tacétiite  de  plomb  un  précipité  blanchâtre  soluble 
dans  l'acide  acétiqtie ,  ne  précipitant  pas  les  sels  de  chaux, 
même  après  avoir  été  saturé  par  les  aloalis  \  ne  formant 


l6î2  BULLETIN    DES    TRAVAUX        l       1. 

point,  cnftiy <le  sursel  peu  soLablearec  la  potasse,' comme 
Tacide  tartrique,  oxalique,  toits  caractères  assignés  par 
M.  Vanquelin  k  Taoîde  maliqne. 

D  après  son  insolubilité  dîms  Teau ,  lé  sél  dmquel  j 'a vais 
séparé  cet  acide  devait  être  du  sous-malate  de  chaux* 

Comme  Feau  avec  laquelle  jWais  mis  en  contact ,  comme 
-on  l*a  Ttt  plus  haut ,  la  porûicm  de  matière  extractive  in- 
solnblc  dans  TalcoJW  >  rougissait  l^èi«ment  lé  papier, de 
tournesol ,  j^ai  versé  un  excès  d^aoéute  neutre  de  plomb, 
pour  tâcher  d'en  séparer  Tacide  auquel  elle  devait  cette 
propriété  :  il  s'y  est  formé  un  précipité  abondant ,  qui  a 
M  recueilli ,  lavé  avec  soin ,  ''et  délayé  dans  une  suffisante 
quantité  d'eau  5  i  travers  laqudle  on  a- fait  passer  uu  cou- 
rant d'hydrogène  sailfuré.  La  Uqueur  filtrée  et  évaporée 
jusqu'à  sîeeité  i  à  une  très*do0cc  dialeiir ,  a  laissé  un  ré- 
-sidu  coloré  très  «acide,  i{ui  m'a  présenté  tous  les  ca<* 
Taclères  assignés  oi-dessus  à  l'acide  lùalSqne.  Il  est  présâ- 
md[)lequecet  acide  provenait  d'une  petite  quantité  demat- 
late  acide  de  chaux  ou  de  potasse ,  mêlé  au  sous-malate  de 
chaux:;  .ear  on  ne  peut  poiotsupposer,  dans  la  même  liquenr, 
l'eBistence  du  soas-«malate  de  chaux  et  de  l'acide  malique  li- 
bre» On  a  TU,  d'ailleurs,  que  le  suc  delà  racine  ne  rougissait 
point  le  papier  de  toumescd ,  et  le  xnalate  acide  pouvait  y 
exister  sans  agir  d'une  manière  sensible  sur  ce  papier  réac- 
tif, à  cause  de  sa  petite  quantité  ;  dans  ce  cas ,  le  sous-ma» 
'laie  aurait  été  tenu  en  dissolution  dans  le  suc^  à  la  faveur 
des  autres  principes* 

On  a  vu ,  plus  haut,  qu'cme  portion  de  suc  avait  été  pré- 
cipitée par  l'ammoniaque.  La  liqueur, après  avoir  été  fil- 
trée ,  a  laissé  déposer,  au  botu  de,  vingt«-quatre  heures ,  sur 
4es  parois  du  vase  qui  la  contenait,  uile  petite  quantité 
d'une  matière  grenue ,  cristalline ,  tritti^parenle  et  sans  cou- 
leur ,  qui ,  9ue  a  la  loupe ,  préseutait.une  foule  de  trèa-pe- 
tita  cristaux  de  diverses  formes ,  qu  il -était  assez  difficile  de 
déterminer,  acattse.de  Lear  peiûesse,  mais  p^rw  lesquels 


BB    LA  SOCIÉTÉ   DE     PBAUMACIE.  l63 

)m  ai  faieft  dialiiigoé  phuicur&à  bMe  parallélognuBOBiiqae* 
Cm  criâiftttx  âe  aoni  dissous  •▼«€  efferveseenee  duns  Tacide 
iucrk{ae,  et  Tosakle  d'ammoniaque  a  d^ontré  dans  la 
dissoltiiBOia  la  présence  de  la  cliaax  \  c'était  do«c  d«  car-* 
booaie de  duniz  (i).  La  liqueur  d'oùs'éiaitprécipiléeesel 
ayant  été  soumise  à  TactioB  de  la  chalear  f  A  i*en  est  sé- 
paré une  grande  quantité  d'albumine.  Cette  obsenratioa 
proufe  que  Talbumine  végétale  n  est  pas  précipitée  pas 
lammoniaqiie  pas  plus  que  TalbuBiine  animale  ^  ee  qu  au 
reste  m'avait  démontré  l'examen  du  précipité  formé  par  ce 
réactif  dans  le  suc  de  la  racine* 

Lorsque  je  fis  cette  analyse^  je  ne  savais  point  qu'on  eik 
encore  obsf^nré  le  carbonate  de  cJmux  toni  formé  dans  les 
végétaux^  aussi ,  j'avoue  que  son  existence  dans  la  racine 
de  bryooe  me  frappa.  J'ai  vu  depuis  9  en  relisant  l'analyse 
de  l'écofce  du  solanum  pseudo^^foirui ,  par  M«  Yauqqelia^ 
insérée  dans  Je  N^.  de  février  iSsS ,  du  Journal  dç  Fhar* 
madCf  que  oei  babile  chimiste  avait  trouvé  ce  carbonate 
dans  cette  écorce  pour  \^  première  fois ,  et  qu'il  l'avait  fait 
remarquer.  Son  existence  dans  les  végétaux  se  irottve  dpi 
bien  constatée  pour  la  seconde  fois.  On  sait  que  M.  ¥««► 
quelin  l'a  retrouvé  depuis  dans-l'ésovoe  désignée  sous  le 
nom  de  quina  bicolore. 

Désirait  savoir  si  la  racine  de- bryone  ne  contiendrait 


(1)  LVxistence  do  carbonate  de  chaux  dans  cette  racine,  étant  bien 
dëmonlr^a ,  est  un  £iit  fort  remarquable  ,  quoique  déjà  M.  Vauquelîo 
eât  indiqua  ce  tel  dans  les  rëgétaux  par  induction  seulement.  Ici  M.  Du- 
loog  a  isolé  le  carbonate  ,  et  il  doit  s*en  applaudir  d*autant  plus  qu^il 
cooûrme  Fo^inion  du  saTant  chimiste  cité  plus  haut ,  et  donne  encore 
de  nouTelles  preaverde  la  sagacité  du  génie  de  ce  savant  professeur. 

n  serut  peat-élM  l^robable  ^ue  la  atatièiTe  eristalline  indiquée  par 
H.  Frenrjr  dsns  la  bvyoMi  SMift  aoa  étadîé«  par  —X  estimable  ooiiiréte, 
ne  fût  an)re  ebose  qae  le  carbonate  de  ebaaa ,  car  il  a  eaivi  •«»  proaAIé 
analogue  à  celui  de  M.  Dulong.  .       „  •       j  > 


( 


l64  BULLETIN    DES    TKAVAUX       . 

pas  cet  acide  remarquaUe,  que  M.  Braconnot  a  troavë 
dans  presque  toutes  les  racines  chnrnues  et  dans  plusieurs 
autres  parties  des  végétaux,  acide  auquel  il  a  donné, 
comme  l'on  sait ,  le  nom  d*aade  pedique ,  et  dont  il  a  de* 
crit  les  propriétés  dans  le  N*.  de  février  dernier  des  j^/i- 
nales  de>  chitnie  et  de  physique j  j'ai  d'abord  fait  bouillir 
dans  une  grande  quantité  d'eau  le  marc  de  la  racine ,  qui 
était  rest^  apr^s  Texpression  du  suc.  Cette  eau  ne  s^est  nul- 
lement colorée  :  elle  nVvait  dissous  que  de.la  gomme  et  de 
Tamidon ,  avec  un  peu  de  matière  amère  restée  dans  le 
marc  \  je  l'ai  ensuite  fait  bouillir  assez  long- temps  avec  de 
l'eau  aiguisée  d'acide  hjdrochlorique,  suivant  le  procédé 
indiqué  par  M.  Braconnot  ;  puis  je  l'ai  lavé ,  et  je  l'ai  fait 
bouillir  de  nouveau  avec  nue  dissolution  de  potasse  trèi^- 
étendue;  j'ai  filtré  la  liqueur,  et  quelques  gouttes  d'acide 
que  j'y  ai  versées  n'y  ont  point  démontré  la  présence  de 
V acide  pecttque.  Je  crois  devoir  faire  remarquer  que  j'avais 
auparavant  obtenu  cet  acide  en  grande  abondance  de  la' 
racine. dé  carotte,. en  suivant  ce  procédé.  Je  ferai  remar- 
quer encore  ,  i  propos  de  ceci ,  ce  que  pent-âtre  on  a  déjà 
remarqué,  que  cet. acide  pectique  est  cettç  matière  gélati- 
neuse que  M.  Payen  avait  trouvée  dans  la  partie  c5ortica1e 
de  la  racine  de  Vajrlanthus  glandulosa^  dont  l'analysé  a  été 
publiée  dans  les  Annales  de  thimie  et  de  ^^^^îî^ue (juillet 
1824))  et  dans  \tt  Journal  de  Pharmacie  (août  1824)9  comme 
on  pourra  s'en  convaincre  en  la  lisant  \  mais  il  ne  lui  avait 
pas  reconnu  toutes  les  propriétés  que  lui  a  assignées 
M.  Braconnot. 

Enfin,  une  certaine  quantité  de  racine  de  bryone ,  inci- 
nérée ,  a  laissé  uix  résidu  de  couleur  blancbc ,  se  dissol- 
vant en  partie  dans  l'eau.  La  dissolution,  qui  rougissait  le 
papier  4^  Curcuma ,  contenait  du  carbonate,  du  sulfate  et 
de  l'kydrocblorate  de  potasse*  La  partie  non  dissoute  était 
oomposéede  carbonate  de  chaux  ^  de  phosphate  de  chaux 
et  d'un  peu  d'oxide  de  fer. 


DE   L\    SOCIETE    DE    PHAHMACIE.  l6d 

•  Ezamifioos  maintenaot  les  propriétés  de  la  matière 
imère  de  la  racine  de  brjone  obtenue  de  m  dissolniion 
•queose,  comme  je  Tai  dit  plus  haut. 

-  Sa  cOnlenr  est  roussitre;  sa  consistance  solide,  on  peu 
moUe  et  visqaeuse;  sa  saveur  très^amère,  est  semblable  à 
celle  de  là  racine.  Elle  est  soluble  dans  Teau  et  dans  Tal* 
cohol  9  mais  plus  facilement  dan^  Talcohol  faible  que  dans 
1  alcobol  concentré ,  tOut-à^fait  insoluble  au  contraire  dans 
Téther  sulfurique.  Sa  dissolution  est  sans  action  sur  les  pa« 
piers  réactifs.  Elle  se  dissout  i  froid  dans  une  solution 
aqaetfse  de  potasse  caustique  étendue ,  sans  présenter  de 
phénomènes  remarquables.  Cette  dissolution ,  chauffée  et 
éiraporée ,  lai«se  un  résidu  soluble  dans  Veau  de  couleur 
rouge  brune. 

Dissoute  dans  Talcohol,  et  la  dissolution  abandonnée  à 
une  éfaporation  spontanée ,  n*a  pas  offert  de  traces  de  cris- 
tallisation. 

La  dissolution  aqueuse  de  la  matière  amèrc delà  bryone 
présente ,  avec  les  réactifs ,  les  phénomènes  suivans  : 

L^infusion  aqueuse  de  noix  de  galle  j  forme  un  préçi-* 
pué  gri«atrê,  très -abondant  qui  se  rassemble  prompte- 
ment  au  fond  du  verre ,  et  qui  est  insoluble  ou  très-peu 
soluble  dans  l'eau ,  mais  soluble  en  partie  dans  Talcohol.. 

Le  sons-acétate  de  plomb,  le  protonitrate  de  mercure  la 
précipitent  assez  abondamment^  le  nitrate  d'argent  la  pré- 
dpite  en  flocons  blancs ,  Thydrochlorate  d'or  en  flocons 
jaunes. 

L'acéute  de  plomb ,  le  nitrate  de  plomb.,  le  protochlo- 
cure  d'étain ,  le  tartrate  de  potasse  antimonié ,  n'ont  au-* 
cune  action  sur  cette  dissolution  ;  les  sels  de  fer^  de  zinc  , 
de  cuivre  n'y  forment  non  plus  aucun  précipité  ;  le  chlore 
n'agit  pas  non  plus. 

-  Eljé  jaoïisse  un  peu  par  l'agitation  y  comme  une  dissolu- 
tion de  gomme. 

XII*.  Année.  —  Mars  i8a6.  la 


ijSS  ByiXETITC    WES   TRAVAUX      . 

MaÎ3  Taction  la  plus  remai-quable  des  divers  agent  chi- 
mkpies  sur.cette  matière  est.celle  des  acides. 

L'acide  sulfurique  .conoetiiré  la  dissout  à  froid  :  la  dia« 
iiolulion  offre  d'abord  une  couleur  t>rune  rougeàti^e  ;  mais 
bientôt  celte  rpuleur  change  9  et  les  bords  de  la  dis^lutioa 
prennent  une  teinta  bleue  verte,  qui  peu  à  peu  passe  au 
V^t  et  s'étend,  dans  toute  la  masse.  Au  bout  de  quelque 
temps,  la  dissoïutita  devient  d'une  belle  couleur  verte, 
surtout  lorsqu'elle  contient  peu  de  matière  et  qu'on  l'é-» 
Uend  en  couches  miqces  ;  car,  concentrée  et  vue  en  masse , 
elle  est  d'un  vert  si  foncé  qu'elle  parait  presque  noire. 
Mais  pour  bien  observer  sa  teinte ,  il  faut  agiter  ,pendant 
quelque  t^mps  ^veo  nne  baguette  de  verre  une  portion  de 
matière  amère  dans  de  l'acide  sulfurique  concentré ,  jus- 
qu'à ce  que  la  plus  grande  quantité  soit  dissoute ,  et  placer 
ensuite  le  reste  sur  un  plan  de  verre  posé  sur  un  papier 
blanc;  au  bout  de  quelques  instans ,  on  yoit  l'acide  qui 
entoure  la  matière  prendre  peu  à  peu  une  belle  couleur 
verte.  L'eau  précipite  de  cette  dissolution  des  flocons  ver^ 
dâtres  qu'une  plus  grande  quantité  d'eau  ne  peut  dis- 
soudre. Si  l'on  fait  chauffer  cette  dissolution,  sa  couleur 
verte  est  bientôt  détruite  et  devient  noire. 

L'acide  nitrique  concentré  dissout  i  froid  très-facile- 
ment la  matière  amère.  La  dissolution  se  présente  d'abord 
sous  une  couleur  rouge  brune  ;  mais  cette  couleur  change 
insensiblement ,  et  au  bout  d'environ  une  demi-heure  elle 
devient  jaune  dorée.  L'eau  versée  dans  cette  dissolution 
en  précipite  des  flocons  jaunes-serin  ,  insolubles  dans  nne 
plus  grande  quantité  d'eau;  si  l'on  chaufie  la  dissolution, 
il  s'en  dégage  des  vapenrs  nitreuses ,  et  il  reste  aprè^  l'é- 
vaj^oratron  de  l'acide  nne  matière  de  belle  couleur  jaune , 
iâsoluble'dans  l'eau,  facilement  sôluble  dans  l'alcohol  et 
dans  une  dissolution  de  potasse. 

L'acide  hydrochloriqtte  concentré  dissout  aussi  très-facile- 
ment la  matière  amère ,  et  la  dissolution  oflre  d'abord  une 


DE    LA    SOCISTé    DE    PHAHMACIE.  ï6^ 

eoaleur  brane  qui,  peu  à  peu,  passe  bieniôt  au  rouge  brun. 
Veanen  précipite  des  flocons  blauct  rongeâtres,  iiitola« 
blés  atwsi  dans  une  grande  quantité  dVau.  La  dissolution^ 
soamise  à  Faction  de  la  thalenr ,  change  de  codleur  et  de* 
^ietit  tout-à-fait  brune. 

Des  dissolutions  concentrées  diacide  tartric^ue ,  d'acide 
otsilîque  ne  produisent  aucune  action  sur  cette  n^atièré. 

Tous  les  acides  dont  je  riens  de  parler,  étendus  d^eaUi 
ne  la  font  point  changer  de  couleur.  • 

Comme  pendant  la  réaction  de  Tacide  sulfurique  sur  la 
matière  amére,  il  sVn  est  dégagé  quelques  vapeurs  pi* 
quanies ,  dues  sans  doute  à  de  Tacide  sulfureux ,  et  que 
pendant  la  même  réaction  de  Tacide  nitrique  il  s'en  est 
aussi  dégage  des  vapejirs  nitreuses ,  très-sensibles  à  Fodo* 
rat;  considérant  en  outre  que  cette  matière,  après  avoir 
été  précipitée  de  ses  dissolutions  acides  par  Teau  ,  e^t  de-^ 
vcnae  insoluble  dans  ce  liquide,  on  doit,  ce  me  semble, 
en  conclure  que  les  phénomènes  que  nous  venons  d'obser* 
ver  sont  le  résultat  d'une  décomposition  partielle  de  la 
matière  par  ces  acides. 

Enfin  la  matière  amère  de  la  bryone ,  décomposée  dans 
im  tube  de  verre  k  Torifice  duquel  ^it  placé  un  pépier  de 
tooraesol  rougi  humecté  d'eav ,  a  ramené  ce  papier  à  sa 
couleur  primitive.  On  voit  par  cette  expérience,  qui  n  été 
répétée  plusieurs  Ibis,  que  cette  matière  contient  de  Tazote, 
comme  les  autres  substances  végétales  vénéneuses,  Témé- 
tine,  la  morphine ,  la  strychnine ,  etc.  Je  crois  devoir  ob- 
server qn^on  ne  peut  point  attribuer  h  de  ralbuminequ^elle 
««tiendrait  y  Tasoie  que  ces  expériences  vienneui  d'y  dé- 
montrer ;  car,  dVprès  les  moyens  que  j'ai  employés  poui^ 
l'obiettir  ,  elle  ne  peet  en  retenir  la  plus  petite  quan* 

dié(i). 

(i)  D'âpre  toiia  Us  caractérts  donaé*  par  M.  Daloog  au  pmcipt 


l68        BULLETIW  DES  TRAVAUX 

.  Qooiquis  celle  matièi'e  oe  pr<isén(ât  aucun  caractère  qui 
pûiy  faire  soupçonner  la  présence  d'un  alcali  végélal ,  ce* 
pendant ,  après  avoir  relu  Tcxameu  chimique  des  upas  ,' 
par  MM.  Pellelier  el  Cayenlou,  et  y  avoir  vu  que  ces  chi- 
mistes avaient  trouvé  dans  Tupas  anthiar  une  matière 
particulière  «oluble  dans  Teau  et  dans  Talcohol ,  qui  leur 
avait  paru  un  alcali  végétal  soluble,  comme  ils  le  disent, 
î*ai  cru  devoir  exaininer  sous  ce  rapport  la  matière  amère 
de  la  racine  de  bryone^  On  a  vu  plus  haut  que  la  dissolu- 
tion aqueuse  de  potasse  la  dissolvait  sans  en  rien  préci- 
piter :  elle*  ne  contenait  donc  point  d'alcali  végétal  inso- 
luble dans  Teau.  Comme  Talcali  végétal  aurait  pu,  s'il 
y  eût  existé ,  être  uni  à  un  acide ,  dans  rintention  de 
l'en  séparer  «  j'ai  fait  bouillir  pendant  assez  long*temps 
cette  matière  avec  de  la  ma<;nésie.  Le  précipité  magné* 
sien ,  traité  par  Talcohol  bouillant,  n'en  a  dissous  qu^une 
très-petite  quantité  de  matière  amère  que  la  magnésie  avait 


Actif  de  la  brjrone,  on  peut  Toir  quUls  sont  bien  plus  complets  et  même 
un  peu  (lifférens  que  ceux  assignas  par  les  autres  chimistes. 

BI.  Vauqu^lin  ,  en  citant  les  propriëtëîs  de  la  matière  acliye  qui ,  d'a- 
près son  ^rnoéàié ,  contenait  de  la  résine ,  de  Phuile  et  probablement 
de  la  matière  sacrée  f  dit  seulement  qu'elle  est  soluble  dans  Peaa  et 
Talcohol  y  d'une  saveur  amère ,  et  nVst  pas  pre'cipite'e  par  l'oxaUt» 
d'ammoniaque ,  l'acétate  de  plomb  et  la  noix  de  galle. 

Les  autres  auteurs  ayant  obtenu  la  matière  active  de  la  décoction 
précipitée  par  l'acétate  de  plomb ,  puis  le  précipité  décomposé  par  l'hj- 
drogène  sulfuré  et  Falcohol  ont  eu  des  caractères  difiërens  en  raison  des 
quantités  d'acide  phosphorique  et  malique  restées  avec  cette  substance 
par  suite  de  la  décomposition  des  malate  et  pbospbate  de  plomb  primi- 
târeroent  formés  dans  le  décoctum  par  le  âel  métallique. 

Quant  à  la  propriété  de  verdir,  puis  de  bleuir  par  l'acide  sqlfuriqne» 
ce  caractère  a  déjà  été  observé  pour  plusieurs  substances  :  telles  que  la 
partie  colorante  des  upas ,  une  matière  extractive  bmne  du  tangbuio  » 
une  substance  grasse  de  la  patate  ;  on  ne  sait  pas  au  reste  la  cause  de 
cet  effet. 


DK    LA    SOCIETE    DE    'PflARMXClE.  169 

retenne.  Cet  alcohol  «^tait  d'ailleurs  sans  action  tarie  pa- 
pier de  toarnesol  rougi.  Quant  à  la  dissolution  de  la  ma-* 
tièreamère,  elle  ramenait  au  bleu  ce  papier  réactif;  mais 
elle  devait  évidemment  cette  propriété  à  un  peu  de  magné-* 
sic  qu'elle  avait  dissoute  (on  sait  que  la  magnésie  n'est  pas 
tOQt-à4ait  insoluble  dans  Peau),  ou  bien  à  un  peu  de  potasse 
ou  de  soude  unie  à  la  magnésie  que  j'avais  oublié  de  laver. 
Eo  effet,  la  matière  amère,  obtenue  par  Tévaporation  de 
la  liquenr ,  se  présentait  sons  le  même  aspect  qu'aupara- 
vant, et  une  grande  quantité  mise  en  contact' avec  une 
goutte  d'acide  ne  le  saturait  nullement.  Elle  n'avait  donc 
point  le  caractère  des  alcalis  végétaux. 

Mais  cette  matière ,  dissoute  dans  l'acide  sulfnriqtie  con^ 
centré ,  n'offrait  plus  comme  auparavant  cette  couleur  verte 
dont  j'ai  parlé,, mais  bien  une  belle  couleur  bleue)  et 
l'eau  versée  dans  la  dissolution  la  faisait  passer  au  vert,  eu 
en  pr&upitant  des  flocons  d'une  belle  couleur  verte.  Si  on 
laissait  cette  dissolution  exposée  h  l'air ,  il  s'y  produisait , 
au  bout  de  quelques  hetires,  le  même  phénomène  que 
lorsqu'on  y  versait  de  l'eau ,  ce  qui  provenait  sans  aucun 
doute  de  l'absorption  par  l'acide  sulfuriqne  de  l'humidité 
contenue  dans  l'air;  car,  en  vases  clos ,  elle  ne  «changeait 
point  de  couleur. 

On  a  vu  qu'en  décrivant  l'action  de  l'acide  snlfurique 
sur  la  matière  amère,  avant  son  traitement  par  la  magné-* 
sie,  j'ai  dit  que  les  bords  de  la  dissolution  prenaient  d'a- 
bord une  teinte  bleue  verte  qui ,  peu  k  peu  «  passait  au 
vert,  en  s'étendant  danâ  toute  la  masse.  Ne  pourrait-on 
pas  expliquer  pourquoi  cette  matière,  après  avoir  été 
traitée  par  la  magnésie ,  produit  une  couleur  bleue  avec 
l'acide  sulfuriqne,  en  admettant  que-  la  couleur  verte 
qu'elle  produisait  avec  cet  acide,  avant  le  traitement  par 
la  magnésie,  provenait  du  mélange  de  cette  couleur  blene 
primitive  produite  par  l'acide  avec  une  matière  colorante 
jaune  contenue  dans  la  matière  ou  développée  ^r  l'acide, 


170        BULLETIN  DES  THkTkVX 

(ai  qui  se  sera  ensuite  combinée  avec  )a  magué^ié.  Je  ddîi 
observer,  «  propos  de  cela,  que  la  magnédîe  qui  àvaft 
servi  à  cette  opération  avait  nue  couleut*  légèrement 
jaunâtre. 

Du  ^este ,  la  matière  atnère  précipitait  toujours  abon* 
damment  par  la  nohc  de  gall^ ,  et  le  précipité  se  dissolvait 
en  partie  dans  Falcohol  comme  auparavant»  J'ai  Soumis  ce 
précipité  à  cette  épreuve,  pour  constafter  s'i!  Jouissait  de 
la  propriété  des  précipités  formés  par  là  tioir  de  galle 
avec  les  alcalis  régétaux,  celte  d'être  entièrement  solubles 
dans  raleohol* 

On  voit ,  par  ces  expériences  ^  que  la  matière  amèrc  de 
la  racine  de  brjone  jouit  de  propriétés  parliciulières  assez 
remarquables ,  et  qu'elle  mérite  d'être  distinguée.  Doit- 
on  I  d'après  cela ,  la  regarder  comme  une  substance  par- 
ticulière nouvelle  ;  il  me  semble  qu'il  serait  plus  natu* 
rel  et. plus  conforme  au  principe  de  l'analogie  entre  les 
propriétés  et  les  formes  extérieures  des  végétaux ,  de  la 
rappoi'ter  k  la  matière  amère  de  la  coloquinte ,  de  la  môme 
famille  que  la  bryone ,  matière  k  laquelle  M.  Vanqueliù  a 
proposée  d'après  ses  caractères  particuliers,  de  donner  le 
nom  de  colocjnthiae,  dont  elle  pourrait  être  une  modifi- 
cation], quoiqu'il  serait  bien  possible  aussi  qu'elle  en  fàt 
différente ,  k  cause  de  la  différence  de  genre  et  surtout 
d'organe,  dont  J'ai  parlé  au  commencement  de  ce  mé- 
moire. Elle  n'en  possède  pas,  il  est  vrai,  toutes  les  pro- 
priétés ,  celle  surtout  d'être  une  substance  résin<Ade , 
comme  l'appelle.  M.  Vauquelin  ;  mais  elle  s'en  rapproche 
un  peu  par  sa  saveur  amère,  bien  plus  faible  ce{>endsnt  que 
celle  de  la  colocynthine ,  par  la  propriété  qu'a  sa  dissolu- 
tion aqueuse  de  mousser  un  peu  par  l'agitation ,  comme  de 
l'eau  gommée,  d'être  précipitée  abondamment  par  la  noix 
de  galle  ,  avec  laquelle  elle  forme  une  combinaisoti  ivso- 
WUe  ou  fort  peu  sc^uble,  et  de  n'être  point  précipitée  par 
lacélAtevdtf  plomb ^tl  tevtelois' M.  Vauquelin  entend  par 


DB    LA. ^SOCIETE    DE    PHARMACIE.  tji 

«câate  Tacétate  neutre  ^  et  non  point  ce  que  Ton  nonnne 
ordtnairemeDt  sona-acëtata  ^  car  la  matière  amère  de  la. 
bryooe  précipite  abondammont ,  eomme  on  Ta  vu ,  par  ce 
dernier  sel.  Cepi^ndant,  si  la  colocjnthine  ne  présente 
poiat  avec  les  acides  les  phénomènes  sssez  remarquables 
que  prosente  la  matière  amère  de  la  bryone^  ce  qae 
M.  Vaoquelin  n*a  point  constaté;  si  elle  ne  se  comporte 
pas  non  plus,  comme  cette  dernière ,  avec  plusieurs  réac- 
tifs h  laction  desquels  je  Tai  soumise ,  et  dont  Ma  Yau- 
qaelin  ne  parle  pas ,  il  est  évident  que  la  matière  anièm 
de  la  racine  de  bryone  est  nne  substance  particulière  dif« 
férente  de  la  colocyntbine.  On  pourra,  dans  ce  cas,  ji  Ton 
veut,  lui  donner  pour  la  distinguer  un  nom  tiré  de  celui 
du  genre  de  la  plante  qui  la  contient. 

Je  pense  qu^il  pourra  être  intéressant  d'examiner  si  cette 
matière  se  trouve  avec  les  mêmes  caractèi^  dans  le  fruit 
de  la  bryone.  Cest  ce  que  je  me  propose  de  faire  quand  ce 
fruit  sera  parvenu  &  sa  maturité. 

Avant  de  terminer,  je  crois  devoir  faire  observer  que  la 
matière  dont  je  viens  de  décrire  les  '  propriétés  est  évi^ 
dcmment  le  principe  actif  et  vénéneux  de  la  racine  de 
bryone.  Sa  saveur,  analogue  k  celle  de  cette  racine,  et  tous 
ses  caractères  en  nu  mot,  comparés  a  ceux  des  autres  sub- 
stances trouvées  dans  cette  analyse,  ne  laissent  aucun  doute 
sur  ce  point  ;  et  j'observerai  que  l'on  ne  peut  point  sup« 
poser  que  la  cbaleur,  employée  pour  isoler  cette  matière^ 
ait  détroit  ou  dissipé  le  principe  vénéneux,  comme  on  l'a 
▼D  pour  la  racine  d'arum;  car  ou  peut  lire  dans  la  Toxi- 
cologie de  M.  Orfila  des  observations  d'empoisonnement 
et  d*accideus  très-graves  produits  par  l'ei^iploi  de  la  décoc* 
tion  de  la  racine  de  bryone.  Je  pourrais  aussi  citer,  en  mon 
particulier,  une  observation  d'une  sorte  d'empoisonne- 
ment produit  par  déjeunes  tiges  de  bryone,  mangées  en 
guise  d'jisperges  ,  après  avoir  subi  une  forte  coction  dans 
Teau.  A  propos  de  ces  observations ,  je  dois  signaler  à  Pat- 


JJH  BULLETIN  DES  TRAYAUX,  ETC. 

t^utîoD  des  personnes  auxquelles  elles  pourraient  se  pré* 
senter  de  nouveau,  Vemploi  de  la  décoction  de  noix  de 
gaHe,  comme  pouvant  être  très-utile  pour  paralyser  les 
effets  prodqils  dans  rëconomie  animale  par  la  racine  de 
bryone^  car  on  a  vu  que  le  principe  actif  de  cette  racine 
n  la  propriété  d'être  précipité  par  la  noix  de  galle ,  et  de 
former  avec  cette  substance  une  combinaison  insoluble  ou 
fort  peu  soluble  dans  Teau. 

En  résumé,  il  résulte  de  l'analyse  que  je  viens  de  rap- 
porter ,  que  la  racine  de  bryone  contient  : 

I**.  Une  matière  amère,  douée  de  propriétés  particu- 
lières ^  et  à  laquelle  cette  racine  doit  sa  vertu  drastique  et 
vénéneuse; 

a^.  Une  grande  quantité  d^amidon  ; 

30.  Une  petite  quantité  d*une  huile  concrète,  de  couleur 


verte  5 


4°.  Une  petite  quantité  de  résine  j 

5o.  De  Talbumine  végétale  y 

6^.  De  la  gomme  ; 

7^.  Une  quantité  notable  de  sous-raalate  de  chaux  ; 

80.  Une  petite  quantité  de  carbonate  de  chaux  ; 

9o.  Un  malate  acide  ; 

Et  dans  ses  cendres,  du  carbonate,  du  sulfate  et  del'hy- 
drochlorale  de  potasse,  du  carbonate  et  du  phosphate  de 
chaux  et  un  peu  d'oxide  de  fer« 


a 


J         ■  I       /  ■  ■       .      Il'     I.    t       Ml  II        II     I       II        II    B^ 


PARIS.  ~  LMPRWERIE  DE  FAIN,  RUE  RACINE,  W.  4, 

fUkCI    Al    l'qOIOSI. 


JOURNAL 

DE    PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


is 


N^  rV".  —  iii*.  Année.  —  Avril  iSaô. 


il.        .  ■  I  j  ' 


APERÇU    CHIMIQUE 

Sur  la  lithographie  (i)  \ 
Par  M.  HovzEÀu  ,  pharmacien  interne  des  hôpiUax. 

La  lithographie  est  un  art  tellement  répanda ,  et  qui 
présente  de  si  grands  arantages ,  que  peu  de  personnes  ont 
voula  rester  tout-à-fait  étrangères  â  ses  procédés  ,  et  ceux 
mêmes  qui  s'en  occupaient  spécialement  ne  pouvaient  s*ex-* 
pHqner  comment  une  pierre  recouverte  d'un  dessin  y  qui 
n'était  ni  en  creux  ni  pour  ainsi  dire  en  relief,  pouvait 
recevoir  sur  toute  sa  surface  Faction  d'un  rouleau  chargé 
d'encre  d'imprimerie  sans  se  couvrir  entièrement  de  ce 
noir  ;  tandis  qu'il  n'y  avait  justement  que  les  endroits  des- 
sinés avec  un  crayon  d'une  composition  particulière  qui 
s'en  couvrissent  facilement.  Leur  étonnement  augmentait 
surtout  quand ,  ayant  entièrement  effacé  le  dessin  à  l'aide 
de  l'essence  de  térébenthine  ,  elles  le  voyaient  reparaître 


■** 


(i)  Ce  treTail  intërrgMot  Ja  chimie  et  les  arts  f  mérita  d'après  ces  mo^ 
tiù  d''étre  accueilli  dans  notre  Joamal.  {JYote  du  Rédacteur, } 

Xn*.  Année.  —  Ai^ril  iSaô/  i3 


Xn4  JOURKAL 

quelque  lempç  ^r^  cqpiipi^  far  ea^uBtipient ,  el  qull 
suffisait  pour  celk  de  promener  sur  la  surface  de  la  pierre 
le  rouleau  tout  couvert  du  noir  lithographique^  que  ce  noir 
adhériili  éetrtêpieht  $vm^  enilrqlts  dessl^ijés ,  saut  a|t|rer  les 
autres  parties ,  mouiHées  préalablement  avec  une  éponge. 

Les  lithographes,  frappés  de  cet  étonnant  résului ,  cher- 
chèrent à  l'expliquer ,  et ,  sans  réfléchir  à  la  composition  de 
leurs  crayons  ni  à  celle  de  la  pierre ,  ils  en  établirent  la 
ihéï>rie  d'après  les  frits  seuls  oui  tôml^îetil  scyiâ  les  yf  f  f , 
eh  les  attribuant  â  la  propriété  nien  connue  qu*ont  les  corps 
gras  de  pénétrer  les  pîerresxalcaij^s  et  d  m  è4fe  fepoam.% 
quand  celles-ci  çont  empfegn^^î»  d>^a-  ^'|*  «P  «♦*  ^^^ 
ainsi ,  leur  art  n'aurait  pas  été ,  comme  ils  l'annoncent ,  un 
art  purement  éhimîque  ;  la  propriété  qu'a  la  graisse  de  pé- 
nétrer les  carboputcs  calcf  î|>es  et  de  ne  pa«  se  mêler  à  Veau 
est-elle  une  propriété  chimique?  Aussi  cette  explication , 
la  seule  qu'ils  aient  j>mai^  donnrfe ,  étaîi-clle  loin  de  sa- 
tisfaire :  elle  laissait  toujours'du  va^ue  dans  Tefprit ,  e^nc 
lui  permettait  pas  de  se  rendre  (Tbmpte  des  phénomènes 

9^f  yés, 

pyé^fut  doBper  ijinfi  ex^pKçs*îon  plus  setîsfeissnt»  ,  j^ 
^^pçk^i  S  Wefi  étu  lier  fltMfll*  «taîn  la  nsiwejifes  eorps 
i^i  s^vmnt  è  1«  litfi^raphie,  «fin  dp  dépouvrir,  %A  ctaît 
l^ftsiblP»  kuff  nwHièr^  d'sgii^  ks  ups  i^urim  ii»lrea$  msSf 
jfiv^^e  faii#^<rftnnniire  lei»  eirpérift»ce#  4|f»eisi  faîtrt  à 
W  m\^^$i^  ^*^î^  «lécessftîre  de  décrira  siiceîni:4«i90tit  Im 
^goeiàé^  ^ffiployé»  d«»s  Itfs  imprinHiri^  Uihppwiphiqji«s. 

Qi^  ]^  liikogffsphe^ ,  quand  une  pie^i^e  .es»  d«9siii^  f 
If^l  aY^P  U  /çi?«^yop  gr^s ,  soitav«c  Ten^^  i  la^^ïu»*  ^♦a 
piiM:«^fifi ,  %vw^  4^  riinpiîmer  op  Wi  Ui%  «idWr  j«  prép^ar 
1^  f ui v^»te  ;  an  doi^e  à  h  pierr»  MW  inclinaison  ite  4^*  # 
ff^  y  \pr>p  proiup^ewenjt  1  apid»?  Wtr^W  étfitii^  d^  î%è 
l5  parties  d'eau ,  selon  le  ton  du  dessin  ^  iHunédiatement 
4inr«s  m^  f  effervescence  s'est  bien  manifestée  piMtottt ,  on 
y  nurse  »ic  grande  quantité  d'eau ,  afin  ^arrêter  à  llnstant 


Ïè  lért^ffatt  ûeVtétMt  qui ,  p«r  un  plus  long  cOnUct  ^  enlè-' 
ferait  an  ^esMti  ses  demi^trintes  et  les  patries  les  plis  déK- 
Htùs ,  et  flnir&k  pur  Fellacer  complètement.  La  pferre 
i&flbamatetit  {gouttée ,  est  recoayerte  d^une  solution  eon- 
centrce  de  gomme  arabiqae  pour  la  défendre  du  contact 
des  corps  étrangers  ;  an  bout  de  douée  à  quinze  heui^és  ^ 
quelqneTois  même  nn  instant  après ,  on  enlève  la  gomme,  et 
Yon  Ycrse  sur  là  pierfe  mouillée  asses  d'essence  de  téré« 
bendiirte  pour  eflacer  entièrement  le  dessin  ,  <5'est-â-dire 
pour  enlcTcr  tout  ce  qui  to*esi  pas  uni  k  la  pierre  ;  cellc-ici  ' 
ptratt  alors  tout-a-faii  blanche  ;  mais  si  od'  la  mouilte  (et 
si  on  Vexpose  verticalement  aux  rayons  lumineux ,  on 
aperçoit  U  masse  du  dessin  ,  parce  que  le  crayon  qui  le 
ferme  ne  se  laisse  pas  mouiller  par  Veau  ,  et  présente  à  la 
lumière  an  aspect  plus  terne  que  le  reste  de  la  pierre.  On 
prend  alors  un  rouleau  couvert  d'encre  d'impression,  faite 
avec  du  noir  de  fumée ,  privé  par  la  caidnation  de  4on 
huile  empyrenmatiqile,  et  de  l'huile  de  Kn  épaissie  par  une 
longue  évaporation  ;  en  le  faisant  roulet*  sur  toute  la  Sur- 
face de  la  pierre ,  on  voit  le  dessin  reparaître  peu  k  peu  \ 
et  quoique  le  rouleau  touche  également  les  parties  déssl* 
nées  et  celles  qili  ne  le  sont  pas ,  il  n'y  a  réellement  que 
les  premières  qui  sétioircisient.  11  ne  suffit  plus  aloré  que 
de  eoiivrfr  la  pierre  d'une  fenHle  de  papier  h^ide  et  de  la 
seamettre  à  l'action  de  la  presse ,  l'on  obtient  la  contre- 
épreuve  do  dessin  lithographique*  En  répétant  alternat!-' 
fement  eea  deux  opérations ,  on  peut  retirer  une  grande 
qatntité  d'épreuves  semblables^ 

L'immersion  de  Tacide  a  fln  but  très^important  ^  c'est 
ie  mettre  le  dessin  un  peu  en  relief,  et  surtout  de  changer' 
k  surface  de  la  pierre  de  carbonate  en  nitrate  5  afin  de  la 
tendre  imperméable  aux  corps  gras^  En  effet ,  quelque' 
letuble  que  soit  le  nitrate  de  chaux  4  il  en  reste  cependanr 
nne  couche  mince  intimement  unie  à  la  picri^.  Cette  cou^ 
chee8tirès<«lisse  «  et  si ,  lorsqu'elle  est  légèrement  humide, 

i3. 


\ 


176  ^OUAKÀL 

on  la  touche  avec  un  corps  gras  ,  elle  n*en  est^point  sdieir 
tandis  qu'une  surface  de  carbonate  de  chaux  ^placée  dans, 
les  mêmes  circonstances  ,  absorbe  ce  corps  avec  beaucoup 
de  facilité*  Cest  une  propriété  qu'on  observe  k  chaque 
instant  dans  la  pratique  lithographique  ;  car  si  Ton  gratlet 
une  portion  de  la  pierre  préparée  et  qu*on  oublie  d  y  pas*» 
ser  de  nouveau  Tacide  nitrique  >  on  voit  cet  endroit  «  quel- 
que bien  mouillé  qu'il  soit  ^  prendre  le  noir  d'impression 
et  salir  les  épreuves.  Les  acides  snlfurique  et  hydrochlo* 
rique  agissent  à  peu  près  de  même  ;  mais  l'acide  nitrique 
est  préférable ,  parce  que  le  sel  qu'il  forme  étant  plus  so^ 
lubie  que  le  sulfate  et  moins  que  l'hydrochlorate  ,  laisse 
sur  la  pierre  une  couche  suffisamment  épaisse ,  tandis  que 
l'hydrochlorate  serait  enlevé  en'  entier ,  et  que  le  sulfate 
n'adhérant  que  très-faiblement  à  la  pierre  s'en  détacherait 
par  l'action  de  la  presse  et  du  rouleau  y  et  laisserait  à  nu  le 
carbonate  calcaire. 

La  pierre  lithographique  est  la  chaux  carbonatée  com-* 
pacte  des  minéralogistes,  le  dichter kalkstein  de  Wemer  , 
et  la  variété  schistoïde  de  M,  Haûy.  La  plus  générale- 
ment  employée  nous  vient  de  Soleuhausen  ,  près  Munich. 
Elle  a  reçu  le  nom  de  schistoïde  parce  q^e,  comme  le 
schiste  argileux  ^  elle  est  déposée  par  couches  horizontales 
dont  l'épaisseur  et  la  dureté  augmentent  a  mesure  qu'on  s'é- 
loigne davantage  de  la  surface  du  sol.  Elle  appartient  aux 
terrains  tertiaires  et  de  transition,  et  les  bancs  qui  la  four- 
nissent ont  de  deux  à  trois  pieds  d'épaisseur  et  se  trouvent 
h  environ  six  pieds  de  profondeur  ;  son  extraction  est  très- 
facile  ^  11  suffit  de  l'enlever  en  masses  cubiques  dont  on 
sépare  les  feuillets  par  un  coup  vif  et  subit.  Sa  cassure  est 
conchoïde ,  légèrement  aplatie.  Les  pierres  lithographi- 
ques de  France  nous  viennent  des  environs  de  Châteaq^ 
roux  'j  elles  sont  plus  compactes ,  leur  texture  est  plus 
serrée ,  et  la  cassure  est  quelquefois  esquil)euse«  Elles  ne 
sont  pas  comme  celles  d'Allemagne  déposées  par  couches 


DE      PHARMACIE.  I77 

fanBèles^  elles  forment  an  contraire  nn  banc  considérable 
qn*on  est  obligé  non-senlcmcnt  de  scier ,  mais  encore  de 
perdre  en  partie  ponr  éviter  les  cavités  assez  nombreuses 
qm  i^  rencontrent.  Sans  ces  graves  inconvéniens ,  nous 
ne  serions  plus  tributaires  de  TAliemagnc ,  car  les  pierres 
françaises  remportent  de  beaucoup  sur  les  pierres  alle- 
mandes pour  les  dessins  à  la  plume ,  et  ne  leur  cèdent  pas 
pour  ceux  au  crayon.  On  vient  d'en  découvrir  tout  récem-> 
ment  une  nouvelle  carrière  cjuî,  rivalisant  avec  plus  d^avan- 
tage  encore  avec  les  pierres  de  Solenhausen  ^  les  feront 
bientôt  oublier. 

Toutes  ces  pierres  sont  presque  entièrement  formées 
d*acide  caiboi^que  et  de  chaux ,  condition  absolument  né* 
cessaîre  pour  qu'elles  ptiissent  former  un  combinaison  avec 
lès  crajons  lilhograplûques.  U  ne  faut  pas  croire ,  comme 
on  Tavait  avancé  ,  que  toutes  les  pierres  qui  se  laissent  pé- 
nétrer par  les  corps  gras ,  et  mouiller  par  Teau  soient  pro« 
près  k  la  lithographie  ;  loin  de  là ,  le  crayon  qu'on  y  ajoute 
ne  doit  pas  seulement  y  péàétrer  mécaniquement  ae  mo- 
lécule i  molécule  j  il  faut  encore  que,  par  sa  décomposi- 
tion ,  il  entraine  celle  de  la  pierre  et  donne  naissance  â  un 
composé  particulier  qui  constitue  le  dessin  proprement  di  t, 
et  que  j^essaierai  bientôt  d^examiner. 

Connaissant  donc  la  composition  de  la  pierre ,  il  ne  me 
restait  plus  qu*à  examiner  celle  du  crayon  ;  je  vis  qu'il 
était  formé  de  savons,  de  suif,  de  cire  et  de  résine  hcque 
fondns  ensemble  à  u^haute  température,  et  suffisamment 
colorés  par  le  noir  de  fumée  ;  je  commençai  dès  lors  à 
entrevoir  par  la  pensée  qu'une  véritable  combinaison  chi- 
mique pouvait  bien  avoir  lieu  entre  la  pierre  et  le  crayon 
Bthographique.  Des  quatre  substances  qui  entrent  dans  la 
composition  de  ce  dernier ,  le  savon  me  parut  être  celui 
qui  pouvait  former  cette  combinaison  ;  il  est  en  eflet  com- 
posé, comme  on  le  sait,  de  sonde  combinée  aux  acides 
oléiqne  et  margarique.  Personne  n'ignore  que  si  on  dissout 


du  savon  dans  une  eau  contenant  du  carbonal6  de  ebauit  ^ 
c«ue  eau  se  trouble^  devient  laiteuse,  et  fiait  par  aban-» 
donner  un  dépôt  abondant.  Ce  précipité  est  formé  des  acicïeft 
gras  du  savon ,  c^ui  ont  abandonné  k  soude  afin  de  s*uiiii^ 
à  la  chaux,  pour  laquelle  ils  ont  plus  d'affinité  ,  et  doaner 
naissance  à  un  oléo-margarate  de  chaux  insoluble. 

Je  fus  conduit  tout  naturellenieftt  par  ©es  données  k 
penser  que  le  même  effet  pouvait  aiïoîr  lieu  par  le  contact 
immédiat  du  savon  e(du  carbonate  de  chaux,  et  que  lé 
dessin  lithographique  était  un  véritable  composé  salin» 
un  oléo-margarate  de  chaux  ;  ce  corps  possède  en  effet  des 
propriétés  particulières  lorsqu'il  est  étendu  en  couches 
mioces  »  comme  dans  la  lithographie»  Qu'on  examine  imi 
endroit  dessiné  au  crayon  savonneux  ^  puis  parfaitement 
effacé  par  l'essence  de  térébenthine ,  on  voiX  la  pierre  ei^ 
cet  endroit  plus  blanche  que  dans  les  p;^rties  non  dessinées. 
Sa  dureté  en  devient  plus  considérable ,  et  si  l'on  y  fait  nn 
léger  sillon  avec  la  {jointe  d'un  canif,  on  se  trouve  arrêté 
lorsqu'on  arrive  à  l'endroit  dessiné  où  existe  roléo-mar- 
garate  de  chaux  ^  enfin  toutes  les  parties  non  dessinées  fontr 
très-facilement  effervescence  avec  l'acide  nitrique  élenda  » 
tandis  que  dans  celles  qui  l'ont  été  l'efferveseence  n^a  pas 
lieu  ,  ou  si  elle  a  lieu  ce  n^estque  bien  plus  faiblement , 
parce  qu'alors  la  oouche  mince  d'oléo-margarate  calcaire 
défend  la  pierre  de  l'action  de  l'acide.  Quelque  naturelle 
que  me  parut  cette  idée  ,  quoiqu'elle  fut  bien  en  rapport 
avec  les  théories  connues ,  je  ne  voulus  cependant  y  ajour 
ter  entièrement  confiance  que  quand  eUe  serait  appuyée 
par  l'expérience ,  et  j'attendis ,  pour  ne  conserver  aucun 
doute ,  que  j'eusse  isolé  de  la  pierre  dessinée  les  acides 
oléique  et  margarique  purs.  Pour  y  parvenir ,  je  préparât] 
une  solution  d'encre  lithographique ,  comme  si  j*eusso 
voulu  dessiner  à  la  plume  ^  j'en  couvris  entièrement  une 
pierre  parfaitement  nette.  Après  vingt-quatre  heures  de 
coàtacty  j'enlevai ,  avec  l'esscence  de  térébenthine ,  tout  cé^ 


DE    BHA.HlfAC;ifi.  i^ff 

qoi  n'ëlak  pat  combiné.  La  pierre ,  par  cet  artifice  f  devMiè 
tres-t^lancbe  :  ii  me  fallut  lui  enlever  la  couche  d^olie-» 
margamte*  formé  ;  j*y  parvias  en  prenant  deux  pierres  pre' 
parées  d^  ta  même  numière  ^  j^usai  leur  surface  en  ^s  fjr6l^ 
tant  ensemble  avec  du  sable  et  de  Teau,  >e  recueillît  av66 
soin  Te  sédiment  blanc  qui  en  résuka  ;  je  répétai  plusieut^ 
foiV  cette  opération  afin  (Fobtenrr  une  asaes  grande  (juaMilé 
d'oiéo-margarate  calcaire»  En  le  kvant  à  Teau  distiUéaji 
chaude  j  jusqu^à  ce  que  la  dissolution  de  charux  n*indi(|u4| 
pitte  la  présence  au  savon ,  je  fus  certain  d*avoir  enlevé 
tOQt.ce  qui  n'était  pas  combiné  à  la  pierre;  Je  traitât  en--^ 
suite  par  Tacide  tartrique  cette  masse  composée  d'oléO'=' 
margarate  et  de  carbonate  de  chnirx  y  oe  dernier  fut  facile^ 
ment  décomposé ,  mais  il  fallut  une  température  de  loo^ 
pour  opérer  la  décomposition  de  Toléo^margarale.  Le  touif 
combibé  i  Tacide  tartrique ,  forma  une  masse  blanehet 
deinî-âuide  que  je  traitai  à  chaud  par  Talcohol  le  plus 
anhydre  possible.  Je  sépara}  par  des  traitement  successifi» 
tout  c0  qu'il  j^  avait  d'acides  oléique  et  margariqpe  libres*- 
La  dissolution  alcoholique  le»  abandonna  facilçme|fl  par 
son  mélange  avec  une  quantité  suffisai^te  d'eau  distiUëe^  Itf 
Ii<j^eur  devint  blanche  laiteuse  ^  et  par  le  fepoa  les  acifdea 
vinrent  occuper  sa  sujrface  ^  ils  furent  séparéa  au  moyen 
au'n  nhre  et  puri6és  par  de  nombreux  îava^e.s,'  Desséchés  , 
fis  étaSent  blancs  ,  avaient  une  fégère  odeur  rance  ,  brù- 
laîent  avec  une  belle  flamme.  Leur  dissolution  alcoholiqotf 
rougissait  le  tournesol  ,  précipitait  abcmdanruifent  Ye^  dia 
chaux ,  le  sous-acétate  de  plomb ,  et  en  satunnmt  la  sott<fé 
caustique  donnait  naissance  à  un  véritable  savon^r  Efrjin 
j'isolai  y  au  moyen  de  papier  josepb  f  Facîdc'dléi^ntf  Je  l'a* 
cide  margftrique. 

l^eu  confiant  dans  une  seule  expérience ,  je  la  répÀai 
ploâienrs  fois  f  j'obtins  constamment  les  mijmas  résulta!»^ 
même  en  variant  les  procédés. 

li  y  par  e^em]Je  ,  je  mis  en  contacr,  à  la  V^mpéra* 


l8o  '  JOURIf  AL 

tare  ordinaire  j  la  pierre  lithographique  pulvérisée  avec' 
une  dissolution  concentrée  de  savon  .^  Après  quelques  jours 
de  contact  je  lavai  à  grande  eau ,  je  fis  même  bouillir 
l'oléo^margarate  formé  avec  une  suflSsante  quantité  d^eau 
distillée.  Après  m^ètre  assuré  que  les  eaux  de  lavage  ue 
contenaient  plus  rien,  je  traitai  le  tout  par  Tacide  nitrique 
étendu  ,  la  décomposition  s'en  fit  bien  à  la  température  or- 
dinaire. Le  lendemain  la  dissolution  nitrique  se  trouva  être 
sumagée  par  de  petites  masses  irrégulières  d'acides  oléique 
et  margariqne  dont  les  parties  extérieures ,  colorées  par  la 
réaction  de  l'acide  nitrique ,  avaient  jauni  légèrement  la 
liqueur.  Ces  acides  furent  séparés ,  lavés  à  plusieurs  re- 
prises y  puis  traités  par  l'alcohol  et  isolés  de  leur  dissolu- 
tion par  les  moyens  ordinaires.  Ds  étaient  alors  très-blancs 
et  jouissant  de  toutes  les  propriétés  des  acides  oléique  ee 
jnargarique. 

Cette  expérience ,  répétée  de  différentes  manières  ,  me 
mit  à  même  d'observer  comment  chaque  sorte  de  pierre 
se  comportait  avec  l'encre  lithographique.  Je  vis  que  celle 
de  Solenhausen  se  combine  beaucoup  plus  facilement  avec 
les  acides  gras  de  savon  que  la  pierre  de  Châteauroux  qui. 
est  beaucoup  plus  compacte  \  car  toutes  choses  étant  égales 
d'ailleurs ,  /obtins  plus  d'acides  igras  de  la  première  quç 
de  la  seconde.  U  ne  faut  pas  admettre  pour  cela  que  la 
pierre  française  éoit  moins  bonne ,  car  pour  que  le  dessin, 
lithographique  fbumisse  de  belles  et  de  nombreuses  épreu-* 
ves ,  la  couche  d'oléo-margarate  de  chaux  n\  pas  besoiu 
d^être  très-'épaisse. 

Si  pour  décomposer  le  sel  gras  calcaire  on  ne  met  pas. 
un  excès  d'acide ,  un  nouveau  composé  prend  naissance  y 
la  partie  d'acides  gras  mise  en  liberté  par  Tacide  nitrique 
se  porte  sur  l'oléo-margarate  non  décomposé,  s'y  combine 
etforme  un sur-margarate  qui  est  très-soluble  à  chaud  dans 
l'alcohol  à  3o^ ,  et  qui  ,  par  le  refroidissement ,  s'en  sépare 
sous  la  forme  deflocons  très-épais,  parfaitementblancs.  L'al^ 


BB     PHARMACIE.  l8i 

coImJ  dont  o&les  sépare  par  la  (lUratioB  en  contient  encore  , 
qu'il  abandonne  par  Tëvaporation  ou  qu'on  peut  facilement 
décomposer  en  y  versant  un  excès  d'acide  nitrique.  La  \ 
Kquevr  parait  d'abord  transparente ,  parce  que  les  acides 
gras  mis  i  nu  restent  en  dissolution  dans  l'alcobol  ;  mais 
si  on  retend  d'eau  elle  se  trouble ,  devient  laiteuse  >  et  les 
add«s  viennent  occuper  sa  partie  supérieure. 

On  pevt  dcmc  conclure  de  ce  qui  précède,  que  les  pierres 
cidcaires  sont  les  seules  bonnes  à  la  lithographie ,  et  que 
parmi  elles  la  chaux  carbonatée  compacte  est  la  seule  qui 
puisse  être  employée  ;  car  tandis  que  la  chaux  carbonatée 
terreuse  et  la  craie  offrent  trop  peu  de  résistance  à  l'action 
de  la  presse ,  qu'elles  se  laissent  trop  pénétrer  par  l'eau , 
ei  que  le  dessus  s'en  détache  facilement ,  la  chaux  carbo- 
natée saccharcMide ,  par  son  tissus  cristallin  etsA  trop  grande 
compacité ,  s'oppose  à  la  combinaison  nécessaire  avec  le 
crayon  gras.  Aussi  les  essais  tentés  avec  les  autres  variétés 
de  chaux  ont-ils  été  infructueux.  On  avait  aussi  annoncé 
que  les  pierres  lithographiques  pouvaient  être  remplacées 
par  des  compositions  particulières ,  par  la  porcelaine ,  les 
fettilles  métalliques,  etc. ,  etc.  Il  n'en  est  point  ainsi,  les 
dessins  obtenus  avec  ces  différens  corps  manquent  de  vi- 
gueur ,  de  netteté,  et  ne^peuveni  fournir  un  grand  nombre 
d'épreuves  sans  s'altérer  de  plus  en  plus.  Si  les.  lithogra- 
phe ,  avant  d'employer  ces  différentes  substances,  eussent 
réfléchi  à  la  nature  de  leur  crayon  ,  à  l'action  qu'il  a  sur  le 
carbonate  de  chaux ,  ils  se  seraient  épargnés  une  multitude 
d'essais  infructueux. 

On  pourrait  également  conclure  de  ce  qui  précède  que , 
dans  le  erajon  lithographique  ,  le  suif,  la  cire  et  la  résine 
sont  inutiles  ;  mais  il  n'en  est  point  ainsi  :  le  savon  seul 
ne  peut  servir  à  dessiner ,  il  a  trop  peu  de  consistance.  On 
ne  pourrait  avec  lui  produire  des  traits  nets  et  délicats  ^ 
leur  teinte  étant  d'ailleurs  presque  semblable  à  celle  de  la 
^erre,  on  ne  pourrait  juger  de  l'effet  du  dessin  ;  mais  ad- 


y 


? 


l^  iOUBNAL 

mettant  qu*il  fût  suffisamment  colon!^  par  ladditHM»  é^ 
de  fumte ,  rien  ne  Te  défendrait  de  Faction  de  Tacf^é 
ti'ique  qu'on,  est  obligé  d'employer  pour  la  prépaFatioi»dës 
pierres  j  une  portion  serait  détruite  et  dÎMOiite  f  d^  «orfé 
ue  les  parties  faibles  et  vaporeuses  pourraient  iBaiB<fH9V 
Fimpression^  Le  suif*  obvie  à  ces  mconvéniena  en  ii^ 
tendant  le  savon  de  Factiom  de  Facide  ;  la  cire  et  la  réfiaa 
laque  servent  à  kii  donner  le  moelleux  et  lar  dureté  né- 
cessaire* 

On  peut  donc  espérer  que  les  Utkograpbes ,  coAluiissamf 
mieux  les  corps  avec  lesquels  ils  opèrent,  pourront  eneèr» 
perfectionner,  soit  lenf  crayon ,  soit  leur  niode  d'opéra-» 
tjon ,.  et  faire  faire  à  leur  bel  art'  un  pas  de  plua  veri  hk 
j^ertection. 

NOTE 

SMn^âilé  éftHf  rMinoità  sttr  té  traitement  da  éuwt^  ûrgeÂ" 
t^9VWpptfi^lé  à  f  affinage  deè  tàoiïhuîek  à  bas'  titre  , 
pmf  M.  ^tftvk^  y-aftàien  préparàfèar  âé  MP.  Tati^Àin ,  éS'^ 
saféàn^  fiértkufHér  du  directeur  dé  laMohrttdt  de  Paris, 

Ge  nouveau,  procédé  d^affina|^#fl  principaleiiHifct  faaJé 
«ur  la  propriété  que  possède  le  sulfate  d'alr^eiitde  9e  rédutréy 
par  le  conuct  de  la  cbaleur  ,  en  acide  sulfuYeiHCven  exo- 
gène et  en  métal ,  tandis  cfuele  sulfate  de  cuivre ,  d'aiUetift 
beaocoup  plus  stable  cpxe  le  préoédtint  y  »e  lakbe  pour  ré- 
sidu de  sa  calcination  que  de  Foxide. 

Ou  pient  remployer  aveo  avMàtagei  toute»  W  foie  ^on 
trouve  dans  le  commerce  ene  gmikle'  <piMtilé  de-Hielièfcè 
iFargent  à  bas  titres. 

Voici  en  qnoi  il  consiste  : 

L'on  commence  par  faire  cbaufiêr  datts  une  moufle  de 
fonte  FaMiage  que  Fout  veui  affiner,,  et  lortq»'il  estauffisam- 
mR.*nt  chatid,  on  le  divise  en  le  frappant  avec  uu  ripfiHKl* 


DE     PHAEHACie*  ^^ 

La  poodfe  cpi  «a  résulte  est  cribîéc  à  Vsiie  4'un  blutea» 
.^Dt  ]e  ti68u  eal  en  fils-deo&r  afin  de  séparer  les  plus  gro» 
fragmens  ;  puis  ,, portée  dans  une  seconde  moufle  plaoée 
dans  uo  fourneau  à  réverbère  et  chauffée  au  roiQ^e  brian  , 
on  étend  la  matière  en  couckes  minces.  Alors  on  projeUe 
Tingt-cHiq  pour  cent  de  soufre ,  et  Ton  remue  avec  u« 
ringard  de  manière  à  mettre  successfremen*  en  cootucC 
arec  le  soufre  toutes  les  portions  de  métal  :  la  combinaisoa 
s^effectne  presque  instantanémeni  avec  dégagement  de  ca^ 
calorique  et  de  lumière  j  et  lorsquVIle  est  terminée  ^  ce 

Île  Ton  reconnaît  aisémont  k  ce  que  la  masse  cesse  alors 
être  incandescente  »  oa  re^re  les  sulfures  formés  »  et 
on  les  projette  dans  des  vases  de  bois  remplis  d'eau.  Les 
sulfures  rrfroidi»  sont  repris  et  divisés  complètement  i 
laide  de  forts  pilons  ou  de  meuTcs  et  tamisés  sous  Feau  v 
la  poudroqui  en^  résulte  est  poptée  dans  la  partie  la  moins 
écfaaufiee  d'upe  grande  moufle  de  fonte  y  placée  dans  uo 
fourneau  à  réverbère^  où  on  Tagite  pour  renouveler  les 
inriaçes.  Ou  y  prqieue  ^  quand  elle  est  légèrement  chaude, 
UQ  mélange  d'eaaet  d  acide  nitrique  dans  la  proportion  do 
3  kilogrammes  d'acide  pour  la  kiloor.  d*eau,  le  toutpouv 
100  kilogrammes  d'alliage.  De  là  formation  de  sulfates  ^ 
eldégagementr  d'abondantes  vapeurs  rutilantes  quoTon  di- 
rige au  moyen  de  conduits  dans  des  chambres  de  plomb  où 
eliessont  employées  à  la  préparation  deTacicfe  sulfurique^ 
la  matière  en  suc^i»ssîvetoertr  fôppwehï^rdo  foyifr,  et  por^ 
tée  peu  à  peu  jusqu'à  la  température  rouge  que  l'on  main- 
tient pendant  environ  quatre  heures.  A  cette  température 
le  sulfate  d*aii^^»4  sa  «ottvetvM-en^aekksiilCareiHli  en  ojii-r 
gène  et  en  métal ,  et  le  sulfate  de  cuivre  en  acide  sulfureux , 
oxîgène  et  oxide  ^  FAi%èfif  riféteUtqiie ,  l'oxide  d'argent, 
Quelque  peu  de  sulfates  et  de  sulfures  non  décomposés 
loiment  le  résidu  :  on  retirer  Tes  matières  de  la  moufle^ 
OD  les  laisse  refroidir  en  partie ,  et  on  les  projette  dans  ust 
U$t  d^  pfomib  contenant  de  Facide  sulfurique  faille ,  que 


i84  JOURNAL 

Ton  a  ëcbauffé  d^ayance  en  y  fiiîsant  arriver  â  Tétat  de  vapeur 
Teau  destinée  &  Tëtendre.  Dans  cette  opération ,  Foxide  de 
cuivre  ainsi  que  les  sulfates  non  décomposés  se  disolvent , 
et  I^rgent  métallique ,  inattaquable  par  Vacide  suTfurique 
faible ,  se  rassemble  au  fond  du  vase  ;  il  n*à  plus  besoin  que 
d'être  lavé ,  sécbé  ,  fondu  et  coulé  en  lingots.  Les  liqueurs 
décantées  à  Taide  d'un  siphon  sont  évaporées  dans  des  chau- 
dières en  plomb  et  mises  à  refroidir  daqs  des  cristallisoirs 
du  même  métal  où  le  sulfate  de  cuivre  se  dépose  en  cris- 
taux  plus  ou  moins  régidic^s. 

Toutefois,  avant  de  procéder  àrévaporation  des  liqueur», 
on  s'assurera  ^  au  moyen  d'une  dissolution  de  sel  marin  ^ 
qu'elles  ne  contiennent  pltis  de  sulfate  d'argent  ;  et  si  elles 
en  contenaient,  on  précipiterait  ce  métal  à  l'aide  de  lames, 
de  cuivre. 

Ce  procédé ,  pour  leqnel  Tauteur  a  pris  un  brevet  en 
1824  9  a  été  employé  avec  succès  &  la  Monnaie  de  Paris  ^ 
et  dans  un  autre  établissement  de  cette  ville ,  à  une  épo- 
que où  les  matières  à  bas  titres  étaient  très-abondantes  dana 
le  commerce  \  par  son  économie  et  sa  rapidité ,  il  a  of- 
fert de  grands  avantages  sur  ceux  qu'on  avait  mis  en  usage 
jusqu'alors^ 

Ce  même  procédé  modifié  peut  être  employé  avec  suc-^ 
ces  au  traitement  des  mines  du  cuivre  argentifère. 

MÉMOIRE 

Sur  les  muriates  ammoniaco^mermriets  ; 

Par  M.  SouBxiRlir. 

L'étude  encore  très-incomplète  qui  a  été  faite  des  muria-^ 
tes  ammoniaco-mercuriels  m'a  engagé  à  soumettre  ce  genre 
de  sels  à  une  nouvelle  investigation  chimique.  On  sait  que 
rhydroehlorate  d^ammoniaque  augmente  la  solubilité  du 


DE   l^flARHACtË.  tSiSf 

toblimé  icorr(»if  ^  ist  que  le  mdange  de  ces  deux  tels  était 
conna  des  chimistes  soas  les  noms  de  sel  alembroth ,  sel 
de  TÎe  y  sel  de  science  ^  sel  de  sagesse  ,  tontes  dénomina^ 
tioos  qui  rappellent  les  propriétés  merveilleiises  qu'ils  at-. 
triboaient  i  ce  corps.  On  préparait  le  sel  alembroth  tantôt 
par  soblimation  et  tantôt  par  simple  dissolution  et  évapo- 
radoQ  du  miirîate  d'ammoniaque  et  du  muriate  de  mer-> 
cnre.  Nous  aurons  Toccasion  de  nous  assurer  que  Ton 
B  obtient  ainsi  que  des  mélanges. 

I)q[»nis  la  création  de  la  ohimie  moderne ,  il  n'a  été  fait 
aucune  nouvelle  recherche  sur  le  muriate  ammoniaco-mer- 
cnriel  solnble ,  et  Texistence  de  ce  sel  est  restée  en  pro* 
blèmc.  En  effet  il  n'était  pas  nécessaire  d'admettre  une 
<X>mbinaison  pour  expliquer  laugmentation  de  solubilité 
du  sublimé  corrosif  par  le  sel  ammoniac.  On  en  pouvait 
trouver  ime  explication  tout  aussi  satisfaisante  dans  la 
différence  physique  qui  existe  entre  l'eau  pure  et  Teau 
chargée  d'hydrochlorate  d^ammoniaque*  M.  Guibourt  a 
fait  à  la  vérité  quelques  essais  sur  la  préparation  du  sel 
alembroth  par  la  sublimation  j  et  ses  expériences  ont  fait 
voir  que  l'on  n'obtient  ainsi  que  des  mélanges  en  propor- 
tions variables. 

Qnaot  au  muriate ^anunoniaco-^merccTriel  insoluble, 
ses  propriétés  ont  été  fort  bien  étudiées  par  Fourcroj  , 
et  l'on  pourra  consulter  le  Mémoire  de  ce  chiiniste,  inséré 
dans  les  Annales  de  chimie  pour  1792.  J'ai  cru  cependant 
de?oir  refaire  l'analyse  de  ce  composé ,  parce  que  j'avais 
en  mon  pouvoir  des  moyens  susceptibles  de- bien  plus 
d%xactitude  que  ceux  dont  Fourcroy  avait  fait  usage  à  cette 
époque  reculée.  M.  Guibourt  a  donné  depuis  une  compo* 
skion  de  ce  sel.  S'appuyant  sur  des  calculs  théoriques,  il  a 
pensé  que  c'était  une  combinaison  de  chlorure  de  mercure 
et  d'ammoniure  de  mercure  unis  k  des  proportions  telles 
que  Fammoniùre  et  l'oxide  renfermeraient  la  même  propor- 
tion de  mercure  ;  que  la  quantité  d'oxigène  de  l'oxide  dans 


rammotitim)  we  tromerflit  Jinlei&efal  celle  iiécesstfife  pour 
porter  tout  le  mercure  a  f  état  4e  peroxlde  ,  et  que  la  quan- 
tité de  chlore  dans  le  cUorure  suffirait  pour  transforiliÀ 
tout  le  mëtAl  en  protocUorurei  On  yerra  que  je  suit  aitiré 
à  des  résultats  différeus. 

Je  dé,criraî  d'abord  les  procédés  analytiques  qui  m'ont 
coQ^iiît  k  connaître  la  composition  chimique  du  murinté 
ammoniaco-mercuriel  soluble.  Tétudierâi  ensuite  ses  prin- 
cipales propriétés ,  pt  je  dirai  enfin  par  quels  moyens  je 
suis  panrenu  à  Tobtenir.  Cette  lùarçhe  paraîtra  d'abord  peu 
naturelle  ^  mais  si  Ton  vetn  faire  attention  que  je  n'ai  pu 
parvenir  a  préparer  ce  sel  qu'à  la  suite  de  tâtonnemens 
miiltifljés ,  çt  que  son  mode  de  fabricaiibn  est  nécessaire^ 
ment  une  coi^e<juence  de  ses  propriétés^  on  sentira  que 
j*ai  du  r€;Jeter  |i1a  fin  de  Ce  mémoire  tout  ce  qui  avait  rap-» 
port  k  la  préparation* 

J§  ^'pccyperai  en  dernier  lii^  de  Tan^lys^e  du  muriat^ 
ippmppiaçQ-mercuriel  insoluble. 

^nc^ljfse  du  muriate  funnioniaço-^mercuriel  ioluble. 

Les  /élémens  qui  composent  le  muriate  ammoniaeo-nier'^ 
curiel  soluble  devaient  être  nécessairement } 
Le  pe^çure  métallique  ou  pià^é  j 

Vapl^nQI^9qU0  \ 

Leeklo^e^ 

£^  peut-être  Ï$ié4^  l^ydvocUoriqu^  et  V^9#f 

}ç  me  suis  occupé  soeeessivemeBt  de  reokepchef'  k»  fM^ 
portions  de  ces  ^HÎiépens  eorps^  l'ai  d'abord  pi^rph^nbé  k» 
cristaux  de  sel  alembroth  ^  et  je  les  ai  desséchés  en  leamc*» 
tant  k  plusieurs  reprises  iU  preste  eatre  quel^w»  4oubIet^ 
de  papier  brouillard.  Quand  il  a  para  qu'ils  ne  donsmnt 

5 lus  dliumidité ,  je  les  ai  laissés  eneore  48  heurtca  y  ave# 
e  la  chaux  Wft^  «rat  le  récipient  dt  la  naelme  fmm^ 


,  npiésqiièl  jeles  ai  en^snnés  daiis  on  flacon  bon-» 
ché  i  rémeri. 

Rm)c  grammes  de  sel  alembroth  ont  été  dissous  da^^ 
fmn  distiHée  et  précipites  par  tin  courant  de  gaz  hjrdro^ 
gène  snifaré.  Le  sulfure  de  mercure  ^  été  reçu  sur  un 
Ikre  dooble  taré ,  puis  il  a  été  séché  k  l'étuve  et  pesé.  Ui^f 
cerufne  quantité  laissée  dans  une  petite  aqtipoulc  de  verj^e  ^ 
chauffé  à  +  vpo"^»  n*a  rien  per^u  de  son  poids. 

Tai  obtenu  par  ce  moyen ,  et  dans  trois  expériences,  df# 
résultats  k  peine  'diâerens.  Chaque  j^ramnie  de  f el  fdoi?t- 
nait  0,5^  grammes  de  sulfure  de  m^ercur^PII  de  miercJiDe 
i|iiéiallîaueo,5ta  gcam. 

Pour  a^/^  iine  wM*«  épp^iwre  de  rexpâri^nee  piiM- 
deate  9  j'ai  pl^é  daiu  ^u  tr€«*petit  «uf^aa  4enx  grajnnea 
de  se|  aJUiphroth  arec  |de  la  potaïae  caustique  k  ralcoiu>l« 
r^fi  tiré  Je  col  4pi  matr#s  k  ]fà  la#iipd  1  4e  mamère  k  le  ré^ 
u^r  dans  une  grande  largemr  ^(Mur  <édter ,  entant  qne 
|f»ssU»U ,  npe  déperdîfjp^  4e  mercure,  l'ai  ubaniTé  ane 
{técai^îon  jk  k  lampe  4  espfii^^e-TÎnt  U  #'e8l  d'abord  àé^ 
f^é  beanpoiip  d'^wnioniiiqMe  et  de  vape«r  d 'een  ^  ol  ia 
Quui^e  a  pria  une  couleur  roug«.  En  angaeentimt  fffttdiielf* 
lepA^at  le  feu,  elle  a  blanchi  epti^Fement,  et  des gUAiJaa 
de  joercnre  sont  Tenus  s'attacher  k  la  ¥0&te  ^at  df  ua  le  eoi 
dp  inatras.  L'opération  étant  te^railnée  ^  j'ai  tiaaaé  rastté» 
iPté  ix^  eol  4u  mandas  ^  et  j'ai  rempU  d'aeide  jieéitqve 
{jjibLe  qui  «^  d^^afs^  Ifi  potaMe  et  a  laîaaé  Aipaaer  faM  !• 
^^le^cu^  et  fin  globule  qui  a  éfié  lavé  ^  séeM  i^t  feaé»   . 

rai.toiyonra  obtenu  piar  eelle  aeeoiide  méAode  nn  peu 
BMHos  de  merowre  que  par  l'hjrdrogène  suMbté  ,  et  il  est 
fccîle  d'en  apprécier  là  eapse.  Quelque  précaution  que 
Feu  prenne^  on  tetuonve  hn^oors  de  petits  globules  de 
Bunauie  dana  la  partie  oepiUfrive  d«  eot  da  marras  ^  ce  qui 
fait  voir  qu'il  a  dû  s'en  répandre  un  peu  dans  l'atmosphère. 
leuaei^  Aea  réâolialB  de  4ea  etaida  OM  tep^lonft  été  a«ses 


î88  JOURIHilL 

rapprochés  des  pnenuers  pour  leur  «enrir  de  preiiye»,  bien 
que  ceux-ci  méritent  la  préférence. 

La  quantité  de  chlorure  a  été  déterminée  par  le  moyen 
ordinaire ,  en  dissolvant  un  poids  <;onnu  de  sel  aicmbroth 
dans  Teau  et  le  précipitant  p^r  le  nitrate  acide  d'argent. 
Chaque  gramme  de  sel  a  donné  de  i,4^  h  i,47  grammes 
de  chlorure  d^argent  5  et  par  conséquent  une  moyenne  de 
0,3612  grammes  de  chlore. 

Tai  reconnu  également  la  quantité  de  chlore  de  la  ma-- 
nière  suivante.  Je  décomposais  un  certain  poids  de  sel 
alembroth  par  Thydrogène  sulfuré  ;  je  recueillais  le  liquide 
et  le  portais  à  Tébullition  pour  chasser  le  gax  hydrosulfu- 
rique.  Cela  fait ,  j^ajoutais  un  excès  de  chaux  vive  dont 
j^avais  pris  le  poids ,  j'évaporais  avec  précaution  et  je  cal- 
cinais. Dans  cette  opération  l'acide  hydrochlorique  décom- 
posait une  partie  de  la  chaux  pour  former  du  chlorure  de 
calcium  qui  restait  mêlé  avec  Fexcès  de  chaux  :  mais  d'a- 
près la  composition  connue  du  chlorure  et  des  oxides , 
chaque  volume  de  chlore  en  se  combinant  aii  calcium  en 
avait  éliminé  un  demi-volume  d^oxigène  dont  il  a  fallu 
tenir  compte  pour  apprécier  exactement  le  poids  du  chlore 
qni  s'était  fixé  sur  le  calcium  ;  de  sorte  que  le  où  Taug- 
mentation  de  poids  par  la  fixation  du  chlore  aurait  dû  être 
égale  au  poids  d'un  volume  de  ce  gaz ,  elle  ne  l'était  réel- 
lement que  du  poids  d'un  volume  de  chlore ,  moins  le 
poids  d'un  demi-volume  d'oxîgène.  Sur  cette  donnée  la 
densité  comparative  du  chlore  et  de  l'oxigène  étant  con- 
nue ,  il- a  été  facile  de  savoir  à  quelle  quantité  de  chibre 
çprre;spondait  l'augmentation  de  poids  de  la  chaux. 

Je  me  suis  servi ,  pour  déterminer  la  proportion  d'am- 
moniaque, de  la  propriété  que  possède  la  potasse  de  décom- 
poser le  sel  alembroth ,  et  de  ceUe  dont  jouit  le  chlore  de 
transformer  le  gaz  ammoniaque  en  azote  et  en  hydrochlo- 
rate d'ammoniaque, 

A  cet  e^et  j'ai,  introdtûty  dans,  un  petit  matras,  le  sd 


4inS>roth  aTef  de  U  poUMe  ii  raleohpl  qpui  avait  d'abord 
été  Condoe  et  ensuite  légèrement  humectée*  J  ai  chaufié 
^ogcement  »  et  J*ai  trailé  le  gaz  ammoniac  qui  s'est  dé» 
^é  par  le  chlore-  D'après  la  composition  connue  de  i  am- 
moniaqoe  et  celle  de  sa  combinaison  avec  Facide  muria- 
tM|ae ,  j*ai  pu ,  en  recueillant  lazote  qui  s'est  produit, 
savoir  quelle  quantité  de  ga2  ammoniac  lui  avait  donné 
naissance.  Xa  réaction  s'établit  entre  3  volumes  de  chlore 
et  8  volumes  d'ammoniaque.  Le  chlore  décompose  2  vo- 
Ijunes  d'ammoniaque  pour  former  6  volumes  d'acide  hy- 
4fochlorique  ,  lequel  se  combine  avec  6  autres  volumes 
4  ammoniaque ,  tandis  que  1  volume  d  aau)te  provenant  de 
rammoniaqne  décomposée  reste  à  l'état  de  gaz.  Ainsi  cha- 
que volume  d'azote  obtenu  dans  l'expérience  représente 
8  volumes  de  gaz  ammoniaque  qui  existaient  dans  le  sel 
décomposé.  On  corrige  d'ailleurs  par  le  calcul  les  difie- 
xeoces  provenant  des  variations  de  température  et  de  près- 
«m  barométrique» 

G»  procédé  est  d'une  eoctrème  précision  ;  mais  pour  en 
lirer  parti  il  faut  prendre  certaines  précautions  que  je  vais 
indiquer. 

Pour  reeoonaltre  avec  certitude  la  prep«tîon  d'azote 
qm  s'est  formée  ,  il  faut  ^ 

l^  S'assurer  de  la  quantité  d^air  existante  dans  l'ap- 
|»areîl  ; 

a*.  Faire  arriver  dans  la  cloche  tout  le  gaz  contenu  dans 
les  vases  ^ 

3\  Empêcher  le  mélange  de  l'air  extérieur  avec  les  gaz 
de  l'appareil. 

On  parvient  k  remplir  ces  conditions  au  moyen  de  l'ap* 
pareil  suivant.  Un  petit  matras  k  essais  d'or  est  coupé  de 
UHuiière  à  ne  conserver  qu'un  col  très-court,  et  il  est  luté, 
extérieurement  avec  un  mélange  de  terre  jaune  et  de  crot- 
tin de  cheval.  On  y  adapte  un  bouchon  percé  de  deux 
XII*.  Année. — Avril  i8a6.  i4 


troQs  ;  Tun  reçoil  un  tube  recourbé  qui  porte  les  ^az  cUn^ 
une  petite  cloche  graduée  sur  la  cuve  hydrargyro-pneuma- 
tique;  Tautre  est  en  forme  d^  S  et  contient  du  mercure; 
son  exirémité  est  terminée  en  entonnoir,  et  celui-ci  se 
trouve  séparé  du  corps  du  lube  par  un  étranglement  très- 
fin.  Ce  second  tube  est  destiné  k  empêcher  la  rentrée  d^ 
Fair  extérieur,  et  à  permettre  de  remplir  tout  Tappareil  de 
mercure  &  la  fin  de  Topératioil. 

On  introduit  dans  le  fond  du  matras  le  sel  ammoniaco^ 
mercuriel  et  la  potasse  ;  on  adapte  le  bouchon  garni  de  ses 
tiibes  et  on  Inte  avec  soin.  Cela  fait ,  on  chauffe  doucement 
à  la  lampe  jusqu'à  ce  quil  ne  se  dégage  plus  dega2.  Alors 
on  remplît  tout  l'appareil  de  mercure  en  le  versant  par 
Fextrémité  du  tube  en  S ,  et  en  ayant  la  précaution  de 
tenir  toujours  Tentonnoir  plein  ,  ce  qui  est  facile  à  cause 
de  Tétranglement  du  tube  qui  ne  livre  k  la  fois  passage 
qu'à  une  petite  quantité  de  mercure.  Par  cet  artifice  on 
remplit  parfaitement  Tappareil  de  mercure ,  sans  qu^il 
puisse  s'y  introduire  d'air  extérieur.  Quand  le  matras  et 
le  tube  sont  pleins  de  mercure,  on  retire  la  cloche  en  même 
temps  que  Ton  continue  à  verser  du  mercure ,  et  Ton  ne 
s'ftrrèie  que  lorsque  la  cloche  n'est  plus  placée  an-dessus 
du  tube  conducteur  *,  car  au  moment  où  l'entonnoir  cesse 
d'être  rempli ,  l'air  se  précipite  dans  l'appareil  et  se  mêle- 
rait aux  gaz  de  l'opération  si  Ton  n'avait  eu  la  précaution 
de  retirer  la  cloche. 

L'on  a  dans  la  cloche  tout  l'air  atmosphérique  qui  était 
renfejrmé  dans  l'appareil  et  le  gaz  ammoniac  que  la  po- 
tasse a  dégagé.  On  y  fait  arriver  un  excès  de  chl^.re  bien 
pur,  et  l'on  agite  pendant  quelque  temps  pour  assurer 
Fabsorption  par  le  mercure  de  tout  l'excès  de  chlore.  Oa 
s'aperçoit  d'ailleurs  que  toute  l'ammoniaque  a  dispaf>a 
quand  il  ne  se  fait  plus  de  nuage  blanc  par  l'arrivée  d'une 
bulle  de  chlore. 

La  réaction  étant  produite  et  l'excès  de  chlore  étant  ab- 


DE    PHARMACIE.  Ipl 

sorbe  par  le  mercure ,  on  mesure  le  gaz  en  tenant  compte 
de  la  pression  de  la  température  et  de  Thumidité.  Cest  un 
mélange  d'azote  et  d'air  atmosphérique.  On  reconnaît  la 
proportion  d'azote  en  remplissant  de  mercure  le  mntras 
contenant  encore  le  résidu  de  l'opération  ,  le  tube  recourbé 
et  la  porUon  du  tube  en  S  qtii  était  vide  ,  et  en  reversant 
(oot  ce  mercure  dans  la  cloche  graduée.  Son  volume  re- 
présente Tair  atmosphérique  de  l'appareil.  En  le  retran- 
chant du  volume  total  du  gaz  on  a  la  quantité  d'azote. 

Le  procédé  que  je  viens  de  décrire  est  très-convenable 
pour  déterminer  les  quantités  d'ammoniaque  dans  la  plu- 
part des  sels  ammoniacaux.  Quand  on  l'applique  a  l'ana- 
lyse du  sel  alembroth>il  est  nécessaire. de  rechercher  par 
le  phosphore  la  quantité  d'oxigène  qui  existe  dans  la  masse 
totale  de  gaz.  C'est  le  seul  moyen  de  s'assurer  qu'une  partie 
•  de  l'oxide  de  mercure  n'a  pas  été  réduite  ,  et  si  cela  était 
arrivé  il  faudrait  en  tenir  compte.  Il  est  aussi  important 
d'éviter  qu'une  partie  de  potasse  ne  soit  portée  jusque  dans 
la  cloche  ;  car  elle  chasserait  du  muriate  d'ammoniaque 
qui  se  forme  k  la  première  arrivée  du  chlore  une  certaine 
quantité  de  gaz  sur. laquelle  le. chlore  réagirait  de  nou- 
veau, de  sorte  que  l'on  obtiendrait  une  trop  forte  propor- 
tion d'azote.  On  se  met  aisément  à  l'abri  de  cette  cause  d'er« 
renr  en  élevant  très-peu  la  température,  en  se  servant  d'un 
tube  conducteur  d'un  diamètre  un  peu  grand  ,  et  en  incli- 
nant sa  branche  moyenne  vers  le  matras ,  de  manière  à  ce 
que,  si  quelque  portion  de  liquide  est  projeté  dans  le  tube  ^ 
il  retombe  dans  le  matras  par  son  propre  poids. 

Puisque  chaque  volume  d'azote  est  le  résultat  de  la  réac- 
tion du  chlore  sur  8  volumes  d'ammoniaque,  il  est  évident, 
ainsi  que  nous  l'avons  déjà  établi,  que  la  quantité  dVnimo- 
niaque  sera  donnée  en  multipliant  par  8  le  volume  de 
l'azote ,  et  en  déterminant  le  poids  de  l'ammoniaque  qui 
en  résulterait. 
Tai  obtenu  par  ce  moyen  ,  dans  plusieurs  expériences , 

•4- 


tdcs  résuUaU  qui  différaieot  à  peine  les  uns  des  autres  ;  et 
cela  se  conçcnt ,  car  Topératiou  remplit  toutes  les  condi*> 
lions  qui  peuvent  en  assurer  Texactitude*  Une  fois  que  Tap» 
pareil  est  établi  ^  tton-seulemem  il  ne  peut  s^y  introduire 
de  corps  étrangers ,  mais  en  outre  il  ne  peut  rien  se  perdre 
des  produits*,  puisque  ceux-ci  sont  reconnus  sans  qu*il  y 
ait  iransfurion  d*un  vase  dans  un  autre* 

^  Un  gramme  de  sel  alembrotk  a  donné  O109  gram»  d*am-* 
moniaquet 

'  En  rapprochant  les  résnltata  obtenus  dans  les  expë« 
riences  précédentes  1»  voit  que  1000  parliea  de  sel  alem*- 
broth  ont  donné  s 

Mercure.   ••.•••.•>••.•     5ia 

Chlore*    ••.... .     36a 

Ammoniaque*  •••%••••••.      90 

£t  comme  Taramoniaque  y  est  sans  contredit  k  Tétat  dliy-^ 
drochlorate ,  le  sel  serait  composé  de  : 

Ammoniaque O9O9 

Acide  hydrochlorique >  •     0,195 

Chlore.  •  » 0,173 

Mercure >..••'..••    o,5is 

Résultat  qui  dénote  une  perte  de  0,0!^  grammes. 

Comme  dans  les  expériences  qui  consistent  à  détermi-:* 
ner  les  proportions  de  chaque  élément  d'un  corps  par  des 
analyses  séparées ,  on  arrive  plutôt  à  avoir  une  augmcn-* 
dation  de  poids  qu^une  perte ,  il  est  permis  de  supposer 
ue  le  mercure  lui-même  était  &  Télat  d^hydrochlorate } 
ans  ce  cas  Tanalyse  aurait  donné  i 

Oxide  de  mercure.  «••••.••     o,55a 

Acide  hydrochlorique b     0,37a 

Ammoniacjae.    .....•»  ^  •  •     ^«090 


dj 


t- 


»>oi4 


• 


BI     i^UvARltAClE.  193^ 

€]elle  supposition  acquiert  plo^  àt  vtletfr  encore  par  let. 
dtax  expériences  sniyantes. 

K  Ton  place  sur  un  poêle  ou  dans  une  étUTebiea  chauf- 
fée  des  cristaux  diaphanes  de  muriateammoniaco-mercuf- 
riel ,  ils  perdent  lenr  transparence  et  ils  deviennent  par* 
£utement  opaques  en  conservant  leur  forme ,.  et  si  en. 
même  temps  on  les  recouvre  d'une  capsule  de  verre ,  sa 
surface  extérieure  se  recouvre  d'une  couche  d*eau*conden<^ 
sée  qui  altère  sa  transparence. 

Si ,  d'autre  part ,  on  pèse  dans  un  verre  de  montre  une 
quantité  quelconque  de  sel  alembroth  pulvérisé  et  sédié^ 
ainsi  que  nous  Tavons  fait ,  on  trouve  qu'après  être  resté 
exposé  à  une  chaleur  de  loo  degrés  il  a  perdu  le  55/ 100. 
de  son  poids ,  et  cette  perte  devrait  être  de  0}o5  si  elle 
est  le  résultat  de  la  transformation  de  l'hydrochlorate  de 
mercure  en  chlorure.  Le  faible  excédant  que  Texpériencç 
a  donné  s'explique  d'ailleurs  par  la  propriété  dont  jouit' 
le  sel  alembroth  de  se  yolatiliser  k  la  faveur  de  la  vapeur 
d'eau. 

Cette  expérience  a  été  répétée  sur  de  nouveau  iel  alem^ 
broth  séché  par  le  même  procédé ,  et  elle  a  donné  des  ré- 
sultats semUi^les ,  ce  qui  ne  permet  pas  de  les  attribuer 
i  de  l'eau  hygrométrique ,  d'autant  mieux  que  toutes  lef 
précautions  avaient  été  prises  pour  qu'il  ne  p&t  çn  rester. 
Je  ferai  observer  en  outre  qu'il  est  peu  probable  que  cette 
eansoit  de  l'eau  de  cristallisation.  La  quantité  en  est  trop 
faible ,  et  son  etistence  en  proportion  convenable  ,  pour 
transformer  le  ehlorure  de  mercure  en  hydrodilorate ,  doit 
fiûre  penser  que  le  muriate  ammoniaco^raercurid  solnbl« 
est  un  hydrochlorate  double..  U  est  formé  de 

I  AtonM  hydrochlorate  de  mercure  , 
4  Atowes  hydrochlorate  d'ammoniaque. 
Sa  composition  est  telle  que  chacun  des  deux  sels  con«» 
Ment  la  même  quantité  4'aciik  hydro«hiorique. 


194  JO.URHAL 

i  h^cxpévlemec  a  donné  :         • 

Hydrochlorate  d^ammoniaque.  •  •  »  •  •     ^SST 

,,  de  mercure 7i5 

La  théorie  indique  : 

Hydrochlorate  d^ammoniaque.  »  .  •  •  .     27$ 

■     ■  de  mercure. 7^7 

Nous  verrons  bientôt  que  la  synthèse  a  confirmé  ces 
résultats.  (  La  suite  à  un  autre  N^.  ) 


ACADÉMIE  ROYALE  DE  MÉDECINE. 

Anaiyse  des  travaux  de  la  section  de  pharmacie  pendant 

le  premier  trimestre  de  tannée  1826. 

« 

Indépendamment  des  mémoires  principaux  dont  nous 
donnons  au  public  une  connaissance  détaillée  y  U  existe 
i|ne  série  de  communications  importantes  ou  de  discus- 
sions lumineuses  dans  le  sein  de  la  section  de  pharmacie*, 
ei dont  la. notice  mérite  égalemfent  de  voir  le  jour.  Ces 
édaircTSsemens ,  qtt*offr&  la  pratique  journali<ère  ou  Tex* 
périencedes  plus  habiles  chimistes  et  pharmaciens,  set^aiént 
anéantis,  si  Ton  ne  prenait  paslesoinde  les  consigner  dans 
les  journaux  scientifiques.  C^est  même  aux  avantages  de 
cette  heureuse  publicité  qu^on  doit  les  éclatans  progrès  de 
Tart  pharmaceutique  ,  puisque  les  recherches  et  les  décou- 
vertes ne  meurent  plus  avec  leurs  auteurs ,  mais  devien- 
nent la  semence  de  nouveaux  perfectionnemens,  et  un  riche 
patrimoine  légué  à  Tavenir. 

Nous  entretiendrons  pareillement  nos  lecteurs  des  faits 
intéressans  qui  auront  occupé  .les  autres  sections  de  TAca-^ 
demie  lorsqu  ils  seront  de  nature  surtout  à  agrandir  le  dor^ 
maine  des  sciences  pharinaceuiiques^ 


DE    PHAKMACIE.  igS 

De»  ezpérieiieet  do  doeteair  Bairy^  sar  t'abaorplion  d«s 
•polBOBS  e|  venins  par  les  bleflvuHres,  ont  prouvé  combîon 
L'emplcM  des  Tenttmses  ei  des  moyens  de  succion  était  puis- 
;8aBt  pour  empêcher  cette  absorption  dans  le  début  seule* 
.mept;  car  il  devient  inutile  lorsqu*on  a  laissé  trop  long- 
^  temps  agir  le  système  absorbant. 

'  ffistorrts  naturelle.  -^  Outre  les  articles  d^k  insérés  dans 
ce  Journal ,  la  section  de  pharmacie  a  reçu  des  recherches 
curieuses  de  M.  Farines  sur  le  cerambix  moschatus  et  sur 
Todeur  de  quelques  autres  insectes.  Nous  en  donnerons  pi  us 
tard  la  communication. 

M.  Lesson  ,  pharmacien  de  la  marine  royale,  correspon- 
dant de  TAcadémie ,  a  présenté  diverses  substances  appor- 
tées de  son  voyage  autour  du  monde ,  sur  la  corvette  la 
Coquille,  Ce  sont  i*.  des  tiges  de  tsetlik ,  slrychnos  tieùte^ 
qui  fournit  l'oupas  j  ce  poison  si  terrible  chez  les  Javarïs  ; 
1**.  une  pierre  de  coco ,  semblable  pour  la  forme  à  un  ceuf 
de  moineau ,  blanche  laiteuse  y  très-lisse  y  très-dure  y  et 
qu^on  prétend  être  foïtnée  au  milieu  de  certains  coc<os  ,  par 
Tacté  même  de  la  végétation  de  ces  palmiers ,  k  peu  jirès 
comme  le'tabaxir  siliceux  des  tiges  de  bambous  (i).  Cette 
pierre  rare  est  très-estimée  des  Indiens  :  M.  Yauquelin  en 
fera  l'analyse  •  3*.  de  Técorcc  de  massoy ,  long-temps  in- 
connue, qu'on  prononce  mo^oA^,  et  qui  est  celle  d'un  laifriér 
très-aromatique;  4*«  la  racine  de  tiiy  espèce  de  maranta ,  fa- 
mille des  scitaminées,  d'où  les  Otahitiens  extraient  une  ma- 
tière sucrée  fermentescible,  comme  on  obtient  de  la  fécule 


(i)  S«:1oi)  JamesoB  ,  cVsl  Popale  ,  hydrate  de  silice,  qui  se  foiToe  dans 
le  bambou  ,  eomane  un  filez  corné  (  hornstone  )  dans  le  bois  de  tek  ^  le 
#arboa»tc  de  ehaaz  daas  la  chara ,  etc. . 


n 


^arro  w-rûot  d^une  au  Ire  rharœnta  y  5^ .  4a  rftttiM  de'ciiiirthga» 
très-«9t]inëesm  Péfou  comm^pumatft  ffibrifugc  :  cWI'uMi^ 
nunea  febrifuga  de  Pavon  ;  6*.  tin  pain  de  fougère  préparé 
avec  la  racine  dtpferis  escuhnia ,  ^of  sier,  par  les  iûsmlàii^li 
de  la  JfouyeHe-Zélailde  ;  ce  paîn  procure  «n  réada  ée 
déjection  si  abondant  qu*il  s'amasse  dansje  rectiim  jii9qii*aii 
voliuM  de  la  tàte  d'ua  hommey  et  tuméfie  ainsi  Tabdonen  ; 
7^  le  fruit  da  tanguin ,  poison  maintenant  analysé  ;  8^.  nnp 
risî^e  inconnue  ;  gP.  la  résme  du  dammara^  espèce  dp 
beau  pm ,  pinus  dcunmara  y  des  Indes-Orientales  ^  elle  est 
translucide  et  dure  ^  fort  abondante  :  on  pourrait  natura- 
liser cet  arbre  Y  dans  le  midi  de  TEurope ,  avec  bien  de 
lavantage  ;  lo^.  la  gomme  de  mimosa  decurrens,  analogv^ 
à  Tarabique  ;  i  !*"«  la  résine  de  hplax^  ou  azarellagummifera^ 
petite  ombellifère  des  iles  Malouines ,  substance  d'un  j^une 
fauye ,  odorante,  assez  innocemment  confondue  avec  1^ 
résine  cacbibou ,  par  le  docteur  M érat ,  dans  le  Diclianr^ 
noire  des  sciences  médicales^  etc. 

•Une  note  de  M.  Guibourt^  sur  la  racine  de  eoïombo^ 
lait  voir  que  la  véritable ,  proveiiam  du  menispermumpah^ 
matum  (coccidus  palmatus  y  Decanjdolle)',  ne  se  trouvie 
presque  plus  dans  le  commerce.  On  vend  à  sa  place  uix 
£eiux  icolombo  y  apporté  des  Etats  barbaresques  ^  et  qui  ^ 
sans  être  une  racine  de  gentiane ,  o£fre  pourtant  de  gran^^ 
nipports  avec  celle-ci.  Tandis  que  Je  "vrai  colombo  présente 
une  teinte  fauve  verdàtre ,  une  saveur  très^amère  et  par- 
fois la  disposition  rayonuée  de  ses  prolongemens  médul- 
laires y  qu'il  noircit  enfin  avec  Tiode  à  cause  de  Vamidon 
qu'il  recèle ,  le  faux  colombo  montre  une  nuance  jaune- 
fauve ,  avec  une  saveur  peu  amère  et  sucrée ,  une  odeur- 
de  gentiane  y  et  Tiode  n  ea  obange  pas  la  coulcuir  ^  par 


IVbs^AQe  d'amidon.  Le  fank  eolotnbo  nbircil  aussi  avec 
lendfarte  dé  fbr;  il  dégage  de  Fommoniaque  par  Tactioa 
dek  poUaase  drastique ,  et  son  tnacérë  aquenx  rou^t  I^ 
fapier  de  toamesol ,  toutes  choses  étrangères  au  ytA 
coloinbo. 

M.  Bfitonart  a  présenté  y  sous  le  nom  de  hablah  «  des 
gausses  astringentes  qui  peuvent  remplacer  la  noix  do 
galle  dans  la  teinture  en  noir,  mais  qui  cependant  lui  sonV 
inférieures  en  qualité.  Ces  gousses  sont  celles  dont  nouk. 
avons  donné  la  description  dans  ce  Journal  en  juillet  iStiS^ 
runecjiîndrique,  sous  le  nom  de  Cassia  sophera^ofti  Cassia 
0rieni<dis ,  Vautre  aplatie  et  étranglée  d*espace  en  espace  y 
sons  la  dénomination  de  mimosa  dneraria.  Toutes  deux 
Tiennent  des  Inde»-Orientales. 

* 

€7iimie^<'-^M.  CbevalHer  avait  montré  un  sucre  concret^ 
bien  cristallisé  et  se  rapprochant  beaucoup  par  ses, quali- 
tés du  sucre  de  cannes  ;  e^était  du  sucre  obtenu  de  Viirino 
d'an  diabétique  qui  buvait  une  tisanne  édulcorée  avec  du 
sirop  de  gomme.  M.  Yauquelin  a  fait  très-bien  observer 
que,  chez  les  diabétiques,  les  organes  de  la  digestion 
B^ajant  qu*un  très-faible  pouvoir  d'assimilation  ,  puisque 
Todeur  de  leurs  alimensse  retrouve  aussi  dans  leurs  urine^ 
la  matière  sucrée  de  leurs  boissons  peut,  en  grande  partie, 
passer  indécomposée  jusque  dans  ces  mêmes  iinnes.  IVf. 
Deyeux  a  reçu  jadis  de  M.  Henry  des  urines  de  diabétique 
très-concentrées,  et  contenant  plusieurs  livres  de  sucré  aha- 
lo^e  à  celui  de  raisin  ou  à  la  mannite ,  mais  très-susceptible 
de  fermenter  et  de  donner  de  Talcohol.  Un  diabétique 
rendait  abondamment  de  ces  urines  lorsqù^on  lui  donnait 
do  pain  et  des  farineux  k  manger  ;  mais  il  n^en  était  paîk 
de  même  s*n  était  noum  de  viande  et  d^osmazôme.   ' 


igB  JOURNAL 

Dans  une  analyse  Avl,  papayer  orietstàk  de  Tonraefort  ^ 
cultive  en  France ,  M.  Petit  y  pharmaeioi  à  Corbeil ,  an- 
nonce quHl  y  a  renconlt*é  ^  parmi  d^autrea, substances  ,  I« 
morphine ,  la  narcptine  «  Vacjide  mécoiiiqvLe«.  M.  Vanqaeliti 
a  pareillement  obtenu  de  la  morphine  d*un  extrait  de  pa- 
vots du  midi  de  la  France  9.  et  M.  TiDoy ,  pharmacien  à 
Dijon ,  a  préparé  de  la  morphine  de  nos  parots  indigènes  \ 
cependant  cette  opération  n'a  pas  paru  arantageuse  i 
M.  Chevallier ,  même  avec  l'extrait  de  pavot»  de  Vannée 
i8a5 ,  cpû  a  été  chaude» 

,  Un  travail  analytique  jur  Teau  de  la  Rocheposay ,  par 
M*  Desaux ,  de  Poitiers ,  n'a  point  paru  complet  ;  Tauteur 
annonce  aussi  de  grandes  diSérences  avec  les  recherches 
antérieures  du  docteur  Jolie  sur  cea  mêmes  eaux  miner 
raies  \  elles  méritent  un  examen  ultérieur  plus  appro- 
fondi. 

MM.  le  docteur  Becœur  et  Touchaleaume ,  pharmacien , 
ont  aussi  analysé  Teau  de  Pougues,  près  Chàteau-Gonthier^ 
département  de  la  Mayenne.  Cette  source  est  différente  de 
celle  de  Pougues ,  près  Ne  vers ,  examinée  par  M.  Hassen- 
fratz  (jinnales  de  Chimie ,  t.  I ,  p.  81  ).  Les  auteurs  ont 
trouvé  des  quantités  différentes  de  fer  en  dissolution  dans 
les  divers  canaux  par  lesquels  coule  cette  eau.  De  limpide 
qu'elle  parait  d'abord ,  elle  devient  irisée  à  lair  ;  sa  tem- 
pérature est  de  i!2t^  +  o  centigrades.  Outre  le  carbonate  de 
fer  y  les  réactifs  ont  montré  des  carbonates  à  base  de  ckan% 
et  de  magnésie.  Il  est  probable  que  Toxyde  de  fer  s'y  ren-^ 
contre  à  Fétat  de  proto-carbonate  acidulé  ^  et  la  chaux  , 
la  magnésie  à  l'état  de  bicarbonates  ^  l'eau  peut  aussi  re- 
celer d'autres  gaz  que  le  carbonique.  Au  reste  ces  eaux 
contiennent  jusqu'à  un  grain  et  demi  de  carbonate  de  fer 


DB     PHAKHACIE.  19^ 

par  litre  ^  ce  qui  doit  les  rendre  peu  «fp^ahles  à  boire ,  car 
OQ  admet  rarement  autant  de  fer  dâqis  les  eaux  fermgi- 
Beujes  factices ,  suivant  la  remarque  de  M.  Planche. 

Dans  le  tome  78  des  TransactiqnsphilosppluqueSy  M.  Aus* 
tin  avait  annonce  la  formation  de  Fammomaque  dans  Toxi- 
dadon  du  fer  par  Teau,  avec  le  contact  deFair.  M.  Chqvallier 
a  répété  cette  expérience  avec  soin ,  et  elle  lui  a  donné  les 
mêmes  résultats  \  ayant  aussi  trouvé  cet  alcali  dans  douze 
échantillons  d^oxide  de  fer  natif,  ce  chimiste  en  conclut 
que  dans  toute  oxidation  du  fer  il  y  a  de  Fammoniaque 
formée  \  conclusion  qui  a  semblé  toutefois  prématurée  i 
d'autres  chimistes  de  la  section. 

M.  Chevallier  a  retiré  aussi  des  baies  de  sassafras  ,  au 
moyen  de  l'éther ,  une  matière  grasse ,  cristalline ,  nacrée  ^ 
qui  a  paru  analogue  à  celle  obtenue  d'un  autre  fruit  de 
laurier,  du  péchurim,  par  M.  Bonastre. 

Une  discussion  a  été  engagée  sur  la  ifimjicaiiùn ,  k  Toe- 
casion  du  compte  rendu  par  M.  Dejrosue  d'un  ouvrage  de 
M.  Âubei^r ,  sur  ce  sij^et  \  elle  fait  connaître  que  la 
Uqueur  obtenue  par  l'appareil  de  la  demoiselle  Gervais  , 
de  la  fermentation  vineuse  d'une  cuve ,  étant  distillée ,  a 
Ibami  exactement  ^  à  M.  Yauquelin  y  autant  d'alcohol 
qu'une  pareille  quantité  du  vin  de  la  cuve  ^  d'où  il  suit 
qu'il  y  a  précisément  autant  d'alcohol  que  d'eau  enlevée 
sous  cet  appareil*  Quant  à  l'huile  acre  dont  a  parlé  M.  Au- 
bei^er ,  elle  existe  dans  la  pellicule  même  du  raisin  ;  elle 
se  volatifise  également  dans  la  distillation  des  pommes-de- 
terre  et  de  l'orge  desquels  on  retire  un  alcohol  par  la  fer- 
mentation* M.  Robiquet  rappelle  qu'en  Prusse  on  a  élevé 
des  fabriques  de  vinaigre  avec  de  l'alcohol  faible  seuler 
ment  ^  sans  vin  «  Le  procédé  consigné  dans  la  Pkarmacopéç 


4oV  ~     Jùvhvkt      ■ 

de  Prusse,  fèKm  la  rettiarqùe  de  M.  Lodibert ,  recommtinfaÉ 
remploi  aussi  de  la  crème  de  tartre  dans  le  liquide  alcoho- 
lique  qu'on  fait  passer  à  Tëtat  d'acétiflcatioti.  Selon  M.Yau** 
quelin ,  VeRét  de  la  crème  de  tartre  consiste  surtout  dans 
Ta  division  qu^elle  donne  aux  parties  du  ferment  employé 
pour  cette  préparation. 

Au  sujet  d'une  lettre  de  M.  Colin ,  adressée  aux  Annales 
de  chimie^  M.  Cayentou  publie  ses  recherches  sur  raction 
des  acides  minéraux  concentrés  qui  développent  des  cou- 
leurs particulières  avec  les  matières  animales.  L'acide 
hjdrochlorique  dissolvant  à  froid  Talbumine  glaireuse  ou 
coagulée ,  la  matière  caséeuse ,  la  fibrine,  le  mucus ,  etc. , 
y  manifeste  surtout  une  magnifique  couleur  bleue  k  envi- 
ron 121*  +0,  et  davantage,  mais  non  à  une  température  plaS 
froide.  La  gélatine  et  les  corps  gélatineux  ne  prennent  aucu- 
nement cette  couleur.  L'acide  étant  neutralisé ,  la  couleur 
bleue  disparaît.  De  savantes  recherches  de  M.Vauqueiin  lui 
avaient  déjA  présenté  des  phénomènes  semblables  dans  IW 
lion  de  l'eeide  hydrochlorique  sur  de  la  faritte ,  et  i)^b- 
moins ,  ni  la  fécule  pure ,  ni  le  gllKen  ,  traités  séparément 
par  le  même  procédé ,  ne  développent  de  nuance  bleae* 
Une  matière  -verte  animalisée,  e^èct  de  conferve,  sekm 
M.  Yirey ,  des  eaux  de  Yichy  ^  devient  blene  aussi  par  Va*' 
cideflRUfiatique ,  tandis  que  lea  antres  acides  la  décolorent* 
Jja  matière  4u  cerveau ,  traitée  avec  l'alcohol  par  M.  Vau- 
^elin ,  de  rose  qu'elle  parait  d'abord ,  passe  au  bleu  par 
la  pfuréfaetion» 

M.  Caventou  s'est  encore  livré  à  des  recherches  étendues 
sur  l'amidon ,  le  salep  ,  le  tapioca  et  d'autres  fécules.  Selon 
ce  chimiste,  l'empois  oueoHe  est  une  combinaison  de  fécule 
et  d'eau  ,  m  rrai  hydrate.  L'amidon,  i  loo'  de  chaleur i 


1)E   PtaAUtf AClfe.  90k 

^méni  susceptible  de  dissolation  diiiii  Vestm  mhtmt  fr#Id6; 
lottnùs  à  une  lougué  ëballidon  dans  de  Feaa  ^  l'Amideft 
frocare  ane  matière  cornée ,  soloble  ^  qvA  est  Vamidine  de 
M.deSaussnre ,  espèce  d^amidonmo(fiflé.  M»  Caventou  ne 
croît  pas  qneles  amandes  contiennent  deValbumine ,  contre 
1  opinion  de  MM.  Boullay ,  Soubeiran ,  etc.  ^  par  ce  qa^elles 
ne  bleuissent  pas  ayec  Tacide  hydrochloriqne  ;  mais  les 
antres  substances  contenues  dans  les  amandes  pourraient 
fmpècber  ou  masquer  cet  effet*  L'amidine  rougit  avec  Tiode 
ta  lieu  de  bleuir  comme  le  faitTamidon.  M*  Cayentou  n'a 
point  découvert  de  fécule  dans  le  salep  de  Perse ,  mais  M. 
Plancbe  assure  en  avoir  obtenu  *,  ce  salep  tient  un  principe 
igommeuxsoluble  et  un  autre  peu  soluble^  analogue ,  selon 
M.  Caventou ,  à  la  bassorine  comme  celle  de  la  gomme 
idraganthe.  M.  Guibourt  repousse  cette  dernière  opinion* 
Les  bulbes  d'orchis ,  qui  ont  présenté  de  Tamidon  k  M* 
Vauquelin,n^en  ont  point  donné  k  M.  Robiquet,  diversité 
qui  peut  tenir  à  Tétat  plus  ou  moins  avancé  de  la  végéta* 
tien  de  ces  bulbes.  Au  reste  Fimmersion  dans  de  Teati 
bouillante,  pour  enlever  Todeur  souvent  fétide  de  ces 
tobercnles  ,  métbode   de  fabrication  du  salep  indigène 
recommandée  par  M.  Matthieu  de  Dombasie ,  peut  altérei^ 
aussi  leur  fécule.  Les  divers  sagous ,  non  plus  que  le  ta- 
pioca nWt  présenté  aucune  trace  d^amidon  à  M.  Caventouy 
ce  qui  est  du  i  la  légère  torréfaction ,  sans  doute ,  quW 
lait  éprouver  k  ces  substances  :  il  en  est  de  même  du  ta- 
pioca indigène,  ou  polenta  de  fécule  de  pomme*de-terre 
daprès  le  procédé  de  M.  Cadct-de-Vaux.  MM.  Guibourt 
et  Virey  citent  pourtant  des  sagous  qui  présentent  de  la 
tériiable  fécule.  Au  reste  les  recherches  de  M.  Caventou 
tendent  à  combattre  les  opinions  émises  sur  Torganisation 


202  JOURNAL 

de  la  fëciilé  par  M.  Raspail.  Ce  botahiste  établissait  qu^elle 
est  composée  de  globules  consistant  chacnn  en  un  tégument 
ou  bourse  membraiietise ,  laquelle  contient  une  matière 
goinmeuse,  de  plus  un  principe  volatiK  M .  Caventou  sou- 
tient que  chaque  globule  de  fécule  est  de  nature  homogène; 
dVilleurs  si,  selon  M.  Raspail ,  les  utricules  ou  enveloppes 
de  chaque  grain  de  féeule  se  colorent  seules  par  la  tein- 
ture dMode,  comment,  ditM. Vauque1in,des  dissolutions 
d^amidon,  dans  Teau,  parfaitement  filtrées  et  très-limpi- 
des ,  en  sorte  qu'il  n'y  a  pas  la  moindre  trace  de  ces  vessies 
ou  capsules ,  sont-elles  pourtant  susceptibles  de  bleuir  par 
la  teinture  d'iode  ?» 

M.  le  professeur  Laugier  ayant  examiné  les  cheveux 
d'un  ouvrier  fondeur  en  cuivre ,  y  a  reconnu ,  en  les  faisant 
digérer  dans  de  l'acide  nitrique,  une  quantité  notable  de 
cuivre  qu'il  a  précipité  en  oxide  d'une  couleur  fleur  de 
pêcher ,  par  l'hydrocyanate  de  potasse.  Il  s'y  rencontrait 
aussi  du  fer  et  du  manganèse. 

Le  même  chimiste  a  trouvé  dans  une  concrétion  calcu- 
leuse  des  amygdales ,  rendue  à  la  fin  d'une  angine  tonsil- 
Jaire ,  que  le  phosphate  de  chaux  composait  presque  le 
poids  total  de  ce  calcul ,  avec  un  peu  de  carbonate  calcaire 
et  un  mucus  animal  d'une  fétidité  extrême. 

Le  sang  extrait  des  vaisseaux  capillaires ,  par  les  sang- 
sues, est-il  difiérent  de  celui  tiré  des  veines  du  même 
individu?  M,  Pallas,  pharmacien  militaire ,  s'est  livré  à 
cet  examen ,  et  il  a  reconnu  que  le  sang  des  capillaires  ob- 
tenu par  les  sangsues  tenait  :  fibrine ,  o,3oo  ;  albutnine  et 
matière  colorante,  3,oao*,  .eau,  et  matière  saline,  16,680  ; 
total ,  ao,ooo.  Quant  au  sang  veineux,  il  contenait  :  fibrine 
avec  la  substance  membraniforme ,  o,35o;  albumine  coa- 
gulée et  à  l'état  de  siccité ,  0,606  ^  eau  tenant  en  dissolution 
les  matière^  salines ,  i8,o5o;  total,  19,000.  Ainsi  le  sang 
tiré  par  les  sangsues  est  plus  pesant,  plus  coloré ,  plus  odo- 
rant, plus  visqueux  que  le  sang  des  veines  *,  il  tient  près 


DB     PHABMACIE.  !I03 

ie^  cinq  foia  plaA  d^albumîne  et  de  matière  cc^orante  dans 
les  Taisseaux  capillaires  que  dans  les  veineSé 

Nous  entretiendrons  encore  nos  lecteurs  d*un  travail  de 
M.  Saint-André ,  professeur  de  thérapeutique  k  Toulouse, 
snr  le  sulfate  de  quinine  ,  dans  lequel  cet  auteur  dit  avoir; 
reDCDotré  la  ckaux  également  combinée  avec  la  quinine , 
lacÎBchonine;  d*où  résulterait  une  composition  ternaire 
analogue  &  celle  du  sulfovinate  de  chaux.  Toutefois  les 
commissaires  ont  désiré  des  expériences  ultérieures  faites 
snr  un  svlfate  de  quinine  purifié.  Dans  la  discussion  re- 
lative à  ces  bases  salifiables  organiques ,  M.  Pelletier  fait 
observer  que  les  végétaux  qui  en  contiennent  offrent  tou-, 
jours  une  quantité  surabondante  d*acides  végétaux ,  bien 
que  pVusieurs  de  ceux-ci  méritent  un  nouvel  examen.Tous 
les  v^éuiQX  secs ,  distillés  sans  être  décomposés ,  four- 
nissent de  I  acide  acétique,  comme  le  remarquent  MM.  Yi- 
rej  et  Robiquet. 

La  question  de  Tintroduction  en  France  du  seigle  ergoté, 
la  liste  des  médicamens  qu*on  peut  permettre  aux  confiseurs 
de  préparer  ou  vendre ,  et  d^autres  sujets  sur  lesquels 
S.  Exe.  lerainistrederintérieur  a  consulté  TAcadémie,  ont 
été  élaborées  par  des  discussions  approfondies  dans  le  sein 
delà  section  de  pharmacie.  Plusieurs  mémoires  important , 
insérés  dans  les  journaux  scientifiques ,  attestent  encore 
les  travaux  de  celte  section  de  l'Académie  royale  de  mé- 
decine. Le  premier  volume  des  Mémoires,  qui  est  sous 
presse,  renfermera  pareillement  des  travaux  inédits  qui 
témoigneront  que  la  pharmacie  n'est  nullement  en  arrière 
des  autres  branches  des  sciences  médicales. 

Qu  on  honore  les  hommes,  et  ils  se  rendront  dignes  bien- 
tôt des  honneurs  dans  la  carrière  du  génie  et  du  savoir* 
Les  injustices  qui  dcpouîllei^ient  leur  mérite  des  titres 
qn'il  aurait  su  conquérir  n'auraient  d'autre  but  que  d'a- 
baisser les  tàlens,  sans  les  avilir,  car  ils  déploient  une 
vigueur  qui  leur  est  propre  et  qui  survit  à  leurs  ignobles 
détracteurs.  J.-J.  ViREVé 


'^\  ^OtJKVKL.  BE   Pfti,RlM(ÀCIfi. 

,  Note  relative  au  bicarbonate  de  soude. 

'  Nous  avons  omis  dans  le  dernier  numéro,  en  parlant  du 
bieurbonate  de  sonde ,  très-employé  aujourdliui  comme 
Ikhontriptique ,  ainsi  que  dans  les  affections  de  l'estomac, 
d^annoncer  que  dans  rétablissement  an  Gros  -  Caillon  , 
destiné  k  la  fabrication  des  eanx  minérales ,  les  proprré^ 
tâires ,  ajant  occasion  de  dégager  d'énormes  quantités  d^a^ 
cide  carbonique ,  ont  établi  un  appareil  de  saturation  des- 
tiné k  préparer  en  grand  les  bicarbonates  de  potasse  et  de 
^oude.  Cet  établissement  se  trouve  donc  en  mesure  de 
fournir  ces  sels  aux  pharmaciens  de  Paris  ,  ou  des  dépar* 
temens ,  dans  un  grand  état  de  pureté  et  à  des  conditions 
favorables.  Nous  donnerons  la  description  et  la  gravure  de 
£et  appareil  dans  un  cahier  suivant. 

C'est  par  Un  moyen  analogue  que  le  mèn^e  établissement 
est  parvenu  à  composer  l'eau  magnésienne  saturée. 


ANNONCE  BIBLIOGRAPHIQUE. 

VArt  de  composer  faeilemeni ,  et  à  peu  de  frais  y  les  li* 
'    queurs  de  table ,  les  eaux  de  senteur  ^  et  autres  objeU 
d économie  domestique. 

Troisième  édition,  ornée  de  planches  ;  par  M.  Boucl- 
LOif  -  Lâgrakge  ,  docteur  en  médecine ,  professeur  i 

'  l'École  spéciale  de  pharmacie  ,  etc.  —  Un  voliune  in-8». 
Paris  ,  imprimerie-librairie  de  J.-G.  Dentu ,  rue  des 

~    Petits- Augustins ,  n^.  5.     , 

Cet  ouvrage  étant  bien  connu ,  il  nous  suffit  de  l'an- 
noncer au  public ,  en  déairant  toutefois  que  dans  les 
éditions  subséqueiites  l'auteur  fasse  encore  disparaitre 
jfuelqnes  dénomûnationa  surannées  et  des  fautçs  typogra- 
phiques. J.-J.  V. 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOaÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS  ; 

Rédigé  par  M*  Herat  ,  secrétaire  général^  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL 

De  la  séance  du  i5  mars* 

La  Société  reçoit  plusieurs  journaux  nationaux  et  étran- 
gers relatifs  aux  sciences  chimique  et  pharmaceutique. 

M.  Bonastre  remet  sur  le  bureau  plusieurs  exemplaires 
de  f  on  mémoire  sur  le  Solfia  colorons.  — «  Des  remercimens 
sont  adressés  à  Fauteur. 

M.  Bonriat ,  que  des  affaires  particulières  éloignent  de 
la  Société ,  demande  le  titre  de  membre  honoraire.  — 
Accordé. 

M.  Derheims ,  membre  correspondant  à  Saint-Omer  j 
adresse  des  considérations  chimiques  sur  les  moyens  d'é- 
crire sur  le  papier  ordinaire  en  caractères  indélébiles. 

Renvoyé  à  une  commission. 

Sur  la  proposition  de  M.  le  président ,  la  Société  arrête 
qu'il  sera  envoyé  copie  de  ce  mémoire  à  la  commission 
chargée  par  Tlnstitut  de  faire  un  rapport  stur  le  même 
objet. 

M.  Boudet  oncle  ,  commissaire  près  FAcadémie  des 
sciences  de  Flnstitut,  lit  le  rapport  suivant: 

Xn*.  jinnée.  —  Jyril  1 8aG.  1 5 


aoG  BULLETIN    DES    TBAVAUX 

Le  ministre  de  la  justice  demande,  pour  prévenir  le 
crime  de  faux ,  une  encre  capable  de  résister  à  tous  les 
réactifs  de  la  chiuiie,  ou  un  papier  dans  la  composition 
duquel  entrerait  une  matière  que  les  agens  employés  par 

l^s  faussaires  rendraient  nécessairement  sensible. 

<  ... 

M.  Dutrochet  vient  de  reconnaître  ce  qu^avait  annoncé 
Spallanzani ,  que  chez  les  batraciens  le  fœtus  préexiste  , 
dans  Tœuf  ^  à  la  fécondation  qui ,  comme  on  sait,  n'a  lieu 
qu'après  la  ponte. 

Ce  fœtus  ,  avant  la  fécondation ,  est  d'abord  dans  Toeuf 
un  sac  globuleux  contenant  la  matière  propre  à  la  noiu^ri* 
ture  du  têtard ,  puis  une  sorte  de  polype. 

M.  Leroi  d'Étiolés^-dans  un  mémoire  intitulé  Recherches 
sur  l'asphyxie ,  propose  premièrement  de  n'insuffler  que 
lentement  de  Tair  dans  les  poumons ,  afin  de  ne  pas  en  dé- 
chirer le  tissu  délicat  ; 

a**.  De  substituer,  à  Tinjection  de  la  vapeur  du  tabac  dans 
les  intestins ,  l'emploi  d'une  pile  galvanique  de  quinze  & 
Vingt  couples  d*un  pouce  et  demi  de  diamètre. 

M.  Mirbel  fait  approuver  le  travail  de  M.  Duvau ,  sur 
le  genre  véronique. 

M.  Civiale  lit  un  mémoire  dans  lequel  il  signale  les  dan-- 
gers  de  l'opération  de  la  taille;  on  doit,  dit-il ,  d'autant 
moins  les  dissimuler  maintenant ,  qu'on  peut  avoir  recours 
à  la  méthode  lithontriptique  dont  l'applicauon  n'en  offre  pas 
de  pareils. 

M.  Pinel  fils ,  en  recherchant  les  causes  physiques  de 
l'aliénation  mentale  ,  a  reconnu  que  la  manie  ,  la  mélan- 
colie et  la  démence  étaient  trois  périodes  d'une  seule  ma- 
ladie. 

M.  Segalas  rend  compte  des  expériences  qu'il  a  faites 
pour  résoudre  cette  question  :  Le  sangpeut-il  être  le  siège 
des  maladies  ? 

L*alcohol  et  l'extrait  alcoholique  de  noix  vomique  ,  in- 


D€    LA    SOCIETE    DE    PHAftMX<:iE.  207 

ynUê  dans  les  veines  des  animaux ,  sont  les  |>rincipaux 
agCDS  qu^il  a  empToyés  dans  ces  expériences. 

L'ivresse  et  même  la  mort  qu'a  produites  i'alcobol  lui 
ont  prouvé  que  ce  liquide  occasione  une  véritable  maladie 
da  sang.  Le  tétanos ,  que  l'extrait  de  noix  vomique  déter* 
mine  aussitôt  son  introduction  dans  les  veines  ^  lui  a  paru 
être  nécessairement  le  résultat  d'une  altératiou  du  sang. 

M.  Chevallier  propose  des  moyens  de  recoûnaitre  les 
falsifications  des  actes ,  et  M.  Mérimée,  dans  un  paquet 
cacheté  ,  indique  un  procédé  pour  fabriquer  un  papier  qui 
mettrait  ces  actes  k  l'abri  de  toute  falsification. 

M.  Tkenard  ,  dans  un  mémoire  qui  lui  est  commun  avec 
M«  d'Ârcet ,  donne  un  procédé  k  l'aide  duquel  on  peut  ren^ 
dre  les  pierres  tendres ,  les  enduits ,  les  plâtres ,  d'une 
très-grande  solidité  et  absolument  imperméables  à  l'hu- 
midité. 

Ce  procédé  consiste  à  faire  pénétrer  assez  profondément» 
même  k  plusieurs  pouces  j  au  moyen  d  une  assez  forte  cba« 
leur ,  dans  ces  pierres ,  un  mélange  d'une  partie  d'huile 
f t  de  deux  parties  de  résine. 

On  voit  que  ce  moyen  est  très-propre  k  préserver  d'hu- 
midité les  lieux  bas ,  à  rendre  inaltérables  k  Tair ,  les  sta- 
tues ,  les  bas-reliefs  en  plâtre  j  k  empêcher  l'eau  de  s'échap- 
per des  bassins. 

M.  Dupetit-Thouars,  un  des  commissaires  chargés  d'exa- 
miner le  mémoire  sur  Fluiile  du  cornouiller  sanguin ,  di*^ 
qne  Tidée  d'extraire  cette  huile  n'est  pas  nouvelle ,  qu'elle 
remonte  a  Maihiole  ;  mais  que  depuis  ce  botaniste  on  ne 
s'est  point  occupé  de  tirer  parti  de  cette  huile ,  et  que  par 
conséquent  l'expérience  seule  peut  apprendre  si  la  culture 
du  végétal  qui  la  fournit  sera  avantageuse. 
.  La  Société  reprend  la  suite  de  ses  travaux. 
.  M.  Chevallier  fait  un  rapport  verbal  sur  un  mémoire  de 
M.  Dubuc  ,  membre  correspondant  â  Rouen  ,  relatif  à  la 
fabrication  du  salpêtre. 

i5. 


208  BtJLLETÏN   DES   THAVJIUX 

M.  le  pappm*leur  propose  d'adresser  des  remerclniens  k 
Tauleur. 

XJn  membre  feîl  observer  qvM\  eût  été  k  désrrer  que 
M.  Dubue  eût  déterminé  la  quantité  de  nitre  qae  conte- 
naient préalablement  les  plantes  qu'il  a  exp<5rïmentées , 
pour  apprécier  celle  qui  s'est  formée  pendant  leur  décom-- 
position. 

M.  Robinet  répond  qu'il  est  indifférent  que  le  nitre  soit 
tout  formé  ou  se  compose  pendant  Topération ,  s*il  faut 
toujours  faire  celle-ci  pour  l'extraire  des  plantes. 

M.  Henry  rappelle  un  fait  cité 'par  M,  Proust  :  aux  en» 
virons  de  Madrid  on  récolte  du  nitre  par  le  lessivage  de 
certains  terrains  ;  a|>rès  cette  opération  le  sel  se  forme  de 
nouveau  dans  les  matériaux  épuisés  sans  aucune  addition  de 
matière  animale. 

M.  Blondeau  fait  un  rapport  verbal  sur  un  cahier  dtt 
Journal  de  médecine  de  Toulouse,  et  présente  plus  parti- 
culièrement l'extrait  d'un  mémoire  de  M.  Dupont,  sur  le 
sirop  d'élher. 

M.  Lecanu  fait  un  rapport  sur  les  deux  notes  adressées 
par  M.  Peretti,  de  Rome. 

La  première  tend  k  prouver  que  le  sous-carbonate  de  po- 
tasse cristallisé  di£Rèredu  sous-carbonate  q^ne  l'est  pas. 

La  deuxième  note  a  jpour  objet  une  nouvelle  analyse  de 
la  chair  :  il  en  résulte  que  M.  Peretli  aurait  fait  la  décou- 
verte d'une  matière  cristalline  particulière  et  d'un  acide 
nouveau  différent  de  Tacide  lactique.  M.  le  rapporteur 
pense  que  les  nouvelles  expériences  promises  par  M.  Peretli 
sont  nécessaires  pour  confirmer  ces  faits  curieux.  Il  propose 
d'adresser  des  remercimens  à  l'auteur. 

M.  Pelletier  ne  considère  pas  comme  impossible  qu*fl 
existe  un  carbonate  intermédiaire  entre  ceux  déjà  connus. 
Il  propose  d'imprimer  dans  le  Bulletin  des  travaux  le  second 
mémoire  de  M.  Peretti. 

Ce  travail  est  renvoyé  à  la  commission  de  rédaction. 


BR    LÀ    SOCIETE    DC    PHAHMAGIE.  20^ 

M.  Sonbeiran  communique  un  rapport  sur  un  mémoire 
ie  Boissenot  et  Persot*  Il  conclut  comme  ces  jeunes  chi- 
mistes que  la  matière  qu^ils  ont  examinée  est  de  nature 
particulière  ;  qn^elle  n^existe  pas  dans  Phuile  récente  , 

nais  seulement  dans  celle  qui  a  été  longtemps  exposée 

1»  • 
air. 

M.  Dnblanc  fait  un  rapport  sur  la  nouvelle  analyse  delà 

digitale  pourprée ,  par  M.  Dulong,  d'Âstafort.  hL  le  rap« 

porteur  pense  que  la  matière  obtenue  par  ce  pharmacien., 

et  qu^l  regarde  comme  le  principe  actif  de  la  planle^ncst 

point  nn   principe  immédiat  pur,,  et  que  de  nouvelles 

recherches  sont  nécessaires  pour  fixer  Tôpinion  à  cet  égard*. 

H  propose  dlnviterM»  Dulong^à  s'y  livrer.. 

M.  Chevallier  annonce  qu'il  a  répété  depuis  la  dernière 
séance,  et  en  présence  de  IVL  Raymond ,  le  procédé indir 
que  pour  la  confection  de  l'onguent  meccuriel,.  et  qu'il  a 
de  nouvjean  parfaitement  réussi^. 

M.  Casaseca  lit  une  note  en  réponse  à  celle  insérée  par 
M.  Boullay  dans  le  Bulletin  du  Journal  de  Pharmacie, 

M.  Durosier  rend  compte  de  l'examen  qu'il  a  fait  d'une 
matière  qui  est  renfermée  dans  les  eaux  thermales  de  Dax. 
Cette  substance  estunhydrophyte  (  Tanabaine  thermale). 

DE  LÀ  RÉACTIOIi 

Du  nitrate  d'argent  et  des  substances  vçgétales  y.  par 
M,  J.-L.  Càsàsecà ,  de Salamanque  ylicencié-ès-sciences 
de  la  Faculté  de  Paris ,  élèue  de  M,  Thenard. 

M.  Sementini  parait  être  jusqu'à  ce  jour  le  seul  chikniste 
qui  se  soit  occupé  de  recherches  suivies  concernant  la 
réaction  du  nitrate  d'argeui  et  des  matières  organiques.  H 
a  conclu  de  ses  expériences  ,  publiées  dans  le  journal  de 
Pharmacie ,  que  les  extraits  végétaux  agissent  sur  le  nitrate 


atO  B0LLETÏN    DES    TRAVAÛit 

d'argent  principalement,  en  déterminant  la  séparation  de 
Foxide  avec  lequel  les  snbstances  végétales  se  combinent 
de  manière  à  produire  un  composé  particulier  doué  dé 
propriétés  médicales  asse^  remarquables. 

MM.  Payen  et  Chevalier  ont  fait  observer, relativement  a 
ce  travail ,  que  les  effets  produits  par  le  médicament  de 
M.  Sementirii ,  pourraient  être  attribués  tout  k  la  fois  à  la 
présence  de  Toxîde  d'argent  et  à  celle  du  chlorure  prove- 
nant de  la  double  décomposition  du  nitrate  et  des  hydro- 
chlorates,  qui ,  selon  eux  ,  font  toujours  partie  des  extraits, 
bien  que,  selon  M.  CaVentou, quelques-uns  et  particulière- 
ment lextraîl  de  chiendent  préparé  avec  de  l'eau  de  Seine 
s'en  contienne  pas.  Mais  les  observations  de  ces  chimistes 
n'appuient  ni  ne  combattent  l'opinion  émÎ8eparM.Sémen- 
tiui  relativement  à  la  réaction  du  sel  d'argent  et  des  ma- 
tières organiques* 

Cependant  comme  M.  Sementini  n'^a  fait  aucune  expé- 
rience positive  dans  le  but  de  déterminer  avec  précision 
l'état  sous  lequel  existe  l'argent  dans  le  composé  qu'il  pro- 
pose d'employer  pour  les  besoins  de  la  médecine ,  it  m^a 
semblé  qu'il  serait  intéressant  de  tenter  quelques  essais  à 
cet  égard ,  car  la  faible  affinité  de  l'argent  pour  Toxigène  et 
la  facile  réduction  de  l'oxide  d^or  par  les  matières  végé- 
tales ,  permettait  de  supposer  que  l'argent  se  trouvait  dans 
ce  médicament ,  non  pas  à  l'état  d*oxide ,  comme  l'avait 
pensé  Mi  Sementini ,  mais  à  l'état  métallique. 

Ces  considérations  m'ont  engagé  à  entreprendre  les  re- 
cherches dont  je  vais  avoir  l'honneur  de  présenter  les  prin- 
cipaux résultats  k  la  société  ,  la  priant  de  vouloir  bien  les 
accueillir  avec  indulgence. 

J'ai  opéré  sur  le  thé ,  le  café ,  la  noix  de  galle  ,  la  racine 
de  réglisse,  le  tournesol,  l'alcohol ,  le  vin,  la  colophane, 
l'amidon  ^  le  sucre  et  la  gomme.  Si  la  substance  organique 
était  solubleje  la  faisais  dissoudre  et  niôlais  la  liqueur  avec 


DE    Là  SOCIETE    DE     PHÂKMACIE.  211 

«B  ?oliiBie  ^al  au  sien  de  dissolution  de  nitrate  d'argent  (i) 
saturée  k  la  température  ordinaire,  ou  si  elle  était  insolu-* 
ble  j'en  mêlais  5  grammes  arec  o,l>t.as  de  dissolution  d  ar- 
gent. 

Ces  diverses  substances  n'ont  point  exercé  sur  le  nitrate 
d'argent  une  action  également  énergique ,  mais  elles  ont 
tontes  éprouvé  une  altération  sensible,  elles  ont  changé 
de  couleur  et  n'ont  point  tardé  à  devenir  d'un  brun  plus 
ou  moins  foncé.  Les  uns  ont  produit  sur-le-champ  un  pré* 
eipité  abondant ,  d'autres ,  au  contraire ,  n'en  ont  produit 
tm,  même  assez  léger,  qu'au  bout  de  plusieurs  jours  de 
contact* 

Le  thé,  le  café,  l'infusion  de  noix  de  galle  «  sont  les 
matières  dont  l'action  est  la  plus  rapide ,  aussi  les  choisi-^ 
rai-jede  préférence  pour  décrire  les  phénomènes  qui  se 
passent  dans  cette  sorte  de  réaction. 

La  teinture  alcoholique  de  noix  de  galle  mêlée  k  la  disso- 
lution de  nitrate  d'argent  s'est  troublée  rapidement,  et  le 
précipité,  d'abord  brunâtre,  au  bout  de  5  minutes  était  de- 
venu complètement  noir.  Ce  précipité  lavé  pour  enlever 
les  dernières  portions  de  nitrate  d'argent  non  décomposé, 
a  été  partagé  en  deux  parties.  La  première ,  traitée  par  l'a- 
cide nitrique  ,  s'est  dissoute  avec  dégagement  d'acide  ni-» 
treaz;  et  la  liqueur,  essayée  par  l'acide  hydro-chlorique , 
a  fourni  un  précipité,  blanc  cailleboté  ,  insoluble  dans  l'a- 
cide nitrique ,  soluble  dans  l'ammoniaque ,  et  dû  évidem- 
ment à  la  présence  de  l'argent.  Mais  comme  l'acide  nitreux 
aurait  pu  provenir  de  la  décomposition  de  l'acide  nitrique 
par  les  matières  organiques ,  pour  reconnaître  si  l'argent 
txisUit  dans  le  précipité  à  l'état  méullique ,  j'ai  traité  l'au- 
tre portion  de  ce  même  précipité  par  l'ammoniaque  li- 
quide. Celle*cin'a  rien  dissout,  ainsi  l'argent  trouvé  dans 


(i)  La  pterre  infernale  et  le  nitrate  dVgeot  cristallise  produisent  les 
uérocs  effets.  > 


313  BULLETIIV   DES    TOATÀUX 

le  précipité  y  existait ,  non  à  l*état  d  oxide  ,  mais  i  Tétat 
métallique. 

Une  observation  assez  remarquable ,  e*est  qne  Fammo- 
niaque  versée  dans  le  mélange  des  deux  liquides  tenaolea 
suspension  le  précipité,  détermine  à  Tinstant  même  à  sa 
surface  la  formation  de  paillettes  douées  de  brillant  métal- 
lique :  La  potasse  et  la  soude  produisent  le  môme  phéno- 
mène, mais  d'une  manière  moins  marquée.  Cet  effet  parait 
dû  â  la  réaction  de  ces  basrs  sur  la  matière  végétale  par 
suite  de  laquelle  l'argent  métallique  se  trouve  mis  à  nu,  oa 
plutôt  à  la  saturation  de  l'acide  nitrique  de  manière  à  l'em- 
pèclicr  de  réagir  sur  l'argent. 

Si  mon  compatriote,  M.  Orfila,  dans  son. excellent 
ouvrage  de  Toxicolc^e ,  dit  que  l'infusion  alcoholique 
de  noix  de  galle  n'occasione  aucun  changement  sensible 
dans  la  dissolution  de  nitrate  d'argent,  c'e^t  que  sans  doute 
ne  s'étant  servi  de  cette  dissolution  que  comme  réactif,  il 
ne  l'aura  employé  qu'en  trop  petite  quantité  pour  que  le 
phénomène  ait  été  sensible  (i). 

L'infusion  de  thé  (  poudre  à  canon  )  fournit  instanta* 
nément  par  son  mélange  avec  le  nitrate  d'argent  un  préci- 
pité floconneux  passant  rapidement  au  noir  et  analogue 
à  celui  qu*on  obtient  avec  la  noix  de  galle.  Mais  il  offre 
cela  de  remarquable  que  si  Ton  agite  la  liqueur,  k  l'époque 
où  le  précipité  est  bien  formé  de  manière  à  le  mettre  eu 
suspension ,  et  si  l'on  verse  dans  la  liqueur  quehfues  gouttes 
d'ammoniaque,  on  voit  à  Tinstant  même  se  former  une 
pellicule  métallique  douée  du  plus  grand  éclat  et  dans  la-* 
quelle  les  objets  se  reflètent  parfaitement.  L'expérience 
peut  devenir  plus  curieuse  en  pron^nant  à  la  surface  da 


(i)  J^obsenreraî  encore  que  M.  OrfiU  ,  daos  le  même  article,  dit  que 
Fammoniaque  ne  trouble  pas  le  nitrate  dWgent,  ce  qui  de'peod  de  la 
solubilité  du  nitrate  ammoniacal  forme.  M.  Orfila  aura  sans  doute  em- 
pk»jrd  dans  cette  expérience  un  exc^s  d''ammoniaque  ,  car  si  Toa  a  soio 
île  la  verser  goutte  à  goutte  on  obtient  un  précipité  d^oxide. 


DK   XA    SOCIKTC    HE    PHAnMACIE.  2l3 

Ifqniclc  un  corps  quelconque  seulement  imprégné  d^nm- 
momaqne;  lu  vapenr  ammoniacale  suffit  alors  pour  faire 
naUre  la  pelKculc  argentine  ;  le  mélange  abandonné  k  lui* 
même  roarnirait  encore  une  semblable  pellicule ,  mais  ao 
bout  de  plasîeurs  heures  seulemexU ,  en  sorte  que  Tammo*. 
niaque  ne  fa»t  qu'en  hAter  la  production. 

L'extrait  de  chiendent  préparé  avec  de  Fean  distillée  et 
délayé  dans  la  plus  petite  quantité  possible  d'eau  distillée, 
(barnit  an  bout  de  quatre  jours  par  son  mélange  avec  la 
dissolution  de  nitrate  des  paillettes  douées  de  brillant  mé-* 
tallique.  Le  précipité  formé  se  conduit  avec  l'acide  ni- 
trique pur  comme  ceux  examinés  précédemment^  avec  cette 
seide  différence  que  la  dissolution  n'est  pas  totale ,  et  qu'il 
reste  an  fond  du  verre  un  précipité  blanc  de  chlorure 
d'argent ,  du  sans  doute  à  la  présence  de  l'hydrochlorate 
dans  l'extrait. 

Si  Ton  met  les  substances  qui  font  robjet  de  cette  note 
en  contact  avec  Thydrate  d'argent  nouvellement  précipité, 
il  ne  se  maivfeste  aucun  phénomène,  même  après  i4  heures 
de  contaet.  La  potasse ,  la  soude  et  l'ammoniaque  ne  font 
point  paraftre  de  pellicule  métallique. 

La  lumière  d'ailleurs  ne  joue  aucun  rôle  dans  cette 
réaction ,  ainsi  que  je  m'en  suis  assuré  par  une  expérience 
directe.  J^ai  pris  un  flacon  à  l'émeri  de  o,'*^  i  de  capacité 
recouvert  d'un  papier  noir,  et  fy  ai  introduit  successive- 
ment o,''^o5  de  nitrate  d'argent  dissous  et  d'infusion  de 
thé  ;  je  l'>^i  bouché  et  tenu  dans  un  lieu  obscur.  Au  bout 
de  5  minutes ,  la  réaction  avait  eu  lieu  comme  lorsque 
j'opérais  avec  le  contact  de  la  lumière. 
Il  résulte  des  expériences  ci-dessus  : 
1*.  Qne  les  matières  végétales  décomposent  plus  on 
moins  rapidement ,  à  la  température  ordinaire  ,  le  nitrate 
d'argent  en  ramenant  l'oxide  â  l'état  métallique,  souvent 
pourvu  de  l'éclat  qui  lui  est  propre ,  sans  que  la  lumière 
entre  pour  quelque  chose  dans  ce  phénomène  ^ 


!ïl4  BULLETIIf    DES    TKAVAUX 

a"*.  Que  raddition  de  la  potasse  ,  de  la  sonde  ^  ei  pria- 
cipalemem  celle  de  rammoniaqne  ^  déteinûiieul  d'une  ma- 
Bière  plus  sensible  la  production  de  ce  phénomène  arec 
des  circonstances  parfois  asse&  remarquables. 

3*^«  Que  rhjdrate  d'oxide  d'argent  ne  parait  pas  être 
ramené  à  l'état  métallique  ,  sans  doute  en  raison  de  ce  que 
te  contact  est  moins  immédiat. 

'  4^.  Que  Pefficacité  du  médicament  proposé  par  M.  Se- 
mentini  parait  due  principalement  à  la  présence  de  Tar- 
gent  métallique  dans  un  grand  état  de  division.  Il  serait 
peut-être  k  désirer  d'après  cela  qu'on  essayât  d'employer 
l'argent  divisé  dans  le  traitement  des  épilepsies  comme  on 
emploie  l'or  dans  le  traitement  des  uialsL^essyphUUiques. 

DE  LA  FORMATION 

D'une  matière  solide  particulière  dans  Thuile  essentielle  de 
térébenthine  exposée  au  contact  de  tair  ; 

Par  M.  BoisstffOT y  préparateur  de  chimie  au  Collège  de  France, 

et  M.  Pbbsot  ,  aide-pn^parateur. 

Les  expériences  de  IVL  Théodore  de  Saussure ,  publiées 
dans  le  treizième  volume  des  Annales  de  chimie  et  de 
physique ,  ont  fait  voir  que  les  huiles  essentielles  aban- 
données au  contact  de  l'air ,  en  absorbent  l'oxigène ,  s'é- 
paississent et  finissent  au  bout  d'un  temps  plus  ou  moins 
considérable,  par  se  transformer  en  des  composés  solides, 
assez  analogues  aux  résines^  mais  on  n'en  ignore  pas 
moins  la  véritable  nature  des  produits  qui  se  forment  dans 
ces  sortes  de  réactions.  On  n'a  fait  jusqu'à  ce  jour  aucune 
expérience ,  dans  le  but  de  déterminer  si  l'oxigène  ne  fait 
que  se  fixer  sur  l'huile  essentielle,  de  manière  à  produire 
im  composé  imique  plus  ou  moins  oxigéné ,  ou  si  l'ab-* 


DE    LA    SOCIKTE    DE    PHAR1IIA.CIE.  11X3 

aorpdon  de  Toxigène  détermine  en  outre  un  changement 
d^équilibre  entre  les  élémens  de  L'huile  essentielle,  d'oà 
résulterait  un  certain  nombre  de  produits  nouveaux ,  pins 
ou  moins  différens  du  corps  qui  a  servi  i  leur  formation. 
Aucune  de  ces  opinions  ,  dans  Tétat  actuel  de  la  science  , 
ne  parait  appuyée  de  preuves  capables  de  la  faire  admettre 
de  préférence  à  Vautre.  Il  semblerait  cependant,  diaprés 
les  expériences  dont  nous  allons  avoir  Thonneur  de  faire 
connaître  à  la  société  les  principaux  résultats,  qu'on  de- 
vrait préférer  la  dernière  ;  c'est  du  moins  ce  qui  résulte 
d'une  observation  que  nous  avons  eu  récemment  Toccasion 
de  faire  sur  Thuile  essentielle  de  térébenthine ,  qui  était 
resiée  pen4ant  long-temps  exposée  au  contact  de  Tair;  elle 
avait  donné  naissance  à  une  petite  quantité  d'acide ,  et  i 
une  matière  solide  particulière ,  douée  de  propriétés  asses 
remarquables. 

En  distillant  une  certaine  quantité  de  cette  huile  essen- 
tielle, no«s  avons  obtenu ,  principalement  à  la  fin  de  To- 
pera lion  ,  une  certaine  quantité  de  liquide  aqueux ,  sensi- 
Mement  incolore  et  très-acide ,  qui  est  venu  se  rassembler 
i  la  partie  inférieure  du  récipient,  où  il  se  trouvait  surnagé 
far  Vhnile  essentielle  elle-même. 

.  Ce  liquide ,  saturé  par  la  potasse  ,  fournissait  après  son 
jévaporation  une  masse  déliquescente ,  possédant  toutes  les 
propriétés  de  l'acétate  de  potasse  ,  et  dont  l'acide  sulfuri- 
qne  dégageait  d'abondantes  vapeurs,  faciles  à  reconnaître 
pour  de  l'acide  acétique,      s 

Mais  lorsqu'on  le  mettait  en  contact  avec  certains  jréac- 
tifs ,  et  particulièrement  avec  l'acide  sulfurique ,  il  se  com- 
portait d'une  manière  particulière  ;  en  sorte  qu'il  paraissait 
évidemment  contenir,  outre  l'acide  acétique,  une  substance 
étrangère.  Pour  séparer  cette  substance ,  nous  avons  d'a- 
bord essayé  l'évaporation  de  ce  liquide  acide ,  sous  le  ré- 
cipient de  la  machine  pneumatique,  au-dessus  d'une 
capsule  contenant  de  l'acide  sulfurique  5  mais  ce  procédé 


II 6  BULLETIN    DES  TRAVAUX 

ne  nous  a  pas  réussi ,  la  matière  que  nous  cherchions  it 
obtenir  s^est  vohitilisée. 

Nous  avons  alors  exposé  une  nourell»-  quantité  du  li- 
quide à  Faction  d'une  basse  température,  en  te  soumettant 
pendant  quelques  jours  à  un  froid  de  7*  au-dessowsde  zéra. 
Au  bout  de  ce  temps ,  il  s'était  déposé  une  assez  grande 
quantité  de  cristaux  y  qu'on  a  facilement  séparés.du  liquidé 
par  le  moyen  de  la  décantation,  et  qu'on  a  séchés  ayec  du 
papier  Joseph,  et  abandonnés  au  contact  de  l'air  pour  les 
priver  dé  Thuile  essentielle  qu'ils  avaient  entr^^ée  (ï)» 

Ces  cristaux ,  tout-à-^fait  ineolores ,  et  parfaitement 
transparens  y.  se  présentent  sous  la  forme  dé  prismes  vec- 
tangulaires,  à  base  perpendiculaire  à  l'axe,  et  se  groupent 
le  plus  ordinairement  par  leur  base,  au  nombre  de  cinq  à 
six.  Ils  n'ont  aucune  espèce  d'odeur  ou  de  saveur ,  se  fon- 
dent à  i5o  "*  centigrades ,  se  volatilisent  san»  décomposi* 
tion ,  entre  le  iSo**  et  r5S*. 

Projetés  sur  les  charbons  încandescens ,  ils  se  fondent 
et  se  volatilisent  sans  s'enflammer. 

L'eau  froide  ne  parait  pas  les  dissoudre  sensiblenu^nt, 
Feau  bouillante ,  au  contraire ,  les  dissout  en  très^grande 
proportion ,  et  les  laisse  déposer  presque  en  totalité  par  le 
refroidissement.  Il  en  est  de  même  de  Falcohol  etdel'éther, 
et  ces  diverses  dissolutions  essayées  par  les  réactifs  colores» 
ne  manifestent  aucun  signe  d'acidité  ou  d'alcalinité. 

Traités  par  l'acide  nitrique ,  très-<5oncentré ,  ces  cris- 
taux se  dissolvent  complètement  à  la  température  ordi- 
naire, sans  produire  de  dégagement  de  vapeurs  rutilantes, 


(i)  MM.  Bussy  et  Lccaou  ,  dans  le  courant  des  recherches  dont  ils  se 
sont  occupes  dans  ces  derniers  temps  sur  Tes  huiles  essentielles ,  ont  ea 
l'occasion  d^obsenrer  rcxistencc- d'une  matière' solide  cristalline  dans  de 
rhiiile  essentielle  de  tërëbc ntbine  ,  et  ils  nous  en  ont  montré  un  liacon 
dont  les  parois  en  étaient  encore  recouverts.  Qtioit^uMls.  ne  Paient  point 
examinée ,  il  est  probable  que  la  matière  observée  par  ces  cbimistes^ 
était  analogue  à  celle  dont  nous  nous  occupont. 


DE   tk   SOCIETE    DE    t^HAKHAClfi.         !1I7 

^  sans  paraître  altérés  ;  en  élevant  la  température ,  la  réac- 
tion ne  tarde  point  i  se  déterminer,  et  il  se  développe  une 
odenr«ualogue  à  celle  qu*on  remarque  lorsqu^on  enflamme 
Tessence  de  térébenthine  par  Pacide  nitrique* 

Uacide  sulfarique  concentré  les  dissout  aisément,  et 
^icqniert  une  belle  teinte  rou{;e  assez  foncée;  en  élendanX 
d^eau  la  liqneur  acide ,  elle  se  trouble  et  laisse  précipiter 
une  matière  résinoïde ,  tout-à-fait  différente  de  la  matière 
primitivement  employée. 

L«cide  hydrochlorique  forme  un  magma  gélatineux ,  ec 
ne  les  dissout  bien  qu'ï  Taide  de  la  chaleur  ;  Tacide  acéti- 
que^ au  contraire,  les  dissout  aisément ,  même  k  froid  ;  et 
ce  fait ,  joint  à  sa  solubilité  dans  Feau ,  explique  rexistence 
delà  matière  k  Tétat  liquide  dans  le  produit  aqueux  de  la 
distillation  de  Thuile  essentielle  de  térébenthine. 

Les  dissolutions  concentrées  de  potasse  et  de  soude  ne 
paraissent  en  aucune  manière  susceptibles  de  réagir  sur 
cette  substance.  Ellles  les  dissolvent  lorsqu'elles  sont  éten- 
dues, sans  doute  en  raison  de  Teau  qu'elles  contiennent. 

Chauffés  de  manière  à  être  décomposés,  1^  cristaux  dont 
nous  venons  de  faire  connaître  les  principales  propriétés  , 
fournissent  les  produits  qui  résultent  de  la  décomposition 
de  presque  toutes  les  matières  organiques  ,  c'est-à-dire  de 
l'hydrogène ,  di|  carbone  et  de  Toxigène  ;  cette  dernière 
«uLslance  s  y  trouve  même  en  grande  proportion ,  autant , 
da  moin»,  qu'il  nous  a  été  possible  d'en  juger  par  quelques 
légers  essais;  car  la  petite  quantité  de  matière  que  nous 
avions  à  notre  disposition  ne  nous  a  pas  permis  d'en  faire 
J'analyse  exacte. 

Il  restait  à  s'assurer  si  la  matière  cristalline  est  véritable* 
ment  le  résultat  de  l'altération  produite  par  l'air,  ou  si 
elle  existe  primitivement  dans  Thuile.  Des  expériences  ont 
fait  voir  que  cette  matière  ne  se  trouve  pas  dans  l'huile  de 
térébenthine  récemment  distillée,  tandis  qu'on  la  retrouve 
dans  toutes  les  essences  qui,  préparées  depuis  long-temps, 


ai8        BULLETIN  DÈS  TRAVAUX 

-semi  rostres  soumises  plus  ou  moins  de  temps  a  TacdMi 
deFair. 

Il  serait  intéressaut  de  savoir  si  la  matière  cristalline  de 
Hiuile  essentielle  de  térébenthine  se  forme  également 
dans  les  mêmes  circonstances,  avec  toutes  les  autres  huiles 
essentielles  ;  aussi  comptons-nous  poursuivre  nos  recher- 
ches à  cet  égard.  Aussitôt  que  nos  occupations  particulières 
nous  le  permettront  j  nous  aurons  Thonnenr  de  faire  con- 
naître à  la  société  les  résultats  qu'elles  pourront  nous  of- 
frir ,  s'ils  méritent  de  fixer  quelques  instans  son  attention. 


EXTRAIT 

Des  journaux  aîUmands  envoyés  h  la  Société  de  Phar^ 
macie ,  par  M.  Geiger  ,  professeur  à  Heidelberg» 

ANltÉE  iftaS. 
Traduit  par  M.  Dcblarc  jeuDc  ,  rapporteur. 

Préparation  de  Téûiiops  minéral. 

M.  Geiger  emploie ,  pour  la  préparation  de  Téthiops 
minéral  (sulfure  noir  de  mercure)  un  procédé  qui  ne  dif- 
fère de  celui  qui  a  été  donné  par  M.  Destouches  {Btdietùt 
de  Pharmacie^  i^e.  année)  que  par  la  base  de  Thydro- 
sulfate  dont  il  se  sert  pour  intermède.  M.  Destouches  tri- 
turait dans  un  mortier  de  marbre  parties  égales  de  soufre 
sublimé  et  de  mercure  ,  et  il  arrosait  le  mélange  pendant 
^opération  avec  de  l'hydrosulfale  de  potasse  jusqu'à  ce 
qu'il  eût  acquis  une  couleur  noire  bien  homogène; 
M.  Geiger  humecte  un  mélange  semblable  avec  Thydro* 
sulfate  d^ammoniaque. 

L'éthîops  préparé  de  cette  manière ,  observe  Tauteur  ^ 
contient  encore  du  mercière  non  combiné,  que  Ton  met 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  IIQ 

i  nn  en  le  triturant  avec  de  Teiiu.  M.  Gnibonrt  a  dé* 
montré  la  cause  de  ce  phénomène  dans  ses  intéressantes 
Recherches  sur  les  sulfures  de  mercure  {^énnales  de  OUmie 
et  de  Physique^  tome  I),  et  diaprés  son  opinion  le  mercure 
n^est  point  combiné  avec  tout  le  soufre  dans  Féthiops. 

Deux  uariélés  de  sulfate  de  potasse. 

M.  Geiger  a  observé  deux  variétés  de  sulfate  acide  de 
pousse  dans  le  résidu  de  la  décomposition  du  nitrate  de 
potasse  par  Tacide  sulfurique.  La  liqueur,  abandonnée 
pendant  six  mois ,  avait  fourni  des  cristaux  prismatiques. 
Les  eaux  mères  de  ces  premiers  cristaux  ,  mises  en  repos 
pendant  quelques  semaines,  ont  donné  des  cristaux  rhom- 
boïdaux.  LVnalyse  de  ces  derniers  a  donné  pour  résultat, 
le  poids  de  1  atome  étant  4B  : 

Potasse 4^^^ 

Acide  sulfurique.  80=8 1 
Eau  .......   18=73 

Ces  proportions  représentent  celles  du  bisulfate  de 
potasse. 

La  variété  prismatique  contenant  moins  diacide ,  était 
sans  doute  un  mélange  de  sulfate  neutre  et  de  bisulfate. 

Quelques  mots  sut  la  morphine. 

Le  docteur  Yinkler  propose  le  procédé  suivant  pour 
extraire  la  morphine  de  Top^um  : 

niait  digérer  pen4<^it  plusieurs  jours  3  parties  d'opium 
avec  unte  partie  de  vinaigre  et  8  parties  d'eau  distillée , 
sépare  le  marc,  qu'il  lave  plusieurs  fois  avec  de  l'eau  ai- 
guisée, de  ^4  ^  vinaigre  ^  réunit  les  liqueurs  et  j  ^erse 
assez  d'ammoniaque  pour  saturer  l'acide  libre  et  décom- 
poser le  sel  de  morphine.  Le  précipité,  recueilli  sur  un 
filtre,  est  ensuite  mis  en  contact  pendant  quelques  jours 
avec  de  l'éther  alcoholisé. 


aao        BULLETIN  pES  TRAVAUX 

Séparée  du  liquide  qtii  la  surnage ,  dit  Fauteur ,  la 
morphine  «81  dét>arras8ée  des  matières  impures  qui  avaient 
été  précipitées  avec  elle.  Ou  la  fait  dissoudre  dans  36 
parties  d'alcohol  bouillant ,  et  par  le  refroidissement  la 
morphine  edstalUse. 

Ce  procédé  présente  quelque  analogie  avec  ceux  de 
Serluerner  -,  de  Thomson  et  de  Vogel.  Il  offre  Tavantage 
dJextraire  de  Topium  une  plus  grande  quantité  de  sel  de 
morphine  que  Teau ,  qui  nVst  point  acide ,  ne  peut  en 
dissoudre  y  parce  que  les  dernières  portions  de  ce  sel  se 
trouvent  retenues  par  des  principes  qui  les  fixent  ;  maïs 
il  donne  en  même  temps  uri  produit  qui  doit  être  mêlé 
de  narcotine ,  attendu  que  cette  substance ,  dissoute  aussi 
par  Teau  acide ,  et  qui  fait  partie  du  précipité  fourni  par 
Fammoniaque,  est  très-peu  soluble  dans^réther'alcoho- 
lisé,  que  Fauteur  emploie  pour  purifier  son  premier  pro- 
duit. D*un  autre  côté ,  la  morphine  pouvant  se  dissoudre 
dans  Féther  alcoholisë,  ce  liquide  doit  diminuer^la  quan- 
tité du  produit  obtenu. 

Préparation  du  beurre  de  cacao. 

M.  Slein  donne  un  procédé  en  tout  confortne  à  celui 
de  Josse  pour  extraire  Fhuile  des  semences  de  cacao.  II 
recommande  de  prendre  le  cacao  des  iles ,  parce  qu  il 
fournit  un  produit  plus  abondant. 

Baume  avait  fait  cette  remarque  sur  la  plus  grande 
quantité  d'huile  que  le  cacao  des  ilei  est  susceptible  de 
fburnir.  MM.  Hetiiy  et  Guibourt  viennent  de  constater 

son  exactitude.  (Journal  de  Chimie  méditdle^  i>«.' année.) 

«   •  »    '      •  . 

Observations  sur  les  effets  de  tacâaie  de  morphine» 

M.  Geigcr  fait  dépendre  les  effets  de  Facétate  de  mor- 
phine de  sa  préparation.  Quand  on  sature  un  solutum  al- 
coliçlique  de  morphine  par  Facî  de  acétique  i  dit  Fauteur, 


«i  qé'oa  abafBértMM  kr  B^vwur  à  tne  ëvftpoMitiéti  ména- 
gée on  spontanée,  le  sel  qu  on  obtient  ne  contient  pres(|tl^ 
pu  i'mddt  acétique  ;  il  Bel  HkM  êttyettt  ^  pnltéf  ofént ,  et 
«  peu  près  hifolnble  A«M  Tenti.  En  falsMit  digérer  Ik 
morphine  en  poudre  dans  Tacide  acétique ,  évapoi'dnt  le 
soimam  à  une  teknpémmre  peu  éUrêty  ùh  obtient,  djdute 
M.  Gdf^r  )  un  sel  CfisiaUké  cok  diguillfi ,  ffùtie  saveut? 
très-amère ,  et  solublè  dans  Teau.  ' 

Ce  mode  de  préparation  est  ceUi  que  Ton  troui^O  qqOt 
signé  dans  le  Codex. . 

Quant  an  premier  moyen ,  il  ti'est.pas  à  notre  connais* 
mtke^  quW  Tait  conseillé.  L*bbservatiûn  de  M,  Geiger 
sur  le  prodnit  qull  fournit  est  curieuse  et  importante  i^ 
irérf^.'  Siins  se  fonder  sur  la  petite  quantité  d  acide  que 
M.  G^ger  à  remarqué  dans  ce  produit ,  Timportant  est  d# 
savoir  si  i'aéide  s*j  trouyait*  La  cobésion  de^  molécules 
de  morpfcnie  et  1*  affinité  de  Talcohol  pour  Fadde  acétique 
4  aidevàieM&à  expliquer  Comment  la  morphine  se  serait 
éépêsée  ifi'UdMif  Févaporation  de  Talcohol  «ans  s'unir  à 
r«dde  âtétiqtlé. 

Ba  ^ette  it  est  bors  de  doÀte  que  lea  effets  d'un  médi- 
camentr^^  doivent  dépendre  de  son  état  de  pureté  i  et  que 
celle  condition  est  d'autant  plus  importante  que  le  mé,dîr 
cament  jouit  de  propriétés  plus  remarquables,  Ccst  pour 
cela  quH  est  convenable  âe  faire  subir  une  nouvelle  dis*- 
solution  i  racéiate  de  morpbin^  obtenu  par  le  procédé; 
du  Co4ex«  Si  la^mm^ine  employée  contetmil  une  petite 
proportion  de  narcotine  ^  celle-ci  iie  serait  pas  difsoute  ^ 
ai  ïà  liqueof  évaporée  donne  un  sel  très-pur, 

M.  Jobn,  de  Berlin,  en  plaf^oC  un  :Éioro«i«u  de  iaifcphf  a 
enveloppé  de  papier  %o%s  unç  «i<k^  de  verre  ,  a  obmrvé 
qu'il  sét^t  formé  au  bout  de  quelques  années,  stir  les 
XII*.  >^iin<wk  — ^m/  tHa6.  |6 


H22  ,    ,BULL£TI^*    DES  TRAVAUX 

paroU  intëripures  du  va^e,  de  petiu  criétoux  jeUat  rëclat 
^u  diamant. 

Le, même  a  reconnu  que  Teau  bonillie  aur  le  camphre 
> relient ,  après  son  refroidîssemtti,'Un  grain  de  camphre 
par  once. 

Ces  faits  se  rHpportent  aux  pn^riëtës  bien  connues  qui 
appartiennent  au  camphre  :  la  volatilité  et  la  solubilité 
dans  Teau.  « 

Sur  la  concentration  des  liquides  alcohollques  à  Faide  de 

i^essies. 

0 

M.  Sommering  a  vu  qu^en  plaçant  un  liquide  alçoho- 
liquc  dans  une  vessie  suspendue  dansun  aicsec  et  chaud, 
on  parvenait  à  Tamener  à  un  état  de  densité  voisin  de 
celui  qui  caractérise  sa  pUreté ,  dans  un  espace  de  temps 
quelquefois  fort  court. 

Si  Ton  plonge  un  thermomètre  dans  le  liquide  ,  o|i  ob- 
serve qu*il  demeure  au-dessous  de  la  températi^re  ambiante 
tatit  que  dure  la  vaporisation  de  Teau  qui  traverse  le  tissu 
membraneux,  et  qull  remonte  pour  se  mettre  en  éqt(jlîbi*t 
avec  Tair  quand  l'opération  est  terminée. 

Cette  curieuse  expérience ,  répétée  avec  les  conditions 
présentes  par  Fauteur ,  a  donné  les  résultats  annoncés. 
De  TalcohoT  k  i8*  a  été  amené  à  aS**;  et  comme  il  est 
probable  qu'il  contenait  en  dissolution  des  matière  ani- 
males, sa  densité  réelle  devait  être  encore  moindre. 

Recherches  chimiques  sur  ranemonc  nemorosa. 

M.  Schwartz  a. obtenu  un  acide  qu'il  appelle  acide 
anénvpnique  ,  en  distillant  de  Teau  sur  Yanemone  nemo' 
rasa*  Cet  acide,  qui  passe  à  la  distillation  avec  Teau,  se 
présente  soùs  la  forme  d'une  poudre  blanche  \  sa  saveur 
e8tirèt*4cre^  sonodenr,  très-pénétrante,  irrite  fortement 
ks  yeux*  U  est  peu  solublè  dans  l'eau  ainsi  que  dans  Tal* 
eobol.    • 


DE    LA   êOClàri    DE    ràAEMACIE.  3^3 

*  On  sait  qae  Storck  employait  l'eaa  distillée  de  Va/w* 
mone  prtai&rtsù  contre  les  catânicteë  comnkençantcs.  Ad- 
niniitrëe imérfeareîiiéttt'à  la  ^Oftededlsax  gros,  éHe  pro^ 
voqmt  des  Toniisseôiens.  Unnêmone  nemorasa  ne  jouil 
pas  de  propriétés  moins  redoutables ,  et  le^  bestiaux  qni 
en  mangent  sont  btentte  atteints  d^inflammations  violentes. 
Les  nouvelles  recherches  que  M.  Schwartz  se  prtypose  dé 
faire  sur  Tacide  de  lanémone  et  ses  autres  principes, 
éclaireront  sans  doute  sur  celui  d'entre  eux  auquel  il 
faut  attribuer  l'action  dangereuse  de  ces  plantes. 

laconvémens  des  nppareSi  à  presêion  pour  la  cuisêon  iim 

êubsumces  éUimeniaires. 

•  •  • 

Dans  les  étabHssemens  militaires  de  Carisruhe ,  on  fait 

cuire  les  substances  alimentaires  dans  des  vaisseaux  do 

tôle  étamée ,  où  la  température  peut  être  augmentée  paiî 

la  pression.  M.  Geiger  a  reconnu  dans  tous  ces  alimfus 

une  petite  quantité  dVtain  et  de  plomb  ,  qui  variait  selpp 

la  nature  de  la  substance  cuite  et  la  durée  de  son  séjour 

dans  r^ppareil. 

n  pense  que  la  présence  continuelle   de  ces  métaux 

dans  les  alimens  pris  par  les  mêmes  personnes  pourrait, 

quoiquHs  y  soient  en  très-petite  proportion ,  nuire  à  lem^ 

çuit  de  santé* 


Sur  une  huile  %H}laiiie  étune  espèce  de  laurier. 


V 


Le  doetenr  Hancook  fint  connaître  les  propriétés  remar« 
quables  d'une  substance  fournie  par  un  grand arbro /de  \% 
Emilie  des  lauriers,  qu'on  ne  trouve  que  dans  les  grfindes 
forêts  de  la  Guyane,  entre  TOrénoque  et  lePiarinui.  C'est 
une  huile  qui  se  raasemble  dams  des  réservoirs  propres, 
sous  l'éooroe  de  l'arbre»  Son  poids  sucp^se  à  peine ^cdili 
de  l'alcohol  pur  ;  elle  est  transparente  et  sans  -conleur;  an 
saveur' est  ohfude  et  «tonmtiquc  comme  «ello  de&héiles 


ile^  conij^i^  ;  e}Je  ^t  yolaiile  à  lu  tMtprfratmw  tf«  iS*,  et 
^^vnpor^  mm»  véêidu  ik  I «ir  libre;  Me  MtinflaiçiQiible  ,^ 
inspliibla  dans  T^au ,  aoluble  dtQ»  Takokol ,  dàm  l^^iher 
<^l  (]an^  U$  bujl^  eMealielleni  «Ue  diMont  leshnilea 
^^^s^f  et  1««  refînes.  i 

l«e«  Indiens  lui  attriboeai  de  «raiidet  vertus  coïKre  le» 

Pno/Êrikéi  jJu  eharbim. 

Selon  M.  Cheyreifse^  les  proprii^té»  physique»  dtt  cl^r* 
bon  dépendent  de  la  température  à  laquelle  il  a  été  pré- 
INitCN  Le  cbai'bon  fak^  vmt  irès-baule  température  doit 
être  un  excellent. eoqd«icAeiir  da  oalorique  et  de  Télee- 
tricité;  il  pourrait  être  employé  k  la  construction  des  pa- 
i^aleiinerres  et  des  piliers  de  ponts.  Le  charbon  fak  & 
fme  température  baisse  est  mauvais  conducteur  des  deux 
fluides. 

'  Ces  faîts  se  trouvent  dans  les  jénnales  de  Chmir,  où 
M.  Cherréuse  a  fait  imprimer  son  mémoire. 

Méûiode  pour  découvrir  Farsenic  dans  le  cas  d*empoùw^ 

meni^ 

1V^« .  Christison  préfère  aiix  procédés  ce&nus  poujr  dfi* 
couvrir  Farsebic ,  celui  qu^il  décrit  ainsi  : 

On  divise  les  corps  suspects  (IVstomac  et  ses  contenus^ 
en  petit3^iuorcf?iiux ,  et  ou  les  fait  bouillir  d4n3  4e  petites 
quantités  d'eau.  On  place  le  liquide  dans  un  vase  étroit  et 
cookpia  j  et  Vmn  j  fait  arriver  un  eonrant  de  gaz  ^ydfro^ 
(èoe  sulfuré* 

.  )Qi|s|pd  le  liquida  eoMÎeiit  faeawoup  d'arseitie  ,  TaeMe 
b]^oNHdfurlqile  y  lorme  de  fiukewifNPédpitéjaufie^  oo^ 
fil  s'en  oonii^it  qu'une  petite  quantité ,  le  préoipHé  jati^ 
tlèlre  «a  Iwn  q^ie  quand  rèjrdcogèiM  :  suif  tiré  en  emtèfi 

.  .  Bnlift  ïiom  on  i^anére  «âs  ^  Mm  sépare  Je  ptécipîtë  de  ^ 


DE    V4  .SOCIf  TE    PE*  ntàftW^IB.         wB 

qfii.l^.raFiiaga;  on  le  deii^elM,  «f  Fan  réduit  ler 
ipéul  Aveale  fins  noir  djou  vo  iippaniil  oà  Von  peut  re* 
cueillir  la  portion  qmi  se  sublime*' 

L'anteur  établit  que  ,•  par  ce  procédé ,  on  peut  retrou*» 
¥er  un  i6*.  de  grain  d*arsenic  daiif  le  thé  ,  le  café ,  le  lâît  ^  lé 
boolllon  et  la  bière,  le  poid9  des  liquides  étailt  de  quair# 
ooces  et  demie ,  et  que  par  l'action  de  Fhjdrogène  sulfuré 
on  peut  juger  aux  preiuîers  phéoopiimcs  si  lé  liquide 
contient  de  Tarsenic. 

M.  Hahnemann   a  proposé  comme  M»  Cfarislioon  de 
faire  bouillir  l'estomac  dansTeau  pour  dissoudre  Tarsenic 
et  démostrer  ensuite  sa  présence  dans  le  liquide.  On  a 
rejeté  ce  moyen  comme  incertain  depuis  que  MM.  Bapp^ 
ftoloflfetBucholtz  ont  démontré  que  les  matières  auimalea 
contractent  souvent  une  telle  union  avec  Tarsenic,  que 
Peau  ne  pent  alors  le  dissoudre.  M.  Orfila  a  fait  ressortir 
les  avantages  du  procédé  donné  par  M«  Biipp«  A^ns  son 
excellent  traité  de  toxicologie,  et  lui  donne  la  préférence 
sur  tous  les  autres  par  Vexactitude  dont  il  est  susceptible^ 
L'objection  qui. a  été  faite  au  procédé  de  M.  HahmemaxH^ 
peut  servir,   avec   les  mêmes  raisons ,   contre  celui   dç 
M.  Christison  ;  et  ses  expériences  ne  sont  pas  de  nature  k 
la  détruire ,  puisqu'il  ne  parait  avoir  opéré  que  sur  def 
liquides  qui  ne  contiennent  que  peu  ou  point  de  matières 
anioMles. 

I^lsijicatîon  du  sulfate  de  quinine, 

M.  Tinkler  a  trouvé  quelquefois  le  sulfate  de  quinine 
falsifié  avec  du  sucre  en  poudre ,  dont  la  proportion  s'éler 
vaic  jusqu'à  un  cinquième  du'  poids  du  sel  mélangée  ' 

Le  jji&kl  et  Ta  eembuation  ne  fui  ont  p<rs  paru  dei  moyeni 
•dSsMia  po«r  découvrir  cette  fraude ,  parce  que  ,  dans  Te 
prtaûer  cas ,  \n  sffvear  «f  follement:  amère  ou  sulfate  dé 
quénine ,  e«  égard  A  la  quantité  que  l'on  met  dans  la 
koucbe ,  ne  permet  pas  de  distinguer  la  saveur  du'sticre, 


aaô     '  BDLLCTkN  DES  TRAVAUX  ^  ' 

^  que,  dans  le  second,  la  décomposition  du  snlfate  de 
quinine  par  le  feu  fournit  des  produits  dont  Fodeur 
masque  celle  du  sucre  qui  br&le. 

Il  a  dû  recourir  au  moyen  chimique  qui  se  présentait  à 
lut  s  il  a  fait  dissoudre  le  sulfate  de  quinine  impur  \  il  a 
▼ersé  dans  le  solutum  une  quantité  convenable  de  car- 
bonate de  potasse  pour  précipiter  la  qiiinine^  et  dans  le 
liquide  décanté  ,  où  il  ne  pouvait  se  trouver  qu*une  très- 
petite  quantité  de  quinine  et  de  sulfate  de  potasse,  il  a  pi\ 
distinguer  la  saveur  du  sucre^ 

Deux  espaces  da  sulfate  de  spude  eê  de-  manganès^^ 

En  faisant  rougir  le  résidu  de  la  préparation  du  chloro 
par  le  muriate  de  soude ,  Toxide  de  manganèse  et  Tacide 
sulfnrlquc,  lessivant  ce  résidu  et  plaçant  les  liqueurs  dans 
Tétat  convenable  pour  la  cristallisation^  M.  Geiger  a  ob-« 
tenu  d'abord  une  grande  quantité  de  sulfate  de  SQude  ;  mais, 
ayant  laissé  Feau  mère  décantée  des  premiers  cristaux,  pen- 
dant un  an,  dans  un  lieu  frais,  le  v^se  étant  couvert ,  il  a 
observé  des  cristaux  eu  colonnes  tabulaires  (tafelartige)^ 
rbomboïdales  i'  angles  obtua.  Leur  couleur  était  rose 
paie ,  translucide  ;  leur  saveur  fra^he ,  amèrè  et  métaln 
lique.  Uanalyse  de  ces  cristaux  a  donné  : 

I  atome  sulfate  de  soude.  •  •  72 
I  atome  sulfate  de  manganèse*  76. 
5  atomes  d*eau.    ...,••  ^     4$ 


1-f 


De  la  même  lessive  où  ces  cristaux  en  colonnes  rhomboïV 
dales  avaient  été  retirés,  il  s'est  séparé  après  quelques  mois 
de  nouveaux  cristaux  bien  plus  considérables  que  les  pre^ 
miers ,  ayant  k  peu  près  les  mêmes  caractères  géométri-» 
ques,  mais  ne  s-efflorissant  pas  cotnifte'  €etfx-là>à  raii"  sec* 
Ces  cristaux  ont  donnée 


lus   LA   SOCIETE    DE    PRAKMACIE.  aS'n 

j  atome  iulfate  de  soude.  •  •  •     j^  > 
i^alome  aulfate  de  mangatièse.     76 
2  atomes  d'eau.  • '     iR 


^im 


166 

De  ees  faiu  Fauteur  conclut  qu^II  existe  deux  espèces 
de  sels  composés  des  mêmes  proportions  de  sulfate  de 
sonde  et  de  manganèse  »  la  première  contenant  5  atomes 
d'eau  et  s*efflorissant  à  l'air  ;  la  deuxième  en  contenant  a 
atomes  et  inaltérable  à  Tair  sec* 

NOTE 

Sur  la  préparation  de  Tonguent  niercuriel  double } 

Par  M-  A.  Chevâllieh. 

Dans  la  dernière  séance  de  la  société  de  Pharmacie  de 
Paris  f  uu  de  nos  estimables  collègues  a  annoncé  qiiHl  n'a- 
vait pu  réussir  à  préparer  Tonguent  mercurîel ,  en  suivant 
le  procédé  que  j'avais  àà^l  dans  le  tome  I*',  page  343  du 
Journal  de  Chimie  médicale. 

Avant  de  répondre  A  cette  assertion ,  qui  put  me  sem- 
bler inexacte ,  puisque  ce  moyen  est  employé  avec  succès 
dans  mon  officine ,  depuis  trois  ans ,  je  crus  devoir  répéter 
le  procédé  devant  un  tiers  ^  non  pour  me  convaincre ,  mais 
pour  ma  satisfaction  personnelle  ;  en  conséquence  j'invitai 
mon  collègue ,  M.  Raymond ,  à  assister  à  une  opération 
qui  fut  faite  de  la  manière  suivante  ; 

On  prit  :  Mercure.  8  onces. 

Graisse  récente.   8  onces. 
On  introduisit  le  métal  dans  une  bouteille  de  grès ,  on  y 
ijanta  4  onces  seulement  de  la  graisse  qu'on  avait  fait  li- 
quéfier ,  on  ferma  la  bouteille ,  et  on  Tagita  jusqu'i  ce  que 


SaS  BULLETIN    DES    tHkYKtîXy  kfCl 

le  mélange  itti  asses  refroidi  pont  avoir  la  ccméistance  d'iiii 
sirop  trèà-ë^is;  on  yersa  alors  dans  mie  tetrîtie  ,  en  ayant 
soin  d'agiter  avec  un  bistortiejr  )  a«  bo«i  da  dix  minntfs, 
quelques^lobules  de  mercure ,  qui  avaient  échappé  à  l'a- 
gitation et  ({td  étaient  perceptibles ,  di8parpre|i(«  On  ajouta 
alors  les  quatre  onces  de  graisse  qui  n*avaient  pu  entrer 
dan»  la  bouteille* 

L^onguent  préparé  en  une  demi-heure ,  examiné  a  Tcell 
%u,  après  avoir  été  étendu  sur  le  dos  de  la  main ,  sur  du 
papier  et  sur  une  lame  de  couteau ,  ne  laissait  apercevoir 
aucune  trace  ,d(&  métaL 

Nous  essayâmes  ensuite  d*examiner  cet  onguent  k  Taide 
de  loupes  grossissant  de  8  i  ^4  ^^î**  Nous  pûmes ,  à  Taide 
de  ces  instrumens,  reconnaître  le  mercure  divisé,  mais 
qui  était  imperceptible  «ans  Femploi  de  ces  Inoyens. 

n  résulte  de  ce  nouvel  examen ,  que  ce  procédé  de  pré- 
paration de  Vanguent  mercuriel  est  simple  et  facile  y  et  qu'il 
peut  épargo^  et  l'emploi  du  temps  et  celui  de  diverses 
lubittBafii  f  qui  ont  été  successivement  propoééea  pour  la 
poépaTati#n  de  ce  i»édicameftl* 

Je,  crois  devoir  rif^f  iei  qia«  œ  procédé  tie  m*appar* 
lient  pas  ;  mais  Je  n'ai  pu  trouver  Touvrage  dans  lequel  il  a 
été  impci^  ^  ^  daM  Icqnel  je  l'm  p«i«é  il  y  a  qvelques 


ERHATVM  IHT  If'.  PRÉCÉÙENT. 

f*age  1^.  —  Ifoiiôe  à^nn  ra|>pori  sa'r  ua  BMsfio^  hydroCug*  , 
U9ê*  i  IVotiot  d^ua  tnëSMire ,  ^te. 


PARIS,  --*  IMPRIMERIE  DE  FAIN,  RUE  RACIMB,  Nr  4^ 

PLACE  na  tWioit. 


JOURNAL 

DE   PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


W\  V.  —  î2\  Année.  —  Mai  i8a6. 
NOTE  Sm  LA  CAFÉINE , 


Lue  à  tjlçadéhii9  rtyjrale  d&  médicine  « 
Par  M.  ik  Peixctiu* 

On  sait  qu^il  eldste  dans  le  café  nne  nuiit^  bLinehe 
cmuUisablet  volatile*  La  cUcoaverte  etk  est  due  à  M«  Hobi- 
quét,  par  suîie  de  son  analyse  da  café  »  lue  en  i&m  à  lu 
Société  de  pharmacie*  A  la  même  époque  «  M.  Caventou 
et  moi ,  aans  avoir  connaissance  du  travail  de  M.  Robiqnet , 
nous  trouvions  aussi  cette  matière  en  recherchant  si  le  café 
ne  contiendrait  pas  de  quinine  ou  unâ  substance  analogui^^ 
ce  que  Ton  pouvait  soupçonner ,  le  café  étant  voisin  An. 
quinquina  dans  la  méthode  naturelle  \  M«  Robi^fUet  a  bii*a 
voulu  reconnaître  ce  fait  dans  son  mémoire. 

Quoi  qu'il  en  soit ,  on  sait  peu  de  choses  sur  la  caféine  « 
KL  Robiquet  n  ayant  point  publié  son  mémoire  sur  le  café , 
et  nous-mêmes  attendant  cette  pubKcatién  pour  faire  con-» 
XII*.  Annéi^.  —  Mai  i8a6.  17 


23o  JOURNAL 

naiire  po^t^rieùremieiit  quelques  i>bseî*vations  qui  nous 
étaient  parlicùlièreâ  (i). 

Cependant ,  comme  depuis  quelque  temps  j'ai  eu  l'oc- 
casion de  préparer  une  certaine  -quantité  dé  caféine  pdr 
Une  méthode  qui  mé  «parait  réunir* quelques  avant^es  Je 
croîs  devoir  au  moins  la  faire  connaître;  de  plus,  ayant 
avancé  plutôt  par  analogie  que  sur  des  preuves  certaines 
que  la  caféine  était  alcaline ,  contre  Fopinion  de  M.  Robi- 
quet ,  et  m'étant  depuis  assuré  qu'elle  se  comportait  avec 
les  acides  comme  les  substances  électro-chimiquement  in- 
différentes ;  que  si  elle  se  dissolvait  dans  les  acides ,  c'était 
à  la  manière  de  la  narcotine  ,  par  exemple  .  c'est-à-dire 
sans  les  saturer ,  bien  différente  en  cela  de  la  morphine,  etc.  ; 
j'ai  dû  profiter  de  l'occasion  pour  rétablir ,  en  ce  qui  me 
regarde,  la  vérité  sur  ce  point.  M.  Kobiquet  obtient  la 
caféine  en  traitant  à  froid  le  café  non  torréfié  par  Feau 
distillée  ;  les  liqueurs  brunâtres  sont  évaporées  après  avoir 
été  traitées  par  la  magnésie  calcinée ,  puis  abandonnées  a 
elles-mêmes;  la  caféine  cristallise  alors  en  cfïstaux  palmés^ 
peu  colorés  y  demi-transparens.  On  la  purifie  en  la  dissol- 
vant dans  l'alcohol  ou  l'eau  bouillante ,  dont  elle  se  sépare 
en  refroidissant ,  sous  forme  de  filamens  soyeux ,  ressem- 
blant à  de l-amiante. 

Lé  procédé  que  nous  avons  suivi ,  M.  Caventou  et  moi , 
est  un  peutlifférent  :  nous  épuisons  lé  café  non  torréfié  par 
l'alcohol,  l'extrait  alcoholique  est  ensuite  traité  par  Veau 
froide,  qui  en  sépare  une  matière  grasse  \  la  solution  de  la 
matière  extractive  est  chauffée  avec  addition  de  magnésie 
caustique;  le  précipité  magnésien  réuni  sur  un  filtre  lé- 
gèrement lavé  est  traité  par  l'alcohol  qui  lui  enlève  la 
éaféine.  On  obtient  celle-ci  par  évaporation  de  l'alcohol. 


•  (r)  Toutefois  on  trouvera  Textrait  du  Mémoire  de  M.  Robiquet  dan* 
le  Dictionnaire  technofogiqac ,  article  Ca^é,  et  Pettrait  de  nos  Observa- 
tions ,  môme  article^  au  Ditlionaaire  de  médecine. 


Mais  voici  en  qttoi  consiste  k  difficuhé  dclctàpô'rarioh  :' 
si  le  précipité  magnésien  n^a  pas  été  assez  lave ,  la  caféine 
^'on  en  extrait  par  Falcohol  est  sonillée  de  matières  étran>^ 
gères,  sirupeuses  et  colorantes  ,  dont  il  est  très*difficile  de 
U  purifier  sans  en  beaucoup  perdre  :  d^uu  «ntire  cèaé  ,  si 
le  précipité. a  été  bien  lavé,  il  domie  fort  peu  de  caféine  ^ 
qui  ise  trouve  être  enlevée  par  les  eaux  de*lavage*     ' 

Oo  peut,  il  est  vrai ,  en  concentrant  les  eaux  de  lavage 
et  les  portant  dans  un  lieu  froid  ,  obtenir  nne^cnsta^llisa^ 
lion  de  caféine*;  mais  cela  ne  réussit  pas  toujours ,  surtout 
en  été ,  la  fermentation  s*établissant  dans  les  liqueurs.  C'est 
pour  éviter  cet  inconvénient  que  j'ai  recherché  un  procédé 
çxpédilif  pour  retirer  de  ces  eaux  de  lavage  la  caféine 
quelles  devaient  contenir.  Je  lave  parfaitement  le  pré- 
cipité magnésioi  pour  ne  point  y  laisser  de  caféibe ,' 
j*évapore  toutes  les  eaux  de  lavage  pour  en  obtenir  un 
çxtrait  sec ,  n'employant  sur  la  fin  de  Tévaporation  que  la 
chaleur  du  baîn-marie  ;  je  traite  alors  l'extrait  par  de  l'ai- 
cohol  très-déphlegmé  ( à  4o  deg.)  ;  celui-ci  dissout  la  ca- 
féine sans  se  charger  sensiblement  de  matières  colorante , 
gemmeuse  et  sucréç.  Toutefois,  pour  extraire  toute  la 
caféine  ,  il  faut  traiter  cinq  a  six  fois  la  matière*  extrac tîve 
par  Valcohol  absolu  ,  en  ayant  soin  de  la  dessécher  à  la 
vapeur  on  au  bain-marie  avant  chaque  nouveau  traite- 
ment. 

Les  liqueurs  alcoholiques ,  filtrées  sur  du  cb»rbon  ani- 
mal purifié  9  sont  concentrées  par  distillation  et  à  un  cer-, 
tain  point  donnent  par  refroidissement  de  très -beaux 
cristaux  de  caféine. 

M  étant  procuré  par  ce  procédé  une  quanuté  assez  forte 
décaféiné,  même  en  employant  un  café  très-avarié  que 
m'avait  remis  mon  collègue,  M.  Henry,  j'ai  pu  rechercher 
si  la  caféine  pouvait  saturer  les  acides  ,  et  si ,  comme  je 
lavais  d'abord  pensé ,  elle  pouvait  être  considérée  comme, 
une  base  salifinble  organique.  J'ai  bientôt  clé  convaincu 

17. 


a32  JOUHftâL 

que  cette  mitfèrè  ne  jouit  settsiUement  d'ancnnepropi^été 
ëleclro-chimiqae.  Les  acides  ne  faTorisent  que  fort  pea  stt 
solubilité  ^  qui  cet  naturellement  laiblé  dans  Teim  fVotde  f 
mais  asses  forte  dans  Teau  bouillante*  Ge  qui  mWait  d*a* 
bord  induit  en  erreur ,  c'est  que  j^avais  obtenu  dam  dm 
liqueurs  addes  des  tri^allisations  en  prismes  longs  trans* 
parens  ,  tandis  que  dans  Teau  pure  je  n'avais  eu  qu'une 
eristallisfttion  confuse  en  filets  soyeux  et  opaques  ;  mais 
cda  ne  tenait  qu'à  l'état  de  «^oneéntratioA  des  liquevré. 
Acides  ou  non  ^  les  liqueurs  c<nicentrées  donnent  lu  caféinif 
en  aiguilles  soyeuses ,  flexibles  et  opaques  \  acides  ou  non^ 
les  liqueurs  étendues  donnent  des  aiguilles  longues  ^  tràns-< 
parentes ,  moins  flexibles  ^  d'ailleurs  5  telle  quantité  diacide 
ou  de  caféine  qu'on  mette  ensemble ,  l'aoidité  de  la  Kqueur 
est  relative  i  la  masse  du  liquide  par  rapport  i  l'acide,  et 
m'est  pas  sensiblement  affaiblie  par  la  caféine. 

Je  ne  rappellerai  pas  les  autres  propriétés  de  la  caféine^ 
renvoyant  aux  Didionnaires  de  Technologie  et  de  Médecine 
que  j'ai  indiqués  en  note  ;  je  n'ai,  parlé  de  1  action  des  aci-* 
4es  que  pour  reconnaître  une  erreur  que  jWais  faite. 

Revenant  au  procédé  d'extraction  de  la  Caféitie ,  oïl 
|K)Urrait  demander  pourquoi  cette  substance  n'étant  pas 
alcaline ,  on  emploie  la  magnésie  pour  l'obtenir  !  La  ma- 
gnésie me  parate  lavoriser  l'opération  par  son  affinité  poar 
la  matière  colorante.  Ayant  essayé  plusieurs  fois  de  tu  Vu 
passer  t  j*^!  il  ^  ^1*^  i^tenù  de  la  caféine  4  mais  en  plua 
petite  quantité ,  et  comme  elle  était  très-impure  ^  oo  en 
perdait  beaucoup  en  la  purifiant.  Je  ne  doute  fm  cpt'eu 
employant  l'acétate  de  plomb  ou  tout  autre  agent  q«i  dé^ 
terminerait  la  séparation  de  la  matière  colorante  f  on  ne 
p&t  arriver  au  même  résultat  ;  mais  le  procédé  que  j'in-* 
dique  me  parait  plus  simple  que  ceux  qu'on  setait  obligé 
de  suivre  en  faisant  usage  des  sels  métalliques. 

D'après  l'analyse  élémentaire  que  j'ai  faite  de  la  caféine 
avec  M.  Dumas ,  cette  madère  est  la  substance  végétale  bi 


DE     iFHAAMACIE.  ^33 

plus  tkUAée  connue  (i)  ;  elle  Te^t  plu^  que  l)e|iocoiip  de 
madères  animales.  Cependant ,  en  aucune  circonstance , 
elle  ne  sttbit  la  fermentation-  putride ,  ce  qui  semble  in- 
diquer qoe  la  différence  qui  existe  entre  les  matières  vé- 
fétslcs.  axocéaa  et  les  aubstanees  animâtes ,  et  par  suite  k 
propriété  de  se  putréfier  que  présentent  plus  particulière-» 
neot  ces  dernières ,  ne  dépend  pas  de  la  plus  grande  quan- 
tité d^azote ,  mais  d*un  arrangement  particulier  dans  les 
molécules  composées  ;  la  force  de  cristallisation  seule  pour- 
rait suffire  à  maintenir  cette  stabilité  des  élémens  de  ||i 
caféine  et  de  quelques  autres  produits  azotés  du  règn^ 
▼égétal.  Dans  le^  substances,  animales  elles-mêmes ,  on 
peut  voir  que  les  moins  susceptibles  de  se  putréfier  sont 
celles  qui  cristallisent,  comme  Tacide  urique ,  Turée  mème| 
bien  que  ces  matières  soient  très-azotées  (a)L 


•S-^mf'^mtfmm^tàtmÊ^mm^mÊmi^^ 


Cariioaa.   •  .  .  .  /ifi^Si 

Axote ai)M 

Hydrogène.  .  .  •  4*^' 

0%.if;/tue 37*14 


(1)  La  caféine  e<t  composa  d/e  : 

Ualbamine  contient  asote.  .  .  iS.'^aS' 

La  gidatine.    ..........  i(>y9Q8. 

La  tibrine.  ......  ^  ...  .  19^934 

L'iir«* 4i/4o<> 

Total.  .  loOfpo 

La  caftnoe  ne  le  cède  donc  qu'ii  Purée  pqur  la  quantité  d*aso(^  »  e^ 
ToHe  elle-niénie  te  putréfirmoini  facilemeot  que  la  ft.brjoe ,  etc. 

(9}  Je  pourrait  donner  plus  de  déreloppenient  à  cet  réflexions  et  hif 
jippa^rer  de  plut  nombreux  exemples  ;  mais  je  rentrerais  dans  des  idées 
l^énéralfs  svr  le*  ^iflSiSrences  qui  existant  entre  la  a»attère  inorga- 
aiqoe  et  la  matière  organisée ,  idées  qui  appartiennent  é  mon  collègn^ 
A.  hobtnet ,  et  qu^il  a  le  premier  émises  et  développées  dans  un  Né- 
moire  présenté  à  TAcadémie  de  médecine. 


.     w *'fy  r-i 


3^34  '       J^aUllNA^t 

ESSAIS 

Sur  du,  café  (warié^  et  nouveau  procédé  piMr  en  exirairù- 

la  caféine;  ' 

i 

Par  RL  Gauox,  pharxnacieu  aide  à  la  pharmacie  ceutnile.. 

Une  voiture  de  roulage,,chargée  de  diâerente&substanceSi, 
et  principaliement  de  sucre ,  die  café ,  de  mercerie  et  de 
difTérens  acides ,  prit  feu  sur  la  route  de  Bondy  à  Paris  „ 
par  le  moyen  d'une  bouteille  d'acide  sulfurique  qui  fu( 
fracturée.  Les  secours  n'ayant  pu  arriver  que  quelque 
temps  après ,  une  portion  açsez  considérable  de  marchan-i 
dises  fut  incendiée. 

La  voilure  et  les  marchandises  étaient  assurées  par  la 
compagnie  royale  du  Phénix  ,  qui ,  d'après  l'avis  d'une 
commission  qu-'eHe  nomma  pour  s'assurer  si  le  sucre  et  le 
café  pouvaiem  avoir  acquis  des  qualijtés  nuisibles.,  ne  les. 
Uvra  pas  h  la  consommation ,  mais  les  envoya  à  la  phar- 
macie centrale ,  afin  d'eu  tirer  le  meilleur  parti  possible 
en  faveur  des  hôpitaux.. 

La  quantité  de  sucre  était  de  i5o  kilogc.  ;  il.  était  très- 
bon  ^  il  avait  seulement  été  humecté ,  et  quelques  points 
avaient  été  tmiehés  par  un  peu  d'aoide  :  ce  smcre  fut  da- 
ri6é  an  charbon  animaï,  et  donna  un  trèsrbeau  sirop  qui 
n'avait  aucune  saveur  désagréable., 

Quani  au  café ,  une  portioa  était  en  très*bon  état  ;  il 
y  en  avait  loo  kilogrammes^  mais  l'autre  portion  très- 
considérable  était 'cn  partie  noircie  et  mélangée  de  diffé- 
rentes substances  y  prineipalemenir  de  sucre  caramélisé  , 
et  d'une  grande  quantité  d'épingles  qui  étaient  détrempées 
et  brunies.  Ce  café  fut  trié  à  la  main  j  afin  d'en  séparer 
tes  épingles  et  les  graius  brùjés  ^  et  l'on  en  obiint  aiusi 


BE    FHABMACIE.  235^ 

«QuroDuqnatce à  cinq  cents  kilog.  d'assez  bonne  nature. 
Comme  il  ayait  acquis  une  odeur  désagréable  d'empy- 
reome  et  quHl  était  sali  par  du  charbon  ,  on  essaya  de 
kii  enleyer  son. odeur;  Teau  ne  Pcnlevait  qu'imparfaite* 
ment;  on  y  sgoula,  une  petite  quantité  de  potasse  qui  réus- 
sit parfaitement  ;  après  plusieurs  lavages  successifs  on  le 
fit  sécher  d^abovd  à  Pair  libre,  puis  ensuite  dans  Tétuve. 
Après  la  dessiccation  il  avait  repris  son  odeur  naturelle , 
sa  dureté^  et  son  aspect;  on  remarquait  seulement  à  la 
surface,  de  quelques,  grains  des  taches  verdàtres  qui  pa- 
raissaient provenir  dn  contact  des  épingles  avec  le  café 
humide  ;  cependant  ces  grains  verts  calcinés  dans  un  creu- 
set de  platiné  j  et  le  résidu  traité  par  Tacide  nitrique  fai- 
ble ,  ne  donna,  par  les  réactifs  aucune  trace  de  cuivre  ;  ces 
t^ches  vertes  tenaient  à  n'en  pas  douter  ,  comme  nous 
le  verrons  plus  tard ,  à  Faction  de  Talcali  sur  un  des  prin- 
cipes dn  café.  B  restait  à  constater  si  le  lavage  n'avait  pas 
enlevé  à  cette  graine  son  principe  aromatique  et  la  caféine. 
Une  portion  fol  torréfiée,  elle  exhala  une  odeur  très- 
suave,  et  l'infusum  que  l'on  en  obtint  possédait  toutes  les 
bonnes  qualités  du  café. 

Pour  en  extraire  la  caféine ,  on  suivit  le  précédé  indiqué 
par  M.  Robiquet  dans  le  Dictionnaire  de  Technologie.  Â  cet 
effet  le  café  concassé  fut  mis  en  macération  dans  lean  dis- 
tillée froide;  au  bout  de  quarante-huit  heures  la  liqueur 
était  d'un  brun  jaunâtre,  et  avait  acquis,  l'odeur  de  la  graine. 
On  passa  snr  une  toile  Je  Uqaide  refusant  de  filtrer  à  travers 
le  papier  ;  on  y  ^outa  ensuite  de  la  magnésie  calcinée.  Les 
premières  pcMrtions  de  magnésie  prirent  d'abord  une  cou- 
leur jaune  ;  mais  par  un  excès  de  •  cette  terne  alcaline  la 
liqueur  devint  d'un  vert  très-foncé ,  analogue  k  la  teinte 
verte  obtenue  par  le  traitement  du  suc  de  nerprun  au 
moyen  de  la  chaux»  On  filtra ,  et  le  liquide  fut  porté  i 
l'ébuUilion  dans  urne  bassine  de  cuivre  ;  il  se  forma  a  sa 
aarface  une  écume  verdatre,  et  il  devint  d'un  brun  foticé 


mélangé  de  vf!rt.  LVviiporation,  coBtinn^e  to  liaiii*«mam 
d^ns  une  capsule  de  porceUine ,  donpi  poor  rëiida  une 
jnatière  visqueuse  seiubUble  i  du  nmcjlage  de  ooingt  e€ 
d\in  vert  très-foncë  ;  en  la  defitécliaiil  elle  domuii  mn 
enduit  vert  tréfirsoi^ple  et  irès-^pai^  qui  pitmvait  è^e' ployé 
ra  différons  sços  sans  être  gercé.  On  yersa  sur  œlte  in««- 
tière  de  lalcoliol a  ^6^ ; celui-rd  acquit  une  leinttf  verdâtre 
très-légère,  par  )'éyapor»tio|i  spoutanée  il  laisia  dépo^r 
une  poudre  de  m^e  couleur,  et  n'offrit d*appiirence  eris- 
tallii^e  que  Ior«  4e  la  volatilisation  presque  eomplèle  du 
liquida*  C^s  cristaux  9  repris  par  l'eau  ,  doiinè.rent  lien  à 
une  petite  quantité  de  caféine  qui  était  jaunâtre ,  malgrtf 
deux  purifications  au  charbou. 

Comm^  In  quautité  de  caféine  obtenue  était  extrêmement 
petite ,  on  p^nsa  que  le  lavage  légèrement  alcalin  que  Tan 
nvait  (ail  subir  au  café  avait  pu  en  enlever  uqe  portion  i 
eu  conséquence  une  nouvelle  quantité  de  cette  semence 
non  lavée  fut  traitée  par  le  procédé  indiqué  par  M.  PeHe-» 
tier ,  procédé  qui  consiste  a  mettre  le  café  en  rpniad 
avec  ralcohol  ^pmê  à  traiter  ensuite  par  Peau  Testrait  qne 
Ton  obtient  ;  malgré  différens  traitemcQS  par  Ueaa  et  fal- 
cpb^9  johtioa  daika  l-nn  et  l'autre  cas  un  exiPÊit  ron^ 
goitre  qui  ne  donnait  aucune  apparence  criatàllîiie*  Pré^ 
sumant  que  1  «Icohol  n'avait  pas  extrait  la  caféine  dtt  café , 
ounit  oe  dernier  en  eonlaot avec  de  l'eani  dîsMUée ^  IW 
agit  comme  dans  le  procédé  de  M*  Robiquet,  et  l'on  ^lint 
de  même  que  pf éoédemment  un  éxtrail  toiigetire  relbaaiic 
obatinéfUent  de  donner  des  çrialanx.  C^tf^  oircottatMCe 
TQ0  déti»rmina  à  chercher  un  mode  pins  pfpmpl  pour 
IcxUaciion  de.ortus  «ubstance*  Je  nmYarquai  que  parmi  les 
/|iropriétés  négatives  que  postée  ta  cafiéine  p)U« ,  elle  n'é- 
tait aucunement  précipitée  ni  par  Taoétate  neutre ,  ni  pai^ 
le  sous-acétate  de  plomb.  &i  conséquence  je  fis  diséoudre 
dans  l'eau  l'extrait  alcobolique  et  lextrait  aqueux  qui  pamis- 
paient  cit.  contoniv ,  et  j'ajpu^i  dans  ciniqifê  diéèolûtion 


DE   PHÀAHÀCIE.  337 

tfvfttitite  ^9$itité  ^acétate'  neiiii«t  de  plomb ,  josqo'A 
ee  cp^îl  ne  ae  fcimiat  phis  4e  préeipiti.  Le  précipité  fer<i> 
mé  daos  )a  diftaolofion  de  remuait  alooholiqoe  était  jauiie  > 
aeaUilable  i  do  chromait  de  pbMiib,el  cUuia  la  dtsaola*- 
tiop  de  rextrmt  a^piems  il  était  vert.  Après  Motr  filtré  ,  je 
fif  passer  davs  V^ne  et  Tantae  liqueur  im  ceupraat  d*aeide 
fajdrosolforiqae ,  et  j^obtins ,  après  une  nouvelle  filtra^ 
àoa,  deux  liquide^  pfçfqu^  incolores  {  r^cide  acéiiqae 
gulls  comenaieiit  fiu  saturé  paf  Tumn^oniiMiuç^ot  au  meyen 
d*iioe  évapora tioo  m^agée ,  ces  deux  liqueqp^  fparnireu^ 
jme  assez  grande  quantité  dçoaféine,  qui  par  une  siinpla 
purification  doppa  de^  aiguilles  soyeuses  4't|U  bjano  Argeo-r 
lin  légèrejnent  bleuâtre  «  ayant  absat^ment  V^$f^c^  d*unQ 
belle  apnar^n^bçt  . 

Encouragé  par  cet  essai  1  et  ce  procédé  me  paraissant 
aTantf  gem^ ,  Je  le  répéuii  sur  une  nouvelle  -quantité  de 
eafé  y  et  c'est  lui  que  je  propose  i^.^Yoiei  le  mode  que 
fsi  suivi  : 

Gnq  kilogrammes  de  café  concassé  furent  traités  par 
deux  infusiiMds  successives  dans  Teau  bouillante  \  les  li- 
queurs réunies  0i  frpidei  étaietit  brunes <(  par  laddiiiou 
d*uoe  dissolution  d  acétate  de  plomb  elles  donnèrent  lieu 
k  un  précipité  très«abondant  d*n»veft  pistabhét  La  liqueur 
obtenue  après  la  filtration  était  jaun4M*e ,  mais  après  en 
avoir  séparé  Texcès  de  sel  de  plomb  qu'elle  contenait ,  au 
moyen  de  l'hydrogène  sulforé ,  ello  était  4evenue  presque 
incolore.  L'acide  libf^e  que  le  liquida  teniiit  en  dissolution 
fat  saturé  par  l'ammoniaque ,  et  par  une  évaporationf  mé- 
nagée du  véhicule  aquenx  j^obtinsdes  cristaux  qui,  par 

une  seconde  purification ,  ^ient  en  tout  ^vpiAaJpl^  A 
ceax  obtenus  précédemment.  La  quantité  qu'on  çn  ob-r 
\ien\  doit  nécessairement  varier  avec  la  nature  du  f^afé» 

I^e  caté  torréfié  ?'ét^  traité  par  le  mocM  ei'^dcisaua ,  en 
mbstim^t  tpmefqis  le  fonarAcéfale  è  l'acétate  ileMv»  »  a 


J-OVKNAl 


238 

♦      r 

cause  de  la  nature  trés-acîde  du  liquide  d&n»  lequel*  um- 
partie  des  produits  de  la  torrëfactiop  se  trouve.  On  en  a 
également  retiré  de  la  caféine  y  mais  en  moindre  propor- 
tion ,  et  Ton  n'a  point  obtenu  de  précipité  yert ,  comme 
dans  rinfuisum  du  café  employé  plus  haut.  Au  surplus ,  la 
«tîbstance  qui  verdit  doit  varier  beaucoup  suivant  Pespèce 
du  café  usité* 

Le  principe  qui  dans  le  café  lui  communique  son  odeur 
aromatit]ue  ,  lorsqu'on  vient^  à  le  torréfier ,  n'est  pas  non 
plus  précipité  par  l'acétate  de  plomb,  comme  M;  Robî- 
quet  l'a  déjà  constaté  ;  car  les  deux  précipités  que  j'avais 
obtenus  dans  Fextrait  alcoholique  et  ^extrait  aqueux  ayant 
été  décomposés  par  l'hydrogène  sulfuré  ,  et  les  liqueurs 
ayant  été  convenablement  évaporées ,  elles  se  réduisirent 
en  deux,  matières  exti:actives.pougeatres,  solubles  dans  l'eau 
çt  Faloebol ,  d'une  saveur  légèrement  amère  ,  qui.,  par  la 
torréfaction  ^.  ne  dégageaient  aucupe  odeur  analogue  au 
café, 

'  '  '  ' 

SUITE  DU  MÉMOIRE 

i    ^urlessehammoniaco-mercuriels^^^ 

m  ' 

ParM.  Soubeikah. 


»  ' 


Des  propriétés  de  thjdrochlùrale  double  d'amnioninqua 

et  de  mercure. 

Ce  sel  se  présente  sous  la  forme  de  longs  prismes  rhom- 
boïdaux:  comprimés ,  qui  souvent  s'agglomèrent  plusieurs 
ensemble  de  manière  à  former  des  cristaux  irrégulîers 
plus  ou  moins  cannelés.  Les  prismes  isolés  sont  tcitainés 
par  une  base  simple  perpendiculaire  à  Taxe.  Rarement 


DE     FBARMACIE^  iSq 

il  y  a  une  troncature  sur  les  arêtes  de  la  base;  plus  sou? ont 
Fangle  dièdre  le  plus  obtus  des  prismes  est  tronqué ,  de 
sorte  que  la  fiocme  rbomboïdale  est  remplaoéé  par  une 
forme  be^cagonale  symétrique. 

Quand  les  cristaux  se  sont  déposés  phis  rapidement , 
ils  forment  des  aiguilles  nombreuses  entrelacées,  aux- 
quelles on  reconnaît  aisément  à  la  loupe  la  forme  que  j*aî 
décrite. 

Les  cristaux  soût  transparens  ;  ils  deviennent  opaques 
â  une  température  d^enyiron  36  à  4^  degrés  par  leur  dé- 
oomposiiion  et  la  transformation  de  Thydrochlorate  de 
mercure  en  eau  et  en  chlorure  métallique.  Si  Ton  conti-* 
nue- de  cbaufier ,  on  obtient  un  sublimé  riche  en  sel  am-^ 
Bioniac;  La  portion  restante'  oontient  comparativement 
plus  de. mercure.  Cette  expérience,  qui  appartient  à 
M.  Guibourt ,  fait  voir  que  le  sel.alembroth  tie  peut  âtre 
pr^aré  par  sublimation.  L'air  est  sans  actiotv  sur  lé  sd 
alembroth  ;  il  y  conserve,  sa  transparence  et  ny  est  pas 
déliquescent. 

L'eau  bouillante  dissout  le  sel  alembroth  presque  à 
toutes  proportions..  Cent  parties  d  eau  froide  ,  à  la  tempé- 
rature de  -f*  lo"*!  en  dissolvent  i5i  parties  :  je  me  suif 
assuré  de  ce  dernier  résultat  par  un  moyen  susceptible 
d'one  grande  exfictitude.  l'ai  laissé  pendant  deux  jours 
un  excès  de  sel  alembroth  bien  pulvérise ,  a? ec  de  Feau 
cbstiUée  ,  datos  une  caVe ,  en  ayant  la  précaution  d'agiter 
de  tempft  à  a«tre.  J'ai  enlevé ,  it  laide  d'une  pipette ,  ube 
petite  quantité  de  solutidn-  que  j^ai  peaée  ;  je  Vai  étendue 
desu  et  j'y  ai  fait  paaser  un!  courant  d'hydix)gànè  sulfuré. 
Le  poids  de  «ulfore  de  nercui'e  m^a  donné  cekn  de  sel 
alembroth  :  en  le  retrân^ebant  du  poâds  de.  solution  sur 
lequel  j'avais  opéré ,  j'ai  eu  la  proportion  de  l'eau .     ' 

Cette  manière  dé  détermidet  la  solubilité  des  sels  est 
d'une  grande  précision  ;  c'est ,  je  crois ,  la  meilleure  dont 


ou  puisse  6ire  QSiige  ppnr  les  sds  queU  ehidetit  voUfUiie 
pu  décompose. 

Quand  on  poite  irëballitiou  nno  séludon  de  sd  alem* 
broih  ,  la  vapeur  qui  s'élève  a  une  saveur  métalKque  très* 

{prononcée  ;  ep  la  recevant  dans  un  appareil  approprié,  le 
.iquide  qui  en  provient  précipite  par  le  nitrate 4'argeiit  à$ 
1  acide  hydrosulfurique  |  parce  qu*une  poriioii  de  sel  sW 
volatilisée. 

.  L*aminpniaque  est  ^ns  ^ctipn  sur  le  ^I  alembr^th. 
.  Ié9^  ppt^sse  et  la  soude ,  quand  les  liqueurs  ne  sont  pas 
ippp  conc^qtr^  ou  que  les  alcalis  ne  soot^ias  ajouta  eo 
gf^pd  exc^s^  donnent  u»  précipité  blano  de  muriate  anir 
moniaco^-ipercurjel  insoluble.  Une  plus  .grande  quandlé 
^  pç^tsç,  siirtQutè  aeo,  en  sépare  4e  l'hydrate  jaune 
d'ofiide  de  mercure  et  dégage  toute  lammoniaque. 

'  L'hydrogène  sulfuré  en  liqueur ,  «rès-étendu ,  donne  un 
précipké  blanchâtre  )  une  plus  grande  quantité  dliydro- 
gène  sulfuré  le  fait  passer  au  rougé  ,  et  enfin  au  noir.  Ce 
dernier  précipité  est  du  deuto-sulfure  de  mercure.  Je  n'ai 
pas  eiaminié  la  nature  des  deux  premiers* 

*  Les  addcs  sulfurique ,  nitrique  et  mnriatique  sont  sani 
iictton  visible  sur  la  dissolution  du  sel  alehibroth. 

De  ta  préparation  du  sel  alembroth  solubk. 

J  ai  fait  dissoudre  dans  Teau  distillée  parties  égales  de 
sei  ammoniac  et  de  deut^-dJorure  de  merenre.  I  ai  filtré 
la  solution  po^r  séparer  un  p^  de  proto-chlorure  de  mer» 
curc ,  et  j'ai  évaporé  pMir  fairei  cristalliser ,  en  ayant  la 
précaution  de  ooncentrer  fort  peu  les  liqueurs ,  afin  de 
pouvoir  isoler  plus  fa^ilementpev  la  cristallisation  les  par- 
ties les  moins  solubles;  j'a)  obtenu  une  première  cristaK 
lisation  de  se}  amnioiii«$.  ¥m  e0et les  oristaux  t  après  avoir 
fl^  lav?ft  9(YCC  PQ  peu  d'o«u  dif til^ée  »  donnfiieiift  de  Vi 


DE     PRABBIACIE.  fï\i 

\e  par  la  pousse,  du  chlôrore  d  argent  par  le  nilrati^ 
d'argent  «  et  llijdrogètie  salftirë  les  colorait  a  peine. 

Une  deuxième  cristallisation  fournit  une  nouvelle  quan- 
tité d'hydrochlorate  d*animoniaque  facile  k  reconnaître  à 
sa  forme  cristalline  et  i  ses  propriétés  chimiques  :  il  était 
sali  par  one  plus  grande  quantité  de  mercure  que  les  pre- 
miers produits* 

Une  trmsième  cristallisation  me  fournit  denx  espèceé 
de  cristaux  bien  différens.  A  k  surface  de  k  capsule  ëuril 
«ne  coodie  de  sel  ammoniac ,  au-dessous  et  contre  les 
parois  inférieures  du  cristallisoir  se  trouYaieni  des  prisaneâ 
rbombeïdanx  transparens.  Ces  difTérens  cristaux  étaient 
isolés  asses  parfaitement  les  uns  des  autres  pour  qu'il  fût 
très-iàcile  de  les  séparer  mécaniquement.  Cet  isolement  do 
cristaux  diflerens  ,  formés  dans  une  même  liqueur ,  était 
le  résultat  des  circonstances  dans  lesqnelles  j'avais  forcé  la 
cristallisation  i  se  faire.  La  capsule  qui  contenait  la  soki<* 
tion  avait  été  chauffée  au  bain  de  sable ,  et  elk  y  avait  été 
laissée  enfouie  pendant  tout  le  temps  que  la.  cristallisadon 
s  opéra.  Par  là  ,  le  refroidissement  se  £t  avec  nue  extrême, 
lenteur ,  surtout  vers  les  parties  inférienres  de  la  capsule  f 
et  le  sel  le  moins  soluble  s'était  presque  tout  cristallisé  k 
la  surface  avant  que  la  cristallisation  du  sel  le  moins  aolnUe 
ait  pu  commencer. 

Les  cristaux  rfaomboVdaut  furent  redissons  dans  Teatl 
distillée  bouillante  et  mis  k  cristalliser  ;  ils  se  transformé^ 
renten  noiiveaint  eristanm  rhomboidatix  plus  comprimer. 
Ils  me  servirent  daiis  mes  premiers  essais  analjtiqttes ,  et 
ils  me  portèrent  k  voir  dans  le  sel  alembroth  une  combi-^ 
naison  d*une  proportion  de  deuto^-cfaloriire  de  mercure  et 
de  quatre  proportions  dliydrochlorate  d'ammoniaque.  En 
conséquence  je  fis  dissoudre  dans Teau ,  par  ébullition ,  lé 
sublimé  corrosif  et  lo  sel  amiboniac  dams  les  proportions 
eonvetuibles  \  tnais^  è  mon  gratid  étonnement ,  j'obtins  une 


2^2  JQ.UH.NAL 

cristallisation  en  aiguilles  toHt-à-fait  dilTër.ciite  au  pronier 
aspect  des  cristaux  que  j^avais  obtenus.  J'analysai  une  par- 
tie de  ces  aiguilles ,  et  j'y  trouvai  plus  de  mercure  que  dans 
les  cristaux  prismatiques.  Une  expérience  d'un  autre  genre 
tue  donna  l'explication  de  cette  anomalie  apparente. 

Eïi  faisant  bouillir  avec  de  Feau  distillée,  dans  une  cor-* 
nue  ,  un  mélange  de  sublimé  corrosif  et  de  sel  ammoniac  ^ 
fait  dans  les  proportions  précédentes  et  eu  fractionnant  les 
liqueurs  qui  passent  à  la  distillation  ,  on  observe  que  les 
premiers  produits  ne  contiennent  pas  de  mercure  et  seule^ 
ment  du  sel  ammoniac  ,  résultat  qu'il  faut  attribuer  à  la 
facile  volatilisation  de  ce  dernier  à  la  faveur  de  la  vapeur 
d'eau.  Une  observation  de  ce  genre  a.déjà  été  faite  il  y  a 
loug-tempsparMM.  Dabitet  Ducommun.  Elle  fait  voir 
combien  est  imparfaite  la  méthode  d'analyse  qui  consiste 
à  recevoir  l'ammoniaque  dans  l'acide  hydrochlorique ,  et  à 
évaporer  à  siccité  pour  calculer  la  proportion  d'ammonia- 
que sur  celle  de  Thydrochlorate.       > 

L'expérience  précédente  me  força  de  changer  le  mode 
de  préparation  de  Thydrochlorate  ammonîaco-mercuriel  : 
je  fis  dissoudre  le  sublimé  corrosif  dans  le  moins  d'eau 
bouillante  possible  ^  je  retirai  du  feu  et  j'ajoutai  le  sel  am- 
moniac. La  liqueur  me  fournit,  pa,r  une  première  cristal- 
lisation (  j'avais  opéré  sur  environ  4oo  grammes  de  mé- 
lange), 5  grammes  de  cristaux  en  aiguilles.  L'analyse  m'y 
fit  reconnaître  un  excès  de  sublimé  corrosif.  Je  continuai 
l'évaporation  de  Teau-mèrQ^  l!étuve,  et  j'obtins  une  nou- 
velle cristallisation  abondante  en  aiguilles  ,  auxquelles  je 
reconnus  la  forme  de  sel  alembrotb.  Comme  il  devait  être 
d'autant  plus  pur  quHl  provenait  d'eaux-mères  qui  avaient 
fourni  un  plus  grand  nombre  de  crislallisations ,  je  sépa- 
rai le  second  produit ,  et  j'évaporai  dans  le  vide.  J'obtins 
des  cristaux  très-réguliers.  Une  nouvelle  évapora tion  me 
donna  des  cristiux  semblables.  Cette  même  liqueur,  aban- 
donnée à  l'évaporation  spoutanéo,  donne  des  aiguilles  plus 


DE    PHARMACIE.  ^43 

allongées  et  plus  isaléjcs  les  unes  des  autres.  Leur  compo- 
sition chimique  était  la  même. 

Ce  sont  ces  cristaux  obtenus  dans  le  vide  que  j^ai  ana- 
lysés ;  c*est  par  eux  que  je  suis  arrivé  h  reconnaître  que  le 
sel  alembroth  est  une  combinaison  d^un  atome  d'hydro- 
cUorate  de  mercure  et  de  quatre  atomes  d'hydrochlorate 
d^aramoniaque. 

Du  mùriate  ammoniaco^mercuriel  insoluble. 

Tai  préparé  ce  sel  en  précipitant  une  dissolution  de  su- 
blimé corrosif  par  un  excès  d'ammoniaque  ;  j'ai  lavé  le 
précipité  à  plusiears  reprises  par  décantation  ;  je  Tai  re- 
cueilli sur  un  filtre  ,  et  je  Tai  fait  sécher. 

La  quantité  de  mercure  qu'il  contenait  a  été  reconnue 
par  lli jdrogène  sulfuré.  Je  dissolvais  une  certaine  quantité 
de  sel  dans  l'acide  hydrochlorique ,  j'étendais  d'eau ,  puis 
je  décomposais  par  un  courant  d'acide  hydrochlorique.  Le 
sulfure  de  mercure  lavé ,  séché  et  pesé ,  me  donnait  la  pro- 
portion de  mercure  métallique  :  elle  s'est  trouvée  être  de 
0,82  grammes. 

Pour  connaître  la  proportion  de  chlore  ,.deux  grammes 
de  sel  ont  été  délayés  dans  l'eau  distillée ,  et  l'on  a  fait 
pendant  trës-long-temps  traverser  la  liqueur  par  du  gaz 
hydrogène  sulfuré.  L'on  a  filtré  ^  et  le  précipité  a  été  lavé 
avec  la  précaution  de  réunir  les  eaux  de  lavage  à  la  pre- 
mière liqueur. 

Après  quelques  instans  d'ébullition  pour  ^dégager  le  gaz 
hydrosulfurique ,  l'on  a  précipité  par  le  nitrate  acide  d'ar- 
gent. Cette  opération  a  foui^ii  1,275  grammes  de  chlorure 
d'argent  fondu  qui  représentent  0,079  gram.  de  chlore  pour 
chaque  gramme  de  sel. 

Comme  celte  quantité  est  bieu  plus  faible  que  celle  ob- 
tenue par  Fourcroy  et  supposée  par  M.  Guibourt,  j'ai  pu 


^44  iOUHNAL 

penser  qu^ttoe  parUe  diacide  mtiriatiqtte  s^éuit  Tâponsée 
en  même  temps  que  Thydrogène  sulfuré.  Pour  m*en  con- 
vaincre, j'ai  précipité  les  liqueurs  sans  faire  bouillir, et 
j*ai  repris  le  précipité  pftr  lammoniaque  qui  a  rediaioiit 
le  chlorure  sans  toucher  au  sulfure  d^argent.  Cest  le  pro» 
cédé  dont  mon  estimable  ami  Henry  fila«  a  fait  Usage  dàds 
le  cours  de  ses  recherches  sur  les  eaux  d'£n|[hien«  Les  ré^ 
sultats  ont  été  les  mêmes  que  les  précédens. 

Enfin  j  pùiât  ne  conséfter  àuèuit  doute  sur  k  parfaite 
décomposition  du  muriate  ammoniaco-mercuriel  par  ladde 
hydrosulfurique  ,  j^ai  repris  deux  grammes  de  sel  que 
j^ai  fait  bouillir  avec  un  grand  excès  de  potasse  caustique 
dont  j'avais  éprouvé  la  pui^eté.  Âpres  avoir  reçu  le  préci- 
pité sur  un  filtre  et  Tavoir  lavé ,  j'ai  fortement  acidifié  les 
liqueurs  par  Tacide  liitrique  piir ,  et  j^ài  précipité  par  le 
nitrate  dai'geiit.  Tàl  obtenu  1,^6  grammes  de  clilorord 
d*argeùt ,  i*ésiiltat  ({ui  est  en  harmonie  parfaite  avec  les 
précédëhii. 

Supposant  que  le  muriate  amofioniaco-mercuriel  avait 
pu  être  altéré  par  les  lavages  qui  entraînent  constammeat  i 
et  quelque  multipliés  qu'ils  Soient ,  des  traces  d'acide  hy 
drdchlof^qûe ,  j^ài  préparé  de  tioufeau  sel  sans  le  laver. 
L*an*lytife  y  à  Éaît  Voir ,  i  la  vérité ,  moins  de  mercure  el 
phis  de  chloi^e  ;  ttàis  ta  différence  a  été  trop  petite  pour 
qu'on  puisse  raisonnablement  Tattribuer  à  d'autres  causes 
qu'il  Thydrochlorate  d^ammotiiaqtre  qui  était  resté  mêlé 
mécaniquement  an  sel  mercurieh 

Je  n'ai  pas  recherché  directement  la  proportion  rf^ain- 
filonilique.  ^insolubilité  du  muriate  ammoniaco-mercu' 
riél  aurait  rendu  l'expérience  peu  décisive.  Il  estimpo?' 
sibln ,  SI  on  mêle  les  matières  danà  le  hiatras ,  dVnvelopper 
le  sel  assez  exactement  de  potasse  pour  que  la  décompo' 
sition  se  fasse  par  son  moyen  sur  tous  les  points  k  la  fois , 
et  les  produits  de  la  décompoMûon  spontanée  du  s^I  n^cr'' 


DE     PHAnMÀCIE.  245 

toriel  sont  trop  complexes  pour  qa*on  {>uis8e  la  faire  serVîr 
a  des'  recherches  analytiques.  D'un  autre  côté ,  le  mélange 
intime  des  matières  ne  pourrait  être  fait  sans  qu'il  y  eût 
déperdition  d'ammonia^^tie* 

Les  expériences  précédentes  font  voir  que  le  muriate 
ammoniaco-mercuriel  contient  :  .     .      « 

Mercure  supposé  i  l'état  métallique.  •     0,8a  * 
Chlore ..«••••«••     0,079 

En  combinant  par  hypothèse  au'mèrcure  tout  le  chlore 
qui  a  été  fourni  par  l'analyse  ,  on  a  : 

l)euto-clilonire  de  mercure *.     o,36 

Mercure  métallique, ',     0,60 

C'est-à-dire  que  les  trois  quarts  du  mercure  n'étaient  pas 
en  combinaison  avec  le  chlore  ;  ils  étaient  sans  doute  à 
l'état d'oxide  et  unis  à  l'ammoniaque;  Or,  0,60  de  mer^ 
cm'e  prendraient  0,047  d'oxigène,  et  en  supposant  que  la 
perte  qui  resterait  encore  sur  les  résultats  de  l'analysé  re- 
présentât l'ammoniaque  ,  on  aurait  : 

Deuto-chlorure  du  mercure o,3o 

Oxide  de  mercure 0,647 

Ammoniaque. •  '  o,o53 


^Ê^ 


.     .  1,000 

Cette  cpxantité  d'ammoniaque ,  comparée  à  la  pcoportion 
d'oxide  de  mercure,  faisait  voir  dans  leur  combinaison  un 
sd  dans  lequel  Foxide  de  mercure  ferait  les  fonctions 
d'acide ,  et  dans  lequel  la  proportion  d'ammoniaque  serait 
telle  qu'en  la  supposant  remplacée  par  une  quantité  équi- 
valente d'une  basé  oxigénée  ,  l'oxigène  de  la  base  serait  à 
Toxigène  de  l'acide  dans  le  rapport  de  i  à  a  ;  c'est-à-dire 
que  le  multiple  représentant  l'oxigène  de  l'acide  sciiait 
précisément  le  nombre  qui  représente  l^s  atomes  d'oxigène 

Xn-.  Armée.  ^  Mai  i8a6.  18 


• 


*a46  JOURNAL 

dans  Toxide  de  mercure.  Ainsi  ce  mercnriate  (  ponr  me 
servir  d'utie  expression  déjà  employée  par  Fonrcroy  dans 
la  même  circonstance)  serait  soomis  à  la  loi  de  composi-^ 
^tion  qui  régit  la  plupart  des  combinaisons  salines  neutres; 
et  le  muriate  ammoniaco-mercuriel  insoluble  serait  un  vé- 
•ritabl^  sel  double  composé  de  : 

I  atome  de  deuto^dilonire  de  mercure  ; 
3  atomes  de  mercuriate  d'ammoniaque. 
Sa  compositOB  théorique  est  : 

Ifercure.  .  ao,6  )        ,  . ,  , 

^1 1  3  1^'  deato-chlorure  de  mercure ^'j^g 


Ammoaisque.       5,^J    d*< 


ss  muriate 

aramoniaqae.     .  73,1 


100 


Chi  Toit  qu'dle  diffère  peu  des  résultats  qui  ont  été  four- 
ms  par  Fanalyse. 

n  suit  des  expériences  rapportées  dans  ce  Ménunre, 
^11  existe  deux  muriates  ammoniaco-mercuriels  : 

Que  l'un  est  cristallîsable  et  soluble  :  c'est  un  hydrochlo- 
rate double ,  formé  d'un  atome  d'hydrochlorate  de  mercure 
et  de  quatre  atomes  d'hydrochlorate  d'amUioniaque  ; 

Que  l'autre  est  insoluble ,  et  qu'il  est  composé  d'un  atome 
de  deuto-^hlorure  de  mercure  et  de  trois  atomes  de  mer- 
curiate d'ammoniaque. 

V  n  ne  me  reste  plus  qu'à  présenter  quelques  observations 
relatives  à  l'emploi  du  sel  alembroth  dans  la  pratique  mé« 
dicale  :  elles  découlent  naturdlement  des  faits  rapportés 
dans  ce  Mémoire.  Il  est  maintenant  bien  établi  i*.  que  la 
solubilité  du  sublimé  corrosif  est  augmentée  par  le  seul 
fait  de  sa  dissolution  simultanée  avec  le  sel  ammoniac  y 


DE     PHARMACIE.  at^'J 

2^«  que  la  combinaison  ne  se  fait  pas  cependaot  de  suite 
assez  complètement  ponr  qu^nne  portion  de  muriate  d^am- 
moniaqne  ne  puisse  encore  se  vaporiser  j  de  telle  sorte  que 
la  première  cristallisation  est  formée  de  sel  alembroth  mêlé 
k  une  quantité  variable  de  sublimé  corrosif,  d^où  il  résulte 
que  cette  première  partie  du  produit  ne  doit  pas  servir 
dans  la  pratique  médicale,  ce  qui  est  d^à  un  inconvénient  ; 
mais ,  ce  qui  en  est  un  bien  plus  grand ,  c'est  que  le  sel 
cristallisé  bien  pur  est  formé  de  proportions  telles  qu'il 
serait  presque  impossible  de  se  raj^peler ,  quand  on  for- 
mule, la  quantité  relative  des  deux  sels.Tout  le  monde  con- 
viendra que  tout  doit  être  bien  précisé  quand  il  s'agit  d'un 
médicament  aussi  énergique  que  le  sublimé  corrosif.  Par 
la  même  raison  je  crois  qu'un  mélange  des  deux  .sels  ne 
doit  pas  être  tenu  préparé  à  l'avance  dans  les  officines  ; 
car ,  quelque  bien  fait  qu'on  le  suppose ,  il  arrivera  néces- 
sairement qu'au  bout  de  quelque  temps  le  sublimé ,  en  nd* 
son  de  sa  pesanteur ,  sera  en  proportion  plus  forte  au  fond 
du  flacon  qu'à  la  surface.  Quand  un  médecin  tiendra  &  se 
servir  du  sel  alembroth ,  le  mélange  devra  être  fait  au  mo* 
ment  d'être  dissout ,  et  les  proportions  de  parties  égales  de 
chaque  ingrédient  devront  être  préférées  ,  d'abord  parce 
qu'un  excès  de  sel  ammoniac  ne  peut  être  nuisible,  et  en- 
suite parce  que  cette  dose  est  facile  à  retenir ,  et  qu'elle 
est  celle  prescrite  dans  les  formulaires. 


/ 


i8. 


r>fi8  JOURNAL 


RAPPORT 

Sur  t analyse  dtun  sang  épanché  dans  la  ca\fité  gauche  de  la 

poitrine ,  provenant  de  la  rupture  dtun  anéi^iisme  fort 

étendu  de  t aorte ,  par  M.  Môrin  ,  pharmacien  à  Rouen  ^ 

fait  à  V Académie  royale  de  médecine  ^  section  de  phar* 

macie^le  i5  ai^ril  1826^ 

Pur  MM.  Vawjuelîh  et  ]SouLLÀir« 

Après  avoir  succinctement  rapporté  les  travaux  entrepris 
pour  Texamen  du  sang ,  et  cité  les  principaux  chimistes 
qui  se  sont  occupés  d^en  faire  connaître  les  principes  con- 
stHtftiFs,  M.  Morin arriveà Tobjet  desonmémoire,  Texamen 
d'un  sang  recueilli  dans  un  cas  pathologique  particulier. 

Ce  sang  avait  été  trouvé  épanché  dans  la  poitrine  d'un 
individu  mort  à  Thôpital  général  de  Rouen  :  il  présentait 
deux  partiçs  bien  distinctes ,  Tune  occupant  le  fond  du 
vase,  d'un  rouge  vif,  ayant  la  consistance  d'un  miel  épais, 
une  apparence  pultacée ,  au  lieu  de  Taspect  tremblant  qui 
caractérise  ordinairement  le  cruor.  La  partie  séreuse  sur- 
nageante, décantée,  puis  entièrement  séparée  parle  secours 
de  la  pression  ,  offrait  un  liquide  jaunâtre.  M.  Morin  fait 
observer  que  la  partie  solide  était  relativement  très- 
abondante^ 

Cette  partie  solide  et  colorée  du  sang,  desséchée  avec  soin, 
fut  malaxée  sous  un  filet  d'eau ,  comme  on  a  coutume  de 
le  faire  pour  en  séparer  la  fibrine.  On  Ta  obtenue  sous  forme 
de  filamens  jaunâtres  bien  caractérisés,  mais  on  n'a  pu  par- 
venir à  lui  procurer  la  blancheur  qui  appartient  i  cette 
substance  préparée  avec  soin.  La  proportion  de  cette  fibrine 
a  paru ,  à  M.  Morin ,  très-inférieure  à  celle  qui  doit  exister 
dans  le  sang ,  comparée  à  la  partie  colorante^  L*aateur  en 


DE    PHARMACIE.  '2^<J 

dre cette  conséquence  qu  on  peut  considérer  le  saug  en  ques- 
tion comme  dans  nn  véritable  état  if  appauvrissement  ;  et 
parla  même  impropre  à  fournir  la  quantité  de  fibrine  néces- 
aaire  pour  suppléer  à  la  déperdition  des  muscles*  C'est,  du 
reste  ,  une  idée  qu'il  soumet  aux  physiologistes ,  cl  dont  il 
leur  abandon  ne  la  solution. 

Afin  de  constater  si  la  partie  coloraute  du  sang  dont  il 
est  question  jouissait  des  propriétés  qui  lui  ont  été  attribuées 
par  MM.  Brande  et  Vauquclin  ,  M.  Morin  a  fait  l'applica- 
tion de  leur  procédé ,  au  moyen  duquel  il  a  constaté  Viden<r 
tité  de  sa  matière.  La  seule  dilTéreuce  sur  laquelle  il  insisl^ 
et  qui  est  importante,  tient  à  Tabseuce  du  fçr  dans  le 
résidu  de  l'incinération  du  principe  colorant  dissous  dans 
l'acide  sulfurique.  D'après  les  expériences  de  l'un  de  nous, 
faites  sur  le  sang  de  bœuf,  la  présence  du  fer  a  été  mani- 
festement démontrée  dans  Vacide  sulfurique  qui  avait  servi 
à  traiter  le  caillot,  et  dont  ou  avait  séparé  la  matière  colo- 
rante an  moyen  de  l'amnioniaque.  En  serait-il  autrement 
dans  le  sang  de  l'homm^e  ?  c'est  une  chose  douteuse  ,  qu'il 
faut  cependant  admettre  exceptionnellement  pour  celui 
qui  a  été  examiné  par  M.  Morin ,  puisque  nous  n'avons 
aucun  moyen  de  vérification.  Et  d'ailleurs  notre  habile 
confrère  n'aurait  pas  avancé  légèrement  un  fait  aussi  impor- 
tant,  parles  conséquences  qu'on  en  pourrait  déduire,  sur- 
tout s'il  arrivait  que  l'absence  du  fer,  lequel  existe  bien  réel- 
lement dans  l'état  sain ,  se  trouvât  constatée  dans  le  sang 
recueilli  chez  des  sujets  atteints  de  certaines  maladies.  | 

Nous  avons  dit  que  la  quantité  de  sérum  ne  se- trouvait 
pas  en  rapport  ordinaire  avec  le  caillot,  dans  le  sang  exa^ 
miné  par  M.  Morin  :  il  était  aussi  moins  visqueux  que  dans 
1  état  sain.  Soumis  à  l'analyse  par  les  moyens  connus  ,  qu'il 
serait  inutile  de  vous  détailler,  ce  liquide  séreux  nVt  rien 
présenté  de  remarquable  ;  nous  nous  contenterons  de  copier 
le  résultat  proportionnel  du  sang  examiné  par  M.  Morin 
qti'il  a  trouvé  composé  ainsi  qu'il  suit; 


I 


aSo  JOURHAL 

Eau 9S 

Matière  hnilease •  •     o ,  3o 

Chlonire  de  sodium.     • o  »  4^ 

Lactate  de  soude  et  osmazâme.  •  .  •  .  •  z  ^  60 
Matièreanimaleprécipitable  parle  tannin,  o,  10 
Albumine a,  60 

100,  00 

Nous  n'avons  fait  que  mettre  sous  les  yeux  de  la  secdon 
nn  abrégé  du  travail  de  M.  Morin,  sans  avoir  pu  y  joindre 
le  contrôle  de  ses  expériences.  H  signale  toutefois  un  fait 
remarquable  y  qui  mérite  de  fixer  l'attention  ,  et  qui  pro- 
voquera sans  doute  Fexamen  cbimique  du  sang  dans  les 
diverses  maladies  (i).  Nous  pensons  que  la  section  doit,  ice 
sujet,  témoigner  sa  satisfaction  à  Tauteur  du  mémoire,  qui 
est  d'ailleurs  l'un  de  ses  plus  laborieux  correspondans ,  et 
l'encourager  à  donner  suite  à  de  semblables  recherches  ; 
nous  proposons,  en  outre,  que  le  mémoire  dont  M.  Morin 
désire  la  publication  par  extrait,  dans  le  Journal  de  Pftar' 
mode ,  soit  déposé  aux  archives  de  l'Académie. 

VlUQUELIir  ,  BOULLIT. 


(i)  Poar  ai^r^ier  la  valeur  de  ees  ràultats ,  il  serait  n^ssaire  de 
connattre  le  régime  et  le  trmtâmeat  eoivit  par  le  malade. 

(JYotede  J.-J.  Viasv.) 


DE   ^HAKHAtlE.  ^5» 


»»w»»»»«a—»>*»o«i»**»nni»*»M»»»»»%  ■»»»»%< 


NOTICE 

Sur  le  Cerambix  moschattis ,  m^ee  des  eansUératiens  sur 
todeur  que  répandent  certains  insectes  y  et  un  nouvel 
âixir  antispasmodique  et  aphrodisiaque  ; 

Par  M.  Farihbs  ,  phannacien  k  Perpignan. 

Le  cermmbix  moschaius ,  connu  Tulgairemeniaous  le  nom 
de  capricorne  musqué ,  coléoptère  apartenaaià  Tordre  dea 
létramères ,  tribu  des  capricornes ,  est  généralement  com- 
mun et  trop  connu  pour  que  j^en  fasse  ici  la  description. 

Sa  larre  vit  dans  le  tronc  du  saUx  uulgarisy  et  aussi  sur 
plusieurs  autres  arbres  du  même  genre,  mais  plus  ra- 
rement. 

L*in6ecte  parfait  se  nourrit  des  feuilles  et  de  l'écorce  des 
jeunes  pousses  du  même  arbre  et  ne  prend  pour  nourriture 
même  forcément  que  des  végétaux  analogues. 

Assez  ordinairement  on  croit  que  les  insectes ,  comme 
beaucoup  d^antres  animaux ,  participent  plus  ou  moins  dea 
propriétés  des  substances  dont  ils  se  nourrissent.  Cest 
ainsi  y  par  exemple  ,  que  quelques  nécrophages  répandent 
une  odeur  cadavérique;  plusieurs  blaps^  une  odeur  de  fur 
mier  moisi.  D'après  cette  règle  générale,  qui  n'est  pour-* 
tant  pas  sans  beaucoup  d'exceptions ,  Todeur  de  rose  mus<* 
quée  que  répand  si  abondanunent  le  cerambix  moschatus 
doit  paraître  bien  étrange,  si  on  la  compare  aux  pro- 
priétés inodores  des  salix  ;  ce  qui  vient  à  l'appui  de  quel- 
ques expériences  que  j'ai  faites  qui  m'wit  convaincu  que 
par  la  digestion  (  du  moins  cbez  les  insectes  )  les  matièrea^ 
organiques  changent  totalement  de  nature  et  que,  si  dans 
quelques  cas  l'animal  répand  la  même  odeur  que  les  alimena 
qu'il  a  -pris ,  cela  provient  de  ce  que  ces  matières  se  sonà 


^Sl  JOUBNAL 

attachées  à  son  corps  en  s*y  roulant  dessus ,  ou  qu'il  s'est 
imprégné  de  l'odeur  par  les  poires  extérieurs,  ou  bien  que 
les  matières  alimentaires  sont  encore  dans  Testomac,  et 
souvent  même  le  concours  de  ces  trois  causes. 

Entre  autres  expériences ,  je  signalerai  celles  que  j'ai 
faites  sur  le  blaps  fatidica.  Je  pris  cet  insecte  dans  une 
cave  parmi  des  débris  de  bois  pouri  pi  exhalait  une  odeur 
insupportable;  après  l'avoir  bien  essuyé  d^abordavec  une 
étoffe  de  laine ^  ensuite  avec  du  papier  Joseph,  l'odeur, 
quoique  bien  intense,  était  beaucoup  moins  forte.  Je  le 
soumis  alors  à  une  immersion  <le  deux  minutes  dans  de 
l'eau.  L'odeur  fut  la  p[ième  \  soumis  à  une  immersion  al- 
coholique  (moins  la  tète)  pendant  le  même  temps,  l'in- 
secte ,  quoique  bien  vivant ,  conserva  très-peu  d'odeur  \ 
gardé  ensuite  pendant  douze  heures  sur  un  plateau  de 
liège ,  sous  une  cloche  ouverte  à  sa  partie  supérieure  y  je 
l'en  retirai  sans  odeur.  Le  même  iib/75,  mis  immédiate- 
après  en  contact  avec  le  sol  sous  une  cloche  de  dix  pouces 
de  diamètre ,  au  même  endroit  d'où  il  avait  été  retiré  ,  dix 
heures  après. il  avait  contracté  la  même  odeur  etavec  autant 
de  force  qu'avant  de  le  soumettre  à  la  première  expérience  \ 
gardé  de  nouveau  pendant  seize  heures  sur  le  plateau  de 
liège,  il  ne  jouissait  que  faiblement  de  la  propriété  odo- 
rante, et  il  suffit  d'une  immersion  alcoholique  pour  Ten 
priver  totalement.  Remis  de  nouveau  à  la  cave ,  sous  la 
cloche ,  mais  cette  fois  séparé  du  sol  au  moyen  d'une  toile 
très-claire  et  à  un  pouce  d'élévation  ,  de  manière  qu'en 
passant  les  pâtes  entre  les  mailles  de  la  toile  il  ne  pou- 
vait néanmoins  toucher  à  terre ,  retiré  six  heures  après , 
il  répandait  une  faible  odeur  qui  a  disparu  après  quatre 
heures  d'exposition  de  l'insecte  à  l'air  libre. 

En  considérant  le  résultat  de  ces  épreuves  ,  je  suis  portQ 
k  croire  que  l'odeur  que  répandent  ces  animaux  u'est 
pas  une  propriété  qui  leur  soit  propre ,  mais  bien  acci- 
dentelle y  et  qu'il  en  est  de  même  par  analogie  de  toua  le$ 


DE     PHA.RNAGIE.  ^53 

insectes 'HoMTodenr  estcellç  des  substances  dont  ils  se 
Donrrissent. 

Cest  particnlièrement  lorsqn^on  irrite  le  ccramhix  mas^ 
ckatus  qu'il  répand  plus  abondamment  son  parfam>;  alors 
il  loi  sort  par  Tanns  une  liqueur  visqueuse,  lactescente,  qui 
jonit  au  suprême  degré  de  la  propriété  aromatique.  Bien 
que  ce  ne  soit  pas  seulement  cette  liqueur  qui  contienne 
ce  principe ,  car  en  prenant  Tinsecte  par  les  éljtnes  sans 
toocher  aucune  autre  partie  ,  Todeur  ne  s'en  attache  pas 
moins  aux  doigts  ,  et  on  est  parfumé  pour  plusieurs  heu- 
res ;  il  n'en  est  pas  de  même  des  antennes  par  où^e  prin- 
cipe n'exsude  point ,  du  moins  je  n'ai  pu  l'apprécier. 

Celte  précieuse  qualité  n'a  lieu  chez  cet  insecte  que  tout 
autant  qu'il  est  en  pleine  vitalité ,  et  particulièrement  k 
l'époque  de  l'accouplement;  à  mesure  qu'il  perd  de  ses 
forces  il  perd  aussi  par  degrés  ceUe  propriété,  et  sans  vie 
il  est  aussi  sans  odeur. 

Un  grand  nombre  d'essais  que  j'ai  faits  pour  isoler  le 
principe  aromatique  du  capricorne  musqué ,  sans  pouvoir 
réussir  et  qu'il  serait  superflu  de  rapporter,  m'ont  fourni 
les  observations  suivantes  auxquelles  je  n'ai  pu  donner 
tonte  l'extension  que  j'aurais  désirée,  la  saison  étant  trop 
avancée  pour  me  procurer  cet  insecte  vivant  et  ayant  né- 
gligé pendant  le  cours  de  mes  expériences  de  noter  les 
phénomènes  qui  se  passaient,  n'ayant  alors  d'autre  but  que 
l'isolement  de  cette  matière;  mais  je  me  réserve  pour  la 
saison  prochaine  de  traiter  plus  amplement  cet  article ,  et 
d'étudier  avec  soin  les  propriétés  chimiques  et  thérapeu- 
tiques de^ce  principe ,  qui  ne  me  parait  pas  indigne  d'oc- 
cuper une  place  dans  le  cadre  des  substances  destinées  à 
diminuer  les  souffrances  humaines. 

Les  principales  propriétés  que  j'ai  recueillies  sur  le 
principe  aromatique  du  cerambix  moschatus  sont  les 
soi  fautes* 


^254  JOURNAL 

Insoluble  dans  Peau. 

Soluble  dans  Talcohol.  —  Ce  solutum  a  été  sans  action 
sur  le  sirop  de  violette;  jW  oblena  par  sa  distillation 
um  alcoiMlat  d*sne  odenr  très-^oaYe  j  analogue  a  un  mé- 
loage  des  odeurs  de  roses  et  de  fruits  à  pépias ,  qui  n*« 
point  été  troublé  par  Fadditlon  d^ean  même  en  grande 
quantilë ,  ce  qui ,  joint  à  Todenr  tenant  de  Talooliol  m  trique, 
me  porte  à  présumer  que  ce  principe  est  acide ,  et  que  pen- 
dant la  distillation  il  s^est  formé  un  éther  doné  de  pnH 
priétés  aromatiques  qui  lui  sont  propres  et  qui  s'y  dissoot 
dans  Talcohol  :  il  m^a  paru  sans  action  sur  le  sirop  de  vio« 
lette.  Je  pense  qu'il  fautrattribncrau  peu  de  temps  que  j*aî 
laissé  le  mélange  en  contact  ;  ayant  épuisé  ce  produit,  il 
ne  m*a  pas  été  possible  d'éclaircir  cette  conjecture. 

Soluble  dans  Fétber  sulfurique ,  cette  solution ,  aban- 
donnée à  elle-même,  a  la  température  ordinaire,  a  laissé 
pour  résidu  une  matière  grasse  sans  odeu^qui,  essayée  par 
les  réactifs ,  s*est  comportée  comme  les  builes  animales. 

Volatil  à  une  très-basse  température,  puisqu'il  s'est  éva* 
pore  en  entier,  dissout  dam  Téther  à  une  température  qui 
n'excédait  pas -4- 1 5*  centigrades* 

Destructible  à  +  6o*  environ  dans  un  vase  dos.  J'ai  in* 
troduit  un  de  ces  insectes  vivant  dans  une  boule  de  verre 
que  j'ai  fermée  à  la  lampe.  Tai  mis  cette  boule  dans  un 
bain-marie.  Après  avoir  amené  la  température  i  -4~  ^j  Ï^ 
cassé  la  boule  :  l'odeur  primitive  avait  totalement  disparu, 
et  était  remplacée  par  une  odeur  fétide  grasse.  La  paroi 
inférieure  de  la  boule  était  tapissée  d'une  matière  visqueuse 
qui  a  donné  les  mêmes  résultats  avec  les  réactifs  que  le 
résidu  de  la  solution  dans  l'éther. 

La  même  expérience  répétée  et  la  température  portée 
seulement  à  +  io'^  j  l'odeur  se  faisait  encore  sentir  quoique 
très-faiblement« 

Utilités*  — -  Beaucoup  de  personnes  mettent  un  de  ces 


DE    VHARKACIE.  ^55 

insectes  vivant  dans  leur  tabatière,  et  par  ce  moyen  prisent 
du  tabac  à  la  rose. 

En  mêlant  i  une  pariie  4'9leoholat  de  cerambix  marquant 
24*  ^^  densité  une  partie  d*eau  distillée  dans  laquelle  on 
a  fait  dissoudre  son  poids  de  sucre  blanc ,  on  obtient  une 
Uqueur  d'une  saveur  et  d'un  parfum  -très-agréables  que  j'ai 
nommée  élixir  de  cerambix*  Âf .  le  docteur  Masnou  ,  a  qui 
j'en  remis  un  flacon ,  a  bien  voulu,  en  faire  l'essai  »  et  m'a 
remis  la  lettre  ci-jointe  qui.en  constatt  les  propriétés  (i). 

Pilules  contre  la  migraine ,  ou  anti^céphalàlgîques  ,  du 

docteur  Isoard. 

Extractum  hjrosciami.  .  •  •     iiemi-grain. 

Aoeias  morphinœ un  douzième  de  grain. 

Oxùbitn  zmd  stMînuaum.  .     un  quart  de  grain. 

Pour  une  pilule  argentée. 

\ _ 

(I)  Le  médecin  ordinaire  breveta  ,  employa  aux  salles  militaires  de 
rhépital  de  Perpignan  ,  médecin  des  épidémies ,  chevalier  de  Tordre 
rojalde  la  Légioo-d'HonBeor ,  etc. ,  â  M.  Fariaes,  pharmaoi6ii.â  Fer» 

Honsîear ,  TOtre  élixir  de  eeranikix ,  d*uB  goût  très-agréable,  m*a  bien 
réussi  tontes  les  fois  qu'il  a  fallu  exciter  les  forces  des  organes  digestifs 
et  da  sjrstéme  nerveux.  D'après  l'essai  que  j'en  ai  fait  sur  plusieurs  ma- 
lidfli  atteints  de  dyspepsie  flatalen te,  d'bjpochondrie  ou  d'bjstérie  non 
compiiqvées  ,  de  flegmasie  looak  et  des  diverses  névroses  qui  ont  leur 
iië^e  tor  les  viscères  abdominaux,  il  m'a  paru  agir  comme  stomacbique, 
carminatif,  antispasmodique,  et  un  puissant  aphrodisiaque.  Je  pense 
^oc  qae  oe'  médicament  peut  prendre  place  dans  la  thérapeutique , 
tdmÎBÎstxë  A  la  doat  d'usé  «uillerée  à  caCé  on  deini*onee ,  seul  ou  dan» 
«n  véhictde  qpproprié  suivant  les  indications ,  le  matin  i  jeun ,  et  ^x^ 
pca  avant  les  repas. 

Tai  l'honneur ,  etc. ,  Misrou. 


^56  JOURNAL 


NOTE 

Sur  la  matière  ghtineuse  produite  par  TÂtractylis  gmii- 
mifera ,  L. ,  el  usitée  dans  TOrierU , 

Lue  â  FAcad^mie  rojrale  de  médecine ,  section  de  pharmacie , 

P«r  M.  J.-J.  ViRET. 

Feu  Olivier  a  rapporté  de  son  voyage  dans  l'Orient  et 
la  Perse  une  substance  d^un  jaune  fauve,  souvent  recou- 
verte d^une  surface  blanchâtre  ;  elle  a  une  forme  vermi- 
culëe  comme  la  gomme  adragant;  elle  n*a  ni  odeur  ni 
saveur  bien  remarquable,  .excepté  une  légère  amertume, 
et  reste  assez  molle ,  extensible  comme  du  gluten. 

Cette  substance  découle  spontanément  du  collet  des  ra- 
cines et  des  tètes  violettes  des  fleurs  d'une  plante  épincase, 
basse,  de  la  famille  des  cinarocéphales ,  voisine  des  car^ 
tbames,  des  carlines,  des  artichauts,  et  connue  des  bota- 
nistes sous  le  nom  d^alractyUs  gummifera^  L.  Ce  suc 
^hère  aux  folioles  du  calice  et  aux  feuilles,  et  le  suc  )sti- 
nàtre  qu'on  voit  s'écouler  de  quelques  vaisseaux  particu- 
liers des  tètes  d'artichaut  nous  parait  être  analogue  et 
conmiun  à  la  plupart  des  végétaux  de  la  même  famille. 

Voici  ce  qu'en  dit  M.  Olivier (i)  :  k  Les  femmes  de 
»  l'ile  de  Naxie,  à  l'imitation  de  celles  de  Scio,  se  plaisent 
»  à  tenir  dans  la  bouche  la  substance  gommeuse  inodore 
»  de  cette  plante  que  leur  ile  produit  \  elles  la  màcbeot 
»  et  la  retournent  dans  tous  les  sens  comme  les  autres 
»  font  à  l'égard  du  mastic...  Cette  substance  a  été  impro- 
»  prement  nommée  gomme  :  soumise  à  quelques  expé- 
»  riences,  elle  m'a  paru  approcher  plutôt  des  f  ésines  que 

(0  y^oy<^^  ^^ns  l'empire  oihoman  ,  tome  I ,  pag.  Su.  10-4**- 


DE     PHARMACIE.  257 

»  des  gommes  y  ou,  pour  mieux  dire,  c*est  une  substance 
»  particulière  qui  tient  plutôt  de  la  gomme  élastique  que 
»  de  toute  autre.» 

M.  Desfontaines,  qui  a  trouvé  la  même  plante  sur  les 
côtes  d^Âfrique ,  et  quHl  décrit  dans  sa  Flore  atlantique 
sous  le  nom  à'atraciyUs  macrocephala  (i) ,  dit  aussi  que 
les  Maures ,  aux  environs  d'Alger ,  recueillent  cette  sub- 
stance pour  en  préparer  de  la  glu  avec  laquelle  ils  pren* 
nent  de  petits  oiseaux;  mais  il  ignore  les  procédés  qu'on ^ 
emploie  pour  former  cette  glu.  Du  reste  la  racine  et  le 
réceptacle  de  cette  fleur  peuvent  être  cuits  et  mangés 
comme  nos  artichauts. 

Cette  substance,  apportée  par  M.  Olivier,  examinée 
de  nouveau  par  nous,  ne  s'est  dissoute  ni  dans  Teau  froide 
ou  chaude,  ni  dans  Talcohol  sensiblement,  mais  s'est  ra- 
mollie dans  l'eau ,  et  a  coloré  très-faiblement  Talcohol  : 
aussi  de  tous  les  matériaux  du  règne  végétal  avec  lesquels 
son  analogie  est  la  plus  manifeste,  c'est  la  bassorine,  qui 
lui  ressemble  surtout;  les  alcalis  la  dissolvent;  elle  brûle 
à  la  manière  des  gommes,  sans  donner  de  produits  azotés  , 
et  Vacide  nitrique  la  dissout  aisément. 

Ou  pourrait  peut-être  aussi  trouver  quelques  rapports 
entre  cette  substance  et  les  sucs  laiteux  coagulables  des 
plantes  chicoracécs,  des  asclepias  ^  des  campanules;  mais 
ce  lait,  dans  certaines  espèces,  manifeste  des  qualités  plus 
ou  moins  acres,  ou  même  parfois  vénéneuses,  que  n'a  ja- 
mais le  suc  des  plantes  cinarocéphales.  Celui-ci  est  plutôt 
amer,  ainsi  qu'on  le  voit  dans  les  carlines,  les  carthames 
et  les  artichauts. 

C'est  encore  une  nouvelle  preuve  que  chaque  mode 
d organisation  végétale,  ou  chaque  famille  de  plantes, 
présente  un  mode  particulier  de  sucs  et  de  produits. 

(i)  Flora  atlanticay  tome  3,  page  a53. 


258  JOURNAL 

CORRESPONDANCE. 

Extrait  étune  lettre  de  3f.  Chazereàu  ,  pharmacien  à 

Aubignj  9  à  M.  Pelletier. 

Te  VOQS  adresse  ci-joint  réchantillon  d'une  substance 
Manchâtre ,  se  présentant  sous  forme  de  petits  mameloiis 
agglomérés ,  epèce  de  cristallisation  sous  laquelle  elle  se 
produit  toujours ,  soluble  dans  Teau  acidulée  avec  Tacide 
sulfurique.  Les  acides  purs  ne  Tahèrent  point ,  pas  plus 
que  Tammoniaque.  Cette  substance  a  été  obtenue  par  une 
longue  macération  ,  dans  Teau-de-Tie  i  Sa"  Baume ,  des 
calices  non  mûrs  du  CaryophyUus  aromaiicus  qui ,  au 
bout  d'un  certain  temps  ,  abandonne  cette  matière  qni  se 
dépose  au  fond  du  vase  ',  sous  forme  cristalline  ,  telle  que 
je  vous  l'envoie.  Le  peu  que  j'en  aï  obtenu,  et- le  peu 
d'expérience  que  j'ai  dans  les  analyses ,  ne  m'a  point  per- 
mis de  faire  d'autres  essais.  La  cannelle  en  contient  aussi  ; 
j'en  ai  une  assez  jolie  cristallisation  qui  se  forme  dans  ce 
moment;  j'en  soumettrai  le  produit, aussitôt  qu'il  sera  assez 
volumineux ,  à  votre  expérience  pour  décider  si  c'est  un 
nouvel  alcali  végétal ,  ainsi  que  je  le  pense  ;  dans  ce  cas  je 
croîs  le  nom  de  CaryophylUne ,  que  vous  trouverez  sur 
l'étiquette  du  flacon  ,  lé  plus  convenable  à  cette  substance. 

J'espère  aussi  vous  envoyer  une  petite  cristalIisaUon 
produite  par  l'écorce  du  Croton  cascarilla  en  solution  dans 
l'alcohol  (i). 


(i)  Quoiqa«  la  présence  d^une  matière  cristallisable  particuKère  dans 
le  gîroQe  fût  un  fait  déjà  conna  ,  cette  note  noas  a  paru  me'riter  atten^ 
tion  ,  car  elle  confirme  Pexistence  d'nne  matière  nouvelle ,  et  fait  con- 
naître quelques-unes  de  set  propriété. 

(  Note  des  Rédacteurs.  ) 


I 


DE    PHARMACIE.  25g 

BIBLIOGRAPHIE. 

Du  magnétisme  animal  en  France,  et  des  JHgemens  qn'en 
ont  portés  les  sociétés  savantes,  avec  le  teicte  des  divert 
rapports  faits  en  1784  par  les  commissaires  de  TAca- 
demie  des  Sciences,  de  la  Faculté  et  de  la  Société  royale 
de  médecine  ;  el  vne  «nalyse  des  donièret  $éance9  de 
rAcudémie  royale  de  médecûne,  et  du  rapport  ém 
M.  Husson  ;  suivi  de  Considérations  sur  Tapparitian  d$ 
Textase  dans  les  traitemens  magnétiques;  par  Axex. 
Bertraio),  ancien  élève  de  ITcole  Polytechnique ,  doc- 
teur-médecin de  la  Faculté  de  Paris. 

Un  vol.  in-8*.  Prix,  7  fr.  ;  franc  de  port  par  la  poste, 
8  fr.  75  e.  A  Paris,  chez  BaiUière,  libraire,  rue 
de  rÉcole  de  Médecine^  B^  i4* 

M.  Bertrand  a  lui-même  pratiqué  le  magnétisme  animal 
et  en  a  fait  an  cours  public;  il  déclare  dans  cet  ouvrage 
qull  ne  croit  point  au  magnétisnie  animal  (qui ,  selon  lui  ^ 
n'existe  pas),  mais  bien. au  son^uambulisme  magnétique , 
sur  lequel  il  a  précédemment  aussi  publié  un  livre.  Son 
traité  renferme  les  notions  les  plus  modernes  et  les  plus 
complètes  sur  ces  questions  réveillées  aujourd'hui.  Si, 
comme  nous  le  croyons  ,  elles  doivent  être  examinées  avec 
soin ,  et  s'il  y  a  véritablement  une  action  des  individus 
forts  sur  Fesprit  et  le  corps  des  individus  plus  faibles ,  ce 
n'est  pas  une  raison  pour  admettre  tous  les  prestiges  et  tou- 
tes les  jongleries  que  le  magnétiseurs  ont  coutume  d'y 
joindre.  Plusieurs,  au  reste,  nous  paraissent  dupes  eux- 
mêmes  de  l'imagination ,  comme  leurs  somnambules  :  nous 
en  avons  assez  vu  pour  être  convaincus  de  ces  erreurs.  La 
même  imagination  (cette  folle  de  la  maison),  qui  rend  par- 
fois tant  de  gens  malades ,  peut  aussi  les  guérir  tant  que  la 
foi  persévère  ;  mais  ce  remède  n'est  pas  s&r.         J.-J.  V, 


260  JOURNAL   DE   PHA.BMA.CIE* 

PRIX  PROPOSÉ. 

La  Société  des  sciences  médicales  et  naturelles  de  Bruxel- 
les a  résolu  de  décerner  un  prix  au  meilleur  mémoire  qui 
lui  sera  adressé  en  réponse  à  la  question  suivante  : 

I*.  Exposer  les  effets  produits  sur  l'organisme  par  les 
méâtcamens  connus  sous  les  noms  de  purgatifs  et  eiTié- 
iiques , 

2^*  Établir  dans  quelles  circonstances  de  Fêtai  de  maladie 
on  peut  les  administrer  as^ec  un  succès  réel ,  tant  à  faible 
qiCà  forte  dose  ; 

S"".  Déterminer  qudle  est  leur  manière  dagir* 

N*  B.  Les  coifcurrens  devront  réfuter  les  théories  qui 
leur  paraîtront  erronées. 

Les  mémoires,  écrits  en  latin,  français,  flamand  ou  hol* 
landais,  devront  être  remis ,  francs  de  port ,  au  secrétaire- 
adjoint ,  avant  le  I*'.  janvier  1827 ,  dans  les  formes  usitées. 

L'auteur  du  mémoire  couronné  recevra  une  médaille 
d'or  de  100  florins  des  Pays-Bas,  ou  bien  la  valeur  en 
espèces,  à  son  choix. 

Les  membres  résidans  sont  seuls  exclus  du  concours. 
Bruxelles ,  le  i*'.  janvier  1836. 

Le  Secrétaire^adjoint ,  P.-L.  Vawder  Lindes  , 

Rue  de  la  Braie,  n^  i3oo. 


V 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOaÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS  ; 

Rédigé  par  M.  Hebet  ,  .secrétaire  général ,  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL 
De  la  séance  du  i5  ai^rU. 

Le  secrétaire  général  commumque  la  correspondance 
imprimée  et  manuscrite  ;  celle-ci  se  compose  : 

i^.  D'une  note  de  M.  Lecamus  ^  sur  la  préparation  d'une 
liqueur  bleue  ;  . 

q!^.  D'une  note  de  M.  Régimbeau  ,-sur  la  préparation  de 
lliydriodate  de  potasse  ] 

y.  D^une  notice  de  M.  Houtou-Labillardièrè ,  sur  un 
nouveau  moyen  chlorométrique. 

MM.  Henry  fils  et  Soubeiran  déposent  un  mémoire 
intitulé  :  Recherches  analytiques  sur  le  sang  if  un  diabé^ 
tique^ 

M.  Henry  fils  dépose  un  essai  sur  le  phormium  tenax. 

VL  Boudet  oncle,  commissaire  près  l'Académie  des 
sciences ,  rend  le  ccmipte  suivant  : 

Le  ministre  de  l'intérieur  invite  rAcadémieàexamioer 
an  appareil  annoncé  ,  par  des  Sociétés  d'agriculture', 
comme  un  excellent  préservatif  contre  la  grêle ,  Tun  des 
fJus  terribles  fléaux  de  nos  campagnes. 

M.  Rsunond  lit  un  mémoire ,  dans  lequel  il  expose  les 
^senrations  météorplogiques  qu  il  a  faites  au  Pic  du  Midi, 
dans  les  Pyrénéçs. 

Xn*.  Année.  —  Mai  i8a6.  19 


102        BULLETIN  DES  TKAVAUX 

M.  Becquerel  fait  connaître  les  effets  électriques  pro- 
duits dans  les  changemens  de  température ,  et  les  applica- 
tions qu'on  peut  en  faire  à  l'évaluation  des  hautes  tempé- 
ratures ;  évaluation  r'u'aucun  moyen  exact  ne  pouvait  nous 
donner. 

M.  Beaujeu,  dans  un  mémoire  sur  la  fabrication  du 
sucre  de  betterave  ,  propose  des  améliorations  relatives 
tant  à  la  culture  qu'à  la  récolte  de  ce  végétal.  Il  pense , 
comme  M.  le  baron  de  Koppi  qui ,  en  i8o5 ,  a  établi  dans 
la  Silésie ,  d'après  les  procédés  de  M.  Âchard  ,  la  première 
fabrique  de  sucre  de  betterave,  qu'une  fabrique  de  ce  sucre 
ne  peut  être  qu'une  annexe ,  mais  une  annexe  très-lucra- 
tive d'une  exploitation  rurale. 

M.  Mazuyer,  de  Strasbourg ,  annonce  que  l'acétate  d'am- 
moniaque a  la  propriété  de  dissiper  l'ivresse  en  moins 
de  cinq  minutes  :  que  ce  sel  est  le  meilleur  remède  contre 
l'arthritique,  l'alcali  qu'il  contient  neutralisant  Tacide 
urique  qui  se  trouve  exister,  dans  le  sang  ,  et  être  la  canse 
première  des  concrétions  ostéoformes  chez  les  goutteux. 

M.  Geoffroy  Saint^Hilaire  communique  à  TAcadémie 
le  résultat  des  expériences  qu'il  a  faites  pour  produire  k 
volonté  des  monstruosités^ 

M.  Âzaïs ,  dans  un  mémoire  parfaitement  écrit ,  expli- 
que ,  d'après  ses  opinions  systématiques ,  la  chaleHr  et  )• 
magnétisme  du  globe  de  la  terre. 

La  Société  reprend  la  suite  de  ses  travaux. 

MM.  Tassart  et  Hottot  font  un  rapport  sur  Ist  note  de 
M.  Limouzin-Lamothe ,  relative  k  l'emploi  de  la  vermou- 
lure des  cantharides.  U  résulte  des  expériences  faites  par 
le  rapporteur  que  les  cantharides  fraîches  et  non  attaquées 
par  les  insectes  possèdent  une  activité  incoBteatablement 
plus  grande  que  la  vermoulure. 

M.  Gui^ourt  fait  observer  qu'on  n'aurait  pas  dû  em- 
ployer dans  les  essais  qu'on  a  faits  la  pondre  résultant  de 
l'action  des  insectes ,  car  celle-ci  contient ,  avec  une  petite 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHAKMACIE.  203 

quantité  de  cantharides ,  tous  les  débris  de  ces  insectes  , 
qui  probablement  ne  sont  pas  vésicans. 

M.  Tassart  répond  qn^en  agissant  ainsi  on  n^aurait  pas 
vérifié  les  assertions  de  Fauteur ,  puisque  c'est  bien  la 
poudre  résultant  de  la  vermoulure  qu'il  se  propose  d'em- 
ployer. 

M.  Guibourt  fait  alors  observer  qu'il  reste  encore  à  dé- 
cider si  les  portions  de  cantharides  respectées  par  les  mites 
sont  aussi  actives  que  les  insectes  entiers. 

MM.  les  rapporteurs  répondent  que  leur  intention  est 
de  poursuivre  ce  travail ,  mais  que  leur  tache  est  terminée 
pour  ce  qui  regarde  M.  Limouzin-Lamothe. 

M.  Godefroy  fait  un  rapport  sur  le  travail  de  M.  Ma- 
rion ,  qui  a  pour  objet  l'analyse  des  fruits  du  Ijguslrum 

M.  Boissel  rend  compte  d'une  note  de  M«  Derheims  ^ 
correspondant  de  la  Société ,  dans  laquelle  il  lui  propose 
une  encre  dont  lea. traces  sont  ineffaçables. 

M.  Henry  fils  fait  un  rapport  sur  une  analyse  de  phos* 
pliate  de  fer  natif,  adressée  par  M.  Wahard. 

M.  Bonastre  a  la  parole  pour  la  lecture  d'observations 
sur  la  théorie  des  alcalis  végétaux. 

M.  Henry,  secrétaire  général ,  lit  une  note  sur  le  baume 
chiron. 

M.  Bussy  demande  à  communiquer  quelques  faits  qui 
ont  été  rapportés  dans  la  dernière  séance  de  la  Société 
philomathique;  ils  sont  relatifs  à  un  nouveau  moyen  chlo* 
rométrique  proposé  par  M.  Morin ,  il  résulte  de  la  pro- 
priété qu'a  le  chlore  de  précipiter  l'oxide  de  manganèse  de 
tes  dissolutions. 

M.  Robiquet  fait  observer  que  la  découverte  de  ce  fait 
n'appartient  point  à  iM.  Morin ,  mais  seulement  l'applica- 
tion utile  qull  en  a  faite. 

M.  Tilloy ,  pharmacien  à  Dijon  ,  est  nommé  à  l'uuani- 
mité  membre  correspondant  de  la  Société. 

»9' 


264        BULLETIN  DES  TRAVAUX 


>%*%>»%%%»%i»%%)»»%»%%»»»»»^i<»»%^%%%%%<^%»»%' 


NOUVELLES  OBSERVATIONS 

■ 

Sur  un  chloromètre  <i  publié  le  3  ainil  18^49 

Par  M*  Houtou-Làbillardieeb  ,  professeur  de  chimie 

à  Rouen. 

Le  chlore  et  les  différentes  combinaisons  de  ce  corps 
dont  on  fait  usage  soit  dans  le  blanchiment ,  soit  dans  la 
fabrication  des  toiles  peintes  y  sont  toujours  très-variables 
dans  leur  compostion,  et  ont  besoin  d'être  employés  en 
certaines  proportions  pour  remplir  convenablement  le 
but  qu'on  se  propose. 

Le  berthollimètre  dé  M.  Descroizilles ,  le  seul  instru- 
ment chlorométrique  connu  jusqu'en  16*^/^  y  était  insuffi- 
sant pour  en  apprécier  la  force  et  la  valeur. 

Par  les  fonctions  que  je  remplis  à  Rouen,  je  me  trouvai 
plus  que  qui  que  ce  soit  à  portée  de  juger  combien  il  se- 
rait utile  aux  manufacturiers  de  posséder  un  chloromètre 
général  et  exact.  Je  cherchai  à  remplir  cette  lacune , 
mais ,  n'espérant  pas ,  en  modifiant  le  berthollimètre  de 
M.  Descroizilles,  arriver  à  un  bon  résultat ,  j'eus  recours 
à  un  autre  moyen  que  j'ai  publié ,  ainsi  que  la  composi- 
tion du  chlorure  de  chaux,  le  2  avril  1824  >  à  l'académie 
de  Rouen ,  et  qui  est  imprimé  dans  le  précis  analytique 
des  travaux  de  cette  compagnie,  volume  de  1824* 

Je  n'avais  pas  encore  fixé  la  graduation  de  cet  instru- 
ment de  manière  à  en  rendre  l'usage  général ,  lorsque 
M.  Gay-Lussac  publia  et  mit  en  vente  un  chloromètre 
assez  exact  pour  l'usage  auquel  il  le  destinait.  Le  but 
étant  rempli,  mon  instrument  devenait  inutile  \  je  Faban- 
donnai ,  et  sans  une  circonstance  particulière  indépen- 


DF.    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  l65 

dan  te  de  ma  volonté  ,  il  est  probable  que  je  n^en  entre- 
tiendrais pas  auj6urd%ui  la  Société  de  pharmacie. 

Un  extrait  de  mon  mémoire  ayant  été  publié  dans  un 
journal  de  chimie,  par  Fun  des  rédacteurs ,  un  autre  chi- 
miste attaché  au  même  journal  s'est  hâté  d'en  faire  la  cri- 
tique. Mon  travail  se  trouvant  par-li  mutilé  et  iigustement 
condamné,  je  me  vois  obligé,  pour  repousser  cette  attaque, 
de  défendre  mon  ouvrage  et  de  le  publier  avec  plus  d'exac- 
titade,  en  vous  priant ,  messieurs ,  de  vouloir  bien  en  en- 
tendre la  lecture  et  lé  faire  insérer  dans  votre  bulletin,  si 
vous  le  jugez  convenable. 

Le  chloromètre  dont  j'ai  llionneur  de  vous  entretenir 
est  fondé  sur  la  propriété  qu'a  la  dissolution  incolore 
d'iode  et  d'amidon ,  par  le  sous-carbonate  de  soude ,  de 
donner  une  couleur  bleue  très-intense  à  une  solution  de 
chlorure  de  ehaux,  lorsque ,  par  des  additions  successives 
de  cette  liqueur  d'épreuve,  on  est  arrivé  a  la  décomposi- 
tion complète  du  chlorure. 

Cette  coloration  arrive  constamment,  en  n'indiquant 
cependant  pas  toujours  des  quantités  proportionnelles  de 
chlorure  ;  cette  anomalie  est  due  k  ce  que  la  substance 
bleue  est  un  peu  soluble  dans  l'eau  sans  la  colorer.  J'ai 
remédié  à  cet  inconvénient  en  saturant  la  liqueur  de  sel 
marin  ordinaire;  la  liqueur  ainsi  saturée  ne  peut  plus 
dissoudre  de  substance  bleue,  et  le  sel  marin  a  en  outre 
l'avantage  de  décomposer  par  les  sels  terreux  qu'il  con- 
tient l'excès. de  sous-carbonate  de  soude  qui  doit  entrer 
dans  la  composition  de  cette  liqueur  d'épreuve. 

Tous  les  essais  chlorométriques ,  quels  qu'ils  soient, 
sont  ramenés,  ainsi  qu'on  le  verra,  à  l'essai  d'une  solution 
de  chlorure  de  chaux  ,  et  pour  les  faire  il  suffit  de  verser 
peu  à  peu  de  la  liqueur  d'épreuve  jusqu'à  ce  que  la  cou- 
leur bleue  paraisse  et  subsiste. 

La  liqueur  chlorométrique  se  prépara  en  dissolvant  à 
chaud  et  en  portant  jusqu'à  Fébullition 


a66         BULLETIN  DES  TRAVAUX 

I  gramme   5  décigr.  d'iode  pur  et  fondu , 
3  grammes        »         de  fécule  de  pommes^e-terre, 
5  grammes        »  s.-oarb.  de  soude  pur  et  cristallisé, 

dans  deux  décilitres  d^eau ,  et  ajoutant  ensuite  la  quantité 
d'eau  nécessaire  pour  former  un  litre  dans  lequel  on 
sgoute  45o  grammes  de  sel  marin  ordinaire  et  desséché  ; 
la  liqueur  en  étant  saturée ,  on  laisse  déposer  :  la  partie 
claire  est  la  liqueur  chlorométrique. 

J'ai  suivi  dans  la  graduation  de  cet  instrument  une 
marche  différente  de  celle  que  M.  Gay-Lussac  nous  a  fait 
connaître  ;  j'ai  pris  pour  hase  le  chlorure  de  chaux  pur. 

Je  ne  partage  pas  l'opinion  de  MM.  Welter,  Grouvelle 
et  Thomson^  qui  regardent  le  chlorure  de  chaax  sec 
comme  un  sous-chlorure  décomposable  par  l'eau  en  chlo- 
rure neutre  soluble  et  en  chaux.  J'ai  reconnu ,  comme  je 
l'ai  indiqué  dans  le  précis  analytique  des  travaux  de 
l'Académie  de  Rouen,  tome  xxvi,  page  80,  quelliydrate 
de  chaux  saturé  de  chlore  donne  un  chlorure  sec  entière- 
ment soluble  dans  l'eau  et  formé  de  : 

Chlore 53 

Hydrate  de  chaux.  4? 
Partant  de  la  pour  établir  la  graduation  de  mon  instru- 
ment, j'ai  dissous  5  grammes  de  chlorure  de  chaux  sec  et 
pur  dans  un  décilitre  d'eau ,  et  dans  une  mesure  de  cette 
dissolution  j'ai  ajouté  de  la  liqueur  d'épreuve  jusqu'à  ce 
qu'il  y  ait  eu  coloration.  Cette  quantité  représente  donc 
100  centièmes  de  chlorure  pur  dans  5  grammes  de  chlo- 
rure de  chaux  :  par  conséquent  les  centièmes  de  cette 
quantité  représenteront  autant  de  centièmes  de  chlorure 
pur  dans  un  chlorure  de  chaux  quelconque;  ce  que  j'ai 
d'ailleurs  constaté  sur  des  mélanges  de  chlorure  pur  et  de 
chaux  ,  et  sur  les  chlorures  de  chaux  du  commerce ,  en 
opérant  comme  je  viens  de  l'indiquer. 

Ce  mode  de  graduation  doit  évidemment  permettre  de 
déterminer  facilement  la  quantité  de  chlorure  de  chaux 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  ^67 

contenu  dans  une  dissolution  (i)  ,  puisque  la  quantité  de 
liqueur  nécessaire  pour  qu'il  y  ait  coloration  est  propor- 
tionnelle à  la  quantité  de  chlorure  de  chaux  ,  et  que  100 
parties  de  cette  liqueur  indiquent  5  grammes  de  chlorure 
de  chaux  dans  loô  grammes  d'eau.  Les  essais  de  ce  genre 
sont  très^souvent  nécessaires  dans  les  ateliers. 

La  quantité  de  chlore  pur  dissous  dans  Teau  ne  peut  se 
déterminer  qu'en  saturant  préalablement  le  chlore  par  la 
chaux  ,  et  agissant  comme  je  viens  de  le  dire  pour  le  chlo- 
rure de  chaux  dissous.  La  quantité  de  chlorure  indiquée 
par  la  liqueur  fera  connaître  celle  du  chlore^  la  composi- 
tion de  ce  corps  étant  connue. 

L'essai  se  complique  pour  les  chlorures  alcalins,  en 
raison  de  l'alcali  ou  sous-carbonate  qui  peut  s'y  trouver 
en  excès  ;  il  consiste  alors  à  mettre  le  chlore  en  liberté 
par  l'acide  hydrochlorique  pur,  après  avoir  étendu  le 
chlorure  d'une  quantité  d'eau  convenable  pour  retenir  le 
chlore  en  dissolution  sans  qu'il  se  dégage  i  l'état  de  gaz  ; 
on  opère  ensuite  comme  avec  une  dissolution  de  chlore, 
en  tenant  compte  toutefois  de  la  quantité  d'eau  qu'on  a 
ajoutée. 

Il  sera  possible  à  qui  voudra  s'en  donner  la  peine  de 
modifier  ma  liqueur  d'épreuve  de  manière  à  obtenir  les 
mêmes  indications  que  donne  la  liqueur  chlorométrique 
de  M.  Gay-Lnssae ,  c'est-à-dire  le  volume  de  chlore  ga- 
zeux eonlenti  dans  un  chlomre  de  chaux  ou  dans  un  autre 
composé  analogue.  Cette  liqueur  aura  alors  sur  celle  de 
M.  Gay-Lussac  l'avantage  de  dispenser  Topérateur  de 
faire  les  essais  préliminaires  indispensables  avec  Tindigo. 

Tels  sont,  messieurs ,  les  résultats  de  mes  recherches 
sur  ce  chloromètre  ;  j'ai  cru  devoir  omettre  une  foule  de 
détails  et  de  considérations  qui  auraient  trop  allongé  cette 


(0  ^i  le  chlorure  de  chaux  ëtait  nvec  excès  de  chlore,  il  sérail  ulile 
de  le  saturer  par  de  la  chaux  éteinte. 


208  BULLETIN    DES    TKAVAUX 

note.  En  comparant  ce  que  j^ai  publié  en  18^4  avec  ce 
que  j'ai  l'honneur  de  vous  présenter  ai\jourdliui ,  vou» 
pourrez  juger  que  ce  second  mémoire  n'est  qu'une  ana» 
lyse  du  premier  que  j'ai  publié  le  a  avril  1824  9  ^^  V^  ^^^ 
imprimé ,  je  le  répète ,  dans  le  précis  analytique  des  tra- 
vaux de  l'Académie  de  Rouen.  Je  fais  ces  observations 
pour  que  l'on  ne  puisse  pas  élever  de  doutes  sur  la  bonne 
foi  avec  laquelle  j'écris  ma  réponse  à  la  critique  de  mon 
chloromètre ,  publiée  dans  le  journal  de  chimie  médicale , 
cahier  d'avril   i8a6,  par  M.  Payen. 

J'aime  à  croire  que  la  Société  de  pharmacie,  a  laquelle 
je  me  gloriGe  d'appartenir,  et  qui  a  accueilli  mes  premiers 
travaux  avec  une  bienveillance  particulière,  voudra  bien 
prendre  en  considération  ce  travail-ci ,  ainsi  que  ma  ré- 
clamation ,  et  lui  donner  la  publicité  que  lui  mérite  une 
critique  aussi  mal  fondée.  ^ 

En  effet*  on  a  dû  s'étonner  conmie  moi  que  M.  Payen , 
l'un  des  collaborateurs  du  Dictionnaire  technologique  et 
auteur  d'un  traité  des  réactifs ,  n'ait  pas  prévu  lutilité  du 
sel  marin  dans  la  liqueur  d'épreuve ,  et  surtout  n'ait  pas 
fait  la  remarque  que  je  faisais  les  essais,  non  sur  le  chlore, 
mais  bien  sur  le  chlorure  de  chatix.  En  consultant  le 
Traité  de  chimie  élémentaire  de  M.  Thenard,  4**  édition, 
tome  II,  page  191 ,  il  pourra  voir  que  le  mélange  de  chlore 
et  d'acide  sulfureux  dissous  se  transforme  tout  à  coup  en 
acide  sulfurique  et  en  acide  hydrochlorique  par  la  décom- 
position de  l'eau. 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  269 

NOTE 

Sur  les  haumes  Chiron  et  de  Locatel  \ 
Par  M.  Heitry  ,  chef  de  la  pharmacie  centrale.  * 

Une  dame  de  Lyan  s'est  adressée  dernièrement  à  M.  le 
directeur  des  douanes  pour  solliciter  la  faveur  de  faire 
entrer  en  France  le  baume  Chiron.  Cette  dame  appuyait 
sa  demande,  i^.  sur  Tindispensable  besoin  de  ce  remède 
pour  la  guérir,  a^.  sur  ce  qu'il  ne  se  trouvait  pas, chez 
MM.  les  pharmaciens ,  3".  enfin  sur  ce  que  les  autres 
bauraes  de  Locatel  et  de  genièvre  ne  produisaient  pas  les 
mêmes  effets.  Celte  dame  demandait,  en  outre,  lautorisa- 
tioD  d  établir  un  dépôt  de  ce  médicament. 

L'Ecole  de  pharmacie,  consultée  par  Fautorité ,  répon- 
dit que  les  pharmaciens  avaient  seuls  le  droit  de  préparer 
et  de  débiter  les  médicamens,  d'après  les  dispositions  de 
la  loi  de  germinal  an  xi  \  que ,  de  plus,  on  trouvait  chex 
plusieurs  d'entre  eux,  tenant  dépôt  de  médicamens,  le 
baume  Chiron ,  et  que ,  par  conséquent ,  il  n'y  avait  pas 
lieu  k  accorder  la  demande. 

Le  baume  Chiron  a,  sans  contredit,  beaucoup  d'analogie 
avec  le  baume  de  Locatel,  et  surtout  avec  le  baume  rouge 
de  la  pharmacopée  de  Suède  \  mais  il  en  difière  par  sa 
rooleur ,  qu'il  doit ,  comme  le  baume  rouge ,  k  la  racine 
d'oircanette,  tandis  que  le  baume  de  Locatel  est  coloré  avec 
le  santal  rouge  pulvérisé ,  et  enfin  a  une  substance  active 
^ui  n'entre  pas  dans  ce  dernier.  Nous  savons  que  toutes 
les  fois  qu'un  médicament  manque  de  la  forme  ou  de  la 
«couleur  habituelle ,  le  public  le  refuse  souvent  sans  s'oc-  ' 
coper  de  la  composition  ;  c'est  ce  qui  arrive  quand ,  au 
lien  du  baume  Chiron  y  on  donne  celui  de  Locatel. 

Plusieurs   confrères   m'ayant    demandé  la  recette  do 


H'jO  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

baume  Chiron,  que  Ton  ne  trouve  ni  dans  les  pharmaco- 
pées françaises  m  dans  les  pharmacopées  étrangères  que 
nous  avons  ordinairement  entre  les  mains,  je  vais  rappor* 
ter  ce  que  nous  avons  fait  pour  connaître  la  composition 
de  ce  baume  comparativement  à  celui  dit  de  Locatel,  et 
donner  la  véritable  formule,  que  je  dois  à  Tobligeance  de 
M.  Morin ,  pharmacien  à  Genève ,  que  j'avais  chargé , 
pendant  son  séjour  k  la  pharmacie  centrale  ,  de  Texamcn 
des  deux  baumes. 

Un  de  nos  confrères ,  M.  Guilbert ,  qui  ti^nt  dépèt  de 
médicamens  étrangers,  m'avait  remis  une  petite  boite 
d'étain  renfermant  le  baume  Chiron  :  c'est  le  dernier  qne 
nous  avons  examiné* 

Le  baume  de  Locatel  a  une  couleur  rouge  foncée  et 
une  odeur  de  baume  du  Pérou  très-prononcée,  tandis  que 
le  baume  Chiron  est  d'un  rouge-irès*pàle ,  et  a  plut^  une 
odeur  de  graisse  rancie  ;  ce  qui  doit  tenir  k  ce  qu'il  aurait 
été  préparé  depuis  long-temps.  Le  baume  Chiron  fond  k 
une  température  beaucoup  plus  basse  que  celle  nécessaire 
pour  la  fusion  du  baunuî  de  Locatd. 

Les  deux  baumes  ont  été  traités  comparativement  par 
de  l'alcohol  à  36  degrés  bouillant. 

Celui  de  Locatel  a  fourni  une  liqueur  alcoholiqvc  rouge 
qui,  par  le  refrœdissement,  a  laissé  séparer  de  la  cire  jaune 
mêlée  de  poudre  de  santal  :  on  l'a  obtenue  seule  par  la 
fusion  et  la  filtratton.  L'évaporation  de  la  Kcpienr  alcoho- 
Kque  a  fourni  une  matière  molle  colorée  en  roage ,  conte- 
nant le  baume  dipPerou  et  la  térébenthine; 

Le  baume  Chiron,  traité  par  l'alcohol  bouillant,  se  fond 
sous  forme  d'un  liquide  huileux  qui  n'est  presque  pas  so- 
tuble  dans  l'alcohol . 

L'a^cohoU  filtré  froid ,  est  légèrement  coloré  en  rose,  ei 
fournit  par  l'évaporation  une  matière  d'u»  jaune  brun  qui 
a  évidemment  l'odeur  de  baume  du  Pérou  et  qui  constitue 
environ  un  sixième  du  tout. 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  1^1 

La  partie  presque  insoluble  dans  lalcohol,  et  qui  s'est 
figée  par  le  refroidissement,  n*a  point  été  décolorée;  elle 
est  molle  et  grenue  comme  de  la  graisse  ;  projetée  sur  des 
cbarbona  ardens,  elle  répand  une  odeur  de  graisse  qui  a^ 
fecte  désagréablement  le  palais. 

Cette  matière  a  été  traitée  par  Teau  bouillante  ,  qui  ne 
s'est  point  chargée  du  principe  colorant,  et  qui,  essayée  par 
lacide  hydrosulfurique  et  le  sous-carbonate  de  potasse,  n'a 
formé  de  précipité  avec  aucun  de  ces  réactifs. 

La  substance  grasse  insoluble  dans  Feau  a  été  chauffée 
atec  de  Facide nitrique.  Après  le  dégagement  d'une  grande 
qnaBtité  de  gaz  nitreux ,  l'acide  a  été  étendu  et  filtré. 
L'acide  hydrosulfurique  liquide  n'y  a  indiqué  la  présence 
d'aucune  8id>6tance  métallique,  même  après  avoir  saturé 
par  le  sous-carbonate  de  potasse  l'excès  d'acide  nitrique , 
ce  sel  n'y  ayant  produit  lui-même  aucun  précipité. 

Autant  que  peuvent  l'indiquer  les  essais  faits  avec  d'aussi 
petites  quantités  de  ces  baumes,  le  baume  Chiron  parât t 
être  composé  d'huile  et  de  baume  du  Pérou  j  celui-ci  ne 
s'y  trouvant  tout  au  plus  que  pour*  un  sixième ,  plus  d'une 
très-petite  quantité  d'une  matière  colorante  rouge  soluble 
dans  l'alcohol  et  non  dans  l'eau. 

Baume  Chiron. 
Prenez  : 

Huile  d'olives  fine.  •  •  6  onces. 

Térébenthine  fine.  .   .  a  onces. 

Cire  jaune i  once. 

Baume  du  Pérou  noir,     i  gros  e(  demi. 

Camphre  pulvérisé.    .  la  grains. 

On  doit  faire  bouillir  l'huile ,  la  térébenthine  et  la  ciro 
avec  assez  de  racine  d'orcanette  pour  les  colorer  en  rouge  ^ 
puis  passer  et  ajouter  le  baume  et  le  camphre  en  remuant 
jusqu'à  parfait  refroidissement. 


2'J2  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

OBSERVATIOJ^S 

Sur  la  noir,  de  M.  Boullay,  relat'we  à  un  Essai  dix- 

mique  sur  la  coque  du  Levant  ; 

Par  J.-L.  Casaseca  ; 

Lues  à  la  Société  de  pharmacie,  le  i5  mars  i8a6. 

Les  personnes  qui  auront  lu  avec  attention  la  note  ou 
réponse  dont  M.  Boullay  a  bien  voulu  m'honorer  au  sujet 
de  mon  essai  chimique  sur  la  coque  du  Levant,  auront  pu 
se  convaincre  qu'en  définitive  ce  chimiste  reconnaît  la  jus- 
tesse de  mes  conclusions,  puisqu'elles  sont  les  mêmes  que 
les  siennes.  II  me  permettra ,  toutefois ,  de  lui  faire  quel- 
ques observations  et  de  répondre  k  quelques  faits  qu'il 
n'avance  dans  sa  note  que  parce  que  sans  doute  il  a  lu  mon 
mémoire  trop  rapidement. 

M.  Boullay  prétend  que  je  parle  delà  picrotoxine  comme 
d'une  chose  à  peine  constatée,  n'en  ayant  recueilli  que  quel- 
ques parcelles.  Je  ferai  observer  à  M.  Boullay  qu'il  lui 
serait  difficile  de  prouver  son  assertion  ;  car  je  n'ai  dit 
nulle  part  ni  la  quantité  de  coques  du  Levant  que  j'ai 
employée  ni  celle  de  pîcroloxîne  que  j'en  ai  retirée;  j'ai 
dit  simplement  que  j'ai  obtenu  de  très-petits  cristaux  :  or, 
la  grandeur  des  cristaux  n^est  pas  proportionnelle  à  là 
quantité  quon  en  peut  obtenir. 

M.  Boullay  croit  qu'il  y  a  moins  de  différence  ,  sous  le 
rapport  de  la  salification ,  entre  la  picrotoxine  et  la  mor- 
phine qu'entre  l'alumine  et  la  potasse  •,  je  ne  le  pense  pas, 
car  l'alumine ,  quoique  formant  plusieurs  sels  qui  rougis- 
sent le  tournesol ,  est  susceptible  cependant  de  former 
aussi  des  sous-sels  :  elle  peut  donc  dépasser  le  point  de 
saturation,  tandis  que  la  picrotoxine,  comme  je  m'en  suis 
assuré ,  ne  peut  jamais  l'atteindre ,  puisque  quelque  excès 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PllARM\ClE.  2']3 

de  picrotoxîue  qu*on  emploie,  la  combinaison  est  toujours 
acide;  ce  qui  établit  une  grande  différence  d'action  entre 
ces  deux  substances;  et  de  ce  que  Ton  admette  Talumine 
comme  base  salifiable  ,  ce  n'est  donc  pas  une  raison  pour 
conclure  aussi  que  la  picrotoxine  en  est  une. 

C'est  principalement  sur  la  picrotoxine  que  porte  la 
note  de  M.  Boullay,  et  j'avoue  que  je  ne  l'ai  considérée 
que  secondairement  dans  mon  travail ,  qui  avait  pour  but 
principal  de  prouver  que  Y  acide  ménispermique  n'existait 
pas. 

M.  Boullay  dit  que  c'est  à  tort  qu'on  a  contesté  l'exis- 
tence d'un  acide  libre  dans  la  coque  du  Levant  ;  mais  si 
on  lit  attentivement  mon  mémoire,  on  verra  que  je  dis 
simplement  qu'il  n'y  pas  àî" acide  ménispermique i  ce  qui 
n'est  pas  du  tout  la  même  chose. 

Si  je  n'ai  pas  trouvé  d'acide  malique  par  mon  procédé, 
c'est,  je  pense,  parce  que  cela  y  était  impossible.  J'ai  si- 
gnalé l'existence,  dans  la  coque  du  Levant,  de  sels  à  base 
de  potasse  et  de  chaux  formés  par  des  acides  végétaux, 
dëcomposables  par  la  chaleur ,  dont  il  n'est  pas  question 
dans  la  thèse  de  M.  Boullay  ;  je  pense  que  ce  doivent  être 
des  malates  acides  qui,  étant  insolubles  dans  l'alcohol  con- 
centré, sont  restés  dans  la  matière  insoluble  dont  je  parle 
dans  mon  mémoire.  Cette  hypothèse,  car  je  n'ai  pas  vérifié 
ce  fait ,  me  semble  très-admissible ,  et  plu)»  probable  que 
de  considérer  ces  sels  végétaux  comme  autres  que  des 
malates  qui  existeraient  dans  la  coque  du  Levant  simulta- 
nément avec  de  l'acide  malique  isolé.  Si  je  ne  me  suis  pas 
convaincu  que  c'étaient  des  malates  acides,  c'est  parce  que 
je  devais  rechercher  Y  acide  ménispermique  dans  la  liqueur, 
et  non  dans  le  résidu ,  qui  était  privé  de  toute  amertume 
et  qui  ne  devait  pas ,  par  conséquent,  contenir  Je  surmé- 
fdspennate  de  picrotoxine.  Enfin  si  j'ai  trouvé  des  traces 
sensibles  d'acide  hydrochlorique  dans  la  liqueur  que  j'ai 
retirée  de  la  coque  du  Levant,  et  qui   devait  contenir 


274        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

V acide  ménispermique ,  ce  ii*est  pas  celui  que  j  ai  employé 
dans  la  préparation  de  Thydrogènc  sulfuré ,  ainsi  que  la 
dit  M.  Boullay  dans  sa  note.  La  raison  de  sa  présence  en 
est  toute  autre  :  c*est  un  effet  de  la  réaction  du  nitrate  de 
plomb  dont  j'ai  fait  usage  sur  lliydrochlorate  de  potasse, 
que  j*ai  signalé  dans  la  coque  du  Levant,  et  dont  M.  Boullay 
y  avait  reconnu  Tenistence  ti vaut  moi*  Il  se  forme  par  cette 
action  chimique,  du  chlorure  de  plomb  ,  qui ,  traité  par 
rhydrogène  sulfuré ,  laisse  dans  la  liqueur  de  Tacide  ky- 
drochlorique.  Je  n^ai  négligé  dans  mon  mémoire  de  parfer 
de  cette  réaction  que  parce  qu'il  serait  aisé  de  la  deviner. 
Si  M.  Vauquelin  n'a  pas  trouvé  de  l'acide  hydrochloriqne 
dans  Yacide  rhénispermique  qui  lui  a  été  présenté  par 
M*  Boullay,  c'est  que  sans  doute  celui  ci  avait  été  préparé 
au  moyen  du  nitrate  de  baryte,  qui  ne  saurait  décomposer 
lliydrochlorate  de  potasse. 

Telles  sont  les  observations  que  je  crois  devoir  faire  à 
M*  Boullay,  et  je  le  prie  de  croire  que  l'intérêt  seul  de  la 
science  est  le  motif  qui  ma  guidé  dans  la  publication  de 
mon  mémcHre,  dont  les  résultats  me  semblaient  positifs. 


%gW<»<»t*»»»*i»»  »»»1>»»>1>»»»>»%»»1^W»'***  >■<»»  >%iW<»^i»»%%< 


NOTE  DE  M.  PIERRE  PERETTI, 
Pharmacien ,  professeur  à  Rome. 

Ayant  i,  préparer  de  l'osmazome ,  je  me  suis  servi  du 
procédé  décrit  par  M.  le  baron  Thenard  ;  mdis  au  lien  de 
soumettre  à  l'évapo ration  l'alcohol  qui  tenait  en  solution 
la  matière  extractive  de  la  chair,  je  1  ai  laissé  en  r^os  pen- 
dant quelques  jours  dans  une  bouteille  de  verre ,  aux  pa- 
rois de  laquelle  se  fixèrent  de  petits  cristaux  aiguillés.  Je 
les  séparai ,  et  les  ayant  examinés ,  j'ai  trouvé  qu'iU  jouis- 
saient des  propriétés  suivantes  : 

i*".  Qu'ils  étaient  solubles  damsl'edu  et  dans  l'alcohol  ; 

!i^.  Que  ces  solutions  changeaient  en  ronge  les  teintures 
bleues  végétales  ^ 

3"**  Que  versées  dans  les  solutions  d'hydrochlorate  de 
chaux  et  de  baryte,  elles  y  formaient  des  précipités  abon- 


DE    LA  SOCIETE    DE     PHAKMiVClE.  %'J^ 

dans  ,  de  même  qu^avec  les  solutions  de  la  plupart  des  sels 
métalliques  ; 

4"^.  Qt'e,  combinées  ayec  Tammoniaque,  la  potasse  et 
la  soude  ,  elles  formaient  des  sels  neutres  solubles ,  et  que 
ces  combinaisons  versées  ^d?ns  les  solutions  métalliques  ci* 
dessus  donnaient  également  des  précipités  ; 

5^.  Que  ces  cristaux  étaient  solubles  dans  les  acides  snl- 
furîque ,  nitrique  et  hydrochlorique ,  sans  manifester  d'al- 
tération. D'après  toutes  ces  propriétés ,  j'étais  disposé  k 
croire  que  ce  pouvait  être  de  racide  oxalique  ;  mais  ajant 
soumis  ces  cri&taux  k  l'action  du  feu  ,  j'ai  reconnu  qu'outre 
l'odeur  agréable  de  viande  r6tie ,  ils  donnaient  pour  pro- 
duit de  l'eau  et  du  carbonate  d'ammoniaque  pyro-huileux. 

Une  des  propriétés  particulières  dont  jouit  cet  acide  , 
et  qui  le  dislingue  de  Tacide  oxalique ,  est  de  former  un 

Frécipité  blanc  avec  le  proto-sulfate  de  fer ,  tandis  que 
acide  oxalique ,  soit  seul ,  soit  combiné  avec  l'ammo- 
niaque ,  la  soude  y  etc. ,  forme  avec  ce  sel  un  précipité 
jaune  (i). 

M.  Morighini,  professeur  de  chimie  à  Rome,  a  réuni 
dans  un  Mémoire  qui  a  été  inséré  dans  le  Journal  arca» 
iique  du  mois  de  mai  i8a4  9  des  observations  plus  éten- 
dues sur  le  même  sujet. 


(1)  On  conçoit  difficilement  comment  Tacido  oxalique  forme  avec  le 
tel  de  fer  an  précipité  jaune,  car  Toxalate  de  fer  est  trét-folable  ^  il  fant 
<f«'i]  y  ait  ici  a  ne  erreur. 

Les  rapporteurs  de  la  note  de  M.  Peretti  (  MM.  Planche  et  L^canu  ) , 
uns  partager  Topinion  de  ce  chimiste  étranger ,  pensent  que  Tacide  ob' 
tenu  n*est  peut-être  qu*an  sur-lactate  ou  on  sur-acétate  uni  â  un  peu  de 
matière  animale  qui  modifierait  les  propriétés  de  l'acide ,  comme  cela 
irrÎTe  pour  la  plupart,  tel  surtout  que  Pacide  méconique  qui  pur  ne  pré* 
âpite  pas  les  sels  de  baryte  ,  et  qui  mêlé  A  la  matière  yégétale  produit 
in  effet  contraire.  M.  Peretti  n'ajant  pas  obtenu  eon  acide  très-pur ,  il 
ftt  permis  d'élever  quelques  doutes  sar  sa  nature ,  à  moins  que  le  tra- 
tail  de  M.  ilorighini,  sur  le  même  siyet ,  inséré  dans  le  Journal  arca- 
àique ,  ne  donne  pins  de  détails ,  comme  comme  on  doit  le  supposer* 


2']6  BULLETIN    DES    TRAlVA^CJX 

SUR  LA  CONSERVATION  DES  ESPÈCES  INDIGÈNES. 

■ 

Par  M.  Degouedekanche  ,  pharmacien  à  Cacn. 

■ 

Le  Manuel  du  Pharmacien  ,  par  MM.  Idt  et  Cheval  lier, 
que  je  lis  en  ce  moment ,  me  rappelle  que  le  Journal  de 
Pharmacie  dei8i2  0ui8i3  ( Bulletin  de  Pharmacie  )  con- 
tient plusieurs  observations  sur  les  moyens  de  conserver 
aux  fleurs  leur  couleur  et  leur  odeur ,  et  particulièrement 
à  celles  des  violettes.  L'ouvrage  de  ces  Messieurs ,  bien 
rédige,  riche  en  procédés  nouveaux,  et  tracé  sur  le  plan 
de  l'excellent  cours  de  M.  Henry,  chef  à  la  Pharmacie  ceo- 
traie ,  me  parait  laisser  quelque  chose  à  désirer  sous  ce 
rapport. 

Puisque  chaque  pharmacien,  surtout  dans  les  dépar- 
temens,  doit  chaque  année  dessécher  les  feuilles,  som- 
mités fleuries  et  fleurs  nécessaires  aux  besoins  de  son 
officine ,  il  doit  aussi ,  après  avoir  mis  tous  ses  soims  à  leur 
dessiccation ,  en  donner  de  bien  entendus  à  leur  conser- 
vation :  des  boites  bien  closes,  des  flacons  bien  secs, 
noircis  et  bien  bouchés,  ne  sont  pas  suffisans  ^  Tair  et  sur- 
tout la  lumière  trouvent  toujours  assez  d'issue  pour  s'y 
renouveler  très-fréquemment.  De  très-petites  quantité 
peuvent  encore  se  conserver  ainsi ,  mais  moins  bien  que 
par  la  méthode  très-simple  que  j'emploie. 

Je  me  sers  aussi  de  boites  closes  :  elles  sont  construites 
sur  un  plancher  ;  mais  au  lieu  d^  entasser  les  feuilles  et  les 
fleurs,  comme  cela  se  fait  souvent,  je  fais  préalablement 
envelopper  toutes  tnes  plantes  de  papier,  dans  lequel  on 
les  comprime  assez  fortement  pour  qu  une  feuille  dit  carré 
gris  en  contienne  un  demi-kilogr.  ou  25  décagr.,  suivant 
Tespèce;  et  les  paquets  réunis  de  chaque. sont  placés  dans 
leurs  caisses  ou  boites.  On  conçoit  aisément  que  la  lu- 
mière ne  peut  pénétrer  dans  la  boite  et  encore  moins  Feu- 
veloppe  de  papier ,  qui  est  presque  toujours  double.  Je 
suis  parvenu  à  conserver  ainsi  aux  fleurs  de  bouillon- 
blanc  et  de  violettes  leur  couleur  et  leur  odeur  ^  les  feuilles 
d'oranger  surtout  conservent  beaucoup  mieux  leur  arôme. 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHAHMAXllE.  tl^^ 

littsi  que  celles  do  lionblon ,  de  tassiiage  «  etc.  Celles  d'ar- 
nica ,  par  exemple ,  ne  sont  plus  attacpiées  par  les  insectes , 
àa  moins  pendant  Tannée.  Enfin ,  tontes  les  plantes  offi^ 
dnalca  se  décolorent  moins ,  et  sont  infiniment  plus 
saines,  pkis  odorantes,  en  quelque  quantité  que  ce  soit, 
si  on  les  enveloppe  ainsi  ;  mais  comme  le  nombre  de 
boites  serait  trop  considérable  s'il  y  en  avait  pour  toutes, 
je  les  réserve  pour  les  fleurs  et  les  feuilles  odorantes,  et 
les  autres  sont  placées  dans  des  sacs  de  forte  toile,  sus- 
pendue dans  un  magasin  disposé  exprès. 

S'il  est  des  fleurs  qui  se  décolorent ,  il  en  est  d'autres 
qui  se  colorent,  les  fleurs  de  sureau,  de  camomille,  de 
muguet.  Aussi  les  herboristes  de  Paris,  qui  tirent  presque 
toutes  celles  qu'ils  vendent  des  départemens,  les  conser- 
vent-ils tassées  dans  les  emballages  telles  qu'ils  les  reçoi- 
vent; ils  refoulent  au  contraire  celles  qui  ne  le  sont  pas 
assez ,  et  chaque  fois  qu'on  leur  achète  une  livre  de  ces 
mêmes  fleurs ,  si  celles  qu'ils  livrent  sont  prises  dans  l'em- 
ballage, elles  sont  plus  belles  et  moins  altérées  que  celles 
qui  restent  dans  les  bocaux  bouchés  et  noircis  à  Texte- 
rieur.  Eflectivement ,  pour  faire  voyager  les  plantes ,  il  faut 
les  fouler  avec  beaucoup  de  force  ,  afin  de  les  garantir  du 
frottement  de  l'humidité.  L'on  regarde  ordinairement  nu 
emballage  comme  bien  fait ,  lorsqu'il  ne  cède  pas  sous  le 
poing;  les  fleurs  y  forment  une  masse  que  ni  l'air  ni  la 
lumière  ne  peuvent  plus  pénétrer ,  et  si  l'état  de  dessicca- 
tion est  parfait,  elles  ne  sont  plus  susceptibles  d'altéraiiou 
iosqu*à  la  floraison  nouvelle. 

J'ajouterai  uue  supposition  sur  Taitération  qu'éprouvent 
les  fleurs  renfermées  dans  un  bocal  (toujours  supposé 
noir)  lorsqu'il  n'est  pas  tout-^-faii  comble.  Cette  supposi- 
tion n'est  peut-être  pas  ^missible  ;  n'importe,  la  vérité 
peut  quelquefois  se  trouver  dans  un  rêve.  J  ai  vu  des  fleurs 
de  violettes  bien  sèches  ,  con5ervées  dans  un  flacon  ca- 
cheté, se  décolorer  et  devenir  humides  k  la  surface;  si 
elles  eussent  été  enfermées  chaudes,  ainsi  que  le  flacon,  que 
({uelques  personnes  chaufiTent  auparavant  et  ne  laissent  pas 
refroidir ,  la  température  venant  à  s'abaisser  par  le  refroi- 
dissement ferait  condenser  un  peu  de  vap  ur  sur  la  paroi 

XIP.  y^nnée.  —  Mai  1826.  ^^o 


27H         BULLETIN  DES  TRAVAUX 

inUirnc  du  flacon ,  et  le  reste  s'explique  fuciiemcnt.  Mais 
eufermces  froides  les  conditions  sont  différentes  ;  même  si  je 
suppose  qu'il  se  forme  de  Teau  aux  dépens  de  l'hydrogène 
de  la  matière  colorante,  qui  est  très-décomposable,  et  de 
Toxigène  de  Tair  du  flacon.  Il  est  facile  de  s'en  assurer; 
j'ai  même  disposé  quelques  flacons  exprès.  Ceci  serait 
également  applicable  aux  poudres  végétales  \  et  Ton  sait 
qu'elles  ne  se  conservent  qu'autant  qu'elles  sont  mises  par 
once  et  !2  onces  dans  des  flacons  parfaitement  pleins,  ca- 
chetés, noircis,  et  en  outre  placés  à  l'abri  de  la  lumière, 
car  elle  agirait  encore  sans  cette  précaution. 


*««  %^%<»%»^%»%%»  %%%«»»»»<%»»  »%*^»»%%»  %%»%»%  »»»  %%»%%i 


ANALYSE  CfflMIQUE  DE  LA  RACINE  D'ASPERGE;       ^ 
Par  M.  DoLONG  ,  pharmacien  i  Astafort , 

Correspondant  de  TAcadëroîe  royale  de  médecine  ,  et  de  ia  Société  de 

pharmacie  de  Paris. 

Quoique   cette  analyse,  qui  n'avait  point  encore  été 
faite,  du  moins  autant  que  j'ai  pu  m'en  assurer  en  consul- 
tant divers  traités  de  chimie  et  de  matière  médicale,  ne 
m'ait  présenté  rien    de  bien  important ,  cependant  j'ai 
pensé  que  sa  publication  pourrait  ofirir  quelque  intérêt, 
tant  parce  qu  elle  m'a  paru  devoir  compléter  Inistoîre na- 
turelle de  1  asperge  que  parce  que  la  racine  de  cet  intéres- 
sant végétal  est  assez  employée  en  médecine.  Outre  ces 
considérations,  qui,  d'abord,  m'ont  engagé  k  entreprendre 
cette  analyse,  un  autre  motif  m'y  a  porté  :  j'ai  voulu  voir 
si  cette  racine  contient  cette  substance  remarquable  que 
MM.  Vanquelin  et  Robiquet   ont  découverte   dans  les 
.jeunes  pousses  d'asperge ,  et  qu'ils  ont  désignée  sous  le 
nom  d'asparagine. 

La  racine  qui  a  fait  le  sujet  de  cette  analyse  est  celle  de 
l'asperge  officinale  (asparagus  officinalis^  Lmw.),  de  la  fa- 
nn'IIe  des  asparaginées  de  Jussieu.  Cette  racine  estcom- 

{>osée ,  comme  l'on  sait,  d'une  souche  plus  ou  moins  al- 
ongée,  de  la  surface  inférieure  de  laquelle  partent  un 
assez  grand  nombre  de  radicules  de  deux  ou  trois  lignes 


DE    La    société    de    PHABMA.CIE.  O.'JC) 

de  diamètre,  grises  on  blanchâtres  au  dehors,  ainsi*  que  le 
reste  de  la  racine ,  blanches  à  rintérieur ,  présentfmt  un 
mëditnllinm  ligneux  à  peu  près  comme  la  salsepareille  y 
etd^une  saveur  d'abord  douce,  ensuite  un  peu  amère. 

Une  assez  grande  quantité  de  cette  racine  fraîche  ,  par- 
faitement lavée,  a  été  divisée  en  petits  fragmens  et  ensuite 
piléedans  un  mortier  de-marbre  avec  addition  d'une  suf- 
OMDte  quantité  d'eau  distillée.  Lorsqu'elle  a  été  réduite 
en  une  espèce  de  pulpe,  elle  a  été  exprimée  fortement 
dans  no  linge  :  il  en  est  découlé  un  suc  trouble  d'une  cou- 
leur blanche-grisAtre ,  d'une  saveur  analogue  à  celle  de  la 
racine,  et  d'une  odeur  assez  désagréable  ;  il  rougissait  très- 
légèrement  le  papier  de  tournesol. 

Ce  suc  a  été  abandonné  à  lui-même  pendant  vingt-quatre 
henres*,  au  bout  de  ce  temps  il  s'est  formé  au  fond  du  vase 
qm  le  renfermait  un  léger  dépôt  grisâtre  qu'on  a  séparé 
par  le  filtre.  Ce  dépôt ,  qu'on  aurait  pu  prendre  d'abord 
pour  de  l'amidon ,  paraissait,  après  sa  dessiccation,  n'être 
antre  chose  que  des  débris  de  racine  qui ,  plus  divisés  par 
le  pilon  que  le  reste  y  avaient  passé  k  travers  le  linge.  En 
effet,  ayant  été  traité  par  l'eau  bouillante,  Fiode  n'a  |H>int 
démontré  la  présence  de  l'amidon  dans  le  décoctum  «  qui , 
da  reste,  s'est  comporté  avec  les  réactifs  comme  le  décoc- 
lom  de  la  racine. 

Le  suc  filtré,  comme  on  Fa  vu  ci-dessus,  était  encore 
U'oable:  soumis  à  l'action  de  la  chaleur ,  au  bain-marie , 

^en  est  bientôt  séparé,  en  flocons  grisâtres,  une  matiëie 
qw%  recueillie  sur  un  filtre  ,  lavée  et  examinée,  m'a  pré- 
^nté  tous  les  caractères  de  la  substance  désignée  sous  le 
nom  d'albumine  végétale.  Le  suc ,  après  cette  opération , 
eiail  devenu  parfaitement  clair.  La  teinture  d'iode  ,  l'in- 
iusion  de  noix  de  galle  ^  la  potasse ,  l'ammoniaque,  étaient 
5>os  action  sur  lui  ^  l*eau  de  chaux  y  formait  un  léger  pré- 
cipité floconneux  -,  le  sous-acétate  de  plomb ,  un  précipité 
blanc-jaunàtre  assez  abondant;  le  proto-nitrate  de  mer- 
cure, un  abondant  précipité  blanchâtre;  le  nitrate,  d'ar- 
gent, un  léger  précipité  floconneux  ,  entièrement  soluble 
^u»  Tammoniaque  5  le  trito-uitrate  de  fer ,  un  précipité 
tloconneux  rougeâtre.  Évaporé,  dans  une  capsule  de  por- 
celaine, au  bain-maric,  jusqu'à  consistance  sirupeuse ,  il 


a8o        BULLETIN  DES  THAVAUX 

a  été  abandonné  k  lui-même  pendant  quelque  tempa  t 
pour  que lasparagine  cristallisât,  s'il  enconlenalt. 

Durant  tomes  les  opérations  que  je  viens  de  -décrire, 
le  marc  de  la  racine  avait  été  traité  par  l'eau  distillée 
bouillante,  à  plusieurs  reprises ,  jusqu'à  ce  que  le  liquide 
parût  être  sans  action  sur  lui. 

Comme  le  suc  n'avait  rien  laissé  cristalliser ,  et  que  j'ai 
pensé  qu'il  avait  pu  en  avoir  été  empêché  par  une  matière 
mucilagineuse  que  j'avais  reconnue  dans  ]a  racine  en  la 
pelant ,  je  l'ai  fait  évaporer  entièrement,  au  bain-marie , 
après  l'avoir  réuni  aux  infusions  du  marc  dont  je  viens 
de  parler,  et  j'ai  traité  la  matière  obtenue  par  l'évapora- 
tion,  d'abord  par  Valcohol  chaud,  et  ensuite  par  l'eati 
froide.  L'alcohol ,  qui  ,  comme  l'on  sait ,  est  sans  action 
sur  Tasparagine  ,  s'est  coloré  en  jaune-rougeâtre  foncé  et 
a  dissous  une  assez  grande  quantité  de  matière.  L'eatt 
froide  ,  dans  laquelle  l'asparagine  est  très-peu  soluble ,  a 
dissous  la  portion  restante ,  qui  avait  une  couleur  brune 
foncée  ;  m4'>is ,  comme  la  dissolution  était  trouble ,  elle  a 
été  filtrée  :  il  est  resté  sur  le  filtre  une  petite  quantité 
d'une  matière  particulière,  brune-grisâtre,  sans  saveur, 
insoluble  dans  l'eau  et  dans  l'alcohol  à  froid  et  à  chaud, 
insoluble  aussi  dans  l'éther;  mais  sa  quantité  était  trop 
petite  par  rapport  aux  autres  substances  pour  que  j'aie  pu 
en  constater  suffisamment  toutes  les  propriétés  et  pour 
qu'elle  méritât  d'ailleurs  un  examen  plus  exact  :  ce  qu'il  y 
a  de  certain  c'est  que  ce  n'était  pas  de  l'asparagine. 

La  dissolution  aqueuse  dont  je  viens  de  parler,  soumise 
â  l'évaporation,  au  bain-marie,  a  laissé  une  matière  brune 
iniiipiue  dont  la  dissolution  dans  l'eau  moussait ,  par  l'agi- 
tation ,  comme  une  dissolution  de  gomme ,  précipitait 
abondamment  par  le  soi>s-acétatede  plomb,  par  le  pi-oio- 
nitrate  de  mercure,  par  le  trito-nitrate  de  fer,  et  sous  forme 
de  flocons  par  l'alcohol  ;  elle  possédait ,  en  un  mot ,  les 
caractères  a  une  matière  gommeusc,  mais  elle  différait  de 
la  gomme  proprement  dite  en  ce  qu'elle  précipitait  par 
l'acétate  neutre  de  plomb  aussi  abondamment  que  par  le 
sous-acétate,  et  que  l'alcohol,  en  précipitant  sa  dissolution 
aqueuse ,  ne  rendait  pas  la  liqueur  opaqtic  ,"€1,  par  ces  der- 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARUACIE. 


a8i 


mers  caractères,  elle  se  rspprochail  de  la  variété  de  gotnme 
désignée  par  Thomson  sous  le  nom  de  moqueux  Ci). 

Dans  la  crainte  que  cette  matière  ue  retint  de  Vaspara- 
pne  qui  aurait  été  dissoute  par  l*eau  en  mèoie  temps 
Qu'elle,  ce  que  ,  au  reste,  je  ne  penssiis  pas^  je  lai  fait 
dissoudre  dans  une  certaine  quantité  d'eau  et  j'ai  aban- 
doDué  cette  dissolution  à  elle-même  pendant  pluàieurs 
jours ,  jusqu'à  ce  que  toute  l'eau  eût  été  évaporée  ^  je  n'ai 
aperçu  aucune  trace  de  cristallisation. 

La  dissolution  alcoholique  de  la  matière  obtenue  par 
l'évaporation  du  suc  et  des  infusum  de  la  racine  ^  et  dont 
j'ai  parlé  plus  haut,  soumise  i  l'évaporation  daos  une  étuve, 
a  laissé  séparer,  lorsque  Falcohol  a  été  dissipé,  une  petite 

Îuantité  d'une  substance  qui  nageait  en  fldcons  à  sa  sur* 
ice.  Soupçonnant  que  c'était  quelque  matière  grasse  ou 
résineuse  f  j'ai  traité,  à  plusieurs  reprises,  le  résidu  de 
l'évaporation  par  l'étber,  qui  en  a  séparé  une  petite  quan- 
tité d'une  matière  jaune  d'une  odeur  particulière,  que  d'a- 
près plusieurs  caractères  j'ai  reconnue  pour  une  réûne* 
On  verra  au  reste ,  ci-dessous ,  que  j'ai  retrouvé  cette 
résine  en  plus  grande  quantité  en  traitant  le  marc  de  la 
racine  par  l'alcohol. 

La  dissolution  alcoholique  dout  je  viens  de  parler  ti'a 
rien  laissé  cristalliser  par  son  évaporation  lente  h  l'étuve. 
J'ai  cru  devoir  la  soumettre  à  cette  épreuve  pour  m^assu- 
rer  si  elle  ne  contenait  pas  la  mannitc,  que  MiVI«  Vau" 

Jaeliu  et  Robiquet  ont  trouvée  dan^  les  jeunes  pousses 
'asperges. 

Quant  à  la  matière  obtenue  par  l'évaporation  de  cette 
dissolution  alcoholique ,  elle  avait  une  couleur  brune- 
rougeatre ,  une  saveur  particulière ,  sucrée  et  en  même 
temps  un  peu  amère  -,  elle  était  soluble  dans  l'eau  et  dans 
l'alcohol ,  insoluble  dans  l'ëthcr  \  sa  dissolution  aqueuse 
précipitait  abondamment  par  le  sous-acétate  de  plomb , 
par  le  proto-nitrate  de  mercure,  légèrement  par  le  nitrate, 
d'argent ,  le  précipité  avait  les  caractères  d'un  hydrochlo-^ 
rate \  légèrement  aussi  par  lacétate  neutre  de  plomb ^  le 

(i)  Cet  cflet  ue  serait- il  jias  dû  à  la  présence  du  pLospliate  de  potasn; 
dans  le  lic^nide  ,  mêle  à  la  substance  gomnoeusc  ? 


^Sn  BULLETIN    DES   TRAVA.UX 

précipité  était  facilement  soluble  dans  Tacide  acétique 
faible ,  et  était  dû  à  Tacide  maliqae ,  comme  je  m'en  suis 
convaincu  en  décomposant  une  certaine  quantité  de  ce 
précipité  par  lliydrogène  sulfuré.  L'émétîque ,  le  trito* 
nitrate  de  fer,  le  sulfate  de  cuivre,  Finfusion  de  noix  de 
galle  et  la  teinture  d'iode  étaient  sans  action  sur  elle. 
L'acide  nitrique,  l'acide  hydrochlorique  n'offraient  aucun 

rhénomène  remarquable  à  froid ^n  la  dissolvant;  mais 
acide  sulfurique  concentré  produisait  avec  cette  substance 
une  dissolution  qui ,  d'abord  brune,  passait  peu  à  peu  an 
rouge  assez  brillant  ;  l'eau  précipitait  en  nocons  bruns 
cette  dissolution.  Enfîn  cette  matière,  traitée  convenable- 
ment par  l'acide  nitrique ,  a  donné  des  cristaux  d'acide 
oxalique,  et,  décomposée  dans  un  tube  de  verre  à  l'orifice 
duquel  était  adapté  un  papier  de  tournesol,  elle  s'est  com- 
portée comme  les  matières  végétales. 

Cependant,  la  saveur  sucrée  de  cette  matière  et  la  pro- 
duction d'acide  oxalique  par  l'acide  nitrique ,  m'ont  fait 
penser  qu'elle  devait  contenir  du  sucre  ou  une  matière 
analogue.  En  effet,  mise  en  contact  avec  la  levure,  et  sou- 
mise à  tme  température  convenable ,  elle  a  fermenté 
promptement  et  a  produit  de  l'acide  carboniaue. 

Pour  séparer  cette  matière  sucrée ,  j'ai  dissous  dans 
l'eau  la  substance  qui  la  contenait,  j'ai  précipité  la  dis^ 
solution  par  le  sous-acétate  de  plomb ,  et  j'ai  fait  passer 
un  courant  d'hydrogène  sulfuré  à  travers  la  liqueur  fil- 
trée. Cette  liqueur ,  soumise  à  l'évaporation  dans  une 
étuve,  u'a  point  cristallisé  :  il  est  resté  une  assez  grande 
quantité  de  matière  sucrée  légèrement  colorée.  Jai  re- 
connu que  c'était  dans  cette  matière  que  résidait  la  pro- 
priété de  rougir  par  l'acide  sulfurique  que  possède  la  sub- 
stance dissoute  par  l'alcohol,  et  dont  je  viens  deparler(i). 
Du  reste,  Inydrochlorate  de  platine  a  démontré  dans 
cette  matière  sucrée  la  présence  de  la  potasse;  Toxalata 
d'ammoniaque,  celle  delà  chaux  ;  le  nitrate  d'argent,  celle 
de  l'acide  hydrochlorique  ;  et  l'acide  sulfurique  en  a  dé- 
gagé des  vapeurs  bien  sensibles  d'acide  acétique. 


(i)  Peut-on  bien  regarder  cette  substance  comme  }>ure?  et  alors  lai 
asaigner  le  caractère  distinctif  de  rougir  par  Paeide  sulfurique  ? 


DB    hk   SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.         a83 

Quant  i  la  matière  précipitée  par  le  sous-acétate  de 
plomb,  après  avoir  été  lavée,  séparée  da  plomb  par  Thy* 
drogène  sulfuré  et  obtenue  par  Tévaporation  au  bain- 
marié ,  elle  jouissait  des  caractères  assignés  ci-dessus,  si 
ce  n'est  gtie  sa  saveur  n'était  plus  sucrée,  mais  légèrement 
amère.  Il  est  possible  que  ce  soit  à  cette  matière  que  la 
racine  d  aspergie  doive  ses  propriétés  médicinales  (i). 

Le  marc  de  la  racine ,  après  avoir  été  épuisé  par  Veau , 
comme  on  la  vu  ci-dessus,  a  été  traité  par  Talconol  bouil- 
lant et  laissé  en  macération  avec  ce  liquide  pendant  plu- 
sieurs jours.  L'alcohol  avait  acquis  une  couleur  jaunâtre  : 
distillé  et  évaporé  au  bain-marie ,  il  a  laissé  une  petite 
quantité  d'une  matière  jaune-brunâtre  presque  sans  sa- 
veur ,  devenant  friable  par  la  dessiccation  et  jouissant  de 
tous  les  caractères  d'une  résine.  Après  toutes  ces  opéra- 
tions, la  racine  n'était  plus  que  de  la  fibre  ligneuse  sans 
saveur. 

Je  dois  dire  encore  que  je  me  suis  assuré,  en  distillant 
cette  racine  avec  de  l'eau ,  qu'elle  ne  contient  pas  d'huile 
volatile;  ce  que,  d'ailleurs,  je  présumais  d'avance. 

Enfin,  une  certaine  quantité  de  racine  d*asperge,  inci- 
nérée, a  laissé  un  résidu  qui,  traité  par  l'eau ,  s'y  est  dis- 
sons en  partie.  La  portion  non  attaquée  ,  mise  en  contact 
avec  l'acide  hydrochlorique  étendu ,  s'y  est  dissoute  avec 
effervescence  :  l'oxalate  d'ammoniaque  a  démontré  dans 
la  dissolution  la  présence  de  la  chaux  )  l'hydrocyanate  de 
potasse  ferrugineux  celle  du  fer;  l'ammoniaque,  la  potasse, 
celle  du  sous-phosphate  de  chaux.  Pour  m'assurer  s'il  n'y 
avaitpoint  de  la  magnésie,  j'ai  précipité  une  portion  de  la 
liqueur  par  l'oxalate  de  potasse  ;  j'ai  filtré  ,  et  dans  la  li* 
quear  filtrée  contenant  du  phosphate  de  potasse,  j'ai  versé 
une  dissolution  de  carbonate  d'ammoniaque  neutre ,  sui- 
vant le  procédé  de  M.  WoUaston;  il  ne  s'en  est  point 
précipité  de  phosphate  ammoniaco-magnésien. 

La  portion  des  cendres  dissoute  par  Teau  était  alcaline  ; 
Iliydrochlorate  de  platine  y  a  démontré  la  présence  de  la 
potiisse  ;  le  nitrate  d'argent,  celle  d'une  assez  grande  quan- 

(i)  Il  nous  scmbU  que  cette  supposition  est  trés-vagae  et  aurait  be- 
soin dVtre  appajrée  par  quelques  preuTes. 


l84     BULLETIN  DES  TRAVAUX,  ETC. 

tîté  d'acide  hydrochlarîquê,  et  le  nitrate  de  baryte  y  a 
formé  un  précipité  qui  s'est  dissous^  en  partie,  avec  eflër- 
yescence,  à  l'aide  de  quelques  gouttes  d'acide  nitrique. 
La  liqueur,  encore  trouble,  ne  s'est  éclaircie  qtie  par  tme 

Îlus  grande  quantité  d'acide  ;  ce  qui  j)royenait  d  un  peu 
e  phosphate  de  baryte,  fornïé ,  comme  je  m'en  suis  con- 
vaincu, en  précipitant  une  portion  de  la  liqueur  alcaline 
par  un  sel  de  plomb,  après  l'avoir  saturée  par  l'acide  ni- 
trique ,  et  en  faisant  bouillir  dans  une  grande  quantité 
d'eau  le  précipité  obtenu  par  le  sel  de  plomb  :  j'ai  obtenu 
une  petite  quantité  de  phosphate  de  plomb.  Il  j  avait  donc 
du  phosphate  de  potasse. 

En  résumé,  je  crois  pouvoir  conclure  de  cette  analyse 

que  la  racine  d'asperge  contient  : 

De  l'albumine  végétale  ] 

Une  matière  gommeuse  ^ 

Une  matière  particulière,  précipitant  abondamment  par 
le  sous^^tcétate  de  plomb  e^  le  proto-nilrate  de  mer- 
cure ; 

Une  résine^ 

» 

Une  matière  sucrée  rougissant  par  Tacîde  sulfiaique 

concentré^ 

Des  malates  acides, 

Des  hydrocbloratea,   ,  ,  .         ,  ,     , 

T^         y.  ^  >  a  base  de  potasse  et  de  chaux  ; 

Des  acétates,  (  ^  ' 

Des  phosphates, 

Et  utie  pelite quantité  de  fer) 
et  qu'elle  ne  contient  ni  asparagine  ni  mannite ,  comme 
en  contiennent  les  jeunes  pousses  d'arperge ,  du  moins  k 
l'époque  où  j'ai  recueilli  cette  racine ,  au  commencement 
d'octobre.  '  En  contientJrait-elle  dans  la  saison  des  jeunes 
pousses  ou  asperges  ?  c'est  ce  que  je  me  propose  d'exami- 
ner si  Je  le  puis. 


PARIS.  —IMPRIMERIE  DE  FAIN  ,  RUE  RACINE,  N^  4. 

PLACE    DE    L*01»fON. 


JOURNAL 

DE   PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES 


I  H    I  ^^ 


r     1 


N^  VI.  —  12*.  Année.  —  Juin  i8îi6. 

-'  ■■  '  '  '       '  ■  '■  ■  '  I         I      I  L  II  I      ■      !■! 

EXPÉRIENCES  ANALYTIQUES 

«Sur  Teau  sulfureuse  naturelle  de  Bonnes  f  et  quelques 

réflexions  à  ce  sujet  ; 

Par  M.  Beitrt  fi]t ,  pharmacien ,  toat-tbef  â  la  Pharmacie  centrale  des 
hôpitaux  civils  de  Paris  ,  membre  adjoint  de  PAcadëmie  rojale  dt 
médecine.' 

f*  • 

Une  personne  qni  depuis  plusieurs  mois  faisait  usage 
d'eau  de  Bonnes  naturelle,  expédiée  avec  le  plus  grand 
sob  i  Paris,  me  pria  d'en  faire  l'analyse,  afin  de  recou- 
naître  si  elle  était  semblable  à  celle  prise  à  la  source,  dont 
l'analyse  avait  déjà  été  faite  depuis  long-temps,  et  même 
lassait  peut-èlre  quelque  chose  à  désirer.  {Annales  de 
Chimie  j  tom.  99^,  p.  32 1.)  Cette  proposition  me  donna 
ridée  de  tenter  sur  Teau  de  Bonnes  quelques  expériences 
nouvelles,  pour  isoler  ou  déterminer  les  principes  de  cette 
eau  minérale,  et  dans  cette  vue  j*en  fis  venir  directement 
de  Bonnes  une  certaine  quantité ,  récemment  puisée  et 

Xn*.  Année.  -^  Juin  i8s6.  ai 


286  JOURNAL 

mise  dafts  des  bouteilles  goudronnées  et  cachetées  arec 
soin  (1). 

Les  considérations  qui  m^ont  guidé  pourront  ^  je  Tes- 
père,  «fie  faire  excvscr  d^avoîr  repris  t;ette  analyse,  puis- 
que mon  but  était  de  tenter  sur  Teau  de  Bonnes  plusieurs 
essais  qui  n'avaient  pas  encore  été  faits,  afin  de  déterminer 
autant  que  possible  la  composition  naturelle  primitive  de 
cette  eau  avant  son  évaporation ,  et  pour  constater  si  le 
produit  de  cette  ^opération  en  représentait  bien  exacte- 
ment la  compositidi^  naturelle. 

Je  n'entrerai  que  dans  de  très-légers  détails  sur  des 
opérations  que  Ion  fait  ordinairement  pour  isoler  les 
substances  contenues  dans  les  eaux  ,  et  je  me  contenterai 
d abord  de  dire  que  c'est  à  Taide  de  lalcohol ,  de  Teau 
distillée  chaude  et  froide,  des  acides,  etc. ,  que  j'ai  ob- 
tenu ,  soit  directement ,  soit  indirectement,  les  principes 
fixes ,  ainsi  que  je  l'ai  indiqué  plusieurs  fois  dans  l'ana- 
lyse d'autres  eaux  minérales. 

'  Un  poids  de  S  kifog.  117  gr.  d^eati  de  Bonnes  évaporée 
avec  soin  à  i  lo""  environ,  laissa  un  résidu  pesant  i  gr.  94 
d'une  couleur  grisâtre ,  attirant  très-peu  l'humidité  et 
donnant  une  odeur  sulfureuse  assez  sensible  par  la  dessic- 
cation; cependant  on  n'y  trouva  aucune  trace. visible  de 
sulfites  ou  d'hyposulfites  ;  on  ne  put  aussi  y  reconnaitre 
la  présence  des  nitrates.  11  est^  |irobable  que  1  odeur  de 
soufre  pyovenait,  comme  on  le  verra  plus  loin,  de  Tallé- 
ration  opérée  par  la  chaleur  dans  la  matière /)rganiqae* 

La  quantité  du  gaz*  hydrosulfurique  étant  très-faiWe> 
j'ai  suivi  pour  l'apprécier  le  même  mode  que  j'ai  présenté 
dans  l'analyse  de  l'eau  de  Bio  (Journal  de  Pharmacie^ 
janvieri826,  pag.  97),  c  est-à-dire  la  précipitation  par  un 
sel  d'argent  et  la  dissolution  du  chlorure  de  ce  ttiétal  par 
l'ammoniaque   en  excès ,  qy?  n'attaque  pas  le  sulfure , 

(i>  EHé^avait  <lt^  puisse  ters  la  fin  du  mois  d'ao(ft  iffaS.  ^ 


DE     PBARUÀCIE.  287 

comme  on  le  sait.  L'eau  de  Bonnes ,  toutefois,  exhale  une 
odeur  d'œufs  pouris  très-sensible ,  et  noircit  fortement  le 
mercure  ,  soit  qu'on  Fagite  avec  ce  meta],  aoît  qu'on  la  dis- 
tille et  qu'on  laisse  en  contact  avec  lui  le  produit  obtenu,. 

La  quantité  de  sulfure  d'argent  obtenue  pour  3  kilog^ 

1 17  d'eau  fut  de  o,  gr.  1 85,  et  représente  acide  hydrosulfu- 

rique  o,  gram.  oaa.Quant  à  l'acide  carbonique  libre,  il  ne  s'y 

trouve  qu'en  proportion  à  peine  sensible  et  inappréciable 

directement.   J  ai  tenté  de  l'évaluer  k  l'aide  de  l'eau  de 

chaux,  qui,  mise  en  contact  avec  l'eau  de  Bonnes  dans  un 

flacon  entièrement  rempli ,  a  produit  un  prédpité  lent , 

floconneux,  pesant  environ  0,^78  pour  3  kilog..  117  d'eau, 

et  composé  de  très-peu  de  carbonate  et  de  beaucoup  de 

sulfate.  En  déduisant  de  ce    poids  celui   du  carbonate 

trouvé  directement  dans  l'eau  après  son  évaporalion ,  on 

a  pu  juger  de  la  présence  de  l'acide  carbonique  libre,  qui 

pouvait  être  combiné  au  carbonate,  et  le  constituer  bi*ael. 

Celte  proportion  d'acide  fut  très-faible^  et  à  peu  près  de 

o,  kil.  o4  ou  o,  kilt  01 5. 

Avant  de  donner  les  résultats  que  m'a  présentés  l'eau 
de  Bonnes ,  voici  quelques  expériences  faites  dans  le  but 
de  déterminer  sa  composition  primitive ,  et  de  constater 
un  peu  la  nature  de  la  substance  organique  qui  s'y  trouve 
en  assez  grande  proportion,  et  que  déjà  M.  Poumier  avait 
signalée  dans  l'analyse  de  celte  eau ,  comme  contenant  du 
soufre. 

Faisons  observer  que  par  Tévaporation  k  l'air  libre  l'eau 
de  Bonnes  a  laissé  déposer  d'abondans  flocons  grisâtres  et 
même  brunâtres  de  la  matière  organique,  mêlés  à  la  silic<; 
et  aux  autres  sels  qui  se  précipitaient  en  même  temps. 
De  plus,  en  traitant  par  l'eau  ou  par  l'alcohol  ces  sels  pré- 


(1)  11  pourrait  â*aiUears  8*étre  précipite  uq  peu  de  magnésie  avec 
les  carbcmatet,  mais  !•  poids  derait  00  être  trèt-faible  «n  raiioa  de  la 
très- petite  proportion  de  $ela  magnëaieQa  «xittant  dana  Feau. 

ai. 


!^88  JOUliNAL 

cîpités,  ]ft  matière  sèche  a  paru  8*hydrater  en  quelque 
sorte  )  et  a  repris  Tappareuce  floconneuse  ou  gélatineuse. 

Pour  étudier  un  peu  cette  matière  coutenant  du  soufre 
probablement  dans  un  état  particulier  de  combinaison , 
j*ai  pensé  quMl  serait  sans  doute  avantageux,  i^.  d*évaporer 
xiue  certaine  quantité  d*eau  sans  l'impression  de  la  cha- 
leur, dans  le  vide;  a*,  d'en  faire  bouillir*  aussi  sous  le 
mercure ,  dans  un  gaz  tel  que  Tazote  ou  Thydrogène , 
jusqu'à  siccité  ,  afin  de  voir  si  Toxigène  n  aurait  pas  une 
sorte  d'action  sur  la  substance  organique. 

Dans  Tévaporation  produite  k  Faide  du  chlorure  de 
calcium,  et  sous  le  récipient  de  la  machine  pneumatique, 
on  a  remarqué  que  Teau  laissait  k  peine  dégager  quelques 
bulles  de  g^z ,  ce  qui  se  rapporte  à  ce  qu'on  a  vu  pins 
haut ,  et  qu'à  un  certain  degré  de  concentration  elle  se 
trouble  légèrement  en  formant  à  sa  surface  une  sorte  de 
pellicule  membraneuse,  comme  le  font  les  substances 
organiques  qui  commencent  à  s'altérer.  Le  résidu  blanc 
et  salé  redîssous  dans  l'eau ,  a  laissé  une  .partie  insoluble 
floconneuse  grise  contenant  de  la  matière  organique  et  de 
ia  silice.  Il  s'est  comporté  comme  celui  de  Tévaporation 
au  feu  ;  seulement  il  y  avait  plus  de  matière  organique 
soluble.  Traitées  par  l'acide  sulfurique  pur ,  elles  se  sont 
fortement  charbonnées. 

a*.  Pour  procéder  à  l'autre  genre  d'évaporation,  c'est-à- 
dire  dans  un  espace  autre  que  l'air,  j'ai  rempli  entièrement 
une  cornue  et  un  tube  recourbé  plongeant  dans  une  cloche 
contenant  du  gaz  hydrogène  pur ,  et  établie  de  manière 
que  lors  du  refroidissement  le  gaz  hydrogène  rentrait  dans 
la  cornue.  J'ai  remarqué  pendant  l'opération  une  sub- 
stance brune  en  flocons  nageant  dans  le  liquide ,  et  qui  se 
séparaient  par  refroidissement ,  puis  paraissaient  se  redis- 
soudre à  chaud  en  donnant  à  l'eau  une  teinte  brune  vers 
la  fin  de  l'évaporation.  Quand  la  liqueur  fut  réduite  k 
siccité ,  il  resta  avec  les  sels  une  matière  sèche  brune 


DE  ptiARMACi  E.  nSg 

d'oDe  odeur  désagréable ,  fétide  et  stilfureusd  ;  elle  n*était 
plos  sensiblement  soluble  dans  l'eau. 

Il  serait  possible,  d'après  cela,  de  penser  que  cette  ma- 
tière organique  a  de  Fanalogie  avec  Talbumine  ,  et  que  la 
présence  du  soufre  la  modifie.  Déjà  M.  Yauquelin  ,  en 
analysant  la  matière  verte  déposée  dans  Veau  de  Vichy,  la 
assimilée  i  Talbumine ,  avec  laquelle  ces  sortes  de  sub- 
stances paraissent  avoir  une  sorte  d'identité. 

J  ai  tenté  en  outre  de  déterminer  si  plusieurs  sels 
trouvés  dans  le  produit  de  Tévaporation  de  leau  existaient 
tels  dans  ce  liquide  non  chauffé,  et  de  m'assurer  qu'ils 
n'étaient  pas  alors  la  suite  de  la  réaction  de  ces  sds  entre 
eux  par  la  concentration  des  liquides  et  par  l'eiTet  de  la 
cohésion  ,  ainsi  que  la  quantité  de  muriate  de  soude  et  de 
sulfate  de  cbaux  obtenus  pouvaient  me  le  faire  soupçon- 
ner. (Des  dissolutions  de  sulfate  de  soude  et  de  muriate 
de  chaux  très-étendues  d'eau  peuvent  être  mêlées  sans 
qu'il  y  ait  de  précipité  formé  \  mais,  par  l'évaporation ,  la 
formation  du  sulfate  de  cbaux  a  eu  lieu.)  Dans  cette  vue , 
j'ai  agité  à  fooid  avec  un  poids  connu  d'eau  de  Bonnes  une 
assez  grande  proportion  d'hydrate  d'oxide  d'argent  lavé 
avec  tout  le  soin  possible ,  et  j'ai  fait  passer  un  courant 
d'acide  carbonique  dans  la  liqueur  pour  précipiter  la 
chaux  qui  aurait  pu  être  mise  à  nu  par  la  décomposition 
du  muriate  de  chaux.  Il  n'y  eut  aucun  trouble  assez  sen- 
sible pour  l'indiquer.  Je  m'étais  assuré  d'avance  que  l'hy- 
drate d'argent  n*agit  point  sur  du  sulfate  de  soude ,  et 
qu'il  peut  décomposer  entièrement  le  muriate  de  chaux 
ou  de  soude  en  mettant  à  nu  leurs  eases.  Or  ,  en  mêlant 
à  froid  3  kilog.  117  d'eau  de  Bonnes  avec  un  excès  d'hy- 
drate d'oxide  d'argent,  puis  le  laissant  en  contact  jusqu'à 
ce  que  la  liqueur  claire  n'indiquât  plus  la  présence  d'hy- 
drochloratçs  par  le  réactif,  j'ai  filtré  et  fait  passer  un 
courant  de  gaz  carbonique ,  puis  filtré  de  nouveau.  (  II 
n'y  eut  pas  de  trouble  appréciable.)  Le  liquide  évaporé  à 


^9^  JOURWÀI. 

siceité  et  traité  par  l*aIcolioI  à  3o  degrés,  a  fourni  un  ré- 
sidu visqueux  brunâtre  azoté,  d'une  odeur  de  colle-forte, 
qui  sW  charbonné;  il  contenait  seulement  du  carbonate 
de  soude  provenant  du  sel  marin  décomposé,  et  c'est  i 
la  présence  de  Talcali  que  fut  due  la  solubilité  de  la  ma- 
tière organique. 

Ce  que  Falcohol  n^avait  point  dissous  renfermait  à  très- 
peu  près  la  quantité  de  sulfate  de  chaux  trouvée  par  Téva- 
poration  directe.  Cette  expérience  fait  voir,  ce  me  semble, 
que  le  muriate  de  soude  et  le  sulfate  calcaire  existent 
primitivement  dans  l'eau.  Je  suis  porté  à  croire  que  c'est  la 
décomposition  de  la  matière  organique  sulfureuse  dans  les 
lieux  où  l'eau  se  minéralisé  qui  produit  le  dégagement  de 
gaz  hydrogène  sulfuré  et  l'odeur  hépatique  qu'elle  répand 
ensuite.  L'absence  de  l'acide  carbonique  et  des  carbo- 
nates en  quantité  notable  ,  état  contraire  pour  la  plu- 
part des  eaux  sulfureuses,  me  semble  faire  supposer  l'hy- 
pothèse ci-dessus  comme   plus  probable  pour  l'eau  de 
Bonnes  que  celle  déjà  émise  au  sujet  d'autres  eaux  sulfu- 
reuses (telles  que  celles  d'Enghien) ,  où  le  gaz  carbonique 
parait  dégager  Fhydrogène  sulfuré  des  hydrosulfates  ,  hy- 
drosulfates bien  démontrés,  soit  par  la  production  d'hypo- 
sulfites,  soit  par  divers  réactifs.  On  a  vu  d'ailleurs  que 
l'eau  de  Bonnes  ne  contient  ni  hyposulfiles  ni  hydrosul- 
fates, et,   comme  on  vient  de  le  faire  observer,  la  très- 
petite  quantité  de  carbonate  calcaire  qui  existe  dans  cette 
eau  ne  peut  faire  facilement  supposer  que  Thydrogène 
sulfuré  provienne  ici  de  la  décomposition  d'hydrosulfaies 
par  l'acide  carbonique  ;  nous  pensons  donc  plutôt  que 
l'odeur  hépatique  résulte  de  l'altération  continuelle  delà 
matière  organique  sulfureuse  renfermée^  car  on  sait  que 
pour  plusieurs  eaux ,  et  notamment  celle  de  Vichy ,  cette 
décomposition  a  souvent  lieu ,  et  donne  naissance   aux 
mêmes  phénomènes. 


DE    PHIR  MAGIE.  2Q1 

Voici  le»  carftctères  que  noas  a  présentés  l'eau  de 
Bonnes  expédiée  : 

Elle  est  limpide  ^  d^uz^  saveur  douceâtre ,  sans  aucun 
dépôt ,  se  trouble  un  peu  à  Tair ,  et  beaucoup  plus  paf 
rébnllition,  dégage  une  <^euf  sensible  d*cerufs  pouris, 
qu  elle  perd  promptement  lorsqu'elle  n  est  pas  renfermée 
dans  des  vases  bouchés  avec  soin.  Elle  charrie  a  la  source, 
d  après  M.  Foumier ,  une  matière  glaireuse  de  nature  sul- 
fureuse ^  celle  expédiée  en  bouteilles  tient  cette  siibstance 
en  dissolution,  mais  en  moindre  quantité.      ^ 

Elle  n'agit  pas  sensiblement  sur  les  couleurs  bleues  de 
tournesol  et  de  violettes,  décolore  seulement  un  peu  cette 
dernière* 

En  contact  avec  le  mercure,  elljs  le  noircit,  et  n'indi- 
que pas  ensuite  d'hydrosulfates.  Elle  jaunit  un  peu  avec 
l'acide  arsénieux ,  noircit  sensiblement  les  dissolutions 
d  argent ,  de  cuivre,  etc.  Celles  de  plomb  sont  troublées 
en  blanc,  parce  que  le  précipité  abondant  de  sulfate  en- 
reloppe  le  dépôt  noir  qui  doit  se  former  en  même  temps. 

Les  acides  ne  donnent  aucun  indice  d'hyposulGtes*,  le 
chlore  ne  produit  rien  de  sensible. 

Le  protosulfate  de  manganèse  n'indique  pas  d'hydro- 
sulfates.  Tous  les  alcalis ,  tels  que  la  chaux ,  la  potasse  , 
la  baryte ,  l'ammoniaque ,  donnent  à  Teau  une  teinte  brune 
en  agissant  probablement  sur  la  matière  organique.  On  ne 
découvre  par  le  bi-carbonate  de  potasse ,  par  le  phosphate 
de  soude  avec  addition  d'ammoniaque ,  on  enfin  par  Tam- 
moniaque ,  que  quelques  traces  de  magnésie. 

L'oxalate  d'ammoniaque  .annonce  la  présence  de  la 
chaux ,  et  le  nitrate  ou  l'acétate  de  baryte  celle  de  Tacide 
sulfurique. 

De  plus ,  beaucoup  d'hydrochlorates  par  le  nitrate  d'ar- 
gent ,  et  pas  seBsiblement  d'acide  carbonique  ou  de  car- 
bonate par  l'eau  de  chaux  pure. 

Enfin  point  de  fer  à  Taide  du  ferrocyanate  de  potasse 


39^  JOURNAL 

dhus  Feau  non  évaporée ,  mais  beaucoup  dkns  le-  réudit 
de  la  concenti*ation. 

Sa  température  à  la  source  varie  de  21  à  26  diaprés  Pâ- 
tissier et  Bouillbn-Lagrange. 

Quant  à  la  composition  de  Peau  de  Bonnes  natureUe 
expédiée,  déterminée  par  Teicpérience ,  elle  est  pour 
3  kilog.  1 17,  ou  environ  ï  litres  ^  savoir  : 


SDBSTAKCES   VOLATILES» 

t.  o5 

go 
o  I.  016^ 


Azote.  .  .  /. (^  ^  « 

Acidtt  oarbeniqae pas  scnsibleinenl  enTiron  <  ^   */ 

Gaz.  bydrofttlfuiique  |^     ^^^  par  sulfure  d'argent. 

I      o*        ' 

SUBSTANCES   FIXES» 

Sels  attirant  un  peu  Phumiditë  de  Tair,  saTës ,  grisâtres,  odeur  de  •oafrer 
par  la  chaleur,  d'une  sareur  alliacée  sensible. 

%'- 

Ujdrochlorates  de  soude.  Chlorure  de  sodium i>o^ 

de  magnésie o,oif 

de  potasse.  Chlorure  de  potassium,  des  tra- 
ces non  évaluées. 

Sulfates  de  chaux » o,36& 

de  magnésie 0,089 

Carbonate  de  chaux ,  des  traces a,oi5 

Silice o,o3o 

Ozide  de  fer .     o,oao 

ien  partie  soluble  dans  Teau,  ^ 

ralcohol ,  azotée,  etc.  .  .  o,iqo  I       ^^^ 
insoluble  dans  les  acides ,  |      ' 

*  dans  Teau  ,  etc 0,04^  J 

Soufre,  des  traces  inappréciables 

Perte •  .  ^  .  »    o,od5 

Les  3  kilog.  117  d*^eau  avaient  donné  après  Tévapora- 
tion ,  un  résidu  pesant  i  gr.  94* 

Cette  composition  doit  être  regardée  comme  celle  pri- 
mitive de  Tean ,  d*après-  les  essais  qui  précèdent  et  que 
nous  avons  tentés  dans  cette  vue;  en  considérant  seule- 


DE      PHAR9IACIE.  jg3 

ment  l'oxîde  de  fer  probablement  à  Télat  de  carbonate  ^ 
ft  la  perte  comme  inévîtable  par  le  résultat  de  Texpé- 
rience ,  la  matière  organique  n'est  devenue  insoluble  en 
prtie  que  par  Teffet  de  sou  altération. 

Je  terminerai  en  rapportant  succinctement  les  expérien- 
ces faites  pour  isoler  ces  diverses  substances ,  que  Ton  a 
appréciées  séparément  en  agissant  sur  diverses  quantités 
connues  de  la  masse  saline ,  puis  rapportant  par  le  calcul 
les  différentes  proportions  obtenues  au  produit  total , 
I  gr.  94. 

1"*.  Par  Teau  on  a  d'abord  enlevé  les  sels  solublcs ,  qui , 
évaporés  à  siccité ,  ont  fourni  ensuite  à  Taide  de  Talcohol 
à  SG"",  les  chlorures  de  sodium,  de  potassium,  Thydro- 
chlorate  de  magnésie,  et  la  matière  organique  non  alté- 
rée, d'une  odeur  fétide  sulfureuse,  d'une  saveur  alliacée, 
un  peu  analogue  à  celle  des  baricots  bouillis ,  se  décom- 
posant en  donnant  des  produits  ammoniacaux;  après  la 
décomposition  de  cette  substance  au  feu,  il  est  resté  du 
clilorure  de  sodium  avec  des  traces  de  chlorure  de  potas- 
sium bien  reconnu  par  le  réactif  de  platine ,  et  mêlé  d'un 
peu  de  magnésie  provenant  de  lîxydrochlorate  décomposé  ; 
cette  base  verdissait  sensiblement  le  sirop  de  violettes. 

a"*.  Les  sels  non  enlevés  par  l'alcohol  étaient  composés 
de  sulfates  de  chaux  et  de  magnésie  que  l'eau  légèrement 
alcoholisée  a  séparés  l'un  de  l'autre.  11  n^y  avait  point  de 
sulfates  de  potasse  et  de  soude  ni  de  phosphate. 

3*.  Quant  aux  substances  insolubles  elles  étaient  d'un 
blanc  grisâtre;  l'acide  acétique  faible  et  l'alcohol  en  ont 
séparé  le  carbonate  calcaire  ;  puis  l'acide  hydrochlorique  a 
dissous  le  sulfate  de  chaux  et  le  peroxide  de  fer  que  l'ai* 
cohol  a  ensuite  isolés  l'un  de  l'autre,  et  qu'il  fut  facile 
d'apprécier,  soit  par  l'ammoniaque  pour  le  fer,  soit  di- 
rectement pour  le  sel  calcaire.  Le  résidu  était  composé  de 
silice  et  de    quelques  traces  de  matière  organique  in- 


194  JOURNAL 

solable  daos  les  acides  et  dissoute  en  brun  à  Fâide  de  ht 
potasse  caustique.  Pour  détruire  cette  matière  et  en 
connaître  le  poids  pour  la  perte ,  je  Tai  chauffée  fortement 
avec  de  l'acide  sulfurique  pur,  puis  avec  le  nitrate  d'am- 
moniaque ;  la  silice  qui  resta ,  lavée  et  calcinée  convena- 
blement ,  fut  facilement  pesée. 

Cette  analyse  difiïre  un  peu  de  celle  faite  depuis  long- 
temps par  M.  Poumier  sur  Teau  de  Bonnes  prise  à  sa 
source,  qui  parait  ne  contenir  aussi  que  très-peu  d'acide 
hydrosulfurique;  je  ne  doute  pas  qu'en  cet  endroit  la  chaleor 
naturelle  de  l'eau  ne  la  rende  plus  chargée  de  certains  sels, 
tels  que  le  sulfate  de  chaux ,  et  que  cela  ne  soit  une  des 
causes  de  la  différence  de  nos  résultats  ;  mais  je  m'expli- 
que plus  difficilement,  dans  celle-là,  la  proportion  du 
chlorure  de  sodium ,  car  je  ne  crois  pas  très-probable  que 
cette  eau  puisse  varier  beaucoup  dans  sa  composition,  sui- 
vant les  diverses  saisons,  ou  suivant  les  différentes  an* 
nées.  Il  est  plus  à  présumer  qu'à  poids  égal,  celle  dont  le 
sulfate  calcaire  s'est  déposé  en  partie  par  le  refroidisse- 
ment avant  d'être  mise  en  bouteilles,  doit  contenir  pro- 
portionnellement plus  de  chlorure  de  sodium,  ce  sel  étant, 
comme  on  le  sait ,  aussi  soluble  à  froid  qu'à  chaud.  Nous 
ferons  observer  cependant  que  l'eau  de  Bonnes  envoyée 
ici  en  bouteilles ,  quoique  légèrement  différente  de  celle 
prise  à  la  source,  quant  aux  proportions  des  substance» 
salines ,  ne  parait  pas  moins  jouir  à  très-peu  près  des 
mêmes  propriétés.  '^ 


/ 


DE    PHAAAIACtE.  igS 


f  wt  tm%mtmn0immm»mwt**i»mtt/^t 


RÉSULTATS 
D'uMC  analyse  de  F  eau  minérale  de  Busignargues  (i)  ; 

Par  M.  BoEiEd ,  pharmacien  &  Montpellier. 

n  résnlte  des  détails  d'analyse  d'après  les  procèdes  con- 
nus ,  qne  vingt  litres  de  l'eau  minérale  de  Busignargues 
contiennent  : 

Âdde  carbonique.  ......     —  de  son  volume. 

Hydrochlorate  de  chaux.     .   .  Z%  grains. 

Muriate  de  soude 3o 

Carbonate  de  soude ^5 

Sulfate  de  chaux a4 

Carbonate  de  chaux 4^ 

Carbonate  de  fer. 4' 

197  grains. 
Alumine  et  perte )3 

2'20 

Ces  résultats  prouvent  que  cette  eau  ferrugineuse  con- 
tient des  substances  très-médicamenteuses ,  comme  le  fer , 
Tacide  carbonique  libre ,  les  hydrochlorates  de  chaux  et 
de  soude ,  le  carbonate  de  soude  ,  principes  qui  la  rendent 
comparable  à  plusieurs  eaux  qui  ont  de  la  célébrité,  telles 
que  celles  de  Vais ,  de  Forges  ,  de  Vichy,  et  qu'elle  peut 
èlre  d'une  grande  ressource  pour  ce  département  et  pour 
les  malades  étrangers  qui  viennent  rétablir  leur  santé  dans 
notre  antique  cité  médicale.  L'endroit  où  la  source  est 
située,  voisin  de  Fontanez,  près  de  Sommières  ,  où  l'on 

(1)  Village  du  département  de  l'Hérault,  prés  Sommières  y  à  quatre 
lîeues  de  Montpellier. 


296  JOURNAL 

avait  commencé  dans  le  temps  à  exploiter  une*  mine  de 
fer  limoneuse  et  argileuse ,  dite  pierre  d'aigle  ,  et  toutes  les 
terres  rouges  des  environs  de  MontpeUier  contenant  une 
quantité  considérable  de  globules  métalliques,  rendent  peu 
étonnante  la  composition  de  Teau  de  Busignargues.      V. 

Nouvelle  substance  asuingente  pour  la  teinture ,  dite 

Âlgarovilla. 

On  apporte  du  Pérou  et  d^autres  contrées  de  TÂmérique 
méridionale ,  sous  le  nom  diAlgorobiUa  ou  Algaro%>illa  , 
des  gousses  contusées  ;  elles  forment  des  masses  brunâtres 
composées  de  petites  fèves  lenticulaires  ,  noirâtres  ,  avec 
des  débris  ligneux  de  ces  gousses  ,  adhérens  ensemble  an 
moyen  d'un  suc  brun  doué  d'une  saveur  extrêmement 
acerbe  ou  très-astringente*  On  reconnaît  facilement  que 
c'est  la  silique  d'une  plante  de  la  famille  naturelle  des  lé- 
gumineuses. 

Des  plantes  nommées  Algaroba ,  au  Pérou  et  au  Chili , 
donnent  des  gousses  assez  sucrées  ou  douces  comme  celles 
du  caroubier  {garoba)  ^  dans  le  midi  de  l'Europe  ,  pour 
être  mangées  par  les  hommes  ou  par  les  bestiaux.  Ce  sont 
surtout  les  inga ,  les  prosopù ,  arbustes  voisins  des  acacies 
et  mimosa ,  qui  donnent  ces  algaroba  (  la  prosopis  siii" 
quastrum  ). 

Mais  on  a  nommé  de  plus  petites  gousses ,  de  forme 
applatie  ,  longues  de  deux  ou  trois  pouces  ,  Algarovilla  i 
celles-ci,  produites  par  des  arbustes  du  genre  des  acacies, 
ont  les  propriétés  très- astringentes  et  acerbes  qu'on  recon- 
naît dans  plusieurs  espèces  ,  comme  celles  qui  donnent  le 
cacliou ,  l'acacia  ou  le  lycion ,  le  bablah  ou  babela ,  etc. 

Les  recherches  que  nous  avons  faites  nous  portent  à 
croire  que  V AlgarovUla ,  si  astringente ,  est  le  légume 
d'une  acacie  décrite  par  Sprengel ,  sous  le  nom  de  Inga 


DR     PHABMACIE.  297 

VarûuB  (  Decandolle  ,  Prodrom. ,  lom.  Il ,  pag  440  î  1* 
silîque  est  un  peu  courbée  en  manière  de  faulx  ,  compri- 
mée ,  longue  de  trois  &  quatre  pouces  ,  brune ,  contenant 
avec  des  semences  un  suc  brunâtre  astringent  et  gommeux. 
Ce  végétal  croit  aussi  près  de  Santa  JUartha  ,  à  la  Nou- 
y  elle-Ca  r  thagène . 

II  n*est  pas  douteux  que  cette  substance  ne  soit  très- 
propre  h  précipiter  en  une  belle  couleur  noire  les  sels  de 
fer  en  solution  ,  et  qu'elle  ne  puisse  ainsi  être  employée 
avec  avantage  dans  les  teintures  en  noir,  la  chapellerie,  etc. , 
k  peu  près  comme  la  noix  de  galle. 

On  fait  déjà  usage  avec  succès  des  gousses  de  bablah  , 
ou  babela ,  que  nous  croyons  être  celles  de  la  mimosa 
cineraria ,  et  nous  en  avons  vu  obtenir  une  belle  couleur 
noire  sur  les  étoffes. 

M.  Petit,  pharmacien  distingué  k  CorbeiK  vient  de 
faire  lever  les  graines  de  bablah  ;  la  plante  offre  tous  les 
caractères  des  mimosa.  J.-J.Virbt. 

NOTE 

» 

Sur  quelques  composés  nouveaux  ,  par  3t.  Dumas. 

Ydi  fait  dans  ces  derniers  temps  quelques  observiations 
que  mes  occupations  ne  m'ont  point  encore  permis  de 
développer  convenablement,  et  comme  elles  sont  princi- 
palement destinées  à  éclaircir  plusieurs  points  de  théorie 
qui  exigent  des  expériences  délicates ,  je  n'espère  point 
pouvoir  les  publier  d'ici  à  quelque  temps*  Le  fond  de 
mon  travail  a  pour  but  d'arriver  à  la  déterminadont  du 
poids  de  l'atome  de  chaque  corps  ,  par  la  densité  de  sa 
vapeur.  On  l'a  déjà  fait  pour  quelquesMins ,  je  viens  de 
publier  des  recherches  sur  le  phosphore,  qui  établissent 
la  densité  de  sa  vapeur ,  et  j'ai  fait  une  série  d'expériences 


298     .  JOUUNAL 

analogues  pourrar^cuic.  Jç  vous  remetlr^i  bientôt  des  ré- 
sultats du  même  ecmire  déduits  de  la  densité  et  de  la  corn- 
position  (Jles  corps  sui vans  :  uicidejluoboiique ,  — ftuosilici' 
quej^^hi-'chlorured^étaiihf'-^  chlorure  à* arsenic  ^  cf dorure 
d*anîimoine ,  — hydrogène  tellure y^^  hydrogène  sélénié.  J'ai 
soumis  tous  ces  corps  à  un  nouvel  examen.  Je  désirais 
faire  entrer  dans  mon  travail  i|n  assez  grand  nombre  de  mé- 
taux ^  mais  jai  été  bientôt  arrêté  par  la  difficulté  de  ren- 
contrer des  corps  vplatils  parmi  les  combinaisons  méial- 
liques  connues.  J'ai  cherché  siJU,grande  tendance  du  fluor 
à  former  des  combinaisons  gazeuses  ne  lui  donnerait  pas 
^  la  propriété  de  gazéifier  des  métaux.  Pour  produire  ces 
nouveaux  composés  ,.i'ai  traité  le  fluorure  de  mercure  ou 
de  plomb  par  des  corps  plus  positifs  (jue  ces  métaux ,  ou 
bien  j'ai  mis  en  contact  1  acide  fluorique  naissant  avec  les 
oxides  des  corps  que  je  voulais  combiner  au  radical  fluo- 
rique. Dès  mes  premicjrs  essais,  j'obtins  du  gaz  qui  renfer- 
mait beaucoup  de  fluor  et  d'arsenic  ,  de  fluor  et  d'étain  , 
de  fluor  et  d^antimoine ,  etc«  Mais  je  ne  tardai  point  à 
m'a  percevoir  que  cc&  .gaz  ,  étaient,  de  simples  mélanges 
d'acide  fluorique  silice  ordinaire  et  d'un  fluorure  métal- 
lique à  l'étal  de  vapeur.  En  efiêt ,  je  me  procurai  le  fluo- 
rure d'arsenic  sous  forme  liquide.  Il  ressemble  tout-à-fait 
à  la  liqueur  fumante  de  Libavîus  ,  il  fume  à  l'air ,  il  est 
irès-volatif ,  plus  pesant  que  l'eau  ,  se  transforme  en  agis- 
sant sur  r<^au  en  aoide  fluorique  et  en  acide  arsénieux  , 
attaique  à  peine  le  ve^rrç  et  peut  se  conserver  long-temps 
dans  un  flacon  de  cc^e  matière  ,  mais  exerce  sur  la  peau 
un  actiou  qui  ne  peut  se  comparer  qu'à  celle  de  l'acide 
fluorique  luirmôme.  3i  Von  en  met  une  petite  goutte  sur 
la  peau.9  bien  qu'elle,  se  yolatiljse  presque  toute  entière  à 

!.rins(ant  en, produisant  du  froid  comme  l'éther  sulfuri- 
que  ,  la  |wrpe.  touchée  se  trouve  profondément  brûlée  et 

.  Alovièi^  1)3  siège  d'une  suppuration  lente  e^  difficile  à  cica- 
trisâr.  Sa  .Vapeur  produit  des  eflels  analQ|gvies  et  développe 


DE     PH\UMAC1F.  !299 

sons  les  ongles  ces  douleurs  si  particulières  que  M.  Davy 
resseniil  après  s'être  exposé  aux  vapeurs  de  Tacide  fluo«- 
rique  coficenlré.  M'étant  blessé  en  recueillant  une  cer* 
taine  quantité  dé  ce  produit ,  j'ai  été  forcé  d^altendre  la 
cicatrisation  de  la  brûlure  avant  d'étudier  ses  propriétés* 
Je  puis  dire  toutefois  que  la  densité  de  sa  vapeur  est  au 
moÎQS  quatre  fois  plus  grande  que  celle  de  )Vir  d'après 
un  p4^)er  essai  que  j'ai  fait ,  et  Ton  conçoit  que  la  dé- 
couvefk;^  ce  corps  me  fournit  le  moyeu  de  connaître  la 
densité  du  fluor ,  et  par  suite  celle  du  bore  et  celle  du 
silicium,  connaissant  déjà  la  densité  de  la  vapeur  d'arsenic» 

Le  fluorure  d'antimoine  est  solide  h  la  température  ordi- 
naire \  il  est  d'un  blanc  de  neige ,  plus  volatil  que  l'acide 
sulfuriqoe ,  mais  moins  que  l'eau.  Sa  composition  corres- 
pond au  protoxide  d'antimoine  et  au  beurre  d'antimoine. 

Le  fluorure  de  phosphore  est  un  liquide  blanc  très- 
fumant ,  qui  s'obtient  très*aisément  et  en  abondance  en 
traitant  le  fluorure  de  plomb  par  le  phosphore.  Sa  com- 
position correspond  au  proto «chlorure  de  phosphore  \ 
on  obtient  de  même  le  fluorure  de  soufre. 

Ce  sont  des  composés  dp  même  genre  que  M.  Unver- 
dorben  vient  d'obtenir  en  traitant  le  chromate  de  plomb 
par  l'acide  snlfurique  et  leflnatd  de  chatixou  le  sel  marin. 
Il  a  cru  ,  comme  je  l'avais  pensé  d'abord  ,  que  ces  com- 
posés étaient  des  gas  pei^mnnen^  3  mais  il  n'en  est  pas 
ainsi. 

Le  chlorure  de  chrome  correspondant  h  l'acide  chrô*- 
mique  tel  qu'on  l'obtieht  par  son  procédé  ,  est  un  liquide 
d'une  mngnifique  couleur  rouge  de  sang  ,  plus  pesant  que 
l'eau ,  très- volatil  j  fumant  à  l'air ,  d'une  couleur  analogue 
a  celle  de  l'acide  nitreux  lorsqu'il  est  en  vapeur;  Ce  corps 
attaque  vivement  le  mercure;  il  agit  sur  le  soufre  en 
masse  avec  énergie ,  en  produisant  un  sifflement  ;  il  pro- 
duit de  la  luniière  avec  la -fleur  de  soufre  ;  il  parait  sans 
action  sur  le  charbon  y  mais  il  dissout  l'iode  ^  il  absorbe 


3oO  JOURNAL 

aussi  le  chlore ,  et  deTÎent  alors  pâteux  et  presque  solide. 
Cette  nouvelle  matière  est  brune ,  elle  perd  son  excès  de 
chlore  en  se  dissolvant  dans  Feau ,  et  Taction  s^opère  avec 
décrëpitation.  Elle  répand  dans  Fair  d^ëpaisses  fumées 
rutilantes,  dont  Todeur  a  quelque  chose  de  particulier 
qui  se  rapproche  beaucoup  de  Todeur  de  Fiode. 

Dans  Fexpérience  de  M.  Unverdorben  ,  il  se  dégage  a 
la  fois  la  nouvelle  matière  rouge  en  vapeur,  du «eMored 
de  Facide  hydrochlorique.  En  faisant  passer  lèb  ftVodaits 
au  travers  d  un  tube  refroidi  ,  le  chlorure  de  chrome  se 
condense  tout  entier. 

Ces  essais  laissent  beaucoup  à  désirer  ;  mais  toutefois 
comme  Fexistence  de  quelques  fluorures  métalliques, 
semblables  par  leur  composition  et  leurs  propriétés  aux 
chlorures  correspondans ,  met  hors  de  doute  la  réalité  de 
Fhypothèse  proposée  par  M.  Ampère ,  sur  la  nature  du 
radical  fluorique  ,  j'espère  que  les  chimistes  voudront  bien 
me  pardonner  cette  communication  anticipée. 

j^ppendix  à  la  note  précédente  ;  moyens  ^obtenir  le  chlo- 
rure de  bore  et  le  chlorure  de  titane;  par  M.  Doxas. 

Je  parvins  k  combinée*  le  chlore  et  le  bore  en  faisant 
passer  un  courant  de  chlore  sec  sur  un  mélange  d  acide 
borique  et  d^  charbon  incandescent.  Le  chlorure  de  bore 
est  cHcide  ,  gazeux,  extrêmement  fumant ,  quoique  mélangé 
nécessairement  d'une  portion  d'oxide  de  carbone.  Sa 
densité  paraît  êtée  de  3,4  environ  :  il  est  très-soluble  dans 
Fcau  ,  et  parait  se  transformer  dans  cette  circoiikstanoe  en 
acide  borique  et  hydrochlorique.  On  voit  que  sous  beau- 
coup de  rapport  ce  nouveau  composé  correspond  à  Facide 
fluoborique. 

Je  me  procure  de  la  même  manière  un  composé  fort 
remarquable  par  ses  propriétés ,  c^est  le  chlorure  de 
titane.  Sous  tous  les  rapports ,  ce  corps  se  rapproche  de 


DE     PHARMACIE.  3oi 

la  liqueur  fumante  de  Libavius.  Omime  elle ,  il  est  liquide, 
bl^mc ,  plus  pesant  que  Feau  ,  et  se  transforme  eu  agissant 
sur  ce  liquide  en  hydrochlorate  de  titane  y  et  répand  à 
Tair  une  fumée  tellement  dense  qu^il  parait  surpasser  à 
cet  égard  tous  les  corps  qui  jouissent  d'une  propriété 
analogue. 

Ce  nouveau  corps  donne  un  procédé  très-facile  et  fort 
exact  pour  se  procurer  des  combinaisons  de  titane  exemptes 
de  fer.  Il  suffit  de  traiter  par  le  chlore  sec  un  mélange  de 
rutile  et  de  charbon  pour  obtenir  en  très-grande  quantité 
le  dilorure  de  titane  lui-même  et  le  prochlorure  de  fer  : 
mais  ce  dernier  étant  solide,  et  n'étant  d'ailleurs  pas  so- 
lubie  dans  le  chlorure  de  titane ,  se  dépose  sous  forme 
de  petites  écailles.  On  purifie  le  liquide  par  une  distilla-» 
tion;  on  pourrait  même  k  la  rigueur  le  purifier  par 
simple  décantation* 

APPLICATION 

A  la  méamique  pratique  de  la  force  élastique  de  la  yapcur 

Jtadde  carbonique. 

Au  mois  de  juillet  de  Tannée  dernière ,  M.  Brunel ,  in- 
génieur anglais ,  a  pris  k  Londres  un  brevet  d'invention 
pour  une  machine  propre  à  utiliser  la  puissance  méca- 
nique fournie  par  la  vaporisation  de  Tacide  carbonique 
liquide  et  des  autres  gaz  que  Ton  est  parvenu  à  liquéfier. 

Cette  nouvelle  machine  est  fondée  sur  la  propriété 
qu'ont  certaines  substances ,  habituellement  gazeuses ,  de 
se  laisser  réduire  en  liquide  par  une  pression  considéra- 
ble ,  et  de  pouvoir  ensuite  reprendre  leur  état  gazeux  sous 
celte  même  pression,  par  l'influence  d'une  légère  addi- 
tion de  chaleur,  et  de  telle  manière  qu'il  suffit  d'une  très- 
faible  variation  dans  la  température  du  liquide  pour  dé- 

XIP.  Armée. '^  Juin  i8a6.  aa 


302  JOURNAL 

velopper  dans  sa  vapeur  une  différence  deiforce  élastique 
égale  à  plusieurs  atmosphères. 

M.  Humfry  Dayy  et  M.  Faraday ,  qui  sont  les  premiers 
qui  se  soient  occupés  de  la  condensation  des  gaz  dans  la 
vue  d^en  faire  Tapplication  à  la  mécanique  pratique ,  ont 
montré  que  Facide  carbonique  liquide ,  à  la  température 
de  —  1 1""  centig.,  possède  une  force  élastique  égale  à  lo 
atmosphères ,  et  que  cette  force  élastique  devient  égale  à 
36  atmosphères  à  la  température  de  o°;  de  sorte  que  pour 
une  différence  de  température  de  1 1^  centig.  il  se  prodm't 
une  différence  de  tension  de  16  atmosphères.  Mais  on 
conçoit  que  lorsqu^il  s^agît  de  réaliser  l'effet  utile  cjne  Ton 
peut  espérer  de  cette  force  motrice ,  Ton  rencontre  de 
grandes  difficultés  par  la  perfection  et  la  solidité  que  doi- 
vent présenter  les  différentes  pièces  de  TappareiL  Voici 
comment  s'exprime  à  ce  sujet  M.  Davy,  Annales  de  chi" 
mie  et  de  physique^  tome  a5.  «  On  éprouvera  quelcpies 
)>  difficultés  à  employer  les  gaz  comprimés  comme  agens 
»  mécaniques  :  les.  différentes  pièces  des  appareils  de- 
»  vront  être  aussi  fortes  et  aussi  bien  igustées  que  celles 
n  des  machines  à  haute  pression  de  M.  Parkins  ;  mais 
»  d'un  autre  côté ,  comme  il  suffira  de  légères  différences 
»  de  température  pour  occasioner  des  changemens  de 
»  pression  de  plusieurs  atmosphères ,  le  risque  des  ex- 
))/plosions  sera  très-petit.  Si  des  expériences  subséquen- 
)>  tes  réalisent  les  vues  que  je  viens  d'exposer,  il  suffira 
»  de  la  différence  de  température  entre  le  soleil  et  Tom- 
))  bre ,  ou  de  l'effet  de  l'évaporation  sur  une  surface 
»  mouillée,  pour  produire  des  résultats  qui  n'ont  été 
»  obtenus  jusqu'ici  qu'en  brûlant  une  grande  quantité  de 
»  combustible.  » 

La  description  que  nous  allons  donner  est  extraite  du 
Bulletin  de  la  Société  d encouragement  pour  le  mois  de 
mars  1826. 

L'appareil  construit  en  petit  par  M.  Brune],  et  qui  a 


DE    PHARMACIE.  3o3 

è^à  fonctionné ,  se  compose  de  2  cylindres  en  bronze  AÂ', 
fig.  I  et  »,  assez  épais  pour  pouvoir  résister  à  une  forte 
presjûon.  Ces:  récipiens,  placés  debout,  sont  revêtus  in- 
térienrement  d'une  chemise  en  bois  pour  empêcher  la  dé- 
perdition de  la  chaleur,  et  traversés  dans  le  sens  de  leur 
longueur  par  nu  certain  nombre  de  tuyaux  métalliques 
minces  SS,  qui  débouchent  par  leurs  extrémités  dans  des 
réservoirs  communs  FK  percés  au  centre  d'un  orifice 
dans  lequel  s'ajuste  un  robinet  ou  bouchon  conique  Q  qui 
ouvre  et  ferme  alternativement  la  communication  avec  un 
tuyau  E,  destiné  à  amener  de  Teau  chaude  ou  froide. 
À  côté  des  récipiens  A  A' sont  placés  deux  autres  cylindres 
BB',  aussi  en  bronze,  épais,  nommés  cylindres  à  expan- 
sion ,  qui  communiquent  avec  les  premiers ,  par  a  tuyaux 
Diy  ^  le  cylindre  B  à  moitié  rempli  d'huile  M,  est  sur- 
nagé par  un  flotteur  N,  qui  communique  au  moyen  d^un 
tuyau  G ,  avec  le  fond  d'un  cinquième  cylindre  H,  placé 
au  milieu  des  quatre  autres;  et  le  récipient  B'  communi- 
que avec  la  partie  supérieure  de  ce  même  cylindre ,  par 
Tintermédiaire  du  tuyau  G'.  Toute  la  capacité  du  cylin- 
dre H  est  occupée  par  de  Thuile  et  un  piston  Q ,  dont  la 
tige  T  doit  transmettre  le  mouvement  à  Textérieur.  Un 
robinet  ou  bouchon  conique  P,  que  Ton  fait  manœuvrer , 
du  dehors,  ouvre  ou  ferme  la  communication  entre  los. 
récipiens  A  et  B. 

L'on  voit  par  cette  description  que  l'appareil  est  double , 
c^est-à-dire  qu'il  est  composé  de  2  récipiens  à  gaz ,  2  cy- 
lindres à  expansion  placés  de  chaque  côté,  et  venant 
aboutir  à  un  cylindre  unique ,  placé  au  milieu  ,  et  dans 
lequel  agit  le  piston. 

Pour  faire  fonctionner  cet  appareil ,  l'on  refoule  l'acide 
carbonique  dans  les  cylindres  AA'  à  l'aide  d'une  pompe 
de  compression  dont  le  tuyau  est  adapté  au  canal  O  (i). 

C 1)  Il  serait  peut-être  plus  commode  de  produire  Tacide  carbonique 
dans  le  cylindre  que  de  Ty  introduire  au  moyen  d'une  pompe ,  opcra- 

22. 


3o4  JOURNAL 

A  la  pression  de  3o  atmosphères  el  à  la  températute  iii 
lo"*,  le  gaz  commence  à  se  liquéfier;  Ton  continue  d'en  in-^ 
troduife  jusqu'à  ce  que  le  liquide  remplisse  environ  les 
deux  tiers  de  la  capacité  des  cylindres. 

Les  choses  étant  dans  cet  état ,  si  Ton  fait  passer  de  Fean 
échaufi*ée  à  loo**  centig.  dans  les  tuyaux  SS'  du  cylindre  A, 
la  chaleur  se  transmettant  à  l'acide  carbonique ,  sa  tension 
deviendra  égale  à  90  atmosphères ,  et  comme  la  tension 
dans  le  cylindre  A'  n'est  que  de  3o  atmosphères ,  le  flot- 
teur W  et  l'huile  M  seront  poussés  avec  une  force  équiva- 
lente à  la  différence  entre  les  deux  pressions  opposées, 
c'est-à-dire  60  atmosphères;  le  piston  sera  donc  chassé 
avec  la  même  force. 

Si  l'on  fait  alors  succéder  à  Teau  bouillante  de  l'eau  à 
10^  dans  les  tuyaux  S  du  cylindre  A ,  et  qu'on  fasse  passer 
de  l'eau  à  100^  dans  ceux  du  cylindre  A',  on  conçoit  que 
le  flotteur  PT  sera  à  son  tour  poussé  de  haut  en  bas  y  et 
qu'il  transmettra  ce  mouvemeut  au  piston  avec  une  force 

tion  qui  exige  ane  grande  dépense  de  force  mécanique ,  et  qui  doit  pré- 
tenter de  grandes  difficulté.  D  suffirait  pour  cela  de  placer  dans  une  capa- 
cité qui  serait  en  communication  avec  k  cylindre  une  suffisante  quantité 
d*un  carbonate  quelconque,  d^  faire  arriver  de  Tacide  sulfurique  et  de 
cbai^iffer  légèrement;  Tacide  carbonique  se  dégagerait  â  Pétat  gazeux,  rem- 
|4lririt  la  capacité  du  cylindre ,  et  lorsque  la  pression  serait  anÎTée  à 
3o  Jtmospbéres ,  il  se  liquéfierait  et  distillerait  â  la  manière  des  liquidée- 
ordinaires  i  â  la  Térité  Ton  pourrait  peut»étre  craindre  que  sous  une  ausai 
forte  pression  Tacide  sulfurique  ne  décomposât  pas  les  carbonates  »  car 
Ton  sait ,  par  les  expériences  de  James  Hall ,  que  le  carbonate  de  chaux , 
exposé  à  une  très-forte  chaleur  sous  une  grande  pression  ,  se  fond  sans 
paraître  éprouver  de  décomposition  {  mais  il  n'en  est  pas  de  m^me  lora- 
qu*on  emploie  Tacide  sulfurique  ;  les  expériences  de  M.  Faraday  ne 
laissent  aucun  doute  â  cet  égard ,  elles  ont  prouvé  que  cet  acide  décom- 
pose les  carbonates  sous  une  pression  capable  de  liquéfier  Facide 
carbonique.  Sans  doute  que  ces  considérations  n'auront  pas  échappé  â 
Fingénieux  inventeur  de  la  machine  que  nous  annonçons,  et  il  est 
probable  que  s'il  n'a  pas  employé  ce  moyen  ,  c'est  qu'il  lui  aura  offert 
quelques  difficultés  dans  l'application.  • 

(  If  ou  du  Re'ddetettr.  ) 


DE    PHABMACIE.  3o5 

^ale  aussi  i  60  atmosphères  ;  de  là  le  mouvemeiit  alter* 
natif  du  piston ,  dont  la  tige  peut  transmettre  le  mouve* 
ment  à  une  machine  quelconque. 

L*on  voit  que  dans  cette  machine,  le  gaz  n^agit  pas  im- 
médiatement sur  le  piston  Q,  mais  qu'il  agit  par  Tin*» 
termède  de  l'huile,  par  cette  disposition  ingénieuse  Ton 
érite  les  pertes  de  gaz  qui  pourraient  avoir  lieu  par  le 
piston ,  et  surtout  autour  de  la  tige  qui  doit  se  mouvoir 
au  travers  d'ime  boite  â  étoupe  qui  joigne  parfaitement  \ 
l'huile  étant  d'ailleurs  plus  facile  à  retenir  que  le  gaz , 
on  se  rend  parole  plus  indépendant  des  imperfections  de 
Tappareih 

Le  passage  alternatif  de  Feau  chaude  et  de  l'eau  froide 
à  travers  les  tuyau:ic  SS  devant  se  faire  d'une  manière  ré- 
gulière, on  donnera  aux  robinets  CC  un  mouvement  uni- 
forme. En  les  réunissant  par  des  tiges  ou  par  tout  autre 
moyen  au  mécanisme  de  l'appareil,  on  les  fait  tourner 
comme  les  robinets  des  machines  à  vapeur. 

Quoique  l'auteur  ne  soit  entré  dans  aucun  détail  sur 
1^  avantages  de  son  appareil ,  il  est  facile  de  prévoir  les 
applications  heureuses  qu'on  en  peut  faire  dans  beaucoup 
de  circonstances ,  particulièrement  à  la  navigation  ,  car  la 
grande  quantité  de  combustible  nécessaire  poujr  alimenter 
les  machines  à  vapeur  ordinaires ,  ne  permet  guère  de  les 
employer  dans  les  voyages  de  long  cours. 

Il  est  à  regretter  seulement  que  M.  Brunel  n'ait  pas  fait 
connaître  la  quantité  d'eau  à  100^  nécessaire  pour  produire 
l'effet  annoncé  5  car  c'est  là  qu'est  toute  la  qu'estion  d'éco» 
oomie^et  par  conséquent  d'utilité.  A.  B. 


•^^ 


3o6 


JOURNAt 


EXTRAIT 

D'une  notede  M.  d'ârc£t,  sur  le  dégorgement  des  conduites 

d*eau  par  T acide  muriatique* 

Oq  a  fait  usage  depuis  long-temps  des  acides  qui  for- 
ment avec  la  chaux  des  sels  très-solubles  ,  pour  nettoyer 
facilement  les-  vases  contenant  des  dépôts  ou  des  incru* 
stations  de  chaux  carbonatëe.  Tai ,  moi-même  (  dit  ftL 
d'Arcet)  ,  employé  Tacide  hydrochlorique  pour  dissoudre 
les^  dépôts  de  cette  nature  qui  se  trouvent  dans  les  chau- 
dières des  machines  à  feu  ,  pour  nettoyer  ,  sans  nuire  à 
leur  solidité ,  les  cuves ,  les  soupapes  et  les  serpentins  des 
appareils  ,  au  moyen  desquels  on  chaufie  directement 
Teau  par  la  vapeur  ;  j^ai  employé ,  il  y  a  un  an ,  ce  même 
procédé  ,  pour  remettre  à  neuf  les  robinets  et  les  sou- 
papes des  salles  de  bains  de  rétablissement  thermal  de 
Vichy.  Trouvant  Temploi  de  ce  moyen  fort  avantageux  ^ 
Je  voulais  Tappliquer  en  grand  au  dégorgement  des  con- 
duites d'eau  ,  et  j'ai  saisi  avec  empressement  la  première 
occasion  qui  s'est  présentée» 

La  conduite  dont  il  est  question  dans  cette  note  est 
celle  qui  amène  Teau  d'Arcueil  à  la  ferme  Saint-Anne , 
située  au  village  du  Petit-Gentilly ,  et  appartenant  aux 
hospices  de  la  ville  de  Paris.  Cette  conduite ,  qui  est  en 
plomb  ,  a  S*'*"*,  lai  (3  pouces)  de  diamètre,  et  ai8  ■•  y. 
6  pieds  de  longueur.  Elle  reçoit  Feau  d'un  réservoir  placé 
à  un  des  angles  du  clos  ,  traverse  ce  clos  diagonalement 
en  suivant  la  pente  générale  du  terrain ,  qui  est  à  peu 
près  de  3  centimètres  par  mètre  ,  et  verse  l'eau  d'Arcueil 
dans  la  cour  et  au  milieu  des  bâtimens  de  la  ferme.  Cette 
conduite  était  presque  complètement  obstruée  ,  ne  don- 
nait ,  malgré  son  grand  diamètre,  qu'un  petit  filet  d^eau , 


D£   PHAAMAGIE.  307 

insuffisant  pour  les  besoins  de  la  ferme  ,  et  donr  le  cours 
s'arrêtait  même  souvent,  ce  qui  obligeait  le  fermier  à 
s'approvisionner  d^eau  en  Fallant  chercher  au  loin.  Ayant 
à  opérer  le  dégorgement  de  cette  conduite  par  le  moyen 
de  Tacide  hydrochlorique ,  on  dut  commencer  par  exa- 
miner le  dépôt  (i).  On  fit  scier  vers  le  milieu  de  la  con- 
daite  «  un  bout  de  tuyau  d'un  mètre  de  long  ^  le  dépôt 
calcaire  occupait  dans  cet  endroit  environ  les  j  de  la 
capacité  de  la  conduite ,  ce  dépôt  en  remplissait  la  partie 
inierienre  ,  comme  on  le  voit  dans  la  coupe  du  tupu  re- 
présentée fig.  M.  Le  bout  du  tuyau  fut  pesé  avec  soin  y 
vidé  ,  nettoyé  et  pesé  de  nouveau.  Le  dépôt  calcaire  dont 
le  poids  fut  ainsi  connu  a  été  mis  en  poudre  et  analysé  ; 
on  trouva  qu'il  contenait  au  cent  : 

(i)  On  trouTe  ,  dans  le  Traité  de  Chimie  de  M,  Theoard  ,  4*<  édilioo, 
tom.  n  ,  page  09,  Tanalyve  suiTante  de  Teau  d^Arcueil ,  faite  par  M.  Co- 
lin ;  quinze  litres  de  cette  eau ,  pfise  au  centre  de  Paris  ,  ont  donne  : 

Air 36«n»»l.  89 

Acide  carbonique ^S,         B3 

SuUate  de  chaux iiv^-   5a8 

Carbonate  de  chaux a,         536 

Sel  marin .' o^  ago 

Seb  dëliquescens. 1»         64^ 

Bl.  Colin  a  en  même  temps  constate  que  i5  litres  d^eau  de  la  Seine  ,. 
prise  au-dessus  de  Paris ,  ne  contienent  que  13  centil.  54  d'acide  car- 
bonique, ogram.  761  de  snlfate  de  chaux  et  i  gram.  494  <^^  carbonate 
de  chaux.  En  comparant  ces  résultats ,  on  reconnaît  facilement  la  cause 
â  laquelle  il  faut  attribuer  le  dépôt  calcaire  que  donne  Teau  d'Arcueil  ; 
pour  pouvoir  évaluer  l'influence  de  cette  cause  sur  l'engorgement  des 
conduites  ,  il  faudrait  avoir  l'analyse  de  l'eau  d'Arcueil  prise  et  la  sortie 
des  (erres  ,  et  avant  qu'elle  n'ait  commencé  à  perdre  de  l'acide  carbo- 
nique et  »  déposer  du  carbonate  de  chaux  ,  ce  qui  a  promptement  lieu 
dès  qu'elle  coule  dans  l'aquéduc  et  dans  les  conduites  qui  l'amènent  à. 
Pari». 


3o8  JOUENA.L 

Carbonate  de  chaux  contenant  on  peu  de 
snlfale  de  chaux • ^       83,  81 

Rësidu  argileux  insoluble  dans  Tacide  hj- 

drochlonque •  .  .  •  •  ^         O9  % 

Eau • i5,  60 

100,  00 

On  constata  qu^il  fallait ^  en  poids,  i84<l*<^cî<l^^^^^* 
que  à  ai  degrés  y  tel  quon  le  trouve  dans  le  commerce, 
pour  dissoudre  100  du  dëp6t  humide ,  tel  qu  il  existe 
dans  la  conduite ,  et  cm  reconnut  qu'il  se  dégageait  dms 
cette  opération  à  peu  près  36  d'acide  carbonique ,  occu- 
pant en  volume  44^  ^^^^  celui  du  dépôt  calcaire  mis  en 
dissolution. 

Ayant  pris  Féchantillon  de  ce  dépôt  au  milieu  de  la 
conduite  ,  on  pensa  que  Ton  pourrait  considérer  le  résul- 
tat obtenu  comme  terme  moyen ,  et  ayant  eu  5,  kilog.  854 
de  dépôt  humide  en  vidant  le  bout  de  tuyau  d'un  mètre 
de  longueur ,  qui  avait  été  séparé  de  la  conduite  ,  on 
regarda  comme  prouvé  qu'il  contenait,  terme  moyen 
en  nombre  rond ,  6  kilog.  de  dépôt  calcaire  par  mètre 
courant.  La  conduite  ayant  218  mètres  de  longueur  devait, 
à  ce  compte  ,  contenir  i3o8  kilogr.  de  dépôt  ;  ce  qui  devait 
nécessiter  l'emploi  d'environ,  2400  kilogr.  d'acide  muria- 
tique  à  ai  degrés. 

Ces  données  servirent  à  établir  un  devis ,  duquel  il  ré- 
sulta que  le  dégorgement  de  la  conduite  d'eau  de  la  ferme 
Sainte-Anne  pouvait  se  faire  par  le  moyen  de  l'acide  mu- 
riatique  ,  pour  la  somme  de  43q  francs. 

Le  procédé  que  l'on  a  suivi  pour  parvenir  au  but  pro- 
posé est  trop  familier  aux  pharmaciens  pour  qu'il  soit 
;Qéeessaire  de  le  rapporter  dans  tous  ses  détails.  Il  se  ré- 


DE    PHABMACIE.  3og 

doit  simplement  k  \ider  la  conduite ,  et  i  y  faire  passer 
lentement  de  lacîde  hydrocUorique  très-afiaibli ,  que  Ton 
fkit  sortir  par  la  partie  inférieure.  Lorsqu'il  s'est  saturé 
de  chaux  ,  et  qu'on  s'aperçoit  que  Tacide  ne  dissout  plus 
rien ,  on  laisse  écoulei*  les  dernières  portions ,  on  lave 
la  conduite  à  grande  eau  jusqu'à  ce  que  l'eau  de  larage 
ne  ccmdeime  plus  de  muriate  de  chaux  ou  de  trace  de 
plomb. 

Présentons  maintenant  le  compte  de  cette  opération. 
La  conduite  d'eau  de  la  ferme  Ste.-Anne  est  posée  sur  un 
aqueduc  de  facile  accès.  D'après  un  devis  présenté  par  le 
plombier  de  l'administration  des  hospices ,  le  remplace* 
ment  de  cette  conduite  aurait  coûté  1 1  fr  5o  c.  par  mètre 
courant ,  ce  qui  aurait  fait,  pour  ai8  mètres  de  longueur , 
la  somme  de  2,507  ^^* 

On  n'a  dépensé  pour  le  dégorgement  de  la  conduite , 
pour  le  remplacement  d'un  gros  robinet  à  son  extrémité 

inférieure ,  et  pour  toutes  les  réparations  qui  y  ont  été 
faites ,  que  la  somme  de  618  fr.  4  c. 

L'emploi  de  l'acide  hydrochlorique  a  donc  procuré  dans 
ce  cas  une  économie  de  1,888  fr.  96  c.  (i). 

Ce  procédé ,  outre  l'économie  qu'on  y  trouve  ,  offre 
encore  l'avantage  de  donner  un  plus  prompt  résultat ,  et 
de  le  procurer  sans  gêner  la  voie  publique  ,  et  sans  dimi- 
nuer la  valeur  intrinsèque  de  la  conduite  ,  ce  qui  n'arrive 


(i)  Si  la  conduite  dont  il  i*agit ,  ao  liea  d^étre  placée  dans  un  aque'duc, 
avait  été  enterrée  dans  un  sol  pave ,  ton  remplacement  aurait  coûte 
16  fr.  87  c.  par  mètre  courant,  ce  qui  aurait  fait  pour  le  changement  de 
la  conduite  entière  la  somme  de  3,677  fr.  66  c.  On  Toit  que ,  dans  ce  cas 
l^économie  due  à  Temploi  de  Facide  muriatique  aurait  été  bien  plus 
scande  ;  eUe  M  serait  élerée  à  la  somme  de  SjoSq  fr.  62  c. 


3lO  JOURNAL 

que  trop  souvent  dans  les  grands  travaux  de  plomberie  oè 
Ton  a  pour  but  de  remplacer  les  conduites  d'eau  mises 
hors  de  service. 

Mais  le  plus  grand  avantage  que  présente  Temploî  de  ce 
procédé  provient  de  ce  qu'en  en  faisant  usage  convena- 
blement et  à  des  époques  réglées ,  on  pourrait  presque 
sans  dépense ,  conserver  les  conduites  d*eau  en  bon  état, 
et  s'assurer  ainsi  constamment  le  produit  en  eau  auquel 
la  concession  donne  droit ,  tandis  que  dans  le  système  du 
remplacement  des  conduites ,  les  concessionnaires  se  trou- 
vent privés  d'eau  de  plus  en  plus  et  pendant  fort  long- 
temps ,  avant  que  l'on  en  vienne  à  remplacer  la  conduite 
et  à  rétablir  le  service  qui  lui  est  dû.  On  conçoit  y  au 
reste  y  que  l'emploi  de  l'acide  muriatique  pour  cet  usage 
devra  être  d'autant  plus  avantageux  que  cet  acide  sera  à 
plus  bas  prix  ,  que  les  conduites  d'eau  à  dégorger  seront 
d'un  accès  plus  difficile  ,  et  on  sent  bien  que  ce  moyen  de 
dissoudre  le  dépôt  calcaire  que  fournissent  certaines 
eaux  (i) ,  présentera  encore  plus  d'avantages  lorsqu'il  s'a- 


(i)  Ce  ne  soDt  pas  sealement  les  de'pôts  entièrement  composas  de  car- 
bonate de  chaux  et  solubles  dans  les  acides  qui  petivent  être  enleTÀ  par 
ce  moyen  ;  les  dëpôts  composes  d^uo  mélange  de  chaur  carbonate  ci  de 
sulfate  de  chaux ,  ou  de  toute  autre  substance  insoluble ,  sont  utilement 
traites  par  Tacide  muriatique  lorsqu^il  s*y  trouve  assez  de.  carbonate  de 
chaux  peur  qu'en  dissolvant  ce  sel  le  reste  du  dëpôt  puisse  être  désa- 
grégé y  réduit  à  Tétat  de  bouillie  ^  çt  mis  en  suspension  dans  Feau. 

Dans  une  des  dernières  séances  de  la  Société  Philomathique  ,  M.  Da- 
mas ,  qui  a  eu  occasion  de  visiter  des  tuyaux  engorgés  par  le  carbonate 
de  chaux ,  a  annoncé  avoir  observé  que  le  dépôt  de  matière  calcaire  se 
faisait  de  préférence  et  en  plus  grande  quantité  sur  les  soudures  des 
tuyaux,  dans  le  voisinage  des  robinets  de  cuivre ,  et  dans  toutes  les  par- 
ties où  se  rencontre  un  élément  vol  laïque  ;  en  conséquence,  il  pense 
qu'en  plaçant  dans  les  réservoirs  de  plomb  des  plaques  de  cuivre ,  Von 


DE    PR  ARMACCE.  3ll 

pra  de  nettoyer  des  chaadières  à  vapeur  et  surtout  des 
appareils  plus  délicats  et  plus  compliqués. 

Les  détails  dans  lesquels  nous  Tenons  d^entrer  ,  prou- 
Tcnt  toute  Futilité  que  Ton  pourrait  retirer  d'un  procédé 
qui,  pour  recevoir  de  nombreuses  et  de  grandes  applica- 
tions ,  avait  peut-être  besoin  d^avoir  été  exécuté  en  grand 
avec  succès  et  d'être  appujé  de  calculs  propres  â  en  dé- 
montrer l'avantage.  A.  B. 


obtiendrait  tur  ce  dernier  meta!  la  précipitation  du  carbonate  de  cbanx. 
L'eflèt  qai  te  prodoirait  dans  cette  circonstance  dë^pendrait  absolament 
de  la  même  cause  qui  détermine  la  précipitation  de  la  magnésie  et  des 
autres  substances  terreuses  contenues  dans  Teau  de  mer ,  sur  une  surface 
du  cuÎTre ,  devenue  négative  par  son  contact  avec  du  zinc  on  du  fer. 
Observations  dont  M.  Uumfry  Davy  a  tiré  un  parti  si  avantageux  pour 
préserver  de  la  corrosion  le  doublage  en  cuivre  des  vaisseaux.  H  a  prouvé 
en  effet  qu'il  suffisait  pour  cela  de  mettre  en  contact  avec  le  cuivre  da  ' 
doublage ,  des  plaques  de  fer  ou  de  zinc  d^une  très-petite  étendue.  Dana 
ce  cas  Faction  de  Pozigéne  et  des  acides  se  porte  sur  le  métal  positi^T ,  et 
hs  bases  terreuses  sur  le  cuivre  ;  il  a  prouvé  de  plus ,  quUl  était  possible 
en  dimiouant  convenablement  la  proportion  du  métal  prolecteur,  c'est- 
à-dire  du  métal  positif,  de  prévenir  l'excès  du  pouvoir  négatif  dans  le 
enivre  ^  qui  alors  n'attire  plus  les  substances  ferreuses ,  et  demeure  par^^ 
faitf  ment  propre  et  brillant.  (  lYote  du  Rédacteur.  } 

NOTE 

Sur  un  moyen  de  purifier  le  sucre  brut  à  Taide  de  Talcoholy 
el  de  raffiner  toutes  espèces  de  sucre ,  présenté  à  la  Société 
d'encouragement  par  MM*  D^koshir  frères. 

Le  Bulletin  de  la  Société  d*encouragement ,  n*.  1260 ,  de 
février  1826,  contient ,  page  67  ,  un  procédé  très-simple, 
à  Taide  duquel  MM.  Derosne  frères  sont  parvenus  à  rem* 


3l3  JOURNAL 

placer  Fean  de  chaux  et  le  sang  de  bœnf  dans  le  raffinage 
du  sucre  par  ralcohol  obtenu  par  la  fermentation  soit  du 
vin  soit  des  grains  ou  autres  substances.  Comme  cet  objet 
ne  peut  qu'intéresser  toutes  les  personnes  qui  s'occupent 
de  la  chimie  et  de  la  pharmacie ,  nous  avons  cm  que  nos 
lecteurs  nous  sauraient  gré  de  leur  donner  un  aperçu  de 
ce  mémoire  ;  c'est  ce  motif  qui  nous  a  déterminés  à  leur 
présenter  cet  extrait. 

Le  procédé  de  MM.  Derosne  a  Favantage  de  remédier 
aux  inconvéniens  que  produit  toujours  l'emploi  de  la  chaux 
et  du  sang  de  bœuf,  dont  les  raffineurs  font  usage  souvent 
sans  déterminer  les  doses  convenables ,  et  plut&t  par  une 
êdtte  de  routine  que  par  des  motifs  fondés  sur  le  raisonne-^ 
ment  et  l'expérience.  On  sait  d'ailleurs  que  les  agens  unis 
à  la  forte  chaleur  nécessaire  a  cette  purification  conlri-^ 
buent  aussi  à  altérer  la  matière  sucrée  et  à  diminuer  par 
conséquent  les  produits  de  l'opération. 

Pour  obvier  à  ces  inconvéniens ,  MM.  Derosne  frères 
ont  profité  de  la  propriété  dont  jouit  l'alcohol  de  ne  dis- 
soudre à  froid  que  la  mélasse,  sans  agir  sensiblement  sur  le 
sucre  cristallisé.  Ils  enlèvent  de  plus  avec  ce  véhicule  une 
matière  féculente  très-légère  insoluble  dans  l'eau  et  dans 
l'alcohol.  Cette  substance ,  par  sa  légèreté ,  reste  facilement 
en  suspension  dans  le  liquide,  et  à  l'aide  de  la  décantation 
permet  de  la  séparer  facilement  du  sucre  cristallisé  qui  se 
précipite  avec  promptitude  ;  c'est  probablement  à  sa  pré- 
sence que  certains  sucres  doivent  la  difficulté  qu'ils  ont  de 
se  clarifier ,  et  de  là  l'emploi  de  l'eau  de  chaux  et  surtout 
du  sang  de  bœuf  dont  la  coagulation  de  l'albumine  forme 
une  espèce  de  réseau  épais  qui ,  se  précipitant ,  l'entraîne 
alors  avec  lui. 


DE    PHARMACIE.  3l3^ 

MM.  Derosne  emploient  à  peu  près ,  terme  moyen ,  une 
quantité  d*alcoIiol  égale  à  celle  du  sucre,  et  lorque Faction 
dissolvante  k  froid  a  eu  lieu ,  ils  séparent  le  Kquide  avec 
soin  pour  le  distiller  et  en  retirer  d'une  part  la  mélasse  , 
de  Tantre  la  majesre  partie  de  Talcohol.  Le  sucre  cristal* 
lise  est  ensuite  égootté  et  séché  â  une  douce  chaleur  dans 
des  appareils  convenables  ou  seulement  à  Tair  libre.  Dans 
cet  état  il  a  Taspect  des  belles  cassonades  de  la  Havane  ou 
de  la  Martinique.  La  mélasse  retirée  même  par  la  distilla- 
tion de  Falcohol  qui  la  tenait  en  dissolution ,  a  une  saveur 
bien  plus  agréable  et  une  couleur  bien  moins  foncée  que 
celle  obtenue  après  la  cuite  du  sucre ,  où  racti4Dn  prolongée 
de  la  chaleur  a  dû  nécessairement  Taltérer  beaucoup.  En 
moins  de  vingt-quatre  heures  ils  parviennent  à  purifier 
ainsi  des  sucres  bruts  sans  le  secours  de  la  chaleur  et  sans 
aucuns  frais  de  combustible.  Cest  avec  ce  sucre  purifié 
qu'ils  préparent  le  sucre  en  pains  k  la  manière  ordinaire  \ 
seulement  ils  emploient  avec  succès  Talcohol  pour  rem- 
placer le  terrage  ;  et  à  cet  effi^t ,  après  av(»r  fait  égoutter 
le  sirop  ,  ils  arrosent  lea  painst  avec  cet  alcohol ,  en  ayant 
soin  de  le  laisser  digérer  quelque  temps  sur  le  sucre  ;  ils 
bouchent  alors  le  petit  -trou  du  cône ,  puis  au  bout  de 
quelque  temps Jls  le  dâi>Oudient ,  et  donnent  ainsi  issue  an 
liquide  chargé  de  toute  la  matière  non  cristallisable  qui 
salissait  les  cristaux.  .Ce  moyen  s'applique  avec  avantage 
i  la  purification  des  veijoises  bâtardes ,  etc. ,  et  réunit 
Féconomie  du  temps  à  celle  du  combustible.        O.  H. 


3l4  JOURNAL 

EXTRAIT 

De  r analyse  de  quelques  sels  vendus  sous  le  nom  de  soas- 

carbonate  de  potasse  ; 

Par  P.  Lebreton  ,  phannacien  à  Angers. 

Nous  recevons  de  M.  Lebreton ,  notre  confrère ,  phar- 
macien à  Angers ,  une  note  relative  à  Tanalyse  d^on  sel 
qui  se  vend  à  Angers  sous  le  nom  de  potasse  purifiée. 

Nous  regrettons  que  Tabondance  des  matières  ne  nous 
permette  pas  de  Timprimer  dans  son  entier,  mais  nom  en 
donnerons  les  résultats ,  parce  qulls  sont  de  nature  a  in- 
téresser nos  abonnés. 

D'après  l'analyse  de  M.  Lebreton ,  le  sel  qu  il  a  essayé 
est  composé  de  : 

Eau • a5 

Hydrochlorate  de  àoude.    ••....  33, 12 
SùKate  de  soude.  .••••;.••.     7,5 

Alumine. • o,t6 

.    Oxide  de  fer.  ••..#••...«•    0,16 
Sulfate  de  chaux.  .,  ^  •«••••.    o,5 
Sous-carbonate  de  soude»  •-;..••  39)39 
Silice a,  16 

97^97 
L'auteur  conclut  de  son  travail  que  ce  la  masse  de  sd 

qu'il  a  analysée  n'est  autre  chose  qu'im  mélange  de  scUot 

et  de  soude  de  varedi  dans  des  proportions  variables  (i)*  » 

-  (i)  Le  schlot  ett  un  sulfate  de  soude  et  de  chaux  qu'on  obtisot  da 
l'é^poration  de  certaines  eaui  salées.  Il  paraît  peu  probable  qa*on  Tait 
employé  pour  le  mélange  dont  il  s^agît ,  car  la  quantité  de  sulfate  de 
chaux  indiquée  par  Tanaljse  est  fort  petite.  (  /Vb(e  da  Rédacteur) 


ns     PHAHMAGIE.  3l5 

Nous  ferons  observer  à  cette  occasion  qne  depuis  très- 
long-temps  on  vend  à  Paris ,  sons  le  nom  de  potasse  fac- 
Uce  f  un  sel  alcalin  qui  ne  contient  pas  de  potasse ,  et  qui 
est  formé  en  grande  partie  par  la  soude  de  varech  ;  on 
remploie  surtout  pour  imiter  les  potasses  dites  d^Âmërique, 
qui  sont  en  masse  rougeatre.  Cest  du  reste  une  fraude 
très-commune  que  de  substituer  la  sonde  à  la  potasse 
tontes  les  fois  que  le  prix  respectif  des  deux  substances 
permet  de  le  faire  avec  avantage.  Les  pharmstciens  ne  sau- 
raient donc  trop  se  tenir  en  garde  contre  une  falsification 
qui  pourrait  leur  causer  de  graïads  préjudices.  U  est  vrai 
de  dire  cependant  que  ces  potasses  factices  sont  employées 
sans  aucun  inconvénient  pour  plusieurs  usages ,  quelques 
manufacturiers  même  les  recherchent  de  préférence  aux 
potasses  naturelles,  et  n'en  éprouvent  d'autre  inconvénient 
que  de  payer  un  peu  plus  cher  une  substance  qu'ils  pour- 
raient se  procurer  à  meilleur  marché  en  la  demandant  sous 
son  véritable  nom.  Â.  B. 

ElxnaiT  d*un€  lettre  sur  la  cuisson  des  sitx>ps ,  à  M.  Pel- 
letier ,  par  M.  RiFCARD ,  pïmrmaden  à  Tarascon. 

B  est  une  opinion  depuis  Idng-temps  accréditée,  que  les 
sirops  se  conservent  d'autant  mieux  qu'ils  sont  plus  cuits. 
Je  crois,  d'après  des  observations  que  j'ai  faites ,  que  cette 
opinion  n'est  pas  exactement  juste ,  et  je  pense  qu'il  est 
un  point  de  cuisson  pour  tous  les  sirops ,  lequel ,  lors- 
qu'on ne  l'a  pas  atteint ,  entraine  la  détérioration ,  comme 
lorsqu'on  Fa  dépassé.  J'ai  gardé  pendant  deux  ans  plu- 
sieurs sirops  dont  partie  cuits  au  point  convenable  et  partie 
très-cuits.  Au  bout  de  ce  temps  les  premiers  étaient  aussi 


3l6  JOURNAL   DE   PHARMACIE, 

beaux  qu'au  moment  de  leur  préparation ,  tandis  que  1 
autres ,  qui  ont  donné  Keu  à  une  abondante  cristallisati 
d'abord ,  se  sont  moisis  ensuite  i  la  surface.  Le  moind 
mouvement  les  a  finit  fermenter  et  leur  altération  eût  é\ 
probablement  complète  si  je  n'y  eusse  remédié  :  il  semb 
d'abord  que  cette  cristallisation  ne  devrait  se  faire  que 
par  rapport  au  sucre  excédant  le  point  de  saturation ,  4 
amener  le  sirop  au  point  de  cuisson  convenable.  Il  parall 
qu'il  n'en  est  pas  ainsi  ,  et  peut-être  le  noyau  de  cristalW 
sfeUon  une  fois  formé  entralne-t-il  la  formation  de  no 
veaux  cristaux  aux  dépens  du  sirop  même  ;  c'est-à-di 
que  l'affinité  des  crisuux  qui  ont  lieu  d'abord  serait  alo 
plus  forte  pour  le  sucre  que  ne  l'est  celle  de  l'eau  poij 
cette  même  substance. 

ANNONCE. 

Essai  sur  r affinité  organique  ,  par  RoamET ,  pharmacien! 
membre  adjoint  de   l'Académie  royale  de  médecine 
Brochure  in-8^  de  80  pages  ;  prix  ,  i  fr.  5o  c.  Ch< 
l'auteur ,  rue  de  Beaune ,  n".  aS  ,  et  Béchet  jeum 
libraire ,  place  de  l'École-de-Médecine. 


1 

î 


s 


ï. 


1 


=*  s 


y 


t^^J 


r4wW    iS*(î . 


ï  4 


V 


A' 


; 


% 


l 


^^.  A' 


■y 


tLi 


,     -*-*-tn' 


• 


# 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOaÉTÉ  DE  PHARMAOE 

DE  PARIS } 

Rédigé  par  M.  Henry  ,  secrétaire  général ,  et  par  une 

Commission  spéciale* 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL , 

De  la  séance  du  i5  niai.        ' 

Le  secrétaire  gënîéral  lait  connaître  la  correspondance 
imprimée;  elle  se  compose  des  journaux  nationaux  et  étran* 
gers  ,  relatifs  à  la  phariùacie. 

M.  Denis,  médecin  à  Commercy,  fait  fadimnage  à  la 
Société  d'un  ouvrage  ayant  pour  titre  :  Recherches  d*ana- 
tomie  et  de  physiologie  pathologique.     ' 

M.  Cormerais  adresse  quelques  détails  surr  la  purifica-* 
tion^u  tartre  au  moyen  du  charbon.  •       (  :  . 

M.  Chereau  remet  sur  le  bureau  un  ^upj^émeiit  à  sa 
notice  but  les  cryptogames. 

M.  Limousin-Lamothe  adresse  de  nbûyelles  d^erratiom 
sur  le  procédé  qu  il  a  donné  pour  la  préparation  de  l'em- 
{rfàtre  ëpispastique.  Il  préltend  que  la  vermôuldré  de  can* 
tharides  contient  bien  réellement  le  principe  actif  de  cet 
insecte.  Cette  lettre  est  renvoyée  à  MM.  Tassartfet  Hotiot 
qui  ont  examiné  le  premier  travail  de  M.  Limbusîn^La-. 
mothe.  Ils  font  observer  que  c'est  bien  avec  la  vermoulure 
de  caniharides  qu'ils  ont  fait  leurs  expériences ,  puisqu'ils 
Font  obtenue  par  le  procédé  indiqué  par  l'auteur  ,  et  qui 
consiste  dans  la  taii^isatioa  »  sur  une  soie  très-iinè ,  de  caiv» 
tharides  anciennes  et  ron^s  par  les  insectes. 

ILSl'.  jinnée."^  Juin  1826.  ^3 


3l8         BULLETIN  DES  TRAVAUX 

M.  Boudet  oncle  ^  commissaire  près  TAcadémie  royale 
des  sciences  de  Tlnstitut ,  rend  le  compte  suivant  : 

M.  Morel  de  Vindé  donne, une  id^e  fa^oraUe  de  Tour 
vrage  de  MM.  Payen  et  Chevallier  y  sar  les  pommea-de- 
terre. 

M.  Cuvier  lit  un  rapport, sur  les  changemens  éprouvés 
par  les  théories  chimiques  ,  et^sur  quelques  nouvelles  ap- 
plications de  la  chimie  aux  besoins  de  la  société. 

M.  Duméril  fait  un  rapport  verbal  sur  un  ouvrage  de 
M.  Bertrand  ,  intitulé  :  Du  Magnétisme  animal  en  France. 

M.  Amp^e  donne  une  idée  favorable  du  mémoire  de 
M.  Pouillet,  sur  Tëlectricité  des  gaz  et  sur  Tune  des  causes 
de  rëlectricité  de  Tatmosplière  ;  il  détermine  F  Académie 
à  m  ordonner  Tinsertion  dans  le.  recueil  des  savan§  étrui- 
gers. 

M.  Geoilroy  Saint-Hilaire  présente  diffi?rens  fœtus  qu^il 
H  trouvés  ,  f4^^  ^^^  œufs  soumis  à  l'incubation  artiBcielle  , 
de  manière  k  gêner  leur  développement.  Un  de  ces  œu6 
contenait  deux  fœtus  complet§^  qui  ne  se  touchaient  que 
par  uni?  tr^-jpuetite  partie  de  leur  corps. 

]VI.  Fresnel  fait  un  rapport  sur  les  paragrèlea.  ITaprès 
la  théorie  yUon  inccntestabk ,  de  Vo)t«  ,  «ur  U  folteëdon 
de  la  grêle  y  comme  résultant  du  ballottemest  die  parûclilet 
glacée»  eiadre  deux 'nuage»  ékctriaéa^  des  paratonnerres 
placés  &  -^iie  ti^èsrgpanda  élévation  «  et  très. -mulii  pli  éfr^ 
pourraieuVètre  utiles  ;  mais  pour  assurer  que  ceux  <ft%^ùB 
propose  «EMiroQt  l'avantage  de  préserver  de  la  grêle,  SI  fatt«- 
drait  qu'ils  eussent  été  soumis  à  une  expérience  de  dix  an- 
nées au  mjoin^. 

M%.  Ampère  cite  un  ftit  favorable  à  Topîntou  de  Futilhé 
des  paragrèles. 

M*  Arrago  ne  regarde  pas  le  fait  comme  conciliant  :  il 
y  a  ^  £t-il ,  trois  paratonnerres  «or  la  terrasse  de  rObser<* 
vatoire  ,  et  il  y  c*rèlè  c^mvne  patCKHitailbaurs,     • 


«  « 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHAHMACIE.  Sig 

M.  Adolphe  Brongniard  lit  une  note  sur  la  famille  des 
bnniacëes. 

M.  Robinet  présente  un  appareil  à  Taide  duquel  on 
pourrait ,  suiranl  lui',  opérer  tans  iocouTénient  la  disso»* 
lutioii  des  pierres  de  la  vessie  par  des  ageus  chimiques* 
Cet  appareil  consiste  dans  une  poche  de  baudruche  qui , 
enfermée  dans  nne  soade  ,  se  développe  loi^que  la  sonde 
est  introduite  dans  la  vessie  ,  se  charge  de  la  pierre  ^t 
devient  lé  va^  d$n^  {oque^  la  di&soluiion  doit  avoir  Iîqu. 

La  Société  reprend  SOS  travaux. 

*  Un  membre  annonce  qu'il  est  à  sa  connaissance  qu^un 
médecin  mécanicien  a  exécuté  un  appareil  tout-à-fait  sem- 
blable à  celui  proposé  par  M.  Robiuet. 

M.  Robinet  déclare  qu'il  n  a  eu  aucune  connaissance 
de  ce  fait  et  que  la  personne  citée  n^ayant  point  pris  date 
n^a  aucun  droit  à  réclamer  la  priorité  de  Tinvention. 

M.  Blondeau  donne  quelques  détails  sur  un  numéro  du 
Journal  médical  de  la  Gironde*  M.  St.-André \  dans  un 
mémoire  sur  le  sulfate  de  quinine  ,  conteste  la  nature 
alcaline  de  la  quinine  :  il  annonce  avoir  trouvé  constam- 
ment dans  le  sulfate  de  cette  base  une  proportion  consi- 
dérable de  sulfate  de  chaux. 

M.  Robiquet  observe  qVil  a  été  fabriqué  du  siilfate 
chaux  en  aiguilles ,  tout  exprès  pour  falsifier  le  sel  de 
quinine. 

M.  Laugier  fait  un  rapport  sur  un  mémoire  de  M.  Bo- 
nis ,  ayant  pour  objet  l'analyse  d'un  oxide  de  manga- 
nèse naturel  :  il  résulte  de  ce  travail  que  le  minéral  en 
cjuestion  contiendrait  de  Tacide  fL'oriqae.  Le  rapporteur 
pense  que  le  mémoire  de  M.  Bonis  est  bien  fait  et  qu'il 
convient  d'adfesser  des  rcmèrcîmens  à  Taûtcur. 

M.  Godefroy  rend  un  compte  verbal  du  précis  analy- 
tique des  travaux  de  racaJémîe  de  Marseille^  M.  le  secré- 
taire général  fait  observer  que  le  rédacteur  de  cet  ouvrage 
proposé  de  Téchanger  avec  le  Bulletin  des  travauit  de  la 

a3. 


3aO  BULLETIN    DES    TKA.VAUX 

Société.  Celte  proposition  est  renvoyée  èrexamenetà  la 
décision  de  la  commission  de  rédaction. 
.  MM.  Planche  et  Lecanu  font  connaître  des  expériences 
qu'ils  ont  fiiiies  dans  le  but  de  vérifier  les  assertions  émisea 
par  M*  Perotiî ,  de  Rome ,  sur  un  nouveau  carbonate  do 
potasse.  Il  résulte  de  cet  essai  : 

I**.  Que  le  carbonate  de  M.  Peretti  n'est  autre  chose 
que  le  sous-carbonate  ; 

2**.  Que  ce  sel ,  étant  en  tout  semblable  i  *  celui  décrit 
par  M.  Fabroni ,  il  ne  peut  être  appelé  nouveau  5 

3*.  Qu'ainsi  que  la  annoncé  M.  Pabrbnî ,  il  est  possible 
d'obtenir  à  l'état  de  cristaux  le  sous-carbonate  de  potasse. 

RECHERCHES 

Analytiques  sur  ie  sang  tfun  diabétique  ; 

Par  MM.  Hfi5aT  fils  et  SouaBiEAU» 

MM.  RoUo  et  Kriûkshank  ont  .annoncé ,  il  y  a  fort  long- 
temps ,  l'existence  du  sucre  dans  le  sang  des  malades  af- 
fectés du  diabète  sucré.  Ces  observations  ont  été  combattues 
successivement  par  plusieurs  chimistes ,  en^e  autres  par 
MM.  Nicolas  et  Gueudeville ,  Wollaston  et  d'Arcet.  Il  y 
a  un  an  encore  M-  Vanquelin  a  publié  les  recherches 
qu'il  a  entreprises  sur  le  sang  provenant  d'un  diabétique  ^ 
et  l'analyse  ne  lui  a  fait  découvrir  aucune  trace  de  sucre. 
Les  travaux  de  ces  savans  chimistes  avaient  résolu  la  ques- 
tion. Cependant  comme  il  est  des  physiologistes  qui  croient 
à  l'existence  dans  le  sang  des  matériaux  qui  se  retrouvent 
dans  les  sécrétions  et  les  excrétions ,  d'où  ils  seraient  sé- 
parés piar  une  sorte  de  filtration  mécanique  ,  et  que  d'autre 
part  un  résultat  positif  dans  des  recherches  du  genre  de 
celle-ci  ne  peut  ètr^e  détruit  que  parune  masse  de  résultats 


/ 


DE    LA    SOCllÉTÉ    DE    PHARMACIE.         3a t 

négatifs  9  nous  ayons  cru  devoir  publier  nos  observations. 
Pent-étre  d^ailleurs  ne  seront-elles  pas  sans  quelque  inté- 
rêt pour  les  physiologistes  et  pour  les  chimistes.  TTous  mon- 
trerons aux  premiers  qu'une  matière  existante  en  propor- 
ûoï\  énorme  dans  Furin&n'a  pU  être  retrouvée  dans  le  Sang/ 
Les  moyens  analytique^  qui  nous  ont  servi  &  établir  les 
principes  constituans  du  sang ,  et  nos  observations  sur  le 
lactate  de  soude  pourront  peut-être  fixer  Tattention  des 
chimistes. 

Nous  avons  opéré  sur  780  grammes  de  sang ,  que  M.  le 
docteur  Bally  avait  eu  la  complaisance  de  nous  faire  re-' 
mettre.  Nous  avons  eu  également  4  notre  disposition  une 
grande  quantité  de  Turine  du  même  malade  ;  elle  nous  a 
fonrni  une  proportion  considérable  de  sucre.  Nous'notons 
ce  fait  pour  faire  ressortir  que  nous  étions  dans  les  circon- 
stances les  plus  favorables  pour  trouver  le  sucre  dans  le 
sang  y  et  par  cela  seul  nos  résultats  mériteraient  quelque 
confiance.  \ 

Le  sang  a  été  abandonné  à  lui-même  dans  un  vase  étroit 
pour  faciliter  la  séparation  du  caillot  d*avec  la  partie  sé- 
reuse. Chacun  d^eux  a  été  pesé  séparément.  La  proportion 
de  fibrine  a  été  déterminée  en  prenant  un  poids  connu  de 
caillot  humide  et  le  lavant  dans  un  linge  très- serré.  La 
fibrine  qui  est  restée  dans  le  linge  a  été  séchée  a  une  douce 
chaleur.  ' 

Pour  connaître  la  proportion  de  matière  colorante  ,  on 
a  recueilli  l'eau  de  lavage  d'un  poids  co^nu  de  caillot  hu- 
mide ,  Ton  y  a  ajouté  un  grand  excès  d'acide  acétique ,  et 
Ton  a  porté  â  Tébullition  afin  de  dissoudre  toute  la  ma- 
tière colorante  et  l'albumine.  On  a  sursaturé  la  liqueur 
par  l'ammoniaque^  qui  a  précipité  ces  deux  matières. 
Elles  ont  été  reçues  sur  un  filtre,  lavées  et  scchées.  Il 
eût  été  à  peu  près  impossible  de  les  séparer ,  par  des  moyens 
chimiques.  Il  a  fallu  arriver  par  une  autre  voie  k  connaître 
la  véritable  proportion  de  matière  colorante.  L'analyse  du 


n 


Z22  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

sérum ,  dont  îl  va  bientôt  être  question ,  nous  avait  fait  voir 
en  quelle  proportion  s'y  trouvait  l'albumine.  Partant  de  ce 
résultat ,  nous  avons  fait  sécher  dans  une  capsule  tarée  un 
poids  déterminé  de  caillot  humide.  La  perte  qu'il  a  éproa* 
Tée  par  la  vaporisatioti  de  Teau  représentait  évidemment 
Teau  du  sérum  qui  était  resté  interposée  dans  le  caillot. 
Cette  quantité  d'etu  éunt  connue  et  l'analyse  dn  sérum 
Tétant  également ,  il  a  été  facile  par  le  calcul  de  savoir 
quelle  quantité  d'albumine  restait  dans  le  cail}ot.  lia  pro* 
portion  de  matière  colorante  a  été  donnée  en  retranchant 
du  poids  du  caillot  sec,  le  poids  de  la  fibrine  obtenue 
par  l'expérience ,  et  celui  de  l'albumine  qui  avait  été  trouvé 
parle  calcul. 

Le  sérum  a  été  coagulé  par  la  chaleur ,  et  l'albumine  a  été 
reçuç  sur  un  filtre ,  lavée  et  séchée.  La  portion  liquide  et 
les  eaux  de  lavage  ont  été  évaporées  à  siccité  ,  et  le  résidu 
a  été  traité  successivement  par  l'alcohol  froid ,  l'alcohol 
bouillant ,  et  Teau.  La  recherche  de  la  nature  des  sels  ne 
présentait  de  difficultés  que  par  rapport  au  lactate  de  soude  y 
et  c'est  le  seul  point  sur  lequel  nous  devions  nous  arrêter. 

La  dissolution  alcoholique  faite  à  froid  verdit  faiblement 
la  teinture  de  mauve  ;  si  on  la  calcine ,  elle  devient  noire  et 
charbonneuse  ^  et  le  liquide  qu'on  fait  digérer  avec  elle  a 
une  action  irès-prononcée  sur  la  mauve.  Il  y  a  donc  eu  de 
l'alcali  mis  à  nu.  Il  parait  probable  qu'il  l'a  été  par  la  dé- 
composition de  l'acide  lactique. 

Il  s'agissait  de  prouver  que  la  soude  existait  réellement  à 
l'état  de  lactale,  Pcïur  y  parvenir  ,  la  matière  a  été  mise  en 
contact  avec  de  l'hydrate  de  plomb.  Après  plusieurs  heures 
de  digestion ,  l'on  a  filtré  et  l'on  a  traité  par  l'hydrogène 
sulfuré.  La  liqueur  qui  en  est  résultée ,  privée  de  gaz  hy- 
drosulfurique  par  la  chaleur ,  avait  toutes  les  propriétés 
d'une  dissolution  d'acide  lactique  ;  cependant  elle  conte- 
nait aussi  de  l'acide  muriatique  provenant  de  l'action  du 
sel  marin  sur  l'hydrate  d'oxide  de  plomb. 


DE    LA  SOClÉTi   DE    PHABBUXIE.  3a5 

Cette  expérience  nous  parait  propre  à  ponfiraier-l'exi- 
stenoe  du  lactate  de  soude  dans  le  sériim  du  sang.  Ce  qu^l 
y  a  de  bien  certain ,  c'est  qu'il  existait  dans  les  matières 
examinées  un  acide  organique  que  le  feu  a  détruit.  Une 
expérience  dîrec^^e  a  prouvé  en  outre  que  le  lactate  de 
soude  formé  de  toutes  pièces  est  décomposé  par  l'hydrate 
de  plomb  ^  et  transformé  en  lactate  de  plomb  soluble  doht 
on  peut  isoler  l'acide  par  l'hydrogène  sulfm'é. 

ajoutons  que  ni  par  la  sayeur  ni  par  la  fermentation 
nous  n'avons  pu  découvrir  lar  moindre  trace  de  principe 
sacré. 

.   En  résumé ,  l'analyse  a  fait  découvrir  dans  le  sang  exa-^ 
miné  : 

Fibrine. • 1,90 

Matière  colorante 9^989 

Albumine 4^»^^ 

Sels 4»^^ 

Eau ' 634,58 

78o;00 
Les  matières  salines  étaient  composées  : 

1".  Sels  dissous  par  l'alcohol  froid  (soude  libre , 
lactate  de  soude  uni  à  une  matière  animale , 
muriate  de  soude  )•  •  •  , 1,97 

a"*.  Sels  dissous  par  l'alcohol  bouillant  (beaucoup 
de  sel  marin,  des  traces  de  muriate  de  potasse^ 
matière  animale  ) .^  •  •  •  •       0,4^ 

3*.  Sels  dissous  par  l'eau  (muriate  de  soude, 
phosphate  de  soude ,  des  traces  \  sulfate  de  po- 
tasse ,  des  traces  \  carbonate  de  soude ,  matière 
animale,  oxide^e  fer,  des  traces) 1^^ 


\ 


4,35 


3^4  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

1000  parties  de  sang  seraient  formées  : 

Fibrine.    • •  .   •  •  i,43 

Matière  colorante.  .  •  .  .  , .  120,37 

Albumine 55,4^ 

Sels.  .  • 5,57 

Eau 8i6,i5 

1000,00 

1 00a  parties  de  sérum  contiennent  63  parties  d'alba* 
\  mine« 

L'analyse  précédente  fait  voir  que  le  sang  du  diabétiqm 
ne  contenait  pas  de  sucre  ^  et  que  l'albumine  s'y  trouve  i 
peu  près  d'un  qnart  au-dessous  de  la  proportion  moyenne 
qu'on  t  trouvée  MM.  Berzélius  et  d'Ârcet  dans  le  sang  dliom- 
mes  en  santé.  Si  la  quantité  de  fibrine  parait  être  plus  con- 
sidérable ,  la  proportion  de  cette  matière  est  extrêmement 
faible  par  rapport  à  la  masse  du  sang ,  et  il  est  presque 
impossible  qu'une  partie  ne  soit  pas  entraînée  par  le  lavage; 
nous  ne  pensons  pas  que  l'on  puisse  tirer  de  ce  résultat 
aucune  conclusion  pathologique.  Nous  ferons  observer  que 
nous  avons  lavé  le  caillot  dans  un  tissu  très-serré  et  plié 
'  en  double ,  en  le  déchirant  le  moins  qu'il  nous  a  été  pos* 
sible ,  et  cette  circonstance  fait  penser  que  la  proportiou 
trouvée  doit  être  uue  approximation  très-exacte  de  la  vérité. 
Ajoutons  d'ailleurs  que  ce  principe  parait  exister  dans  le 
sang  ordinaire  en  quantités  très-variables ,  puisque  Four- 
croy  en  a  trouvé  de  0,001 5  à  o,oo43  ,  et  que  les  résul- 
tats auxquels  nous  sommes  parvenus  sont  précisément  la 
moyenne  de  ces  nombres. 

Il  est  au  moins  bien  constaté  que  s'il  existait  quelque 
changement  dans  la  proportion  des  divers  principes  du 
sang ,  il  n'y  en  avait  aucun  dans  leur  stature  propre* 


DE    LA    SOCIETE    DE    PHARMACIE.  3l5 

NOTE. 

Dans  une  des  dernières  séances  de  rAcs^dëmie  de  mé- 
decine (  section  de  pharmacie)  ,  M.  Langîer  a  fait ,  au  sujet 
del'analyse  de  la  racine  debryone ,  publiée  par  M.  Dulong, 
d'Asufort ,  dans  le  Journal  de  Pharmacie  (  mois  d,e  mars 
1836,  page  i63),  une  observation  que  nous  croyons  utile 
de  rapporter ,  parce  qu'elle  tend  à  faire  soupçonner  une 
cause  d*errenr  qui  pourrait  peut-être  à  Tavenir  se  repro- 
duire de  nouveau.  Cest  i  Tpccasionde  Texistencedu  car- 
looate  de  chaux  trouvé  dans  cette  racine ,  et  dont  M.Vau- 
quelin  avait  déjà  ,  par  induction  seulement ,  annoncé  la 
présence  dans  les  écorces  du  solanum  pseudo-quina. 

L'auteur  annonce  qu'en  traitant  par  l'ammoniaque  le 
suc  de  la  racine  pilée  et  exprimée,  ^  a  obtenu  au  bout  de 
vingt-quatre  heures ,  après  avoir  séparé  le  premier  dépôt 
qui  y  a  eu  lieu  ,  des  cristaux  grenus  transparens  de  car-* 
bonate  calcaire.  M.  Laugier  pense  que  l'ammoniaque ,  en 
attirant  peu  à  peu  lacide  carbonique  de  l'air,  a  agi  sur 
une  portion  du  malate  acide  de  chaux  pour  donner  tiais- 
sance  à  ce  sel ,  car  l'acidité  du  malate  était  trop  faible 
pour  s'opposer  à  cette  formation.  On  sait  d'ailleurs  qu  en 
laissant  à  l'air  une  liqueur  qui  renferme  du  muriate  de 
chaux  et  de  Tammouiaquç ,  il  ne  tarde  pas  au  bout  de 
douze  on  quinze  heures  à  s'y  produire  des  cristaux  transpa- 
rens et  grenus  de  carbonate  de  chaux  (i). 

H  est  probable  que  c'est  un  phénomène  semblable  qui 
l'est  passé  dans  l'expérience  de  M.  Dulong ,  et  qui  a  trompé 
ce  chimiste ,  ainsi  que  l'auteur  de  la  note  placée  à  la  page 

i63  dn  mémoire  cité  plus  haut.  O.  H. 

■■  Il  ■  — ^— ^i^.—       I      I  — — % 

(i)  M.  Tilluy,  pharmacien  fort  distingué  à  Dijon,  Tient  dVnvojrer  à  la 
Société  de  pharmacie  une  note  où  la  même  remarque  se  trouve  consignée. 
Ce  chimiste  a  de  pluf  fait  soapçonner  que  le  malate  de  chaux  pouvait 
bien  exister  dans  le  suc  de  hryone  û  Tctat  neutre ,  et  que  par  Faction  de 
l'eau  bouillante  il  se  transformait  en  un  sous-sel  et  en  un  sel  acide. 


3^6  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

ArfALYSE 

D'un  oxide  ruUwel  de  manganèse; 
Par  M.  00518,  fib  atnié,  pharmacien ,  professeur  de  ehUmeà  Perpigsa^. 

Il  y  a  quelque  temps  ,  ayant  besoin  de  chlore  gazeux  , 
pour  en  démontrer  les  caractères  dans  luie  séance  publî- 
qtie,  je  me  servis  pour  la  première  fois  d'un  oxide  de 
manganèse  y  que  je  m'étais  procuré  depuis  peu  dans  \é 
commerce.  Ce  manganèse ,  traité  par  Facîde  hydrochlo- 
rîque,  me  fournit  un  volume  de  chlore  beaucoup  au- 
dessous  de  celui  obtenu  ordinairement  avec  d'autres 
variétés  de  ce  minerai.  Celte  particularité  dans  une  sub-^ 
stance  qui  paraissait  assez  pure ,  m'engagea  à  entreprendre 
quelcpes  recherches  qui  m'ameuèrent  successivement  y 
d'essai  en  essai ,  à  compléter  son  analyse. 

L'origine  de  la  substance  qui  va  nous  occuper,  m'est 
tout-à-fait  inconnue  ;  ce  motif  aurait  suffi  pour  me  décider 
à  ne  point  publier  sa  composition ,  si  je  n'espérais,  par  suite 
des  résultats  que  j'ai  obtenus,  signaler  aux  nouvelles  re- 
cherches des  chimistes  des  combinaisons  que  l'on  n^  point 
encore  reconnues  parmi  les  produits  naturels. 

Ce  manganèse  est  en  masses  irrégulières ,  dures ,  cohé- 
rentes, rayant  légèrement  Is  verre,  d'une  action  bien 
faible ,  mais  sensible ,  sur  une  légère  aiguille  aimantée  ; 
ne  tachant  point  fortement  les  doigts;  d'une  couleur 
terne,  brune  noirâtre  à  l'extérieur;  fraîchement  brisé,  il 
est  d'un  gris  mat  de  fer  à  riniérieur  ;  sa  cassure  est  rabo^ 
teuse ,  et  sa  structure  concrétionnée ,  cellulaire.  Les  mor- 
ceaux les  plus  concrétionnés  donnent  quelques  étincelles 
par  le  choc  du  briquet;  on  découvre  même,  dans  quet- 
ques-uns ,  de  petits  cristaux  prismatiques  de  quartz  blanc. 

Traité  au  chalumeau  avec  le  borax ,  il  s'est  fonda  diffi* 
cilement  et  a  donné,  après  l'addition  d'un  peu  de  nitrate 
de  potasse,  une  misse  de  couleur  violette. 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHAAMACIE.  3^7 

Réduit  en  poudre ,  on  en  a  rempli ,  à  i^oiiié,  uU  ma^ 
Iras 9  et  on  a  ajouté  de  lacide  snlfariqne  en  quantité  suffi** 
santé  pour  donner  au  mélange  la  consistance  d^une  pâte 
molle  )  il  ne  sW  point  manifesté  dWerrescence.  Dès  la 
pveraière  action  de  |a  chaleur  sur  ce  mélange ,  il  y  a  eu 
dégagement  abondant  de  vapeurs  blanches ,  très-acides , 
excitant  fortement  la  toux  j  on  a  aussitôt  adapté  au  col  du 
matras  un  tube  recourbé ,  dont  Tautre  extrémilé  plongeait 
dans  Tcau.  U  s^est  dégagé  par  celte  extrénûté  des  bulles 
gazeuses  qui  troublaient  Teau  en  la  traTersant^  Leur  vom 
lume  a  promptament  diminué,  et  il  a  fallu  démonter  l'ap- 
pareil y  k  cause  de  Tengorgement  de  la  portion  du  tube 
plongée  dans  Teau.  Cet  engorgement ,  occasioné  par  une 
substance  blanche ,  opaline  ,  d'aspect  gélatineux ,  a  faci- 
lement fait  reconuaître  que  ces  vapeurs  blanches  étaient 
de  Tacide  fluorique  silice  ,  décomposé  par  sou  passage 
dans  Teau ,  en  fluate  acide  de  silice  ,  et  en  sous-fluate  qui 
se  déposait  et  obstruait  le  tube. 

L'intérieur  du  matras  et  du  tube  a  présenté  des  preuves 
manifestes  de  la  présence  de  Tacide  fluorique.  « 

Le  matras ,  entièrement  débouché ,  éloigné  de  Taclion 
du  feu,  a  bientôt  cessé  d'émettre  des  vapeurs  blanches  vi- 
sibles ^  malgré  cela ,  au  bout  de  quelques  heures ,  la  partie 
aupérieure  du  col ,  était  intérieurement  tapissée  par  une 
sublimation  blanche ,  sous  forme  d'herborisation ,  avec 
des  gouttelettes  d'un  liquide  parfaitement  transparent  et 
incolore.  Celte  sublimation  s'est  accrue  insensiblement, 
jusqu'à  remplir  exactement  toute  cette  partie  du  col  du 
matras.  J'ai  enlevé ,  à  diflerenles  reprises ,  la  portion  de 
cette  matière  blanche ,  sublimée,  qui  est  de  la  silice  encore 
unie  à  de  lacide  fluorique^  après  un  ou  deux  jours,  de 
nouvelles  sublimations  insensibles  remplaçaient  ce  que 
j'avais  enlevé.  M.  Berzélius ,  dans  le  cours  de  son  grand  trr- 
vaîl  sur  l'acide  fluorique  et  ses  combinaisons,  avait  fait 
celte  observation  de  la  sublimation  de  l'acide  fluorique 
silice  ,   «  sous  forme  de  sublimé  blanc ,  qu'on  prendrait 


3^8  BULLETIIV    DES    TR.WAUX^ 

»  d^abord  pour  un  sel  ammoniacal ,  mais  qui  paraît  forme 
)»  au  microsoDpe  de  gouttelettes  transparentes.  »  (^Anna^ 
les  ((e  chimej  noy*  iSil^,  p*  ^pS*)  C^e  célèbre  chimiste 

Îibténait  qe  nxoduit  en.chauâant,  dans  des  vasos  de  verre, 
es  ûu^ies  doubles  siliceux  qui  contiennent  4e  Teau  de 
cristallisation ,  jusqu'à  ce  que;  le  fluajte  de  silic^  commen- 
tât à  se  volatiliser.  De  notre  côté ,  nous  l'ayons  obtenu  à 
volonté,  en  faisant  agir  Uacide  sulfurique,  aidé  d'abord 
d'une  légère  chaleur,  sur  ce  manganèse  pulvéHsé.  Nous 
avons  lieu  de  croire  que  tout  autre  produit  pulvérulent, 
Gimteinant  de  la  silice,  une  petite  quantité  (|'aeide  fluori- 
que  combiné ,  et  sur  lequel  l'acide  aulfurique ,  primitive- 
ment çfaaufifé,  exercerait  une  faible  action  chimique  ^ 
pourrait  être  également  employé  pour  obtenir  ces  subli- 
mations siliceuses,  à  l'aide  desquelles  on  peut  se  procu- 
l*er  de  la  silice  d'une  extrême  pureté.  Il  suffii  de  bien  la- 
ver ce  sublimé,  le  faire  ensuite  fortement  rou^r  dana  un 
creuset  de  platine*,  le  résidu  est  cette  silice. 

Les  expériences  précédentes  ay^t  fait  reconnaître 
l'acide  fluorique  au  nombre  des  composans  de  ce  manga- 
nèse, il  a  fallu  alors  rechercher  la  nature^des  bases  qui 
saturent  cet  acide. 

La  seule  citation  que  nous  ayons  trouvée  de  com- 
posés fluoriques  accompagnant  les  minerais  de  manga- 
nèse, est  celle  du  fluate  de  chaux  lamellaire,  violet,  dans 
le  minerai  de  Romanèche  (  Brongniart ,  Minéralogie  ; 
Berthier,  jénnalesd^ chimie^  août  1822).  Ce  sel  nest  point 
partie,  constituante  de  ce  manganèse ,  il  s'y  trouve  dans  la 
g^nguCf  Notre  rainerai  manganésifère  présente ,  au  con- 
traire ,  une  cassure  de  composition  uniforme  »  de  sorte 
qu'aucun  caractère  physique  n'a  pu  fournir  des  notions 
probables  sur  les  oxides  saturans,  l'acide  fluorique. 

100  parties  de  manganèse  en  poudre  ont  été  chauflees 
graduellement  et  très -lentement,  jusqu'au-dessous  du 
rouge  sombre,  dans  un  creuset  simplement  bouché  par 
un  couvercle  percé  a  son  centre.  En  plaçant  l'extrémité 
,à'\xxi  long  tube  de  baromètre  ,  bien  sec ,  sur  l'ouverture  du 
creuset ,  on  distinguait  des  vapeurs  acqueuses  se  conden- 
ser et  ruisseler  dans  ce  tube.  Ces  ïoo  parties  ont  perdu , 
par  celte  première  action  de  la  chaleur,  2,99.  La  tempe- 


DR    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  3:^9 

rature  élevée  ensuite,  et  maîntenue  quelque  temps  au 
rouge  blanc ,  le  manganèse  a  de  nouveau  perdu  4)9^  \  ^^ 
résidu  a  cotiservé  Une  couleur  brune  foncée.  Dans  ce  der- 
nier cas  il  sVst  dégagé  de  Toxigène.  Les  bonnes  qualités  de 
manganèses,  scmblablement  chauffées,  en  fournissent  de  lo 
i  1 1  pour  cent. 

Après  divers  essais  dVnalyse  ,  nous  avons  opéré  ainsi 
au 'il  suit  :  loo  parties  de  manganèse  ont  été  traitées  à  dif* 
lérentes  reprises ,  par  4oo  d'acide  hydrochlorîque ,  ajou- 
tées successivement,  jusqu^à  ce  que  toute  odeur  de  chlore 
eût  disparu,  et  qu'il  restât  un  résidu  blanchâtre,  entiè- 
rement insoluble.  Ce  résidu,  du  poids  de  17,85,  a  été  re- 
cotmu  pour  être  de  la  silice  à  peu  près  pure. 

La  oissolution  hydrochlorîque,  filtrée,  maintenue  en 
ébullition  quelques  minutes  pour  dégager  Tcxcès  d'acide , 
a  été  étendue  de  4  ^is  ^^  poids  dVau  distillée ,  et  Ton  y 
a  ajonté  de  Hiydrosulfate  a  ammoniaque  jusqu'à  satura- 
tion complète.  Le  liquide  s'est,  fortement  troublé  en  brun  \ 
au  lieu  de  le  jeter  sur  un  filtre,  on  abouché  le  vase  et  on  a 
laissé  réagir  pendant  douze  heures ,  afin  d'obtenir  une  pré- 
cipitation parfaite.  Il  convient  d'agiter  continuellement 
pendant  les  premiers  momens  de  Tadditioa  de  l'hydrosul- 
îate,  pour  éviter  l'adhérence  des  sulfures  précipités,  sur 
les  parois  intérieures  du  vase,  d'où  on  les  détacherait 
difficilement;  par  la  même  raison,  je  n^ai  point  filtré , 
pour  séparer  ces  sulfures  du  liquide  :  le  tout  a  été  mis  dans 
une  capsule  ;  j'ai  laissé  reposer ,  j'ai  décanté  et  remplacé 
le  liqnîde  par  de  nouvelle  eau  légèrement  hydrosulfatée. 
En  renouvelant  plusieurs  fois  cette  eau ,  les  sulfures  ont 
été  parfaitement  lavés.  Après  leur  dessiccation ,  on  les  a 
transformés  en  oxides ,  au  moyt*n  d'une  forte  chaleur.  Ce 

!)rocédé  est  le  même  qu'a  employé  Berzelius  dans  î'ana- 
yse  du  manganèse  phosphaté  de  Limoges.        ^ 

Le  liquide  qui  a  donné  lieu  i  la  formation  des  sulfures 
et  celui  qui  a  servi  à  leur  lavage,  ont  été  réunis ,  saturés 
de  nouveau  par  l'acide  hydrochlorique  et  portés  à  l'ébuUi- 
tion  pour-  chasser  l'excès  d'hydrogène  sulfuré.  L'examen 
de  cette  dissolution  a  été  un  sujet  particulier  de  recher- 
ches ,  entreprises  dans  le  but  d  y  reconnaître  la  présence 
de  la  chaux  ou  autres  bases  salinables.  Mes  essais  sous  ce 


33o  BULLETIN    DES    TRAVAUX 

rupporl  ont  été  mfmctueux ,  je  n'aî  pu  y  découvrir  que 
des  iraces  légères  de  chaux. 

Avant  d'employer  ITiydrosulfate  d'ammoniaque,  poar 
obtenir  des  sulfures  qu'il  faut  ensuite  décomposer,  afia  de 
ïes  transformer  en  oxîdes ,  ce  qui  multiplie  les  opéralioas 
d'analyse,  je  m'étais  servi  d'ammoniaque.  J*eus  lieu  de  me 
convaincre ,  par  ce  dernier  procédé ,  que  cet  alcali  ne  pré- 
cipitait point  complètement  l'oxide  de  manganèse,  qui  a 
aussi  présenté  des  caractères  de  solubilité  avec  la  noix  de 
galles.  En  eôet,  la  dissolution  hydrochlovique  obtenue, 
en  traitant  le  minerai  par  cet  acide,  sursaturée  par  l'ammo- 
niaque ,  donne  un  précipité  abondant ,  blanc ,  légèrement 
jaunâtre,  qui  passe  rapidement,  par  l'effet  du  contact  de 
Faîr,  au  jaune  ei  successivement  au  brun.  Le  liquide  ; 
filtré,  continuel  se  troubler  pendant  long-tèraps,  à  me- 
sure qu'on  renouvelle  sa  filtration.  Ce  liquide,  encore 
clair,  étendu  avec  de  l'eau  de  chaux,  devient  un  peu 
brun,  loucbit  légèrement^  l'addition  d^un  excès  d'acide 
nitrique ,  sulfurique ,  hydrochlorîque  ,  l'éclaîrcît  aussitôt 
en  déterminant  la  séparation  de  flocons  rougeàtres ,  demi- 
transparens,  qui  disparaissent  promptement  par  l'addi- 
tion de  teîpturc  alcoholique  de  noix  de  galles ,  et  le  li- 
quide prend  une  teinte  verdàtre. 

Si ,  au  lieu  d'employer  l'ammoniaque ,  pn.  se  sert  de 
feoufi-carbonate  de  potasse,  ou  de  soude,  le  précipité  est 
blanc,  légèrement  nuancé  de  jaune  ^'.et  9olu£>l)e  eu  entier 
dans  un  excès  d'acide. 

<L9  dissolution  hydrochlorîque,  précipitée  par  l'ammio- 
pi^que ,  filtrée  et  étendue  de  plusieurs  fois  son  poids  d'eau 
Jietillee ,  mélangée  à  de  la  teinture  de  noix  de  galles ,  De 

rréseiite  point  d  abord  de  changeuient  sensible  ;  maïs  par 
action  successive  de  Tair,  on  voit  se  former  à  la  mrwe 
du  liquide  une  couche  brunàti^e  qui  gagne  insen&iMcwept 
toute  la  masse.  .  .  ; 

Les  effets  qu'a  pr^sei^és  U  noix  de  galles,  sur  cette  dis- 
solution hydrochlorique ,  précipitée  par  l'amnioniAqQé , 
proviennent  de  la  présence  d'o^d^  de  manganèse  non 

Êrécipité*,  car  le  ferrocyanate  de  potasse  fait  louchir  eu 
lanc  cette  même  diffscflvitîon  «orsa^pée  d'ammoniaque 


DE    LA    SOCIlilTÉ    DE    P&ARBfACIE.  33 1 

et  filtrée*,  caractère  d'indication  des  composés  mangané* 
aifires ,  traités  par  ce  réactif. 

Ces  phénomènes  se  sont  renouvelés  arec  des  dissolu- 
tioos  hydrochloriques  de  diverses  variétés  naturelles  de 
mangauèie;  d'où  il  faudrait  admettre  que  le  potoxide  de 
ce  métal  est  soluble  dans  Fammoniaque,  et  le  chasser  avec 
lessebe  oxides  métalliques,  reconnus  solubles  dans  cet 
alcali.  (Thenard,  a',  vol.,  p.  4^9-) 

Biea  convaincu ,  par  ces  expériences  ^  que  Fammonia-» 
que  ne  séparait  point  complètement  le  man^nèse  du  li- 
quide, j'employai  rhvdrosulfate  d'ammokliaque ,  afin  cFé- 
viter  que  le  précipité  ne  fût  plus  ou  moins  altéré  de 
eomposés  flooriques  qui  se  seraient  sans  doute  produits, 
en  employant  toute  autre  base  alcaline. 

Les  sulfures ,  transformés  en  oxides ,  ont  été  redissous 
au  moyen  de  Tacide  hydrochlorique ,  étendu  de  son  poids 
d'eau  distillée ,  et  pour  déterminer  la  proportion  de  cha- 
cno  des  oxides  de  fer  et  de  manganèse,  j  ai  suiti  exacte- 
ment le  procédé  indiqué  par  notre' célèbre  Yauquelin, 
dans  son  analyse  du  phosphate  de  fer  du  département  de 
la  Haute-Vienne.  {j1  anales  de  thimie^  octobre  i8»i5.) 

Tai  d'abord  précipité  ^ar  le  carbonate  de  potasse ,  ce 
qui  a  donné  3,  i  o  de  peroxide  de  (et. 

LeKquide,  filtré,  sursaturé ^en  excès  par  le  sous-car-^ 
benate  de  potasse,  a  fourni  un  précipité  de  carbonate  de 
manganèse,  représentunt  76,73  de  peroxide.  (La  propol»- 
Ct#&4oxigètie  dans  les  ditiKdrcn^  oxides  de  manganèse  a 
été  calcidée  d'après  la  composition  de  ces  oxides  publiée 
par  M.  Arfwedson.  ) 

La  proportion  diacide  fluorique  a  été  délermmëe  ainsi 
qu'il  soit  :  100  parties  de  manganèse  pulvérisé ,  réduit  en 
en  pàt6  '4»oll«-  par  l'aoîde  sulfoHque  j  ont  été  lentement 
chauffées  dans  un  matras,  surmonté  d'un  tube  recourbé, 
dont  Toiatre' extrémité  plongeait  dans  du  mercure,  occu- 
pant le  fond  d'une  longue  éprouvetle  \  sur  ce  'mercure  se 
trourait  une  coucbe  d'eau  displlée  de  plusiisors  pouces 
de  huoteur.  Dès  la  première  action  de  la  chaleur,  le  dé- 
gagement de  fluate  de  siUce  a  commencé ,  et  s'est  continué 
pendant  fort  long-temps.  On  vioyait  tia^r  dans  l'eau  des 

tiooons  de  milice.  Ce  dégagement  tennmé,  le  liquide  snr- 

w 


33a        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

nageaDt  le  mercure,  a  été  jeté  sur  un  filtre  et  recueilli 
dans  \\n  vase  d^argent;  le  dépôt  demeuré  dans  le  filtre  ^ 
été  parfaitement  lavé,  de  manière  à  enlever  complètement 
l'acide  fluorîque  encore  uni  à  la  silice  précipitée  par  Feau. 
Nous  avons  eu  ainsi  du  fluate  acide  ae  silice  en  dissolu- 
tion ,  dont  il  a  fallu  déterminer  la  proportion  d'acide  fluo- 
rique ,  au  moyen  de  la  précipitation.  Parmi  les  différentes 
bases  qui  forment  avec  ce  fluate  des  sels  doubles  insolu- 
bles, la  ba^te  a  été  choisie  de. préférence;  elle  a  été  em- 
ployée à  l'état  d'hydrochlorate. 

Après  avoir  ajouté  la  dissolution  d'hydrochloraté  de 
baryte  au  fluate  acide  d.e  silice  liquide,  nous  avons  tardé 
quelques  instans  à  voir  manifester  un  précipité  de  petits 
cristaux  grenus,  très-blatics ,  de  fluate  de  siUce  et  de  ba- 
ryte. .MM.  Gay*Lu6$ac  et  Thenard  ont  les  premiers  ob- 
servé la  lenteur  de  combinaison  de  Tacide  fluorique 
silice  et  de  la  baryte ,  pour  obtenir  un  fluate  double  in-^ 
soluble.  {  Recherches  phys*  et  chim.,  t.  2,  p.  aS.) 

Le  précipité  de  fluate  de  silice  et  de  baryte  a  pesé  3,!i4< 
Pour  en  déterminer  la  proportion  d'acide  fluorique ,  nous 
nous  baserons  sur  les  données  fournies  par  le  célèbre  chi-* 
miste  suédois.  Berzelius  (j^nnales  de  chimie ,  nov.  18^4, 
p.  295)  a  reconnu  que  ce  sel  double  est  un  composé  de 
6^,25  fluate  de  baryte;  37,75  acide  fluorique  silice. 

D'après  ce  même  savant  {p.  291),  l'acide' fluorique  si^ 
licé  est  composé  de  100  acide,  i44»^  silice;  et  dans  les 
fluates  regardés  comme  neutres  (sept.  i8d4^  P*  ^3),  100 
d'acide  saturent  une  quantité  de  base  dont  lozigénie  est 

égalà74>7a- 

La  baryte  est  formée  de.iod  baryum^  Hy^Gp  oxigène 
(Thenard,  2*.  vol.,  p.  3i8);donc,  100  acide  fluorique 
s'unissent  à  7i5,o5  baryte  dans  le  fluate  neutre  de  cette 
base. 
.    Mous  avons  obtenu  3,^4  ^^  fluate  de  silice  ei  de  baryte, 

3  ni  sera  composé  de  2,017  fluate  de  baryte,  et  i,!lt»3  acide 
uorique.  silice.  Ces  2,017  fluate  de  baryte  contiendront 
1,769  baryte,  et  0,249  acide  fluorique.  Dans  les  i,2a3 
acide  fluorique  silice ,  il  y  aura  o,5  d'acide;  o,7a3  de  si- 
lice. En  ajoutant  ces  deux  quantités  0,249  ^^  ^>^  ^  '^^^^ 
aurons  0,7499  ou  meux,  en  ayant  égard  aux  décimales 


DK   LA   S^liri    9E    PHAEHACIE.  333 

j^kégjtigées ,  0,75  pour  la  preportion  dWde  floorique  odii"> 
tenu  dans  100  parties  4u  mÎBerai  att«Iyt4* 

En  réunisaani  les  sommes  des  diverses  substances  qui 
ODt  été  suceessiyement  recommes  daas  ce  minerai,  il  ré- 
sulte que  sur  100  parties,  il  est  composé  de 

l'eroxide  manganèse 7^97^ 

de  fer '•  •  •       3,10 

Acide  fluorique 0,75 

Eau  •  •  •  ; ^'99 

Chaux ,  faible  trace 

Matière  siliceuse 17*8^ 

101,43 
Ce  résultat  d^analyse  est  pins  fort  que  ce  quHl  aurait 
fallu  obtenir»  Cest  dans  lasuroxidation  du  fer  et  d'une 
partie  du  manganèse ,  opérée  par  les  opérations  d'analyse, 
qu^il  faudra  rechercher  la  cause  de  cette  anomalie  ap- 
parente. 

L'hydrate  d'oxide  noir  de  manganèse ,  Mn  +  Aq ,  con- 
tient 10  pour  cent  d'eau  (cet  hydrate  accompagne  qnel«- 
quefois  les  minerais  de  ce  métal);  par  coiis^pient  lea 
a,99  d^eau  fournie  par  les  100  parties  de  manganèse  ana- 
lysé ,  donneront  en  se  combinant  avec  27  d^oxide  noir, 
00  d^ydrate.  Actuellement,  si  on  retranche  de  76,78  du 

peroxide  M  Mn ,  ces  27  de  deutoxide ,  plus  1,91  d'oxigène  , 
nécessaires  pour  les  transformer  en  pei*oxide,  il  resta 
•eulement  ijfi%  de  ce  dernier  oxide*  Cette  compout»«i 
reçoit  encore  plus  de  probabilité ,  en  considérant  la  perte 
de  poids  de  4,96  qu'ont  éprouvée  100  parties  de  manga- 
nèse ,  préalablement  chauné  au-dessous  du  rouge  som- 
bre pour  en  Tolatiliser  Teau  combinée ,  et  ensuite  chauffé 
au  rouge  blanc.  Or,  le  peroxide  à  cette  dernière  tem- 
pérature donne  de  10  à  11  pour  cent  d'oxigène. 


qu'exeree  le  manganèse  en  masse  sur  Tatguille  ai- 
mantée ;  d'où  il  faut  nécessairement  conclure  que  le  fer 
n'est  point  dans  ce  minerai  à  l'état  de  peroxide,  mais  à 
l'état  de  deutoxide.  Ainsi,  en  retranchant  de  3, 10  per- 
oxide de  fer,  la  proportiim  d'oxigène  en  excès  au  deu- 
XII*.  Armée.  "^Juin  i8a6.  ^4 


334  •       BULLETIN    DES  TRAVAUX 

tôxide,  il  reste  3.  Nous  admettons,  diaprés  M.  Gay-Lni-* 
sac ,  que  loo  fer    s'unissent  k   87,8    oicigëne  dans   le 
dentôxîde^  et  a  4^93i  dans  le  peroxide  de  ce  métal. 
'  Ces  diverses  observations  contribueront  à  faire  regar- 
der comme  pitis  réelle  la  composition  suivante.         \ 

Eau.   .  .  ;  .     2,99!    ^,    j^^^^^,^^ji^ 
Oxide  nonr  .  37,01  J         «^ 

noir  de  manganèse 3o 

Peroxide  de  manganèse 47>8ix 

Deutoxide  de  fer.  . .  i 

Acide  fluorique 0,76 

Chaux,  inappréciée 

Matière  siliceuse* i?)^^ 

,       Perle o,58 

100,4^ 

Cette  analyse  d'une  substance  d'origine  inconnue, 
pourra,  néanmoins,  fournir  deux  conséquences  princi- 
pales :  '  La  première ,  de  présenter  ce  résultat  nouveau 
d'une  combinaison  naturelle  d'acide  fluorique  avec  le 
manganèse  ou  le  fer  et  la  silice  (i):  jusqu'à  présent  les 


(1)  MM«  Laagier  et  Pelletier,  dans  le  rapport  firorable  qu'ils  ont  la  à 
la  Société  de  pharmacie ,  sur  le  trayail  intéressant  dç  M.  Bonis ,  ont  fait 
observer  que  la  combinaison  naturelle  présumëe^par  Fauteur  existante 
ontre  Pacide  fluorique  et  le  manganèse ,  ou  le  fer  et  la  silice ,  aurait 
besoin  d'être  ddmontrëe  plus  rigoureusement  à  cause  des  quantités 
d'oxides  qui  ne  paraissent  pas  s'jr  trouver  en  proportions  relatires, 
et  trop  considérables  par  rapport  à  celle  de  l'acide ,  dont  la  perte  méoie 
fo.umie  par  l'anal jie  n'a  dd  être  qu«  très-petite. 

.  Nous  ferons  remarquer  à  notre  tour  qu'en  considérant  l'acidjB  fluo- 
rique 0,75  comme  combiné  seulement  avec  le  fer  à  l'état  de  protoxide , 
on  a  nn  résultat  qui  paratt  assez  se  rapprocher  de  la  vérité  j  la  silice 
obtenue  avec  l'acide  fluorique  provenait  sans  doute  de  ce  que  cet  acide 
mis  à  nu,'se  trouvant  en  contact  avec  la  gangue  siKceuse,  aurait  produit 
du  gaz  flaorique  silicéu 

En  regardant  donc  les  3,1  de  peroxide  de/er  comme  primitivement 
i  l'état  de  protoxide ,  on  aura  protoxide  2,78 ,  contenant  oxigène  0,60.  Or 
comme  dans  les  fluates  neutres  la  quantité  d'acide  est  à  celle  de  l'oxi- 
gène  de  Toxide  comme  100  esté  74,7^,  on  a  pour  la  composition  du 
fluate  de  fer,  acide*  a3,9 ,  base  70,1  ,  on  acide  fluorique  0,75  et  protoxide 
de  fer  3,4^  qui  représente  oxigène  o,53  j  nombre  peu  éloigné  de  celui 


DB    L4   SOCIÉTÉ    DE    PnArHMAGIE.         335, 

tnalyses  publiées  ont  senlement  signalé  cet  Acide ,  uni  à  la 
silice.  La  cbanxy  le  cérium,  Vyttria ,  rralnmine  ou  la 
soude;  la  seconde,  de  démontrer  de  plus  en  plus ,  comme 
le  soupçonna  Haûy  par  Finspection  des  caractères  minera-. 
logMfues,  et  le  prouva  ensuite  .M.  Arfwedson,  par  son 
analyse  du  manganèse  d^Undenées ,  crayon  trouve  quelque- 
fois, pamii  les  minerais  de  ce  métal,  des  oxides  à  difTé- 
rens  degrés  d'oxidation,  ce  qui  fait  varier  leur  valeur 
commerciale. 

Cette  dernière  observation  doit  servir  à  engager  les  fa- 
bricans  de  chlore  et  de  chlorures  alcalins ,  d'un  emploi  si 
multiplié  dans  les  arts  de  blanchiment  et  dans  un  nombre 
de  cas  de  salubrité  publique,  k  s'assurer  par  expérience 
de  la  proportion  de  chlore  quHls  peuvent  obtenir,  au 
moyen  d*une  quantité  donnée  d'oxiae  naturel  de  manga- 
nèse ,  de  composition  ignorée. 

M.  Gay-Lussac  ayant  donné  (^u^nnales  de  cAîmû?,  juin 
i8a4)  ^^  moyen  d'épreuve  des  oxides  de  manganèse ,  c'est 
le  travail  même  de  cet  illustre  professeur,  qu'il  faudra 
consulter  pour  bien  connaître  ]es  procédés  qu'il  propose. 
n  peut  arriver,  cependant,  qu'on  n'ait  point  à  sa  dîsposi-« 
tioa  les  appareils  et  la  dissolution  d'indigo  qui  composent 
le  mode  d'essai  chlorométrique;  on  pourra  alors  parve- 
nir â  apprécier  approximativement  la  valeur  d'an  oxide- 
naturel  de  manganèse  ,,en  employant  l'action  de  la  cha- 
leur, dirigée  de  manière  à  dégager  toute  l'eau  que  contient 
le  minerai ,  apprécier  cette  perte  de  poids ,  et  puis  ,  par 
une  haute  température,  dégager  roxigène,.dont  le  poidf 
fournira  la  proportion  de  peroxide. 

Cette  évaluation  s'obtient  assez  facilement,  en  se  servant 
de  deux  creusets  qui  reçoivent  une  égale  quantité  de  man- 

iodiqué  ci-desiut.  De  plas  la  propriété  léf^éremeot  magnëtiqae  reconoue  ^ 
aa  minerai  analyse  indiquerait  peut-être  une  petite  quantité  d^oxide  de 
fer  non  combiné.  Cette  manière  d^eavisager  la  composition  du  minerai 
ferait  penser  d^une  autre  part  que  les  deux  oxides  de  manganèse  sont  unie 
entre  eux ,  de  manière  à  ce  que  Tun  joue  le  rôle  électro-négatif  par  rap- 
port à  Tantre, comme  les  aateurs  du  rapport  semblent  le  présumer.  Enfin 
on  a  pu  éprouver  quelque  perte  diacide  dans  l'opération  ,  ce  qui  rap- 
procherait encore  plus  de  rbjrpolbèse  où  les  3,78  d^oxide  de  fi*r  seraiei^ 
presque  entièrement.  0  Tétat  de  fluate^  0.  11.  . 


>. 


336  BtJlLKTIIt    DES   THAVAI^X 

ganèse  à  essayer .  On  les  chauffa  gradaeUetnënt  par  le  même 
feu  ;  dès  que  l'un  des  creusets  commence  à  rougir,  on  ie 
retire  du  fourneau ,  et  on  détermine  la  perte  de  poids  q^'« 
éprouvée  la  matière  qu*il  renferme.  On  augmente  alors  Fin- 
tensité  de  la  chaleur  sur  le  creuset  demeuré  di^ns  le  fbur^ 
neau,  jusqu^à  le  porter  au  rouge  blanc.  On  laisse  refroi- 
dir, on  pèse,  et  la  diminution  de  poids  quV  éprouvée  le 
manganèse  qu^il  contient,  moins  celle  de  rhumidité  ai-- 
gnalée  en  premier  lieu ,  donne  bien  approximativement  s» 
proportion  de  peroxîde. 

Dans  ce  mode  d'essai ,  il  y  a  deux  canses  principale» 
d^erreur  à  éviter  :  la  première ,  de  ne  point  chauffer  trop 
fortement  Toxide  qui  doit  servir  à  faire  connaître  la  quan- 
tité d'eau  :  car,  d'après  M.  Berthier ,  «  le  peroxide  aban- 
3'  donne* déjà  dé  Foxigètae  à  la  chaleur  rouge  sombre,  et 
»  lorsqu'on  le  tient  exposé  &  cette  température,  pendant 
1^  un  temps  suffisant ,  il  finit  par  se  transformer  en  totalité 
n  en  deutoxide.  »  (^Annales  m  chimie^  juin  i8ad ,  p.  189.) 
La  seconde  cause  d'erreur,  c'est  la  présence  de  canxmates 
dans  le  minerai ,  dont  l'acide  serait  aussi  dégagé  par  l'ac- 
tion de  la  chaleur,  et  altérerait  les  résultats.  Les  car- 
bonates sont  facilement  reconnus  à  l'effervescence  que 
déterminent  les  acides.  Leur  existence  constatée ,  on  prend! 
un  poids  donné  de  manganèse  pulvérisé,  on  lave  à  plu- 
sieurs reprises  avec  de  l'acide  nitrique  ou  hjdrochloriqne 
affaibli,  qui  ne  dissolve  point  sensiblement  les  oxides 
de  ce  minerai  \  on  fait  bien  dessécher,  on  apprécie  la  di- 
mioution  de  poids ,  et  on  calcine  ensuite  fortement  pour 
connaître  la  proportion  d'oxigène  abandonné  par  le  per- 
oxide. 

Le  pergxide  pur  laisse  dégager  o,ta  d'oxigène  à  une 
haute  temoératnre  (Berthier,  Anncàes  de  chimie^  août 
i83d,  p.  o4S);  et  en  adoptant  les  données  fournies  par 
M.  Gay-Lussac  (u^/ina/e.v,juîn  i8a4,  p.  168),  5  gr.  6078 
peroxide  pur  peuvent  produire  4  gram.  4^65  chlore,  oa 
1  lit.  3963  à  o-,  pression  o  met.  76;  ce  qui  fait  pour  100 
gram.  de  peroxide ,  79  gram.  643  chlore,  ou  a5  lit.  iaa6. 

Connaissant  donc  la  proportion  d'oxigène  abandonné 
par  un  oxide  fortement  chauffé ,  on  calculera  facilement 
la  proportion  de  chlore,  en  poids  on  en  volume ,  qu'on  se 


DE    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  337 

ptocurera  avec  cet  onîde.  Suppotons  que  loo  gram.  d'une 
▼ariété  naturelle  de  manganèse  aient  perdu  6  d*oxigène , 
ces  loo  gràm.  contiendront  5o  de  peroxide  pui*,  et  on  éta- 
blira la  proportion, 

100:79,645  ::  5o  ::r  =  39gram.  8a!5  =  ialit.  SôiSde 

chlore  à  o^  pression  o  met.  76. 
Cet  oxide  renfermant  seulement  5o  de  peroxide  pur, 
sera  pour  le  fabricant  d'une  valeur  moîlîë  moindre  qu'un 
ôxide  naturel  parfaitement  pur,  ou  entièrement  composé 
de  peroxide. 

OBSERVATIONS 

Hehuipes  à  Texisîence  tfun  nom^cau  carbonate  de  potasse 

annoncé  par  Af.  P.  Peretti  ; 

Par  MM.  Plahchb  et  Lecanu  fils. 

Dans  une  des  dernières  séances ,  où  j'ai  eu  l'honneur 
de  rendre  compte  à  la  Société,  conjointement  avec 
M.  Planche,  de  deux  mémoires  qui  lui  avaient  été  adres- 
sés par  M.  le  professeur  Peretli ,  nous  avions  cru  devoir 
proposer  d'ajourner  la  publication  d'un  de  ces  mémoires, 
relatif  h  Texistence  d'un  nouveau  carbonate  de  potasse  ^ 
jusqu'à  ce  que  l'auteur  eût  cité  quelques  expériences  à 
Yappuî  du  fait  intéressant  qu'il  annonçait.  Nous  pensions 
être  d'autant  plus  fondés  à  proposer  cet  ajournement ,  que 
le  mémoire  ae  M.  Peretli  renfermait  plusieurs  énoncés 
assez  diflBciles  à  concilier  :  tel  était,  par  exemple ,  celui  du 
nouveau  carbonate  '  qu'il  prétend  être  décomposé  par  la 
chaleur  dans  le  nitre  fixé ,  et  le  sel  de  tartr^eque  chacun 
sait  n'être  obtenu  qu'à  l'aide  d'une  température  très-lfle-> 
vée.  Cependant ,  comme  M.  Pelletier,  en  demandant  rirncr 
sertîon  du  mémoire  de  M.  Peretli  dans  le  recueil  des  tra- 
vaux de  la  Société ,  a  manifesté  le  regret  de  n  avoir  pas  vu 
vos  commissaires  tenter  quelques  essais  au  sujet  du  travail 

Iu'ils  étaient  chargés  d  examiner,  nous  avons  cru ,  par 
éférence  pour  ses  observations,  devoir  entreprendre  les 
expériences  que  nous  avions  d'abord  pensé  devoir  être 
laissées  à  l'aulenr  même  dé  ce  mémoire. 


le-^ 


333  BULLETIN    DES    THATAUX 

Ne  pouvant  opérer  d'après  les  donoëes  de  M.  Peretti  , 
puisqu'il  n^entre  dans  aucun  détail  relativement  au  pro- 
cédé qu'il  a  suivi  pour  obtenir  le  carbonate  cristallisé  de 
potasse,  indiqué  d'abord  par  M.  Fabroni  d'Arezzo,  noos 
avons  suivi  le  procédé  décrit  par  ce  dernier  chimiste , 
tome  35  des  u4nnales  de  cltimie  et  de  pliyiique.  Ce  procédé 
consiste  o  traiter  par  l'eau  la  pousse  de  Toscane ,  à  éra- 
porer  la  liqueur  jusqu'à  ce  qu'elle  marque  encore  tiède  53* 
de  l'aréomètre  de  Baume,  à  laisser  refroidir  pour  séparer 
les  sels  étrangers,  à  pousser  de  nouveau  l'évaporation  an 
delà  de  55°;  eofïii  A  laisser  refroidir  une  seconde  fois  le 
carbonate  cristallisé  par  le  refroidissement. 

Par  ce  moyen ,  nous  avons  obtenu  une  grande  quantité 
de  cristaux ,  pour  la  plupart  sans  formé  déterminable  , 
que  nous  avons  lavés  a  deux  reprises  avec  de  l'eau  saturée 
du  même  sel ,  afin  d'enlever  seulement  les  portions  de 
sous-carbonate,  que  nous  devions  supposer  y  être  mélan- 
gées, puis  une  dernière  fois  avec  de  l'eau  pure.  Ces  cri- 
staux ont  été  redîssous  à  chaud  dRUS  une  très-petite  quan- 
tité d'eau  distillée ,  et  par  le  refroidissement  se  sont  pré- 
cipités en  grande  partie  sous  forme  de  prismes  à  quatre 
pans,  termines  par  un  sommet  dièdre  très-nigu.  Ils  aui- 
r.iieut  l'humidité  de  l'air,  et  tombaient  rapidement  eu  dé- 
liquescence. 

Leur  dissolution  avait  une  odeur  et  une  saveur  alcaline 
fortement  prononcée.  Elle  précipitait  abondamment  le  sul- 
fate de  magnésie,  et  la  liqueur  filtrée  ne  se  troublait  pas 
par  la  chaleur,  d'où  il  suit  qu'elle  ne  contonnit  pas  de  bi- 
>inme  d'ailleurs  elle  formait  avec  les  ni- 
et  d'argent  des  précipités  de  carbonates 
sida  dans  l'acide  nitrique  faible,  il  était 
sels  étranfiers  (sulfates  et  muriaies  )  s'é- 
eu  totalité  lors  du  premier  refroidissement 

Une  partie  de  ces  cristaux  a  été  desséchée  à  une  très- 
douce  chaleur,  et  essayée  comparatiTcmenl  avec  du  sous- 
«arbonaie  de  potasse  pur,  obtenu  en  décomposant  par  la 
chaleur  le  bi-carbonatc  cristallisé.  L'on  avait  eu  soin  de 
redissoudre  dans  l'eau  le  résidu  de  la  calcinatiou,  d'éva- 
porer la  liqueur,  et  de  dessécher  le  sel  qu'elle  contenait 


DB    LA   SOCIÉTÉ    DB    PHARMACIE.         33g 

congointement  avec  Je  carbonate  à  essayer,  afin  d^obtenîr 
un  degré  de  dessiccation  uniforme.  Le  volume  d'acide  car* 
bonique  dégagé  par  Fadde  hydrochloriqne ,  tontes  cir- 
constances égaies,  a  été  le  même  avec  le  sous-carbonate 
cristallisé. 

Par  conséquent,  la  quantité  d'acide  carbonique  était  la 
même  dans  Tun  et  dans  l'autre  ;  on  ne  peut  attribuer  cet 
effet  k  ce  que  le  carbonate  essayé  renfermait  une  certaine 
quantité  de  sous-carbonate ,  car  dans  ce  cas  même ,  le  vo- 
•  Inme  d'acide  carbonique  dégagé  n'aurait  pu  être  exacte- 
ment semblable  à  celui  que  fiDumissait  le  sous-carbonate 
pur. 

Nous  croyons  pouvoir  conclure  de  ces  résultats  : 
I*.  Que  le  carbonate  de  potasse  obtenu  par  M.  Fabroni 
de  la  potasse  de  Toscane ,  est ,  comme  il  1  annonce,  iden- 
tique au  sous-carbonate  ordinaire  ; 

2^.  Que  M.  Peretti  ayant  reconnu  l'identité  du  carbo- 
nate cristallisé  de  M.  Fabroni ,  et  de  ceux  qu'il  a  retirés 
de  plusieurs  potasses  du  commerce ,  du  nitre  fixé  et  du  sel 
de  tartre ,  on  ne  saurait ,  sans  preuves  ultérieures ,  admet- 
tre dans  ces  substances  l'existence  d'un  carbonate  différent 
de  celui  qu'on  y  a  reconnu  ; 

3**.  Que  le  sous-carbonate  de  potasse  peut  être  obtenu 
cristallisé ,  comme  plusieurs  cbimistes ,  entre  autres  Kla- 
protb  et  Wolf ,  l'avaient  déjà  annoncé. 

NOTE 

Déposée  à  la  Société  de  Phamutêi^         fi 

Par  M.  Paye».  ^    , 

Lorsque  M.  Julia  nous  a  présenté  le  moyen  chloromé- 
trique  de  M.  Labillardière,  j'ai  pensé  avec  tous  les  mem« 
bres  présens  de  la  Société  de  chimie  médicale ,  que  cette 
communication  était  faite  au  nom  et  de  la  part  même  de 
l'auteur,  et  plus  d'un  mois  s'étant  écoulé  sans  qu'il  fit  au- 
cune réclamation  ,  j'étais  pleinement  autorisé  à  le  croire. 


340     BULLETIN  DEa  TRAVAUX^  ETC. 

Or,  en  répétant  les  expériences  »  j*ai  constaté  que  Wvë-» 
sultats  étaient  yariables  avec  les  proportions  d'alcali ,  et 
que  la  présence  d'un  acide  dans  le  chlore  donnait  un  titre 
illusoire.  Le  nouveau  procédé,  tel  qu'on  Fannonçait,  ne 
pouvait  donc  évidemment  être  applicable  à  la  fois  an  cUo- 
rure  de  chaux  et  aux  chlorures  de  soude,  de  potasse,  et  au 
chlore  des  fabriques  ;  j'fii  dû  le  dire  dans  l'intérêt  de  nos 
lecteurs  :  et  en  effet ,  cette  discussion  aui'a  complètement 
tourné  à  leur  profit ,  puisque  les  développemens  pontés 
par  M.  Houtou-Labillardière  ont  seuls  fait  connaître  id 
un  moyen  chlorométrique  de  plus.  Toutefois,  relative* 
ment  au  chlore  et  aux  chlorures  de  soude  et  de"  potasse 
des  fabriques,  ce  procédé  me  semble  trop  (compliqué  pour 
répondre  au  vœu  du  commerce ,  si  l'on  veut  en  obtenir 
des  résultats  exacts. 

Le  fait  que  j'ai  annoncé  de  la  décoloration  par  l'acide 
sulfureux  de  l'amidon  bleui  est  vrai ,  mais  cet  acide  ne 
peut  exister  en  contact  avec  le  chlore  que  dans  le  cas  où 
l'un  et  l'autre  sont  anhydres ,  ce  qui  n'était  pas  dans  l'ap- 
plication que  j'en  ai  faite  par  inadvertance. 

Quant  à  l'utilité  dont  pourrait  être*  la  solution  du  sd 
marin ,  dans  la  liqueur  dMpreuve ,  aucun  des  chimistes 
auxquels  j'ai  eu  l'occasion  d'en  parler^  et  bien  d*autres 
sans  doute,  ne  s'en  étaiept  pas  douté  avant  Feiq^ilicatioii 
donnée  par  M.  Houton-Labillardière. 


■( 


^    ■    -« 


»  * 


n     i 


■  I  !     \    li 


PARIS.  —IMPRIMERIE  DE  FAIN ,  RUE  RACINE,  W.  4, 

FLACB   OB   L'opiOH. 


JOURNAL 

DE    PHARMACIE 


ET 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 


atrrr.  • 


N^VII.  —  12^.  Année.  —  Juillet  1826. 


EXAMEN  CRITIQUJE 

D'une  ntmvelle  analyse  de   Veaii  dtEnghien\  faite  par 
M,  Lofjgchamp.y  en  réponse  à  ce  chiniùle  :    - 

Par  V,  }\^f%x  jfils  »  phfU'mi^eii ,  sous- chef  à  la  Pharmacie  centrale  ^  er 
membre  adioiot  de  TAcademie  royale  de  médecine.  ^^ 

M*Loii|peliiitnp,  connu  par  plusieurs  travaux  iotéressans^. 
▼ûntctepubUev  depuis. peu  une  bioehure  ayant  pour  titre  : 
Anafyse  dû  F  eau  sulfureuse  cCEnghiea  faite  par  ordre  du 
S^uçefnement.  Ce  petit  ouvrage,  que  pourrait  recomman-. 
derlenom  de  Tauteur,  renferme,  outre  1  analyse  indi- 
<{aëeci^essus,  des  considérations  géologiqiies  curieuses*  Il 
<loEme  aussi  un  précis  sommaire  des  travaux  entrepris  ja- 
^  G^r  fîeite'  eau  sulfurôuse  (  tfro  du  mémoire  (le  Four- 
^y)>  et  principalement  de  la  belle  analyse  qu'ep  fire^nt 
"y  a  plus  de  trente  ans  Fourcroy,  Delaporte  et  M.  Vau- 
T^eliû  ;  analyse  qu'aucune  autre  ne  pouvait  jamais  faire 
oublier. 

Noire  but  n'étant  pas  de  donner  un  extrait  de  la  bro- 
XIP.  ^nnée.  --r  Juillet  i8a6.  a5 


34^  JOURNAL 

chure  publia  par  M.  llongchainp,!iiQa8  y  reiiTerroiis  nos 
lecteurs.  Il  noas  importe  seulement  de  répondre  à  la  cri* 
tique  amère  que  M.  Longchamp  a  faite  de  deux  analyses 
des  eaux  sulfureuses  d'Enghien  (source  Cotte  dite  du  Roi , 
et  source  de  la  Pêcherie  )  que  j'ai  publiées  dans  le  Jour- 
na^de  Pharmacie,  tome XI,  page  loo,  année  iSaS. 

En  présentant  ces  observations ,  je  suis  persuadé  qu^a- 
près  avoir  lu  Ta  ttaque  peu  modérée  de  M.  Longchamp  dont 
les  termes,  souvent  très-inconvenans ,  rappellent  peu 
Ttirbanité  que  Ton  se  doit  réciproquement,  le  lecteur  ne 
saurait  me  blâmer  dWoir  tenté  de  réfuter  des  faits  inexacts 
et  rectifié  les  graves  erreurs  qu'il  a  voulu  me  prêter. 

M.  Longchamp  se  demanderait-il  encore,  si  c  est  faire 
'la  critique  de  mes  travaux  que  d'en  publier  les  résultats?  A 
coup  sûr ,  je  suis  loin  d  avoir  la  prétention  de  me  regar- 
der comme  infaillible  ]  mais  je  ne  saurais  admettre  cette 
plaisanterie  pour  une  juste  et  sévère  critique  de  mes  essais. 
J'ajouterai  que  si  M.  Longchamp,  en  contrôlant  mes  procé^ 
dés  et  mes  expériences ,  eût  employé  les  termes  reçus  par  la 
modération  et  la  convenance,  j'aurais  pu  quelquefois  con- 
sidérer ses  avis  comme  ceux  d'un  juge  éclairé  et  sage , 
et  j'aurais  alors  tâché  d'en  profiter  ;  maié  le  ton  de  sa  cri- 
tique, ainsi  que  j'en  donnerai  quelques  preuves,  est  peu 
fait  pour  convaincre,  car  il  est  sorti  à  la  fois  des  bornes 
généralement  adoptées  par  l'usage  ,  et  de  plus  ses  preuves 
sont  trop  inexactes  pour  détruire  ce  que  j'ai  avancé:. on' 
en  jugera  plus  loin. 

Je  vais  toutefois ,  avant  d'entrer  en  matière ,  donner  le 
tableau'  des  diverses  analyses  entreprises  sur  l'eau  sulfii- 
rease  d'Enghien ,  ainsi  que  l'a  fait  M.  Longchamp  dans  sa 
brochure. 


j 


34a  iîs. 


RÉSULTAT 


SUBSTANCES  TROUVÉES 

DAKS 
L*EAU  D'ENGHKEir. 


i  Azote 
Acide  hjrdrosulfufi- 
c|ue  libre 
Acide  carbonique.  . 


fde  chaaz  . 
de 


Hydrotalfate8<  de  magnésie 
\jàe  potasse.  . 

{de  sonde  .  . 
de  magnésie, 
dépotasse.  .1 


gène    sulfuré 


o,o4B!ia  et  i8a3,  à 
o,a#>lisseinent  des 

lOCOUp   de  COQ- 

»,»fe  qui  ont  pro- 
»,»4^  de  sulfate  de 


Sulfates 


fde 
.  •  .  .  <  de 
Ide 


de  magnésie 
chaux.  . 
potasse.  . 


fde  chaaz  .  • 
|S.-Carl>onates<  dç'magnésie. 
^defer 


•  •  •  • 


'Silice 


bus-carlbonates 

»°ldoit  être  cour 

f^i  eau  ;  aussi  les 

grandes  dans 

e  carbonique 

tse  bien ,  puis- 

inëe. 

de^  sous-car- 
qne  Tanal^^se 


0,0 

o 


0,0 

0,3 


Alumine*  • • 

^Uatière  végéto-animale. 


o,a 

0,0 

destJ 


»,»l 


dett 


'drogènè  aul- 
»it  en  combi- 

le  chaux  très- 
ites  en  maçon- 
dans  réU- 


Hyd«)|f  q«Ç  M.  Long- 

fnrépte  opération, 

*«>"*p*a  pu  obtenir 

Aussi  trouTe- 

par  le  calcul. 

tout  :  hydro- 

5i5. 


(i)  Je  rapporte  ici  les  résultats  del^®  M.  Frem^, 
qui  se  trouvent  dans  le  même  cahiei»  •  les  produits 
sont  bien  diflférens  de  ceux  présenter  "*  "-  Fremy, 
pag*  69 ,  M.  Longchamp  n'a  pas  vouf 


DE     PHABMACIE.  343 

On  peut  facilement  reconnaître,  en  jetant  les  yçux  sur 
ce  tableau ,  la  diJOTérence  qui  existe  entre  celle  dé  M.  Long- 
champ  ,  et  les  autres  analyses ,  parmi  lesquelles  se  trouve 
celle  de  Fourcroy  et  de  M.  Yauquelin,  dont  les  principe! 
minéralisateurs  toutefois  sont  à  *très-peu  près  les  mêmes 
que  ceux  présentés  par  M.  Fremy  et  par  moi. 

Pour  procéder  avec  méthode ,  je  vais  examiner  chaque 
substance  trouvée  par  nos  moyens  analytiques  et  par  ceux 
de  M.  Longchamp,  en  suivant  Tordre  qu'elles  occupent 
dans  le  tableau  \  j'indiquerai  ensuite  les  pages  du  mémoire 
où  sont  signalées  nos  erreurs,  et  je  citerai^  lorsqu'il  le  fau- 
dra y  les  phrases  qui  pourront  mieux  donner  à  nos  lec- 
teurs une  idée  de  l'urbanité  qui  accompagne  oettecritique , 
cl  de  la  justesse  des  observations  qui  s'y  trouvent.  . 

Détermination  de  V acide  hjrdro^sulfurique. 

Cet  acide,  qui  existe  à  la  fois  libre  et  à  l'état  de  combi- 
naison, est  celui  sur  lequel  nous  devons  principalement 
insister ,   parce  qu'il  est  le  plus  important  des  principes  ^ 
minéralisateurs  de  l'eau  d'Enghien. 

Qu'il  me  soit  permis  de  rappeler  en  peu  de  mots,  les 
moyens  que  j'ai  mis  en  usage  pour  évaluer  cet  acide. 

J'ai  fait  chauffer  des  quantités  connues  d'eau  d'Enghien 
et  j'ai  reçu  le  produit  dans  des  dissolutions  très-acides  de 
plomb  y  d'argent  et  quelquefois  de  cuivre  ;  souvent  après 
une  ébullilion  prolongée  l'eau  contenait  encore  de  l'acide 
hydro-sulfurique  ,  j'y  ajoutais  alors  un  peu  de  nitrate 
d'argent  et  je  recueillais  le  sulfure  lavé  préalablement  par 
l'ammoniaque.  Le  soufre  que  donnait  par  le  calcul  la 
compqsition  de  ce  produit  était  ajouté  à  celui  obtenu  de 
même  du  sulfure  de  plomb  formé.  Ou  bien  j'ai  versé  dans 
l'eau  une  dissolution  de  nitrate  d'argent,  ayant  soin  de  la- 
ver avec  l'amteoniaque  le' sulfure  qui  se  formait.  Ce  pro- 
cédé, peu  s!ijet  à  Tendeur,  m'a  donné  constamment,  ainsi 

35.       , 


I 

^44  JOURNAL 

que  les  attires ,  un  poids  de  sulfure  correspondant  à  o,o64 
diacide  hydro-sulfurique  (r).  Je  vais  indiquer  tout  î 
rhéurë  lés  raisbiis  qui  ont  fourni  k  d'autres  chimistes  des 
quantités  moindres  d'hydrogène  sulfuré.  IVIais  je  ne  sache 
pas  avoir  dit  dans  aucun  deis  deut  mémoires  que  j'avais 
estimé  cet  acide  en  versant  dans-Teau  une  dissolution  très- 
acide  d'acétate  dé  plomb ,  car  je  savais  comme  M.  Long- 
champ  l'action  qu'exerceraient  snr  elle  les  sels  contenus 
dans  l'eau  minérale. 

Ayant  obtenu  dans  le  résidu  de  l'opération  une  quan- 
tité dliypotulfites  bien  appréciable ,  et  ayant  de  plus  con- 
staté qu'ils  n'existaient  pas  primitivement  dans  l'eau  (voyez 
Journal  de  Pharmacie ,  tome  IX,  page  49^)  J^  dus  conce- 
voir qu'ils  étaient  à  l'état  cThydrosulfate  avant  leur  décom- 
position* Je  tentai  de  profiter  de  la  propriété  que  pos- 
sèdent les  sels  de  manganèse  et  de  fer  protoxidés  de  ne 
pas  agir  sur  l'acide  hydrosulfurique  libre,   afin   de   sé- 
parer à  l'aide  de  la  distillation  celui  non  Combiné  et  d'en 
déduire  eâsûite  le  poids  de  la  quantké  totale  trouvée  ci- 
dessus  ,  dans  Urté  q^ntité  égale  d'eait ,  pour  connaître 
la  proportion  de  l'acide  à  l'état  d'hydrosulfkte.  Ce  pro- 
cédé, qm  est  très-exact  quand  l'eau  rte  renferme  point 
de  carbonate  calcaire  ou  màgnésieri ,  est  sujet  id  k  une 
erreur,  comme  l'a  prouvé  depuis  M.  Vauquelin  (Journal 
de  Pharmacie,  lome  XI ,  page  iîi4)-  Cependant  avec  le 
sel  de  magnésie  la  réaction  s'opère  plus  difficilement  et 
donne  assez  constamment  une  approximation  peu  éloi- 
^é<e  de  la  vérité,  lorsque  la  quantité  de  carbonate  cal- 
eaife  n'est  pas  tràs-ct)tis.ïdérable.  Aussi  je  pense  que  dans 

(i)  Je  ii*avai«  pat  pour  hut  de  dégager  seulement  dâ  Faoid^  bydfdtol- 
furiqué  libre  par  TacUon  4^  la  ci^^leur,  maU  la  toUUtc  du  gfii»  tMh^Dt 
combien  les  bydrosulfates  sont  faciles  n  décoroposer,  surtout  ceux  de 
magnésie  et  de  chaux.  Si  j^ai  chaufle  au  bain  marie,  c^est  que  je  pensais 
qu'ils  étaient  peu  décomposables  à  cette  température,  ignorant  alors 
Taotion  de  Tacid^  Qorhooiqt^e  sur  eux.  .  ^ 


DE    PHAAMAGIE.  34-5 

une  foule  de  circonstances  il  peat  iroQver  son  applioa- 
Uon  (!»). 

J^aî  profité^  dans  lana)  jse  de  Teau  de  1»  péçh^rié^  4e  plu-** 
rieurs  tJbsenrations  qui  ra  avàîepjt  été  faites  aMpar^vant»  ;et 
c  est  k  Taide  de  la  saturation  des  base^  que  je  suis  parveml 
a  ealculer  an  moin$  i  très-peu  près  h  quantité  d'Jbydrogèiie 
aulfuré  libre,  et  celle  en.oombi^aiaon,  quantité  de  poUveam 
presque  la  même  que  celle  obunne  ciideisKis. 

Je  passe  mainteiiant  auji  ptôeédés  indiques  par  M;  Loi^ 
champ ,  et  présentés  par  ce  chimiste  comme  étant  de  la  plus 
parfmUe  exactitude* 

'  Cetf  à  Téide  du  sulfate  Hcidule  de  cuivre  veraë  dans 

l'eau  qu'il  précipite  tout  l'acide  hydrosulfuricpe.;  puis  eu 

exposant  un  autre  poids  égal  d'eau  d'Enghien  s^us  le  réci- 

■  ■■-•■     - .  .  ■ .  .     ■  .      ■     ■     i  — ^  —  — — .^ --^^ — . — ■ — ^ — ^^ — ■ — • — •* — ■ — ^-- 

(9)  Vcrici  hi  èéi^ïï  4e  plttsièérs  noirtèlles  «zpërlénces  qtie  f  ai  ctu  dt- 
rtnr  pr^Dterici  : 

Eau  11  jdrosulfur^e  pure,  loogr.  Sulfure  de  plomb,  i,a7=sSoufre|  0^1700. 

Par  âcelate  acidulé  de  plomb ,  un  trés-gran^  exc^s  D*a 
tiullcment  changf^  lés  rësnltats. 
Itlem    i«o,  fiuifnred'argenjt,  i3^:=sSotifre«^,i709. 

{\3L\é  par  rammoDia«}ue.) 
Idem    100',  Bisulfure  de  cuivre  ,  o,55  =:  Spufre ,  0,176. 
(sans  excès  sensible  de  sulfate 
acidulé  et  séché  à  Pair.)* 
Idem   100,  fiisulfure  de  ouÎTre  ,  o,34  =  Soufre,  0,1146. 

(avec  très-grand  excès  de  sulfate.) 
Idem    100,  Bisulfure  de  cuivra ,  o,5i  =  Soiifre ,  0,171. 

(sécbc  dan»  le  ride.) 
Idem   loo,  Sulfure  d'antimoine,  o,645  =  Soufre,  0,1703. 

(lavé  à  chaud.) 

On  a  chauffé  dans  un  v.ise  convenable  et  dégagé  Phydrogène  salAiré 
représenté  par  : 

Eau  hjrdrosulfurée />ure 100^  Sulfure  de  plomb ,  i»».  ex- 
Carbonate  de  chtakx  aciduU  dans         I     périence.   .  t,\n 

eau quantité  suffisante  f  Sulfure  de  plomb  ,  a*,  ex- 

Snlfate  de  manganèse  pur.  .  .  .  excès J     périence i ^ta 

.  JVota.  Il  B^était  déposé  du  carbonate  de  manganèse  mêlé  d*ira  peu 
cThydrosoIftite  idécompotable  ^r  Pacide  talfariqua.  Ott  n*a  dèno  .pas 
ea  toat  Pbydrogéne  aalfnré» 


346  jroupNAL 

pient  de  la  machine  pneumatique,  il  enlève  seulement 
rhydrogène  sulfuré  libre,  et  précipite  ensuite  celui  en 
combinaison  au  moyen  du  réactif  de  cuivre  annoncé  ci- 
dessus.  Assurément  ce  dernier  procédé,  que  M.  Thenard  a 
indiqué  dans  le  5**.  volume  de  son  Traité  de  Chimie , 
comme  l'annonce  M.  Longchamp,  serait  très-avantageux; 
mailla. présence  de  Facide  carbonique  libre  dans  la  liqueur 
doit  produire  une  erreur,  car  Ton  sait  que  cet  acide  dé- 
gage même  dans  le  vide  Tacide  des  hydrosulfates.  J  ai  fait 
voir:,  .dans: un  mémoire  ayant  pour  litre,  de  t Action  réci'^ 
proque  des  acides  carbonique  et  hydrosulfurique  sur  les 
hydroêtdfatcs  et  carbonates  {Jonm^ï  de  Chimie  médicale, 
tome  I^'.,  page  261  ),  que  Tacide  carbonique  peut  décom- 
poser les  hydrosulfates  même  dans  le  vide ,  et  que  Teau 
d'Enghien  a  perdu  presque  entièrement  tout  Thydrogène 
sulfuré  qu'elle  contient,  en  y  versant  à  plusieurs  reprises 
de  Feau  chargée  de  gaz  carbonique  et  faisant  le  vide.  C'est 
ce  fait  qui  m'avait  fait  renoncer  à  suivre  le  procédé  dont 
parle  M.  Longchamp.  Je  vaiç  prpuver  qu'il  n'est  pas  ici 
exempt  d'erreur ,  et  qu'il  n'ofire ,  comme  celui  où  j'emploie 
le  prclosulfate  de  manganèse ,  qu'une  approximation  plus 
ou  moins  grande  de  la  vérité. 


4 


Expérience. 

Eau  hjrdlrosullfirëe ,  lao  gr.,  donnant  snlfur*  de  plomb  la?^  »  o,3a 

Eau  Lydrosulfurëe  ci-dessas 120  gr. 

Hydrostilfate  de  magn^ie So 

(  Un  mélange  semblable  fournit  sulfure  de  ^ 

plomb  0,63.) 
Eau  cbargëe  d'acide  carbonique excès. 

Âpres  avoir  fait  le  vide  pendant  5  heures ,  le  m^ange  ne  produisit 
plus  que  0,16  de  sulfure  de  plomb  \  une  grande  partie  de  Tacide  de  l'hjr- 
drosulfate  s^ëtait  donc  dégagée  avec  Tb/drogène  sulfure  libre. 

U  faut  dan^  l'état  actuel  des  choses  se  contenter  de  tels 
Résultats ,  lorsqu'on  peut  surtout  arriver ,  par  l'évaluation 


DE    PHARMACIE.  347 

des  bases  et  par  le  calcul,  à  une  connaissance  assez  pré- 
cise delà  quantité  d'hydrosulfale.  * 

Quant  an  sulfate  acidulé  de  cuivre  qui  sert  à  déterminer 
la  proportion  d'hydrogène  sulfuré,  il  est  sujet  a  varier 
beaucoup  dans  sesefiëts,  et  déjà  M.  Longchamp  avait  re- 
marqué (Voyez  pages  i3o  et  i3i  de  son  analyse)  quelque 
chose  de  semblable.  Car  d'abord  le  sulfure  de  cuîvi'e  pré- 
sente beaucoup  de  difficulté  dans  sa  dessiccation.  (Voyez 
Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  tome  VU,  page  41(9 
où  il  est  dit  que  ce  sulfure  se  sulfatise  très-promptement.) 
Un  essai  comparatif  fait  dans  le  vide  et  àTaîr  me  l'a  prouvé 
évidemment;  aussi  doit-il  augmenter  en  poids,  et  de  plus 
il  parait  se  dissoudre  ou  se  décomposer,  suivant  les  quan- 
tités plus  ou  moins  grandes  de  sulfate  que  Ton  met  avec 
Tacide  hydrosulfurique. 

En  effet  lorsqu'on  verse  à  froid  dans  de  Teau  hydrosul- 
furée  une  dissolution  de  sulfate  de  cuivre  acidulé ,  si  Ton 
ajoute  peu  à  peu  cette  liqueur,  on  voit  le  sulfure  de  cuivre 
se  former;  si  on  en  met  au  contraire  de  suite  une  très- 
grande  quantité  on  n'obtient  pas  de  précipité,  le  liquide 
acqniert  une  tefnte  brune  ou  vert  émeraude ,  et  malgré 
son  exposition  à  Fair,  il  ne  s'y  dépose  au  bout  de  18  à  ao 
heures  que  trèis-peu  de  sulfure.  Il  y  a  plus  :  en  prenant  un 
poids  déterminé  de  sulfure  du  même  métal ,  lavé  et  encore 
humide,  on  parvient  à  en  faire  disparaître  la  majeure 
partie  k  Taide  de  plusieurs  lavages  avec  le  sulfate  de  cui- 
vre. Il  est  donc  probable  que  le  moyen  présenté  par 
M.  Longchamp  a  dû  lui  donner  une  cause  d'erreur ,  qui  a 
peu  varié  à  la  vérité,  parce  que  probablement  il  a  opéré 
avec  les  mêmes  proportions  de  liquides  et  qu'il  a  par  con- 
séquent été  toujours  dans  les  mêmes  circonstances. 

De  plus,  M.  Longchamp  a  obtenu  de  100  >'  d'eau  ,  un 
poids  de  sulfure  de  cuivre  égal  à  0,24s  terme  moyen. 
Diaprés  la  composition  il  esi  formé  de  66,297  de  cuivre 
et  de  soufre  33,707,  car  ce  ne  peut  être  qu'un  deuto-Sul- 


348  JOVBNAL 

fure  (Voyez  le  i**.  volume  4e  M«.Theiiard,  page.9ii6)^ 
Or  les  ^/^S  devraient  représenter  liyd^ogètie  sulfuré 
o.s'  y.pSBS'et  non  pas  0)0533«  U  faut  que  M.  Longckamp 
ait  ca^ciilé  ce  composé  en  protosulfure  qui  renferme  »  d'a^ 
près  M»  Berzelius,  soufre  10^279*  et  métal  79,73.  Cette 
erreur  n^a  été  probablement  commise  que  par  inadyer- 
tanpe ,  car  il  n'aurait  pu  confondre  Tétat  de  sulfuratioia 
de  ce  composé  ^  puisque  tout  le  s^pnde.  sait  jfavin  deuto^ 
sulfate  transformé  au  sulfure  donne  toujours  un  produit 
correspondant  en  deutoxide  et  par  conséquent  ici  un  bisal«- 
fure.  L'acûonde  Tair  sur  le  sulfure  qui  le  sulfatîse  très*- 
façilement  a  AA  aussi  augmenter  son  poids. 

D'après  ces  considérations ,  je  crois  que  Tancien  mode 
d'évaluation  de  l'acide  hydrosuif uri que  par  un  sel  de 
plomb  ou  d'argent  a  été  probablement  moins  siqet  à  l'in- 
certitude et  qu'on  doit  y  avoir  plus  confiance. 

C'est  donc  bien  le  hasard,  comme  le  dit  M.  Longclump, 
qui  nous  a  fourni  les  mêmes  quantités  d'acide  hydrosulfu- 
rique  libres  car  il  devait  i^.n  obtenir  une  bien  plus  grande 
.proportion  ;  ce  qu'il  est  facile  de  coticevoir ,  puisque  dans 
le  procédé  qu'il  suit,  il  s'est  troçapé  dans  l'évaluation  »  et 
que  d'ailleurs  il  y  a  dégagement  d'une  portion  de  celiM  de 
l'hydrosulfate,  taudis  qu'avec  h%  sels  de  fer  et  mèmiç  die 
manganèse  dont  je  me  suis  servi  ^  une  partie  de  l'hydro- 
gène sulfuré  réellement  libre  a  pu  nêtre  pas  dégagée.  Je 
m'occupe  maintenant  à  rendra  ce  dernier  procédé  appli- 
cable 9  même  lors  de  la  présence  des  carbonates  terreux 
avec  les  hydrosulfates.    , 

Je,ue  dirai  rien  de  la  précipitation  de  Vacide  carbo- 
nique libre  et  combiné  en  ajoutant  de  l'ammoniaque  et  du 
muriate  de  baryte  dans  l'eau  ,  car  outre  qu'il  peut  se  pré- 
cipiter un  pçu  de  magnésie  avec  les  carbonates  et  sulfates , 
il  faut  employer  un  trop  grand  nombre  de  manipulations 
pour  qu'il  n'y  ait  pas  par  conséquent  plusieurs  causes 
d'erreur. 


DE    PHARMACIE.  349 

Je  passerai  fAaiiiteiiant  i  jt^examen  de»  niatière*  (mlrnes, 
et  j^espère  poavoir  indiquer  aii3si  plusieurs  faits  inexacts 
amoncés  pKr  M*  Longchamp*  . 

Des  substances  salines. 

L^alcobol  mis  en  éoutact  à  chaud  avec  le  résida  de  Téra- 
poration  de  l'eau  d'Enghieil  en  sépare^  i"*.  de  Thyposulfite 
de  nùigoésie ,  des  traces  de  chaux ,  des  niuviates  de  ma- 
gnésie ,  péttÉ^étre  de  soude  et  de  potasse,  d  après  M.  Long^ 
champ  )  enfin  dn  soufre  ^  dont  une  partie  est  mêlée  à  une 
certaine  malière  organique  dont  on  ne  pe«t  Tisoler.  A  ce 
propos  je  ne  puis  passer  sous  silence  le  dernier  alinéa  de  la 
brocdiure  de  M .  Lotigchamp. 

«  I^alcohol^  dtt«il ,  exerce  smr  le  résidu  de  Vê^aporation 
»  de  Veau  d*£j9gkien,  une  action  qui  a  déjà  été  remarquée 
»  par  Fmurcroy  \  c'est  quil  ^tout  facilement  le  sulfure 
y^  que  contient  ce  résidu  ^  et  que  cette  dissolution  est  ensuite 
»  décomposée  par  Veau  qui  en  prjkipite  du  soufre  (i )  ;  mais 
)»  it  ne  faut  pas  croire  auec  V auteur  d'une  brochure  sur  les 
^^JEauac  Minérales ,  que  Valchool  soit  un  dissolvant  du  sou- 
-»  fre.  CwfnÈt  bétvb  ri  aurait  pas  été  faite  par  quelqu^  un  qui 
»  aurait  reçu  quelques  leçons  de  chimie ,  car  il  n'y  a  pas 
»  un  étève  de  wcw.  laboratoires  qui  ne  sache  que  le  soufre 
»  ae  se  dissaut  dans  ïakhool  que  lorsqu'on  emploie  îe  pro^ 
p  cédé  autrefois  indiqué  par  Al.  de  Lmuraguaisf^  On  isermt 
»  terOe  de  croire  que  la  Mnue  touche  à  sa  décadence  j  lors- 
»  quon  là  dans  quelques  recueils^  des  mémoires  qui  sont 
)>  publiés  par  dès  personnes  qui  nomt  pas  plus  la  connais^ 
n  sance  des  faits  chimiques  qu'eties  n'ont  t esprit  sàieHti" 
■n  fique.  » 


(i)  Ce  fait  est-il  )>fen  admissible,  quand  on  sait  que  les  liydrosulfates, 
-soit  neutre^ ,  S6it  sfllfVirës ,  Boni  solnbleft  dans  l*a1eohol  et  dans  Teaci. 
IVVst-il  pas  p]i|s  probable  que  cet  effet  a  ét^  prodoit  par  le  soufre  lui- 
même  en  dissolution  dans  Tatcohol  ? 


35o  iOURNAL 

Certes ,  la  critique  ne  peut  employer  des  termes  plus 
modères  et  plus  capables  de  donner  une  idée  de  Turbànrté 
de  celui  qui  s'en  est  servi  ^  relevons  toutefois  la  prétendue 
béifue  indiquée  par  M.  Longchamp ,  qui  n'en  est  une  que 
pour  lui  seul  :  car  il  est  probable  que  s'il  avait  daigné  jeter 
l^s  yeux  sur  tous  les  ouvrages  de  chimie  tels  que  ceux  de 
MM.  Thenard  j  Thompson ,  Orfila ,  etc. ,  etc. ,  etc. ,   et 
a'il  avait  pris  la  peine  de  traiter  par  de  Talchool  rec- 
tifié des  fleurs  de  soufre  bien  lavées,  il  aurait  vu  que, 
même   à  froid,    comme    depuis   long-tempi   Favre    Ta 
prouvé,  Talcohol  dissout  ce  corps  d'une  manière  très- 
sensible,  sans  qu'il  ait  été  mis  en  vapeur  avec  le  véhicule. 
Et ,  si   l'alcohol  n'est  pas  un    excellent    dissolvant    du 
soufre ,  il  faudra  pourtant  se  résigner   à  le    prendre  , 
jusqu'à  ce  que  M.  Longchamp  nous  en  indique  un  pré- 
férable ,  dans  la  circonstance  surtout  où  nous  en  conseil- 
lons Tusage. 

Si  M.  Longchamp  pense  que  de  semblables  bévues  doi- 
vent faire  croire  à  la  décadence  totale  de  la  chimie ,  je 
pourrai  tranquilliser  mes  lecteurs  en  leur  citant  l'exact!- 
t^de  de  ce  chimiste  *,  car  lorsqu'on  trouve  dans  son  ana- 
lyse, à  la  page  79,  qu'il  a  pu  dans  un  cmqmème  de  grain 
de  matière,  reccmnaitre  à  la  fois  la  présence  de  la  silice , 
de  l'alumine ,  du  soufre  et  du  charbon ,  on  est  pleine^ 
ment  rassuré  sur  l'état  de  la  chimie  analytique ,  et  l'on 
se  demande  si  nos  premiers  chimistes  pourraient  faire 
mieux. 

Je  poursuis  maintenant  l'examen  des  substances  enlevées 
par  l'alcohol.  La  présence  de  l'hyposulfite  de  magnésie 
bienreconnue,mèmeparM.  Longchamp,  m'a  fait  admet- 
tre dans  l'eau  Thydrogène  sulfuré  combiné  en  grande 
partie  avec  cette  base  ;  l'opinion  émise  de  l'action  de  l'a- 
cide carbonique  sur  ce  sel ,  par  la  proportion  bien  plus 
grande  de  carbonate  magnésien  après  l'évaporation  à  l'air 
fL^  l'eau  d'Enghien ,  ou  après  y  avoir  fait  passer  un  grand  . 


DE     PHARMACIE.  35l 

coanint  de  gas  carbonique  et  avoir  rapproché  à  sicché , 
m  ont  déterminé  à  insister  sur  ce  point  (i). 

«  Ce  serait  y  dit  M.  Longchamp,  une  futilité  que  de 
»  s'arrêter  à  discuter  si  dans  Veau  cTEnghien  prise  à  la 
»  source  y  thydrogène  sulfuré  sature  la  chaux  ou  la  ma^ 
)»  gnésie.  »  Assurément  ce  fait  n'est  pas  très-important, 
quoiqu'il  repose  sur  le  principe  peut-être  le  plus  intéres- 
sant de  Teau  ;  mais  il  ne  nous  semble  pas  plus  futile  que 
la  digression  de  M.  Longchamp,  au  sujet  d'une  petite 
quantité  de  sulfate  de  potasse  o,  o>*2a  qu'il  annonce  avoir 
isolée  comme  nous  le  dirons  plus  loin  ,  ainsi  que  de  mn- 
riate  de  potasse  aussi  difficile  pour  nous  à  admettre  d'a- 
près les  nouveaux  essais  que  je  vais  citer. 

M.  Longchamp  avoue  aux  deux  pages  90  et  91 , 
on  peu  d'incertitude  dans  ses  calculs  et  par  consé- 
quent alors  dans  ses  .résultats;  il  dit  de  plus  avoir  obtenu 
par  l'alcohol  du  sulfure  de  magnésie  ;  or,  quel  est  ce  sul- 
fure ?  J'ignore  si  aucun  chimiste  le  connaît,  et  provient-il 
bien,  comme  il  le  suppose,  de  l'hydrosulfure  de  cette  base? 
On  sait  cependant,  d'après  M.  Thenard ,  que  ce  sel  laisse 
dégager  son  acide  entièrement  par  la  chaleur ,  et  que  le 
soufre  chauffé  avec  la  magnésie  ne  produit  pas  de  sulfure. 
M*  Longchamp  admet  que  cet  hydrosnjfate  primitivement 
à  base  de  chaux  a  été  formé  ensuite  probablement  par  la 
réaction  de  l'hydrogène  sulfuré  sur  le  carbonate  de  magné- 
sie. M.  Yauquelin  a  prouvé  par  une  expérience  très-cu- 
rîense,  que  l'acide  hydrosulfurique  mis  dans  le  vide  avec 
une  dissolution  de  carbonate  acidulé  de  chaux  (voyez 
Journal  de  Pharmacie ,  tome  XI ,  page  ia5)  n'a  nullement 
agi  sur  ce  dernier  sel ,  effet  qui  doit  avoir  lieu  aussi  avec 

(1)  On  me  reprochera  ici  quelques  erreurs,  et  à  juste  titre ,  par  rem- 
ploi du  bicarbonate  de  potasse ,  réactif  infidèle  pour  séparer  la  chaux 
d'avec  la  magnésie ,  mais  il  n'a  pu  me  donner  â  cet  endroit  que  de  très- 
petites  différences  ;  c'est  aussi  ce  qui  m'a  amené  quelques  faibles  au^- 
meotations  dans  les  calculs  »  comme  je  l'ai  fait  remarquer. 


352  joi{ai«AL 

le  carbonate  de  magnésie.  On  ne  yoit  pas  alora  pourquoi 
la  décomposition  admise  par  M.  liOngchamp  se  serait  ef«> 
feciuée ,  ou  par  quelles  ctfuses  ThydrosUlfatè  de  chanx  et 
le  carbonate  magnésien  (ce  dernier  n'exisUht  primitif 
ment  qu'en  tràs-^petite  quantité  dans  Teau  d'Eughten) 
raient  réagi  Fun  sur  Tautre  ^  de  manière  à  échanger  réci«> 
proquement  lôurs  bases  )  car  les  deUx  acides  ont  presque 
la  même  énergie,  et  ces  carbonates  la  mètne  solubilité.  En- 
fin laugm^ntation  très-facild  à  reconùflttre  àkns  la  pro- 
pNordoa  de  carbonate  magnésien  ^  lorsqu  oki  a  fait  passer  i 
froid  dans  Teau  d'Enghien.  un  grand  courant  de  gaa  car« 
botiique  bien  pur  (gas  qui  n'a  pu  agir  que  sur  Thydro*- 
sulfate  de  magnésie  et  nulletnent  sur  les  sulfate  et  rauriate 
de  cette  base),  est  encore  une  nouvelle  preuve  de  la  com- 
binaison de  lacide  hydrosulfurique  ftvec  la  magnésie  dans 
Teau  minérale  citée  plus  haut* 

M.  Longchamp  a  regardé  un0  partie  4e  Thydl^osulfate  à 
l'état  de  combinaison  atec  la  pousse^  e^  l'autre  aVec  la 
chaux  (i),     .  

Déjà  to^t  nous  âemble  coIifirm^r  ;î}ell9  d^  i'bydroflulfiilié 
de  magnésie.  ï\>ur  no^s  c^nvaioC^Ire  de.la.  présence  delà 
potasse  soit  à  J'état  de  muriâie^  soilà  telui  d'hyditxulfate, 
après  avoir  fait  §v|iporer  ay^o  soi»  d'fibdrdi 6. bouteilles,  et 
une  seconde  lois  la  bpiM^JlleSid'ttâu-td'J&^icîn,  j^our  agir 
dans  chaque  ex|^ieiloç  sur  tlt^.  qu^ptité  «sèei  considé- 
rable de  sels  ^  j'ai  enlevé  par  Talophol  leé  substaAiceé  soUa- 
blés,  puis  j'^i  évaporé  0e  iheiAstruf^  afin  de  Iraittr  les 
matières  salines.  Il  eit  bien  e^rlaiti  que  ,  s^il  se  Irouvait  de 
Thydrosulfure  ou  hydrosulfate  de  potasse,  le  résidli  dermit 
contenir  de  l'hyposulfite  de  potfisse  avec  celiii  de  nugné- 

(i)  Il  s^est  fonde  principalement  sur  Taclion  des  masses,  et  la  chaux 
e't.inr,  dit-il,  pliu  abondante  que  la  magne'sic,  ilVa  considérée  comme  ayant 
.tgi  d^abord  primitivement;  or,  si  cela  sVst  passe  ainsi,  n*a-t-elle  pas  d&  9e 
combiner  de  prëfcreticc  avec  les  acides  les  plus  énergiques ,  tels  que  le 


DE    PHARMACIE.  353 

fie  ;  je  n'ai  pas  précipité  cette  base  par  Teau  de  chaux  (i), 
parce  qoe  je  crois  ce  mode  infidèle,  en  raison  de  l'action 
réciproque  des  terres  les  unes  sur  les  autres ,  et  parce  que 
Peau  de  chaux  même ,  après  deux  ou  trois  lavages  de  la 
chaux ,  retient  souvent  encore  de  la  potasse ,  ainsi  que 
deux  expériences  exactes  me  Font  démontré  ^  j*ai  en  con*^ 
séquence  traité  par  Tacide  nitrique  pur  le  résidu  de  Téva^ 
poration  alcoholique,  et  après  avoir  desséché  fortement , 
j'ai  séparé  par  Falcohol  le  sulfate  de  magnésie  et  le  sulfate 
de  potasse  formés  aux  dépens  des  hyposulfîtes ,  si  ce  dernier 
existait.  L'alcohol  fut  mis  à  part;  les  sulfates  lavtTs  avec 
soin  par  Falcohol,  puis  dissous  dans  Teau,  ne  donnèrent 
qu'un  sel  à  base  de  'magnésie,  et  par  le  muriate  de  platine 
aucune  trace  de  potasse,  en  ayant  soin  de  concentrer  la 
liqueur. 

L'alcohol  mis  à  part,  évaporé  de  nouveau,  fournit  une 

solfurique  pt  le  muriatique,  et  m^me  le  carbonique,  vu  la  cohcMOB  du 
éerBisr  ael  forme. 

Ci^  Poqr  Daas  assurer  si  Peau  de  ohaux  préçipitt  icji  toute  la  magnésie , 
OD  a  pris  (à  trois  reprises  diflerentes )  : 

i<*.  a  gr.  sulfate  de  ma^ésie  desséche'  (  renfermaut  maguéfie  o,68o4)  j 
OQ  Ta  fait  dissoudre  et  traité  â  Taide  de  Teau  de  chaux  en  excès  mq«  le 
eootact  ^elVii*  ;  le,  précipité  analysé  conteoait  :  magnésie  ,  o,3ôâ ,  et  sui; 
Cite  de  chaux ,  des  traceS/à  peine  sensibles. 

a<>.  3  gr.  de  magnésie  caustique  calcinée  ,  dissous  dans  acide  hydro- 
chlorique ,  quantité  nécessaire  ^  la  saturation ,  et  étendus  dVau  ,  ont 
fourni  par  Teau  de  chaux  en  excès  sans  air,  un  précipité  éti  magnésie 
qui,  calciné,  pesait  0,3,  terme  moyen. 

Toute  la  magnésie  n^avait  donc  pas  été  précipitée  par  Peau  de  chaux  ^ 
il  n'y  en  avait  que  la  moindre  partie. 

L'eau  de  chaux  ne  précipite  pai  sensiblement  le  «ulfâte  de  chaux  tenu 
en  4i9^>1utiou  dans  Tcau  j  il  peut  séparer  (ce  mode  .^tait  été  s^ivi  par 
Fourcroy  et  M.  Vauquclin  )  tout  les  carbonates  de  chaux  et  de  magnésie 
dissous  à  la  faveur  de  Tacide  carbonique.  Il  n'en  échappe  qne  des  quan- 
tités impondérables  ducs  a  Ifi  très-petite  solubilité  de  ce»  carbonates. 
L'eau  de  chaux  conduit  à  reconnatt|-e  approximativement  la  proporiipp 
de  carbonate  de  magnésie  et  de  chaux  existant  primitivcmcot  dans  Tçau 
d'Enghien  ;  le  premier,  comme  je  l'ai  fait  voir,  est  en  quânllté  beaucoup 
inférieure  à  celle  que  donne  lé  résultat  de  l'é  va  poration. 


354  JOURNAL 

substance  d*tin  blanc  jaunâtre,  contenant  encore  quelques 
traces  d'hyposulfite,  peu  de  muriate,  ce  qui  est  facile  à  ex-» 
pliquer ,  car  le  muriate  de  magnésie  a  été  décomposé.  Son 
acide  et  sa  base  se  sont  unis  à  Tacide  nitrique. 

Le  toux  concentré  était  salé  et  amer  ;  il  ne  donna  nulle* 
ment  d'indice  de  pousse  par  le  muriate  de  platine.  Aux 
pages  107  et  108,  on  sera  étonné  de  la  manière  singulière 
par  laquelle  M.  Longchamp  évalue  le  muriate  de  potasse. 

Nous  ne  pouvons  la  passer  entièrement  sous  silence. 

Ayant  remarqué  dans  les  produits  de  levaporation  une 
quantité  de  muriate  moindre  que  celle  annoncée  par  la 
proportion   d'acide  muriatique  obtenue  directement,    et 
songeante  la  volatilité  des  muriates,  et  surtout  e^u  munalede 
solide^  M.  Longcbamp  a  admis  que  toute  la  perte  en  mu- 
riate portait  sur  celui  de  potasse  ^  et  il  a  ajouté  aux  produits 
de  l'analyse  celui  représenté  par  cette  perte.  «  Diaprés  des 
»  calculs,  dit-il,  qu il  est  inutile  d'établir  ici,  fai  troui^é - 
»  quon  peut  admettre  quil  i évaporé  3  j5oo,ooo,ooo  mètres 
»  cubes  d'eau  de  la  surface  des  mers  dans  le  cours  d'une 
»  année ,  et  en  admettant  que  cette  eau  entraîne  la  même 
»  quantité  de  muriate  de  soude  que  celle  de  muriate  de 
»  potasse  qui  a  été  enlei^ée ,  comme  le  prouve  évidemment 
Fauteur  par  Tévaporation  de  Teau  d'Enghien ,  il  s'ensuit 
»  quil  se  répandrait    chaque    année   dans  Talmosphère 
»  4i398,975,ooo,ooo  kilog.  de  muriate  de  soude.  » 

Toutes  ces  hypothèses  conduisent  bien  directement 
M.  Longchamp  à  la  connaissance  exacte  du  muriate  de  po- 
tasse 5  mais  quoique  ce  chimiste  propose  ses  moyens  d'ana- 
lyse comme  des  modèles  pour  les  jeunes  chimistes  (voyez 
page  83),  je  doute  fort  que  ce  dernier  puisse  être  facilement 
adopté  par  eux ,  et  tout  le  monde  pensera  sans  doute  à  sui- 
vre de  préférence  ceux  qui ,  quoique  moins  neufs  peut- 
être,  sont  plus  directs  et  n'oflfrent  pas  autant  sujet  à  con- 
testation. La  conséquence  de  la  perte  en  muriate  de  potasse^  ' 


DE     PHARMACIE.  355 

calculée  par  la  rolatilitédumuriate  de  soude,  mërîte  d'être 
remarquée  avec  attention. 

Si  Ton  objectait  que  le  muriate  de  potasse  a  été  volatilisé, 
je  pourrais  répondre  qu'ayant  agi  sur  le  produit  de  Téva- 
poralion  de  1 2  kig.  d'eau,  la  quantité  de  ce  sel  (qui  d'après 
M.  Longchamp  serait  de  o,5)  eût  été  assez  considérable 
pour  en  laisser  encore  quelques  traces  sensibles.  Car  % 
grammes  de  chlorure  de  potassium  pur  calcinés  fortement 
pendant  trois  quarts  d'heure  n'ont  perdu  que  o,i4  ;  et  2 
grammes  de  chlorure  de  sodium  traités  de  la  même  manière 
ont  laissé  volatiliser  o,!2ii .  D'où  provient  donc  cette  potasse 
annoncée  par  M.  Longchamp?  aurai t-t-elle  été  /fournie 
par  l'eau  de  chaux?  Elle  me  semble  toutefois  bien  diffircile 
k  apercevoir. 

Nous  arrivons  à  l'examen  des  sels  solubles  dans  l'eau. 
M.  Longchamp  indique  avoir  trouvé  outre  les  sulfates  de 
chaux  et  de  magnésie ,  une  quantité  de  sulfate  de  potasse 
égale  k  o^v^'Ofts  comme  on  l'a  dit,  et  à  ce  sujet  il  s'est  for- 
tement récrié  sur  la  légèreté  avec  laquelle  se  font  beau- 
coup de  mémoires ,  sans  savoir  le  temps  qu'ils  ont  exigé. 
<t  Si  la  marche  que  je  suis ,  dit- il ,  est  pénible  ;  par  ce 
a»  moyen  on  ne  panaient  pas  à  faire  aussi  facilement  des 
n  mémoires  que  Scudery  enfantait  des  volumes^  etc.  » 
Cette  plaisanterie  de  M.  Longchamp  arrive  d'autant  plus 
jnal  à  propos  que  l'existence  de  ce  sel  de  potasse  mérite- 
rait confirmation. 

C'est  encore  à  l'aide  de  l'eau  de  chaux  dont  nous  avons 
fait  voir  l'inconvénient ,  que  ,M.  Longchamp  a  séparé  la 
magnésie ,  et  c'est  ensuite  du  sulfate  de  chaux  qu'il  a  sé- 
paré le  sulfate  de  potasse. 

Afin  d'arriver  au  même  but,  j'ai  pris  un  autre  mode 
que  je  vais  indiquer.  Les  sulfates  étant  mêlés  d'une  petite 
quantité  de  la  matière  organique,  j'ai  évaporé  à  siccité  et 
calciné  légèrement.  Ce  résidu  fut  dissous  dans  l'eau  faible- 
ment alcoholisée  pour  précipiter  tout  le  8^1fate  calcaire  -, 


356  JOUÏVKAL 

on  eYapora  de  Douveau  et  à  Tàide  du  carbonate  d'ammo- 
niat]ue  avec  excès  de  base,  on  précipita  la  magnésie  en 
partie  ;  le  tout  filtré ,  on  fit  évapoi^er  de  nouveau  ,  mais  la 
liqueur  côfjtenàit  encore  Une  quantité  très-nofablede  cette 
base,  ce  qui  fit  répéter  même  plusieurs  fois  la  précipita- 
tion par  le  carbonate  d^ammoniaque.  Enfin  après  quatre  au 
cinq  essais  semblables,  il  s'y  trouvait  encore  un  peu  de  ma- 
gnésie -,  je  fis  évaporer  à  siccîté ,  puis  je  calcinai  très-forte- 
ment, pour  chasser  le  sulfate  d'ammoniaque  et  Pexcès  de 
carbonate;  il  ne  resta  qu'une  très-^tite  proportion  de  sel 
on  la  présence  de  la  magnésie  était  encore  seusible ,  et  qui 
donnèrent  par  le  muriate  de  platine  seulement  quelques 
indices  impondérables  de  précipité.  Encore  ce  précipité 
fut-il  soluble  dans  l'eau ,  et  se  comporta-t-il  comme  un 
peu  de  sulfate  de  magnésie  évaporé  et  traité  par  le  mAmt» 
réactif.  Le  sulfate  de  ch^aux  précipité  ne  fournit    pas 
davantage  de  potasse  par  un  eçsai  fait  à  part.  D'après  cette 
expérience  que  j'ai  faite  et  répétée  avec  tbtlt  !è  soin  pos- 
sible ,  il  n'est  pas  facile  d'tidmettre  dans  l'eau  d'Engheîn 
une  quantité  pondérable  de  sulfWfe  de  pètlasse,  si  ce  sel 
s'y  trouve ,  car  j'ai  agi  sur  une  quantité  de  itiatière  capable^ 
de  m'en  fournir  un  poids  très-sensible,  et  le  ph>cédé  que 
j'ai  suivi  n'a  pu  en  introduire  accidenlelletaient. 

Sans  décider  tout-à-fait  la  question  ,'  qui  sérail  cependant 
assez  facile  à  résoudre  maintenant,  je  me  bomtEf  àpféseti^ 
ter  mes  résultats ,  et  m'estimerai  heureux  de  lesr'vorf  répé-^ 
1er  par  des  mains  plus  habiles  que  les  miennes. 

Les  autres  substances  trouvées  dans  l'eau  d^Enghi en,  k 
l'exception  de  quelques  traces  d'altrmiue,  soiit  lès  ntèmes 
que  celles  portées  sur  le  tableau  ;  je  ferai  observer  toutes 
fois  que  le  procédé  suivi  par  M.  Longchamp  pour  isoler 
les  deux  carbonates  insolubles ,  a  dû  lui  donner  moins 
d'incertitude  que  celui  que  j'ai  mis  en  utage  (lebi-càrbo* 
nate  de  potasse);  cependant  nos  difKrences  sont  très*- 
peiites,  si  Von   coitsiflèi^,   comme  les  observatîifes'   du 


DE    PÉARMACIE*  357 

tableaa  Tindb^pient,  qae  lei  sous-carbonates  son(  cotés 
dans  Fanalyse  de  M.  Longchamp  en  carbonates  neutres, 
ainsi  que  le  veut  la  ihéorie  y  et  que  leur  poids  doit  être  par 
conséquent  un  peu  pins  grand  par  Taugmentation  de 
lacide  qui  s'y  trouve. 

D'après  toutes  ces  observations  y  quelle  conclusion  de-* 
vons-nous  tirer  sur  la  brochure  que  nous  venons  d'exa* 
mimer? 

Que  la  composition  formée  par  quatre  analyses  anté- 
lérieures  à  celle  de  M.  Longchamp  ^parmi  lesquelles  se 
trouve  celle  de  Fourcroy  et  de  M.  Vauquelin) ,  et  présen- 
tant toutes  les  mêmes  principes  constituans ,  ne  nous  sem- 
blent point  détruites  par  celle  de  ce  chimiste  ;  que  dans 
cette  dernière  il  se  trouve  un  grand  nombre  d^ioexacti- 
tudes,  dont  voici  les  principales  : 

Savoir:  \*^.  Ev^ahiation  de  T acide  hydrosulfurique  par 
un  mauvais  procédé;  la  formation  d'un  sulfure  de  cuivre 
dont  la  dessiccation  exacte  est  impossible  ,  comme  on  le 
sait  depuia  long-temps  y  et  qu'un  excès  de  deuto-sulfate  de 
cuivre  peut  faire  varier  des  poids.  De  plus  par  Verreur 
pour  ne  pas  employer  l'expression  dont  M.  Longchamp 
s'est  servi  contre  mcM ,  de  calculer  le  sulfure  en  proto  au 
lieu  de  deuto^  erreur  que  n'aurait  pas  faite  quelquun  qui 
eût  reçu  quelques  leçons  de  chimie  et  qui  eût  eu  la  connais- 
si^ce  des  faits  chimiques. 

2«.  MauiifiKse  application  dn  procédé  de  M.  Thenard, 
pour  isoler  l'acide  hydrosulfurique  libre  d'avec  celui  en 
combinaison. 

3®.  Fausse  évaluation  de  la  magnésie^  que  M.  Long- 
champ  sépare  par  l'eau  de  chaux ,  lorsque  ce  moyen  ne 
précipite  au  plus  que  la  moitié  ou  le  quart  de  celle  en 
combinaison  avec  les  acides  sulfurique  et  hydrochlorîquc. 

4**-  Supposition  prohlénuUique  y  peu  admissible  d'aprèe 
les  faits ,  de  la  combinaison  de  l'acide  hydrosulfurique  avec 
Xll*.  Année,  —  Juillet  i8a6.  26 


358  JOURNAL 

la  chaux  et  avec  la  potasse,  quand  tout  prouve  que  Thy- 
drosulfate  est  à  base  de  magnésie. 

5**.  Présence  de  la  potasse  k  leUt  dliydrosulfate^  de 
sulfate  et  de  muriate,  que  M.  Longchamp  prétend  a^oir 
très-bien  reconnue,  et  qui  n'y  a  été  introduite  qu'acci- 
dentellement par  les  procédés  mis  en  usage ,  comme  on 
peut  s'en  assurer  dans  l'analyse  directe^ 

Nous  attendrons  donc  que  M.  Longchamp  nous  donne 
de  nouvelles  preuves  pour  regarder  nos  résultat^  comme 
très-éloîgnés  de  la  vérité,  et  nous  serons  charmés  alors 
qu'il  puisse  nous  convaincre  d'une  manière  plus  évi*> 
dente  (i). 

Malgré  ces  discussions,  l'eau  d'Enghien  sera  toujoars 
pour  l'usage  médical  une  eau  fort  intéressante ,  surtout  à 
cause  de  la  propriété  qu'elle  possède  de  pouvoir  être 
chauOfée  à  un  degré  convenable  sans  perdre  sensiblement 
l'acide  hydrosulfurique  qui  y  est  contenu,  ainsi  que  Four- 
croy  l'avait  annoncé  jadis,  et  comme  Ta  répété  M.  Long- 


(i)  Uanalyse  des  eaux  minérales  n^appartient  certainement  à  personne 
mieux  qu^â  M.  Longchamp,  qui  depuis  plusieurs  années  s'^en  occupe, 
et  qui  a  pu  bien  constater  sur  les  lieux  la  nature  d\in  grand  nombre 
d^eaux  naturelles.  Mais  ce  chimiste  pourrait-il  se  dissimuler  à  combien 
de  changemens  elles  sont  son  veut  exposées,  tant  par  les  circonstances 
naturelles  de  la  température ,  des  variations  de  Tatmosphère,  que  pair 
des  causes  accidentelles,  les  infiltrations  ,  les  diverses  localités  où  elles 
sont  recueillies ,  etc. ,  etc.  ?  En  remarquant  de  plus  le  grand  nombre  de 
substances  différentes  qu'elles  renfermtent ,  et  Pétat  presque  de  com* 
binaison  plutôt  que  de  mélange  ordinaire  où  ces  matières  se  trouvent, 
on  ne  saurait  s'empêcher  de  croire  que'les  chimistes ,  même  les  plus  ha*- 
biles,  se  flatteraient  vainement  d^arriver  tous  rigoureusement  k  des 
millièmes  près,  à  obtenir  dans  une  eau  dMgales  quantités  de  produits^ 
les  substances  isolées  ou  reconnues  étant  toutefois  de  nature  semblable. 
Ce  genre  de  travail  ne  permet  pas ,  comme  dans  les  analyses  moins  com- 
plexes ,  d^arriver  à  un  résultat  tout-à-htit  égal  pour  plusieurs  opérateurs, 
puisque  les  modes  suivis  par  chacun  sont  la  plupart  du  temps  très-varia- 
b!es.  Aussi  nous  croyons  qu'en  demandant  ici  plus  qu'une  approxima- 
tion juste  st  raisonnable ,  ce  serait  souvent  exiger  l'impossible ,  et  qu'en 
voulant  prouver  trop,  on  s'exposerait  à  produire  un  effet  tout  contraire. 


DE    PHARMACIE.  SSq 

champ  ;  car  elle  devient  alors  une  eau  thermale  des  plus 
snlforetises ,  et  il  doit  être  fort  indifierent  pour  MM.  les 
médecins  que  Thydrosulfate  s^y  trouve  à  base  de  magnésie , 
ou  de  chaux  et  de  potasse,  puisque  les  eflfets  de  l'eau  n'en 
seront  ni  moins  grands  ni  moins  avantageux. 


DESCKiPTioif  DE  l'appabeil  empîojré  par  MM^  Plakche  , 
BouLLAY  y  BouDET  et  C'«- ,  duns  leur  fabrique  cCeaux 
minérales ,  pour  préparer  les  bicarbonates  de  soude  et  de 
potasse. 

Nota,  Cet  appareil,  aDnonr.<f  dans  le  numéro  d*aTri1 ,  page  ao4  du 
Journal  de pknrrnacie ,  est  dû  en  partie  aux  soins  éclairés  de  M.  Thi- 
bouni<>rry ,  sQtts>direoteur  de  rétablissement  du  Gros-Catllou.  Quelques 
retards  apportés  .dans  Texécution  de  la  gravure  »  ont  empêché  de  faire 
paraître  pins  tôt  Cette  descriptioti. 

Fig.  i".  A  A'  A"  ,  tourilles  en  grès.  La  première  est 
pleine  d'acide  hydrochlorique  à  2^^  Baume  ;  on  la  remplit 
en  plaçant  sur  un  support  plus  élevé  que  sa  partie  supé- 
rieure ,  une  bouteille  du  commerce ,  et  en  faisant  passer 
Tacide  d'un  vase  dans  l'autre ,  à  l'aide  d'un  siphon  de 
verre. 

A'  est  pleine  de  fragmens  de  marbre  blanc  ;  on  les  in- 
troduit par  l'orifice  placé  entre  les  deux  tubulures.  Ou 
ferme  cet  orifice  dont  les  bords  ont  été  préalablement  usés 
et  dressés  au  sable ,  en  le  recouvrant  d'une  rondelle  de 
carton  mouillé ,  puis  d'une  autre  irondelle  en  fer,  sur  la- 
quelle on  fait  agir  convenablement ,  pour  éviter  toute  dé- 
perdition de  gaz ,  la  vis  de  pression  t ,  assujettie  par  une 
bride  de  fer  taraudée  à  sa  partie  supérieure. 

La  tourille  A"  est  remplie  au  |  d'eau  pure ,  dans  la- 
quelle on  a  délayé  -^  de  son  poids  de  marbre  blanc  pul- 
vérisé. 

26. 


/ 


1 

360  JOURNA.L 

BB.  Tonneaux  en  bois  blanc ,  renfermaBt  chacun  nn 
vase  en  porcelaine  l^^fig*  a  »  que  Ton  remplit  à  deox  pou*' 
ces  environ  de  son  bord ,  d'une  solution  filtrée  de  sont- 
carbonate  de  sonde  à  1 5*  temp.  1 5^,  cent,  ou  d'une  solntiou 
de  sous-carbonate  de  potasse  à  SS""  mêm^  température. 

Le  flacon  C  contient  également  une  solution  de  sous^ 
carbonate  dans  le  même  état. 

DD^fig.  I'*.,  eiD^^Jig.  3*.,  cercle  en  cuivre  verni, 
cloué  autour  du  tonneau,  et  ayant  un  renflement  XX,  d^ 
manière  à  former  une  rigole  de  i  centimètre  de  diamètre 
sur  4  cent,  de  profondeur.  Celte  rigole ,  occupée  par  du 
mercure ,  est  indiquée  par  la  ligne  blanche  Z  Z  jjig»  5  j  la 
partie  vide  Oyjig.  2 ,  3  et  5  est  remplie  d'eau ,  pour  éviter 
le  dessèchement  des  douves. 

Fi'g»  4*  Couvercle  en  bois,  entouré  d'un  cercle  en  eni- 
vre brasé  et  verni  de  4  centimètres  de  hauteur.  Ce  couvercle 
pose  sur  les  bords  du  tonneau ,  et  la  base  du  cercle  plon- 
geant de  quelques  millimètres  dans  le  mercure  contenu  dans 
la  rigole,  partage  ainsi  ce  métal  en  deux  autres  cercles. 
Par  ce  moyen ,  toute  communication  entre  l'intérieur  du 
tonneau ,  celui  du  vase  et  Tair  extérieur  est  intercepté.  Ce 
.  couverele  est  retenu  par  une  traverse  en  fer  R  percée  d'un 
trou  à  chacune  de  ses  extrémités.  Deux  goujons  terminés 
en  pas  de  vis  fixés  aux  parois  extérieurs  du  tonneau ,  et 
cpti^epoudanl  aux  trous  de  la  traverse ,  la  maintiennent 
au  moyen  d'écrous  à  main  SS. 

L  yfig'  i".  témoin  formé  d'une  boule  en  cristal ,  ayant 
deux  ouvertures  opposées.  L'une  supérieure ,  est  fermée 
par  un  bouchon  de  même  matière;  i  l'autre  s'ajuste  à 
frottement  un  tube  en  verre  q  ,  plongeant  dans  la  tourille 
A  ,  un  peu  au-dessus  de  l'extrémité  du  siphon  e. 

Les  choses  étant  ainsi  disposées,  veut-on  faire  fonc- 
tionner Tappareil  ?  On  ouvre  le  robinet  p;  par  le  jeu  du  si- 
phon ,  l'acide  hydrochlorique  arrive  sur  le  marbre ,  le  dé- 
compose et  en  dégage  l'acide  carbonique.  Celui-ci  se  rend 


DE    PHAnMACIE*  36c 

par  le  tube  n  dans  la  tourille  A'',  où  il  se  dépouille  de 
l'acide  hydrochlorique  qu'il  aurait  pu  entraîner,  traverse 
la  première  solution  au  moyen  du  tube  rn^Jig,  !'•.,  et 
^^^ifiS'  **•>  puis  la  seconde  en  passant  par  le  tube  /. 
L'excédant  du  gaz  est  reçu  dans  le  flacon  C,  communi- 
quant avec  l'air  extérieur. 

Lors  du  premier  dégagement  d'acide  carbonique  on 
débouche  le  témoin,  la  pression  exercée  par  ce  gaz  sur 
l'acide  hydrochlorique  au  moyen  du  tube  g:,  fait  remon- 
ter l'acide  dans  la  boule.  On  rebouche  celle-ci  dès  que  le 
niveau  de  l'acide  est  arrivé  un  peu  au-dessous  de  la  nais- 
sance du  col.  La  présence  de  l'acide  dans  le  témoîn  indi- 
que qu'il  y  en  a  encore  dans  la  tourille ,  car  aussitôt  que  le 
liquide  est  au-dessous  du  tube  q ,  le  gaz  s'introduit  dans 
la  bonle  et  oblige  l'acide  à  descendre. 

Chacune  des  tourilles  u  u'  est  pourvue  d'un  robinet  A' A" 
destiné  à  évacuer  de  la  première  le  muriate  de  chaux ,  et  à 
renouveler  l'eau  et  le  marbre  dans  la  seconde. 

Il  arrive  presque  toujours  que  pendant  la  préparation 
des  bicarbonates  •  les  tubes  s'obstruent  par  l'accumulation 
des  cristaux  ;  pour  obvier  à  cet  inconvénient,  le  tube  con- 
ducteur du  gaz  coudé  enf^Jig.  i  et  îx  ,  vient  s'ouvrir  dans 
le  tube  plongeur  m  ^fig*  i ,  ou  m'  m",  fig.  2,  auquel  il  est 
soudé.  Pour  le  déboucher ,  il  suffit  d'y  introduire  une  ba- 
guette de  verre. 


36l  JOURNAL 

NOTE 

Sur  le  passage  du  deuto-sulfate  de  culture  à  Tétat  de  tartratc^ 
acide ,  par  le  seul  fait  de  sa  dissolution  dans  le  vinaigre 
de  vin  ,  lue  à  [Académie  royale  de  médecine  j  section  de 
pharmacie ,  fe  i  j  juin  1826  5 

Par  M.  Planche.  ' 

Les  faits  que  je  vais  avoir  Phonneur  de  commuoiquer 
a  la  section ,  ne  résultent  d'aucunes  recherches  spécula* 
tives  ;  ils  sont  le  fruit  du  hasard  ;  je  n'ai  d'autre  mérite 
que  celui  de  les  avoir  observés  et  recueillis  en  préparant 
un  de  ces  remèdes  empiriques  ^  qui  ont  plus  d'une  fois 
fournis  aux  pharmaciens  Toccasion  de  remarques  chimi-* 
ques  intéressantes.  Je  pense  qu'on  peut  ranger  dans  cette 
catégorie  celui  dont  je  vais  faire  connaître  la  composi- 
tion ,  quelque  bizarre  qu'elle  puisse  paraître.  Ce  remède , 
employé  en  application  contre  les  cors ,  se  compose  d'un 
solutum  de  dix  grs^ins  de  sulfate  de  cuivre  cristallisé  dans 
^cux  onces  de  vinaigre  de  vin ,  dans  lequel  on  fait  macé- 
rer pendant  4^  heures  des  feuilles  de  lierre  terrestre , 
Glccoma  hederacea  y  Linn.  Ce  sont  ces  m^es  feuilles  de 
lierre  ,  encore  humides ,  qu'on  applique  sur  la  petite  tu- 
meur connue  sous  le  nom  *de  cor.  Cette  préparation  est  si 
simple ,  que  toute  personne  étrangère  à  l'art  peut  la  faire 
aussi  exactement  que  le  pharmacien.  Il  est  certain  que  Je 
n'aurais  pas  eu  l'occasion  de  m'en  occuper,  sans  une  cir- 
constance qu'il  n'est  peut-être  pas  inutile  de  rappeler  ici. 
Depuis  qu'on  a  introduit  dans  l'économie  domestique  l'u- 
sage du  vinaigre  de  bois  y  il  est  plus  difficile  de  se  procu- 
rer pur  le  vinaigre  de  vin.  Le  vinaigrCvde  bois,  ou  en 
dVutres  termes  l'acide  acétique ,  privé  des  autres  maté-^ 


DE    PHARMACIE.  363 

riaûx  dn  vinaigre  de  vin ,  dans  lequel  on  a  fait  dissoudre 
du  sulfate  de  cuivre ,  se  comporte  autrement  avec  les 
feuilles  de  lierre  terrestre  et  d^autres  végétaux  que  ne  le 
fait  le  vinaigre  de  bonne  qualité  fabriqué  par  Fancien  pro- 
cédé. Ceci  résulte  d'expériences  directes  que  nous  rap- 
porterons plus  loin.  Préparé  deux  fois  de  suite  avec  le  vi- 
naigre de  bois,  le  topique  dont  il  s'agit  n'avait  pas  pro- 
duit son  effet  accoutumé  ^  la  personne  qui  en  usait ,  soup- 
çonnant que  cet  insuccès  tenait  à  la  mauvaise  qualité  du 
véhicule ,  m'engagea  a  donner  tous  mes  soins  k  l'exécu- 
tion de  sa  recette ,  et  surtout  à  faire  choix  d'excellent  vi- 
naigre. En  conséquence  ,  on  fit  dissoudre  dans  les  propor- 
tions voulues  du  sulfate  de  cuivre  dans  le  vinaigre  blanc 
provenant  d'une  des  premières  fabriques  de  Saumur,,  et 
sur  la  pureté  duquel  on  pouvait  compter.  On  versa  le  so«- 
lutum  filtré  sur  des  feuilles  récentes  de  lierre  terrestre 
renfctrmées  dans  un  bocal  de  verre ,  et  le  tout  fut  aban- 
donné au  repos  pendant  le  temps  prescrit. 

Au  moment  de  délivrer  cette  composition  y  je  m'aper- 
çus qu'il  existait  au  fond  du  bocal ,  ainsi  qu'à  l'extrémité 
des  petits  poils  dont  les  feuilles  de  lierre  terrestre  sont 
pourvues ,  une  matière  semblable  à  du  vert  de  gris ,  qui , 
vue  à  la  loupe ,  présentait  quelques  rudimens  de  cristaux 
du  volume  d'un  grain  de  sable.  Obligé  de  me  dessaisir  du 
bocal  et  de  son  contenu  ^  je  me  contentai  de  noter  ce  phé- 
nomène ,  que  j'attribuai  à  uue  altération  quelconque  du 
sulfate  de  cuivre  ,  mais  sans  avoir  aucune  idée  arrêtée  sur 
ce  genre  d'altération.  Cependant  je  désirais  de  m'éclairer 
sur  la  nature  de  cette  matière  cristalline.  Je  me  hàtal 
donc  de  recommencer  l'opération  ,  ce  qui  me  donna  lieu 
d'obeerver  que  l'action  chimique  se  manifestait  peu  de 
temps  après  l'immersion  des  feuilles  dans  la  liqueur  ci^i- 
vreuse.  Mais  cette  action  avait-elle  lieu  uniquement  sous 
l'influence  des  feuilles  de  lierre,  en  vertu  de  quelque  prin- 
cipe particulier  à  ce  végétal  ?  Ce  fut  ta  première  idée  qui 


364  JO¥HNAZ» 

se  préeefnta  à  œonfibprk.  Toutefois  je  ne  tardai  pas  à  être 
désabusé ,  car  ayant  soumis  k  la  même  épreuve  des  feuil- 
les de  végétaux  de  familles  différentes ,  j'obtins  absolu- 
ment les  mêmes  résultats  (|u'avec  le  lierre  terrestre* 

De  nouvelles  plantes  mises  en  expérience  avec  \iiie  dis* 
solution  de  sulfate  de  euivre  dansTacidé  acétique  (yinai- 
gre  de  bois  purifié),  ne  produisiretit  rien  de  semblable  ; 
enfin  une  simple  solution  de  sulfate  de  cuivre  dans  le  vi- 
naigre de  vin ,  et  sans  aucune  addition ,  ayant  été  aban-» 
donnée  pendant  12  heures  ^  fournit  des  cristaux  on  peu 
plus  prononcés  ^  et  de  même  nature  que  ceux  précédem- 
ment obtenus.  J  en  conclus  naturellen^nt  que  cette  sub- 
stance était  le  produit  d'unfe  réaction  efttre  les  conrposans 
du  sulfate  de  cuivre  et  ceux  du  tartre  contenu  dans  le  tî* 
naigre  de  vin  :  que  l'intervention  d'au  végétal  quelconque 
n'était  nullement  nécessaire  à  sa  formation  ;  que  le  rôle 
du  lierre  terrestre  ou  de  toute  autre  plante ,  en  eetie  oc- 
casion, se  réduisait  &  celui  d'un  corp&  étranger  qui  accé- 
lérait la  séparation  d'un  sel  déjà  formé ,  iaas  participer  à 
l'action  chimique. 

Les  essais  suivans,  auxquels  j'ai  soumis  (ie  sél,  me  portent 
à  le  considérer  comme  un  tartrate  acide  de  cuivre  (1;.  En 
effet,  i"*.  il  est  insoluble  dans  leau  et  d^ns  l'acide  tartarique. 

2*".  Chauffé  au  chalumeau  ,  il  se  gonâe  ^  noircit  ^  brûle 
en  répandant  une  légère  odeur  de  caramel ,  et  laisse  du 
cuivre  réduit. 


(i)  Lors  de  la  lecture  de  cette  note  à  TAcadëiMe,  M. VsdqoeUn,  qu'une 
longue  expérience  daos  la  science  de  Tanal^se  a  rendu  si  familier  a%ec 
la  physionomie  de  sels  me'talliques,  a  de  suite  reconnu  celui  ((ue  je  lui 
ai  présente  pour  du  tartrate-dé  cuivre.  T&i  obtenu  depuis  le  même  sel 
avec  le  »ulfote  de  cuivre  et  le  a«c  de  verjus;  étafin  j^fti  pu  m'ett  precii~ 
rer  de  trés-pur  en  traitant  da  sulfate  ^le  ouivre  avec  une  dissolution  de 
crème  de  tarire  saturée  à  chaud  et  refroi^e ,  et  constater  ainsi  ndentité 
des  trois  sels  ;  en  sorte  que  le  sulfate  dexuivre  pourrait  être  emplojë 
comme  re'actif  pour  dëeeovrir  le  sartaurtrate  de  potasse  daos  tous  les 
liquides  où  existe  ce  dernier  tel,  e<  t4çe  ucrsd^ , 


DE     PHARMACIE.  36S 

3^.  L'acide  nitrique  le  dissout  à  froid,  et  la  dissolution 
Il  cal  paa  troublée  par  le  muriate  de  baryte. 

4*-  Broyé  avec  de  Thydrate  de  potasse  ,  il  passe  du  vert 
au  bleu  foocé ,  et  forme  un  sel  triple  précipîtaMe  de  la 
dissolution  concentrée ,  au  moyen  de  lalcool ,  et  suscep- 
tible de  cristalliser. 

En  admettant  donc  que  le  remède  contre  les  cor»  soit 
efiicace ,  on  voit  qu  il  agirait  d  une  manière  analogue  aux 
préparations  du  même  genre,  préconisées  en  pareil  cas , 
dont  la  base  est  un  sel  de  cuivre  peu  soluble  dans  Teau, 
tel  que  le  vert  de  gris. 


QUELQUES  REMAKQUES 

Sur  la  lueur  des  Scolopendres  ,  insectes  aptères  (  classe  des 
Mitosata  Fabr.  et  des  Myriapodes  d'autres  entomolo- 
gistes )  i 

Par  M.  J.-J.  ViREY. 

Tout  le  monde  connaît  ces  insectes  rampans  à  segmens 
nombreux  ,  dont  chacun  est  muni  d'une  pâte  de  chaque 
côté  ;  ils  ont  la  forme  serpentante ,  le  corps  plat  ou  dé- 
primé ,  la  démarche  agile ,  une  léte  ovale ,  écussonnée,  mu- 
nie d'antennes  sétacées ,  deux  palpes  filiformes  entre  les 
mâchoires  -,  nulle  distinction  de  thorax  ni  d*abdomen , nulle 
trace  d'ailes  ^  mais  des  pieds  po^érieurs  plus  alongés  que 
les  autres ,  enfin  une  côuléUr  brune  et  obscure.  Ces  ani- 
maux se  tiennent  sous  des  pierres  et  en  des  lieux  obscurs , 
dans  le  bois  pourri  ,  le  terreau ,  etc. 

Le  nombre  des  pieds  s'accroît  avec  Tàge,  parce  que  le 
nombre  des  segmens  aussi  devitnt  plus  considérable  cheil 
ces  insectes. 

Deux  espèces  ont  été  signalées  comme  remarquablea 


366  JOURNAL 

parla  propriété  de  luire  dans  robseurîlé.  Telle  est  la  Sco- 
lopendra  electrica  ou  GeophUus  electricus  de  Leach  ,  dont 
le  oorps  est  linéaire  avec  une  raie  longitudinale  au  milieu  ; 
elle  présente  jusqu'à  70  pâtes  de  chacpie  côté,  une  couleur 
jaune  fauve  ;  elle  a  été  décrite  par  les  auteurs  comme  vî-^ 
vaut  dans  le  bois  pourri ,  et  manifestant  une  lueur  élec- 
trique parfois. 

La  Scolopendra  phospkorea  L, ,  ayant  76  pâtes  de  chaque 
côté ,  a  été  décrite  par  Linné  comme  un  insecte  aussi  bril- 
lant pendant  la  nuit  que  les  vers  luisans  ;  il  ajoute  qu'il  en 
est  tombé  de  l'atmosphère  sur  un  vaisseau  en  pleine  mer  à 
cent  milles  de  distance  des  côtes  de  l'Afrique  et  de  l'Asie , 
mais  cet  insecte  était  probablement  tombé  d'un  des  mâts 
du  navire. 

Au  reste,  ayant  eu  l'occasion  d'observer  la  lueur  répan- 
due par  la  Scolopendra  electrica  de  France ,  voici  ce  que 
j'ai  remarqué  : 

i^.  L'insecte  en  son  état  d'intégrité  donne  rarement  sa 
lueur ,  à  moins  quW  ne  l'irrite  ou  qu'on  ne  l'excite  plus 
ou  moins  ; 

a^.  Si  on  l'écrase  en  partie  ,  il  se  tortille  avec  beaucoup 
de  vivacité ,  alors  il  répand  une  lueur  d'un  éclat  bleuâtre , 
surtout  à  sa  partie  inférieure ,  sur  laquelle  il  rampe  -, 

3"*.  Lliumeur  qu'il  répand  sur  les  corps  où  il  a  été 
écrasé  est  pareillement  très-phosphorescente  et  d'une  lueur 
bleuâtre  ; 

4^.  Ces  traces  phosphorescentes  subsistent  pendant  en- 
viron une  minute  ou  plus ,  jusqu'à  ce  que  la  dessiccation 
qui  s'opère  en  amène  l'extinction. 

5*^.  Cette  substance  lumineuse  n'offre  aucun  caractère 
d'électricité ,  mais  toutes  les  marques  de  phosphorescence 
analogues  à  celles  des  lampyres  \ 

6°.  L'odeur  n'est  pas  sensible  ,  ni  même  la  saveur  ; 

7^.  Les  temps  chauds  et  l'époque  de  la  génération  che^ 


DE     PHARMACIE.  36'] 

ces  insectes  les  rendent  plus  vifs  et  plus  capables  de  phos- 
phorescence y 

S"*,  n  parait  que  c'est  la  même  substance  qui  brille  chez 
les  lampyres ,  les  lucioles ,  les  cuciges ,  les  fulgores  et  les 
autres  insectes  de  diverses  familles  qui  présentent  une  pa- 
reille lueur ,  car  elle  s'éteint  aussi  pareillement  avec  la  vie 
des  scolopendres ,' et  devient  d'autant  plus  lumineuse  que 
Tanimal  a  plus  d'activité  ; 

9**.  Cette  propriété  phosphorescente  n'existe  que  dans 
des  insectes  nocturnes ,  ou  fuyant  la  lumière  ^  elle  éclate 
surtout  k  l'époque  dç  leur  génération. 

MÉMOIRE 
Sur  quelques  combinaisons  du  phosphore^ 

Par  M.  Dumas. 

(  extbait)  Annal,  de  Chim.  et  de  Pbys. ,  tom.  3i ,  pag.  1 13. 

M.  Vauquelin  et  M.  Thomson  ont  analysé  le  gaz  hydro- 
gène proto-phosphoré  ,  en  le  chauffant  dans  une  cloche 
courbe  ayec  du  soufre ,  et  ils  sont  arrivés  à  des  résultats 
diâerens.  M.  Dumas ,  en  se  servant  du  même  procédé  y  a 
reconnu  la  cause  de  cette  différence  :  c'est  que  le  soufre  qui 
sert  à  Texpérience  absorbe  une  certaine  quantité  d'hydro- 
gène sulfuré  dont  la  quantité  ne  varie  pas  sensiblement 
quand  on  se  sert  d'un  fragment  de  soufre  de  la  même  gros- 
seur ,  et  qu'on  opère  sur  un  même  volume  de  gaz  ,  mais 
qui  est  sujette  à  changer  si  l'on  vient  à  faire  varier  les 
circonstances  précédentes. 

M.  Dumas  a  analysé  le  gaz  hydrogène  proto-phosphoré 
en  le  chauffant  avec  du  bichlorure  de  mercure  dans  une 
cloche  courbe  y  ei  recherchant  après  la  réaction  combien 


36iJ  JOURNAL 

de  gaz  avait  été  décomposé ,  et  à  quelle  quantité  de  gm% 
hydrochlorique  il  avait  donné  naissance.  Un  volnmc  d*hy- 
drogène  proto-phosphoré  donne  trois  volâmes  d'acide  hy- 
drochlorique ^  et  contient  par  conséquent  une  foi»  et  demie 
son  volume  d'hydrogène. 

La  quantité  de  phosphore  a  été  trouvée  en  faisant  déto- 
ner du  gaz  (i  vol.)  sur  le  mercure  avec  un  excès  d'oxîgènc 
(3  à  4  vol.).  Il  suffit  y  pour  que  la  détonation  se  fasae ,  de 
diminuer  légèrement  la  pression  y  comme  Tavaît  déjà  ob- 
servé M.  Houion  Labillardière. 

Les  produits  de  la  décomposi  tion  sont  de  Veau  et  de  Facide 
phosphorique.  Un  volume  d'hydrogène  proto-phosphoré 
absorbe  deux  vol.  4'oxigène.  Or ,  comme  trois  quarts  de 
volume  ont  été  absorbés  par  l'hydrogène ,  un  vol.  un  quart 
a  servi  à  former  de  l'acide  phosphorique ,  d'où  il  résulte 
que  le  gaz  hydrogène  proto-phosphoré  est  formé  d'un  atome 
de  phosphore  et  de  six  atonies  d'hydrogène. 

Le  gaz  hydrogène  proto-phosphoré  absorbe  tantôt  deux 
et  tantôt  un  vol.*"  et  demi  d'oxigène.  Dans  le  premier  cas, 
il  se  fait  de  l'eau  et  de  l'acide  phosphorique  comme  nous 
l'avons  dît.  L'absorption  d'un  vol.  et  demi  d'oxigène  a  lieu 
quand  l'oxigène  n'est  pas  en  excès.  H  doit  se  produire  de 
l'acide  phosphoreux,  et  comme  le  vol.  et  demi  d'hydrogène 
contenu  dans  un  vol.  de  gaz  hydrogène  proto-phosphoré 
exige  toujours  3/4  de  volume  d'oxigène ,  il  en  reste  5/4 
dans  le  premier  cas  et  3/4  dans  le  second  pour  la  combus- 
tion du  phosphore.  Donc  les  quantités  d'oxigène  dans  l'a- 
cide phosphoreux  et  Facide  phosphorique  sont  dans  le  rap- 
port de  3  à  5.  C'est  ce  qui  résulte  également  des  expériences 
de  MM.  Berzélius  et  Dnlong. 

Le  gaz  hydrogène  proto-phosphoré  est  toujours  le  même 

})réparé  avec  l'acide  phosphatique  ,  l'acide  phosphoreux  , 
*acide  hypophosphoreux ,  ou  en  traitant  le  phosphure  de 
chaux  par  Tacide  hydrochlorique.  On  reconnaît  aisément 
sa  pureté  en  le  mettant  en  contact  avec  une  solution  de 


\ 


DB    tHAEMAClE.  36g 

sttlfatd  de  coivre  saturée  à  froid  ;  il  est  entièrement  absorbé. 
Ctt>servoas  toutefois  que  sur  la  fin  de  la  distillation  des 
acides  phosphalique  et  phosphoreux  ,  une  partie  de  gaz  est 
décomposée.  U  se  dépose  un  peu  de  phosphore^  et  le  gas 
phosphore  est  mêlé  d*uoe  petite  quantité  d*hydrogène  pur. 
La  densité  du  gaz  hydrogène  proto-phosphoré  est  de 
i,ai4*  Un  litre  de  ce  gaz  pèse  i>â777  grammes. 

La  meilleure  manière  de  le  préparer  consiste ,'  suivant 
M.  DuBMis ,  h  remplir  une  cloche  de  mercure  et  à  j  faire 
passer  dix  à  douze  centimètres  cubes  d'acide  hydrochlo- 
rique  pur  et  fumant ,  et  ensuite  un  gramme  de  phosphure 
de  chaux  récent  et  réduit  en  poudre  ,  que  Ton  a  soin  d'en^ 
^elopper  de  papier  Joseph ,  et  d'întnoduire  rapidement  dans 
la  cloche  pour  qa  il  n'ait  pas  le  temps  d'absorber  Thumî- 
dité  de  Tair  qui  l'enflammerait.  Il  se  dégage  beaucoup  de 
gaz.  U  y  a  développement  de  chaleur  et  dépôt  de  pho»* 
phore.  Quelquefois  le  gaz  est  parfaitement  pur.  Souvent  il 
renferme  un  à  cinq  centièmes  d'hydrogène. 

L'hydrogène  peirphosphoré  s'obtient  dans  les  laboratoires 
par  un  grand  nombre  de  moyens  ,  et  aucun  ne  le  donne 
parfaitement  pur ,  ainsi  que  nous  allons  le  dire. 

PftBifiER  PiocÉDÉ.  -^  Par  la  potasse  caustique  bouillante 
et  h  phosphore,  —  Le  gaz  offre  un  rapport  constant  entre 
r hydrogène  phosphore  et  l'hydrogène  pur.  La  proportion 
de  .ce  «lemier  est  toujours  de  0,62.  On  analyse  aisément  It 
mélange  par  le  sulfate  de  cuivre. 

Deuxième  procédé.  —  Par  le  phosphure  de  baryte  et 
Peau,  • —  Le  gaz  est  formé  de  trois  vol.  d'hydrogène  pur  et 
de  quatre  volumes  d'hydrogène  perphosphoré.  Or,  comme 
quatre  volumes  d'hydrogène  phosphore  contiennent  six 
volumes  d'hydrogène  et  pu  vol.  et  demi  de  phosphore ,  on 
trouvera  qu'en  y  ajout£ifiH  trois  volumes  d'hydrogène  le  mé- 
lange serait  converti  en  hydrogène  protœphosphoré.  Com^ 
meut  se  f^it-i)  que  ce  dernier  gaz  ne  se  forme  pas  dans  cette 
circonstance  ? 


372  JOURNAL 

màrquable.  Ces  résultats  sont  confirmés  par  Fanal jse  au 
moyen  du  protoxide  d*azote.  Il  est  à  observer  qœ  lorsqu'on 
veut  faire  détoner  le  mélange  par  Tétincelle  électrique  , 
Faction  est  tellement  vive  qu^il  serait  dangereux  de  ne  pas 
opérer  snr  de  petites  quantités. 

La  densité  du  gas  hydrogène  perphosphoré  est  de  1 97614 

Un  litre  de  ce  gaz  pèse  3,a88  grammes. 

Pour  arriver  au  poids  de  Tatome  de  phosphore  il  suffit , 
la  densité  des  gaz  étant  connue,  de  transformer  en  poids  les 
proporiioiis  de  cesgas  et  de  comparer  ces  quantités  au  p<nds 
bien  connu  de latome  d'hydrogène. 

On  trouve  avec  Fhydrogène  proto-phosphoré  4o293o. 
«..;...  .  rhydro^ène  perphosphoré.  .  4<><)93S- 
M.  Berzélius  ,  par  des  considérations  tirées  de  Tanalysa 
du  chlorure  de  phosphore  et  de  la  réduction  du  muriate 
d*or  et  du  sulfate  d^argent  par  le  phosphore ,  avait  admis 
39^ j 3  pour  le  poids  de  Tatome.  M.  Dumas  ,  en  cherchant 
à  faire  à  chaque  moyen  d'analyse  sa  part  dWreur ,  est  resté 
dans  rindécîsîon  sur  le  nombre  qui  devait  être  préféré. 
Cependant  il  a  conserva  celui  de  M.  Berzélius.  Il  nous 
semble  en  effet  que  c'est  le  nombre  qui  présente  le  plus 
de  probabilité  pour  l'exactitude.  E.  S. 


1>E     FKAHaiACIEU  373 

■ 

ANALTSE  SUCCINCTE-.  ..:,*••. 

■    '  •  *       '  '■ 

I}es  travaux  de  tJlcadémie  rejrcde  ijle  médecine y^s/ec^iot^ 
de  pharmacie ,  pendant  le  second  ir'œwlre de  t,^  ^^^n 

f  •  « 

Séance  du  1 5  avriL  —  Rappo^  dr  l\jMt  BofillHy  «i  Vaw* 
<pie1iR ,  sur'  unp  analyse  du  sapg ,  épapçlié  par.  Uf ,  ifUptw^ 
<fuQ  anévrisme  de  1  aorte,,  P^  JA.ifionix^^  p^amifcieii  k 
Rouen. 

M.  Chevallîer  a„^epÀé  Ica,  e^^périéncçs  de  9f. : Aec^e  , 
pour  la  porificatiop  de  l'alcohoî  infecté  de  xnaû^es  |ipi» 
maies,  au  moyen  di:^  cblorurç  ^^  cjiaux  sujr  lefMl,0)i^  dit* 
ûUé  cet  alcbhbU  .  .,  .    ,    . 

MMf  Pelfeiîer^  jRotnnet  çt  C^vepton  ontexafliîné  Va«ia- 
ly$e  par  M.retlt,  pbarmacien  à  Corhdl^  dupavi^  d'Qri^Rt} 
Vanteur  annonce  7  ayoir  prouvé  de  l^fn^phin^»9  4l9  klfar- 
-cotîne  et  de  1  acide  mëconiqne. 


, .  '  t    j 


mëconiqne. 

M.  Dnblanc  n*a  pas  pu  retrouver  la  morphine  dans  les 
linmenrs  4f^^  jpera^nprs  ou -des  «nimikax  empiliaoïuiiéS'I^ar 
Topium.        ..,;  ,..,     ,  .,  .         -    •...    .       .        ♦        .  .W-. 

M.  Pirével  >.,d^  ,S[fiMçs,  A  eKaQPbinéiim  c^h0réliMftv4m 
farynx ,  cçmpçf^e  de  son^-pb^s^stlé  caleaire^tcMi^iiiétiQBé 

Les  travsf ^1^,  s^^  }\^i^  à»  BiQiM>^0t  snr  la  <iilpiiie>èBt 
paru  dans  eç  jQ^ri;ialr  .  •;  .,    .,-,    ...    .       f^ ,.;  >^  n    • 

Séance  ^a  t^^.  ;<nTi7;  ^-r  H«  .Ma8A€»rl4ak6»ff.eaMielifle8 

recherchef  ch^miqi|ief  $^  teS}>i^a  dea ;réeb1llis<dciii8a2[-s( 

dans  le,  Mi(^^^^^ropos«<)OQtro;lesj  ipaladÎQ»  docoeilviiii 

Tadditidn  d'uQ^  ;fj^ç  4^  çrèkaeldft  toftre.svr^ornt  .Hinei 

df  yin^''   ,|'[ -i-,!  1'      '    -•         .ii>/M:i'o/  :' 1  )":i<I''lî-  .'1 

BIM,  Ljiu|ipr3l  jBj.ÎR^jrjqz  lifeniir.leuvfrfippon  a*r>lc^>,reiï 
ctierchès  de  M^;  ^âj[}^$ ,  jr^^j^t^xif^t^,  I^^  difféi^eaio^  .(^iintqav 
du  sang  ve^nçuxetdnsaag,4çft*'V»MnXiCApiUa^ 

JLII*.  Année,  ^-^  Juillet  1826.  27 


374  JotrBiiAL 

ci  est  plus  pesant ,  plus  coloré ,  plus  visqueux  et  plus  albit' 
•Brineux  que  l'autre. 

Lecture  (Tun  travail  de  M.  Fée  sur  les  végétaux  mono- 
cotylédones.  Quelques  remarques  sur  le ^  eaux  de  Chaude»- 
Aigues  sont  faites  par  M.  Caveritou  y  qui  annonce  qu'elles 
déposent  dans  leurs  canaux  des  incrustations  de  sulfure  de 
fer  avec  du  protoxrde  de  ce  métal. 

Séance  du  li  mai.  —  Rapport  de  MM.  Planche  et  Bo- 
MAtf  e  sur  un  travail  de  M.  Lebreton  ,  d*Angers ,  relatif  à 
Tâ^tititi'  de  Talcohol  ioduré  et  des  hydriodates  alcalins  sur 
la  teinture  de  résine  de  gaïaCr  Celle-ci  devient  bleue  et 

verte. 

M.  Dnblanc  a  rencontré  dans  Topium  une  substance 
particulière  autre  que  la  morphine  et  la  narcotine ,  d'une 
saveur  amère ,  mais  elle  n*est  pas  le  principe  actif  de  To* 
pium ,  comme  l'avait  cru  un  chimiste  suédois., . 
-  M.  Pelletier  présente  du  bois  de  quinquina  calisaya  ,- 
jàtiAe  et  ahier ,  qu'il  analysera. 

Rémarque  de  M.  Robinet  sur  lit  fàèîlé  digestion  desali- 

mens  devenus  alcalescens. 

•  •  .  .  ,-«.••  t     •.    , 

È  *  * 

i  - 

Séance  Ai  17  mai*-^  Envoi  par  M;  Petit,  de  Corbeit  » 
de  draps  teints  en  noir  avec  le  bablah ,  ou  les,  gousses  de 
Tmnwêki^le  prou»sol(ke  dé  fer;  ou  le  pyt^olignite  de  fer,. 
em  ooMpwTiiaoo  avec  lés^ûi^èmés  teintures  obtenues  par  ia 
tic4x  de{|atte;  Let  gousses^  de  i»iiini09d  paraissent  donner  un 
noir  supérieur,  et  cependant  elles  sont  moins  chères, 
p  )Msiâitvidlieirprésenie*une  poudre  Mauchitre  obtenue 
4a4à4façxiie'de  jalap  macérée  date  1  acide  acétique  ,  par 
Mi /Hume  i;  et  précipitée  au  moyen  dé  l'ammoniaque.  M.^ 
LMgiery >tJCOUve  de  TaÉialogie  avec  llnuline.  ' 

M.  Robinet  fait  voir  l'avantage  d  exprimer  l'huile  dé  ta 
temenèe  de  moutarde-a^alit  de  faire  "usage  de  sa  poudre 
pour  des  sinapisme^  f  ceux-'-ci  sont  plus  actifs ,  tnoins  sus- 
copdblev  de  raiicir.  MM  «  Planche  ,  Derosne  él  d  autres , 


«  * 


ffià  icotmaîssent  rutiUlë  de  ce  moyen  déji  mis  en  pratique 
tn  plusieurs  lieux ,  désirent  aussi  qu^il  devienne  général. 

Séance  du  3  juin^  —  M.  Dodelin ,  dTvetoC,  fait  ^uel- 
<{ues observations  pourconfirtner  le  procédé  de  préparatioii 
"extemporanée  de  Fonguent  mercurid ,  au  moyen  de  Tagi- 
tatJOB  dans  une  bouteille  de  verre. 
'  M.  Nestor  l'acquêt ,  pharmacien  à  Gondrecourt ,  a  ima* 
pué  un -appareil  distillatoire ,  au  moyen  duquel  la  vapeur 
parcourt  plusieurs  détours ,  a^  d^écon<»niser  le  combus- 
tible. 

M.  Henry  ttiontre  Tavantàge  de  distiller  les  fleurs  odo- 
rantes et  autres  végétaux ,  sur  un  diaphragme  percé  placé 
tlansla  cucurbite ,  au-dessus  de  Feau,  afin  que  la  seule 
Vapeur  pénètre  les  substances  sans  les  brûler. 

Séance  Jii  1 7  juin*  —  Analyse  chimique  des  eaux  de 
Bourrassol ,  près  de  Toulouse  y  par  M.  Saint-André.  Ces 
eaux  salines,  ferrugineuses  et  gazeuses,  contiennent  des 
muriates  de  sonde  et  de  magnéaie ,  dû  sous-carbonate  cal-  , 
caii'e  abondamment ,  ainsi  que  du  peroxide  de  fer  sous- 
carbonate ,  du  sulfate  de  chaux  et  quelques  autres  matières 
moins  remarquables» 

Rapport  de  MM.  I)erosne  et  Guibourt,  sur  le  travail  de 
M.  Magnes-Lahens,  relatif  atix  vins  :  les  rapporteurs  croient 
1  addition  de  1  alcohôl  plus  utile  qu0  la  crème  de  tartre.  - 

Mémoire  de  M.  Garot  ^  sur  les  acétates  de  mercure  ;  it 
y  a  tl'ouvé  un  proto  et  un  deuto-acétate ,  pour  la  prépara- 
tion des  dragées  de  Kayser.  Le  deuto-acétate  a  des  e0ets , 
plus  violens. 

M.  Planche  montre  que  du  sulfate  de  cuivre  dissous  dans 
àa  vinaigre  de  vin  laisse  précipiter  un  tartrate  acide  de 
cuivre. 

M.  Virey  fait  quelques  remarques  sur  la  lueur  phospho-  > 
rèscente  des  scolopendres  et  d'autres  insectes^ 

Les  articles  qui  méritent  d'autres  détails  plus  étendus, 
wront  exposés  par  la  suite.  J.-J.  Virey. 

a;. 


^'jG  jouBNiii;. 


tw^m  im%  1  ll^1l^^^"'^*^*"^'l^l•l1'n^>^'^l"^"*n^^^^>l'^^^  ifi"i  itiiiriiir>firi»if>i%i)m  \f>mj»n»nr»*>TivniyiTinr> 


NOUVELLES  DES  SCIENCE^. 

"Chimie.  ^—  M.  IBérard  a  lu  à  TAcademije  des  sciences  y 
dans  l'a  séance  du  3  juiHèt,  tiri  Mémoire  dq  M.  Ballart, 
pharmacien  à  Montpellier,  dans  lequel  IVuteur  annonce 
la  décooiYertc  qu*îl  a  faite  d*ùn  nouveau  corps  simple ,  ana- 
logue ,  pùnv  stfs  prdpriétés  chîtoîquesVàu  chlore  et  àTiode, 
et  auquel  il  propose  de  donner  le  no^  de  murids, 

tiC  ihnride  a  été  trouvé  par  M.  Ballart  5ans  les  êàuTC 
Àkères  des  marais  saians  ^  9àns  lesquelles  il  existe  en  com* 
Mttafeott  avec  la  mafgnésie.  .       '  . 

Libre  de  toute  cbmbînâîson  ,  le  murtd.e  se  présente  so.ns 
ferme  tPuii  liquide  roûgeâtre,  dVnè  cideur  qui  rappepe 
cfellè-àê  Tcntide  dé  irhlôf'è^,  pesant  a, ^66,  Volatil-,  capable 
d'eiltrer  eh  ébullitîdn  à  47°  cent.  ^  soùs  la  pression  de  76 
cent.,  donnant  tinevipénr  rouge,  analogue  au  gaz  nî- 
treU^,  hon  côngelablë  par^uh  ab'aissénient  de  température 
àé  i8*  att-dessour  de  zéro;  soluble  dans  ï'eâu,  dans  laï- 
cohol ,  et  dans  Téther  y  inaltérable  piir  une-  température 
lymge  et  par  fc  coùi^aht  électrique  5  etërgnanjt  les  corp^  em 
ooni^ràon  q^e  Ton  plongé  3àns  sa.  vapeur  ;  susceptible 
de  éécoldrer. l'indigo,  et  de  ^e  combiner  avec  la  plupart* 
dés^  ii^orps  simples ,  dé  manière  à  donner  naissance  à  des 
prodaiti  hh^togues  i  ceint  que  donnent  le  chlore  et  Viode 
dalAs  te» Mêtoes'drconstances. 

Se  combine  avec  Thydrogène  à  Tétat  naissant ,  perd  la 
cMléur  qtiî  lui  est  propre ,  et  acquiert  les  proprieies  i*u>x 
Btidé ,  qtie  Fauteur  désigné  soùs  le  nom  d'acide  hydro- 
muridique ,  conformément  à  la  nomenclature  établie^.  L'a- 
ciée  hydrb-mnridîque  est  décomposé  *  facilement  par  le 
chlore ,  qui  s'empare  de  l'hydrogène,  et  rend  libre  le  mv- 
ride,  qid  se  produit  afdi^s  sous  forme  fie' vapeurs  ronges. 


DE    PHARMACIE.  3']^ 

Il  n*ést  point  décomposé  pAr  llodc ,  mais  aa  contraire  I^ 
muride  peut  décomposer  le  gaz  hydriodique  et  eu  séparer 
rîode. 

L'acide  hydro-muridîque  n'est  pas  décomposé  par  l'oxi» 
gène  ;  les  métaux  y  tels  que  le  potassium ,  le  zinc^  le  ier^ 
Tétain ,  etc.,  le  décomposent  en  dégageant  lliydrogène  j  et 
s'emparent  du  muride;  les  composés  qui  en  résultent  sonf 
tout-à-fait  analogues  aux  chlorures ,  et  ont  reçu  te  nom 
de  muridares  ;  lorsqu'ils  sont  en  contact  avec  l'eau ,  les 
acides  forts  9  tels  que  l'acide  sulfurique,  peuvent  en  dé-r 
gager  de  l'acide  hydro-muridique ,  de  sorte  que  lorsqu'ils 
sont  en  dissolution  dansT l'eau,  ils  peuvent  être  considérés 
comme  des  hydro-muridates. 

Le  mûri  dure  de  potassium  se  présente  sous  la  forme  en* 
bique,  comme  l'iodure  et  le  chlorure  du  même  métal. 

M.  Ballart  extrait  cette  nouvelle  substance  des  eaux 
mères  des  marais  salans;  il  indique  plusieurs  procédés,  . 
entre  autres  le  suivant  :  il  verse  dans  ces  eaux  mères  une 
certaine  quantité  de  chlore,  qui  décompose  Uacide  hydro- 
muridique  combiné  qu'elles  contiennent,  elles  se  colorent  ' 
alors  en  rouge  ,  par  la  présence  du  muride  en  dissolution. 
M.  Ballart  conseille  d'agiter  cçtte  dissolution  avec  de  Té- 
ther,  qui  dissout  le  muride  ;  puis  dans  la  dissolution  éthé- 
rée  .  il  ajoute  de  la  potasse  caustique ,  qui  forme  un  mu- 
ridnre  de  potassium,  qui  s'en  sépare  facilement  k  Tétat 
solide  ;  le  muridure  métallique  est  ensuite  décomposé  au 
moyen  de  l'acide  sulfurique  et  du  peroxide  de  manganèse  , 
d'où  résulte  du  muride  gazeux.  L'opération  se  fait  dans 
une  cornue  de  verre ,  k  laquelle  on  adapte  un  tube  hori« 
zontal ,  contenant  du  chlorure  de  calcium  pour  dessécher 
le  maride  ;  à  ce  tube  est  adapté  un  tube  plus  petit ,  qui 
plonge  dans  un  récipient  convenablement  refroidi.  Pour 
conserver  le  muride  ,  on  Fcnferme  dans  un  flacon  bou- 
ché  k  l'émeril ,  et  contenant  une  certaine  quantité  d'acide 
sulfurique  ordinaire;  comme  cet  acide  c&t  plus  léger  que 


le  murtde,  il  le  «urnage  »  et  s'oppose  ainsi  à  son  évjipor»^ 
tîon. 

La  note  que  Boas  Tenons  de  donner  sur  le  tràvail  d# 
M*  Ballart»  est  encore  très-incomplète ,  puisqu'elle  ne  cen^ 
ferme  que  ce  que  nous  avons  pu  saisir  à  la  lecture  qui  en 
a  été  faite  à  FÂcadémie  des  sciences  ;  mais  nous  espérons 
pouvoir  faire  conoaître  en  détail  cet,  intéressant  mémoire, 
lorsque  les  commissaires  nommés  pour  Texami^er  aairont 
i^it  connaître  leur  opinion  à  l'Académie^ 

Les  conuni&saires,  soQt  M$i/l^   Yauqu^lin,   Thenai^di, 
Çay-Lu^saq. 

A*  B« 


à 


DR     PHARMACIE.  879 


NOTICE   NÉCROLOGIQUE 

Sur  Joseph-Louis  Proust  ,  Membre  de  Tlnstilui  et  de  Im 
Légion  d* Honneur j  Pharmacien^  Membre  deîjicaâé» 
mie  royale  de  Médecine. 

La  France  vient  de  perdre  «n  de  ses  savans  les  ]\Ius 
illustres.  Joseph-Louis  Proust  est  mort  à  Angers,  sa  ville 
natale,  le  5  juillet  dernier.  Cette  perte,  qui  afflige  tous 
ceux  qui  slntéressent  aux  progrès  des  sciences ,  sera  sur*- 
tout  vivement  sentie  par  les  pharmaciens,  qui  perdent  en 
lui  un  des  hommes  qui  ont  le  plus  honoré  leur  profession , 
un  homme  dont  le  nom  sera  placé  à  côlé  de  cei^xde  Schèele, 
de  Rouelle,  et  de  tout  ce  que  la  pharmacie  a  produit  de 
plus  illustre ,  et  chea  lequel  Télévation  du  génie  était  ac- 
compagnée d'utie  simplicité  de  mœurs  et  d'une  modestie 
<{ui  en  rehaussaient  encore  Téclat. 

Joseph-Louis  Proust ,  pharmacien ,  membre  de  la  Lé» 
gion  d*Honneur ,  membre  de  Tlnstitat  et  de  TAcadéhiie 
royale  de  Médecine,  naquit  i  Angers,  en  1755,  d'un 
pharmacien  distingué  de  cette  ville.  Il  fut  destinée  dès  sa 
jeunesse  â  embrasser  la  même  profession  ,  et  après  avoir 
fait  ses  premières  études  dans  la  maison  paternelle,  il  vint 
â  Paris  travailler  sous  la  direction  de  M.  Clérambourg ,. 
apothicaire  renommé  de  cette  époque.  Il  s'y  fit  remar- 
quer par  le  zèle  avec  lequel  il  se  liv^a  à  Tétude  de  la  chi* 
mie  et  i  la  pratique  de  son  art,  et  ne  tarda  point  à  rece- 
voir le  prix  de  ses  travaux. 

La  place  de  pharmacien  en  chef  (  alors  ^a^naitl  maU- 
irise)  à  Fhôpital  de  la  Salpétrière ,  étant  devenue  vacante ,. 
fut  mise  au  concours;  le  jeune  Proust  ne' se  fit  pus. 
inscrire,    mais   quelques    amis  connaissant  sa  mo4esr 


lie  et  son  mérîle,  le  firent  placer  sur  la  liste  (Tes  coit^ 
enrrens.  Ce  concotrrs  fnt  pour  lui  l'occasion  d'un  hrillant 
succès  et  le  commencement  de.  sa  réputation^  H  obiiat  la- 
place  à  TunammUë  des  suflrages  ;  ce  qui  lui  procura  une 
eicistence  honorable  et  les  moyens  de  se  livrer  avec  faci- 
hié  k  Fëtttde  de  la  cbimie ,  qui  avait  pour  lui  an  attrait 
irréstsiible. 

C'était  surtout  aux  leçons  de  Rouelle  et  dans  ses  entrer 
tiens  avec  ce  savant  qu'il  avait  puisé  son  goût  décidé  pour 
eeùe  science,  et  peut-être  aussi  cette  tournure  d'esprit 
originiile  et  piquante  qui  caractérisait  si  éininemment  son 
maître» 

Appréciateur  éclairé  de  son  taîcnt ,  Rouelle  aida  de  ses- 
consefls  le  j.eune chimiste ,  l'honora  de  son  amitié  et  lui  fit- 
cilitiEi  l'entrée  de  la  carrière  qu'il  parcourut  depuis  avec 
tant  de  succès. 

Pendant  qu'il  occupait  sa  place  de  la  Salpétrière,  Proust 
fit  et  publia  plusieurs  Notes  et  Mémoires  y  parmi  lesquels 
on  peut  citer  ses  Recherches  sur  l'Urine ,  un  travail  sur 
l'acide  phosphorique ,  un  Ménfoire  sur  les  pyrophores  sans- 
alun  j  des  Expérienees  sur  la  combustion  ritpide  des  huile& 
essentielles  par  l'acide  nitrique ,  etc.  H  y  discute  les  opi-^ 
nions  que  Ton  avait  émises  avant  lui  sur  les  sujets  qu'il 
traite ,  et  Ton  roit  que  dès  cette  époque  il  annonçait  déj^ 
cette  indépendance  d'esprit  qu'il  apporta  depuis  dans  ses 
recherches  scientifiques ,  et  que  l'on  retrouve  dans  ton» 
ses  travaux. 

Proust  ne  se  fit  pas  seulement  remarquer  à  cette  époque 
par  les  traviidîc  qu'il  publiait  ;  il  professa  aussi  la  chimie  ^ 
et  avee  beaucoup  de  succès ,  tant  au  Musée  du  Palais- 
Royal  que  dan?  un  établissement  particulier  d'enseigne- 
ment fotfdjé  par  l'infortuné  Pllatre  de  Rosier"^  il  accompa* 
gna  ce  physicien  dans  sa  première  ascension  ,  qui  eut  lieu 
i  Versailles  le  aS  juin  1784,  en  présence  de  la  cour  et 
du  roi  de  Suéde ,  qui  jouissait  pour  la  première  fois  d'un 


DE      PHARMACIE.  3Bt 

«pertade  aussi  imposimt.  Le  ballon,  confié  par  Taîr  iîla- 
lé,  s'élcra  d'ahord  avec  quelque  difficulté,  et  les  oscilla- 
lions  rapides  que  lui  imprima  le  vent ,  firent  craindre  u» 
insumt  pour  les  jours  des  deux  aérouautes;  maïs  bientôt  ♦ 
libre  des  entraves  qui  le  retenaient  à  la  terre ,  il  s'éleva 
nurjestueusemtm  dans  les  hantes  régions  de  Tatmosplière,. 
et  ne  tarda  pas  à  dérober  les  intrépides  navigatèufs  aux  re^ 
garda  inquiets  de  la  multitude.  Ce  voyage  aérien ,  le  plus 
long  qu'on  eût  entrepris  jusqu'alors ,  et  dont  la  relation 
est  extrêmement  curieuse ,  fut  couronné  d'un  plein  suc- 
cès ;  le  ballon  descendit  sans  avoir  éprouvé  de  dommage- 
à  treize  lieues  du  point  de  départ,  après  Une  heure  sept 
■riantes  de  navigation.  Proust  refusa  constamment  de 
prendre  part  i  la  seconde  ascension  ,  dont  il  avait  calculé 
le  danger  (i).  11  ne  tint  pas  à  lui  que  le  malheureux  Pila- 
ire n'évilAl  l'événement  déplorable  dont  il  pérît  viclîme  y 
et  qui  justifia  trop  bien  les  funestes  pressentimens  du  chi-^ 
BiisCe. 

te  gouTemement  espagnol ,  témoin  des  progrès  que  fai- 
saient alors  en  France  les  sciences  physiques ,  et  prévoyant 
les  ressources  qu'elles  pouvaient  offrir  k  l'industrie  d'un 
peuple ,  offrit  it  Proust  une  place  de  professeur  &  Técolé 
d'artillerie  de  Ségovîe  ;  il  partit  pour  l'Espagne  ,  et  ne  tarda 
pas  à  réaliser  les  brillantea  espérances  que  sa  réputation 
avait  fait  naître.  II  indiqua  ou  perfectionna  un  grand  nom- 
bre de  procédés  qui  intéressaient  l'industrie  de  ce  pays , 
et  dans  plusieurs  circonstances  il  reçut  les  témoignages  les 
plus   flatteurs  de  la  satisfaction  du  souverain.  Ce  mo- 

(t)  Cette  seconde  ascension  eut  lieu  en  combinant  ]e  procédé  de  Mont- 
golfier  et  celui  de  Charles;  il  y  arait  deux  ballons ,  Tun  supérieur» 
tevipH  ^  gaz  hjnlrefiène ,  Tautre  iofe'rMor,  rempli  d^air  dilaté  par  la 
chaleur  ;  ce  qu*avait  prévu  Proust  arriva,  le  gaz  ijydrogène  s^enâamm»! 
et,Pilatre  de  Rosier  fut  précipité  du  haut  des  airs  ,  avec  son  çompagnoi» 
de  Tojage ,  qui  avait  voulu  partager  sa'  gloire  et  qui  partagea  soa  dé~ 
siatu. 


38^  ^  jouaNAL 

.nàrqne  résptut  de  fonder  à  Madrid  une  ëcole  centrale  de  dtr- 
mie ,  Proust  fut  chargé  d*y  professer  cette  science  ;  il  fui 
afiecté  à  cette  place  un*  traitement  considérable»  et  tout 
rétablissement  fut  doté  avec  uxïe  magnificence  vraiment 
royale.  Presque  tous  les  ustensiles,  même  ceux  dont  on  se 
sert  habituellement  »  étaienf  en  platine  :  le  roi  les  avait 
donnés  en  propriété  à  Proust. 

Ce  fut  dans  ce  laboratoire  et  dans  cdui  de  Ségovie  qu*il 
fit  ses  principaux  travaux ,  parmi  lesquels  on  peut  en  citer 
un  grand  nombre  qui  ont  un  but  immédiat  d'utilité  pour 
le  pays. 

Cest  à  lui  qu  on  doit  la  première  analyse  du  phosphate  de 
chaux,  natif  deLograsan ,  en  Estramadure.  H  fit  aussi  des 
essais  sur  le  salpêtre  et  sur  le  sulfate  de  magnésie,  égale* 
ment  natifs  en  Espagne.  Il  publia  un  mémoire  très-détaillé 
sur  les  huiles  essentielles  de  Murcie,  et  montra  que  Ton 
pouvait  en  retirer  du  camphre  avec  avantage.  H  fit  encore 
un  travail  considérable  pour  déterminer  les  quantités  de 
charbon  que  Ton  retire  de  différées  bois ,  et  celles  que 
fournissent  les  houilles  et  les  tourbes  d*£spagne. 

On  lui  doit  une  analyse  du  fer  natif  du  Pérou,  dans  le- 
quel il  ludique  le  nickel  \  un  grand  nombre  de  recherches 
sur  divers  minerais  d'Amérique ,  particulièrement  sur  la 
mine  de  platine.  Il  publiai  aussi  un  ouvrage  sur  les  moyens 
d'améliorer  la  subsistance  du  soldat  :  ces  moyens  sont  sur- 
tout fondés  sur  la  propriété  nutritive  de  la  gélatine  que 
Ton  retire  des  os  ;  avant  lui ,  Papin  avait  imaginé  de  l'ex- 
traire ,  en  soumettant  les  os  à  une  très-forte  chaleur  dans 
la  machine  qui  porte  son  nom.  Proust  essaya  de  faire  re- 
vivre les  idées  de  Papin,  mais  en  y  substituant  un  mode 
d'extraction  plus  facile. 

Cet  ouvrage ,  qui  est  moins  remarquable  sous  le  rapport 
scientifique  que  sous  le  rapport  de  la  haute  question  d'uli- 
lîté  qui  y  est  traitée ,  est  très-propre  à  douacr  une  idée  de 
la  manière  d'écrire  naïve  et  originale  de  son  auteur  ^  et 


DE      PHARMACIE.  383 

mrumt  du  lèle  qu'il  metuit  k  diminuer  les  privations  des 
classes  inférieures  de  la  société. 

C'est  dans  le  même  but  d'o£^ir  aux  pauvres  tine  nou« 
yelle  substance  alimentaire  ,  abondante  et  peu  coûteuse , 
qu'il  publia  plus  tard  un  Mémoire  sur  le  lichen  d'Islande, 
On  y  retrouve ,  comme  dans  le  mémoire  précédent ,  ei 
comme  dans  presque  tous  ses  ouvrages  y  ce  sentiment  pro-* 
fond  d'humanité ,  ce  zèle  actif  pour  le  bonheur  de  ses 
semblables  qui  le  portait  sans  cesse  à  rechercher  les  mdjens 
d'améliorer  leur  condition ,  en  leur  enseignant  i  mettre  à 
profit  les  ressources  que  la  nature  bienveillante  a  répan- 
dues avec  tant  de  profusion  autour  d'eux. 

Pour  lui  la  yérilable  science  était,  comme  il  le  dit  dans 
ce  mémoire ,  «  celle  qui  apprend  à  tirer  des  productions 
n  dont  le  Créateur  a  peuplé  notre  séjour,  le  plus  grand 
»  parti  ^  tant  pour  augmenter  les  moyens  de  subsistance 
9  que  pour  enrichir  la  médecine  ^  l'économie  domestique 
»  et  les  arts.  » 

n  donna  également  plusieurs  mémoires  sur  le  sucre  de 
raisin  et  s^  les  moyens  de  le  préparer  ;  et  en  cela ,  il 
avait  encore  en  vue  de  fournir  aux  classes  indigente^  un 
aliment  agréable  et  salutaire ,  dont  elles  étaient  plus  par- 
ticulièrement privées  à  l'époque  où  il  faisait  son  tra* 
rail. 

Outre  les  travaux  que  Aons  venons  de  citer,  Proust 
publia  encore  un  grand  nombre  de  mémoires  qui  enrichi- 
rent la  science ,  et  placèrent  leur  auteur  à  côté  des  pre- 
miers chimistes  de  l'époque. 

Favorisé  de  la  fortune,  honoré  de  l'estime  publique  et 
de  la  protection  du  Souverain  ,  possesseur  de  collections 
extrêmement  curieuses  des  objets  les  plus  remarquables 
et  les  plus  précieux  des  deux  Indes  ,  qui  devaient  fournir 
un  aliment  inépuisable  à  ses  recherches ,  il  ne  restait  k 
Proust  qu'à  jouir  du  bonheur  qu'il  s  était  créé,  lorsqu'il  vit 
ÇQ  1^1  flie^l  jot^r  s'évanouir  tontes  ses  espérances. 


\ 


384  J  o  u  n  ]N  A  L 

n  était  en  France  j  par  congé  y  lorsque  les  chances  de  Ta 
guerre  conduisirent  les  Français  à  Madrid ,  et  entraînèrent 
)a  dërastatioh  de  son  établissement,  dévastation  qui  fut  si 
complète ,  qu^on  peut  sans  exagération  pôrtef  à  plus  d'ui» 
demi-million  les  pertes  personnelles  qu'essujat^roust  dans 
cette  circonstance. 

Réduit  à  un  état  voisin  de  llndigence,  il  supporta  cr 
revers  avec  un  courage  stoïque,  et  s'il  laissa  échapper 
quelques  regrets  ils  nç  furent  point  pour  la  foi^tune^  mais 
pour  ses  collections  de  produits  chimiques  et  de  minéraux 
qu'il  avait  formées  avec  tant  de  soin. 

Qui  ne  partagerait  sa  douleur,  lorsquVn  parlant  dans 
un  de  ses  mémoires  de  quelques  minéraux. qu'il  avait 
Tintention  d'analyser,  et  que  le  besoin  l'avait  forcé  de 
dre ,  il  s'écrie  avec  une  si  touchante  simplicité  :  «  O  des- 
»  tinée  des  choses  humaines ,  au  lieu  d'analyser  ces  mî- 
»  néraux,  il  a  fallu  les  livrer  à  un  de  ces  gens  anxquels  on 
yè  dit  :  Fac  ut  lapides  isli  paaesjianu  » 

Napoléon,  voulant  encourager  la  fabrication  du  sucre  de 
raisin ,  engagea  Prousi  à  monter  aux  frais  du  gouverne- 
ment une  fabrique  de  ce.genre,  et  lui  accorda  par  un  de 
SOS  décrets  une  gratification  de  ioo,(k>o  f.  ;  Proust  la  refusa,- 
sa  santé  et  son  âge  ne  lui  permettant  pas  de  remplir  les 
conditions  attachées  à  cette  libéralité  impériale.  I)  ^  retira 
alors  à  Craon  (Mayenne),  ou  il  vécut  de  son  médiocre  pa- 
trimoine. 

Quoiqu'il  ne  résidât  pas  k  Paris ,  il  ne  fut  pas  moins 
nommé  membre  de  l'Académie  des  sciences  le  12  fé- 
vrier 18 16,  en  remplacement  de  M.  Guy  ton  Morveau, 
par  une  faveur  particulière ,  aussi  flatteuse  pour  celui  qnî 
en  était  Tobjet  qu'honorable  pour  ceux  qui  l'accordèrent^ 
Le  traitement  attaché  au  titre  d'académicien  ,  dont  il  jouit 
dès  cette  époque,  et  une  pension  de  1,000  francs,  qu'il 
dut  à  la  munificence  du  f^  roi  Louis  XVIIII ,  contribué- 


DE    PHAUMACIJ?-  385 

rent  à  Ipi  procurer  une  eicUtes^ce  {4u$  beufçu^e  .mIut-Ia  fia 
de  sa  vie. 

Après  sa  nomisation  à  Tacat^émie  des  sci^oees,  Proust' 
revint  à  Atig^rs ,  sa  vilie  nataie^  il  j  fit  plusieurs  mémoi- 
res ,  dont  quelques-uns  furent  adresses  à  VlnstiUit  ;.  il  en-»  -. 
voya  également  &  TAcadémia  de  médecine  des  rechercbes 
sur  Tune  des  causes  qui  peuvept  amener  la  formation  des 
calculs.  Enfin ,  il  s'occupaii  dW  travail  important  sur  Tn*- 
rine  lors<|ue  la  mort  est  venue  Tenlever  à  la  sctènce;  Ton 
espère  cependant  tjue  €e;t  ouvrage^  qtd  éuôt  dé)i  Mses 
avancé  »  ne  sera  pa^  entièreip^t  perdu»  et  qu  on  pourra  en 
publier  la  première  partie»    • 

Comme  nous  ne^  pouvons  ici  (pui,paçésaUei\d'uiie  «aanière 
snccÎBCteles  titres  sdeiuifiques  j|e  Jj^rpust,  naus^e-cherche- 
roD§  point  â  donner  la  aoipeac^amte  de  tou^  les  mémôines 
q^^il  a  publias  dans  la  plopi^ri  ^^r^cueiils  de  sciences, 
surtout  ààsis^le  Journal  dû  PJ^siqf/^^  deptûi  ï77ijusqn'i 
i^os  jours.  Nons.ne  rappellerons; que  les  principaux  :^nouk 
citerons  d'abord  ses  Mémoires  spr  le  Bleu  de  Prusse,  dans 
le^qu^Is  il  montre  que  la  couleur  de  ce  produxi  dépend 
du  degré  d  ozidation  du  k^^  que  cette  oxidalion  iie  peut 
se  faire  en  toutes  proportions  ^  U¥^i^  qu'elle  a'atvète  ii  deux 
poinu  fixes ,  et  que  toutes  les  puanees  «pse  prése.nte  le 
bleu  de  Prusse  sont  dues  i  un  méUkige  des  deux  prassia-» 
tes  du.  fer  ;  il  fait  connaître  ,^n  ^and  nombre  4c*  pix>priétés 
de  ce  singulier  produit,  qui  a  exercé  depufu  la  sagaeité 
des  cbimistes  .les  plus  distingués,  et  sur  ki  nature  duquel 
on  n'est  pas  encore  d'accord*  Koq$;cilerons.enQ»r6  aonTra-* 
vail:  sur  l'étain,  mémoire  très-r^marquidde,  vempii  de 
faits  curieux  et  nouveaux^  où  il  établit. d'une  manière po-> 
sitivequeFétain,  de  même  que  I0  fèr,  n'est  snaceptibleque 
c|e  deuif;  degrés  d'pxidalion  ;  il  y  iait  connaître  avec  beau- 
coup d^  détail  les  deux  cUlprures  d'étain  ;il  explique  Tac* 
tion  dé^oxidante  du  prQtQrt^lUQffUve  sur  les  sels  de  fer  au 
maximum ,  sur  les  sels  de  enivre^  l'ittdigo ,  etc.  ^  il  indiqua 


j 


386  N  lôtJhNAt 

le  premier  texistence  d'un  chlorure  de  cuivre  àiffétdM  âtk 
chlorure  vert ,  et  celle  d*un  protoxide  du  m6me  métal  ^ 
qu'on  ne  soupçonnait  pas  avant  ses  travaux. 

Ses  recherches  sur  les  oxides  de  cobalt  et  du  nickel 
sont  également  très-importantes. 

Il  faut  y  joindre  aussi  ses  travaux  sur  rantimoine)'  Tar-^ 
senic ,  sur  le  mercure ,  sur  l'argent  et  sur  For ,  sur  les  sul- 
fures métalliques  et  sur  la  poudre  à  canon. 

Uan  voit,  enlisant  ces  mémoires,  qu^ndépendamment 
du  mérite  particulier  k  chacun  d'eux,  ils  ont  enoore  un 
but  commun,  celui  de  prouver  que  toutes  lei(  combinaisons 
des  corps  entre  eux  ne  se  font  point  en  proportions  indé-^ 
finies ,  mais  sont  soumises  à  des  proportions  files  et  inva« 
riables ,  i  ce  pondus  natures  ^  comme  il  le  dit  lui-même  ^ 
«  qui  caractérise  tous  les  vrais  composés  de  Tart  et  de  la 
»  nature.  »  Cette  opinion  de  Proust  sur  les  proportions 
définies  /qui  était  son  idée  dominante  et  qui  se  retrouve  à 
chaque  page  de  ses  mémoires,  ne  fut  pourtant  pas  admise 
par  tous  les  chimistes  de  l'époque.  Un  chimiste  dont  lés 
sciences  déplorent  encore  la  perte  récente ,  le  savant  bu* 
tcur  delà  Siaiique  chimique^  combattit  long-temps  une 
idée  qui  s'accordait  mui  av«c  son  ingénieuse  théorie  des  af- 
fii^ités  chimiques  ;  et  il  la  combattit  avec  tant  à%  sagacité  ^ 
qu'il  laissa  long-temps  la  question  indécise. 

Mais  les  diimistes  qui  s'oicoupèrent  ensuite  du  même 
sujet  confirmèrent  pleinement  l'opinion  de  Proust,  qui 
reçut  une  ;.ti^s- grande  extension^  par  là  connaissance 
plus  exacte  que  l'on  acquit  de  la  composition  d'un  grand 
iVombve  de  corps.  Elle  est  actuellement  une  des  vérités 
lefi  mie^Ux  démontrées  dé  la  théorie  moderne ,  et  c'est  elle  * 
qui  sçrt  de  base  i  la  théorie  atomistique. 

Kqus  sommes  loin  sans  doute  d'avoir  énuméré  tous  les 
titres  de  gloire  de  M.  Proust*  11  aurait  fallu  y  consacrer 
plus  d'espace-que  n'en  peut  avoir  une  simple  notice. 

Proufii,  membi^  de  l'Académie  des  sciences  et  de  TAca* 


DE     PHilRtfilCIE.  387 

éétaie  âe  médecine,  trouvera  dans  ces  deux  compagnies 
savantes  des  voix  pins  éloquentes  que  \à  n6tre,  et  plus 
Agnes  de  rendre  k  son  génie  Thommage  qui  lui  est  dÀ;  mais 
il  appartenait  aux  rédacteurs  d^un  journal  pat*ticu1iëre- 
meet  consacfré  aux  pharmaciens,  de  les  entretenir  quelques 
instans  de  la  perte  quMls  Tiennent  de  faire ,  et  de  jeter  les 
premières  fleurs  sur  la  tombe  d^un  savant  illustre  et  d^un 
hooune  de  bien«  A.  B. 

BIBLIOGRAPHIE. 

Guide  de  Famaieurde  QuunpignonSy  ou  Précis  de  lliis- 
toire  des  Champignons  alimentaires,  etc.  ;  par  F*  S. 
CmtBiBA,  docteur  en  médecine,  i  vol.  in- 18  avec  11 
planch.  coloriées.  Prix ,  5.  fr.  A  Paris ,  chez  Bossange 
père ,  libraire ,  rue  de  Richelieu ,  n^.  6o. 

.  Nous  avions  Fintention  de  donner  une  analyse  un  peu 
détaillée  de  ce  petit  ouvrage.  Le  stget  en  est  plus  impor- 
tant qu'il  ne  paratt ,  puisqu'il  s*agit  d'éviter  les  nombreux 
et  funestes  empoisônpemens  qui  résultent  de  cette  sorte 
d'alimens.  Tpot^fois,  l'auteur  aurait  mieux  atteint  le  but 
qu'il  s'est  proposé  ei^  figurant  avec  soin  les  champignons 
comestibles  qu'on  peut  lé  plus  aisément  confondre  avec 
des  espèces  am^logues  vénéneuses.  Celles-ci  pourraient  de 
plus  être  aussi  fifiurées  en  regard  des  autres ,  avec  leurs 
caractères  distinctifs.  Les  descriptions  seules  sont  faible- 
ment utiles,  car  malgré  de  bons  ouvrages  sur  cet  objet 
par  Persoon ,  et  tant  d'autres  botanisti&s,  on  s'empoisonne 
chaque  jour.  Les  grands  ouvrages  de  luxe ,  avec  beau- 
coup de  figures  ,  sont  k  la  portée  de  peu  de.  monde.  Si  le 
Guide  de  M.  Cordier  offrait  l'avantage  des  figures  que  nous 
désirons,  nous  le  croirions  beaucoup  plus  intéressant.  Les 
couleurs' surtout  méritent  d'être  soignées  ,  selon  les  âges 


388  JOURNAL    DE      PSJARIf  A€IE. 

itu  champignon ,  puisqu'elles  varient  et  (KtuteiU  iuduiM 
<les  erreurs  mortelles;  par  exemple ,  tUus  T/iganciix^pecl»» 
naccus.  Dp  même  Ya^aricus  deliciosuSj  qu'on  a  vanté  comnitt 
excellent ,  pas6c  avec  rai$on  pour  suspect  ^t  -m^^  véné* 
neux  dans  nos  pays  ;  et  Vagarlcus  necator,  qui  annonoe  1« 
danger  de  le.  manger,  n'a  pourtant  produit  ^iacuji  «ociëent  i 
d'après  Fauteur  d'une  thèse  récente  sur  les  propriétés  det 
champignons  (par  M.  Letellier  en  1826),  C'est  que  sou*- 
vent  les  plus  habiles  se  trompent  sur  la  détermination  des 
espèces  d^.  ce  genxe  J^aJimênUém  semper  ^mcep§s- 

J.J.  V- 

a  « 

SUi^ET  DE  PRIX  PROPOSÉ  .^ 

*  I  •  ■  ;  I  .    .         '  .       • 

JÇt^'T.4cadsmte.royale,^kssoiem:eSi  imoHpéions  etheiks'^ 
'hUiVS  de.TjCÊAhusé  j'pour  timnée  i^ia^. 

L^Académié  doniie*  pour  sujet  du  prix  àe  1827,  '* 
mcfstmi' soi  vante  :  Déterminer' la  manière  âoni  ieir  rèao' 
tîfo  anti^fernushtescibiàs  et  ànii^putrides  Cùmtus ,  tek  iju^ 
le  eoKipkre  %  taH  ;  lès  peroxiiie  et  perclifornre  ds  mercafr^ 
(^&3nde  rouge  61  sitbSmé  oerrùsif)^  le  gàz  acide  sulfn^ 
muk'i  etC'  ytnettemt  olètwcle  à  la  déoompùsilhn  sponlmèé 
des  ittbetÊmées  végétale»  et  animales^  et"pfMmnem  aiui 
la  formation  de  Vaioahùîdam  les  ppemièt;és  'jàt^  déyetop^ 
pèmenide'Cammenùxqkendimt  teé  seeùndéà^  ' 

•^lÀ  prix  sera  utte  ikëdiïiile  d'or  de  JA' vrietif  de  5oé 

Qu'adressera  lesr  Itètft^es  et  paqdkà  fràtics  de  port  1 
Mi.  d'Aumusioh  d»  Voiswèv  rOgéniëtir  éil  fchef  dès  mîries^i 
ebefdier  de  l'ordre  tù^itl  et  milîteîi^e^dê  Saînt-LouSi  ; 
e^rctespondant  de  r|nsîHttit  lio^fal^  sedréuirè-^rpétiiérdé 

TAcadémie.  .     "     .  " 

;  Xe&.raénuÂTës  Bf/|ëftim  rieçus  qtié  jtzsqti^lu  i^'.taii 

1*519 «  Co.teraiQ  est  d^rlgttèar.    '      :     ^  ^     '• 


BULLETIN 

tiES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMaÇIE 

DE  PARIS; 

Rédigé  par  M.  Hehkt  ,  secrétaire  général ,  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  m  PROCÈS  VERBAL 

t 

De  la  séance  du  i5  juin. 

Le  secrétaire  général  cominuDique  la  correspondance 
manuscrite. 

M.  Tilloy ,  pharmacien  à  Dijon ,  adresse  quelques  ob- 
servations sur  l'analyse  de  la  bryone  faite  par  M.  Dulong. 
Elles  sont  renvoyées  à  la  commission  de  rédaction. 

M.  Cbereau  remet  sûr  le  bureau  un  examen  des  roses 
officinales.  Ce  travail  est  renvoyé  à  la  commission  de  ré- 
daction. 

M.  Derheims ,  correspondant  de  la  Société ,  adresse  une 
note  pour  Servir  à  Fhistoire  des  cantharides.  Renvoyé  à  ]a 
même  commission. 

M.  Dubuc  aîné ,  dans  une  lettre  adressée  à  M.  le  secré- 
taire général ,  communique  un  fait  dont  il  a  été  témoin 
et  qui  tend  à  prouver  que  les  cantharides  vermoulues  sont 
aussi  actives  que  les  cantharides  nouvelles.  — -  La  commis- 
sion de  rédaction  est  invitée  à  prendre  connaissance  de 
ces  observations. 

La  correspondance  imprimée  comprend  les  pièces  sui- 
vantes : 

Xn*.  Année.  —  Juillet  1 8a6.  a8 


SgO  BULLETIK    DES   TIVAVAUX 

Mémoire  sur  le  8u)fa|e  de  quinine ,  ptr  M.  Bemadet , 
pharmacien  à  Toulouse. 

Journaux  nationaux  et  étrangers  relatifs  à  la  ptiarmacie 
et  aux  sciences  accessoires. 

M.  Boudet  oncle  ,  commissaire  près  TAcadémie  des 
sciences ,  rend  le  <;ompte  suivant  : 

M.  Michelot  annonce  qu'on  a  découvert  près  de  Bor- 
deaux une  caverne  contenant  des  ossemens  de  tigres  et 
d'hyènes. 

M.  Ghevreul ,  après  la  lecture  de  son  mémoire  sur  la 
teinture ,  présente  des  échantillons  i  l'aide  desquels  il  pré- 
tend prouver  qu'il  obtient  à  volonté ,  sur  la  soie ,  une  dé- 
gradation smecessiye  des  coalcnrs ,  depuis  la  plus  foncée 
jusqu'il  la  plus  claire ,  et  qu'il  donne  par  là  la  possibilité 
d'imiter ,  beaucoup  mieux  qu'on  ne  pouvait  le  faire  jusqu'i 
présent ,  les  chefs-d'œuvre  de  nos  peintres. 

M.  Turpin ,  diaprés  des  expériences  microscopiques ,  a 
reconnu  que  l'espèce  de  moisissure  qui  se  forme  sur  les 
pierres ,  sur  les  vieilles  écorcçs  des  bois  morts  ou  vivans , 
est  composée  de  globules  de  différentes  couleurs  ^  fl  en  est 
de  verts ,  de  gris ,  de  rouges ,  de  jaunes  et  même  de  noirs. 

Il  a  reconnu  que  ces  globules ,  qu'il  désigne  sous  le  nom 
de  globulines,  constituent  non-seulement  les  masses  de  ma* 
tière  verte ,  mais  encore  la  masse  tissulaire  des  végétaux. 

M.  Arago  présente ,  au  nom  de  M.  Brewster ,  deux  mé- 
moires *,  l'un  donne  les  moyens  de  connaître  la  température 
de  chaque  lieu. 

Ces  moyens  doivent  varier  suivant  les  lieux ,  car  à  Edim- 
bourg on  obtient  la  température  moyenne  d'un  jour^  en 
combinant  celle  des  heures  de  même  nom,  pour  en  prendre 
la  moyenne ,  tandis  qu^à  Paris  on  prend  pour  la  tempéra- 
ture moyenne  du  jour  la  demi-somme  des  observations 
maximum  et  minimum  faites  dans  les  vingt-quatre  heures* 

M.  Brewster  annonce ,  dans  Tautre  mémoire  j  que  les 
liquides  contenus  dans  les  cristaux  sont  infiniment  moins 


PE    LA    SOCIBTC    DE    FHAmMAClE.  SqI 

propre  que  Teau  k  réfracter  la  lumière ,  et  que  celui  qui 
était  renfermé  dans  du  sulfate  de  baryte  a  cristallisé  aussitôt 
sa  sortie  d«  cristal. 

M.  Magendie  y  eu  appliquant  le  gaWanisrae  aux  nerfs  de 
Tœil ,  a  guAri ,  par  ce  môjen ,  plusieurs  amauroses  in- 
complètes ,  avec  ou  sana  eosiplication  de  paralysie  de  la 
paupière. 

On  rappelle ,  dans  une  lettre  adressée  à  rAcadémie , 
que  M.  Mascagni ,  en  1809,  a  conseillé  Femploi  du  bi- 
car^Kmate  de  soude  contre  les  aigreurs  et  la  formation  des 
graviers  dans  la  yessie. 

M.  Du(rochet  explique  le  phénomène  de  la  périodicité 
de  la  fontaine  Ronde  du  Jura,  par  l'admission  d*un  courant 
de  gaï  acide  carbonique  traversant  Teau  à  des  intervalles 
réguKers. 

M.  Collard  est  persuadé  que  les  animaux  plongés  dans 
le  gaz  acide  carbonique  meurent  non-seulement  par  défaut 
d'^r  respiràble^  mais  encore  par  Faction  délétère  que  ce 
gaz  exerce  sur  le  système  nerveux  et  le  cerveau ,  et  que 
le  meilleur  moyen  de  remédier  aux  accidens  que  ce  gaz 
occafiione  serait  Texcitation  produite  par  la  pile  voltaïque. 
M.  d'Arcet ,  dans  une  lettre  qu'il  adresse  l'Académie  , 
prouve  qu'il  n'y  a  pas  lieu  de  réclamer  en  faveur  de 
M.  Mascagni  pour  la  priorité  de  lemploi du  bicarbonate 
de  sonde. 

Le  ministre  de  Tintérienr  annonce  qu'une  secousse  de 
tremblement  de  terre  s'est  £siit  ressentir  à  Saint»Brieux  le 
i4  avril  dernier. 

M.  BaUart  annonce  avoir  déconverl  dans  les  eaux  mères, 
provenant  de  Tévaporation  de  la  mer,  une  substance  à  la 
quelle  il  propose  de  donner  le  nom  de  Muride. 

Sa  couleur  est  d'un  rouge  foncé ,  son  odeur  désagréable, 
son.  action  sur  les  animaux  délétère  \  elle  entre  en  ébulli- 
tion  à  37** ,  ne  se  coagule  qu'à  i8*  au-dessqus  de  zéro  5 
elle  parait  ne  pas  jouir  de  la  faculté  conductrice  de  l'élec- 

a8.. 


Sg^  BULLETIN    DES   TRAVAUX 

trîcité  ^  son  action  sur  les  diflférens  corps  simples  la  plac^- 
entrc  le  chlore  et  Fiode. 

M.  Bsispaïl  lit  un  mémoire  dans  lequel  il  examine  le 
gluten ,  Thordëine  ,  le  sagon ,  la  gomme  adragante. 

M.  Civiale  présente  son  lithontripteur  très-perfection- 
né  ,  et  il  annonce  qu'il  peut  maintenant ,  i  Taide  de  cet 
instrument ,  saisir  et  briser ,  sans  craindre  pour  le  malade 
aucun  accident ,  des  pierres  de  sept  i  huit  lignes  de  dia* 
mètre. 

La  Société ,  après  cette  communication ,  reprend  la  suite 
de  ses  travaux. 

M.  Guibourt  donne  quelques  détails  surun  travail  qu^il 
a  lu  à  la  Société  de  médecine  ,  et  qui  a  pour  objet  une 
falsification  du  séné  par  les  feuilles  de  redoul  ;  ces  feuilles 
peuvent  être  distinguées  du  séné  par  leurs  caractères  phy- 
siques et  chimiques. 

M.  Caillot  fait  un  rapport,  au  nom  d^une  commission, 
sur  une  note  de  M.  Regimbeau ,  relative  à  la  préparation 
de  l'hydriodate  de  potasse. 

M.  Robiquet  observe  que  la  note  de  M.  Regimbeau  est 
en  partie  sans  but ,  puisque  dans  le  travail  qu'il  a  publié 
sur  le  même  siget,il  n  a  point  eu  l'intention  de  décrire  le 
procédé  de  M.  Gay-Lussac ,  mais  seulement  de  le  citer* 

M.  Casaseca  donne  lecture  d'un  mémoire  ayant  pour 
objet  l'analyse  d'une  nouvelle  espèce  minéralogiqne.  I^e 
minéral  est  un  sulfate  de  soude  anhydre  et  cristallisé. 
M.  Casaseca  propose  de  nommer  cette  substance  The* 
nardita* 

M.  Henry  fils  donne  lecture  d'une  note  ayant  pour  objet 
de  réfuter  les  assertions  extraordinaires  et  inconvenantes, 
insérées  par  M.  Longchamp  dans  une  brochure  sur  l'ana-" 
lyse  de  l'eau  d'Enghien* 

M.  Wahard ,  pharmacien  i  Charleville  ,  est  nommé 
membre  correspondant. 


de;  la  société  de  pharmacie.        SqS 


%  %»— iN»%%»%tn%»%»»%%»^na»»»%>»^»m»»i»»»»»»n%»%%»^<»»<«»»»%»»%»»t%%'%%»n<^<»^»t%%»%%%%»»%x>^%^ 


ANALYSE 

D'une  nou%feUe  substance  minérale  (  la  Thenardite  )  \  par 
Mn  J.-L.  Casasbca  ,  professeur  de  chimie  au  Conserva^ 
taire  royal,  des  arts  et  métiers  de  Madrid^  él^e  de 
M*  Thehard. 

I 

Lue  â  la  Société  de  pharmacie ,  le  i5  Juîq  1826. 

M.  Rodas  y  Tun  des ^lus  habiles  manufacturiers  de  l*Es- 
pagne ,  découvrit ,  il  y  a  près  de  neuf  ans ,  à  cinq  lieues 
de  Madrid  et  k  deux  lieues  et  demie  d^Arai^uez  ,  dans  un 
endroit  connu  sôUs  le  nom  de  Salines  d'Espartines  ,  yne 
substance  minérale  qull  reconnut  bientôt  pour  du  sulfate 
de  soude  ^  mélangé  d^une  très-petite  portion  de  sous^car- 
bonate  de  soude. 

Dans  lliiver,  des  eaux  salines  transsudent  du  fond  d^un 
bassin ,  et  dans  l*été  par  Tévaporation  le  liquide  se  con«- 
centre ,  et  parvenu  k  un  certain  degré  de  concentration 
laisse  déposer  sous  forme  de  cristaux  plus  ou  moins  régu- 
liers,  une  partie  du  sel  qu'il  retenait  en  dissolution*. 

M.  Rodas,  ayant  obtenu  de  S.  M.  C.  le  privilège  d'exploi- 
ter cette  substance ,  établit  sur  leè  lieux  mêmes  ime  ma- 
gnifique fabrique  de  savon  dont  les  produits  pourraient 
certainement  rivaliser  avec  les  plus  beaux  savons  de  Mar- 
seille, n  emploie  pour  leur  préparation  de  la  soude  arti- 
ficielle qu'il  fU)rique  avec  ce  sulfate  de  soude  que  lui 
présente  la  nature  tout  formé ,  en  sorte  qu'il  n'a. pas  besoin 
de  transformer  l'bydrocklorate  de  soude  en  sulfate  comme 
cela  se  fait  en  France  dans  les  établissemens  de  ce  genre. 
La  quantité  de  sulfate  de  soude  que  l'on  retire  du  bassin 


394        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

d'Espartioes  est  si  coDsidérable,  que  noD-seulement  depais 
neuf  anselle  suffit  à  alimenter  la  beUe  fabrique  de  M.  Rodas^ 
mais  qu'elle  a  pu  encore  lui  permettre  de  livrer  au  com- 
merce une  grande  quantité  de  soude  aitificielle  pour  rem- 
placer les  soudes  d'Epagne  pendant  toutes  ces  dernières 

années  que  la  récolte  de  la  barille  a  été  très-peu  produc- 
tive. La  découverte  de  ce  sulfate  de  soude  naturel  est  d'au- 
tant plus  importante  qu'on  pourra  en  retirer  un  grand 
parti  pour  la  fabrication  de  la  verrerie ,  aujourd'hui  qu'on 
emploie  le  sulfate  de  soude  de  préférence  jrti  carbomate. 

Comme  on  n'avait  pas  rencontré  jusqu'ici  dans  la  nature 
du  sulfate  de  soude  complètement  privé  de  sel  marin  ,  de 
sels  magnésiens ,  aussi  bien  que  de  sels  calcaires ,  il  m'a 
semblé  que  ,  sous  1«  rapport  de  la  science ,  l'observatiooi 
curieuse  de  M.  Rodas  méritait  de  devenir  rol]yét  d'ua 
examen  spécial.  J'ai  donc  prié  M.  Rodas  de  vouloir  biea 
me  faire  parvenir  tme  certaine  quantité  du  sulfate  de  soude 
d'Espartines ,  et  c'est  à  son  amitié  que  je  dois  les  échan- 
tillons que  j'ai  examinés.. 

Quaiit  à  ses  principaux  caractères  minémlogiques^VLCoT^ 
dier  a  eu  la  complaisance  de  se  charger  de  les  déterminer , 
et  avant  que  de  faire  connaître  les  propriétés  chimiques  de 
ce  sel  et  sa  composition ,  je  transcrirai  textuellement  la 
note  dont  ce  savant  géologue  a  bien  voulu -enrichir  mon 
mémoire. 

K  La  substance  saline  que  M.  Gasaseca  m'a  remise  sous 
»  le  nom  de  sulfate  de  soude  anhydre  ^  et  qu'il  m'a  prié 
>)  d'examiner  (dit  M.  Cordier),  offre  des  caractères  cristal- 
»  logi^aphiques  qui  lui  sont  particuliers. 

»  Les  cristaux  présentent  des  formes  faciles  à  recon- 
V  naître  ^  mais  il  ne  m'a  pas  été  possible  d'en  déterminer 


DE    hk    SOCIÉTÉ    UE    PUARMACIE.  39^ 

»  exactement  les  angles ,  les  faces  étant  trop  inégales  poar 
»  se  prêter  à  des  mesures  rigonrenses. 

»  En  revanche ,  le  clivage'des  cristani:  est  net  et  permet 
»  de  déterminer  la  forme  primitive  d'une  manière  snffisam- 
»  ment  approximative.  Ce  clivage  a  lien  dans  trois  sens  , 
»  dont  un  surtout  donne  des  lames  parfaitement  planes  et 
^  mircMtantes*  La  forme  primitive  à  laquelle  il  conduit  est 
^  un  prisme  droit  à  bases  rhombes  dont  les  angles  sont  i 
»  peu  de  choses  près  de  laS  et  55  degrés.  D*après.les  dif- 
»  férentes  mesures  approximatives  prises  sur  les  cristaux , 
^  j'estime  que  la  hauteur  du  prisme  est  au  côté  de  la  base 
^  comme  1 3  est  à  i5.  C'est  dans  le  sens  des  bases  que  le 
»  clivage  le  plus  distinct  a  lieu. 

^  Les  cristaux  présentent  denx  variétés  de  fermes  : 
^  x^*  Variété  Oeiaèdra,  Elle  natt par  décrpiseement  de  denx 
»  rangées  de  molécules  en  hauteur ,  sar  les  côtés  des  bases 
»^  du  prisme  primitif.  L'octaèdre  est  symétrique  et  très- 
»  aplati  da«is  le  sens  de  la  petite  diagonale  des  bases  dn 
s  prisme  primitif*  Sa  coupe  verticale  ,  passant  dana  le  sens 
«  de  lagraade  diagonale  des  bases  du  prisme ,  est  un  rbombe 
a  très-peu  aigu  diHit  le  petit  angle  coïncide  avec  le  sommet 
»  du  cristal  ; 

»  a"".  Variété  BàsAf.  C'est  Toctaèdre  préeédenr,  por- 
«  tantji  chacun  de  tfes  deux  sommets  une  facette  rhomboï*- 
a  dale ,  qui  est  parallèle  aux  luase»  de  la  forme  primi* 
tive. 

»  Les  données  qui  précèdent  ftiaffisent  pour  déterminer 
»  le  vjB^èmn  de  cristallisation  de  la  substance  dont  il  s'agit. 
^  On  fKMurra  a'ettaervir  pour  otestruii^  d'une  manière  sa^ 
to  tisfaisante-lfl*  £gnres  destinées  à  rendre  compte  de  <% 
»  système.  Mais  il  ne  sera  possible  de  calculer  rigcfirense- 


3g6  BULLETIN    DES    T^AVilUi    . 

»  ment.et  définitivement  les  angles  (jue  lorsqu'on  an ra  des 
»  cristaux  plus  nets* 

y>  J'ajouterai  que  d  après  sa  structure  cristalline  la  sub- 
»  stanoe  dont  il  s'agit  est  incontestablement  douée  de  la 
j>  double  réfraction.  Le  défaut  de  transparence  des  cristaux 
)x  ne  m'a  pas  permis  de  vérifier  cette  propriété. 

)i  Sa  pesanteur  spécifique  est  a  peu  près  celle  de  la 
D  glaubcrào^  c'est-à-dire  qu'elle  approche  de  2,73,  celle 
n  do  l!eau  étant  i .  n    ' 

Propriétés  chimiques. 

^  *  *  ^  •     »  • 

Lorsqu'on  abandonne  ce^  sel  au  contact  de  l'air ,  il  perd 
.sa)traiiép»reoce  et  se  recouvre  k  sa  surface  d'une  couche 
pulvéïFulente  qu'il  est  trè^^facile  d'enlever  ;  mais  cet  eflfet, 
^n  apparence  sembiable  à  celui  qui  a  lieu  avec  le  sulfate 
de  soude  artificiel  cristallisé',  est  produit  par  une  cause 
tbut-'à^filit  différente  ^  ainsi  ,  tandis  que  dans  le  sulfate  de 
soude  artifidiel  refflorescénce'e$t;due  à  la-  perte  d'une  partie 
de  8<Mi'  eauf'de  «rist;[(llisation ,  dans  la  «nouvelle  substance 
:dontil  s^gh(  c'est  «lie*  suite  de  l'absèirptioik  dune  petite 
quantité  d'eau  de  l'atmosphère  ,  comme  cela  a  lieu  prin- 
t^ip^leihehr  pour  Facîde  borique  fondu  et  vitrifié;  aussi 
lorsqu^dn  place  quelques  cristaux  de< ce  sulfate  de  soude 
naturel  ésiins  une  atmosphère  parfaitement  sèche ,  ils  con- 
servent leur  transparence ,  tandis  qu'ils  la  perdent  au  sein 
d'Utte  atmosphère  huiaiide. 

Soumis  À  l'action  de  la  chaleur ,  ce  sel  ne  diminue  pas 
senribiement  de  poids,  puisque  xo  grammies  cièeinés  jus- 
qu'au rouge,  dans  un  creuset  de  platine ,  n'ont  perdu  qu^un 
centigramme^  perte  extrêmement  faible  et  qui  doit  être 


DK    ZA    SOCIETE'  Dr   PHARMACIE.  Bq^ 

attrihn^e  :au  dëga^ement  de  Team  qui  ppoduisah  la  légère 
ccffloreseence  qu!on<i:>bservait  a  la  aorface. 

Il  ae  dissout  dana  Tem  distillée  saâs  laisser  de  résidu  ; 
la  dissolution  concentrée  est  très-légèrement  aloaline  (i). 
Essayée  par  Thydrogène  snlfnré ,  le  nitrate  d'argent ,  la  por- 
tasse ^  le  bicarbonate  de  potasse,  l'ammoniaque , i'oxalate 
d'ammoniaque ,  puis  enfin  par  l'hydrochlorate  de  platine  ,• 
elle  n'a  subi  auciine  altération ,  ce  qui  prouve  que  cette 
nonvelle  substance  minérale  ne  contient  ni  sels  métalli- 
ques ,  ni  bydikMdilorate  de  «onde ,  ni  %d&  magnésiens ,  alu- 
mîneux ,  calcaires ,  ou  à  base  de  potasse.  Traitée  par  le  n^ 
trate  de  baryte  ^  la  dissolution  ji  donuélieuà  un  précipité  de 
baryte  mélangé  d'une  très-faible  quanjûté  de  carbonate  <Ie 
baryte.  Un  fragment  de  ce  sd  sais  en  contact  aVeo  l'acide 
sulfnrique  un  peu  a0aibli ,  a  ^Htoduit  une  très^légère  effer- 
vescence diKe  au  dégagement  de^  goi^  acide  carbonique.  Ces 
essais  prouvent  donc  que  la  jSubflAnce  minérale  découverte 
par  M.  Rodas  «otitient ,  ainsi  que  «ce  fabricant  distingué 
l'av/iit  observé  d^jà  y  du  suliate  de  soude  mélaxigé'  d'iine 
très-petite  quantité  de  sous-carbonate ,  et  que  de  plus  elle 
est  a^bydre  ;  aussi  cille  eat  tellement  avide  d'eau  que  lors- 
qu'après  l'avoir  réduite  en  poivre  fine  on  la  ipet  en  contact 
avec  quelquesigQuttes  de  ce  liquidâ,elle  cristallise  à  Tinstant, 
forme  une  croûte  ,qui  adhère  très-fortement  au  verre  dans 
lequel  on  fait  l'expérience ,  et  il  se  dégage  une  chaleur 
sensible. 

L'état  anhydre  de  ce  sulfate  de  soude  naturel  esjt  bien 

(i)  Je  m^en  suisaMurë  eo  faisant  rougir  du  papier  bleu  de  tourpeaol 
dans  un  verre  d^cau  contenant  une  seule  goutte  diacide  sulfurique  et  en 
laissant  ce  papier  ainsi  rougi  long-temps  en  contact  arec  la  dissolution 
fidiae. 


Bg^  BUtLETTK   DES    TKkYATJX 

remarquable ,  car  il  est  surprenAnt  quW  sel  qui ,  dans  les 
circonstances  ordinaires  ,  coolienjt  o,56  d^eau  de  cristallin 
sadon,  se  précipite  sous  forme  cristalline  de  sa  dissolution 
dans  Teau  et  sans  retenir  la  moindre  cfliantilé  de  ce  liquide. 
Ceci  pourrait  peut-être  dépendre  de  la  température  du 
liquide  ,  de  la  nature  du  sol  sur  lequel  se  fait  le  dép6t , 
et  des  sels  qui  peuTeut  rester  dans  les  eaux  mères  ;  aussi 
m  empresserai-je  d'en  reckerdier  la  cause  réelle  sitAl  que 
je  serai  sur  les  lieux. 

Tontes  les  expériences  et  toutes  les  considérations  pré^ 
•cédeiites  m'ont  engagé  &  faire  l'analyse  exacte  de  cem^Stfe 
de  90ude  naturel  et  anhydre*  Pour  cela  j'ai  fait  dissoudre 
dans  l'eau  distillée  lO  grammes  de  ce  sel  préalablement  cal- 
«inë  ;  j'ai  Tersé  dans  la  dissolution  un  excès  de  nitrate  de 
barjrte.  Le  précipité  bien  lavé  et  séché  adhérait  an  filtre 
d«e  manièo^  a  ne  pouvoir  en  être  détaché.  Alors  j'ai  calciné 
le  filtre  par  pedtes  portions  arec  le  contact  de  l'air,  et  pour 
éviter  jusqu'à  la  moindre  apparence  d'erreur  ,j*ai  traite  , 
à  l'aide. de  la  chaleur  ,  le  résidu  de  la  calcination  p«r  l'eau 
régale,  afin  de  transformer  en  sulfate  de  baryte  le  sulfure , 
si  toutefois  il  avait  pu  s^ea  former  à  la  température  né- 
cessaire pour  opérer  la  combustion  du  papier ,  en  sorte 
que  le  résidu  insoluble  d'ans  l'eau  régale ,  versé  sur  un  filtre 
et  parfaitement  lavé  ,  me  représentait  exactement  tout  le 
-sulfate  de  baryte  primitif,  le  cari^onate  s'étant  dissout  dans 
la  liqueur  acide. 

J'ai  versé  dans  celte  demiàre ,  réunie  aux  eaux  de  la- 
vage ,  de  l'acide  sulfurique  pur ,  et  il  s'est  i  peine  mani- 
festé un  léger  louche  ;  j'ai  laissé  déposer ,  puis  j'ai  décanté 
la  {dus  grande  partie  du  liquide ,  et  enfin  j'ai  évaporé  jus-^ 
qu'à  siccité  les  dernières  portions  de  la  liqueur  dans  un 


DE    I^A.  SpGlÉTÉ    DE    PHAJIIIACIE.         399 

verre  de  montre  dont  j'ai  fait  la  tare  quand  Topération  a 
été  acheyée ,  puis  après  avrnr  layé  parfaitement  le  verre 
de  montre ,  j'ai  été  lobligé  d'i^slcr ,  povr  rétablir  réqni* 
Ubre  j  o,  gr«  o5  ,  représentast  le  sulfate  de  baryte  enlevé 
par  le  lavage  -et  dont  la  base  existait  dans  la  préei{Htation 
première  de  la  dissolution  saUne  à  l'ëlat  de  carbonate  de 
baryte.  Ces  o,,  gram.  o5  représentnit  o,  gram.  o33  de  baryte 
qui  exigent  ^  pour  être  transformés  en  carbonate,  o^gr.oog 
d'acide  carbonique  ^  lequel  uni  à  la  so«de  donne o,gr.oia 
de  sous-carlMmftle  de  soude.  Ainii  sur  lO  grammes  de  la 
noBvdle  substanee  préalablement  oakîttée  et  me  contenant 
par  oottséquent  que  du  sulfate  et  du  sons-oarbonâte ,  il  y 
a-o^gr.odB  de  soas-carbsnaie  «  et  pat  suite  9)gr.97B  de 
sulfate  de  soude. 

D'après  txs  données,  k  fM«i^«8s  ^mistamee  minértde 
iEvpartines  vc  «compose  de  : 

» 

Sulfate  de  soude 99)7^ 

Sous-caii)onat^  de  soude 0,2a 

Total ioo,go 

J'aurais  pu  parvenir  k  cette  détermination  en  rarvant 
une  marcbe  inverse ,  c'est-à-dire  en  déterminant  d'abord 
la  quantité  de  sulfate  de  soude ,  et  par  déduction  celle  du 
carbonate  \  mais  les  résultats  n'auraient  point  eu  le  même 
degré  d'exactitude  ,  parce  que  dans  Févaporation  de  la  li- 
queur acide ,  je  n'ai  rien  perdu  du  précipité ,  et  il  n'en  eût 
pas  été  de  même  à  l'égard  de  celui  qui  était  resté  sur  le 
filtre  et  qu'il  aurait  fallu  enlever. 

Il  résulte  de  tout  ce  qui  précède  que  la  substance  miné- 
rale d'Espartines  difière  de  toutes  celles  qu'on  connaît  jus- 
cju'à  présent ,  et  particulièrement  de  la  Glauberite  qui  se 


400        BULLETIN  DES  TRAVAUX 

trouve  à  FiJUa-Rubia ,  dans  la  Manche.  La  Glauberite  est 
un  véritable  sulfate  anhydre  de  soude  et  de  chaux  ,  tandis 
que  la  substance  àoâl  il  est  question  est  un  iu^^àte<fe50<i<fe 
anhydre  et  pùr^  car  le  sous-carbonate  n'entrant  dans  la 
composition  que  pour  un  5oo*.  doit  être  regardé  comme 
accidentel  *,  mais  outre  que  ces  deux  substances  diffèrent 
par  leur  composition  chimique ,  elles  se  distinguent  encore 
par  Jeùr  cristallisation  :  la  première  cristallise  en  prismes 
rhomboïdaux  obliques  ,  tandis  que  la  seconde ,  d*après 
M.  Cordier,  cristallise  en  octaèdres  rhomboiddux. 

D'après  toutes  ces  considérations ,  la  soude  sulfatée  an" 

* 

hydre  d*Espartines  mérite  de  recevoir  un  nom  particulier, 
r  Je  propose  dé  l'appeler  Jlienardite ,  en  Thonneur  du  savant 
illustre  auquel  la  science  est  redevable  dé  tant  de  belles 
découvertes ,  m'estimant  fort  heureux ,  comme  son  élève , 
de  trouver  une  occasion  de  lui  offrir  un  témoignage  public 
de  ma  profonde  reconnaissance. 

J'ose  espérer  que  les  minéralogistes  s'empresseront  d'a- 
dopter cette  dénomination  comme  ils  l'ont  fait  dans  plu- 
sieurs autres  circonstances  de  ce  genre ,  et  encore  tout 
récemment  à  l'égard  de  la  Gs^j-Lussi^ ,  nouvelle  sub- 
stance minérale  découverte  par  M.  Boussingault ,  en  Amé-^ 
rique. 


1)£    LA    SOCIÉTÉ    DE    PHARMACIE.  4^1 


><*<»»%»%»1>lHil>  y»  I  ■  ■> 


NOTE 

Sur  une  encre  indélébile  ;  par  M.  Deuheims  ,  pharmacien 

à  Sami^Omer. 

M.  Dcrbeims,  pharmacien  à  St.-Omer,  a  adresse  &  la 
Société  de  pharmacie  une  note  relatire  à  une  encre  qui 
nVst  susceptible  d'être  attaquée  par  aucun  réactif  connu. 
Après  quelques  considérations  sur  Fencre  ordinaire  et  sur 
les  agens  qui  exercent  sur  elle  une  influence  plus  ou  moins 
marquée,  il  donne  la  formule  de  Fencre  de  sa  com- 
position. 

Elle  est  ainsi  conçue  t 

Hydrochlorate  d^ammoniaque.  ..••.,.     8  gram. 

Faites  dissoudre  dans  eau  distillée  boitil- 
lante   • 12 

Ajoutez  solution  de  gomme  arabique  d'une 
consistance  sirupeuse 4 

Encre    ordinaire   ou  autre  matière   colo- 
rante. .........  4  ....•  .     qq.  goutte». 

Battez-bien  les  deux  liqueurs. 

L'écriture  faite  se  sèche  avec  beaucoup  de  promptitude  ^ 
•lors  elle  est  peu  apparente  ^  assez  lisible  toutefois. 
'    Si  Ton  chauffe  légèrement  le  papier  en  le  passant  à  une  ^ 

certaine  distance  d'un  feu  doux  et  incandescent  ou  d'un 
fer  rougi  au  feu,  les  caractères  paraîtront  immédiatement, 
par  la  combustion  latente  en  quelque  sorte  des  points  du 
papier  sur  lesquels  on  aura  écrit  avec  la  liqueur  ;  ce  sont 


4oa        BULLETIN  DFS  TRAVAUX 

ces   caractères  qui  résisteront  h  toutes  les  actions  chi- 
miques. 

Beaucoup  de  corps  peuvent  en  décomposant  la  substance 
du  papier  la  disposer  à  une  combustion  plus  rapide ,  ce 
sont  les  acides  ou  différens  sels. 

L'on  s'est  servi  il  y  a  long-temps  de  l'acide  sulfnrique 
affaibli ,  pour  faire  paraître  par  là  chaleur  des  caractères 
d'abord  invisibles  :  mais  cet  acide  comme  les  autres  cor- 
rode  entièrement  le  papier ,  et  toujours  il  en  résulte  des 
caractères  puTvéruIeus  et  du  papier  brûlé  \  Ton  conçoit  que 
pénétrant  à  travers  la  totalité  de  l'épaisseur  du  papier ,  les 
points  qui  ont  éprouvé  l'action  de  l'acide  doivent  perforer 
la  feuille  par  leur  combustion;  d'ailleurs  la  plupart  des 
acides  que  l'on  emploierait  dans  cette  circonstance  n'étant 
décoroposables  ou  volatils  qu'à  une  certaine  chaleur,  le 
temps  qu'exige  cette  décomposition  ou  cette  volatilisation 
sarait  plus  que  suffisant  pour  permettre  la  combustion  to- 
tale du  papier  ;  il  est  bon  de  dire  ici  que  la  moindre  appa- 
rj^on  au  feu  d^  l'écriture  faite  avec  notre  composition 
sufiSt  pour  rendre  celle-ci  apparente  et  indestructible  ; 
^cela  s'explique  facilement  par  le  choix ^que  nous  avons  fait 
pour  prédisposer  le  papier  à  la  combustion  d'un  des  sels 
volatils  à. la  chaleur ,  l'hydrochlorate  d'ammoniaque. 

Quant  à  la  gomme,  nous  Favons  ajoutée  pour  donner 
i  notre  solution  une  cqnsi&lauce  qui  ne  lui  permette  pas  de 
pénétrer  dans  toute  l'épaisseur  de  la  feuille  de  papier,  nos 
lettres  sont  donc  véritablement  ijocrustées  jusqu'au  centre 
de  cette  feuille  sur  les  deux  surfaces  de  laquelle  l'on  peut 
facilement  écrire. 

L'encre  ordinaire  n'est  pour  rien  dans  l'indélébilité  de 
nos  caractères ,  elle  est  ajoutée  à  la  solution  afin  que  celle* 


»        f 


DE   LA    âOCIETS    DE    PHARMACIE.  4^3 

ci  soit  BBêen  coWéfc  pour  perarltre  do  voir  les  CMrfictères 
que  ToD  trace  (i)u 


MM««*»«W»«%W««««*«4M**MWM%«faiM«i«4« <l^< <»*•<»%%>« ^■■^^^^^«■W»»»»—^»»»»!!»»»  > •« 


Sun  L^BMPLOi   DU  Caltàiiisme  dans  les  laboratoires  de 
pharmacie }  par  M.  Hâeulb,  pharmacien  à  Lahr. 

Tradatl  de  r«)leiBaiid ,  par  V .  DobUnc  jenné. 

Deux  métaux»  mis  en  contact^ acquièrent  des  propriété» 
électriques  différentes  et  opposées  Tmie  à  Fautre^  Us  agis- 
sent alors  sur  les  liquides  en  présence  desquels  ils  se  troa* 
▼ent  en  développant  dans  leurs  molécules  des  forces  qui  se 
repoussent  de  manière  à  favoriser  leur  séparation.  Telle 
est  précisément  Faction  de  la  pile  voltaïque* 

M.  Haenle  a  conçu  Tidée  de  faire  servir  cette  propriété  k 
accélérer  des  opérations  toujours  lentes ,  et  il  a  choisi  pour 
son  premier  essai  la  préparation  du  tartrate  de  potasse  et  de 
fer  liquide. 

n  a  pris  quatre  parties  de  tartre ,  une  partie  de  limaille 
de  fer  et  six  parties  d'eau  qu'il  a  entretenues  pendant  quel- 
ques heures  à  une  température  voisine  de  Fébullition.  Ne 
remarquant  pas  jusqu'à  cette  époque  d'action  sensible  de 
la  part  de  Facide  sur  le  fer ,  il  a  placé  dans  le  liquide  deux 
pièces  d'argent:  Faction  ne  tarda  pas  à  avoir  lieu,  et  un 


(i)  M.  Derheims  a  joiot  k  sa  note  quelques  li|^es  tracées  avec  sa  com- 
position.  Nous  ayons  remarque  que  lo  papier  qui  aroisine  la  lettre  a 
aeqaia  une  couleur  jaune ,  et  que  If  s  lettres  elles-mêmes  ne  sont  pat 
d*an  beau  noir.  Cependant  nous  ayons  cru  devoir  publier  la  recette  de 
cette  ancra  ,  comiM  pooTant  étia  otik  à  oeoz  qni  sVioowpaat  de  eet 
objet. 


4o4  BULLBTIIi  DES    TRAVAlTK^  EfCé 

dégagement  de  gaz  se  manifesta  qui  annonça  lar  ^oompo» 
sition  de  Tcau ,  et  conséquemment  la  combinaison  du  fer 
oxidé  avec  Facide  tartrique.  Au  bout  de  vingt-quatre  heures 
cette  opération  avait  fourni  une  quantité  de  tartrate  de 
fer  qui  aurait  pu  être  bien  plus  considérable ,  si  le  temps 
eût  été  plus  long  et  les  points  de  contact  entre  les  deux 
métaux  plus  multipliés. 

L'auteur  pense  qu'on  pourrait  obtenir  les  mêmes  avan- 
tages en  appliquant  ce  procédé  à  la  préparation  de  Témé- 
tique,  etc. ,  etc.  En  opérant  avec  des  pièces  de  monnaies, 
la  présence  du  cuivre  ne  peut  point  être  i  craindre  ,  tant 
que  le  fer  se  trouve  en  excès. 


PARIS.— IMPRIBIËRIË  DE  FAIN,  RUE  RACIWE,  N".  4, 

PLACE  DE  l'oDÉOU. 


JOURNAL 

t 

DE    PHARMACIE 


Et 


DES  SCIENCES  ACCESSOIRES. 

'    ,         I  ,  a 

N°.  VIII.  —  ia«.  Année,-— AovT  i8a6. 

EXAMEN  CHIMIQUE 
D'une  pierre  dite  pierre  de  Coco  ,•  par  M.  'Vauqueuiï. 

La  section  de  pharmacie  de  FAcadéilnîe  royale  de  mëdcf- 
dne,  ixi*a  chargé  de  rechercher  la  nature  de  fa  snbs»- 
tance  dont  il  s'agit  ;  maïs  avant  de  lui  rendre  compte  des 
essais  que  j'ai  faits  à  cet  égard ,  je  cf'oîs  devoît  donner  une 
deiscriptionf  succincte  de  son  état  physique.  Sa  couleur  est 
blanc^o  avec  un  reflet  un  peu'  chatoyant  i  sa  formie  est 
<^le  d'une  olive;  ses  dimensions  sont  k  peu  près  de  qua- 
^  lignes  dâms  son  grand  axe  et  environ  trbitf  dans  son 
peiit  axe. 

Elle  pesait  i  »  78;  coupée  en  deux ,  suivant  le  gfatid  axe, 
^ue  présente  un  noyau  et  plusieurs  couches  concentri*- 
^Qes,  et  quand  elle  est  placée  enlre  Tceil  et  Ta  lumière , 
die  parait  demi-transparente.  ' 

Quatre-vingt-trois  Centigi^amme^  de  cette  pierre  cass^ 
par  morceaux  et  chauQes  dans  un  creusfet  de  platine,  décré- 
pilent  avec  force  et  sautent  en  éclats.  Elle  ne  cliange  poij%i^ 
Xll*.  yftnnée.  -^-^  jioùt  i8îi6.  ;»^ 


4o6  J.OUBNAX 

de  couleur,  mais  dèyieht  opaque  ;  efle  n  ^ardu  deux  cen- 
dgramroes  par  cette  bpëratîon.  Après  avoir  été  ainsi  caici* 
nëe,  elle  se  pulvérise  aisément ,  et  se  dissout  avec  eflerves- 
ceDCC'daasraeide  nitrique,  et  il  i^ste  cependant  une  petite 
quantité  de  matière  qui,  ne  se  ctissolvant  pas ,  trouble  un 
peu  le  liquide. 

Le  sulfate  de  soude  et  To^alate  d  ammoniaque  précipi- 
tent les  dissolutions  nitriques  de  cette  substance  sous  des 
formes  qui  He  ](^rÉiëltëftt'pali  de  douter  que  la  base  est 
la  chaux ,  et  qu^elle  n^est  elle-même  que  du  carbonate  de 
chaux. 

Il  s^agit  de  savoir  maintenant  quelle  est  Torigine  de  ce 
carbonate  de  diâux.  Sa  fonué  olivaire  et  sa  ^urfiice  polie , 
semblent  annoncer  qu*il  a  été  travaillé  soit  par  la  main  de 
Thomme ,  ou  par  la  nature. 

Sa  structure  intériéiirefi'eit  paa  celle  <|uienou8  présente 
le  carbonate  de  chaux  ,  dans  le  règne  minéral  :  je  ne  sache 
pas,  en  eilet ,  qu'on  Tait  trouvé  avec  un  noyau  enveloppé 
de  coucher  concentriques';  mais  on  le  trouve  souvent  de 
cette  sorte  dans  les  calculs  ujrinaires  des  animaux  herbivores. 
ACais  comment  croire  qu'il  ait  pris  naissance  dans  le  suc  d^un 
coco,  sans  refianir  entre  ses  parties  quelques  traces  de  ma- 
tières végétales?  Cela  nous  parait  impossible.  Ainsi  »  mal» 
gré  que  nous  ne  connaissions  pas  de  carbonate  de  chaux 
ainsi  Organisé  dans  le  règne  minéral ,  nous  croyons  ce- 
pendant q^*il  a  été  formé  dans  le.  sein  de  la  terré ,  et  non 
dans  le  règne  organique  (i). 

Faille  1 5  juillet  iS^. 


(i)  Une  lettre  de  M.  le  docteur  ValM^  de  Dijoo  »  inërée  par  es  trait 
daiM  le  MulUUndes  Sciences  naturelles  de  M.  le  baron  de  Fëriissac, 
,portc  oe  qui  suit  :  «  M.  Lessoo  n^ayant  fait  que  rapporter  ce  qu^ont  dit 
»  les  naturels ,  lÀe  permettra  it  lui  faire  remarquer  qae'  la  pierre  de 
»  coco  e«tti^-bfoa  d^rite  dans  le  MkueuM  Pf^ùrrttiêtium  ^p^  ao5,  sons 
»  le  nom  de  Gemma  nueis  maldit^énsit*  On  y  trouve  le  détail  de  êeê  pm- 


^ 


UE      FICiiRMVCIE. 


hof 


%M  «»»%%w%i»»«>3|>^»%^%^»^^%ti»  »><»»»< 


•Sur  un  nom^au  principe  immédiat  Âe€  végétaux  (l^AKclrin) 

obtenu  do  la  gwùnvti. 

Ifofe  ntraite  <run  Iratail  èa  MM.  KdtiQCJit  et  Cotm. 

Dmis  un  travail ,  lu  le  ^  juillet  dernier  à  TAcadémie 
de  médecine ,  section  de  pharmado  y  MM.  Robîquet  et 
G>lin  ont  fait  connaitre  un  nouveau  principe  immédiat 
des  végéuux  j  dans  lequel  résident  •  essentiellement  les 
propriétés  tinctoriales  de  la  garance. 

Les  travaux  de  BerthoUet,  d'Haussman^  deVitalis^ 
de  Chaptal ,  avaient  eu  pour  objet  de  perfectionner  les 
procédés  de  teinture  par  la  garafice  ;  mais  aucun  ^  ces 
chimistes  n^avait  cherché  à  6<^rer  de  cette  racine  le  prin- 
cipe colorant  pur. 

M.  Kuhlmann  est  le  seul  qui  >  jusqu'à  présen^^  se  soit 
occupé  d'un  travail  théorique  dirigé  dans  ce  but*  MM»  Ko- 
biquet  et  Colin  rappellent  que  ce  chimiste  publia  en  182^ 
mae  analyse  de  la  garance  y  et  qu'il  admet  comme  élément 
de  cette  racine  «  une  matière  colorante  rouge ,  gui  parait 


»  ytOtéê,  et  du  grasd  prix  qu'y  attâdent  let  naluwU  tupertl^tieaft. 
Oo  fait  que  cette  pierre  de  coco  est  fîi^anée  àitc  Tamande ,  ^ore 
cosme  de  la  corne ,  du  fruit  du  Rondier  dès  île*  SéchelU*  (  LotÈoicea 
Seeheliarum  ),  dont  un*  histoire  trèf^ëikiDëe  et  une  bell6  ûgutrt  tétnià' 
vent  dans  let  AmnmUâ  du  muMéûm  éfHuiuite  kauttéUè  >  «Snl.illl,  ^  i4«- 

M.  Lessoo  répond  à  M.  Vallot  (BulleUn  des  Sciences  iB«lureuei,j|uillef, 
18^,  p.  344  )>  ^l*'^  ^  pierre  de  coco  avait  été  décrite  jadis  par  Pyrard 
rt  d^aatres  voya^emrt*  Pérou  ea  av^it  ro  i  Tiiaor,  et  il  ti*Mi  ^^  qise 
lirièTeinent.  M.  Leseoo  soutient  avec  naison  qae  m  TaaMiade  du 'OMiptipr 
des  ties  Séchelles,  dî  celle  du  coco  ordinaire,  ne  peuvent  constituer  la 
pierre  dite  de  coco,  qui  est  une  concrétion  minérale,  et  Fanal jrtv-  de 
H.  VaoquelHi  en  oift^  la  preuve. 

(HfoU  ém  B4dmeUér,J.^*  ¥.> 

^9» 


4o8  J  au  H  FI  AL 

N,  aToir  particulièrement  fixé  son  attention  ^  nnc  raatiéref 
»'  colorante- fativc  qu'il  signale  k  peine,;  du  ligneux,  hn 
»  acide  végétal  qu'il  présume  devoir  être  Tacide  malique, 
ih  UB  QdueilngÇy  une  matière  végéto*animalc^.  delà  gomme^ 
»  du  sucre  ,  tine  sub&uince  amèrc  y  une  résine  odorante  , 
ïi  et  enfin ,  divers .  sels  terreux  dans  lesquels  ne  figurent 
7>  point  le  sulfate  de  magnésie  admis  par  Haussman,  d'aprè» 
w  Tassertion  de  Watt.  » 

La  substance  rouge  de  M.  Rulilmann  étaiit  cramoisie 
et  ne  changeant  pas  Beaucoup  déteinte  par  les  alcalis , 
n'est  point  pure  d'après  MM,  Robiquet  et  Colin;  aussi 
ces  derniers  cbimîstés  dnt-fls  été  obligés  de  se  créer  un 
procédé  d'extraction  tout  différent.  Ils  décrivent  dans  les 
,  termes  saivans  la  méthode  qu'ils  ont  suivie  et  qu'ils  espè- 
rent,  avec  besnicoup  d^  probabilité,  pouvoir  simplifier. 

«  M.  Mérimée,  qui  s'est  occupé  avec  beaucoup  de  suo 
D  ces  de  la  préparation  des  laqués  de  garance ,  rccom- 
)>  mande  de  faire  d*abord  de  nombreux  lavages  à  Feati 
D  èimple ,  puis  d'employer  de  Peau  atcalisée  et  de  termî- 
»  ner  enfin  par  des  lavages'  c^érés  atrec  une  eau  aiguiséç 
»  d'acide  hydrochlorîque  à  laquelle  on  fait  succéder  une 
»  dissolution  d'alun  dont  on  a  élevé  la  température.  Oa 
n  bUtïettl  Sans  doute,  par  ce  moyen,  dès  résultats  favo- 
)>  râbles^  mais  il  est  d'une  longueur  rnouïe  ,  et  il  occa— 
w  sione'BéeeseaipenieAt  la'perte  d'tme  graàde  quantité  de 
»  matière  colorante.  Comme  il  est  d'ailleurs  certain  que 
7» .  )a  matière  colorante  essentielle  doit  aussi  se  trouver 
»  dans  lea.  premiers  baiiu  puisque  les  teinturiers  se  ser- 
»,  vent,  et  avec  grand  avantage  ,  de  la  garance  sans  avoir 
»  récours  à  tous  ces  lavaèes  ppéliminaîrfes  et  intermina- 
j»'  blos.  J^ous  avons  pen^é;  que  nous^  devions  reehercher 
1»'  cette  matière  dans  les  premiers  bains  eu* -mêmes ",  or  , 
ji'  nous  s,avîons  depuis  long-temps,,  et  dt'jà  nous  avions  eu 
»  l'occasion  de  l'indiquer  à  plusieurs  pevsounes,  que  la 
)»  gcipa^ee  délayée  dans  2  ou  4  parties  d'eau  et  laissée  cq 


DE     PaABMA.CIE*  4^^ 

»  contact  à  «QO  tempénitiire  de  i5  k  %30^.  ^  p^Bdant  Ç  a 

«    lo  minulCB  seulement ,  donnait  utie  mncëratôf^  de  cou- 

»  leur  roBge*hmn  qui  se  prend  en  getée  '^«:bditt  dkin 

n  temps  d-antant  plus  court  que  la  dissolulffoii  'est  plue 

»  coBcenlrëev  etque  celte  j^etéequi  est acîdeicon tient :de 

1»  la  matière  ocklorante  en  îplus  ^ânde  a)>oirdsi|ice.  Elle  se 

».  disaeut  pntaqu'en  totalité daés' les  aècalié^-M^Umûtte  Hia* 

m  s^miouy  qui  est  d^un.iMigeicranunsi  foD«i,  ne. donne 

»  que  des  laques  vinetiseft cet  d'un,  teint  salewt  Ainsi  |>  ki 

»  matière  oetfMBaàteestlàjeten.plufl  gran^eiquantitfi  que 

»  dans  la  pk»pRrt  des  autres  pf:oduiti  de  la  garanée  ^iè.ne 

)»  s*agttquede, la* débarrasser  dé4Qut  ce  qui  pémllniiàtre 

^  étranger  ^^eib'cat  pour  y  pafc*iremr  que  noua. aivonf  tenté 

»t  le  nio]^fn  I  avivant  t  ai  oniprcyette  sur  nft'  filtmueite 

<»  teioture^cœl^iiklée^  Fespèce  de>Qeinot  gélatJiMediii  qaVlle 

•a»  •  contient  ft*4g^llei*pett  à  peu ,  oui  k  laf  e  avec  nne'petite 

»  qimniité  d'esM^  puia^oalmlè^ede  dessttStle.filt,resianif' 

-»  di»q4ril:«M  encfife  \m  p'ettihjdrafté.^  on  lesdclayc^dans 

«V  .mieaasM  gra«deiquantitérd!ideqhol  eonceotré^dnffait 

»  bouilUf  :  et  <ni^  <^uent  aiiiai  «né.  teinture  taiooholsiiue 

lÊ^'  d'un  rpugorl^rtun  UrJ(s<rfoneé;:joti  filtre^éa  oiqprend  le 

•l(  résidu  PAC  dfr^uvel.alcoliol  «ton  réitè^Oiainsi  jaaofu  a 

q^.  ^e  quQ^  la- ipiftj^ère  ne  kmmisaa.  pins  4iei>^<>  Abcs  on 

^.  i:éimt  les:  HÂnUKm  que  l-QnidsatiUe  pcÉur^bmbolMrevtenr 

^  nUfOik  Usf  d^  l'câcetuil ;  tmàwi k  ce  poiht,  Mi;àusp^nd 

M  ropé^Ote^poup  ajoufer  aurvésidu-nd  pou  rd'àcidelsulfur 

»  '^iqjie  éleodurv  puis  on  d^ye  dans  une.  asseso  grande 

9  'quantité  d'eaUr';  il  seprodeôt  uu. abondant IpséoipSié:  de 

».  larges  fl<>6Mi$  Ssttvea^  on  lavé  ensuite  ces  ikicpnsTpar 

.^  aîmple  déi^atUation  juaqu^à.  ce.  qtie  le  lavaja^,*  qui  ne 

j».  cesse  point  d^dtre.  coloré  t  en  jaune,  ne  contienfao  plus 

-Xk  d'acide  aulfurique  ;  alors.  oOf  passe  sur  UB.f^ltveiet  Ton 

'9  iaît  .sécher,  le  .précipité  qniae  présente- danl  ce^cas  sous 

»  forme  pulyéruJente  et  avec*  la  couleur  du*  tabac  d'Espa- 

%  gnc^  il  ps£  soluble  sans  nôstnrdans  Falcobel^  étii  re* 


1 


»  (irodbît  un^  Uetnlura  toujours  «dde  et  Aa  mctne  caJoag 
M  qvela  psëcédente.  Ijéher  nû  le  dissout  qnitn  partie  et 
»  TBreiid  dœ  belle  teinte  jflwnpd'or^mblable  ji  œlle  que 
»  Von  Atitml  lorsque  fait  infiaser  direoteneiit  de  k  ga*" 
s  nuacîB  dansce  même Téhieideç les alcj^Iis  mis mt  oootact 
n  aiéetf  .le  'pifëeipité  lui  font 'prendre  tme  oonlear  bleae 
»  d'autant*  plus  fidm^ée  qu'ik  sontpkiloomseiia^s  y  mais  la 
»  nctanae  .vive  ou  rose^  pins  imi  moitis' violaeéeyà  mesure 
a  qu^on 'étend  d'eau  ^  à  peuples  de  ia  mémebnaaiière  que 
•::  celai  avriirie  pour  k  diasolution*  morfatiyio  de  oobak 
a  :pmr.  Néanmoins,  les  laques  que  Ton  eblient  arec  cette 
a  disaolmiop.  ne  sont  peint  encore  belles ,  leur  teinte  esc 
»  toiqouFs  sale  .et  vineûse«  Le  but  n'^i^iit  donq  pas  encore 
a  atteint ,  et  pour  j  argrivf  r  il  nous  a  (Mm  faire  de  noi»* 
a  vdles  aoBiia tires;  elfes  ont  été  si  liiuhipUées  et  si  infruc^ 
a  tnfusea  que  nous  étions  sur  le  'ppintét  tout  abandon*' 
n*  niet  Y  lorsqne  dans  un  dernier  essdir  nMis  avons  <J>tBntt 
m  un  résbltat^qui  eolw  a  péi«  1^  oomfiément  de  toias» 

*  »  En  soumettant  le -produit^  dont  nous  venons  de  fkire 
ik  pùntion  à  laotion  d^pme  Jeteur  modérée  et  l^ig^^tempa 
-a  soutenue  «  l'on  voit  surgir  de  celle  sttbstatiM,  qm  dV 
a  ^rd  se  aameUit  et  ae  fond  en  répandant  uu^  odeur  de 
a  'matière  ^Msechquâ^  ;  «ne  vapeur  ja«ne  doré  formée 
V  dejparcionlea  brplkniesqur viennent  se  condenser  sur  les 
a  p(|roisiMipérieures>et  donner  naissance  A  de  longues  ec 
yi  belles  aiguilles  traospareates  qui  sont 'enlacées  ^  leKr 
a  «oiijewr,  d'un  jaame -rongea tre,  eai  assea  semblable  à 
a  ceUe  du<^hromate  de  plomb  natif.  CeS'Oriétanx  ne  aont 
a  quepewou  point  solnbles  dans  Teau  fnside^  mais  ils 
M  sV  difsoivent  à  cbaud ,  et  la  )£a9plution  prend  une  belle 
n  ooulenr  rose  pur  -,  Talçohol  es  surtofUtrétJher  les  dissol- 
a  veut  en  psesque  tonte  proportion  ;  mais',  obose  remsr- 
a  quable,  la  dissolntian  akoàolique  esa  rotetandis  que  b 

•  a  disaoknian  éthérée  est  d-nn  bean  jaune ,  alors  même 
a  cpie  1  eiker  est  d'une  neutralité  parfaite  ^  la  petite  4|uaa- 


DE    Pfl,A.AJ>t;yC(Ev  4^1 1 

1  ùU  MT  1^11^9  il  «ipiis  a  vij  possible  é'opév^F'W  niQ^U 
^  3  pi^  (^f^î^  4^  copstat^i:  si  cfts  çnsuu:^  sonf  rjéellemçnt 
«  aci4e9  comme  m>i^  ayion?  |i|eu  de  l,e  soppcisf^r.  ^  m)^f , 
»  avons  seulement  vu  qu*au  moment  de  leur  fotcmafipp  U, 
»  vapeur  qui  l^i^  4qnii|ât  naissance.  r^^gUs9iJt  fr^s^sp^^si- 
I  blemeutje  papier  de^ouffie^lfpony  ploiigc^t^^^$, 
»  ujii^  fois  i^ojfSf  a^  dissous  ilf  ^  ^ou;i  ont  pluf  prës^uta 
»  cette  mèniapro^r^é^f  ce  qt^)  pept)  K^ppudret,  ,sic)if  dç  Içuf  , 
»  peu  de  soiubiUfé ,  soit  de  |a  tr^  fqrte  c<^l(xr^tiop  d^pa- 
y  pj^r  deiQ^n^esol  ex^fioji  ^  jkp»,^  ^ftwfows  ♦ftU^PfP.^ 
ji  q^oi  uous.eu.  tçuip  à  vet  ^fd-     .  , ,    .     ,r 

)>  Si  dao^  ,1»  dÎAsplutioa  a(|ujeiise  de  ces  ç^iifta^  o^ 
H  v«rsp  une  ds3V?^09  d'^ly^,  p^SQU^Viue^gopitei  de 
1»  potasse  y  Qju  ol^tifîiit  i^ue  laque  plus  on  foqÎM  :^f  ^® 
»  wivaa^  les  proportions ,.  m^^^^^^iû^urs  d'un^.fUfiA^ 
^  pure  de  f09£/e  perise.  Les  alcalis  usuels^,  (égi)Ic^P7uçQt 
P  ajouiés.kçp^e  ç^me  solupopi  j^qyi^qse^  la  ^|L.pfi^er, 
n  a  une  belle  n^^u^)jiei^  plv^  ou  jiiuçiua  poi^rprq  ^  ^^ 
M,  vapx  le  dci^  4^  cpiakcenjtratioD  y  pe  i{ifj  détnoa^'*Ç  fl^^* 
;»  m^t  que  uo^e  jn^tièfe  i^VsX  p9ÎQt^el)|^  ql^^^e  p^i; 

»  Ces  seules  e^néri^çe^  ug  laisf ^t  ^flo^  ^^{^  ^^çm 
^  dpvte  sur  la  préeKÎstepw  ,dpJ^tf^ink^^i^^^  .WftftHJHÇ 
»  dans  la  garance  ;  car  ,  li  p^  ^mh^  *«iff  Q?^«fî  W'fttÇ 
»  résulte  de  Faction  de  la  chaleur ,  comment  concilier 
A  cette  idée  axûc, les.-caractàras  que  xlous  ]m*sMou$^»m 
T»  connus ,  et  qu'on  sait  appartenir  à  la  garance  elle- 
?  ui^  ?  Pipi^  conya^pc^s  doue  de^  s^.sp^ciaKf^ ,  çt  r?; 
»  gardant  provisoirement  c^ .nouveau  principe  immédiat 
»  comme  substance  neutre,  nous  proposons  de  la  nommer 
>»  alizarin ,  d'aK^f i ,  expressiofi  ushée  dans  le  commerce 
ri  ppi^r  dési^(^r  la  racine  degar/juct?  entière.  V   .,    .,  j 

PfUji  eetiç  première  lectiiï:çt^;^IVI.  l^phîq?^Çf.t.PV^?f?^? 
.p'op^  eu  d*9Vixp  >ttt  que  dç  («Qî^jitater  re»is.t^epfej;^Jpftp 

lUouyelle  m^ûhïfi,%\  j^eprendi^  ^^^!9.dp  hvkv  à^cc^^sef;^,. 


4i^*  JOUaNAL 

îls  se  proposent  de  pablier  iDcesaamment  un  mémoire  snr 
Tensemble  de  leur  travail  ,  '  où  ils  feront  connaître  la 
manière  d^ètre  de  cette  nouvelle  substance  dans  la  racine 
qui  la  contient. 

Ils  ont  annoncé  éçaleihent  qu^ls  étaient  parvenus  par 
un  moyen  simple  v  facile  €ft  proihpt  à  éliminer  delà  ga- 
rance touteisles  substances  qui  peuvent  nuire- à  la  beauté 
et  à  la  pureté  des  couleur^  qu*elle  est  8U^ccfi[>l$ble  de  don- 
ner; et  ce  résultat ,  qu'on  a  vainement  cfberchéjnsqulci, 
ils  l'bbtiénnent  sans  sacrifier  aucune  portion  notable  de 
la  matière  colorante  essentidle  ,  c'ést^^jh-dii^  qu'ils  suivent 
ixne  marche  absolument  différente  deioutes  celles  qui  ont 
été  successivement  pfdj^sées  pour  kvoir  des  roses  purs. 

Le  trataiîdeMM;  Robiquet  et  €o1iii,'  quelqu'intéresisant 
qu^'  ioU  soùs  le  rApt>ort  du  résultat  analytique  quHl  a 
produit,  l'est  enctiré'œivàntage  sous  le  point  de  vue.  des 
applicatfons  que  rdh  peilt  en  faire  atrx' arts.  Ce  travail 
jettera*  tiécessairemedt  lin  Jour  nouveau  sur  un  grand 
nombre  de  teimures ,'  et  pertnet  d'espérer  enfin  une  théo- 
rie positive  de  ces  '  ïriaiipulatiou^  si  compliquées  du 
TQuge  des  Indes.  C'est  un  des  sujets  les  plus  fertiles  en  ré- 
sultats applicables  qui'puîssent  s^offrir  aux  recherches  des 
iphitnistles ,  et  Fon  doit  tout  espérer  dé  Thalrilèté  de  ccnic 

qui  'rfen  oècnpi^i*aujôurd%uî.  •        =  A.  B. 

•  ('    Il    •  1       *■,,•",..  .,, 

Essai  anàiytigue^  làfièur  de  coqaeikoty  par  M.  Riffi&d, 
'       '     '  iphàrmacléh.' 

.'    »  fî  f  '         '  ■::::..',  •  •         '  t 

-    '?^.  :  t  j         Extrait  d|'«Hie,Mtr9  è  M.  PEL^iTiKfu 

Une  quantité  déterminée  de  fleurs  de  coquelicot  a  été    i 
traitée  par  l'éther  sulftiri^ùe  iusqu'à  ce  que  ée  liquide  eût  \ 
extrait  toute  la  substaticé  sur  laquelle  se  portait,  son  ac- 
tion ^fes^fiqueurs  étaf^^nï'  dHm  jaune  magnifique,  né  pos- 


DE    PHARMACIE.  4^^ 

sédant  d'autre  odeui^  que  celle  propre  a  Téthcr  ;  distillée^ 
Jusqu'à  obtentidn  dei  tf oîs  quarts ,  elles  ont  laissé  dt^oser 
nm  substance  d'un  beau  jaune  ;  le  tout  versé  dans  une' 
capsule,  et  évaporé  à  un  feu  doux ,  a  fourni  une  matière, 
ayant  TaspecC  dé  ITiuile  de  muscade ,  et  pqssédant  toutes 
les  propriétés  physiques  des  huiles  volatiles  et  quelques* 
unes  de  leurs  propriétés  chimiques,  odorante,  insoluble 
dans  Teau,  dans  Talcohol,  dans  les  acides  concentrés, 
formant  aveô  la  potasse  un  véritable  savonule,  ne  passant 
point  k  la  distillation ,  non  inflapimable  par  Tapproche 
^'nn  corps  enflammé^  jouissant  par  conséquent  de  pro- 
priétés moyennes  entre  les  huilés  fixes  et  les  huiles  vola-^ 
lîles ,  et  Âèi^ànt  être  rangée  parmi  les  matières  grasse^ 
comme  siibsfance  5£ff^e72em. 

Les  pétales','  traftés  parl'éther,  ont  été  soumis  à  Faction 
de  Falcohol  i  36  degrés.  Les  teintures  étaient  d'un  rotige 
foncé  5  lork  qu'après  plusieurs  macérations ,  elles  ont  paru 
diminuer  dHnténsîté ,  on  a  aidé  l'action  de  Fakohol  par 
le  calorique*,  en  élevant  sa  tenipéniiure  à  l'ébuTlirfon.  On 
ne  saurait  ke  ngurer  combien  le  principe  colorant  adhère 
avec  force  à^ccS''fleurs.  Douze  macérations  ou  Infusions 
ont  à  peine  isùffi  pour  les  en  épuiser  5  enfin ,  parvenu  à  ce 
point,  et  les  liqueurs  réunies,  on  les  a  distillées  pour 
obtenir  la  htajetirô  partie  de  l'alcohol  5  celui-ci  est  constam-» 
sncnt  passé  itiodoré ;  le  résidu,  soigneusement  évaporé , 
a  fourni  é^c  abondance  une  matière  sèche ,  cassante , 
rouge-foncé  noirâtre  eil  niasse  ,   rouge-vif  en  couches 
fninces  .  iaittirant  fortement  l'humidité  de  l*air  au  point 
de  se  lîquéner  totalement  ;  soluble  dans  les  aciàes  sulfu- 
rrque ,   nitrique ,  hydro-chlorique ,  qui  diminuent  l'in- 
tensité de  sa'côtdéar  dans  Feau  en  toute  proportion  -,  dcr 
colorée  piaule   chlore,  passant  au  noir  par  les  alcalis, 
insoluble  I  dÀtiâ  Félhcr,  etc.- Je  considère  cette  substance 
comme  matîèfô  câioranie*,  elle  forme  le  tiers  et  plus  des 
pciaks  sotiniÎB'i  l'analyse.  'Cette  grande  quantité,  çt  l^ 


4^4  Joyiip^AL 

f^dKt^  fie   lobteulr^   pqiâqit^e|Ie  e3f  M'èç-^lwbie 
Teau  ,   m'oDf  faî^  penser  qu  elle  poyrrajt  è*r^  ntjlfs   01^ 
tejnturie  :  eu  conséquepce  »  j'aî^  apprèlé  cooTemaMenusut 
par  Talup ,  de  la  laine,  da  coloo  et  du  fil  î  pe#  étoffer  , 
plougée9  dans  un  bain  de  teiutqre  bquîl|a]^c  f  yii  AOUsîMail 
eu  une  forte  décoctiou  de  fleur*  fie  coquelicot ,  $e  sont 
peu  colorée^  et  d'un  fond  teroe  tirant  «ur.lp  gris;  uuA^ 
ies  niièjues  qto0*es  apprêtées  par  uu^  mpe^j^lion  de  dou^e 
Vpur^5 ,  dans  une  dissolution  fopceutrée^  d§  d^^Khvuiiaie 
d*/9t9if)  Y  ont  pris  par  leur  iipipersion  dapn  le  jt^aiit  ^  ^în^ 
ture  une  ^lle  couleur  ^maranthe ,  produis^f^  va  tr^bei 
e£ftl.  ^  laine  doit  être  rangée  au  pre^r^ier^p^Ag  pour  la 
|>eiuUé  d^  la  couleur;  \ jeûnent  ensuis  le  co^oi^  ^  le  Q) , 
puis  la  soie;  les  mêmes  étoffe^  imprégné^  duf^  mordw^ 
composé  de  |xuit  partie?  d'^oide  ni^Wquef  up^  partie  de 
muriate  d-awnoniaqu^  et  une  partie  d'çf»i||  (fipaiujé  ,  el 
plou^fie^  d^ns  le  bain  de  teinture  ont  off<^  i^ue  couleur 
roug^,  d'un  p^il  ass/e»  yjf.  Je  ne  piter.aî  pi^  plg^eur^  autres 
UK>rclans  que  j'ai  essayés ,  yu  h  jxew  dp  ^i^ppès.que  j  eq  ^i 
pbt^u  ;  je  ue  doute  pafi  que  c^çs  e^périçnpei^dtaue^  eu  graud 
et  par  de^  m^ins  habiles  «  i^  coqdMlfî^^ei^^it  d'beureuic 
rés^lfais ,  ej  dVuiaijit  plu^  b^ureu^  que  le;!*  fl/&i^?  <le  co^ 
qujcifcpt  ëtffïV  Itrps  -  ficbies  PP  matière  pdlopan^  ^ou#  une 
petite  quauU^é ,  propiet traient  beaucoup  d^cpuoiuie. 

Les  |^é|alf.f  épuisé?  par  l-^lcobol  4^c^t'  ^ûèremeuf 
décolorés,  cass^n^  pf f  }a  dessiccation  et  n^  rjepreqaj^f  pfuf 
cette  /iquplpsfe  propf'p  au?:  ftçufs  diç  çpquplippf  ;  ce  qui 
prquye  incontesubl^ment  qpe  c'est  à  If  ip^itipre  çoloraul^ 
que  cejT  fleurs  dpiyiçqjt  h  frculté  de  preudi^ ,  le  teroiç 
presque  hygrométrique  du  ifiilie^  oùellefisont  placées  f 
dauacet  Pl^t^  les  pétales  ont  étç  soumiai  è  r^ctioqL  de  Teai^ 
bouillant^  et  épuisés  par  ce  vélûcule  :  ks  décqcUous  réu- 
nies ^ows^ieut  par  T^gitatîon ,  elles  n^^^ipf^i  .qif'uq  goôf 
e^tr^ui^meut  fade;  évaporées  à  siccité^  eÛ^  xu;it  di>uué 
poi|jc  ré;û^  uue  matière  feuf ce  ^  yî^quf u/(e.^  fy^rf^^l»  avec 


DE     T»HA.IlMAC:iE.     '  4^^ 

peu  d'éas  imè  géWc  semblable  k  un  mucîlf^i  riQpiol^I))^ 
dMM  Talcohol,  solphls  dmsis  If»  alcfiUtf»  el  pr^pitée  par 
Iftlcohol  et  le5  sdus-aeëtates  de  ploipl^  lîq«id^.  Traité^ 
par  r^tcide  nUriqna  i  la  rëaotioa  eeC  YÎoleiite  H  i\  e^  x4^ 
•àlté  de  Taoîde  miidque  que  aa  petite  qnandië  ne  m'a  pM 
permis  d'di>temir  absblnment  par.  De  lottsees.car^Q^ef 
on  peut  inférer  que  cette  substance  est  de  la  gomoM?»   • 

Les  Aeurk  épuisées  par  l'étber ,  lalcahol  et Teoil  bouil- 
lante, n'offiraieBiplus  qu'une  espèce  «te  magma  ddcns  )«qii^ 
ûÊk  découvrait  à  peine  la  texture  végétale;  sécbées  et  in-? 
cinëréeB  eHes  ont  laissé  des  cendrea  dans  lesqoe]le9  1^ 
réactifs  ont  démontré  la  présence  dé  quelques  se)s^  ,t^ 
que  des  sulfate  et'cérboinate  de  dMm,  du  carbonate  de 
fer  ,  de  magnésie  et  de  la  silice. 

'  Il  résulte  de  niés  expérièacesaualytiqnes  que  les  Q^aïKf 
«le  coquelicot  sobt  eompoaéca  SIM*  £OQ  parties  de  s 

matière ' grasse- jauve^  '  I5i       ;     :    ,  , 

'*  ■■>  "i  colorante  rouge ,  4^ 

'  gomme  ^     •  îso  • ,  / 

•       "fibre  végétale.  a8     • 


loo 


<<w— %»fcttiyiXfci»>»»i<i»ttwft»w»^N»w»<»»< •  >^l>WMO<t* V  »»><H><»»Mt* «MVl^^^f 


I 


OBSERVATIONS    .  .' 

Sur  f infidélité  de  la  teinture  de  tournesol  rougie  pflr'un 
acide  pour  découvrir  fammoniaifu^  dans  une  ^^  V^^ 
conque. 

,      Paql  IVL  Maghjbs  jeune. 

Voulant  établir  un  poi^iidecomparaisoufiie^^âid^abord 
versé  une  goutte  d'ammoniaque  dan*  quatre  onces  d'^au 
disiillée  que  j'ai  mêlée  enstiite  avec  quatre  onces  d^eau 
également  distillée,  colorée  par  Ja  teinture  de  ^ournçsol 
rougie  par  Vatààài  3u}foriqAie^.  Par  ce  mélange  la  c^ouJeur 


4l6  JOUENAL 

bleue  de  tournesol  a  été  ramenée.  J'ai  répété  la  mècnc  ex* 
périence  ;  mnis;  au  lieu  de  mêler  directemeut  l'eau  anraio* 
niacéé  à  la  teinture  rougie,  je  Vj  ai  fait  passer  eu-  Ta* 
peu^.  Le  knèmé  résultat  a  en  lieu;  ces  deux  réstdtats  ost 
été  étiquetés  -et  conservés  soigneusement  pour  servir  de 
point  de  eomparaison  avep  les  résultats  des  «xpérîences 
sui  vailles. 

J'ai  d'ai>6rd  pris  de*  Teau  distillée ,  dans  laquelle  j*ai 
versé  dé  la  teinture  de  tournesol  rougie  par  Tacide  snlfÎH 
riquë  (i),  dans  cette  eau  j'ai  retsé  deTcau  de^source;  dans 
llnsiant  la  couleur  a  été  ramenée  au  bleu^.  Par  cette  prer 
mière'  épreuve  je  n'ai  pas  cm  devoir  conclare  que  ce 
changement  dût  être*  attribué  h  la  présence  de  Tammo-» 
niaquc;  cette  eau  aurait  pu  d'ailleurs  contenir  un  alcali 
ûte.  Alors ,  pour  ih'âsaurersi  c'était  réellement  l'ammo- 
niaque qui  ramenait  la  ooulenr  bleue  du  tournesol ,  j'ai 
répété  Ta  même  expérience^  .mais  au  lieu  d'igotiter  l'eau 
naturelle  dans  la  teinture  ronige,  je4^-aiiait  passerai 
vapeur  ;  le  même  effet  a  eu  lieu ,  c'est*e«dtre  que  la  cou-r 
leur  bleue  a  été  ramenée.  Cette  expérience  «  quoique  con- 
cluante, ne  m*4  pas  entièrement  satisfait,  surtout  lorsque 
j'ai  vu  que  l'eau  de  source,  et  l'eau  de  Garonne  prodiii- 
'Saienile-méme  effet  y  avantcommo  appis-rébulUtion* 

Je  savais  que  leç  sels  à.  base  terreuse  agissaient  sur  les 
couleurs  bleues  végétàleë  comme  les  alcalis  (u).  J'ai  sup- 

(i)  Là  couleur  priniilire  du  tournesol  e<t  rouge  ;  etle  ne  doit  sa  cou- 
leof  hlèiit  t}u*â  H  pééietice^  Paleali  «uqoel  le  lotiniescA  te  trooTe  com- 
biné. UactioQ  des  acides  sur  la  teinture  lui  rend  sa  cooleur  primilÎTe; 
de  sorte  que  toutes  les  fois  que  la  couleur  pugç  dominera  dans  le  tour- 
nesol ,  on  ne  devra  Taltribuer  qu^ûla  préèence  d^un  acide  libre,  et  toutes 
,les  fpis  quo  Ja  teinture.ficra  bleue,  qn  n<  devra  Tattribuer  qù'*à  1^  pre- 
sence  d'uh'alcali.  Cest  d*aprés  ces  principes  qu'il  avait  été  établi  qu^uoe 
•oaa  contenait  de  ratnni(tiiiaque  toute»  les  foia  que  œlie  eaa  en  nature 
•Qu  ^  vapeur  raqienai(  I4. couleur,  .de  la  teinture  de  tournesol  rou^ia 
par  un.  acide.  Cette  théorie  c£t  exacte,  mais  lep  expériences  suivantes  en 
flétruiront  Papplication  absolue. 
(9)  Tout  ces  sels  rom^nent ,  méta^  â  froid  ,  la  couleur  d^  toamcsol 


^^     DE    PHÀBMÀÇIE.  4^7 

fM)6«  que ,  dans  ce  €a8 ,  ils  agissaient  de  même  (car  toutes 
les  eaux  contiennent  des  sels  terreuifi);  mais  alors,  il  fal- 
lait admettre  que  ces  sels  étaient  susceptiï>les  d'être  en-* 
traînés  par  Teeu  bouillante  :  quoique  je  fusse  bien  loin 
d*adopter  celte  idée,  j'ai  voulu  néanmoins  m'asstirer  corn** 
meut  agirait  une  eau  en  vapeur  contenant  un  sel  terreux. 
Vtii  mis  dans  un  matras  de  Teau  distillée,  j'en  ai  reçu 
la  vapeur  par  le  moyen  d^un  tube  recourbé  dans  une  eu-' 
tette  contenant  de  Teàu  de  tournesol  rougie  par  racidc 
sulfuriquc;  aucun  changement  na  eu  lieu  (i).  Voulant 
m'assurer  si  réeliçment  une  eau  contenant  un  sel  terreux 
ne  rankènerait  pas  sa  couleur  bleue,  j'ai  débouché  le  ballon^ 
j'ai  ajouté  dans  l'eau  quelques  goûtes  de  solution  de  mu- 
riate  de  magnésie  fait  de  tonte  pièce,  j^aî  bouché  et  fait 
chauffer  de  nouveau.  Après  quelques  secondes,  la  cou- 
leur rouge  a  été  détruite  et  remplacée  par  la  couleur 
bleue.  Je  ne  pouvais  expliquer  ce  fait  qu'en  admettant  que 
Teau  en  ébullition  dans  le  ballon  n'ayant  pas  de  conden- 
sateur autre  que  l'atmosphère ,  entraînait  avec  elle  quel- 
ques particules  d  eau  non  entièrement  vaporisée,  et  qu'a- 
lors c'était  en  raison  des  molécules  du  sel  que  cette  eavi 
non  vaporisée  contenait  que  la  couleur  rouge  était  dé- 
truite. Cette  hypothèse  ne  me  satisfaisait  nullement-,  ce- 
pe^idant   j'étais  presque  persuadé  que  c^était  ainsi  que 
s'opérait  ce  phénomène.  Mais  comment  se  pouvait-il  qu'un 
sel  pût  être  entraîné  par  Tébullition  de  l'eau,  surtout  lors^ 
qu'il  existait  un  vide  considérc^ble  entre  la  surface  de 

Veau  et  l'orifice  du  tube  (2).  Dailleurs  je  m'étais  aperçu 

—  .  ....    -  ,  ..-  .     ^ 

tougie  par  on  aoid«.  Le»  muriate»  da  chaux  et  de  magne'sie ,  le  sulfate 
de  magne'sie  agissent  d'ane  force  extraordinaire  j  le  sulfate  de  cliaux  f  le 
iiilrate  et  le  muriate  de  baryte  ont  les  mêmes  propriétés  avec  RK>ins  de 
force;  mais  il  £iut  que  ees  sels  soient  assez  lavés  pour  être  privés  d^un 
cxc^  diacide. 

(1)  On  verra  plut  bas  que  ^^est  parce  que  je  n*ai  pat  chauffé  asseï 
Ung-temps. 

Ca)  Cet  eflet  doit  tToir  liei%  puisqae  par  le  dégngemcBt  de   la  Tapeur 


418  iOtJR*AL 

que  l*efffct  de  cette  opëraiîoh  ti'arait  é*u  llett  qtie  quelqtieè 
mihûtes  après  que  rébûIKtion  avait  été  étftbiie.  QQoiqvre 
bien  disposé  à  croire  qti6  le  changement  de  Ih  coulearne 

'  devait  être  attribué  qu'à  la  présence  d'uta  sel  â  base  terreu* 
se,  (yôjez  la  note  2),  je  ne  (iroy.iis  pas  la  chose  assez  con- 
cluante pour  borner  là  mes  expériences.  JTaî  voulu  m'as*- 
surer  si  Teaii  distillée  dégagée  pendant  long-temps  à  l'état 
de  vapeur,  n'opérerait  pas  le  môme  effet.  Datis  cette  in- 
tention ,  j'ai  fait  bouillir  de  l'eau  distillée  datks  un  balloti 
auquer  j'avais  adapté  un  tube  recourbé  plongeant  dans  une 

-  cuvette  contenant  elle-même  de  l'eau  distillée  colorée  par 
la  teinture  de  tournesol  rougîe  par  un  acide  (1).  J'ai  fait 
chauffer  l'eau  du  ballon ,  j'en  ai  reçu  la  vapeur.  L'effet  que 

.  j'attendais  ne  s'opérait  que  bien  lentement.  Je  pouvais  ju- 
ger du  changement  de  couleur ,  la  cuvette  recevant  l'eau 
en  vapeur  était  entre  deux  )utres  cuvettes,  Tune  conte- 
nant l'eau  rougie  pareille  ..  eHe  de  la  cuvette ,  et  Tautrc 
contenant  l'eau  bleue,  (f^oyez  la  note  5.)  A  liiesure  que  l'eati 
de  la  cuvette  recevant  l'eau  en  vapeur  s'échauffait,  la  cou- 
leur rouge  semblait  s'affaiblir,  elle  n'a  décidément  repris 
la  couleur  bleue  que  lorsque  la  température  de  l'eau  a  été 
élevée  au  72*.  degré  (2).  J'ai  ^oulu  m'^assurer ,  si  une  cha- 
leur subite  et  directe  produirait  le  même  résultai.  Alors 
j^ai  placé  sur  un  feu  violent  une  fiole  à  médecine  dans  la- 
quelle j'avais  mis  quatre  onces  d'eau  colorée  par  la  tein- 


d*une  eau  contenant  tm  sel  â  h^te  terrense  le  rësuHat  est  bien  plut  prompt 
qu^il  ne  Test  dans  le  cas  dont  je  vais  donner  connaissance  ;  je  crois  ce- 
pendant cet  effet  bien  difficile  Iorsqu*on  distille  une  petite  quantité  d^ea'a 
dans  un  grand  vase ,  ec  je  le  crois  impossible  lorsque  le  fase  distillatoire 
est  muni  d'un  réfrigérant.    ^    *** 

(t)  J^ai  colore  en  bleu  douze  onces  d*eau  distillée  qae  j'ai  fractionnée 
en  ti^ois  parties  égales  ,  dont  deux  ont  été  rougifs  également  ;  la  troi- 
sième a  été  consenrée  dans  son  état  naturel  j  Tune  des  denx  portions 
rotsgies  a  été  conservée  «  et  l'antre  a  été  mise^dant  la  cavettè  pour  rece- 
voir Teau  en  vapeur. 

{%}  Tbemloînètre  de  Réaum^r  eeatigrade. 


DE    PtfAllMXCIE.  4tO 

tû^  dé  toumeébt  rtftigic'  pnir  Vaciie  suirtirique.  A  jpeinà 
Veàn  tf-t-elle  été  ^xit  les  cliMi'bons ,  quis  la  coulent  d  chaii- 
gé  âetisiblcAieiit,  et  aVailt  qae  rebollirïon  se  fût  établfe, 
la^  couleur  bteUe  avait  reparti  dans  sou  ëtat  naturel. 

Ces*  expériences  faites,  il  a  fallu  trt'occuper  de  la  tbëd- 
tié  des  résultats.  Voici  comtneût  je  crois  pouvoir  Texpli- 
que.  (^F'oyez  note  i.)  Le  tournesol,  ai-je  dit  dans  cet(e 
noie,  ne  doit  la  couleur  bleue  qu'à  Talcali  avec  lequel  il 
est  comblùé,  et  la  couleur  rouge,  qu'à  la  présence  d'un 
acide  non  combiné.  Si  on  absorbe  cet  acide  libre ,  il  est 
constant  que  la  couleur  du  tournesol  altérée  sera  ramenée 
au  bleu.  C^est  ce  qui  a  lieu  dans  ce  cas*ci.  Paj  Faction  de 
là  cbaleur,  Tacide  libre  rougissant  la  teinture  du  tour- 
Tlé^ol  se  combine  avec  son  excès  d*alcali ,  et  sa  couleur 
Bleue  reparait  (i).  Il  suit  de  tous  ces  faits  que  le  tournesol 
ne  peut  plus  être  cousidéré  comme  un  réactif  infaillible 
pour  découvrir  Tammoniaque  dans  les  eaux.  Ce  moyen  est 
d'àutantplusin6dèle,que  toutes  les  eaux  contenant  Un  sél 
à  base  terreuse  (et  certainement  il  n*en  existe  pas  une  qui 
n'en  contienne  plus  ou  moins),  ramèneront  au  bleu  la 
teinture  de  tournesol  rougie  par  un  acide.  Ce  ne  serait 
donc  qu'avec  Veau  en  vapeur  qu'on  pourrait  espérer  d'ob- 
tenir un  bon  effet  ;  mais  on  ne  peut  user  de  ce  moyen  avec 
confiance ,  puisque  Faction  de  la  cbaleur  détruit  la  cou- 
leur rouge  en  favorisant  la  combinaison  de  l'acide  avec 
l'alcali.  Ce  n'est  pas  que  si  une  eau  contenait  de  l'ammo- 
niaque ,  ce  moyeu  de  pût  le  faire  découvrir  \  mais  si  les  eaux 
distillées,  et  celles  qui  ne  le  sont  pas  produisent,  les  pre- 
mières à  chaud ,  les  autres  à  froid  et  à  chaud ,  tes  mêmes 
effets ,  que  celles  qui  contiennent  de  l'ammoniaque ,  com- 
ment alors  pouvoir  compter  sur  la  fidélité  du  réactif,  et  sur 

(t)  Toiit  prouve  que  facicle  rougit  le  toarnesol  tans  se  combiner  nvec 
•on  alcali.  Si  cela  a^ëteit  pas  ainsi  >  U  eouleor  roiige  devrait  augmetrtéi' 
dHnteositë  lorsqu^on  fitvorise  par  la  chaleur  l'action  d«  PàdJe  sur 
Talcali. 


4^0  JOUBNÀL 

lexacUtude  du  produil?  Ce  ne  serait  que  dans  le  cas  ou 
Ton  distillerait  au  bain  de  s^d^Ie^  ou  mieux  encore  au  bam 
marie I  et  que  Ton  serait  sûr  que  la  température  de 
Tcau  dans  laquelle  ou  recevrait  la  vapeur^  n'aurait  pas 
change;  mais  dans  aucun  cas  on  ne  doit  agir  avec  de  Teaa 
naturelle ,  car  les  sels  terreux  agiraient  de  manière  à  faire 
commettre  les  erreurs  qui  ont  existé  jusqu'à  ce  jour. 

Appareil  pour  douches^ 

M.  Ducoudray,  pharmacien  à  Tours ,  nous  a  commu- 
niqué un  appareil  qu'il  a  fait  construire  pour  administrer 
des  douches.  Il  pense  avec  juste  raison  que  ses  confrères 
pourront  au  besoin  en  établir  de  semblables  dans  les  villes 
où  il  n'existe  pas  de  douches  publiques»  Cet  appareil  se 
compose   d'un  baquet  contenant  le  liquide  destiné  à  ta 
douche.  On  y  plonge  une  pompe  ordinaire  de  jardin  en 
fer  blanc  \  un  conduit  placé  k  son  fond  traverse  la  partie 
inférieure  et  latérale  du  baquet  et  le  termine  par  une  ou- 
verturef  d'un  petit  diamètre.  En  se   servant  d'un   tuyau 
flexible,  on  peut  à   volonté  diriger  le  jet  du  liquide. 
M.  Ducoudray  ayant  fait  construire  xet  appareil  pour  des 
douches  ascendantes  à  l'anus ,  faisait  asseoir  le  malade  sur 
tine  cuvette  ordinaire  de  ïatrines  anglaises. 

L'ouverture  inférieure  avait  d'abord  été  bouchée;  puis 
ou  avait  pratiqué  deux  ouvertures^  l'un  recevait  le  con- 
duit de  la  douche  ;  à  l'autre  était  adapté  un  tuyau  qui  ra-, 
menait  dans  le  sceau  le  liquide  qui  avait  servi.  Par  ce 
moyen  ou  pouvait  avec  une  petite  quantité  de  liquide  coa- 
linuer  k  faire  agir  la  pompe  pendant  long-temps,  et 
comme  il  n'y  en  avait  pas  de  répandu,  l'appareil  pouvait 
*  sans  inconvénient ,  être  placé  dan»  la  chambre  à  eonchcv 
do  ma)ade.r 


DE    PHAKMACIE.  4^1 

L'extrême  rimplîcîté  de  Vappareil  de  M.  Ducondray  le 
fera  sans  doute  adopter;  et  dans  certains  cas ,  il  aura,  snr 
les  grands  appareils  pour  douches ,  Tavantage  de  ne  pas 
nécessiter  le  déplacement  des  malades.  E.  S. 

Sur  trois  nouveaux  sels  de  soude* 

m 

Pu  Th.  Thomsok. 

(mxTmAi^*) 

Sesquisulfate  de  soude. 

Ce  sel  a  été  extrait  du  résidu  de  la  préparation  de  Ta- 
cide  hydrochlorique  parle  sel  ii^arin.  Dans  cette  opéra- 
tion, le  dégagement  du  gaz  diminue  graduellement  et 
cesse  enfin  tout-à-fait  ayant  que  tout  le  sel  commtin  soit 
converti  en  sulfate  de  soude.  Il  reste  dans  la  cornue  un 
sel  dur,  blanc ,  d'un  goût  très-âcre ,  et  difficilement  solu- 
ble*  Si  on  concentre  la  dissolution ,  les  premiers  cristaux 
ont  une  grande  ressemblance  de  forme  avec  le  sel  de 
Glauber;  mais  ils  sont  plus  solides,  plus  pesans,  et  très- 
acides  an  gôùt.  Ces  cristaux  ne  se  forment  pas  toujours. 
M.  Thomson  les  a  obtenus  plusieurs  fois  dans  les  circon- 
stances précédemment  décrites,  et  il  ne  doute  pas  que 
d'autres  chimistes  ne  soient  également  heureux. 

L'expérience  a  fait  voir,  dans  ce  nouveau  sel ,  un  com- 
posé de  : 

Acide  sulfurique.  •  *  2$,4^ 

Soude »  i3,9i 

Perte 00,67 

Si ,  comme  cela  est  probable ,  la  perte  porte  sur  l'acîdp 
XIP*  -^^n/iee.  — -^oïtt  i»a6.  3o 


ou 

7,3i 

ou 

4,00 

QU 

0,19 

^21'  JOURNAL 

ftttlfuriqu^ ,  alors  le  tel  est  anhjâre ,  éi  rémàie  de  la 

binaison  de  : 

I  atome  {  diacide  sulfurique.  •  •     7,5 
1  atome  de  scinde.  •  •  r 4?^ 

11,5 

L'analyse  du  sesquisulfate  de  sonde  a  été  faite  en  en 
calcinant  un  poids  connu  avec  du  carbonate  d*ammonia<- 
que ,  et  en  déterminant  la  proportion  de  sulfate  neutre  de 
soude  qui  8*est  formé. 

La  quantité  totale  d'acide  snlfurique  a  été  trouvée  en 
dissolvant  une  quantité  déterminée  de  sel  dans  Fean.  et 
précipitant  par  le  muriate  acide  de  Ji)aiyte. 

Le  poids  de  la  soude  ^  joint  à  celui  de  Tacide  snlfurique, 
représentant  le  poids  du  sesquisulfate ,  il  devient  évi- 
dent que  ce  sel  ne  contient  pas  d'eau  de  cristallisation.  Ce 
résultat  est  confirmé  par  une  autiCe  expérience  \  c'est  que 
le  sesquisulfate  de  soude,  chauffé  au  rouge,  perde  peine 
de  son  poids. 

Les  cristaux  de  sesquisulfate  de  soude  sont  trabsjM- 
rens  ;  leur  forme  primitive  parait  être  un  prisme  quadra- 
gulaire  droit.  La  forme  dominante  est  un  prisme -à  huit 
faces ,  qui  résulte  de  la  troncature  des  quatre  arêtes  laté- 
rales du  cristal  primitif.  Les  cristaux  sont  terminés  par 
un  pointement  à  qtiatre  faces ,  tronqué  à  son  sommet.  La 
troncature  est  une  facette  rhomboïdale^  oblique  à  Taxe  du 
cristal. 

Plus  rarement  les  arêtes  latérales  du  prisme  sont  peu 
tronquées ,  et  la  forme  général  du  solide  primitif  n^est 
que  légèrement  modifiée*  11  est  alors  terminé  par  un  som* 
met  dièdre  qui  résulte  évidemment  d'un  dëcroissement 
sur  deux  angles  de  la  base  du  prisme.  Le  pltis  souvent  ce 
sommet  dièdre  se  joint  au  pointement  à  cinq  faces  du 
prisme  à  huit  pans ,  et  il  en  résulte  une  pyramide  tronquée, 
à  sept  faces  au  lieu  de  cinq. 


Le  sesquisulfate  de  soude  a  mieTsaveiir  irèiMaoidei  ^ 

Il  nesi  pas  ettorjescent.  Sa  densité  est  dé  a,i5. 

Ueau  le  dissout^  par  lacancfintTatioaonobâera  da  sul- 
fate de  soude  oosliiiun  ^  et  une  liqueur  très-*irclde. 

La  chaleur,  comme  soiit  rayon» -fit,  ne  lu  déeompQse  ' 
pas,  ou  du  moins, lui. enlève  tout aa. pins  «jndiqnes  par- 
celles dacide.  ,      /         .    .  . 

[Bisulfate  '  de  soiide. 

On  obtient  le  l)isu1fate  de  soude  en  faisant  dissoudi^é 
du  sel  é^  Glatiberdans  l^acide  ^ulfuHque  faible  et'  don- 
centrant  h  solution.  H  se  dépose  des  cristaux  pri^rhati- 
iqoes  transparetts,  qui  ressemblent  singulièrement  &  ceux 
du  sulfate  de  soudé*  C^  sont  des  prismes  à  quatre  faces 
terminés  par  une  base  simple ,  oblique*  Dans  quelques- 
uns  elle  est  remf>Iacée  par  iine  facette  triangulaire ,  très- 
inclinée  à  1  axe  du  cri^taU    ' 

lue  bisulfate  de  aaude  ^tire  «n  ftn  l'humdilé  ia,  Vwt* 
Sa  saveur  eA  irès-acide« 

Si  Ton  eu  tien^  uti  oriatal  iii"*des«xÀ  de  la  flamme  d*iiiM) 
«handelle ,  il  fond  comme. un  nMtfceau.de  glaoe*  Il  fond 
aussi  au  baia  dç.afble  ,  et  refile  liquide  tant  que  la  tempé- 
rature n  excède  pas  3oo  *.  Fai'*  (  +r,  i49  C  )•  Traité  de  cette 
manière,  il  perd  a  peine  de  so)i|p^ids. 

A  la  cbaleur  d^ue  lampe"  â  esprit  de  vin,  le  bisulfate 
de  soude  s^  comporte  comipe  le  bisulfate  de  potasse;  il 
retient' avec  «Ast^nalioA  une  partie  de  son  acide*.  11  aefond 
d'abord ,  laisse  dégager  d'abondantes  vapeurs  d'acide  sul- 
furique  \  puis  il  se  dessèche  et  ne  redevient  liquide  que  si 
oa  augmente  la  chaleur. 

Sa  densité  est  de  i  ,8. 

Il  a  clé  analysé  de  la  mèi^e  manière  que  le  sesquisul*- 
fate.  La  quantité  d'eau  a  ^(é  donnée  par  la  différence  en- 
tre la  somme  des  poids  représentant  l'acide  sulfurique  et 
la  soude ,  et  le  poids  du  sel  analysé* 

3o. 


I    ■  1  I  > 

•  t 


Uexpârieiioe  a  donneur  •  '  ' 

Sonde*. 4  «  .  y  I  ;.  .  .  .     4,^^ 

j.  Adde  sulfiir^ae*  •  *  •  ;  10,^78     *      ' 
Eau.   ...•••••••    5,4<K> 

La  eompositioa  théorique  serait  : 

'  1  atome  de  soude 4» 

a  atomes  diacide  sulfurique.  lo, 
4  atomes  d^eftu 4>^ 

18,5 

'  La  légère  perte  en  acide  sulfariq!ae.|  et  Texcès  ea  eaa 
de  cristalisation  qu  à  donnés  Texpé^ence  ^  s'expliquent  ai- 
sément par  la  difficulté  de  séparer  une  petite  partie  d^ean 
additionnelle;  qui  adhère  fortement  au  sel* 

'  •  Carbonate  de  soude  prismatique. 


>  ■ 


Quand  on  V  piéfie  par  la  ehaletfr;  dafns  leur  eau  de 
eristattisaticài,  les  -cnr^AttX  Ocftàédrlqtiei' de  carbonate  de 
soude,  il  se' forme  de  nouveaux  cristàufx  dWe  figure 
différente  et  qui  contiennent  une  mditidre  cfii^ntité  d'eau. 
M.  Thomson  les  arait  oiMerrés  depuis  loiig-temps  ;  mais  il 
n  ayaitpu  déterminer  leiir  forme',  ni  sVssurer  exactement 
de  la  proportion  d'eau- de  cristallisation. 

Pendant  les  chaleui^e  Tété  de  idaS,  M.  Clarke,  qtii 
dirige  la  fabrique  de  M.  Tennant ,  i  Glasgow,  aperçut 
pendant  la  cristallisation  dû  sel  de  sôudè ,  des  niasses  de 
cristaux  entièrement  difiérei^tes  des  cristaux  ordinaires 
de  carbonate  de  soude.  Ce  sont  ces  cristaux  que  M.  Thom* 
son  a  analysés. 

.Les  cristaux  étaient  des  prismes  quadrangulaires  ter-* 
minés  par  des  pyramides  à  quatre  faces ,  dont  quelques- 
uns  avaient  plus  d'un  pouce  et  demi  de  longueur ,  et  plus 
d'un  quart  de  pouce  d'épaisseur. 

Ce  sel  n'est  pas  sensiblement  effloresceut. 

lao  parties  d'eau  à  la  température  de  63  Far.  (+  1.7,2  C) 


DE    PHARJftijaiE.  4^^ 

dissolrent'GS^  parties  de.  cet  «riitiuix»  Laquanlité  de 
cinriboniae  de  scande  commua ,  «olublé  à  la  mèmQ  lewp^ 
ratare ,  est  beaucoup  moindre  (i).  ' 

Quand  ^m  le  chatifie ,  ce  sel  se  liquéfie  eu  partie  r  inàii 
non  pas  çomplètemeott ,  comme  le  icarbonata  octaédricg)^;. 
il  reste  totgQur^  «i)e  portion  solide  »  et  quand  le  seVest  re-^ 
froidi  ^  on  vQÎt  paraître  aussitôt  de$  cristaux  im^airfaits* 
Ceci  €on4itit  ai  supposer  qu^il  existe  j  pour  le  carbqnajte  de 
soude.,  un  troisième  état  de  cristallisation  dans  leqtie}  c^. 
sel  contient  encore  moins  dWu  de.crifttalli^Atictnj    , 

Sa  densilë  est  de  .  i,5i.  ?' 

Ce  sel  a  fourtii  &  Tanaltse  î* 

Soude ,vt  ♦;  ^  v  î^>797   ^*  >4i, 

Acide  carbonique*  •  •    .  i^^t^     ou.  ^t^>66i 

Eau $&Oio .  ou    8,824 

Perte*  .  ^ o»i:io ,   ,    ..  , 


lOO.OOO  '        *  • 

Ia  proporfioÂ;  d^eau  a  dté  dduné  en  calcinaat  miroùgo 
«n  poids' '^€èii|»U}  d«''^J  =•  .:»:::•:...■■;•.;.'•",""!•''•  •)    '^* 
La  sovdè  a  éié'trou'Tée  '«a  tt^usforniMt  k  :sëir  en  nitrate 

>>  'Lppoidilde'^0ddë^cs^l>ôfti<)trè'a'étéreconnn*en 

(1)  Cette  observation  de  M.  Thomson  est  d^une  haute  importance  pouc 
la  théorie  chimique  de  la  dissolution  des  sels.  Elle  fait  Toiragelorsdu-ua 
sel  cristallise  se  dissout  dans  1  eau,  la  combinaison  du  se!  anhydre  et  de 
Tean  m'est  pat  détruite  j  miisqne  sans  cette  «nrconstance^il  serait  impos' 
sible  d*explîqui0bc|Iâ^iIaU^  oorboùaii  AJJoiide  (iiristtatiqne  est  plut, 
soluble  que  le  carbonate  de  soude  octaédrique  qui  contient  proportion» 
•oQeiBent  mpina  Bd  oarbchiate  de  »o^dè  iin%di4.  Cette  oèfettnAoo,  \  la- 

r^it  fortement  l/>pii^Qp  dea  sarans  <j[ui  n^  Toijcnt.  di^s  1;^  dissolution  d^t 
^éls'qu^ane^ïmple'M^ygr^gation  phy^qùe,  sàti^ ^combinaison  chimique, 
^é)lè  expli^àierdil  l^anomalio  à u6  ce  ph<$nbi6(^ne  semblait  deV6ir  a'ppoi^. 
Ift»  i,  la  loi  4^jQ^iiil^iQfff opp  ^  Dropor^na  ^f^nim»    '  <  '  1  JEï  $i  !  î  .    * 


N 


ti4q«è^tMâuvLaéîdiJ«i'|e«el  Avaient  éi^<p«aé${^  ràvanoé*^* 
la  perte  <yn  se  produisit  ^  ^t  <(ui  fat  qCttMUlée  après  Veie^ 

dàmrVUiiM^iW  d\i'>Q^^yn*  Aur  Ftti*»  Atm0sp)iériqii^ ," 
dôrrtii^'ife'^t^J^  de  l\ïtîdé  ^îri^bofiîcfo^. 'E* -fëlfl^^^t  Vb^ 

j^tiPftflikv  ^é  îj*i**lfatft  &«Pi4&ér  »  ce  ijHë^  là  llquteiïr  r^ 
tt^i^âP'^â^'n^idë^i^il^f^Vè  tidi'iie  »è>^^éga^e^<q^e  «Ouè^ 
rinfluencéîdè'Ia'iîhèSfewi'i^  r^'"'^'^  '-»'  -^ï  '•  •  *"  •  'i-  * 

Le  sel  analysé  ne  contenait  p^  de'^trâcea^  tfe'KÛIflite  ^ 
mais  on  y  a  constaté  la  présdpj:e,de,,„rjî.  jf^^i^pfçeVnia- 
rin  dont  il  a  été  tenu  compte  dans  les  résultats. 

La  tliéoifé^  întHijtfe  pour  la  composition  ëUfhiiqae  do 
carl^rfte  liWsm^titlwe.     *    •       .-n|Mo.c'  r  .  .f^hA 

^^•^^-9  atBftie^mfe.  ;  ;  ;  :   ;   •2,76-   •  -'  -, 
I  atome  88' s8ude:  ;  .'  ;  .   ^\ox>'    ■  ^''"' 

8 atom"cs  d'eau TT 9iio 

L'analyse  présente*^ in  léger  manque  d'eau  et  d*acîde 
ecuâtmiqiicrvffti&fAe  m  leporfia^tU  o,,i)^)dfe.!pief:}e^rJ*a* 
cidc  carbonique.  Cependant  de  nouVe^l^  «KpériemimlQès^ 

M.  Thomson  pense  que  cet  excès  de  soude  se  trouTi^fi 

poureHe  toutes  1*^ probabilités,  rcxpëricnce  et  la  diéorie 
seraient  parfaitement  d'accord.  E.  S. 

•  ^  '•»  •nî»/iîii;  I'»,  ,,!>  ..(.',  in'rii'i  ;,»  .wj.-   t    .  i;     !f'       .'.  ""    i^  .>    '   i    »  • 


I  '  <A|>/  A^fHKpielin  a  Iti'  •if  ^Académie  ihi  inéSeoifiv  ;(sen»oft 


qu*î!  rîègÂrdc  ccftrimë  coml>MiéttVe<;ie  matfgiitrè^';  le^iièhtc 


DE    PHAHMA^GIE.  4*^7 

minerai  coalien^  ao^H .  4e  r«ci4€  ar^éniqua  combiné  prin^ 
cipalement  av«c  le  far; 

Enfin  de  la  baryte  unie  à  Toxine  de  manganèse  , 
Et  du  sable  ainsi  que  du  sulfate  de  baryte  simplement 
mélangés. 

M.  Vauqnélin  f^it  ^bsertrer,  k  ce  sujet ,  qu'il  a  déjà  eu 
r9cca$ion  d'analyser  un  minerai  dans  lequel  le  manga- 
nèse était  combiné  avec  la  barytQi  et  que  ce  résultai  a  été 
pi^blié  il  y  a  4^à  long-temps  dans  W  Journal  des  Mbiâs. 

^  A.B. 

Extrait  d^uae  U\Xte  (i}  de  Hf  Vumnom  9  M*  Plfoolie, 

Vous  8aure2  sans  doute  déjà  que  généralement  on  trouva 
dans  Tacide  sulfnrique  fumant  du  séténium ,  lequel  a  du 
originairement  exister  dans  la  pyrite  avec  le  sulfate  duquel 
on  a  entrepris  la  distîllatipn*  M.  Hansmans,  mon  prépa- 
rateur, qui  pour  sa  dissertation  inaugurale  de  docteur 
ès-sdènces  a  détruit  une  demi*cntche  carrée  de  cet  acide  ^ 
îlYa  point  trônté  ce  corps,  et  M«.  Bussy  n'aura  sani 
doute  pas  été  plus  heureux  dans  cette  découverte  :  on  se 
flatte  de  pouvoir  prochainement  verser  le  sélénium  pat- 
livres  danslç  commerce  lorsqu'on  Taura  retiré  du  séléniure 
de  plomb  et  de  cobalt  qui  se  rencontre  i  Magdespruch,  et 
ru  abondance  dans  le  midi  de  Hartx  ^  du  séléniure  de 
[jlomb  et  de  cuivre  ,  de  celui  de  plomb  seul ,  de  celui  de 
plomb  et  de  mercure.  Le  sélénium  a  une  tendance  singu* 
lière  à  minéraliser  deux  métaux  a  ta  fois. 

Berzélius  a  trouvé  la  Uihine  à  Tétat  de  sous-carbonate 
dans  les  eaux  <^e  Carlsbad  :  i  7  partie  sur  1000. 

M.  Pleischel,  professeur  à   Prague ,  a  confirmé  l'exis- 
tence  de  l'acide  îodieux  entrevue  par  Sementini  (a).  Il 

.  (i)  Ceiie  lettre,  dat^e  de  touTaip ,  le  3  àéctt^hve,  Be  nous  e«t  parTt- 

•ne  qoe  le  moi*  dernier.  , 

>;  Le  produit  anquel  M.  Sementiui  a  dottse  Je  nom  d'^eic/e  iod^uat- , 


4^8  -    lOURlHAL 

distille,  à  une  faible  ehaleur^  trois  parties  clildriire  décimaux 
arec  une  partie  d'iode,,  il  obtient  un  liquide  rouge  orangé  , 
foncé ,  qui  par  sa  couleur,  semble  bîeii  plutôt  dénoter  une 
solution  d'iode  dans  Pacide  iodîquè  qu'un  acide  particulier* 
Le  même  chimiste  assure  que  le  sélénium  avait  été  remar- 
qué par  Jacquin  de  Yienlie ,  dans  tous  les  acides  hydro- 
ohloriques  qu^il  prépare  avec  de  l'acide  sulfurique  fumant 
de  Saxe  ou  de  Bohème.  Lorsqu'avec  cet  acide  on  pro- 
cède â  sec ,  c^est-i-dire  par  du  sel  desséché ,  l'acide  hydro- 
chlorîque  recueilli,  contient  toigours  de  l'acide  chloro-sul- 
furique ,  qui  peu  â  peu  se  résout  enfUâde  hydro-chlorique 
et  en  acide  sulfurique.  Daùs  le  procédé  ordinaire,  le  même 
acide  contient  souvent  du  chlore  provenant  de  la  dé^hy- 
drogénation  d'un  peu  d'acide  par  Toxigène  de  Vacide  sul- 
furique. 

Pfaffindique  comme  réactif  pour  l'acide  hyposulfureuj^ 
les  çels  de  plomb  et  d'argent,  dont  les  priçmîers  donnent 
avec  les  hyposulfites  des  précipités  blanos  persisians ,  et 
les  seconds  des  précipités  d'abord  presque  blancs  et  en-r 
suite  passant  au  bruxi  et  4U  brun  noirâtre;  M«  Pfaffpf^s^ 
que  ce  changemeAl  de  couleur  dépend  de  ce  que  lacid^ 
hyposulfureux  se  partage,  en  acide,  sulfmreux  qui  s'unit  à 
une  partie  de  l'oxide  d'argent,  et  en; soufre  par  lequel 
l'autre  partie  de  l'oxide  est  sous  oxidé  et  d'où  résume  un 
sous-hyposulfite  de  sous-oxide.  Il  résulta  généralement  du 
premier  sel  de  l'acide  suUfurique  et  de  l'argent  réduit^ en. 


s^obtient  en  tritura^Qt  çAsemble  du  chlorate  de  potasse  et  de  Piode  cq 
proportipns  non  rigoureusement  dëterminëesymaîste^es  qu^il  en  résulte 
tin  mélange  de  couleur  jaunâtre,  et  en  le  chauÛ^nt  ensuite  dans  un  appa- 
reil convenable. 

L^acide  ainsi  obtenu  a  pour  caractère  dutinctif  de  se  présenter  sous  la 
forme  d*un  liquide  jaune  d'ambre,  facilement  cvaporable,  d*une  odeur 
trés-âcre  et  désagréable ,  qui  change  en  rouge,  et  ne  détruit  pas  les  cou- 
leurs blenea  végétales,  qui  allume  le  phosphore  coiàmc  Tacide  iodi- 
que ,  etc.  (  Extrait  du  Journal  de  Pt^sique  cj'/ta^e,  juin  i8a5.  ) 


DE     PfiA.RlfAClE.  4^9 

ëchanflanl  le  ton!  il  se  forme  du  sulfate  et  dti.  sulfure  ré- 
duit* 

Nous  avons  reconnu  que  les  petites  pierrettes  qui  se 
trouvent  dans  les  soudes  brutes  de  Normandie,  blan- 
ches, lisses,  rondes,  allongées  et  aplaties,  contiennent 
assez  de  phospkore  pour  en  être  extrait  avec  avantage. 
Ces  pierrettes  sont  friables  «t  le  deviennent  davantage  par 
leur  incandescence. 

Elles  nç  sont  pas  solubles  dans  lacidemuriatique  même 
))ouillant,  auquel  elles  ne  cèdeot  qu'un  peu  d'oxide  de 
fer  ;  le  phosphore  y  est  si  peu  engagé ,  que  pendant  quW 
décante  la  lessive  de  dessus  le  résidu,  chaque  pierrette 
devient,  luisante ,  ce  qu  ou  pepi  considérer  comme  une 
réductihillté  par  la  voie  hunûde. 

Les  pierretles  luisantes  peuvent  être  écrasées  ^us  les 
doigts,  et  alors  elles  répandent  une  odeur  très-forte  de 
phosphore  en  même  temps  qu'elles  entament  la  peau.  En 
les  mêlant  avec  de  la  poudre  de  charbon ,  il  s'en  ^ve  au 
feufle^groaiflodoiis  de  phbsphove;  dans  le  résidu  enoore 
humide  de  la  soude,  la  réduction  ««  fait  par  le  charbon 
q«i  s'y  trouve.  . 

C'est  M;  Harismao^ ,  motOL  préparateur,  qui  le  premier 
arèntkarquélatphosphoccsccnce  des  pierrettes  de  la  soude* 
:  M.  Mftiheff y  hôrlegeif  trè»-babile  à  De^utel*,  dit  se  trou- 
ver très^bien  du  procédé  suivant  pour  1  attéAuaUon  4,e 
l'huile  qui  doit  servir  aux, ouvrages  d'horlogerie.  Il  mêle 
la  parties-  d'huilé  fiuae  d'olive:  ay^  une  partie  .de  çjiaux 
vive  pulvérisée  et  échauffée -modérément  sous  une  coh- 
linuelle  agitation.  On  laisse  déposer  la  chaux,  on,dé^ 
caQte,  on  mè\û  le  liquide  avec  un  quart  de-  partie  de 
soude  liquide»  oa  agite  et  on  échauffe  pendant  la  heures. 
Ou  décaixle  .uise  .seconde  fois,  on  syoute  un  qu^t  de  partie 
de  la  même  soude,  on  agite  et  on  chauffe  comme  ci-dessus* 
On  passe  alors  par  une  gaze  et  on  secoue  a  plusieurs  re- 
prises et  avec  de  l'eau  froide,  jusqu'à  ce  qu|  l'eau  n« 


43o  JOURKXL 

blaocUste  plus.'  Enfio ,  on  tépare  Ikiiile  d'ub  rescant 
d'eau  en  la  faisant  monter  par  une  mèche  de  coton  ,  -déjà 
imbibée dhviie.  L.  A.  P. 


i«%*%i 


BIBLIOGRAPHIE. 

BoTAvûGRATHiB  ÉLÉMEifTAiiiE ,  OU  pnncîpcs  dc  botanique , 
d'anatomié  et  physiologie  végétales,  s"aî vie  d'une  expo- 
sition méthodique  dès  familles  naturelles  aujourd'hui 
cohnues;  par  M.  Thêmistoclb  Lestiboudois  ,  docteur 
médecin,  professeur  de  botanique  à  Lille,  membre 
correspondant  de  l'Académie  royale  de  médecine,  etc. 
A  Paris,  chez  Roret,  libraire;  rue  Hantefcuille,  n*.  la, 
età'Lille,  chez  Vaùakêré  pèt-e  et  fils. 


j  * 


UeÛTTigo  est. précédé  dTun  disQoors' prélimimiire  oà 
Vautour  établit'  une  cJa6Bificatioi|  nouinetle  des  scî^nceis 
bttséesnr  les  diflféreas  |>oîats-  de  vue  so^is  lesquels  dUs 
considèrent  les  parties  qui  composent  ce  vaste  ^  tinivêr^. 

Apré^ee  ^i^oouFsqtqse  fait  lire ^veointâ-èt,  l'auteur 
détermine  Tobjet  de  la  botanvcpnev  «t  eiitr«  ^n  buit^ère^SoB 
livre  est  divisé,  1^  en  organô^rsiphiev***^*  attatomie  et 
physiologie  ;  3^.  ew  phytogtuiphie  ^  4*4  en  taxonomie. 

L'organographie  renferme  tme  description  rigonreose 
des  of ganés ,  ainsi  qn'tfn^  j'a^e  définition  des^  termes  qui 
sèrveiit  à  les  désigrier.  Chaque  fois  que  le  «ojetest  obscur 
Fauteur  cherche  â  t'éclaircir ,  et  nous  semble  y  parvenir! 

Après  avoir  étudié  les  caractères  extérieurs  des  plantes 
et  de  l'eurls  organes,  M.  Lestiboudois  discute  les  diverses 
théories  qui  ont  été  proposées  sur  l'analomîe  et  la  j^sio* 
logie  végétales  ;  et,  peii  satisfait  de  celles  qui  régissent  en- 
core cette  partie  de  la  science ,  il  appuie  d'expérience^  qui 
Itii  soilt  n^opres  une  théorie  nouvelle.  Nous  renvoyais  à 


Dfi     ^HARMACI  t.  4^1 

l\Mi¥rage  où  le»  raisoniieteeiis  s*enchahient  et  se  préssfm^t 
si 'bien,  qu'appujë#  d'une  dialectique  serrée  ils  se  reftrsent 
à  tine  analyse  qui  les  aflaiblirsfit. 

A  rexmnple  de  BuUiard  et  de  plusieurs  autres  célèbres 
lM«utii«tes ,  M*  Thénitstocle  Lestîjboudois  a  rassemblé  dans 
des  tableaux  méthodiques  tous  lés  mots  tet^hnïques  usités 
en  botanique. 

£nQn  Fauteur  termine  son  livre  par  Texposé  des  divers 
sjstemef  et  méiho^^les  plus  |;.é|iéralexnent  suivis ,  il  fait 

QoimaUref  celle,  de.  liUBafa/?o^riY>^^€^<9<^  de  feuP.J. 
Lieatiboffdois  son  ,p^re  \  ouyr;»ge,d<mt.il  prépare  une  nou- 
vdUe  édition..  Ou 4Ûme  à  :roic  ds^nsles  sciences,  natUv'^lies 
se  reproduire  ainsi  des  noms  devenus  célèbres ,  et  la  gloire 
être  ainsi  une  sorte  d^héritage  que  le  père  lègue  à  son  fils  ; 
à. âucone  époque  deilotfe  bisunoe  cette  sort0<  d'hé#édité 
a*a  iété  plus  maffqnéje.  Bernard  ^  Jnssîeiii  a  eu  piour  su^ 
eesseur  son ineveit  Laurent  àp  Jnssoea^  (pie  éon  fila  vient 
de  refliplacer;  Linnë  »£li  eontihua  tea^  ouvrage»  de  son 
père;  Richard  et  Beongniart  no«s  «int  iaiasés'dea  éescen-, 
dbns  qui  mairelient  6ur  leurs /traces^^  et  M.  Decsndotte  a 
rQspoiT'ie  mietnc  foifdé  de  voir  ûm  jojir  son  fils  paitageé 
son  lèle  pomr  la  J>otaniq«ie,'qfiH> lui î doit  Télétatioa  à  k-^ 
qneik  elle  est  pla^e  parmi  les  coonâisMneieea  humaiMé* 

Nous  féliciterons  M.  Thémistocle  LestibicmdoÎB  de  sa 
prédilection  j>our  la  méthode  nfiturelle  dont  il  sent  toute 
Pimporlance.  il  établit  qu*elle  est  la  botanique  toute  en- 
tière: «  Ç^est  seulement  par  la  comparaison  générale  des 
caractères*,  dîtyjet  aihèur,  qu*on  peut  découvrir  les  lois  de 
la  siruoture  des  végétaux ,  déduire  ,des  priéc^ies  JGcmda* 
sneiHlaux^  éelaîree  Icrs  structures  difficiles  a.reconnaltre,  et 
rattacher  à  des  modèles  réguliers  les  conformations  qui 
semblent  s'éloigner  de  tout  ce  que  nous  connaissons,  etc.  )> 
M.  Thémistocle  Lestiboudoia  est-  dans  la  bonne  route. 
On  voit  avec  intérêt  à  la  fin  de  Touvrage  une  coordina- 
tion des  familles  naturelles,  avec  les  caractères  botani« 


43!1  JOURNAL    DE     PHAEMAGIE. 

qaes  sur  lesquek  elles  sont  fondées.  Ces  familles  sont 
au  nombre  de  i8i,  et  leur  réunion  complète  est  une  non* 
yeaulé  qui  était  attendue  avec  impatience,  et  elle  ijoute 
du  prix  à  ce  livre  qui  ne  peut  manquer  d^ètre  bien  ac- 
cueilli par  les  personnes  qui  veulent  étudier  à  fond  la  pins 
attrayante  des  sciences. 

Â.  Fis. 

Gode  des  Pharmaciens  j  ou  Recueil  général  des  ëdîts 
royaux,  etc. ^  avec  des  notes,  etc.  j^ar  M.  A.  Lâttbr- 
RADE,  avocat  à  la  cour  royale  de  Paris,  i  vol.  in-ia; 
prix,  3  fr.  Chez  Moreau,  imprimeur-éditeur,  rue 
Montmartre,  n^.  89  ;  et  chez  Fauteur,  rue  du  Caire , 
n\6* 

Cet  ouvrage  est,  comme  le  dit  Tauteur  lui-même,  inr 
dispensable  aux  pharmaciens  et  aux  juriseonsultes  ;  mais 
li^àurait-til  pas  été  aussi-  indispensable  d'y  réunir  toutes  les 
dispositions  concernant  la  pharmacie ,  liotamment  Vor-* 
donnance  du  roi  sur  la  nécessité  de  se  procurer  le  nou- 
veau coé/eo:?  Du  reste  ^  nous  pensons  que  le  recueil  de 
M*  Latterrade  sera  reeherché  de  toutes  les'persohnes  qui 
exercent  la  pharmacie  ^  comme  aussi  des  médecins  et  des 
chirurgiens ,  à  cause  des  rapports  nécessaires  entre  les  di* 
verses  brànchea  dd  Fart  de  guériï*..  .  J«-J*  V. 

Coup  Stçsîl  sur  Tétat  i^tuel  de  la  Médecine^  parP^  A.  Su- 
rin, docteur  en  médecine,  etc.,  dédié  ^ux  Grecs  et 
mis  en  vente  à  leur  profit  \  prix  ,  i  fr.  ^5.  c. 

'  Paris  ;  in-8^.  Chez  Firmin  Didot ,  rue  Jacob ,  n^.  ^4  ; 
Béchet  jeune ,  rue  de  FÉcole  de  Médecine;  Gabon  ,  même 
rue* 


ti  4  <  1 1.  ■] ■  Il  <   • 


BULLETIN 

DES  TRAVAUX  DE  LA  SOCIÉTÉ  DE  PHARMACIE 

DE  PARIS  ; 

Rédigé  par  M«  Hburt  ,  secrétaire  général  ^  et  par  une 

Commission  spéciale. 


EXTRAIT  DU  PROCÈS  VERBAL 

De  la  séance  du  i5  juillet* 

Le  secrétaire  général  commuDiqae  la  correspondance 
imprimée* 

M.  Dudon,  docteur  en  médecine,  réclame  la  priorité 
de  rinvention  d'un  instrument  proposé  par  ]VI.  Robinet 
pour  opérer  ta  dissolution  des  calculs  dans  la  vessie. 

M.  Yattecamps  adresse  une  note  sur  Textinction  du  mer- 
cure. 

M.  Derheims  envoie  une  note  et  un  dessin  sur  une  ra- 
cine de  Colombo  dont  la  forme  bizarre  représente  celle  de 
deux  fœtus  réunis. 

M.  Lésant  adresse  un  rapport  du  conseil  de  salubrité  dé 
Nantes. 

La  société  reçoit  également  les  journaux  nationaux  et 
étrangers  relatifs  à  la  pharmacie  et  aux  sciences  acces- 
soires. 

M.  Godefroy  fait  hommage  du  Précis  élémentaire  de 
pbarmacie  quMl  vient  de  publier.  M.  le  présidçnt^  au  nom 
de  la  société ,  adresse  des  remercimens  à  Tauteur. 

M.  Strating  envoie  à  la  Société  un  discours  inaugural 
en  latin  sur  les  progrès  de  la  chimie  moderne. 


434  BULLETIN    PES    TRAVAUX 

■ 

M.  Boudet  oncle  ,   commissaire   près  Tacadémie 
sciences,  rend  le  compte  suivant.  ^ 

MM.  Meyricux  et  Amussat  prétendent  avoir  donné  & 
llnstrument  lithontriptique  le  perfectionnement  donc 
M.  Civiale  se  dit  Fauteur. 

M.'Magendie  présente,  au  nom  de  M.  Amussat,  ane 
sonde  qui,  introduite  dans  la  vessie  ,  produit,  lorsqu'elle 
touche  un  calcul ,  un  bruit  que  Toreille  saisit  facilemeat. 

Le  ministre  de  Tintérieur  adresse  à  TAcadémie  des  fra^* 
mens  d'un  aérolithe  tombé  aux  environs  de  Castres. 

M.  Navier  a  examiné  le  moulin  à  air  destiné  par  M.  Beaa- 
four,  h  écraser  les  cannes  â  sucre  ^  il  ne  j,uge  pas  qu^on 
doive  Tapprouver. 

M.  Humboldt  annonce  que  M.  Boussingault  a  découvert 
à  Antioquia,  dans  la  Colombie,  une  véritable  mine  de 
platine.    . 

II  ajoute  qu'on  a  également  trouvé  le  platine  dans  noe 
mine  des  monts  Ourals,  en  Russie ,  et  en  si  grande  quan- 
tité que  le  prix  de  ce  métal  est,  dans  ce  pays,  diminué 
d'un  tiers  depuis  un  an. 

M.  Thenard  rend  un  compte  favorable  de  l'ouvrage  de 
M.  de  Longchamp  sur  l'analyse  des,  eaux  minérales  de 
France. 

M.  de  Longchamp  y  relève  plusieurs  erreurs  accréditées, 
celle  entre  autres,  que  les  eaux  thermales  se  refroidissent 
plus  lentement  que  l'eau  simple  chauûee  au  même  degré 
de  température. 

L'Académie  reçoit  un  mémoire  dans  lequel  se  trouve 
décrit  le  moyen  de  communiquer  promptement ,  et  à  des 
<listances  éloignées ,  la  nuit  comme  le  jour,  sans  avoir  à 
éprouver  les  inconvéniens  inhérens  aux  télégraphes  ac- 
tuellement employés. 

La  Société  reprend  la  suite  de  ses  travaux. 

M.  Godefroy  fait  un  rapport  verbal  sur  le  recueil  de  la 
Société  royale  de  médecine  de  Marseille. 


•  i 

DE   hk   SOCIÉTÉ    DE    9HAAMÀGIE.  4'^5 

M.  Henry  fils  rend  un  cçmpte  favçrable  du  mémoire  de 
M.  Bemadet.  Ce  rapport  est  renvoyé  à  la  commission  de 
rédaction. 

A  cette  occasion,  M.  Pelletier  fait  remarqueiC  que  M.  Ber- 
nadet  emploie ,  dans  son  procédé ,  des  quantités  d*acide  et 
d^alcohol  trop  considérables  pour  dissoudre  la  quinze  et 
la  convertir  en  sulfate. 

M.  Robiquet  répond  qu^on  peut  convertir  la  quinine  en 
sulfate,  dans  un  alambic,  de  manière  à  retirer  la  plus 
grande  partie  de  Falcohol  employé  k  la  dissoudre.  Il  pense 
aussi  qu'il  convient  d'iyoutër  un  assez  ^rand  excès  d'acide, 
a6n  d'opérer  la  décomposition  complète  d'une  eertaine 
quantité  de  muriate  de  quinine  qui  se  forme  et  pourrait 
être  pris  pour  de  la  madère  grasse  dont  il  affecte  l'appa- 
rence. 

M»  Bonastre  lit  un  mémoire  sur  l'analyse  du  baume 
de  sucrier  de  montagne  :  ce  travail  est  renvoyé  à  la  com<- 
mision  de  rédaction. 

On  donne  lecture  de  la  note  de  M.  Derbeims  sur  les 
cantharides  ,  note  qui  avait  été  déposée  dans  la  séance  pré- 
cédente. Son  impression  est  ordonnée. 

A  cette  occasion  ,  M.  Robiquet  pense  qu'il  couvicndrait 
d'examiner  de  nouveau  la  question  agitée,  puisqu'il  se 
présente  des  défenseurs  de  l'une  et  de  l'autre  opinion. 
Sur  la  proposition  d'un  membre ,  la  Société  arrùte  que 
la  commission  de  rédaction  joutera  à  la  note  de  M.  Der- 
heims  un  résumé  des  diverses  opinions  émises  sur  l'emploi 
des  cantharides  vermoulues. 

MM.  Bonis,  pbariùacien  à  Perpignan,  et  Denis,  doc- 
teur en  médecine ,  a  Commercy,  sont  nommés  membres 
correspondans. 


436 


BULLETIN    DES  TBAVA.trX 


EXAMEI^  DES  ROSES  OFFICINALES, 

Par  â.  Che&eàu. 

£t  rosa  ,  supposho  quœ  si  calet  igne^  caduti 
Solamenjioris ,  aquam  stittabit  odorant, 

■  * 

VAimiàftB ,  Prœdium  ruêtic, ,  lib.  VI,  p.  16S. 

La  ro/ie ,  cette  fleur  si  célèbre ,  n*a  point  perdu  le  rang 
qu^elle  occupait  ;  cVst  totgours  la  reine  des  fleurs ,  comme 
l'appela  René  dans  son  Essai  sur  les  merveilles  de  la  na- 
ture et  elle  garde  enqore  à  quelques  exceptions  près  (i) ,  des 
épines  pour  se  défendre ,  nous  dit  le  poëtc.  I^a  mythologie 
des  anciens  est  pleine  des  idées  fraîches  et  riantes  q]i'a  fait 
naître  la  rose.  Tout  ce  qui  revêt  un  léger  inoamat  lui  est 
comparé.  Les  nymphes ,  les  grâces  sont  parées  de  ses  guitr 
landes ,  la  statue  de  Vénus  en  est  décorée.  Les  Romaiàs  ^ 
qui  faisaient  im  jgrand  commerce  de  roses  et  qui  avaient 
trouvé  le  secret  d'en  avoir  au  milieu  de  Fhiver ,  jonchaieqt 
de  ces  fleurs  la  sallç  de  leurs  banquets  (2)  ;  ils  en  lardaient 
]çs  coupes  et  en  couronnaient  leurs  convives. 

M€  jutfat  et  multo  mentem  uii^oire  Ljrœo 
Et  caput  tmmd  semper  hahere  rotd» 

Paopucb. 

Les  roses  figuraient  aussi  dans  les  cérémonies  funérai* 
res.  Marc  Antoine  voulut  qu'elles  ornassent  son  tombeau. 
Chez  les  Grecs ,  c'est  avec  un  parfum  d'ambroisie  et  de 
rose  (3)  qu'Hector  fut  embaumé.  Ces  pratiques  ne  sont 

(i)  Rosainetmis. 

{2)  À  Rouen ,  au  quatorzième  liécle ,  ou  faisait  une  e'norme  consom- 
mation de  roses  pour  les  bouquets  et  les  chapeaux.  A  tMe ,  dans  les  fê- 
tes ,  on  s'en  couronnait ,  on  en  jonchait  la  nappe  et  le  plancher. 

Tristan  le  voyageur,  tom.  3  9  p*  20. 

(3)  Iliade ,  irud.  pat  Bitaube,  p.  383. 


DE   JLA    SOdÉxi  l>E>raiAllJLCTE.        ^^ 

'fà9éomÈfàMk  éteinte».  On  «culffte  «tieore  nujotif^âlillir  tine 
f^Meifur  la  tomke  ^es  jeimesIiïaMhi^  f  en  Pologne  oti'  ^n 
«0971*0  le  cércoeil  det  eiifans  ^  «t  h»tisquH]  {^sse,  on  jetHe 
dessas ,  par  les  fenètm ,  tme  igraiïde  quântifé  de  tùnéê. 
Nous  .en  avons  fait  en  France  le  prix  de  la  vertu  ;  nous  la 
décernons  à  la  rosière  et  dans  les  j^ux  floraux.  Sur  la  terre 
sacrée  desPëlopîdes,  on  offre  encore  de  nos  jours  une  rose 
«|NMioiit«i9  «Il  isigw  dWiitié'. 

C'<^ftt  févu 4>nikellir  a»»  jardins ,  4e  r/jotiir  ta  vii^ ,  de 

drlfcter  Todorat  4  la  r&êe  ^  0l^<A  de  lainihare  êe  tous  le^ 

teslps^  sert  enbore  dass  les  artSi  On  eki  tire  de«  parfums 

«0inflie4Ul  CieBBps  d'Honère*  L«f)iat*ii^atYei!i  y  trouve  V}e^ 

■^Pipoaitiens  «dtimfeit ,  une  tati  strave ,  de  l^'kafle  volatile 

jL'mi  gvànd  prix*  lîtOiisque  tetisleft  'v^g^am  se  voient  con- 

icfter  levfffl  ]>Tqpirictés  «ié«Keal«s  et  relégués  sous  te  r^p7 

fort  coninra  ides  pinnues  in^rtês^^  «que  la  nature  n^auraît 

jcrdés  que  pour  fiiix^  nombre  ^  la  rose 'leur  Mtrrit;  elle  tk'é^ 

-pas  Jnoinè  «tîle  que  belle. 

Que  de  savant  ouvrages  («)  cMmsiiicn5sà  T^tude  du  seul 
rosier I  Cecnbien  d'amaiewrs  smac  oiÊCtipés  à  cultiver,  & 
.décrire  et  «'fieindrt  les  roses!  Hevte  ardeur  ne  s'est  poîrrt; 
,val6ntj««  Noua  les  avons  tues^  reproduire  sous  le  pi  nceati 
de  Redouté  (a) ,  «t.M.  Tbory,  rédacteur  du  tèsfte/dsifils 
un  è^le  i^légiant  €t  iWdle ,  ^  au  nous  rappeler  à  tous  tes 
ciMi'infes  de  ieur  étn  de^ 


,^^mmfi0mm  m t  *  I * m  t     n    i«it«i  1 1^>>  «  i     n    li*— ^^^i^—— ^i^inii  t  ii  >  »    ^ 


(1;  OuiJIfmineau^  '£*4^ êurJes Mom^s,  -r-  lUsni^mrivw  Base^i  dn*pré- 
sidcDt  <l''OrbessaQ I  1752.-^  L'yUmanaoh  àes  Bases ^  dédié  auxdames. 
par  Guerrai^in,  1811,  1  toI.  in-ia.  —  Dissertatio  de  Ro»d ,  Uerroiinn, 
t^5î>.  —  Moten  êie  Boiscn ,  f^amçai8  tn  regard ,  par  De  l&hitte ,  if  1^.  — 
MUioé^tlela  Mot0  ^pwUetcheuA^^  Toalouae,  i^-^f-ianfamocCteiFf), 
Coifection  qf  Aoses  engrm^ed^  etc.,  London,  1796»  «709"^  RoesUg, 
C£konomùch  botaniche  beschreiburig  der  Boien ,  Leips. ,  1799.  —  Wilfi- 
rfiitts  (ioh),  Bhodographiû  f  oder  beschrtibung  der  Bosen  ,  (Bretdeii) 

(a)  Redouté  (  Pierre -Joseph  ) ,  Les  Boses,  Avec  le  te^cte,  jfwir  Claude 
Antoine  Tborj,  Paris,  181 7 4  le  plut  bel  outrage  «{ae  nous  possédions 
stfr  les  roses. 

XII*,  Année.  —  Août  i8îi6.  3i 


438  BULI.ETIN    V^S  TRAVAUX 

.  Il  n^entre  pas  sans  doute  dans  mon  plan  d^esquissear  les 
perfections  de  cette  aimable  fleur,  et  ce  début  aarait 
peut-être  besoin  d'être  excuse  ,  lorsqu'il  s^agit  d*un  sig^ 
grave  et  qui  n'a  pas  besoin  d'omemens  ; 

Mais  qui  peut  refuser  un  hommage  à  la  rose  ? 

Delilli  y  Jardins ,  ch.  II. 

Mon  but  n'est  que  d'examiner  les  roses  dont  nous  nous 
servons.  Leur  nombre  est  restreint ,  et  leur  histoire  est 
courte  dans  les  traités  de  matière  médicale  que  nous  pos- 
sédons *,  il  reste  aussi  quelques  points  à  éclaircir  qui  tien- 
nent aux  caractères  des  roses  officinales ,  et  à  établir  le  plus 
exactement  possible  quelles  sont  aujourd'hui  nos  connais- 
sances sur  ce  sujet.  C'est  la  tache  que  je  me  suis  imposée. 

Le  rosier  est  un  des  végétaux  les  plus  répandus  dans 
l'hémisphère  septentrional^  taildis  qu'on  ne  l'a  point  en- 
core trouvé  dans  l'hémisphère  opposé.  On  a  divisé  pendant 
long-temps  les  rosiers,  que  Linné  a  rangés  dans  Tico- 
sandrie ,  ou  plantes  qui  ont  plus  de  vingt  étamines( quoi- 
qu'il ne  faille  pas  toujours  prendre  ce  nombre  pour  carac- 
tère certain),  en  trois  sections  tirées  de  la  forme  du  calice, 
qu'il  appela /ru/<.  Voyez  Illustrât,  de  Lamark,/i/.  44^9 
pour  les  caractères  génériques  de  l'arbuste. 
Première  section.  Rosiers  à  fruits  ronds  on  globuleux. 
Deuxième  section.  Rosiers  à  fruits  presque  globuleux. 
Troisième  section.  Rosiers  à  fruits  ovales. 

Cette  division  n'est  pas  sans  inconvénient;  après  Vinflo- 
rescence ,  les  calices  oblongs  tendent  â  devenir  plus  on 
moins  globuleux ,  quand  les  ovaires  se  développent.  On 
voit  sur  le  même  pied  des  calices  globuleux  et  des  calices 
ovales.  Dans  les  mêmes  espèces ,  les  unes  ont  le  calice 
ovale,  d'autres  l'ont  globuleux.  Ce  mode  de  diviser  les 
roses  est  donc  aujourd'hui  moins  suivi.  Il  en  est  de  même 
de  là  présence  ou  de  l'absence  des  aiguillons ,  qui  ser- 
vaient de  caractères  aux  espèces.  M.  Desvaux  a  reconnu 


DE    LA   SOCIÉTÉ    DE    PHABMAGIE.  4^ 

tjœ  les  caractères  des  rosiers  fondés  sur  les  '  styles^  le$ 
divisions  du  calice  et  les  dentelures  des  feuilles  étaient  les 
plus  constans  et  les  moins  sujets  k  varier.  Il  a  vu  aussi* ouq 
plusieurs  espèces  avaient  les  styles  réunis  en  colonnes  sail- 
lantes ai^-dessus  des  calices  *,  ce  qui  pouvait  servir  à  for- 
mer une  première  section.  Il  indique  ensuite  pour  une  se- 
conde, les  roses  dont  les  styles  isolés  les  uns  des  autres  ne 
se  prolongent  pas  en  colonne.  Les  divisions  du  calice  dans  les 
rosiers  sont  constamment  entières  ou  pinnatifides  ;  les  den- 
telures des  feuilles  sont  entières ,  oui)ien  les  feuilles  sont 
bordées  de  dentelures  plus  petites  ou  inégales.  C'est  sur  les 
considénitions  de  ces  caractères ,  pris  ensemble  ou  choisis 
séparément ,  que  reposerait  une  nouvelle  méthode  de  di- 
viser les  roses. 

M.  Thory  (i),  en  suivant  la  méthode  naturelle,  divise 
les  roses  en  cinq  divisions  ou  réunions  principales ,  et  eil 
vingt-cinq  groupes.  Il  a  placé  ainsi  chaque  être  au  milieu 
^  ceux  auxquels  il  ressemble  le  plus  par  ses  formes  exté- 
rieureft ,  et  il  a  réuni  en  groupes  les  individus  empreints 
du  même  type.  Rien  de  plus  utile  qu'une  bonne  méthode 
^^arrangement  pour  celui  qui  .cultive ,  pour  Tamateut* 
dont  elle  facilite  les  recherches  dans  les  pépinières,  pour 
le  botaniste ,  pour  celui  qui  veut  former  des  collections. 

PaiMikiB  DIVISI09  ou  aÉDHiOH ,  d  après  les  différens 
états  des  tiges. 

Dbuxieme  Division ,  d  sprès  les  diverses  modifications 
des  folioles. 

TboisiJsme  bivisioh  ,  d  après  les  modifications  des  tubes. 

QcÂTuÈMB  division  ,  d'sprès  la  considération  des  éta- 
mines. 

CinQuiàMB  DIVISION ,  d'après  les  modifications  des  styles* 


(î)  Prodrome  de  la  monographie  du  Rosier,  par  C.-A.  Thorj  (iSao), 
Paris. 

3i. 


/ 


4^0  BULLETIN    DES   TBAVAUX 

'  Leâ  r^èes  ^citrales  coihprises  dam  la  nonfdle  |>liar^ 
nifiéopée  française  (i)  sont  lés  sniYanfea  i 

JitfSA  cemifoiia^  L*  Refeîer  à  cent  fiéinlles.  (Mimtat, 
tdm.  S  ,  p.  iSy.  ) 

Roia  galUcà  ^  L.  Rosier  4e  Provins,  roae  rob^i  (MB^ 
ray^t^rti.  3,  p.  i66.> 

Jiosà  ftioschnfà  ,  Ait.  Wiich'il.  Rbse  iDuacatei 

Rùm  patticki.  Rosier  I  fleArs  paies ,  rose  piJe.  Rosa  m- 
ifrû  pùllidion 

Rùsa  caninn^  Rosier  canin  ^  rosier  sauvage.  Rpsa  ^Im* 
f»Hte  i  L,  (Murray,  lo«i*  3,  p.  172^  ) 

Hosa  àlba\  Rosier  blanc,  mse  blanche*  (Murray,  ton* 

Celle-ci  a  deux  variétés  : 
'     At  R6$û  \àlba  i^^iiffâih'i  major. 
Bi  Rosùfiote  plewo  nîbo. 
i^^à  temifbUÊ,  (%) ,  L.  Syst.  \^eg,  ^  pv  39}  ,  it,  dini^ , 

^ihiims  di>M(9  peduHtulis^ue  Mspidis;  oaulé  hispids^x^ 
'JMh>  ;  p^HoHs  glandJlosis  ^  ybAfe  4>pM/>  ,  ierratis ,  istap  frf** 
to«V.  Th^fy ,  l/i  Hedut.^  roi.  t  ^  p.  177.  Rosier  à  mkéfc 
èft  pédoncules  hérissés  de  poils  comts  et  glaBdulenx.  La 
réëe  è  eem  Rûilhes ,  où  plutôt  k  cent  piét«|]es.  Cesl cette 
Irosè  ^m  tes  poëte^  eut  i«it  célébrée,  que  chanurfliitia- 
créon  (3),  et  qui  formait  sans  doute  aussi  la  cotirotifle  dlfo^ 
tfite ,  recéVàtoi  Mécène ,  ou  satt^uranl  le  Frielrlie  s<ras  des 
berceaux  de  vignes. 


'I      I    -1  t  .    ■  f  I  •  ■  f  1   ■ 


(i)  l^àhëièb  Oofd^  b'in^qtreit  <)u«  la  foM  éh)<Prt>Via8 ,  la  rose  plk,  !• 
rose  muscate  et  le  cynorrhodon. 

(1)  M.  Dtscbaleris  çuHive  à  Beaupreau,  pris  d''A1ençon,  une  Jtnàé 
de  la  rose  à  cent  feuille»,  qui  fleurit  Tbiver  sous  la  neige.  A  Paris, ^'^ 
n^a  pas  présenta  le  même  plie'nomène;  mais  M.  Descbaleris  atlribaecels 
à  la  Jifierence  de  la  terre  ,  qui  est  plus  Torle  en  NormanJîe.  Quoi  qollf*^ 
soit,  on  trouve  celle  varie'të  dënonvmëe  dans  le  Prodrome,  page  76,  sous 
le  nom  de  îîosa  ceniifolià  perpétua.,  vulg.,  la  Rose  Descbaleris. 

(3)  Hërodotc  parle  de  la  rose  double. 


Çanos  odorali  capUlos , 
Dum  licet^,\.., 

Boft.,  oà.  Vîlï.lib.ll. 

(Test  elle  qu'on  voit  sVpanoiiîr  daps  les  preniîer^  jpi^r^ 
d^  juin  et  qui ,  pendant  une  grande  part}^  4Ç  X^S^}  .9f^S 
nos  Jardins  pf^*  sa  fletir,  dont  J^  teinte  du  plus  b^au  rosç 
contraste  avec  ^  le  vert  4^  son  feuillage;  ç^esl  elle  .enfin 
imoxL  adn^i^e  danf  les  çharipaps  tableaux  <}e  Vanhuysiim^ 
(16  Wapsp^epdonlc  et  de  Redouté  ,  reîn^4^s  roses  ^  si  là 
rose  çst  reine  des. fleurs.  Le  célèbre  bçUnîste  (TUp^al  dif 
qu«  sa  fleur  ^st  faîi^  comme  sm  tour*  On  avÉ|ît  pendau^ 
long-temps  ignoré  sou  origine.  Le  profes^eii^' Jl^u  (i)  a 
fait  connaître  qu'elle  est  indig^ip^  de  )a  Perse- septentrio- 
nale, OuTenpploie  en  pharn^^cie  aipsi  qup  toute»  sçs  va-» 
rie'tés;  mais  ox^  ^o\t  lui  en  pféférer  njie  du  rqsa  Inféra. 
1^^  rose  i  cei^t  feuilles  fourni^  n^9Pp;oin^  h  la  di.§rMUtioi| 
pne  eau  distillée  très-odoranfe  ,  mais  peu  d'huilç  voI^tjl(^ 
comme  toutes  nos  roses  (ajr^^'odeur  4ç  cette  rosf; ,  et  4ef 
roses  e^  général  j,  esX  assez  dpucc^  et  les  p^riîps  balsami- 
ques qui  s*eu  exhalent  semblent  apiiea  des  porfs  ,  eq  sortç 
que  ce  nVst  point  pour  1^  seul  agrément,  comme  le  re- 
manp^e  Rfurray,  que  Je*  femmes  çh  ipôlent  à  leurs  boUf 
^uets  et  les  pori^n^  ^  Içjir  corsage.  C^n  rangeai^  ^'ijfl^^'^P 
autrefois  les  roses  parmi  les  fleurs  cordiales ,  cl  pps  an- 
ciennes pbai^m^copées  ^  celles  de  Londres  j,  de  ^Vui  tem* 
berg  et  dç  Danemark  sont  pleines  de  préparations  pbarni^- 
ceutique^  qu'on  en  retirait.  J^h  rose  a  une  odeur  douces 
mais  persistjinte ,  et  qui  peut  fi^tigu£tr  quçlqu^fpiç  et^nuiwî 

"'  I        I  ■  ■  ,  I  ■     ,  ■ ■      ■        ^   ■  I  T        '        I       '  J  ' 

(i)  f.nurMraùorotarumcitca  IVii^ehuvuum,  etc.,  auct.  A.  Kau.  i8i/$, 
f(oTimheTgœ\  i  Toî.  in-8**. 

(a)  ils  <i<;i0^gr»s:itfr  .100 1|^  à^  flfekirsi;  MMé  étii  pea  dlitift.  A  prkste 
ft  à  P^ns,  p»  Qx^  r9<)«|]ir.de^  ;r€K|98.4iuM  l*g'***^  4«  pp*c,,  en  ftfi»4i)t 
bouillir  les  p^ftçles  ayec  cettq  graissç,  ^ans  de  grandes  chaudières  pleines 
dVaa  y  on  retire  eosuité  Thuile  votatije  ati  inoyen  de  Palcoliol.  Oo  enr- 
ploie  là  rose  à  centf^aîtfes  et  Irinféi'e  à  cef  usage. 


44^  BULLETIN    DES    TRAVAUX      , 

selon  lès  circonstances ,  lorsqu'il  y  a  d'ailleurs  un  grand 
nombre  de  ces  flears  en  expansion  ;  ce  qui  peut  s^expU*- 
qner  par  les  expëriences  de  Priesdey   et  dlngenhontz , 
qni  ont  constaté  qne  les  roses  répandaient  une  certaine 
quantité  d*air  méphitique  dans  Fatmosphère.  L*iode  en 
dissolution  exalte  singulièrement  Todeur  de  la  rose.  Je 
suspendis  une  rose  à  cent  feuillet  dans  un  flacon  qui  con- 
tenait quelques  grammes  d'alcoholé  d*iodé«  La  rose,  dont  le 
pédoncule  était  retenu  par  le  bouchon  de  cristal  k  Forifice 
du  Tàse  j  pendait  i  quelques  pouces  au-dessus  du  liquide. 
Je  la  laissai  séjourner  ainsi  pendant  huit  jours.  Ce  terop» 
étant  écoulé,  je  débouchai  le  vase.  Je  fus  frappé  de  IV 
deur  plus  forte  de  rose  que  la  fleur  exhalait  alors,  et 
comme  si  elle  eût  été  imbibée  d^.  son  huile  rolatile.  Tout 
lalcohol    s'était  vaporisé  ,  et  le   vase    resta  long-temps 
après  parfumé  de  Todeur  de  la  rose.  Je  ne  ^rapporte  ce 
fait  qu'en  passant,  pour  ainsi  dire,  i^.  parce  que  j'ai  obtenu 
un  résultat  semblable  avec  la  giroflée  jaune,  le  réséda,  le 
jasmin  ,  l'œillet  et  d'autres  fleurs  \  2^.  parce  que  cette  ex- 
périence, tonte  imparfiiite  qu'elle  puisse  encore,  paraître, 
appartient  plutôt  à  l'histoire  de  l'iode. 

Rosagallica^  Lin.  spec.  704 •  TabuL  S.Nouv.  Duhamel. 
Rosier  de  France ,  rose  de  Provins,  a*,  division  , 
groupe  xvl.  Rosœ  galUcœ  j  rose  rouge.  Rosa  germiniius 
globosis  ouatîsue  ;  pedunculis  hirsuto^glandulosis  ;foIus  ova- 
lis  oblongis ,  duris ,  argutè  et  iteritm  serratis^  subtUs  puhes-' 
centibus;  laciniis  calycihis  ùkernè  pùinatifîdiSj  rariits  in- 
tegerrimis;  acideis  ramorum  sparsis,  subreflexis.  Thory,  in 
ReduUj  vol.  I,  pag.  74*  Pf^dr.  Manograph.  86. 

Selon  le  nouveau  codex ,  la  rosa  gallica  serait  la  rose  <Ie 
Provins.  Je  pense  cependant  que  c'est  la  rçsa  prouinààb» 
La  première  est  le^osier  de  France ,  ou  rosier  commun 
rouge ,  et  la  seconde  est  celle  de  Provins ,  Wilden.,  sp.  3 , 
pag.  1070,  Bosc,  nouy .  cours,  vol.  11,  pag.  i5o. 

On  sait  que  cette  rose,  la  rosa  provinciaUs^  est  or^- 


DE   LA   80CIÉTÉ    DE    PEARMACIE.         44^ 

ire  de  Barbarie,  qo^elle  fut  apportée  da  temps  de^  croP^ 
sades  ;  qu'elle  est  garnie  <de  pcma  et  d'aiguillons  sur  sa 
tige  et  sur  ses  pélales.v  et  que  ces  derniers  développent 
leor  odeur  après  la  dessiocadoiv  La  rose  deProrins  se  cul"- 
tive  a  FenteBay'4inx<«'Rascs ,  près  Sceaux,  k  cause  de  la  na« 
tare  du  sol  et  dt  Texposition*  Les  ]dm«(iciens  savent  V^e 
M*.  Henrj  a  soumis  à  Fanalyse  la  rose  de  Provins  et  celltf 
de  Fontenaj,  et  que  ce. savant  professeur  a  retiré  de  Tune 
et  de  lantre  des  qaa»tftés  égales  déicide*  galKque  et 'de 
tanmn*  Bïoos  prépaiona  avec  la^  rose'  roùgé  un  milst  qui 
est  vm  hmk  astringent,  :A  tme  coaaeihre  par  le  moyen  de9 
pétales  récans.  et  .duaucre»  A  Lyon  ,  ce  procédé  épr<Mivé 
qudkpaes  modificatioiis  ,.  et  les  nédeôins  de  cette  vifle  en 
font  faire  un  assez,  gnmd  usage.  Cette  oonserve  est  i  Pkri^ 
trop  négligée.  La  rose'  de .  Provins  a  une  belle  coblettr 
pourpre  très-foncée.  Elle  est  .inodore  dans  son  état  de 
fraîcheur.  Son  infusion  précipite  en  noir  le  sulfate  de  fer. 
Ce  rosier  a  des  variétés  parmi  lesquelles  on  peut  distin* 
gner  la  p^sa  galUca  regc^is^(i)y  rosier  grandeur  royale, 
très-rectierché  k  cause  4u  prodigieux  volume  de  ses  fleurs; 
On  la  connaît  en  Angleterre  sous  le  nom  de  Provins  royal, 
ou  Provins  de  ta  t^ne ,  royal  or  queens  Provins,  Les  An*^ 
glais  en  ont  obtennune  sous-variété  figurée  dans  Andrews, 
quils  appellent  ihe  cabhage  Proi^incè ,  là  rose-ctiou  de 
bovins.  Son  odeur  agréable,  jointe  à  l'abondance  de 
ses  fleurs  ,  souvent  larges  de  plus  de  trois  pouces,  la  font 
cultiver.  Elle  fouhnit  aux  distillateurs  une  plus  grande 
quantité  d'huile  Volatile.  La  rose  de  l'rovins ,  suivant  uqe 
note  q^ue  je  dois  à  l'obligeance  de  M.  Thory,  a  donné  plus, 
de  5ôo  variétés  stsx  cultivateurs  de  îa  Hollande , ,  ainsi 
qu'on  peut  le  vérîfiêr  dans  lèqrs' catalogues  ,  et  cet  habile, 
naturaliste  se  demande  si  elles  onC  toutes  les  mêmes  pro- 
priétés que  leur  type  ?  M.  Redouté  en  cultive  une  variété 


444  i:/9M)lkir]2Il!ti  DESiTRAUFAVI     . 

lE^^elfc  «itti  tpAivii  iUeHÂcrtt  aelmJes  kuMéhote  ^ 

MΫ^îpi^.9  grfWfHs  kxJn-Syhs$iiie^  nise  masetd^.  on  de  Iki^ 

kpfsç^f^bi4^^  fifibUt,  gUiriistutU  v  camltf^  mwtOL  Tboi^ ,  m 
.>hL|^  i^if{?^i  )MPoâni|MbQhe.  kDM>.cql  mmhiretan  sal  dt 

i;9fA.«M^fti:ade.a}eft  fipiirt^UafecJM9  dis{iosé«s  cnlar^  p 
W^xfA^  au  «Qiniîictli  «deà  jrmaeittx^  Ooi  Ja  diésqpie  sob»  le 
im9^!(}^ |i:cm f}4>l«ne.  iié9pefltnieiy;ler préa«9tines  et  o^ 
^.^«TyWr (i).f r^UitBlmi  grahdtPi^iitàliiiift àBome. 


Msence  précieiiMi 


mains,  et  ?? ë^rdHnjrhm^Sfrn^^  sa.«^  raijc^ifj  <|^t^e.;)pie 
sout  df'nsralcotol  rectifié»  q^ui, né  ^aç.jiMjàsi  qQJorçrf» 


(i  J  Phoe  parle  aussi  dei  roses  de  U  Campinié  et  de  celles  de  Milet. 
La  rose  de  Preneate  pourrait  hien  erre  la  g^iî  fci/èm;  i:«Ue  de  CampMit 
U  row  tentifoUa ,  et  celle  de  Milet  la  rpfa  gfUiaaX  Kouv.  Duhamel  ;. 


ppçf^-^tç  fjpiulr«if)l  «fifaBent^^ctow  (e  degré  dé  températare* 
Qn  croâ  qui»  1m-  &•»»  cnii  «nskaleM  eetle  oûéHf  dt 
nu^  l^aM^ïllière  à  iBibsèvniMeafAê^)  sont  etttfrfô^e»  con-^ 
c«rr€4YimeiUi  ayjm  Les  rMiei  ld«*CaclyeMire,  rif  i-énommées^^ 
«fofH  VOrîant  ipnà  korkam^w  leur  pifr fum.  L^fkiiile  ^o-» 
llliW  YÎf  m^iiia  awlttea  dé4^«a«  fie  féMÎ  qu'on  èn-diktiDe  i 
i^.€M|.lii,8aaiÉasQ(i).à'raklêiid'«M  baigiielte^g^^       de  co4 
IMHi'.lfèft^fili'y.ttBilîs^qti'eile'iesti  dioore  chacnde^  et  Hn  ex-* 
pri«»«  «Mmka  fcé  dè«cai  d«ii0'«ii>  ■«•«e^^proprié  «t  i^mme 
^  eOAvkiHiVX^ttoiiea  Iai|plo«4t«ehè»ohée^èét*'^e)l«  Kâ'ehe^ 
mjri  vicfeit  jQBSBito 'eeUt  <ki  Sjnrie  et  des  i^ats  barbares^ 
qnes  qui  lui  est  inférieure.  A  SMtm(iâ)y  dàttô  iê  Forilhtàti; 
la  l4mtiai  etloiKenHui^'^'ett  eitUiMe  en  yftiatitfté  an  ro- 
sier à  ftrart  bliAckes  |Mmrpf|i^  Aaiiilèr  1er  iet^sV  Les  Peri- 
ftlii>i^f»;£iHll-aqo  grand»  «dnamiiÉMâoi] ,  >(èi  en  e¥iiK]tfettt 
Jbe2MKH>û|fe  4mu  ritsdMUn  «t^datiB  }a  T^vquîe.  Otitier 
soqpooi»i]|St  q«e  c'est  lé  nMfer  aav^qvé ,  /t>i<i  tnmchmia  ,  k 
iit^râ^qui  feairnii'  l'essçifcv>df 'rose  è  Timisi  Ses  A^rft 
surpassent  y  {^ar  In  dôqoeiir  dé' leur  pal^fum  ^  l?e)ui  qo'eX" 
feakJa^Aetiir  daromigeit,  «t  dits: «m bâv^B étf I  le^* vallées 
et  les ?olii vièiresrxie  TAfriqiie^stfptietttnoDak/ 
iil^kiU'jde.vosos  daFf0'o«Mn(â)')aWit'Srawsld*une  grande 
répuuiiooailaQFaûiocMnvjdanl  lavèisinagè  du  Jaô  Ketoè^v 


Ii9|nbxf^,  i^  ^»^'lq^^  PV  Wl/Jrt WW^fj**  4tWî^  Utt.^e  iF<¥M  Am^AniU»  lsu# 
fratckeur;  et  iMn  n&  quitte  jamai»  cof  litf  ToluptiiegXj.^^,a9  afaû:,^p 

<S)  lÀ  bilkr  pltttièVé»(|i#iPaiolr9n  ;  èàV^s  renoncer  il  Mr«  bcft^Si^oiisodi 
de  roie»,  0C  convre  naintenant  d^olÎTÎers  ,  et  la  vigne  y  donne  de|â  det 
prodaîlf'âKdnWns  (  Rét^ûê'encjrclop.y  janvier  i BaôT f^ 
-,  :l*f«^WfaDkit»é^fa*iSf;  DoKHi)  qni  érhUY^né  Xe  Pa«osw*j*d*àît"f>A^  (mrlt 
des  rotes  de  ce  pa>s  d^os  «mé^  ^oy^^g^  ^  PÉ^fpi^,  .     .     €lf. 


44^  BVLLETin    UeS  TRAVAUX 

partie  de  k  Hanie-Égyple  décriHe  par  Slmiîéii  ,  sous  le 
nom  de  Prœfectura  ^rsmoUcs  est  en  poeeesaion  depuis  long- 
temps de  ce  genre  d'industrie  et  de  fbnmir  d'eau  dte  roses 
tonte  rÉgjpti6(Cettnrier  deTÉgypte,  n^.  ii3^).  Dans  ce 
pays^  la  terre  destinée  à  la  cnknre  des  rosiers ,  est  préparée 
par  cinq  ou  sîl  labours  successifs;  ensui