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Full text of "Faune populaire de la France .."

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FAUNE POPULAIRE 



LA FRANCE 



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EUGÈNE ROLLAND 



FAME POPULAIRE 

■■ DE. 

LA FRANCE 

LES MAMMIFÈRES SAUVAGES 



(noms vulgaires, dictons, proverbes, 
contes et supbrstitions.) 



PARIS 

MAISONNEUVE & C», LIBRAIRES-ÉDITEURS, 

!&, QOAI TOLTAIRB, S5. 

1877. 

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Doili--cdtyGoO(^lc 



Le petit volume que je présente aujourd'hui au inonde 
savant forme la première partie d'une série d'études sur 
l'histoire naturelle dans ses rapports avec la linguis- 
tique et la m3'thologie, La suite de cet ouvrage (') compren- 
dra les oiseaux (1 volume), les reptiles, les poissom et 
les insectes (1 volume), les animaux domestiques (2 vo- 
lumes), et si le public veut bien m'encourager dans cette 
voie, je me propose de faire pour la flore française ce que 
j'aurai fait pour la faune. Un index complet de tous les 
noms d'histoire naturelle, cités dans cette série de tra^ 
vaux et devant aussi former un volume, facilitera des 
recherches de tout genre aux linguistes, aux mythologues, 
aux naturalistes, aux chasseurs, aux pêcheurs, etc. 

J'exprime ici le vœu qu'à l'étranger l'on fasse des 
recueils analogues pour les langues allemande, anglaise, 
italienne, etc. 

Si l'on voit cet espoir se réaliser, de grands services 
seront rendus à la science linguistique et surtout à ta 
science mythologique ; M. Benfey, dans son Pantscfta^ 
tantra, et M. Angelo de Guberaatis, dans sa Mythologie 
zoologique, ont déjà fait voir quel rapport intime existait 
entre la zoologie (populaire) et la mythologie. 

EuG. ROLLAND. 



O Pour cetts série de volumes (aujourd'hui en pré[>arfttion) je conaep- 
verai Adèlement le plan que j'ai adopté ponr celui-ci. Voici ce plan ; b 
ctiaque espèce animale est consacré un chapitre divisé en deui parties, 
doqt la première contient les noms vulgairea, les termes de chasse, les 
dictons, mie partie des proverbes et dont la seconde renferme les pro< 
verbes qui font allusion ft des 'contes, les contes, les préjugés et les 
superstitions. 



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b,Goo(^lc 



OUVRAGES CITÉS. 



Abadib. — Lon parterre gaaconn.... Tonlonie, 1850. 

Andbkws (Jamea Brnyn). — Essai de grammaire du dialecte men- 

tonaia avec quelques contes, chansoni et muBiqae 

du pays. Nice, IfTIS. 
AmsT. — Le Râglme dn cartaie... Paria, 1710. 
AsuàXS. — DeacriptioQ philosophale de la natora et condition des 

oiseanz. Paris, 1571. 
AsooLi. — Saggt ladini.... Firenze, 1873. 
AzAli. — Dictionnaire des idiomes languedodens. 
Azum. — Histoire géographique, politique et naturelle de la Sar- 

daigne, S vol. in-8. Paris, 1808. 
Bauhin . — TraictS des animaulz aiana aiales qui nuisent par leurs 

plquenres ou morsures. Montbâliart, I593j pet. in^S. 
Badtiau fl'abbé). — Le Mor?and, 3to1. in-8. 
Beaucekt-Filleau- — Essai sur le patois poitevin on petit glossaire 

de quelques-uns des mots usités dans le canton de 

Chef-Bontonne. Molle, 1863, in-8. 
Bblon (Pierre). — Histoire naturelle des poissons. Paris, 1S51, in4. 
Bi&ONiB (l'abbé Nicolas). — Dictionnaire du Patoia du Baa-Limonsin 

((kirrôze) ouvrage postlinme, édité par J.>A. Tialle. 

Tulle. 
BULE (E. AlbertJ. — Fanoa der Wirbelthiere SIebenb&rgeni. Ber- 

mannatadt, 1856. 
BLaTlOifAC. — Ii'Bmpro genevois. Oenève, 1875. 
BiHfHaTB (J.-H.) — Qlossaire neufchAfelois. NenfchAtel, 1867, in-S. 
Bosonr (Hlle Amélie). — La Normandie romanesque et merveil- 
leuse. Paris, 1815. 
BoBlLLKl fJ-B.). — Album auvergnat, Moulins, s. d. in-4. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



VIII OUVRAGES CITES. 

Bbachbt. — Dictionnaire étymologique. 

id. — Vocabulaire tourangeau (dans Eomania, 1673). 
Braver. — Statistique de PAiene, 8 vol.' in-4, 1824. 
Bridbl.— Glossaire du patois de laSuisse romande, âdité parFavrat. 
BuFFON. — Histoire natorelle. Deux-Ponts, 1785 et buît. 
BunuOD (Jérôme). — Citants et Chansons populaires des provinces 
de l'Ouest. Niort, 1866. 



R (R.). — Dictionnaire wallon-ftançais. Liège, 1787. 

Castor (J.J). — L'Interprât« proyençsl. Apt, 1S43, in-H. 
' CdRAC-MoKTAUT. — Dictionnaire gascoa-ftançais, dialecte du Qers. 
Paris, 1863. 

Charambao. — Qranunaire limousine fdana Reme des Langues ro- 
manes, ISTl-TS). 

Chahbers. — PopDlar RliTmes of Scotland. London, 1870. 

Chaufollioii-Fiobac. — Nouvelles recherches sur les p&tofs et en 
particulier sur ceux de l'Isère. Paria, 1809. 

Charletos. — Exercitationes de différentiis et nominibna anima- 
lium. Ozonisa, 1677. 

Chastbt. — Faune de llsère (dans Statistiqae générale de l'Isère, 
t. II), Grenoble, 1846. 

Cbesnbi. (A. de). — Usages, coatumes et superstitions des habitants 
de la montagne noire (dans France littéraire, dé- 
cembre 1839.) 

Cresnoi. — Essai sur l'Histoire natorelle de la Normandie. Bayenx, 
ia44. 

C H Rir m w (L.-J.). — Usages, préjugés, dictons, proverbes et anciens 
mots de l'arrondissementd'Argentan.AIenQon, 1835. 

CocHARD. — Proverbes lyonnais (dans Archives historiques et sta- 
tistiques du RbAne, S* année, p. 343-348/ 

Combes (Auacharsis). —Proverbes agricoles du Sud-Ouest de la 
France, in-fl. Toulouse, lfti4. 

COHPAMTO (L.) — Histoire naturelle des Pyrénées-Orientales, Perpi- 
gnan, 1S61-64, 3 vol. in-8. 
T (l'abbé). ^ Glossaire étymologique et comparatif du patois 
picard, Parla, 1851. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



OUVRAaSS CITÉS. 
CklRDIKR (P.-S.) - 

COBHAT (l'abbé^. — Dictionnaire de patoia de l'Yonne (dans Bulletin 

de la Société arcliâologique de Sens, tome V, I8M.) 
CoRHiDE. — Enssyo de nna bistoria de loa pwes y otras produccio- 

nes marinas de la costa de Oalicia, 17S8. 
Cornu (J.) — Chants el Contes populaires de la Qniyère (dans Ro- 

mania, ISTC.) 
Costa- — Fanna del regno di Napoli. Napoli, 1851, iu-4. 
COTGBATB. — A frencb and english dictionary, London, 1660. 
CoussBiUKEH (S. de). — Chants populaires des Flamands de France. 

LiUe, 1856. 
CoDziNiâ {J.-B.) — Dictionnaire de la langue romane' castraise et 

des contrées limitrophes. Castres, 1850, in-8. 
CREgPcm (3.) — Faune méridionale. Nîmes. Montpellier, 1844, S *ol. 

in-8. 
CuviBR (F.) — Les Cétacés, suite à Buflbn. 
Darloc. — Histoire naturelle de la Provence. Avignon, I78S. 
DastoiS. — Importancede l'étude des patois en général (dans Acadé- 
mie des Sciences, Belles- Lettres et Arts de Be* 

sanfon, 18G0.) 
DEBtnM DU Birc ^ Nouveau Glossaire lillois pour faire suite aux 

chansons en patois de Lille. Lille, 1S67. 
Dbbt (J.) — Histoire naturelle de Belgique. Mammifères. Brusel- 

les, 1848. 

Degordb (l'abbé^. — Dictionnaire du patois du pajrs de Bray. 
Paris, 1852. 

DBRlBtBK DB Chbissac. — Vocabulaire du patois du Velay et de la 
Hante-Auvergne. (Extrait des Mémoires de l'Acadé- 
mie de Glermont.) 

Descbizionb di Oenova e del Oenovesato, in-8. Qeaova, IS46. 

Dmz (t*.) — Etymologiscbes w'orterbucb. Bonn, 1860. 

Dubois. — Anoaaire statistique de l'Ctfne, 1809. 

Dubois et Tratshs. — Dictiouiaire du patois normand, Caeo, iib8. 

DuitéRlL. —Dictionnaire du patois normand. Caen, 1849. 



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X OUTRAGES CITES. 

DnuNOBFii.ti (Ida TOn) und Otto voa RBlRSBKnO-DuHUfesPKLD. — 

Sprichwort«r der germanfachea niid romaniochen 

Spracben; Lelpaig, ISJ5, S voL 
DCVAL CJolea). — Proverbes patoia en dialecte du Roaergne. Ro- 
dez, 1S45, in-8. 
BiuKmMKiil. •• An etymological gloaaary of the Shetland and Orkney 

dialect (dans Tranaactions of the pbilological ao- 

ciety, 1886.) 
Patio (Victor). — Faune des Tertdbréa de la Sniaaet I' vol. lea 

HammifËreB, BAle. 
FATHAt (L.) — OloBBaire du patois de la Sniaie romande par Bridel. 

publié par L. Favrat, BfOe, 1866. 
FAVitB (L.) — Oloaaaire du Polton, do la Saintonge et de PAunia, 

Niort, 1868. 
PlXubt di Buungbh. — Etjrmologie des proverbes françala; La 

Haye, laH. 
Four (H.) — Dictionnaire liégeois français, Liège, 1868. 
FoucAVD (J.) «Poéslea en patois limousin; édition augmmtâe <Fone 

dtndc iur le patois du Hant-Limonsin, etc., par 

B. Rubeo, Limoges, 1866. 
Oaht. — Dictionnaire patois français à l'usage dn Tarn, Castres, 

1845. 
Qaipabd. ••Notice historique sur la commune de Montrfit (arron- 
dissement de Louliaus) dans Mémoires de la Société 

d'histoire et d'archéologie de Ch&Ions-iur^aOne, 

tome V, (1866.) 
OATSCffitT. — Interprétation d'un certain nombre de noms de Uenx 

suisses {dans Annuaire du clnb alpin, Suisse, 1867.) 
. Gatot. •- Les Petits Uanunirëres. 
OiBAHD (Cb.) Essai d'une faune historique dee Hammifères sauvages 

de l'Alsace, Colmar, 1871, in-8. 
fliNDBK. — Etude anr le patois du Jara (dans Bulletin de la Société 

d'agriculture, etc. de Poligny, 1864.) 
(Ch.) -' Dictionnaire wallon. 

-• Tocabnlaire des noms wallons d'animaux, de 

plantes et de minéraux, Liège, 1S57, ioft 



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OUTRAasa CITÉB. ZI 

Oras. — DiGtionnaire du patoia fopéiien, Lyon, 1863. 
kl. — Evangile des Qnmouillea forézlennei. 

ORtvBL (l'ftbbé). — Chroniqaes du Litradoia, ISSS. 

Orrgor. — The dialect of Banffahire, (dans Transactions ol the phi- 
lological saciety, 1866.) 

Orosley. — Vocabulaire champenois, Paris, 1774. 

OuBERNATis (Angelo de). — Mythologie zoologique; traduit de l'an- 
glais par Paul Begnaud, 8 toI. in-8. Paris, 1874. 

GDiLLKHnt (J.) — QloBsaire explicatif, etc., des patois de l'ancienns 
Bresse ch&lonnaise (dans Mémoires de la Société àe , 
Cb&loas-sui^âadne, 186e.) 

Habasqci. — Notions historiqnea, géographiques, etc., snr le litto- 
ral des Cfttes-dn<Nord. Saint-Brieux, 1632. 

Hbcart. — Dictionnaire ronchi et (ïançus, 3* édition. Valenciennes, 
1634. 

HoLANDRB (J.) — Panne de la Moselle. Metz, 1636. 

Jjicyyt. — Le Lorrain peint par Ini-mânte. Metz, 1853-1854. 

jACQQBimf. — Guide du Voyageur dans Arles . Arles, 1835. 

Jaubbrt. — Glossaire du centre de la France, 1864-1860. 

JANAm (P.) — Dictionnaire du patois saiutongeais. Royan, 1869. 

JocBBRT (Laur.) — Erreurs populaires et propos vulgaires touchant 
la Médecine. Rouen, 1600, lu-lS de 180 pages. 

JuGB J.-l. — Changements survenus dans les moBUra des habitants 
de Limoges. Limoges, 1817. 

KoESTUN. -~ Lettres sur l'Histoire naturelle de llsle d'Elbe. Vienne, 
1780. 

Labordk (L. de). —Notice des émans dn Lonvre, 18S3. 

Laroihibbib fl'obbé). — Vocabulaire du patois de la Haute-Auvergne 
(dans Hém. de la Soc. des Ant de Prance, 1836.) 

La Fabb Alais, — Las castognados. Alais, 1844. 

Laisnbii ns LA Salle. — Croyances du c^itre de la Prance. Paris, 
1875. 

LALAmra (l'abbé). — Glossaire dn patois poitevin, Poitiers, 1868. 

Lroonidbc. — Dictionnaire breton-français. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



Xn OUVRAGES CITAS. 

Le Hëricher. — Histoire et glossaire du Normand.... Paris, 1870. 

Lemeitbil. — Catalogue des Oiseaux de la Seine- Inférieure. Rouen, 
1S67. 

LBQDDao. — Voyage.... dans le Jura. Paris, an IX. 

LBHOtx <Ph.J.), — Dictionnaire comique, 1787. 

Leroux de Lincy. — Le Li»re des proTerbes. Parie, 1858. 

LiTTHâ. —• Dictionnaire français. 

LuG&s DS MONTIGNT. ~ Récits Taries. Aix, 1874. 

Mabcbl dk Serbes. — Essai pour Berrïr à l'histoire des animaux du 
midi de la France. Paris, 1822. 

ïliBCOTTE. — Les Animaux vertébrés de l'arrondissement d'Abberille. 
1860. 

Hatthioli. — Commentaires.... Lyon, 1579. 

Mbrkgtt. — Britannicarum rerum naturàlium pinax. Londini, 1704. 

MÉRY (de). — Histoire des Proyerbes. Paris, 1828. 

MâTXViBii. — Dictionnaire ftaaco -normand, dialecte de Guemesej. 
Londrea. 
id. — Rimes guernesiaises. Londres. 

MiCBBLANT (H). — La Meute et Vénerie pour le lièvre, de Jean de 
Lignéville. Paris, 1865. 

MioH&RD. — Vocabulaire du Dialecte et do patois de la Bourgogne. 
Paris, 1870. 

HiLLET (P.-A.). — Faune de Maine-et-Loire. Paris, 1828. 

MiOBCBC DE Kerd&HBT. — Histoire de la langue des Qaulois. Rennes, 
1821. 

MoLAHD. — Le Mauvais langage corrigé. Lyon, 1810. 

MoKiTiBB. — Vocabulaire de la langue rustique du Jura (dans Mém. 
de la Société des Antiquaires, 1823.) 

M0NTE33OBI (C.-R. de). — Vocabulaire du HautrMaine. Paris, 1859. 

MORIK (A.-S.). — Le PrStre et le Sorcier. Superstitions du départe- 
ment d'Eure-et-Loir, 1872. En dépôt chex Viaut, li- 
braire, 4Z, rue Saint-André-des-Arts, Paris. 

HuLSON. — Vocabulaire langrols. Langres, 1822. 

HusSAFU (Ad.), — Beitrag zur kunde der norditalieniactien mun- 
darten imlSjalirtiunâert. Wien. 1873. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



ODT&ASSB CITBS. XUI 

Nbmuich (Fh. And.). — Catholicon od. allgem. Polyglottea lexican 
der NatttTgesch. 2 Bde 'ln-4. Hamburg. mom. 

N16H& (le chevalier C). — Fouetica del dialetto di Val Soana (cana- 
vense). (dana ArchÎTio glottologico d'Ascoli, 1874). 

NoELAS (Frédéric). ^ Légendes et Traditions foréxiemieB. Routne, 
1865. 

NoRB (Alfred de) Coutumes, Mythes et Traditiona des provinces de 
France. Paris, 18*6. 

SaKW«I^de)). ^ Les Mammifères utiles ou nuisibles daua le dépur 
tement du Nord. Lille, 1866. (Dans Archives du 
Comice agricole de l'arrondissement de Lille.) 

Odbrlin. —-Essai sur le patois lorrain du Ban-de-la-Roche. Stras- 
bourg, 1TÎ5. 

OGÉRiBKetMiCHALET. — Histoire naturelledu Jura. Paris, I863-I8OT. 

Olliyibr (Jules). — Eaaai sur l'Origine et la Formation des Dialectes 
vulgaires du Danpbiné. Valence, 1836. 

Onofbio. — Essai d'un Olossaire du patois lyonnais. Lyon, 1864. 

Pàlsoravb. — L'Eclaircissement de la langue française. 

Peagock. — A Qlodsary of the dialect of tbe Hundred of Lonadale 
north and south of the sands in the eounty of Lan- 
caster (dans Trans. çt the philol. society, 1869.^ 

PlBBABT. — Guide du Touriste sur le chemin de fer de Saint^aentin 
à Maubenge. Maubeuge, 1868. 

Pldqdst. — Contes populaires, pr^ugés, patois, proverbea, etc., de 
l'arrondissement de Bayeux, 1834, in-S. 

FcailBn. ^ Manuel des Locutions vicieuses les plus fréquentes, dans 
le dépai'tement de la Haute-Loire. Au Puy, 1835. 

Pont (l'abbé). — Origine du patois de la Tarentaise. Paris, 1872. 

FOUHABÈDE (J.) — Manuel des Termes usuels. Toulouse, 1860, 

Qditabd. — Dictionnaire des Proverbes. Paris, 1842. 

Rat. — Catdogue de la Faune de l'Aube. Troyes, 1843. 

Rathoiiahd. — Lexique roman. 1838. 

Razocuovski. — Histoire naturelle du Jorat. — Lausanne, ITSS. 

RÉGIS DB LA CoLOMBiÈSB. — Les CrÎH populaires de Marseille. Mar- 
seille, in-8. 



Do,l,.cdbyGoOglc 



XIV ocnuoEs cnris. 



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maniscben Spracheu. Leipzig, 1975. 
id. — Traditions et Légendes de la Belgique. Brazel- 

. les, 1870. 
RlBSO. — Histoire naturelle des productions de l'Europe méridionale 

et particulièrement de celles de Nice et des Alpes- 
Maritimes. Paris, 18S6. 
KoNDBLBT. — L'Histoire des Poissona. Lyon, 1558. 
Sahur (A.) — Catalogne des Animanz de l'arrondissement de Mont- 

béliard, 1864. 
Salvatob. — Annales sardiniae. Florence, 1639. 
SaubiHKT. ~ Vocabulaire du bas lang. rémois. Reims, 1845. 
Sacosb-PhÉneuf. — Dictionnaire des Locutions vicieuses.... du Li- 

monsin. Limoges, 1825. 
SAnvAQBS (l'abbé de). — Dictionnaire languedocien. Alais, 18E0. 
SAUTd. — PrOTCrbea et Dictons de la Basse-Bretagne (dans Eerue 

celtique. 1870.) 
ScBKLKH. — • Dictionnaire d'étymologie, 1873. 

id. — Glossaire roman du XV* aiècle. Anvers, 1865. 

id. — Trois traités de lexicographie latine du XII* sidcle (dans 

Jahrbuch t. rom. nnd engl. lit 1865.J 
SALTft-LoHOCHAiiPS (Sdm. de). — Faune de Belgique, 1842. 
SujkKT. — aiosiairo montois. Brozelles, 1866. 
SoLAHD (Aimé de). — Proverbes et Dictons de l'Anjou. Angers, 1858. 
STATtRTIQDi générale delà France, grand in^olio, Paris. fLe tome XVI 

contient des proverbes agricoles.) 
Stobbbr. — Elsaaaîscbes Volksbiichlein. Strasbourg, 184£. 
Tahbb. — Recherche sur l'Histoire du langage et des patois de la 

Champagne. Reims, 1851. 
id. — Romancero de Champagne. 
TASLri. — Liste des Mammifères du Morbihan. Vannes, 1860. 

Thibri. — Traité des Superstitions Paris, 4 vol. in-12, 1741. 

THikgitno. — Proverbes, formules rimëes du Languedoc (dans 

Archiv f&r das stndium der n. Spracb, nnd lit. 

toma XLin.) 



Doili--cdtyGoO(^lc 



OUTRAQBB CirÉB. KV 



Thibut (Xavier.) — La Vallée de Clearie, statiatiqne, topograpbique, 
tiÛtoriqDe. — Mireconrt, 1869, in-lS. 

Tissor (J.J — Les patois des Fouies (Donba), Besau; on, 1865. 
— — Les Fourgs.... les Hcaura. Besançon, 1873. 

ToUBDT (Charles.) — Récits jurassiens. Salins, 1869. 

Ton&SKNBL. — L'Esprit des Bêtea (Mammifères de France.) Paris, 1S53. 

TuvBBsetDcBOis.— Dictionnairedu patois normand. CaeQ,lvaLin-8. 

TRéUEAO DE BocHKBBUnB. — Catalogue d'une partie des animaux de 
la Charente (dans Actes de la Société linuéenne de 
Bordeaux, toma XII.) 

TscBUDi (F. de). ^ Le Monde des Alpes, traduction, 1870, 1 vol. in-8. 

Vah. — Département du Var, grand in-folio de 104 pages, s. 1. n. d. 



Vbrvessb. — Dictionnaire du patois de la Flandre. Douai, 1867. 
ViLLBNBUTB (le comte de). — Statistique des Bouches-du-RhAue. Usr* 

aeille, 1821, 4 vol. in-4. 
ViNCBiTT- — Etudes BUT le patois de la Creuse. Ouéret, 1861. 
YAimLLK. (d') — Traité de Vénerie. Paris, 1786, in-*. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



r,o,i,,-,-,ih,.GoO(^lc 



FAUNE POPULAIRE 

DE 

LA FRANCE 

LES MAMMIFÈRES SAUVAGES 

§ VESPERTILIO (Genre). L. 
LA CHADVE-SOURIS. 

I 

1. — Cet animal, par son pelage et sa forme, ressemble 
à une souris ; il a en plus l'avantage d'avoir des ailes et 
de voler; c'est pourquoi on lui a donné les noms suivants 
qui signifient souris ailée et souris volante: 

HATA (') PBNNADA, f. (Rottam pennatam) ano. prov. Raynouard. 
soRiTZ PENNASA, /. (Soricem penttatam) SMC. prov. Raynouard. 
RATA PÉNADA, f. langoedocien, Marcel de Serres. 
RATO PENADO, /. provençal; Tulle, Beronie. 
BATO PANADO, f. Qard, Greapoo. 

BATA PEINADA, f. Haute-Auvergne, Deribier de Cheiasac. 
HATA PIGNATA, /. Nîce, Rîaso. 

HATA PANERA, f. (Raitam pennariam), catalan des Pyrénées- 
Orientales, Company o. 

fi) Il est & remarquer que dans laa différents dialectes des langues ro- 
manes, le niotr»t»(r*tte, etc.), a plus souvent le sens de souris quecelui do 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



VB8PBRTILI0 (OENRE). L. 



SOUBI ODi TOLE, Centre, Jaubert. 

soUBt VDlAUT, Lunéville. Oberlin. 

BETTE YOLANDE, f. Saiot-Âmé, Tbiriat. 

TOLANT DETTE, f. Voages, Richard , Mémoires de la SocUU de» 

Antiquaires de France, t VIII, p. 122, 
VALANT RCBTTE, f. Bon de la Roohe. Oberlîn. 
«oijBi VOLAGE, f. Meuac, Cordier. 
BATA VOLAGI, f. Lyoanaia, Onofrio. 
RATE VOLAGE, /. Lyonnais, Molard. 
BATTE VOLAGE, f. ancien français, CotgraTe, 
RATE VOL0GHË, f. Bresae chSlannaiBe, Ouillemin. 
RATE vouLUCE, f. Montrât, Oaapard. 
RATTA VOUA, Suisse romande, Bridel. ■ 

RAIOULIVA, f. id. id: 

BATTE YOLAIBE, f, id. id. 

BATTE VOLATE, f. Jura, Monnier. 

BATTE V(H.EBATE, /. Ch&lons-3ur-SaOne, Quillemin. 

ROTOT' w'lledsot', f. les Fourgs, Tisaot. 

Cf. Ruta plgnata, sarde, Uuasafla. — HUto penSgo, SSnea, Dascriiione. — 
Bitta ïtnSga, Q^nes, Muasalla. ~- Soriglie pianadulg, larde, Hussafla. — HMa 
pluiada, catalan, Raynouard. — fiai pennat, lalencien, N^mnich. 

Baua TDla, Pavie, Mussafla, — Golarat |g^^), Crémone, Muasafla. — Ban 
■golado, Lodi, Mussada, — BaKa vvUra, cavanais, Mgra, p. 43, en note. 
Rata TOlolra, piémontais, Mussafla; Nigra, p. 13, en note. — Rata lOloJrl, Val 
Boana, Mgra, p. 43, eu QOte. 

2. — Gomme \eaVespertUions n'ont sur la peau des ailes 
ai poils, ni plumés on les a qualifiés de chauves. 

CAUVE 80RUIS, ancien français, Reeue de VArchéologie, t. VII, 

col. 107, en note. 
CHAUVE SURIS, anc. fr. Littré. 
CHAUVE SOURIS, f., français. 
CHAUFE soais, fr. dn XII' b., Scheler. 
SOURI CAUva, Valencieunes, Le Héricher, 2' vol. p. 229. 
sonsBi CADVE, Normandie, Le Héricher, id. . 

SOHIS CHAUVE, fr. du XIII' a. Littré. 
S00RI3 CHAUVE, anc. fr.; Centre, Jaubert. 

On trouve dans les Gloses de Reichenau (viu» siècle) 
ve$perliliones=calves sorices. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



VESPERTILIO (genre). L. 



Les noms qui suivent signiûeat: souris unie, qui n'a pas 
de poils Csurles ailes, sous-entendu). 

tUTB FLAKB, f. (Raltam planam), Isère, Charret. 

RATE PLAINS, f. Isère, Charvet, 

RATO FI.ENO, f. Castrca, Couzinié. 

RATO PERNO, f. (pemo^planam, pa^ métathËse et changement 

de l en r) Castres, Couzinié. 
RATB PENNE, f (je suppose plariam='plene— 'peine, x= penne, 

par aHSimilation) L^^onnais, Onofrio. 
BATA PENA, f. DauphinÈ, Champollion-Pigeac. 

3. — Les noms ci-dessous donnés à la Chauve-souris 
sont plus difficiles à expliquer; les uns semblent signiâer 
proprement CAouei^e-sowrïs (') ; les autres semblent être 
les mots Chouette-souris ou Chauve-souris, corrompus 
par suite de fausse étymologie populaire. 

CAU 80UARI. m., guernesiais, Métivier. 

CAOU souABi, m. ' id. id, 

CA SORI, m., Lille.Vermesse (qui ortliographie Cat soHs);Lilïe, 

Debuire du Bue (qui dît le mot féminin). 
CA SEURi, picard, Corblet (qui orthographie Cas^euris). 

RATO CAUZO, f. Oera, Cénac Montaut. 

CHAOSOURis, /: aDc.fr.PerretE.H^B). XXV Fables des animaux, 

chap. XIV. 
CHAU SORI. f. Namur, Grandgagnage. 
CHAW SORI, CHAWE SORI, 'watloD, Orandgagnage, Sélys-Long- 

champ, Sigaft. 
CHàHAn SORI, Namur, Qrai]dgagnage(qui a sans doute écrit ce 
mot avec h uniquement pour séparer les 2 sjll.) 
CACQUE SOURI, Pays de Bray, Deoorde. 
SOURI GAUQUEt Normandie. Chesnon; Bayeux, Le Héricher, 

Pluquetj Duméril. 
CAUTB 80RI, rouchi, Hécart. 
COTE s(ffii, ronchi, Hécart. 

CATE SORI, rouchi, Hécart; Lille, Norguet (lui orthograpliie 
Cat d-sori.) 

li appelée, parce qu'elle vole le soir 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



TBSPBETIUO (genre). L. 



UTBSEDiti, picard, Corblet. 

KEUTE 8DB1, picard. Corblet. 

CAUDE soRis, fr. du XI1I> s. Scheler, Maanscrit de Lille. 
GA.UDE sORi, au Borinage, Sigart (qui écrit le mot Eau d'sori). 
KEUDE soRi,rouchi,Graiidgagiiage(qui tf^Tiiiamatqaeue d'aori). 
KSDDB 80BITTB, wallon moutoii, Sigart (qui orthogi'aphie queue 

de soritte. 
SouBi CHAUCG, Champagne, Tarbé, Saubinet, Groslejr; Poitou, 

Lalanne; Salnh>nge,J6nain;Centre, Jaubert. 
SOURIITB CHADDE, Centre, Jaubert. 
CHAUDE SOURI. Centre, Jaubert. 
CHAUDE souHiTTE, Centre, Jaubert. 
CHAUDE sÈHi, Pays messin; recueilli pereoDuellement. 
SAUTE SOURI, id. id. 

SAUTE SRI, id. id. 

SAN SOURI, f. Centre, Jaubert. 
GHAivou SRI, Bourgogne. Mignard. 
CHAI VI id. id. 

TCHENVAi TCBERI, Montbéliard, Sahler. 

4. — Je ne me rends pas compte des formes suivantes : 
pissonoTO, f. Limousin, Foueaud. 

TiGNB HU3, Bigorre, 3. M. 3. Deville, Annales de la Bigorre, 
Tarbes. 1818, p. 246. 



II. 



1. — La Chauve souris passe pour être aveugle(Cf. eap. 
Murciegaîo, port. Morcego). C'est ce que dit, entre autres, 
Aneau qui J'accuse en même temps de boire l'huile des 
lampes (accusation ordinairement portée contre l'Effraye.) 

« Elle est aveugle comme la taupe.. . ancce l'hujlla des lampes. > 
— Aneau, p. 14. 

2. — Ses habitudes nocturnes, sa conformation étrange^ 
sa couleur noire, sa face grimaçante et presque humaine 
(Cf. son nom napolitain facciommo, Muss.) en ont fait aux 
yeux du vulgaire un animal diabolique qu'on torture 
chaque fois qu'on peut le prendre. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



VESPERTILIO (genre). L. 



« Tombent-elles entre nos mainii, les Chauves- souris, sont tortu- 
rée» et clouées vivantes sur lea portes. > Ille-et- Vilaine. — Bull, de 
la Soe. protectrice des Animaux, t. v, p- 259. 

Ces tourments lui arrachent des cris qu'on prend pour 
des injures ou des blasphèmes. 

< Si l'on iuet une Cbauve-souf îs dans le feu, elle fait entendre 
distinctement de grosses injures. > — A. de Chbskel, France lia., 
àéc. liS9, p. 22. 

En Sicile, on la traite de même : 

< En Sicile, la Chauve-souris, appelée Taddarita, est considérée 
comme une forme du ddmon.... Quand elle est prise, ses maliSflcea 
sont conjurés, parce qu'en criant elle blasphème. Aussi la fait-on 
périr en l'exposant à la flamme d'une chandelle ou à celle du foyer 
ou bien on la crucifie. > — De QrBERNATis, Mythologie xoologigue, 
traduction Regnaitd, t. 11, p. 214, en note. 

. 3. — Pendant les chaudes soirées d'été les enfants cher- 
chent à attirer les chauves-souris en agitant en l'air soit un 
mouchoir blanc, soit un chapeau, soit une longue perche 
et en leur adressant certaines paroles mystérieuses. Ces 
objets en mouvement semblent exercer sur elles la même 
attraction que le miroir sur les alouettes, car loin de 
s'enfuir, elles viennent et reviennent voltiger autour des 
enfants qui ne manquent pas d'attribuer cet effet aux 
formules magiqueâ. 

Les uns cherchent à les abattre d'un coup de gaule, 
tandis que les autres leur jettent leurs chapeaux dans 
l'espoir qu'elles iront maladroitement se jeter dedans. 

En Picardie, on adresse cette incantation à la chauve- 



Cate seuri, rapache par chî 
Je te barai du pain meusi 

Et pis dal riau à bouère 

Cate eeuri tout Roére. 

CORBLET. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



VESPERTILIO (OENRE). L. 



A. Lille, on lui dit : 

Cat 'l'aori 

Rspass par chi 

Rapaas par là 

Le Tlà, le tIA 

T'auras à manger et à boire 

Cat d'Bori tont uoir. 

De NonenET. 

Dans la même ville, selon Vermesse : 

Cat-sori! 

Pasae par ichi 

On t'ilonnera du pain tnuBi. 

En Provence, on l'apostrophe ainsi : 

Rato penado, véne léu 
Te dounarai de pan aouvéu 
(Revue des Langues Romanes, 1873, 1" lÎTrais-, p. 1£ 

En Sicile, on lui chante pour la prendre et la tuer: 

Taddarita, 'ncanna, 'ncanna 
Lu diraonio ti 'ncanaa 
E ti 'ncanna pri li peni 
Taddarita, veui, veni. 
De OnBEHMATis, Mythologie roologique, 
traduction REeNAUD, t ll,p. S14, en note. 



Ëti Angleterre, on lui dit : 



Bloody. bloody Bat 
Corne into my hat! 

Chavbbrs, p- 186. 
Bat I BatI bear away {') 
Hère away, there away 
Inta my bat. 
Hundred of Longsdale, Peacock, aub 
Terbo there away. 



(1) Dans cette formule, lelon Peacock, aiTar=*lMiU. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



VESPBRTILIO (genre) L. 



A Rampillon (Seine-et-Marne), on met un morceau de 
pain rôti au bout d'une perche, pour faire venir la 
Chauve-souris, et on lui chante les paroles suivantes: 

Souaae Souria 
Viens par ici. 
Tu auras du pain rûti, 
De Ift galette 
Daas ta pochette. 
Du gâteau 
Dans ton jabot. 
Sou s se pierrot. 

Bec. personnellement. 

4. — A Lille, selon M. de Norguet, on s'imagine que les 
Chauves-souris cherchent à s'accrocher dans la cheve- 
lure des hommes ou des femmes. Cette croyance se trouve 
aussi en Alsace: 

« En Alsace, les enfants qui se trouvent tête nue quand une Chauve- 
BourJB Tient à passer près d'eux, s'empressent de se couvrir le chef 
de leurs deux niains parce que si elle pissait dessus, lia pourraient 
devenir chauves ou avoir la teigne > <'j. 

Communtcat. verbale àe M. Kretz, de Schelestadt. 

5. — «En Alsace, on attribuait autrefois à la Cbauye-souris la 
propriété de faire avorter les œufs de cigogne; dès qu'elle les avait 
touchés, ils étaient frappés de stérilité. Pour s'en préserver la cigo- 
gne disposait quelques rameaux d'érable dans son nid et la vertu de 
ce végétal détesté du veapertilion lui interdisait de s'y introduire. 
On plaçait aussi dos branches d'érable au-dessus de l'enti'ée des 
maisons que l'on voulait soustraire aux visites de la Chauve-aouris. 
—Lorsque les sauterelles dévastaient un canton, il sufBsait de sus- 
pendre quelques chauves- sou ris aux arbres les plus élevés, les sau- 
terelles chassées par une force secrËte portaient leurs ravagea 
ailleurs. 

GÉRARD, Les Mammifères de l'Alsace, p. 6. 

6- — cAutrefois pnAlsaceonaccusaitleaChauves-souria de ronger 
le lard dea porcs aur le dos de ces animaux vivants. > 

M., p. 6. 

(■) ■ L'urine des Chauves-souris et la Qanta des arondelles peuvent faire 
perdre la vue." Joubert, p 138. — Cf. Le nom limousin de cet animal, 
pIsBO rote. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



8 TALPA EUROPAEA. L. 

VESPERTILIO AURITHS. L. 

1. — Le vulgaire ne fait pas de distinction entre les 
diverses espèces de Vespertilions qui habitent la France. 
Cependant il en est une qui se fait remarquer par des 
oreilles démesurées; à Nice, on l'appelle d'un nom 
péjoratif: 

ADRBGUASSA, f. Nice, RlBSO. 

BufTon lui a donné le nom d' 

OR&iLL&R, m. BufTon, vol. 2, p. S56. 

qui semble avoir pris droit de cité dans la langue 
française. 

2. — Dans le Tarn, on l'appelle : 

GBOSSO RATOPLBHO, f. Taro, Gary. 



TALPA EUROPAEA. L. 



I. 

1. — Dumot latin talpa dérivent: 
TALPA, i- Nice, Risso. 

TALPo, T- Tarn, Gary; Toulouse. Poumarôde. 
TALPB, f. Auch, Abadie, 
TACLPH, f. anc. fi'anç. Cotgrave. 
TAUPA, catalan des PyréaéeB-Oriatitalea, Ckimpanyo. 
TADPB, f. français. 
TAUFO. f. provençal, laugnedocien. 
TAOPE, f. Donnand, Le Héricher. 
TEDPB, f. picard, Marcotte, Corblet 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



TALPA EUKOPAEA. L. 9 

2. — D'une fonae Halponem viennent : 

D&RBON, vt. Doubs, Tissot. Jura, Dartoia ; Lyonnais, OnoA-io. 

Safoie.Dauphiaâ.Dartois; Su i a se romande, Dartoia, 

Fatio ; Isère, Charvet. 
DBBBOit, m. Doubs. Jura, Dartoia, 

SoisBe, Savoie, id. 

Jura, Ogërien- 

Suisse romande, Fatio, Bridel, Cornu. 
sARBOU, m. Daupbiné, Dartoia, Charopollion-Figeac, OIliTier, 
DRSBOU, m. provençal. Castor. 
THABBON, m. (avec th anglais,) Chambéry, Joret, Du C dans l^ 

Langues Romanes, p. SU. 

'6. — Accompagné d'un suffise le mot taipa a donné : 

D&OBRYiE, m. Montbélianl, Sabler. 
DRAVIB, Douba, Jura, Dartoia. 

4. — La taupe passe son temps à creuser des galeries, à 
fouir la terre, aussi lui a-t-on donné les noms suivants, 
dérivés du verbe *fodicare< fréquentatif du verbe fodere. 

FOTAK, m. wallon, Orandgagnage. 

pouTAN, M. Lunéïille, Oberlin; Paya messin, recueilli person- 
nellement. 
fEUïAiT, m. Le Tboly, Thiriaf. 
roucNAM, m. Namur, Orandgagnage, 
FOYON, m. wallon, Orandgagnage; Ardennes, Tarbé. 
FOOAH m. wallon, Sigart; Rouchi, Qrangagnage, Héoarf, 



POQON, m. Suisse romande, Bridel. 
Fun, m. Saint>Amâ, Tbiriat. 

5.— Parce qu'elle pousse la terre hors de ses galeries, 
la taupe est appelée : 

BOVKSOo, m. Besancon, Dartoia. 
BODSSOT, m. jd. id. 

fiODSSBROT, m. id. id. 

eoussEHAN, m. id. id. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



10 TALPA EUROPABA. L. 

(A Besançon comme dans le Pays messin, bousser signi- 
fie pousser.) 

6. — On a cru longtemps que la taupe passait l'hiver à 
dormir comme certains autres mammifères; c'est une 
erreur; elle esttrès-active à cette époque, seulement elle 
s'enfonce profondément en terre et on ne voit pas alors 
à la surface les preuves de son activité. 

C'est à cette croyance qu'est dû son nom de : 

DORMiouÉ, m. BoucheB>dQ-RhOae, Villeneove. 

7, — On l'appelle encore : 

garui, pTOvençal, Revue des langues romanes, l" vol., p, 324. 

C'est un nom que l'on donne plus habituellement au rat. 
8. — Je trouve aussi pour la désigner deux formes que 
je ne puis expliquer. 

axe, CourtisoU (MarneJ, Mémoires de la Société- des Anti- 
quaires, t. VI. 
HOUTBIGNIB, m. Montbéliard, Sahler. 

9. — Ducange donne comme synonyme de taupe : 

WICPB, sub verbo talpis. 

Ce mot donne l'étymologie de gaupe, = coquine, mé- 
chante femme. 

10. — L'amas de terre formé par les déblais de cet 
animal est appelé: 



TAnpiNBE, TAUPINIÈRE, f., français. 

TALPiNiBRO, f. Tonlouse, Poumarède. 

f ALPADO. f., Tarn, Gary. 

TADPASSE, f. Poitou, Lalftune. 

DBRBOuNAmA, DBBBODKETBB, f. Suisse romaade, Briâel, et Cornu 

Bomonia' 1S75 p. 242 
FHOCHOncHE, FHiHoncHE, /. Namar, OrandgagDage. 
FOUMOUHE, f. Wallon, O-randgagnage. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



TMiPA EUROPAEA. L. 11 

E, f. Donbs, Tiasot. 
UODTBATX, f. Pays messin, recueilli peraonaellement. 
HUiifiGNE, /. Pays messin, Jaclot. 

UUTBiisE. f. arrondissement d'Avesnes, Pierart, Guide du tou- 
riste, 18ÔS, p. 360, et départementderAisne, Brayer, 
11* volume, p. 199. 
II. — Les verbes. 
ÉTAïïPBH. Centre, Jaubert. 
ÉTAQFiNER, fl'ançais. 

DriUDTEHNEB, Aisne, Brayer, II> vol, p. 199, 
sigaiflent: enlever les taupinières, niveler le sol où il 
s'en trouve. 
12.— On appelle le piège à prendre les taupes: 
TÀDPiâRB, f. français. 
TAUPIBH, m. Saintocge, Jônatn. 
TAiTPtmE, f. Lyon, Molard. 

13.— On appelle celui qui fait métier de prendre les 
taupes : 

TAUPiBR, m. français. 

TAULPETIEH, m. français du XVI* s, Cotgi'ave. 

TALPiÉ, m. Toulouse, PoumarÈde. 

14.— La taupe est très noire, aussi dit-on: 

Noir comme une taupe. 

Nègre c'me in taupat. Saintonge, JAnain. 

Nai c'on derbon. Suisse romande, Bridel. 

En Normandie, le mottaôpin, signifie noir. Le Héricher. 
On trouve dans le Dictionnaire comique de Le Roux, 1787: 
" Taupine = noire de visage, brunette et basanée, qui a 
le visage liâlé du soleil." 

15. — Quand l'on meurt, on va sous terre rejoindre les 
taupes; de là les expressions : 

Aller dans le royaume des taupes. 

Envoyer cacher à taupes. = faire mourir. Picardie, Corblef. 

Aller A taupes-jouque. = mourir. Pays de Bray, Decorde. 

Fouir aux taupes. = mourir. XVI' a. Cotgrave, 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



12 TALPA BUROFABA. L. 

<• On dit d'une personne, qu'elle est où la taupe fticîie, 
pour dire qa'ella est morte et enterrée. » Dict. de Trévoux. 

16. — On dit d'une personne qu'elle ne volt pas plzis 
clair qu'une taupe, parce que celle-(;i est généralement 
regardée comme privée de la vue, ou au moins comme 
l'ayant très-faible. En réalité, elle a les yeux très-petits 
et à moitié cacliés. 

17, — On dit ironiquement; 
Servir comme une taupe dans un pré. 
La taupe y est très-nuisible. 

18. — Les preneurs de taupes sont assez habiles pour 
tuer d'un coup de bêche celles que l'on voit remuer la 
terre ; dans ce cas, ils observent le plus profond silence 
et n'avancent qu'avec précaution, car ces animaux ont 
l'ouïe très-fine; de là, l'expression proverbiale : 

11 va doux comme un preneur de taupes. 

19. — Les preneurs de taupes, comme les pêcheurs et 
les chasseurs, passent pour promettre plus qu'ils ne tien- 
nent; comme eux ils ont de bonnes défaites pour expli- 
quer leur insuccès. De là le, dicton: 

Un chasseur, un pécheur et un preneur de tanpes 
Feraient de beaux coups sans les faulea. 

Dict. de Leroua), 17S7. 

20. — Les taupes qui s'enfoncent profondément sous 
terre, pendant les rigueurs de l'hiver, reviennent tra- 
vailler à la surface aussitôt que la chaleur revient; de 
là, le dicton: 

«Les taupes poussent, le dégel n'est pas loin. > BuFFOK.t. II p. UB. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



TALPA EUEOPABA. L. 13 

II. 

1.— C'est un préjugé assez répandu de croira la taupe 
aveugle. 

A ce propos, M. de Norguet cite un proverbe breton, 
dont il ne dit malheureusement pas la provenance : 

Si taupe voyait 

Si aourd (') entendait 

Le monde finirait 

Ce qui signifie que ses ravages seraient bien plus 
considérables si elle pouvait voir. 

3. — Un animal qui a de si bonnes dents pour ronger 
tout ce qui lui fait obstacle sous terre, doit selon la ma- 
nière de raisonner du peuple, avoir infailliblement une 
inâuence sur celles de l'bomme : 

< Pour se préserver du mal de dents, on doit tenir nn crapaud mort 
dans sa poche ou les deux pattes de derrière d'une taupe. > — Mar- 
aeille. (Régis de la Colombière. p. 268.) 

< La dentition des enfants se passe sans înconvéoieilt si on laur 
met autour du cou un collier de pattes de taupes. > (idem.) 

< Pour favoriser la dentition des enfants on attache à leur cou dea 
colliers de peau de taupe. > (Norm., pluquet, p. 45). 

< Pour combattre les accidents que détermine la dentition chez tes 
enfants, on leur suspend au cou une dent de loup ou trois pattes de 
taupes. > (Centra, Laisuel de la Salle, 1. 1, p. 2S7.) 

« Pour préserver les enfants des convulsions qu'amène la denti- 
tion, autrefois on avait imagina de leur appliquer sur la tëte, une 
peau de taupe façonnëe en calotte.* (Qa;ot, vol. II, p. 127.) 

3. —A certain jonr de la lune, on étouffe une tanpe dans la main. 
Dès lors la main est taupée et peut guérir certaines maladies. > 
Normandie, Pluquet, p. tf. 

< Une taupe étouffée vivante dans la main entre les deux Notre- 
Dame d'août et de septembre est un très bon fébriftige et le fé- 

(1) Sourd = 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



14 TALPA EUEOPAEA. L. 

bricitont gnéri devient & son tour guériseenr; cette auffocatioa de 
la taupe donne à sa main la rei-tn, en l'apposant seulement Bur la 
partie malade, d'apaiser la douleur de dents et de guérir écrouelles 
etcancera. > Cadet de Vaux, De la Taupe, 1803. 

4 PourjJOîweT- dw twnin, il faut avoirétouffé trois taupes dans sa 
main gauclie et savoir certains mots de cabale pratique dont le se- 
cret consiste dans une combinaison particulière de paroles ordi- 
nairement tirées de l'Ecriture sainte. > {Centre, Laisnel de la Salle, 
t. 1, p. 2U7). 

« La Tertaupe est nne atTection très-connue dans quelques contrées 
du Berry. On appelle ordinairement de ce nom, tantôt an engorge- 
ment glanduleux, tantôt une douleur rhumatismale, tantôt un 
abcès A'Oid. La vertaupe produit l'effet de taupes qui boulent, 
(poussent^ dans l'endroit douloureux. Pour guérir cette maladie, il 
faut laisser presser la partie malUde en plusieurs sens par une 
personne à laquelle dans son eufauce, on a fait étouffer sept taupes 
avant qu'elle ait mangé de la soupe à la graisse. Nos paysans 
admettent sept espèces de taupes et par contre sept variétés de la 
maladie qu'ils désignent sous le nom de vertaupe. L'enfant, par 
exemple, qui u'aurait étonfTé que trois ou quatre taupes de difTé- 
reutes espèces ne pourrait guérir que trois ou quatre variétés de 
la maladie. » Centre, Laisnel de la Salle, t. 1, p. 298. 

4. — Il serait fastidieux d'énumérer tout ce que l'on 
guérit encore, au moyen do la taupe, de son foie, de sa 
graisse, de son sang. 

Ajoutons seulement qu'un os de taupe que l'on porte en 
tous temps sous l'aisselle gauche préserve des maléfices. 
(Voyez Laisnel de la Salle, 1. 1, p. 284.) 

5. — Dana le pays messin, on voit un présage de mort 
dans les taupinières qui s'élèvent près des maisons. 
(Recueilli personnellement.) 

6. — Voici selon une légende anglaise l'origine de la 
taupe: 

< Il j avait une fois une femme si orgueilleuse que Dieu ne put la 
tolérer sur la face do la terre, il la transforma en taupe et la con- 
damna à vivre sous terre. Voilà l'origine de la première taupe. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



ERINAOEUS BUR0P£U8. L. 15 

Cette histoire est très vraie, et la preuve en eat que cette bfite à des 
maiDaetdespiedH tout comme ua chrétieD.* {Notes and qutries 
1" série, t. V. p. 534.) 



ERINACEUS EUROP^US. L. 

LE HÉRISSON. 

I. 

1. — Du lat. ericium, viennent : 

EWS, m. Tarn, Gary. 
ARis, m. Nice, Risso. 
Cf. Bliia, sicilien. — BIi.Ladm du Frioul, 

2. — D'une forme amplifiée *ericio}iem : 

ERiçON> m. anc. français. 

HERISSON, m. français. 

BRI3S0, m. anc. provençal, Raynouard. 

HBBIS90. m. anc. provençal, Raynonard. 

HiRisso, m. anc. provençal, Raynouard. 

LERissoN.m. Jura, Ogérien. 

snissoD, m. catalan dea Pyrénées-Orientales. Companyo. 

HBRiCHON, m. picard, Uarcotte; normtuid.CliesDOD. 

LUREijON, m. wallon, Qrandgagnage. 

liassoKjtn. Namur, Qrandgagnage. 

niiRE90K,in. Namur, Qrandgagnage . 

RRUCHon, m. Bresse Ch&lonnaise, Quillemin. 

BDncsson, mi. Dauphiné, Cbampollion-Figeac. 

ERU^-HOK, m. Montrât, QaHpard. 

BYBBBQON, m. anc. français, Scheler, Gloses de Lille. 

IREQCIM, m. anc. français, Diez. 

IHBSOH, ORESON, m. wallon, Cambréaler. 

iRSCHOn, m. Oruyâre. Cornu, Bonvmia, 187S, p. 244. 

URECHOH, m. wallon-montois, Sigart. 

BURBON, m. Paya messin, recueilli penomiellemeat; Suisse ror 

mande, Bridel. 
«UHSOti, m. Ban de la Roche, Ob^liu. 



ii,GoO(^lc 



16 ERINACEUS BUROP^US. L. 

LEDB80N, m. wallon, Deby, 

BDtCHOK, m. Chfttesu d'Œx (Suisse), Bridel. 

IBGHON, m. rouchi, Hécart; wallon- monfois, Sigart. 

HiHSON, m. Meuse, Cordier. 

HiRCHON, m. rouchi, Hécart; Lille, Norguet. 

HBURgONi m- Orbey, Gérard, Les Mammifères de l'Alsace, p. 138. 

HUBSON, m. Saint-Amé, Thiriat. 

URSON, m. Moutbéliard, Sabler. 

OURSON, m. Pays mesBin, recueilli persoDaellemcnt. 

URCHOH, HUBCHON, m. rouchi, Hécart. 

Dans un grand nombre des mots de cette liste, on re- 
marquera trois consonnes prosthétiques h, l, n, qui n'ont 
rien à faire avec l'étymologie. En voici l'origine : 

1" A se met fréquemment en franc, au commencement 
d'un mot commençant par une voyelle. 

2*» l est l'article soudé au mot, fait très-fréquent dans 
les patois et dont nous verrons nombre d'exemples, par 
la suite. 

3" n est le reste de l'article indéterminé un, également 
soudé au mot.), 

CI. Eicclo, italien. — Sisaaa, Gènes, De»criz. — Uuo, Sardaigne, Aiuni, 
i' -vol., p. 51. — Eriio, espagnol. — Ericlo. Oorifo, portugais. — BeùnAcUii, 
breton armoricain, Tasié et Legocidec. — Orclilii, anglais. 

3. — Dans les Pyrénées-Orientales, on donne à cet 
animal le nom de : 

PALLDC SB CASTANYA, catalan dea Pyrénêes-Orieutalea, Companyo. 

4. — "Ù'ericium et A'eridonem, viennent les verbes : 

EÉmssER, français. 
EHissui, provençal. 
HBBissoNNBH, français, Cotgrave. 
Cf. italien iiTtcclar», at esp. BtIUlt. 

5. — C'est dire une injure à un enfant, que de l'appeler: 
JANE d'sdbson, m., (c.-à-d. enfant de hérisson,) Pays messin. 
Recueilli personnellement. 
Cf. L'angl. DTDliln. dans le gens de pBliiun. gamls. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



SOREX ARANEUS. L. 17 

6. — On trouye dans Cotgrave le proverbe suivant : 
Parez l'hérisBOO, U semblera barou. 

Il . 

1. — On accuse le hérisson, de détruire la santé des 
Taches, de les tetter, de les faire avorter, et après le 
port d'empêcher la délivrance de sortir. — Si on ren- 
contre cet animal, on le brûle à petit feu. (Ille-et^Vilaioe; 
BuU. de la Soc. prot. des Anim., t. v, p. 324.) 

2. — Dans le département de la Marne, on croit que 
les hérissons mangent les petits enfants dans le berceau, 

Commniiication Terbale de M. Gaston Parie. 



SOREX ARANEUS. L. 

LA MUSARAIONE. 

I. 

1. — Nous trouvons le mot latin iS'£>r^fr avec le sens de 
musaraigne qu'il avait dans l'antiquité, dans : 

SERi, Hoatbéliard, Sabler; UontrSt, Oaspanl. 
souBii SRI, Saiut-Amd, Thiriat. 

2. — Du latin musaraneus et d'une forme populaire 
féminine mrisaranea viennent les mots suivants : 

unuBÀiK, m. Eiac. français, Buffon. 
MUSARAIGNB, f. français. 
MUSEHAIGNE, /. ftançais, Buffon. 
msEtiAiGNE, f. anc. français, Bauhin. 
uusEHAiâNO, f. Qere, Cénac-Montaut. 
KESIBAIGNE, ;*. Norm., DnlwiB et Travers. 
UBSiRAGNE, /. id. iâ. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



18 80REX ARANEUS. L. 

H D5EBAGNE, z". Poitou, Lalanne . 

HDSBKIONK, f. id. id. 

Mes'rëgne, /. Pays messin, recueilli persouitellemeut. 
MEsâGNE. f. id. id. 

UES'GNATTE, f. id. id. 

WsÉREmiE, f. Normandie, Chesaon. 
uiSER&iHE, f. Valognes. Le Héricher. 

Le mot latin mitsaraneus vient de ca que l'on a cru la 
morsure de cette espèce de souris aussi venimeuse que la 
prétendue piqûre de l'araignée. La forme suivante est 
due à la même croyance : 

90URI3 AKAiGHEnsB, f. auc. franfaiB, Cotgr. 

Cependant cette dernière expression pourrait venir de 
ce qu'on a pu lui attribuer la vertu de détruire les 
araignées î 

et. iDparagno, it&lien. — ]Iiisaraiia,espagaol. — HnrKtuio, espagnol, Nem- 
nich. — MnBguio, portugais, Nemnich. 

3. —Les formes suivantes viennent du latin mtis avec 
les suffixes diminutifs, et, ette, erette : 

HQSBT, m. anc. français, Cotgrave. 

HonsET, m. Jura, Ogérien; SuisBe, Fatio; Jorat, Razoumowski. 

UCSEirB, /. anc. français, Cotgraïe; pays de Bi-ay, Deeorde ; 

Bayeus, Le Héricher; Picardie, Marcotte; Anjou, 

Millet; jura, Ogérien; Aube, Ray. 
lUSBTTB, f. Jura, Ogérien. 
MRSiEKTTK, f. normand. Travers et Dubois ; Pont-Audemer, 

MISERETTE, f. wallou, Orandgaguage ; — Normand, Cheanon, 

Travers et Dubois. 
MISERITTE, f. Anjou, Millet. 

Je vois aussi des diminutifs de mus, dans : 
UnsuBTTB, ;*. wallon, Qrandgagnage. 
HISUBTTE, f. id. id. 

IU30QBTTB, f. wallon, Sélya Lougcbampa , Oeby. 
HisoiTTE, f. wallon, Orandgagnsge, Deby. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



50REX FODIENS. OMEUN. 19 

4. — A cause de son long museau, on l'appelle rat au 
museau pointu, museau pointu et museau en forme de 
trompette : 

BAT d'aOU MOUBft POUHCHU, m. Gard, Crespon. 
Hounft FOUNCHU. m. id. id. 

uouRRU DETHUUPBTB, m. catalau des Pyrénées-Orien taies, 
Company o. 

Les mots mourê, mourru sont dérivés de mQrsus = 
museau. 

Cr. nom, (esp.) = moEMa, mnlla. {Voyez Scbeler, LIttré au inot mnieaiL 

5. — A Nice, on l'appelle souris des champs par oppo- 
sition â la souris des maisons; à Marseille, on la confond 
avec la souris sous le nom de rata : 

GÀRRI DB CAMP&ONA, Nice, Rlsso. 
BATO, Marseille, Villeneuve. 

6. — Je déclare ne pas trouver l'étymologie des noms sui- 
vants de la musaraigne : 

CHIPHOULB, walloii, Grandgagnage, 
TtomsatTE, Meuse, Cordier. 
UDNOTTE, id. id. 

PICBUBLB, rouchi, Hécart 
RAT UBGBi Centre, Jaubert. 
snioH, Isère, Charret. 

On croit la morsure de cet animal venimeuse; est-ce 
un préjugé, est>-ce une réalité, lïf chose n'est pas encore 
élucidée. 

SOREX FODIENS. Gmelin. 

LA MUSARAIGNE D'EAU. 

1. KATTB d'eau, Suisse rom., Fatio. 
HETTB d'acvb, Saint-AmS, Thipiat. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



20 MUS BATTUS. L. 

MUS RATTUS. L. 
LE RAT. 

I. 

1. — « On ne sait pas posîtivemant d'où le rat est ori- 
ginaire ; ce qui est certain, c'est qu'il était inconnu aux 
anciens et qu'il n'est parvenu en Europe que depuis le 
moyen-âge... On peut supposer que sa patrie était la Syrie 
et qu'il nous est venu au temps des Croisades. " — Sélts 
LoNacH., Etudes de Micromammalogie, Paris, 1839, p. 59. 

Ses noms : 
HAT, m. français, provençal; Gruyère, Coran. 
RAIT, m. Franche-Comté; Bourgogne; Paya mesBin. 
ROT, m. Picardie. 
ARRAT, m. (avec a proith. ponr faciliter la pron. de r initial), 

Oecs, Abadie, Cénac-Montsnt 
HATA, /. catalan des Pyrënâes-Orientales, Companyo. 
RATB, f. Flandre, Vermesse; Jura, Monnier;LanereHjMul8on; 
Lille, Norguet. 
sont dérivés de l'anc. haut-allemand rato. 

et. Batto, ital. — Kito, espagnol. — Bat, anglo-saxon. — Rat, anglais. — 
Bxtta, BQc. baB-allemand. — Kattt, allemiuid. — Hatu, Bati, allemand. — 
Rkltemnaai, allemand. — Bot, hollandais. — Bu, rab. breton annot-icain, 

Taaié. 

2. — On l'appelle ausst: 

LAtE m. Ban de la Roche, Oberlin. 
iXKK, m. id. id. 

LO, m. id. id. 

' LA, m. Saint-Amé, Thiriat. 
LAD, m. Le Tholy, id. 

Ces mots viennent peut-être de glirem, qui semble dé- 
signer d'une façon générale les genres mus et myoïmis. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MOS BATTUS. L. 21 

Son nom provençal 
OARRi, provental ; Bouchea-dD-RtiOne, Villeneuve; Nice, RIbbo; 
Var, défi, du Var, grand in-folio de 104 p. 

pourrait avoir !a même origine. 

3. — Par comparaison avec les autres rats moins noirs 
que lui, on l'appelle : 

HAT NOIR, françiùs. 

RAT GHARBONNiER, Centre, Jaubert. 

4. — On appelle leslpetits rats : 

RATON, m: français. 

BATBLOT, tn. Flandres, Vermeaae. 

5. — Dérivés du mot rat : 

RATBR, prendre les rats, centre, Jaubert 

RATÉ, mangé par les rata, français. 

RATÉ (oDBm DE), odeur propre aux rats, aux Bouria, Centre, 

Jaubert. 
HATONNER ae dit des rata qui font du bruit. Centre, Jaubert. 
RATONNÉ, rongé par lea rata. id, 

RATiN (le), la famille des rats, des aouris, etc., Poitou, Lalanne. 
RATBLEB, cbaaaer les rata et les sonris comme la chouette, 
Cotgrave. 

Le piège dont on se sert pour prendre les rats, se 



RATIÈRE, f. français. 

BAToiTÉBE, /. français, Cotgrave. 

RATOuÉRB, f. Poitou, Lalanne. 
BAiTOHE, f. Bourgogne. 
RATOiRE, /. français, Cotgrave. 
RATOiR, m. id. id. 

6. — On dit proverbialement : 

Etre comme un rat en paille. 

c'est-à-dire avoir toutes ses aises. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



2S HU8 BATTUS. L. 

7. ^ Etre baigné comme un rat Saute-Loire, Pommier, 

c'est-à-dire être trempé, parce que, sans doute, le pelage 
du rat, soumis à l'influence de l'eau, s'en imbibe forte- 
ment. 



y. — S'ennuyer comme un rat mort. 

10. — Il y a toujours plus de chats que de rats. 

Sound, p. 106. 

11. — De la maison du cliat. 

N'est jamais aaoul le rat. id. p. 88. 

12. — Chats et ctiatons. 

Chassent rata et ratons. id. p. 81. 

13. — Beaucoup sait le rat, 

Mais encore plus le chat. id. p. 78. 

14. — Au paresseux laboureur. 

Les rats mangent le meilleur. 

L'Anabaptiste, almanach, p, 1S13, Belfort. 



II. 



1. _ « On croît fermement que les rats ou souris que 
l'on fait manger le soir en fricassée aux enfants qui 
arrosent leur lit la nuit, les guérissent de cette infirmité." 
Marseille, Régis de la Colombière, p. S65. 

2. — Un sorcier peut faire contre celui qu'il n'aime pas 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



HUS BATTUS. L. 23 

nu envoi de rats de campagne qui assiègent sa maison 
où ils fbnt beaucoup de dég&t. Le meiUeur moyen de les 
chasser est d'user de quelque recette pour les envoyer 
dans une autre maison. 

{Annuaire de la Manche,}S33, p. 227.) 

3, — Pour que les rats ne mangent paa le raisin, 

n faut tailler la treille le vendredi saint. 

(Ain, Statistique générale de ta France.) 

4. — Quand les rats, les souris, les mulots, les taupes, 
etc., font des dégâts dans les maisons ou dans les cliamps, 
on use d'exorcismes, de formules, de cérémonies, non 
pour les exterminer, car on ne doit pas toucher à la vie 
de ces animaux, qui après tout sont les créatures de Dieu, 
mais pour leur faire quitter le lieu de leurs déprédations, 
en un mot, pourç[u'iis aillent se fairependre ailleurs. 

Exordsmes contre les rats, souris, mulots, taupes. 

Dans les Ardennes, on emploie les formules suivantes . 

< n suffit d'écrire aur de petits billets de papier neuf lea mota sui- 
vants : «Rats et rates, vous qui avez mangé le cceur de sainte 
« Gertrude,je vous conjure en son nom de vous en aller dausla plaine 
4 de Rocroi. > On place ces billets dans les trous oii passent les rats, 
eu ayant soin d'enduire de graisse ou de beurre les morceaux de 
papier dont on fait de petites boulettes sans doute empoisonnées. 
Une autre formule d'exorcisme écrite de même sur des billets est 
celle-ci : < Rats et rates, au nom du gi<and Dieu vivant, de la bien- 
heureuse Sainte Vierge et do la bienheureuse Sainte Oertrude, je 
TOUS eoi^ure de sortir d'ici et de vous en aller dans les bois. Rats 
et rates souvenez-vous de Sainte Qertrude >. A la Neuville de Moer, 
on frappe avec une dent de herse trouvée par hasard sur un ins- 
trument de cuisine en tôle ou en cuivre et l'on prononce en mfime 
temps les phrases suivantes: • Bassinez les ratst bassinez les rats! 
Ta-t-en & (on désigne l'endroit); il y a un pont pour passer ». 

(Sud des Ardoonea, Reçue des sociétés savante*^ 1S72, S* semestre, 
p. 132. Communicat de M. Nozot.) - 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



24 MUS BATTUS. L. 

M. Tarbé cite un autre exorcisme des Ardeniies, tiré 
de la collectioQ de ce même M. Nozot : 

Rats et rates, souTieas-toi 

Que c'est aujourd'hui la Saint-Nioaise. 

Tu partiras de chez moi 

Sans attendre ton aise 

Pour aller à . . .eu poste 

Tu t'eo iras trois par trois. 

On devait écrire cette formule sur autant de feuilles de 
papier qu'il y avait d'endroits ravagés par les rats, nommer 
la personne qui les chassait, désigner l'endroit où on les 
envoyait, ordonner le déâlé par nombre Impair 3, 5 ou 7. 
Si, pour aller au lieu oCi on les expédiait, il fallait passer 
un cours d'eau, il était nécessaire d'y placer une planche 
en guise de pont. Enfin on devait réciter cinq pater et 
cinq ave. Au bout de neuf jours les rats avaient quitté la 
maison. (Tarbé, Romancero de Champagne, 2" vol. p. 74). 

M. Tarbé donne les exorcismes suivants^ comme étant 
ou ayant été employés en Champagne : 

Rata et rates, aouviena toi de la mort et martyre de sainte Qer- 
trade, tu partiras deus par deux et par un, pour aller à. . . . . 



Rats et rates Je vous conjure 
Au nom du graad Dieu vivant 
Et en celui de sainte Qertmde 
D'aller k 



Rats et rates qui avez mangé le cisur de saint Estrlcque, Je voua 
coi^ure eu son nom de vous en aller à 



Rat, roi des rats. 
De la Saint-Nicaise 
Te souviendras. 



Doili--cdtyGoO(^lc 



MUS RATTUS. L. 25 

Va-t-en, va-t-en 
Sans attendre ton aisa 
Dirige-toi sur. . . 
Et ne revienB plus. 

Pour chasser les souris, on écrivait sur quatre mor- 
ceaux de papier, cette formule: « ubi cecîderunt qui 
opérant îniguUates, eccptUsi stmt nec poluerunt stare. « 
On les plaçait aux quatre coins de la pièce ravagée, puis 
on y jetait de l'eau béuite eu disant : Asperges me. 
Domine, etc. 
(Taebb, Romancero de Champagne, 2* vol., p. 74 et 75.) , 

En Seine-et-Marne, on se débarasse ainsi des mulots : 
Il faut ramasser la dent d'une herse cassée par hasard 

et la mettre dans une carrière ou un marécage. Ils s'y 

rendent dès qu'on aura dit: 

Sainte Chasaetcuble 
Chassez le mulot qui truble 
Cbamp, meule et grenier; 
Qu'il suive la dent de haree 
Cassée dans les ctiamps, éparse 
Qu'il aille périr ou se noyer. 

Dans quelques communes des Ardennes on croit aussi 
au pouvoir de la dent de herse brisée de même par hasard. 
n faut, entre onze heures et minuit, en Arapper des coups 
rapide sur une pelle, en faisaut trois fois le tour du bâti- 
mentravagéparlesrats.Laformulesuivanteestderigueur. 

< Rats et rates, je tous conjure de la part du grand Dieu vivant de 
■ortir de cette demeure et d'aller prendre résidence & . . . . 

Dans les départements de l'Yonne, de l'Aube, de la 
Marne, on prononçait les exorcismes suivants en parcou- 
rant les champs le I" dimanche de carême, des torches 
allumées à, la main : 

Sortez, sortez d'ici mulotsi 
Ou Je vais voua brûler les crocst 



Do,l,.cdtyGoOglc 



26 MUS RATTUS. L. 

Quittez, quittez ces blâal 
Allez vouB trooTerez 
Dans la cave du carâ 
Plus à boire qu'à manger. 
Ou bien : 

, Taupes et mulots 
Sortez de l'enclos I 
Allez chez le curé 
Beurre et lait 
Tous y trouïerez 
Tout à planté. 

(TABBit, Romancero de Cltampagne, 2' vol., p. T8). 

Dans quelques cantons du Berry, pendant ta fête dei 
Brandons, on cbante en chœur et à tue-téte le couplet 
suivant ; 

Saillez (sortez) d'élà, saillez, mulotsl 

Ou j'allonB voua brûler les ci-ocs; 

Laissez pousser nos blés. 

Courez cheux les curéa, 

Dans leurs caïes, vous aurez, 

A boire autant qu'à manger. 

L&ISNBL DB u SUdS, t 1, p. 37. 

(Voyez encore M*"* Bosquet, Normandie merveilleuse. 
p. 296.) * 

A Nivelles, on honore encore aujourd'hui sainte Ger- 
trude comme patronne contre les rats et les souris. De 
même qu'en Allemagne, la terre du tombeau de saint 
Ulric, à Augsbourg, passait pour chasser tous les rats on 
regardait autrefois en Belgique les eaux du puits qui se 
trouve dans la crypte de l'église de sainte Gertrude, à 
Nivelles, comme douées d'une vertu pareille, et de tous 
côtés, les campagnards y affluaient pour chercher de 
cette eau, dont ils aspergeaient leurs habitations et leurs 
champs, dans l'intention d'en chasser les rats et les souris. 
(Reinsberg-Dliringsfeld.L^ÉTenïtesei/rfldî/iorti.v.l.p.lTl.) 



Doili--cdtyGoO(^lc 



HUS QBCUHANUS. PALLAS. 27 

Saint Nicaî3e chasse les souris de la maison, lorsque 
le jour de sa fête (14 décembre), on inscrit son nom sur 
la porte, (id. t. II, p. 313.) 

Le 23 juin, veille de la saint Jean, à Lucé (Eure-et- 
Loir) avant le lever du soleil, on puise de l'eau à une 
mare, on en asperge les tasseries des granges et par ce 
moyen, on les préserve du ve^nainier (ce qui. comprend 
les rats et les souris). On garde cette eau en bouteille, 
pour réitérer au besoin l'emploi de ce procédé, et l'on re- 
marque que cetteeau se garde incorruptible pendant un an. 
A. S. MoRiN, Le Prêtre et le Sorcier, p. 180. 

En Ecosse, quand on est infecté de souris et de rats, 
on leur enjoint d'avoir à vider les lieux, par une afflctie 
placardée au mur, où il est écrit: 

RattoD and mou se, 

Lea' the puir woman'a hoase; 

Gang awa' owre by to 'emill. 

And thei'e ane and a' ye '11 get your flll. 

Chahbers, p. 339. 



MUS DECUMANUS. Pallas. 

LE SURMULOT. 
I. 

1. — « Le surmulot est la plus grande espèce de rat 
d'Europe ; il est indigène de l'Inde et de la Perse et s'est 
introduit en Angleterre et en France vers 1730, importé 
par le commerce maritime... 11 fréquente de préférence le 
bord des eaux, les égoftts des villes et des canaux d'où lui 
vient le faux nom de rat d'eau. » (Sélya Longchamps, 
Micromammalogie, p. 53.) 



Doiii--cd-t,'Goo(^lc 



Sb mus HU8CULU8. L. 

On l'appelle donc: 
BAT d'eau, ff angais. 

HAT D'AnvB, -wallon, Selya-Lougchamps. 
HAT d'aioo, Qard, Creapon. 
RAT d'iau, Centre, Jaubert, 
RAT DELS FOssATs, Catalan des Pyrénées-Orientales, 

Le nom de rat d'eau s'applique plus ordinairement à 
YArvicola Amphîbius. 
2. — Il est plus grosque le rat noir, de là le nom de : 

GROSSE BATTE, f., Lille, Norguet 
11 ressemble au mulot mais il est bien plus gros, de là 
ce nom de formation relativement moderne : 

SUBMULor, fk-an;ais. 
c'est-à-dire, qui est au-dessus du mulot en grandeur. 
Cf. S«lr«tiir«n eap. Nemn. (d« s«l>r«=SDpsr et de tiiraii=mDtot selon Nemnlcb.) 



MUS M0SCULUS. L. 

LA SOURIS. 

I. 

l. — Du lat. sorex, soricem, viennent: 

sonis, f. anci français, 

soBi, m. wallon. 

gOBi, Flandres, Vermesse; Rouchi, Hâcart; wallon, Selye 

Lonechamps. 
SOBITE, f. provençal. 
SUHiz. /- ano, français. 

XKTTTE. f. Mona, Vermesse; Centi-e, Jaubert. 
30CBIS, f. ft-ançais. 
soVRis, tn. Centre, Jaubert. 
SBHI, m. Langres, Mulsou. 

SBRi, Haute-Marne, Tarbë; Picard, Marcotte; Pays messin, 
recueilli peraonneltement. 



Doili--cdtyGoO(^lc 



MUS MUSCULUS. L. 29 

nu, T, Pays meoBin, recueilli perBonneUemeot. 
soDAHis, Toile, Beronie. 
aousHi, normanil. Le Héricher. 

et. SorlM, Soree, Soreio, ital. — Sotm, Sots», Brescla, InuUek. — Suiil, 
sicilien.— Soiu, vénitien. — Sonc», province de Naples, Costa.— Sorca. 



2. — D'une forme diminutiye de murem dérivent : 

UBSO, /. Tarn, Gary. 

MtBGDKTO, f. Oerii, Céoac Montant. 

La forme suivante se rattache aussi à murem : 

HDBENA, f. ancien provençal, Raynouard. 

3. — Dans les mots suivants la souris est considérée 
comme étant la femelle du rat ou comme étant nn rat 
en petit. 

BATA, IIATT&, f. Suisse romande, Bridel, Grnyère, Comu, 

RATTETTA, f. Suisse romande, Bridel. 

hato, /. Bonches-du-Rhône, Villeneuve; Var, Départ, du Var, 

gr. in-fol. de 104 p. 
RATTTB, KBTTE, f. payB messin, rec. pers. — Saint-Amé, Thi- 

riat, — Montbéliard, Sabler. 
RCBTTE, A Ban de la Roche, Oberlin. ' 

RATBTA, /. Nice, Risso. 

BOTOTB. f. Les Fourga, Tissot. 
Cf. Ratvn espagnol. 

4. — De ses habitudes de rapine viennent les mots : 

FDBO, m. Gard, Crespon. 

BAT FOBBT, MI. catalan des Pyrénées-Orientales, Companyo. 

5. — On lui applique aussi le nom suivant qui sert à 
désigner d'une façon générale les rats et les souris: 

GARBi, provençal, Castor. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



80 MUS MU8CULUS. L. 

6. — La petite souris s'appelle : 

souBiCEiD. m. français, 
somucETTE, f. anc. ie. Littré, 
soRissBAn. m, anc. fr. Cotgrave. 
«ORissoN, m. anc. fr. Cotgrave. 
SOtJHisBON, m. anc. fr. Colgrave. 
UIZUBTTE, f. waUoD, Orandgagnage. 

L'instrument pour la prendre : 

soDRiciÉHE, f. français. 
30UBHICH1IHE, f. normand. Le Héricher. 
SUREBITE, /. picard, Corblet. 
CHUBKETTE, f. rouchi, Hécart. 
SDBGETTB, Caen, Dumérll. 
&UIKETTE, f. l'icard, Corblet. 

8. — Autres dérivés du mot soricem : 
BORISER, chasser aux souris, Cotgrave, 
SODRICBR, id. Normandie, Le Hérieher. 
SOURIOBR, preneur de souris, Cotgrave. 

SODRETIEB, id. Id. 

SODRITB, rongé par les souris, qui a l'odeur de souris. Centre, 

Jaubert. 
BOUAIGN, qui aime à prendre les souris. Cotgrave. 
VERUINE SOUBICIËEE, la gent des i-ats et des souris. Cotgrafe. 
SOURCIN, id. Haute -Normandie, Le Héricher. 

9. — La souris est d'une couleur grise particulière que 
l'on appelle gris de souris. 

10. — On dit proverbialement; 

Chercher un nid de souris dans l'oreille d'un chat. 
Ou: 

Ce qui n'est ni ne peut être: 
Nid de souris dans l'oreille d'un prêtre. 
Leroux . 
11. — Proverbe: 

n ne faut qu'une souris pour faire peur au méchant. 

RBIHSBERS DmuNGSl'BLD, t. II, p. 188. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



ABTICOLA. AHFHIBIUS. L. 31 

12. — On dit d'un enfant qui a de belles petites dents 
blanches, qu'il a des dents de souris. 

HÉCABT. 

IL 

1. — Proverbe : 

La Montagne a enfanté une aouris. 

(Voir l'esplication mythologique de ce proverbe dans Qubematis. 
Mythologie Zoologique, trad. 1. 1[, p. 69.) 

2. — «Une faut point flierlejour de carême-prenant de peur que 
les souris ne mangent leâl tout le reste derannée.>Tliiers, t.I, p.296. 

3. — < Manger une souris guérit de la coqueluche >.Jformanilt>, 
Pluquet. 



ARVICOLA AMPHIBIUS. L. 
LE RAT D'EAU. 



1. — Cet animal vit sur le bord des rivières et des 
étangs; d'où ses noms de : 

HAT d'eak, m. français, 

ftAT d'aIguo, m. Gard, Crespon; Bouches-du-RhAoe, Villeneuve. 

BAT d'aï&ua, m. catalan dea Pyrénées -Orientales, Companyo. 

ABRAT ATGAssÉ, m. Sers, Cénac-Montaut. 

OABiii d'aioa, m. Bouches-du'RJiflne, Villeneuve. 

OABRI d'aigo, m. Nice, Rissu. 

et. Rai donr, Hab Dmr, breton armoricain, Tasié. — RUon d« a^na, 
espagnol. 

2. — A. cause de ses habitudes, et aussi par suite d'une 
certaine ressemblance, on l'a appelé loutre et petite 
loutre : 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



32 ARTICULA AKVAUS. LACBPEDE. 

BOLLA (*),f. Jorat, Razonmowaki. 
noLLSTTA, /. Suisse romande, Bridel. 
3. — On l'appelle encore: 
HAT Burou, m. Tarn, Gary. 

RAT fiiiFOT, m. catalan des PjrrénéeB-OrientaleSj Companyo. 
RAT GHiouLB, m. Hérault, Marcel de Serres. 
GARRi GBtou, m. Bouches-du-RhAne, Villeneuve ; Var, départe- 
ment du Var, gr. in-fol. de 101 p. 
Cf. pour ce* deui derniers noms l'article Migim. 
HDLOT, m. Oenève, Fatio. 
TAUPE QHiSG, /. Suisse romande, Fatio. 
RATTE, GROSSB BATTB, f. wallou, Selys LoDgchamps. 



ARVICOLA ARTALIS. LacÉPÈDE. 
LE CAMPAGNOL. 

1. — On le confond habituoUement avec le Mus Sylva- 
ticus. Tandis que les rats et les souris {^équentent les 
habitations, le Campagnol vit dans les champs, de lA 
ses noms : 

GAHBi DES cHAMPa, Bouches<du-RhAne, Villeneuve. 
CAUPAONOL (■), français. 
RAT DBS CHAKFS, fTançais. 

OARBI DB VIONA, Nice, RiSflO. 
PETIT BAT DBS CHAltPS, ft-auçalS. 

RBTTB DBS CHAHPS, Saint- Amé.Thiriat. 
SODBIS DE TBRBE, frangais. 
Pi Cf. it. Cunpagnnolo. 

2. — Il a la queue plus courte que le Mus sylvaticus; 
on l'appelle donc: 

COURTS QUEUE. 
HULOT tX)UHTE QUEUE, 

HATTB œuETTE, (Rat petite quene) Bourgogne, Buffon. 
(i)BoUaslsnlfle loutre. 

(>) C'est Baflon qui a bit entrer ce mot daus la laugna (nui{aise: «Je l'ap- 
pelle Cmpasul, de BODDomenitBliBD,CimptgBoll>. Vol.Sp.SiOen note. 
(3)Tiipot«TralnolD,ltal.—IlattneimMil]W, espagnol; Onpingl, espagnol. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MUS SYLVATICUS. L. 
MUS SYLVATICUS. L. 



1. — D'un radical mid (on trouve dans les Gloses de 
Reichenau talpas = muli qui (crram fodunt), viennent 
les mots : 

HCLOT, m. fraoçais. 

LUMOT, m. tourangeau, Brachet (par trauspoaitioa des deux 
consonnee-net;.) 
CL Hol (taupe) bollandais, -- mole (taupe) anijla.iâ. 

2. — On lui donne quelquefois les mêmes noms qu'à la 
taupe : 

TARPA, f. Suisse romande, Bi'idtl. 

ZOPA, f. Suisse romande, Bi'idel. 

DAHBOU, m. provençal. Castor; Bonohes-du-Rhfloe, Villeneuve. 

MAHBOUs, m. Bouches-du-Rhône, Villeneuve. 

Je ne sais comment expliquer cette dernière forme qui 
semble être une corruption de Darhoun. 

3. — On lui donne aussi l'appeliation de petite souris : 

H'SBT, tn. Les Pourgs, Tissot. 
kCsblotte, f. Yonne, Cornât. 
HUJELOTTB, Yonne, Cornât. 
MUSOT, m. Jura, Monnier. 

4. — Il vit dans lescliamps et dans les bois-; par oppo- 
sition aux rats et aux souris qui viventdans les maisons, 
on l'appelle : 

RAT DES CHAMPS. 

RAT CAMPESTBE, catalan des PyiiJii(;cs.O:'icn(alcs, Cjmpanyo. 
FURO DEI CHAMPS, Gatvl, CrespoQ. 

SOURIS DE TERRE. 
(Voyez à l'arliclo Arvicola arvaîis.) 
et. lopodl cunpagM, itai. — Ruon ounpesliii), espagnol. 

5. — Pour le distinguer de V Arvicola arvalis, qui a une 
queue courte, on l'.ippelle : 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



34 MUS STLVATtCUS. L. 

LONGUE OUEUBi f. tr. 

RATTB X homvs QUEUE, f. tr. 

RATTB A LA GRANDE QUEtE, f. Bourgogne. 

6. — Le mulot procède par sauts, de là ses noms de : 

HAT SAUTERELLE, /. tt. BuffOD. 

SAUTEUSE, f. Moselle, Bolandre. 
LEVBBTTBj /. Suisse romande, Bridel. 

7. — Le nom suiyant du mulot, vient sans doute de ce 
que son corps est plus ramassé que celui des autres rats 
et souris : 

BAT COURT, m. proTcnçal, Castor. 
et. CoKon, espagnol, Inailch. 

8. — Je ne puis pas expliquer les noms suivants qu'il 
porte encore ; 

UBRLOD, picard, Corblet. 
MOUTFHKTTB, f. SalntAmé, Tliiriat. 
conRBHisE, wallon, Grandgagnage, 

9. — Dérivés du mot mulot : 

MULOTBR, chasser aux mulots, Cotgrave. 
HULOTEUH, ctiasseur de mulots, Cotgrave. 

10. — Les mulots font de grands dégâts dans les em- 
pouilles d'automne où ils coupent une quantité de tiges. 
Les plantes ainsi mutilées poussent d'autres tiges, mais 
le plus ordinairement ces rejetons n'arrivent pas à ma- 
turité, lis donnent ce que en plusieurs localités les pra- 
ticiens nomment des verderons. De là ce dicton : 

Une souris dans champ de blé 
Naît plus que souris dans grenier. 

Gayot, t. I",p. 37. 

11. — On dit proverbialement : 

Bndonnir le mulot. 
C'est-à-dire amuser quelqu'un pour le tromper. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MT0XU8 (qenre) L. 35 

Cette expression vient de ce que les oiseaux do proie 
très friands de mulots exécutent autour d'eux pour les 
fasciner et les prendre des cercles concentriques de plus 
en plus rapprochés. 



MYOXUS (Genre) L. 



(Les noms qui suivent, s'appliquent également au 
Myoxus glis, au Myoams nitela et au Uyoxus avella- 
nartus.) 

1. — Du lat. glirem, viennent : 

OLIHE, M. provença.1. 
GLiï, m. AïOou, MilleL 
Cf. fiUrn, Province de Naplea, CoiU. 

2. — La prononciation du groupe gl étant trop difficile, 
le g est tombé: 

LIRO, [^ZtVem] Limousin, ChabaneaUi Revue des langvss ro- 
manes, t IV, p. 65L 
URE, m. Berry, InUrmédiaire. 10 déc. 1874 p. 607. 
iSSh, m. français. 

Lou, m. Haute-Sadna, Percy-le-Oraoïl, Dartoia. 
lÀ, m. Lorraine, Intermédiaire, 10 déc, 1874, p. 687. 
Cr. I^, breton armoricain, Tult. 

3. — Ou bien c'est l qui est tombée : 

GAI, m.l'giretn'] Orbe (Suisse), Bridel, 
Gusu, m. l'girent] Suisse romande, Bridel. 
000, m. l'girem] Jura, Dartoia, Ogérien et Toufcin. — Chilona- 
8nr>SaAne, Intermédiaire, 1" année, p. 84. 

Cf. SU, Val-3Hiu, HIgrs, p. 10. — SI. OéQova, Daurli. — Wn, ItàUm 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



HY0XU8 (genre) L. 



4. — On autre moyen de faciliter la prononciation âe 
gl a été de transposer r et l. 

RAT GRILL, m. [Rattum'grileml catalan dea PyréQâeB-Oi'ientalea 
Coin pan y o. 

Cf. Grenl, Bllemand, Geunn-. ~-Sr«D*l <i), Bail, Btlinum , Sollnaiw, alle- 
mand, Nemn. —R«ll, Btllnuinu, anglais, Nemn. 

5. — Les noms suivants se rattachent probablement 
au mot glirem: 

QABRI, m-, pTovenyal. 

GÂRRi DE eavesc, Var, département du Var, gr. in-fol. de IM p. 

GABRi s'aurre, m. Nice, Risao. 

BAT QABIAU, m. Centre, Jaubert. 

HAT GRIOULË, m. Tam, Gary. 

EAT GRIOCLE, m. Hérault, Marcel de Serres. 

HAT ORIEOUBÉ, «t. Provençal, Castor. 

rat oreocle, m. Provensal, Dletz. 

RAT CALHOL, m. Toulouse, Poumarëde. 

rat cayé, m. Gard, Creapou. 

Eam. — Lemot proï. BUrlaunesigaiflcBtloii(rès.géaérBle,IlBiguiaeéga- 



Cf. (tiUari, falltri, Provloca de Naples, C«stt. 

6. — Le mot latin.0ircm avec le safflie onem a donné 
les dérivés suivants: 

GLIBON, ni. anc.français, R. Bstienne, la Maison Rustique, 1582. 

GLBRON, m. anc. A-auçais, Scheler. 

LmoN m. français. 

ALIRON, m., [L'a prostbétiquea âté, je pense, annexé par la difB- 
cnlté qu'on avait <te prononcer glirott.'] Poîton, Lalanne. 

RAT LiRON, m. département de la Vienne, Lalanne; Chef Bou- 
tonne, Beauchet-Filleau. 

KAT LURON, m. département de la Vienne, Lalanne. 

Cf. olaro, [='g4liNn«ii],fltero, Ital. Baffoullroa, espagnol. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



7. — De leur couleur on appelle les Myoxus ; 

BAT 0HI3, m, Isère, Charvet, 

QMS, m. Haut»5a6De, Jura, Dartois. 

8. — Les Myoxus dorment pendant toute la mauvaise 

saison; d'oùleurs noms de : 

RAT DORMANT, m. français. 

RAT DORUEUR, m. Jura, Ogéi'iea. 

DROUHIANT, Jura, Ogérien. 

DROuuiAN, m. Jorat, Razoumowaki. 

uiiR MRKAiTT, m. français. 

LA DonuAKT, m. français. 

DOHMiTON, m. Normandie, Le Héricher, p.S89 du E* vol. 

HAT DOHMiDOB. m. catalan des Pyrénées-Orientale», Compaoyo. 

RAT QORD, tn. [ratengourdi] Centre, Jaubert. 

RAT GORDAU, m. id. 

- BAT-DOR, tn- Bourgogne, BulTon. 

RAiTTB NBiiHiÉRE, f. Montbâlîard, Sallier. 



)er Anglais. —Schlafrat» allemand, Hamnlcb. 

9. — On a assimilé ces animaux aux sept dormants de 

la légende : 

SOT DOIRHAHT, wallon, Selys Longchamps. 
cr. SUbtnuUftter, allemand. 

10. — On dit proverbialement: 

Dormir comme un loir. 
Paresseux comme un loir. 

11. — Pour l'hiver cet animal fait ample provision de 
graisse; on dit: 

aras comme un loir, 

II. 

1. — Le vulgaire croit que ces animaux dorment pen- 
dant sept ans de suite. {Centre, Jaubert.) 



ii,Goo(^lc 



38 HTOXUS NITELA. L. 

MYOXUS GLIS. L. 

LE LOIR. 
I. 

Nous venons de yoir les noms sous lesquels on con- 
fond les diverses espèces de Myozus, voici maintenant 
ceux qui serrent à les distinguer entre elles: 

1. — LeMyoxusglis est particulièrement connu sous 
le nom de: 

LOIR, m. français - 

8. — Par sa queue à panache et la forme générale de 
son corps il ressemble à l'écureuil ; il en diffère en ce 
qu'il est gris. 

sSQDiROOn GRIS, m. Boucbes-du-RhOne, Villeneuve. 

BAT BSQDIBOL, m. catalfin des PjréDées-Orieutalea, CompanYO 

S. — Je ne comprends pas la forme: 

uissABRO, /., Tara, Gary. 

4. — Il a de plus longs poils que les autres loirs et les 
autres ral^. 

RAT VBLU, m. Cotgrave. 

RAT VELE, >n. vieux A'aDçais, Buffon, t. II, p. 360, note. 



MYOXUS NITELA. L. 
LELÊROT. 
1. — De glirem avec le sufflcce ot on a fait : 

LiBOT, ffl. françaii. 

HAT LÉKOT, M. PajB ds Bray, Decorde. 

Cf. terota, Espagnol. 

Do,l,.cdbyGoO(^lc 



unoxva atellanasius 39 

2. — Le Lérot fréquente les Jardins et les ver^rs tan- 
dis que les autres Myozus habitent les bois. 

GABBi DE CjUEPAONi, m, Nice, Risso. 

J3ABBI DE JAHDIN, m. Boucbes-du-RhAiie, Villeoenve. 

BAT DES VBHBER3, w. Jura, Ogéfien. 

3. — De sa couleur roi^e-brun il tire les noms de ; 

hatbAiaiu), m. Jura, Ogérien. 

RAT BAiLLOT, »t. Paya de Bray, Decorde. 

Le mot : rat vairet que M. Le Héricliar dit être usité 
pour désigner une espèce de mulot, s'applique sans doute 
au lérot. 

4. — Je n'explique pas les formes : 

voisiEV. m. Bourgogne, Butfou. 

vorasisn, m. Bourg. BufTon. 

£AT BOUDOr, m. Doubs, Buffon. 

HAIT vonxOT, m. Haute-Saône, Dartoia. 

RAT GonooT, m. Doubs, Dartois. 

RAT TODsiÀU, m. Youne, rec. perBonnellement. 



MYOXUS AVELLANARIUS. L. 

LE UUSCARDIN. 

Le l'ital. Moscarâino, vient le mot: 

[, français. 

2. — Le myoxus aYellanarius est on grand mangeur d 
noix et de noisettes : 

CROQUE NOIX, m. français. 

CBOQUE NOISETTE, m. A-BDCaia. 

CRAHE KAVAT, m. walloQ, Debj. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



40 URSUS ARCTOS. L. 

CROBB NBUHE, MI. walloD, Dcb;. 

CHBOCHB NBTTHKTTE, m. -wallon, Deby. 

CBEUdUK NEITSETTB, m. piuard, Corblct.. 

MBHG& BjLLLàhbs ('), catalan des Fjrâûéea-Orientalea, Companyo. 

CBOPE H&i;s&, m, wallon, Sélys Longcbanips. 

Cf. Eiuelnuaset Hnnbelswr, allemaail. 

3. — De sa couleur, il tire les noms de ; 

BAT lÀCHB, Jura, Ogét'ien. 

BAT d'oh ('), Bourgogae, Buffon. 

Cr. Sonce roSM, napolitam, Coita. 

4. — On l'appelle encore ; 

CASTALAGNon, m. Oenève, Fatio. 
HALAOMOD, m. Suisse romande. Bride), Fatio. 
MARAGNOO, m. Suiase romande, Brtdel. 
LA BnATÉ, m. Saint-Amë, Thirîat. 
LIRAI, m. Nice, Risso. 



DRSUS ARCTOS. L. 
L'OURS. 



1. — Du lat, ur£u5 viennent : 

ORS, URS, m. ancien provençal, Raynouard. 

OURS, m. français. 

os, m. catalan des Pyrénées- Orient al es, Companyo. 

OCDE, oucHE, m. (prononcez ohh, oubh) Ban de la Roche, Obei-Un. 

La femelle île l'ours est appelée: 

ORSA, URSA, ancien prorens^, Raynouard. 
OQRBK, français. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



UESUS ARCTOS. L. 



2, — Les petits ours portent le nom de : 
ORSÂT, m. anc. 'prorençal, Raynouard. 
DUBSBT, m. français, Cotgrave. 
OUKSEAU, m. français, Colgrave. 
OURSELBT, m. français, Cotgrare. 
OUBSETBL, m. fi-ançaia, Littrd. 
O0IISON, m. français. ' 

OURSILLOH, m. français, Cotgrave. 



3. — Du mot wrsits on a fait les adjectifs: 
onHSAL, fr. Cotgrave. 

OURSIN, URSiN, fr. Colgrave. 

4. — On dit d'un homme très-Telu, qu'il est velu comme 
un ours, et on donne à celui qui a le menton couvert de 
poil, le sobriquet de: 

BOUT D'OURS, département du Clier, Jaubert. 

5. — "On dit d'une personne qui prend de l'embonpoint 
quoiqu'elle mange peu et se donne beaucoup de peine: 
"Elle esi de la rtature de l'ours, elle ne maigrit pas pour 
pâtir." L'ours, disent les naturalistes, peut passer plu- 
sieurs semaines sans prendre de nourriture, car l'abon- 
dance de sa graisse, lui fait supporter l'abstinence, et 
vers le commencement de l'hiver, il se recèle dans sa 
bauge, d'où il ne sort qu'au bout de quarante jours, 
presqueaussigros qu'ilyétaitentré.»QuiTARD, 1842, p. 576. 

IL 

1. — C'est une erreur de croire que les petits oursons 
naissent informes et que la mère est obligée de les lécher 
pendant longtemps pour leur donner une tournure pré- 
sentable. 



n.,Googlc 



43 OR8D8 ARCTOS. 

2. — Le proverbe bien connu : 

< Il De faut pas rendre la peau de l'onra Avant de l'avoir tué. > 
se rattacbe à d'anciennes fables. 

Dans quelques pays c'est (l'une peau de renard "qu'il 
s'agit. 

3. — • C'est une superstition de croire qu'on n'est plus 
susceptible de la peur quand on est monté sur un ours." 

Thieks, t. 1, p. 388. 
« La menue populace croit que pour n'estre pas sujet à 
la crainte, il faut avoir monté sur un ours. Les montreurs 
d'ours profitent de cette croyance et, moyennant rétri- 
bution, font monter sur leurs animaux tous les enfants de 
villages qu'ils traversent. •• 

Fledrt de Bellikgeh, p. 57. 

4. — La légende' rapporte ainsi qu'il suit l'origine 
de l'ours : 

« Do to qu'Diù hayoit dsu tierre, il n'y sont in homme qu'lo vloit 
faire doté. Il se t'noit dtere in buo et quo lo boiin Diù paiasoit, il é 
fait d'aina-là, oc?ie ('). Mais cote Sauveu H dchaù ; te serda comme 
P6 fait, et vali comme lis ochea so vnua au mAne C). » 

Ban de la Roche, Obbrun, p. 240. 

Voici sur le même sujet ce qu'on raconte dans les 
Pyrénées : 

« Oieu passa, un quidam grogna, Dieu le change en ours pour 
qu'il grogne & son aise. D'autres rapportent qu'un forgeron, fier de 
son art, fWippa sur son enclnme en présence de Notre 'Seignear un 
fer rouge dont il fltvoler jusqu'à lui les éclata. Dieu lui dit: 

Ous bos esta et ous seras 

En tout arbre puyeras 

Sous qu'en hau nou pouderas. 

(1) Ocba signifie onra au Ban de la Roche. (Voir plus haut.) 

{■) G'est-k-dire : Du temps que Dieu Tirait sur la terre, ud bomma caeltd 

dans un boisTOulut lui bire peur et cria brusquement ochB, Dieu lui dit; 

Tu seras comme tu as dit ; (oche = ours) et c'est comme cela que les ours 

sont venus au monde. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



URSU3 ABCTOS L. 43 

A. quoi l'insolent répliqua: 

Arringa lou que Itarey(i) 
CORDIBR, Superstitions et Légendes des Pyrénées, Sittleiin de la 
Société Ramond, octobre 1867. p. 133 et 134. 

5. — "Chevauclier sur un ours est un préservatif contre 
certaines affections. Placez un petit enfant sur l'écMne 
de la bête, qu'elle marelle et fasse neuf pas; reprenez-le 
aussitôt et il est exempt d'une gourme appelée \&maide 
Saint Loup etde l'epilepsie qu'on nomme le mal de terre. 

CORDIBB, Sup. et Lég. des Pyr., Bull, de Ut Soc. Ram., oct. 1867, 
p. 131. 

6. — Les ours ont une grande prédilection pour les 
jeunes filles. 

< Les oura enlèvent les Jeunes filles dont ils ont dea produits 
moitié hommes, moitié ours. > 

COBDIER, Sup. et Lég. des Pyr. Bull, de la Soc. Ram., oct. 1887, 
p. 133. 

7. — L'ours reste-t-il engourdi pendant un temps dé- 
terminé, dans la mauvaise saison, c'est ce queje ne sau- 
rais dire. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on lui attribue 
quarante jours et quelquefois plus de repos absolu, en 
sus de celui qu'il vient déjà de prendre, lorsque le jour 
de la Chandeleur il sort de sa tanière et s'apergoit 
qu'il fait beau. 

€ Le jour de la Chandeleur, ai le aoleil paraît avant midi, l'ours 
rentre dans sa tanière pendant quarante jours. * 

(Stat.de la Pr.,i. SVl.) 
< Le jour de la Chandeleur 
Quand le soleil suit la banniàre (■) 
L'oura rentre dans aa tanière. > 
Prov. de l'ano. Dauph. Annuaire de la Soc. de VHist. de France, 
I&4S, cité par Leroux de Lincy. 

(1) Ours tu veux être, c 
au hatre. — Eh bien Je ] 
(!) Laprocewion. 



Doili--cdtyGoO(^lc 



44 UB8CS ABCTOB. L. 

On lit dans le calendrier des bons laboureurs pour 1618. 

< Le 2 février. Jour <ie la Purification Notre-Dame qu'on nomme 
Chandeleur, on disait en bourguignon: 

< Si fait beaux et luit Chandelonra 
Six Bemaines se cache l'oura. > 

> Et la grande pronostication dos laboureurs lo rapporte ainsi : 

c Selon les anciens le dit 
Si le soleil clair luit 
A la Chandeleur vous croirez 
Qu'encop un hyver tous aurez. 
Pourtant gardez bien votre foin 
Car il TOUS sera de besoin. 
Par cette règle se gouverne 
L'aura retourné en sa caverne.» 

Ce que maintenant il faut rapporter au 13 février et dire; 

« Si le douxiôme de Février 
Le soleil apparaît entier 
L'ors étonné de aa lumière 
Se va remettre en sa tanière 
Et l'homme ménager prend soin 
De faire resserrer son foin; 
Car l'byver tout ainsi que l'ours. 
Séjourne aussi quarante Jours.» 

fCité par Leroux de Lincy, t. 1, p. 96.) 

■Si le jour de la Chandeleur, 11 pleut, il fera bon temps, 
s'il fait soleil, mauvais temps, d'où le proyerbe: 

< Que l'ours rit on pleure ce Jour-là. > 

Ariége, Statistig[itt dt la France, t. XVI. 

A la Chandeliero 

Grand fret, grand neviero 
L'ours sorte de sa taniéro 
F ai très tours 
Etrentro per quarante Jours. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



UR8U& MELES. L. 4» 

Voici la traductioa qui est jointe à ce proverbe mété- 
réologique: 

c A. la Purification, grand froid, neige abondante ou sinon l'onrs 
Bortde sa taniâi'e, fait quelques tours et rentre pour quarante jours.» 
Hautes-Alpea, Statistique de la France, t. XVI. 

Quotid lou jour de lo Condelairo 
L'ours souort de lo cabo 
Per sept semonoa s'encabo. 

Houergue, Durai p. 517. 

c'est-à-dire quand le jour de la Chandeleur, l'ours sort de 
sa cave, il y rentre pour sept semaines. 

La signiflcatton de ces proverbes, est que s'il fait trop 
beau temps vers le 12 février (') {jour de la Chandeleur 
dans l'ancien calendrier) il y aura une recrudescence de 
froid qui durera une quarantaine de jours. 

Il est probable que le rôle que joue l'ours dans ces pré- 
dictions est dû à la mythologie {^). 

En Allemagne c'est le blaireau et non l'ours qui rentre 
dans sa tanière pour quarante jours. 



URSUS MELES. L. 

LE BLAIRE AU. 

I. 

1. — On trouve dans les textes du VII« et du VIII" siè- 
cle les mots bas latin taanis et taxo, tacoonis, dérivés dn 

(1) (Cest maintenant le ! février.) 

(■) L'ours représenta ordioairement le brillant au sein des ténèbres. 
De Gobernatls, mtliologle ïoologluie, t. 11, p. 118, trad. — loi l'ours re- 
présenterait donc le beau temps, le soleil. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



46 URSUS HBLE8. L. 

viem haut allemand 'tMtts forme hypothétique aDté- 
rieure à dahs, allemand moderne dachs, d'oà : 

TAIS, m. proTençal. • 

TAl, m. Qard, Creipon. 

TAY8, m. Tarn, Gary. 

TA-B, m. Velay, Haute-AnrergQe, Deribier de Cheseac. 

TAISSOn, m, françaÎB. 

TAisgON, m. Tarentaiae, Pont. 

TATcbON, m. id. id, 

TAixo, m. CproQ. taïcAou) catalan des Pyrénées-Orientales, 
Companyo. 

TEissouN, m. provençal. Castor. 

TBISSOU, m- Creuse, Vincent. 

taiss'hor, m. Montrêt, Qaapard- 

TÉCHON, m. mesBin, Littré. 

TAHON, TAHHON, m. Ban de la Roche, Oberlin ; Saiat-Amé, Thi- 
riat; Paya messin, recueilli personnellement, 

TACHOH, m. Ardennes, Tarbé. 

TACHOUN, m. Oers, Cénac Montant 

TA980N, m. Jura, Ogérien, Monnier ; Canton de Vaud, Bridel ; 
OenèTe, Littré, 

TACBOH, m. MontbËliard, Sahler. 

TAUSSON, m. françaîB du XVI' siècle, Cotgrave, 

Tissooim, nt. La Camargue, Jacquemin, p. 154. 
cr. TatsD Italien. — taiclo, Gènes, DescHzioae. — tejon, Espagnol, tasngo. 
Espagnol. — Ulngs, portugais. — dachi, taehs, dachibar, Allemand, Nem- 
nlch. — du, néerlandais, Nemnich. — tnisl, Eaion, Btsii. 

2. — Le terrier dea blaireaux s'appelle : 

TAS90DNA1RB, f. canton de Vaud, Bridel. 
TACHûuÈHo, TAGHODTsÉBo, f. Gors, Cénac Montant, 
TESS03ÎIÉRE, f. Jura, Lequinio, 2* toI., p. 447. 

De ce dernier mot vient jiar contraction tanière, re- 
paire de bétes fauves. 

Rsmarqnt. — Peut-être ponrrait-on rattacher à tttiansm le mot teeun qnl 
dans différents patois de la France et particuliâremeot dans le pays mes- 
sin signiSe homme grossier, mal appris. 

cr. Brock (blaireau} = a psrsos of dlrtr bablts dans le dialecte de 
Buiniiln, Wslter eragar, lob igrlu brock. 

cr. (pour la forme) tansson = blaireau dans Cotgrave. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



UBSUS HELE8. L. 47 

Dans le Centre le mot tesson sert d'injure. Jaubert. 

3. — De sa couleur le Blaireau tire les noms de : 

OBISABD, m. picard, CorUat, Marcotte ; — rouchi, Hécart ; fran* 
çais, CotgraTe. 

Le gris sale est la couleur qui domine dans le poil de 
cet animal. 
Cr. 6rar, augUlE. 

4. — Son pelage est d'un gris brun en dessus, noir en 
dessous. On l'a appelé d'un nom qui, je le crois, signifie : 
qui est de deux couleurs. (') 

BBDon, m. Avranches, Le Héricher. 

BEDDÀiTi m. Anjou, Millet. 

BEDQUAIT. tn. ancien français (dana une ordonnance d'Henri IV 

de 1600, selon Moatesson. 
BEDODE. BEDOUE. m. Cotgrave. 

BBDOuiL, (—petit blaireau), Cotgrave. 
BBDOUAD, (=petit blaireau), Cotgrave. 

Je donne cette étymologie sous toute réserre. Skinnerus - 
d'après Ctarleton, p. 18, fait dériver le mot anglais 
badger, d'une forme française bedouer. Ce dernier mot 
avait-il autrefois le sens de blaireau ï 

6. — Littré, Scheler, Brachet, sont d'accord pour voir 
dans le mot blaireau, un dérivé de bladarellus, diminutif 
de bUuktrius, {marchandde blé,) adjectif dérivé de bladum, 
blé. Le blaireau aurait été ainsi nommé, comme voleur 
ou destructeur de blé, ou comme accumulant des provi- 
sions de céréales dans son terrier. 

Pour la forme, rien à objecter à cette étymologie, mais 

(1) >une des chenilles de l'orme est très-aisée à désigner, et elle m'a paru 
devoir etraappel^elabedftndt, parce que son haliit est de deux couleurs.» 
Béaumur, Mém. p. serv-àltitst. desias. 1734, p. SE. 
cf. aussi corneille IwdMide. c.-K-d. lacorneille mauteUe, qui a deux couleurs. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



48 UR8US HELEB. L. 

pour le sens, on peut répondre que si cet animal mange 
quelquefois du blé (ou plutôt du mais et du aarrazin) il 
n'en fait pas sa nourriture ordinaire et qu'en tout cas il 
est fauï qu'il en fasse des provisions pour l'hiver, puisque 
passant cette saison complètement engourdi il n'en a pas 
besoin. 

Il est possible que ce nom de blaireau vienne de ce 
qu'on a pu trouver une ressemblance entre la couleur de 
son pelage et celle d'un froment grisâtre. Celui-ci pourrait 
être, soit une espèce particulière, soit le résultat d'une 
maladie appelée le noir des céréales. 

En effet on trouve dans Hécart, Dict. de Rouchi: 
«GKisABD, QRiULE, = tentent mouiB blauc qu'un autre. 

En même temps, dans le même dialecte, grisard signifie 

JfUxireau.' 

D'un autre côté, les mots Blérie, en Normandie, selon 
Nemnich, Blary, Seine-Inf. selon Lemetteil et Blaîrie à 
Saint- Valéry, selon Corblet, désignent la Foulque {Fulica 
dira), oiseau aquatique d'un noir non très-pur qui ne se 
nourrit pas de blé. Ces noms ont peut-être un rapport 
avec le mot blaireau f 

Quoiqu'il en soit, voici les différentes formes du mot : 

BLàHEAD, BLAIBBAU, m. TtOUÇaia. 

BLARBAU, m. (r&Dçais, Cotgrave; Flaudi'es, Vermessa. 
BLABiAu, m. anc. frEta;ais, Scbeier, Lexicographie du XII' et 

Xin* siècle. . 

BLÂiniAti, m. Centre, Jaubert; Flandrca, Vermease. 
BLIKBET, m. Normandie, Le Héricher, S< vol., p. 257. 
BLÉBBL, m. Normandie, Le Héricher, id. 

et. Biittt, Ajiglais. {Pour tl&lgcr = bUtIcr, selon Scbeler. 

6. — Probablement parce que le blaireau se défend 
vigoureusement contre les chiens, on lui a donné le 
nom de : 

TUB-CHIKN, *n. Forez, Notlas, légendes, p. 315. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



UIISU3 UELES. L. 49 

7. — Cet animal porte encore las noms de ; 

RABAS, wi. Bouches-du-RMne, VUleneave. 
br'gau ('), m. SaintoDge, JAuaia. 
SiRVAGiHA, f. Isère, Charret. 

8. — Les chasseurs et les paysans distinguent habi- 
taellement deux espèces de blaireaux; les uns, à ce qu'ils 
prétendent , ont le museau d'un chien , les autres le 
museau d'un coclion. Je ne sais pas si les naturalistes 

acceptent cette distinction. 

TAixo CAHi, m. catalan des Pyrénées-Orientales, Compauyo. 
TAISO POBQUI, *n. id. 

BLAiRBAu A TÂTE DE COCHON, m. français. 
BLAIREAU A TÊTE DE CHIEN, m. français. 

TESSOK CHIEN, m. Jura, Ogérien. 

TESSON COCHON, Id. id. 

On Yoit communément aussi deux espèces dans les 
hérissons : les hérissons à tête de chien, tes hérissons à 
tête de porc- 

Q. — Le Héricher, p. 227, 2» -vol., cite ce dicton de 
Bayeux. 

Pas de porte de chàtel 
Sans martre ni blérel. 

10 — On dit proverbialement : 

Puer comme un tsisaon. 

Cet animal répand une odeur très-forte que les chiens 
ne perdent pas facilement. 

11. — On dit proverbialement : 

Sauvage comme nn blaireau. Chasse illustrée, t. 1, p. 839. 

On en dit autant de l'ours! 



n.,Googlc 



60 UCSTBLA, TULaARIB. L. 

VrVERRA GENETTA. L. 
hA OENETTE. 

1. — Les Doma suivants Tiennent, paratt-il, de l'arabe 
àjemeyth. (voyez Journal asialigue, juin X859, p. M.). 

GENBTTB, f. ft-OUçais. 

lÀMxni^ f. catalan dea Pyrénées-Orientales, Companyo. 
ZBHéro, Qard, Creipon. 
et oineta, espagnol. 

2. — On lui donne aussi le même nom qu'au patois, 
auquel elle ressemble : 

CHAT PiTOis, m. Charente, Trëmeau de Sochebrune. 



FEUS CATDS. L. 
LE CHAT SAUVAGE. 

1. — Cet animal porte les noms de : 

CiT PBB, Provence, Riaao, DarlQC. 

savASE CHBT, walIon, Selye Longchampai Deby. 

CHÉTTB sacvâGB, Saint-Amé, Thiriat 



MDSTELA VULGARIS. L. 

LA BELETTE. 

I. 

1. —Les mots suivants viennent du latin mus^&fa: 

UUBTEU, f. catalan des Pyrénées-Orientales, Compauyo. 

HOosrâLA, f. Hérault, Marcel de Serres. 

KOUSTBLLA, f. Nice, RisBo. 

HOUBiELQ, f. laoErnedocien et proTeii;aI. 

NOSTKLA, f. onc provençal, Raynonard. 



ii,GoO(^lc 



I 



HUSTELA VDLGABIS. L. 51 

KODSTKLLB, MOITSTBLG, f. anc. ll'auçais, Cotgrave; Sckeler, lesic. 

du XII' 3. —au Bonhomme (Frauche^omté), Gérard. 
MOnsTOiLLE, uonsTOiLE, f. anc. français, CotgraTe, Scheler, Man. 

de LiUe du XIII' siècle. 
HOSTALB, f. Le Tboly, Thiriat, 
iiODTiALA, Livradois, Orivel, p. 63. 
HOCSTiOLO, f. ArdËche, recueilli pereonnellement. 
HOTBLA, f. Isère, Charret 

KTULK, HOTÉLE, uonsTÈLE, f. Montbâliard, Dartois. 
HOTÉLB, f. Saint- Amé, Thiriat. 
unToàLB, f. picard. Marcotte. 
, MussoâLE, i. picard. Marcotte. 
HOTLATTE, /. Ban de laRoctie, Oberlin. 
uocsTiAVA, f. Velay, Haute- Auvergne. Deribier de Cheissac. 
MOSTKLON, (petite belette^ anc. provençal, Raynouard. 
cr. Mnstella, italien, -- mnEtela, anc. aspagaol, Kaynouard. — miistelft, 
WMttla, catalan, Raynouard. 

2. — A cause de sa propreté, de la gracieuseté et de la 
mignardise de ses formes et aussi à cause des vertus 
bienfaisantes que la légende lui attribue, ou l'a appelée 
la belle, la jolie; i^) 

BBLE. f. ancien français. 

BELBITB, f. français. 

BLETTE, f. ancien français. 

BELETO, f. limousin, Foucaud. 

beltot' /. Les Fourgs, Tisaot. 

BALOTTE, f. Montrât, Qaspard. 

DERO-OA, (<) f. [Esbellucaml] Hante-Auvergne, Deribier de 

Cheissac. 
POCLIDO. f. languedocien, Sauvages ; — Toulouse, Poumarède. 
Cf. Mllna, Gênes, Descrizione. — Béllora, Milan, DLez. — B«dliila, surde, 
Diez. — Bérola. C6me, Diez. — Benla, Parme, Biez. — Baddattais, aicilien, 
Diex. — Baittt, espagnol, Diez. — Falry, Folparro 'va Cornwal, Notes and 
Queries, In série, vol. X, p. 300; et ancien anglais. — ScbontUrleln, acbon- 
dloglelii, BaviËre, Diez. — Coaotlc Ooliette), Gaerall (de Caer beau), Fropic 
(proprette), breton armoricain, Supplément aux dict. bret. in-1. 1.ander^ 
nau ISTi. 

(i> laiM, Fatrat = Mnstela. litipliKlMllj = a thin fiuwd person of dimlnu- 
tlve stature ; used alao as a term of endearment. (Banlbliire, aregor.) 
(!) Cf. le mot limousin belDji qui signifle Ii«IIe,Chal>sneBu,S*Tol. de la 
Revue des Langues romanes, p. 373, et le béarnai* Mror, beau. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



52 UU3TELA VULâAKIS. L. 

3. — On a donné aussi à cet animal un nom familier 
qui équivaut à : chatte, petite chatte ; pour le désigner, 
on a pris le féminin du mot marcou, qui signifie cltaf 
mâle : (*) 

UARCOLLB, /. VézeliBe <Voagea}, recueilli personnellement. 
tUMOLATTB, f. Lunéville, Oberlin ; Château-Salins, recueilli 

personnellement. 
BIAHCOTTE (^} f. walIoD, rouclii, Selje Longchampa, Orandga- 

gnage, Hécart, Sigart, VermesHe. 
lUROOiAiNE, f. Lille, Norgaet. 

PETITE UAKGOTAINB, f. id., îd. 

BAacoLLE, f. Meuse, Cordler. 

BAKCOi-ETTE, f, Meuse, Cordier. 

BASECOLBTTE, f. Arilennes, Orandgagnage. 

BAS-CODLB, <>) f. Meuse, Cordier. 

BACALE, BACAYE, f. payB messln, recueilli personnellemeat. 

BACOLLB, f. Aube, Ray. 

,E, f. Reims, Saubinet; Hame, Tarbé. 

;, /. Vervins, Corblet. , 

BOcouLE, f. Pont -à-Mousson, recueilli personnellement, 
BACOULOTTB, /. Courtisols (Marne), Orandgagnage. 

■ Les formes MarcoUe et BarcoUe, Margolatte et Barco- 
îette, se trouvant simultanément dans la même province 
(la Lorraine), m'autorisent aies assimiler. 11 y a eu chan- 
gement de la labiale m en la labiale t>. 

Il est de même impossible de séparer les formes Barco- 
lette et Basecolette. 11 y a eu changement de r en s. 

' 4. —Autres noms de la belette: 

MDaAiTB, f. (dérivé de mus Houria) Orbey, Gérard, Mammifère» 

de l'Alsace.) 
voDDOTTE, f. Baume, Montbéliard, Dartois. 

(i>llU'Ooa, = vLeui chat mile, ancien français, Colgrave; Reims, Sau- 
binet; Normandie, Travers; llftrgon,^= chat m&le, NeufcbStet, Bonhote. 

(>) Harcotte, en rouchi, a aussi la atgniflcatlon de jHuw Bile fin, it«itr- 
Ufl. Orandgagnage. 

<>) Doit-on prononcer busMonle oi bwonls i 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MCSTELA VULGA&I8. L. 53 

PANCARBO, /. Qers, Cénac-Montant. 
vouBPOTTE, f. Hontbéliard. Sabler. 
VOmPlTTK, f. Moatbéliard, Sabler. 
MABLODVETTE, (') f. -walloD Qraadgagnage. 

5. — On dit proverbialement: 

Crier comme une belette ea couches, wallou montois, Sigart. 

6. — Autre locution proverbiale: 

Lo poQliâo (la belette ou la jolie (femme) remplis pas Ion gronié. 
Rouergne, Durai. 



1. — Locution proverbiale : 

■Si unefois une fille a fait l'amour, j'aimerais mieux garder un 
pr6 rempli de belettes. > Corrèze, Bérotiib. 

allusion à quelque conte où l'on donne comme condition 
à remplir à quelque jeune bomme pauvre, pour pouvoir 
épouser la fille du roi, un troupeau de belettes à garder. 
Dans un conte de l'Ecosse rapporté par Cbambers, pour 
pouvoir épouser la fille du roi, un jeune homme doit garder 
un troupeau de vingt-cinq lièvres, dont un boiteux. U tue le 
. boiteux, les autres lièvres efi'rayés s'enfuient. Son frère 
agit autrement et réussit à garder les lièvres. 

2. — Locution proverbiale: 

Il faut Be défier même d'une belettemorte. MëHY.t. III p. 83. 

Allusion aux contes, dans lesquels la belette contrefait 
la morte pour attirer les souris. 

3. — «Les belettes portent bonheur dans les maisons.) 

(Bretagne, Habasqde, l"Tol. p. 304, eaftote.) 

<>) En roucbi, mliTlnéta, nwrlnëu, signifle femma gni esploime pour 
unir M qnl w puu dus le nlslutca. Orandgagnage, s. v. mJirlMiwBtU. 



Doili/cdbyGoOJ^IC 



54 MUSTBLA LUTEA. 

« Si l'on tuait ime belette qui a des petits, tonte U nichée viendrait 
manger le linge Jusque dans les armoires de la maison.» 

(A. de Chesnel, France littéraire, déc. 1839, p. S3.) 

4. — Une belette qui croise la porte d'un malade, est an présage 
de mort. (Horvand, abbé BAUTiAn, 1. 1, p. 47.) 

5. •— L'antlqaîté et le moyen-Age attribuaient à la belette 
le pouvoir de détruire les serpents et en particulier le 
serpent basilic. La croyance était qa'elle sa rendait in- 
vulnérable en mangeant de l'herbe appelée rue. 

Jusqu'à présent j'avais pensé que ces idées devaient 
leur origine à quelque fiction mythologique, mais si ce 
qu'on va lire est exact, il faudra y voir le résultat d'ob- 
servations d'histoire naturelle : 

< Dans ces deraiera temps, un habile observateur a pu voir com- 
ment la belette se préserve des effets du venin de la vipère en mâ- 
chant, lorsqu'elle en est mordue, des feuilles de pet d'ftne {Onopor- 
don acanthium), ou des tiges de verveine, > 

Sug. NOBL cité par Qayot, Les Petits Quadrupèdes, t. Il, p. 194. 



MUSTELA LUTRA. L. 

LA LOUTRE. 

I. 

L. — Du latin Mra et de ses dérivés viennent: 
LUTRA,/. Nice, Risso. 
LOUTBE, f. français. 

LOUTHB, m. français, Andry ; Belon {des Poissons). 
LOUTHO, f. Toulouse, Poumarède ; — Gard, Crespon. 
LOTTE, /. wallon, Selja Longchampa, Deby. 
LOTHS, anc. wallon, Llttré. 
LOUEE, f. Centre, Jaubcrt; Jura, Ogérien. 
LORB, f, Montbéliard, Sabler. 
LEUEB, f. Centre, Jaabert. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MOSTBLA LUTBA. L. 56 

LonâKE, Aqjou, Millet. 

lOrb, {. Ban de la Roche, Oberlin. 

LECRB, ;*. Bresse chaionn&iBe, Quillemia. Aiijou, Uillet. 

LUBi, f. prov. Castor ; Hartigues, Darinc. 

UHii Var, départ, du Var, gr. \a4(ii. de 104 p. 

LDfiUi LUiBiA, LOiHiAj f. une. provenfol, Raynouard. 

LLUDBU. t. catalan des Pyrénées-Orientales, Companyo. 

LOUTBO. /'. Qers, Cénac-Montaut ; Oard, Crespon. 

Loonuo, /. Tarn, Oary. 

LouiHiO, /. Castres, Cooziniâ ; Ardècbe, recueilli perBoanellement. 

LOUiBO, LOUEiRO, f. LimouBiQ, Sauger Préaeuf . 

La forme *lora est devenue dans certains dialectes : 

ROLiA, f. Suisse romande, Bridel ; Jorat, Razoumowski. 



Cf. Loatn, italien. — LOdria, Qéues, Descriiione. — LodFla, Lndria, Italie 
dn Nord, Diez. — Lntrla, Sntrla, espagnol, Diez. — Hntra, Lodra, espagnol, 
Nemnlch.— L(Hulra,Lt«iidra, Asturies.Nemnicli. — Loatra, portugais.— Otter, 
anglais, allemand. 

2. — La loutre porte encore le nom de ; 
POISSON SE ROCHE, Jura, Toubin, p. 309 

3. — On dit proverbialement : 

Etre Tezé comme une loore. Centre, Janbert. 
Sans doute par allusion à la vive résistance que fait la 
loutre aux chiens. 

4. — On appelle celui qui chasse les loutres : 
LOUTBtBR, m. Cotgrave. 

5. —On appelle toMj/rfo, (loutre), l'amateur de poissons. 

Castres, Conzinié. 

IL 

I. — Si la loutre voit son ombre le jour de la Chande- 
leur, elle rentre pour quarante jours dans son trou. 

{Statistique de la France, t. xvi.) 
Voyez, à. l'art. Ours. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MUSTELA PUTORIUB. L. 
MUSTEIA PDTORIUS, L. 



L 
1. — Le putois répand une forte et désagréable odeur ; 
aussi lui a-t-on donné les noms suivants qui viennent du 
lat. putere. 

POTom, tn. anc. fp. Colgrave. 

PUTUS, m. Jura, Ogérien. 

PUTOIS, m. français. 

PITOIS, m. Jorat, RazouniowBki;Ai^ou,MiUet;LaiigreB,HulBoii; 
Centre, Jaubert; Suiane romande, Bridel ; anc. te. 
CotgraTe. 

eiToA, Ml. Haut-Maine, Moateason. 

PITIBU, m. Baute-Marne, Tarbé; Langies, Mulson. 

PITOU, m. Montrât, Gaspard; — Normandie, Cbesnon, Plnqnet. 

PBTOD, M. Montrât, Oaspard; Suisse romande, Bridel ;- Ctuil. 
deVaud, Fatio;Neufchatel, Bonhote. 

PBTsnx, PÉTOUX, m. Jura, Monnier. 

PISTOIS, m. Bretagne, Miorcec de Kerdanet. 

PTAU, m. Montbéliard, Sahler. 

PVNAizoT, m. français, Littré. 

PUANT, m. ft-ançaia. 

PUDEN, catalan des Pyr.!née3-0rieu taies, Companyo. 

P0DI3, m. Hérault, Marcel de Serres ; Gard, Creapon.- 

PUDR^u, m. Tarn, Gary. 
Il a quelque ressemblance avec le chat, d'où : 

CHAT PITOIS, m. Centre; Saintonge, Jdnain. 

CHOPiTOUEi, m. limousin, Foucaud. 

CHAT PUWAI3, m. Berry, Jaubert. 

GAT PUDis, m. Toulouse, PoumarMe. 

CHAT PUTOIS, m. Anjou, Millet. 
Cf. 6Mto spBHO, OSnea, Deac. — B btdlooilo, esp. Nemnicb. — Donloha 
fedoranU, portugais, Namnich. — StiJikN', SUBktUar allemand, Nemnioh. 
— Pntoaiq, pnduq, Morbihan, Taslé. — PniuU, italien. 

Sclielera trouvé dans des lexiques dn Xni* ilècle : 

PROiDES B= putoys, pntors. 

PDTADES = caputeis. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MUSTELA PDT0RID8. L. 57 

2. — Le putois ressemble beaucoup à la fouine ; 11 fré- 
queate de préférence les bois, la campagne, aussi l'ap- 
pelle-t^on : 

tocm DE TESRB, nt. Charente, Trémeau de Rocbebmne. 

par opposition à la fouine qui vit presque constamment 
près des liabitatious. 
On lui donne aussi le même nom qu'à la martre. 

UABTOUU, f- Nice, RiBBO. 

MADRAi, lunDBM, wallOD, Debj, Selya Longcbampa, Orandga- 
gnage. 

3. — Je n'explique pas les formes suivantes: 
VàCH&a, m. N&mur, ArdenneB, Q-randgagnage. 
vÉCHBC, viHBÛ, m. Ardennea, Orandgaguoge. 
VÉCBQV, m. pa;s messin, Jaclot, (add. etcorrect. p. 58). 
W1H&, m. liégeoÎB, Orondgagnage. 

wiXHA, ancien wallon, Qrangaguage. 

FiCHiC, m. bennnjrer, Orandgagnage; Lille, Norguet; wallon, 

Sigart, 
F0S8IAC, m. roucbi, Hécart. 
FicHBnx, Fisaranx, m. Picardie, Marcotte. 
FisaiEu, Picardie, Corblet. 
FisaAU. m. ancien français, Cotgrave. 
f'heO, paya messin, recueilli personnelleinenti Saint-Amé, 

Thiriat. 
hbA, m. pays messin, recneilli personnellement. 
CHA, m. Ban de la Roche, Oberlin. 
CHO, m. Lunâville, Oberlin. 
PCHOU, m. pays messin, recueilli personnellement. 

et liBK, (daoE le ieae de fouina) UauBe,Cord[er ~ tmo, Ttuinfl, bas la» 
Un, Ducange. — T«o, esp. Dict. de Salva 1S71, s.v. putois, aiec le sens 
de patois.— Fllch (putois), anglais, Coigrane. — Titchal, anglais. — ntoluw. 
anglais. — lii, (avec le sans de fouine) flamand, Deb;. 

4. — Les paysans appellent quelquefois le putois : 

FOUINE IULZ, 

comme si la fouine et le putois ne formaient qu'une 
espèce dont le putois serait le mâle et la fouine la femelle. 

Do,l,.cdbyGoOglc 



» HUSTBLA. FOINA. h. 

5. — Location : 

Malin comme nu fassiau. Rouchi, HricART. 

6. — Autre locution : 

L'a neir k'on peton. Suisse romande, Bridel. 

7. — Locution proverbiale : 

Bonsoir, putois, la poule est rentrée an poulailler. 
Jura, TouBiN. p, 110- 
Allusion à quelque conte. 

8. — Autre locution proverbiale . 

Tu me détournes du renard, putois, mais c'ost pour 
m'attirer vers ton trou I 

Jnra, Tocsin, p. SS3. 



MUSTELA POINA. L. 



I. 

1. — Cet animal fréquente sans doute les bois de hêtres 
puisqu'on lui a donné les noms suivants qui dérivent de 
*{tigirms, 'fagina : 

FÂoiNA, f. catalan des Pyrénées-Orientales, Compaajo. 
FAQUINO, FAHiNO, f. provençal moderne. 
HAQINO, f. Oers, Cênac-Montaut. 
SAT FAei, m. catalan des Pyrénées-Orientales, Companjo. 
FAiHA. t- ancien provençal, Elaynouard. 
FAlNO. f. Tarn, Gary. 

FElNO, f. proTençal, Darlnc ; Corrèze,Beroiiie. 
FATMB, f. ancien Arançais. 
FAIÈNNE, f. Namur, Orandgagnage. 

FAViKHE, /. ancien wallon, Qrandgagnage; pays messin, recueilli 
personnellement. 



b,Goo(^lc 



MUSTEL& FOINÂ. L. 59 

FAWÏKRE, f. wallon, C&mbréBier, Grandgaguage, Deby. 

PÂViiKEi f- pays messin, recueilli peraonneUemeut. 

FOW&iE, /. pays mesala, recueilli personneliement. 

rOBHKB, f. wallon, Selys Longctiamps. 

roUAiNiu, f. Suisse romande, Bridel. 

FoiNB, f. ancien français, Cotgrave. 

FOiNB, roiONE, f. picard, Marcotte. 

FOIN, 70UIN, m. Jura, Ogérien; Aube, Ray; Berry, Jaabert; 
Bresse cbàloonaise, GuiUemin ; Charente, Tré- 
mean de Ro«Iiebrane; Morbihan, Tasie. 

FOUiMA, f. Nice, Riaso. 

FouiNO, f. provençal moderne. Castor. 

FOUINE, f. français. 

fOIno, f. Toalouse, Poumarède. 

FOiK, f. Saint-Âmé, Thiriat. 

CHAT FOuiN, m. Saintonge et Berry, Littré. 
cr. Mua, italien, — TChMa ffln, t«^, Val-Soana NIgra, -~ Foin, cana- 
ïals, Nigra, — Fnln*, foina, yénltlen, —foin (avec le sens de martre], pié- 
montais, Diez, — Tidna, eepagnol.. — Folnba, portugais, — Folne, B«Mh- 
■arâo, anglais, Cot^aie. 

2. — Il me semble difficile de rattacher à *fagina, les 
formes suivantes : 

FLOBHNE, f- Lille, Norguet; roucbi, Grandgaguage. 
FLOBËNE, f. rouchi, Qrandgagnage. 
PERUNO, /. BoueheB-du-Rh6ne, VilleneuTe, 
FLUTNE, f, ancien A'ançais, Littré, s. y. Fouine. 
Cf. llawijB, tnnrii, flolo, liolluidais, — Saneln (dans le sens da putciB}, 
flamand, Deby. 

3. — On donne encore à la Fouine les noms suivants ; 
Visso, m. Meuse, Ckirdier. 

FiCHAU, m. Lille, Debulre de Bue. 

wiHA, WIHE0, m. vallon, Deby. 

pitO, m. Bourgogne, Mignard. 

MASBAi, HAnDRAi, vallon, Sélys Longcbamps, Deby. 

ii&BGiN ('), Centre, Jaubert. 
(1) Hargio ^ espèce de petite fouine que l'on trouve souvent nicliëe 
dans les meules et les paillons. Quand les bergers en tuent, ils tes pro- 
mènent dans les fermes du voisinage et obtiennent une petite redevance 
d'œaft, de volaille et de vin. (Janbert, Suppléaient. IBSS.t 

Cl MarUn et Muietln avec les noms de la belette dérivés de Haroon. 



no,i,.cdbyGoO(^lc 



HU8TELA FOINÂ. L. 



Centre, Jaobert. 



Centre, Janbert 



lUJiEOriH, An-Euiches, LeHéricber. 

I. aDOien français, Cotgraye. 



Ces noms pourraient aussi bien s'appliquer an putois, & 
la martre, ou à la belette, car on confond fréquemment 
entre elles las diverses espèces du genre Mustela. 

4. — Locution : 

fitreprifl commç un fouia dans nne bouzine. Poitou, Lalanne. 

c'est-à-dire être surpris, interdit: 

5. — Aute locution : 

Dormir comme un fouin. 
Dormir profondément. 
. 6. — Autre locution : 

Être enrhuma comme un fouin. 
Ètretrès-enrhumé ducerreau. 

7. — Autre locution : 

Paire la fouine {—Faire l'école bu iasonnière) Centre, Janbert. 
Fouiner, («s'esquiver, fuir). 

Cf. Paire le reDaFd=:fïira l'école buiBeonniâre, 

8. — Comme les autres Mustela, la fouine répand une 
forte odeur ; aussi appelle-t-on un homme qui, par suite 
de sa malpropreté, 3ent mauvais: 

FEmARD, Corrâze, Béronie. 

On dit d'un enfant sale : 

Obi le petit foini Centre, Jautiert. 

On dit: 

Puer comme un foin. Laisnel de la Salle, S> voL p. 83T. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MUSTBLA MARTES. L. 61 

9. On appelle une personne sournoise, au visage pointu 
et chiffonné: 

CHATFouiN, Ml. ft-ançais 
FOnmE, f, fran;aia. 



MUSTELA MARTES. L. 
LA MARTRE. 

1. — On fait Tenir le mot martre d'une fonne *martalus 
que l'on trouve dans certains textes de la basse latinité 
et qui dériverait de Martes qui est dans Martial (Ep. X, 
37, au sens de martre J Mais la leçon est très-douteuse. 

Pour moi, le mot martre doit être dans un rapport étroit 
avec le mot martin qui a la même signification, en fran- 
çais et en anglais. 

Quoiqu'il en soit, voici les noms de la martre : 

UAitTiN, m. ancien lançais, Cotgrave. 

lunTKA, f. catalan des Pyrénées-Orientales, Compsnyo. 

UABTRO, f. Tarn, Qary. 

lUHTBB, f. français. 

HABTE, f. français. 

HAHTODU, A Nice, Riaso. 

UATRE, f. Jorat, Razonmowslci. 

lUTHE. f- Isère, Cborvet. 

lUlTBB, f. Montbéliard, Sahler. 

HABTBÉ, m. provençal. Castor; aard,,CreBpon. 

H4DTE, /. Namur, Orandgagnage. 

hÂdbai, wallon, Sâlys Loogcbamps, Qrandgagnage. 

UAUDTiAi, -wallon, Qrandgagnage, Deb;. 

Cf. Marta, sarde, Azuni (î" ïol. p. *5). — mrlont, Hartora, italien, ~ lùrta», 
Oêoes, D«Bcrii. — Mana, espagnol, portugais— Martin, anglal», cotgrave. 
— llartlal, anglais. — HarMn, Hartem, anglais, Cotgrave. — Marterim, an- 
glais, Uerret (1067), — Harder, allemand. — Halir, breton dn Morbiban, 
Taslé. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



UU8TELA EBUinEA. L. 



2. — Locution proverbiale: 

Prendre martin pour renard. CotgraTC. 
Prendra martre pour renard. 

c'est-à-dire se méprendre, se tromper'. 



UUSTELÀ ERMINEÀ. L. 



1. — Le pelage de cette espèce de belette est roux en 
été, d'où ses noms de : 

BOSBLBT, m. français. 
ROSERBO, m. Normandie, Chesnon. 
ROnvBEiiii.<<J, m. Normandie, Chesnon. 
ROSELED, m. Bayeux, Duméril. 

2. — Quand elle a cette couleur, ou la confond généra^ 
lement avec la belette : 

KABGOTiN, normand. Le Eéricher. 
HOTSUETTA,, /. Snisse romande. Bride). 

Elle est cependant plus grosse comme l'indique le 
nom suivant : 

DOUBLE HAHGOTÀiNC, /. Lille, Norguet 

3. — En hiver, son corps devient tout blanc, excepté le 

(1) RonTTeaU est ansal le nom que Ton donne en Normandie b la gale 
de« ehieni ordinairement appelée le iungt. 

(Communication verbale de M. Bandry.) 



Do,i,,-c,it,.Goo(^lc 



UOSTELâ. BKHINBA. 63 

twutde la qaeue qui reste noir, ds là ses noms de: 

HUSTBLi BLAiccA., f. catoliui deB Pyrénées-OrientaleB, Compouyo. 

BUSK HABOOTTE, f, walloa, Selya Longcbamps. 

LÉncHB, /. ['laEticiam] normand, Chesaon, Travers et Daboia, 

Pluqpet. 
urnssB,/. français, Cotgrave. 

Ces derniers mots signifient blancJie comme te lait. 

BuncBB HOTitLB, /. Saint-Âmé, Thiriat. 

4. — C'est quand elle a sa robe blanche, qu'elle est 
connue sous le nom d'hermine. Ce nom vient de ce qu'au- 
trefois on £ai3ait venir la fourrure de cet animal, d'Ar- 



ÂiunnB. ;*. vieux français, Laborde, Bmanx, p. 206. 

HBBMiHB, f. franf ais. 

HBBiira, m. ancien provençal, Raynouvd. 

SRMINI, m. ancien provençal, Raynouan). 

BHHI, m. ancien provençal, Raynonard. 

EHIIB, viens français. 

lUUNBrTE, /. Picard, Marcotte. 

Cf. liBtlUno, «BflUtno, italien. — Armlno, espagnol. — Imtlia. (mil, 
anglais, Cotijtrave. — Htmulla, allemand. — Brmliileq, breton du Morbi- 
han, Tislé. 

n. 

1. — Les laitiches {musteta herminea en robe blanche) 
ne sont autre chose que les &mes des enfants morts sans 
baptême. 

Normandie, Le Bérlcber, Chrétien, travers et Dubois, Pluqnet. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



&i SOICKUS TULOASIS. L. 

MUSTEIA FURO. L. 
LE FURET. 

1. — D'un radical fitr doat la sigaification est obscure 
Tiennent: 

puiROH, m. Ancien D'ançais. 

FtJRON, m. Marne, Tarbé; Centre, Jaabert.- 

FUSA, f. catalan des Pyrénées -Orientalea, Companyo. 

FUHri, Oard, Crespon. 

FUitBT, Nice, Risso. 

FVBKT, m. fronçais. 

nJBET FUTOiS, m. Charente, Trémeaude Rochebrune. 

HURET, m. Oers, Cânac Montaut. 
Cf. Inntto, Italien. — Foron, ancien eape^ol. — Hnron, espagnol. — Fe^ 
m, anglais. — Foret, Font, Frett, hollandaia. — Frea, Fnreit, luvitel, 
Fnttel, allemand. 

2. — Les verbes dérivés : 

VOBBTBR, 
FDBOnNER, 
yiJBETONNBR, 



ont le sens de chercher partout : 

■r, espagnol.— nu-cUl, aarde, Diez. 



SCITJRUSVULGARIS. L. 



1. Du mot latin sdurusons. tiré les radicaux £^ir, 
splr d'où, dérivent les mots suivants : 

KSKmoL. m. Tarn, Oarj. 

KsociHOL, m. ancien proTengal, Raynoaard; catalan des Pyré- 
nées -Oriontales, Companyo. 
XBCiRiOL, EïcCBOL, m. ancien provençal, Raynouard. 
BSCUBOL, m. Tulle, BéroDÏe. 

lagoiKOOii, m. Alaia, la FareAlaie; Boncbeskla-RhOue, Vil- 
lenenve; provençal. Castor. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



SCIURUS VULQARIS. L. 86 

m, provençal, Castor. 
, m. Oard, Crespon. 

m. Qera, Cénac Montaut, Abadie. 

m. Nice, RîsBO. 

m. Ardèche, recueilli peraoïmellemeiit. 
ÊSKimo, m. Bagndrea de Bigocre, recueilli personitellemetit. 
ISGOIRBIIL, m. ancien français du XIII* aiècle, Scheler, ManuB- 

crit de Lille. 
IQUIRIL, m. normand. Le Héricber. 
EQmBBU, BCniRKD. m. normand, Le Héricher. 
ECUREUIL, m. lançais. 
BSCUBIED, m. ancien français, CotgraTe. 
BICOREUR, m. ancien français, Cotgrave. 
BTHIUBOIIH, m. poiteTin, FaTre. 
BCUBIEUX, m. Jura, Monnier; Centre, Jaubert. 
ÉcniBU, m. pays messin, recueilli personnellement 
ÉCHiBiEu, m. Isère, Ctiarvet. 
ècKBUx, m. Les Fourgs, Tissot. 
BGOUiion, m. Montrèt, Oaspard. 
ÉcuBON, m, Meuse, Cordier ^ Lunéville, Oberlin; pays messin, 

recueilli personnellement. 
ricUHAN, m. Ardenaes, Orandgagnage. 
8CDIU», m. Orbey, Gérard (Mammifôres de l'Alsace, p. 157); 

Saint-Amâ, Tbiriat 
BSOOniION, m. Tieux français, Littré. 

RECDEUBON, m. Vosges, Gérard (Uammifèresde l'Alsace, p. 157.) 
h'coouro, m. Ban de la Roche, Oberlin. 
SKOtOK, m. Ardennes, Orandgagnage. 
KBonoN, m. Vagney, Tbiriat. 

BKAïKU, ETMiBU, EEiAiRU, BTHUiRU, Suisse romande, Bridel. 
SPIBEUIL, m. wallon, Sigart. 
SPiHEn, m. wallon, Sigart. 
spiHOu; m. wallon, Sigart, Deby, Selys Longcbampa. 

Cf. S(u1ol, PerraTe,UuasaSa. — Scajftttolo, italien. — Schuuala, Toscane, 
llusaafla. — Schiriito, yénitieu, Muasafla. — SchlnU, Tyrol, Frioul, Braacia, 
Crémona, Mussalla. — Sgtalrato, Padoue, MussaGa. — Sglrat, Plaisance, 
Huuafla. — SchirUtl, Botogoe, Musaaita. — ScarJUnl, Romagnes, Farrare, 
Unssalla. — ScUracc, Uodène, Beggia, Mussafla. — SgUracc, Bargame, 
Hossafia. — Sglwùnle, Frioul, MuBsaila. — Sdnnina, Gênes, Hussafla, 
Desc. — EkuIIs, espagnol, portugais. — Sqnlirel, anglais, — Sdiirla, As- 
pruHO, Costa. 

5 



Doili--cdtyGoO(^lc 



66 SCIUBUS TDLGARIS. h. 

2. — L*écureiiil est quelquefois apppelé petit chat ou 
chat écureuil : 

CHAT âccHiEiix, CHAT ÉGUBEuiL, m. Centre, Janbert. 
TSAr BSCUHOI, m. LimouBin, J&ubert. 
TSAT BscuBOL, m. Tulle, Beronie. 
GATESQUIBO, m. Qers, Cânac Moutaut. 
PETIT CHAT, m. normand, Travers et Dubois. 
TSAEÉ, m. (petit chat), SaiSBe-romaade, Bridel. 

Ou l'appelle aussi : 

TCHAIT OAIRIOT, m. Montbéliard, Sahler. 

Cet adjectif ffairiot doit se rapporter à glirem. 



L'écur,euil porte encore les noms de : 

FonoUBT, m. Haut-Maine, Monta s son ; Aqjou, UUIet; Maine, 

(Intermédiaire, 2' année, n* 25). 
BOSQUS, BOSQUET, m. dans un manuscrit de ValeDCieunea du 
XV a. (Intermâdiaire, ]" année, p. 3X3.) 
DOOtBT, m. Mons, Valenciennea, Vermesse. 
JAOUKT, m. Normandie, Chesnon, Le Hérieher, Ptuquet, Travera 

et Dubois. 
BTSEKGUETj m. Orbe, Favrat. 

abrbonneIrÂ, canton de Murât, Haote-AuTorgne, Labonderie. 
VEBDACHB, TarentaïBe, Pont. 

VBBDATHE, id. id. 

VEBDJASSA, Suisse romande, Bridel. 

VIAIRDZEIN. m. id. 

VYARMA, Gruyère, Comn, {Bomania, ISTS, p. !S1.) 
Ces mots semblent difficiles à expliquer. 
3. — Mettre lesécureuils à pied, 
est une locution proverbiale gui signifie couper les 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CASTOR FIBEB. L. 

CASTOR FIBER. L. 
LE CASTOR. 



I. Du latin casforem vient: 

CA9TOR, m. français. 
Cf. Cutoro, Culon, italien. — Gutor, espagnol. 



2, — Un autre nom de cet animal est dérivé du bas- 
latin 'iebrum, *vébrum;iye Scollaste de Juvénal, sat. 12, 
donne biWum) : 

BiâVRE, m. français, 

BtiiVHE, m. ancien wallon, Grandgagnage. 

viBHB, m, Gard, Creapon; Bouches- dn-Rliûne, Villeneuve. 



3. — " Indépendamment de la fourrure qui est ce que 
le castor fournit de plus précieux., il donne encore une 
matière.dont on a fait un grand usage en médecine. 
Cette matière que l'on a appelée castoreum, est contenue 
dans deux grosses vésicules que les anciens avaient 
prisespour les testiculesde l'animal." Buffon, t. III, p. 58. 

c&STOREini, m. frangais. 
CASTOBÉB, m. français, Cctgrave. 

Cf. Oitorio, Italien. — Caitsno, espagnol. 

Au moyen-âge encore, on prenait ces vésicules pour 
les testicules du castor, car on trouve dans l'inventaire 
du comte de Nevers, mort en 1266, qu'il possédait entre 
autres curiosités deux coilles (') de bièvre. Voy. Romw- 
nia,t.II,p.i5i. 

(*) Les auciras croyaient que le castor paarraiTl par les ehaHaori la 
eonpait les Iwticnles, objet de lenr poursuite ?t sauvait ainsi sa vie 



Do,i,.cdhy Google 



68 FELIS LYNX. L. 

4. — Proverbe : 

Ed petite eau Bouvent on tronre grand bièrre. 

COTGBATE. 

II. 

1. — Autrefois le castor avait l'avantage d'être à la 
fois un aliment maigre et un aliment gras ('). 

< Ses membres de derrière Jusqu'aux cdtea ont le goust de poisson 
et OD les mauge comme tels les jours maigres et tout lo resta du 
corps a le goust de viande dont l'on ne doit user qu'en temps de 
charnage. ■ 

PoMBT, Histoire des Drogues, 1735, Chapitre des animauï, p. 19. 



FELIS LYNX. L. 



1, — Du latin lynœ, lyncem, viennent: 

LINS, m. ancien français. 

Ltm, Lim, m. français. 

LTifCBG, f. ancien français, Cotgrave. 

LUXE, Orbey, Oérard, Mammifères de FAlsace, p. 21. 

cr. Llnca, italien, espagnol. — Loi, anglais. — Luclu, Lntt, allâmaud. — 
Lous, allemand, Gérard, Mammifères de l'Alsace, p. SI. — Llokktl 
•aion, Bieiz. — LocU, nollaudals. 

Voir dans le Dictionnaire de Littré, an mot Itex, l'explication dn mot 

2. — * Le lynx n'a rien du loup qu'une espèce de hurlemoit qni 
se faisant entendre de loin, a dû tromper les chasseurs et leur faire 
croire qu'ils enteadaient un loup. Cela seul a peutêtre suffi pour lui 
faire donner le nom de loup, auquel, pour le distinguer du vrai loup, 
les cliasseurs auront ajouté l'épithète de cerrier, parce qu'il attaque 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



ARCT0MÏ8 MARMOTA. I.. 69 

les cerla ou plnUt parce que sa peau eat variée de tachea à peu 
prÔBCOHune celles des Jeunes cerfa, lorsqu'ils ont la livrée. » 
BuïFOH, t. 3, p. 345. 

Voici les noms du lynx, tirés de ces comparaisons : 

LBH CBHVB, m. ancien n^ançaia, Littré, (au mol loup^en^ier.) 
LOUP CBRViER, m. français. 

LonFE CERViiRB, f. (la femellel) document sur MonU)éliard de 
1640. Gérard, Mammifères de l'Alsace, p. 21. 

C(. Lnpo c«rTi«re, italien. — Lupa cerrlsra, Naples, Costa. — LoIm cerrU, 
espagnol, Nemnich. — Hirschlnehs, Hirschnolf. Woirslnchs, allemaad, Nem' 
uich, — TUerwolf. Suisse allemande, Tschudi, Faons des Alpes. 

3. —Le lynx ressemble à unénoi-mechat; il appartient 
en effet à la même famille comme l'indique son nom scien- 
tifique Felis liiia:; de là ses noms de: 

CHAT CBRViBR, m. français, Nemnich. 
TCHi. CERVET, m. Valais, Bi-idel. 



II. 

1. — Chez les anciens le lynx (qui n'était peut-être 
pas le même animal que le Felis linx de Linné), passait 
pour avoir une vue très-perçante. Il voyait, disait-on, à 
travers les corps opaques. 

De cette superstition, il nous est resté cette expression: 
Avoir des jeux de lynx. 

ARCTOMYS MARMOTA. L. 

LA MARMOTTE. 

I. 

1. — Noms donnés à la marmotte: 
HAlUiOT, m. ancien français, Cotgrave. 



ii,Goo(^lc 



AKCTOMYS MARMOTA. L. 
lUBHOTTB, /. rraEçaia. 

lUKHOTTA, f. Nice, RÏBBO. 

UAHMOTAM, m. tmcieQ rranfals, Cotgrave. 

icieQ français, Cotgrave. 

incieQ français, Cotgrave. 
MABMONTAIN, m . ancien françaia, LittrÉ. 
MiEBET. Colmars (Provence), Darluc. 

BAT DE UONTAGNB, m. français. 

RAT DES ALPES, m. fraD^ais, Nemnich. 

Cf. HAnnoUo, ■iiAnii[itt&, italien.— HArmontant, italien dialectal, Nemnicli. 
— Montanella, canton des Ori a ona, Nemnich, — Knnnoiil, paya de Cotre. — 
Hurmelltaier, murmelmans, marmiment], allemand, Nemnich. — Harmaiitle, 
Sulaae allemande, Nemnich. — Kurmell, Oberlanà bernois. — HnmHillI, 
Valais. — lUmuldler, hollandalB. 

2. — Les verbes dérivés; 

HARMOTTBB, français. 
HARMOTONHEB, français, Cutgrave. 
HABMONHER (0> français, CotgravD. 

signiflent, murmurer entre les dents, parce que la mar- 
motte, quand elle boit, fait entendre une espèce de ronron 
de plaisir. 

Cf. HtrmotA, pays de Cdme, Diez. — Mnrmaln, allemand. 

3. — Expliquer tous ces mots est difficile, ou ne peut 
que faire des conjectures : 

1» Ils peuvent venir d'une onomatopée et marmotte 
viendrait du verbe marmotter; 

2» On a pu appeler m/irmot, marmotte cet animal parce 
qua souvent on le montre habillé ; il ressemble alors à un 
enfant {marmot, de m^nne, petit). Ce serait pour la 
même raison qu'on aurait appelé le singe inarmot ; 

3<* Un certain nombre de ces mots peuvent s'expliquer 
par murem montanum, murem montanam, murem 
montis. 

(1) Comparez le lïançals populaire nirwitr = murmnrer «t l'uclwi 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



ANTILOPE RUPICAPBA, L. 71 

Cette étymologie est appayée par la forme rat de mon- 
tagne. 
Ea tont cas, il semble y avoir confusion entre les di- 



4. — Cet animal passe l'hiver presque complètement 
engourdi; de là vient qu'on dit proverbialement; 



ANTILOPE RUPICAPRA. L. 



1. — Cet animal porte les noms de: 

GUQTB, anc. (ïanç&ia, Rontania, 1874, i>. 4U. 
CAMOQS, Nice, Riaeo ; provençal moderne, Diez. 
CHAHOu (lou) (aa singulier) Provence, Darluc. 
CHAHODSS^ (louB) (au pluriel) id. td. 

TSAXO, m. Suisse romande, Bridel. 
CHAMEULX, ancien français. 

Cf. Cuuna. «BOieio. Italien. — CanOscla, aenes, Deacrlz. — Cuuut, 
fUBua, espagnol. — SaniiBU, catalan. — Cuon, tTrolIen, Diei. — 
Ganoiu, eunou, piAmontaiB, Diai. — Cuiii(« camnrca, portugais, — Semi, 
gniiH, gmlili allemaad. — Bimliitliisr, Suisse allemande, Gérard, p. 3M. 

Ces mots semblent venir du haut allemand gam~ z. 

Selon Nemnich, cet animal s'appelle giemzaeïi polonais, 
gemzyk, kamxyk en bohémien, ^ama en kalmouk. 

Quelques personnes pensent que le radical gam, cam, 
pourrait venir du mot dama. 

Cf. Les noms espagnols da Ceimi Daiu L., et les noms Dimi, Diloo, Dalna 
qui, selon Oatscbst (p. 551) s'appliquent eicluBivement dans le Nord de 
r Italie an chamois. 

2, — On l'appelle encore : 

UUD, m. Pyrénées. 

S&Mtl, Baux-Bonnes, recueilli personnellement. 



r,o,i,,-,-,ih,.GoO(^lc 



72 CAPRA IBEX. L. 

CEUN, provençal, Littré. 

UIARD, m. Hautes-Pyrénées, Itinéraire par La Bouliniére, 
1" vol., p. 186. 
Cf. Iiut, Slcart, catalan. 

L'étymologie de ces mots est obscure. 



CERVUS DAMA L. 



1. — Du latin dama ou plutôt de *damus forme secon- 
daire de dama, Yieiinent : 

DiiN, DAIM, m. français. 

DAStfi, ancien rrançais, Littré. 

DAINE, DINE, ^. (la femelle) Litti'ii. 

DAM, m. ancien provençal, Raynouard. 

DAMA, /. id. id. 

Cf. DUno. m. (le mâle) dalna, f. (la femelle), italien, — Dubuu, ItaliSD.- 
Duni. espagnol. — 6amo, KUiia,espagiiol,t4emDich.— OameEilo.(petUdaim), 
espagnol, Nemnich. — Damhlrscli, dunhoek, dàinllnt, (le mâle) allemand. 



CAPRA IBEX L. 

LE BOUQUETIN. 
1. — Noms de cet animal : 
STAiMBoncK, m. ancien français, Gérard, p. 368. 
BOUC d'estaik, m. ancien français, Cotgrave. 
BOUC ESTAI», m. ancien français, Selon. 
BOUQURTiH, m. françaia. 

BOUC SAUVAGE, m. ftançaîB, Nemnicli, Gérard, p. 308 
BOUC DBS ROCHERS, m. françaia, Nemnich. 

Les quatre premiers noms viennent de l'allemand stein- 
bock (même signification). 

Cf. aiambecco, stambecclil, italien. — Cabra moatAs, macbo montti, luclio d< 
rabrlo sUvestra, espagnol, Xemnich. — Bods ulvagam. cibra montu, porta- 
gnais. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



sus SCROPHA. L. 73 

2. — La femelle portait autrefois le nom à' : 

■UBUB, f. ancien (tançais selon Oârard, p. 368. 

SUS SCROPHA. L. 

LE SANOLIBR. 
I. 

1. — Les noms suivants du sanglier dérivent àeporcus 
stngularts, ou simplement singularis, c'est-à-dire porc 
solitaire, appellation étrange si l'on considère que cet 
animal vit en société à l'exception des tout vieux qui vi- 
vent quelquefois isolés et portent alors, à juste titre, 
le nom de solitaires. Peut-être ces derniers par leur 
grosseur, leur force et leurs ravages considérables, ont-ils 
à «ne certaine époque attiré toute l'attention sur eux : 
PORC SINGLA, m. catalan dea Pyrénées-Orientales, Campanyo, 

/ Dans des textes de 1564, Ct^pt- 
y touls de la Cadiére, par Ha- 
} gloire Qiraud, dans le Bulletin 
POARC SANCUKH, M. j de la Société des se. etc. du Var 

I ISSl, I" Hemestre, p. 78 et 80. 
POHC SBHGLBB, m. ancien français, Dncange. 
FOURGHAir BiNSLBB. FOUBCHAD siNQLÉ, m. Flandres, Vermease,' 

roucbi, Hécart. 
FOnAR SBNOUÉ, m. provençal. Castor. 
PDiHic 8BK0LIÉ, m. Nice, Risso. 
pODBHi HHiNGUii. m. SaiQt-Amé, Tbiriat. 
ponBçu sinoLB, m. wallon. 

fO sraomAt, m. Douba, Jura, Hante-SaOne, Dartoi*. 
FOBC sinauBR, m. ancien français. 
■Bneun. aAlfoUR, uiHai.RB, m. ancien ft-snçais. 
imaLÀR, M. Talle, Beronie ; ancien proveoçal, Raynonard. 
cmaUR, cinauiB, m. limonsin, Sanger Préueuf. 

i, m. Lyonnais, Onoffio; ancien provençal, Raynonard. 
Là, m. Ardèche, recueilli personneUenient. 



PORC SANGLAT, I 



r,o,i,,-,-,ih,.GoO(^lc 



sus SCROPHA. h. 

s&NOUBR, m. françaia. 

suiuji, m. Centre, Jaubert. 

gAKQLiB, m. Montbéliard, Salher. 

SiMGLi, m. wallon, Deby. 

sineLÉ, wallon, Deb^i roncbi, Hécart. 

SISGHIA m. Jura, Oindre. 

sAïKBLLAB, scHAsfiLLA, m. Suiase romande, Bridel. 

sniGLA, m. Tarn, Gary. 

SAJfQLA, m. Gers, Cénaa Montaut 

3INGHIA m. Douba, Jura, Saftne, DartoiR. 

SIMGLAI, m. Bourgogne, Littré. 

suiGUËRE, /. (la femelle) ancien lï-aneais, Cotgrave. 

SANOLBiKHf. m. (petit sanglier) id. id. 



I, italien. 

3. — La femelle quand elle a des petits se nomme : 

HiBf. ancien français, Cotgrave. 
LAiB, f. ftançais. 

Aucune étymologie satisfaisante de ce mot n'a été don- 
née jusqu'Ici. 

3. — Les petits qui viennent de naitre portent le nom 
de: 

UABCASSiH, m. ft-ançaia ; 

du mot margasse (<) (la mère agasse, nom familier donné 
à la pie dans diverses provinces), parce qu'à cet âge le 
sanglier porte une robe rayée de noir et de blanc. 

On trouve marquesin dans un manuscrit de 1406, et 
marguasin dans Liébault, Maison 7-usHçtue, p. 788, 1" 
édit. M. Qodefroy a bien voulu extraire pour moi, ces deux 
mots de son grand dictionnaire de l'ancienne langue 
iï-ançaise. 

(1) KuiMUt = petit de la pie, Castrea, Couzinlé. — Kuvmm = pi* 
griTeltel Idem.— Uêre agea«ae = piB, Ouest. — Le mot Agaisln m trouva 
dani Coterave, daua l« wnt d'teil de perdrix et de twa^bourgson de la 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



sus SCBOFHA. L. 75 

4. — De six moia à deux ans, le sanglier porte les 
noms de : 

BËTB DB COMPAOKIB 
BÈTS NOIHB 
ViTS BOUSSB 

5. — De deux ans à trois ans : 

Etymologie inconnue. — Grivel (Lîvradois, p. 300), cite 
un ancien document dans lequel on trouve garrot avec le 
sens de sanglier mâle. Ragot serait-il le même mot que 
garrot î par suite de transposition de r et de g^ 

■ 6. — De trois à quatre : 

BANGUER A a05 TIKHS-Uf 

TIBR3-AN < 

7. — De quatre à cinq ; 

QUARTAHIBR 
SANOUBB QUARTAHIRH 
ODABT-AN 

8. — De cinq àsix: 



- A partir de cet âge, c'est un : 



10. — La tète de sanglier porte le nom de : 
HDRB, f. français. 
HE DUE, français, Palsgrave. 

Cq mot vient de l'allemand fiaar, ancien allemand har, 
haru, pris, comme un grand nombre de mots allemands 
servant à désigner une partie du corps, dans un sens 
péjoratif. 

Le mot allemand a donc pris le sens de chevelure hé- 



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76 SUS SOROPHA. L. 

rïBBée, tignasse, ce qui convient bien & la tète da 
sanglier ('). 

11. — Le mâle a les mâchoires armées de quatre dents 
saillantes et dressées vers le ciel, deux en bas, deux en 
haut, les deux d'en bas s'appellent les 

BÈTKKSSS 

elles sont aiguisées et tranchantes et portent des coups 
terribles. Elles se recourbent avec l'âge et perdent leur 
tranchant ; on dit alors que la bète est 

HIRâB. 

Il semble que les dents de la mâchoire supérieure 
n'aient d'autre fonction que de servir d'aiguisoir aui 
défenses. On les nomme les 

ghais, TouBseael, l'Esprit des Bâtes, IgeS, p. !55. 

Les défenses portent encore le nom de : 

BROCBBS 

HIRES, ^.pfwr. français, Cotgrave 
Selon Cotgrave, un sanglier est dit miré quand il a de 
très-bandes défenses. 
12. — On dit que: 

Le sanglier fait ees maDgeures 
quand il mange. 
On dit : « 

Le sanglier est à la fonge 

quand il déterre les racines de fougère. 
On appelle : 

DODTOIR 

le grouin du sanglier. 



(ilPaimièHlinrnuu, dansle patois dn Pays meuiDslgnilIâBiiliirpftr 
la tlgouis st 1« mot henn ilgnlOe dans on leni plaisant, eherelure. 



r,o,i,,-,-,ih,.GoO(^lc 



sus SCBOPHA. L. 77 

On appelle : 

LEIBOtITtS 

le retournement profond de la taire fait par le sanglier. 

Quand le sanglier n'a fait que retourner légèrement la 
surface de la terre, on dit qu' 
Il a vermillâ. 

On appelle : 
■Bkuas 
l'endroit ou se recèle le sanglier. 
Quand il se vautre dans les mares on dit : 

Il se souille dans les mares 
et on appelle : 

80CIL 

l'endroit de la mare qu'il a bouleversé. 
On appelle : 

BCOnTBS 

ses oreilles : 
Son pied est une : 

TRACB 

Les parties sexuelles du mâle portent le nom de : 

SUITBS, f. plur. 

X3. — On appelle paroi, la peau du sanglier et armures 
la partie de la peau qui recouvre les deux épaules. 
On appelle livrée la robe des marcassins. 

Chasse illustrée, t. H, p. 210. 

14. — On appelle gardes, les ergots placés derrière le 
talon du sanglier. 

Chasse iliitstrée, 1. 1, p. 103. 

15. — On appelle vautrait un équipage exclusivement 
dans la voie du sanglier. 

CHasse illustrée, 1. 1, p. 103. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



78 LBPD8 TIMIDUS. L. 

VAUTHOT, ancien françaifi, Scbeler. 

16. — Quand un chasseur voit passer de près un san- 
glier, s'il n'a pas de trompe, il doit crier : 

Vlaho, holo, ylao. , ^ ,,„ 

Chasse iUustrée, 1. 1, p. 103. 

17. — En Lorraine, on crie pour appuyer les chiens 
tenant le sanglier au feraie : 

Honlattou. 

18. — Les deux extrémités des pied8 du sanglier portent 
le nom de : 

piHCBS, <f. plur.) 
On dit d'un sanglier qui a une pince plus longue que 
l'autre, qu'il est : 

PIQAGHE. 

19. — On appelle les sangliers en général : 

BITBS HOtBBS. 

II. 

Rencontrer un sanglier le matin porte malheur. 
THIERB, 1. 1, p. 209. 



LEPUS TIMlDnS. L. 
LE LIÈVRE 

I. 

1. — Du latin leporem viennent : 

LZBHS, /. ancien provençal ; limonain, Poucand; TuUe, Berooîe. 
LiBBJ, LEBBKi LEBRi, LJBKÂ, f. BoucheB-dn-RhAne, VUlenenve; 

Nice, RieaoiTarn, Qarjr; Oera, Cânac Montaut; Qud, 

Creapoa; Vela^j Deribier de CbeisBac. 



poili--cdtyGoO(^lc 



LEPUS TUDDUS. L. 79 

LÉBE, f. Oera, Cénac Hoataut ; gucon. 
Ldvu, ancien f['a]içaiB(ChanBOD de Roland.) 
UEUBB. Ben?, Janbert 
LntvUE, m. français. 
LiÉmE. f. genevoia, Littrâ. 
uàvB, picard, Marcotte. 
LitVB, Saint-Amô, Thiriat. 
UEUVB, Berry, Janbert. 
LtEDVK, f. Ban-de-la-Roche, Oberlin . 

LiVB, LtvE, lIv, Le Tboly, Thiriat; Vézelûe, recueilli perBon- 
uellement; wallon, Orandgagnage, Deby, 
SeljB Loiigchampa. 
LIVRE, docnment almois duXVI* siâcle. IRertvie des Sociétés sav. 

1S74, 1" semestre, p. 499. 
UBCTFB, f. VoBgeB, Chasse illuslrée, p. 334, 
LiBcr, m. paya meaBin, recueilli pe^Bonaeilement. 
UÊFE, rouchi, Hâcart 
LLIXCBB, Berry, Jaubert 

LLBBHA, LLBBiu.a, catalan des Pyrâaéea-Orientalea, Companyo. 
tBUBB, I^ Cli&tre, Jaubert. 
.YEUVB, picard, Corblet. 
TEDVBB, TXVRE, Haut-Maine, Montesson. 
GUBnvRE, Haut-Maine, Hontesaoa. 
UtVBA, f. Sniase romande, Bridel. 
LIOTU, LOIRi, f. LyonnaiB, Onoftio. 

et. Leprt, Italien. — Legor, Breuia, Nemnich. — L«fr>, OSnea, Deicrii.— 
Ubbni, Sicile, Ascoll, p. IIS. — Lialir*, espagnol. — Ltetoa, catalan, Raj- 
Honard. — Ltltra, portugaii. — Lepn, [le d'Elbe, Koestl. — L«per«, 8arda[gne| 

Aiud[(II*to1. p.SO.) 

2. — I,e lièvre porte en outre le nom de : 

Heki, m. Normandie, DUméril. 
Cf. Iar«, anglaii. ->Hin. anglo-Mion. — Hibb, allemand. — HiM, fla- 
mand, Deby. 

3. — Le français ayant deux fonnea pour désigner im 
même animal, l'une dérivée de leporem et l'autre d'ori- 
gine germanique, s'est servi, par disaimilation, de cette 
dernière pour dénommer la femelle : 

BAajt, f. ftançaia. 
ASE, f. Jura, Honoier. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



80 LEPUS TlUIDUS. L. 

4. — La femelle porte cependant quelques noms dérivés 
de leporem : 

uaovtuissE. /. Hant-Maine, Montesaon. 
UBVBESSB, f. Poitou, Lalanne. 
LKVRACHE, f. Poitou, Lalanne. 

5. — Les petits lièvres sont appelés ; 

LEYBAOT, m. français. 

LÉVBETUD, m. ancien n-ançais, Cotgrave. 

LEBRAULT, m. limousin, Sanger Preneur. 

LBBRAOO m. Tulle. Béronie; Oera, Cénac Montant ; provençal. 

Castor, 
LBBHOODDEL, LEBBOonDET, m. Tullo, Beronle. 
LEBROTon, m. Tulle, Beronie. 
LBVHET, m. normand. Le Hëricher. 
LBBRBTO. m. provençal moderne, RevtÀe des langues romane*, 

1872, p. 387. 
LiVBoa, m. (iiè^TS ou lerrant T) )Les Pourgs, TisBot, U* 

M(ews, p. 176. 

Verbe dérivé : 

LBVRAUDBB, = pouPBuivre qnelqnMn comme nn liàTre, 

et. Ltpratto, leprvtto, I«pnm*, Isprottbu, Ispnttliu, lapntto, lepronMlk, W- 
prttta, IspTlNbwla, italien, Neronlcb.—L«brUa,lAntt,U«Iinellla,llabrastai, 
espagnol, Kemnich. — Lttouko, ISbralBhS, letotto, portugais, Nemaich. — 
LtTsnt, anglais. 

6. — On a donné au lièvre le nom suivant par plai- 
santerie : 



c'est-à-dire celui qui n'a pas de quaue. (Il en aune ai 
petite 1) 
C'est aussi une plaisanterie de chasseurs que de dire : 
Faire l^re le msnchon & un lièvre, 

c'est-àKlirelerouler.(Jounia/(iwcftaMeur*,I"vol.,p.l4.) 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



LEPCS TIHIDU8. L. SI 

7. — Le mâle, et spécialement le Tieuz mâle, prend le 
nom de: 

BODOOiN ('), m. françaiB. 

c'est-àrdire celui qui est comme le bouc, lascif et batailleur. 
En effet, les lièvres mâles, à l'époque du rut, se livrent 
entre eux de terribles batailles et laissent sur le jsol pié- 
tiné de nombreuses touffes de poils. 
C'est ce qu'on appelle le : 
Bouqninage. 

On emploie auasi le verbe bouquiner, en parlant des 
lièvres au moment de leurs amours. 



£a vénerie on appelait autrefois le lièvre en rut : 
LiËvre au rat. 
Lièvre en amour. 
Lièvre en chaleur. 
Lièvre qui bouquine. 
Lièvre qui bourdif. 
Jean de LignéviUe, édita par Uichelant, p. I et suiv. 
8, — Voici les autres termes de vénerie relatifs au liè- 
vre, que l'on trouve dans Jean de LignéviUe : 
Viandis d'un lièvre = la nourriture d'un lièvre. 
Le lièvre a viande ^ le lièvre a mangâ. 

Lièvre qtti hasle — lièvre qui a couru et & qui les fiance battent. 
Crottes ou repàrea du lièvre = son âeaté ou excréments. 
Porhuer un lièvre = crier après un lièvre, le monstrer aux 

hommes et aux chiens. 
Le pas du lièvre ei c'est une herbière comme un petit sac qu'il 
a au corps, qui reçoit ce quil mange, 
lequel il faut nettoyer ou jeter dehors, 
car si les chiens mangent. ce qui est de- 
dans, cela leur fait mal et les dégouste, 

<i) Bnoqnls := leacherous, lasciviou*. — Banimlaw = Eo be lascivioiw. 



r,o,i,,-,-,ih,.GoO(^lc 



82 LEPUS TIUIDUS. L. 

Le BSDlt du liàvre = c'est nn petit ob qui est k la Jointnre de 

la cuiBse, au devant & scelle du milieu: 
Le forlin du liàrre — c'est les tripailles du lièvre et l'herbiôre 
' bien nettoyée. 

Jean de Lignévilte, édité par Hichelant, p. 1 et soiv. 

9. — Quand le lièvre est sur le point d'être forcé, son 
dos arqué décrit un axe convexe ; on dit alors qu' : 

11 porte la hotte. 

auuM iUustrée, t. 2, p. 115. 

10. — Quand le lièvre poursuivi est harassé de fatigue, il 
ne va plus en ligne droite, mais fait des circuits autour des 
cMens jusqu'à ce qu'il soit pris, on dit qu' : 

11 eat mis au rouet. Cotgrave. 

Le lièvre se relaisse, qna^aAét&nt chassé i\ se couche 
soit pour se reposer, soit pour faire faire un défaut aux 
chiens. 

11. — On a remarqué que le lièvre serré de près par les 
chiens courants et sentant ses forces faiblir, retourne au 
canton où il a son gîte et où il a été lancé ; c'est là qu'il 
se fait prendre. D'où l'expression proverbiale : 

11 est comme le liâvre qui revient mourir en son gîte ('). 

Cf. Le proverbe vénitien: El lievrova sempreamorir nelaso tana. 
Reinsberg-Dm^ngsfeld, 1. 1, p. 86S. 

12. — Quand le lièvre a choisi un endroit pour son gtte, 
s'il n'est pas dérangé, il y reviendra infailliblement ou en 
tout cas ne s'en éloignera guères ; de là, le proverbe : 

Le lièvre revient toujours à son gtte, 

c'està-dire, dit Leroux, Dictionnaire comique, que tAt ou 
tard on attrapera un homme à une maison certaine. 

(1) Bn Froensa soi tornatz — morir, cum lebre'a en jatz. (P. Vidal dans 
Haynouard) c'esl-ft-dlre : Bn Provence, je suis retourné mourir ccmm* 
lièvro en gtte. 



"Do,l,.cdbyGoO(^lc 



LEPUS TIUIDUB. L. 83 

En allemanâ, on dit : Wo âer hase gesetzt ist, icîU er 
bleiben. 

13. — Quand im lièvre se dresse sur ses deux pattes de 
derrière, on dit qu' : 

n fait la chandelle 
Il tait te chandelier 

14. — Proverbe de chasseurs : 

Avoine pointant 
Liàrre gisant. 

Car alors les lièvres tiennent les avoineries, dit Leroux, 
Dîctîonnaire comique. 

15. — Autre proverbe : 

En petit buisson trouve-on grand lièvre. Cbtgrave. 

Voyez à l'article Castor un proverbe analogue. 

16. — Le lièvre est très-peureux de sa nature ; de là, les 
expressions : 

Plus couard qo'un liàvre. Cotgrave. 
Fuyard en lièvre f ). Cotgrave. 
Peureux comme un liâvre. 

Aussi dit-on, que ce n'est pas on faisant du bruit qu'on 
pourra l'approcher ; d'où, les expressions : 

Vouloir preudro le lièvre au son du tambour. 
Prendre le lièvre an tabonrin. Cotgrave. 
Non gaben pas las lèbes a cop de tambonrts. 

Béam, REmSBBRa-DUHINGSFELn, 1. 1, p. 357. 

Embé tambourins, non s'y prenou lebréa. 

Provence, id. 

Ciapâ la levar cvm e car. 



(1) Cotgrava traduit Aiyard en liâvre par = tb 
aiBt;c>T(moreproperl7)tbat runs becausebe ci 



Do,l,.cdbyGoO(^lc. 



84 LEPUS TmiDUS. L. 

17. — Les proverbes suiTants expriment la même Idée 
que celui qui dit : 

11 ne tant pas vendre la peau de l'onra avant de l'avoir tné: 

— Ceet viande mal prête que le lièvre en buiaaon. 

^ Ce n'est pas viande preste que lierre eu genestay; 

— N'est pas preste vîaade lièvre en fugere. (ancien français) 

(RSINSBBBG-DimtNOSFELD, I. 1, p. ItO.) 

— Uu levraut daua un buiasou n'eat pas viande prête k manger 

— Fàou pacoupalouË lardous, avandeprânë lalSbrë. Languedoc. 

— Faat pas crompar {') lardons davant que de prendre' la lebre. 

(Provence) RsiKSBBRO-DimiKGSFELD, t. 1, p. 121. 

18. — On dit d'une chose qu'on ne peut attraper : 

Cest sur la quene du lièvre. 

(Tulle, Béronie.) 

(Le lièvre n'a pas de queue.) (*) 

19. — Les proverbes suivants rappellent le fameux 
Stcvosnonvobis: 

L'un ba Ion bofiisson, l'antre pren la lebre. 

Languedoc, SBmsBBRO-DouHOSFBLD, t, I, p. 174. 

Lliu batte lou bonisaon, l'antre pren la lebre. 

Provence, idem. 
Les cbiena vous mangeront le Uâvre. 



20. — Autre proverbe : 

Il ne fant pas courir deux lièvres à la fois. 

— Qui chasse deux lièvres n'en prend pas on. 

— Qui duhea lebez bo à casse 
L'une perd, l'aute que passe. 

daacogne, RBmsBBBG-DmuKGSFBUi, t. 8, p. 432. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



LEPUS TIHIDUS. L. 85 , 

21 — On dit proverbi alemeat : 

Avoir une mémoire de Uârre 
c'est-à-dire oublier fJacilement, parce que le Uèrre malgré 
ses frayeurs rerient aux endroits où 11 a été chassé. 

22. — Autre proverbe : 

Prendre le lièvre au collet ; 
Prendre le lierre an corps ; 

cela Teat dire selon Leroux, Dictionnaire comig[ue, pren- 
dre une affaire de bon biais, donner la décision d'une 
question. 

23. — Autre proverbe: 

C'est là que glt le liâvre ; 
c'est-à-dire voilà le an, le secret d'une affïiire {Lerouai) ; 
voilà le nœud de la question, de la difficulté. 

Cf. Proverbe allemand : Dft tl«ct dar bu» Im pfalw. 
Proverbe hoU&Qdala : Ottr lift da UU lo bat lont (dans le sel). 
Proverbe Italien : qui flua la lapre. 

Reinsberg-Doringafelil, 1. 1, p. 357. 

24. — Proverbe : 

Lancer nn liôvre ; 
Lever an lièvre ; 

-= Susciter une difficulté. 

25. — Proverbe : 

Bailler le lièvre par l'oreille à quelqu'un. 
Cela équivaut à dire : tromper, leurrer quelqu'un. 

26. —Proverbe: 

Paire accroire que les lièvres pondent et font des œufs. 

COTGHATB. 

27. — Proverbe; 

Bon est lièvre, dont la pean coQte cent aons. 

COIORAVB. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



86 LEFtIS TIHIDUS. L. 

28. — Proverbe : 

Le citiea ne peut pas esti^ cbiôvre 
Ne le connlD devenir lièTre. 

(Champagne, Bbinsbkbq-DdbiHOBfbld, 1 1, p. 64. 
Non Be fa d'ano lebre an lion. 

(Provenu moderne, id.) 
2Ô. — Proverbe : 

H n'y a pM de méchant liôyre, ni de petit loup, 

(Lorrf^ne). recueilli peraonnellement. 

Les paysans gui méprisent le gibier-pluine font au 
contraire grand cas d'un lièvre, si petit soit-il ; (mécliant, 
= cUétif, petit) ; quant au loup, on est enchanté d'en être 
délivré quel que soit son ^e. 

30. — Proverbe : 

Que court méy ue lëbre de cliéya mes que Q asou de sept 

m. <■). 

Béarnais, Reihsbebg-Quhingsfbld, t. 1, p. 333). 

Cr. Le proverbe allemand ; Me Orosta tbnl'i nlcbt, lontt Uwrllafe tt» 
Eoli dan Huan. (Idam) . 

Et le proverbe bavarois; El Ilagt nicU an der erosu, wnst irtrda dl« KnA 
elnea Huan erUnten. (Idem). 

31. — Proverbe : 

Daon temps che Ion chi pisso 

La lëbre se fugis. Languedoc, Thiessiag, p. 74. 

32. — Dicton breton armoricain : 

Leuskel gedon da redek. = Mettre les lièvres 6 courir, (c'eBt- 
à>dire mentir.) Sauvé, Revue celtique. 

II. 

1. — Proverbe. 

Pas à pas, le bœuf prend le lièvre. (CoraitAVB). 
Une vache prend bien un lièvre. (Cotgbavb). 

(1} Un llAvre de sii mois court mieux qu'un ftne de sept ans. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



LEPUS TIHIDUS. L. 87 

Allusion à quelque conte que je ne connais pas. 
Voyez ci-des9u8 § 30. 

2. —Rencontrer un lièvre le matin porte malheur ('). 

Thiers, t. l,p. 209. 

Dans Moscberoscli, Visions curieuses et vendîmes de 

PhUandre de Sitteioald, Strasb., i650, t. \, p. 482j nous 

trouvons parmi les préjugés populaires de son temps : 

Celui qui rencontre an lièvre but son chemin, doit se retourner 

trois fois, sana quoi il lui arrivera malheur. 

I ■ R^mie d'Alsace, 1851, p. 560. 

« Je vous Ay que quant aucun se met en chemin et un lièvre lui 
vient au-devant, c'est un treemauvais signe, et pour tous dangiers 
éviter, il doit par trois fois soy retourner dont il vientj et puia aler 
Hoa chemin, et alors sera il hors du péril. > 

Evangile des QtteHouiUes, édit. Jarnbt, p. 33. 

3. — Quand oit veut être beau ou belle pendant sept 
jours de suite, on doit manger du lièvre. 

Le Roux, Dictionnaire Comique, au mot lièvre, et Pos~ 
titlon lorrain (Almanach) 1841, p. 35. 

4. — Yoici comment on explique dans le pays messin, 
pourquoi les lièvres ont la lèvre fendue : 

Bune jonaye i lieuf pèsseu delé eune mahh, totes les reines atin au 
sla; qua l'ont Ayi don bru, t'ont sauten dans le mahh; lo lieuf en eu 
tant ri qui s'en fendu le potte. 

(UnjouruQ lièvre passait près d'une mare, toutes les grenouUles 
étùent au soleil ; quand elles ont entendu du bruLt^ eUes ont sauté 
dans la mare; le lièvre en a tant ri C) qu'il s'est fendu la lèvre.) 
RecneilU personnellement. 

(1) Dans certaines parties de l'Angleterre, on croit qu'un lièvre qui 
suit le cnemin qui traverse le village annonce un Incendie dans les en- 
virons immédiats. {Notes and Queries, In série, t. III, p. 3.) 

DanaleVorfirsUrs, en Ecosse, il y a des pécheurs qui, rencontrant an 
lièvre traversant le chemin devant eux lorsqu'ils vont k leurs bateaux, 
ne prennent pas la mer ce jour-là. (Idam, St sétie, t. IV, p. !S.) 

■ Wenu mu toigeiit nnd et lantt elnem eln Hase Ober den weg, se bat nota 
DagHick' ■ Basse-Autriche, Blaas, dans la GermanlB, 1875, p.sso. 

(1)11 aride ce que lui, le poltron par ezcellenoe.avaitbitpeur aux autres. 



r,o,i,,-,-,ih,.GoO(^lc 



88 LEBU8 CUNICCLUS. L. 

5. —.On lit dans V Evangile des Quenouilles, édition 
Janmet, p. 19 : 

■ On ae doit point donner à jonea filles A mengier de Ut^te d'un 
lièvre, afin qu'elles mariées n'y pensent, car pour certain, lonra en- 
fans pourroient avoir leura lèvres feaduez. > 

LEPUS ALBUS. 
{Variété du LEPUS T1MIDU8.> 
Il y a une variété blanche du lièvre qui se trouve dans 
certaines montagnes, elle porte les noms de : 

ELANCHON, m. Montagnes de la Savoie. Ch. Oodde, journal des 

Chasseurs, 1865-66, p. ££. 
LBBRâ bUHU, f. Nice, Risso. 



LEPUS CUNICULUS. L. 

LE LAPIN. 

I 

1. — D'un radical lap qui est peut-être le même que le 
radical clap dans clapier viennent : 

LApm, m. français. 

LiAPiN, m. catalan des Pyrëoées-Orientales, Gompanyo. 
LAJPIN, m. Ban de la Roche, Oberllu. 
et peut-être : 

HAPAi (lapin-màle), wallon, Oraudgagnage. 

'.. flamand, Qrandgagnage. — Lampretli 

2. — D'un radical rab ou rob dont l'origine est obscure, 
viennent : 

RABOTTB, m. Centre, Jaubert 

BOEBTTE, wallon, Selys Longchamps, Qrandgagnage, Deb;. 

Voy. plus bas leraat RabouiUére. 

Cr. ItaUdI, anglBis. — tiUbtt, anglais, Charleton, p. «o , Cotgrave. — Bsbta; 
rONMksi, ane. hollandais, Nemnleb. 



Doili/cd*yGoO(^lc 



LBPOS CUmCDLQS. L. 89 

3. — Du latin cuniculits, viennent : 

CONNU-, m. auc. A'auçEiiB ; Ardennea, Mamoi Torbé. 

conKiL. m. anc. fraaçaiB, Cotgrave. 

GOitNtN, m. anc. françaïe ; waUon, Selys Longchamps, Deby. 

COUNIN, m. anc. ftançaia, Cotgrave ; Centre, Jaubert. 

Gournsou, m. provengal. Castor. 

CDNiN, M. Ardennes, Tarbé. 

GOBNiN, m. Champagne, Tarbé. 

àoDHi, cousNi, m. Craitre, Jaubert; Suisse romande, Bridel. 
Gf.ConlcUo.ital. — Coiusg,Brescla,Nemu.— dulg^iOinM, d^cf. — Conl- 
fHn, Sard. Azuui (2t vol. p. 50.) — Gonaja, eap. — GmUu, port — Cmuf, Cour, 
augl. — GoiTiiff, dial. augl. da Nord, XVt siècle, Morris (LUwrcnrtCMwiim).— 
KlEBOlii, Orkaey, Shetland, Bdmondst. — EanliuAan, ail. — lanlnlcli, fciml . 
(Iabi,kfliigell,kaiilelii, kOugale, kimelle, Unlgti, kanln, cannickel, etc. Différ. 
dlal. allemands, «emn. — Goimlgl, MaUn,bret. ann. Taslé. 

4. — La femelle porte les noms de : 

LÀNHE, f. français. 

OONKILLB, /. ancien français, Cotgraye. 
OONNiNnB, f. ancien français, Nemnich. 
Un jeune lapin s'appelle : 
UPEHEAD, m. ftançais. 
GONNiLUtTj m. ancien ftançais, Nemnich. 
Cf. GoUcUat», Italien. — Laparo, portugais, Nemnich. 

5. — Le lieu où ae retirent, où se terrent les lapina 
porte les différents noms suivants : 

BABOLUâBB, f. ancien français, Cotgrafe. 
BABOUiLLâBB, /. fl-ançais. 
COHNILIÈKK, f, ancien français. 
ooNNiNiâHB, f. ancien français. 
œuNiLiËiRO, f. Languedoc, SanvagcB. 
HOCLBTTB DE COHNIL, f. ancien fï-anfais, Cotgrave. 
HANCKÉB, f, normand, Travers et Dubois. 
DuràRB, f. ancien frauçais, Cotgrave. 

L'endroit où il. y a beaucoup de lapins et dont on se 
réserve la chasse s'appelle : 

GÀRBIfUB, f. français. 

(Le lapin sauvai est dit lapin de garenne et .le lapin 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



90 LBPnS ODNICOLDS. L. 

domestique lapin àe clapier, ou simplement dapter. Le 
clapier est le réduit où l'on élève las lapins domestiques.) 
et. CounltiTi <nn«n *f etunbi, uglgia, CotgraTs. 

6. — On appelle dans les Ardennes le chasseur de lapins 
et le garde des garennes : 

COKKILEUE, m. Ardennes, Tarbé. 

7. — On appelle en style commercial le lapin sauvage 
dont la peau est mélangée de poils blancs et noirs : 

Biche, A-angatii. 
Cette peau est plus estimée que celle des autres lapins. 

8. t- On dit d'un homme qui soigne sa toilette : 

n eat para comme nn lapin. 
Brave comme nn lapin. 
Tout le monde sait que le lapin a le plus grand soin de 
sa petite personne. 

9. — On dit d'un homme à eourte mémoire : 

n B une mémoire de lapin 
On en dit autant du lièvre. (Voyez article Lièvre.) 

10. — On dit d'un homme ardent en amour : 
Chaod comme un lapin, 

expression justifiée par l'ardeur amoureuse et la fécondité 
indéânie de cet animal. 
On dit d'une femme qui a beaucoup d'enfants : 
Ceatime lapine. 

11. — Ancien proverbe ; 

Connin et vilain avec la main. Ck)tgrave. 
c'est-à-dire, je pense, qu'il faut tuer le lapin avec la main, 
(c'est ce qu'on appelle le coup du lapin, qui consiste en un 
coup sec sur le derrière de la tête) et qu'il faut donner au 
vilain des corrections exclusivement physiques et ma- 
nivelles. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



LEPUB CUNICCLUa. L. 91 

12. — Le verbe : 
comnuBB. ancien ftançais, 

a 1* le sens de ae sauver, clierctier à tair comme le 
lapin dans quelque coin ou quelque trou, avoir peur ; 

2" Celui de tromper, chercher des subterfuges, n'être 
pas franc. 

Cf. PooF le dernier uns, les mota anglata : Goimlcuch, tromper; cesDlott- 



Ltr, trompeur, Imposteur ; mbbIoUoUiic, tromperie. 

II 
1. — Les lapins quand Us se multiplient dâviennent un 
âéau pour la culture. Voici un moyen de les rendre inof- 
feneifs. 

« Prenez du sel dims une assiette, la quantité qu'il faut y mettre 
dépend du terrain que l'on 7eut conserver. Ayez des fientes de lapin 
et cinq morceaux de tnilea ramassées & une procession ou dans un 
cimetiâre, puis âtant i la place oti vous vonlcz faire cette expé- 
rience, vous la commencerez du côté du soleil levant,'tôte nue et à 
genoux, vons direz ce qui suit et ferez les croix sur le sel : -|- dant 
-|- dant 4- dant -(- sant + Hûliot et Valiot, Rouvayet; viens ici je te 
prends pour mon valet pour garder ici à ces maudits lapins et 
lapines qu'ils aient à passer et repasser au travers cette pièce (nom- 
mer le grain) que voici présente devant Dieu et devant mol, sans 
faire aucun tort ni dommage, qu'ils soient bridés de la part de Ké- 
veiltot, car je te fais commandement et je te conjure, de la part du 
grand Dieu vivant, de m'obéir, toi et tes camarades, à ce que je vais 
te demander, c'est de garder pendant trois mois et trois lunes cette 
piâce Cnommer le grain) que voilA ici présente devant Diea et devant 
moi, comme aussi je le crois par la croyance que j'ai en toi. Ainsi, 
Je le crois que tu le feras ; ainsi Je le crois par la vertu de ce sel béni 
de Dieu, et dee tnileaux, et des fientes desdites bStes maudites, lapins 
et lapines ; ainsi je le crois par toutes les forces et puissances que tu 
peux avoir sur eux; ainsijele crois. 

Faites un trou en terre, posez dedans une fiente, disant : Rou et 
Rovvayet, viens ici, jo te prends pour mon valet. 

Posez surla Sente une pincée de sel, disant: Selje temetsdelamain 
que Dieu m'a donnée; Rou et Rouvayet Je te prends pour mon valet. 

Posez ensuite un tnileau, disant : TuOeau, je te pose de la main 
que Dieu m'a donnée. 



Doili/cdbyGoOJ^IC 



^ CBaVUa ELAPHDS. L. 

Frappez àe la main gancbe snr le taileau, fixant un tour à droite, 
disant : Ron et Rauvayet, yicns ici, je te prends pour mon Talet. 

On en fait autant ans trois autres coins, puia on traverse au mi- 
lieu de la pièce, où l'on (kit comme à un des coins; puis de ce milieu, 
on revient au premier coin pour ; commencer vos jeta : au premier, 
roua dites : Sel, je te jette delà main queDien m'a donnée, ancre à 
la Vierge. Vous continuez vos jeta, disant seulement après le pre- 
mier, ancre à la Vierge. Etant de retour où voua avez commencé, 
TOUS prenez le restant de votre sel et en faites un seul jet disant : 
Roa et Rouvayet, viens ici, je te prends pour mon valet, 

(Grimoire du pape Honohius.) 0) 

2. — Il est nuisible pour la mémoire de manger de la 
cervelle de lapin, parce que celui-ci a la mémoire courte. 

JOUBEHT, p. 170. 



CERVUSELAPHUS.L. 

LE CERF. 

I. 

1. — Du latin cervum viannent : 

CEH, CERV, m. ancien provençal, Raynouard. 

GBII7, m. français, (prononcez cer ou cerT). 

QAB, çAKF, m. Centre, Jaubert. 

cuiRB, ciSR, m. Liège, Forir, wallon; Selya Longchamps, Deby 

CIA, m. Vosgea, Jouve. 

GiB, m. lUontbéliard, Sallier. 

THÂ, m. Suisse romande. 

Cf. Cem, italien. — Cenio, Naples, Costa. — Qum. Sardaigne, AsudI. 
t, II, p. 17. — larv, ladin. — Ctem, espagnol. — Karo, Kart, breton armo' 
ricain, Taslé. 

2. — La femelle s'appelle : 

GERViA, /. ancien provençal, Raynouard. 

(1) Ce grimoire du pape Hoooiins eet, js crois, la traduction francise 
de l'ouvrage latin : Gminratliniea UvsrsBa prlncipsB Unebrama st ugaloa 
•Ja*;Ban«, 1519,1 vol. in-SI, qu'on attribnean papeHonorliuUt. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CEBVUS BLAPHUS. L. 93 

CERTB, ;*. ancien français, Cotgme. 

BISSE, f. ancien français. 

BICHE, f. français. 

DiCHO, f. provençal moâerjie. 

BiE, ;*. wallon. 

VAtCHB sAnvÉOB, f. Lorraine, recueilli personnellement. 

L'étymologie de biche est obscure. — Le mot semble 
être un doublet de bigue, chèvre ; en effet, le mot buck 
sert en anglais à désigner le cerf mâle et le daim , Cot- 
grave, Charleton, p. II. 



3. — Le petit cerf jusqu'à l'âge de six mois, porte les 
noms de : 

FAOIT. FAN, m. français. 
8ERVI0S, m. ancien proTençal, Raynonard. 
CBBVUT, m. ancien provençal, Raynoaard. 
BiCBlT, BiGHET&T, 1». anciett français, dans des documenU de 
1413, et de 1430, Dncange. 

cr. CsnlatM, italien. — Camto, espagnol. — 

4. — A un an, le faon dOTient : 

HEEE, HUBE, I^. 

5. — Quand il lui pousse sur la tète deux bosses en 
forme de dagues, il prend le nom de : 



et. BrockM, anglaits cerf Jusqu'à trois ans. 
6. — ^ trois ans on le dit : 
Cerf à sa seconde tdte, 

seulement à sa seconde, bien qu'il ait trois ans parce que 
la première et la seconde année ne comptent que pour 
une tête. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



94 CBRTUS BLAPHOS. L. 

7. — Â qaatre ans il est dit : 

Cerf à sa troisième tète. 

8. —A cinq ans: 

Cerf à Ba qDalrième tête. 

9. A six ans : 

Cerf dix-cors jennement. 

10. — A sept ans : 

Dii-cora. 

11. — Voici par ordre alphabétique différents teF- 
mes de vénerie extraits de l'excellent oairrage de A'Tcoi- 
viUé sur la -vénerie du cerf, 1788. 

ABOIS. — Lorsqu'un cerf est forcé et qu'il tient aux chiens il cet 

aux abois, ou il tient les abois. 

ABaTBH. — Un cerf forcé attend les chiens qai l'aboieat, ce n'est 

que quand le cerf tient les abois qu'on se sert du terme 

d'aboyer; on dit les chiens crient et non pas les chiens 

' aboient quand ils chassent. 

kcamrkBsA. — Un cerf s'accompagne lorsqu'il trouve d'autres 

cerfb ou des biches et qu'il se fait chasser avec 

eux; lorsqu'on s'en aperçoit, on dit en parlant 

aux chiens : H at accompagné, valets, il y est-, il 

kussek. — LorBqu*aprèB avoir mis bas, un cerf pousse sa nouvelle 
tête et qu'elle est entièrement refaite, on dit : 
Le cerf a tout alongé. 
Un cerf a tout alongé trois semaines avant de toucher an bois. 
BATTRE L'eac. ^ Lorsque le cerf donne à l'eau, on dit: U cerf 
bat Veau, et quand il en est sorti rondit:ï{ a 
battu Veau. ^ 

On dit de mSms : 

Les chiens battent l'eau. 
BI2&&RB. — Une tête bicarré est une tôte de cerf mal faite. 
BOSSES, .— Quand le Jeune cerf a six mois, il lui pousse sur le mas- 
sacre deux petites élévations qu'on nomme bosses. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CEBVUS ELÂPHU8. t. 95 

BRinR. ^ Terme dont on se servait autrefoÎB, pour dire que 

ies cerfa étaient en mt. On dît à présent les cerft 

crient, et non pas les cerfa brament ('f. 

BRiHANire, BRÉHAiGiTB. — Vieille biche qni ne porte pas de faon. 

CBRTÂisw. ^ Lorsqu'un cerf est bien gras, on dît : il est en pleine 

cenaiaon. 
CRBVUnXi CBRF-VÀ>Aiiz. — Terme dont on ae aert pour appuyer 
les cbiena lorsqu'ils chassent en crainte 
ou qu'ils rapprochent. On prononce cer- 

GBEViLLÉ. — Une tête de cerf est bien chevillée lorsqu'elle a 
beaucoup d'andouillers, et mal chevillée lorsqu'elle 



CBBVILL1TBR. — Troisième andouiller le long du 

de la meule. 
cnuEB. — Croupe du cerf. — Les cimiers sont deui morceans de 

chair que l'on coupe sur le cimier de l'animal. 
a»SAOB. — On dit : ce cerf est petit ou gros de corsage, brun ou 

blond de corsage. 
CROIX DB CBBP. — Cartilage qni ae trouve dans le cœur du cerf; 
plus l'animal vieillit, et plua ce cartilage grossit 
et s'endurcît. 
dàGdbr (*). — On dit : j'ai vu un certdaguer, an lien de dire :J'ai 

va tm cerf couvrir ose biche. 
niGUBS. — Première tête du cerf. 
DAOnsT. — Jeune cerf qui a des daj/uei. 
DAUfTiEBS. — Testicules du cerf. 
DIX CORS. — Un cerf est dite eora à sept ans, 
DROITE. ^ La tête droite eat la tête de cerf qui n'est pas airondle. 
BMPAuitDRB. — Le haut de la tête du cerf et les andouillers qui la 

terminent. 
FAiHB SA T&TB. •- Uu csrf pouBSO OU fait aa t^te depuîa le moia de 
mars jusqu'au mois d'aoflt. 



(1) Quolqa'en diee dHIuiTllle, le motbnaar est encore usité anjourd'hiii. 
—Dans le pars da Liège, on dit ; 11 id&Ir bral, = le cerf brame. Porlr. 

<■) Dans la pafs da Liage, on dit : Il oiafr Ta po«Iil lldli. = I<e cerf va 
dagner la biche. fForir.) 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



96 CEBTUS BLAPEUS. L. 

juK, tkcaf. — La cerf (oa la hicbe) garde ce nom joaqu'à six moto. 
FAUX BEPAiraB. — En passant nne plaine, nn cerf chassé et mal- 
mené, s'arrête et prend dans aa ^eule le grain 
ou l'herbe qu'il trouve devant lui ; mais, ne pou- 
vant l'avaler, il le liUsse tomber l'instant d'a- 
près ; c'est ce qui s'appelle faire un fait(e repai' 
tre; cela jpronve que le cerf est tout^-fltit Bnr 
ses fins. 
FINS. — Un cerf est sur ses fins quand il est prêt à être forcé. 
FORBu. — Panse du cerf que l'on porte au bout d'une fourche, aprâe 

la curée, pour exciter les chiens. 
PWHnB- — Crier après les chiens. C'est une erreur de croire 
qu'on forhue des chiens en sonnant sur le grêle, ce 
terme ne devant avoir rien de commun avec la 
trompe. 

Forhuer, signifie, selon moi, huer ou crier fort ; 
il paraît que M. de Pouilleux et plusieurs autres 
pensent de même; on forhue des chiens pour les 
faire revenir à soi. 
roBLONfli. — Un cerf est forlongé, parce qu'il est loin devant les 
chiens; on dit indifféremment : 
Le cerf est forlongé ou le cerf a beaucoup d'avance. 
FRATâ BBUNi. — Lorsque lea cerfs touchent au bois, leur tSte 
reste blanche qnand la peau en est enlevée, 
mais peu de Jours aprâa elle prend la couleur 
que naturellement elle doit avoir et pour iora 
on dit le cerf a fl-ayé bruni. 
FUMiis ('). — Fientes du cerf, de la biche. 
QLURS3. — Les biches jettent des glaires avec leurs fuméet. 
GOUTTliiiU. — Espèce de rigole le long du merrain du cerf. 
OBOS DrinoHBS. — Les deux gros morceaux de la cuisse du cerf. 
GUEULE. ^ On ne dit pas la bouche, mais la gueule d'un cerf. 
HAlHE. ^ Iiorsque le faon mSJe a six mois, il quitte le nom de 
faon et se nomme haire, alors les bosses commencent 
à paraître. 
ButDl. "-• Lorsqu'il y a plusieurs cerfs et biches ensemble on dit 
voiU nnefaarde et non pas une bande do cerfs. 

(1) Dans le pars da Ll^ las FnmAei «ont ditM : BUron iTolalr, (Forir). 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



OERVBS ELAPHUS. L. 97 

HAHUILLK. — Certaine quantité de biches etdejeunes cerfa. 
HABFAUXSB. ^ Qnand les chiens tournent au change, qu'ils se 
séparent et qn'ila chaaaent des biches, on dit: lea 
chiens chassent ma!. Us ne font que harpailler. 
JARRET. — Lorsque les chiens chassent presque à vue un cerf 

mal mené, on dit qu'ils lui mangent le&jarralê. 
jOiHTBR. — Ud cerf est haut Jointe, on bas Jointe selon la distance 

qui se trouve entre les oa et le talon. 
LAMBEAUX. — Le refait du cerf est couvert d'une peau veloutée et 
lorsque ranima tonche au bois des morceaux de 
cette peau restant quelquefois pendant le long du 
mairrain on des andouillers, et ces morceaux 
pendants se nomment lambeaux. 

LARM liRBS. — Deux fentes qui sont au desaoua des yeux du cerf. 
LEVER, — On ne dit pas couper mats lever le pied du cerf. 
LIVREE. — Le faon de biche naît avec des taches blanche» 

sur tout le corps, ce qui s'appelle porter la livrée ; 

lorsqoe le faon a quatre ou cinq mois, cea taches 

s'efTaoent et l'animal a, quitté la livrée. 

HARRAIN on MAIBRAIN. — Les marraine du cerf sont les deux 
perches d'où sortent les andouillers. 
On dit; Ce cerf a le marrain grêla, 
loraque'Ia perche est menue, et Ce cerf 
a le marrain bien nourri, lorsqu'elle 
est groaae. Un cerf a le marrain grêle 
ou bien nourri à proportion de son 
âge et souvent à proportion de la 
bonne ou mauvaise nourriture qu'il a 
trouvée en faisant sa tSte. 

HALSBVâ. ^Un cert porte dis:, douze, etc., mal semé lorsqu'il 
a plus d'andouillers à une empaumure qu'à'l'autre; 
et il parte bien semé lorsque le nombre des andouil- 
lers est égal aux deux cmpaumuree. 

a la t£te du cerf. Ce qui se 
1, les andouillers, etc. 



MENUS DROITS. — La langue, les molettes, les petits filets du cerf. 
Autrefois on les portait chez le roi. 



6o,l,.cdbyGoO(^lc 



98 CEEVUS ELAPHUS. L. 

METTRE BAS. — I<es oerfs mettent bas au mois de mars, c'eat-ft- 
dire que la tête anciemie tombe pour faire place 
à la nouvelle. 
MEULE. ^ Espèce de couronne qui termine la partie inférieure de 

chaque cOté de la tâte du cerf. 
MOUETTBS. — Tendons des épaules et des cuiaies du cerf. 
KDB. — On appelle mu« de cerf les deux côUb de tAte que l'animal 
a mis baa ; un seul cAté se nomme nue masi les deux 
côtés, les dens mnea. 
HUBU. — Quoiqu'on dise mue de cerf, on ne dit cependant pas les 

cerfs muent, mais les cerfs mettent bae. 
UUTFLB. ^ On dit: le muffle d'un cerf comme le muffle d'un bcauf 

et d'une Tache. 
MULET. — Lorsqu'un cerf a mis baa et qu'il n'a pas encore de 

refait, on lui domielenom de mulet. 
HDSEB, ^ (V Lorsque les cerfs devieunent en rut, ils vont et 
viennent le long des routes et des chemins, mettant le 
nez À terre pour chei'cher des biches. C'est ce qui a'ap- 

Mi-HAt. — Ou dit ordiuairement : mi-mai, mi4Ste, c'est-à-dire 
qu'en ce temps, les gros cerfs ont leur tSte à moitié 
refaite; ou dit aussi : mi-juin, ou mi^graisse, parce 
que pour lora, les cerfâ commencent à Stre graa, mais 
ne le sont pas encore autant qu'ils le seront au mois 
dejuillet, aussi dit-on: en Juillet, tout y est, c'est-à- 
dire qu'en ce mois ils sont en pleine graisse et que 
leur tête est refaite. 
NAPPE. ^ On ne dit paa la peau, mais la nappe d'un cerf. 
BBBF. — Le nerf du cerf est la partie de cet animal qui sert à la 

propagation de son espèce. 
NOiS DE C8RF. — Morceau levé de l'épaule. 

— On disait autrefois: ce cerf port« quatre ou six de 
paramond, c'est-à-dire: quatre ou six andonillers à 
chaque empanmure; on ne se sert plus ai^ourd'tiui de 
ce terme. On dit: ce cerf porte quatorze, seize, etc. 
bien ou mal seméa. 



Doili--cdtyGoO(^lc 



CERVUS ELAPHUS. L. 99 

PKLÀOB. — On dit pelage et non poil de cerf. 

PSBCHS9. — Ce Bont les deux cOtéa de la t^te du cerf quuid ils ne 

sont pas garnis d'andonillers. 
FOBTâ FAR TERRX. — Lorsqu'un cerf est forcé, et que les ottiens le 
font tomber, on dit : le cerf est porté par terre, 
ou, les cbienB l'ont porté par terre. 
HATER. — Lorsqu'au cerf pousse sa nouTelle tète, il porte quatre, 
six ou huit de refait, et lorsque se tête est refaite, il 
porte depuis dix Jusqu'à vingt-quatre à l'empaumure. 
RAiHB. — Lorsque les ceeta commencent à devenir en rut, ils font 

un cri fort et redoublé. Cest ce qui s'appelle raire. 
RÂVALBA. — Lorsqu'un cerf est très-vieux, il pousse des têtes 
irrégulières et basses, on dit alors ; c'est un cerf qui 

BEFAIRB SA TÊTE. — Lorsqu'un cerf a mis bas, ou même quelque 
temps avant que de mettre bas, il se retire 
dans un buisson ( =i bois détaché d'une forêt) 
pour y refaire et pousser tranquillement sa têt«. 
HEFATT. — La nouvelle t*te que le cerf pousse après avoirmisbaa 
se nomme refait, jusqu'à ce que l'auimtd ait touché au 
bois; un cerf porte quatre ou six de refait, 
' RETiHÉ. — Lorsqu'un cerf est forcé, il est pour ainsi dire desséclié, 
ce qui fait qu'il ne peut plus souffler ni tirer la langue ; 
ou dit alors : il est retiré, il sera bientôt pris. 
RODÉE. — La tête rouée, est une tête de cerf dont les merrains 
sont courbés en dedans; elle est rouée du haut quand 
la courbure est près de l'empaumure. 
SUER. — Un cerf sème ses fUmées, lorsqu'en marcliaut, il 1^ 

jette les unes après les autres. 
BUTE. ^ La graisse du cerf s'appelle suif. 

SUR AmouiLLER. f>} <— Second andouiller de la tête du cerf. Celui 

qui est le plus près de la meule, se nomme 

pretnier andouiller, le second, tur-andouiller, 

et le troisième chevillure. 

TATÀU-^Oncrie tayau, tayau, quaud on vuit le cerf de cbasse. 

TÈTE œnVERTE. — On dit qu'un cerf a la tête couverte, lorsqu'il 

est rembûché ou entré dans les demeures. 
)■) Pour l'étTmologie dn mot UllMllUar, V. SMMaia 1915, p. 349. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CBRTUS ELAPHUS. L. 

PiBDB. — Un eerf mal mené, tonrne les pieds en cou- 
rant, ne pouvant plus piir lassitude se tenir 
et marcher ferme. 
TROGHUBE. — Le quatrième andouiller. Il eet rare. 

A cette liste des termes de vénerie du cerf, nous n'en 
tyouterons que quelquQs-uns : 

Ce qui suit fera comprendre ce que c'est que le 
Frayoir : 

C'est par le frayoir que l'homme le plue inexpérimenté peut déci- 
der, sinon tout-à-fait de l'ige, du moins du sexe de la b6te détour- 
née. Lorsque le cerf a Ferait sa tête, il cherche à la dépouiller de la 
peau dans laquelle elle reste enveloppée, et pour cela il se frotte 
aux hardois ou hardouées, touffes de branches flexibles, n'offrant 
que peu de résistance, dans ce premier essai fait craintivement par 
le cerf dont la tête est sensible. Quand il a snpporté ce premier 
essai sans douleur, il commence à frotter son bois contre les jeu- 
nes arbres, les bouleaux, les sapins, qu'il écorche et qu'il plie 
jusqu'à terre. C'est là le fi-ayoir, opération désastreuse pour le 
repiquage des forâts, et particulîârement pour les sapins. Le cerf 
arrive à eux, s'arrête pour observer si quelque danger le menace, et 
voyant la sécurité au loin, autour de lui, il ne quitte l'arbre contra 
lequel il frotte sa tête avec une sorte de fureur que lorsque cet 
arbre est en lambeaux. Et ne croyez pas que les cerfs s'attaquent 
exclusivement à de jeunes arbres ; suivant leur âge, selon leur taille, 
les arbres à frayoir doivent être plus gros et j'ai vu des sapins de 
vingt ans dépouillés depuis leur base Jusqu'à la sixième OU septième 
conroone; autant dira des sapins perdus. 

Prosp. Vialon. Chasse illustrée du 21 décembre 1878. 

Ensuite voici le terme àbattures que le Dictionnaire de 
Trévoux déûnit ainsi : 

ABATTUBES = Foulure, menu bois, broussailles, fougères que le 
cerf abat de son ventre en passant. On connaît le cerf par tes 
àbattures. 

A Liège, les àbattures portent le nom de pîss âe t^ir, 

(forir). 
Le ceTÎftiît le ronge lorsqu'il rumine. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CBRVUS ELAPHUS. L. 101 

Dans te pays de Liège, on dit H ciair sprongèie, dans 
le môme sens. 

12. — Les bois de la tête du cerf portent les noms de : 

BOia DE CERF, fn. français. 

GOBNB DE CBRF,/'.fran;ata. (terme commercial). 
EoiNR Dt CIAIR, Liège, Forir. 
BAKZ, m. ancien prov. Raynouard. 
BAHA, BARDA, /l ancien prov. Rayuonard. 



On appelle cors (au pluriel), les cornes qui sortent des 
perches du cerf (du mot latin cornu). 
On appelle : 
os 
les ergots placés derrière te talon du cerf. 

Chasse iUustrée, 1. 1, p. 103. 

13. — Proverbe : 

Les cerfs laissent leurs tdtes aux lieux les plus inacces- 
aiblea qn'ila peuvent, où on ne les pourrait trouver, d'où est 
venu le proverbe, qu'on dit des choses malaisées à trouver: 
qu'elles sont où le cerf a getté ses cornes. 

IIATTHIOLI, p. £43. 

14. — Les blessures que fait le cerf au chien ou même 
A l'homme, passent pour être plus souvent mortelles que 
celles faites par le sanglier, de U les proverbes : 

Après le cerf la bière. 

Après le nauglier le miëre {'). 

— Aucerfla bierre. au sanglier le barbier f). 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



lOZ CERTUS BLAPHUS. L. 

16. — Proverbe : 

Qui eat âne et veut être cerf, ae connaît au saut dn foaaé. 
MÉRT. t lU, p. 51. 

16. — Proverbe : 

. Plus terrible est la compagnie de certz desquels le lyon 
eet le chef, que les lyona desquels le chef est le cerf. 
Leroux de Linct, Proverbes. 

17. — Proverbe : 

Le cerf et la truite ont la mâme saison. 

Lbroux de Lihct- 
(Je ne comprends pas le sens de ce proverbe.) 

IS. — I)ng cerf tes signes de ses piez abolit pour mieux et 
muBer f cacher). 
BOViLU, (Prof. XVI» siècle) cité par Leroux de Lincy. 

19. — Sers comme cerf, ou, ftiy comme cerf. 

Lbbocx de LmCT. 

20. — Locution : 

Faire le cerf de quelque chose. 



c'est-â-dire, ne pas faire attention à cette cbosa. 
Je ne connais pas l'origine de cette locution. 

21. — On dit d'une personne qui marche la tête haute, 
qu'elle porte son bois comme un cerf. 
Exemple : 

Ç'te grande flllaude, elle porte son bois comme un çarf. 



S'enfuir comme une biche 
S'enfuir comme un cerf 



et l'argot moderne dit : 

Se déguiser en cerf 

c'est-à-dire, se sauver. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



OBRTUS ELAPHTJS. L. 



1, — Proverbe : 

Quand le cerf vient à morir 
Tourne ses yeux vers le midy. 

Lsaoux D 



2. — On fait avec les cornichons du cerf, par la distil- 
lation, ce qu'on appelle Yeau de tête ou de cru de cerf; 
c'est un remède souverain pour faciliter raccoucliement 
et contre les fièvres malignes. 

PoMBT, Chapitre des Animaux, p. 34. 

3. — En Bretagne, on croit à l'apparition fantastique 
de la bicbe blanche de sainte Nennoch ; elle court, dit- 
on, la Bretagne à la tombée du jour, et c'est en vain que 
les chiens lui montrent les dents, que les chasseurs lui 
lancent des balles.... Les mariés qui l'aperçoivent le jour 
de leurs noces, sont sûrs de mourir dans la nuit. 

PrrRE Chevalier, Voyage en Bretagne, 
cité par Laisnet de la Salle. 

4. — C'était anciennement une coutume tirée du paga- 
nisme de se couvrir de peaux de cerf et de biche le premier 
jour de janvier et de porter en cérémonie des bois de cerf 
sur les épaules. Cette coutume fut improuvée par un arti- 
cle du concile d'Auxerre, ainsi conçu : 

Non licet calendis jammHi vitulâ aut cervulo facere, 
vel strenas diahoUcas observare. 

Mery, t. IIl,p,51. 

5. — < Qni rencontre un loup, un cerf OQ un ours, c'est tresbon 
signe. ■• Evangile des Quenouilles, éûit.3iXiiST.p. 33. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



4 CERTVS CAPRE0LU8. L. 

CBRVUS CAPREOLUS. L. 

LE CHEVKBUIL. 

I. 

1. — Du latiû capreolum, viennent : 

CABROL, m. ancien provençal, Raycouard; languedocien. Azala. 

CABIBOL, m. ancien provençal, Raynouard. 

CABBOOi;, m. Languedocien, Sauvages. 

GHBTBBiiL, ffi. BQcien ft-ançais , Cotgrave. 

GHEVHBtiiL, m. français. 

TCHÂVRBUL, m. Montbéliard, Sahler. 

CHâvREU, wallon; Qrandgagaage. 

CHàvERiEU, m. Saint-Amé, Thiriat. 

CHHViioti, fn. dialecte poitevin du 5III' siècle. Boucherie. 

GHivBOD, m. vrallon, Sélys Longchampa, Orandgagnage, Deby. 

CHBTRn, m. Montrât, Qaspard. 

DCHBVnns, m. Ban de la Roclie, Oberlin. 



2. — On a souvent vu dans le chevreuil, une espèce 
de chèvre ou de chevreau à l'état sauvage, d'où ses noms 
de : 

CABRI PÈ. m. Var, département du Var, grand in-folio de lU p. 

CBEVBEAD 3AUVA0B, m. Avançais, Cotgrave. 

CHAVRonx SAULVAiOB, t». ancien dialecte raessin. (Journal de 

Jehan Aubrion.) 
CHEVRiT, m. Snisse romande, Bridel. 
CBBVRIOH, m. ancien français. Roman de la Rose, 
BBTZE ('), f. Bas Valais, Bridel. 
BnQDET, m. Normand, Le Hérîcher. 
BiQTIOT, wi. Avranohes, Le Héricher. 
BOCATTE BAUVAiGE, f. pays messin, recueilli personnellement. 

3. — La femelle du chevreuil porte les noms de ; 
CHÈVRE, f. n-ançaia. 

CHEVRETTE, /. ft-ançais. 
CHBVRBTTA, f. Suisse romande ; Bridel. 
|i) C'e«t le même mot que blfu, Mtke. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIS LUPUB. L. IC 

4. — Le jeune cbevreuil porte le nom de : 
CBBVIULLABD. m. français. 

5. — Xie mâle d'un an s'appelle : 

BROQnAHT, BROCART, m. français. 

6. — En vénerie, on appelle : 

HABDOciss. — Les briauree que le brocard fait avec la tète i 

menu bois de ses demeures. 
RÉGALis. — Les places où il a gratta la terre avec ses pieds < 

HOQUETTES. — Ses fumées (Sentes). 

Chasse iUuîtrée, t II, p. 188. 



1. — Rencontrer un chevreuil le matin porte malheur. 
Thiers, 1. 1, p. 109. 



CANIS LUPUS. L. 

LE LOUP. 
1. 

1. — Du latin tupum, viennent : 

LOPi LVf, m. ancien provençal, Raynonard. 

LLOP, m. catalan des Pyrénées -Orientales , Companyo. 

LOUBE, m. Berry, Janbert. 

Lonc, m. Saintonge, Boucherie, JOnaln; Fontenay-k-Comte. 

Revue des promnces de rOuett, vol. 6, p. 687. 
LOUP, m. français. 
LAtr, m. Snisse romande, Bridel. 
LAtr = LAOD, Gruyère, Comn <Romania 1875, p. m.) 
uou, m. Meuse, Cordier; Tarentaise, Pont. 
LEU, LE0, m. -wallon ; picard; rouchi; Suîase romande, Bridel. 
- Loto, eopagnol. — Laf, ladln 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



106 CANIS LUPUS. L. 

2. — Du latin ktpam, viennwit les mots suivants qui 
servent à désigner la femelle : 

LOBA, f. auciea provençal, Raynoaard. 

LOUBO, f. proveoigal moderne. Castor; Limouain, Cbabaneau; 

Castres, Couzlnlé. 
LOUBK, f. Berry, Janbert. 
unvA, f. SntHae romande. Bridai. 
LACA, f- Suisse romande, Bridel. 
liOtrvB, /. français. 

LOUFFB, f. pays messin, recueilti personnellement. 
LOtKi, f- Castres, Conzinié. 

Les noms suivants sont formés de tupam avec nn 
snâlxe ; 

LOCVBSSB, f. Flandres, Varmesse; moatois, Sigart. 
LOUTHESSB, L0VBE3SB, f. nallon, rouchî, Orandgagnage. 
LOVAiSB, f. Centre, Janbert. 

On trouve aussi la forme : 

LOUBB, f. Horvaud, l'abbé Bautian, t. I, p. 58. 
Cf. Lnpa, italiffli. — Loba, sapagnol. — Lava, Itsta, ladin des Onsons, 
A»coli. 

3. — Le jeune loup porte les noms de : 
LOBAT, m. ancien provençal, Raynonard. 
LODBAT, m. Saintonge, JOnain. 

LOUBET, m. Qers, Cénac Montant. 
LDVBT, m. Suisse romande, Bridel. 
LouvET, m. ancien français, Cotgrave. 
LonvAT, m. Menée, Cordier; français, Littrë. 
LOUBAToon, m. provençal moderne. Castor. 
LouvBTOH, m. ancien français, Cotgrave. 
LODATOU, m. Castres, Couzinié. 
LBUTûN, m. wallon, Orandgagnage. 
LonvBAH, m. ancien français, Cotgrave. 
LOUVBTBAU, m. français . 

De un an à deux ans, le loup porte en vénerie le nom 
de: 

LOUVART, m. français. 
et. LspttU, inpMto, inpittaUo, InpattlB*, IipteAla*, italien. — itwU, léai- 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CAIJIS LDPUS. L. 107 

4. — Mots dérivés de lupum. 

U»BTIU. f. (tamiâre de loupa) ancien provençal , Rajmonard. 
bODUTAso, f. (portâe do loups) CaetreSj Couzinié. 
i/>BERNA, f, (peaa de loupj ancien provengnl , Raynouard. 

5. — TERMES DS VÉNSRIB. 

Lorsque le loup a mangé quelque bâte morte^ on dit 
qu'il a donné au carnage. 

Baudrillart. 

La Sente du loup se nonune: laissée. id. 

On dit que le loup a couplé ou couvert la louve. " 
id. 

On appelle aUaites les tettes d'une louve, id. 

Vetelaul velelau! c'est ainsi qu'on parle aux chiens 
quand on aperj^lt le loup que les chiens n'ont pas 
encore commencé à chasser. Id. 

On appelle liteau l'endroit ou la louve a mis au monde 
sa progéniture 0). 

On appelle déchaussures le grattage semblable & 
celui du chien que le loup fait après s'être vidé. 

On appelle abattis, le chemin que se font les jeunes 
loups, lorsqu'on allant souvent au lieu ou ils ont été 
nourris, ils abattent l'herbe. 

Dictionnaire de Trévoux. 

Ligner, aligner une louve, se dit du loup qui couvre 
une louve. 

Trésor de Nicot, Cotgrave. 

On appelle ses demeures les endroits qu'il affectionne 
quand il n'a fait que se reposer en passant dans le taillis; 
on dit en parlant des endroits où il a laissé l'empreinte de 
son corps : Il a flâtré par là. 

TOUSSENBL. 
(I) On appelle auisi IlUsn le gîte que le loap se taUle dans le tonni 
daos lea Hautes bruyères. 



Doili/cdbyGoOJ^IC 



106 CANIS LIJPUS. L. 

6. — Un loup qui rêtie est ua loup qui montra les dents. 

FoRBZ, Noélas, p. 304, note. 

7. — On appelle louvetter, un commandant d'équipage 
destiné à la chasse du loup. 

Yoici la déânition que donne Ck)tgTave du : 

LOVETIBB on LOnVIER 

< C'est un ppeneur de loupa, un officier préposé à chaque forSt et 
payé pour chaque loup pris ou tué, par chaque habitant demeurant 
à deux milles à la ronde du lieu de la capture, à raiaon de deux 
d. tourn. pour nn mflJe et de 4 pour une femelle. > 

8. ^ Au loup! au loupi {Sn Fmnce, partout.) 
— A - z -oup I a - a • oup ! a - a - oup I 

Foc, foc, foc & la cougo dal loup t {') 
Provence, Bévue des langues Romanes, oct. 1873, p. 581. 

— AU BOUBRAISl OU AU BOURRAS t SaiotODge. 

Boucherie, Bévue des tangues Romane», Jan- 
vier 1878, p. 70. 

— SOUTRO I SOUTRO 1 

Rouerguat, Revue des tangues Romanes, aTril 
1874, p. 387. 

Tels sont les cris que l'on fait entendre quand on voit 
un loup. 

9. — Locution proverbiale : 

Marcher à pas de loup. 

10. — Locution proverbiale : 

Regarder en loup. 
c'est-à-dire regarder méchamment, regarder de travers. 

COTORAVE. 

11. — Proverbe : 

— Contrefaire le loup de paille. 

COTGRAVa. 

— Faire le loup & la carrière. 

CoraRAVB. 

c'est-à-dire ne faire semblant de rien, laisser passer le 
monde à côté de soi sans s'enfuir. 
(1) An secours, au secours, au Eecoursl feu, feu, fra K là queue du lonpl 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANI8 IUPU8. L. lOÔ 

La dernière expression vient de ce que, lorsque le loup 
est caché dans un endroit plein de ronces ou de pierres, il 
laisse passer les traqueurs à côté de lut sans se déranger 
et échappe ainsi au danger. 

12. — Locution proverbiale : 

^ Aller queue à queue comme les loupe. 

— Marcher à la queue leu leu. 

— Marclier à la queue lou lou. 

c'est-à-dire marcher les uns derrière les autres comme 
les loups. 

13. — Proverbe : 

Adèa rera li lens au bois. 

fAnoien français.) 
(Le loup retourne toujours au bois.) 

14. — Proverbe : 

L'homme de guerre doit avoir assaut de lévrier. 
Fuite de loup et défense de sanglier. 

Je ne puis mieux faire que de rapporter l'explication 
que donne de ce proverbe Fleury de Bellingen, p. 214. 

< l' Les lérriera attaquent tout ce qu'on leur moatre. 2° Les loups 
dans leur fuite ménagent leur force et leur respiration avec une rare 
prudence. 3° Acculé dans une impasae, il faut faire comme les san- 
(;liers qui, dans une eemblabie position, se servent de leurs défenses. 

15. — Proverbe : 

— Quand le loup est pris, tous les chiens lui mordent les 
fesses. 

16. — Proverbe : 

— Le dernier le loup le mange. 

Ce proverbe doit venir de ce que le cbien de chasse qui 
s'égare et reste le dernier au bois, devient souvent la 
proie du loup. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



110 CANia LUPUS. L. 

17. — Proverbe ; 

— A chair de loup sauce de chien. 

— A chair de loup dent de chien. 

— A chair de chien saulae de loup. 

<Ancien français.) 

c'est-à-dire que la destinée du loup est de finir par 
être mordu par le chien et réciproquement. 

— A came de caâ, dent de loup. 

BÉÀRN. 

Cf. La prorerbe allemand : Zi wolfsBdBck geiatt sln bandiuhii, — et la 
proverbe italien : a cwiu dl Inpo, uimt dl oaa». 

Proverbe : 

— Enfin les loups tnent le chien qui tue lea loup>. 

18. — Proverbe : 

A mauvais chien ne peut-on monatrer le loup. 

COTQRAVE. 

On sait que beaucoup de chiens refusent de chasser le loup. 
1». — Proverbe : 

Tel loup, tel chien. . 

c'est-à-dire ce loup et ce chien sont dignes de lutter 
ensemble. 
80. — Proverbe ; 

N'être ai chien ni loup. 

C'est la même chose que de n'être ni chair, ni poisson. 
21. — Proverbes : 

^ Mort du louveau, santé de l'agneau. 

— Mort, du loup, santé de la brebis. 

— Mort deou loubet. 
Sautât de l'agneret, 

Oascogne, REiSBBERe-DijBlHGaFELD, t. II, p. 395. 

— Mort d'ein kiea, vie d'ein ieu. 

Picardie, RBiNSBBBO-DijitinasFELD, id. 
et. Le proverbe iUlian : la morte ta iipi è la lalnta Oeil* ptcon. 



jt,Goo(^lc 



CANI8 LUPUa. L. 111 

23. — Proverbe : 

A bien petite oecaeion 

Se BEtiaitle loup du mouton. 

cr. Le proverbe all«m&nd : tn mil MaU du sobftf im aliie KMnltlutt. 

23. — Proverbes : 

— Ia maie garde paist.le loup. 

fAncien nrancaisj, Leroux db Lingt. 

c'est-à-dire la manvaîse ^rde nourrit le loup. 

— A mol pasteur le loup chte laine. 

c'eat-à-dire que le loup qui prend une brebis au berger 
négligent, ne lui en rend que ta laine. 

24. —Proverbe : 

C'est une bonne prise qne d'un jeune loup. 

COTGHAVE. 

Il n'y a pas de mâcbamt lièTre ni de petit loup. 

Pays messin, recueilli personnellement. 

c'est-à-dire tout lièvre est bon à prendre, et délivrer le 
pays d'un loup, lors même qu'il est petit, est toujours 
im bienfait. 

^. — Les loups ne se battent guères entr'euz et ne 
s'entre^lévorent pas ; de là, les proverbes ; 

— Les lonps ne se mangent pas entr'eux 

— Loup ne mange chair de loup. 

RBraSBBBO-DUHtNGSFBLD, t II, p. 390. 

— Lou loup qne minye de toute carn, sinon que de la soue. 

(Béarn, RsiKSBGRa-DuiUHQSFBLD, id.) 

Cf. Lnpo nni nsniia di I190, italien. (Reinsberg-DuringsAld, Id.) — Ui 
mur Mut dm andam nloht, allemand. 

26. — Cependant quand la famine arrive, le loup de- 
vient terrible, aussi bien pour son semblable, que pour 
Vhomme. De là les proverbes : 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



112 CANIS LUPUS. L. 

Quand le loup mange aon compagnon. 
Manger miuique en boia ^ buisson. 

(MfHnuBn, Tris, des Sentences, ZV* aiècle, cité 
par Leroux de Lincy. 
Hanvaise est la stûson quand un loup mange l'antre. 

CorsHAVE. 
11 Tait mauvaU aller au boia quand les loups se mangent l'an 
l'antre, CoraRAVB. 

— La famine est bien grande quand lea loupa s'entremangent. 

cr. Le proverbe allemand : Wnm tin «ait dan udarn Olut, Ut hni«r- 
loOi bn mlda. 

27. — Proverbes : 

^ Tenir le loup par lea oreilles. 

— Tenir le loup par la queue. 

c'est-à-dire être dans une position délicate, parce que 
l'on a besoin de ses deux mains pour le tenir ainsi, et 
qu'alors on ne peut lui f&ire de mal. 

28. — Proverbe : 

Homme seul est viande a loup. 
CI. Le proverbe anglais : the lon« iliMp ft is lugar of Ou wolf. 

29. — Proverbe : 

Qui a peur du loup n'aiUe pas an bois. 

Pays de Limoges, J.-J. Jcaz, 1857, p. 21V. 

30. — Proverbes : 

— On crie toqjours le lonp plus grand qu'il n'est 

— Li leuB n'est mie si grant cnm l'an s'escrle. 

Vieux français. 

31. — Proverbe; 

Si on savait les trous 
On prendrait les loups. 

(Pont-Andemer, Vasuier, p. 65.) 

C'est-à-dire si on connaissait le côté faible d'une chose, 
on en viendrait aisément à bout. — On sait que pour 
prendre les loups on creuse de grands trous qu'on reooa- 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



OANIS LUPUS. 'L. -113 

rre de feuillages. L'animal, s'il Tient à passer par là, 
tombe dedans, et, comme le trou est profond, il est pris. 

32. — Cependant s'il s'en écliappe, ou si après l'avoir 
pris on le laissa se sauver, on peut être sûr qu'il ne s'y 
fera plus prendre. 

n'attrape poi deux foès ein lea a? même tretiée. 

Picardie, 

33. — Proverbe : 

Beau eecrie le loop 

Qui ea proie luy rescout. 

(XV' a. LKROinC DB LlHCY.) 

c'est-à-dire : bien se récrie le loup contre celui qui lui 
enlève sa proie. 

34. — Proverbe : 

Buer chaBse le Len qui sa proie en resqueult. 

SIII' B. Lehoux de Lihct. 

c'est-à-dire : bien chasse le loup qui cherche sa proie. 

'35. — Proverbes : 

— Se jeter dans la gueule du loup. 

— Mettre quelqu'un à la gueule du loup. 

LsRonx, Dictionnaire Comique. 

— Enfermer le loup dans la bergerie. 

— Donner les brebis à garder au loup. 

^- B&ilo à garda la fédo fton lou ô la gallno Aon rainar. — 
Languedoc. 

— Baillo ft gardar la fedo au loup et la galino au reynard. 

Provence. 
, 36. — Proverbes : 

^ Un loup n'engendre pas des moutons. 

— En la peau oU le loup est, U y meurt (Ancien français.) 

— En t«l pel comme li loua vait en tel le Convient morïr. 

Ancien français, Leroux de Lracv. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



114 0AHI8 LUPUS. L. 

— Le loupmoDrradmiB sapeau. ' 

— Le loup est toitJonrs Loup. 

— Le loap moarra eu sa peau qui ue l'escorchera vif. 

Ancien françain, Leeoux db Liicct- 

— cela pelé oum veat le loup, l'eatot morir. — Vieux fraûg. 

Cf. H liQo non (k (ou cua) agnelli, provarbs italien. — Cbe naus loin, m 
Bsr agnelo, proverbe vénitien, Beiusberg^lurlngBi^ld, 1. 1, p. 65. 

37 .■ — Proverbes : 

» Le loup açait bien que maie beste pense. 

CoraRATE. 

38. ^ Pu qnlo lou é, pu qu'il tu avoù. 

Ban de la Boche, Obwlin, p. 153. 

39. — 1 raann a en leu 

I cacb sèn muzieu. 

AlmanachfVanc-Ptconl, 7*année, p. 185. 

40. ^ Ardi eonmènlen. 

Almanacb Franc-Picard, 7< année, p. 192. 

41. — Kant cbé leu 1 hurltt 

Chô bôrbi i B'seuvtt. 

Almanacb Fi-anc-Picard,!' année, p. 189. 

c'est-à-dire : 

Quand les loupa burlent, 
Lea brebis s'enfuient. 

42. — Proverbes : 

— n est connu comme le loup. 

Lbroux, Dictionnaire Cffmique. 

— Connu comme le loup blanc. 

— Connu connue le loup gris. 

— Counescu coumo lou loub blan. (Languedoc.) 

Le vieux loup ("gris ou blanc) devient célèbre dans un 
canton par ses déprédations. 

43. — Proverbe : 

Danser le branle du loup, la queue entre les jambes. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIS LUPUS. L. 115 

< Ce proverbe a diverses signiflcatious, nue obscène gui est la 
plos en usage, et l'autre toute naturelle. Cette dernière est prise de 
la manière de marclier du loup, cet animal âtant accoutumé d'avoir 
toujours la quene aitre les jambes, ce que les naturalistes attribuent 
& sa timidité naturelle. De sorte qu'on peut dire quand on parle 
d'un homme l&cbe. il ress^nble au loup, il a la queue entre les 
Jambes. > 

FLiURt DB BBLUNGBn, Etym. des prov. franc, p. 17S. 

44. — Proverbe : 

ramo autant que saie ou loup qu'à l'aversin. 

€ Proverbe pour dire qua l'on aime autant qu'une chose qu'on ne 
peut conserver soit au loup qu'au mauvais temps. Le mot aversin 
aiguifle revers de la blze. » CoCHiLtLD, p. 347. 

45. — Ce qui fait la réputation du loup comme mangeur, 
c'est qu'il jeûne quelquefois (bien iuvolontairement) pen- 
dant un temps assez long et qu'il se dédommage quand il 
trouve quelque nourriture. Il mange alors pour plusieurs 
jours. D'ailleurs, il est habituellement doué d'un gros 
appétit, d'où les mots, locutions et proverbes qui suivent : 

aLodbi, (=affamé) rouchi, Hècart. 

ALOUBi, ALOUBBi, C=afFamé) Poitou, Lalanne. 

ALOuviH, (=affamer) Orne, Dubois. 

— Manger comme un loup. 

— Affamé comme un loup. 

— Avoir une faim de loup. 

^ Loup affamé nulle part applacé. 

RGINSBEIiG-DufilNGSPliLD, U I, p. 411. 

Cf. le proverbe espagnol : Lobo tuunbrlento no tlsne uienta. 

Rein»ber^uring»ftld, id. 

46. — Proverbe ; 

— La faim citasse le loup du bois. 

Cf , le proverbe suivant en usage chez les BBiauntos, peuple de l'AMque 
méridionale: 

La film tait sortir le crwwdllt ds l'«an. 

i, IHi. p. 8». 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



(UNIS LDFDS. L. 



1. Le mot loup, après avoir été synonyme d'affamé, a 
' âni par servir à désigner la faim elle-même, 

Jaune homme eu sa croiaaance 
A un loQp eu la paace. 

Qabr. Meurier, Trésor des Séniences, XVl* a., 
oiM par Lerous de Lincy. 

On dit en anglais : To keep the wolf from the door, 
: c'est-à-dire se garder de la fiiim, et he has got a wolf 
in htsstomach ou simplement he has got a wolf se dit 
d'une personne qui mange énormétnent. 

(Voyez Notes and queries, vol. rv de la 
2f série, p. 115.) 

S. — < Dana le Berry, les bergères croient qne le loup est ueaf 
'jours badé (ouvert) et neuf jours barré (ferma) ; ce qui vent dire que, 
. pendant neuf jours, il a la mâchoire libre et mange tout ce qu'il 
.rencoBtre, et que, pendant les i^eurjourB auivauts, ilnepentdesseii- 
rer les deuts et se trouve condamna à uu long jeûue. » 

laiSNEL DE LA SALU, t. II, .p. 1S9. 

< Dans quelques vlDages dn Berry, les bergères vous diront que 
< le loup vit neuf jours do chair, ueuf Jours do sang, neuf Jours d'air, 
neuf Jours d'eau et qu'il u'est à craindre que dans les dls-huitjoors 
durant lesquels il se nourrit de chair et de sang. » 

D' ROBiN-UASSri, Revue du Barry, t T, p. 190. 

3. — Proverbes ; 

— n est comme le loup, il n'a jamais vu son père. 

— Jamais loup ne vit son père. 

« Quand une louve est chaude, lee loups s'assemblent autour 
d'elle, pour la couvrir, s'ils peuvent, quand elle sera prette à recevoir 
le masis, mais cette bflte choait celuy de toute la troupe qui luy 
agrée d'Avantage pour avoir son accouplement, et lorsque tous ces 
pourauivans se sont eadormis autour d'elle, elle esveiUo celuy du- 
quel elle a fait ohoiï et souffi-e qu'il s'accouple avec elle. Les autres 
loups «tant éveilUs de learsommle «eatana à l'odorat cdoy de;:ia 



Do,i,.cdt,'Googlc 



CANIS LUPUS. L. 117 ■ 

troupe qui a couvert la lonve, il ae jettent sur lai à la foule et l'es- 
tranglent cruellement. Ainsi, les looTeteaux gni natasent de son 
fïtict ne Toyent point leur père. » 

BoDm, cité par Fleury de Bellingen, p. 136. 

4. — Proverbe : 

Cette femme reasemble à la loure qui prend de tous les loups 

< Phebus, comte de Fois, dans le livre qu'il a fait de la chasse, re- 
' marque que quand la louve devient amoureuse, elle est auseitAt 
accompagniic du premier lotip qui la rencontre, lequel la suit. Le 
second qui y vient se tient derriâre le premier, et ainsy de tous 
ceax qui y accourent, tellement que de queue en queue ils font une 
grande traisnée de loups. La louve lesmeine sans s'arrester. Jusqu'à 
ce qu'ëtant tous las, elle commence à se reposer, et à son exemple, 
les autres loups aussy qui s'endorment. Pendant leur sommeil, la 
louve a'addresse au pire do la troupe qui est celui qui, le premier, 
l'a suivie; après elle s'en va laissant, ce loup qui s'endort aussitost; 
les autres à leur râveil, estcunez de l'absence de la louve, reconnais- 
sant au nez celuy qui leur a esté préféré, se jettent suf lui et le dé- 
' vorent. » Voy. Leroux de Lincy, 1" vol. p. 183. 

5. — Proverlie : 

On dit d'un bomme enroué qu'il a ou le loup, et l'on croit 
que la rencontre de cet animal rend muet. 

• 11 passe pour certain que si le loup qui survient pour enlever un 
mouton, voit la bergère avant d'en être vu, à l'instant même celle-ci 
devient rauehe (enrouée) au point de ne pouvoir crier. Aiors, il ne 
lui reste qu'une ressource, — mais cette ressource est infaillible, — 
c'est de se décoiffer et de courir sua au loup, les cheveux épars ; elle 
est sûre en agissant ainsi, de le mettre en fuite. Si, au contraire, le 
loup est aperçu le premier, il perd tout pouvoir sur la bergère et le 
troupeau. Laisnel de la Salle, t. il, p. S9. 

La vue d'un loup rend un homme muet, 

(Pays de Limoges, Juge, p. 182.) 
c A biat lou loup > se dit d'une personne qui a perdu la vois. 
Castres, Couzinié. 
On lit dans VEvangile des Quenouilles, édition Jannet, 
p. 124 : 



Do,l,.cdbyGooj^lc 



118 OANIS LUPUS. L. 

« Se le loap poeult tme perBonoe approchier à sept piéa près et le 
veoir en 1& face, de son Blaine rend la personne tant enroué qu'il ne 
ponelt crier. » 

6. — On dit aussi proverbialement : 

Etre enrhumé comme an lonp. 
Etre enrhumé comme un vieux loup. 

7. — Proverbes ; 

— Quand on parle du loup ou en voit la qnene. 

— Quand on parle du loup on en voit les cornée. 

Almanach de Genève, 1864. 

— Kan on preidzet du laou. 

. Al arrivet u bsou. (') Tarentaise, Pont. 
^ Quen Ion parle deou lonp 

De la quone on bey Ion bout Oascogne. 

— Le lopa CB «1 la fanla. - Ancien Pronnç al 
cr. la superaCitlon belge laivante : 

c Qui nomme le < loup > pendant la nuit de Noël, doit s'attendre 
au déplaisir de le voir apparaître au milieu de son troupeau. > 

REmSBERG-DuiiiiissrBi.D, Traditions et Légendet, 
t. II, p. 327. 

8. — Proverbes : ■ 

^ Cest ou leup coviert d'ine pai d'mouton. Wallon. 

IlEINSBBBG-DnRINaSFBUl, 1. 1, p. 391. 

— Agueou defouero et loup dedins. 

Provençal moderne. 

Reirsbbrg-Dubihosfeld, id. 

et. le proverbe italien ; D Inpo l'A wstUo delU p«lla d'ignello; et le pro- 
verbe allemand : Oft lu elnei Woltes Hen bedeckt mil Schairellm. 

Raingbere-Duringsfëld, id. 

9. — Proverbe : 

Il ne faut eatre lonp, ny en affubler la peau. 

COTSRAVB. 

10. — Proverbe : 

— Tel pense fuir louve qui rencontre le loup. 

(■) Quand on parle du loup, tl arrive i l'icurle. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CiUIIS LDPUS. L. 110 



' Cf. Le proverbe italien : Cbt ttgs» illvpto iMxMrftlI tnpoe tevoIp«. 
Beinsberg-DnriDBsfeld, 1. 1, p. VS. 

■ 11. — Proverbe : 

. — Uoaud le tchi et le lou B'einteiadount le bardzé a mau teia. 
(Quand le cbien et le loup s'euteDdent, le berger a mauvais 
F tempB.> 

Pny-de-Dôme, Oonod, (dana la Beseription 
de la France de LohIOL, p. 86.) 

12. — Proverbe : 

Qui se fait brebis le loup le mange. 
Qd fMo se ffti lou loub la manjbo. Languedoc 
et. le proverbe anglais : Ha that nukes blmBelf a ibvep, tha woU wlll eat 
Un; et le proverbe allemand : Wer ilch nua gcltaf mulit, dsn fïasvo dis 
Wélfe. 

13. — Proverbe ; 

C'est comme lorsqu'on choisit îles loups dans une botter le 
meilleur ne vaut rien. 

Atmanach de Genève, 1664. 

14. — Proverbes : 

— n faut hurler avec les loupa. 

— Qui hante avec le loup. 

Hurler convient s'il n'est lourd. < 

— Qui hante souben dap lou loup 

Hurle corne het, si uou es lourd. Qascogne. 

— Embé de loups, l'on aprou d'hurlar. Provençal moderne. 

Cf. le proverbe Italien : Chl prattM col Inpo, Invan a arlara. 

Eeinsberg-DuringHtteld, t. II, p. 18. 
et le proverbe allemand. : Bel Wolfm un enlen lemt suui 's lUBlen. 

Reinsberg-buriugsfeld, id. 

15. — Proverbes : 

— Qui'a le loup pdur compagnon. 
Porte le chien sous le hocton. 

— Qâou a Ion loub par soun coumpftiré 

USno lou chi për cantons è per càird. Languedoc. 

Rbinsbbrg-Duhikgsfkld, t. II, p. 394. 
c'est-à-dire celui qui a le ioup pour compère, doit emme- 
ner avec lui un chien dans tous les coins et recoins. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



120 Cktm LUPUS. L. 

et. la proverbe italien i Olbt 11 lopo p«r eomptcno, pom 11 eu SMM 11 
minUliO. Reinsbei^-DuriDggfbld, Id. 

Et le proverbe ailemBnd : Wer baba wrif ni gentter lUlUB wUl, tuua 
elngn himd nntar dem maoui luUwn. 

Beinsberg-DnTingsfUd, Id. 

Et le proverbe anglais : Who bafli s woir for hls mate, n»«ds a Oof fSr 
hls aun (pour Atre son servitear) RelQsberg-Duringareld, id. 

16. — Proverbe : 

Le loup emporte le veau du povre. CoraaAVB. 

c'est-à-dire que c*e3t surtout sur les biens du pauvre que 
le loup exerce ses ravages. 

{Allusion à quelque contet) 

17. — Proverbes : 

Per l'amonr A'ttoa bioon 

Lou loup lico l'araire. Langnedoc, ThieBsût^, p. 84. 

C'est-à-dire : 

Pour l'amour d'un bœuf, le loup lèche la charme. 
{Allusion à quelque conte que je ne connais pat.) 

18. — Proverbes : 

Le loup alla à Romme et ; laissa de son poil et ri^ de aea 

coustumea. Proverbe du XV* siècle. 

Le loup change de poil mais non pas dMastinct. 

Pays de Limoges, Juge, p. 213. 

Cf. le proverbe italien : il Inpo cangta II pslo, ma non Uvlili).— Le pro- 
verbe espagnol : moda et lolm los dlentes j no Us mlcnlei. 

Rainaberg-Duriogafeld, t. 1, p. 48. 

19. — Proverbes : 

En espérance d'avoir mieulx 

Vit le loup tant qu'il devient vieux. Ancien français. 

20. — Proverbes : 

— Deux loups mangent bien une brebis. . Cotqiuve. 

.— Deux loups mangent bien une brebis 
Et deux cordeliers une perdrix. 

Oabriel Menrier, Trésor des Sentences, XVI* s-, 
• cité par Leroux de Lihci. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIB LUPUS. L. 121 

21. — Proverbea ; 

— Peu & peu le loup maoge l'oye. Gotqravb. ' 
^ Poe à poc lou loup plume ë mynge l'aucque. 

OBBCOgne, RBIHBBBKG-DnUNaSFELD, t. II, p. 76. 
^ A patte à pauo Ion loup mai^o l'auquo. ProTençal mod. 
Rbinsbkhq-Dubihqspbld, id. 

22. — Proverbes : 

^ TandiB que le loup chie la brebis s'enfuit. 

LBBomc, Dictionnaire Comigue. 

— Tandia que le chien chie le loup «'enfuit. 

CkîTGRAVE. 

— Tandis qae le chien crie le loup a'enfuit. 

COTGRAVE. 

— Tandia que les chleuB s'eu^'egrondent, le loup dévore la 

brebis. CorefiAYB. 

— Tandis queie loup mnse, la brebis entre an boia. 

COTGRAVE. 

(Ce» proverbes font alUfiton à dea contea.y 

On peut rapprocher de ces proverbes le conte piémon- 
tais suivant : 

« Piccolino est monté sur un arbre pour manger des 
floues, le loup vient à passer et lui en demande en faisant 
cette menace : <'PtcoUn,dainev.n,fig,dassno,U mangin.» 
Piccolino lui en jette deux qui s'écrasent sur le nez du 
loup. Alors le loup lui dit qu'il le mangera s'il ne descend 
pas pour lui apporter une figue ; Piccolino descend et le 
loup le met dans un sac et l'emporte à son logis où l'at- 
tend la mère louve. Mais chemin faisant, le loup a un 
besoin à satisfaire et est obligé d'aller sur le côté de la 
route; pendant ce temps, Piccolino faitun trou au sac, en 
sort et met une pierre à sa place. Le loup revient, jette 
le sac sur ses épaules et pense que Piccolino est devenu 
bien plus lourd qu'il n'était. Il arrive chez lui et dit à la 
louve de se réjouir et de préparer la marmite pleine d'eau 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



1S2 CANIS LUPUS. L. 

cbaude; il vide ensuite son sac dans la marmite,' la 
pierre en tombant, fait jaillir l'eau bouillante sur la tête 
du loup qui périt échaudé. ■ 

D-sQvBERNATia,' Mj/tfiologie Zoologique, 
traduct. Rbgnaud, t. il, p. 159. 

23. — Proverbe ; 

Bon loupi maursia compognoD, dit la brebis. 

(RSINBBEBG-DVRINGSFBLD, t. 1, p. 214.) 

24. — Proverbe : 

bepuis qu6 la brebis est vieille, le loap la laange bien. 

COTGKàVE. 

c'est-à-dire, selon Cotgrave, que celui qui a faim ne re- 
garde pas si la viande qu'il mange est dure et coriace. 

25. — On ne doit pas compter les brebis d'un trou- 
peau ('), cela porte malheur, et le loup ne manque jamais 
en ce cas d'en manger quelques-unes : 

— Brebis coiliptées, le loup les mange- 

— De brebis comptées mange bien le loup. 

— FMo countado, lou lou l'a manjhâdo. Languedoc. 

. — FedoB contados, lou loup, n'en masjo. ProTCace moderne. 

a. Stton conttta, Il lopo m la muigla. Proverbe toscan. 

RBIHSBERC-Dn&lNâSFELD, t. II, p. 338. 

— Docontado corne olobo. (De ce qui est compté mange le 

Proverbe espagnol, Ebinsb.-Dubikgsf., id. 

— Der wolf frisst auch die gezàhH«n achafe. 

Proverbe allemand, REiNSfi.-DniUHGfiF., id. 

26. — Locutions proverbiales : 

Yolr peter le loup sur une pierre de bois 

4>) U est presque impossible de savoir d'un paysan combien il a de 
poules, de vaches, da moatons, etc., et mâma l'âge que lui-mEme peut 
avoir. S'il le sait, Il t&cha de l'oublier ou s'efforce de n'y pas penser, 
parce que compter tout cela porte malheur. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CAN18 LUPUâ. L. 133 

se dit dans Je canton de Murât (Auvwgne), d'un individu 
qui raconte comme les ayant vues des choses inyraisem- 
blablâs. 

LAfiOUDEB». 

Dans l'Ardèche, on dit à une personne qui ae refuse à 
croire une histoire invraisemblable : 

Asjomais vis pétaloaloap dîna qu'une sonnaîUu. 
C'est-à-dire : 

Tq s'aa jamais vu peter le toup dans une clochette; (» tu ue 
sais rien, tu n'as jamais ri«n tu.) 

Vaschaldb, Proverbes du Vititrais, 
Montpellier, 1875, p. 19, 
Z7. — Proverbe : 
Entre chien et loup, 
c'est-à-dire au crépuscule. 

et. Bntre chacal et chien, Algérie, Gérard, la rnttir da Uoni. 

28. — Proverbes : 

Qarder la lune des loups, 
c'est-à-dire faire une chose kiutile, garder quelque chose 
qui ne peut pas se perdre. 

Dieu garde la lune des loups. Cotobavb. 

La lune est à couvert des loups. 

Lbrodx, Dietionttaire Comigite. 
La lune n'a rien & craindre des loupa. QurrARD, p. 503. 
Ces derniers proverbes s'emploient, pour signifier 
qu'une chose est inaccessible. 

— Quand la lune se cache derrière un nuage, on dit que les 

loups l'ont mangée pour mieux pouvoir faire leurs 
. . . déprédations. 

Forez, Noélas, p. 270, note. 

— On croit populairement que les loups ne peuvent aouCTrir 

la clarté de la lune et qu'ils poussent des hurlements à 
sa vue. 

QuiTARD. 184Z, p. 509. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



124 CANJ8 LUPUS. L. 

29. — Locution proverbiale : 

— Savoir la patenAtra des loups. 

«Lorsqa'oa veut faire entendre à quelqu'un qui fait des menaces 
qu'on saura hieu l'empêcher de les effectuer, on dit qu'où tait la 
patendtre du loup, par allusion à uue prière à laquelle on attribuait 
la Tcrtu d'éloigner les loups. Voici cette prière d'après le eurôThiers : 
< Au nom du père +, du flls +, du saiat-esprit +; loups et loures, 
je TOUS conjure et charme, je voua conjure au aom do la très-sainte 
et sursainte comme Notre-Dame fut enceinte, que tous n'ayez à pren- 
dre ni âearter aucune des bétes de mon troupeau, soit agneaux, -soit 
brebis, soit moutons, etc., etc., ni k leur faire aucun mal. > 

Thiebs, Traité des superstitions, liv. VI, ch. 2. 

< On croit encore à l'efficacité de la patenôtre ilu loup dans plu- 
sieurs hameaux du département de i'Aveyron, et il y ade prétendus 
sorciers a.ppé\éB louveliers i^), qui, fesantmëtier de la dire, jouissent 
d'un grand crédit auprès de certains métayers. 

Qdit&Bd, 1843, p. 507 et SOS. 

30. — Des superstitions semblables ■ se trouvent en 
Champagne et dans les Ardennes : 

ORAISON DU LOUP : 
Où vas-tu, loup î 

— Je vais- je ne sais où 
Chercher bête égarée 
Ou bête mal gardée. 

— Loup je te défends 

Par le grand Dieu tout-puissant 
De plus de mal leur faire 
Que la Vierge bonne laère 
N'en fit à son enfant. 

Cet exorcisme usité dans le siècle dernier en Brie, a 
été recueilli à Gouaix (Seine-et-Marne). 

Takbé, Romancero de Champagne, vol- 2, p. 76. 

O Le loAtler est une espèce de «orcier qui a des intelligences avec le 
loup; pour recounaltre las bons ofBoea du loftliar, les loups respectent 
son troupeau et sa basse-cour. Le loûUer a soin d'acheter aux gardes le 
foie des loups qu'on tae et en compoae des philtres. ■ Centre, Jaubert. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CAMiS XUPUS. L. 126 

AUTRE OOAISOM CONTEE LES LOm>S. 

^ Où allez-vous, louTca et lonveteaDX ! 

— Nous allona dans ces plaines et dans ces vallons. 

— Qs'y allez-Tous faire ? 

— Noua alloua cherclier lea brebis égarées pour leur sucer le 

sang et manger leur chair. 

— Je voua défends, an nom du grand Dieu vivant, de faire plan 

de mal à ces bêtes égarées que la sainte Vierge n'en a fait 
à son enfant. Saint Brive aveugle les loups; saint Jehan 
leur casse les denta et saint Georges leur aerre la gueule. 

On doit réciter ce dialogue après avoir dit à genoux un 
Pater et un Ave. Si en récitant ce dialogue la personne 
se trouble, c'est un indice que le loup est en train de dé- 
vorer l'animal perdu. 

Ardennes, communication de U. Nozor 
dans la R&ime des Sociétés savantes, 
1872, 2« semestre, p. 132. 

31. — Dans une autre commune des Ardennes, àSin- 
gley, la formule d'exorcisme est un peu différente : 

— Loup et louve, que cherches-tu t 

— Je cherche les bêtes égarées. 
^ £t de ces bétea que ferae-tu ? 

— Percer la peau et sucer le aang 

— Je te défends de percer la peau ni de sucer le sang. Serre 
gnetile I Serre gueule 1 Serre gueule 1 

tUvue des Sociétés si 



Dans la commune de Franclieval (Ardennes), on pro- 
nonce l'exorcisme suivant : 

■ Loupa et louves et lonveteausl tous, je vous conjure, par le 
grand Dieu vivant, qne vous n'ayez aucun pouvoir sur moi, ni sur 
caa bêtes laine ou poils, tellea bâtea que ce puisse être, pas pliia que 
le diable aur la prêtre quand il conaaore à la aainte meaae. Passe en 
arrière, passe en avant et va-t-enà.... (on désigne l'endroit.) 

Berne des Soeiités safanies, Id. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



MSÇi CÂNIB LUPUS. L. 

32. — Pour empêcher que les loups ne fassent aucun 
mal aux brebis et aux parcs, on écrit sur un billet le nom 
de saint Basile et on attache ce billet au haut d'âne hou- 
lette ou d'un bâton. Thiehs, 1. 1, p. 414. 

33. — Garde (') pour empêcher les loups d'entrer sur le 
terrain où sont les moutons : 

Placez-Yous an coin du soleil levant et prononcez-y 
cinq fois ce qui va suivre : 

Tiens, bètes à laine, c'est l'agneau d'humilité, je te 
garde, Ave MarHa. C'est l'agneau du Rédempteur, qui a 
jeûné quarante jours sans rébellion, sans avoir pris aucun 
repas de l'ennemi, fut tenté en vérité. Va droit, bête grise, 
à gris agrlpeuses ; va chercher ta proie, loups et louves 
et louveteaux, tu n'as point à venir à cette viande qui est 
ici. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et du 
bienheureux ^aint Cerf. 

Grimoire du pape Honorius. 

34. — Le chant flamand suivant semble bien être 
un exorcisme : 

SchEtepwachter, achaepwacbter, vEierom 
Laet gy uw schaepkeiiB niet oyt ! . 
^ < Zy zya beuouwd van den ouden tnilf. > 

— Den Bouwulf zil in het riet. 

« Waer dat hy hoort Qoch en ziet » 

— < Al nytj myn schaepkens, loopt uyt. > 

Trad. — Berger, pourquoi ne laisses-tu pas sortir tes montons^ 
— Ils ont peur du vieux lonp. — Le loup repose dans lea roaeaus où 
il n'entend ni ne voit. — < Sortez mëa moutons, sortez, courez. > 
CoiTSSBH JEER, Chants fiamands, p. 407, 

35. — En Alsace, on parie ainsi au loup, quand on le 
rencontre : 

[^ EUrdS, e'eit-ii-dire moyen de se garder, da se préserver. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIB VUFVB, h. 

Wolf, wolf frira mi nida 
Hnudert Dahler giw i derr nid 
Zêta wU i der gawe 
Loa mi nurr om Lave. 

Trad. — Loup, loup, ne me mange paa, je ne te donnerai pas cent 
thalers, mais je t'en donnerai dix, à la condition que tu me laisses 



36. ^ c Si uns femme perctioit un loup qui la suive, elle doit 
tantost trayner sa chainture par terre après elle en disant : garde 
toy, loup, que la mËr« Dieu ne te fière et taotost tout confus s'en 
retournera.» 

Evangile des Quenouilles, éditioa lixtssT, p 47. 

37. — A Lucy (pays messin), les garçons de fanne, le 
soir du mardi-gras, après avoir fait ripaille chantent ; 

Nos bMs, nos blés, qui eint aussi bien graines, qne nat' 
vente a bien sfllô frassasié). — Tiens, loup ïal ta pft. — 
(Alors celui qui prétend être le plus saoul, jette au milieu 
de la rue les os, les restes du souper.) 

(Recueilli personnellement.) 

, LE QATBAU DE SAIMT LOUP.' . 

38.— «Le gftteau de saiutLoupsertàempecher les loupe de faire au- 
cun mal aux bestiaux et aux troupeaux qu'on laisse seuls dans les 
champs et les pâturage^. On faitun gâteau triangulaire à l'hooneur de 
latrès-sainte Trinité ; onyfait cinq trous en mémoire des cinq plaies 
de Notre-Seigneur et on le donne ensuite pour l'amour da Saint Loup 
' au premier pauvre qui se renconû^. C'esit ca qui sa pratique souvent 
proclie Tillemont et Louvain, ainsi que le rapporte Maiolus. (Suppl. 
dier. canic. colloq. 3.) Thibrs, 1. 1. p. 389. 

SAINT LOUP. 

39. — D'après les principes de l'hagiologle populaire, 
ce saint, à cause de son nom, protège contre les loups. . 

< S(Unt Loup a délivré Bayenx d'un énorme loup. > 

Pluqdbt, p. 17. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



128 CANIS LDPUS. L. 

40. — Dans certains pays, le loup lui-même ou certidnes 
parties de son corps servent à guérir de la peur; voici 
ce que rapporte à ce sujet, M. De Gubernatis : 

En Sicile, on croit qu'une tête de loup augmente le courage de 
celui qui s'en rev6t. Dans la province de Oirgouti, on fait des souliers 
de peau de loup aux eofiintB que les parenti Teuleut rendre forts, 
bPUTea et belliqueux. 

Db OcsbRUATISi Mythologie toologiqw, t. Il, p. 155- 

- Saint Loup guérit aussi de la peur. 

(Voy. MoRiN, le Prêtre et le Sorc. p. 266 et i81.) 

n partage cette vertu avec saint Oîlles. 

A Bonneval (Eure-et-Loir), il y a un dicton ainsi conçu : 

Saint Qilles et saint Leu 
Quérissent de la peu. 

(MoRiN, le Prêtre et le Sorcier, p. ÏSfl.) 
Porter sur soi une deat de loup ou l'œil droit d'un loup 
après l'avoir fait sécher préserve de la penr. 

Thiehs, 1. 1, p. S83. 

41. — Dans un grand nombre de chansons, 11 est ques- 
tion du loup. Voici ce que l'on cliante dans une espèce de 
bourrée du Berry : 

Vire le loup 

Ma chienne garCIe (■) 

Vire le loup 

Quand il est eaoûl. 

Laisse-le là 

Ma chienne garnie 

Laisse- le là 

Qnand il est plat (*) 

Intermédiaire, 1874, p. 697. 

Dans une montagnarde, espèce de danse auvergnate, on 
chante : 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIS LUPUS. L. 129 

Para lou lou bardzâra 

Para lou lou 

Para Ion lou 

Qu'importa la plua brava 

Para lou lou 

Qu'importa le mouton. 

Tbad. — Chaasez le loup, bergère, qui emporte la plua brave, 
chaeaaz le loup qui emporte le mouton- Bouillbt, p. 34. 

42. ^ «Suspendreau-deasousdelaportedelabergeriaune patte 
de loup porte bonbeur. > Pays de Limogea, Juge, p. 133. 

Od dit ironiquement : 

Qu'une cbose est sacrée comme la patte d'un loup. 

Leroux, Dictionnaire Comique, p. 101. 

43. — Rencontrer un loup annonce une viaite joyeuse. 

Thibr». t. 1, p. 207. 

— Rencontrer un loup le matin porte bonheur. 

Thibbs, 1. 1, p. 209. 

44. — Quand on a égaré des bestiaux, il faut exposer hora du 
logis quelque meuble ou quelque ferrement pour qu'ils refienneut 
plus facilement et que les loupa ne leur fassent aucun mal. 

Thibbs, t. I, p. 393. 

45. — On attache une grande dent de loup au cou du cheval afin 
de le rendre infatigable à la course. 



4Ô. — Maladies guéries par le loup. 

—> Le collier de dents de loup met & l'abri des convulsions 
causées par le mal de dents chez les enfants. 

{FoBBZ Noélas, Légendes, p. 20J.) 

— < Saint Loup guérit de la peur et des convulaiona. • 

Docteur Bbssibbes, dans le Bulletin de ta 
Soc.prot. de VEnfanee, 1875, p. 198, 



r,o,i,,-,-,ih,.GoO(^lc 



130 CANIS LUPUS. L. 

« — C'est une superstition que de fairf faire les premiers sou- 
liers des enfants, de cuir de loup, et les leur faire porter afin qu'ils 
soient préservés de certainea maladies.» 

Le Synode du mont Cassin en 1626, condamne expressément cette 
pratique. (C. i, décret. 2.) Thiehs, 1. 1, p. 388. 

— < On appelle ramète, une maladie des enfanta & la mamelle qui 
consiste à avoir la langue blanche et rude, ce qui les empêche de 
téter. Pour la guérison de cette maladie, il faut donner à t^ter à l'eii- 
faut le sein d'mie femme qui ait allaité un loup. (Cette maladie est 
le muguet ou bianchet, fièvre aptitheuse des enfants.) 

Paya rouchi, Hécart. 

47. — c On nomme mal de Saint Loup, les croûtes laiteusea 
qui Tiennent à quelques enfanta. « 

J.-M.-J. Dbvillb, Annales de la Bigotre, 
Tarbes, 1818, p. 83. 

48. — « On désigne sous le nom de mouche, une affection sId- 
gulière qui s'empare des bêtes à cornes réunies dans une foire ; tout- 
à-coup elles deviennent furieuses, ae jettent sur leurs gardiens, ren- 
versent tout aqr leur passage et causent un inesprimable désordre 
dont profite les voleurs. On attribue cet effet à l&poudre de foie de 
loup. NoÉLAS, Légendes, p. ZI5, en note. ' 

49. — Les têtes et queues de !oup attachées à l'entrée du colom- 
bier « engardent que les fiu,ynes (fouines) n'y entrent. > 

E. DU Tbiez, Ruses des Esprits malins, t* 29, 
cité par LiTTRÉ, sub verbo fouine. 

50. — c Quand une louve met bas ses petits, elle donne aussi le 
jour à un chien. Quand Us sont tous assez forts pour vivre seuls, 
elle les conduit à un ruisseau et à la manière de boire, elle recon- 
naît' le chien qu'elle dévore sur le champ. » 

Chbétien, p. 20. 

51. — Gober le loup, c'est recevoir un coup de soleil. 

Genève, ÇuviGHAC, p. 59. 

52. — Dans le Forez, (selon Noelas, p. 267, en note,) on 
appelle le loup : 

GABRIEL, 

Ce nom doit avoir une origine légendaire. 



Doili--cdtyGoO(^lc 



CAKI8 LUPUS. L. 131 

53. — DaitB tout le Languedoc, le nord de la France et la Breta- 
gne, on croit que le loup rentre dans Ba tanière pour qnarante jours 
si le BoleU parait avant midi leSféTrier ('). 

Revue des Langues romanes, oot. 1873, p. 611. 

c'est-à-dire que s'il fait beau au commencement de février, 
c'e^ un pronostic de froid et de mauvais temps pour les 
deux mois qui suivent. C'est à cette observation météréo- 
logique que se rapportent les proverbes suivants : 

Miens vaudrait voir un loup dans son foyer 
Qu'nn homme en chemiBC en février. 

Aveyron, Statistique de la France. 
Vaut autant voir un loup dans un troupeau 
Que te mois de février beau. 

Vaueluse, Statistique de la France. 
Les cultivateurs aiment mieux rencontrer un loup en chemin 
qu'une femme nu-bras an mois de mars. 

Charente, Statistique de ta France, 

I vaut mieux veur i loup qu'eun homme dèv'ti en fèvrieu. 

Pays messin, recueilli personnellement. 

54. — L'ieu n'moudge pai l'va. 

Les Fourgs, Tissor (Les Mœurs), p. 158. 

Le loup ne mange pas l'hiver, 

c'est-à-dire, il faut que l'hiver se fasse ; s'il ne vient tôt, 
il vient tard, on ne perd rien à attendre. 

55. — Proverbe : 

La chèvre a pria le loup. 

Allusion à un certain nombre de contes, dans lesquels 
on voit le loup victime des ruses de la cbèvre. 

Dans le conte suivant on trouve un exemple du loup 
déçu par la chèvre, et en même temps l'origine de la 
locution : montrer patte blanche. 

(>) Voyei aux articles onn, lontH. qn«lqus chose d« semblable. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



132 CAKIS LUPUS. L. 

« Comnière la Cbèvre habitait une maisonnette dans le 
milieu des bois. Un matin, elle dit à ses petits biquets : 
■ Ecoutez bien, mes cbers enfants. Je vais à la ville ven- 
dre des œufs et du Ai-omage blanc ; prenez bien garde an 
loup et n'ouvrez la porte que lorsque je vous montrerai 
ma patte blanche. Quand je reviendrai, si vous avez été 
bien sages , je vous rapporterai du bonbon. " Compère le 
Loup qui rôdait toujours aux environs, ayant vu partir la 
chèvre, fut bien content, il s'écria : - Quelle chance ! Voilà 
la vieille chèvre qui part pour la ville , las petits biquets 
sont restés seuls , courons vite les croquer. Quelle bom- 
bance je vais faire I Justement j'ai une faim terrible, car 
je n'ai rien pu attraper depuis trois jours. Courons vite 
aux petits biquets. » Le loup fut bientôt arrivé à leur 
cabane ; il fhippe à la porte : Toc 1 Toc ! et imitant de son 
mieux la voix de Commère la Chèvre, il dit : 

" Ouvrez, ouvrez, mes chers petits, c'est moi I je vous 
, apporte du bonbon. " Le méchant loup croyait déjà les 
tenir, ses yeux brillaient comme des charbons. Les petits 
biquets avaient reconnu le loup à travers les fentes de la 
porte, 

« Obéissant à la recommandation de leur mère, ils dirent 
au loup : « Montrez-nous patte blanche et nous vous ouvri- 
rons. " Les petits biquets riaient derrière la porte de 
voir la sotte âgure et la colère du loup. Le loup 
qui ne s'attendait pas à cela, faillit étouffer de rage, car 
il avait les pattes toute noires. Il voulut enfoncer la porte, 
mais elle était solide. Il s'en alla en jurant comme un 
païen : " Âh 1 petits scélérats, petits brigands, vous me 
paierez ça, vous avez beau faire, je ânirai bien par vous 
croquer." Le loup courut aussitôt chez compère le renard, 
et lui raconta comment les petits biquets s'étaient moqués 
de lui et lui demanda conseil. Le renard lui conseilla 
d'aller au moulin voisin et de tremper sa patte dans 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANI8 LUPUS. L. 133 

la farine, qu'il pourrait alors montrer patte blanche aux 
petits biquets. Le loup, sans perdre un instant, courut au 
moulin le plus proche et trempa plusieurs fois sa patte 
dans la farine. Âh ! ah ! s'écria-t-il, pour le coup, je vous 
tiens, petits scélérats I 

"On va voua montrer patte blanche^ mes petits chéris, 
mes petits chérubins. " Il était si content qu'il s'en pas- 
sait d'avance la langue sur le museau. Le loup se hâta de 
retourner à la porte des biquets, mais lorsqu'il voulut 
montrer patte blanche, il fut de nouveau bien attrapé, 
car toute la farine était tombée en chemin. 

" Cependant Commère la Chèvre revint de la ville , 
apportant des gâteaux à ses chers petits biquets. Ils lui 
racontèrent comment le mécliant loup était venu deux 
fois, mais qu'il avait chaque fois été bien attrapé. Le loup 
s'en retourna tout confus chez Compère le Renard, qui lui 
dit: " Cette fois je connais ua très-bon moyen d'entrer 
chez les biquets ; il faut vous déguiser en pèlerin et vous 
irez demander l'hospitalité. Bien sûr on vous ouvrira. « La 
loup s'étant déguisé en pèlerin, revint frapper à la porte 
des biquets ; toc ! toc ! et s'écria d'une voix plaintive et 
nazillarde: « Ouvrez, pour l'amour de Dieu, c'est un 
pauvre pèlerin qui vous demande l'hospitalité, ouvrez , 
chrétiens charitables, je prierai Dieu pour vous « et il mar- 
mottait tout haut ses patenôtres. La Mère la Chèvre avait 
reconnu le loup à travers la fente ; elle lui dit : « Entrez , 
entrez, bon pèlerin, nous vous coucherons pour l'amour 
de Dieu, et nous vous régalerons de notre mieux: mais 
la porte est barricadée, passez parla cheminée, nous 
allons vous mettre une échelle pour descendre. Le loup 
ee h&ta de monter sur le toit et entra aussitôt dans la 
cheminée. II se mit à descendre en criant: » Me voici, 
mettez l'échelle. » 

<• Au même instant, une fumée épaisse faillit le suffoquer 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



134 ' CANIS LUPUS. L. 

et l'avevgler. 'Hé I là-bas, hé ! arrêtez âonc,s'écria-t-ll. » 
La chèvre s'était h&tée de bourrer dans la cheminée un 
grand tas de paille et de branches sèches et aossitât 
qu'elle vit le loup qui descendait elle y avait mis le feu 
qui se mit à pétiller et à s'élancer en longues Ûammes 
jusqu'en haut de la cheminée. Le loup déjà à moitié 
aveuglé et suffoqué par la fumée, se sentant grillé toot 
vif, se mit à pousser des hurlements terribles. 

' Mais plus le loup criait dans sa cheminée, plus la 
chèvre faisait grand feu. •• À!el alel hurlait le loup, Ja 
brûle I je brùle ! Pardon , Commère la Chèvre, pardon , 
je vous jure que je n'y ferai jamais plus ! » Il avait beau 
crier et demander pardon, il perdait son temps. Enfln 
suffoqué , grillé et à moitié mort , il se laissa tomber dans 
le brasier ardent, où la dièvre le tenait avec sa fourche 
et le retournait sur les charbons ardents jusqu'à ce qu'il 
fut grillé comme un boudin. » 

Collection d'albums d'images publiée 
à Epinal , Ch. Pinot. Sans date. 

J'ai entendu raconter & Rémilly (paya mesBin), un conte à pen 
près aemblable : 

La chèvre va au moulin chercher de la farine, 
en route elle fait la rencontre du loup qui lui de- 
mande où elle va : u au moulin > répond la chèvre, 
u c'est comme moi <• reprend le loup, eh bien I cou- 
rons, nous verrons qui de nous deux y arrivera le 
premier. Et ils ae mettent à courir, mais au bout de 
quelques minutes, le loup laisse prendre l'avance à la 
chèvre et faisant un demi-tour, prend rapidement la 
direction de la maison de la chèvre où il trouve les petits 
biquets qu'il croque à belles dents. — Cependant le pins 
petit des chevreaux, qui s'était caché dans un coin, avait 
échappé au danger et avait tout observé. Q put raconter 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIS LUPOS. L. 135 

à sa mère ce qui s'était passé. A. quelques jours de là, la 
chèvre ren«ontre le loup et lui dit : « Bonjour loup, je 
suis contente de toi, tu as bien travaillé, aussi je veux 
l'inviter à dîner pour demain, » « J'accepte, » dit le loup. 
Le lendemain^ le loup arrive à la maisonnette de la 
chèvre et frappe : toc ! toc ! « qu'est-ce qui est là ï » " C'est 
moi, le loup. » « Je ne peux pas ouvrir la porte^ je suis 
occupée à faire la pâte, mes mains sont pleines de farine, 
mais tu n'as qu'à monter sur le toit et passer par la che- 
minée, rien n'est plus facile. « Le loup monte sur le toit, 
se laisse glisser dans la cheminée et tombe lourdement 
dans la marmite pleine d'eau bouillante que la chèvre 
avait préparée à son intention. « Chaud le cul ! chaud les 
pattes ! s'écrie le malheureux loup, commère la chèvre, 
je ne mangerai plus tes petits, " et commère la chèvre 
l'aide à sortir de là et le laisse partir (*). 

LA CHÈVRE A PRIS LE LOUP. 

« Une chèvre paissait, retenue au piquet, devant l'é- 
glise de Papleux, quand un loup apparaît à deux pas 
d'elle. Saisie de terreur, la pauvre bête fait un effort 
suprême, arrache son piquet et se précipite dans l'église 
par la porte entr'ouverte. Soudain, le loup est à ses 
trousses et va l'atteindre au moment où, revenant au 
lancer après quelques cabrioles désordonnées, elle fran- 
chit le seuil de l'église. Mais, ô prodige, le piquet en 
rebondissant dans l'espace accroche la porte de l'église 
qui se referme violemment entre la chèvre et le loup. 
D'où le dicton : 

Et vift comme à Papleux 
La cabre a pris le leu . 

(La Thiéraohe, Vervius, 1872, p. 172.) 



Doili/cdbyGoOgIC 



130 CANT8 LtIPCS. L. 

Dana une de ces parodies de l'Ërangîle, si chères aux 
paysans qui ne savent pas le latin, et dans lesquelles on 
fait entrer nombre de petites histoires populaires dont 
les mots offrent une consonnance avec les mots latins 
chantés, le loup engage la conversation suivante avec.la 
chèvre : 



Dame, qui Êtes sur la moatagna 



Ho J non, je ne descends paa 
De peur que tu me mangea. 

Tu ea bien plus ftaesse 
De croire que Je mange de cbair 

Le vendredi et le samedi 

Jusqu'au dimanche après-midi 

La chèvre descend, le loup l'attrape 

Par ses barbinettes 

Il lui fit crier ba, ba, ba. 

(Lozère, recueilli personnellement.) 

Dans ce conte, c'est la chèvre qui est bel et bien attra- 
pée par le loup. 

56. — Il y a en Provence nn confe intitulé la Chèvre de Mon- 
sieur Seguin; d'après ce conte, cette chèvre, après s'être vaillam- 
ment défendue toute la nuit contre les loups finit par être mangée 

Voyez Lucas de Montiony, Récits variés, p. 3S9. 
(J'ai entendu la même histoire dans l'Ardeehe.) 



LE LOUP CHBZ LB RENARD. 

Dans une maisonnette écartée au milieu des bois, 
vivait un bûcheron avec sa femme. Ces braves geas 
n'avaient pas d'enfants et vivaient du produit de leur tra- 
vail. A la vérité Joseph Renard (c'est ainsi que se nommait 



Doili--cdtyGoO(^lc 



0AHI8 LUPUS. L. 137 

le bûcheron), manquait de besogne, une bonne partie de 
l'hiver, mais on vivait chez lui avec tant de sobriété, que 
grâce à une cave où il y avait plus d'hectolitres de 
pommes de terres que de litres de vin, il arrivait toujours 
au printemps sans faire de dettes. Il faut dire aussi que 
le chauffage ne lui coûtait pas une obole. Tous les jours, 
dès le matin, Renard, prenait sa hache et s'en allait rôder 
dans la forêt; il savait toujours au juste l'heure où le 
garde du triage faisait sa tournée, et il trouvait toujours 
moyen de rapporter chez lui un bon fagot, qui ne lui 
coûtait que la peine; c'était assez pour la journée. Le 
reste du jour il fumait le tabac de la régie près de son 
fourneau et regardait âler Marguerite (c'est le nom de sa 
femme), en attisant le feu qui faisait bouillir la marmite. 
Un soir de l'hiver dernier, qu'il y avait un pied de neige 
sur la terre et qu'il gelaitàfalre fendre les arbres. Renard 
entendit gratter à sa porte. Il était environ cinq heures. 

— Marguerite, dit-il, sans se déranger, n'entends-tu 
pas du bruit à la porte! Va voir qui est là. 

— Ma foi, nenni, dit Marguerite, je n'irai pas. Vas-y 
toi, gui ne fais rien. 

Quelques minutes de silence s'établirent, puis ils enten- 
dirent gratter de nouveau. 

— C'est sans douta le chien du garde, qui se sera 
égaré ce soir, dit Renard, en se levant pour cette fois, et 
en tàchan t de paraître hardi pour le bon exemple. Rustaud 
est une bonne bète et il ne jappe plus quand il me ren- 
contre dans la forêt, il faut lui ouvrir, car quoiqu'il soit 
le chien du Ump, 11 ne mérite pas qu'un autre loup 
l'étrangle. 

Lorsqu'il finissait ces mots, la porte était ouverte. Mais 
à sa grande surprise, ce ne fut point le chien du garde 
qui se présenta ; ce fut un loup énorme, un loup de la 
hauteur d'un veau de six semaines. Renard recula épou- 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



188 CANIS LUPUS. L. 

vanté et alla se heurter contre le touràûlerde sa femme. 
Marguerite de son côté fut si efi^ayée de cette apparition 
qu'elle voulut pousser un cri et crier : ou loup I mais 
elle était si tremblante que la parole lui expira sur les 
lèvres. 

Pendant ce temps le loup s'était avancé gravement au 
milieu de la chambre, sans faire plus d'attention aux 
maîtres du logis que s'ils n'eussent point été présents. 

Peu^être la pauvre bête ne désirait-ellç autre 'chose 
qu'une paisible hospitalité ; peut-être ne demandait-elle, 
comme le soldat qui apporte son billet de logement, 
qu'une place au foyer. Il est probable même qu'elle n'eût 
pont exigé la chandelle ; quoiqu'il en soit, après avoir fait 
deux tours sur lui-même, comme pour s'assurer qu'il 
n'était menacé d'aucun piège, le loup s'approcha du four- 
neau, sur lequel était placé une marmite, qui contenait 
une soupe, dont l'odeur frappa son odorat. Mais la vapeur 
brûlante qui sortaitdu pot, l'obligea de retirer bien vite son 
museau. Jamais l'animal depuis sa naissance n'avait senti 
un pareil degré de chaleur. Cette circonstance n'échappa 
point à l'œil du bûcheron, qui enfin, aussi bien queMargue- 
rite, avait repris peu à peu l'usage de ses sens. Mai^erite 
même s'était levée machinalement de sa cbaise et elle 
s'était avancée vers le fourneau, comme pour empêcher que 
le loup ne mangeât le souper. Verse, Marguerite, s'écria 
alors Renard. Marguerite, par cet instinct sublime dont 
sont douées toutes les femmes lorsqu'il s'agit du pot au 
feu, comprit la pensée de son mari. Aussitôt elle prend la 
marmite à deux mains et en verse tout le contenu sur la 
tête du malencontreux loup. Celui-ci pousse des hurle- 
ments horribles, et quitte aussitôt la chaumière, dont la 
porte était restée entr'ouverte. Se croyant alors délivrés 
d'un grand danger, les deux époux barricadèrent leur 
porte. Comme- les provisions ne manquaient point, fis 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIB LUPDS. L. 188 

Ûrent cuire un nouveau souper puis ils allèrent se couchef 
comme d'habitude. 

Le lendemain Joseph Renard se disposa à aller faire 
sa provision de bois pour la journée, n prit sa hache sous 
son bras et recommanda à Marguerite de ne point laisser 
la porta ouverte. 

— Je ne veux pas que tu sortes de lajournée, s'écria 
la craintive épouse; ta sais bien la visite que nous avons 
eue hier. Si ce loup que nous avons échaudé venait & te 
rencontrer, il pourrait bien te jouer un mauvais -tour. Et 
puis je t'avoue que pour mon compte, je ne suis point trop 
hardie. Si tu sors, je croirai toujours qu'unedemi-douzaine 
de loups vont enfoncer la porte. 

— Sotte que tu es, répondit Renard, tiens toujours de , 
l'eau chaude sur le fourneau, tu sais bien que compf(re 
le loup n'aime pas qu'on lui fasse la barbe. Et puis nous 
n'avons pas assez de bois pour la journée, il est néces- 
saire que j'aille à la provision. D'ailleurs, n'ai-jepasma 
hache f 

En disant ces mots, Renard se mit en route. A la 
vérité, il n'était pas tout-à-fait rassuré sur le loup de la 
veille. Aussi avait-il soin de regarder souvent derrière 
lui et mit-il plus de précipitation que de coutume à ras- 
sembler les éléments de son fagot. Déjà il avait coupé sa 
provision de branches sèches et il les avait coupées en 
deux pour en faire un fardeau moins embarrassant ; il 
avait étendu ses cordes sur la neige gelée, et un genou 
en terre, il arrangeait chaque brin avec symétrie avant 
de les lier, lorsque tout-à-coup il lui sembla entendre 
craquer la neige. Il se retourne et voit le loup de la veille 
qui s'avançait vers lui. Il le reconnut, parce qu'il avait 
la tète et le museau pelés par le oontact de l'eau chaude. 
Plein de trouble à cette vue et oubliant de courir à sa 
hache qui était à quelques pas de là, notre b&oheron se 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



140 CANIS LUPUB. I,. 

laissa aller à terre et contreât le mort. Il avait oui dire 
dans son enfance que les loups n'attaquent que les ani- 
maux vivants et qu'ils ne se jettent point sur les cadavres. 
Le loup arriva auprès de lui et se mit à flairer le pré- 
tendu mort et à le retourner dans tous les sens. Pendant 
cette inspection, Renard n'osait souffler et se laissait 
faire sans ouvrir les j'eux. Une fois, il sentit le museau 
du loup s'arrêter sur son visage, et il crut alors que son 
heure dernière était venue. Le loup fut dupe de cette 
feinte, il crut le bûcheron véritablement mort et il com- 
mença à gratter la neige et à l'amonceler autour du 
cadavre comme pour le cacher. Heureusement, la neige 
était endurcie par la gelée ; sans cela, le pauvre Renard 
aurait été enterré tout vivant sous la neige. Ëntln le * 
loup voyant qu'il lui était impossible de bien couvrir sa 
proie, s'éloigna en courant et le bûcheron se crut enfin 
délivré I II leva la tète et n'apercevant plus l'animal, 11 se 
remit debout, secoua ses vêtements et soufiSa dans ses 
doigts pour se réchauffer. Ne se souciant point néan- 
moins de voir revenir le loup, il se bâta de lier son fagot 
et il se disposait aie mettre sur son dos, lorsqu'il entendit 
de nombreux hurlements du côté d'où le loup était venu 
la première fois. C'en est fait de moi, pensa-t-il, ce mau- 
dît loup a voulu m'enterrer parce qu'il ne voulait point 
me manger seul. Le voilà qui est allé chercher ses cama- 
rades, et cette fois-ci, mort ou vivant, il faut que je 
devienne leur curée 1 si seulement j'avais écouté ma 
femme ! 

Les hurlements se rapprochaient de plus en plus. 
Soudain, une heureuse Idée passa par la tête du bûcheron ; 
il la mit i exécution. Près de lui était un énorme chêne, 
il y grimpa et ne s'arrêta que quand il fut arrivé à la der- 
nière branche. Les loups arrivent bientôt ; le loup pelé 
qui tenait la tête fut bien confus quand il ne vit plus le 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIS LUPUS. L. 141 

bûcheron où il ravait laissé. Les camarades ne trouvant 
point la proie promise, commencèrent à grogner, et des 
grognements ils en vinrent à une attaque ouverte. Ils 
s'élancèrent sur le loup échaudé et lui infligèrent une si 
rude correction que la pauvre béte pelée se mit à hurler 
comme si on l'avait échaudée de nouveau. Renard aperçut 
cette scène du haut de son arbre et il se prit à rire, en 
pensant que son ennemi allait être dévoré à sa place. 
Cette action lui fut fatale. Les loups, surpris, levèrent la 
tête et aperçurent le malheureux bûcheron, qui cette 
fois ne rit plus. 

Les loups cessèrent de harceler le pelé, et tous en- 
semble, s'approchant de l'arbre se mirent à tenir conseil. 

Bientôt le loup échaudé se dressa contre le tronc du 
chêne eo s'y appuyant de toutes ses forces par les pattes 
de devant. Un autre loup grimpa sur le dos du premier 
et d'un bond, s'élança jusque sur sa tête. Arrivé là, il se 
dressa aussi contre l'arbre et jeta un regard en bas, 
comme pour inviter un troisième loup à monter à l'assaut. 
Déjà quatre ou cinq loups étaient échelonnés ainsi les 
uns sur les autres ; il ne fallait plus qu'un loup peut-être 
et le pauvre Renard allait être saisi par les jambes et 
arraché de son poste. Sa situation semblait désespérée. 
Heureusement, il se souvint tout-à-coup de l'effet que 
l'eau chaude avait produit la veille sur le loup, et en con- 
séquence il cria à tout hasard et aussi fort que la frayeur 
put le lui permettre : verse Marguerite. Ces mots chan- 
gèrent la scène. Le loup échaudé qui formait le pied de 
l'échelle se laissa aller à terre et s'enfuit à toutes jambes. 
Les autres loups manquant de point d'appui, tom- 
bèrent les uns sur les autres conune les pierres d'un 
mur qui s'éra*oule. Eflïayés, ils s'enfuirent aussitôt. Re- 
nard descendit de l'arbre, ramassa sa hache et reprit le 
chemin de la maison, sans prendre le temps de mettre 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



142 CANIS LTPtJg. L. 

sur ses épaules la charge de bois qu'il avait amassée. 

Mais le pauvre bûcheron n'était point au bout de ses 
malheurs. En traversant la route de la forêt, il rencontra 
une bande de voleurs qui venaient d'assassiner un mar- 
chand et qui étaient en train de piller sa voiture. L'un 
des voleurs dît : nous sommes perdus, si nous ne tuons 
cet homme, car il va sûrement nous dénoncer. 

Non, répondit un voleur plus humain, nous ne devons 
point répandre le sang inutilement ; cela nous porterait 
malheur. Voici justement sur la voiture un tonneau vide, 
défonçons-le, faisons-y enlrer cet bomme, puis lorsque 
le fond sera remis, nous roulerons l'homme et le tonneau 
dans la forêt, avant que le prisonnier ne parvienne à 
s'échapper nous aurons gagné du terrain. Ce projet fut 
exécuté. Le pauvre Renard tut empoigné malgré ses 
cris et emprisonné dans Le tonneau. Il demanda en grâce 
que l'on ouvrît la bonde, ce qui lui fut accordé. On roula 
ensuite le tonneau au fond d'un ravin éloigné de toute 
espèce de sentier ; puis les voleurs s'éloignèrent en riant 
et en recommandant à leur locataire de ne point s'en- 
nuyer. Il y avdit plusieurs heures que Renard était dans 
cette cruelle position, quand le loup échaudé passant par 
là et entendant des gémissements, s'approcha du tonneau 
avec toute la prudence dont est capable un loup: Lorsqu'il 
vit qu'il n'y avait pas de piège caché, il mit son nez près 
de la bonde ouverte et reconnut l'homme qui lui avait 
déjà échappé deux fois. 11 ae mit alors à faire le tour du 
tonneau, cherchant conunent il pourrait gober sa proie. 
Pendant qu'il flairait et s'agitait dans tous les sens, sa 
queue qui frétillait de plaisir, vint se poser près du trou 
qui servait de fenêtre à Renard. Celui-ci ne laissa point 
échapper l'occasion, il passa vite deux doigts à travers la 
bonde et parvint à saisir la queue du loup. Lorsqu'il eut 
cette queue en sa possession, il lui fut aisé de la tirer 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CAHIS LUPUS. L. 143 

dans le tonneau, puis de l'empoigner à deux mains. Je 
t'ai maintenant à ma disposition, maudit loup, cria alors 
le bûcheron, tu vas me servir de cheval d'attelage : hue 1 
Le loup épouvanté se mit alors à courir et le bùcherou 
se gardait bien de lâcher la queue. Le tonneau traîné 
sur la neige allait aussi vite que la poste, et lorsque le 
loup fatigué, voulait prendre du repos, Renard lui tirait 
la queue de toutes ses forces, et la pauvre béta était 
obligée de se remettre en course.. Enfin le tonneau alla 
heurter contre un trbnc d'arbre qui fit sauter les cercles ; 
les douves se déjoignirent et le bûcheron se trouva délivré. 
Le loup épouvanté du choc se sauva à toutes jambes et 
laissa sa queue entre les mains de Renard qui ne le revit 
plus. 
{Le Double Almanach de ta gaieté, de la vérité et du Jjon 
sens pour 1846, Raon-l'Étape.) 

On peut rapprocher de ce conte le conte algérien snivant : 

Parmi les hôtes des monts Aurès, vivait une lionne qui 
n'avaitjamaiseu de petits. La première fois qu'elle mît 
bas, elle donna le jour à un lionceau. Kile lui prodigua 
force caresses et cajoleries , et laissa à la nature le soin de 
développer en lui les qualités de sa race. S'il sortait de 
son repaire pour faire de courtes promenades dans la 
montagne, elle le rappelait aussitôt pour le combler de 
nouvelles caresses et lui répéter sans cesse cette recom- 
mandation: « Mon enfant, crains le fils de la femme.» 

Peu à peu cependant notre enfant gâté prit des forces; 
ses membres grossirent, etea crinière commença à poin- 
dre. » Maintenant, dit^il unjour à sa mère, je me sens 
fort, je suis courageux, et le fils de Is femme ne m'inspire 
aucune crainte . Je veux aller le chercher et me mesurer 
avec lui. » La mère, eflipayée essaya d'abord de le dé- 
tourner de ce projet, mais rien n'y put faire. Ne pouvant 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



144 CANIS LDPIJ8. L. 

vaincre l'obstination de son fils, elle se contenta de loi 
renouveler ses recommandations de prudence, et elle le 
confia h la garde de Dieu. 

Notre lionceau s'élança aussitôt hors du repaire et ga- 
gna résolument la cime des montagnes. 

Il marclia assez longtemps sans rien rencontrer qui fbt 
digne d'attirer son attention. Tout-à-coup dans une forêt 
éloignée, il aperçut un taureau. Ses cornes menaçâientle 
ciel; de ses yeux jaillissaient des étincelles ; avec sa queue 
il fouettait ses flancs et ses pieds arrachaient la terre 
pour la rejeter au loin. Le lionceau s'arrêta. « Yoilà, se 
dit-il, un animal dont l'extérieur menaçant correspond au 
signalement que l'on m'a dressé du fils de la femme ; c'est 
bien là mon ennemi, allons le trouver. >• Il assura sa démar 
che le mieux qu'il put et s'avança vers le taureau. « C'est 
bien toi , lui dit-il avec emphase, qui es le flls de la femme!- 

— ' Mon ami tu es fou, lui répond le taureau, le cou- 
rage dont est doué le flls delà femme. Dieu ne l'a donné 
qu'à lui seul : Sais-tu comment il nous traite , moi et ceux 
de ma race? Il nous prend, nous passe un Joug sur la 
tête et nous utilise à ses besoins. Si nous essayons d'être 
paresseux et récalcitrants, l'aiguillon est là pour nous 
stimuler et nous corriger. Enfln, lorsque nous sommes 
harassés de fatigue et que nous ne pouvons plus lui four- 
nir de travail, comme récompense de nos services, la 
hache nous attend. Le flls de la femme nous égorge, il 
dépèce notre viande et en fait sa nourriture. » 

Le lionceau écouta en silence les paroles du taureau , 
il réfléchit un instant, puis il reprit sa route. Il avait 
bien l'àme un peu bouleversée, mais néanmoins il se 
proposait toujours d'aller trouver son ennemi, fallut-il 
pour cela remuer ciel et terre. 

Il mîuvha quelque temps et se trouva tout-à-coup 
en face d'un chameau qui se délectait à pattre du chich. 



n.,GoO(^lc 



CÀNIS LUPUÏ. L, 145 

Pour, le coup, se dit le lionceau, voilà bien le âls de la 
femme; c'est ma bonne étoile qui me l'amène... «Bht 
mon brave, lui dit-il en s'avançant vers lui, n'est-ce^ 
pas toi qui est le âls de la femme f Le chameau fut pris 
d'an accès de fou rire. ■ Tu n'y es pas, mon ami, 
lui dit-il, tu n'y es pas ; mais au fait que lui veux- 
tu donc , au âls de la femme t Faia-y bien atteo^ 
tion, quelle que soit ta valeur, tu ne peux pas appro- 
cher de lui. Es-tu capable de me lier les genoux, de me 
faire coucher pour mieux me mettre à ta portée, d'assu- 
jettir un bÂt sur mon dos , et , après y avoir entassé far- 
deau sur fardeau, de te placer toi-même par-dessus le 
tout! Non, n'est-ce pasîeh bienl c'est là ce que fait-tous 
les jours le âls de la femme . S'il lui prenait en outre envie 
de m'égorger, je serais sans défense aucune. Voilà, mon 
cher, les procédés du ûls de la femme . Si tu es encore dé- 
sireux de faire sa connaissance, tu n'as qu'a continuer ta 
route. " 

■ — Tu es un poltron, mon ami, ■ lui répondit lelion- 
ceau d'un ton qu'il essayait de rendre dédaigneux. Tes 
paroles et celles de ce taureau que j'ai rencontré là-bas 
jne sont entrées par une oreille et elles sont sorties par 
l'autre . Elles ne diminuent en rien mon désir de me 
trouver face à face avec mon ennemi: donc, Je continue 
maroute.» 

U cheminait depuis un instant, lorsqu'il [aperçut an 
cheval qui bondissait dans une prairie . • Cette fois , se dit 
notre évaporé , c'est bien là celui que je cherche. Ho 1 hé ! 
cria-t-il d'assez loin, c'est bien toi, n'est-ce pas, qui es 
le âls de la femme f 

— C'est à moi qae tu t'adresses? demanda le cheval. 

— A qui donc veux-tu que ce soitî 

— Dans ce cas porte ailleurs tes plaisanteries; laisse- 
moi me rouler tranquillement sur l'herbe , et ne viens paa 

10 



Do,l,.cdbyGoOglc 



146 OAKn LUPDB. L. 

troubler ma gaieté.... Moi, le flis de la femmel continuâ- 
t-Il. . . allons donc 1 II Tiendra bien assez tôt pour me saisir, 
me mettre une selle sur le dos et on mors de fer dans la 
bondie. 

— Yraimentî dit le lionceau. 

— Cela t'étonneî reprend lecheTal; ce serait peu, mon 
ami, si, montant ensuite sur mon dos, il ne me tabonrait 
les chairs avec de longs éperons et ne faisait misseler le 
sang sur mes âancs. 

Le lionceau fht atterré et une sueur froide parcourut tons 
ses membres. 11 craignit cette fois de s'être trop avancé; 
mais il ne lui semblait pas possible de reculer: Il reprit 
donc sa route en proie à ses réflexions . 

Ilsetrouva tout-&-<»up dans une forêt, et il aperçât 
devant lui un bûcheron. ■ Il est impossible, pensa-t-il, 
que ce soit là le âls de la femme , qui d'après tout ce qu'on 
m'enadit, doit être un véritable phénomène. C'est égal, 
j'interrogerai cet être chétif et mesquin; il pourrait bien 
m'aidera découvrir celui que je cherche... •• Dieu t'assiste 
mon ami, dit-il au bûcheron en s'approchant de lui; 
depuis longtemps déjà je suis à la recherche du ûls de 1& 
femme; est-ce que tu ne pourrais pas m'alder à le décou- 
Trirî » 

— Uon Dieu, monseignenr, c'est chose facile, loi 
répond la bûcheron, je vais aller vons le chercher, mais 
auparavant ayez donc la bonté de me donner un coup de 
main, voua qui me paraissez passablement robuste, met- 
tez, s'il vous plaît, votre patte dans la fente de oe tronc 
d'arbre pour qu'il ne se referme pas pendant mon absence. 

Le lion fait ce qu'on lui demande ; le bûcheron retire le 
coin qui tenait écartées les deux moitiés du tronc ; celui-ci 
se resserre subitement et étreint notre animal mieux que 
n'eût fait un étau dâ forgeron (*). U essaye de retirer sa 

O Cf. CoMialn, ContM populaires lorraliu, duu Bomul»! ISW, p. tK 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



0ÀNI8 LDFDS. h. 147 

patta, mais tous ses efforts restent Taios. lie bûcheron 
part aussitôt, coupe une dizaine de triques bien noueuses 
et revient en courant ; il empoigne notre lionceau par 
la queue et lui administre une bastonnade telle qu'il lui 
broie les os et lui rend le d03 aussi mou que le yentre. 
Il le lâche enân et le laisse partir en l'engageant à donner 
à ses connaissances des nouvelles du âls de la femme. 

Notre lionceau, à moitié mort, reprit clopin-clopant le 
chemin de son antre. Lorsque sa mère le vit dans ce piteux 
état, elle se reprocha amèrement sa faiblesse; elle le 
fit placer dans le fond de sa chambre et se mit à le lécher 
et & le soigner de son mieux. « Tu vois , mon âls , lui 
ditp^tle, mes recommandations n'étaient pas inutiles, tu 
as certatntfnent rencontré aujourd'hui le âls de la 
femme. - 

Le lionceau raconta à sa mère ce qui lui était arrivé. 

— Reste ici tranquille et console-toi, lui dit sa mère. Je 
vais réunir les contingents de nos montagne8,-je les con- 
duirai à la forêt, et nous te vengerons, sois-en certain. 

Elle partit, en effet, et réunit tous les lions da la monta- 
gne; puis elle revint vers sa demeure, et montrant à son 
111s ce formidable escadron : • Penses-tu, lui dit-elle, que 
ceux-ci soient capables de te vengerï 

— Oui, certes, répondit le lionceau; mais j'aurais 
beaucoup plus de plaisir à me venger moi-même. 

— Lève-toi, dans ce cas, lui dit la lionne exaltée, et 
précède-nous. 

Cette bande terrible se mit en marche et arriva en 
rugissant près du bûcheron. •■ Je suis perdu, se dît 
celui-ci en voyant les lions; c'est aujourd'hui mon der- 
nier jour. •> Il regarde autour de lui, se cramponne à 
l'arbre le plus élevé, et grimpe au sommet. 

Arrivés au pied de l'arbre, les lions ne savaient 
comment déloger notre homme. « Je vais vous indiquer 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



148 OANIS LUPUS. I» 

im moyen, leur dit le lionceau : Je resterai an pied de 
l'arbre et vous ferai la courte échelle; tous tous .écba- 
fauderez sur mon dos jusqu'à ce' que tous ayez atteint 
notre ^nnemi, puis tous me le liTrerez; c'est moi. qui en 
aurai soin. » L'avis fat trouvé bon, et une pyramide de 
lions se forma le long de l'arbre. Le. dernier allait 
atteindre le bûcberon, lorsque celui-ci s'écria : •> De gr&ce, 
. passez-moi donc un bâton pour caresser les côtes de celui 
qui est en bas. >• Le son de cette voix et l'idée du bâton 
eflft-ayeilt à un tel point notre lionceau, qu'il se dérobe 
brusquement de dessous la pyramide pour se sauver à 
toutes jambes . Tous les lions dégringolent avec une telle 
rapidité , que ceux qui ne se tuent pas se meurtrissent an 
moins considérablement. Le bûcheron descend précipi- 
tamment, achève les blessés et leur enlève la peau; puis, 
chargé de ces superbes trophées , 11 rentre a son douar en 
chantant victoire. 

GÉRAKD, Le Tueur de lions. Appendice. 

58. — Conte : 

LE LOUP ET l'écureuil. 

Un loup vit un Jour un écureuil au haut d'un arbre. 
Comme il voulait le croquer, il imagina la ruse suivante; 
il dit à l'écureuil : « Ah t mon ami écureuil, ton père était 
bien plus leste que toi, il aurait sauté de l'arbre où tu 
es, jusqu'à cet autre arbre. - Et en même temps le 
loup lui désignait un arbre assez éloîgué. L'écureuil 
se piqua d'honneur et se lança dans l'espace. Comme 
le loup l'avait prévu il n'atteignit pas l'autre arbre 
et tomba sur le sol. Eu deux bouds le loup sauta dessus 
et le tint sous ses pattes; il se préparait à manger 
le malheureux écureuil, lorsque celui-ci lui dit : « Ah! 
ton père était bien plus honnête que toi, il n'aura 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIB LDPDS. L. 149 

rien mangé sans faire auparayant le signe de la croix. "Le 
loup voulut étra anssi honnête que son père et il se mit à 
faire le signe de la croix. L'écureuil profita de ce moment 
pour s'échapper, se mit à courir et s'enfonça dans un tas de 
pierres et de broussailles ; mais le loup qui le poursuivait, 
l'attrapa par la patte de derrière.» Tire, tire, loup, tant 
que tu voudras la racine du buisson, n Et le loup croyant 
en effet s'être mépris lâcha la patte de l'écureiiil qui flit 
ainsi sauvé. 

[J'ai recueilli ce conte à Vais {ArdècheJ, en aotU IS7S.) 

59. — Conte : 

LE LODP ET LB RENARD. 

Le loup voulut un jour manger la renard; celui-ci lut 
dit : « loup, ne me mange pas, je connais une cave oà il y 
a beaucoup de miel, nous irons ensemble nous y régaler. » 
Ils y allèrent ; pour entrer, ils furent obligés de passer 
par une ouverture assez étroite. Chaque fois que le re- 
nard avait mangé un peu de miel, il allait voir auprès du 
trou s'il pourrait encore y passer; enfin il arriva un 
moment où il crut prudent de cesser de manger et 
sortit en invitant d'un ton railleur le loup à en faire 
autant. Le loup n'avait songé qu'à son appétit, il avait 
tant mangé, qu'il était devenu énorme ; impossible de 
sortir de la cave. Quelque temps après, des gens y entrè- 
rent ^t il fut roué de coups. 

Un autre jour, ayant rencontré le renard, le loup le 
poursuivit, désireux de se venger, mais le renard se 
fourra sous un tas de pierres ; le loup était arrivé juste 
à temps pour lui saisir la patte de derrière. « Tire, tiré, 
tant que tu voudras la racine du buisson ■>, dit lerenard ; 
le loup crut avoir saisi par erreur une racine et lâcha le 
renard. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



100 CANIB LUPUS. L. 

Un autre Jour, le laup surprit le renard et vonlnt le 
man^r : ■ loup, ne me mange pas, supplia le renard, 
nous irons lialre bombance dans un champ de navets que 
je connais. » J'accepte, dit le loup et les voilà partis. Ar- 
rivés au champ de navets, le renard dit : mon ami loup, 
il nous faut partager, aimes-tu mieux ce qui est dessus 
on ce qui est dessous! Le loap préféra ce qui était dessus; 
bien, dit le renard, et il se mit à manger les navets, 
tandis que le loup meingeait les feuilles qu'il trouvait 
détestables. 

■ Comme compensation, je vais te régaler d'excellentes 
truites, dit le renard au loup, je connais un gouffre, (trou 
d'eau très-profond) où il y en a une quantité ; j'irai les 
pécher moi-même. >• Ils vont pécher des truites; le renard 
attache à la queue du loup un pauier destiné à recevoir 
les produits de ia pêche, puis il se met à la besogne ; 
chaque fois qu'il plonge, il prend une truite qu'il croque 
Immédiatement, et, en guise de poisson, va mettre dans 
le panier une grosse pierre. Finalement il s'enfliit en 
se moquant du loup. Celui-ci voyant qu'il a encore été 
mystifié, s'élance à la poursuite du renard, mais 6 don- 
leur I toute la peau de sa queue reste attachée au panier 
chargé de pierres. 

Tout écorcbé qu'il est, le loup rattrape le renard. 

« Loup, pardonne-moi, je connais tout près d'ici, dit 
l'animal rusé, une vieille femme ; c'est l'heure où elle va 
mettre sur le feu sa poèle pleine d'huile, tu entreras tout 
doucement et tu y tremperas ta queue >>. Ce que fit le 
malheureux loup, qui se brftla horriblement ; l'huile était 
bouillante. Le renard choisit cet instant pour s'esquiver. 
Depuis ce temps, le renard, aussitôt qu'il aperçoit le 
loup, s'enfuit prudemment. Le loup qui le voit se sauver 
M crie îiêl hêl fuyardi fuyard I 

Je ne m'appelle pas fuyard, répond de loin le renard, je 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



OANIS LUPUS. U 161 

m'appelle eelut gui fait tremper la queue du kmp dans la 
poêle, 

(Tai reateiUi ce conte à Tait (Ardèclie), en ao(U 1870.) 



LE LOUP ET L ANE. 

D'après use chanson de l'ouest (Angoimtois) un loup 
rencontre un àne et lui dit qu'il va le man^r, celui-ci 
lui indique des moutons dans une lande, le loup y va et 
ne tronye rien, il revient pour manger l'âne; celui-ci lui 
indique des choux dans un jardin, le loup y va et ne 
trouve rien ; il revient près de l'àne qui lui assure que 
cliez lui il y a à boire et à manger. Le loup monte sur 
l'âne] et il est rossé par le maitre de ce dernier ('). 
Voyez J. BoJEADD, Citants, etc., 
20 vol. p. 319. 

61. — A Gourin (arrondissement de Napoléonville), il y 
a une chapelle appelée : Chapelle Saint'Hervê. Voici ce 
qu'on raconte au sujet de ce saint : 

< Un jour, saint Hervé traTaiUait à un petit champ ayec un cheval, 
un loup étant survenu et ayant dévoré l'animal, le aaint dit au loup : 
tu feras son travail, et il l'enchaîna. > 

Saint Hervé est invoqué par ceux qui veulent préserver 
des loups leurs troupeaux. On vient à cheval de tous les 
environs en pèlerinage lui porter des moutons en offrande. 
Il y a deux pardons : le plus grand est celui du dernier 
dimanche de septembre ; 11 s'y fait une procession à 
cheval. 

Rosenzweig, Archéologie de l'arrondissement 
de Napoléonville, p. 15. 

(1) D'après une autre chanson (Bas-Poitou), la loup moata sur un Ane 
qu'il rencontre allant a la noce. L'Ane tait un p«t et le tue raide. 

Bujeaud, Id. p. 3ta. 



Doili--cdtyGoO(^lc 



152 CANIS LDPUS. L. 

Si le loup> Tient pour manger les moatons, celai qui lei garde n'a 
qu'A dire : 

HarveeezOnilhou, ra'zy pell itn han Doué 
Har veaez Satan, ra'z; pell, di^ Eiaut Hervé. 
= Va t'en, par le vrai Diea, si tu es loup, va t'en par saint 
Hervé, si tu es Satan. 

ChbTAS, Galerie a 



62. — < Si une censé a plenté de brebis qui aient pluiseurs ai- 
gneaux et aprea la disme payée on n'en présente chsscun an un an 
loup, certes il en prendera un, nonobstant garde qu'on y commette.» 

Evangile des Quenoutlles, édition Jaithbt, p. 53> 

< Qni ne présente un aignean au loup en l'onneur de l'aignel de 
Dieu, il saclie certainement qu'il y eu aura de foireux en l'année. > 
Ei>angile des Quenouilles, id. 

63. — €Jevou8dypourauasiTrayqueEuangileque,i(e une per- 
sonne meogue d'une beste que le loup aura estranglé et de laquelle 
aura par aventure mengié, à grant paine puet icelle personne rendre 
ame se le loup n'eatoit premièrement mort. » 

Evangile des Quenouilles, id., p, 77. 

Oa dit aussi de cette personne : 

•• Il ne pourroit parler, par longtemps, s'il n'avoit fait son offrande 
i, monseigneur Saiàct Loup . » 

64. — « S! le loup sentait 

Si l'anis {') voyait, 

Et si la chèvre avait des dents dessus 

Tout le monde serait perdu. > 

Isère, Laurent, l'Avocat de PItére, 
Tournai, 1873, p. 116. 

65. — Proverbe : 

< Tsao mA maria le loup par qu'au ctieguesse bouna besU. * 

c'est-à-dire : il sufBt de marier le loup pour l'apprivoiser. 
Foreï, Oras, Evangile des QuenouiOt 

forétiennes, p. 105. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



0ANI8 LXmiB. L. 



« n Mt conune le cUeii dn maraudetir, qui veut manger le 
loup et que le loup mange. > 

Lucas dk MoNriGny, Récits variés, p. 331. 

67. ' — Dana TArdèche, le mot louho a comme autrefois le mot 
atin Utpa, te sens de femme débauchée, 

Ô8. — Chanson champenoise : 

Loup, lonp, loup, 

Compère le loup. 
T'as beau flairer la sceurette, 

Loup, lonp, loup, 

Compère le loup. 
Tu n'entreras pas chez nous 1 

Méchant BonrnoiB, r6de, rMe ; 
La faim t'a chaseâ du bois ; 

Tourne autour de notre porte 

La chair fraîche n'est pas pour toi I 

Loup, loup, lonp, 

Compôre le loup, 

T&s beau flairer la sœurette ; 

Loup, loup, loup. 

Compère le loup. 

Tu n'entreras pas chez noua. 

Le Conseiller des Enfants, Paris, 1853, p. 309. 



LE LOUP-GAEOU. 

1. — Du bas latin gerulphum (*), çerutphum lupum et 
iupum gerulphum, viennent les mots suivants : 
GABDL, m. ancien français. 
OABOUL, m. Id. id. 

<i) Stmlphni est d'origine germanique et représenU le suédola Tanlf, 
garon. TsmlT e»t composée de nr, homme, et aU, loup, et lignifle propre- 
ment : bomms lonp. Bracbet, Dlct. étym. 

Pour l'étymologie du mot lonp itnin et pour l'origine de l'eipnsaion 
cenrir is fnlUtdon, voyez S. Bngge, dau Unula, uni, p. 151. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



154 CAKU LUFUa. L. 

ouvAL, m. id. id. 
OAHOD, m. ft-ançaifl. 
OAIHOU, m. Haut-Uaine, Montesson. 
VÀfion, m. Normandie; — GaerneBey, Métivier. 
SÀHKLOUP. m. Yonne, Coroat 
evÂBBUiiJP, m. id. id. 

voiBLOUP, m. Champagne, Oroiler; — Aube, Tarbé. 
LOUP G&Bon, m. français. 

LRD WABOO, m. irallon, Onudgagnage , Sigart; — ronchi, 
Hécart; —picard, Corblet ; — Flandres, Vermeue. 
LàWAROiT, m. wallon, Qrandgagaage. 
LEWABO, m. wallon montoia, Sigart. 
LBU voraon, m. Bourgogne, Mignard. 
LOUP BBHOU, m, Berrf, Jaubert. 

LOUP YERROU, m. Morrand, Tabbé Bautiau, 1" vol., p. 43. 
LOUP BHOU, m. Berry, Janbert. 

LBBBOU ( = GLOUTON), m. Chef BoDtonne, Beauchet Pillean. 
LEDBRou, m. Tulle, Berouie. 

LEBEBOUNO, f. (Borc>ère transformée en loup) Talle, Beronie. 
LOUAR&T, m. Centre. Jaubert. 
LAOU ARHAOU, m. Ueuse, Cordier. 
LOUP LiBHOu (1), m. Férigord, de Nore, p. 157. 

Cf. Wen mlf, anglais. — Warwolf, moyen haut allemand. 

2. — Nisard, Curiosités de Vêtymologie, cite les mots 
soiTants comme servant ou ayant servi d'iiijures : 

VAIN LAiwAROU, c'eat-à-dire Tilain rarou. Artois, 
LOUÉROUX, c'eat^dire loup garou. Picardie. 
LBUVABOU, LsuwARou, démon. Picardie. 
SACRÉ LOUP voiROU. Bourgogne. 

< Ribault prêtre, Champiz, loup biroiuc. ■ 

Lettres de rémission de 1415. 

< Jean Cosset tint plusieurs propoa ii^arieaz sur leadita Jean et 
sa femme, appelant nooimément ledit Jean leu Viotsé et sa femme 
ribaude. > Lettres de rémission de 13S&. 



(') Dana lovp Itaron, le mot Mf h trout* troEg foti. 



Doili--cdtyGoO(^lc 



CANIS LUPCa. L. 166 

Nfsard cite escore ce passage oA Von trouve le loup 
garou sous ud autre nom : 

< La graot ardeur de Bon conraga 
Le fftit semblant à loup ramage. » 

Consolai, de Boeee, manuBC. Ut. IV. 

3. — Du mot garou, viennent : 

GAKOCAOB, m. français. 
GALLOUAGB, Centre, Janbert. 

mots qui signifient : vagabondage nocturne, débauche de 
nuit, et : 

VAHODiLLi, Normandie, Dubeia et Travera. 

Ce* mot signifie crotté et mouillé comme on suppose 
qu'est le varou ; et, en effet, on dit à Pont-Audemer, 
(Vasnier) d'une personne souillée de boue : qu'elle est faite 
comme un varou. 

4. — < Certaines personnes sont forcées k chaque pleine lune 
de se transformer en loup garon, entre autres les enfanta illégitimes. 
— On reconnaît ces personnes en ce qu'elles ont les doigts un pea 
plats, et des poils dans le crauz de la main. C'est la nuit que le 
mal prend, on se plonge dans une fontaine et on en ressort de l'autre 
cAtë avec une peau de chèvre, et dans cet état, on mord et on mange 
les chieus qu'on rencontre. • 

De Nohb, p. ICT, 

• Certains individus sont forcés au temps de la pleine lune, de se 
transformer en loups garoua. Le mal les prend tot^ours la nuit, 
lorsqu'ils en sentent les approches, ils s'agitent, sortent de leur lit, 
sautent par la fenêtre et vont se précipiter dans une fontaine ou 
dans un puits, d'oCi ils sortent quelques instants après, revêtus d'une 
peau blanche ou noire que le diable leur a donnée. Dana cet état, ils 
marchent très-bien & quatre pattes, passent la nuit à courir les 
champs et A. hurler dans chaque village qu'iU traversent. A l'appro- 
che du jour, ils reviennent à la fontaine, y déposent leur enveloppe 
et rentrent chez eux où ils tombent souvent malades de fatigue. ■ 

Q&nnBB, Statistique de la Charente-Inférieure, 
La Eochelle, 1830, p. 2S4. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



166 OAHIS LUPDS. L.> 

« La transformation dliomineB en toupt ^aroud) dore 3 On 7 ans; 
Ub courent la nuit. On les délivre en Jea blesnant avec une clef Jus- 
qu'à effusion do sMig. Les anciennes lois aormandes parlant de la 
punition de certains crimes ajoutent : que le coupable soit loup, 
Miai*2M* ea(o; c'est-à-dire qu'on le poursuit, qu'on le tue comme un 
loup. " (Plcodet. Contet, p. 15.) 

< Le varou est une rision qu'il est bon d'éviter; sa rencontre peut 

âtre ftaneate Le earou est nn misérable qui a Été excommunié 

sept fois ou quelque avare qui, pour avoir de l'argent, s'est donné 
corpa et &me au démon. En conséquence de ce marcbé, le diable en 
fait la monture habituelle et le force à le porter, des nuits entières, 
le long des chemins, en courant à toutes Jambes au travers dea 
mares. Souvent le patient est obligé de passer an travers des brous- 
sailles et des épines. Cela explique parfaitement pourquoi certains 
valets qui portent le varou se voient su matin tout sanglants et ha< 
rassés. Le varou ne court guères que dans les longTies nuits de l'hi- 
ver, par un temps obscur et af&eux ; mais particulièrement comme 
le porte le proverbe : < Entre Noël et la Chandeleur, où tontes bAtea 
sont en horreur. > Le mieux quand on rencontre cette vision, c'est 
de se ronger promptement le long d'une haie, car elle suit toujours 
le milieu des rues. On assure que celui qui serait assez hardi pour 
faire au loup garou du sang entre les dewi yeins, délivrerait le pa- 
tient, mais l'épreuve est très-hasardeuse. Le varou n'aime pas les 
croix, il hurle horriblement quand il en rencontre une. Il revêt plu* 
sieurs formes, quelquefois il a la figure d'un loup ou d'un chien 
énorme, en d'autres rencontres, il ressemble à uu Ane, à un veau, etc.» 

Annuaire du, déparlement de la Manche, 1832, p. Sll. 

< Les loups garoux se nomment en breton den-vleU (homme lonp) 
au singulier, et (utf-ofeii au pluriel. Ce sont des hommes qui, la 
nuit, revStent une peau de loup et prennent en même temps le na- 
turel de cette b€te. Ils courent les bois, les champs, attaquant les 
hommes, les animaux. Au point du jour, ils cachent leur peau avec 
le plus grand soin et rentrent secrètement chez eux. 11 existe entre 
leur peau de loup et leur corps une sorte de solidarité 'd'impressions 
physiques si grandes qu'ils éprouvent toutes celles auxquelles elle 
est exposée. C'est ainsi que si elle est placée dans uu lieu froid, ils 
éprouvent tout le jour un vif sentiment de froid. On raconte qu'un 
loup garou avait caché sa peau de loup dans un four. Pendant le re- 
pas, la fermière y fit allumer du feu. Aussitôt le lonp garou se mit 
à crier : Je brûle, je brûle et & se démener comme s'il avait été dans 



■Doili/cdbyGoOJ^IC 



CAK» LUPOS. I.. 157 

nne fonmaise. Ces bommeâ loupa passent pour fitre doués d^ne 
grande fores physique et font d'excellents traTsitleurB. > 

Lb Hen, Tradit. et Superst. de la Batse-Bretagne, 
Retnte celtique, 1« vol., p. 420. 

< Les loupa garoux sont des hommes couTertis en loups pour aïoir 
été plus de dis ans sans approcher du tribunal de pénitence. > 

Habasoub, l" vol., p. 285, en note. 

< Pour réussir à tuer un loup garou, il est de nécessita de se ser- 
vir de balles bénites, et il ne faut avoir confié à personne son dessein. 
Ces précautions prises, on peut tirer sur le loup ou sur son ombre, 
cela est indifférent. Quelques personnes prétendent que c'est àl'ombre 
seule qu'il faut s'attaquer. Lorsqu'il a été atteint ainsi, le loup garou 
ne tarde pas & périr. En expiranl, il reprend sa forme humaine, mais 
sa taille a grandi d'une manière remarquable et l'une de ses jambes 
s'est allongée de manière à dépasser beaucoup l'autre. > 

De Nore, p. ICT. 

< Leloup garou vous renvoie la balle que vous tirez sur lui, si 
TOUS n'avez pas eu la précaution de la mâcher. 

Juge J.-J., p. 132. 

< Avant la Râvolntiou, on publiait des monitoires appelés gt*^^- 
monies contre le malfaiteur qui n'avait pn être découvert et contre 
ceux qui le connaissaient et le cacliaîeat. A la troisième publication, 
ou débaptisait le malfaiteur et ses complices, et dès lors, il apparte- 
nait au diable et courait le loup garou. — Tous las soirs, après le 
coucher du soleil, le malheureux se revêtait d'une peau de loup, 
qu'on appelait hère ou hure, et le diable & qui il était échu en par- 
tage le fouettait cruellement au pied de toutes les croix et au mi- 
lieu de tous les carrefours. Pour délivrer un loup garou, il faut lui 
porter dans le front trois coups de couteau bien appliqués. Si le 
sang coule, le loup garou est sauvé, sa hère tombe. Il y a des per- 
sonnes qui disent qu'il ne faut tirer que trois gouttes de sang. Le 
loup garou court trois ou sept ans. Si on ne le délivre pas, le temps 
recommence. > CHRâiiBN, p. 18. 

« A Angles, on racontait autrefois que le past^ir excommuniât 
solennellement le criminel resté inconnu; ft partir de ce Jour, il 
était condaumé à courir te garou pendant sept ans et à visiter sept 
paroisses par tmit. > 

Annuaire de la Société d'Emulation de 
Vendée, im, p. SI. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



15S CAKI8 LOPOe. I... 

c tAiB'fBtMtaairt.nkatnreoniie bamaine qui est cbangée en bête 
toutes les nuits. Poop ts rasmer à bod état natoret, il fïkut faire 
couler le sang, mais elle ne peut Stra ittainte par le plomb ou par 
la balle, que lorsqu'on met dans le canon dtt taail trois petits mor- 
ceaux de pain bénits recueUlia aux trois messes dsKoU.a 

Annuaire 4e la Société d'SmudatioK de la 
Vendée, 1861, p. 142. 

< Les garoux en Normandie, sontdes damnés qni sont restés éveil- 
lés dans leur fosse, et qui, aprôs avoir dévoré le mouchoir arrosé de 
cire vierge, qui couvre le visage des morts, sortent malgré eux de la 
tombe et reçoivent da démon la haire ou pean de loup magique. — 
Le seul mojen de les arracher à ce terrible supplice est d'aller droit 
& eux, lorsque le hasard les met sur votre chemin, et de les frapper 
an front de trois coups de couteau en mémoire de la Trinité. > 

SoQVESTBE, Les derniers Paj/sans, Paris, 1856, p. 14. 

< Le loup garoa est toiûonrs eni-agé de maie rage, il n'aime pas 
l'eau et rien que la rosée lui brûle les pattes et le fait hurler..... Il est 
gros comme un poulain.;.. On dit qu'il a six pattes,.... ses yeux sont 
blancs, il a une grande langue rouge qui pend jusqu'à terre ; il fait 
claquer ses dents blanches avec un bruit du diable, il porte la queue 
comme un beau coq, hante et droite ; il ne touche pas au bonc (car 

le bouc est une âgure du diable) mais il enlève les brebis Les 

loups garoux sont les ftmes des méchants que le bon Dien «t la 
Sainto-Vierge ont cousus jtour un temps d'expiation, iaaB la pean 
d'une bête, après quoi, elles vont au purgatoire, à cette an de flnîr 
le payement des fautes de leur vie humaine..... Ces animaux sont in- 
vulnérables tout le temps de leur garouage. > 

J. SoRHOT, Monde des Enfants, l" année, p. 114. 
4 Une femme se trouvant au milieu de la nuit dans sa f)ass&cour, 
voit un loup garou qui, sous la forme d'un énorme chien, se lave sur 
ses deux pattes de derrière et s'avance vers elle pour la saisir avec 
celles de devant. Terrifiée cette femme trouve cependaiit assez de 
force pour rentrer dans sa chambre et raconter àson mari ce qu'elle 
vient de voir. Celui-ci prend son fusil qu'il charge avec ^enx balles 
faites avec la cire d'un cierge pascal, tire sur le loup garon et le 
couch« par terre. Q a'approcbe et an lieu d'un loup garou, il trouTe 
un homme étendu qui lui dit : je vous suis bien obligé, voisin, vous 
m'avez tiré de peine. > 

J.-ll-J. Dkville, Annales de la Bigorre, 
Tarbei, 1816, p. 146. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANis Ltirue. L. ISO 

< Les loDpB garonx sont obligea de parcourir aept paroisses dans 
une nuit. 

^ Forez, Gbas> Evangile des Quenouilles 

, foréziennes, p, 105. 

Les personnes qui voudront faire sur le loup garou dea 
études approfondies, devront consulter l'excellente disser- 
tation de WiLHELM Hertz, Der Wenoolf; beitrag zur 
SagengescMchte. Stuttgart, 1862. 

6. — Un certain nombre de bêtes fantastiques se rat- 
tachent au loup garou; je ne citerai que : 

< Les lubins qui sont des AulfAmea en forme de loups, cherchant à 
entrer dans les cimetièrea, d'ailleurs assez peureux. Leur chef est 
tout DOir et plus grand que les autres. Lorsqu'on s'approche, il se 
dresse sur ses pattes, se met & hurler, et toute la troupe disparaît 
en criant : Robert est mort! Robert est mort I » 

Bayeux, PLUQuar, p. 14. 

< Le lupeuio qui est nn être fantastique, sumatorel à tSte de loup 
et à voix humaine, qui attire les voyageurs dans les fondriii'es. > 



6. — « On appelle tneneux de loups, un sorcier qui a la puis- 
sance de Tasciner les loups, qui s'en fait suivre et les convoque ans 
cérémonies magiqnes dans les carrefours des forêts. U est trëo-re* 
douté dans les campagnes; il a le pouvoir de se changer en loup 
garou. > Centre, Jaubirt. 

c On l'appelle aussi sarreuai de loups. — Une grande chasse an 
ioup ayant été infructueuse, un des batteurs dit qo'il ne fallait pas 
s'en étonner, qu'un tel avait en bien soin de les sarrer tous dans 
son grenier. > Centre, Jaubbbt. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



C453Tn5=S. !_ 




la m'/3 s::imr3 : 



3. — • I« Bftt fi£!7r.Œr(J éiui daiu iM. cél~hre sadn do 
Reaard. le nom àoai.é â cm »t-=™»i dc-3i la True dèniMÙ- 
■ztioB fraïKaûe éuit t».^L', mT^:.'. ffiinpiL^ 1* haute 
ré^iuitfon da iioèsie a fan que son E?gi poétique 
A fiai |ar supi^aota- l'appcIlatioB comaone. iSp- 
çnard est cootrac^ ^ l'aCcEiasd fvvû-^>'f> doat la 
stgiûfieasoii, pro^roneiit /oirt c» amstH, carresfoaA 
pariaitaneot an cancïàe du renard. > ScHKijK,iNi:<joii- 

Tbici les iKriDs dn renard d⣠1 cène origîDe. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANIS VDLPEB. L. 161 

KBTH&B^ m. provenu moderne. 

RBTKAL, m. TonlouBe, PouioarMe. 

KOINAL, m. Ronergue, Dnval, p. SIS. 

HBNARD, m. frangaii. 

BSNAiB, m. picard. Marcotte. 

BENAi, m. 3aifiB6 romande, Bridel ; Uontbéliard, Salher. 

BIHABT, m. Nice, Riseo. 

HHA, m. wallon, Sélya Loogchampe. 

nul, m. Samt-Amâ, Thiriat; PajameMin. 

rmÂ, hsak, m. Liège, Deby. 

HENADD, m. Ardeones. Tarbé. 

HXiOKÂBD, m. Boaches-du-Rhflae, Villeneuve. 

Cf. Ruait, catalan, Kaynouard. 

4. — Le renard porte encore les noms suivants que je 
ne me charge pas d'expliquer : 

GuiHBR, ancien prevençal, Raynouard. 

ABODFiPyrâaées, Gascogne, Reinsberg-Daringsfeld, 1. 11, p. 175. 

SAPIAS, m. Anjou, Millet. 

MANDHO, /■ Provence, Languedoc. 

HANDRETO, f. Provence, Beime des langttes romanes^ 1873, 

p. 315, g* livraison. 
VADRAU, Liège, Deby. 

Ce dernier nom est plus habituellement donné à la 
martre. Il semble expliquer le mot madré £= rusé. 

5. — La femelle porte le nom de : 

HEANABDE,;*. ancien A-anfaia. Cotgrave. 
HBNARiiB, f. français. 

Le petit renard porte le nom de : 

UGNAHDEAO, m. ancien n-ançaiB, Cotgrave. 
BENABOBAU, m. ft'ançais. 

6. — Le renard est la personnlâoation de la ruse ; de là 
les mots suivants : 

BKNARIIBB, ruser, frangais. 
UNABDix, /. nue, franc aiR. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



U» CAD» TCLPBS. L. 

BiofABDiRiK, f. fluesse, niae, Cotgnn. 

BUiUHDiSB, f. rase, Cotgrave. 

SEiiuui, rasé comme on renard, NornuAdie, Dubois et Trann. 

7, — Proverbe : 

Faire 1a gaerre en renard, 
c'est-à-dire : ruser avec son ennemi. 

8, — Proverbe : 

Un renard n'est pas pris deux fois an mftue pidge. 
Le renard ne se laisse pas praidrenne seconde fois aa lacet. 
JU6B, p. m. 

9. — ProTerbe : 

A vieU rwiard, non fan monnstra las cadmieros. 

ProvQiçal moderne, BioigBHBa-DunimsFtiJ», t. n, p. 1S. 

c'est-A-dire : il est inutile d'indiquer au vieux renard les 
endroits fourrés. 

Cl. lepro*erbeaiigl>l*: ai «M fn nMts Isani lo crafL 

10. — Proverbea : 

^ Un bon renard ne mange Jamais les poules de son TOiiin- 
— Loua renard» e las bagiuos s'en ban hé loa mau loèn. 
Armagnac, Rkinsbbro-Dubingsfbu), 1 1, p. 2T0412. 

c'estr4-dire : les renards et les fouines vont au loin faire 
leurs ravives. 

Cf. le proverbe italien : I mh la vslpt dis nuiia iw&w la vldaaiiH. 

Ralmbarg-DnriiiggMd, id. 
Le provartM aUemand ; Wo d«r rnelu sdn Ltgsr lut, ds raalit er nlcU. 

Belusbei^'DiiriiigBreld, Id. 
Le proverlM aUemand : Bio nUr Bathi Mut moula mUm laeUvi 
Bibntr id. id. 

Le pporerbe aUemand : Wo ixt woU Uegt, da «argt <r alelit 

id. id. 

nnà ta^u Univ dal UoA 
:. id. 

Le proverbe espagnol : U l«b« ta msm daao as taaoi. id. 1& 



n.,Goo(^lc 



OANIS TULPES. h. 168 

11. — ProTerbes : 

— n n'y a Bi fin regnard 
Qni ne trouve plus tliianl. 

Oab. Mburier, Très, des Sentences, cité par 
Leroux de Lincy. 

— A regnai-d, regaard et demi Cotorave. 
— " A reynard, reynard et miech. Provençal moderne. 

— Avec le renard, on l'enarde. 

Cf. U proverbe toican : Con la volpa convlHi volpvsiirt. 

ReioBberg-DoringEfold, t. I, p. MS. 
La proverbe bergamesque : C* Is olp Uwsna TolpHft. Id. id. 

La proverbe vénitien : Go le vplpe MsogiUI TsIiMHir id. id. 

La proverbe allemand : Den IdcIib miui ma mit nchgen lugan. 

Id. id. 

La proverbe bu-lalin : GoBtra valpaa nilpliuuidaa. id. id. 

12. — Proverbes : 

Dins lo cabo d'an bièl roînal 
Y o toQjours oQoasoa ou car. 

Rouergue, Ddval, p. 588. 

c'est-à-dire : dans la cave d'un vieux renard, il y a tou- 
jours os ou chair. 

13. — A volp voe ohe set«nbre aughessa 366 giome. 
c'eat-à-dire : le renard voudrait que septembre eût 366 
jours. Menton, Andrews, p. 58. 

Sans doute parce que septembre est le mois où le raisin 
est m&r. 

14. — Proverbes : 

— A regnard endorm; ne vient bien ne profit. 

— A regnard endormi rien ne chet en la gueule. 

— Benard qui dort la matinée 
N'a paa la laugne emplumée. 

— Jamôa aboup nagout goay bouque emplumade 
Quan drom toustem de iour la grasse maytiade. 

Gascogne, Rbimsbbrg-Durimosfbld, t. U, p. iTS.j 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



164 CANIS TOLFBS. L. 

— Rflinar që dorlamatmâdo.n'apaa la gôijboémploiuQada. 

Languedoc, Rbinsb.-Ddhinosf., id. 

— Ralnard s'éB pas matinous 
N'a pas lou mourra plnmona. 

Sud-OQest de la France, An. Comba, p. 13. 

— LoD rainai que n'es pas motinona 
ÎPo paB Ion mourre plnmous. 

Ronergnc, DOVAL, p. BS8. 
~ Regaard qni beaucoup tarde, attend la proie. 

Cf. le proverbe luu-breton : 

Da iDoam kooiksd 
Ha Hs tutm biwd. 

c'est-à-dire : à renard endormi ne vient pas morceau de 
viande. 

Sauvé, Bmte celtiipte, 1. 1, p. 245. 
Et cet antre proTSrbe bas-breton ; 



c'est-à-dire : pour attraper renard ou lièvre, il faut se 
lever de grand matin. 

15. — Proverbe : 

Zé faita de Ibingaa cooma eia rena de cona. 
Puj-de-QAme, Oonod (dans Descr. delà Fr. par LoRioi. p. 87.) 

c'est-à-dire : elle est faite de langue comme un renard 
de queue, cette locution s'emploie à propos d'une femme 
bavarde. 

16. — Proverbe : 

Zo io avala le rena, la cona y santaya, dia qna qnâ pas vrâ. 
Pay-de-DAme, Oonod, id. 

c'est-à-dire : il aurait avalé le renard, la queue lui sor- 
tirait,]! dirait que ce n'est pas vrai. Se dit d'tin metteur. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



CANI8 VTJLPES. L. 165 

17 — Proverbe : 

U se donne la dieciplina avec une queue de renard. 

Lb Rodz, Dictionnaire comique, 

c'est-à-dire : c'est un faux dévot. 

18. ■— Parler regnaut, c'est parler du nez 

COTGKAVB. 

19. — Proverbe ; 

11 a uae toax de renard qui conduit au terrier. 

c'est-à-dire ; selon Leronœ,ii& une toux envieillie et qui 
dure jusqu'à la mort ; 

et selon Fleury de BeUingen : être malade de la maladie 
qui vous mène au tombeau. 

Je ne me rends pasi compte de ces deux derniers pro- 
verbes. 

20. — Proverbe : 

On dit aussi renarder =se sauver, comme on dit fouiner. 
âl. — Faire le renard, c'est faire l'école buiasonnière. 

22. — Proverbe : 

Crier au regiiard l'un sur l'autre = s'invectiver râcipro- 
quement. Cotgravb. 

Autrefois crier : au renard ! au renard I à quelqu'un 
c'était so moquer de lui, probablement parce qu'on atta- 
chait dss queues de renard, à ceux dont on voulait 
s'amuser, et qu'alors on criait au renard 1 

23. — Je ne me rend pas compte de l'origine du sens 
des mots suivants : 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



IQQ CANM TDLPBS. L. 

TIHBR AD HEffllABD, îd. OotgTavO, 

REHAUDBB, id. Ardennes, Tarbé. 

RENABDERiB, vomiasement. Le Roux Dictionnaire comique. 

to>RCHXB LE BENARD, YOmir. 

fÀb hi Bsia = vomir. Pays mesain, recueilli perBonneUement. 
24. — Locution proverbiale : 
Avoir une fièvre de renard. 
c'est-à-dire : être affamé. On dit souvent : il a une fièvre 
de reuard, il mangerait bien une poule. 

Pont-Audemer, Vasnier, p. 65 



Pluie de mars, 

Ne vaut pas pisBo de renard, 

Nièvre, Slatistique de ta France. 

26. — Proverbe : 

Le renard eat pris, laachez vob poulea. 

se dit d'un rusé qui enfin est pris à son tour. 

Flbvr? de Brllihoen. 

27. — Proverbe : 

Se retirer & pas de renard. 

Provence, Soovesthe, les Derniers Paysans, p. 40. 

38. — Proverbe : 

— Habillé comme ua renard, la peau vaut mieux que la 

viande. _. 

A. Laurent, l'Avocat de Plaére, Tournât, 
1873, p. 115. 

II. 

1. — Proverbe» : 

— BiiâQ les renards se trouvent chez les pelletiers. 

.— La peau du renard finit toi^ours par arriver à la boutique 
du pelletier. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



OANIS TDIPES. L. 367 

cr. le proverbe italien : rotta 1« *ol^ il tronno In paUltorlit. 
Ls proverbâ B^rde logodoarten : OgBl minoiie benlt 1 ptrder M IM> 
{Toui lQ8 renarda flniaseat par perdre loar queue,) 
Le proverbe Blclliea : Dlulrn 11 nlputf a II TnlpatU : k In plddini nnl 
vidon tutti, 

(Les vieux renards dirent aux Jeunes, nous nous retrouverons l«a* cliei 
le pelletier.) 
Le proverbe anglais : I*ar7 foi mut paj Us om iklii te flie flijer. 
■ La proverbe allemand : AUs UsU^en Hchse kommsn endllcb belm k&ruhiur 
IB der BelM m koninun. 

Reinsberg-Doringslbld, t. I, p. £7S. 
Le proverbe italien : A mtderct armai In p«lllc«rla, 

Usry.t. I, p.S3t. 

2. — ProTerbeB : 

— HestaviBan renard que chacun mange poule comme'lui. 

Mert, t m, p. 53. 
^ Li ea avis aou ralnar 
Que cadun jogo de eoun ar. 

Languedoc, Thisssing, p. 80; 

3. — Proverbe : 

Dé saqnouo aatgâ ou fol 
Cado rajro&rt fa ço qné bol. 

Anacharsis Combes, qui cite ce proverbe (p. 13), le tra- 
duit ainsi : 

Chaque renard porte la queue à sa manière. 

4. — Proverbe : 

Le renard cache sa qneue. 

5. — Proverbe : 

Renard, que tu aa grant queue. 

Proverbe du XV» slèele, cité par Leroux da Lincy. 

Toi^oura à la queu6 on connut le regntu-t. fAnc. ft-ançaiB.) 
Fr. Michel, Dictionnaire d'Argot, p. 356. 

Ot. Le proverbe toscan : La nipt ti conoice alla coda, 

lUinsberg-Duilngsfeld, t. 1. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



It}8 CANI8 VULPB8. L. 

6. — ProTerbes : 

— Le renard cbange de poU maia non de naturel. 

— Lou rensrd que cambie de peu, mes pas d'alare. 

BéaraaiB. RBinSB.-DimiMigF., 1. 1, p. 16. 

Cf. les proverbea sardes logodourlens : Sn maiiOBe podtt psrdsr m pila, 
na SU tntBpu non lu perdet nul. 

Siimuioii«podBt;erderBaeoa, DUmon bd lilin. 

Sd muKnu pllUnni tramndU, m& Intngnu ai. 

Le proverbe espagool ; El pflo unda «1 rftpou, mas el natariLl no datpoji. "^ 
Reinsberg-Duringaféld, 1. 1, p. 48. 

Le proverbe sarde : Fait Mmmte j m frafin ci perdit sa plln, e noj ■mn- . 
Um (1). Salvator. 

Le loup prend souvent la place dn renard dans ces proverbes. 

7. — Proverbes : 

— Le renard pi-êcbe aux poules. 

^ Las galinos aitran mau tens. Ions reyuars s'y conseilhon. 
Provençal moderne. 

Reinsb.-Dqbinosf., L I, p. 270. 
{Allusions au roman du Renati.) 

et. le proverbe italien : Biurd&leTi, gslllne, clie le goipl st canilglluo. 
Le proverbe toscan : Oaanda la «olpe predlca, KnsTdotevI, galllne. 
Le proverbe napolitain : ConslgUa ta vorpe, dsmdagfflo de galllne. 
Le proverbe anglais : wtien the foi preacbBs, iMware oF roor gaeie. 
Le proverbe écosBai«i : Vhen Ibe tod presebM, take lent o' ihe lunbs. 
Le provertie hollatidais : ils de vos de psssle pretkt, boeren, ;ptst op Je 
gâniea 
(Quand le renard prêohe la passion, paysans, fkiteg attention à vos oies.) 
Le proverbe allemand : W«in der Fnclis predl^, ss bOle der gutu, 

Reinsberg-Daringsfeld, 1. 1, p. S70. 



Tenna tnn dro loum (Jouer tour de renard.) 

Sauvé, Henu eelUqne. 

<i) Salvator traduit ainsi ce proverbe : Tnlpl slmllli ton prias amtttlt pIlB» 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



0ANI8 TULPBB. L. 169 

8. — Proverbes : 

— Le renard est âevenn hermite. 

— A la fin sera le renard moyne. Ancien ftan^U. 
^ Regnard eat devenu moyne. Ancien français. 

— Regoard a descogneu sa qene. Ancien français, 

Lbrodx de Liifcr. 
{Aïbtsiorts au roTtum du lîenart.) 

9. — PrOTerbe ; 

Se confesser au renard. 

{Allusion au roman du Renart.) 

10. — Proverbe ; 

n faut coudre la peau du renard à celle du lion, 
c'est-à-dire : il faut joindre la ruse à la force. 
. 11. — Proverbea : 

— Ainsi, dist le renard, des mures quand il n^eu penlt avoir: 
Elles ue me sont point bonnes. Proverbe dn5V< siècle. 

— 11 est comme le renard, il trouve les raisins trop verts. 

— Autant dit le renard des mûres ; elles sont trop vertes. 

— On sait pourquoi le renard ne veut pas de miel. 

Jura, Toubtn, p. 386. 

Cf. U proverbe italien ; La TOlpe dleeuha l'nva i tgresta. — Le proverbe 
anglais ; laies when tber camiot reacb the grapes bsj tber are sot ripe — fia 
np«D liepi (gratte culs), qoctli tbfl fox, becanu be conld soi retch tbem. — Le 
proverbe écossais: SiMrplamBliiao'Uie tod (renard) wban b* nantlaa cUmb th« 
tne. -. Le proverbe allemand ; Die tranben ilad saair, Ufte der Fncbs. — 
Le proverbe espagnol : asi dlio la lorra a las nvas, do podlindolat alcannr, 
gneDOMtalwii madnras. 

Rainsberg-Duriagsfeid, t. il p. US. 

12. — Locution proverbiale : 

Quand le raisin blanc est devenu d'un beau jaune doré pour 
avoir été exposa an soleUon A\t<iwle renard a pUsi dessus. 

13. — « Le Jeudi ou le mardi gras, on fait une aspersion de 
bouillon d'andouille autour de la maison, pour empêcher que les 
renards ne viennent manger les ponlets, > 

thibrs, 1. 1, p. sn. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



170 exms TBifBi. L. 

On peut conjurer lea renards par cette oraison : 

Au nom du Pare, + du FilB t et du Saiat-Bsprit t returds on 
renardes, jo tous conjure et charme, et tous coi^nre an nom de la 
trèa-sainte et sureainte, comme Notre-Dame fat enceinte, qne tous 
n'ayez à prendre ni écarter aucun de mes oiseaux de mon troupeau 
soit coqs, soit poules ou poulets, ni & manger leurs nids, ai à sucer 
leur sang, ni à cass^ leurs œufs, ni à lenr faire aucun mal, etc. 
(D faut dire cette oraison trois fois par semaine.) 
Eu substituant les mots loups, et Ioutbs, on peut conjarer lea 
loups. 

TmBB(, t.I,p. é*:?. 

14. — Un Jour, le renard affJamé, n'avait trouvé pour 
son souper que des airelles et des mûres de buisson. 
Comme il faisait très-noir et beaucoup d'orage, il se 
trompait et happait la vide au lieu du fruit; à chaque 
éclair il se reprenait et s'écriait : mal, mal, eluide (éclaire 
davantage). 

FoEBz, Noélas, Légendes, p. 241 en note. 

15. — " Prendre le renard, c'est faire les réjouissances 
de la dernière voiture de la moisson. <• 

Bresse cbâlonnalse, Guilleuin. 
cr. l'usage suivant qui existe dans le Limbourg : 

< La moisson de blé terminée, le dernier charriot est d'habitude 
décoré d'un grand mai, et suiTi de tous les faucheurs et de toutes 
les faucheuses, qui l'accompagnent en chantant Jusqu'A la métairie 
ob les attend un repas, que, dans le pays de Limbourg, on appelle 
< haaseela ■ repas du lièvre. > 

RBnsBBiia-DDRiNSFBLD, Traditions et LigenOn, 
t. 11, p. 187. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



BALOBNA HTSTICSTUa. L. 171 

BALOENA MYSTICETUS. L. 

LA BALEINE. 

I. 

1. — Du latin balaena, Ttennent : 

BALRitA. f. ancien provaiçal, Raynooiirâ. 

BÀLEiNB, /. frauçaia. 

BAULAIRB, ancien fran^is, Littrd. 

cr. Bahut, italien, catalan. — Balenlui, frtaknepUn minilu, Cuvier, 
autre espèce de baleine) QSoes, De»criiione. — BalUU, espagnol. 

2. — La petite haXeine porte le Dom de : 

BALRNAT, m. ancien provençal, Raynouard. 

BALKINBAU, m. français. 

KkLsmav, m. trtaiça.i9,Vax'\a,IHçtionnaire français hoUandais. 

cr. BalauMlo, italien. — Balsuto, espagnol. 

3. — Presque tous les cétacés sont confondus sous le 
nom de baleines ; lorsque l'on veut désigner spécialement 
la Ixtloena mysticetus, on lui donne le nom de 

BALEINE FEimai (1), f. français, 
c'estpà-dire la vraie baleine. 
et. BltU WkaU, anglais. 

4. — On appelle blanc de baîeine ou sperma ceti, une 
substance huileuse, concrète et cristallisabla, qui ne se 
retire que du cerveau des vrais cacbalots ('). 

OciLLAUHm, Dict. du Cowimere», p. 1S4. 

Ces deux expressions Ikme de baleine et sperma ceti 
sont impropres. 



(i> Pour le mot IMbb, Ct. Moineau franc = n&i moineau. 
(>) Le GMktlel aat appelé 8] 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



DBLPBINUS DBI^mS. L. 



IL 
1. — ProTerbe: 

< Dions qoub garde dal brtm de la baleno 
Et dal cuit de la aireno. 

Caatrea, Couzinié. 

c'est-à-<lire : Dieu nous garde du yent de la baleine et du 
chant de la sirène. 



DELPHINUS DELPHIS. L. 

LE DAUPHIN. 

I. 

1. — Du latin detphimtm, viennent : 
DALFiN, m. ancien provençal, Rayaotittrâ. 
DAUPHIN, m. fi'ançais. 
DOOOPiN, m. Boucbes-dn-RhAne, Villeneuve. 
Cf. DsUlno, italien. — Derflno, Naples, Costa. — Delfln, Otoea, Detcrliione. 

— D«U, catalan. — Delfln, golfln, eipagool. — BolAns, galicien, Cornide, 

— DtQfhln. allemand. — Dolphin, anglais. — DaoBn, départoment du Mor- 
bihan, Tbs1#. 

S. — Le delphimis delpMs porte encore les noms sui- 
vants ; 

POR «ARIH, m, Gard, CreapoD. 

(') ponc DE MAB, m. catalan des Py renée aOrientales, Companyo. 

OIB DB MER, f. ancien ftançais, Belon. 

OIE DE MKB, /. Normandie, Chesnon. 

I?) BBC d'oie, m. ancien français. Rondelet, p. 344. 

Cr. HNrukwelK, allemand, Nemnich. 

(1) i^ nom pore i» atr fUt aUnaion a la couche graiueuse qui s'accu- 
mule sous la peau dei dauphins, comme sous celle des cocbons. 

envier, p. 1!T. 

(>) ■ L'espace de bec aplati, déprimé, que fbrment ses mflcholres, est 1« 
caractère qui a portA nos pAcbenrs a donner le nom ai singulier d'ala <• 
■er a cet animal. F. CnTler.lU^CitMéi, suite à BnlItHk, p. UT. 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



DBLPOINDS FHOCIBNA. L. 17^ 

3. — Est-ce cet animal que Belon appelle le chauderon, 
et qu'il dit être le plus grand cétacé après la baleine ? 
Dans Palsgrave, on trouve Whtrlpole = a fisshe, chau- 
dron de mer. 



DELPHINUS PHOCŒNA. L. 

LE MARSOUIN. 

I. 

1. — Cet animal est généralement connu sous le nom 
de: 

MARSomn, m. français, 
ce mot vient de l'ancien haut allemand mêrisuin (co- 
clion de mer.) (') 

2. _ On l'appelle aussi : 

POURCILLE, f. IHcHonrutire rfw Pêches, Encyclopédie métho- 
dique, an IV, p. 13. 
COCHON DK MER, m. Picardie, Ifarcotte. 

ïOUR-FEis, m. (c'eBt-à-dire porc poisson), Qaemesey, Hétivier. 
C) FOHPBtS, m. ancien frangaia, Fr. Michel, 

Roman du Mont Saint-Michel, p. 4TS. 



I, italien. — Pnerca miilnit, eapagnoi, Corcide. — PoriMlu, 
anglais. — Farpvi, anglais, Morris. — Porpai, porpu, anglais, Charle- 
ton, p. 48. 

3. — Est-ce au delphinus phocœna que s'applique le 
nom A^oudre, otUdre que Belon dit être le grand marsouin ? 

4. — On l'appelle encore : 

TOUNm, Boacbe»4D>IU)0ne, Villenenfe. 
Cf. tonûia, galicien, Comlde. 

(1) Le nom de manouin est louvent donna au dcIpUiu sans distinction 
d'espèce. 

(t on appelle aiBSi la dttpklDU phaeaaa, parce qu'il est oomme le poro 
reiStu d'une épaisse conche de lard. 



DoilycdbyGoOJ^IC 



PHTSETBR U fQkAQr*.) 



DELPHINUS OHG&. J^ 
L'ÊPATJLAKD. 

1. — Du temps de Rondelet, on appelait cet « 

BBPAiTLAiii Ht. Saintonge, Rondelet. 
Le naturaliste Le3S0ii> qui habitait la Saintonge, n*y a 
paaretrouTél'ufiagede ce nom. 

DELPHINUS TURSIO. Pabe. 



1. — Cet animal porte les noms de : 
toaniMm, m. Normandie, CheBnon. 
sonFLdt, m. Nice, Risso. 
TAUPE jtB UBB, f. Normandie, Cheanon. 
GonDiBQX, couDiN, HéditeiTanée, DabameL 

Traùë des péeJtes, cité par P. Ccvier, 
Us Cétacés, p. 144. 
CAUDUB, Méditerranée, Risao, cité par Covirr, les Cétacés, 
p. 145. 
II n'est pas bien certain que ces derniers noms de cou- 
dieux, coudin, caudue, s'appliquent au Aelphimts tursio. 
Voyez CuviER, les Cétacés, p. 144 et 145. 

PHYSETER. L. (Genre.) 

1^ CACHALOT. 

1. 

1. — Les animaux du genre physeter portent le nom de: 

CACHALOT, m. Arançais. 
Ponr l'étymologie da ce mot voyez Littré. 

Cf. KuobaUit, KuehIloC, allemand, Nemnlcli. — KulU, Hollandaii, Nem- 
nloli. — Ktikdot, danou, Namnich. — Kauiotlik, snédoit, Kemni^. 

DoilJcdbyGoOJ^IC 



PHOCA TITULINA. L. 175 

2. — Une espèce de physeter porte le nom de.: 

HUCHABj KIIRAB, m. Harseille, Villeneuve. 

C'est sans doute le même animal que Rondelet (p. 356), 
dit être appelé peis mviar dans le Languedoc, et sene- 
(lerïeenSaintonge, 

PHOCA VITULINA. L. 

LE PHOQUE. , 

I. 

1. — I*mot : 
FHOODI, »». ft-ançaiB. 

est d'origine savante ; il vient du grec. 

2. — On l'appelle aussi : 

VEAU DE UBR, TEAU lUHiN, m. français. 
BIO0 KABIN, m. languedocien, Azaïs. 
BOD MABIN, m. Nice, RiaBO. 

CHIEN DE MER, CHIEN UABINj f. ^ançais. 

LOUP HAHtH, m. français. 

Cf. TUello marin, QSnes, Deacrizione. — TeecUo marina, tIUIIo marfoo, it>' 
lien. — ngginmarina, S&rdaigne, AEuni,S< vol. p.80. — LolMmufia(,portu- 
gnalB.— Sttluiad, BMkaU, rnsorkalï, allemand, Memntcb,— Sm calf, anglais. 

3. — Locution proverbiale : 

SoQfQer comme un pltoqne. 



PIN. 



jt,Goo(^lc 



b,Goo(^lc I 



TABLE DES MATIÈRES. 



NOMS LATINS. 



Veepertilio aufitus. L— 

Talpa europaea. L 

Erinaceua europaeus. L... 

Sorex fodiena. Omelîn 

Mua rattus. L 



Ârvicola amphibiuB. L... 

Arvicola arvaliB. Lacépède.... 

Mus aylvaticus. L. 

MyoxuB. L — _ 

Hyoxus glia. L 

Myoï 



Hyoxus avellauarlus. L.-. 

Uraus aretos. L 

Ursus mêles. L. — — 



Viverrs genetta. L... 
FelU catua. L .^ 



Muatela vulgaris. L 

MuBtela liitra. L 

Muatela putoriua. L.„..- 

Muatela fotna. L 

Muatela martes. L 

Muatela ermEnea. L 

Muatela furo. L - 

SciuruB vulgads. L ^ 

Caator fiber. L 

Félix lynx. L, ™__ 

Ârctoinya marmota. L.. 
Antilope rupicapra. L., 
Cervus dama, L 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



Capra ibez. L ....:...,. 

Sus Bcropha. L 

Lepus timidus. L._„ 

Lepus albuB 

Lepus cuuiculuB. L... 

Cervus elaphas. L 

CervuB capreolaa. L.- 
CanîB lupus. L... 



Canis vulpes. L „ 

Baloena mjaticetuB. L._ 
Delphinua delphia. L.. 



Delphinus phocaena. L,„, 

Delphinus orca. L 

Delphiaus tursio. Fabr.- 

Physefer. L „ _. 

Phoca Titulina. L 



La Chaave-SoDria.... 

La Taupe „.i-. 

Le Hérisson..... 



NOMS FRANÇAIS. 



La Musaraigne d'ean-.- 
I* Rat 



Le. Mulot..- 



no,i,.cdbyGoO(^lc 



La I/Ontre. . .,™.._. 




Paga.. 


Le Pntoia- 




56 






58 


Martre 


, 




L'Hermine 




62 


Le Pnret, 




64 


L'BonrenU.. 




64 






67 


Le Lynx 




66 






09 


Le Chamois...... 




71 


Le Daim 




72 


Le Bouqnetin..- 




Te 


Le SangHer. 




73 


Le Llôvre__ 




78 


Le Lapin-. 




88 


Le Cerf._„ 




92 


Le Cberrenil 




104 


Le I.onp. 

Le Renard 





105 
160 


La Baleine. 




171 


Le Dauphin.-..!.. 




112 


Le Uarsonin.— .. 




ITS 






174 


Le Cachalot 




174 


Le Phoque 




175 



PAUL LEPBÉTRE ET C". IMPRIMEURS A DIEPPE, GHANDE-RUE, 133..' 



jt,Googlc 



ii,Goo(^lc 



r 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



Do,l,.cdbyGoO(^lc 



Do,l,.cdbyGoO(^lc