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Full text of "ATTAC [fr] Courriel d'information 085 (1999.11.05)"

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L 


attac 


LE COURRIEL D'INFORMATION 


n°85 - vendredi 05 novembre 1999. 


RESI STANCE... 


Dans ce numéro 


1- Peur du gouvernement américain 
2- À propos de l'amendement Tobin 
3- Faites de la résistance ! 

4- Une petite toile ? 


5- Mexique ? Plus d'abonné au n° demandé... 


6- Vous avez rendez-vous avec ATTAC 


Peur du gouvernement américain 


Des militants de la Défense des Droits de 
l'Homme, d'organisations populaires étrangères, 
et des militants anti-OMC se voient refuser 
l'entrée aux USA par l'administration Clinton. 


La caravane d'information et de protestation 
contre l' OMC qui doit traverser les USA depuis 
New York jusqu'à Seattle, a été amputée de 
neufs de ses membres les plus importants grâce 
à une décision de l'administration Clinton. Une 
décision du Département d'État décidé à 
supprimer toute opposition anti-OMC est la base 
de cette action. Le mouvement PGA (People's 
Global Action), organisateur de la caravane, 
pense que les négociations de l'OMC à Seattle 
ouvriront la porte à une plus grande érosion des 
droits civiques, de la protection de 
l'environnement, de la santé, et contre les 
accidents du travail. 


D'autre part les membres de la PGA déclarent 
que l'OMC est une organisation 
fondamentalement imparfaite et incompétente 
et qu'elle n'est pas amendable et doit par 
conséquent disparaître. C'est à cause de cette 
prise de position, et je la partage sans réserve, 
que les militantes et militants ont été interdits 
d'entrer aux États Unis "Terre de l'Homme Libre 
et Demeure du Brave", suivant l'imagerie 
habituelle de la propagande gouvernementale 
US. 


Parmi les "exclus" M. Swakoti Gopal et six autres 
membres de l'organisation des Droits de 
l'Homme du Népal (comme c'est curieux, le 
Département d'État, Albright en tête, se 
montrent pourtant d'ardents défenseurs du Tibet 


1). Aussi interdits d'entrer: Badrul Alum and 
Pradip Kumar Roy, director d'un mouvement du 
Bangladesh. 


À signaler que M. Gopal a obtenu son diplôme 
d'avocat aux États Unis, enseigne le droit 
international et les droits de l'Homme au Népal. 
D'autre part sa candidature au visa d'entrée 
était appuyée par des organisations américaines 
(pour la garantie financière) et par des membres 
du Congrès à Washington (caution morale). 


Malgré toutes ces qualifications, le 
gouvernement américain a refusé son entrée sur 
le territoire US. Le personnel de l'ambassade, 
n'a même pas daigné jeter un coup d'oeil sur les 
documents attestant des garanties morales et 
financières fournies. 11 lui fut répondu qu'ils (les 
personnels de l'ambassade) n'avaient pas besoin 
de lire les documents en question et que son cas 
était déjà réglé, non sans auparavant soumettre 
M. Gopal à un interrogatoire provocateur 
mettant en doute son intégrité et celle de 
l'organisation des Droits de l'Homme du Népal. 


Personnellement j'ai déjà subi ce genre 
d'interrogatoire au poste frontière de Détroit ou 
l'objectif du "jeu" consiste à provoquer et 
humilier pour obtenir une réaction et ainsi avoir, 
pour le représentant de l'autorité (un agent des 
douanes aux USA est tout-puissant), une raison 
de sévir. 


Il y a environ deux semaines, Clinton avait 
déclaré, tout fringant, que les protestations de 
masses, aux USA, en préparation contre le Cycle 
du Millénaire, ne l'inquiétaient pas et que "c'était 
normal dans un pays démocratique". On 


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attac 


comprend aujourd'hui pourquoi, tous les efforts 
sont faits pour étouffer les protestations. 


Des militantes et militants de l'Inde, 
d'Angleterre, d'Israël, de Bolivie, d'Allemagne et 
du Panama sont déjà sur place pour commencer 
la caravane. Parmi eux M. Sanjay Mangola 
représentant d'un mouvement de résistance 
contre un projet de barrage dans la vallée de 
Narmada en Inde. Il y a quelques jours, des 
militants londoniens ont construit une grande 
roue à sièges (comme dans les parcs 
d'amusement) Pour attirer l'attention du public 
et mettre en relief le rôle des multinationales de 
la Banque Mondiale et des gouvernements 
occidentaux dans des projets tels que la 
construction du barrage de Narmada. 


Le gouvernement US a peur de la résistance 
globale et essaie de contre-attaquer en refusant 
les visas, Et ça c'est le pays qui nous bassine les 
ouies avec des mots comme Freedom et 
Democracy, il est temps de les prendre au mot. 


Greta van den Bembpt greta@attac.org 
Correspondante à Porto Alegre pour Le Grain de 
sable 


A propos de l'amendement Tobin 


Frustration, colère, dépit, suspicion, 
ressentiment. Tous les membres d'Attac ont 
éprouvé, à des degrés divers, cette gamme 
d'émotions après la " nuit Tobin " de l'Assemblée 
nationale (Voir Le Courriel n°82). Il est vrai que, 
ramenée à sa seule dimension événementielle et 
à ses résultats concrets, elle a de quoi décevoir ; 
faible assistance, faible mobilisation, vote 
éparpillé. Peut mieux faire, sans aucun doute. 
Faut-il pourtant en rester à cette triste analyse ? 
Certainement pas. 


Prenons d'abord bien en compte la mobilisation 
gouvernementale contre notre amendement ; 
elle donne la mesure de l'enjeu et de la 
crispation à laquelle il a donné lieu. 


Le gouvernement a ainsi répandu le bruit que 
l'amendement ne passerait pas au vote cette 
nuit afin de démobiliser les députés. Nombre 
d'entre eux avaient par ailleurs reçu l'amical 
conseil diplomatique de s'occuper davantage de 
leur circonscription. Ce qu'en bon français on 
qualifie de pression. Chaque député n'étant pas 
forcément dessiné pour résister à ce genre de 
pression. 


Par ailleurs, le groupe socialiste a, cette nuit-là, 
distribué ses délégations aux quatorze députés 
socialistes présents, à l'exception des députés 


Attac, privés, eux, de toute délégation. 
Procédure qui a bien évidemment pesé sur le 
résultat final. 


On peut évidemment regretter le faible nombre 
de présents, mais voyons quel rapport de forces 
il exprime, et n'oublions pas de féliciter les 
présents. Majoritaire dans l'opinion publique, la 
taxe Tobin est minoritaire parmi les 
parlementaires, sans parler du gouvernement. 
Une présence massive de " nos " députés - 
évidemment souhaitable - n'aurait pas 
bouleversé ce rapport de forces initial. 
L'opposition, n'en doutons pas, se serait montré 
à la hauteur. Autrement dit, 110 en auraient eu 
250 en face. Par ailleurs, un vote favorable 
aurait certes eu un puissant retentissement ; 
mais cette victoire aurait été sans lendemain 
compte tenu des procédures parlementaires 
vote en deuxième lecture, attitude 
gouvernementale, etc. Ceci dit non pour 
banaliser ce qui s'est passé mais pour relativiser 
ce qui est vécu par certaines et certains comme 
un échec quand il s'agit d'une avancée. Sur le 
fond, ne sous-estimons pas ce qui s'est produit 
cette nuit ; à savoir, le premier véritable débat 
au niveau de la représentation nationale sur 
notre proposition. La dernière fois que 
Dominique Strauss-Kahn avait évoqué la taxe 
Tobin, c'était par l'intermédiaire de son chef de 
cabinet, à travers une note torchée à la va- 
comme-je-te-pousse et pour la balayer d'un 
revers de main comme pure lubie. Nous n'en 
sommes manifestement plus là DSK était 
présent au débat ainsi que Christian Sauter ; 
comme dans le cas des stock options, les 
partisans du libéralisme financier ont dû 
manoeuvrer à la défensive, le RPR défendant 
pour sa part l'idée d'une nécessaire régulation 
des marchés. 


Enfin, l'amendement Tobin a été battu à la 
faveur d'un contre amendement - sorte de 
contre-feu - dont le contenu n'est pas 
inintéressant puisqu'il enjoint le gouvernement 
de diligenter une étude de faisabilité sur une 
mesure de type Tobin face à la spéculation 
financière et ses retombées. Tout cela est certes 
insuffisant au regard de nos ambitions et des 
besoins. Mais on mesure l'évolution des termes 
du débat ! Gardons-nous de minorer cet acquis, 
d'autant qu'il est le fruit d'à peine quelques mois 
d'efforts. Nous avons, pour la première fois, 
croisé le fer à l'Assemblée Nationale ; même si 
c'est de façon imprévue, le débat à évolué ;: il 
nous faut poursuivre et revenir à la charge, en 
sachant bien que ce n'est pas seulement par la 
seule vertu d'un " bon coup " à l'Assemblée que 
nous imposerons nos vues. 


L 


attac 


Quant aux députés. Les absents, dit-on, ont 
toujours tort. C'est le cas ici. Et je ne doute pas 
une seule minute qu'ils auront à coeur de 
justifier leur non-présence auprès de leurs 
électeurs membres d'Attac. En mesurant bien 
qu'un député, fut-il membre d'Attac, n'est pas 
un " député Attac " et qu'il peut - aussi - être 
surbooké. Je crois surtout - et j'espère - que 
c'est en enracinant l'activité Attac dans le 
paysage politique français que nous créerons les 
conditions d'un autre comportement, plus 
collectivement engagé, plus collectivement 
militant. 


Enfin, sur le vote lui-même, j'en retire la 
confirmation qu'Attac est bien une sorte d'objet 
politique non identifié, dont l'initiative 
déconcerte les grilles de lecture classiques, 
jusqu'à cliver les groupes constitués. Comment 
comprendre sinon l'abstention de certains 
députés communistes 7? Ainsi, loin des 
étiquetages faciles, il se confirme qu'Attac 
remplit une fonction qui n'est assumée par 
aucun autre acteur social. En combinant 
pragmatisme et audace, elle renouvelle la 
problématique de lutte face à la mondialisation 
financière, face aux décideurs politiques. 
Suffisamment en tout cas pour brouiller 
certaines pistes, déconcerter certains acteurs. 
Les députés adhérents du groupe Attac ne 
sauraient échapper à cette dynamique quelque 
peu " brownienne ". Et cela entre sans doute en 
compte dans ce taux d'absentéisme décevant. 


Faut-il alors enfourcher les chevaux de guerre et 
réclamer des têtes ? À cet égard, je plaiderai 
toujours - sans angélisme mais fermement - 
pour la pédagogie et l'expérience collective. Le 
débat critique, la demande d'explication, la 
confrontation, oui. Le reste, tout ce qui vise - 
sous une forme ou une autre - à stigmatiser ou 
exclure les députés absents risquent davantage 
d'exprimer un " tous pourris " de mauvais aloi 
qu'une volonté de clarté. Rien de plus facile que 
de couper des têtes ; rien de plus difficile 
ensuite que de continuer le débat ou de les 
recoller. Sachons bien ne pas confondre rigueur 
morale et rigorisme, droiture et rigidité. 


Pierre Tartakowsky 


attac@attac.org 

Faites de la résistance ! 

Kulturfabrik Samedi 13 novembre 1999 

Esch / Alzette à partir de 12 heures et jusqu'à 


l'aube... du grand soir 


12h Ouverture des rencontres : Faites de la 
résistance ! 


14h - 19h Conférences /  Konferenzen 
(traduction simultanée en français / deutsche 
simultanübersetzung) 

14h Médias et néolibéralisme / Medien und 
Neoliberalismusco-organisée avec 
l'hebdomadaire d’Létzebuerger Land. L'influence 
de l'idéologie néolibérale sur les médias. Avec 
Philippe Descamps, journaliste et professeur 
associé à l'Université Stendhal de Grenoble, 
auteur du livre “ Le système Carignon ” et 
collaborateur au Monde diplomatique. 

15h30 L'alimentation manipulée / Manipulatierte 
Lebensmittel co-organisée avec Greenpeace 
Luxembourg. Avec Arnaud Apoteker docteur en 
biologie physico-chimique appliquée, 
responsable du programme biodiversité à 
Greenpeace France, auteur du livre “ Du poisson 
dans les fraises ” et Martina Holbach ingénieur 
chimiste, responsable de la campagne OGM* 
Luxembourg à Greenpeace Luxembourg. 

17h Cycle du millénaire : clone de l'A.M.I *.! / 
Millenium Round : Geklonter M.A.I. co-organisée 
avec l'hebdomadaireGréngeSpoun Après l'échec 
de l'OCDE*, l'OMCY* réussira-t-elle à démanteler 
la souveraineté des états malgré l'inquiétude de 
la société civile (déjà plus de 1000 ONG* à 
travers le monde s'opposent à ce cycle de 
négociations qui renforce le modèle néolibéral de 
la société..). Avec Rainer Falk, coordinateur 
pour le développement et l'environnement à 
l'Institut Weed et depuis 25 ans “ tête pensante 
" des ONG* dedéveloppement en Allemagne et 
Alexandra Wandel, Friends of the Earth, 
coordinatrice de l'appel des ONG* contre le “ 
cycle du millénaire ”. 


12h30-21h Films 
Dokumentarfilme 
12h30 et 19h15 La voix des sans-voix 
Projections co-organisées avec le quotidien 
Zeitung. L'engagement des paysans zapatistes 
au Chiapas (Mexique). Un film de Baptiste 
Dentinger, Grégory Gallmann et Virginie 
Schauinger. 

À 19h15 en présence de Baptiste Dentinger. 
Balthazar films. 1998. 52 min. 

13h45 et 17h30 Jamaïque / FMI*: Mourir à 
crédit / Jamaika / IWF : Sterben auf Raten Bel 
exemple de la mainmise du FMI* sur un État “ 
souverain ”. Un film de William Karel dans lequel 
intervient Susan George. La Sept / Arte-INA. 
1994. 80 min. 

15h30 Le cartable de Big Brother Comment 
l'éducation devient une marchandise dans les 
mains de l'E.R.T* avec la complicité de la 
Commission européenne. Un film de Francis 
Gillery dans lequel intervient Gérard de Sélys. 
France 3-Les films à Lou. 1999. 52 min. 

16h45 OGM*, la bataille du Brésil La résistance 
des Sans-terres* aux multinationales de 


documentaires / 


L 


attac 


l'agroalimentaire. Un film de Christian Siquier. 
La Sept / Arte.1999. 30 min. 
Garderie pour les enfants (13h à 20h) 


21h Concert rai avec Cheb Aïssa ..La nouvelle 
voix du rai... “ Rai moderniste qui garde la 
fulgurance du chant provocateur et proverbial 
des interprètes d'avant, tels Cheikha Djénia - 
Billie Holiday des steppes  algériennes, 
méconnue ici, et Boutaïba Saïdi. .. Aïssa tient ses 
formules tranchantes et à double sens de sa 
grand-mère qui fut longtemps une meddaha, 
musicienne d'orchestre féminin durant les fêtes 
de mariage et autre circoncision. Aïssa est 
aujourd'hui installé à Marseille et fait partie de 
ces chebs que le voyage en France a laissé sur 
les quais du Vieux-Port et qui font les beaux 
soirs des quatre ou cinq clubs de raï entre 
Canebière et Porte d'Aix. ” (Libération) 

Après le concert Fiesta “ Fête de la résistance ” 
Salsa, reggae un voyage à travers les 
musiques d'Amérique Latine, des Caraïbes, 
d'Afrique..jusqu'à 3h 


À partir de 12h 

Stands de rencontres et d'information : 

AC! - Agir ensemble Contre le Chômage ! / Amis 
du Monde Diplomatique / ASTM (Action 
Solidarité Tiers-Monde) / ATTAC.(Association 
pour une Taxation des Transactions financières 
pour une Aide aux Citoyens) / CID-Femmes 
(Centre d'Information et de Documentation des 
Femmes “ Thers Bode ”) / CLAE (Comité de 
Liaison et d'Action des Étrangers) / Comité 
Chiapas-Luxembourg / Confédération paysanne 
(Fr) / CPMT (Centre Pastoral en Monde du 
Travail) / Ecotopia / ensemble / Forum / Frères 
des hommes / La Gauche - dei Lénk }/ 
Greenpeace Luxembourg / dei Gréng / 
GréngeSpoun / die Grünen (Saarland) / 
Guernica / Horizon / Interactions / Jonk Lénk / 
J.S.L. (Jeunes Socialistes Luxembourg) / Life - 
ecoCreActive Plattform / Ligue des Droits de 
l'Homme de Lorraine / Mouvement Écologique / 
M.R.A.P-Lorraine (Mouvement contre le Racisme 
et pour l’Amitié entre les Peuples) Paroles / SEL- 
Kordall (Système d'Échanges Locaux) / Transfair 
- Minka  / Verein  fir  Biodynamesch 
Landwirtschaft / Les Verts (Lorraine) / Zeitung / 
Librairie Ernster avec un choix de livres sur les 
différents sujets abordés. 


Pour plus d'informations : moselle@attac.org 





Une petite toile ? 


Après la manifestation du 27 novembre, 
pourquoi ne pas aller au cinéma ? Surtout que... 


Le comité local ATTAC 93 ouest réunissant 10 
villes de l'Est de la Seine Saint-Denis organise le 
samedi 27 novembre et dimanche 28 novembre 
un week-end cinéma autour du thème Utopies et 
réalités sociales. 


En collaboration avec le cinéma Le Studio 
d'Aubervilliers, nous allons proposer quatre films 
en présence des réalisateurs. Pour nous, c'est 
l'occasion de nous faire connaître dans notre 
coin, de sensibiliser d'une autre manière, de 
susciter le débat autour d'oeuvres de cinéma qui 
offrent un point de vue sur le réel. 


Au programme : 

Samedi 27 novembre : 

- 16h45 Mobutu roi du Zäire de Thierry Mi chel 
docuemtnaire qui retrace la vie ô comboen 
scandaleuse d'un très cher ami de la France 

- 20h30 Ressources humaines de Laurent 
Cantet, fiction, premier film. Frank, 22 ans, 
étudiant à Paris dans une grande école de 
commerce revient chez ses parents le temps 
d'un stage qu'il doit faire dans l'usine où son 
père est ouvrier depuis 30 ans. A l'usine, Frank 
est affecté au service des ressources humaines. 
Il met beaucoup d'enthousiasme à la tâche 
jusqu'au jour où il découvre que son travail sert 
de paravent à un plan de restructuration 
prévoyant le licenciement de 12 personnes dont 
son père... (en avant-première) 


Dimanche 28 novembre : 

- 14h30 Metal y melancolia de Heddy Honighan, 
documentaire sur la ville de Lima au Pérou à 
travers le métier de chauffeur de taxi. La 
réalisatrice dépasse l'anecdote du sujet pour 
nous donner à voir la dérégulation sociale qui 
règne dans la capitale. 

- 17h Charbons ardents de Jean Michel Carré, 
documentariste connu pour son engagement 
politique mais aussi pour son respect d'une 
démarche esthétique nourrie d'une réflexion 
citoyenne. Son film relate l'histoire 
extraordinaire des mineurs de la mine de Tower 
de Aberdare au pays de Galles. Mineurs qui ont 
défié la logique du mondialisme économique en 
rachetant avec leurs propres indemnités de 
licenciements la mine de charbon. (en avant- 
première) 


Tarif de 20 fr. par film 
Réservation au 01 48 33 52 52 
Le studio théâtre de la commune 
2 rue Edouard Poisson 

93 300 Aubervilliers 


Plus d'informations : 93ouest@attac.org 





L 
Le 
attac 


Mexique ? Plus d’abonné au n° 
demandé... 


Teléfonos de México (TELMEX) est l'ancien 
service public du téléphone, privatisé sur 
injonction du F.M.I. par le Président Salinas. 
Depuis sa privatisation, TELMEX est devenue 
une rente pour ses actionnaires, mais ne joue 
plus son rôle de service public tout en 
demeurant en situation de monopole : le 
téléphone a été coupé à 950.000 familles. Les 
recours légaux n'ont pu aboutir. Les 
manifestions populaires n'y ont rien fait. Aussi, 
l'Alliance contre TELMEX, une vaste coalition 
d'organisations, présente dans 15 des 31 États 
du Mexique, vient de déposer une plainte devant 
la Commission Interaméricaine des Droits de 
l'Homme contre le gouvernement mexicain pour 
non-respect des droits économiques et sociaux 
des familles mexicaines (droit au bénéfice des 
services publics de base et à l'accès au progrès 
scientifique et technologique). L'Alliance nous 
demande de faire connaître cette situation et 
d'appuyer sa démarche. 


Graciela Ramos est conseillère municipale de la 
ville de Chihuahua. Elle est aussi l'une des 
principales responsables de l'association Mujeres 
por México. Depuis plusieurs années, la 
principale activité de cette organisation est de 
mobiliser les femmes contre les fraudes 
orchestrées par la compagnie de téléphone 
TELMEX. C'est Mujeres por México qui est a 
l'origine de l'immense mouvement de 
protestation qui touche maintenant tout le pays. 


TELEPHONE COUPE POUR 950.000 ABONNES 

En 1990, lors de la privatisation de TELMEX, le 
Ministère des Télécommunications et des 
Transports choisit M. Carlos Slim Helu, ami 
personnel de celui qui est alors Président du 
Mexique, Carlos Salinas de Gortari, comme 
principal actionnaire de l'entreprise. Plusieurs 
actionnaires étrangers participent au capital de 
la société (dont France Télécom à hauteur de 
6,1 ). 


Pendant les quatre premières années de 
monopole  privatisé, TELMEX réalise des 
bénéfices de plus de 31 milliards de pesos et de 
4 milliards de pesos(l) pour les seuls six 
premiers mois de l'année 1995. La société est la 
première capitalisation boursière du Mexique et 
elle est cotée à New York. Pendant le même 
temps, 950.000 familles et entreprises 
mexicaines se voient privées de ligne et de droit 
à la communication téléphonique. 


TELMEX a été exonéré d'impôts pendant les 
premières années de sa privatisation et ne paye 


pas l'affranchissement pour l'envoi des factures 
qui est à la charge du contribuable. 


Un système de facturation abusive, le service " 
sur mesure ", a été mis en place en 
contradiction avec les conditions de privatisation 

pour les particuliers, la location mensuelle 
inclut un forfait minimum de 100 appels ; si 
l'usager dépasse cette quantité, chaque appel, 
qu'il aboutisse ou non est facturé (correspondant 
présent, absent ou occupé). Un appel réalisé par 
un usager peut alors être facturé 10 ou 15 fois 
son prix. Cette pratique du " sur mesure "se fait 
en violation du code civil et du code du 
commerce de l'État de Chihuahua et de la 
République Mexicaine. 


Les entreprises n'ont pas accès à un forfait 
minimum. Chaque appel est facturé, avec les 
risques cités plus hauts. 


Les coûts d'installation sont d'environ 1.800 
pesos. La ligne est coupée après trois mois 
d'impayés et le coût de réinstallation est de 
1.700 pesos. 


Les cabines téléphoniques publiques ont pour 
objet de répondre aux besoins de 
communication des populations les plus pauvres 
qui ne peuvent se permettre d'avoir un 
téléphone personnel. Les appareils à pièces ont 
été remplacés par des appareils à carte. Le coût 
minimum d'une carte est égal au salaire 
quotidien, soit 30 à 50 pesos (20 à 30 FRF). Les 
pauvres payent d'avance à TELMEX un service 
non utilisé. Pour certaines familles, acheter une 
carte téléphonique, c'est rester une journée sans 
manger. 


En 1999 le coût des cartes téléphoniques a 
augmenté de 100 %, alors que l'inflation était de 
10 %. 


LES RECOURS JURIDIQUES 

En 1995, dans la ville de Chihuahua, l'Alliance a 
déposé les plaintes individuelles de 736 
personnes contre TELMEX auprès du Procureur 
Fédéral du Consommateur. Celui-ci a assigné 
une amende à TELMEX pour violation de la 
réglementation en vigueur pour ne pas avoir 
détaillé ce qui était facturé aux clients. L'amende 
n'a jamais été payée. Par contre, le Procureur 
s'est déclaré incompétent pour toutes les autres 
motifs (indemnisation des victimes, 
remboursement des trop-perçus, ...) malgré le 
non-respect du contrat de concession. 


L'Alliance contre TELMEX s'est donc adressée au 
Ministère des Communications et des Transports 
qui a considéré cette requête comme infondée. 


L 
Le 
attac 


Le Ministère du Commerce et du Développement 
Industriel, la Chambre des Députés, la 
Présidence de la République ont également été 
sollicités. Le Congrès de l'État de Chihuahua a 
envoyé plusieurs propositions de loi au Congrès 
Fédéral afin que la facturation du service " sur 
mesure " soit déclarée illégale. Plus de 200 
procédures judiciaires sont en cours devant les 
tribunaux civils de l'État de Chihuahua. Toutes 
ces démarches se prolongent artificiellement. 
Les dossiers se perdent, les preuves 
disparaissent, les audiences sont reportées. 


LA RESISTANCE ACTIVE 

L'Alliance contre TELMEX a également cherché à 
organiser la résistance face aux abus de 
TELMEX. Dans certains États comme Chihuahua 
ou Durango, les paiements des factures de 
14000 personnes ont été consignés, devant les 
tribunaux civils, sur des comptes bloqués. 


Plusieurs manifestations de résistance civile ont 
été organisées quand TELMEX a coupé le 
téléphone à ceux qui payaient leurs factures sur 
compte bloqué au tribunal. Manifestations, 
occupations, blocus d'installations se sont 
succédés. 16 bureaux de TELMEX ont été 
bloqués dans 5 villes de l'État de Chihuahua 
pendant 30 jours au cours de l'hiver 1998-1999, 
La répression de ces manifestations de femmes 
a causé un tel émoi dans l'opinion publique que 
le délégué du Ministère de la Justice de 
Chihuahua a été contraint à la démission. 


TELMEX, de son côté n'a pas changé de position. 
Pour l'Alliance contre TELMEX, il est clair que les 


politiques imposées par le Fonds Monétaire 
International ne tiennent aucun compte des 
déficiences propres à des pays comme le 
Mexique où l'environnement juridique permet à 
un opérateur privé, en situation de monopole, 
d'échapper à ses obligations légales. 


C'est pourquoi un recours a été déposé devant 
Commission Interaméricaine des Droits de 
l'Homme contre le gouvernement mexicain pour 
non-respect des droits économiques et sociaux 
des familles mexicaines. 


Pour renforcer cette démarche, l'Alliance en 
appelle également à la solidarité internationale. 


Cet appel de Réseau-Solidarité est mené en 
partenariat avec la Plate-forme Franco- 
Mexicaine de lutte contre les exclusions et de 
renforcement de la société civile. Cette plate- 
forme rassemble une quarantaine d'associations 
françaises et mexicaines ; aussi bien des ONG 
ou organisations d'appui que des associations de 
développement local ou de base. Son objectif est 
de proposer des stratégies alternatives à la 
mondialisation économique, en favorisant les 
échanges réciproques entre associations 
françaises et mexicaines luttant contre les 
exclusions. 

Plate-forme Franco-Mexicaine 

C/0 CIVILITÉS 

34-36, rue Bréguet 75011 PARIS 

tel 0148052929 fax 0148057375 

e-mail : Civilites@infonie.fr 





Vous avez rendez-vous avec ATTAC 


D'ici au prochain numéro du courriel d'information voici quelques rendez-vous d'ATTAC et de ses groupes 
locaux auxquels vous pouvez participer. Pour plus d'information, n'hésitez pas à consulter notre 


calendrier <http://attac.org/fra/cale> 
e Vendredi : BOURGES - TARBES 


e Samedi : Paris 





° Lundi: ST ETIENNE - RUFFEC - ST DIE - METZ - BRIOUDE 


° Mardi: PARIS 15 - NOISIEL - COMPIEGNE