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Full text of "Dictionnaire general de la langue francaise du commencement du XVIIe siecle jusqu'a nos jours : precede d'un traite de la formation de la langue"

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THE   CARSWELL    COMPANY    LIMITED 


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DICTIONNAIRE   GÉNÉRAL 


LANGUE  FRANÇAISE 


DU  COMMENCEMENT   DU  XYII^  SIECLE  JUSQU'A  NOS  JOURS 


Tome  Second  (G-Z) 


r 


DICTIONNAIRE  GÉNÉRAL 


DE    LA 


LANGUE  FRANÇAISE 

DU  COMMENCEMENT  DU  XVIP  SIÈCLE  JUSQU'A  NOS  JOURS 


PBECliDE    D  CN 


ÏUAITÉ  DE  LA  FORMATION  DE  LA  LANGUE 

ET    CONTENANT   : 
1°  LA  PRONONCIATION  FIGURÉE  DES  MOTS  ; 

2=  LEUR  étymologie;  leurs  transformations  successives,  avec  renvoi  aux  chapitres  du  traité 

QVl  LES  EXPLIQUENT,  ET  l'eXEMPLE  LE  PLUS  ANCIEN  DE  LEUR  EMPLOI; 

i'  LEUR  SENS  PROPRE,  LEURS  SENS  DÉRIVÉS  ET  FIGURÉS,   DANS  l'oRDRE  A  LA  FOIS  HISTORIQUE  ET  LOGIQUE 

DE  LEUR  développement; 

4"  DES  EXEMPLES  TIRÉS  DES  MEILLEURS  ÉCRIVAINS,  AVEC  INDICATION   DE  LA  SOURCE 
des  PASSAGES  CITÉS 

PAR    MM. 

Adolphe   HATZFELD 

PROFESSEUR    DE    RHÉTORIQUE    AD    LYCEE    LOCIS-LB-GRAND 

F.  T 

Arsène   DARMESTETER 

PROFESSEUR  DE   LITTERATURE   FRANÇAISE   DC   MOYEN   AGE    ET   DIIISTOIRE    DE    I.A   LANGUE    FRANÇAISE 
A     LA    FACULTÉ    DES    LETTRES    DE    PAIUS 

AVEC    LE    CONCOURS    DE 

M.    Antoine  THOMAS 

CHARGÉ   DC   COURS   DE   PHILOLOGIE  ROMANE   A    LA    FACULTE    DES    LETTRES    DE    PARIS 


Ouvrage  ayant  obtenu  le  prix  Jean  Reynaud 
d'une  valeur  de  10.000  francs. 


PARIS 

LIBRAIRIE    Cil.    DEL  AG  RAVE 

13,     RUE    SOUFFLOT,     13 


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DICTIONNAIRE  GÉNÉRAL 


DE    LA 


LANGUE  FRANÇAISE 

DEPUIS  LE  COMENCEMENT  DU  XYIP  SIÈCLE  JUSQU'A  NOS  JOURS 


G 


G  [je;  selon  la  nouvelle  épellation,  je]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  g,  ?n.  s.  \}  xiic  s.  Plus  que  nule 
letre  que  j'ose  Signifie  G  la  goie  Qui  par  feme  revient  au  monde, 
Senefiance  de  l'ABC,  dans  jubinal,  Xouv.  Rec.  ii,  278.] 

Il  La  septième  lettre  et  la  cinquième  consonne  de  l'al- 
phabet français.  Se  prononce  avec  le  son  guttural  qui  lui 
est  propre,  devant  une  autre  consonne,  devant  les  voyelles 
vélaires  a,  o,  u  (gare,  gosier,  guttural],  et  à  la  fin  des  mots 
où  il  se  fait  entendre  (grog)  ;  avec  le  son  du  j  devant  les 
voyelles  palatales  e,  i,  y  (gerbe,  girouette ,  gynécée)  ;  avec 
le  son  de  1  mouillée  dans  certains  mots  venus  de  l'italien 
où  il  est  suivi  de  la  syllabe  li  (imbroglio)  ;  avec  le  son  de  n 
mouillée  quand  il  est  suivi  de  n  irégner),  excepté  dans 
quelques  mots  venus  du  grec  et  du  latin  où  il  garde  le  son 
guttural  distinct  du  son  de  l'n  (igné)  ;  généralement  muet 
à  la  fin  des  mots,  même  devant  un  mot  commençant  par 
une  voyelle  (étang)  ;  mais,  le  plus  souvent,  muet  devant  un 
autre  mol  qui  commence  par  une  consonne,  il  devient 
sonore  et  prend  le  son  du  k  devant  un  autre  mot  com- 
mençant par  une  voyelle  ou  une  h  muette  (Un  long  hiver). 
Il  Un  petit  g  ou  g  minuscule.  Un  grand  G  ou  G  majuscule. 

'GABAN  [gà-ban].  V.  caban. 

GABARE  [gà-bàr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  gabarra,  m.  s.  mot  d'ori- 
gine inconnue  qui  se  retrouve  dans  l'ital.  etl'espagn.  ga- 
barra, etc.  §  il.  I!  1338.  Nefs,  gabarres...  sur  la  rivière  de  Ga- 
ronne, Coinple,  dans  du  c.  gabbarus.j 

I.  (Marine.)  Bateau  à  voiles  ou  à  rames,  pour  charger 
et  décharger  les  navires.  ||  Bâtiment  de  transport. 

II.  P.  anal.  (Pêche.)  Seine  (filet)  de  grande  dimension. 

1.  GABARIER  [gà-bà-ryé]  s.  m. 

[ktym.  Dérivé  de  gabare,  d'après  le  provenç.  gabarrier, 
m.  s.  §§  U  et  115.  ||  1478.  Gabarrier,  dans  du  c.  gabarotus. 
Admis  AC.\D.  1835.] 

Il  (Marine.)  Patron,  matelot  d'une  gabare.  ||  Ouvrier 
qui  charge  et  décharge  une  gabare. 

2.  'GABARIER  [gà-bà-ri-yé]  i'.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gabari,  §  154.  ||  1764.  Gabarier  les  bols, 

DUHAMEL  DU  MONCEAU,  Expl.  dcS  fjois,  p.  042.] 

Il  (Marine.)  Façonner  sur  le  gabarit.  —  l'étambot  d'un 
navire. 

GABARIT  ou  GABARI  [gà-bà-ri]  s.  vj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  gabarrit,  m.  5. 
qui  paraît  sorti  d'une  confusion  du  radical  de  gabare  avec 
celui  de  galbe,  j;§  il  et  509.  ||  1678.  Le  gabari  du  vaisseau, 
COLBEUT,  Lett.  à  Arnoul,  10  sept.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Marine.)  Modèle  en  bois  mince,  en  tôle,  etc.,  ayant 
les  dimensions,  le  calibre  des  membres  d'un  navire  à 
construire,  d'un  gabion,  etc.,  à  fabriquer.  —  de  l'étrave, 

DICT.    FRANC. 


de  l'étambot.  ||  P.  ext.  \  1.  Forme ,  dimension  réglemen- 
taire des  caissons  de  vivres,  de  munitions,  qui  suivent  une 
armée.  |  2.  Arceau  sous  lequel  on  essaie  les  wagons  char- 
gés pour  s'assurer  qu'ils  peuvent  passer  sous  les  tunnels. 

'GABAROT  [gà-bà-rô]  s.  vi.  et  'GABAROTTE  [gà-bà- 
rot'J  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gabare,  d'après  le  provenç.  moderne 
gabarrot,  gabarroto,  m.  s.  §§11  et  136.  ||  1562.  Dng  guabarrot, 
texte  bordelais,  dans  godef.  |  1757.  Gabarote,  encycl.] 

Il  (Marine.)  Petite  gabare  non  pontée. 

•GABATINE  [gà-bà-tin']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gabbatina,  m.  s.  de  gabbare, 
gaber,  §  12.  ||  xvi''-xvii'=  s.  Tu  m'as  bien  baillé  de  la  gabatine 
et  fait  un  tour  de  femme,  a.  de  monluc.  Comédie  des  pro- 
verbes. Admis  ACAD.  1694  ;  suppr.  en  1878.] 

Il  Anciennt.  Sorte  de  tour  de  cartes.  Fig.  Vieilli.  Mys- 
tification. Donner  à  qqn  la  — .  Notre  nation  Donne  souvent  la 
— ,  SARRAZiN,  Poés.  p.  35,  édit.  1656.  On  donneur  de  — ,un 
mystificateur. 

GABEGIE  [gâb'-ji;  en  vers,  gà-be-ji]  s.  f. 

[ÉTY'M.  Mot  du  patois  bourguignon ,  d'origine  incer- 
taine, peut-être  apparenté  à  grabuge,  §  16.  [Cf.  le  provenç. 
moderne  gabugio,  m.  s.  et  l'anc.  franc,  gabuser,  tromper.) 
Il  i^éolor].  Admis  acad.  1878.] 

Il  Pop.  Fraude. 

GABELAGE  [gâb'-làj' ;  en  vers,  gà-be-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gabeler,  §  78.  ||  xv^  s.  Droict  de  gabel- 
lage  ordinaire,  dans  gouef.  gabellage.] 

Il  Anciennt.  ||  1"  Action  de  gabeler  le  sel. 

Il  2"  P.  ext.  Pailles  que  les  commis  mettaient  dans  le 
sel  de  la  gabelle,  pour  le  distinguer  de  celui  des  faux- 
sauniers. 

GABELER  [gâb'-lé  ;  en  vers ,  gà-be-lé]  i'.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gabelle,  §§  65  et  154.  ||  1389.  Avoir  vendu 
a  leur  profit  ledit  sel  sans  gabeler,  dans  DU  c.  gablum.] 

Il  Anciennt.  Déposer  (le  sel)  dans  la  gabelle  (grenier 
public)  pour  le  sécher  avant  de  le  vendre.  Sel  gabelé. 

GABELEUR  [gâb'-leur;  en  vers,  gà-be-...]  .t.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gabeler,  §  112.  {Cf.  gabelou.)  ||  xvi«  s. 
Guabelleur,  rab.  iv,  'où.] 

Il  Anciennt.  Commis  de  la  gabelle. 

GABELLE  [gà-bèl]  S.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  gabela,  m.  s.  mot  d'ori- 
gine incertaine  {cf.  l'arabe  kabala,  impôt,  §  22),  qui  existe 
aussi  en  espagn.  et  en  ital.  §  11.  ||  1342.  Greniers  ou  gabel- 
les, Ordonn.  ii,  179.] 

Il  Ancieyint.  \\  1°  Impôt  sur  le  sel.  Pays  de  —  (soumis  à 
cet  impôt).  Portant  l'argent  de  la  —,  L.\  F.  Fafj.  i,  4. 

Il  2°  Administration  chargée  de  percevoir  cet  impôt. 

72 


GABELOU 


1138 


GAGE 


ï\^uderla  — .  Entrer  dans  les  gabelles?  la.  br.  14.  ||  P.  anal. 
Impôt  analogue  sur  d'autres  denrées.  —  du  vin,  des  draps. 

Il  3°  Grenier  public  pour  déposer  et  faire  sécher  le  sel 
avant  de  le  vendre. 

GABELOU  [gâb'-lou;  en  vers,  g'a-be-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  gabeloux,  prononciation  dialectale  de  ga- 
beleux,  §  16,  dérivé  de  gabelle,  §§  65  et  116.  |1  xvi"  s.  Gabe- 
loux,  N.  DU  KAiL,  Eulrapel,  23.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (En  mauvaise  part.)  |  1.  Anciennt.  Commis  de  la  ga- 
belle. I  2.  De  nos  jours.  Employé  de  l'octroi,  de  la  douane. 

'GABER  [gà-bé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Mot  d'origine  Scandinave,  §  9  :  anc.  nordique 
gabb,  raillerie.  ||  xi^  s.  Devant  ses  pers  vait  il  ore  gabant,  lio- 
land,  1781.  Admis  acad.  1694  ;  suppr.  en  1718.] 

Il  Anciennt.  Se  moquer  de.  —  qqn,  et,  v.  rdfl.  Se  —de  qqn. 

1.  *GABET  [gà-bè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  radical  gab  qui  paraît  apparenté  à 
l'angl.  gable,  pignon,  §§  8  et  133.  D'après  th.  corn,  gabet 
au  sens  de  <<  girouette  »  n'est  usité  que  sur  la  Manche.  || 
1694.  TH.  CORN.  Admis  acad.  1762;  suppr.  en  1798.] 

Il  (Marine.)  |1  !<>  Girouette  placée  au  sommet  d'un  mât. 

Il  2°  Pinnule  d'un  instrument  à  prendre  les  hauteurs. 

2.  "GABET  [gà-bè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1795.  encygl.  méth.  Chas- 
ses.] 

Il  (Vénerie.)  Ver  parasite  qui  se  loge  dans  la  peau  du 
cerf,  du  daim,  du  chevreuil. 
*GABIE  [gà-bi]  5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  gabi,  anciennement  gabia, 
m.  s.  proprt,  »  cage  »,  §  11.  [Cf.  geôle.)  ||  xvie  s.  Trinquet 
de  gabie,  rab.  iv,  22.] 
Il  (Marine.)  Demi-hune  au  sommet  des  mâts  à  antennes. 
GABIER  [gà-byé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gabie,  d'après  le  provenç.  gabier,  m. 
s.  g§  11  et  115.  Il  1690.  FURET.  Admis  acad.  1835.] 
Il  (Marine.)  Matelot  qui  se  tient  dans  les  hunes. 
GABION  [gà-byon;  en  vers,  -bi-on]  s.  m. 
[ÉTYM.    Emprunté   de   l'ital.    gabbione,  m.   s.  proprt, 
«  grande  cage  »,  §  12.  ||  1543.  Gabions  pourestre  en  seureté, 
dans  MONTAiGLON,  Anc.  Poés.  franc,  iv,  62.] 

Il  (T.  milit.)  Grand  panier  cylindrique  rempli  de  terre 
qui  sert  à  protéger  les  soldats  et  les  travailleurs  dans  la 
tranchée.  ||  Fig.  M^'^  de  Lillebonne  mit  ce  —  devant  elle  de 
peur  de  se  brouiller  avec  Chamillart,  ST-sim.  vi,  420. 
GABIONNADE  [gà-byô-nàd' ;  en  De?-5,-bi-ô-...]  5.  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gabionner,  d'après  l'ital.  gabbionata,  m. 
s.  §§  12  et  120.  Il  xvie  s.  la  noue,  dans  godef.  Compl.  Ad- 
mis AC.\D.  1878.] 
Il  (T.  milit.)  Ouvrage  de  défense  formé  de  gabions. 
GABIONNER  [gà-byô-né  ;  en  vers,  -bi-è-...]  v.  tr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gabion,  §  154.  ||  xyi^  s.  Les  autres  ga- 
bionnaient  défenses,  rab.  iii,  prol.] 

Il  (T.  milit.)  Protéger  au  moyen  de  gabions.  ||  Fig.  De 
vertu  s'arme  et  gabionne,  ST-amant,  Épit.  à  Melay,  p.  458, 
Bibl.  elzév. 

*GABORD  [gà-bor]  s.  7n. 

[ÉTYM.  Parait  composé  Je  bord  et  d'un  premier  élé- 
ment d'origine  et  de  sens  incertains,  §  173.  ||  1538.  Quille 
et  gabortz  d'ioelle  galère,  dans  jal,  Gloss.  naut.] 

Il  (Marine.)  Partie  basse  du  bordage  extérieur  d'un 
navire,  au-dessus  de  la  quille.  {Cf.  ribord.) 
"GABURON  [gà-bu-ron]  j.  m. 
[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1642.  Gaburron,  OUD.] 
Il  (Marine.)  Jumelle  appliquée  à  un  mât  pour  le  fortifier. 
•GABURONNER  [gà-bu-rù-né]  v.  tr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gaburon,  §  154.  ||  1771.  trév.] 
Il  (Marine.)  Fortifier  à  l'aide  de  gaburons. 
'GÂCHAGE  [gâ-chàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gâcher,  §  78.  ||  1807.  oppenheim,  Art 
de  fair.  la  jjoterie,  p.  19.] 

Il  1"  (Technol.)  Action  de  gâcher  (le  plâtre). 
Il  2»  Fig.  Action  de  perdre  qqch  faute  de  soin,  d'ordre. 
—  de  l'ouvrage.  —  des  provisions. 

1.  GÂCHE  [gach']  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  |]  1294.  Dn  millier  de  crampon- 
chiaus  a  la  gaiche,  dans  godef.  Compl.] 

Il  (Technol.)  Pièce  de  fer  où  s'engage  le  pêne  d'une 
serrure  pour  fermer.  ||  Pièce  de  fer  qui  maintient  des 
tuyaux  de  descente. 

2.  *GÂCHE  [gach'J  S.  f. 


[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gâcher,  §  52.  H  1376.  Un  aviron 
nommé  gaiche,  dans  du  C.  gachum.] 

Il  (Technol.)  Outil  avec  lequel  le  maçon  gâche  le  plâ- 
tre, le  détrempe.  ||  P.  anal.  Spatule  de  pâtissier. 
GÂCHER  [gd-ché]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  german.  waskon  (allem.  moderne 
waschen),  laver,  détremper,  devenu  guaschier,  gaschier, 
§§  498  et  499,  gascber,  §  634,  gâcher,  §  422.  ||  xm«  s.  Qui 
s'ame  pert  por  tel  gaschié,  Guaschie  est,  De  monacho  pericl. 
622,  dans  beneeit.  Ducs  de  Norm.  t.  III.] 

Il  1»  Délayer  le  plâtre  avec  de  l'eau.  Spécialt.  —  du  plâ- 
tre. Absolt.  —  lâche,  en  pâte  un  peu  liquide.  —  serré,  en 
pâte  un  peu  consistante.  ||  P.  ext.  —  une  meule  de  paille, 
la  recouvrir  de  terre  délayée.  —  le  blé,  recouvrir  de 
terre  les  racines  de  la  plante. 

Il  2"  Fig.  Perdre  faute  de  soin,  d'ordre.  {Cf.  bousiller.) 
—  un  ouvrage,  une  attaire. 
*  CACHET  [gà-chè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xviiie  s.  buff.  Cachet.] 
Il  (Hist.  nat.)  Hirondelle  de  mer  à  tête  noire. 
GÂCHETTE  [ga-chêf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gâche  1,  §  133.  ||  xv»  s.  Dne  gaschette 
pour  la  serrure,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1798.] 

Il  (Technol.)  |1  1°  Pièce  de  fer  fixée  sous  la  queue  du 
pêne  d'une  serrure,  servant  à  le  maintenir  dans  la  posi- 
tion où  la  clef  l'a  placé. 

Il  2°  Pièce  de  l'intérieur  de  la  platine  d'un  fusil  d'an- 
cien modèle,  tenant  le  chien  bandé,  ou  au  repos. 
GÂCHEUR,  "GÂCHEUSE  [gâ-cheur,  -cheuz']  s.  m.  et  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gâcher,  §  112.  ||  1292.  Gascheeurs,  Rôle 
de  la  taille,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  (au  masc.)  1835.] 
Il  1°  S.  m.  Manœuvre  qui  gâche  le  plâtre.  ||  P.  ext.  Aide 
d'un  ouvrier  menuisier,  charpentier,  etc. 

Il  2°  Fig.  S.  m.  et  f.  Celui,  celle  qui  perd  qqch  faute 
de  soin,  d'ordre. 
GÂCHEUX,  EUSE  [gâ-cheû,  -cheuz']  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gâcher,  §  116.  ||  xvi^  s.  Temps  gacheux, 
LiÉBAULT,   Mais.  rust.  p.  479,  édit.  1597.] 

Il  Vieilli.  Détrempé  d'eau.  La  route  est  gâcheuse. 

GÂCHIS  [gâ-ehi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  gâcheïs,  dérivé  de  gâcher,   §  82.  ||   1611. 

GOTGR.] 

Il  Mortier  fait  de  plâtre,  de  chaux,  de  ciment  et  de  sa- 
ble, détrempé  avec  de  l'eau.  ||  P.  anal.  Boue  détrempée. 
Il  Fig.  Famil.  Désordre  dans  les  affaires.  Être  dans  le  — . 

*  GÂCHOIR  [gâ-chwàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gâcher,  §  113.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Technol.)  Caisse  dans  laquelle  on  mélange  les  ma- 
tériaux de  la  pâte  pour  poterie. 

GADE  [gàd']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yd^oi; ,  morue.  ||  1788.  en- 
cygl. MÉTH.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Hist.  nat.)  Genre  de  poissons  (morue,  merlan,  etc.). 

GADOUARD  [gà-dwàr  ;  en  vers,  -dou-àr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gadoue,  §  147.  ||  xvi^  s.  Marmiton  de  la 
gadouarde,  gholières,  Après-disnées ,  p.  380.] 

Il   Vieilli.  Vidangeur. 

GADOUE  [gà-dou]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi°  s.  La  gadoue  d'Egypte, 
RiVAUDEAU,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Engrais  formé  de  matières  fécales  et  d'immondices. 
Il  Fig.  Trivial.  Prostituée  de  bas  étage, 

GAFFE  [gaf  ]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  {Cf.  le  provenç.  gaf,  on.  s.)  \\ 
1455.  Dn  baston  nommé  gaffe  ayant  un  crocq  de  fer  au  bout, 
dans  DU  g.  gafare.  Admis  acad.  1762.] 

I.  Perche  à  pointe  de  fer  garnie  d'un  crochet  latéral 
pour  pousser  une  barque,  tirer  qqch  à  bord,  sonder,  etc 
Il  Croc  pour  tirer  à  terre  les  gros  poissons. 

II.  Fig.  Trivial.  Maladresse.  Faire  une  — . 
GAFFER  [gà-fé]  v.  tr.  eiintr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gaffe,  §  154.  ||  1694.  th.  corn,  gaffe. 

Admis  acad.  1762.]  L 

I.  V.  tr.  (Technol.)  Pousser,  tirer  avec  une  gaffe.  I 

II.  Fig.  Trivial.  V.  m^r.  Commettre  une  maladresse.    '' 
GAGE  [gàj']  s.  m. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  german.  *wadjo(gotii.  wadi),  77i.s. 

{cf.  allem.  mod.  wette,  gageure),  devenu  guage,  gage, 
§§  498  et  499.  1|  xi^  s.  Il  durra  wage  e  truvera  plege,  Lois  de 
Guill.  le  Conq.  6.] 


GAGE-MORT 


—  H39 


GAGNER 


I.  Il  1°  OLjel  déposé  pour  garantir  le  paiement  d'une 
somme  due.  Prêter,  emprunter  sur  — .  Mettre  qqch  en  — . 
One  chose  laissée  en  — .  —  vif,  — mort  (dit  aussi  mort — ), 
qui  vient,  ou  ne  vient  pas  en  déduction  de  la  dette.  P. 
plaisant.  Demeurer  pour  — ,  pour  les  gages,  ôtre  pris  pen- 
dant que  les  autres  s'échappent.  Pour  —  il  y  laissa  sa  queue 
(sa  queue  resta  sur  le  champ  de  bataille),  la  f.  Fab.  v,  5. 
Il  Fiy.  I  1.  Garantie.  La  première  victoire  fut  le  —  de  beau- 
coup d'autres,  uoss.  Cond('.  Vous  en  aviez  déjà  sa  parole  pour 
— ,  COiiN.  Ilor.  Y,  2.  De  votre  obéissance  elle  ne  veut  qu'un 
— ,  RAC.  Ath.  III,  4.  Donner  des  gages  à  un  parti,  faire  qqch 
de  décisif  qui  garantit  qu'on  y  adhère.  |  2.  Témoignage. 
Ce  fils,  que  de  sa  flamme  il  me  laissa  pour  — ,  RAG.  Andr.  m, 
•8.  Épée  que  Laërte  lui  avait  donnée  comme  —  de  sa  tendresse, 
FÉN.  Tri.  16. 

Il  2"  Dans  les  jeux  de  société,  objet  que  dépose  le 
joueur  qui  a  fait  une  faute,  et  qu'il  ne  peut  retirer  qu'en 
faisant  une  pénitence.  Jouer  au  —  touché. 

Il  3"  Enjeu  cb'posé  dans  une  contestation  par  les  deux 
parties,  en  convenant  que  les  enjeux  appartiendront  à 
•celui  qui  aura  raison. 

Il  4»  Anciennt.  —  de  bataille,  de  combat,  signe  de  défi, 
gant  que  jetait  celui  qui  portait  le  défi. 

II.  Prix  convenu  dont  on  paie  un  serviteur,  par  an, 
par  mois,  etc.  Ne  me  paierait-il  pas  mes  gages  de  cinq  ans? 
KEGNARD,  Joueuv,  III,  7.  Je  le  rabattrai  sur  vos  gages,  mol. 
Av.  III,  1.  Être  aux  gages  de  qqn.  Avoir,  tenir  qqn  à  ses  gages. 
Un  faquin  orgueilleux  qui  vous  tient  à  ses  gages,  boil.  Sat.  1. 
On  homme  à  gages,  qui  est  payé  pour  faire  ce  qu'il  fait.  Rare 
au  sinçi.  Notre  souffleur  à  — ,  la  f.  Fab.  vi,  3.  Casser  aux 
gages  (un  serviteur,  un  employé),  lui  retirer  brusquement 
son  emploi. 

GAGE-MORT  [gàj'-môr;  en  vers,  gà-je-...].  V.  gage. 
GAGER  [gà-jéj  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gage,  §  154.  ||  xiic-xiiie  s.  Par  mon  clef, 
•dist  Aiols,  ains  est  molt  bien  gagié,  Aiol,  8073.] 

I.  Vieilli.  (Droit.)  Saisir  (des  meubles)  comme  gage 
4'une  dette.  [Cf.  gagerie.) 

II.  Dans  une  contestation  avec  qqn,  déposer  (qqch) 
comme  gage.  [Syn.  parier.)  Vous  auriez  encore  raison  de  — 
un  pour  avoir  deux,  pasc.  Feus,  x,  1.  Je  gage  cent  pistoles  que 
c'est  toi,  MOL.  Impr.  se.  3.  Absolt.  Parier.  Gageons,  dit 
celle-ci,  que  vous  n'atteindrez  point  Sitôt  que  moi  ce  but,  la 
F.  Fab.  VI,  10.  Ellipt.  Gage  (je  gage)  qu'il  se  dédit,  mol. 
■Et.  III,  3.  Et  moi  je  gage  qu'il  ne  sauxciit  être  approuvé,  ID. 
Av.  I,  4. 

Illt  Payer  (un  serviteur)  par  an,  par  mois,  etc.,  d'un 
prix  convenu.  Je  suis  auprès  de  lui  gagé  pour  serviteur,  mùl. 
Et.  I,  7.  Il  P.  anal.  Payer  pour  qq  fonction,  qq  service. 
(La  royauté)  Enrichit  le  marchand,  gage  le  magistrat,  la  f. 
Fab.  m,  2.  P.  ext.  Nos  Phrynés  dont  ils  gagent  les  vices, 
GILBERT,  Dix-huitiùme  Siècle. 

GAGERIE  [gàj'-ri;  en  i;ers,  gà-je-ri]  .y.  /". 

[ÉTiT»!.  Dérivé  de  gager,  §  69.  ||  xm*  s.  Guagerie,  Ass.  de 
Jérus.  I,  550.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Droit.)  Acte  par  lequelle  créancier  s'assure  un  gage. 
Spëcialt.  Saisie — ,  saisie  d'objets  mobiliers,  sans  trans- 
port, pour  assurer  un  gage  au  créancier. 

GAGEUR,  EUSE  [gà-je'ur,  -jeuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gager,  §  112.||  xiu^s.  Deswageurs,  Bans 
d  Ilénia,  dans  godef.  gageor.] 

Il  Celui,  celle  qui  fait  une  gageure. 

GAGEURE  [gà-jar]5.  /". 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gager,  §  111.  ||  xiii"  s.  La  gagure  ount 
il  affermée,  montaiglon  et  ilay-nauu,  Rec.  de  fabliaux,  ii, 
195.] 

Il  Convention  entre  parties  contestantes  de  déposer  un 
enjeu  devant  revenir  à  celle  qui  aura  raison.  Juge-nous  im 
peu  sur  une  —  que  nous  avons  faite,  mol.  Impr.  se.  4.  Faire, 
soutenir,  accepter  une  — .  Loc.  prov.  Gager  sa  tête  à  couper 
est  la  —  d'un  fou.  Ce  n'est  point  la  coutume  d'en  venir  aux  ga- 
geures que  lorsque  les  preuves  nous  manquent,  DESC.  Rcp, 
aux  fi'*  ùbject.  5.  Payer  une  — .  P.  h;/perb.  En  parlant  d'un 
acte  étrange  qui  semble  ne  pouvoir  s'expliquer  que  par 
une  gageure  faite  d'agir  ainsi.  Cela  ressemble  à  une  —,  c'est 
une  — . 

GAGISTE  [gà-jïsf]  S.  7n. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gage,  §  265.  ||  1680.  riciiel.  Admis 
ACAD.  1718.] 

1.  Celui  qui  est  gagé.  —  de  théâtre.  Spccialt.  Musicien 


non  lié  par  le  service  militaire,  engagé  et  payé  dans  une 
musique  de  régiment. 

II.  (Droit.)  Celui  qui  délient  qqch  à  titre  de  gage. 

GAGNAGE  [gd-nâj']  s.  m. 

[i:tym.  Dérivé  de  gagner,  §  78.  ||  xii^  s.  Mult  resunt  boen 
11  gaagnage,  beneeit,  Ducs  de  A'orm.  6532.  Admis  acad. 
1718.] 

Il  (Agricull.)  Pâturage  pour  les  bestiaux.  ||  P.  ext. 
(Chasse.)  Nourriture  que  vont  prendre  hors  du  bois, 
dans  les  champs  voisins,  certains  animaux,  comme  fai- 
sans, lièvres,  etc.  (Syn.  viandis.) 

GAGNANT,  'GAGNANTE  [gâ-iî an, -nânl']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  gagner,  §  47.  ||  xm^  s.  Anfanz... 
sages  et  bien  gueadgnanz,  Établissem.  de  St  Louis,  i,  143, 
VioUel.  Admis  acad.  1718.] 

Il  Qui  gagne  (au  jeu,  dans  une  loterie,  une  course).  La 
carte  gagnante.  Le  billet,  le  numéro  — .  La  personne  gagnante, 
et,  substantivt,  Le  —,  la  gagnante,  celui,  celle  qui  gagne. 

'GAGNE  [gâii']  5.  f 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gaper,  §  52.  [Cf.  gain.)  ||  xii^  s. 
Ge  ne  vif  pas  de  tel  guaalgne,  Ene'as,  7122.] 

Il  Dialect.  Action  de  gagner.  Acheter  qqch  à  la  — ,  en 
s'acquitlant  à  mesure  qu'on  gagnera. 

GAGNE-DENIER [gâù'-de-nyé  ;  en  fer.y,gâ-rie-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gagne  (du  verbe  gagner)  et  denier, 
§  209.  Il  1522.  Des  crocheteurs  gaignedeniers  de  Paris,  MC. 
vERSORis,  Journal,  dans  delb.  Rec] 

Il  Vieilli.  Homme  de  peine. 

GAGNE-PAIN  [gdù'-pin  ;  en  vers,  gâ-ûe-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gagne  (du  verbe  gagner)  et  pain, 
§  209.  Le  mot  désignait  en  anc.  franc,  une  sorte  de  gan- 
telet. Il  xiiie  s.  Brasuès,  wagnepans,  escoUeres,  J.  bretel, 
Tourn.  de  Chauvency,  3804.] 

Il  Ce  qui  sert  à  gagner  sa  vie,  instrument  de  travail.  On 
bûcheron  perdit  son  — ,  C'est  sa  cognée,  la  f.  Fab.  v,  1. 

GAGNE-PETIT  [gâù-pe-ti;  en  vers,  gd-fie-...]   .<?.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gagne  (du  verbe  gagner)  et  petit,  au 
sens  de  «  peu  »,  §209.  ||  1597.  Édit,  dans  httré.] 

Il  Rémouleur  qui  va  par  les  rues  pour  aiguiser  les 
couteaux,  les  ciseaux,  etc. 

GAGNER  [gd-ûé]  i".  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  waidanjan,  forme 
allongée  de  weidon  (allem.  moderne  weiden),  pailre,  lati- 
nisé sous  la  forme  vuadaniare,  d'où  le  franc,  guadagnier, 
guaagnier,  gaagnier,  §g  498  et  499,  gagnier,  gagner,  §g  358  et 
634.  Il  xii^s.  Etnefuonkescibitee,Guaaignieenelaboree,£'7iea,;, 
6575.] 

I.  Ane.  franc.  V.  intr.  \\  1"  Paître.  (Cf.  gagnage.)  (S'em- 
ploie encore  en  vénerie.)  Les  bêtes  sortent  la  nuit  du  bois 
pour  aller  —  dans  les  champs. 

Il  2°  P.  ext.  Faire  du  butin.  Ils  ne  surent  où  plus  avant 
aller  pour  — ,  froiss.  Chron.  il,  158. 

II.  P.  ext.  V.  tr.  Il  1°  Conquérir  (un  territoire,  une 
ville).  Avoir  ville  gagnée.  Fig.  Croyant  ville  gagnée  (se  croyant 
maîtres  de  la  position),  la  f.  Contes,  Rémois. 

Il  2°  P.  ext.  Occuper  (un  lieu).  Ils  gagnent  leurs  vaisseaux, 
CORN.  Cid,  IV,  3.  J'ai  gagné  doucement  la  porte  sans  rien  dire, 
BOIL.  Sat.  3.  P.  anal.  Le  feu  a  gagné  la  maison  voisine.  Le 
froid  gagne  les  extrémités.  —  le  large.  —  les  champs,  le  taillis, 
la  guérite  [vieilli),  atteindre  un  lieu  de  sûreté.  J'en  serai 
moins  léger  à  —  le  taillis,  mol.  Dép.  am.  v,  1.  Vans  le  même 
sens.  —  le  haut,  —  au  haut.  Le  galant...  gagne  au  haut,  L.\  F. 
Fab.  II,  15.  Absolt.  —  au  pied  (avec  le  piedi.  prendre  de 
l'espace,  partir  rapidement.  ||  Fig.  La  nuit  nous  gagne.  Le 
sommeil  me  gagne.  L'inquiétude  le  gagne. 

III.  P.  ext.  V.  tr.  Il  1'^  .\cquérir  (un  profit).  Ce  que  gagne 
un  ouvrier,  son  salaire.  Ce  que  gagne  un  marchand,  son  béné- 
fice. Que  gagnei-vous  par  an?  la  v. Fab.  \iii,  2.  —  gros  ^faire 
de  gros  bénéfices),  lu.  ibid.  vu,  15.  On  hasarde  de  perdre 
envoûtant  trop  — ,  ID.  ibid.  vu.  4.  Je  n'y  gagne  pas,  je  n'v 
ai  pas  do  bénéfice.  Il  a  bien  gagné  son  argent,  il  a  bien  mérité 
son  salaire.  P.  anal.  Dn  cheval  qui  a  bien  gagné  son  avoine. 
Ironiql.  Il  l'a  bien  gagné  (en  parlant  de  qqch  de  fâcheux), 
il  a  ce  qu'il  mérite.  —  de  quoi  vivre.  —  sa  vie,  son  pain.  — 
de  l'argent  au  jeu.  Je  mets  sur  moi  tout  l'argent  que  je  gagne, 
MOL.  Av.  I,  4.  —  l'enjeu  de  la  partie,  et,  cllipl,  —  la  parUe. 
—  les  cartes,  faire  plus  de  levées  que  son  adversaire. 
Absolt.  Celui  qui  a  gagné,  le  gagnant.  Jouera  qui  perd  gagne, 
au  rebours  de  la  partie  ordinaire,  la  convention  étant  que 
l'enjeu  appartient  au  perdant.  Donner  partie  gagnée,  et,  el- 


GAGNEUR  -  1140 

lipt,  Donner  gagné,  reconnaître  qu'on  a  perdu  avant  la  fin 
de  la  partie.  P.  ext.  —  qqn  au  jeu.  |  —  l'enjeu  d'un  pari,  et, 
ellipt,  — un  pari,  une  gageure.  — unlot  àlaloterie,  et,ai?/so//, 

—  à  la  loterie.  Celui  qui  a  gagné,  et,  p.  ext.  Le  billet  qui  a  gagné. 
Il  2°  Conquérir  (un  succès).  Un  lils...  Qui  fait  triompher 

Rome  et  lui  gagne  un  empire,  corn.  Hor.  iv,  2.  Alors  l'Espa- 
gne perdit  ce  que  nous  gagnions,  BOSS.  Marie-Thérèse.  Tra- 
vailler à  —  le  ciel,  l'éternité  bienheureuse.  —  des  indulgences 
(en  remplissant  les  conditions  imposées).  |  En  parlant 
d'une  femme,  dont  la  main  doit  être  le  pri.x  de  quelque  ac- 
tion. Rodrigue  t'a  gagnée,  et  tu  dois  être  à  lui,  coRN.  Cid,\, 
7.  I  —  une  victoire.  La  victoire  était  périlleuse  et  souvent  mor- 
telle à  ceux  qui  la  gagnaient  contre  les  ordres,  BOSS.  Hist.  iiniv. 
m,  6.  —  une  bataille,  remporter  la  victoire.  S'ils  gagnent  des 
batailles,  corn.  Tois.  d'or,  prol.  ]  —  un  procès,  une  cause, 
obtenir  un  jugement  favorable,  j  —  le  prix  dans  une  lutte, 
une  joute,  une  course.  Le  coureur,  le  cheval  qui  a  gagné  le  prix. 
Absolt.  —  d'une  longueur,  avec  une  avance  égale  à  la  lon- 
gueur du  cheval.  F.  ext.  —  qqn  de  vitesse,  le  devancer, 
et,  /?(/.  le  prévenir,  j  —  barre  sur  qqn,  au  jeu  de  barres, 
avoir  prise  sur  un  coureur  de  l'autre  camp,  et,  fig.  prendre 
avantage  sur  qqn.  —  le  dessus  du  vent,  en  parlant  d'un  na- 
vire, se  placer  le  plus  près  du  côté  d'où'vient  le  vent.  Fig. 

—  le  dessus,  l'emporter.  Ces  raisons,  qui  flattent  nos  sens, 
gagneront  adsément  le  dessus,  boss.  Yol.  de  Monterby .  Dans 
le  même  sens.  Vieilli.  Le  —  sur  qqn,  contre  qqn.  Ne  pouvant  le 

—  contre  toi,  cORN.  Clit.  v,  3,  var.  |  —  les  devants.  —  du  ter- 
rain, du  pays,  et,  vieilli,  —  pays,  prendre  de  l'avance.  —  du 
terrain,  avancer,  s'étendre.  L'incendie  gagne  du  terrain,  et, 
e/Zij:^^,  L'incendie  gagne.  Les  sociniens  gagnent  sensiblement  du 
pays  parmi  vous,  BOSS.  t'^'' Aver t.  auxprotest.il.  \  Un  cheval 
qui  gagne  à  la  main,  qui  reprend  sur  les  rênes.  |  Absolt. 
Fig.  Être  en  progrès.  Son  style  a  gagné  en  précision,  en  élé- 
gance. Ce  vin  gagne  en  vieillissant. 

Il  3"^  Obtenir  (un  avantage).  —  du  temps,  obtenir,  se 
ménager  un  délai  dont  on  a  besoin.  ||  —  l'estime,  la  con- 
fiance, le  suffrage  de  qqn.  Songeons  plutôt  à  —  sa  tendresse. 


GAILLARDISE 


personne  un  peu  gaie,  que  le  vin  a  mise  en  belle  humeur. 
Un  cheval  —,  qui  gambade  un  peu.  ||  P.  ext.  Où  règne  la 
gaieté.  Le  repas  fut  — .  L'entretien  libre  et  —  de  la  dame,  l.\ 
F.  Contes,  Rémois.  Un  —  refrain.  ||  Qui  a  un  aspect  riant, 
inspire  la  gaieté.  Un  appartement  — .  Des  couleurs  gaies.  Avoir 
le  vin  — ,  être  de  belle  humeur  quand  on  a  bu.  ||  (Hist. 
littér.)  Le  —  savoir,  la  gaie  science  (par  opposition  à  la  théo- 
logie, à  la  philosophie,  etc.),  la  poésie  des  troubadours. 
Il  Pris  comme  interjection.  — !  (que  l'on  soit  gai!)  AUons, 
—  !Vousa-t-on  donné  votre  congé  ?  regnard,  Joueur,  m,  2. 

Il  2°  (Technol.)  Qui  joue,  est  à  l'aise  dans  la  place  où 
il  est  ajusté.  Resserrer  un  boulon  trop  — .  P.  ext.  \\  (Pêche.) 
Hareng  — ,  qui  a  rendu  ses  œufs  ou  sa  laitance.  ||  Subs- 
lantivt.  Le  grand  — ,  la  pucelotte,  petit  poisson  (qui  fré- 
tille dans  l'eau). 

GAÏAC  ou  GAYAC  [gà-yâk']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  des  langues  indigènes  de  l'Améri- 
que centrale,  §  30.  ||  1532.  rab.  Pantagr.  -prognostic.  Ad- 
mis ACAD.  1762.] 

Il  (Botan.)  Arbre  exotique  à  bois  dur  et  résineux.  Dn 
Jeu  de  boules  en  bois  de  — .  —  officinal.  Une  décoction  de  bois  de 
— .  —  du  commerce,  dit  bois  saint,  bois  de  vie. 

'GAÏACOL  ou  "GAYACOL  [gà-yà-kôl]  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaïac,  §  282  bis.  \\  Néolog.] 

Il  (Chimie.)  Éther  extrait  de  la  résine  de  gaïac. 

GAIEMENT  ou  GAÎMENT  [ghé-man]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  gaie  et  ment,  §  724.  ||  xiv<=  s.  Et 
d'autres  paremens  si  gaiement  pareis,  Brun  de  la  Monta- 
gne, 2374.] 

Il  D'une  manière  gaie.  Vivre  — .  Un  mort  s'en  allait  tris- 
tement S'empEirer  de  son  dernier  gîte  ;  Un  curé  s'en  allait  — 
Enterrer  ce  mort  au  plus  vite,  la  f.  Fab.  vu,  11. 

GAIETÉ  ou  GAÎTÉ  [ghé-té]  S.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gai,  §  122.  ||  xn«  s.  Jelz  vers  et  pleins  de 
gaieté,  ben.  de  ste-more,  Troie,  5377.] 

Il  Humeur  riante.  Les  hommes  mêmes  n'ont  pas  en  Perse 
la  —  qu'ont  les  Français,  montesq.  Lett.  pers.  34.  Ta  muse 


R.\c.  Mithr.  IV,  5.  —  le  cœur,  l'àme  de  qqn,  et,  ellipt,  —  Me  rend  la  sœur  de  la  santé,  La  — ,  musset,  Stances  à  No- 
dier. Il  Famil.  Être  en  — ,  être  mis  en  belle  humeur  par 
le  vin.  Il  Un  cheval  qui  a  de  la  — ,  qui  gambade.  P.  hyperb. 
Loc.  adv.  De  —  de  cœur,  de  bonne  volonté,  sans  y  être 
obligé.  C'est  une  licence  que  prennent  Messieurs  les  poètes, 
démentir  de  —  de  cœur,  mol.  Escarb.  se.  1.  ||  P.  ext.  \  1. 
Une  — ,  un  acte  de  gaieté.  Ce  sont  des  jeux  de  mains  et  des- 
gaietés Incroyables,  sÉv.  520.  [  2.  Spécialt.  Petite  composi- 
tion littéraire  amusante. 

GAILLARD,  AUDE  [gà-yâr,  -yàrd']  adj. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  peut-être  dérivé  du  même 
radical  que  galant,  §  147.  ||  xi^  s.  Cors  ad  gaillart,  Roland, 
2895.] 

I.  Vieilli.  Solidement  établi.  Château  — ,  château  fort. 
Il  Spécialt.  (Marine.)  Château  — ,  et,  ellipt,  — ,  château 
qu'on  élevait  à  l'avant  et  à  l'arrière  des  grands  vaisseaux. 
De  nos  jours.  Parties  extrêmes  du  pont  supérieur  d'un  na- 
vire, en  arrière  du  mât  d'artimon  ( —  d'arrière),  en  avant 
et  un  peu  en  arrière  du  mât  de  misaine  ( —  d'avant).  Bat- 
terie de  — ,  la  batterie  d'artillerie  du  pont  supérieur.  || 
Substantivt,  au  fém.  Gaillarde.  Caractère  d'imprimerie 
dont  la  force  est  de  huit  points,  intermédiaire  entre  le  petit 
texte  et  le  petit  romain. 

II.  "Vif  et  réjoui.  Le  —  savetier,  la  f.  Fab.  viii,  2.  Frais, 

—  et  dispos,  MOL.  Amph.  ii,  1.  Une  personne  gaillarde,  et, 
substantivt.  Un  — ,  une  gaillarde.  Elle  a  l'esprit  — ,  corn. 
Suite  du  Ment,  i,  3.  D'une  assez  vigoureuse  et  gaillarde  ma- 
nière, MOL.  Mis.  m,  1.  Le  carnaval  ne  prend  pas  le  train  d'être 
bien  — ,  sÉv.  1114.  ||  P.  ext.  Voici  de  nouveau  quelque  conte 

—  (d'une  gaieté  un  peu  libre),  mol.  Éc.  des  f.  i,  4.  ||  Subs- 
tantivt, au  fém.  Gaillarde.  Ancienne  danse  française,  à 
trois  temps,  d'un  mouvement  animé,  composé  d'un  as- 
semblé, d'un  pas  marché  et  d'un  pas  tombé.  Or  y  avait-il  là 
des  violons;  Achon  demanda  une  — ,  d'aub.  Sa  Vie,  ann.  1562. 
Il  Air  sur  lequel  on  dansait  cette  danse. 

GAILLARDEMENT  [gà-yàr-de-man]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  gaillarde  et  ment,  §  724.  ||  xi*'  s.  Gail- 
lardement tuz  les  unt  encensez,  Roland,  2959.] 

Il  D'une  manière  gaillarde.  Je  travaille  —  à  l'«  Extrême- 
Onction  »,  poussin,  Lett.  avril  1644. 

GAILLARDISE  [gà-yàr-dîz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaillard,  §  124.  ||  xvi"  s.  Il  le  fera  pa- 
roistre  avec  quelque  gaillardise,  la  noue,  Disc,  polit.  5.] 


qqn.  Dois-je  irriter  les  cœurs  au  lieu  de  les  —  ?  rac.  Baj . 
1.  Son  maintien  honnête  et  sa  douceur  m'ont  gagné  l'âme,  mol. 
Av.  I,  4.  Commençons,  je  vous  prie,  par  —  votre  mère,  id. 
ibid.  IV,  1.  Tous  les  soldats  sont  gagnés  par  ses  largesses, 
FÉN.  Tél.  13.  Les  uns...  se  laissaient  —  par  des  spectacles  et 
des  jeux,  boss.  Hist.  univ.  ii,  26.  Les  geôliers  avaient  été  ga- 
gnés. —  qqn  à  sa  cause.  Ceux  qui  le  voient  sont  gagnés  au  peuple 
romain,  uoss.  Hist.  univ.  i,  8.  —  qqch  sur  qqn,  sur  l'esprit  de 
qqn,  avec  qqn,  auprès  de  qqn,  réussir  à  obtenir  de  lui  qqch.  Il 
ne  gagnera  rien  sur  ce  juge  irrité,  boil.  Sat.  9.  J'ai  gagné  sur 
lui  qu'il  ne  me  verra  plus,  cORN.  Poly.  ii,  4.  Quand  on  a  pu 
—  sur  soi  de  n'y  plus  penser,  pasg.  Prov.  4.  |  —  à  qqch,  y 
trouver  un  avantage.  Il  n'y  a  rien  à  —  à  cela.  Avec  un  infi- 
nitif pour  complément.  Il  gagne  à  être  connu,  n  y  a  des  gens 
qui  gagnent  à  être  extraordinaires,  la  br.  il.  Ce  tableau  ga- 
gne à  être  vu  de  loin.  Absolt.  —  près  de  qqn,  être  mieux 
apprécié  de  lui.  Bertrand  gagnerait  près  de  certains  esprits, 
LA  F.  Fab.  XII,  3.  Il  Ironiqt.  En  parlant  de  ce  qui  est  le 
contraire  d'un  avantage,  n  n'y  a  que  des  coups  à  — .  n  y 
a  gagné  une  bonne  fluxion  de  poitrine.  Il  a  gagné  ce  rhume  à  la 
chasse.  Il  a  gagné  cette  maladie  en  soignant  son  frère.  Une  ma- 
ladie qui  se  gagne,  contagieuse. 

GAGNEUR,  "GAGNEUSE  [gâ-ueur,  -neuz'].î.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gagner,  §  112.  ||  xiie  s.  Li  marchant 
gaaigneor,  beneeit.  Ducs  de  Norm.  3075.  Admis  acad. 
1878.] 

Il  Celui,  celle  qui  gagne,  qui  fait  un  profit.  Les  cris  des 
gagneurs  d'argent,  j.-j.  rouss.  Lett.  à  Silhouette,  2  déc. 
1759.  Il  P.  anal.  —  de  batailles,  volt.  Lett.  à  d'Argenson, 
25  juin  1745. 

•GAGUI[gà-ghi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1642.  Une  grosse  gagui,  oud. 
Admis  ACAD.  1694  ;  suppr.  en  1878.] 

Il  Pop.  Fille  réjouie.  Une  grosse  — .  Une  bonne  grosse  ga- 
guie  (sic),  gherardi,  Th.  ital.  i,  570. 

GAI,  GAIE  [ghé]  adj. 

[éty-m.  Origine  incertaine  ;  le  rapprochement  avec  l'anc. 
haut  allem.  gahi,  «  prompt  »,  soulève  des  difficultés  pho- 
nétiques. Il  xii^  s.  Donc  jan'arez  a  nul  jor  le  cuer  gai,  Raoul 
de  Cambrai,  5038.] 

Il  1°  Qui  est  d'humeur  riante.  Triste  ou  —,  je  veux  faire 
des  vers,  boil.  Sat.  7.   —  comme  un  pinson.  ||  Famil.  Une 


GAILLET 


—  1141 


GALANTERIE 


Il  Manière  d'être,  propos,  écrit  d'une  gaieté  un  peu  li- 
bre. Ce  n'est  pas  que  les  gens  d'esprit  ne  puissent  faire...  quel- 
ques gaillardises,  furet.  Rom.  iourrj.  i,  128. 

GAILLET  [gà-yè]  S.  rji. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lai.  galium,  grec  yï Atov,  7n.  s.  §§  13.3  et 
462.  On  s'est  longtemps  servi  de  la  forme  lat.  galium.  ||  1786. 

ENCYCL.  MÉTH.] 

Il  (Botan.)  Plante  de  la  famille  des  Rubiacées,  dite  caille- 
lait,  dont  les  finiilles  passent  pour  faire  cailler  le  lait. 

"GAILLETERIE  [gà-yet'-ri  ;  rn  ?•<?/•.?,  -yc-te-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaillette,  §  69.  j|  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Houille  en  gaillettes. 

"GAILLETEUX,  EUSE  [gày'-teii,  -teiiz'  ;  en  vers,  gà- 
ye-...]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaillette,  §§  65  et  116.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Qui  contient  de  la  gaillette.  Charbons  — . 

'GAILLETTE  [gà-yef]  s.  f. 

[ÉTYM.  Mol  dialectal  (Nord),  d'origine  inconnue,  §  16. 
On  trouve  aussi  galiette.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Morceau  de  houille  de  taille  moyenne. 

GAÎMENT.   V.  gaiement. 

GAIN  [gliin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  gaain,  suhsl.  verbal  de  gagner,  §  52.  {Cf. 
gagne.)  Distinct  de  l'anc.  franc,  gain,  conservé  dans  regain. 
(  V.  ce  mot.)  Il  xu"  s.  Ou  del  gain  (corr.  gaain)  ou  de  la  perte, 

ET.  DE  FOUGÈRES,  danS  DELU.  Rcc] 

Il  1"  Action  de  gagner.  Ne  devoir  qu'à  soi  le  —  d'une  ba- 
taille, CORN.  Cid,  I,  3.  Le  —  d'un  procès.  Avoir  —  de  cause. 
Le  —  d'un  pari. 

Il  2"  Ce  qu'on  gagne.  Emporter  son  — .  Et  sans  cela  nos 
gains  seraient  assez  honnêtes,  la  f.  Fah.  vrii,  2.  L'espérance 
du  —  n'est  pas  ce  qui  me  flatte,  mol.  El.  i,  8.  ||  (Droit.)  —  de 
survie,  avantage  stipulé  pour  le  survivant  des  deux  époux. 

GAINE  [ghén'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  vagïna,  m.  s.  devenu  de  bonne  heure 
•guaïna,  d'où  le  franc,  guaïne,  gaine,  §§  443,  394  et  291, 
gaine,  §  358.  acad.  1798-1835  écrit  gaine.] 

Il  1"  Étui  de  la  lame  d'un  instrument  tranchant  ou  aigu. 
Des  ciseaux  dans  leur  — .  ||  P.  anal.  (Marine.)  — d'une  voile, 
ourlet  autour  du  bord  d'une  voile,  pour  la  rendre  plus 
forte.  —  de  flamme,  coulisse  où  passe  le  bâton  de  la  flamme. 

Il  2»  (Architect.)  Support  d'un  buste,  dont  celui-ci 
semble  sortir. 

Il  3°  (Anat.)l  1.  Enveloppe  détendons,  démuselés,  etc. 
I  2.  (Entomol.)  Tube  qui  renferme  l'appareil  suceur  de 
certains  insectes.  |  3.  (Botan.)  Expansion  du  pétiole  qui 
embrasse  la  tige. 

'GAINERIE  [ghèn'-ri  ;  en  vers,  ghè-ne-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gainler,  §§  65  et  68.  ||  1412.  Gaynerie, 
dans  DU  c.  gaynerius.] 

Il  Industrie,  commerce  du  gainier. 

GAINIER,  'GAINIÈRE  [ghè-nyé,  -nyèr]  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaine,  §  115.  ||  xiii«  s.  Gainlers,  tabletlers, 
broudeurs,  Queue  de  Renart,  dans  jubinal,  Nouv.  Rec.  de 
fabliaux,  ii,  92.] 

I.  S.  m.  et  f.  Celui,  celle  qui  fabrique,  qui  vend  des 
gaines,  des  étuis,  des  écrins,  etc. 

II.  Il  1°  S.  m.  Arbre  de  la  famille  des  Légumineuses, 
dit  arbre  de  Judée,  dont  la  gousse  rappelle  une  gaine. 

Il  2"  -S.  f.  Gainière.  Variété  d'abeille,  dite  faiseuse  d'étuis. 

GAÎTÉ.  V.  gaieté. 

GALA  [gà-là]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gala,  m.  5.  §  12.  Sur  le  genre, 
V.  §  551.  L'ital.  gala  correspond  à  l'anc.  franc,  gale,  ré- 
jouissance; le  même  radical  se  retrouve  dans  galant.  (K. 
ce  mot.)  Il  Admis  acad.  1762.] 

II  Apparat  d'une  fùte.  Habits  de  — .  Voiture  de  — .  Repré- 
sentation de  — .  Diner  en  grand  — .  n  y  a  —  à  la  cour. 

•GALACTITE  [gà-lâk'-lif]  .?.  f. 

[ÉTYM.  l']mprunlé  du  lat.  galactitis,  grec  ya^axTlxiç,  nom 
donné  à  une  pierre  précieuse,  de  yxXa,  lait.  ||  xiv^  s.  Galac- 
tide,  J.  couuicnoN,  dans  delb.  Rec.  \  xvi«  s.  Galactite,  du 
piNET,  ihid.  Admis  ACAD.  1762;  suppr.  en  1798.] 

I.  (Minéral.)  Argile  qui,  délayée  dans  l'eau,  lui  donne 
l'apparence  du  lait  et  sert  au  dégraissage  des  laines. 

il.  (Botan.)  Plante  cotonneuse  dite  chardon  laiteux. 

GALACTOMÈTRE  [gà-lak'-l6-mètr']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  "{i^oL,  -axTOî,  lait,  et  [lÉtpov, 
mesure,  §  279.  ||  1796.  e.ncycl.  méth.  Agricult.  Admis 
ACAD.  1878.] 


Il  (T.  scientif.)  Pèse-lait. 

GALAMMENT  [f^à-là-man]  adv. 

fÉTY.M.  Pour  galantment,  composé  de  galant  et  ment, 
§  724.  On  trouve  souvent  galantement  au  xvio  s.  et  encore 
dans  RÉGNIER,  Sat.  11  :  Galantement  payé  d'une  cassade.  || 
1611.  Galemment,  cotgr.] 

Il  D'une  manière  galante. 

il  1°  Avec  bonne  grâce.  Quand  les  vers  sont  tournés  —, 
MOL.  F.  sav.  III,  2.  Il  Fig.  De  bonne  grâce.  Faites  les  choses 

—  et  sans  vous  fîiire  tirer  l'oreille,  mol.  Mar.  forcé,  se.  9.  || 
Vous  venez  d'en  user  si  —  que  je  ne  veux  point  vous  le  cacher, 
iiAMiLT.  Gram.  5. 

Il  2"  En  cherchant  à  plaire.  Je  suis  trop  heureux.  Madame, 
d'avoir  pu  vous  rendre  ce  petit  service,  lui  répondis-je  le  plus 

—  du  monde,  .mariv.  l'ays.  parv.  4. 
'GALANDAGE  [gà-lan-dàj']  5.  m. 

[ÉTYM.  Pour  garlandage.  {V.  ce  mot.)  ||  1785.  encycl. 
MÉTH.  Arls  et  tnét.  Maçon.] 

Il  (Technol.)  Cloison  construite  en  briques  de  chant. 

GALANGA  [gà-lan-gà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  du  moyen  âge  galanga,  m.  s. 
d'origine  arabe,  §  22.  Du  môme  radical  l'anc.  franc,  a  tiré 
garingal,  nom  d'une  sorte  d'épice.  ||  xiv'=  s.  Galanga  chaulde 
et  seiche.  Simples  medicines,  mss  franc.  Bibl.  nat.  1288, 
f°  135,  ro.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Pharm.)  Rhizome  déplantes  de  la  famille  des  Amo- 
mées,  employé  comme  stimulant.  —  officinal  ou  petit  — . 

GALANT, "aNTE  [gà-lan,  -lânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  l'anc.  franc,  galer,  être  vif, 
joyeux,  s'amuser,  §  47.  On  trouve  qqf  au  xyii»  s.  le  fém. 
galande,  par  confusion  de  suffixe,  §  62.  L'anc.  verbe  galer 
paraît  dérivé  du  radical  german.  qui  se  trouve  dans  l'al- 
lem.  moderne  wallen,  «  bouillonner,  s'agiter,  vovager  », 
§§  6,  498  et  499.  {Cf.  gaillard  et  gala.)  ||  xiW  s.  Un  gallant 
lévrier,  gage  de  la  bigne,  Déduits  de  la  chasse,  dans  l.\  c.] 

I.  Anciennt.  Vif,  entreprenant.  Frère  Jean  au  château- 
gaillard  monta  —  et  bien  délibéré,  rab.  iv,  3.3.  Suhstantivt. 
Le  —  en  eût  fait  volontiers  un  repas,  la  f.  Fab.  m,  11.  Déjà 
dans  son  esprit  la  galande  le  croque,  ID.  ibid.  iv,  11.  ||  Vieilli. 
Verts  galants,  galants  de  la  feuillée,  voleurs  qui  se  tenaient 
dans  les  bois.  P.  ext.  Fig.  Un  vert  — ,  un  homme  entrepre- 
nant avec  les  femmes.  Et  nous  étions,  ma  foi,  tous  deux  de 
verts  galants,  mol.  F.  sav.  ii,  2. 

II.  Qui  a  bonne  grâce.  Jamais  un  lourdaud,  quoi  qu'il  fasse. 
Ne  saurait  passer  pour  — ,  la  f.  Fab.  iv,  5.  Vous  allez  faire 
pic,  repic  et  capot  tout  ce  qu'il  y  a  de  —  dans  Paris,  mol.  Pr-éc. 
rid.  se.  9.  Je  voudrais  que  cela  fût  mis  d'une  manière  ga- 
lante, ID.  B.  gent.  ii,  4.  Cela  a  un  tour  spirituel  et  — ,  ID. 
Préc.  rid.  se.  9.  On  déshabillé  — .  Le  Mercure  — ,  recueil 
littéraire,  anecdotique.  ||  Substantivt.  Ce  goût  (du  siècle) 
se  porte  au  — ,  la  f.  Psyché,  préf.  ||  Avec  l'adj.  avant  le 
subst.  Qui  a  des  procédés  délicats.  Ce  ne  serait  pas  agir  en 

—  homme,  mol.  R.  gent.  iv,  1.  Mécénas  fut  un  —  homme, 
LA  F.  Fab.  I,  15. 

III.  Empressé  à  plaire  aux  femmes.  Peindre  Caton  —  et 
Brutus  dameret,  BOIL.  Art  p.  3.  Dn  homme  — .  Monsieur  Jour- 
dain est  —  plus  que  je  ne  pensais,  mol.  R.  gent.  iv,  1.  ||  P. 
ext.  Faire,  dire  qqch  de  — .  La  déclaration  est  tout  à  fait  ga- 
lante, MOL.  Tart.  m,  3.  Cela  sera  — ,  ID.  B.  gent.  ii,  4.  P.  ext. 
Une  intrigue  galante,  une  intrigue  amoureuse.  One  femme 
galante,  qui  a  des  intrigues  amoureuses.  |!  Substantivt.  Dn 
— ,  celui  qui  courlise  une  femme.  Les  galants  n'obsèdent  ja- 
mais que  quand  on  le  veut  bien,  MOL.  G.  Dand.  il,  2.  ||  P. 
ext.  Un  amoureux.  Une  femme  qui  n'a  qu'un  —  croit  n'être 
point  coquette,  L.\  im.  3.  ||  Fig.  Dn  — ,  nœud,  cocarde  de 
ruban  ou  de  dentelle.  Vous  vendez  dix  rabats  contre  moi  deux 
galants,  corn.  Gai.  du  Pal.  iv,  12.  Voilà  Ton  beau  —  de 
neige,  mol.  iJép.  am.  iv,  4. 

GALANTERIE  [gà-lant'-ri  ;  en  vers,  -lan-te-ri]  .t.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galant,  §  69.  ||  xvi''  s.  Quand  on  leur  rap- 
portoit  ces  galanteries,  amyot,  Dcmétr.  31.] 

Il  1"  Caractère  de  ce  qui  a  bonne  grâce.  Que  ce  bout  de 
ruban  a  de  —  I  COUN.  Suite  du  Ment,  il,  6.  ||  P.  ext.  .\cte 
qui  a  ce  caractère.  Ceux...  qui...  font  —  de  se  déchirer  l'un 
l'autre,  mol.  Impr.  se.  4.  Ces  galanteries  ingénieuses  à  qui  le 
vulgaire  ignorant  donne  le  nom  de  fourberies,  id.  Scap.  i.  2. 

Il  2»  Empressement  à  plaire  à  une  femme.  Messieurs  les 
Français  ont  un  fonds  de  —  qui  se  répand  partout,  mol.  Sicil. 
se.  11.  Il  P.  ext.  Compliments  flatteurs  à  une  femme.  VoUà 
ce  que  c'est  que  de  ne  pas  répondre  aux  galanteries  que  je  vous 


GALANTIN 


1142  — 


GALERIE 


écris,  VOIT.  Lett.  25.  ||  Pièce  de  ce  caractère.  Soit  dans  leurs 
galanteries,  soit  dans  leurs  discours  sérieux,  paSC.  Prov.  11. 
Il  P.  e.rt.  Intrigue  amoureuse,  n  est  une  saison  pour  la  — , 
MOL.  Mis.  III,  4.  On  peut  trouver  des  femmes  qui  n'ont  jamais 
eu  de  — ,  mais  il  est  rare  d'en  trouver  qui  n'en  aient  eu  qu'une, 
L.\  ROCHEF.  Rrfle.T.  73. 

GALANTIN  [gà-lan-tin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galant,  §  100.  ||  1555.  0n  beau  et  galentin 
cheval  de  service,  de  la  bouthière,  Prodiges,  dans  delb. 
P,rc.  Admis  acad.  1798.1 

Il  Celui  qui  veut  faire  le  galant  auprès  des  femmes. 

GALANTINE  [gà-lan-tin']  .?.  f. 

[ÉTYM.  Altération  par  étymologie  pop.  (F.  §  509)  de  ga- 
latine,  mot  d'origine  incertaine,  qui  désignait  autrefois 
une  préparation,  une  sauce  spéciale  pour  le  poisson.  On 
trouve  en  anc.  provenç.  galareia,  en  anc.  allem.  galreide 
(allem.  moderne  gallerte)  dans  le  même  sens.  {Cf.  géla- 
tine.) Il  xiie-xiiio  s.  E  galatines  et  sirop,  Guill.  Le  Mai'é- 
chal,  966Ô.] 

Il  Mets  de  chair  de  volaille,  de  veau,  etc.,  cuite  avec  des 
épices,  qu'on  sert  froid  avec  une  gelée.  Une  —  truffée. 

GALANTISER  [gà-lan-ti-zé]  v.  tn. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galant,  à  l'imitation  de  l'ital.  galanteg- 
glare,  m.  s.  §§  12  et  267.  ||  wW^  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Traiter  avec  galanterie.  Pour  me  —,  il  ne  faut 
qu'un  miroir  ;  J'y  vois  en  un  moment  tout  ce  que  vous  me  dites, 
CORN.  Gai.  du  Pal.  ii,  1,  i'°  édit. 

GALAXIE  [gà-làk'-si]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  galaxias,  grec  Y*^aÇ-'3tç,  m.  s. 
de  Yâ>va,lait.  Sur  le  genre  (le  lat.  et  le  grec  sont  maso.), 
V.  §  550.  Il  1584.  j.  DES  CAURRES,  Œuvres  mot.  dans  delb. 
liée.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Astron.)  La  voie  lactée. 

GALBANUM  [gal-bà-nùm'J  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  galbanum,  m.  s.  \\  xii6-xiii«  s. 
Galbanen  de  bone  odor.  Job,  dans  Rois,  p.  447.] 

Il  (Pharm.)  Gomme-résine  balsamique  tirée  d'un  arbre 
de  Syrie.  ||  Fig.  Vieilli.  Donner  du  —  à  qqn,  l'amadouer. 

GALBE  [gàlb']  5.  7n. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  garbo,  m.  s.  §  12.  retz  em- 
ploie encore  garbe  en  parlant  du  gabari  d'un  navire,  iv, 
329;  mais  r.  est.  signale  déjà  la  prononciation  galbe  au 
lieu  de  garbe,  Nouv.  Lang.  franc,  italian.  i,  39.  [Cf.  le  pro- 
venç. moderne  galbe  ou  galbi,  m.  s.)  L'ital.  garbo  paraît 
se  rattacher  au  radical  german.  qui  se  trouve  dans  l'allem. 
moderne  gerben,  préparer,  g^  6,  498  et  499.  ||  xvi"  s.  Tant  la 
garbe  de  prince  au  visage  il  avoit,  rons.  Bocage  royal.] 

Il  1°  Contour,  protil  qui  détermine  la  forme  d'un  mem- 
bre d'architecture,  d'un  vase,  etc.  j|  P.  ext.  Contour,  profil 
qui  détermine  une  figure,  un  corps  humain.  Une  tète  d'un 
—  élégant. 

Il  1'  Profil  chantourné  d'une  pièce  de  menuiserie. 

•GALBÉ,  ÉE  [gâl-béj  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galbe,  g  118.  ||  Néolog.] 

Il  (Architect.)  ||  1°  Qui  a  un  galbe  spécial.  Colonne  gal- 
bée, dont  le  fût  n'est  pas  rectiligne,  mais  renllé  au  mi- 
lieu. 

Il  2°  Dont  le  galbe  seul  est  indiqué.  Feuille  galbée,  qui 
n'est  qu'ébauchée  dans  un  ornement. 

'GALBULE  [gâl-bul]  s.  7n. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  galbulus,  pomme  de  cyprès.  1| 
ISUl.  BOiSTE,  Dicl.  Univ.] 

Il  (Botan.)  Fruit  en  cône  écailleux  (cvprès,  genévrier). 

GALE  [gàl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  peut-ôtre  galle  pris  au  sens 
figuré.  Il  1539.  Galle,  r.  est.] 

Il  Maladie  contagieuse  de  la  peau  que  cause  la  pré- 
sence d'un  insecte  nommé  acarus.  Loc.  famil.  Méchant 
comme  la — ,  et,  p.  ext.  en  parlant  d'une  personne.  C'est 
une  méchante  — .  P.  anal.  —  du  porc,  la  rogne.  —  des  végé- 
taux, rugosités,  protubérances  sur  l'écorce,  sur  les  feuil- 
les. —  du  bois,  trous  de  vers,  qui  en  rendent  la  surface 
inégale. 

GALE  [gà-lé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  del'angl.  gale,  m.  s.  qui,  introduit  par 
j.  BAuniN  (1541-1618)  dans  le  lat.  des  botanistes,  a  été 
prononcé  à  la  façon  latine,  §  8.  ||  .\dmis  acad.  1762.] 

|l  i Botan.)  Arbrisseau  odorant,  qui  croit  dans  les  ter- 
rains humides,  dit  aussi  myrte  bâtard,  myrte  des  marais, 
piment  aquatique. 


GALÉACE  OU  GALBASSE  [gà-lé-às']  .?.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ilal.  galeazza,  augmentatif  de 
galea,  galère,  §  12.  ||  xv^  s.  Tant  galUaces,  gallees  que  galiotes, 
berry,  Chron.  dans  a.  gh.\rtier,  Œuvres,  p.  163,  édit. 
1617.  Admis  .^cad.  1718.] 

Il  (Marine.)  Galère  de  grande  dimension,  a  rames  et  à 
voiles,  garnie  de  canons  sur  les  côtés  ou  à  la  proue. 

GALÉE  [gà-lé]  .?.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  grec  y^Xa'a,  m.  s.  %  5.  [Cf. 
galère.)  L'anc.  franc,  dit  plutôt  gaUe  que  galee.  [Cf.  gaiion, 
galiote.)  ||xie  s.  Eschiez  e  barges  e  galies  enefs,  Roland,  262d, 
Galees  curanz,  ibid.  2729.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1»  Anciennt.  Galère,  petit  navire  de  guerre. 

Il  2"  P.  anal.  (Technol.)  Planchette  rectangulaire  à  re- 
bords sur  laquelle  le  compositeur  typographe  place  les 
lignes  assemblées  dans  le  composteur. 

'GALEFRETIER  [gâl-fre-tyé  ;  en  vers,  gà-le-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  ;  peut-être  même  radical  que 
calfeutrer  (F.  ce  mot),  §  115.  !|  xvio  s.  rab.  ii,  30.  Admis- 
ACAD.  1718;  suppr.  en  1835.] 

Il  Vieilli.  Va-nu-pieds.  Elle  n'était  jamais  lasse  de  deviser 
spécialement  avec  des  galefretiers,  sorel,  Francion,  p.  59. 

GALÉGA  [gà-lé-gà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  galega,  m.  s.  d'origine  incer- 
taine, §  12.  Sur  le  genre,  V.  g  551.  !|  1694.  tournefort, 
Élérn.  de  botan.  i,  317.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Botan.)  Espèce  de  plante  légumineuse.  —  officinal, 
dit  rue  de  chèvre.  —  tinctorial,  dit  indigo  bâtard. 

GALÈNE  Lgà-lên']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  vaXr.vT,,  plomb.  |!  1556.  La 
galène,  espèce  déterre,  rich.  lebl.\nc.  Subtilité',  dans  delb. 
Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Minéral.)  Sulfure  de  plomb  natif.  [Cf.  alquifoux.) 

•GALÉOPITHÈQUE  [gà-lé-ô-pi-tek']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  y^^t,,  belette,  et  riOTjXOî, 
singe,  §279.  ||  1799.  audebert,  Hist.  nat.  des  singes,  pl.l.j 

Il  (Hist.  nat.)  Genre  de  quadrumanes  chéiroptères,  dits. 
aussi  singes  volants. 

GALÉOPSIS  [gà-lé-ôp'-sïs']  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  galeopsis,  grec  yaXîoi'.î,  m.  s. 
proprt,  «  œil  de  belette  ».  ||  1545.  Galeopsis  est  une  herb& 
semblable  a  l'ortie,  G.  guéroult,  Hist.  des  plantes,  dans 
DELB.  Rec.  .\dmis  ac.\d.  1762.] 

Il  Plante  labiée  dite  vulgairement  chanvre  bâtard. 

•GALER  [gà-lé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Peut-être  dérivé  de  gale,  §  154.  L'anc.  franc,  pos- 
sède un  autre  verbe  galerdontle  part.  prés,  a  formé  l'adj. 
galant.  [V.  ce  mot.)  ||  1360.  Un  oisel  qui  se  gale  en  la  cuisse, 
dans  GODEF.  galer  1.  Admis  acad.  1762;  suppr.  en  1878.] 

Il  Vieilli.  Gratter,  frotter.  [Cf.  galis.)  ||  Fig.  Battre.  Cà,. 
çà,  galons-le,  LA  F.  Contes,  Diable  de  Papefig. 

GALÈRE  [gà-lèr]  5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  galera,  altération  de  galea, 
galée,  §  12.  ||  xv'=-.xvio  s.  Gallere,  seyssel,  dans  delu.  Rec] 

I.  Il  1°  Navire  de  guerre  des  anciens,  àun  ou  à  plusieurs 
rangs  de  rames,  et  à  voiles. 

Il  2»  Navire  de  guerre  à  rames,  ponté,  avec  deux  mâts 
et  deux  voiles  latines,  employé  surtout  dans  la  Méditer- 
ranée. Il  Loc.  proy.  Vogue  la  — !  laissons  aller  les  choses. 
Qu'allait-il  faire  dans  cette  —  ?  pourquoi  s'est-il  engagé  dans 
cette  mauvaise  affaire?  (allusion  aux  Fourberies  de  Sca- 
pin  de  Molière,  oii  Géronte  croit  avoir  à  racheter  son 
fils  emmené  sur  une  galère  turque).  ||  Ramer  sur  les  galères 
du  roi,  peine  établie  sous  François  1er  et  remplacée  par 
celle  des  travaux  forcés.  Ellipt.  Être  condamné  aux  galères. 
Il  P.  ext.  Bagne.  J'ai  vu  les  galères  de  Livourne  et  de  Venise, 
je  n'y  ai  pas  vu  un  seul  homme  triste,  montesq.  Pens.  div. 
Fig.  Une  vie  de  —,  très  pénible. 

II.  Fig.  (Technol.)  1|  1°  Sorte  de  tombereau  que  les 
maçons  traînent  eux-mêmes. 

Il  2°  Gros  rabot  à  deux  poignées  pour  dégrossir  le  bois 
de  charpente,  de  menuiserie. 

Il  30  Ratissoire  à  roulettes  pour  allées  de  parc,  de  jardin. 

Il  4"  Long  fourneau  oii  chauffent  à  la  fois  plusieurs  va- 
ses. Il  Fourneau  rond  à  réverbère,  autour  duquel  on  place 
les  vases  à  chauffer. 

GALERIE  [gal-ri  ;  en  vers,  gà-le-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  lat.  galeria,  m.  s.  mot  attesté 
dès  le  ix"  s.  et  dont  l'origine  est  inconnue.  ||  xiv<!  s.  Guerrerie 
(1328),  dans  delb.  Rec.  \  Galerie,  bersuike,  dans  uttré.] 


GALERIEN 


—  1143  — 


GALLICISME 


Il  1°  Espace  couvert  qui  règne  autour  d'un  bâtiment, 
d'un  appartement,  d'une  salle,  ou  dans  sa  longueur,  et 
sert  de  lieu  de  promenade,  de  passage,  d'exposition  pour 
des  collections,  etc.  Allez  l'entretenir  dans  cette  — ,  corn. 
Cid,  I,  2.  Des  fossés  du  château  faisant  leurs  galeries  (leur  lieu 
de  promenade),  l.\  f.  Fab.  m,  12.  One  —  de  tableaux.  Les 
galeries  du  Louvre.  One  —  d'histoire  naturelle.  Les  galeries  du 
Muséum.  Il  Specialt.  Dans  un  jeu  de  paume,  allée  d'où  l'on 
regarde  les  joueurs.  P.  ext.  Ceux  qui  regardent  jouer.  Les 
gens  qui  forment  la  — ,  et,  elLipt,  Ceux  qui  font  — .  Consulter  la 
—  sur  un  coup.  Fig.  Famil.  S'inçpaiéter  delà  — ,  de  l'opinion. 

Il  2°  P.  ext.  Sorte  de  balcon  en  saillie  qui  couronne 
l'arrière  d'un  navire.  ||  Balcon  en  saillie  qui  règne  autour 
d'une  salle  de  théâtre  et  contient  une  ou  plusieurs  ran- 
gées de  spectateurs.  ||  P.  anal.  Ornement  en  rebord  d'un 
meuble,  d'une  lampe,  d'une  étoiïe.  Châle  à  — .  ||  Bande  de 
cuivre  qui  se  met  devant  le  foyer  d'une  cheminée.  ||  Pas- 
sage souterrain  pratiqué  dans  une  mine  (de  siège)  ou  ser- 
vant à  l'exploitation  des  mines  de  charbon,  de  fer,  etc.  || 
Passage  souterrain  voûté  pour  l'écoulement  des  eaux. 

GALÉRIEN  [gà-lé-ryin  ;  en  vers,  -ri-in]  s.  m. 

[ÉT-i-M.  Dérivé  de  galère,  §  244.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Celui  qui  a  été  condamné  à  ramer  sur  les  galères  du 
roi.  Il  P.  ext.  Forçat.  j|  Fig.  Mener  une  vie  de  —,  très  pé- 
nible. 

GALERNE  [gà-lèrn']  s.  m. 

[ÉTY.M.  Origine  incertaine;  se  rattache  peut-être  au  ra- 
dical de  l'angl.  gale,  vent  violent.  ||  xi"  s.  Se  galeme  Ist  de 
mer,  Voi/.  de  Charl.  à  J('rus.  dans  delb.  Rec.\ 

Il  (Marine.)  Vent  du  nord-ouest. 

GALET  [gà-lè]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  l'anc.  franc,  gai,  m.  s.  d'origine  in- 
connue, §  133.  Il  xii<=  s.  Li  canivés  et  li  fuisius  Et  li  tondres 
od  le  galet,  Partenopeus,  5067.] 

Il  1°  Caillou  déposé  par  la  mer  sur  le  rivage  et  généra- 
lement arrondi  et  poli  par  le  frottement.  Marcher  sur  les 
galets,  sur  le  — .  One  plage  où  il  y  a  du  — . 

Il  2°  (Technol.)  Disque  de  bois,  de  métal,  d'ivoire,  ser- 
vant à  divers  usages.  Les  galets  d'un  lit,  d'un  fauteuil,  dis- 
ques polis  sur  lesquels  on  fait  rouler  un  grand  lit,  un 
fauteuil.  Les  galets  d'un  pont  tournant,  d'une  plaque  de  che- 
min de  fer,  disques  sur  lesquels  on  fait  tourner  le  pont,  la 
plaque.  ||  P.  ext.  Bouée  indiquant  la  position  d'un  filet. 

GALETAS  [gâl-tâ;  en  vers,  gà-le-td]  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  §  36  :  la  tour  de  Galata,  à  Cons- 
tantinople,  dont  le  nom  a  été  donné  au  mv^  s.  au  haut 
de  tout  édifice  important.  ||  xiv«-xve  s.  Galatas  grans  et 
adrois,  eust.  descu.  i,  156.] 

Il  1°  Logement  sous  les  toits,  n  se  retire  au  —  de  son 
palais,  L.\  BR.  13. 

Il  2"  Logement  misérable.  L'oracle  était  logé  dedans  un 
—,  L.\  F.  Fab.  vu,  15. 

GALETTE  [gà-lêf]  S.  f. 

[ÉTY-M.  Tiré  de  galet,  §  37.  ||  xiiio  s.  Chanestlans  et  gaietés, 
dans  BARB.\z.\N,  Fabliaux  et  contes,  iv,  92,  Méon.] 

I.  Sorte  de  gâteau,  d'ordinaire  rond  et  plat,  fait  de  pâte 
ferme  ou  feuilletée ,  étendue  sous  le  rouleau  et  cuite  au 
four.  —  de  plomb,  trop  compacte.  One  —  de  maïs,  de  sar- 
rasin. Il  P.  ext.  Biscuit  dur  et  plat  qu'on  donne  aux  marins. 

II.  P.  anal.  (Technol.)  ||  1°  Pâte  de  charbon  et  de  sal- 
pêtre battue  pour  la  préparation  de  la  poudre  de  guerre. 

Il  2°  Carcasse  en  carton,  en  toile  ou  en  poil  de  lapin 
destinée  à  recevoir  la  peluche  pour  chapeaux  d'homme. 

Il  3°  —  de  cocon,  et,  absolt,  — ,  filoselle  qu'on  tire  des 
cocons  percés  qui  ne  peuvent  plus  se  dévider. 

GALEUX,  EUSE  [gà-leii,  -leuz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gale,  §  116.  ||  xvi"  s.  Gualous,  veroUez 
jusqu'à  Tous,  RAU.  I,  54.] 

Il  Atteint  de  la  gale.  One  personne  galeuse,  e\,substantivt, 
On  — ,  une  galeuse.  Ce  pelé,  ce  — ,  la  f.  Fab.  vii,  1.  Loc.  prov. 
Qui  se  sent  —  se  gratte,  que  celui  qui  se  sent  coupable  s'ap- 
plique le  reproche.  (Cf.  Qui  se  sent  morveux  se  mouche.)  On 
chien  — .  One  brebis  galeuse.  Fig.  Brebis  galeuse,  personne 
corrompue  dont  le  contact  est  dangereux.  Loc.  prov.  n 
suffit  d'une  brebis  galeuse  pour  gâter  tout  un  troupeau.  ||  P. 
ext.  Bois  —,  sur  kujuel  se  sont  formées  dus  rugosités,  des 
protubérances.  Verre  —,  sur  lequel  se  sont  formés  des 
grains,  dont  la  vitrification  n'est  pas  pure. 

GALHAUBAN  [gà-lo-ban]  5.  771. 

[ÉTYM.  Composé  avec  hauban  et  un  mot  gai  dont  le  sens 


et  l'origine  sont  inconnus,  §  196.  On  écrit  aussi  galauban 
et  même  galeban.  ||  1681.  "Texte  dans  jal,  Gloss.  naut. 
.■\dmis  ACAD.  18:^5.] 

Il  (Marine.)  Longue  corde  tendue  de  chaque  côté  des 
mâts  de  hune,  de  perroquet,  et  fixée  à  la  muraille  du  na- 
vire, pour  les  soutenir  contre  l'effort  du  vent. 

'GALIETTE  (gà-lyet'].  V.  gaillette. 

GALIMAFRÉE  [gà-li-mâ-fré]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xiv«  s.  Calimafree  ou  sanlce 
paresseuse,  Ménagier,  ii,  233.] 

Il  Restes  de  viande  en  ragoût.  ||  P.  ext.  Mets  qui  pré- 
sente un  mélange  peu  appétissant. 

GALIMATIAS  [gà-ll-mà-tyà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi"  s.  L'on  n'y  entend  que 
du  galimatias,  Sat.  Mënipp.  i,  15.] 

Il  Discours,  écrit,  offrant  un  mélange  confus,  inintelli- 
gible. Votre  —  ne  m'a  pas  tantôt  ébloui,  mol.  G.  Dand.  ii, 
2.  Qui  songe  à  votre  argent,  dont  vous  me  faites  un  — ?  iD.  Av. 
V,  5.  Il  Adjectivt.  On  langage  le  plus  —  et  une  prononciation 
la  plus  mauvaise  que  l'on  se  puisse  figurer,  sorel,  Francion, 
p.  225. 

GALION  [gà-lyon  ;  en  vers,  -li-on]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galie,  aiic.  forme  de  galée,  §  104.  || 
xin'^-xivfi  s.  Lors  vint  messires  Phelippes  de  Montfort  en  un 
galion,  JOINV.  389.] 

Il  1»  Bâtiment  de  charge  employé  surtout  autrefois  par 
les  Espagnols,  pour  le  commerce  avec  r.\mérique,  et 
spécialement  pour  rapporter  l'or  des  mines  du  Pérou.  || 
Fig.  Les  galions  sont  arrivés,  il  est  arrivé  de  l'argent. 

Il  2°  (Technol.)  Traverse  de  bois  qui  supporte  les  pan- 
neaux qui  ferment  une  écoutille.  (S///i.  galiote.) 

GALIOTE  [gà-lvÔf  ;  en  rer^,  -li-ôt']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galie,  anc.  forme  de  galée,  §  186.  ||  1418. 
Pour  erres  de  la  dite  galiocte,  dans  godef.  Compl.  Admis 

AC.\D.  1718.] 

Il  1"  Petite  galère  à  rames  et  à  voiles.  ||  Long  bateau 
couvert  avec  lequel  on  voyageait  sur  les  rivières. 

Il  2°  (Technol.)  Traverse  de  bois  qui  supporte  les 
panneaux  qui  ferment  une  écoutille.  {Syn.  galion.) 

GALIPOT  [gà-li-pô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  {Cf.  garipot.)  ||  1701.  furet. 
.\dmis  ACAD.  1762.] 

Il  (Technol.)  Matière  résineuse  qui  s'écoule,  après  la 
récolte,  des  incisions  faites  au  pin.  ||  P.  ext.  Sorte  de 
mastic  de  résine  et  de  matières  grasses,  dont  on  se  sert 
en  marine. 

*GALIS  [gà-li]  s.  m. 

[ÉTY'M.  Dérivé  de  galer,  §  82.  i|  1627.  Le  masle  fait  aussi  du 
gallis,  RENÉ  DE  MARicouRT,  Chasse  du  lièvre,  dans  delb. 
Rec] 

Il  (Vénerie.)  Trace  laissée  par  le  chevreuil  à  l'endroit 
où  il  a  gratté  la  terre  du  pied. 

•GALLATE  [gâl'-lâl']  s.  m. 

[ÉTY-TM.  Dérivé  de  galle,  §  282  bis.  ||  1805.  encycl.  méth.] 

Il  (Chimie.)  Sel  formé  par  la  combinaison  de  l'acide 
gailique  avec  une  base. 

GALLE  [gàl]  5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  galla,  m.  s.  \\  xiii»  s.  De  nois 
de  gales  Escrire  letres  toutes  pales,  C/e/'d'amour,  dans  delb. 
liée] 

Il  Excroissance  que  produit  sur  les  feuilles,  sur  la  tige 
des  végétaux,  la  sève  extravasée,  par  la  piqûre  de  cer- 
tains insectes  qui  viennent  déposer  là  leurs  œufs.  —  du 
chêne,  dite  aussi  noix  de  —,  qui  sert  à  fabriquer  l'encre 
et  à  teindre  en  noir.  —  du  rosier.  {V.  bédegar.) 

GALLICAN,  ANE  [gàl'-li-kan,  -kàn']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gallicanus,  gaulois,  français. 
Il  xve-xvi"  s.  Concile  de  l'église  gallicane,  J.  le  maire,  dans 
delb.  Rec] 

Il  (Hist.)  Relatif  à  l'Église  de  France,  considérée 
comme  indépendante  en  certains  points  de  l'autorité  du 
pape.  Ces  précieuses  libertés  de  l'Église  gallicane,  ST-siM.  xi, 
265.  Il  P.  ext.  l'artisan  de  ces  libertés.  Cet  évéque  était  — . 
Substantivt.  Les  gallicans  et  les  ultramontains. 

GALLICANISME  gàl'-li-kà-nîsm']  .?.  »i. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galUcan,  §265.  ||  Néolog.  Admis  acad. 
1878.] 

Il  Doctrine  gallicane.  ||  Attachement  à  cette  doctnne. 

GALLICISME  [gâl'-li-sism']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gallicus,  gaulois,  français,  §  265. 


GALLINACES 


—  il44  — 


GALVANISATION 


Il  xvi^  s.  La  coustuine  est  de  quitter  icy  notre  gallicisme  et 
user  de  l'itaHanisme,  H.  EST.  Nouv.  Lang.  franc,  italian. 
II.  177.] 

Il  1°  Forme  de  langag:e  propre  à  la  lang-ue  française. 

Il  2°  Forme  française  introduite  abusivement  clans  une 
autre  langue.  Ce  thème  latin  contient  des  gallicismes. 

GAIXENACÉS  [gàr-li-nà-sé]  s.  m.  pi. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gallinaceus,  m.  s.  \\  1817.  cu- 
viER,  Règne  animal,  i,  436.  Admis  ac.^.d.  1835.] 

Il  (Ilist.  nat.)  Ordre  de  la  classe  des  Oiseaux  compre- 
nant les  poules,  dindons,  perdrix,  cailles,  faisans. 

•GA1X.INE  [gal'-lin']  adj .  f. 

[t-Y\"si.  Dérivé  du  lat.  gallus,  coq,  §  245.  ||  Néolog.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  est  de  la  nature  du  coq,  de  la  poule. 
L'espèce  — . 

GALLiaUE  [gàr-lïk]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galle,  §  229.  ||  1805.  encycl.  méth.  Ad- 
mis ACAD.  1835.] 

Il  (Chimie.)  Produit  par  la  noix  de  galle.  Acide  — . 

"GALLIUM  [glF-lvôm'  ;  en  vers,  -li-ôm']  s.  m. 

[ÉT-i-M.  Dérivé  de  Gallus,  traduction  lat.  du  nom  del'in- 
venteur,  §  2S2.  \\  Néolog.] 

Il  (Chimie.)  Corps  simple  découvert  par  M.  Lecoq  de 
Boisbaudran,  en  1875. 

GALLON  [gk-lon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Mot  anglais  qui  est  lui-même  emprunté  del'anc. 
franc,  galon  ou  gallon,  d'origine  inconnue,  §  8.  ||  Admis 

ACAD.  1835.] 

Il  Mesure  anglaise  de  capacité,  pour  les  liquides,  con- 
tenant environ  quatre  litres  et  demi. 

GALOCHE  [gà-lôch']  5.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  *galôpia,  dérivé  de  *galopus,  podos, 
transcription  du  grec  y.a'Xo-o'-.;,  -o5o;  [cf.  calopodes  soIcee, 
galoches,  dans  un  scoliaste  d'Horace),  m.  s.  proprt, 
«  pied  de  bois  »,  §§  497,  426  et  291.  ||  1292.  Se  déduit  de 
galochier.  (F.  ce  mot.)] 

I.  Chaussure  à  dessus  de  cuir  et  à  semelle  de  bois,  qui 
sert  à  préserver  de  l'humidité.  ||  P.  eort.  Seconde  chaus- 
sure de  cuir  fort  qu'on  met  par-dessus  la  première.  ||  Fig. 
Menton  de  — ,  qui  avance. 

II.  (Technol.)  ||  1»  Poulie  à  moufle  plat  dont  la  chape 
est  ouverte  transversalement  sur  une  de  ses  faces,  et 
qu'on  applique  sur  les  grandes  vergues  pour  y  faire  pas- 
ser les  boulines. 

Il  2"  Coin  de  la  presse  du  doreur. 

"GALOCHIER  [gà-lô-chvé]  et  *GALOCHER  [gà-lô- 
ché]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galoche,  §  115.  |i  1292.  Galochiers,  Rôle 
de  la  taille,  dans  delb.  Rec] 

Il  Marchand,  fabricant  de  galoches. 

GALON  [ga-lon]  5.  m. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  galonner,  §  52.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Tissu  (de  laine,  de  soie,  d'argent,  d'or)  en  forme  de 
ruban  dont  on  orne  des  uniformes,  des  costumes,  des 
chapeaux,  des  rideaux,  des  meubles,  etc.  ||  Spécialt. 
Bande  de  laine,  d'argent,  d'or,  qui,  placée  sur  la  man- 
che de  l'uniforme,  sert  à  distinguer  le  grade  des  sous- 
officiers.  Les  galons  de  caporal,  de  sergent,  de  sergent-major. 
Il  Loc.  prov.  Quand  on  prend  du  — ,  on  n'en  saurait  trop  pren- 
dre, quand  on  s'attribue  un  rang  élevé,  il  faut  se  le  don- 
ner aussi  élevé  que  possible.  Acheter  de  vieux  galons  (pour 
en  retirer  l'or,  l'argent  qu'ils  contiennent  .  Vieux  hsibits, 
vieux  galons ,  cri  des  fripiers  qui  courent  les  rues  pour 
acheter  de  vieux  habits,  de  vieux  uniformes.  !|  (Marine.) 
Bande  de  toile  qu'on  coud  sur  une  couture  de  voile  pour 
la  fortifier. 

GALONNER  [gà-lo-né]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  Le  subst.  galon,  qu'on  serait 
porté  à  considérer  comme  primitif  de  galonner,  ne  se  trouve 
qu'à  une  époque  récente,  tandis  que  le  verbe  est  fréquent 
dès  les  premiers  siècles  de  la  langue  au  sens  de  «  tresser 
les  cheveux  ».||  xn«  s.  Aunfild'orertgalonee,  Ênras,  1473.] 

Il  Orner  de  galon.  Un  chapeau,  un  habit  galonné. 

GALOP  [gà-lû]  s.  m. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  galoper,  §52.  |]  xi<'  s.  Uns  veltres 
avalât  Que  vint  a  Carie  les  galops  e  les  salz,  Roland,  730.] 

Il  1°  L'allure  la  plus  rapide  du  cheval,  suite  de  bonds 
qu'il  fait  successivement  en  trois  temps  ou  battues,  po- 
sant d'abord  une  des  jambes  de  derrière,  puis  une  jambe 
de  devant  et  l'autre  jambe  de  derrière,  enfin  la  jambe  de 


devant  qui  reste.  Mettre  son  cheval  au  — .  Aller  le  — ,  an  — , 
au  grand  — .  —  désuni,  où  les  battues  sont  irrégulieres.  — 
faux,  où  le  cheval  galopant  en  cercle  ne  porte  pas  en  avant 
le  pied  placé  du  côté  où  il  se  penche  pour  tourner.  Branle 
de  — ,  mouvement  par  lequel  le  cheval  s'enlève  pour  ga- 
loper. Faire  un  temps  de  — ,  galoper  qqs  instants.  —  de  course, 
très  allongé.  On  cheval  de  —,  qui  est  surtout  propre  à  celte 
allure.  ||  Fig.  Chassez  le  naturel,  il  revient  au  — ,  destou- 
ches, Glor.  III,  5.  Prendre,  courir  le  grand  —,  aller  trop  vite, 
n  dit  fort  posément  ce  dont  on  n'a  que  faire  Et  court  le  grand 
—  quand  il  est  à  son  fait,  rac.  Plaid,  m,  3. 

Il  2"  P.  anal.  Danse  à  deux  temps  d'un  mouvement 
rapide  consistant  en  une  suite  de  chassés. 

Il  3'^  Fig.  Pop.  Vive  réprimande.  Donner,  recevoir  un  — . 

GALOPADE  [gà-lô-pàd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galoper,  §  120.  ||  1611.  cotgr.  Admis 
ACAD.  1718.] 

Il  Action  de  galoper.  ||  Spe'cialt.  Galop  d'école,  rac- 
courci et  cadencé.  P.  anal.  La  danse  du  galop. 

GALOPANT,  ANTE  [gk-lù-pan,  -pânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  galoper,  §  47.  ||  Néolog.  Admis 

ACAD.   1878.] 

Il  Qui  va  au  galop.  Fig.  (Médec.)  Phtisie  galopante,  dont 
la  marche  est  très  rapide. 

•GALOPE  [ga-lÔp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  galoper,  §  52.  {Cf.  galop.)  ||  -Veo- 
log.] 

Il  1°  Danse  rapide  à  deux  temps,  dite  plus  ordinaire- 
ment galop. 

Il  2''  (Technol.)  Instrument  de  relieur  pour  tracer  ra- 
pidement de  petites  raies  sur  une  couverture  avant  de  la 
glairer. 

Il  3°  Fig.  Trivial.  Loc.  adv.  A  la  —,  avec  précipitation. 

GALOPER  [gà-16-pé]  V.  intr.  et  tr. 

[ÉTY.M.  Origine  incertaine  ;  la  terminaison  -loper  (en 
provenç.  -laupar)  fait  songer  au  goth.  hlaupan,  allem.  mo- 
derne laufen,  courir;  mais  la  première  syllabe  ga  fait  diffi- 
culté, §§  6,  498  et  499.  ||  xiii^  s.  Lors  c'et  li  Turs  vers  Ber- 
nier  galopes,  Raoul  de  Cambrai,  6960.] 

I.  V.  intr.  Il  1°  Aller  au  galop.  Exercer  les  chevaux  à  — 
alternativement  sur  le  pied  gauche  aussi  bien  que  sur  le  droit, 
BUFF.  Cheval.  Dn  cheval  qui  galope  sur  le  bon  pied,  qui  porte 
en  avant  le  pied  placé  du  côté  où  il  doit  tourner,  c.-à-d. 
en  dedans  du  cercle.  ||  Fig.  Le  chagrin  monte  en  croupe  et 
galope  avec  lui,  bùil.  Ép.  5.  Je  vois  déjà  comme  le  temps  ga- 
lopera, sÉv.  253. 

Il  2"  P.  anal.  Danser  le  galop. 

II.  Famil.  V.  tr.  Faire  aller  au  galop.  —  un  cheval  rapide. 
Il  Fig.  Mener  qqch  grand  train.  |  P.  ext.  (Le  duc)  galope 
vos  filles  d'honneur,  hamilt.  Gram.  10.  La  fièvre  le  galope. 

GALOPIN  [gà-lù-pin]  s.  m. 

[ÉTYM.  A  l'origine,  nom  propre  tiré  de  galoper,  §§  36  et 
100.  Il  XIV^-XV^  s.  Queux,  escuiers,  li  galopin,  eust.  Descii. 
VIII,  104.] 

Il  Petit  garçon  que  l'on  envoie  faire  les  courses,  les 
commissions.  ||  P.  ext.  Gamin  qui  court  les  rues.  ||  P. 
plaisant.  Anciennt.  Demi-setier  de  vin  bu  avant  de  partir 
en  course,  n  boit  tous  les  matins  son  —  avant  que  de  sortir, 
RICHEL.  Dict.  Il  Adjectivt.  Les  dames  de  Paris  aiment  les  airs 
galopins,  et  elles  s'habillent  déjà  à  la  galopine  ou  à  la  gour- 
gandine, c'est  tout  UD,  gherardi.  Th.  ital.  v,  212. 
j       GALOUBET  i  gà-lou-bé]  S.  m. 

I  [ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  galoubet,  7n.  s. 
I  mot  d'origine  incertaine,  §  11.  ||  1791.  encycl.  méth.  Ad- 
I  mis  ACAD.  1835.] 

Il  Sorte  de  flûte  à  trois  trous. 

GALUCHAT  [gà-lu-chà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre  d'inventeur,  §  36.  ||  1790.  encycl. 
I  méth.  Arts  et  maîiuf.  gainier.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Technol.)  Peau  de  certains  squales,  lissée  et  colorée, 
!  dont  on  fait  des  étuis,  des  gaines,  etc. 

GALVANIQUE  [gàl-và-nik']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  galvanisme,  §  229.  ||  1801. 
Propriété  galvanique,  FOURCROY,  Syst.  des  connaiss.  chimi- 
ques, I,  211.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Physique.)  Relatif  au  galvanisme. 

"GALVANISATION  [gâl-và-nl-zà-syon  ;  en  vers ,  -si- 
on]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  galvaniser,  §  247.  ||  1802.  sue,  Hist.  du 
galvanisme,  i,  326.] 


GALVANISER 


H4o 


GANACHE 


Il  (Physique.)  Action  de  galvaniser. 
GALVANISER  [gal-và-ni-zé]  v.  tr. 
[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  galvanisme,  §  267.  |I  1799. 
HUMBOLDT,  Exp.  sw  te  galvatiisme,  trad.  par  Jadelot, 
p.  13.  278,  etc.  Admis  ac.\d.  1878.] 

Il  (Physique.)  ||  1°  Faire  contracter  (des  muscles  inertes) 
par  l'électricité  qu'y  développe  le  contact  de  deux  corps  hé- 
térogènes. Il  Fifj.  Redonner  à  qqch  une  animation  factice. 
Il  2"  Électriser  par  la  pile  galvanique  (ou  voltaïque). 
Il  3"  Recouvrir  (le  fer)  d'une  légère  couche  de  zinc, 
pour  empêcher  l'oxydation. 

GALVANISME  [gâl-và-nïsm']  5.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  Galvani,  physicien  italien  qui  a  décou- 
vert l'électricité  animale  en  1781),  §§  36  et  5^65.  ||  1797. 
Annales  de  chimie  et  de  phys.  xxi,  .3.  Admis  acad.  1835.] 
Il  (Physique.)  Électricité  qui  se  développe  par  le  con- 
tact de  deux  corps  hétérogènes. 

GALVANOMÈTRE  [gal-và-nô-métr']  s.  m. 
[iCTYM.  Composé  avec  le  radical  de  galvanisme  et  le 
grec  HiîTpov,  mesure,  §  284.  ||  1802.  sui:,  lliat.  du  cjalva- 
nisme,  i,  299.  Admis  acad.  1878.] 

li  (Physique.)  Instrument  qui  sert  à  mesurer  l'intensité 
d'un  courant  galvanique.  {Syn.  rhéométre.) 
GALVANOPLASTIE  [gâi-và-nô-plas'-li]  s.  f. 
[ÉTYM.  Composé  avec  le  radical  de  galvanisme  et  le  grec 
■7:\i.zzz'.'i,  former,  §  284.  ||  i\'rolorj.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Technol.)  Application  d'une  couche  d'or,  d'argent, 
etc.,  par  l'action  de  la  pile  galvanique. 
GALVAUDER  [gal-v6-déj  v.  tr. 
[ÉTY.M.  Origine  inconnue.  ||  1690.  furet.] 
Il  1°  Vieitti.  Humilier  par  des  reproches. 
Il  2"  Avilir,  n  s'est  galvaudé  dans  cette  affaire.  —  son  nom. 
•GALVAUDEUX,  EUSE  [gal-vû-deu,  -deuz']  s.  m.  et  /'. 
[ÉTY.M.  Pour  galvaudeur,  §  62,  dérivé  de  galvauder,  §§  112 
et  116.  Il  Néolorj.] 
Il  Pop.  Propre  à  rien,  qui  vagabonde  dans  les  rues. 
•GABIACHE  [gà-mâch']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté,  par  l'intermédiaire  du  provenç.  ga- 
ramacha,  galamacha,  m.  s.  de  l'espagn.  guadamaci,  sorte  de 
cuir,  proprt,  <<  cuir  de  Gadamès  »,  g§  il,  13  et  22.  1|  xyi^^- 
xvn''  s.  d'aub.  Fœneste,  iv,  1.] 
Il  Dialect.  Guêtre. 
GAMBADE  [gan-bàd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gambata,  m.  s.  de  gamba, 
jambe ,  §  12.  ||  xv«  s.  Faire  la  gambade,  coquillart,  Mono- 
togue  des  perruques.] 

Il  Saut  où  l'on  agite  les  jambes.  Faire  des  gambades.  Le 
mulet  fait  sur  l'herbette  — ,  la  f.  Contes,  Lunettes.  \\  Fig. 
Payer  en  gambades  (allusion  aux  bateleurs  qui,  pour  se  dis- 
penser d'acquitter  le  péage,  faisaient  danser  leur  singe 
devant  le  péager),  éluder  le  paiement  d'une  dette. 
GAMBADER  [gan-bà-dé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gambade,  §  154.  On  trouve  gambadir  dès 
1425  dans  un  texte  de  la  Suisse  romande.  (  V.  delb.  Rec.) 
Il  1526.  en.  DE  BOURDiGNÉ,  Pierre  Faifeu.] 

Il  Faire  des  gambades.  Le  cheval  mutin  a  gambadé  de  plus 
belle,  LA  F.  Ragoiin,  i,  10. 
'GAMBE  [gânb']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  au  sens  l»  de  l'ital.  et  au  sens  2"  du 
provenç.  gamba,  jambe,  §§  11  et  12.  ||  1771.  Gambes  de  hune, 

TRÉV.] 

Il  l"  (Musique.)  Viole  de  —,  grand  violon  (le  violoncelle 
d'aujourd'hui)  qu'on  tenait  entre  les  jamhes,  quand  on 
en  jouait.  ||  /'.  anal.  Un  des  jeux  composés  de  l'orgue. 

Il  2"  (Marine.)  Chacun  des  cordages  tendus  de  chaque 
bord  des  haubans  de  hune  aux  bas  haubans. 

'GAMBIER  [gan-byé]  et  'GAMBIR  [gan-bir]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  malais  gambir,  ?«.  s.  §  28.  ||  Xe'olog.] 

Il  (Technol.)  Substance  astringente  analogue  au  cachou, 
qu'on  tire  d'une  plante  sarmenteuse  d'Océanie. 

GAMBILLER  [gan-bi-yé]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Pour  gambeyer  (par  substitution  de  suffixe,  §62). 
emprunté  de  l'ilal.  gambeggiare,  m.  s.  qui  correspond  à 
l'anc.  franc,  jambeier,  g  12.  ||  xvi»  s.  Se  guambayolt,  pena- 
dolt  et  paillardoit  parmy  le  lict,  hac.  i,  21.  |  loi2.  Gambiller, 

OUD.] 

I.  r.  intr.  Il  l"  .\giler  les  jambes  pendantes.  — les  pieds 
en  haut  devant  tout  le  monde,  mol.  Pourc.  ni,  3. 

Il  jL"  (Marine.)  S'avancer  à  la  force  des  poignets  sur  un 
cordage  tendu  en  laissant  pendre  les  jambes. 


II.  V.  tr.  (Marine.)  Changer  (une  voile  à  bourcet)  de 
bord,  en  faisant  pa.>ser  sur  l'avant  la  partie  longue  de  la 
vergue  et  de  la  voile. 
*GAMBIR.  V.  gambier. 
GAMBIT  [gan-bi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  gambet,  emprunté  de  l'ital.  gambetto,  di- 
minutif de  gamba,  jambe,  m.  s.  proprt,  «  croc-en-jambe  » 
{cf.  jambette),  g  12.  I|  1752.  trév.  .\dmis  acad.  1762.] 

Il  (T.  de  jeu  d'échecs.)  Coup  où  l'on  fait  prendre  au  dé- 
but de  la  partie  le  pion  du  fou  du  roi  ( —  du  roij  ou  le  pion 
du  fou  de  la  reine  ( —  de  la  reine). 
GAMELLE  [gà-mèl]  S.  f. 

[ktym.  Emprunté  de  l'ital.  gamella,  m.  s.  qui  est  le  lat. 
camélia,  vase  en  bois,  §  12.  |1  1611.  cotgk.] 

Il  1"  Grande  écuelle  dans  laquelle  plusieurs  matelots, 
plusieurs  soldats,  mangent  ensemble.  Manger  à  la  — .  || 
P.  ext.  I  1.  Vase  de  fer-blanc  dans  lequel  chaque  soldat 
reçoit  sa  ration.  |  2.  (Marine.)  Table  commune  des  offi- 
ciers, des  élèves,  des  chirurgiens. 

Il  2"  (Technol.)  Écuelle  quisert  à  puiser  l'eau  salée  dans 
les  poêles  des  salines,  pour  vérifier  l'état  de  la  muire. 
*GAMELON  [gâm'-lon;  en  vers,  gà-me-...]  s.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  degameUe,  §§  65  et  104.  ||  Xéolog.] 
Il  Petite  gamelle  en  usage  dans  les  hôpitaux  militaires. 
GAMIN,  INE  [gà-min,  -min']  s.  m.  et  f. 
[ÉTYM.  Origine  incertaine;  peut-être  emprunté  de  l'al- 
lem.  gemeiner,  simple  soldat,  §  7.  ||  1801.  boiste,  Dict. 
univ.  Admis  acad.  1835.] 

Il  ±0  S.  m.  Petit  garçon  qui  sert  d'aide  aux  ouvriers 
fumistes,  maçons,  etc. 

Il  2o  S.  m.  et  f.  Petit  garçon,  petite  fille  qui  joue  dans 
les  rues,  qui  fait  des  espiègleries.  Un  —  de  Paris. 
*GAMINER  [gà-mi-né'  v.  intr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gamin,  §  154.  ||  Néolog.] 
Il  Faire  le  gamin. 

'GAMINERIE  [gà-mïn'-ri;  en  ver*, -mi-ne-ri]  s.  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gamin,  §  69.  ||  Néolog.] 
Il  Espièglerie  de  gamin. 
'GAMMARE  [gâm'-màr]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  gammarus,  grec  vi-iiiapo;, 
écrevisse.  ||  xxi"  s.  Gammares  et  escrevices,  rab.  i.  39.] 

Il  (Hist.  nat.)  Crustacé  amphipode,  dit  crevette  des  ruis- 
seaux. 

*GAMMA-UT  [gâm'-mà-iit'].  V.  gamme. 
GAMME  igàm']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yi\i.\i.z,  nom  de  la  lettre  F 
employée  au  moyen  âge  par  gui  d'arezzo  pour  désigner 
la  première  note  de  la  gamme.  On  a  dit  aussi  gamma-ut 
et  gamm'ut  (trév.).  ||  xii*^  s.  Par  la  game  chante  Musique, 
Tkèbes,  dans  delb.  Rec.  \  xiu^  s.  Toz  tens  revient  en  gamaOx 
(var.  gameûz),  g.  de  coincy,  dans  godef.  gamauz  2.] 

Il  l»  Série  des  sept  notes  de  l'échelle  musicale,  dispo- 
sées dans  leur  succession  naturelle  ascendante  ou  des- 
cendante, partons  et  demi-tons  dans  l'intervalle  d'une 
octave.  La  —  diatonique.  —  diatonique  majeure,  où  le  premier 
demi-ton  est  du  3>=  au  4<=  degré.  —  diatonique  mineure,  où  le 
premier  demi-ton  est  du  2«  au  3e  degré.  ||  P.  ext.  —  chro- 
matique, où  les  notes  se  succèdent  par  demi-tons.  ||  Gam- 
mes enharmoniques,  deux  gammes  où  les  degrés  qui  se  cor- 
respondent sont  en  rapport  enharmonique.  1|  Fig.  Chanter 
à  qqn  sa  —,  lui  défiler  tous  les  griefs  qu'on  a  contre  lui.  Je 
m'en  vais  le  trouver  et  lui  chanter  sa  — ,  mol.  Fc.  des  m.  il,  7. 
Être  au  bout  de  sa  —,  avoir  tout  dit.  Changer  de  — ,  de  ton. 
Force  lui  fut  qu'elle  changeât  de  — ,  L.A.  F.  Contes,  .Mari  con- 
t'ess.  4.  Vieilli.  Crier  à  haute  —,  très  haut.  P.  ext.  Dn  fou  de 
haute  —,  un  fou  achevé.  Mettre  hors  de  —,  déconcerter.  C'est 
une  bizarrerie  qui  met  hors  de  —,  pasc.  Pens.  vu,  14. 
Ij  2."  P.  anal.  —  des  couleurs,  série  de  couleurs  graduées. 
GANACHE  [gà-nach']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  ganascia,  m.  s.  qui  paraît  se 
rattacher  au  grec  vviOo;,  mâchoire ,  §§  5  et  12.  |j  1642. 
Ganaches  de  cheval,  oud.] 

Il  1°  Mâchoire  inférieure  du  cheval.  P.  ext.  Région  si- 
tuée au  contour  de  l'os  maxillaire  inférieur.  Écartement  de 
la  —,  angle  que  forment  les  deux  os  de  la  ganache.  Che- 
val chargé  de  —,  qui  a  cette  partie  épaisse.  ||  Fig.  On  homme 
qui  a  la  —  pesante,  dont  la  physionomie  annonce  un  es- 
prit lourd.  Il  P.  ert.  Due  —,  personne  incapable.  ||  (Théâ- 
tre.) Rôle  de  barbon  imbécile.  Jouer  les  ganaches.  ||  P. 
plaisant.  FauteuU  —,  grand  fauteuU  pour  personnes  âgées. 


GANGETTE 


—  1146 


GARANCE 


II  2"  Proéminence  de  la  lèvre  inférieure  des  insectes. 

II  3"  Cachexie  aqueuse  dont  un  des  symptômes  est  un 
gonflement  sous  le  menton. 

*GANCETTE.  F.  gansette. 

•GANDIN  [g-an-din]  >v.  rn. 

[ÉTYM.  Paraît  venir  du  boulevard  de  Gand,  à  Paris, 
nom  porté  autrefois  par  le  boulevard  actuel  des  Italiens, 
§  100  :  Ces  hommes  en  corset,  ces  visages  de  femmes,  Héros 
du  boulevard  de  Gand,  A.  BARBIER,  ïambes,  Curée.] 

il  Néolof/.  Jeune  dandy. 

'GANELONNERli:  [gan'-lon'-ri  ;  en  vers,  gà-ne-lô- 
ne-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  Ganelon,  traître  célèbre  de  nos  an- 
ciennes chansons  de  geste,  §  69.  Le  mot  est  propre  à 
sÉv.  et  paraît  être  un  emprunt  au  provenç.,  ganeloun  étant 
encore  employé  dans  le  midi  de  la  France  comme  syno- 
nyme de  <i  traître  »,  §  11.  |I  xvn=  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Inusité.  Trahison.  Si  je  doute  de  la  sincérité  de  votre 
conduite  et  de  la  —  de  la  sienne,  sÉV.  262. 

GANER  [gà-né]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gano,  §  154.  ||  1771.  trév.  Admis  acad. 
1878.] 

II  (Jeu  d'hombre.)  Inviter  son  partenaire  à  laisser  la 
main.  ||  Laisser  la  main  qui  est  demandée. 

GANGLION  [gan-gli-yon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ganglion,  gvcc^if^'k:Qy,vi.  s.] 
Il  xvi"  s.  PARÉ,  V,  6.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Anat.)  Organe  globuleux  formé  par  un  nœud  de 
fibres  nerveuses  ou  de  vaisseaux  lymphatiques.  Ganglions 
nerveux,  lymphatiques.  ||  Tumeur  globuleuse  développée 
sur  le  trajet  des  tendons. 

GANGLIONNAIRE  [gan-gli-yô-ner]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gangUon,  §  248.  Ij   Néolog.  Admis 

ACAD.   1878.] 

Il  (Anat.)  Qui  se  rapporte  aux  ganglions.  Système  — ,  le 
système  nerveux  de  la  vie  organique.  ||  Affection  — . 

GANGRÈNE  [gan-grën'  ;  vieilli  et  pop.  kan-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gangraena,  grec  viyypaiva, 
pourriture.  ||  xvi^  s.  paré,  x,  11.] 

Il  (Médec.)  Désorganisation  putride  des  tissus  ani- 
maux. —  humide,  où  la  partie  gangrenée  est  engorgée  de 
liquide.  —  sèche.  —  sénile,  gangrène  sèche  qui  affecte 
qqf  les  extrémités  chez  les  vieillards.  —  des  os,  nécrose. 
Il  Fig.  Corruption  morale.  Cette  —  du  monde  avait  gagné 
même  des  ducs,  st-sim.  xi,  422.  ||  P.  anal.  Maladie  des 
arbres. 

GANGRENER  [gan-gre-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gangrène,  §  154.  |I  xvi«  s.  paré,  préf.] 

Il  (Médec.)  Affecter  de  la  gangrène.  Voilà  tout  son  corps 
gangrené,  boil.  Ép.  3.  ||  Fig.  Corrompre  moralement. 
Dne  âme  que  vous  avez  gangrenée,  fén.  Dial.  des  morts,  48. 

GANGRENEUX,  EUSE  [gan-gre-neu,  -neuz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gangrène,  §§  65  et  116.  acad.  1762-1835 
écrit  gangreneux,  §  65.  I|  xvi»  s.  Rab.  m,  28.] 

Il  (Médec.)  Qui  est  de  la  nature  de  la  gangrène. 

GANGUE  [gang']  5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  gang,  chemin,  filon  de 
mine,  §  7.  ||  1701.  furet.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Matière  étrangère  oii  se  trouve  engagé  un 
minerai  ou  une  pierre  précieuse.  ||  P.  ext.  (Anat.)  Subs- 
tance amorphe  enveloppant  un  élément  anatomique. 

GANO  [gà-nô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  gano,  je  gagne,  §  13.  |1 
XVII'  s.  V.  à  l'article.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Jeu  d'hombre.)  Terme  par  lequel  un  joueur  de- 
mande à  son  partenaire  de  lui  laisser  la  main.  [Cf.  ganer.) 
Se  plaindre  d'un  —  qu'on  n'a  point  écouté,  boil.  Sat.  10. 

GANSE  [gâns']  5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  mod.  ganso,  m.  s.  proprt, 
«  boucle  d'un  lacet,  d'une  corde,  etc.  »,  d'origine  incer- 
taine {cf.  ital.  gancio,  espagn.  gancho,  crochet),  §  11.  ||  1611. 
Gance,  ganse,  COTGR.] 

Il  Cordonnet  rond  qui  sert  à  border,  à  faire  des  atta- 
ches tenant  lieu  de  boutonnières,  etc.  |I  P.  ext.  Celte 
attache.  ||  P.  ext.  Premier  enroulement  d'un  fil,  d'un 
cordage  qu'on  noue. 

"GANSER  [gan-sé]  v.  tr. 

[ÉTY-M.  Dérivé  de  ganse,  §  154.  ||  Néolog.] 

Il  Border  d'une  ganse.  Dne  robe  gansée. 

•GANSETTE  [gan-sef]  s.  f. 


[ÉTYM.  Dérivé  de  ganse,  §  133.  H  1811.  Gancette,  mozin, 
Dict.  franc. -allem.] 

Il  (Technol.)  |I  1°  Petite  maille  de  certains  filets. 

Il  2"  Ficelle  d'aboutement  de  la  chaîne  du  tisserand. 

GANT  [gan]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  vsrant,  m.  s.  de- 
venu guant,  gant,  §§  6,  498  et  499.  I|  xi^  s.  Livrez  m'en  ore 
le  guant  e  le  bastun,  Roland,  247.] 

II  Enveloppe  de  peau  ou  d'un  tissu  de  fil,  de  laine,  de 
soie,  etc.,  qui  recouvre  la  paume  de  la  main  et  chaque 
doigt  séparément ,  de  manière  à  protéger  les  mains  en 
les  laissant  libres.  Prendre  ses  gants  (pour  sortir).  L'autre... 
Prend  fort  honnêtement  ses  gants  et  son  manteau,  MOL.  Ec. 
des  f.i,  1.  Vieilli.  Gants  de  jasmin,  de  frangipane,  parfumés 
au  jasmin,  à  la  frangipane.  ||  —  d'oiseau,  pour  la  main 
dont  on  portait  le  faucon  —  d'escrime  ,  gant  rembourré 
pour  la  main  dont  on  tient  le  fleuret.  Jeter  le  — ,  jeter  à 
qqn  son  gant,  en  signe  de  défi.  Relever  le  —,  le  ramasser 
en  signe  qu'on  accepte  le  défi.  Fig.  Jeter  le  — ,  relever  le 
— ,  faire,  accepter  un  défi,  une  provocation.  1|  Loc.  prov. 
Cela  vous  va  comme  un  — ,  très  bien.  Être  souple  comme  un 
— ,  d'un  caractère  docile.  Ironiqt.  C'est  comme  cela  qu'on 
donne  les  gants  au  roi,  en  parlant  à  qqn  qui  présente  qqch 
d'une  manière  peu  convenable.  ||  /'.  plaisant.  Perdre  ses 
gants,  son  innocence  (en  parlant  d'une  fille).  Mainte  fille 
a  perdu  ses  gants.  Et  femme  au  partir  s'est  trouvée,  l.a  k.  Con- 
tes, F.  du  roi  de  Garbe.  \\  Spécialt.  Bonne  main.  Avoir  les 
gants  de  qqch,  en  avoir  le  profit.  [Cf.  l'espagn.  para  guan- 
tes,  pour  avoir  des  gants,  pour  boire.)  J'ai  grand  regret  de 
n'en  avoir  les  gants,  la  f.  Contes ,  Troqueurs.  P.  ext.  Se 
donner  les  gants  de  qqch,  s'en  attribuer  le  mérite.  ||  P.  anal. 
—  de  Notre-Dame,  nom  donné  à  diverses  fleurs  en  forme 
de  doigt  de  gant  (gantelée,  ganteline,  digitale,  ancolie). 

GANTELÉE  [gant'-lé  ;  en  vers,  gan-te-lé]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gant,  §§  63, 118.  I|  1545.  L'herbe...  que  les 
Francoys  nomment  gantelée,  G.  guéroult,  Hist.  des  plantes, 
dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Bolan.)  Campanule  en  forme  de  doigt  de  gant. 

GANTELET  [gant'-lè;  en  vers,  gan-te-lè]  5.  ?«. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gant,  g§  63, 134.  ||  xiiie  s.  Gantelès  de  ba- 
leine, Ordonn.  dans  e.  boileau,  Livre  des  viest.  p.  371, 
Depping.] 

Il  Gant,  recouvert  de  lames  d'acier,  faisant  partie  de 
l'armure  d'un  chevalier.  ||  P.  anal.  Morceau  de  cuir  dont 
les  chapeliers,  les  cordonniers,  les  bourreliers,  se  cou- 
vrent la  paume  de  la  main.  ||  Bandage  de  chirurgie  cou- 
vrant la  main  et  chaque  doigt. 

"GANTELINE  [gant'-lin'  ;  en  vers,  gan-te-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gant,  §§  63  et  100.  ||  1820.  Dict.  des 
sciences  nat.] 

Il  (Botan.)  Espèce  de  campanule. 

GANTER  [gan-té]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gant,  §  154.  ||  xvi»  s.  Main...  laquelle 
estoit  gantée,  marg.  de  valois,  Heptam.  57.] 

Il  Recouvrir  d'un  gant  (la  main).  Avoir  une  main  gantée 
et  l'autre  nue.  P.  ext.  —  qqn,  lui  mettre  des  gants.  Dne 
personne  bien  gantée ,  et,  absolt,  Des  gants  qui  gantent  bien. 
Il  Famil.  —  six,  sept,  mettre  des  gants  dont  la  pointure 
est  six,  sept.  ||  Fig.  Famil.  Cela  me  gante,  c'est  juste  ce 
qu'il  me  faut. 

GANTERIE  [gant'-ri  ;  en  vers,  gan-te-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gantier,  §§  65  et  68.  ||  xiv^  s.  En  la 
fourmagerle  Assez  près  de  la  guanterie,  Mir.  de  Notre-DamCr 
dans  DELB.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Commerce,  fabrique,  magasin  de  gants. 

GANTIER,  1ÈRE  [gan-tyé,  -tyèr]  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gant,  §  115.  ||  1292.  Gantiers,  gantières. 
Rôle  de  la  taille,  dans  delb.  Rec] 

Il  Celui,  celle  qui  fabrique,  qui  vend  des  gants. 

GARAGE  [gà-ràj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garer,  §  78.  ||  1802.  Ordonn.  dans  gou- 
jon, Mémorial  forestier,  ii,  86.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Technol.)  Action  de  garer.  Bassin  de  —  (pour  garer 
les  bateaux).  Voie  de  —  (pour  garer  les  wagons). 

"GARANÇAGE  [gà-ran-sàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garancer,  §  78.  ||  1750.  Garençage,  HEL- 
LOT,  Art  de  teinture,  p.  521.] 

Il  (Technol.)  Action  de  garancer. 

GARANCE  [gà-râns']  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  I|  xii*  s.  La  teste  ot  plus  ver- 


GARANCER  -  H47 

melle  que  n'est  tains  de  warance,  Alexandre ,  dans  godef 
CompI 


GARDE 


Plante  de  la  famille  des  Rubiacôes  dont  la  racine 
séchée  et  pulvérisée  fournit  une  teinture  rouge.  ||  P.  ext. 
Teinture  qu'on  tire  de  cette  plante.  ||  P.  ext.  Couleur 
de  celte  teinture.  Teindre  en  — .  P.  appas.  Le  rouge  — .  Un 
drap  — ,  rouge  garance.  Pantalon  —,  celui  que  porte  en 
France  l'infanterie  de  ligne. 

GARANCER  [gà-ran-sé]  v.  tr. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  garance,  §  154.  |1  1388.  Couleur  appelée 
gaurancie,  dans  du  c.  garaneus.] 

Il  (Technol.)  Teindre  en  garance. 

'GARANCEUR  [gà-ran-se'ur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garance,  §  112.  ||  1671.  Instr.  géncr. 
pour  la  teinture,  dans  uttré.] 

Il  (Technol.)  Ouvrier  qui  teint  en  garance. 

*GARANCIÈRE  [gà-ran-syér]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garance,  §  115.  ||  (Au  sens  1°.)  1700. 
LIGER,  Souv.  Mais.  rust.  dans  delb.  Rec] 

Il  1"  Champ  de  garance. 

Il  2"  Atelier  de  garançage. 

GARANT,  ANTE  [gà-ran,  -rânt']  s.  )n.  et/". 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  wërento,  m.  s. 
subst.  particip.  de  wëren,  garantir  (allem.  moderne  gewaeh- 
ren),  devenu  'guerent,  guarant,  garant,  §§  6,  498  et  499.  || 
Xi<^  s.  J'i  puis  aler,  mais  n'i  avrai  guarant,  Roland,  290.] 

Il  Personne,  chose  qui  assure  qqch  à  qqn.  Moyens  dont 
ils  se  rendront  les  garants,  paSC.  Proi-.  5.  Il  est  mort,  et  j'en 
ai  pour  garants  trop  certains  Son  courage  et  son  nom,  uac. 
Mithr.  V,  1.  Dieux  garants  de  la  foi  que  Jason  m'a  donnée, 
roR\.  Mp'd.  I,  4.  La  singularité  des  faits,  la  nouveauté  même 
des  découvertes,  ne  sont  pas  de  sûrs  garants  de  l'immortalité, 
BUFF.  Style.  Prendre  qqn  à  —,  lui  demander  d'être  garant. 
Elle  (la  fortune)  est  prise  à  —  de  toutes  aventures,  L.\.  F.  Fnh. 
V,  11.  Il  Adjectivt.  Qui  assure  qqch  à  qijn.  S'il  n'était  pas 

—  de  tout  ce  qu'il  m'a  dit,  mol.  Lt.  m,  3.  Vous  me  rendez  — 
du  reste  de  sa  vie,  rac.  Rrit.  i,  2.  Les  dieux  en  sont  garants, 
VOLT.  .Mer.  IV,  5. 

GARANTIE  [gà-ran-ti]  5.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garant,  §  68.  [1  xn<=  s.  Ne  guarantle  ne 
socors,  Éneas,  13.35.] 

Il  Action  de  garantir. 

il  1°  Engagement  par  lequel  on  assure  qqch  "a  qqn. 
Vendre  un  objet  avec  — .  Être  breveté  sans  —  du  gouverne- 
ment. —  de  droit,  due  en  vertu  de  la  nature  des  choses. 

—  formelle,  qui  a  lieu  en  matière  réelle,  hypothécaire.  Le 
vendeur  est  tenu  de  la  —  à  raison  des  défauts  cachés  de  la  chose 
vendue.  Code  civil,  art.  1641.  On  emprunt  fait  sous  la  —  de 
qqn.  jj  Appeler  qqn  en  — ,  le  citer  pour  qu'il  tienne  l'en- 
gagement qu'il  a  pris.  ||  P.  anal.  Ils  appelaient  des  lois 
odieuses  en  —  des  actions  les  plus  lâches,  montesq.  Lett. 
pers.  145.  Bureau  de — ,  oh  l'on  contrôle,  pour  en  certifier 
le  titre,  les  matières  d'or,  d'argent.  ||  P.  ext.  Ce  qui  sert 
de  gage.  Donner  des  garanties  à  qqn.  Prêter  sous  bonnes  ga- 
ranties. 

Il  2»  Moyen  par  lequel  on  assure  contre  ce  qui  peut 
arriver  de  fâcheux.  Les  garanties  constitutionnelles,  qui  pro- 
tègent les  droits  de  la  nation.  Garanties  individuelles,  qui 
protègent  la  sécurité  de  chaque  citoyen. 

GARANTIR  [gà-ran-lîr]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garant,  §  154.  ||  xi*  s.  Jo  ne  vos  puis 
tenserne  guarantir,  Roland,  1864.] 

Il  1"  .assurer  (une  chose)  à  qqn  sous  sa  responsabilité. 

—  une  créance.  Une  montre  garantie  pour  dix  ans.  Le  contrôle 
garantit  le  titre  des  matières  d'or  et  d'argent.  Les  dieux...  Ga- 
rantiront la  fol  de  mes  saintes  promesses,  uac.  Ph'kl.  v,  1.  || 
P.  ext.  Certifier  sous  sa  responsabilité.  Pour  homme  de  bien 
je  garantis  le  maître,  mol.  Tart.  i,  1.  Je  la  garantis  (la  pièce) 
détestable,  id.  Crit.  de  l'Éc.  des  f.  se.  5. 

Il  2"  Assurer  (une  personne,  une  chose)  contre  qq 
événement  fâcheux.  —  qqn  contre  les  poursuites.  En  vain  d'un 
sort  si  triste  on  les  veut  — ,  coRN.  lier,  m,  2.  Ce  sang  qui 
tant  de  fois  garantit  vos  murailles,  ID.  Cid,  ii,  8.  Prendre  des 
précautions  pour  se  —  du  froid.  On  vêtement  qui  garantit  bien 
de  la  pluie. 

'GARBE  [gàrb'].  V.  gabarit  et  galbe. 

GARBURE  [gàr-bûr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  gascon  garburo,  m.  s.  qui  paraît 
apparenté  à  l'espagn.  garblas,  sorte  de  ragoût,  §  11.  ||.\d- 
mis  ACAD.  1798.] 


Il  (Cuisine.)  Soupe  de  pain  de  seigle,  aux  choux  et  au 
lard. 

GARCE  [g'ars']  s.  f. 

[ÉTYM.  Féminin  de  gars,  §  37.  ||  xiii^  s.  Si  leur  soit  tostla 
garce  et  errant  délivrée,  adenet,  Berte,  492.] 

Il  Anciennt.  Fille.  ]  P.  ext.   Fille  de  mauvaise  vie. 

1.  GARCETTE  [gàr-sef]  s.  f. 

[ktym.  Dérivé  de  garce,  §  133.  ||  (Au  sens  I.)  xiii«  s. 
Simple  guarcete,  G.  de  coincy,  dans  godef.  garcete.  |  (Au 
sens  II.)  Admis  acad.  1835.] 

1.  Anciennt.  Petite  fille.  (F.  garce.) 

II.  Fig.  (Marine.)  Petite  corde  faite  de  vieux  cordages 
détressés.  Châtier  un  matelot  à  coups  de  — . 

2.  'GARCETTE  Jgàr-set']  S.  f. 

[ÉTYM.  Empruntédel'espagn.  garceta,  héron(à  aigrette) 
et,  p.  ext.  «  bouquet  de  cheveux  »,  §  13.  ||  xvi«-xvii«  s.  Y. 
à  l'article.] 

il  Anciennt.  Coiffure  de  femme  où  les  cheveux  sont  ra- 
battus sur  le  front.  La  Volupté  n'avait  couverture  que  ses 
cheveux  qui  lui  couvraient  tout  le  front,  et  de  là  la  mode  a  pris 
son  modèle  pour  la  —  de  ce  temps,  d'aub.  FœnestCj  iv,  17. 

3.  'GARCETTE  [gàr-srf]  S.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  garzetta,  diminutif  de  garza. 
chardon,  carde,  §  12.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Technol.)  Petite  pince  pour  épincer  le  drap. 

GARÇON  [gàr-son]  .?.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue  ;  le  mot  se  retrouve  dans  l'ital. 
garzone,  l'espagn.  garzon,  etc.  [Cf.  gars.)  ||  xi^  s.  Que  n'i 
adelst  esquiers  ne  garçun,  Roland,  2437.1 

I.  Il  l^Enfant  du  sexe  masculin.  Elle  aeu  deux  filles  et  un 
— .  On  petit  — .  Fig.  Être  traité  par  qqn  en  petit  — .  Être  pe- 
tit —  auprès  de  qqn,  sur  un  pied  d'infériorité.  Dn  grand — . 
Il  P.  ext.  Jeune  homme.  Un  beau  — .  Fig.  Ironiqt.  Vous 
êtes  un  joU  — .  Un  bon,  un  brave  — .  Enfonce  ton  bonnet  en  mé- 
chant — ,  MOL.  Scap.  I,  5. 

Il  2'^  Personne  du  sexe  masculin  non  mariée.  Rester 
— .  Un  vieux  — .  Dire  adieu  à  la  vie  de  — ,  se  marier.  Un  loge- 
ment de  — .  (Syn.  garçonnière.)  Un  déjeuner  de  garçons, 
d'hommes  non  mariés,  ou  d'hommes  sans  leurs  femmes. 
Il  —  d'honneur,  chargé,  dans  un  mariage,  d'aller  chercher 
les  invités  en  voiture,  d'assister  les  mariés  pendant  la  cé- 
rémonie, etc. 

II.  Jeune  ouvrier  travaillant  pour  le  compte  de  son 
maître.  —  tailleur.  —  serrurier.  |!  P.  ext.  Employé  subal- 
terne. Un  —  de  bain.  Un  —  de  café.  Un  —  de  bureau. 

'GARÇONNER  [gàr-sô-né]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garçon,  §  154.  ||  xiii»  s.  n  n'a...  Garçon 
qui  ne  l'ait  garçonee,  Renart,  vu,  485.] 

Il  Famil.  Jouer  avec  les  garçons,  en  parlant  d'une  fille. 

•GARÇONNET  [gàr-sô-nè]  .y.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garçon,  §  133.  ||  xni«  s.  Un  garsonnet  a 
apelé,  Renart,  ix,  748.] 

Il  Petit  garçon.  Vêtements  pour  enfants  et  garçonnets. 

GARÇONNIÈRE  [gàr-s5-nyèr]  adj.  et  .<j.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garçon,  §  115.  |i  xu"  s.  A  toute  gent  com- 
munax  garsoniere,  Raoul  de  Cambrai,  1.331.] 

I.  Adj.  fém.  Qui  aime  à  jouer  avec  les  garçons.  ||  Subs- 
tantivt.  Cette  fille  est  une  — . 

II.  Famil.  Néolof/.  S.  f.  Logement  de  garçon. 
1.  GARDE  [gàrd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  garder,  §  52.  ||  xi»  s.  Malvalse 
t'ai  fait  soz  mon  degret  guarde,  5<  Alexis,  393.] 

I.  .\clion  de  garder. 

Il  l»  .\clion  de  veillera  ce  qu'une  personne,  une  chose 
ne  parte  pas,  ne  se  perde  pas,  n'éprouve  pas  de  dommage. 
Être  mis  sous  bonne  — .  Un  enfant  que  Dieu  même  à  ma  — 
confie,  R.\c.  .llh.  v,  2.  Et  je  viens  vous  chercher  pour  vous 
prendre  en  ma  — ,  coRN.  Sicom.  v,  6.  Les  soldats  chargés 
de  la  —  du  souverain.  Fig.  L'amour  de  ses  sujets  est  une  sûre 
—,  ROTROU,  Antig.  n,  4.  jj  La  —  de  deux  filles  est  une  charge 
un  peu  trop  pesante  pour  un  homme  de  mon  âge,  mol.  Prec. 
rid.  se.  4.  Avoir  la  —  d'un  enfant.  |  Sprciall.  Féodal.)  — 
noble,  bourgeoise  (.\Cad.  écrit  garde-noble,  garde-bourgoise\ 
jouissance  par  le  survivant  de  deux  époux  de  condition 
noble,  bourgeoise,  du  bien  des  enfants  jusqu'à  l'âge  fixé 
par  la  loi .  à  charge  de  les  entretenir  et  de  les  élever.  Ce 
que  nos  coutumes  appellent  la  —  noble,  laqueUe  est  fondée  sur 
d'autres  principes  que  ceux  de  la  tutelle,  MONTr-O-  Espr.  des 
lois,  XXXI,  33.  I  Avoir  la  —  d'un  malade.  L'interne  de  —,  qui 
est  de  garde  dans  un  hôpital.  La  —  d'une  maison.  Dn  chien 


GARDE 


—  1148 


GARDE-FOU 


de  — .  Avoir  la  —  d'un  poste.  Faites  doubler  la  —  aux  murs, 
CORN.  Cid,  II,  6.  Monter  la  —,  se  rendre  au  poste  pour  le 
garder,  et,  p.  ext.  être  de  garde.  Descendre  la  —,  revenir 
après  avoir  été  de  garde,  et,  fig.  trivial,  mourir.  ||  Un  corps 
de  —,  un  corps  de  soldats  chargés  de  la  garde  d'un  poste, 
et,  p.  cxt.  le  l)àliment  où  ils  se  tiennent.  Mettre  qqn  au  corps 
de  —,  l'y  enfermer  sous  les  verrous.  Ces  princesses  fumaient 
avec  des  pipes  qu'elles  avaient  envoyé  chercher  au  corps  de  — 
suisse,  ST-SIM.  I,  286.  ||  Prendre  en  —  des  tapis,  des  fourrures. 
P.  ext.  Les  gardes,  les  fourrures  prises  en  garde.  Des  fruits 
de  — ,  qui  se  gardent  sans  se  gâter. 

Il  2"  (Escrime.)  Action  d'éviter  un  coup.  Être  en  —,  se 
mettre  en  — .  En  —,  Monsieur!  MOL.  B.  gent.  n,  3.  Tenir  la  — 
haute,  basse.  ||  Flri.  Se  mettre  en  —  contre  qqn,  contre  qqch, 
se  tenir  sur  ses  gardes,  veiller  à  ne  pas  se  laisser  surpren- 
dre. P.  plaisant.  Fig.  ns  (vos  yeux)  se  mettent  sur  leur  — 
meurtrière,  MOL.  Préc.  rid.  se.  9.  Être  hors  de  — ,  hors  d'état 
de  se  défendre  ou  d'attaquer.  Léandre  pour  nous  nuire  est 
hors  de  —  enfin,  mol.  Et.  m,  4.  Se  donner  — ,  prendre  — , 
et,  vieilli,  Se  donner  de  —,  faire  attention  à  ne  pas  se  lais- 
ser surprendre.  Donnez-vous  de  —  des  faux  Christs  et  des 
faux  prophètes,  Boss.  llist.  univ.  ii,  23.  Prenez  —  à  vous, 
et,  ellipt,  —  à  vous!  commandement  aux  soldats  de  se 
tenir  immobiles,  prêts  à  exécuter  un  commandement.  || 
P.  ext.  Prendre  —  à  qqn,  à  qqch,  faire  attention  à  qqn,  à 
qqch.  Je  n'aurais  pas  pris  —  à  elle,  mariv.  Pays.  parv.  3. 
Avec  à,  de  et  un  in  fin.  Prenez  bien  —  au  moins  à  ne  lui  point 
parler  du  diamant,  mol.  B.  gent.  m,  16.  Prenez  —  de  tomber. 
Il  N'avoir  —  de  faire  qqch,  ne  pas  y  songer,  en  être  éloigné. 
II  n'a  —  d'aller  avouer  cela,  mol.  Scap.  i,  4.  Cette  pièce...  n'a 
—  d'être  dans  les  règles,  coRN,  Mi^l.  Exam. 
II.  Ce  qui  sert  à  garder. 

Il  1"  Personnes  qui  gardent,  j  1.  Ceux  qui  montent  la 
garde  dans  un  poste.  La  —  montante,  descendante,  qui  va 
prendre,  qui  quitte  le  service.  Relever  la  —,  remplacer 
ceux  qui  ont  fait  leur  temps  de  faction.  Spécialt.  La — , 
soldats  ou  agents  de  police  placés  dans  un  lieu  de  la  ville, 
pour  la  sûreté  publique.  Appeler  la  — .  |  P.  ext.  Patrouille. 
La  —  passe.  |  2.  Grand  — ,  petit  corps  de  troupe  placé  en 
avant  d'un  campement  pour  prévenir  une  surprise.  — 
avancée,  dite  autrefois  —  folle,  placée,  pour  plus  de  sûreté, 
en  avant  de  la  grand  garde.  |  3.  Soldats  chargés  plus  par- 
ticulièrement du  service  auprès  d'un  souverain.  La  —  qui 
veille  aux  barrières  du  Louvre,  malh.  Poës.  11.  Les  archers  de 
la  — .  La  —  française,  chargée  de  garder  les  avenues  des 
lieux  où  le  roi  était  logé.  Ellipt.  Un  —  française  (un  soldat 
de  la  garde  française),  et,  au  pliir.  abusivt.  Des  gardes 
françaises.  La  —  royale,  impériale,  et,  ellipt,  La  — .  Les  cui- 
rassiers de  la  —  (sous  Napoléon).  La  vieille  — ,  composée 
des  plus  anciens  soldats.  La  jeune  — .  |  4.  —  nationale,  mi- 
lice composée  des  citoyens  armés  pour  le  maintien  de 
l'ordre.  —  nationale  mobile,  troupe  levée  dans  certaines 
circonstances  pour  seconder  la  troupe  de  ligne.  —  muni- 
cipale (dite  plus  tard  — républicaine,  —  de  Paris),  sorte  de 
gendarmerie  créée  pour  le  service  de  Paris.  |  5.  —  d'hon- 
neur, troupe  chargée  du  service  de  l'escorte,  de  la  garde 
d'un  personnage  auquel  on  rend  les  honneurs  militaires. 
Il  2"  Choses  qui  gardent.  Les  gardes  d'un  livre,  feuillets 
blancs  placés  entre  les  pages  du  livre  et  la  couverture.  || 
La  —  d'une  épée,  d'un  poignard,  partie  qui  sert  à  couvrir  la 
main,  il  lui  enfonça  son  épée  dans  le  sein  jusqu'à  la  — .  ||  Les 
gardes  d'une  serrure,  pointes  de  fer  destinées  à  entrer  dans 
le  panneton  de  la  clef,  pour  qu'une  autre  clef  ne  puisse 
tourner  dans  la  serrure.  ||  (T.  de  jeu.)  Avoir  une  —  à  carreau, 
àtrèfle,  etc.,  une  carte  basse  de  carreau,  de  trèfle,  etc.,  qui 
en  protège  une  de  valeur.  ||  Fig.  Elle  mit  une  —  de  prudence 
sur  ses  lèvres,  flégh.  Aiguillon. 
2.  GARDE  [gàrd']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Tiré  de  garde  1,  §  37.  ||  xii^  s.  Sonious  gardes  de 
sa  povreteit,  Dial.  Grégoire,  p.  133.] 

Il  Celui,  celle  qui  a  la  garde  de  qqn,  de  qqch. 
Il  1"  S.  m.  Soldat  de  la  garde  d'un  souverain.  Ses  gar- 
des affligés  Imitaient  son  silence,  autour  de  lui  rangés,  rac. 
Phèd.  V,  6.  Il  —  royal,  —  municipal,  —  national,  soldat  de 
la  garde  royale,  municipale,  nationale.  ||  Gardes  nobles, 
chargés  de  la  garde  de  la  personne  du  pape.  ||  Gardes  du 
corps,  cavaliers  de  maison  noble  chargés  de  garder  la 
personne  du  roi.  ||  —  champêtre,  agent  préposé  à  la  garde 
des  propriétés  rurales.  ||  —  forestier,  agent  préposé  à  la 
conservation  des  forêts  de  l'État.  \\  —  du  commerce,  agent 


chargé  de  mettre  à  exécution  les  contraintes  par  corps. 
Il  Les  gardes  de  la  marine,  et,  ellipt,  Les  gardes-marine,  offi- 
ciers de  marine  (créés  par  Colbert)  remplacés  aujourd'hui 
par  les  aspirants.  ||  —  des  sceaux,  le  ministre  de  la  justice, 
auquel  sont  confiés  les  sceaux  de  l'État.  {Cf.  garde-scel.) 
Il  2o  S.  f.  Une  —,  femme  qui  garde  les  malades.  [Cf. 
garde-malade.)  M.  de  Savoie  la  servit  durant  cette  maladie 
comme  aurait  fait  une  — ,  ST-siM.  il,  357. 

GARDE-BARRIÈRE  [gàr-de-bâ-rvèr]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  barrière, 
§  209.  Il  Néolog.  Admis  acad.  1878.] 

Il  Employé  chargé  de  garder  une  barrière  (pour  perce- 
voir l'octroi,  interdire  l'accès  d'une  voie  ferrée,  etc.). 
GARDE-BOIS  [gàr-de-bwà]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  bois,  §  209. 
Il  1617.  Thresor  des  trois  langues,  dans  delb.  Rec.  Admis 
ACAD.  1694.] 
Il  Agent  chargé  de  garder  les  bois  d'un  domaine. 
GARDE-BOURGEOISE  [gàrd'-bour-jwàz'].  V.  garde  1. 
GARDE-BOUTIQUE  [gar-de-bou-tïk']  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  boutique, 
§  209.  Il  1642.  ouD.  Admis  acad.  1718.] 

Il  l"  Vieilli.  Objet  que  le  marchand  garde  parce  qu'il 
n'est  pas  de  vente.  [Sgn.  garde-magasin.)  ||  P.  ext.  Fig.  Un 
fidèle  miroir  est  un  — ,  dufresny,  Poésies,  Étr.  de  Mercure. 
Il  2°  Nom  donné  au  martin-pècheur,  oiseau  dit  aussi 
drapier,  parce  que  sa  dépouille  passe  pour  éloigner  les 
teignes,  les  mites. 

"GARDE-CANAL  [gàr-de-kà-nal]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  canal, 
§  209.  Il  Néolog.] 

Il  Agent  chargé  de  surveiller  un  canal. 
"GARDE-CENDRE  [gkr-de-sândr']  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  cendre, 
§209.  Il  Néolog.] 

Il  Galerie  placée  en   avant  du  foyer  d'une  cheminée, 
pour  retenir  la  cendre,  les  charbons.  [Cf.  garde-feu.) 
GARDE-CHASSE  [gàr-de-chas']  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  chasse, 
§  209.  1|  1690.  FURET.  Admis  acad.  1694.] 
Il  Agent  chargé  de  garder  une  chasse  réservée. 
"GARDE-CHIOURME  [gàr-de-chyourm']  5.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  chiourme, 
§  209.  Il  Néolog.] 
Il  Surveillant  de  la  chiourme,  des  galériens. 
GARDE-CORPS  [gàr-de-kor]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  corps, 
§  209.  Désigne  une  sorte  de  vêtement  en  anc.  franc.  || 
(Au  sens  actuel.)  1690.  furet.  Admis  acad.  18.35.] 

Il  (Marine.)  Balustrade  qui  garnit  le  bord  d'un  navire. 
{Cf.  garde-fou.)  ||  Faux  —,  cordage  fixé  à  la  tête  du  beau- 
pré pour  diriger  ce  mât  quand  on  le  met  en  place. 
*  GARDE-CÔTE  [gàr-de-kôf]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du   verbe   garder)  et  côte, 
§  209.  Il  1617.   Vaisseaux  de  guerre  garde  costes,  Mercure 
franc,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 
Il  1°  Vaisseau  chargé  de  garder  les  côtes. 
Il  2"  Soldat  chargé  de  la  surveillance,  de  la  garde  des 
côtes.  Valets  à  qui  Pontchartrain  donnait  les  emplois  de  garde- 
côtes,  ST-SIM.  XII,  285. 

*GARDE-CROTTE  [gàr-de-krof]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  crotte, 
§  209.  Il  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Bande  de  cuir  fixée  au-dessus  des  roues 
pour  garantir  de  la  crotte,  de  la  boue,  ceux  qui  sont  dans 
une  voiture. 

GARDE-ÉTALON  [gàr-dé-tà-lon]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)   et  étalon, 
§  209.  Il  1700.  LiGER,  Nouv.  Mais.  rust.  dans  delb.  Rec. 
Admis  acad.  1798.] 

Il  Agent  chargé  de  garder  les  étalons  dans  les  haras. 
GARDE-FEU  [gàr-de-feîi]  s.  m. 

[ÉTY'M.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  feu  1, 
§  209.  Il  1680.  RICHEL.  Admis  acad.  1740.] 

Il  Grille,  toile  métallique  qu'on  met  devant  une   che- 
minée ou  foyer,  pour  préserverdu  feu.  (C/".  garde-cendre.) 
GARDE-FOU  [gàr-de-fou]  s.  m. 
[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  fou  2, 

§209.  Il    1611.  COTGR.] 

Il  Balustrade,  parapet  dont  on  garnit  le  bord  d'un  fo'ssé, 


GARDE-FRAISIL  -  i 

(l'un  pont,  etc.,  pour  empêcher  qu'on  ne  tombe.  {Cf. 
garde-corps.) 

*  GARDE-FRAISIL  [gàr-de-frè-zi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  fraisil, 
§209.  Il  Npolor/.] 

Il  (Technol.)  Plaque  de  fer  qui  entoure  l'àtre  d'une 
forge  et  retient  le  fraisil. 

GARDE-MAGASIN  [gàr-de-mà-f;;i-zin]  s.  m. 

[ÉTYiM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  magasin, 
§  209.  Il  1690.  FURET.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1°  Employé  chargé  de  garder  un  magasin. 

Il  2°  P.  ext.  Vieilli.  Objet  que  le  marchand  garde,  parce 
qu'il  n'est  pas  de  vente.  {Syn.  garde-boutique.) 

'GARDE-MAIN  [gàr-de-min]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  lie  garde  (du  verbe  garder)  et  main, 
§  209.  Il  Nrolo(].] 

Il  Papier  qu'on  met  sous  sa  main  en  écrivant,  en  dc>^- 
sinant,  en  brodant,  etc.,  pour  ne  pas  ternir  l'ouvrage  au- 
quel on  travaille.  [Cf.  sous-main.) 

GARDE-MALADE  [gàr-de-mà-làd']  s.  7)i.  et  f. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  malade, 
§  209.  Il  Admis  acad.  1835.] 

Il  Celui,  celle  qui  garde  les  malades. 

GARDE-MANCHE  [gàr-de-mânch']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  manche, 
§  209.  Il  1642.  Garde-manches,  ouD.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Fausse  manche  qu'on  met  par-dessus  les  manches 
du  vêlement  pour  les  préserver  pendant  qu'on  travaille. 

GARDE-MANGER  [gàr-de-man-jé]  s.  vi. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  manger 
(subst.),  §  209.  Il  1285.  Li  gardemengiers  fera  la  pale,  dans 
GODEF.  gardemangier.  |  1397.  Du  estuy...  pour  mettre  un  gar- 
demengier,  dans  laborde.  Émaux,  p.  327.] 

Il  Lieu  où  l'on  conserve  les  aliments.  ||  Spécialt.  Petite 
armoire  formée  de  châssis  tendus  de  toile  métallique,  lais- 
sant passer  l'air,  et  où  l'on  conserve  les  aliments.  Des  — . 

GARDE-MARINE  [gàr-de-mà-rin'].  V.  garde  2. 

GARDE-MARTEAU  [gàr-de-màr-tô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  marteau, 
§  209.  Il  1669.  Ordonn.  dans  isambert,  Rec.  cjcn.  des  anc. 
lois  franc,  xviii,  257.  Admis  acad.  1718.] 

Il  Anciennt.  Officier  de  la  maîtrise  des  eaux  et  forêts, 
dépositaire  du  marteau  avec  lequel  on  marquait  les  ar- 
bres destinés  à  être  coupés. 

GARDE-IfflBUBLE  [gàr-de-meubl']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  meuble, 
§  209.  Il  1680.  RicHEL.] 

Il  1°  Bâtiment  où  l'on  garde  des  meubles.  Spëcialt.  — 
de  la  couronne,  —  national,  où  l'on  garde  les  meubles  du 
souverain,  de  l'État. 

Il  2°  Oflicier  chargé  de  la  garde  des  meubles  de  la  cou- 
ronne. 

"GARDE-MINE  [gàr-de-min']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  mine, 
§209.  Il  Néoloq.] 

Il  Agent,  dit  autrefois  conducteur  des  mines,  servant 
d'auxiliaire  aux  ingénieurs. 

'GARDÉNIA  [gàr-dé-nyà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  gardénia,  m. 
s.  nom  donné  par  linné  à  cette  plante  en  l'honneur  du 
botaniste  écossais  Garden  (1728-1792).  On  trouve  qqf  gar- 
dène  (engycl.  méth.  1786).  ||  1777.  kncycl.  SuppL] 

Il  (Botan.)  Arbrisseau  de  la  famille  des  Rubiacées. 

GARDE-NOBLE  [gàr-de-nôbl'^.   1'.  garde  1  et  2. 

GARDE-NOTE  et  mieux  *GARDE-NOTES  [gàr-de- 
nôt']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  note, 
§209.  Il  1611.  Notaires  et  gardenotes  du  roy,  dans  delb.  Rec] 

Il  Vieilli.  Celui  qui  a  la  garde  des  minutes  des  contrats, 
des  rôles,  des  pièces  de  procès.  Notaire,  conseiller  — . 

GARDE-PÊCHE  [gàr-de-pèch']  *-.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  pèche, 
§209.  Il  Admis  acad.  1762.] 

Il  Agent  chargé  de  la  police  des  rivières,  des  fleuves. 

"GARDE-PLATINE  [gàr-de-plà-lin'] .?.  ?«. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  platine, 
§209.  il  1751.  ENCYCL.  bas.] 

Il  (Technol.)  Pièce  de  métier  à  bas  qui  garantit  les  pla- 
tines du  contact  de  la  presse.  ||  Morceau  de  cuir  ou  d'é- 
toffe qui  sert  à  garantir  la  platine  d'un  fusil. 


149  -  GARDE-ROBE 

*GARDE-PORT  [gàr-de-por]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  port 
§  209.  Il  Néolog.] 

Il  Agent  chargé  de  recevoir  et  de  placer  les  marchan- 
dises déposées  par  bateau  dans  le  port  d'une  rivière. 

GARDER  [gàr-dé]  v.  intr.,  tr.aipvon. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  german.  wardon  (allem.  moderne 
■warten),  veiller,  être  sur  ses  gardes,  devenu  guarder,  gar- 
der, S.§  6,  498  et  499.  ||  xi»  s.  Sit  guarder  al  por  amor  Alexis, 
SI  Alexis,  152.] 

I.  V.  intr.  Éviter  que  qqch  ait  lieu.  Garde  bien  qu'on  te 
voie,  CORN.  Cid,  m,  4.  Gardez  qu'avant  le  coup  votre  dessein 
n'éclate,  rac.  Andr.  m,  1.  Gardons  d'être  surpris,  mue.  Pourc. 
1, 1.  Il  1'.  ext.  Veiller  à  éviter  de  faire  qqch.  A  ces  honteux 
moyens  gardez  de  recourir,  corn.  Rodorj.  m,  2.  Et  gardez  de 
rien  dire,  .mol.  Èc.  des  f.\,  1. 

II.  V.  pron.  Se  —  de.  |  1.  Éviter  de  faire  qqch.  Gardez- 
vous,  leur  dit-il,  de  vendre  l'héritage,  la  k.  Fah.  v,  9.  Gardez- 
vous  de  la  quitter  des  yeux,  mol.  Éc.  des  f.  v,  5.  |  2.  Veiller 
à  se  préserver  de  qqch,  de  qqn.  De  ses  fureurs  songez  à  vous 
—,  RAC  Mithr.  IV,  2. 

III.  V.  tr.  Préserver  de  qqch.  Des  roses  que  sa  main 
gardera  de  vieillir,  rac.  Poés.  3.  Ce  qui  est  nécessaire  pour 
nous  —  de  toute  injure,  pasc.  Prov.  14.  ||  Absolt.  Que  Dieu 
vous  garde,  et,  vieilli.  Dieu  vous  gard  (veille  à  vous  préserver 
de  tout  mal).  Dieu  vous  gard,  mon  frère!  mol.  F.  sav.  ii,  2. 
Dieu  te  gard,  Nicodème,  hauteroghe,  Deuil,  se.  16.  Grand 
Dieu,  gardez  donc  son  innocence,  mass.  Tentai,  des  fjrunds, 
3.  Il  AbsoU.  Préserver  (qqn,  qqch).  —  un  dépôt,  des  enjeux. 
Le  bâtiment  où  sont  gardées  les  archives.  Donner  des  fourrures 
à  — .  Du  vin,  des  fruits  qui  ne  se  gardent  pas.  Être  chargé  de 

—  la  maison.  —  les  bois,  la  chasse.  —  les  troupeaux.  Loc. 
prov.  Trivial.  Nous  n'avons  pas  gardé  les  cochons  ensemble 
(pour  reprocher  à  qqn  une  familiarité  choquante^.  —  les 
manteaux,  les  cannes,  les  parapluies.  —  les  balles  (au  jeu  de 
paume;.  Flg.  —  les  manteaux,  les  balles,  et,  vieilli,  —  le  mu- 
let, attendre  à  la  porte  pendant  que  qqn  se  divertit.  Et  moi, 
durant  ce  temps,  je  garderai  les  balles,  corn.  Place  Royale, 
II,  7.  P.  ext.  En  donner  à  —  à  qqn,  lui  en  faire  accroire. 
Ne  m'en  donnes-tu  point  à  —  ?  mol.  B.  gent.  m,  10.  ||  —  un 
malade.  j|  Les  soldats  chargés  de  —  la  personne  du  souverain. 
Il  —  les  remparts,  —  un  poste,  —  les  côtes.  |  (Jeu  de  cartes.) 
Se  —  à  carreau,  à  trèfle,  etc.,  préserver  une  grosse  carte  de 
carreau,  de  trèlle,  etc.,  à  l'aide  d'une  petite.  Fig.  Famil.  Se 

—  à  carreau,  prendre  ses  précautions.  ||  P.  ext.  Empêcher 
de  partir.  —  un  prisonnier.  Il  est  gardé  à  vue.  Il  suffira  de 
trois  à  me  — ,  corn.  Poly.  iv,  1.  —  qqn  à  diner.  —  long- 
temps un  fournisseur,  un  serviteur,  un  employé.  —  un  objet 
en  gage.  —  de  l'eau  dans  la  bouche.  —  la  minute  d'un  acte. 

—  copie  d'une  lettre.  Il  garde  pour  lui  les  meilleurs  morceaux. 
Il  Ne  pas  quitter.  —  son  chapeau  sur  sa  tète.  —  son  man- 
teau, ses  gants.  ||  Fig.  —  son  innocence.  —  ses  illusions.  — 
sa  fraîcheur.  —  son  rang.  —  le  souvenir  de  qqn,  de  qqch.  — 
un  secret.  Qu'il  te  souvienne  De  —  ta  parole,  corn.  Cinna, 
V,  1.  Crains  Dieu  et  garde  ses  commandements,  boss.  D.  d'Orl. 
Il  —  remcune  à  qqn.  —  une  dent  contre  qqn,  lui  garder  ran- 
cune. Ellipl.  J'en  parlai  au  comte  de  Toulouse,  qui  abhorrait 
Pontchartrain  et  qui  la  lui  gardait  bonne,  st-sim.  xii,  285.  — 
le  silence.  ||  P.  ext.  Réserver.  On  lui  a  gardé  son  dîner.  —  une 
poire  pour  la  soif,  et,  fig.  réserver  qqch  pour  les  circons- 
tances qui  pourraient  se  présenter.  Il  a  vu  quel  accueil  lu 
gardait  ma  colère,  cORN.  Hor.  v,  8.  C'est  le  prix  que  vous  gar- 
dait l'ingrate,  RAC.  Andr.  ii,  5.  ||  Ne  pas  quitter  lun  lieu). 

—  la  chambre.  —  le  lit.  P.  anal.  —  les  rangs.  —  les  arrêts. 
'GARDERIE  [gàrd'-ri  ;  en  vers,  gàr-de-ri]  5.  /'. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  garder,  §  69.  ||  xvi«  s.  Salles,  chambres 

et  garderies,  vigenère,  dans  delb.  Rec.] 

Il  Asile  où  l'on  garde  les  enfants  en  bas  âge  pendant 
que  la  mère  va  travailler.  [Cf.  crèche.) 

'GARDE-RIVIÈRE  [gàrd'-ri-vyèr  ;  e«  i'e/\y,  gàr-de-...] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  rivière, 
§  209.  Il  Xéolog.] 

Il  Agent  chargé  de  la  police  d'une  rivière. 

1.  GARDE-ROBE  [giird'-rob';  en  vers,  gàr-de-...]  ^.  f. 

[ÉTY.M.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  robe, 
§  209.  Sur  le  genre,  V.  §  211.  ||  xiii»  s.  CU  fet  prendre  toute 
sa  robe  Et  mettre  en  une  garderobe,  dans  montaiGLO.N  et 
RAY'NAUD,  Rec.  dc  fabliaux,  i,  247.] 

I.  Chambre,  armoire  où  l'on  serre  les  robes,  les  ha- 


GARDE-ROBE 


H50  — 


GARGOTER 


bits.  ANDRÉE  :  Est-ce,  Madame,  qu'à  la  cour  une  armoire  s'ap- 
pelle une  —  ?  —  LA  COMTESSE  :  Oui,  butorde,  on  appelle  ainsi 
le  lieu  où  l'on  met  les  habits,  mol.  Escarb.  se.  2.  ||  P.  eo'A. 
Les  robes,  les  habits  d'une  personne.  Avoir  une  —  riche. 
Officier,  valet  de  la  —,  préposé  à  la  garde  des  vêtements 
du  roi.  il  P.  anal.  Plante  odorante  qui  garantit  les  vête- 
ments des  mites.  {Cf.  garde-boutique.) 

II.  Cette  même  chambre  où  l'on  mettait  une  chaise 
percée,  n  demanda  ma  —  et  y  monta  en  grande  hâte,  st-Sim. 
I,  151.  Il  P.  ext.  I  1.  Cabinet  d'aisances.  AUer  à  la  —.1  2. 
Évacuation.  Il  a  eu  plusieurs  garde-robes  abondantes. 

2.  GARDE-ROBE  [gàrd'-rùb';  en  vers,  gàr-de-...]  s.  m. 

[ÉT-i-M.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  robe, 
§  209.  Il  XYi^  s.  Garderobes  et  tabliers,  J.  DE  montlyard, 
dans  DELB.  Rec.  Admis  acad.  1798.] 

Il  Vieilli.  Tablier  à  manches.  Dn  —  gras,  Régnier, 
Sat.  11. 

GARDE-RÔLE  [gàrd'-rôl;  en  vers,  gàr-de-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  rôle,  §209. 
il  1690.  Garde-roUe,  furet.] 

Il  Anciennt.  Officier  de  la  chancellerie  chargé  de  garder 
les  rôles  des  oppositions  faites  à  la  résignation  des  offices. 

GARDE-SACS  [gàr-de-sal<']  s.  m.    ■ 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  sac,  §209. 
Il  1690.  FURET.  Admis  acad.  1798.] 

Il  Anciennt.  Celui  qui  avait  la  garde  des  sacs  conte- 
nant les  pièces  des  procès.  Greffier  — . 

GARDE-SCEL  [gàr-de-sèl]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  scel,  an- 
cienne forme  de  sceau,  §  209.  ||  1637.  Mercure  franc,  dans 
DELB.  iJec.  Admis  AG.\D.  1878.] 

Il  Ancieîint.  Officier  chargé  de  sceller  les  expéditions 
des  actes  de  chancellerie. 

"GARDE-SCELLÉS  [gàr-de-sè-lé]  s.  ?«. 

[ÉTY.M.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  scellé, 
5  209.  Il  Néolog.] 

Il  Celui  à  qui  est  confiée  la  garde  des  scellés. 

GARDEUR,  EUSE  [gàr-deur,  -deuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  garder,  §  112.  ||  XW^  s.  Teus  gardeors 
Que  il  conut  a  des  meillors,  beneeit,  Ducs  de  Norra.  34795.] 

il  Celui,  celle  qui  garde  (qqch).  |j  Spécialt.  \  1.  Celui, 
celle  qui  garde  des  animaux.  Un  —  de  troupeaux.  Une  gar- 
deuse  de  dindons.  |  2.  Aux  halles  de  Paris,  employé  préposé 
a.  la  garde,  au  chargement  des  voitures,  qui  perçoit  le 
droit  de  stationnement  sur  les  voitures,  marchandises,  etc. 

GARDE-VAISSELLE  [gàr-de-vè-sèl]  i'.  m. 

[ÉTY.M.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  vaisselle, 
^  209.  Il  xvit>  s.  Escuyer  de  cuisine  et  gardevaisselle,  LOUIS 
GUYON,  dans  delb.  Rec] 

Il  Officier  qui  a  la  garde  de  la  vaisselle  (d'un  prince). 

GARDE-VENTE  [gàr-de-vânf]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  vente, 
5  209.  Il  1669.  Ordonn.  dans  is.^.mbert,  Rec.  gén.  des  anc. 
lois  franc,  xviii,  238.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Celui  qui  est  chargé  de  l'exploitation  des  coupes  de 
bois ,  pour  l'adjudicataire.  Chaque  adjudicataire  sera  tenu 
d'avoir  un  facteur  ou  —  assermenté.  Code  forestier,  art.  31. 

GARDE-VUE  [gàr-de-vu]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  garde  (du  verbe  garder)  et  vue, 
§  209.  Il  1788.  SALM0N,  Art  du  potier  d'étain,  p.  131.  Ad- 
mis acad.  1878.] 

Il  Visière  pour  garantir  de  la  lumière.  |1  Sorte  d'abat- 
jour. 

GARDIEN,  lENNE  [gàr-dyin,  -dyèn']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Ane.  franc,  gardenc,  dérivé  de  garde,  §  142,  de- 
venu gardien  par  substitution  de  suffixe,  §§  62  et  97.  |i 
XII«  s.  Et  tôt  entor  mist  ses  guardens  Ki  veillassent  la  nulttoz 
tens,  Énéas,  4893.  ||  xiv^  s.  Se  li  gardien  A  ce  tuit  assentoient 
bien,  guill.  de  machault,  p.  30.] 

Il  Celui,  celle  qui  a  la  garde,  la  surveillance  intérieure 
d'un  bâtiment,  d'un  lieupublic,  etc.  Les  gardiens  d'un  musée. 
I  —  des  scellés.  |  Fig .  —  de  la  paix,  agent  de  police.  [,  Spé- 
cialt. Supérieur  de  certains  couvents,  grand  maître  de 
l'ordre  de  la  Jarretière,  etc.  ||  P.  appos.  (Théol.)  Ange  — , 
qui  veille  sur  chaque  homme  de  sa  naissance  à  sa  mort. 
GARDON  [gar-don]  5.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xiii^  s.  Cil  qui  mangue  les  gar- 
dons, G.  DE  coiNCY,  dans  godef.  CotnpL] 

Il  (Hist.  nat.)  Petit  poisson  d'eau  douce  dont  la  chair 
«st  estimée.  Loc.  prov.  Vieilli.  Frais  comme  un  — . 


1.  GARE  [gâr]  interj. 

[ÉTYM.  Tiré  de  l'impératif  de  garer,  §  50.  ||  xvi'^  s.  Guare, 
voy  le  ci!  rab.  iv,  33.] 

Il  Famil.  Avertissement  d'avoir  à  se  garer.  —  qu'aux 
carrefours  on  ne  vous  tympanise,  mol.  Èc.  des  f.  i,  1.  —  la 
cage  ou  le  chaudron  !  la  f.  Fab.  i,  S.  Un  cocher  qui  pousse 
ses  chevaux  sans  crier  — .  Fig.  Sans  leur  dire  —  elle  (la  mort) 
abat  les  humains,  mol.  Et.  ii,  3. 

2.  GARE  [gâr]  5.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  garer,  §  52.  ||  1690.  furet.  Ad- 
mis acad.  1762.] 

Il  1°  Bassin  naturel  ou  artificiel  qui  sert  de  port  dans 
les  rivières.  [Cf.  garage.) 

Il  2"  P.  ext.  Emplacement  ménagé  sur  un  chemin  de 
fer  pour  charger  et  décharger  les  marchandises  ;  pour 
abriter  un  convoi  pendant  qu'un  autre  convoi  passe  ;  pour 
embarquer  et  débarquer  les  voyageurs.  —  militaire,  pour- 
vue d'un  grand  nombre  de  quais,  pour  servir  en  cas  de 
guerre  ou  de  mobilisation.  Un  chef  de  — . 

GARENNE  [gà-rèn'  ;  anciennt,  -ràn']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  bas  lat.  warçnna,  ?«.  s.  dérivé  du  même  ra- 
dical german.  que  guérir,  §§  6,  99,  498  et  499.  i]  xiii^  s. 
Tant  chevauche  bois  et  garanne  Qu'en  la  cit  vint  de  Theroane, 
Renart,  x,  283.] 

Il  1»  Vieilli.  Lieu  de  réserve  pour  la  pêche,  la  chasse. 
Il  P.  anal.  —  à  poisson,  réservoir  pour  le  poisson  dans  les 
étangs.  Il  P.  ext.  Tabacs  en  — ,  en  entrepôts. 

Il  2°  Spécialt.  Lieu  entouré  de  murs,  de  fossés  ou  de 
treillages,  et  peuplé  de  lapins.  ||  P.  ext.  Bois,  bruyère,  oii 
le  lapin  abonde.  Un  lapin  de  — . 

GARENNIER  [gà-rô-nyé  ;  anciennt,  -rà-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garenne,  §  115.  ||  xiie-xiiie  s.  Des  fores- 
tiers et  de  vsrarenniers.  Charte  de  Jean  sans  Terre,  dans  go- 
def. garenier.] 

Il  Celui  qui  garde  une  garenne. 

GARER  [gâ-ré]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Autre  forme  de  guérir  (anciennement  garir\  qui 
paraît  être  un  infinitif  refait  par  erreur  d'après  le  futur 
garrai,  contraction  de  gariral,  §  627.  ||  1564.  Garrer  un  ba- 
teau, J.  THIERRY,  Dict.  franç.-lat.] 

il  1°  Mettre  hors  de  l'atteinte  de  qqch.  Se  — ,  —  qqn  des 
voitures.  L'abbé  voulait  tuer  Arnaud,  gui  s'en  gara  bien,  st-sim. 
1,58. 

Il  2"  Spécialt.  Mettre  (un  bateau)  à  l'abri  dans  un  bas- 
sin. Il  Mettre  (un  convoi)  à  l'abri  dans  un  emplacement 
ménagé  sur  la  voie  ferrée. 

•GARGAMELLE  [gàr-gà-mèl]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  provcnç.  gargamela,  m.  s.  mot  de 
formation  obscure,  mais  dont  le  premier  élément  se  re- 
trouve dans  l'anc.  franc,  gargate  (  V.  gargoter),  §11.11  i^68. 
La  gargamele  ou  gosier,  dans  du  C.  gargalio.] 

il  Pop.  Gosier.  Je  vais  me  rafraîchir  un  peu  la  — ,  n.\UTE- 
ROCHE,  l'Amant  qui  iv;  flatte  point,  iv,  9. 

GARGARISER  [gàr-gà-ri-zé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gargarlzare,  grec  Yipyapi^etv, 
m.  s.  Il  xiv«  s.  Gargarizier,  Somme  M"  Gautier,  mss  franc. 
Bibl.  nat.  1288,  f  49,  v».] 

Il  Humecter  (l'entrée  de  la  gorge)  avec  un  liquide  qu'on 
y  laisse  séjourner  un  moment,  en  l'agitant  par  un  mou- 
vement d'aspiration.  Se  —  la  gorge,  et,  ellipt,  Se  — . 

GARGARISME  [gàr-gà-rïsm']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gargarisma,  grec  Yapyipiffjia, 
m.  s.  Il  xiii^  s.  Livre  de  fisique,  dans  godef.  Co?nj}l.] 

Il  Liquide  préparé  pour  gargariser  la  gorge. 

GARGOTAGE  [gàr-gô-taj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gargoter,  §§  69  et  78.  ||  1642.  Gargot- 
terie,  OUD.  |  1690.  Gargottage,  furet,  acad.  admet  gargo- 
tage  en  1718.] 

|]  Cuisine  semblable  à  celle  qu'on  fait  dans  une  gargote. 

GARGOTE  [gàr-gôt'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gargoter,  au  sens  I,  §  52.  H  1680. 

RICHEL.] 

Il  Restaurant  de  bas  étage. 

GARGOTER  [gàr-gô-té]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Pour  gargater,  dérivé  de  l'anc.  franc,  gargate, 
gosier,  §g  62,  154  et  167.  [Cf.  gargamelle.)  Le  sens  II  a 
été  tiré  après  coup  de  gargote,  §  154.  ||  xiv^  s.  En  gargue- 
tant  dedensleur  gueulle,  GaST.  piiébus,  C/iasse,  dans  godef. 
gargueter.] 

I.  Vieilli  et  dialect.  Faire  du  bruit  en  bouillonnant. 


GARGOÏERIE 


—  llol 


GARNISON 


Pourvu  que  nous  ayons  de  quoi  faire  —  la  marmite,  Caquets  de 
l'accouchre,  7.  ii  P-  anal.  Boire,  manger  malproprement. 

II.  Fre'quenter  Ifs  gargotes. 

•GARGOTERIE  [gàr-gÔt'-ri  ;  en  vers,  -gô-te-ri]  *.  /". 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gargotier,  §§  65  et  68.  ||  xvii«  s.  V.  à 
l'article.] 

Il  Vieilli.  Gargote.  Dans  les  collèges  et  dans  les  gargoteries, 
FURET.  I{07n.  ôourr/.  II,  110. 

GARGOTIER,  1ÈRE  [gàr-gù-tyé,  -tvèr]  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gargote,  §  115.  ||  1642.  oud.] 

Il  Celui,  celle  qui  tient  une  gargote.  Fils  de  paysan  ou  de 
—,  FURET.  liom.  l/oiirg.  ii,  79.  jj  Fi(f.  Celui,  celle  qui  fait 
la  cuisine  comme  on  la  fait  dans  une  gargote. 

•GARGOUILLADE  [gàr-gou-yàd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gargouille,  S  120.  [Cf.  gargouillée.)  || 
1757.  ENCYCL.  Admis  acau.  1762;  suppr.  en  1878.] 

Il  1»  Trait  de  chant  confus  qui  rappelle  le  bruit  de  l'eau 
tombant  d'une  gargouille. 

Il  2»  P.  ext.  Pas  de  danse  en  pirouette.  [Cf.  tortillé.) 
Quoiqu'un  peu  pesant,  tenez,  Je  fais  presque  la  — ,  fagan, 
Oriç].  se.  15. 

GARGOUILLE  [gàr-gouv']  S.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine.  Peut-être  apparenté  à  l'es- 
pagn.  gargol,  provenç.  gargalh,  jable,  rainure.  ||  1295.  Pro 
iapidis  vocatis  gargoules  quadrigandis,  dans  du  c.  gargoula.] 

Il  1°  Dégorgeoir  en  saillie  par  lequel  l'eau  des  gouttiè- 
res, des  chéneaux,  tombe  à  dislance  des  murs,  et  qui, 
dans  certains  édifices,  a  la  forme  d'un  serpent,  d'un  dra- 
gon à  gueule  béante.  ||  Fig.  Figure  d'un  dragon  portée 
en  procession  à  Rouen,  le  jour  de  la  fête  de  saint  Romain, 
qui  passe  pour  avoir  délivré  la  ville  d'un  dragon.  Douter  de 
la  — de  Rouen,  volt.  Mél.  littév.  Lett.  chin.  2.  [Cf.  gringole.) 

Il  2"  P.  anal.  Ouverture  par  laquelle  se  déchargent  les 
eaux  d'une  gouttière.  Cordon  de  pierre  sur  lequel  sont 
établis  des  tuyaux  de  conduite.  ||  Tuyau  de  fonte  logé 
dans  les  trottoirs,  pour  l'écoulement  de  l'eau  des  mai- 
sons, il  Conduit  qui  assemble  les  produits  de  la  combus- 
tion et  les  amène  dans  la  cheminée  d'un  haut  fourneau. 

Il  3°  P.  ext.  Anneau  qui  termine  les  branches  d'un 
mors  de  cheval.  ||  Entaille  pratiquée  au  pied  du  poteau 
d'une  cloison  pour  recevoir  le  bout  d'une  solive. 

*  GARGOUILLÉE  [gàr-gou-yé]  *.  /". 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gargouille,  §  119.  (Cf.  gargouillade.)  j| 

1732.  TRÉV.] 

Il  Vieilli.  Chute  d'eau  d'une  gargouille. 

GARGOUILLEMENT  [gàr-gouy'-man  ;  en  vers,  -gou- 
ye-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gargouiller,  §  145.  ||  1542.  r.  est.  dans 
GODEF.  Compl.  Admis  agad.  1740.] 

Il  1°  Bruit  que  fait  l'eau  en  tombant  d'une  gargouille. 

il  2"  P.  anal.  Bruit  que  produit  le  déplacement  de 
certains  liquides  dans  l'estomac,  dans  les  intestins,  etc. 

GARGOUILLER  [gàr-gou-yé]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gargouille,  §  154.  ||  xiv"^  s.  Les  mets  gar- 
gouillent ,  ÉVRART  DE  CONTY,  dans  GODEF.  Compl.  Admis 
agad.  1718.] 

I.  V.  intr.  Produire  un  bruit  semblable  à  celui  de 
l'eau  qui  tombe  d'une  gargouille.  Spécialt.  En  parlant 
du  canal  digestif,  où  certains  liquides  se  déplacent. 

II.  V.  tr.  (Tcchnol.)  Dresser  (un  fût  de  colonne)  en  le 
faisant  passer  avec  du  grès  dans  un  marbre  creusé. 

GARGOUILLIS  [gàr-gou-yi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gjirgouiller,  §  82.  ||  1581.  Au  gargouillis 
d'une  source  écartée,  biiiAGUE,  dans  godef.  Compl.  Admis 
AGAD.  1718.] 

Il  Bruit  semblable  à  celui  de  l'eau  tombant  d'une  gar- 
gouille. 

"GARGOULETTE  [gàr-gou-lef]  S.  f. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  gargouille  d'après  l'anc.  forme 
gargoule,  §  133.  ||  1397.  Couppe  d'argent  dorée  a  trois  gargou- 
lettes par  desseure,  dans  delb.  Rec.] 

Il  Vase  poreux  à  long  col  étroit  où  l'eau  se  rafraîchit 
par  évaporation. 

GARGOUSSE  [gàr-gous']  et,  r/ei/// ,  *GARGOUCHE 
[gàr-gouch'J  .V.  /•. 

[ÉTYM.  Altération  de  cartouche,  §§  12  et  509.  ||  1643. 
Gargouche,  fouhmer,  Hi/drogr.  .\dmis  acau.  1718.] 

Il  ^T.  iiiilil.)  Charge  d'une  bouche  à  feu,  dans  son  en- 
veloppe. 

*  GARIDELLE  [gà-ri-dcl]  s.  f. 


[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  garldella  (tour- 
nefort),  du  botaniste  provençal  P.-J.  Garidel  (1658-1737), 
§§  36  et  47.  Il  1752.  trév.  Admis  agad.  1762,  et  écrit  par 
erreur  gavidelle;  suppr.  en  1798.] 

Il  (lîolan.j  Ancien  nom  d'une  plante  de  la  famille  des 
Renonculacées. 

GARIGUE  [gà-rig']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  garriga,  m.  s.  d'origine 
inconnue,  qui   correspond  à  l'anc.   franc,   jarrie,  con- 
servé comme  nom  de  lieu,  §  11.  ||  xv!"  s.  Claires  guarigues 
et  belles  bruyères,  rab.  m,  2.  Admis  agad.  1798.] 
Il  iJialect.  (Midi).  Terre  incuite. 
*GARIPOT  [gk-ri-pô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  {Cf.  galipot.)  |1  x\i'  s.  Le  gari- 
pot  et  le  pinastre,  ou  pinet,  Ùioscoride ,  dans  delb.  Rec] 
Il   Vieilli.  Épicéa,  variété  de  pin. 
•GARITE  [gk-rit'].  V.  guérite. 
'GARLANDAGE  [gkr-lan-dàj']  j.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  garlande,  anc.  forme  de  guirlande,  §78. 
{Cf.  galandage.)  ||  Néolog.] 
il  (Marine.)  Rebord  que  présente  le  tour  de  la  hune. 
GARNEMENT  [gàr-ne-man]  s.  m. 
[ÉTYM.   Dérivé  de  garnir,  §  145.  ||  xi«  s.  De  vaissels,  de 
deniers  et  d'altre  guarnement,   Voy.  de  Charl.  à  Jérus.  84.] 
I.  Anc.  franc.  Ce  qui  garnit,  protège. 
II»  P.  ext.  Un  mauvais,  un  mécliant  — ,  et,  elllpt,  Un  — , 
un  mauvais  sujet.  Que  vous  preniez  tout  l'air  d'un  mécliant 
—,  MOL.  Tari.  I,  1.  On  étrange  —,  ST-al.M.  m,  430. 
GARNIR  [gkr-nîr]  r.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  german.  warnian  (allem.  moderne 
warnen,  avertir),  dont  le  sens  primitif  est  «  refuser  »,  par 
extension  «  protéger  »  (qqch  contre  qqn),  devenu  guarnir, 
garnir,  §§  6,  498  et  499.  ||  xi«  s.  Tant  aprist  letres  que  bien  en 
fut  guarniz,  St  Alexis,  34.] 

il  1°  Enlourer  de  qqch  qui  protège.  Les  remparts  étaient 

g£irnis  de  leurs  défenseurs.  Garnissez  l'Aventin,  vult.  Catil. 

IV,  2.  Dn  navire  garni  de  canons.  Un  gauitelet  garni  de  lames 

d'acier.  |i  Absolt.  —  des  bas,  les  renforcer  au  talon,  au  bout 

du  pied.  Se  — ,  être  gsurni  contre  le  froid,  bien  couvert.  || 

Spécialt.  Se  — ,  en  parlant  d'une  femme,  s'entourer  de 

linges,  lorsqu'elle  a  ses  règles,  lorsqu'elle  est  en  couches. 

Il  2"  Compléter  (une  chose)  en  y  mettant  ce  qu'elle  est 

destinée  à  contenir.  —  le  four  (du  bois  nécessaire  pour  la 

fournée).  —  une  quenouille  (de  laine).  —  une  bibliothèque 

(de  livres),  un  buffet  (de  vaisselle).  —  un  nécessaire  (des 

pièces  qui  le  composent).  Avoir  la  bourse,  le  gousset  garni 

(d'argent).  Une  maison,  un  hàtel  garni,  un  appartement  garni 

(qui  se  loue  meublé).  C'est  un  logis  garni  que  j'ai  pris  tout 

à  l'heure,  mol.  Et.  v,  4.  Au  part,  passé  employé  substan- 

tivt.  On  garni,  maison,  chambre  qu'on  loue  meublée.  Tenir 

;  un  garni.  Loger  en  garni.  1|  Spécialt.  (Technol.)  Garnir  de 

j  pierre  les  intervalles  des  assises  dans  une  construction. 

I  Au  part,  passé piis  substaniiit.  Un  garni,  remplissage  fait 

,  avec  des  pierres.  i|  La  aalle  se  garnit  de  spectateurs,  et,  el- 

!  lipt,  Les  loges  ne  sont  pas  garnies.  Les  branches  commencent 

i  à  se  —  (de  leurs  feuilles).  Une  bouche  bien  garnie  (qui  a  de 

,  belles  dents). 

!      Ii  3»  Compléter  (une  chose)  en  y  ajoutant  certaines 
[  parties  comme  accessoire,  ornement.  —  des  fauteuils,  en 
I  rembourrant  de  crin,  de  laine,  le  siège,  le  dossier,  les 
^  bras.  Spécialt.  —  du  drap,  en  faire  ressortir  le  poil.  — 
j  une  épée  (de  sa  garde).  (Blason.)  Épée  garnie,  dont  la  garde 
est  d'un  autre  émail.  ||  Dn  manteau  garni  de  fourrures.  Une 
robe  garnie  de  dentelles,  etc.  i|  (Cuisine.;  Due  choucroute  gar- 
nie, accompagnée  de  jambon,  de  saucisson,  etc.  Dne  as- 
j  siette  garnie  (de  charcuterie  assortie).  Bouilli  garni  de  persil. 
I       GARNISAIRE  [gàr-ni-zèr]  s.  m. 
I      [ÉTY.M.  Dérivé  du  radical  de  garnison,  §  248.  A  remplacé 

garnisonnaire  (trév.).  ||  Admis  acad.  1798,  suppl.] 
j      il  1"J  Celui  qu'on  établissait  dans  le  domicile  d'un  dé- 
biteur pour  garder  les  meubles  saisis. 
Il  2«  Soldat  qu'on  établissait  dans  le  domicile  des  pa- 
I  renls  dont  le  fils  ne  s'était  pas  présenté  à  la  conscription, 
I  ou  chez  les  contribuables  en  retard,  pour  les  contraindre. 
GARNISON  [gkr-ni-zon]  5.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garnir,  §  108.  ||  xiii«  s.  Aux  garnisons 
qu'il  dépendoit,  ruteb.  p.  91,  Kressner.] 

1.  (Technol.)  Action  de  garnir  de  qqch.  Pièce  de  —, 
fixée  par  la  soudure  au  corps  d'une  pièce  d'orfèvrerie. 
Ouvrage  doré  par  —,  dans  certaines  parties. 


GARNISONNAIRE 


Ho2  — 


GASTRIQUE 


II.  Ce  qui  garnit,  protège. 

Il  Specialt.  \\  l»  Ensemble  des  troupes  qui  occupent  une 
place  de  guerre  pour  la  défendre.  Mettre  —  dans  une  place. 
La  —  fut  forcée  de  capituler  ||  P.  ext.  Ensemble  des  trou- 
pes qui  sont  casernées  dans  une  ville.  Une  ville  de  — ,  et. 
ellipt.  famil.  One  — .  Changer  de  — .  La  vie  de  — . 

Il  2°  Celui  ou  ceux  qui  sont  établis  chez  un  débiteur 
pour  garder  les  meubles  saisis.  Ses  associés  sont  venus  met- 
tre — ,  LES.  Turcaret,  v,  14. 

"GARNISONNAIRE  [gàr-ni-zô-ner].  V.  garnisaire. 

"GARNISSAGE  [gàr-ni-sàj']  s.  m. 

[ÉTi-M.  Dérivé  de  garnir,  §  78.  |j  1785.  encygl.  méth.  Arts 
et  manuf.  crins.] 

Il  (Technol.)  Action  de  garnir. 

"GARNISSEUR,  EUSE  [gàr-ni-seur,  -seuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garnir,  §  112.  ||  xiii"^  s.  Garnisieres  a  es- 
pees,  E.  BOiLEAU,  Licre  des  mest.  I,  lxvi,  1.] 

Il  (Technol.)  Ouvrier,  ouvrière  qui  a  pour  emploi  de 
garnir  les  robes,  les  chapeaux,  les  meubles,  etc. 

GARNITURE  [gàr-ni-tùr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garnir,  §250.  A  remplacé  l'anc.  franc, 
garneture,  garnesture.  ||1539.  r.  est.] 

Il  Ensemble  des  accessoires  qui  complètent  une  chose 
ou  servent  à  la  décorer.  Une  —  de  cheminée  (pendule, 
candélabres,  vases,  etc.,  placés  sur  le  dessus  de  la  che- 
minée). Dne  —  de  foyer  (chenets,  pelle,  pincettes,  etc.).  li 
Une  —  de  comble,  lattes,  tuiles,  ardoises,  etc.  ||  Une  —  de 
robe,  rubans,  dentelles,  passementeries,  etc.  ||  P.  e.ri.  Une 

—  de  boutons,  l'assortiment  des  boutons  qui  doivent  être 
posés  sur  un  vêtement.  ||  La  —  d'un  plat,  les  accessoires 
qui  accompagnent  la  pièce  principale.  Une  poularde  avec 
une  —  de  champignons.  Une  —  de  vol-au-vent,  crêtes,  que- 
nelles, etc.  Il  La  —  d'un  mât,  les  cordages,  les  agrès.  ||  La 

—  d'une  forme  d'imprimerie,  les  pièces  de  bois  ou  de  métal 
qui  servent  à  séparer  les  pages  dans  la  forme. 

1.  GAROU  [gà-rou]  s.  m. 
[ÉTYM.  V.  loup-garou.] 

Il  Vieilli.  Loup-garou.  P.  plaisant.  Fig.  Courir  le  — , 
aller  en  quête  d'aventures  nocturnes,  de  débauche.  {Cf. 
garouage.) 

2.  GAROU  [gà-rou]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1700.  liger,  Nouv.  Mais, 
rust.  dans  delb.  liée.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Botan.)  Nom  vulgaire  de  plusieurs  variétés  de 
daphné. 

GAROUAGE  [gà-rou-àj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garou  1,  §  78.  ||  xvi«  s.  Si  vous  povez 
garder  ma  femme  d'aller  en  guarrouage,  Farce  d'une/  inanj 
jaloux,  dans  Ane.  Th.  franc,  i,  136.] 

Il  Vieilli.  Quête  d'aventures  nocturnes,  n  avait  été  tué  de 
nuit  allant  en  — ,  peiresc,  Lett.  aux  Dupuy,  77. 

"GARRON  [gà-ron]  s.  7n. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  mod.  garroun,  m.  s.  d'o- 
rigine incertaine  (cf.  jars,  mâle  de  l'oie),  §  11.  Qqs  dic- 
tionnaires donnent  par  erreur  garbon.  ||  1620.  La  perdrix 
ou  le  garron,  c'est  a  dire  le  masle,  e.  binet,  dans  delb.  Rec] 

Il  (Fauconn.)  Mâle  de  la  perdrix. 

1.  GARROT  [gà-rô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  (Cf.  espagn.  garrote,  m.  s.)  \\ 
xiii«-xive  s.  Li  garroz  qui  lors  de  la  îst,  G.  guiart,  Roy.  lign. 
17633.] 

Il  Bâton  (vieilli  au  sens  général).  On  dit  en  menaçant 
qqn  qu'on  lui  donnera  cent  coups  de  — ,  pour  dire  qu'on  lui  don- 
nera cent  coups  de  baston,  furet.  Dict.  \\  Specialt.  \  1. 
Vieilli.  Bois  d'une  flèche,  trait  d'arbalète.  Le  flanc  mor- 
tellement d'un  —  traversé,  Régnier,  Dial.  \  2.  Bâton  que  le 
jardinier  dispose  pour  forcer  une  branche  à  changer  de 
direction,  j  3.  Morceau  de  bois  qu'on  passe  dans  une  corde 
pour  la  serrer  en  tordant.  |  4.  Instrument  dont  se  sert  le 
chirurgien  pour  comprimer  une  artère,  j  5.  Supplice  du  — 
(en  Espagne),  strangulation  à  l'aide  d'un  collier  de  fer 
(autrefois  d'un  garrot). 

2.  GARROT  [gà-rô]  s.  7n. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xiii^  s.  Copper  les  gerrotz, 
dans  GODEF.  CompL] 

Il  Chez  le  cheval,  le  bœuf,  etc.,  partie  saillante  située 
au-dessus  des  épaules,  entre  l'encolure  et  le  dos.  ||  P. 
anal.  —  de  l'arçon,  partie  correspondante  de  la  selle. 

3.  "GARROT  [gà-rô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1757.  encycl.] 


Il  (Hist.  nat.)  Sorte  de  canard  des  régions  arctiques. 

GARROTTER  [gà-rô-té]  V   tr 

[ÉTYM.  Dérivé  de  garrot  1,  §  154.  ||  xiii<=  s.  Que  il  soit  gue- 
rotiez,  Parise  la  Duchesse,  dans  godef.  Co)npl.] 

Il  1»  (Jardin.)  —  un  arbre,  y  placer  un  garrot. 

Il  2"  Serrer  fortement  (un  fardeau)  à  l'aide  d'un  garrot. 
P.  ext.  Serrer  fortement  (qqn)  avec  des  liens.  ||  Fig.  Être 
garrotté  par  un  contrat,  lié  de  manière  à  ne  pouvoir  agir. 

GARS  [gàr;  famil.  gd]  s.  tn. 

[ÉTYM.  Ancien  cas  sujet  de  garçon,  §  538.  ||  Admis  agad. 
1798.] 

Il  Garçon.  C'est  un  beau  — . 

'GARUM  [gà-rom'J  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  garnm,  grec  yâpov,  vi.  s.  ||  1545. 
Huile,  garum  et  vinaigre,  G.  guéroult,  dans  delb.  Rec.\ 

Il  (Antiq.)  Saumure  de  poissons  salés  et  aromatisés  que 
les  Romains  employaient  comme  assaisonnement. 

GARUS  [gà-rûs']  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre  d'inventeur,  §  36.  ||  1757.  encycl. 
garium.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Pharmacie.)  .\lcoolat  stomachique. 

GASCON,  ONNE  [gàs'-kon,  -kùn']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  §  36  :  habitant  de  la  Gascogne,  an- 
cienne province  de  la  France.] 

Il  Famil.  Hâbleur  (comme  certains  Gascons).  Se  tirer 
en  —  d'une  semblable  affaire,  la  f.  Fah.  viii,  10.  ||  Ad- 
jeclivt.  Tout  a  l'humeur  gasconne  en  un  auteur — ,  boil.  Art 
p.3. 

GASCONISME  [gas'-kô-nïsm']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  Gascon,  §  265.  ||  1584.  V.  à  l'article. 
Admis  acad.  1718.] 

Il  (Gramm.)  Façon  incorrecte  de  parler,  d'écrire  (le  fran- 
çais, le  latin,  etc.),  due  à  riulluence  du  dialecte  gascon. 
J'avais  prié  le  sieur  Estienne  de  corriger  les  gasconismes,  jos. 
scaliger,  Lett.  (1584,,  dans  delb.  Rec. 

GASCONNADE  [gâs'-kô-nàd'j  S.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  Gascon,  nom  des  habitants  de  la  Gas- 
cogne, §  120.  Il  xvi'î-xviio  s.  p.  de  l'estûile,  dans  godef. 
CompL  Admis  acad.  1694.] 

Il  Famil.  Hâblerie  de  Gascon. 

GASCONNER  [gâs'-kè-né]  v.  tr.  et  intr, 

[ÉTYM.  Dérivé  de  Gascon,  nom  des  habitants  de  la  Gas- 
cogne, §  154.  Il  XV!*^  s.  Gasconnant  leurs  jargons,  vaUQ.  de 
LA  FRESN.  dans  godef.  CompL  .-^dmis  acad.  1798.] 

I.  Anciennt.  V.  tr.  Voler,  dérober,  il  me  gasconna  mes 
plumes,  mon  canif  et  mon  écritoire,  sorel,  Francion,  p.  172. 

II.  V.  intr.  I  1.  Vieilli.  Hâbler.  |  2.  Parler  français  avec 
l'accent,  les  articulations  des  Gascons. 

GASPILLAGE  [gàs'-pi-vàj']  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaspiller,  §  78.  ||  Admis  acad.  1740.] 

Il  Action  de  gaspiller. 

GASPILLER  [gâs'-pi-yé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Peut-être  pour  gaspailler,  dérivé  de  l'anc.  franc, 
gaspail,  criblure  du  blé,  g  154.  Gaspail  semble  apparenté 
au  provenç.  gaspa,  petit-lait.  La  conservation  de  l's  indique 
une  origine  dialectale,  §  16.  (Cf.  le  poitevin  gapailler.)  || 
xvi'^  s.  Gapiller,  la  boderie,  dans  godef.  CompL] 

Il  Consommer,  dépenser  inutilement  par  une  profusion 
désordonnée.  —  l'argent,  les  provisions.  ||  Fig.  —  le  temps. 

GASPILLEUR,  EUSE  [gàs'-pi-ve'ur, -yeuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaspiller,  §  112.  ||  x\i«  s.  Vastadours  et 
gaspilleurs,  J.  de  mal'MONT,  Zonare,  dans  delb.  Rec.  Ad- 
mis acad.  1762.] 

Il  Celui,  celle  qui  gaspille. 

GASTÉROPODES  [gâs'-té-rô-pôd']  s.  m.  pi.  ^   . 

[ÉTYM.  Emprunté  avec  le  grec  yacTTT.p,  ventre,  etTroOç, 
Ttoôôî,  pied,  §  279.  ||  1795.  cuvier,  dans  Magasin  encyclop. 
II,  448.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Hist.  nat.)  Ordre  de  mollusques  à  ventre  en  forme 
de  disque,  sur  lequel  ils  rampent,  se  traînent. 

GASTRALGIE  [gâs'-tral-jij  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yacjTT.p,  estomac,  et^Àyoî, 
douleur,  §  279.  ||  Néolog.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Médec.)  Affection  nerveuse  de  l'estomac. 

"GASTRALGIQUE  [gas'-trâl-jik']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gastralgie,  §  229.  ||  Néolog.] 

Il  (Médec.)  Qui  appartient  à  la  gastralgie. 

GASTRIQUE  [gas'-trïk']  adJ. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  yxstt.p,  estomac,  §  229.  ||  Ad- 
mis acad.  1762.] 


GASTRITE 


—  llo3 


GATEUX 


Il  (Aiiat.)  Qui  appartient  à  l'estomac.  Les  sucs  gastriques. 

GASTRITE  [ijàà'-trït']  S.  f. 

[ÉTY.M.  iJi-rivé  du  grec  vasTï.p,  estomac,  §  282.  ||  1811. 
Gastrite  ou  gastritis,  Mozi.N.  Dict.  /'ranç.-allem.  Admis.^CAD. 
1835.] 

Il  (Médec.)  Maladie  inflammatoire  de  l'estomac. 

'GASTROCÈLE  [fc'âs'-trô-scl]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Compo.séavec  le  grec  YaïTT,p,  estomac,  et  xt,)>t,, 
tumeur,  §  279.  |j  1772.  boissier  de  s.\l'vages,  Nosologie, 
H,  3,  trad.  Gouvion.] 

Il  (Mf'ulec.)  Hernie  de  l'estomac. 

CASTRO -ENTÉRITE  [gàs'-trù-an-té-rïl']  s.  f. 

[icTYM.  Compose;  avec  le  grec  yauxT.p,  estomac,  et  en- 
térite, §  279.  WSéolorj.  Admis  acau.  1878.] 

Il  (Médec.)  Inflammation  de  l'estomac  et  des  intestins. 

•GASTRO-HÉPATITE  [gâs'-trô-é-pà-tit']  s.  f. 

[ÉTY.M.  Composé  avec  le  grec  vaurr.p,  estomac,  et  hé- 
patite, .!;  279.  Il  Xéolor/.] 

Il  fMi'dec.)  Intlamiiialii)n  tlo  l'estomac  et  du  foie. 

"GASTRO-INTESTINAL,  A  LE  [gâs'-trô-in-tês'-ti-nàl] 
adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  ya5T-r,p,  estomac,  et  in- 
testinal, §  284.  Il  1808.  BROUSSAIS,  Hist.  des  phlegmasies, 
II,  73. 1 

Il  (Médec.)  Qui  a  rapport  à  l'estomac  et  à  l'intestin. 

•GASTRO-LARYNGITE  [gas'-trô-là-rin-jil']  s.  f. 

[ÉTY.M.  Ctjmposé  avec  le  grec  yaîtf.p,  estomac,  et  la- 
ryngite, §  279.  Il  Nêolog.] 

Il  (Médec.)  Inflammation  de  l'estomac  et  du  larynx. 

GASTRONOME  [gas'-trù-nôm']  s.  m. 

[ÉTV.M.  Tir.'  de  gastronomie,  §  37.  ||  1803.  Le  Gastronome 
à  Paris,  CKOZE-MAGNAN,  titre.  Admis  .acad    1835.] 

Il  Celui  qui  est  e.vperl  dans  l'art  de  faire  bonne  chère. 

GASTRONOMIE  [gàs'-trô-nô-mij  5.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yasTpovoaîa,  m.  s.  \\  1800. 
La  Gastronomie,  berchoux.  titre.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Art  de  faire  bonne  chère.  Le  poème  de  la  Gastronomie 
de  Berchoux. 

GASTRONOMIQUE  [gâs'-frô-nô-mlk']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gastronomie,  §  229.  ||  Ncolog.  Admis 
ACAD.  1835.] 

Il  Relatif  à  la  gastronomie. 

•GASTRO -PÉRITONITE  [gas'-trô-pé-ri-tô-nïl']  5.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  fx<sxr,a,  estomac,  et  pé- 
ritonite, §  279.  !|  Xéolog.] 

il  (Médec.)  Inflammation  de  l'estomac  et  du  péritoine. 

GASTRORAPHIE  [gâs'-trô-rà-fi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yzs-zaoiooi-çiz,  m.  s.  de  ya- 
5TT,p,  ventre,  et  pi-T£iv,  coudre.  ||  1(311.  cotgr.  Admis 
ACAD.  1798.] 

Il  (Médec.)  Suture  pour  réunir  les  plaies  du  bas-ventre. 

GASTROTOMIE  [gâs'-trô-tô-mi]  5.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yaatT.p,  ventre,  et  toti-r,, 
incision,  §  279.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  (Médec.)  Ouverture  de  l'abdomen  pour  réduire  une 
hernie,  débrider  un  étranglement  intestinal,  extraire  le 
fœtus.  Il  P.  anal.  (Art  vétérin.)  Ponction  du  rumen. 

'GASUEL  [gà-zu-èl].  J'.  casoar. 

GÂTEAU  [gâ-tô;  .V.  ;h. 

[ÉTYM.  Pour  gasteau,  gastel,  §  422, d'origine  incertaine: 
le  moyen  haut  allcm.  wastel,  m.  s.  parait  emprunté  du 
français  ||  xiiic  s.  Gastiel,  vu.  mousket.  lians  godef.  Compl.] 

Il  1"  Mélange  de  farine,  de  beurre,  d'œufs,  réduit  en  pâte, 
cuit  au  four,  et  qqf  sucré,  aromatisé,  garni  de  crème,  etc. 
—  des  rois,  gâteau  mangé  le  jour  des  Rois,  et  contenant 
une  fève  qui  fait  roi  du  festin  celui  des  convives  qui  la 
trouve  dans  sa  part.  ||  Fig.  Avoir  part  au  —,  au  prolit.  Se 
partager  le  — .  ||  P.  anal.  —  au  riz,  —  de  pommes  de  terre,  etc., 
entremets  sucré  fait  avec  du  riz,  des  pommes  de  terre,  etc. 
Il  Fig.  Famil.  (Par  jeu  de  mots  sur  gâteau  et  gâter.)  Un  père 
—,  qui  gâte  ses  enfants. 

Il  2"  P.  e.rt.  Masse  d'une  substance  analogue  à  de  la 
pâte.  I  1.  Masse  de  cire  formée  d'alvéoles  où  les  abeil- 
les déposent  leur  miel.  |  2.  Masse  de  cire  ou  de  terre 
dont  les  sculpteurs  remplissent  les  creux  du  moule.  |  3. 
Masse  de  résine  qui  sert  à  isoler  les  corps  qu'on  veut 
électriser.  |  4.  Masse  de  charpie  disposée  en  couches. 
I  5.  ^Iasse  de  métal  qui  s'est  figée  dans  le  fourneau  après 
la  fusion.  I  6.  f.Anat.l  —  placentaire,  la  masse  du  placenta. 

•GÀTE-BOIS  [gât-bwd;  en  vers,  gâ-te-...]  s.  m. 
DICT.    FRA.N'C. 


[ÉTYM.  Composé  de  gâte  fdu  verbe  gâter;  et  bois,  §  209. 
j  1397.  Perrin  Gasteboys,  dans  godef.  gastebols.j 

Il  1"  Famil.  Celui  qui  gâte  le  bois,  mauvais  menuisier. 

Il  2»  fllist.  nat.)  Papillon  dont  la  larve  ronge  les  arbres. 

"GÂTE-CUIR  [gât'-kuir;  tm  vers,  gâ-te-...]  s.  ?«. 

[ÉTYM.  (J(jinposé  de  gâte  (du  verbe  gâter)  et  cuir,  §  209. 
Il  1690.  Gaste-cuirs,  furet.] 

Il  Famil.  Celui  ([ui  gâte  le  cuir,  mauvais  cordonnier. 

GÂTE-ENFANT   gd-tan-fan]  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Composé  de  gâte  (du  verbe  gâter;  et  enfant,  §209. 
Il  Admis  ACAD.  1798.] 

|]  Famil.  Personne  qui  gâte  les  enfants,  qui  est  trop 
indulgente  pour  eux.  Cette  bonne  est  une  — . 

'GÂTE-MAISON  [g;U'-mè-zon  ;  en  vers,  gd-le-...]  et 
*GÀTE-MÉNAGE  [gdt'-mé-nàj' ;  en  vers,  gâ-te-...'  s.  m. 
et  /: 

[ÉTYM.  Composé  de  gâte  (du  verbe  gâter)  et  maison,  mé- 
nage, §  209  II  xvu*-xvm'=  s.  K  à  l'article.] 

Ij  Famil.  Domestique  qui  (aux  yeux  de  ses  camarades 
gâte  le  service  (en  le  faisant  trop  bien).  Vous  êtes  un  vrai 
gâte-maison,  les.  HU  Blas,  vu,  15. 

GÂTE-MÉTIER  [gdt'-mé-tvé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gâte  du  verbe  gâter)  et  métier,  §  209. 
Il  1615.  Gaste-mestier,  montchrestien,  Œcon.  polit,  dans 
DELB.  liée] 

Il  Celui  qui  (aux  yeux  de  ses  confrères)  gâte  le  métier 
(en  donnant  son  travail,  sa  marchandise  à  trop  bas  prix  . 

•GÂTE-PAPIER  [gdt'-pk-pyé;  en  vers,  gd-le-...]  s.  vi. 

[ÉTY.M.  Composé  de  gâte  (du  verbe  gâter)  et  papier, 
§209.  Il  xili'  s.  Gatepapiers  et  plaidiers,  J.  de  vitry,  uaiia 
UELU.  Rec] 

Il  Famil.  Mauvais  écrivain. 

GÂTE-PÂTE  [gdt'-pât';  en  vers,  gâ-te-...]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Composé  de  gâte  (du  verbe  gâter  et  pâte,  §  209. 
Il  1690.  Gaste-paste,  furet.  Admis  acad.  1798.] 

Il  Famil.  Ouvrier  qui  gâte  la  pâte,  mauvais  boulanger, 
pâtissier,  jj  P.  e.rt.  Celui  qui  ne  sait  pas  son  métier. 

"GÂTE-PLÂTRE  [gdt'-plàtr' ;  erj  vers,  gâ-te-...]  5.  w. 

[ÉTY.M.  Composé  de  gâte  (du  verbe  gâter)  et  plâtre,  §209. 
Il  1690.  Gaste -piastre,  furet.] 

Il  Famil.  Ouvrier  qui  gâte  le  plâtre,  mauvais  maçon. 

GÂTER  [gd-té]  i'.  tr. 

[ÉTYM.  Du  lai.  vastare,  dévaster,  devenu  "wastare  sous 
l'iiilluence  de  l'ancien  haut  allem.  wastan,  ravager,  d'où 
guaster,  gaster,  §§  443,  499,  295  et  291.  gâter,  §  422.  xi«  s. 
Caries  li  magnes  ad  Espaigne  guastee,  Roland,  703.] 

I.  Vieilli.  Dévaster.  .Cf.  dégât.)  La  maudite  engeance  Eut 
le  temps  de  —  en  cent  lieux  le  jardin,  la  f.  Fab.  ix,  5. 

II.  Détériorer  (une  chose,  une  personne),  en  l'altérant. 
La  pluie  a  gâté  les  chemins.  On  se  gâte  l'estomac  par  les  excès 
de  table.  Le  temps  se  gâte.  C'est  le  vrai  moyen  de  —  les  affaires, 
MOL.  Tari,  ai,  1.  La  richesse  ne  gâte  rien.  —  le  métier,  rendre 
le  métier  moins  avantageu.x.  (Cf.  gâte-métier.)  ||  Spécialt. 
Détériorer  en  salissant.  [Cf.  gâteux.  ;  Fi  !  cela  sent  mauvais, 
et  je  suis  tout  gâté,  .mol.  Et.  ni,  9.  |j  Détériorer  en  pour- 
rissant. Des  fruits  gâtés,  et,  au  part,  passé  employé'  suàs- 
tantivl,  Oter  le  gâté,  la  partie  pourrie  d'un  fruit.  Des  œufs 
gâtés.  De  la  viande  gâtée.  /'.  anal.  Avoir  le  sang  gâté,  vicié 
par  quelque  maladie.  ||  En  parlant  de  l'esprit ,  du  cœur. 
Je  hais  seulement  La  science  et  l'esprit  qui  gâtent  les  personnes, 
MOL.  F.  sav.  IV,  3.  Ne  vous  gâtez  pas  sur  l'exemple  d'autrui, 
lu.  Ec.  des  f.  111,  2.  Les  princes  gâtés  par  la  flatterie,  fé.n.  Tel. 
14.  Il  P.  hyperô.  —  qqn,  le  traiter  avec  une  faiblesse  qui 
encourage  ses  exigeances.  Une  femme  que  son  mari  gâte.  On 
enfant  gâté  par  ses  parents,  et,  absolt,  Un  enfant  gâté.  {Cf. 
gâte-enfant.)  Fig.  C'est  l'enfant  gâté  de  la  fortune,  la  fortune 
n'a  pour  lui  que  des  faveurs. 

•GÂTERIE  Lgdt'-ri  ;  en  vers,  gâ-te-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gâter,  §  69.  ||  Séolog.] 

Il  .^cte  par  lequel  on  gâte,  on  choie  à  l'excès  (qqn). 

GÂTE-SAUCE  [gdt'-s6s';  en  vers,  gd-te-...]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Composé  de  gâte  (du  verbe  gâter)  et  sauce,  §2i'0. 
Il  1811.  MOZI.N,  Dict.  franç.-allem.  .\dmis  .\cad.  187^. 

Il  Famil.  Mauvais  cuisinier.  I|  P.  e.Tt.  Marmiton. 

•GÂTEUR.  EUSE  [gd-te'ur.  -le'uz'i  .f.  7/ï.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gâter,  §  1 12.  (  Cf.  gâteux.)  ||  Xin«  s.  Li  gas- 
terres  ne  set  riens  garder,  CArtA'/oie?/2en^,  dans  GODEF.  gasteor.j 

!|  Famil.  Celui,  celle  qui  gâte  (qqn,  qqch'.  Spécialt. 
—  de  papier,  mauvais  écrivain.  (Cf.  gâte-papier.) 

GÂTEUX,  EUSE  [gd-teii,  -teuz'j  s.  m.  et  f. 

73 


GAÏINE 


—  1154  — 


GAUFRE 


[ÉTYM.  Pour  gâteur,  dérivé  de  gâter,  §§  62,  112  et  116.  || 
Nëoloq.  Admis  acad.  1878.] 

Il  Malade  qui  en  est  venu  à  faire  sous  lui  sans  en  avoir 
conscience,    par   paralysie,  affaiblissement  mental,  etc. 
Il  P.  ext.  Personne  qui  a  l'intelligence  presque  éteinte. 
*GÂTINE  [gil-iin']  s.  f. 

[ktvm.  Dérivé  de  gâter,  §  100.  |i  xii«  s.  Foresz  i  a  granz  e 
gastines,  moNEEiT,  Uucs  de  Norm.  18336.] 
Il  (Vénerie.)  Partie  d'une  forêt  où  le  bois  a  été  abattu. 
*GÂTIS  [gâ-ti]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gâter,  §  82.  ||  1786.  engyci..  métii.  AqvI- 
cult.] 
Il  Vieilli.  (Droit.)  Dégât  causé  par  les  bestiaux. 
"GATTE  [gaf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Empruntéduprovenç. gâta, ?>i. 5. proprt," jatte», 
§  12.  Il  xvi"  s.  L'arbre  du  haut  de  la  guatte,  rab.  iv,  18.] 

Il  (Marine.)  Cloison  transversale  élevée  à  l'avant  du  na- 
vire, au-dessus  du  pont  de  la  batterie  basse,  pour  recevoir 
l'eau  qui  pénètre  parles  écubiers  et  l'empêcher  de  se  ré- 
pandre dans  l'entrepont. 

GATTILIER  [gà-ti-lyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1755.'duhamel  du  monceau, 
Arbres  et  arbustes,  ii,  358.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Botan.)  Agnus-castus,  plante  formant  un  genre  de 
la  famille  des  Verbénacées. 
GAUCHE  [gôch']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  verbal  de  gauchir,  §  53.  Au  sens  3°,  gauche 
est  substitué  à  senestre  comme  droit  à  destre,  vers  le  xv<=  s. 
Il  1471.  La  main  gaulche,  dans  du  c.  dodus.] 

Il  1"  Qui  présente  une  déviation.  Cette  règle  est  — .  Une 
planche  dont  la  surface  est  — .  (Géom.)  Surfaces  gauches,  sur- 
faces réglées,  mais  où  deux  génératrices  voisines  ne  sont 
jamais  dans  le  même  plan.  (Architect.)  Appareil  réglé  —, 
voûte  biaise.  ||  Ficj.  Je  trouve  ce  raisonnement  un  peu  — ,  cii. 
DE  sÉv.  dans  sÉv.  924.  Les  lois  des  Visigoths  sont  puériles, 
gauches,  montesq.  Espr.  des  lois,  xxvui,  1. 

Il  2"  P.  anal.  Qui  s'y  prend  de  travers.  Vous  croyez  que 
je  suis  —  et  embarrassée  de  mes  mains,  sÉv.  565.  Malgré  mon 
air  — ,  J.-J.  Rouss.  Coîifess.  5.  ||  P.  ext.  Maladroit,  em- 
barrassé. Un  maintien  — .  Sa  taille  est  assez  — ,  mol.  Av.  iv, 
3.  Voilà  des  révérences  bien  gauches,  destoucues,  Fausse 
Agnès,  ii,  6. 

Il  3»  P.  ext.  En  parlant  du  bras  qui  est  du  côté  du 
cœur,  et  qui  est  moins  adroit  que  l'autre,  parce  qu'on  s'en 
sert  moins  habituellement.  Le  bras,  la  main  — ,  et,  p.  ext. 
L'oreille  — ,  le  côté  —  du  corps.  Le  cœur  est  du  côté  — ,mol. 
Méd.  m.  l.  II,  4.  Suivre  la  main  — ,  et,  loc.  adv.  Aller  à  main 
— ,  dans  la  direction  qui  est  du  côté  de  la  main  gauche. 
Parle  flanc  — I  commandement  militaire  de  tourner  du 
côté  gauche.  P.  anal.  Le  côté  —  d'un  objet,  celui  qui  est 
situé  par  rapport  à  la  partie  antérieure  de  l'objet  comme 
le  bras  gauche  par  rapport  à  la  face  de  l'homme.  L'aile  — 
d'un  édifice,  d'une  armée.  La  rive  —  d'un  fleuve,  qu'on  a  à  sa 
gauche  en  descendant  le  courant.  Le  centre  —  d'une  as- 
semblée, les  membres  du  centre  les  plus  rapprochés  de 
ceux  qui  siègent  du  côté  gauche.  ||  Spëcialt.  (Chimie.)  Qui 
dévie  à  gauche  de  la  lumière  polarisée.  Acid»  tartrique  — . 
Il  Fig.  Mariage  de  la  main  — ,  où  l'époux  d'un  rang  supé- 
rieur à  la  femme  lui  donne  la  main  gauche  au  lieu  de  la 
droite  pendant  la  bénédiction  nuptiale,  marquant  par  là 
que  ce  mariage  ne  doit  communiquer  son  rang  ni  à  la 
femme  ni  aux  enfants  qui  peuvent  survenir.  P.  ext.  Ma- 
riage de  la  main  — ,  concubinage.  Vieilli.  Être  sur  le  pied 
—,  dans  une  position  embarrassante.  Visages  pour  la  plu- 
part fort  sur  le  pied  —  avec  eUe,  st-sim.  m,  32.  ||  Substantivt. 
La  —,  la  partie  du  côté  gauche.  La  —  d'une  armée,  l'aile 
gauche.  La  —  de  la  scène,  la  partie  qui  est  du  côté  gauche 
des  spectateurs.  La  —  d'une  assemblée,  les  membres  qui 
siègent  du  côté  gauche  du  président.  La  —  d'une  personne, 
d'une  chose,  l'espace  qui  s'étend  à  partir  du  côté  gauche 
de  la  personne,  de  la  chose.  Suivre,  prendre  sa  — .  Placer 
un  chiffre  à  la  —  d'un  nombre.  ||  Loc.  adv.  A  — ,  du  côté 
gauche.  Tourner  à  —.  A  —  I  et,  ellipt,  —  !  commandement 
militaire  de  tourner  à  gauche.  P.  ext.  Recevoir,  prendre  à 
droite  et  à  — ,  de  toutes  mains.  ||  Fig.  Un  jugement  à  — , 
MOL.  Et.  II,  11.  Donner  à  —,  aller  de  travers  (dans  sa  con- 
duite, etc.).  Tu  prends  mon  sens  à  — ,  corn.  Ment,  i,  1. 
GAUCHEMENT  [gôch'-man  ;  en  w/'s,  g6-che-...]  adv. 
[ÉTYM.  Composé  de  gauche  et  ment,  §  724.  ||  1787.  féhaud, 
Dict.  crit.  Admis  acad.  1835.] 


Il  D'une  manière  gauche,  maladroite. 
GAUCHER,  ÈRE  [gô-ché,  -cliér]  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gauche,  §  115.  |1  xvi"  s.  Raquette  gaus- 
chiere,  rab.  iv,  7.] 

Il  Qui  se  sert  de  la  main  gauche  là  où  les  autres  se  ser- 
vent de  la  droite.  Un  homme  — .  Substantivt.  Un  — . 
GAUCHERIE  [gôch'-ri  ;  en  vers,  gô-che-ri]  s.  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gauche,  §  69.  ||  xviu"  s.  V.  à  l'article. 
Admis  acad.  1762.] 

Il  Manière  d'agir  gauche.  Avoir  de  la  — .  La  —  de  la  cam- 
pagne et  les  ridicules  de  la  province,  picard,  Manie  de  briller,. 
I,  3.  Il  P.  ext.  Action  gauche.  Il  fait  des  gaucheries  partout 
dans  sa  charge,  d'argenson,  dans  delu.  lice. 
GAUCHIR  [gô-chîr]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Altération  de  gauchir,  §  509,  plus  anciennement 
guenchir,  emprunté  du  german.  wenkjan,  céder,  fléchir, 
§§6, 498  et  499.  (C/'.  allem.  moderne  wanken,?«.  s.)\\  xn^s. 
Que  Latinusli  guenchisseit  Et  sa  fUle  li  retolelt,  Enéas,  3393.] 
Il  iSe  détourner  de  la  position  qu'on  a,  du  chemin  qu'on 
suit.  Fig.  De  ce  qu'elle  s'y  met  (dans  la  tête)  rien  ne  la  fait  — , 
MOL.  Ec.  des  /".  m,  4.  ||  P.  a?ial.  Subir  une  déviation.  Cette 
règle  a  gauchi.  ||  Vieilli.  Transitivt.  —  un  obstacle,  l'éviter. 
Ce  grand  péril  se  peut  — ,  coRN.  hnit.  i,  23.  ||  Fig.  Biaiser. 
J'en  al  déjà  parlé,  mais  il  a  su  — ,  CORN.  Pomp.  iv,  2.  Contre 
son  insolence  on  ne  doit  point  — ,  MOL.  Tart.  V,  2. 

GAUCHISSEMENT  [gô-chis'-inan  ;  en  ui?/'5,-chi-se-...] 
s.  m. 

[ÉTY'M.  Dérivé  de  gauchir,  §  145.  ||  1547.  Gauchissement, 
a  la  semblance  d'un  genouil  ployé,  J.  martin,  dans  delb.  JKec. 
Admis  ACAU.  1752.] 
Il  (Technol.)  Action  de  gauchir;  résultat  de  cette  action^ 
GAUDE  [gôd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  german.  walda  (allem.  moderne 
waude),  m.  s.  devenu  gualde,  guaude,  gaude,  §§6,  498  et  499^ 
Il  xiii«  s.  Semence  de  guarence  ne  de  gaude,  E.  boile.au,  Livre 
des  mest.  II,  il,  76.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1°  (Botan.)  Espèce  de  réséda  qui  fournit  une  teinture 
jaane. 

Il  2»  P.  anal.  Bouillie  de  maïs,  de  couleur  jaunâtre, 
*GAUDÉ  [gô-dé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gaude,  gaudete,  impératif  du-, 
verbe  lat.  gaudere,  se  réjouir,  §  2[ù.  [Cf.  gaudéamus.)  ||; 
xv!**  s.  Ladicte  bonne  femme  disant  ses  gaudez,  rab.  ii,  11.] 
Il  Prière  de  l'Église  commençant  par  le  mot  lat.  gau- 
dete. Tous  les  gaudés  qui  farcissaient  sa  tête,  gresset,  Vert- 
Vert,  3. 
*  GAUDÉAMUS  [gô-dé-à-mûs'] ,?.  m. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gaudéamus,  impératif  de  gau- 
dere, se  réjouir,  §  216.  [Cf.  gaudé.)  ||  xv^  s.  Ses  grans  chier- 
res,  ses  gaudéamus,  coquillart,  i,  25.] 
Il  Famil.  Chanson  de  réjouissance. 
"GAUDER  [gô-dé]  V.  tr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gaude,  §  154.  ||  1690.  furet.] 
Il  (Technol.)  Teindre  en  jaune  à  l'aide  de  la  gaude. 
GAUDIR  (SE)  [gô-dir]  v.  prou. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gaudere,  se  réjouir.  [Cf.  jouir.) 
Il  xiii»  s.  Çaus...  Qu'avarise  faisoit  gaudtr,  mousket,  Chron. 
30010.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Vieilli.  S'égayer.  ||  P.  ext.  Se  —  de  qqn,  s'égayer  à  ses- 
dépens.  Il  II  se  pledsait  à  aller  quelquefois  voir  les  chartreux, 
pour  se  —  d'avoir  quitté  leur  froc,  st-sim.  iii,  206. 
GAUDRIOLE  [gô-dri-yôl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Paraît  dérivé  plaisamment  de  gaudir,  sur  le  mo- 
dèle de  babiole,  cabriole,  etc.  §  86.  ||  1781.  Jour  des  gaudrio- 
les, MERCIER,  Tabl.  de  Paris,  ii,  3il.  Admis  acad.  1835.], 
Il  Famil.  Propos  d'une  gaieté  un  peu  libre. 
•GAUDRON,    *GAUDRONNER,    '  GAUDRONNOIR. 
V.  godron,  godronner,  godronnoir. 
GAUFRAGE  [gô-fràj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaufre,  §  78.  ||  1806.  desmarest,  dans: 
Mém.  de  l'Institut,  Se.  math,  et  phys.  Vil,  ii,  157.  Ad- 
mis acad.  1878.] 
Il  (Technol.)  Action  de  gaufrer. 
GAUFRE  [gôfr']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  allem.  wafel,  diminutif  de: 
wafe,  qui  correspond  au  haut  allem.  et  allem.  moderne 
wabe,  «  gâteau  de  eire  des  abeilles  »,  §§  10,  498  et  499.  j| 
xiie  s.  Walfres  et  simenels,  u.  DE  rotelande,  Protesilaus,.- 
dans  G0DE1''.  CompL] 
Il  1"  Gâteau  de  cire  des  abeilles  formé  d'alvéoles. 


GAUFRER  -m 

Il  2°  Pâtisserie  faite  dans  un  moule  à  plaques  divisées 
en  cellules  semblables  à  des  alvéoles.  Fiij.  Être  la  —  dans 
une  affaire,  être  la  victime,  par  allusion  à  la  g-aufre  prise 
entre  deux  plaques.  Fort  en  —  entre  ces  deux  camps,  ST-aiM. 
î,  253. 

Il  3°  Fig.  Disposition  pré.sentant  des  dessins  variés, 
empreinle  à  l'aide  de  fers  sur  du  papier,  etc. 

GAUFRER  [^ô-fré]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaufre,  §  154.  ||  xvi^s.  Rachetés  gaufrées, 

R.  BELLKAU,  daUS  GODEK.  CompL] 

Il  (Techriol.)  Marquer  d'un  f,'aufrage.  One  reliure  gau- 
frée. —  des  pétales  de  roses  artificielles. 

•GAUFRETTE  [gô-fref]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaufre,  §  133.  ||  1536.  Oublies  et  gaufrec- 
tes,  dans  godek.] 

Il  Petite  gaufre  (pâtisserie).  Gaufrettes  fourrées  à  la  fram- 
boise. 

GAUFREUR,  EUSE  [gô-freur,  -freuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaufrer,  §  112.  ||  1723.  savary,  Dict. 
du  comm.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Ouvrier,  ouvrière  qui  gaufre  le  papier,  le 
cuir,  les  étoffes. 

GAUFRIER  [gi')-fri-yé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaufre,  §  115.  ||  1377.  Un  fier  de  waffier, 
dans  GODEF.  Coiupl.] 

Il  iTechnol.)  Moule  de  fer  formé  de  deux  plaques  entre 
lesquelles  on  verse  la  pâte  pour  faire  cuire  les  gaufres. 

'GAUFROIR  [gù-frwàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaufrer,  §  113.  ||  1785.  encycl.  métu. 
Arts  et  manuf.  passementier.] 

Il  (Technol.)  For  à  gaufrer  le  papier,  le  cuir,  les  étoffes. 

GAUFRURE  [go-friir]  s.  f. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  gaufrer,  §  111.  ||  xv"  s.  Gaufrure  quarelee 
comme  machonnerie,  0.  DE  la  M.\rche,  dans  dei.b.  fiec] 

Il  (Technol.)  ||  1"  Empreinte  présentant  des  dessins  va- 
riés qu'on  applique  à  l'aide  de  fers  sur  du  papier. 

Il  2o  Façon  que  l'on  donne  aux  fleurs  artilicielles. 

•GAULADE  [gô-làd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaule,  §  120.  ||  xvie-xvii"5  s.  d'aub.  Sanoj, 
1.1.] 

Il   Vieilli.  Coup  de  gaule.  {V.  gaulée.) 

•GAULAGE  [gô-làj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gauler,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  Action  de  gauler. 

GAULE  [gôl] .?.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  :  le  rapport  du  mot  soit  avec 
le  lat.  vallum,  pieu,  soit  avec  le  goth.  valus,  bâton,  est  dou- 
teux. Il  1278.  As  waulles  et  as  oisieres,  dans  godef.  Co»ipl.] 

Il  Longue  perche.  Abattre  des  noix  avec  une  — .  Il  ne  me 
fallait  pas  payer  en  coups  de  gaules,  mol.  Et.  ii,  7.  ||  P.  ext. 
I  1.  Iloussine.  Et  tenant  une  — ,  Ainsi  qu'à  leurs  chevaux  nous 
en  flattant  l'épaule,  Régnier,  Sat.  4.  |  2.  Bâton  du  pavillon 
d'un  navire.  —  d'enseigne.  |  3.  Manche  d'une  ligne  à  pê- 
cher. I  4.  Levier  du  piston  d'une  pompe. 

•GAULÉE  igù-lé]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaule,  §  119.  {Cf.  gaulade.)  |1  IGU. 

COTGR.] 

Il  1°  Ce  qu'on  a  abattu  à  l'aide  de  la  gaule.  Ramasser  à 
terre  une  —  de  noix. 

Il  2"  Pop.  Coups  de  gaule  ou  de  bâton.  Recevoir  une  — . 

GAULER  [gô-lé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaule,  §  154.  ||  1360.  Un  ouvrier  qui  waulle 
le  pariel,  dans  godef.  Compl.^ 

Il  Battre  avec  une  gaule.  —  des  noyers  (pour  faire  tom- 
ber les  noix),  et,  p.  ext.  —  des  noix.  ||  Fig.  Vieilli.  Ra- 
vager. La  campagne  est  gaulée,  richel.  Dict. 

•GAULETTE  [gù-lef]  5.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaule,  §  133.  ||  1451.  Une  waulette,  dans 
UODEF.  CompL] 

Il  Petite  gaule. 

GAULIS  [gô-li]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaule,  §  82.  ||  1392.  Dn  gaulich  pour  ren- 
dore,  dans  godef.  CompL] 

Il  (Technol.)  Grande  branche,  jeune  brin  d'un  taillis. 
Des  —  aussi  gros  que  les  bras,  mol.  Fdcli.  il,  6.  One  bourri- 
che de  lames  de  —  (gaulis  refendus). 

GAULOIS,  OISE  [gô-lwâ,  -Iwâz']  adj. 

[ÉTYM.  Tiré  du  nom  propre  Gaulois,  habitant  de  la 
Gaule,  §  143.] 

Il  1°  Qui  appartient  au  vieux  temps  (de  la  France), 


5  -  GAVION 

simple,  grave.  Tout  était  grossier.  Ignorant,  — ,  fé.n.  DiaL 
des  morts,  L.  Xll  et  Fr.  b^  \\  Suhstantivt.  Passer  pour 
—  ridicules,  fkn.  ïiduc.  des  filles,  10. 

Il  2"  /'.  l'.rt.  Oui  ;i  la  gaieté  un  peu  libre  du  vieux 
temps.  L'esprit  — .  Un  tradt  un  peu  trop  — . 

•GAULOISEMENT  [gù-lw.i-ze-man]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  gauloise  et  ment,  §  724.  ||  xyii^- 
xviiic  .s.  V.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Simplement.  Comme  nous  parlons  tous  à  lui  — , 
dufresny,  Fau.r  Sincère,  i,  1. 

•gauloiserie  [gô-lwâz'-ri  ;  en  vers,  -Iwâ-ze-ri]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gaulois,  §  69.  ||  Néolog.] 

Il  Famit.  Acte,  langage  un  peu  libre. 

"GAULT  [golf]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'angl.  dialect.  gault,  sorte  d'argile, 
qui  a  été  introduit  en  1812  par  willia.m  smitu  dans  la 
langue  scientifique,  §  8.  ||  Néolog.] 

Il  (Géologie.)  Marne  bleue  qui,  dans  les  terrains  cré- 
tacés, se  trouve  d'ordinaire  au-dessus  d'une  couche  de 
sables  verts. 

•GAUMINE  [gô-min']  s.  f. 

[ÉTYM.  Tiré  du  nom  propre  de  Michel  Gaumin  ou  Gaul- 
min,  intendant  sous  Louis  XIII  et  Louis  XIV,  dont  le  ma- 
riage fit  grand  bruit,  §§  36  et  37.  ||  xviiic  s.  Mém.  sur  le 
mar.  des  protest,  dans  la  c] 

Il  Anciennt.  Mariage  à  la  — ,  contracté  devant  le  curé  ou 
le  ministre,  sans  sa  bénédiction  et  môme  malgré  lui. 

GAUPE  [gop'j  .y.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  H  1401.  Tu  as  appelé  Agnès,  qui 
est  ici,  gauppe,  dans  du  c.  gausape.J 

Il  Vieilli.  Souillon.  Marchons,  —,  mol.  Tart.  i,  1.  Ad- 
jectivt.  Plus  vilaine  encore  et  plus  —  Que  le  plus  ssde  mar- 
miton, CH.  PERRAULT,  Coiitcs,  Peuu  d'Auc. 

•gausse  [gôs'i  s.  /; 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gausser,  §  52.  i|  1611.  Gosse, 

COTGR.] 

Il  Famil.  Conte  par  lequel  on  se  gausse  de  qqn. 

GAUSSER  (SE)  et  "GAUSSER  [gô-sé]  l'.  pron.  et  tr 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi*^  s.  Te  moquer  de  mes  vers 
Et,  te  gauchant,  les  lire  de  travers,  RONS.  Êgtogues,  4.] 

Il  Famil.  Se  moquer  de  qqn  à  sa  barbe.  D'un  homme  on 
se  gausse  Quand  sa  femme,  chez  lui,  porte  le  haut-de-chausse, 
MOL.  F.  sav.  V,  3.  ns  ne  laissèrent  pas  de  le  —  sur  la  mu- 
sique, SOREL,  Francion,  p.  159.  ||  Absolt.  Vous  vous  gaus- 
sez, Monsieur,  dancourt,  Vend,  de  Suresnes,  se.  1. 

GAUSSERIE  [gôs'-ri  ;  en  vers,  gô-se-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gausser,  §  69.  ||  xyi»  s.  Tout  plein  de 
gosserie,  vauq.  de  la  fresn.  dans  godef.  CompL] 

Il  Famil.  Acte  par  lequel  on  se  gausse  de  qqn. 

GAUSSEUR,  EUSE  [gô-seur,  -seiiz'J  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gausser,  §  112.  ||  xvi»  s.  Volontaires  et 
gosseurs,  N.  du  fail,  Eutrapel,  33.] 

Il  Famil.  Celui,  celle  qui  aime  à  se  gausser.  Deux  bour- 
geoises des  plus  gausseuses,  sorel,  Francion,  p.  152. 

•GA VACHE  [gk-vàch']  .v.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  lespagn.  gavacho,  terme  de  mé- 
pris appliqué  surtout  aux  montagnards  des  Pyrénées, 
§  13.  {Cf.  gavotte.)  ||  xvi«s.  Couillon  guavasche,  rah.  m,  2%.] 

Il  Vieilli.  Lâche,  n  vous  traiterait  de  gavaches,  scarr. 
Virg.  trav.  10. 

GAVER  [gk-vé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  gava,  7n.  s.  dé- 
rivé du  radical  qui  se  trouve  dans  le  franc,  gavion,  §  11. 
il  1642.  Se  gaver,  ouD.  Admis  acad.  1878.] 

Il  Gorger  de  nourriture  (la  volaille  qu'on  veut  engrais- 
ser). —  des  pigeons,  des  poulets.  |  P.  ext.  Se  —,  manger 
avec  excès. 

•GAVETTE  [gà-vêf]  s.  f. 

[ÉTYM.   Emprunté  de  l'ital.  gavetta,  m.  s.  §  12.  ||  1757. 

ENCYCL.] 

Il  (Technol.)  Barre  d'or  préparée  pour  passer  à  la  fdière. 
"GAVIAL  [gà-vyàl  ;  en  vers,  -vi-àl]  s.  7n. 
[ÉTYM.  i^mprunté  des  dialectes  de  l'Inde,  §  25.  ||  17S9. 
Se  trouve  dans  les  grandes  Indes,  où  on  l'a  nommé  gavial,  la- 
cépjvDE,  Uist.  nul.  des  rept.] 

Il  (Ilist.  nat.)  Espèce  de  crocodile  à  museau  allongé,  de 
la  région  du  Gange,  qui  vit  de  poisson. 
j       GAVION  [gà-vyon  ;  en  vers,  -vi-on]  j.  m. 
I       [ÉTYM.  Dérivé  de  l'anc.  franc,  gave,  gosier.  §  106.  Le 
I  maintien  du  son  guttural  du  g  initial  indique  que  le  mot 


GAYITEAU 


—  1156 


GAZONNEMENT 


est  d'origine  dialectale,  §  16.  {Cf.  jabot.)  |1  xm<=  s.  Dne 
areste  de  poisson  Li  aresta  el  gavion,  dans  montaiglon  et 
UAyN.^LD.  liée,  de  fabliaux,  m,  161.] 

Il  Vieilli.  Famil.  Gusier.  En  avoir  jusqu'au  —,  être  gorgé. 

'GAVITEAU  'gà-vi-tô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  gaviteu  {cf. 
l'ital.  gaviteUo),  7«.  5.  §  11.  ||  169U.  furet.] 

Il  (Marine.)  Bouée. 

GAVOTTE  [gà-vÔf]  S.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  gavoto,  7)i.  s. 
proprt,  «  danse  des  gavots  »,  sobriquet,  en  Provence, 
des  montagnards  des  Alpes,  mot  qui  n'a  rien  à  voir  avec 
la  ville  de  Gap,  mais  qui  est  plutôt  apparenté  à  gavache, 
§§  11  et  36.  Il  1611.  Gauote,  coTori.] 

Il  Danse  à  deux  temps,  avec  deux  reprises  de  quatre  à 
huit  temps.  Uu  air  de  — ,  et  ellipt,  Clyméne  ctiante  cette  — 
que  toute  la  troupe  danse,  la  F.  Duphné,  1,2. 

GAYAC.   V.  gaïac. 

GAZ  [gàz']  S.  m. 

[ÉTYM.  Mot  créé  arbitrairement  par  van  helmont 
(1577-1644j,  peut-être  d'après  le  tlamand  geest,  esprit, 
pour  désigner  une  substance  subtile  qu'il  considéra'it 
comme  unie  aux  corps,  §  217.  ||  169U.  Gas,  furet.  Ad- 
mis ACAD.  1762.  j 

Il  (Chimie.)  Fluide  aériforme  (à  la  température  ordi- 
naire). La  pesanteur,  l'élasticité,  la  dilatation  des  — .  i|  Spé- 
cialt.  Le  —  d'éclairage,  et,  ellipt,  Le  —,  hydrogène  bicar- 
boné  qu'on  extrait  de  la  houille  par  la  distillation  en 
vase  clos,  et  qu'on  emploie  pour  l'éclairage.  Bec  de  — , 
par  lequel  on  donne  issue  au  gaz  distribué  dans  les  con- 
duits, quand  on  veut  l'allumer.  Un  magasin  éclairé  au  — . 
La  compagnie  du  — ,  et,  ellipt,  On  employé  du  — .  ||  P.  ext. 
Vapeurs  qui  se  développent  dans  l'estomac,  dans  les  in- 
testins. Avoir  des  — . 

'GAZAGE  [gâ-zàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gazer  2,  §  78.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Technol.)  Action  de  passer  à  la  flamme  du  gaz. 

GAZE  i_gâz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  ;  le  rapport  de  ce  mot  avec 
le  nom  de  la  ville  de  Gaza,  en  Palestine,  est  très  douteux. 
Il  xvi"  s.  Sur  la  gaze  peinte,  ro.ns.  Bocage  royal.] 

Il  Etoffe  d'un  tissu  léger,  transparent.  —  de  soie.  —  ar- 
gentée. —  de  Chambéry.  Une  robe  de  — .  ||  P,  anal.  Travail 
pour  remplir  l'intérieur  des  Heurs  dans  la  dentelle  ré- 
seau. Il  Fig.  Ce  qui  voile  légèrement  la  pensée,  sous  une 
forme  transparente.  Tout  y  sera  voilé,  mais  de  — ,  la  f. 
Contes.  Tableau. 

GAZÉIFIER  [gd-zé-i-fyé  ;  en  vers,  -fi-é]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaz,  §  274.  ||  1811.  Se  déduit  de  gazéi- 
fiable,  dans  mozi.n,  Dict.  franç.-alleni.  Admis  agad.  1835.] 

Il  iChimie.)  Faire  passer  à  l'état  gazeux. 

GAZÉIFORME  ^gà-zé-i-fùrm']  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  gaz  et  le  lat.  forma,  forme,  §|  271 
et  284.  Il  1811.  MOziN,  Dict.  franç.-allem.  Admis  acad. 
1835.] 

Il  (Chimie.)  Qui  est  à  l'état  gazeu.x. 

GAZELLE  [gà-zèl]  s.  f. 

[ÉTY-M.  Emprunté  de  l'arabe  ghazâl,  m.  s.  §  22.  ||  xiii^- 
xiv'=  s.  One  beste  sauvaige  que  l'on  appelle  gazel,  JOINV.  181. 
I  One  gasele,  Livre  de  Marc  Pol,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Espèce  d'antilope  qui  habite  l'Afrique  et  l'Asie. 

1.  GAZER  [gâ-zé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaze,  §  154.  ||  Admis  acad.  1762.] 
jl  1°  Couvrir  d'une  gaze,  d'une  étoffe  légère  et  transpa- 
rente. Ij  P.  anal.  Remplir  l'intérieur  des  fleurs  dans  la 
dentelle  réseau. 

Il  2°  Fig.  Voiler  (ce  qu'on  dit,  ce  qu'on  écrit)  sous  une 
forme  transparente.  —  des  détails  trop  libres.  Absolt.  — 
en  racontant  qqch. 

2.  *GAZER  [gâ-zé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaz,  §  154.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Passer  à  la  flamme  du  gaz  ou  de  l'alcool 
les  fils,  soies,  cotons,  etc.),  pour  en  enlever  le  duvet. 

GAZETIER  [gàz'-tyé;  en  vers,  gà-ze-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gazette,  §  115.  ||  1633.  Le  gazettier  a  con- 
tinué de  m'envoyer  sa  gazette,  peiresc,  Lett.  dans  delb.  Rec] 

Il  Vieilli.  Celui  oui  compose,  publie  une  gazette.  {Syn. 
journaliste.)  On  —  de  modes,  furet.  Rom.  bourg,  i,  53.  || 
Fig.  Colporteur  de  nouvelles.  —  scandaleux,  deulle.  Con- 
versât. 2. 


'GAZETIN  [gàz'-tin;  en  vers,  gà-ze-...',  ."f.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gazette,  à  l'imitation  de  l'ital.  gazzettino, 
m.  5.  §§  12  et  lOU.  ||  1725.  Mère,  de  France,  p.  iÛUU.  .\d- 
mis  acad.  1762;  suppr.  en  1878.] 

Il  Vieilli.  Petite  gazette.  Les  gazetins  infidèles  dont  l'Eu- 
rope est  inondée,  volt.  Lett.  30  mars  1740. 

GAZETTE  Lgà-zêt']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gazzetta,  m.  s.  proprt,  nom 
d'une  monnaie  vénitienne,  les  premières  publications  pé- 
riodiques ayant  été  faites  au  milieu  du  xvi"  s.  à  Venise,  ovi 
il  en  coûtait  une  gazzetta  pour  en  prendre  connaissance, 
§  12.  Il  xvi<'-xvu'=  s.  A  ce  que  nous  dit  la  gazette,  d'aub.  Épigr.] 

Il  Publication  périodique,  généralement  quotidienne, 
donnant  les  nouvelles  politiques,  littéraires,  etc.  {Syn. 
journal.  I  Mon  valet  de  cbambre  est  mis  dans  la  — ,  MOL.  Mis. 
III,  7.  La  Gazette  de  France.  La  Gazette  de  Hollande.  ||  Fig .  Col- 
portage de  nouvelles.  Deux  personnes  chargées  de  faire  la  — 
de  la  cour,  montesq.  Espr.  des  lois,  xii,  7.  P.  ext.  Cet 
homme  est  une  —  vivante  (un  colporteur  de  nouvelles). 

'GAZEUSE  [gd-zeuz']  .f.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gaze,  §  112.  (Cf.  gazier  1.)  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Ouvrière  qui  remplit  l'intérieur  des  fleurs 
dans  la  dentelle  réseau. 

GAZEUX,  EUSE  [gâ-zeû,  -zcuz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gaz,  §  116.  ||  1775.  Vin  gazeux,  grignon, 
Mém.  p.  503.  Admis  .\cad.  1798.] 

Il  Chimie.)  ||  1°  Qui  est  de  la  nature  du  gaz.  Huide  — . 
Émanations  gazeuses.  |j  Air  — ,  nom  qu'on  donnait  à  l'acide 
carbonique. 

lî  2'^  Qui  contient  du  gaz.  Des  boissons  gazeuses.  De  la 
limonade  gazeuse. 

1.  'GAZIER,  1ERE  [gd-zyé  ;  -zyèr]  .y.  ?n.  el  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gaze,  §  115.  ||  1723.  savary,  Dict.  du 

comm.  Admis  acad   1762;  suppr.  en  1878.] 

Il  Vieilli.  ^Technol.)  Ouvrier,  ouvrière  qui  fabrique  les 
étoffes  de  gaze.  ^C/'.  gazeuze.) 

2.  GAZIER,  'GAZIERE  [gâ-zyé,  -zyêr]  adj.  et  s.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gaz,  §  115.||  Néolog.  Admis  acad.  1878.] 
Il  1°  Adj.  Relatif  au  gaz.  L'industrie  gazière. 

Il  2°  S.  m.  Ouvrier  qui  travaille  dans  une  usine  à  gaz. 
Il  Celui  qui  vend,  qui  pose  des  appareils  à  gaz  {Cf.  appa- 
reilleur.) 

'GAZOGENE  [gd-zô-jen']  5.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  gaz  et  le  grec  ysvvâv,  engendrer, 
%-/Sibis.  Il  Néolog.] 

Il  (Technol.)  ||  1°  Appareil  portatif  qui  sert  à  fabriquer 
de  l'eau  gazeuse  (eau  de  Seltz  artificielle). 

Il  2''  Mélange  d'alcool  et  d'essence  pour  l'éclairage. 

GAZOMÈTRE  [gd-zù-métr']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  gaz  et  le  grec  [xétoov,  mesure, 
§279.  Motdùà  LAVOISIER.  (  V.  Traité  élém.  de  c/ie/«/e  [1789], 
II,  347.)  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Technol.)  Appareil  pour  mesurer  le  volume  des  gaz. 
SpÉcialt.  Appareil  qui  règle  l'écoulement  du  gaz  d'éclai- 
rage, en  mesurant  la  quantité  fournie. 

GAZON  [gd-zon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  waso  i^allem. 
moderne  wasen),  ?«.  s.  devenu  guason,  gason,  écrit  arbi- 
trairement gazon,  §§  6,  498  et  499.  ||  1258.  Couvers  de  vers 
wasons,  a.  dupont,  Mahomet,  dans  delb.  Rec] 

Il  Herbe  menue  de  diverses  graminées,  qui  forme  sur 
le  sol  comme  un  tapis  de  verdure.  Tondre  le  — ,  couper 
cette  herbe  court.  Être  couché  sur  le  — .  Sur  un  lit  de  — ,  de 
faiblesse  étendu,  coRN.  Rodog.  v,  4.  On  talus  revêtu  de  — . 
Il  Au  plur.  Lever  des  gazons  (des  mottes  de  terre  couvertes 
de  gazon)  pour  en  couvrir  un  terrain.  ||  l'.  anal.  (Botan.)  — 
anglais,  ivraie  vivace  ou  ray-grass.  —  de  Mahon,  julienne 
de  Chio,  dite  aussi  giroflée  de  Mahon.  —  de  chat,  german- 
drée  maritime.  ||  Fig.  Trivial.  Perruque  courte.  Votre  — 
vous  rend  l'air  triste,  Chanson  des  disgrâces  de  porter  per- 
ruques (XVIII'ï  s.). 

GAZONNAN-T,  ANTE  [gd-zo-nan,  -nânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj .  particip.  de  gazonner,  §  47.  ||  1338.  Prez  gazon- 
nants,  dans  godef.  Compl  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Hortic.)  Qui  forme  gazon.  Plantes  gazonnantes. 

GAZONNEMENT  [gd-zôn'-man  ;  en  vers,  -zô-ne-...] 
s.  m. 

[ÉTY-M.  Dérivé  de  gazonner,  §  145.  ||  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.  )  .\ction  de  revêtir  un  terrain  de  gazon.  Le 
—  des  montagnes. 


GAZONNER  -  iii 

GAZONNER  [gâ-zo-né]  v.  tr.  et  inlr.  \ 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gazon,  §  154.  ||  129ij.  Wassonner,  dans 
GODKP.  Com/il.] 

Il  (Teclinol.    |j  1°  V.  tr.  Revùlir  de  f,'azoii.  —  un  talus. 

Il  ÎZ"  V.  hitr.  Pousser  en  gazon.  Herbe  qui  gazonne.  Se 
rouvi'irde  irazoïi.  Pré  qui  gazonne. 

GAZOUILLEMENT  [gk-zouv'-man  ;  en  vers,  -zou- 
yt!-...]  >'.  m. 

[ktv.m.  Dérivé  de  gazouiller,  §  1  i5.  ||  xiv*  s.  Le  gasoillement 
des  oyseaulx,  uRk.sme,  dans  godef.  Cotnpl.] 

Il  Action  de  gazouiller.  On  entendait  le  —  des  oiseaux,  fén. 
Tél.  2. 

GAZOUILLER  [gà-zou-yé]  r.  intr. 

[ÉTV.M.  Peut-être  df'-rivé  du  même  radical  que  jaser, 
t;  161.  Il  13 10.  L'enfant  aussi  comme  par  leesse  Gazouille  et  rit, 
j.  MAiLi.ARij,  Comtfssf  (l'Anjou,  dans  littré.J 

Il  F]n  parlant  des  petits  oiseau.x,  faire  entendre  un  chant 
léger.  Il  /•".  nnal.  Produire  un  murmure.  Dn  ruisseau  qui 
gazouille  sous  les  saules.  ||  1'.  ext.  Favdl.  Dn  enfant  qui  com- 
mence à  — ,  à  jtarler. 

GAZOUILLIS  [gà-zou-yi]  s.  m. 

[ÉTV.M.  D('Mivé  de  gazouiller,  §  82.  ||  xvi*'  s.  Gasouillis  des 
ruisseaux, 'vAug.  ije  la  kresn.  dans  godef.  Compl.] 

Il  Hi'uit  d'oiseaux  qui  gazouillent.  D'autres  oiseaux...  font 
entendre  à  la  lois  Le  —  de  leurs  confuses  voix,  volt.  Ép.  64. 
Fiy.  Murnuii'e.  Au  —  des  ruisseaux  de  ces  bois,  la  f.  Contes, 
Purgatoire.  1 

GEAI  [je]  s.  m.  ' 

[ÉTV.M.  Origine  inconnue.  ||  xii^  s.  Le  gai  Qui  slet  sor 
l'arbre,  liaoulde  Ccnnhrai,  5031.) 

Il  Oiseau  formant  un  genre  des  Passereaux  conirostres, 
voisin  des  corbeaux.  Un  paon  muait,  un  —  prit  son  plumage, 
la  F.  Fah.  IV,  9. 

GÉANT,  ANTE  [jé-an,  -ânt']  s.  m.  et  f. 

[ÉTV.M.  Du  lat.  gigantem,  m.  s.  devenu  par  assimilation 
(K.  §36U  *gagante  dans  le  lat.  pop.,  d'où  galant,  jaiant.jéant, 
et,  par  reslaui'aliou  orthographique  (T.  j  5U"-3'.  géant, 
§§393.  394.  346  et  291.] 

Il  Personnage  d'une  taille  démesurée. 

il  1»  i^Mythol.)  Les  Géants,  ôlres  fabuleux,  fils  de  la  Terre, 
qui  essayèrent  de  détrôner  Jupiter  et  furent  foudroyés. 
Et  les  os  dispersés  du  —  d'Épidaure,  rac.  Phèd.  i,  1. 

Il  2»  (T.  biblique.)  Les  Géants,  êtres  monstrueux  nés  du 
commerce  des  anges  avec  des  femmes. 

H  3"  Homme,  femme  qui  dépasse  la  taille  ordinaire. 
Une  statue  de  — .  David  tua  le  —  Goliath.  ||  F  if/.  Marcher  à 
pas  de  —,  faire  des  progrès  rapides.  Le  roi  avait  de  rien 
formé  plusieurs  géants  de  grandeur,  ST-snL  viii,  37. 

Il  4"  P.  anal.  Adjectivt.  (Hist.  nat.i  Dn  arbre  — ,  une 
fougère  géante. 

GECKO  [je-kô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  {Cf.  malais  goké,  7n.  s.  §  28.) 
Il  1784.  ENCYCL.  MÉTU.  Admis  agad.  1878.] 

y  (Hist.  nat.)  Genre  de  sauriens  qui  ont  la  configuration 
du  lézard  avec  les  formes  du  crapaud. 

GÉHENNE  [jé-hèn'l  s.  f. 

[ÉTYNL  Kniprunté  du  lat.  gehenna,  grec  vÉjvva,  hébreu 
ghêhinnom,  7ii.  s.  qui  a  d'abord  désigné  une  vallée  (ghê) 
près  de  .lérusalem,  où  les  Juifs  idolâtres  faisaient  passer 
leurs  enfants  par  le  feu  en  l'honneur  de  Molok,  §§  21  et 
216.  Il  xiii«  s.  La  paor  dou  feu  de  jehenne,  brun,  lati.ni, 
Trésor,  p.  462.  .\dmis  agad.  1835.] 

Il  (T.  biblique.)  Enfer.  Le  feu  de  la  — . 

1.  GEINDRE  Ljindr'j  v.  intr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gÇmere,  ni.  s.  devenu  glembre,  geimbre, 
$!;  3U5, 29(3,  472  et  271,  puis,  par  substitution  de  désinence, 
geindre,  S  648.  [Cf.  le  doublet  gémir.)] 

Il  Fdinil.  Se  lamenter  à  plaisir. 

2.  'GEINDRE.  V.  gindre. 
•GEL  [jèl]  .V.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gÇlu,  m.  s.  devenu  giel,  gel,  §§  305,  307  et 
291.  (Cf.  dégel.^] 

Il  Vieilli  et  dialect.  Froid  qui  produit  la  gelée.  Au  pre- 
mier — . 

GÉLATINE  [jé-là-tin'l  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gelatus,  gelé,  §  245.  ||  1611.  cotgr. 
Admis  AGAD.  1835.] 

Il  (T.  scientif.)  Substance  azotée  qu'on  extrait  des  os, 
des  cartilages,  des  animaux,  et  qui  forme  avec  l'eau  une 
gelée. 


7  -  GEMINE 

GÉLATINEUX,  EUSE  [jé-lk-ti-ne'u,  -ne'uz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gélatine,  §  251.  Ij  1743.  Matière  gélati- 
neuse, QUEs.NAY,  dans  Mpui.  de  l'Acad.  roy.  de  china;/. 
I,  91.  Admis  AGAD.  1762.] 

!|  (T.  scientif.)  Qui  a  la  nature  de  la  gélatine.  Substance 
gélatineuse. 

GELÉE  [je-Ié]  S.  f. 

'ÉTYM.  Du  lat.  pop.  *gelata,  7}t.  s.  subst.  particip.  de  ge- 
lare,  geler  i  V.  îj  45).  devenu  gelede,  gelée,  SS  295,  4IJ2  et  291. 
jl  viii'^  s.  Pruina  :  gelata,  Closs.  di-  Heirhenatt,  dans  fœrs- 
TKR,  Uef/uiif/s/jiich,  p.  19,  n"  809.  |  xi^  s.  Altresi  blanches 
cume  neif  sur  gelée,  Roland,  3319.] 

I;  1"  Ktat  de  la  température  où  l'eau  se  solidifie.  Le 
temps  est  à  la  — .  Il  y  a  eu  de  fortes  gelées.  !|  —  blanche,  con- 
gélation de  la  rosée,  avant  le  lever  du  soleil,  par  les  nuits 
sereines.  {Syn.  givre,  i 

Il  2"  Suc  de  substance  animale  qui  a  pris  de  la  con- 
sistance en  refroidissant.  —  de  veau,  de  poisson.  Du  jambon 
entouré  de  — .  Absolt.  Le  roi  prit  de  temps  en  temps  un  peu 
de  —,  ST-siM.  X[.  456.  |j  P.  anal.  Suc  de  fruits  congelé.  — 
de  pomme.  —  de  groseille.  ||  P.  ext.  —  de  mer,  sorte  de  mé- 
diLse. 

GELER  ^je-lé]  V.  tr.  et  intr. 

[ÉTVM.  Du  lat.  gelare,  m.  s.  .Ç.S  295  et  291.] 

I.  V.  tr.  TratLsformcr  en  glace.  L'eau  est  gelée  dans  les 
font£dnes.  L'huile  s'est  gelée  dans  la  lampe.  |j  P.  anal.  Dur- 
cir par  la  gelée.  La  terre  est  gelée.  ||  P.  ext.  Altérer  un 
corps  organisé)  par  l'action  d'un  froid  excessif.  La  vigne 
a  été  gelée,  n  eut  les  pieds  gelés  dans  la  campagne  de  Russie. 
][  /'.  hyperh.  Être  gelé,  avoir  très  tVoitl.  Je  me  gèle  ici  à  vous 
attendre.  '  /■"('/•  Rendre  contraint.  Son  accueil  gèie  les  gens. 
Il  vous  gèle  le  sang,  RÉGNIER.  Sat.  16. 

II.  r.  intr.  Se  transformer  en  glace.  La  Seine  a  gelé 
cette  nuit.  ||  Impersonnidlt.  Il  a  gelé  cette  nuit,  il  gèle  à 
pierre  fendre.  ||  H  a  gelé  blanc,  la  rosée  est  congelée,  i'  P. 
ext.  S'altérer  par  un  froid  excessif.  La  vigne  a  gelé.  !'  P. 
hyperb.  .Avoir  très  froid.  On  gèle  dans  cette  chambre. 

'GELEUR,  EUSE  ;.je-le'ùr.  -le'uz']  s.  m.  et  /'. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  geler,  §  112.  ||  xvi^  s.  Saints  gresleurs, 
geleurs  et  gasteurs  de  bourgeons,  n.\B.  dans  delb.  lier.] 

\l  Rare.  Qui  fait  geler.  P.  plaisant.  Sprcialt.  Les  geleurs 
de  vignes,  saints  dont  la  fête  tombe  dans  la  saison  des 
gelées  blanches. 

GÉLIF,  IVE  Ijé-nr.  -liv']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  geler,  ,§s  65  et  125.  [Cf.  gélls.'l  |î  1519- 
1528.  Gelif,  tortu  ou  contrefaict,  Chants  roy.  du  puy  de 
Rouen,  dans  gouef.  gelif.  .\dmis  agad.  1835.] 

Il  (Technol.)  Qui  se  fend  par  le  gel.  Arbres  gélifs. 

GELINE  [je-lin']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gallina,  m.  s.  §«  393,  346,  366  et  291.] 

Il   Vieilli.  Poule.  [Cf.  morgeline.) 

GELINOTTE  [je-li-nol']  .«.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  geline,  S  136.  ||  xvi"  s.  Le  franc  coq... 
avec  sa  gelinotte,  marot,  Fpigr.  36.] 

Il  1"  Oiseau  du  genre  Tétras,  dit  coq  de  marais. 

Il  2"  Poule  d'eau. 

"GÉLIS,  ISSE  [jé-li,  -lis']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  geler,  §§  65  et  82.  {Cf.  gélif.  ]\  xvi"  s. 
Telles  pierres  sont  gelisses  ou  venteuses,  b.  pai.i.->v.  p.  319.] 

Il  (Technol.)  Qui  se  fend  parle  gel.  Pierres  gelisses,  buff. 
Minéraux. 

•GÉLISSURE  [jé-li-sûr]  et  GÉLIVURE  [jé-li-vûr] .?.  f 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gélis,  géUf,  §  111.  ||  1762.  Gélivure.  agad. 

I  1771.  Gélivure  ou  gélissure,  trév.] 

Il  (Technol.)  Fente  que  fait  le  gel  dans  le  bois,  dans  la 
pierre. 
GÉMEAU,  'GÉMET.LE  [jé-mo,  -mèl]  S.  m.  et  /■. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gemellus,  m.  s.  {Cf.  jumeau.) 

II  XVI"  s.  r.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Jumeau.  De  deux  princes  gémeaux  nous  déclarer 
l'aîné,  CORN.  Rodog.  i,  1.  Deux  filles  gémelles,  paré.  \ix,  4. 
SI  Spéciall.  l>e  nos  jours,  (.\stron.;  Les  Gémeaux,  Castor 
et  Pollux,  un  des  douze  signes  du  zodiaque. 

GÉMINÉ,  ÉE  [jé-mi-né]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  geminatus,  m.  s.  \\  .\dmis  agad. 
1762.] 

li  T.didact.lQuiaundouble.y  Spécialf.\  1.- Architect.) 
Colonnes  géminées,  groupées  deux  à  deux.  |  2.  Hotan.)  Par- 
ties géminées,  parties  des  plantes  disposées  deux  à  deux 
ou  par  paires.  |  3.  (Épigr.)  Lettre  géminée,  redoublée  a  la  fin 


GEMIR 


—  Ho8  — 


GENEALOGIQUE 


d'un  mot  pour  indiquer  le  nombre  deux.  Pour  désigner  les 
deux  consuls  on  écrit,  avec  une  S  géminée,  COSS. 

GÉMIR  [jé-mir]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Tiré  de  geindre,  anciennement  giembre,  par  chan- 
gement de  conjui,'aison,  d'après  le  lat.  gemere,  §  629.  || 
XIU°  s.  Se  gémirai  tôt  mon  aage  Les  granz  péchiez ,  G.  DK 
coiNCY,  dans  Zeitschrift  fur  roman.  Philologie,  vi,  343. 

Il  Pousser  une  plainte  inarticulée.  Quel  tourment...  De 
l'entendre  —,  Rac.  Brit.  m,  7.  Et  les  princes  et  les  peuples 
gémissaient  en  vain,  BOSS.  D.  d'Orl.  \\  P.  anal.  La  tourterelle 
gémit.  ||  P.  ext.  Po^t.  Faire  entendre  un  Lruit  plaintif.  La 
rive  au  loin  gémit,  rac.  Iph.  v,  6.  Les  marteaux  faisaient  — 
les  cavernes  de  la  terre,  fén.  Tel.  2.  Le  vent  gémit  dans  la  che- 
minée. Il  Fig.  Se  sentir  oppressé.  Le  royaume  gémissait  sous 
la  tyrannie,  fén.  Tel.  13.  J'ai  fait  taire  les  lois  et  —  l'innocence, 
RAC.  Eslh.  ni,  1.  Il  Poét.  Son  corps...  Fait  —  les  coussins  sous 
sa  molle  épaisseur,  uoil.  Luir.  1.  Famil.  Faire  —  la  presse, 
donner  beaucoup  à  imprimer. 

GÉMISSANT,  ANTE  [jé-mi-san,  -sânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  gémir,  §  47.  Ijxv'-xvi»  s.  Povres 
enfans  gemissans  et  plorans,  o.  de  st-GELais,  Enéide,  dans 
DELB.  Rec] 

Il  Qui  gémit.  Gémissante  et  presque  inanimée,  r.\g.  Phèd. 
V,  6.  Ces  gémissantes  voix,  l.\  f.  Fah.  via,  14. 

GÉMISSEMENT  [jé-mis'-man  ;  en  vers,  -mi-se-...î 
s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gémir,  §  145.  ||  xii«  s.  Le  gémissement  del 
liied,  Psaut.  de  Cambridge,  dans  delb.  Rec.] 

Il  Plainte  de  qqn  qui  gémit.  Il  tire  de  son  cœur  de  pro- 
fonds gémissements,  fén.  Tél.  2.  Quels  seront  nos  gémisse- 
ments à  la  vue  de  ce  tombeau,  boss.  Marie-Thcrcse.  Les  gé- 
missements des  chrétiens  effrayés,  ID.  R.  d'Angl.  \\  P.  anal. 
Le  —  delà  tourterelle.  ||  P.  e.rt.  Bruit  d'une  ciiose  qui  gé- 
mit. Le  —  du  vent  d£ms  les  bols.  ||  Poét.  L'orgue  même  en 
pousse  un  long  — ,  boil.  Lutr.  3. 

*GEMMAL,  AX.E  [jem'-màl]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gemma,  g  238.  ||  Néolog.] 

Il  (Botan.)  Qui  tient  au  bourgeon  d'une  plante.  Écailles 
gemmales. 

GEMMATION  [jem'-mà-syon  ;  en  vers, -si-on]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gemmatio,  7n.  s.  ||  1798.  l.-c.-m. 
RICHARD,  Dict.  de  botan.  de  Bulliurd.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Botan.)  Formation  et  développement  du  bourgeon 
dans  les  plantes.  ||  P.  anal.  (Zoologie.)  Reproduction  par 
gemmes. 

GEMME  [jèm']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gemma,  qui  signifie  à  la  fois 
«  pierre  précieuse  »  et  «  bourgeon  ».  A  remplacé  l'anc. 
franc,  gemme  (prononcé  et  écrit  souvent  jamme;  cf.  femme), 
qui  est  de  formation  pop.  §  502.  ||  Admis  acad.  1762.J 

I.  Pierre  précieuse.  —  orientale,  corindon  hyalin.  || 
Adjectivt.  Pierre  — .  Sel  — ,  sel  qu'on  trouve  en  couches 
solides  dans  le  sein  de  la  terre  (par  opposition  au  sel  marin). 

II.  (Botan.)  Bourgeon.  ||  P.  anal.  (Zoulogie.j  Saillie 
charnue  sur  le  corps  de  certains  animaux  (annélides , 
polypes,  etc.),  rudinient  d'un  nouvel  individu. 

"GEMMIPARE  [jem'-mi-pàr]  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  lat.  gemma,  bourgeon,  et 
parère,  enfanter,  §  273.  ||  1771.  trév.] 

Il  (T.  didact.)  |  1.  (Botan.)  Qui  produit  des  bourgeons. 
I  2.  (Zoologie.)  Qui  se  reproduit  par  gemme. 

"GEMMULE  [jem'-mul]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gemmula,  petite  gemme.  || 
1808.  L.-c.-M.  RICHARD,  Analyse  du  fruit,  p.  54.] 

Il  (Botan.)  Rudiment  de  la  lige,  qui  apparaît  dans  la 
germination.  {Syn.  plumule.)  i|  P.  ext.  Petit  corps  ovoïde 
qui,  se  séparant  de  la  plante,  sert  à  la  reproduire.  Les  gem- 
mules des  algues. 

GÉMONIES  ijé-mè-ni]  s.  f.pl. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gemoniae,  m.  s.  \\  1611.  delb. 
Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Antiq.)  Escalier  où  l'on  exposait,  à  Rome,  le  corps 
des  suppliciés.  ||  Fig.  Traîner  qqn  aux  —,  l'accabler  d'ou- 
trages. 

GÉNAL,  AXE  [jé-nàl]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gêna,  joue,  §  2.38.  ||  1757.  encycl. 
Admis  acad.  1762.] 

Il  (Anat.)  Qui  appartient  aux  joues.  Muscles  génaux. 

GÊNANT,  ANTE  [jè-uan,  -nânf]  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  gêner,  §  47.  ||  Admis  acad.  1694.] 


Il  Qui  gêne.  Une  personne,  une  chose  gênante. 

GENCIVE  [jan-sîv']  .■;.  /'. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gingiva,  m.  s.  devenu  par  dissimilation 
(F.  §  360)  *gïncîva,  d'où  gencive,  §§  342  et  291.] 

Il  Tissu  charnu  qui  garnit  les  arcades  dentaires  et  le 
tour  des  dents,  en  adhérant  à  leur  collet. 

GENDARME  [jan-dàrm']  .y.  m. 

[ÉTYM.  Pour  gens  d'armes,  composé  de  gens,  de  et  armes, 
§  176  ;  le  mot  ne  s'est  d'abord  employé  qu'au  pluriel.  Ij 
xiv  s.  Chevaucheurs  estoient  ceulx  que  nous  appelons  main- 
tenant gensdarmes,  bersuire,  dans  littré.] 

Il  1°  Vieilli.  Homme  d'armes.  Tous  les  dards,  tous  les 
traits,  tous  les  chars  des  gendarmes,  CORN.  Office  de  la 
Vierge,  ps.  45.  Tous  vos  romains  gendarmes  Ont  au  camp  de 
César  couru,  l.\  f.  Hof/otin,  iv,  4.  Il  Spéciult.  De  nos  jours. 
On  — ,  soldat  appartenant  à  un  corps  chargé  de  veiller  à 
la  sûreté  publique.  Un  voleur  arrêté  par  des  gendarmes.  ||  Fig. 
I  1.  Personne  qui  contrôle  tout.  |  2.  Femme  qui  a  l'air 
viril. 

Il  2"  P.  anal.  iTechnol.)  Pièce  de  fer  de  la  charrue 
servant  à  arrêter  les  herbes  qui  pourraient  se  prendre 
dans  les  jambettes.  ||  P.  plaisant.  Bluettes  qui  sortent 
du  feu.  Il  Parcelles  de  lie  dans  le  vin.||  Tache  dans  l'œil. 
Paillette  dans  un  diamant. 

GENDARMER  (SE)  [jan-dàr-mé]  v.  pron. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gendarme,  §  154.  ||  x\n^  s.  Pour  se  vou- 
loir eslever  et  gendarmer,  MONTAIGNE,  I,  24.] 

Il  Se  mettre  sur  la  défensive  contre  qqn,  qqch.  Je  ne 
vois  pas  contre  eux  de  quoi  se  — ,  TH.  CORN.  Inconnu,  i,  5. 
Votre  esprit  Se  gendarme  toujours  contre  tout  ce  qu'on  dit, 
MOL.  Mis.  II,  4.  Cet  homme,  gendarmé  d'abord  contre  mon 
feu,  ID.  Éc.  des  f.  m,  4.  ||  Rare.  Transitivt.  —  sa  vertu, 

GHERARDI,   Th.  ital.  III,  388. 

GENDARMERIE  [jan-dàr-me-ri]  5.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gendarme,  §  69.  ||  1539.  R.  est.] 

Il  Corps  de  gendarmes.  ||  P.  ext.  Caserne  de  gen- 
darmes. 

GENDRE  [jândr']  5.  ?n. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gÇnerum,  m.  s.  devenu  gen're,  gendre, 
§§  290  et  484.] 

Il  Celui  qui  a  épousé  une  fille,  par  rapport  au  père  ou  à 
la  mère  de  celle  qu'il  a  épousée.  One  belle-mére  aime  son 
— ,  n'ïdme  point  sa  bru,  la  br.  5. 

GÊNE  [jén']  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  geïne,  §368,  plus  anciennement  gehine, 
dérivé  de  l'anc.  \  erbe  gehir,  avouer,  §  100.  Le  verbe  gehlr 
est  d'origine  german.  (anc.  haut  allem.  jehan,  déclarer), 
§§  6,  498  et  499.  Le  subst.  gehine  a  été  de  bonne  heure 
confondu  avec  géhenne,  §  509.  ||  xiii<=  s.  Il  le  mistrent  a  gehine, 
si  leur  connut  la  vérité,  Trad.  de  Guill.  de  Tyr,  m,  4.] 

I.  A71C.  franc.  Aveu.  Spécialt.  Aveu  arraché  par  la 
torture.  ||  P.  ext.  Vieilli.  Torture.  [Cf.  question.,  Préparez 
seulement  des  gênes,  des  bourreaux,  corn.  .Méd.  v,  5.  J'en  ai 
souffert  la  —  sur  mon  corps,  mol.  Et.  iv,  4.  |i  Fig.  Sont-ils 
d'accord  tous  deux  pour  me  mettre  à  la  —  ?  rac.  P/ukl.  v,  4.  || 
Tourment.  L'enfer  n'a  point  de  —  Qui  ne  soit  pour  ton  crime 
une  trop  douce  peine,  mol.  Sgan.  se.  16. 

II.  Malaise  qu'on  éprouve  quand  on  est  serré,  oppressé. 
Sentir  de  la  —  dans  la  respiration,  être  oppressé.  ||  Fig.  \  1. 
Embarras  où  l'on  met  qqn.  Je  ne  voudrais  pas  vous  causer 
de  la  — .  I  2.  Embarras  où  met  le  manque  d'argent.  Vivre 
dans  la  — .  |  3.  Contrainte  qu'on  s'impose.  La  —  de  souffrir 
et  de  le  déguiser,  corn.  Oth.  i,  4.  Être  sans  — ,  ne  s'impo- 
ser aucune  contrainte  pour  les  autres. 

GÉNÉALOGIE  [jé-né-à-lô-ji]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  genealogla,  grec  YevEaXoyia, 
?n.  s.  Il  XII'  s.  Ce  dit  la  généalogie,  evrat,  Bible,  dans  delb. 
Rec.] 

Il  Filiation  d'une  ou  de  plusieurs  personnes ,  établie 
par  la  succession  de  leurs  ancêtres.  Faire,  dresser  la  — 
d'un  individu,  d'une  famille.  Je  fais  faire  une  assez  sotte  chose, 
c'est  ma  — ,  montej^q.  Pens.  die.  La  —  de  David.  |[  P.  ext. 
Science  de  la  généalogie  des  familles.  Être  savant  en  — . 
Il  P.  anal.  La  —  d'un  cheval  de  race.  ||  Fig.  Ces  généalogies  ri- 
dicules d'opinions  inutiles,  malebr.  Rech.  de  la  vérité,  p.  159. 

GÉNÉALOGIQUE  [jé-né-k-lô-jik'J  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  généalogie,  §  229.  ||  1480.  Poètes  généa- 
logiques, Barutre  infernal,  dans  delb.  Rec] 

Il  Relatif  à  la  généalogie.  Arbre  —,  tableau  de  la  généa- 
logie d'une  famille,  sous  la  forme  d'un  arbre  dont  les 


GÉNÉALOGISTE 


llb9 


GENERATION 


premiers  parents  sont  la  tige,  et  les  descendants  les  ra- 
meaux. I  /'.  anal.  Arbre  —  des  sciences,  qui  présente  les 
diverses  ramifications  des  connaissances  humaines. 

GÉNÉALOGISTE  [jé-né-à-lù-jîst']  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  généalogie,  §  265.  ||  1G90.  furet.] 

Il  Celui  qui  s'occupe  de  dresser  la  généalogie  des  fa- 
milles. Il  est  — ,  et  il  espère  que  son  Jirt  rendra,  si  les  fortu- 
nes continuent,  monïesq.  Lett.  pers.  132. 

GÉNÉPI  [jé-né-pi]  ou  GÉNTPI  [jé-ni-pi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  savoyard  génépi,  m.  s.  d'origine 
inconnue,  §  11.  ||  x%iii=s.  V.  à  l'article.  Admis  acad.  1878.] 

IKBotan.)  Plante  officinale  des  Alpes,  variété  d'armoise. 
jl  P.  eœt.  Vulnéraire  fait  avec  celte  plante.  Dne  pleurésie 
dont  le  génépi  ne  put  le  sauver,  J.-J.  Rouss.  Cûn/'ess.  5. 

GÊNER  [jè-néj  u.  Ir. 

âixY.M.  Dérivé  de  gène,  §  154.  ||  1381.  Les  demendeiirs  fu- 
rent gehinez,  dans  GODEF.  gehiner.] 

I.  Mettre  à  la  torture.  Et  les  mêmes  tourments  dont  vous 
gênez  les  âmes,  coRN.  Méd.  i,4.||  Tourmenter.  Ah!  que  vous 
me  gênez!  rac.  Andr.  1,4. 

II.  Mettre  mal  à  l'aise,  en  serrant,  en  oppressant.  Cette 
chaussure  me  gêne.  J'ai  la  respiration  gênée.  Nous  étions  gênés 
dans  cette  voiture.  Fig.  Embarrasser,  contraindre.  Britan- 
nicus  le  gêne,  Albine,  rac.  Brit.  i,  1.  N'allons  point  les  —  d'un 
soin  embarrassant,  ID.  Ath.  il,  5.  Être  gêné  vis-à-vis  de  qqn. 
Afjsolt.  Être  gêné,  avoir  des  embarras  d'argent.  Se  — ,  s'im- 
poser une  contrainte.  Vous  ne  vous  gênez  pas.  Ne  pas  savoir 
se  —  (pour  les  autres).  C'est  un  homme  qui  ne  se  gêne  pas. 

GÉNÉRAL,  ALE  [jé-né-ràl]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  generalis,  ??;.  s.  ||  xn^  s.  Un  gê- 
nerai ost  de  tôt  lo  munde,  Serm.  de  St  Beni.  p.  146.] 

I.  Qui  se  rapporte  à  un  ensemble  de  personnes,  de  cho- 
ses. Dn  concile  — .  Les  états  généraux  (sous  l'ancien  régime). 
Les  conseils  généraux  des  départements,  et,  p.  ext.  Un  con- 
seiller — ,  un  membre  d'un  conseil  général.  Dne  donation 
générîde  de  tous  ses  biens,  la  br.  13.  L'opinion  générale. 
L'intérêt  — .  Le  combat  —  aujourd'hui  se  hasarde,  corn.  llor. 
I,  2.  L'assemblée  générale,  et,  substantiit,  Battre  la  générfde, 
battre  le  tambour  pour  avertir  les  soldats  de  s'assembler 
et  de  se  tenir  prêts  à  marcher.  Une  vue  généréde  des  choses. 
Des  idées  générales.  Ces  principes  sont  si  simples  et  si  généraux, 
DE3C.  Méth.  6.  Les  règles  générales.  Les  termes  généraux.  || 
Substantivt.  (Logique.)  Le  — ,  ce  qui  convient  au  genre 
tout  entier.  On  ne  peut  conclure  du  particulier  au  — .  ||  Loc. 
adv.  En  — .  I  1.  Au  point  de  vue  général.  Je  ne  vous  ai  parlé 
de  la  piété  qu'en  —,  pasc.  Prov.  9.  |  2.  P.  ext.  Famil.  D'une 
manière  générale.  En  — ,  on  juge  sur  les  apparences. 

II.  Qui  embrasse  l'ensemble  d'un  service,  d'une  ad- 
ministration, d'un  commandement.  État-major  — .  Quartier 
— .  Direction  générale  des  postes.  Le  procureur  — ,  l'avocat  — . 
Le  vicaire  —  d'un  évèque.  Inspecteur  —  de  l'instruction  publi- 
que, etc.  Trésoriers  généraux.  Sui/stanliit.  Les  généraux  des 
finances,  fonctionnaires  chargés,  sous  l'ancien  régime,  de 
centraliser  la  perception  des  aides  et  tailles,  jj  Père  —  d'un 
ordre  religieux,  et,  su(jstantivt,  Le  —  des  jésuites.  Comman- 
dant — ,  et,  aubstantivt.  Le  —  des  galères  du  roi.  L'inspec- 
teur — ,  et,  substantivt,  Le  —  des  vivres  militaires.  Officiers 
généraux,  officiers  supérieurs  qui  ont  le  commandement 
d'une  partie  plus  ou  moins  considérable  d'une  armée. 
Substantiit.  Un — ,  chef  militaire  d'une  armée,  d'un  corps 
d'armée.  Ce  qu'un  sage  —  doit  le  mieux  conncdtre,  c'est  ses 
soldats  et  ses  chefs,  BOSS.  Condé.  j|  Spécialt.  —  de  division 
(taulrefois  lieutenant  — ),  celui  qui  commande  une  divi- 
sion. —  de  brigade  (autrefois  maréchal  de  camp),  celui  qui 
commande  une  l)rigade.  Un  —  d'infanterie,  d'artillerie,  du 
génie.  '|  Famil.  Au  fém.  La  générale,  la  femme  du  général. 
Madame  la  générale. 

GÉNÉRALAT  [jé-né-rà-là]  5.  m. 

[i^TYM.  Dérivé  de  général,  g  254.  A  remplacé  générante 
{cf.  amirauté),  encore  donné  par  ol'D.  jj  .wii^  s.  patru, 
IHaidoy.  1.]' 

Il  1"  Grade  de  général  d'armée. 

Il  2°  Dignité  de  général  d'un  ordre  religieux.  ||  P.  ext. 
Durée  des  fi>nctions  de  général. 

GÉNÉRALE.  V.  général. 

GÉNÉRALEJVIENT  jé-né-ral-man  ;  f;i  vers,  -rà-le-..." 
adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  généréde  et  ment,  §  724.  ||  x:i<=  s.  En 
tens  estaulit  s'asemblet  toz  li  empeires  generalment  en  ost, 
Sei-m.  de  SI  Bern.  p.  146.] 


!  1"  .\\i  point  de  vue  général.  Traiter  une  question  — . 
—  parlant,  tout  homme  a  souverainement  le  don  de  me  déplaire, 
DESTOLCiiES,  Fausse  Agiles,  i,  1. 

il  2°  D'une  manière  générale.  Cette  opinion  est  —  ad- 
mise. 

GÉNÉBAT.TSATEUR,  TRICE  [jé-né-ià-li-zà-teur,-trl3'] 
adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  généraliser,  §  249.  ||  Séolog.  Admis 

ACAD.   1878.] 

Il  Qui  gi'ni'raliso.  Un  esprit  — . 

GÉNÉRALISATION  jé-né-rà-li-zà-syon]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  d(i  généraliser,  §  247.  j|  1779.  Une  faible 
généralisation,  leluc,  Lett.  phys.  et  mot:  i,  p.  295.  .Vdmis 
ACAD.  1798.] 

Il  1"  Action  de  se  généraliser.  La  —  d'une  doctrine,  d'une 
opinion.  La  —  d'une  maladie. 

Il  2°  (Logique.)  Action  de  généraliser.  L'abstraction  et 
la  — . 

GÉNÉRALISER  îjé-né-rà-li-zé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  général,  §  267.  ||  xviie-xviii»  s.  V.  à 
l'article.  Admis  acau.  1702.] 

Il  1°  Rendre  général,  applicable  à  l'ensemble.  —  une 
doctrine,  une  opinion.  La  seule  bonne  manière  de  diminuer  le 
nombre  des  lois  est  de  les  — ,  i.'aijUÉ  de  .-t-I'!ERRE,  .)îém. 
SU)'  les  procès,  p.  31.  La  maladie  se  généralise  ^de  locale, 
devient  générale). 

Il  2"  (Logique.)  Réunir  sous  une  idée  une  expression 
générale,  ce  qui  est  commun  à  divers  termes,  en  éliminant 
les  différences.  Absolt.  L'art  de  — . 

GÉNÉRALISSIME  [jé-né-rà-li-sim']  5.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'ital.  generalissimo,  7n.  s.  §  12.  || 
xvi'^-xvn'^  s.  Généralissime  des  armées  chrestienes,  u'aub. 
Hist.  univ.  III,  iv,  27.] 

Il  (T.  milit.;  Général  chargé  du  commandement  en  chef, 
qui  a  sous  ses  ordres  les  autres  généraux. 

GÉNÉRALITÉ  [jé-né-rà-li-té]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  général,  d'après  le  lat.  generalitas,  §255. 
On  a  dit  d'abord  générante,  mot  qui  s'est  maintenu  jus- 
qu'au xvii<=  s.  au  sens  spécial  de  généralat.  jj  xiii<=  s.  Ba'il 
aint  en  généralité,  J.  de  meung,  lio.-'C,  5465.] 

I.  Il  1"  Caractère  de  ce  qui  est  général.  Cette  proposition 
a  trop  de  — .  ||  P.  ext.  Idée  générale.  Je  ne  puis  entrer  avec 
elle  dans  des  généralités,  BOSS.  Lett.  abbat.  IGU. 

ji  2»  Séolog.  Le  plus  grand  nombre.  La  —  des  hommes 
pense  ainsi. 

II.  Anciennt.  \\  1»  Circonscription  administrative  du 
royaume  de  France  placée  sous  l'autorité  d'un  intendant. 

\\  2°  État-major  général  d'une  armée.  Nous  rencontrâ- 
mes toute  la  —  qui  revenait,  ST-SIM.  I,  84. 

GÉNÉRATEUR,  TRICE  [jé-né-rà-teur,  -tris']  adj. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  generator,  m.  s.  \\  1519.  guill. 
MICHEL,  Georgiques,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 
li  ±0  Qui  sert  à  la  génération.  Les  organes  générateurs. 
Il  2"  Fig.  Qui  sert  à  la  formation  de  qqcli.  Son  —,  le  son 
principal  que  fait  entendre  un  corps  sonore  mis  en  vi- 
bration, par  opposition  aux  sons  harmoniques.  Rectangle, 
triangle  —,  dont  la  révolution  autour  d'un  de  ses  côtés 
engendre  un  cylindre,  un  cône.  L-igne  génératrice,  e\.  subs- 
tantivt, Génératrice,  ligne  formant  l'axe  autnur  duquel  a 
lieu  cette  révolution.  La  génératrice  d'un  cylindre,  d'un  cône. 
Il  Substantivt.  Le  —  (d'une  machine  à  vapeur,  la  chau- 
dière où  se  produit  la  vapeur  qui  fait  mouvoir  la  machine. 
—  d'électricité. 
GÉNÉRATIF,  IVE  [jé-nc-rà-tîr,  -tïv']  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  du    lat.  generare,  engendrer,  §  257.   U 
Xiiii^-xu'  s.  Médecine  generative  de  char,  Chirurg.  de  Mon- 
deville,  f»  63.] 

Il  (T.  didact.)  Relatif  ii  la  génération.  Faculté  généraUve. 
GÉNÉRATION  [jé-né-rà-syon  ;  en  vers, -si-ou]  s.  f. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  generaUo,  m.  s.  ||  xii«  s.  Guar- 
deras  nus  de  ceste  generatiun  en  parmanableté,  Psaul.  de 
.   Cambridge,  xi,  7.] 

I  I.  Il  1°  Production  d'un  être  vivant,  par  des  itrcs  de 
i  même  nature  chez  lesquels  il  était  en  germe.  Nous  nom- 
1  mons  improprement  —  le  commencement  d'un  développement 
i  qui  nous  rend  visible  ce  que  nous  ne  pouvions  auparavant  aper- 
■  cevoir,GH. BONNET.  Gfc:ia)v;s,v.3(.'4.:;5/j<'<:i<«//.Actjon  d'en- 
gendrer, de  féconder  la  femelle.  L'acte  de  la  — .  P.  ext.  — 
'■  spontanée,  production  d'êtres  organisés  qui.  suivant  cer- 
:  tains  naturalistes,  viendraient  sans  germe.  Ji  (Philos.)  U 


GÉNÉREUSEMENT 


—  1160  — 


GENIE 


—,  le  mouvement  par  lequel  les  êtres  finis  naissent  dans 
le  temps.  ||  (Tliéol.)  La  —  du  FUs,  sa  production  directe 
par  le  Père  (par  opposition  au  Saint-Esprit,  qui  procède 
du  Père  et  du  Fils).  !|  La  —  d'un  monastère,  création  d'une 
nouvelle  maison  par  la  maison  mère. 

Il  2"  Fig.  La  —  d'un  nombre,  sa  formation  par  l'unité  ou 
par  d'autres  nombres.  ||  La  —  d'une  surface,  sa  formation 
par  une  ligne  supposée  en  mouvement.  La  —  d'un  cylindre, 
par  la  révolution  d'un  rectangle  autour  d'un  de  ses  côtés 
pris  pour  axe.  ||  La  —  d'un  accord,  par  le  son  fondamental 
que  produit  la  corde  et  les  sons  harmoniques  qui  l'ac- 
compagnent. La  —  des  idées. 

II.  P.  ext.  Ceux  qui  descendent  de  qqn  par  fdiation 
directe.  Puissiez-vous  voir  vos  fils  jusqu'à  la  troisième  et  la 
quatrième  —,  saci,  Bible,  Tohie,  ix,  il.  ||  P.  anal.  Ceux  qui 
vivent  dans  le  même  temps  (évalué  à  la  durée  moyenne 
de  la  vie  humaine).  La  —  présente.  Que  les  hommes  goûtent 
les  fruits  de  la  paix,  de  —  en  —,  fén.  Ti'l.  11. 

GÉNÉREUSEMENT  [jé-né-reûz'-man  ;  en  vers,  -reû- 
ze-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  généreuse  et  ment,  §  724.  ||  1630.  Gé- 
néreusement, MONET,  Abrégé  du  parallèle.} 

Il  D'une  manière  généreuse. 

Il  l»  Avec  noblesse  de  sentiments.  Secourons  l'innocence 
et  —,  ROTROU,  Antig.  v,  3.  Je  crois  qu'il  n'agit  pas  moins  — , 
CORN.  Nicovi.  m,  8. 

Il  2"  En  donnant  plus  qu'on  n'est  tenu  de  le  faire. 
Payer,  récompenser  — . 

GÉNÉREUX,  EUSE  [jé-né-reû,  -reuz']  adj. 

[ÉTV.M.  Emprunté  du  lat.  generosus,  ?/i.  s.  \\  xiv^s.  Ne  ce 
n'est  genre  genereus,  J.  LEFiiVRi:,  Vieille,  dans  delb.  Rec] 

Il  1»  Vieilli.  Qui  est  de  noble  race.  Il  est  d'un  sang  — . 
Il  P.  anal.  Des  coursiers  — . 

Il  2"  P.  ext.  Qui  a  de  nobles  sentiments.  Une  âme  gé- 
néreuse Trouve  dans  sa  vertu  de  quoi  se  rendre  heureuse, 
CORN.  Pulch.  II,  5.  Et  si  l'on  n'est  barbare,  on  n'est  point 
— ,  ID.  Hor.  IV,  4.  Il  Slib-stantirt.  Sottement  faire  le  — ,  uoiL. 
Sat.  8.  Il  P.  ext.  Un  dessein  si  beau,  si  — ,  rac.  Andr.  i,  4. 
Cet  orgueil  — ,  ID.  Phèd.  il,  1.  Un  —  sacrifice. 

Il  3"  Qui  donne  plus  qu'il  n'est  tenu  de  le  faire.  Les  plus 
riches  ne  sont  pas  toujours  les  plus  — .  ||  P.  ext.  Un  don  — .  || 
Viq.  Un  sol  — ,  très  productif.  Un  vin  — ,  très  réconfortant. 

GÉNÉRIQUE  [jé-né-nk'j  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  genus,  eris,  genre,  §  229.  ||  xviie  s. 
V.  à  l'article.  Admis  acad.  1718.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  tient  à  un  genre.  Terme,  caractère  — . 
L'unité  — ,  DESC.  Rép.  aux  sec.  object.  21.  Les  chevaux,  mules 
et  mulets  ne  sont  pas  compris  dans  l'expression  —  de  bestiaux, 
Aixêt  de  la  Cour  de  cassation,  17  juin  1806. 

GÉNÉROSITÉ  [jé-né-rô-zi-lé]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  generositas,  m.  s.  \\  1512.  De 
très  antique  générosité,  J.  le  maire,  dans  delb.  Rec] 

Il  ±0  Noblesse  de  sentiments.  La  —  suit  la  belle  nais- 
sance, CORN.  lier.  V,  2.  Ma  —  doit  répondre  à  la  tienne,  lu. 
Cid,  m,  4. 

Il  2°  Disposition  à  donner  plus  qu'on  n'est  tenu  de  le 
faire.  Tous  ont  reçu  des  marques  de  sa  — .  ||  P.  ext.  Une  — , 
acte  de  générosité.  Faire  des  générosités. 

"GENÈSE  [je-néz']  et,  vieilli,  "GÉNÉSIE  [jé-né-zi],?.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  i'£vvt|tii;,  ?«.  i\  transcrit  avec 
un  seul  n  par  confusion  avec  ysveffi!;,  naissance.  ||  1611. 
Genesie,  cutgr.  |  1732.  Genèse  en  géométrie,  trév.] 

Il  (T.  didact.)  Génération.  |  l.  (Géom.)  Vieilli.  La  — 
d'une  surface.  |  2.  (Hist.  nat.)  Production  des  êtres  orga- 
nisés. L'ordre  successif  de  la  génésie  ou  foUation  des  matières 
minérales,  bvff.  Époq.  de  la  ncd.  Gen.  des  minéraux.  || 
Fig.  Néolog.  La  —  d'un  livre,  d'une  oeuvre  dramatique. 

'GENESTROLE  [je-nes'-trùl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  genestrolo,  m. 
s.  dérivé  de  genestro,  genêt,  §§  11  et  86.  A  remplacé  gené- 
trole,  §  422.  ||  xv-xyi^  s.  Geneterole,  Journal  de  botan.  1894. 
.\dmis  ACAD.  1762  et  écrit  avec  deux  1.] 

Il  (Botan.)  Espèce  de  genêt  qui  fournil  une  matière 
tinctoriale  jaune. 
GENESTROLLE.  F.  genestrole. 
GENÊT  [je-nè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  genest,  §  422,  du  lat.  pop.  *genïstum  (class. 
genïsta),  m.  s.  §§  .308,  291  et  556.  (Cf.  genestrole.)] 

Il  Arbrisseau  à  fleur  jaune,  de  la  famille  des  Légumi- 
neuses. —  d'Espagne.  —  à  balais.  —  des  teinturiers. 


GENET  [je-nè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  jinete,  m.  s.  d'origine 
incertaine,  §  13.  ||  xiv»  s.  Vingt  mile  Genevois  sur  gênez  che- 
vauchant, cuvEi.iER,  Duguesclin,  11114.] 

Il  Petit  cheval  de  race  espagnole.  [Cf.  genette  2.) 

GÉNÉTHLIAQUE  [jé-nët'-li-âk']  adj.  et  s.  7n. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  genethliacus,  grec  y£Vc8>kiaxôî, 
m.  s.  Il  xvi'=  s.  RAI3.  m,  87.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1° -le//.  Relatif  il  la  naissance  (d'un  enfant).  Poème  — . 

Il  2"  5.  m.  Astrologue  qui  dresse  un  horoscope. 

"GENÊTIÈRE  [je-nè-tyèr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  genêt,  §  115.  ||  1611.  Genestrière,  cotgr.] 

Il  Lieu  couvert  de  genêts. 

'GÉNÉTIQUE  [jé-né-lïk']  adj. 

[ÉTYM.  Pour  gennétique,  emprunté  du  grec  vEvvTiTixôî, 
m.  s.  de  Y£vv5v,  engendrer.  (Cf.  genèse,  i  ||  Néolog.] 

Il  (Anat.)  Qui  a  rapport  aux  fonctions  de  génération. 
[Cf.  génital. "i  Facultés  génétiques. 

1.  GENETTE  [je-nef]  S.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  jineta,  arabe  djerneit,  m. 
s.  §§  13  et  22.  Il  xiii<'  s.  Piaus  de  martrine,  piaus  de  genetes, 
E.  BOiLE.AU,  Livre  des  mest.  II,  xxx,  11.] 

Il  (Hist.  nat.)  Petit  mammifère  du  genre  des  Carnivores 
digitigrades,  dont  la  peau  est  utilisée  comme  fourrure. 

2.  GENETTE  [je-nef]  s.f. 

[ÉTYM.  Tiré  de  genêt,  §  37.  ||  xv"  s.  Sarrazins  qui  chevau- 
chent a  la  genette,  ciiastell.  Chron.  dans  delb.  Rçc.\ 

Il  (Manège.)  Mors,  dit  à  la  turque,  dont  la  gourmette  a 
la  forme  d'un  anneau.  ||  Loc.  adv.  Monter  à  la  — ,  avec  les 
étriers  courts  et  l'éperon  près  du  flanc  du  cheval. 

"GENÉVRETTE  [je-né- vrêt']  et  *GENEVRETTE 
[jën'-vrêf;  eji  vers,  je-ne-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  genièvre,  §§  65  et  133.  ||  1780.  Boisson 
appelée  genevrette,  dans  Journal  de  l'agricult.  iv,  p.  163, 
décembre.] 

Il  Boisson  faite  avec  des  baies  de  genièvre. 

GENÉVRIER  [je-né- vrl-yé]  et  "GENEVRIER  [je- 
ne-...]  .ç.  m. 

[éty'm.  Dérivé  de  genièvre,  §§  63  et  115.  ||  1372.  Genévrier, 
J.  coRBiCHON,  Propr.  des  choses,  dans  delb.  Rec.  Admis 
ACAD.  1740  et  écrit  genévrier,  puis  en  1878  genévrier.] 

Il  Arbuste  de  la  famille  des  Gupressinées,  à  baies  aro- 
matiques. 

*GÉNI  [jé-ni].  F.  génien. 

"GÉNIAL,  ALE  [jé-nyiil;  en  vers,  -ni-àl]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  génie,  §  238.  L'anc.  franc,  génial  vient 
du  lat.  genialis,  et  a  un  sens  tout  différent.  |j  Néolog.] 

Il  Qui  est  inspiré  par  le  génie.  Une  idée  géniale. 

GÉNIE  [jé-ni]  s.  7n. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  genius,  «  génie  tutélaire  »,  m.  s, 
influencé  par  ingenium,  n  talent  ».  ||  1611.  cotgh.] 

I.  Il  1°  Esprit  bon  ou  mauvais,  être  surnaturel  qui,  dans 
les  croyances  des  pa'iens,  présidait  à  la  destinée  des  in- 
dividus, des  familles,  des  nations.  Le  bon  —,  le  —  tutélaire 
de  Socrate.  Le  mauvais  —  des  Atrides.  Le  —  de  Rome.  ||  Fig. 
Être  le  bon,  le  mauvais  —  de  qqn,  exercer  sur  lui  une  bonne, 
une  mauvaise  influence. 

Il  2"  P.  anal.  Être  surnaturel  doué  d'un  pouvoir  ma- 
gique (dans  les  contes  de  fées). 

Il  30  P.  ext.  Etre  allégorique  personnifiant  en  poésie, 
en  sculpture,  en  peinture,  une  idée  abstraite,  etc.  Le  — 
des  arts,  du  commerce.  Le  —  de  la  Liberté.  ||  /'.  ext.  Repré- 
sentation de  celte  allégorie.  Le  Génie  de  la  Bastille. 

II.  Il  1°  Disposition,  talent  naturel.  Ceux  en  qui  on  re- 
marque le  —  de  la  guerre,  fé.n.  Tél.  14.  Dans  son  —  étroit  il 
est  toujours  captif,  boil.  Art  p.  1.  Pauvre  — .  Petit  — .  n  a 
le  —  de  l'intrigue.  Avoir  le  —  de  la  destruction.  Je  sens  que 
mon  esprit  travaille  de  —  (d'inspiration;,  uuil.  Sat.  8.  ||  P. 
ext.  Tendance  propre.  S'écarter  du  —  de  notre  langue.  Du 
Ciel  la  prudence  infime  Départ  à  chaque  peuple  un  différent  — , 
CORN.  Cinnu,  11,  1.  J'ai  tâché  de  faire  connaître  le  —  de  son 
siècle  (de  Louis  XI),  duglus,  L.  XI,  préf. 

Il  2"  Aptitude  supérieure  que  tiennent  de  la  nature  les 
esprits  créateurs.  Un  homme  de  — ,  et,  ellipt.  Un  —  su- 
blime. 

III.  P.  ext.  (Sous  l'influence  du  mol  ingénieur,  cons- 
tructeur d'engins,  engin  venant  du  lat.  ingenium.)  Appli- 
cation des  sciences  à  la  forliticalion  des  places,  à  la  cons- 
truction des  navires,  des  ponts,  etc.  Le  —  militaire.  ||  P. 
ext.  Le  corps  des  officiers,  des  soldats  qui  y  sont  em- 


GENIEN 


—  a 

civil, 


ployés.  Officier,  soldat  du  — .  ||  Le  —  maritime.  Le 
l'ensemlile  de?  ingénieurs  civils. 

*GÉNIEN,  lENNE  [jé-nvin, -nvèn'; en i'e?"5,-ni-...]ar(;'. 

[ÉTYM.  Dérivé  (Ju  grec  yîVctov,  menton,  §  244.  ||  1811. 
MOZiN,  Dict.  fran'-.-al/em.] 

Il  (Anat.)  Qui  tient  au  n'ienton.  Apopliyse  génienne  (dite  apo- 
physe géni>,  située  en  arrière  delà  symphyse  du  menton. 

GENIÈVRE  [je-nyévr']  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  jûnïperum,  qui  a  donné  régulièrement  en 
anc.  franc,  geneivre,  genoivre,  SS  397,  349,::509,  431,  2'.M3  et 
zOi.  La  l'orme  genièvre  (acau.  1694)  est  une  altération 
inexpliquée,  §  509  :  richel.  et  furet,  ne  connaissent  que 
genèvre.] 

Il  Genévrier.  I|  Fmit  du  j^cnévrier.  Vin  de  — ,  genévrette. 
Il  P.  exl.  Eau-de-vie  distillée  sur  des  baies  de  genièvre. 

'GÉNIOGLOSSE  jé-nyô-glôs';  en  iw*, -ni-ù-...]  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yivE'.ov,  menton,  et 
YÀÛTffa,  langue,  §  279.  ||  1630.  Muscles  genioglosses,  Ro- 
land DE  BEi.EBAT,  Aqlosso.ito7nof]raphi<' ,  p.  1  i.] 

Il  (Atiat.i  Qui  tient  au  menton  et  à  la  langue.  Muscle  — , 

GÉNISSE  jé-nis"]  et  "GENISSE  [je-nis']5-  /"• 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  'jûnicia,  adj.  tiré  du  lat.  class.  jûnî- 
cem,  vi.  s.  §  07,  puis  emplové  substantivement  à  la  place 
de  ce  dernier,  §.S  397,  349,  378  et  291.] 

Il  Jeune  vache  qui  n'a  point  porté.  Ai-je  besoin  du  sang 
des  boucs  et  des  génisses?  rac.  Alh.  i,  1. 

GÉNITAL,  ALE  jé-ni-tàl]  adj. 

[ÉTYM.  linipruuté  du  lat.  genitalis,  m.  s.  \\  xiy"  s.  Mem- 
bres geniteulx,  .i.  i.i:  févre,  Vieille,  dans  dei.b.  Bec] 

Il  (T.  scienlif.)  Oui  sert  à  la  génération.  iCf.  génétique. 
Les  parties  génitales  de  l'homme,  de  la  femme,  du  mâle,  de  la 
femelle. 

GÉNITIF  [jé-ni-tif]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  genltivus  C?.-ent.  casus\  7n.  s. 
proprf,  <  qui  engendre  ».  ||  xiv<=  s.  Monstre  de  grammaire... 
Quant  il  de  génitif  n'a  point,  J.  le  ficvre.  dans  uklu.  liée] 

Il  (Gramm.)  Cas  auquel  on  met  un  mot  déclinable  pour 
exprimer  son  rapport  à  un  autre  mot  désignant  une  chose 
qui  lui  appartient.  Mettre  au  —  un  nom  et  l'adjectif  qui  s'y 
rapporte. 

GÉNITOIRES  [jé-ni-twàr]  s.  m.  pi. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  genitalia  (s.-ent.  membra),  ?». 
v.  deveim  génitalies,  génitaries,  génitaires,  puis,  par  subs- 
titution de  suftixe,  génitoires,  g  62.  ||  xu<^  s.  Bon  sunt  si  ge- 
nitaire...  A  mètre  en  medicine,  PH.  de  th.\un,  Hest.  p.  94. j 

Il   Vieilli.  Organes  génitaux  du  mâle. 

•GÉNITO-URINAIRE  [jé-ni-tô-u-ri-nér]  adj. 

[ÉTY'M.  Composé  avec  le  radical  de  génital  et  urinaire, 
§280.  Il  Néolo;/.] 

Il  (T.  scientif.)  Qui  a  rapport  à  la  génération  et  à  la  sé- 
crétion urinaire.  Organes  génito-urinaires. 

GÉNITURE  gé-ni-tur]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  genitura,  7h.  s.  i|  xv^  s.  Eter- 
nelle et  vraye  geniture,  Actes  des  Ap.  dans  godef.] 

Il  Vieilli.  Progéniture.  La  mère,  apaisant  sa  chère  — ,  la 
F.  Fah.  IV,  16. 

GENOU  [je-nou]  s.  m. 

[ÉTYM.  Four  genouil,  §463,  du  lat.  pop.  "genûculum  *ge- 
nuclum  ^class.  geniculum),  dimiimtif  de  genu,  m.  s.  §§  SS, 
.•!24,  390,  290  et  291.] 

Il  1"  Articulation  de  la  jambe  avec  la  cuisse,  à  la  partie 
antérieure.  Avoir  les  genoux  portés  en  dedans,  en  dehors. 
Plier  les  genoux.  Mettre  un  —  enterre.  (  1'.  agenouUler.)  Mettre 
un  enfant  à  genoux  (par  punition).  Se  mettre  à  genoux  (pour 
prier  Dieu,  pi)ur  supplier  qqn).  Demander  une  chose  à  genoux, 
à  deux  genoux  (les  deux  genoux  à  terre).  Votre  Bome  à  ge- 
noux vous  parle  par  ma  bouche,  coRN.  Cinna,  u,  1.  Plier,  flé- 
chir le  —  devant  qqn,  s'incliner  humblement  devant  lui.  n 
n'a  devant  Aman  pu  fléchir  les  genoux,  rac.  Kstk.  m,  4.  Em- 
brasser les  genoux  de  qqn  (chez  les  anciens),  se  prosterner 
devant  lui  en  suppliant.  C'est  donc  à  moi  d'embrasser  vos 
genoux,  ii.\C.  Ipli.  in,  ô.  ||  Fifj.  Êtreàgenoux  devant  qqn,  être 
aux  genoux  de  qqn,  lui  montrer  une  soumission,  une  dé- 
pendance absolue.  Un  peuple  obéissant  vous  attend  à  genoux, 
UAC.  Midir.  I,  o.  Être  aux  genoux  d'une  femme.  L'orgueilleuse 
m'attend  encore  à  ses  genoux,  u.\.c.  Andr.  u,  5.  |i  l'.  anal. 
En  parlant  de  certains  animaux.  Les  genoux  d'un  cheval,  d'un 
éléphant.  Le  chameau  se  met  à  genoux.  j|  /•'/'/.  Fntnil .  Sa  téta 
est  comme  un  — ,  cluiuvo.  Ce  couteau  coupe  comme  un  — ,  ne 
coupe  pas. 


61  -  GENS 

Il  2°  P.  anal.  (Technol.)  Partie  articulée  d'un  instru- 
ment. —  d'une  lunette,  d'un  graphomètre,  pièce  articulée 
placée  au  haut  du  pied  de  l'instrument,  pour  lui  permettre 
de  tourner.  ||  —  d'aviron,  partie  comprise  entre  la  poignée 
et  le  point  d'appui.  ||  —  de  varangue,  pièce  de  bois  coudée 
qui  consolide  la  coque  d'un  navire.  !|  P.  <?.t<.  (.\nat.)  —  du 
corps  calleux,  partie  du  corps  calleux  qui  forme  l'inllexion 
antérieure. 

•GENOUILLADE  :je-nou-yàd']  s.  f. 
[ÉTY.M.  Dt  rivé  de  genouil,  anc.  forme  de  genou,  §  119.  || 
xvii'-  s.  V.  à  l'article.] 

Il    Vieilli.  Génullexion.  Le  grand  Amphitryoniade  Lui  fit 
profonde  — ,  scarr.  Typhon,  4. 
GENOUILLÈRE  [je-nou-yér]  s.  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  genouil,  anc.  forme  de  genou,  S  U.ô.  j| 
xii«  s.  Et  ensement  les  genoillieres  D'or  et  d'argent  furent  par- 
tieres,  Eni-us,  4425.] 

Il  l"  Ce  qu'on  attache  sur  le  genou  pour  le  préserver. 
I  Pièce  de  l'arnmredes  chevaliers  qui  était  entre  les  jam- 
bards  et  les  cuissards.  |  Partie  d'une  botte  à  l'écuyère  qui 
emboîte  et  protège  le  genou.  |  Enveloppe  de  cuir  que  les 
couvreurs,  les  ramoneurs,  mettent  aux  genoux  pour  mon- 
ter dans  les  cheminées,  sur  les  toits.  |  Enveloppe  de  cuir 
qu'on  met  aux  genoux  d'un  cheval  pour  l'empêcher  de  se 
couromier.  j  Enveloppe  de  llanelle,  de  tricot,  que  l'on 
met  au  genou  pour  éviter,  combattre  les  rhumatismes. 

i      II  2°  P.  anal.  (Technol.)  |  1.  Charnière  mobile  qui  sert 

'  à  monter  les  instruments  de  mathématiques,  i  2.  Car- 

î  touche  coudé  des  fusées  qu'on  tire  sur  l'eau.  |  3.  Partie 
basse  de  l'embrasure  d'une  batterie  de  canons, 
GENRE  [jânr]  s.  m. 

j       [ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  genus,  generis,  m.  s.  §  503.  {| 

I  xii*-xiii'-'  s.  Salverat  humaine  genre,  Veng.  de  J.-C.  dans  GO- 

I   DEF.  Compl.  I  \i\^  s.  Choses  qui  différent  engenrre,  oresme, 

j  Éth.  VI,  1.] 

Il  1°  Groupe  naturel  d'êtres  qui  se  ressemblent  par  cer- 
tains traits  essentiels.  Le  —  et  l'espèce.  Les  divers  genres  du 
régne  animal,  végétal.  ||  P.  ext.  Le  —  humain. 

Il  2"^  Idée  générale  sous  laquelle  l'esprit  réunit  ce  qui 
est  commun  à  divers  termes,  en  éliminant  les  différences. 
Dans  la  scolastique,  les  genres  prenaient  le  nom  d'universaux. 
Tout  objet  se  définit  par  le  —  et  la  différence. 

3'^  Ensemble  des  caractères  essentiels  d'une  chose. 
Des  ornements  d'un  —  recherché.  Fainil.  Avoir  bon,  mauvais 
— ,  de  bonnes,  de  mauvaises  manières.  Ellipt.  Se  donner 
des  genres,  avoir  des  manières  atfectées.  Avoir  du  — ,  une 
manière  d'être  élégante,  distinguée.  '|  C'est  un  personnage 
illustre  dans  son  — ,  L.\  BU.  11.  Inventer  un  nouveau  —  de 
supplice.  Les  divers  genres  de  style.  Le  —  badin,  familier.  Les 
divers  genres  de  littérature,  d'architecture.  Le  —  didactique, 
lyrique,  épique,  dramatique.  Un  bâtiment  du  —  gothique.  Pein- 
ture de  —,  qui  traite  des  sujets  de  fantaisie  (par  opposition 
à  la  peinture  d'histoire,  au  paysage). 

Il  4»  ^Gramm.)  Forme  spéciale  employée  dans  certaines 
langues  pour  distinguer  les  êtres  masculins,  les  êtres  fé- 
minins et  les  choses  qui  n'ont  pas  de  sexe.  Le  —  masculin, 
féminin,  neutre.  Un  adjectif  des  deux  genres,  qui  n'a  iju'une 
termin-aison  pour  le  masculin  et  le  féminin.  Un  substantif 
des  deux  genres. 
1.  GENS  jan  ;  \'s  se  lie  avec  la  valeur  de  z]  s.  m.  et 

i  f.pl. 

j  [ÉTYM.  Ancien  pluriel  de  gent  1,  §  560.  Féminin  à  1  ori- 
gine, conformément  à  l'étymologie;  devenu  masculin 
sous  Tinlluence  de  l'idée  d'homme,  il  garde  pourtant  le 
genre  féminin  dans  quelques  cas  où  l'adjectif  lui  est  étroi- 
tement uni  par  le  sens  ou  la  construction.  ||  xi>^  s.  La  gent 
qui  enz  fregondent,  5f  Alexis.  299.  |  xn=  s.  Grani  est  li  duels 

;  que  sa  (var.  ses)  genz  font,  Eneas,  2012.1 

I.  Nombre  indéterminé  de  personnes  prises  collecti- 
vement. Avant  que  de  songer  à  condamner  les  — ,  mol.  Mis. 
m,  4.  Donner  la  chasse  aux  —  Portant  bâtons,  LA  K.  Faô. 
I,  5.  Une  hôtellerie  où  on  loge  bêtes  et  —,  chevaux  et  voya- 
geurs. Il  Famil.  Les  —,  pour  désigner,  sans  la  nommer, 

j  une   certaine   personne,  souvent   la   même  qui  parle. 

,  Mais  on  entend  les  —  au  moins  sans  se  fâcher,  mol.  .Mis.  i, 
1.  Regardez  un  peu  les  —  sans  nulle  haine,  lu.  Tait,  il,  -â.  || 
Gens  veut  au  féminin  les  qualificalits  et  les  délerminatifs 

'  qui  le  précèdent,  lorsque  le  qualilicatif  ou  le  délerminalif 
qui  le  précède  immédiatement  n'a  pas  une  forme  unique 
pour  le  masculin  et  pour  le  féminin.  QueUes  —  étes-vous? 


GENS 


-  H62  — 


GENTIMENT 


RAC.  Plaid.  Ti,  S.  Certaines  — .  Toutes  —  d'esprit  scélérat, 
LA  F.  Fab.  VIII.  22.  De  telles  — .  Les  petites  —,  gens  de 
condition  inférieure.  De  bonnes  —,  de  méchantes  — .  Toutes 
les  vieilles  — .  QueUes  sottes  —  I  II  y  a  de  sottes  —  qui  me 
veulent  dire  qu'il  a  été  marchand,  mol.  B.  f/ent.  iv.  3.  || 
Gens  veut  au  masculin  les  qualillcatifs  et  les  détermina- 
tifs  qui  le  précèdent  lorsque  le  qualificatif  ou  le  détermi- 
natif  qui  le  précède  immédiatement  a  une  forme  unique 
pour  le  masculin  et  pour  le  féminin,  ou  lorsque  le  qua- 
lificatif est  séparé  de  gens  par  un  membre  de  phrase. 
Tous  ces  — .  Quels  honnêtes  —  !  Ces  courageux  jeunes  — .  Ins- 
truits par  l'expérience,  les  vieilles  —  agissent  prudemment,  jj 
Gens  veut  au  masculin  les  qualificatifs  ou  détt-rminatifs 
qui  le  suivent.  —  fort  sensés.  L'un  dit  :  Ces  —  sont  fous!  la 
F.  Fah.  Tii.  1.  Des  —  fades,  oisifs,  la  br.  7.  Plus  telles  —  sont 
pleins,  moins  ils  sont  importuns,  la  F.  Fab.  xii,  13. 

II.  Une  certaine  catégorie  de  personnes.  Les  —  de  let- 
tres, d'épée,  de  robe.  Les  —  d'armes.  (Cf.  gendarme.)  Les  — 
du  monde.  Les  —  de  l'art,  du  métier.  Les  —  de  chez  nous.  Au   ; 
sommet  De  la  salle,  où  l'on  met  Les  —  de  Lantriguet    Tré- 
guieri,  MOL.  B.   gent.   ballet.  Les   —   de  bien.  Tous  deux 
pour  leur  pays  sont  morts  en  —  d'honneur,  corn.   Hor.  iv,   ^ 
2.  Si  tant  de   —   de   cœur  font  des  vœux  pour  ta  mort,  ID.   j 
Cinna,  iv,  2.  Des  —  de  sac  et  de  corde.  Les  vagabonds  ou  , 
—  sans  aveu  sont  ceux  qui  n'ont  ni  domicile  certain...,  Code  \ 
pénal,  art.  270.  ji  Ahsolt.  Ceux  qui  sont  sons  les  ordres  ! 
de  qqn.  La  moitié  de  tes  — doit  occuper  la  porte,  corn.  Cinna,  \ 
V,  1.  Dites  aux  —  de  Monsieur  qu'Us  aillent  quérir  des  violons, 
MOL.  Prec.  rid.  se.  11.  j 

2.  'GENS  ijins'l  s.  f.  , 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gens,  m.  s.  \\  Xrohg.] 
Il  (Antiq.  rom.)  Famille  ou  réunion  de  familles  d'une 
souche  commune,  patricienne.  La  —  Fabia,  CorneUa. 

1.  GENT  îjan]  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gçntem,  7n.  s.  §  291.  [Cf.  gens  1  et  2.)  |1 
xie  S.  Les  Turcs  et  les  Persanz  et  celé  gent  haïe,  Voy.  de  Charl. 
à  Jerus.  105] 

!'  1«  Vii'illi.  Nation.  La  —  noircie  Dont  le  Nil  arrose  les 
«hamps,  LA  F.  Odes,  5.  ||  Spécialt.  De  nos  jours.  Au  plur. 
Droit  des  gens.  |  1.  Droit  naturel  commun  à  toutes  les  na- 
tions. I  2.  Droit  international,  qui  règle  les  rapports  de 
nation  à  nation. 

Il  2°  Famil.  Race.  La  —  ailée.  La  —  trotte-menu  (rats, 
souris)  s'en  vient  chercher  sa  perte,  la  f.  Fab.  m,  18. 

2.  GENT,  GENTE  :  jan,  jânt']  adj . 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  pop.  *gentum,  m.  s.  contrac- 
tion de  genitum,  participe  de  gignere ,  engendrer,  §§  290 
et  291  ;  proprt,  »  né  »  ;  par  extension,  «  bien  né  ».  jj  xi^  s. 
Donc  le  font  gentement,  St  Alexis,  47.  Gent  ad  le  cors  e  le 
cuntenant  fier,  Roland,  118.] 

Il  Vieilli.  Gentil.  Cette  gente  assassine  ?  mol.  Et.  i,  5. 

GENTIANE  [jan-syàn'  ;  en  rers, -si-àn']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gentiana,  m.  s.  ||  xnic  s.  An- 
tidotaire,  Mss  franc.  Bibl.  nat.  25327.  Admis  acad.  1762.1 

Il  (Botan.)  Plante  type  de  la  famille  des  Gentianées, 
à  suc  amer,  qui  croit  dans  les  montagnes.  La  —  bleue. 
La  grande  —  ou  —  jaune.  P.  ext.  Tisane,  sirop,  vin,  oîi 
entre  la  racine  de  cette  plante.  Boire  de  la  — . 

*GENTIANÉES  [jan-sy;i-né  ;  en  vers,  -si-à-...]  s.  f.  pi. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gentiane,  §  223.  ||  1811.  mozin,  Dict. 
franç.-allem.] 

Il  (Botan.)  Famille  de  plantes  dicotylédones,  dont  la 
gentiane  est  le  type. 

*  GENTIANELLE  [jan-syà-nèl  ;  en  vers,  -si-a-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gentiane,  §258.  ||  1791.  encycl.  méth.] 

Il  (Botan.)  Espèce  de  gentiane  originaire  des  Canaries. 

1.  GENTIL  [jan-ti]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  gentilis,  ?>î.  ^f.  §  216. 
Les  Juifs  appelaient  goyim  les  nations  en  grec  xt.  eSvt,), 
les  peuples  étrangers  à  leur  culte  ;  les  chrétiens  latins 
appelèrent  de  même  gentiles  les  païens.  ||  xvi<=  s.  Sur  les 
Gentilz  exercera  justice,  marot,  Ps.  110.] 

Il  Celui  qui  appartient  aux  nations  païennes.  (S'em- 
ploie surtout  an  pluriel.)  La  conversion  des  gentils.  ||  Ad- 
jectivt.  FUs  d'un  père  —  et  d'une  mère  chrétienne,  .\cad. 

2.  GENTIL,  ILLE  jan-li,  -tiy'  ;  l  finale  se  lie  avec  la 
valeur  d'un  y  :  gentil  enfant"  adj . 

[ÉTYM.  Du  lat.  gentîlem,  de  race,  de  «  famille  »,  par  ex- 
tension <(  de  bonne  race,  de  noble  famille  ».  §  291.  .\u- 
trefois  des  deux  genres.  [Cf.  gentiment.)  Sur  le  son  mouillé 


pris  il  une  époque  régente  par  1  finale.  V.  §  464.  '|  xi«  s. 
Donc  prist  moillier...  Des  mielz  gentilz  de  tote  la  contrede, 
St  Alexis,  20.] 

1.  Anciennt.  Noble.  [Cf.  gentilhomme.)  Gentille  femme, 
gentille  dame.  1|  P.  anal.  —  pays  de  France.  ||  Fiçf.  Généreux. 

El.  P.  ext.  Qui  a  un  agrément  di'licat.  Dn  —  costume. 
0ne  gentille  enfant.  H...  me  disait  des  mots  les  plus  gentils  du 
monde,  MOL.  Ec.  des  f.  ii,  5.  Faire  le  — ,  affecter  cet  agré- 
ment. Il  Ironiql .  Vous  êtes  — ,  vous  êtes  un  —  garçon.  Vous 
me  traitez  là  de  gentille  personne,  mol.  Mis.  ii,  1. 1|  Fiy.  Bois 
— ,  daphné,  garr)u,  plante  odorante. 

GENTILHOMME  [jan-ti-y6m'  ;  aupliir.  -ti-zôm']5.  m. 

[ÉTY'M.  Composé  de  gentil  et  homme,  §  173.  ||  xi«  s.  Franc 
sunt  mult  gentil  hume,  Roland,  377.] 

Il  1°  Homme  de  naissance  noble.  Qui  se  dit  —  et  ment 
comme  tu  fais,  Il  ment  quand  il  le  dit,  CORN.  Ment,  v,  3. 
Qu'avez-vous  fait  dans  le  monde  pour  être  —  ?  Croyez-vous 
qu'il  suffise  d'en  porter  le  nom  et  les  armes?  mol.  D.  Juan, 
IV,  4.  —  de  nom  et  d'armes,  noble  de  race.  —  de  parchemin, 
roturier  anu'.ili.  Loc.  prov.  Vivre  en  — ,  sans  travailler.  P. 
plaisant.  De  travailler  pour  lui  les  membres  se  lassant  Chacun 
d'eux  résolut  de  vivre  en  — ,  L.\  f.  Fab.  m,  2.  ||  Spécialt. 
Gentilshommes  de  la  chambre,  attachés  au  service  particu- 
lier du  roi.  —  au  bec  de  corbin.  (V.  bec-de-corbin.) 

Il  2"  Fig.  I  1.  (Ilist.  nat.)  Fou  blanc,  oiseau  palmipède. 
I  2.  (Technol.)  Pièce  de  fonte  sur  laquelle  s'écoule  le 
laitier  d'un  haut  fourneau. 

"GENTILHOMMEAU  [jan-ti-yô-mô  ;  auplur.  -ti-zù-...] 

s.  771. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gentilhomme,  §  126.  ||  xv«-xvie  s.  Aul- 
cunspetis  gentilshommeaux,  ET.  de  médicis,  dans  delb.  Rec] 
Il  Vieilli.  Gentillàtre.  Ces  gentilshommeaux  de  province  ai- 
ment les  fêtes,  BRUEYS  et  p.\LAPRAT,  Groudeur,  ii,  15. 

GENTILHOiyrMERIE[jan-ti-yôm'-ri;  en  vers,  -yù-me- 
ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gentilhomme,  §  69.  jj  xvii''  s.  V.  à 
l'article.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Famil.  '   1°  Qualité  de  celui  qui  est  gentilhomme. 
La  —  vous  tient  les  bras  liés,  MOL.  G.  Dand.  i,  -3. 
Il  2"  Réunion  de  gentilshommes. 
GENTILHOMMIÈRE  [jan-ti-yô-myèr]  s.  f. 
[ÉTY.M.  Dérivé  de  gentilhomme,  §115.  jj  xvi^  s.  Gentilhomme 
ayant  une  gentilhommière,  v.\UQ.  DE  l.a  fresn.  dans  delb. 
Mater.] 
I       11  Famil.  Petit  domaine  de  gentilhomme.  Sa  —,  qu'il 
!  avait  travestie  en  château,  ST-siM.  IV,  136. 
;       GENTILITÉ  jan-ti-li-té]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  gentilitas,  m.  s.  §  217. 
Il  xiv<=  s.  Retourner  a  la  gentilité,  J.  de  vig.nay.  Miroir  fiist. 
dans  DELB.  Rec] 

Il  Ensemble  de  sgentils.  Afin  que  la  — ,  aussi  bien  que  le  ju- 
daïsme, rendit  hommage  à  ce  Dieu,  bourd.  Myst.  Résurrect.  1. 
GENTILLÀTRE  (jan-ti-yâtr']  5.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gentil  2,  §  151.  }|  xiv^  s.  n  font  trop  le 
gentillastre,  Fauvel,  dans  godef.  Compl.} 
Il  En  mauvaise  part.  Gentilhomme  de  petite  noblesse. 
GENTILLESSE  i^jan-ti-yes']  s.  f. 
[ÉTYM.   Dérivé   de  gentil  2,  §  124.  A  remplacé  l'anc. 
franc,  gentelise   pourgentilisei.  '|  xii'^s.  De  vostre  enor  vos  re- 
sovaingne  Et  de  vostre  grant  jantillesce,  curétien  de  troyes. 
Cheval,  au  lion,  dans  delb.  Rec] 

I.  Anciennt.  Noblesse.  —  de  nature,  grandeur  de  cou- 
rage, AMYùT,  Caton  d'Ut.  15. 

II.  Agrément  délicat.  —  d'un  enfant.  Le  prix  de  ses  pré- 
sents est  en  leur  —,  cORN.  Suite  du  Ment,  ii,  3.  Ce  sont 
des  brutaux,  ennemis  de  la  —  et  du  mérite,  mol.  Pourc.  m, 

2.  Il  P.  ext.  .\ction,  parole  qui  a  un  agrément  délicat.  Il 
lui  a  fait  mille  gentillesses.  Ironiqt.  Je  te  dispense  de  me  parler 
des  gentillesses  de  ton  enfance,  ila.milt.  Gram.  3.  Où  prend 
mon  esprit  toutes  ces  gentillesses?  MOL.  Amph.  i,  1. 

'GENTILLET,  ETTE  [jan-ti-yè,  -yet']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gentil,  §  133.  Fréquent  comme  nom 
propre  au  moyen  âge.  ||  Xëolog.] 

Il  Famil.  .\ssez  gentil. 

GENTIMENT  jan-ti-man]  adv. 

[ÉTYM.  Pour  gentilment,  composé  de  gentil  et  ment, 
§  724.  Il  xii'=-\nic  s.  Gentilment  la  saluai,  dans  bartsch, 
Royn.  und  Pastour,  p.  149.] 

Il  D'une  manière  gentille.  Je  voudrais...  que  cela  fût  tourné 
— ,  mol.  B.  gent.  ii,  4. 


GENTLEMAN 


—  U63  — 


GÉOMÉTRIQUE 


•GENTLEMAN  [jant'-le-màn']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'angl.  gentleman,  m.  s.  proprt, 
«  gentilhomme  »,  §  8.  ||  1788.  encygl.  méth.  Écon.  polit. 
III,  17.] 

Il  Homme  comme  il  faut.  Deux  parfaits  gentlemen. 

GÉNXJFLEXION[.j6-nu-nok'-syon;<>nrer5, -si-on]s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  genunexio,  m.  s.  \\  xiv=  s.  Genu- 
flection,  J.  goi.ein,  Trad.  du  lialtonal.  dans  godef.  Compl.] 

Ij  Action  de  (léchirle  genou,  en  signe  d'adoralion,  de 
respect,  de  soumission.  [Cf.  genouUlade.)  Faire  des  génu- 
flexions. Le  duc  de  Guyenne...  fit  encore  une  —  en  entrant  dans 
la  loge,  duci.os,  L.  XI,  ii,  209.  fi;j.  Famil.  Civilités  exa- 
gérées. 

GÉoCENTRiauE  [jé-ô-san-trïk']  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yf,,  terre,  xr/xpov,  centre, 
et  le  suffixe  ique,  g  279.  ||  1732.  trév.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (.\stron.)  Mesuré  par  rapport  à  la  terre  considérée 
comme  centre  de  la  sphère  céleste  (par  opposition  à  hé- 
Uocentrique).  Latitude  — .  Mouvement  —  d'une  planète. 

'GÉODE  Ljé-od']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  géodes,  grec  Y£w5t,;,  m.  s. 
proprt,  n  terreux  ».  Sur  le  genre,  V.  §550.  ||  1694.  th.  corn. 
Admis  ACAD.  1762;  suppr.  en  1798.] 

Il  (Minéral.)  Pierre  naturellement  creuse  contenant 
des  cristaux,  des  matières  terreuses,  etc.  La  belle  — qui 
est  au  cabinet  du  roi,  bu'FE'.  Mincraur. 

GÉODÉSIE  Ljé-ô-dé-zil  5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grecysuSatTÎa,?»..?.  de  y^,,  terre, 
etSaÎE'.v,  diviser.  ||  1647.  Longimetrie  ou  géodésie,  bobynet, 
dans  DEi.n.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Science  de  la  mesure  du  globe  ou  de  ses  parties. 

GËODÉSIQUE  Ljé-ô-dé-zik']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  géodésie,  §  229.  ||  1742.  Hist.  de  l'Acad. 
des  se.  p.  90.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Qui  se  rapporte  à  la  géodésie.  Opérations  géodésiques. 

GÉOGNOSIE  [jé-ôg'-nô-zi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grecyf,,  terre,  et  vvûffîî,  con- 
naissance, S  279.  Il  1802.  WERNER,  Souv.  Théorie  de  la 
form.  des  filons,  p.  9,  préf.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Science  de  la  composition  minéralogique  du  globe. 

GÉOGRAPHE  [jé-ô-grâf]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  geographus,  grec  YEu^pâ-yOî, 
m.  s.  Il  xvi«  s.  Nos  géographes,  Montaigne,  ii,  12.] 

Il  Celui  qui  s'occupe  de  géographie. 

GÉOGRAPHIE  [jé-ô-grà-li]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  geographia,  grec  vEuvpicpîj^ 
m.  s.  proprt,  «  description  de  la  terre  ».  ||  xv<=-xvi«  s. 
Geografie,  J.  le  maire,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Science  qui  a  pour  objet  la  description  de  la  surface 
du  globe.  —  physique,  description  des  montagnes,  des 
bassins,  etc.  — politique,  description  des  peuples,  des 
villes.  —  historique,  descripti(jn  des  changements  que  les 
événements  ont  amenés.  Dne  carte,  un  traité  de  — ,  et,  ellipt, 
Dne  — . 

GÉOGRAPHIQUE  [jé-ô-grà-fïk'j  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  geographicus,  grec  vewvpjtp'.xôi;, 
m.  s.  Il  1555.  Description  géographique,  j.\cqliinot,  Astro- 
labe, fo  51,  v".] 

Il  Oui  se  rapporte  à  la  géographie.  Dictionnaire,  carte  —, 

•GÉOGRAPHiaUEBdENT  [jé-ô-grà-fik'-man  ;  en  vers, 
-fi-ke-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  géographique  et  ment,  §  724.  ||  xvi^  s. 
Pourtrait  geografiquement,  dans  godef.  Compl.] 

Il  D'une  manière  géographique. 

GEÔLAGE  [jô-làj'l  .?.  m. 

[ÉiYM.  Dérivé  de  geôle,  §  78.  ||  1306.  Us  ne  paieront  point 
de  geolaige,  dans  godef.  jaiole.] 

li  Atiriermt.  Droit   pavé  au  geôlier  par  le  prisonnier. 

GEÔLE[jÔl]  5. /•. 

[ÉTYM.  Pour  géole,  plus  anciennement  jaiole,  §  358,  du 
lat.  pop.  caveOla,  diminutif  de  cavea,  cage,  §  S6,  altéré  de 
bonne  lieure  en  'gaveÇla,  "gaviÇla,  §  379,  d'où  'gaiola, 
§  445,  jaiole,  §S  393  et  291.  Cf.  gabie.)  ||  xi!»  s.  Fu  trovez 
œorz  en  la  gaole  Grimout,  wahe,  lion,  m,  4233.] 

Il  1"  Anciriint.  Cage.  (Cf  engeoler.) 

Il  2"  Prison.      /'.  l'.r/.  Logement  du  geôlier. 

GEÔLIER,  1ÈRE   jo-lyé.  -lyèr]  .s-.  »i.  et  /". 

[ÉTYM.  Dérivé'  de  geôle,  g  115.  ||  1298.  Le  jeolier  du  chas- 
telet  de  Paris,  dklh.  liée.] 

Il  Gardien,  gardienne  d'une  prison. 


GÉOLOGIE  [jé-ô-lô-ji]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yf.,  terre,  et  î^oyo;,  dis- 
cours, §  279.  Il  1779.  DELUC,  Letl.  phys.  et  mor.  i,  p.  5, 
dise.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Science  qui  étudie  les  terrains  dont  est  formée  l'é- 
corce  terrestre,  leur  état  actuel  et  leur  formation. 

GÉOLOGIQUE  [jé-ô-16-jik']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  géologie,  §  229.  ||  1798.  deluc,  Lelt. 
sur  l'hist.  phys.  de  la  terre,  p.  122,  dise,  .\dmis  acad. 
1835.] 

|1  Qui  se  rapporte  à  la  géologie. 

*GÉOLOGIQUEMENT  [jé-ô-lô-jïk'-man  ;  en  vers ,  -ji- 
ke-...]  adv. 

[ÉTY.M.  Composé  de  géologique  et  ment,  §724.]|  Se'olog.] 

Il  D'une  manière  géologique. 

GÉOLOGUE  [jé-ô-lùg']  5.  m. 

[ÉTYM.  Tiré  de  géologie,  §  37.  ||  1798.  Deux  géologues  cé- 
lèbres, DELUC,  Lett.  sur  l'hist.  phys.  de  la  terre,  p.  13.  .\d- 
mis  ACAD.  18.35.] 

il  Celui  qui  s'occupe  de  géologie. 

*GÉOMANCE  [jé-ù-mâns']  et  GÉOMANCIE  [jé-ô-man- 
si]  s.  /: 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  geomantia,  grec  veojaavTeia, 
m.  s.  Il  xive  s.  Devinement  fait  en  terre  est  appelé  géomancie, 
J.  DE  vignay,  Miroir  hist.  dans  delb.  liée.  ac\d.  1694- 
1762  ne  donne  que  géomance;  suppr.  en  1878.] 

Il  Art  de  deviner  l'avenir  d'après  les  figures  que  forme 
une  poignée  de  terre  jetée  au  hasard. 

GÉOMANCIEN,  lENNE  [jé-ô-man-syin,  -syèn';  en 
vers ,  -si-...]  s.  ?«.  et  /". 

[ÉTYM.  Dérivé  de  géomancie,  §244.  ||  xvi^s.  paré,  xix,31. 
Admis  ACAD.  1762.1 

Il  Celui,  celle  qui  s'occupe  de  géomancie. 

GÉOMÉTRAL,  ALE  |jé'-ù-mé-tràl]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  géomètre,  §  238.  ||  1680.  riciiel.] 

Il  (.\rchitect.)  Qui  reproduit  la  forme  et  la  dimension 
géométrique  d'un  ouvrage  construit  ou  à  construire. 
Plans  géométraux.  Coupe,  élévation  géométrîde. 

GÉOMÉTRALEMENT  [jé-ù-mé-tràl-man  ;  en  vers, 
-trà-le-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  géométrale  et  ment,  §724.  ||  1547. 
Toiles  geometralement  proportionnées,  a.  mizauld,  Mir.  du 
temps,  dans  delb.  Rec.  Admis  ac.\d.  1835.] 

Il  (Architect.)  D'une  manière  géométrale. 

GÉOMÈTRE  [jé-0-métr']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat  géomètres,  grec  vïtoué-rpT,;,  m. 
s.  L'anc.  franc,  dit  ordinairement  geometrien,  qui  est  en- 
core dans  oud.  ||  xih^-xivc  s.  Ensi  corn  font  li  géomètre , 
Boèce,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Celui  qui  est  versé  dans  la  géométrie.  Il  n'y  a  point 
de  —  qui  ne  croie  l'espace  divisible  à  l'infini,  pasc.  Espr. 
gp'om.  1.  P.  appos.  Arpenteur  — ,  géomètre  chargé  d'o- 
pérations d'arpeniagt;.  /'/y.  Cette  sphère  du  monde  que  Pla- 
ton appelle...  l'ouvrage  de  l'éternel  — ,  volt.  Mémoires ,  .3. 
Il  Vieilli.  Adjectivt.  Avoir  l'esprit  — ,  volt.  Dict.  philos. 
Locke. 

GÉOMÉTRIE  [jè-ô-mé-tril  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  geometria,  grec  ycwjiETpîa , 
7n.  s.  de  Y?,,  terre,  et  [xÉTpov,  mesure.  !|  xii<^s.  L'une  i  por- 
trait géométrie.  Si  com  ele  esgarde  et  mesure,  CURÉtie.N  de 
TROYES,  Érec,  dans  delb.  Rec] 

Il  Science  qui  a  pour  objet  la  mesure  de  l'étendue  et 
des  parties  qu'on  y  peut  concevoir.  —  plane,  qui  mesure 
les  figures  tracées  dans  un  même  plan.  —  dans  l'espace, 
qui  mesure  les  volumes.  —  descriptive,  qui  étudie  les  lois 
de  la  représentation  graphique  des  figures,  et,  spécialt,  la 
projection  des  solides  sur  un  plan.  —  analytique,  qui  ap- 
plique à  la  géométrie  le  calcul  algébrique.  —  transcen- 
dante, qui  applique  à  la  géométrie  le  calcul  infinitésimal. 
Dn  traité  de  — ,  et,  ellipt.  Dne  — .  |!  /'.  ext.  Toute  science 
mathé'mali([ue.  La  — ...  ne  peut  définir  ni  le  mouvement,  ni 
les  nombres,  ni  l'espace  ;  et  cependant  ces  trois  choses  sont 
celles  qu'elle  considère  particulièrement  et  selon  la  recherche 
desquelles  elle  prend  ces  trois  différents  noms  de  mécanique, 
d'arithmétique,  de  — ,  ce  dernier  mot  appartenant  au  genre  et  à 
l'espèce,  P.xsc.  Kspr.  i/éom.  1.  i|  /■'/.'/.  Il  y  a...  en  nous  une 
—  naturelle,  c'est-à-dire  une  science  des  proportions,  BO^s. 
Court,  dr  ]>ifu.  i,  8. 

GÉOMÉTRIQUE  jé-ù-mé-trïk'l  adj. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  geometricus,  grec  y£<«>IA£t?;x'J;, 


GÉOMÉTRIQUEMENT 


H64 


GERMER 


m.  s.  Il  xivc  s.  Proportionalité  géométrique,  ORESME,  Eth. 
v.'s.j 

Il  Relatif  à  la  géométrie.  Science,  démonstration,  cons- 
truction — .  L'exactitude  — .  ||  Sppcialt.  Proportion,  progres- 
sion —  ,  proportion,  progression  par  quotient. 

GÉOMÉTRIQUEMENT  [jé-ô-mé-lrïk'-man  ;  en  vers, 
-tri-l<e-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  géométrique  et  ment,  §  724.  ||  xtv''  s. 
Geometricment  ponctué,  Traité  d'alch.  dans  littré.] 
Il  D'une  manière  géométrique.  Démontrer  qqcli  — . 
*GÉORAMA  [jé-ô-rà-mà]  s.  m. 

[ktym.  Composé  avec  le  grec  yîi,  terre,  et  6paii.a,  spec- 
tacle, §  279.  Il  Néolog.] 

Il  Représentation  en  relief  de  l'ensemble  ou  d'une  par- 
lie  de  la  terre,  à  une  échelle  plus  ou  moins  grande. 
GÉRANCE  [jé-râns']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gérant,  §  146.  ||  Néolog.  Admis  agad. 
1878.] 
Il  Fonction  de  gérant. 

GÉRANIUM  [jé-rii-nyèm';  en  vers,  -ni-ôm']  *.  m. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  îaf.  géranium,  grec  yjpâv.ov,  m.  s. 
proprt,  «  bec  de  grue  ».  ||  1545.  Le  géranium  ou  la  viole  noire, 
G.  GUKROULT,  dans  DELB.  Rix.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Botan.)  Plante  de  jardin  à  feuilles  arrondies,  à 
fleurs  en  ombelle. 

GÉRANT,  ANTE  [jé-ran,  -rânt']^.  m.  et  f. 
[ÉTYM.  Subst.  parlicip.  de  gérer,  §  47.  ||  Néolog.  Admis 
ACAD.  1835.] 

Il  Celui,  celle  qui  administre,  pour  le  compte  d'un  au- 
tre, un  domaine,  une  entreprise  industrielle,  etc.  Spé- 
ciall.  Le  —  responsable  d'un  journal,  d'une  revue. 
'GERBAGE  [jèr-bàj']  S.  m. 
[ktvm.  Dérivé  de  gerber,  §  78.  ||  Néolog.] 
Il  Action  de  mettre  (le  blé)  en  gerbes. 
GERBE  Ijèrb']  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  jarbe,  §  302,  emprunté  de  l'anc.  haut  al- 
lem.  garba,  allem.  moderne  garbe,  m.  s.  §§  6,  498  et  499. 
Il  xin'-'  s.  Par  vos  perdi  ge  mon  froment  Ou  j'avoie  la  quarte 
jarbe,  Renart,  xxii,  657.] 

Il  Faisceau  d'épis  coupés,  ofi  les  tètes  sont  disposées 
d'un  même  côté,  qui  va  s'élargissant.  Lier  les  gerbes.  An- 
ciennt.  Dîmer  à  la  dixième,  à  la  vingtième  — ,  prendre  une 
gerbe  sur  dix,  sur  vingt,  en  vertu  du  droit  de  dime.  On 
curé  qui  court  la  —,  qui  va  lever  la  dime  en  personne.  | 
Loc.  prov.  Faire  —  de  fouarre  à  Dieu,  donner  au  curé,  pour 
la  dîme,  la  gerbe  oii  il  y  a  le  plus  de  fouarre,  le  moins 
de  grain.  [Cf.  barbe.)  ||  P.  anal.  Hne  —  de  Heurs,  botte 
de  tleurs  coupées  oîi  les  tètes  sont  disposées  du  même 
côté.  Une  —  d'osier,  botte  de  branches  d'osier  (pour  la 
vannerie).  ||  Vig.  Une  — -  de  feu,  flammes  qui  s'élancent 
en  forme  de  gerbe.  Spcciall.  Dans  un  feu  d'artifice,  fu- 
sées qui  s'élancent  en  gerbe.  Une  —  d'eau,  eaux  jaillis- 
santes en  gerbe. 

GERBÉE  [jèr-bé]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gerbe,  §  119.  ||  1553.  Deux  chariots... 
chargez  de  gerbes,  B.  de  salignac,  Siège  de  Metz,  p.  526, 
Michaud.] 

Il  1"  Botte  de  paille  où  il  reste  qqs  épis. 
Il  2»  B(jtte  de  fanes,  de  tiges  de  céréales,  de  légumi- 
neuses, coupées  avant  la  maturité  pour  servir  de  four- 
rage. Il  i'.  anal.  —  de  sarments,  sarments  mis  en  botte. 
GERBER  [jèr-bé]  r.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gerbe,  §  154.  ||  xiii^  s.  Cilz  qui  gerbetet 
vet  moxonnant,  Cartul.  de  St-Vi7ic.  de  Metz,  dans  godef. 
Admis  agad.  1718.] 

Il  1°  V.  tr.  Mettre  en  gerbe.  —  les  javelles.  ||  P.  anal. 
Mettre  en  tas.  —  des  fûts,  des  obus. 

Il  2"  F.  intr.  Se  mettre  en  gerbe.  Ft.17.  On  jet  d'eau  qui  gerbe. 

"GERBO  [jèr-bô]  s.  m.  et  GERBOISE  [jèr-bwàz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'arabe  yerbo  ou  djerbou  [cf.  l'es- 

pagn.  gerbasia),  ?«.  .s.  §§  13  et  22.  ||  17U0.  Un  petit  animal 

nommé  gerbo,  cornelis  de  bruyn,  Voy.  au  Levant,  p.  406. 

Admis  AGAD.  1835.] 

Il  (Ilist.  nat.)  Petit  mammifère  rongeur.  —  du  Cap. 
GERCE  [jèrs']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gercer,  §  52.  acad.  ne  donne 
que  le  sens  2»,  dont  le  rapport  avec  le  sens  1°  n'est  pas 
sûr.  L'anc.  franc,  jarce  signifie  «  lancette  à  scarifier».  || 
(Au  sens  2".)  xyi"^  s.  Tignes,  gerces  et  chenilles,  a.  mizauld, 
Mciis.  champ,  dans  delb.  liée.] 


Il  1"  Fente  légère  que  produit  la  dessiccation  dans  le 
bois.  Il  P.  e.rt.  Planche  ainsi  fendillée. 

Il  2°  Teigne  qui  ronge  les  étoffes. 

GERCER  [jèr-sé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Pour  jarcer,  §302,  du  lat.  pop.  *carptiare  (tiré 
du  lat.  class.  carpere,  déchirer,  comme  "captiare,  chasser, 
de  capere^,  m.  s.  altéré  de  bonne  heure  en  'garptiare, 
§379,  d'où  jarcier,  §§  393,  429,  406,  297  et  291,  jarcer, 
§  634.  Le  mot  signifie  souvent  «  scarifier  »  en  anc.  franc. 
Il  xiic-xiii''  s.  Chil  ki  si  griément  se  garsa,  rencl.  de  moiliens, 
Miserere,  cxxxvii,  10.] 

Il  Fendiller.  Avoir  la  peau,  les  lèvres  gercées  par  le  froid. 
Il  Les  chaleurs  ont  gercé  la  terre.  ||  La  sécheresse  a  fedt  — 
cette  planche. 

GERÇURE  [jèr-sûr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gercer,  §  111.  ||  xV  s.  Par  seignees  ou 
par  gerseures.  Traité  de  trihulation,  dans  godef.  gerseure.] 

Il  Fente  légère  que  le  froid  produit  sur  la  peau,  la  sé- 
cheresse sur  le  bois,  sur  un  enduit,  etc. 

GÉRER  [jé-ré]  V.  tr.  et  pron. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gerere,  porter,  administrer.  || 

1611.  COTGR.] 

Il  1°  V.  tr.  Administrer  pour  le  compte  d'un  autre 
(un  domaine,  une  entreprise  indusirielle,  etc.).  Un  homme 
chargé  de  —  les  propriétés  de  qqn.  ||  P.  anal.  —  une  tutelle. 
1|  P.  e.rt.  Il  a  mal  géré  ses  affaires. 

Il  2"  Rare.  V.  pron.  (Droit.)  Se  —  créancier,  se  porter 
créancier. 

GERFAUT  [jèr-fô]  S.  m. 

[ÉTYM.  Pour  gerfauc,  composé  avec  l'anc.  haut  allem. 
gîr  (allem.  moderne  geier),  vautour,  et  fauo,  anc.  nomi- 
natif de  faucon,  g§  6,  199,  498  et  499.  ||  xii«  s.  Osturs,  gir- 
faus  e  espervers,   Vie  de  St  Gilles,  1553.] 

Il  Oiseau  de  proie,  sorte  de  faucon  de  grande  taille,, 
hardi  et  très  agile. 

GERMAIN,  AINE  [jèr-min,  -mên']  adj. 

[ÉTYM.  Du  lat.  germanum,  77i.  s.  §§  300  et  291.] 

Il  1"  Né  du  même  père  et  de  la  même  mère.  Frère  — , 
sœur  germaine.  [Cf.  consanguin  et  utérin.)  ||  Substantivt. 
Des  frères,  des  germains,  corn.  Pomp.  iv,  1. 

Il  2»  P.  ext.  Cousins  germains,  nés  de  parents  frères  ou 
sœurs  l'un  de  l'autre.  Elle  est  ma  cousine  germaine.  ||  Subs- 
tantivt. Cousins  issus  de  — ,  issus  de  parents  qui  sont  cou- 
sins germains.  Cousin  issu  de  —  de  M™^  de  Maintenon,  ST- 
siM.  1,  28. 

GERMANDRÉE  [jèr-man-dré]  s.  f. 

[ÉTYM.  Altération  (  V.  §  509)  du  lat.  chamaedrys,  yos,  grec 
■/TLiixiùpoi,  m.  s.  proprt,  «  chêne  terrestre  ».  ||  xii'^-xiii'^  s. 
Gamedreos  :  gemandree,  Gloss.  dans  godef.  CompL] 

Il  (Botan.)  Plante  formant  un  genre  de  la  famille  des- 
Labiées,  à  fleurs  purpurines  ou  jaunes.  —  aquatique. 

GERMANISME  [jèr-mà-nïsm']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  Germanus,  nom  propre  des  Ger- 
mains, anciens  habitants  de  l'Allemagne,  §  265.  ||  1752. 
TRÉv.  Admis  acad.  1798.] 

Il  (Gramm.)  Façon  de  parler  propre  à  la  langue  alle- 
mande. 

GERME  [jèrm"]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  germen,  tn.  s.  §§  291  et  473.] 

I.  Il  1°  Rudiment  de  l'embryon  destiné  à  reproduire 
la  plante,  l'animal.  Faux  —,  produit  informe  d'une  con- 
ception imparfaite.  Accoucher  d'un  faux  — .  Préexistence  des 
germes,  système  d'après  lequel  le  germe  préexisterait  à  la 
fécondation. 

Il  2"  P.  ert.  Rudiment  de  certaines  parties  organi- 
ques. Le  —  des  dents,  des  cheveux. 

II.  Fig.  Principe,  élément  du  développement  d'une 
chose.  Avoir  le  —  d'une  maladie.  Étouffer  la  rébellion  dans  son 
— .  Le  —  des  vertus,  des  vices.  Une  idée  qui  contient  en  —  tout 
un  système.  Qui  croirait  que  le  —  de  Pyrrhus  et  d'Andromaque 
est  dans  Pertharite?  volt.  Mél.  littér.  Lett.  à  d'Olivet. 

GERMER  [jer-mé]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  germinare,  m.  s.  devenu  'germner,  ger- 
mer, §§  336,  472,  295  et  291.] 

I.  V.  intr.  Il  1»  En  parlant  de  la  semence,  faire  paraître 
le  germe.  Des  graines  qui  commencent  à  — .  ||  Fig.  Voyez  — 
à  l'œil  les  semences  du  monde,  Régnier,  Sat.  9. 

Il  2"  P.  e.rt.  En  parlant  de  la  plante,  se  montrer  en 
germe.  Les  blés  sont  germes.  On  fabrique  la  bière  avec  de  l'orge 
qu'on  a  fait  — .  ||  Fig.  Commencer  à  se  développer.  Les  idées 


GERMINAL 


—  1165 


GIBBEUX 


qui  germent  dans  les  esprits.  Les  vertus  qui  germent  dans  le 
cœur  d'un  eniant. 

II.  r.  //'.  i'ruduire  eu  dcveluppaiit  lu  fjerme.  Que  la 
terre  germe  l'herbe  verte,  fén.  Exisl.  de  Dieu,  i,  'Z.  Fiff.  Qui 
de  nouveaux  martyrs  germe  une  ample  moisson,  couN.  Hymne 
Ht   Victor. 

GERMINAL,  "GERMINALE  [jèr-ini-iiàl]  adj .  et  S.  7«. 

[ÉTYM.  iJérivc  du  lat.  germen,  inis,  yeriiie,  §  238.  Au 
sens  II  le  mot  est  dû  à  kauiii-:  d'égi-antine.  Admis  acad. 
1798,  suppl.] 

I.  Adj.  (T.  didact.)  Relatif  au  f,'erme. 

II.  S.  m.  Septième  muis  du  calendrier  républicain  (du 
21  mars  au  19  avril). 

GERMINATIF,  FVE  [jèr-mi-iiii-tir,  -llv"j  adj. 
[ktv.m.  Dérivé  du  lai.  germinare,  germer,  §257.  ||  wi^  s. 
Il  y  en  a  une  autre  (eau)  germiuative,  B.  Palissy,  p.  2G7.  Ad- 
mis AC.\L).  1878.] 
Il  (T.  didacl.)  Qui  a  rapport  à  la  germination. 
GERMINATION  :  jèr-mi-nà-syon  ;  en  vers,  -si-on]s.  f. 
[ÉTYM.  Empiuiilé  du  lat.  germinatio,  m.  s.  \\  xv<=-xvi^  s. 
Germination  de  David,  fossetier,  dans  GOUEF.  Compl.  Ad- 
mis ACAU.  1702. J 

Il  (T.  didacl.)  Production,  accroissement  du  germe,  de 
l'embryon  végétal.  ||  P.  ext.  Premier  développement  de 
la  plante. 

'GERMOIR  [jùr-mwàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  germer,  §  113.  ||  1700.  liger,  Nouv. 
Mais.  rust.  dans  uelu.  liée] 

Il  (Technol.)  ||  1<*  Caisse,  pot,  trou  creusé  pour  rece- 
voir certaines  graines  qu'on  veut  semer  plus  lard. 

Il  2»  Cellier  où  l'on  fait  germer  l'orge  pour  la  fabrica- 
tion de  la  bière. 

'GERMURE  LJèr-mùr]  .y.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  germer,  ,§  111.  ||  xv»  s.  Ces  gemures 
tendoient  a  maturité,  J.   v.\l\iuelin,  dans  guDef.  gernure.j 
Il  rà?i//i.  Uerminalion.  Les  germures  faites  à  l'air,  dud.^RT, 
dans  Mem.  de  L'Acad.  des  se.  ann.  17UU,  p.  55. 
GÉROFLE  [jé-rotl'].  V.  girofle. 
GÉRONDIF  [jé-ron-dif]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gerundivum  (mieux  gerundlum), 
m.  s.  de  gerere,  l'aire.  ||  1520.  Signiiication  déponente  ou  ge- 
rundive,  fabui,  dans  godei'.  Compl.] 

Il  (Cramm.  lat.)  Sorte  d'inlinilif  déclinable  à  trois  dé- 
sinences, indiquant  que  l'idée  exprimée  par  le  verbe  se 
fuit,  va  se  faire.  Le  —  en  di,  en  do,  en  dum.  La  forme  du  — 
s'est  confondue  en  français  avec  celle  du  participe  présent. 
GÉRONTE  [jé-ront'J  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  d'un  personnage  de  comédie,  emprunté 
dugrec yépojv,  ovTo;,  vieillard, § 36.  ||  jYéo/o^..\dmisAGAD. 
1878.] 

Il  Famil.  "Vieillard  débonnaire,  crédule.  Pour  quel  — 
me  prend-on?  ch.  ue  Bernard,  IIom7ne  sérieux,  17. 
•GERSEAU  [jér-s6]  *-.  m. 

[ÉTYM.  Semble  pour  herseau,  §  126.  [Cf.  herse.)  ||  1690. 
furet.] 

Il  (Marine.)  Corde  qui  sert  à  suspendre  ou  à  renforcer 
une  poulie. 
GERZEAU  [jèr-z6]  s.  m. 

[ÉTYM.  Même  radical  que   l'anc.  franc.  Jargerie  (var. 
garzerie,  jergerie,  elc),  ivraie,  d'origine  inconnue.  ||  \W  s. 
Quant  nos  augom  et  aragom  le  jarzeu  de  tous  froment.  Ser- 
inons jioilevins,  dans  gouef.  jarzeu.  Admis  acad.  1798.] 
Il  (.•\gricuU.)  Nielle,  plante  qui  croit  dans  les  blés. 
GÉSIER  [jé-zyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gigÇrium,  qui  en  lat.  classique  désigne 
les  entrailles  des  volailles  et  qui  parait  avoir  pris  dans  le 
lat.  pop.  le  sens  de  «  gésier  »  et  être  devenu  par  dissi- 
inilalion  "gicërium,  d'oii  gisler,  §§  382,  305  et  291,  puis, 
par  une  seconde  dissimilalion,  Jesier,  gésier,  §  360.  ||  xu»'- 
xui"  s.  Jecur  :  giser,  Utoss.  de  Glasijow,  dans  gouef.  Compl.] 
Il  Second  estomac  des  oiseaux,  qui  vient  après  le  ja- 
bot, et  où  les  aliments  sont  broyés  et  réduits  en  pâte. 
GËSENE  [jé-zin']  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gésir,  §  100.  ||   xii^  s.  En  sa  gesine, 
BENEEiT,  Ducs  de  Norm.  10763.] 
Il  Vieilli.  Couches  (d'une  femme). 
GÉSIR  [jé-zîr]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  jacçre.  m.  s.  §§  397,  346,  382,  316  et 
291.  Le  mot  n'est  plus  usité  qu'au  présent  et  à  l'impar- 
fait de  l'indicatif  et  au  participe  présent.] 


Il  Être  couché,  étendu.  C'est  là  que  du  lutrin  glt  la  machine 
énorme,  boil.  Lutr.  3.  A  l'endroit  où  gisait  cette  somme  en- 
terrée, LA  F.  b'ah.  IV,  2(J.  Speciall.  Être  couché  dans  la 
tombe.  Sous  ce  tombeau  gisent  Plante  et  Térence,  L.\  F.  Epil. 
de  Molière.  Ici  git,  ci-glt  un  tel,  une  telle,  formule  des  c-pi- 
taphes.  Il  P.  ext.  S'étendre.  |  1.  Marine.)  La  côte  git  nord 
et  sud.  I  2.  (Minéral./  L'endroit  où  gisent  les  meilleurs  filons. 
Les  mines  d'étain  de  Saxe...  gisent  comme  celles  d'Angleterre 
dans  les  montagnes  à  couches,  uuff.  Minéraux,  Etum.  Fifj. 
Se  trouver.  C'est  là  que  git  la  difficulté.  C'est  là  encore  où  git 
la  gloire,  i.a  hr.  12. 

GESSE  Ljés']  s.  f. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  provenç.  gelssa,  geicha,  m.  s.  d'o- 
rigine inconnue,  §  11.  |1  140(J.  Un  queirtaul  que  faives  que 
poix  que  jaisses,  dans  goukf.  Compl.] 

Il  (Botan.)  l^lanle  légumineuse  formant  un  geiwe  de 
la  famille  des  l-'apilionacées.  —  cultivée  ou  domestique, 
pois  breton,  dit  aussi  lentille  d'Espagne.  —  chiche.  —  odo- 
rante, pois  de  senteur.  —  de  la  Chine,  pois  vivace. 

GESTATION  [jés'-tà-syon  ;  en  vers,  -si-on]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gestatio,  action  de  porter.  1| 
.\dmis  acad.  1762.] 

Il  '  Ilist.  nat.)  Séjour  du  fœtus  dans  le  sein  de  la  mère 
depuis  le  moment  où  elle  a  conçu.  Fi(j.  La  —  d'un  poème. 

1.  GESTE  [jésl']  s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gesta,  participe  passé-  au  plu- 
riel neutre  de  gerere,  faire,  accomplir.  (Jqns  font  le  plur. 
gestes  du  masc.  sous  l'intluence  de  geste  2,  ou  du  pre- 
mier terme  de  la  locution  fjdts  et  gestes.  |{  xi*'  s.  Il  est  es- 
crit  en  la  geste  Prancur,  Roland,  1443.] 

jj  l»  Anciennt.  Action  mémorable.  (Vitres)  Où  peintes 
sont  les  gestes  authentiques,  marot,  i,  177.  Grsmd  chroniqueur 
des  gestes  d'Alexandre,  boil.  Ep.  11.  ||  Specialt.  Chanson  de 
—,  poème  épique  français  du  moyen  âge. 

Il  2°  De  710S  jours.  Les  faits  et  gestes  de  qqn,  t(jute  sa 
conduite.  (S'emploie  en  mauvaise  part.j  On  ne  parle  ici  que 
des  discours  et  des  faits  et  gestes  de  la  BrinvUliers,  sev.  530. 

2.  GESTE  [jesf]  .s\  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gestus,  m.  s.  ||  xv«  s.  Sa  geste 
et  parolle  estoit  aspre,  com.m.  ii,  3.] 

Il  Mouvement  du  bras,  de  la  main,  de  la  tète,  etc.,  qui 
exprime  certaines  pensées,  certains  sentiments,  ou  rend 
plus  expressif  le  langage.  Les  muets  se  font  comprendre  par 
gestes.  Faire  un  —  d'assentiment,  de  dénégation.  Laisser  échap- 
per un  —  d'impatience.  Je  réponds  d'un  —  de  tète,  mol.  Ainph. 
III,  1.  J'approuvais  tout  pourtaint  de  la  mine  et  du  — ,  uoil. 
Sat.  3.  Dn  orateur  qui  a  de  beaux  gestes.  Une  personne  qui  fait 
beaucoup  de  gestes  en  parlant. 

GESTICULATEUR,  "GESTICULATRICE  [jés'-ti-ku- 
là-teur,  -tris']  6'.  m.  et  /'. 

[ÉTYM  Emprunté  du  lat.  gesticulator,  m.  s.  ||  1583.  Ges- 
ticulateur  des  mains,  F.  uretin,  Lucien,  dans  uelb.  Rec] 

Il  Celui,  celle  qui  gesticule. 

GESTICULATION  [jes'-ti-ku-là-svon  ;  en  fer.y, -si-on] 
s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gesticulatio,  ?«.  a*.  H  xiv«^  s.  Ges- 
ticulation des  espaules,  J.  UE  yig.nay,  Miroir  ftist.  dans 
DEi.u.  Rec] 

Il  Action  de  gesticuler. 

GESTICULER  [jès'-ti-ku-lé]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gesticulare,  ?n.  s.  \\  xvi'  s.  Ges- 
ticuler en  faisant  des  exclamations,  u.  est.  Nouv.  Lan<]. 
franc,  ilalian.  dans  delu.  Rec.] 

Il  Faire  beaucoup  de  gestes.  Ils  gesticulent,  ils  crient,  ils 
s'agitent,  L.\  br.  9. 

GESTION  [jes-tyon  ;  en  vers,  -li-on]  j.-.  /". 

[ÉTYM.  Emprunte  du  lat.  gestio,  m.  s.  ||  xV-XYi'  s.  Par 
les  gestions  duquel  les  choses  futures  devinent  precognoissoit, 
Fos:?ETiER,  Chrun.  maryar.  dans  godef.j 

|j  lo.\ction  de  gérer.  Confier  à  qqn  la  —  d'une  entreprise. 

IJ  2»  Manière  de  gérer.  Demander  compte  à  qqn  de  sa  — . 

GEYSER  [ghèy'-zér]  5.  m. 
\       [ÉTY.M.  Emprunté  de  l'islandais  geyser,  m.  s.  proprt, 
î  «  furieux  »,  §  9.  ||  1812.  uru.n  neergaaru,  dans  Journal 
j  des  mines,  xxxi,  6.  ,\dmis  acad.  1878.] 

Il  (Géologie.)  Source  d'eau  bouillante  qui  jaillit  à  une 
1  grande  hauteur. 

GIBBEUX,  EUSE  [jib'-bcii,  -beuz']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gibbosus,  m.  s.  \\  xv<=  s.^Faulcon 
gibbeux  ou  bossu,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1762.) 


GIBBIE 


—  U66  — 


GIGOTÉ 


Il  (T.  didact.)  1|  1"  En  parlant  d'une  personne,  qui  a  une 
bosse  (au  dos). 

Il  2»  En  parlant  d'une  chose,  qui  est  en  bosse.  Partie 
gibbeuse  du  foie.  Les  parties  gibbeuses  de  la  lune. 

'GIBBIE  [jîb'-bi]  s.  f, 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gibba,  bosse,  à  cause  de  la  forme 
globuleuse  de  l'abdomen  de  cet  insecte,  §  124.  ||  1815.  en- 
CYCL.  MÉTH.  lnsectes.\ 

Il  (Ilist.  nat.)  Insecte  coléoptère  à  abdomen  renflé, 
sorte  de  grosse  puce  qui  ronge  les  plantes  chez  les  her- 
boristes, dans  les  herbiers. 

GIBBON  [jïb'-bon]  .?.  m. 

[ÉTYM.  Paraît  emprunté  des  dialectes  de  l'Inde,  §  25. 
DUPLEix  a  fait  connaître  en  France  le  mot  et  l'animal 
qu'il  désigne.  ||  xviii«  s.  buff.  Gibbon.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Ilist.  nat.)  Grand  singe  de  l'Inde. 

GIBBOSITÉ  [jïb'-bô-zi-té]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gibbosus,  gibbeux,  §  255.  ||  xiu«- 
xive  s.  La  gibbosité  du  foie,  Chirurçj.  de  Mondeville,  f»  22. 
Admis  ACAD.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  ||  l»  Bosse  de  l'épine  dorsale. 

Il  2"  Proéminence  en  forme  de  bosse. 

GIBECIÈRE  [jïp'-syèr;  en  vers, i'i-he-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  l'anc.  verbe  gibecer,  aller  à  la  chasse 
[cf.  gibier),  §  115.  ||  1350.  Six  gibecières  broudees,  dans  du  c. 
giboçaria.] 

Il  Grand  sac  en  cuir  oii  les  chasseurs  mettent  le  menu 
gibier.  ||  P.  anal.  Sac  où  les  pêcheurs  mettent  le  menu 
poisson.  Mettons-le  en  notre  — ,  la  f.  Fab.  v,  3.  ||  Sac  où 
les  bergers,  les  écoliers,  mettent  leurs  provisions.  ||  app- 
elait. Sac  d'escamoteur.  Faire  des  tours  de  — .  Fig.  Il  a  plus 
d'un  tour  dans  sa  — ,  il  sait  trouver  plus  d'une  ruse. 

GIBELET  fjïb'-lè;  en  vers,']i-hQ-\(i]  s.  m. 

[ÉTYM.  Altération  de  guibelet,  guimbelet  (formes  encore 
employées  par  ménage).  Le  mot  est  apparenté  à  l'angl. 
wimble,  vilebrequin,  d'origine  incertaine,  §  8  ;  quant  à  glm- 
blet,  qui  a  le  même  sens  en  anglais,  il  est  emprunté  du 
français  guimbelet.  ||  1412.  Un  guimbelet  ou  foret,  dans  du  c. 
vigiliae.] 

Il  Foret  que  les  tonneliers,  les  marchands  de  vin,  en- 
foncent d'un  seul  coup  dans  un  fût  pour  le  mettre  en 
perce.  ||  Fiq.  Cet  homme  a  un  coup  de  — ,  il  est  un  peu  fou. 

*GIBELOT  [jib'-16;  envers,  ji-be-lô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Peut-être  altération  de  l'allem.  gabelholz,  m. 
s.  proprt,  «  bois  (holz)  qui  fait  la  fourche  (gabel)  »,  §  7. 

Il    1694.  TH.  CORN.] 

Il  (Marine.)  Pièce  de  bois  courbe  fixée  entre  l'étrave 
et  les  plats  bords  d'un  navire. 

GIBELOTTE  [jib'-lof]  s.  f. 

[ÉTYM.  Même  radical  que  l'anc.  franc,  gibelet,  façon 
d'accommoder  les  oiseaux,  lequel  paraît  se  rattacher  à 
gibier,  §  1.86.  ||  1708.  Laissez  cuire  vostre  gibelotte,  École 
des  officiers  de  bouche,  p.  341.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Cuisine.)  Ragoût  de  lapin. 

GIBERNE  [ji-bèrn']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gibema,  m.  s.  §  12.  (Cf.  lat. 
zaberna,  7n.  s.  dans  un  édit  de  dioclétien.)  ||  1752.  trév. 
Admis  acad.  1762.] 

Il  (T.  milit.)  Boîte  recouverte  de  cuir  que  les  soldats 
portent  au  ceinturon  ou  en  bandoulière  et  où  ils  mettent 
les  cartouches.  ||  Fig.  Il  a  le  bâton  de  maréchal  dans  sa  — , 
de  simple  soldat,  il  peut  devenir  maréchal  de  France. 

GIBET  [ji-bè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  Le  sens  le  plus  ancien  paraît 
être  celui  de  «  bâton  en  forme  de  crosse  ».  ||  xiii»  s.  Et 
il  a  le  gibet  saisi  Qui  a  son  destre  braz  pendi,  wace,  Rou, 
m,  8349.] 

Il  1"  Potence  pour  les  criminels  condamnés  à  être 
pendus.  On  scélérat  qui  sera  par  Géronte  envoyé  au  — ,  mol. 
Scap.  m,  3.  ||  P.  ext.  Bois  sur  lequel  on  mettait  en  croix, 
chez  les  anciens.  Jésus-Christ  suspendu  à  l'infâme  — . 

Il  2»  Fourches  patibulaires.  Corps  exposés  au  —  de  Mont- 
faucon. 

GIBIER  [ji-byé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  radical  gib,  d'origine  inconnue, 
§  115.  Il  xu"  s.  Me  requist  Que  jou  alalsse  en  gibier  aveuo  lui, 
Huon  de  Bord.  1372.] 

Il  1»  Ane.  franc.  Chasse.  Aller  en  —,  à  la  chasse. 

Il  2o  P.  e.Tt.  Animaux  qu'on  prend  à  la  chasse.  Dne 
pièce  de  — .  Du  —  à  plume  (perdrix,  cailles,  etc.),  à  poU 


(lièvres, lapins,  chevreuils,  etc.).  Menu  —  (perdrix,  cailles- 
lièvres,  etc.).  Gros  —  (chevreuil,  sanglier,  etc.).  Le  —  du 
lion,  ce  ne  sont  pas  moineaux,  la  f.  Fab.  il,  19.  ||  Fig.  Per- 
sonne qu'on  cherche  à  prendre,  à  gagner.  Ce  n'est  point 
là  —  à  des  gens  comme  moi,  corn.  Ment,  i,  1.  —  de  potence, 
celui  qui  est  fait  pour  la  potence.  Vrai  —  de  potence,  mol. 
Av.  I,  .3.  Apparemment,  Monsieur  nous  prend  pour  du  —  à 
commissaire,  gherardi.  Th.  ilal.  m,  320. 

GIBOULÉE  [ji-bou-lé]  s.  f. 

[ÉTY-M.  Origine  inconnue.  ||  1548.  Giboulée  ou  undee,  a- 
mizauld,  Miroer  de  l'air,  dans  delb.  Rec] 

Il  Coup  de  vent  accompagné  d'averse,  qqf  de  grêle,  et 
même  de  neige,  et  bientôt  suivi  d'une  éclaircie.  Dne  — 
de  mars,  de  printemps. 

GIBOYER  fji-b\và-yé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  gibier,  §  163.  ||  xiie  s.  Ezvoz 
Girart  qui  vient  de  giboier,  Auiis  et  Amiles,  3-391.] 

Il  Vieilli.  Chasser,  prendre  du  gibier. 

GIBOYEUR  [ji-bwà-yeur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  giboyer,  §  112.  ||  1583.  A  la  mode  des  gl- 
boyeurs,  d.  sauvage,  P.  Jove,  dans  delb.  Rec] 

Il  Vieilli.  Celui  qui  prend  du  gibier.  C'est  un  grant,  un 
petit  — .  Il  Celui  qui  vend  du  gibier. 

GIBOYEUX,  EUSE  fji-bwà-ye'u,  -yeuï']adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  giboyer,  §  116.  ||  1700.  Dne  terre  gi- 
boyeuse, LiGER,  Noiiv.  Mais.  7'iist.  dans  delb.  Rec.  Admis 
.^.CAD.  1798.] 

Il  Qui  abonde  en  gibier.  Dne  chasse  giboyeuse. 

GIFLE  [jifl']  .V.  f. 

[ÉTYM.  Peut-être  emprunté  du  moven  hautallem.  kivel 
i' allem.  moderne  kiefer),  mâchoire,  §  8.  ||  xiii"  s.  Qui  borse  a 
dure  et  giffes  moles,  G.  DE  coincy,  dans  méon.  Fabliaux  et 
contes,  I,  306.  Admis  acad.  1878.] 

Il  1"  Vieilli.  Joue.  Ce  qui  fait  leurs  gifles  enfler,  scarr> 
Virg.  trav.  2. 

Il  2°  Fa???//.  Tape  donnée  sur  la  joue  de  qqn  avec  la 
main.  Donner,  recevoir  une  — . 

GIFLER  [ji-flc]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gifle,  §  154.  ||  Ne'olog.  Admis  acad. 
1878.] 

Il  Famil.  Frapper  (qqn)  sur  la  joue  avec  la  main,  n 
s'est  fait  — . 

"GIGADOU  [ji-gà-dou]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Instrument  de  menuisier,  de  charpentier, 
de  maçon,  servant  à  prendre  la  mesure  des  angles,  des 
courbes  suivant  lesquelles  il  faut  tailler  le  bois,  la 
pierre,  etc. 

GIGANTESQUE  [ji-gan-tesk']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gigantesco,  m.  s.  de  gigante,. 
géant,  §  12.  ||  xvii<' s.  V.  à  l'article.] 

Il  Qui  passe  de  beaucoup  la  grandeur  ordinaire.  Dn  ani- 
mal, un  arbre  — .  Être  d'une  taille  — .  M.  de  Trichateau,  dont 
vous  haïssez  la  —  figure,  SÉv.  654.  ||  Fig.  Qui  passe  de  beau- 
coup la  mesure  commune.  Dn  projet,  un  plan  — .  (Lois) 
frivoles  dans  le  fond  et  gigantesques  dans  la  forme,  montesq.. 
Espr.  des  lois,  xxvui,  1. 

•GIGANTESQUEMENT  [ji-gan-tes'-ke-man]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  gigantesque  etment,§724.  ||  Ne'olog.] 

Il  D'une  manière  gigantesque. 

GIGOT  [ji-gô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  (Cf.  glguer,  ginguer.)  I|  xv"  s. 
Pastés  de  gigos  de  mouton,  dans  taillevent,  Viandier,  p.  47, 
Pichon  et  Vicaire.] 

Il  lo  Cuisse  des  membres  postérieurs  d'un  mouton,  d'un 
agneau,  etc.,  préparée  pour  être  cuite.  Dn  —  rôti,  braisé- 
Dn  émincé  de  — .  Dn  —  de  chevreuil.  [Syn.  cuissot.)  ||  Manche 
du  —,  partie  de  l'os  par  laquelle  on  peut  le  prendre.  Man- 
che à  — ,  poignée  qui  emboîte  cet  os  et  par  laquelle  on' 
le  tient  pour  découpera  table.  ||  P.  plaisant.  .ïambe  d'un'c 
personne.  Il  faut  ici  remuer  le  — ,  regnard.  Bal,  se.  16.  n 
n'allait  plus  que  d'un  — ,  scarr.  Gigantomachie,  4.  ||  P. 
ext.  Vieilli.  Celui  qui  fait  des  rondes,  archer  du  guet. 
Les  pauvres  gigots  de  justice  crièrent  merci,  SOREL,  Fran- 
cion,  p.  344. 

Il  2»  Fig.  Partie  renflée  de  la  manche  des  robes  de 
femme.  Des  manches  à  — . 

GIGOTÉ,  ÉE  [ji-g5-té]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gigot,  .§  118.  |I  1680.  richel.] 

Il  Famil.  Fortement  membre.  Cheval,  chien,  bien,  mal  — . 


GIGOTER 


1167  — 


GIRIE 


GIGOTER  [ji-gô-lé]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gigot,  g  154.  ||  Admis  acad.  1718  et 
écrit  avec  deu\  t  jus(iu'eii  1835.] 
Il  Famil.  Agiter  les  jambes.  j|  P.  plaisant.  Danser. 

1.  GIGUE  [jig]  s.  /•. 

[ÉTVM.  Sul)st.  verbal  de  giguer,  §  52.  Le  mot  n'est  dans 
aucun  dictionnaire  avant  celui  de  Fi;iii:r.,  ijui  le  définit: 
'•  fille  gaye  et  enjouée  (jui  saule,  qui  ganiljade  ».  Le  sens 
de  «  jambe  »  parait  dû  à  rinlluenc(>  de  gigot. J 

Il  Fdînil.  Jambe.  Il  a  de  longues  gigues.  Spccialt.  Une  — 
(cuissotj  de  chevreuil.  ||  /'.  i:ct.  En  uiuuvuise  part.  Une 
grande  —,  iiUe  grande,  maigre  et  alerte. 

2.  GIGUE  LJig'J  .V.  /■. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'angl.  jig,  m.  s.  §  8.  Le  mot  an- 
glais est  lui-même  emprunté  de  l'anc.  franc,  gigue,  qui 
désigne  un  instrument  à  cordes  d'origine  germanique 
(anc.  haut  allem.  gîge,  allem.  moderne  geige,  violon),  §6. 

I!    168U.   HICUKL.] 

Il  .\ir  de  danse,  danse  d'un  mouvement  vif.  L'on  n'en- 
tend point  une  —  à  la  chapelle,  la  Hit.  14.  Danser  la  — . 

'GIGUER  [ji-ghé]  V.  intr. 

[iJTYM.  Origine  inconnue.  {Cf.  ginguer.)  ||  xv»  s.  Glgant 
et  Jouant,"  p.  ue  beauvau,  Troilus,  p.  'Z'6^.  Admis  acad. 
1694;  suppr.  en  1762.] 

Il  Vieilli.  Gambader.  S'il  faut  —  et  se  battre.  Elle  en 
donne  six  pour  quatre,  gombaud,  Epigr.  i,  48. 

GILET  [ji-lè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  Gille,  personnage  portant  une  veste 
sans  manches,  g§  36  et  133.  (  V.  gille  2.)  ||  1736.  Merc.  de 
Fr.  dans  tuév.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1"  Partie  du  costume  de  l'homme  qui  recouvre  le 
torse  et  se  porte  sans  manches  sous  l'habit  ou  la  redin- 
gote. Il  P.  anal.  Partie  du  vêtement  de  la  femme  qui 
imite  le  gilet  d'homme.  Un  —  Louis  XV. 

Il  2»  Sorte  de  camisole  qu'on  porte  le  plus  souvent 
sur  la  peau.  Un  —  de  flanelle,  de  laine,  de  coton. 

GILETIER,  1ERE  [jil-tyé,  -lyer;  en  vers,  ji-le-...]  s.  m. 
et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gilet,  §  115.  ||  Néolog.  Admis  .\cad. 
1878.] 

Il  Celui,  celle  qui  confectionne  des  gilets. 

1.  *GILLE  [jil]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue  ;  parait  être  le  même  mot 
que  gielle,  mentionné  dans  Modus  (xiv*^  s.)  comme  nom 
d'une  des  parties  constitutives  d'un  rets.  {V.  godef.  gielle 
et  guille  1.)  ||  1669.  Engins  appelés  giles,  Ordonn.  sur  la 
pêche,  dans  isambert,  Rec.  des  anc.  lois  franc,  xviii,  303.] 

Il  Vieilli.  Filet  pour  la  pêche,  sorte  de  grand  épervier. 

2.  GILLE  [jil]  5.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre  correspondant  au  lat.  ^Igidius,  §  36. 
Il  xvi°  s.  Quand  quelqu'un  s'en  est  enfui,  on  dit  :  il  a  fait  gilles, 
UER0ALDE  DE  VERViLLE ,  Moyeu  de  parvenir,  chap.  gé- 
néral.] 

I.  Dans  le  théâtre  de  la  foire,  celui  qui  joue  les  rôles 
de  niais.  ||  Fiq.  On  —,  un  niais. 

II.  Loc.  prov.  Vieilli.  Faire  — ,  déloger.  Vous  sûtes  faire 
—  et  fendîtes  le  vent,  CORN.  Suite  du  Ment,  i,  1. 

GIMBLETTE  [jin-blef]  j.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  glmbeleto  ou 
gimbleto,  m.  s.  d'origine  incertaine,  g  11.  |i  1680.  Les  bon- 
nes gimbelettes  viennent  de  Languedoc,  ricuei..  Admis  acad. 
174U.] 

Il  Petit  giâteau  sec. 

GINDRE  [jindr']  5.  m. 

[ÉTYM.  Pour  joindre,  §  357,  du  lat.  pop.  'junior  (class. 
Junior),  comparatif  de  Juvenem,  jeune,  §§  329,  290  et  484. 
Pour  le  sens,  cf.  sire  et  seigneur.  ||  xiii"  s.  Soit  Joindres 
soit  Vallès,  E.  uoii.EAU,  Livre  des  mest.  I,  i,  44.] 

Il  (Technol.)  Ouvrier  boulanger  qui  pétrit  le  pain. 

GINGAS  Ljin-gâ]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1799.  Fabrique  de  gingas, 
PEUciiET,  I>ict.  de  géogr.  cornmerc.  introd.  p.  247.  Admis 
ACAD.  1835.] 

Il  (Technol.)  Toile  à  carreaux  pour  matelas. 

GINGEMBRE  jjin-jânbr']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  zing^berl,  grec  Ç'.yYtSep;;.  m.  s. 
devenu  par  assimilation  *glnglberi,  'gingimberi,  d'où  gin- 
gembre, §§  360  cl  503.  Il  xiio  s.  Gimgibre  et  mult  girofre  pur 
eschalfer  mangeit,  garn.  de  pont-ste-m.\x.  ^'i  Thomas, 
3384.] 


Il  (Botan.)  Plante  des  Indes,  dont  la  racine  aromatique 
est  employée  comme  condiment.  Rapporter  de  Goa  le  poi- 
vre et  le  —,  noiL.  Sat.  S.  Confiture  de  — . 

'GINGIVAL,  ALE  [jin-ji-vàl]  adj . 

[ÉTY.M.  Dérivé  du  lat.  gingiva,  gencive,  §  238.  !|  Séolog.] 

Il  (Anal.)  Relatif  à  la  gencive.  Muqueuse  gingivale. 

"GINGIVITE  [jin-ji-vit'l  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  du  lai.  gingiva,  gencive,  §282.  ||  Néolog.] 

Il  (Médec;  Inflammation  de  la  gencive. 

•GINGLYME  ijin-glim']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yîvvXliijlo;,  charnière.  Il  1586. 
J.  GUILLEMEAU,  Tobles  unutom.  p.  6.  Admis  acau.  1762; 
suppr.  en  1798.] 

Il  (Anat.)  Articulation  en  forme  de  charnière. 

'GINGUER  [jin-gué]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Autre  forme  de  giguer,  §  361.  ||  xv=  s.  Petillans 
et  gingans,  martial  u'auvekgne,  Amant  rendu  cordelière 
1546,  Monlaiglon.] 

Il  Dialecl.  Sauter,  folâtrer.  ||  Ruer. 

GINGUET,  ETTE  [jin-ghè,  -ghet']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  ginguer,  ,i;.^  16  et  1.'33.  ||  x\T'  s.  En  l'an 
1554  nous  eusmes  des  vins  infiniment  verds  que  l'on  appela  gin- 
guets,  PASQ.  Rech.  VIII,  43.] 

il  1"  En  parlant  du  vin,  suret  (proprt,  qui  fait  sauter 
celui  qui  en  boit).  Boire  du  vin  —,  et,  substantivt,  du  — . 
[Cf.  guinguette.) 

Il  2"  Fig.  De  mince  valeur.  Ce  n'est  pas  la  faute  de  l'au- 
teur si  ce  morceau  se  trouve  — ,  marquis  de  mirabeau, 
l'Ami  des  hommes,  ii,  1.  Les  «  Scythes  »  (tragédie)  sont  un 
peu  ginguets,  VOLT.  Lett.  à  d'Argent.  20  juin  1767. 

GINSENG  [jin-san]  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  chinois  glnsen,  m.  s.  §  27.  ||  1757. 
Gins-eng,  engycl.  .^dmis  ac.\d.  1762.] 

Il  (Botan.)  Plante  d'Oi-ient  dont  la  racine  aromatique 
est  employée  comme  stimulant.  Vers  1750,  un  commerce 
nouveau,  celui  du  — ,  tourna  toutes  les  tètes.  Mémoires  de- 
M.  de  Bouvart  (1758),  dans  Collect.  de  documents,  Qué- 
bec, 1840. 

"GEPON  iji-pon].  V.  guipon. 

GIRAFE  [ji-râr]  s.  /•. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'arabe  zourafa  ou  zerafa,  m.  s. 
par  l'intermédiaire  de  l'ital.  giraffa,  §§  12  et  22.  joinv.  dit 
oralle,  altération  orale  de  la  forme  arabe.  ||  xm»  s.  Mul 
ni  asnes  ne  bues  ne  chamoux  ni  giras,  Prise  de  Jrriis.  dans 
godef.  Compl.  I  xv*^  s.  Bestes  moût  estranges...  lesquelles  sont 
appelées  giraffa,  d'.\ngllre,  Vo'j  àJérus.  dans  deld.  Rec.\ 

Il  (Ilist.  nat.)  Mammifère  à  très  long  cou  et  à  robe 
mouchetée,  dit  autrefois  caméléopard.  Fig.  On  cou  de  — ^ 
très  long. 

GIRANDE  [ji-rând'] .?.  f 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  giranda,  m.  s.  du  verbe  gl- 
rare,  tourner,  §  12.  ||  1694.  th.  corn.  Admis  acad.  1762.} 

Il  (Technol.)  Gerbe  d'eau,  de  lumière.  [Syn.  girandole.) 

GIRANDOLE  [ji-ran-dôl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  girandola,  m.  s.  diminutif 
de  giranda  (  1'.  girande),  §  12.  ||  1642.  Girandolle,  OUD.  ] 

Il  l»  (Technol.)  Gerbe  d'eau,  de  lumière. 

Il  2»  P.  anal.  Chandelier  à  plusieurs  branches.  ||  Boucle 
d'oreilles  à  plusieurs  pendants. 

GIRASOL  [ji-rk-sùl]  .f.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'ital.  girasole,  m.  s.  §  12.  cotgr. 
et  ouD.  écrivent  encore,  conformément  à  l'orthogr.  itaL 
girasole.  ||  xvic  s.  (.\u  sens  1°.)  DU  pinet,  dans  delb.  Rec~ 
\  (Au  sens  2".)  e.  binet,  ibid.] 

Il  1"  Pierre  précieuse  analogue  à  l'opale. 

Il  2"  (Botan.)  Vieilli.  Tournesol. 

GIRATOIRE  [ji-rà-twàr]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  girare  (mieux  gyrare),  tourner, 
§  249.  Il  xviiio  s.  Mouvement  giratoire,  condorcet,  Eloges- 
d'Arci.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  fait  tourner.  Le  mouvement  —  des  cy- 
clones. 

GIRAUMONT  et  GIRAUMON  [ji-ro-mon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1732.  trév.  Admis  acad- 
1762.] 

Il  (Botan.)  Courge  dWmérique. 

•GIRIE  [ji-ri]  >?.  f 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  Xe'olog.] 

Il  Famil.  \\  1»  Plainte  affectée. 

Il  2°  P.  ext.  Manière  aiïectée.  Faire  des  girles. 


GIROFLE 


—  1168  — 


GIVRURE 


GIROFLE  [ji-rôfl'l  et  GÉROFLE  fjé-rôfl']  S.  m.    ^  | 

[ÉTVM.  Emprunté  du  lat.caryophyUon,  grec y.apuôçuA'Xov,  i 
devenu  de  l)onne  heure  *  garyophyllon,  ■;  497.  *garpfolum, 
§  35(3,  d'où  gerofle,  giroHe,  §§    3<J3,  29U  et  29i.  \\   xii»  s. 
Gimgibre  et  mult  girofre  pour  eschalfer  mangeit,  garn".  de 
PONT-STE-MAX.  St  Thonuis,  3834.] 

Il  Bouton  de  la  fleur  du  girotlier,  en  forme  de  clou  à 
tête,  employé  comme  épice.  Des  clous  de  — . 

GIROFLE,  ÉE  [ji-rù-flé]  adj.  et  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  girone,  §  118.  ||  xiii<^  s.  Plument  et  gi- 
rofle, AUENET,  dans  uelb.  Rec.  \  xV^  s.  Pour  ce  qu'elle  a  ou-  ; 
deur  semblable  a  clous  de  girofle,  l'appelle  l'en  giroilee,  Grant 
llerbi>;r.-Zn.] 

I.  Adj.  Qui  tient  du  girofle.  Cannelle  giroflée,  écorce  , 
aromatique  du  giroflier.  1 

II.  Giroflée,  s.  f.  Plante  formant  un  genre  de  la  famille 
des  Crucifères,  à  fleurs  blanches,  jaunes  ou  rougeàtres, 
dont  l'odeur  rappelle  celle  du  girofle.  —  double.' —  à  cinq  i 
feuilles.  ||  P.  plaisant.  Fig.  Dne  —  à  cinq  feuilles,  un  souftlet 
laissant  la  marque  des  cinq  doigts  sur  la  joue. 

GIROFLIER  [ji-rù-lli-yéj  *\  vi. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  girofle,  §  115.  ||  1372  Ou  rosier  et  ou 
giroffier,  J.  coRBiCHON,  Propv.  des  choses,  dans  ijBlb.  Hec. 
Admis  ACAD.  1740.] 

Il  (Botan.)  Arbre  des  Moluques  ou  des  Antilles,  de  la 
famille  des  Myrtacées,  dont  la  fleur  en  bouton  est  em- 
ployée comme  épice  sous  le  nom  de  clou  de  girofle. 

•GIROLE  [ji-rol]  s.f. 

[ÉTVM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  giroulo,  m  s. 
d'origine  incertaine,  §  11.  ||  xvi^  s.  Chervys  ou  giroles,  du 
piNET,  Hist.  liât,  de  Pline,  xix,  4.] 

Il  (Botan.)  Nom  vulgaire  de  la  berle  des  potagers,  dont 
la  racine  est  comestible  et  analogue  à  celle  du  chervis. 

GIROLLE  [ji-rùl]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Parait-être  une  form.e  dialectale  (F.  §  16)  pour 
girelle,  dérivé  du  lai.  girare  (mieux  gyrare),  tourner,  à  cause 
de  la  forme  arrondie  de  ce  champignon,  §  i26.  j|  xvi<^  s.  Gi- 
rolles et  champignons,  dans  godef.  girole.  Admis  agad.  1878.] 

Il  Espèce  de  bolet,  champignon  comestible  dit  aussi 
chanterelle,  oreille-de-liévre,  etc. 

GIRON  [ji-ron]  s.   m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  gero,  7n.  s.  {cf. 
le  hoUand.  geer,  gousset,  geeren,  être  de  biais),  §§  6,  498 
et  499.  Il  xi"^  s.  Sil  prent  par  son  geron,  Y'oy.  de  Charl.  à 
Jérus.  dans  delb.  liée] 

I.  Il  lo  Ane.  franc.  Pan  coupé  obliquement  en  forme 
de  triangle. 

Il  2°  (Blason.)  Triangle  dont  la  pointe  se  termine  au 
cœur  de  l'écu. 

Il  3°  P.  ej-t.  Surface  (triangulaire,  en  biais)  de  la  mar- 
che d'un  escalier.  ||  P.  ext.  —  droit,  rectangulaire. 

II.  P.  ext.  Il  1°  Ane.  franc.  Pan  du  vêtement  allant 
de  la  ceinture  au  genou. 

Il  2°  P.  ext.  Partie  qui  s'étend  de  la  ceinture  aux  ge- 
noux chez  une  personne  assise.  L'Amour  vient  se  jeter  dans 
le  —  de  sa  mère,  la  k.  Daphne,  i,  6,  indic.  scéniq.  ||  Fig. 
Le  sein.  Rester  dans  le  —  de  l'Église. 

GIRONNÉ,  "GIRONNÉE  [ji-rô-né]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  giron,  g  118.  ||  xiF  s.  Et  la  sorcele  d'un 
riche  escarimant  De  ci  a  terre  geronee  pendant ,  Raoul  de 
Cambrai,  504.  Admis  agad.  1718.] 

Il  iTechnol.)  Disposé  en  giron.  (Blason).  Écu  — ,  divisé 
en  parties  triangulaires.  Marches  gironnées,  marches  trian- 
gulaires d'un  escalier  à  vis.  ||  Tuile  gironnée,  taillée  en 
triangle. 

•GIRONNER  [ji-rô-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Tiré  de  gironné,  à  cause  de  la  forme  de  l'écu 
gironné,  §  37.  ||  1600.  Gironner  un  suage,  E.  binet,  Merv.  de 
la  nat.  dans  godef.] 

Il  (Technol.)  .\rrondir  (une  pièce  d'orfèvrerie).  ||  Ar- 
rondir le  fond  (d'une  pièce  de  chaudronnerie;. 

GIROUETTE  [ji-rwef  ;  en  vers,  -rou-ef]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine.  Semble  se  rattacher  au  lat. 
girare  (mieux  gyrare),  tourner,  §  133.  |J  1549.  Un  gyrouet, 
une  gyrouette,  R.  est.] 

Il  Flèche,  banderole  de  fer  ou  de  tôle,  mobile  sur  un 
pivot,  au  sommet  d'un  édifice,  et  qui,  tournant  au  gré  du 
vent,  en  indique  la  direction.  Jamais  légère  —  Au  vent  si  tôt 
ne  se  vira,  desportes,  Bergeries,  6.  ||  Fig.  Personne  qui 
change  souvent  d'opinion.  Dne  —  politique. 


GISANT,  ANTE  Ji-zan,  -zânf]  adj. 
[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  gésir,  §  47.  |!  1498.  Les  gesans 
du  planquier,  dans  godef.  gesant.] 

Il  Etendu  sans  mouvement.  Les  blessés  gisants  sur  le  sol. 
Sicbstantii't.  Le  —  (le  malade  gisant)  irait  voir  ses  aïeux, 
la  F.  Fah.  V,  12.  ||  P.  anal.  (Technol.  l  Navire  —,  échoué. 
Bois  —,  tombé  à  terre.  Les  usagers  qui  n'ont  d'autre  droit  que 
celui  de  prendre  le  bois  mort,  sec  et  — ,  ne  pourront  se  servir 
de  crochets,  Code  forestier,  a.vi.  80.  Meule  (de  moulin)  gi- 
sante, meule  inférieure  fixe,  sur  laiiuelle  vient  frotter  la 
meule  supérieure.  ||  Substantivt.  Le  —  d'un  chariot,  d'un 
tombereau,  la  partie  du  brancard  qui  porte  directement 
sur  l'essieu. 

GISEMENT  [jiz'-man;  en  i-er^,  ji-ze-...]  et,  vieilli, 
'GISSEMENT  [jis'-man;  en  vers,  ji-se-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gésir,  §  145.  ||  xiu«  s.  Vostre  gissement 
faites,  Renaud  de  Montauban,  p.  403,  Michelant.  .\dmis 
ACAD.  1740.] 

Il  1"  (Marine.)  Situation  d'une  côte,  relevée  par  les 
calculs  nautiques. 

Il  2°  (Mines.)  Position  qu'affectent  les  couches  de  mi- 
nerai. Il  P.  ext.  Filon.  On  a  découvert  un  —  de  houille. 
GÎTE[jit']  s.  m.  (fém.  comme  terme  de  marinej. 
[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gésir,  §§  52  et  65.  ||  xu^  s.  Et  s'i 
prandroitla  nuit  songiste,  chrétien  de  thoyes,  Cheval,  au 
lion,  670.] 

Il  1°  Lieu  où  l'on  trouve  à  coucher,  à  se  loger.  Vous 
n'irez  pas  fort  loin  pour  trouver  votre  — ,  mol.  Tari,  v,  7. 
Vieilli.  —  d'étape,  lieu  désigné  pour  étape  à  des  soldats 
en  marche.  Bon  souper,  bon  — ,  la  f.  Fab.  ix,  2.  \\  Sj)ëcialt. 
Lieu  où  le  lièvre  repose.  Dn  lièvre  en  son  —  songeait,  la  f. 
Fab.  II,  14.  P.  anal.  (Cuisine.)  Lièvre  au  — ,  en  pàlé  dans 
une  terrine.  ||  Fig.  Revenir  au  —,  parmi  les  siens,  n  faut 
attendre  le  lièvre  au  — ,  il  faut  attendre  les  gens  chez  eux. 
Il  P.  plaisant.  Un  mort  s'en  allait  tristement  S'emparer  de  son 
dernier  — ,  la  f.  Fab.  vu,  11. 

Il  2°  P.  ext.  (Technol.)  |  1.  (Marine.)  Lieu  où  un  na- 
vire est  échoué.  |  2.  Gisement  de  minerai.  |  3.  (.Arlill.) 
Lit  de  poutrelles  qui  soutient  une  plate-forme.  |  4.  Char- 
pente autour  de  laquelle  pivote  un  pont  tournant.  |  5. 
Poutre  de  grenier.  |  6.  Meule  gisante  d'un  moulin,  j  7.  Ta- 
ble qui  reçoit  le  raisin  à  presser.  |  8.  Plaque  inférieure 
d'un  soufflet.  |  9.  (Boucherie.)  —  à  la  noix,  partie  du  bœuf 
où  se  trouve  une  pelote  graisseuse,  dite  noix.  Ellipt.  Dn 
morceau  de  — . 

GÎTER  [j'i-té]  V.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gîte,  §  154.  ||  xiii''  s.  Trop  par  estoie  lolng 
gités.  Rose,  dans  godef.  Compl.] 

Il  1°  V.  intr.  Avoir  son  gîte  (qqpart).  Gîtant,  chassant 
de  château  en  château,  j.-j.  rouss.  Nouv.  Hél.  il,  18.  Cheï 
lui  (l'aubergistej  rarement  on  gîtait,  la  f.  Contes,  Berceau. 
Absolt.  Afin  qu'il  ne  m'avienne  De  mal  — ,  L.\  F.  Contes,  Orai- 
son. Il  Spécialt.  \  1.  (Chasse.)  Le  lièvre  était  gîté  dessous 
un  maître  chou,  la  f.  Fab.  iv,  4.  |  2.  (^Marine.)  Le  lieu  où 
gîte  un  navire,  où  il  est  échoué. 

Il  2«  V.  tr.  Mettre  dans  un  gîte.  Je  ne  sais  où  les  — .  Se 
—  où  l'on  peut.  Nous  avons  été  mal  gîtes. 

1.  GIVRE  [jivr'j  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xv"  s.  De  joivre  et  de  bruil- 
las,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Gelée  blanche,  congélation  de  la  rosée,  ou  de  la 
vapeur  du  brouillard,  par  les  nuits  froides  d'automne,  de 
printemps.  Les  arbres  sont  couverts  de  — .  ||  P.  anal.  (Chi- 
mie.) Cristaux  blancs  que  dépose  k  la  surface  de  la  va- 
nille l'acide  benzoïque  qu'elle  renferme. 

2.  GIVRE  s.  f.  V.  guivre. 

1.  'GIVRÉ.  ÉE  [ji-vré]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  givre  1,  g  118.  ||   Aeolog.] 
Il  Couvert  de  givre,  de  gelée  blanche.  ||  Fig.  VanUle  gi- 
vrée, à  la  surface  de  laquelle  l'acide  benzo'ique  a  déposé 
des  cristaux  blancs.  Pierre  givrée.  (!'.  givreux.) 

2.  "GIVRÉ,  ÉE.   V.  guivré. 
•GIVRÉE  [ji-vré]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  givre  1,  §  119.  ||  Néolog.] 
Il  (Technol.)  Couche  de  verre  blanc  pilé. 
•givreux,  EUSE  [ji-vreii,  -vreuz']  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  givre  1,  §  116.  ||  Néolog.] 
Il   (Technol.)  Pierre  givreuse,  qui  présente  des  traces 
d'éclat  fait  par  l'outil  du  lapidaire.  [Syn.  glaceux.) 
"GIVRURE  [ji-vrùr]  s.  f. 


GLABRE 


1169 


GLACIS 


[ÉTYM.  Dérivé  de  givre  1,  §  111.  ||  Néolof/.] 

Ij  (Technol.)TacIie  mate  produite  sur  un  diamant  par  un 
éclat  (}u'a  fait  l'outil  du  mineur,  du  lapidaire.  {Cf.  étonnure.  i 

GLABRE  Iglàhr']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glaber,  m.  s.  ||  1545.  Tige  glabre, 
li.  GUÉKouLT,  dans  delh.  liée.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (T.  didact.jEn  parlant  de  ce  qui  est  pubescent  à  l'état 
normal,  dépourvu  de  poils,  de  duvet.  Un  menton  — .  One 
pleinte  à  feuilles  glabres. 

GLAÇANT,  ANTE  [glà-san,  -sânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  glacer,  i^  47.  Fréquent  en  anc. 
franc,  au  sens  de  «  glissant  ».  ||  (Au  sens  actuel.)  Admis 
ACAD.  1798.] 

Il  Qui  glace.  {Cf.  glacial.) 

GLACE  [gliis"]  s.  /: 

[ÉTYM.  Uu  lat.  pop.  'glacia  (class.  glaciem),  m.  s.  §§  378 
et  291.  (Cf.  verglas.)  ||  xii''  s.  Car  plus  blanche  est  que  neis 
ne  glace,  Ènéas,  3994.] 

I.  Il  1°  Eau  congelée  par  le  froid.  L'été  n'a  point  de  feux, 
l'hiver  n'a  point  de  — ,  boil.  Lutr.  2.  Va  temps  froid  comme 
— ,  LA  F.  Contes,  Courtisane  amoun-use.  La  —  commence 
à  fondre.  Mettre  de  la  —  sur  la  tète  d'un  malade.  Rafraîchir 
l'eau  avec-  de  la  — .  Par  le  chaud  qu'U  faisait,  nous  n'avions  point 
de  — ,  HoiL.  Sat.  3.  Casser,  rompre  la  — .  Ferrer  un  cheval  à 
— ,  et,  /i;/.  famil.  Être  ferré  à  —  sur  une  question,  ne  pas 
avoir  à  craindre  de  perdre  son  aplomb,  la  connaître  par- 
faitement. Rompre  la  — ,  faire  cesser  la  froideur,  la  con- 
trainte. P.  ('j:t.  On  médecin  d'Angleterre  auquel  il  faut  donner 
la  louange  d'avoir  rompu  la  —  sur  cet  endroit  (circulation  du 
sang),  DEsC.  Méth.  5.  liare  uu  pluriel.  Le  duc  du  Maine  se 
chargeait  de  rompre  utilement  toutes  les  glaces,  .st-sim.  xi,  9. 
Il  Morceau  de  glace.  Les  glaces  du  pôle.  ||  1'.  exl.  Degré  de 
la  température,  marqué  sur  le  thermomètre,  auquel  l'eau 
se  congèle,  n  y  a  dix  degrés  au-dessous  de  — .  Le  thermomètre 
esta  — .  P.  anal.  Boire  à  la  — ,  à  la  température  de  la  glace. 
\\Elli]tt.  One  —.crème,  sirop  congelé  dans  la  glace.  Prendre 
une  — . 

Il  2"  Fiij.  I  1.  Froideur  extrême.  L'homme  est  de  —  aux 
vérités,  Il  est  de  feu  pour  les  mensonges,  la  k.  Fafj.  ix,  6. 
Cette  indiscrète  ardeur  tourne  bientôt  en  — ,  corn.  Poly.  m, 
3.  Specialt.  En  parlant  de  l'amour.  Quand  je  suis  tout  de 
feu,  d'où  vous  vient  cette  — ?  rac.  Phèd.  v,  i.  |  2.  Engour- 
dissement de  la  vieillesse.  Il  ne  sent  plus  le  poids  ni  les 
glaces  de  l'âge,  bOiL.  Lutr.  5.  D'un  corps  tout  de  —  inutile  or- 
nement, coiiN.  Cid,  I,  4.  I  3.  Contrainte  dans  l'abord.  Es- 
sayer de  fondre  la  — ,  de  rendre  l'abord  plus  engageant. 
Quel  accueil!  quelle  — !  KAG.  Brit.  ii,  6. 

II.  Ce  qui  rappelle  la  glace,  par  le  poli,  la  transpa- 
rence de  sa  surface. 

Il  ±0  Plaque  de  verre  d'une  grande  épaisseur  destinée 
à  réiléchir  la  lumière,  à  servir  de  miroir,  de  vitrage,  etc. 
Une  manufacture  de  glaces.  Couler  une  — .  Étamer  une  — .  Un 
Scdon  qui  a  des  portes,  des  painneaux  de  — .  ||  P.  ext.  \  1.  Pan- 
neau, miroir  de  glace.  Mettre  des  glaces  dans  un  salon.  Un 
appartement  orné  de  glaces.  Se  coiffer  devant  la  — .  Les  en- 
trées passaient  dans  les  cabinets,  psir  la  porte  de  — ,  st-6IM. 
x[,  438.  I  2.  Châssis  vitré  d'une  voiture.  Lever,  baisser  les 
glaces.  ||  P.  exl.  —  blanche,  sorte  de  tache  mate  dans  un 
diamant.  {Syn.  givrure.) 

Il  2°  (Cuisine.)  |  1.  Couche  de  blanc  d'œuf  et  de  sucre 
dont  on  recouvre  certaines  pâtisseries.  |  2.  Ct)uche  de  ge- 
lée faite  de  jus  de  viande  réduit.  Un  filet  de  bœuf  dans  sa  — . 

GLACÉE  [glà-sé]  s.  f. 

[ÉTYM.  iSubst.  particip.  de  glacer,  §  45.  ||  Admis  acau. 
ITG:.'.! 

Il  (liotan.)  Il  1»  Plante  (icoïde,  dite  aussi  glaciale.  {V.ce 
mot.) 

Il  2'^  Variété  de  pomme,  dite  aussi  pomme  de  glace. 

GLACER  [glk-sé]  V.  Ir.  et  inlr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  glaciare,  m.  s.  devenu  glacier,  ïi§  398, 
297  et  2'.>1,  glacer,  g  634.  Signifie  souvent  glisser  en  anc. 
franc.  Uo  là  le  sens  I  de  glacis.] 

Il  l»  Refroidir  (un  liquide)  de  manière  à  le  convertir 
en  glace.  On  pourra  voir  la  Seine  à  la  Saint-Jean  glacée,  non.. 
Sm<.  l.  Il  /'.  ext.  Rendre  très  froid.  Boire  de  l'eau  glacée. 
Avoir  les  mains  glacées.  ||  P.  anal .  Frapper  du  fruid  de  la 
mort,  tlu  frisson  de  la  crainte.  Entre  les  mains  de  la  mort, 
glacés  sous  ses  froides  mains,  boss.  Conde.  Je  sentis  dans 
mon  corps  tout  mon  sang  se  — ,  hac.  Iph.  i,  1. 

Il  2'^  /•'/;/.  I  1.  Paralyser  par  la  crainte,  l'émotion,  etc. 

DICT.    FR.\NC. 


La  peur  a  glacé  mes  indignes  soldats,  RAC.  Atk.  v,  5.  Al-je 
par  un  écrit  Pétrifié  sa  veine  et  glacé  son  esprit?  BOIL.  Sal. 
9.  Sa  langue  en  sa  bouche  à  l'instant  s'est  glacée,  rac.  Ath. 
II,  2.  Spéeialt.  Rendre  sans  ardeur,  sans  passion.  Ses 
froids  embrassements  ont  glacé  ma  tendresse,  W..KC.  Phid.  IV, 
1.  Trouverai-je  l'amant  glacé  comme  le  père?  II).  Ipli.  il,  3. 
1  2.  Engourdir  par  la  vieillesse.  Un  cœur  déjà  glacé  par  le 
froid  des  années,  rac.  Mithr.  iv,  5.  |  3.  Rendre  d'un  abord 
frcjid.  Quel  est  ce  sombre  accueil  et  ce  discours  glacé?  RAC. 
Paj.  m.  6.  Fïiites-lui  un  accueil  glacé,  li:s.  Turcar.  i,  1. 

Il  3"  P.  anal.  Revêtir  d'un  vernis  p(jli,  transparent,  qui 
a  l'apparence  de  la  glace.  Des  gants  glacés,  du  papier  glacé. 
Du  taffetas  glacé,  et,  suhstanlivt,  Le  glacé  des  gants,  du  pa- 
pier, le  vernis  qui  lui  donne  celte  apparence.  —  des  po- 
teries, les  revêtir  d'un  enduit  destiné  à  se  vitrifier  au  feu. 
[V.  glaçure.)  ||  —  une  galantine,  en  la  recouvrant  d'une 
couche  de  gelée  faite  avec  du  jus  de  viande  réduit.  —  un 
gâteau,  avec  une  couche  de  blanc  d'œuf,  de  sucre,  etc.  || 
—  une  peinture,  appliquer  sur  une  partie  déjà  peinte  une 
teinte  légère,  transparente,  pour  en  modilier  le  ton.  (K. 
glacis.)  ||  P.  ext.  —  une  doublure,  l'unir,  l'empêcher  de 
plisser. 

GLACEUX,  EUSE  [glà-seu,  -seuz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glace,  §  116.  ||  1400.  Un  balay...  glaceux 
en  bende,  dans  douet  u'arcq.  Pièces  relat.  à  Ch.  VI,  ii, 
358.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1°  Anciennt.  Qui  atteint  la  température  où  l'eau  se 
convertit  en  glace.  Nuit  très  obscure  et  fort  glaceuse,  u'aub. 
Hisl.  unie,  v,  p.  12,  de  Ruble. 

Il  2°  (Technol.)  Qui  présente  une  tache  mate,  dite 
glace  blanche.  Diamant  — .  {Syn.  givreux.) 

GLACIAIRE  [glà-syèr  ;  en  vers,  -si-er]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  glacies,  glace,  §  238.  {Cf.  glacier, 
glacière.)  ||  Néolog.  Admis  .\cad.  1878.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  appartient  aux  glaciers.  La  période  —, 
dans  laquelle  se  sont  formés  les  glaciers. 

GLACIAL,  ALE  [glà-syàl  ;  en  vers,  -si-àl]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glacialis,  ?n.  s.  \\  xiv^  s.  Humeur 
cristalline  ou  glacial,  EVR.\RT  DE  CONTY,  Probl.  d'Arislote, 
dans  GûDEK.] 

Il  1»  Qui  a  la  température  de  la  glace.  Zone  glaciale.  Les 
mers  glaciales.  Un  froid,  un  vent  — .  ||  P.  ext.  (Botan.j  Ané- 
mone glaciale,  qui  croit  dans  la  région  des  glaciers.  || 
Suljsluntivt.  La  glaciale,  plante  ficoïde  dont  les  feuilles 
sont  semées  de  vésicules  transparentes  comme  la  glace. 

Il  2°  Fig.  I  1.  Qui  est  sans  ardeur,  sans  passion.  Orateur, 
écrivain,  style  — .  |  2.  Qui  est  d'un  accueil  sec,  contraint. 
Un  homme  — .  P.  ext.  Faire  à  qqn  une  réception  glaciale. 

1.  GLACIER  [glà-syé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glace,  §  115  :  le  mot  paraît  emprunté 
des  dialectes  de  la  bavoie,  §  11.  ||  1757.  encycl.  Admis 
acad.  1762.] 

Il  Amas  de  glace  permanent,  qui  se  forme  dans  les 
hautes  vallées  de  certaines  montagnes.  Les  glaciers  du 
mont  Blanc. 

2.  GLACIER  [glà-syé]  s.  in. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glace,  §  115.  ||  (.\u  sens  II.)  1784.  en- 
cycl. MÉTii.  .\dmis  acau.  1835. J 

I.  Celui  qui  fait,  qui  vend  des  glaces  (crèmes,  sirops 
glacés). 

II.  Celui  qui  fabrique,  qui  vend  des  glaces  (de  verre). 
GLACIÈRE  [glà-syèr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glace,  g  115.  ||  1642.  oud.] 

Il  ±0  Cavité  souterraine  où  l'on  conserve,  où  l'on  pro- 
duit de  la  glace  à  rafraîchir.  Fig.  Lieu  très  froid.  Cet  ap- 
partement est  une  — . 

Il  2"  Vieilli.  Amas  de  glace.  {V.  glacier  1.) 

GLACIS  [glà-si]  .S".  7«. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glacer,  §  82.  ]|  1512.  Les  haults  rochers 
et  glacis  inaccessible,  J.  le  maire,  dans  DELb.  Hec] 

I.  il  1"  Terrain  en  pente  unie.  Spéeialt.  Pente  douce 
qui,  dans  une  fortilication,  descend  du  haut  du  chemin 
couvert  jusqu'à  la  campagne. 

Il  2"  Pente  sur  la  cimaise  d'une  corniche,  dite  —  de 
corniche,  et  servant  à  l'écoulement  des  eaux  pluviales. 

Il  3"  Évasement  ajouté  à  la  partie  supérieure  d'une 
chaudière  pour  en  augmenter  la  capacité. 

Il  4o  Tour  de  la  sole  d'un  sabot  de  cheval. 

Il  5"  Plan  de  maçonnerie  sur  lequel  les  raffineurs  ex- 
posent les  pains  de  sucre  pour  les  faire  sécher  au  soleil. 


GLAÇON 


1170  — 


GLANDE 


II.  Il  1°  Teinte  légère,  transparente,  qu'on  applique 
avec  un  pinceau  délié  sur  une  partie  déjà  peinte,  pour 
en  modifier  le  ton. 

Il  2°  Enduit  de  plâtre  dont  on  recouvre  les  lattes  voli- 
ges  d'un  faîte  ou  les  lattes  jointives  d'une  cloison,  la 
tête  d'un  mur  de  clôture,  etc. 

Il  3"  P.  ext.  Rang  de  points  qui  fixe  sur  une  étoffe  la 
doublure,  pour  qu'elle  soit  unie  et  ne  se  plisse  pas. 

GLAÇON  [glà-son]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glace,  §  104.  ||  xu"  s.  Dune  vint  l'iver 
od  ses  glaçons,  beneeit.  Ducs  de  Nortn.  ii,  1728.] 

Il  Morceau  de  glace  d'une  certaine  dimension.  La  Seine 
charrie  des  glaçons.  ||  Fig.  \  1.  Froideur,  défaut  d'ardeur. 
Dissipe  mes  glaçons,  corn.  Imit.  iv,  16.  ]  2.  Personne 
froide,  sans  artleur.  C'est  un  — . 

•GLAÇURE  [glà-sùr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glace,  §  111,  sous  l'influence  de  l'allem. 
glasur,  m.  s.  §  7.  ||  1771.  Vernis  dont  on  couvre  la  porcelaine, 
en  allemand  «  glasur  »  et  que  l'on  nomme  en  français  converti 
«  glaçure  »,  comte  de  milly,  Poi'celaine,  p.  4.] 

Il  (Technol.)  Enduit  dont  on  revêt  les  poteries,  et  qui 
est  destiné  à  se  vitrifier  au  feu. 

GLADIATEUR  [glà-dyà-teur  ;   e?i  vers,  -di-à-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gladiator,  m.  s.  de  gladius, 
glaive.  Il  xiu'^  s.  Gladiators  très  cruelx,  dans  godef.  CompL] 

Il  1»  (Anliq.  rom.)  Homme  qu'on  faisait  combattre  dans 
le  cirque,  contre  d'autres  hommes  ou  contre  des  bêtes 
féroces,  pour  l'amusement  du  peuple.  Les  sanglants  spec- 
tacles des  gladiateurs,  noss.  Ilist.  univ.  Ii,  10.  Spartacus, 
un  esclave,  un  vil  — ,  RAC.  Mithi\  m,  1. 

Il  2"  P.  ext.  Vieilli.  Duelliste.  N'ont-ils  pas  flatté  la  pas- 
sion de  ces  malheureux  gladiateurs,  en  enseignant  qu'un  homme 
qui  est  injustement  attaqué  peut  tuer  son  ennemi  en  duel? 
PASC.  Fact.  Curés  d'Amiens.  \\  Fig.  Voilà  une  belle  matière 
qui  se  présente  aux  gladiateurs  de  plume,  maucroix,  dans 
RICHEL.  Die  t. 

*GLAI  [glèj  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gladium,  glaive,  qui  a  été  employé  en  lat. 
pop.  au  même  sens  que  gladiolus  (  V.  glaïeul),  §§  294,  415 
et  291.] 

Il  Vieilli.  Glaïeul.  Les  nymphes...  S'y  viennent  fournir...  De 
pipeaux,  de  joncs  et  de  glais,  ST-amant,  i,  p.  22,  Livct. 

GLAÏEUL  [glà-yéul]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gladïolum,  m.  s.  proprt,  «  petit  glaive  », 
devenu  en  lat.  pop.  'gladyplum,  §  356,  d'où  glaiuel,  glaïeul, 
§§  415,  320  et  291.] 

Il  (Botan.)  Plante  voisine  de  l'iris.  {Syn.  glai.) 

'GLAIRAGE  [glè-ràj']  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glairer,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Action  de  glairer. 

GLAIRE  [glèr]  5.  /'. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  'claria,  ?7i.  s.  (tiré  de  clarus,  clair, 
§  67),  devenu  de  bonne  heure  *glaria  (par  confusion  avec 
le  lat.  class.  glaria  ou  glarea,  gravier,  §§  377  et  509),  §§294, 
356  et  291.  ||  xii^  s.  La  glaire  d'où,  Lapid.  de  Marbode,  652, 
Pannier.] 

Il  1»  Le  blanc  de  l'œuf  lorsqu'il  n'est  pas  cuit.  {Syn. 
aubin.) 

Il  2°  P.  anal.  \  1.  Toute  humeur  visqueuse  du  corps. 
Cracher  des  glaires.  On  trouve  des  gl^lires  dans  les  excréments. 
Trois  sortes  de  glaires  ou  humeurs  extrêmement  claires,  desc. 
l'Homme.  \  2.  Eau  qui  se  trouve  dans  les  diamants  impar- 
faits. 

GLAIRER  [glè-ré]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glaire,  §  154.  ||  1680.  richel.  Admis 
AGAD.  1798.] 

Il  (Technol.)  Frotter  deglairure. 

GLAIREUX,  EUSE  [glè-reu,  -reuz'j  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glaire,  §  116.  ||  xuio  s.  Les  sansues  qui... 
sont  glaireuses,  alebrant  de  sienne,  dans  littré.] 

Il  Qui  est  de  la  nature  de  la  glaire.  Matières  glaireuses. 

•GLAIRURE  [glè-rùr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glairer,  §  111.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Technol.)  Blanc  d'œuf  battu  avec  un  peu  d'alcool, 
dont  on  frotte  la  reliure  d'un  livre  pour  la  préparer  à  re- 
cevoir la  dorure. 

GLAISE  [gléz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Ane.  franc,  gleise,  gloise,  du  lat.  pop.  "glltia  (tiré 
de  gUs,  glitis,  «  terre  tenace  »  dans  les  gloses  d'isiooRE  de 
sÉviLLE,  §  67),  §§  309,  406  et  291.  (C/l  glette.)  On  trouve 


aussi  en  anc.  franc,  giise,  qui  paraît  indiquer  une  forme 
secondaire  glltea.  Le  mot  est  peut-être  d'origine  celtique, 
§  3  :  cf.  glissomarga,  sorte  de  craie  ou  de  marne,  dans 
PUNE.  Il  xii^  s.  Mes  li  mur  ne  sont  pas  de  glise.  ben.  de  ste- 
MORE,  Troie,  23022.  Un  paies  covert  de  gloise,  chrétien  de 
troyes,  Perceval,  dans  gouef.  CompL] 

Il  Argile  grasse  qu'on  emploie  pour  fabriquer  des  po- 
teries communes.  Toutes  les  glaises  se  durcissent  au  feu, 
BUFF.  Minéraux.  Argiles  et  glaises.  P.  appos.  De  la  terre  — . 

GLAISER  [glè-zé]   v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glaise,  §  154.  ||  1690.  furet.] 

Il  (Technol.)  ||  1°  Enduire,  corroyer  avec  de  k  glaise. 

Il  2°  Amender,  fumer  avec  de  la  glaise. 

GLAISEUX,  EUSE  [glè-zeîi,  -zeuz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glaise,  §  116.  ||  xm*^  s.  Terre  gloiseuse, 
dans  godef.  Compl.  Admis  agad.  1798.] 

Il  (Technol.)  Qui  est  de  la  nature  de  la  glaise.  Un  terrain  — . 

GLAISIÈRE  [glc-zyér]  s.  /. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glaise,  §  115.  ||  Admis  acad.  1702.] 

Il  (Teclinol.)  Terrain  qui  fournit  de  la  glaise. 

GLAIVE  [glèv']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gladius,  m.  s.  devenu  gladie, 
glaie,  glavie,  glaive,  §§  360  et  415.  [Cf.  le  doublet  glai,  de 
formation  pop.)  ||  x*^  s.  Et  a  gladies  percutan,  5i  Léger,  134. 

I  xii*^  s.  Muèrent  a  glaive  et  a  martire,  Enéas,  3719.] 

Il  Poét.  Lpée.  Tirer  le  — .  J'ignore  si  de  Dieu  l'ange  se  dé- 
voilant Est  venu  lui  montrer  un  —  étincelemt,  r.\c.  Alh.  ii,  2. 

II  Spéciait.  Le  —  du  bourreau,  et,  p.  ext.  fig.  Le  —  de  la 
justice.  Ellipt.  Qu'à  la  fureur  du  —  on  le  livre  avec  elle,  rag. 
Atli.  V,  6.  Le  —  de  la  justice  divine,  le  châtiment  divin.  Be- 
doutable  est  le  —  que  Dieu  lui  a  mis  dans  la  main,  mais  c'est  un 
—  spirituel,  bu.ss.  Le  Tellier.  \\  Fig.  Le  —  de  douleur  dont 
Siméon  lui  prédit  que  son  âme  sera  percée,  bouuu.  /"'  Pu- 
rifie, de  la  Vierge,  2. 

GLAMA.   V.  lama. 

GLANAGE  [glà-nàj']  5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glaner,  §  78.  ||  1606.  nigot.  Admis  acad. 
1740.] 

Il  Action  de  glaner. 

1.  GLAND  [glan]  0)\  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  glandem,  in.  s.  §  291.  Pour  le  change- 
ment de  genre,  le  mot  lat.  étant  fém.  V.  §  551.] 

1.  Fruit  du  chêne,  dont  le  péricarpe  uni  à  la  graine  est 
recouvert  en  partie  d'un  involucre  écailleux.  Manger  des 
deux  côtés  à  la  fois,  comme  les  cochons  mangent  les  glands, 
LES.  Guzm.  d'Alfar.  i,  5.  ||  —  doux,  fruit  comestible  de 
certaines  espèces  de  chênes.  Du  café  de  glands  doux,  fait 
avec  des  glands  doux  torréfiés.  ||  On  dit  que  les  premiers 
hommes  se  nourrissaient  de  glands.  Retourne  au  —  des  bois 
pour  assouvir  ta  faim,  delille,  Géorg.  1. 

II.  P.  anal.  Ce  qui  rappelle  la  forme  du  gland. 

Il  1°  (Ilist.  nat.)  —  de  terre,  gesse  tubéreuse,  terre-noix. 
Il  —  de  mer,  balane,  sorte  de  crustacé. 

Il  2»  (Anat.)  Extrémité  de  la  verge,  du  clitoris. 

il  3»  (Technol.)  Houppe  de  soie,  de  laine,  etc.,  qui  sert 
d'ornement  dans  les  ouvrages  de  passementerie.  ||  Mor- 
ceau de  bois,  de  métal,  de  forme  analogue.  Des  glands  de 
rideau. 

2.  *GLAND  [glan]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine.  Peut-être  emprunté  (et 
altéré  par  étymologiepop.  §509)  de  l'allem.  klemme,  étau, 
§  7.  Il  1752.  TRÉv.] 

Il  (Technol.)  Sorte  de  tenailles,  de  mâchoires  de  bois, 
à  l'usage  des  parcheminiers  et  des  fabricants  de  peignes. 

GLANDE  [gland']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  dulat.  glandula, /».s.  devenu  *glandle, 
glandre,  glande,  §  503.  [Cf.  glandule.)  ||  xiii«  s.  En  col  nuées 
glandres  out,  Vie  d'Edouard  le  Conf.  26i2.] 

Il  1"  Organe  formé  de  petits  utricules,  qui  effectue  dans 
l'économie  animale  la  sécrétion  de  certains  liquides. 
Glandes  lacrymales,  salivaires,  rénales,  mammaires.  La  —  pan- 
créas. Il  P.  ext.  La  —  thyroïde,  corps  qui  couvre  en  avant 
la  partie  inférieure  du  larynx.  La  —  pinéale,  corps  situé 
dans  le  cerveau.  Les  glandes  lymphatiques,  ganglions  qui 
sont  sur  le  trajet  des  vaisseaux  lymphatiques.  ||  P.  anal. 
(Botan.)  Cellule  des  végétaux  qui  se  remplit  d'un  liquide 
résineux,  etc. 

Il  2°  P.  ext.  Tumeur  formée  dans  une  glande,  ou  dans 
un  ganglion  lymphatique.  Il  lui  est  survenu  une  —  au  sein. 

1.  GLANDÉ,  ÉE  [glan-dé]  adj. 


GLANDE 


1171 


[ÉTYM.  Dérivé  de  gland,  §  118.  ||  xv!"  s.  Sous  un  chesne 
glandé,  a.  jamyn,  Iliade,  18.  Admis  acau.  1702.) 

Il  (Hliison.)  Qui  porte  dos  glands.  Chêne  — ,  li{^uré  sur 
l'écu  avec  des  glands  (d'émail  di(îérenl). 

2.  GLANDÉ,  ÉE  [glan-dé]  adj. 

[kty.m.  DcM'ivé  du  glande,  §  118.  ||  IGUU.  kukkt.  Admis 

.vcAD.  leyi.] 

Il  (Art  vétérin.)  Qui  a  des  tumeurs  glanduleuses.  Cheval 
— ,  qui  a  un  gonflement  des  glandes  de  la  ganache. 

GLANDÉE  ,glan-dé]  s.  /'. 

[ÉTY.M.  Uériyé  de  gland,  S  119.  ||  xv^-xvi"-'  s.  Coul.  d'An- 
jou, dans  GOUKi-'.  CotnpL.] 

Il  Récolte  de  glands.  Envoyer  les  porcs  à  la  — ,  k^s  mettre 
dans  les  bois  de  chênes  pour  manger  les  glands, 

GLANDULAIRE  [glan-du-lèr]  udj . 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glandule,  §  'Z'i'6.  \\  1611.  cotgr.  Admis 
ACAD.  1835.] 

Il  (Anat.)  Qui  a  la  nature  d'une  glande.  Organe  — . 

GLANDULE  [glan-dtil]  .v.  /'. 

[kty.m.  Emprunté  du  lat.  glandula,  m.  s.  (C'/'.  glande.)  || 
XV1«  s.  PARÉ,  I,  17.] 

Il  (Anat.)  Petite  glande.  Les  glandes  salivaires  forment 
une  grappe  composée  de  glandules. 

GLANDULEUX,  EUSE  [glan-du-leu,  -le'uz']  fit/,/. 

fiCTYM.  Dérivé  de  glandule,  à  l'imilalion  du  lat.  glandu- 
losus,  §  2.")!.  Il  1372.  Chair  glanduleuse,  J.  connicHON,  dans 
JJKLB.  liée.  Admis  acau.  1718. j 

Il  (Anal.)  Qui  est  de  la  nature  des  glandes.  Tissu  — .  Or- 
gane — . 

GLANE  [glàn']  s.  f. 

[ÉTYM.  Suhst.  verbal  de  glaner,  §  52.  [Cf.  gléne  2.)  || 
xiii<!  s.  Ces  avons  nous  en  nostre  glane,  lienarl,  i;i3i;4,  Méon.] 

Il  Poignée  d'épis  ramassés  dans  les  champs  après  la 
moisson.  Accorder  le  droit  de  — ,  et,  eU.ijit,  la  — .  ||  P.  ext. 
Une  —  de  poires,  de  groseilles,  bouquet  de  poires,  de  grap- 
pes de  groseilles.  ||  One  —  d'oignons,  poignée  d'oignons 
attachés  à  des  brins  de  paille. 

GLANER  [glà-né]  v.  Ir. 

[ÉTYM.  Pour  glener,  §  342,  du  lat.  glenare,  m.  .i.  mot  qui 
se  trouve  dès  le  vi^  s.  et  dont  l'origine  est  incertaine, 
^§  295  et  291.] 

Il  Recueillir  dans  un  champ  (les  épis  qui  restent  après  la 
moisson).  — quelques  épis.  ||  Absolt.  Fig.  Recueillir  ce  qui 
x\  été  laissé  par  d'autres.  L'on  ne  fait  plus  que  —  après  les  an- 
ciens, LABK.  1.  Ce  champ;  la  fable)  ne  se  peut  tellement  moisson- 
ner Que  les  derniers  venus  n'y  trouvent  à  — ,  i,a  i".  Fab.  m,  1. 

GLANEUR,  EUSE  [glà-ne'ur,  -neuz'J  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glaner,  §112.  ||xiii«  s.  A  moissonneor  ne 
iglaneor,  Psaut.  dans  GOUEe.  Conipl .] 

Il  Celui,  celle  qui  glane.  ||  fV//.  Des  glaneurs  du  Parnasse 
qui  font  des  recueils  de  pièces,  kuret.  Rum.  buur(j.  zi,  1U8. 

GLANURE  [glà-nur]  ,v.  /'. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  glaner,  §  111.  ||  xvi«  s.  La  glanure  elles 
autres  choses  dont  les  pauvres  puissent  grapper,  calv.  dans 
ooUEE.  Compl.  Admis  .'vcau.  1762. j 

Il  Ce  qu'on  glane.  F'uj.  C'est  la  moisson  du  savant  M.  Mé- 
jiage;  voyons  si  l'on  pourra  trouver  des  glanures  après  lui, 
UAYLE,  Wicl.  crit.  Bardai. 

GLAPLR  [glii-pir]  v.  iiitr. 

[ÉTYM.  Altération  de  glatir  (F.  ce  mot),  peut-être  sous 
Tintluence  de  japper,  §  5U9.  D'autre  pari,  glapir  est  devenu 
xlapir  [V.  clapir  1)  en  tant  qu'il  s'applique  au  lapin;  mais 
même  dans  ce  sens  on  peut  employer  glapir.  ;  V.  à  l'arti- 
cle.) Il  xu"^-xiii'=  s.  Il  ot  un  brachet  glapir,  Ferceval,  dans 
GODEb'.  Coinpl.] 

Il  En  parlant  de  certains  animaux,  faire  entendre  un 
cri  aigu  et  précipité.  Le  renard  glapit,  uukf.  Renard.  L'é- 
pervler  glapit  comme  le  lapin,  cuatical'rr.  ilcnif,  I,  v,  5.  || 
I'.  e.rt.  En  parlant  de  l'honimt!.  Il  n'est  pas,  que  je  crois. 
Plus  haut  que  sa  seringue,  et  glapit  comme  trois,  regnaiiu, 
Li'i/iil.  iinif.  Il,  11.  Il  Fi(/.  Statue  Contre  laquelle  a  tant  glapi 
Des  méchants  l'énorme  cohue,  voi-T.  F/iil.  llU.  i|  Trunaitict. 
Pour  avoir  glapi  parfois  Quelque  épithalame  à  la  glace,  gres- 
!<ET,  Épil.  1. 

GLAPISSANT,  ANTE  [glà-pi-san,  -sànt']  adj. 

[ÉTY.M.  Adj.  particip.  de  glapir,  §  47.  ||  xvii<=  s.  V.  l'ar- 
ticle. .\dmis  ACAU.  1718.] 

Il  Qui  glapit.  Il  Fie/.  L'un  traîne  en  longs  fredons  une  voix 
glapissante,  boil.  Sut.  3.  Vingt  échos  des  plus  glapissants, 
■GHERAUui,  Th.  ital.  II,  27. 


GLENOiDAL 

pi-se-...] 
1539.  Glappissement, 


GLAPISSEMENT    [glk-pis'-man  ;   en  vers, 
m. 
[ÉTYM.  Dériv 


de  glapir,  S;  145. 


ji  Cri  de  l'animal  {\\\\  gla[)il.  Son  —  (du  renard  est  une 
espèce  d'aboiement  qui  se  fait  par  des  sons  semblables  et  très 
précipités,  mji'F.  Renard.  \\  Fii/.  Les  glapissements  de  l'envie. 

•GLARÉOLE  [glk-ré-ùl]  s',  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  glareola  hris- 
son),  qui  parait  tiré  du  lat.  glarea,  gravier.  ||  1811.  mo- 
zi.N,  bict.  j'ranç.-alLetn.] 

Il  (llist.  nat.j  Oiseau  de  l'ordre  des  Echassiers,  qui  vit 
au  bord  de  la  mer,  dans  les  marais.  —  à  collier,  la  per- 
drix de  mer. 

GLAS  [glâ]  et,  vieilli.  *GLAIS  [glèj  .t.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  classicum,  sonnerie  de  trompette,  devenu 
*classium.  S  381,  d'où  *clais,  glais,S§  377  et  3.")6.  forme  plus 
usit('e  à  Paris  au  xvii'^  s.  que  glas,  qui  parait  refait  sur 
le  type  latin,  g  502.  jj  xi>^  s.  Tost  fait  le  glas  soner,  Voy.  de 
Charl.  à  .Jerus.  197.  |  xii<=  s.  Sonent  li  saint  trestuit  a  glais, 
chrétie.n  de  troyes,  Erec  et  Enide,  •ZMii.'. 

Il  1»  Anciennt.  Sonnerie  de  toutes  les  cloches  d'une 
église. 

li  2"  Tintement  lent  de  la  cloche  d'une  église,  pour 
annoncer  l'agonie  ou  la  mort  de  qqn.  Le  —  funèbre.  ||  f . 
anal.  Coups  de  canon  tirés  à  intervalle  aux  funérailles 
militaires. 

'GLATIR  [glk-tir]  V.  inlr. 

[i.TVM.  Du  lat.  glattlre,  m.  s.  §§  366  et  291.  .\  été  rem- 
placé par  glapir,  au  sens  général,  ou  altéré  en  clatir  i  T. 
ces  mots),  §  5(J9.  jj  s.i'^  s.  Cume  chien  i  glatissent,  Roland. 
3527.] 

Il  Anciennt.  Glapir. 

•GLAUCIER  [glo-syé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  glaucium,  grec  -'ÀaJxiov,  m.  x. 
§  115.  Il  Xéolofj.] 

Il  (Botan.)  Plante  analogue  au  pavot,  <jui  croit  dans  le 
sable  au  bord  des  rivières,  de  la  mer.  —  jaune,  pavot  cornu. 

GLAUCOME  [glô-kôm'j  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glaucoma,  grec  YAa'Jxojaa, 
m.  s.  Un  s'est  servi  longtemps  de  la  forme  lat.  glaucoma 
(th.  corn.).  Il  1732.  TRÉv.  Admis  acad.  1762.' 

Il  (Médec.)  Maladie  de  l'œil  où  l'humeur  vitrée  devient 
opaque  et  où  le  fond  de  l'œil  prend  une  teinte  verdâtre. 

'GLAUCONIE  [gl6-kù-nij  ,v.  /'. 

[ÉTY.M.  Dérivé  du  grec  yAauxo;  ou  du  lat.  glaucus,  glau- 
que, avec  intercalalion  arbitraire  du  suflixe  on,  j;  224.  [| 
Néoloy.\ 

Il  (Minéral.)  Silicate  hydraté  de  fer,  d'alumine  et  de 
potasse,  sorte  de  craie  verdâtre. 

GLAUaUE  [glôk']  adj. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  glaucus,  grec  yAjuxô;.  m.  s. 
Il  16U3.  Neptune...  Glauque  amy  des  navondes,  cn.\MPREPL"S, 
Poésies,  dans  delb.  Rec.  .\dmis  acau.  1835.] 

Il  Qui  est  de  couleur  vert  de  mer.  Des  yeux  glauques. 

GLÈBE  [glèb']  ,s'.  f. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lai.  gleba,  ni.  s.  jj  xv  s.  Glèbes  ou 
globons  qui  sont  proprement  lopins  ou  monceaux  de  terre , 
Hist.  sainte  et  prof,  dans  gouee.  globon.] 

Il  Motte  de  terre.  Écraser  les  glèbes.  |{  /'.  e.rt.  Poel. 
Champ,  terre.  Combien...  sont  amoureux  de  la  —  qu'ils  ont 
remuée!  nuiE.  Disc,  anini.  ||  Sprciall.  ^Féodal.-  Serf  atta- 
ché à  la  — ,  ne  pouvant  quitter  la  terre  et  changeant  de 
maître  quand  elle  changeait  de  propriétaire.  L'esclavage 
de  la  —  s'établit  quelquefois  après  une  conquête,  MoNTEsg. 
Espr.  des  lois,  xiu,  3.  Fig.  La  Nature...  Aura-t-elle  à  la  — 
attaché  les  humains?  volt.  Scythes,  iv,  2. 

1.  GLÈNE  iglèn']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yXt.vt,,  cavité.  ||  xvi''  s.  La 
dite  boette  de  l'omoplate  est  appelée  glene,  P.\HÉ,  IV,  19.  .\d- 
mis  acad.  1762. j 

jj  (.Vnat.)  Cavité  peu  profonde  d'un  os  dans  laquelle 
s'emboile  un  autre  os. 

2.  'GLÈNE  Iglèn']  .S-.  f. 

[ÉTY.M.  Empiunté  du  provenç.  glena,  m.  s.  mot  qui  cor- 
respond au  franc,  glane,  §  11.  jj  1786.  encycl.  méth.] 

Il  ^Marine.!  Rond  d'un  cordage  roulé  sur  lui-même. 

GLÉNOÏDAL,  ALE  [glé-nô-i-dàlj  et  GLÉNOIDE  [glé- 
nô-id']  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yXt.vt,,  glène,  et  Eiooî, 


GLENOIDIEN  -  irrz  - 

forme,  §§  379  et  238.  ||  1754.  Bt:RTiN,  Ostéologie,  i,  105. 
Admis  ACAU.  1762.] 

Il  (Anat.l  Qui  présente  une  glène.  Cavité  glénoïdale  ou 
glénoîde  de  l'omoplate. 

'GLENOIDIEN,  ENNE  [glé-nù-i-dyin,  -dvcn;  en  ter  s, 
-di-...j  (u/j. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glénoîde,  §  244.  ||  1813.  encycl.  méth. 
Syst.  anat.] 

il  (Anat.)  Qui  appartient  à  une  glène.  Le  ligament  —  de 
l'omoplate,  qui  entoure  la  cavité  glénoîde  de  cet  os. 

GLETTE  [glef]  S.  f. 

[ÉTYM.  Le  sens  primitif  paraît  être  «  substance  vis- 
queuse »  ;  peut-être  même  radical  que  glaise.  L'allem. 
glaette,  litharge.  est  un  emprunt  fait  au  français,  qui  s'est 
confondu  avec  glaette,  dérivé  de  glatt,  uni,  poli.  ||  xii<=  s. 
La  lange  li  ad  délivrée  Et  la  glette  del  puer  jetée,  il.  de  RO- 
TELANDE,  Fiotesilaus ,  dans  godek.  glete.  .\dmis  ac.\d. 
1762.] 

Il  l»  A71C.  franc,  et  dialect.  Ecume,  bave. 

Il  2"  (Technol.  I  Litharge,  matière  impure  qui  coule 
de  la  coupelle  d'at'linage. 

*  GLETTERON  ^glèt'-ron  ;  en  ver?,  glè-te-...].  V.  gloute- 
ron  et  grateron. 

'GLEUCOMÈTRE  [gléu-kù-métr]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Composé  avec  le  grec  vasOxoî,  moût,  et  uLÉ-rpov, 
mesure,  §  279.  ||  1796.  encycl.  méth.  AfiricuU.] 

Il  Physique.)  Aréomètre  servant  à  déterminer  la  pe- 
santeur spécifique  des  moûts  et  la  quantité  de  sucre 
qu'ils  contiennent. 

'GLINE  [glin' I  .V.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1769.  dlhamel  du  monceau, 
Pèches,  I,  ni,  3.] 

Il  (Pèche.)  Panier  couvert  où  le  pécheur  met  le  pois- 
son qu'il  a  pris. 

GLISSADE  [gli-sàd'j  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  glisser,  §  120.  ||  156 i.  J.  tiiierry,  Dict. 
franc. -la  t.] 

Il  1»  .\ction  de  se  laisser  glisser.  Faire  une  — .  ||  Fiç/. 
Fainil.  .-Vclion  de  se  laisser  entraîner  insensiblement. 
Si  la  présence  de  son  amant  lui  fait  faire  quelques  faux  pas, 
c'est  une  —  dont  elle  se  relève,  corn.  Cid,  e.\am. 

Il  2"  Action  de  glisser,  de  se  lancer  sur  la  glace,  sur 
une  surlace  lisse.  ||  P.  anal.  JJanse.)  Pas  glissé  de  côté, 
il  droite  ou  à  gauche.  ||  P.  ext.  Surface  unie  où  l'on  glisse. 

GLISSANT,  ANTE  ;gli-san,  -sânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  glisser,  §  47.  ||  xv=-xvi«  s.  Rives 
pendentes  et  glissantes,  seyssel,  dans  delb.  Rt.^ 

jj  Qui  l'ait  glisser.  Un  terrain  — .  Le  verglas  a  rendu  la  route 
glissante.  ||  t'ig.  Défiez-vous  des  rois  ;  Leur  faveur  est  glis- 
sante, LA  F.  Fah.  X,  9.  La  finesse  est  l'occasion  prochetine  de 
la  fourberie;  de  l'une  à  l'autre  le  pas  est  — ,  la  br.  8. 

GLISSÉ    gli-sé]  s.  m.  V.  glisser. 

GLISSEMENT  [glis'-man  ;  en  vers,  gli-se-...;  s.  yn. 

[etv.m.  Dérivé  de  glisser,  §  145.  ||  1564.  j.  thierhy  .  Dict. 
franc. -lat.  .\dmis  acad.  1798.] 

li  Action  de  glisser.  Le  —  d'un  piston  dans  un  corps  de 
pompe.  Il  Mécau.  Frottement  de  —  ipar  opposilion  a  frot- 
tement de  roulement  .  ]j  i^Géologie.  —  d'une  couche  de  ter- 
rain, son  abaissement  là  où  une  faille  s'est  produite. 

GLISSER  [gli-séj  V.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  .\nc.  franc,  glier,  emprunté  de  l'anc.  hautallem. 
glltan  lallem.  moderne  gleiten  ,  vu  ,v.  devenu  régulière- 
ment gUder,  glier,  gg  6,  498  et  499.  La  substitution  de  gUs- 
ser  (plus  anciennement  glicier ,  à  glier  parait  due  k  l'in- 
fluence de  glacer  i^plus  anciennement  glacier),  §  509.  || 
xiuo  s.  Les  larmes  des  iex  gliier,  Mir.  de  St  Eloi,  p.  34. 
Les  yex  crues  en  parfond  gUciés,  j.  de  meung.  Rose,  10200.] 

1.  V.  intr.  !|  1»  Être  mû,  se  mouvoir  d'un  mouvement 
continu  sur  la  surface  d'un  corps  lisse,  par  une  impulsion 
une  fois  donnée.  Il  s'est  laissé  —  le  long  de  la  corde.  Le 
pied  lui  a  glissé.  Fifj.  Crois-tu  que,  toujours  ferme  au  bord 
d'un  précipice,  Elle  pourra  marcher  sans  que  le  pied  lui  glisse 
(sans  qu'elle  se  laisse  entraîner  k  qq  faute  ?  boil.  Sat. 
10.  Il  Spéciult.  Se  lancer  sur  la  glace,  sur  une  surface 
lisse,  en  se  tenant  en  équilibre.  Au  part,  passé  employé 
substantivt.  On  glissé,  un  pas  de  danse  fait  en  glissant.  j| 
Fig.  Passer  légèrement  sur  qqch.  Le  coup  glissa  et  n'en- 
fonça guère  avant,  eén.  Tél.  13.  ||  Fig.  |  1.  Ne  pas  faire  im- 
pression sur  qqn.  Les  reproches  glissent  sur  lui.  |  2.  Ne  pas 
s'appesantir  sur  qqch.  Il  faut  —  sur  tout  cela,  sÉv.  141. 


GLOBULE 


Il  2"  P.  ext.  En  parlant  d'un  corps  lisse,  échapper,  ne 
pas  cire  retenu,  jj  Fig.  Ce  Monsieur  de  Nevers,  si  extraor- 
dinaire, qui  glisse  des  mains  sur  qui  on  ne  peut  faire  fond?. 
^Év.  119.  Quelque  terme  où  nous  pensions  nous  attacher...  il 
échappe  à  nos  prises,  nous  glisse,  p.asc.  Pens.  i,  1. 

II.  V.  tr.  Faire  entrer,  sortir,  insensiblement.  —  une 
lettre  dans  la  main  de  qqn.  Dn  serpent  qui  se  glisse  entre  les 
fleurs,  EÉN.  Dial.  des  morts.  Ane.  17.  Nos  Grecs  dispersés  Se 
sont  jusqu'à  l'autel  dans  la  foule  glissés,  rac.  Andr.  v.  3.  ; 
Fig.  —  deux  mots  à  qqn  dans  l'oreille.  Et  l'espoir  malgré  moi 
s'est  glissé  dans  mon  cœur,  rac.  Phèd.  m,  1. 

•GLISSETTE  [gli-sét'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glisser,  §  133.  ||  Xéolog.] 

Il  (Géom.)  Courbe  engendrée  par  un  point  lié  k  une 
courbe  mobile  qui  roule  en  glissant  sur  une  courbe  fixe. 

GLISSEUR,  'GLISSEUSE  [gli-seur,  -seuz']  s.  m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glisser,  ^  112.  ||  Néolog.  .\dmis  ac.\d. 
1835.] 

Il  Celui,  celle  qui  glisse  sur  la  glace. 

'GLISSIÈRE  [gli-syér]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glisser,  §  115.  ||   Ne'olog.] 

Il  vTechnol.)  Coulisse  ménagée  pour  faire  glisser  une 
pièce  d'un  mécanisme.  [Cf.  glissoire.)  j|  Spécialt.  Châs- 
sis sur  lequel  l'affût  d'une  pièce  de  siège  est  mobile,  de 
manière  k  se  prêter  au  pointage. 

'GLISSOIR  [gli-swàrj  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  glisser,  §  113.  Au  xvui'^  s.  on  dit  glis- 
soire dans  ce  sens.  (  V.  p.  leroy,  Erpl.  de  la  Tuàture  dans 
les  Pyrénées  (1776i,  p.  49.)  ||  Néolog.] 

Il  ^Technol.i  Couloir  pratiqué  dans  une  montagne  pour 
faire  descendre  les  bois  coupés.  [Syn.  lançoir.) 

GLISSOIRE    gli-swàr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glisser,  §  113.  ||  1308.  Glichoueres  pour 
essyaver,  dans  godef.] 

Ij  1»  Surface  un'ie,  frayée  sur  la  neige,  sur  la  glace. 

Il  2'>  ;Technol.)  Pièce  de  divers  mécanismes  (machine 
k  coudre,  etc.;  maintenue  par  frottement  entre  des  cou- 
lisseau\.  -Cf.  glissière.) 

GLOBE  [glôb'l  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  globus,  m.  s.  \\  xiv<=  s.  Un  globe 
gros  qui  soit  de  drapiaus,  Chirurg.  de  Brun  de  Long  Bore, 
dans  godef.] 

Il  Corps  de  forme  sphérique  ou  sphéroïdalo.  Le  —  du 
soleil.  Le  —  terrestre,  et,  ellipt.  Faire  le  tour  du  — ,  de  la 
terre.  Les  révolutions  du  — .  Un  —  terrestre ,  globe  sur  le- 
quel on  représente  la  ligure  du  globe  terrestre.  —  im- 
périal, boule  ronde  surmontée  dune  couronne,  d'une 
croix,  emblème  de  la  puissance  souveraine.  Le  cours  si- 
lencieux De  ces  globes  brillants  'Jes  astres)  dispersés  dans  les 
cieux,  Ducis,  ALufar,  ii,  7.  Le  —  de  l'œil,  jj  Spéciult.  Globe 
de  verre,  de  cristal  que  l'on  place  sur  les  appareils  d'éclai- 
rage pour  disperser  la  lumière.  Le  —  de  la  lampe.  ||  Globe 
de  verre  bombé  que  l'on  place  sur  certains  objets  pour 
les  préserver  de  l'air,  de  la  poussière.  Dne  pendule,  une  cou- 
ronne de  mariée  sous  — .  ||  —  de  compression,  fourneau  de 
mine  destiné  k  détruire  une  galerie  de  mine.  ||  —  hysté- 
rique, sensation  d'une  boule  qui  semble  monter  de  la  poi- 
trine et  produit  de  la  suffocation, 

'GLOBÉE  [gl5-bé]  .?.  /'. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  globe,  §  119.  ||  1786.  encycl. 

MÉTH.] 

Il  (Bolan.'i  Plante  tropicale  de  la  famille  du  gingem- 
bre. —  danseuse,  penchée. 

GLOBULAIRE  [glù-bu-lér]  adj.  et  s.  f. 

[ÉTY.M.  DiTi\é  de  globule,  §  248.  ||  1701.  furct.  Admis 
acad.  1762.] 

l..idj.  (T.  didact.)  Qui  est  de  forme  sphérique  ou 
sphéroïdale. 

II.  S.  f.  (Botan.)  Plante  voisine  des  labiées,  k  fleur 
en  capitules  et  qui  contient  un  principe  purgatif. 

GLOBULE  [glù-bul]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  globulus,  diminutif  de  globus, 
globe.  Il  xvHC  s.  r.  k  l'article.  Admis  acad.  1694.] 

Il  (T.  didact.)  Corpuscule  déforme  sphérique  ou  sphé- 
roïdale. Le  vif-argent  s'échappe  en  globules.  Des  globules  d'adr 
s'élevaient  à  la  surface  de  l'étang.  Quand  on  dit  que  le  chaud  n'est 
que  le  mouvement  de  quelques  globules,  p.asc.  Pens.  xxv,  10. 
Poet.  D'un  ciel  en  feu  les  globules  glacés  (la  grêle  ,  st-lam- 
BERT,  Saisons.  \\  Spécialt.  I  1.  Globules  du  sang,  du  lait,  cor- 
puscules plus  ou  moins  arrondis  en  suspension  dans  le 


GLOBULEUX 


—  H73 


r.LOSSATEUR 


liquide.  '  2.  Globules  pharmaceutiques,  substance  nn'dicinalo 
administrée  sous  l'oiinc  de  corpuscules  arrondis.  Globules 
de  digitaline.  Globules  homéopathiques,  contenant  diverses 
substances  médicinales  à  doses  inliniment  petites.  |  3. 
Globules  de  calétaction,  fcuuttes  d'eau  qui,  projetées  sur  un 
métal  incandescent,  prennent  la  forme  d'un  petit  globe 
(jui  s'('\apore  lentement  sans  ébuliition. 

GLOBULEUX,  EUSE  [Klù-bu-le'u.  -leuz'j  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  globule,  §  251.  ||  1611.  cotgh.  Admis 

ACAU.  17''lO.] 

Il  (T.   didacl.'^  Formé  de  globules.  Selon  Descartes,  la 
lumière  ne  vient  point  à  nos  yeux  du  soleil,  mais  c'est  une 
matière  globuleuse,  VOLT.  i'/tUos.  di;  Seirlon,  ii,  1. 
GLOIRE  [ghvàr]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  l^it.  gloria,  m.  s.  devenu  glorie, 
gloire.  S.!;  356  et  503.  ]]  xi<^  s.  Prest  est  la  glorie  qued  il  li  vuelt 
doner,  St  Alexis,  205.] 

Il  1"  Eclat  de  la  céb'brité.  La  douceur  de  la  —  est  si  grande 
qu'à  quelque  chose  qu'on  l'attache,  même  à  la  mort,  on  l'aime, 
l'A.-^c.  l'i'iis.  Il,  "2  //is.  Tout  psirle  de  sa  — ,  cniiN.  Ur/r.  v.  H. 
Aucun  chemin  de  fleurs  ne  conduit  à  la  — ,  LA  F.  Fah.  x,  1.'?. 
Dire,  publier  qqch  à  la  —  de  qqn.  Les  chefs  les  plus  braves 
Mettaient  toute  leur  —  à  devenir  esclaves,  coRN.  Cinna,  i,'-^. 
On  m'appelle  soldat  :  je  iais  —  de  l'être,  il».  />.  Sunche,  i.  'A. 
Vifilli.  On  me  croit  son  disciple,  et  je  le  tiens  à  — ,  f;o[iN.  .V/- 
roiii.  II,  3.  La  —  de  ce  choix  m'enfle  d'un  juste  orgueU,  ii). 
Hor.  II,  1.  La  —  de  vos  armes,  m.  Micom.  il,. '5.  Cette  action 
a  tourné  à  sa  — .  Il  fut  la  —  de  son  siècle.  |)  fo^Y.  Héputa- 
tion.  Ma  —  vous  serait  moins  chère  que  ma  vie?  uac.  //)/(. 
V.  2.  Il  /'.  l'-rt.  l'rix  qu'on  .ittache  à  la  réputation.  La  —,  il 
est  vrai,  les  défend  de  quelques  faiblesses  ;  mais  la  —  les  défend- 
elle  de  la  —  même?  boss.  U.  d'Orl.  |  Faiiiil.  Mauvaise  — , 
vaine  — ,  vanité  de  paraître.  La  vaine  —  est  cette  petite  am- 
bition qui  se  contente  des  apparences,  volt.  IHct.  philos. 
gloire,  1.  A/jsolt.  Dans  le  même  sens.  Encore  que  les  philoso- 
phes fussent  des  animaux  de  — ,  boss.  i^'  l'anég.  St  Franc, 
de  liante.  Ce  n'est  pas  par  —,  par  ostentation. 

Il  2"  1'.  e.r(.  Éclat  de  la  grandeur.  Venez  dans  mon  pa- 
lais, vous  y  verrez  ma  — ,  rac.  Ath.  n,  7.  Il  vaudrait  mieux 
que  Troie  fût  encore  dans  toute  sa  — ,  fén.  Tel.  10.  ||  Spe- 
cialt.  Splendeur  de  la  majesté  divine.  (Celui)  à  qui  seul 
appartient  la  — ,  la  majesté,  l'indépendance,  hoss.  H.  d'Augl. 
Bendre  —  à  Dieu,  publier  sa  gloire.  Ellipt.  —  à  Dieu,  ren- 
dons gloire  à  Dieu.  Dire,  faire  qqch  à  la  —  de  Dieu.  Le  Fils  de 
Dieu  viendra  dans  sa  — .  H  F.  anal.  Une  — ,  auréole  lumineuse 
dont  on  entoure  la  représentation  des  personnes  divines, 
des  anges,  etc.  ||  P.  ext.  La  —  étemelle,  la  —  céleste,  par- 
ticipation des  élus  à  la  gloire  et  à  la  béatitude  divine.  Dans 
ce  séjour  de  —  et  de  lumière,  corn.  Poly.  iv,  3. 
'GLORIA  [glô-ryà  ;  en  vers,  -ri-à]  s.  m. 
[ÉTYM.  Parait  tiré  du  lat.  ecclés.  gloria,  gloire,  premier 
mot  du  verset  qui  termine  tous  les  psaumes,  §  216.  || 
Néolocj.] 

Il  Pop.  Café  mélangé  d'eau-de-vie.  Dn  — . 
GLORIEUSEMENT  [glù-ryeuz'-man  ;  en  vers,  -ri-e'u- 
ze-...j  udi'. 

[ktym.  Ctunposi'  de  glorieuse  et  ment,  §  724.  ||  xii"  s. 
Gloriosement  magnifiez  est,  Lih.  Psdbn.  p.  23*5,  Michel.] 

Il  D'une  manière  glorieuse.  Mourir  —  sur  le  champ  de 
bataille.  Fautes...  si  —  réparées,  boss.  L'onde. 

GLORIEUX,  EUSE  [glo-rveu,  -ryeuz';  en  vers,  -ri-...] 
adj. 

'lÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gloriosas,  7«.  .«.  ||  xi^  s.  En  pa- 
reîs  entre  les  glorius,  Roland,  2f^W. 

\\  (Jui  donne  de  la  gloire.  De  —  exploits.  Chercher  au  bout 
du  monde  un  trépas  — ,  R.\c.  Milhr.  m.  5.  Tout  ce  que  peuvent 
donner  de  plus  —  la  naissance  et  la  grandeur,  accumulé  sur 
une  tète,  iioss.  li.  d'Anç/l.  Un  événement  —  à  la  sagesse  d'un 
homme  d'État,  u'alkmu.  Flof/es,  Cardinal  de  Snithise.  j|  /'. 
anal.  Qui  se  fait  gloii'e  de  q(jcli.  Il  n'est  point  de  Romain 
Qui  ne  soit  —  de  vous  donner  la  main,  coun.  Hnr.  iv,  '.^.  — 
d'une  charge  si  belle,  la  k.  Fah.  i.  4.  ||  Fn  niauraise  pari. 
Qui  a  la  vanité  de  pai'aitre.  La  nation  des  auteurs  est  un  peu 
vaine  et  glorieuse,  les.  <iil  lilas.w,  14.  Sul/slun/irl.  Voyez- 
vous,  dirait-on,  cette  madame  la  marquise  qui  fait  tant  la  glo- 
rieuse? MOL.  H.  <J>'nl.  ni,  12.  Ce  n'est  qu'un  —  qui  ne  dit  rien 
de  tendre,  iioiL.  Sat.  3.  ||  Fllipt.  Les  trois  glorieuses,  les 
journées  des  27,2.S  et  2i»  juillet  IKit).  I  Speri(dl.  tjui  par- 
ticipe il  la  spleiuleur  divine.  La  glorieuse  Vierge  Marie. 
^uùstanlirt.  Les  chérubins,  ces  —,  p.   lkmoink,  cité  par 


PASC.  Pror.  11.  Il  Corps  — ,  état  surnaturel  où  seront  les 
corps  des  bienheureux  après  la  résurrecticm.  P.  plaisant. 
En  parlant  de  qqn  qui  semble  ne  pas  avoir  de  besoins 
corporels.  C'est  un  corps  — . 

GLORIFICATION  [glô-ri-fi-kà-.svon  ;  en  vers, -s'i-on^ 
s.f. 

[ktym.  Kmprnnté  du  lat.  gloriflcatio,  m.  s.  ]\  xiv»  s.  Hon- 
nour  ou  glorificacion,  ohksmk,  Flli.  i.  18.1 

Il  .-Xclioii   de  gl(jri(ier.    La   —  des  héros.  La  —  d'un  acte 
héroïque.     La  —  de  Dieu,  de  son  saint  nom.  I|  La  —  des  élus. 
GLORIFIER  [glo-ri-fvé;  en  rers.  -(i-él  r.  //■. 
[ktym.  Emprunté  du  lat.  glorificare,  m.  s.  \\  xii"  s.  Je  de- 
liverai  tel  e  tu  glorefieras  (var.  glorifieras)  mel,  Psaut.  de 
Cambridge,  xi.ix,  15.] 

Il  1"  Honorer  (qqn,  l'œuvre  de  qqn)  en  lui  donnant  une 
éclatante  célébrité.  —  les  héros,  les  grandes  actions.  "Se  — , 
se  faire  honneur  de  qqch,  de  qqn.  Il  put  se  —  d'avoir  vaincu 
un  ennemi  digne  de  lui,  noss.  llisl.  univ.  m,  5.  Se  —  de  sa 
naissance.  Les  grands  hommes  dont  notre  siècle  peut  se  — . 

Il  2"  .'<pecialt.  Honorer  Dieu  en  publiant  sa  grandeur. 
Que  Dieu,  que  le  nom  de  Dieu  soit  glorifié.  Veut-il  par  mon  tré- 
pas que  je  le  glorifie  ?  rac.  Eslft.  n,  8.  Dieu  se  glorifie  dans  ses 
saints.  |j  P.  e.rt.  Appeler  (les  élusi  à  partager  la  gloire,  la 
béatitude  céleste.  Les  supplices  enfin  les  ont  glorifiés,  coRN. 
Jmil.  I.  18.  Il  /•*.  anal.  C'est  mon  père  qui  me  glorifie,  S.\CI, 
Bihle,  SI  Jean,  viii,  .54. 

GLORIOLE  [glù-ryùl;  en  rers,  -ri-ôF  s.  f. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gloriola,  />? .  s.  diminutif  de  glo- 
ria, gloire.  Il  xviii"  s.  Mot  mis  en  usage  par  I'abbé  de  st- 
piERRE.  Admis  ACAD.  1798.] 

Il  Vaine  gloire  qu'on  tire  des  petites  choses.  Citoyens... 
qui  méprisent  les  distinctions  de  vanité  ou  les  glorioles,  .a.bbk 
jjE  ST-PIERRE,  Ann.  polit.  (1757,.  dise,  prélini.  Le  mot  de 
— ,  si  bien  adapté  à  cette  vanité  puérile,  ij'.\lk.mb.  Floyes,  Abljé 
de  St-Pierre. 

GLOSE  iglôz'j  ,s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glosa  (mieux  glossa\  grec 
vÀÔJîïx,  m.  s.  proprt,  «  langue,  idiotisme  ».  [Cf.  glossaire,  i 
Qqns  disent  glosse.  ||  xn"^  s.  Bone  en  est  a  oir  la  glose,  evrat. 
Bible,  dans  delb.  Hec] 

\\  !•>  Rare.  Mot  vieilli  ou  obscur  accompagné  d'une  ex- 
plication. Les  gloses  d'Hippocrate  (par  Ërolien). 

Il  2°  P.  ext.  Explication  des  mots  vieillis  ou  obscurs 
d'un  auteur.  La  —  d'Accurse  sur  les  Pandectes.  Lac.  prov. 
Vieilli.  La  —  d'Orléans  plus  obscure  que  le  texte  .  jj  Fig. 
Quelques  récits  Qu'eUe  déchiffre  sans  —,  la  f.  Fah.  viii,  13. 
P.  ext.  Commentaire  inaheillant.  Un  texte  où  chacun  fait 
sa  —,  BOiL.  Sat.  lu. 

Il  3°  Parodie  rimée  oii  chaque  vers  d'une  poésie  donne 
lieu  à  une  stance  qui  en  est  le  commentaire  burlesque. 
La  —  de  Sarrazin  sur  le  Sonnet  de  Job. 
GLOSER  [glo-zé]  r.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glose,  §  154.  ||  xii«  s.  LI  gloserres  dit, 
qui  ce  glose,  EVR.vr,  Rilde,  dans  godef.  gloseor.] 

Il  1"  Vieilli.  V.  tr.  Eclaircir  par  une  glose.  i|  Fig. 
Critiquer.  Un  maigre  auteur  que  je  glose  en  passant,  BOiL. 
Sat.  Vt. 

Il  2"  V.  inlr.  Donner  des  explications  sur  un  terme,  un 

passjige  obscur.  —  sur  le  texte  de  l'Écriture.  '    Fig.  Faire 

des  critiques.  —  sur  tous  tant  que  nous  sommes,  mol.  Tart. 

1,  2.  Une  troisième  troupe  Trouve  encore  à  — ,  la  f.  Fah.  m,  1. 

,       GLOSEUR,  EUSE  !glo-/.eiir,  -zeuz'   .v.  m.  et  f. 

i       [ktv.m.  Dérivé  de  gloser,  <;  112.  {Cf.  glossateur.)  ||  xii's. 

V.  gloser.  .Admis  acad.  1762.] 
I      II  Personne  qui  a  la  manie  de  gloser. 
I       GLOSSAIRE  'glôs'-sér;  s.  >n. 

!  [ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glossarlum,  ?«.  s.  (Cf.  glose.)  H 
xvi»^  s.  Glosaire,  CHOLiiiRES,  dans  delb.  Rec.  |  16i<0.  Glos- 
saire, RICHEL.] 

Il  1«  Dictionnaire  des  mots  vieillis  ou  obscurs  qui  ont 
besoin  de  glose.  Le  —  de  la  moyenne  et  de  la  basse  latinité. 
|l  2"  P.  ext.  Nomenclature  des  mots  qui  composent  une 
langue.  Le  —  de  la  langue  grecque  est  très  riche. 
•GLOSSANTHRAX  [glÔs-san-(râks']  .*.  w. 
[ktym.  Composé  avec  le  grec  vXûjti,  langue,  et  âv9paÇ, 
anthrax,  S  27i».  !|  1793.  Glossantrax,  lazARU,  dans  In.itr.  sur 
les  malad.  des  anint.  domest.  iv.  168.  i 

Il  (.\rt  vétérin.)  .AfTecHon  charbonneuse  de  la  langue 
dans  la  race  bovine'. 
GLOSSATEUR  [glos'-sà-teur]  s.  7n. 


GLOSSE 


—  1174  — 


GLUI 


[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  glossa,  glose,  §  249.  [Cf.  gloseur.)  1| 
1420.  Glosateur  du  Décret,  Coût.  d'Anjou,  dans  delh.  Rec] 
Il  Celui  qui  l'ait  ou  recueille  des  ii^loses.  Si  vous  consultez 
nos  auteurs,  Législateurs  et  glossateurs,  moi.,  l'ourc.  ii.  11. 
Cette  armée  effroyable  de  glossateurs,  de  commentateurs,  mon- 
TEso.    Ldt.  per.s.  101. 

•GLOSSE  [glôs'].  V.  glose. 

*GLOSSER,  "GLOSSEMENT.  V.  glousser,  gloussement. 
"GLOSSIEN,  lENNE  [glÔs'-syiii,  -syèu'  ;  en  ve)^s,-si-...] 
et  "GLOSSIQUE  [glôs'-sik'j  adj. 

[kïvm.  Dérivé  du  '^vec  yÀwcrcra,  langue,  §§  244  et  227.  || 
1811.  Glossien,  MOZiN,  Dict.  f'ranç.-aUinn.] 
Il  (Anat.)  Relatif  à  la  langue. 
GLOSSITE  |glôs'-sït']  s.  /■. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  Y)>waaa,  langue,  §  282.  ||  1811. 
siozm,  Dicl.  franç.-allem.  Admis  ac.\d.  1835.] 
Il  (Médec.)  Maladie  indammatoire  de  la  langue. 
GLOSSOPÈTRE  [glôs'-sù-pèlr']  s.  m. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glossopetra,  m.  s.  composé  avec 
le   grec  yAôJTca,  langue,  et  -sTpa,  pierre,  §  279.  Sur  le 
genre  (le  mot  lat.  est  fém.),  V.  §  553.  ||  xv-  s.  Glosopierre, 
llist.  sainte,  dans  godef.  glosopierçe.  |  155(3.  Glossopetre, 
li.  LE  BL.\Nc,  SuUiiUé ,A-d.ns  UELM.  liec.  Admis  AC.\D.  1762.] 
Il  (llist.  nat.)  Dent  de  poisson  fossile,  qu'on  prenait  au- 
trefois pour  une  langue  de  serpent  pétriliée. 

*GLOSSOPHARYNGIEN,  lENNE  [glÔs'-sô-la-rin-jvin, 
-jyèn'  ;  en  vers,  -ji-...]  (idj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  Y)kWffffa  et  pharyngien, 
§  279.  Il  1747.  Glosso-pharyngien,  JAMES,  Dict.  de  medec.] 

Il  (Anal.)  Oui  lient  à  la  fois  à  la  langue  et  au  pharynx. 
Muscles  glossopharyngiens. 

*GLOSSOTOMIE  [glôs'-sù-tù-mi]  S.  f. 
[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  y^vôiffaa,  langue,  et  xo[i.Ti, 
section,  §  279.  ||  1811.  mozin,  Dict.  franc. -nUem.] 

Il  (Médec.)  Amputation  de  la  langue  ou  d'une  partie  de 
cet  organe. 

GLOTTE  [glôf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yAwTxa,  forme  attique  de 
Y>,(ï>ffffa,  langue.  ||  1690.  furet,  .\dmis  acau.  1762.] 

Il  (Anat.)  Fente  située  à  la  partie  supérieure  du  larynx, 
qui  sert  à  l'émission  de  la  voix.  ||  P.  ext.  —  supérieure, 
orifice  supérieur  du  larynx  au  fond  de  la  gorge. 

GLOUGLOTER  [glou-glù-lé]  et  GLOUGLOUTER 
[glou-glou-té]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glouglou,  §  1.54.  ||  1611.  Glouglouter, 
COTGH.  I  ACAD.  admet  glouglouter  en  1798  et  glougloter  en 
1835.1 

Il  En  parlant  du  dindon,  faire  entendre  son  cri. 
GLOUGLOU  [glou-glou]  s.  m. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  [Cf.  lat.  glutglut,  m.  s.)  \\  Ad- 
mis ACAD.  1694.] 

Il  lo  Bruit  que  fait  le  vin  quand  il  sort  du  goulot  d'une 
bouteille.  Qu'ils  sont  doux,  Bouteille  jolie,  Qu'ils  sont  doux  Vos 
petits  glougloux!  MOL.  M  éd.  vi.  l.  i,  5. 
Il  2°  P.  anal.  Cri  du  dindon. 
GLOUME.   V.  glume. 

"GLOUSSANT,  ANTE  [glou-san,  -sânt'],  et,  î'ie////, 
•GLOSSANT,  ANTE  [glô-...]  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  glousser,  §  47.  ||  xvi"  s.  Poules... 
gloussantes  et  désireuses  de  couver,  u.  desekues,  v,2.] 

Il  Qui  glousse.  Les  oiseaux  nommés  par  Dampierre  poules 
gloussantes,  buff.  Poute  d'eau.  Oiseaux  étrang. 

GLOUSSEMENT  [glous'-nuin  ;  en  vers,  glou-se-...],et. 
vieilli,  *GLOSSEMENT  [glôs'-man  ;  en  vers,  glù-se-...] 
.S',  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glousser,  §  145.  ||  xvi<^  s.  Les  glocemens 
et  appeaulxde  la  poulie,  cotere.\u,  dans  gouef.  CompL] 
Il  Cri  de  la  poule. 

GLOUSSER  [glou-sé]  et,  vieilli,  'GLOSSER  [glo-sé] 
i!.  intr. 

[ÉTYM.   Du  lat.  pop.  *glociare  (class.  gloclre),  m.  s.  de- 
venu glocier,  §§  297  et  291,  glocer,  écrit  arbitrairement  glos- 
ser,  glousser,  §§  347  et  348.  ||  xiv^  s.  Se  douce,  se  rapiele  très- 
tous  ces  pouUonchiaus ,  Gilles  li  muisis,  dans  uelu.  Rec] 
Il  En  parlant  de  la  poule,  faire  entendre  son  cri. 
•GLOUT,  "GLOUTE  [glou,  glout']  S.  m.  et  /'. 
[ÉTYM.  Ane.  cas  sujet  de  glouton,  §  538.] 
Il   Vieilli.  Glouton,  gloutonne,  «onnez-lui,  fourrez-lui,  le 
—  demande  encore,  la  f.  Florentin,  Satire.  Adjectivt.  Leur 
gueule  gloute,  marot,  Ps.  22. 


GLOUTERON  [gloût'-ron  ;  en  vers,  glou-te-...]  s.  m. 
[ÉTYM.  Altération  par  étymol.  pop.  [V.  g  509)  de  l'anc. 
franc,  gleteron,  diminutif  de  gleton,  plus  anciennement  cle- 
ton,  g  105,  qui  est  emprunté  de  l'anc.  haut  alleni.  chlëtto 
(allem.  moderne  klette),  m.  s.  §§  6,  498  et  499.  [Cf.  grate- 
ron.)  il  XI V  s.  Gleteron  ou gloton,  dans  G0DEF.  gleteron.  I  xV^s. 
Gloustron,  dans  Journal  de  botan.  1894,  p.  351.  Admis 
ACAD. 1762. 

Il  (BotaiL)  Nom  vulgaire  de  la  bardane  et  du  gaillet. 

GLOUTON,  ONNE  [glou-ton,  -ton']  .s.  vi.  et  /'. 

[ÉTYM.  Du  lat.  glùttônem,  m.  s.  §§  348,366  et  291.  Le 
nominatif  glutto  a  donné  glout.  [V.  ce  mot.)] 

Il  1°  .S.  m.  et  /'.  Celui,  celle  qui  engloutit  les  morceaux, 
qui  mange  avec  avidité.  Nous  voulons,  dirent-ils,  étouffer  le 
— ,  L.A  F.  Fah.  IX,  19.  Adjectivt.  Un  homme,  un  animal  — . 
P.  ext.  Satisfaisant  mes  appétits  gloutons,  la  f.  Fab.  vu,  1. 

Il  2"  S.  m.  (llist.  nat.)  Mammifère  carnassier  de  la  fa- 
mille des  martes,  dit  aussi  carcajou. 

GLOUTONNEMENT  [glou-tôn'-man  ;  en  vers,  -tu- 
ne-...] adr. 

[ÉTYM.  Composé  de  gloutonne  et  ment,  §  724.  A  rem- 
placé il  une  époque  récente  gloutement.  ||  xyii^  s.  V.  h  l'ar- 
ticle. Admis  AC.\D.  1694.] 

Il  D'une  manière  gloutonne.  Les  loups  mangent — ,la  f. 
Fab.  III,  9. 

GLOUTONNERIE  [glou-tôn'-ri;  en  vers,  -tô-ne-ri]et, 
vieilli,  "GLOUTONNIE  [glou-tù-ni]  s.  /". 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glouton,  §§  68  et  69.  ||  xii^^  s.  Glutunie, 
PU.  DE  TiiAUN,  Coinput,  529.  Ke  tu  te  gardes  bien  De  gloto- 
nerie,  everard  de  kirkham,  Caton,  dans  delb.  Rec.\ 

Il  Caractère  de  celui  qui  est  glouton. 

GLU  [glu]  s.  f. 

[ÉTY.NL  Du  lat.  glûtem  (accusatif  de  glus),  m.  s.  §§  402 
et  291.] 

Il  Substance  visqueuse  qu'on  extrait  de  la  seconde 
écorce  du  houx,  des  baies  du  gui,  etc.  Prendre  les  petits 
oiseaux  avec  de  la  — ,  et,  fi(j.  Se  laisser  prendre  à  la  —  par 
qqn  (par  ses  belles  paroles,  ses  caresses,  etc.).  ||  P.  anal. 
—  marine,  composition  qui  sert  au  calfatage  des  navires. 

GLUANT,  ANTE  [glu-an,  -ânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  gluer,  §  47.  ||  xiii^  s.  Boe...  si 
tenans  et  si  gluans,  brln.  latin i.  Trésor,  p.  155.] 

Il  Visqueux  et  cullant  comme  l;i  glu.  La  poix  est  gluante. 
Il  P.  ext.  Avoir  des  mains  gluantes,  où  il  s'est  attaché  qqch 
de  gluant,  et,  fiq.  Il  a  les  mains  gluantes,  il  garde  toujours 
qqch  de  l'argent  qui  lui  passe  par  les  mains. 

GLUAU  [glu-ù]  et,  vieilli,  'GLUON  [glu-on]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glu,  §§  126  et  100.  ||  xiv<=  s.  Pluseurs 
lieux  ou  l'on  ne  pourroit  mettre  gluons,  Modus ,  f"  134,  r", 
Blaze.  I  xvi«  s.  Faire  des  gluaux,  r.  belleau,  ii,  273.] 

Il  Petite  branche  enduite  de  glu  qui  sert  à  prendre  les 
petits  oiseaux.  Tendre  des  gluaux. 

"GLUCINE  [glu-sin']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  y>>uxûç,  doux,  §  245.  Mot  dû  à 
VAUQUELiN  [V.  Annales  de  chimie,  xxvr,  169,  ann.  1798), 
et  formé  d'après  la  prononciation  du  grec  plutôt  que  d'a- 
près l'analogie,  §  496.  [Cf.  glycine.)] 

Il  (Chimie.)  Oxyde  de  glncinium. 

'GLUCINIUM  [glu-si-nyùm';  en  vers,  -ni-ùm']  5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glucine,  §  224.  ||  Néolog.] 

Il  (Chimie.)  Métal  blanc,  cassant,  voisin  du  magnésium 
et  de  l'aluminium,  tiré  de  différents  silicates. 

GLUCOSE  [glu-kôz']  &\,,rare,  GLYCOSE  [gli-kôz']^.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  yXuxû;,  doux,  §  282.  ||  Néolog. 
Admis  ACAD.  1878.] 

Il  (Chimie.)  Principe  sucré  du  raisin,  de  l'amidon,  etc. 

GLUER  [glu-é]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glu,  g  154.  ||  xu*^  s.  Ki  per  sa  volenteit 
solement  gluat  ensi  ensemble  lo  lum  de  la  terre  et  l'esprit  de 
vie,  Serm.  de  St  Rem.  p.  63.] 

Il  Vieilli.  Enduire  de  glu.  Branches  gluées.  |1  P.  ext.  En- 
duire d'une  substance  gluante. 

*GLUEUX,  EUSE  [glu-eii,  -euz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glu,  §  116.  ||  xiii«  s.  Boche  orde  et 
glueuse,  G.  de  goincy,  dans  godef.  glueus.] 

Il  Rare.  Gluant.  Adorateur  sacré  du  parmesan  — ,  a.  bar- 
bier. Il  Piunto,  Chiaia. 

GLUI  [glui]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine.  Le  mot  se  retrouve  en  pro- 
venç.,  et  la  comparaison  avecle  franc,  indique  une  forme 


GLUME 


H75  — 


GNOSE 


du  lat.  pop.  telle  que  *glôdium,  pent-rtri'  *clÇ(lium,  comme 
point  de  départ.  ||  xii<=  s.  Li  liz  ne  fu  mie  de  glui  Ne  de  paille, 
CHRÉTIEN  DE  TROYES,  Charrette,  512." 

Il  Vieilli.  Paille  de  seigle  dont  on  se  sert  pour  couvrir 
les  toits,  attacher  la  vigne,  emballer  le  poisson,  etc. 

GLUME  [g-lum"J  et,  vieilli,  GLOUME  [gloum'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glûma,  m.  s.  \\  1811.  Glume, 
MoziN,  Dict.  franç.-allem.  .\dmis  acmi.  1S35.] 

Il  (Hotan.)  Enveloppe  florale  de  chacun  des  épillets  qui 
forment  l'épi  des  graminées,  dite  vuljjairement  balle. 

•GLUMELLE  [f,'lu-mèl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glume,  g  258.  ||  Néolof/.] 

Il  (Botan.)  Enveloppe  florale  placée  sous  la  glume. 

•GLUMELLULE  [glu-mel'-lul]  S.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glumelle,  S  240.  ||  Ne'olof/.] 

Il  (Botan.)  Enveloppe  florale  qu'on  trouve  quelquefois 
sous  la  glumelle. 

GLUTEN  [glu-tèn'l  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gluten,  colle.  ||  xyi<=  s.  Le  qua- 
triesme  humeur  de  nourrissement  est  appelé  gluten,  paré,  In- 
trod.  6.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (T.  scientif.)  ||  1»  Substance  tenace  qui  colle,  qui  lie 
ensemble  les  parties  divisées  des  ct)rps  solides.  Colles  ou 
glutens  qui  réunissent  par  interposition  les  parties  de  toute 
matière,  uuff.  Minéraux. 

Il  2"  Substance  azotée  de  la  graine  des  céréales,  partie 
de  la  farine  qui  reste  lorsqu'on  en  a  enlevé  l'amidon.  Pain 
de  —,  destiné  aux  malades  diabétiques.  —  grîinulé,  em- 
ployé en  cuisine  comme  les  pâtes  d'Italie. 

GLUTINATIF,  IVE  [glu-ti-nà-tïr,  -tïv']  adj . 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glutinativus ,  m.  s.  \\  1549.  Me- 
dlcamentz  glutinatlfz,  tagault,  dans  godef.  Compl.  Admis 
ACAD.  18.35.] 

IJ  fMédec.)  Qui  a  la  propriété  d'agglutiner.  [Cf.  agglu- 
tinatif.  i 

GLUTINEUX,  EUSE  [glu-ti-neu,  -neliz']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  glutlnosus,  m.  s.  \\  xiii^  s.  Terre... 
bien  gliftinose,  brun,  latini,  Trésor,  dans  delb.  Ri'c.  \  xv»  s. 
Substance  glutineuse,  Grant  Herbier,  dans  godef.  Compl.] 

Il  ^T.  didact.)  Qui  est  de  nature  visqueuse  et  collante. 

GLYCÉRINE  [gli-sé-rin']  ,«.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  yXuxcpôî,  doux,  §  245.  ||  Nëolog.  Ad- 
mis ACAD.  1878.] 

Il  (Chimie.)  Corps  neutre,  sirupeux,  qu'on  obtient  par 
le  dédoublement  d'un  corps  gras  (stéarine,  oléine,  etc.). 

GLYCINE  [gli-sin']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  vXux-j;,  doux,  §  245.  [Cf.  glu- 
clne.)  Il  1786.  encycl.  métii.  Admis  acad.  1878.] 

I!  (Botan.)  Arbuste  grimpant  de  la  famille  des  Papilio- 
nacées.  —  de  Chine.  —  frutescente,  à  fleurs  en  grappes. 

•GLYCOCOLLE  [gli-kô-kôl]  .?.  f. 

[ÉTYM.  (Composé  avec  le  grec  yXuxy;,  doux,  et  xôXXa, 
colle,  §  279.  Il  Néolorj.] 

Il  (Chimie.)  Substance  sucrée,  cristallisable,  qu'on  ob- 
tient en  dédoublant  par  la  saponification  les  acides  qui 
entrent  dans  la  composition  de  la  bile,  ou  en  traitant  la 
gélatine  par  l'acide  sulfurique. 

•glycogÈNE  [gli-kô-jèn']  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yXonû;,  doux,  et  ycvvâv, 
engendrer,  §  279.  ||  Neolo;/.] 

Il  (Physiol.)  Qui  produit  du  sucre.  Matière  —,  principe 
analogue  à  la  dextrine  végétale,  qui  se  forme  dans  le  foie. 

•GLYCOGÉNIE  [gli-kù-jé-ni]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  glycogéne,  §  224.  ||  Néolo(j.] 

Il  (Physiol.)  Production  de  la  matière  glycogéne  dans 
le  foie. 

•GLYCOL  [gli-kùl]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  radical  de  glycérine  et  la  finale 
de  alcool,  §  282  bis.  \\  Néoloc/.] 

Il  ((;iiimie.)  Liqueur  à  saveur  sucrée,  incolore,  inodore, 
qui  se  comporte  comme  les  alcools  avec  les  acides.  La  série 
des  glycols  est  parallèle  à  celle  des  alcools. 

GLYCOSE.   W  glucose. 

•GLYCOSURIE  [gli-kô-zu-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  glycose  et  oCoîTv,  uriner,  §  279.  || 
Néolog.  ] 

||(Médec.)  Excrétion  d'urine  chargée  de  matière  sucrée. 

•GLYPHE  [glif]  S.  7n. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yXuçt,,  ciselure ,  sous  l'in- 
fluence de  triglypbe,  dont  il  a  pris  le  genre,  quoique  yXu.5t, 


soit  du  fém.  §  55.3.  ||  1701.  furet.  .\dmisAC.\D.  1762;  suppr. 
en  1798.] 

Il  (Archilect.)  Rainure,  cannelure  creusée  dans  un  or- 
nement d'architecture. 

GLYPTIQUE  fglip'-tïk']  .t.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yXyTTTixôi;,  «  relatif  à  la  gra- 
vure »,  employ(;  sul)slantivement.  ||  1796.  Magasin  en- 
cifclop.  I,  183.  Admis  acad.  1835.] 

Il  CTechnol.)  Art  de  graver  les  pierres  fines  en  creux 
(intailles)  ou  en  relief  (camées). 

•GNACARE  [nà-kàr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gnaccara,  m.  s.  d'origine 
arabe  ou  persane,  §.î!  12,  22  et  24.  Lo  mot  est  fréquent  en 
anc.  franc,  sous  la  forme  nacaire.  '|  xvii"  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Cymbale.  Quatre  jouent  de  la  guitare,  quatre  des 
castagnettes,  quatre  des  gnacares,  MOL.  Pastorale  corn.  se.  15. 

•GNAF  [nàf]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Paraît  être  une  onomatopée  imitant  le  bruit  du 
chégros  que  tire  le  savetier,  §  32.  ||  Néolog.] 

Il  Pop.  Savetier. 

"GNAN-GNAN  [nan-nan]  .9.  m.  et  f. 

[ktym.  Onomatopée,  §  32.  [Cf.  beaumarcii.  Mar.  de 
Fifj.  I,  4.)  Il  Néolog.] 

Il  Pop.  Personne  qui  geint  quand  il  faut  faire  un  effort. 
Adj  ec  tir  t.  Dne  femme  — . 

GNEISS  'gnèys']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  gneiss,  in.  a.  §  8.  ;|  1779. 
Gneiss  de  Werner,  DE  Saussure,  Voyage  dans  les  Alpes, 
III,  159.  .\dmi3  ACAD.  1878.] 

Il  (Minéral.)  Roche  composée  (comme  le  granit)  de 
feldspath,  de  mica,  etc.,  mais  de  nature  schisteuse. 

*GNOGNOTTE  [nô-nÔt']  .f.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  Néolog.] 

Il  Pop.  Chose  de  piètre  qualité.  C'est  de  la  — . 

'GNOLE  [nul]  et  'GNON  [non]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1701.  Gniole,  furet.] 

Il  Pop.  Eratlure  que  reçoit  une  toupie,  d'une  autre 
toupie  qui  tourne.  P.  ext.  Coup,  éraflure,  qui  laisse  une 
marque  sur  une  personne  ou  sur  une  chose.  (C/.torgnole.) 

GNOSSE  [gnom']  s.  m. 

[ÉTYM.  Mot  forgé  par  paracelse,  et  qui  parait  reposer 
sur  le  grec  yvwjxt,,  intelligence.  ||  1583.  Les  gnomes  ou  pyg- 
mees,  vigenère,  Tite-Live,i,p.  1316.  .\dmis  acad.  1762.] 

Il  (Mythol.)  Petit  génie  présidant  à  la  terre  et  à  ce 
qu'elle  contient.  [Cf.  sylphe,  ondin,  salamandre.)  ||  Adjec- 
tivt.  Citoyen  du  peuple  — ,  gresset,  Chartreuse. 

GNOMIDE  [gnè-mid']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gnome,  §  235.  j|  1701.  furet.  Admis 
acad.  1762.] 

Il  (Mythol.)  Gnome  femelle. 

GNOMIQUE  [gnù-mik']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  Yvujiixôî,  m.  s.  \\  1752.  trév. 
.\dmis  ACAD.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  est  sous  forme  de  sentences.  Les  poè- 
tes gnomiques,  et.  ellipt,  Les  gnomiques,  écrivains  grecs 
qui  composèrent  en  vers  des  maximes  morales. 

GNOMON  [gnô-mon]  ,9.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gnomon,  grec  yviJpLuv.  m.  s.  \\ 
1547.  j.  MARTIN,  Vitruve,  dans  delb.  Rec.  .\dmis  acad. 
1762.] 

Il  (T.  scientif.)  Tige  verticale  dont  l'ombre,  se  proje- 
tant sur  un  plan,  fait  connaître  par  sa  longueur  la  hau- 
teur du  soleil,  et  indique  l'heure  par  sa  position.  |i  P.  ext. 
Méridienne  tracée  sur  le  sol,  sur  laquelle  les  rayons  du 
soleil,  traversant  une  ouverture  circulaire  placée  en  haut 
d'un  édilice,  vont  tracer  l'image  de  l'astre. 

GNOMONIQUE  [gnù-mù-nîk']  adj.  et  .y.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gnomonicus,  grec  vvtoauv.xfJ;, 
m.  s.  Il  1547.  Instrumentz  organiques  et  gnomoniques,  J.  MAR- 
TIN, Vitruve,  dans  delb.  Rec.  .\dmis  acad.  1694.] 

I.  .\dj.  Relatif  aux  gnomons. 

II.  .*^\  /'.  .\rt  de  construire  des  gnomons. 
GNOSE  [gnôz']  5.  f. 

[ktvm.  Emprunté  du  grec  ecclés.  yvûj:;,  m.  s.  proprt, 
»  connaissance  ».  !|xvii<:  s.  V.  à  l'article.  .^dmisACAD.  1878.] 

Il  (Théol.)  Il  1°  Perfection  de  la  science  chrétienne.  C'est 
là  aussi  ce  qu'on  appelle  dans  les  Écritures  la  science  du  salut; 
pour  exprimer  cette  science,  saint  Paul  se  sert  souvent  du  mot 
de  —,  uo.ss.  Nouv.  .Myst.  m.  1.  ||  Fig.  J'étais  l'unique  non 
initié  en  leur  —  (des  disciples  de  Fénelon),  st-sim.  vni,  427. 


GNOSTIGISME 


H76  — 


GOBIN 


Il  2°  Doctrine  (hérétique)  suivant  laquelle  les  êtres  spi- 
rituels, sortis  du  sein  de  Dieu,  doivent  y  rentrer. 

GNOSTIGISME  [gnÔs'-ti-sism']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gnostique,  §  265.  ||  Néolor/.  Admis 
ACAD.  1878.] 

Il  (Théol.)  Ensemble  des  doctrines  de  la  gnose. 

GNOSTIQUE  [gnos'-tik']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  vvtoTT'.xô;,  m.  s.  ||  xvi*  s. 
Tertulian  contre  les  gnostiques,  artii.  thomas,  dans  delb. 
Rec.  Admis  acad.  1798.] 

Il  ;Théol.)  I!  1»  Celui  qui  a  la  perfection  de  la  science 
chrétienne.  Ceux  que  saint  Paul  appelle  les  parfaits  sont  les 
mêmes  que  saint  Clément  a  appelés  les  gnostiques,  BOSS.  Noiiv. 
Myst.  XVI,  9. 

Il  2»  Adepte  de  la  gnose. 

'GNOU  [ûou]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  hottentot,  §  29.  ||  xviiie  s.  V.  a 
l'article.] 

Il  (Hist.  nat.)  Espèce  de  grande  antilope  d'Afrique.  Un 
quadrupède  que  les  Hottentots  appellent  — ,  buff.  Du  gnou 
ou  niou. 

GO  (TOUT  DE)  et,  vzeî/Zz,  *GOB(TOUTDE)  [toud'-gô  ; 
en  vers,  tou-de-gôj  loc.  adv. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  du  verbe  gober,  §  52.  ||  xvi^  s.  V. 
à  l'article.] 

Il  1°  Anciennt.  Tout  d'un  trait,  n  l'avala  tout  de  gob  sans 
mâcher,  Xouv.  Fabr.  des  exceU.  traits  de  vérité  (1579), 
p.  142,  Bibl.  elzév. 

Il  2«  Fig.  Tout  droit,  sans  préparation,  n  est  entré  tout 
de  go.  n  va  coucher  tout  de  go  Au  signe  du  Virgo,  regnard 
et  DUFRES-NY,  Chinois,  ii,  4. 

'GOBE  et,  selon  acad.,  GOBBE  [gôb']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gober,  §  52.  ||  1690.  Gobe,  furet. 
Admis  ACAL.  1718.] 

Il  (Technol.)  Bol  pour  engraisser  la  volaille.  ;|  Bol  pour 
empoisonner  les  chiens  errants,  les  bêtes   malfaisantes. 

GOBELET  [gôb'-lè  ;  en  vers,  gô-be-lè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  l'anc.  franc,  gobel,  m.  s.  d'origine  in- 
connue, §  133.  Il  xiii^s.  fiubulet,  Ms.  Sl-Jean,  dansLiTTRÉ.' 

Il  1°  Vase  à  boire,  haut,  de  forme  ronde,  sans  anse^ 
et  ordinairement  sans  pied.  Dn  —  d'argent,  d'étain,  de  cris- 
tal. Il  P.  anal.  —  émétique,  gobelet  métallique  dans  la 
composition  duquel  il  entrait  de  l'antimoine,  et  où  on 
laissait  séjourner  de  l'eau,  du  vin  blanc,  qui  y  contrac- 
tait une  vertu  émétique.  —  de  quassia,  de  gaïac,  etc.,  go- 
belet fait  de  bois  de  quassia,  de  gaïac,  où  on  laisse  sé- 
journer de  l'eau  qui  se  charge  des  principes  du  quassia, 
du  gaïac.  ||  P.  ext.  Anciennt.  Office  de  la  maison  du  roi 
comprenant  la  charge  du  vin  et  du  pain.  Le  chef  du  — . 

Il  2"  P.  anal.  Vase  de  fer-blanc  en  forme  de  gobelet 
dont  se  servent  les  escamoteurs  pour  faire  leurs  tours. 
Dn  joueur  de  gobelets.  Des  tours  de  gobelets. 

Il  3°  Fig.  Fleur  dont  la  corolle  est  en  forme  de  gobe- 
let. Il  Disposition  donnée  à  un  arbre  à  fruit,  taillé  de 
manière  que  le  haut  ne  soit  pas  plus  large  que  le  bas. 

•GOBELETERIE  [gôb'-let'-ri  ;  en  vers,  gô-be-lè-te-ri] 
s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gobeleUer,  §§  65  et  68.  ||  1791.  encygl. 
MÉTH.  Verrerie.^ 

Il  Kare.  Fabrication,  commerce  du  gobeletier. 

-GOBELETIER,  1ERE  [gob'-le-tyé ,  -tyer  ;  en  vers, 
gô-be-...]  s.  m.  et  f. 

[ÉT^-M.  Dérivé  de  gobelet,  §§  65  et  115.  Ji  Néolog.] 

I)  Rare.  Celui,  celle  qui  fabrique,  qui  vend  des  gobe- 
lets, des  verres  à  boire,  etc. 

'GOBELIN  [gôb'-lin  ;  en  vers,  gù-be-...]  5.  ?«. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  lat.  gobelinus,  qui  se  rattache 
au  grec  xoëaÀo;,  »n.  s.  §  5.  ||  xvic  s.  Pensant  qu'il  allast 
tirer  le  gobelin  de  sa  manche,  BON.  des  per.  Xouv.  7.] 

Il   Vieilli.  Sorte  de  lutin. 

•GOBELOTER  ou,  selon  acad.,  GOBELOTTER  [gôb'- 
I6-té  ;  en  vers,  gô-be-...]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Pour  gobeleter,  §  167,  dérivé  de  gobelet,  §  154.  || 
1680.  Gobeloter,  richel.] 

I!  Famil.  Prendre  souvent  du  vin,  des  liqueurs.  ||  P. 
ext.  Faire  des  parties  où  l'on  boit,  où  l'on  mange. 

•GOBELOTEUR,  EUSE  [gôb'-lo-te'ur,  -teuz';e«  vers, 
gô-be-.. .]  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gobeloter,  §  512.  ||  Néolog.] 

Il  Famil.  Celui,  celle  qui  gobelote. 


GOBE-MOUCHES  [gob'-mouch'  ;  en  vers,  gô-be-...] 
s.  ra. 

[ÉTYM.  Composé  de  gobe  ;  du  verbe  gober'i  et  mouche, 
§  209.  Il  1611.  Gobe-mouche,  moineau  de  haye,  cotgr.  Ad- 
mis ACAD.  1798.] 

il  1»  (Hist.  nat.)  Passereau  dentirostre  qui  se  nourrit 
principalement  de  mouches.  ||  P.  anal.  Attrape-mouche, 
plante. 

Il  2"  Fig.  Celui,  celle  qui  accepte  crédulement  tout  ce 
qu'il  entend  raconter. 

GOBER  [gô-bé]  v.  tr. 

[ÉTY.M.  Dérivé  du  radical  de  gobet,  §  154.  ||  1549.  r.  est.] 

Il  Manger,  avaler  sans  prendre  le  temps  de  mâcher.  — 
une  huître.  Nous  en  savons  plus  d'un  (touri,  dit-il  en  les  go- 
bant, LA  F.  Fab.  m,  l'S.  L'hirondelle  gobe  les  mouches  et  les 
autres  insectes.  Il  P.  anal.  ^Faucunn.',  —  les  perdrix,  les  faire 
happer  par  le  faucon.  ||  Fig.  —  l'appât,  le  morceau,  l'ha- 
meçon, se  laisser  attraper.  Ils  goberont  l'appât,  vous  serez  leur 
ami,  LA  F.  Fab.  viii,  14.  Je  ne  suis  pas  homme  à  —  le  mor- 
ceau, MOL.  Èc.  des  f.  II,  1.  Propres  à  —  les  hameçons  qu'on 
leur  veut  tendre,  ID.  Pourc.  ii,  3.  Famil.  —  qqn,  en  être 
dupe.  Se  — ,  être  dupe  de  soi-même.  ||  —  les  mouches, 
accepter  crédulement  tout  ce  qu'on  entend  raconter. 

1.  'GOBERGE  [gô-bèrj'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  |j  1135.  Pisces  sicci  qui  vocan- 
tur  gauberges,  dans  godef.  gauberge.] 
Il  Dialect.  Morue  sèche,  merluche. 

2.  GOBERGE  [gô-bèrj'J  s.  f. 

[ÉTYM.  Semble  apparenté  à  écopercbe  et  camperche  [Y. 
ces  mots  s  §  509.  [|  168(j.  richel.  .\dmis  acad.  1762.1 

Il  (Technol.)  Ais  qu'on  appuie  contre  un  meuble,  un 
placage  fraîchement  collé,  pour  le  maintenir.  Ais  qu'on 
fixe  en  travers  d'un  fond  de  lit.  Planchette  de  layetier  pour 
assembler  des  caisses. 

GOBERGER  (SE)  [gô-bèr-jé]  v.  pron. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi*^  s.  Sans  qu'il  congnust 
que  Faifeu  le  gauberge,  CH.  DE  bourdigné,  Pie/Te  Falfeu, 
p.  52,  dans  la  c.  Admis  acad.  1718.1 

Il  1"  Vieilli.  S'amuser  de  (qqn).  Gobergeons-nous  ensem- 
ble de  ce  cousin  de  meunier,  dancocrt.  Vacances,  se.  1. 

Il  2°  Se  donner  ses  aises. 

GOBET  [gô-bè]  .?.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  radical  gobb,  d'origine  celtique,  qui 
se  retrouve  dans  les  dialectes  actuels  avec  le  sens  de 
«  bouche  »,  §§  3  et  133.  Le  sens  II  est  un  développement 
postérieur  dû  au  verbe  gober.  ||  .\iii«  s.  Tant  ama  bons  go- 
bez et  robes,  g.  de  coincy,  dans  godef.] 

I.  Bouchée.  Nous  en  mangerons  de  bons  gobets,  u.\ute- 
roche,  Crispin  niédecin,  n,  7. 

II.  Il  1°  Action  de  gober.  Spe'cialt.  Chasser  au  —,  en 
faisant  happer  (la  perdrix)  par  le  faucon.  ||  Fig.  Prendre 
qqn  au  — ,  par  surprise. 

Il  2«  Celui  qui  gobe.  Fig.  Dn  bon  — ,  homme  crédule. 

GOBETER  [gob'-té  ;  en  vers,  gô-be-té]  v.  tr. 

[ÉT-i-M.  Dérivé  de  gobet,  §  154.  |j  xiii«  s.  Ainz  se  leroit 
com  ours  beter  Gobez  lessast  a  gobeter,  G.  de  coincy,  dans 
godef.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Crépir  en  faisant  entrer  le  plâtre,  le  mor- 
tier, dans  les  joints  avec  la  main  ou  le  plat  de  la  truelle. 

'GOBETIS  [gÔb'-ti  ;  im  Vc7-s,  gô-be-ti]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gobeter,  §  82.  ||  Seolog.] 

Il  (Technol.)  Plâtre,  mortier  pour  gobeter.  ||  Ouvrage 
fait  en  gobetant. 

'GOBEUR,  EUSE  [gô-beur,  -beuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gober,  §  112.  |j  1554.  Voicy  venir  le  beau 
Gobeur,  dans  delb.  Hec] 

Il  Celui,  celle  qui  gobe  qqch.  Celui  qui  le  premier  a  pu 
l'apercevoir  (l'huitre;  En  sera  le  — ,  la  f.  Fab.  ix,  9.  Fig. 
Dn  —  de  mouches,  et.  absolt,  Dn  — ,  un  gobe-mouches. 

'GOBILLARD  [gô-bi-yàr]  a\  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1761.  f.  de  bondaroy,  Ton- 
nelier, p.  66.] 

Il  (Technol.)  Planche  préparée  pour  faire  des  douves. 

'GORILLE  [gô-biy'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Paraît  composé  de  bille  et  d'un  préfixe  dont  l'o- 
rigine et  le  sens  sont  obscurs,  §  196.] 

Il  Bille,  boule.  |i  Spécialt.  Bille  servant  aux  jeux  d'en- 
fants. 

GOBIN  [gô-bin]  s.  m. 

[ÉTY^M.  Emprunté  de  l'ilal.  gobbino,  diminutif  de  gobbo, 


GOBINEAU 


—  U77  — 


GOGUENARD 


bo.s?u,  S  12.  I!  XVic-xviiP  s.  Le  duc  de  Mantoue,  qu'on  appeloit 
le  gobin,  parce  qu'il  estoit  fort  bossu,  hhant.  i\,  3(51,  La- 
lanne.] 

((  Vieilli.  Bossu.  Maudit  — ,  bours.  Ésope  à  la  ville,  v,  2. 

'GOBINEAU  [^o-bi-nô]  s.  m. 

[ÉTiM.  Orif^itie  inconnue.  ||  Np'olof}.] 

Il  (Techiiol.)  Haccord  d'un  carrelage  près  du  mur. 

'CODAGE  [f;ù-dàj'j  .y.  ?«. 

[ÉTYM.  iJérivé  de  goder,  §  78.  ||  1774.  Un  godage,  N.  des- 
MAREST,  iV/é/n.  sur  les  papeteries,  u,  lO.J 

Il  (Technol.)  Action  de  f^oder. 

•GODAILLE  [gô-dây'].    V.  gogaiUe. 

GODAILLER  [gù-dà-yé]  v.  inlr. 

[ÉTYM.  Parait  être  une  altération  de  gogaiUer,  dérivé 
de  gogaille,  .«;§  184  et  509.  L'aric.  franc,  dit,  dans  un  sens 
analofc'ue,  gogoyer  ou  gogayer.  ||  1752.  thév.  Admis  ac.\d. 
1762.) 

Il  l'op.  Se  livrer  à  la  boisson. 

GODAILLEUR,  'GODAILLEUSE  [gô-dâ-yeur,  -veuz  j 
."f.  m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  godailler,  §  112.  ||  Néolog.  Admis  xa^D. 
1878.] 

Il  l'op.  Celui,  colle  qui  godaille. 

•GODAN  ou  "GODANT  [gù-dan]  5.  wî. 

(ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvii''-xviii<=s.  V.  à  l'article.] 

Ij  l'up.  Tromperie.  Donner  dans  le  — .  Cet  inepte  et  hardi 
godant  qu'ils  avaient  donné  à  Monseigneur,  st-sim.  yiii,  231. 

GODELUREAU  [gôd-lu-rô  ;  en  vers,  gù-de-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  goguelureau  (nicot,  cotgr.),  dérivé  de  go- 
guelu,  SS  63  et  126,  et  confondu  avec  galureau,  mot  de 
lanc.  franc,  d'origine  inconnue  qui  est  encore  employé 
par  SOREL  {Francion,  p.  330;  sous  la  forme  galoureau, 
§  509.  Il  xvi«  s.  Ho!  guodelureau  moine,  rab.  iv,  65.] 

Il  Jeune  galantin.  Le  temple  de  Dieu  sert  de  rendez-vous 
aux  godelureaux  et  aux  coquettes,  scaur.  Rum.  com.  i,  9.  Ce 
sont  de  beaux  morveux,  de  beaux  godelureaux,  mol.  Av.  n,  5. 

GODENOT  [gôd'-nô;  en  vers,  gô-de-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xyii»  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Figurine  qu'escamotent  les  joueurs  de  gobe- 
lets. Le  Mazarln  n'est  qu'une  manière  de  — ,  retz,  Méin.  iv, 
320.  ann.  1652.  ||  Fiy.  Vilain  petit  homme,  n  n'est  vice  si 
bas  Que  n'ait  le  — ,  bours.  Fables  d'Ésope,  i,  4. 

GODER  [gù-déj  V.  intr. 

[ÉTYM.  Semble  tiré  de  godron  à  une  date  récente,  §  37. 
\\  1771.  trév.  Admis  acao.  1762.] 

Il  (Technol.)  Faire  des  plis.  Un  vêtement  qui  gode. 

GODET  [gô-dè]  ^f.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xiii<=  s.  Or  faut  mesures  et 
hanas,  Voires,  godes.  Choses  qui  faillent  en  mesnage.] 

I.  Anciennt.  Petit  bassin  sans  pied  ni  anse. 

II.  f.  anal.  Vase  de  même  forme  où  l'on  délaie  les  cou- 
leurs, où  tombe  l'huile  d'un  quinquet,  etc.  ||  Récipient 
li.xé  de  distance  en  distance  à  une  machine  à  élever  l'eau. 
Dne  roue  à  godets.  ||  Entonnoir  par  lequel  le  métal,  pour 
couler  une  cloche,  un  canon,  etc.,  tombe  dans  les  jets.  || 
Égoul  d'un  chéneau.  ||  P.  ext.  Capsule  du  gland  de  chêne. 

GODICHE  [gô-dich']  s.  vi.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  Godon,  forme  hypocoris- 
tique  de  Claude,  §§  36,  S2  et  509.  ||   1752.  trév.  Admis 

ACAD.   1878.] 

Il  Famil.  Nigaud,  nigaude. 

•GODILLE  igô-diy']  .y.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1792.  Goudille,  romme,  Dict. 
de  mar.] 

Il  (Technol.)  Aviron  à  l'arrière  d'un  bateau  pour  ma- 
nœuvrer seul  l'embarcation. 

•GODILLER  [gô-di-yé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  godiUe,  §  154.  ||  1792.  Goudlller,  romme, 
Dict.  de  7nar.] 

Il  (Technol.)  Manœuvrer  avec  la  godille. 

•GODINETTE  jgo-di-nct'J  ,s\  /'. 

[ÉTYM.  Paraît  dérivé  du  lat.  gaudere,  se  réjouir,  §§  WX) 
et  133.  Il  xv*  s.  Dne  godinette  Qui  vient  rire ,  coyUiLLART, 
II,  208.] 

Il   Vieilli.  Fille  d'humeur  galante. 

GODIVEAU  [gô-di-v6]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xyi^s.  Dng  boisseau  de  guo- 
diveaulx,  rab.  m,  18. 

Il  Sorte  d'andouillette.  Dne  tourte  de  godiveaux,  el,el/ipt. 
Un  — .  On  —  tout  brûlé  par  dehors,  boil.  Sat.  3. 


GODRON  'gô-dronj  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  goderon,  d'origine  inconnue.  ||  1467.  L'un 
des  goderons  d'argent,  dans  l.  de  laborue,  ÉytiaiLT,  p.  332.] 

Il  Tecliiiol.  !;  l".Moulure  ovale  au  bord  de  la  vaisselle 
d'argent. 

li  2''  Pli  rond  fait  aux  collerettes  dites  fraises,  aux  ja- 
bots, aux  manchettes,  etc.  ||  /'.  anal.  Guillochure  qui 
rayonne  sur  le  fond  d'un  cachet,  d'un  chaton  de  bague. 

GODRONNER  [gô-drô-néj  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  godron,  §  154.  i|  1385.  Dn  eaubenoistier 
gouderonné,  dans  goijef.  Compl.] 

Il  (Technol.)  ||  1"  Horder  d'une  moulure  ovale  'la  vais- 
selle d'argent).  De  la  belle  vaisselle  toute  neuve,  toute  go- 
dronnée,  sÉv.  12.32.  ||  Fig.  (Anal.;  Canal  godronné,  qui  borde 
le  tour  du  cristallin  de  l'œil,  entre  le  ccji'ps  cillaire  et  le 
corps  vitré.  ||  P.  anal.  Tourner  (la  tète  de  l'épingle)  sur 
le  moule. 

Il  2°  Empeser  et  repasser  à  gros  plis  ronds.  —  une  fraise 
(collerette).  ||  P.  anal.  (Botan.)  Feuille  godronnée,  dont 
le  bord  présente  des  festons  séparés  par  des  plis  pro- 
fonds. Il  P.  ext.  I  1.  —  un  cachet,  un  chaton  de  bague,  y 
faire  des  guillochures  qui  rayonnent  comme  les  plis  d'une 
fraise.  |  2.  —  une  vis,  faire  sur  le  lourde  la  tète  de  petites 
entailles  pour  (}u'elle  oiïre  plus  de  prise. 

GOÉLAND  [gô-é-lanj  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  breton  gwélan,  m.  s.  %  4.  |ixv«- 
xvi'=  s.  Gaellans,  GARCiE,  Granl  Routier,  {•>  33.  Admis  ac\d. 
1835  et  écrit  d'abord  goéland.] 

Il  (Hist.  nat.)  Espèce  de  grande  mouette,  oiseau  de  mer. 

GOÉLETTE  [gô-é-lèf]  j.  /'. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1752.  Goualette,  trév.  Ad- 
mis ACAD.  1835  et  écrit  d'abord  goélette.] 

Il  1°  (Marine.)  Navire  léger  à  deux  mâts. 

Il  2"  Fig.  Hirondelle  de  mer. 

GOÉMON  [gô-é-mon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  breton  gwémon,  m.  s.  §  4.  || 
.xiv'^  s.  Globum  herbe  marine  vocate  goumon,  dans  Df  c.  gou- 
mon.] 

Il  Varech,  plante  marine.  ||  Engrais  fait  de  ce  varech. 

GOÉTIE  [gô-é-si]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  goetia,  grec  yoT^Tsia,  sorcelle- 
rie, de  YÔT.î,  sorcier.  |i  .xvi«^  s.  mayerne-tlrquet,  dans 
delb.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Antiq.)  Évocation  des  génies  malfaisants. 

•GOFFE  [gôf]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  goffo,  m.  s.  §  12.  |j  1573. 
Choses  goffes  et  peu  honnestes,  larivey,  Veuve ,  prol.  Ad- 
mis ACAD.  1694  ;  suppr.  en  1878.] 

Il   Vieilli.  Lourd,  çrossier. 

GOGAILLE  [go-gây']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gogue,  §  95.  [Cf.  godailler.)  ||  1.564.  Faire 
gogaille  et  ripaille,  jumus,  dans  godep.  Compl.] 

Il  Pop.  Joyeux  repas.  Faire  —  avec  ses  voisins,  sOREL, 
Francion,  p.  58. 

1.  GOGO  (À)  [à-gô-gô]  loc.  adv. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  [Cf.  gogue.)  ||  xv»  s.  Mieux 
amassent  a  gogo  Gésir  sur  molz  coissinès,  CH.  d'orl.  Chan- 
sons, 123.] 

Il  Famil.  Tout  son  soûl.  Laissez-moi,  s'il  vous  plaît,  m'en 
donner  à  —,  th.  corn.  D.  César  d'Avalos,  i,  4. 

2.  'GOGO  [gô-go]  .y.  m. 

[ÉTYM.  Se  rattache  peut-être  à  gober.  {Cf.  go.)  ||  Xéolog.] 

Il  Famil.  Personnage  crédule  et  confiant  à  l'excès.  Les 
gogos  enrichissent  les  financiers  peu  scrupuleux. 

•GOGUE   (gùg']  S.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  (Cf  gogo  1.)  j]  xui«  s.  Tout 
vient  à  gogue,  Ysopel,  1,  23,  Robert.] 

Il   Vieilli.  Liesse. 

"GOGUELU,  UE  [gog'-lu;  en  vers,  gô-ghe-hil  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gogue,  JIS  *^  et  118.  [Cf.  godelureau.) 
Il  xve  s.  Pauvres  goguelus,  coquillart,  i,  63.  Admis  acad. 
1694  ;  suppr.  en  1718.] 

Il  Virii/i.  Content  de  lui,  suffisant. 

GOGUENARD,  ARDE  [gog'-nàr, -nàrd' ;  rn  vers,  gô- 
ghe-...]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gogue,  §  147.  ||  1642.  oud.] 

Il  Qui  a  l'air  de  se  moquer  des  gens.  Dn  souris  —,  ki  ret. 
Rom.  hourg.  i,  104.  D'Aubigné  ne  se  contraignait  pas  de  pren- 
dre un  ton  —,  ST-SIM.  i,  479.  ||  Substantut.  Un  -  presque 
sexagénaire,  MOL.  Èc.  des7n.i,2.  —  dangereux,  noiu  Art  p. 2. 


GOGUENARDER 


ins  — 


GONFALON 


[gog'-nkr-dé  ;  en  vers,  go-ghe-...] 
XVI''  s.  Ils  se  gogue- 


GOGUENARDER 

V.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goguenard,  §  154. 
nardassent  de  nous,  dans  godef.  CompL] 

Il  Faire  le  goguenard.  Nous  ne  faisions  que  —  pendant  le 
voyage,  hamilt.  Gram.  159. 

GOGUENARDERIE  [gog'-nàrd'-ri  ;  en  vers,  gù-ghe- 
nàr-de-rij  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goguenard,  §  &).  A  supplanté  gogue- 
nardie,  (lui  se  trouve  au  commencement  du  xvu«  s.  {V. 
iiici.H.  Roc.)  Il  XYii"  s.  V.  à  l'article.  Admis  acad.  1798.] 

Il  Action  de  goguenarder.  Je  l'enverrais  promener  avec 
ses  goguenarderies,  MOL.  Méd.  m.  l.  Il,  2.  Le  roi  était  fort  ac- 
coutumé à  lui  et  à  ses  goguenarderies,  ST-i<tM.  ii,  424. 

*GOGUENOT  [gôg'-nô;  en  vers,  gù-ghe-...J  s.  m. 

[ÉTYM.  Urigine  inconnue.  ||  Néolog.] 

Il  1"  Dialect.  Pot  à  cidre. 

Il  2"  (Technol.)  Cône  de  poterie  qui  soutient  de  dis- 
tance en  distance  un  bétonnage. 

Il  3"  l\  e.rt.  Trivial.  Latrines. 

GOGUETTE  [gô-ghef]  5.  /'. 

[ktvm.  Dérivé  de  gogue,  §  133.  ||  xv^  s.  Nous  ferons  go- 
guettes, Cent  Noiiv.  nouv.  93.] 

Il  Famil.  Joyeuseté.  Conteur  de  goguettes,  GiiEFtARDi,  Th. 
ital.  V,  '22.  Il  l\  e.Tt.  Être  en  —,  ou  goguettes,  un  peu  trop 
gai,  pour  avoir  bu.  ||  Ironiqt.  Chanter  —  ou  goguettes  à 
qqn,  lui  faire  des  reprociies.  A  sa  moitié  chanta  — ,  la  f. 
Contex,  Pâté  d'anguilte. 

GOINFRE  [gwînfr']  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi"  s.  V.  à  l'article.] 

Il  1»  Anciennt.  Soldat  maraudeur.  Les  grands  seigneurs, 
par  émulation,  en  faisaient  plus  que  les  pauvres  goinfres,  d'aub. 
Fœneste,  iv,  4. 

Il  2"  Parasite.  On  —  en  atoute  la  gloire,  boil.  Foe's.  div.  1. 

Il  3«  Goulu. 

GOINFRER  [gwin-fré]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goinfre,  §  154.  ||  1642.  oud.] 

Il  Manger  goulûment. 

GOINFRERIE  [gwin-fre-ri]  .s\  f. 

[ktym.  Dérivé  de  goinfre,  g  69.  |]  xvii<=  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Avidité  goulue.  Je  tâche  de  me  ressouvenir  des  impor- 
tantes leçons  de  — ,  maynaru,  Lelt.  51,  édil.  1653.  L'attirail 
de  la  —,  la  f.  Fab.  ii,  20. 

GOITRE  [gwàtr']  s.  m.  (fém.  au  xviie  s.). 

[ÉTYM.  Tiré  de  goitreux  (F.  ce  mot),  §  37.  L'anc.  franc. 
dit  goitron  au  sens  de  <<  gorge  »,  d'après  le  lat.  pop.  'gùttriô- 
nem.  furet,  enregistre  encore  gouetron  comme  synonyme 
de  goitre  ou  gouetre.  ||  1564.  j.  THIERRY,  Uict.  franç.-lat.] 

Il  Tumeur  indolente  à  la  partie  antérieure  du  cou.  ||  P. 
anal.  \  1.  Tumeur  qui  se  forme  sous  la  mâchoire  des  mou- 
tons et  qqf  des  chiens.  |  2.  Expansion  cutanée  qui  pend 
sous  le  cou  de  certains  sauriens,  de  certains  oiseaux  (pé- 
lican). 

GOITREUX,  EUSE  [gwâ-treli,  -treuz']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  goltros,  m.  s.  qui  corres- 
pond au  lat.  pop.  "gùtturiôsum ,  §  11.  ||  1411.  Goytreux, 
texte  du  Forez  dans  du  c.  pecten.] 

Il  1"  Qui  est  de  la  nature  du  goitre.  Tumeur  goitreuse. 

Il  2°  Qui  a  un  goitre.  Un  individu  —,  et,  substantivt,  Un 
— ,  une  goitreuse. 

GOLFE  [golf]  S.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  golfo,  m.  s.  qui  vient  du  grec 
xôX~o;,  §  12.  (Cf.  gouffre.)  ||  xiii"  s.  Et  siet  sor  un  goffre 
de  mer,  villeh.  460.  |  1418.  Ledit  guolf  de  Lion,  caumont, 
Voy.  à  Jérus.  dans  delb.  Rec.  \  1606.  Golfe...  Aucuns  escrl- 
vent  et  prononcent  «  goulphe  »,...  autres  «  goulfre  »,  nicot.] 

Il  Partie  de  mer  formant  un  large  enfoncement  dans  les 
terres.  (Syn.  baie.)  Le  —  de  Gascogne.  ||  Ficj.  (Anat.)  —  de 
la  veine  jugulaire,  partie  où  cette  veine  s'élargit. 

*GOMÈNE  [gô-mén'].   V.  gumène. 

*GOMMAGE  [gô-màj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gommer,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Action  de  gommer. 

GOMME  [gôm']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gummis,  grecxôixiii,  m.  s.  mot 
d'origine  égyptienne,  §  26.  ||  xii^  s.  Des  go'mes  qui  dedens 
alument  Bone  est  l'olors,  ben.  de  ste-more,  Troie,  14829.] 

Il  1"  Substance  qui  découle  de  certains  arbres  et  dont 
on  se  sert  pour  coller,  apprêter,  lustrer,  ou  que  l'on  em- 
ploie comme  adoucissant  dans  des  sirops,  pâtes,  pastil- 


les, etc.  —  arabique,  —  du  Sénégal,  fournie  par  diverses  es- 
pèces de  mimosa.  —  adragant,  fournie  par  plusieurs  astra- 
gales. Boules,  sirop  de  —,  bonbon,  sirop  à  base  de  gomme. 

Il  2°  — résine,  substance  composée  de  gomme  et  de 
résine  (alocs,  gaïac,  copal,  etc.),  qui  découle  de  certains 
arbres.  — gutte,  fournie  par  le  guttier  de  Ceylan.  —  laque, 
fournie  par  des  plantes  légumineuses  de  l'Inde.  ||  P.  anal. 
—  des  funérailles,  bitume  de  Judée,  servant  à  embaumer 
les  morts. 

Il  3»  —  élastique,  substance  élastique,  dite  caoutchouc, 
que  donne  en  se  durcissant  le  suc  de  diverses  plantes  lac- 
tescentes (euphorbiacées,  urticées,  etc.).  Spëciall.  Mor- 
ceau de  celte  substance  préparé  pour  effacer  le  crayon. 

GOMMER  [gù-mé]  v.  tr. 

[ÉTY^L  Dérivé  de  gomme,  §  154.  ||  xiv"  s.  Com  ce  fust  de 
cire  gommée,  Mir.  de  N.-D.  dans  delb.  Rec.] 

Il  1»  Enduire  de  gomme.  Toile,  papier  gommé.  Enveloppes 
gommées,  dont  le  bord  est  enduit  de  gomme,  qu'on  mouille 
pour  les  fermer.  ||  P.  anal.  Taffetas  gommé.  |  1.  Taffetas 
enduit  d'une  substance  qui  le  rend  imperméable.  |  2.  Taf- 
fetas enduit  d'une  préparation,  qu'on  met  sur  les  cou- 
pures. 

Il  2"  Délayer  avec  de  la  gomme.  Des  couleurs  gommées. 
Il  Mêler  avec  de  la  gomme.  Une  tisane  gommée. 

GOMMEUX,  EUSE  [gô-meli,  -meuz]  adj.  et  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gomme,  §  116.  ||  .xv?  s.  Substance  gom- 
meuse,  Grant  Herbier,  dans  godef.  CompL  Admis  .\cad. 
1718.] 

I.  Adj.  Il  1"  Qui  contient  de  la  gomme.  Extrait  — . 

Il  2"  Qui  a  la  nature  de  la  gomme.  Substance  gommeuse. 

II.  Néolog.  S.  m.  .leune  homme  épuisé  par  les  excès, 
réduit  à  prendre  de  la  gomme.  {Cf.  Tricoche  et  Cacolet, 
comédie,  1875.)  ||  P.ext.  Jeune  homme  à  la  mode. 

GOMMIER  [gù-myé]  ^\  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gomme,  §115.||  1694.  th.  corn.  Admis 
ACAD.  1798.] 

Il  (Botan.)  Arbre  à  gomme  (acacia,  mimosa,  etc.). 

GOMPHOSE  [gon-foz'j  s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  Y^^JJ-'-swaiî,  de  yôjJL'joi;,  che- 
ville. Il  xvi''  s.  PARÉ,  IV,  43.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (.\nat.)  Articulation  oii  l'os  emboîté  est  fixe. 

GOND  [gon]  s.  ni. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gomphum,  grec  y6[j.--fo^,  cheville,  devenu 
*gonf,  gon,  puis  écrit  arbitrairement  gond,  §§  450  et  290.] 

Il  (Technol.)  Fiche  de  fer  sur  laquelle  s'emboîte  et 
tourne  une  penlure  de  porte,  de  persienne,  etc.  Sceller  un 
— .  Il  Fig.  Mettre  (qqn)  hors  des  gonds,  hors  de  lui-même. 
Monsieur,  hors  des  gonds,  dit  au  roi...,  ST-siM.  m,  24. 

GONDOLE  [gon-dolj  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gondola,  m.  5.  §  12.  Au  xivo  s. 
on  trouve  gondre  (  V.  delb.  Rec.),  forme  où  l'accent  tonique 
de  l'italien  est  respecté.  ||  1550.  Galiotes,  gondoles  et  frégates, 
RAB.  Sciomachie.  Admis  acad.  1718.] 

Il  Bateau  léger,  long  et  plat,  dont  la  proue  élancée  se 
recourbe  eu  dehors  et  dont  on  se  sert  particulièrement 
à  Venise.  Une  —  avec  sa  proue  Faite  en  manche  de  violon, 
TH.  GAUTIER,  Cavn.  de  Vejiise.  ||  P.  anal.  Vase  à  boire, 
allongé,  sans  pied  ni  anse,  dont  on  se  servait  autrefois. 
Deux  gondoles  de  laiton,  SCarr.  Virg.  trav.  5.  ||  Soucoupe 
ovale,  pour  lotions  aux  yeux.  ||  Rigole  pavée. 

GONDOLER  [gon-dù-lé]  i;.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gondole,  §  154.  |j  Néolog.  Admis  acad. 
1878.] 

Il  (Technol.)  Se  recourber  dans  certaines  parties.  Une 
porte  qui  a  gondolé. 

GONDOLIER,  'GONDOLIÈRE  [gon-dô-lyé,  -lyèr]  s. 
m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gondole,  §  115.  [Cf.  ital.  gondoliere,  m. 
s.)  Il  xvi»  s.  Gondoliers  de  Venise,  r.^b.  ii,  20.  Admis  acad. 
1718.] 

Il  Batelier,  batelière  qui  conduit  une  gondole. 

GONFALON  [gon-fà-lon]  et  GONFANON  [gon-fà-non] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  guntfano,  m.  s. 
proprt,  «  bannière  (V.  fanon)  de  combat  »,  g§  6,  498  et 
499.  Pour  la  dissimilation  de  gonfanon  en  gonfalon,  V. 
§  361.  Il  xi«  s.  El  cors  li  met  les  pans  del  gunfanun,  Roland, 
1228.] 

Il  1°  Bannière  militaire,  suspendue  à  une  lance,  à  un 
étendard.  L'oriflamme  fut  d'abord  le  gonfanon  royal. 


GOx\FALOMER 


1179 


GOHGER 


Il 2"  Bannière  ecclésiastique  sous  laquelle  se  rangeaient 
les  vassaux  de  l'Kglise. 

GONFALONIER  [f,'on-fà-lù-ny(']  et  GONFANONIER 
lgon-l';i-iii')-iiv('-]  s.  m. 

[ktvm.  l)r-rivr  de  gonfalon,  S  H^-  Il  xi*^s.  Gefreiz  d'Anjou, 
le  rei  gunfanuniers,  linUuid.  1Û().1 

Il  Celui  qui  p(jrte  le  gonfalon.  ||  Sppcialt.  \  1.  Gonfalonier 
de  l'Église,  protecteur  établi  par  les  papes  dans  les  villes 
d'Italie,  j  2.  Gonfalonier  de  justice,  magistrat  suprême  de 
certaines  ii'publiques  d'Italie  au  moyen  âge. 

•GONFLE  tgônll']  s.  f. 

[ÉTYM.  Suhst.  verbal  de  gonfler,  S  52.  ||  1757.  f.ncyci,.] 

Il  (Teclmol.)  Boursoullure  dans  h;  lil  de  métal. 

GONFLEMENT  [f,n)n-tle-man]  .v.  m. 

[ktv.m.  Di'-rivé  de  gonfler,  §  145.  Ij  wi»  s.  Gonflemens  de  la 
poitrine,  nu  pinkt,  dans  uei.iî.  liée.  Admis  ac.\u.  1718. J 

Il  i*;tal  de  ce  qui  est  gonllé. 

GONFLER  [gon-(lé|  V.  Ir. 

[ÉTVM.  Emprunté  de  Vital,  gonfiare,  m.  s.  qui  vient  du 
lat.  conflare,  proprt,  «  souftler  dans  »,  §  12.  ||  xvi»  s.  L'utérus 
gonfle  et  s'enfle,  paré,  xvni,  52.] 

Il  Distendre  en  tous  sens  (un  corps  élastique)  par  une 
pression  intérieure.  (S t/n.  enfler.)  —  un  ballon,  une  vessie. 
Avoir  le  ventre  gonflé.  La  pâte  se  gonfle  dans  la  poêle.  Les 
grains  de  raisin  commencent  à  se  — .  !|  P.  ert.  Klntler.  Avoir 
les  yeux  gonflés.  Le  vent  gonfle  les  voiles  du  navire.  Un  tor- 
rent gonflé  parla  fonte  des  neiges,  il  Fii/.  |  1.  Remplir  qcin) 
du  sentiment  de  son  importance.  C'est  un  homme  gonflé 
de  l'amour  de  soi-même,  mol.  Mis.  ii,  4.  L'autre  est  gonflé 
d'audace,  corn.  Attila,  iv,  3.  |  2.  Remplir  d'un  sentiment 
qu'on  a  peine  à  contenir.  Avoir  le  cœur  gonflé  de  joie,  de  tris- 
tesse. Afjsolt.  Avoir  le  cœur  gonflé,  avoir  envie  de  pleurer. 

GONG  Igông']  s.  m. 

[ÉTV.M.  Emprunté  du  malais  gong,  m.  s.  §  28.  ||  Ne'olog. 
Admis  ACAD.  1878.] 

Il  Cymbale  d'Orient,  plateau  de  métal  sonore  sur  lequel 
on  frappe  avec  une  baguette  à  tampon.  [Syn.  tam-tam.) 

•GONGYLE  [gon-jil]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yoi/vûXo;,  rond.  ||  1813.  de 
CANDOLLE,  Tkc'orie  de  la  botan.  p.  348.] 

Il  ^Botan.)  Spore  reproducteur  des  algues,  lichens,  etc. 

*GONICHON[gô-ni-chon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  l'anc.  franc,  gone,  robe,  §  105.  ||  1764. 
Cornet  nommé  gonichon,  duhamel  du  mo.nce.'VU,  Art  de  raff. 
le  sucre.] 

Il  (Technol.)  Cornet  couvrant  la  tôte  d'un  pain  de  sucre. 

'GONIDIE  [gô-ni-di]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  yôvo;,  production,  semence, 
§  235.  Il  Néolog.] 

Il  (Botan.)  Tissu  cellulaire  vert  des  algues,  des  lichens. 

GONIN  jgo-nin]  5.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre  d'un  célèbre  faiseur  de  tours,  §  .36. 
Il  xvi"  s.  J'ay  aussi  voulu  adjouster  a  Proteus  Maitre  Gonin,  bon. 
DES  PER.  \our.  dans  dei.b.  lire.] 

Il  Vieilli.  Maître  Gonin  (acad.  écrit  gonin  sans  majus- 
cule), un  fourbe.  M"«  Dubois  a  joué  à  la  pauvre  Durancy  un 
tour  de  maître  Gonin,  volt.    Lett.  16  déc.  1767. 

GONIOMÈTRE  [gô-nyô-mètr'  ;  en  vers,  -ni-ô-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  ytovia,  angle,  et  airocv, 
mesure,  §279.  ||  1783.  Le  goniomètre  ou  mesure-angle,  romé 
DE  l'isle,  Cristallogr.  p.  34,  préf.  .\dmis  acad.  1835.] 

Il  (Géom.)  Instrument  pour  mesurer  les  angles,  spe- 
cialt,  les  angles  des  cristaux. 

GONIOMÉTRIE  [gô-nvô-mé-tri;  envers, -m-b-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yojvîa,  angle,  jJLÉTpov, 
mesure,  et  le  suffixe  t»,  g  279.  ||  Mot  dû  à  lagny.  (  Y.  Mém. 
de  l'Acad.  des  se.  ann.  1724,  p.  241.)  .\dmis  acad.  1762.] 

Il  (Géom.)  Science  de  la  mesure  des  angles. 

•GONNE  Igôn']  *■.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1645.  A  gonne  desbondee, 
DAVID  ferrand,  Mii.'ie  norm.  dans  delu.  lire.] 

Il  iMarinc,  F\itaille,  baril. 

GONORRHÉE  [gô-nôr'-ré] .?.  /". 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gonorrhœa,  grec  yovopfo''a, 
m,  s.  proprt,  »  écoulement  séminal  ».  ||  xiv«  s.  Gomorree 
(sic),n.  DEG0RD0N,  dansGODEF.  Compl.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Médec.)  Écoulement  de  la  membrane  génito-urinaire. 

GORD  [gor]  .V.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine.  Le  bas  lat.  gordum,  que  l'on 
trouve  dès  1111  au  sens  de  «  gord  >•,  n'appuie  pas  un 


rapprochement  avec  le  lat.  gurges,  gouffre.  ||  .\dmis  acad. 
1762.] 

Il  fPècbe.)  Rang  de  perchés  en  angle  au  fond  d'une  ri- 
vière, fermé  par  un  filet  où  le  poisson  vient  se  prendre. 

GORDIEN  [gôr-dyin;  en  vers,-ù\-\i\\.  V.  nœud. 

GORET  ;gô-rè]  .s-.Y- 

[ÉTYM.  D(''rivé  de  l'anr.  franc,  gore,  truie,  mot  d'ori- 
gine inconnue,  §  133.  (C/'.  cochon]  \\  1297.  Gorret,  dans 

GODEF.   Compl.] 

Il  1"  Petit  cochon.  ||  Fig.  Famil.   Enfant   malpropre. 

il  2°  P.  plaisant.  (Marine.)  Balai  plat  pour  nettoyer, 
dans  un  navire,  les  parties  que  l'eau  a  couvertes. 

GORGE  [gôrj']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  *gOrga,  m.  s.  d'origine  ol)scure, 
§§  324  et  291 .  ||  xti<=  s.  Par  la  gorge  li  ist  l'aleine,  Éni-as, 
3654.] 

I.  Il  1"  Partie  antérieure  du  cou.  Prendre  qqn  à  la  — 
(pour  l'cUrangleri,  et,  fig.  Malgré  la  vue  de  toutes  nos  misè- 
res qui...  nous  tiennent  àla  — ,  PA^■c. /'en.?.  11,4.  Mettre  le  pied 
sur  la  —  à  qqn  (pour  qu'il  ne  puisse  se  relever;.  Présenter 
sa  —  au  coup  mortel,  corn.  //or.  iv,  2.  Tenir  le  poignard, 
le  pistolet  sur  la  —  à  qqn,  être  prêt  à  le  tuer,  s'il  ré-siste, 
et,  fig.  lui  faire  violence.  Il  me  tient,  le  scélérat!  le  poignard 

!  sur  la  —  !  MOL.  Av.  ii,  1.  Couper  la  —  à  qqn.  Se  couper  la  — . 
Famil.  Se  couper  la  —  avec  qqn,  se  battre  avec  lui.  n  faut, 

I   si  vous  le  trouvez  bon,  que  nous  nous  coupions  la  —  ensemble, 

I  MOL.  Mar.  forcé,  se.  9.  Fig.  Couper  la  —  à  qqn,  le  perdre. 

I  n  ne  peut  parler  à  M.  Colbert,  cela  nous  coupe  la  — ,  sÉv.  247. 

I  II  Spécialt.  En  parlant  des  oiseaux.  La  —  d'un  pigeon,  et, 
p.  appos.  Couleur  — de-plgeon,  à  reflets  changeants.  /'.  ert. 
Nom  de  divers  oiseaux.  Grosse — ,  le  combattant.  — blan- 
che, variété  de  mésange.  Rouge — .  {V.  ce  mot.]  \\  Fig.  La  — 
d'une  poulie,  cannelure  où  s'enroule  la  corde.  La  —  d'un 
éventail,  partie  où  est  un  clou  rivé  qui  en  retient  les  brins. 
La  —  d'un  plat  à  barbe,  écbancrure  où  on  entre  le  cou  pour 
se  savonner.  Spécialt.  (.Architect.)  Cannelure,  moulure 
concave. 

Il  2"  P.  ext.  Seins  de  la  femme.  Avoir  la  —  découverte. 
Une  épigramme  sur  une  belle  — ,  L.\  br.  Uisc.  à  l'Acad.  préf. 

II.  Il  1"  Gosier,  intérieur  delà  gorge.  Avoir  mal  à  la  — . 
Chanter  à  pleine  — .  Rire  à  —  déployée.  Chanter  de  la  — ,  en 
étranglant  le  son.  Avoir  la  —  sèche,  altérée.  Il  en  a  menti 
par  la  —  il  en  a  menti  ouvertement  .  Le  sot  ment  par  sa 
— ,  ROTROU,  Sœur,  n,  2.  ||  P.  e-rt.  Fauconn.)  Ce  qui 
entre  dans  la  gorge  de  l'oiseau.  Donner  —  chaude,  donner 
à  l'oiseau  de  la  chair  encore  palpitante.  Elle  en  fera  — 
chaude  et  curée,  la  f.  Faf/.  iv.  11.  Fig.  Faire  —  chaude  de 
qqn,  s'en  donner  de  plaisanter  à  ses  dépens,  n  trouva  l'aven- 
ture si  plaisante  qu'il  en  fit  une  —  chaude  au  lever  du  roi,  st- 
siM.  m,  49.  !|  Voler  sur  sa  — ,  prendre  son  vol  immédiate- 
ment après  s'être  repu,  et,  fig.  vieilli,  danser  en  sortant 
de  table.  ||  Rendre  — ,  vomir  les  aliments,  et.  fig.  restituer 
par  force  ce  qu'on  a  pris.  Faire  rendre  —  à  qqn. 

Il  2°  Fig.  Entrée  plus  ou  moins  étroite.  |  1.  Entrée  d'un 
ouvrage  fortifié.  La  —  d'un  bastion,  d'une  redoute.  |  2.  Entrée 
d'une  cheminée  à  manteau.  |  3.  Passage  étroit  entre  deux 
montagnes.  Les  gorges  du  Frioul.  |  4.  Entrée  du  tube  d'une 
corolle,  d'un  calice  de  Heur.  |  5.  Etranglement  à  l'orifu-e 
d'une  fusée.  |  6.  —  d'amaigrissement,  entaille  à  angle  aigu 
dans  une  pièce  de  charpente.  |  7.  —  d'une  serrure,  partie 
du  ressort  à  laquelle  répond  la  barbe  du  pcne. 

GORGE-DE -PIGEON.  V.  gorge. 

GORGEE  [gùr-jéj  ,v.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gorge,  S  119.  !|  xii<"  s.  Mets  ce  me  done 
bardemant  De  dire  tôt  seûremant  Ma  volonté  et  ma  gorgiee, 
CHRÉTIEN  DE  TROYES,  Cligès,6b6S.  .-\dmis  acad.  1718.] 

Il  1°  Ce  qu'on  peut  avaler  de  liquide  en  une  fois.  Boire 
une  — .  Boire  à  petites  gorgées. 

Il  2"  Fauconn.)  Ce  dont  on  gorge  l'oiseau.  Donner  à  l'oi- 
seau bonne  —  de  gibier. 

"GORGE-FOUILLÉE    gôr-jc-fou-vé]  5.  f. 

[ÉTYM.  Composé  de  gorge  et  fouillée  (partie,  du  verbe 
fouiUer),  §  173.  Souvent  altéré  en  gorge-fouille.  ||  17S5.  en- 

CYCL.   MÉTH.] 

I       II  (Technol.)  Instrument  de  menuisier  dont  le  fer  est 
arrondi  à  son  extrémité  et  qui  fait  à  la  fois  l'oflice  de  ra- 
I  bot  rond  de  côté  et  de  mouchette.  i^Cf.  gorget.) 
I       GORGER  [gùr-jé]  v.  tr. 

I       [ÉTYM.  Dérivé  de  gorge,  §  154.  |1  xiii«  s.  Bien  doit  haïr  si 
I   gorjant  gorge,  G.  de  coincy,  dans  godef.  gorgier  1.] 


GORGERE 


—  1180 


GOUDRONNERIE 


Il  Emplir  jusqu'à  la  gorge  (de  nourriture).  Si  l'on  se 
gorgeait  de  boire  et  de  manger,  pasc.  Prov.  9.  ||  P.  ext.  — 
une  volaille  (qu'on  élève  pour  Tengraisser).  ||  P.  anal.  — 
une  fusée,  remplir  la  cartouche  jusqu'à  la  gorge.  On  terrain 
gorgé  d'humidité.  (Art  vétérin.)  Un  cheval  qui  a  les  jambes 
gorgées,  gonflées  d'humeur.  ||  Fifj.  On  pirate  à  nos  yeux  se 
gorge  de  butin,  la  k.  Contes,  F.  du  roi  de  Garbe.  Prenait  le 
bien  des  seigneurs  et  en  gorgeait  le  fisc,  montesq.  Espr.  des 
Lois,  XXXI,  1. 

•GORGÈRE  [gèr-jèr]  s.  /. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gorge,  §  115.  ||  1278.  La  gorgiére  et  le 
haubers,  J.  sarrazin,  Ilam,  p.  308.] 

Il  ±0  Anciennt.  Collerette  de  femme  (couvrant  la  gorge). 
Il  Partie  de  l'armure.  (  V.  gorgerin.) 

Il  2°  Fig.  (Marine.)  Pièce  de  bois  dite  aussi  coupe-gorge, 
qui  traverse  la  gorge  du  navire  sous  l'éperon. 

"GORGERET  [gôr-je-rè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gorge,  §  134.  ||  1732.  trév.  Admis 
ACAD.  1762;  suppr.  en  1798.] 

Il  (Chirurgie.)  Instrument  àgorge,  à  canal  étroit,  pour 
opérer  qqn  de  la  pierre  (par  la  taille)  ou  d'une  fistule. 

GORGERETTE  [gôr-je-rêf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gorgère,  §§  65  et' 133.  ||  \\W  s.  Gorgeretes 
a  bacin,  dans  e.  boileau,  Livre  des  mest.  p.  371,  Depping.] 

Il  lo  Vieilli.  Collerette  de  femme  (couvrant  une  partie 
de  la  gorge). 

Il  2"  Bride  qui  attache  un  bonnet  d'enfant. 

GORGERIN  |gùr-je-rin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gorgère,  §§  65  et  ICKj.  ||  1447.  Un  gor- 
gerin et  un  hauscolz,  dans  godef.  CompL] 

Il  1»  Anciennt.  Pièce  de  l'armure  couvrant  le  devant 
du  cou. 

Il  2"  P.  anal.  Collier  épais  qui  protège  le  cou  d'un 
chien.  Mouflararmé  d'un  — ,  la  f.  Fab.  x,  8. 

Il  3°  Fifi-  (Architect.)  Partie  étroite  du  chapiteau  do- 
rique ou  toscan  au-dessus  de  l'astragale  de  la  colonne. 

*GORGET  [gôr-jè]  .?.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gorge,  §  133.  ||  1757.  encycl.] 

Il  (Technol.)  ||  1°  Habot  pour  faire  les  moulures  con- 
caves dites  gorges. 

Il  2"^  Moulure  concave  plus  petite  que  la  gorge. 

GORGONE  [gùr-gôn'j  s.  /'. 

[ÉTYM.  Tiré  du  nom  propre  Gorgone,  monstre  de  la 
mythologie  grecque,  §  .36.  ||  Sêoloq.  Admis  agau.  1878.] 

Il  (Botan.)  Sorte  de  polypier,  dont  l'aspect  rappelle  la 
tête  de  Méduse  (une  des  Gorgones), 

GORILLE  [gô-riy']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  gorilla  (sava- 
GES,  1847),  m.  s.  nom  donné  à  cet  animal  parce  qu'on  le 
suppose  identique  aux  gorillas  (hommes  et  femmes  ve- 
lus) dont  parle  \e  Périple  d' Uannon.  \\  Admis  acad.  1878.] 

Il  Singe  d'Afrique,  voisin  du  chimpanzé. 

GOSIER  [gô-zyéj  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  radical  gos-  d'origine  inconnue, 
§  115.  {Cf.  dégoiser,  égosiller,  elc.j  ||  xiii<=  s.  L'erbiere  et  le 
josier  coupez,  la  Chace  dou  cerf,  mss  franc.  Bibl.  nat. 
1593,  f»  167,  vo.] 

Il  Partie  intérieure  de  la  gorge. 

il  lo  Prolongement  du  pharynx  (arrière-bouche)  qui 
communique  avec  l'œsophage.  Un  os  lui  demeura  bien 
avant  au  — ,  la  k.  Fab.  m,  9.  Famil.  Avoir  le  —  sec,  être 
altéré.  Avoir  le  —  pavé,  ferré,  manger,  boire  très  chaud 
ou  très  épicé.  ||  Fiy.  Grand  —,  nom  vulgaire  du  pélican. 

Il  2»  Prolongement  du  pharynx  qui  communique  avec 
le  larynx.  Coup  de  — ,  mouvement  par  lequel  on  jette  un 
.son  d'une  seule  émission.  ||  Fiçj.  \  1.  Tuyau  par  lequel 
l'air  passe  du  soufflet  de  l'orgue  dans  le  porte-vent.  |  2. 
Partie  par  laquelle  l'air  entre  dans  un  soufflet  de  forge. 

'GOSILLER  [gô-zi-yé]  v.  intr. 

[ÉTY.M.  Dérivé  du  radical  de  gosier  [cf.  égosiller),  §  161. 
Il  xin<=  s.  Il  n'est  ne  pie  ne  calandre  Qui  ne  seûst  pas  gosillier 
Ce  qui  me  fet  si  merveillier,  dans  montaiglon  et  raynaud, 
Rec.  de  fabliaux,  i,  148.] 

Il  1"  Anciennt.  Dégoiser,  vomir. 

Il  2"  De  nos  jours.  (Technol.)  En  parlant  de  l'eau-de- 
vie  qu'on  distille,  entraîner  avec  elle  des  parties  de  vin. 

GOSSAMPIN  [gô-san-pin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gossympinus,  m.  s.  \\  xvi^  s. 
Les  arbres  lanificques,  les  gossampines,  kab.  m,  51.  Admis 
acad.  1762.] 


forme  hypocoristique  de 
Il  P.  ext.  Fille  libertine. 


Il  (Botan.)  Grand  arbre  exotique,  espèce  de  fromager. 

'GOSSE  [gôs'].  V.  cosse,  2«,  2. 

GOTHIQUE  [gù-tik']  adj. 

[ÉTYM.  Nom  propre  signifiant  «  relatif  aux  Goths  », 
§  36.  Il  xvi«  s.  Escripre  gottiquement,  rab.  ii,  14  (1532).  Œuvre 
gothique,  noguier,  Hist.  totosaine  (1556  ,  dans  delb.  Hec. 
Admis  acad.  1718.] 

Il  Qui  appartient  au  moyen  âge,  suranné.  Les  âges  go- 
thiques. Fredonner  ses  idylles  gothiques,  BOiL.  Art  p.  2.  Ces 
entraves  gothiques,  J.-J.  HOLî^s.  Éin.  5.  Une  nation  moins  — 
que  ne  l'est  encore  la  nôtre,  marquis  de  Mirabeau,  l'Ami  des 
hommes,  i,  17.  Affichez  la  sagesse,  on  vous  trouve  — ,  ue:<- 
MAHis,  Impertin.  se.  3.  ||  Une  église  bâtie  à  la  — ,  fén.  Diai. 
sur  l'éloq.  2.  ||  Spécialt.  \  1.  L'écriture  —,  et,  substantivt, 
La  — ,  à  caractères  de  forme  droite,  ornés  de  pointes,  de 
crochets,  encore  employée  dans  les  livres  allemands. 
Inutile  ramas  de  —  écriture,  boil.  Liitr.  5.  Écrire  en  — .  |  2. 
Architecture  — ,  architecture  ogivale  qui  a  succédé  à  l'ar- 
chitecture dite  romane.  Le  style  — ,  ei,substaniiit.  Le  — . 

1.  *GOTON  [gô-ton]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1732.  trév.] 
Il  (Marine.)  Anneau  de  fer  garni  de  dents  où  s'accro- 
che la  barre  du  gouvernail. 

2.  *GOTON  [gù-ton]  A\  /'. 
[ÉTYM.  Nom   propre,  g  36  : 

Marguerite,  §  509.] 

Il  Fainil.  Fille  de  campagne. 

GOUACHE  [gwàch']  s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  guazzo,  7«.  s.  proprt,  k  dé- 
trempe »,  §§  12  et  507.  Il  1752.  trév.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Peinture  où  l'on  emploie  des  couleurs  dé- 
layées avec  de  la  gomme,  et  rendues  pâteuses  à  l'aide  de 
miel  ou  d'autre  substance.  ||  P.  ext.  Une  — ,  tableau  peint 
à  la  gouache. 

•GOUACHE,  ÉE  [gwà-ché]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouache,  §  118.  ||  Xéolog.] 

Il  (Technol.)  En  manière  de  gouache.  Miniature  gouachée. 

GOUAILLER  [gwâ-yé]  i'.  intr. 

[ÉTY-M.  Origine  inconnue.  ||  Néolog.  Admis  acad.  1878.] 

Il  Famil.  Se  moquer  grossièrement. 

GOUAILLEUR,  EUSE  [gwâ-yeur,  -ye'uz']  a-.  »n.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouailler,  §  112.  ||  Néolog.  .\dmis  acad. 
1878.] 

Il  Fatnil.  Celui,  celle  qui  gouaille. 

"GOUAPE  [gwkp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gouaper,  §  52.  ||  Ne'olog.] 

Il  Trivial.  Conduite  de  gouapeur.  ||  Bande  de  goua- 
peurs. 

'GOUAPER  [gwà-pé]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Terme  d'argot,  g  31.  ||  Néolog.] 

Il  Mener  une  conduite  de  gouapeur. 

•GOUAPEUR,  EUSE  [gwà-peur,  -peliz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouaper,  g  112.  ||  Néolog.] 

Il  Personne  sans  aveu,  qui  vagabonde. 

*GOUDRAN  [gou-dran].  V.  goudron. 

GOUDRON  [gou-dronj  s.  w. 

[ÉTYM.  Pour  goudran,  goutran  (peut-être  sous  l'influence 
de  godron,  §  509),  qui  se  rattache,  par  l'intermédiaire  du 
provenç.  catran,  à  l'arabe  gatran  ou  gitran,  ?«.  s.  §§  11  et  22. 
La  forme  goudran  est  encore  usitée  dans  les  ports  de  mer, 
et  RicHEL.  donne  coudran  comme  un  terme  des  bateliers 
de  la  Seine.  ||  1381,  Bray,  gotren,  suif,  dans  godei".  CompL] 

Il  1°  Mélange  de  sève  et  de  sucs  résineux  qu'on  extrait 
des  vieux  bois  de  sapin,  en  les  brûlant  dans  un  fourneau. 
Il  P.  ext.  I  1.  Cette  substance  mêlée  de  suif,  d'huile,  em- 
ployée pour  enduire  la  carène  d'un  navire,  les  cordages, 
etc.  I  2.  Vieilli.  (T.  milit.)  Fascine  enduite  de  poix  noire 
pour  mettre  le  feu  aux  ouvrages  de  défense. 

Il  2o  Résidu  de  la  distillation  de  la  houille,  dit  —  minéral. 
[V.  coedtar.)  Des  couleurs  nouvelles  sont  tirées  du  —  de  gaz. 

•GOUDRONNAGE  [gou-drô-nàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goudronner,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Action  de  goudronner. 

GOUDRONNER  [gou-drô-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goudron,  §  154.  ||  xvi=  s.  Diogenes  le 
goudronnait  (son  tonneau),  rab.  m,  proL] 

Il  1°  Enduire  de  goudron.  Toile  goudronnée. 

il  2"  Mélanger  de  goudron.  Boire  de  l'eau  goudronnée. 

'GOUDRONNERIE  [gou-drÔn'-ri  ;  en  l'ew, -drù-ne-rij 
s.f. 


GOUDRONNEUR  -  H8i 

[ÉTYM.  Dérivé  de.  goudron,  S  6it.  <('f.  goudronnière.)  ||  167'J.  | 
Augmenter  la  fabrique  de  la  potasse,  de  la  goudronnerie,  COL-  j 
UERT,  Lelt.  â  Ducfie.meau,  20  dviW.]  \\ 

Il  (Technol.)  Art  de  préparer  le  f^oudron.  jl  Usine  où 
l'on  préparé  le  f,'mi(lroii. 

•GOXJDRONNEUR  [f,'()u-(l[-ù-ne'ur]  s.  m. 

[ktym.  Dérivé  de  goudronner,  §  11:^.  ||  wi"^  s.  Guoildron- 
neurs  de  navires,  uaii.  ii,  .■>').] 

Il  (Marine.)  Ouvrier  qui  goudronne  (les  planches,  les 
cordes,  les  bateaux). 

*GOUDRONNIER  [gou-drô-nyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goudron,  S  ll->-  ||  ^if^olog.] 

Il  (Technol.)  Celui  qui  prépare,  qui  fabrique  le  goudron. 

•GOUDRONNIÈRE  jgou-drù-nyér]  s.  f. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  goudron,  §  115.  [Cf.  goudronnerie.)  || 
NéoLoii.] 

Il  (Technol.)  Établissement  (dans  les  bois  de  .sapins) 
ofi  l'on  fabrique  le  goudron. 

GOUET  [gwèj  .V.  m. 

[ÉTY.M.  Mauvaise  orthographe  pour  goi,  du  bit.  pop. 
'gûbium,  forme  masc.  correspondant  à  gûbia,  gouge  (  V. 
gouge  1),  Ssi  324,  434  et  291.  ||  l-'i7G.  Un  gouy  et  une  sarpe, 
dans  (;oui>'.  goi.  |  1704.  Le  gouet,  arum  ou  pied  de  veau,  uu- 
CHK.SNK,  liotaii.  1,5.  Admis  .\c.^i).  1X35.] 

Il  1"  Ditilect.  Serpe.  i|  Petit  couteau  à  lame  lixe. 

Il  2"  /'.  anal.  (IJotan.)  Arum,  plante  herbacée  dite  aussi 
pied-de-veau. 

GOUFFRE  [goufr']  s.  v}. 

[ÉTY.M.  .\utre  forme  de  golfe.  (  F.  ce  mot.)  ||  xiif^-xiii»  s. 
Tout  engorges,  goufres  parions,  ue.ncl.  de  moiliens,  Mise- 
rere, cxi.v,  3.] 

Il  Cavité  béante  où  l'on  serait  englouti.  {Sf/n.  abîme.) 
Les  gouffres  de  la  mer  sont  produits  par  le  mouvement  de  deux 
ou  plusieurs  courants  contraires,  liLFF.  Théorie  de  la  terre, 
15.  Il  Fi<f.  Dans  ce  —  infini  du  néant,  uoss.  Uournay.  En  quel 

—  d'horreurs  m'as-tu  précipité?  coKN.  Rodo;/.  v,  4.  Je  vais 
sortir  d'un  —  où  triomphent  les  vices,  mol.  Mis.  v,  4.  ||  P. 
ext.  On  —  d'argent,  dissipateur  elfréné. 

1.  GOUGE  igouj']  ,v.  /■. 
[ktym.  Du  lat.  gûbia,  m.  s.  §§324,  434  et  291.  [Cf.  gouet.) 

Admis  Ac.\u.  1762.]  .   -  . 

Il  (Technol.)  Outil  de  fer  à  lame  demi-circulaire,  pour 
évider  le  bois.  ||  /'.  anal.  Trancliet  courbe  pour  évider  les 
talons  des  chaussures.  ||  Ciseau  de  chirurgien  demi-cir- 
culaire, pour  enlever  les  exostoses. 

2.  'GOUGE  [gouj']  s.  f. 
[liTY.M.  Emprunté  du  provenç.  moderne  goujo,  m.  s. 

d'origine  inconnue,  §  11.  [Cf.  goujat.)  ||  xV  s.  Sur  toutes 
gouges  Elle  semblera  la  plus  franche,  goquillart.  Droits 
nouveaux.  Admis  acau.  1694;  suppr.  en  1740. J 

Il  Vieilli.  Trivial.  Femme,  lille.  1|  f .  ext.  Femme  de 
mauvaise  vie. 

*GOUGER[gou-jéj  i'.  tr. 

[ktvm.  Dérivé  de  gouge  1,  §  loi.  ||  17(57.  uuuamel  du 
MONCKAU,  Art  du  serrur.  p.  297.] 

Il  (Technol.)  Évider  (du  bois)  avec  l'outil  dit  gouge. 

"GOUIN,  GOUINE  [gwin,  gwin']  .v.  w.  et  /'. 

[ÉTY.M.  Semble  dérivé  du  radical  de  gouge  2,  §  100.  || 
xv^  s.  Ne  se  pouvoient  aider  ne  tourner  leurs  chevaulx,  telle- 
ment estoient  goins,  uk.nk  o'anjol.  dans  (idiiKK.  goln.] 

Il  1"  Ihulecl.  6.  ut.  Mauvais  garnement.  ||  Spéciult. 
(Marine.)  Matelot  qui  se  conduit  mal. 

Il  2"  S.  /'.  Gouine.  Femme  de  jnauvaise  vie. 

GOUJAT  [gou-jk]  .v.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  mod.  goujat,  m.  s.  dérivé 
de  goujo  (  V.  gouge  2,,  §  11.  Le  sens  propre  est  'i  garçon  ».|| 
xv"^  s.  Les  gougeas  de  l'hostel,  o.  DE  LA  MAKCiii:,  Chrun.  ii,  5.] 

Il  1"  \'alet  d'arnuMî.  Un  soldat,  un  — ,  un  cuisinier,  un  cro- 
cheteur,  se  vante,  fA.sc.  l'ens.  ii,  3.  Loc.  pror.  Mieux  vaut 

—  debout  qu'empereur  enterré,  i.a  v.  Malr.  tiÊpIi. 
Il  2"  /•'(,'/.  Homme  grossier,  mal  élevé.  C'est  un  — . 

1.  GOUJON  [gou-jon]  .V.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gobiônera,  m.  s.  §S  348,  356,  4;i4  et  291.] 
Il  Petit  poisson  conieslible  du  genre  cyprin,  qui  vit  en 

troupes  dans  le  tond  des  rivières.  La  tanche  rebutée,  il  trouva 
du  — ,  L.\  !■■.  Fal).  vu,  i.  Fiy.  Avaler  le  — ,  croire  une  bourde. 

2.  GOUJON  [gou-jon]  .v.  ni. 
[ÉTYM.  Déi'ivt'  de  gouge  1,  §  1U4.  ||  xii<^-xiii«  s.  Li  provost 

clost  la  porte  ou  gogons  acérés,  Deslr.  de  Rome,  715.  Admis 
AGAD.  1798.1 


GOUPILLER 


Il  (Technol.)  |i  1»  Petite  gouge  à  l'usage  des  sculpteurs. 

Il  2"  lii'oclie  qui  unit  les  deux  parties  d'une  charnière. 
!|  Pièce  fie  métal,  de  bois,  qui  sert  à  assembler. 

'GOUJONNER  'gou-jo-né]  V.  tr. 

[ÉTY.M.  D('riv('-  de  goujon  2,  §  loi.  ||  1467.  Que  icelles  trap- 
pes soient  goujonnées,  dans  iîodef.  CompL] 

Il  (Technol.  I  .\sseinljl(M-  il  l'aide  de  goujons. 

'GOUJURE  [gou-jùr]  s.  /■. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouger,  §  111.  On  dit  aussi  engoujure, 
§  195.  Il  1694.  Tii.  coRN.J 

Il  (Marine.)  Cannelure,  rainure  dans  une  poulie,  un 
cli()U(inet,  etc. 

GOULE  [goul]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'arabe  ghoul,  qui  désigne  une  es- 
pèce de  loup-garou,  §  22.  ||  Séolof).  .\dmis  acad.  1878.^_ 

Il  /Mylhol.  orientale.)  Génie  qui  dévore  les  corps  morts. 

GOULÉE  [gou-lé]  .t.  /■. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueule,  .^§  65  et  129.  [Cf.  gueulée.)  |1 
xii'=  s.  Si  maie  golee  Ne  poïs  tudoner  au  monde,  chhétien  de 
THOYES,  ('li(jrs,  5796.] 

Il  Famil.  Ce  qu'on  avale.  Ce  maudit  animal  vient  prendre 
sa  — ,  LA  F.  Fal>.  IV,  4.  Loc.  prov.  Brebis  qui  bêle  perd  sa 
— ,  celui  qui  parle  beaucoup  à  table  ne  mange  pas. 

GOULET  [gou-lè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueule,  §§  65  et  133.  ||  135^.  Le  ruissel 
ou  goulet  qui  est  au  bout  du  grand  pont,  Onloiin.  iii,  31 1.; 

Il  1"  Vieilli.  Goulot  d'une  lioutcillc.  Deux  bouteilles...  Qui 
disaient,  sans  —  :  Nous  avons  trop  vécu,  rkcj.mer,  Sat.  11. 

Il  2"  Entrée  en  entonnoir.  Le  —  d'une  rade.  ||  P.  ext.  — 
de  bordigue,  qui  conduit  le  poisson  dans  les  tours. 

GOULETTE  [gou-lêt'].  V.  goulotte. 

GOULOT  [gou-lô]  S.  in. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueule  [cf.  goulotte),  §§  65  et  136.  || 

1611.  COTGK.] 

Il  Col  d'une  bouteille.  Casser  le  —  d'une  bouteille.  ||  P. 
anal.  Le  —  d'un  arrosoir,  partie  par  laquelle  on  verse  l'eau 
et  à  laquelle  s'adapte  une  pomme.  Arroser  sur  le  — ,  en 
ùtant  la  pomme. 

GOULOTTE  [gou-lôf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueule,  §§  65  et  136.  [Cf.  goulot.)  On 
dit  aussi  goulette,§  133.  ||  1611.  Goulette,  cotgr.  |  1694.  Gou- 
lotte, TH.  CORN,  .\dmis  acau.  1762.] 

Il  (Technol.)  Rigole  sur  la  cimaise  d'une  corniche,  sur 
les  dalles  d'une  cascade,  pour  l'écoulement  des  eaux. 

GOULU,  UE  [gou-lu]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueule,  §§65  et  118.  1|  1539.  r.  est.] 

Il  Qui  mange  avidement.  [Syn.  glout,  glouton.)  Être  — .  Un 
homme  — ,  une  femme  goulue,  et,  substanlirt.  On  — ,  une  gou- 
lue. Être  — .  Unanimaltrés  — ,  et,  .yw4s<a/i/t!'<,Le — ,  animal 
dit  plus  ordinairement  glouton.  (  V .  ce  mot.)  ||  P.  anal .  Cette 
amitié  goulue  [avide)  Qui  n'en  veut  que  pour  soi,  mol.  Èc.  des 
f.  Il,  3.  Il  /'.  e.rt.  Pois  goulus,  qu'on  mange  avec  les  cos- 
ses. Il  Fi<i.  (Technol.)  Tenailles  goulues,  k  larges  mâchoires, 

GOULÛMENT  [g(iu-lu-nian]  ailr. 

[ÉTYM.  Pour  gouluement,  (ujmposé  de  goulue  et  ment, 
§  724.  Il  xv!*^  s.  On  jeune  garçon  qui  mangeolt  gouluement, 
.\MY0T,  Œuvr.  mor.  Connu,  il  faut  nourr.  les  anf.  6.] 

Il  D'une  manière  goulue.  Manger  — . 

GOUM  [goum']  s.  m. 

(ÉTY.M.  Emprunté  de  l'arabe  goum  (mieux  qaum),  m.  s. 
§  22.  Il  Neolog.  Admis  acau.  1878.] 

Il  (T.  milit.)  Contingent  de  chaque  tribu  arabe  ^d'Al- 
gérie). 

'GOUBIÈNE  [gou-mèn'].  V.  gumène. 

'GOUMIER  [gou-myé]  .v.  //(. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goum,  §  115.  !|  \rolof/.] 

IJ  (T.  milit.  >  Cavalier  faisant  partie  d'un  goum. 

'GOUPIL  (gou-pij  .V.  m. 

lÉiVM.  l)u  lat.  pop. 'vûlpiculum  (lat.  class.  vûlpçcula,  di- 
minutif de  vûlpes,  renard,  §62;,  devenu  golpil,  goupil,  §§443, 
348.  459,  2',>0,  39(»  et  291.  ||  xi»  s.  Ne  chevroels  ne  golpilz, 
Va'/,  de  Charl.  à  Jérus.  599.] 

Il   Vieilli.  Renard. 

GOUPILLE  [gou-piy']  s.  f. . 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  !|  1502.  Elle  lima  la  goupille 
desdits  fers,  dans  dei  n.  Rer.  .Vdmis  ai:aii.  1Î40. 

Il  (Technol.)  Cheville  qui  assemble  les  pièces  des  char- 
nières, boucles,  etc.  ||  P.  ext.  Clavette  qui  maintient  une 
cheville. 

*  GOUPILLER  ;gou-pi-yé]  V.  tr. 


GOUPILLON 


—  1182  — 


GOURXABLE 


[ÉTYM.  Dérivé  de  goupille,  §  154.  ||  1671,  le  p.  chéru- 
bin, Dioptr.  ûcul.  p.  207.] 

Il  iTechnol.'i  Assembler  k  l'aide  de  goupilles. 

GOUPILLON  ^gou-pi-yorij  s.  m. 

[ÉTVM.  Altération  par  étymologie  pop.  (F.  |  509)  de 
guipillon,  dérivé  du  radical  guip-  qui  se  trouve  dans  guipon 
;  r.  ce  mot),§  107.  Ménage  mentionne  la  forme  guépillon, 
encore  usitée  de  son  temps  à  côté  de  goupillon.  |t  xW^  s.  Le 
guipellon  avant  porta,  G.  de  sr-PAm.  St  Michel,  dans  delb. 
Rec.  I  xiii^^  s.  Aspergitorium  :  guipUlon,  l'ari.^er  (jlos.  149,  Hof- 
mann.  I  xV^  s.  Et  ung  petit  brain  d'esglantier.  Qui  soit  tout  vert, 
pour  goupillon  (var.  guypillon,  VILLON,  G;-.  Testam.  1808.] 

Il  Bâton  garni  de  poils  ou  surmonté  d'une  boule  percée 
de  trous,  pour  répandre  l'eau  bénite.  Fig.  Famil.  Donner 
du  —  à  qqn,  lui  donner  de  l'eau  bénite  de  cour.  \\  P.  anal. 
'Technol.^  Bâton  garni  de  poils  pour  frotter,  nettoyer,  etc. 
—  à  bouteilles,  à  verres  de  lampes,  etc.  [Cf.  guipon.) 

GOURBI  [gour-bi]  .V.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'arabe  d'Algérie  gourbi,  7)i,  s. 
§  22.  il  Xéûlorj.  .\dmis  .\caij.  1878.] 

Il  Hutte  arabe  (d'.\lgérie).  ||  Réunion  de  huttes. 

GOURD,  GOURDE  [gour,  gourd']  adj. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gùrdum,  7)i.  s.  §§  824  et  291.] 

Il  Vieilli.  Entlé.  jj  Fig.  Qui  ne  peut  pas  se  remuer,  agir. 
(Cf.  engourdir,  dégourdir.)  Et  témoigner  qu'il  n'avait  les  bras 
gourds,  la  f.  Contes,  Rémois.  '•]  P.  anal.  Blé  — ,  gonflé  par 
l'humidilé.  Jl  Piastre  gourde.  [V.  piastre.; 

1.  GOURDE  [gourd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  cùcùrbita,  w.  s.  devenu  'cogorbede,  *coor- 
bde,  coorde,  coourde,  J§  348,380, 439, 440,  291  et  290,  courde, 
§  358.  [Cf.  courge  1.)  L'altération  de  courde  en  gourde  est 
due  soit  à  la  forme  provenç.  cougourdo,  soit  à  l'influence 
de  l'adj.  gourd,  §  509.  ||  xiii'=  s.  Semence  de  citrul,  de  melons, 
de  cohordes,  Antidotaire,  mss  franc.  Bibl.  nal.  25327. j 

Il  Espèce  de  courge.  Que  ce  gland  eût  été  — ,  la  f.  Fab. 
IX,  4.  Il  P.  ext.  1  1.  Courge  séchée  et  vidée  pour  y  mettre 
du  vin,  de  l'eau-de-vie,  etc.  \  2.  Bouteille  clissée,  pour  le 
même  usage. 

2.  'GOURDE  [gourd']  .?.  f. 

[ÉTYM.  Tiré  de  gourd,  §  38.  jj  xviii«  s.  W  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Coup  qui  engourdit.  Je  me  suis  donné  contre  la 
grille  une  iière  —,  beau.march.  Mar.  de  Fig.  ii,  21. 

GOURDIN  [gour-din]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  cordino,  m.  s.  proprt,  <i  pe- 
tite corde  »,  §  12.  ||  1642.  oun.] 

il  1°  Anciennl.  Corde  servant  k  amener  la  voile  d'une 
galère,  k  frapper  les  forçats,  etc.  {Cf.  garcette.) 

Il  2"  P.  e.ri.  Gros  bâton. 

•GOURDINER  [gour-di-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gourdin,  §  154.  ||  1701.  furet.] 

Il  Vieilli.  Frapper  k  coups  de  gourdin. 

GOURE  [gour]  5.  f. 

[ÉTY.M.  Subst.  verbal  de  gourer,  §  52.  \\  1752.  trév.  Ad- 
mis ACAD.  1762.] 

Il  Vieilli.  11  1°  Drogue  falsifiée. 

Il  2°  Fig.  13uperie. 

•GOURER  [gou-ré]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Mot  d'argot,  §  31.  ||  xv^-xvi'  s.  Gueulx  gourgourans 
par  qui  gueulx  sont  gourez.  Bail,  attribue'e  à  tûrt  à  villon.] 

Il   Vieilli.  11  l'J  Falsifier  ^des  drogues  . 

Il  2''  Fig.  Duper  fqqn  .  Arlequin  gouré,  titre  d'unepièce 
jouée  k  la  foire  Saint-Laurent  en  1750. 

GOUREUR,  'GOUREUSE  [gou-reur,  -reuz']  s.  ?n.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gourer,  §  112.  ||  1752.  trév.  .\dmis 
ACAD.  1798.] 

Il   Vieilli.  Il  1"  Celui,  celle  qui  falsifie  des  drogues. 

il  2"  Fig.  Celui,  celle  qui  dupe  les  gens. 

GOURGANDINE  [gour-gan-dln']  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  i|  1642.  oun.l 

Il  Femme  de  mauvaise  vie.  Fig.  Corsage  laissant  voir  la 
chemise,  k  la  mode  vers  la  fin  du  xvu«  s.  En  — et  en  petites 
mules,  BiANCOLELLi,  Défenseur  du  beau  sexe  ^1694  ,  m,  4. 

GOURGANE  [gour-gkn']  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1645.  Gobeux  de  gourgane, 
DAVID  FERR.^Nu,  Muse  Horm.  dans  delb.  Rec.  Admis  acad. 
1762.] 

Il  (Botan.)  Fruit  du  févier  du  Canada,  dit  fève  à  calé. 

GOURGOURAN  [gour-gou-ran]  .v.  m. 
[ÉTYM.  Origine  inconnue,  jj   1723.  savary,  Dict.  du 
comin.  Admis  acad.  1762.] 


Il  Vif'illi.  Sorte  d'étoffe  de  soie,  originaire  de  l'Inde. 

GOURMADE  i^gour-mkd"]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gourmer  2,  §  120.  |1  1599.  A  gourmandes 
(corr.  gourmadesi  et  à  coups  de  poing,  montlyard.  Mythot. 
dans  DELB.  Rec] 

(j  Coup  de  poing  sur  la  figure.  On  se  donna  des  gourma- 
des  dans  le  sanctuaire  de  la  justice,  volt.  S.  de  L.  XLV ,  5. 

GOURMAND,  ANDE  [gour-man,  -mând']  adj. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue,  jj  xiv«  s.  Gloutons  et  gourmans, 

ORESME,  Eth.  III,  24.] 

Il  Qui  aime  les  bons  morceaux.  On  homme — ,  une  femme 
gourmande,  et,  substantivt,  Un  — ,  une  gourmande.  i|  Suivi 
d'un  complément.  Être  —  de  gibier,  de  fruit,  jj  P.  ext.  Pois 
gourmands  (dits  aussi  pois  goulus,  qu'on  mange  avec  la 
cosse.  Il  Une  branche  gourmande,  un  rameau  — ,  et,  subs- 
tantivt. Un  —  dans  les  arbres  greffés  ,  rameau  qui  pousse 
au-dessous  de  la  greffe  et  prend  de  la  sève  sans  profit. 

GOURMANDER  gour-man-dé]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gourmand,  .i  154.  ||  xiv''  s.  Que  il  se  gar- 
dassent de  trop  boire  et  de  trop  gourmander,  G.  de  l.\  tour- 
ij^y.Divi,Enseign.  89.] 

I.  Anciennt.  V.  intr.  Agir  en  gourmand.  Abonder  en 
toutes  délices  et  —  à  plaisir,  caly.  Instit.  chr.  111,  xii,  21. 
Que  les  animaux  les  plus  vastes  et  les  plus  voraces  qui  soient 
au  monde  nous  cèdent  la  gloire  de  — ,  malh.  Ép.  de  Sénèq.  60. 

II.  V.  tr.  Il  1»  Consommer.  I|  Fig.  —  leur  bien,  rons. 
Ilym.  II,  7.  —  ces  livres  (les  lire  avidement).  Montaigne, 

I,  25.  La  fièvre,  laquelle  tient  et  gourmande  l'homme,  CH.\r- 
BON,  Sagesse,  i,  22. 

Il  2°  P.  e.rt.  Dominer.  Que  la  chair  te  gouverne;  que  dans 
les  plus  nobles  exercices  de  ton  âme  elle  vienne  te  —  par  un 
sentiment  brutal,  bùlrd.  Impureté,  1.  Je  prétends  — mes  pro- 
pres sentiments,  mol.  Sgan.  se.  18.  Circé...  gourmandant  la 
nature  au  gré  de  son  caprice,  volt.  Ep.  18.  P.  erl.  Un  cava- 
lier qui  gourmande  la  bouche  de  son  cheval  (la  manie  dure- 
ment), FÉN.  Lett.  spirit.  193.  11  n'y  a  point  d'homme...  qui 
gourmande  une  chanterelle  comme  lui,  hegnard.  Divorce,  i, 
6.  Un  carré  de  mouton  gourmande  de  persil  lardé  de  persil 
qui  lui  donne  son  goût,,,  mol.  B.  gent.  iv,  1. 

Il  3"  P.  ext.  Reprendre  sévèrement.  C'est  Neptune  en 
courroux  qui  gourmsmde  les  flots,  boil.  Art  p.  3.  La  plume 
à  la  main,  je  gourmande  les  vices,  ID.  Disc,  au  roi. 

GOURIVIANDISE   gour-man-dîz'j  i\  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gourmand,  §  124.  ||  1539.  R.  est.] 

Il  Caractère  de  celui  qui  est  gourmand,  jj  Fig.  Cette  — 
desyeux  (l'avarice^  n'est  jamais  contente,  boss.  Concupisc.9. 

GOURME  [gourm'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  peut-être  même  radical  que 
morve.  [V.  ce  mot.)  |j  xiii'^  s.  Gorme,  gourme,  dans  godef. 
CompL] 

Il  1°  Phlegmasie  de  la  muqueuse  nasale  chez  les  jeu- 
nes chevaux.  Jeter  sa  — . 

Ij  2"  P.  anal.  Exanthème  de  la  face  et  du  cuir  chevelu, 
dit  croûtes  de  lait,  chez  les  jeunes  enfants.  J'ai  Marie  qui 
jette  sa  — ,  sÉv.  441.  n  Fig.  Jeter  sa  —,  faire  des  folies  de 
jeunesse. 

GOURMER  [gour-mé]  v.  tr. 

[ÉTY.M.. Origine  inconnue.  ||  xiv^  s.  Ausi  bien  qu'en  un 
frain  le  gourme,  gilles  li  muisis,  dans  delb.  Rec] 

I.  Brider  .un  cheval)  en  lui  mettant  la  gourmette.  Fig. 
Une  personne  gourmée,  qui  a  des  manières  raides. 

II.  P.  ext.  Frapper  k  poing  fermé  isur  la  figure).  Qu'ils 
s'accordent  entre  eux  ou  se  gourment,  qu'importe!  mol.  F. 
sav.  II,  6. 

GOURMET  [gour-mè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  groumet  [V.  §361),  mot  qui  en  anc.  franc, 
désigne  un  garçon  marchand  de  vin,  et  dérive  du  même 
radical  que  groom  [  V.  ce  mot  i,  §  133.  |j  1352.  Mauvais  grom- 
més,  Uu  riche  et  du  ladre,  dans  du  c.  gromes.i 

Il  1"  Dégustateur  de  vins.  Les  experts  gourmets,  ij  Vieilli. 
Au  fétn.  Cette  tavernière  est  bonne  gourmette,  furet.  Dict. 

\\  2°  P.  ext.  Fin  gourmand. 

GOURMETTE  [gour-mèf]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gourmer,  §  133.  L'anc.  franc,  dit 
goarmel  dans  le  même  sens.  j|  xv^  s.  Gromette,  coquillart, 

II,  56.] 

Il  Chaînette  qui  fixe  le  mors  dans  la  bouche  du  cheval, 
en  en  réunissant  les  deu.x  branches.  Fig.  Monsieur,  dont 
la  —  était  rompue...  iqui  n'était  plus  tenu,.,  ST-SIM.  m,  24. 

'GOURNABLE  ^gour-nabl']  s.  m. 


GOUSPILLER 


1183 


GOUTTIERE 


[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  16'J4.  th.  corn.] 

Il  (Marine.)  Longue  cheville  de  bois  de  chêne  qui  sert 
à  fi.\er  le  hordage  d'un  navire  sur  la  carcasse. 

•GOUSPILLER  [go"us'-pi-yé].  V.  houspiUer. 

GOUSSAUT  [gou-sô]  s.  m. 

[ktvm.  Parait  dérivé  de  gousse,  §  1-38.  La  forme  gous- 
sant  donnée  parallèlement  par  acad.  n'est  qu'une  faute 
d'impression.   ||  1090.  fltu:t.] 

Il  Cheval  trapu.  ||  P.  anal.  Chien,  faucon  lourd.  ||  P. 
ext.  Homme  épais.  Adjectut.  Un  petit  homme  — ,  st-si.m. 
III,  377. 

GOUSSE  [gous'J  a.  f. 

[icrvM.  Origine  inconnue.  {Cf.  ital.  guscio,  provenç. 
dolsa,  m.  s.)  \\  lô^l*.  Gousse  de  febve,  R.  est.) 

Il  1"  Enveloppe  des  graines  des  plantes  légumineuses. 

Il  2°  P.  p.rt.  Fruit  des  léguinineuses  formé  de  deux 
cosses  auxquelles  les  graines  sont  atlachi-es.  ||  P.  anal. 
Une  —  d'ail,  d'échalote.  ||  Fiq.  —  de  plomb,  petite  masse  de 
plomb  qui  sert  à  fixer  les  lilels  pour  la  pèche. 

GOUSSET  [gou-sè]  .v.  7?i. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  gousse,  §  133.  ||  1278.  Lanche 
roide  ne  mie  mole  Ot  cascuns  mise  en  son  gouchet,  J.  sarra- 
zi.N,  llavi^  p.  309.] 

Il  1°  Ancienne.  Creux  de  l'aisselle.  Sentir  le  — .  ||  P.  ext. 
I  1.  Pièce  d'une  chemise  qui  unit  la  manche  à  l'épaule. 

I  2.  Pièce  triangulaire  d'une  armure  qui  protège  le  des- 
sous du  bras.  |  3.  (Blason.)  Pièce  triangulaire  qui  se  ter- 
mine en  pal  à  la  pointe  de  l'écu.  |  4.  Pièce  triangulaire 
formant  console  pour  soutenirune  tablette.  |  5.  Petit  siège 
qui  se  rabat,  à  la  portière  d'un  carrosse,  |  6.  Boucle  de 
fer  qui  garnit  la  barre  du  gouvernail. 

Il  2°  Anciennl.  Petite  bourse,  attachée  d'abord  sous 
l'aisselle,  et  plus  tard  en  dedans  de  la  ceinture  de  la  cu- 
lotte. Il  De  nos  jours.  Petite  poche  à  la  ceinture  de  la  cu- 
lotte, et,  p.  er<.  poche  de  gilet.  Un  —  démontre.  ||  b"uj.  Avoir 
le  —  vide,  être  sans  argent. 

GOÛT  [gou]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  gûstum,  m.  s.  devenu  gost,  goust, 
§§324  et  291,  goût,  §  422.) 

!•  Il  1"  Sens  par  lequel  on  perçoit  les  saveurs.  L'organe 
du  — .  Avoir  le  —  fin,  émoussé.  Dépravation  du  — . 

Il  2"  Saveur.  Les  moineaux  ont  un  —  exquis  et  délicat,  l.\ 
F.  Fa(j.  xii,  2.  Que  vous  semble,  a-t-il  dit,  du  —  de  cette  soupe  ? 
BOiL.  Sat.  3.  Une  sauce  de  haut  — ,  très  épicée. 

Il  3°  Sensation  agréable  que  produisent  certaines  sa- 
veurs. Prendre  —  à  certains  aliments.  Mettre  en  — .  |j  Tri- 
vial. Faire  passer  à  qqn  le  —  du  pain,  lui  ùter  la  vie. 

Il»  /•'/>/.  Il  1"  Discernement  des  qualités  et  des  défauts 
dans  une  œuvre  d'ai't.  Le  —  naturel  et  le  —  acquis,  MONTKsg. 
(lOÙt.  Il  y  a  dans  l'art  un  point  de  perfection...  ;  celui  qui  le  sent 
et  qui  l'aime  a  le  —  parfait,  i,.\  UR.  1.  Vous  avez  le  —  bon,  mol. 
Préc,  rid.  se.  9.  Le  méchant  —  du  siècle  en  cela  me  fait  peur, 
iD.  Mis.  I,  2.  Ellipt.  Le  — ,  le  bon  goût.  La  décadence  du  — . 

II  P.  anal.  Observation  des  convenances.  Une  plaisanterie 
de  mauvais  — .  Je  vous  trouvais  de  bon  —  d'avoir  fait  si  peu 
d'attention  à  de  si  petites  choses,  uoss.  Quiet,  lelt.  510. 

Il  2"  Manière,  style  d'une  œuvre  d'art.  Leurs  ouvrages 
sont  faits  sur  le  —  de  l'antiquité,  i.a  rr.  1.  Un  paysage  dans 
le  —  de  Claude  Lorrain.  Une  pièce  composée  dans  le  —  du 
jour. 

Il  3"  Préférence  doimée  à  certaines  choses,  certaines 
personnes.  Elle  perdait  le  —  des  romans  et  des  fades  héros, 
ROSS.  D.  d'Url.  Avoir  du  —  pour  les  sciences,  avoir  le  —  de 
la  science.  Ah!  tu  prends  donc,  pendard!  —  à  la  bastonnade? 
.MOL.  Ampli.  1,  2.  Je...  n'ai  de  —  qu'aux  pleurs  que  tu  me  vois 
répandre,  rac.  Esth.  i,  4.  M'ayant  mis  en  —  des  hommes  et 
du  monde,  Régnier,  Hat.  14.  Les  femmes  docteurs  ne  sont 
point  de  mon  —,  mol.  F.  sav.  i,  3.  Specialt.  Inclination  d'un 
boimiie  pour  une  femme,  d'une  femme  pour  un  homme. 
J'ai  pris  du  —  pour  Arlequin,  mariv.  Douhle  Inconst.  iii,  1. 
l;  Absoll.  11  ne  faut  point  disputer  sur  les  goûts.  Si  Je  suivais 
mon  — ,  je  saurais  où  buter,  l.\  f.  Fah.  m,  1. 

GOÛTER  Igou-lé]  i;.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gùst^jre,  m.  s.  devenu  goster,  gouster, 
§§  348.  295  et  291,  goûter,  §  422.] 

I.  V.  tr.  Il  1"  Percevoir  la  saveur  de  (qqch).  Avaler  une 
chose  sans  la  — .  Spt'cialt.  Percevoir  la  saveur,  en  vue 
d'apprécier.  —  une  sauce  (pour  voir  s'il  y  manque  qqch). 
—  un  vin. 

Il  2o  Fig.  Apprécier  la  saveur  de  (qqch).  Loin  du  monde 


et  du  bruit  —  l'ombre  et  le  frais,  la  f.  FuIj.  xi,  4.  Aux  champs 
Élyséens,  j'ai  goûté  mille  charmes,  ID.  ihid.  viii,  14.  Je  goûtais 
en  tremblant  ce  funeste  plaisir,  rac.  Phèd,  iv,  6.  A  longs 
traits  —  son  amertume,  cdrn.  Surenn,  i,  3.  ||  P.  ej t.  Dieu 
lui  fit  —  les  opprobres  de  Jésus-Christ,  UO.-3S.  ilist.  univ.  il, 
3.  Ils  tâchaient  de  faire  —  leur  gouvernement  aux  peuples ,  il). 
ihid.  m,  tj.  L'âne,  qui  goûtait  fort  l'autre  façon  d'aller,  I.A  F. 
Fah.  m,  1.  —  les  raisons  de  qqn.  Cet  acteur  est  goûté  du  pu- 
blic. Les  hommes  ne  se  goûtent  qu'à  peine  les  uns  les  autres, 
L.\.  RR.  12. 

11.  r.  intr.  Il  1"  —  à  un  mets,  n'en  prendre  qu'une  pe- 
tite quantité  pour  en  sentir  la  saveur.  Goûtez  à  ce  plat. 
Prenez-en  pour  y  — .  ||  Ahsolt.  Faire  un  léger  rt-pas  entre 
le  déjeuner  et  le  diner.  Donner  à  —  aux  enfants.  Il  est 
l'heure  de  — .  Suljstanliri.  Le  — ,  ce  repas.  Avoir  une  tartine 
pour  son  — . 

Il  2°  —  d'un  mets,  en  manger  pour  la  première  fois. 
Je  veux  vous  faire  —  de  ma  cuisine.  j|  Fitj.  Faire  pour  la 
preiiiièi'e  fois  l'épreuve  d'une  cliose.  Il  n'eût  pas  plus  tôt... 
goûté  de  cette  philosophie...  qu'il  sentit  son  âme  enflammée 
d'amour  pour  elle,  roll.  Traité  des  études,  V,  lu,  2. 

GOUTTE  [gout'J  ,f.  f. 

[ÉTY.M.  Du  lat.  gûtta,  m.  s.  devenu  gote,  goûte,  §§  324, 
3G6  et  291,  écrit  plus  récemment  goutte  par  réaction  éty- 
mologique, §  502.] 

I.  Il  1"  Petite  quantité  d'un  liquide  qui  se  détache  sous 
forme  de  globule.  Recevoir  des  gouttes  de  pluie.  Suer  à  gros- 
ses gouttes.  Verser  —  à  — ,  une  goutte  après  l'autre.  Mettre 
dans  une  potion  quelques  gouttes  de  laudanum,  j  Sprcialt. 
Des  gouttes  d'Angleterre,  et,  ellipt.  Des  gouttes,  médicament 

•  liquide,  excitant,  qu'on  emploie  contre  l'évanouissement. 
Suzanne,  des  gouttes  à  ta  maîtresse,  be.\u.m.\RCii.  Mi^re  <:oup. 
IV,  i^.  |j  P.  e.ii.  Petite  quantité  d'un  liquide.  Boire  une  — 
d'eau,  une  —  de  vin,  d'eau-de-vie,  Absolt.  Boire  la  — ,  prendre 
la  — ,  une  petit  verre  d'eau-de-vie  ou  d'une  autre  liqueur 
spiritueuse.  ||  Mère — ,  le  premier  vin,  le  premier  cidre 
qui  coule  de  la  cuve  avant  qu'on  ait  pressé.  Vin  de  —,  fait 
avec  du  raisin  qu'on  n'a  pas  pressé.  ||  P.  hyperb.  Être  prêt 
à  verser  son  sang  jusqu'à  la  dernière  — .  N'avoir  plus  une  — 
de  sang  dans  les  veines,  être  saisi  d'une  horreur  qui  l'ait 
relluer  le  sang  au  cœur,  j,  Fumil.  Avoir  la  —  au  nez,  une 
mucosité  qui  s'écoule.  ||  —  militaire,  reste  de  blennorrhagie 
qui  se  montre  au  méat  urinaire.  C'est  la  dernière  —  ^celle 
qui  fait  déborder  .  Ces  deux  personnes,  ces  deux  choses  se 
ressemblent  comme  deux  gouttes  d'eau,  de  lait,  n  Goutte  pris 
comme  petite  quantité  négligeable.  C'est  une  —  d'eau  dans 
la  mer.  Ne  voir,  n'entendre  — ,  ne  pas  voir,  ne  pas  entendre 
le  moins  du  monde.  M'aurait-on  encavé?  Je  ne  vois  — ,  la  f. 
liaijùtin,  m,  7.  |  Fi;/.  Je  ne  vois  —  en  ce  raisonnement,  CoRN. 
\icoin.  m,  4.  Je  n'entends  —  à  ces  subtilités. 

Il  2°  P.  anal.  Petite  partie  d'une  fonte  d'or,  d'argent, 
qu'on  remet  à  l'essayeur,  pour  qu'il  détermine  le  titre.  |j 
Ornement  de  forme  conique  qui  se  place  dans  certains 
plafonds.  ||  —  d'eau,  variété  de  topaze. 

II.  Nom  de  diverses  maladies  jadis  attribuées  à  l'intil- 
tralion  de  gouttes  d'humeuri.  j  1.  .Maladie  qui  attaque 
d'ordinaire  les  articulations,  se  porte  de  l'une  sur  l'autre. 
et  quelquefois  sur  les  viscères.  |  2.  — crampe,  nom  qu'on 
donne  à  des  crampes  violentes.  |  3.  —  sciatique,  la  scia- 
tique,  i  4.  —  sereine,  amaurose,  paralysie  du  nerf  optique. 
I  5.  —  rose,  la  couperose. 

GOUTTELETTE  [gout-lèf  ;  en  vers,  gou-te-...]  .f.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  goutte,  §  134.  ||  .\iiie  s.  Trois  gouteletes 
de  miel,  U nicor ne,  ddi\6  littré.j 

Il  Petite  goutte  d'un  liquide. 

"GOUTTER  [gou-té]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gutt?ire,  m.  s.  §§  348,  295  et  281.] 

Il  Laisser  tomber  des  gouttes.  Les  toits  gouttent  quand  il 
pleut. 

GOUTTEUX,  EUSE  [gou-te'u,  -teuz'j  adj. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  goutte,  §  116.  ||  xii«  s.  Gutus,  fevrus 
guarir,  garn.  uk  PO.NT-srF.-MAX.  >'<  Thomas,  5793. j 

Il  1"  Oui  a  la  goutte  ^maladie  des  arliculations  .  Un 
homme  — ,  une  femme  goutteuse,  et,  suùstantivt,  Un  — ,  une 
goutteuse. 

Il  2"  Uelatif  à  la  goutte  maladie  des  articulations). 
Rhumatisme  — . 

GOUTTIÈRE  [gou-tyér]  .».  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goutte,  §  115.  i|  xii»  s.  Gutierea  dejju- 
tanz  sur  terre,  Psaul.  d'Oxford,  Lxxi,  6.] 


GOUVERNABLE 


—  H84  — 


GOYAVIER 


Il  1°  Bord  d'un  toit  par  lequel  s'ég-oulte  l'eau  de  pluie. 
Il  P.  ext.  Canal  demi-cylindrique  de  fer-blanc,  de  zinc, 
fixé  au  bord  du  toit,  pour  recueillir  l'eau  qui  s'égoutte  et 
la  conduire  vers  le  sol.  ||  Pièce  de  bois  creusée  d'une 
rainure  qui  règne  autour  des  ponts  d'un  navire,  et  sert  à 
l'écoulement  des  eaux.  ||  Rainure  dans  la  feuillure  d'une 
pièce  d'appui  de  croisée,  pour  recevoir  la  pluie  qui  s'é- 
g-outte. 

Il  2°  P.  anal.  Sillon  longitudinal  d'un  os  destiné  à 
loger  des  vaisseaux  sanguins,  à  faciliter  le  glissement 
des  tendons.  ||  Sillon  qui  règne  le  long  des  bois  d'un 
cerf,  d'un  chevreuil.  ||  Rainure  de  certaines  coquilles 
univalves.  ||  Petit  canal  que  le  graveur  creuse  sur  la  plan- 
che pour  y  faire  couler  l'eau-forte.  ||  Évidement  prati- 
qué le  long  des  lames  dans  certaines  armes  blanches.  |1 
Partie  de  la  tranche  d'un  livre  opposée  au  dos.  ||  Partie 
pourrie  au  milieu  du  bois  d'un  arbre. 

GOUVERNABLE  [gou-vèr-nàbl']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouverner,  §  93.  ||  Néolog.  Admis  acad. 
1878.1 

Il  Oui  peut  être  gouverné. 

GOUVERNAIL  [gou-vèr-nay']  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gûbernaculum,  >h.  s.  §§  348,  4.34,  390  et 
290.] 

Il  1"  Pièce  mobile  placée  à  l'arrière  d'un  bateau,  d'un 
navire,  dont  on  se  sert  pour  le  diriger  au  moyen  d'une 
])arre  ou  timon.  ||  Fig.  N'a-t-il  pas  tenu  le  —  (de  l'État)  d'une 
main  et  la  boussole  de  l'autre?  voit.  Lett.  74. 

Il  2»  1'.  anal.  Queue  d'un  moulin  à  vent  qui  fait  tour- 
ner les  ailes  dans  la  direction  du  vent.  ||  Fil  de  fer  qu'on 
rend  mobile  pour  régler  la  longueur  de  la  partie  libre  de  la 
languette  des  tuyaux  d'anche,  afin  de  les  accorder.  ||  Dans 
un  paquet  de  barres  de  fer  à  forger,  celle  du  milieu,  qui 
dépasse  les  autres. 

GOUVERNANCE  [gou-vèr-nâns']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouverner,  §  146.  ||  xiv<'  s.  Chi  doivent 
amoureus  prendre  leur  gouvernanche,  Baudouin  de  Sebourc, 
IX,  5.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Anciennt.  Gouvernement.  Tribunal  présidé  par  un 
gouverneur.  Spécialt.  La  —  de  Douai,  de  Lille.  A  Douai,  le 
roi  entendit  le  matin  trois  harangues,  de  l'université,  de  la  — 
et  de  la  ville,  pellisson,  Letl.  histor.  17  mai  1670. 

'GOUVERNANT,  GOUVERNANTE  [  gou-vèr-nan  , 
-nânt']  adj .  et  s.  m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Adj.  et  subst.  particip.  de  gouverner,  §  47.  || 
xv»  s.  V.  à  l'article.] 

I.  Adj.  [rare).  Qui  gouverne.  Vous  êtes  reprenante,  gou- 
vernante, LA  K.  Daphné,  ii,  5.  Subslantict.  Les  gouvernants 
et  les  gouvernés. 

II.  >S.  m.  et  f.  Il  1»  Vieilli.  Celui,  celle  (jui  a  le  gou- 
vernemeut  d'une  ville,  d'un  pays.  Le  duc  de  Sombreset,  — 
pour  le  roi  d'Angleterre,  BEfiRY,  Chron.  arm.  1449.  Plusieurs 
princesses  d'Autriche  ont  été  gouvernantes  des  Pays-Bas.  || 
P.  ext.  Madame  la  gouvernante,  la  femme  d'un  gouverneur. 

Il  2°  .S'.  /'.  Celle  à  qui  est  confiée  l'éducation  d'un  en- 
fant. Donner  une  gouvernante  à  ses  enfants.  La  gouvernante 
des  enfants  de  France. 

GOUVERNE  [gou-vèrn']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gouverner,  §  52. ||  1323.  A  le  gou- 
veirne  et  a  le  dispensation  doudit  hospital,  dans  godef.  go- 
verne.  Admis  agau.  1835.] 

Il  1»  Action  de  diriger  (une  embarcation).  Aviron  de  —, 
placé  àrarrière,pourlafaire  tourner  adroite  ou  à  gauche. 

Il  2»  Action  de  se  diriger  de  telle  ou  telle  manière.  Je 
vous  dis  cela,  pour  votre  — . 

GOUVERNEMENT  [gou-vèr-ne-man]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouverner,  §  145.  ||  xii^  s.  Sa  sapience 
apparoit  el  governement  des  choses  ke  creeies  estaient,  Serm. 
de  St  Bern.  p.  58.] 

I.  Action  de  gouverner  une  embarcation.  Le  succès 
d'un  voyage  dépend...  du  bon  —  d'un  pilote,  flret.  Dict. 

II.  Action  de  gouverner,  de  diriger  la  conduite  des 
choses,  des  personnes. 

Il  1"  Le  —  d'une  maison,  d'un  ménage.  Je  vous  constitue, 
pendant  le  soupe,  au  —  des  bouteilles,  mul.  yiv.  m,  1.  Le  — 
des  âmes.  QueUe  idée  aurions-nous  de  la  Providence  dans  le  — 
de  l'univers?  maSS.  Jugcm.  unir.  1. 

Il  2°  Action  de  gouverner  (un  pays),  d'en  avoir  la  di- 
rection politique.  Le  —  des  États.  Une  diligente  attention 
aux  moindres  besoins  de  la  république  est  une  partie  essen- 


tielle au  bon  — ,  la  br.  10.  L'injustice  de  son  —,  vf.rtot, 
Révol.  rom.  5.  Le  —  est  un  ouvrage  de  raison  et  d'intelli- 
gence, Boss.  Polit.  I,  1.  Il  Spécialt.  Direction  politique  et 
militaire  d'une  province,  d'une  ville,  exercée  au  nom  du 
souverain.  On  lui  donna  le  —  de  la  Bourgogne.  P.  ext.  \  1.  La 
province,  la  ville  ainsi  dirigée.  Il  est  allé  s'établir  dans  son 
— .  Les  douze  grands  gouvernements  de  la  France  (avant  la 
Révolution).  |  2.  Résidence  du  gouverneur.  ||  P.  ext.  Ceux 
qui  ont  la  direction  politique  de  l'État.  One  proclamation  du 
— .  Cette  mesure  a  été  prise  par  le  —  de  la  république. 

Il  3°  P.  ext.  Forme  politique  suivant  laquelle  un  État 
est  dirigé.  Il  y  a  trois  espèces  de  —  :  le  républicain,  le  mo- 
narchique et  le  despotique,  montesq.  Espr.  des  lois,  ii,  1. 

"GOUVERNEMENTAL,  ALE  [gou-vèr- ne-man-tàl] 
adj. 

[ÉTYM.  Dériv(*  de  gouvernement,  §  238.  ||  Neolof/.] 

Il  Relatif  au  gouvernement.  La  science  gouvernementale. 

GOUVERNER  [gou-vèr-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gùbernare,  m.  s.  §§348,  4.34,  295  et  291.] 

I.  Diriger  à  l'aide  du  gouvernail  (une  embarcation). 
On  ne  choisit  pas  pour  —  un  vaisseau  celui  des  passagers  qui 
est  de  meilleure  maison,  pasc.  Pens.  v,  10.  ||  Ahsolt.  —  à  la 
roue,  en  faisant  mouvoir  la  barre  par  une  roue.  —  dans  une 
direction.  —  à  la  lame,  fuir  vent  arrière  pour  éviter  la  lame. 
Il  P.  ext.  —  sur  son  ancre,  être  poussé  dans  tel  ou  tel  sens, 
par  le  vent,  par  le  courant,  étant  au  mouillage.  ||  Dn  bâ- 
timent qui  gouverne  bien,  qui  obéit  bien  au  gouvernail.  ||  P. 
anal.  La  manière  dont  Itobad  gouvernait  son  cheval,  volt. 
Zadig,  19.  ||  Fig.  11  sait  —  sa  barque,  diiiger  ses  affaires.  || 
Poét,  Il  semblait  à  son  gré  —  le  tonnerre,  rac.  Esth.  ni,  9. 

II.  P.  ext.  Diriger  la  conduite  des  choses,  des  personnes. 
Il  1"  Une  personne  qui  ne  sait  pas  —  sa  maison,  son  ménage. 

Savoir  —  ses  passions.  Il  faut  apprendre  à  se  — ,  à  se  maî- 
triser. Il  Spécialt.  Être  chargé  de  —  un  enfant,  de  diriger 
son  éducation.  P.  anal.  Sa  mère,  qui  le  gouvernait,  bo.s.<. 
Ilist.  unie,  i.  In.  Prétendrais-tu  nous  —  encor.  Ne  sachant 
pas  te  conduire  toi-même?  la  f.  Fab.  vi,  6.  n  y  a  autant  de 
paresse  que  de  faiblesse  à  se  laisser  — ,  la  br.  4.  Ces  femmes 
de  bien  qui  se  gouvernent  mal,  coRN.  Ment,  i,  1.  Dis-moi 
comme  en  ce  lieu  l'on  gouverne  les  dames?  CORN.  Ment,  i,  1. 
Il  Absult.  Être  niaitre  de  la  direction.  C'est  elle  (sa femme) 
qui  gouverne,  mol.  F.  sav.  i,  3.  ||  P.  anal.  (Gramm.)  Im- 
poser tel  cas,  tel  mode  à  un  mot.  Une  préposition  qui  gou- 
verne le  génitif. 

Il  2"  Diriger  les  affaires  de  l'état.  Je  gouverne  l'empire  où 
je  fus  acheté,  rac.  Esth.  ii,  1.  Rome  depuis  deux  ans  par  ses 
soins  gouvernée,  id.  Brit.  i,  1.  ||  Absult.  Le  lion,  pour  bien 
— ,  Voulant  apprendre  la  morale,  la  f.  Fab.  xi,  5.  L'art  de  — . 
Le  roi  règne  et  ne  gouverne  pas,  laisse  gouverner  les  mi- 
nistres, seuls  respon^ibk's. 

GOUVERNEUR  [gou-vèr-ne'ur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gouverner,  §  112.  {Cf.  lat.  gubernator, 
m.  s.)  Il  xu'^  s.  E  s'um  done  a  s'espuse  malveis  governeûr, 
GARN.  DE  PONT-STE-MAX.  St  Tliomas,  4744.] 

Il  1°  Celui  qui  est  chargé  de  la  direction  politique  et 
militaire  d'une  province.  [Cf.  gouvernant.)  Le  roi  le  nomma 

—  du  Languedoc.  Maxime,  je  vous  fais  —  de  Sicile,  coRN. 
Cinna,  ii,  1.  ||  P.  anal.  Celui  qui  est  chargé  de  la  direc- 
tion du  commandement,  dans  une  ville,  un  château.  Le 

—  de  Paris.  ||  P.  anal.  Celui  qui  est  chargé  de  la  direc- 
tion de  certaines  grandes  administrations  financières. 
Le  —  de  la  Banque  de  France,  du  Crédit  foncier. 

Il  2o  Celui  qui  est  chargé  de  la  direction  morale  d'un 
jeune  homme.  Il  (le  roi)  vous  fait  —  du  prince  de  Castille, 
CORN.  Cid,  I,  3.  Le  —  des  pages. 

Il  3»  P.  aîuil.  (Technol.)  Ouvrier  chargé  de  faire  pour- 
rir, de  couper,  démettre  dans  les  piles  les  chiffons  des- 
tinés k  faire  la  pâte  pour  la  fabrication  du  papier.  ||  Fig. 
Nom  donné  à  un  petit  poisson  qui  passe  pour  servir  de 
conducteur  à  la  baleine. 

GOYAVE  [gù-yav']  s.  vu  . 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  d'Amérique  goyaba,  qui 
est  le  péruvien  gayaba,  m.  s.  §§  13  et  30.  ||  1654.  L'arbre  qui 
porte  les  gouyaves,  le  p.  dutertre,  Hist.  gén.  des  islcs  St- 
Ckristopke,  p.  254.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Botan.)  Fruit  du  goyavier,  en  forme  de  poire,  à  chair 
sucrée  et  parfumée. 

GOYAVIER  [gù-yk-vyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  goyave,  §  115.  ||  1658.  rochefort,  iUsC. 
nat.  des  Antilles,  p.  48.  Admis  acad.  1762.] 


GRABAT 


—  ni 


Il  (Bolan.)  Grand  arbre  exotique,  dit  poirier  des  Indes, 
formant  un  genre  de  la  famille  tles  Myrtacécs. 

GRABAT  [Krii-bà]  .v.  m. 

[ÉTV.M.  Emprunté  du  l;it.  grabatus,  grec  xpiêaTo;,  ??i.  s. 
Auxi^^s.  on  emploie  le  mot  sous  la  forme  lat.Soztondegret 
me  faiun  grabatum,  SI  Alexis,  218.  ||  xvi"  s.  En  son  petit  gra- 
bat, PAHii,  xviu,  2(S.] 

Il  Lit  misérable.  Coucher  sur  un  — .  ||  P.e.rt.  Lit  de  ma- 
liide.  Saigner,  droguer,   mettre  sur  le  —  toute   ma  maison, 

DKAUMAKGII.  H.  (If  SéV.  Ill,  T). 

GRABATAIRE  [grà-bù-lèr]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé!  de  grabat,  ij  2'kS.  Le  lat.  grabatarius  si- 
gnifie «  fabricant  de  grabats  ».j|  1732.  tkév.  Admis  acau. 
1762.] 

Il  Qui  garde  le  lit.  Dne  mère  infirme  et  —,  petit  di;  ha- 
CHAUMONT,  Mnm.  secr.  xxxv,  75.  Sufjslaîitivt.  Un,  une  — . 

'GRABEAU  [grk-bo]  s.  m. 

[ktvm.  Subst.  verbal  de  grabeler,  §§  52  et  65.  ||  liGO. 
L'office  de  grabel  de  foyres...  en  la  ville  de  Lion,  dans  Ijelu. 
liée] 

!•  Ancicnnt.  Action  de  grabeler.  F/V/.  Remettons  à  votre 
retour  le  —  et  belutement  de  ces  matières,  u.\b.  m,  16. 

Il»  1'.  cjI.  Spccialt.  Creclmol.)  Fragment  qui  reste 
d'une  drogue,  d'une  substance  médicinale  passée  au  cri- 
ble. Les  grabeaux  ne  peuvent  toujours  être  utilisés. 

'GRABELER  [grab'-lé;  rn  vers,  grà-be-lé]  r.  tr. 

[ÉTYM.  Pour  garbeler,  §  361,  emprunté  tle  l'ilal.  garbel- 
lare,  m.  s.  qui  se  rattache  à  l'arabe  gharbal,  crible,  i^j;  12 
et  22.  Il  xvie  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Passer  au  crible.  Fig.  La  Court  n'a  encores  bien 
grabelé  toutes  les  pièces,  rau.  i,  20. 

GRABUGE  [grà-biij'j  .s',  m. 

[ÉTVM.  l^our  garbuge  (encore  dans  OUD.),  §  361,  em- 
prunté de  l'ital.  garbuglio,  m.  s.  §§  12  et  507.  On  trou\(' 
aussi  au  xvi"  s.  garbouil  et  grabouil.  ||  xvi«  s.  Garbuges,  que- 
reles  et  noises,  cnoLiiiKK.s,  Après-disnées,  p.  74.] 

Il  Famil.  Dispute.  Tout  ce  petit  —  Entre  vous  excité  va 
finir  en  deux  mots,  rkgnauu,  Méneckmes,  i\,  S).  D'où  vient 
tout  ce  —  ?  i.A  CHAUSSÉE,  Éc.  des  )uères,  ii,  2.  Il  y  a  du  — 
dans  le  ménage. 

GRÂCE  igras']  .>r.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratia,  m.  s.  \\  xii"  s.  0  granz 
grâces  l'a  receù,  Eneas,  785.] 

I.  Il  1"  Agrément  qui  réside  dans  une  personne.  Je  ne 
trouve  qu'en  vous  je  ne  sais  quelle  —  Qui  me  charme  toujours 
et  jamais  ne  me  lasse,  r.-\.g.  Exlh.  u,  7.  La  —  plus  belle  encor 
que  la  beauté,  L.\  K.  Adonis.  Son  cœur  est  épris  des  grâces 
d'Henriette,  MOi..  F.  sur.  ii,  3.  Elle  est  d'une  taille  parfaite 
et  d'une  très  bonne  —  à  tout  ce  qu'elle  fait,  ;^kv.  549.  Ellipl. 
Elle  a  —  à  tout  cela,  et  ses  manières  sont  engageantes,  mol. 
H.  lient,  m,  y.  Fig.  Avoir  mauvaise  —  à  faire  qqch,  être  mal 
venu  à  le  faire.  Vous  avez  mauvaise  —  à  vous  plaindre.  ||  /'. 
exl.  Faire  qqch  de  bonne,  de  mauvaise  — ,  d'un  air  qui  mar- 
que la  bonne  ou  la  mauvaise  volonté,  n  a  voulu  faire  les 
choses  de  bonne  — ,  mol.  Mar.  forcé,  se.  10. 

Il  2»  Agrément  répandu  dans  les  choses.  Tout  reçoit 
dans  ses  mains  une  nouvelle  — ,  uoil.  Artp.'i.  Vos  moin- 
dres discours  ont  dis  grâces  secrètes,  rac.  Eslh.  m,  4.  U 
(son  babil)  avait  une  telle  —  sur  elle...  i.a  i\  l'si/chr.  Cette 
peinture,  cette  musique  a  delà  — .  Vous  puis-je  offrir  mes  vers 
et  leurs  grâces  légères?  l.\  k.  Faù.  viii,  4.  Quela  plaisanterie 
est  de  mauvaise  — !  mou.  Mis.  i,  1.  ||  Fig.  Jeu  des  grâces, 
où  un  petit  cercle  est  lancé  et  reçu  avec  deux  baguettes. 
Il  Bonnes  grâces,  demi-rideaux  formant  draperie.  ||  Votre 
Grâce,  titre  donné  en  Angleterre  à  un  duc. 

Il  3o(Mythol.)  Les  Grâces,  les  trois  déesses  (.\glaé,  Tha- 
lie,  Euphrosine)  qui  personnidaient  le  don  de  plaire.  Fig. 
Ce  jeune  prince,  que  les  Grâces  semblaient  avoir  elles-mêmes 
formé  de  leurs  mains,  no.ss.  .Mdrie-Tlirrèse.  Il  n'a  pas  sacrifié 
aux  Grâces,  il  n'a  pas  le  don  de  plaire. 

II.  Il  1°  Disposition  ii  être  agréable.  Je  puis  croire... 
que  je  suis  en  sa  — ,  mol.  Dép.  atn.  i,  3.  Être  en  —  auprès 
de  qqn.  Il  est  rentré  en  —  auprès  du  roi.  Remettez  le  fils  en 
—  avec  le  père,  mol.  Tari,  iv,  1.  ||  P.  e.rt.  En  parlant 
li'une  chosi'.  Vous  voilà  donc  en  —  avec  l'argent  comptant, 
REGNARD,  Joiu'ur,  III.  6.  |  Être  dans  les  bonnes  grâces  de 
qqn.  Gagner  les  bonnes  grâces  du  victorieux,  c<,>HN.  l'omp. 
exam.  ||  Specialt.  Gagner,  obtenir  les  bonnes  grâces  d'une 
femme,  ses  faveurs.  ||  1'.  ext.  Chose  ([u'on  accorde  à  (jqn 
pour  lui  être  agréable  sans  qu'elle  lui  soit  due.  Demander, 

DICT.    FRA.NÇ. 


io  -  GRAGIEUSER 

recevoir  une  — .  Si  je  puis  lui  obtenir  une  —  de  Votre  Majesté, 
MOL.  Tort,  '.i"  placel.  Demander  qqch  comme  une  — .  Je  vous 
le  demande  en  — .  Je  demande  la  mort  pour  —  ou  pour  sup- 
plice, coR.N.  Ilor.  IV,  7.  C'est  une  —  qu'on  vous  fait.  De  — , 
achevez,  corn.  Cid,  l,5.  ||  1'.  exl.  La  Fortune  pour  lors  distri- 
buait ses  grâces,  L.\  F.  Fah.  vu,  1:^.  La  —  inespérée  d'un  beau 
jour  d'hiver,  noss.  Marie-T/o'rcxe.  ||  P./igpcrô.  Formule  de 
politesse.  C'est  trop  de  —  que  vous  me  faites,  mol.  Pourc.  i,  3. 
Il  2"  Sprciall.  Secours  surnaturel  ([ue  Dieu  accorde 
à  l'homme  jjour  l'aider  à  faire  son  salut.  L'opération  de  la 

—  se  reconnaît  dans  ses  fruits,  boss.  A.  de  Gonz.  Sa  —  (de 
Dieu)  Ne  descend  pas  toujours  avec  même  efficace,  coRN. 
Pobj.  I,  1.  La  —  suffisante,  donnée  à  tout  homme,  mais 
qui  n'est  eflicaceque  s'il  y  ci)rresp(ni(l.  —  prévenante,  qui 
invite  rhomme  au  bien.  —  justifiante,  sanctifiante,  qui  rend 
eflicace  pour  le  salut  ce  que  nous  j)ouvons  faire  di'  bien. 
Être  en  état  de  — ,  avoir  la  grâce  de  Dieu.  Par  la  —  de  Dieu, 
formule  que  les  souverains  ajoutent  à  leur  titre.  |  Vieilli. 
Dieu  —,  par  la  grâce  de  Dieu.  [Cf.  Dieu  merci.)  Ils  sont,  Dieu 
— ,  Madame,  en  parfaite  santé,  mol.  Escarb.  se.  6.  j|  An  de  — , 
compté  à  partir  de  l'ère  chrétienne.  P.  plaisant.  En  l'an 
de  —  1880.  Il  —  d'état,  appropriée  par  Dieu  pour  chacun 
à  sa  situation  spéciale.  P.  hyperô.  Famil.  Résignation  à 
une  situation  mauvaise.  Bien  qu'aveugle,  il  a  conservé  sa 
gaieté  ;  c'est  une  —  d'état. 

III.  Itemise  d'une  peine  accordée  bénévolement.  De- 
mander, obtenir  la  —  de  qqn.  Le  souverain  a  le  droit  de  — .  J'ai 
eu  ma  —  de  cette  affaire,  mol.  D.  Juan,  i,  2.  Lettres  de  — , 
par  lesquelles  le  souverain  accorde  sa  grâce  à  un  con- 
damné. Recours  en  — ,  recours  au  droit  de  grâce  du  sou- 
verain. Faire  — ,  et,  vieilli.  Donner  —  à  qqn.  Fig.  Que  je  me 
fasse  un  peu  —  sur  votre  arrêt  (ijue  je  me  condamne  moins 
sévèrement),  mol.  .W(.v.  i,  1.  Trouver  —  devant  qqnundul- 
gencC;.  Seigneur,  si  j'ai  trouvé  —  devant  vos  yeux,  rac.  Estk. 
II,  7.  P.  anal.  Coup  de  — ,  par  lequel  on  achevait  un  blessé, 
un  supplicié,  pour  ne  pas  le  faire  souffrirplus  longtemps, 
et,  fig.  C'est  le  coup  de  —,  celui  qui  achève  de  perdre  qqn. 
Il  Délai  de  — ,  jours  de  — ,  délai  de  dix  jours  accordé,  pour 
payer,  à  celui  qui  avait  souscrit  une  lettre  de  change.  |1 
Faire  —  (remisej  de  qqch.  Il  ne  m'a  pas  fait  —  d'un  centime. 
Faites-moi  —  de  vos  observations,  c'est  assez  d'observations. 
Faites-nous  —  du  reste,  et,  ellipl,  — !  en  voilà  assez. 

IV.  Action  de  reconnaître  un  bienfait  reçu.  Je  vous 
rends  — ,  ou  grâces.  Je  rends  grâces  aux  dieux  de  n'être  pas 
Romain,  corn.  Uur.  u,  3.  Action  de  grâces,  acte  par  lequel 
on  rend  grâces.  L'armée  commença  l'action  de  grâces,  uoss. 
Coudé.  Il  P.  anal.  Rendre  —  à  qqch,  lui  attribuer  un  résultat 
favorable.  Rendez  —  au  seul  nœud  qui  retient  ma  colère,  rac. 
Iph.  IV,  6.  Spéciall.  Les  grâces,  prière  catholique  après 
le  repas,  pour  rendre  grâces  à  Dieu  d'avoir  donné  le  pain 
quotidien.  Dire  les  grâces.  Loc.  prov.  Famil.  Dire  les  grâces 
avant  le  bénédicité,  a\oir  une  femme  pour  maitres.-e  avant 
de  l'épouser.  Il  f;//ip<.  —  à^grâce  soit  rendue  à  .  —  à  Dieu. 

—  au  Ciel.  Grâces  au  Ciel,  mes  mains  ne  sont  point  criminelles, 
RAC.  Phùd.  1,  3.  —  à  vous,  j'ai  réussi.  ||  /'.  anal.  —  à  une 
chose,  à  la  faveur  de  cette  chose.  —  aux  préventions  de  son 
esprit  jaloux,  rac.  Brit.  v,  1. 

GRACIABLE  Lgrâ-syàbl'  ;  en  vers,  -si-abl']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gracier,  §  93.  Se  trouve  en  anc.  franc, 
au  sens  de  «  qui  rend  grâces,  reconnaissant  >».  [V.  go- 
DEF.)  Il  (.\u  sens  actuel.)  1690.  furet.] 

Il  Qu'on  peut  pardonner.  Dans  les  cas  les  plus  graciables, 
MONTESO-  Espr.  des  lois,  vi,  13. 

GRACIER  [grk-syé  ;  en  vers,  grà-si-éj  v.  tr. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grâce,  §  2ùù.  Fréquent  au  moyen  âge 
au  sens  de  «  rendre  grâces,  remercier  ».  ||  (.\u  sens  ac- 
tuel.) 1336.  Avons  gracié  et  remis  des  maintenant  pour  lors 
la  dite  amande,  dans  du  c.  gratificare  2.] 

Il  Exempter  ^qqn)  de  la  peine  à  laquelle  il  a  été  con- 
damné. U  a  été  gracié  par  le  roi. 

GRACIEUSEMENT  [grà-sye'uz'-m an;  c/j  vers,  -si-eii- 
ze-...|  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  gracieuse  et  ment,  §  724.  ||  130"-. 
Briefment  et  gracieusement,  Lell.  de  Ph.  le  Bel,  dans  DELU. 
Rec.] 

Il  D'une  manière  gracieuse. 

GRACIEUSER  [grà-sve'u-zé ;  en  vers,  -si-eû-...|  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gracieux,  §  154.  ||  Signalé  en  1692 
comme  étant  du  bel  usage  par  cailubres,  Mots  à  la 
»iw/f;  admis  ACAD.  dès  1694.J 

75 


GRACIEUSETE 


M  86 


GRAIN 


Il  Vieilli.  Traiter  gracieusement.  J'eus  le  malheur  de  la  — 
sans  réflexion,  mariv.  Spectateur  franc,  p.  3.  ||  P.  ext.  Fé- 
liciter. Après  l'en  avoir  gracieuse ,  la  garde-chambonas, 
Lett.  15  mars  17IJ6,  dans  Annales  du  Midi,  1894,  p.  442. 

GRACIEUSETÉ  [grà-sve'uz'-té  ;  en  vers,  -si-cu-ze-ié] 
s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gracieux,  S  122.  ||  xv<=  s.  Se  vous  m'avez 
donné  aucune  courtoisie  ou  gracieuseté,  Cent  Xouv.  nouv.  18.] 

Il  .\cle  par  lequel  on  traite  gracieusement  cpin.  Faire 
à  qqn  des  gracieusetés. 

GRACIEUX,  EUSE  [grà-syeii,  -syeuz';  envers, -si-...] 
adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratiosus,  m.  s.  \\  xii"  s.  D'aveir 
riches  et  gracios,  ben.  de  ste-more,  Troie,  5132.] 

Il  1°  Qui  a  de  la  grâce  (agrément).  Une  personne  gra- 
cieuse. Dn  —  sourire.  Une  composition  dans  le  genre  — ,  et, 
suhstantivl,  Le  —,  le  genre  gracieux. 

Il  2°  Qui  témoigne  de  la  grâce  (disposition  à  ôtre  agréa- 
ble) à  qqn.  L'accueil  —  qu'il  recevait  de  vous,  corn.  Ilor.  i,  3. 

Il  3"  Qui  fait  une  grâce  à  qqn  (lui  accorde  une  chose 
qui  ne  lui  est  pas  due).  La  plupart  des  peuples  du  Nord  di- 
sent :  notre  —  souverain  ;  apparemment  qu'ils  entendent  bien- 
faisant, VOLT.  Dict.  philos,  gracieux.  Accorder  qqch  à  titre 
— ,  bénévolement.  Juridiction  gracieuse  (administrative  ou 
ecclésiastique),  qui  décide  oi'licieusement  d'une  afTaire. 

GRACILITÉ  [grà-si-li-té]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gracilitas,  m.  s.  I|  1528.  La 
gracilité  qui  est  en  lui  (l'orge),  desdier,  Honn.  Volupté, 
dans  GODEf.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Caractère  de  ce  qui  est  grêle.  La  —  des  membres.  || 
Fig.  La  —  de  la  voix. 

GRADATION  [grà-dà-syon  ;  en  vers,  -si-on]  s.  f. 

[ÉTïM.  Emprunté  du  lat.  gradatio,  7».  5.  ||  1520.  L'en  doibt 
user  de  répétition  et  de  gradation,  j.  F.\Bïii,  Rhetor.  dansDELB. 
Rec.] 

Il  l'rogrès  vers  un  terme  dont  on  se  rapproche  en  pas- 
sant par  tous  les  intermédiaires.  Une  —  croissante ,  dé- 
croissante. La  —  des  couleurs,  des  sons.  La  —  des  idées. 

GRADE  [gràd']  .?.  7n. 

[ÉTYM.  Emprunté  dulat.  gradus,  m.  5.(6'/'.  degré.;  ||1611. 

COTGR.] 

I.  Il  1°  Vieilli.  Degré  de  dignité,  n  est  mille  douceurs 
dans  un  —  si  haut  (le  trône),  corn.  Oth.  m,  5. 

Il  2°  Degré  de  commandement  dans  l'armée.  Le  —  de 
sergent.  Les  grades  supérieurs. 

Il  3°  Degré  de  mérite  littéraire,  scientifique,  etc.,  cons- 
taté par  un  diplôme  conféré  après  examen.  Il  a  pris  tous 
ses  grades  (de  bachelier,  de  licencié  et  de  docteur). 

II.  (Syst.  métrique.)  Division  centésimale  substituée 
au  degré  dans  la  division  de  la  circonierence. 

GRADÉ  [grà-dé]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grade,  §  118.  [Cf.  graduer.)  ||  1811.  mo- 
ziN,  Dict.  franç.-allem.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Qui  a  un  grade  (inférieur)  dans  l'armée.  Un  militaire 
non  —,  un  simple  soldat.  Substantivt.  Un  — . 

•GRADILLE  [grà-diy']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  gradine,  §  95.  i|  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Sorte  de  sculpture  en  forme  de  dentelle. 

GRADIN  [grà-din]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gradino,  m.  s.  diminutif  de 
grado,  degré,  §  12.  ||  1680.  richel.] 

Il  Degré  d'un  support  en  étages.  Les  gradins  d'un  amphl- 
ttoéâtre.  ||  (Minéral.)  Exploitation  par  gradins  droits  ou  renver- 
sés, où  l'on  taille  le  minerai  en  dessus  ou  en  dessous  d'es- 
calier. 

•GRADINE  [grà-din']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gradina,  m.  s.  dérivé  de  grado, 
degré,  §  12.  ||  1690.  furet.] 

Il  (Technol.)  Ciseau  dentelé  pour  sculpter  sur  le  mar- 
bre les  stries  qui  imitent  la  barbe,  les  cheveux,  etc. 

GRADUATION  [grà-duà-svon  ;  en  vers,  -du-à-si-on] 
s.f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graduer,  §  249.  ||  xtv"  s.  Le  livre  de  gra- 
duacion.  Des  passions ,  mss  franc.  Bibl.  nal.  1288,  f»  140, 
v».  Admis  acad.  1718.] 

I.  (T.  scientif.)  Détermination  d'une  série  de  degrés, 
de  divisions  égales,  sur  une  longueur.  ||  Échelle  graduée. 

II.  (Technol.)  Action  exercée  par  degrés.  Spécialt.  Bâ- 
timents de — ,  oij  l'on  concentre  l'eau  de  mer  pour  obtenir 
le  sel  marin. 


GRADUEL,  ELLE  [grà-duèl  ;  en  vers,  -du-èl]  adj.  et 
s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  scolastique  gradualis,  ?n.  s. 
dérivé  de  gradus,  degré,  §§  217  et  238.  Comme  terme  de 
liturgie,  graduel  a  remplacé  l'anc.  franc,  grael,  doublet 
de  formation  pop.  ||  xi\"  s.  Psalmes  graduales,  pu.  de  mai- 
ziÈRES,  dans  godee.  Compl.] 

Il  1°  Relatif  aux  degrés  (du  temple).  Spécialt.  Psaumes 
graduels  des  Hébreux,  chantés  sur  les  degrés  du  temple.  |1 
Fig.  Qui  a  lieu  par  degrés.  Augmentation  graduelle. 

Il  2"  P.  ext.  S.  m.  (Liturgie  cathol.)  Portion  de  l'office 
entre  l'épitre  et  la  prose,  avant  l'Évangile,  qu'on  disait 
autrefois  sur  les  degrés  du  jubé  ou  de  l'ambon.  ||  P.  exf. 
Livre  contenant  ce  qui  se  chante  au  lutrin  pendant  la 
messe. 

GRADUELLEMENT  [grà-duel-man  ;  en  vers,  -du-è- 
le-...]  adv. 

[ÉTYM.  Compose  de  graduelle  et  ment,  §  724.  ||  xiv«  s. 
Graduelment,  j.  golein,  dans  godef.  Compl.  Admis  .\cad. 
1835.] 

Il  Firj.  D'une  manière  graduelle. 

GRADUER  [grà-dué  ;  en  vers,  -du-é]  v.  fr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  scolast.  graduare,  m.  s.  §  117. 
{Cf.  gradé.)  ||  1404.  S'ilz  n'estoient  graduez  en  science,  Nie. 
DE  B.\YE,  Journal,  dans  delb.  Rec] 

I.  [T.  scientif.)  Marquer  d'une  série  de  degrés.  —  un 
thermomètre.  Une  règle  graduée,  un  cercle  gradué. 

II.  Fi,'/.  Soumettre  à  une  gradation.  —  les  difficultés, 
les  exercices.  Cours  de  thèmes  gradués.  —  l'emploi  d'un  re- 
mède. Chambre  graduée  [V.  graduation  ,  dans  les  salines. 

I       III.  Élever  à  un  grade  universitaire.  Gradué  en  théologie. 
I  Substantivt.  Un  gradué,  celui  qui  a  pris  ses  grades. 
j        GRAFFITE  [grà-flt'J  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'ital.  graffito,  m.  s.  dérivé  degraf- 
I  fio,  poinçon,  g  12.  (Cf.  graphite  et  sgraffite.)  ||  Néolog.  Ad- 
I  mis  .ACAD.  1878.] 
I       II  (Archéol.)  Ce  qu'on  trouve  écrit,  dessiné,  sur  les  murs 

des  édifices  des  villes  antiques.  Les  graffites  de  Pompéï. 
I       "GRAILLE  [grây'J  5.  /'. 

I  [ÉTYM.  Du  lat.  grgicula,  fém.  de  graculus,  geai  ou  chou- 
;  cas,  devenu  "gracia,  graille,  §§  290,  390  et  291.  {Cf.  grole.)] 
I       II  Dialect.  Corneille. 

i  GRAILLEMENT  [grây'-man;  envers,  grâ-ye-...]  s.  m. 
I  [ÉTYM.  Dérivé  de  grailler,  §  145.  |J  1701.  furet.  Admis 
'  AC.\D.  1798.] 

Il  Son  de  voix  rauque. 
GRAILLER  [grd-vé]  V.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graille,  §  154.  {Cf.  ital.  gracchiare,  >/i. 
.V.  de  gracchia,  corneille.)  ||  xv«  s.  Grailler  a  la  manière  de 
corneille,  Gloss.  lat.-franç.  dans  du  c.  creticare  2.  |  1606. 
Grïdller,  c'est  corner  cas  et  enroué,  nicot.] 

Il  Faire  entendre  un  son  rauque.  Spécialt.  (Vénerie.) 
Sonner  sur  la  trompe  le  rappel  des  chiens. 

1.  GRAILLON  [grâ-yon]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Origine  incertaine;  qqns  le  dérivent  de  graille, 
anc.  forme  de  grille,  qui  signifie  «  gril  »  en  vieux  fran- 
çais, §  104.  La  date  récente  de  graillon,  qui  n'est  même 
pas  dans  cotgr.,  rend  peu  vraisemblable  cette  étymolo- 
gie.  Il  1642.  ouD.] 

Il  1"  Odeur  de  graisse  brûlée.  Sentir  le  — .  ||  Fig.  Pop. 
Marie  Graillon,  — ,  femme  malpropre ,  tachée  de  graisse. 

Il  2"  P.  ext.  Rognure  de  viande.  ||  Restes  d'un  repas. 
Une  tétine  de  vache  et  dix  livres  de  pain,  sans  parler  des  grail- 
lons, LES.  Guzm.  d'Alfar.  i,  3.  ||  Rognure  de  marbre. 

2.  "GRAILLON  [grâ-yon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grailler,  g  104.  ||  Néolog.] 

Il  Mucosité  expulsée  avec  un  raclement  guttural. 

1.  "GRAILLONNER  [grâ-yù-néj  v.  intr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  graillon  1,  §  154.  ||  Néolog.] 
Il  Prendre  en  cuisant  une  odeur  de  graillon. 

2.  "GRAILLONNER  [grd-yô-né]  V.  intr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  graillon  2,  §  154.  ||  Néolog.] 

Il  Expulser  des  mucosités  avec  un  raclement  guttural, 

1.  GRAIN  [grin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  granum,  m.  s.  §§  299  et  291.  {Cf  graine.)] 

I.  Il  1°  Chacun  des  fruits  contenus  dans  l'épi  des  cé- 
réales. Un  —  de  blé,  de  riz,  de  maïs.  Le  moindre  —  de  mil  Se- 
rait bien  mieux  mon  affaire,  l.\  f.  Fab.  i,  20.  ||  Le  commerce 
des  grains.  Poulets  de  —,  nourris  de  grain  dans  la  basse- 
cour,  non  engraissés  dans  une  épinette.  j|  Fig.   Vieilli. 


GRAIN 


118: 


Dans  le  — ,  dans  l'abondance.  Étant  là,  je  n'étais  dans  le  — , 
RKGMER,  Sut.  10.  Il  Sprcialt.  Ce  fruit  devenu  semence. 
Arrachez  brin  à  brin  Ce  qu'a  produit  ce  maudit  — ,  i_\  K.  Fab. 
1,8. 

Il  2"  P.  cri.  Fruit  ou  semence  grenue  de  certaines 
plantes.  Des  grains  de  raisin,  de  groseille.  '[  P.  anal.  Petit 

—  ,  les  fruits  de  l'urung-e  tombés  avant  leur  maturité.  — 
de  Zelim,  poivre  long  de  l'Inde.  —  de  mûre,  clavaire  ponc- 
tuée, champignon.  ||  Fir/.  —  d'avoine,  —  d'orge,  nom  donné 
à  diverses  coquilles.  Toile  —  d'orge,  à  semis  de  points  res- 
semblant à  des  grains  d'orge.  ||  Speciall.  —  d'orge,  j  1. 
Petit  furoncle,  dit  aussi  orgelet,  qui  vient  à  la  paupière. 
I  2.  Petit  morceau  de  bois  taillé  en  prisme  qu'on  enfonce 
dans  une  fenle  que  présente  une  pièce  de  bois.  Assemblage 
à  grains  d'orge,  j  3.  Outil  de  menuisier,  de  tourneur,  de 
serrurier,  qui  sert  à  évider,  à  percer. 

II.  P.  anal.  [\  1"  Morceau  grenu  d'une  substance  quel- 
conque. Il  Cromwell  allait  ravager  toute  la  chrétienté...  sans 
un  —  de  sable  (calcul)  qui  se  mit  dans  son  uretère,  p.\<c.  Pens. 
m,  7.  Un  —  de  tabac.  Dn  —  de  poivre,  de  sel.  Fif/.  Je  n'ai  pas 
trouvé  le  moindre  —  de  sel  dans  tout  cela  ^le  moindre  esprit^, 
MOI..  Cril.  de  l'Éc.  des  /.  se.  3.  jj  —  de  verroterie,  d'ambre, 
verroterie, .ambre  taillé  en  forme  de  perle.  On  collier  de 
grains  d'ambre.  Les  grains  d'un  chapelet.  Loc.  fainil.  Vieilli. 
Catholique  à  gros  grains,  peu  scrupuleux  (qui  sur  le  cha- 
pelet passe  les  dizaines,  les  petits  grains).  |[  Grains  de  vie, 
grains  de  santé,  etc.,  pilules  de  forme  globuleuse,  j  (Tech- 
nol.)  Cube  de  cuivre  ou  d'acier  qui  sert  de  pivot  à  un 
tourillon. 

Il  2"  Aspérité  grenue  d'une  surface.  Grains  de  petite  vé- 
role, traces  des  pustules.  Un  —  de  beauté,  petite  saillie,  et, 
p.  ext.  petite  tache  sur  la  peau  qui  donne  quelquefois  du 
piquant  à  la  physionomie.  i|  Grains  de  lèpre,  aspérités  à  la 
gorge  des  pourceaux  ladres.  ||  Absoll.  Le  —  d'une  pierre, 
d'un  métal,  d'une  peau,  d'un  tissu,  caractère  grenu  de  la  sur- 
face. Le  —  de  l'ardoise,  de  l'acier.  Peau  en  —  du  Leveint  (sorte 
de  chagrin).  One  étoffe  de  soie  gros  — .  ||  SpéciaU.  Effet 
du  croisement  des  tailles  de  la  gravure. 

III.  Fiij.  Il  1"  Très  petite  quantité  de  qqch.  Ai-je  un  — 
de  ce  métal  qui  procure  toutes  choses?  la  br.  12.  Elle  a  un 

—  de  coquetterie.  Quelque  petit  —  de  folie  mêlé  à  leur  science, 
MOL.  .Méd.  7H.  l.  I,  4.  Il  Vieilli.  Employé  pour  renforcer 
la  négation  (comme  goutte,  etc.).  Ce  cierge  ne  savait  —  de 
philosophie,  L.\  F.  Fab.  ix,  12. 

Ij  2"  Petit  poids,  soixante-douzième  partie  du  gros.  || 
Fig.  Nous  ne  nous  prisons  pas...  D'un  —  moins  que  les  élé- 
phants, LA  K.  Fab.  vui,  15.  Cela  ne  pèse  pas  un  —  (n'a  pas 
d'importance),  sÉv.  589.  n  ne  pèse  pas  un  — ,  il  se  sent 
léger. 

2.  GRAIN  [grin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  ;  qqns  considèrent  ce  mot 
comme  étant  simplement  un  sens  figuré  de  grain  1.  || 
XVI^  s.  Le  pilot  prevoiant  un  tyrannicque  grain,  hau.  iv,  17.] 

Il  (Marine.;  —  de  vent,  — ,  bourrasque  soudaine  avec 
pluie,  grêle.  Pare  au  — ,  veille  au  —  !  commandement  nau- 
tique lorsqu'on  est  menacé  d'un  grain.  ||  Fiy.  Veiller  au 

—  ,  se  précautionner  contre  ce  qu'on  craint. 
'GRAINAGE  ^grè-nàj'],  'GRAIN ATT .T.E  i^grè-nàv'],  etc. 

V.  greuage,  grenaille,  etc. 

GRAINE  lK''"^*"']  ^-  f- 

[ÉTYM.  Uu  lat.  pop.  grana,  pluriel  du  neutre  granum, 
grain,  deveim  fém.  sing.  g§  299,  291  et  54G.] 

Il  1"  Partie  du  fruit  de  la  plante  qui  sert  à  la  reproduire. 
Une  plante  venue  de  — .  Semer  de  la  —  de  réséda,  de  melon, 
de  salade.  SpéciaU.  —  de  perroquet,  semence  du  carthame 
tinctorial.  —  de  canard,  semence  du  millet  et  de  l'alpiste. 

—  joyeuse,  semence  du  fenugrec.  —  perlée,  semence  du 
grémil  des  champs.  Une  plante  qui  monte  en  — ,  qu'on  laisse 
grandir  jusqu'à  ce  qu'elle  porte  sa  graine.  Fiy.  Une  fille 
montée  en  —,  arrivée  à  maturité  sans  se  marier.  Une  fille 
qui...  commençait  à  monter  en  — ,  ST-sim.  il,  91.  —  d'épi- 
nard,  torsade  imitant  la  graine  d'épinard.  Épaulettes  à  — 
d'épinard,  qui  marquent  un  grade  supérieur  dans  l'ar- 
mée. Une  mauvaise  — ,  enfant  qui  ne  promet  rien  de  bon. 
Il  P.  anal.  —  de  vers  à  soie,  œufs  qui  servent  à  les  repro- 
duire. 

Il  2»  Cette  partie  du  fruit  considérée  comme  servant  de 
nourriture.  Donner  de  la  —  aux  oiseaux.  Fiij.  C'est  de  la 

—  de  niais,  c'est  bon  pour  des  niais. 
•GRAINER  [grè-né].  V.  grener. 


GRAMINEES 

GRAINETIER.   V 


GRAINETERIE,  GRAINETIER.  V.  grèneterie,  gréna- 
tier. 

'GRAINETTE  [grè-nêt'].  V.  grenette. 

1.  GRAINIER,  ÎÈRE  [grè-nvé,  -nvCr]  s.  m.  et  f. 
[ÉTY.M.  Dérivé  de  graine,  §§  65  et  115.  {Cf.  grènetier  2.) 

Il  1680.  Grainier,  grenier,  richel.  Admis  acad.  1798.] 
Il  (Technol.,  Celui,  celle  qui  vend  des  graines  à  semer. 

2.  *GRAINIER    grè-nvé]  s.  ?«. 

[kty.m.  Dérivé  de  graine,  §§  65  et  115.  ]|  1789.  excycl. 

MÉTH.] 

Il  (Botan.)  Collection  de  graines  classées  méthodique- 
ment. 

'GRAINOIR  ^grè-nwàr].  V.  grenoir. 

GRAISSAGE  [grè-sàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graisser,  §  78.  ||  xvi*  s.  On  bon  grais- 
sage, J.  LE  CLERQ,  dans  gouef.  Compl.  Admis  acad.  1798.] 

Il  (Technol.)  !|  1»  Action  de  graisser.  Le  —  des  roues. 

Il  2"  Action  de  tourner  en  graisse.  Le  —  du  sucre,  du  vin. 

GRAISSE  [grés']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  'crassia,  m.  s.  (dérivé  de  crassns, 
gras,  §  68),  devenu  craisse,  graisse,  §§  356  et  291.  ||  xii'  s. 
Par  lur  craisse  (var.  greisse;  enclostrent,  Psaut.  de  Cam- 
bridge, XVI,  10.] 

Il  1°  Substance  onctueuse,  répandue  dans  le  tissu  cel- 
lulaire du  corps  de  l'homme  et  des  animaux.  ||  SpéciaU. 
Celte  substance  devenue  abondante.  Prendre  de  la  — .  Être 
noyé  dans  la  — ,  envahi  par  la  graisse.  Monseigneur,  tout 
noyé  qu'il  fût  dans  la  —  et  dans  l'apathie...,  ST-SLM.  Il,  392. 
/••.  plaisant.  La  —  ne  l'étouffé  pas,  il,  elle  est  très  maigre. 
I  Vivre  de  sa  — ,  de  sa  propre  substance  (en  parlant  des 
animaux  engourdis  pendant  l'hiver. 

Il  2'^  Celte  substance  enlevée  du  corps  des  animaux, 
et  employée  en  cuisine,  en  industrie,  etc.  De  la  —  de  porc. 
V.  saindoux.  De  la  —  d'oie.  Se  s»rvir  de  —  fondue  pour  la 
friture.  Étoiles  de  — ,  points  graisseux,  dits  aussi  yeux,  à  la 
surface  du  bouillon.  One  tache  de  — .  Q  y  a  de  la  —  i^des 
taches  de  graisse)  sur  son  habit. 

Il  3»  P.  anal.  \  1.  (T.  biblique.)  La  —  de  la  terre,  les 
biens  qu'elle  produit.  |  2.  La  —  du  vin,  altération  qui  le 
rend  huileux.  ;  3.  —  de  bitume,  le  bitume  purifié. 

GRAISSER  ;grè-sé]  v.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graisse,  §  154.  ||  1539.  R.  est.] 

I.  V.  tr.  Il  1"  Oindre  de  graisse.  —  un  essieu.  —  les 
chaussures,  pour  qu'elles  soient  souples.  ||  Fig.  —  ses  bot- 
tes, se  préparer  à  partir.  —  la  patte  à  qqn,  lui  mettre  de 
l'argent  dans  la  main  pour  le  corrompre.  Ne  vous  laissez 
pas  —  la  patte,  au  moins,  MOL.  Êc.  des  ?«.  m,  4.  —  le  mar- 
teau, gagner  le  portier  avec  de  l'argent.  On  n'entrait  point 
chez  nous  sans  —  le  marteau,  R.\C.  Plaid,  i,  1. 

Il  2°  Tacher  de  graisse.  —  ses  vêtements. 

II.  V.  intr.  Tourner  en  graisse,  devenir  huileux.  Du  vin 
qui  graisse. 

*  GRAISSET  j^grè-sè]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Origine  inconnue.  ||  xvi«  s.  Gresset,  uons.  i,  358, 
Blanchemain.] 

Il  Rainette  commune,  dite  grenouille  d'arbre. 

'GRAISSEUR  [grè-seur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graisser,  §  112.  y  xvi^  s.  Gresseur  de 
bottes,  RAB.  11,  30.] 

Il  (Technol.)  Celui  qui  graisse.  SpéciaU.  Ouvrier  qui 
graisse  les  essieux,  les  organes  des  machines.  ||  Adjectivt. 
Palier  —,  qui  graisse  automatiquement  l'arbre  qu'il  sup- 
porte. 

GRAISSEUX,  EUSE  [grè-seli,  -seiiz']   adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graisse,  §  116.  ||  XV!»  s.  Substances 
graisseuses,  l.  joubert,  dans  oodef.  Compl.] 

Il  1»  Qui  est  de  la  nature  de  la  graisse.  Tissu  — . 

Il  2"  Taché  de  graisse.  Dn  vêtement  — . 

'GRAISSIN  [grè-siiij  s.  )n. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graisse.  S  96.  ||  1611.  COTGR.] 

Il  (Pèche.)  Écume  visqueuse  sur  la  surface  de  l'eau,  à 
l'endroit  ofi  les  poissons  fraient. 

GRAMEN  [gr;i-mèn']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gramen,  m.  S.  \\  xiv«  s.  Geste 
herbe  est  en  latin  appeUee  gramen,  j.  corbichon,  Propr.  des 
choses,  dans  uklb.  Hcc.  Admis  ac.\u.  1762.] 

Il  (T.  scienlil'.i  Herbe  à  gazon. 

GRAMINÉES  ^grà-mi-né]  .*.  /.  pi. 

[ÉTYM.  i:nii)runlé  du  lat.  gramineus.  de  gramen.  ||  ItSi. 
TRÉV.  Admis  ACAU.  1762. J 


GRAMMAIRE 


J188  — 


GRAxNDESSE 


[|  (Botan.)  Famille  de  plantes  monocotylédones  ayant 
pour  tige  un  chaume  creux  coupé  de  nœuds,  à  fleurs  en  épi. 

GRAMMAIRE  Jgràm'-mèr;  vieilli,  gran-mèr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  grammatica,  grec  Ypa!J.u.a-:'.XT,. 
m.  s.  de  Ypiaaa,  lettre,  devenu  "gramadie,  "gramalye,  *gra- 
marye,  gramaire,  §§  389,405  et  358.  écrit  avec  deux  m  par 
réaction  étymologique.  §  502.  (Cf.  grimoire.)  jj  xii^  s. 
Philippe  de  Taun  En  francise  raisun  Ad  estrait  Bestiaire,  Dn 
livre,  de  gramaire,  PH.  de  thaun,  Best,  début. j 

Il  1"  Science  des  règles  du  langage.  La  —,  du  verbe  et 
du  nominatif...  Nous  enseigne  les  lois,  mol.  F.  sav.  ii,  6.  — 
de  la  langue  française,  et,  ellipt ,  —  française.  —  générale, 
science  des  règles  communes  à  toutes  les  langues.  — 
particulière,  science  des  règles  propres  à  chaque  langue. 
—  comparée,  science  qui  étudie  les  rapports  et  les  difTé- 
rences  des  différentes  langues  comparées  entre  elles.  — 
historique,  qui  étudie  l'histoire  de  la  formation  des  règles. 

jl  2"  Livre  où  ces  règles  sont  exposées.  Une  —  latine, 
française.  ||  P.  anal.  Livre  où  sont  exposées  les  règles  d'un 
art,  d'une  science.  La  —  du  dessin. 

GRAMMAIRIEN,  'GRAMMAIRIENNE  [grâm'-mè- 
ryin,  -ryèn';  en  vers,  -ri-...j  s.  m.  et  /. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grammaire,  §  2kl.  ||  xiii^  s.  Bons  livres 
anciens  Les  meillors  aus  grammairiens,  H.  d'andeli,  Bat.  de^ 
set  arts,  95.] 

Il  Celui,  celle  qui  s'occupe  de  grammaire. 

GRAMMATICAL,  ALE  [gram'-mà-ti-kàr  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  grammaticalis,?n.s.  jj  1536.  Ques- 
tions grammaticalles,  G.  chresti.\N,  Philalethes,  (°  25,  vo." 

Ij  1°  Relatif  à  la  grammaire.  Specialt.  Analyse  gram- 
maticale, analyse  des  parties  du  discours. 

Il  2°  Conforme  à  la  grammaire.  Ce  tour  n'est  pas  — . 

GRAMMATICALEMENT  [gràm'-mà-ti-kàl-mau  ;  en 
vei'S,  -kà-le-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  grammaticale  et  ment,  §  724.  ]\  1529. 
On  ne  paurloit  ne  escripvoit  encores  régulièrement  ne  gramma- 
ticalement, G.  TORY,  dans  delb.  liec.\ 

Il  D'une  manière  grammaticale. 

GRAMMATISTE  [gràm'-mà-tist'j  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  grammatista,  grec  vpaaaaT:- 
ffTT,;,  7n.  s.  Il  1575.  Ce  grammatiste  Denys,  d'espence,  Deux 
notables  Traictez,  f»  46,  r».  Admis  acad.  1798.] 

Il  1°  (.^.ntiq.  grecque.)  Celui  qui  enseignait  à  lire  et  à 
écrire. 

jl  2°  P.  ext.  Grammairien  à  idées  étroites. 

"GRAMMATITE  [gràm'-mà-ttt']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  yoiaaa,  a-ro;,  lettre,  confondu 
avec  Ypaaa-f,,  ligne,  à  cause  d'une  ligne  transversale 
que  présente  la  cassure  des  prismes  de  cette  pierre,  §282. 
11  1801.  HAUY,  Traita  de  minéral,  m,  227.] 

Il  (Minéral.)  Amphibole  dépourvue  de  fer  et  d'alumine. 

GRAMME  [gràm']  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gramma,  grec  Ypâ(jL[j.a,  «  let- 
tre »,  et  «  poids  d'un  scrupule  ».  ||  1790.  encycl.  méth. 
Antiq.  Admis  acad.  1798,  suppl.] 

Il  1°  (.\ntiq.)  Vingt-quatrième  partie  de  l'once. 

Il  2"  Unité  de  poids  du  système  métrique,  poids  d'un 
■  centimètre  cube  d'eau  distillée,  au  maximum  de  densité. 

GRAND,  ANDE  [gran,  grand';  le  d  final  se  lie  avec 
la  valeur  de  /]  adj. 

[ÉTYM.  Du  lat.  grandem,  m.  s.  devenu  grant,  §§  291  et 
412,  écrit  plus  récemment  grand  par  réaction  étymolo- 
gique, §  5iJ2.  .\  l'origine,  grand  est  des  deux  genres, 
comme  le  lat.  grandem;  la  forme  grande,  formée  par  ana- 
logie, apparaît  dès  le  xi^  s.  [Roland,  302)  et  a  supplanté 
la  forme  traditionnelle  ,  maintenue  seulement  dans  cer- 
taines expressions  (^ grand  faim,  grand  peine,  grand  peur,  grand 
merci,  grand  chose,  etc.j  et  dans  quelques  mots  composés 
(grand-bande,  grand-mère,  etc.).  ACAD.,  suivant  un  fâcheux 
usage,  écrit  grand'chose,  grand'mère,  etc.] 

I.  ]|  1°  Qui  passe  les  dimensions  ordinaires  (particu- 
lièrement en  hauteur  ou  en  longueur).  Un  homme  — .  Des- 
siner un  personnage  plus  —  que  nature.  De  grandes  mains,  de 
grands  pieds ,  de  grsmds  yeux.  Loc.  prov.  Avoir  les  yeux  plus 
grands  que  le  ventre,  convoiter  plus  qu'on  ne  peut  man- 
ger, boire,  etc.  Loc.  adv.  En  — ,  en  grande  dimension. 
Reproduire  en  —  une  miniature.  Un  —  arbre.  Un  —  fleuve. 
On  —  salon.  Une  grande  ville.  ||  P.  anal.  Qui  a  atteint  toute 
sa  dimension.  Petit  poisson  deviendra  — -,  l.a  f.  Fa/j.  v,  3. 
Une  grande  fille,  un  —  garçon.  Les  grandes  personnes.  Famil. 


Dans  un  lycée,  dans  une  pension.  Les  grands,  les  écoliers 
les  plus  âgés.  ||  P.  ext.  Les  grandes  eaux,  la  crue  d'un 
fleuve.  P.  anal.  Les  grandes  eaux  de  Versailles,  tous  les  jets 
d'eau  et  les  cascades  qu'on  fait  jouer  à  la  fois.  La  fenêtre 
est  grande  ouverte.  Une  grande  heure.  Deux  grandes  lieues. 
Marcher  à  grandes  journées,  n  fait  —  jour.  Aller  au  —  air. 
Subslanlivt.  Le  —  de  l'eau,  le  plus  haut  point  où  monte 
la  marée. 

Il  2°  Qui  passe  la  mesure  ordinaire  en  quantité,  en 
qualité.  Dn  —  nombre.  Une  grande  fortune.  Un  —  âge.  De 
grands  obstacles.  Loc.  prov.  Petite  pluie  abat  —  vent,  il  faut 
souvent  peu  de  chose  pour  calmer  une  grande  efferves- 
cence. Aux  grands  maux  les  grands  remèdes.  Frapper  à  grands 
coups.  Faire  un  —  effort.  Un  —  bruit.  Un  —  silence.  De  grands 
talents.  De  grandes  et  de  terribles  leçons,  BoSS.  R.  d'Angl. 
Substantivt.  Aller  du  petit  au  — ,  commencer  par  de  petites 
choses  pour  arriver  à  de  plus  grandes.  Loc.  adv.  En  —, 
dans  de  grandes  proportions.  On  veut  que  l'univers  ne  soit 
en  —  que  ce  qu'une  montre  est  en  petit,  fùnten.  Plur.  des 
inondes,  1'''=  soir.  Faire  les  choses  en  — ,  travailler  en  — . 
Specialt.  (Marine.)  Gouverner  en  — ,  mettre  le  cap  en  plein 
dans  une  direction.  ||  P.  anal.  Un  —  savant,  un  —  artiste. 
Un  —  fou.  Une  grande  coquette.  Specialt.  (Théâtre.)  Jouer 
les  grandes  coquettes,  les  rôles  de  jeune  femme  coquette. 

II.  Il  l'J  Qui  passe  le  niveau  ordinaire,  quant  au  rang, 
à  la  condition.  Un  —  personnage.  Une  grande  dame.  Dn  — 
seigneur.  Pour  grands  que  soient  les  rois.  Us  sont  ce  que  nous 
sommes,  coRN.  Cid,  i,  3.  Le  —  monde,  la  haute  société.  || 
Terme  honorifique.  Le  Grand  Seigneur,  le  Grand  Turc.  Le 
Grand  Mogol.  Le  — duc,  la  grande-duchesse  de  Russie.  P. 
anal.  Dn  — duché.  —  juge,  —  chsimbeUan,  —  chancelier.  Le 

—  maître  de  l'université.  Le  —  prêtre  de  Jupiter.  —  officier 
de  la  Légion  d'honneur.  Le  —  veneur.  Le  —  écuyer,  et,  ellipt, 
M.  le  Grand.  |  Suhslantirt.  Personnage  élevé  en  dignité. 
Ce  seraient  paroles  exquises  Si  c'était  un  —  qui  parlât,  MuL. 
Ainph.  II,  1.  De  tout  temps  Les  petits  ont  pâti  des  sottises 
des  grands,  ID.  ibid.  ii,  4.  Specialt.  Un  —  d'Espagne,  sei- 
gneur qui  a  le  droit  de  rester  couvert  devant  le  roi.  || 
Vieilli.  Loc.  adv.  A  la  grande,  à  la  manière  des  grands.  On 
ne  peut  voyager...  ni  plus  agréablement  ni  plus  à  la  grande, 
SÉv.  1172. 

Il  2°  Qui  passe  le  niveau  ordinaire  quant  aux  mérites, 
aux  qualités  de  l'esprit  ou  du  cœur.  Dieu  seul  est  —,  mas.s. 
Louis  le  Grand.  —  Dieu!  Un  —  roi.  Grande  reine,  est-ce  ici 
votre  place?  Rac.  Ath.  ii,  5.  Un  —  capitaine,  un  —  écrivain, 
un  —  peintre.   Un  —  homme,  ij  Avec  un  nom  propre.  Le 

—  Condé.  Le  —  Corneille.  Alexandre  le  Grand.  Louis  le  Grand 
(Louis  XIV).  Saint  Grégoire  le  Grand,  jj  Specialt.  Qui  a  de 
l'élévation  morale.  Les  grandes  âmes.  Attale  a  le  cœur  — , 
CORN,  \icom.  II,  3.  De  gremds  sentiments.  |j  Subslanlivt.  Le 
— ,  ce  qui  est  élevé.  La  fausse  gloire  ne  le  tentait  pas;  tout 
tendait  au  vrai  et  au  — ,  BOsS.  Conde. 

'GRAND AT    gran-dà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grand,  §  254.  |i  1690.  furet.  Admis 
ACAD.  1694  ;  suppr.  en  1718.] 

Il  Vieilli.  Dignité  de  grand  d'Espagne.  {Sjjn.  grandesse.) 

*GRAND-BANDE    gran-bând'].   V.  bande  2. 

GRAND-CHAMBRE  [gran-chânbr'].  V.  chambre. 

GRAND-CROIX  [gran-krwà].  1".  croix. 

GRAND-DUC  gran-dùk'],  GRAND-DUCAL  [grao-du- 
kàl_,  GRANDE-DUCHESSE  [grand -du-chés' ;  en  vers, 
gran-de-...  .   V.  duc,  ducal,  duchesse. 

GRAND-DUCHÉ  [gran-du-ché].  V.  grand. 

GRANDELET,  ETTE  [grand'-lè,  -lèt'  ;  en  vers,  gran- 
de-, ..■  adj. 

[ktym.  Dérivé  de  grand,  §  134.  jj  xiv«  s.  Si  le  brochet... 
est  plus  grandelet,  Menagier,  ii,  174.] 

I  Qui  commence  à  devenir  grand.  On  devient  grandelette, 
LA  F.  Contes,  Coupe  enchantée. 

GRANDEMENT  [grand'-man;<??!  îe?'s,  gran-de-...] orfr. 

[ÉTYM.  Composé  de  grande  et  ment,  §  724.  A  remplacé 
l'anc.  forme  grantment,  gramment.  |j  xiio  s.  Puis  ne  demoura 
pas  granment  Qu'il  tint  concile,  beneeit.  Ducs  de  Xorin. 
7US8.  I  xiv*^  s.  Bien  loin  et  grandement  arrière,  ORESme, 
Éth.  dans  littré.] 

II  .\u  delà  de  la  mesure  ordinaire,  n  s'est  —  trompé. 
Faire  les  choses  — ,  au  delà  de  l'exigé.  Avoir  —  de  quoi  vi- 
vre, plus  qu'il  ne  faut.  Il  est  —  temps. 

GRANDESSE  [gran-dés']  .?.  /". 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  grandeza,  ?n.  s.  §  13.  A 


GRANDEUR 


—  H89  — 


GRAPHITE 


remplacé  grandat.  L'anc.  franc,  a  aussigrandesse,  au  sens 
de  <<  grandeur  >-,  dérivé  de  grand,  §  124.  ||  1694.  th.  corn. 
grandat.  Admis  acad.  1694.] 

Il  Dignité  de  grand  d'Espagne.  La  —  qui  lui  est  échue, 
ST-SIM.  III,  100. 

GRANDEUR  [gran-deur]  s.  f. 

[ÉTiM.  Dérivé  do  grand,  §  110.  ||  xiic  s.  Ta  poesté  et  ta 
grandurs,  henkeit.  Ducs  de  \orni.  ii,  216").] 

Il  Garaclère  de  ce  qui  est  grand.  La  —  de  Goliath.  La  — 
d'un  animal.  Globes  de  feu  d'une  —  inexprimable,  la  br.  16. 
Tel  astre ,  qui  ne  nous  paxEiit  qu'un  point  dans  le  ciel,  sur- 
passe sans  proportion  toute  la  —  de  la  terre,  uoss.  Conn.  de 
Dieu,  III,  13.  Il  (Astron.j  Étoiles  de  première,  de  troisième 
— ,  ainsi  dites  proportionnellement  à  leur  éclat.  Se  placer 
au-dessus  des  nues  et  des  étoiles  de  la  première  — ,  bouku. 
Ambition,  1.  ||  P.  eut.  Dimension  dans  tel  ou  tel  sens. 
Deux  vases  de  la  même  — .  Spécialt.  Hauteur,  stature.  Deux 
tours  de  même  — .  l'ifj.  Regeirder  qqn  du  haut  de  sa  — ,  avec 
dédain.  ||  Absolt.  {Sh\.\.\\im .)  Quantité  continue  suscep- 
tible d'accroissement  ou  de  décroissement.  Euclide  défi- 
nit ainsi  les  grandeurs  homogènes,  pasc.  Espr.  r/com.  1.  ||  La 
—  de  sa  fortune.  La  —  du  péché,  de  l'offense.  ||  J'entends  chan- 
ter de  Dieu  les  grandeurs  infinies,  R.\c.  Atli.  ii,  7.  On  ne  par- 
tage point  la  —  souvercdne,  ID.  Tfie'ô.  i,  5.  Ni  l'or  ni  la  —  ne 
nous  rendent  heureux,  la  f.  l'hil.  et  Baucis.  Cette  —  périt, 
j'en  veux  une  immortelle,  corn,  l'obj.  iv,  3.  \\  Considérations 
sur  les  causes  de  la  —  des  Romains,  montesq.  Rom.  titre. 
Nul  n'éleva  si  haut  la  —  ottomsme,  rag.  Ucij.  ii,  1.  ||  —  et  su- 
blimité de  génie,  uo^s.  L'onde.  La  —  de  l'homme  est  grande 
en  ce  qu'il  se  connaît  misérable ,  p.\sc.  Pens.  i,  3.  La  — 
des  idées.  S'ils  (mes  vers)  osent  quelquefois  prendre  un  air  de 
grandeur,  la  f.  Fab.  viii,  4.  ||  Spécialt.  Elévation  mo- 
rale. —  d'âme.  ||  Spécialt.  Titre  honorifique.  Proposez  cet 
hymen  vous-même  à  Sa  Grandeur,  CORN.  Sicom.  ii,  4.  Titre 
donné  auxé\èques  depuis  le  xvii^  siècle.  Votre  Grandeur. 

GRAND-GARDE  [gran-gàrd'].  V.  garde. 

GRANDIOSE  [gran-dyôz'  ;  e7i  vers,  -di-ôz']  adj. 

[ÉTï.M.  Emprunté  de  l'ital.  grandioso,  ?«.  s.  ||  1798.  en- 
CYCL.  MÉTii.  Beaux-Arts.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Qui  a  un  caractère  de  grandeur  imposant.  Une  œu- 
Tre  — . 

GRANDIR  [gran-dîr]  i".  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grand,  §  154.  ||  xiii^  s.  Adès  aloit  en 
grandissant,  ade.net,  Clcomadès,  17918.] 

I.  r.  intr.  Devenir  plus  grand.  Cet  enfant  a  grandi.  Les 
blés  grauidissent.  ||  Fif/.  —  en  sagesse.  Son  mérite  a  grandi. 

II.  V.  tr.  Rendre  plus  grand.  Se  hausser  pour  se  — .  L'i- 
magination grandit  les  choses.  ||  Fig.  Rendre  plus  élevé  (mo- 
ralement). Les  épreuves  l'ont  grandi. 

'GRANDIROSTRES  [gran-di-rôstr']  s.  m.  pi. 

[ÉTY.M.  Composé  avec  le  lat.  grandis,  grand,  et  rostrum, 
bec,  §271.  Il  Néolofj.] 

Il  (Hist.  nat.)  Famille  d'oiseaux  grimpeurs,  à  long  bec. 

GRANDISSIME  [gran-dis'-sim'i  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  grandissime,  superlatif  de 
grande,  grand,  §  12.  L'anc.  franc,  emploie  qqf  grandisme 
et  même  grandissime  au  même  sens,  d'après  le  lat.  gran- 
dissimus.  \\  1530.  daigue,  l'ropr.  des  tortues,  Au  lecteur. 
Admis  ACAD.  1762.] 

Il  Très  grand.  En  —  doute,  poussin,  Lett.  janv.  1638. 

'GRAND-MAMAN  [gran-mà-man].  V.  maman. 

GRAND-MÈRE  [gran-mérj.  V.  mère. 

GRAND-MESSE  [gran-mès'].  V.  messe. 

GRAND-ONCLE [gran-tônkl'l.  ]'.  oncle. 

GRAND-PÈRE  [gran-pèr].  V.  père. 

GRAND-RUE  [gian-ru].  V. rue. 

GRAND-TANTE  [gran-tânt'].  V.  tante. 

GRANGE  ;grânj']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  gr^a,  m.  s.  dérivé-  de  granum,  grain, 
S§  67,  356  et  291.  On  trouve  concurremment  en  anc. 
franc,  granche  et  grange,  ce  qui  semble  indiquer  Texis- 
tence  en  lat.  pop.  de  *granlca  [V.  §  77)  à  cùté  de  'grgnia. 
Il  xii"  s.  Bore  ne  vile,  maison  ne  grange,  ueneeit,  Ducs  de 
Norm.  dans  dei.b.  Bec] 

!|  Lieu  où  on  serre  les  gerbes,  où  on  bat  le  blé.  Battre 
en  — . 

GRANIT  [grà-nïf;  selon  qqns,  grà-ni]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  granito,  m.  s.  proprt,  «  à 
grains  ».  §  12.  [j  i6'.H).  furet.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Géologie.)  Roche  ignée,  de  feldspath,  de  mica,  de 


quartz,  réunis  en  masse  compacte.  {Cf.  gneiss.)  I|  P.  ap- 
pos.  Fifj.  Papier  de  tenture  —,  à  grains  imitant  le  granit. 

GRANITE T.I .F.  [grà-ni-tèl]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  granitello,  m.  s.  diminutif  de 
granito,  granit,  §  12.  ||  1732.  tkév.  Admis  acad.  1762  et 
considéré  à  tort  comme  adj.] 

Il  (Technol.)  Variété  de  granit  à  petit  grain. 

"GRANITER  [grà-ni-té);  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  granit,  g  154.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Moucheter  de  manière  à  imiter  le  granit 

'GRANITIER  [grà-ni-tyé]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  granit,  §  115.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Ouvrier  qui  travaille  le  granit. 

GRANITIQUE  [grk-ni-tîk'j  adj. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  granit,  g  229.  ||  xviiie  s.  buff.  Aimant. 
Admis  ACAD.  18.35.] 

Il  (Géologie.)  Qui  est  de  la  nature  du  granit.  Terrain  — . 

GRANIVORE  [grà-ni-vor]  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  lat.  granum,  grain,  et  vorare. 
dévorer,  g  273.  |j  xyiii*  s.  buff.  Sat.  des  oiseaux.  Admis 
.\CAD.  1878.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  se  nourrit  de  grains.  Les  oiseaux  gra- 
nivores, et,  suhstantivt,  Les  granivores. 

GRANULAIRE  [grà-nu-lér]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  granulum,  petit  grain,  §  248.  ||  Néo- 
log. Admis  ACAD.  1878.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  est  en  petits  grains.  {Cf.  granuleux.) 

GRANULATION  [grà-nu-là-syon  ;  eji  vers,-sï-on]s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  granuler,  §  247.  ||  1690.  furet,  .\dmis 
ACAD.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  ||  1°  Agglomération  en  petits  grains. 

Il  2°  P.  anal.  \  1.  Saillies  des  follicules  hypertrophiés 
du  pharynx  et  du  larynx.  —  de  la  gorge.  |  2.  Petites  tu- 
meurs à  la  surface  des  membranes  séreuses  irritées. 

GRANULE  [grà-nul]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  granulum,  m.  s.  \\  Néolog.  Ad- 
mis ACAD.  1878.] 

Il  (T.  didact.)  Petit  grain.  Spécialt.  |  1.  (Botan.)  Corps 
reproducteur  (chez  les  cryptogames).  |  2.  (Pharm.)  Pilule 
extrêmement  petite.  Granules  homéopathiques. 

GRANULER  [grà-nu-lé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  granulum,  petit  grain,  §266.  t|  1611. 
coTGR.  Admis  acad.  1762.] 

!]  Technol.'  Réduire  en  granules.  |  1.  En  divisant.  — 
du  plomb.  I  2.  Eu  agglomérant.  —  la  poudre  de  guerre. 

GRANULEUX,  EUSE  [grà-nu-leii,  -\em  ]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  granulum,  petit  grain,  g  251.  | 
xvi^  s.  Tubercules  granuleux,  paré,  xxii,  10.  Admis  acad. 
1835.] 

Il  1"  (T.  didact.)  Qui  présente  de  petits  grains.  (Cf. 
granulaire.) 

Il  2°  (Médec.)  Qui  produit  des  granulations. 

'GRAPELLE.  V.  grappelle. 

•GRAPHIE  [grà-fi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  ypiïJiv,  écrire,  décrire,  §  282. 
Il  Admis  ACAD.  1762  ;  suppr.  en  1835.] 

Il  (T.  didact.)  Description,  représentation  graphique. 

GRAPHIQUE  [grà-fîk']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  Ypa:;;xô;,  de  voi^eiv,  dessi- 
ner, écrire.  ||  Admis  acad.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  l]  1"  Qui  trace  au  moyen  du  dessin.  Re- 
présentation —  d'un  plan.  L'art  —,  et,  suhstantivt.  \  1.  Le  —, 
l'art  du  dessin  anpliqué  aux  sciences.  |  2.  La  —,  le  dessin. 
Il  /*.  e.rt.  Procédés  graphiques,  système  de  tracés  pour  re- 
présenter des  plans,  des  coupes  de  machines,  etc.  Dn  dessin 
—,  e\,substantivt,\in^  —,  tracé  d'une  coupe,  d'un  plan ,  etc. 
Spécialt.  Tracé  décrit  par  un  appareil  enregistreur. 

Il  2"  Néolog.  Qui  arapportà  la  représentation  des  sons 
par  l'écriture.  Signes,  caractères  graphiques. 

GRAPHIQUEMENT  [grà-fik'-man  ;  en  vers,  -fi-ke-...] 

[ÉTYM.  Composé  de  graphique  et  ment,  §  724.  ||  Admis 
.\cad.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  Par  procédés  graphiques. 

GRAPHITE  [grà-nt]  5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  ypâvS'.v,  dessiner,  écrire.  §282. 
{Cf.  graUite.)  ||  1801.  hauy.  Traité  de  minéral,  iv,  98.  Ad- 
mis ACAD.  1878.] 

Il  (Minéral.)  Substance,  dite  aussi  mine  de  plomb,  plom- 
bagine, dont  on  fait  des  crayons. 


GRAPHOLOGIE 


1190 


GRAS-DOUBLE 


"GRAPHOLOGIE  [grà-fô-lù-gi]  S.  f.      ^     ^ 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  ypi-^ei^,  écrire,  et  Xôvo;, 
discours.  §  275.  ||  Mot  dû  à  l'abbé  michon  (1868).] 

(I  (T.  didact.)  Élude  du  caractère  des  gens  d'après  leur 
écriture. 

GRAPHOBIÈTRE  [grà-fo-mètr']  s.  ni. 

[ktvm.  Composé  avec  le  grec  ypauT,,  ligne,  et  [xÉTpov, 
mesure,  §  279.  ||  1597.  Déclaration  de  l'usage  du  graphome- 
tre,  PH.  DANFRiE,  tllrc.  Admis  acad.  1762. J 

Il  (Technol.)  Demi-cercle  à  pinnules  et  alidade,  pour 
mesurer  les  angles  dans  l'arpentage,  le  lever  des  plans. 

*GRAPIGNAN  [grà-pi-nan]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Nom  propre  (tiré  plaisamment  du  radical  de 
grappin,  grappiller)  d'un  procureur  mis  à  la  scène  dans 
La  Matrone  d'Éphèse  (1682),  comédie  du  répertoire  des 
Italiens,  §  36.  ||  1683.  Les  procureurs  ne  passent  aujourd'hui 
que  pour  des  Grapignans,  Arlequin  Prothée.] 

Il  P.  plaisant.  Vieilli.  Procureur.  Insigne  —  ou  fripon, 
c'est  tout  un,  PU.  POISSON,  Proc.  arb.  se.  1. 

GRAPIN.  V.  grappin. 

1.  GRAPPE  [grâp'j  S.  f. 

[ÉTYM.  Paraît  d'origine  germatn.  §§  6,  498  et  499.  Cf. 
l'allem.  moderne  krapf,  anc.  haut  allem.  chrapfo,  crochet. 
Le  mot  a  été  emprunté  avant  le  changement  de  pp  en 
pf  dans  les  langues  germaniques.  Le  picard  et  le  cham- 
penois ont  conservé  la  gutturale  forte  et  disent  crappe.  || 
xiie  s.  La  u  la  grape  vait,  pu.  de  thaun,  Best.  p.  105.] 

1.  (Technol.)  Crochet,  crampon.  ||  Specialt.  Crampon 
soudé  aux  fers  d'un  cheval  pour  l'empêcher  de  glisser. 

II.  P.  anal.  \\  1°  Assemblage  de  fleurs,  de  fruits  éta- 
ges sur  un  pédoncule  commun.  Grappes  de  glycine,  de  rai- 
sin. Il  Vin  de  —,  qui  sort  de  la  grappe  non  foulée.  Mordre  à 
la  —,  à  même,  sans  détacher  les  grains,  et,  fig.  accepter 
en  bloc  tout  ce  qu'on  propose. 

Il  2"  Ce  qui  est  en  forme  de  grappe.  —  marine,  variété 
d'algue.  Glandes  en  — .  (Art  vélérin.j  Grappes,  excroissances 
autour  du  paturon  chez  le  cheval,  le  mulet.  {Cf.  râpes.)  || 
Grappes  d'œufs  (d'oiseau,  de  seiche,  etc.).  ||  Sachet  de  bal- 
les, pour  tirer  à  mitraille. 

2.  "GRAPPE  [gràp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  holland.  krap,  garance,  §  10.  |, 
1784.  ENCYCL.  MÉTH.  Arts  et  manuf.] 

Il  (Technol.)  Racine  de  garance  réduite  en  poudre, 
dite  —  de  Hollande,  et,  p.  appos.  Garance  — . 

•GRAPPELLE  [grà-pèl]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grappe,  crampon,  §  126.  ||  w\<^  s.  Petite 
bardane  ougrappelle,  uu  pi.net,  Dioscoride,  dans  uelu.  liée] 

Il  Dialect.  Nom  vulgaire  du  graleron,  de  lalampourde, 
etc.,  plantes  qui  s'accrochent. 

GRAPPILLAGE  [grà-pi-yàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grappiUer,  §  78.  ||  1537.  De  ceste  ven- 
dange prens  ce  grappillage,  UE  la  grise,  Lett.  de  Marc-Au- 
rèle,  dans  delb.  liée.  Admis  acad.  1878.] 

Il  Action  de  grappiller.  P.  anal.  ^Technol.)  Exploita- 
tion d'une  mine  (de  plomb)  en  recueillant  seulement  le 
minerai  qui  vient  à  la  surface. 

GRAPPILLER  [grà-pi-yé]  v.  intr.  et  tv. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grappe,  §  161.  ||  1564.  J.  Thierry,  Dict. 
franç.-lat.] 

Il  l"  V.  intr.  Cueillir  les  grappillons  laissés  par  les 
vendangeurs.  ||  Firj.  Faire  de  petits  profils  sur  ce  dont 
on  a  la  gestion.  L'aînée  se  mêlait  tant  qu'elle  pouvait  de  la 
dépense,  grappillait  dessus,  èT-Sl.M.  ii,  293. 

Il  2o  V.  tr.  Prendre  en  grappillant.  L'argent  qu'U  a  grap- 
pillé. Fig.  GrappiUant  les  endroits  plaisants,  sÉv.  1245. 

GRAPPILLEUR,  EUSE  [grà-pi-yeur,  -yeiiz']^.  m.  et/'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grappiUer,  g  112.  ||  1611.  cotgr.] 
.  Il  Celui,  celle  qui  grappille. 

GRAPPILLON  [grà-pi-yon]  5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grappe',  §  207.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Partie  de  grappe  ou  petite  grappe.  Un  —  de  raisin. 

GRAPPIN  ou  GRAPIN  [grk-pin]  i".  vi. 

[ÉTY.M.  Parait  emprunté  du  provenç.  moderne  grapin 
ou  grapU,  m.  s.  dont  le  radical  est  le  même  que  celui  de 
grappe,  §  12.  cotgr.  donne  concurremment  grappU  et  grap- 
pin. Il  1382.  Grappins  a  quatre  amares,  dans  delb.  liée.] 

Il  1»  (Marine.)  Crochet  d'abordage.  Jeter,  mettre  le  — 
sur  un  bâtiment.  ||  Fig.  Mettre  le  —  sur  qqn,  l'accaparer. 

Il  2o  (Marine.)  Ancre  de  chaloupe  à  plusieurs  pointes 
recourbées.  Nœud  de  — .  Mouiller  le  — . 


Il  3°  (Technol.)  Instrument  pour  séparer,  dans  le  pres- 
soir, le  grain  de  raisin  de  la  rafle.  ||  Instrument  pour 
enlever  les  impuretés  du  verre  en  fusion.  ||  Fer  recourbé 
du  ramoneur  pour  racler  la  suie.  ||  Crochet  qu'on  fixe 
aux  pieds  pour  monter  sur  les  arbres. 

"GRAPPINER  [grà-pi-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grappin,  §  154.  L'anc.  franc.,  a  grapi- 
ner  (tiré  directement  de  grappe)  au  sens  de  grappUler.  || 
1722.  de  bacqueyille  de  la  potherie,  Hist.  de  l'Améri- 
que sept.  I,  70.] 

Il  1°  (Marine.)  Saisir  (un  vaisseau)  avec  le  grappin. 

Il  1<^  (Technol.)  Oter  les  bavures  du  verre  en  fusion. 

"GRAPPINEUR  [grà-pi-neur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grappiner,  §  112.  ||  1765.  encycl.  ver- 
rerie.] 

Il  (Technol.)  Ouvrier  qui  grappine  le  verre  en  fusion. 

•GRAPPU,  UE  [grk-pu]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grappe,  §  118.  ||  xvi«  s.  Grappu  comme 
un  raisin,  du  pinet,  Dioscoride,  i,  108,  édit.  16(J5.] 

Il  (.\gricult.)  Chargé  de  grappes.  Vigne  grappue. 

GRAS,  ASSE  [grd,  gras']  adj. 

[ÉTYM.  Du  lat.  crassum,  ;«.  s.  devenu  cras,  §  291,  puis 
gras,  sous  l'influence  de  gros,  §  509.  Beaucoup  de  patois 
conservent  la  forme  cras,  quoique  le  lat.  pop.  ait  de  bonne 
heure  dit  grassum  pour  crassum.] 

I.  Il  1°  Qui  renferme  de  la  graisse.  Les  parties  grasses 
du  corps  de  l'homme,  des  animaux.  Les  corps  — .  ||  Spécialt. 
Aliments  — ,  la  viande  et  ce  qui  est  accommodé  avec  du 
jus  de  viande  ou  de  la  graisse.  Choux  — ,  accommodés  à 
la  graisse.  Fig.  Famil.  Faire  ses  choux  —  de  qqch,  s'en  ac- 
commoder volontiers.  Régime  — ,  composé  d'aliments 
gras.  Soupe  grasse,  bouillon  — ,  fait  avec  de  la  viande.  L'u- 
sage des  aliments  —  est  interdit  par  l'Église  à  certains  jours. 
Eaux  grasses,  eaux  de  vaisselle  qui  contiennent  des  restes 
de  graisse,  de  jus.  ||  Substantiel.  Le  — .  |  1.  La  partie  grasse 
de  la  viande.  Le  —  et  le  maigre  de  la  viande.  |  2.  Les  aliments 
gras.  Préférer  le  —  au  maigre.  Adverbl.  Manger  — .  Fîdre 
— .  I  3.  Manière  d'accommoder  les  aliments  avec  du  jus 
de  viande,  de  la  graisse.  Du  riz  au  — .  ||  P.  ext.  Jours  — ,  où 
il  est  permis  de  faire  gras.  Spécialt.  Les  jours  — ,  qui  pré- 
cèdent immédiatement  le  carême.  Samedi,  dimanche,  lundi, 
mardi  — .  Une  cause  grasse  (dite  autrefois  cause  de  carême- 
prenant),  réservée  pour  les  jours  gras,  et,  p.  ed-t.  cause 
graveleuse. 

Il  2°  P.  ext.  Qui  a  de  la  graisse  en  abondance.  Un  homme 
— ,  une  femme  grasse.  Être  —  à  lard.  P.  plaisant.  —  comme 
un  moine,  comme  un  chanoine.  Il  devint  gros  et  — ,  L.\  F.  Fab. 
VII,  3.  Un  chapon  — .  Un  bœuf  — .  Spécialt.  Le  bœuf  — ,  bœuf 
engraissé  qui  figurait  dans  le  cortège  du  carnaval.  ||  Fig. 
Tuer  le  veau  —  (par  allusion  à  la  parabole  de  l'Enfant  pro- 
digue), servir  ce  qu'on  a  de  meilleur  pour  fêter  le  retour 
de  qqn.  ||  Substa?itii-t.  Tourner  au  — ,  commencer  à  pren- 
dre de  la  graisse.  ||  —  de  cadavre,  corps  gras  qui  se  forme 
par  la  décomposition  des  substances  animales. 

Il  3°  Oint  de  graisse.  Avoir  les  cheveux  — .  Frotter  avec 
un  linge  — .  ||  Taché  de  graisse.  Le  col  de  son  habit  est  — . 

II.  P.  anal.  \\  1°  Qui  a  une  consistance  onctueuse. 
Fromage  — ,  fait  avec  le  lait  non  écrémé.  Terre  grasse,  terre 
forte,  tenace.  Une  boue  grasse.  P.  ext.  Le  pavé  est  — ,  cou- 
vert d'une  boue  grasse.  Famil.  Il  fait  —  à  marcher.  Vin  — , 
devenu  huileux.  ||  Substantivt.  Le  — .  |  1.  Etat  d'altération 
du  vin.  Ce  vin  tourne  au  — .  |  2.  Maladie  des  vers  à  soie, 
qui  rend  la  chenille  onctueuse  et  l'empêche  de  filer.  ||  P. 
ext.  Avoir  la  poitrine  grasse,  expectorer  beaucoup  de  mu- 
cosités. Toux  grasse,  oii  l'on  expectore  beaucoup  de  mu- 
cosités. Avoir  la  langue  grasse,  le  parler  — ,  et,  adverbl,  Parler 
— ,  parler  d'une  manière  pâteuse.  Spécialt.  Grasseyer. 
{V.  ce  mot.) 

Il  2"  P.  ext.  Épais.  Plantes  grasses,  à  feuilles  charnues. 
Pièce  de  bois  grasse,  épaisse.  yCf.  amaigrir,  démaigrir,  dé- 
larder, i  Bois  — ,  dont  le  tissu  est  mou.  Peinture,  couleur  grasse, 
en  couches  épaisses.  ||  Substantivt.  Le  —  de  la  jambe,  la 
partie  charnue,  le  mollet.  ||  Fig.  |  1.  Abondant.  Lessive 
grasse,  où  il  y  a  beaucoup  d'alcali.  Chaux  grasse,  qui  foi- 
sonne. De  grasses  moissons,  de  —  pâturages.  Dormir  la  grasse 
matinée,  fort  avant  dans  la  matinée.  Trivial.  Adverbt.  Il 
y  aura  — ,  il  y  aura  large  prolil.  |  2.  Libre,  grossier.  Avoir 
le  parler  —,  grasseyer.  Adverbt.  Pai-ler  — ,  dire  des  mots 
trop  libres.  Des  contes  — . 

GRAS-DOUBLE  [grâ-doubl'J  s.  m. 


GRAS-FONDU 


1191 


GRATTELLE 


[ktym.  Composé  de  gras  et  double,  §  173.  ||  1611.  c.otgr. 
Admis  ac.»lD.  1762.] 

Il  (Boucherie.)  Membrane  de  l'estomac  du  bœuf.  Dn  plat 
de  — . 

GRAS-FONDU  [grd-fon-du]  adj.  et  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gras  et  fondu,  §  195.  {Cf.  l'anc. 
verbe  se  graisse-fondre,  cotgr.)  ||  1()(34.  Chevaux  gras-fondus, 
SOLLKYSKi-,  Parf.  Mareschal,  p.  IV.U.  Admis  acau.  1798.] 

Il  Adj.  (Art  vétériri.)  .\lteitit  de  f^^ras-fuiidure.  ||  Ahusivt. 
S.  m.  Gras-fondure.  C'était  un  homme.  .  qui...  précisément, 
comme  un  cheval,  mourut  de  — ,  st-sim.  vi,  165. 

GRAS-FONDURE  [gni-foii-dur]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gras-fondu,  §  111.  ||  1664.  solleysel, 
Parf.  Marc.<!chal,  p.  390.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Art  vétérin.)  Entérite  du  cheval  qui  produit  l'amai- 
grissemont.  ||  /*.  e.rt.  Embonpoint  maladif. 

GRASSEIVIENT  [(,'râs'-man  ;  en  vei\t,  grâ-se-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  grasse  et  ment,  §  724.  ||  xiv«  s.  Ils 
deussent  avoir  en  plus  grassement,  beksuire,  fo  22,  dans 

LITTRl^;.  I 

Il  Famil.  D'une  manière  grasse,  large.  Vivre,  payer  — . 
GRASSET,  ETTE  [grà-sè,  -set']  adj.  et  s.  m.  et  /'. 
[ÉTY.M.'  Dérivé  de  gras,  §  133.  ||  xii<=  s.  Tant  l'a  trové  plain 
et  craset,  Partenopeus,  i,  p.  44,  Crapelet.] 

I.  Adj.  Famil.  Un  peu  gras. 

II.  Il  1"  .S.  m.  (Art  vétérin.)  Chez  le  cheval,  le  bœuf, 
partie  molle  qui  entoure  la  rotule.  ||  (Boucherie.)  Chez 
le  bœuf,  maniement  graisseux  (dit  aussi  hampe)  entre  le 
bas  du  ventre  et  l'extrémité  antérieure  de  la  cuisse. 

Il  2°  5.  f.  Grassette.  Plante  herbacée  qui  croît  dans  les 
terrains  marécageux  et  qui  contient  un  pi'incipe  purgatif. 

GRASSEYEMENT  [grà-sèy'-man]  s.  7n. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grasseyer,  g  145.  ||  1701.  kcret.  Admis 
ACAD.  171.S.] 

Il  Manière  de  prononcer  de  celui  qui  grasseyé. 

GRASSEYER  [grà-sè-yé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gras,  §  163.  ||  1530.  Il  grassie  un  petit, 
PALSGR.  p.  612.  Admis  acad.  1718.] 

Il  Prononcer  de  la  gorge  la  lettre  r. 

"GRASSEYEUR,  EUSE  [grà-sè-ycur,  -yeliz']  .s\  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grasseyer,  §  112.  ||  1752.  tuÉv.J 

Il  Celui,  celle  qui  grasseyé. 

GRASSOUILLET,  ETTE  [grà-sou-yè,  -yet']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gras,  §  134.  ||  1680.  richel.J 

Il  Famil.  Qui  a  un  léger  embonpoint. 

•GRAT  [grà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gratter,  §  52.  ||  xV  s.  Au  grat,  la 
terre  est  dégelée,  Dial.  de  Baillevent  et  Slalepaie.] 

Il  .Anciennt.  Endroit  où  les  poules  grattent  et  picorent. 
Il  Fig.  Vieilli.  Envoyer  qqn  au  — ,  reconduire. 

GRATERON  [grat'-ron;  en  vers,  grà-te-...!  s.  m. 

[ÉTYM.  Altération,  par  étymologie  pop.  (  1'.  §  509\  de 
gleteron.  (  V.  ce  mot  et  cf.  glouteron.)  ||  xv«s.  Spargula,  c'est 
une  herbe  commune  que  l'on  appelle  ruelle  en  aucuns  païs,  en 
autres  grateron,  tirant  Herbier,  452.] 

Il  Nom  vulgaire  de  plusieurs  plantes  accrochantes. 

•GRATICULE  [grà-ti-kul]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  graticola,  m.  s.  qui  est  le  lat. 
craticula,  «  petit  gril  »,  §  12.  On  dit  aussi  craticule,  sous  l'in- 
Jluence  du  lat.  ||  1701.  furet,  graticuler.] 

Il  (Technol.)  Châssis  préparé  pour  réduire  un  tableau. 

GRATICULER  [grà-ti-ku-lé]  v.  tv. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ilal.  graticolare,  /«.  5.  §  12.  On  dit 
aussi  craticuler.  ||  1671.  Craticuler,  le  i>.  chérubin,  Dioptr. 
ocul.  p.  2.38.  Admis  acad.  1798.] 

Il  (Technol.)  Diviser  (une  peinture,  un  dessin)  en  carrés, 
et  former  un  même  nombre  de  carrés  sur  une  toile,  pour 
y  reproduire  l'original. 

GRATIFICATION  [grà-ti-fi-kà-svon  ;  en  vers,  -si-on] 
X  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratiflcatio,  m.  s.  ||  1362.  Gra- 
tification a  des  compagnons  qui  l'aidèrent,  dans  dei.u.  Rec.' 

Il  .\rgent  donné  à  qqn,  comme  témoignage  de  salis- 
faction,  en  dehors  de  ce  qui  lui  est  dû  pour  son  travail. 

GRATIFIER  [grà-ti-fyé  ;  en  vers,  -ti-é]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratificare,  vi.  s.  \\  xvi«  s.  Pour 
gratifier  a  sa  tendre  espousee,  ho.n.  des  I'i:r.  Shuv.  12.3.] 

Il  Em-ichir  d'une  libéralité.  Fiij.  Des  titres  d'honneur  dont 
il  vient  de  —  quelques  grands,  i.a  hr.  Disc,  à  l'Acad.  ||  --16- 
.solt.  Gens  que  le  Ciel  chérit  et  gratifie,  la  f.  FaO.  IV,  5. 


GRATIN  [grà-tin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  96.  H  1606.  NicoT.  Admis 
ACAD.  1718.] 

Il  1°  Partie  de  certains  mets  qui  s'attache  et  rissole  sur 
les  parois  du  vase  en  cuisant.  Le  —  de  la  bouillie. 

Il  2"  P.  anal.  Cuisson  de  certains  mets  recouverts  de 
chapelure,  qu'on  fait  rissoler.  Sole  i*i  —.  \\  P.  ext.  Mets 
ainsi  préparé.  Un  —  de  pommes  de  terre. 

•gratiner  [grà-ti-néj  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  récent  de  gratin,  §§  64  et  154.  ||  Nt<olog.^ 

Il  1°  Rissoler  et  s'attacher  en  cuisant  sur  les  parois  du 
vase.  La  bouillie  a  gratiné. 

Il  2"  Faire  rissoler.  Une  sole  gratinée. 

GRATIOLE  [grà-syùl  ;  en  vers,  -si-ol]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratiola,  diminutif  de  gratia, 
grâce;  la  gratiole  est  appelée  au  moyen  âge  gratia  Dei, 
grace-Dieu  (Grant  Herbier,  220^.  ||  xvi^  s.  La  gracioUe,  cl. 
DARiOT,  dans  delb.  Rec.  .Admis  acad.  1762.] 

Il  (Botan.)  Plante  de  marais  de  la  famille  des  Scrofula- 
riées,  légèrement  purgative,  dite  herbe  à  pauvre  homme. 

GRATIS  [grà-tis']  adv. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lai.  gratis,  m.  s.  ||  xv<=  s.  La  court... 
en  auroit  son  gratis  pour  clore  ses  yeux,  chaSTELl.  Chron. 
m,  95,  Buchon.] 

Il  Sans  avoir  rien  à  payer.  \Syn.  gratuitement.)  La  justice, 
dit-on,  devait  se  rendre  — ,  vim.t.  Lelt.  à  Richel.  25  janv. 
1775.  Il  Ellipt.  Un  spectacle  — ,  où  l'on  entre  sans  payer. 
Il  P.  plaisant.  Fi;/.  —  est  mort,  plus  d'amour  sans  payer, 
LA  F.  Contes,  A  femme  avare.  \\  Vieilli.  Substantivt.  \  1. 
Collation  gratuite  d'un  bénéfice  par  le  saint-siège.  |  2. 
Enseignement  gratuit  dans  les  anciennes  universités. 

GRATITUDE  [grà-ti-tud']  .•;.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratitudo,  m.  s.  ||  1445.  Pour  recon- 
gnoissance  et  gratitude  d'un  si  haut  bien,  dans  godef.  Compl.^ 

Il  yentiment  all'eclucux  pour  celui  dont  on  est  l'ubligé. 
(Syn.  reconnaissance.)  Ce  n'était,  après  tout,  que  bonne  inten- 
tion, — ,  uk  F.  Contes,  F.  du  roi  de  Garàe. 

'GRATTAGE  [grà-tàj']  5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  78.  ||  1788.  Pratique  générale 
du  grattage,  salmon.  Art  du  potier  d'élain,  p.  140.] 

Il  Action  de  gratter.  Le  —  de  la  façade  d'une  maison. 

'GRATTE  [grât'J  *-.  /: 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  gratter,  §  52.  [|  1786.  encycl. 

MÉTH.] 

Il  1»  (Marine.)  Plaque  de  fer  triangulaire  adaptée  à  un 
manche  pour  gratter  (le  pont  d'un  navire,  la  carène). 

Il  2"  Fifj.  Famil.  Ce  que  recueillent  des  ouvriers,  des 
domestiques,  en  grappillant,  en  faisant  de  petits  prolits. 

"GRATTEAU  [grà-tô]  S.  )n. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  126.  ||  1752.  trév.] 

Il  (Technol.)  Instrument  d'acier  du  doreur,  du  fourbis- 
seur,  pour  gratter  les  pièces  avant  de  les  dorer. 

*GRATTE-BOESSE  [grât'-bwes';  en  vers,  grà-te-...] 
s.f. 

[ÉTYM.  Compose  de  gratte  (du  verbe  gratter  et  boesse, 
forme  dialectale  de  brosse,  §  209.  ||  xvi'^-xvii^  s.  Gratte-bosse 
pour  gratte-boisser  l'ouvrage,  e.  ulnet,  Merv.  de  la  nat. 
p.  115.] 

Il  ^Technol.)  Espèce  de  pinceau  fait  avec  des  fils  de 
laiton  déliés,  dont  se  sertie  doreur,  pour  étendre  l'amal- 
game d'or  et  de  mercure,  pour  nettoyer  une  pièce,  etc. 

'GRATTE-BOESSER  ^gràt'-bwè-sé;  en  terj,grk-te-...] 
V.  tr. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gratte-boesse,  §  154.  ||  V.  gratte-boesse.] 

Il  (Technol.)  Frotter  avec  la  gratle-boesse. 

GRATTE-CUL  [grat'-ku  ;  en  vers,  grà-te-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gratte  (du  verbe  gratter)  et  cul,  §  209. 
Il  XVI"'  s.  La  rose  à  la  parfin  devient  un  gratecu,  rû.ns.  i,  191, 
Blanchemain.] 

I.  Nom  vulgaire  du  fruit  de  l'églantier  (rosier  sauvage, 
garni  d'une  bourre  piquante.  Fiy.  Ses  beautés  s'étaient 
tournées  en  — ,  ST-.siM.  m.  346. 

II.  Vieilli.  Nom  vulgaire  du  muscle  qui  fait  mouvoir 
le  bras  de  haut  en  bas. 

GRATTELEUX,  EUSE  [grâl'-leu, -leuz';  en  l'C'vs  grà- 
te-...]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratteUe,  §,«  65  et  ilO.  [j  xiii'^  s.  Rongneux 
et  grateleux,  J.  de  mklm;,  Trst.  181.] 

Il  Fa/nil.  Qui  a  la  gratlelle. 

GRATTELLE  [grà-tèlj  S.  f. 


GRATTEMENT 


—  1192 


GRAVELURE 


[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  126.  ||  1545.  Rougnes  blanches 
et  autres  gratelles,  G.  GUÉROULT,  dans  delb.  Rec] 

Il  Famïi.  Gale  lég-cre.^ 

'GRATTEMENT  [grat'-man  ;  en  verft,  grà-te-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  145.  jj  xvi'=  s.  Gratement  d'o- 
reilles, N.  DU  FAiL,  dans  godef.  CompL] 

Il  Hare.  Action  de  gratter. 

GRATTE-PAPIER  [grat'-pà-pvé ;  en  vers,  grà-te-...] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gratte  (du  verbe  gratter)  et  papier, 
§  i;09.  Il  1622.  Une  infinité  de  gratte-papiers,  SOREL,  Fraji- 
cion,  p.  171.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Fumil.  Expéditionnaire,  copiste.  [Cf.  fesse-cahier.) 

GRATTER  [grà-té]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Mot  d'origine  germanique,  §§  6,  498  et  499;  cf. 
l'allem.  moderne  kratzen,  m.  s.  qui  remonte  à  une  forme 
antérieure  *kratton.  (Cf  égratigner.)  ||  xii<=  s.  S'i  grate  tant 
qu'il  s'i  anserre,  CHRÉTIEN  detroyes,  Cheval,  au  lion,  ^Çi\.2.] 

Il  Frotter  en  raclant  la  superficie.  —  la  façade  d'une  mai- 
son (pour  la  nettoyer).  —  le  métal,  le  décaper.  —  ce  qui 
est  écrit,  l'effacer.  (Agricult.)  —  la  terre,  labourer  superli- 
ciellement.  /'.  hyperb.  Fig.  J'aimerais  mieux  —  la  terre 
avec  mes  ongles,  faire  le  travail  le  plus  pénible.  ||  —  un  en- 
droit qui  démange  (avec  ses  ongles).  Se  —  l'oreille,  la  tête 
(pour  se  donner  une  contenance).  Je  lui  disais  donc,  en  me 
grattant  la  tête.  Que  je  voulais  dormir,  rag.  Plaid,  i,  2.  Fig. 
Famil.  Il  le  gratte  par  où  il  se  démange  (il  caresse  ses  fai- 
blesses), MOL.  B.  genf.  m,  4.  —  l'épaule  à  qqn,  —  qqn,  le 
tlalter.  Ses  contrôles  perpétuels...  ne  sont  rien  que  pour  vous 

—  et  vous  faire  sa  cour,  MOL.  .1/'.  m,  1.  ||  Loc.  prov.  Un  âne 
gratte  l'autre ,  deux  ignorants  se  tlattent  l'un  l'autre.  Ces 
ânes,  non  contents  de  s'être  ainsi  grattés,  la  f.  Fah.  xi,  5. 
Un  cheval  qui  gratte  la  terre  du  pied  (par  impatience),  et, 
absolt,  fig .  M.  de  Grignan...  commence  à  —  du  pied  (à  mon- 
trer de  l'ardeur),  sÉv.  235.  ||  Une  poule  qui  gratte  dans  le 
fumier.  ||  Famil.  —  de  la  guitare,  pincer  les  cordes.  ||  —  à 
la  porte,  pour  faire  entendre  qu'on  désire  entrer.  Grattez 
du  peigne  à  la  porte  De  la  chambre  du  roi,  MOL.  Remevc.  au 
roi.  Il  Famil.  Il  trouve  à  —  surtout,  à  grappiller.  (Cf.  gratte.) 

•GRATTEUR,  EUSE  [grii-teur,  -teùz']  s.  m.  et/'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  112.  ||  xiii»  s.  Ne  trovission 
un  grateor,  mOiNt.\iglon  et  ray.n.\ud,  Rec.  de  fabliaux, 
in,  375,  var.] 

Il  Celui,  celle  qui  gratte.  Le  —  répondit,  st-sim.  ii,264. 
Des  gratteurs  de  papier,  a.  barbier,  dans  Rev.  des  Deux 
Mondes,  mai  1865,  p.  499. 

GRATTOIR  [grà-twàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  113.  (Cf.  gratteau.)  ||  1611. 
coTGR.  Admis  ac.\d.  1762. J 

Il  Instrument  qui  sert  à  gratter.  Specialt.  \  1.  Canif  à 
lame  arrondie  qui  sert  à  gratter  l'écriture.  |  2.  Grille  pour 
gratter  les  chaussures  au  seuil  d'une  maison. 

'GRATTOIRE  [grà-twar]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  113.  ||  xvi«  s.  DU  pinet,  Dios- 
coride,  dans  godef.] 

Il  (Technol.)  Outil  de  serrurier  pour  dresser,  pour  ar- 
rondir les  anneaux  des  clefs  et  autres  pièces  de  relief. 

*GRATTURE  [grà-tùr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gratter,  §  111.  ||  xm"  s.  Leletre  estgra- 
tee  etrescrite  el  lieu  que  le  grature  fu,  beauman.  xxxv,  9.] 

Il  (Technol.)  Ce  qui  tombe  d'une  surface  qu'on  gratte. 

GRATUIT,  UITE  [grà-tui,  -tuit'  ;  beaucoup  prononcent 
-tuït'  au  masc.  comme  au  l'ém.]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratuitus,  m.  s.  ||  xvi'=  s.  Libé- 
ralité gratuite,  amyot,  OEuvr.  »ior.  Mauv.  honte,  9.] 

Il  Dont  on  jouit  sans  payer.  École  gratuite.  L'enseignement 

—  et  obligatoire.  Consultations  gratuites.  ||  P.  e.rt.  Donné  bé- 
névolement. Accorder  des  dons  gratuits  au  roi  pour  les  besoins 
de  l'État,  volt.  .S.  de  L.  XIV,  25.  Loc.  adv.  A  titre  —,  sans 
avoir  rien  à  payer.  ||  Fig.  Non  inoli\é.  Supposition,  mé- 
chanceté gratuite. 

GRATUITÉ  [grà-tui-té]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gratuitas,  m.  s.  ||  xiv»  s.  Chil 
ont  gratuités  et  de  debtes  s'aquitent,  Gilles  li  muisis,  dans 
DELB.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Caractère  de  ce  qui  est  gratuit.  —  de  l'enseignement. 

GRATUITEMENT  [grà-tuit'-man  ;  en  vers,  -tui-te-...] 
adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  gratuite  et  ment,  §  724.  ||  1400.  Ser- 
vir gratuitement,  dans  delb.  Rec] 


Il  D'une  manière  gratuite.  Il  a  été  élevé  — .  Un  malade 
soigné  — .  ||  Fig.  Sans  motif.  Supposer  —  le  mal. 

GRAVATIÉr  [grà-và-tyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gravats,  §  115.  ||  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Charretier  qui  enlève  les  gravats. 

GRAVATIF,  IVE  [grà-và-tïf',-tiv']  adJ. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gravare,  peser,  §  257.  ||  xiv=  s. 
Se  la  douleur  est  gravative,  Trad.  de  B.  de  Gordon,  dans 
GODEF.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Médec.)  Qui  produit  un   sentiment  de  pesanteur. 

GRAVATS  [grà-va]  etGRA'VOIS  [grà-vw<â]  s.  m.  pi. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grève,  §§  65,  121  et  131.  [Cf.  gravelle, 
gravier.)  ||  xii*^  s.  Fors  issirent  sor  le  gravoi,  Melion,  447, 
dans  Zeitschr.  filr  roman.  Philol.  1882,  p.  100.  acad.  ad- 
met gravois  en  1694,  gravas  en  1718  et  gravats  en  1798.] 

Il  (Technol.)  ||  1°  Partie  du  plâtre  qui  reste  quand  on 
l'a  tamisé.  Battre  les  — ,  pour  les  écraser,  et,  fig.  manger 
les  restes. 

Il  2"  P.  anal.  Plâtras,  pierres  provenant  de  démolitions.. 

GRA'VE  [gràv']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gravis,  m.  s.  [Cf.  le  doublet 
grief,  de  formation  pop.)  ||  xv*  s.  De  acu  en  grave.  Faucon- 
nerie d'Albert  le  Grand,  dans  delb.  Rec] 

I.  Vieilli.  Qui  tend  vers  le  centre  de  la  terre,  en  vertu 
de  la  pesanteur.  [Syn.  pesant.)  Les  corps  graves,  et,  ellipt, 
Les  graves.  Les  lois  de  la  chute  des  graves. 

II.  Fig.  Il  1°  Qui  a  de  l'importance.  Un  auteur  — .  Pour 
me  servir  des  paroles  fortes  du  plus  —  des  historiens,  Boss. 
D.  d'Orl.  Une  —  autorité.  Parmi  plusieurs  graves  avertisse- 
ments, BOSS.  Justice,  2.  Le  cas  est  — .  Une  faute  — .  Une 
blessure  — . 

Il  2°  Qui  donne  de  l'importance  aux  choses.  [Syn.  sé- 
rieux.) Toujours  —  dans  les  affaires,  Boss.  Le  Tellier.  Un  — 
magistrat,  p.\sc.  Pens.  m,  11.  Parler  d'un  ton  — .  Garde-toi 
de  rire  en  ce  —  sujet,  boil.  Lutr.  1.  Subslantivt.  Le  — ,  le 
genre  grave.  Passer  du  —  au  doux,  du  plaisant  au  sévère, 
BOIL.  Art  p.  1. 

III.  P.  anal.  \\  1°  (Musique.)  Qui  appartient  aux  de- 
grés inférieurs  de  l'échelle  musicale  (^par  opposition  à 
aigu).  Un  son  — .  Subslantivt.  Aller  du  —  à  l'aigu. 

Il  2"  (^Gramm.)  Accent  —  (tourné  de  gauche  à  droite), 
qui  donne  à  la  voyelle  e  un  son  ouvert  (grève),  ou  sert  à 
distinguer  certains  mots  homonymes  (la  article  et  làadv.). 

*GRA VELAGE  [gràv'-làj' ;  en  vers,  grà-ve-...]s.  în. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graveler,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Action  de  graveler. 

GRAVELÉE  [gràv'-lé  ;  en  vers,  grà-ve-lé]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gravelle,  §§  65  et  118.  On  trouve  an- 
ciennement clavelée,  altération  inexpliquée.  ||  xiii"  s. 
Cendre  clavelée,  E.  boileau,  Livre  desmest.  II,  i,  21.  |  1585. 
Cendres  gravelees,  Ordonn.  dans  littré.] 

Il  (Technol.)  Cendre  — ,  et,  substantivt,  — ,  cendre  pro- 
venant de  la  lie  de  vin  brûlée,  carbonate  brut  de  potasse. 

'GRAVELER  [gràv'-lé;  en  vers,  grà-ve-lé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gravelle,  g§  65  el  154.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Sabler.  —  une  allée. 

GRAVELEUX,  EUSE  [gràv'-leii,  -leuz'  ;  en  vers,  gra- 
ve-...] adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gravelle,  §§  65  et  116.  ||  xiv"^  s.  Noire 
pierre  graveleuse,  JEU.  UE  le  mote.  Regret  Guillaume,  1448.] 

Il  1»  Qui  contient  du  gravier.  Les  (terres)  argileuses  et 
les  graveleuses,  fén.  Exist.  de  Dieu,  i,  2.  ||  P.  aniil.  Urine 
graveleuse,  chargée  de  concrétions,  et,  p.  ext.  substantivt, 
Un  —,  une  graveleuse,  celui,  celle  dont  l'urine  est  grave- 
leuse. (  V.  gravelle.) 

il  2"  Fig.  Qui  contient  des  choses  licencieuses.  Dn 
conte  — . 

GRAVELLE  [grà-vèl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grève,  §§  65  et  126.  ||  xii^  s.  Gravele  de 
mer,  Psaut.  d'Orf.  lxxvii,  28.] 

Il  1"  Anciennt.  Gravier. 

Il  2"  P.  ext.  Concrétion  qui  se  forme  dans  les  reins.  || 
P.  ext.  Maladie  où  ces  concrétions  chargent  l'urine. 

Il  3°  P.  anal.  Tartre,  lie  de  vin  desséchée,  dite  en  cer- 
taines provinces  vimpierre.  (Cf.  gravelée.) 

GRAVELURE  [gràv'-lùr  ;  en  vers,  grà-ve-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graveleux,  §  111.  ||  xvii^-xviiic  s.  V. 
à  l'article.  Admis  acad.  1718.] 

Il  Propos  graveleux.  Comédies  pleines  de  gravelures  et  de 
gros  sel,  LES.  Diable  boit.  13. 


GRAVEMENT 


1193  — 


GREBE 


GRAVEMENT  [griiv'-man  ;  en  vers,  prà-ve-...]  adv. 

[ÉTYM.  Compose  de  grave  et  ment,  §  724.  !|  1039.  r.  est.] 

(I  D'une  manière  giave.  (Sjjn.  sérieusement.  )  Cydias... 
débite  —  ses  pensées  quintessenciées,  la  ur.  5.  ||  Il  est  —  com- 
promis, lia  été  —  blessé. 

GRAVER  [f,n-à-vé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  graban,  allem. 
moderne  graben,  m.  s.  gS;  6,  418  et  499.  Signifie  spe-ciale- 
nienten  anc.  fi'anç.  <(  tracer  une  raie  dans  les  cheveux  ». 
\\  xii"  s.  Au  mireour  s'est  gravée  et  pignie,  Bovon  de  Ilans- 
lone,  dans  gouef.] 

!•  Tracer  sur  une  matière  dure,  au  moyen  d'un  l)u- 
:-in,  d'un  ciseau  (une  fi},nire,  une  inscription,  etc.).  II  grava 
sur  leur  marbre  Ce  que  je  viens  de  raconter,  i.a  k.  Fa/j.  xi,  8. 
i  Spcciall.  Tracer  sur  une  planclie  de  métal  ou  de  I)ois 
une  copie  d'un  tableau  ou  d'un  dessin,  de  la  musique, 
etc.,  pour  la  reproduire  à  un  certain  noml)re  d'exemplai- 
res. On  portrait  gravé  au  burin,  à  l'eau-forte.  ||  Ahsolt.  —  en 
creux,  en  relief.  —  sur  bois,  sur  cuivre.  Dne  pierre  gravée,  l'ifj- 
Avoir  la  figure  gravée  (luar(iuée)  de  petite  vérole.  [|  /'.  anal. 
Les  fibres  du  cerveau  sur  lesquelles  ces  images  doivent  être 
gravées,  malebr.  Hech.  de  la  rérilé,  II,  i,  1. 

II.  Firj.  Il  1"  Rendre  manifeste  dans  qqch  l'idée  d'une 
personne,  d'une  chose.  La  nature  ayant  gravé  son  image  et 
celle  de  son  auteur  dans  toutes  choses,  PA^■G.  Pens.  i,  1.  Ses 
rides  sur  son  front  ont  gravé  ses  exploits,  corn.  Cid,  i,  1. 

Il  2"  Rendre  qqch  (hirable  dans  l'esprit,  dans  le  cœur. 
Les  traits  dont  l'amour  l'a  gravé  dans  votre  âme,  rag.  Iph. 
H,  5.  Ces  paroles  se  gravaient  dans  son  cœur,  fén.  Tri.  '22. 
Elles  portent  toutes  dans  leur  cœur  un  certain  caractère  de 
vertu  qui  y  est  gravé,  muntesq.  Lett.  pei's.  26. 

GRAVEUR  'g-rà-ve'ur]  .y.  tn. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graver,  §  112.  ||  xiv<^  s.  Contrefaicteresse 
De  faux  signetz  et  graveresse,  G.  DE  digui.levii.ij:,  l'rli'ri- 
na(je,  dans  godef.  graveresse.  Geuffroy,...  graveur  de  seaulx, 
dans  DELB.  Hec] 

Il  Celui  dont  la  profession  est  de  graver.  —  sur  métaux, 
sur  bois. 

GRAVIER  [g-rà-vyé]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grève,  §§  65  et  115.  {Cf.  gravats.)  ||  xii"  s. 
Les  feus  alument  el  gravier,  Encas,  289.  ] 

Il  Sable  à  gros  grains  qui  provient  de  la  désagrégation 
des  roches  pierreuses.  Spécial l.  Gros  sable  que  l'on  étale 
dans  les  allées  d'un  jardin.  Les  graviers  en  marchant  me 
restaient  au  talon,  musset.  Dupont  et  Durand.  \\  P.  anal. 
Concrétion  qui  se  forme  dans  les  reins.  Ce  petit  —  s'étant 
mis  là,  il  est  mort,  pasg.  Pens.  m,  7. 

•GRAVIÈRE  [grà-vyér]  s.  f. 

[ÉTYM.  Déi'ivé  de  gravier,  §  115.  i|  Ne'olog.] 

Il  (Technol.)  Lieu  d'où  l'on  extrait  le  gravier. 

'GRAVIMÈTRE  [grk-vi-mètr']  .?.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  lat.  gravis,  lourd,  et  le  grec 
uÉTpov,  mesure,  §  28-4.  ||  Mot  dû  à  g.  de  morveau  :  Je 
propose  donc  de  lui  donner  le  nom  de  gravimètre.  Annales  de 
chimie  (1797),  xxi,  7.] 

Il  (Physique.)  Aréomètre  dont  on  modilie  le  poids  à 
volonté  en  y  ajoutant  un  lest  dit  plongeur. 

GRAVIR  [grà-vïr]  7'.  inlr.  et  Ir. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue  :  le  rapprochement  avec  le 
radical  lat.  grad  qui  se  ti-ouve  dans  grade,  degré,  etc.  et 
dans  l'ilal.  gradire  n'est  pas  satisfaisant.  j|  xnr'  s.  Escoirious 
Qui  par  ces  arbres  gravissoient,  G.  de  i.ohius.  Rose,    l.'JS'i.; 

Il  S'élever  avec  eiïort  surune  pente  escarpée.  |  1.  Vii-illi. 
V.  inlr.  —  jusqu'au  sommet  du  rocher.  On  gravit  sur  les  monts, 
l'.ORN.  Imit.  111,  3.  I  2.  V.  Ir.  —  une  montagne.  Fi;/.  —  rapi- 
dement les  grades  inférieurs. 

•GRAVITANT,  ANTE  [grà-vi-tan,  -tant']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  parlicip.  de  graviter,  §  47.  ||  .wiu"  s.  V.  à 
l'article.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  gravite.  Il  n'y  a  dans  toutes  les  planè- 
tes aucune  partie  moins  gravitante  qu'une  autre,  Yoi.T.  Phi- 
los, de  \eirton,  m,  7. 

GRAVITATION  [grà-vi-là-syon  ;  e«  ro-s, -si-on]s. /". 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  scientif.  gravitatio  (n'ewton), 
jn.  s.  dérivé  du  lat.  gravitas,  gravité.  |1  1722.  Journal  des 
sav.  p.  465.  Admis  acad.  1762.1 

Il  (T.  didact.)  Force  par  laquelle  les  molécules  s'attirent 
en  raison  de  leur  masse.  [Syn.  attraction.)  Les  lois  de  la  — . 

GRAVITÉ  [grà-vi-té]  ,v.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gravitas,  wj.  s.  Le  sens  I,  qui 


est  le  sens  propre,  a  été  repris  du  lat.  classique  à  une  épo- 
que relativement  récente.  ||  xiic-xiiic  s.  Nos  savons  de  quelle 
veriteit  et  de  queile  graviteit  il  est,  Dial.  Grcf/oire,  p.  269.] 

I.  Tendance  des  corps  vers  le  centre  de  la  terre.  Centre 
de  —,  point  par  lequel  passe  la  résultante  des  poids  des 
molécules  qui  composent  un  corps,  quelle  que  soit  sa 
position.  Avoir,  du  point  fixe,  écarté  Ce  que  nous  appelons 
centre  de  — ?  mol.  F.  sav.  m,  2. 

II.  Fil/.  Il  1"  Caractère  de  ce  qui  a  de  l'importance.  La 

—  des  circonstances.  Sa  maladie  a  de  la  — . 

Il  2"  Manière  d'être  de  celui  qui  attache  aux  choses 
de  l'importance.  Je  parie  la  perte  de  la  —  de  notre  sénateur, 
pasg.  Pens.  m,  3.  \\  P.  e.rt.  Maintien  sérieux.  Des  familles 
où,  de  père  en  fils,  personne  n'a  ri  :  cette  —  des  Asiatiques..., 
monte.sq.  Lelt.  prrs.  34.  Garder,  perdre  sa  — .  La  —  est  un 
mystère  du  corps,  i.a  rochef.  257.  ||  P.  ej:l.  La  —  du  main- 
lien,  du  langage,  du  style. 

GRAVITER  [grk-vi-té]  V.  inlr. 

[ÉTYM.  remprunté  du  lat.  scientif.  gravitare  (newton^ 
m.  s.  dérivé  du  lat.  gravitas,  gravité.  ||  xvme  s.  V.  à  l'arti- 
cle. Admis  AGAD.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  Obéir  à  la  gravitation.  Celui  qui  fait  —  des 
corps  innombrables  les  uns  vers  les  autres,  voi/r.  Oreilles,  4. 
Il  P.  ejt.  La  terre  gravite  autour  du  soleil.  i|  Firj.  Le  monarque 
est  le  centre  autour  duquel  gravitent  tous  les  courtisans. 

'GRAVOIR  ^grji-vwarj  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graver,  §  113.  Le  fém.  gravoire  est 
plus  fréquent  en  anc.  franc,  que  le  masc.  ||  xv^  s.  Deus 
gravoirs  d'ivoire,  dans  godef.  Compl.] 

Il  (Technol. j  Instrument  à  graver.  ||  Spéciall.  \  1.  Ins- 
trument avec  lequel  le  lunetier  trace  la  rainure  de  la 
châsse  des  lunettes.  )  2.  Instrument  avec  lequel  le  cirier 
trace  les  filets  des  cierges.  |  3.  Instrument  avec  lequel  le 
charron  fend  les  cercles  de  fer.  |  4.  Marteau  avec  lequel 
le  maréchal  ferrant  marque  difîérentes  pièces. 

GRAVOIS.  V.  gravats. 

GRAVURE  [grii-vùrj  5.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graver,  S  111.  ||  xii»  s.  Sor  la  graveure 
ai  un  quarrel  assis,  Girhert  de  Metz,  542,  Stengel.] 

Il  1°  Sillon  fait  en  gravant.  ||  Specialt.  \  1.  (.\rchitect.) 
Sculpture  peu  profonde,  j  2.  (Technol.)  Raie  pratiquée 
autour  de  la  semelle  d'un  soulier  pour  y  cacher  le  point. 
P.  anal.  Écusson  d'une  vache.  (V.  écusson.) 

!|  2°  Action  de  graver.  Soigner  la  —  d'une  planche.  La  — 
d'une  inscription.  ||  Absolt.  .\rt  de  graver.  La  —  sur  bois, 
sur  acier,  au  burin,  en  taille-douce.  L'invention  de  la  — ,  qui  a 
rendu  les  cartes  géographiques  si  communes,  montesq.  Hom. 
21.  Il  P.  est.  Estampe  tirée  sur  une  planche  gravée.  One 
collection  de  gravures.  Dne  —  avant  la  lettre. 

GRÉ  [gré]  ,y.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gratum,  proprt,  «  chose  agréable  »,  de- 
venu gret,  S§  295  et  291.  gré,  §  402.  ||  xi"  s.  On  fU  lor  donet, 
si  l'en  sourent  bon  gret,  ^l  Alexis,  28.] 

Il  1°  Satisfaction  qu'on  trouve  dans  qqn  ou  qqch.  Pren- 
dre, avoir  qqch  en  — .  Trouver  une  personne  à  son  — .  On  lion... 
Rencontra  bergère  à  son  — ,  LA  F.  Fab.  iv,  1.  Se  marier  contre 
le  —  de  ses  parents.  Le  sang,  à  votre  — ,  coule  trop  lentement. 
RAG.  Alh.  II.  5.  Il  P.  ext.  Trouver  une  femme  au  —  de  mon 
désir,  MOL.  Ec.  des  m.  u,  7.  Au  —  de  mon  amour,  rac.  Iph.  m, 
3.  Fig.  Ses  crins  flottaient  au  —  du  vent,  fen.  Tel.  17.  Au  — 
de  la  fortune,  et  de  l'onde,  et  du  vent,  gorn.  Pomp.  il,  2. 

Il  2"  Satisfaction  avec  laquelle  qqn  se  porte  à  faire  qqch. 
Faire  qqch  de  plein  — .  Faire  qqch  de  —  ou  de  force.  Bon  — 
mal  —,  de  bon  ou  de  mauvais  vouloir.  [Cf.  malgré.;  Bon  — 
mal  —,  il  faut  fermer  l'œil,  BOSS.  Conn.  de  Dieu,  V,  3.  De 

—  à  — ,  par  un  arrangement  qui  satisfait  les  deux  parties. 
Il  S^»  Vieilli.  Satisfaction  que  qqn  témoigne  à  celui  qui 

a  fait  qqch  pour  lui.  Cette  suite  de  travaux  Pour  récompense 
avait...  Force  coups,  peu  de  — ,  l.v  f.  Fah.  x,  1.  Le  —  des 
soins  qu'ils  se  rendaient,  lU.  Phil.  et  Daucis.  Savoir  —  à  qqn 
de  qqch.  Le  —  que  lui  sut  le  prince  d'avoir  été  si  soigneux, 
uoss.  Conde.  La  belle  se  sut  —  de  tous  ces  sentiments,  la  f. 
Fab.  vu,  5.  Savoir  bon,  mauvais  —  à  qqn,  reconnaître  qu'on 
lui  doit  il'èlre,  de  ne  pas  être  satisfait.  Je  ne  vous  sais  pas 
mauvais  —  de  m'avoir  abusée,  mol.  Frinc.  d'El.  v,  2. 

•GRÉAGE  [gré-àj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gréer,  §  78.  ||  Néoloff.] 

Il  (Marine.)  .\clion  de  gréer  (un  navire).  (Cf  grément.) 

GRÈBE  [grèb'j  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  patois  savoyard  grèbe  ou  griaibe,  m. 


GREC 


—  1194 


.<f.  d'origine  inconnue,  §  11.  L'allemand  grèbe  parait  venir 
du  français.  Le  vrai  genre  est  le  féminin  (j.-j.  rouss.); 
mais  l'usage  actuel  est  pour  le  masc.  §  553.  ||  xvi'=  s.  En 
Savoye  elle  est  nommée  grèbe  ou  griaibe ,  p.  belon,  Portr. 
d'oyseaux,  î°  35,  r",  édit.  1557.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Hist.  nat.)  Oiseau  aquatique  à  plumage  blanc  ar- 
genté. Un  manchon  de  plumes  de  —,  et,  ellipt,  Un  manchon 
de  — . 

GREC,  GRECQUE  [grèk']  adj .  et  s.  7n.el  f. 

[ÉTVM.  Nom  propre  de  peuple,  emprunté  dulat.  Graecus, 
m.  s.  [Cf.  grégeois,  grègue,  grièche,  grive.  :] 

Il  1°  Adj.  Relatif  à  la  Grèce,  aux  Grecs.  Calotte  grecque. 
(F.  calotte.)  Calendes  grecques.  (F.  calendes.)  Y  — .  (F.  Yl.) 
ProfU  —,  où  le  front  et  le  nez  sont  en  ligne  droite. _ 

Il  2"  S.  m.  La  langue  grecque.  F'uj.  C'est  du  —,  je  n'y 
entends  rien.  ||  P.  ext.  Vieilli.  Celui  qui  sait  le  grec,  et,  ^ 
j).  ext.  qui  est  très  savant  en  qqch.  Adjectivt.  L'amour,...  j'y 
suis  —,  TH.  CORN.  Ain.  à  la  mode,  iv.  1.  Une  femme  un  peu 
grecque  doit  verser  des  larmes  sans  s'attendrir,  muncbesnay, 
Phénix,  II,  1.  Il  De  nos  jours.  Celui  qui  Iriciie  au  jeu.  ^ 

Il  3"  S.  /'.  Grecque.  |  1.  Ornement  formé  de  lignes  brisées 
à  angle  droit  symétriquement  entrelacées.  |  2.  Suite  d'en- 
coches au  dos' d'un  livre,  pour  loger  les  ficelles  ou  nerfs. 
(Cf.  grecquer.)  P.  ext.  Scie  pour  faire  ces  encoches. 

•GRECQUER  [grè-ké]  v.  tr. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  grecque,  §  154.  ||  1701.  furet.] 

Il  ^Technol.)  Entailler  (le  dos  d'un  livre]  d'une  suite 
d'encoches  où  on  loge  les  ficelles  ou  nerfs. 

1.  GREDIN,  INE  [gre-din,  -din']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue  ;  peut-être  emprunté  del'angl. 
greedy,  affamé  ^d'où  le  dérivé  greediness,  avidité),  § 8. ||  1642. 

UUD.] 

Il  lo  Vieilli.  Mendiant,  mendiante.  1|  Fig.  Auteur  fa- 
mélique, n  semble  à  trois  gredins,  dans  leur  petit  cerveau, 
Que,  pour  être  imprimés  et  reliés  en  veau,  Les  voilà  dans  l'Etat 
d'importantes  personnes,  MOL.  F.  -^av.  iv,  o. 

Il  2''  Mauvais  g;irnement.  Un  — ,  une  gredine. 

2.  GREDIN,  'GREDINE  [gre-din,  -din']  s.  m.  et  f. 
[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  Admis  Aa\D.  1762.] 

Il  Petit  épagneul  à  longs  poils. 

GREDINERIE  ^gre-din'-ri  ;  en  vers,  -di-ne-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gredin,  §  69.  |î  1690.  furet.] 

Il  Action  de  gredin,  de  mauvais  garnement. 

GRÉEBIEN'f .  F.  grément. 

GRÉER  [gré-é]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Parait  emprunté  de  l'anc.  hoUand.  gereiden,  pré- 
parer, dont  le  radical  (reid)  se  retrouve  dans  arroi,  corroi, 
etc.,  §  10.  L'existence  du  composé  agréer  (  F.  agréer  2i  dès 
le  xn=  s.  parle  en  faveur  de  l'antiquité  de  gréer  ;  mais  ce 
mot  ne  s'est  introduit  dans  l'usage  général  qu'au  xviii<=  s. 
Il  1716.  Nous  gréâmes  aussitost  un  petit  hunier,  frézier,  Re- 
lat.  du  vûy.  de  la  mer  du  Sud,  p.  259.  .\dmis  acad.  1798.; 

Il  Garnir  (un  navire)  de  mâts,  vergues,  cordages,  etc. 
{Syn.  agréer.)  ||  P.  ext.  Garnir  (un  mât,  une  vergue)  de 
cacatois,  de  bonnettes. 

GRÉEUR  [gré-eur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gréer,  §  112.  ||  Admis  ac.kd.  1835.] 

Il  (Marine.)  Ouvrier  employé  au  grément  d'un  navire. 

'GREFFAGE  [grè-fàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grefter,  §  78.  j]  Xéolog.] 

Il  Action  de  greffer. 

1.  GREFFE  [grèf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  graphium,  grec  yça-f  lov,  poin- 
çon à  écrire,  stylet,  devenu  "grafye,  graife,  grefe,  greffe, 
§  356.  Il  xii«  s.  Un  grafe  a  trait  de  son  grafier,  Floire  et  Blan- 
chefl.  I,  787.  |  xiu'=  s.  Bon  greile  quant  de  bon  cep  crest,  Vie 
d'Edouard  le  Conf.  97.] 

1.  Anciennt.  Stylet. 

II.  P.  anal.  Pousse  d'arbre.  ||  Spécialt.  Pousse  d'une 
plante  qu'on  insère  sur  une  autre  pour  que  celle-ci  porte 
la  fleur,  le  fruit  de  la  première.  [Syn.  ente,  scion.) 

2.  GREFFE  [grèf]  .y.  ?«. 

[ÉTYM.  Tiré  du  radical  de  greffier,  §  37.  ||  xiv«-xve  s.  Le 
graife  criminel,  NIC.  DE  baye,  dans  godef.  Co>npl.] 

\\  lo  Lieu  où  l'on  dépose  les  minutes  des  actes  de  pro- 
cédure d'une  justice  de  paix,  d'un  tribunal,  d'une  cour 
d'appel,  où  l'on  délivre  les  expéditions  certifiées  des  ju- 
gements et  arrêts,  où  l'on  acquitte  les  droits  de  justice  et 
les  amendes.  Mettre  un  arrêt  au  — .  Produire  au  — . 

Il  2"  Charge  de  celui  qui  est  préposé  au  greffe. 


GRÉGUER 

3.  GREFFE  [grefj  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  greffer,  §  52.  ||  xvii«  s.  V.  a. 
l'article,  .\dmis  ac.\d.  1835.] 

Il  1°  .\ction  de  greffer.  La  —  est  le  triomphe  de  l'art  sur 
la  nature,  liger,  Nouv.  Mais.  rust.  dans  delb.  Rec.  —  par 
approche,  où  l'on  ne  détache  la  partie  greffée  que  quand  la 
soudure  est  efTecluée.  —  par  scions,  où  l'on  implante  le  ra- 
meau de  manière  que  son  liber  soit  en  contact  avec  le 
liber  de  l'arbre  où  il  est  greffé,  sur  une  grande  étendue. 
—  en  couronne,  en  fente,  en  écusson,  en  flûte,  etc.  [V .  ces 
mots.) 

Il  2"  P.  anal.  —  animale,  autoplaslie.  (F.  ce  mot.) 
GREFFER  [grè-fé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  greffe  1,  §  154.  On  trouve  grafier  au 
xvc-xvi*'  s.  (  F.  godef.  grafier  2.)  ||  1538.  Deux  pommiers 
graffez,  dans  godef.  Coinpl.] 

Il  Soumettre  à  l'opération  de  la  greffe.  —  un  sauvageon. 
Des  églantiers  greffés.  P.  ext.  Insérer  (un  rameau,  un  bour- 
geon) sur  une  autre  tige.  ||  Fig.  Un  procès  se  greffe  sur  un 
autre. 

GREFFEUR  [grè-feur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  greffer,  §112.  j]  xvc-xvie  s.  Le  bongref- 
feur  et  bening  plantateur,  dans  godef.  Admis  acad.  1835.] 
Il  Celui  qui  greffe. 
GREFFIER  [grè-fvé]  5.  VI. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  du  moyen  âge  graphiarius, 
7n.  s.  dérivé  de  graphium,  greffe  (stylet).  §  115.  On  trouve 
greffier  dès  le  xiiic  s.  au  sens  de  «  fabricant  de  greffes  ». 
(F.  DELB.  Rec.  et  godef.  greffier  l.)||  (Au  sens  actuel.)  1395. 
Graffier  du  parlement,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Officier  public  préposé  au  greffe.  Cette  émancipation 
s'opérera  par  la  seule  déclaration  du  père  ou  de  la  mère,  reçue 
par  le  juge  de  paix  assisté  de  son  — ,  Code  cicil.  art.  477.  Le 
—  d'une  justice  de  paix,  d'un  tribunal,  d'une  cour.  —  en  chef. 
Acheter  une  charge  de  — .  Fandl.  Au  fém.  La  greffière,  femme 
du  greflier.  Je  vous  trouve  admirable.  Madame  la  greffière, 
DANCOLRT.  Bourçjeoises  de  rjualitr,  i.  3.  |i  Vieilli.  —  à  la 
peau,  qui  écrivait  sur  parchemin.  Veuve  d'un  —  à  la  peau, 
DANCOURT,  Fête  de  village,  i,  3.  —  de  l'écritoire,  qui  ex- 
pédiait les  rapports  des  experts. 
GREFFOIR  [grè-fwàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  greffer,  §  113.  !'  17CK).  Greffoirs  ou  en- 
toirs,  liger,  Nouv.  Mais.  rust.  dans  delb.  Rec.  Admis 
ACAD.  1762.] 
Il  (Technol.)  Couteau  à  greffer. 
'GREFFON  [grè-fon]  s.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  greffe,  §  104.  \]  Xéolog.] 
Il  .Technol.)  Petite  branche  coupée  pour  être  greffée. 
GRÈGE  [grèj']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  greggia,  m.  s.  d'origine  in- 
certaine, §  12.  Il  1690.  FURET.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Soie  — ,  telle  qu'elle  sort  du  cocon  dévidé,  ayant  en- 
core sa  gomme.  Suhstantivt.  Des  grèges  de  Syrie. 
GRÉGEOIS  [gré-jwd]  adj. 

[etym.  Altération  de  grézois  ()'.  §  509),  emprunté  du 
provenç.  grezesc,  m.  s.  §  11.  Le  mot  provenç.  représente 
le  lat.  barbare  'graeclscum,  formé  par  l'addition  du  suffixe 
isk(  F.  §  I49j  au  radical  lat.  grsecum,  grec.  if/',  grègue,  griè- 
che, grive.)  ||  xii«  s.  Trestot  destruirent  li  Grezeis,  Knéas, 
1174.  Le  feu  grezoIs  lors  fet  leans  jolir,  Loherains,  dans  du 
C.  ignis.] 

Il  Anciennt.  Grec.  Spécialt.  Feu  — .  (F.  feu  1,  1,3°.) 
GRÉGORIEN.  lENNE  [gré-gô-ryin,  -ryèn'  ;  en  vers, 
-ri-...].  F.  calendrier  et  chant  1. 
GRÈGUE  [grèg'l  ^.  f. 

[ÉTYM.  .\utre  forme  de   grecque.  {Cf.  grégeois,  grièche, 
grive.)   Il  est  difficile  de  considérer  grègue  comme  une 
abréviation  de  greguesque  ou  garguesque    ital.  grechesca), 
qui  s'est  dit  au  xvi'=  s.  La  forme  indique  un  emprunt  au 
provenç.  gregaouà  l'espagn.  griega,  §11  et  13.  {Cf.  cotgr., 
qui  définit  gregues  par  «  grand  haut-de-chausses  gascon 
ou  espagnol  »,  et  le  mot  angl.  actuel  galligaskins,  m.  s. 
dans  COTGK.  gallogascoines.)  ||  xvo  s.  Parmi  leurs  cuisses  et 
parmi  leur  gregues,  Trahis.de  France,  dans  godef.  Compl.] 
Il  Anciennt.  Culotte  sans  braguette.  (S'emploie  sur- 
tout au  pluriel.)  Loc.  prov.  Tirer  ses  gregues,  se  retirer.  Le 
galant  aussitôt  Tire  ses  gregues,  l.\  f.  Fab.  il,  15. 
'GRÉGUER  [gré-ghé]  v.  tr. 
\      [ÉTYM.  Dérivé  de  grègue,  §154.  ||  Admis  acad.  1694; 
J  suppr.  en  1718.] 


GRELE 


H9o  — 


GRENADIERE 


Il   Vieilli.  Trivial.  Einpocher.  Il  a  gregué  cent  pistoles. 

1.  GRÊLE  [f,'n''ll  adj. 

[ÉTVM.  JJu  lat.  gracilem,  m.  5.  devenu  graisle,  gresle, 
§§382,  291  et  290,  grêle,  §  422.1 

Il  Trop  mince.  {Syn.  fluet.)  Un  corps  — .  Immobile  sur  son 
pied  —,  L'ibis...,  th.  g.\ltikr,  Obc'li.sqnc.  \\  (Anat.)  L'intestin 
—  (par  oppo-sition  au  gros  intestin).  Une  voix  — .  ||  Adverht. 
Sonner  —,  et,  sulj.ttcmtivt.  Sonner  le  — ,  sonner  de  la  trom- 
pette dans  le  ton  le  plus  aigu. 

2.  GRÊLE  [grél]  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  gresle.  S  ■422,  d'ori;,'ine  inconnue.  {Cf.  gré- 
sil.) Il  xii<=  s.  Pesle  mesie  Con  feit  la  pluie  avuec  la  gresle, 

CHRÉTIEN  DE  TROYES,   Ciif)f'S,   1527.) 

Il  1°  Pluie  congelée  qui  tombe  en  grains,  particuliè- 
rement en  temps  d'orage.  La  —  a  ravagé  les  champs.  Dru 
comme  — .  Méchante  comme  la  — ,  GHÉH.\RDI,  Th.  ilal.  i,  301. 
Fi(j.  Une  —  de  coups,  une  —  de  pierres. 

Il  2"  P.  anal,  ladite  tumeur  ii  la  paupière  analogue  à 
un  grain  de  grêle.  ||  Houille  en  fragments  menus. 

3.  'GRÊLE  [grèl)  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  grêler  2,  §  52.  ||  1T57.  encycl.] 
Il  (Tecllnol.)  Instrument  pour  amincir.  ||  Spécial  t.  \  1. 
Lame  d'acierpourgrèlerles  dents  d'un  peigne.  |  2.  Sorte 
d'écoine,  dite  aussi  grêlette,  à  l'usage  du  lourneur. 

1.  'GRÊLER  [grè-lé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grêle  1,  §  154.  ||  1757.  encycl.] 

Il  (Technol.)  Rendre  grôle,  amincir. 

Il  Spécialt.  Il  1°  Diminuer  sur  le  bord  (les  dents  d'un 
peigne)  à  l'aide  de  l'instrument  dit  grêle. 

Il  2"  Faire  passer  (la  cire)  à  travers  le  grêloir  pour  la 
mettre  en  lanières.  (Syn.  rubanner.) 

2.  GRÊLER  [grè-lé]  V.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grêle  2,  g  154.  ||  xii«  s.  La  tormante 
Qui  pluet  et  nege  et  gresle  et  vante,  CHRÉTIEN  detroyes,  Che- 
valier an  lion,  775.] 

I.  V.  intr.  Faire  de  la  grêle,  n  a  beaucoup  grêlé  ce  matin. 
Fig.  —  sur  le  persil,  perdre  sesefTorts  sur  une  chose  sans 
importance. 

II.  V.  tr.  Frapper  de  la  grêle.  Ce  canton  a  été  grêlé.  || 
/'.  anal.  Être  grêlé,  couvert  de  marques  de  petite  vérole. 
Il  (Blason.)  Couronne  grêlée,  chargée  d'un  rang  de  perles 
rondes.  Fig.  Être  grêlé,  maltraité  par  la  fortune.  Sa  médi- 
sante humeur...  Avait  de  ce  galant  souvent  grêlé  l'espoir,  i_\  v. 
Contes,  F.  du  roi  de  Garhe. 

1.  'GRELET  [gre-lè].  V.  grelot  et  grUlon. 

2.  'GRELET  [gre-lè]  et  'GURLET  [gur-lè]  .f.  m. 
[ÉTY.M.  Origine  inconnue.  ||  1732.  trév.] 

Il  (Technol.)  Marteau  de  maçon,  dit  têtu  à  limousin, 
pointu  par  un  bout  et  dont  la  tête  a  deux  faces  aiguës. 

•GRÊLETTE  [grè-lêf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grêler  2,  §  133.  ||  1792.  salivet,  Man. 
du  tourneur,  ii,  324.] 

Il  (Technol.)  Écoine  à  l'usage  du  tourneur.  (  V.  grêle  3.) 

'GRÊLIER  [grè-lyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grêle  2,  §  115.  Se  trouve  comme  ad- 
jectif en  anc.  franc.  ||  1752.  trév.] 

Il  Anciennt.  Pièce  d'artillerie  qu'on  charge  à  mitraille. 

GRELIN  [gre-lin]  et  'GUERLIN  [ghèr-lin]  .ç.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  l'allein.  greling,  m.  s.  parait 
emprunté  du  franc.  ||  1634.  Guerlin  ou  chableau.  Termes 
de  marine,  dans  lielu.  Rec.  .\dmis  AC.\n.  1762.] 

Il  (Marine.)  Cordage  plus  petit  que  le  câble. 

'GRÊLOIR  [grè-lwàr]  s.  m.  et  'GRÊLOIRE  [grè-hvàr' 
.ç.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grêler  2,  §  113.  Qqns  écrivent  grêloué, 
d'après  la  prononciation  du  patois.  ||  17tH).  Le  greloué, 
une  espèce  de  vaisseau  de  fer-blanc,  i.iuer,  .Vowi'.  Mais.  rust. 
dans  UEi.u.  Rec] 

Il  (Technol.)  Vase  à  grêler  la  cire. 

GRÊLON  [grè-lon]  .v.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grêle,  §  104.  ||  xvi"'  s.  De  gros  greslons, 
texte  dans  gouee.  Compl.  Admis  acad.  1740.] 

Il  Grain  de  grêle. 

GRELOT  [gre-16]  5.  »j. 

[ÉTYM.  t)rigino  incertaine,  mei.in  de  st-cei.ais  dit  trem- 
bler le  grelet  au  sens  de  trembler  le  grelot,  ce  qui  peut  faire 
consitlérer  grelot  comme  une  variante  dialectale  de  gre- 
let, grillon,  §  136.  [Cf.  grUlet  1,  dont  le  sens  parait  con- 
firmer ce  rapprochement.)  ||  1392.  Griloz  d'estain,  dans  co- 
dée. Compl.] 


il  Petite  boule  de  métal  creuse,  renfermant  un  battant 
mobile  qui  la  fait  résonner  au  moindre  mouvement.  Les 
grelots  d'une  mule,  d'un  cheval.  |]  Leur  doyen  des  rats)... 
Opina  qu'il  fallait...  Attacher  un  —  au  cou  de  Rodilard,  i..\  F. 
Falj.  II,  2.  La  difficulté  fut  d'attacher  le  — ,  ID.  iljid.  P.  al- 
lusion à  cette  fable.  Fifj.  Attacher  le  — ,  se  charger  d'une 
tentative  périlleuse.  Quand  ce  fut  à  attacher  le  — ,  Riche- 
lieu} avec  toute  sa  puissance  et  son  crédit,  demeura  court, 
ST-.siM.  II,  239.  On  représentait  le  dieu  de  la  folie  avec  des 
grelots.  ||  Fig.  Famil.  Vieilli.  Trembler  le  —,  grelotter.  || 
P.  anal.  Vertèbres  caudales  du  serpent  à  sonnettes,  qui 
font  du  bruit  lorsqu'il  s'agite.  ||  Fleurs  en  —,  qui  ont  la 
forme  d'un  grelot. 

GRELOTTANT,  ANTE  [gre-lô-tan.  -tânt'j  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  grelotter,  §  47.  ||  Néolog.  Ad- 
mis ACAD.  1S78.] 

Il  Qui  grelotte. 

GRELOTTER  [gre-lô-té]  >•.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grelot,  d'après  l'expression  trembler 
le  grelot,  §  154.  ||  xvi''  s.  Ouir  grillotter  les  perles  a  leurs  oreil- 
les, DU  pinet,  dans  godke.  Compl.\ 

Il  Trembler  de  froid.  Ce  pauvre  diable  Qui  rôde  en  grelot- 
tant sous  un  mince  habit  noir,  musset,  Dupont  et  Durand. 
Il  Transitivt.  —  la  fièvre,  avoir  le  frisson  de  la  fièvre. 

'GRELUCHON  [gre-lu-chon]  s.  vi. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue;  ne  paraît  pas  antérieur  au 
xviii«  s.  Il  Admis  acad.  1762  ;  suppr.  en  1878.] 

Il  Vieilli,  .ornant  de  cœur  d'une  femme  entretenue.  On 
pourrait  bien  à  l'aventure  Choisir  un  autre  — ,  VOLT.  Ép.  26. 

•GRELUCHONNE  ,gre-lu-chùn']  5.  f. 

[ÉTYM.  Parait  tiré  plaisamment  de  greluchon,  peut-être 
sous  l'influence  de  grelet  2,  §  37.  ||  Néolog.] 

Il  iTechnol.j  Petite  truelle  de  maçon,  à  bout  arrondi. 

GRÉMENT  et  GRÉEMENT  igré-man]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gréer,  g  145.  [Cf.  gréage.)  ||  1752.  trév. 
Admis  ACAD.  1798.J 

Il  (Marine.)  .\ction  de  gréer.  ||  Ensemble  des  agrès. 

GRÉMIAL  [gré-myàl  ;  en  vers,  -mi-àl]  .?.  »». 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  gremiale,  J)i.  s.  de  gre- 
mium,  giron,  §  216.  ||  1542.  Dng  gremyal  bleu  et  rouge,  dans 
DELB.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Liturgie.)  Morceau  d'étoffe  qu'on  met  sur  les  ge- 
noux d'un  prélat  officiant,  lorsqu'il  s'assied,  pour  préser- 
ver la  chasuble. 

GRÉMIL  [gré-miy']  s.  m. 

[ÉTYM.  Paraît  composé  de  mil  (millet)  et  d'un  premier 
élément  de  sens  incertain.  ||  xia»  s.  Decocciun  de  gromil,  An- 
tidotaire,  mss  franc.  Bibl.  nat.  25327.  .\dmis  acau.  1762.] 

Il  (Botan.)  Plante  à  graines  lisses  et  dures,  de  la  fa- 
mille des  Borraginées.  —  officinal.  —  tinctorial. 

GRENADE  igre-nàd']  .?.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  granatum,  m.  s.  dérivé  de  gra- 
num,  grain.  ||  xu^  s.  S'est  de  jus  de  pume  grenate,  chrétie.n, 
Roi  Guillaume,  355.  |  1532.  Grenades  de  feu  d'artifice,  dans 
GAY',  Gloss.  archéoL] 

Il  1°  Fruit  du  grenadier,  sphéroldal,  contenant  des 
graines  rouges  renfermées  dans  de  petites  cellules. 

Il  2*  P.  anal.  Projectile  en  forme  de  grenade,  boule 
de  fer  remplie  d'étoupe  et  de  poudre,  dont  on  allumait 
la  mèche  pour  la  lancer  avec  la  main.  Fig.  Ornement 
de  costume  militaire  figurant  une  grenade  enflammée. 

Il  3"  Vieilli.  Etoffe  à  mouchetures  en  forme  de  graines. 
Il  Soie  torse,  grenue,  pour  franges,  dentelle.  (C.  grena- 
dine, II,  1°.) 

1.  GRENADIER  [gre-nà-dvé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grenade,  §  115.  ||  1425.  Pommes  d'aigres 
grenadiers,  o.  de  l.\  haye,  dans  delu.  Rec] 

Il  .\rbuste  de  la  famille  des  Myrtacées,  qui  produit  la 
grenade. 

2.  GRENADIER  [gre-nà-dvé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grenade,  §  115.  ||  1680.  richel.] 

Il  Soldat  qui  lançait  à  la  main  des  grenades  (projecti- 
les). Il  P.  e.rt.  Soldat  d'élite,  de  taille  élevée,  qui  formait 
la  première  compagnie  du  bataillon  d'infanterie.  Les  gre- 
nadiers de  la  garde.  Jurer  comme  un  — .  Fig.  Famil.  l-emme 
de  haute  taille  et  de  manières  viriles.  Luc.  adv.  A  la  gre- 
nadière,  à  la  façon  des  grenadiers. 

GRENADIERE  [gre-nà-dycr]  s.  f. 

[ktym.  Dérivé  de  grenadier  2,  §  37.  ||  1680.  RICHEL.  Ad- 
mis ACAD.  1762.] 


GRENADILLE 


1196 


GRENOUILLERE 


Il  lo  Gibecière  où  les  grenadiers  portaient  les  grenades. 

Ij  2°  Seconde  capucine  d'un  fusil  de  munition,  à  la- 
quelle s'attache  la  bretelle.  ||  P.  ext.  Mettre  le  fusil  à  la  —, 
lâcher  la  bretelle  pour  le  porter  suspendu  à  l'épaule. 

GRENADILLE  [gre-nà-dîv']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  granadilla,  7«.  5.  §  13.  Le 
mot  se  trouve  dans  cotgr.  aux  sens  de  »  fleur  du  grena- 
dier, petite  grenade  ».  ||  1694.  th.  corn.  Admis  .\cad. 
1762.] 

Il  (Botan.)  Plante  d'.\mérique,  dite  fleur  de  la  Passion, 
dont  les  graines  ont  le  goût  de  celles  de  la  grenade. 

GRENADIN  [gre-nà-din]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grenade,  §  100.  ||  xvnie  buff.  Grena- 
din. Admis  ACAD.  1798  au  sens  S».] 

Il  1°  (Ornithol.)  Variété  de  fringille  d'Afrique. 

Il  2"  (Botan.)  Variété  d'œillet. 

Il  3"  (Cuisine.)  Sorte  de  fricandeau. 

GRENADINE  [gre-nà-din']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grenade,  §  100.  ||  Néolog.  Admis  acad. 
1835  au  sens  II,  1".] 

I.  Il  1"  Principe  cristallisable  extrait  de  l'écorce  et  de 
la  racine  du  grenadier. 

Il  2°  Jus  de  grenade.  Sirop  de  — . 

II.  Il  1"  Soie  torse,  grenue.  (F.  grenade.) 
Il  2°  Barège,  étoffe  faite  de  cette  soie. 
"GRENAGE  [gre-nàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grener,  §  78.  L'anc.  franc,  grenageest 
un  mot  différent,  qui  dérive  de  grain.  ||  1752.  trév.] 

Il  (Technol.)  Action  de  grener.  Le  —  de  la  poudre  de 
guerre,  du  sel,  du  tabac  à  priser.  |  P.  ext.  Le  —  du  sucre. 

GRENAILLE  [gre-này']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grain,  graine,  §  95.  ||  1354.  Quantité  de 
ruaux  et  grenailles  (var.  greignailles),  dans  du  c.  ruere.] 

Il  1"  Graine  de  rebut  qui  sert  à  nourrir  les  volailles.  Pour 
la  vente  en  détail  des  graines,  grenailles,  farines,  etc.,  Décret 
sur  les  poids  et  mesures,  2S  mars  1812. 

il  2°  P.  anal.  Plomb  réduit  en  grains  fins.  Charger  un 
fusil  avec  de  la  — .  ||  Charbon  de  bois  en  menus  morceaux. 
Il  Cire  réduite  en  grains  pour  la  blanchir.  [Cf.  grêler.) 

GRENAILLER  [gre-nk-yéj  r.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grenaille,  §  154.  ||  1757.  encycl.  Admis 
acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Réduire  (le  plomb)  en  grenaille. 

GRENAT  [gre-nà]  s.  m. 

[ÉTYM.  Môme  mot  que  grenade  (fruit),  par  comparaison 
de  la  couleur  du  grenat  avec  celle  des  grains  de  la  gre- 
nade. Il  xii''  s.  Un  jagonce  grenat,  Ênéas,  7682.] 

Il  1»  Pierre  fine,  d'un  rouge  vineux,  qui  raie  le  quartz. 
Une  p£U-ure  de  grenats. 

Il  2"  Couleur  de  cette  pierre.  Ellipt.  Une  robe  de  soie  —, 
Substantivt.  Le  —  lui  sied  bien. 

GRENELER  [grên'-lé  ;  en  vers,  grè-ne-lé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  graine,  §§  65  et  162.  (Cf.  grener,  gre- 
neter.)  ||  1611.  Encens  plus  grenelé...  que  celuy  d'Arabie,  .\r- 
Tus  THOMAS,  daus  DELB.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Rendre  grenu.  —  la  peau  de  chagrin. 

GRENER  [gre-né]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grain,  graine,  §§  65  et  154.  I|  xiic-xiii»  s. 
Et  li  rosier  en  mai  florist  et  graine,  le  chat,  de  COUCY,  p.  55, 
Michel.] 

Il  1°  V.  intr.  Produire  de  la  graine.  Une  plante  qui  grène 
tard.  Il  P.  anal.  Faire  —  le  ver  à  soie,  laisser  la  chrysalide 
devenir  papillon  et  produire  ses  œufs. 

Il  2"  T'.  tr.  Réduire  en  grains.  —  la  poudre  (de  guerre), 
le  tabac  à  priser.  ||  P.  anal.  Rendre  grenu.  —  une  peau. 

•GRENETER  [gren'-té]  i'.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grain,  §§65  et  167.  ||  1380.  Hanap  gre- 
neté,  dans  laborde.  Émaux,  p.  335.] 

t;  (Technol.)  Rendre  grenu  à  la  surface.  —  le  cuir  avec 
un  fer  chaud.  ||  Une  vignette  grenetée. 

1.  "GRÈNETERIE  [gren'-tri  o«  grè-net'-ri  ;  en  vers, 
grè-né-te-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grènetier  1,  §§  65  et  68.  ||  1344.  La  gre- 
neterie  de  Agurande,  dans  godef.  chape.] 

Il  Anciennt.  Office  de  juge  au  grenier  à  sel. 

2.  GRÈNETERIE  [gren'-trl  ou  grè-net'-ri  ;  en  vers, 
grè-nè-te-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grènetier  2,  §§  65  et  68.  I|  1680.  richel. 
Admis  ACAD.  1740.] 
Il  Commerce  de  grains,  fourrages,  etc. 


1.  GRÈNETIER  [gren'-tyé  ;  en  vers,  grè-ne-...]  s.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  grenier,  §§  63,  65  et  115.  ||  xin<=  s.  Voz 

provosts  et  vos  gerneters.  Traité  d'écon.  rurale,  17,  La- 
cour.] 
Il  Anciennt.  Officier,  juge  au  grenier  à  sel. 

2.  GRÈNETIER,  1ÈRE  [gren'-tyé,  -tyêr;  en  vers, 
grè-ne-...]  .?.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grain,  sous  l'infinence  du  mot  précé- 
dent, §§  63  et  115.  ACAD.  écrit  aussi  grainetier.  ||  (Au  sens 
actuel.)  1680.  richel.] 

Il  Celui,  celle  qui  vend  des  grains,  fourrages,  etc. 

GRÈNETIS  [gren'-ti  ;  en  vers,  grè-ne-ti]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grain,  §§  63,  65  et  82.  On  trouve  dans 
le  même  sens  greneïs  au  moyen  âge,  grenatier  (sic;  corr. 
grenatis?),  dans  cotgr.  ||  1690.  furet.] 

Il  (Technol.)  Bordure  de  grains  qui  entoure  la  légende 
d'une  monnaie,  d'une  médaille.  ||  P.  ext.  Poinçon  qui 
sert  à  faire  le  grènetis. 

GRENETTE  [gre-nef]  .t.  f. 

[ÉTYM.  D(''rivé  de  graine,  à  l'imitation  du  provenç.  mo- 
derne graneto,  m.  S.  §§  11,  65  et  133.  ||  1752.  trév.  Admis 
.\CAD.  1762.] 

Il  Proprt.  Petite  graine.  Spéeialt.  (Technol.)  Baie  du 
nerprun  des  teinturiers,  dite  aussi  graine  ou —  d'Avignon. 
Il  P.  ext.  Argile  colorée  en  jaune  avec  des  baies  de  ner- 
prun. 

GRENIER  [gre-nyé]  s.  ?». 

[ÉTYM.  Du  lai.  granarium,  m.  s.  dérivé  de  granum,  grain, 
§§  346,  298  et  291.  (Cf.  grainier.)] 

III"  Partie  d'un  bâtiment  destinée  à  conserver  les  grains, 
les  gerbes,  le  foin,  la  paille,  etc.  Dn  —  à  blé,  à  foin.  —  d'a- 
bondance, grenier  public  où  l'on  mettait  en  réserve  le  su- 
perflu des  années  d'abondance.  ||  P.  anal.  —  à  sel,  lieu 
où  l'on  débitait  le  sel  de  la  gabelle.  ||  P.  ext.  Juridiction 
des  affaires  relatives  à  la  gabelle.  [Cf.  grènetier  1.)  ||  P. 
anal.  Charger  en  —  (un  bateau),  y  mettre  à  même  le  blé, 
le  sel,  le  charbon  qu'il  doit  transporter.  Sardines  salées  en 
— .  Il  Dn  cheval  qui  fait  — ,  qui  conserve  des  aliments  mâ- 
chés entre  les  joues  et  les  arcades  dentaires.  ||  La  Sicile 
était  le  —  de  Rome,  fournissait  Rome  de  blé. 

Il  2"  Partie  la  plus  haute  d'une  maison,  destinée  à  ser- 
vir de  débarras.  Oter,  pour  faire  bien,  du  —  de  céans  Cette 
longue  lunette  à  faire  peur  aux  gens,  MOL.  F.  sav.  ii,  7.  Cher- 
cher de  la  cave  au  — ,  depuis  le  bas  de  la  maison  jusqu'au 
haut.  Il  Fig.  Le  vaisseau,  malgré  le  nautonier.  Va  tantôt  à  la 
cave  et  tantôt  au  —,  mol.  Dép.  am.  iv,  2.  Aller  de  la  cave 
au  — .  I  1.  Ne  pas  écrire  droit.  |  2.  Parler  d'une  manière 
incohérente.  ||  Pop.  —  à  puces,  chien,  chat  malpropre. 
Va-t'en,  —  à  puces!  Souffrirez-vous,  Messieurs,  qu'une  femme 
devienne  un  —  à  coups  de  poing?  regn.\RD,  Divorce,  se. 
dernière. 

*GRENOIR  [gre-nwàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grener,  g  113.  ||  1697.  de  st-remy, 
Mé}n.  d'artill.  u.  110.] 

Il  (Technol.)  Crible  pour  grener  la  poudre,  la  pâte.  || 
.\telier  où  l'on  fait  cette  opération. 

GRENOUILLE  [gre-nouy']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  "ranûcvda  (class.ranunculus,  §88;c/'. 
renoncule),  diminutif  de  rana,  m.  s.  [V.  rainette  ,  devenu 
régulièrement  renouille,  §§  346,324,  291,390  et  290,  puis 
altéré  en  grenouille,  §§  360  et  509.  ||  xu"  s.  Reinoille,  marie 
DE  FRANCE,  Foô.  26.  |  1532.  Grenoille,  rab.  i,  2.] 

Il  1»  Batracien  anoure  qui  recherche  le  voisinage  des 
eaux,  les  lieux  humides.  Grenouilles  aussitôt  de  sauter  dans 
les  ondes,  hx  F.  Fab.  n,  14.  |i  Faire  des  expériences  de  vivi- 
section sur  des  grenouilles.  Ayant  ouvert  une  autre  — ,  nous  ne 
remarquâmes  pas  non  plus  de  mouvement  péristaltique,  mon- 
TESQ.  Observ.  sur  l'histoire  naturelle. l^  P.  plaisant.  Fig. 
Faire  sauter,  manger  la — ,  voler  la  caisse  d'une  association, 
spéeialt,  l'argent  de  l'ordinaire  d'un  régiment. 

Il  2"  (Technol.)  Pièce  d'une  machine  sur  laquelle  frotte 
le  pivot.  [Cf.  crapaudine.) 

'GRENOUILLER  ^gre-nou-yé]  v.  iiitr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grenouille,  §  154.  ||  xvi"  s.  Dn  bruit  gre- 
nouillant, PARÉ,  Introd.  6.  Admis  .acad.  1694  ;  suppr.  en 
1878.] 

!!  Pop.  Barboter  dans  l'eau.  ]|  P.  ext.  Aimer  à  boire. 
Nous  voit-on  comme  eux  —  dans  les  cabarets  (1693),  d.  de 
monchesnay,  Souhaits,  se.  contre  les  hommes. 

GRENOUILLÈRE  [gre-nou-yèr]  s.  f. 


GRENOUILLET 


1197  — 


GRIBOUILLAGE 


[ÉTYM.  Dérivé  de  grenouille,  §  115.  |{  xvi«  s.  Mon  ames'en- 
fuyra  en  quelque  grenoillere,  kau.  I,  5.] 

Il  Lieu  marécageux  que  fréquentent  les  grenouilles.  || 
Fif/.  I  1.  Terrain  humide.  |  2.  l'.  plaisant.  Pelit  bain  d'eau 
courante  où  barbotent  ceux  qui  ne  savent  pas  nager. 

GRENOUILLET  |gre-nuu-yù]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grenouille,  §  133.  ||  1732.  trév.  Admis 
ACAD.  17(32.] 

Il  (Botan.)  Renoncule  aquatique  à  fleurs  blanches  dite 
aussi  grenouiUette.  I|  Muguet  sauvage,  dit  sceau  de  Sctlomon. 

GRENOUIT.T.F.TTE  [gre-nou-yel'l  s. /: 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grenouille,  S  133.  ||  lôS'J.  Grenoillete, 

J.  MKIG.NAN,  dans  DELB.    Ri'C.   .\(lniis  ACAD.    ITÙiJ.] 

I.  Petite  grenouille.  ||  tipcciult.  llainette  verte. 

II.  Tumeur  sous  la  langue. 

III.  Renoncule  aquatique,  dite  grenouillet,  bassinet. 
GRENU,  UE  [gre-nu]  adj. 

JKTY.M.  Dérivé  de  grain,  .!;.!5  65  et  118.  ||  xiil<=  s.  Que  cil  blé 
sont  creû  en  haut  Et  espié  ettuit  grenu,  L{enart,\\n,  i'Z'Z.] 

ij  1"  Riche  en  grains.  Épis  grenus. 

il  2°  Parsemé  de  petits  grains.  One  peau  grenue.  Un  mar- 
bre —  ,  et,  substuntivt,  Le  —  du  marbre,  de  la  pierre.  ||  Ra- 
cine grenue,  formée  de  petits  tubercules. 

•GRENURE  [gre-nùrj  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grenu,  §  111.  ||  Néolog.] 

Il  État  de  ce  qui  est  grenu.  ||  Sprcialt.  Croisement  des 
tailles  du  graveur  qui  a  l'apparence  de  petits  grains. 

GRÈS  [grèj  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  hautallem.  grioz,  allem. 
moderne  gries,  m.  s.  §§  6,  498  et  499.  ||  xu«  s.  Ne  se  mue- 
vent  Nient  plus  que  feïssent  dui  grès,  chrétien  de  TROYEs, 
Cheval,  au  lion,  836.  i 

Il  1"  Roche  composée  de  grains  de  sable  quartzeux. 
Le  —  houiller.  Le  —  rouge.  Le  —  vosgien.  —  molaire,  qui 
sert  à  fabriquer  des  meules  à  aiguiser.  Famil.  \Technol.) 

—  paf,  propre  au  pavage  ;  —  pif,  trop  dur  pour  cet  usage  ; 

—  pouf,  trop  mou.  Il  Loc.  famil.  Vieilli.  Casser  du  —  à  qqn, 
l'envoyer  promener. 

Il  2"  Pavé  fait  avec  cette  roche.  Lui  jetant,  s'il  heurte,  un 

—  par  la  fenêtre,  mol.  Éc.  des  f.  ii,  5.  n  Fi(].  (Vénerie.) 
Grosse  dent  qui  se  trouve  près  des  défenses  du  sanglier. 

Il  3"  Sable  à  récurer  fait  de  celte  pierre  pulvérisée. 

il  4»  Terre  sablonneuse  dont  on  t'ait  de  la  poterie.  On 
pot  de  — .  P.  ext.  Poterie  faite  avec  cette  terre.  [Cf.  gres- 
serie.) 

'GRÉSER   gré-zé]  v.  Ir. 

^ETY.M.  Autre  forme  de  gruger.  (  V.  ce  mot.)  On  dit  aussi 
groiser,  griser  et  grésiller,  n  16?6.  Groizer  les  pointes  de  verre, 
A.  KÉi.iiiiEN,  Frinc.  de  l'avchitecl.  p.  :^63.j 

Il  (,Technol.)  Rogner  avec  le  grésuir. 

'GRÉSIER  [gré-zyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grès,  §  115.  \\Nêolog.\ 

Il  ^Technol.j  Ouvrier  qui  tire  le  grès  de  la  carrière. 

'GRÊSIÈRE  [gré-zyèr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grès,  §  115.  ||  1801.  [encycl.  méth. 
Architect.] 

Il  (Technol.)  Carrière  de  grès.  [Cf.  gresserie.) 

GRÉSIL  [gré-ziy']  .v.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grès,  proprt,  menu  fragment,  §  88.  |j 
xi^  s.  Pluie  et  gresilz,  Roland,  1425.] 

Il  1'^  brouillard,  pluie  fine  qui  se  congèle.  {Syn.  givre.) 

Il  2'^  /'.  anal.  \'orre  pilé,  dit  aussi  groisil. 

GRÉSILLEMENT  [gré-ziy'-man ;  en  iwv», -zi-ye-..." 
5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grésiller,  §  145.  ||  1732.  tkév.  Admis 
ACAU.  1762.] 

Il  Crépilation  de  ce  qui  est  saisi  par  un  feu  vif. 

1.  GRÉSILLER  [gré-zi-vé]  V.  impers. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grésil,  §  154.  ||  xu«  s.  Pluet,  grésille, 
Tristan,  dans  uelb.  Rec] 
Il  Faire  du  grésil.  Il  grésille. 

2.  GRÉSILLER  [gré-zi-yé]  r.  tr. 

[ÉTYM.  .VUéralion  ^par  confusion  avec  grésiller  1,  §  509) 
de  l'anc.  franr.  grediller,  m.  s.  d'origine  incertaine.  || 
xiv^  s.  Tant  quelle  devient  gredelie  et  recroquillee ,  Ména- 
gier,  u,  206.] 

Il  Faire  crépiler  et  racornir  sous  l'action  d'un  feu  vif  qui 
saisit.  Parchemin,  fer  grésillé. 

3.  'GRÉSILLER  ^^gré-zi-yé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gréser,  §  161.  ||  1752.  tuév.] 


I  (Technol.)  Gréser  le  verre. 
•GRÉSILLIN  [gré-si-yin]  s.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  grésil,  g  96.  ||  A'e'ohg.] 

II  Gouttes  de  pluie  gelées  en  tombant. 

1.  'GRÉSELLON    gré-zi-yon^  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grésUlerl,  g  104.  ji  xii^s.Etdes  oisiaux 
oist  les  sons  Et  haut  et  bas  les  grésillons.  Flaire  et  lilanchefl. 
I,  1775.] 

Il  Vieilli  et  dialect.  Grillon,  insecte. 

2.  'GRÉSILLON  [gré-si-yon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grésU,  §  104.  ||  1811.  mozin,  Dict. 
franc. -allem.] 

Il  (Technol.)  "Verre  cassé,  pilé.  ||  Charbon  en  menus 
morceaux.  ||  Farine  grossière. 

•GRÉSOIR  [gré-zwàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gréser,  §  113.  ||  1676.  Hn  grezoir  pour 
groizer  les  pointes  du  verre,  a.  fÉlibie.n,  Princip.  de  l'archi- 
tect.  p.  26:3.] 

Il  ('■fechnol.)  ||  1"  Outil  avec  lequel  les  vitriers  rognent 
le  verre  après  l'avoir  rayé  avec  le  diamant. 

Il  2°  Égrisoir.  [V.  ce  mot.) 

GRESSERIE  [grès'-ri  ;  en  vers,  grè-se-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  grèserie,  dérivé  de  grès,  §  69.  ^C/".  grésière.) 

Il   1690.  FURET.] 

Il  1°  Carrière  de  grès.  ||  P.  ext.  Travail  fait  en  pierres 
de  grès. 

Il  2"  Poterie  de  grès. 

"GRESSET.  V.  graisset. 

GRÈVE  [grev']  .s.  f. 

[ÉTY.M.  Du  lat.  pop.  'grava,  m.  s.  d'origine  celtique, 
§§  3,295  et  291.  [Cf.  gravier,  etc.)  ||  xii^  s.  n  ourent  un  vas- 
let  en  la  grève  trové,  g.\rn.  de  pont-ste-max.  St  Thomas, 
2041.] 

Il  1°  Terrain  uni,  sablonneux,  au  bord  de  la  mer  ou 
d'un  fleuve.  La  —  de  Quiberon.  !|  P.  ext.  \  1.  Banc  de  sable 
mobile.  Les  grèves  de  la  Loire.  |  2  Gros  sable  pour  mortier. 

Il  2°  Spécialt.  La  Grève,  place  sur  le  bord  de  la  Seine, 
à  Paris,  où  se  faisaient  autrefois  les  exécutions,  et  où 
certains  ouvriers  sans  travail  se  réunissaient  en  attendant 
l'ouvrage.  Décapité  en  place  de  Grève.  Ces  jeux  que  l'athéisme 
élève  Conduisent  tristement  le  plaisant  à  la  Grève,  bùil.  Art 
p.  2.  P.  plaisant.  Anges  de  Grève,  portefaix.  Embaucher  un 
maçon  à  la  Grève.  |j  P.  ext.  Neoloy.  Être  en  — ,  sans  travail. 
Se  mettre  en  — ,  faire  — ,  cesser  le  travail  en  vue  d'obtenir 
des  patrons  quelque  avantage. 

GREVER  Lgre-vé]  v.  tr. 

[ÉTY'.M.  Du  lat.  pop.  'grevare  (class.  gravare  ;  V.  grief  , 
?rt.  s.  §^  295  et  290.  n  xu«  s.  Molt  se  pena  de  lui  grever, 
Énéas,  184.] 

Il  1°  Vieilli.  Oppresser  par  qqch  de  pénible.  D'un  far- 
deau si  pesant  ayant  l'àme  grevée,  kégmek,  Sat.  8.  Imper- 
sonnt.  Il  lui  grève  fort  d'être  contradnt  à  payer,  trév. 

Il  2"  Charger  de  qqch  d'onéreux.  Le  peuple  était  grevé 
d'impôts.  (Droit.)  Personne  grevée  de  substitution,  héritière 
ou  légataire  à  titre  de  substitution.  One  propriété  grevée 
d'hypothèques.  Gens  grevés  par  ses  arrêts,  l.\  f.  FaO.  x,  9. 

'GRÉVISTE  )gré-vist'^  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grève,  §  265.  ||  Néolog.] 

Il  Ouvrier  qui  s'est  mis  en  grève. 

GRIANNEAU  [gri-yà-nô]  s.  tn. 

[ÉT\.M.  Diminutif  de  grian,  §  126,  mot  du  patois  de  la 
Suisse  française,  emprunté  de  l'allem.  dialectal  grigelhahn, 
m.  s.  de  grigeln,  crier,  et  bahn,  coq  (cf.  hanneton  ,  ^  17.  || 
1757.  V.  à  l'article.  Admis  acad.  1798.] 

Dialect.  Petit  coq  de  bruyère.  Des  gelinottes  et  des 
grianneaux  que  vous  ne  connaissez  guère,  volt.  Lett.  6  mars 
1757. 

'GRIBANE  [gri-bàn']  s.  f 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  .\v°  s.  Deux  batiaulx  nommés 
gabannes  (corr.  gribannesj,  .monstrelet,  Chron.  ii.  p.  21X3.] 

Il  Dialect.  (Nordj.  Kmbarcation  à  voiles  d'une  cinquan- 
taine de  tonneaux.  Sitôt  que  j'aurai  lié  Ma  —  au  plus  pro- 
chain havre,  chapelle,  Lett.  à  M'"'  de  Valentinc,  p.  165, 
Bibl.  elzév. 

GRIBLETTE  [gri-blét'j  .s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  (Cuisine.)  Petit  morceau  de  viande,  de  volaille,  qu'on 
fait  griller  après  l'avoir  bardé  de  lard. 

GRIBOUILLAGE  [gri-bou-yàj'j  et  'GRIBOUILLIS 
[gri-bou-yij  s.  m. 


GRIBOUILLE 


1198  — 


GRIFFONNEUR 


[ÉTYivr.  Dérivé  de  gribouiller,  g§  78  et  82.  ||  1611.  Gribouil- 
lis, COTGR.  I  1752.  GribouUlage,  TRÉv.  Admis  acad.  17'J8.] 

il  Famil.  Ce  qui  est  t'cril,  dessiné,  peint  confusément. 

GRIBOUILLE  [gri-bouy']  s.  m. 

[icTYM.  Nom  propre  qui  paraît  tiré  plaisamment  de  gri- 
bouiller, §§  37  et  52.  Il  1548.  Toute  femme  iilant  quenouille 
Est  plus  sotte  que  n'est  Gribouille,  Sermon  des  fouU.  Ad- 
mis ACAD.  1878.] 

Il  Famil.  Type  de  naïveté.  Fin  comme  Gribouille  qui  se 
jette  à  l'eau  crainte  de  pluie,  court  au  mal  qu'il  veut  fuir. 

GRIBOUILLER  [gri-bou-yé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue,  cotgr.  ne  donne  gribouiller 
qu'au  sens  de  «  gargouiller  ».  ||  xyii»  s.  Filez-vouz,  cousez- 
vouz,  gribouillez-vous?  guérardi,  Th.  ital.  v,  377.  Admis 
ACAD.  1835.] 

j|  Famil.  Écrire,  dessiner,  peindre  (qqch)  d'une  ma- 
nière confuse.  Ahsolt.  H  ne  lait  que  — . 

GRIBOUILLETTE  [gri-buu-yêt']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gribouiller,  §  133.  ||  1690.  furet.  Ad- 
mis ACAD.  1762.] 

Il  Famil.  Jeu  d'enfants  ofi  l'on  jette  qqch  au  milieu  des 
joueurs,  qui  se  poussent  et  se  disputent  à  qui  l'aura.  || 
Fiçi.  Fajnil.  Jeter  son  cœur  à  la  — ,  à  l'aventure. 

"GRIBOUILLEUR,  EUSE  [gri-bou-yeur,  -yeuz']  s.  m. 
et  /". 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gribouiller,  §  112.  ||  Néolog.] 

Il  Famil.  Celui,  celle  qui  gribouille. 

'GRIBOUILLIS.  V.  gribouillage. 

'GRIBOURI  [gri-bou-ri]  .s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi''  s.  Gribouri  d'allégresse, 
Ane.  Th.  franc,  ix,  501.] 

Il  ±°  Anciennt.  Lutin. 

il  2"  (Agricull.)  Nom  vulgaire  de  l'insecte  dit  coupe- 
bourgeon,  bêche-lisette,  etc. 

'GRIDELIN,  INE  [grid'-lin, -Un' ;  en  vers,  gri-de-...] 
adj. 

[ÉTYM.  Pour  gris  de  lin,  §  179.  [Cf.  l'angl.  gridelin,  7n.  s. 
qui  est  emprunté  du  français.)  ||  xviio  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  De  la  couleur  grise  du  lin.  Mores  rouges,  noirs, 
bleus...,  gridelins,  ghérarui,  l'h.  ilal.  i,  364.  Fleurs  blanches 
ou  gridelines,  lemery,  dans  trév. 

GRIÈCHE  [gri-èch']  adj.  fém. 

[ÉTYM.  Fém.  de  l'anc.  franc,  griois,  dérivé  de  grlu,  grec 
(lat.  graecum),  par  l'addition  du  suffixe -isk,  §  149.  [Cf.  gré- 
geois, grègue,  grive.)  ||  xii<=  s.  Chevalerie  De  la  grezesche  (var. 
griesche)  compagnie,  Énéas,  2686.] 

Il  Anciennt.  Crecque.  ||  De  nos  jours.  Usité  seulement 
dans  ortie-griéche  et  pie-grièche.  [V.  ces  viots.) 

1.  GRIEF,  lÈVE  [gri-yef,  -yév']  adj. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  *gr$vem  (altération  du  lat.  class. 
gravem,  due  à  l'influence  de  levem,  léger,  et  de  brevem, 
bref,  §  509j,  m.  s.  §§  305,  446  et  291.  ||  xi^  s.  Li  quinz  après 
lur  est  pesanz  e  griefs,  Roland,  1687.] 

Il  Vieilli.  Grave.  Les  péchés  les  plus  monstrueux  ne  lui  pa- 
raîtront plus  si  griefs,  BOURD.  Impureté,  1.  Sous  des  peines 
très  grièves,  volt.  Ch.  XII,  3. 

2.  GRIEF  [gri-yêr]  s.  ??!. 

[éty.m.  Subst.  verbal  de  grever,  §§  52  et  65.  ||  xiW  s. 
Il  estoit  ses  hom...  et  ne  lui  faisoit  on  nul  grief.  Récits  d'un 
ménestrel  de  Reims,  275,  var.] 

Il  1"  Vieilli.  Dommage  qui  grève.  Redresser  les  griefs. 
V.  ext.  (Droit.)  Mémoire  exposant  le  préjudice  causé  par 
un  jugement  dont  on  faisait  appel.  Griefs  d'appel. 

Il  2°  P.  ext.  Grave  sujet  de  plainte.  Avoir  des  griefs  con- 
tre qqn. 

GRIÈVEMENT  [gri-yèv'-man  ;  en  vers,  -yè-ve-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  griève  et  ment,  §  724.  A  remplacé 
l'anc.  franc,  griefment,  §584.  ||  1539.  r.  est.] 

Il  Vieilli.  D'une  manière  griève.  Une  personne  —  blessée. 

GRIÈVETÉ  [gri-yèv'-té  ;  en  vers,  -yè-ve-té]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grief  1,  §  122.  A  remplacé  l'anc.  franc, 
yiefté,  qui  vient  du  lat.  pop.  *grevitatem.  ||  xv"  s.  De  quel- 
conque griefveté  que  je  soie  grevé,  Intern.  consol.  ii,  29.] 

Il  Vieilli.  Gravilé.  La  —  de  la  faute,  de  l'offense.  Les  fautes 
étaient  punies  moins  sur  leur  —  que  sur  leurs  conséquences, 
DucLos,  L.  XI,  i,  424. 

GRIFFADE  [gri-fàd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griffe,  §  120.  ||  1564.  J.  TmERRY,  Dict. 
franç.-lat.  Admis  acad.  1762.) 

Il  Coup  de  griffe. 


GRIFFE  [grïf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Tiré  du  radical  de  l'anc.  haut  allem.  grifan,  al- 
lem.  moderne  greifen,  saisir,  §§  6,  52,  498  et  499.  L'anc. 
franc,  emploie  plutôt  la  forme  masc.  grif  [Renarl,  xv, 
452).  Il  .xv'^-xvi''  s.  Lyon  rampant  jetant  ses  griffes  fieres,  j. 
MAROT,  V,  107,  édit.  1731.] 

Il  1"  Ongle  aigu  et  recourbé  de  certains  carnassiers 
chat,  tigre,  etc.),  de  certains  oiseaux  de  proie.  [Syn.  on- 
gle.) Carreaux  rayés  par  la  —  Des  chauves-souris,  th.  g.\utier, 
Inès.  Donner  un  coup  de  —  à  qqn.  Jouer  des  griffes.  ||  Fig. 
Montrer  les  griffes  et  les  dents,  menacer.  Il  n'y  avait  que  lui 
qui  eût  des  griffes  assez  aiguës  pour  monter  sur  la  croupe  du 
Parnasse,  sorel,  Francion,  231.  Loc.  prov.  On  connaît  le 
diable  à  ses  griffes.  ||  P.  ext.  La  — ,  les  griffes  de  qqn,  sa  mé- 
chanceté, sa  rapacité.  Tomber  sous  la  —  de  qqn.  On  voit  la 
—  ,  on  aperçoit  en  lui  qqch  de  menaçant.  Si  j'avais  le  malheur 
de  tomber  dans  les  griffes  de  la  justice,  les.  Diable  boit.  7. 

Il  2»  Appendice  au  moyen  duquel  s'accrochent  cer- 
taines plantes  grimpantes.  ||  Racines  tubéreuses  divisées 
en  forme  de  doigts.  Les  griffes  de  la  renoncule,  de  l'asperge. 

Il  3°  Instrument  en  forme  de  griffe  d'animal.  |  1.  Outil 
dont  le  doreur  se  sert  pour  tenir  un  petit  objet  à  brunir. 
'  2.  Outil  de  tapissier  pour  saisir  un  grand  tapis.  |  3. 
Morceau  de  bois  à  crochets  pour  maintenir  l'outil  du 
tourneur.  |i  Instrument  à  cinq  pointes  pour  marquer  la 
place  des  portées  musicales.  ||  Outil  de  serrurier  pour 
iracer  les  pannetons  des  clefs.  ||  Instrument  avec  lequel 
le  forestier  marque  les  baliveaux  dans  une  coupe  de  bois. 

Il  40  Empreinte  qui  reproduit  la  signature  d'une  per- 
sonne. Exemplaires  revêtus  de  la  —  de  l'éditeur  (pour  éviter 
la  contrefaçon).  ||  P.  ext.  Instrument  qui  sert  à  faire  cette 
empreinte.  ||  P.  anal.  —  d'oblitération,  instrument  dont 
se  sert  l'administration  pour  oblitérer  les  timbres  mobiles. 

GRIFFER  [gri-fé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griffe,  §  154.  ||  1386.  Lequel  bailli  fu  gri- 
fez  au  visage,  dans  du  c.  griffare.] 

Il  1»  Frapper  de  la  grilfe.  Le  chat  l'a  griffé.  ||  P.  anal.  En 
parlant  de  l'homme.  Frapper  de  l'ongle.  Vous  m'avez  griffé. 

Il  2"  (Technol.)  Marquer  de  l'empreinte  d'une  griffe. 

1.  GRIFFON  [gri-fon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gryphus,  grec  Ypû'|',  7)i.  s.  §  104. 
Il  xii'^  s.  Li  rois  a  dous  gripons  ki  ont  de  force  tant  Li  menres 
porteroit  dous  homes  un  arpant,  dans  p.  meyer,  Alexandre 
le  Grand,  i,  p.  130.] 

1.  Il  1°  Nom  donné  à  divers  grands  oiseaux  de  proie. 
Il  P.  ext.  Nom  vulgaire  du  martinet  noir. 

Il  2°  Animal  fabuleux,  moitié  aigle  et  moitié  lion.  H  P. 
ext.  Papier  marqué  de  cette  figure.  !|  Ancien  canon  orné- 
de  la  figure  d'un  griffon. 

II.  Petit  chien  barbet,  à  longs  poils  hérissés  sur  la 
tète  et  le  devant  du  corps. 

2.  "GRIFFON  [gri-fon]  s.  »!. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griffe,  §  104.  ||  1690.  î'uret.] 
Il  (Technol.)  Hameçon  double  pour  pêcher  le  brochet, 
Jl  Lime  à  bord  dentelé  dont  se  servent  les  tireurs  d'or. 

3.  "GRIFFON  [gri-fon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  moderne  grifoun,  dérivé 
de  grifo  ou  grifoul,  source  jaillissante,  d'origine  incer- 
taine, §  11.  Il  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Endroit  où  jaillit  une  source  minérale,. 
Température  de  l'eau  prise  au  — . 

GRIFFONNAGE  [gri-fô-nàj']  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griffonner,  §  78.  ||  xvu«  s.  Dn  griffon- 
nage ridicule,  gombaud,  Êpigr.  n,  75.] 

Il  Écriture  dont  les  lettres  sont  mal  formées,  peu  lisi- 
bles. Il  Fig.  Écrit  composé  à  la  hâte.  A  l'approche  Du  — 
affreux  qu'il  a  toujours  en  poche,  piron,  Métrom.  1,  3. 

GRIFFONNER  [gri-fù-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griffer,  §  168.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Écrire  en  formant  mal  les  lettres.  ||  P.  ext.  Écrire 
avec  précipitation.  Je  t'ai  vu  là  griffonnant  sur  ton  genou, 
13EAUMARCH.  R.  de  Sév.  I,  2.  Il  Fig.  Composer  à  la  hâte. 
Je  me  sais  bon  gré  d'avoir  griffonné  dans  ma  vie  tant  de  prose 
et  tant  de  vers,  volt.  Lett.  en  vers  et  en  prose,  41. 

GRIFFONNEUR,  "GRIFFONNEUSE  [gri-fô-neur, . 
-neuz'J  et,  vieilli,  "GRIFFONNIER,  1ÈRE  [gri-fo-nyé, 
-nyér]  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griffonner,  §§  112  et  115.  ||  xvi^  s.  Grif- 
fonneurs  qui  brouillassent  beaucoup  de  papier,  thevet,  llom- 
/)ies  illustres,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1835.] 


GRIFFONNIS 


Ji09 


GRILLET 


I]  Colui,  celle  qui  griffonne.  Sire,  répondit  le  griffonnier, 
VOLT.  LclL.  à  d'Ar(/eid.  8  mars  17G3. 
•GRIFFONNIS  [gri-fù-ni]  .?.  yn. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  griffonner,  §  82.  ||  16-42.  OUD.] 
((  (Technol.)  Esquisse  à  la  plume. 
'GRIFFU,  UE  [gri-fu]  adj. 

[ktv.m.  Dérivé  de  griffe,  §  118.  ||  xvic  s.  Dn  soing  griffu, 
UONS.  I,  438,  Bibl.  elzév.] 

Il  Armé  de  griffes.  Le  vautour,  l'aigle,  tous  les  brigands 
griffus,  michelet,  Oiseau,  p.  11:3. 
•GRIFFURE  [gri-fur]  s.  f. 
[k'iym.  Dérivé  de  griffer,  §  111.  ||  Néolog.] 

Il  Farnil.  Égratignure. 

•GRIGNARD  [gri-nàr]  s.  yn. 

[ÉrvM.  Semble  dérivé  de  grigner,  §  147.  Se  trouve  en 
anc.  franc,  au  sens  de  «  rechigné  ».  ||  (Au  sens  actuel.) 
1821.  Uict.  des  sciences  nat.] 

Il  (Technol.), Gypse  cristallisé  qu'on  rencontre  dans  la 
pierre  à  plâtre.  ||  Pierre  de  construction  de  qualité  infé- 
rieure. 

•GRIGNE  [griiT]  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  grigner,  §  52.  ||  1718.  On  dit  a  Paris 
lagrigne  de  pain,  i.ekoux,  Dict.  com.  grignon.] 

Il  (Technol.)  Plissement.  ||  Spcciall.  \  1.  Crispation  du 
feutre.  |  2.  Fente  dans  la  croûte  du  pain  bien  cuit.  |  3. 
Inégalité  qu'offre  une  terre  forte,  argileuse,  que  ne  di- 
vise pas  bien  le  soc  de  la  charrue.  ||  P.  ext.  Couleur 
dorée  du  pain  bien  cuit.  Cette  couleur  dorée  et  appétis- 
sante connue  sous  le  nom  de  — ,  encycl.  méth.  Boulanger 
-,1782). 

'GRIGNER  [gri-né]  i'.  intr. 

[ÉTYM.  Mot  d'origine  germanique,  §§  6,  49S  et  499  : 
anc.  haut  allem.  grinan,  allem.  mod.  greinen,  m.  s.  \\  xii^  s. 
Il  gringne  les  grenons,  Fierabras,  2629.] 

Il  1»  Anciennt.  Plisser  les  lèvres  en  montrant  les  dents. 

Il  2"  (Technol.)  Goder.  Cette  étoffe  grigne. 

GRIGNON  [gri-non]  s.  vi. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  grigner,  §  104.  ||  xvic-.wiie  s. 
On  grignon,  un  fromage,  d'aub.  Fœneste,  iii,  3.] 

Il  Morceau  croquant,  pris  sur  le  côté  le  plus  cuit  du 
pain.  Il  P.  anal.  Morceau  de  biscuit  qu'on  distribue  en 
ration  aux  matelots. 

GRIGNOTER  [gri-ûô-té]  l'.  tr. 

[ÉTY.M.  Semble  dérivé  de  grigner,  §  167.  ||  xvi^  s.  Gri- 
gnoter, gringnoter,  h.\b.  dans  uelu.  Rec] 

Il  Ronger  par  petites  parcelles,  du  bout  des  dents.  — 
un  morceau  de  pain.  ||  Absoll.  Il  ne  mange  pas,  il  grignote. 

GRIGNOTIS  [gri-ùo-ti]  *-.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grignoter,  §  82.  ||  1788.  encycl.  méth. 
Beaux-arts.  Admis  ac.\u.  1835.] 

Il  (Technol.)  Tailles  courtes  que  fait  le  graveur  pour 
rendre  les  objets  rugueux,  troncs  d'arbres,  rochers,  etc. 

GRIGOU  [gri-gou]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvii®  s.  V.  a.  l'article.] 

Il  Pop.  Ladre,  avare  sordide.  Maudite  soit  l'heure  que  vous 
avez  choisi  ce  — ,  mol.  Jal.  du  Uarh.  se.  5.  Petit  vilain  — 
raccourci,  regnard.  Coquette,  m,  6. 

GRIL  [gri]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  greil,  grail,  §  358,  du  lat.  pop.  *grat}culum 
(class.  craticulumj,  m.  s.  S§  377,  346.  402,  390,  290  et  291. 
A  souvent  le  sens  de  grille  en  anc.  franc.  ||  xn«  s.  Auquanz 
en  vit  arz  et  bruïz  Qui  sur  graïl  erent  rostis,  marie  de  frange, 
Purçj.  de  St  Patrice,  1095.] 

Il  1°  Ustensile  de  cuisine  formé  de  petites  tiges  de  fer 
parallèles,  sur  lesquelles  on  place  de  la  viande,  du  pois- 
son, pour  les  faire  saisir  par  un  feu  vif.  Une  côtelette  sur 
le  — .  Il  Le  —  de  saint  Laurent,  instrument  de  supplice  du 
martyr  saint  Laurent,  condamné  à  mourir  sur  des  char- 
bons ardents.  ||  Fig.  Famil.  Être  sur  le  —,  anxieux. 

Il  2»  (Technol.)  Treillis  de  fer  sur  lequel  les  doreurs 
exposent  les  pièces  au  feu.  ||  Machine  sur  laquelle  l'im- 
primeur en  taille-douce  fait  chauffer  la  planche  avant 
d'y  mettre  l'encre.  ||  Chantier  à  claire-voie  destiné  à  sup- 
porter les  navires  dans  les  bassins  de  radoub.  ||  Claire- 
voie  en  amont  d'une  vanne  d'écluse,  pour  arrêter  les 
bois,  les  immondices.  ||  Cintre  à  claire-voie  du  plafond 
de  la  scène  pour  le  passage  de  certains  décors. 

GRILLADE  [gri-yad']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griller,  §  120.  ||  1680.  richel.] 

Il  1°  Cuisson  sur  le  gril.  De  la  viande  en  — . 


Il  2°  Aliment  cuit  sur  le  gril.  Spéciall.  Viande  grillée. 
Une  —  de  porc. 

1.  GRILLAGE  [gri-vàj']  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grUle,  §  78.  ||  17.39.  Escluses,  pilotis, 
grillages,  dans  uelu.  liée,  .\dmis  acau.  1798.] 

I!  Ouvrage  en  forme  de  grille  légère. 

Il  1°  Garniture  de  fil  de  fer  à  mailles  plus  ou  moins 
serrées,  qu'on  met  devant  une  fenêtre,  une  cheminée,  etc. 

Il  2°  Barreaux  pour  retenir  le  poisson  d'un  étang. 

Il  30  Charpente  à  claire-voie  pour  soutenir  des  fonda- 
tions dans  l'eau  ou  dans  la  glaise. 

2.  GRILLAGE  [gri-yàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griUer,  §  78.  ||  1753.  Ifist.  de  l'Acad. 
des  se.  p.  201.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.;  Action  de  griller.  Spécialt.  Le  —  du  minerai. 

'GRILLAGER  [gri-yà-jé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grillage  1,  §  154.  ||  Xéolog.] 

Il  (Technol.)  Garnir  d'un  grillage. 

*GRILLAGEUR  [gri-yà-jeur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grillager,  §  112.  ||  Néolog.] 

Il  Ouvrier  qui  fabrique  des  grillages. 

GRILLE  [griy']  s.  /'. 

[ÉTYM.  Pour  greille,  graille,  §  358,  du  lat.  pop.  'gratî- 
cula  (class.  craticula),  m.-  s.  §§  377,  346,  402,  39u,  ZW  et 
291.  A  souvent  le  sens  de  gril  en  anc.  franc.  ||  xiii»  s.  Ou 
sur  charbons  ou  sur  greilles,  J.  ue  meung,  Bose,  19477.] 

Il  1"  Assemblage  à  claire-voie  de  barreaux  de  fer  ou 
de  bois,  servant  de  clôture.  La  —  d'un  parc.  Forcer  la  — 
d'un  château,  les  grilles  d'une  prison,  aux  portes,  aux  fenê- 
tres. Être  sous  les  grilles,  retenu  prisonnier.  Les  verrous  et 
les  grilles  Ne  font  pas  la  vertu  des  femmes  ni  des  fiUes,  MOL. 
Fc.  des  ni.  i,  2.  La  —  d'un  couvent,  clôture  de  la  partie  ré- 
servée aux  religieux  et  aux  religieuses.  ||  P.  anal.  Bar- 
reaux de  la  visière  d'un  heaume,  pour  garantir  les  yeux. 
Il  /••.  ext.  (T.  de  jeu  de  paume.)  Fenêtre  carrée  placée  sous 
le  bout  du  toit  hors  du  service.  Dn  coup  de  —  vaut  quinze. 

Il  2"  Support  formé  de  barres  de  fer  sur  lequel  on  place 
le  bois,  le  charbon,  au-dessus  du  cendrier,  dans  un  four- 
neau, dans  un  poêle.  ||  Corheille  formée  de  barres  de  fer, 
oti  l'on  brûle  de  la  houille,  du  coke  dans  une  cheminée. 
Il  P.  ext.  Châssis  de  fer  qui  supporte  le  massif  où  est  établi 
le  moule  pour  la  fonte  d'une  cloche,  d'un  canon,  etc.  || 
Treillis  sur  lequel  le  doreur  expose  les  ouvrages  au  feu. 
Il  Ouvrage  de  cliarpente  à  claire-voie  pour  soutenir  des 
fondations  dans  l'eau  ou  dans  la  glaise.  ||  Plaque  de  fer 
trouée  sur  une  râpe,  pour  réduire  le  tabac  en  poudre. 

Il  3'^  P.  anal.  \  1.  Parafe  en  forme  de  barreaux  croisés 
que  les  secrétaires  du  roi  mettaient  au-devant  de  leur  si- 
gnature officielle.  |  2.  Carton  présentant  des  jours  dans 
lesquels  on  écrit  les  mots  d'un  message  secret,  remplis- 
sant ensuite  les  intervalles  par  des  mots  insignifiants,  et 
dont  celui  qui  reçoit  le  message  a  un  double  pour  distin- 
guer les  mots  significatifs.  (  V.  châssis.)  |  3.  Entrecroise- 
ment des  ficelles  en  tête  des  hautes  lices  du  métier  à  ru- 
bans, pour  faciliter  le  passage  des  rames. 

1.  GRILLER  [gri-yé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gril,  §  154.  ||  xii°  s.  Les  nonnains  fist 
ardoir  et  graaillier,  Raoul  de  Cambrai,  1542.] 

Il  Saisir  par  un  feu  vif  un  aliment  (viande,  poisson,  pain) 
mis  sur  le  gril.  De  la  viande  grillée.  Une  tranche  de  pain  grillé. 
Il  P.  anal.  Saisir  Ijrusquement  par  le  feu.  Se  —  les  che- 
veux. Il  Spécialt.  I  1.  Faire  passer  le  minerai  au  feu  pour  le 
rendre  plus  friable.  |  2.  Faire  passer  les  toiles  de  coton 
à  la  flamme,  après  le  tissage,  pour  enlever  le  duvet.  Ij  P. 
ext.  Des  plantes  grillées  par  le  soleil,  et,  p.  anal.  La  gelée  a 
gTÛ\éles]euaespo\xsses.  Au  participe  passé  prissubstantivt. 
Le  grillé,  altération  de  la  vigne  causée  par  l'excès  de  la 
chaleur.  ||  P.  hgperb.  Être  grUlé  du  soleU,  éprouver  une  cha- 
leur excessive.  ||  Fig.  Famil.  —  d'impatience,  se  consumer 
d'impatience.  Dans  le  même  sens.  —  dans  sa  peau,  et,  absoll, 
— .  L'autre  grille  déjà  de  conter  la  nouvelle,  la  f.  Fab.  vwi,  6. 

2.  GRILLER  [gri-yé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dthivé  de  grille,  §  154.  y  1572.  Dne  chambre  gril- 
lée, YVER,  Print.  i''  j.] 

Il  1°  Garnir  d'une  grille  (une  ouverture).  On  a  fait  —  les 
fenêtres.  Loge  grillée,  qu'on  peut  fermer  du  côté  de  la  salle 
par  une  grille.  Dentelle  grillée,  et,  substantivt.  Un  grillé, 
dentelle  dont  les  fils,  peu  serrés,  se  croisent  en  diagonale. 

Il  2o  Vieilli.  Enfermer  dans  un  lieu  garni  d'une  grille. 

1.  GRILLET  jgri-yè]  5. 7«.  et  GRILLETTE  [gri-yèf]*./". 


GRILLET 


1200  — 


GRIMPEUR 


[ÉTYM.  Paraît  être  le  même  mot  que  l'anc.  franc,  gril- 
let,  grillon.  {Cf.  grelot.)  ||  1600.  Sonnetes  et  grillets,  a.  co- 
lin, Hist.  des  drogues,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Fauconn.)  Sonnette  qu'on  attache  aux  jambes  des  oi- 
seaux de  proie  dressés  pour  la  chasse,  au  cou  d'un  chien. 

2.  "GRUiLET  [gri-yè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griller,  §  133.  |I  Neolog.] 

Il  Fcuiiil.  Ampoule  causée  par  une  légère  brûlure. 

GRILLETÉ,  ÉE  [griy'-té  ;  en  vers,  gri-ye-té]  adj. 

[ibTYM.  Dérivé  de  griUet  1,  §  118.  ||  1611.  cotgr.  Admis 
ACAD.  1762.] 

Il  Vieilli.  Muni  d'un  grillet,  d'une  grillette.  Spécialt. 
(Blason.)  Faucon  d'argent  perché  et  —  de  même. 

"GRILLOIR  [gri-ywàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griUer  1,  §  113.  ||  Neolog.] 

Il  (Technol.)  Fourneau  pour  griller  les  toiles. 

1.  GRILLON  [gri-yon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  '■grïllionem  (lat.  class.  grillus,  §  106), 
7n.  s.  devenu  greillon,  grillon,  ^g  342,  463  et  290.  L'anc. 
franc,  dit  plus  souvent  grillet,  grelet  ou  grésillon.  ||  xiv"  s. 
La  grille  et  le  grillon,  j.  CORUIGUON,  Fî'opr.  des  choses,  dans 
DELU.  Rec.] 

Il  Insecte  de  l'ordre  des  Orthoptères  dit  vulgairement 
Cri-cri,  à  cause,  du   bruit  que  produit  (chez  le  mâle)  le 
frottement  des  élytres,  et  qui  recherche  le  soleil,  les  en- 
droits chauds.  Le  —  des  champs.  Le  —  du  foyer.  Adieu,  voisin  j 
— ,  LA  F.  Fab.  V,  4.  Il  F.  ext.  — taupe,  la  courtilière.  ' 

2.  "GRILLON  [gri-yon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grUle,  g  104.  ||  1355.  Greillon  (d'un 
étang),  dans  du  c.  grata.] 

Il  (Technol.)  Pile  carrée  qui  sert  à  étayer  les  bûches 
empilées  en  travers. 
GRIMAÇANT,  ANTE  [gri-mà-san,  -sânt']  adj. 
[ÉTYM.  Adj.particip.de  grimacer,  §47.  ||  xYiii^s.  F.  à  l'ar- 
ticle. Admis  ACAD.  1835.] 

Il  Qui  grimace.  One  figure  grimaçante.  ||  Fig.  Qui  fait  des 
plis  irréguliers.  Ses  souliers  grimaçants,  boil.  Sut.  10. 
GRIMACE  [gri-mas']  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  radical  grim,  d'origine  incertaine, 
§  81.  Il  xiv^  s.  Grimache,  jeu.  de.s  pheis,  Geste  de  Liège,  ii, 
1643. 1  xv^s.  Jehan  leur  fist  une  grimace,  guill.  de  st-andré, 
Livre  du  bon  Jehan,  2217.] 

Il  Contorsion  de  la  ligure.  Son  visage  faisait  des  grimaces 
hideuses,  fén.  Tél.  8.  Faire  la  —  en  signe  de  mécontentement, 
et,  fig.  être  mécontent.  Je  fis  une  —  intérieure,  sÉv.  1240. 
Faire  la  —  à  qqn  (pour  le  narguer).  Vous  n'avez  que  faire  de 
hocher  la  tète  et  de  me  faire  la  — ,  mol.  G.  Dand.  ii,  2.  Fig. 
Faire  la  —  à  qqn,  lui  faire  mauvais  visage.  ||  Fig.  Mine  par 
laquelle  on  singe  des  sentiments  qu'on  n'éprouve  pas. 
Avec  des  doigts  levés  en  l'air  et  des  grimaces  II  prétendait  guérir 
malades  et  blessés,  v.  uugo,  l'arulcs  d'un  conservateur.  Les 
grimaces  ne  sont  point  nécessaires,  mol.  Mal.  ini.  ii,  6.  L'hon- 
nêteté d'une  femme  n'est  pas  dans  les  grimaces ,  iD.  Crit.  de 
l'Éc.  des  f.  se.  3.  Tout  le  secret  ne  gît  qu'en  un  peu  de  — , 
CORN.  Ment,  i,  6. 

GRIMACER  [gri-mà-sé]  v.  intr. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  grimace,  §  154.  ||  1611.  cotgr.] 
Il  (T.  de  peint.,  de  sculpt.)  Faire  des  grimaces.  Une  tête 
qui  grimace.  ||  Fig.  Il  (Molière)  n'eût  point  fait  souvent  —  ses 
ligures,  boil.  Art  p.  3.  ||  P.  ext.  Fig.  Un  vêtement  qui  grimace, 
qui  fait  des  plis  irréguliers. 

*GRIMACERIE  [gri-màs'-ri;  en  vers,  -mà-se-ri]  s.  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  grimacer,  §  69.  ||  xvii«  s.  V.  à  l'article.] 
Il  Rare.  Action  de  grimacer.  Il  fit  autour  force  grimace- 
ries,  LA  F.  Fab.  vi,  6. 

GRIMACIER,  1ÈRE  [gri-mà-syé,  -syér]  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  grimace,  §  115.  ||  1611.  cotgr.] 
Il  Qui  fait  habituellement  des  grimaces.  Les  enfants  sont 
grimaciers.  Substantiel.  Un  — ,  une  grimacière.  |j  Fig.  Qui 
singe  un  senVimenL  Substaiitir  t.  Ils  donnent  hautement  dans 
le  panneau  des  grimaciers  et  appuient  aveuglément  les  singes 
de  leurs  actions,  mol.  D.  Juan,  y,  2. 
GRIMAUD  [gri-mô]  5.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine.  Peut-être  dérivé  du  radical 
de  grimoire,  §  138.  ||  xvi®  s.  La  première  classe  des  petits 
grimaulx,  rab.  il,  8.] 

Il  Écolier  qui  en  est  aux  éléments.  ||  P.  ext.  Pédant  de 
collège.  (Vers)  des  moindres  grimauds  chez  Ménage  siffles, 
boil.  Sat.  4.  Allez,  petit  — ,  barbouilleur  de  papier,  mol.  F. 
sav.  III,  3.  Il  sait  le  grec,  c'est  un  — ,  la  br.  12. 


"GRIMAUDAGE  [gri-mô-dàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grimaud,  g  78.  Ilxviios.  F.  à  l'article.] 

Il  Vieilli.  Verbiage.  Otez-vous  donc  de  l'esprit  tout  ce  — , 
SÉV.  951. 

"GRIMAUDERIE  [gri-môd'-ri  ;  en  vers,  -mô-de-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grimaud,  §  69.  ||  xvt«  s.  Pour  avoir  étu- 
dié en  grimaulderie,  BON.  DES  per.  dans  godef.  Conipl.] 

Il  Vieilli.  Action  de  dire  du  verbiage.  Grimauderies  pédan- 
tesques,  sorel,  Francion,  p.  168. 

1.  GRIME  [grim']  s.  m. 

[ÉTYM.  Tiré  de  grimaud,  §36.  ||  1680.  riciiel.  Admis  acau. 
1718.] 
Il  Vieilli.  Méchant  écolier. 

2.  GRIME  [grim']  s.  7h. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ilal.  grimo,  ni.  s.  proprt,  <<  ridé  », 
§  12.  Il  Neolog.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Théâtre.)  Personnage  de  vieillard  ridicule.  Jouer 
les  grimes. 

GRIMELIN  [grim'-lin  ;  eîi  vers,  gri-me-...]  s.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  grimaud,  §§  62  et  100.  || 
xv!"^  s.  Petits  grimelins,  tabourot,  Bigarr.  préf.J 

Il  Vieilli.  Petit  écolier.  ||  P.  anal.  Celui  qui  joue  petit 
jeu.  Il  P.  plaisant.  Adjectivt.  Mesquin.  Votre  sublime  dos 
près  de  son  dos  voûté  N'a  qu'une  bosse  grimeline,  giieh.\rdi, 
Th.  ital.  m,  301. 

"GRIMELINAGE  [grïm'-li-nâj"  ;  en  vers,  gri-me-...] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grimeliner,  §  78.  ||  Admis  acad.  1694  ; 
suppr.  en  1878.] 
Il  Vieilli.  Action  de  grimeliner. 

"GRIMELINER  [grim'-li-né  ;  en  !'e?'.y^g'ri-me-...]  v.  intr. 
[ÉTYM.   Dérivé  de  grimelin,  §  154.  ||  1651.  loret,  Muse 
histor.  24  sept.  Admis  acad.  1(594;  suppr.  en  1878.] 

Il  Vieilli.  Jouer  petit  jeu.  Je  ne  puis  pas  —  davantage,  DU- 
FRESNY,  Néglig.  u,  1.  ||  P.  anal.  Faire  de  petits  profits. 
GRIMER  [gri-mé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grime  2,  §  154.  ||  Veoioçf.  Admis  acad. 
1835.] 

Il  (Théâtre.)  Marquer  (qqn)  de  rides,  pour  lui  donner 
l'air  vieux.  Un  acteur  bien  grimé.  Il  se  grime  bien. 
GRIMOIRE  [gri-mwàr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  gramoire,§  509,  variante  dialectale  de  gram- 
maire, qui,  au  moyen  âge,  désigne  spécialement  la  gram- 
maire latine,  inintelligible  pour  le  vulgaire.  Le  change- 
ment de  genre  est  dû  à  une  ellipse  :  un  gramoire,  pour 
un  livre  de  grimoire,  §  554.  ||  XII^  s.  Par  artimaire  Et  par  la 
force  de  gramaire,  Thèbes,  app.  ii,  9323.  |  xiii^  s.  Et  font 
parroistre  par  lur  grymoire  Voir  comme  mençonge,  muNTai- 
GLON  et  RAYNAUD,  Rcc.  de  fabliaux,  ii,  242.] 

Il  Livre  en  caractères  mystérieux  dont  se  servaient  les 
sorciers.  On  appelait  ces  livres  grimoires  en  France,  et  ailleurs 
l'alphabet  du  diable,  volt.  Dict.  philos,  bouc.  ||  Fig.  Ce  qui 
est  indéchiffrable.  C'est,  mon  ami,  un  —  et  des  mots  Dont  tous 
les  courtisans  endorment  les  plus  sots,  Régnier,  Sat.  4.  Sans 
tant...  de  fatras  et  de  grimoires,  la  f.  Fab.  i,  21. 
GRIMPANT,  ANTE  [grin-pan,  -pânt']  adj. 
[ÉTYM.  Adj.particip,  de  grimper,  §  47.  ||  XYii"  s.  F.  à  l'ar- 
ticle. Admis  acad.  1835.] 

Il  Qui  aime  à  grimper. Rien  nepeut  arrêter  cet  animal  — , 
LA  F.  Fab.  XII,  4.  Il  P.  anal.  Plante  grimpante,  qui  monte 
en  s'accrochant  aux  corps  voisins. 
GRIMPER  [grin-pé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Forme  nasalisée  de  gripper,  s'accrocher  (en 
montant),  §  361.  ||  xv^  s.  Encontre  remper  ou  gripper,  Gloss. 
franç.-lat.  mss  lat.  Bibl.  nat.  7684,  [°  50.  |  i'i.i2.  Grimper 
dessus  les  murailles,  p.  desrey,  Mer  des  cron.  dans  delb. 
Rec] 

Il  S'élever  en  s'accrochant  à  ce  qui  peut  aider.  Voyez 
—  sur  ces  roches  Ces  athlètes  belliqueux,  boil.  Od.  1.  Sen- 
tier solitaire  et  rude  oùil  grimpe  plutôt  qu'il  ne  marche,  B0S.S. 
R.  d'Angl.  \\  P.  ext.  Monter  péniblement.  Nous  grimpons 
à  son  cinquième  étage,  montesq.  Lett.  pers.  15.  On  enfant 
grimpé  sur  une  chaise.  ||  En  parlant  d'une  plante,  monter 
en  s'accrochant  aux  corps  voisins. 

GRIMPEREAU  [grinp'-rô  ;  eii  vers,  grin-pe-...]  ,?.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  grimper,  §  126.  ||  1555.  Le  torchepot, 
aussi  nommé  grimpereau,  P.  SELON,  Nature  des  oiseaux, 
p.  304.  Admis  acad.  1835.] 
Il  Passereau  té  nuiroslre  qui  grimpe  le  long  des  arbres. 
GRIMPEUR  [grin-pe'ur]  s.  m. 


GRINCEMENT 


—  1201 


GRIS 


[ÉTYM.  Dérivé  de  grimper,  §  112.  j|  1611.  cotgr.  Admis 
ACAD.  1835.] 

Il  Qui  a  riiabitude  de  çriimper.  Les  animaux  grimpeurs, 
el,  substantivt.  Les  grimpeurs,  nom  d'un  ordre  d'oiseau.\, 
■d'une  fiimillede  rougeurs,  el  d'un  genre  de  reptiles. 

GRINCEMENT  [grins'-man  ;  en  vers,  grin-se-...].î.  w. 

[Éïv.M.  Dérivé  de  grincer,  §  154.  ||  xv^  s.  Gemissemens  et 
gricemens,  dans  godef.  Coinpl.] 

Il  Action  de  grincer.  Le  —  de  la  scie,  de  la  lime.  Le  — 
d'un  essieu.  S/jccial/.  —  de  dents,  action  de  frotter  les  dents 
d'en  bas  contre  celles  d'en  liaut,  de  manière  à  produire 
un  bruit  aigre. 

GRINCER  [grin-sé]  v.  intr. 

[kty.m.  Origine  incertaine;  le  mot  parait  trop  récent 
pour  pouvoir  se  rattacher  k  l'anc.  haut  allem.  gremizzon, 
m.  s.  [Cf.  crisser  et  l'anc.  tranç.  croissir,  qui  ont  un  sens 
analogue.)  ||  xv^-xvi'  s.  Crisser  les  dens.  Roman  des  deux 
amans,  dans  godef.  Compl.  \  Ib^i'J.  Grincer,  it.  est.] 

Il  Frotter  de  manière  à  produire  un  son  aigre.  {Cf.  cris- 
ser.) One  porte  qui  grince.  La  clef  grince  dans  la  serrure.  Quand 
sur  toi  leur  scie  a  grincé,  musSET,  Trois  marches.  —  des 
dents,  el,  vieilli,  Iransilivl,  —  les  dents,  en  frottant  les 
dents  den-has  contre  celles  d'en  haut. 

GRINCHEUX,  EUSE  [grin-che'u,  -cheuz'J  adj. 

[ÉTY.M.  Parait  être  une  forme  dialectale  pour  grinceur 
{cotgr. ),  celui  qui  grince  facilement  des  dents,  g^  16  el 
•391.  Il  .Wéoloff.  Admis  agad.  Ib78.] 

Il  Famil.  <jui  est  d'humeur  désagréable.  SuLstantivt. 
On  — ,  une  grincheuse. 

GRINGALET  [grin-gà-lè]  s.  m. 

fÉTVM.  Mol  d'origine  inconnue  qui  apparaît  en  français 
dès  le  xii«  s.  et  désigne  une  sorte  de  cheval.  j|  (Au  sens 
actuel.)  1611.  cotgr.] 

Il  Famil.  Homme  de  corps  grêle,  chétif. 

'GRINGOLE  [grin-gôlj  s.  f. 

[ÉTï.M.  Semble  une  autre  forme  de  gargouille;  dans  ce 
cas,  le  verbe  dégringoler,  anciennement  gringoler,  signifie- 
rait «  tomber  de  la  gargouille  »,  en  parlant  de  l'eau.] 

Il  (Blason.)  Tète  de  serpent  qui  termine  certaines  croix. 

GRINGOLE,  ËE  [grin-gù-lé]  adj. 

■ÉTVM.  Dérivé  de  gringole,  g  118.  ||  1644.  Croix  gringol- 
lee  d'or,  vulson  de  ia.  colùmbière,  Science  héroïque, 
p.  138.  Admis  acau.  1762.J 

Il   Blason.;  Terminé  en  gringole.  Croix  gringolée  d'or. 

GRINGOTTER  [grin-gô-lé]  V.  intr. 

^ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xv«  s.  Gringotez  et  croquez 
vos  notes,  greuan,  Passion,  3845.] 

Il  1»  Gazouiller. 

il  2°  Fredonner.  Transit ivt.  Vous  ordonnez  que  je  gringotte 
Quelques  vers  sur  la  ravigotte,  le  p.  Uucerce.\u,  Poés.  div. 

GRINGUENAUDE  ^gring'-nôd' ;  en  vers,  grin-ghe-...J 
s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvies.  V .  à  l'article.] 

Il  1°  Ordures  qui  restent  autour  du  fondement.  Dn  mon- 
ceau De  gringuenaudes  de  pourceau  Grosses  comme  grosses  fu- 
mées, u'.MJii.  Prinlemhs,  'JU. 
*  Il  2"  Parcelle  d'aliments  qui  remonte  dans  le  nez. 

'GRIOT  igri-yo].   V.  gruau. 

GRIOTTE  ,gri-yot']  s.  f. 

[ÉTY.M.  Pour  agriote,  §  360,  dérivé  de  aigre,  §§  65  et  136. 
Il  xvi°  s.  Griotes,  r.  est.  (1539).  Les  agriotes  ou  cerizes  ai- 
gres, O.  DE  SERRES,  VIII,  2.] 

Il  1°  Cerise  aigre,  à  courte  queue. 

il  2"  /'.  eut.  Marbre  d'un  rouge  cerise  tacheté  de  brun. 

GRIOTTIER  [gri-yo-lyé]  .v.  m. 

[ÉTV.M.  Dérivé  de  griotte,  §  115.  ||  xvi«  s.  Gruotiers,  bi- 
garreaux, merisiers,  cl.  gaucuet,  f /aijjr  des  champs,  dans 
DELB.  Hec.\ 

Il  Cerisier  qui  produit  la  griotte. 

'GRIP  [grip]  j>-.  VI. 

[ÉTY.M.  bubst.  verbal  de  gripper,  §  527.  [Cf.  grippe.)  |i 

1611.  COTGR.] 

Il  ^Fauconnerie.)  Rapine.  Oiseau  de  — ,  oiseau  de  proie. 

•GRIPPAGE  [gri-pàj']  *.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gripper,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.;  Frottement  des  pièces  d'une  machine  qui, 
au  lieu  de  glisser,  s'accrochent  et  s'arrêteat. 

GRIPPE  [grip'i  s.  f 

[etym.  Subst.  verbal  de  gripper,  §  52.  [Cf.  grip.)  ||  xiiif- 
xiv'^  s.  El  tens  duquel  je  vous  parole.  Que  RichcU°d  commença  ces 

DICT.    KHANÇ. 


grippes,  G.  guiart,  Boy.  Ugn.  786,  Buchon.  .\dmis  acad. 
174(.i.) 

Il  1"  Vieilli.  Fantaisie  soudaine.  C'est  un  homme  de  —, 
de  fantaisie,  d'impétuosités  successives,  st-SIM.  ix,  15<J.  Voilà 
la  —  des  femmes  d'aujourd'hui,  regxard,  Mezzetin  aux 
enfers,  se.  i.  \\  Spéciall.  De  nos  Jours.  Prévention  sou- 
daine. Prendre  qqn  en  — . 

i!  2"  Fif/.  Sorte  de  catarrhe  épidémique.  Avoir  la  — . 

GRIPPÉ,  ÉE  [gri-pé]  adj. 

JCTY.M.  Dérivé  de  grippe,  §  118.  ||  Séolofj.  Admis  acau. 
1878.) 

Il  AU»_'iiil  de  la  grippe  (catarrhe  épidémique). 

'GRIPPE-CHAIR  [grip'-chèr  ;  en  vers,  gri-pe-...^  s.  m. 

[ÉTY.M.  Composé  de  grippe  (du  verbe  gripperi  et  chair, 
§  209.  Il  xviie  s.  V.  à  l'article.] 

Il  P.  plaisant.  Vieilli.  Agent  de  police,  archer.  (Cf. 
grippe-coquin.)  Vous  et  vos  grippe-chciirs  [sic],  vous  pouvez 
disparaître,  bours.  Mots  à  la  mode,  se.  15. 

'GRIPPE-COQUIN  [grip'-ko-kin  ;  en  vers,  gri-pe-...] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  grippe  (du  verbe  gripper  et  coquin, 
§  2C»9.  Il  XVI1I«  s.  LE  PiiRE  DUCHESNE,  Lett.  43.] 

Il  Vieilli.  Piège  pour  saisir  la  main  du  voleur  dans  les 
poches.  Il  P.  plaisant.  Gendarme,  agent  de  police.  {Cf. 
grippe-chair,  j 

'GRIPPE -FROMAGE  [grip'-frô-muj';  en  vers,  gri-pe-...] 
adj. 

lÉtym.  Composé  de  grippe  (du  verbe  gripper)  et  fromage, 
§209.  Il  xvii«s.  r.  à  l'article.] 

Il  Famil.  Qui  grippe  le  fromage.  Le  chat  —,  la  f.  Fah. 
xiu,  22. 

"GRIPPELER  '^grîp'-lé  ;  en  vers,  gri-pe-lé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gripper,  §  162.  j|  1752.  trev.) 

Il  (Teclinul.  I  Froncer.  Les  étoffes  se  grippellent. 

"GRIPPEMENT   grip'-nian  ;  en  vers,  gri-pe-...)  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gripper,  g  145.  ||  1611.  cûtgr.] 

Il  Famil.  Froncement.  Specialt.  (Médec.)  —  de  la  lace. 

GRIPPER  Lori-péj  v.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  allem.  gripan,  m.  s.  forme  qui 
correspond  au  haut  allem.  grifan  ^d'où  griffe,  griffer  , 
§§  10,  498  et  499.  ||  1454.  Texte  dans  delb.  Rec] 

I.  Il  1"  Saisir  avec  les  griffes.  ||  P.  anal.  Saisir  vio- 
lemment. {Syn.  agripper.)  La  béte  fut  grippée,  ia.  f.  Fab.  v, 
6.  Quand  au  collet  on  lest  venu  — ,  th.  corn.  Galant  dou- 
(jlé,  IV,  8. 

Il  2°  P.  anal.  Froncer.  Cette  étoffe  se  grippe.  Spéciall. 
(Médec.)  Face  grippée  (dans  certaines  douleurs  aiguës i. 

II.  Anciennt.  .\ccrocher.  Se  —  à  qqch.  Commencèrent  à 
eux  —  aux  cordes  (d'une  galère)  et  monter  à  l'abordage,  J. 
d'.vuthon,  Annales  de  Louis  XII,  f»  27,  dans  la  c.  {Cf. 
grimper.)  ||  De  nos  Jours.  Absolt.  (Technol.)  S'accrocher, 
en  parlant  des  pièces  d'une  machine.  {Cf.  grippage.) 

GRIPPE-SOU  ^grip'-sou  ;  en  vers,  gri-pe-...;  *.  )n. 

[ÉTY.M.  Composé  de  grippe  (du  verbe  gripper)  el  sou, 
§  2U9.  Il  168U.  RiciiEL.  Admis  Aa\D.  1718. J 

Il  1°  Anciennt.  Celui  qui  se  chargeait  de  toucher  les 
rentes  des  particuliers,  moyennant  un  sou  par  livre. 

Il  2°  Famil.  Celui  qui  l'ait  misérablement  de  petits 
prolils. 

GRIS,  ISE  [gri,  griz']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  gris,  allem.  mo- 
derne greis,  m.  s.  §§  6,  498  et  499.  j|  xii^  s.  La  vendeit  on 
le  vair,  le  gris,  Encas,  450.] 

Il  Qui  est  d'une  couleur  intermédiaire  entre  le  bhuu- 
et  le  noir.  Cheveux  — ,  qui  commencent  à  blanchir.  Avoir 
la  tête  grise,  être  — ,  avoir  les  cheveu.^  qui  commenceni 
à  blanchir.  Porter  tête  grise,  mol.  Et.  il,  4.  La  substance 
grise  de  l'encéphale.  Une  robe  grise,  un  manteau  — .  Sœurs 
grises,  sœurs  de  charité  qui  portent  un  costume  gris.  Loc. 
prou.  La  nuit  tous  les  chats  sont  —  i  paraissent  gris),  la  luiil 
le  beau  ne  se  dislingue  pus  du  laid.  Bois  —,  ayant  encore 
son  écorce  grise.  Papier  — .  Papier  —  pour  filtrer,  papier 
gris  non  collé.  Lettres  grises,  lellres  gravée?  conicnant 
des  parties  vides  qui  les  font  paraître  grises.  Dn  temps  —, 
couvert,  sombre.  Faire  grise  mine  à  qqn,  lui  faire  médiocre 
accueil.  ||  Fiç/.tlre—,  k  demi  ivre.  ||  Suàslantivt.  La  cou- 
leur grise.  Le  —  est  une  couleur  solide.  P.  appos.  Dne  robe 
— brun.  Des  chevaux  — pommelé.  Dn  habit  — de-souris.  Dne 
étoffe  — de-lin.  Xf-  gridelin.j  Des  gants  — de-perle,  ou  — 
perle.  Renard  — de-fer,  etc.  ji  Ellipt.  Être  vêtu  de  —,  porter 

76 


GRIS 


—  1202 


GRIVIERE 


du  —,  un  habillement  gris.  ||  Petit — ,  variété  d'écureuil 
qui  a  le  dessus  du  corps  gris  et  le  ventre  blanc.  P.  ext. 
La  fourrure  de  cet  animal.  Spécialt.  La  fourrure  du  dos. 
Ventre  de  —,  la  fourrure  du  ventre,  qui  est  plus  blanche. 
On  manteau  doublé  de  petit — ,  de  ventre  de  — . 

GRIS  (VERT-DE-)  V.  vert-de-gris. 

GRISAILLE  [gri-zày']  .-f.  f. 

[Éïv.M.  Dérivé  de  gris,  §95.  Il  1676.  a.  félibien,  Princip. 
de  l'aj'chiiect.  p.  247.] 

Il  1°  Peinture  grise,  où  l'on  n'emploie  d'autre  couleur 
que  le  blanc  et  le  noir,  et  qui  imite  le  bas-relief. 

li  2'^  Mélange  de  cheveux  blancs  et  de  cheveux  bruns 
pour  perruques.  |  ÊtotTe  mélangée  de  noir  et  de  blanc,  ou 
a  petits  carreaux  noirs  et  blancs. 

Ij  3"  Dialect.  Peuplier  blanc. 

GRISAILLER  [gri-zà-vé]  v.  tr.  et  inir. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grisaiUe,  §  154.  ||  1690.  furet.] 

Il  (Technol.)  |i  1»  V.  tr.  Peindre  en  gris.  Spécialt. 
Peindre  en  grisaille. 

Il  2°  V.  intr.  Prendre  une  teinte  grise. 

"GRISARD,  ARDE  [gri-zàr,  -zàrd']  adj.  et  5.  ?«. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gris,  §  147.  ||  1351.  Palefroy  grisart, 
dans  GODEF.  grisart. J 

Il  1»  Vieilli.  Adj.  Qui  est  d'un  gris  foncé.  La  palombe 
grisarde,  DU  bartas,  Semaine,  15. 

jj  2'  S.  m.  Nom  vulgaire  donné  au  goéland,  au  blaireau, 
au  peuplier  blanc,  à  un  grès  très  dur.  [Cf.  grison.) 

GRISÂTRE  Lgri-zâtr'j  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gris,  §  151.  J!  xv'^-xvic  s.  Grisâtre  ba- 
senné,  J.  le  maire,  dans  delb.  Rec] 

Il  (Jui  tire  sur  le  gris.  Une  teinte  — . 

1.  GRISER  [gri-zé].  V.  gréser. 

2.  GRISER  [gri-zé]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  gris,  g  154.  ||  1539.  R.  est.  Admis 
ACAD.  1762  au  sens  II,  2°.] 

I.  Vieilli.  V.  intr.  Devenir  de  couleur  grise.  [Cf.  gri- 
sonner.) Spécialt.  '^Technol.)  Les  bleus  célestes...  ne  feront 
que  _  et  perdre  l'éclat  du  bleu,  Jnstr.  pour  les  teintures  de 
laine  ^1671j,  art.  13. 

II.  V.  tr.  Il  1«  ;Technol.)  Faire  devenir  de  couleur 
grise.  L'addition  du  noir  grise  ou  rabat  la  couleur,  chevreul, 
dans  Compte  rendu  de  l'Acad.  des  se.  l,  ^64. 

^  2'  Fig.  Rendre  gris,  à  demi  ivre.  On  l'a  grisé.  Il  s'est 
grisé  à  souper.  ||  P.  anal.  Famil.  Étourdir  en  excitant. 
Grisé  par  l'odeur  de  la  poudre.  ||  Fig.  Le  succès  l'a  grisé.  Il 
se  grise  de  ses  propres  paroles. 

'GRISERIE  ^griz'-ri  ;  en  vers,  gri-ze-rij  i\  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  griser,  §  69.  ||  Néoloy.] 

Il  Légère  ivresse. 

GRISET,  ETTE  [gri-zè,  -zèt']  adj.  et  s.  yn.  et  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gris,  g  133.  ||  xii^'-xui*^  s.  Cape  grisete, 
Percerai,  40062.] 

I.  Anciennt.  Adj.  Qui  tire  sur  le  gris.  (  V.  grisâtre.) 

II.  Il  1"  i'.  m.  Nom  donné  au  jeune  chardonneret  (dont 
les  plumes  sont  encore  grises),  à  l'hirondelle  de  mer,  à 
l'argousier,  etc.  _ 

Il  2"  :5.  /'.  1  1.  Étoffe  grise  commune.  Dn  haut-de-chaus- 
ses  de  grisette,  scarr.  Virg.  trav.  6.  |  P.  ext.  Fille  de  pe- 
tite condition,  velue  de  cette  étotFe.  Spécialt.  Jeune  ou- 
vrière de  mœurs  faciles.  |  2.  Nom  donné  à  des  variétés 
de  fauvettes,  de  macreuses,  de  râles,  de  papillons  de 
nuit,  d'agarics,  etc. 

'GRISOIR  [gri-zwâr].  V.  grésoir. 

GRISOLER  [gri-zù-lé]  V.  intr. 

[etym.  Onomatopée,  §32.  Il  1718.  Texte  dans  trév.  Ad- 
mis Aa\D.  1798  et  écrit  arbitrairement  avec  deux  1.] 

Il  En  parlant  de  l'alouette,  faire  entendre  son  cri. 

GRISOLLER.  V.  grisoler. 

GRISON,  ONNE  [gri-zon,  -zùn'j  adj.  et  s  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gris,  §  104.  li  1493.  Pierre  de  grison, 
dans  DELB.  Rec] 

I.  Adj.  Qui  est  un  peu  gris.  (Ne  se  dit  guère  que  de  la 
barbe,  des  cheveux.)  Folâtre  à  la  tête  grisonne,  Régnier, 
Sut.  8.  Il  Substantiel.  \  1.  Un  —,  homme  qui  grisonne. 
I  2.  Le  — ,  la  teinte  grisonne.  Dn  homme  de  moyen  âge,  Et 
tirant  sur  le  — ,  la  f.  Fah.  i,  17. 

II.  S.  m.  Il  1°  Domestique  sans  livrée,  habillé  de  gris, 
pour  commissions  secrètes.  Son  —  va  venir  pour  prendre  la 
réponse,  b.\ron,  Homme  à  bonnes  fort,  i,  6.  Bientôt  grisons 
furent  eu  campagne,  eamilt.  Gram.  112.  Je  t'ai  vu  autrefois 


;  le  plus  adroit  —  qu'il  y  eût  en  France,   regnard,  Sérén. 

I  se.  10.  'I  P.  plaisant.  Moine  vêtu  de  gris.  Suivaient  de  loin 

I  deux  grisons  bien  dispos,  piron,  Moine  bridé. 

I       l|  2'  Famil.  Ane.  Et  le  —  se  rue  Au  travers  de  l'herbe  me- 
nue, L.\  F.  Fab.  VI,  8.  Il  (Zoologie.)  Petit  mammifère  de 

'  l'Amérique  du  Sud,  carnassier,  et  voisin  du  glouton. 

I       II  3"  (Technol.i  Grès  pour  auges,  etc.  {Cf.  grisard.) 

'       GRISONNANT,  ANTE  ;gri-zô-nan,  -nânt']  adj. 

1       [ÉTYM.  Adj.  particip.   de  grisonner,  §  47.  ||  xvii^  s.  Poil 
grisonnant,  rab.  m.  2S.  .\dmis  acad.  1878.] 

Il  Qui  grisonne.  Cheveux  noirs  grisonnants,  j.-j.   rouss. 

GRISONNER  [gri-zô-né]  V.  intr.  et  //•. 
I       [ÉTYM.  Dérivé  de  grison,  §  154.  Il  xvi<=  s.  Je  vois  ton  poU 
!  grisonner  en  teste,  rab.  iii,  2S.] 

!  Il  1°  V.  intr.  Commencer  ii  devenir  gris  len  parlant  des 
'  cheveux,  de  la  barbe).  Une  personne  dont  les  cheveux  gri- 
I  sonnent,  et,  jj.  ext.  Dne  personne  qui  grisonne.  Rufin  commence 
[  à  — ,  L.\  BR.  11. 

'      f  2"  V.  tr.  (Technol.)  Teindre  en  gris.  {Cf.  griser.) 
■       GRISOU  [gri-zou]  s.  m. 

'.  [ÉTY'.M.  Emprunté  du  patois  wallon  brisou  ou  grisou,  m. 
'  s.  d'origine  incertaine,  §  16.  ||  1769.  Feu  brisou,  morand, 
!  Art  d'expl.  les  7nines,  p.  87.  |  1796.  Veines  de  houille  dites  à 
'  grisou,   Journal  des  mines,  an  lY,  n°  18,  p.   1.  .\dmis 

ACAD.  1835.] 
!      Il  (Technol.)  Hydrogène  protocarboné,  gaz  inflamma- 
I  Lie  qui  se  dégage  dans  les  mines,  surtout  dans  les  houil- 
1ères.  et  devient  explosible  quand  il  est  mêlé  avec  l'air. 
Un  coup  de  — .  Le  feu  — . 

*GRISOUTEtrx,  EUSE  [gri-zou-teii,  -teuz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grisou,  §§  63  et  116.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Qui  contient  du  grisou. 

GRIVE  [grï'v']  J.  f. 

[ÉTY.M.  Paraît  être  l'anc.  adj.  grive,  fém.  de  griu,  grec, 
§  38.  (  V.  grièche.)  ||  \iv<^  s.  Mangez  la  grive  au  disner,  Gaut. 

DE  BIBLESWORTH,   daUS  PALSGR.  p.  28. J 

Il  Oiseau  de  l'ordre  des  Passereaux  dentirostres,  for- 
mant une  espèce  du  genre  merle,  à  plumage  mêlé  de 
blanc  et  de  brun.  Les  grives  se  gorgent  de  raisin.  Loc.prov. 
Être  soûl  comme  une  —  (gorgée  de  raisin).  Faute  de  grives, 
on  prend,  on  mange  des  merles,  faute  de  mieux  on  prend 
ce  qu"on  trouve. 

GRIVELÉ,  ÉE  [griv'-lé  ;  en  vers,  gri-ve-Ié)  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grive,  §§  62  et  118.  ||  xui<=  s.  Palefroi 
griolé,  beau.maN.  Jehan  et  Rlonde,  3133.] 

i;  Mêlé  de  blanc  et  de  brun.  Plumage  — . 

GRIVELÉE  [griv'-lé  ;  en  vers,  gri-ve-lé]  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  particip.  de  griveler,  §  45.  ||  xyi^-xyii^  s. 
Vous  et  moy  couperons  bras  et  jambes  à  Madame  Grivelee, 
riULLY,  UEcon.  roy.  ann.  1596.] 

Il  Vieilli.  Profil  illicite. 

GRIVELER  [griv'-lé;  en  vers,  gri-ve-lé]  v.  intr. 

[etym.  Semble  dérivé  de  grive,  §  162,  proprt,  «  vivre 
comme  la  grive  ».  ||  1620.  Griveler  sur  les  pauvres,  Chron. 
bordel,  dans  delb.  Rec] 

\\  Vieilli.  Faire  des  profils  illicites.  Monsieur,  le  roi  en- 
tend que  vous  vous  absteniez  de...  et  en  disant  cela  il  faisait 
avec  la  main  la  patte  de  chapon  rôti,  lui  voulant  dire  qu'il  ne 
fallait  pas  — ,  T.  des  ré.\ux,  llistor.  i,  219. 

GRIVÈLERIE  ^grl-vèl-ri;  en  vers,  -vè-le-ri]  s.  f. 

i^ETYM.  Dérivé  de  griveler,  §  69.  ||  xvi'  s.  Ennemy  de  tou- 
tes les  grivèleries,  Mem.  sur  Duguesclin,  16.  Admis  acad. 
1762.] 

Il  Vieilli.  Action  de  griveler,  de  faire  des  profils  illi- 
cites. 

GRIVELEUR,  'GRIVELEUSE  [griv'-leur, -letiz' ;  en 
vers,  gri-ve-...]  s.  m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  griveler,  §  112.  |I  1642.  oud.] 

I;  Vieilli.  Celui,  celle  qui  l'ail  des  profits  illicites. 
I  'GRIVELURE  [griv'-lùr;  en  rew,  gri-ve-...]  s.  f. 
'       [ÉTY.M.  Dérivé  de  grivelé,  §  lU.  |]  1545.  Grivolures  rouges 

entremeslees,  G.  GUÉR.ÛULT,  dans  delb.  Rec] 
j      il  Nuance  mi-partiebrune  et  grise. 

•GRTVETTE  [gri-vèf]  S.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grive,  §  133.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Petite  grive.  ||  Espèce  de  merle. 

'GRIVIERE  [gri-vyèr)  s.  /'. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grive,  §  115.  ||  xvni«  s.  buff.  Grive.\ 
I      II  Rare.  Volière  où  on  élève  des  grives. 


GRIVOIS 


—  1203  — 


GROS 


GRIVOIS,  OISE  '^g^ri-vwâ.-vwdz']  s.  m.  et  f.  et  adj 

[ÉTYM.  Tin'  tic  grivoise  {V.  ce  mot),  §37.  ||  1G9(J.  Vive 
la  pipe,  c'est  le  salut  du  grivois,  Dominique,  Fille  sav.  se.  de 
renrôlement.  .\dmis  agau.  1718.] 

I.  S.  m.  et  f.  I  1.  S.  7)1.  Soldat  allemand  au  .service  de  la 
France,  et,/),  ext.  soldat.  Son  adversaire  choisit  pour  le  sien 
un  —  de  ses  amis,  les.  Estev.  Gonzalez,  46.  |  2.  .S.  f.  Gri- 
voise, femme  qui  va  avec  les  soldais.  |  3.  P.  anal.  Homme, 
(euime  d'humeur  hardie. 

II.  Adj.  Qui  est  d'une  gaieté  immodeste.  Une  personne 
grivoise.  Des  propos  — .  One  chanson  grivoise. 

•GRIVOISE  Lgri-vwaz]  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  rivoise,  §  300,  altération  de  l'allem.  reibei- 
sén,  fer  à  râper,  S  7.  Le  mot  est  venu  en  français  par 
Strasbourg,  après  la  prise  de  cette  ville  (1681).  |)  1701. 

FURET.] 

Il  Anciennt.  Tabatière  munie  d'une  râpe  à  tabac,  portée 
surtout  par  les  soldats. 

GROG  [grog']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'angl.  grog,  m.  s.  sobriquet  de 
l'amiral  Vernun.  qui  obligea  les  marins  anglais  à  mettre 
de  l'eau  dans  leur  rhum,  §  8.  ||  Nëoloy.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Boisson.d'eau  froide  ou  chaude,  où  l'on  met  du  sucre, 
de  l'eau-de-vie  ou  un  autre  spiritueux  et  du  citron. 

'GROGNANT,  ANTE  [grô-nan,  -fiant']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  grogner,  §  47.  ||  Xéolog.] 

Il  Qui  grogne.  Specialt.  Vache  grognante,  nom  vulgaire 
d'une  espèce  de  bison. 

GROGNARD,  ARCE  [grô-nàr,  -ùàrd']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grogner,  §  147.  ||  .Mil^  s.  Vilein  jelos  groi- 
nart,  dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1798.] 

Il  Qui  a  la  manie  de  grogner.  Substantivt.  Un  —,  une 
grognarde.  Specialt.  Nom  donné,  sous  Napoléon  I<^''.  aux 
soldats  de  la  vieille  garde.  Trois  fantômes  de  vieux  grognards 
En  uniforme  de  l'ex-garde,  tu.  Gautier,  Vieux  de  la  vieille. 

•GROGNE  [groiT;  5.  /'. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  grogner,  §  52.  ||  xiv«  s.  Si  qu'il  ne 
feront  jamais  grongne,  guill.  de  m.acuault,  dans  godef. 
groingne.] 

\\Famil.  Mécontentement  qu'on  témoigne  en  grognant. 

GROGNEMENT  '^groù'-man  ;  en  vers,gTà-ne-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grogner,  §  145.  ||  xv^  s.  Les  grognemens 
des  porcs,  dans  godef.  Compl.  Admis  ac.\d.  1762.] 

Il  Action  de  grogner.  Le  —  d'un  pourceau.  ||  Fig.  Mur- 
mure par  lequel  qqn  exprime  son  mécontentement. 

GROGNER  [grù-ùéj  v.  inlr. 

[ÉTYM.  .A.nc.  franc,  gronir,  qui  vient  régulièrement  du 
lai.  grùnnire,  m.  s.  §§  348,  366  et  291.  La  substitution  de 
grogner  k  gronir  parait  due  à  l'inlluence  de  grigner,  qui  a 
un  sens  voisin,  §  509.  ||  xii^  s.  N'aveit  breit  ne  gruni  ne  crié 
ne  huchié,  garn.  de  pont-ste-m.\x.  ^'i  Thontas,  5523.  j 
XV*  s.  Fortune  tousjours  me  groingne,  en.  d'orl.  137.] 

Il  1°  En  parlant  de  certains  animaux,  pousser  un  petit 
cri  sourd.  Le  cochon  grogne. 

Il  2"  P.  anal.  En  parlant  des  personnes,  murmurer 
en  signe  de  mécontentement.  Famil.  T)-ansilivl.  —  qqn, 
lui  exprimer  son  mécontentement.  (Cf.  gronder.) 

GROGNEUR,  EUSE  [grù-neur,  -neuz'J  adj. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  grogner,  §  112.  ||  168U.  richel.] 

Il  Qui  a  l'habitude  de  grogner.  Suôslantiil.  Un  —,  une 
grogneuse. 

GROGNON  [grô-ûon]  5.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grogner,  §  104.  |J  xviii"  s.  V.  à  l'arti- 
cle. .\dmis  acad.  1835.] 

Il  Celui,  celle  qui  est  toujours  disposé  à  grogner.  Les 
petites  pensionnaires  appellent  entre  elles  la  mère  —  celle  qui 
est  chargée  du  soin  de  leur  éducation,  trév.  ^1752,.  dn,  une 
— .  /'.  appas.  Un  homme,  une  femme  — . 

•GROGNONNER  [grô-ùù-né]  v.  inlr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grognon,  §  154.  ||  xyiic-xyiii^  s.  V.  à 
l'article.] 

Il  1°  En  parlant  de  certains  animaux,  pousser  habi- 
tuellement de  petits  cris  sourds.  J'aime  mieux  — ,  fén.  Dial. 
des  morts,  Ane.  6. 

Il  2°  P.  anal.  En  parlant  des  personnes,  grogner  ha- 
bituellement. 

GROIN  [grou-in;  anciennt,  grwin]  5.  tn. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  'grùnnium  [lire  de  grùnnire,  grogner, 
§  71),  §§  324, 329,  483  et  291.  ||  xiic  s.  Gruing  de  porc,  g.\rn. 
DE  pont-ste-max.  6t  Thomus,  p.  71,  Bekker.J 


Il  Museau  du  cochon,  du  sanglier. 
•GROISER    grwâ-zé].   V.  gréser. 

•GROISIL  grwà-ziy'l  et  GROISIIXON  ^grwà-zi-yon]. 
y.  grésil,  grésillon. 
"GROLE  ;grol;  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  gracula,  m.  s.   devenu  'gragula,  'graula, 
§§  290  et  381,  d'où  grole,  §§  .333  et  291.  [Cf.  le  doublet 
graille.)  .\dmis  ac.\d.  1762  et  écrit  arbitrairement  avec 
deux  1.] 
Il  Diali'ct.  Corbeau,  freux,  choucas. 
GROLLE.  V.  grole. 

GROMMELER  [grSm'-lé  ;  en  vers,  grô-me-lé]  v.  intr. 
[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  allem.  grummeln,  m.  s.  §§6, 
498  et  499.  ||  xiu^s.  Se  déduit  de  gromellement,  dans  Yso- 
pet,  I,  62,  Robert.] 

Il  Murmurer  entre  ses  dents.  I|  Transit.  Grommelant  entre 
mes  dents  ces  tristes  paroles,  volt.  Homme  aux  quarante 
écus. 
'GRONDANT,  ANTE  [gron-dan,  -dânl']  adj. 
[ÉTYM.  .\dj.  particip.  de  gronder,  §  47.  ||  xvic  s.  Les  vens 
grondans,  bir.\gue,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Qui  gronde.  ||  Fifj.  Des  flots  grondants  les  montagnes 
liquides,  corn.  Pops.  81. 

GRONDEMENT  [grond'-man;  en  vers,  gron-de-...] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gronder  fane,  franc,  grondir),  §  145.  |j 
xiii*  s.  Grondement  que  11  uns  hom  fait,  Serm.  de  Maurice  de 
Sully,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Son  menaçant  sourd  et  prolongé  que  font  entendre 
certains  animaux  irrités.  ||  Fig.  Le  —  de  la  foudre. 
GRONDER  [gron-dé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Ane.  franc,  grondir,  du  lat.  grûndire,  variante 
de  grûnmre,  grogner,  §g  34S  et  291.  Pour  le  changement 
de  déclinaison,  V.  §627.j|  xui«  s.  Boche...  Contre  qui  la  mer 
gronde  et  tance,  J.  de  meung.  Rose,  5946.] 

Il  1°  En  parlant  de  certains  animaux  irrités,  faire  en- 
tendre un  son  menaçant,  sourd  et  prolongé.  ||  Fiçf.  Le 
tonnerre  gronde.  La  mer  grondadt  sourdement,  fén.  Tél.  6. 
Il  2°  P.  anal.  En  parlant  de  l'homme.  |  1.  Se  plaindre 
entre  ses  dents.  Dans  un  coin,  en  grondant,  je  m'essuie,  boil. 
Sat.    6.  Il   Vieilli.   Transit.   Murmurer  entre  ses  dents 
(qqch).  Grondant  quelques  paroles,  Régnier,  Sat.  10.  Gron- 
dant une  petite  chanson  entre  vos  dents,  mol.  Impr.  se.  3.  i  2. 
Se  plaindre  avec  humeur.  —  pour  un  potage  mal  assaisonné, 
FÉN.  Êduc.  des  filles,  11.   Laisse  ici  —  quelques  censeurs, 
boil.  Êp.  7.  Il  Transit.  Réprimander  avec  humeur.  —  un 
enfant. 
GRONDERIE  [grond'-ri;  en  vers,  gron-de-rij  s.  f. 
[ÉTY'M.  Dérivé  de  gronder,  §  69.  [j  xvi«  s.  A  cause  de  sa 
gronderie  ^du  porc),  G.  bouchet,  Serées,  m,  101.] 
Il  1"  Vieilli.  Action  de  gronder  [au  propre). 
Il  2"  Famil.  Plainte,  réprimande  faite  avec  humeur. 
GRONDEUR,  EUSE  ^gron-deur,  -deuz'J  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  gronder,  §  112.  \\  1611.  cotgr.] 
Il  Qui  a  l'habitude  de  gronder.  Les  gens  grondeurs,  et. 
substantivt,  Dn  — ,  une  grondeuse.   L'on  n'a  vu  jamais  un 
amour  si  — ,  MOL.  Mis.  ii,  1. 1|  Fig.  {rare).  Le  ciel  brillait  d'é- 
clairs, la  mer  était  grondeuse,  l.\  f.  Parodie  de  Clèopdlre, 
dans  Ragotin,  iv,  2. 

GRONDIN  [gron-din]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gronder,  §    100  :  le  rouget  gronde 
quand  il  est  pris.  Grondin  s'est  dit,  en  argot,  du  cochon. 
(  V.  G.  BOUCHET,  Serées,  m ,   129.)  ||  1777.  duh.\mel  du 
monceau.  Pêches,  111,  v.  106.  Admis  acad.  1835.] 
Il  Dialect.  Rouget  commun,  poisson. 
GROOM  Lgroum']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'angl.  groom,  m.  s.  §  8.  {Cf.  gour- 
met.) Il  Xe'olog.  .•X.dmis  acad.  1878.] 

Il  Jeune  laquais  dont  on  se  fait  suivre,  à  cheval,  à  qui 
l'on  donne  les  rênes  quand  on  descend  d'une  voilure 
que  l'on  conduit,  etc. 
GROS,  OSSE  [grô,  -gros']  adj.  et  s.  m.  et  f. 
[ÉTYM.  Du  lat.  gr<Jssum,  m.  s.  §  291.  {Cf.  grosse.)] 
I.  Adj.\\  1'^  Qui  dépasse  le  volume  ordinaire.  Dn  — 
homme,  une  grosse  femme.  Te  voilà  grand  et  —  comme  père  et 
mère,  mol.  Scap.  i,  2.  Chat  bien  fourré,  —  et  gras,  l.\  k.  /•  aO. 
vu,  16.  Faire  le  —  dos  (en  parlant  d'un  chat),  relever  son 
dos  en  bosse.  Fig.  Sentier  de  vanité.  Loc.  prov.  n  a  coûté 
plus  qu'il  n'est  — .  Dn  —  arbre,  une  grosse  souche.  Les  — 
murs  dun  bâtiment,  ceux  qui  forment  l'enceinte,  portent 


GROS 

les  combles,  les  voûtes.  Écrire  en  —  caractères,  et,  elUpt, 
Écrire  — .  Laisse  de  la  marge,  écris  —,  ri:gnard,  Filles  erran- 
tes, III,  5.  —  canon,  caractère  d'imprimerie  en  usa^^e  dans 
les  affiches.  Un  —  livre.  Une  grosse  corde.  Verser  de  grosses 
larmes.  De  la  grosse  toile.  ||  Fig.  Du  —  vin,  du  —  miel.  1  Le 
—  bon  sens.  Des  principes  si  —,  p.\sc.  Pens.  vu,  1.  Une  grosse 
gaieté.  Un  —  rire.  En  venir  aux  —  mots,  aux  paroles  violen- 
tes. Aux  grosses  paroles  On  en  vient  sur  un  rien  plus  des 
trois  quarts  du  temps,  la  f.  Fab.  xii,  8.  ||  P.  anal.  Qui  dé- 
passe la  mesure  ordinaire,  en  quantité,  en  intensité,  etc. 
One  grosse  escorte.  De  —  bataillons.  Un  —  escadron  des 
Parthes,  cORN.  Rodog.  i,  4.  |]  Une  grosse  somme  d'argent, 
de  —  capitaux.  Payer  une  grosse  amende.  Faire  de  —  bénéfi- 
ces. Jouer  —  jeu.  P.  e.rt.  Un  —  joueur,  qui  joue  gros  jeu. 
1  Faire  la  grosse  voix,  parler  fort  pour  intimider.  La  grosse 
chaleur,  celle  du  milieu  du  jour.  Avoir  un  —  rhume,  une 
grosse  fièvre.  Avoir  une  grosse  querelle  avec  qqn.  Une  grosse 
affaire.  Specialt.  Prêt,  contrat  à  la  grosse  aventure,  et,  ellipt, 
à  la  grosse,  prêt  à  gros  intérêt  à  un  armateur,  sous  con- 
dition que  la  somme  sera  perdue  si  le  navire  vient  à  périr. 
De  grosses  difficultés.  Un  —  péché. 

Il  2"  Qui  dépasse  le  volume  d'une  autre  chose.  Les  gros- 
ses dents,  les  molaires  (par  opposition  aux  incisives,  aux 
caninesj.  Des  —  pois.  Le  —  bout  d'un  œuf  (par  opposition 
à  celui  qui  est  plus. menu).  Le  —  bagage,  le  plus  volumi- 
neux. La  grosse  artillerie.  La  grosse  cavalerie,  pesamment 
armée.  Loc.  prov.  Les  —  poissons  mangent  les  petits,  les 
faibles  sont  à  la  merci  des  puissants.  Elle,  qui  n'était  pas 
grosse  en  tout  comme  un  œuf,  la  f.  Fab.  i,  3.  Le  gland,  qui 
n'est  pas  —  comme  mon  petit  doigt,  id.  ihul.  ix,  4.  Fig.  Fa- 
mil.  —  comme  le  bras,  largement.  «  Monsieur  de  Petit  Jean,  » 
ah!  —  comme  le  bras!  rac.  Plaid.  i,l.  ||  P.  anal.  En  parlant 
des  personnes,  considérable.  Elle  prenait  le  train  de  deve- 
nir bientôt  une  grosse  fermière,  j.-J.  Rouss.  Confess.  6.  Quel- 
que —  partisan  m'achètera  bien  cher,  L.\  F.  Fab.  v,  3.  — 
messieurs,  lu.  ibid.  xii,  17.  Vous  vous  ferez  séparer  et  vous 
vivrez  après  cela  en  grosse  madame,  (iiilr.audi,  Th.  ital.  i, 
144.  Un  —  négociant,  LES.  Diable  boit.  12.  Les  —  bonnets 
de  l'endroit.  Vlinlli.  On  —  général.  Un  —  major.  Ore  grosse 
bête.  Un  —  lourdaud. 

Il  3^  Qui  dépasse  son  volume  habituel.  L'eau  grosse  et 
rapide,  corn.  Cinna,  iv,  1.  Une  grosse  mer,  soulevée  eu 
grosses  vagues  par  le  vent.  P.  anal.  Un  —  temps,  oii  le 
vent  est  fort  et  soulève  de  grosses  vagues.  ||  Avoir  le  cœur 

—  (gontlé)  de  soupirs,  et,  ahsolt,  k\oir\e  cœur  — .  Le  cœur 

—  de  soupirs,  corn.  Cinna.  iv,  1.  ||  Specialt.  One  femme 
grosse,  enceinte.  EUe  est  grosse  de  cinq  mois  (depuis  cinq 
moisj.  Elle  était  grosse  de  son  premier  enfant  elle  le  portait 
alors  dans  son  sein).  L'homme  de  qui  une  femme  est  grosse 
(du  fait  duquel  elle  est  grosse).  ||  Fig.  Cette  nuée  grosse 
de  foudre  et  d'éclairs,  voit.  Lett.  74.  Le  présent,  né  du  passé, 
est  —  de  l'avenir.  La  princesse  d'Orléans  et  moi  étions  comme 
on  dit,  —  (désireux;  de  nous  voir,  st-.sim.  viii,  240. 

II.  S.  m.  Il  1°  La  partie  la  plus  grosse  d'une  chose.  Le 

—  de  l'arbre,  le  tronc.  Fig.  Se  tenir  au  —  de  l'arbre,  s'atta- 
cher à  ce  qui  est  le  plus  sûr.  Couper  au  — ,  élaguerjusqu'à 
la  grosse  branche.  ||  Poutre  de  dix  centimètres  de  — ,  dont 
chaque  face  a  cette  dimension.  ||  Le  — ,  écriture  en  gros- 
ses lettres.  Écrire  en  — .  ||  Le  —  de  l'eau,  la  pleine  mer  au 
temps  des  fortes  marées.  ||  (Boucherie.)  —  de  langue, 
maniement  impair  du  bœuf  dans  la  région  inférieure  de 
l'arrière-bouche.  ||  (Reliure.)  Cahier  de  seize  pages  dans 
la  feuille  in-12.  ||  Du  —  de  Naples,  de  Tours,  étoffe  de  soie  à 
gros  grain. 

Il  2°  La  plus  grande  quantité  d'une  chose.  Le  —  du  peu- 
ple, BOSS.  Hist.  univ.  ii,  5.  Dans  le  —  de  son  peuple,  corn. 
Nicom.  Il,  1.  Les  bagages  suivaient  le  —  de  l'armée.  Absolt. 
Donax,  prends  ce  bélier  et  marche  avec  le  — ,  l.\f.  Eunuque, 
V,  5.  Le  —  de  la  nation,  volt.  Lett.  à  M""^  du  Deff.  5  déc. 
l'TTO.  Il  Grande  quantité.  On  —  de  courtisans  en  foule  l'ac- 
compagne, corn.  Poly.  I,  4.  On  —  de  mutinés,  ID.  Hér.  i,  2. 
Fig.  Un  —  d'amertume,  corn.  Imit.  ii,  8.  ||  Adverbt.  Gagner 
— ,  faire  un  gros  bénéfice.  Coucher  —,  mettre  un  gros  enjeu, 
risquer  beaucoup,  n  y  a  —  à  parier  que,  il  est  très  proba- 
ble que.  Il  Specialt.  (Commerce.)  Le  —  (par  opposition 
au  détailj,  marchandises  vendues,  achetées  par  grande 
quantité.  Le  commerce  de  — .  Vendre,  acheter  en  — .  P. plai- 
sant. Les  hommes  fripons  en  détail  sont  en  —  de  très  honnêtes 
gens,  montesq.  Espr.  des  lois,  xxv,  2.  ||  Fig.  La  partie  la 
plus  considérable  d'une  chose.  Le  —  de  l'histoire,  la  br. 


-  1204  -  GROSSIER 

5.  Il  Loc.  adv.  En  —,  en  prenant  le  principal  sans  s'attacher 
au  détail.  Voilà  l'histoire  en  — ,  mol.  Et.  iv,  1.  Les  autres 
péchés  dont  on  s'accuse  en  —,  pasc.  Prov.  10.  ||  Tout  en  —, 
tout  réuni.  Il  a  dépensé  vingt  sous  tout  en  — . 

Il  3°  Dans  les  anciennes  mesures  de  poids,  la  huitième 
partie  de  l'once.  ||  Ancienne  monnaie  de  valeur  variable. 
—  royal,  en  or.  —  tournois,  en  argent. 

m.  S.  f.  Grosse.  ||  1°  Écriture  en  gros  caractères.  Spe- 
cialt. —  de  fonte,  gros  caractère  d'imprimerie  pour  affi- 
ches. Il  P.  ext.  Expédition  d'un  acte,  d'un  jugement.  La  — 
d'un  contrat. 

Il  2"  Quantité  de  certaines  marchandises  livrées  par 
douze  douzaines.  One  —  de  boutons.  ||  P.  ext.  L'ensemble 
d'une  chose.  Moudre  en  — ,  en  mettant  le  grain  en  farine 
par  une  seule  mouture  à  l'aide  de  meules  serrées. 

GROS-BEC  [grô-bèk']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  gros  et  bec,  §  173.  ||  1555.  p.  belon, 
Hist.  de  la  nat.  des  ois.  p.  373.] 

Il  (Hist.  nat.)  Oiseau  formant  un  genre  de  l'ordre  des 
Passereaux  conirostres,  à  bec  court,  gros  et  dur. 

GROSEILLE  [grô-zèv']  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  l'allem.  kraus,  frisé,  §§  6,  498,  499  et 
88.  La  groseille  à  maquereau  se  dit  en  allem.  krausbeere, 
proprt,  u  baie  frisée  ».  ||  xii^  s.  L'effort  le  roi  ne  prise  une 
grozelle,  Loheralns ,  dans  godef.  CompL.] 

Ij  Fruit  du  groseillier.  Des  groseilles  blanches,  rouges. 
Une  grappe  de  groseilles.  Confiture,  gelée  de  groseilles.  Du  sirop 
de  — ,  et,  ellipt.  De  la  — .  Un  ruban  de  couleur  — ,  et,  ellipt, 
Un  ruban  — .  ||  —  à  maquereau,  fruit  plus  gros  que  la  gro- 
seille ordinaire,  ainsi  dit  parce  qu'on  l'emploie,  quand  il 
est  encore  vert  et  acide,  dans  une  sauce  pour  le  maquereau. 

GROSEILLIER  [grô-zè-vé]  S.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  groseille,  §  115.  ||  xii''  s.  Devant  ceo  que 
creisent  vos  espines  en  groselUer,  Psaut.  de  Cambridge, 

LVII,  9.] 

Il  .\rbu3le  formant  un  genre  de  la  famille  des  Grossu- 
lariées.  —  ordinaire,  à  fruits  rouges  et  blancs.  —  à  maque- 
reau, à  fruit  rougeàtre  ou  vert. 

'GROS-GUILLAUME  [grô-ghi-yom']  s.  m. 

[ÉTY.M.  Nom  propre,  composé  de  gros  et  Guillaume, 
§§  39  et  173.  Il  1642.  oud.] 

Il  P.  plaisant.  Vieilli.  Pain  grossier  pour  la  nourriture 
des  valets  de  ferme. 

GROSSE  [gros']  s.  f.  V.  gros. 

'GROSSEMENT  [grôs'-man  ;  en  vers,  grô-se-...]  ade. 

[ÉTY.M.  Composé  de  grosse  et  ment,  §  724.  ||  1315.  Gros- 
sement  deceux  et  laidement,  dans  godef.] 

Il  En  gros,  sans  s'attacher  au  détail.  [Syn.  grosso-modo.) 

GROSSERIE  [grôs'-ri  ;  en  vers,  grô-se-rij  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gros,  §  69.  Souvent  synonyme  de 
«  grossièreté  »  au  xvi<=  s.  ||  (Au  sens  actuel.)  1611.  cotgr. 
Admis  ACAD.  1762.] 

Il  1°  (Technol.)  Grasses  pièces  que  fabriquent  les  tail- 
landiers. 

Il  2°  Rare.  Commerce  en  gros. 

GROSSESSE  [grô-sês']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gros,  g  124.  Employé  en  anc.  franc,  au 
sens  général  de  «  grosseur  ».  ||  xa*^  s.  La  groixece  des  ra- 
cines, Serm.  de  St  Bern.  p.  149.  |  xiii^  s.  Quant  la  grossesse 
(d'une  femme  grosse)  apert  a  lui,  be.aum.an.  vu,  12. J 

Il  Etat  d'une  femme  qui  est  grosse  (enceinte).  Une  — 
avancée,  qui  approche  du  terme.  Simuler  une  — . 

"GROSSET,  ETTE  [grô-sè,  -set'J  adj . 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gros,  §  133.  ||  xiio  s.  Bouche  petite,  au- 
ques  grossete,  Partenopeus,  dans  godef.] 

Il  Fainil.  Un  peu  gros.  La  VriUière  était  un  homme  dont 
la  taille  différait  peu  d'un  nain,  — ,  monté  sur  de  hauts  talons, 
ST-SI.M.  XI,  290. 

GROSSEUR  [grô-seur]  5.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gros,  §  110.  ||  xiio  s.  La  groissur  dimi 
unce  avra,  Lapid.  de  Marbode,  869.  Deux  arbres  Qui  cent 
pies  ont  de  haut  et  de  grossor  sont  per,  Alexandre,  p.  351, 
Michelant.] 

[j  lo  Volume  qui  passe  la  mesure  ordinaire.  Son  corps, 
ramassé  dans  sa  courte  —,  boil.  Lutr.  1.  ||  P.  ext.  Enflure. 
Il  a  une  —  à  l'aine. 

Il  2"^  Volume  considéré  par  comparaison.  Pour  égaler 
l'animal  en  —,  la  f.  Fab.  i,  3.  Fruit  en  —,  qui  a  atteint 
toute  sa  dimension.  La  —  apparente  du  soleil,  de  la  lune. 

GROSSIER,  1ÈRE  [grù-syé,  -syér]  adj. 


GROSSIEREMENT 


—   120S 


GROUPE 


[ÉTYM.  D(Tiv('  (le  gros,  S  H-^-  !l  xiii<=  ?.  Nus  ne  puet  estre... 
hiaamiers,  veilliers,  grossiers,  que  il  n'achate  le  mestier,  k. 
HOILEAU,  Livre  des  mest.  I,  xv,  1.  Une  serajamès  se  grossier 
non,  Arlur.  dans  godef.  CompL] 

I.  Fait  d'une  matière  commune  ou  façonné  imparfaite- 
ment. On  ne  parle  pas  ici  de  ces  pau'tlesles  plus  grossières  de 
l'air,  MAi.EHH.  lirch.  (In  la  rrri/r.  II,  n,  ::;.  Aliments,  vête- 
ments grossiers.  Des  meubles  d'un  travail  — .  !|  Fif/.  Grossière 
ébauclie.  Osez-vous  recourir  à  ces  ruses  grossières?  moi,.  Mis. 
IV,  ^i.  L'artifice  est  — ,  K.^c.  l'Iièd.  iv,  2.  Ces  grossières  amor- 
ces, CORN.  Cinna,  v,  3. 

II.  Dont  la  rude.sse  n'a  pas  été  adoucie  par  la  culture. 
La  religion  des  peuples  grossiers,  montesq.  E.fpr.  des  lois, 
XV,  2.  Ame  basse  et  grossière,  corn.  Rodog.  ti,  2.  Dans  ces 
siècles  grossiers.  Bon..  Art  p.  1.  J  I^.  anal.  Les  appétits  gros- 
siers. Il  /'.  exl.  Dn  homme  —,  qui  parle  ou  af^it  comme  s'il 
était  sans  culture.  C'est  un  —  personnage.  Fa)nil.  Il  est  — 
comme  du  pain  d'orge.  Être  —  dans  ses  propos,  dans  son  lan- 
gage. !i  1'.  ext.  Manières,  paroles  grossières.  Que  ce  discours  — 
terriblement  assomme  !  mol.  F.  sav.  Il,  7.  j|  P.  anal.  Igno- 
rance grossière,  erreur  grossière. 

llli  Vieilli.  Qui  vend  en  gros.  Marchand  — . 

GROSSIEREMENT  [grô-svcr-man  ;  en  vers,  -syè-re-...' 
adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  grossière  et  ment,  §  724.  ||  xiv«  s. 
Parler  figuralment   et  grossièrement,    oresme,   Eth.   dans 

LITTRÉ.] 

Il  D'une  manière  grossière. 

Il  1°  En  parlant  de  ce  qui  est  fait  d'une  matière  com- 
mune ou  façonné  imparfaitement.  Un  homme  —  vêtu.  Un 
meuble  —  fabriqué.  Fig.  Content  d'avoir  —  esquissé  mon  plan, 
j.-j.  Rouss.  Confess.  9. 

Il  2"  En  parlant  de  celui  qui  parle,  agit  comme  s'il 
était  sans  culture.  Il  s'est  conduit  — .  Répondre  —  à  qqn.  || 
Se  tromper  — . 

GROSSIÈRETÉ  [grô-syèr-té  ;  en  vers,  -syè-re-té]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grossier,  §  122.  ||  1642.  oud.] 

Il  Caractère  de  ce  qui  est  grossier,  de  celui  qui  est  gros- 
sier. La  —  d'une  étoffe.  La  —  du  travail.  La  —  des  peuples  sau- 
vages. 1'.  anal .  La  —  des  mœurs.  L'amitié  peut  subsister  en- 
tre gens  de  différent  sexe,  exempte  même  de  —  (de  pensées 
ciiarnelle?;,  l.\  br.  3.  Se  conduire,  parler  avec  — .  ||  Famil. 
Faire,  dire  une  —,  un  acte  grossier,  une  parole  grossière. 

GROSSIR  [grô-sîr]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gros,  §  154.  ||  xii^  s.  E  grossir  et  enfler, 
Fierabras,  dans  godef.  CompL] 

I.  V.  intr.  Devenir  gros.  Ses  bras  ont  grossi.  L'épi  com- 
mence à  — .  Spécialt.  Les  rivières  grossissent  à  la  fonte  des 
neiges.  La  mer  grossit.  ||  P.  anal.  Devenir  plus  considéra- 
ble. Leur  nombre  grossit.  Nous  verrons  notre  camp  —  à  cha- 
que pas,  R.\c.  Milhr.  m,  1. 

II.  V.  tr.  Rendre  gros.  L'âge  grossit  les  traits.  P.  anal. 
—  sa  voix,  lui  donner  plus  de  volume,  parler  plus  fort. 
Speciatt.  Les  pluies  ont  grossi  le  fleuve.  Des  travaux  Qui  des 
torrents  grossis  arrêtent  le  ravage,  ij^  F.  Falj.  ix,  ','0,  Disc, 
à  M'"<^  de  la  Sablière.  \\  P.  anal.  Faire  paraître  gros.  Les 
verres,  selon  qu'Us  sont  colorés  ou  taillés,  en  changent  les  cou- 
leurs (de  l'objet],  les  grandeurs  et  les  figures:  l'objet  ou  se 
grossit  ou  s'apetisse,  Boss.  Conn.  de  Dieu,  m,  4.  Notre 
imagination  nous  grossit  si  fort  le  temps  présent,  pasc.  Pens. 
in,  0.  Que  vous  prenez  de  peine  à  —  vos  ennuis,  corn.  Illiis. 
com.  IV,  2.  il  /'.  anal.  Rendre  plus  considérable.  De  leur 
dépouille  enfin  grossissez  vos  trésors,  R.\c.  Esth.  ii,  1.  Ses 
troupes,  medgré  lui,  grossirent  votre  armée,  CORN.  Sertor.  ii, 
2.  Il  Fig.  Cela  ne  fait  que  —  les  difficultés.  /'.  ext.  Exagérer. 
On  a  grossi  la  chose. 

GROSSISSANT,  ANTE  [gro-si-san,  -sânt']  adj. 

[ÉTYM.  .\(lj.  particip.  de  grossir,  §  47.  [|  xviii"=  s.  T'.  à 
l'article,  .\dmis  agau.  1878.] 

Il  lo  Qui  devient  gros.  Les  vagues  grossissantes.  One  dette 
toujours  grossissante,  targe,  Ilist.  d'Anglct.  (17(53),  xvi. 
404. 

Il  2"  Qui  fait  paraître  gros.  Dn  verre  — . 

GROSSISSEMENT  [grô-sis'-man  ;  en  vers,  -si-se-...] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grossir,  §  154.  ||  xvi»  s.  Grossissement 
de  nerfs,  Aleclor  (lôtiO),  dans  godef.  Compl.] 

H  Accroissement  de  volume.  Spécialt.  .\ccroissement 
appareni  de  volume.  Le  —  des  objets  vus  au  microscope. 

GROSSO-MODO  [grôs'-sù-mù-doj  toc.  adv. 


[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  scolast.  grosso  modo,  d'une  ma- 
nière grosse,  §  217.  j]  xvi^  s.  Le  vulgaire  de  Paris  dit  aussi 
grosso  modo,  dans  godef.  Compl.  Admis  acau.  1878. 

Il  Famil.  En  gros.  iSgn.  grossement.) 

GROSSOYER  [grô-swà-yéj  v.  tr. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gros,  §  Iti-'j.  fj  1335.  Grossoieret  doubler 
un  compte,  dans  godef.  Compl.} 

I  Expédier  fun  acte),  en  faire  la  grosse. 
'GROSSULARIÉES  [gros'-su-là-ryé  ;  en  vers,  -ri-é] 

^.  f.  pi. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  latin  des  botanistes  grossularia,  gro- 
seillier, §  248.  Il  Xéolog.] 

II  (Botan.)  Plante  à  fruits  globuleux,  formant  une  fa- 
mille dont  le  groseillier  est  le  type. 

GROTESQUE  [grô-tèsk'],  et,  vieilli,  'GROTESQUE 
^krù-tésk']  s.  f.  et  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ilal.  grottesca,  m.  s.  de  grotta, 
grotte,  §  12.  Il  1532.  Ces  gentilles  crotesques  nouvellement  in- 
ventées, dans  gay,  Gloss.  arch.  buffet. 

i.  Vieilli.  S.  f.  Ornement  capricieux,  imitation  de 
ceux  qui  ont  été  trouvés  dans  certains  édifices  anciens 
mis  à  découvert  par  des  fouilles. 

II.  Fig.  Adj.  Risible  par  son  apparence  bizarre.  Ima- 
ginations aussi  grotesques  que  les  vôtres,  PASC.  Prov.  11. 
Un  accoutrement  — .  Un  homme  — ,  et.  stibstantivt,  Un  — . 
C'est  un  poète,  et  le  —  du  genre  humain,  montesq.  Lett.  pers. 
48.  Des  figures  qui  font  de  cet  homme  un  — ,  LA  BR.  12. 

GROTESQUEMENT  [grù-tés'-ke-man]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  grotesque  et  ment,  §  724.  ||  1652. 
Ils  sont  faits  crotesquement,  berthod,  dans  delb.  Rec.] 

Il  D'une  manière  grotesque. 
I       GROTTE  [grôf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  grotta,  m.  s.  qui  est  le  lat. 
crypta,  crypte,  §  12.  A  fini  par  remplacer  l'anc.  franc, 
crote,  croûte,  qui  représente  régulièrement  le  lat.  crypta, 
'  et  qui,  s'étant  maintenu  jusqu'à  la  fin  du  xvi"  s.,  a  agi  sur 
'  l'adj.  grotesque,  presque  toujours  écrit  crotesque  avant  la 
fin  du  XVII*  s.  Il  xvi^  s.  Au  coin  De  quelque  grotte  sauvage, 
RONs.  Odes,  V,  16.] 

Il    Excavation    pittoresque,    naturelle    ou    de    main 
d'homme.  Cette  —  était  taillée  dans  le  roc  en  voûtes  pleines 
de  rocaiUes  et  de  coquilles,  fén.  Tél.  1.  ||  —  préhistorique, 
I  habitatiun  des  premiers  hommes. 
;       GROUILLANT,  ANTE  [grou-yan,  -yânt']  adj. 
j       [ÉT-i-M.  Adj.  particip.  de  grouiller,  §  47.  ||  xvic-xviie  s. 
\  Areines  bouillantes  De  jambes  et  de  bras  et  de  testes  grouil- 
lantes, d'aub.  dans  delb.  Rec] 
I      II  Qui  grouille. 

GROUlLLEDffENT  [grouy'-man  ;  en  vers,  grou-ye-...] 
i\  ni. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grouiller,  §  145.  ||  1793.  encycl.  méth.] 
Médecine.  Admis  acad.  1798.] 

!|  1°  Mouvement  de  ce  qui  grouille. 

jj  2"  Bruit  de  ce  qui  grouille.  Le  —  des  intestins. 

GROUILLER  [grou-yé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Mot  tout  à  fait  distinct  de  crouler,  se  rattachant 
peut-être  au  même  radical  que  le  provenç.  moderne  groua, 
qui  signifie  à  la  fois  «  grouiller  »  et  '<  couver,  frayer,  engen- 
drer »,  §  161.  Il  1480.  Ung  monstre  pullulant  et  grouillant  de 
serpens,  Baratre  infernal,  dans  delb.  Rec] 

Il  i."  Présenter  une  agitation  confuse.  Un  fromage  qui 
grouiUe  de  vers.  Est-ce  que  madame  Jourdain  est  décrépite,  et 
la  tête  lui  grouille -t-elle  déjà?  mul.  R.  gcttt.  m.  5.  ,,  P.  ext. 
Remuer.  Elle  grouille  aussi  peu  qu'une  pièce  de  bois,  mol.  Mis. 
n,  5. 

Il  2"  Produire  un  bruit  confus.  Ses  boyaux  grouillent. 

GROUP  [grdup]  s.  m. 

^ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gruppo,  m.  s.  variante  de 
groppo,  groupe,  §  12.  ||  1723.  savary,  Dicl.  du  comjn. 
.\dmis  Aa\D.  1835.] 

Il  (commerce.)  Sac  d'argent  expédié  d'une  ville  à  une 
autre. 

'GROUPADE  [grou-pàd'].  V.  croupade. 

'GROUPAGE  :grou-paj']  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grouper,  §  78.  ||  Séolog.] 

Il   Technol.)  Action  de  grouper.  Le  —  des  colis. 

GROUPE  I  grdup']  s.  m. 

[etym.  Emprunté  de  l'ilal.  groppo,  m.  s.  §  12.  [Cf.  croupe.) 

1676.  A.  FÉLiBiEN.  Princ.  de  iarckitect.  614.] 

Il  1°  (T.  d'art.)  Ensemble  de  personnages.  Le  —  de  Lao- 


GROUPEMENT 


120G  — 


GUANO 


coon.  P.  anal.  Un  —  d'animaux.  ||  P.  crt.  Un  —  de  colonnes, 
réunion  de  colonnes  accouplées.  Toute  classification  se 
compose  de  groupes  plus  ou  moins  étendus.  ||  (Musique.)  |  1.  — 
de  notes,  notes  réunies  par  leur  queue  au  moyen  d'une  ou 
plusieurs  barres.  |  2.  Ornement  composé  de  trois  ou  qua- 
tre petites  notes  qui  amènent  une  note  de  plus  longue 
durée.  Il  (Gramm.)  Réunion  de  lettres  qui  se  présente 
fréquemment.  Les  groupes  br,  cr,  eau,  etc. 

Il  2"  Un  certain  nombre  de  personnes,  de  choses  que 
qqch  de  commun  rapproche,  n  se  forme  des  groupes  dans 
la  rue.  Des  groupes  d'enfants  qui  jouent.  ||  Fig.  Réunion  de 
persoimages  ayant  des  vues  communes  ou  un  intérêt 
commun.  Les  groupes  politiques  de  la  chambre  des  députés. 

'GROUPEMENT  [grdup'-man  ;  en  vers,  grou-pe-...] 
,?.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grouper,  §  145.  ||  Xéolog.] 

Il  Action  de  grouper. 

GROUPER  [grou-pé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  groupe,  §  15-5,  {Cf.  agrouper.)  ||  1694. 
TH.  CORN.  Admis  acad.  1718.1 

Il  Rapprocher  en  vertu  de  qqch  de  commun  et  mettre 
à  part  des  autres  (un  certain  nombre  de  personnes,  de 
choses).  —  des  colis  à  destination  de  Calais.  Les  membres  de 
l'assemblée  sont  groupés  suivant  leurs  opinions.  Ses  partisEins 
se  groupent  autour  de  lui.  |1  —  les  personnages  d'un  tableau, 
d'un  bas-relief.  Des  colonnes  groupées,  accouplées.  —  des 
lettres,  des  notes  de  musique. 

*GRU  LfeTu]  s.  m. 

[ÉTYM.  Mot  d'origine  german.  §§  6,  498  et  499  :  allem. 
grûtze,  angl.  groats,  m.  s.  moyen  haut  allem.  gruz,  grain  de 
de  blé,  etc.  [Cf.  gruger.)  |i  xiii'"  s.  Avoclebran,  avoclegruis, 
G.  DE  coiNGY,  dans  GODEF.  gruis.] 

Il  Vieilli  et  dialecl.  Gruau,  bouillie  de  gruau.  La  Fanchon 
me  servit  des  grus,  j.-j.  rouss.  Nouv.  HéL  vi,  10. 

1.  GRUAU  [gru-ô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  grueau,  gruel,  dérivé  de  gru,  §  126.  ]|  xii'=  S. 
Orge  piled  pur  faire  gruel,  Rois,  ii,  17.] 

Il  1°  Partie  du  froment  la  plus  riche  en  gluten,  qui  en- 
veloppe le  germe  du  grain  et,  plus  dure  que  le  reste, 
est  broyée  imparfaitement  sous  la  meule.  Farine  de  — , 
gruau  converti  en  farine  sous  l'action  de  meules  de  plus 
en  plus  rapprochées.  Pain  de  — ,  fait  de  farine  de  gruau. 

Il  2"  Avoine,  orge  séchée  au  four,  dépouillée  de  son  en- 
veloppe et  grossièrement  moulue.  De  la  bouillie  de  — .  De  la 
tisane  de  —,  et,  ellipt,  Du  —,  boisson  rafraîchissante  faite 
avec  une  décoction  de  gruau. 

2.  *GRUAU  [gru-ô]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Pour  grueau,  gruel,  dérivé  de  grue,  §  126.  ||  1547. 
Gruyau,  g.  haudent,  Fables,  dans  delb.  Rec.\ 

Il  1»  Petit  de  la  grue,  oiseau. 

Il  2°  Fig.  (Technol.)  Petite  grue  pour  soulever  des 
fardeaux. 

GRUE  [gru]  *.  /". 

[ÉTYM.  t)u  lat.  pop.  *grûa  (class.  grùem),  yn.  s.  §§  328  et 
291.  Il  \i'  s.  Et  ont  grues  et  gantes  et  poons  empevrez,  Voy. 
de  Charl.  à  Jérus.  411.] 

Il  1°  Grand  oiseau  voyageur,  de  l'ordre  des  Êchassiers. 
Se  tenir  sur  un  pied  comme  une  — .  P.  anal.  Fig .  Faire  le 
pied  de  — ,  attendre  longtemps  sur  ses  jambes.  Avoir  un 
cou  de  —,  avoir  le  cou  long.  ||  Fig.  Fartai.  Dne  — ,  per- 
sonne sotte.  Me  prends-tu  pour  une  —  ?  brueys,  Important, 
1,6. 

Il  2°  P.  assimilation  de  formes.  Fig.  [Cf.  crône  2.)  Ap- 
pareil pour  soulever  des  fardeaux.  Une  —  à  vapeur.  Une 
—  flottante,  montée  sur  un  ponton.  ||  .\ncienne  machine 
de  guerre  dite  aussi  corbeau.  ||  Sorte  de  carcan,  instru- 
ment de  punition  pour  les  soldats. 

•GRUER  [gru-é]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gru,  §  154.  ||  1274.  Sont  tonus  de  morre 
et  gruer,  dansGODEF.  gruer  1.] 

Il  (Technol.)  Réduire  en  gruau. 

GRUERIE  [gru-ri]  5.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gruyer  2,  §§  65  et  68.  ||  1486.  nz  ont 
plusieurs  usaiges  et  bois  de  gruierie  de  la  conté  d'Aucerre,  dans 
GODEF.  gruierie.] 

Il  Anciennt.  ||  l»  Juridiction  relative  aux  bois  du  do- 
maine. Il  Office  de  gruyer. 

Il  2°  Droit  de  justice  que  le  roi  avait  dans  les  bois  d'un 
particulier. 

'GRUGEOIR  [gru-jwàrj.  V.  grésoir. 


GRUGER  [gru-jé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Paraît  être  pour  'gruiser  (cf.  gréser,  égriser),  em- 
prunté du  holland.  gruizen,  écraser,  dont  le  radical  est 
gruis,  grain,  §  10.  [Cf.  gru.)  ||  1482.  Toutes  les  graines  des- 
dits lins  et  chanvres  je  les  doys  grugier  a  mes  despens,  dans 
GODEF.  grugier.] 

Il  1"  Anciemit.  Égruger.  —  du  seL 

il  2"  Spécialt.  Rriser  avec  les  dents.  ||  P.  anal.  Cro- 
quer. —  du  sucre.  Il  lui  reste  encore  de  quoi  — ,  Comédie 
des  souffleurs,  dans  leroux,  Dict.  co)iiiq.  Perrin,  fort  gra- 
vement, ouvre  l'huître  et  la  gruge,  la  f.  Fab.  ix,  9.  ||  Fig.  — 
qqn,  dévorer  ce  qu'il  possède.  On  nous  mange,  on  nous  — , 
L.\  F.  Fab.  I,  21.  Spécialt.  Vieilli.  —  une  maison  (de  cha- 
noine), la  vendre  et  en  partager  le  prix  après  la  mort  du 
possesseur. 

Il  3»  P.  anal.  (Technol.)  Diminuer  en  enlevant  des 
éclats.  —  le  verre.  —  une  pierre  de  taille. 

"GRUGERIE  [grûj'-ri;  eii  vers,  gru-je-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gruger,  §  69.  ||  1752.  trév.] 

Il  Vieilli.  Action  de  gruger.  Spécialt.  Fig.  Vente  et 
partage  du  prix  d'une  maison  de  chanoine  après  sa  mort. 

GRUME  [grum']  s.  f. 

[ÉTYM.  Peut-être  pour  glume,  §  361,  du  lat.  gluma,  peau, 
pellicule.  {Cf.  le  diminutif  grumula,  au  lieu  de  glumula, 
employé  par  st  ambroise.)  ||  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Écorce  restée  sur  le  bois  coupé,  débité, 
mais  non  encore  équarri.  Du  bois  en  — . 

GRUMEAU  [gru-mô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  "grûmellum,  diminutif  de  grûmum, 
m.  s.  §  126,  devenu  grumel,  grumeau,  §§  456  et  291.  \\  xiii'^  s. 
Faites  cuire  a  manière  de  grumiel,  alebr.ant  de  sienne,  dans 

LITTRÉ.] 

Il  Petite  masse  de  substance  pulvérulente  agglomérée, 
ou  de  substance  liquide  coagulée.  Des  grumeaux  de  sel.  Le 
lait  caillé  forme  des  grumeaux. 

GRUMELER  [grûm'-lé  ;  en  vers,  gru-me-lé]  r.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grumeau,  §§65  et  154.  {Cf.  engrumeler.) 
Il  xiii<=  s.  Del  vent  et  de  la  pluie  ont  la  char  grumelee,  Conq.  de 
Jérus.  1782,  Ilippeau.  Admis  \c\ï).  1740.] 

Il  Mettre  en  grumeaux.  Lait  grumelé. 

GRUMELEUX,  EUSE  [grûm'-leil,  -leuz'  ;  en  vers,  gru- 
me-...] adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grumeau,  §§  65  et  116.  ||  1549.  r.  est.] 

Il  Qui  a  des  grumeaux.  ||  P.  ext.  Fruit  — ,  qui  contient 
des  parties  pierreuses. 

'GRUMELURE  [grûm'-lùr  ;  en  vers,  gru-me-...]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grumeau,  g§  65  et  111.  ||  1788.  salmon. 
Art  du  potier  d'étain,  p.  33.] 

Il  1"  (Vénerie.)  Petite  fiente  qui,  mêlée  aux  autres  fu; 
mées,  annonce  la  présence  d'un  vieil  animal. 

Il  2"  (Technol.)  Soufflure  dans  une  pièce  de  métal  fondu. 

'GRUMILLON  [gru-mî-yon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grumeau,  §  107.  ||  1545.  Gmmillons  de 
sangcaiUé,  G.  GUÈV.OVLT,  Hist.  des  plantes,  dans  delb. /{ec] 

Il  (Technol.)  Parcelle  qui  se  détache  du  fer  qu'on  forge. 

1.  GRUYER,  ÈRE  [gru-yé,  -yér]  adJ. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  grue,  §  115.  ||  .xiu'=  s.  Cel  bon  cheval  et 
cel  ostor  gruier,  Gagdon,  3872.] 

||  (Fauconn.)  Qui  vole  la  grue.  Faucon  — .  ||  P.  ext.  Qui 
tient  de  la  grue.  Faisan  — . 

2.  GRUYER  [gru-yé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  du  radical  german.  qui  se  trouve 
dans  l'allem.  grùn,  vert,  le  holland.  groeien,  croître,  etc., 
§§  6,  115,  498  et  499.  {Cf.  verdier.)  ||  xui<=  s.  Tousdis  n'est  mie 
gruiers  maire,  baude  f.^stoul,  Congés.  480,  Méon.] 

Il  Anciennt.  \\  1°  Officier  connaissant  des  affaires  rela- 
tives aux  forêts  du  domaine. 

Il  2"  Seigneur  ayant  un  droit  d'usage  dans  les  bois  d'un 
vassal. 

GRUYÈRE  [gru-yèr;  pop.  gru-èr]  .y.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  §  36  :  Gruyère,  ville  de  Suisse,  re- 
nommée par  la  fabrication  de  ce  fromage.  ||  Admis  acad. 
1762.] 

Il  Fromage  sec  préparé  par  cuisson.  Râper  du  —  pour 
préparer  le  maCcU:oni. 

GUANO  [gwà-nô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  guano,  m.  s.  mot  d'origine 
péruvienne,  §§  13  et  30.  .\u  xyiii*^  s.  frézier  emploie  guana 
comme  subst.  fém.  ||  1805.  encycl.  méth.  Chimie.  Admis 
ACAD.  1878.] 


GUE 


—  J207   — 


GUERIDOxN 


Il  Engrais  puissant  produit  par  des  amas  de  fiente  d'oi- 
seaux de  mer  sur  les  côtes.  On  sac  de  — . 

GUÉ  fghéj  .9.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  vadum,  m.  s.  §§  443,  295,  412  et  291.  Le 
changement  de  v  en  gu  paraît  ilù  à  l'influence  d'un  ra- 
dical german.  wad,  de  même  sens.  ||  xi*-'  s.  Il  ne  vienent  a 
eve  n'en  partissent  li  guet,  Voy.  de  Charl.  à  Jerus.  256.] 

Il  Endroit  d'un  cours  d'eau  où  l'eau  est  assez  basse  pour 
qu'on  puisse  le  traversera  pied.  Passera — .  ||  Fiçi.  Sonder 
le  —,  bien  examiner  une  alTaire  avant  de  s'y  engager. 

GUÉABLE  [ghé-àbl']  adj. 

[lirvM.  Dérivé  de  guéer,  §  93.  ||  xii«  s.  Ne  cele  eve  n'est 
pas  gaable,  bknekit,  Uucs  de  Norm.  19308.] 

Il  Qu'on  peut  passer  à  gué.  La  rivière  n'est  pas  — . 

GUÈBRE  [ghebr']  ,9.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  persan  ghebr,  ??i.  ,f.  §  24.  ||  .Vdmis 
ACAD.  1762.] 

Il  Nom  donné  à  ceux  qui  suivent  la  religion  de  Zoroastre. 
Les  persécutions  laites  aux  guèbres,  MO.ntesq.  Lctl.  pei'S.  86. 

GUÈDE  [ghcd']  ,s-.  f. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  german.  *waida  (allem.  moderne 
■waid),  m.  s.  §§  6,  498  et  499.  ||  xnio  s.  Waide,  dans  mon- 
TAiGLON  et  HAYNAUD,  Ilec.  de  fabUaux,  ii,  126.  |  Gaide, 
E.  BoiLEAU,  Livre  des  mest.  I,  i,  19.] 

Il  (Botan.)  Plante  tinctoriale,  dite  aussi  pastel.  ||  P.  ext. 
(Technol.)  Couleur  bleue  extraite  de  la  guède. 

•GtJÉDER  [ghé-dé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guède,  S  154.  ||  1546.  Vostre  ventre  es- 
toit  plein  et  guédé,  dans  montaiglon,  Ane.  l'oés.  franc. 
.M,  70.  Admis  acad.  1694  ;  suppr.  en  1878.] 

Il  (Technol.)  Saturer  (une  étofîe)  avec  la  guède.  ||  Fig. 
Saturer,  rassasier.  Si  je  n'étais  pas  guédé  de  vers,  volt. 
Lett.  à  Chauvelin,  oct.  1761. 

GUÉER  [ghé-é]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  vadare,  passer  à  gué,  devenu  guaer,  gaer, 
§§  443,  411,  295  et  291,  puis  gueer,  guéer,  sous  l'intluence 
de  gué,  §  65.  ||  xi'=  s.  La  gent  le  rei  Hugon  et  moillier  et  guaer, 
Voy.  de  Charl.  à  .lérus.  559.] 

Il  1°  Passer  à  gué.  —  une  rivière. 

Il  2"  P.  ext.  Baigner  (un  cheval)  dans  un  gué,  là  oii  il 
a  pied.  ||  P.  anal.  —  du  linge,  le  rincer  à  la  rivière. 

"GUELTE  [ghèlf]  .V.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  geld,  argent,  §7.  ||  Xe'oloff.] 

Il  (Commerce.)  Part  proportionnelle  sur  le  produit  des 
ventes  accordée,  en  sus  de  leurs  appointements,  aux  com- 
mis de  certains  magasins. 

GUENILLE  [ghe-nïy']  .v.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Vêlement  en  lambeaux.  Il  me  tarde  déjà  que  je  n'aie  des 
habits  raisonnables  pour  quitter  vite  ces  guenilles,  mol.  Mar. 
forcé,  se.  2.  Être  en  — .  ||  Troussez  vos  guenilles  (pour  aller 
plus  vite),  allez-vous-en.  ||  P.  plaisant.  Fig.  Le  corps,  cette 
—  (cette  partie  vile  et  périssable),  mol.  F.  sav.  ii,  7. 

GUENILLON  [ghc-ni-yon]  5.  ?«. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guenUle,  §104.  ||  xvii'^s.  V.  à  l'article. 
Admis  ACAU.  1694.] 

Il  Petite  guenille.  Il  n'est  guenille  et  guenillons  Que  de  rue 
en  rue  il  n'amasse,  fr.  colletet,  dans  uelu.  licc.  De  sales 
guenillons  Dont  la  femme  aux  bons  jours  composait  sa  parure, 
BOiL.  Sat.  10. 

GUENIPE  [ghe-nlp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  ;  le  rapport  de  ce  mol  avec  le 
holland.  knip,  mauvais  lieu,  est  douteux.  ||  xv«-xvi<'  s.  On 
se  dissipe  Apres  telle  guenippe,  J.  mauot,  p.  200,  Couslelier.] 

Il  Fainil.  Fenune  de  mauvaise  vie.  Taisez-vous,  — !  n. 
POISSON,  Zig-zay,  se.  4. 

GUENON  [gh'e-non]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1505.  Guenons  et  perroquets, 
GONNEYii.LE.dans  Jri«a/e^f/e6'  Voyages,  1869,juill..  p.  53. j 

Il  l»  Femelle  du  singe.  Vous  ai-je  demandé  des  nouvelles 
de  votre  — ?  u.  de  monches.nay.  Le  grand  Sop/ty,  se.  du 
substitut.  Fig.  Famil.  Femme  laide.  U  a  épousé  une  — . 

Il  2°  Genre  de  singes  à  longue  queue. 

GUENUCHE  [ghe-nûch']  .v.  f 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  guenon,  §  84.  On  trouve 
gueniche,  guenichon  au  xvi^'  s.  |i  xvi'-'-xvu"  s.  Guenuches,  élé- 
lans,  KÉG.NUiii,  ^al.  U.] 

Il  Petite  guenon.  Plus  laide  qu'une  — ,  fén.  Fab.  1.  ||  Fig. 
Famil.  Petite  femme  laide. 

•guépard  [gbé-pàr]  s.  m. 


[ÉTYM.  Paraît  une  altération  de  l'angl.  léopard  (prononcé 
lé-pard),  léopard,  §  8.  ||  xyiu«  s.  uukk.  (iuépard.] 

li  \llisl.  nat.)  Animal  carnassier  des  Indes,  du  genre 
chat,  à  crinière  et  à  ongles  non  rétractiles. 

GUÊPE  [ghèp'] .?.  f 

[ÉTYM.  Du  lat.  vçspa,  m.  s.  devenu  guespe,  §§443et29i, 
guêpe,  §  422.  Le  changement  de  v  en  gu  paraît  dû  à  l'in- 
lluence  de  l'allem.  wespe,  anc.  haut  allem.  wafsa,  ?«.  s.] 

Il  Insecte  formant  un  genre  de  la  tribu  des  Hyméno- 
ptères, dont  la  femelle,  armée  d'un  aiguillon,  comme  l'a- 
beille, construit  comme  elle  des  alvéoles.  {Cf.  frelon.)  — 
maçonne  ou  souterraine,  qui  construit  son  nid  dans  la  terre. 
Fi;/.  L'armée  aurait  beaucoup  souffert  de  ces  cruelles  guêpes 
(les  miquelets  espagnols),  st-sim.  iv,  437.  Une  taiUe  de  — 
(chez  une  femme),  ronde  et  fine. 

1.  "GUÊPIER  [ghè-pyé]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  deguêpe,  §115.  Il  xivc  s.  Le  héron,  la  poche, 
le  guespier,  Modus,  mss  franc.  ISibl.  nat.  1297,  f"  48,  r».] 

Il  (Ilist.  nat.)  Oiseau  analogue  au  marlin-pêcheur,  qui 
se  nourrit  surtout  de  guêpes. 

2.  GUÊPIER  [ghè-pyé]  s.  m.  et,  vieilli,  'GUÊPIÈRE 
[-pyérj  .y.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guêpe,  §  115.  acad.  donne  d'abord 
guespière,  puis  le  remplace  par  guêpier  en  1762.  {Cf.  four- 
milière.) Il  1611.  Guespière,  cotgk.] 

Il  Nid  de  guêpes,  formé  d'alvéoles  en  étages.  ||  Fig. 
Tomber,  donner  dans  un  —,  au  milieu  de  personnes  ou  de 
choses  menaçantes.  Ils  étaient  tous  contre  moi;  je  me  suis 
fourré  la  tête  dans  un  — ,  UE.\UM.\KGa.  li.  de  Sév.  iv,  8. 

GUERDON  [ghèr-don]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  widarlon,  altéré 
de  bonne  heure  en  widardon,  soit  par  assimilation,  soit 
sous  l'inlluence  du  lat.  donum,  don,  et  devenu  guedredon, 
gueredon,  guerdon,  §§  6,  498  et  499.  |1  xi»  s.  Bien  le  conois 
que  gueredun  vus  dei,  Roland,  3409.] 

Il  Vieilli.  Récompense.  Aucun  labeur  n'y  manque  de  —, 
LA  F.  Songe  de  \'aux. 

GUERDONNER  [ghèr-dô-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Déri\é  de  guerdon,  g  154.  ||  xi^  s.Deus  son  service 
li  volt  gueredoner,  St  Alexis,  277.] 

Il   Vieilli.  Récompenser. 

GUÈRE  et  GUÈRES  [gher]  adv. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  weigaro,  m.  s. 
devenu  guaire,  guère,  et,  avec  l's  adverbiale,  guaires,  guè- 
res,  §§  6,  498  et  499.  La  forme  guères  s'emploie  surtout 
en  poésie.  ||  xi^  s.  Li  quenz  Rollanz  ne  li  est  guaires  loign, 
Roland,  1897.] 

Il  Beaucoup.  Je  ne  crois  pas  que  Rodogune  en  demande  — 
davantage  (de  temps),  CORN.  3'^  Disc.  Trag.  \\  S'emploie 
surtout,  avec  la  négation  ne,  au  sens  de  pas  beaucoup. 
Quiconque  ne  voit  —  N'a  —  à  dire  aussi,  l^v  f.  Fab.  ix, 
2.  On  ne  trouve  —  d'ingrats  tant  qu'on  est  en  état  de  faire  du 
bien,  la  rocukf.  Max.  313.  L'émulation  et  la  jalousie  ne  se 
rencontrent  —  qu'entre  personnes  du  même  art,  ne  se  rencon- 
trent pas  beaucoup,  si  ce  n'est  dans  les  personnes,  etc. 
Il  n'est  —  plus  riche  que  vous.  Le  pauvre  Segrais  ne  tient  à 
— ,  SÉV.  147.  L'un  fait  beaucoup  de  bruit  qui  ne  lui  sert  de 
guères,  mol.  Ec.  des  f.  i,  1.  Il  ne  s'en  faut  de  — ,  il  ne  s'en 
est  —  fallu.  U  ne  servira  plus  à  —  de  gens,  p.\sc.  Prov.  4. 

GUÉRET  [ghé-rè]  .v.  nt. 

[ÉTYM.  Du  lat.  piqD. 'varactum  (class.  verv9Ctum,§360),7>i. 
s.  devenu  guarait,  guaret,  guéret,  §§443,  346,386,357  et  291. 
Il  xii-'s.  Mort  le  tresturnent  tresen  mi  un  guaret,  Ituland,  1385.] 

Il  Terre  labourée  non  ensemencée.  Nos  brillants  guérets 
et  nos  sombres  forêts,  l.\  f.  ]'ers  pour  des  beryers.  Plus 
d'un  —  s'engraissa  Du  sang  de  plus  d'une  bande,  ID.  Fab.  \\, 
6.  Il  P.  anal.  Terre  laissée  en  jachère.  Lever,  relever  les 
guérets,  labourer  une  terre  qu'on  a  laissée  reposer.  Ce  lieu 
saint  (Porl-Royal)  réduit  en  —,  st-sim.  xii,  143.  ||  P.  ext. 
Poet.  Champ  cultivé.  La  fourmi  tous  les  ans,  traversant  les 
guérets,  Grossit  ses  magasins  des  trésors  de  Gérés,  boiL.  Sat.  8. 

GUÉRIDON  [ghé-ri-don]  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre  d'un  personnage  de  farce  donné 
arbitrairement  à  un  meuble  d'introduction  récente,  §  36. 
Il  1626.  Vers  pour  les  guéridons  et  les  chansons  nouvelles, 

SONNET  DE  COURVAL,  daUS  DELU.  RcC.] 

Il  1"  Table  ronde  à  un  seul  pied,  servant  de  support  à 
un  flambeau,  un  vase,  etc. 

Il  2°  (Marine.)  Ecope  pour  épuiser  l'eau,  mouiller  les 
voiles,  etc. 


GUÉRILLA 


—   1208  — 


GUET 


GUÉRILLA  [ghé-ri-yà]  s.  f. 

[ktym.  Emprunté  de  l'espagn.  guerrilla,  wi.s.  proprt, 
petite  g-uerre,  §  13.  ||  Néolof/.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (T.  milit.)  Bande  de  partisans. 

GUÉRIR  [ghé-rïr]  v.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Pour  garir  (forme  qui  lutte  encore  avec  guérir 
pendant  la  plus  grande  partie  duxvii^  s.),  §  346,  plusan- 
ciennement  guarir,  emprunté  du  german.  warjan  (allem. 
nipd.  wehren),  m.  s.  §§  6,  498  et  499.  [Cf.  garer.)  ||  xi^s. 
Tant  en  retient  dont  son  cors  puet  guarir,  St  AU'.ns,  99.] 

I.  T'.  tr.  Il  1°  Délivrer  d'une  maladie.  Je  ne  vois  rien  de 
plus  ridicule  qu'un  homme  qui  se  veut  mêler  d'en  —  un  autre, 
MOL.  Mal.  im.  m,  3.  —  qqn  d'une  pleurésie.  Ce  remède  l'a 
guéri.  Il  s'est  guéri.  Loc.  prov.  Fig.  Médecin,  guéris-toi  toi- 
même,  profite  d'abord  des  avis  que  tu  donnes  aux  autres.  || 
l>  gxt.  —  une  maladie.  Le  sulfate  de  quinine  guérit  la  fièvre.  || 
Absolt.  L'art  de  — .  Poét.  Tu  frappes  et  guéris,  kac.  Ath. 
III,  7. 

Il  2°  Fig.  Délivrer  d'un  mal.  Une  larme  à  regret  épan- 
due  M'aurait  déjà  guéri  de  vous  avoir  perdue,  corn.  Poly.  ii, 
2.  Vous  —  D'une  erreur  dangereuse,  ID.  Nicom.  iv,  5.  ||  P. 
gxt.  —  un  mal,  le  faire  cesser.  Le  trépas  vient  tout  — ,  la 
F.  F  ah.  i,  16.  N'ayant  pu  —  la  mort,'  la  misère,  l'ignorance, 
PASC.  Pens.  IV,  2. 

II.  Y.  intr.  \\  1"  Être  délivré  d'une  maladie.  Je  ne  sais 
s'il  guérira  de  cette  blessure.  Absolt.  Il  m'ordonne  des  remèdes, 
je  ne  les  fais  pas  et  je  guéris,  mol.  Tart.  3*^  placet,  note,  jj 
Cette  blessure  guérira. 

Il  2»  Fig.  Être  délivré  d'un  mal.  Je  veux  —  des  miens 
(de  mes  maux);  ils  souilleraient  ma  gloire,  coun.  Polij.  n, 
2.  Ses  erreurs  lui  parurent  si  douces  qu'elle  ne  voulut  pas  en 
— ,  MONTESQ.  Rom.  8.  Il  Absolt.  Mon  espérance  est  morte, 
et  mon  esprit  guéri,  CORN.  Cid,  i,  2. 

GUÉRISON  [ghé-ri-zon]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guérir,  §  106.  ||  xi'=  s.  Ki  par  noz  Deus 
voelt  aveir  guarisun,  Roland,  3271.] 

Il  Action  de  guérir.  La  —  d'un  malade.  Il  n'y  eut  qu'un 
miracle  qui  pût  opérer  la  — ,  mass.  Tirdeur,  2.  ||  Fig.  Action 
de  délivrer  d'un  mal.  Dieu  lui  inspire  (au  pécheur)  le  désir 
de  sa  — ,  PASC.  Pvor.  4.  Dans  son  mal  Rome  est  trop  obsti- 
née; Son  peuple,  qui  s'y  plaît,  en  fuit  la  — ,  corn.  Cinna, 
II,  1. 

GUÉRISSABLE  [ghé-ri-sàbl']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guérir,  §  93.  ||  xiV^  s.  Non  guérissable 
ou  incurable,  oresme,  Étfi.  vu,  13.] 

Il  Qui  peut  être  guéri. 

GUÉRISSEUR,  *  GUÉRISSEUSE  [ghé-ri-seur,  -seuz'] 
s.  m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guérir,  §  112.  ||  xv''  s.  Gariseorsaterme, 
Coût.  d'Anjou,  dans  godef.  gariseor.  Admis  ag.ad.  1878.] 

Il  Celui,  celle  qui  guérit. 

GUÉRITE  [ghé-rïl']  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  garite,  guarite,  qui  paraît  se  rattacher  à 
guarir  (guérir),  protéger,  bien  que  le  suffixe  de  dérivation 
soit  obscur.  Au  commencement  du  xiii»  s.  guill.  le 
BRETON  emploie  déjà  le  lai.  garita  dans  le  même  sens.  || 
xiii''  s.  A  la  garite,  G.  DE  coincy,  dans  godef.  Compl.] 

Il  1»  Logette  de  bois  ou  de  pierre  où  une  sentinelle 
se  met  à  couvert.  ||  Fig.  Vieilli.  Refuge.  Enfiler  la  —  (se 
mettre  en  lieu  de  sûreté),  Régnier,  Sut.  10. 

Il  2"  P.  ext.  (Marine.)  Rebord  de  la  hune  d'unnavire. 
Il  Entourage  du  fanal  de  la  soute  aux  poudres.  ||  Bouche 
d'une  manche  à  vent  pour  ventiler  un  navire. 

"GUERLANDE  [ghèr-lând'].  V.  guirlande. 

*GUERLIN.  V.  grelin. 

GUERRE  [ghér]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  vrerra,  querelle, 
déjà  latinisé  en  guerra  par  un  scoliaste  de  Lucain,  g§  6, 
498  et  499.  ||  yn'^  s.  Geste  grant  guerre  ne  deit  monter  a  plus, 
Roland,  242.] 

Il  Lutte  à  main  armée  entre  deux  peuples.  Ces  deux  peu- 
ples étaient  en  —  pour  des  terres  que  chacun  d'eux  prétendait, 
BOSS.  Uist.  univ.  m,  6.  Pyrrhus  vint  faire  la  —  aux  Romains, 
MONTESQ.  Rom.  4.  Cela  donne  aux  Romains  la  pensée  de  por- 
ter la  —  en  Afrique,  id.  ibid.  5.  Le  roi  déclare  la  — ,  fait 
les  traités  de  paix.  Charte  de  IS30,  art.  13.  Une  —  décla- 
rée, une  —  ouverte,  faite  franchement.  Entreprendre  une  — . 
Les  guerres  puniques.  La  —  de  Cent  ans.  Trente  ans.  —  sainte, 
oii  l'on  appelle  les  peuples  à  la  défense  de  leur  religion. 
Il  Une  —  à  mort,  à  outrance,  une  —  d'extermination,  où  l'on 


ne  fait  aucun  quartier.  Une  —  de  partisans,  d'escarmouche. 
{Cf.  guérilla.)  Les  fléaux  de  la  — .  Loc.  prov.  La  —  nourrit  la 
— ,  une  armée  vit  aux  dépens  du  pays  ennemi.  A  la  — 
comme  à  la  —,  en  se  contentant  de  ce  qu'on  trouve.  ||  Faire 
la  —  avec  qqn,  sous  qqn,  sous  son  commandement.  Un  sol- 
dat qui  a  fait  les  guerres  de  l'Empire.  Aller,  partir  en  — .  Une 
ruse  de  — .  Fig.  Un  tour  de  vieille  —,  qui  est  depuis  long- 
temps pratiqué.  C'est  tour  de  vieille  — ,  la  f.  Fah.  m,  18. 
C'est  de  bonne  —,  c'est  un  moyen  auquel  on  a  le  droit  de 
recourir.  De  —  lasse  (étant  las  de  la  guerre),  à  bout  de 
résistance.  Scipion  et  César,  les  deux  premiers  hommes  de  — 
et  les  plus  vaillants  qui  aient  été  parmi  les  Romains,  BOSS. 
Ilist.  univ.  m,  6.  Port.  Un  foudre  de  — ,  guerrier  redouta- 
ble. Je  suis  donc  un  foudre  de  — !  la  f.  Fab.  ii,  14.  Obtenir 
les  honneurs  de  la  — ,  pouvoir  garder  ses  armes,  ses  dra- 
peaux, en  rendant  une  place,  et,  fig.  sortir  honorable- 
ment d'une  affaire  scabreuse.  L'art  de  la  — .  Le  ministère 
delà  — .  Conseil  de  — .  |  1.  Réunion  des  officiers  généraux 
d'une  armée  pour  discuter  les  opérations  militaires.  1  2. 
Tribunal  composé  d'officiers,  et  chargé  d'exercer  la  jus- 
tice militaire.  Exercice  de  — ,  petite  — ,  simulacre  de  com- 
bat pour  exercer  les  troupes;  au  xvii^  s.  course  de  ma- 
raudeurs. Un  oison  qui  avait  la  mine  d'avoir  été  pris  à  la  pe- 
tite — ,  SCARR.  Rom.  com.  i,  1. 1|  Ud  nom  de  — .surnom  que 
prenaient  des  soldats  en  s'enrùlant,  qu'on  donnait  à  ceux 
qui  s'étaient  distingués  à  la  guerre.  Fig.  Prendre  un  nom 
de  — ,  un  nom  de  fantaisie.  Cette  actrice  a  pris  un  nom  de 
— .  Il  P.  e.rt.  —  civile,  intestine,  entre  citoyens  d'un  même 
État.  —  de  religion,  née  de  querelles  religieuses.  ||  Hobbes 
demande  pourquoi,  si  les  hommes  ne  sont  pas  naturellement 
en  état  de  — ,  ils  vont  toujours  armés,  montesq.  Espr.  des 
lois,  I,  2.  Il  P.  anal.  Je  veds  faire  la  —  aux  habitants  de  l'air, 
BOiL.  Ep.  6.  Deux  coqs  vivaient  en  paix  :  une  poule  survient. 
Et  voilà  la  —  allumée,  LA  F.  Fab.  vu,  13.  ||  Fig.  État  de 
lutte.  Être  en  —  avec  ses  voisins.  Loc.  prov.  Qui  terre  a,  — 
a,  une  propriété  est  une  source  de  débats,  de  procès. 
Une  —  de  plume,  débat  au  moyen  d'écrits.  Faire  la  —  à 
une  personne,  à  une  chose,  être  en  lutte  avec  elle.  Il  faut  faire 
aux  méchants  —  continuelle,  LA  F.  Fab.  m,  13.  Cette  Église, 
à  laquelle  il  avait  fait  une  si  longue  et  si  cruelle  — ,  BOSS. 
Uist.  univ.  m,  1.  Elle  ne  cessait  de  lui  faire  la  —  sur  sa  mé- 
chante humeur,  hamilt.  Grain.  4.  La  peste...  Faisait  aux 
animaux  la  — ,  la  f.  Fab.  vu,  1.  Plaisirs,  qui  me  livrez  la 
— ,  CORN.  Poly.  IV,  2.  Faire  la  —  aux  vices,  pasg.  Prov.  10. 

GUERRIER,  1ÈRE  [ghè-ryé,  -ryér]  adj.  et  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guerre,  §  115.  ||  xi«  s.  Li  quens  Rollanz 
fut  noble  (corr.  nobilies)  guerriers,  Roland,  2066.] 

I.  Adj.  Relatif  à  la  guerre.  Blanchi  dans  les  travaux 
guerriers,  corn,  Cid,  i,  4.  Qu'à  l'instant  la  trompette  guer- 
rière Dans  le  camp  ennemi  jette  un  subit  effroi,  rac.  Ath.  Y, 
3.  Il  Porté  à  la  guerre.  Je  ne  veux  pas  dire  pourtant  que 
l'Egypte  ait  été  guerrière,  BOSS.  Uist.  unir,  m,  3.  Une  âme 
guerrière  est  maltresse  du  corps  qu'elle  anime,  ID.  Condé. 
Une  ardeur  guerrière.  Une  mine  guerrière. 

II.  î'.  m.  et  /'.  Celui,  celle  qui  fait  la  guerre.  Un  —  fa- 
meux. La  guerrière  Bradamante.  Spécial  t.  La  caste  des  guer- 
riers (dans  l'Inde),  la  caste  de  ceux  qui  portent  les  armes. 

GUERROYANT,  ANTE  [ghè-rwà-yan,  -yânf]  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  parlicip.  de  guerroyer,  §  47.  ||  1539.  u.  est. 
Admis  ACAD.  1878.] 

Il  Qui  guerroie.  Humeurguerroyante.Lafureur guerroyante. 
MIRABEAU,  Lett.  à  Sophie,  20. 

GUERROYER  [ghè-rwà-yé]  v.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guerre,  g  163.  ||  xi"  s.  En  France  irai 
pur  Carie  guerreier,  Roland,  2681.] 

Il  ±0  V.  tr.  Faire  une  guerre  de  partisan  à  (qqn).  Je 
veux  —  le  roi  mon  Seigneur,  volt.  Mœurs,  50. 

Il  2"  V.  intr.  Faire  la  guerre.  On  a  guerroyé  trois  mois. 

GUERROYEUR[ghè-rwà-yeur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guerroyer,  §  112.  ||  xiii''  s.  Li  Turc  sont 
sage  et  bon  guerrieur,  liécits  d'un  ménestrel  de  Reims,  379.  J 

Il  Celui  qui  aime  à  guerroyer. 

GUET  [ghè]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Subst.  verbal  de  guetter,  §  52.  ||  xiii"  s.  Quar  li 
siens  guez  valoit  un  mur,  ruteb.  p.  92,  Kressner.] 

Il  Action  de  guetter.  Faire  le  — .  Être  au  — .  Avoir  l'œil, 
l'oreille  au  — .  Tout  le  jour  il  avait  l'oeil  au  — ,  L.\  F.  Fab. 
viii,  2.  Il  Spécialt.  Surveillance  de  nuit  dans  une  ville, 
dans  une  place  de  guerre.  Milice  chargée  de  faire  le  — .  j| 
Vieilli.  —  de  mer,  surveillance  des  côtes.  ||  P.  ext.  Le  — , 


GUET-APENS 


—   1209 


GUEUSARD 


ceux  qui  font  le  ffuet.  Rosserie  — .Polichinelle  rosse  encore 
le  —  sur  les  théâtres  de  marionnettes.  Les  archers  du  — .  Che- 
valier du  —,  clief  (les  archers  du  guet.  Mot  du  —,  mol  de 
passe  donné  h  ceux  qui  étaient  du  guet.  Pour  enseigne  et 
mot  du  —,  I  A  F.  Faô.  iv,  15. 

GXJET-APENS  [ghè-tà-pan]  .t.  m. 

[ÉTYM.  Tiré  de  l'anc.  franc,  guet-apensé,  plus?  souvent 
aguet-apensé,  .Ç  37  :  proprt,  «  aguet  pré-mc-dité  ».  Apensé  est 
le  part,  de  l'anc.  verbe  apenser.  '  C/".  mcot  :  Guet  appensé, 
ou  à  pensé,  qu'on  dit  guet  appens  ou  à  pens  par  apocope.)  |{ 
xvi"=  s.  En  trahison,  de  guet  à  pens,  tuarent  Abecé,  iiah.  m,  4i.] 

[|  Embûche  dressée  pour  tuer,  \ nier,  par  surprise.  Tom- 
ber dans  un  — .  Le  —  consiste  à  attendre,  dans  un  ou  divers 
lieux,  un  individu,  soit  pour  lui  donner  la  mort,  soit  pour  exer- 
cer sur  lui  des  actes  de  violences,  Codf;  priHit,  art.  298. 

GUÊTRE  [ghètf]  ,?.  f. 

[ktvm.  Origine  inconnue.  [Cf.  guette  2.)  ||  xv^  s.  Guietres 
en  leurs  jambes,  Journ.  d'un  bourg,  de  Paris,  p.  2S2, 
Tuetey.] 

Il  ?2nveloppe  de  drap,  de  cuir,  bouclée,  boutonnée  sur 
le  dessus  du  soulier  et  le  bas  delà  jambe.  ||  Loc.  famil. 
Tirer  ses  guêtres,  s'en  aller.  (Cf.  grégue.)  Fie/.  Vieilli,  n  est 
venu  en  guêtres  à  Paris  [\9.  guêtre  étant,  surtout  autrefois, 
une  chaussure  de  paysan),  il  n'avait  rien  en  commençant. 
[Cf.  sabot.) 

GUÊTRER  [ghè-tré]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guêtre,  §  154.  ||  1549.  Guestré,  R.  est.] 

Il  Munir  de  guêtres. 

"GUÊTRIER  ighc-tri-yé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guêtre,  §  115.  ||  1597.  Guestrier,  dans 

LITTRÉ.] 

Il  Celui  qui  fabrique,  qui  vend  des  guêtres. 

1.  'GUETTE,  et  mieux  *GUÈTE  [ghèf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  guetter,  !;  52.  Cf.  guet.)  ||  xii^  s. 
As  herberges  s'en  retorna  Et  ses  guaites  apareilla,  Énras,  5587.] 

y  Vieilli  et  dialcct.  .\clion  de  guetter.  On  chien  de  bonne 
— .  Il  1'.  ext.  Personne  qui  faille  guet.  Cette  ville  n'avait 
pour  habitant  que  la  —  du  clocher.  [Cf.  échauguette.) 

2.  'GUETTE,  et  mieux  'GUÈTE  [ghèl'J  .s\  f 

[ÉTYM.  Parait  être  une  prononciation  pop.  de  guêtre,  à 
en  juger  par  le  dérivé  guettron.  ||  1690.  furi^t.] 

Il  (Technol.)  Pièce  en  contre-iiche  dans  une  charpente. 

GUETTER  [ghè-léj  V.  tr. 

[ÉTYM.  Du  bas  lat.  wactare  (dérivé  de  wacta,  qui  est 
l'anc.  haut  allem.  wahte,  substantif  tiré  de  wahhen,  allem. 
moderne  wachen,  veiller),  devenu  guaitier,  guetter,  gueter, 
écrit  arbitrairement  avec  deux  t,  g§  G,  498  et  499.  ||  xi''  s, 
La  noit  la  guaitent  entresqu'a  l'ajurnee,  Roland,  3731.] 

Surveiller  patiemment  pour  surprendre  (qqn,  qqch). 
—  des  maraudeurs.  Certes,  je  t'y  guettais,  mol.  Tari,  ii,  2. 
Il  Un  animal  guettant  sa  proie.  Une  souris  craignait  un  chat 
Qui  dès  longtemps  la  guettait  au  passage,  L.\  F.  Fah.  xu,  25. 

—  l'occasion,  le  moment  favorable.  Le  voleur  tourne  tant 
qu'il  entre  au  lieu  guetté,  L.\  F.  Fah.  xi,  3.  —  le  passage, 
l'arrivée  de  qqn.  ||  ^Vénerie.)  —  le  relevé,  le  moment  où  la 
bête  sort  de  son  abri  pour  aller  chercher  sa  nourriture. 

GUETTEUR  [ghè-te'urj  i\  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guetter,  §  112.  ||  xiii»  s.  Larrons  et  guel- 
teors  de  voies,  Introd.  d'ustron.  dans  godef.  gaiteor.  Ad- 
mis ACAD.  1835.] 

Il  Celui  qui  guette.  Spccialt.  \  1.  Celui  qui  se  tient  dans 
le  beffroi  pour  sonner  l'alarme  en  cas  d'incendie,  d'at- 
taque, etc.  I  2.  Celui  qui,  dans  un  sémaphore,  surveille  ce 
qui  passe  en  mer. 

•GUETTRON,  et  mieux  *GUÈTRON  [ghè-tron]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guette  2,  g  104.  ||  lo90.  furet.] 

Il  fFeclinoLy  Petite  guette  de  charpenterie. 

GUEULARD,  ARDE  ighéu-làr,-làrd']  adj.  els.  m.  et  f 

[KTVM.  Dérivé  de  gueule,  ^g  (34,  05  et  147.  !|  1395.  Deus 
gheulars  de  laiton,  dans  godef.  Compl.  .\dmis  .\cau.  \,au 
sens  11)  1798.J 

1.  Adj.Qm  lient  labouche ouverte.  Spéciall.  (Manège.) 
aieval  — ,  qui  tient  la  bouche  ouverte  pour  se  soustraire 
i  l'action  du  mors.  /'.  anal.  Pistolet  —,  et,  substantiel,  — , 
pistolet  à  gueule  évasée.  ||  Subslantivt.  frechuol.i  Le  — 
l'un  haut  fourneau,  l'ouverture  supérieure,  par  laquelle  on 
le  charge. 

U.  Fi;/.  Trivial.  $.  m.  et  f.  Celui,  celle  qui  aime  à  man- 
der beaucoup.  ||  Celui,  celle  qui  a  l'habitude  de  parler 
tort,  de  gueuler. 


GUEULE  [ghéul]j.  f 

[ktym.  Du  lat.  gûla,  m.  s.  devenu  gole,  goule,  gueule,  S§  325 
et  291.] 

I.  La  bouche  de  certains  animaux.  La  —  du  lion.  Fig. 
Venir  se  mettre  dans  la  —  du  lion,  se  mettre  impru  demment 
au  milieu  du  danger.  ||  Trivial.  p;in  parlant  d'une  per- 
sonne, grande  bouche.  11  a  la  —  fendue  jusqu'aux  oreilles. 
P.eTt.ha.  face.  Donner  à  qqn  sur  la — ,1e  frapper  à  la  ligure. 
Il  va  se  faire  casser  la  — .  ||  Venir  la  —  enfarinée  de  visage 
C(3uvert  de  farine,  comme  les  anciens  faiseurs  de  parade), 
et,  fif}.  montrer  une  conliance  téméraire. 

Il  6pêcialt.  Il  1"  La  bouche  de  ces  animaux,  considé- 
rée comme  servant  à  crier.  Dn  chien  qui  chasse  de  —,  en 
aboyant,  l'oét.  Il  entend  de  loin,  d'une  —  infernale,  La  Chi- 
cane en  fureur  mugir  dans  la  grand  salle.  Bon..  Sat.  X.  Dn  coup 
de  —  sonore.  .  Trivial.  En  parlant  d'une  personne.  Garder 
toujours  un  homme  et  l'entendre  crier?  Quelle  —  !  rac.  Plaid. 
I,  2.  II  n'a  que  de  la  — ,  il  ne  sait  que  crier.  0ne  fille  suivante 
Un  peu  trop  forte  en  — ,  mol.  Tart.  i,  1.  —  ferrée,  personne 
qui  parle  grossièrement.  Vieilli.  Des  mots  de  — ,  paroles 
grossières.  {Cf.  gueulée.) 

Il  2'^  La  bouche  de  ces  animaux,  considérée  comme 
servant  à  dévorer.  Un  lion  affamé,  la  —  béante.  Les  chiens 
du  lieu  n'ayant  en  tête  Qu'un  intérêt  de  — ,  i..\  f.  Fab.  x,  14. 
Il  Trivial.  En  parlant  d'une  personne.  Certain  hâbleur,  à  la 
—  affamée,  boil.  Sat.  3.  Fig.  De  Mesmes  avait  tourné  vers 
cette  première  charge  de  la  robe  une  —  béante,  st-si.m.  x,  203. 
C'est  une  fine  — ,  une  personne  qui  apprécie  les  bons  mor- 
ceaux. Une  personne  qui  a  la  —  pavée,  qui  mange  très  chaud 
ou  très  épicé.  I.oc.  prov.  La  —  (gloutonnerie)  tue  plus  de 
gens  que  le  glaive.  ||  Firj.  —  noire,  fruit  qui  noircit  la  bou- 
che, baie  de  l'airelle. 

II.  P.  anal.  '\  l»  Ouverture  par  laquelle  entre  ou  sort 
qqch.  La  —  d'un  four.  La  —  d'une  cruche.  La  —  d'un  canon. 
Futaille  à  —  bée,  défoncée  par  un  bout.  —  bée,  vaime  d'un 
bassin  ouverte. 

Il  2° Moulure  à  double  courbure  (doucine,  cimaise,  talon). 

il  3»  Ce  qui  rappelle  le  museau  d'un  animal.  —  de  loup. 
]  1.  Mutlier  des  jardins,  plante.  |  2.  Tuyau  coudé  qui  sur- 
monte une  cheminée  et  tourne  sur  un  pivot,  de  sorte  que 
la  fumée  soit  dans  la  direction  du  vent. 

GtJEULÉE  ^ghéu-lé]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueule,  gg  64,  65  et  119.  [Cf.  goulée.)  jî 
xiic  s.  Cescune  fait  tel  brait  et  jeté  tel  geulee  Que  oir  le  puet  on 
d'une  grant  liuee,  Alexandre,  f"  45,  V,   .Miclielant.] 

ji  Trivial.  \  1.  Grosse  bouchée.  ;.Sy7i.  goulée.)  |  2.  Gros 
mots,  paroles  grossières.  Dire  des  gueulées.  Exciter  leurs 
gueulées  et  leurs  impiétés,  st-sim.  xvi,  280. 

GUEULER  ^gheu-léj  r.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueule,  §5  64,  65  et  154.  |(  .\dmis  acad. 
1694.] 

Il  ±0  Trivial.  V.  intr.  Crier  fort. 

Il  2°  V.  tr.  (Chasse.)  Saisir  avec  la  gueule.  Chien  qui 
gueule  le  lièvre. 

GUEULES  [ghéul]  s.  m.  pi. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  persan  ghui,  rose.  §  24.  ||  xui»  s.  A 
cinq  labiaus  de  gueules  l'ainsnés  fils  le  porta,  adenet,  Berte, 
3222.  J 

Il  (Blason.)  Une  des  six  couleurs  de  l'écu,  la  rouge, 

figurée,  à  défaut  de  couleur,  par  des  hachures  verticales. 

GUEULETON  ^glièul-ton  ;  en  re?\ç,  ghéu-le-...]  .'f.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gueule,  §g  63,  64,  65  et  104.  j|  Aeo^oy.^ 

Il  Trivial.  Partie  de  table. 

•GUEULETTE  [ghéu-lèf]  5.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  gueule,  §§  64,  65  et  ISÎ.  [Cf.  goulette.  > 
Il   1784.  ENCYCL.  METH.  Gldcevie.] 

Il  (Technol.)  Petite  gueule.  Spéciall.  Ouverture  des 
l'ours  à  recuire  le  verre,  pour  manœuvrer  les  outils. 

GUEUSAILLE  [gheli-zày']  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueux,  §  95.  ||  1642.  OUD.] 

Il  Trivial.  Métier  de  gueux. 

GUEUSAILLER  [glieil-zà-yé]  v.  intr. 

[etvm.  Dérivé  de  gueusaille,  §  154.  ||  1642.  oud.] 

Il  Trivial.  Faire  le  nu'tier  de  gueux. 

GUEUSANT,  ANTE  ,gheii-zan,  -zânt*]  adj. 

[ÉTYM.  .\(ij.  parlicip.  de  gueuser,  §  47.  jj  1611.  cotgr.] 

IlOui  gueii>e.  Frères  gueusants,  i.i;s.  Guzin.  d'Alfar.  n,3. 

GUEUSARD  ,  "GUEUSARDE   ;^gheu-zàr,  -zàrd'J  .-r.  m. 

et  /■. 

[éty-m.  Dérivé  de  gueux,  §  147.  ||  .Vdmis  .\a\D.  1335.] 


GUEUSE 


—  1210  — 


GUIDE 


II  Celui,  celle  qui  vit  de  gueuserie. 

GUEUSE  [gheiiz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  guss,  fonte,  de  giessen,  cou- 
ler, §  7.  Il  1564.  Gueuse  est  une  grande,  grosse  et  lourde  masse 
de  fer  fondu,  J.  Thierry,  Vict.  franç.-lat.] 

Il  (Technol.)  Masse  de  fer  fondu,  telle  qu'on  la  coule 
dans  le  sable  au  sortir  du  four  de  fusion.  ||  Spécialt.  Masse 
de  fonte  destinée  à  servir  de  lest  dans  un  navire.  ||  P.  ext. 
Moule  fait  dans  le  sable  pour  recevoir  le  métal  en  fusion. 

GUEUSER  [gheii-zé]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueux,  §  154.  ||  1606.  Gueuser  ou  gueuer, 

NICOT.] 

Il  l"  V.  intr.  Faire  le  gueux.  Moi  qui  l'ai  reçu  gueusant 
et  n'ayant  rien,  mol.  Tart.  v,  1.  {Cf.  gueusailler.) 

Il  2"  V.  tr.  Mendier  (qqch).  ||  Fig.  Dn  auteur  qui  partout  va 

—  des  encens,  mol.  F.  sav.  m,  3.  Faquins  sans  courage  Gueu- 
sant quelques  bouts  de  galons,  A.  BARBIER,  ïambes,  Curée. 

GUEUSERIE  [gheuz'-ri;  en  vers,  gheii-ze-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gueux,  §  69.  ||  1606.  nicot.] 

Il  Métier  de  gueux.  Pays  où  la  — ,  la  mendicité,  est  une 
profession,  volt.  Dict.  phiios.  gueux.  La  —  en  ce  pays-là  est 
d'une  grande  ressource,  les.  Guz777.  d'.itfar.  iii,  2.  ||  Fi(j . 
La  fête  de  Pan...  Auprès  de  ce  spectacle  est  une  —  (un  pauvre 
spectacle),  mol.  Mélic.  i,  3. 

*GUEUSETTE  [gheli-zet']  ,?.  f. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  gueux,  §  133.  ||  1680.  richel.  - 

Il  (Technol.)  Petit  godet  où  le  cordonnier  met  son  noir. 

GUEUX,  EUSE  [gheli,  gheuz']  .?.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Mot  d'argot,  §  31.  ||  xv"  s.  Les  plus  rouges  gueux 
Y  sont  surprins,  Chansons  du  quinz.  s.  p.  li!'.>,  G.  Paris.] 

I.  Il  1°  Vil  mendiant.  Un  —  qui,  quand  il  vint,  n'avait  pas 
de  souliers,  mol.  Tart.  i,  1.  Si  le  maître  veut  que  vous  con- 
trefassiez le  — ,  PASG.  Entret.  avec  Saci.  L'avare...  comme  lui 
vit  en  —,  la  f.  Fa/j.  iv,  20.  Voilà  un  plaisant  —  pour  une 
fille  comme  Angélique,  les.  Crisp.  riv.  se.  2.  P.  plaisant.  Un 

—  fieffé,  mendiant  attitré  à  une  place.  Un  —  revêtu,  qui 
est  enrichi.  Fig.  En  parlant  d'un  écrivain.  Un  —  revêtu  des 
dépouilles  d'Horace,  boil.  Sat.  9.  ||  Adjectivt.  Choisir  un 
gendre  — ?  mol.  'l'art,  w,  2.  Loc.prov.  —  comme  un  rat  d'é- 
glise. MontchevreuU  étsiit  sans  esprit  aucun  et  —  comme  un 
rat  d'église,  ST-SIM.  i,  34.  La  plupart  sont  —  comme  des  rats, 
mol.  Av.  m,  4.  ||  Fig.  Mesquin.  Non  de  ces  —  d'avis,  mol. 
Fâch.  III,  3. 

Il  2"  P.  ext.  (Technol.)  Pot  de  terre  percé  de  trous  où 
l'on  met  des  charbons  allumés. 

II.  P.  ext.W\  personnage.  Le  — ,  dès  ce  soir,  quittera  ma 
maison,  DESTOUCHES,  Glor.  m,  8.  Une  fille  coureuse,  De  qui  le 
noble  emploi  n'est  qu'un  métier  de  gueuse,  mol.  Et.  iv,  3.  La 
querelle  était  venue  pour  du  cabaret  et  des  gueuses,  ST-SiM. 
I,  396. 

1.  GUI[ghi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Du  lat.  vïscum,  m.  s.  devenu  *wlscum  sous  l'in- 
fluence de  l'anc.  haut  allem.  wiz  (allem.  moderne  weiss). 
blanc,  d'où  guis,  §§  443,  308,  419  et  291,  écrit  par  erreur 
gui.  (C/i  guimauve.)  Il  xiv<^  s.  Vist  de  pommier,  Mo(/î«,  fo  lxxi.] 

Il  Plante  ligneuse  qui  vit  en  parasite  sur  certains  ar- 
bres. Le  —  du  chêne,  du  pommier,  du  frêne,  etc. 

2.  *GUI  [ghi]  .f.  ?n. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  provenç.  gui,  ?)i.  S.  proprt,  «  guide», 

§  11.  Il    1694.  TH.  CORN.] 

Il  (Marine.)  Vergue  apiquée  sur  laquelle  se  développe 
la  ralingue  du  bas  de  la  brigantine,  et  dont  un  bout  est 
fixé  au  mât  d'artimon  et  l'autre  saillant  hors  du  navire. 
{Sy7i.  bôme.) 

'GUIBELET  [ghïb'-lè;  en  vers,  ghi-be-lè].  V.  gibelet. 

•GUIBOLE  [ghi-bôl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Terme  d'argot  qui  paraît  être  pour  guibone,  la 
forme  guibon  se  trouvant  fréquemment  au  xviii''  s.  dans 
le  même  sens,  §  31.  jj  Néoiog.] 

Il  Pop.  Jambe. 

*GXnCHE  [ghïch']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  "vitica,  tiré  de  vîtis,  vigne  (F.  §  77), 
proprt,  «  chose  qui  s'enroule  comme  les  vrilles  de  la 
vigne  »,  devenu  guiche,  guige,  guinche  (formes  usitées  con- 
curremment en  anc.  franc.),  §§  443,  29U,  389  et  291.  Le 
changement  de  v  en  g  et  la  forme  guinche  paraissent  dus 
à  l'influence  de  l'allem.  winden,  s'enrouler.  ||  xiic  s.  La  guige 
(var.  guice)  fu  tote  orfreis,  Thcùes,  6584.] 

Il  1"  Anciennt.  Courroie  du  bouclier,  du  cor,  etc.  [Cf. 
enguicbé.) 


Il  2"  P.  ext.  Bande  d'étoffe  attachée  à  chaque  côté  de 
la  rol)e  des  chartreux  pour  en  joindre  les  deux  parties. 

GUICHET  [ghi-chè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Paraît  être  d'origine  Scandinave,  §  9,  dérivé  du 
radical  qui  se  trouve  dans  l'island.  vikja,  suédois  vicka, 
mouvoir,  tourner,  §  133.  ||  xii'^  s.  Ne  passereit  pas  al  gui- 
chet, Énras,  8575.] 

Il  1"  Petite  porte  pratiquée  dans  une  grande.  —  d'une 
prison.  Les  guichets  du  Louvre. 

Il  2°  Petite  ouverture  pratiquée  dans  une  porte  à  hau- 
teur d'appui,  et  par  laquelle  on  peut  parler,  faire  passeï' 
qqch  sans  ouvrir  la  porte.  ||  P.  anal.  \  1.  Ouverture  gril- 
lée du  confessionnal  par  laquelle  le  prêtre  écoute  le  pé- 
nitent et  lui  parle.  |  2.  Petite  ouverture  par  laquelle  on 
communique  avec  les  employés  dans  les  bureaux  de  pos- 
tes, avec  les  caissiers  des  maisons  de  banque  ou  de  com- 
merce. Les  affranchissements  se  font  au  —  n"  3.  Les  guichets 
ferment  à  8  heures.  Rembourser  à  —  ouvert.  P.  ext.  Caisse 
(avec  ou  sans  guichet).  Les  guichets  du  Trésor.  La  banque 
ouvre  ses  guichets  à  cette  émission. 

GUICHETIER  [gbïch'-tyé  ;  en  vers,  ghi-che-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guichet,  §§  65  et  115.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Celui  qui  garde  le  guichet  d'une  prison.  Voilà  mes  gui- 
chetiers en  défaut,  RAC.  Plaid,  i,  3. 

'GUIDAGE  [ghi-dàj'J  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guider,  §78.  A  remplacé  l'anc.  franc, 
guiage.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  (Technol.)  Action  de  guider,  ce  qui  sert  à  guider. 
Spécialt.  Dans  certains  puits  de  mine,  appareil  consistant 
en  poutres,  tiges  perpendiculaires,  etc.,  pour  guider  dans 
la  descente  et  l'ascension  les  cages,  bennes,  etc. 

GUIDE  [ghid']  5.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  guider,  §  52.  L'anc.  franc,  dit 
gui,  cas  régime  guion.  (Cf.  gui  2  et  guidon.)  Sur  la  présence 
du  d  dans  la  forme  actuelle,  V.  guider.  ||  1370.  Pour  pluseurs 
guides  prinses  entre  Bourdeaux  et  Pampelune,  dans  delu.  Rec.'\ 

I.  ^'.  m.  (et,  vieilli,  f.).  Personne  qui  accompagne  qqn 
pour  lui  montrer  le  chemin.  Un  —  fidèle,  sûr.  Les  voyageurs 
sans  —  assez  souvent  s'égarent,  boil.  Sat.  4.  La  —  nouvelle, 
Qui  ne  voyait,  au  grand  jour.  Pas  plus  clair  que  dans  un  four, 
LA  F.  Falj.  VII,  17.  Il  Spécialt.  (T.  milit.)  |  l.  Celui  qui  ac- 
compagne une  troupe,  un  détachement  en  marche,  pour 
lui  montrer  le  chemin.  |  2.  Soldat,  sous-oflicicr  sur  lequel 
les  autres  doivent  régler  leurs  mouvements.  Le  —  d'un 
peloton.  —  à  droite!  à  gauche!  commandement  militaire 
de  suivre  le  guide  du  côté  droit  ou  du  côté  gauche.  P. 
ext.  Les  guides,  corps  de  cavaliers  organisés  pour  servir 
d'escorte.  Le  régiment  des  guides.  ||  Fig.  Celui  qui  met 
(qqn)  dans  une  certaine  direction  intellectuelle,  mo- 
rale, etc.  Pour  me  faire  chrétien,  sers-moi  de  —  à  l'être.  || 
P.  anal.  En  parlant  d'une  chose.  L'étoile  qui  servit  de  — 
aux  rois  mages.  Dans  ces  parages  le  navire  n'a  pas  d'autre  — 
que  la  boussole.  |  Fém.  [rare).  Toujours  le  médecin  s'attache 
au  battement  :  C'est  sa  — ,  L.\  F.  Quinquina,  1. 1  Fig.  Consulte 
ta  raison,  prends  sa  clarté  pour  ; — ,  MOL.  D.  Garcie,  il,  4. 
Prenant  toutes  deux  leur  passion  pour  — ,  CORN.  Cinna,  v,  2. 
Il  Spécialt.  Titre  donné  à  certains  manuels.  La  Guide  des 
pécheurs  est  encore  un  bon  livre,  mol.  Sgan.  se.  1.  P.  plai- 
sant. Fig.  —  des  pécheurs,  tlacre  k  volets  servant  à  des  pro- 
menades galantes.  ||  Le  Guide  du  voyageur  en  Suisse. 

II.  P.  ext.  Objet  servant  à  diriger  un  mouvement. 

Il  1°  S.  ?«.  Balise  établie  sur  une  rivière,  dans  un  pas- 
sage difficile,  pour  indiquer  le  véritable  cours  de  l'eau.  || 
Cordage  qui  haie  un  palan.  ||  Perche  qui  tient  le  fdet 
d'un  oiseleur.  ||  Morceau  de  bois  saillant  qu'on  fixe  con- 
tre un  outil  à  fût  pour  en  assurer  la  marche  dans  une  di- 
rection donnée.  ||  Outil  d'horloger  qui  conduit  le  foret 
pour  percer  droit  dans  une  platine.  ||  Armature  qui  lient 
le  coulisseau  du  piston  d'une  cuvette  de  garde-robe.  || 
Organe  qui  dirige  dans  sa  marche  une  pièce  d'une  ma- 
chine, la  tige  du  piston  d'une  machine  à  vapeur,  le  châs- 
sis d'une  scie,  etc. 

Il  2"  S.  f.  Lanière  de  cuir  ou  cordelette  qui  sert  à  di- 
riger des  chevaux  attelés.  Grandes  guides,  qui  servent  à  con- 
duire les  chevaux  placés  en  tète,  dans  un  attelage  à  qua- 
tre chevaux.  Conduire  à  grandes  guides,  et,  fig.  Mener  la  vie 
à  grandes  guides,  mener  la  vie  grand  train.  ||  P.  ext.  Payer 
les  guides  à  un  postillon,  le  droit  fixé  pour  chaque  poste. 
Payer  doubles  guides,  le  double  de  ce  droit,  pour  que  le 
postillon  aille  plus  vite. 


GUIDE-ANE 


—  1211   — 


GUILLAUME 


guide-Ane  [ghi-dân']  s.  m. 

[ÉTVM.  Composé  de  guide  (du  verbe  guider)  et  âne,  §  209. 
Il  1732.  Guid'asne,  trév.  Admis  acad.  ITUcS.] 

Il  Famil.  Ce  qui  sert  à  diriger  dans  un  travail,  dételle 
façon  que  le  plus  ignorant  ou  le  plus  maladroit  puisse  s'en 
acquitter.  |  1.  Petit  livre  contenant  l'ordre  tles  oflices  pour 
chaque  fête.  |  2.  Transparent  réglé  dont  on  se  sert  pour 
écrire  droit.  |  3.  Sorte  de  couteau  à  deux  lames  dont  l'une 
trace  et  l'autre  découpe  les  dents  du  peigne. 

'GUIDEAU  [ghi-d(j]  5.  m. 

[liTYM.  iSeinble  dérivé  de  guider,  §  126.  Souvent  altéré 
en  digueau ,  diguiau,  dideau,  etc.  g  360.  ||  1322.  On  essuy  a 
guldeaus  pour  la  pescherie  sur  l'arche,  dans  godi:k.  guidel.  1 

Il  1"  (Technol.)  Plaie-forme  en  planches  qu'on  éciioue 
à  l'entrée  d'un  port,  en  la  tenant  inclinée  à  l'aide  de  che- 
valets pour  diriger  un  courant  de  chasse. 

Il  2"  Filet  en  forme  de  sac  placé  au  sommet  de  l'angle 
que  forment  en  amont  deux  rangées  de  perches  garnies 
de  claies.  (  V.  gord.) 

*GUIDE-MA1N  [ghid'-min  ;  en  vers,  ghi-de-...]  .?.  w. 

[ÉTYM.  Composé  de  guide  (du  verbe  guider)  et  main, 
§  209.  Il  l'^èoloii.] 

Il  (Technol.)  Barre  fixée  en  avant  du  clavier  d'un  piano 
pour  aider  les  commençants  à  tenir  les  mains  bien  pla- 
cées. 

GUIDER  [gbi-dé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  .\nc.  franc,  guier,  emprunté  du  gothique  vitan, 
proprt,  «  remarquer»,  §^^6, 498  et  499.  Guider  s'est  substitué 
à  guier  sous  l'intluence  du  provenç.  guidar  et  de  l'ital.  gui- 
dare,  //(.  .?.  §§  11  et  12.  ||  xi«  s.  Tant  com  11  jorz  11  duret,  l'at 
conduit  et  gulet,  Voy.  de  Charl.  à  Jérus.  245.  |  1367.  Jehan 
Le  Sec  qui  guida  et  mena  Estiennot,  dans  delb.  Rec] 

\\  1°  Accompagner  (qqn)  pour  lui  montrer  le  chemin. 

—  un  voyageur,  un  étranger.  On  le  guida  à  travers  le  bois.  | 
P.  anal.  Que,  pour  comble  de  gloire,...  Un  seigneur...  Par  la 
bride  guidât  son  superbe  coursier,  r.kc.  Esth.  n,5.  ||  P.  e.rt. 

—  les  pas,  la  marche  de  qqn.  Aveugle  guidé  par  un  caniche. 
Gusman  ne  connaît  plus  d'obstacle.  C'est  un  dieu  qui  guide  ses 
pas,  Honiauce  de  Gusman.  \\  Fig.  Mettre  (qqn)  dans  une 
certaine  direction  intellectuelle,  morale,  etc.  Mon  esprit 
timide  Dans  sa  course  élevée  a  besoin  qu'on  le  guide,  boil. 
Lutr.  6. 

Il  2°  .\ider  (qqn)  à  reconnaître  le  chemin.  A  peine  un 
faible  jour  vous  éclaire  et  me  guide,  rag.  Iph.  i,  1.  Se  —  à 
l'aide  d'un  bâton.  j|  Fii/.  .\ider  (qqn)  à  choisir  une  direction. 
Dieu,  dont  l'intérêt  me  guide,  kag.  Ath.  iv,  3.  Ces  truffes  que 
je  portais  les  guidaient  merveilleusement,  bahûx,  Coquette, 
IV,  11.  Les  marins  se  guident  sur  l'étoile  polaire. 

GUIDON  [ghi-donj  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  guldone,  m.  s.  qui  corres- 
pond à  l'anc.  franc,  guion  (F.  guide),  §  12.  ||  xvie  s.  Es- 
tendars  et  guydons,  marot,  Éle'g.  1.] 

Il  1»  Aiicicnnt.  Étendard  d'une  compagnie  de  grosse 
cavalerie.  ||  Cornette  de  la  cavalerie  légère.  ||  De  nos  Jours. 
Petit  drapeau  carré  dont  la  hampe  entre  dans  le  canon 
d'un  fusil,  et  qui  sert  à  l'alignement.  (V.  fanion.)  P.  ext. 
Le  porteur  de  ce  drapeau.  ||  P.  anal.  \  1.  Banderole  plus 
courte  que  la  llamme,  qui  sert  aux  signaux  sur  un  navire. 
I  2.  Bannière  des  anciens  corps  de  métier,  des  confré- 
ries, etc.  Il  Fig.  Titre  donné  à  certains  manuels.  Prends, 
au  lieu  de  Platon,  le  Guidon  des  finances,  boil.  Sat.  8. 

Il  20  Point  de  mire.  |  1.  Bouton  de  métal  qui  est  au  bout 
du  canon  de  l'arme  à  feu  et  sert  à  viser.  |  2.  Collier  de 
bois  qui  entourait  le  collet  d'une  pièce  de  canon  et  met- 
fait  la  ligne  de  mire  de  niveau  avec  la  ligne  de  tir.  {Cf. 
fronteau.) 

Il  3"  Marque  indicative.  |  1.  (Plain-chant.)  Signe  placé 
au  bout  d'une  portée  pour  indiquer  qu'il  faut  chercher 
sur  la  portée  correspondante  la  note  qui  commence  la 
ligne  suivante.  |  2.  Signe  de  renvoi,  dans  un  écrit  ou  un 
imprimé.  |  3.  .Marque  faite  à  une  carte  pour  tricher. 

•GUIGE  Ighij'].  V.  guiche. 

GUIGNARD  [ghi-ùàr]  .?.  m. 

[ÉTYM.  Mot  du  patois  de  Chartres,  où  ces  oiseaux  sont 
abondants,  §  16.  Peut-être  dérivé  de  guigner,  au  sens  dia- 
lectal de  «  remuer  »,  g  147  :  cf.  le  nom  de  guigne-queue 
donné  par  cotgr.  à  une  variété  de  branlequeue,  et  gui- 
gnette  1.  ||  1690.  Guignar,  fup.kt.] 

Il  (Ilisl.  nat.)  Le  petit  pluvier,  oiseau  de  passage. 

1.  GUIGNE  [ghiù']  4'.  f. 


[ÉTYM.  Paraît  être  pour  'guisle,  .§  5<'J9,  emprunté  de  l'anc. 
hautallem.  wihsila,  allem.  mod.  weichsel,  m.  s.  §§  6.  4"JS 
et  499.  il  ,xiv«  s.  Cerises,  merises,  guines,  Menagier,  dans 
littré.] 

Il  Cerise  de  la  forme  du  bigarreau,  d'un  rouge  foncé. 

2.  'GUIGNE  [ghîù'J  s.  f. 

[ÉTYM.  Tiré  de  guignon,  §  .37.  ||  Nifolog.] 

Il  Pop.  Mauvais  sort  qui  poursuit  qqn.  (Sgn.  guignon. 
Avoir  la  — .  Spe'ciall.  Être  poursuivi  au  jeu  par  la  — . 

•GUIGNEAU  [ghi-nô]  .V.  7)1. 

[ÉTYM.  Paraît  dérivé  de  guigner,  l'ouverture  laissée  par 
les  guigneaux  étant  comparée  à  un  œil  qui  guigne,  §  126. 
Il  1690.  Guignaux,  furet.] 

Il  (Technol.)  Pièce  de  bois  qui,  dans  une  toiture,  sou- 
tient les  chevrons  entre  lesquels  passe  un  tuyau  de  che- 
minée. 

GUIGNER  [ghi-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  Plusieurs  patois  donnent  à 
ce  mot  le  sens  de  «  remuer  ».  {Cf.  guignard,  guignette  1.) 
Il  xii"  s.  Que  s'il  me  guigne  sol  de  l'ueil,  Partenopeus,  dans 
la  c] 

Il  Famil.  Regarder  à  la  dérobée  (une  chose  que  l'on 
convoite).  {Syn.  lorgner.)  J'ai  guigné  ceci  tout  le  jour,  mol. 
Av.  IV,  6.  n  guigne  cet  héritage. 

•GUIGNES  [ghiiT]  5.  f  pi. 

[ÉTYM.  Peut-être  altération  de  l'angl.  gill,  m.  s.  §  S.  || 
Néolog.] 

Il  (Pêche.)  Ouïes  ou  branchies  des  poissons. 

1.  "GUIGNETTE  [ghi-ùèf]  .t.  f. 

[ÉTY.M.  Parait  dérivé  de  guigner,  au  sens  dialectal  de 
»  remuer  »,  §  133.  [Cf.  guignard.)  |i  .xviiie  s.  buff.  Gui- 
gnette.] 

Il  Oiseau  de  passage  du  genre  vanneau,  dit  alouette  de 
mer. 

2.  'GUIGNETTE  [ghi-ùêf]  S.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  [Cf.  guigne,  traduit  par  depi- 
latorium  dans  un  anc,  glossaire.)  ||  1796.  encycl.  méth. 
Agricult.] 

Il  (Technol.)  |  1.  Dialecl.  (Ouest).  Petit  sarcloir.  |  2. 
(Marine.)  Outil  de  calfat  pour  ouvrir  les  joints. 

GUIGNIER  [ghi-nyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guigne,  §  115.  ||  1549.  Guisnler,  r.  est.] 

Il  Variété  de  cerisier  qui  produit  la  guigne. 

•GUIGNOLE  [ghi-nùlj  s.  f. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  guigner  au  sens  dialectal  de 
«  remuer  »,  §86.  ||  1690.  furet.J 

||(Technol.)  Bâtonnet  auquel  on  suspend  les  trébuchets. 

■GUIGNOLET  [ghi-ùû-lè]  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guigne,  §^  63,  86  et  133.  ||  Xéolog.] 

Il  Liqueur  faite  avec  des  guignes. 

GUIGNON  [ghi-fion]  s.  w. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guigner,  §  104.  {Cf.  guigne  2  et  œil. 
Il  xvi';-.\vu«  s.  V.  à  l'article.] 

Il  Famil.  Mauvaise  chance  qui  poursuit  qqn.  Avoir  du 
—  au  jeu.  Porter  —  à  qqn.  Toi  qui  me  portes  — ,  régmek, 
Sat.  11. 

•GUIGNONNANT,  ANTE  [ghi-ùô-nan,  -nânl']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guignon,  g  146.  ||  Néolog.] 

I)  Famil.  Qui  porte  guignon,  mauvaise  chance.  Guignon 
— ,  mauvaise  chance  persistante. 

•GUILANDINE  [ghi-lan-din']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  botanistes  guilandina,  m. 
s.  nom  donné  à  celte  plante  en  l'honneur  de  Guilandino, 
botaniste  italien  du  xvi"  s.  §§  36  et  245.  ||  .\eolog.i 

Il  (,Botan.)  Plante  de  la  famille  des  Légumineuses,  dite 
aussi  bonduc. 

GUILDIVE  [ghil-div']  5.  f. 

[ety.m.  Origine  inconnue.  ||  1722.  Guildine,  le  p.  u\bat, 
Voy.  aux  iles  de  l'.imer.  i,  404.  Guildive,  iD.  iàid.  m, 
410.  .\dmis  acku.  1762.] 

Il  (Technol.)  Eau-de-vie  qu'on  tire  des  sirops  de  sucre 
aux  colonies,  sorte  de  latia. 

•GUILÉE  [gui-lé]  i-.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1539.  R.  est.] 

Il  bialect.  Giboulée. 

GUILLAGE  [ghi-yàj']  .s.  m. 

[ÉTYM.  iJérivé  de  guiUer  2,  §  78.  ||  1757.  encyci..  .\dmii 
ACAD.   1762.] 

Il  ^Tecllnol.)  Fermentation  de  la  bière  qui  guille. 

GUILLAUME  [ghi-yum']  s.  >n. 


GUILLEDIN 


—  1212  — 


GUIMPERIE 


[f.tym.  Nom  propre  d'homme,  d'origine  germanique 
(Wilhelm\  §  36.  [Cf.  gros-guillaume,  guillemet,  guillemet,  guil- 
lot.)  Il  1690.  FURET.  Admis  agad.  1762.] 

!î  (Technol.)  ||  l"  Rabot  à  fer  étroit,  échancré,  pour 
faire  les  rainures,  pousser  les  moulures,  etc.  ||  P.  anal. 
Outil  de  maçon  pour  ébarber,  planchette  armée  d'un  fer 
qui  enlève  ce  qui  n'est  pas  à  l'alignement  dans  un  enduit. 

:[  2"  Tamis  à  gros  trous  où  l'on  fait  passer  la  poudre 
encore  humide  pour  commencer  à  la  grener. 

"GUILLEDIN  [ghiy'-din;  en  vers,  ghi-ye-...]  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'angl.  gelding,  proprt,  «  cheval 
liongre  »,  §  8.  ||  xvi"  s.  Guildin,  rah.  i,  12.] 

i  ViciHi.  Cheval  qui  va  l'amble,  d'allure  rapide.  Les 
courses  pour  des  prix  se  font  sur  des  guilledins,  fl'RET.  Dict. 

GUILLEDOU  [ghiy'-dou  ;  en  vers,  ghi-ye-...]  s.  m. 

[l'nvM.  Origine  inconnue.  ||  wii^-xyii"  s.  Courir  le  guU- 
drou,  d'.\ub.  lïist.  univ.  dans  littré.] 

Il  Mot  qui  ne  s'emploie  que  dans  la  locution  Courir  le 
— ,  aller  en  quête  d'aventures  galantes.  Je  ne  veux  pas 
qu'une  fille  coure  le  — ,  regnard,  Filles  errantes,  i,  1. 

GUILLEMET  [ghiy'-mè  ;  en  vers,  ghi-ye-...]  s.  vi. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  diminutif  de  Guillaume,  §§  36,  65 
et  133.  Il  1690.  furet.  Admis  acad.  1718.] 

Il  (Technol.)  Petit  crochet  double  qu'on  met  au  com- 
mencement d'une  citation  dans  ce  sens  («),  et  à  la  fin 
dans  le  sens  opposé  (»),  pour  la  distinguer  du  texte  ordi- 
naire. 0ne  citation  entre  guillemets. 

GUILLEMETER  [ghiy'-me-té;  en  vers,  ghi-ye-...]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guillemet,  g  154.  ||  Ne'olog.  Admis 
.\CAD.  1835.] 

Il  (Technol.)  Marquer  de  guillemets.  On  guillemette  le 
commencement  et  la  fin  d'une  citation. 

"GUILLEMOT  [ghiy'-mû  ;  en  vers,  ghi-ye-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  diminutif  de  Guillaume,  §§  36,  65 
et  136.  Il  1555.  p.  belon,  Uist.  de  la  nat.  des  ois.  p.  260.] 

Il  (Hist.  nat.)  Oiseau  palmipède  plongeur  à  démarche 
lente. 

1.  *GUILLER  [ghi-yé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Altération  de  l'anc.  franc,  guiler,  §  509,  dérivé 
du  subst.  guile,  emprunté  de  l'anglo-saxon  vile,  angl.  mo- 
derne wile,  m.  s.  §  8.  Il  xiiie  s.  Li  deable  qui  tôt  guile,  G.  DE 
cuiNCY,  dans  godef.  guiler.] 

Il  Anciennt.  Tromper.  Loc.  prov.  Tel  croit  —  Guillot  que 
Guillot  guiUe. 

2.  "GUILLER  [ghi-yé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  holland.  ghilen,  m.  s.  §  10.  || 
XV*  s.  Le  brasseur  dont  les  retraits  ne  sont  pas  suffisamment 
ghillés,  dans  godef.  guUer.] 

;|  (Technol.)  En  parlant  de  la  bière,  jeter  sa  levure. 

GUILLERET,ETTE[ghiy'-rè, -rêt';e?j  veis,  ghi-ye-...] 
G,'/;. 

ÉTYM.  Semble  dérivé  de  guiUer  1,  §  134.  jj  xx"  s.  Gente, 
guillerette,  attinctee,  Monologue  de  l'amoureux,  dans  Ro- 
iiiunia,  1887,  p.  481.  Admis  acad. 1762.] 

Qui  est  en  gaieté.  Adieu;  tenez-vous  — ,  mol.  Bouts- 
riinés. 

GUILLERI  [ghiy'-ri;  en  vers,  ghi-ye-ri]  5.  in. 

;^ÉTY.M.  Parait  être  une  onomatopée,  g  32.  ||  1771.  Guil- 
l3iy,  ïrév.  Admis  acad.  1798.] 

[I  Le  chant  du  moineau. 

'GUILLOCHAGE  [ghi-yô-chàj']  s.  m. 

•ÉTYM.  Dérivé  de  guiUocher,  g  78.  ||  1792.  salivet,  Man. 
du  tourneur,  ii,  372.] 

Il  (Technol.)  Action  de  guillocher.  {Cf.  guiUoche.) 

"GUILLOCHE  [ghi-yÔ  ch']  s.  f. 

[ÉTY.M.  bubst.  verbal  de  guillocher,  §  52.  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Outil  qui  sert  à  guillocher. 

"GUILLOCHE  [ghi-yô-ché]  s.  m. 

[ÉTYM.  Subst.  particip.  de  guUlocher,  §  45.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Technol.)  Action  de  guillocher.  {Cf.  guillochage.)  || 
Ouvrage  de  guillochis.  {Cf.  guillochure.) 

GUILLOCHER  [ghi-yo-ché]  i'.  //•. 

[ÉTY.M.  Origine  inconnue.  Peut-être  dérivé  du  nom 
propre  Guilloche,  qui  est  attesté  dès  la  fin  du  w"  s.  §  154. 
Il  1757.  E.NCYCL.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Orner  d'un  entrecroisement  de  traits  gra- 
vés en  creux.  Une  boîte  de  montre  guillochée.  ||  P.  anal.  ^Ma- 
rine.) Poulie  guillochée,  dont  le  milieu  a  une  plaque  de 
cuivre  percée  d'un  trou  circulaire,  pour  recevoir  l'axe. 

"GUILLOCHEUR  ^ghi-yù-cheur]  s.  m. 


[ÉTYM.   Dérivé   de  guillocher,  §  112.  ||  1792.  Les  guillo- 
cheurs  en  or,  s.\livet,  Man.  du  tourneur,  ii,  380.] 
Il  (Technol.)  Ouvrier  qui  guilloche. 
GUILLOCHIS  [ghi-yô-chi]  .?.  »?. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  guillocher,  §  82.  ||  xvio  s.  Fes- 
tons, gillochis  et  ovalles,  RONS.  Églog.  3.  Admis  acad.  1762.] 
Il  (Technol.)  Ornement   formé  d'un  entrecroisement 
de  traits  gravés  en  creux.  {Cf.  guilloche,  guillochure.) 
'GUILLOCHURE  [ghi-yô-chùr]  s.  /'. 
[ÉTYM.  Di'rivé  de  guillocher,  §  111.  ||  Ne'olog.] 
Il  (Technol.)  Entrecroisement  de  traits  gravés  en  creux. 
[Cf.  guiUoché,  guillochis.) 
"GUILLOIRE  Ighi-ywar]  adj.  fém. 

[l'.TYM.  Dérivé  de  guiller  2,  §  113.  ||  1700.  Cuve  appelée 
guilloire,  liger,  Nouv.  Mais.  rust.  dans  delu.  Rec.] 

Il  (Technol.)  Où  s'opère  le  guillage.  Cuve  — . 

"GUILLOT  [ghi-yô]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Nom  propre,  forme  hvpocoristique  de  Guillaume, 
§§  36  et  509.  ||  1680.  richel.] 

Il  Vieilli.  Ver  de  fromage. 

GUILLOTINE  [ghi-vù-Un']  s.  f. 

[ÉTYM.  Tiré  de  Guillotin,  médecin  qui  préconisa  dès 
1789  l'usage  d'un  instrument  de  supplice  analogue,  §§  .36 
et  37.  Il  1790.  La  machine  Qui  simplement  nous  tuera  Et  que 
l'on  nommera  Guillotine,  peltier,  Actes  des  Apôtres,  t.  l^r, 
p.  16.  Admis  acad.  1798,  suppL] 

Il  Instrument  pour  trancher  la  tête  des  condamnés  à 
mort,  lourde  lame  qui,  glissant  entre  deux  poteaux,  tombe 
de  tout  son  poids  sur  le  cou  du  patient.  ||  P.  arial.  Fenê- 
tre à  — ,  à  châssis  qui  glisse  dans  des  rainures. 

GUILLOTINER  [glii-yù-ti-né]  V.  tr. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  guillotine,  §  154.  ||  1790.  Être  guillotiné, 
PELTIER,  Actes  des  Apôtres,  t.  III,  p.  14.  Admis  ac.\d. 
1798,  suppL] 

Il  Décapiter  au  moyen  de  la  guillotine. 

GUIMAUVE  [ghi-mov']  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  "viscomalva  (corruption  par  étymo- 
logie  pop.  de  "hibiscomalva,  mot  liybride  compose  avec  le 
grec  iêîffxo;  et  le  lat.  malva,  mauve,  §  509),  devenu  guis- 
mauve,  guimauve.  {Cf.  gui  1  et  mauve.)  |j  xiie  s.  Widmalve, 
Gloss.  dans  godef.  CompL] 

Il  (Bolan.)  Plante  mucilagineuse  de  la  famille  des  Mal- 
vacées.  Infusion  de  fleurs  de  — .  Décoction  de  racine  de  — . 
Pâte,  sirop  de  — ,  fait  avec  cette  racine  mondée. 

GUIMBARDE  [gliin-bkrd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1625.  V.  à  l'article.  Admis- 
acad.  1798.J 

Il  1°  Danse  en  usage  au  wW^  s.  Qui  dansent  la  —  au  soa 
des  charlatans,  Muse  normande  (1625j,  dans  delb.  Rec. 

Il  2"  Instrument  de  musique,  demi-cercle  d'acier  ou 
de  laiton  terminé  par  deux  branches  parallèles  entre  les- 
quelles est  une  languette  d'acier  qu'on  agite  avec  le  doigt 
landis  qu'on  tient  l'instrument  entre  les  dents.  ||  P.  ext. 
.Mauvaise  guitare. 

Il  3"  Outil  de  menuisier,  de  sculpteur,  pour  unir  le  fond 
des  creux. 

Il  4°  Long  chariot  dont  l'avant  et  l'arrière  sont  garnis- 
de  prolongements  inclinés  pour  le  transport  des  gerbes, 
des  bottes  de  paille,  de  foin.  ||  P.  ext.  Mauvaise  voiture. 

Il  5"^  Fig.  Vieilli.  Nom  injurieux  donné  à  une  femme. 
Taisez-vous,  — ,  BOURS.  Mots  à  la  mode,  se.  12.  ||  /'.  plai~ 
sant.  Nom  donné  (au  jeu  de  la  mariée)  à  la  dame  de 
cœur.  Il  /'.  ext.  Nom  donné  à  ce  jeu.  Jouer  à  la  — . 

GUIMPE  [ghinp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Ane.  franc,  guimple,  emprunté  de  l'anc.  haut 
allem.  wimpal,  allem.  moderne  wimpel,  ?«.  s.  §§  6,  498  et 
499.  Il  xW  s.  0  se  li  eiisse  enveié  Ma  guimple,  Ènéas,  9334.] 

Il  1°  Pièce  de  toile  qui,  dans  le  costume  des  religieu- 
ses, couvre  le  sein,  le  cou,  et  encadre  le  visage. 

Il  2»  Chemisette  sans  manches  (de  tulle,  de  dentelle, 
etc.;,  que  portent  les  dames  avec  une  robe  décolletée. 

"GUIMPER  [ghin-pé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guimpe,  g  154.  {Cf.  aguimpé.)  ||  xii"!  s. 
Bel  se  guimplad,  Rois,  iv,  9.] 

Il  1"  Vieilli.  Vêtir  de  la  guimpe  (des  religieuses).  ||  P, 
ext.  FamU.  Mettre  au  couvent. 

Il  2"  Fig.  (Technol.)  Doucine  guimpée,  dont  la  baguette 
est  plus  haute  que  le  bas  du  talon. 

"GUIMPERIE  [ghinp'-ri;  en  vers,  ghin-pe-ri]  ^. /. 

[ety.m.  Dérivé  de  guimpe,  g  69-.  |j  Ncolog.] 


GUINCIIE 


—  121 

faire  des  , 


Il  (Technol.)  Fabrique  de  guimpes,  jj  Fil 
galons,  des  épauleltes.  [Cf.  guipure. j 

•GUINCHE  [ghinch']  s.  f. 

[ÉTY.M.  Origine  inconnue.  (Cf.  guinche,  qui  paraît  signi- 
fier «  tasseau  »  dans  un  texte  de  1463  cité  par  godef. 
guinche  1.)  ||  1790.  encycl.  métii.  Munuf  rt  mis,  Cord.] 

Il  (Technol.)  Outil  de  Lois  qui  sert  à  polir  le  talon  des 
chaussures. 

GUINDAGE  [ghin-daj']5.  m. 

[ÉTYM.  l)(''riv(''  (le  guinder,  ?•  7S.  ''  1517.  Si  le  tonneau  se 
perdoit  par  defaulte  de  guindage  ou  de  cordaige,  dans  delb. 
liée,  .\dmis  ac^vd.  1762.] 

(I  (Technol.)  ||  1°  Action  de  guinder.  Le  —  d'un  mât  de 
hune.  Il  Apparaux  (cordages,  clc.)  qui  servent  à  guinder. 

Il  2°  /'.  fj  l.  Élévation  nécessaire  pour  enlever  le  far- 
deau k  la  hauteur  voulue.  II  n'y  a  pas  assez  de  — . 

Il  3»  Longueur  duiiUL'e  au  tour  d'un  éclu' veau  de  soie. 
Le  —  de  ces  écheveaux  est  de  I  mètre.  (  \ .  guindre.) 

'GUINDAL  [ghin-dàl].  Y.  guindas. 

GUINDANT  [ghin-dan]  s.  m. 

[ÉTYM.  yubst.  particip.  de  guinder,  §  47.  ||  1690.  furet. 
Admis  .\c.\L).  1762.] 

Il  (Marine.)  Hauteur  à  laquelle  s'élève  un  mât  de  hune 
guindé  sur'un  bas  mât,  un  mât  de  perroquet  guindé  sur 
un  mât  de  hune,  etc.  ||  P.  anal.  \  1.  La  plus  grande  hau- 
teur d'une  voile  hissée  à  la  tète  d'un  mât  ou  sur  un  étal, 
une  traille.  |  2.  La  hauteur  d'un  pavillon  du  côté  fixé  à 
la  lianiiH'. 

•GUINDAS  [ghin-dâ]5.  m. 

[ÉTYM.  Mot  d'origine  Scandinave,  §  9  :  island.  vindass, 
anc.  angl.  windas  (aujourd'hui,  par  corruption,  windias.. 
m.  s.  proprt,  «  barre  ^ass/  qui  tourne  (wind;  ».  Souvent  al- 
téré par  étymologie  pop.  en  guindal,  guindeau,  §509.  ||  xii"  s. 
Li  un  s'esforcent  £d  vindas,  nvace,  lirul,  11490.] 

Il  1"  (Marine.)  Cabestan  horizontal,  plus  petit  que  le 
virevau,  dont  on  se  sert  surtout  pour  lever  l'ancre. 

Il  2"  Petite  presse  à  moulinet  pour  catir  à  froid  les  étof- 
fes de  laine.  (F.  guindé.) 

•GtriNDE  [ghînd']  .v.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  winde,  m.  s.  §§  6,  498  et 
499.  (Cy.  guindre.)] 

Il  (Technol.)  Petite  presse  à  moulinet,  dite  aussi  guin- 
das, pour  catir  à  froid  les  étoffes  de  laine. 

'GUINDEAU  [ghin-dô].  V.  guindas. 

GUINDER  [ghin-dé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Tiré  du  radical  de  guindas,  v;§  37  et  154.  ||  xiiP  s. 
Celés  qui  puent  guinder  a  lor  mast  un  tonel  de  vin,  dans  godef.] 

y  1"  Klever  avec  effort  ^un  fardeau;  au  moyen  d'une 
machine.  [Syn.  hisser.)  —  un  mât  de  hune  sur  un  bas  mât. 
—  un  cEinon  sur  le  pont.  Guindé  la  hart  au  col  ^au  gibet),  la 
F.  Fab.  VI,  19.  Il  P.  anal.  Nous  nous  guindons  à  un  sixième, 
MO.NTEsy.  Lett.  pers.  45.  ||  Fif/.  Les  machines  qui  l'avaient 
guindé  si  haut  pîur  l'applaudissement  et  les  éloges,  la  ur.  8. 

Il  2'^  Fif/.  Hausser  artiticiellement  ^qqu;  à  un  niveau 
intellectuel,  moral,  qui  le  dépasse.  Se  —  sur  de  grands  sen- 
timents, MOL.  Cril.  de  l'Fc.  des  f.  se.  6.  II  est  guindé  et  ou- 
tré en  tout,  KÉ.N.  Dial.  Anc.  24.  Dn  style  guindé. 

•GUINDERESSE  [ghind'-res'  ;  en  rers,  ghin-de-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guinder,  §  62.  \\  1606.  mcot.] 

Il  (Marine.)  Gros  cordage  qui  sert  à  guinder  un  mât  de 
hune,  de  perroquet,  et  aussi  k  l'amener  le  long  du  mât. 

•GUINDRE  [ghîndr']  s.  f 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  provenç.  mod.  guindre,  ilal.  guin- 
dolo,  m.  s.  dont  le  radical  est  le  même  que  celui  de  guin- 
das, §  11.  Il  xvi<>  s.  Roues  ou  tours  nommés  à  Paris  desvidoirs 
et  à  Tours  guindres,  o.  OE  seures,  dans  gouef.  CompL] 

Il  ^Technol.)  Petit  métier  pour  doubler  les  soies  filées. 

GUINÉE  [ghi-né]  s.  f. 

[ÉTYM.  Nom  propre  de  pays,  §36:  le  sens  lest  emprunté 
de  l'angl.  guinea,  monnaie  frappée  par  la  compagnie  de 
Guinée,  §  S  ;  le  sens  11  vient  de  ce  que  la  toile  dite  gui- 
née  servait  au  tralic  avec  les  nègres  de  Guinée.  |i  xyh"-"- 
xvuic  s.  V.  k  l'article.  Admis  acau.  1740.] 

I.  Ancienne  monnaie  d'or  anglaise,  valant  environ 
26  fr.  50.  Sept  à  huit  mille  guinées  du  plus  bel  or  du  monde, 
HAMILT.  Grani.  p.  154.  Jouer  une  pièce  pour  attraper  mille 
guinées!  montes^.  Mules  sur  l'Antjlelerre. 

II.  Toile  bleue  de  colon. 
GUINGAN  [ghin-gan]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue;  l'élofTe  dite  guinguan  n'a  rien 


3  -  GUISE 

k  voir  avec  la  ville  de  Guingamp,  en  Bretagne.  ||  1723.  s.\- 
VARY.  Dict.  du  comm.  Admis  acad.  1835.  j 

Il  (Technol.^  Étoffe  de  coton  fine,  percale  lustrée  pour 
robes,  cravates,  etc.,  tirée  primitivement  du  Bengale. 

GUINGOIS  ghin-gwâ]  .y.  m. 

[ÉTY.M.  Origine  inconnue,  ji  xv"  s.  Ung  riz  gecta  tout  de 
gingois.  Chanson,  dans  lelu.  Rec.] 

|i  Famil.  Position  de  travers.  Son  bonnet  est  de  — . 

GUINGUETTE  ighin-ghêt'j  S.  f. 

[ÉTY.M.  Origine  inconnue  ;  parait  être  une  sorte  de 
nom  propre  ayant  désigné  d'abord  un  quartier  de  Paris, 
§  36.  Il  1697.  Le  bord  de  l'eau,  les  Guinguettes,  les  Tuilleries, 
le  Jardin  du  Palais-Royal,  etc.,  (jonf/um  ou  illoimni'  prodi- 
fjieujr,  ui,  2.  Admis  acau.  1718.] 

Il  Famil.  (Cabaret  de  barrière  où  l'on  va  manger,  dan- 
ser. Aller  à  la  — .  Nous  faisons  cinq  noces  à  la  fois  :  voUà 
comment  on  achalandé  les  guinguettes,  d.\ncolrt.  Intpr.  de 
Suresnes.  se.  19.  I|  P.  e.rt.  Pied-k-terre  k  la  campagne. 

•GUIORANT,  ANTE[ghi-yô-ran,  -rânt']  adj. 

[ÉTYM.  Ailj.  particip.  de  guiorer,  §  47.  ||  xvu'^  s.  V.  k 
l'article.] 

Il  Qui  guiore.  Les  rats  qui  craignent  leur  patte,  D'une  guio- 
rante   voix,  A  regret  quittent  les  noix,  anonyme,  dans  ki- 

CUEL.   (1680'. 

•GUIORER  [ghi-yù-ré]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Parait  être  une  onomatopée  {cf.  guilleri\  §32. 
Il  F.  guiorant.j 

Il  En  parlant  de  la  souris,  faire  entendre  son  cri. 

"GUIPER  [ghi-pé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Mot  d'origine  germanique  :  goth.  weipan,  allem. 
moderne  weifen,  tourner,  §§  6,  498  et  499.  Le  radical  pa- 
rait être  le  même  que  celui  qui  se  trouve  dans  guipon, 
goupillon.  (F.  ces  mots.)  ||  1350.  La  tige  estoit  guipée  d'or  de 
Chypre,  dans  godek.  guipé.] 

|i  (Technol.,  Dans  la  passementerie,  recouvrir  de  soie, 
de  laine,  etc.  Frange  guipée. 

'GUIPOIR  [ghi-pwar"  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guiper,  §  113.  ||  1723.  savary.  Dicl. 
du  comm.] 

Il  (Technol.)  Outil  de  passementier  pour  faire  des  fran- 
ges torses. 

'GUIPON  [ghi-pon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Déri\  é  d'un  radical  bas  allemand  et  Scandinave 
wipp-,  qui  signifie  «  mouvoir  »,  §§  9,  10,  104,  498  et  499  : 
proprt,  ce  qu'on  agile  (pour  asperger,  frotter,  etc.  .  Par- 
fois altéré  en  gipon.  (Cf.  goupillon.)  ||  1342.  Quatre  guippons 
a  yaue  benoite,  dans  godef.  guippon.] 

Il  1°  Anciennt.  Goupillon. 

Il  2°  P.  anal.  (Technol.)  Pinceau  formé  d'un  tampon 
de  laine  dont  le  calfat  se  sert  pour  étendre  le  brai.  || 
Sorte  de  houppe  de  laine,  de  linge,  etc.,  avec  laquelle 
le  corroyeur  donne  le  suif  aux  peaux  tannées. 

GUIPURE  [gui-purl  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guiper,  §  111.  ||  1393.  One  diasprure  de 
ghippure  d'ctrgent,  dans  delb.  Rec] 

Il  (Technol.)  Dentelle  en  fil  fort  et  tors  dont  les  des- 
sins enlacés  forment  le  tissu,  sans  réseau  distinct  des  or- 
nements. 

GUIRLANDE  [ghir-lând']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ilal.  ghirlanda,  m.  s.  §  12.  A  rem- 
placé lanc.  forme  garlande,  gallande,  qui  s'est  maintenue 
dans  quelques  mots  techniques.  (F.  galandage  et  garlan- 
dage.)  L'origine  de  l'ilal.  ghirlanda  et  de  lanc.  franc,  gar- 
lande est  incertaine,  h  xyi^  s.  Roses  et  liz  et  guirlandes, 
RoNS.  Amours,  i,  113.] 

Il  ±0  Chaîne  de  fieurs,  de  feuillages  tressés,  que  l'on 
suspend  comme  ornement.  (S>/n.  feston.)  ||  f'i'y.  La  Guir- 
lande de  Julie,  recueil  de  maiirigaux  composés  pour  M"*^  de 
Uanibouillet,  dont  chacun  avait  le  nom  d'une  Heur  pour 
titre. 

Il  2"  P.  e.rl.  Des  guirlandes  de  gaz  (de  becs  de  gaz  . 

Il  3»  P.  anal.  Bande  de  métal  qui  entoure  le  bord  du 
pavillon  d'une  trompette,  d'un  cor. 

Il  4"  (Marine.)  Ensemble  de  pièces  de  bois  qui  lient 
horizontalement  les  membrures  de  l'avant  d'un  navire, 
en  dedans  de  la  contre-élrave. 

GUISE  [ghiz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  wisa,  allem. 
moderne  weise,  m.  s.  §§  6.  498  et  499.  ||  xi«  s.  Des  or  vivrai 
en  guise  de  tortrele,  ^7  Alexis,  149.] 


GUITARE 


—  1214 


GYMNOSOPHISTE 


Il  Manière  d'être,  d'agir,  propre  à  une  personne,  à  une 
ciiose.  Chacun  selon  sa  —,  la  f.  Fab.  v,  19.  Les  poètes  font 
à  leur  —,  MUL.  Amph.  prol.  ||  Loc.  adv.  En  —  de,  et, 
rieilli,  A  —  de,  en  manière  de.  Brandissant  un  bâton  en  — 
de  lance.  A  —  d'un  poignard,  CORN.  dit.  argum.  Vieilli. 
Loc.  conj.  De  —  que,  de  manière  que.  De  —  Qu'on  le  pourra, 
LA  F.  Fah.  X,  15. 

GUITARE  [glii-tàr]  s.  /■. 

[ÉTVM.  Emprunté  de  l'espagn.  guitarra,  m.  s.  qui  est  le 
lat.  cithara,  m.  s.  §  13.  (Cf.  cithare,  cistre  et  guiterne.)  || 
xvi"^  s.  La  vieille  guiterre,  qu'on  souloit  nommer  guiterne,  N. 
DU  FAiL,  dans  godef.  Covipl.  \  1642.  Guitarre,  guiterne,  gui- 
terre,  OUD.] 

Il  lo  Instrument  analogue  au  violon,  à  six  cordes,  qu'on 
joue  en  les  pinçant  de  la  main  droite,  et  k  manche  divisé 
en  demi-tons  par  de  petites  touches  marquant  l'endroit 
où  doivent  se  poser  les  doigts  de  la  main  gauche.  Jouer, 
pincer  de  la  — .  L'art  de  faire  jurer  une  discordante  — ,  mon- 
TKSQ.  Lett.  pcrs.  78.  ||  Fig.  Redite  monotone.  C'est  tou- 
jours la  même  — . 

Il  2»  P.  anal.  (Technol.)  Charpente  courbe  destinée  à 
soutenir  les  toits  des  lucarnes.  [Cf.  guiterne.) 

GUITARISTE  [ghi-tà-risf]  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guitare,  d'après  le  lat.  citharista,  joueur 
de  cithare,  §265.  ||  Néolog.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Celui,  celle  qui  joue  de  la  guitare.  La  petite  —,  Mai- 
gre sous  son  mince  tartan,  TH.  Gautier,  Carn.  de   Venise. 

•GUITERNE  [ghi-tèrn']  s.  f. 

[ÉTY^L  Altération  inexpliquée  du  lat.  cithara,  m.s.%  509. 
Il  xiii^  s.  Guiternes  et  leûs,  J.  de  meung,  Rose,  21287.] 

Il  1°  Anciennt.  Guitare.  Manche  de  luth,  corps  de  — ,  Ré- 
gnier, Odes,  2. 

Il  2°  F.  anal.  (Marine.)  Arc-boutant  qui  soutient  en 
arrière  une  machine  à  mater. 

GUIT-GUIT  [ghi-ghi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  ||  1760.  brisson,  Ornithol.  m, 
628.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Hist.  nat.)  Passereau  ténuirostre  de  l'Amérique  du 
Sud.  Les  guits-guits  ont  un  riche  plumage,  acad. 

GUrVRE  [ghîvr'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  vîpera,  vipère,  §§  443,  290,  426  et  291. 
Le  changement  du  v  en  gu  paraît  dû  à  l'influence  de 
l'anc.  haut  allem.  wipera,  7n.  s.  On  trouve  aussi  vivre.  La 
forme  givre  est  une  erreur  des  dictionnaires  pour  guivre. 
Il  xi<=  s.  Serpenz  e  guivres,  Roland,  2543.] 

Il  (Blason.)  Serpent.  La  —  des  Visconti. 

•GUrVRÊ,  ÉE  [ghi-vré]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  guivre,  §  118.  On  trouve  aussi  vivre 
et  givré.  [Cf.  guivre.)  ||  1611.  Vivre,  cofoR.  Admis  acad. 
1762  ;  suppr.  en  1798.] 

Il  (Blason.)  Orné  de  guivres. 

*GULPE  [gulp']  s.  m. 

[ÉTYM.  Parait  emprunté  de  l'allem.  kolbe  ou  kolben, 
dont  le  sens  primitif,  apparenté  au  lat.  globus,  globe,  est 
»  masse  ronde  »,  §§7,  498  et  499.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  (Blason.)  Tourteau  ou  besant  de  couleur  pourpre. 

GUMÈNE  [gu-mén'j  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  gumena,  qui  vient  de  l'arabe 
gommai,  m.  s.  g§  12  et  22.  Ane.  franc,  gume  {V.  delb.  Rec.), 
d'après  le  provenç.  guma,  §  11.  ||  xvi"=  s.  Nos  gumenes  sont 
presque  tous  roupts,  rab.  iv,  18.  Admis  acad.  1762. j 

Il  (Marine.)  Vieilli.  Câble  d'une  ancre.  Spécialt.  (Bla- 
son.) D'azur  à  l'ancre  d'or,  la  —  de  gueules. 

•GURLET  [gur-lè].  V.  grelet. 

GUSTATIF,  IVE  [gùs'-tà-tïf,  -tïv']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  gustare,  goûter,  g  257.  ||  xvi^  s. 
Faculté  gustative,  paré,  i,  1.  Admis  acad.  1798.] 

Il  (T.  didact.)  Relatif  au  sens  du  goût.  Les  gustatifs. 

GUSTATION  [gûs'-tà-syon  ;  en  vers,  -si-on]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gustatio,  m.  s.  \\  1530.  Gustations 
concupiscibles,  lef.  d'étaples,  Bible,  dans  delb.  Rec] 

Il  (T.  didact.)  Perception  des  saveurs  par  le  goût. 

GUTTA-PERCHA  [gût'-tà-pèr-kà]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'angl.  gutta  percha,  ?«.  s.  trans- 
cription du  malais  gatah  Pertcha,  proprt,  «  gomme  (gatah) 
de  Pertcha  (Sumatra)  »,  §§  8  et  28.  [Cf.  gomme-gutte.)  || 
Xeolog.  Admis  acad.  1878.] 

Il  Matière  gommeuse  flexible,  plastique,  employée 
comme  substance  imperméable.  :- 

GUTTE[gCit'].   F.  gomme-gutte. 


GUTTIER  [gu-tyé]  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gutte,  §  115.  ||  1811.  engycl.  méth. 
Botan.  suppl.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Botan.)  Arbre  de  l'Inde  qui  produit  une  gomme-ré- 
sine analogue  à  la  gomme-gutte. 

GUTTIFÈRE  [gût'-ti-fer]  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  gutte  et  le  lat.  fero.je  porte,  §273. 
Il  1811.  ENCYCL.  MÉTH.  BoUiH.  suppl.  Admis  acad.  1878." 

Il  Qui  produit  de  la  gomme-gutte.  Les  plantes  guttifères, 
et,  substantivl.  Les  guttifères. 

GUTTURAL,  ALE  [gût'-tu-ràl]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  guttur,  gosier,  §  238.  ||  1578.  Let- 
tres qu'ils  nomment  gutturales,  J.  DE  léhy,  Voy.  au  Brésil. 
dans  DELB.  Rec.  Admis  acad.  1718.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  appartient  au  gosier.  Fosse  gutturale, 
enfoncement  situé  entre  le  trou  occipital  et  les  fosses 
nasales.  Conduit  —  du  tympan,  la  trompe  d'Eustache,  qui 
fait  communiquer  la  cavité  du  tympan  avec  le  gosier.  |[ 
Spécialt.  Dont  le  son  semble  partir  du  gosier.  Toux  gut- 
turale. Les  consonnes  gutturales,  et,  substantivl,  Les  guttu- 
rales, consonnes  produites  par  le  contact  de  la  langue 
contre  le  palais,  telles  que  le  k,  le  c  et  le  g  durs. 

*GUZLA  [guz'-là,  et  mieux,  gouz'-là]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  croate  guzla,  7n.  s.  §  20.  ||  1791. 

ENCYCL.  MÉTH.    Musiq.] 

Il  (Musique.)  Instrument  à  archet  des  Slaves  méridio- 
naux,sorte  de  violon  à  une  seule  corde  de  crins  tressés. 

GYMNASE  [jim'-nâz']  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  gymnasium,  grec  y'javijiov, 
m.  s.  de  yu^-voî,  nu.  ||  xiV^  s.  Es  gynaises  les  mectoient,  i. 
LE  fèvre.  Vieille,  dans  delb.  Rec] 

Il  l"  (Antiq.)  Endroit  public  où  les  anciens  se  livraient 
à  des  exercices,  à  des  luttes  destinées  à  assouplir  ou  à 
fortifier  le  corps.  [Syn.  palestre.)  ||  F.  anal.  Chez  les 
modernes,  lieu  où  l'on  fait  des  exercices  propres  à  as- 
souplir et  à  fortifier  le  corps  et  où  sont  établis  des  ap- 
pareils pour  ces  exercices. 

Il  2°  F.  anal.  Lieu  d'exercice  intellectuel.  Spécialt. 
Nom  donné  en  Allemagne  aux  collèges  où  l'on  reçoit 
l'éducation  classique. 

GYMNASIARQUE  [jïm'-nà-zyàrk']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gymnasiarcha,  grec  yjavasiip- 
/T,;,  m.  s.  Il  1530.  A  maistre  Estienne  Proust,  gymnasiarque 
du  Grand-Precigny,  j.  serre,  Venue  de  la  reine,  préf.  Ad- 
mis ACAD.  1762.] 

Il  (Antiq.)  Celui  quia  la  direction  et  la  surveillance  des 
gymnases  publics. 

GYMNASTE  [jîm'-nasf]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  yoixvaïtT,;,  m.  s.  ||  xvi'=  s. 
L'escuyer  Gymnaste,  lequel  montraiit  l'art  de  chevalerie,  rab. 
I,  23.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1»  (Antiq.)  Celui  qui  dirige  les  exercices  de  ceux 
qui  fréquentent  le  gymnase. 

Il  2°  De  nos  jours.  |  1.  Professeur  de  gymnastique. 
!  2.  Celui  qui  fait  en  public  des  tours  de  force  et  d'agilité. 

GYMNASTIQUE  [jïm'-nâs'-tik']  adj.  et  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gymnasticus,  grec  YU[ivaTT:x6ç, 
m.  s.  Il  XIV*  s.  Travaillemens  gymnastiques,  oresme,  dans 
MEUNIER,  Essai  sur  Oresme.  .\dmis  acad.  174Û.] 

I.  Adj.  Qui  sert  à  assouplir  et  à  fortifier  le  corps.  Exer- 
cices gymnastiques.  ||  F.  ext.  Pas  — ,  pas  de  course  cadencé, 
qui  fait  partie  des  exercices  gymnastiques.  AUer  au  pas  — . 

II.  S.  f.  Il  1"  Ensemble  des  exercices  propres  à  assou- 
plir et  à  fortifier  le  corps.  Les  exercices  de  la  — ,  chez  les 
Grecs,  ne  dépendirent  pas  moins  de  la  bonté  du  principe  du 
gouvernement,  montesq.  Rom.  viii,  11.  ||  Fig.  Ensemble 
des  exercices  propres  à  fortifier  et  à  assouplir  les  facul- 
tés intellectuelles.  La  —  de  Fesprit. 

Il  2»  F.  ext.  Lieu  où  l'on  fait  des  exercices  propres  à 
assouplir  et  à  fortifier  le  corps,  et  où  sont  établis  des  ap- 
pareils pour  ces  exercices.  Aller  à  la  — . 

GYMNIQUE  [jim'-nik']  adj. 

[ÉTY'M.  Emprunté  du  lat.  gymnicus,  grec  yjp-viîcôî,  m.  s. 
Il  1542.  Jeux  gymniques,  E.  dolet,  dans  delb.  Rec.  Admis 

ACAD.   1762.] 

Il  (.\ntiq.)  Qui  se  rapporte  aux  travaux,  aux  luttes  des 
athlètes.  Exercices  gymniques.  Jeux  gymniques.  Substantivl, 
au  fém.  La  —,  l'athlétique. 

GYMNOSOPHISTE  [jîm'-nô-sô-fisf]  .<r.  m. 

[ÉTY>L  Emprunté  du  lat.  gymnosophista,  grec  yujxvoffo- 


GYMx\OSPERME  -  12 

çiffTT,;,  tn.  s.  II  xv<'-xvic  s.  Gymnosophistes  estoient  philoso-  ' 
phes  indois,  fossetier,  dans  GuuEf.  Compl.  Admis  acad. 
1762.1  j 

Il  (Antiq.)  Philosophe  d'une  ancienne  secte  indienne  ; 
qui  ne  portait  pas  de  vêlements,  s'ahstenait  de  viande,  | 
et  menait  une  vie  contemplative. 

GYMNOSPERME  [jim'-nôs'-pèrm']  adj. 

[ÉTYM.  Tiré  de  gymnospermie,  §  279.  ||  Néolog.  Admis 
ACAD.  1835.] 

Il  (lîotaii.^  Dont  les  graines  semblent  être  à  nu. 

GYMNOSPERMIE  [jïm'-nos'-pèr-mi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  botanistes  gymnospermia, 
(UNNÉ),  7n.5.  composéaveclegrec  YU!i.vô;,nu,  et  zr.iyxT., 
graine,  §  279.  ||  1798.  l.-c.-m.  iuciuhd,  Dicl.  de  botan.  de  | 
BuLliard.  Admis  acad.  1835.1  | 

Il  (Botan.)  Dans  la  classification  de  Linné,  ordre  com-  | 
prenant  le  genre  gymnosperme.  ! 

•GYMNOTE  [jim'-nôf]  s.  m.  I 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  gymnotus,  m.  ' 
5.  (artedi),  pourgymnonotus,  composé  avec  le  grec  yjiJ.vô;, 
nu,  et  voJxoî,  dos,  à  cause  de  l'absence  de  nageoire  dor-  ' 
sale.  Il  1787.  encycl.  méth.]  ' 

Il  (Hist.  nat.)  Poisson  des  régions  tropicales  delWmé-  ; 
rique,  nommé  vulgairement  anguille  électrique,  sans  na- 
geoire dorsale,  et  qui  a  de  chaque  côté  de  la  queue  des  ' 
lames  membraneuses  qui  déchargent  de  l'électricité.        i 

*GYN ANDRE  ji-nândr"]  adj. 

[ÉTYM.  Tiré  de  gynandrie,  §  279.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Botan.)  Qui  a  les  étamines  insérées  sur  le  pistil  ou 
l'ovaire. 

GYNANDRIE  [ji-nan-dri^  5.  /. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  gjmandria 
(linné],  m.  s.  composé  avec  le  grec  y^vr,.  femme,  et  àvT,p, 
homme,  §279.  ||  1798.  l.-c.-m.  richard,  Dict.  de  botan.  de 
Bulliard.  .Admis  acad.  1835.] 

Il  (Botan.)  Dans  la  classification  de  Linné,  classe  de 
végétaux  à  étamines  insérées  sur  le  pistil  ou  l'ovaire. 

GYNÉCÉE  iji-né-sé]  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  gynaeceum,  grec  vOvotr/îIov, 
m.  s.  de  yjvT,,  femme.  ||170i.  furet,  .\dmis  acad.  1762.] 

Il  (Antiq.)  Partie  de  la  maison  réservée  aux  femmes.  Ij 
Fig.  De  nos  jours.  Lieu  où  travaillent,  où  se  tiennent 
habituellement  qqs  femmes. 

GYNÉCOCRATIE  [ji-né-ko-krà-si]  s.  f. 

fÉTYM.  Einpi'unlé  du  grec  yjva'.xoy.paTia,  m.  s.  ]'  xvi=  s. 
Si  la  royne  demeure  sans  mari,  qui  est  le  cas  de  la  vraye  gy- 
necocratie,  J.  budin,  Republ.  vi,  5.  .Admis  acad.  1762. J 


lo  -  HABILE 

Il  État  gouverné  par  des  femmes. 

GYNÉCOCRATIQUE  [ji-né-kù-krà-tik']  adj. 

[ÉTYM.  Dérive-  di;  gynécocratie,  §  229.  |i  xvi«-xviie  s.  Gou- 
vernemens  gynecocratiques,  k.vvyn,  dans  godef.  Compl. 
Admis  acad.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  Relatif  à  la  gynécocratie. 

GYPAÈTE  [ji-pà-èt'l  s.  7n.' 

[ÊTY.M.  Emprunté  du  grec  vu-raisTOî,  m.  s.  composé 
de  yû'^/,  yu-ô;.  vautour,  et  àsTÔ;,  aigle.  ||  1800.  Gypaète, 
daudin.  Ornith.  ii.  23.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (Hist.  nat.)  Le  plus  grand  des  oiseaux  de  proie  de 
l'ancien  continent,  dit  vulgairement  vautour  des  agneaux. 

GYPSE  [jips']  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  gypsum,  grec  YJ-i/o;.  plâtre. 
Le  lat.  pop.  parait  avoir  dit  'gîpum,  d'où  l'anc.  franc,  gif, 
encore  dans  oud.  sous  la  forme  gy.  I'  1464.  Gips,  Catholi- 
con,  dans  godef.  gip.  Admis  acad.  1762.1 

Il  (Minéral.)  Pierre  à  plâtre,  sulfate  de  chaux  le  plus 
souvent  hydraté. 

GYPSEUX,  EUSE  [jîp'-seii.  -seiiz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  gypse,  §  251.  ||  xyi^  s.  Eaux  gypseuses, 
PARÉ,  XXV,  41.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Minéral.  Qui  est  de  la  nature  du  gypse.  Rocher  — . 

GYRATOIRE.   V.  giratoire. 

GYROMANCIE  ji-rù-man-si]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grecY'jpo;,  cercle,  etixx/TEÎa, 
divination,  §  279.  ||  .\vi=  s.  Gyromantie,  rab.  m,  25.  .Admis 
ACAD.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  Divination  consistant  à  tourner  autour 
d'un  cercle,  jusqu'à  ce  qu'on  tombe  étourdi  sur  des  lettres 
semées  au  hasard,  dont  on  fait  des  mots  pris  commue  pré- 
sages. 

'GYROSCOPE  [ji-rôs'-kop'l.?.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  yjpo;,  cercle,  et  îtxotî'v, 
examiner,  §  279.  ||  Mot  créé  en  1852  par  Léon  foucallt 
(1819-1868).] 

Il  (Physique.)  .Appareil  pour  démontrer  la  rotation 
diurne  de  la  terre  autour  de  son  axe  au  moyen  de  la  dé- 
viation, par  rapport  à  des  points  fixes  pris  sur  le  globe, 
d'un  corps  librement  suspendu  par  son  centre  de  gravité 
et  tournant  autour  d'un  axe. 

GYROVAGUE  fji-rù-vàg']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  gyrovagus,  m.  s.  [Cf. 
girouette.)  [I  1732.  trév.  .Admis  acad.  1762.' 

p  Rare.  Vagabond.  Sppcialf.  Les  moines  gyrovagues,  et, 
substantivt,  Les  gyrovagues,  moines  errant  de  province 
en  province  et  vivant  d'aumônes. 


H 


H  [ach']  s.  f.  ou,  suivant  la  nouvelle  épellation,  H  [he] 
*.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  h,  7n.  s.  ||  xiiio  s.  Li  uns  ditache, 
l'autre  ha,  Sene fiance  de  l'A  D  C,  dans  jubinal,  Souv.  Rec. 
II,  278.] 

Il  La  huitième  lettre  de  l'alphabet  français.  Dn,  une  H  ma- 
juscule. Des  h  minuscules.  II  muet  ou  muette,  qui  ne  se  pro- 
nonce pas,  comme  dans  l'homme.  Il  aspiré  ou  aspirée,  qui 
empêche  l'élision  de  la  voyelle  ou  la  liaison  de  la  con- 
sonne qui  précède,  comme  dans  :  le  héros,  les  héros.  ||  Le 
groupe  ph  se  prononce  comme  f.  jj  Le  groupe  ch,  dans  les  mots 
de  formation  populaire,  a  un  son  spécial  correspondant  à  celui 
de  ). 

HA  [hà]  inlerj. 

[ÉTYM.  Onomatopée.  §  32.  Se  confond  souvent  avec 
ah.  {V.  ce  mot.)  A  été  remplacé  par  hé  dans  hélas,  autre- 
fois ha!  lasl] 

Il  1°  Interjection  de  surprise.  Ha!  ha!  le  voilà.  ||  Subs- 
tantiit.  EUe  n'a  point  fait  faire  tant  de  ha!  ha!  dans  l'hôtel 
de  Bourgogne  que  votre  lettre  dans  mon  cabinet,  cokn.  Lett. 
23.  A  tous  les  beaux  endroits  qui  méritent  des  bas!  mul.  Mis. 
m,  1. 


Ij  2"  Interjection  exprimant  le  soulagement.  Ha!  me  voilà 
débarrassé.  ||  Substantivt.  Le  roi  fit  un  grand  ha!  comme 
un  homme  oppressé  et  qui,  tout  d'un  coup,  respire,  st-sim. 
III,  47. 

HABILE  [à-bil]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hahilis,  m.  s.  .\  remplacé 
l'anc.  français  able  icf.  langl.  able',  forme  fidèle  à  l'ac- 
cent tonique  du  latin.  (Cf.  habiller.)  '1  xiv«  s.  De  tous  les 
langages  du  monde,  le  latin  est  le  plus  abille  pour  mieux  expri- 
mer..., oresme,  Â'^/i.  prol.] 

Il  1"  Propre  à  qqch.  Mais  demain,  du  matin,  il  vous  faut 
être  —  A  vider  de  céans  jusqu'au  moindre  ustensile,  mol.  Tart. 
V,  4.  Il  Spi'cialt.  (Droit.)  Être  —  à  contracter  mariage,  à  suc- 
céder, à  se  porter  héritier,  avoir  la  capacité  légale  de  con- 
tracter mariage,  de  succéder,  d'hériter.  L'héritier  présomptif 
est  —  à  se  porter  héritier. 

Il  2*  P.  ert.  Propre  à  réussir  dans  ce  qu'il  fait.  On  — 
ouvrier.  C'est  Saint-Donat  (un  médecin)  qui  la  traite  ;  je  ne  sais 
s'il  est  bien  —  à  ces  sortes  de  maux,  sÉv.  1374.  Du  plus  —  chan- 
tre un  bouc  était  le  prix,  non..  Art  p.  3.  L'honnête  homme  tient 
le  milieu  entre  l' —  homme  et  l'homme  de  bien,  la  br.  1-.  Un 
—  Qatteur.  Un  —  fripon.  Substantivt.  L'on  ne  fait  que  glaner 


HABILEMENT 


—  1216  — 


HABIT 


après  les  anciens  et  les  habUes  d'entre  les  modernes,  la  br.  1. 
Il  En  parlant  de  la  manière  d'agir.  Sa  conduite  a  été  fort  — . 

HABILEMENT  [à-bil-mau  ;  en  vers,  -bi-le-...]  adv. 

[ÉTY.M.  Composé  de  habUe  et  ment,  §  7)^4.  ||  xiv<=  s.  J.  GO- 
LEiN,  dans  GoDEF.  Com-pL] 

Il  D'une  manière  habile. 

Il  1"  Vieilli.  Diligemment,  promptement.  Cette  foUe  est 
venue  à  tel  point  qu'il  a  fallu  ôter  le  corps  —  de  la  chapelle, 
si;v.  280. 

Il  2»  De  manière  à  réussir.  Négociation  —  conduite. 

HABILETÉ  [à-bil-té  ;  en  vers,  -bi-le-té]  s.  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  habUe,  §  itZ.  (Cf.  habUité.)  Le  p.  bou- 
HUUH6  le  qualilie  de  «  terme  assez  nouveau  >-.  ||  1539.  r. 

EST.] 

Il  1»  Qualité  de  celui  qui  est  propre  à  qqch.  L'—  de  suc- 
céder à  la  couronne,  st-Sim.  xiii,  3(5. 

Il  2»  Qualité  de  celui  qui  est  propre  à  réussir  dans  ce  qu'il 
fait.  Avoir  une  grande  —  de  mains.  Agir  avec  — .  Le  savoir-faire 
et  r —  ne  mènent  pas  jusqu'aux  énormes  richesses,  la  Bh.  6. 
•HABILITATION  [à-bi-li-là-svon  ;  en  vers,  -s'i-onj  s.  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  habiliter,  §  247.  ||  1373.  Abilitacion  ou 
mandement,  dans  gouef.  Compl.] 
Il  (Droit.)  Action  d'habiliter  qqn. 
HABILITÉ  i^à-bi-li-téj  s.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  habilitas,  ?h.  s.  (Cf.  habileté.) 
Il  xiii'^-xiv"  s.  Tournoyemens  et  esbatemens  d'abilité,  Rom. 
des  sept  sages,  p.  88,  G.  Paris.  Admis  ac.ad.  1718.] 

Il  (Droit.)  Capacité  légale  de  faire  qqch.  —  à  succéder, 
à  contracter  mariage.  1  Vieilli.  L' —  de  succéder  à  la  cou- 
ronne, tfT-siM.  m,  375. 

HABILITER  [à-bi-li-té]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  habilitare,  m.  s.  ||  xiii^-xive  s. 
Mes  ne  furent  abilleté  A  si  bone  loquence  avoir,  mage  de  la 
CHARITÉ,  bible,  dans  gouef.  Admis  .acad.  1718.] 

Il  (Droit.)  Rendre  légalement  capable  de  faire  qqch. 
—  une  femme  à  ester  en  justice. 
*HABILLABLE  [à-bi-vàbl']  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  habiller,  §  93.  ||  Néolog,] 
Il  Famil.  Qu'on  peut  bien  habiller. 
HABILLAGE  [à-bi-yàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  habiller,  g  78.  (Cf.  habillure.)  |1  xvi«  s. 
Puis  par  dessus  print  ung  aultre  abillage,  p.  boukdignÉ,  Pierre 
Faifeu,  38.  Admis  acau.  17G~.] 

Il  (Technol.)  Action  d'habiller,  de  mettre  en  état  pour 
une  destination.  —  d'une  volaille,  d'un  poisson,  d'une  bète 
de  boucherie.  —  de  la  morue.  —  d'une  montre. 
•HABILLANT,  ANTE  [a-bi-yan,  -yânt']  adj. 
[ÉTY.M.  Adj.  particip.  de  habiller,  g  47.  |1  Kéolog.] 
Il  Farnil.  Qui  habille  bien.  Étoffe  habillante. 
HABILLEMENT  [k-biy'-man  ;  en  vers,  -bi-ye-...]  s.  m. 
[ÉTVM.  Dérivé  de  habiller,  §  145.  ||  1374.  Forge,  souflès  et 
tous  autres  haùsillemens...  nécessaires  aux  ouvrages  des  canons, 
dans  gouef.] 

Il  1"  Action  d'habiller  (vêtir).  L' —  des  troupes.  Capitaine 
d' — .  L' —  des  élèves  d'un  collège.  Frais  d' — . 

Il  2°  Ce  qui  sert  à  habiller.  Un  —  complet.  —  d'homme, 
de  femme.  ||  Aaciennl.  —  de  tête,  chapeau,  casque. 
HABILLER  [à-bi-yé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine.  Semble  tiré  du  lat.  habilis. 
habile,  par  l'intermédiaire  d'une  forme  du  bas  lat.  *habi- 
liare,  pour  habilitare.  Qqns  y  voient  un  composé  de  à  et 
de  bille  1.  En  tout  cas,  le  sens  II  s'est  développé  sous 
l'influence  de  habit.  ||  xuie-xiv<^  s.  Par  devers  Tibaut  de  Ce- 
poi  En  reveïssiez  abillier  Maint  cent  cheurchié,  G.  guiart,  Roy. 
Uyn.  2lUi;S.] 

I.  Mettre  en  état  pour  une  destination.  (Cf.  rhabUler.) 
—  une  volaille,  un  poisson,  les  dépouiller,  les  vider  pour  les 
accommoder.  —  une  bète  de  boucherie,  l'écorcher,  la  vider 
et  la  mettre  en  état  pour  la  cuisine.  —  la  morue,  en  arra- 
cher les  ouïes  et  l'arête  et  la  fendre  avant  de  la  saler.  — 
un  arbre,  en  écourter  les  branches,  en  rafraîchir  les  racines 
en  les  taillant,  en  retrancher  les  racines  endommagées 
avant  de  le  planter.  —  une  pièce  de  poterie,  y  ajouter  un 
manche,  une  anse,  une  oreille,  un  pied,  etc.  —  une  montre, 
disposer  convenablement  les  diverses  pièces  du  méca- 
nisme. —  le  chanvre,  le  passer  au  peigne  pour  séparer  les 
brins  de  la  chenevotte.  —  un  train  de  bois,  en  accoupler 
les  coupons.  —  des  cartes  à  jouer,  les  enluminer.  —  des 
cardes,  les  monter  sur  les  pièces  de  bois.  —  un  cuir,  le 
préparer  à  être  mis  au  tan. 


II.  Il  1"  Couvrir  (qqn)  de  ses  vêtements  habituels.  — 
un  enfant.  Un  valet  de  chsimbre  qui  habille  son  maître.  ||  P. 
anal.  (T.  d'art.)  —  une  figure,  peindre,  sculpter  les  dra- 
peries qui  recouvrent  le  im. 

Il  2»  Couvrir  (qqn)  de  ses  vêlements  de  cérémonie.  S' — 
pour  un  dîner,  pour  une  soirée.  P.  e.rf.  Un  vêtement,  un  cos- 
tume habillé,  de  grande  toilette.  Fig.  On  y  trouve  (dans 
une  lettre;  la  réflexion  de  M.  de  Grignan  admirable;  on  l'a 
pensée  quelquefois ,  mais  vous  l'avez  habillée  pour  paraître 
devant  le  Imonde,  SÉv.  253.  Souvent  j'habille  en  vers  une  ma- 
ligne prose,  BOIL.  Sat.  7. 

Il  30  Couvrir  (qqn)  d'un  vêtement  d'une  forme,  d'une 
nature  déterminée.  Être  bien,  mal  habillé.  Cette  femme  ne 
sait  pas  s' — .  ||  P.  e.vt.  Un  costume  qui  habille  bien.  Le  faste 
et  le  luxe  dans  un  souverain,  c'est  le  berger  habUlé  d'or  et  de 
pierreries,  la  br.  lU.  Un  homme  habillé  de  noir,  et,  substan- 
tivt,  Un  habillé  de  noir.  Fig.  l'op.  Un  habiUé  de  soie,  un  porc. 
I  l'.  ext.  Vous  devez  en  guerre  être  habillés  de  fer,  la  br.  12. 
—  une  fille  en  garçon,  lui  mettre  des  habits  de  garçon,  n 
(le  loup]  s'habille  en  berger,  endosse  unhoqueton,  la  f.  Fab. 
m,  3.  Il  Fig.  —  à  la  moderne  les  héros  de  l'antiquité,  en  leur 
prêtant  une  manière  de  penser  et  d'agir  propre  aux  mo- 
dernes. En  vain  certains  rêveurs  nous  l'habUIent  en  reine  (la 
raison),  boil.  Sat.  4.  |1  Ironiqt.  Farnil.  —  qqn  de  toutes 
pièces,  l'arranger  de  la  belle  manière,  en  dire  du  mal. 
Eschyle...  D'un  masque  plus  honnête  habilla  les  visages,  boil. 
Art  p.  3.  Il  P.  anal.  En  parlant  d'un  livre  dont  on  fait 
des  cornets.  —  chez  Francœur  le  sucre  et  la  cannelle,  boil. 
Ep.  1.  —  un  meuble  (d'une  housse  j.  —  de  paille  une  fon- 
taine, en  hiver.  ||  —  son  visage,  le  farder.  Elle  trouve  bien 
plus  aimable  son  visage  habillé,  sÉv.  1221. 

III.  Fournir  de  vêtements.  —  des  pauvres.  —  des  trou- 
pes, des  domestiques.  Il  se  faiit  —  par  le  premier  tailleur  de 
l'endroit.  Absolt.  Ce  tailleur  habille  bien,  fuurnil  ses  clients 
de  vêtements  bien  faits. 

•HABILLEUR,  HABILLEUSE  [à-bi-veur,  -yeiiz']  s. 
m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  habiller,  §  112.  ^Cf.  rhabilleur.)]!  (Au  sens 
spécial  de  «  rebouleur  ».)  xv!"^  s.  g.  boucuet,  iicrées,  i, 
129.  Admis  acad.  (au  fém.)  1878.] 

I.  (Technol.)  Celui  qui  habille  la  morue,  etc. 

II.  Celui,  celle  qui  habille  qqn.  Hpêciall.  Habilleuse, 
femme  chargée  au  théâtre  d'habdler  les  actrices  subal- 
ternes, les  tigurantes. 

*HABILLOT  [à-bi-yô]  S.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  habiller,  §§  133  et  136.  ||  1765.  encycl.J 

Il  ;Technol.)  Morceau  de  bois  qui  sert  à  accoupler 
entre  elles  les  diverses  parties  dont  se  compose  un  train 
de  bois  flotté. 

•HABILLURE  [à-bi-vùrj  5.  /". 

[ÉTYM.  Dérivé  de  habiller,  §  111.  (Cj.  habiUage.)  ||  1769. 
Cette  diminution  se  nomme  habillure,  roubo  lils,  Menuisier, 
p.  1117.] 

Il  (Technol.)  Jonction  des  bouts  de  fil  de  fer  qui  entou- 
rent les  lattes  d'un  treillage  à  leur  entrecroisement. 

HABIT  [à-bi]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  habitas,  manière  d'être,  et, 
p.  ext.  vêtement.  Il  xii'^s.Tolonslil'abit,  wace,  P/7«Z,  6642.] 

Il  Vêlement  qu'on  met  par-dessus  le  linge  de  corps. 
Un  —  d'homme,  de  femme.  Un  —  de  fête,  de  deuil.  Mettre  de 
beaux  habits.  A  cinq  cents  louis  d'or  tout  au  plus,  chaque  an- 
née, Sa  dépense  (d'une  femme;  en  habits  n'est-elle  pas  bor- 
née? boil.  Sat.  lu.  Dans  une  avare  et  sordide  famille  Cher- 
cher un  monstre  affreux  sous  un  —  de  fiUe,  in.  ibid.  Quelles 
traces  de  sang  vois-je  sur  vos  habits?  rac.  Théb.  i,  3.  C'est  trop 
que  de  nous  supplanter,  et  de  nous  supplanter  avec  nos  propres 
habits,  mol.  Prêc.  rid.  se.  15.  Mettre  —  bas,  quitter  les  vê- 
tements de  dessus  pour  se  mettre  plus  a  l'aise  en  faisant 
qqch,  et,  fig.  Mettre  ses  habits  bas  pour  jamais,  mourir. 
Un  marchand  d'habits,  de  vieux  habits.  Habits  à  vendre,  vieux 
habits!  cri  des  marchands  fripiers  ambulants.  j|  Fig.  L'ai- 
gle, reine  des  airs,  avec  Margot  la  pie,  Différentes  d'humeur, 
de  langage,  et  d'esprit  Et  d' — ,  la  f.  Fab.  .xii,  11. 

Il  iSpecialt.  Il  1"  "Vêtement  d'homme  qui  recouvre  les 
bras  et  le  buste,  dessine  la  taille,  se  termine  par  des  bas- 
ques. Passer  un  — .  C'est  un  chef-d'œuvre  que  d'avoir  inventé 
un  —  sérieux  qui  ne  fût  pas  noir,  mol.  B.  gent.  11,  5. 

Il  2"  Vêtement  de  religieux,  de  religieuse.  L'évêque 
persista  à  vouloir  un  ordre  et  un  —  particulier,  rac.  P. -Royal, 
1.  Habits  de  chœur,  que  les  ecclésiastiques,  les  religieux, 


HABITABLE 


portent  en  assistant  aux  offices.  —  long,  la  soutane  des 
ecclésiastiques.  —  court,  sorte  de  rediiif^ote  que  les  ec- 
clésiasti(iues  portent  (juaiid  ils  n'ont  pas  la  soutane.  Pren- 
dre 1' —  des  Dominicains.  Abaolt.  Prendre  1' — ,  entrer  en  re- 
ligion. Quatre  de  ces  liUes  prirent  1' —  le  lendemain,  rac. 
P.-Ro'jal,  2.  Prise  d' — ,  entrée  en  relii^ion.  Lnc.  prov.  V — 
ne  fait  pas  le  moine,  il  ne  faut  pas  juger  les  gens  sur  l'ap- 
parence. 

HABITABLE  :,i-l)i-làhl' •  adj. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  habiter,  d'après  le  lat.  habitabilis,  ii). 
ï.  §  93.  Il  xii«  s.  Non  habitable,  beneeit,  Ducs  de  Xoj-ju. 
dans  DEi.B.  Rec] 

Il  Où  l'on  peut  habiter.  Ce  logement  n'est  pas  — .  Les  ré- 
gions habitables  du  Nord.  Toute  la  terre  — . 

HABITACLE  [à-bi-tàkl';  s.    m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  habitaculura,  m.  s.  \\  xn«  s.  Je 
amai  l'abitacle  de  ta  maisun,  Psaut.  de  Camfjridr/e,  xxv,  8.] 

Il  1°  (Style  biblique.)  Habitation.  L'arche  était  1'—  du 
Très-Haut.  Dn  bourg  était  autour,  ennemi  des  autels,  Gens  bar- 
bares, gens  durs,  —  d'impies,  i..\  F.  Phil.  et  liaiicis. 

Il  2'' (Marine.^  .\rmoire  placée  sur  le  gaillard  d'arrière. 
<levant  la  roue  du  gouvernail,  oîi  l'on  enferme  la  boussole, 
l'horloge  et  la  lumière. 

HABITANT,  ANTE  [à-bi-tan.  -tint']  adf.  et  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Adj.  et  subst.  partirip.  de  habiter,  ,ï  47.  ||  xii":- 
Xlii^  s.  Tu  dones  a  tes  habitans  Vie  que  mors  ne  puet  quasser, 

RENCL.  DE  MÛILIENS,  daUS  DELB.  Rec] 

Il  ±0  Vieilli.  Adj.  Qui  habite.  Spi^cialt.  (Droit.)  Cette 
femme  est  encore  habitcinte  au  lieu  où  elle  avait  établi  sa  ré- 
sidence. 

Il  2"  .'^.  m.  et  f.  Celui,  colle,  qui  habite  en  un  lieu.  Les 
habitants  de  la  campagne.  Les  habitants  d'une  ville,  d'un  quar- 
tier, d'une  maison.  Tous  les  habitants  furent  passés  au  fil  de 
l'épée.  Il  Specialt.  Celui  qui  possède  un  domaine  dans  une 
colonie.  Les  habitants  de  la  Martinique.  i|  Port .  Les  habitants 
des  forêts,  des  eaux,  de  l'air,  les  animaux  sauvages,  les  pois- 
sons, les  oiseaux.  Les  habitants  de  l'Olympe,  les  dieux. 

•HABITAT  [à-bi-tki  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  habiter,  §  254.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Ilist.  nat.l  Lieu  spécialement  habité  par  une  espèce 
végétale  (ju  animale. 

HABITATION  [à-bi-tà-syon  ;  en  vers,  -si-on]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  habitatio,  m.  s.  \]  xii"  s.  Habi- 
tatiuns  felenesses,  Psaut.  de  Cambridge,  lxxiii,  20.] 

Il  1"  .\ction  d'habiter  dans  un  lieu,  séjour  à  demeure. 
Faire  son  —  dans  tel  ou  tel  endroit.  L' —  de  cette  maison  est 
malsaine.  ||  P.  anal.  En  parlant  des  animaux.  Le  tigre  fait 
son  —  dans  les  régions  tropicales. 

Il  2"  Endroit,  maison  où  Ton  habite.  Une  —  agréable, 
bien  située.  Une  —  malsaine.  "  P.  anal.  (Ilist.  nat.)  Région 
particulièrement  occupée  par  une  espèce  animale  ou  vé- 
gétale. 

HABITER  [à-bi-té]  r.  intr.  et  tr. 

[ÉTVM.  Emprunté  du  lat.  habitare,  m.  s.  ||  xu=  s.  Seûr 
me  fesis  habiter,  Psaut.  de  Canibridge,  iv,  10.] 

I.  V.  intr.  Faire  un  séjour  à  demeure  fdans  un  lieu). 

—  dans  un  palais,  dans  une  chaumière,  n  habite  chez  son  père. 
Il  habite  avec  moi.  Plus  loin  que  le  quartier  où  ils  habitent,  la 
nu.  7.  —  à  Paris,  à  la  campagne,  en  Italie.  Les  peuples  qui  ha- 
bitent à  l'équateur,  aux  antipodes.  |j  /'.  anal.  Les  régions  où 
habitent  les  éléphants.  Les  roseaux  habitent  près  des  marécages. 
■  Fig.  La  raison  d'ordinaire  N'habite  pas  longtemps  chez  les 
gens  séquestrés,  IJ^.  r.  Fab.  viii,  1(J.  Dieu  descend  et  revient 

—  parmi  nous,  haC.  Esth.  m,  9.  L'esprit  de  Dieu  habite  en 
vous,  SACi,  .S'/  Paul,  f^  Corinth.  ni,  10. 

II.  V.  lr.\\  1°  Faire  un  séjour  à  demeure  dans  (un  lieu). 

—  un  palais,  une  chaumière.  Le  pays  qu'il  habite,  n  habite  Pa- 
ns. La  nature  n'est  que  pour  ceux  qui  habitent  la  campagne,  i..\ 

.  1::!.  One  maison  mal  habitée.  P.  anal.  En  parlant  des 
animaux,  des  végétaux.  Le  tigre  habite  les  régions  tropicales. 
Le  bouleau  habite  les  hautes  montagnes.  Famil.  En  parlant 
de  la  vermine.  Ce  fromage  est  habité.  La  tète  de  cet  enfant  est 
habitée. 

I  2"  P.  e.rt.  Famil.  Ne  pas  bouger  d'un  endroit  (]u'on 
occupe,  n  habite  son  fauteuil.  Fig.  La  paix  habite  ce  séjour. 
lieux  habités  par  l'innocence. 

HABITUDE  [à-l)i-tud']  .?.  /". 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  habitudo,?;:.  .v.  Ilxiv"  s.  Habitudes 
de  corps,  oresme,  dans  gouef.  CompL] 

I*  Disposition  générale  du  corps.  Semblant  se  moquer  de 

DICT.   FR.\NC. 


121 

I 


7  -  HACHE 

r —  de  son  corps,  amyot,  Philop.  3.  La  maladie  a  changé 
son  —  extérieure,  V —  de  son  corps.  Cette  —  du  corps,  menue, 
grêle,  noire  et  velue,  moi,.  Pourc.  i,  8. 

II.  P.  est.  Il  \"  Disposition,  manière  d'être  usuelle 
contractée  par  qqi\.  Bonne,  mauvaise  — .  Une  vieille  — .  For- 
mer, contracter,  prendre,  quitter,  perdre  une  — .  Cela  devient 
une  — ,  tourne  en  — .  L' —  est  une  seconde  nature.  La  force  in- 
domptable de  r —  !  LA  BH.  l.Ô.  La  grâce  de  la  nouveauté  et  la 
longue  — ,  quelque  opposées  qu'elles  soient,  nous  empêchent 
également  de  sentir  les  défauts  de  nossimis,  l.\  rocuef.  Mar. 
448.  C'est  un  homme  d' — ,  qui  tient  k  ses  hatjiludes.  Fif/. 
Famil.  Dans  le  même  sens.  C'est  un  animal  d'  — .  Je  suis 
animal  d' — ,  (iRKS.-^ET,  Mi'chant.  i,  1.  Faire  une  chose  par  — . 
D' — ,  sa  conduite  est  autre,  j  Avoir  1'  — ,  être  dans  1' —  de  faire 
une  chose.  Avoir  1'  — ,  faire  —  d'une  chose.  L" —  du  crime.  Ah! 
Narcisse,  tu  sais  si  de  la  servitude  Je  prétends  faire  encore  une 
longue  — ,  rag.  Brit.  i,  4.  Si  le  péché  dont  on  s'accuse  est  un 
péché  d'— ,  PASC.  Prov.  10.  |  Vieilli.  L'—  qu'il  a  à  la  flatte- 
rie, \..K  BR.  5. 

Il  2"  Relation  avec  qqn  qu'on  fréquente.  Cet  homme  a 
de  bonnes  habitudes  à  la  cour.  J'avais  autrefois  quelque  —  avec 
les  gens  dont  vous  parlez,  kac.  P.-Hog/il ,  1.  L'ambassadeur  ne 
se  soucia  pas  trop  de  faire  —  avec  lui,  ID.  \ot.  histor.  t.  \', 
p.  166.  Cultiver,  entretenir  ses  habitudes. 

HABITUEL,  ELLE  [k-bi-tu-èl  ;  en  vers,  -tu-èl]  adj. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  scolastique  habitualis,  m.  s. 
§217.  Il  xiv"=s.  Se  déduit  de  l'exemple  cité  k  habituellement.; 

Il  Passé  en  habitude  chez  qqn.  Péché  — .  Mal  — .  Mou- 
vements habituels.  ||  Qui  se  trouve  le  plus  souvent,  pres- 
(jue  toujours  en  (iqn,  en  qqch.  Les  caractères  habituels  d'une 
espèce  végétale,  minérale.  Les  qualités  habituelles  du  style  sont 
la  clarté  et  la  correction.  (Théol.j  Grâce  habituelle,  celle  qui 
réside  toujours  dans  le  sujet. 

HABITUELLEMENT  [k-bi-tuêl-man  ;  en  vers,  -tu-è- 
le-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  habituelle  et  ment,  §  724.  ||  xiv"^  s. 
Rendant  grâces  a  Dieu  habituelement.  Pli.  DE  maizières,  dans 
GODEF.  CompL] 

Il  D'une  manière  habituelle. 

HABITUER  jk-bi-tué;  en  vers,  -tu-é]  i'.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  lat.  habituare,  m.  s.  !j  xiv>=  s. 
Habitué  en  vertu,  oresme,  Éth.  m,  20.] 

Il  1°  Amener  k  une  disposition,  k  une  manière  d'être 
usuelle.  —  qqn  au  travail.  S' —  au  froid,  à  la  fatigue.  |  Suivi 
de  la  préposition  à  (ou,  vieilli,  de  la  préposition  de  et  d'un 
inllnitif.  n  faut  —  les  enfants  à  obéir.  S' —  à  souffrir.  Habitué 
à  vivre  de  peu.  |  Subslantivt.  C'est  un  habitué  de  la  maison. 
Les  habitués  de  ce  théâtre.  ||  Specialt.  Un  prêtre  habitué,  et, 
substantivt.  Un  habitué,  prêtre  attaché  au  service  d'une 
paroisse  sans  y  avoir  charge  ni  dignité. 

Il  2"  Vieilli.  Établir  k  demeure  dans  un  lieu.  Ils  s'allè- 
fent  —  aux  extrémités  de  la  Libye,  p.  d'abl.\NC.  Tacite,  Uist. 
V,  1.  Sion  qui  les  voit  tous  s' —  chez  elle,  CORN.  0/f.  de  lu 
Ste  Vierge,  ps.  86. 

HÂBLER  [hâ-blé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.hablar,  parler,  qui  a  pris 
en  passant  en  français  un  sens  défavoral)le.  comme  le 
français  parler  en  passant  en  espagnol,  sous  la  forme  par- 
lar,  a  pris  le  sens  de  «  bavarder  »,  !;  13.  i  1542.  Que  peuU 
tant  habler  la  pucelle  peu  sçavante  avec  le  jeune  imbecUle?  i'. 
de  changy,  dans  delu.  Rec] 

Il  Se  vanter  avec  emphase. 

HÂBLERIE  [hâ-ble-ri]  .s\  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâbler,  §  69.  ||  xyii«  s.  V.  k  l'arlic].' 

Il  Langage  de  celui  (jui  hâble.  Sa  —  lui  avait  acquis  quel- 
que réputation,  furet.  Rom.  bourg,  ii.  46. 

HÂBLEUR,  EUSE  [hâ-bleur,  -ble'uz'j  .v.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâbler,  s-  112.  On  trouve  qqfau  xvi^ 
habladour,  d'après  l'espagn.  hablador  IJ.  prevot.  Subi.  - 
plais,  xnvenl.  [1584],  p.  81,  r».)  ||  1611.  cûtgr.^ 

Il  Celui,  celle  qui  aime  à  hâbler.  Certain  —  à  la  guci.:o 
affamée,  boil.  Sat.  3.  Médecin,  Savant  —,  dit-on,  et  célèbre 
assassin,  m.  .4r/  p.  4.  —  comme  un  Gascon. 

'HACHAGE  [hk-chàjj  .v.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hacher,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  Action  de  hacher,  résultat  de  celle  action. 

•HACHARD  [hk-char]  .<r.  »n. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hache,  §  147.  ||  Neolog.] 

Il  (Technol.^  Cisailles  de  forgeron  k  couper  le  fer. 

HACHE  [hach']  s.  /". 

77 


HACHEE 


1218 


HAGIOGRAPHE 


[ÉTYM.  Emprunté  du  bas  allem.  hacke,  m.  s.  dont  le  ra-  ' 
dical  parait  être  le  même  que  celui  qui  se  trouve  dans 
houe  (  V.  ce  mot),  §§  10,498  et  499.  ||  xii»  s.  Si  tenoit  chas- 
cuns  une  hache,  chrétien  de  troyes  ,  Charrette,  1U91.] 

Il  l"  Instrument  de  fer  servant  à  couper  et  à  fendre, 
sorte  de  large  lame  en  forme  de  triangle  curviligne,  con-  i 
vexe  par  la  base,  qui  est  tranchante,  concave  par  les  cô- 
tés, et  qui  est  fixée  à  un  manche.  Fendre  du  bois  avec  une 
— .  Abattre  une  porte,  équarrir  une  poutre  à  coups  de  — ,  et,   [ 
fîg.  famil.  Ouvrage  fait  à  coups  de  —,  fait  grossièrement  et  } 
à  la  hâte.  Dne  —  de  bûcheron.  Loc.  prov.  Vieilli.  Aller  au  bois  I 
sans  —,  entreprendre  une  chose  sans  se  munir  de  ce  qui  l 
est  nécessaire  pour  la  mener  à  bonne  fin.  Avoir  un  coup  de 
—  à  la  tète,  et,  absolt,  Avoir  un  coup  de  — ,  avoir  la  tùte  fè-  \ 
lée,  être  un  peu  fou.  j  —  à  main,  petite  hache  à  manche 
court.  —  de  pierre,  dont  le  tranchant  est  de  silex  taillé,  , 
et  non  de  fer.  —  de  sapeur.  |  —  de  charpentier,  de  marin.  ; 
Vieilli.  Maître  de  — ,  charpentier  du  bord.  ||  —  d'armes,  j  1.  i 
Forte  hache  à  très  long  manche,  dont  on  se  servait  autre-  I 
fois  comme  d"arme  otfensive.  |  2.  (Marine.)  Petite  hache 
pour  les  combats  d'abordage,  jj  Les  haches  des  licteurs, 
que  les  licteurs,  à  Rome,  portaient  avec  les  faisceaux 
devant  certains  magistrats,  dans  les  cortèges  publics.  |  — 
de  bourreau,  avec  laquelle  il  tranche  la  tète.  Fig.  La  — 
était  suspendue  sur  sa  tête,  il  était  menacé  de  mourir  de 
la  main  du  bourreau.  Périr  sous  la  — ,  mourir  sur  Fécha- 
faad.  Il  P.  ext.  \  1.  (Blason.)  —  danoise,  hache  d'argent 
au  manche  d'or  arrondi  ou  ployé.  |  2.  (Technol.)  Marteau 
en  forme  de  hache  pour  briser  les  blocs  d'ardoise. 

Il  2°  Fig.  I  1.  Disposition  en  forme  de  hache.  Imprimer 
en  — ,  dans  un  te.xte  à  deux  colonnes,  donner  la  largeur 
de  la  page  entière  à  une  colonne  qui  dépasse  l'autre  en 
longueur.  Pièce  de  terre  en  — ,  qui  pénètre  par  un  côté 
dans  une  autre  pièce  de  terre.  |  2.  (Art  vétérin.)  Coup  de 
— ,  creux  situé  chez  le  cheval  à  la  jonction  du  cou  et  du 
garrot  et  qui  rappelle  l'entaille  faite  par  un  coup  de  hache. 

I  3.  (Botan.)  —  royale,  l'asphodèle  blanc  et  l'asphodèle 
rameux.  ou  bâton  royal. 

•HACHÉE  [à-chéf.  V.  achée. 

•HACHE-ÉCORCE  [hà-ché-kôrs']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  hache  (du  verbe  hacher)  et  écorce, 
§  209.  !|  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Hachoir  de  tanneur  pour  couper  en  pe- 
tits fragments  l'écorce  de  chêne. 

•HACHE-LÉGUMES  [hach'-lé-gum';  en  vers,  ha- 
che-...j  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  hache  (du  verbe  hacher)  et  légume, 
§  209.  Il  Séolog.] 

Il  (Cuisine.)  Instrument  pour  hacher  menu  les  légumes. 

"HACHEMENT  'hach'-man  ;  en  vers,  hà-che-...]  s.  jn. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hacher,  §  145.  (Cf.  hachure.)  ||  1349. 
Qu'adonc  leur  hachementz  soient  offerts,  Hist.  de  l'ordre  de 
St-Georges,  dans  godef.] 

Il  1°  vTechnol.)  Action  de  hacher.  Le  —  d'une  planche. 

Il  2"  P.  ext.  Ce  qui  est  haché.  Fig.  (Blason.)  Cordon 
à  longs  bouts  flottants  dont  on  lie  les  lambrequins  (sur- 
tout dans  les  blasons  allemands). 

HACHE-PAU.LE  [hâch'-pâv'j  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  hache  (du  verbe  hacher)  et  paille, 
§  209.  i|  1780.  ENCYCL.  MÉTH.  Agricult.  Prairies.  Admis 
AGAD.  1835.] 

Il  (Technol.)  Instrument  qui  sert  à  hacher  la  paille  avec 
laquelle  on  nourrit  le  bétail. 

HACHER  (hà-ché]  r.  tr. 

[ÉTY-M.  Dérivé  de  hache,  §  154.  On  trouve  dès  le  xii<!  siè- 
cle dehachier  (chrétien  de  troyes,  Chevalier  au  lion,  827), 
qui  s'est  maintenu  jusqu'au  xvue  s.  sous  la  forme  débâ- 
cher, employée  à  plusieurs  reprises  par  st-amant.  .V.  gû- 
DEF.  dehachier.)  ||  xiii*=-xivo  s.  Puis  les  hagiez  bien  menus, 
Chirurg.  de  Mondeville,  î^  49.] 

Il  1°  Couper  en  morceaux  avec  une  hacke,  un  cou- 
peret, etc.  —  des  herbes,  de  la  paille.  —  de  la  viande.  Loc. 
prov.  —  menu  comme  chair  à  pâtés,  mettre  en  mille  petits 
morceaux.  Vous  les  hachez  menu  comme  chair  à  pâtés,  corn. 
Ment.  IV,  3.  ||  —  qqn  en  pièces  (supplice  usité  en  Asie).  Fig. 

II  se  ferait  —  en  pièces,  U  se  ferait  — ,  il  persisterait  au  risque 
de  sa  vie.  L'escadron  s'est  fait  —  en  pièces,  s'est  défendu 
jusqu'à  ce  qu'il  ait  été  entièrement  détruit.  |[  P.  anal.  \  1. 
Découper  grossièrement  et  maladroitement.  Cet  écuyer 
tranchant  ne  découpe  pas  les  viandes,  il  les  hache.  |  2.  Détruire 


en  coupant,  en  brisant  en  menus  morceaux.  La  grêle  a 
haché  les  moissons. 

Il  2''  Entailler  à  l'aide  d'une  hache,  d'un  ciseau.  —  une 
pierre,  une  planche,  dégrossir  le  parement  de  la  pierre  avec 
une  hache,  de  la  planche  avec  un  ciseau. 

Il  3°  Sillonner  de  petits  traits  qui  se  croisent  les  uns 
les  autres.  —  avec  le  burin.  —  avec  le  crayon,  avec  la  plume. 
Une  estampe  bien  hachée.  (Cf.  hachure.) 

Il  4"  Fig.  —  son  style,  couper  les  phrases  à  l'e.xcès. 

HACHEREAU  [hach'-rô  ;  en  vers,  hà-che-...]  5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hache,  g  126.  ||  xV  s.  Myst.  de  la 
Passion,  dans  godef.  Compl.  Admis  acad.  1762.] 

IJ  Petite  cognée. 

HACHETTE  [hà-chef]  s.  f. 

i^ÉTYM.  Dérivé  de  hache,  §  133.  ||  1380.  Se  déduit  du  bas 
lat.  hacheta,  dans  du  g.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1"  Petite  hache. 

il  2°  P.  anal.  Variété  d'ablette,  poisson.  ||  Variété  de 
papillon  de  nuit. 

HACHIS  [hà-chi]  .^.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hacher,  §  78.  ||  1539.  r.  est.] 

Il  (Cuisine.)  Mets  de  viande,  de  poisson  cuit,  haché 
menu.  Un  —  de  mouton,  de  carpe.  Il  mangea  deux  perdrix 
Avec  une  moitié  de  gigot  en  — ,  MOL.  Tart.  i,  4. 

HACHISCH  uu  HASCHISCH   Lhà-chich']  S.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'arabe  hachich,  proprt,  «  herbe, 
foin  »,  appliqué  spécialement  au  chanvre  indien,  §  22.  |t 
1556.  Jus  noir  et  espais,  lequel  ilz  appellent  aschy,  s.\liat, 
dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1878. j 

Il  1°  Chanvre  indien  dont  la  feuille  séchée  se  mâche  ou 
se  fume. 

Il  2»  P.  ext.  Préparation  enivrante  faite  avec  cette 
feuille. 

HACHOIR  [hà-chwàr]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  hacher,  §  113.  ||  1471.  Deux  petiz  ha- 
choueurs,  dans  godef.  Compl.  Admis  ac.\d.  1718.] 

Il  lo  Sorte  de  couperet  pour  hacher  les  viandes.  ||  Pe- 
tite table  de  chêne,  grosse  planche,  sur  lesquelles  on  les 
hache. 

Il  2°  (Technol.)  Lieu  où  l'on  hache  la  graisse  en  petits 
morceaux  avant  de  la  fondre  pour  faire  les  chandelles. 

•HACHOTTE  [hà-chôf]  S.  f. 

[ÉTYM.  Forme  dialectale  de  hachette,  §§  16,  1.33  et  136.  || 
1789.  ENGYCL.  MÉTH.  Couvreur.] 

Il  (Technol.)  Petite  hache  de  charpentier,  de  tonnelier, 
pour  couper  les  lattes,  les  cercles.  ||  Ciseau  de  couvreur 
pour  couper  les  lattes,  les  ardoises. 

HACHURE  [hà-chùr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hacher,  §  111.  ||  xV  s.  Timbres  et  lam- 
bequins  que  on  appelle  en  Flandres  et  en  Brabant...  hacheures 
ou  hachemens,  rené  d'anjou,  Œuvres,  il,  10.  Admis  acad. 
1718.] 

Il  1»  Traits  employés  dans  le  dessin  et  la  gravure  pour 
marquer  les  demi-teintes  et  les  ombres;  en  topographie, 
pour  indiquer  les  accidents  de  terrain;  dans  le  blason, 
pour  distinguer  les  émaux  et  les  métaux. 

Il  2°  Traits  dont  on  couvre  les  métaux  avant  de  les  dorer 
ou  de  les  argenter. 

Il  3<5  Traits  que  l'on  fait  à  la  roue  du  lapidaire. 

"HADOT  [hà-dù]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'angl.  haddock,  ni.  s.  §  8.  ||  xiii^  s. 
Hados  et  oitres,  Bat.  de  karesme  et  de  charnage,  dans 
godef.] 

Il  Dialect.  (Pèche.)  Aigrefin,  poisson. 

HAGARD,  ARDE  [hà-gàr,  -gàrd']  adj. 

[ÉTYM.  Forme  normanno-picarde  yV.  §  16)  pour  haiard, 
dérivé  de  haie  1,  §  147  :  proprt,  «  de  haie  ».  ||  xiv^  s.  Es- 
previer  hagart,  Ménagier,  ii,  317.] 

Il  1"  (Fauconn.)  Qui,  ayant  subi  plusieurs  mues  à  l'état 
sauvage,  est  devenu  trop  vieux  pour  s'apprivoiser  et  reste 
farouche.  Faucon,  épervier  — . 

Il  2°  Fig.  Dont  l'aspect  a  qqch  de  farouche  et  d'étrange. 
Visage  — .  Mine  hagarde.  Les  yeux  hagards. 

HAGIOGRAPHE  [à-jyô-graf;  envers,-]i-b-...]  adj.  et 
s.  m. 

[ÉTY'M.  Emprunté  du  grec  âY'.ÔYpst'fOî,  '».  s.  de  ayioî, 
saint,  et  ■^çii-z.v.-'j,  écrire.  ||  xv'^-xvi<=  s.  Les  agiographes,  FOS- 
sETiER,  dans  GODEF.  Compl.  .Admis  acad.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  ||  1"  .idj.  Qui  traite  des  choses  saintes. 
Les  livres  hagiograpues,  et,  substantivt.  Les  hagiographes. 


I 


HAGIOGRAPHIE 


1219 


HAÏSSEUR 


troisième  partie  de  l'Ancien  Testament,  contenant  tous 
les  livres  autres  que  le  Penlateuque  et  les  livres  des  Pro- 
phètes. Les  écrivains  hagiographes,  et,  sufjstanlivt ,Leshagio- 
graplies,  écrivains  qui  ont  écrit  les  livres  dits  hagiographes. 

Il  2°  6'.  m.  Auteur  qui  raconte  la  vie  et  les  actions  des 
saints. 

HAGIOGRAPHIE  [à-jyù-grà-fi  ;  en  i>e?'.y,-ji-ô-...]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  hagiographe,  §  '2$>i.  ||  Xéoloi/.  Admis 
ACAU.  1878.] 

li  (T.  didacl.)  Science  qui  traite  des  choses  saintes,  de 
l'histoire  des  saints. 

•HAGIOGRAPHIQUE  [à-jy6-grà-fïk';  envers,-yi-ô-...] 
adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hagiographie,  §  229.  ||  Nrolor/.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  concerne  l'hagiographie. 

'HAGIOLOGIE  [à-jyù-lô-ji  ;  en  re?'.y, -ji-ô-...]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Composé  avec  le  grec  iy^oî,  saint,  et  Xoyoi;,  dis- 
cours, §  279.  Il  NéoLog.] 

Il  (T.  didact.)  Discours  sur  les  choses  saintes. 

HAGIOLOGIQUE  [à-jyô-lô-jïk';  en  vers,  -ji-ô-...]  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  ayto;,  saint,  et  îvôyo;, 
discours,  §  279.  ||  1732.  trév.  Admis  acad.  1762.] 

il  (T.  didact.)  Oui  concerne  les  choses  saintes.  Le  Voca- 
bulaire —  de  Chastelain  (liste  des  noms  de  saints). 

'HAGLXJRE  [à-glùr].  V.  aiglure,  égalure. 

HAHA  [hà-àj  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  {Cf.  hahé.)  ||  xvue  s.  V.  à  l'ar- 
ticle. Admis  ACAD.  1762.] 

I.  5.  m.  Obstacle  interrompant  brusquement  et  désa- 
gréablement le  chemin  qu'on  suit.  I  Specialt.  Saut  de  loup, 
fossé  derrière  une  ouverture  de  mur,  au  bout  d'une  allée. 

II.  Vieilli,  i). /■.  Femme  d'une  laideur  étonnante.  Vieille 
—,  SCARH.  dans  lerou.x,  Dict.  comiq. 

HAHÉ  [hà-é]  5.  m. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §32.  (Cf.  haha.)  ||  xiii<=  s.  Trop  grant 
hahai  après  aus  oient,  G.  DE  COINCY,  dans  godef.  hahai.  Ad- 
mis ACAU.  1762.] 

Il  (Vénerie.)  Cri  pour  arrêter  les  chiens  qui  prennent 
le  change  ou  s'emportent  trop. 

HAI  [héj.  V.  hé. 

HAIE  [hè]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  german.  haga,  m.  s.  §§  6,  498  et 
499:  allem.  mod.  hag,  anglo-saxon  haga,  etc.  [Cf.  âge  et 
hagard.)  ||  xii«  s.  D'autre  part  une  haie,  en  un  bois  cler,  Aiol, 
13U0.] 

Il  1"  Clôture  d'un  champ,  d'un  jardin,  faite  d'arbris- 
seaux entrelacés.  —  vive,  faite  d'arbrisseaux  en  végéta- 
tion. —  morte  ou  sèche,  faite  de  branches  mortes.  Course 
de  haies,  où  les  chevaux  ont  à  franchir  des  haies  et  autres 
obstacles.  ||  Corvée  de  la  — ,  qui  consistait  à  réparer  les 
iiaies  du  domaine  seigneurial.  ||  1'.  anal.  Briques  en  —, 
qu'on  dispose  les  unes  sur  les  autres  pour  les  faire  sécher, 
en  laissant  entre  elles  des  vides. 

Il  2"  i'if].  Obstacle  formé  d'une  file  de  choses  empê- 
chant d'avancer.  —  de  rochers,  d'écueils,  long  banc  de  ro- 
chers, d'écueils  en  pleine  mur,  sur  les  côtes.  ||  Spdcialt. 
File  de  personnes  bordant  une  voie  pour  laisser  la  place 
libre  à  un  cortège.  Dne  —  de  soldats  bordaùt  la  voie  des  deux 
côtés.  Il  passa  entre  deux  haies  de  troupes.  Border  la  — ,  faire 
iormer  la  — ,  être  rangé  en  — ,  se  dit  des  soldats  ainsi  dis- 
posés en  file  pour  contenir  la  foule.  ||  P.  anal.  One  —  de 
baïonnettes,  de  bouchers. 

Il  3o  /-".  exl.  (Technol.)  La  pièce  la  plus  longue  de  la 
charrue,  qui  reçoit  l'attelage,  dite  aussi  âge  et  flèche. 

HAÏE  [hày']  inleij. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  ||  xviic  s.  V.  à  l'article.  Admis 
Ar.\u.  1694  avecl'orthograplie  haye.] 

IjCri  du  charretier  pouranuner son  cheval.  \\Fig.  Vieilli. 
Ijic.  prov.  Et  —  au  bout,  et  quelque  chose  en  plus.  Aimable 
comtesse  Pour  qui  tout  le  monde  a  partout  Tant  de  respect,  et 
—  au  bout,  SCAHR.  Epit.  à  M"^^  la  comtesse  de  Fies(/ue. 

HAILLON  [hd-yon]  s.  ?«. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  l'anc.  haut  allem.  hadil,  lam- 
beau, §§6,  104,  498  et  499.  ||  xv''  s.Lesprinsonniers...  chas- 
cun  ung  povre  haillon  vestu,  Jownald'un  bourg,  de  Paris, 
p.  363,  Tuetey.J 

Il  Vieux  lambeau  d'étoffe,  de  toile.  Vêtu  de  haillons. 

*HATN  [in]  s.  7n. 

[ÉTYM.  Du  lat.  hamum,  m.  s.  devenu  ain,  §§  372.  299,  4G9 
et  291,  écrit  hain  par  réaction  étymologique,  §  5u2.] 


Il  Vieilli  et  dialect.  Hameçon. 

HAINE  [hên']  s.  f 

[ÉTYM.  l^)ur  haine,  §  358,  dérivé  de  haïr,  §  100.  ||  xii«  s. 
Moût  grant  haine  et  moût  grant  guerre,  Tlièhcs,  2198.] 

Il  1"  Malveillance  profonde.  Dne  —  mortelle.  Oui,  j'ai  conçu 
pour  elle  une  effroyable  — ,  mol.  Mis.  i,  1.  Et  n'avoir  pas  pour 
eux  (pour  les  méchants)  ces  haines  vigoureuses  Que  doit  don- 
ner le  vice  aux  âmes  vertueuses,  id.  ibid.  Combien  je  vais  sur 
moi  faire  éclater  de  haines  !  rac.  Andr.  m,  7.  Cet  amour,  source 
de  tant  de  — ,  m.  lirit.  v,  1.  Cette  —  des  rois  pour  les  rois) 
que,  depuis  cinq  cents  ans,  Avec  le  premier  lait  sucent  tous  ses 
enfants,  CoUN.  Cinna,  li,  1.  Pour  détourner  sur  eux  la  —  d'un 
mauvais  succès  (que  causerait  un  mauvais  succès),  la  br. 
2.  La  France  sous  Louis  XIV  s'était  attiré  la  —  de  l'Europe. 

Il  2"  Répugnance  profonde  pmir  qqch.  La  —  du  mal.  J'ai 
pris  la  vie  en  —  et  ma  flamme  en  horreur,  rac.  Phèd.  i,  3. 
Cet  ouvrage  a  été  écrit  en  —  de  la  religion. 

•HAINEUSEMENT  [hè-neliz'-man ;  en  vers,-nQ:x\- 
ze-...]  adv. 

[ÉTY.M.  Composé  de  haineuse  et  ment,  §  724.  ||  xivc-xv*  s. 
Parlez...  haineusement  A  juif,  EUST.  DESCH.  vui,  167.] 

Il  D'une  manière  haineuse. 

HAINEUX,  EUSE  [hô-neii,  -neuz']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haine,  §  116.  ||  xu«  s.  Nos  sunt  cruel  e 
haïnos,  BE.NEEiT,  hues  de  Norm.  dans  dllb.  Rec.] 

Il  Porté  à  la  haine.  Caractère  — .  Ame  haineuse.  Gens  — , 
et,  substantivt,  vieilli,  Et  si  tout  au  rebours  nos  —  nous  en 
piquent,  rég.nier,  Sat.  5.  ||  Inspiré  par  la  haine.  Paroles 
haineuses.  Colère,  joie  haineuse. 

HAÏR  [hà-ir]  i'.  tr. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  german.  hatan  ou  hatjan,  m.  s.  (cf. 
;illem.  moderne  hassen,  angl.  hâte,  etc.),  §§  6,  498  et  499. 
i  xi^  s.  Les  Turs  et  les  Persanz  et  celé  gent  haïe,  Vù'j.  de 
Charl.  à  Jérus.  105.] 

Il  1°  Avoir  (qqn)  en  haine.  —  son  prochain.  —  qqn  à  mort, 
à  la  mort.  Dn  ennemi  qu'il  hait  mortellement.  Dans  le  fond  de 
ton  cœur,  je  sais  que  tu  me  hais,  R.\c.  Brit.  v,  6.  Cet  acte 
odieux  le  fit  —  de  tous,  et,  vieilli,  à  tous.  Vous  lui  faites  — 
tous  ceux  qu'il  aimait.  Il  se  fait  —  des  siens.  Ils  se  haïssent  l'un 
l'autre.  On  malheureux...  Que  tout  le  monde  hait  et  qui  se  hait 
lui-même,  rac  Andr.  m,  1.  Specialt.  (Théol.j  Se  — .  Nulle 
autre  religion  (que  la  chrétienne)  n'a  proposé  de  se  — ,  paSC. 
Pens.  XI,  4.  |  AOsoll.  Il  hait  à  cœur  ouvert,  rac  Brit.  v,  1. 

Il  2"  Avoir  (qqch)  en  haine.  —  le  mal,  le  vice.  —  qqch 
comme  la  peste,  comme  la  mort.  Je  hais  et  méprise  les  fausses 
nouvelles,  sÉv.  272.  —  le  travail.  —  le  froid,  le  chaud.  ||  Suivi 
dun  \  erbe.  —  que,  avec  le  subjonctif.  Je  hais  toujours  que 
les  hommes  aient  mal  au  derrière,  SÉv.  589.  —  de  ou  à,  avec 
l'infinitif.  Je  hais  toujours  de  vous  déplaire,  SÉv.  t.  X,  p.  544. 
Je  hais  mortellement  à  vous  parler  de  tout  cela,  m.  83l.  ||  Ne 
pas  — ,  aimer  assez,  n  ne  hait  pas  la  bonne  chère.  Suivi  de 
l'infinitif  avec  à  ou  de.  Ne  haïssant  pas  à  se  faire  de  fête, 
RAC  P.-Royal,  t.  IV,  p.  60.  Elles  ne  haïssent  pas  de  primer 
dans  ce  nouveau  genre  de  vie,  la  br.  3. 

H  AIRE  [hér]  A',  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  'haria,  m.  s.  {cf. 
allem.  mod.  haar,  chevelure),  §§  6,  498  et  499.  ||  x^  s.  Ves- 
teient  haires,  Fragm.  de  Valenciennes.] 

Il  1°  Petite  chemise  faite  dune  grossière  étoffe  de  crin 
ou  de  poils  de  chèvre,  qu'on  porte  sur  la  peau  pour  se 
mortifier.  Le  pâle  solitaire.  Couché  sur  le  cilice  et  blanchi  sous 
la  — ,  L.  R.\CLNE,  Grdee,  4.  Laurent,  serrez  ma  —  avec  ma 
discipline,  mol.  Tart.  m,  2. 

Il  2»  ^Technol.)  Etoffe  d'un  tissu  grossier  dont  les  bras- 
seurs se  font  des  vêtements  de  travail.  |  Première  forme 
que  présente  le  drap  quand  les  poils  ne  sont  pas  encore 
serrés  cl  égalisés  par  le  foulage.  Drap  en  — . 

'HAIREUX,  EUSE  [hè-reU,  -reuz']  adj. 

[ktym.  Dérivé  de  haire,  §  116.  ||  xvi"  s.  Enhyver  et  quant  le 
temps esthaireux,  liéballt.  Mais.  rusl.  f^ôS,  v»,  édit.  1564.] 

Il  Vieilli.  Qui  incommode  à  la  manière  d'une  haire. 
Sprcialt.  Fig.  Dn  temps  —,  froid  et  humide. 

HAÏSSABLE  [hà-i-sàbl']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haïr,  §  93.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Qui  mérite  d'être  haï.  Personne,  caractère  — .  Le  moi 
est  — ,  l'ASC  Pens.  vi,  20.  Sa  barbarie  est  fort  — ,  sÉv.  279. 

"HAÏSSEUR,  EUSE  [hà-i-seur,  -seuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haïr,  §  112.  .\  remplacé  l'anc.  franc, 
haere,  haeor.  ||  xvi"  s.  Haïsseur  de  songes,  G.  liOUCHET,  Se- 
rées,  m,  146.] 


HALAGE 


—  1220 


HALETER 


Il  Rare.  Celui,  celle  qui  hait. 

HALAGE  [hà-làj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haler,  §  78.  ||  1488.  Halage  ou  boutage, 
dans  GOUEF.  Compl.] 

Il  (Technol.'l  .\ction  de  haler.  —  à  bras  d'hommes.  Che- 
vaux de  — .  Chemin  de  — ,  que  suivent  les  hommes  ou  les 
chevaux,  en  tirant  le  bateau.  Cheville  de  —,  qui  sert  d"axe 
de  rotation  aux  rouets  du  cordier. 

HALBRAN  [hal-bran]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  moyen  allem.  halberent,  m.  s. 
proprt,  «  demi-canard  »,  g§6,  498  et  499.  ||  xiV  s.  Halebraus 
sont  les  petits  canets  qui  ne  peuvent  voler,  Ménugier,  u,  236. j 

Il  Jeune  canard  sauvage. 

HALBRENÉ,  ÉE.   V.  halbrener. 

*HALBRENER  [hâl-bre-né]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  halbran,  §§  64  et  154.  acad.  ne  donne 
que  le  partie,  passé  employé  adjectivement.  ||  xvi«  s.  Trois 
chevrons  hallebrenez  de  canabasserie,  rab.  ii,  13.] 

I.  V.  intr.  Chasser  aux  balbrans.  ||  P.  ext.  Transitivt. 
Faucon  halbrené,  qui  s'est  cassé  des  plumes  en  chassant  le 
halbran.  Ficj.  Famil.  Éreinter,  excéder  de  fatig-ue. 

II.  V.  tr.  Rendre  halbran.  —  des  canards  domestiques 
(par  des  couvées  libres  au  bord  d'étangs  voisins). 

•HALDE  [hàld']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  halde,  m.  s.  §  7.  ||  1779. 
Hald,  MORAND,  Art  d'expl.  les  tnines,  p.  1433. J 

Il  (Technol.)  Résidu  de  la  gangue  ou  du  minerai  de 
rebut. 

hAlE  [hal]  s.  m. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  hâler,  §  52.  ||  xii"  s.  Toz  jorz  la 
feit  garder  en  chanbre  Plus  por  peor  que  por  le  hasle,  chré- 
tien DE  TROYES,  CHçjès,  6778.] 

Il  Action  de  l'air  et  du  soleil  qui  dessèche,  brunit  et 
flétrit.  Le  —  avait  fait  tort  A  son  visage,  la  f.  Contes,  Ju- 
ment. Des  plantes  que  le  —  a  lanées. 

*HALE-A-BORD  [hà-lii-bor]  s.  m.  (fém.  th.  corn.). 

[ÉTYM.  Composé  de  haie  (du  verbe  haler  1),  à  et  bord, 
§  209.  Il  1694.  Haie  à  bord,  th.  corn,  haler.] 

Il  (Marine.)  Cordage  pour  haler  quelque  objet  à  bord. 

*HALE-AVANT  [hà-là-van]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  haie  (du  verbe  haler  1)  et  avant, 
§  209.  Il  1772.  Des  mitaines  ou  haie-avant,  duh.vmel  du  mo.n- 
CEAU,  Pèches,  II,  m,  390.] 

Il  (Pèche.)  Grosse  mitaine  de  pêcheur. 

*HALE-BAS  [hâl-bd;  envers,  hà-le-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  C(jmposé  de  haie  (du  verbe  haler  1)  et  bas,  §  209. 

Il    1732.  TRÉV.] 

Il  (Marine.)  Cordage  fixé  sur  le  point  de  drisse  d'un  foc, 
d'une  voile  d'étal,  etc.,  pour  les  l'aire  descendre. 

*HALE-BOULINE[hâl-bou-lin';enDer.s,-hà-le-...].y.  w. 

[ÉTYM.  Composé  de  haie  (du  verbe  haler  1)  et  bouline, 
§  209.  Il  1621.  On  ne  trouve  que  trop  de  haie-boulines,  le  p. 
rené  FRANÇOIS,  daus  JAL,  Gloss.  naut.] 

Il  (Marine.)  Mauvais  matelot  qui  ne  sait  faire  que  des 
manœuvres  faciles,  comme  de  haler  les  boulines. 

*HALE-BREU  [hâl-breii;  en  vers,  hà-le-.. .]  s.  m. 

[ÉTYM.  Paraît  être  pour  hale-breuil,  composé  de  haie 
(du  verbe  haler  1)  et  breuil  2,  §  205.  ||  1786.  engycl.  méth.j 

Il  (Marine.)  Petit  cordage  employé  en  sens  inverse  du 
haie-bas. 

•HALECRET  [hal-krè;  en  vers,  hà-le-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  peut-être  altération  de  l'al- 
lem. halskragen,  tour  de  cou,  §  7.  ||  xV-xyi^  s.  Tous  armez 
de  leurs  £dlecretz  (var.  halcretz),  j.  d'authon,  dans  godef. 
Admis  acad.  1694;  suppr.  en  1762.] 

Il  Anciennt.  Corselet  formé  de  deux  pièces  de  fer  battu. 
Le  —  sur  le  dos,  le  casque  en  la  tête.suLLY,  OEcon.  roy.  38. 

•HALE-CROG  [hàl-krô  ;  en  vers,  hà-le-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  haie  (du  verbe  haler  1)  et  croc,  §  209. 
Il  Néolog.] 

Il  (Marine.)  Croc  à  haler  à  bord  le  gros  poisson. 

•HALE-DEDANS  [hâl-de-dan  ;  envers,  hà-le-...]  .y.  ?«. 

[ÉTYM.  Composé  de  haie  (du  verbe  haler  1)  et  dedans, 
§209.  Il  Néolog.] 

Il  (Marine.)  Cordage  pour  haler  le  foc  en  dedans. 

•HALE-DEHORS  [hàl-de-6r;  en  rer,?,  hà-le-...]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Composé  de  haie  (du  verbe  haler  1)  et  dehors, 
Î209.  Il  Néolog.] 

Il  (Marine.)  Cordage  pour  haler  le  foc  en  dehors. 

HALEINE  [à-lén']  s.  f. 


[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  *halêna,  m.  s.  (dérivé  de  halare,  souf- 
fler, sous  l'influence  de  anhelare,  respirer,  §§  99  et  509), 
devenu  aleine,  §§  372,  310  et  291,  écrit  plus  récemment 
haleine  par  réaction  étymologique,  §  502.  ||  xi^  s.  Tant  par 
iert  forz  m'aleine,  Voy.  de  Charl.  à  Jérus.  473.] 

jl  1"  Air  qui  s'échappe  des  poumons,  dans  l'expiration. 
Un  homme  remue  la  langue,  pousse  son  — ,  desg.  Monde,  1. 
Ternir  une  glace  par  son  — .  La  douceur  de  son  — ,  j.-j.  rouss. 
Conféss.  7.  Avoir  1' —  forte.  Leur  brûlante  —  (destaureauxj, 
CORN.  Tais,  d'or,  i,  4. 

Il  2°  P.  ext.  Respiration.  Courir  à  perdre  —,  à  perte  d'— . 
Tout  hors  d' — ,  il  prend  pourtant  sa  place,  corn.  llor.  iv,  2. 
Prendre  — ,  respirer  à  l'aise.  Prenons  un  peu  d' — ,  boil.  i<at. 
7.  J'îd  pu  reprendre  — ,  corn,  liodog.  u,  2.  Tout  d'une  — , 
sans  reprendre  haleine.  Avoir  r —  courte,  longue.  ||  Fig.  Ca- 
pacité de  soutenir  un  effort.  Un  ouvrage  de  longue  — .  Pour 
me  remettre  en  — ,  mol.  Arn-ph.  i,  2.  Toutes  ces  considérations 
tenaient  tout  le  monde  en  — ,  p.\sg.  Prov.  3. 

"HALEMENT  [hâl-man  ;  en  vers,  hà-le-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haler  1,  §  145.  ||  1680.  richel.] 

Il  (Technol.)Actiondehaler.  Il  P.  ea;f.  Ce  qui  sert  à  haler. 
Spécialt.  Nœud  passé  autour  d'un  fardeau  pour  le  haler. 

HALENÉE  [âl-né;  en  vers,  à-le-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haleine,  §§  65  et  119.  ||  xn^  s.  n  sonne 
un  cor  a  molt  grant  alenee,  Raoul  de  Cambrai,  1806.] 

Il  Bouffée  avec  odeur  qui  sort  par  la  bouche.  Une  —  de  vin. 

HALENER  [âl-né;  en  vers,  à-le-...]  v.  intr.  et  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haleine,  §§  65  et  154.  ||  xiv^  s.  n...  alen- 
vient  a  demeurer  la,  froiss.  Cliron.  ii,  p.  154.] 

I.  Vieilli.  V.  intr.  Exhaler  son  haleine. 

II.  V .  tr.  Il  1"  Exhaler.  Moi...  Qui  n'halène  que  feu,  ne  res- 
pire qu'amour,  RÉGNIER,  Sat.  7. 

[|  2"  Sentir  l'haleine  de  qqn.  Je  ne  l'eus  pas  plus  tôt  halené 
que  je  fus  saisi  d'un  dégoût.  ||  P.  anal.  (Chasse.)  En  parlant 
des  chiens,  flairer  la  bêle.  ||  Fig.  Eventer  (qqch).  Ils  halè- 
nent  ton  dessein. 

1.  HALER  [hà-lé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  Scandinave,  suédois  hala,  ?n.  s. 
§  9.  Il  xii<=  s.  Ne  n'i  out  halé  bagordinge,  Vie  de  St  Gilles,  887.] 

Il  (Technol.)  |1  1°  Tirer  à  soi  au  moyen  d'une  corde.  — 
une  bouée  à  bord.  —  un  bateau  (pour  le  faire  avancer  le  long 
d'une  rivière,  d'un  canal).  ||  Aôsolt.  —  sur  une  manœuvre, 
faire  effort  sur  elle  pour  la  tirer. 

Il  2°  P.  ext.  Se  —  dans  le  vent,  et,  ellipt,  —  le  vent,  se 
tirer,  se  diriger  dans  le  sens  du  vent.  ||  Aùsull.  Le  vent 
haie  de  l'avant,  le  vent  tire,  souffle  de  l'avant. 

2.  HALER  [hà-lé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Altération  de  l'anc.  franç.harer  (F.  §.361  et509), 
dérivé  de  hare,  §  154.  ||  1380.  Harerent  et  firent  courir  les- 
dis  chiens,  dans  du  c.  harela.  |  xv"  s.  Je  haloye  mes  chiens 
après  le  sanglier,  Myst.  du  siège  d'Orl.  2875.] 

Il  (Vénerie.)  Exciter  par  des  cris.  —  des  chiens. 

HÂLER  [hâ-lé]  v.  tr. 

[ÉTY.M.  Pour  basler,  §  422,  d'origine  incertaine.  Peut- 
être  du  lat.  pop.  'assulare  (class.  assare),  faire  rôtir,  qui 
aurait  donné  régulièrement  asler,§§  336,  295  et  291  :  l'as- 
piration sérail  due  à  rinlluence  du  germaii.  hal,  desséché, 
gg  6,  498  et  499.  ||  xii'=  s.  Autresi  le  caupa  comme  un  baston 
halé,  Fierabras,  4837.] 

Il  1°  Dessécher  (les  plantes).  L'air  sec  et  chaud  a  hâlé  la 
campagne.  —  le  chanvre.  [V.  haloir.) 

Il  2'^  Brunir  (le  teint).  Le  soleil  ahàlé  son  visage.  Des  mains 
hâlées.  11  est  tout  hâlé. 

HALETANT,  ANTE  [hal-tan, -tant' ;  ère i>e/',s,  hà-le-...] 
adj. 

[ÉTYM.  Adj.  parlicip.  de  haleter,  §47.  ||  1539.  r.  est.] 

Il  Qui  respire  avec  des  mouvements  précipités.  Des  che- 
vaux tout  haletants.  ]  P.  ext.  Respiration  haletante.  Quelques 
restes  de  feu  sous  la  cendre  épandus  D'un  souffle  —  par  Baucis 
s'allumèrent,  la  f.  Phil.  et  Baucis.  ||  Fiy.  Qui  aspire  vive- 
ment à  qqch.  Haletants  vers  le  gain,  les  honneurs,  la  richesse, 
A.  CHÉNiER,  Êlég.  32,  Latouche. 

HALETER  [hâl-té;  en  vers,  hà-Ie-té]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Pour  aleter,  dérivé  de  aile,  §§  65  et  167;  proprt, 
c<  battre  de  l'aile  »,  puis  «  palpiter  ».  L'aspiration  parait 
due  à  une  sorte  d'onomatopée,  §  32.  ||  xw  s.  La  dame...  Cul 
li  cuers  haletoit  el  ventre,  chrétien,  Roi  Guillaume,  136.] 

Il  1"  Respirer  précipitamment.  Sa  poitrine  halette.  |  Fig. 
Sams  cesse  poursuivant  ces  fugitives  fées  On  voit  sous  les  lau- 
riers —  les  Orphées,  boil.  Ép.  11. 


I 


IIALEUR 


1221  — 


HALTERE 


Il  2"  P.  ert.  Fifj.  Aspiror  vivement  à  qqch.  Haletant  après 
l'ombrage,  r.iiAir.AinK.  Afnla,  le  drame. 
HALEUR,  "HALEUSE  [hà-leur,  -leuz']  S.  m.  et  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  haler  1,§  112.  |1  16SU.  kiciiel.  Admis 
ACAD.  1798.] 
Il  (Technol.)  Homme,  femme,  qui  haie  un  bateau. 
HALIEUTIQUE  [à-l\  éu-tïk' ;  m  ?v'r.v, -li-éu-...]  adj. 
[ÉTYM.  Kmprunté  du  lat.  halieuticus,  grec  àXisuTixô;, 
/«.  s.  Il  1732.  TRÉv.  Admis  acad.  1878.] 

Il  (T.  didacl.)  Qui  concerne  la  poche.  ||  Suhslantivl.  \  1. 
Au  mtmc.  Les  Halieutiques  (les  poèmes  halieutiques)  d'Op- 
pien.  I  2.  Au  frm.  V — ,  l'art  de  la  pêche. 
•HALIN  [hà-liii]  s.  m. 

JKTYM.  Dérivé  de  haler  1,  §§  96  et  100.  ||  1769.  Bras  ou 
halins,  duiiamel  du  monceau,  Pèches,  I,  ii,  147.] 
Il  i^Technol.)  Cordage  pour  haler. 
HALITUEUX,  EUSE  [à-li-tue'u,-tueuz'  ;  en  vers,  -tu-...] 
adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  lat.  halitus,  haleine,  §  252.  ||  xvi«  s. 
PARÉ,  I,  35.  .\dmis  acad.  1835.] 

Il   (Médec.)  Qui  a  une  douce  moiteur.  Peau  halitueuse. 
I  /'.  e.rt.  Chaleur  halitueuse. 
HALLAGE  [hà-l;ij']s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  halle,  §  78.  ||  xiil"  s.  Deux  deniers  de  ha- 
lage,  E.  boileau,  Livre  des  mest.  II,  ix,  1.] 

Il  (Commerce.)  Droit  d'étaler  de  la  marchandise  dans 
une  halle,  un  marché.  ||  Redevance  payée  pour  ce  droit. 
HALLALI  [hà-là-li]  s.  m. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  ||  Admis  acad.  1762.] 
Il  (Chasse.)  Cri  que  pousse  le  veneur  pour  exciter  les 
chiens,  quand  la  bête  est  sur  le  point  de  se  rendre.  ||  Son- 
nerie du  cor  indiquant  que  la  bête  vient  de  se  rendre. 
HALLE  [hàl]  S.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  saxon  halla,  m.  s.  §§  6,  498 
et  499.  Il  xiii"  s.  n  aportent  leur  pain  es  haies,  E.  boileau.  Li- 
vre des  mest.  I,  i,  19.] 

Il  1°  Grande  place  couverte  ofi  se  tient  le  marché  des 
objets  de  consommation.  —  aux  blés.  —  au  poisson.  Aller 
aux  halles,  à  la  — .  |  Spécialt.  Les  haUes  centrsiles,  et,  abftolt, 
Les  halles,  la  — ,  vaste  marché  des  denrées  alimentaires 
établi  au  centre  de  Paris.  Les  dames,  les  marchandes  de  la 
— .  Le  langage  des  halles,  langage  grossier.  ||  Magasin  pu- 
blic servant  d'entrepôt  pour  tel  ou  tel  commerce.  La  — 
aux  cuirs.  La  —  aux  vins.  La  —  aux  draps.  ||  Fig.  En  mauvaise 
part,  grande  salle  vide,  ouverte  à  tous  les  vents.  Cette 
chambre  est  une  — . 
Il  2»  ^Technol.)  Vaste  atelier. 

HALLEBARDE  [hâl-bàrd';  en  vers,  hà-le-...]  5.  f. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  moyen  haut  allem.  helmbarte,  m. 
s.  proprt,  «  hache  (barte)  capable  de  fendre  un  heaume 
(helm)  ..,  §§  6,  498  et  499.  ||  1333.  Alabarde,  dans  godef. 
CompL] 

Il  Arme  d'hast,  à  long  manche,  à  fer  tranchant  et  pointu, 
ayant  en  outre  deux  fers  latéraux  (ailes)  affectant  le  plus 
souvent  l'un  la  forme  d'un  croissant,  l'autre  celle  d'une 
pointe.  Dans  l'infanterie,  les  sergents  portaient  la  — .  Donner 
la  —  à  qqn,  le  faire  sergent.  Les  suisses  d'église  portent  la 
— .  Il  hirj.  Fantil.  Ces  mots  riment  comme  —  et  miséricorde 
(imparfaitement).  Il  pleut  des  hallebardes,  il  pleut  à  verse. 
HALLEBARDIER  [hiil-bàr-dyé  ;  en  vers,  hà-le-...]  .y.  ?«. 
[ÉTY.M.  Dérivé  de  hallebarde,  §  115.  ||  xv'-.vvie  s.  a.  ue 
LA  VIGNE,  Voy.  de  Napies,  dans  la  c] 
Il  Garde  à  pied  portant  la  hallebarde. 
•HALI.EBREDA  [hal-bre-dà  ;  en  vers,  hà-le-...]  s.  m. 
et/-. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1611.  cotgr.  .\djnis  acad. 
1091;  suppr.  en  1878.] 

Il  Vieilli.  Personne  de  grande  taille,  au  corps  mal  bâti. 
Un  grand  — .  C'est  une  grande  — . 

1.  HALLIER  [hà-lyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  halle,  §  115.  ||  xiii«^  s.  Le  halier  de  Paris, 
E.  BOILEAU,  Livre  des  t7icst.  I,  lix,  U.  Admis  acad.  1798.] 

Il  1»  (Commerce.)  Marchand  qui  étale  dans  une  halle. 
Il  Gardien  chargé  de  veiller  aux  marchandises  dans  une 
halle. 

Il  2"  (Technol.)  Ouvrier  qui  range  et  garde  les  tuiles 
dans  la  halle  d'une  tuilerie. 

2.  HALLIER  [hà-lyé]  A',  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  bal,  qui  se  retrouve  dans  l'anc. 
franc,  halot,  «  bûche  »,  qqf  «  hallier  »,  et  qui  parait  être 


d'origine  germanique,  §§  6, 115,  498  et  499.  ||  xv«  s.  Ouelque 
beste  en  quelque  haillier,  Myst.  du  Vieil  Teslarn.  dans  golef. 
CompL] 

Il  Uéanion  de  buissons  serrés  et  touffus.  Dams  les  déda- 
les verts  que  formaient  lesballiers,  la  f.  Capl.  de  Si  Malc. 
3.  'HALLIER  [à-lyé].   V.  alUer  2. 
•HALLOPE  [hà-lôp']  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1803.  L'usage  des  filets  appe- 
lés hallopes  est  défendu...  à  la  côte  de  Terre-Neuve,  Ordonn. 
dans  LiTTHÉ.] 
Il  (Pêche.)  Vaste  lilet  de  pêche  qu'on  traîne  sur  le  fond. 
HALLUCINATION  [âl'-lu-si-nà-svon  ;  en  vers,  -si-on] 
s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hallucinatio,  m.  s.  ||  .Admis  acad. 
1835.] 

Il  (Médec.)  Sorte  d'aliénation  passagère  dans  laquelle 
on  perçoit  une  sensation  alors  qu'il  n'y  a  là  aucun  objet 
extérieur  capal)le  de  la  produire.  {Syn.  illusion.) 
•HALLUCINATOIRE  [âl'-lu-si-nà-twar]  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  de  hallucination,  §  249.  ||  Néolorj.] 
Il  (Médec.)  Qui  a  rapport  à  l'hallucination. 
HALLUCINÉ,  ÉE  [âl'-lu-si-né]  adj. 
[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  hallucinatus,  part,  de  hallucinari, 
être  en  état  d'hallucination.  ||  1611.  Halluxinés  et  deceus  en 
l'explication  des  maladies,  J.  duval,  dans  delb.  liée.  Admis 
ACAD.  1878.] 

Il  [Médec.)  Qui  est  en  état  d'hallucination.  Une  personne 
hallucinée,  et,  subslantivl.  Un  halluciné,  une  hallucinée. 
HALO  [hà-16]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  halos,  grec  iXwî,  m.  s.  ||  xvi»  s. 
Les  halotz  et  les  turbines,  iiab.  i,  19.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1"  (.\stron.)  Cercle  lumineux,  le  plus  souvent  coloré, 
qui  apparaît  qqf  autour  du  disque  du  soleil,  de  la  lune, 
et  des  autres  planètes,  lorsqu'ils  brillent  à  travers  une 
atmosphère  vaporeuse. 

Il  2°  P.  anal.  (Médec.)  Petit  cercle  rouge  qui  entoure 
le  mamelon  du  sein. 

HALOIR  [hà-l\vàr]  et  mieux  "HÂLOIR  [hd-lwàr]  s.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  hâler,  §  113.  ||  1752.  trév.  Admis  acad. 
1762.] 

Il  (^'■fechnol.)  Lieu  où  l'on  fait  sécher  le  chanvre,  à  un 
grand  feu,  avant  de  le  teiller. 
HALOT  [hà-lô] .?.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue  ;  le  rapport  avec  l'angl.  hole, 
cavité,  est  très  douteux.  (Cf.  hallier  2.)  ||  1669.  Halots  oura- 
boulieres,  dans  delb.  Hec.  .^dmis  acad.  1762.] 
Il  ^^Cha3se.)  Trou  de  lapin. 
HALOTECHNIE  [hà-lô-ték'-ni]  s.  f. 
[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  aXî,  i>>ô;,  sel,  et  xi/yr^, 
art,  §  279.  ||  Admis  acad.  1762.] 

Il  Rare.  (T.  didact.)  Partie  de  la  chimie  qui  traite  de  la 
composition  des  sels.  {Cf.  halurgie.) 
HALTE  [hall']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  hait,  m.  s.  de  halten,  s'arrê- 
ter, §  7.  Souvent  écrit  alte  au  xvi<=  et  au  xvii"  s.  d'après  l'ital. 
alla,  m.  s.  qui  est  lui-même  d'origine  allemande,  §  12.  || 
1578.  Faire  alte,  ii.  est.  Nouv.  Lang.  franc,  italian.  i,  36.] 
Il  Station  que  des  gens  de  guerre,  des  chasseurs,  des 
voyageurs,  font  pour  se  reposer.  Faire  — .  Une  longue  — . 
Grande  — ,  la  halle  la  plus  longue  d'une  troupe  en  marche, 
celle  où  elle  prend  le  repas  du  milieu  du  jour.  Faire  faire 
_.  _!  ou  — làl  commandement  de  s'arrêter.  Fig.  — là 
donc,  ma  plume,  boil.  Sat.  12.  — là,  mon  beau  frère,  mol. 
Tart.  I,  5.  ||  P.  e.rt.  |  1.  Endroit  où  se  fait  la  halte.  Nous  ar- 
rivâmes à  notre  —  avant  la  nuit.  |  2.  Repas  que  l'on  fait  pen- 
dant une  halle.  11  fit  préparer  une  bonne  — .  —  de  chasse. 
Il  Fi;/.  Interruption  momentanée  dans  ce  qu'on  fait.  Cette 
—  (ie  ralentissement  de  la  guerre)  ne  fut  pas  un  temps  qu'on 
accorda  à  la  paix,  mais  qui  fut  donné  à  la  préméditation  dn  car- 
nage, ^ÉGUH,  llist.  de  j\apol.  xii,  U. 
•HALTER  [hâl-té]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  halte,  §  154.  |1  xvii"  s.  V.  à  l'article.] 
Il  Vieilli.  Faire  faire  halte.  —  des  troupes.  Se  —,  faire 
halte.  L'infanterie...  n'ayant  pas  eu  hier  le  temps  de  se  —,  pel- 
LissoN,  Lrtl.  histor.  16'.'. 
HALTÈRE  [al-tér]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  halter,  grec  iXrT.p.  proprt, 
«  balancier  pour  sauter,  danser,  etc.  ».  Il  xvi''  s.  Deux  gros- 
ses saulmones  de  plomb  lesquelles  il  nommoit  altères,  RAB. 
I,  23.  .-^dmis  acad.  1878.] 


HALTERE 


—  1222 


HANNETON 


Il  1°  (Gymnastique.)  Courte  tige  terminée  a  chaque  ex- 
trémité par  une  l}oule  de  fer,  qu'on  élève  et  qu'on  abaisse 
pour  exercer  les  muscles  des  bras. 

Il  2»  P.  anal.  (Hist.  nat.)  Balancier  des  insectes  diptè- 
res, appendice  placé  derrière  leurs  ailes. 

*  HALTÈRE,  ÉE  [âl-té-ré]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haltère,  §  118.  ||  iS2[.  Dict.  desxc.  nui.] 

Il  (Ilist.  nat.)  Muni  d'haltère  ou  balancier. 

HALURGIE  [hà-lur-ji]  S.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  â'X;,  â).ô(;,  sel,  et  ëpyov, 
travail,  §  279.  ||  Admis  acad.  1762.] 

Il  Rare.  (T.  didact.)  Art  d'extraire  les  sels.  {Cf.  halo- 
technie.) 

HAMAC  [hà-mak'j  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'espagn.  hamaca,  Tn.  s.  qui  est  un 
mot  de  la  langue  des  Caraïbes,  §§  13  et  30.  ||  1555.  Sorte 
de  licts  qu'ils  appellent  hamaca,  j.  poi.euh,  Ilist.  nat.  des 
Indes  (trad.  de  l'espagn.),  fo  '71,  V.  |  1658.  Amac,  de  ro- 
CHEFORT,  Ilist.  nat.  et  mor.  des  Antilles,  p.  435.  Admis 
ACAD.  1762.] 

Il  Toile  ou  filet  suspendu  horizontalement,  par  ses  deux 
extrémités,  de  manière  à  former  lin  lit  portatif  où  l'on 
couche,  où  l'on  se  balance.  Sara,  belle  d'indolence,  Se  ba- 
lance Dans  un  —,  V.  HUGO,  Orient.  10.  —  de  matelot,  sus- 
pendu dans  l'entrepont  et  servant  de  lit  aux  matelots. 

*HAMADE  [hà-màd'].  V.  amade. 

HAMADRYADE  [à-mà-dri-yàd']  .y.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hamadryas,  adis,  grec  â|xa5pud<;, 
âSoi;,  7n.  s.  de  à'iJ.a,  avec,  et  5pû<;,  arbre.  ||  xv^  s.  Les  ama- 
driades,  Martin  le  franc,  Champion  des  Dames,  dans  go- 
DEF.  kalade.  Admis  acad.  1762. j 

Il  (Mythol.)  Nymphe  des  bois  dont  le  sort  est  attaché  à 
celui  d'un  arbre,  et  qui  naît  et  meurt  avec  lui.  {Cf.  dryade.) 

*  HAMBOURG  [han-bour]  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  §  36  :  Hambourg,  port  d'Allemagne 
qui  expédiait  beaucoup  de  saumon  en  Ijarils.  ||  1403.  Ca- 
ques et  hambours  de  poissons  salez,  Ordonn.  viii,  614.] 

Il  (Commerce.)  Petite  futaille  où  l'on  met  le  saumon 
salé.  Il  P.  anal.  Baril  de  bière. 

HAMEAU  [hà-mô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  hamel,  §  126,  dérivé  du  radical  german. 
qui  se  trouve  dans  le  goth.haims,  ferme,  allem.  moderne 
heim,  angl.  home,  maison,  etc.  §§  6,  498  et  499.  ||  xiii=  s. 
Lor  bordetes  et  lor  hamiaus,  J.  de  meung.  Rose,  8432.] 

Il  Petit  groupe  de  maisons  rustiques,  écarté  du  village. 
Un  petit  — .  C'est  un  petit  village  ou  plutôt  un  — ,  Bâti  sur  le 
penchant  d'un  long  rang  de  collines,  BOIL.  Ép.  6. 

HAMEÇON  [âm'-son  ;  en  vers,  à-me-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hain,  §§  65  et  107.  ||  xiiie  s.  Toz  jors  sera 
en  sonspeçon  Que  ce  ne  soient  ameçon,  tiiib.\ud,  Pofre,  ,535.] 

Il  1"  Crochet  de  fer  armé  de  pointes  que  l'on  adapte 
au  bout  d'une  ligne  et  qu'on  munit  d'un  appât  pour  pren- 
dre le  poisson.  —  armé  (pour  la  pèche  du  brochet),  gros 
hameçon  attaché  à  la  ligne  par  un  (il  de  fer  que  le  pois- 
son ne  peut  briser  ou  couper.  Mordre  à  r —  (en  parlant  du 
poisson),  s'accrocher  à  l'hameçon  en  saisissant  l'appât, 
et,  fi.//,  famil.  se  laisser  séduire  par  une  apparence  trom- 
peuse. Tous  deux  également  sont  propres  à  gober  les  hameçons 
qu'on  leur  veut  tendre,  mol.  Pourc.  il,  3. 

Il  2°  (Technol.)  Outil  de  serrurier,  dit  aussi  archet. 

"HAMEÇONNÉ,  ÉE  [am'-sô-né ;  en  vers,  à-me-...] 
adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hameçon,  §  118.  ||  xyi"  s.  Atomes  durs, 
aspres,  hameçonnez,  a.  jamyn,  il,  p.  242,  Brunet.] 

Il  (Technul.)  Pourvu  d'hameçon.  1|  Disposé  en  forme 
d'hameçon.  Pointe  hameçonnée. 

'HAMÈDE  [hà-mèd'].  F.  amade. 

"HAMÉE  [hà-mé]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1459.  Pour  faire  une  hamee  ou 
manche  a  sa  faulx,  dans  du  c.  hamatile.j 

Il  (Technol.)  Hampe.  Spécialt.  —  d'écouvillon. 

*HAMÉIDE  [hà-mé-id'].  V.  amade. 

1.  HAMPE  [hânp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Altération  de  l'anc.  franc,  hanste,  m.  s.  §§  6  et 
509.  (F.  ante  2,  hanse  2  et  hante.)  ||  xvi'^  s.  La  hampe  du 
javelot,  AMYOT,  Marcell.  44.] 

Il  Long  manche  de  bois  sur  lequel  on  monte  un  fer  de 
lance,  de  hallebarde,  de  pertuisane,  un  drapeau.  ||  Long 
manche  d'un  pinceau  de  peintre,  d'un  écouvillon,  etc.  || 
P.  anal.  (Botan.)  Pédoncule  allongé  partant  du  centre 


d'un  bulbe  ou  du  collet  d'une  racine,  et  portant  une  ou 
plusieurs  fleurs.  La  —  du  narcisse. 

2.  ''HAMPE  [hânp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  vampe,  §  509,  emprunté  de  l'anc.  haut  nl- 
lem.  wampa,  allem.  moderne  wampe,  sein,  §§  6,  498  et  499. 
Il  xin'=  s.  Empeynes,  wampes,  j.  degari.ande,  Dict.  La  hampe 
et  la  queue,  Chace  dou  cerf,  p.  25,  Pichon.] 

Il  (Vénerie.)  Poitrine  du  cerf.  ||  (Boucherie.)  Manie- 
ment pair  ou  double,  dit  encore  grasset,  qui  se  trouve  à 
la  partie  postérieure  et  latérale  du  ventre,  vers  l'extré- 
mité antérieure  et  inférieure  de  la  cuisse. 

*HAMPÉ,  ÉE  [han-pé]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hampe  1,  §  118.  ||  1597.  Deux  ou  trois 
tireboures...  hampez,  davelourt,  Brieve  Instr.  sur  le  faict 
d'artill.  p.  20.] 

Il  Muni  do  hampe.  Fer  de  lance  — . 

•hamster  [hâm'-stêr]  s.  ni. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'allem.  hamster,  m.  s.%  7.  ||  xviiie  s. 
BUFF.  Hamster.] 

Il  (Hist.  nat.)  Petit  mammifère  rongeur  de  l'.Mlemagne 
du  Nord  et  de  la  Russie. 

HAN  [han]  s.  m. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §32.  ||  Admis  acad.  1835.] 

Il  Cri  sourd  et  guttural  de  celui  qui  frappe  un  coup 
avec  effort.  (Cf.  hein.) 

HANAP  [hà-nap']  ,?.  m. 

[ÉTYM.  Mot  d'origine  germanique ,  §§  6,  498  et  499  : 
cf.  allem.  napf,  plus  anciennement  hnapf,  anglo-saxon 
hnaep,  m.  s.  \\  xii«  s.  Et  a  son  hanap  l'abevrot,  Énëas,  3535.] 

Il  Anciennt.  Grande  coupe  à  boire. 

HANCHE  [hânch']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  ])as  allem.  hancke,  m.  s.  qui  se 
rattache  au  moyen  haut  allem.  hinken,  boiter,  et  est  dif- 
férent de  ancha,  anche,  §§  10,  498  et  499.  ||  xii^  s.  Trestot 
le  cors  desi  as  hanches,  Énf'as,  1469.] 

||  Chacune  des  deux  parties  symétriques  du  corps  for- 
mant saillie  à  l'extérieur,  entre  la  cuisse  et  les  côtes,  et 
produites  par  l'évasement  de  l'os  iliaque,  à  l'endroit  où 
il  s'articule  avec  le  fémur.  Avoir  de  fortes  hanches,  et,  dans 
le  même  sens,  Avoir  de  la  — .  Cette  femme  n'a  pas  de  — .  Se 
luxer  la  — ,  faire  sortir  de  la  cavité  de  la  hanche  la  tête  du 
fémur.  Appuyer  la  main  sur  la  — .  Mettre  les  poings  sur  la  — , 
dans  une  attitude  provocatrice.  |  (Escrime.)  Se  mettre  sur 
la  — ,  se  mettre  en  garde,  en  appuyant  la  main  gauche  sur 
la  hanche.  ||  Spécialt.  (Manège.)  Le  train  de  derrière  d'un 
cheval.  Cheval  qui  va,  qui  est,  qui  est  paré  sur  les  hanches,  qui 
baisse  la  croupe,  les  hanches,  en  marchant.  Rabaisser  les 
hanches  de  son  cheval,  le  forcer  à  baisser  la  croupe,  à  lever 
les  épaules.  Mettre  un  cheval  sur  les  hanches,  le  dresser  de 
manière  qu'il  se  soutienne  sur  les  hanches  en  galopant. 
Il  P.  anal.  \  1.  Partie  de  la  région  inférieure  de  la  poitrine 
et  du  corselet  des  insectes,  qui  reçoit  la  cuisse.  |  2.  Partie 
arrondie  du  bordage  d'un  navire,  qui  s'étend  du  flanc  à 
l'arrière.  |  3.  Partie  arrondie  d'un  vase,  d'une  marmite, 
qui  unit  le  fond  aux  parois. 

"HANDICAP  [han-di-kâp']  .<?.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'angl.  handicap,  m.  s.  §  8.  ||  Néo- 
log.] 

Il  (Courses.)  Course  où  l'on  admet  des  chevaux  de  tout 
âge  et  de  toute  qualité,  mais  où  l'on  charge  certains  con- 
currents de  poids  qui  varient  suivant  leur  âge,  leur  force, 
pour  égaliser  les  chances  de  succès. 

"HANDICAPER  [han-di-kà-pé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  handicap,  §  154.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Courses.)  Charger  (les  chevaux)  d'un  poids  variable 
suivant  leur  âge,  leur  force. 

HANEBANE  [hân'-bàn'  ;  en  ve7-s,  hà-ne-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anglais  henbane,  m.  s.  proprt, 
«  poison  (bane)  de  poule  (hen)  ».  ||  xiv  s.  Juscarime  (corr. 
jusquiame)  ou  henvebonne  (corr.  hennebanne),  j.  de  brie,  Bon 
Berger,  dans  df.i.b,  Rec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Botan.)  Autre  nom  de  la  jusquiame. 

HANGAR  [han-gàr]  5.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||   1611.  Angar,  cotgr.] 

Il  Remise,  faite  de  piliers  ou  de  poteaux  soutenant  un 
toit,  pour  abriter  des  voitures,  du  bois,  etc. 

HANNETON  [hân'-ton  ;  en  vers,  hà-ne-...]  s.  w. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  l'allem.  hahn,  proprt,  «  coq  ».  et  dans 
l'allem.  dialectal  «  hanneton  »,  §§  6  et  1II5.  {C.f.  le  nom 
de  poule  d'arbre  donné  au  hanneton  en  Limousin.)  Le 


HANNETONNAGE 


1223 


HARAS 


ini'me  radical  se  retrouve  dans  grianneau.  I|  xW  s.  Ne  va- 
lent mais  ti  colp  un  haneton,  Couronn.  de  Louis,  1059.] 

il  1"  Insecte  colcMjptère  qui  paraît  vers  la  fin  d'avril,  et 
dont  la  larve  dévore  les  racines  des  plantes.  Loc.  prov. 
Étourdi  comme  un  —  (le  hanneton,  dans  son  vol,  allant  don- 
ner contre  les  obstacles).  Fig.  C'est  un  — ,  un  étourdi. 

Il  2"  (Technol.)  Sourcil  de  — ,  et,  ahusivt,  Souci  d' — 
(acad.),  frange  à  houppes  imitant  les  cornes  des  hanne- 
tons. 

"HANNETONNAGE  [hân'-tù-nàj' ;  en  vers,  hà-ne-...] 

s.  771. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hannetonner,  §  78.  ||  Néolog.] 

Il  (Agricult.)  Action  de  hannetonner. 

•HANNETONNER  [hân'-tù-né  ;  e«  vêts,  hà-ne-...] 
V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hanneton,  §  154.  ||  1796.  encycl.  méth. 
A)-t  aratoire.] 

Il  (.Agricult.)  Secouer  (un  arbre)  pour  faire  tomber  et 
détruire  les  hannetons. 

1.  HANSE  [hiins']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  hansa,  allem. 
moderne  hanse,  g§  6,  498  et  499.  ||  .xiii'^s.Lor  covendra  paier 
la  hanse,  G.  m:  coincy,  dans  godef.  .\dmis  acad.  1762.] 

Il  ÂTiciennt.  Corporation,  compajjnie  de  marchands. 
Spécial/.  La  Hanse  teutonique. 

2.  'HANSE  [hâns']  s.  f. 

[ÉTYM.  Altération  de  hanste,  §  509.  (F. hante.)  Qqs  dic- 
tionnaires donnent,  par  suite  d'une  faute  d'impression, 
hause.] 

Il  (Technol.^  Tif,'e  de  l'épingle,  non  garnie  de  sa  tète. 

HANSÉATIQUE  [han-sé-à-tlk']  adj. 

[ktym.  Emprunté  du  lat.  du  moyen  âge  hanseaticus,  m?. 
s.  dérivé  de  hansea,  formelatinisée  de  l'allem.  hanse,  hanse, 
§  229.  Il  Admis  acad.  1762.] 

Il  Qui  fait  partie  de  la  Hanse  teutonique.  Ville  — . 

HANSrÈRE  [han-syêr].  V.  haussière. 

•HANTE  [hânf]  s.'f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  hasta,  proprt,  «  lance  »,  devenu  de  bonne 
lieure'hansta sous  l'influence  dugermau.hand,  main,d"o;i 
hanste,  hante,  §§  6, 422, 498  et  499.  {Cf.  ante  2,  ente  2,  hampe  1, 
hanse  2,  haste,  hâte  1.1] 

Il  Vieilli  et  dialcct.  Hampe  d'une  hallebarde,  d'une 
lance,  d'un  pinceau,  etc. 

HANTER  [han-té]  i'.  tr. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  ;  peut-être  emprunté  de  l'anc. 
nordique  heimta,  rechercher,  qui  se  rattache  au  radical 
de  hameau  (  V .  ce  mot),  §  9.  L'anglais  to  haunte  vient  du 
français.  ||  xii^  s.  Veiz  ci  l'entrée  Del  grant  enfer  la  plus  han- 
tée, ÊTiëas,  2297.] 

Il  Fréquenter  familièrement.  —  qqn.  Il  hante  les  mauvai- 
ses compagnies.  Loc.  prov.  Dis-moi  qui  tu  hantes,  je  te  dirai 
qui  tu  es,  on  peut  juger  de  qqn  par  ceux  qu'il  fréijuente. 
Lorsque  je  hante  la  noblesse,  je  fais  paraître  mon  jugement, 
et  cela  est  plus  beau  que  de  —  votre  bourgeoisie,  mol.  B.  f/ciil. 
III,  3.  I  II  hante  les  cabarets,  les  mauvais  lieux.  Ahsolt.  Ne 
saur£iit-il  souffrir  qu'aucun  hante  céans?  mol.  Tart.  i,  1. 1|  P. 
exl.  (Sens  venu  récemment  de  l'anglais  to  haunt.)  En  par- 
lant des  esprits,  des  visions.  Les  esprits  qui  hantent  cette 
maison.  Dn  bois  hanté.  Les  visions  qui  hantent  sa  pensée. 

HANTISE  |han-tîz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hanter,  §  124.  ||  xiV  s.  Car  n'est  trésors 
d'or  ne  d'argent  Qui  vaille  hantise  a  bonne  gent,  watriquet 
DE  cou  VIN,  p.  71.] 

Il  Vieilli,  .\ction  de  hanter.  Spccinlt.  Isabelle  pourrait 
perdre  dans  ces  hantises  Les  semences  d'honneur  qu'avec  nous 
elle  a  prises,  mol.  /?c.  des  jn.  i,  2. 

•HAPPANT,  ANTE  [hà-pan, -pânt'j  adj. 

[ktym.  Adj.  particip.  de  happer,  §  47.  ||  Xe'olof-f.] 

Il  Qui  happe,  adhère  à  la  langue.  Argile  happante. 

HAPPE  [hâp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Suhst.  verbal  de  happer,  §52.  ||  xiiie  s.  Li  cinc 
cenz  de  hapes,  e.  boileau,  Livre  des  77iest.  II,  iv,  20.  Admis 
ACAD.  1762.] 

Il  (Technol.)  Crampon  pour  lier  deux  pièces  de  bois, 
de  pierre.  |  Tenaille  avec  laquelle  le  fondeur  retire  le 
creuset  du  feu.  |  Outil  du  luthier  pour  tenir  les  pièces 
qu'il  travaille.  |  Anse  pour  saisir  une  chaudière.  |  Che- 
ville du  timon  de  la  charrue,  tenant  la  chaîne  qui  la  joint 
aux  roues.  I  Demi-cercle  de  fer  dont  on  garnit  les  essieux 
d'une  voiture. 


•happe-chair  [hâp'-chèr;  en  vers,  hà-pe-...l  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  happe  (du  verbe  happer)  et  chair, 
§  209.  Il  xNii»  s.  r.  à  l'article.] 

Il  Pop.  Nom  donné  aux  gens  de  police  qui  arrêtent 
les  débiteurs,  les  voleurs.  Sans  toi  ces  —  M'allaient  faire 
danser  un  entrechat  en  l'air,  t.a  k.  Rarjotin. 

HAPPELOURDE  [hiïp'-loui'd'  ;  en  vers,  hà-pe-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  de  happe  (du  verbe  happer)  et  lourd, 
§  209;  proprt,  <c  attrape-nigaud  ».  ||  xvi»  s.  Grande  stéri- 
lité de  happelourdes,  HAR.  H,  11.] 

Il  i."  Pierre  qu'on  fait  passer  pour  pierre  fine.  Tout  est 
fin  diamant  aux  mains  d'un  habile  homme.  Tout  devient  — 
entre  les  mains  des  sots,  la  f.  Epit.  25. 

Il  2"  Cheval  sans  vigueur  qu'on  achète  sur  sa  belle 
apparence. 

I!  3"  Personne  qui  n'a  que  l'apparence. 

"HAPPEMENT  [hap'-man;  en  vers,  hà-pe-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  happer,  §  145.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Action  de  happer. 

HAPPER  [hà-pé]  V.  tr.  et  intr. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  hollandais  happen,  mordre,  saisir. 
§  10.  Il  xiie  s.  n  cluinge  de  l'orelge,  si  l'a  hapé,  Aiol,  1043.] 

Il  1°  V.  tr.  Saisir  brusquement,  d'un  coup  de  mâ- 
choire. A  ces  mots,  le  premier  il  (le  chien)  vous  happe  un 
morceau,  la  f.  Fah.  viii,  7.  Mon  galant  fie  loupi  ne  songeait 
qu'à  bien  prendre  son  temps  Afin  de  —  son  malade,  id.  ibid. 
V,  8.  Il  P.  ext.  Saisir  brusquement.  On  vous  happe  notre 
homme,  la  f.  Fah.  xtt.  22.  ||  Fig.  Accidents  Qui  nous  vien- 
nent —  en  dépit  de  nos  dents,  mol.  Sr/a7i.  se.  17. 

Il  2"  V.  intr.  Adhérer  à  la  surface.  L'argile  happe  à  la 
langue. 

HAQUENÉE  [bâk'-né  ;  m  7ws,  hà-ke-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  ;  l'angl.  hackney  et  le  holland. 
hakkenei  viennent  du  français.  ||  xiv«  s.  Petites  haquenees, 
J.  le  bel,  Chron.  dans  delb.  Rec] 

Il  Vieilli.  Cheval  ou  jument  qui  va  ordinairement  l'am- 
ble et  sert  de  monture  aux  dames.  Monter  une  — .  P.  ert. 
On  cheval  qui  va  la  — ,  qui  a  l'allure  de  la  haquenée.  ||  Fig. 
Loc.  prov.  Aller  sur  la  —  des  cordeliers,  à  pied.  ||  Fig.  Pop. 
One  grande  — ,  une  femme  dégingandée. 

HAQUET  [hà-kè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue  ;  paraît  distinct  de  l'anc. 
franc,  baquet,  «  cheval  ».  (Cf.  haquenée.)  |i(Au  sens  actuel.) 
1481.  Se  déduit  de  hacquetier.  (I'.  haquetier.)] 

Il  (Technol.)  Charrette  longue  et  étniite.  sans  ridelles, 
qui  sert  au  transport  des  tonneaux,  des  ballots.  f|  P.  anal. 
Voiture  pour  transporter  les  bateaux  des  équipages  de 
ponts  militaires. 

HAQUETIER  [hak'-tvé;  en  vers,  hà-ke-...]  .^.  »». 

[ÉTYM.  Dérivé  de  baquet,  §§65  et  115.  ||  1481.  Haoque- 
tiers  et  voituriers,  dans  delb.  Rec.  .-^dmis  acad.  1798.] 

Il  (Technol. 'i  Celui  qui  conduit  un  haquet. 

HARANGUE  [hà-râng']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  du  moyen  âge  harenga,  n%.  s. 
lequel  paraît  formé  d'après  l'anc.  haut  allem.  hring,  cer- 
cle, assemblée.  (Cf.  rang.)  ||  xiv^-xy<=  s.  Si  notable  arenge, 
CHR.  de  pisan,  Ch.  V,  m,  43.] 

Il  Discours  solennel  devant  une  assemblée,  un  prince, 
un  dignitaire,  etc.  One  belle  — .  One  courte  — .  Le  député 
vint  donc  et  fit  cette  —  :  Romains,  et  vous,  sénat,  assis  pour 
m'écouter,  la  f.  Fah.  xi,  7.  Dn  loup,  quelque  peu  clerc, 
prouva  par  sa  — ...,  ID.  ibid.  vu.  1. 

HARANGUER  [hà-ran-ghé]  v.  tr. 
[ÉTYM.  Dérivé  do  harangue,  §  154.  ||  xv«-xvi<'s.  Parler  et 
harenguer  en  jugement,  seysskl,  .-l/jp/e/i,  dans  delb.  Rec] 
Il  Adresser  une  harangue  à  (qqn).  —  le  peuple,  des  trou- 
pes. Il  harangua  le  roi.  Après  qu'ils  imos  parenlsl  m'eurent 
très  longtemps  harangué,  LES.  Gil  filas,  i,  1.  Absolt.  Il  a  ha- 
rangué devant  une  nombreuse  assemblée. 

HARANGUEUR,  'HARANGUEUSE  [hà-ran-gheur , 
-gheuz'] .?.  771.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haranguer,  §  112.  ||  1539.  Harangueur, 

R.    EST.] 

Il  Celui,  celle  qui  harangue. 

1.  HARAS  [hà-râi  .T.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  se  rattache  peut-être  à  l'a- 
j  rabe  faras,  cheval,  §  22.  ||  xii»  s.  Poltrels  orent...  D'un  mer- 
]  veillos  haraz  de  mer,  Kneas,  3935.] 

li  1°  Troupe  d'étalons  et  de  cavales  réunis  dans  un  lieu 
1  pour  la  procréation  et  l'élève  des  chevaux.  —  parqués 


HARAS 


1224  — 


HARENGERIE 


réunis  dans  des  parcs.  —  sauvages,  abandonnés  à  eux- 
mêmes  (dans  les  plaines  de  la  Russie  et  de  la  Pologne). 

Il  2°  Établissement  où  l'on  lient  réunis  ces  étalons  et 
ces  cavales.  Établir,  peupler  un  — .  L'administration  des  — . 
Il  P.  ext.  —  de  mulets,  où  Ton  fait  des  croisements  d'ânes 
et  de  juments. 

2.  HARAS.  V.  ara. 

•HARASSE  [hà-ras"]  .f.  /'. 

[ÉTVM.  Origine  inconnue.  ||  1358.  Cordes  de  kavene  (corr. 
aneve?)  a  faire  haraces,  dans  gouef.  harace  2.] 

Il  (Tecbnol.)  Cage  d'osier,  pour  le  transport  du  verre, 
delà  porcelaine. 

HARASSER  [hà-rà-sé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  peut-être  dérivé  de  harer, 
ancienne  forme  de  haler  2,  §  169.  ||  1562.  Maigre  et  haras- 
sée, dans  GODEF.  CompL] 

Il  Accabler  de  fatigue. 

'HARCÈLEMENT  [hàr-sel-man;  en  re;'.ç,-sè-le-...]  s.  ?«. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  harceler,  §§  65  et  145.  ||  Néolog.] 

Il  Rare.  Action  de  barceler. 

HARCELER  [hàr-se-lé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Pour  herseler,  §  312,  dérivé  de  herser,  souvent 
employé  au  figuré  en  anc.  franc.  §  162.  ||  xv^  s.  Tant  har- 
celler,  coquillart,  dans  godef.  CompL] 

Il  Tourmenter  par  des  atta([ues  réitérées.  —  l'ennemi. 
Un  avorton  de  mouche  en  cent  lieux  le  harcèle,  la  f.  Fab.  n, 
y.  I  Fia.  —  qqn  dans  la  conversation.  Il  le  harcèle  de  ses  cri- 
tiques. 

*HARD.   F.  hart. 

1.  HARDE  [hàrd']  s.  f. 

[ÉTYM.  Pour  herde,  emprunté  du  bas  allem.  herde  (go- 
thique hairda),  7n.  S.  §§  10,  498  et  499.  ||  xn«  s.Dne  herde  de 
biches  vinrent,  Enéas,  3585.] 

Il  (Vénerie,  Fauconn.)  Troupe  de  bêtes,  d'oiseaux. 

2.  HARDE  [hkrd']  S.  /'. 

[ÉTYM.  Tiré  de  hart,  §  37.  ||  1391.  Dne  harde  de  charrete, 
dans  DU  c] 

Il  (Vénerie.)  Lien  pour  tenir  plusieurs  chiens  en  laisse 
à  la  fois.  P.  ext.  Les  chiens  ainsi  attachés. 

"HARDÉ  [hàr-dé]  adj.  in. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi«  s.  Œuf  hardré,  liébault, 
Mais.  rust.  i,  10,  édit.  1564.] 

Il  Œuf  —,  pondu  sans  coquille. 

"HARDEAU  [hkr-dô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hart,  §§  64etl26.||  xiii^  s.  Etpenduerent 
andoi  en  un  hardiel,  Loherains,  dans  godef.  hardel.] 

Il  Petite  hart.  ||  Spécialt.  \  1.  (Tecbnol.)  Corde  pour 
tirer  le  frein  du  rouet  d'un  moulin  à  vent.  |  2.  Fig.  (Bo- 
tan.)  Variété  de  viorne,  plante. 

*HARDÉE  [hàr-dé]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  radical  hard  d'origine  incertaine 
{cf.  hardois),  §  119.  ||  1690.  furet.] 

Il  (Vénerie.)  Rupture  de  branches  que  font  les  biches 
dans  les  jeunes  taillis  où  elles  vont  viander.  (S'emploie 
surtout  au  pluriel.) 

1.  'HARDER  [hàr-dé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hardes,  g  154.  ||  1606.  Harder  est  pro- 
prement trocquer  hardes  à  hardes,  kicot.  Admis  acad.  1694  ; 
suppr.  en  1718.] 

Il  Vieilli.  Troquer,  échanger.  Voulez-vous  —  votre  che- 
val contre  cette  épée  d'argent?  furet.  Dict. 

2.  HARDER  [hkr-dé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hart,  §§  64  et  154.  ||  1655.  Faites  harder 
les  chiens,  salnove,  Vénerie  roy.  p.  139.] 

I.  (Vénerie.)  Attacher  (les  chiens)  à  la  harde.  ||  P.  ext. 
En  parlant  des  chiens.  Se  — ,  s'embarrasser  dansla  harde. 

lié  (Tecbnol.)  Étirer  (les  peaux)  sur  la  cheville  dite 
hart. 

"HARDERIC  [hard'-rik';  en  vers,  bàr-de-...]  5.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue,  th.  corn,  et  trév.  donnent 
harderic,  s.  m.  altéré  plus  tard  par  engycl.  et  tous  les 
dictionnaires  contemporains  en  harderie,  s.  f.  \\  1694.  th. 

CORN.] 

Il  (Tecbnol.)  Sulfate  de  fer  à  l'usage  des  émailleurs, 
dit  chaux  de  Mars. 

HARDES  [bàrd']  s.  f.  pi. 

[ÉTYM.  Ane.  franc,  fardes,  d'origine  incertaine.  (F.  far- 
deau.) Il  XII''  s.  De  povres  fardres(var.  fardes)  se  vesti,  wace, 
Rou,  III,  1655.  I  1539.  Hardes,  r.  est.] 

Il  Effets  d'habillement.  Un  paquet  de  — .  De  vieilles  — . 


HARDI,  lE  [bàr-di]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  german.  qui  se  trouve  dans    . 
l'allem.  mod.  hart,  gothique  hardus,  dur,  §§6,  118,498  et 
499.  Il  xi^  s.  Sire  cumpainz,  tant  mar  fustes  hardiz,  Roland, 
2028.] 

Il  Qui  ne  se  laisse  pas  intimider.  Qui  te  rend  si  —  de 
troubler  mon  breuvage?  la  F.  Fab.  i,  10.  Ce  —  suborneur,  boil. 
Sat.  11.  Plus  —  à  faire  qu'à  parler,  Boss.  Condé.  Dn  traître 
qui  n'est  —  qu'à  m'offenser,  râc.  Mithr.  il,  4.  Ces  femmes 
hardies  Qui...  Ont  su  se  faire  un  front  qui  ne  rougit  jamais,  ID. 
Phf'd.  III,  3.  Un  —  coquin.  ||  P.  ext.  Une  démarche  hardie. 
Burrhus  ose  sur  moi  porter  ses  mains  hardies,  rac.  Brit.  iv, 
2.  Des  doctrines  hardies.  Un  style  — .  Peu:  les  traits  hardis  d'un 
bizarre  pinceau,  boil.  Lutr.  4. 

HARDIESSE  [hàr-dyes'  ;  envers,  -di-es']  .?.  f. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  hardi,  §  124.  ||  xiic-xiiic  s.  Juenes  est 
et  plains  d'ardiesce,  Ysopet  de  Lyon,  3432.] 

Il  Manière  d'être  hardie.  Dût  l'empereur  punir  ma  — ,  rac. 
Brit.  V,  5.  Les  gens  qui  ont  la  —  de  dire  la  vérité,  fén.  Tél. 
21.  La  —  française,  uoss.  Marie-Thérèse.  Fortune  aveugle 
suit  aveugle  — ,  la  f.  Fab.  x,  13.  Cette  —  que  vous  prenez 
de  me  traiter  d'hérétique,  P.\SC.  Prov.  17.  ||  Fig.  Des  plus 
beaux  vers  la  noble  — ,  BOIL.  Art  p.  4.  La  —  du  style.  La  — 
d'une  construction.  1|  Action,  parole  hardie,  n  y  a  des  har- 
diesses dans  cet  ouvrage. 

•HARDILLIER  [hàr-di-vé]  S.  m. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  hart  par  l'intermédiaire  d'une  forme 
hardUle  non  usitée,  §§  88  et  115.  [Cf.  ardillon.)  ||  1732.  trév.] 
Il  (Tecbnol.)  Fiche  de  fer  à  crochet  soutenant  certai- 
nes parties  du  métier  à  hautes  lisses. 
HARDIMENT  [bàr-di-man]  adv. 

[ÉTYM.  Pour  hardiement,  composé  de  hardie  et  ment,. 
§  724.  Il  xii<=  s.  Asaillent  les  hardiement,  Énéas,  3729.] 

Il  D'une  manière  hardie.  Contre  la  fortune  aller  tête  bais- 
sée, La  choquer  — ,  CORN.  Méd.  i,  5.  Niez  — . 
"HARDOIS  [hàr-dwà]  s.  m.  pi. 

[ÉTY.M.  Pour  hardoir,  dérivé  d'un  radical  hard  d'origine 
incertaine  [cf.  bardée),  §  113.  [Cf.  frayoir.)  ||  1611.  Hardouer^ 
cotgr.  I  1655.  Hardoùer  ou  freoOer,  s.alnove,  Vénerie  roy. 
p.  19.  j  17<30.  Hardois,  petits  brins  de  bois  que  le  cerf  écorche 
de  sa  teste,  liger,  Nouv.  Mais.  rust.  dans  delb.  Rec] 

Il  (Vénerie.)  Branches  froissées  où  le  cerf  a  frotté  sa 
tête  quand  il  refait  son  bois. 
'  HARE  [bar]  s.  tn. 

[ÉTVM.  Onomatopée,  §  32.  {Cf  harlou.)  ||  1214.  Texte 
dans  GODEF.  hare  1.] 
Il  (Vénerie.)  Cri  pour  exciter  les  chiens.  {Cf.  haler  2.) 
HAREM  [hà-rèm']  .?.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'arabe  harem  ou  haram,  ?n.  s. 
proprt,  «  chose  défendue  »,  §  22.  ||  1697.  Haram,  d'herbe- 
lot,  Bibl.  orient,  haram.  Admis  acad.  1835.] 

Il  Chez  les  musulmans,  appartement  des  femmes.  P. 
ext.  La  réunion  de  ces  femmes. 
HARENG  [hà-ran]  5.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  haring,  allem. 
moderne  haering,  hering,  ??z.  s.  §§  6,  498  et  499.  ||  .xu^^  s. 
Hareng,  dans  godef.  CompL] 

Il  Poisson  de  mer  de  la  famille  des  Chipes,  qui  descend 
tous  les  ans  par  troupes  innombrables  de  la  mer  glaciale. 
La  pèche  du  — .  —  frais,  fumé,  salé.  —  blanc,  salé,  mais  non 
fumé.  —  bouffi,  légèrement  salé  et  fumé  et  non  mis  en 
caque.  —  saur,  hareng  fumé.  —  pec,  qui  se  mange  cru 
après  avoir  été  dessalé.  —  plein,  qui  n'a  pas  encore  frayé. 

—  gai,  qui  n'a  plus  de  laitance  ou  d'œufs.  —  foncier  ou 

—  franc,  qui  ne  voyage  pas.  —  en  vrac,  en  caque. 
HARENGAISON  [hà-ran-ghè-zon]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hareng,  §  108.  Le  son  dur  du  g  dé- 
cèle un  mot  d'origine  normanno-picarde,  §  16.  On  trouve 
aussi  harengeson,  harengeaison.  ||  1357.  En  harengueson,  dans 
godef.  harenguaison.  Admis  .acad.  1762.] 

Il  (Tecbnol.)  Pêche  du  hareng. 

HARENGÈRE  [ha-ran-jèr]  .ç.  f. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  hareng,  g  115.  [Cf.  harenguière.)  ||xiiics. 
Toutes  poisonnieres  de  mer  ne  harengeres,  dans  e.  boileau, 
Livi-e  des  mest.  p.  441,  Depping.] 

Il  Vendeuse  au  détail  de  harengs  et  autres  poissons. 

"HARENGERIE  [hà-ranj'-ri  ;  en  vers,  -ran-je-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hareng,  g  69.  ||  1297.  La  draperie,  la  ha- 
rengerie,  dans  du  c.  harengeria.] 

Il  Dialect.  Marché  aux  harengs. 


IIARENGUIERE 


122o 


HARMONIQUE 


•HARENGUIÈRE  [hà-ran-ghyf;r]  .?.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hareng,  §  115.  Le  son  dur  du  g  décèle 
un  mot  d'origine  normanno-picarde,  §  16.  [Cf.  harengére.) 
Il  1727.  Ordorm.  dans  encyci,.] 

Il  (Technol.)  Filet  pour  prendre  le  hareng. 

*HARET  [hà-rc]  adj.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1690.  Chats  harets,  furet. 
chat.] 

Il  (Chasse.)  Chat  —,  qui  vit  à  l'état  sauvage. 

•HARFANG  [hiir-fan]  s.  m. 

[ÈTYM.  Emprunlé  du  suédois  harfang,  m.  s.  §  9.  ||  1760. 
Les  Suédois  l'appellent  harfaong,  dius.son,  Ornithol.  I,  522.] 

Il  (Hist.  nat.)  S(jrle  df  chouette,  de  très  grande  taille. 

"HARGNE  [hàrn']  et  *HERGNE  [hèriT]  s.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  hernia,  m.  s.  devenu  régulièrennent  har- 
gne, §§  372,  482  et  291.  hargne,  .i;  312.  acad.  1694  admet 
le  nnot,  qu'elle  écrit  herne  ou  hergne,  et  le  suppr.  en  1718.] 

Il  Anciennt.  Hernie.  Incommodé  D'une  —,  scarr.  Viig. 
trav.  6. 

•HARGNER  [hàr-né]  v.  intr. 

[ktym.  Dérivé  de  l'anc.  franc,  hargne,  mauvaise  hu- 
meur, dont  l'idenlilication  avec  le  mot  précédent  n'est 
pas  siire,  §  154.  ||  1426.  Plouroit  et  hergnoit  par  force  de 
maladie,  dans  du  c.  hamascha.] 

Il  Vieilli.  Être  de  méchante  humeur.  Mariage...  fait  mur- 
murer, gronder,  bouder,  — ,  dufresny,  Mal.  san.'f  maladie, 
V,  2.  Il  Avccpron.  per.ionnel.  En  parlant  de  chien  et  chat. 
A  les  voir  se  — ,  vergier,  dans  Mac.  de  France,  mai  1725. 

HARGNEUX,  EUSE  [hkr-ncii,  -neiiz']  adJ. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  l'anc.  fVanç.  hargne  \  V.  hargner),  §  116. 
Il  xiV  s.  Qui  a  a  faire  a  hargneux,  douleur  luy  croist,  Mëna- 
gier,  ii,  56.] 

Il  D'humeur  agressive.  Dn  homme  — .  Qu'une  femme  har- 
gneuse est  un  mauvais  voisin!  CORN.  Gai.  dic  Pal.  iv,  12. 
Caractère  — .  Une  critique  hargneuse.  ||  l'.  anal.  Cheval  — , 
qui  mord,  qui  rue.  Loc.  prov.  Chien  —  a  toujours  l'oreille 
déchirée,  les  querelleurs  s'attirent  de  mauvais  coups. 

HARICOT  [hà-ri-kô]  5.  ?«. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  Paraît  être  un  subst.  verbal 
de  l'anc.  mol  harigoter,  haligoter,  couper  en  morceaux,  §  52. 
Il  xiV^  s.  Hericoq  de  mouton,  taillevent,  Viandier,  p.  4. 
Pichon  et  Vicaire.  |  1642.  Haricot,  febves  de  haricot,  ouu." 

I«  —  (de  mouton),  rngoùt  de  mouton  coupé  en  mor- 
ceaux, de  pommes  de  terre  et  de  navets.  Quelque  bon  — 
bien  gras,  mol.  Av.  ni,  1.  j  Fig.  Quel  — ,  morbleu!  de  jambes 
et  de  bras!  giierardi.  Th.  itul.  i,  224. 

II.  Fève  de  —  {vieilli),  et,  ellipt,  —,  plante  légumi- 
neuse,  dite  autrefois  fève  riolée. 

HARIDELLE  [hà-ri-dèl]  ,y,  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  xvi«  s.  Montant  sur  son  ari- 
delle,  TABOUROT,  Biçjarr.] 

Il  1°  Méchante  rosse.  Une  vieille  — . 

Il  2°  Fifj.  (Technol.)  —  ou  héridelle,  ardoise  très  étroite 
qui  sert  surtout  pour  la  couverture  des  clochers. 

•HARLE  [hàrl'J  A-.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  patois  du  Nivernais  harle  ou  herle, 
m.  s.  mot  d'tji'igine  inconnue,  §  16.  jj  1555.  Un  oyseau...  que 
les  hiibitans  des  orées  sur  la  rivière  de  Loire,  comme  est 
Cosne,  la  Charité,  Nevers,  ont  constamment  nommé  un  harle  ou 
herle,  i».  delon,  Salure  des  oiseaux,  p.  164.] 

Il  (Hist.  nat.)  Oiseau  palmipède,  voisin  du  canard,  qui 
se  nourrit  de  poissons.  Le  grand  — ,  le  —  huppé. 

•HARLOU  [iiiir-lou]  inlerj. 

KTYM.  Pour  hare-loup,  composé  de  hare  et  loup,  §  212. 
Ij  .\vi<=  s.  V.  à  l'article.] 

Il  (Vénerie.)  Cri  pour  exciter  les  chiens  à  poursuivre 
le  loup.  Su/)stajilivl.  Le  —  se  redouble,  cl.  gauciiet, 
Plaisir  des  champs,  p.  138,  édit.  1604. 

•HARMALE  [àr-màl]  5.  f. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  hit.  des  botanistes  harmala  (gess- 
ner),  qui  est  l'arabe  harmal,  ?/i.  s.  g  22.  Cf.  harmala  ou 
hermala,  dans  apulée.)  ||  1694.  th.  curn.  .\dniis  ac.\d. 
1762;  suppr.  en  1835.] 

Il  (Botan.)  Variété  de  rue,  dite  rue  sauvage  ou  de  Syrie. 

HARMONICA  [ ;ir-nio-ni-kà;  ,y.  ))t. 

[ÉTYM.  Euiprunlé  de  l'alleni.  harmonika,  w.  s.  tiré  du 

lat.  harmonica,  fém.  de  harmonicus,  harmonieux,  §  7.  Sur 

le  genre,  V.  §  551.  ||  1785.  e.ncygl.  méth.  Admis  acad. 

1835.] 

Il  1°  Ancien  instrument  de  musique  composé  de  cou- 


I  pes  de  verre  inégalement  remplies  d'eau,  qu'animait  un 
j  mouvement  de  rotation,  et  qui  par  le  frottement  des 
doigts  mouillés  contre  les  bords  des  coupes  produisait 
I  des  sons  vibrants.  ||  /'.  ext.  Instrument  de  musique  oii 
les  cordes  sont  remplacées  par  des  lames  de  verre  de 
longueurs  inégales.  ||  I'.  ext.  —  chimique,  fiole  terminée 
I  par  un  tube  efdlé  que  recouvre  un  autre  tube  de  verre, 
j  et  d'où  se  dégage  un  courant  d'hydrogène  qui,  en  brûlant 
;  à  l'air,  fait  vibrer  le  second  tube. 
t      II  2"  —  à  corde,  sorte  de  piano,  épinelte. 
\      Il  3"  .leu  d'orgue  qui  sert  à  produire  des  effets  d'écho. 
I       'HARMONICORDE  [àr-mù-ni-kord'j  s.  m. 
I      [ÉTYM.  Composé  avec  harmonium  et  corde,  §  272.  ||  Mot 
I  créé  par  debain  (1809-1877;.] 
I      II  (Musique.)  Instrument  à  cordes  et  à  hanches. 
HARMONIE  [àr-mù-ni]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'ital.  harmonia,  grec  âpiiovia,  m.  s. 
Il  xii«  s.  Trestotes  les  armonies,  gaut.  d'arras,  dans  delb. 
,  /iec] 

!       I.  Il  1"  Accord  de  sons  agréables  à  l'oreille.  Des  chants 
I  pleins  d' — .  Apprenez  à  tous  ces  bergers  les  charmes  de  1' — , 
1  FÉ.N.  Tel.  2.  Il  Speciall.  Série  de  sons  simultanés  dont  on 
accompagne  les  sons  correspondants  d'une  phrase  mu- 
sicale, pour  en  augmenter  la  valeur.  La  science  de  1'—.  Des 
trois  harmonies,  dorienne,  phrygienne  et  lydienne,  la  dorienne 
ou  la  dorique   était  la  plus  grave,  rac.   Iif)n.  sur  P induré. 
Il  Specialt.  Ensemble  des  instruments  à  vent  et  de  per- 
i  cussion  qui  composent  un  orchestre.  Musique,  concert  d'— . 
I       II  2"  P.  ert.  Succession  de  sons  agréables  à  l'oreille. 
I  Ma  voix  avait  une  —   divine,  kÉn.  Tel.  2.  Table  d' —   d'un 
I  piano,  d'un  violon,  etc..  table  sur  laquelle  sont  tendues  les 

cordes  et  qui  en  augmente  la  sonorité. 
I  II  3"  Specialt.  Succession  de  mots  formant  des  sons 
agréables  à  l'oreille.  L' —  d'un  vers,  d'une  période.  —  imi- 
tative,  où  le  son  des  mots  rappelle  le  bruit  que  fait  la 
chose  qu'ils  représentent.  ||  Specialt.  Le  son  des  vers.  Le 
dieu  de  1' — ,  .\pollon.  Harmonies  poétiques. 

II.  Disposition  entre  les  diverses  parties  d'un  ensem- 
ble, de  manière  que  chacune  d'elles  s'accorde  avec  les 
autres.  L' —  des  diverses  parties  d'un  organisme.  L' —  du  corps 
humain.  —  préétablie,  dans  le  système  proposé  par  Leib- 
nilz  pour  expliquer  les  rapports  de  l'âme  et  du  corps, 
concordance  établie  par  Dieu,  avant  leur  naissance,  en- 
tre les  âmes  et  les  corps.  De  l'opposition  des  contraires  naît 
la  discorde,  et  de  leur  réunion  1' — ,  u.  de  .st-p.  Ft.  de  la  nat. 
10.  Le  froid  est  opposé  au  chaud,  la  lumière  aux  ténèbres,  la 
terre  à  l'eau,  et  1' —  de  ces  éléments  contraires  produit  des 
effets  ravissants,  ID.  iùid.  L' —  des  parties  d'une  composition 
littéraire.  Specialt.  —  évangélique,  ouvrage  où  l'on  établit 
l'accord  des  diverses  parties  des  Évangiles.  ||  Fig.  Bon 
accord  entre  plusieurs  personnes.  L'-  d'un  ménage.  Rois, 
chassez  la  calomnie;  Ses  criminels  attentats  Des  plus  paisi- 
bles États  Troublent  l'heureuse  — ,  rac.  Fslh.  m,  3. 

m.  (.\nat.)  .\rticulalion  présentant  des  dents  qui  s'em- 
boîtent dans  des  creux  correspondants. 
"HARMONIER.  T.  harmoniser. 

HARMONIEUSEMENT  [àr-mù-nyeliz'-man  ;  en  vers, 
-ni-e'u-ze-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  harmonieuse  et  ment,  §  724.  ||  1510. 
Cymbeilles  armonieusement  sonnans,  J.  le  m.\ire,  dans  delb. 
Rec] 
Il  D'une  manière  harmonieuse. 
HARMONIEUX,  EUSE  [kr-mô-nveû,  -nyeuz'  ;  en  vers, 
-ni-...]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harmonie,  §  251.  ||  xiv*  s.  Voix  armo- 
nieuse,  i-ROiss.  Poes.  dans  delb.  Uec] 

Il  Qui  a  de  l'harmonie.  Sons  — .  D' —  accords.  Voix  har- 
monieuse. Langage  — .  Vers  — .  Il  est  un  heureux  choix  de  mots 
— ,  uou,.  Art  p.  1.  Il  /•*.  ext.  Poète,  écrivain  — .  Les  couleurs 
harmonieuses  de  ce  tableau. 

"HARMONIFLÙTE  [àr-mô-ni-llût']  S.  ?/i. 
[ÉTY.M.  Composé  avec  harmonie  et  flûte,  Ji  272.  jj  Se'olog.] 
Il  ^Musique.)  Sorte  d'harmonium  avec  clavier  faisant 
résonner  des  tuyaux  à  biseau,  comme  la  llùte. 
HARMONIQUE  [àr-mù-nik']  adj. 
[ÉTYM.   Emprunté  du  lat.  harmonicus,  grec  âpaov:x'>î, 
m.  s.  Il  xiv^  s.  Voix  armonique,  oresme,  dans  melmer,  Es- 
sai sur  Oresme.] 
Il  (T.  didact.)  Qui  a  rapport  à  l'harmonie. 
Il  1°  (Musique.)  Marche  — .  Sons  harmoniques,  sons  pro- 


IIARMONIQUEMENT 


—  1226  — 


HARPEUR 


duils  par  la  division  naturelle  d'une  corde  vibrante  en 
sections  plus  petites  qui  vibrent  en  même  temps  que  la 
corde  entière.  Des  sons  harmoniques,  et,  substanlivt,  au 
masc.  On  son  fondamental  et  ses  harmoniques.  Échelle  — , 
échelle  diatonique  de  la  gamme. 

Il  2"  Fig.  (îMathém.)  Proportion  —,  forme'e  de  trois 
nombres  tels  que  l'excès  du  premier  sur  le  second  est  à 
l'excès  du  second  sur  le  troisième  comme  le  second  au 
troisième.  Division  —  d'une  droite. 

HARMONiaUEMENT  [iir-mô-nïk'-man  ;  en  vers,  -ni- 
ke-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  harmonique  et  ment,  §  724.  ||  1579. 
p.  DE  LOST.\L,  dans  DELB.  liec.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (T.  didact.y  D'une  manière  harmonique. 

HARMONISER  [àr-mù-ni-zé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harmonie,  §§  266  et  267.  Fréquent  au 
xviiî  s.,  presque  inconnu  aux  xyii^  et  xviii'',  harmoniser  a 
été  repris  au  commencement  de  ce  siècle,  a  supplanté 
harmonier  i  souvent  employé  par  B.  de  st-p.)  et  a  été  admis 
par  ACAD.  1878.  ||  xv^-xyi"  s.  Oiseaux...  Harmonisans  tant 
doulx  soir  et  matin,  j.  joret,  dans  delb.  Rec] 

Il  Mettre  en  harmonie.  Spécialt.  Mettre  un  chant  en 
parties  harmoniques. 

HARMONISTE  [àr-mô-nïst']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harmonie,  §  265.  ||  -s.viii'^  s.  j.-j.  rouss  . 
Dict.  de  mus.  Admis  acad.  1798.] 

Il  Musicien  versé  dans  la  science  de  l'harmonie. 

HARMONIUM  [àr-mù-nvôm";  e)i  vers,  -ni-ùm']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harmonie,  §224.  ||  Mot  créé  par  debain 
(1809-1877).  Admis  acad.  1878.] 

Il  Petit  orgue  portatif. 

*HARMOTOME  [àr-mô-tùm']  5.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  cîp|x&ç,  joint,  etTO[j.T,,  sec- 
tion, §  279.  Il  1801.  HAUY,  Traite  de  rainerai,  m,  191.] 

Il  (Minéral.)  iSilicate  d'alumine  et  de  baryte,  à  cristaux 
formant  des  angles  rentrants. 

HARNACHEMENT  [hàr-nàch'-man  ;  en  vers,  -nà- 
che-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harnacher,  §  145.  i|  1611.  cotgr.  Ad- 
niis  ACAD.  1878.] 

Il  Action  de  harnacher.  ||f*.  ext.  Ensemble  de  harnais. 
\\Fig.  Famil.  Accoutrement  lourd. 

HARNACHER  [hàr-nà-ché]  f.  tr. 

[ÉTV.M.  Pour  harnescher,  §§  344  et  422,  dérivé  de  harnais, 
§§64  et  154.  Il  xii<=-xiii'=  s.  Ne  metent  pas  moût  Ions  respis 
Aha[rjneschier,  Cheval,  as  deus  espees,  8246.] 

Il  Couvrir  du  harnais.  —  un  cheval.  Chevalier  harnaché  de 
fer.  Il  Fig.  Fatnil.  .\ccuulré  lourdement. 

"HARNACHEUR  [liàr-nk-cheur]  i'.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harnacher,  §  112.  ||  1402.  Harnicheur  et 
gourmet  de  vins,  dans  du  c.  harnascha.] 

Il  l»  Vieilli.  Ouvrier  qui  fabrique  des  harnais. 

Il  2'^  Valet  qui  harnache  les  chevaux. 

HARNAIS  [hàr-nè]  et,  vieilli,  HARNOIS  [hàr-nw;i] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  radical  harn-,  d'origine  inconnue, 
à  l'aide  du  suflixe  -isk,  devenu  successivement  -eis,  -ois, 
-ais,  §  149.  L'allem.  harnisch  et  l'angl.  harness  viennent 
du  français.  ||  xw^  s.  Lor  herneis  faites  et  saisir  et  baiUier, 
Couronn.  de  Louis,  1638.] 

Il  1°  Anciennt.  .\rmure,  équipage  d'un  homme  d'armes. 
(S'emploie  encore  dans  quelques  locutions  toutes  faites.; 
Endosser  le  harnois,  embrasser  la  profession  des  armes. 
Suer  dans  son  harnois,  être  mal  à  l'aise  sous  ses  vêtements. 
j  Blanchir  sous  le  harnois,  vieillir  dans  le  métier  des  armes, 
et,  p.  ext.  dans  une  profession  quelconque.  Ces  cheveux 
blanchis  sous  le  harnois,  couN.  Cid,  n,  8. 

Il  2"  /■■.  anal,  hquipage  d'un  cheval  de  selle  ou  d'atte- 
lage. Une  paire  de  —  de  carrosse.  —  de  charrette.  ||  Chevaux 
de  —  (pour  charrette,  grosse  voiture).  Le  chemin  est  trop 
étroit  pour  les  —  (pour  l'attelage). 

Il  3"  P.  ext.  (Technol.)  |  1.  Attirail  de  pèche,  de  chasse. 
I  2.  Ensemble  des  pièces  d'un  métier  à  tisser. 

HARO  [hà-rô]  interj . 

[ÉTYM.  Origine  incertaine;  peut-être  simple  onomato- 
pée, §  32.  [Cf.  hare.)  Qqns  y  voient  un  appel  à  Rou  (Rol- 
lon),  ancien  duc  de  Normandie;  mais  l'anc.  forme  hareu 
ne  favorise  pas  cette  opinion.  i|  xii''  s.  Harou  !  harou!  hé! 
aidiez-moi,  marie  de  frange,  Fab.  16.] 

Il  Anciennt.  Exclamation  pour  appeler  à  l'aide.  Spéciale. 


Clameur  de  —  (en  Normandie),  qui  rendait  obligatoire  la 
comparution  immédiate  de  celui  sur  lequel  on  avait  crié 
haro,  ou  suspendait  l'exécution  d'un  jugement  sur  récla- 
mation de  celui  qui  prétendait  avoir  des  moyens  de  dé- 
fense. Il  De  nos  Jours.  Fig.  Fatnil.  Crier  —  sur  qqn,  expri- 
mer de  l'indignation  pour  ses  actes,  ses  paroles.  A  ces 
mots  on  cria  —  sur  le  baudet,  LA  F.  Fab.  vu,  1. 

"HAROUELLE  [hà-r\vèl;  en  vers,  -rou-èl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1769.  duhamel  du  mon- 
ceau, Pêches.  I,  I,  65.] 

Il  (Pèche.)  Corde  tendue  sur  deux  piquets  et  portant 
de  distance  en  distance  de  petites  lignes  garnies  d'hame- 
çons qui  flottent  sur  la  mer. 

HARPAGON  [àr-pà-gon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  §  36  :  Harpagon,  personnage  delà 
comédie  de  Mohère  intitulée  l'Avare.  ||  Admis  acad.  1878.] 

Il  Famil.  Homme  d'une  avarice  âpre. 

*HARPAIL  [hàr-pày"]  5.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  d'un  primitif  harp-  d'origine  inconnue, 
§  88.  La  forme  fém.  harpaiile  est  qqf  employée  abusive- 
ment pour  harpail.  ||  xiV^  s.  gast.  phébus,  Chasse,  dans 
DELB.  Rec] 

Il  (Vénerie.  I  Ilarde,  troupe  de  cerfs  ou  de  biches. 

HARP  AILLER  (SE)  [hkr-pa-yé]  v.  pron. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harper  2,  §  161.  [Cf.  harpigner,  harpil- 
1er.)  Il  Admis  acad.  1718.] 

Il  Famil.  S'empoigner  (dans  une  discussion),  se  dire 
de  gros  mots. 

1.  HARPE  [h'arp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  german.  harpa  (déjà  latinisé  par 
FORTUiNAT),  allem.  mod.  harfe,  m.  s.  §§  6,  498  et  499.  || 
xii»  s.  Je  chanterai  a  tei  en  harpe,  Psaut.  de  Cambridge , 
Lxx,  23.] 

Il  1°  Instrument  de  musique  triangulaire,  portant  des 
cordes  verticales  qu'on  pince  des  deux  mains  et  qu'on 
fait  vibrer.  Jouer,  pincer  de  la  — .  Clef  de  — .  Les  pédales 
d'une  — .  Au  son  de  la  — .  La  —  du  roi  David.  |  Fig.  Famil. 
Il  est  parent  du  roi  David  et  joue  de  la  —  (jeu  de  mots  sur 
harpe,  acliuu  de  harper,  de  saisir),  c'est  un  fdou.  |  — 
éolienne.  {  V .  éolien.) 

Il  2°  P.  anal.  (Hist.  nat.)  Mollusque  gastéropode,  à  co- 
quille univalve,  munie  de  côtes  qui  rappellent  les  cor- 
des d'une  harpe. 

2.  HARPE  [hàrp']  s.  f. 

[ÉTYM.  Parait  se  rattacher  au  grec  ^'ott,,  tout  objet  re- 
courbé, latinisé  en  harpe,  puis  confondu  dans  la  pronon- 
ciation avec  le  german.  harpa,  harpe  (instrument  de  mu- 
sique), §  6.  Il  1485.  Toutes  jambes  on  membrures  de  pierre 
de  taille...  ou  il  y  a  harpes,  Urdonn.  dans  littrÉ.] 

Il  1°  (Vénerie.)  Griffe  de  chien. 

Il  2°  (Technol.)  Equerre  de  métal  pour  attacher  les  pans 
de  bois  aux  murs.  ||  Pierre  d'attente  pour  servir  d'atta- 
che à  un  mur  à  construire  sur  le  prolongement  du  pre- 
mier. 11  Dans  les  assises  d'un  mur,  pierre  plus  large  que 
celle  sur  laquelle  elle  repose,  de  manière  à  saisir  et  à  em- 
boîter les  pierres  voisines. 

HARPE,  ÉE  [hàr-pé]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harpe  1,  §  1 18  ;  proprt,  «  arrondi  comme 
le  coté  d'une  harpe  ».  1|  1655.  Chien  harpe,  salnove,  TV- 
nerie  roy.  p.  17.  .\dmis  acad.  1718.] 

Il  (Vénerie,  Manège.)  Dont  l'estomac  est  bas  et  dont 
le  ventre  remonte  haut.  Dn  lévrier,  un  cheval  bien  — . 

1.  HARPER  [hàr-pé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harpe  1,  §  154.  ||  xu«  s.  Cum  l'asnes  al 
harper,  PH.  DE  thaun,  Comput,  145.  Admis  acad.  1762 
(au  sens  II).] 

1.  Anciennt.  Jouer  de  la  harpe. 

II.  Fig.  En  parlant  du  cheval,  lever  une  des  jambes  de 
derrière  plus  haut  que  l'autre,  sans  plier  le  jarret. 

2.  HARPER  [hàr-pé]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harpe  2,  §  154.  ||  xvi"  s.  D'autant  que 
Je  me  harpe  avec  si  grande  faim,  mont.\igne,  m,  3.] 

Il  Famil.   Empoigner.    Ils  se  harpérent.   Sitôt  qu'il  eut, 
s'essuyant  d'une  main.  Harpe  de  l'autre,  avec  un  ris  humain,        ■ 
La  pièce  blanche,  st-amant,  Ép.  à  Melay,  p.  452,  Bibl.       I 
elzév.  ' 

'HARPEUR,  EUSE  [hàr-péur,  -peiiz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harper,  §  112.  ||  xir«  s.  Amphyon,  vos- 
tre  haurpierres,  Thèbes,  append.  ii,  dS'Z'Z.] 

Il  Anciennt.  Harpiste. 


HARPIE 


—  1227  — 


HAST 


HARPIE  [liàr-pi  ;  vieilli,  àr-pi]  .s\  f. 

[ktTiM.  Emprunté  du  lai.  harpya,  grec  ïp-'j'.a,  m.  s.  || 
xiV^  s.  Arpes  sont  oisiax  de  corsaige  Et  sont  pucelles  de  vi- 
sage, Orfeus.  dans  delb.  liée] 

Il  1°  (Mythol.)  Être  qu'on  représentait  avec  un  visage 
de  femme  et  un  corps  de  vautour.  Ce  plumage  noir  Est  celui 
qu'une  —  en  fuyant  laissa  choir,  corn.  Mi-d.  iv,  l.  ||  Fif/. 
Famil.  \  1.  l'ersoime  rapace.  |  2.  Femme  acariâtre.  Cette 
princesse  d'Harcourt  était  une  furie  blonde,  et  de  plus  une  — , 
ST-siM.  m,  346. 

Il  2°  (Ilist.  liât.)  Genre  de  chauves-souris. 

•HARPIGNER  (SE)  [liàr-pi-ùé]  ou  *  HARPILLER  (SE) 
[hàr-pi-yé]  v.  prou. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  harper2,  §§  161  et  168.  (C/'.harpailler.)  || 
xvii«s.  y.  à  Tarticle.] 

Il  Pop.  S'empoigner  et  se  donner  des  coups  l'un  à  l'au- 
tre. Il  Fig.  Se  battre  à  coups  de  langue.  La  comtesse  et  elle 
se  harpignérent,  T.  DES  RÉ.\u.\,  llislor.  vu,  141. 

*HARPIN  [hàr-pin]  s.  m. 

[ÉTV.M.  Dérivé  de  harpe  2,  §  1(X).  ||  1690.  Harpes,  harpins 
ou  harpons,  FURET,  harpes.] 

Il  ^Technol.)  Croc  à  l'usage  des  bateliers. 

HARPISTE  ihàr-pist'j  .f.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harpe,  §  265.  |j  Séolog.  Admis  acad. 
1835.] 

Il  Celui,  celle  qui  joue  de  la  harpe. 

HARPON  [hàr-pon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  radical  deharpe2,  §i04.||(Ausens2o.) 

1611.  COTGR.] 

Il  1»  Instrument  en  fer  qui  sert  à  accrocher,  à  piquer. 
I  1.  Anciennement,  grappin  tranchant  pour  couper  les 
cordages  du  vaisseau  ennemi,  j  2.  Crochet  de  fer  pour 
harper,  saisir  un  navire  ennemi.  |  3.  Large  fer  de  flèche 
attaché  à  un  manche  en  bois  qu'on  lance  contre  la  ba- 
leine et  les  autres  cétacés.  |]  /'.  anal.  ^Médec.;  —  de  Mid- 
deldorpf,  trocart  à  fente  latérale  qu'on  enfonce  dans  un 
muscle  pour  en  retirer  des  libres  musculaires  et  reconnaî- 
tre s'il  y  a  trichinose. 

Il  2°  Equerre  de  métal  pour  relier  deux  pièces  de  cons- 
truction. 

Il  3°  Scie  munie  d'une  poignée  à  chaque  bout,  dont  le 
menuisier  se  sert  pour  refendre.  {Cf.  arpon.) 

'HARPONNAGE  [hàr-po-nàj']  s.  ?n. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harponner,  §  78.  ||  1769.  DUHAMEL  DU 
MONCEAU,  Pèches,  I,  m,  12.] 

Il  (Pèche.)  Action  de  harponner. 

HARPONNER  [hàr-pù-né]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harpon,  §  154.  ||  1634.  Les  mariniers 
harponnent  à  l'occasion.  Ternies  de  mariîie,  dans  delb.  Rec. 
Admis  ACAD.  1694.] 

Il  (Pèche.)  Atteindre  avec  le  harpon.  —  une  baleine. 

HARPONNEUR  [hàr-pù-ne'ur]  s.  m. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  harponner,  g  112.  ||  1671.  L'harponneur 
qui  est  d'ordinaire  le  plus  robuste,  L's  et  coût,  de  la  mer, 
dans  delb.  l\ec.  .\dmis  acau.  1762.] 

Il  (Pèche.)  Celui  qui  lance  le  harpon  sur  la  baleine. 

•HARPONNIER  [hàr-pô-nyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  harpon,  g  115.  ||  (.\u  sens  2.)  1796. 
E.NCYCL.  MÉTH.  AyricuU.\ 

Il  (Ilist.  nat.)  I  1.  Héron  crabier.  |  2.  Plante  qui  accro- 
che, sfjt'cialt,  rosier  des  haies. 

*HARRE.  V.  hart. 

HART  [hàr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue;  la  forme  primitive  est  hard, 
comme  le  montrent  les  dérivés  hardeau,  barder,  ardillon, 
etc.  Il  xii«  s.  Le  hart  el  col,  Rois,  ni,  20.] 

Il  1"  Lien  d'osier,  de  bois  pliant,  pour  lier  des  fagots. 

Il  2°  Vieilli.  Corde  servant  à  étrangler  un  condamné. 
Guindé  la  —  au  col,  i_a.  k.  FaO.  vi,  19.  Sous  peine  de  la  — . 

Il  3"  /'.  ext.  (Technol.)  Cheville  de  fer  en  demi-cercle, 
sur  laquelle  le  gantier  et  le  peaussier  étirent  les  peaux. 
^Souvent  écrit  k  tort  harre.) 

HASARD  [hà-zàr]  i\  m. 

[ÉTYM.  Urigine  incertaine  ;  d'après  guill.  de  tyr,  du 
nom  (El  Azar)  d'un  château  de  Palestine,  §  36.  ||  xn»  s. 
Se  joer  volez,  Au  toupet  juez  E  ne  mie  a  hasart,  everard  de 
KiRKAM,  Caton,  dans  ler.  de  uncy,  Prov.  franc,  ii, 
360.] 

Il  1°  Anciennt.  Sorte  de  jeu  de  dés.  ||  .A  certains  jeux 
de  dés,  nombres  de  points  qui  font  gagner  celui  qui  tient 


le  dé.  Il  Jeux  de  —,  oîi  les  combinaisons  n'ont  aucune  part. 
Fig.  Corriger  le  — ,  tricher  au  jeu. 

Il  2°  P.  ext.  Risque.  Pourquoi  mettre  au  —  ce  que  la  mort 
assure?  corn.  Pobj.  ii.  6.  Je  vois  dans  le  —  tous  les  biens  que 
j'espère,  ID.  Hodog.  i,  2.  Mon  honneur,  qui  m'est  cher,  y  court 
trop  de  —,  MOI..  Fc.  des  ?/i.  m,  2.  1  Au  —  de,  au  risque  de. 
Au  —  d'un  semblable  refus,  i.a  f.  Fab.  xii,  1.  ||  P.  ext.  Oc- 
casion. Vendue  au  —  (d'occasion),  boil.  Sat.  5.  Des  mar- 
chandises de  — ,  et,  ellipt.  J'aurai  tsmtôt  un  bon  — ,  les.  'l'ur- 
car.  IV.  12.  ||  P.  anal.  Aventure,  chance  bonne  ou  mau- 
vaise. De  la  bataille  éprouver  le  — ,  rac.  Baj.  i,  2.  Les  ha- 
sards de  la  guerre.  Vous  ne  vous  trouvez  au  monde  que  par  une 
infinité  de  hasards,  pasc.  Condition  des  grands.  C'est  —  si 
je  les  conserve,  lx  f.  Fab.  v,  18.  Dn  heureux  — .  Pour  quelque 
bon  — ,  LA  F.  Fab.  xii,  4.  Par  — ,  et,  vifilli,  Au  — ,  par  aven- 
ture. Un  regard  Que  vous  aurez  sur  eux  fait  tomber  au  — ,  rac. 
Dril.  II,  2.  Au  —,  à  l'aventure.  Chacun  s'arme  au  —  du  livre 
qu'il  rencontre,  boil.  Lutr.  5.  On  marche  au  —  pendant  toute 
la  vie,  KÉN.  Tél.  24.  Atout  — ,  quoi  qu'il  arrive. 

Il  3°  Absolt.  Cause  aveugle  assignée  aux  faits  dont  la 
cause  réelle  nous  échappe.  Ce  que  nous  appelons  —  n'est 
et  ne  peut  être  que  la  cause  Ignorée  d'un  effet  connu,  volt. 
Dicl.  philos,  athéisme.  Ce  qui  est  —  à  l'égard  des  hommes  est 
dessein  à  l'égard  de  Dieu,  buSS.  Polit.  \',  m,  1. 

HASARDER  [hà-zàr-dé]  v.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hasard,  g  154.  ||  1407.  Hazarder,  tavemer 
et  bordeler,  dans  du  c.  bazardor.] 

I.  V.  tr.  Il  1»  Livrer  au  hasard.  Je  n'ai  point  voulu  les  — 
(deux  paquets)  par  une  route  incertaine,  sÉv.  806.  \,P.  ext. 
E.xposer  à  un  risque.  L'exemple  est  dangereux  et  hasarde 
nos  vies,  corn.  Xicor/i.  iv,  2.  On  sang  hasardé  pour  Chiméne, 
IL).  Cid,  V,  6.  Loc.  prov.  Qui  ne  hasarde  rien  n'a  rien.  Mon 
père  défend  que  le  roi  se  hasarde,  rac.  Ath.  v.  1.  \  Fig.  Il  y  a 
un  mot  dans  votre  ouvrage  qui  est  bien  hasardé,  la  br.  1.  Une 
explication  haseurdée.  ]|  —  à.  L'ardeur  de  vous  revoir  l'a  ha- 
sardée aux  flots,  CORN.  Tois.  d'or,  u,  1.  Voyez  les  périls  où 
vous  me  hasardez,  lu.  Poly.  i,  4.  |  Se  —  à.  On  se  haseirde  à 
tout,  CORN.  Œdipe,  ii,  1.  Se  —  à  fziire  qqch.  Je  veux  bien 
toutefois  encor  m'y  — ,  corn.  Pomp.  iv,  2.  |  Vieilli.  —  de. 
Si  qqn  se  hasarde  de  lui  emprunter,  la  br.  Thi'Ophr.  Défiance. 

Il  2''  Tenter  avec  risque.  Au  lieu  de  —  contre  les  Grecs 
une  bataille  générale,  BOSS.  Ilist.  laiiv.  m,  5.  Us  vont  — 
encor  Même  vent,  même  naufrage,  L.\  F.  Fab.  x,  15. 

II.  V.  intr.  S'exposer  à  un  risque.  Chacun  peut  —  à  ses 
périls,  CORN.  Agés.  préf.  |  Vieilli.  —  de.  Quelques  soldats 
hasardaient  d'aller  puiser  de  l'eau,  volt,  ilist.  de  Russie, 
u,  1. 

HASARDEUSEMENT  [hà-zàr-de'uz'-man  ;  en  vers, 
-deii-ze-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  hasardeuse  et  ment,  §  724.  |j  1564. 
j.  THIERRY,  l)ict.  franç.-lat.] 

Il  D'une  manière  hasardeuse. 

HASARDEUX,  EUSE  [hà-zàr-deu,  -deiiz'j  adj. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  hasard,  §  116.  .\  remplacé  hasardeur, 
fréquent  de  la  fin  du  \n«  siècle  au  xvi»,  §  62.  jj  xvi<=  s.  Per- 
sonnage hasardeux,  amyot,  Pe'lop.  1.] 

Il  1'^  Qui  expose  à  un  risque.  Que  le  sort  de  tels  esprits 
est  — ,  BOSS.  /{.  d'Angl.  n  sait  bien  se  tirer  d'un  pas  si  — , 
CORN.  Ilor.  IV,  2,  édit.  1641.  [  Fig.  Traiter  tout  noble  mot  de 
terme  —,  boil.  Ép.  10. 

Il  2»  Qui  s'expose  k  un  risque.  On  caractère  — .  Si  vous 
étiez  moins  hasardeuse,  j'aurais  plus  de  repos,  sÉv.  270.  j  Fig. 
Rimeurs  — ,  boil.  Sat.  12. 

HASCHISCH.  V.  hachisch. 

HASE  [hâz'j  .f.  f. 

[ÉTYM.  Forme  féminine  tirée  de  l'allem.  hase,  lièvre, 
§§  7  el  37.  Il  1556.  saliat,  Hérodote,  {"  84,  v'\] 

Il  (Chasse.)  Femelle  du  lièvre.  |i  Femelle  du  lapin  de 
garenne. 

HAST  [àsl']  S.  m. 

[ÉTYM.  Altération  de  haste,  dont  l'h  était  autrefois  in- 
différemment muette  ou  aspirée,  §§  37  el  509.  trlv.  re- 
commande de  dire  arme  de  hast  ;  mais  furet,  imprime  arme 
d'hast,  et  cotou.  îu-mes  d'ast,  d'haste  ou  d'haute.  Ji  xyi"-'  s.  Ar- 
mes d'ast,  uu  piNET,  Ilist.  nat.  de  Pline,  dans  delb.  Rec. 
.\dmis  ACAD.  1718.] 

Il  Rare.  Bois  de  lance,  de  pique,  etc.  L'—  enflammé  de 
deux  piques  rompues,  chateaubr.  Martyrs,  u,  2.  ,1  i>pé- 
cialt.  Armes  d'— ,  toute  arme  emmanchée  au  bout  d'un 
long  bàlon  épique,  hallebarde,  etc^. 


HASTAIRE 


—  1228  — 


HAUSSE 


HASTAIRE  [as'-fèr]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hastarius,  ?».  s.  {Cf.  le  doublet 
hâtier  de  formation  pop.)  ||  1584.  Les  hastaires  faisoient  le 
front,  L.  LEROY,  Vicissit.  des  choses,  dans  dulb.  Kec.  Admis 
ACAD.  1798.1 

Il  (Antiq.  rom.)  Soldat  armé  d'un  javelot. 

HASTE  [hâsf]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hasta,  m.  s.  [Cf.  hâte  1  et  hante.) 

Admis  ACAD.  1835.] 

l|  1"  (Antiq.)  Longue  lance,  pique,  javelot.  Specialt. 
Javelot  sans  fer  qui  est  représenté,  sur  certaines  mon- 
naies, comme  l'attribut  des  divinités  bienfaisantes. 

Il  2«  P.  anal.  Barre  verticale  de  certaines  lettres.  Les 
hastes  de  l'E,  de  l'F,  de  l'H,  de  l'M,  etc. 

HASTÉ,  EE  [âs'-téj  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haste,  §  253.  ||  1789.  encycl.  méth. 
Admis  ACAD.  1835.] 

Il  (Botan.)  Qui  s'élargit  en  lobes  aigus  divergents.  Les 
feuilles  de  l'oseille  sont  hastées. 

1.  "HÂTE  [bat']  S.  f. 

[ÉTYM.  Du  lat.  hasta,  proprt,  «  lance  »,  qui  aurait  dû 
donner  régulièrement  aste,  âte,  g§  372,  292  et  422.  L'as- 
piration est  peut-être  due  à  l'intluence  de  l'anc.  haut  al- 
îem.  harsta,  gril,  §  6.  [Cf.  hante.)  ||  xii«  s.  Deus  hastes  de 
porc,  Aiol,  4041.] 

Il  Vieilli  et  dialect.  Broche  de  bois  pour  faire  rôtir. 
[Cf.  hâtelet,  etc.)  ||  P.  ext.  Viande  rôtie,  hâtereau. 

2.  HÂTE  [hàfj  S.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  radical  german.  qui  se  trouve  dans 
le  gothique  haifsts,  lutte,  l'allem.  moderne  heftig,  impé- 
tueux, etc.  §§  6,  498  et  499.  L'allem.  moderne  hast  vient 
du  français.  ||  xii''  s.  Tresqu'al  chancel  en  est  venuz  en  haste, 
Couronn.  de  Louis,  1762.] 

Il  Vivacité  à  faire  qqch.  La  —  avec  laquelle  il  travaille  est 
cause  qu'il  ne  réussira  pas.  Vous  mettez  trop  de  — .  Faire  une 
chose  à  la  — .  ||  Avoir  — ,  avoir  grande  —  (ou,  anciennt, 
grand  — ).  Avoir  une  grande  — ,  avoir  extrêmement  —  de  faire 
qqch,  désirer  d'en  venir  à  bout  le  plus  tôt  possible,  n  a  — 
d'en  finir.  ||  Faire  — .  Faire  une  chose  en  — ,  avec  — ,  la  com- 
mencer tout  de  suite,  sans  perdre  de  temps.  Il  partit  en 
grande  — . 

'HÂTELET  [hit'-lè  ;  en  vers,  hd-te-lè]  s.  m. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  hâte  1,  §  134.  {Cf.  atteUe.j  ||  1789.  en- 
cycl. MKTH.] 

Il  (Technol.)  Petite  broche  pour  faire  rôtir  les  menus 
morceaux,  rognons,  mauviettes.  ||  Petite  broche  pour 
assujettir  une  grosse  pièce  de  viande  sur  la  broche  prin- 
cipale. Il  Petite  broche  des  métiers  à  tisser. 

•HÂTELETTE  [hât'-let'  ;  en  vers,  hd-te-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Tiré  de  hâtelet,  §  37.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  (Cuisine.)  Menu  morceau  de  viande  qu'on  fait  rôtir 
avec  un  hâtelet. 

HÂTER  [hâ-té]  V.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâte  2,  §  154.  ||  xi^  s.  De  curre  sehastet, 
Roland,  2277.] 

Il  Faire  arriver  vivement.  —  son  départ,  son  retour.  |  One 
raison  secrète  Me  fait  quitter  ces  lieux  et  —  ma  retraite,  hac. 
Mithr.  IV,  4.  Hâtant  son  voyage,  lu.  iùid.  iv,  1.  Les  fleuves, 
mal  sûrs  dans  leurs  grottes  profondes.  Hâtent  vers  l'Océan  la 
fuite  de  leurs  ondes,  corn.  Poes.  div.  126.  Les  dieux  impa- 
tients ont  hâté  son  trépas,  rag.  Phèd.  v,  6.  Hâtez  la  besogne. 
Il  faut  —  le  dîner.  —  des  plantes,  des  fruits,  en  rendre  le  dé- 
veloppement précoce.  ||  —  son  pas,  sa  marche,  marcher 
plus  rapidement.  (Chasse.)  Le  cerf  hâte  son  erre  (sa  mar- 
che). P.  ext.  —  qqn,  le  faire  aller,  venir  vite.  Que  l'on  coure 
avertir  et  —  la  princesse,  rac.  Théb.  i.  1.  ||  Suivi  d'un  in- 
linilif  et  de  la  prép.  de.  Vieilli.  Ses  impiétés  hâtent  ce  monstre 
de  paraître,  cokn.  Dess.  d'Andromûde  (ai,  3).  —  d'aller, 
faire  aller  plus  vite.  Si  elle  donnait...  les  dix  mille  écus...  elle 
le  hâterait  bien  d'aller,  sÉv.  432.  Les  morceaux  trop  hâtés  se 
pressent  dans  sa  bouche,  boil.  Lutr.  1. 1|  Se  —,  ne  pus  perdre 
de  temps  (pour  faire  qqchj.  Ils  se  hâtent  d'accourir.  Hâtez- 
vous  d'embrasser  ma  sœur  qui  vous  attend,  rac.  Bril.  v,  2. 
Elle  ^la  tortue)  se  hâte  avec  lenteur,  la  F.  Fab.  vi,  10.  Hâtez- 
vous  lentement.  ||  Fig.  Hâtons-nous  aujourd'hui  de  jouir  de  la 
vie,  RAC  Ath.  n,  9.  ||  Au  participe  passé.  Gardez  qu'une 
voyelle  à  courir  trop  hâtée  Ne  soit  d'une  voyelle  en  son  chemin 
heurtée,  uoil.  Art  p.  1.  P.  ext.  Qui  a  hâte.  Vous  êtes  bien 
hâtés  de  me  laisser  ainsi!  corn.  Mclite,  v,  6.  P.  ext.  Ouvrage 
bâté,  affaire  hâtée,  qu'on  a  hâte  de  faire. 


*HÀTÈ^EAXJ  [hât'-rô  ;  en  vers,  hâ-te-rô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâte  1,  §  126.  ||  xvi»  s.  Hastereaulx, 
RAB.  IV,  59.] 

Il  (Cuisine.)  Vieilli.  Tranche  de  foie  de  porc  sur  le  gril. 

HÂTEUR  [hâ-te'lir]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâte  1,  §  112.  H  1285.  Hasteeurs  quatre, 
dans  GODEi'.  hasteeur.] 

Il  Anciemit.  Officier  des  cuisines  chargé  des  rôtis. 

HÂTIER  [hâ-tyé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâte  1,  §  115.  ||  xn"  s.  Un  escuier  ûui 
en  sa  main  tenoit  un  grant  hastier,  Loherains,  dans  godef. 
hastier.] 

Il  Grand  chenet  sur  lequel  on  pose  les  broches. 

HÂTIF,  IVE  [hâ-tîf  -tiv']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâte  2,  §  125.  ||  xi<=  s.  De  sa  parole  ne 
fut  mie  hastifs,  Roland,  140. 

Il  Qui  vient  tôt.  Croissance  hâtive.  /'.  ext.  Plantes  hâtives, 
fruits  hâtifs,  qui  viennent  avant  le  temps. 

*HÂTILLE  [hd-tiy'J  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâte  1,  §  95.  ||  xvi^  s.  De  la  bastille  et 
des  boudins,  rab.  m,  41.] 

Il  Vieilli  et  dialect.  Tranche  de  porc  frais,  foie,  etc., 
qu'on  fait  rôtir.  ||  Fig.  Ironiqt.  Donner  de  la  —  à  qqn  (des 
coups  de  bâton). 

HÂTIVEAU  [hd-ti-vô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâtif,  §  126.  ||  xiii"-\ivc  s.  Poires  de 
hastivel,  Crierie  de  Paris,  dans  crapelet,  Prov.  et  dict. 
p.  142.  Admis  acad.  1694.] 

Il  (.Agricult.)  Fruit  hâtif,  plante  hâtive.  Specialt.  Variété 
de  poire,  de  pois. 

HÂTIVEMENT  [hd-tiv'-man  ;  en  vers,  -ti-ve-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  hâtif  et  ment,  §  724.  ||  xi"  s.  Hastive- 
ment  li  dist,  Voy.  de  Charl.  à  Jerus.  622.] 

Il  D'une  manière  hâtive. 

HÂTIVETÉ  [hd-tiv'-té  ;  en  vers,  -li-ve-lé]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hâtif,  §  122.  ||  xiiie  s.  Par  sa  folie  wu 
par  hastiveté,  beauman.  xxix,  3.] 

Il  Vieilli.  Développement  hâtif. 

•HÂTURE  [hd-tùr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Semble  dérivé  de  hâte  1,  §  111.  ||  1761.  Ce  pêne  a 
une  hasture,  DUHAMEL  DU  monceau,  Art  duserrur.  p.  183.] 

Il  (Technol.)  Morceau  de  fer  en  forme  d'équerre,  lixé 
sur  une  serrure,  pour  arrêter  un  pêne,  un  verrou. 

HAUBAN  [hô-ban]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  hoband,  §  509,  plus  anciennement  bohent, 
mot  composé  d'origine  germanique,  proprt,  «  lien  (  V. 
bande  1)  pour  la  tète  (allem.  haupt,  holland.  hoofd,  etc.)  du 
mât  »,  §§  9,  498  et  499.  ||  xii^  s.  Fort  ert  l'estai  et  li  ho- 
bent.  Vie  de  St  Gilles,  893.  Admis  acad.  1762.] 

Il  1"  (Marine.)  Gros  cordage  en  échelle  qui  assujettit 
un  mât  et  le  maintient  vertical.  Haubans  du  grand  mât,  de 
misaine,  d'artimon.  Faux  haubans,  qu'on  ajoute  par  un  gros 
temps. 

Il  2"  P.  anal.  (Technol.)  Gros  cordage  qui  sert  à  te- 
nir dans  la  position  verticale  une  grue,  une  chèvre,  etc. 

"HAUBANER  [hô-bà-néj  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  récent  de  hauban,  §§  64  et  154.  ||  1690. 

FURET.] 

Il  (Technol.)  Assujettir  à  l'aide  de  haubans. 

HAUBERGEON  [ho-bèr-jon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haubert,  §§  64  et  104.  ||  xne  s.  On  hau- 
bergeon  petit,  Loherains,  dans  godef.  Compl.] 

Il  Anciennt.  Petit  haubert  sans  manches. 

HAUBERT  [ho-bér]  s.  m. 

[ÉTYM.  Pour  hauberc,  plus  anciennement  halberc,  em- 
prunté du  german.  halsberg,  m.  s.  proprt,  »  protection 
(bergen,  protéger;  cf.  héberge)  pour  le  cou  (halsj  »,  g§  6, 
498  et  499.  {Cf.  hausse-col  1.)  ||  xi^  s.  Dous  halbers  et  dous 
helmes  fermez,  Voy.  de  Charl.  à  Jérus.  456.] 

Il  Anciennt.  Tunique  de  mailles  des  chevaliers. 

HAUSSE  [hôs']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  hausser,  §  52.  ||  xiii«  s.  Et  les 
deux  hausses  d'autre  part,  Chace  dou  cerf,  p.  25,  Pichon.] 

Il  ±'>  .\ction  de  hausser.  ||  Fig.  \  1.  Vieilli.  Enchère. 
[  2.  Élévation  de  la  valeur  des  effets  publics,  des  denrées 
et  marchandises  dont  les  prix  varient  suivant  le  cours  au 
marché.  Spéculer  sur  la  —  des  fonds  publics. 

Il  2"  (Technol. j  Objet  qui  sert  àhausserqqch,  à  lepor- 
ter  plus  haut.  Mettre  une  —  â  des  chaussures,  à  des  échasses, 
aux  pieds  d'un  meuble.  ||  Specialt.  \  1.  Support  d'une  ruche 


HAUSSE-COL 


—  1229  — 


HAUT 


d'abeilles.  |  2.  Feuille  de  papier  qu'on  colle  sur  le  tympan 
d'une  presse  typographique,  aux  endroits  où  il  faut  ren- 
forcer la  pression.  |  3.  Petite  pièce  que  le  fondeur  en 
caractères  ajoute  au  manche  à  fondre,  pour  rendre  cer- 
taines lettres  plus  hautes  que  les  autres,  j  4.  Petite  cla- 
vette qu'on  place  sous  l'attache  des  crins  d'un  archet, 
pour  les  éloigner  de  la  baguette.  |  5.  Planchette  mobile 
et  graduée  adaptée  à  un  canon,  un  fusil,  pour  augmen- 
ter plus  ou  moins  l'angle  de  mire.  |  6.  Planche  mobile 
qu'on  ajoute  aux  vannes  pour  élever  le  niveau  de  l'eau. 

1.  HAUSSE-COL  [liôs'-kôl;  en  vers,  hu-se-...]  s.  m. 
[ÉTVM.  Semble  une  altération  parétymol.  pop.  [V.  §509) 

de  hauscot,  proprt,  «  cotte  pour  le  cou  »,  composé  avec 
l'allem.  hais,  cou,  et  cotte  1,  §§  6,  498  et  499.  {Cf.  haubert.) 
Il  xv*=  s.  Bachinet  a  hochecol  (1419),  dans  godef.  Compl.  Un 
gorgerin  et  un  bauscolz  (1447),  i/jid.  Un  houscot  de  mailles, 

J.  Llù  KliVKE  UE  àT-RE.MY,  Jucq.  de  Lalalu,  dans  CU.\SÏELL. 

vm,  21(3,  Kervyn.] 

Il  1"  Anciennl.  Pièce  de  fer  protégeant  le  cou  à  la 
jonction  du  bassinet  et  de  la  cuirasse. 

il  2"  De  nos  jours.  Ornement  de  cuivre  ou  d'argent 
doré,  en  forme  de  croissant,  poi'té  par  les  officiers  d'in- 
fanterie do  service  ou  en  grande  tenue.  Le  —  a  été  sup- 
primé en  1881  dans  l'armée  française. 

2.  'HAUSSE-COI.  [hôs'-kùl  ;  en  vers,  hô-se-...]  s.  m. 
[ÉTY.M.  Composé  de  hausse  (du  verbe  hausser)  et  col, 

anc.  forme  de  cou,  §  2U9.  ||  Mcolur/.] 

Il  (Hist.  nat.)  Nom  donné  à  diverses  espèces  d'oiseaux, 
à  cause  des  bandes  colorées  qu'ils  portent  autour  du 
cou  (colibri,  alouette,  grive,  etc.). 

HAUSSEMENT  [hùs'-man  ;  en  vers,  hô-se-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hausser,  g§  65  et  145.  ||  1465.  Haulse- 
ment  de  gaiges,  dans  godek.  CumpL] 

Il  Action  de  hausser.  SpcciuU.  —  d'épaules,  mouvement 
par  lequel  on  lève  les  épaules,  par  dédain,  mépris,  impa- 
tience. Il  Fiy.  Vieilli.  |  1.  —  des  monnaies,  du  prix  des  den- 
rées, augmentation  de  leur  valeur.  [  2.  —  delà  voix,  action 
d'élever  la  voix  en  parlant. 

•HAUSSEPIED  [hùs'-pyé;  en  veis,  hô-se-...]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Composé  de  hausse  (du  verbe  hausser)  et  pied, 
§§  2LI9,  21(J.  Souvent  par  corruption,  hochepied,  §  5U9.  ji 
13o6.  Un  hauchepiez,  dans  l.  uelisLe,  Actes  nonn.  de  lu 
Chambre  des  comptes,  p.  152.] 

I.  Proprement,  ce  qui  fait  lever  le  pied. 

Il  1"  Vieilli.  Marchepied,  i-'/y.  Si  cette  proposition  n'était 
pointle  —  de  quelque  négociation  souterraine,  hetz,  Mëm.  m, 
3SG,  ann.  1651. 

Ij  2"  (Technol.)  Pièce  de  fer  fixée  près  de  la  douille 
d'une  bêche,  et  sur  laquelle  on  appuie  le  pied  pour  faire 
entrer  l'outil  dans  la  terre. 

Il  3»  1'.  ext.  (Vénerie.)  Sorte  de  piège  à  loup. 

Il  4"  P.  ext.  (Vénerie,  Fauconn.)  Oiseau  de  proie  qui 
attaque  le  premier  le  héron.  /•'///.  Nousrésolùmes  de  donner  au 
Mazarin  ce  que  M.  de  Bouillon  appelait  un  — ,  c'est-à-dire  de  l'at- 
taquer encore  personnellement,  uetz,  Mêm.  ii,  4t)6,  ann.  1649. 

II.  Proprement,  ce  qui  lève  le  pied.  (Fauconn.)  Espèce 
de  sacre,  oiseau  qui  se  tient  une  patte  en  l'air. 

•HAUSSEQUEUE.   F.  hochequeue. 

HAUSSER  [hô-séj  V.  tr.  et  intr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  pop.  'altiare,  m.  s.  devenu  'haltiare  {cf. 
haut),  d'où  halcier,  gj  4U6,  297  et  291,  haucier,  §  455,  hau- 
cer,  écrit  plus  récemment  hausser,  §  ti34.  ||  xii«  s.  Halça  le 
colp  por  lui  ferir,  Eiieas,  5221.] 

I.  V.  tr.  Rendre  plus  haut. 

Il  1°  Rendre  de  dimension  plus  haute.  —  un  mur,  une 
maison.  Il  P.  ext.  — la  voix,  lui  doniier  plus  d'intensité.  Haus- 
sant un  peu  la  voix,  la  t".  Filles  de  Minée. 

Il  2"  Mettre  à  un  niveau  plus  haut.  —  la  visière  d'un  cas- 
que. Se  —  sur  la  pointe  des  pieds.  —  le  bras.  —  les  épaules 
(en  signe  de  dédain),  et,  vieilli,  —  le  dos.  Pourquoi  —  le 
dos?  MOL.  Éc.  des  /'.  iv,  2.  |  Faintl.  —  le  coude,  boire.  ||  Fiy. 
—  les  impôts.  —  le  prix  d'une  marchandise.  Plus  vous  haussez 
le  prix  des  trésors  que  jequitte...,cou.N.  l'ois. d'or,  iii.o.  Quand 
la  capacité  de  son  esprit  se  hausse  Â  connaître  un  pourpoint 
d'avec  un  haut-de-chausse,  mol.  F.  sav.  ii,  7.  —  le  cœur,  l'é- 
lever. Se  — ,  vouloir  paraître  au-dessus  de  ce  qu'on  est. 
Il  —  le  ton  d'un  morceau  de  musique.  Fi(j.  —  le  ton,  prendre 
un  ton  de  supériorité. 

II.  V.  intr.  Devenir  plus  haut.  La  rivière  a  haussé.  Le 
tond  du  lac  hausse  toujours. 


'       'HAUSSET  [hô-sè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hausse,  §  133.  ||  Ne'olog.] 

Il  (Technol.)  Petite  hausse.  Specialt.  Pièce  qui  retient 
le  chevalet  du  coutelier. 

HAUSSIER  [hô-syé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hausse,  S  115.  ||  Ne'oloq.  Admis  ac.\d. 
1878.] 

Il  Celui  qnijoueàla  hausse  sur  les  fonds  publics. 

HAUSSIÈRE  [ô-syér]  s.  f. 

[ÉTYM.  Peut-être  dérivé  du  german.  hais,  cou  (Thaus- 
sière  étant  à  l'origine  la  corde  que  tire  le  haleur  en  l'ap- 
puyant sur  son  épaule),  §§  6  et  115.  [Cf.  l'angl.  hawser, 
baiser,  m.  s.)  On  écrit  aussi  aussiére  et,  par  corruption, 
hansiére,  §  509.  Le  radical  german.  bals  se  retrouve  dans 
haubert  et  hausse-col  1.  ||  1382.  Une  pièce  de  haussiere,  dans 
UELB.  Rec.  Admis  acal.  1835.] 

I!  (Marine.)  Cordage  à  trois  ou  quatre  torons  qui  n'est 
commis  qu'une  fois. 

*HAUSSOIR  [hô-swàr]  s.  7«.  et'HAUSSOIRE  hô- 
swàr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hausser,  §  113.  ||  1752.  Haussoire,  trév.] 
j       II  (Technol.)  Clôture  mobile  d'une  écluse  de  moulin. 

HAUT,  HAUTE  ^hô,  hôt']  adj.,  adv.  et  s.  m. 

[ÉTY.M.  Du  lat.  altum,  devenu  'baltum  sous  l'influence 
du  haut  allem.  hoh  gothique  hauhs,  allem.  mod.  hoch), 
)/i.  s.  d'où  boit,  §§6  et  291,  haut,  §  455.  ||  xi«  s.  Fut  la  pul- 
cele  de  molt  hait  parentet,  St  Alexis,  41.] 

I.  Adj.  Qui  dépasse  un  certain  niveau  pris  pour  terme 
de  comparaison. 

Il  1"  Qui  dépasse  le  niveau  ordinaire.  Une  haute  monta- 
gne. Un  siège  — .  Un  arbre  de  haute  futaie.  Être  —  sur  jam- 
bes. Les  eaux  sont  hautes.  A  marée  haute.  Porter  la  tète  haute. 
Les  hautes  herbes.  Marcher  sur  qqn  l'épée  haute.  Tenir  la  dra- 
gée haute  à  un  chien,  le  forcer  à  sauter  pour  l'attraper, 
et,  fif^.  Tenir  la  dragée  haute  à  qqn,  être  très  exigeant  pour 
lui.  Tenir  la  bride  haute  à  un  cheval,  la  tenir  courte;  dans  le 
même  sens,  Avoir  la  main  haute,  et,  vieilli.  Être  —  à  la  main. 
Fig.  Tenir  la  main  haute  à  qqn,  le  tenir  sévèrement.   Être 

—  à  la  m£iin,  arrogant.  Leur  autorité  démesurée  les  avait 
rendus  si  hauts  à  la  main,  m.\lh.  Tite  Lice,  33.  Avoir  la  haute 
main,  dominer.  ||  F.  ext.  Avoir  le  verbe  — ,  parler  fort. 
L'armée  à  haute  voix  se  déclare  contre  elle,  rag.  Iph.  v,  6. 
Être  —  en  couleur,  très  coloré.  Le  —  mal,  l'épilepsie.  Une 
haute  température.  Un  mets  de  —  goût.  Le  —  style,  le  style 
relevé.  |j  Fiij.  Avoir  une  haute  idée  de  qqn,  de  qqch.  Une  âme 
haute.  Il  a  le  bras  fort,  le  cœur  — ,  mol.  Amph.  il,  1.  Une 
personne  de  haute  mine.  Être  né  en  —  lieu.  Être  de  haute  nais- 
sance. Une  haute  antiquité.  Cette  haute  vertu  qui  règne  dans  votre 
àme,  CORN.  Cid,  ii,  5.  Parmi  tes  hauts  faits  sois-lui  toujours 
fidèle,  lu.  ibid.  v,  7.  Emporter  qqch  de  haute  lutte.  Un  crime  de 
haute  trahison.  Tenir  qqn  en  haute  estime.  Le  Très-Haut,  Dieu. 

Il  2°  Qui  dépasse  le  niseau  d'un  autre  objet.  Les  hauts 
mâts.  Les  hautes  voiles.  La  haute  ville.  Les  hauts  lieux,  som- 
mets où  l'on  sacriliait  à  Baal.  Sur  les  hauts  lieux  enfin  osant 
offrir  Un  téméraire  encens,  rac.  Alh.  m,  6.  La  haute  Egypte. 
Les  hautes  Alpes.  |  (Musique.)  Chanter  la  p2U-tie  haute.  '  Le 

—  bout  de  la  table.  Fig.  Peu  de  gens  en  leur  estime  Lui  re- 
fusent le  —  bout,  L.\  F.  Fab.  viii,  13.  Les  hautes  régions  de 
l'air.  Il  Fiij.  Supérieur  aux  choses  de  même  espèce.  Les 
hautes  classes  de  la  société.  Les  hautes  puissances  contrac- 
tantes. La  chambre  haute  iciiambre  des  lords,  sénat  .  Une 
haute  cour  de  justice.  Le  droit  de  haute  justice.  Exécuteur  des 
hautes  œuvres,  le  bourreau.  Le  —  clergé.  Le  —  commerce. 
La  haute  bourgeoisie.  Il  n'est  pas  toujours  bon  d'avoir  un  — 
emploi,  L.\  F.  Fab.  i,  4.  Les  hautes  classes,  dans  un  établis- 
sement d'instruction.  Le  —  enseignement,  l'enseignement 
supérieur.  Les  hautes  mathématiques.  A  des  partis  plus  hauts 

I   ce  beau  fils  doit  prétendre,  corn.  Cid,  i,  3. 

Il  S'J  Qui  a  une  certaine  dimension  du  piedau  sommet. 
Une  Victoire  haute  de  prés  de  quatre  coudées,  Barthélémy, 
A)iacharsis,  12. 

II.  Adr.  A  une  place  haute.  Un  tableau  placé  trop  — . 
Les  hirondelles  volent  — .  Il  est  logé  très  — .  Je  monte  là — , 
REGNARU,  Distr.  ui,  14.  Porter  —  la  tète.  —  le  pied,  en  le- 
vant le  pied.  —  la  main,  en  tenant  la  main  haute,  et,  fig. 
Il  a  gagné  sa  cause  —  la  main,  d'autorité.  {Cf.  haut-le-cœur, 
baut-le-corps.)  ||  F.  ext.  Parler  — .  Dire  qqch  tout  — .  Un  violon 
accordé  trop  — .  Fiy.  Le  prendre  —,  avec  arrogance.  Vous 
le  prenez  bien  —,  beau.march.  B.  de  ^éu.  ui,  5.  i  Reprendre 

;  les  choses  de  plus  — ,  du  commencement. 


HAUT-A-BAS 


1230  — 


HAVE 


III.  s.  7n.  Il  1°  La  partie  haute  de  qqch.  Le  —  du  toit. 
Tomber  de  son  — .  Regarder  qqn  de  —  en  bas,  et,  fig.  Traiter 
qqa  de  —  en  bas,  avec  dédain.  Voir  de  — .  Le  —  d'une  tour, 
d'une  montagne.  Le  —  du  corps.  Du  —  des  cieux.  Dieu  tonne 
du  plus  —  des  cieux,  BOSS.  A.  de  Gonz.  II  faut  du  —  et  du 
bas  dans  la  vie,  MOL.  Scap.  m,  1.  Tenir  le  —  du  pavé.  Crier 
du  —  de  sa  tête,  très  fort.  Une  voix  faible  dans  le  — ,  dans 
les  notes  hautes.  |  Loc.  adv.  En  — .II  est  en  —  de  la  page.  Re- 
garder en  — .  Cette  sagesse  qui  vient  d'en  — ,  BOSS.  Le  Tellier. 

Il  2"  Dimension  d'un  corps  du  pied  au  sommet.  Celui 
(le  temple)  de  Jupiter  a  cent  vingt  pieds  de  —,  b.\RTHÉlemy, 
Anacharsis,  12. 

HAUT-À-BAS  [hô-tà-bâ]  .<^.  rii. 

[ÉT'i'M.  Composé  de  haut,  à  et  bas,  §  201  ;  proprt,  «  qui 
est  obligré  de  mettre  sa  charge  de  haut  à  bas  (pour  débal- 
ler) ».  Il  Admis  ACAD.  1740.] 

Il  Vieilli.  Petit  marchand  ambulant,  porte-balle. 

1.  HAUTAIN,  AINE  [hô-tin,  -tén'l  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haut,  §  97.  ||  xn<=  s.  La  bataille  altaine 
Qui  plus  dura  d'une  semaine,  BE.N.  DE  STE-MORE,  Troie,  dans 
GODEF.  altain.j 

jl  1°  Vieilli.  Qui  s'élève  haut.  Spécialt.  (Fauconn.) Fau- 
con — .  Fig.  Eu  parlant  de  l'âme,  des  sentiments.  Ces  con- 
seils ne  plairont  qu'à  des  âmes  hautaines,  rac.  Alex,  i,  2.  Et 
ce  —  désir  qui  te  fait  mépriser  Plaisirs,  grandeurs,  trésors  pour 
l'immortaliser,  Régnier,  Sat.  5. 

Il  2°  P.  ext.  D"une  hauteur  d"âme  apparente,  qui  se 
témoigne  par  des  manières  arrogantes,  dédaigneuses. 
[Syn.  altier.)  Caractère  — .  On  homme  — .  Les  enfants  sont  hau- 
tains, dédaigneux,  colères,  L.\  BR.  11.  Elle  les  vint  un  jour  vi- 
siter... avec  une  mine  hautaine,  BOSS.  l'unég.  SI  Bernard, 
2.  Conduite  hautaine.  Paroles  hautsdnes. 

2.  *  HAUTAIN.   V.  hautin. 
HAUTAINEMENT  [hû-tèn'-man  ;  en  vers, -Ve-ne-...] 

adv. 

[ÉTY.M.  Composé  de  hautaine  et  ment,  §724.  ||  .wi^s.  Parler 
hautainement,  amyot,  Pyrrhus,  15.  Admis  acad.  1762.] 

Il  D'une  manière  hautaine. 

HAUTBOIS  [hô-bwâ]  5.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  haut  et  bois,  §  17.3.  ||  .\ve-xvi'=  s.  Fi- 
rent sonner  et  jouer  les  auxboys,  ETIENNE  UE  MÉDiGis,  Chron. 
dans  DELB.  liée] 

Jl  (Musique.)  ||  1°  Instrument  à  vent  et  à  anche,  sans 
bec,  de  forme  conique,  terminé  par  un  petit  pavillon,  et 
qui  donne  des  sons  clairs  d'une  grande  douceur.  Basse  de 
— ,  le  basson.  Quinte  de  — ,  le  cor  anglais.  Ij  P.  plaisant. 
Jouer  du  —,  abattre  une  haute  futaie  qu'il  ne  faudrait  pas 
encore  couper.  ||  Poèt.  Poésie  pastorale.  Un  rimeur  aux 
abois  Jette  là,  de  dépit,  la  flûte  et  le  — ,  buil.  Art  p.  2.  ||  P. 
ext.  Celui  qui  joue  du  hautbois.  Ce  musicien  est  un  excellent 
— .  [Syn.  hautboïste.) 

Il  2°  P.  anal.  Jeu  d'orgue  faisant  partie  des  jeu.x  d'an- 
ches, qui  a  pour  basse  le  jeu  de  basson. 

•HAUTBOÏSTE  [hù-bô-isf]  s.  m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Dérivé  irrégulier  de  hautbois,  §  265.  ||  Nëolog.] 

Il  (Musique.)  Celui,  celle  qui  joue  du  hautbois. 

HAUT-DE-CHAUSSE  OU,  ?nfei^:i-,  HAUT-DE-CHAUS- 
SES  [hôd'-chôs' ;  en  vers,  hô-de-...]  .y.  ??;. 

[ÉTYM.  Composé  de  haut,  de  et  chausse,  §  176.  ||  xvi«  s. 
Sans  hault  de  chausses,  rab.  m,  7.] 

Il  Anciennt.  Partie  du  vêtement  de  l'homme  allant  de  la 
ceinture  jusqu'aux  genoux.  [Syn.  culotte.)  Connaître  un 
pourpoint  d'avec  un  —,  MOL.  F.  sav.  il,  7.  jj  Fig.  Famil.  Dne 
femme  qui  porte  le  —,  maîtresse  dans  son  ménage. 

HAUTE-CONTRE  [hot'-kôntr' ;  en  rers,  hô-te-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  de  haute  et  contre  [cf.  contralto),  §  202. 
Il  1553.  Le  rossignol  y  tient  la  haute-contre,  dans  uelb.  jRec.j 

Il  (Musique.)  Voix  entre  le  dessus  et  la  taille  ou  ténor. 
{Cf.  basse-contre.)  ||  P.  ext.  Celui  qui  a  cette  voix. 

HAUTEMENT  [hôt'-man  ;  en  vers,  hô-te-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  haute  et  ment,  §  724.  ||  xic  s.  Munjoie 
escriet  e  battement  e  cler,  Roland,  1974.] 

||lo  A  haute  voix.  Parler  — .  Ledit  Hiérome  avouera  —  Qu'il 
la  tient  pour  sensée,  rac.  Plaid,  ii,  4.  ||  Fiy.  Deux  sceptres 
en  ma  main,  Albe  à  Rome  asservie ,  Parlent  bien  —  en  faveur 
de  sa  vie,  corn.  Hor.  v,  3. 

Il  2°  D'une  façon  supérieure.  Ma  main  bientôt  sur  eux 
m'eût  vengé  — ,  CORN.  Hor.  m,  5.  Son  moindre  vouloir  (de 
Dieu)  —  s'exécute,  id.  Vêpr.  et  Compl.  ps.  113.  A  remplir 
—  son  illustre  destin,  ID.  Poés.  div.  69. 


'  3°  Avec  hauteur.  L'homme  de  sa  nature  pense  —  et  su- 
perbement de  lui-même,  la  bu.  11. 

HAUTESSE  [hô-tes']   S.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haut,  §  124.  [Cf.  altesse.)  [j  xiic  s.  La 
haltesce  de  tes  piez,  Psaut.  de  Cambridge,  lxxiii,  3.] 

I.  Anciennt.  Hauteur,  élévation. 

II.  De  nos  jours.  Titre  honorifique.  Petits  hommes...  qui 
vous  donnez  sans  pudeur  de  la  —  et  de  l'éminence,  la  br.  12. 

Spécialt.  Sa  Hautesse,  le  sultan.  Un  firman  de  Sa  Hautesse. 

HAUTE-TAILLE  [hot'-tày' ;  en  vers,  hô-te-...]  .s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  de  haute  et  taille,  §  173.  ||  Admis  acad. 
1762.] 

Il  (Musique.)  Vieilli.  Voix  de  ténor.  [Cf.  basse-taille.) 

HAUTEUR  [hô-te'tir]  .s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haut,  §  110.  ||  xii^  s.  De  grant  haltor  ven- 
dront en  bas,  Adam,  p.  60.] 

Il  1»  Qualité  de  ce  qui  est  haut.  EUe  est  (cette  statue) 
d'une  —  prodigieuse,  BOSS.  Honneur  du  monde,  préamb. 
Mes  bois  qui  sont  d'sne  —  et  d'une  beauté  merveilleuses,  SÉv. 
■160.  Vous  avez  raison  de  préférer  tant  de  bonnes  qualités  à  la 

—  de  sa  taille,  ID.  1 135.  Ses  obélisques  (de  l'Egypte)  fontencore 
aujourd'hui,  autant  par  leur  beauté  que  par  leiu:  — ,  le  principal 
ornement  de  Rome,  BOSS.  Hist.  unir,  m,  3.  L'aigle  vole  à  une 
grande  — .  Un  chemin  que  sa  —  et  son  âpreté  rendent...  diffi- 
cile, BOSS.  R.  d'Angl.  \\  Fig.  Les  vérités  dont  la  —  les  étonne, 
BOSS.  A.  de  Gonz.  Cette  —  d'estime  où  vous  êtes  de  vous,  mol. 
Mis.  III,  4.  De  l'art  des  vers  atteindre  la  — ,  boil.  Art  p.  1. 

^  Caractère  de  celui  qui  a  des  sentiments  élevés.  Elle  don- 
nait avec...  une  —  d'âme...,  boss.  D.  d'Orl.  Une  —  et  une 
majesté  qui  n'avaient  jamais  paru  si  grandes  en  lui,  FÉN.  Tél. 
15.  I  Caractère  de  celui  qui  regarde  les  autres  de  haut. 
Il  rejeta  avec  —  toute  communication,  sÉgur,  Hist.  de  I\'a- 
pol.  viii,  10.  P.  ext.  Trait  de  iiauteur.  Les  hauteurs  d'ua 
maître,  CORN.  Oth.  m,  3.  |  Vieilli.  Loc.  adv.  De  —,  avec 
.lutorilé.  On  s'en  vient  de  —  Me  traiter  de  faquin,  mol.  Et. 
I,  S.  Il  P.  ext.  Une  — ,  une  éminence  de  terrain.  L'armée 
s'empara  des  hauteurs  voisines.  J'approche  d'une  petite  ville  et 
je  suis  déjà  sur  une  —  d'où  je  la  découvre,  la  br.  5. 

Il  2°  Dimension  d'un  corps  du  pied  au  sommet.  Mesurer 
la  —  d'une  montagne.  Celui  (le  temple)  de  Jupiter  à  Olympia 
a...  soixante-huit  pieds  de  — ,  Barthélémy',  Anacharsis ,  12. 
Tomber  de  sa  — .  ||  P.  ext.  |  1.  (Astron.)  La  —  d'un  astre, 
quantité  dont  il  est  élevé  au-dessus  de  l'horizon.  [Cf.  hau- 
turier.)  Prendre  la  —  du  soleil.  |  2.  (Géom.)  La  —  d'un  trian- 
gle, d'une  pyramide,  longueur  de  la  perpendiculaire  abais- 
sée du  sommet  sur  la  base.  |  3.  (Physique.)  —  barométri- 
que, longueur  de  la  colonne  de  mercure  dans  le  tube, 
selon  la  pression  atmosphérique.  |  4.  (Marine.)  Être  à  la 

—  d'une  île,  dans  le  même  parallèle. 
HAUT-FOND  [hô-fon].   V.  fond. 
"HAUTIN  ^hô-tin]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haut,  §  lOU.  Souvent  écrit  hautain,  par 
confusion  avec  hautain  1,  §  &i.  jj  xyi»  s.  Maintenant  nous 
les  appelions  hautins,  DU  pinet,  Hist.  nat.  de  Pline,  dans 
UELB.  Rec] 

Il  (.Agricult.)  Vigne  cultivée  en  hauteur,  que  l'on  ap- 
puie sur  de  grands  échalas,  des  arbres,  etc.  jj  P.  ext.  Écha- 
las,  arbre  destiné  à  supporter  la  vigne  ainsi  cultivée. 

*HAUT-LE-CŒUR  [hôl-keur;  envers,  hô-le-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  haut,  le  et  cœur,  §  178.  ||  Néolog.] 

Il  Famil.  Soulèvement  du  cœur,  nausée. 

HAUT-LE-CORPS  [hùl-kor;  en  vers,  hô-le-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  de  haut,  le  et  corps,  §  178.  ||  Admis 
ACAD.  1835.] 

Il  Brusque  mouvement  qui  soulève  le  corps.  La  surprise 
lui  fit  faire  un  — .  ||  Spécialt.  (Manège.)  Bond  que  fait  un 
cheval. 

HAUTURIER,  1ÈRE  [hù-tu-ryé,  -ryer]  adj. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  haut,  d'après  le  provenç.  moderne 
auturié,  m.  5.  dérivé  de  auturo,  hauteur,  §§  11  et  115.  jj 
1671.  Pilotes  hauturiers.  Us  et  coût,  de  la  nier,  dans  delb. 
Rec.  Admis  ac.\u.  1835.] 

Il  Vieilli.  (Marine.)  Qui  sait  diriger  dans  la  haute  mer. 
Pilote  —  (par  opposition  à  pilote  routier  ou  cotierj.  ||  P.  ext. 
Navigation  hauturiére,  navigation  au  long  cours  (par  oppo- 
sitiuii  à  cabotage). 

HÂVE  [hàv'j  adj. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  {Cf.  havir.)  ||  xii<'  s.  De  m'amor 
seroiz  maz  et  hâves,  chrétien  de  troyes,  Chevalier  au 
lion,  2576.J 


I 


HAVENEAU 


1231 


HECATOMBE 


Il  Pâle  et  décharné.  Une  vieille  fort  —,  mol.  Lt.  iv,  7. 

"HAVENEAU  [liàv'-iiû  ;  en  vers,  hà-ve-...]  et  *HA- 
VENET  |hàv'-riè;  en  vers,  lui-ve-...]  s.  m. 

jKTVM.  Mut  d'oiiffine  Scandinave,  §§  9,  126  et  133  :  no- 
rois haïr,  norvéi,'-.  haav,  etc.,  sorte  de  lilet.  |j  1752.  trév.] 

Il  (l^èche.)  Filet  tendu  sur  deux  perches  croisées. 

"HAVERON  [hàv'-ron;  en  vers,  hà-ve-...]  s.  m. 

[ktv.m.  Emprunté  du  haut  allem.  habaro,  allem.  mo- 
tleriHj  haber,  avoine  {cf.  havresac),  §§  6,  49S  et  499.  ||  1530. 
Avron,  j.  uui:i.,  De  noinin.  slirpium,  p.  420.] 

Il  (Ai,M-icult.)  Avoine  sauvage.  [Syn.  aveneron.) 

*HAVET[hà-vè]  s.  m. 

[ÉTY.M.  Mot  d'origine  germanique,  dérivé  du  radical 
bab,  baf,  qui  se  trouve  dans  haben,  avoir,  heben,  soulever, 
?;§  6, 133,  498  et  499.  ||  xiii«  s.  j.  ue  garlande,  Ukt.  p.  66, 
Scheler.] 

Il  Anciennt.  Crochet.  ||  Spe'cialt.  \  1.  Crochet  d'ardoisier, 
de  cloutier.  |  2.  Grande  fourchette  de  cuisinier. 

HAVIR  [hà-vir]  V.  tr. 

[ÉTY.M.  Paraît  dérivé  de  hâve,  d'après  l'anc.  forme  bave, 
S  154.  Il  xm«-xiv«  s.  Par  guerre  follement  havie,  G.  guiahï, 
l{oy.  lign.  13797.] 

Il  Vieilli.  Dessécher,  hrùler  à  la  surface.  Dn  trop  grand 
ieu  havit  la  viande.  La  viande  se  bavit,  et,  inlrunsilivt,  havit. 

HAVRE  [hàvr']  .s.  m. 

[ÉTVM.  Pour  havne,  mot  d'origine  german.  §§  6,  49S  et 
499  :  moyen  haut  allem.  habene,  allem.  moderne  bafen, 
holland.  haven,  etc.  m.  s.  ||  xn<=s.  Alhavene  vint,  nef  i  trova, 
Mélion,  197.] 

Il  Anciennt.  Port  de  mer.  Gagner  le  — .  Sortir  du  — .  || 
Spéciult.  Petit  port  qui  reste  à  sec  à  marée  basse. 

HAVRESAC  [lià-vre-sâk']  s.  m. 

[ÉTv.M.  Emprunté  de  l'allem.  haber-sack,  m.  s.  proprt, 
'<  sac  à  avoine  (haber;  cf.  baveron)  »,  §  7.  ||  1680.  Havre- 
sac,  RICHEL.] 

Il  l»  Vieilli.  (T.  milit.)  Sac  que  le  fantassin  porte  au 
dos  à  l'aide  de  bretelles  et  où  il  renferme  ses  elfels. 

Il  2"  P.  anal.  Sac  que  les  gens  de  métier  portent  au 
dos  et  où  ils  mettent  leurs  outils,  provisions,  etc. 

*HAYER  [hè-yé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haie,  §  154.  ||  xtio  s.  Hayyeré  (futur), 
liloss.  hèhr.-franç.  dans  Hoinaniu,  1872,  p.  169.] 

Il  (.\gricult.)  Entourer  d'une  haie.  —  un  pré.  Ahsolt. 
Faire  une  haie.  La  saison  de  —  est  sur  la  fin  de  l'hiver,  trév. 

•HAYETTE  [hè-yêf]  J.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haye,  §  133.  ||  xm^  s.  Dne  haiete  douze 
entour,  G.  de  lorris,  Hase,  1626,  var.  dans  godef.] 

I.  Anciennt.  Petite  haie. 

II.  /'.  exl.  (Agricult.)  Bêche  pour  biner  une  haie. 
•HAYON  [hè-yon]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  haie,  g  104.  {Cf.  layon  2.)  j|  xiii"  s.  Banc, 
haions,  estaus  et  bourdes,  dans  delb.  liée] 

Il  frechnol.)  |  1.  Claie  derrière  laquelle  le  berger  se 
met  à  l'abri.  |  2.  Pièces  de  bois  fermant  l'avant  et  l'arrière 
d'une  charrette.  1  3.  Tente  pour  abriter  les  marchands  éta- 
lagistes. I  4.  Uàtelier  double  à  longues  chevilles  pour  étaler 
les  chandelles  enlilées  sur  la  broche. 

HÉ  [é]  interj. 

[ÉTY.M.  Onomatopée,  §  32.  ||  xi»  s.  E!  rais  célestes,  St 
Alexis,  24.] 

Il  Interjection  pour  appeler,  avertir,  attirer  l'attention, 
exprimer  la  pitié,  la  douleur.  {Cf.  hélas.:  Hé!  l'ami,  viens' 
ici.  Hé!  prenez  donc  garde!  Hé!  qu'allez- vous  faire?  Hé!  par 
provision,  mon  père,  couchez-vous,  rac.  Plaid,  i,  4.  Hé!  re- 
poussez, Madame,  une  injuste  terreur,  w.  l'lu}d.  iv,  6.  Hé  ! 
mon  Dieu  !  Hé  !  que  je  suis  misérable  !  ||  Hé  bien  !  sert  à  appuyer 
sur  ce  (ju'on  va  dire  ou  à  exprimer  l'inlerrogation.  Hé 
bien  !  vous  triomphez,  et  mon  fils  est  sans  vie,  rac.  Phèd.  v, 
7.  Hé  bleu!  quoi  de  nouveau?  Hé  quoi!...  De  mon  inimitié  vous 
plaindrez-vous  toujours?  rac.  Aîidr.  ii,  2. 

HEAUME  [hum']  s.  m. 

[ÉTY.M.  Emprunté  de  l'anc.  haut  allem.  helm,  m.  s.  de- 
venu belme,  healme,  heaume,  §§  6,  498  et  499.  ||  xi"  s.  Tren- 
cherai  les  halbers  et  les  helmes  gemmez,  Voy.  de  Charl.  à  Jc- 
rus.  46U.] 

Il  Ancienrit.  Casque  en  pointe  couvrant  la  tète  et  le  vi- 
sage, avec  une  ouverture  aux  yeux.  ||  Spe'cialt.  (Blason.) 
Pièce  marquant  par  ses  dispositions  les  divers  degrés  de 
noblesse.  La  distinction  des  casques  et  des  heaumes,  L.\  UR.  14. 

'HEAUMIER  [ho-myé^  jf.  m. 


[ÉTYM.  Dérivé  de  heaume,  §  115.  ||  xiii^  s.  Greifiers,  hiau- 
miers,  i:.  uoileau.  Livre  des  mest.  I,  xv,  1.] 

Il  Anciiniiit.  Fabricant,  marchand  de  heaumes. 

HEBDOMADAIRE  [('■b'-dù-mà-dér]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hebdomadarius,  m.  s.  (Cf.  le 
doublet  hebdomadler.)  ||  xviic  s.  Nouvelles  hebdomadaires, 

SARRAZ1N,  dans  KURET.] 

Il  Qui  se  renouvelle  chaque  semaine.  Journal,  chronique 
— .  Compte  rendu  — .  Notes  hebdomadaires. 

HEBDOMADIER,  *  HEBDOMADIÈRE  [("b'-dù-mà- 
dyé,  -dyérj  .?.  m.  et  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  hebdomadarius,  m.  s. 
{Cf.  le  doublet  hebdomadaire.)  ||  1511.  Vie  des  saints  Pères, 
dans  DELB.  liée] 

Il  Religieux,  religieuse  qui  est  de  semaine. 

HÉBERGE  [é-bèrj']  S.  f. 

[ÉTY.M.  Pour  herberge,  §  360,  emprunté  de  l'anc.  haul 
allem.  heriberga,  m.  s.  proprt,  «  tente  de  campement  », 
de  heri,  armée,  et  bergan,  protéger  [cf.  haubert),  ^§  6, 
498  et  499.  jj  \r'  s.  En  ta  povre  herberge,  St  Alexis,  419. 
.\dmi3  ACAU.  1762.] 

Il  Anciennt.  Logis.  {Cf.  auberge,  héberger.)  Spécialt. 
(Droit.)  Construction  appuyée  à  un  mur  mitoyen.  Ij  P. 
ext.  De  nos  jours.  Endroit  où  se  séparent  deux  cons- 
tructions contigués  d'inégale  hauteur. 

"HÉBERGEMENT  [é-bèr-je-manj  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  héberger,  §  145.  ||  xii«  s.  Mult  i  out  bels- 
herbergemenz,  le.neeit,  Ducs  de  Nonn.  11001.] 

Il  Action  d'héberger  qqn. 

HÉBERGER  [é-bèr-jé]  V.  tr. 

[ety.m.  Dérivé  de  héberge,  §  154.  ||  xi^  s.  Quer  me  her- 
berge por  Deu  en  ta  maison,  St  Alexis,  217.] 

Il  1'^  Loger  chez  soi  ^qqn  de  passage).  —  un  ami.  Être 
hébergé  chez  qqn,  et,  vieilli,  intransitivt,  —  chez  qqn. 

Il  2"  P.  exl.  iTechnol.)  Appuyer  (une  construction)  à 
un  mur  mitoyen.  Dne  maison  qui  s'héberge  sur  une  autre. 

*HÉBÉTATION  [é-bé-tà-syon  ;  en  vers,  -si-on]  s.  f. 

lÉty.m.  Emprunté  du  lat.  hebetationem,  m.  s.  ||  xv*  s. 
Ebettacion  de  cuer,  p.  de  lanoy',  S/  Antoine,  dans  uelb.  l\ec. 

Il  Rare.  Etal  de  ce  qui  est  hébété.  L' —  des  sens  du  goût 
et  du  toucher,  buff.  Cochon. 

HÉBÉTER  [é-bé-té]  i'.  tr. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  bebetare,  m.  s.  \\  xiv»  s.  Mes 
sens...  sont  hebetez,  bersuire,  dans  littré,  SuppL] 

il  Rendre  émoussé.  L'ivrognerie  hébété  l'intelligence.  Dne 
éducation  qui  hébété  l'esprit.  Il  s'hébéte  dans  l'oisiveté.  Dn 
homme  hébété,  et,  su/jstantirt.  Il  agit  comme  un  hébété. 

•HÉBÉTUDE  [é-bé-tud']  s.  f 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  hebetudo,  m.  s.  \\  1535.  Hébétude 
d'esprit,  g.  de  selve,  Plularque,  dans  delb.  liée] 

Il  ^Médec.)  .Anémie  cérébrale  émoussant  l'intelligence. 

'HÉBICHET  [é-bi-chè]  s.  m. 

[ÉTYM.  Mut  créole,  §  18.  ||  1812.  mozin,  Dict.  franç.- 
allem.] 

Il  (Technol.)  Crible  fait  de  roseaux,  dont  on  se  sert  dans 
la  fabrication  du  sucre  de  canne,  du  roucou. 

HÉBRAÏQUE  [é-brà-ik']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hebraicus,  grec  éSpaixô;,  in.  s. 
I  XV''  s.  Lectre  grecque  et  hébraïque,  pierre  de  l.\noy,  dans 
delb.  Hec.  Admis  acad.  1718.] 

Il  Qui  appartient  aux  Hébreux.  Moeurs  hébraïques.  His- 
toire — .  Langue  — .  Caractères  hébraïques. 

HÉBRAÏSANT  [é-brk-i-zan]  s.  m. 

[KTYM.  Dérivé-  du  radical  de  bébraïsme,  §  262.  ||  1699. 
Doctes  hebraïsans,  vignel'l-.marville,  Met.  d'hist.  1,  238. 
.\dmis  ACAD.  1762.] 

il  Celui  qui  s'adonne  à  l'étude  de  l'hébreu. 

HÉBRAISME  [é-brii-ism']  a",  w. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hébraïque,  §  265.  ||  1567.  gentian  her- 
VET.  Cité  de  Dieu,  dans  delb.  Rec.  .\dniis  acad.   1718.] 

Il  Idiotisme  hébraïque.  |i  Fig.  Le  manège  du  monde  est  un 
—  qu'U  faut  lire  de  travers,  boyer,  Aowr.  Democr.  dans  trév. 

HÉBREU  [é-bre'u]  adj.  ni. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hebrasus,  grec  Éepa'oî,  m.  s.  \\ 
xii"  s.  N'Hebreus  ne  Angevins,  pu.  DE  tiialn,  Comput,  100. 
Admis  ACAD.  1718. J 

Il  Relatif  aux  Hébreux.  Substantivt.  V—,  la  langue  hé- 
braïque. Fig.  C'est  de  1*—,  on  n'y  comprend  rien. 

HÉCATOMBE  [é-kà-tônb]  J.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hécatombe,  grec  éxaToagr,,  m. 


HECTARE 


1232 


HELIOMÊTRE 


5.  de  éxa-côv,  cent,  et  poû?,  bœuf.  1|  xve-xvie  s.LaouXerxes 
feit  son  grand  hécatombe,  J.  le  maire,  dans  delb.  Rec] 

Il  (Antiq.)  Sacrifice  de  cent  victimes,  d'un  grand  nom- 
bre de  victimes.  Offrir  une  —  aux  dieux.  ||  Fig.  Massacre. 
Les  hécatombes  révolutionnaires. 

HECTARE  [ek'-tàr]  s.  vj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  Éxaxov,  cent,  et  are,  §284. 
Il  Admis  ACAD.  1798,  suppl.] 

Il  Mesure  agraire  de  cent  ares. 

HECTiaUE  [êli'-tïk']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hecticus,  grec  éxtîxoî,  m.  s. 
{Cf.  étique.)  ||  Admis  acau.  1835.] 

Il  (Médec.)  Continu.  Spéciale.  Fièvre  —,  fièvre  carac- 
térisée par  une  consomption  progressive. 

HECTISIE  [eli'-ti-zi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  médical  hectisis,  ?«.  s.  dérivé 
barbare  de  hecticus,  hectique,  d'après  le  modèle  de  phthi- 
sis,  phtisie,  §  282.  {Cf.  étisie.)  ||  1752.  trév.  Admis  acau. 
1835.] 

Il  (Médec.)  État  de  celui  que  consume  la  fièvre  hectique. 

HECTO  [êk'-tô]  s.  m. 

[ÉTYM.  Tiré   de  hectogramme,. §  37.   ||  Néolog.  Admis 

ACAD.   1878.] 

Il  Famil.  Hectogramme. 

HECTOGRAMME  [ek'-tô-gràm']  S.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  éxaTÔv,  cent,  et  gramme, 
§  284.  Il  1795.  Loi  du  18  germinal  an  lll,  Bullet.  des  lois, 
IV,  17.  Admis  acad.  1798,  suppl.] 

Il  Poids  de  cent  grammes. 

HECTOLITRE  [ek'-tù-lïtr']  5.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  éxaxov,  cent,  et  litre, 
§  284.  Il  1795.  Loi  du  18  germinal  an  III,  Bullet.  des  lois, 
IV,  17.  Admis  acad.  1798,  suppl.] 

Il  Mesure  de  capacité  de  cent  litres. 

"HECTOMÈTRE  [èk'-lo-métr']  s.  m. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  éxaTÔv,  cent,  et  mètre, 
g  284.  Il  1795.  Loi  du  18  germinal  an  lll,  Bullet.  des  lois, 
IV,  17.  Admis  acad.  1798,  suppl.;  suppr.  en  1835.] 

Il  Mesure  de  longueur  de  cent  mètres. 

HÉGÉMONIE  [é-jé-mô-ni]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  -fiysfxovia,  m.  s.  \\  Ne'olog. 
Admis  ACAU.  1878.] 

Il  Suprématie  d'un  peuple.  Athènes  et  Sparte  se  disputè- 
rent r —  de  la  Grèce.  L' —  de  la  Prusse  en  Allemagne. 

HÉGIRE  [é-jîr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  de  l'arabe  hedjra,  fuite,  §  22.  ||  1584. 
Le  commencement  de  l'algiere  de  Mahumed,  L.  leroy,  Vicissit, 
des  choses,  dans  uelb.  Rec.  Admis  acad.  1694.] 

Il  Ere  des  mahométans,  qui  date  de  l'époque  où  Maho- 
met s'enfuit  de  la  Mecque  {&Zi  après  J.-C). 

HEIDUQUE  jè-dûk']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  (par  l'intermédiaire  de  l'allem.  hei- 
duck,  §  7)  du  hongrois  hajduk,  fantassin,  garde  à  pied, 
qui  est  le  turc  hajdud,  brigand,  §  23.  u'aub.  parle  des  hi- 
douques,  qui  sont  gens  de  pied  de  la  Croacie  [llist.  univ.  III, 
IV,  24).  Il  Admis  acau.  1762.] 

Il  Aiiciennt.  Valet  de  pied  velu  à  la  hongroise,  le  sabre 
au  côté.  Un  — ,  un  coureur,  Sont  plus  fêtés,  chéris  que  n'est 
un  précepteur,  cailuav.\,  Êgoïsme,  m,  7. 

HEIN  [hin]  interj. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  {Cf.  hem.)  ||  Admis  acad. 
1835.] 

Il  Interjection  familière  exprimant  l'interrogation,  l'é- 
tonnement.  — !  que  dites-vous? 

HÉLAS  [é-lâs'  ;  vieilli,  é-h'i]  interj. 
[ÉTYM.  Composé  de  hé  et  las,  qui  signifiait  souvent 
«  malheureux  »  en  ane.  franc.  §  182.  ||  xn^  s.  Ha! las!  dist 
il,  com  or  sui  engeigniez,  Couronn.  de  Louis,  90.  Hé!  las! 
dolens,  je  ne  sai  tant  canter,  conon  de  béthune,  il,  4,  Wal- 
lenskœld.] 

Il  Interjection  exprimant  la  douleur.  BÉR.  Pour  la  der- 
nière fois  adieu,  seigneur.  —  ANT.  —  !  rac.  Bér.  v,  7.  |  Je  suis 
Romaine,  —  !  puisque  Horace  est  Romain,  CORN.  Hor.  i,  1.  || 
Famil.  Subslantirt.  Il  fit  de  grands  — .  Que  cet  —  a  de  peine 
à  sortir!  CORN.  Foly.  iv,  3. 
HÉLER  [hé-lé]  V.  Ir. 

[ÉTYM.  Paraît  emprunté  de  l'angl.  hail,  m.  s.  §  8.  ||  1527. 
Hau  !  de  la  nef,  héla  hau  !  Qui  nous  belle  !  p.\rmentier,  dans 
JAI,,  Gloss.  naut.  Admis  acau.  1762.] 
Il  (Marine.)  Appeler  à  l'aide  d'un  porte-voix.  —  un  na- 


vire. Les  deux  bâtiments  se  hèlent.  ||  P.  ext.  Appeler  (qqn) 
en  se  servant  de  ses  mains  comme  de  porte-voix. 

HÉLIANTHE  [é-lyânf  ;  en  vers,  -li-ânt']  .<;.  vi. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  botanistes  helianthus,  tn. 
s.  composé  avec  le  grec  t,)vio;,  soleil,  et  àvôoç,  fieur, 
§  279.  PLINE  applique  le  nom  de  hélianthes  à  une  plante 
inconnue.  ||  1789.  encycl.  métii.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Botan.)  Genre  de  plantes  de  la  famille  des  Compo- 
sées, auquel  appartiennent  le  tournesol  et  letopinambour. 

HÉLIANTHÈME  [é-lyan-têm'  ;  en  vers,  -li-an-...]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  botanistes  helianthemum, 
7n.  s.  composé  avec  le  grec  tiXio;,  soleil,  et  àv6c|jL0v,  tleur, 
§  279.  Il  1752.  TRÉV.  Admis  ac.vd.  1762.] 

Il  (Botan.)  Genre  de  plantes  dont  une  espèce,  aux  fleurs 
jaunes  en  épi,  est  connue  sous  le  nom  d'herbe  d'or. 

HÉLIAQUE  [é-lyâk'  ;  en  vers,  -li-âk'J  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  f,)kiax6;,  771.  s.  de  t,A'.o;,  soleil. 
Il  xvic  s.  Levant  et  couchant  heliaque,  j.  bodin,  Démo7ioman. 
dans  DELB.  Rec.  Admis  acau.  1762.] 

Il  (T.  didact.)  Relatif  au  soleil.  Spéciall.  Lever,  coucher 
—,  lever  ou  coucher  d'un  astre  qui  se  lève  un  peu  avant 
le  lever  du  soleil,  ou  peu  après  son  coucher,  de  sorte 
que  sa  lumière  n'est  pas  effacée  par  celle  du  soleil. 

HÉLICE  [é-lis']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hélix,  grec  é').'.;,  ?«.  s.  {Cf.  hé- 
lix.) Il  xvi^  s.  Sur  la  queue  d'hélice  (,1a  grande  Ourse)  espan- 
dant  sa  lumière,  R.  belleau,  m,  p.  244,  Bibl.  elzév.  Admis 
acau.  1762. j 

Il  (T.  scientif.)  ||  1°  Ligne  à  double  courbure  tracée 
en  forme  de  vis  autour  d'un  cylindre.  Les  spires  d'une  — . 
Escalier  en  — ,  dont  les  marches  tournent  autour  d'une 
colonne  faisant  axe.  ||  1'.  anal.  Petite  volute  du  chapi- 
teau corinthien. 

Il  2°  Appareil  en  forme  de  vis.  —  propulsive,  ou,  sim- 
ple77ient,  — ,  appareil  en  forme  d'hélice  qui,  mû  par  la 
vapeur,  fait  marcher  des  bateaux. 

Il  3°  Coquillage  en  f.irme  de  spirale  (genre  escargot).  || 
Ancien  nom  de  la  grande  Ourse,  constellation  qui  sem- 
ble tourner  autour  du  pôle. 

'HÉLICIN,  INE  [é-li-sin,  -sin']  adj. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  hélice,  §  245.  ||  Néolog.] 

Il  (.\nat.)  (Jui  est  en  forme  de  spire  ou  de  \rille.  Artè- 
res hélicines. 

"HÉLICOÏDE  [é-li-kù-id']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  £)>ixo£iSti;,  m.  s.  ||  1704. 
Mê)n.  de  t'Acad.  des  se.  p.  105.) 

Il  (T.  scientif.)  Qui  est  en  forme  d'hélice.  Spccialt.  Pa- 
rabole — ,  courbe  engendrée  par  une  parabole  dont  l'axe 
s'enroule  autour  de  la  circonférence  d'un  cercle.  ||  Subs- 
ta/ttiit.  Un  —,  surface  engendrée  par  une  droite  perpen- 
diculaire k  l'axe  vertical  d'un  cylindre  droit  et  tournant 
le  long  de  l'hélice  tracée  sur  ce  cylindre. 

"HÉLINGUE  [é-lîng'].  V.  élingue. 

HÉLIOCENTRIQUE  [é-lyù-san-trîk'  ;  en  vers,  -li-ô-...] 
adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  'rMoi,  soleil,  centre  et  le 
suffixe  ique,  gg  229  et  284.  |1  1732.  trév.  Admis  acau.  1835.] 

Il  (Astron.)  Relatif  au  centre  du  soleil.  Lieu,  point  —  d'une 
planète,  lieu,  point  de  l'écliptique  où  aboutit  la  ligne  pas- 
sant par  le  centre  du  soleil  et  cette  planète. 

* HÉLIOCHROMIE  [é-lyù-krô-mi  ;  en  vers,  -li-ô-...] .?.  /. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  r^kioz,  soleil,  yptl>(j.a, 
couleur,  et  le  suffixe  ie,  §§  224  et  279.  ||  Ne'olog.] 

Il  (T.  didact.)  Production  d'images  photographiques 
avec  les  couleurs. 

HÉLIOGRAPHIE  [é-lyo-grà-fi ;  en  vers,  -li-ô-...]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  t,>>:o;,  soleil,  ypi-.i£iv,  dé- 
crire, et  le  suffixe  ie,  §§  224  et  279.  |1  Néoloq.  Admis  acad. 
1878.] 

Il  (T.  didact.)  Fixation  des  images  que  donne  la  chambre 
noire.  ||  Gravure  où  l'on  s'aide  de  la  photographie. 

HÉLIOGRAPHIQUE  [é-lyô-grà-fîk' ;  en  ve7-s,  -li-ô-...] 
adj. 

[ÉTY.M.  Dérivé  de  héliographie,  §  229.  ||  Néolog.  Admis 
.acad.  1878.] 

Il  (T.  didact.)  Relatif  à  l'héliographie.  Gravure  —,  où  l'on 
s'aide  de  la  photographie  pour  tracer  le  dessin  sur  la 
planche. 

•HÉLIOMÈTRE  [é-lyô-mètr' ;  e7i  vers,  -li-ô-...]  5.  vi. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  t,Xio;,  soleil,  et  [xéTpov, 


HELIOSCOPE 


—  1233  — 


mesure,  §  279.  ||  Mot  dû  à  p.  bouguer,  inventeur  de  l'ins- 
trument (1747).] 

Il  (Astron.)  Instrument  qui  sert  à  mesurer  le  diamètre 
apparent  du  soleil,  des  planètes. 

HELIOSCOPE  [é-lyos'-kôp' ;  en  vers,  -li-Ôs'-...]  s.  m. 

[ktvm.  Gumposi'  avec  le  grec  t'i^^oî,  soleil,  et  axoiteïv, 
examiner,  §  279.  ||  1671.  le  p.  chékuuin,  Dioptr.  ocul. 
p.  303.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Astron.)  Verrecoloré  permettant  de  regarder  le  soleil. 

"HÉUOSTAT  [é-lyÔs'-là;  en  vers,  -li-Ôs'-lii]  s.  m. 

[ÉTVM.  Composé  avec  le  grec  t.Xlo;,  soleil,  et  aTxxôî, 
arrêté,  §  279.  ||  1764.  s'-gravesande,  Èlêm.  de  physiq.  v, 
2,  trad.  Jaucourt.] 

Il  (Technol.)  Appareil  d'optique  maintenant  dans  une 
direction  constante  un  rayon  solaire  introduit  dans  la 
cliamhre  obscure. 

1.  HÉLIOTROPE  [é-lyô-trôp' ;  en  vers,  -li-ù-...]  s.  m. 
[ÉTYM.  Emprunté  dulat.  heliotropium,  grec  i,'k:ozçi6~:o'>, 

m.  s.  proprt,  «  qui  se  tourne  vers  le  soleil  ».  {Cf.  hélio- 
trope 2  et  tournesol.)  ||  xiv"  s.  Soussie  est  en  grec  appellee 
eliotropie,  .i.  cokbichon,  Propr.  des  choses,  dans  delu.  Rec. 
I  .wie  s.  Héliotropes,  c'est  soulcil,  qui  suytle  soleil,  rab.  m,  50.] 
Il  (Botan'.)  Plante  de  la  famille  des  Borraginées,  dont 
une  espèce,  l'héliotrope  du  Pérou,  a  des  fleurs  suaves. 

2.  'HÉLIOTROPE  [é-lyù-trôp';  en  vers,  -li-ô-...]  s.  m. 
[Érv.M.  Composé  avec  le  grec  tjXioî,  soleil,  et  TpéTts'.v, 

détourner,  §  279.  [Cf.  héliotrope  1.)  ||  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Instrument  qui,  renvoyant  le  rayon  solaire 
à  distance,  sert  dans  certaines  opérations  géodésiques. 

HÉLIX  [é-liks']  s.  m. 

lÉtym.  Emprunté  du  grec  ë)»tÇ,  m,  s.  (€/■.  hélice.)  ||  Ad- 
mis AGAU.  1835.] 

il  (.Anat.)  Le  tour  de  l'oreille  externe. 

HELLÉBORE,  etc.  V.  eUébore,  etc. 

HELLÉNIQUE  [èl'-lé-nik']  adj. 

|ÉTY.M.  Emprunté  du  grec  éXXTjvixô;,  m.  s.  \\  Admis 
ACAD.  1762.] 

Il  (Anliq.)  Qui  appartient  à  l'ancienne  Grèce.  Peuples 
helléniques.  Langue  — ,  le  grec  ancien. 

HELLÉNISME  [èl'-lé-nîsm']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  £AÀT|viaij.ôî,  m.  s.  \\  Admis 
AGAU.  1762. J 

Il  1»  Gramm.)  Idiotisme  propre  à  la  langue  grecque. 

Il  2"  (Antiq.)  L'ensemble  des  idées  des  anciens  Grecs. 

HELLÉNISTE  [el'-lé-nist']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  éXATiviaTT,;,  tn.  s.  \\  1651. 
la  secte  des  hellénistes  du  Port-Royal,  LE  p.  labbe,  dans  delb. 
Rec.  Admis  acad.  1762.] 

I.  (Antiq.)  Celui  qui  aime,  qui  imite  les  Grecs.  Adj'ec- 
tivt.  Les  Juifs  hellénistes  d'Alexandrie. 

II.  (Gramm.)  Celui  qui  s'adonne  à  l'étude  de  la  lan- 
gue et  de  la  littérature  grecques. 

HELMINTHE  [el-minf]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  ëXjjLi;,  tvôoî,  m.  s.  \\  Admis 
AGAD.  1878.] 

Il  (Médec.)  Ver  intestinal. 

HEM  [hèm']  inlerj. 

[ÉTYM.  Onomatopée,  §  32.  {Cf.  hein,  hom.)  Le  lat.  dit 
aussi  hem.  ||  xvu«  s.  V.  à  l'article.] 

Il  1»  Interjection  dont  on  se  sert  pour  appeler  ou  pour 
interroger.  —  !  —  !  venez  donc  ici.  —  !  vous  ne  dites  mot? 

UEGNARD,  Rai,  se.  7. 

Il  2»  Onomatopée  imitant  le  bruit  que  l'on  fait  en  es- 
sayant de  se  dégager  la  gorge.  La,  la...  — ,  —  !  écoute  avec 
soin,  je  te  prie,  mol.  Fdch.  i,  3.  ||  SuOstantiit.  Sa  façon  de 
tousser,  son  — ,  hauteroghe,  Rourf/.  de  quai,  ii,  2. 

•HÉMATEUX,  EUSE  [é-mk-teu,  -teuz'J  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  ai|JLa,  <xï\i.zioi,  sang,  §  251.  || 
Ne'olof/.] 

Il  (Médec.)  Relatif  au  sang.  Dermatose  bémateuse. 

*  HÉMATIE  [é-mà-li]  i\  /'. 

[ÉTVM.  Dérivé  du  grec  aljia,  aïfiato;,  sang,  §  282.  || 
Neolof/.] 

Il  (Fhysiol.)  Globule  rouge  du  sang. 

"HÉMATINE  [é-mà-tin']  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  du  grec  aî(xa,  aï[iaTo;,  sang,  §  245.  |j 

Mot  dû  à  M.-E.  CHEVREUL  (1823).] 

Il  (Physiol.^  Principe  colorant  du  sang. 

HÉMATITE  [é-ni;i-tit']5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hématites,  grec  a'.iAai'TT,;,  m.  s. 

DICT.    FRANC. 


HEMISPHERE 

s.  Pierre  haematiste,  p.krè, 


de  aî[xa,  a"\i^xoi;,  sang.  ||  xvi^ 
xviir.  66.  Admis  acad.  1762.] 

Il  i  Minéral.)  Sanguine,  minerai  de  fer  d'un  rouge  brun. 

HÉMATOCÈLE  [é-mà-tù-.sèl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  alpia,  aiixaTo;,  sang,  et 
xt.Xt,.  humeur,  §  279.  ||  1732.  trév.  Admis  agad.  1762.] 

Il  (Médec.)  Tumeur  produite  par  un  épanchement  de 
sang  dans  le  tissu  cellulaire  des  organes  génitaux. 

HÉMATOSE  [é-mà-toz']  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  aljxâToj^'.î,  m.  s.  \\  1690.  fu- 
ret. Admis  acad.  1762.] 

Il  (Physiol.)  Conversion  du  chyle  en  sang  et  du  sang 
veineux  en  sang  artériel  dans  les  poumons. 

HÉMATURIE  [é-mà-tu-ri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  a'.u.âT0'jp:2,  m.  s.  \\  1817.  en- 
CYGL.  MÉTII.  Admis  ACAD.  1835.] 

Il  (Médec.)  Pissement  de  sang. 

HÉMÉROCALLE  [é-mé-rô-kàl]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  TifxepoxaXX:;,  7)i.  s.  proprt, 
«  beauté  d'un  jour  ».  ||  xvie-xviie  s.  V.  à  l'article.  Admis 
ACAD.  1762.] 

Il  (Botan.)  Plante  liliacée,  dont  l'espèce  principale  est 
l'hémérocalle  jaune,  dite  belle  de  jour.  Fifj.  Toutes  les  faveurs 
humaines  Sont  hémérocalles  d'un  jour,  m.\lh.  Poes.  105. 

HÉMICYCLE  [é-mi-sikl']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hemiciclium,  grec  •fi[xix'JxXiov, 
m.  s.  de  'r,|ji^  demi,  et  xûxXo;,  cercle.  {Cf.  cycle.)  ||  1557. 
Deux  hemicicles  ou  mi-cercles,  p.  de  mesmes,  Instit.  astron. 
dans  DELB.  Rec.  Admis  agad.  1762.] 

Il  (Technol.)  Salle  demi-circulaire,  gradins  pour  rece- 
voir des  spectateurs.  ||  Banc  à  dossier  demi-circulaire.  |j 
Trait  d'une  voûte  demi-circulaire.  ||  Cintre  de  bois  soute- 
nant les  pierres  des  arcs  pendant  la  construction. 

*  HÉMTÈDRE  [é-mi-èdr']  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  f,ai,  demi,  et  é'ôpa,  face, 
§279.  Il  Néolofi.] 
Il  (Minéral.)  A  demi-face.  (  V.  hémiédrie.) 

*  HÉMIÉDRIE  [é-mi-é-dri]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  ^,[11,  demi,  et  scpa,  face, 
§  279.  Il  Néolog.] 

Il  (Minéral.)  Altération  des  cristaux,  qui  au  lieu  de  pré- 
senter complètement  les  faces  que  réclame  leur  forme 
géométrique,  n'en  ont  que  la  moitié. 

HÉMINE  [é-min']  5.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.hemina,  grec  r.jiîva, 7n.  5.  {Cf. 
mine  3.)  |i  Admis  agad.  1718.] 

Il  (Antiq.)  Mesure  de  capacité  d'environ  28  centilitres. 

*HÉMIONE  [é-myôn';  en  vers,  -mi-ùn"]  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  hemionus,  yn. 
s.  du  grec  t,jxi,  demi,  et  ôvo;,  âne,  §  279.  Le  grec  t.uîovo; 
signifie  «  mulet  ».  ||  Néolog.] 

Il  (Zoologie.)  Espèce  du  genre  cheval  qui  tient  du  che- 
val et  de  l'âne,  et  qu'on  trouve  dans  l'Hindoustan. 

HÉMIPLÉGIE  [é-mi-plé-ji]  et,  vieilli,  HÉMIPLEXIB 
[é-mi-plok'-si]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grecT,[jf.TcX7iYÎa,T,[xi-;:XT,5ia,w2.  *.  || 
1573.  L'apoplexie  etl'hemiplexie,  J.LIÉbal'LT,  Secr.demédec. 
dans  m:\.\i.Rec.  j  1752.  Hémiplégie,  trév.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Médec.)  Paralysie  d'une  moitié  latérale  du  corps. 

HÉMIPTÈRE  [é-mïp*-tèr]  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  -fipLi,  demi,  et  irxepcîv,  aile, 
§  279.  Il  Admis  agad.  1835.] 

Il  (Ilist.  nat.)  Caractérisé  par  des  demi-élytresqui  cou- 
vrent la  partie  antérieure  des  ailes.  Insectes  hémiptères,  et, 
suhst/intirf,  au  tnasc.  Les  Hémiptères. 

HÉMISPHÈRE  [é-mis'-fér]  .s.  m. 

[ÉTVM.  Emprunté  du  lat.  hemisphaerium,  grec  -fiiji'.ffçaîpiov, 
m.  s.  Il  xn^'-xw»  s.  Nostre  emispere,  Métam.  d'Ovide,  dans 
G0DEF.  Co7npl.] 

Il  (T.  didaot.)  Moitié  de  sphère.  Les  hémisphères  de  Mag- 
debourg,  instrument  de  physique,  inventé  par  Otto  de  Gue- 
rick,  bourgmestre  de  Magdebourg  (1654),  pour  démon- 
trer la  pression  de  l'air,  et  composé  de  deux  demi-sphères 
creuses,  de  métal,  qui,  quand  la  machine  pneumatique 
y  a  fait  le  vide,  ne  peuvent  être  séparées  l'une  de  l'autre 
que  par  une  très  grande  force.  ||  Spécialt.  Moitié  de  la 
sphère  terrestre  ou  de  la  sphère  céleste.  L'—  austral.  L' — 
boréal.  Les  deux  hémisphères.  Le  soleil  éclaire  tour  à  tour  l'uii 
et  l'autre  — .  ||  P.  e.rt.  (.\nat.)  —  du  cerveau,  du  cervelet,  les 
deux  moitiés  symétriques  du  cerveau  et  du  cervelet. 

78 


HÉMISPHÉRIQUE 


—  1234  — 


HEPATITE 


§2 


HÉMISPHÉRIQUE  [é-mis'-fé-rïk']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hémisphère,  §  229.  ||  1576.  Forme  hémis- 
phérique, NIC.  DE  NicoLAY,  Nutig.  p.  106.  Adinis  acku. 
1835.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  a  la  forme  d'un  hémisphère. 

"HÉMISPHÉROÏDE  [é-mïs'-fé-rô-id']  s.  m.^ 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec-r,[xi!r»aîp:ov,  hémisphère, 
et  eIooç,  forme,  §  279.  ||  1732.  Hemi-spheroïde,  trév.] 

Il  (T.  didact.)  Corps  dont  la  forme  se  rapproche  de  celle 
d'un  hémisphère. 

HÉMISTICHE  [é-mis'-tïch']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hemistichium,  grec  -f.ixiTTÎ/iov, 
m.  s.  de  T,ai,  demi,  et  utî/o?,  ligne,  vers.  ||  xvie  s.  j.  du 
BELLAY,  Déf.  et  illustr.  dans  delb.  Rec] 

Il  (Prosodie.)  Moitié  de  vers,  marquée  par  un  repos  ap- 
pelé césure.  Les  deux  hémistiches  d'un  vers  alexandrin,  j  P. 
ext.  Chacune  des  deux  parties  d'un  vers  coupé  par  la 
césure. 

•HÉMITROPE  [é-mi-trop']  adj. 
ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  t,ixi,  demi,  et  tpottti,  tour, 
79.  Il  Mot  dû  à  HAUY,  Traité  de  minéral.  (1801),  i,  107.] 

Il  (Minéral.)  Formé  de  moitiés  dont  l'une  semble  avoir 
fait  une  demi-révolution  sur  l'autre.  Feldspath  — . 

•HÉMITROPIE  [é-mi-trô-pi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  T,[xt,  demi,  Tpo-f,,  tour, 
et  le  suffixe  ie,  §  279.  ||  Mol  dû  èhauv,  Traité  de  minéral . 
(1801),  I,  106.] 

Il  (^Iinéral.)  Caractère  des  cristaux  héraitropes. 

HÉMOPTOÏQUE  [é-môp'-tè-ïk']  et  *HÉMOPTTIQUE 
[é-mÔp'-ti-ik"]  adj. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  lat.  hsemoptyicus,  grec  alixozTuixôî, 
m.  s.  [Cf.  hémoptysie.)  Les  auteurs  de  la  basse  époque  ont 
employé  de  bonne  heure  aliAcnrTO'.y.ô?,  haemoptoious,  for- 
mes altérées  qui  expliquent  hémoptoïque,  plus  usité  de  nos 
jours  que  hémoptyique.  ||  1752.  Hemoptyique,  trév.  aCad. 
écrit  hémoptyique  en  1762  et  hémoptoïque  en  1835.] 

Il  (Médec.)  Relatif  à  Thémoptysie. 

HÉMOPTYSIE  [é-môp'-ti-zi]  6'.  /'. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  heemoptysis,  grec  aljxô-irTUffiç, 
m.  s.  de  alp-a,  sang,  et  -nxÛEiv,  cracher.  ||  1694.  th.  coun. 
Admis  ACAD.  1762.] 

Il  (Médec.)  Crachement  de  sang. 

HÉMORRAGIE  et  *  HÉMORRHAGIE  [é-mô-rà-ji]  5.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  haemorrhagia,  grec  alp-oppayta, 
m.  5.  de  aljjia,  sang,  et  payva:,  éclater.  ||  xvi^  s.  Grande 
hémorrhagie,  PARÉ,  viii,  34.] 

Il  (Médec.)  Écoulement  du  sang  hors  des  vaisseaux, 
avec  ou  sans  rupture  des  parois.  —  cérébrale,  épanche- 
ment  du  sang  dans  le  tissu  cérébral. 

•HÉMORRAGIQUE  et  "HÉMORRHAGIQUE  [é-mo- 
rà-jik'J  adj. 

[ÉTYM.  Uérivé  de  hémorragie,  §  229.  ||  Néolog.] 

Il  (Médec.)  Relatif  à  l'hémorragie. 

HÉMORROÏDAL  et  *  HÉMORRHOÏDAL,  ALE  [é-mô- 
rô-i-dàl]  adj.  et  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hémorroïde,  §  238.  ||  xvi^  s.  Veines  he- 
morrhoïdales,  paré,  i,21.] 

Il  1»  Adj.  Relatif  aux  hémorroïdes.  Vaisseaux  hémorroï- 
daux.  Veines,  artères  hémorroïdales,  qui  se  trouvent  à  l'ex- 
trémité anale  du  rectum,  siège  des  hémorroïdes.  Tumeurs 
hémorroïdales,  tumeurs  de  ces  vaisseaux.  Flux  —,  flux  de 
sang  sorti  de  ces  tumeurs. 

Il  2o  S.  f.  (Botan.)  Hémorroïdale,  ficaire,  dite  aussi  herbe 
aux  hémorroïdes,  dont  les  racines  tubéreuses  ont  quelque 
analogie  avec  les  tumeurs  hémorroïdales. 

HÉMORROÏDE  OU  'HÉMORRHOÏDE  [é-mô-rô-id']  S.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  haemorrhois,  idis,  grec  alaoïspoi;, 
iSoç,  m.  s.  de  aiiJ.a,  sang,  et  petv,  couler.  ||  xiii^  s.  Emoroyde, 

J.  DE  GARLANDE,  Dict.  daUS  GODEF.   CompL] 

Il  (Médec.)  Tumeur  des  veines  de  l'anus,  d'où  s'échappe 
de  temps  à  autre  une  certaine  quantité  de  sang.  Hémorroï- 
des internes ,  externes.  Hémorroïdes  sèches ,  qui  ne  laissent 
pas  échapper  de  sang.  ||  Firj.  Herbe  aux  hémorroïdes.  {V. 
hémorroïdal.) 

HÉMORROÏSSE  et  *HÉMORRHOÏSSE  [é-mù-rô-ïs'] 
s.f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  haemorrhoissa,  m.  s.  fé- 
minin barbare  tiré  du  grec  a'.[AÔppoo;,  m.  s.  §  129.  ||  xvi«- 
xvu^  s.  Hemorroïsse,  fr.  de  sales,  dans  delb.  Rec.  Admis 
ACAD.  1694.] 


Il  (T.  biblique.)  Femme  affectée  d'un  flux  de  sang.  La 
guérison  de  1' —  est  un  des  miracles  de  Jésus-Christ. 

*HÉMOSPASIE  [é-môs'-pà-zi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  aîi^a,  sang,  et  airiaiî, 
attraction,  §  279.  ||  Néolog.] 

Il  (Médec.)  Procédé  thérapeutique  qui  consiste  à  dé- 
tourner l'afflux  de  sang  d'un  organe  en  l'attirant,  à  l'aide 
d'appareils  spéciaux,  sur  une  autre  partie  du  corps. 

"HÉMOSTASE  [é-mos'-taz']  et  'HÉMOSTASIE  [é- 
mÔs'-tà-zi]  s.  f. 

[ÉTY.M.  Emprunté  du  grec  ataoffT37iî,  m.  s.  de  atixï, 
sang,  et  aTiïiî,  pause,  arrêt.  {Cf.  stase.)  ||  1748,  james, 
Dict.  de  médec.  vi,  1425.] 

Il  (Médec.)  I  1.  Vieilli.  Stagnation  du  sang  due  à  la 
pléthore.  1  2.  Opération  qui  a  pour  but  d'arrêter  une  hé- 
morragie. 

HÉMOSTATIQUE  [é-mos'-tà-tik']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  grec  a'.ixos-aTixô;,  m.  s.  \\  1748. 
JAMES,  Dict.  de  médec.  vi,  1425.  Admis  acad.  1762.] 

Il  (Médec.)  Qui  arrête  les  hémorragies.  Les  remèdes  hé- 
mostatiques, et,  suhstantivt,  Les  hémostatiques. 

*  HENDÉCAGONAL,  ALE  [in-dé-kà-gù-nàl]  adj. 
[ÉTYM.  Dérivé  de  hendécagone,  §  23S.  I|  Néolog.] 
Il  (Géom.)  Qui  a  onze  angles  et  onze  côtés.  Pyramide 

hendécagonale. 

HENDÉCAGONE  [in-dé-kà-gôn']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hendecagonus,  ?«.  s.  composé 
avec  le  grec  ïvôîxa,  onze,  et  y^voç,  angle.  ||  1732.  trév. 
Admis  ACAD.  1762.] 

Il  (Géom.)  Polygone  qui  a  onze  angles  et  onze  côtés. 

HENDÉCASYLLABE  [in-dé-kà-sir-làb']  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hendecasyllabus ,  grec  évôexa- 
cû>vAaêo;,  m.  s.  de  evôcxa,  onze,  et  a'jA>va6T',,  syllabe.  |1 
1550.  Mignars  hendecasyllabes,  j.  du  bellay,  De/,  et  illustr. 
dans  delb.  Rec.  Admis  acad.  1740.] 

Il  (Mélriq.)  Qui  a  onze  syllabes.  On  vers  — . 

•  HENDÉCASYLLABIQUE  [in-dé-kà-sïr-là-bïk']  adj. 
[ÉTY^^  Dérivé  de  hendécasyllabe,  §  229.  ||  Néolog.] 
Il  iMétriq.)  Qui  a  onze  syllabes.  Vers  — . 
'HENNÉ  [hên'-né]  s.  m. 
[ÉTYM.  Emprunté  de  l'arabe  hinna,  m.s.%  22.  ||  1789.  en- 

CYCL.  MÉTH.] 

Il  (Botan.)  Arbuste  d'Afrique  et  d'Asie  dont  les  feuilles 
séchées  et  réduites  en  poudre  servent  à  teindre  en  jaune. 

HENNIR  [hà-nîr]  i'.  intr. 

[ÉTYM.  Du  lat.  hlnnù-e,  m.  s.  §§372, 342, 481  et  291.  L'as- 
piration de  Ih  est  due  à  une  sorte  d'onomatopée,  §  32.] 

Il  En  parlant  du  cheval,  pousser  le  cri  particulier  à  son 
espèce.  On  cheval  qui  hennit  après  l'avoine. 

"■HENNISSANT,  ANTE  [hà-ni-san,  -sânt']  adj. 

[ÉTYM.  Adj.  particip.  de  hennir,  §47.  ||  1673.  Les  chevaux 
hennissants,  abbé  de  m.'^rolles,  Géorg.  dans  delb.  Rec] 

Il  Qui  hennit.  Des  cavales  hennissantes. 

HENNISSEMENT  [hà-nis'-man  ;  en  vers,  -m-se-...] 
s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hennir,  §  145.  ||  xiv»  s.  Grans  innissemens 
Des  fors  destriers,  Girard  de  Roussillon,  3773.] 

Il  Cri  particulier  au  cheval.  Le  —  des  chevaux.  _ 

HÉPATIQUE  [é-pà-tïk']  adj.  et  s.  f.  ■ 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hepaticus,  grec  -fiTraxtxôî,  m..        m 
s.  de  Tj-iïap,  aiùî,  foie.  ||  xiiie-xiv^  s.  La  basilique  que  l'en 
appelé  la  epatique,  lanfranc,  Chirurg.  f"  30,  dans  littré.] 

I.  Adj.  Il  1"  Relatif  au  foie.  Vaisseaux  hépatiques.  Coli- 
ques hépatiques. 

Il  2oQui  rappelle  le  foie  par  sa  couleur.  (Chimie  anc.) 
Soufre  —,  sulfure.  Air  —,  hydrogène  sulfuré. 

II.  S.  f.  (Botan.)  |  1.  Genre  de  renonculaires  dont  une 
espèce,  l'hépatique  commune,  a  été  recommandée  contre 
les  maladies  du  foie.  |  2.  Famille  de  plantes  acotylédones 
intermédiaires  entre  les  lichens  et  les  mousses. 

1.  HÉPATITE  [é-pà-tïf]  s.  f. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hépatites,  grec  f,-;:xTÎTT|î  (s.- 

ent.  A'âoç,  pierre),  m.,  s.  Sur  le  genre  (le  grec  et  le  lat. 
sont  du  masc),  V.  §  550.  ||  xvi<=  s.  du  pinet,  dans  delb. 
Rec.  Admis  acad.  1762.] 
Il  (Minéral.)  Pierre  précieuse  de  la  couleur  du  foie. 

2.  HÉPATITE  [é-pà-tît']  S.  f. 
[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  médical  hepatitis,  77i.s.  du  grec 

r^T.ap,  axo;,  foie,  §  2S2.  ||  1752.  trév.  Admis  acad.  1798.] 
Il  (Médec.)  Inflammation  du  foie. 


HEPTACORDE 


1235  — 


HERBIER 


HEPTACORDE  [("'p'-là-kôrd']  udj.  et  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lai.  heptacordus,  grec  ÉTCti/opôoî, 
m.  s.  de  ÉTTTâ,  sept,  et  xopSri,  corde.  ||  xvi<=  s.  Eptacorde, 
LA  BODERiE,  dans  GODEF.  Compl.  Admis  acad.  1798.] 

Il  1°  Adj.  A  sept  cordes.  La  lyre  —  des  anciens. 

Il  2°  S.  m.  Lyre  heptacorde.  ||  1'.  exl.  Système  de  sons 
comprenant  sept  notes.  (Cf.  gamme.) 

•HEPTAÈDRE  [l'ip'-tà-Cdr']  s.  7n. 

[ÉTVM.  Composé  avec  le  grec  î-.ii,  sept,  et  ëSpa,  face, 
§  279.  Il  1772.  RûMÉ  DE  l'isle.  Essai  de  cristalloçjraphie, 
p.  29,  préf.] 

Il  (Géom.)  Solide  à  sept  faces. 

•HEPTAGONAL,  ALE  [cp'-lk-go-nàl]  adj. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  heptagone,  §  238.  ||  1633.  Dne  forteresse 
hexagonale,  heptagonale,  he.né  le  noumant,  Disc.  iniiU.  dans 
DELB.  Rec] 

Il  (Géom.)  Qui  a  sept  angles  et  sept  côtés.  Figure  hepta- 
gonale. Pyramide  heptagonale,  dont  la  base  est  un  heptagone. 
Prismes  heptagonaux. 

HEPTAGONE  j  rp'-là-gôn']  adj.  et  s.  m. 

[ÉTVM.  Emprunté  du  lat.  heptagonus,  grec  É-Tivwvoî, 
jn.  s.  de  ir.-zi,  sept,  et  y^^'-*,  angle.  ||  154;^.  Heptagone  régu- 
lier, bovellés,  Géom.  prat.  f»  26,  \°.  Admis  acad.  1798.] 

Il  1"  Adj.  (Géom.)  Qui  a  sept  côtés  et  sept  angles. 

Il  2»  i>.  m.  (Géom.)  Polygone  qui  a  sept  côtés  et  sept 
angles.  ||  (T.  milil.)  Place  défendue  par  sept  bastions. 

"HEPTAMÈTRE  [(■p'-lii-mèlr']  s.  m. 

[ÉTVM.  Emprunté  du  lat.  heptametrum,  m.  s.  composé 
avec  le  grec  é-Ti,  sepl,el[j.£xpc<v,  mesure,  §279.  ||  Néoloçj.] 

Il  (Métr.  anc.)  Vers  de  sept  pieds. 

'HEPTANDRE  [l'-p'-tândr']  adj. 

[ÉTVM.  Tiré  deheptandrie,  §  279.  ||  1798.  l.-C.-M.  richard, 
Dict.  de  bolan.  de  Bulliani,  p.  196.] 

Il  (Botan.)  Qui  a  sept  élamines. 

HEPTANDRIE  [op'-lan-dri]  s.  f. 

[ÉTVM.  Emprunté  du  lat.  des  naturalistes  heptandria 
(linné),  «2.  s.  composé  avec  le  grec  ÉTiTâ,  sept,  et  avr,p, 
flivSooî,  mâle,§  279.  ||  1798.  l.-g.-m.  richard,  hicl.  de  bo- 
lan. de  Dultiard.  Admis  acad.  1835.] 

Il  (Botan.)  Dans  la  classilicalion  de  Linné,  classe  com- 
prenant toutes  les  plantes  qui  ont  sept  élamines. 

HÉRALDIQUE  [é-ral-dik']  adj. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  héraut,  d'apics  la  forme  latinisée  he- 
raldus,  §  229.  ||  xv"  s.  L'art  de  l'héraldique,  dans  godef. 
Compl.  Admis  acad.  1718.] 

Il  (T.  didact.)  Relatif  au  blason.  La  science  —,  et,  sub- 
stantivtyh' — ,  la  science  du  blason,  el,/j.  ext.  l'ensemble 
des  emblèmes  qu'éludie  cette  science.  L'art  — .  Graveur  — . 

"HÉRALDISTE  [é-râl-disf]  s.  m. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  héraut,  d'après  la  forme  latinisée  he- 
raldus,  §  265.  |1  Séolvy.] 

Il  (T.  didact.)  Celui  qui  est  versé  dans  la  science  du 
Llason. 

HÉRAUT  [é-rô]  s.  m. 

[ÉTVM.  Origine  incertaine;  peut-être  dérivé  de  l'anc. 
liant  alleni.  haren,  crier,  appeler,  §  138.  la  f.  Fab.  ii,  9, 
a  employé  héros,  à  la  rime,  pour  héraut.  ||  xh«-.\iii'^  s.  Hi- 
rauz  de  armes  releveor,  Guillaume  Le  Maréchal,  977.] 

Il  Anciennt.  Oflicier  chargé  de  porter  les  messages 
(défis,  sommations,  déclarations  de  guerre,  etc.),  de  faire 
!i'>  proclamations,  de  régler  les  fêles  de  chevalerie,  de 
\i  iller  aux  armoiries.  Les  hérauts  d'armes  portaient  le  nom 
des  seigneuries  auxquelles  ils  appartenaient.  ||  AVc/.  Messager. 
le  —  du  printemps  ^le  rossignol^  lui  demande  la  vie,  L.\  F. 
h'ab.  IX,  18. 

HERBACÉ,  ÉE  [èr-bà-sé]  adj. 

[ÉTVM.  Emprunté  du  lat.  herbaceus,  m.  s.  \\  \wi^  s.  Celuy 
qui  est  dit  herbacée,  DU  pinet,  Ilisl.  nat.  de  l'Une,  dans 
DELB.  liée.  Admis  ACAD.  1762. J 

Il  (Botan.)  Qui  se  rapproche  de  la  nature  de  l'herbe. 
Fiantes  herbacées. 

HERBAGE  [èr-bùj']  s.  m. 

[ÉTV.M.  Dérivé  de  herbe,  §  78.  ||  xii"  s.  Quant  ge  le  vi  ui 
main  en  cest  erbage,  Couronn.  de  Louis,  925.] 

Il  1"  L'herbe  des  prés.  ||  Spécialt.  Pré  où  l'on  fait  paître 
les  bestiaux  à  engraisser.  Les  herbages  de  Normandie. 
Il  2"  Réunion  d'herbes  cueillies.  Vivre  d'herbages. 
•HERBAGEMENT    [èr-bàj'-man  ;  en  vers,  -bà-je-...] 
s.  m. 

lÉTYM.  Dérivé  do  herbager,  §  145.  ||  Séolog.] 


li  (Agricult.)  Action  d'herbager  (les  bestiaux). 

1.  'HERBAGER  [cr-bà-jé]  v.  tr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herbage,  §  154.  ||  1420.  Ceulx  qui  herba- 
gent  leurs  bestes,  dans  godef.  herbagier.j 

Il  (Agricult.)  Mettre  (les  bestiaux)  à  l'herbage. 

2.  'HERBAGER  [èr-bà-jé]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herbage,  §  115.  i|  1796.  encycl.  mkth.] 

il  (Agricult.)  Celui  qui  nourrit,  engraisse  des  bestiaux. 

'HERBAGEUX,  EUSE  [èr-bà-jeu,  -je'uz'J  adj. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  herbage,  §  116.  ||  1611.  cotgr.] 

Il  Rare.  Couvert  d'herbage.  Les  plaines  herbageuses  du 
Kouban,  volney.  Ruines,  12. 

HERBE  [èrb']  s.  f. 

[ÉTVM.  Du  lat.  hçrba,  m.  s.  devenu  erbe,  §§  372  et  291, 
puis  écrit  herbe,  par  retour  à  l'orthographe  latine,  §  502.] 

Il  1"  Plante  à  lige  non  ligneuse  et  le  plus  souvent  verte. 
Herbes  potagères,  vulnéraires,  médicinales.  Bouillon  d'herbes. 
Jus  d'herbes,  suc  de  persil,  cerfeuil,  etc.  Fines  herbes  (per- 
sil, cerfeuil,  etc.),  employées  comme  assaisonnement. 
Mauvaise  — ,  qui  n'a  par  elle-même  aucune  utilité  et  nuit 
au  développement  des  plantes  au  milieu  desquelles  elle 
pousse,  i'.  plaisant.  Fir/.  Faniil.  Mauvaise  —  croît  toujours, 
en  parlant  d'un  enfant  (jni  grandit  vite.  Il  a  marché  sur 
une  mauvaise  — .  Sur  quelle  —  a-t-il  marché?  en  parlant  de 
celui  qui  est  de  méchante  humeur.  ||  Spécialt.  Nom 
donné  à  diverses  plantes  :  —  aux  chats,  —  aux  coupures, 

—  aux  goutteux,  —  flottsmte,  etc.  ||  Herbes  de  la  Saint-Jean, 
herbes  odoriférantes  qu'on  cueille  le  jour  de  la  Saint-Jean 
pour  en  joncher  les  planchers,  et  auxquelles  on  attribue 
des  propriétés  merveilleuses.  Fiy.  Famil.  Employer  toutes 
les  herbes  de  la  Saint-Jean,  mettre  en  œuvre  tous  les  moyens 
possibles.  ||  Herbes  filées,  tissu  fait  de  diverses  sortes 
d'herbes. 

Il  2°  P.  ext.  Végétation  verte  qui  couvre  les  prés,  les 
lieux  peu  fréquentés,  et  qu'on  emploie  pour  la  nourriture 
des  bestiaux.  L' —  verte.  —  fraîche,  tendre,  nouvelle.  Mettre 
un  cheval  à  1' — .  L' —  tendre  et  fleurie,  fé.n.  Fab.  Loup  et 
Jeune  Mouton.  Courir  dans  1'  — .  Être  étendu  sur  1' — .  Un  brin 
d' —  dans  l'eau  par  elle  étant  jeté,  la  f.  Fah.  ii,  12.  L' — 
poussait  entre  les  pavés  de  la  cour.  Fiç/.  Famil.  L' —  croît 
chez  eux,  leur  maison  est  abandonnée. 

Il  3°  Etat  de  certaines  plantes  (céréales,  chanvre,  etc.) 
([uand  elles  ne  sont  pas  encore  à  maturilé.  Les  alouettes 
font  leur  nid  Dans  les  blés  quand  ils  sont  en  — ,  la  f.  Fab. 
IV,  22.  Fig.  Manger  son  blé  en  — ,  manger  d'avance  son  re- 
venu. Dn  savant  en  —,  qui  promet  de  devenir  savant.  Et 
ne  l'être  (trompé)  qu'en  — ,  mol.  Êc.  des  m.  m,  9.  Couper 
1' —  sous  le  pied  à  qqn,  le  supplanter. 

HERBEILLER  [cr-bè-yé]  v.  intr. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  herbe,  §  161.  ||  1279.  Il  poent  herbillier 
en  leur  chenseus,  Cartul.  de  Ponthieu,  dans  godef.  her- 
billier. Admis  ACAU.  1762.] 

Il  (Vénerie.)  Brouter  l'herbe.  Spécialt.  Le  sanglier  a  her- 
beillé  ici. 

HERBER  [cr-bé]  V.  tr. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  herbe,  §  154.  Signifie  surtout  «  her- 
bager (  V.  herbager  1)  »  et  «  aromatiser  avec  des  herbes  » 
en  anc.  franc.  j|  xii*^  s.  Trop  ont  beû  del  vin  herbe,  Vie  de 
St  Gilles,  615.  .\dmis  acad.  1762.] 

Il  1"  Exposer  au  soleil  sur  l'herbe.  —  de  la  toile,  de  la 
cire  (pour  la  blanchir).  —  des  cheveux  (pour  les  faire  chan- 
ger de  couleur). 

Il  2°  Traiter  par  l'herbe.  Spécialt.  Vieilli.  (Art  vétérin.) 

—  un  cheval,  un  bœuf,  lui  appliquer  sur  le  poitrail  de  la 
racine  d'ellébore  pour  faire  suppurer  la  partie. 

'HERBERIE  [èrb'-ri  ;  en  vers,  èr-be-ri]  s.  f. 

[ÉTV.M.  Dérivé  de  herbe,  §69.  ||  xiii^  s.  Li  diz  de  l'Erberie, 
RUTEB.  litre,  p.  115,  Kressner.] 

Il  Vieilli.  Il  1°  Marché  aux  herbes. 

Il  2"  Lieu  où  l'on  herbe  la  cire. 

HERBETTE  [èr-bêf]  A".  /'. 

[ÉTVM.  Dérivé  de  herbe,  §  133.  ||  Xiv«-xvc  s.  Qui  séchera 
soubz  le  pié  com  l'erbette,  eust.  descu.  ii,  131.] 

Il  Poét.  Herbe  courte  et  menue  des  champs.  Danser  sur  1'— 

HERBEUX,  EUSE  [èr-beii,  -beuz']  adj. 

[ÉTVM.  Du  lat.  herbOsum.  în.  s.  §§  372,  325,  418  et  291. 
Admis  acad.  1762.] 

Il  Où  il  pousse  de  l'herbe.  Rives  herbeuses. 

HERBIER  [èr-byé]  s.  m. 

lLTV.m.  Dérivé  de  herbe,  §  115.  En  latin  herbarium  si- 


HERBIERE 


—  1236  — 


HERESIE 


gnifie  «  traité  de  botanique  ».  |1  xii^  s.  Plaine  sa  lance  l'a- 
batienl'erbier,  Raoul  de  Cambrai,  2130.  Admis  acxb.  1740.] 

]i  ±0  Banc  d'iierbes  qui  se  forme  au  milieu  des  eaux 
et  sert  de  refuge  au  poisson.  ||  Endroit,  dans  une  ferme. 
où  l'on  conserve  l'herbe  pour  la  nourriture  du  bétail.  || 
Panse  des  ruminants. 

Il  2°  Spécialt.  Collection  de  plantes  desséchées  et  con- 
servées entre  des  feuilles  de  papier.  ||  P.  ext.  \  1.  La  peau 
de  l'oiseau  desséchée  et  conservée  en  —  (entre  deux  feuilles 
de  papier),  buff.  Oiseau.r,  Guêpier  du  Sénégal.  \  2.  Col- 
lection de  dessins  représentant  des  plantes.  |  3.  Ouvrage 
qui  traite  des  plantes  et  en  donne  des  descriptions  et  des 
dessins. 

HERBIERE  [èr-byèr]  s.  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herbe,  §  115.  En  lat.  herbarius  signifie 
«  botaniste  ».  ||  xiii<!  s.  Aelais  ot  non  11  erbiere,  pu.  mous- 
KET,  Chron.  28938.] 

Il  Celle  qui  vend  des  herbes  au  marché.  ||  Celle  qui  va 
cueillir  de  l'herbe  dans  les  champs. 

HERBIVORE  [èr-bi-vôr]  adj. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  lat.  herba,  herbe,  et  vorare, 
manger,  §  273.  ||  1748.  james,  Dict.  de  médec.  Admis  acad. 
1835.] 

Il  (T.  didact.)  Qui  se  nourrit  d'herbes.  Les  animaux  her- 
bivores, et,  substantirt.  Les  herbivores,  groupes  de  mam- 
mifères qui  se  nourrissent  exclusivement  ou  le  plus  or- 
dinairement de  matières  végétales. 

•HERBON  [èr-bonj  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  inconnue.  ||  1790.  encycl.  méth.  Ma- 
nuf.  et  arts,  tanneur.] 

Il  (Technol.)  Couteau  à  lame  mousse  dont  le  tanneur 
se  sert  pour  débourrer  les  cuirs.  {Syn.  boutoir.) 

*  HERBORISATEUR,  TRICE  [èr-bô-ri-za-teur,  -tris'] 
s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herboriser,  §  249.  ||  Néolog.] 

Il  (T.  didact.)  Celui,  celle  qui  fait  des  herborisations. 
{Cf.  herboriseur.) 

HERBORISATION  [èr-bo-ri-zà-svoD  ;  en  vers,  -si-on] 
s.f. 

ÉTYM.  Dérivé  de  herboriser,  §  247.  ||  1720.  Journal  des 
sav.  p.  285.  Admis  acad.  1762.] 

Il  Cr.  didact.)  Il  1°  Action  d'herboriser. 

Il  2°  Anciennt.  Arborisation.  (F.  ce  mot.) 

HERBORISÉ,  ÉE  [èr-bo-ri-zé].  V.  arborisé. 

HERBORISER  [èr-bô-ri-zé]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herbe,  par  confusion  avec  le  radical 
du  lat.  arbor,  arbre,  §§  267  et  509.  [Cf.  arboriser.)  ||  1611. 
GOTGR.  Admis  acad.  1694.] 

Il  (T.  didact.)  Aller  dans  la  campagne  recueillir  des 
plantes  pour  les  étudier  et  les  collectionner. 

HERBORISEUR  [èr-bô-ri-zeur]  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herboriser,  §  112.  ||  Admis  acad.  1798.] 

Il  'T.  didact.)  Celui  qui  fait  des  herborisations.  (C/".  her- 
borisateur.) 

HERBORISTE  [èr-bô-rïst']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herbe,  par  confusion  avec  le  radical 
du  lat.  arbor,  arbre,  §§  265  et  509.  (Cf.  arboriste.)  ||  1530. 
Plusieurs  ignorans  herbolistes ,  daigue,  Propr.  des  tortues, 
13.  I  1545.  Le  commun  des  herboristes,  G.  guéroult,  dans 
DELB.  Rec.] 

Il  Celui  qui  tient  le  commerce  des  plantes  médicinales. 

*  HERBORISTERIE  [èr-bô-rïst'-ri  ;  en  vei's,  -rïs'-te-ri] 
s.f 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herboriste,  §  69.  ||  Néolog.] 

Il  Commerce  d'herboriste. 

HERBU,  UE  [èr-bu]  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  herbe,  §  118.  ||  xii"  s.  En  une  place  vert, 
erbue,  beneeit,  Ducs  de  iXorrn.  dans  delb.  Rec] 

Il  Couvert  d'herbe.  Campagnes  herbues. 

•HERBUE  [èr-bu]  s.  f. 

[ÉTYM.  Tiré  de  herbu,  §  38.  Souvent  écrit  erbue,  par  oubli 
de  l'étymologie,  et,  par  altération,  barbue,  arbue.  ||  1761. 
Harbue,  de  gourtivron  et  bouchu,  Art  des  forges,  p.  56.] 

Il  (Technol.)  Terre  végétale  de  pâturage  qu'on  emploie 
comme  amendement  dans  les  vignes.  ||  Terre  légère  bonne 
pour  pâturages.  ||  P.  ext.  Fondant  d'argile  qu'on  ajoute 
à  la  gangue  pour  en  dégager  le  minerai. 

*HERCHAGE  [hèr-chàj']  s.  m. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hercher,  §  78.  ||  1769.  Hierchage,  tirage 
des  hieroheux,  mor.vnd,  Art  d'expl.  les  mines,  p.  1434.] 


Il  ^Technol.)  Action  de  hercher. 

*HERGHE  [hèrch']  s.  f. 

[ÉTYM.  Subst.  verbal  de  hercher,  §  52.  1|  Néolog.] 

Il  (Technol.)  Dans  une  mine,  wagon  qu'on  charge  de 
minerai. 

*  HERCHER  [hèr-ché]  v.  intr. 

[ÉTYM.  Forme  normanno-picarde  de  herser  ;  V.  ce  mot), 
§§  16  et  391.  i,  (.\u  sens  actuel.  )  1769.  Hiercher,  tirer  le  sployon, 
MORAND,  Art  d'expl.  les  mines,  p.  1434.] 

Il  (Technol.)  Pousser,  faire  circuler  dans  les  mines  les 
wagons  chargés  de  minerai. 

*HERCHEUR,  EUSE  [hèr-cheur,  -cheuz']  s.  m.  et  f. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  hercher,  §  112.  1|  1769.  Quelquefois  il 
n'y  a  qu'imhiercheur,  MORAND,  Art  d'erpl.  les  mines,  p.  211.] 

jl  (Technol.';  Celui,  celle  qui  herche. 

HERCOTECTONIQUE  [èr-kù-tèk'-tô-nik']  s.  f. 

[ÉTYM.  Composé  avec  le  grec  j'p'aoî,  enceinte,  et  tsxto- 
v'.viT,,  art  de  construire  [cf.  architecte),  §  279.  ||  1694.  th. 

CORN.] 

Il  (T.  didact.)  Art  des  fortifications. 

HERCULE  [èr-kull  s.  m. 

[ÉTYM.  Nom  propre,  §  36,  grec  'Hpa/CAf.î.  lat.  Hercules, 
personnage  mythologique  célèbre  par  sa  force.  ]|  Admis 
ACAD.  1762.] 

Il  Famil.  Homme  d'une  très  grande  force  physique. 
Spécialt.  Un  Hercule  de  foire,  qui  accomplit  des  tours  de 
force. 

HERCULÉEN,  ENNE  [èr-ku-lé-in,  -en']  adj. 

[ÉTYM.  Dérivé  de  Hercule,  §  244.  ||  xvi^  s.  Force  hercu- 
leane,  la  boderie,  dans  godef.  Compl.  Admis  acad.  1878.] 

jj  Digne  d'un  Hercule.  Taille,  force  herculéenne.  Travaux 
herculéens. 

HÈRE  ^hér]  s.  m. 

[ÉTYM.  Origine  incertaine  ;  qqns  le  croient  emprunté  de 
l'allem.  berr,  seigneur,  employé  par  dénigrement,  §  7.  [Cf. 
sire.)  Il  xvi*=  s.  Et  lui  avoit  on  fait  couper  la  queue  (au  renard,, 
et  pour  ce  on  l'appeloit  le  hère,  bon.  des  per.  Nouv.  31.] 

I.  Famil.  Iloiniiie  sans  considération,  sans  i'ortune. 
Cancres,  hères  et  pauvres  diables,  la  f.  Fab.  i,  5. 

II.  Jeu  de  cartes  dit  aussi  l'as  qui  court. 

III.  (Vénerie.;  Jeune  cerf  qui  n'est  plus  faon  et  qui 
n'est  pas  encore  daguet. 

HÉRÉDITAIRE  [é-ré-di-tér]  adj. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hereditarius,  m.  s.  [Cf.  le  dou- 
blet, de  formation  populaire,  héritier.)  ||  xv^-xvi^  s.  Eus 
disans  héréditaires  du  dit  lieu,  P.  desrey,  Chron.  dans  l.a  c] 

il  1°  Qui  se  transmet  par  droit  d'hérédité.  Biens,  titres 
héréditaires.  Charges,  fonctions  héréditaires.  La  pairie  était  — . 
Il  P.  ext.  Prince  —,  celui  qui  doit  hériter  du  pouvoir. 

Il  2"  En  parlant  des  dispositions  physiques  ou  menta- 
les, qui  se  transmet  des  ascendants  aux  descendants. 
Maladies  héréditaires.  FoUe  — .  |j  Vertus,  vices  héréditaires. 

HÉRÉDITAIREMENT  [é-ré-di-tèr-man  ;  en  vers,  -tè- 
re-...]  adv. 

[ÉTYM.  Composé  de  héréditaire  et  ment,  §  724.  ||  1323.  A 
tousjours  héréditairement,  dans  godef.  Compl.] 

Il  D'une  façon  héréditaire. 

HÉRÉDITÉ  [é-ré-di-té]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  hereditas,  atis,  m.,  s.  \\  xi^  s.  0 
filz,  cui  ierent  mes  granz  créditez?  St  Alexis,  401.] 

I.  Il  1°  Pouvoir  de  recueillir  (en  totalité  ou  en  partie) 
les  biens  qu'une  personne  laisse  à  son  décès.  Accepter 
1' — .  Renoncer  à  1' — .  |1  Spécialt.  Pouvoir  de  succéder  à 
qqn  dans  sa  charge,  ses  fonctions.  L' —  de  la  couronne,  de 
la  pairie. 
!  Il  2°  Vieilli.  Héritage.  La  loi  des  Saxons  veut  que  le  père 
et  la  mère  laissent  leur  —  à  leur  fils,  mûntesq.  Espr.  des 
lois,  viii,  22.  —  jacente,  héritage  non  encore  accepté. 
'  II.  Transmission  des  ascendants  aux  descendants  de 
certaines  particularités  d'organisation  physique,  d'apti- 
tude morale. 

HÉRÉSIARQUE  [é-ré-zyàrk'  ;  en  vers,  -zi-àrk']  s.  m. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  haeresiarches,  grec  aî- 
oîT'.io/Tiî,  m.  s.  il  1524.  Tous  les  erarsiarges  [sic],  p.  grin- 
gore.  Blason  des  hérétiq.] 

Il  Auteur  d'une  doctrine,  chef  d'une  secte  hérétique. 
Les  hérésiarques  des  premiers  siècles  de  l'Église. 

HÉRÉSIE  [é-ré-zi]  s.  f. 

[ÉTYM.  Emprunté  du  lat.  ecclés.  hseresis,  grec  a'ipsj:;, 
m.  s.  proprt,  «  opinion  de  choix  »,  de  alp-îv,  prendre» 


i 


HERETICITE 


—  1237 


HERITER 


choisir.  ||  xn'^  s.  Ne  creum  lur  folie,  Laissum  lur  eresie,  PH. 
DE  THAUN,  Be<tl.  p.  91.] 

Il  1"  Doctrine  de  certains  dogmes  clirôtiens  contraires 
à  la  foi  catholique  et  condamnés  par  l'Ém'Iise.  Les  hérésies 
avaient  eu  le  temps  de  se  multiplier  ;  on  en  comptait  plus  de 
cinquante  dès  le  cinquième  siècle,  volt.  Dicl.  philos,  hérésie. 
Cet  homme  ne  fera  pas  d'— ,  loc.  prov.  qui  se  dit  d'un  homme 
de  peu  d'esprit. 

Il  2°  P.  ext.  Famil.  Opinion,  théorie  qui  est  en  oppo- 
sition avec  les  idées  reçues.  —  littéraire.  Ce  que  vous  dites 
là  est  une  —  en  médecine. 

HÉRÉTICITÉ  [l'-ré-li-si-té]  s.  f. 

[ktym.  Di'rivc'  du  lat.  hereticus,  hérétique,  §  255.  ||  \\\\<'- 
XVIII''  s.  Mot  attribuée  à  fénelon.  Admis  acad.  17  iO.] 

Il  Caractère  hérétique  (d'une  doctrine).  L'—  d'une  pro- 
position. 

HÉRÉTIQUE  ré-ré-lïk']  adj. 

[ktym.  Emprunté  du  lat.  haereticus,  g'rec  at'.ps-riv.ôî,  m. 
s.  L'anc.  franc,  a  la  forme  erege,  do  formation  populaire, 
à  côté  de  hérite,  altération  inexpliquée.  ||  xiv^  s.  Pires  que 
Vaudois  ou  hereticques,  Récits  d'un  hourg.  de  Valenciennes, 
dans  DELB.  Rec] 

Il  1°  Qui  soutient  une  hérésie.  On