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Full text of "Congrès international d’hygiène, de sauvetage et d'économie sociale, Bruxelles, 1876"

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CONGRES  INTERNATIONAL 


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DE  SAUVETA( 


ET  D’ECONOMIE  SOCIALE 


CONGRlS  INTERNATIONAL 


DTIYGIENE,  DE  SAUVETAGE 


ET  D’ECONOMIE  SOCIALE 


BRUXELLES.  — 1876 


PREMIER  VOLUME 

SEANCES  D’OUVERTURE  ET  DE  CLOTURE 


PARIS 

GERMER  BAILLIERE  & C18, 

LIBRAIRES-fcOlTEURS 

8,  Rue  de  l’Odeon,  8. 


BRUXELLES 
VVK  HENRI  MANGEAUX 

LIB1UIRE-ED1TEUR 

8,  Rue  des  Trois-Tetos,  8. 


1877 


* 


INTRODUCTION. 


L’idee  cle  reunir  en  Belgique  une  Exposition  d’hygiene  et  de  sauvetage 
et  d’y  rattacher  un  Congres  traitant  des  memes  questions  a pris  naissance 
au  sein  de  la  Societe  royale  et  centrale  des  sauveurs  de  Belgique,  presidee 
par  M.  le  lieutenant-general  Renard,  ancien  ministre  de  la  guerre.  Encou- 
ragee,  en  Belgique,  par  S.  M.  le  Roi,  S.  A.  R.  le  comte  de  Flandre,  son 
auguste  frere,  et  une  foule  de  citoyens  notables  ; a letranger,  par  les  Gou- 
vernements  et  les  Maisons  princieres  de  l’Europe,  elle  regut,  en  1874,  un 
commencement  d’execution  par  la  souscription  d’un  capital  de  six  cent 
mille  francs  destine  a couvrir  les  pertes  eventuelles  de  l’entreprise,  sans 
Intervention  du  gouvernement.  Les  exigences  dela  legislation  ayantoblige 
les  souscripteurs  a constituer  une  Societe  anonyme  pour  la  gestion  de  leurs 
interets  financiers,  le  Conseil  d’administration  de  cette  Societe  fut  charge 
de  diriger  tous  les  services  de  l’Exposition.  Les  interets  du  Congres  reste- 
rent  confies  a un  Comite  special.  Un  Comite  central  servit  de  lien  entre 
les  deux  branches  de  l’CEuvre. 


Ce  Comite  central  approuva  le  reglement  de  l’Exposition  et  du  Congres; 
puis,  il  fit  connaitre  aux  Comitcs  qu’il  avait  formes  a l’etranger  la  consti- 


YI 


INTRODUCTION, 


tution  du  Comite  d’execution  clu  Congres.  Celui-ci,  compose  a ce  moment 
de  neuf  membres:  MM.  VEnvooRT,CoRR-VANDER\iAEREN,CouvREun,DE  Mot, 
Fourgault,  Geeliiand,  Mercier,  Van  Haelen  et  Yseux.  entra  en  fonctions 
le  31  janvier  1876  par  le  manifeste  suivant  : 


Bruxelles,  le  31  janvier  1876. 


Monsieur, 


Charges  d’organiser  le  Congres  qui  duit  etre  a la  fois  1‘analyse  et  la  synthese  de 
rExposition  internationale  d’hygiene  et  de  sauvetage  de  Bruxelles,  en  1876,  nous 
venons,  pour  cette  oeuvre,  solliciter  votre  concours. 

Le  reglement  que  nous  joignons  a la  presente  circulaire  expose  le  but  du  Congres, 
ses  tendances,  sa  future  constitution 

Dans  la  pensee  de  ses  promo teurs,  le  Congres  est  destine  non  pas  A imposer  des 
doctrines,  mais  a recherchcr  la  verite  et  a la  vulgariser  en  dehors  de  tout  esprit 
d’ecole,  de  parti  ou  de  secte.  II  sera  une  arene  ouverte  a toutes  les  investigations 
serieuses  et  sinceres.  Et  de  meme  que  l’Exposition  sera  ouverte  A tous  les  appareils 
d’hygiene  et  de  sauvetage  sans  qu’on  prejuge  leurs  merites,  de  merae  la  tribune  du 
Congres  sera  accessible  a tous  les  homines  consciencicux  qui  voudront  faire  connaitre 
leurs  decouvertes  ou  le  resultat  de  leurs  observations  et  de  leurs  travaux.  11s  n au- 
ront  pas  a craiadre  qu'on  leur  oppose  des  solutions  preparees  ou  qu’on  imprime  a leurs 
etudes  une  direction  determinee. 

II  a ete  egalement  decide  que  le  Congres  ne  prendrait  pas  de  resolution  sur  les 
questions  de  son  programme.  La  science,  dont  les  progres  ne  s’arretent  jamais,  n’ad- 
met  pas  de  solutions  improvisees  par  des  majorites  de  hasard  ; ce  qui  importe,  d’ail- 
leurs,  ce  n’estpas  de  provoquer  dans  un  Congres,  sur  telle  ou  telle  question,  des  deci- 
sions plus  ou  moins  bien  motivees,  mais  de  porter  les  lumieres  de  la  discussion  sur 
tous  les  points  controverses  d’un  probleme,  de  dissiper  des  doutes,  de  detruire  des  pre- 
juges.  Un  Congres  doit  fonctionner  comme  une  Commission  d’enquete  : il  ne  saurait 
aspirer  au  role  d’une  Assemblee  legislative. 

A plus  forte  raison,  le  Congres  s’abstiendra-t-il  de  toucher  aux  questions  politiques 
ou  religieuses.  Elies  ne  sont  pas  de  sa  competence. 

Dans  un  premier  manifeste,  on  avait  songe  a diviser  le  Congres  en  dix  classes, 
comme  l’Exposition,  eta  faire  porter  les  discussions  plus  specialement  sur  les  objets 
exposes.  Un  examen  nouveau  a fait  comprendre  la  necessite  d’une  plus  grande  con- 
centration. Comme  plusicurs  classes  s’occupent  de  matieres  analo.  ues,  on  a pu  les 
grouper  toutes  en  trois  sections  : hygiene,  sauvetage,  economic  sociale.  Chact.ne 
d’elles  pourra,  au  besoin,  se  subdiviser.  D’autre  part,  on  a juge  utile  de  reserver  A 
des  conferences  speciales  les  demonstrations  et  les  explications  techniques  et  de  con- 
sacrer  exclusivement  les  travaux  du  Congres  aux  etudes  theoriques. 

L’ordre  des  travaux  du  Congres  est  con^.u  de  telle  fagon  oue  les  sections  s’occupent 
des  matieres  speciales  £ chacunc  d’elles.  Mais  il  y aura  aussi  des  assemblies  des  sec- 


INTRODUCTION. 


VII 


tions  reunies  oil  seront  portes  a l’ordre  du  jour  des  sujets  d’un  interet  commun  a toutes 
les  branches  de  l’CEuvre. 

Les  membres  du  Congres  pourront,  on  se  conformant  au  reglement,  poser  devant 
Fassemblee  tous  les  probleines  qui  sont  de  sa  competence  ; toutefois,  les  organisateurs 
ont  pense  que  les  debats  gagneraient  en  valour,  s’ils  portaient  principalement  sur  un 
certain  nombre  de  questions  preparees  ti  Favance.  DejA  les  Comifes  beiges  et  les  Comi- 
tes etrangers  de  FExposition,  les  gouvernements  et  les  administrations  publiques,  les 
grandes  industries,  les  specialistes  ont  ete  invites  a indiquer  les  sujets  qui  leur  parais- 
sent  meriter  une  etude  particuliere.  Des  que  leurs  propositions  seront  connues,  lo 
Comite  d’execution  les  coordonnera,  les  soumettra  au  choix  du  Comite  general  du  Con- 
gres et  se  chargera  de  demander  a des  personnes  competentes  des  notes  ou  des  me- 
moires  pouvant  servir  de  rapports  prealables  aux  deliberations. 

Le  tableau  des  questions,  arrete  par  le  Comite  general,  sera  publie  quatre  mois  avant 
l’ouverture  du  Congres. 

Si  vous  pensez  avec  nous,  Monsieur,  que,  dans  ces  conditions,  notre  GEuvre,  placee 
sous  la  haute  protection  de  S.  M.  le  Roi  des  Beiges  et  la  presidence  d’honneur  de 
son  auguste  frere,  S.  A.  R.  Mgr  le  Comte  de  Flandre,  approuvee  par  tous  les  gou- 
vernements de  FEurope,  patronnee  par  les  hommes  les  plus  considerables  de  la  Bel- 
gique et  de  l’etranger,  puisse,  apres  le  premier  Congres  d’hygiene  de  1852,  aider 
k faire  faire  de  nouveaux  progres  a cette  science  et  engager  plus  avant  dans  la 
voie  de  son  etude  des  hommes  unis  dans  une  commune  pensee  d’humanite  et  de 
paix,  vous  voudrez  bien  nous  transmettre  votre  adhesion  dans  le  plus  bref  delai  pos- 
sible. 


Ce  manifeste  et  le  reglement  qui  Taccompagnait  ( voir  page  X VII) 
ayant  ete  repandus  a profusion  dans  tout  le  pays  et  a l’etranger,  le  Co- 
mite d’execution  du  Congres,  a la  suite  d’observations  qui  lui  furenttrans- 
mises,  jugea  necessaire  de  preciser  et  de  justifier  les  idees  dont  il  s’etait 
inspire.  Eu  invitant  les  Comites  etrangers  a lui  faire  parvenir  des  ques- 
tions a souniettre  aux  deliberations  projetees,  il  s’exprimait  en  ces 
termes: 

Nous  avons  ecarte  systematiquement  des  debats  les  questions  politiques  ou  reli- 
gieuses  (art.  4). 

Laissant  aux  membres  de  Fassemblee  toute  liberte  d’exposition  et  de  discussion 
dans  le  domaine  de  l’hygiene,  du  sauvetage  et  do  Feconomie  sociale,  nous  devious 
leur  laisser  aussi  la  responsabilite  absolue  de  leurs  oj  inions  et  eviter  que  le  Congres 
n’en  devint  solidaire.  Le  Congres  ne  prendra  done  pas  de  resolutions  formellcs  sur  les 
questions  qui  sont  de  sa  competence  ; il  se  bornera  k les  eclaircr  par  la  discus- 
sion. 

11  va  de  soi  que,  dans  un  Congres  scientifiquc,  Fon  nc  peut  ni  soumettre  les  paroles 
de  ses  membres  a une  censure  prealable,  ni  interdire  les  communications  qui  peuvenl 
aider  au  progres  de  la  science  ou  ajouter  a Finteret  des  travaux  de  1 assemblee.  Mais  il 
faut,  d’un  autre  cdte,  eviter  que  les  deliberations  ne  s’egarent  ou  ne  s eparpillent  et  ne 


YIII 


INTRODUCTION. 


perdent  leur  caractere  serieux  ct  veritablement  utile.  Nous  croyons  avoir  pourvu 
k cette  double  necessite  par  les  dispositions  des  articles  1 1 et  12. 

Nous  tacherons  d’y  pourvoir  encore  en  obtenant  de  tous  nos  collaborateurs,  par  le 
caractere  des  questions  soumises  au  Congres  et  par  le  choix  des  savants  qui  seront 
invites  k les  developper,  qu’ils  s’attachent  surtout  a nous  apporter  des  resultats  d’ob- 
servations  et  d’experience°,  avec  les  conclusions  qui  en  decoulent,  plutot  que  des  theo- 
ries abstraites  basees  uniquement  sur  le  raisonnement.  Nous  voudrions  voir  sortir  des 
debats  des  notions  pratiques,  d’une  vulgarisation  aisee  et  prompte.  Ce  serait,  a 
notre  sens,  le  resultat  le  plus  heureux  qui  put  couronner  nos  efforts  coramuns. 

Pour  atteinclre  ce  but,  le  Comite  cl’execution,  assiste  par  les  Comites 
etrangers,  les  classes  de  l’Exposition,  plusieurs  grandes  institutions  publi- 
ques  et  divers  specialistes,  prepara  d’abord  les  questions  qui  devaient  etre 
examinees  par  le  Congres.  Le  programme  en  fut  definitivement  arrete 
dans  une  seance  du  Comite  general  tenue  a l’Hotel-de-Yille  de  Bruxelles, 
le  28  mai,  sous  la  presidence  de  M.  Vervoort.  (1)  Dans  cette  meme  seance, 
l’epoque  et  la  duree  du  Congres  furent  fixees  du  27  septembre  au  4 oc- 
tobre  et  quatre  nouveaux  membres  : MM.  Feigneaux,  Ledeganck.  Ste- 
vens et  Yander  Linden,  adjoints  au  Comite  d’execution. 

Le  tableau  suivant  resume  les  resolutions  prises  a cette  epoque  : 


QUESTIONS  PROPOSfiES  A L’EXAMEN  DU  CONGRES. 


Premiere  section  : Hygiene. 


Cette  section  comprend  : a)  l’ hygiene  et  la  salubrite  publiques  ; b)  Vliygiene  appliquee 
dV Industrie ; c)  Vliygiene  domestique  elprivee;  d)  la  medecins,  la  chirurgie,  la  chimie 
dans  leurs  rapports  avec  Vliygiene. 

1.  Quels  sont  les  avantages  des  distributions  d’eau  et  quels  sont  les  moyens  d’en 
procurer  aux  centres  de  populations  ? Discuter  les  inconvenients  qui  resultent  de  la 
prise  d’eau  pour  les  populations  du  bassin  hydrographique.  Preciser  le  chiffre  de  la 
consummation  normale  par  tete  d’habitant. 

2.  Quel  est  le  systeme  le  plus  pratique  pour  debarrasser  une  ville  de  ses  matieres 

(I)  Le=s  proposilions  du  Comit<$  de  Russie  n'arrivferent  au  C.omit6  d'execution  qu’apr^s  la  stance  du 
Comit6  g»*n6ral.  Celui-ci  ne  put  en  tcnir  compie.  Mais  le  Comii6  d’execution  decida  que  si  des  com 
iminications  se  raltachani  i ces  propositions  tftaient  faites  au  Congrfcs,  il  demanderait  pour  elles  un 
ordrc  de  priority  sur  les  travaux  dus  It  l’init iative  individuelle  des  membres.  D ailleurs,  plusieurs  des 
questions  sugg6r<Ses  par  le  Comity  de  Russie  (<1316111  d6ja  comprises,  plus  on  moins  explicitement.  dans 
le  programme  olTiciel. 


INTRODUCTION. 


IX 


fecales  et  putrescibles  et  de  ses  boues  ? Indiquer  les  moyens  : a)  d’epurer  les  eaux 
d’egout;  6)d’utiliser  les  eaux  vannes ; c)  d’empecher  l’alteration  des  cours  d’eau  par 
les  residus  industriels;  d)  de  neutraliser  les  effets  nuisibles  des  fumiers  a proximite 
des  habitations. 

Determiner  les  circonstances  qui  doivent  regler  le  choix  des  disinfectants  et  des 
antiseptiques. 

3.  Comment  peut-on  constater  surement  et  facilement  la  mort  reelle  ? Le  permis 
d’inhumer  doit-il  etre  precede  d une  constatation  par  un  homme  competent?  Faut-il 
recommander  ^institution  des  coroners  anglais  ? 

Quelles  sont  les  mesures  qui  peuvent  concilier  les  garanties  contre  l’inhumation 
precipitee  avec  le  prompt  enlevement  des  cadavres  ? Faut-il  etablir  des  depots  mor- 
tuaires?  Dans  l’affirmative,  quel  est  le  meilleur  mode  d’installation  et  quelles  sont  les 
precautions  k prendre  pour  le  transport  des  morts  ? 

Indiquer  les  avantages  et  les  inconvenients  des  inhumations  ordinaires  et  des  divers 
modes  de  cremation. 

4.  Quelles  sont  les  causes  de  l’excessive  mortalite  des  nouveau-nes  et  des  enfants 
enbas-age,  legitimes  et  illegitimes? 

Discuterle  service  des  nourrices  dans  les  grandes  villes  et  1’hygiene  propre  aux 
enfants  nourris  artificiellement;  les  avantages  et  les  inconvenients  de  Femploi  des 
petites  voitures ; l’utilite  des  hospices  speciaux  dans  les  stations  maritimes  pour  les 
enfants  scrofuleux  et  l’opportunite  d’etablir  des  ecoles  speciales  pour  les  enfants 
rachitiques. 

5.  Comment  peut-on  concilier  les  interets  de  la  liberte  avec  ceux  de  la  sante  pu- 
bliquedansleslois  et  reglements : a)surlesquarantaines  et  les  lazai*ets  ; b)  sur  les  mala- 
dies transmissibles  de  l’animal  a Fhomme,  telles  que  la  rage,  le  farcin,  la  morve,  etc. 
c)  sur  les  mesures  prophylactiques  contre  la  propagation  des  epizooties  ? 

Quelles  sont  les  precautions  k prendre  dans  le  transport,  l’abatage  et  l’enfouisse- 
mentd’un  animal  atteint  de  maladie  contagieuse?  L’incineration  du  cadavre  est-elle 
recommandable  dans  ce  cas  ? 


Quels  sont  les  moyens  de  desinfecter  les  ecuries,  les  etables,  les  navires,  les  wagons 


et  les  maisons  contaminees  ? 

Quelles  sont  les  regies  k suivre  dans  le  transport  du  be  tail  destine  a l’abatage,  afin 
de  pourvoir  : a)  k la  securite  de  la  voie  publique  ; b)  a la  sante  de  l’animal  ? 

6.  Quels  sont  les  meilleurs  systemes  de  chauffage  et  de  ventilation  des  locaux  des- 
tines k recevoir  un  grand  nombre  de  personnes,  tels  que  fabriques,  ateliers,  salles 
de  spectacle,  ecoles,  creches,  salles  d’hopitaux,  etc.  ? 

7.  A quelles  conditions  de  salubrite  doivent  satisfaire : a)  les  hospices,  les  hopitaux 
et  les  maternites;  b)  les  installations  provisoires,  telles  que  les  hopitaux  temporaires 
et  les  ambulances  civiles  ? 

8.  Rechercher  les  moyens  : a)  d’uniformiser,  dans  les  diflferents  Ftats,  les  statisti- 
que.s  de  la  mortalite  pour  les  diverses  professions,  en  tenant  compte  des  habitudes  des 
ouvriers  et  des  substances  qu’ils  doivent. manier ; b)  d’utiliser,  pour  la  demographic, 
les  donnees  de  l’etat-civil. 


9.  Influence  hygienique  du  boisement  et  des  plantations,  de  la  fixation  des  dunes, 
dn  drainage  des  marais  et  des  terres  humides. 

Moyens  de  remedier  k l’insalubritb  des  routoirs,  des  riziercs  et  des  prairies  ii  ri- 
gnees  avec  des  eaux  limoneuses. 


X 


INTRODUCTION. 


Deuxieme  section:  Sauvetage. 

Cette  section  comprend  : a)  les  moyens  preventifs,  les  secours  et  le  sauce  tags  en  cas 
d’incendie ; b)  les  appareils  et  engins  servant  sur  I'eau  et  dans  I'eaupour  diminuer  les 
dangers,  prevenir  les  accidents  et  porter  secours  ; c)  les  appareils  pour  prevenir  les 
accident  resultant  de  la  circulation  sur  les  routes , les  tramways  et  les  chemins  de  fer  ; 
d)  I'oulillage  de  secours  pour  les  accidents  qui  surviennent  dans  les  mines,  les  car- 
rier es  et  les  ateliers;  e)  les  secours  en  temps  de  guerre. 

1.  Quels  sont  les  moyens  de  prevenir  ou  de  neutraliser : a)  les  collisions  sur  terre  et 
sur  raer ; b)  la  combustion  spontanee  a bord  des  navires  ; c)  de  diminuer  les  cas  de 
naufrage  et  d’abandon  ? 

2.  Quelles  dispositions  convient-il  d’ajouter  aux  codes  ou  reglements  maritimes 
pour  augmentcr  la  securite  etle  bien-etre  des  passagers,  surtouten  matiere  d’emigra- 
tion  et  de  transports  militaires  ? 

3.  Preciser  les  abus  auxquels  donnent  lieu  les  assurances  maritimes  et  les  moyens 
d’y  porter  remede. 

4.  Comment  pourrait-on  diminuer  les  desastres  occasionnes  par  les  marees  extraor- 
dinaires  et  les  crues  subites  des  cours  d’eau  ? 

5 Quels  sont  les  moyens  de  prevenir  les  explosions  et  les  coups  d’eau  dans  les 
mines  et  d’en  conjurer  les  effets?  Indiquer  les  modes  d’eclairage  des  mines  presentant 
le  plus  de  securite. 

6.  Comment  prevenir  les  eboulements  dans  les  travaux  de  terrassement  ? Indiquer 
les  meilleurs  moyens  de  sauvetage  en  ca?  d’accidents  de  cette  nature. 

7 Comment  faut-il  organiser  les  Comites  de  secours  avant  et  pendant  la  guerre  ? a) 
part  d’intervention  et  attributions  de  l’element  civil ; b ) personnel  a organiser  et  mate- 
riel a preparer;  c)  mesures  a prendre  pour  eviter  les  abus  signales  lors  des  dernieres 
guerres ; d)  federation  des  Comites. 

8.  Determiner  l’organisation  du  service  medical  sur  le  champ  de  bataille  pendant  et 
apres  Faction. 

9.  Faire  connattre  les  meilleurs  moyens  de  transport  du  lieu  du  combat:  a)  a l’am- 
bulance  volante  ; b)  a l’ambulance  fixe  temporaire  ; c)  aux  hopitaux  et  lazarets. 

10.  Determiner  le  meilleur  mode  de  construction,  d’installation  et  d’amenagement 
des  tentes  et  des  baraques. 

11.  Quels  soins  faut  il  prendre  des  cadavres  sur  les  champs  de  bataille  : a)  moyens 
d’empecher  la  mai’aude,  les  rapines  et  autres  abus;  b)  moyens  propres  a preve- 
nir la  putrefaction  ou  k la  ralentir  ; — inhumation  pro'isoire  ; c)  inhumation  defi- 
nitive ; d)  incineration  des  cadavres  ; e)  institution  d’une  oeuvre  auxiliaire  : la  Croix- 
noire. 

12.  Question  des  animaux  blesses  ou  errants  sur  les  champs  de  bataille. 

13.  Comment  faut-il  ravitailler  les  ambulances  en  temps  de  guerre?  a)  requisitions; 
b)  transports ; — leur  gratuite  ; c)  droits  et  obligations  des  convoyeurs. 

14.  Organisation  des  renseignements  dans  les  armees  en  campagne : a)  bureaux  de 
renseignements ; b)  registre  des  blesses  et  des  morts ; c)  correspondence  avec  le6fa- 


INTRODUCTION. 


XI 


milles  etavecles  prisonniers  ; d ) caisses  et  bureaux  de  depot  pour  les  objets  recueillis 
sur  les  champs  de  bataille. 

15.  Des  prisonniers  de  guerre:  a)  secours;  b)  transport  et  internement ; c)  repa- 
triement. 


Troisieme  section:  Economie  sociale. 

Cette  section  comprend  les  institutions  ay  ant  pour  objet  V amelioration  de  la  condition 
des  classes  ouvrieres. 

% 

1 . Determiner  les  dispositions  que  les  habitations  privees  doivent  presenter  au  point 
de  vue  de  la  morale  et  de  l’hygiene.  Decrire  et  examiner  l'orientation,  les  procedes  de 
chauffage,  de  ventilation,  d’eclairage,  les  moyens  d’alimentation  d’eaux  potables  et 
d’eaux  pour  les  usages  domestiques,  les  systemes  de  canalisation  pour  l’ecoulement 
des  eaux  menageres  et  des  dejections. 

Rechercher  la  solution  economique  de  la  question  precedente  appliquee  a la  cons- 
truction de  maisons  ouvrieres.  Faire  connaltre  les  meilleurs  types  de  ces  maisons;  indi- 
quer  les  coinbinaisons  les  plus  favorables  pour  que  l’ouvrier  puisse  les  acquerir;  preci- 
ser  et  comparer  les  resultats  obterius  par  les  Societes  cooperatives,  les  Societes  ano- 
nymes  et  les  chefs  d’industrie. 

2.  Dans  quelle  mesure  faut-il  introduire  l’enseignement  de  la  gymnastique  dans  les 
ecoles  primaires  et  moyennes  de  filles  et  de  gargons  : a)  dans  les  villes  ; b)  dans  les 
campagnes? 

5.  Etudier  les  causes  de  la  depopulation  des  campagnes  et  les  moyens  d’y  remedier. 
Rechercher  la  meilieure  methode  pour  combiner  l’enseignement  primaire  des  enfants 
et  desadultes  avec  l’instruction  professionnelle  pour  les  filles  et  pour  les  gallons : a) 
dans  les  campagnes  ; b)  dans  les  villes. 

4.  Dangers  de  Tabus  des  boissons  alcooliques  et  moyens  d’y  remedier.  Statistiques 
relatives  a cet  objet.  Faut-il  recourir  a des  dispositions  legales  ou  reglementaires  ? 
Dans  1’affirmative,  formuler  un  projet  de  loi  ou  de  reglement. 

5.  Examen  de  la  question  du  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  mines  et  les 
manufactures.  Y a-t-il  necessite  de  reglementcr  les  conditions  ? En  cas  d’affirmative, 
formuler  un  projet  de  loi. 

6.  Quelle  est  l’organisation  des  bureaux  do  renseignements  pour  patrons  et  ouvriers, 
maitres  et  domestiques,  oil  les  uns  trouvent  les  bras,  les  autres  le  travail  dont  ils  ont 
besoin?  Quels  sont  les  resultats  obtenus  par  ces  institutions  et  les  ameliorations  que 
I’on  pourraity  introduire  V 

7.  Par  quels  moyens  pcut-on  developpcr  parmi  les  classes  ouvrieres  l’esprit  de  pre- 
voyance  et  1'habitude  de  l’epargne?  Determiner  le  role  respectif  des  Caisses  d’epargnc 
et  de  retraite,  des  Societes  d’assurance  sur  la  vie,  des  Societes  de  secours  mutuals 
et  des  Societes  cooperatives.  Examiner  les  resultats  obtenus  par  ces  diverses  insti- 
tutions. 

8.  Quelle  est  l’org’anisation  des  Conseils  d’arbitrages  etablis  en  Angleterre  et  des 
C:  iamb  res  syndicales  de  patrons  et  d’ouvriers  existant  on  France  et  en  Belgique  Quels 
resultats  ces  institutions  ont-elles  obtenus  ? 

9.  Comment  faut-il  organiser  le  patronage  des  condamncs  liberes  ? 


XII 


INTRODUCTION. 


Questions  a traiter  en  conferences. 

1 . Discuter  les  conclusions  du  rapport  de  la  River  pollution  Commission  d’Angleterra 
en  ce  qui  concerne  l’oxygenation  des  eaux  contaminees. 

2.  Quelles  sont  les  substances  que,  dans  l’interet  de  la  sante,  on  peut  substituer 
aux  composes  plombiques  et  aux  composes  arseniferes  dans  leurs  applications  indus- 
trielles  ? 

3.  Indiquer  les  moyens  propres  a prevenir  les  dangers  du  petrole : a)  dans  la  con- 
servation en  grande  masse ; b ) dans  les  appareils  ou,  comme  hydrocarbure,  il  sert  a 
l’eclairage. 

4.  Preciser  les  causes  de  l’explosion  des  chaudieres  et  les  moyens  de  les  prevenir. 
A quelle  surveillance  convient-il  de  soumettre  les  chaudieres  ? 

5.  Dresser  le  programme  des  notions  medicales  indispensables  aux  diverses  profes- 
sions pour  donner  les  premiers  secours  en  cas  d’accidents.  Indiquer  les  premiers  soins 
a donner:  a)  dans  les  cas  de  brulures  aux  divers  degres,  occasionnees  par  divers  agents; 
b)  dans  les  cas  d’asphyxie  par  causes  diverses. 

6.  Quels  sont  les  moyens  de  prevenir  les  dangers  de  la  locomotion  par  chemin  de  fer 
et  par  tramway  ? Quels  sont  les  moyens  preventifs  aux  accidents  et  aux  maladies  qui 
menacent  les  machinistes,  chauffeurs,  garde-convois,  etc.? 

7.  Quels  sont  les  moyens  de  rendre  incombustibles  les  materiaux  employes  dans  la 
construction  des  navires,  des  edifices,  et  specialement  des  theatres  et  des  magasins  a 
poudre  ? 

8.  Preciser  les  moyens  de  rendre  incombustibles  les  etoffes  et  principalement  celles 
qui  sont  employees  pour  la  confection  des  decors  et  des  vetements  des  pompiers. 

9.  Discuter  les  services  que  la  vapeur  peut  rendre  pour  Pextinction  des  incen- 
dies. 

10.  Quels  sont  les  moyens  de  mettre  les  populations  k l’abri : a)  des  accidents  par 
l’empoisonnement  des  aliments;  b)  des  dangers  quo  leur  fait  courir  l’alteration  et  la 
sophistication  des  boissons  et  des  aliments? 

11.  D’apres  quelles  methodes  doit-on  organiser  les  restaurants  et  les  dortoirs  pour 
ouvriers,  en  ayant  soin  d’ecarter  tout  ce  qui  pourrait  les  faire  ranger  parmi  les  insti- 
tutions de  bienfaisance  ? 

12.  Examiner  au  point  de  vue  industriel,  moral  et  hygienique  l’usage  des  moteurs 
appliques  k la  petite  industrie  et  aux  usages  domestiques.  Etudier  specialement  les 
avantages  etles  inconvenients  de  la  machine  a coudre. 

13.  Quelle  influence  le  traitement  des  animaux  exerce-t-il  sur  leur  caractere,  sur 
leur  etat  de  sante  et  sur  les  services  qu’ils  peuvent  rendre  ? 

14.  Quels  sont  les  inconvenients  qui  peuvent  resulter  de  1’usage  du  tabac? 

Les  questions  ayant  ete  posees  et  publices,  ties  specialistes  furent  pries 
d’en  faire  le  sujet  de  rapports  destines  a delimiter  les  deliberations.  Ce 
fut  egalement  a l’initiative,  tant  du  Comite  d’execution  que  des  Comites 
etraugers,  que  furent  dues  les  nombreuses  delegations  accreditees  aupres 


INTRODUCTION . 


XIII 


du  Congres  par  les  Gouvernements,  les  Corps  savants,  les  grandes  Asso- 
ciations philanthropises,  1 ’envoi  d’ouvrages  offerts  pour  sa  bibliotheque 
ou  de  memoires  rediges  pour  lui,  soit  par  des  corporations,  soit  par  des 
hommes  de  science. 

Le  Comite  qui,en  France,  avait  organise  F envoi  des  produits  de  ce  pays 
a l’Exposition,  ayant  decline  l’honneur  de  s’occuper  du  Congres,  force  fut 
de  chercher  d’autres  appuis. 

Grace  a l’infatigable  concours  que  le  Comite  trouva  chez  M.  L.  Laus- 
sedat,  depute  de  l’Allier  et  l’un  des  premiers  promoteurs  de  l’CEuvre,  au 
temps  ou  il  habitait  la  Belgique,  les  grandes  difficultes  de  cette  tache  furent 
vaincues.  La  composition  du  nouveau  Comite  francais  ne  laissarien  a de- 
sirer,  non  plus  que  la  participation  de  la  France. 

Tout  en  s’occupant  ainsi  de  l’organisation  intellectuelle  de  l’CEuvre  et  du 
recrutement  des  forces  destinees  a le  faire  briller  du  plus  vif  eclat,  ses 
promoteurs  ne  negiigerent  aucun  effort  pour  rendre  aux  etrangers  invites 
a Bruxelles  leur  voyage  facile,  leur  sejour  instructif  et  agreable.  Un  Co- 
mite special,  constitue  sous  la  presidence  de  M.  Janssens,  inspecteur-ge- 
neral  au  Departement  des  Travaux  publics , obtint,  en  leur  faveur,  des 
reductions  de  tarifs  sur  un  grand  nombre  de  chemins  de  fer  beiges  et 
etrangers.  En  Belgique,  la  reduction  fut  valable  pendant  un  mois,  sur  la 
simple  presentation  de  leur  carte,  pour  tous  les  membres  effectifs  du  Con- 
gres, chaque  fois  qu’ils  jugeaient  a propos  de  se  deplacer. 

Les  ecoles  publiques  et  les  creches  de  Bruxelles  et  de  ses  faubourgs 
Fecole-modele  de  la  Ligue  de  Fenseignement ; les  ecoles  de  dessin  de  Mo- 
lenbeek-St-Jean,  d’lxelles,  de  St-Josse-ten-Noode  et  de  Schaerbeek ; les 
ecoles  professionnelles  pour  jeunesfilles  fondees  par  des  associations  privees  ; 
letablissement  geographique  du  Ministere  de  la  guerre ; les  hopitaux  de  la 
capitale,  ses  bains,  ses  lavoirs,  ses  maisons  ouvrieres  purent  etre  visitees 
librement  par  les  membres  du  Congres,  sous  la  conduite  de  commissaires 
speciaux  charges  de  leur  donner  toutes  les  explications  desirables.  Grace  a 
la  bienveillance  des  administrations  competentes,  ils  obtinrent  aussi 
des  permis  speciaux  pour  visiter  les  egouts  collecteurs  de  Bruxelles,  la  co- 
lonie  de  Gheel,  les  ecoles  de  reforme  de  Ruysselede  et  de  Beernem,  la  pri- 
son cellulaire  de  Louvain.  Enfin,  pendant  toute  la  duree  du  Congres,  de 
nombreuses  fetes  furent  organisees  en  leur  honneur.  S.  M.  le  Hoi  re^ut  suc- 
cessivement  a sa  table  toutes  les  illustrations  scientifiques  du  Congres ; 


XIV 


INTRODUCTION . 


S.  A.  R.  LE  Comte  de  Flandre,  le  Ministre  des  Affaires  etrangeres,  le  Mi- 
nistre  des  Travaux  publics,  beaucoup  de  particuliers  leur  offrirent  des  di- 
ners ou  des  receptions.  La  ville  d'Anvers  leur  servit  un  lunch  a 1’ Arsenal 
entre  une  visite  au  musee  Plantin,  qui  ouvrait  ses  portespour  la  premiere 
fois,  et  des  experiences  de  sauvetage  sur  l’Escaut.  La  ville  de  Bruxelles 
les  regut  dans  les  salons  de  son  II6tel-de-Ville  et  fit  representer  pour  eux 
l’opera  de  Carmen  au  theatre  de  laMonnaie;  ce  spectacle  gala,  qu’honore- 
rent  de  leur  presence  LL.  MM.  le  Roi  et  la  Reine,  ainsi  quo  S.  A.  I.  et  R. 
l’Archiduc  Charles-LoUis  d’Autriche,  fut  des  plus  brillants.  Le  Cercle  ar- 
tistique  et  litteraire  et  le  Cercle  inclustriel  et  commercial  donnerent 
aussi  de  grandes  soirees  en  l’honneur  des  membres  du  Congres.  Le  Roi 
parut  vers  dix  heures  a la  premiere  de  ces  fetes.  Regue  aux  acclamations 
de  tous  les  assistants,  Sa  Majeste  sepromena  longtempsaumilieudesgrou- 
pes,  s’arretant  icipour  direquelques  mots  aimablesades  savants  etrangers, 
la  pour  s’entretenir  avec  des  notabilites  du  pays.  La  Societe  royaledes  Arti- 
sans reunis,  sous  la  direction  de  M.  Lintermans,  fit  entendre  ses  meilleurs 
chceurs ; la  musique  des  guides,  conduite  par  M.  Staps,  executa  ses  plus 
brillants  morceaux.  Vers  la  fin  de  la  soiree,  M.  Antoine  Clesse,  le  chan- 
sonnier  beige,  dit,  aux  applaudissements  de  Tassemblee,  quelques  strophes 
composees  a la  demande  de  M.  Vervoort,  president  du  Cercle. 

Apres  une  serie  de  conferences,  pour  lesquelles  le  Cercle  artistique  et 
litteraire  voulut  bien  accorder  l’hospitalite  de  ses  locaux  et  qui  furent  or- 
ganises par  les  soins  de  MM.  Alvin  et  Van  de  Vyvere,  appeles  a cet  effet  a 
completer  le  Comite  d’execution,  celui-ci  put  rendre  compte  de  son  man- 
dat et  regler  les  dernieres  mesures  d’ordre  dans  une  seance  du  Comite  ge- 
neral du  Congres  tenue  le  27  septembre,  a dix  heures  du  matin.  Unecor- 
diale  allocution  de  bienvenueprononceepar  M.  Vervoort  ouvrit  la  reunion ; 
celle-ci  approuva  toutes  les  propositions  du  Comite  d’execution  et  speciale- 
ment  la  division  des  deux  premieres  sections  du  Congres ; l’abondance  des 
travaux  annonces  rendait  cette  mesure  necessaire.  Lechoixdes  questions  a 
examiner  dans  les  assemblies  generales  des  sections  reunies  et  la  constitu- 
tion des  Comites  et  des  Bureaux  des  sections  et  sous-sections  furent  ega- 
lement  regies  dans  cette  seance;  pour  cette  constitution,  les  membres  bei- 
ges, presidents  et  secretaires,  auxquels  incombaient  la  direction  des  debats, 
la  redaction  des  proces-verbaux  et  le  classement  des  discours  et  memoires, 


INTRODUCTION. 


TV 


furent  choisis  par  le  Comite  d’execution  et  confirmes  dans  leurs  fonctions ; 
les  etrangers  designerent  eux-memcs,  par  pays,  les  presidents,  vice-presi- 
dents et  secretaires  charges  de  les  representer  et  d’aider  les  membres 
beiges  dans  l’accomplissement  de  leur  tache. 

Le  Congres  s’ouvrit  le  meme  jour,  a deux  heures  de  relevee,  en  presence 
de  S.  M.  le  Roi.  Pendant  six  jours,  il  provoqua  un  ecliange  mutuel  d’ob* 
servations  et  d’enseignements,  donnes  en  dehors  de  tout  esprit  de  secte, 
de  parti  ou  de  nationalisme,  sous  la  seule  inspiration  de  l’amour  de  l’hu- 
rnanite.  Ce  sont  ces  travaux,  mis  en  ordre  par  les  soins  des  membres  du 
Comite  de  redaction,  que  nous  presentons  aujourd’hui  aux  associes  de 
l’CEuvre  de  1876. 


Le  Secretaire  general , 

A.  COUVREUR. 


XVIII 


REOLEMENTS  DU  CONGEES. 


niques  concernant  les  villes,  les  6tablissements  publics,  l’usage  general 
des  eaux,  l’approvisionnement  des  centres  dc  population,  l’evacuation  des 
immondices,  les  inhumations,  l’hygiene  des  cimetieres.  — Instruments  de 
meteorologie.  - Cartes  hygieniques,  — Demographie. 

b)  L'hygiene  el  les  moyens  preventifs  appliques  a Vindustrie.  — 
Materiaux,  plans-modeles  pour  l’installation  des  navires,  ateliers,  etc.  — 
Eclairage,  ventilation,  chauffage  des  navires,  ateliers,  etc.  — Aerage, 
eclairage,  ventilation  des  mines.  — Machines  d’ascension  et  de  descente. 

— Appareils  et  precedes  de  preservation  contre  les  atteintesdes  machines 
en  mouvement.  — Chaudieres  a vapeur,  reservoirs  a air,  a gaz,  etc.  — 
Appareils  de  siirete,  procedes  destines  a prevenir  les  incrustations, 
moyens  de  desincrustation.  — • Appareils  et  procedes  pour  prevenir  les 
dangers  et  Tinsalubrite  de  certain es  operations  industrielles  et  de  Temina- 
gasinage  des  matieres.  — Matieres  inoffensives  a substituer  aux  produits 
dangereux  ou.  deleteres.  — Appareils  ou  procedes  destines  a preserver  les 
ouvriers  de  Taction  des  gaz,  des  poussiere.s  ou  autres  corps  nuisibles.  — 
Vetements  et  appareils  preservateurs  necessaires  pour  certaines  profes- 
sions. — Instructions  et  reglementations  hygieniques  a Tusage  des 
ouvriers. 

c)  L'hygiene  domestique  et  privee.  — Plans  et  modeles  d’habitations 
privees,  d’ecoles,  de  creches  et  d’habitations  speciales  aux  ouvriers.  — Ap- 
pareils et  systemes  de  distribution  d’eaux  pures  et  d’evacuation  des  eaux 
menageres,  etc  — Appareils  de  chauffage,  d’eclairage  et  de  ventilation. — 
Etoffes  hygieniques. — Ustensiles,  instruments  et  procedes  de  toilette.  — 
Instruments  d’hydrotherapie  et  de  balneotlierapie.  — Ustensiles  et  appa- 
reils pour  la  preparation  des  aliments.  — Instruments  et  procedes  pour 
reconnaitre  la  falsification  des  boissons  et  des  denrees. — Procedes  de  con- 
servation des  aliments.  — Mode  d'alimentation  des  enfants.  — Appareils, 
instruments,  jeux  et  jouets  propres  a Teducation  physique  et  morale  des 
enfants. — Appareils, procedes  et  traites  generaux  de  gymnastique  privee. 

d)  La  medecine,  la  chirurgie , la  chimie  dans  leurs  rapports  avec 
l'hygiene. — Appareils  destines  a parer  aux  infirmites  localisees.  — Appareils 
et  procedes  de  transport  des  alienes,  des  malades,  des  blesses  et  des  infir- 
mes  par  terre  et  par  eau. — Ambulances  civiles,  infirmeries  maritimes. — 
Moyen  de  transport  des  cadavres,  moyens  de  constater  la  realite  des  deces. 

— Appareils  et  moyens  destines  a prevenir  le  mal  de  mer. — Traites  prati- 
ques sur  les  matieres  qui  precedent. 

e ) L'hygiene  dans  ses  applicalions  d I'agricid litre.  — Destruction  des 
insectes  et  animaux  nuisibles.. — Modeles  et  methodes  pour  la  conservation 
des  produits  de  la  terre.— Hygiene  des  ecuries  et  des  etables. — Modeles  de 


REGLEMENTS  DU  CONGR&S. 


XIX 


fermes,  de  metairies  et  de  maisons  d’ouvriers  agricoles.  — Modules  d’eta- 
bles,  decuries,  de  porcheries,  de  ehenils,  etc.— Meubles,  vetements,  usten- 
siles  destines  aux  populations  agricoles.  -Regime  alimentaire  des  popula- 
tions agricoles.  — Hygiene  des  cours  de  ferine.  —Utilisation  de  l’engrais. 
— Influence  hygienique  du  boisement,  des  plantations,  du  drainage.— 
Drainage  des  terres  irriguees  par  les  egouts  des  villes.  — Hygiene  des  ou- 
vriers  employes  aux  travaux  de  drainage.— Moyens  de  preservation  contre 
les  poussieres  dangereuses  qui  secliappent  des  machines  agricoles.— Insa- 
lubrite  des  routoirs. — Influence  du  traitement  des  animaux  sur  leur  carac- 
tere  et  sur  les  vices  qui  les  rendent  dangereux.  — Maladies  des  animaux 
transmissibles  a riiomme. — Abatage  et  enfouissement  des  animaux  morts; 
moucbes  cbarbonneuses.  — Boissons  liygieniques  pendant  les  travaux  de 
l’ete. 

(5e,  6°,  7C‘,  8'*  et  10e  classes  de  l’Exposition.) 

IIe  Section.  Sauvetage.  — Elle  comprend  : 

/)  Les  moyens  preventifs,  les  secours  en  cas  d'incendie.  — Procedes 
et  appareils  de  preservation. — Instruments  pour  reveler  et  annoncer  les  in- 
cendies. — Appareils  et  instruments  de  sauvetage.— Appareils,  instruments 
et  substances  pour  eteindre  les  incendies. — Moyens  de  transport  des  hom- 
ines et  du  materiel  de  sauvetage. 

g)  Les  appareils  et  engins  servant  sur  Veau  et  dans  I'eau  pour  dimi- 
nuer  les  dangers , prevenir  les  accidents  et  porter  secours.  — Natation 
et  patinage.  — Eclairage  des  cotes;  sondage  des  rivieres  et  des  mers. — 
Sauvetage  : modeles  de  navires,  chaloupes,  bateaux,  etc.,  au  point  de  vue 
de  la  securite. — Appareils  a recommander  pour  les  navires  desempares  ou 
en  detresse  ; engins  pour  visiter  les  carenes. 

h)  Appareils  pour  prevenir  les  accidents  resultant  de  la  circulation 
sur  les  routes , les  tramways  et  les  chemins  de  fer. — Harnachements ; 
systemes  d’attelages  de  surete.  - Freins  pour  voitures  de  routes,  de  tram- 
ways, de  chemins  defer;  freins  pour  locomotives. — Appareils  de  ventila- 
tion, de  chauffage  et  d’eclairage  pour  voitures  publiques  de  tramways  et  de 
chemins  de  fer.  - Appareils  de  choc,  appareils  d’attelage,  appareils  de  su- 
rete pour  les  voyageurs  et  le  personnel  du  service;  signaux  et  appareils 
propres  a assurer  le  service  des  chemins  de  fer ; appareil  pour  deblayer  les 
voies  ferrees;  clotures,  garde-corps,  barrieres,  etc.  pour  chemins  defer.  — 
Modele  de  voitures  publiques,  au  point  de  vue  de  la  securite  et  de  la  salu- 
brite. 

i)  Les  appareils  de  sauvetage  et  I'oulillage  de  secours  immediats 


llEGl.EMKNTS  1>H  CONGRES. 


\\ 

pour  les  accidents  de  chemins  de  lev  el  ceux  qui  surviennent  dans  les 
mines,  les  carrieres  et  les  ateliers. 

j)  Les  secours  en  temps  de  guerre.  — Moyens  de* transport  pour  les 
blesses;  appareils  chirurgicaux;  ambulances  volantes,  fixes,  temporaires, 
permanentes.  — Materiel  et  ameublement  des  ambulances.  — Alimentation 
des  blesses.  Appareils  pour  la  conservation,  l'inhumation  ou  Tincinira- 
tion  des  cadavres.  — Assainissement  des  champs  de  bataille  et  des  lieux 
de  campement. 

(I™,  2e,  3e  et  4e  classes  de  TExposition.) 

IIP  Section.  Economic  sociale.  - Elle  comprend  ; 

k)  Les  institutions  ayant  pour  objet  V amelioration  de  la  condition 
des  classes  ouvrieres.  — Societes  d’assurances  sur  la  vie  et  contre  les 
accidents.  — Societes  de  secours  mutuels.  — Caisses  de  prevoyance.  — 
Societes  cooperatives.  — Societes  pour  la  construction  ou  l’achat  de  mai- 
sons  d’ouvriers.  Societes  de  protection  en  faveur  des  apprentis  ou  des 
enfants  negliges.  — Hotels  et  pensions  pour  ouyriers,  fourneaux,  refec- 
toires,  lavoirs,  bains  economiques,  bains  de  riviere.  — Cours,  conferences, 
ecoles,  salles  d’asile,  jardins  d’ enfants,  creches.  — Hopitaux,  salles  de 
convalescence.  — Moyen  de  remedier  a Tabus  des  boissons  fortes. 

(9e  classe  de  l’Exposition.) 


Art.  6.  — Le  Comite  d’execution  pent,  s’il  le  juge  utile,  subdiviser  les 
sections. 

Art.  7.  — Les  questions  de  legislation  sont  debattues  dans  les  sections 
memes  ou  se  traitent  les’points  du  programme  qui  donnent  lieu  a la  dis- 
cussion de  ces  questions. 

Art.  8.  — Le  Congres  poursuit  son  but  au  moyen  : 

a)  De  discussions  en  assemblies  ; 

b)  I)e  la  publication  de  ses  travaux; 

c)  De  conferences  et  de  demonstrations  experimentales.  (1) 

Art.  9.  — Le  Congres  dure  six  jours  au moins.  II  y a deux  seances  par 
jour.  L’avanl-midi  est  consacre  aux  reunions  par  sections;  l’apres-midi 
aux  reunions  generales  de  toutes  les  sections. 

Dans  les  seances  de  Tapres-midi,  chaque  section,  a son  tour,  olfre  en 
discussion  des  questions  qui,  rentrant  dans  son  cadre,  presentent  un  carac- 
lere  d’interet  general. 

(I)  Res  conidmices  el  des  demonstrations  populaires  seront  organis^es  des  le  d6but  el  pendant  toute 
la  durge  de  1’Exposition. 


R&GLEMENTS  DU  CONCHIES . 


NXl 


Art.  10.  — Independamment  des  seances,  des  sections  reunies,  il  y a 
deux  assemblees  generales  du  Congees,  l’line  d’ouverture,  l’autre  de  clofure. 
Dans  la  premiere,  le  Comite  general  du  Congees  fait  proceder  a la  nomi- 
nation du  Bureau  definitif  du  Congees  et  des  Bureaux  des  sections;  dans 
la  seconde,  il  est  rendu  compte  des  travaux  accomplis  dans  les  sections, 
des  faits  principaux  signales,des  discussions  soulevees.  Ces  communications 
sont  faites  soit  par  les  presidents,  soit  par  des  rapporteurs  nommes  a cet 
effet. 

Art.  11.  — Les  sections  discutent  les  questions  raises  a leue  ordre  du 
jour  par  le  Comite  general  du  Congees.  Les  libelles  de  ces  questions  sont 
publies  au  moins  quatre  mois  avant  Louverture.  Toutefois,  le  Congres 
etant  reuni,  d’autres  questions  peuvent  etre  introduites  a la  suite  de  l’or- 
dre  du  jour,  sur  l’initiative  des  merabres  et  d'accord  avec  les  Bureaux  des 
sections. 

Art.  12.  - Les  discussions  s’engagent  dans  les  sections  sur  des  rap- 
ports prepares  a la  requete  du  Comite  d’execution  ou  sur  des  communica- 
tions faites  par  des  membres  du  Congres.  Ces  rapports  ou  communications 
peuvent  exposer  soit  des  faits,  soit  des  points  de  doctrine.  Ceux  qui  les 
produisent  en  assument  la  responsabilite.  Les  communications  se  font  sous 
forme  de  memoires  ou  de  discours. 

Un  rapport,  un  memoire,  un  discours  ne  peuvent  durer  plus  de  quinze 
minutes. 

Aucun  memoire  publie  ne  pent  etre  lu  en  section. 

Art.  13.  — Les  orateurs  out  la  liberte  du  choix  de  la  langue  pour  leurs 
discours  ou  communications. 

Art.  14.  — Le  Comite  general  publie  les  travaux  des  sections  et  ceux 
des  assemblees  generales,  soit  en  totalite,  soit  en  partie. 

Aucune  communication  fai^e  au  Congres  ne  peut  etre  publiee  par  son 
auteur  avant  que  ne  le  soient  les  travaux  du  Congres  lui-meme,  sauf  auto- 
mation speciale  donnee  par  le  Comite  d’execution. 

Art.  15.  — Les  concours,  s’il  en  est  institue.  sont  regies  par  des  dispo- 
sitions speciales  a determiner  ulterieurement  par  le  Comite  central  d 1 
l’CEuvre  sur  les  propositions  du  Comite  general  du  Congres. 


Composition  du  Congres. 


Art.  IfJ.  — Le  Congres  se  compose  de  membres  effectifs  et  de  membres 
adherents  ; tous,  par  le  seal  fait.de  l’acceptation  du  titre,  fmt  adhesion  au 
present  rcglement  general. 


xxn 


REGLEMENT8  DU  CONGRES. 


Les  membres  effect ifs  et  les  membres  adherents  ont  le  droit  de  prendre 
part  auxtravaux  et  deliberations  du  Congres;  seulsKles  membres  effectifs 
ont  droit  de  recevoir  gratuitement  ses  publications. 

Art.  17.  — Sont  membres  effectifs: 

1°  Tout  souscripteur  a cinq  actions  au  moins  de  la  Societe  anonyme  de 
l’Exposition  internationale  et  Congres  d ’hygiene  et  de  sauvetage  ; 

2°  Tout  souscripteur  a moins  de  5 actions  de  la  Societe  anonyme  qui 
paye  une  cotisation  de  15  francs  ; 

3°  Toute  personae  qui  paie  une  cotisation  de  25  francs. 

Art.  18.  — Sont  membres  adherents: 

1°  Tout  souscripteur  a moins  de  cinq  actions  de  la  Societe  anonyme  qui 
ne  paie  pas  de  cotisation. 

2°  Toute  personne  qui  paye  une  cotisation  de  15  francs. 

Art.  19.  — Les  membres  adherents,  comme  les  membres  effectifs,  ont 
droit  a une  carte  d’ei  tree  aux  seances  du  Congres  pour  toutes  les  dames  de 
leur  famille  demeurant  sous  leur  toit. 

Art.  20.  — Aux  seances  de  l’apres-midi  sont  admises,  a simple  titre 
d’auditeur,  les  personnes  munies  soit  dune  carte  d’entree  permanente  qui 
sera  delivree  au  prix  de  5 francs,  soit  dune  carte  d’entree  d’un  jour  dont 
le  prix  est  fixe  a 1 franc. 

Art.  21.  — Les  personnes  munies  dune  carte  d’entree  permanente  a 
l’Exposition  sont  admises,  a simple  titre  d’auditeur,  aux  seances  de 
l’apres-midi  du  Congres. 

Les  membres  effectifs  du  Congres  sont  admis  gratuitement  a l’Exposi- 
tion pendant  la  duree  du  Congres. 


Direction  du  Congres 


Art.  22.  — Le  Congres  est  dirige  par  le  Comite  general. 

Le  Comite  general  est  compose : 

a\  Des  membres  du  Comite  central  de  l’CEuvre; 

b)  Des  membres  du  Comite  d’execution  du  Congres ; 

c)  Des  vice-presidents  et  des  secretaires  des  dix  classes  de  1’Exposition 
et  des  Comites  provinciaux  effectifs; 

d)  Des  membres  des  Comites  executifs  de  l’Exposition  et  du  Congres  a 
l’etranger. 

e)  Des  delegues  des  Comites  speciaux  organises  dans  le  pays  ou  a 
l’etranger 


I 


R&GLEMENTS  DU  CONGRES. 


XXIII 


/)  Des  membres  des  deux  Chambres  legislatives  de  Belgique  et  du  Con- 
seil  communal  de  Bruxelles  qui  sont  membres  effectifs  du  Congres. 

A ce  Comite  sont  adjoints,  pour  la  duree  du  Congres,  les  membres  des 
Bureaux  des  sections  du  Congres  ou  leurs  delegues. 

Art.  23.  — Le  Congres  est  organise,  sous  la  surveillance  du  Comite 
general,  par  le  Comite  d’execution,  formant  une  delegation  du  Comite 
general. 

A ce  Comite  est  adjoint,  pendant  la  duree  du  Congres,  un  membre  du 
Bureau  de  chaque  section. 

Le  Comite  d’execution  a le  droit  de  se  completer  jusqu’au  nombre  de 
quinze  membres,  sous  reserve  d’approbation  par  le  Comite  central  de 
rOEuvre. 


Disposition  speciale. 


Art.  24.  — Un  reglement  special  a arreter  ulterieurement  fixera  les 
mesures  d’execution  supplementaires  a prendre  pour  assurer  l’organisation 
du  Congres  et  la  bonne  marclie  de  ses  travaux. 

Arrete  en  seance  du  Comite  general  du  Congres. 

Vu  et  approuve  par  le  Comite  central  de  l’GEuvre. 

L -General  Renard,  president  de  VCEuvre . 
D.  Yervoort,  president  du  Congres. 

A.  Warocque,  president  de  V Exposition. 

Le  secy'etaire-general  du  Congres  : A.  Couvreur. 

Le  secretaire  general  de  V Exposition  : A.  Mercier. 

. Le  secretaire  du  Comite  d' execution  du  Congres : F.  Fourcault. 


XXVI 


REGLEMKNTS  DU  CONGRES. 


IV.  PUBLICATION  DES  TRAVAUX. 


A partir  du  18  septcmbre,  il  sera  publie,  en  frangais,  un  Bulletin  des 
conferences  et  des  travaux  journaliers  du  Congres.  Ce  bulletin  donnera 
l’indication  des  excursions,  des  fetes  et,  en  general,  toutes  les  informations 
utiles  aux  membres  du  Congres. 

Un  Comite  de  publication,  nomme  par  le  Comite  d’execution,  sera 
charge  de  diriger  la  reproduction  des  conferences  et  des  travaux  du  Con- 
gres, en  tout  ou  en  partie. 

La  stenographic  sera  revue  par  les  secretaires  des  sections. 

Dix  pages  au  maximum  du  compte-rendu  sont  accordees  a un  auteur 
pour  une  meme  question.  Toutefois,  pour  les  travaux  d’une  importance 
exceptionnelle,  le  Comite  de  publication  pourra  admettre  une  etendue  plus 
considerable. 


V.  INSCRIPTION  DES  MEMBRES. 


Nul  n’est  admis  aux  seances  du  Congres  s’il  n’est  porteur  de  sa  carte 
de  membre. 

Le  Congres  se  compose  de  membres  effectifs  et  de  membres  adherents. 
Tous  peuvent  prendre  part  a ses  travnux.  11s  ont  droit  a une  carte  d’entree 
aux  seances  du  Congres  pour  les  dames  de  leur  famille  demeurant  sous 
leur  toit. 

Les  membres  effectifs  seuls  regoivent  gratuitement  les  publications.  Ils 
ont  droit  a une  carte  d’entree  personnelle  a FExposition  du  27  septembre 
au  5 octobre. 

La  cotisation  des  membres  effectifs  est  de  vingt-cinq  francs,  celle  des 
membres  adherents  de  quinze  francs,  sauf  les  droits  des  actionnaires  de 
la  Societe  anonyme. 

Aux  seances  de  l’apres-midi,  sont  admises,  comme  auditeurs,  les  person- 
nesmunies  soit  d’une  carte  d’entree  permanente,  delivree  au  prix  de  cinq 
francs,  soit  d’une  carte  d’entree  d’un  jour,  du  prix  d'un  franc,  soit  d’une 
carte  d’entree  permanente  a FExposition. 

Les  Corporations  publiques  ou  Societes  privees  peuvent  se  faire  inscrire 
comme  membres  et  participer  au  Congres  par  un  ou  plusieurs  delegues, 
selon  le  chiffre  de  leur  cotisation. 


REGLEMENTS  1)U  OONGKES. 


XXVII 


Des  cartes  de  membres  et  des  cartes  d’auditeurs  seront  delivrees,  a 
partir  du  10  septembre,  au  Secretariat-general  du  Congres,  17,  rue  de  la 
Pepiniere. 

Les  membres  etrangers  a Bruxelles  sont  pries  de  transmettre,  des  leur 
arrivee,  leur  adresse  au  Secretariat-general.  Ils  y recevront  tous  les  ren- 
seignements  qui  pourront  leur  etre  utiles. 


VI.  REDUCTIONS  SUR  LES  PRIX  DE  VOYAGE. 

Les  membres  effectifs  du  Congres,  sur  la  presentation  de  leur  carte  de 
membre,  jouiront  d’une  reduction  de  50  p.  c.  sur  le  prix  des  tarifs  sur  les 
lignes  ferrees  denommees  ci-dessous  : 

En  Belgique:  sur  les  lignes  de  l’Etat  beige  et  des  Compagnies  du  Grand- 
Central,  du  Nord  Beige,  de  Lierre  a Turnhout,  de  Gaud  a Bruges  par 
Eecloo,  d’ Anvers  a Gan d par  Saint-Nicolas ; de  Malines  a Terneuzen  ; de 
Liege  a Maestricbt;  de  Hasselt  & Maeseyck;  de  Virton  et  de  Chimai. 

En  Allemagne  : sur  le  cbemin  de  fer  rhenan  (Dusseldorf,  Cologne, 
Coblentz,  Bingen  et  affluents). 

En  France  : sur  le  Nord  frangais. 

Dans  les  Pays-Bas  : sur  le  cbemin  de  fer  de  l’Etat  neerlandais. 

Ces  reductions  sont  accordees  du  15  septembre  au  15  octobre  1876. 


XXX 


COMITtf  D’EXlliCUTION . 


COMITE  D’EXEC  UTION  DU  CO*NGRfiS. 


PRESIDENT. 

MM.  Vervoort,  ancien  president  de  la  Chambre  des  reprdsentants,  batonnier  de 
l’Ordre  des  avocats. 

VICE-PRESIDENT. 

Gorr-Vandermaeren,  president  de  la  Societe  d’economie  politique,  com- 
missaire  du  gouvernement  pres  de  l’Exposition  de  Londres  en  1872. 

SECRETAIRE-GENERAL. 

A.  Gouvreur,  membre  de  la  Chambre  des  Representants. 

SECRETAIRE. 

Fourcault,  ancien  capitaine  d’etat-major,  industriel. 

TRESORIER. 

Van  Haelen,  tresorier  de  la  Societe  royale  et  centrale  des  sauveteurs  de 
Belgique. 


MEMBRES. 


Alvin,  ingenieur  des  mines. 

De  Mot,  avocat  a la  Cour  de  cassation,  ancien  secretaire  du  Congres  des 
sciences  sociales. 

Feigneaux,  docteur  en  medecine,  ancien  secretaire  du  Congres  des  sciences 
medicates. 

Geelhand,  secretaire-general  de  la  Societe  royale  de  philanthiopie  et  de  la 
Societe  protectrice  des  animaux  de  Bruxelles. 

Ledeganck,  docteur  en  medecine,  medecin  divisionnaire  du  service  d’hy- 
giene  de  la  ville  de  Bruxelles. 

Mercier,  industriel,  secretaire-general  de  la  Societe  royale  et  centrale  des 
sauveteurs  de  Belgique. 

Stevens,  inspecteur-general  des  prisons. 

Vander  Linden,  avocat  a la  Cour  d’appel. 

Van  de  Vyvere,  pharmacien,  secretaire  de  la  commission  medicale  locale  de 
Bruxelles. 

Yseux,  docteur  en  medecine  et  en  sciences  naturelles,  professeur  d’hygiene, 
medecin  divisionnaire  du  service  d’hygiene  de  la  ville  de  Bruxelles. 


COMITY  DES  VOYAGES.  — COMITE  DE  REDACTION. 


XXXI 


COMITfi  DES  VOYAGES. 


MM.  Janssens,  inspecteur-general  au  Ministere  des  Travaux  publics. 
Couvreur,  membre  de  la  Charabre  des  representants. 
Mercier,  industriel,  secretaire-general  de  l’Exposition. 
Semblanx  (de),  inspecteur  au  Ministere  des  Travaux  publics. 


CO  MITE  DE  REDACTION  DU  CONGRfiS. 


MM.  Couvreur,  membre  de  la  Chambre  des  representants. 
Alvin,  ingenieur  des  mines. 

Feigneaux,  docteur  en  medecine. 

Stevens,  inspecteur-general  des  prisons. 

Vander  Linden,  avocat. 

Yseux,  docteur  en  medecine  et  en  sciences. 


XXXII 


COM  IT  it  GriN&UL. 


COMITfi  GENERAL  DU  CONGRES. 


MEMBKES  ETRANGERS. 

4 

MM.  Andreeff,  professeurde  chimie,  conseiller  actuel  d’Etat  (Russie);  Appia, 
docteur  en  medecine  (Suisse);  Ali-Gohen,  docteur  en  medecine,  inspecteur  du  gou- 
vernement  pour  les  affaires  sanitaires  dans  les  provinces  de  Frise  et  de  Groningue 
(Pays-Bas). 


B 

MM.  Bockh,  conseiller  de  Regence,  directeurdu  Bureau  de  statistique  de  Berlin; 
Baare,  industriel,  secretaire-general  des  acieries  de  Bochum  (Allemagne);  Burgess, 
secretaire  de  la  Societe  anglaise  de  secours  aux  militaires  blesses;  Bund,  vice-pre- 
sident du  Conseil  des  pecheries  de  la  Severn  ‘(Grande-Bretagne);  Bertillon,  docteur 
en  medecine  (France);  Bignami-Sormani  (le  chevalier),  ingenieur  de  la  ville  de 
Milan  (ltalie);  Broch,  professeur  k PUniversite  de  Christiania  (Suede-Norwege). 

€ 


MM.  Carreras  y Gonzales,  depute  aux  Cortes;  Castro  y Serrano  (de), 
homme  de  lettres  (Espagne);  Crone,  chef  de  la  police  de  Copenhague  (Danemark); 
Cuigniez,  chirurgien  en  chef  de  l’hopital  militaire  de  Lille  (France);  Chadwick, 
ancien  president  du  Bureau  d’hygiene  de  Londres;  Crookes,  membre  de  la  Societe 
royale  des  sciences  de  Londres;  Cooke,  membre  de  la  Societe  royale  et  nationale 
pour  la  protection  de  la  vie  humaine  contre  1’incendie  (Grande-Bretagne). 

1» 

MM.  Dumoustier  de  Fredilly,  directeur  du  Commerce  interieur;  Dauve, 
docteur  en  medecine  (France);  Douglas  Galton,  membre  de  la  Societe  royale  des 
sciences  de  Londres  (Grande-Bretagne);  Den  Tex,  bourgmestre  d’Amsterdam  (Pays- 
Bas);  Dunant,  professeur  d’hygiene  h PUniversite  de  Geneve  (Suisse). 


coxrrrk  akNkr.AL. 


XXXIII 


MM.  Engel,  conseiller  intime  superieur  de  Regence,  directeur  du  Bureau  de 
statistique  de  Prusse;  Esmarch,  professeur,  conseiller  intime  de  medecine  (Allema- 
gne): Errera,  consul  general  honoraire  d’ltalie  en  Belgique  (Italie);  Ellissen, 
ingenieurdes  mines  (France). 


F 

MM.  Fauvel,  inspecteur- general  des  services  sanitaires,  membre  de  l’Academie 
de  medecine  (France);  Froben  (de),  docteuren  medecine,  conseiller  de  S.  M.  l’Empe- 
reur  de  Russie  (Russie). 


<1. 


MM  Gneist,  professeur,  conseiller  du  Tribunal  superieur  pour  les  affaires  admi- 
nistratives  de  Prusse;  Gunther, conseiller  intime  de  medecine  (Allemagne);  Grocz, 
docteur  en  medecine  (Autriche-Hongrie);  Gnrcia-Quintana,  attache  k la  Legation 
du  Chili  (Chili);  Greard,  directeur  de  l’enseignement  primaire  du  departement  de  la 
Seine,  membre  de  l’Institut;  Gauche,  industriel  (France);  Gould  Weston,  membre 
delaSociele  des  arts  (Grande-Bretagne) 

IB 


MM.  Hirsch,  conseiller  intime  de  medecine;  Hobrecht,  architecte  de  la  ville 
de  Berlin  (Allemagne);  Hoffmann  (le  baron  de),  ministre  des  Finances  de  1’Empire 
(Autriche-Hongrie);  Houze  de  l’Aulnoit,  Alfred,  professeur  a la  Faculte  de  mede- 
cine de  Lille;  Houze  de  l’Aulnoit,  Aime,  avocat  (France) ; Hardwicke,  coroner 
pour  le  Middlesex  (Grande-Bretagne);  Hardenbroeck  de  Bergambracht  (de), 
colonel  de  la  garde-civique,  aide-de-camp  de  S.  M.  le  Roi  de  Hollande  ; Hubrecht, 
secretaire-general  du  Ministere  de  l’lnterieur  (Pays-Bas);  Humbert,  ancien  ministre 
plenipotentiaire,  professeur  (Suisse). 

df 

MM.  Jessen  (de),  chambeilan  de  S.  M.le  Roide  Daneniark,  membre  dela  premiere 
Chambre  (Danemark);  Jager  (de),  iugenieur  civil  (Pays-Bas). 

Hi 


MM.  Krauss  (le  baron),  conseiller  imperial  et  royal  aulique;  Karajan  (le  che- 
valier de),  conseiller  de  gouvernement,  chef  des  affaires  sanitaires  de  la  Basse-Autri- 
che;  Kaan,  inspccteur-central  do  la  Societe  autrichienne  des  chemins  de  fer  de  1 Ltat 
(Autriche-Hongrie)  ; Kobke,  intendariten  chef  de  l’armee  et  de  la  marine  danoises  ; 
Krebs,  inspecteur  du  service  medical  dela  Fionie  (Danemark);  Keyser  (de)  tom- 


XXXIV 


OOMITK  GENERAL. 


missaire  representant  du  Comite  anglais  pour  l’Exposition  d’hygiene  et  de  sauvetage 
(Grande-Bretagne);  Kokhovsky  (de),  general-major  ; Kislanski  (de),  ingenieur 
(Russie);  Kullberg,  inspecteur  d’hygiene  de  la  ville  de  Gothembourg  (Suede-Nor- 
wege). 


Mj 

MM.  Lent,  docteur  en  medecine;  Liebreich,  directeur  de  l’lnstitut  pharmacolo- 
gique  et  physiologique  de  Berlin  (Allemagne);  Langer  de  Lannsperg  (le  chevalier 
de),  docteur  en  medecine  (Autriche-Hongrie) ; Laussedat,  docteur  en  medecine, 
depute;  Liouville,  docteur  en  medecine,  depute  ; Longhaye,  industriel  (France); 
Lvoff,  secretaire  de  la  Societe  polytechnique  imperiale  de  St-Petersbourg  (Russie); 
Lombard,  banquier  (Suisse). 


II 

MM.  Mettenheimer,  conseiller intime  de  medecine  a Schwerin  (Allemagne); 
Montaignac  (le  marquis  de),  contre-amiral,  senateur  ; Mathelin,  capitaine  inge- 
nieur  du  Corps  des  sapeurs-pompiers  de  Lille  (France);  Mariani,  ingenieur  (Italie); 
Maydell  (le  baron  de),  docteur  en  medecine  charge  du  service  sanitaire  de  Saint- 
Petersbourg,  conseiller  prive  de  S.  M.  l’Empereur  de  Russie  (Russie)  ; Moynier, 
president  du  Comite  international  de  la  Croix-Rouge  (Suisse). 


HT 


MM.  Neumann,  medecin  en  chef  de  la  Societe  autrichienne  des  chemins  de  fer 
de  l’Etat;  Neudorfer,  medecin-major  (Autriche-Hongrie);  Navarrette  (de),  redae- 
teur  de  la  Gazette  offtcielle  de  Madrid  (Espagne);  Nedatz  (de),  docteur  en  medecine, 
conseiller  d’Etat  (Russie). 


O 

MM.  Odmanson,  docteur  en  medecine  et  chirurgie,  professeur  a PEcole  de 
medecine  de  Stockholm  (Suede-Norwege) ; Odier,  chirurgien  en  chef  de  Phopital 
cantonal  de  Geneve  (Suisse). 


I* 


MM.  Proust,  professeur  agrege  la  Faculte  de  medecine  de  Paris  (France); 
Porter,  chirurgien-major;  Pearse,  ingenieur  (Grande-Bretagne) ; Printszkold; 
docteur  en  medecine,  gentilhomme  de  chambre  de  S.  hi.  le  Roi  de  Suede  (Suede- 
Norwege). 


It 


MM.  Roth,  medecin-general  k Dresde  (Allemagne) ; Roll,  conseiller  de  Regence, 
professeur  (Autriche-Hongrie) ; Ragiot,  lieutenant  de  vaisseau  (France). 


ooMiTiS  giSnjSral  . 


XXXV 


s 


MM.  Schaller,  ingenieur  de  la  marine  (Autriche-Hongrie);  Seve,  consul-general 
de  Belgique  au  Chili  (Chili) ; Schleisner,  docteuren  medecine;  Salomon,  medecin 
en  chef  de  Parmee  et  do  la  marine  danoises  (Danemark);  Siltzer,  proprietaire  (Grande- 
Bretagne)  ; Suzor  (le  comte  de),  architecte  de  la  ville  de  St-Petersbourg;  Strohm, 
inspecteur  des  Beaux-Arts  (Russie). 


T 


MM.  Thiriez,  manufacturer  (France)-;  Torelli  (le  comte),  senateur,  prefet  de 
Milan  (Italic). 

V 

MM.  von  Philippsborn,  president  du  Comite  allemand  pour  l’Exposition  et  le 
Congres  ; von  Langenbeck,  professeur,  membre  du  Conseil  superieur  de  medecine 
de  Berlin;  von  Hoelder,  conseiller  superieur  de  medecine  k Stuttgard ; von  Held, 
professeur  k l’Universite  de  Wurzbourg;  Virchow,  professeur,  conseiller  intime  de 
medecine  a Berlin;  Varrentrapp,  conseiller  intime  de  medecine  a Francfort-sur- 
Mein  (Allemagne);  Van  Hende,  president  de  la  Soc'iete  des  sciences  et  des  arts  de 
Lille  (France) ; Verney  (sir  Harry),  ancien  membre  du  Parlement(Grande-Breta gne) ; 
Van  Gappelle,  docteur  en  medecine,  referendaire  au  Ministere  de  l’lnterieur; 
Van  Notten,  docteur  en  droit  (Pays-Bas). 

IV 

MM.  Wenzel,  medecin-general  de  la  marine  (Allemagne):  Wittelshofer,  doc- 
teur en  medecine  (Autriche-Hongrie);  Wolfhagen  (de),  chambellan  de  S.  M.  le  Roi 
de  Danemark,  ancien  ministre  (Danemark);  Wahlberg , colonel  du  genie 
(Kussie). 


T 


M.  Zdekauer,  conseiller  prive  doS.  M.  l’Empereur  de  Russie  (Russie;. 


ME.MHRES  IlELCiES. 


o 


MM.  Alvin,  ingenieur  des  mines;  Andrimont  (Leon  d),  president  do  la  fede- 
ration des  Bunques  populaires  de  Belgique ; Anspach,  bourgmestro  do  Bruxelles. 


XXXVI 


COMITK  GJ^NKHAIj. 


IS 

MM.  Barbanson,  ancien  senateur;  Belval,  docteur  en  sciences;  Berardi,  di- 
recteur  de  Y Independence  beige ; Bei  ge,  membre  de  la  Chambre  des  representants, 
professeur  a l’Universite  de  Bruxelles  ; Bettonville  (de),  bourgmestre  de  llodirnont; 
Bischoffsheim,  senateur;  Boens,  docteur  en  medecine,  membre  <te  l’Academie 
royal e de  medecine  de  Belgique;  Bonnet,  senateur ; Bougard,  docteur  en  rnede- 
cine  ; Bourlard,  avocat ; Brouw et,  senateur  ; Barrow,  directeur  du  Bureau 
Veritas ; Borlee,  professeur  a l’Universite  de  Liege;  Bordiatr,  architecte;  Bemel- 
mans,  ingenieur  en  chef  au  Chemin  defer  de  l’Ktat ; Bonneels,  ancien  fabricarl 
d’instruments  de  chirurgie. 


€ 

MM.  Garaman-Chimai  (le  prince  de),  gouverneur  de  la  province  du  Hainaut; 
Gasier  de  Hemptinne,  senateur;  Centner,  Robert,  negociant;  Gorr-Van- 
dermaeren,  commissaire  du  gouvernement  pres  de  l’Exposition  de  Londres  en  1872  ; 
Gouvreur,  membre  de  la  Chambre  des  representants  ; Crocq,  docteur  en  medecine, 
professeur  a l’Universite  de  Bruxelles,  Charbonnier,  docteur  en  medecine. 

1$ 

MM.  David,  colonel-commandant  la  garde-civique  d’Anvers ; Delecosse.doc- 
teur  en  medecine,  conseiller  communal  ; Dolez,  senateur  ; Dufour,  capitaine  de 
vaisseau  ; De  Mot,  avocat,  a la  Cour  de  cassation;  De  Vergnies,  directeur  des 
Finances  de  la  ville  de  Bruxelles;  De  Bruyn,  ingenieur  des  ponts-et-chaussees  ; Des- 
guin,  docteur  en  medecine,  conseiller  provincial;  Depaire,  pharmacien,  professeur 
a l’Universite  de  Bruxelles ; Docx,  capitaine  d’infanterie ; De  Gostere,  sous-inten- 
dant  militaire,  Dauby,  regisseur  du  Moniteur. 

E 

MM.  Evrard,  industrial ; Eloin,  ingenieur  des  mines. 

r 

MM.  Feigneaux,  docteur  en  medecine:  Fortamps,  senateur;  Fourcault, 
ancien  capitaine  d’etat-major,  industriel ; Fayn,  ingenieur  des  mines. 

ii 

MM.  Geelhand,  secretaire-general  de  la  Societe  royale  de  philanthropic  et  de  la 
Societe  protecti  ice  des  animaux;  Giesbers,  ingenieur  Guillery,  docteur  en  mede- 
cine, professeur  a l’Universite  de  Bruxelles. 


COM  n’l£  OENEKAL. 


XXXY1I 


ia 

MM.  Habets,  ingenieur  des  mines,  professeur  nl’Ecole  des  mines  de  Liege;  Halot, 
ingenieur;  Hamoir,  directeur  de  Compagnies  d’assurances ; Houget,  industriel ; 
Hendrickx,  architects;  Hayez,  industriel,  docteur  eu  droit;  Hans,  ingenieur; 
Hymans,  secretaire  de  la  Societe  protectrice  des  animaux  ; Herpain,  docteur  en 
medecine;  Her.mant,  medecin  militaire. 


.9 

MM.  Jamar,  architecte  de  la  ville  de  Bruxelles;  Janssens,  Julien  inspectcur- 
generalau  MinisteredesTravaux  publics ; Janssens,  Eugene,  docteur  en  medecine. 

Hi 

MM.  Kamps,  ingenieur  des  mines;  Xerckove  de  Denterghem  (le  comte 
de),  bourgmestre  de  Gand;  Kuborn,  docteur  en  medecine,  membre  de  l’Academie 
royale  de  medecine  de  Belgique. 


I, 

MM.  Ledeganck,  docteur  en  medecine;  Lejeune-Vincent,  conseiller  provin- 
cial; Lavise,  docteur  en  medecine. 


ill 


MM.  Martin,  docteur  en  medecine;  Ivlaryssael,  echevin  de  la  ville  d’Ostende; 
Maus,  inspecteur-general  des  ponts  et-chaussees;  Mellaerts,  industriel;  Merode 
(de),  senateur;  Micha,  avocat,  secretaire  de  la  Societe  Franklin  de  Liege;  Mom- 
maerts,  echevin  de  la  ville  de  Bruxelles;  Montefiore-Lsvi,  ingenieur;  Mercier, 
industriel,  secretaire-general  de  l'Exposition  d’hygiene  et  de  sauvetage;  Mignot- 
Delstanche,  president  de  la  Federation  beige  de  gymnastique. 

\ 

M.  Nelis,  docteur  en  medecine,  ancien  membre  de  la  Chainbre  des  representants. 

I* 


MM.  Peltzer,  proprietaire;  Picard,  avocat,  president  du  Conseil  provincial  du 
Brabant;  Pitteurs-Hiegaerts  (de),  industriel;  Paul,  docteur  en  medecine. 

Hi 

MM.  Renard,  lieutenant-general,  aide-de-camp  du  roi;  Ritweger,  capitaine 
de  vaisseau;  Raeymaekers,  avocat;  Romberg,  directeur-general  honoraire  an 
Ministere  de  l’lnterieur;  Ramaclcers,  ingenieur. 


XXXVIII 


'C'OMITK  GENEllAL. 


s 


MM.  Sabatier,  membre  de  la  Chambre  des  representants;  Sadoine,  directeur- 
general  de  la  Societe  .1  olm  Cockerill  do  Seraing;  Seutin,  pharmacien;  Smits,  dircc- 
teur-general  do  la  Societe  anonyme  de  Marcinelle  et  do  Couillet;  Snoeck,  vicc- 
presidentde  la  Societe  royale  et  centrale  des  sauveteursde  Belgique;  Snoy(le  baron), 
ancien  membre  de  la  Chambre  des  representants;  Stevens,  inspectcur-general  des 
prisons;  Stein,  ingenieur  ; Stienon,  docteur  en  medecine ; Smet,  capitaine  du 
genie,  professeur  k l’Ecolo  militaire. 


T 


MM.  Tercelin-Monjot,  senateur ; T’Serstevens.  ancien  membre  de  la 
Chambre  des  representants;  Trappeniers.  architecte,  conseiller  communal. 

1 

% 

M.  Urban,  ingenieur  en  chef  au  Grand- Central. 

V 

MM.  Vander  Linden,  avocat;  Vander  Straeten-Ponthoz  (le  cornte  Fran- 
cois), vice-president  de  la  Societe  centrale  d’agriculture;  Van  de  Vyvere,  pharma- 
cien ; VanHaelen,  tresorier  de  la  Societe  royale  et  centrale  des  sauveteurs  de 
Belgique ; Van  Peborgh,  dispacheur,  conseiller  communal  ; Van  Rooy,  inspec- 
teur-general  veterinaire  de  Farmee ; Vervoort,  ancien  president  de  la  Chambre  des 
representants,  batonnier  de  l’Ordre  des  avocats;  Vergote,  directeur -general  au 
Ministere  de  Flnterieur. 


W 

MM.  Warocque,  membre  de  la  Chambre  des  representants;  Weiler,  ingenieur. 

V 

M.  Yseux,  docteur  en  medecine 


% 


M.  Zimmer,  professeur  a lTniversite  de  Bruxelles. 


GOMJTKS  JiTRANUKItS. 


XXXIX 


COMITES ETRANGERS. 


CO  MITE  DE  L’ALLEMAGNE  . 


President  d’honneur  : 


S.  A.  I.  et  R.  le  Prince-heritier  d’Allemagne  et  de  Prusse. 


President : 

Vice  -presidents : 

)) 

Chef  des  ecritures : 


MM.  Von  Philipsborn,  conseiller  intime  actuel. 

Dr  Kruger,  ministre  resident. 

Dr  Virchow,  conseiller  de  medecine. 

Reichardt,  conseiller  actuel  de  Legation. 


Commissaire  delegue:  Stockhardt,  conseiller  prive  de  Regence. 


Membres  du  Comile  executif : Eisenlohr,  conseiller  ministeriel  du  Grand-Duche  de 

Bade. 

» Fink,  conseiller  ministeriel  du  Grand-Duche  de  Hesse. 

» Dr  Gneist,  professeur. 

n Gunther. 

n Von  Holleben,  conseiller  superieurde  Justice. 

» Dr  Mettenheimer,  conseiller  prive  de  medecine  du 

Grand-Duche  de  Mecldembourg. 

» Von  Riedel,  conseiller  ministeriel  du  Royaume  de 

Baviere. 

» Dl'Roth,  medecin-gencral  du  Royaume  de  Saxe. 

» Dr  Von  Steinbeis,  presidentdu  Royaume  de  Wur- 

temberg. 

n Von  Voigts-Rhetz,  general-major. 


XL 


COMITIES  iTKANGERB. 


Membres  du  Comite  : 
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MM.  Angerstein,  docteur  en  meiecine,  a Berlin. 

Batsch,  contre-amiral,  a Berlin. 

Dr  Becker,  premier  bourgmestre  de  Cologne. 

Vcn  Behr-Smoldow,  proprietaire,  k Smoldow. 

D'  Bingner,  conseiller  ministeriel,  aCarlsruhe. 

Elankenstein,  conseiller  de  construction  dela  Ville, 
k Berlin. 

Boehm  ert,  dirccteur  du  Bureau  des  statistiques,  a 
Dresde. 

Borsig,  conseiller  prive  de  commerce,  a Berlin. 

Bredt.  premier  bourgmestre  de  Barmen. 

Von  Bunsen,  docteur  en  philosophic,  k Berlin. 

Clemer.s,  docteur  en  medecine,  a Rudolfstadt. 

Conrad,  inspecteur  de  la  Societe  de  secours  aux  nau- 
frages,  a Breme 

Direction  des  chemins  de  fer  de  1’ Anhalt,  a 
Berlin. 

Dunkelberg,  professeur  et  dirccteur  de  l’Academie 
agricole  de  Pop,  elsdorf. 

T.  Dunker,  libraire,  a Berlin. 

V on  Egloffstein,  conseiller  intime  actuel,  a Eisenach. 

Von  Eichel,  a Eisenach. 

Eisenlohr,  conseiller  ministeriel,  k Carlsruhe. 

Dr  Engel,  conseiller  superieur  prive  et  dirccteur  du 
Bureau  de  statistique,  a Berlin. 

D1  Erhardt,  premier  bourgmestre  de  Munich. 

Esmarch,  conseiller  prive  de  medecine  et  professeur. 

Von  Etzel,  general  d’infanterie,  a Berlin. 

Euler,  professeur,  a Berlin. 

Le  chevalier  Von  Feilitssch,  conseiller  superieur  el 
directeur  de  la  police, a Munich. 

Von  Forkenbeck,  premier  bourgmestre  de  Breslau. 

Dr  Frank,  medecin  de  police  de  la  ville  et  du  district 
de  Munich. 

Dr  Friedrich,  medecin,  a Munich. 

I>  Gerlach,  conseiller  prive  de  medecine  et  directeur 
de  l’Ecole  veterinaire,  a Berlin. 

Dr  Gneist,  professeur,  a Berlin. 

Greiff,  directeur  ministeriel,  a Berlin. 

Dr  Grimm,  conseiller  superieur  de  medecine,  k 
Berlin. 

Gropius,  professeur,  a Berlin. 

Dr  Gurlt,  professeur,  a Berlin. 

Dr  Hahn,  president  de  l’Association  sanitaire,  a 
Stuttgart. 

Halske,  fabricant,  a Berlin. 

Hassenstein,  conseiller  de  medecine,  a Gotha. 


OOMlTiiS  liTHAiNUKH.S. 


XLI 


Mevnbres  du  Comite : 
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MM.  Heim,  conseiller  d’Etat,  a Meiningen. 

Von  Held,  professeur  a l’Universite  de  Wurzbourg. 

D1'  Hirsch,  conseiller  prive  de  medeci'ne  et  profes- 
seur,  a Berlin. 

Hobrecht,  premier  bourgmestre  de  Berlin. 

Hobrecht,  architecte,  a Berlin. 

Hofmann,  professeur  de  chimie,  a Berlin. 

Le  prince  do  Hohenlohe-Langenburg,  a Langen- 
bourg. 

Von  Homey er-F. an zin,  proprietaire,  aRanzin. 

Dr  Hoyer.juge,  a Oldcnbourg. 

Dr  Housselle,  conseiller  prive  superieur  de  mede- 
cine,  a Berlin. 

Dr  Von  Jager,  conseiller  superieur  gouvernemental, 
a Stuttgart. 

Jaeger,  premier  bourgmestre  d’Elberfeld. 

Jung,  inspecteur-general  et  delegud  des  pompiers  ba- 
varois,  a Munich. 

Dr  Karsten,  professeur,  a Rostock. 

Dr  Kerscliensteiner,  medecin  provincial,  a Mu- 
nich. 

Kessler,  industriel,  a Esslingen. 

Kolliker,  professeur  a PUniversile  de  Wurzbourg. 

Von  Eramer-Thoss,  industriel,  a Nuremberg. 

Kreyssig,  architecte  de  la  ville  de  Mayence. 

Dr  Kruger,  ministre-resident,  a Berlin. 

Krug  Von  Nidds,  conseiller  prive  actuel  et  con- 
seiller superieur  des, mines,  a Berlin. 

Krupp,  conseiller  prive  de  commerce,  a Essen. 

Dr  Von  Kubel,  directeur-general  du  Tribunal  de 
Stuttgart. 

Dr  Von  Langenbe  k,  medecin-general  et  conseiller 
prive  de  medecine,  a Berlin. 

Lasius,  directeur  de  travaux,  a Oldenbourg. 

Dr  Leuthold.  medecin  et  professeur,  a Berlin. 

Dr  Liebreich,  professeur,  k Berlin. 

Dr  Lowe-Galbe,  medecin  et  membre  du  Parlement, 
a Berlin. 

D?  Lorent,  medecin,  a Bremen. 

Von  Madai,  president  de  police,  a Berlin. 

Marcard,  directeur  ministerial,  a Berlin. 

Maybach,  president  de  l’administration  des  chemins 
de  fer  de  l’Empire  allemand,  a Berlin. 

Dr  Mehlhausen,  medecin-general  et  directeur  do 
l’Hdpital  de  Charilo,  a Berlin. 

Dr  Mettenheimer,  conseiller  prive  de  mederine.  A 
Schwerin. 


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oomitjSs  iSthangjsus. 


Membres  du  Comite : 
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MM.  Meier  (H.-H.),  a Brerae.  ' 

Meyer  (H.-A.),  a Borsteck. 

Meyer,  conseille]•  do  Regence  ct  directeur  du  Bu- 
reau de  statistique,  a Munich. 

Meyer  (E.),  fabricant,  a Berlin. 

Dr  Muller,  medecin,  a Hanovre. 

Nehls,  inspecteur  des  pouts  et  chauseees,  k 11am- 
bourg. 

Nieberding,  conseiller  piive  de  Regence,  a Berlin. 

Von  Normann,  chancelier  ct  major,  a Berlin. 

Dr  Von  Pettenkofer,  conseiller  prive  de  medecine 
et  professeur,  a Munich. 

D1'  Pfeiffer,  conseiller  superieur  de  medecine,  a 
Darmstadt. 

D1'  Pfeiffer,  secretaire  de  la  Societe  des  medecins  de 
Thuringe,  a Weimar. 

Piderit,  conseiller  prive  de  la  Cour  et  directeur  de 
l’hopital,  a Detmold. 

Plambeck,  fabricant,  a Hambourg. 

Le  prince  de  Pless,  commissaire  royal  et  inspecteur 
militaire  des  volontaires  infirmiers  pres  des 
armees  en  temps  de  guerre,  a Pless  et  Furs- 
tenstein. 

Dr  Ranke,  professeur  a l’Universite  et  membre  du  Co- 
mite medical,  a Munich. 

Rasch,  directeur  de  la  ville,  a Hanovre. 

Dr  Reck,  medecin  de  bataillon,  a Braunschweig. 

Reuleaux,  conseiller  prive  de  Regence  et  directeur 
de  FAcademie  des  arts-et-metiers,  a Berlin. 

Ribbeck,  conseiller  prive  superieur  de  Regence,  a 
Berlin. 

Roos,  premier  bourgmestre,  a Crefeld. 

Dr  Roth,  medecin-general,  a Dresde. 

Dr  Rothmund,  professeur  a l’Universite  de  Munich. 

Sachs,  conseiller  de  justice,  a Carlsruhe. 

Scabell,  conseiller  prive  de  Regence,  a Berlin. 

Le  chevalier  Schenck  von  Stauffenberg,  pro- 
prietaire,  k Geislingen. 

Dr  Schonian,  conseiller  de  medecine,  a Buckebourg. 

Selke,  premier  bourgmestre,  a Kcenigsberg. 

Stteegast,  docteur,  conseiller  prive  de  Regence  et 
directeur  de  l’Academie  agricole,  a Proskau. 

Siegert,  conseiller  superieur  d’architecture,  i Ber- 
lin. 

Siemens,  docteur,  membre  de  FAcademie,  a Berlin. 

Spinola,  directeur  de  FHopital  de  Charite,  a Berlin. 

Stein,  conseiller  piive  de  Regence,  a Stettin. 


COMITES  E'i'R  ANGERS. 


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Membres  du  Comite : 
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MM.  Dr  Stein,  professeur  a l’Ecolc  polytechnique  dc 
Dresde. 

Von  Steinbeis,  president  du  Comite  des  arts-ct-mc- 
tiers,  a Stuttgart. 

Von  Stromer,  bourgmestre,  a Nuremberg. 

Schutz,  docteur  veterinaire  a l’Ecole  veterinaire,  a 
Berlin. 

Schutz,  directeur  de  rEcole  de  navigation,  a Wus- 
trow. 

Schulze,  docteur,  membre  du  Parlement,  a Potsdam. 

Sydow,  sous-secretaire  d’Etat,  a Berlin. 

Dr  Tappehorn,  conseiller  de  medecine,  a Olden- 
bourg. 

Dr  Thierfelder,  conseiller  prive  de  medecine,  a Ros- 
tock. 

Von  Unruh,  conseiller  de  Regence,  a Berlin. 

Dr  Varrentrapp,  a Francfort-sur-Mein. 

le  baron  de  Wardenburg,  conseiller  prive  d’Etat,  a 
Weimar. 

Warschauer,  conseiller  prive  de  commerce,  a 
Berlin. 

Weber  (A),  conseiller  ministeriel,  a Darmstadt. 

Von  Wedell-Malchow,  a Mai  chow. 

Von  Weech,  conseiller  des  archives,  a Carlsruhe. 

Weishaupt,  directeur  ministeriel,  a Berlin. 

Dr  Wilms,  conseiller  prive  et  sanitaire,  medecin-ge- 
neral,  Berlin 

Winter,  premier  bourgmestre,  a Dar.tzig. 

Witte,  capitaine  div  bataillon  des  chemins  de  fer,  a 
Berlin. 

Von  Ziemssen,  docteur,  professeur  a l’Universite 
et  directeur  de  l’Hopital  populaire,  a Munich. 


9 


XLIT 


coal ITE8  E'i'RA N C.EKS . 


COMITY  DE  L’AUT  RICHE. 


President  d'honneur  : 


S.  A I.  et  R.  l’Arcliiduc  GH A.RLES-LOUIS 


2e  » 
Membres 


President  : MM.  Ie  baron  do  Hofmann,  conseiller  intime  de  S.  M.  PEmpereur 

et  Roi,  directeur  general  au  Ministere  des  Affaires 
etrangeres. 

Vice-president Le  baron  dt  Dumreicher,  docteur  en  medecine,  conseiller 

aulique  et  professeur. 

lcr  Secretaire-general : Le  baron  de  Krauss,  conseiller  au  Ministere  des  Affaires 

etrangeres. 

» L.  Wittelshoffer,  docteur  en  medecine. 

Le  baron  de  Sekwarz-Senborn,  conseiller  intime  de 
S.  M.  l’Empereur  et  Roi. 

Le  baron  de  Schwegel,  conseillei’  aulique  au  Ministere  des 
Affaires  etrangeres. 

Le  chevalier  de  Pischof,  conseiller  aulique  au  Ministere  du 
Commerce. 

Le  docteur  Leinayer,  conseiller  aulique  au  Ministere  de 
l’lnstruction  publique. 

Le  baron  Hohenhruck,  conseiller  au  Ministere  de  l’Agri- 
culture. 

Le  chevalier  deKarajan,  conseiller  de  la  Lieutenance  Let  R. 
de  la  Basse-Autriche. 

Le  baron  de  Finti,  chambellan  de  S.  M.  I.  etR.,  depute. 
Felder,  docteur  en  droit  et  bourgmestre  de  la  ville  de 
Vienne. 

Le  baron  de  Mundy,  docteur  en  medecine  et  professeur. 

Le  prince  Odescalchi,  major  de  la  garde  hongroise. 
de  Bilroth,  docteur  en  medecine,  conseiller  aulique  et  pro- 
fesseur. 

Le  chevalier  de  Scliwsrdenwein,  conseiller  des  ponls-et- 

chaussees. 

Le  baron  de  Koenigs  war  ter. 

Le  baron  H.  de  Todesco. 

Silas,  ex-archiviste  de  FAmbassade  de  France. 


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Commissaire  delegue  du  Comite  : M.  J.  Schaller,  ingenieur  de  la  Marine  I.  et  R . , 

Vienne. 


COMITIES  ih'IUNQERS. 


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President : 
Secretaire  : 

Membre  s : 

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COM  I Till  DE  LA  IIONGRIE 


MM.  Louis  Haynald,  doctcur  en  theologie,  archeveque  do 
Kalocsa,  conseillcr  intime  de  S.  M.  I.  et  R.  d’Autriche- 
Hongrie. 

Louis  Gi'ocz,  docteur  en  medecine  et  chirurgie,  conseiller  et 
secretaire  du  Conseil  medical  de  Hongrie,  medecin  en 
chef  des  chemins  de  for  de  l’Etat. 

le  comte  Emmanuel  Pechy,  conseiller  intime  do  S.  M.  I.  et 
R.,  membrc  du  Parlement. 

le  comte  Albert  Apponyi,  membre  de  la  Chambre  Haute. 

Ferdinand  Eber,  membre  du  Parlement. 

Maurice  Wahrmann,  membre  du  Parlement. 

Joseph  Kovacs,  professeur  do  chirurgie,  protecteur  de 
PUniversite. 

Frederic  Koranyi,  conseiller  royal,  professeur  de  medecine 
pratique. 

Alexandre  Lamnitzer,  professeur  de  chirurgie. 

Charles  Rath,  bourgmestre  de  Buda-Pesth. 

Louis  Tolnay,  directeur  general  des  chemins  de  fer  de 
l'Etat. 

Leopold  Gross,  conseiller  de  section. 


XLYI 


e'OMITES  ETRANGEHS. 


COMITE  DU  DANEMARK. 


PRESIDENT  D’HONNEUR. 

S.  A.  R.  Monseigneur  le  Prince  FREDERIC. 


President  : 

Vice-president : MM. 

Secretaire : 

Tresorier : 

Membres : 

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» 

» 

» 

» 

» 

» 

» 

» 

» 


» 

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S.  Exc.  le  comte  de  Holstein-Holsteinborg. 

Lumemans,  conseiller  d’Etat,  directeur  de  la  Banque  na- 
tionale. 

Theodore  Green5  aCopenhague. 

Jacob  Holmblad. 

A.  de  Bernier-Schilden,  chambellan  du  Roi. 

Barthelson,  directeur  de  la  principale  Compagnie  alle- 
mande  d’assuran.ces  coutre  l’incendie. 

E.  Hennemau,  professeur,  docteur  en  medecine. 

Irminger,  contre-amiral. 

Jorgensen,  professeur,  recteur  al’Ecole  superieure  rurale 
de  Copenhague. 

Knudsen,  conseiller  d’Etat,  bourgmestre  de  Copenhague. 

Koch,  consul  de  Belgique  a Copenhague. 

Kobke,  colonel,  intendant-general. 

Olussen,  colonel,  directeur  des  ctablissements  de  1’Etat 
pour  les  invalides. 

Petersen,  colonel. 

Schleisner,  professeur,  medecin  superieur  pour  la  com- 
mune et  la  ville  de  Copenhague. 

Stockfleth,  professeur,  lecteur  a l’Ecole  superieure  rurale, 
de  Copenhague. 

Thomsen,  professeur  de  chimie. 

Wolfhagen,  chambellan  du  Roi,  ancien  ministre. 

Valentiner,  proprietaire,  agronome. 


COMITIES  ETR  ANGERS. 


XL  VII 


COMITE  DES  PAYS. BAS. 


PRESIDENT  D’HONNEUR. 

S.  A.  R.  le  Prince  d’ORANGE. 


President  : 
Vice-president  : 
Tresorier : 

Secretaire  : 

Membres  : 

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» 

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» 

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MM.  JonckheerG.  J.  A.  den  TEX.  membre  de  la  premiere  Cham- 
bre  des  Etats-generaux  et  bourgmestre  d’Amsterdam. 
J.  Van  Vollenhoven,  membre  de  la  premiere  Chambre 
des  Etats-generaux  et  bourgmestre  de  Rotterdam. 

L.  E.  Beels  van  Heemstede,  secretaire  de  la  Societe  de 
sauvetage  « Noord  en  Zuid  Hollandsche  Redding- 
maatsebappij  ». 

F.  H.  van  Notten,  docteur  en  droit,  chef  de  section  de  l’Ad- 

ministration  communale  d’Amsterdam. 

G.  A.  N.  Allebe,  docteur  en  medecine,  a Amsterdam. 
B.  Gars  ten,  inspecteur-adjoint  pour  les  affaires  sanitaires 

de  la  province  de  la  Hollande  meridionale. 

Jonckheer  S.  Dedel,  president  de  la  Societe  de  sauvetage 
« Noord  en  Zuid  Hollandsche  Reddingmaatschappij  ». 
B.  Eickma,  echevin,  a Rotterdam. 

Jonckheer  F.  G.  A.  Gevers-Deynoot,  bourgmestre  de  la 
Haye. 

J.  van  Geuns,  J1',  docteur  en  medecine. 
le  baron  D.  J.  Mackay,  docteur  en  droit,  membre  de  la 
seconde  Chambre  des  Etats-generaux. 

. J.  G.  Marken,  Jr,  industriel,  k Delft. 

P.  W.  Steenkump , commandant  des  sapeurs-pompiers 
d’Amsterdam. 

le  lieutenant-general  F.  V.  A.  chevalier  de  Steurs,  aide-de- 
camp  general  de  S.  M.  le  Roi. 

J.  Teixeira  do  Mattos,  docteur  en  medecine,  inspecteur 

adjoint  pour  les  affaires  sanitaires  dans  la  province  de 
la  Hollande  septentrionale. 

K.  M.  Giltay,  docteur  en  medecine,  a Amsterdam. 

Van  der  Hoeven,  directeur  do  la  Societe  : « Amcrikaan- 
sche  Stoomvaart  Maatschappij  «,  a Rotterdam. 

G.  J.  Royaai'ds,  auditeur  au  Conseil  d’Etat,  ii  la  Haye. 

D.  L.  Wolf  son,  directeur  de  la  Societe  : « Nederlandsche 
Stoomboot  Maatschappij  «,  i Rotterdam. 


xr.vni 


OOMIT^S  ltTRANGERB. 


COMITfi  DE  LA  FRANCE 


President  d’honneur  : 

M.  le  due  d’AUDIFFRET-PASQ'JIER,  president  du  Senat. 


President  .- 
Secretaires  : 

Membres : 

» 


» 


» 


» 


» 

» 


» 


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» 


MM.  Laussedat,  docteur  en  medecine,  depute. 

Albert  Sorel,  secretaire- general  du  Senat. 

Proust,  professeur  agrege  a la  Faculte  de  medecine  de 
Paris. 

Claude  Bernard,  membre  de  l’Academie  fran§aise  et  de 
l’Academie  des  Sciences. 

Bouchardat,  professeur  d’hygiene  a la  Faculte  de  medecine 
de  Paris. 

Eucquet,  president  du  Conseil  de  l’inspection  gene'rale  des 
etablissernents  de  bieofaisance. 

Dumoustier  de  Fredilly,  directeur  du  Commerce  inte- 
rieur. 

Fauvel,  membre  de  l’Academie  de  medecine,  inspecteur 
general  des  services  sanitaires. 

Greard,  membre  de  l’lnstitut,  directeur  de  Penseignement 
primaire  du  departement  de  la  Seine. 

Liouville,  docteur  en  medecine,  depute. 

Montaignac  (le  marquis  de),  contre-amiral,  senateur,  ancien 
ministre  de  la  Marine. 

Perrin,  medecin  militaire  de  premiere  classe,  sous-directeur 
de  l’Ecole  de  medecine  et  de  pliarmacie. 

Renault,  ancien  prefet  dc  police,  depute. 

Tardieu,  membre  del’ Academic  de  medecine,  president  du 
Comite  d’hygiene  publique. 


COMITlis  JiTKANCHiilS. 


XL1X 


COMITfi  REGIONAL  DU  NORD  DE  LA  FRANCE 


President  honoraire  : 


M.  CATEL-BEGHIN,  maire  de  Lille. 


President : MM. 

Vice -presidents : 

» 


)) 

Secretaires  : 


» 


J) 

Tresorier  : 


Longhaye,  negociant,  membre  de  la  Chambre  de  commerce 
de  Lille. 

Alfred  Houze  de  l’Aulnoitj  professeur  a la  Faculte  de 
medecine  de  Lille. 

Cuigniez,  chirurgien  en  chef  de  l’hdpital  militaire  de 
Lille. 

Thiriez,  manufacturier,  juge  au  Tribunal  de  commerce  dc 
Lille. 

Mathelin,  capitaine  ingenieur  du  Corps  des  sapeurs-pom- 
piers. 

Aime  Houze  de  l’Aulnoit,  avocat,  administrateui*  des  hos- 
pices civils  de  Lille. 

Van  Hende,  president  de  la  Societe  des  sciences  et  des  arts 
de  Lille. 

Leon  Gauche,  negociant. 


1. 


COMITlJS  liTRANQURB. 


COMITE  DE  LA  G RANDE-BRETAGNE 


President  d’honneur 

S.  A.  R.  Mgr  le  Prince  de  Galles,  K.  G. 


Vice-President  d’honneir 


S.  A.  R.  Mgr  le  Due  de  Cambridge,  K.  G.,  G.  C.  B. 


COMITE  EXECUTIF 


President  : 


Lord  Alfred  Churchill,  president  du  Conseil  de  la  Societe 
des  arts. 


Secretaire  : 


Major  C.  J.  Burgess,  secretaire  de  la  Societede  la  Croix- 
rouge  d’Angleterre. 


Membres  : 
» 


» 


)) 


» 


» 

» 

>1 


Major-general  Sir  J.  M.  Adye,  K.  C.  B.,  artillerie  royale. 

Sir  J.  W.  Bazalgette,  C.  B.,  ingeniear  du  Conseil  metro- 
politan! des  travaux  publics. 

Sir  Antonio  Brady. 

M>  J.  W.  Willis  Bund,  vice-president  du  Conseil  de  la 
peche  de  la  Severn. 

S.  G.  Mgr  1’eveque  Glaughton,  D.  D.,  chapelain  general  of 
the  army. 

Lieutenant-colonel  Fitzloy- Clayton. 

M.  Martin  Cohie. 

L’honorable  W.  Gowper-Temple,  M.  P. 

M.  P.  De  Keyser,  representant  & Londros  du  Comite  central 
beige. 


COM ITlis  KTKANGEUS. 


LI 


Membres  du  Comile : 
» 

)) 

» 

)) 

)) 


)) 


» 

» 

» 

» 

» 


» 


)) 

» 

» 

» 


)) 


» 


>1 

» 

» 


Major  Duncan,  artillerie  royale. 

Lord  Elcho,  M.  P. 

Major-general  Sir  Vincent  Eyre,  C.  B.,  C.  K.  S.  1. 

Dr  William  Farr,  M.  D.,  D.  C.  L.,  F.  R.  S. 

Mr  T.  Q.  Finnis,  alderman. 

Mr  P.  Le  Neve-Foster,  M.  A.,  secretaire  de  laSociete  des 
arts. 

Lieutenant-colonel  Keith-Fraser,  ler  regiment  de  Life 
Guards. 

Capitaine  Douglas-Galton,  C.  B.,  D.  C.  L.,  F.  R.  S. 

Mr  E.  A.  Gruning. 

Admiral  Sir  W.  H.  Hall,  K.  C.  B. 

Lord  Claud  John  Hamilton,  M.  P. 

Lieutenant-colonel  Haywood,  London  Rifle  Volunteers. 

Mr  H.  Reader  Lack,  Departement  statistique  Board  of 
trade. 

Sir  A.H.  Lechmere,  bart.,  secretaire  de  l’Ordre  de  St-Jean 
de  Jerusalem. 

M1'  Henry  Lee,  F.  L.  S.,  F.  G.  S. 

Lieutenant-colonel  Loyd-Lindsay,  V.  C.,  M.  P. 

Lord  Robert  Montagu,  M.  P. 

Amiral  Lord  Clarence  Paget,  K.  C B. 

Sir  E.  Perrot,  bart.,  vice-president  de  la  « Royal  national 
Life  Boat  Institution  ». 

Sir  Benjamin  Phillips,  alderman. 

Mr  Alexandre  Redgrave,  inspecteur  royal  des  ateliers  et 
fabriques. 

Lieutenant  general  Sir  John  St-George,  K.  C.  B.,  artillerie 
royale. 

Alr  Henry  Dauby-Seymour. 

Mr  John  Siltzer. 

Mr  D.  H.  Stone,  alderman. 

Mr  G.-J.  Swanston,  Departement  de  marine,  Board  of 
trade. 

Sir  Harry  Verney,  Bart. 

Lieutenant-colonel  Gould  Weston. 


Commissciire  delegue : Mr  Edmund  Johnson. 


II I 


C'OMlTES  ETRANUEES. 


President  : 
Vice-president : 

Membres  : 

» 

» 

» 

» 

» 

» 

» 

W 


COMITE 


I)  E L’  IT  A LIE  . 


I ’resident  d’honneur  : 

S.  A.  R.  Mgr.  le  prince  HUMBERT. 


President  honoraire  : 

Senateur  comte  Giovanni  ARRIVABENE. 


I 


Senateur  comte  Luigi  Torelli. 

Commandeur  professeurEmile  Gornalia,  president  de  l’lnsti- 
tut  lombard  des  sciences,  lettres  et  arts. 

Prince  Pallavicini,  senateur. 

Doctcur  Yictor  Giudici,  depute  au  Parlement. 

’ Commandeur  Jacques  Malvano,  chefde  divisionau  Ministere 
des  Affaires  etrangeres. 

Chevalier  Charles  Randaccio,  chef  de  division  au  Ministere 
de  la  Marine. 

Commandeur  Biagio- Caranti,  depute  au  Parlement. 

Chevalier  docteur  Pierre  Gastiglioni,  directeur  de  Tlnstitut 
hydrotherapique  de  Rome. 

Commandeur  professeur  Giovanni  Polli,  membre  de  l’lnstitut 
lombard. 

Commandeur  Jules  Axerio,  ingenieur  des  mines. 

Chevalier  Celeste  Glericetti,  professeur  a l’lnstitut  techni- 
que superieur  de  Milan. 

Professeur  docteur  Paul  Mantegazza,  depute  au  Parlement. 

Commandeur  professeur  Fedele-Fedeli,  president  de  la 
Societe  de  secours  aux  asphyxies,  a Pise. 


COMITES  liTRANGERS. 


Mil 


Mem  bres  du  Comile  * 


» 

» 


v> 

» 

» 

» 

» 

>J 

» 

» 

Secretaires  : 
» 

» 


Vresident : 
Membres  : 

» 

Secretaire  : 


Commandeur  .Jacques 


Chevalier  Emile  Bignami-Sormani,  ingenieur  de  laMuni- 
cipalite  et  secretaire  du  College  des  architectes  etinge- 
nieurs  de  Milan . 

Chevalier  Joseph  Colombo,  professeur  al’lnstitut  technique 
superieur  de  Milan. 

Chevalier  docteur  Albert  Errera,  professeur  a l’lnstitut  tech- 
nique et  president  honoraire  du  Cercle  maritime  de 
Venise. 

Chevalier  docteur  Charles  Zucchi,  medecin  en  chef  de  l’Hopi- 
tal  Maggiore  de  Milan. 

Chevalier  ingenieur  Jerome  Ghizzolini,  directeurde  la  revue 
periodique  YItalie  agricole , Milan. 

Chevalier  docteur  Ed.  Maragliano,  secretaire  de  la  Societe 
de  secours  aux  asphyxies  de  Genes. 

Commandeur  docteur  Paul  Machiavelli,  colonel,  directeur 
de  l’hopital militaire  de  Milan. 

Docteur  Leonard  Loria,  professeur  a Plnstitut  technique 
superieur  de  Milan. 

Commandeur  professeur  Gaetano  Gantoni,  directeur  de 
l’Ecole  royale  superieure  d’agriculture  de  Milan. 

Chevalier  docteur  Plinio  Schivardi.  directeur  des  bains  de 
Reccaro. 

ChevalierEtienneLabus,assesseurdela  Municipalite  de  Milan. 

Avocat  Zannino  Volta,  membre  de  PAcade'mie  « fisio-medico- 
statistico  » de  Milan. 

Docteur  Gaetano  Pini,  directeur  de  l’lnstitut  des  enfants 
rachitiques  de  Milan. 

Docteur  Nicolas  Lanzillotti  Buonsanti,  professeur  & 
l’Ecole  veterinaire  de  Milan. 

Docteur  Eugene  Rey,  Rome. 


Commission  executive  : 

Chevalier  Emile  Bignami-Sormani. 
Chevalier  Etienne  Labus. 

Chevalier  Celeste  Glericetti. 

Docteur  Jean  Pini. 


Cqmmissaire-delegue  : 

Errera,  consul-general  honoraire  d’ltalie , & Bruxelles. 


nr 


comities  Strangers. 


C 0 M I T E D E LA 


R U S S I E . 


President  d’iionneur  : 

S.  A.  I.  Mgr  le  Gi  and-Duc  Heritier 


President : MM.  Zdekauer,  conseiller  prive. 

Secretaire : Hubner,  conseiller  de  Cour. 


Delegues  des  Ministferes. 


Minister e des  Affaires  etrangeres. 


MM.  Tolstoy; 

B°n  Von  der  Osten  Sacken, 
Pletz, 


conseiller  actuel  d’Etat. 
conseiller  actuel  d’Etat. 
conseiller  d’Etat. 


Ministere  de  la  Guerre. 


Obroutchew, 

Annenkow, 

Petr  ouchevsky , 
Viltchkovsky, 

Voinitzky, 

Ministere 

Rosow, 

Ogorodnikow, 

Stiohm, 


lieutenant-general . 
general-major, 
general-major, 
conseiller  actuel  d’Etat. 
colonel. 

de  VInlerieur. 

conseiller  actuel  d’Etat. 
id.  id. 

id.  id. 


MM.  Ermakow, 
Iliine, 

Timiriazew, 


Sokolow, 

Muller, 

Baranow, 


COMITKS  STRANGERS . j.y 

Ministere  des  Finances. 

conseiller  actuel  d’Etat. 
consciller  d’Etat. 
conseiller  de  College. 

Ministere  de  la  Marine. 

colonel. 

conseiller  de  College, 
capitaine-lieutenant  de  marine. 

Ministere  des  Domaines. 


Jossa.  conseiller  prive. 

Vechniakow,  conseiller  actuel  d’Etat. 

Ministere  des  Voies  et  Communications . 


Erakow.  conseiller  de  college. 

Wiesel,  conseiller  de  Cour. 


IV  SECTION  1>E  LA  CHANCELLERIE  DE  S.  M.  I.’EmPEREUR. 

Thibaut-Porignolle,  conseiller  prive. 

Ossinine,  conseiller  actuel  d’Etat. 

Rauhfuss,  conseiller  d’Etat. 

SOCIETE  IMPERIALE  POLYTECHNIQUE  DE  RUSSIE. 

Kotchoubey,  president  de  la  Societe. 

Andreiew,  president  de  la  Section  de  l’instruction 

technique,  conseiller  actuel  d’Etat. 
Lvoff,  secretaire  de  la  Societe,  assesseur  de 

College. 

Societe  imperials  philanthropique. 

Froben,  conseiller  prive. 

Arnold!,  conseiller  actuel  d’Etat. 


Ecoles 


miutaires. 


Kokhovsky  (de), 


general-major. 


LVI 


COMITitS  ETUANGEltS. 


Commission  sanitai re. 

MM.  le  baron  Maydell,  consciller  prive. 

SOCIETE  IMPERIALS!  ECONOMIQUE. 

Khodnew,  conseiller  actuel  d’Etat. 

Sovetow,  conseiller  d’Etat. 

SOCIETE  POUR  LES  BLESSES. 

Zabloztki-Dessiatovsky,  conseiller.  prive. 

SoCIETE  DE  SECOURS  EN  MER. 

Oom,  conseiller  actuel  d’Etat. 

SOCIETE  PROTECTRICE  DES  ANIMAUX. 

Iversen. 

Delegue  de  la  ville  de  Saint-Petersbourg. 

Prince  Lobanow  Rotovsky,  conseiller  actuel  d’Etat. 

Municipality  de  la  ville  de  Saint-Petersbourg. 
le  baron  Korff,  conseiller  d’Etat. 

SoCIETE  POUR  l’amYUIORATION  DE  L’ETAT  DE  LA  CLASSE  OUVRIERE. 

Major  Kuchelbecker. 

SOCIETE  DES  ARCHITECTES  DE  SAINT-PETERSBOURG. 


Gibert. 

Socolow, 


conseiller  actuel  d’Etat. 
conseiller  de  College. 


COMITES  £T1< ANGKK8 . 


LVII 


SOCIETE  DE  LOGEMENTS  POllR  LES  PAUVRES. 


MM.  Heynatz.  conseiller  d’Etat. 

MeMBRES  INVITES  PRO VISOIREMENT. 


Schperk, 

Archangelsky, 

Erichsen, 

Erisman, 

le  professeur  Dobroslavine. 


docteur  en  medecine,  conseiller  d’Etat. 
id.  conseiller  de  College 

id.  conseiller  d’Etat. 

id. 

conseiller  de  Cour. 


Comite  executif  : 


President  : 
Secretaire  : 
Membres  : 

» 

» 

)) 

» 


MM.  Zdekauer, 

Hubner, 

Tolstoy, 

le  baron  Vonder  OstenSacken, 
Rosow, 

Ermakow, 
de  Kotchoubey. 


conseiller  prive. 
conseiller  de  Cour. 
conseiller  actuel  d’Etat. 
id.  id. 

id.  id. 

id.  id. 

president  de  la  Societe  poly- 
technique de  Russie. 


Presidents  des  sous- Commissions. 


Re 

1V< 

Ve 

VIe 

VII' 


Section.  MM.  Sokolow, 

» Obroutchew, 

» baron  Maydell, 

» Iliine. 

» Lvoff, 


VUE 

IX' 

X' 


baron  Maydell, 

Andreiew, 

Vechniakow, 


conseiller  de  College, 
lieutenant-general . 
conseiller  prive. 
conseiller  d’Etat. 
secretaire  de  la  Societe  imperiale 
polylechnique  de  Russie. 
conseiller  prive. 
conseiller  actuel  d’Etat. 
conseiller  actuel  d’Etat. 


Comm  issaire  delegue  pour  la  section  nisse. 


M.  Lvoff,  secretaire  de  la  Societe  polytechnique  de  Hi  «sic. 


lviii 


comites  Strangers. 


Co  mm  iss  ‘.lire -adjoint 

MM.  Nebolsine,  fonctionnaire  an  Ministere  des  Finances  de  Russie. 


Delegues  a l' Exposition. 


Kokhovsky  (de),  general- major,  president  du  Comite  du  Musee  pedagogique. 
Nedatz  (docteur),  conseiller  d’Etat,  medecin  en  chef  du  regiment  de  Finlande, 
de  la  garde  imperiale. 

Kislanski,  ingenieur  des  Voies  de  communication  de  Russie. 

Brullo,  professeur  d’architecture,  delegue  pour  la  construction  et  la  decora- 
tion de  la  section  russe. 


OOMITiS  ETRANGERS. 


L1X 


COMITES  DE  LA  SUfiOE  ET  DE  LA  NORWEGE 


SUEDE. 

President  : 

MM.  le  baron  G.  G.  d’Ugglas,  gouverneur  general  de  la  ville 
de  Stockholm,  ancien  ministre,  membre  de  la  premiere 
Chambre  de  la  Diete. 

Membres  : 

G.  F.  Almgvist,  directeur  general  de  l’Administration  des 

)) 

prisons,  membre  de  la  premiere  Chambre  de  la  Diete. 
le  baron  C.  G.  von  Otter,  directeur  de  l’Administration  du 
pilotage. 

» 

le  docteur  E.  M.  Edholm,  medecin  de  S.  M.  le  Roi,  pre- 
mier medecin  de  l’armee,  conseiller  du  College  des 
affaires  medicales. 

Secretaire  : 

le  docteur  O.  H.  R.  Printzskold , gentilhomme  de  la 
Chambre  de  S.  M.  le  Roi,  attache  au  Ministere  de  l’in- 
terieur. 

President : 
Membres  : 
» 

NORWEGE. 

MM.  le  docteur  Broch,  ancien  ministre  de  la  marine  et  des  postes. 
Dahl,  directeur  en  chef  de  medecine  et  de  sante. 

Preus,  chirurgien-major  de  1’armee  norwegienne. 

)) 

Segelcke,  secretaire  en  chef  au  Departement  des  cultes  et 
de  l’instruction  publique. 

» 

Kioer,  directeur  en  chef  du  bureau  statistique  au  Departement 
de  l’interieur. 

» 

Bidenkap,  directeur  de  sante  a Christiania. 

n 

Pihl,  ingenieur  civil,  directeur  de  la  Compagnie  du  gaz,  a 
Christiania. 

> 

Petersen,  capitaine  de  la  marine  royale  de  Norwege. 
Commissatre  ddlegue  des  deux  Roi/aumes. 

M.  G.  Brugmann,  consul-general  do  Suede  et  do  Norwege  u Bruxelles. 


LX 


COMITIES  iSTUAN«BK8. 


President : 

Seci'etaire  : 

Membres  : 
» 


COMITE  DU  CANTON  DE  GENfiVE. 


MM.  Moynier,  Gustave,  president  du  Comite  international  de  la 
Croix-Rouge. 

Dunant,  Pierre-Louis,  docteur  en  medecine,  professeur  d’hy- 
giene  a l’Universite  de  Geneve. 

Appia,  Louis,  docteur  en  medecine. 

Lombard,  Frank,  banquier. 

Odier,  Louis,  docteur  en  medecine,  chirurgien  en  chef  de 
l'hopital  cantonal. 


CONGRES  INTERNATIONAL 


D’HYGIfiNE,  DE  SAUVETAGE 


ET  D’ECONOMIE  SOCIALE 


HAUT 


PROTECTEUR 


S.  M.  LE  ROI. 


^RESIDENT 


D 


ONNEUR 


S.  A.  R.  Monseigneur  le  Comte  de  FLANDRE. 


yiCE-J^RESIDENT  d'J^ONNEUR 
M.  J.  ANSPACH,  Bourgmestre  de  Bruxelles. 


jpRESIDENT  DE  L'CEUVRJS 


M.  B.  REGARD,  lieutenant-general,  aide-de-camp  du  Roi,  inspecteur 

general  des  Gardes  civiques  du  Royaume,  ancien 
ministre  de  la  guerre,  president  de  la  Societe  royale 
des  Sauvetcurs  et  de  l’Association  de  secours  aux 
blesses  militaires  de  Belgique. 


j3 RES  IDENT  DU  j^ONGI^ES 


M.  VERYOORT,  ancien  prdsident  do  la  Ghambrc  des  rcpresontauts, 

batonnier  do  l’Ordre  des  avocats. 


CONGRES  INTERNATIONAL  D’HYGIENE,  DE  SAUVETAGE 

ET  D ECONOMIE  SOCIALE 


MEMBRES  BELGES 


EFFECTIFS  ET  ADHERENTS) 


Les  noms  pr6c6d6s  d’un  ast^risque  sont  ceux  des  raembres  qui  out  6t6  presents  aup  seances 

du  Congrfes. 


S.  M.  le  Roi  des  Beiges. 

S.  A.  R.  le  Comte  de  Flandre. 


A 


Alexandre,  Frangois-Xavier,  Waterloo. 

Allard,  Joseph,  directeur  de  la  Monnaie,  Bruxelles. 

*Alvin,  ingenieur,  Bruxelles. 

♦Andrimont  (d’),  Leon,  president  de  la  Federation  des  Banques  populaires,  Liege. 
Andry,  Alfred,  industriel,  Boussu. 

*Angenot,  Felix,  greffier  provincial,  Liege. 

Anspach,  Eugene,  directeur  de  la  Banque  nationale,  Bruxelles. 

*Astruc,  E.-A.,  Grand-Rabbin  de  Belgique,  Bruxelles. 


R 


*Bailly,  Philimond,  ingenieur,  Bruxelles. 
Basque  de  Belgique,  Bruxelles. 


LISTE  DES  MEMBRES 


B 


Banque  de  Parts  et  des  Pats-Bas,  Bruxelles. 

Barbanson,  J.,  ancien  senateur,  Bruxelles. 

*Barrow,  directeur  du  Bureau  Veritas , Bruxelles. 

Bascou,  Adrien,  industriel,  Bruxelles. 

*Bataille-Straatman,  ingenieur,  Bruxelles. 

Beaufort  (comte  de),  Albert,  Bruxelles. 

Beduwe,  Joseph,  constructeur-mecanicien,  Liege. 

*Belamy,  Charles,  conseiller  communal,  Bruges. 

Bellefrojd,  Victor,  Liege. 

*Belval,  Theodore,  docteur  en  sciences,  Bruxelles. 

Bemelmans,  Eugene,  ingenieur  en  chef  au  Chemin  de  fer  de  l’Etat,  Bruxelles. 
Berabdi,  Leon,  redacteur  en  chef  de  1’ Independance  beige,  Bruxelles. 

*Berge,  Henri,  membre  de  la  Chambre  des  representants,  Schaerbeek. 

Bernard,  Charles,  ancien  chef  d’escadron  d’dtat-major  de  l’armee  frangaise, 
Bruxelles. 

*Besme,  Victor,  inspecteur-voyer,  Bruxelles. 

Bettonville  (de),  Clement,  industriel,  bourgmestre  de  Hodimont. 

Beunert,  Auguste,  industriel,  Jumet. 

BiscnOFFSHEiM,  Jonathan,  senateur,  Bruxelles. 

Blondiau,  maitre  de  forges,  Thy-le-Chateau. 

*Behrends-Wirth  (Madame),  membre  de  la  Croix-rouge  d’Allemagne,  Bruxelles. 
*Bockstael,  Emile,  echevin  de  la  commune  de  Laeken. 

*Boens,  Hubert,  docteur  en  medecine,  Charleroi. 

*Boddaert^  docteur  en  medecine,  Gand. 

*Bois-d’Enghien,  Jules,  ingenieur  des  mines,  Bruxelles. 

*Bonneels,  Jean,  Bruxelles. 

Bordtau,  G.,  architecte,  Bruxelles. 

*Borlee,  Joseph,  professeur  a TUniversite  de  Liege. 

*Bougard,  J.-J.,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

^Bourgeois,  Frangois,  commissaire  de  police,  Bruxelles. 

Bourlaed,  Edmond,  avocat,  Mons. 

*Boyer,  major  d’etat-major,  Bruxelles. 

Braconnier  de  Macar,  Charles,  industriel,  Liege. 

Brouyvet,  Paul,  senateur,  Haine-St-Pierre. 

*Brugmann,  Georges,  banquier,  Bruxelles. 

Bruynseraede,  P.,  negociant,  Anvers. 

Buckiioltz,  G.,  negociant,  Ixelles. 

*Buls,  Charles,  secretaire-general  de  la  Ligue  de  V Enseignement , Bruxelles. 

Buse,  Julien,  avocat,  ancien  secretaire  du  Congres  des  siences  sociales,  Gand. 


c 


*Cacheux,  Emile,  ingdnieur,  Bruxelles. 
*Cambier,  Felix,  ingenieur,  Gand. 

*Cambrelin,  A.-L.,  major  d’etat-major,  Louvain. 


LISTE  DES  MEMBRES 


7 


♦CapOuillbt,  Alexis,  proprietaire,  Bruxelles. 

♦Caraman-Chimai  (prince  do),  gouverneur  du  Hainaut,  Mons. 

♦Carez,  Ernest,  ingenieur,  Ixclles. 

Casier  de  IIemptinne,  senateur,  Gand. 

♦Casse,  Joseph,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

♦Castelot,  E.,  Anvers. 

Centner,  Robert,  negociant,  Verviers. 

Centner,  Charles,  negociant,  Dison. 

♦Ciiarbonnier,  Nestor,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

CharrOn,  Louis,  ingenieur,  echevin  des  travaux  publics,  St-Gilles. 

Ciiaudron,  Joseph,  ingenieur  des  mines,  Bruxelles. 

Ch£neux,  Louis,  directeur  de  la  Societe  des  Charbonnages  et  des  Hauts-Fourneaux, 
Ougree. 

♦Chevallier,  Arthur,  chef  de  bureau  au  Bureau  Veritas , Bruxelles. 

Claes,  Laure  (Madame),  nee  Van  Gend.  Lembecq. 

Claes,  Paul,  industriel,  Lembecq. 

Clercx,  Desire,  directeur  de  charbonnages,  Gilly. 

Closset,  administrateur  de  l’usine  Vanden  Brande,  Schaerbeek. 

Collignon,  L.,  docteur  en  medecine,  Ixelles. 

Compagnie  Belge  pour  la  construction  de  machines  et  de  materiel  de  chemin  de  fer , 
Bruxelles. 

♦Compagnie  immobiliere  df.  Belgique,  Bruxelles. 

♦Corr-Vander  Maeren,  Michel,  proprietaire,  Bruxelles. 

Coumont,  R.,  banquier,  a Bruxelles. 

*Couvreur,  Auguste,  membre  de  la  Chambre  des  representants,  Bruxelles. 

♦Creteur,  Louis,  secretaire-general  de  la  Societe  Royale  de  pharmacie,  Bruxelles. 
♦Crocq,  docteur  en  medecine,  membre  de  l’Academie  de  medecine,  Bruxelles. 
Croxenberghs,  Antoine,  avocat,  Hasselt. 


D 


Dailly-Stevens  aine,  negociant,  Anvers. 

♦Dansaert,  J.-Ji,  president  de  la  Socidte  royale  de  Philanthropie,  Bruxelles. 
♦Dansaert,  Antoni,  vice-president  de  la  Societe  protectrice  des  animaux,  Bruxelles. 
♦Dassaert  (Madame  Antoni),  Bruxelles. 

Dansaert,  Chretien,  agent  de  change,  Bruxelles. 

Dapsens,  Alfred,  industriel,  Yvoir. 

♦Dauby,  regisseur  du  Monileur,  Bruxelles. 

David,  P.-Joseph,  commandant  de  la  garde  civiquo,  Anvers. 

David,  John,  armatcur,  Anvers. 

♦Davreux,  docteur  en  medecine,  Lidge. 

♦De  Bal,  Auguste,  ingenieur,  Charleroi. 

♦De  Broux,  Francois,  rentier,  St-Jossc-ten-Noodc. 

♦De  Bruyn,  David-Joseph,  ingenieur  des  ponts-ct-chaussees,  lournai. 


8 


LISTE  DE8  MEMBKE8 


*De  Cazeuave,  Clement,  directeur  des  travaux  publics  de  la  ville  de  Venders. 

De  Cock,  Lucien- Adolphe,  proprietaire,  Molenbeek-St-Jean. 

*De  Coster,  intendant-militaire,  Bruxelles. 

*De  Damseaux,  E.,  vice-president  de  la  Societe  protectrice  des  animaux,  Mons. 

De  Doncker,  Leon,  notaire,  Bruxelles. 

De  Fa  we,  Auguste,  banquier,  Verviers. 

*Defontaine,  Gustave,  ingenieur,  Ougree. 

De  Glimes  de  HollebJique  (comte  de),  L.,  procureur  du  Roi,  Charleroi. 

De  IIemptinne,  A.,  fabricant  de  produits  chimiques,  Bruxelles. 

De  Jager,  Georges,  ingenieur,  Bruxelles. 

*Dejardin,  Adolphe,  capitaine  pensionne  du  genie,  Liege. 

De  Kerchovf.  de  Denterghem  (comte),  Charles,  bourgmestre  de  Gand. 

Delarocue,  directeur-gerant  de  la  Societe  de  Strepy-Bracquegnies. 

*Delecosse,  Hippolyte,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Deleforterie,  Alphonse,  notaire,  Bruxelles. 

Deliege,  Ch.,  docteur  en  medecine,  Schaerbeek. 

Delloye,  Mathieu-Charles,  industriel,  bourgmestre  de  Huy. 

Delloye,  Charles,  banquier,  Mons. 

Delloye-Legramd-Tercelin  et  Ce,  banquiers.Mons. 

Delloye-Tiberghien  et  Ce,  banquiers,  Bruxelles. 

Dei  iLOye,  Emile,  banquier,  Charleroi. 

Delloye,  Jules,  banquier,  Bruxelles. 

*Delpier,  Edouard,  proprietaire,  Wielen-St-Trond. 

*Deluc,  Adolphe,  professeur  de  mathematiques,  Ixelles. 

*Deman,  Eug.,  docteur  en  medecine,  Ixelles. 

De  Mare,  Albert,  consul  de  Hollande  en  Belgique,  Bruxelles. 

*De  Mentew  de  Horne  (chevalier),  membre  du  Conseil  provincial  du  Limbourg,  Hasselt. 
*De  Meyer,  Aug.-Th.,  president  de  la  Societe  royale  de  pharmacie,  Bruxelles. 

De  Moor,  general-major,  commandant  la  2e  brigade  d’artillerie,  Bruxelles. 

De  Moor,  docteur  en  medecine,  Alost, 

*De  Mot,  Emile,  avocat  a la  Cour  de  cassation,  Bruxelles. 

*De  Mot,  J.-A.,  avocat,  Bruxelles. 

*De  Mot,  Charles,  Bruxelles. 

*Dei>aire,  J.-B.,  professeur  a l’Universite,  Bruxelles. 

De  Pauw,  Corneille,  notaire,  Alost. 

De  Pitteurs-Hiegaerts,  Charles,  proprietaire,  Zeperen-St-Trond. 

De  Pitteurs-Hiegaerts  (baron),  Ernest,  Bruxelles. 

*De  Plasse,  L.,  medecin  legiste,  Charleroi. 

Dequanter,  Victor,  directeur  representant  de  la  Societe  des  charbonnages  de  Haine- 
St-Pierre,  Jolimont. 

De  Ronce,  Charles,  industriel,  Bruxelles. 

*Derote,  Ldon,  ingenieur,  Bruxelles. 

*De  Roubaix,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Desart,  Henri-Gm«,  ingenieur  en  chef  des  ponts-et-chaussees,  Bruxelles. 
*Descamps,  Francois,  professeur  k l’Athenee  royal  de  Namur. 

*Deschepper,  Jean-Fr.,  membre  de  la  Societe  royale  des  Sauveteurs  beiges,  Jabbeke. 
De  Sf.lis-Longchamps,  senateur,  Waremme. 


LI8TE  DES  MEMBRE6 


♦Desguin,  Victor,  docteur  en  mddecine,  consciller  provincial,  Anvers. 
Despa-Neujean,  Jean,  fabricant  de  cordes,  Hodimont. 

Despret,  Eugene,  industriel,  Namur. 

Dessigny,  Arsene,  proprietaire,  Ixelles. 

♦Df,  Vergnies,  Adolphe,  directeur  des  finances  de  la  ville  de  Bruxelles. 
Devries,  Guillaume,  directeur  de  charbonnages,  Lambusart(Hainaut). 
Dfavalque,  G.,  docteur  en  medecine  et  sciences,  membre  de  l’Academie  des 
de  Belgique,  professeur  & FUniversite  de  Liege. 

♦Deyvu.de,  P.,  professeur  dechimie,  Bruxelles. 

Dhanis,  Guillaume,  negociant,  Anvers. 

♦Discailles,  Ernest,  professeur  a l’Athenee  royal,  Schaerbeek. 
Dobbelaere-Hulin,  industriel,  Gand. 

Dodemont,  Jules,  banquier,  Huy. 

♦Does,  capitaine  d’infanterie,  Philippeville. 

Doi.ez,  Francois,  senateur,  bourgmestre  de  Mons. 

Dollot,  Emile,  ingenieur,  Anvers. 

D’Orripe,  Ed.-J.,  rentier,  Bruxelles. 

Dorzee,  FranQois,  industriel,  Boussu. 

Drios,  Victor,  proprietaire,  Bruxelles. 

♦Droixhe,  Nestor,  docteur  en  medecine,  Huy. 

♦Dubois,  Anatole,  directeur  de  la  Halle  du  Parc,  Bruxelles. 

♦Dcchaise,  Gustave,  avocat,  Bruxelles. 

♦Dufour,  Auguste-Felix,  capitaine  de  vaisseau,  Ostende. 

Duhaton,  Felix,  industriel,  Bruxelles. 

Dumokceau  de  Bergendael  (comte),  Ferdinand,  Bruxelles. 

♦Dupont,  E.,  directeur  du  Musee  royal  d’histoire  naturelle,  Bruxelles. 

Du  Pre,  Edmond,  proprietaire,  Bruxelles. 

♦Duriau,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Durr,  Emile,  representant  des  acieries  de  Bochum  (Westphalie),  Bruxelles. 
♦Dustin,  J.-J.,  negociant  en  bois,  Bruxelles. 

♦Dcwez,  Victor,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 


E 

*Elkard,  Edouard,  directeur  de  la  Cie  The  Gresham,  Bruxelles. 

♦Euoin,  Felix,  ingenieur,  Bruxelles. 

♦Englebert,  Walter,  directeur  de  charbonnages.  La  Louviere. 

♦Errera,  Jacques,  consul  general  honorairo  d’ltalie  en  Belgique,  Bruxelles. 
*EvRAnD,  Charles,  industriel,  St-Josse-ten-Noode. 

*Eyerman,  Isidore,  conservateur  des  hypotheques,  Anvers. 


F 


Eauvee,  EdmonJ,  proprietaire,  Jemmappes. 


10 


LISTE  DES  MEMBERS 


*Fayn,  Jm  ingenieur,  representant  do  la  Societe  anonyme  pour  la  fabrication  du  gaz, 
Liege. 

*Feigneaux,  A.-E.-L.,  docteur  en'medecine,  Bruxelles. 

*Felix,  Jules,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Fermont,  Jules,  Bruxelles. 

Feron,  Ch.,  avocat,  Bruxelles. 

Fettvveis,  Charles,  industriel,  Verviers. 

Fetu  et  Deliege,  industriels,  Liege. 

*Finet,  Victor,  agent- commercial,  Anvers. 

*Finet,  Louis,  ingenieur,  Quievrain. 

Fortamps,  Frederic,  senateur,  Bruxelles. 

*Fourcallt,  Ferreol,  industriel,  ancien  capitaine  d’etat-major,  Bruxelles. 

Franqcoy,  Joseph,  directeur  de  charbonnages,  Liege. 

Freson,  G.,  directeur-representant  de  la  Societe  de  Grivegnee,  Angleur. 

Fromoxt,  Louis,  inspecteur  general  du  service  de  sante  de  l’armee,  St-Josse-ten- 
Noode. 


G 


*Gailliard,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Gantois,  Omer,  negociant,  Bruxelles. 

*Garcia-Quixtaxa,  J.-A.,  attache  a la  Legation  du  Chili,  Bruxelles. 

Gauchez,  Auguste,  proprietaire,  Bruxelles. 

*Gadthy,  Eugene,  directeur  du  Musee  de  l’Industrie,  Bruxelles. 

Geber,  Maurice,  bijoutier,  Bruxelles. 

^Geelhaxd,  Louis,  president  de  la  Croix-rouge  de  Belgique,  secretaire-general  de  la 
Societe  de  philanthropie  et  de  la  Societe  protectrice  des  animaux,  Bruxelles. 
Genicot,  Alphonse,  dispacheur,  Anvers. 

*Gerick.e  d’Herwynen  (baron),  ministre  des  Pays-Bas  en  Belgique,  Bruxelles. 
Germead,  Frangois,  membre  de  la  deputation  permanente  de  la  province  de  Liege. 
*Giesbers,  J.,  ingenieur,  St-Gilles. 

Gilleaux,  Camille,  industriel,  Charleroi. 

Gilleaux,'  Victor,  industriel,  Charleroi. 

Giroul,  Lucien,  avocat,  Charleroi. 

Godin,  Gerard,  directeur  des  charbonnages  de  l’Esperance,  Seraing. 

Godin,  Eugene,  fabricant,  Bruxelles. 

Godin-Daltrerande,  Leopold,  industriel,  Huy. 

*Goeman,  A.-D.,  Bruxelles. 

Goffin,  Josse,  maitre  de  forges,  Bruxelles. 

*Goret,  Ldopold,  directeur  de  1’Ecolo  industrielle  de  Liege. 

Grandjean,  Julien,  negociant,  Verviers. 

Grandjkan,  L.-A.,  negociant,  Verviers. 

*Gratan,  consul  d’Angleterre  en  Belgique,  Anvers. 

*Greyson,  Emile,  directeur  au  Ministere  de  l’Interieur,  Bruxelles. 


LISTE  DES  MEMBRES 


11 


Giu.we  (comte  do),  Eugene,  proprietaire,  Bruxelles. 
♦Guillery,  Hippolyte,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 
*Giytiier,  Otto,  negociant,  Anvers. 


H 


s 

*IIabets,  Alfred,  ingenieur,  professeur  A l’Ecole  des  Mines,  Liege. 

*Haeck,  Francois,  industriel,  Bruxelles. 

Hayez,  F.,  imprimeur,  rue  de  l’Orangerie,  Bruxelles. 

*Oaebrecq,  Leon,  conseiller  provincial,  bourgmestre  de  Cuesmes. 

II  alot,  Alphonse,  ingenieur,  Bruxelles. 

*IIalot,  Emile,  ingenieur,  Bruxelles. 

*Halot,  Charles,  ingenieur,  Bruxelles. 

*Halot-Cail,  Alexandre,  constructeur,  Bruxelles. 

Hampers,  avocat,  Bruxelles. 

Hajioir,  Leon,  directeur  de  Societes  d’assurances,  Bruxelles. 

*Hans,  Martial,  ingenieur  des  ponts-et-chaussees,  Namur. 

♦Hahsehs,  Victor,  industriel,  Bruxelles. 

*Haryiakt,  E.,  directeur  de  charbonnages , Mont-sur-Marchienne. 

*IIeger,  Paul,  docteur  en  medecine,  professeur  & l’Universite,  Bruxelles. 
*IIeadbicri,  Ernest,  professeur  a l’Universite,  Bruxelles. 

*Uearard,  E.,  inspecteur  du  service  de  sante  au  Ministere  de  l’lntdrieur,  Bruxelles. 
IIesricot,  Emile,  industriel,  Court-Saint-Etienne. 

IIexrioy,  J.-J.,  fabricant,  Verviers. 

♦Hermaht,  Emile,  medecin  de  rdgiment,  Gand. 

*Herpaih,  docteur  en  medecine, ^Bruxelles. 

*IIerremans,  Joseph,  joaillier,  Bruxelles. 

*IlERScnER,  Ernest,  constructeur,  Bruxelles. 

Hecssecx,  Leopold,  ingenieur,  Paturages. 

*IIyeryacx,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

*Hofmay,  ingenieur,  directeur  des  travaux  publics  de  la  ville  de  Gand. 
Holleyfeltz,  Pierre,  bourgmestre  d’Arlon. 

Houget,  Adrien,  rentier,  Verviers. 

*IIym  ays,  H.,  secretaire  de  la  Societe  protectricc  des  animaux,  Bruxelles. 

Hithblet,  Leon,  tresorier  de  la  Societe  Francklin,  Liege. 

Heyter,  John,  courtier  de  navires,  Anvers. 

*IIuyveiiaar,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 


I 


Isaac,  Jules,  bourgmestre  do  Charleroi. 


49 


LISTE  DES  MEMBRES 


J 


Jacques,  Victor,  ingenieur  civil  des  mines,  Seraing. 

Jacques,  Leon,  ingenieur,  Seraing. 

♦Janssens,  Eugene,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

♦Janssens,  Julien,  inspecteur-general  au  Ministere  des  Travaux  publics,  Bruxelles, 
♦Janssens,  Auguste,  medecin  de  regiment,  Liege. 

Jenatzy-Leleux,  fabricant  de  caoutchouc,  Schaerbeek. 

♦Jette,  Edgard,  conseiller  communal  a Molenbeek-St-Jean. 

Joostens,  Joseph,  president  du  Tribunal  de  Commerce,  Anvers. 

♦Jottrand,  Fritz,  docteur  en  medecine,  St-Josse-ten-Noode. 

♦Jourez,  Maurice,  avocat,  Bruxelles. 

Joveneau,  Arthur,  fabricant  de  chocolat,  Tournai. 

Jowa,  Jean-Fran§ois,  industriel,  Liege. 


K 


Kamp,  Guillaume,  ingenieur,  Seraing. 

♦Kervand,  Henri,  proprietaire,  Bruxelles. 

♦Kindt,  inspecteur-general  au  Ministere  de  l’interieur,  Bruxelles. 

♦Kislanski  (de),  ingenieur,  St-Petersbourg  et  Bruxelles. 

♦Kops,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

*KuBORN,Hyppolite,pharmacien,  professeur  d’hygiene&l’Ecole  industrielle  de  Serain 
*Kuborn,  Hyacinthe,  docteur  en  medecine,  Seraing. 


L 


Lalouverie,  J.,  directeur  de  la  Compagnie  liegeoise  de  navigation,  Liege. 
♦Lagasse,  Abel,  conseiller  communal,  Nivelles. 

♦Lahaye,  Celestin,  avocat,  St-Josse-ten-Noode. 

♦Lambert,  Leon,  banquier,  Bruxelles. 

♦Lambotte-Ooucet,  juge  au  Tribunal  de  Commerce  de  Bruxelles. 
♦Langlois,  Jacques,  negociant,  Anvers. 

♦Laporte,  Leopold,  directeur  de  charbonnages,  Flenu. 

♦Laurent,  Oger,  directeur  d’ecolo  moyenne  libre,  St-Gilles. 

♦Lavise,  Remy,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

♦Lebon,  L.,  homme  de  lettres,  Bruxelles. 


LISTE  DES  MEMBRES 


*Lechein,  industriel,  Bruxelles. 

Leclercq,  Gustave,  ingenieur  en  chef  des  ponts-et-chaussees,  Arlon. 
*Leclercq,  Alphonse,  docteurcn  medecine,  Bruxelles. 

*Ledeganck,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Ledent,  M.,  directeur  de  charbonnages,  Jemeppe. 

*Lefebure,  Julien,  industriel,  Bruxelles. 

Lefebvre-Rose,  industriel,  Tournai. 

*Lefort,  Charles,  fabricant,  Yerviers. 

Legraxd,  Paul,  banquier,  Mons. 

*Legrand,  Charles,  ingenieur,  Namur. 

Le  IIardy  de  Beaulieu,  membre  de  la  Chambre  des  representanls,  Bruxelles. 
*Lejelne,  Henri-Yincent,  fabricant, Dison. 

*Lejeune,  Charles,  agent  d’assurances  et  dispacheur,  Anvers. 

Leli£vre,  Alexandre,  president  de  la  Cour  d’appel,  Gand. 

Belong,  medecin  de  S.  A.  R.  le  comte  de  Flandre,  Bruxelles. 

Le  Lorrain,  Claude,  negociant,  Bruxelles. 

Lemaire,  Gustave,  redacteur  de  YEtoile  Beige,  Bruxelles. 

Lemhe,  Louis,  negociant,  Anvers. 

Lentz,  Pierre,  directeur  general  au  Ministere  de  la  Justice,  Bruxelles. 
Lepourcq,  Jean- Jacques,  directeur  de  charbonnages,  Vossem-lez-Liege. 
*Lequime,  J.-E., president  dela  Commission medicale  du  Brabant,  Bruxelles. 
Levisok,  Desire,  echevin,  Gand. 

*Leyise>-Hoegaerts,  J.,  industriel,  Peer. 

Liagre,  general-major,  directeur  de  PEcole  militaire,  Ixelles. 

*Lies,  Henri,  directeur  de  papeterie,  Bruxelles. 

:|,Ligour,  Charles,  greffier  adjoint  au  Tribunal  de  lre  instance,  Bruxelles. 

*Lin03i,  Victor,  banquier,  Verviers. 

*Lixoj,  directeur-gerant  de  la  Societe  des  charbonnages  de  Herve-Wergefosse. 
*Lobet,  Arnold,  industriel,  Verviers. 


in 


*Mabille,  Valere,  maitre  de  forges,  Morlanwelz. 

Maiiaux,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Maly,  Jules,  industriel,  Verviers. 

*Martha,  Edouard,  notaire,  Bruxelles. 

*Martis,  Emile,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

"Martin,  Louis,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

*Maryssael,  echevin  de  la  ville  d’Ostendq. 

*Maswie»s,  Auguste,  negociant  en  vins,  Bruxelles. 

*Matthieu,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Maus,  Henri,  industriel,  Bruxelles. 

*Meecs,  Jules,  administrateur-gerant  du  Monitcur  Industriel  beige,  Bruxelles. 
M ei.laerts,  Alfred,  industriel,  St-Trond. 


14 


LISTE  DE8  MEMBRES 


*Melsens,  Louis,  membre  de  l’Academio  royale  des  sciences,  Bruxelles. 

*Merciiie,R.,  inspecteur  general  du  service  do  sante  de  l’armee,  Saventhem. 

*Mercier,  docteur  en  medecine,  membre  de  la  deputation  permanente  du  Brabant, 
Bruxelles. 

*Mercier,  Alfred,  industriel,  secretaire-general  de  l’Exposition  de  1876,  Bruxelles. 
Mestdagii,  Charles,  consul  de  Perse  et  de  la  Republique  de  Honduras,  Gand. 
*Meulemans,  consul  general  des  Etats-Unis  de  Venezuela,  Bruxelles. 

*Micha,  Alfred,  avocat,  Liege. 

*Michiels,  Charles,  conseiller  provincial,  Anvers. 

*Migwot,  Eugene,  president  de  la  Federation  beige  de  gymnastique,  Bruxelles. 
*MiGisOT,Firmin,  industriel,  Bruxelles. 

Mommaerts,  L.,  echevin,  Bruxelles. 

Monoyer,  Jules,  directeurde  charbonnages,  Liege. 

*Mobtefiore-Levi;  Georges,  ingenieur,  Bruxelles. 

Moons,  Florent,  rentier,  Anvers. 

*Moreau,  J.,  ingenieur  agricole,  Louvain. 

*Mottard,  Gustave,  echevin,  Liege. 

*Mullendorf,  industriel,  Verviers. 


I V 


IVagelmackers,  Georges,  ingenieur  civil,  Liege. 

IVagelmackers-Orban,  banquier,  Liege. 

Nagels,  bourgmestre  de  Hasselt. 

*Narens,  Desire,  vice-president  delaBanque  populaire’de  Charleroi. 

*Neissen,  Auguste,  avocat,  Bruxelles. 

*Nelis,  Guillaume,  proprietaire,  Bruxelles. 

*Nelis,  L.,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Neuville,  P.-D.,  directeur  de  charbonnages,  Flemalle. 

Niellon,  Alexandre,  vice-president  du  comite  sectionnaire  de  la  Croix-rouge  pour 
Molenbeek-St-Jean. 

Nimal,  Louis,  directeur-representant  de  la  Societe  des  charbonnages  de  Monceau- 
Fontaine,  Monceau-sur-Sambre. 

Goblet,  Albert,  ingenieur  civil,  Liege. 

Nollet,  Charles,  docteur  en  medecine,  Ixolles. 

Notteboum,  Auguste,  negotiant,  Anvers. 

*Novent,  Eugene,  professeur,  Verviers. 


o 


Orban,  Ernest,  proprietaire,  Liege. 
Orban-Lamarciie,  industriel,  Liege. 


LISTE  DES  MEMBRES 
Osterriethj  E.,  negociant,  Anvers. 

*Ocdart,  inspecteur-general  des  etablissements  do  bionfhisance,  Bruxelles. 


P 


*Pagsy,  J.,  industriel,  Saventhem. 

Parekt-Colmaxt,  Emmanuel,  proprietaire,  Wasmes. 

*Paul,  A.,  docleur  en  medecine  et  sciences  naturelles,  Namur. 

Pauli,  A.,  ingenieur,  Gand. 

Pecuer,  Charles,  consul  general  de  Belgique  k Buenos-Ayres,  Anvers. 
Peltzer,  Oscar,  proprietaire,  Venders. 

Peltzer,  Edouard,  industriel,  Verviers. 

Peltzer,  Henri,  bourgmestre  de  Spa. 

Pexy,  Edmond,  ingenieur,  Mariemont. 

*Pepikster,  Pierre-Joseph,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

*Petermahh,  A.,  professeur  k l’lnstitut  agricole  de  Gembloux. 

*Petit,  H.-J.,  fabricant  de  machines  h coudre,  Bruxelles. 

*Picard,  Albert,  avocat,  president  du  Conseil  provincial  du  Brabant,  Bruxelles. 
*Pilloy,  capitaine  d’etat-major,  Bruxelles. 

*Piret-Goodman,  industriel,  Braine-l’Alleud. 


R 


*Raf.ymaerers,  Edouard,  avocat  pres  la  Cour  d’appel,  Bruxelles. 

*Rau,  William,  proprietaire, Bruxelles. 

■Rexard,  Bruno,  lieutenant-general,  president  de  l’Exposition  et  du  Congres,  Bruxelles. 
*R  emson,  Francois-Marie,  commis  des  postes,  Liege. 

*Rittweger,  Leon,  ingenieur,  Bruxelles. 

*Rochedieu,  Emile,  pasteur  protestant,  Bruxelles. 

^Rogier,  Charles,  membre  de  laChambre  des  representants,  St-Josse-ten-Noode. 

Roi  .is,  industriel,  Braine-le-Comte. 

*Rolly-Jacoukmyns,  secretaire-general  de  l’lnstitut  du  droit  international,  Gand. 

* Romberg,  Edouard,  directeur  general  honoraire  au  Ministere  de  l’Interieur,  Bruxelles. 
*Rommelaere,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

*Rommelaerf.,  Leonce,  professeur  au  Musee  de  l’Industrie,  Bruxelles. 

Roussel,  architecte,  Bruxelles. 


s 


Sabatier,  Gustave-Charlos,  membre  de  la  Chambro  des  representants,  Bruxelles. 
Sadoixe,  E , directour-representant  de  la  Societo  ( ockerill,  Seram, tr. 


16 


LISTE  DES  MEMBRES 


*Schoenfeld,  H.,  docteur  on  medecine,  Bruxelles. 

Seidel-Fesinger,  Bernard. 

*Serta,  Gustave-Nicolas,  ingenieur,  chef  de  station,  Tirlemont. 

*Seutin,  E.-U.,  pharmacien,  Bruxelles. 

*Sigabd,  Florent,  avocat,  Bruxelles. 

Sils-Duez,  Henri, proprietaire,  Anvers. 

Simosis,  Louis,  industriel,  Verviers. 

Smits,  Eugene,  directeur-general  de  la  Societe  de  Couillet,  Couillet. 

*Snoeck,  Jules-Joseph,  proprietaire,  Bruxelles. 

Snoy  (baron),  Charles,  ancien  membre  de  la  Chambre  des  representants,  Bruxelles. 

Societe  des  charbonnages  du  bois-du-luc,  Houdeng. 

Societe  Generale  pour  favoriser  l’industrie  nationale,  Bruxelles. 

Societe  de  la  Vieille-Montagne,  Angleur. 

Societe  anonyme  John  Cockerill,  Seraing. 

Societe  anonyme  des  Produits  du  Flenu,  Flenu. 

Societe  royale  et  centrale  des  Sauveteurs  de  belgique,  Bruxelles. 

*Solvay,  Ernest,  industriel,  Bruxelles. 

Solvyns,  Leon,  proprietaire,  Anvers. 

*Somarco,  Charles,  ingenieur  civil,  Bruxelles. 

Somzee,  Leon,  ingenieur,  Schaerbeek. 

*Souheur,  Arnold,  directeur  de  charbonnages,  Seraing. 

*Soyer,  Jules,  lieutenant-colonel  du  genie,  Bruxelles. 

*Stein,  Emile,  ingenieur,  Bruxelles. 

*Stienon,  Leon,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Stevart,  A.,  directeur  des  ateliers  de  la  Meuse,  Liege. 

*Stevens,  J.,  inspecteur  general  des  prisons,  Bruxelles. 

*Systermahs,  Oscar,  industriel,  Bruxelles. 


T 


Tassoh,  Felix,  entrepreneur,  Bruxelles. 

*Tassosi,  Joseph,  entrepreneur,  Bruxelles. 

Tercelin-Monjot,  Victor,  senateur,  Mons. 

Texier  de  la  Pommeraye,  ingenieur,  Bruxelles. 

Thierry,  Felix,  negotiant,  Verviers. 

*TniRiARD,  Jules,  docteur  en  medecine,  Ixelles. 

Thirion,  Charles,  architecte,  Verviers. 

Thomas,  Em.-Jules,  ingenieur,  Bruxelles. 

*Tonnelier,  L.,  directeur  de  la  Compagnie  generate  du  touage  de  Belgique, 
Molenbeek-St-Jean. 

*Trappe?iiers,  A.,  architecte,  Bruxelles. 

*Trf.mouroux,  Nestor,  industriel,  Bruxelles. 

*T\Sersteve!«s,  Leon,  proprietaire,  ancien  membre  de  la  Chambre  des  representants, 
Bruxelles. 


LISTE  DES  MEMBRES 


17 


D 


UNION  DES  CHARBONNAGES,  MINES  ET  USINES  METALLURGIQUES,  Liege. 


V 


Van  Aelbroeck,  A.,  ingenieur  en  chef  au  Chemin  de  fer  de  l’Etat,  Bruxelles. 

Wan  Becelaere,  Emile,  commissaire  d’arrondissement,  Bruxelles. 

Was  Bombergen,  William,  assureur,  Anvers. 

Van  Dam,  Emile,  notaire,  Senelfe. 

Wan  Dammb,  Adolphe,  agent  de  change,  Bruxelles. 

Van  den  Beken,  Theodore,  Bruxelles. 

Van  denCorput,  B.-E.,  docteur  en  medecine,  professeur  k l’Universite  de  Bruxelles. 
Wanden  Schrick,  docteur  en  medecine,  conseiller  provincial,  Hal. 

Vander  Burght,  Francois,  notaire,  Vilvorde. 

Wan  der  Camer,  Adrien,  proprietaire,  Bruxelles. 

Vanderkelen,  Leopold,  bourgmestre  de  Louvain. 

*Vander  Kindere,  Leon,  professeur  k l’Universite  de  Bruxelles. 

Wander  Linden,  Edouard,  avocat,  Bruxelles. 

Vanderstock,  Gustave,  professeur  k l’Ecole  normale  de  Bruxelles. 
Wanderstraeten-Ponthoz,  Francois,  proprietaire,  Bruxelles. 

Wander  VVallede  Fernig,  directeur  au  Ministere  de  la  Justice,  Bruxelles. 

Vande  Vin,  Ferdinand,  directeur  k la  Banque  de  Belgique,  Bruxelles. 

Wande  Vyvere,  pharmacien,  Bruxelles. 

Wan  Gilse,  Bruxelles.'  / 

'Van  Hael^n,  Frangois,  proprietaire,  Schaerbeek. 

Wan  Hasselt  (Madame),  A.,  presidente  des  Hospitaliers  de  St-Josse,  Bruxelles. 

Van  IIoegaerden,  Victor,  directeur  &la  Banque  nationale,  Bruxelles. 

'Van  Holsbeck,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Wan  IIoorde,  Louis,  avoue,  Bruxelles. 

Van  IIoorde,  Paul,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

'Van  Kerm,  Henri,  chef  de  bureau  au  Ministere  de  l’lnterieur,  Bruxelles. 

'Van  IVIierlo,  Charles,  ingenieur  de  la  ville  de  Bruxelles. 

Van  Mons,  Michel,  avocat,  Bruxelles. 

'Van  IVedss,  Hubert,  directeur  au  Ministere  des  Finances,  Ixollos. 

*Vasnespennes,  J.,  homme  de  lettres,  Charleroi. 

'Van  Ote,  Albert,  industriel,  Bruxelles. 

'Van  pEnoRcn,  Edouard,  dispacheur,  conseiller  communal,  Anvers. 

'Van  Hot,  inspecteur  general  veterinairc  de  l’armee  beige,  Bruxelles. 

Van  Scherpenzel-Thim,  A.,  directeur  do  la  Socicto  do  la  Vieille-Montagno, 
Hollogno-aux-Pierres. 


2 


-18 


LISTE  DE8  MEMBRES 


Van  Volxem,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Van  Volxem,  Jules,  bourgmestre,  Laelcen. 

*Van  Volxem,  P.-H.,  proprietaire,  Bruxelles. 

Van  Volxem,  Alfred,  proprietaire,  Bruxelles. 

*Van  Wayenberg,  constructeur-mecanicien,  Ath. 

*Verboeckoven,  E.-B.,  industriel,  juge  au  Tribunal  de  Commerce  de  Bruxelles. 
*Verdin,  Louis,  echevin,  Liege. 

*Vergote,  directeur  general  au  Ministere  de  l’lnterieur,  Bruxelles. 

Veruaest,  directeur  au  Ministere  des  Affaires  etrangeres,  Bruxelles. 

*Veriioeven  de  Gregoire,  Frangois-Joseph,  proprietaire,  Bruxelles. 

*Veriujlst,  Ferd.,  capitaine  commandant  la  batterie  de  la  garde  civique  de  Gand. 
Verstraeten-Demeurs,  courtier  de  na vires  et  d'assurances,  Bruxelles, 
*Vertongen-Goens,  fabricantde  cables,  Termonde. 

*Vervoort,  D.,  batonnier  de  l’Ordre  des  avocats,  ancien  president  de  la  Chambre  des 
representants,  Bruxelles. 

*Viehoff,  Charles-Georges,  ingenieur,  Bruxelles. 


w 


Washer,  Gustave,  industriel,  Bruxelles. 

*Wayez,  Achille,  bourgmestre,  Braine-FAlleud. 

*Weiler,  Julien,  ingenieur,  Morlanwelz. 

*Weverbergh,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

Wiener,  S.,  avocat,  Bruxelles. 

*Willems,  Henri,  ingenieur,  Hal. 

* YV illeme,  Ferdinand,  docteur  en  medecine,  Mons. 

Wimmer,  G.,  medecin  de  S.  M.  le  Roi  des  Beiges,  Bruxelles. 


Y 


*Yseux,  Emile,  docteur  en  medecine,  Bruxelles. 

z 


*Zimmer,  professeur  a FUniversite  de  Bruxelles. 


MEMBRES  ETR ANGERS 


(EFFECTIFS  ET  ADHERENTS) 


S.  A.  R.  le  Grand-Due  her^ditaire  de  Saxe-Weimar. 

S.  A.  R.  la  Grande-Duchesse  h6reditaire  de  Saxe-Weimar. 


A 


Agache,  Edmond,  manufacturier,  membre  de  la  Chambre  de  Commerce,  Lille. 

*Aird,  Alexandre,  fabricant,  Berlin. 

*Alessandro  (d5),  rentier,  Paris. 

*Ali-Cohen,  L.,  docteur  en  medecine,  inspecteur  pour  les  affaires  sanitaires  en  Frise 
et  Groningue,  Amsterdam. 

*Ali,ard,  architecte-expert,  membre  de  la  commission  deslogements  insalubres,  Paris. 
Andre,  Edouard,  proprietaire,  Paris. 

*Andreeff,  professeur,  conseiller  actuel  d’Etat,  St-Petersbourg. 

*Appia,  Louis,  docteur  en  medecine,  membre  du  Comite  international  de  la  Croix- 
Rouge,  Geneve.  ' 

*Ariel,  docteur  en  medecine,  Grenzach-lez-Basel. 

*Aronsteih,  Auguste,  Steele-sur-Riihr. 

* Association  des  Societespubliques  d’assurances  centre  l’incendie  en  Allemagne, Berlin. 
Association  allemande  des  femmes  patriotes,  Berlin. 

^Andersen,  ingenieur,  Christiania. 


B 

*Baarf.,  industriel,  Bochum  (Wostphalie). 

Baeschlui,  H.-Th.,  directeur  de  la  fabrique  internationalc  d’objets  do  pansement, 
SchafTliouse. 

Baggio,  docteur  en  medecine,  Lille. 

*Baillecx,  manufacturier,  Lille. 

Bamberger,  Henri,  proprietaire,  Paris. 


20 


LISTE  DES  MEMBRES 


Barrois,  G.,  manufacturer,  Lille. 

Barrois,  Th.,  manufacturier,  Lille. 

Bauduin,  consul,  La  Haye. 

*Bauduin,  medecin  de  garnison,  La  Haye. 

Beaufort  (comte  de),  secretaire-general  de  la  Societe  de  secours  aux  blesses,  Paris. 
*Becker,  Hermann,  doctcuren  droit,  premier  bourgmestre  de  Cologne. 

Becuard,  secretaire  perpetuel  de  PAcademie  de  medecine,  Paris. 

*Bergmann,  professeur  a PUniversite  d’Upsal  (Suede). 

Berthenson,  docteur  en  medecine,  conseiller  actuel  d’Etat,  St-Petersbourg. 
*Berthier,  ancien  president  du  Tribunal  de  Commerce  de  la  Seine,  Paris. 
*Bertillon,  docteur  en  medecine,  membre  de  PAcademie  de  medecine  de  Bruxelles, 
Paris. 

Betzier,  Alfred-Charles-Gaston,  ancien  pair  de  France,  membre  du  Conseil  des  blesses 
militaires,  Paris. 

*Beneke,  Fr.-W.-N.,  professeur  de  medecine,  Marbourg  (Hesse). 

*Beyer,  medecin  militaire  superieur,  Dresde. 

*Beyer,  conseiller  de  medecine,  Dusseldorf. 

*Bignami-Sormani,  Emile,  ingenieur,  secretaire  du  College  des  ingenieurs  et  archi- 
tectes  de  Milan,  Milan. 

Bilange,  Raphael,  ingenieur  de  la  Societe  generale  d’epuration  et  d’assainissement  des 
villes,  Paris. 

*Billaudeau,  Hippolyte,  docteur  en  medecine,  Soissons. 

*Bischoff,  Gustave,  Londres. 

BiscnoFFSHEiM,  Raphael,  proprietaire,  Paris. 

*Bocca,  proprietaire,  Valenciennes. 

*Bock.h,  conseiller  de  Regence,  directeur  du  Bureau  de  statistique  de  Berlin. 
*Bodart,  secretaire-general  de  la  Societe  protectrice  de  PEnfanee  (Indre-et-Loire), 
Tours. 

*Boerner,  medecin  militaire  superieur,  Berlin. 

*Bohmert,  Victor,  directeur  du  Bureau  de  statistique  de  Dresde,  Dresde. 

*Borum,  ingenieur,  Copenhague. 

*Bouchut,  docteur  en  medecine,  Paris. 

Bourlers,  Diiren. 

Bouvard,  architecte,  Paris. 

*Brastzeiy,  F.-L.,  capitaine  de  fregate,  Amsterdam. 

*Broch,  O.-J.,  docteur  en  medecine,  professeur  h PUniversite  de  Christiania. 
*Brochard,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*Bucquet,  docteur  en  medecine,  Paris. 

Bund,  Willis,  vice-president  du  Conseil  de  la  peche  de  la  Severn,  professeur,  Londres. 
*Burgess,  Ch.-John,  secretaire  de  la  Societe  anglaise  de  secours  aux  militaires  blesses, 
Londres. 


C 


Cahen  (d’Anvers),  Louis-Raphael,  banquier,  Paris. 
*Carreras  y Gonzales,  Mariano,  deputd  aux  Cortes,  Madrid. 


LISTE  DES  MEMBRES 


21 


♦Carsten,  Petersen,  inspecteur  de  police,  Copenhague. 

♦Castaneda  (de),  G.-M.,  journaliste,  Paris. 

♦Castiglioni,  Pierre,  docteur  en  medecine,  professeur,  Rome. 

♦Castro  t SERRANO(de),  Jose,  homme  de  lettres,  Madrid. 

Catel-Beghin,  maire  de  Lille. 

♦Cercle  des  Masons,  Paris. 

♦Chadwick,  Edwin,  ancien  president  du  Bureau  d’hygiene  de  Londres,  Londres. 

Chaix,  A.,  imprimeur-editeur,  Paris. 

Chapman,  Henry,  ingenieur,  Londres  et  Bruxelles. 

CnAUMOST  (de),  docteur  en  medecine,  Londres. 

♦Choter  (S.  E.  le  comte),  ministre  d’Autriche-Hongrie  en  Belgique,  Bruxelles. 
♦Cieszkowski  (comte),  membre  de  l’Academie  des  sciences  de  Cracovie,  Posen. 

♦Clacs,  B.,  docteur  en  medecine,  Elberfeld. 

♦Coene  (de),  ingenieur,  Paris. 

♦Cold,  docteur  en  medecine,  Copenhague. 

Comite  central  des  societes  allemandes  de  secours  aux  militaires  blesses  ou  malades 
en  campagne,  Berlin. 

Comite  hessois  de  secours  aux  militaires  blesses  ou  malades  en  campagne,  Darmstadt. 
♦Cooke,  membre  de  la  Societe  royale  et  nationale  pour  la  protection  de  la  vie  humaine 
contre  l’incendie,  Londres. 

Corroyer,  docteur  en  medecine,  Paris. 

♦Cosset,  fabricant,  Lille. 

♦Couttolenc,  docteur  en  medecine,  Paris. 

♦Credit  Viager,  Compagnie  d'assurances  sur  la  vie, Paris. 

♦Crookes,  membre  de  la  Societe  royale,  Londres. 

♦Crone,  chef  de  la  police,  Copenhague. 

Ccicnet,  medecin  en  chef  de  l’hopital  de  Lille. 


D 


♦Dally,  docteur  en  medecine,  Paris. 

♦Danel,  president  de  la  Socidtd  de  secours  mutuels  des  typographes,  Lille. 

*Dauve,  docteur  en  medecine,  Paris. 

♦Davis,  homme  de  lettres,  Londres. 

*De  Hardenbroek  de  Bergambracht  (baron),  colonel  de  lagardc-civique,  Amsterdam. 
*De  Keyser,  Polydore,  proprietaire,  Londres. 

De  Lavalette,  A.,  directeur  du  journal  1 ’ Economic  rur ale,  Paris. 

*De  Malarce,  J.-A.-C.,  secretaire  perpetuel  de  la  Societe  de  bienfaisance  de  Paris. 

De  Mostaigslic  (marquis),  contre-amiral,  senateur,  Paris. 

Den  Tex,  membre  de  la  promierc  Chambre  des  Etats  generaux,  bourgmestre 
d’Amsterdam. 

De  Riajicol'rt  (comte),  Paris. 

♦Descamps,  Ange,  manufacturier,  Lille. 

*Despaijlx-Ader , docteur  en  medecine,  Paris. 

*De  Suzor,  P.,  architocte  de  la  villo  de  St-Petersbourg. 


24 


LISTE  DES  MEMBREB 


II 


*Haagm,  Auguste- Jacques,  proprietaire,  Amsterdam. 

*IIaar,  medecin-major  de  l’armee  suddoise,  Stockholm. 

Hache,  Gustave,  premier  bourgmestre  d’Essen. 

Haros,  ingenieur,  Jonkoping. 

*Hardouin,  conseiller  k la  Cour  d’appel  de  Douai. 

*Harze,  Raoul,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*IIardwicke,  docteur  en  medecine,  coroner  pour  le  Middlesex  (Grande-Bretagne). 
Hartung,  directeur  de  la  succursale  de  la  Banque  de  France  k Lille. 

*Hasslacher,  directeur  de  mines,  Saint- Jean-sur-Sarre. 

*Havard,  J.-L.,  vice-President  du  Syndicat  general  de  l’Union  nationale  du  commerce 
et  de  l’industrie,  Vincennes-Paris. 

*Heilman,  docteur  en  medecine,  Crefeld. 

*Heihe,  Karl,  docteur  en  medecine,  professeur  de  chirurgie,  Prague. 

Helen,  Joseph,  medecin  d’arrondissement,  Bude-Pesth. 

*Hethey,  Steele-sur-Riihr. 

*Heyfelder,  docteur  en  medecine,  St-Petersbourg. 

*Hirsch,  conseiller  intime  de  medecine,  Berlin. 

*Hirt,  Louis,  professeur  k FUniversite  de  Breslau. 

*Hobrecht,  architecte,  Berlin. 

*Hodgson-Pratt,  rentier,  Londres. 

*Hoeber,  docteur,  Bade-sous-Hambourg. 

*Hoffmahn,  conseiller  intime  de  santd,  Glogau. 

*Holne,  docteur  en  medecine,  Copenhague. 

*Hobze  de  l’Aulnoit,  Alfred,  docteur  en  medecine,  professeur  k la  Faculte  de  Lille. 
Houze  de  l’Aclsoit,  Aime,  administrateur  des  hospices  civils  de  Lille. 

^Howard,  docteur  en  medecine,  New-York. 

*Hoyer,  N.,  docteur  en  droit,  membre  du  Comite  allemand  de  secours  aux  militaires 
blesses,  Oldenburg. 

Hubner,  Jules,  docteur  en  mddecine,  St-Petersbourg. 

*Hdbrecht,  P.-F.,  docteur  en  droit,  secretaire-general  duMinistere  de  l’lnterieur  des 
Pays-Bas,  La  Haye. 

*Huet,  ingenieur  civil,  Delft. 

*Huguet,  Antoine-Bernard-Hilarion,  docteur  en  medecine,  Paris. 

^Humbert,  Aime,  ancienministre  plenipotentiaire,  professeur,  Neuchatel  (Suisse). 
*Htmans,  membre  du  Conseil  municipal,  Rotterdam. 


*Jager,  J.-G., notaire,  Amsterdam. 
Janirousri,  docteur  en  medecine,  Cracovie. 


LISTE  DES  MEMBRES 


2S 


*Jesehs,  B.,  inspocteur  des  fabriques,  Copenhaguo. 

*Jesseji  (de)3  Ch.,  chambellan  do  S.  M.  lc  Roi  de  Danomark,  bourgmestre  dc  Copen- 
hague. 

*Jociiimse?i,  Theodore-Christian,  ingenieur,  Odcnseo  (Danemark). 

*Joly,  Charles,  vice-president  de  la  Societe  centrale  d’horticulture  de  France,  Paris. 

+ 

K 


*Kaah,  Jules,  inspecteur  central  de  la  Societe  autrichienne  des  Chemins  de  fer  del’Etat, 
Vienne. 

*Karajay  (chevalier  de),  chef  des  affaires  sanitaires  de  la  Basse-Autriche,  Vienne. 
*Rayser,  Chretien,  ingenieur,  Stuttgart. 

Keller,  docteuren  medecine,  Paris. 

*Kessler,  conseiller  intime  de  medecine,  Magdebourg. 

*Rmd,  conseiller  intime  de  Regence,  Berlin. 

*Kluger,  A.,  chimiste  de  la  municipality  de  Stuttgart. 

Khud-Graah,  directeur  de  Chemins  de  fer,  Christiania. 

*Kiwdseh,  bourgmestre,  conseiller  d’Etat,  Copenhague. 

*Kobke,  colonel  de  l’armee  danoise,  Copenhague. 

*Kokhowsky,  general-major  de  l’armee  russe,  St-Petersbourg. 

Kracss  (baron),  conseiller  imperial  et  royal  aulique,  Vienne. 

*Krebs,  Fr. -Christian,  Odensee  (Danemark). 

*Rrishaber,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*Ruhs,  docteur  en  medecine,  Moringen. 

RtJHLHAHn  pere,  president  de  la  Societe  industrielle  de  Lille,  correepondant  de  l’lnstitut 
de  France,  Lille. 

Kchlmanr  fils,  chimiste,  Lille. 

*Rullberg,  A.-J.,  docteur  en  medecine,  Gothembourg. 

*Kupper,  conseiller  de  sante,  medecin  cantonal,  St-Jean-s/Sarre. 


L 

*Lakgb,  docteur  en  medecine,  Copenhague. 

*Lasger  dk  Lahiysperg,  docteur  en  medecine,  secretaire  du  service  sanitairc  de  l’Ordre 
de  Malte,  Vienne. 

*Losqdety  aine,  president  de  la  Societe  des  naufrages  de  Boulogne-sur-Mcr. 

Lasorejiko,  docteuren  medecine,  Geneve. 

*Laussedat,  Louis,  docteur  en  medecine,  depute  de  l’Allier,  Paris. 

*Lemaire,  F.,  Fredericia  (Danemark). 

*Lest,  docteur  en  medecine,  secretaire  de  la  Societe  du  Bas-Rhin  pour  1 hygiene 
publique,  Cologne. 

*LELTnOLD,  professeur,  medecin  militaire  superieur,  Berlin. 

*LiEBREicn,  docteur  en  medecine,  directeur  de  l’lnstitut  pharmacologiquo  otphysiolo- 
gique  de  Berlin. 


26 


LISTE  DES  MEMBRE8 


*Liernbr,  Charles,  ancien  capitaine  du  genie,  Francfort-s/Mein. 

Lindley,  W.,  ingenieur  en  chef  do  la  canalisation  de  Francfort- s/Mein. 

Lindley,  W.-H.,  ingenieur  civil,  Francfort-s/Mein. 

*Liouville,  docteur  en  medecine,  depute  de  la  Meuse,  Paris, 

^Lombard,  Franck,  banquier,  Geneve. 

Lokcke,  E.,  proprietaire,  Lille. 

*Longiiaye,  Auguste,  membre  de  la  Chambre  do  commerce  de  Lille.  • 

Loransky,  ingenieur  des  mines,  St-Petersbourg. 

Lorent,  Edouard,  docteur  en  medecine,  Breme. 

Loyer,  manufacturier,  Lille. 

*Lucas,  Ch.,  architecte,  Paris. 

*Lccas,  Achille,- architecte,  Paris. 

*Lvoff,  secretaire  de  la  Societe  imperiale  polytechnique  de  Russie,  St-Petersbourg. 
*Lyth,  G.-W.,  commissaire  suedois  presde  l’Exposition,  Stockholm. 

11 


*Mackay  (baron),  D.-J.,  docteur  en  droit,  depute,  La  Haye. 

*Manouvriez  fils,  A.,  docteur  en  medecine,  membre  de  la  Societe  de  medecine  du 
Nord,  Valenciennes. 

*Marbeau,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*Mariam,  Leon,  docteur  en  sciences,  ingenieur  civil,  membre  de  l’Association 
geodesique  nationale  d’ltalie,  Verone. 

*Marjole\,  Rene,  chirurgien  honoraire  des  hopitaux  de  Paris  . 

*Marquart,  Bruno,  docteur  en  medecine,  president  de  la  Societe  protectrice  des 
animaux,  Dresde. 

*Marte*,  Andre,  correspondant  du  Phare  de  la  Loire,  Paris. 

*Matheliiv,  capitaine  ingenieur  des  sapeurs-p’ompiers,  Lille. 

*Maydele  (S.  E.  le  baron),  docteur  en  medecine,  conseiller  prive  de  S.  M.  l’Empereur 
de  Russie,  St-Petersbourg. 

Mayer-Cahen  d’Anvers,  proprietaire,  Paris. 

*Mayweg,  docteur  en  medecine,  Hagen  (Westphalie). 

*Mazzoni,  Constanzo,  professeur  de  clinique  chirurgicale,  Rome. 

Melvjl  de  Carbibee,  Robert,  ancien  officier  de  marine,  La  Haye. 

*Mettenheimer,  conseiller  intime  de  medecine,  Schwerin. 

*Metzler,  Nicolas,  docteur  en  medecine,  Esch-s/-Alzett. 

Mecnier,  Valery,  docteur  en  medecine,  Pau. 

*Meyer.  H.-A.  docteur  en  medecine,  Kiel. 

*>Ieyer,  conseiller  intime  de  commerce,  Harbourg. 

Michaelis,  medecin  militaire,  Arad  (Hongrie). 

*Miele,  ingenieur,  Paris. 

*Millet,  ancien  inspectcur  des  eaux  etforets,  secretaire  general  de  la  Societe  protec- 
trice des  animaux,  Paris. 

Mniszecii  (comte),  Leon,  proprietaire,  Paris. 

Morpergo  (baron),  Joseph,  consul  general  de  Belgique  a Trieste. 


LISTE  DES  MEMBRES 


27 


Mother,  Gustave,  president  du  Comite  international  de  la  Croix  Rouge,  Geneve, 
medecin-major  de  la  marine,  St-Petersbourg. 

N 


*1Vacheiucs,  industriel,  Amsterdam. 

*j\aetzel,  medecin  d’etat-major,  Colberg. 

*i\  avarrette  (de),  Ramon,  directeur  de  la  Gazette  officielle,  Madrid. 

*i\edatz  (de),  medecin  en  chefdu  regiment  deFinlande  de  la  Garde  imperiale,  St-Peters- 
bourg. 

*!\eedorfer,  J.,  medecin-major  de  l’armee  autrichienne,  Vienne. 

“Neumann,  medecin  en  chef  de  la  Societe  autrichienne  de  Chemins  de  fer  de  l’Etat, 
Vienne. 

*N£vakhovitch,  capitaine  de  corvette,  agent  naval  de  Russie  en  Allemagne,  St-Peters- 
bourg et  Berlin. 

Nocard,  chef  de  service  de  clinique  k l’ecole  veterinaire  d’Alfort  (France). 
“Norden-Solling,  J.,  lieutenant  de  vaisseau  de  la  marine  danoise,  Copenhague. 

o 

“Obroctciieff  (d’),  lieutenant  general  de  1’armee  russe,  St-Petersbourg. 

Odier,  Louis,  chirurgien  en  chef  de  l’hopital  cantonal  de  Geneve. 

“Odmanson,  Ernst,  docteur  en  medecine,  Stockholm. 

Oi.ey  (baron  d’),  John-Evans,  docteur  en  medecine,  Paris. 

“Oppenheim,  docteur  en  medecine,  professeur,  Berlin. 

P 

*Pabst,  medecin  cantonal,  Lubeck. 

Paris,  vice-amiral,  vice-president  del’Academie  des  sciences  de  Paris. 

Parise,  docteur  en  medecine,  Lille. 

“Paul,  Constantin,  docteur  en  medecine,  Paris. 

“Patrubany  (de),  medecin  en  chef  de  la  ville  de  Bude-Pesth. 

*Pean,  docteur  en  medecine,  Paris. 

“Pellerix  de  Lastelle,  Paris. 

“Peltzer,  medecin  militaire,  Berlin. 

*Petersex,  Alexis,  Geneve. 

Pfeiffer,  L.,  docteur  en  medecine,  secretaire  dc  la  Societe  des  medecins  de  J hunnge, 
Weimar. 

*Pfei  ffer,  conseiller  supdrieur  de  medecine,  Darmstadt. 

*Pheh6,  John,  docteur  en  medecine,  Londres. 

*Pi.oaqi!et,  Jcan-Louis,  docteur  en  medecine,  Ay  (Marne). 

*Port,  mddecin  militaire,  Munich. 

*Porter,  chirurgien-major  de  l’armee  anglaise,  Londres. 

*Poclsen,  J.-B.,  medecin  militaire,  Copenhague. 


28 


LI8TE  DES  MEMBRE8 


Printzkold,  O.-H.-R.,  doctour  en  medecine,  gcntilhomme  de  la  Chambre  de  S.  M.le 
Roi  de  Suede,  Stockholm. 

*Proust,  professeur  agrege  k la  Faculte  de  medecine  de  Paris. 


R 


*Ragiot,  A.,  lieutenant  de  vaissoau,  Paris. 

*Ramsing,  Christian,  ingenieur,  Copenhague. 

*Remaury,  Henri,  ingenieur  civil  des  mines,  Dompey,  pres  Frouard  (Meurthe  et 
Moselle),  France. 

Renouard,  A.,  membre  de  plusieurs  Societes  savantes,  Lille. 

*Riant,  docteur  en  medecine,  secretaire  de  la  Societe  de  secours  aux  blesses  de  France, 
Paris. 

Ring,  L., membre  dela  Societe  de  medecine  de  Christiania. 

*Rittscher,  senateur,  Lubeck. 

Roche,  docteur  en  medecine,  Geneve. 

*Roli.,  conseiller  de  Regence,  directeur  de  l’lnstitut  veterinaire  de  Vienne. 

Rosenberg,  U.,  colonel  de  Farmee  norwegienne,  Christiania. 

Rosoff,  Nicolas,  conseiller  prive  de  S.  M.  l’Empereur  de  Russie,  directeur  du  depar- 
tement  de  medecine,  St-Petersbourg. 

*Roth,  medecin  general,  Dresde. 

*Rocssel,  Joseph,  docteur  en  medecine,  Geneve. 

*Russerl,  docteur  en  medecine,  professeur  d’anatomie  k l’Universite  d’Edimbourg. 

8 

*Sadou,  Claudius,  manufacturer,  membre  fondateur  de  la  Societe  fran?aise  de  secours 
aux  blesses,  Roubaix. 

*Sager,  Paris. 

Saint-Georges,  John  (Sir),  general  de  Farmee  anglaise,  Londres. 

*Salomon,  Georges,  ingenieur  des  mines,  membre  de  plusieurs  Societes  savantes,  Paris. 
Salomon,  docteur  en  medecine,  Copenhague. 

Scarpa,  Giovanni,  docteur  en  medecine,  Naples. 

*Schaafhacsen,  H.,  professeur  k l’Universite  de  Bonn. 

*Schaberg,  docteur  en  medecine,  Hagen. 

*Schemmann,  pharmacien,  Hagen. 

Schick,  Christian,  Hambourg. 

*Schleisner,  docteur  en  medecine,  Copenhague. 

*Schmidt,  docteur  en  medecine,  Norderney. 

Schmieden,  architecte,  Berlin. 

ScHONnEYDER,  chef  du  corps  des  pompiers  de  Copenhague. 

*ScnuTz,  docteur  en  medecine,  Berlin. 

*ScnvvARTz,  docteur  en  medecine,  conseiller  de  Regence,  Cologne. 

*Sercrier  (comte),  ancien  prefet,  president  des  conferences  international es  de  laCroix- 
Rouge  k Paris. 


LISTE  DES  MEMBRES 


29 


*S£ve,  T.-H. -Edouard,  consul  general  do  Belgique  au  Chili,  Santiago. 

Siemens,  Werner,  docteur  en  medecine,  membro  de  l’Academie  des  Sciences  de  Berlin. 
*Siltzer,  John,  Londres. 

♦Sivering,  Jos.,  ingenieur,  Luxembourg. 

*Sm;ytermans  van  Langeweyde,  inspecteur  de  Cheminsde  fer,  Minden. 

*Societe  centrale  des  architectes,  Paris. 

*Societe  anonyms  de  Bleyberg-ez-Montzen,  Aix-la-Chapelle. 

Societe  allemande  de  sauvetage  des  naufrages,  Breme. 

Stach,  vice-president  de  la  Societe  des  ingenieurs  et  architectes,  Vienne. 

*Stahl,  Fr.,  architecte  du  gouvernement  de  Wurtemberg,  Stuttgart. 

*Staldy,  president  de  police,  Posen. 

*Stegehaus,  docteur  en  medecine,  Senden  (pres  Munster). 

*Stockfleth,  professeur,  Copenhague. 

*Stroum,  conseiller  actuel  d’Etat,  professeur  d’architecture,  St-Petersbourg. 
*Stubben,  architecte  communal,  Aix-la-Chapelle. 

*Struck,  docteur  en  medecine,  Berlin. 

*Suesbach,  docteur  en  medecine,  Liegnitz  (Silesie). 

Symons,  M.,  ingenieur  civil,  La  Haye. 

*Symons,  M.,  ingenieur  civil,  Amsterdam. 


T 


TardiEc,  membre  de  l’Academie  de  medecine,  Paris. 

Thevenot,  Alph.,  docteur  de  la  Faculte  de  medecine  de  Paris,  professeur  a l’Universite 
de  Santiago. 

*Thibagt,  chef  des  travaux  chimiques  a la  Faculte  de  medecine  de  Lille. 

*Thiriez,  Alfred,  membre  de  la  Chambre  de  Commerce  de  Lille. 

*Torelu  (comte),  Louis,  senateur,  Milan. 

*Tosi,  Frederic,  capitaine-medecin,  Rome. 

*Tocrette,  president  de  la  Chambre  syndicate  de  la  passementerie  et  de  la  mercerie, 
Paris. 

Toetaint,  proprietaire,  Angers. 


u 


*Ucke,  docteur  en  medecine,  St-Petersbourg. 


V 


*Vai  Cappei,e,  H.-H.,  docteur  en  medecine,  referendaire  au  Ministere  de  Plnteneur, 
Amsterdam. 

♦Van  de  Loo,  docteur  en  medecine,  Vonloo. 

*Van  II  end k,  Ed.,  president  de  la  Societe  des  sciences  de  Lille. 


30 


L1STE  DE8  MEMBREB 


Van  Notten,  F.-H.,  avocat,  Amsterdam. 

*Van  Ovekbeek.dk  Meyer,  inspecteur  medical  des  Pays-Bas,  Utrecht. 

*Varrentrapp,  conseiller  intime  de  sante,  Francfort-s/Mein. 

Van  Welderen-Hengers,  W.-J.,  echevin,  Lceuwarden. 

*Verney,  Harry  (Sir),  ancien  mombre  du  Parlement,  Londres. 

*Verrine,  ingenieur,  Caen. 

*Virchovv,  professeur,  conseiller  intime  de  medecine,  Berlin. 

*Voisin,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*Volz,  Rob.,  docteur  en  medecine,  Carlsruhe. 

*Von  Held,  Joseph,  professeur  k FUniversite  de  Wiirzbourg. 

*V on  IIeyden,  F.,  fabricant,  Dresde. 

*Von  IIoelder,  conseiller  superieur  de  medecine,  Stuttgard. 

* Von  IIoenika,  0.,  proprietaire,  Herzogswalde  (pres  Bohmischdorf,  Silesie). 

Von  Langegg,  docteur  en  medecine,  St-Jean-s/Sarre. 

*Von  Langenbeck,  professeur,  conseiller  superieur  de  medecine,  Berlin. 

*Von  Lesser,  Ladislas,  docteur  en  medecine,  Leipzig. 

*Von  Philippsborn,  president  du  Comite  allemand  pour  l’Exposition  et  le  Congres,  Berlin. 
Von  Sceherr-Thoss  (baron),  major  en  retraite,  Dresde. 


w 


*Wahlberg,  colonel  du  genie  de  l’armee  russe,  St-Petersbourg. 

*Weber,  A.,  conseiller  au  Ministere  de  l’lnterieur,  president  du  Comite  hessois  de 
secours  aux  militaires  blesses,  Darmstadt. 

*W  enzel,  medecin  general  de  la  marine  allemande,  Berlin. 

*VVerner-HagedorNj  docteur  en  medecine,  Magdebourg. 

*Weston,  John,  colonel  de  l’armee  anglaise,  Londres. 

White,  chirurgien-major  de  Farmee  anglaise,  Londres. 

*Weydt,  Philippe,  Francfort-s/Mein. 

*W iesel,  docteur  en  medecine,  conseiller  de  College,  St-Petersbourg. 

Willems,  medecin  cantonal,  Meckenheim  (Prusse  rhenane). 

Winsback,  docteur  en  medecine,  Metz. 

* W ittelshofer,  docteur  en  medecine,  Vienne. 

*WoLFFniiGEL,  Gustave,  docteur  en  medecine,  Munich. 

*Wolfhagen  (de),  Fr.,  chambellan  de  S.M.  le  Roide  Danemark,  Copenhague. 

* Worms,  Jules,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*Wdlft,  B.,  rddacteur  du  Dags  Telegrafen,  Copenhague. 


z 

*ZAcnARH®,  Auguste,  directeur  des  mines  de  Bleialf  (Allemagne). 

Zdekaeer,  S.-L.,  docteur  en  medecine,  conseiller  prive  et  medecin  de  S.M.  FEmpereur 
de  Russie,  St-Petersbourg. 

*Zikmsibn,  medecin  militaire,  Aix-la-Chapelle. 


BUREAUX  DU  CONGRES 


BUREAU  GENERAL 


membr.es  etrangers 


PRESIDENTS  DU  CONGRES 

ALLEMAGNE 


M.  le  docteur  Gneist,  professeur  et  coijiseiller  du  Tribunal  superieur  pour  les 
affaires  administratives  de  Prusse; 

M.  le  docteur  ton  Lan'GENBECK,  professeur  et  membre  du  Conseil  superieur  de 
medecine  de  Berlin. 

AUTRICHE-HONGRIE. 

M.  le  docteur  C.  Heine,  professeur  de  chirurgie  & TUniversite  de  Prague ; 

M.  G.  de  PATBUBANY,  medecin  en  chef  du  service  sanitaire  de  la  ville  de  Bude- 

Pesth. 


CHILI. 

M.  A.  Theyenot,  docteur  de  la  Faculte  de  medecine  de  Paris,  professeui  a 1 Lni 
versite  de  Santiago. 


30 


.L18TE  DEB  MEMBRES 


Van  Notten,  F.-H.;  avoeat,  Amsterdam. 

*Van  Ovekbeek.dk  Meter,  inspecteur  medical  des  Pays-Bas,  (Jtrecht. 

*Varrentrapp,  conseiller  intime  de  sante,  Francfort-s/Mein. 

Van  Welderen-Rengers,  W.-J.,  echevin,  Leeuwarden. 

*Vernev,  Harry  (Sir),  ancien  membre  du  Parlement,  Londres. 

*Verrine,  ingenieur,  Caen. 

*Virchoiv,  professeur,  conseiller  intime  de  medecine,  Berlin. 

*Voisin,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*Volz,  Rob.,  docteur  en  medecine,  Carlsruhe. 

*Von  Held,  Joseph,  professeur  k l’Universite  de  Wiirzbourg. 

*Von  Heyden,  F.,  fabricant,  Dresde. 

*Von  IIoelder,  conseiller  superieur  de  medecine,  Stuttgard. 

* Von  Hoenika,  0.,  proprietaire,  Herzogswalde  (pres  Bohmischdorf,  Silesie). 

Von  Langegg,  docteur  en  medecine,  St-Jean-s/Sarre. 

*Von  Langenbeck,  professeur,  conseiller  superieur  de  medecine,  Berlin. 

*Von  Lesser,  Ladislas,  docteur  en  medecine,  Leipzig. 

*Von  Philippsborn,  president  du  Comite  allemand  pour  l’Exposition  et  le  Congres,  Berlin. 
Von  Sceherr-Thoss  (baron),  major  en  retraite,  Dresde. 


w 


*VVahlberg,  colonel  du  genie  de  l’armee  russe,  St-Petersbourg. 

* Weber,  A.,  conseiller  au  Ministere  de  FInterieur,  president  du  Comite  hessois  de 
secours  aux  militaires  blesses,  Darmstadt. 

*W  enzll,  medecin  general  de  la  marine  allemande,  Berlin. 

*Werner-Hagedorn,  docteur  en  medecine,  Magdebourg. 

*Weston,  John,  colonel  de  l’armee  anglaise,  Londres. 

White,  chirurgien-major  de  l’armee  anglaise,  Londres. 

*Wetdt,  Philippe,  Francforc-s/Mein. 

*Wiesel,  docteur  en  medecine,  conseiller  de  College,  St-Petersbourg. 

Willems,  medecin  cantonal,  Meckenheim  (Prusse  rhenane). 

Winsback,  docteur  en  medecine,  Metz. 

*Wittelshofer,  docteur  en  medecine,  Vienne. 

*YV OLFFnuGEL,  Gustave,  docteur  en  medecine,  Munich. 

*Wolfhagen  (de),  Fr.,  chambellan  de  S.M.  le  Roide  Danemark,  Copenhague. 
*WoRms,  Jules,  docteur  en  medecine,  Paris. 

*Wllft,  B.,  r^dacteur  du  Bags  Telegrafen,  Copenhague. 


z 

*Zaciiarioe,  Auguste,  directeur  des  mines  de  Bleialf  (Allemagne). 

Zdekaekr,  S.-E.,  docteur  en  medecine,  conseiller  prive  et  medecin  de  S.M.  PEmpereur 
de  Russie,  St-Petersbourg. 

*Zikmmbn,  medecin  militaire,  Aix-la-Chapelle. 


BUREAUX  DU  CONGRES 


BUREAU  GENERAL 


MEMBRES  ETRANGERS 


PRESIDENTS  DU  CONGRES 

ALLEMAGNE 

M.  le  docteur  GneisTj  professeur  et  coijiseiller  du  Tribunal  superieur  pour  les 
affaires  administratives  de  Prusse; 

M.  le  docteur  TON  Langenbeck,  professeur  et  membre  du  Conseil  superieur  de 
medecine  de  Berlin. 


AUTRICHE-HONGRIE. 

M.  le  docteur  C.  Heine,  professeur  de  chirurgie  k PUniversite  de  Prague ; 

M.  (i.  de  Patbubant,  medecin  en  chef  du  service  sanitaire  de  la  ville  de  Bude- 
Pesth. 


CHILI 

M.  A.  Thevenot,  docteur  de  la  Facultc  de  medecine  de  Paris,  professeur  k l’Uni- 
versite  de  Santiago. 


32 


BUREAU  QISNISRAL  DU  CONGRiS 


DANSMARK. 

M.  Wolfhagen,  ancien  ministre,  chambellan  de  S,  M.  le  roi  de  Danemark. 

ESPAGNE. 

M.  Mariano  Carreras  y Gonzalez,  docteur  en  droit,  depute  aux  Cortes. 

FRANCE. 

M.  le  docteur  L.  LAUSSEDAT,  depute  de  l’AHier  ; 

M.  Dumoustier  de  Fredilly,  directeur  du  commerce  interieur. 

GRANDE-BRETAGNE. 

M.  le  capitaine  DOUGLAS  Galton,  membre  de  la  Societe  Royale  des  Sciences ; 

M.  E.  Chadwick,  ancien  president  du  Bureau  d’hygiene,  membre  du  Comite  de 
l’Association  nationale  pour  l’avancement  de  la  Science  sociale. 

ITALIE. 

M.  le  comte  L.  Torelli,  senateur,  ancien  ministre. 

PAYS  BAS. 

M.  P.-F,  Hubrecht,  docteur  en  droit,  secretaire-general  du  Ministere  de  l’lnterieur. 

RUSS  IE. 

M.  le  lieutenant-general  Obroutcheff. 

SU^DE-NORW^GE. 

M.  le  docteur  Edholm,  medecin  en  chef  de  l’armee  suedoise  ; 

M.  le  docteur  O.-J.  Broch,  ancien  ministre,  professeur  & l’Universite  de  Christiania. 


SUISSE. 


M.  le  docteur  Appia,  membre  du  Comite  international  de  la  Croix  Rouge. 


BUREAU  GltNltRAL  DU  CONGRKK 


MEMBRES  BELGES 


President  du  Congres  : M.  Yeryoort,  batonnier  de  l’ordre  ties  avocats,  ancien 
president  de  la  Chambre  des  represcntants. 


Yice-President  : M.  Corr-Yandermaeren,  president  de  la  Societe  d’economie 
politique. 


Presidents  des  sections  : MM.  H.  Berge,  membre  de  la  Chambre  des  represen- 
tants  ; le  docteur  CROCQ,  membre  de  l’Academie  de  medecine ; Je  prince  DE  Caraman- 
Chdiai,  gouverneur  du  Hainaut;  JANSSENS,  inspecteur-general  au  Ministere  des  Tra- 
vaux  publics  ; A.  PlCABD,  president  du  Conseil  provincial  du  Brabant. 

Secretaire-general  : M,  A.  Couyreur,  membre  de  la  Chambre  des  representants. 

Secretaire  dn  Comite  d’exilcution  : M.  F.  Fourcault,  industrial,  ancien  capi- 
taine  d’etat-major. 


Qucsteur  : M.  De  Mot,  avocat  a la  Cour  de  cassation . 

Tr^sorier  : M.  Yan  Haelen,  tresorier  de  la  Societe  royale  et  centrale  des  Sau  - 
veteurs  de  Belgique.  • 

Secretaires  des  sections,  membres  dn  Comite  d’execntion  : MM.  les  docteurs 
Yseux  etLEDEGANCK,  medecins  divisionnaires  de  la  ville  de  Bruxelles,  secretaires  des 
sections  d’hygiene  ; Alyin,  ingenieur  des  mines ; le  docteur  FeiGNEAUX,  ancien  secre- 
taire du  Congres  des  Sciences  medicales  ; Geelhand,  secretaire- general  de  la  Societe 
de  philanthropic,  et  A.  VanDe  Vyvere,  membre  de  la  commission  medicale  du  Brabant, 
secretaires  des  sections  de  sauvetage  et  de  secours  on  temps  de  guerre  ; Stf.YENS, 
inspecteur-general  des  prisons,  et  VANDER  tlNDEN,  avocat,  secretaires  de  Bisection  d’eco- 
nomie sociale. 


BUREAUX  DES  SECTIONS 


MEMBRES  ETRANGERS 


ALLEMAGNE. 

Presidents  de  section  : MM.  le  docteur  HiRSCH,  professeur  et  conseil'ler  intime 
de  medecine,  a Berlin  ; le  docteur  Gunther,  conseiller  intime  de  medecine,  ADresde  ; 
le  docteur  YON  Hoelder,  conseiller  de  medecine  superieur,  a Stuttgard ; le  docteur 
YlRCHOW, professeur,  conseiller  intime  de  medecine,  a Berlin;  le  docteur  Mettenheimer, 
conseiller  intime  de  medecine,  a Schwerin  ; le  docteur  Wenzel,  medecin  general  de  la 
marine  allemande  ; le  docteur  Roth,  medecin  general,  aDresde;  le  docteur  Yox  Held, 
professeur  a PUniversite  de  Wurzbourg  ; le  docteur  Esmarch,  professeur  et  conseiller 
intime  de  medecine,  a Kiel ; le  docteur  Yarrentrapp,  conseiller  intime  de  sante,  a 
Francfort-sur-Mein;  le  docteur  Lent,  secretaire  de  la  Societe  du  Bas-Rhin  pour  l’hy- 
giene  publique. 

AUTRICHE  HONGRIE. 

Presidents  de  section  : MM.  le  chevalier  L.  de  Karajan,  conseiller  du  Gouver- 
nement  et  chef  des  affaires  sanitaires  de  la  Basse-Autriche  ; le  docteur  Roll,  conseiller 
de  Regence  et  professeur ; le  docteur  Wittelshofer,  secretaire- general  du  Comite 
autrichien. 

Yice-Presidents  de  section  : MM.  J.  Schaller,  ingenieur,  commissaire  d’Au- 
triche  pres  de  l’Exposition  ; le  docteur  J.  Neumann,  medecin  en  chef  de  la  Societe 
autrichienne  des  chemins  de  fer  de  l’Etat ; le  docteur  Lmger,  chevalier  DE  LANNSPERG, 
secretaire  du  service  sanitaire  de  l’Ordre  teutonique  des  chevaliers  de  Malte  ; le  docteur 
Neudorfer,  medecin-major ; J.  Kaan,  inspecteur  central  de  la  Societe  autrichienne 
des  chemins  de  fer  de  l’Etat. 


CHILI. 

President  de  section  : M.  le  docteur  Garcia  QUINTANA,  attache  h la  Legation  du 
Chili. 


BUREAUX  DES  SECTIONS 


Mo 


DANKMARK. 

Presidents  de  section  . MM.  le  docteur  P.-A.  Suiileisner,  inspecteur  du  service 
medical  de  Copenhague;  le  docteur  Cold,  medecin  cantonal ; V.-C.  Crone,  chef  de 
la  police  de  Copenhague;  J.-P.  Kobke,  intendanten  chef  de  l’armee  danoise  ; le  che- 
valier DE  JESSEN,  chambellan  de  S.  M.  le  roi  de  Danemark  et  membre  de  la  Premiere 
Chambre. 

Tice-Presidents  de  section  : MM.  IV.  Salomon,  medecin  en  chef  de  l’armee  et 
de  la  marine  danoises,  et  P.  Krebs,  inspecteur  du  service  medical  de  la  Fionie. 

ESPAGNE. 

Presidents  de  section  : MM.  Mariano  Carreras  y Gonzalez,  docteur  en  droit, 
depute  aux  Cortes  ; Jose  de  Castro  y Serrano,  homme  de  lettres ; Ramon  de  Navar- 
ret te,  redacteur  de  la  Gazette  officielle  de  Madrid. 

/ 

FRANCE. 

Presidents  de  section  : MM.  le  docteur  Laussedat,  depute  de  l’Allier  ; le  doc- 
teur Fauyel,  inspecteur  general  des  services  sanitaires,  membre  de  l’Academie  de 
medecine  ; Dumoustier  de  Fredilly,  directeur  du  commerce  interieur ; le  docteur 
Dauye,  medecin  principal  de  l’armee  ; Greard,  membre  de  l’Institut,  directeur  de 
l’enseignement  primaire  de  la  Seine  ; le  docteur  BuctJUET,  president  du  Conseil  de  l’ins- 
pection  generale  des  etablissements  de  bienfaisance. 

Vice-Presidents  de  section  : MM.  le  docteur  Marjolin,  chirurgien  honoraire  des 
hopitaux  de  Paris  ; le  docteur  Bertillon,  ancien  president  do  la  Societe  d’anthropo- 
logie  de  Paris  ; Ragiot,  lieutenant  de  vaisseau,  secretaire-general  de  la  Societe  des 
sauveteurs  de  France  ;ie  comte  DE  Beaufort,  vice-president  de  la  Societe  generale  de 
secours  aux  militaires  blesses ; HAVARI),  president  de  la  Chambre  syndicale  du  papier. 

Secretaire-general  aupres  du  Bureau  general  : M.  le  docteur  Proust,  profes- 
seur  agrege  &la  Faculte  de  medecine  de  Paris. 

Secretaires  de  section  : MM.  le  docteur  Liouville,  professeur  agrege  it  la 
Faculte  de  medecine  de  Paris,  depute  de  la  Meuse  ; Millet,  ancien  inspecteur  des 
caux  et  forets,  secretaire-general  de  la  Societe  protectricc  des  animaux ; le  docteur 
Hocze  de  l’Aulnoit,  professeur  a la  Faculte  de  medecine  de  Lille  ; le  docteur  Des- 
paulx-Ader, president  de  la  Socidte  iJi'otec.trice  de  l’enfance;  Francisque  3IiCHEii,inge- 
nieur  ; Allard,  architecte  ; le  docteui-  0.  DU  Mesnil,  medecin  do  l’Asile  do  "\  inoonnes; 
le  docteur  Riant,  secretaire  de  la  Societe  generale  de  secours  aux  militaires  blesses  ; 
Dolon,  secretaire  de  la  Chambre  syndicale  des  negociants  en  charbon  de  terre ; 
A.  Martin,  homme  de  lettres. 


BUREAUX  DES  SECTIONS 


GRANDE  BRETAGNE. 


Presidents  de  section : MM.  E.  Chadwick,  ancien  president  da  Bureau  d’hygiene, 
membre  de  l’Association  nationale  pour  l’avancement  de  la  Science  sociale;  lc  docteur 
Richardson,  membre  de  la  Societe  royal c de  Londres  ; Sir  Harry  Verney,  ancien  mem- 
bre du  Parlemcnt;  John  Siltzer,  membre  du  Comite  executif  de  Londres  ; le  profes- 
seur  CROOKES,  membre  de  la  Societe  royale  des  sciences. 

Vice-Presidents  : MM.  H.-H.  Collins,  membre  du  Comite  de  P Association 
nationale  pour  l’avancement  de  la  Science  sociale;  le  docteur  HARDWICKE,  coroner  pour 
le  Middlesex  ; Porter,  chirurgien-major,  et  Cooke,  membre  de  la  Societe  royale  et 


Presidents  de  section  : MM.  le  chevalier  Bignami-Sormani,  ingenieur  de  la  ville 
de  Milan ; J.  Errera,  consul  general  honoraire  d’ltalie  en Belgique;  le  comte  Torelli, 
senateur ; le  professeur  PALASCIANO  ; le  professeur  Mazzoni  ; le  lieutenant-colonel 
Gene  ; le  docteur  F.  ToSI,  capitaine  du  service  medical ; le  docteur  P.  CASTIGLIONI. 

Secretaire  : M.  L.  Maeiani,  ingenieur. 


de  l’Interieur;  le  docteur  Ali-Cohen,  inspecteur  du  Gouvernement  pour  les  affaires 
sanitaires  dans  les  provinces  de  Frise  et  de  Groningue ; le  baron  Hardenbroeck  TAJ 
Bergambracht,  colonel  de  la  garde  civique,  aide-de-camp  du  Roi ; DE  Jagee,  ingenieui 
civil,  commissaire  pres  de  l’Exposition. 


Presidents  de  section  : MM.  le  baron  Maydell,  docteur  charge  du  service  sani- 
taire  de  Saint-Petersbourg,  conseiller  prive  de  S.  M.  l’Empereur ; le  docteur  Froben, 
conseiller  prive  de  S.  M.  l’Empereur;  DE  Neyakhoyitch,  agent  naval  de  Russie  en 
Allemagne;  de  Waiilberg,  colonel  du  genie;  Andreeff,  professeur,  conseiller  actuel 
d’Etat. 

Vice-Presidents  : MM.  le  conseiller  Stroiim,  professeur  k l’Academie  des  Bcaux- 
Arts  de  Saint-Petersbourg  ; le  docteur  Wiesel  ; le  docteur  Muller,  medecin-major  de 
la  marine  russe  ; DE  KlSLANSKl,  ingenieur  des  Voies  de  communications. 

Secretaire  :_M.  lc  comte  de  Suzor,  architecte  de  la  ville  de  Saint-Petersbourg. 


nationale  pour  la  protection  de  la  vie  humaine  contre  l’incendie. 


ITALIE. 


PAYS-BAS. 


Presidents  de  Section  : MM.  le  docteur  Van  Cappelle,  referendaire  au  Ministerc 


RUSSIE. 


BUREAUX  DES  SECTIONS 


M7 


SUEDE  NORWEGE. 

Presidents  de  section  : MM.  lc  doctcur  Kuluberg,  inspecteur  d’hygiene  do  la  ville 
dc  Gothembourg ; le  docteur  E.  Odmanson,  professeur  extraordinaire  a l’Ecole  de 
medecine  de  Stockholm;  EDHOLM,  medecin  en  chef  de  l’armee  suedoise;  le  docteur 
O.-J.  BROCH,  professeur  & l’Universite  de  Christiania ; ANDERSEN,  ingenieur  en  chef 
des  travaux  publics  de  la  ville  de  Christiania. 

SUISSE, 

t 

Presidents  de  section  : MM.  Appia,  docteur  en  medecine,  et  A.  Humbert,  ancien 
ministre  plenipotentiaire,  professeur. 


MEMBRES  BELGES. 


Presidents  de  section  : MM.  Berge,  membre  de  la  Chambre  des  representants ; 
le  docteur  CROCQ,  membre  de  TAcademie  de  medecine;  le 'prince  de  CarAMAN-Chimai, 
gouverneur  du  Hainaut;  JANSSENS,  inspecteur  general  au  Ministere  des  Travaux 
publics;  Picard,  president  du  Conseil  provincial  du  Brabant. 

Yice-Presidents.de  section  : MM.  L.  T’Sersteyens,  ancien  membre  de  la  Chambre 
des  representants ; le  docteur  Kuborn,  membre  de  TAcademie  de  medecine  ; le  docteur 
Martin,  president  de  la  Commission  medicale  de  Bruxelles;  le  docteur  JANSSENS,  ins- 
pecteur du  service  sanitaire  de  Bruxelles;  le  comtc  de  MERODE,  senateur;  le  docteur 
Nelis,  ancien  membre  de  la  Chambre  des  representants;  Romberg,  directeur  general 
honoraire  au  Ministere  dc  Tlnterieur;  le  docteur  BOENS,  membre  de  TAcademie  de 
medecine;  le  colonel  Dayid,  commandant  dc  la  garde  civique  d’Anvers  ; SADOINE, 
directeur  general  de  la  Societe  Cockerill;  le  docteur  BoRLEE,  professeur  a TUniversite 
de  Liege ; Leon  D’Andrimont,  president  de  la  federation  des  Banqucs  populaires ; 
Yergote,  directeur  general  au  Ministere  de  Tlnterieur. 

Secretaires  de  section : MM.  lo  docteur  Yseux,  medecin  du  service  sanitaire  de 
Bruxelles;  Stein,  ingenieur  chimiste ; Hendrickx,  architecte;  lc  docteur  Ledeganck, 
medecin  du  service  sanitaire  de  Bruxelles ; le  docteur  CHARBONNIER ; le  docteur STIENON ; 


BUREAUX  DEB  SECTIONS 


le  docteur  Feigneaitx,  ancicn  secretaire  du  Congres  dcs  Sciences  medicates ; le  docteur 
LavisE;  Yan  DE  YyYERE,  membre  de  la  Commission  medicate  du  Brabant;  GEELHAKD, 
secretaire-general  de  la  Societe  de  Philantrophie  do  Bruxelles  et  vice-president  de  la 
Societe  beige  de  secours  aux  militaires  blesses;  Alvin,  ingenieur  des mines;  Barrow, 
directeur  du  Bureau  Veritas ; Habets,  ingenieur,  professeur  a l’Ecole  des  mines  de 
Liege  ; Stevens,  inspecteur  general  des  prisons ; Vander  Linden,  avocat ; Haiez, 
docteur  en  droit,  industriel ; ItAEYHAEKERS,  avocat. 


GOUVERNEMENTS,  CORPORATIONS,  SOCIETES 

REPRESENTED  AU  CONGRBS 


ALLEMAGNE . 

Administration  des  Postes  de  Berlin  ; 

Amiraute  imperiale  ; 

Comite  allemand  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 

Comite  central  des  Societes  allemandes  dc  secours  aux  militaires  blesses  ; 
Gouvernement  du  Grand-Duche  de  Mecklembourg-Scliwerin  ; 

Ministere  de  la  Guerre  de  Prusse  ; 

Ministere  du  Commerce,  de  l’lndustrie  et  des  Travaux  Publics  de  Prusse  ; 

Ministere  des  Cultes,  de  l’lnstruction  publique  et  des  Affaires  medicales  de  Prusse  ; 
Ministere  de  l’lnterieur  du  Grand-Duche  de  Hesse  ; 

Ministere  de  la  Guerre  du  Royaume  de  Saxe  ; 

Ministere  de  l’lnterieur  du  Royaume  de  Saxe  ; 

Ministere  de  la  Guerre  du  Royaume  de  Baviere  ; 

Ministere  de  l’lnterieur  du  Grand-Duche  de  Bade  ; 

Senat  de  Liibeck  ; 

Societe  centrale  allemande  pour  l’amelioration  du  sort  des  classes  ouvrieres  ; 

Societe  de  secours  aux  militaires  blesses  du  Royaume  de  Saxe  ; 

Societe  de  secours  aux  militaires  blesses  du  Royaume  de  Baviere  ; 

Societe  de  secours  aux  militaires  blesses  du  Grand-Duche  de  Hesse  ; 

Societe  de  secours  en  cas  de  guerre  du  Grand-Duche  d’Oldenbourg  ; 

Societe  des  medecins  de  Francfort-sur-le-Mein  ; 

Societe  du  Bas-Rhin  pour  l’hygiene  publique  ; 

Societe  protectrice  des  animaux,  de  Cologne  ; 

Societe  protectrice  des  animaux,  de  Dresde. 


AUTRICHE  HONGRIE. 

Comite  autrichien  pour  l’Exposition  et  lo  Congres ; 

Ministere  de  la  Guerre  ; 

Ministere  de  l’lnterieur  ; 

Ordre  souverain  des  chevaliers  de  Mai  to  (Grand-Prieure  do  Bohcmo) ; 
Societe  autrichicnne  des  Chomins  dc  for  dc  l’Etat; 

Ville  de  Bude-Pesth. 


•iO 


G0UVERNEMENT8  ET  CORPORATIONS 


BELGIQUE. 

Association  beige  de  secours  aux  militaires  blesses  ; 

Comite  do  Namur  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 

Comite  de  St-Trond  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 

Comite  de  Tournai  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 

Comite  de  l’Union  syndicale  (Association  pour  la  defense  des  interets  du  Commerce 
et  de  l’lndustrie) ; 

Conseil  communal  de  Hasselt ; 

Conseil  communal  d’Arlon  ; 

Conseil  communal  de  Louvain  ; 

Conseil  communal  d’Ostende ; 

Conseil  communal  de  Namur  ; 

Conseil  communal  de  Verviers  ; 

Conseil  communal  de  Liege  ; 

Conseil  communal  de  Gand  ; 

Deputation  permanente  de  la  province  de  Liege  ; 

Deputation  permanente  de  la  province  du  Limbourg  ; 

Deputation  permanente  de  la  province  du  Brabant ; 

Faculte  de  medecine  de  l’Universite  de  Gand; 

Ministere  de  l’Interieur  ; 

Ministere  de  la  Justice  ; 

Ministere  des  Travaux  publics  ; 

Societe  royale  et  centrale  des  Sauveteurs  de  Belgique,  de  Liege  ; 

Societe  des  Sauveteurs  de  la  Sambre,  de  Charleroi ; 

Societe  royale  de  Philanthropic,  de  Bruxelles  ; 

Societe  royale  protectrice  des  animaux,  de  Bruxelles  ; 

Societe  des  Soirees  populciires,  de  Verviers. 

CHILI. 

Gouvernement  du  Chili. 

DANEMARK. 

Comite  Danois  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 

Commission  gouverncmentAle  pour  l’enquete  surla  question  ouvriere  ; 

Ecole  superieure  d’agronomie,  de  Copenhague  ; 

Ministere  de  la  Guerre  ; 

Ministere  de  la  Marine ; 

[ Ville  de  Copenhague. 


ESPAGNE. 

Ministere  de  l’lnterieur ; 

Ministere  de  l’lnstruction  publique  ; 

Ministere  des  Travaux  publics. 


EEPEESENTE8  AU  CONGEES 


41 


FRANCE. 


Academie  de  Medecine  ; 

Academie  des  Sciences  ; 

Comite  fran$ais  pour  le  Congrfcs  ; 

Comite  regional  du  Nord  de  la  France  ; 

Compagnie  d’assurances  sur  la  vie  la  Nationale  ; 

Prefecture  de  police  ; 

Ministere  de  FInterieur  ; 

Ministere  de  Flnstruction  publique  ; 

Ministere  de  P Agriculture  et  du  Commerce  ; 

Ministere  de  la  Guerre  ; 

Ministere  de  la  Marine  ; 

Societe  generate  de  secours  aux  militaires  blesses  ; 

Societe  frangaise  de  secours  aux  militaires  blesses  ; 

Societe  frangaise  de  secours  aux  militaires  blesses  (Nord  de  la  France) ; 
Societe  des  Sciences  et  des  Arts  de  Lille  ; 

Societe  fran^aise  contre  Fabus  du  tabac  et  des  boissons  alcooliques  ; 
Societe  des  apprentis  ; 

Societe  des  ingenieurs  civils  de  France  ; 

Societe  protectrice  del’Enfance  (du  departement  d’Indre-et-Loire)  ; 
Societe  humaine  des  naufrages  ; 

Societe  protectrice  des  animaux  ; 

Syndicat  general  de  FUnion  nationale  du  Commerce  et  de  l’lndustrie  ; 
Ville  de  Paris  ; 

Ville  de  Marseille. 


GRANDE  BRETAGNE . 

Association  nationale  pour  l’avancementde  la  Science  sociale  ; 

Association  pour  Pamelioration  des  habitations  ouvric-res,  de  Hastings  j 
Club  et  Institut  de  FUnion  des  travailleurs  ; 

Comite  general  de  Londres  pour  FExposition  et  le  Congres  ; 

Comite  executif  de  Londres  pour  FExposition  et  le  Congres  ; 

Commission  des  egouts  de  Londres  ; 

Conseil  de  FOrdre  de  St- Jean  ; 

Conseil  de  la  peche  de  la  Severn  ; 

Institut  sanitaire  de  la  Grande-Bretagne  ; 

Societe  des  Arts. 

Societe  de  statistiquc  de  Londres  ; 

Societe  anglaise  de  secours  aux  militaires  blesses 
Societe  de  secours  chirurgicaux. 

Societe  royale  et  nationale  pour  la  protection  de  la  vie  huinaine  contre  Fincendie. 


ITALIE. 


Association  italienne  de  secours  aux  militaires  blesses  ; 


2 


GOUVERNEMENTS  ET  CORPORATIONS  KEPEESENTES  AU  CONGEES 


Associations  medicales  dc  l’ltalio  : 

College  ties  ingenicurs  ot  architectes  de  Milan  ; 

Comite  italien  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 

Ministere  de  la  guerre ; 

Societe  protectrice  des  animaux,  do  Naples. 

LUXEMBOURG  (Grand-Duch6  de). 

Association  luxembourgeoise  de  secours  aux  militaires  blesses  ; 
Gouvernement  du  Grand-Duche  de  Luxembourg. 


PAYS  BAS. 

Association  neerlandaise  de  secours  aux  militaires  blesses) 
Comite  des  Pays-Bas  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 
Gouvernement  des  Pays-Bas. 


RUSSIE. 


Comite  russe  pour  l’Exposition  etle  Congres  ; 

Manufacture  imperiale  des  papiers  de  l’Etat ; 

Ministere  de  l’Interieur ; 

Ministere  de  la  Guerre ; 

Ministere  de  la  Marine  ; 

Ministere  des  Voiesde  communications; 

IV6  Section  de  la  Chancellerie  privee  de  S.  M.  l’Empereur. 

SUEDE  NORWEGE. 

Comite  suedois  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 

Comite  nonvegien  pour  l’Exposition  et  le  Congres  ; 
Gouvernement  de  Suede-Norwege  ; 

Yille  de  Stockolm ; 

Ville  de  Christiania. 


SUISSE. 


Comite  de  Geneve  pour  le  Congres ; 

Comite  international  de  la  Croix-rouge  ; 

Societe  medicale  de  Geneve  ; 

Societe  genevoise  d’utilite  publique  ; 

Societe  suisse  contre  la  reglementation  de  la  prostitution. 

VENEZUELA  (Etat.s-Unis  de). 
Gouvernement  des  Etats-Unis  dc  Venezuela. 


DELEGUfiS 


DES  GOUVERNEMENTS,  CORPORATIONS,  SOCIETES,  ETC. 


ALLEMAGNE. 

DELEGUES  DU  COMITE  ALLEMAND. 

MM.  Gneist,  professeur  et  conseiller  du  tribunal  superieur  pour  les  affaires  admi- 
nistratives  de  Prusse ; Bockh,  conseiller  de  regence  et  directeur  du  Bureau  de  statistique 
de  Berlin;  Baare,  industriel  et  secretaire -general  des  acieries  de  Bochum;  yonLangen- 
BECK,  professeur  et  membre  du  Conseil  superieur  de  medecine  de  Berlin;  Engel, 
conseiller  intime  superieur  de  Regence  et  directeur  du  Bureau  de  statistique  de  Prusse; 
Esjlvbch,  professeur  et  conseiller  intime  de  medecine,  a Kiel;  Hobrecht,  architecte  et 
conseiller  pour  les  constructions  de  la  ville  de  Berlin  ; HiRSCH,  professeur  et  conseiller 
intime  de  medecine  a Berlin. 

DELEGUES  DES  ADMINISTRATIONS  PUBLIQUES. 

MM.  Kind,  conseiller  intime  de  Regence,  delegue  de  l’Administration  desPostes  de 
Berlin;  Wenzel,  medecin  general  de  la  marine  allemande,  delegue  de  l’Amiraute 
imperiale;  Weber,  conseiller  ministeriel,  et  PFEIFFER,  conseiller  superieur  de  medecine, 
delegues  du  Ministere  de  l’Interieur  du  Grand-Duche  de  Hesse;  Leuthold,  medecin 
militaire  superieur,  et  Peltzer,  medecin  militaire  d’etat-major,  delegues  du  Ministere 
de  la  Guerre  de  Prusse;  Beyer,  conseiller  de  medecine,  et  Frief,  inspecteur  des 
fabriques  en  Silesie,  delegues  du  Ministere  du  Commerce,  de  l’lndustrie  et  des  Travaux 
publics  de  Prusse;  TiRCHOW,  professeur  et  conseiller  intime  de  medecine,  delegue  du 
Ministere  des  Cultes,  de  lTnstruction  publique  et  des  Affaires  medicales  de  Prusse j 


du  Ministere  de  la  Guerre  de  Saxe;  Pabst,  medecin  cantonal,  et  Rittscher,  senateur, 
delegues  du  Senat  de  Lubeck;  VON  Hoelder,  conseiller  superieur,  delegue  du 
Minist&re  de  l’Interieur  du  Wurtemberg ; Gunther,  conseiller  intime  de  medecine, 
delegue  du  Ministere  de  l’Interieur  de  Saxe;  Port,  medecin  militaire,  delegue  du 
Ministere  de  la  Guerre  do  Baviere;  Mettenheimer,  conseiller  intime  de  medecine, 
delegue  du  Gouvernement  du  Grand-Duche  do  Mecklcmbourg-Schwerin ; Volz,  con- 
seiller superieur  de  medecine,  delegue  du  Ministere  de  l’Interieur  du  Grand-Duche 
de  Bade. 


44 


DELEGUES 


DELEGUES  DES  CORPS  SAVANTS,  DES  SOCIETES  PHILANTHROPIQUES,  DES  ASSOCIATIONS 

PARTICULIERES,  ETC. 

MM.  BoHMERT,  conseiller  de  Regence,  delegue  de  la  Societe  centrale  allemande  pour 
l’amelioration  du  sort  des  classes  ouvrieres;  Kessler,  conseillcr  intime  de  medecine, 
delegue  de  la  Societe  provinciale  de  secours  aux  militaires  blesses  pour  la  province 
de  Saxe  ; VON  Criegern-Tiiumitz,  conseillcr  de  Regence,  delegue  de  la  Societe  de 
secours  aux  militaires  blesses  pour  le  royaume  de  Saxe;  Friedrich,  medecin  mili- 
taire,  et  VON  Held,  professeur  k l’Universite  de  Wurzbourg,  delegues  de  la  Societe 
de  secours  aux  militaires  blesses  pour  le  royaume  de  Baviere;  Weber,  conseiller 
ministeriel,  delegue  do  la  Societe  de  secours  aux  militaires  blesses  pour  la  Hesse  ; 
GUILLAUME , delegue  de  la  Societe  protectrice  des  animaux  (de  Cologne)  ; Bruno 
MARquART,  delegue  de  la  Societe  protectrice  des  animaux  (de  Dresde);  Hass,  con- 
seiller de  Regence,  delegue  du  Comite  central  des  Societes  allemandes  de  Secours 
aux  militaires  blesses;  Yarrentrapp,  docteur  en  medecine,  delegue  de  la  Societe  des 
medecins  de  Francfort-sur-Mein;  Lent,  docteur  en  medecine,  delegue  de  la  Societe 
du  Bas-Rhin  pour  l’hygiene  publique  ; HOVER,  avocat,  delegue  de  la  Societe  de 
secours  aux  blesses  du  Grand-Duche  d’Oldenbourg. 


AUTRICHE  HONGRIE . 

DELEGUES  DU  COMITE  AUTRICHIEN. 

S.  E.  le  baron  DE  HOFFMANN,  ministre  des  finances  de  l’Empire,  president  du 
Comite  central ; S.  E.  le  baron  KRAUSS,  conseiller  imperial  et  royal  aulique,  secre- 
taire-general du  Comite ; M.  SCHALLER,  ingenieur  de  la  marine,  commissaire  delegue. 

DELEGUES  DES  MINISTERES. 

MM.  NEUDORFER,  medecin-major,  delegue  du  Ministere  de  la  Guerre;  le  docteur 
Roll,  conseiller  de  Regence  et  professeur,  et  le  docteur  WlTTELSHOFER,  delegues  du 
Ministere  de  PInterieur . 

DELEGUE  DE  L’ORDRE  SOUVERAIN  DES  CHEVALIERS  DE  MALTE. 

(Grand-Prienr6  de  Bolieme.) 

M.  le  docteur  LANGER,  chevalier  de  Lannsperg,  secretaire  du  service  sanitaire  de 
l’Ordre. 

DELEGUES  DE  LA  SOCIETE  AUTRICHIENNE  DES  CHEMINS  DE  FER  DE  LJETAT. 

MM.  J.  Kaan,  inspecteur  central  de  la  Societe;  J.  Neumann,  medecin  en  chef  de 
la  Societe;  le  chevalier  de  Karajan,  conseiller  du  Gouvernement  et  chef  des  affaires 
sanitaires  de  la  Basse-Autriche. 


DELEGUES 


At  i 


DELEGUES  DE  LA  VILLE  DE  BUDE-PESTH. 

M.  0.  DE  Patrubany,  docteur  en  medecine  ct  chef  du  service  sanitaire. 


BELGIQUE. 

DELEGUE  DU  MINISTERE  DE  L’lNTERIEUR. 

MM.  A.  VERGOTE,  directeur  general  de  l’administration  des  affaires  provinciales 
et  communales ; J.  Kindt , inspectour  general  pour  les  affaires  industrielles  ; 
E.  HENBARD,  inspecteur  du  service  de  sante ; GreysON,  directeur,  specialement 
delegue  par  P Administration  de  Instruction  publique. 

DELEGUE  DU  MINISTERE  DES  TRAYAUX  PUBLICS. 

M.  Dufour,  capitaine  devaisseau. 

DELEGUES  DU  MINISTERE  DE  LA  JUSTICE. 

MM.  Berden,  administrateur  de  la  surete  publique  et  des  prisons;  Lentz,  directeur 
general  des  Cultes  et  des  Etablissements  de  bienfaisance ; WELLENS,  inspecteur  general 
des  ponts-et-chaussees,  charge  de  la  direction  des  travaux  du  Palais  de  Justice; 
Ol'DART,  inspecteur  general  des  Etablissements  d’alieneset  de  bienfaisance  5 Yan  der 
^Valle  de  Ferxig,  directeur  charge  de  l’inspection  generale  des  prisons. 

DELEGUES  DES  DEPUTATIONS  PERMANENTES. 

MM.  Germeau,  raembre  de  la  Deputation  permanente  de  la  province  de  Liege,  et 
Asgenot,  greffier  provincial,  delegues  de  la  Deputation  permanente  de  la  province  de 
Liege;  le  chevalier  DE  Menten  de  Horne,  membre  de  la  Deputation  permanente  de 
la  province  du  Limbourg,  delegue  de  cette  Deputation;  Mercier,  docteur  en  medecine, 
membre  de  la  Ddputation  permanente  de  la  province  du  Brabant,  delegue  de  cette 
Deputation. 


DELEGUES  DES  CONSEILS  COMMUNAUX. 


MM.  Nagels,  bourgmestre,  delegue  du  Conseil  communal  de  Hasselt; PiRET-PAUCHET, 
echevir.  , delegue  du  Conseil  communal  de  Namur;  YANDERKELEN,  bourgmestre, 
delegue  du  Conseil  communal  de  Louvain  : MARYSSAEL,  echevin,  delegue  du  Conseil 
communal  d’Ostende ; HOLLEN'FELTZ , bourgmestre,  delegue  du  Conseil  communal 
d’Arlon;  MCllendorf,  echevin,  ct  DE  CAZENAVE,  ingdnieur,  delegues  du  Conseil 
communal  de  Vervicrs;  VERDIN  et  Mottard,  echevins,  delegues  du  Conseil  communal 
de  Liege ; llOFMAN,  ingenieur,  delegue  du  Conseil  communal  de  Gand. 


DiiLitauits 


4l» 


DELEGUES  DES  COMITES  DE  PROVINCE  1)E  EXPOSITION. 

MM.  Hans,  ingcnieur,  delegue  du  Comite  de  Namur;  DE  PlTTEURS-HiEGAERTS, 
proprietaire,  delegue  du  Comite  de  Saint-Trond ; deBruyn,  ingcnieur  -principal  des 
ponts-et-chaussees,  delegue  du  Comite  de  Tournai, 

DELEGUES  DES  CORPS  SAVANTS,  DES  SOCIETES  PHILANTHROPIQUES,  DES  ASSOCIATIONS 

PARTICULIERES,  ETC. 

MM.  Boddaert  et  Van  Bambeke,  docteurs  eu  medecine,  professeurs,  delegues  de 
la  Faculte  de  medecine  de  l’Universite  de  Gand;  Smeets,  docteur  en  medecine, 
delegue  de  la  Societe  royale  etcentrale  des  Sauveteurs  do  Belgique  (de  Liege);  Hanau, 
docteur  en  medecine,  delegue  de  la  Societe  royale  de  Philanthropic  (de  Bruxelles)  ; 
DE  PLASSE,  docteur  en  medecine,  delegue  de  la  Societe  des  Sauveteurs  de  la  Sambre 
(de  Charleroi)  ; Ch.  Buls  et  Mignot-DelstancHE,  delegues  du  comite  de  l’Union  syn- 
dicate (Association  pour  la  defense  desinterets  du  Commerce  etde  l’lndustrie);  del’Eau 
D’Andrimont,  conseiller  communal,  Merciiie,  docteur  en  medecine,  SlGART  et 
Yander  Camer,  delegues  de  l’Association  beige  de  secours  aux  militaires  blesses  ; 
E.  DE  Damseaux,  proprietaire,  A.  Dansaert,  proprietaire,  J.  Pagny,  industriel, 
H.  Hymans,  conservateur  a la  Bibliothcque  royale,  et  Van  NeuSS,  directeur  auMinistere 
des  Finances,  delegues  de  la  Societe  royale  protectrice  des  animaux  (de  Bruxelles) ; 
L.  Heelhand,  proprietaire,  et  Bougard,  docteur  en  medecine,  delegues  do  l’Associa- 
tion  beige  de  secours  aux  militaires  blesses  etde  la  Societe  royale  protectrice  des 
animaux  (de  Bruxelles);  A.  Lobet,  industriel,  et  E.  Noyent,  professeur,  delegues  de 
la  Societe  des  Soirees  -populaircs  (de  Verviers). 

CHILI. 

DELEGUES  DU  GOUVERNEMENT. 

MM.  le  docteur  Garcia  Quintana,  attache  a la  Legation  du  Chili ; A.  Raymond, 
ex-surintendant  des  corps  volontaires  de  pompiers  de  Santiago  ; E.  SfiYE,  consul 
general  de  Belgique  au  Chili,  president  du  Comite  du  Chili  ; A.  Theyenot,  docteur  de 
la  Faculte  de  medecine  de  Paris,  professeur  a l’Universite  de  Santiago. 


DANEMARK. 

DELEGUE  DU  COMITE  DANOIS. 

M.  de  TYolfiiagen,  chambellan  de  S.  hi.  le  roi  de  Danemark,  ancien  ministre,  com- 
missaire  delegue. 

DELEGUES  DES  ADMINISTRATIONS  PUBLIQUES. 

MM.V.-C.  CllONE,  chefde  lapolice  de  Copenhague, delegue  du  Ministere  de  Injustice; 
de  Jessen,  chambellan  de  S.  hi.  le  roi  do  Danemark  et  membre  de  la  Premiere  Cham- 


DELEGUES 


bre,  delegue  do  la  Commission  gouvernementale  pour  l’enquete  surla  question  ouvriere; 
J.-P.  Kobke,  intendant  on  chef  do  l’armee  danoise,  delegue  du  Ministere  de  la  Guerre; 
>\  Salomon,  medecin  en  chef  de  l’armee  ct  de  la  marine  danoises,  delegue  des  Minis- 
ters de  la  Guerre  et  de  la  Marine  ; Stockfletii,  professeur,  delegue  de  l’Ecole  supe- 
rieure  d’agronomie  de  Copenhague. 


DELEGUES  DE  LA  YILLE  DE  COPENHAGUE. 


MM.  H.-Y.  KNTDSEN,conseillerd’Etat,bourgmestrede  Copenhague  ;P. -A.  SCHLEISNER, 
docteur  en  medecine,  inspecteur  du  service  medical  de  Copenhague,  membredu  Con- 
seil  superieur  de  sante  du  Danemark ; Suhonheydeb,  chef  des  sapeurs-pompiers  de 
Copenhague. 


ESPAGNE. 

DELEGUES  DES  MINISTERES. 

MM.  Mariano  Carreras  y Gonzales,  docteur  en  droit,  depute  aux  Cortes,  et 
Ramon  de  JNavarrette,  redacteur  de  la  Gazette  officielle  de  Madrid,  delegues  du  Minis- 
tere de  l’lnterieur;  Jose  de  Castro  y Serrano,  homme  de  lettres,  delegue  des  Minis- 
ters de  l’Instruction  publique  et  des  Travaux  publics. 


FRANCE. 


DELEGUES  DES  MINISTERES. 


MM.  Claude  Bernard,  de  l’Academie  frangaise  etde  1’Academie  des  sciences,  pro- 
fesseur au  College  de  France,  le  docteur  BOUCHARD  AT,  professeur  d’hygiene  alaFaculte 
de  medecine  de  Paris,  le  docteur  BuCQUET,  president  du  Conseil  de  l’inspection  gene- 
rale  des  etablissements  de  bienfaisance,  LeonRenault,  ancien  prefetde  police,  depute, 
le  docteur  LAUSSEDAT,  depute,  et  le.docteur  Liouville,  depute,  delegues  du  Minister 
de  l’lnterieur;  Dumoustier  de  Fredilly,  directeur  du  commerce  interieur,  le  docteur 
Fauyel,  inspecteur  general  des  services  sanitaires,  membre  de  l’Academie  do  medecine, 
le  docteur  Tardieu,  president  du  Comite  d’hygiene  publique,  membre  de  l’Academie 
de  medecine,  le  docteur  Proust,  professeur  agrege  h,  la  Faculte  de  medecine  de  Paris, 
delegues  du  Ministere  de  l’Agriculture  et  du  Commerce  ; le  marquis  de  MONTAIGNAC, 
contre-amiral,  senateur,  et  A.  IlAGiOT,  lieutenant  de  vaisseau,  delegues  du  Minister 
de  la  Marine  ; le  docteur  Perrin,  medecin  militaire  de  lro  classc,  sous-directeur  do 
l’Fcole  de  m^decineetde  pharmacie,  ddlegue  du  Ministere  de  la  Guerre;  Gbeard,  membre 
de  l’Institut,  directeur  de  l’Enseignemcnt  primaire  de  la  Seine,  delegue  du  Ministere  de 
1 Instruction  publique. 


DELEGUE  I)E  I.A  PREFECTURE  I)E  POLICE. 

M.  Gebabdin,  docteur  cs-scienccs,  inspecteur  des  etablissements  insalubres. 


48 


DELEGUES 


DELEGUES  DE  I-A  VILLE  DE  PARIS. 

MM.ledocteurO.DC  MESNIL,medecin  de  l’Asile national  deYincennes,  Geakdpiebee, 
prudhomme-ouvrier  du  Conseil  desmetaux,  Allabd,  architecte-expert,  membres  de  la 
Commission  des  logements  insalubres. 

DELEGUE  DE  LA  VILLE  DE  MARSEILLE.  & 

M.  A.  I)E  MABE,  consul  des  Pays-Bas  en  Belgique. 

DELEGUES  DU  COMITE  REGIONAL  DU  NORD  DE  LA  FRANCE. 

President : M.  A.  LONGHAYE,  vice-president  de  la  Societe  industrielle  du  Nord  de  la 
France ; vice-presidents  : MM.  Alfred  HOEZE  DE  L’AULNOIT,  professeur  a la  Faculte 
de  medecine  de  Lille;  CuiGNlEZ,  cbirurgien  en  chef  a l’hopital  militaire;  A.  Thibiez, 
manufacturier,  president  du  Comite  d’utilite  publique  de  la  Societe  industrielle  du  Nord 
de  la  France;  tresorier : M.  Leon  GAUCHE,  secretaire  du  Comite  d’utilite  publique  de 
la  Societe  industrielle  du  Nord  de  la  France ; secretaires  : MM.  Mathelo,  capitaine- 
ingenieur  du  Corps  des  sapeurs -pompiers  de  Lille;  Yan  Hende,  president  de  la  Societe 
des  sciences  et  des  arts  de  Lille  ; Aime  HOUZE  DE  L’ACLNOIT,  administrateur  des  hos- 
pices civils  de  Lille,  delegue  de  la  Societe  des  sciences  et  des  arts. 

DELEGUES  DES  CORPS  SAVANTS,  DES  SOCIETES  PHILANTHROPIQUES,  DES  ASSOCIATIONS 

PART1CULIERES,  ETC. 

MM.  BECLAED,  secretaire  perpetuel  de  l’Academie  de  medecine,  delegue  de  cette 
Academie ; Paeis,  vice-amiral,  president  de  l’Academie  des  sciences,  delegue  de  cette 
Academie ; Gebmond  DE  LAYIGNE,  delegue  de  la  Societe  frangaise  contre  l’abus  du 
tabac  et  des  boissons  alcooliques;  MABJOLIN,  chirurgien  honoraire  des  hopitaux  de 
Paris,  delegue  de  la  Societe  des  apprentis ; MAETIN,  delegue  de  la  Compagnie  d’assu- 
rances  sur  la  vie  la  Nationale-,  Millet,  ancien  inspecteur  des  forets,  et  DE  Lay  ALETTE, 
directeur  du  journal  V Economic  rurale , delegues  de  la  Societe  protectrice  des  ani- 
maux  (de  Paris) ; le  comte  DE  BEAUFOET  et  le  docteur  RiAKT,  delegues  de  la  Societe 
generate  de  secours  aux  blesses;  Bodaet,  delegue  de  la  Societe  protectrice  de 
l’Enfance  (du  departement  d’Indre-et-Loire) ; Bebthiee,  ancien  president  du  Tri- 
bunal de  Commerce  de  la  Seine,  delegue  de  la  Societe  frangaise  de  secours  aux 
blesses;  J.  DE  COENE,  ingenieur  des  chemins  de  fer  de  l’Ouest,  et  Yebbi>tE,  inge- 
nieur  du  service  municipal  de  la  ville  de  Caen,  delegues  de  la  Societe  des  ingenieurs 
civils  de  France;  Habdouin,  conseiller  & la  Cour  d’appel  de  Douai,  delegue  de  la 
Societe  de  secours  aux  blesses  (Nord  de  la  France) ; Lonquett  aine,  delegue  de  la  So- 
ciete husnaine  et  des  naufrages;  DOLON,  secretaire  de  la  Chambre  syndicale  des  nego- 
ciants  en  charbon  de  terre,  FALGAS,  secretaire  de  la  Chambre  syndicale  des  instruments 
de  chirurgie,  J.-L.  Hayabd,  president  de  la  Chambre  syndicale  du  papier  et  des  indus- 
tries qui  le  transformed,  Leyallois,  president  de  la  Chambre  syndicale  des  tissus  de 


delegues 


49 


laine,  et  Toueette,  president  de  la  Chambre  syndicale  de  la  passementerie  et  de  la 
mercerie,  delegues  du  Syndicat  general  de  l’Union  nationale  du  Commerce  et  de 
^Industrie. 


GRANDE  BRETAGNE. 

t 

DELEGUES  DU  COMITE  GENERAL  DE  LONDRES. 

MM.  le  docteur  Mouat;  le  docteur  Porter,  cbirurgien- major ; le  docteur  Uard- 
WICKE,  coroner  pour  le  Middlesex;  le  docteur  Richardson,  membre  de  la  Society 
royale  des  sciences. 


DELEGUES  DU  COMITE  EXECUTIF  DE  LONDRES. 

Lord  A.  Spencer  Churchill, president  du  Conseil  de  la  Societe  des  arts  et  president 
du  Comite  executif;  MM.  le  major  C.-J.  BURGESS,  secretaire  du  Comite  executif;  le 
capitaine  DOUGLAS  €r ALTON,  membre  de  la  Societe  royale  des  sciences;  Sir  J.-TT.  Bazal- 
GETTE,  ingenieur  du  Conseil  metropolitain  des  travaux  publics ; MM.  le  docteur  Wil- 
liam Farr,  membre  de  la  Societe  royale  des  sciences,  officier  de  Betat-civil  general 
du  Royaume;  le  professeur  Willis  Bund,  vice-president  du  Conseil  de  la  peche  de  la 
Severn;  le  lieutenant-colonel  Haywood,  ingenieur  de  la  Commission  des  egouts  de 
Londres;  le  lieutenant-colonel  Gould  Weston,  membre  de  la  Societe  des  arts; 
H.  YERNEY,  ancien  membre  du  Parlement ; John  Siltzer;  de  Keyser,  commissaire 
representant  du  Comite  central  de  Belgique  a Londres;  E.  JOHNSON,  commissaire 
du  Comite  anglais  pres  de  l’Exposition. 

DELEGUES  DES  CORPS  SAVANTS,  DES  SOCIETES  PHILANTHROPIQUES,  DES  ASSOCIATIONS 

PARTICULIERES,  ETC. 

MM.  le  docteur  Richardson,  le  docteur  Hardwicke,  J.-S.  Piiene,  John  Yeats, 
H.-H.  Collins,  F.  Fuller,  et  E.  Chadwick,  delegues  de  l’Association  nationale  pour 
Tavancementde  la  Science  sociale ; J.  BURGESS  et  le  capitaine  Douglas  Galton,  dele- 
gues de  la  Societe  anglaise  de  secours  aux  militaires  blesses;  le  docteur  Farr  et  le 
docteur  Mouat,  delegues  de  la  Societe  de  statistique  de  Londres;  Allingiiam,  dcle- 
gue  de  la  Societe  de  secours  chirurgicaux;  J.  FURLEY,  membre  du  Conseil  de  la 
Societe  anglaise  de  secours  aux  militaires  blesses,  delegue  du  Conseil  de  l’Ordre  de 
Saint-Jean  ; Willis  Bund,  delegue  du  Conseil  do  la  peche  de  la  Severn  ; le 
docteur  Lory  Marsh,  delegue  de  l’lnstitut  sanitaire  de  la  Grande-Brctagnc ; 
J.  Bazalgette,  delegue  du  Conseil  metropolitain  des  travaux  publics  ; Greenhill, 
delegue  de  l’Association  pour  ^amelioration  des  habitations  ouvrieres  do  Hastings; 
Hodgson  Pratt,  delegue  du  Club  et  de  Blnstitut  do  l’union  des  travailleurs ; 
W.  Pearse,  delegue  de  la  Societe  des  arts  ; le  lieutenant-colonel  Haywood,  delegue 
de  la  Commission  des  egouts  do  Londres;  COOKE,  delegue  de  la  Societe  royale  et 
nationale  pour  la  protection  de  la  vie  humaino  contro  1 ineendie. 


4 


80 


DELEGUES 


ITALIE, 

DELEGUES  DU  COMITE  ITALIEN. 

S.  E.  le  comte  I.  TORRELLI,  senateur ; MM.  le  chevalier  BlGNAMl-SORMANi,  ingenieur 
de  la  ville  de  Milan;  J.  ERRERA,  consul-general  honoraire  d’ltalie  en  Belgique,  com- 
missaire  delegue. 


DELEGUES  DU  MINISTERE  DE  LA  GUERRE. 

MM.  Gene,  colonel  d’etat-major/et  Tosi,  capitaine-medecin. 

DELEGUES  DES  CORPS  SAVANTS,  DES  SOCIETES  PHILANTHROPIQUES,  DES  ASSOCIATIONS 

PARTICULIERES,  ETC. 

MM.  MAZZONI,  professeur,  delegue  de  l’Association  italienne  de  secours  aux  militaires 
blesses;  le  docteur  P.  CASTIGLIONI,  delegue  de  l’Association  italienne  de  secours  aux 
militaires  blesses  et  des  Associations  medicales;  le  chevalier  BlGNAMl-SORMANi,  inge- 
nieur, delegue  du  College  des  ingenieurs  et  architectes  de  Milan ; H.  Hymans,  secre- 
taire de  la  Societe  protectrice  des  animaux  (de  Bruxelles),  delegue  de  la  Societe 
protectrice  des  animaux  (de  Naples). 


LUXEMBOURG  (Grand-Duch6  de . 

DELEGUES  DU  GOUVERNEMENT. 

MM.  Linden,  consul-general  du  Grand-Duche  en  Belgique ; FONCK,  docteur  en 
medecine,  secretaire  du  College  medical  de  Luxembourg;  SiVERlNG,  ingenieur  en  chef 
des  travaux  publics;  de  Waha,  professeur  a l’Athenee  et  inspecteur  des  Ecoles  pri- 
maires;  Perron,  commissaire  du  Gouvernement  pres  des  Administrations  de  chemins 
de  fer;  J.  GRAAS,  notaire,  conseiller  communal  a Luxembourg. 

DELEGUE  DE  L’ASSOCIATION  LUXEMBOURGEOISE  DE  SECOURS  AUX  MILITAIRES  BLESSES. 
M.  FONCK,  docteur  en  medecine,  secretaire  du  College  medical  de  Luxembourg. 


PAYS  BAS. 

DELEGUES  DU  COMITE  NEERLANDAIS. 

MM.  C.-J.-A.  den  Tex,  bourgmestre  d’Amsterdam,  president;  F.-.H.  Van  Notten, 
docteur  en  droit,  secretaire;  G.  DE  Jager,  ingenieur  civil,  commissaire  delegue 
pres  de  l’Exposition. 


DELEGUES 


ii'l 


DELEGUES  DU  GOUVERNEMENT. 

MM.  P.-F.  Hubrecht,  docteur  en  droit,  secretaire-general  du  Ministere  de  Plnte- 
rieur ; H.  V an  Cappelle,  docteur  en  medecine,  referendaire  au  Ministere  de  l'lnterieur ; 
L.  iil-COHEN,  docteur  en  medecine,  inspecteur  du  Gouvernement  pour  les  aiFaires 
sanitaires  dans  les  provinces  de  Frise  et  de  Groningue. 

/ 

DELEGUES  DE  L3ASSOCIATION  NEERLANDAISE  DE  SECOURS  AUX  BLESSES. 

MM.  L.*Cr.  Egeling,  docteur  en  medecine,  et  le  baron  C.-J.-G.  VAN  Hardenbroeck 
TAN  Bergajibacht,  colonel  de  la  garde-civique,  aide-de-camp  de  S.  M.  le  Roi  des 
Pays-Bas. 


RUSSIE. 

DELEGUES  DU  COMITE  RUSSE. 

MM.  Andreeff,  professeur  de  chimie,  conseiller  actuel  d’Etat;  Wajilberg,  colonel 
du  genie  militaire  ; le  baron  Maydell,  docteur  charge  du  service  sanitaire  de  Saint- 
Petersbourg,  conseiller  prive  de  S.  M.  l’Empereur  de  Russie ; Lwof,  secretaire  de 
la  Societe  polytechnique  imperiale  de  Saint-Petersbourg,  secretaire  du  Comite. 

DELEGUES  DES  MINISTERES. 

MM.  le  lieutenant-general  Obroutcheff,  le  general-major  Kohkowsky,  president 
du  Comite  du  Musde  pedagogique  de  Saint-Petersbourg,  et  M.  Nedatz,  docteur  en 
medecine,  conseiller  d’Etat,  delegues  du  Ministere  de  la  Guerre. 

MM.  le  conseiller  Stroiim,  inspecteur  des  Beaux-Arts,  et  le  comte  de  Suzor, 
architecte  de  la  ville  de  Saint-Petersbourg,  delegues  du  Ministere  de  PInterieur. 

MM.  de  Neyakhoyitch,  agent  naval  de  Russie  en  Allemagne,  et  Muller,  medecin- 
major  de  la  marine,  delegues  du  Ministere  de  la  Marine  imperiale. 

M.  le  docteur  WlESEL,  conseiller  de  College,  deleguc  du  Ministere  des  Voies  de  com- 
munications. 


DELEGUES  DE  LA  ive  SECTION  DE  LA  CIIANCELLERIE  PRIVEE  DE  S.  M.  L’EMPEREUR. 

MM.  le  conseiller  Froben,  docteur  en  medecine,  et  de  Kislanski,  ingenieur  des 
Vries  de  communications. 

DELEGUE  DE  LA  MANUFACTURE  IMPERIALE  DES  PAPIERS  DE  L5ETAT. 


M.  de  KlBLANBKl,  ingonicur. 


DliLl'iGUkS 


82 


SUEDE  NOR WilGE. 

DELEGUES  DU  GOUVERNEMENT. 

MM.  le  docteur  O.-J.  Brocii  (Norwege),  professeur  k l’Universite  de  Christiania, 
president  du  Comite  Nonvegien,  et  le  docteur  E.  Ediiolm  (Suede),  medecin  en  chef  de 
l’armee  suedoise. 

DELEGUE  DU  COMITE  SUEDOIS. 

M.  A.-F.  Kullberg,  inspeeteur  d’hygiene  de  la  ville  de  Gothembourg. 

DELEGUE  DE  LA  VILLE  DE  STOCKHOLM. 

M.  E.  Odmanson,  docteur  en  medecine  et  chirurgie,  professeur  extraordinaire 
l’Ecole  de  medecine  de  Stockholm. 

DELEGUES  DE  LA  VILLE  DE  CHRISTIANIA. 

MM.  ANDERSEN,  ingenieur  en  chef  des  travaux  publics,  et  RING,  membre  de  la 
Societe  de  medecine  de  Christiania. 


SUISSE. 

DELEGUES  DU  COMITE  GENEVOIS. 

MM.  MOYNIER,  president  du  Comite;  DuNANT,  professeur  a l’Universite  de  Geneve; 
Odier,  docteur  en  medecine;  Appia,  docteur  en  medecine;  LOMBARD,  banquier. 

DELEGUES  DES  CORPS  SAVANTS,  DES  SOCIETES  PHILANTHROPIQUES,  DES  ASSOCIATIONS 

PARTICULIERES,  ETC. 

MM.  Appia  et  MOYNIER,  delegues  du  Comite  international  de  la  Croix-Rouge; 
MM.  Appia,  Dunant  et  Lombard,  delegues  de  la  Societe  genevoise  d’Utilite  publique; 
M.  Dunant,  delegue  de  la  Societe  medicale  de  Geneve ; M.  A.  Humbert,  ancien 
ministre  plenipotentiaire,  professeur,  delegue  de  la  Societe  contre  la  reglementation 
de  la  prostitution. 


VENEZUELA  (Etats-Unis  de). 

DELEGUE  DU  GOUVERNEMENT. 

M.  Meulemans,  consul-general  des  Etats-Unis  de  Venezuela  en  Belgique. 


BIBLIOGRAPHIE 


LISTE  DES  OUTRAGES  OFFERTS  All  CONGRES 


DRESSEE  PAR  M.  L.EBON,  BIBLIOTHECAIRE. 


ALLEMAGNE. 

Bohmert.  — Enquete  fiber  Gewinnbetheiligung  der  Arbeitnehmer  und  andere  neue 
Lohnzahlungsmethoden,  mit  besonderer  Riicksicht  auf  die  Schweizerischen  Versuche. 
— 1876;  brochure. 

Bohmert.  — Enquete  et  questions  concernant  la  participation  des  employes  et 
ouvriers  aux  benefices.  — Dresde,  1.876;  brochure. 

Cieszkowski  (comte  Auguste).  — Antrag  zu  Gunsten  der  Klein-Kinder-Bewahran- 
stalten  als  Grundlage  der  Volks-Erziehung.  Beitrag  zur  Bestimmung  und  Feststellung 
der  Aufgabe  desStaats  in  Beziehung  auf  Volkswohlstand  und  Cultur.  — Berlin,  1856; 
brochure. 

Helbig,  Carl-Ernst.  — Heusinger’s  Eisenbahn-Personenwagen,  als  fahrendes  Laza- 
reth.  — Dresde,  1876 ; brochure. 

Henschke.  — Die  Pflanzenkost.  Ihre  Begriindung,  nebst  Anleitung  zum  praktischen 
Gebrauch  derselben.  — Berlin,  1876 ; brochure. 

Lindau.  — Niichterne  Briefe  aus  Bayreuth.  — Breslau,  1876;  brochure. 

Notice  sur  la  canalisation  de  Francfort-sur-Mein.  — Francfort-sur-Mein,  1876; 
brochure. 

Peltzer.  — Die  Deutschen  Sanitatsziigc  und  der  Dienst  als  Etappenarzt  ini  Kricgo 
gegen  Frankrcich.  — Berlin,  1872;  1 volume. 

Peltzer.  — Kriegslazarcth-Studien.  — Berlin,  1876;  brochure. 


o4 


13IBLI0GRAPIIIE 


Reichardt.  — Archiv  dor  Pharmacie.  Zeitschrift  des  Deuischen  Apotheker-Vereins. 
— 1876 ; brochure. 

SoCIETE  CENTRALE  POUR  BE  BIEN-ETRE  DES  CLASSES  OUVRIERES,  a Berlin.  — Rapport 
sur  son  origine,  son  dcvcloppement  et  ses  travaux  pendant  les  annees  1844-1876, 
presente  au  Congres  d’hygiene,  de  sauvetagc  ct  d’economie  sociale.  — Berlin,  1876 
brochure. 


AUTRICHE. 

Neudorfer.  — Die  Gcbirgsfrage.  — Vienne;  brochure. 

Neudorfer.  — Beitrage  zur  Bluttransfusion.  — Vienne,  1875;  un  volume. 

Grosz,  Louis,  docteur  on  medecine.  — Loi  sur  l’organisation  de  l’hygiene  publique, 
sanctionnee  le  3 avril  1876,  promulguee  par  les  deux  Chambres  du  Parlement 
hongrois  le  8 avril  1876.  Preface  de  M.  le  docteur  Louis  Grosz.  — Bude-Pesth, 
1876  ; brochure. 

BELGIQUE. 

Ad  an.  — Notice  sur  l’histoire  des  assurances  sur  la  vie.  — Bruxelles,  1871  ; bro- 
chure. 

Administration  communale  d’Etterbeek.  — Rapport  sur  l’administration  de  la 
commune  pendant  l’annee  1873-74,  presente  en  seance  du  7 septembre  1874, — 
Bruxelles,  1874;  brochure. 

Andrimont  (Leon  d’).  — La  Cooperation  ouvriere  en  Belgique.  — Bruxelles,  1876; 
1 volume. 

Art  medical  (P),  revue  des  interets  sociaux,  scientifiques  et  professionnels,  ( "bi-men - 
suel).  — Bruxelles,  1876;  brochures. 

Belval,  docteur  es-sciences.  — Essai  sur  Porganisation  generale  de  l’hygiene 
publique.  — Bruxelles,  1876;  1 volume. 

Bouquie-Lefebvre.  — De  Pabolition  des  boissons  fortes  (ouvrage  traduit  du  hol- 
landais).  — Bruxelles,  1847 ; 1 volume. 

Bouquie-Lefevre.  — Des  causes  et  des  resultats  de  l’intemperance,  ainsi  que  des 
moyens  de  la  prevenir  et  de  la  combattre.  — Bruxelles,  1857  ; 1 volume. 

Bouquie-Lefevre.  — Dangers  de  l’ivrognerie.  La  vie  et  la  fin  de  l’ivrogne,  d’apres 
Cruikshank.  (Edition  publiee  en  faveur  des  enfants  pauvres  et  offerte  gratuitement  a 
toutesles  ecolesprimaires).  — Bruxelles;  album. 

Bouquie-Lefevre.  — Dangers  de  l’ivrognerie.  Effets  que  produisent  les  boissons 
ortes  sur  Pinterieur  de  l’estomac  des  buveurs.  — Bruxelles ; album. 

Bureau  Veritas  (Le).  — Reglement  de  l’Union  internationale  d’assureurs  contre  les 
risques  de  transport  pour  l’arrimage  des  chargements  en  vrac  de  grains  et  graines  de 
toute  nature  dans  les  navires  faisant  la  navigation  des  mers  d’Europe.  — Bruxelles; 
une  feuille. 

Calles.  — Projet  d’un  appareil  ayant  pour  but  de  prevenir  dans  beaucoup  de  cas 
la  perte  d’un  navire  en  pleine  mer.  — Bruxelles,  1876;  brochure. 

Charbonniir-Debatty,  docteur  en  medecine.  — Maladies  et  facultes  diverses  des 
mystiques.  — Bruxelles,  1875 ; 1 volume. 

Corr-Vandermaeren.  — Lesprogresdu  libre-echange  en  Belgique  ; lettre  adressee 
au  Cobden-Club.  — Bruxelles,  1876  ; brochure. 


13IBLI0GRAPHIE 


55 


Creteur.  — L’hygienesur  les  champs  de  bataille.  — Paris,  1871;  brochure. 

Davreux.  — Sur  la  mortalite  des  enfants  du  premier  age.  — Liege,  1870  ; brochure. 

Davreux.  — Communication  faite  a la  seance  du  21  septembre  1875  du  Congres 
international  des  sciences  medicales  sur  la  contagion  du  cholera  par  les  cadavres  des 
choleriques.  — Liege,  1875 ; brochure. 

Delandre.  — L’assurance  ouvriere.  — Bruxelles,  1876;  brochure. 

Ecoles  menageres  dans  le  Hainaut.  — Mons,  1876  ; brochure. 

CEuvre  des  soirees  populaires  de  Verviers.  — Concours  de  litterature  1873-74; 
Marianne  la  Botresse,  par  Eug.  Bondroit.  — Verviers,  1874  ; brochure. 

(Euvre  des  soirees  populaires  de  Verviers.  — Bulletin  des  excursions.  — Ver- 
viers, 1875;  1 volume. 

Federation  des  Banques  populaires  de  Belgique.  — Premier  Congres  des  Ban- 
ques  populaires  ( Societes  cooperatives ).  Credit  mutuel.  — Liege,  1870;  brochure. 

Federation  des^  Banques  populaires  de  Belgique.  — Deuxieme  Congres  des 
Banques  populaires  ( Societes  cooperatives')  tenu  a Bruxelles  le  22  septembre  1872.  — 
Liege,  1872  ; brochure. 

Federation  des  Banques  populaires  de  Belgique.  — Troisieme  Congres  des 
Banques  populaires  (Societes  Cooperatives)  tenu  a Gand  les  26  et  27  octobre  1873.  — 
Gand,  1874;  brochure.  / 

Federation  des  Banques  populaires  de  Belgique.  — Quatrieme  Congres  des 
Banques  populaires  (Societes  cooperatives)  tenu  a Charleroi  les  16  et  17  aout  1874.  — 
Liege,  1874;  brochure. 

Federation  des  Banques  populaires  de  Belgique.  — Cinquieme  Congres  des 
Banques  populaires  (Societes  cooperatives)  tenu  a Anvers  les  29  et  30  aout  1875.  — 
Anvers,  1876;  brochure. 

Feigneaux,  docteur  en  medecine.  — Des  secours  volontaires  en  temps  de  guerre.  — 
Bruxelles,  1866 ; brochure. 

Felix,  Jules,  docteur  en  medecine.  — Etude  clinique  sur  la  fistule  a l’anus  et  son 
traitement  au  moyen  de  la  section  lineaire ; methode  et  procede  nouveaux.  — Bruxelles, 
1875;  brochure. 

Felix,  Jules.  — Des  embaumements.  — Bruxelles,  1876;  brochure. 

Felix,  Jules.  — Les  hopitaux  etles  maternites.  — Bruxelles,  1876;  brochure. 

Felix,  Jules.  — Destruction  des  gaz  mephitiques.  — Bruxelles,  1876;  brochure. 

Hermant,  medecin  militaire.  — Nouveaux  modeles  de  sac  d’ambulance  et  de  sacoches 
a medicaments  pour  la  cavalerie.  — Bruxelles,  1872;  brochure. 

Hermant,  medecin  militaire.  — Essai  sur  l’organisation  des  ambulances  volantes 
sur  le  champ  de  bataille.  — Bruxelles,  1872;  1 volume. 

Kuborn,  membre  titulaire  de  l’Academie  royale  de  medecine  de  Belgique.  — Coup 
d’ceil  historique  et  contemporain  sur  l’hygiene  et  la  biologie.  — Bruxelles ; bro- 
chure. 

Lebon,  Leon.  — L’instruction  du  peuple.  Histoire  de  l’Enseignement  populaire. 
Bruxelles,  1872;  1 volume. 

Lebon,  Leon.  — Repertoire  historique,  analytique  et  raisonne  de  l’Enseignement 
populaire  en  Belgique;  principes,  legislation,  jurisprudence,  faits  et  statistique. 
Bruxelles,  1871 ; 2 volumes. 

Lebon,  Leon.  — La  Paix  Socialc,  ou  Continuation  do  la  guerre  a l’ignorance. 
Bruxelles,  1872;  1 volume. 


56 


BIBLIOGRAPHIE 


Leferure.  — Hygiene  agricolo  et  industrielle;' preparation  des  lins  et  chanvres  sans 
rouissage  putride  par  lc  systeme  J.-F.  Leferure.  — Bruxelles,  1876  ; brochure. 

Lefevre,  Victor.  — La  Caisse  d’Epargnc;  comedie  en  un  acte  eten  vers.  — Bruxelles, 
1875;  brochure. 

Micha.  — Le  credit  et  les  banques,  conference  faite  a la  Societe  Franklin  de  Liege. 

— Liege,  1873;  brochure. 

Micha.  — Les  institutions  ouvrieres  de  la  villo  de  Gand,  conference  faite  k la  Societe 
des  Soirees  populaires  de  Verviers.  — Verviers,  1875;  brochure. 

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Annual  Report  (thirty -sixth)  of  the  Registrar-general  of  births,  deaths,  and  marriages 
in  England  (abstracts  of  1873).  — Londres,  1875;  1 volume. 

Annual  Summary  of  births,  deaths,  and  Causes  of  death  in  London,  and  other  large 
cities  (1875).  — Londres,  1876;  brochure. 

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Premier  Congres  des  ingenieurs  et  arciiitectes  de  Milan.  — Atti  publicati 
per  cura  del  Collegio  degli  ingegneri  ed  architetti  in  Milano.  — Milan,  1873  ; 1 volume 
accompagne  de  plusieurs  plans. 


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Geneeskundig  staatstoezigt  voor  de  provineien  Friesland  en  Groningen  : Het  ver- 
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Huet.  — De  water-locomotief,  mededeeling  in  het  koninklijk  institut  van  inge- 
nieurs. — 1 volume. 

Instruction  (elementary  and  middle-class)  in  the  Netherlands.  — • Rapport  du 
Gouvernement  sur  l’enseignement  primaire  et  moyen  de  1857  h 1876. — 1 volume. 
Jager,  J.-G.  — Memoire  sur  la  question  de  l’eau  potable.  — Paris,  1870;  brochure. 
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Verslag  van  den  staat  der  maatschappij  en  van  de  verrichtingen  des  hoofdbestuurs. 
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Spaarbanken  overgedruckt  uit  het  jaarboek  der  maatschappij  (1862-1863).  — 1875  ; 
brochure. 

Jaarboek  der  maatschappij  (1865-1875).  — Amsterdam,  1 volume. 

Apergu  historique  delaSociete  hollandaise  du  Bien  Public  (Maatschappij  tot  nut 
van ’t  algemeen)  (1784-1867).  — 1 volume. 

Neerlands  wettige  strijdkrachten  tegen  een  machtigen  vijand.  — Bijdrage  tot  de 
algemeene  gezondheitsleer.  — Amsterdam,  Deventer,  Leyden,  1875  ; brochure. 

Leven  en  gezond  zijn.  — Amsterdam*  1875;  1 volume. 

Het  kind  in  zijne  eerste  levensjaren.  — Leyden,  1853;  1 volume. 

Nederlandsche  vereeniging  tot  afschaffing  van  sterken  dranken.  — Jaarlijk- 
sche  verslagen  voor  1872,  1873,  1874  en  1875.  — Amsterdam,  brochures. 

Almanak,  achtiende  en  negentiende  jaargange  (1875  en  1876).  — Amsterdam  ; 
brochures. 

Beknopt  overzigtder  rekening  over  hetjaar  1875.  — 1 feuille. 

Toespraak  van  een  zeeman  op  eene  afschaffings-vergadering.  — Brochure. 

n De  rem  vast ! » . — Brochure. 

Drankbestrijding  eener  engelsche  vrouw  onder  zeelieden,  door  Miss  Weston. — Bro- 
chure. 

Drank  aanboord,  uit  het  engelsch,  door  J.-H.  Looman,  scheepsgezagvoerder. — Am- 
sterdam ; brochure. 

Amelioration  de  la  condition  physique  et  morale  de  la  classe  ouvriere.  — Memoire 
couronne  au  concours  de  l’Association  Internationale  pour  le  progres  des  sciences 
socialesen  1865  (medaille  Dutrone).  — La  Haye,  1867 ; brochure. 

Nederlandsch  genootschap  tot  zedelijke  verbetering  der  gevangenen  (So- 
ciete  pour  l’amelioration  de  Tetat  moral  des  prisonniers).  — Reglement  van  het  ge- 
nootschap : vijftigste  verslag  van  het  genootschap.  — 1873;  brochure. 

Een  en  vijftigste  verslag  van  het  genootschap.  — 1874;  brochure. 

Twee  en  vijftigste  verslag  van  het  genootschap.  — 1875 ; brochure. 

Van  Tienhoven,  G.  — Het  goede  voor  de  Maatschappij . Het  middel  ter  bestrijding 
van  het  kwade. 

Spaarbanken,  Spaarkassen,  enz.  (Caisses  de  prevoyance;  caisses  d’epargne).  — 
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Gewijzigde  statuten  van  de  spaarbank  te  Amsterdam. 

Boekje  voor  deelnemers  van  de  spaarbank  te  Amsterdam. 

Finantiele  uitkomsten  der  spaarbank  te  Amsterdam,  over  de  jaren  1873,  1874  en 
1875. 

Rapport  van  de  Commissie  tot  het  instellen  van  een  onderzoek  naar  spaarbanken, 
spaarkassen,  hulp  en  beleenbanken,  aan  het  Hoofdbestuur  der  Maatschappij  tot  Nut 
van ’t  Algemeen,  1873  en  1874. 

Rapport  van  de  Commissie  tot  het  instellen  van  een  onderzoek  naar  de  werking  van 
Post-spaarbanken  van  het  Hoofdbestuur  der  Maatschappij  tot  Nut  van ’t  Algemeen,  1 875. 

Spaarbanken.  Overgedrukt  uit  het  jaarboek  der  Maatschappij  tot  Nut  van ’t  Alge- 
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inlichtingen.  — Acte  van  leen,  — Stortingboekje.  — Verslag  over  1873,  1874  en 
1875.  — Brochures. 

Spaarbank  te  s’  Gravenhage  : Reglement.  — Aanteekenboekje.  — Magtiging  tot 
ontvangst.  — Lijst  der  opgevraagde  gelden.  — Jaar  en  maandstaat.  — Kort  overzigt 
van  den  staat  der  bank.  — Register  in  verband  met  de,  in  het  jaar  1875  ingevoerde, 
belgische  wijze  van  renteberekening.  — Verslag  over  1874  en  1875.  — Brochures. 

Vereenigingen  tot  het  bouwen  van  arbeiderswoningen  (Association  pour  la 
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Statuten  der  Amsterdamsche  Vereeniging  tot  het  bouwen  van  arbeiderswoningen. 
— Brochure. 

Statuten  van  de  Naamlooze  Vennootschap  De  Bouiokas.  — Brochure. 

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Extrait  des  Statuts  de  la  Societe  Imperiale  des  chasses  regulieres  et  pour  la 
multiplication  des  animaux  auxquels  on  fait  la  chasse,  tant  pour  le  sport  que  pour 
l’industrie.  — Une  feuille. 

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chure. 

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1876;  brochure. 

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Medioo-philanthropisches  Comite  der  Kaiserlichen  menschenliebenden  Gesells- 
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brochure. 

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Notice  sur  la  Maison  de  Maternite  placee  sous  le  patronage  de  S.  A.  I.  Madame 
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sous  le  patronage  de  S.  A.  I.  Madame  la  Grande-Duchesse  Catherine  de  Russie.  — 
St-Petersbourg,  1876;  brochure. 

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St-Petersbourg,  inaugure  le  30  septembre  1869.  — Brochure. 

Notice  sur  un  nouveau  systeme  de  brancard-lit  pour  les  blesses.  — St-Petersbourg ; 
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Notice  sur  les  refectoires  de  St-Petersbourg,  fondes  en  1871  par  S.  A.  I.  Madame 
la  Grande-Duchesse  Helene  de  Russie.  — St-Petersbourg,  1876  ; brochure. 

Notice  sur  le  lit  hydrostatiQue  de  S.  A.  I.  Monseigneur  le  Prince  Pierre  d’Olden  - 
bourg.  — Une  feuille. 

Notice  sur  la  baraque-ambulance  transportable.  — St-Petersbourg,  1876; 
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Notice  sur  les  mouches  ciiarbonneuses.  — St-Petersbourg,  1875;  une  feuille. 

Notice  sur  les  trayaux  de  dessechement  des  marais.  — Une  feuille. 

Notice  sur  les  maladies  epizootiques  du  betail  et  mesures  prises  pour  empecher 
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Notice  sur  le  Souslik  (marmotte  de  Siberie,  citille)  et  les  moyens  employes  en 
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Notice  sur  la  situation  de  Passurance  contre  la  grele  en  Russie.  — Une  feuille. 

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1876 ; brochure. 

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Dunant,  docteur  en  medecine.  — De  la  taille  moyenne  des  habitants  du  canton  de 
Fribourg.  — Une  feuille. 

Dunant,  docteur  en  medecine.  — Notice  sur  la  carriere  medicale  du  docteur  L.  Senn, 
de  Geneve.  — Lausanne,  1873 ; brochure. 

Dunant,  docteur  en  medecine.  — Observation  de  rhumatisme  articulaire  aigu  com- 
pliqud  de  rougeole.  — Lausanne,  1868  ; brochure. 

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SEANCE  D’OUVERTURE 


27  SEPTEMBRE  1876 


A deux  heures,  les  membres  du  Congres  sontreunis  dans  la  salle  dupalais 
des  Academies,  mise  a leur  disposition  par  le  Ministere  de  l’lnterieur. 

Beaucoup  de  dames  en  grande  toilette  et  d’etrangers  en  brillants  unifor- 
mes font  partie  de  l’Assemblee. 

La  salle  a regu,  pour  la  solennite,  des  arrangements  speciaux.  Sur  une 
estrade  a gradins,  sont  disposees  une  grande  table  couverte  de  drap  vert, 
deux  tables  pour  les  stenographes  et  les  representants  de  la  presse, 
une  tribune  pour  les  orateurs.  Le  buste  du  Roi  se  dresse  au  fond,  entoure 
des  drapeaux  de  toutes  les  nations. 

Les  membres  du  Comite  general  du  Congres  siegent  sur  l’estrade. 

MM.  les  Ministres  des  Affaires  etrangeres,  de  l’lnterieur,  des  Travaux 
pubbcs ; M.  Ch.  Rogier,  ministre  d’Etat,  ancien  president  d’lionneur  du 
Congres  d’hygiene  de  1852  ; MM.  les  Ministres  d’Autriche-Hongrie,  du 
Bresil,  d’Espagne,  de  France,  de  la  Grande-Bretagne  et  d’autres  mem- 
bres du  Corps  diplomatique  occupent  les  tribunes  en  face  de  la  tribune 
royale.  Le  Roi,  regu  a l’entree  du  palais  par  les  presidents  de  l’CEuvre,  le 
Conseil  d’administration  del’Exposition  etle  Bureau  provisoire  du  Congres, 
prend  place  dans  sa  loge.  Sa  Majeste  est  saluee  par  les  acclamations 
de  l’assemblee. 


70 


STANCE  D'OUVERTUllE 


M.  le  lieutenant-general  Renard,  president  de  FExposition  et  du  Con- 
gres,  s’avance  sur  l’estrade  et  prononce  le  discours  suivant : 

« Messieurs  les  membres  etrangers,  dans  un  instant,  l’honorable  M. 
Yervoort  vous  expliquera  la  correlation  qui  existe  entre  le  Congres  et 
FExposition  d’hygiene  et  de  sauvetage.  II  vous  dira  l’espoir  que  nous 
fondons  sur  vos  travaux  dans  Finteret  de  l’humanite  et  pour  l’amelioration 
physique  et  morale  des  classes  travailleuses. 

Mon  role,  dans  cette  ceremonie,  est  restreint ; mais  il  ne  m’en  est  pas 
moins  precieux.  Je  le  considere  comme  une  des  plus  belles  prerogatives  de 
lapresidence  de  l’CEuvre  qui  m’a  ete  confiee.  Je  suis  charge,  en  effet,  de 
saluer  les  membres  etrangers  et  de  leur  souhaiter  la  bienvenue  dans  mon 
pays. 

» En  presence  de  Sa  Majeste  et  de  ses  Ministres,  je  me  crois 
autorise  a dire  que  ce  sentiment  de  gratitude  et  de  reconnaissance  que  je 
vous  exprime,  je  puis  m’en  faire  Finterprete  au  nom  delaBelgique  entiere. 
Ce  sentiment,  nous  le  reportons  surtout  sur  les  Comites  etrangers  qui,  des 
l’origine,  ont  to uj  ours  uni  leurs  efforts  aux  notres,  afin  d’atteindre  le  but 
que  nous  nous  proposions.  C’est  a eux,  Messieurs,  c’est  a leur  action  per- 
severante  et  desinteressee  que  nous  devons  l’honneur  de  vous  rencontrer 
dans  cette  enceinte. 

» En  voyant  autour  de  nous  tant  d’illustrations,  taut  d’hommes  distin- 
gues  qui  occupent,  dans  leur  pays,  des  fonctions  elevees;  en  voyant  tant  de 
savants  connus  dont  le  monde  estime  les  travaux,  tant  de  philanthropes  qui 
ont  prouve,  depuis  longtemps,  qu’ils  savent  servirl’humanite  mieux  que  par 
des  paroles,  nous  assistons  a un  spectacle  a la  fois  grandiose  et  consolant. 

n En  effet,  Messieurs,  vous  n’etes  pas  venus  ici  a l’appel  d’un  Gouver- 
nement  disposant  des  faveurs  et  des  tresors  de  l’Etat.  Vous  avez  repondu 
a l’appel  d’une  simple  Societe  qui  a demande  a l’initiative  privee  les 
moyens  de  mener  son  CEuvre  a bonne  fin.  II  a suffi  de  vous  montrer  le  bien 
k accomplir,  et  vous  etes  venus  ! 

» Eh  bien!  Messieurs,  je  dis  que  c’est  la  un  spectacle  consolant. 

„ II  est  vrai  que  la  Societe  possedait  en  son  sein  un  talisman  qui  devait 
lui  attirer  le  succes.  Elle  avait  a sa  tete  comme  premier  actionnaire  notre 
Souverain  bien-aime,  un  prince  auquel  toutes  les  idees  genereuses  sont 
familieres,  un  prince  qui  prouve  sa  sympathie  non  pas  seulement  par  des 
vffiux  et  des  encouragements  officiels,  mais  par  des  actes  et  des  sacrifices 
personnels ! ( Applaudissements .) 

„ II  nous  a permis  de  nous  servir  de  son  nom.  Alors,  toutes  les  bar- 
rieres  sont  tombees,  les  obstacles  ont  disparu;  et  cette  CEuvre  que  tous 


SEANCE  D’OUVERTURE 


71 


consideraient  comme  difficile  a conduire,  dont  beaucoup  meme  avaient  dit 
qu’il  etait  impossible  de  la  realiser,  elle  s’est  developpee  sous  cette 
liaute  protection  et  elle  a pris  force  et  vigueur.  Aujourd’hui,  l’arbre  a 
pousse  dans  le  sol  des  racines  si  profondes  qu’on  ne  les  en  arrackera  plus ! 
Grace  a nos  efforts  communs,  ses  rameaux  s’etendront  sans  cesse  pour  le 
bien-etre  de  l’humanite,  Notre  CEuvre,  modeste  a son  origine,  continuera, 
j’espere,  a porter  ses  fruits  dans  l’interet  de  tous. 

f>  Maintenant,  Messieurs,  je  vais  remettre  au  Comite  d’execution  du 
Congres  le  soin  d’organiser  et  de  diriger  vos  travaux.  Je  prie  Messieurs  les 
• membres  du  Bureau  provisoire  de  bien  vouloir  prendre  leur  place  et  de 
commencer  leur  tacke.  J’ai  keu  de  croire,  Messieurs,  que  vous  approuverez 
le  ckoix  que  nous  avons  fait  et  que  vous  maintiendrez  les  konorables  mem- 
bres au  poste  que  nous  leur  avions  confie.  » ( Applauclissements  prolonge's.) 


Le  Bureau  du  Co  mite  d’execution  du  Congres,  faisant  fonctions  de 
Bureau  provisoire,  prend  place  a la  table  d’konneur. 

II  se  compose  de  MM.  Vervoort,  president,  Corr-Vander  Maeren,  vice- 
president;  Aug.  Couvreur,  secretaire  general  ;F.  Fourcault  secretaire;  Van 
Haelen  tresorier ; De  Mot,  questeur. 


M.  Vervoort,  president,  s’adresse  en  ces  termes  au  Roi  et  a 1’ assem- 
ble : 


Sire,  Messieurs, 

“ Devant  un  auditoire  aussi  imposant  par  sa  composition,  sa  valeur 
scientifique  et  son  caractere,  j’eprouve  une  emotion  pleine  de  respect 
et  de  reconnaissance. 

n Je  sens  que  ma  tacke  a grandi  a mesure  que  cette  reunion  se  formait 
et  se  developpait,  etj’ai  compris  mon  insuffisance  a vous  parler  de  notre 
CEuvre,  a vous,  Messieurs,  du  milieu  desquels  vont  jaillir  de  si  vives 
lumieres. 

» Ce  qui  me  soutient,  c’est  le  sentiment  qui  vous  guide  et  qui  vous  con- 
duit ici  animes  par  la  volonte  de  mettre  votre  science  et  votre  experience 
au  service  de  la  plus  noble  des  causes. 

n Je  me  sens  encourage,  parce  que  je  crois  que  ma  pensee,  enriclne 
d’effluves  genereuses  ernanees  de  vous  et  s’autorisant  do  votre  approba- 
tion, doit  aller,  au-dela  de  cette  Assemblee,  frapper  les  oreilles  de  ceux 


7 S 


STANCE  D’OUVERTUItE 


dont  le  sort  etles  destinees  sont  l’objetde  votrc  sollicitude,  de  vos  etudes 
et  de  vos  travaux. 

n Nous  avons  inscrit  au  frontispice  de  notre  (Euvre  : 

» Hygiene 
» Sauvetage 
» Economie  sociale. 

n Ces  trois  denominations,  peu  comprises  des  masses,  expriment  des 
choses  dune  portee  utilitaire  si  grande  qu’elles  sont  dignes  d’attirer  l’at- 
tention  et  la  sympathie  universelles. 

» Elies  ont  un  but  commun  et  leur  alliance  est  naturelle  etfeconde. 

» Leur  objectif  est  deproteger  la  viebumaine,  de  l’entourer  de  bien-etre 
et  de  la  prolonger  ; de  rendre  le  travail  moins  penible,  moins  dangereux, 
plus  productif ; de  defendre  les  travailleurs  contre  1’indifference,  l’impre- 
voyance  et  le  desordre,  et  de  les  conduire  vers  l’amelioration  de  leur  con- 
dition materielle  et  morale. 

» Mais,  en  preparant  eten  organisant  notre  (Euvre,  ne  devons-nous pas 
avoir  en  vue  un  but  plus  important  encore  et  aspirer  a un  resultat  plus 
vaste  et  plus  eleve  ? 

j,  N’est-ce  pas  le  developpement  harmonieux  de  la  prosperity  generale 
qui  doit  surtout  occuper  notre  pensee  ? 

» La  societe  subit  depuis  longtemps  les  secousses  du  mouvement  des 
classes  necessiteuses  vers  l’ameli oration  de  leur  sort. 

J}  Ce  mouvement,  personne  ne  saurait  le  nier.  Livre  a lui-meme  ou 
mal  diric/e , c’est  l’agitation,  c’est  le  desordre  accumulant  les  victimes  sans 
sauver  personne.  Bien  guide , c’est  la  gravitation  legitime  et  naturelle  vers 
lalumiere  et  le  progres. 

» II  faut  done  que  ceux  qui  jouissent  du  bienfait  de  l’instruction  et  qui 
sont  en  possession  de  la  richesse  ou  de  l’aisance  s’affirment  et  se  groupent 
autour  de  ceux  qui  tiennent  le  gouvernail.  Ils  doivent  conquerir  la  con- 
fiance  des  classes  laborieuses,  leur  donner  la  conviction  de  la  realite  de 
leur  sollicitude,  de  l’efiicacite  de  leurs  remedes  et  les  detourner  des  theo- 
ries erronees,  qui  enfantent  des  chimeres  et  deviennent  souvent  la  source 
de  la  ruine  de  ceux-la  meme  qui  y cherclient  des  soulagements  illusoires. 

n Faire  prevaloir  des  doctrines  saines  et  bienfaisantes  a la  place  d’illu- 
sions  dissolvantes,  voila  l’interet  dominant. 

„ Nous  sommes  done  unis,  Messieurs,  dans  un  esprit  de  charite  et  de 
progres  social. 

„ Nous  avons  ouvert,  a l’activite  despenchantsgenereux,  un  des  courants 
ou  les  esprits  et  les  opinions  les  plus  opposes  peuvent  s’engager  sans 
crainte  de  conflit. 


STANCE  D’OUVERTURE 


73 


n Telle  est  l’influence  des  actions  et  des  pensees  humanitaires  qu’elles 
forment,  entre  les  liommes  et  les  nations,  des  liens  que  la  difference  de 
croyance  laisse  in  tacts  et  qu’epargnentles  luttes  d’opinion. 

» Ce  qui  est  beau  et  bien  domine  ces  divisions  et  semble  s’imposer 
comme  etant  d’essence  divine. 

» Devant  le  but  de  notre  tache,  les  nationality  se  confondent.  II  y a 
un  langage  universel  qui  se  prete  h nos  aspirations  et  a nos  rapports : c’est 
le  langage  du  coeur.  Les  barrieres  nationales  s’abaissent  devant  nos 
legions  fraternelles  ; l’GEuvre  d’hygiene,  de  sauvetage  et  d economic 
sociale  s’etend  a une  federation  de  peuples  qui  s’appelle  l’humanite,  et 
Tbumanite  n’a  pas  de  frontieres.  (Applaudissements .) 

» Nous  disions,  dans  notre  premiere  publication  : 

« Les  conceptions  heureuses  et  les  travaux  assidus  des  hygienistes,  des 
» sauveteurs  et  des  economistes  appartiennent  a Thumanite  entiere.  Eclai- 
» rons-nous  mutuellement.  Queces  travauxsoient  connus,  qu’ils  regoivent  la 
» publicity  l’appreciation  et  les  hommages  qui  leur  sont  dus  » . 

» Et  nous  ajoutions  : 

« II  importe  done  de  grouper  tout  ce  que  l’esprit  de  charite  et  de  pre- 
» voyance  des  administrations  publiques  et  des  particuliers  a produit 
» pom-  venir  en  aide  a l’homme  dans  le  peril  et  la  souffrance  » . 

n Ces  ricbesses  etaient  eparses ; nous  avons  cherche  a les  reunir. 
Dans  d’autres  Expositions,  on  les  a laissees  a l’arriere  plan  ; nous  les 
avons  mises  en  lumiere.  Vouees  trop  souveut  a lmdifference  et  a 
Foubli,nous  avons  attire  surelles  1’interet.Appelees  aun  progres  incessant, 
il  a fallu  les  soumettre  a l’examen  et  a la  discussion.  Destinees  au  bien- 
etre  general,  il  faut  les  repandre  et  les  vulgariser. 

» La  pratique  de  la  vie  ne  revele  que  trop  les  maux  et  les  dangers  qui 
nous  menacent  constamment,  et  cependant  l’insouciance  ralentit  et  entrave 
la  propagation  des  moyens  de  s’en  preserver. 

» La  concentration  operee,  grace  a notre  association,  a ete  pour  un 
grand  nombre  une  veritable  revelation,  et  ce  spectacle  emouvant  nous  a 
cree  de  nombreux  proselytes. 

» Mais  aussi,  Messieurs,  voyez  ce  qu’il  y a,  dans  les  instruments  de 
secours,  dans  les  mobiliers  d’ecoles,  dans  tous  les  produits  de  TExposition, 
d’intelligence  prevoyante  et  d’indications  salutaires. 

n Quel  merveilleux  etalage  que  celui  de  la  Croix  Rouge  ! 

n Que  de  livres,  d’ecrits,  d’albums,  de  carter  descriptives  ou  statis- 
tiques,d’oii  decoulent  les  theories  utiles,  les  observations  instructives,  les 
bons  conseils ! 


74 


STANCE  D'OUVERTURE 


n C’estun  vaste  enseignement  de  preservation  et  de  progres  inspire  par 
le  genie  du  bien  ! 

» Ah  ! soyez  benis,vous  tous,  Princes,  Gouvernements,  Administrateurs, 
Savants  et  Philanthropes,  qui  avez  donne  votre  patronage  ou  votre  con- 
cours  a notre  oeuvre  devenue  la  votre!  La  fierte  peut  vousmonter  au  coeur : 
vous  avez  hien  merite  de  la  famille  humaine  ! 

„ Votre  grand  role,  Messieurs,  va  commencer. 

y,  Le  Congres  aura  une  importance  exceptionnelle  par  les  elements 
considerables  dont  il  se  compose  etpar  les  matieres  qu’il  va  traiter. 

» II  est  appele  a exercer  sur  P opinion  nne  puissante  influence. 

,,  Et  comment  n’en  serait-il  pas  ainsi  ? 

» Ne  prenez-vous  pas  sous  votre  egide  et  ne  soumettez-vous  pas  a 
lepreuve  devos  debats  des  interets  qui  nous  concernent  tous,  qui  appar- 
tiennent  a la  vie  de  chaque  jour,  qui,  lorsqu’on  y reflechit  bien,  sout  lies 
aux  destinees  futures  des  nations? 

» Est-il  rien  qui  touche  de  plus  pres  a 1’homme  que  son  existence  et  les 
dangers  qui  la  troublent  et  la  menacent? 

» Est-il  rien  qui  interesse  davantage  les  Etats  que  le  defrichement  de 
leurs  champs  de  misere,  que  les  victoires  remportees  sur  les  fleaux  qui 
menacent  les  populations,  que  le  developpement  de  leur  prosperity  ? 

» Des  questions  du  plus  baut  interet  vont  faire  l’objet  de  la  grande 
enquete  et  des  discussions  auxquelles  vous  allez  vous  bvrer. 

» La  nombreuse  et  brillante  composition  du  Congres  dit  assez  l’impor- 
tance  qu’y  attachent  les  Gouvernements,  les  Administrations,  le  Corps 
medical  europeen,  les  economistes  de  tous  les  pays  et  le  public,  qui  pos- 
sede  ici  sa  phalange  de  delegues. 

» Vous  allez  etudier  les  faits  et  les  systemes  qui  concernent  les  distri- 
butions d’eau,  Tassainissement  des  villes,  celui  des  etabbssements  publics, 
desusines,  des  maisons,  et  specialement des  habitations  ouvrieres. 

» Vous  aurez  a examiner  et  a debattre  des  problemes  dont  la  solution 
est  d’un  immense  interet  pour  l’industrie,  pour  l’exploitation  des  mines, 
pour  la  navigation,  pour  les  travaux  dangereux,-  pour  l’intervention  de 
l’element  civil  et  du  service  medical  aupres  des  armees  en  campagne. 

« La  partie  la  plus  importante  par  sa  portee,  personne  ne  s’y  meprendra, 
c’est  l’examen  des  matieres  de  la  troisieme  section  qui  comprend  les  insti- 
tutions ayant  pour  objet  Pamehoration  de  la  condition  des  classes  ouvrieres. 

» Disons-le  bien  haut,  les  grands  sauveteurs  dans  ce  monde,  au  point 
de  vue  ou  nous  nous  plagons  exclusivement,  sont:  l' education,  V instruction 
et  le  travail. 

„ Ce  sont  des  forces  crcatrices  et  preservatriccs. 


STANCE  D’OUVERTURE 


78 


« L'homme  et  la  societe  y trouvent  cles  elements  d’ordre  et  de  pros- 
perity. ( Applaudissements .) 

» Oui,  le  sauveteur  par  excellence  estle  travail ! N’est-ce  pas  l’honorer 
de  la  maniere  la  plus  keureuse  que  de  suivre  le  travailleur  dans  toutes  les 
phases  de  sa  vie,  detudier  ses  besoins  kygieniques,  les  dangers  qui  le 
menagent,  les  moyens  deles  detourner  ou  d’en  attenuer  les  effets,  et  de 
lui  enseigner  les  voies  a suivre  pour  mieux  assurer  le  fruit  de  ses 
labeurs ? 

» Votre  troisieme  section  s’occuperade  cette  derniere  etude  ; des  interets 
scolaires;  de  la  combinaison  de  Instruction  primaire  avec  l’instruction 
professionnelle  ; de  Tenseignement  de  la  gymnastique  dans  les  ecoles  de 
filles  et  de  gargons;  du  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  mines 
et  manufactures  ; enlin,  de  la  croisade  a diriger  contre  Tabus  des  boissons 
alcooliques  et  contre  Timprevoyance. 

« Si  de  vos  debats  pouvaient  sortir  des  remedes  contre  le  fleau  de  l’ivro- 
gnerie  et  l'adoption  generale  de  mesures  legislatives  ou  reglementaires 
pour  diminuer  les  maux  ou,  tout  au  moins,  le  desordre  et  le  scandale  qu’il 
produit,  le  Congres  s’illustrerait  par  un  service  inappreciable  rendu  a la 
civihsation. 

» C’est  vous,  Messieurs,  qui  aurez  a donner  la  syntbese  des  rayonne- 
ments  de  bien-etre  projetes  par  les  Societes  cooperatives  et  mutuelles,  par 
les  Societes  de  consommation  et  de  production,  par  les  Caisses  d’epargnes 
et  les  Banques  populaires,  ces  grands  instruments  de  Tamelioration  du  sort 
des  travailleurs  par  la  mise  en  commun  des  forces  individuelles. 

» Ici  s’affirme  avec  energie  Tinteret  que  la  societe  porte  aux  travailleurs. 
On  leur  tend  la  main  de  toutes  parts.  La  science  administrative  medicale 
et  economique  s’epuise  a preparer  Tamelioration  de  leur  sort. 

» Ah!  que  n’ont-ils  pu,  comine  nous,  fouiller  les  ricbesses  cachees  dans 
d'innombrables  documents  au  milieu  denotre  Exposition  et  penetrer  dans 
les  reglements,  les  ingenieuses  combinaisons,les  statuts  ou  Gouvernements, 
Administrations  et  grands  industriels  se  disputent  la  palme  de  la  sollici- 
tude  et  de  la  prevoyance  ! 

» S’ils  pouvaient  faire  cette  etude,  assister  a vos  debats  et  recueillir  vos 
paroles  d’or,  ils  comprendraient  avec  la  clarte  de  l’evidence  combien  ils 
ont  de  vrais  amis,  dignes  de  leur  entiere  confiance.  Ils  verraient,  ii  n’en  plus 
douter,  combien  d’etudes  et  d’experiences  ont  ete  accumulees  pour  leur 
mettre  en  mains  les  moyens  de  salut  et  pour  l’organisation  paternelle  et 
le  perfectionnement  de  l’ecole,  ce  genereux  asile  ouvert  a leurs  enfants. 

” Ils  sortiraient  de  cet  examen  comme  nous  en  somuies  sortis  cbaquc 
fois  : inassouvis  et  penetres  d’emotion,  d’admiration  et  de  reconnaissance. 


76 


STANCE  D’OUVERTURE 


» Et  c’est  alors  que,  reduisant  nos  premiers  conseils  a des  idees  simples 
et  saisissantes,  nous  pourrions  dire  avec  fruit  a l’ouvrier  : 

« Sortez  de  votre  indifference  et  apprenez  a feconder  et  a ennoblir 
» votre  travail;  soyez  l’artisan  de  votre  propre  elevation;  montez  a la 
» dignite  humaine  par  la  tenue,  la  sobriete,  les  bons  procedes  et  le  res- 
» pect  de  vous-meme  et  des  autres,  qualites  qui  donnent  du  cbarme  aux 
» rapports  sociaux,  malgre  l’inegalite  des  conditions.  Devenez,  a force 
» d’ordre  et  d epargne,  le  proprietaire  de  votre  maison,  de  votre  champ. 

» Creez-vous  dans  la  patrie  commune,  qui  demande  une  grande  place 
» dans  votre  cceur,  un  asile  dont  vous  soyez  le  maitre  de  par  la  loi  et  de 
» par  le  travail.  Apprenez  a vos  enfants  le  chemin  de  l’ecole ; suivez  et 
*»  encouragez  leurs  progres. 

» La  vie  de  famille  aura  pour  vous  et  les  votres  des  nouvelles  douceurs. 
» Vous  vous  sentirez  recompense  dans  votre  conscience  et  votre  fierte,  et 
» vous  reconnaitrez  que,  sans  avoir  change  d’etat,  vous  avez  gravi  l’echelle 
m sociale.  » ( Ajoplaudissements .) 

» De  grands  enseignements,  Messieurs,  ressortent  avec  abondance  de 
notre  Exposition  et  sortiront  de  nos  debats.  Mais  de  meme  que  Fhomme 
n’est  pas  savant  de  ce  qu’il  a appris,  mais  de  ce  qu’il  a retenu,  de  meme 
les  progres  auxquels  nous  nous  devouons  n’enrichissent  Fhumanite  que 
par  leur  application  et  leur  mise  en  pratique. 

» II  faut  bien  le  reconnaitre  : l’ignorance  d’une  part,  l’insouciance  de 
l’autre  contrarient  la  divulgation  des  meilleures  choses  et,  on  l’a  dit  avec 
raison,  le  plus  grand  ennemi  de  Fhomme  est  souvent  Fhomme  lui-meme. 

» L’education  du  peuple  est  un  travail  lent  et  patient.  Toutefois,  nous 
pouvons  nous  rejouir  du  mouvement  qui  vient  de  se  produire  dans  les 
esprits. 

„ Lorsque  le  public  a vu  les  richesses  amassees  dans  notre  vaste 
arsenal  de  moyens  de  defense  et  de  preservation,  lorsqu’il  a assiste  aux 
explications  donnees  avec  un  zele  infatigable  par  des  exposants  et  de 
savants  conferenciers,  il  s’est  pris  d’admiration  et  d’interet  pour  notre 
ffiuvre  et  pour  les  etudes  et  les  discussions  qui  les  concernent. 

” Celles  du  Congres,  Messieurs,  developperont  ces  tendances.  II  laissera 
apres  lui  un  livre  qui  sera  l’opulent  depositaire  de  ses  debats,  des  remar- 
quables  rapports  sur  lesquels  ils  auront  ete  greffes  et  des  communications 
precieuses  qui  lui  ont  ete  adressees  ou  dediees  avec  profusion. 

» Ces  documents  concentres  en  resumes  succincts  et  lucides  repandus 
en  abondance,  les  conferences  populaires,  la  publication  de  tableaux  statis- 
tiques  qui  parlent  energiquement  aux  yeux  et  que  la  memoire  accueille 
avec  complaisance,  voila  une  serie  d’excellents  moyens  de  propagande. 


STANCE  D'OUVERTUItE 


77 


» Nous  pouyons  compter  aussi  sur  la  Presse,  dont  la  voix  puissante  et 
ecoutee  porte  si  loin  et  penetre  partout. 

» D’illustres  Souveraines  et  Princesses  nous  ont  encourage  et  aide. 
Qu’elles  daignent  recevoir  ici  le  temoignage  public  de  notre  gratitude. 
(. Applaudissements .) 

» II  est  une  contagion  que  nous  favorisons  au  lieu  de  la  combattre,  c’est 
celle  des  bons  sentiments  et  des  bons  exemples.  II  faut  que  leur  exemple 
soit  suivi.  Les  femmes  sont  par  leur  nature  attentives  aux  moyens  de  pro- 
tection et  de  preservation.  Leur  influence  est  grande  dans  la  famille  et 
dans  le  monde.  Qu’elles  deviennent  nos  auxiliaires.  Les  annales  de  la 
charite  disent  ce  que  Ton  peut  attendre  de  leur  devouement. 

» Mais  plus  on  y reflechit,  Messieurs,  plus  on  demeure  convaincu  que 
1’ecole  est  le  moyen  le  plus  eflicace  que  nous  puissions  appeler  a notre  aide. 
On  ne  transforme  et  on  ne  perfectionne  les  moeurs  que  par  l’education  et 
rinstruction.  C’est  a partir  de  l’instruction  premiere  que,  parlant  a l’intel- 
bgence  et  aux  yeux  de  l’enfant,  on  doit  lui  donner  des  idees  nettes  et  justes 
sur  les  dangers  qui  le  menacent  et  les  moyens  de  les  conjurer.  C’est  a 
partir  de  son  enfance  qu’il  est  necessaire  d’inspirer  a l’liomme  le  goflt  du 
travail  et  la  prevoyance.  (Applaudissements.) 

i>  De  la  generation  preparee  par  cette  education  plus  complete  sortira 
une  pleiade  de  chefs  de  famille  et  de  meres  qui,  inities  a ces  nouveaux 
enseignements,  viendront  en  aide  aux  instituteurs  futurs  de  leurs  enfants, 
et  l’education  des  masses  marchera  ainsi,  d’etape  en  etape,  vers  un  progres 
successif  et  incessant. 

» C’est  ce  progres  non  interrompu  que  doivent  poursuivre  nos  convic- 
tions armees  dune  volonte infatigable. 

» Le  sauvetage,  Messieurs,  a des  associations  fortement  organisees; 
l’hygiene  possede  des  Corps  savants ; ses  commissions  sont  repandues  dans 
les  centres  de  population. 

» La  science  de  l’economie  sociale  n’a  pas  de  reglementation  speciale. 
Ses  apotres  ne  sont  pas  reunis  en  Corps  organises.  Si  je  me  suis  surtout 
attache  a faire  ressortir  sa  mission,  vous  en  aurez  compris  les  motifs,  vous 
quivous  consacrez  specialement  & l’hygiene  et  au  sauvetage. 

» Car,  Messieurs,  un  souffle  de  fraternite  vous  anime  tous.  Ce  sentiment 
a rendu  notre  entreprise  possible  et  en  a assure  le  succes.  C’est  lui  qui 
aura  pour  eflet  de  faciliter  le  projet  de  donner  une  existence  durable  a 
notre  (Euvre  commune.  Ce  sera  un  eternel  honneur  pour  la  Belgique  d en 
avoir  ete  le  berceau  et  d’avoir,  a cette  occasion,  regu  a son  foyer  hospitalier 
tant  d’hommes  de  haute  valeur  dont  la  presence  et  les  travaux  jetteront 
sur  lui  du  lustre  et  le  sanctifleront  en  quelquo  sorte ; car,  Messieurs,  vous 


78 


SEANCE  D’OUVERTURE 


venez  vous  associer  ici  a une  bonne  action.  Le  mot  est  de  S.  M.  le  Iioi  des 
Beiges.  II  fut  prononce  a l’ouverture  de  l’Exposition,  et  la  Reine  le  com- 
mentait  en  termes  encourageants  pendant  qu’elle  contemplait  les  objets 
exposes.  ( Applaudissements . ) 

n Le  Roi  a ete  le  premier  protecteur  de  notre  QEuvre,  et,  tandis  que  se 
deroulaient  nos  travaux  preparatoires,  Sa  Majeste,  songeant  a porter  au 
loin  les  memes  bienfaits,  a l’aide  des  memes  leviers,  faisait  un  appel 
a bunion  internationale  d’hommes  de  science  et  d’experience  pour  l’orga- 
nisation  d’une  grande  entreprise  dans  l’interet  de  la  civilisation  et  de 
l’humanite.  (Applaudissements  prolonges.) 

» Messieurs,  je  declare  ouverte  la  session  du  Congres  d’hygiene  et  de 
sauvetage.  » 

M.  Fourgault,  secretaire,  fait  connaitre  que  le  Comite  general,  dans  une 
seance  tenue  le  matin,  a reconnu  la  necessity  de  subdiviser  les  sections 
d’hygiene  et  de  sauvetage. 

Les  deux  sections  nouvelles  s’occuperont,  l’une  des  questions  touchant 
a la  salubrite  publique  en  general ; l’autre  des  matieres  qui  se  rattachent 
plus  specialement  aux  secours  en  cas  de  guerre. 

II  annonce  egalement  que,  dans  cette  meme  seance,  les  membres  etr an- 
gers du  Congres  ont  choisi  les  notabilites  qui  doivent  les  representer  comme 
presidents,  vice-presidents  ou  secretaires,  soit  au  Bureau  central  du  Con- 
gres, soit  dans  les  Bureaux  de  Section,  conjointement  avec  les  membres 
beiges. 

Ont  ete  nommes  presidents  du  Congres  : 

MM.  Gneist  et  von  Langenbeck  (Allemagne) ; 

Heine  et  de  Patrubany  (Autriche-Hongrie) ; 

Thevenot  (Chili) ; 

De  Wolfhagen  (Danemark) ; 

Mariano  Carreras  y Gonzales  (Espagne)  ; 

Laussedat  et  Dumoustier  de  Fredilly  (France); 

Douglas  Galton  et  Chadwick  (Grande-Bretagne) ; 

Torelli  (Italie) ; 

Hubreght  (Pays-Bas) ; 

Obroutcheff  (Russie) ; 

Edholm  et  Brogh  (Suede-Norwege); 

Appia  (Suisse). 


STANCE  D’OUVERTITRE 


79 


Ces  choix  ayant  re§u  l’approbation  de  l’assemblee,  les  presidents  Gran- 
gers prennent  place  aux  cotes  de  M.  Vervoort,  qui  proclame  le  Bureau  du 
Congres  definitivement  constitue. 


La  parole  est  ensuite  donnee  a M.  Couvreur,  secretaire-general,  pour 
faire  connaitre  les  travaux  des  Comites  charges  de  l’organisation  du 
Congres.  II  s’exprime  en  ces  termes  : 

« II  y a un  quart  de  siecle,  le  22  septembre  1851,  un  Congres 
d’hygiene,  auquel  n’avaient  ete  convoques  que  des  Beiges,  se  reu- 
nissait  a Bruxelles.  Avant  de  se  separer,  les  membres  de  cette  assemblee, 
encourages  par  les  resultats  de  leurs  deliberations,  deciderent  d’en  elargir 
le  cercle.  Ils  convoquerent  une  seconde  reunion,  internationale  celle-la, 
pour  l’annee  1852.  Du  20  au  23  septembre  de  cette  annee,  Grangers  et 
nationaux  echangerent  les  communications  les  plus  interessantes  et  entre- 
tinrentles  relations  personnelles  les  plus  agreables. 

» C’est  cette  tradition  d’il  y a vingt-cinq  ans  que  nous  reprenons  aujour- 
d'hui  sous  la  protection  des  bons  souvenirs  qu’ontlaisses  leshommesde  1851, 
nos  anciens  et  nos  maitres,  et  ceux  qui  ne  vivent  plus  que  par  les  services 
qu’ils  ont  rendus,  et  ceux  qui,  infatigables  lorsqu’il  s’agit  des  interets  de  la 
science,  sont  venus  relier  le  passe  au  present. 

r>  Une  Exposition  internationale  qui  reunit  les  objets  destines  a proteger , 
a prolonger,  a relever  la  vie  humaine  deman dait,  comme  commentaire,  un 
Congres  international.  L 'idee,  indiquee  par  S.  M.  leltoi  aux  promoteurs  de 
l’CEuvre,  lorsqu’ils  solliciterent  son  patronage,  fut  reprise  et  developpee  par 
eux.  C’est  du  mandat  dont  ils  nous  ont  charges  que  j’ai  a vous  rendre 
compte. 

» Des  l’origine  de  leur  activite,  et  comme  condition  de  leur  concours, 
les  membres  du  Comite  d’execution  du  Congres  proposerent  un  principe  qui 
devait  disting uer  leur  QEuvre  des  deux  reunions  anterieures.  Ils  demande- 
rent  que  le  Congres  ne  prit  pas  de  resolutions  sur  les  questions  soumises  a 
son  examen. 

»»  Ce  principe  a souleve  des  critiques.  Nous  croyons  qu’il  est  Tune  des 
conditions  essentielles  de  l’activite  des  Congres  scientifiques  et  de  leur 
succes.  Ces  Congres  doivent  etrede  vastes  commissions  d’enquete  et  de  vul- 
garisation laissant  la  porte  ouverte  a toutes  les  convictions,  ne  les  liant 
pas  a des  solutions  precongues,  preparees  a l’avance  et  sanctionnees  par 
des  majorites  que  le  hasard  recrute.  11  importe  peu  de  resoudre  les  questions 
controversees.  Ce  qu’il  faut,  c’est  jeter  sur  elles  le  plus  de  lumiere 


8U 


SEANCE  D’OUVERTURE 


possible.  Le  vote  ne  pese  pas,  lorsque,  derriere  le  vote,  il  n’y  a pas  de 
sanction.  Ce  qui  lui  donne  sa  valeur,  ce  sont  de  bonnes  raisons  et  des  faits 
bien  etablis.  Comme  Congres,  et  meme  en  dehors  du  domaine  politique  et 
religieux,  nous  n’avons  a prendre  parti  pour  aucune  doctrine.  Notre  seul 
droit  est  de  leur  ouvrir  a toutes  une  tribune  libre,  de  les  appeler  a se 
controler  mutuellement,  de  leur  demander  a nous  aider  a trouver  la 
verite. 

j)  Nous  ne  pouvons  avoir  l’ambition  de  nous  substituer  au  legislateur. 
Que  celui-ci  s’inspire  des  debats  d’un  Congres,  des  faits  qu’il  amis  au  jour, 
des  opinions  qu’il  a fait  eclore,  rien  de  mieux.  Mais  il  n’appartient  pas  a 
des  savants  de  dire  a la  Science  : “ Tu  as  dit  ton  dernier  mot». 

n Une  autre  resolution  fut  prise  par  les  organisateurs  du  Congres  et 
sanctionnee  par  leurs  mandants. 

» Craignant  un  trop  grand  eparpillement  de  debats  qui  touchent  a des 
questions  souvent  connexes,  ils  deciderent  de  concentrer  en  trois  sections  : 
hygiene,  sauvetage , economic  sociale , les  dix  classes  de  l’Exposition,  sauf 
a etablir  des  subdivisions  si  la  necessity  s’en  faisait  sentir.  Chacune  de  ces 
sections  fonctionnant  comme  un  Congres  independant  fut  chargee  de  de- 
battre  un  certain  nombre  de  questions  de  son  ressort,  les  questions  speciales 
etant  discutees  dans  les  seances  du  matin,  les  questions  mixtes,  et  de 
nature  a interesser  a la  fois  les  membres  de  plusieurs  sections,  dans  les 
seances  de  l’apres-midi. 

55  Des  circulaires  resumant  ces  decisions  furent  adressees  aux  Comites 
deja  constitues  a i’etranger  pour  l’Exposition.  Elies  regurent  un  excellent 
accueil. 

55  Seul,  le  Comite  frangais  exprima  le  desir  de  n’avoir  pas  a s’occuper  de 
l’organisation  du  Congres.  Sauf  pour  Lille,  ou  fonctionnait  un  Comite  regional 
fort  bien  dirige,  nous  fumes  ainsi  mis  dans  l’obligation  de  poursuivre  la 
formation,  en  France,  dun  Comite  nouveau. 

55  Apres  quelques  tatonnements,  nous  reussimes  au-dela  de  nos  espe- 
rances.  Les  homines  qui  represented  la  France  dans  cette  assemblee 
prouvent  que  ce  pays  et  le  Congres  n’ont  rien  perdu  au  dedoublement 
des  attributions  du  premier  Comite  frangais. 

55  Les  autres  pays  n’ont  pas  moins  bien  repondu  a notre  appel.  J’abu- 
serais  de  la  patience  de  l’auditoire  si  j’enumerais  ici  les  Gouvernements,  les 
societes  savantes,  les  corporations  publiques,  les  institutions  charitables  de 
toute  nature  qui  se  sont  fait  representer  a notre  CEuvre ; les  hommes  emi- 
nents  qu’ils  ont  charges  de  ce  soin,  ou  qui  sont  venus  a nous  directement ; 
les  travaux  qu’ils  nous  ont  fait  parvenir,  'les  publications  dont  ils  nous  ont 
fait  hommage.  Qu’il  me  suffise  de  dire  que  jamais  Congres  n’aura  reuni  dans 


STANCE  D’OUVEItTimE 


81 


son  sein  autant  d’illustrations  do  la  science.  Ses  travaux  ne  tarderont  pas 
a justifier  mon  assertion. 

» A cote  de  tant  de  savants,  qui  sont  l’honneur  et  la  gloire  de  l’Europe, 
la  foule  est  accourue  pour  entendre  leur  parole  autorisee  et  pour  jouir  de 
leur  enseignement. 

« Le  Congres  d’hygiene  de  1876  compte  plus  de  quinze  cents  membres. 
Depuis  quelques  jours,  l’affluence  a pris  des  proportions  si  grandes  que 
le  travail  du  secretariat,  malgre  le  zele  des  employes,  en  a ete  enraye. 
Plusieurs  mesures  touchant  la  bonne  organisation  du  Congres  sont  restees 
en  souffrance,  faute  de  temps,  ou  n’ont  donne  que  des  resultats  incom- 
plets.  Nous  ferons  tout  ce  qui  est  possible  pour  reparer  les  erreurs  et 
combler  les  lacunes. 

j i A part  ces  inecomptes  inevitables, 'le  succes  est  incontestable.  Apres 
la  protection  que  le  Roi  n’a  cesse  de  prodiguer  a l’CEuvre,  apres  la  bien- 
veillance  dont  l’ont  entouree  les  Gouvernements  et  les  citoyens  les  plus 
recommandables  de  tous  les  pays,  nous  devons  en  reporter  l’honneur 
surtout  a l’intelligente  activite  des  Comites  etrangers.  Soutenu  par  le 
succes  de  l’Exposition,  le  Congres  avait  de  grandes  chances  de  reussite.  S’il 
les  a realisees,  c’est  au  zele  infatigable  de  ses  rouages  etrangers  qu’il  le 
doit.  Ce  que  les  Comites  avaient  fait  l’annee  derniere  pour  l’Exposition, 
ils  l'ont  repete  pour  le  Congres,  dans  un  autre  cercle  d’action , avec 
un  devouement  qui  ne  s’est  jamais  ralenti  et  une  amenite  de  relations 
dont  nous  garderons  le  meilleur  souvenir.  Ils  ont  recrute  nos  membres 
dans  les  plus  bautes  spheres  de  la  science,  sollicite  des  delegations, 
provoque  l’envoi  de  memoires  ou  de  documents  de  tout  genre;  ils  en  ont 
meme  fait  rediger  a l’intention  speciale  du  Congres. 

» Les  Comites  du  Danemark,  de  la  Suede  et  de  la  Russie  se  sont  parti- 
cuherement  distingues  dans  cette  application  de  leur  activite. 

n Mais  je  craindrais,  d’une  part,  de  me  repeter,  d’ autre  part,  de 
m’exposer  a commettre  des  oublis  regrettables,  si  j’essayais  de  signaler, 
par  le  menu,  les  moyens  d’action  que  chaque  Comite  a pu  mettre  en 
oeuvre  et  les  resultats  qu’il  a pu  atteindre.  Le  compte -rendu  de  nos  tra- 
vaux en  portera  temoignage. 

» Qu’il  me  suffise,  aujourd’hui,  de  declarer  que  les  Comites  ont  fait 
plus  que  nous  n’etions  en  droit  de  leur  demander,  et  que  tous  ont  largement 
merite  notre  reconnaissance. 

’*  La  Belgique  a apporte,  dans  cette  activite  generale,  son  contingent 
de  travail.  Ce  sont  des  secretaires  beiges  qui  ont  redige  et  condense  les 
questions  proposees  a l’examen  des  sections  par  les  dix  classes  de  1 Expo- 
sition et  les  Comites  etrangers;  ce  sont,  pour  la  plupart,  des  rapporteurs 

G 


82 


.SEANCE  D’OUVERTURE 


beiges,  clioisis  par  le  Comite  d’execution,  qui  ont  assume  la  tache  delicate 
d’exposer,  sous  leur  responsabilite,  leurs  vues  sur  les  questions  posees,  de 
fagon  a provoquer  les  communications  et  les  controverses.  Mais  ce  que  la 
Belgique  a tenu  a pratiquer  avant  tout,  c’est  une  large  et  liberate 
hospitalite.  Faire  connaitre  le  pays  a l’etranger,  telle  a ete  sa  principale 
preoccupation.  Le  Roi  et  son  auguste  Frere,  par  leur  patronage  ; le  Gou- 
vernement,  par  l’appui  de  ses  relations  a l’exterieur,  par  la  franchise 
postale  et  le  transport  des  membres  du  Congres  a des  prix  reduits  sur 
nos  chemins  de  fer ; la  presse  par  les  ressorts  de  sa  publicite  etendue ; les 
villes  de  Bruxelles  et  d’Anvers  d’une  part,  d’autre  part  les  Societes  de  la 
capitale,  le  Cercle  artistique  et  litteraire,  le  Cercle  industriel  et  commer- 
cial par  les  fetes  brillantesqu’ils  organisent ; les  citoyenspar  des  receptions 
plus  intimes,  — tcus  marquent  combien  est  unanime  notre  desir  de  faire 
de  la  Belgique  neutre  un  sanctuaire  international  pour  les  travaux  de 
rintelligence,  un  foyer  ami  pour  les  homines  qui  les  cultivent  dans  l’interet 
de  leurs  semblables.  {Applaudissements.) 

» Tous  ici,  Messieurs  les  etrangers,  nous  inspirant  d’une  pensee  de 
notre  Souverain,  nous  agissons  sous  l’empire  de  cette  conviction  : que  les 
nations  ont  a justifier  de  leur  droit  a l’existence  par  les  services  qu’elles 
rendent  a l’humanite,  par  les  progres  qu’elles  impriment  a la  civilisation. 

» Le  groupement  des  interets  economiques  et  politiques  peut  etre,  pour 
un  petit  pays,  une  garantie  de  duree ; mais  rien  ne  saurait  egaler  celle 
qui  decoule  de  l’estime  et  de  la  sympathie  qu’il  inspire  aux  nations  voisines. 
C’est  cette  estime  et  cette  sympathie  que  nous  voulons  conquerir  par 
d’incessants  efforts.  » ( Applaudissements .) 


Apres  la  lecture  de  ce  rapport,  M.  le  President  appelle  a la  tribune 
M.  le  professeur  Virchow,  delegue  du  Comite  de  l’Empire  d’Allemagne. 

M.  Virchow.  — « Sire,  Messieurs,  permettez-moi  de  vous  adresser 
quelques  paroles  dans  ma  langue  maternelle.  Sije  n’avaispas,  il  y aquelques 
instants  seulement,  regu  la  mission  de  vousparler  au  nom  de  notre  Comite, 
j’aurais  essaye  de  repondre  en  frangais  aux  paroles  eloquentes  de 
Messieurs  les  presidents  et  secretaires. 

» Je  crois  exprimer  la  pensee  detous  les  Comites  etrangers  reunis  ici  en 
adressant  tout  d’abord  des  felicitations  au  Comite  general  et  au  Royal 
Protecteur  de  ce  Congres,  et  pour  le  projet  qu’ils  ont  congu,  et  pour  la 
fagon  dont  ils  l’ont  realise  en  ces  temps  difficiles.  N’etait-ce  pas  une  entre- 
prise  audacieuse,  au  moment  ou  l’Europe  sortait  a peine  des  troubles  les 


SEANCE  D’OUVERTURE 


83 

plus  graves,  que  de  presenter  au  monde  une  idee  qui  suppose  une  longue 
preparation  dans  les  loisirs  de  la  paix ; une  idee  neuve,  inusitee  et  qui 
impliquait  le  danger  de  voir  des  industries  diverses,  voire  meme  des  mar- 
ckandsdepanaceesuniversellesetde  remedes  secrets,  saisir  cette  occasion  de 
presenter  leurs  produits  au  monde,  sous  le  pretexte  de  servir  l’kumanite  et 
affirmer  ainsi  leurs  interets  a l’ombre  de  la  banniere  de  la  charite? 

»Le  Comite,  malgre  ces  dangers,  a reussi  a organiser  une  Exposition  qui 
n’a  pas  encore  eu  son  egale  dans  le  monde,  et  qu’il  serait  peut-etre  diffi- 
cile de  renouveler.  Onpeut  constater  en  meme  temps  que  l’ideea  etc  com- 
prise et  qu’il  suffisait  de  proposer  une  fois  de  plus  aux  peuples  d’Europe 
le  grand  principe  d’kumanite  pour  eveiller  partout  la  plus  noble  emu- 
lation. 

» N’y  a-t-il  pas,  en  effet,  quelque  cbose  de  toucbant  a voir  les  nations 
europeennes,  si  tot  apres  les  conflits  les  plus  graves  que  cette  partie  du 
globe  ait  jamais  subis,  retourner  a Y oeuvre  de  la  paix,  a cette  oeuvre  que 
vous  avez  appelee  l’ceuvre  du  sauvetage , mot  pour  lequel  nous  n’avons  pas 
d’equivalent  et  qui  exige  que  nous  cbercbions  une  expression  qui  rende 
tout  ce  que  vous  y avez  si  admirablement  fait  entrer,  a savoir : une  acti- 
vity qui  est  tout  entiere  dirigee  vers  le  soulagement  de  l’individu  ; qui  se 
donne  pour  taclie  de  rechercher  et  de  soulager  le  pauvre,  1’abandonne,  le 
malheureux,  — et  cela  non  pas  seulement  dans  le  sens  ordinaire  du  mot, 
c’est-a-dire  par  le  secours  officiel,  donne  par  l’Etat  ou  par  la  Commune, 
mais  par  ce  secours  general  ou  l’on  ne  menage  pas  sa  propre  vie  pour  sau- 
ver  celle  de  son  procbain? 

» Oui,  Messieurs,  cette  tacke  qui  vous  est  presentee  avec  des  appareils 
si  artistement  imagines,  par  des  installations  qui  exigent  taut  duplica- 
tions de l’initiative  individuelle,  montre  a l’evidence  comment,  partie  de 
points  de  vue  opposes,  cette  idee  purement  kumanitaire  sort  du  mouve- 
ment des  peuples;  comment,  appliquee  par  l’individu  pour  son  salutou  sa  con- 
servation, elle  s’eleve  jusqu’a  ces  grandes  oeuvres  dont  notre  president  a 
parle  tant6t  en  termes  si  touckants. 

» Mais,  Messieurs,  ces  oeuvres  que  la  societe,  que  l’Etat  creent,  et  qui 
resument  la  civilisation  d’un  peuple,  elles  ne  se  montrent  que  trop  souvent 
avec  certains  defauts,  certaines  lacunes  qui  rendent  necessaires  des  etudes 
difficiles  et  approfondies  pour  proteger  l’individu  contre  les  influences  dan- 
gereuses  qui  peuvent  menacer  le  bien  qu’elles  sont  destinees  a realiser. 

» Qu’il  me  soit  permis  de  rappeler  l’kistoire  de  nos  kopitaux.  Sortis  d un 
sentiment  rekgieux  des  plus  intenses,  d’une  activity  pratique  et  morale  qui 
poussait  l’komme  a exposer  sa  sante  pour  soulager  les  souffrances  de  son 
semblable,  se  developpant  a travers  les  siecles  par  le  concours  des  geneia- 


84 


STANCE  D’OUVERTURE 


tions  de  tout  un  peuple,  n’etait-on  pas  en  droit  de  supposer  que  ces  institu- 
tions devaientreunir,  dansles  conditions  les  plus  parfaites,  tout  ce  quipeut 
servir  les  malades  ? Et  voyez  pourtant : a peine  les  a-t-on  etudiees  de  plus 
pres,  h peine  a-t-on  consulte  leurs  statistiques,  que  Ton  adu  se  demander  : 

« Quelle  est  leur  utilite  pour  l’individu  ? Comment  peut-on  exprimer  cette 
utilite  par  des  chiffres  et  des  faits?  » On  est  arrive  alors  a cette  effrayante 
decouverte  que  le  plus  grand  nombre  peut-etre  des  hopitaux  renferment  en 
eux-memes  de  nouvelles  sources  de  maladie ; c’est-a-dire  que,  pour  beaucoup 
de  malades,  l’hopital  est  plus  dangereux  que  le  sejour  dans  leur  propre 
domicile.  Cette  decouverte  a fait  naitre  un  nouveau  mouvement,  un  mou- 
vement  qui  ne  tend  plus  a enlever  le  malade  a son  foyer  pour  le  placer 
dans  de  meilleures  conditions  a l’hopital,  mais  qui  poursuit  la  tache  plus 
grande,  plus  difficile,  et  non  resolue  jusqu’a  present,  de  transformer  l’hopi- 
tal  de  telle  fagon  qu’il  puisse  satisfaire  a toutes  les  necessites  hygieniques 
les  plus  favorables  a la  conservation  de  la  vie. 

« Et,  Messieurs,  cette  tache  nest  pas  la  seule.  S’il  y a des  hopitaux  qui 
exercent  une  influence  nuisible  sur  leurs  pensionnaires,  s’il  y a des  hopitaux 
qui  les  tuent,  il  y a des  habitations  et  des  localites  auxquelles  on  peut 
faire  le  meme  reproche.  Et  le  probleme  qui  se  presente  ici,  en  premiere 
ligne,  pour  les  hopitaux  se  retrouve  dans  des  milieux  de  plus  en  plus  eten- 
dus  et  se  pose  pour  toutes  les  conditions  d’ existence  de  la  vie  civilisee, 
tant  a la  campagne  que  dans  les  villes. 

» Toute  l’Europe,  Messieurs,  s’est  engagee  dans  cette  voie  des  enquetes, 
des  etudes,  des  experiences.  Les  nations,  les  plus  petites  comme  les  plus 
grandes,  ont  participe  a ces  travaux.  Nous  vous  avons  montre  a l’Exposi- 
tion,  en  partie  du  moins,  ce  que  l’Allemagneaproduit  en  ce  domaine.  Vous 
ne  vous  refuserez  pas  a reconnaitre  que  si  nous  n’avons  pas  trouve  la  per- 
fection, nous  sommes  du  moins  animes  d’un  desir  sincere,  serieux  et  honnete 
de  la  chercher.  Peut-etre  pouvons-nous  esperer  que,  grace  a un  jugement 
indulgent,  on  constatera  qu’en  plus  d’un  point,  nous  avons  atteint  des  re- 
sultats  pratiques  qui,  ailleurs,  n’ont  pas  encore  ete  realises.  Ce  n’est  la 
qu’un  commencement  ; un  commencement  dont  nous  ne  sommes  pas  fiers. 
Je  puis  vous  donner  l’assurance,  au  contraire,  que  nous  sentons  fort  bien 
ce  qu’il  y a d’incomplet  dans  nos  creations.  Mais  ce  dont  nous  sommes  fiers, 
Messieurs,  c’est  d’avoir  pu  vous  montrer,  par  des  faits,  combien  nous  nous 
interessons,  combien  nous  travaillons  aux  oeuvres  de  l’humanite,  aux  oeu- 
vres de  la  paix.  Et  je  puis  le  repeter  ici,  avec  le  Haut  Protecteur  de  l’Ex- 
position  allemande,  le  Prince  hereditaire  de  l’Empire  d’Allemagne : “ Nous 
avons  attache  une  grande  importance  a nous  montrer  aux  autres  nations 
engages  activement  dans  ces  creations  de  la  paix,  parce  que  nous  voulons 


SEANCE  D’OUVERTURE 


85 


leur  prouver  que  nous  avons  d’autres  pensees  que  celles  qu’on  est  peut-etre 
dispose  a nous  attribuer ; que  nous  ne  songeons  pas  a la  guerre  ; qu’au 
contraire,  nous  voudrions  n’avoir  plus  a nous  en  occuper,  pour  consacrer 
tous  nos  efforts  a la  consolidation  de  la  paix.  (Applaudissements.) 

« Messieurs,  c’est  dans  cet  esprit  que  j’adresse  ici  nos  plus  chaleureux 
remerciements  au  Haut  Protecteur  de  PExposition  et  du  Congres,  aux  pre- 
sidents de  l’QEuvre  et  aux  Comites  d’organisation  qui,  anotre  grande  sur- 
prise, ont  realise  de  si  belles  choses  en  des  temps  si  difficiles.  » ( Applau - 
dissements  prolonges.) 

( Texte  original  du  discours  prononce  par  M.  le  professeur  Virchow)  : — « Sire!  Hohe 
Versammlung  ! Ich  bitte  um  die  geneigte  Genehmigung,  in  meiner  Mutterspracbe 
einige  Worte  zu  Ilmen  reden  zu  diirfen.  Unmittelbar  vor  der  Sitzung  ist  mir  erst  der 
Auftrag  geworden,  im  Namen  unseres  Comites  zu  Ihnen  zu  sprechen ; sonst  wiirde 
ich  den  begeisterten  und  beredten  Worten  der  Herrn  Praesidenten  wenigstens  in 
verwandter  Weise  zu  antworten  versucht  haben. 

» Zunsechst  glaube  ich  im  Sinne  aller  hier  vereinigter  Comites  zu  sprechen,  wenn 
ich  dem  General  Comite  und  dem  hohen  Protector  dieses  Kongresses  unsern  Gluck  - 
wunsch  sage,  einen  solchen  Gedanken,  in  dieser  Zeit,  gefasst  und  zur  Ausfiihrung 
gebracht  zu  haben.  Es  war  in  der  That  ein  Wagniss,  gegenwaertig,  nachdem  Europa 
eben  erst  aus  den  schwersten  Bewegungen  hervorgegangen  war,  einen  Gedanken  auf- 
zustellen,  der  eine  so  lange  Vorbereitung  des  Friedens  voraussetzt : — einen  Gedanken, 
der  zugleich  so  neu,  so  ungewoehnlich  war,  der  eine  Reihe  von  so  verschiedenartigen 
lnteressen  wachrief,  und  der  so  sehr  die  Gefahr  in  sich  barg,  dass  unter  dem  Vorwande 
humanitserer  Interressen  sich  private  industrielle  Bestrebungen  geltend  machenmoech- 
ten,  dass  die  Produzenten  von  Geheimmitteln,  dass  die  einzelnen  Industriezweige  die 
Gelegenheit  benutzen  moechten,  unter  der  Firma  der  Humanitaet,  ihre  Erzeugnisse  der 
Welt  vorzufiihren.  Wenn  wir  sehen,  dass  das  Comite,  trotz  dieser  grossen  Gefahren, 
eine  Ausstellung  geschaffen  hat,  wie  sie  niemals  in  dieser  Welt  bestanden  hat,  und 
wie  es  vielleicht  schwer  sein  diirfte,  sie  zum  zweiten  Male  so  zusammenzubringen,  so 
sieht  man  eben,  wie  der  Gedanke  richtig  ergriffen  war,  wie  es  sich  in  Wirklichkeit 
nur  darum  handelte,  den  Voelkern  Europas  einmal  wieder  die  grossen  Principien  der 
Humanitaet  alsdas  Ziel  ihres  Strebens  hinzustellen,  um  iiberall  den  edelsten  Wetteifer 
wachzurufen.  In  der  That,  es  hat  etwas  Ruhrendes  zu  sehen,  dass  die  Nationen  Europas, 
unmittelbar  nachdem  die  groessten  Kriege  zu  Ende  gefuhrt  waren,  welche  dieser  Erd- 
theil  jemals  gesehen  hat,  wiederum  zuruckkehren  zu  dem  Werk,  welches  Sie  gegen- 
waertig  mit  einem  Worte,  bezeichnen,  fiir  das  wir  alle  lceinen  Ausdruck  haben — zu 
der  sauvetage  — wir  Alle  mussen  erst  daran  denken,  wie  wir  das  wiedergeben  so  lien, 
was  Sie  in  diesem  Wort  so  praechtig  zuzammenfassen  — zu  einer  Thaetigkeit,  die  ganz 
und  gar  der  Sorge  fiir  den  einzelnen  Menschen  zugewendet  ist,  die  sich  die  Aufgabe 
stellt,  den  Armen,  den  Verlassenen,  den  Ungliicklichen  aufzusuchen  und  ihm  Huelfe  zu 
bringen,  — nicht  etwa  bios  in  dem  gewcehnlichen  Sinne  des  Worles,  wie  man  die  all- 
gemeine  Hiilfe  bringt  von  Staats  wegcn  und  von  Gemeinde  wegen,  sondern  diejenigo 
HCilfe,  welche  auch  des  eigcnen  Lebens  nicht  schont,  um  das  Leben  des  Mitbiirgers  zu 
retten. 


86 


STANCE  D’OUVERTUEE 


ii  Ja,  meine  Herren,  die  Aufgabe,  welche  durch  so  viele  kunstvoll  ersonnene 
Apparate,  durch  Einrichtungen,  welche  so  grosse  Aufwendungen  der  Einzelthaetigkeit 
erfordern,  Ihnen  vorgefuhrt  wil’d,  sie  zeigt  so  recht,  wie,  von  cinem  entgegengesetzten 
Standpunkte  aus,  die  Bewegung  dev  Voelker  zu  diesem  rein  humanitaeren  Gedanken 
zurueckkekrt,  wie  sie  von  dem  Einzelnen,  von  der  Aufsuchung  der  Mittel  zu  seiner 
Rettung,  zu  seiner  Bewahrung  aufsteigend,  jene  groesseren  Einrichtungen  schafft,  die 
Ihnen  der  bei'edte  Herr  President  vorher  in  so  eingehender  Weise,  geschildert  hat. 
Aber,  Hohe  Yersammlung,  diese  Werke,  welche  die  Gesellschaft,  welche  der  Staat 
schafft,  um  den  Ausdruck  des  inneren  Culturlebens  des  Yolkes  darzustellen,  sie  zeigen 
uns  oft  genug,  dass  in  ihnen  selbst  wieder  eine  neue  Gefahr  hervortritt,  dass  diese 
Einrichtungen  selbst,  von  Anfang  an,  mitgewissen  Maengeln  behaftet  sind,  welche  die 
allerschwierigsten  und  umfassendsten  Studien  nothwendig  machen,  um  die  Einzelnen 
vor  den  gefsehrlichen  Einflussen  selbst  dieser,  fur  ihre  Wohlfahrt  bestimmten,  Einrich- 
tungen zu  schiitzen.  Ich  darf  hier  wohl  daran  erinnern,  wie  es  mit  der  Geschichte  der 
Hospitaeler  gegangen  ist.  Hervorgegangen  aus  dem  tiefsten  religicesen  Streben,  aus 
einer  praktisch  moralischen  Thaetigkeit,  welche  die  eigene  Gesundheit  nicht  schonte, 
um  dem  kranken  Mitmenschen  Hiilfe  zu  bringen,  durch  Jahrhunderte  hindurch  gross- 
gezogen,  durch  die  wohlthsetige  Hiilfe  des  Volkes  erweitert  und  entwickelt — haette  man 
glauben  sollen,  dass  unser  Jahrhundert  in  den  Hospitaelern  Einrichtungen  finden 
wiirde,  welche  das  Vollkommenste  darbieten,  was  zur  Hiilfe  der  Kranken  gefunden 
werden  kann.  Und  sieh  da ! Als  man  anting  sich  genauer  umzusehen,  als  man  die 
Statistiken  der  Krankenhseuser  aufmachte,  als  man  sich  fragte  : welchen  Nutzen 
bringen  sie  den  Einzelnen,  wie  lsesst  sich  ihr  Nutzen  statistich  ausdriicken  ? — Da 
kam  man  zu  dem  erschreckenden  Ergebniss,  dass  eine  grosse,  vielleicht  die  gvoesste 
Zahl  aller  vorhandenen  Hospitaeler  in  sich  selbst  die  Gefahren  neuer  Erkrankungen, 
neuer  Todesquellen  birgt,  ja,  dass  fur  viele  Kategorien  von  Kranken  das  Hospital 
gefsehrlicher  Avar,  als  der  Aufenthalt  im  Hause  des  Kranken  selber.  Und  nun  beginnt 
eine  neue  Bewegung  : die  BeAvegung,  welche  nicht  mehr  darauf  gerichtet  ist,  den 
Kranken  aus  seiner  Wohnung  zu  nehmen  und  ihn  unter  die  giinstigen  Bedingungen 
des  Hospitals  zu  versetzen,  Avelche  vielmehr  die  grosse  und  sclrwierige,  noch  jetzt  nicht 
\mllendete  Aufgabe  verfolgt,  das  Hospital  selbst  so  zu  gestalten,  dass  es  alien  denje- 
nigen  Anforderungen  geniigt,  Avelche  an  die  Herstellung  dauernd  giinstiger  Bedingun- 
en  fiir  das  Leben  der  Menschen  gestellt  werden  koennen, 

u Aber,  verehrte  Anwesende,  es  ist  das  nicht  eine  vereinzelte  Aufgabe.  Denn  wenn 
das  Hospital  ungiinstig  einwirkt  auf  seine  Insassen,  wenn  es  Hospitaeler  giebt,  welche 
ihre  Insassen  toedten,  so  giebt  es  auch  Wohnhaeuser,  Avelche  ungiinstig  einwirken 
auf  ihre  Insassen,  es  giebt  auch  Wohnhaeuser  und  Wohnorte,  welche  ihre  Insassen 
toedten,  und  die  Aufgabe,  Avelche  in  dem  Spital  in  erster  Linie,  in  concretester  Gestalt 
hervortritt,  wiederholt  sich  in  immer  weiteren  Kreisen,  durch  alle  Zweige  des  civili- 
sirten  Lebens,  sowohl  des  staedtischen  wie  des  laendlichen. 

n Hochverehrte  Anwesende,  ganz  Europa  ist  in  diesen  Weg  der  Untersuchungen, 
der  Studien,  der  praktischen  Versuche  eingetreten.  Auch  die  kleinsten  Nationen  haben 
beigetragen  zu  diesen  Arbeiten.  Wir,  meine  Herren,  haben  Ihnen  auf  der  Ausstellung 
ein  kleines  Bild  dessen  gegeben,  was  Deutschland  in  diesem  Augenblicke  arbeitet.  Ich 
hoffe,  Sie  werden  uns  bezeugen,  dass,  Avenn  wir  nicht  das  Hoechste  erreicht  haben,  Avir 
doch  ein  ehrliches  und  ernstliches  Streben  danach  haben,  das  Beste  zu  finden.  Yiel- 
leicht  koennen  wir  hoffen,  dass  eine  milde  Beurtheilung  uns  zugesteht,  dass  Avir  in  man- 


SEANCE  D’OUVERTURE 


87 


chen  Dingen  zu  praktischen  Ergebnissen  gekommen  sind,  die  in  dem  Umfange  und  in 
dera  Sinne  anderswo  noch  nicht  erreicht  worden  sind.  Es  ist  das  ein  Anfang,  — ein 
Anfang,  auf  den  wir  nicht  stolz  sind.  Im  Gegentheil,  ich  kann  versichcrn,  dass  wir 
Alle  die  Unvollstsendigkeit  dessen,  was  wir  Ihnen  vorgefiihrt  haben,  recht  wohl  ein- 
sehen.  Aber  verehrte  Anwesende,  wir  sind  darauf  stolz,  dass  wir  Ihnen  praktisch  zei- 
gen  koennen,  dass  wir  an  den  Werken  der  Humanitset,  an  den  Werken  des  Friedens 
auf  das  Ernstlichste  theilnehmen,  und  ich  darf  hier  auch  im  Sinne  des  hohen  Protectors 
der  deutschen  Ausstellung,  des  Kronprinzen  des  Deutschen  Reiches,  sagen  : wir  ha- 
ben einen  grossen  Werth  darauf  gelegt,  dass  die  anderen  Nationen  uns  recht  thaetig 
und  recht  engagirt  an  diesen  Werken  des  Friedens  finden  moechten,  weil  wir  Ihnen 
dadurch  zeigen  zu  koennen  glauben,  dass  wir  andere  Gedanken  haben,  als  man  sie  uns 
vielfach  zuschreibt,  dass  wir  nicht  Krieg  sinnen,  sondern  das  wir  im  Gegentheil  recht 
sehr  wiinschen  derKriege  ledig  zu  sein  um  alle  unsere  Anstrengungen  auf  die  Befes- 
tigung  des  Friedens  richten  zu  konnen.  (Bravo  !). 

u Hochverehrte  Anwesende,  ich  darf  in  diesem  Sinne  unseren  besten,  innigsten 
Dank  aussprechen  dem  hohen  Protector  des  Congresses  und  dem  Presidium  desselben, 
sowie  dem  vorbereitenden  Comite,  welches  zu  unser  Aller  Ueberraschung  in  so  un- 
gunstiger  Zeit  so  Grosses  geleistet  hat.  « (Lebhaftes  Bravo.) 


M.  le  President.  — La  parole  est  k l’un  des  delegues  du  Gouvernement 
espagnol. 

M.  Mariano  Carreras  y Gonzales.  — « Les  delegues  du  Gouver- 
nement  espagnol  au  Congres  d’hygiene  et  de  sauvetage,  en  prenant 
place  dans  cette  Assemblee  essentiellement  scientifique  et  humanitaire, 
reunie  par  le  Roi  et  le  peuple  de  la  Belgique  a leur  grande  gloire  et  pour 
l’utilite  du  monde  entier,  vous  doivent  quelques  explications. 

n L’Espagne  n’a  pas  pu  prendre  part  a l’Exposition  de  1876.  Lorsque 
ce  concours  a ete  organise,  notre  patrie  se  trouvait  malheureusement  en 
proie  a une  guerre  civile  qui  absorbait  toutes  les  intelligences  et 
toutes  les  forces  vitales  de  la  nation.  C’est  a peine  si  le  service  des 
armees  a laisse  le  loisir  de  preparer  quelques  envois  a PExposition  univer- 
selle  de  Philadelphie,  a laquelle  notre  cooperation  avait  ete  promise 
d’avance.  D’autres  causes  encore,  que  ledigne  Representant  de  Sa  Majeste 
Catholique  a la  Cour  de  Bruxelles  a deja  fait  connaitre  au  Comite  central 
en  justification  de  notre  absence,  sont  venues  mettre  obstacle  aux  desirs 
du  Gouvernement  espagnol.  Mais  cette  absence,  nous  tenons  & le 
declarer  ici,  ne  signifie  nullement  que  l’Espagne  soit  indifferente  a cette 
Borte  d’Exposition  et  moins  encore  a l’etude  et  a Papplication  des  diverses 
branches  des  industries  bienfaisantes  qui,  grace  aux  efforts  intelligents  du 
Comite  central,  ont  ete  exposees  au  Parc  de  Bruxelles.  Non,  si  PEspagne, 
a raison  de  ses  vicissitudes,  a pense  modestement  qu’elle  ne  pouvait  pas 


88 


SEANOE  D'OUVERTURE 


rivaliser  avec  les  produits  que  d’autres  nations  inventent  et  elaborent  au 
profit  delRumanitejelles’empresse,  avec  la  memo  efficacite  que  ces  nations, 
a se  les  assimiler  et  a en  rendre  l’usage  populaire. 

» Notre  presence  en  ce  lieu,  a peine  la  guerre  civile  terminee,  temoigne 
de  la  vive  sollicitude  avec  laquelle  le  Gouvernement  de  Sa  Majeste  le  Roi 
Alphonse  XII  s’efforcerade  faire  profiterl’Espagnedes  resultats  bienfaisants 
qui  surgiront  de  vos  debats.  Nous  avons  le  mandat  de  suivre  vos  travaux, 
d’etudier  les  questions  qui  seront  soumises  a votre  examen  et  les  prin- 
cipes  qui  decouleront  de  vos  deliberations  sur  des  matieres  aussiimportantes 
que  difliciles.  Nous  aurons  apres  a en  faire  connaitre  les  avantages  dans 
notre  patrie,  en  y proposant  l’adoption  de  toutce  que  votre  Assemblee  aura 
reconnu  etre  utile  et  profitable  pour  le  progres  social. 

» Si  les  membres  du  Congres  ne  trouvent  pas  en  nous  des  collegues  qui 
leur  apportent  des  lumieres  nouvelles,  qu’ils  soient  au  moins  persuades  de 
nos  efforts  pour  etre  leurs  auxiliaires  devoues.  Dans  la  mesure  de  notre 
capacite,  nous  taclierons  de  contribuer  a l’QEuvre  commune  en  apportant 
notre  pierre  au  magnifique  monument  eleve  a Bruxelles  en  vue  de  sauver  et 
de  garantir  la  vie  des  homines.  » (. Applatidissements  prolonges.) 

M.  le  President.  — « Le  Comite  general,  Messieurs,  a designe  les  per- 
sonnes  chargees  des  fonctions  de  presidents,  de  vice-presidents,  de  secre- 
taires et  de  membres  des  Comites  des  diverses  sections.  Ces  sections  vont 
etre  installees  : la  premiere  par  MM.  Berge,  membre  de  la  Chambre  des 
representants,  et  Crocq,  membre  de  l’Academie  de  medecine,  professeurs  a 
l’Universite  de  Bruxelles ; la  seconde  par  M.  Nelis,  ancien  membre  de  la 
Chambre  des  representants,  en  remplacement  du  president,  M.  le  prince 
de  Caraman-Chimai,  absent,  et  M.  Janssens,  inspecteur-general  au  Minis- 
tere  des  Travaux  publics  ; la  troisieme  par  M.  A.  Picard,  president  du 
Conseil  provincial  du  Brabant.  Aussitot  apres  leur  installation  etla  consti- 
tution de  leurs  Bureaux,  les  sections  regleront  leur  ordre  du  jour. 

L’assemblee  voudra  se  joindre  a moipour  remercier  Sa  Majeste  d’avoir 
bien  voulu  inaugurer  la  session  du  Congres  d’hygiene. » (Applaudissements.) 

Le  Roi  se  retire  au  milieu  des  acclamations  de  l’assistance. 

La  seance  est  levee  a 4 heures. 


RECEPTION 

A L’HOTEL  I)E  YILLE  DE  BRUXELLES 


Le  27  septembre,  a 9 heures  du  soir,  rMministration  communale  de 
Bruxelles,  fidele  a ses  traditions  de  genereuse  hospitalite,  a voulu  reunir 
les  membres  du  Congres  dans  son  Hotel-de-ville  et  feter  avec  eux  l’ouver- 
ture  de  leurs  pacifiques  assises. 

Les  invites  se  sont  reunis  d’abord  dans  la  salle  gothique ; le  buffet,  splen- 
didement  installe,  se  trouvait  dans  la  salle  des  portraits. 

Plus  de  cinq  cents  invites,  parmi  lesquels  bon  nombre  de  dames,  ont 
pris  part  a cette  fete  toute  de  cordialite  et  de  franchise.  On  y a remarque 
plusieurs  officiers  etrangers  revetus  de  leurs  uniformes,  frangais,  alle- 
mands,  italiens,  anglais,  autrichiens.  Deux  membres  du  Cabinet  beige, 
MM.  Beernaert,  ministre  des  Travaux  publics,  et  Delcour,  ministre  de 
l’lnterieur,  ayant  a coeur  de  representer  leur  Gouvernement  dans  une  so- 
lennite  aussi  remarquable,  assistaient  egalement  a la  soiree. 

Pendant  le  repas,  la  musique  des  pompiers  a execute  les  meilleurs  mor- 
ceaux  de  son  repertoire. 

La  bienvenue  a ete  souhaitee  par  M.Anspach,  bourgmestre  de  Bruxelles ; 
voici  en  quels  termes  : 

» Messieurs,  aulendemain  des  fetes  commemoratives  de  notre  independance,  etlors- 
que  nos  cceurs  vibrent  encore  de  patriotiques  emotions,  il  nous  est  donne  d’eprouver  la 
nouvelle  etbien  vive  satisfaction  de  recevoir,  au  nom  de  la  ville  de  Bruxelles,  les  mem- 
bres du  Congres  d’hygione  et  de  sauvetage. 

Ainsi  nos  rejouissances  nationales  semblent,  cette  annee,  se  prolonger  au-del&  du 
temps  habituel,  et  nous  pouvons  d’autant  mieux  nous  abandonner  A cette  impression 
que,  dans  les  sentiments  dont  nous  sommes  animes,  il  nous  est  permis  de  penser  encore 
a la  patrie. 


90 


EXCEPTION 


N’est-ce  point  & cette  Belgique  bien-aimee,  a ses  institutions,  a la  longue  periode 
de  prosperity  et  de  paix  qu’elle  parcourt  que  nous  devons  l’honneur  de  revoir  reunis 
autour  de  nousun  si  grand  nombre  d’hommes  distingues  de  nationality  diverses? 

N’est-il  pas  rationnel  que  les  horames  libres  par  excellence,  libres  parce  qu’ils  ont  en 
euxl’intelligence,  le  travail  et  le  savoir,  aiment  & se  rencontrer  sur  une  terre  oil  le 
droit  de  reunion  estabsolu,  oula  liberte  d’exprimer  sa  pensde  de  toutes  manieres  est 
si  complete  qu’aucune  mesure  restrictive  ne  peut  exister  contre  elle  ? ( Applaudisse - 
merits.) 

C’est  lhce  qui  explique,  sans  doute,  comment  notre  Capitale  compte,  non  sans  un  cer- 
tain orgueil,  de  frequentes  manifestations  internationales  dans  toutes  les  branches  de 
l’activite  humaine. 

Parmi  ces  entreprises,  il  n’en  est  aucune,  Messieurs,  qui  merite  mieux  que  la  votre 
l’attention  et  le  respect.  Le  but  que  vous  poursuivez  est  si  noble,  si  eleve,  si  conforme 
k la  loi  divine  que  des  applaudissements  se  font  entendre  sur  votre  route  et  que  vous 
marchez,  ce  qui  est  rare  dans  les  choses  d’ici-bas,  environnes  de  voeux  sinceres  et 
unanimes. 

Aussi  l’on  peut  dire,  sans  etre  temeraire,  que  notre  Exposition,  relativement  modeste, 
sera,  avec  le  Congres,  qui  en  est  le  couronnement,  plus  favorable  peut-etre  au  progres 
et  a l’avancement  de  l’humanite  que  telle  autre  Exposition  dont  les  edifices  immenses 
s’elevent  jusqu’aux  cieux  et  a laquelle  il  a fallu  pour  reussir  tout  P effort  d’un  des  plus 
grands  peuples  du  monde.  ( Applaudissements .) 

En  souhaitant  particulierement  la  bienvenue  aux  membres  etrangers  du  Congres,  j’ai 
l’esperance  qu’ils  rencontreront  parmi  nous  un  accueil  qui  justiflera  a leurs  yeuxl’an- 
tique  renom  d’hospitalite  de  notre  pays.  Je  compte  que  ceux  qui  ont  ainsi  quitte  leurs 
foyers  enfaveur  de  notre  (Euvre  trouveront,  dans  le  cordial  devouement  dont  ils  seront 
entoures,  quelque  compensation  aux  joies  et  aux  affections  dont  ils  se  sont  momentane- 
ment  prives.  ( Applaudissements .) 

A tous,jepuis  promettre  le  sympathique  appui  de  la  municipalite  bruxelloise. 

EnfLn,  aux  promoteurs  de  l’entreprise  que  nous  celebrons  aujourd’hui  et  a leurs  vail- 
lants  et  intelligents  collaborateurs,  j’exprime,  au  nom  du  Conseil  communal  et,  j’ose  le 
dire,  au  nom  de  la  population  tout  entiere,  des  sentiments  d’affectueuse  reconnaissance 
pour  leurs  efforts  sibien  couronnes  de  succes,  etpour  l’occasion  qu’ils  nous  donnentde 
nouer  des  relations  precieuses  avec  ceux  qui  honorent  de  leur  presence  l’ancien  palais 
ou  nous  les  recevons.  « 


Une  veritable  explosion  d’enthousiasme  a salue  ces  paroles;  de  tous cotes, 
mille  felicitations  ont  ete  adressees  a M.  Anspach  ainsi  que  de  chaleureux 
remerciements. 


Sir  Harry  Yerney,  ancien  membre  du  Parlement  anglais,  a repondu  a 
M.  le  bourgmestre  par  l’allocution  suivante  : 

it  Messieurs,  c’est  avec  un  grand  plaisir  que  j’assiste  k cette  reunion  k laquelle  nous 
a convies  l’Administration  communale  de  Bruxelles;  elle  m’offre  Poccasion  de  vous 


A L’HOTEL  DE  VILLE  DE  BRUXELLES 


91 


remercier,  au  nom  de  mes  compatriotes,  de  la  sympathie  que  la  Belgique  nous  a pro- 
diguee  durant  l’Exposition  et  la  Conference  geographique,  qu’elle  nous  prodigue  en- 
core raaintenant  durant  le  Congres.  Je  tiens  k exprimer  nos  sentiments  de  sincere 
gratitude  k M.  le  bourgmestre,  qui  a bien  voulu,  ce  soir,  nous  ouvrir  les  portes  de  cet 
Hdtel-de-ville  devenu  fameux  dans  l’histoire  des  libertes  brabangonnes  et  rassembler 
autour  de  lui  les  delegues  de  presque  tous  les  pays  du  monde. 

Certes,  c’est  une  heureuse  nation  que  celle  ou  peuple  et  fonctionnaires  accueillent 
avec  une  egale  bienveillance  & leur  foyer  les  mandataires  de  la  science  et  de  l’huma- 
nite. 

En  Belgique,  le  Roi  tient  & donner  lui-meme  l’exemple  de  cette  cordiale  hospitalite, 
et  nul  ne  sait  avec  plus  de  courtoisie  la  mettre  en  pratique.  II  nous  a ete  permis  de 
le  constater  surtout  pendant  le  mois  dernier,  alors  que  le  Congres  geographique  etait 
en  seance  et  que  nous  discutions  le  projet  d’explorations  nouvelles  de  l’Afrique  cen- 
trale. 

A ce  propos,  j’ose  dire.  Messieurs,  que  la  Belgique  est  le  seul  pays  qui  pouvait  se 
mettre  a la  tete  d’une  entreprise  d’expedition  vers  ces  contrees  lointaines  sans  exciter 
la  jalousie  des  grandes  puissances.  La  Belgique  n’est  maitresse  d’aucune  colonie  ; elle 
ne  possede  pas  de  marine  militaire  ; — et,  d’ailleurs  elle  n’a  pas  besoin  d’en  posseder  : 
sa  marine  marchande  suflit  k ses  besoins.  Voil&  pourquoi  la  Belgique  peut  marcher 
franchement  vers  le  but  indique  par  son  Roi ; ses  expeditions  n’effraieront  personne, 
car  elles  ne  visent  pas  la  conquete,  elle  sont  simplement , humanitaires.  L’explora- 
tion  et  la  civilisation  de  l’Afrique  centrale,  la  suppression  de  l’abominable  traite  des 
noirs  sont  une  des  plus  grandes  missions  que  l’Europe  doive  entreprendre  en  ce  mo- 
ment. 

Soyez  heureux,  Messieurs  les  Beiges,  d’avoir  & votre  tete  un  Prince  qui,  laissant  de 
cote  de  vains  interets  politiques,  s’interesse  k tout  ce  qui  touche  l’humanite  et  recher- 
che dans  l’etude  les  moyens  d’en  ameliorer  le  sort ! 

Depuis  quelques  mois,  votre  pays,  sous  l’egide  de  ce  protecteur  royal,  est  devenu 
un  centre  de  discussions  scientifiques  et  philanthropiques ; tous  les  amis  du  Bien  accou- 
rent  en  Belgique  ; les  savants  de  l’Europe  discutent  sur  ce  coin  de  terre  tranquille  les 
plus  graves  questions  de  notre  temps. 

Un  tel  etat  de  choses  fait  honneur  k un  peuple  et  k son  Souverain  ; c’est  du  fond  du 
coeur  que  je  les  felicite  de  leur  devouement  k la  cause  de  l’humanite  et  que  je  renou- 
velle  l’expression  de  nos  remerciements  k M.  le  bourgmestre  pour  la  cordiale  reception 
qu’il  offre  ce  soir  aux  membres  du  Congres  d’hygiene  et  de  sauvetage.  » ( Applaudisse - 
merits.) 


Au  nom  des  pays  du  Nord,  M.  Wolfhagen,  chambellan  de  S.  M.  le 
Roi  de  Danemark,  est  venu  corroborer,  par  quelques  mots  eloquents,  le 
discours  de  Sir  Harry  Yerney.  II  a remercie  a son  tour  le  Roi  et  M.  le 
bourgmestre  de  leur  aimable  et  sympatbique  accueil  et  il  a constate  que, 
grace  a leur  influent  patronage,  l’Exposition  et  le  Congres  avaient  pu  pren- 
dre une  autorite  plus  considerable  et  devenir  une  (Euvre  vraiment  inter- 
nationale. 

En  terminant,  il  a souhaite  paix  et  prosperity  eternelles  a la  Belgique, 


92 


RECEPTION 


en  juste  recompense  des  genereux  efforts  qu’elle  fait  dans  le  but  de  propa 
ger  les  idees  de  science  et  d’humanite. 


M.  Heine,  professeur  a TUniversitade  Prague,  a pris  ensuite  la  pa- 
role : 

« Ce  sera  un  honneur  constant  pour  laville  de  Bruxelles,  a-t-il  dit,  que  d’avoir  offi- 
ciellement  prete  son  appui  aux  organisateurs  devoues  de  l’Exposition  et  du  Congres, 
car  elle  a ainsi  participe  A un  mouvement  de  progres  et  d’humanite  qui  se  fera  sentir 
partout  et  qui  ebranlera  les  antiques  bases  des  egoismes  nationaux. 

II  y a dans  le  monde  actuel  un  pressant  besoin  de  se  connaitre,  de  s’unir,  de  s’ai- 
mer.  C’est  par  le  moyen  des  Congres,  auxquels  sont  convoques  tous  les  peuples,  qu’on 
arrivera  A une  cordiale  entente.  La  patrie  de  l’homme  doit  etre  l’humanite,  et  non 
telle  ou  telle  portion  du  territoire.  II  appartient  aux  savants  genereux  de  suivre  sans 
cesse  1 exemple  donne  par  les  organisateurs  de  l’CEuvre  d’hygiene  et  de  sauvetage, 
c est-A-dire  de  prouver  que  toutes  les  frontieres  doivent  disparaitre  et  que  toutes  les 
nations  doivent  se  confondre  devant  l’ennemi  commun  : le  mal.  » ( Applaudissevients .) 


M.  Laussedat,  depute  frangais,  a succede  a M.  Heine  ; voici  son  dis- 
cours : 

« Messieurs,  aux  paroles  si  penetrantes,  si  genereuses  que  M.  le  bourgmestre  vient 
de  faire  entendre,  permettez-moi  de  repondre  au  nom  de  la  France  et  de  tous  les  Fran- 
cis presents  a cette  reception. 

Au  debut  de  notre  Congres,  qui  doit  approfondir  toutes  les  questions  interessant  a 
un  si  haut  degre  les  intelligences  les  plus  elevees  comme  les  plus  obscures,  il  est,  ce 
me  semble,  de  bon  augure  de  nous  placer  sous  les  auspices  du  Conseil  communal  de  la 
ville  de  Bruxelles,  de  ce  Conseil  dont  tous  les  efforts  sont  diriges  vers  lebien  et  1’amelio- 
ration  du  sort  de  tous,  au  milieu  d’une  population  qui  peut  et  doit  servir  de  modele 
dans  les  voies  de  la  liberte  et  de  la  justice.  (Bravos.) 

C’est,  en  effet,  bien  plus  aux  moeurs  qu’aux  institutions  qu’il  faut  s’attacher.  Pendant 
notre  sejour,  il  nous  appartiendra  de  voir  ce  que  cette  capitale,  ce  que  la  Belgique  en- 
tiere  offre  et  renferme  pour  l’etude  des  grands  problemes  qui  captivent  nos  pensees. 

Mais  permettez  & un  homme  qui  y a passe  de  longues  annees  de  dire  hautement  que 
nous  sommes  au  milieu  d’une  grande  nation  ; elle  peut  avoir  de  petites  frontieres,  mais 
ses  idees  ont  une  puissance  de  rayonnement  qui  s’epanouit  sur  l’universalite  des 
peuples.  (Applaudissements.) 

Ici  nous  appartenons  A des  nations  diverses ; elles  ont  leur  originalite  propre,  des 
aspirations  particulieres,  des  gouts  et  des  habitudes  conformes  a leur  genie.  Le  passe 
appartient  A tous  et  chacun  doit  en  conserver  le  culte ; nous  devons  y chercher  des 
enseignementsqui  puissent  nous  servir  de  guide  dans  les  revendications  les  plus  legi-  j 
times.  Mais  nous  devons  avoir  garde  d’oublier  que,  quoi  qu’il  arrive,  quelles  que  soient 


A L’HOTEL  DE  VILLE  DE  BRUXELLES 


93 


les  obscurites  et  les  tenebres  dont  la  route  est  parfois  semee,  c’est  aux  aspirations  ge- 
neralises qu’en  definitive  appartiendra  le  succes.  ( Yifs  applaudissements.) 

Aussi  devons-nous  nousy  preparer,  y consacrer  tous  nos  efforts.  Appuyons-nous  sur 
la  science  surtout,  qui  a toujours  ete  la  vraie  bienfaitrice  de  Phumanite;  c’est  sous 
son  egide  qu’il  faut  nous  placer  dans  cette  lutte  toute  intellectuelle. 

Parrai  les  diverses  manifestations  qui  permettent  d’obtenir  les  resultats  les  plus  fe- 
conds,  les  plus  durables  dans  ces  recherches,  il  n’en  est  pas  de  meilleures  qu’un  Con- 
gres;  c’est  bien  \k  le  mode  de  manifestation  qui  convient  aux  temps  modernes  pour 
elucider  dans  le  calme  et  la  paix  toutes  les  questions  les  plus  delicates,  les  plus  ar- 
dues  comme  les  plus  controversies. 

L&,  toutes  les  opinions  ont  le  droit  de  se  faire  jour  ; on  ne  legifere  pas,  mais  on  pre- 
pare pour  les  travaux  des  legislateurs  tous  les  elements  des  discussions  les  plus  utiles 
au  bonheur  de  tous.  Oui,  on  peut  dire  de  tels  travailleurs  qu’ils  sont  les  pionniers,  les 
eclaireurs  les  plus  surs  de  cet  avenir  qui  donnera  la  victoire  aux  nobles  entrainements 
vers  le  progres  de  l’humanite.  (Bravos.) 

Messieurs,  le  but  que  nous  poursuivons  est  d’une  nature  telle  qu’il  semble  n’avoir 
pas  besoin  d’etre  defendu ; mais  il  faut  qu’on  le  sache,  dans  cet  ordre  d’idees  qui  nous 
amene  ici,  aucun  peuple  n’ale  droit  de  vouloir  pretendre  a la  superiorite;  la  science  du 
progres,  l’amour  de  l’humanite  n’ont  pas  de  frontieres,  ne  s’abritent  sous  aucun  dra- 
peau,  ou  plutot  ne  reconnaissent  qu’un  seul  drapeau,  celui  de  l’humanite  elle-meme. 
(Applaudissements.) 

Nous  en  avons  dans  les  institutions  beiges  le  plus  lumineux,  le  plus  eclatant 
exemple  ; dans  cette  salle,  les  plus  nobles  enseignements  s’oflfrent  A nos  pensees ; c’est 
ici  que  depuis  bien  longtemps  s’agitent  toutes  les  questions  qui  ont  fait  marcher  le  peu- 
ple beige  dans  les  voies  de  la  liberte  etdu  progres.  C’est  ici  que  reside  le  Conseil  de  cette 
commune  qui  a,  on  peut  le  dire,  fait  la  gloire  et  la  puissance  de  cette  Belgique  si  hos- 
pitaliere.  (Bravos.) 

Un  peuple  qui  aime  la  liberte  et  la  justice  est  un  peuple  contre  lequel  les  envahis- 
seurs  ne  peuvent  que  briser  leurs  efforts,  car  il  puise  alors  en  lui-meme,  sous  ses  sa- 
lutaires  influences,  les  ressources  les  plus  fecondes.  „ (Applaudissements.) 


Apres  le  discours  de  M.  Laussedat,  fidele  interprete  des  sentiments 
eprouves  par  tous  les  invites,  les  groupes  se  sont  formes,  les  presentations 
individuelles  se  sont  faites  et  d’interessantes  conversations  ont  ete  eclian- 
gees  entre  les  membres  du  Congres. 

La  fete  s’est  prolongee  jusqu’ apres  minuit. 


EXCURSION 


DES  MEMBRES  DU  CONGRES  A ANVERS 


Les  membres  du  Congres  ont  repondu,  le  dimancbe  matin,  ler  octobre, 
a une  gracieuse  invitation  du  Conseil  communal  d’ Anvers  et  se  sont  rendus 
dans  cette  ville  par  train  special. 

Malgre  le  mauvais  temps,  les  excursionnistes  se  trouvaient  au  nombre 
de  trois  cents  environ. 

Au  debarcadere,  M.  le  colonel  David,  commandant  la  garde  civique 
d’ Anvers  et  president  du  Comite  effectif  de  la  section  anversoise  de  l’Expo- 
sition,  a accueillipar  une  allocution  courtoise  lesnombreux  arrivants.  H a 
parle  de  la  fagon  la  plus  cbaleureuse  et  avec  une  cordialite  qui  a produit 
le  plus  grand  effet  sur  ses  auditeurs.  C’est  par  lui  qu’ils  ont  connu  le  pro- 
gramme de  leur  sejour  de  quelques  heures  a Anvers.  Ce  programme  com- 
prenait  une  visite  au  Musee  Plantin,  un  lunch  offert  a l’Arsenal  par 
1’ Administration  communale,  des  experiences  d’engins  de  sauvetage  sur 
l’Escaut  et  des  experiences  d’extinction  d’incendie ; enfin,  si  la  chose  etait 
possible,  des  promenades  a travers  les  nombreuses  merveille3  que  renferme 
la  metropole  artistique  et  commerciale  de  la  Belgique. 

« Nous  n’avons  rien  menage,  a dit  M.  le  colonel  David  aux  membres  du 
Congres,  pour  vous  donner  dans  notre  ville  l’hospitalite  que  vous  meritez 
si  bien.  Malheureusement,  le  soleil  n’a  pas  voulu  se  joindre  a nous  ; il  nous 
fait  defaut.  Pourtant,  la  solennite  d’aujourd’hui  eut  ete  pour  lui  une  belle 
occasion  de.briller,  et  je  regrette  d’etre  oblige  d’excuser  son  absence.  » 


EXCURSION  A ANVERS 


98 


M.  Vervoort,  president  du  Congres,  a repondu  au  discours  de  M.  le 
colonel  David  par  quelques  paroles  deVemerciments. 


Les  membres  du  Congres,  precedes  de  la  musique  de  la  garde  civique 
et  accompagnes  des  Societes  anversoises  de  sauveteurs,  sont  alles  ensuite 
a l’Hotel-de-ville  ou  M.  De  Wael,  bourgmestre,  les  attendait  dans  la  ma- 
gnifique  salle  decoree  par  Henri  Leys.  A son  tour,  le  premier  magistrat  de 
la  cite,  entoure  de  ses  echevins,  a voulu  saluer  ses  botes,  et  voici  comment 
il  leur  a souhaite  la  bienvenue  : 


•Messieurs,  apres  avoir  assiste  avec  le  plus  vif interet  au  succes  complet  de  PExposition 
internationale  d’hygiene  et  de  sauvetage,  il  m’a  ete  donne,  il  y a trois  jours  & peine, 
d’etre  present  & l’ouverture  solennelle  du  Congres,  utile,  indispensable  complement  de 
la  grande  oeuvre  humanitaire.  C’est  encore  sous  l’empire  des  sentiments  qu’a  eveilles 
en  moi  cette  imposante  reunion,  c’est  impressionne  encore  par  les  hautes  idees  que  j’y 
ai  entendu  developper  dans  un  si  beau  langage  que  je  vous  re<?ois.  De  1A,  en  partie, 
mon  insuffisance. 

Au  nom  de  la  ville  d’ Anvers,  au  nom  de  la  metropole  du  commerce  et  des  arts,  au 
nom  de  la  cite  de  l’Escaut  et  de  Rubens,  j’ai  l’honneur  de  vous  souhaiter  la  bienvenue. 

C’est  pour  nous,  Beiges,  un  orgueil  grand,  je  l’avoue,  de  voir  que  notre  libre  sol  ait 
ete  choisi  pour  l’organisation  d’une  oeuvre  de  paix  et  de  concorde  inspiree  par  une 
grande  pensee  d’ordre,  d’humanite  et  de  civilisation. 

A vous  tous,  Messieurs,  etrangers,  hommes  de  talent  et  de  distinction,  nos  remercie- 
ments  sinceres  pour  la  part  active  et  intelligente  que  vous  prenez  a ce  travail  civilisa- 
teur ; A vous,  Messieurs  et  chers  compatriotes,  nos  felicitations  enthousiastes  pour  le 
magnifique  resultat  que  vous  avez  obtenu. 

La  population  d’Anvers  a applaudi  A vos  travaux  entrepris  au  nom  d’une  cause 
philanthropique  et  humanitaire  et  son  desir  est  de  se  montrer  reconnaissante  envers  les 
Souverains  etrangers  et  les  illustres  chefs  d’Etat  qui  vous  ont  accorde  leur  puissant 
patronage. 

Messieurs,  ce  meme  sentiment  de  gratitude  vous  nous  permettrez  de  l’adresser 
k notre  Souverain  k nous,  a Leopold  II,  roi  des  Beiges,  A l’elu  de  la  nation,  au  defenseur 
ne  de  nos  droits  et.de  nos  libertes  constitutionnelles,  k ce  Roi  qui  s’est  prescrit  pour 
tache  d’etre  le  premier  citoyen  de  son  royaume  et  qui  a su  rehausser  la  dignite  royale 
en  se  faisant  le  protecteur  des  arts,  des  lettres,  des  sciences  et  de  la  vraie  tradition 
liberate  dont  son  pere,  le  fondateur  de  la  dynastie,  fut  autrefois  le  modele  en  Europe. 

Le  roi  Leopold  II  est  en  Belgique  l’initiateur,  le  promoteur  de  toutes  les  oeuvres  de 
paix  et  de  progres  — durables  parce  qu’elles  ont  pour  base  le  patriotisme  et  1’abnega- 
tion  — et  il  sait,  au-delA  de  nos  etroites  frontieres,  etendre  dans  l’interet  du  pays  sa 
sage  et  bienfaisante  influence. 

VoilA  pourquoi.  Messieurs,  nous  avons  voue  k ce  Souverain  notre  gratitude;  pourquoi 
nous  lui  avons  donne  notre  confiance,  pourquoi  nous  le  considerons  au  milieu  de  nos 
epreuves  nationales  comme  le  gardien  inviolable  de  nos  droits,  l’impartial  arbitre  de  nos 
destinees  et  l’ancre  de  salut  de  nos  patriotiques  esperances ; pourquoi  enfin  lc 


EXCURSION  A ANVERS 


bourgmestre  de  la  ville  d’Anvers  saisit  avec  empressement  cette  occasion  de  rendre  un 
solennel  hommage  de  gratitude  au  Souverain  de  la  Belgique,  en  presence  d’un  public 
illustre  qui  appartient  k toutes  les  nations  du  monde  civilise.  ( Applaudissements .) 

Et  maintenant,  messieurs,  je  livre  la  ville  d’Anvers  k votre  cordial  et  affectueux  sou- 
venir. 

Permettez-nous  d’esperer  que  les  quelques  heures  d’hospitalite  que  vous  offrc  notre 
vieille  cite  flamande  seront  pour  vous  agreables  etheureuses. 

Avec  mes  collegues  de  l’Administration  communale,  je  vais  vous  accompagner  au 
Musee  Plantin,  et  ensuite  je  serai  avec  vous  sur  la  rade  de  notre  beau  fleuve  ou  les  expe- 
riences de  sauvetage  vous  attendent  et  ou  notre  population  vous  donnera  de  nouveaux 
et  cbaleureux  temoignages  des  ardentes  sympathies  qui  l’animent  pour  vous.  » 

Des  applaudissements  prolonges  ont  d’abord  repondu  aux  paroles  si 
chaleureuses  et  si  entralnantes  de  l’honorable  bourgmestre.  Puis,  M.  von 
Philippsborn,  president  du  Comite  allemand,  se  faisant  l’interprete  des 
sentiments  de  tous,  s’est  exprime  en  ces  termes  : 

« Monsieur  le  bourgmestre,  l’accueil  si  hopitalier  et  si  aimable  que  vous  nous  faites  au 
nom  de  la  ville  d’Anvers  ne  peut  qu’exciter  en  nous  le  desir  d’y  repondre  par  les  remer- 
ciements  les  plus  sinceres.Tous,  Monsieur  le  bourgmestre,  nous  avons  ete  profondement 
touches  de  la  maniere  dont  nous  avons  ete  re^us  dans  votre  pays  a l’occasion  de  la  part 
que  nous  venions  prendre  a 1’ oeuvre  philanthropique  et  humanitaire  qu’il  a entreprise, 
sous  les  auspices  de  votre  auguste  Souverain.  Nous  n’avons  pas  ete  moins  emus  de  la 
constante  bienveillance  que  nous  a temoignee  S.  M.  Leopold  II.  Mais  que  voulez-vous 
que  je  vous  dise  de  l’hospitalite  si  cordiale  que  nous  recevons  partout  ? Jamais  je  ne 
trouverai  d’expression  rendant  exactement  ma  pensee. 

Permettez-moi  d’ajouter  combien  je  suis  personnellement  emu,  lorsque  je  me 
rappelle  qu’il  y a plusieurs  annees,  envoye  k Anvers  par  mon  Gouvernement,  j’ai  eu 
le  bonheur  d’habiter  cette  belle  ville.  Je  n’oublierai  jamais  les  cordiales  amities  que 
j’y  ai  rencontrees. 

Je  suis  convaincu  que  j’exprime,  en  ce  moment,  les  sentiments  de  tous  ceux  qui 
sont  ici  en  formant  les  voeux  les  plus  sinceres  pour  votre  ville,  si  riche  en  glorieux  sou- 
venirs, et  pour  votre  pays,  dont  elle  est  un  des  plus  beaux  ornements.  « ( Applaudisse- 
ments.) 


M.  le  bourgmestre  et  M.  le  colonel  David  ont  ensuite  conduit  les  mem- 
bres  du  Congres  au  Musee  Plantin  (*),  une  des  grandes  attractions  d’An- 
vers, et  leur  en  ont  fait  faire  la  visite  en  detail. 


(•)  Plantin  est  le  nom  d’un  Francis  qui,  aprfcs  avoir  6tudi6  & Paris,  Part  de  la  typographic,  dans 
les  ateliers  installs  & la  Sorbonne  par  les  maitres  Mayencais,  vint  s'dlablir  vers  1550  dans  les  Flandres, 
et  fut,  plus  tard,  premier  imprimeur  de  Philippe  II. 

En  -1555,  il  acheta  une  maison  sur  la  place  du  Marchd  du  Vendredi,  i Anvers,  pour  y metlre  ses 


EXCURSION  A ANVERS  lJ7 

A midi,  le  cortege  s’est  dirige  vers  l’ancien  Arsenal  ou  une  collation  etait 
prepares. 

C’est  dans  une  immense  salle,  ornee  de  drapeaux  et  d’ecussons  aux 
armes  de  toutes  les  nations,  que  les  invites  ont  pris  place,  autour  de  sept 
longues  tables  splendidement  servies.  La  presence  d’un  certain  nombre  de 
dames  ajoutait  au  charme  de  la  fete.  La  collation,  tr&s-animee,  a dure  a 
peu  pres  une  heure  et  demie.  Des  toasts  y ont  mis  fin.  Le  premier  a ete 
porte  par  M.  le  bourgmestre,  qui  a prie  les  convives  de  se  joindre  a lui  pour 
boire  a la  sante  du  Roi. 

« Messieurs,  a-t-il  dit,  lorsque  tantot  j’eus  l’honneur  de  vous  recevoir  k la  Maison 
communale,  j’ai  essaye  de  vous  faire  comprendre  de  quels  sentiments  les  Beiges 
etaient  animes  pour  leur  Roi.  Yous  avez  bien  voulu  me  faire  entendre  par  vos  applau- 
dissements  que  vous  trouviez  legitime  l’estime  que  nous  faisons  de  celui  qui  tient  k 
etre  considere  comme  le  premier  citoyen  du  pays.  Tout  honneur  lui  revient  chez  nous 
comme  k l’etranger. 

Maintenant,  je  viens  vous  demander  de  vous  joindre  a moi  pour  boire  a la  sante  de 
ce  Souverain  toujours  pret  a prendre  Tinitiative  d’une  oeuvre  genereuse.  Je  bois  au  Roi, 
Messieurs,  k la  Reine,  a la  famille  royale.  » 


Une  salve  d’applaudissements  ayant  interrompu  M.  le  bourgmestre,  il 
a ajoute  : 

* Permettez-moi,  Messieurs,  de  porter  un  second  toast.  II  s’adresse  a tous  ces  hommes 
d’intelligence  et  de  devouement  venus  de  tous  les  points  de  l’Europe  pour  aider,  dans 
les  solennelles  assises  du  Congres,  k la  propagation  d’idees  genereuses  et  philanthro- 
piques.  J’ignore  si  nous  aurons  encore  semblable  occasion  de  nous  revoir,  mais  je 
tiens  a vous  dire  que  nous  garderons  de  cette  reunion  le  meilleur  souvenir ; jetiens  a 
vous  promettre  que  nous  serons  toujours  au  premier  poste  quand  il  s’agira  de  colla- 
borer  au  developpement  de  grandes  et  nobles  idees.  Aux  hotes  de  la  ville  d’ Anvers ! * 
[Longs  applaudissements.) 


presses;  elle  a servi  de  residence  a tous  ses  descendants  et  Ton  cite  parmi  ceux  qui  font  habitde  Juste- 
Lipse,  Arias  Montanus,  Kilianus,  Scrvatius,  Ortelius,  etc.,  parents,  correcteurs  ou  ouvriers  de  Plantin. 

Cette  maison,  A la  mort  de  Plantin,  devint  la  propridtd  de  son  gendre  Moretus,  digne  continuateur  de 
l’ceuvre  commencde  ; elle  est  restde  dans  1’dtat  ou'  elle  6tait  au  XVI«  si&cle  ; le  culte  du  pnssd  y a did 
prticieusement  gardd;  pas  un  seul  document,  un  seul  objet  d'art  n’en  ont  616  distraits.  Aussi  la  ville 
d’Anvers,  qui  retrouvera  personnellement  dans  la  demeure  du  maitre  typograplie  bien  des  dldments 
de  son  histoire  communale,  a-t-elle  ajoutd  un  nouveau  fleuron  a sa  couronne  en  1'achetant,  il  y a qncl- 
ques  mois,  eten  la  livrant  & l’admiration  de  tous  les  curieux. 

I.a  maison  Plantin  renferme,  entr’autrcs  richesses,  une  collection  de  11,000  autographes,  de  plus  de 
2,000  gravures  et  de  100  portraits.  La  stirie  dcsdcssins  et  des  tableaux  n’est  pas  moins  riche;  il  faut 
citer  surtout  des  Rubens,  des  Van  Dyck,  des  Porbus  et  des  Erasme  Quellin.  Quant  ii  la  bibliotbfcque, 
on  lvalue  k environ  9,000  le  nombre  de  ses  volumes,  presque  tous  anldrieurs  au  X VII 1°  siicle  ; die 
contient,  en  outre,  203  manuscrits  el  60  incunables. 


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8 


EXCURSION  A ANVERS 


M.  le  docteur  Liouville,  delegue  fran^ais,  s’est  alors  leve  pour  repondre 
a M.  le  bourgmestre  et  il  a a.insi  remercie  la  ville  d’Anvers  de  son  hospita- 
lite  si  sympathique  et  si  genereuse  : 

u Messieurs,  c’est  un  grand  honneur  pour  un  Frangais  d’avoir  h repondre,  au  nom  de 
ses  compatriotes,  a des  souhaits  de  bienvenue  exprimes  avec  tant  de  cordialite  dans  un 
pays  qui  nous  a deja  donne  souvent  des  marques  si  vives  de  sympathie. 

L’hospitalite  de  la  Belgique,  que  nous  savions  proverbiale,  s’est  pour  ainsi  dire  accrue 
chaque  jour  davantage  pour  nous,  depuis  notre  arrivee.  L’accueil  de  la  ville  d’Anvers 
comptera,  soyez-en  surs,  dans  les  meilleurs  souvenirs  qu’emportera  chacun  des 
membres  de  ce  Congres. 

Yotre  ville,  dont  vous  pouvez  etre  tiers  & si  juste  titre,  nous  rappelait  toujoursles 
merveilles  de  l’art,  et  nous  trouvions  qu’ils  etaient  veritablement  k la  source  du  beau 
ceux  qui  possedaient  les  chefs-d’oeuvre  de  Rubens  et  de  Van  Dyck.  (Bravos.) 

Nous  connaissions  votre  laborieuse  et  intelligente  activite,  qui  est  la  source  de  votre 
richesse  maritime  et  commerciale  ; et  nous  savions  que  vos  efforts  constants  etaient 
parvenus  a vous  faire  sortir  enfin  d’une  enceinte  morale  qui  devenait  chaque  jour  trop 
etroite. 

C’est  la,  Messieurs,  une  belle  conquete  ; elle  n’a  pas  coute  de  larmes  et  ne  vous  a 
pas  donne  de  maitre. 

La  fortune  et  la  liberte,  que  vous  n’avez  jamais  separees  dans  vos  vaillantes  luttes 
pour  vos  franchises  municipales,  beniront  touj  ours  cette  conquete. 

Oui,  nous  savions  tout  cela.  Mais  voici  que,  sous  votre  drapeau,  Messieurs,  vous 
voulez  abriter  aussi  la  science,  conviant  tous  ceux  qui  la  servent  a une  de  vos  fetes 
communales  et  patriotiques.  La  science  vous  le  rendra,  car  elle  est  devenue  la  mai- 
tresse  du  monde.  C’est  elle  qui  donnera  la  solution  pacifique  de  bien  des  problemes. 

C’est  sous  cet  aspect  si  consolant  et  si  rassurant  qu’elle  se  presente  aujourd’hui. 
Le  Congres  d’hygiene  et  de  sauvetage  avait,  en  effet,  ce  privilege  de  convoquer  chacun 
k rechercher  publiquement  les  ameliorations  pratiques,  physiques  ou  morales,  profi- 
table s k tous. 

Aussi,  Messieurs,  c’est  parce  qu’il  servait  les  vrais  interets  de  l’humanite  qu’il 
a obtenu  ce  juste  succes  qui  en  perpetuera  la  memoire.  Et  c’est  pour  cela  aussi 
que  la  France  s’est  empressee  de  s’associer  a vous,  heureuse  de  vous  montrer  la  con- 
fiance  que  doit  inspirer  le  Gouvernement  de  la  Republique  ( Salve  d'applaudissements) 
— dont  nous  saluons  ici  meme  l’austere  ecusson,  si  bien  place  par  vous  au  milieu 
de  ceux  des  grandes  puissances ; — Gouvernement  de  la  Republique  qui  ne  faillira 
pas,  soyez  en  convaincus,  a la  tache  genereuse  imposee  a toute  nation  vraiment  civi- 
lisee  ! 

En  remerciant  encore  le  premier  magistrat  de  cette  grande  cite  qui  nous  re^oit 
aujourd’hui,  je  vous  propose,  Messieurs,  de  vous  associer  a nous  pour  porter  un 
toast : 

A la  libre,  & l’hospitaliere  municipalite  d’Anvers!  • 

Des  bravos  repetes  saluent  ces  paroles,  et  la  musique  de  la  milice 
citoyenne,  qui  a suivi  les  invites  jusqu’a  1’ Arsenal,  y mele  le  rhythm e : 


EXCURSION  A ANVERS 


99 


energique  cle  la  Marseillaise , auquel  succedent  tour  a tour  los  airs  natio- 
naux  de  tous  les  pays  represents. 


Apres  M.  Liouville,  un  delegue  anglais,  M.  le  professeur  Willis  Bund,  a 
prononce,  au  nom  de  ses  compatriotes,  dans  sa  langue  maternelle,  le  dis- 
cours suivant : 

« Nous  sommes  heureux  de  nous  trouver  ici  et  de  beneficier  de  la  splendide  hospi- 
talite  que  la  ville  d’ Anvers  offre  aux  membres  etrangers  du  Congres.  Cette  fete  est 
une  agreable  distraction  au  milieu  de  nos  travaux,  une  halte  bienfaisante.  Le  Comite 
anglais  tout  entier  remercie  M.  le  bourgmestre  par  ma  voix:  nos  coeurs  n’oublieront 
pas  la  cordiale  reception  qu’il  a bien  voulu  nous  faire. 

Par  un  singulier  hasard,  nous  nous  trouvons  reunis  dans  un  arsenal,  ddpositaire 
de  tous  les  engins  inventes  ou  perfectionnes  pour  Part  de  la  guerre.  C’est  parmi  les 
boulets  et  les  canons,  destructeurs  de  la  vie  humaine,  que  nous  avons  installe  nos 
agapes  et  que  nous  buvons  fraternellement.  Les  membres  du  Congres  d’hygiene  et  de 
sauvetage,  presque  tous  delegues  de  Societes  philanthropiques,  s’assemblant  dans  cet 
endroit  ou  sont  les  barbares  instruments  qui  donnent  la  mort,  voila  un  spectacle  con- 
stant! Souhaitons  que  notre  presence  ici  soit  d’un  heureux  augure  et  que  l’Humanite 
reprenne  ainsi  partout  ses  droits.  Car  ce  n’est  pas  pour  elaborer  des  plans  de  conquete 
que  la  Belgique  a appele  chez  elle  les  representants  des  diverses  puissances  du 
monde ; loin  de  la ! C’est  pour  travailler  autant  que  possible  a faire  disparaitre  les 
souffrances  et  preserver  la  vie. 

Je  crois  que  la  Belgique  a pris  le  bon  chemin  pour  arriver  au  but  humanitaire 
que  nous  avons  tous  en  vue.  Certes,  elle  voudrait  voir,  des  demain,  la  fin  des  luttes 
sanglantes  et  des  divisions  territoriales  ; elle  voudrait  assister  a la  paix  universelle ! 
Mais  elle  ne  sait  que  trop,  helas!  que  cet  etatde  choses  si  desirable  n’est  pas  si  pres 
de  se  realiser.  C’est  pourquoi,  ne  pouvant  esperer  momentanement  la  Concorde  des 
peuples,  elle  fait,  du  moins,  ce  qu’elle  peut  pour  attenuer^les  horreurs  de  la  guerre  et 
reduire  ses  maux  au  minimum. 

Mai3  une  si  noble  tache  serait  au-dessus  des  forces  d’un  seul  pays  ; pour  la 
mener  a bien,  il  faut  le  secours  et  l’accord  des  autres  nations.  A la  Belgique  revient 
l’honneur  d’avoir  pris  l’initiative  de  grouper  pour  quelque  temps  les  philanthropes  de 
toute  la  terre  et  d’ouvrir  une  Exposition  et  un  Congres  humanitaires.  Elle  a appele  A 
son  foyer  les  savants  et  les  hommes  de  devouement,  se  souvenant  des  mots  inscrits  sm- 
ses drapeaux  : P Union  fait  la  force.  Que  la  Belgique  soitfiere:  tous  ontrepondu,  les 
savants  en  lui  apportant  le  concours  de  leurs  lumieres,  les  hommes  de  devouement  en 
lui  donnant  leur  entiere  adhesion ! 

Mesdames  et  Messieurs,  associez-vous  h moi  pour  porter  un  toast  k la  nation  beige 
etau  succes  de  l’CEuvre  qu’elle  a inauguree!  <>  ( Salve  d’applaudissements.) 


M.  Carreras  y Gonzales,  delegue  espagnol,  a declare  que,  malgre  ses 
recents  mallieurs,  son  pays  est  attentif  aux  progres  des  autres  nations  et 


-100 


EXCURSION  A ANVERS 


tres-sympathiquo  a tout  ce  qui  se  fait  en  Belgique ; FEspagne  aspire  a 
imiter  le  peuple  beige  si  sage,  si  eclaire,  si  ami  de  Fliumanite. 

« Les  demeles  politiques  qui  diviserent  la  Belgique  et  l’Espagne 
n’existent  keureusement  plus,  s’est  eerie  l’orateur ; et  quand  nous  reve- 
nons  maintenant  dans  cette  ville  oil  le  due  d’Albe  domina  si  longtemps, 
e’est  l’amitie  qui  nous  conduit.  » 

M.  Carreras  a termine  en  buvant  aux  institutions  et  aux  Corps  con- 
stitutes de  la  Belgique,  « petite  par  son  territoire,  mais  grande  par  son 
esprit.  » 


M.  Torelli,  senateur  italien,  a succede  a M.  Carreras. 

u Messieurs,  a-t-il  dit,  j’ai  lu  dans  l’histoire  du  siege  d’Anvers,  ecrite  par  Schiller, 
que  e’est  un  Italien,  le  due  de  Parme,  qui  attaqua  votre  ville.  Mais,  en  continuant  ma 
lecture,  j’ai  ete  console  de  ce  fait  en  apprenant  que  e’est  aussi  un  Italien  qui  dirigea, 
a l’interieur  de  la  cite,  les  travaux  de  defense. 

Je  me  place  sous  la  protection  de  ce  dernier. 

Et  je  viens  vous  declarer  qu’apres  trois  siecles,  les  Italiens  souhaitent  tout  bon- 
heur,  toute  prosperity  a Anvers,  — et  surtout  de  n’avoir  plus  de  siege.  » ( Applaudis - 
sements.) 


M.  le  baron  Donald  Mack  ay,  depute  des  Pays-Bas  : 

o La  courtoisie  exige,  Messieurs,  que,  dans  cette  reunion  internationale,  je  prenne 
la  parole  en  franfais.  Entre  Beiges  et  Hollandais,  je  ne  me  le  serais  pas  permis ; car  la 
langue  des  uns  est  la  langue  des  autres,  comme  l’histoire  de  ces  deux  peuples  est  la 
meme,  comme  leur  gloire  est  commune.  Beiges  et  Hollandais  vivent  cote  a cote,  a 
l’abri  de  tout  danger,  sous  la  sauvegarde  de  leurs  Gouvernements  constitutionnels. 

Pendant  tous  ces  jours-ci,  j’ai  souvent  entendu  feter  les  libertes  de  la  Belgique. 
J’en  suis  heureux.  A mon  tour,Haissez-moi  les  glorifier,  car  celles  de  ma  patrie  ont 
eu  le  meme  berceau.  Ces  libertes  sont  inviolables.  Celui-1&  commettrait  un  sacrilege 
qui  voudrait  leur  porter  atteinte,  et  les  nations  europeennes  se  leveraient  ensemble 
pour  le  punir.  C’est  h cause  de  ces  libertes  dont  jouissent  nos  deux  pays,  fraternelle- 
ment  attaches  l’un  a l’autre,  que  nous  voyons  les  representants  de  tous  les  peuples  de 
l’univers  se  reunir  chez  nous  et  y discuter  avec  calme  les  plus  graves  questions  de 
notre  siecle.  A l’ombre  de  nos  etendards,  la  terre  est  sure,  et  tous  les  orages  politiques 
s’arretent  k nos  portes. 

Messieurs,  je  bois  aux  libertes  beiges,  soeurs  des  libertes  hollandaises ! » (Applau- 
dissements.) 


M.  le  clocteur  RoTii,delegue  allemand,  a exprime  l’opinion  que  les  Expo 


EXCURSION  A ANVERS 


101 


sitions  internationales  sont  destinees  a reunir  dans  l’avenir  tout  ce  que,  par 
la  competition  des  peuples,  les  moeurs,  l’instruction  et  l’education 
apportent  de  beau  et  de  bon  dans  la  civilisation. 

Soutenus  par  une  parole  que  leur  Souverain  a assignee  a leur  activite, 
les  Allemands  out  l'obligation  de  se  distinguer  dans  ces  luttes  par  le  deve- 
loppement  de  tous  les  biens  de  la  paix  qui  peuvent  etre  utiles  a rhumanite. 

“ Nous  sommes  tiers  de  cette  parole,  a dit  M.  Roth,  et  de  celui  qui  l’a 
prononcee.  » (Ajpplaudissements . ) 

(Texte  original  da  discours  de  M.  le  docteur  Roth.)  — Hochgeehrte  Herren.  Ich  habe 
ira  Narnen  des  deutschen  Comites  zu  sprecben  : Gestatten  Sie  mir,  dass  wir  Ihnen  den 
Dank  wiederholen  diirfen  den  wir  Alle  gefiihlt  baben,  als  Sie  uns  in  Ibre  Reihen  geru- 
fen  baben.  Glauben  Sie,  dass  der  Wettstreit  der  Nationen,  welcber  sicb  jetzt  in  den 
Ausstellimgen  ergibt,  diejenige  Gelegenheit  ist  in  der  kiinftig  Gesittung,  Bildung  und 
alle  Guter  der  civilisirten  Welt  zusammenkommen  werden  ! ( Bravo  !)  Meine  Herren! 
wir  Deutsche  haben  die  Ehre,  durch  ein  Wort  unseres  Kaisers  darauf  bingewiesen  zu 
sein,  dass  Deutschland  das  Land  ist,  welches  kiinftigbin  in  alien  denjenigen  Guter n 
des  Friedens  sich  auszeicbnen  soil,  welche  iiberhaupt  der  Welt  zu  Nutzen  kommen. 
{Bravo  !)  Und,  meine  Herren,  ich  stehe  hier  in  diesem  Gefiihl  sagen  zu  konnen,  dass 
wir  Alle  stolz  sind  auf  dieses  Wort  und  auf  seine  Majestat.  (Bravo/)  Meine  Herren, 
lassen  Sie  uns  Ihnen  danken  in  diesem  Sinn  fur  den  Wettstreit  der  Nationen,  den  Sie 
hervorgerufen  haben.  Es  lebe  ein  solcber  Wettstreit  ! ( Lebhaftes  Bravo!) 


M.  Strohm,  delegue  russe  : 

« Messieurs,  de  toutes  les  puissances  qui  ont  pris  part  au  Congres  d’hygiene  et  de 
sauvetage  de  Bruxelles,  URussie  est  une  des  plus  eloignees.  Neanmoins,  je  puis  affirmer 
qu’au  premier  appel  qui  lui  a ete  adresse  par  les  membres  organisateurs  pour  l’inviter 
a participer  k leur  GEuvre,  tous  ceux  de  mes  compatriotes  competents  dans  les  questions 
qu’on  devait  traiter  ont  repondu  sans  hesitation,  avec  l’elan  le  plus  chaleureux. 

L’Exposition  et  le  Congres  actuels  n’ont  rien  de  commun  avec  les  Expositions  uni- 
verselles  qui,  jusqu’i  ce  jour,  ont  ete  ouvertes  dans  presque  toutes  les  capitales  de 
l’Europe.  Pour  la  plupart,  ces  Expositions  universelles  ont  ete  consacrees  & l’industrie 
et  la  manufacture,  et  chaque  participant  y trouvait  son  interet.  Bien  au  contraire, 
l’Exposition  et  le  Congres  auxquels  nous  prenons  part  ne  peuvent  donner  naissance  k 
aucune  prerogative,  k aucun  privilege,  k aucun  benefice  personnels ! Leur  but  est  exclu- 
aif  et  il  reside  tout  entier  dans  la  philanthropic  et  les  etudes  humanitaires.  Aussi 
devons-nous  etre  heureux  de  voir  Pardent  empressement  que  tous  les  pays  ont  apporte 
k repondre  aux  sollicitations  des  membres  organisateurs.  Quand  on  rencontre  ici  les 
premieres  sommites  des  diverses  nations  du  tnonde,  qu’on  se  trouve  au  milieu  de  tant 
de  savants  et  d’hommes  de  cceur,  reunis  dans  la  seule  pensee  de  faire  le  bien  pour  le 
bien,  sans  songer  a en  retirer  aucun  profit  particular,  on  se  sent  profondement  emu  et 
l’on  peut  esperer  que  les  travaux  elabores  en  vuo  de  la  civilisation  obtiendront  de  bons 
et  prochains  resultats. 


4012 


EXCURSION  A ANVERS  „ 


En  constituant  chez  clle  EExposition  et  lc  Congres  d'hygiene  et  de  sauvetage,  la  Bel- 
gique a done  encore  ajoute  une  belle  page  au  livre  si  glorieux  de  son  histoire. 

Nous  tous,  Russes  qui  sommes  ici,  nous  ne  pouvons  que  difficilement  exprimer 
par  la  parole  nos  sentiments  de  sincere  gratitude  pour  le  cordial  accueil  que  nous  a 
offert  la  villc  de  Bruxelles,  que  nous  offre  aujourd’hui  la  ville  d’Anvers.  Mais  je  veux 
toutefois  dire  une  chose : e’est  que  le  souvenir  de  notre  passage  en  Belgique  ne  quittera 
plus  notre  memoire. 

Messieurs,  vous  avez  certainement  remarque  que  la  partie  la  plus  importante  de 
l’Exposition  est  occupee  par  les  Societes  internationales  de  la  Croix-Rouge ; presque 
tous  les  objets  exposes  sont  destines  a secourir  les  blesses  en  temps  de  guerre.  C’est 
deja  un  grand  pas  de  fait  vers  THumanite.  Puisse  maintenant  notre  Congres  atteindre 
avec  le  temps  un  tel  degre  de  puissance  et  d’entrainement  que  de  l’ensemble  de  ses 
travaux  il  surgisse  une  loi  de  morale  et  de  sagesse,  — loi  qu’aucun  Congres  diploma- 
tique n’a  pu  decreter  encore,  — et  que  cette  loi  soit  de  nature,  dans  un  avenir  peu 
recule,  a empecher  l’etfusion  du  sang  et  la  destruction  de  l’homme  par  l’homme!  Puis-j 
sent  les  grandes  forces  depensees  jusqu’ici  par  toutes  les  puissances  pour  se  preparer 
a la  guerre  et  a la  devastation  du  genre  humain  n’etre  plus  employees  qu’a  assurer  le 
bien-etre  des  classes  ouvrieres  et  pauvres!  Puisse  enfin,  car  je  veux  terminer  en  expri- 
mant  ce  souhait  de  bonheur ; puisse,  dans  le  siecle  de  lumiere  ou  nous  vivons,  tout© 
idee  de  guerre  disparaitre  a jamais;  puisse  la  charrue,  qui  trace  des  sillons,  remplacer 
le  canon,  qui  ne  fait  que  des  ornieres ; et  puisse  la  Paix  glorieuse  et  fecondante  prendre 
la  place  qui  lui  revient  parmi  les  peuples  freres  ! * (Applaudissements.) 

M.  Couvreur,  secretaire-general  dn  Congres,  a succede  a M.  Strohm.  I 
a cloture  la  serie  des  toasts  en  portant  la  sante  de  M.  De  Wael,  qui  per-* 
sonnifie  si  bien  la  municipalite  anversoise,  et  en  invitant  les  membres  du 
Congres  a aller  assister  aux  experiences  annoncees. 


La  premiere  partie  de  ces  experiences  s’est  passee  sur  l’Escaut.  Plusieur 
inventeurs  y ont  essaye  des  appareils  de  sauvetage  et,  pendant  pres  de  deu: 
beures,  ont  tour  a tour  lutte  contre  l’eau  a l’aide  de  costumes  a air,  d j 
scapbandres,  de  gilets  de  liege  et  autres.  Des  porte-amarre  ont  surtouj 
admirablement  fonctionne ; leurs  fusees  francliissaient  facilement  une  dis  i 
tance  de  quatre  a cinq  cents  metres. 

Les  experiences  se  sont  terminees  par  une  lutte  entre  les  different 
extincteurs  connus. 


M.  Paul  Rolier,  ingenieur  civil,  avait  fait  elever  trois  petites  construe  J 
tions  de  meme  dimension  et  les  avait  couvertes : la  premiere  en  zinc,  1 
deuxieme  en  pannes  de  Boom  et  la  troisieme  en  feuilles  minerales  (system 
Maillard).  Sous  chacune,  il  avait  dresse  un  buclier  de  copeaux,  paille 
bois  sec,  arroses  de  petrole  et  de  goudron.  A un  moment  donne,  le  feu  a et 


M 


EXCURSION  A ANNERS 


103 


inis  a ces  trois  buchers,  dont  les  flammes  ont  bientot  atteint  les  voliges. 
En  moins  de  cinq  minutes,  la  toiture  en  zinc  a ete  completement  fondue,  et, 
quelques  instants  apres,  celle  en  pannes  s’est  effondree,  tandis  qu’apres 
quarante  minutes  d’un  feu  violent,  un  homme  pouvait  encore  se  promener 
sur  le  toit  couvert  de  feuilles  minerales,  qui  ont  pour  propriety  d’etouffer 
la  flamme. 

Une  experience  de  l’extincteur  de  M.  Banolas  a mis  fin  au  tournoi; 
comme  par  encbantement,  cet  appareil  a eteint  un  incendie  de  tonneaux 
goudronnes  et  pleins  de  petrole. 

Vers  6 heures,  les  excursionnistes  se  sont  separes  de  leurs  hotes  pour 
revenir  a Bruxelles,  emportant  de  la  ville  d’Anvers  et  de  sa  chaude  recep- 
tion le  meilleur  souvenir. 


BANQUET 


3 OCTOBRE 


A sept  heures  du  soir,  les  membres  du  Congres,  au  nombre  de  trois  cents, 
se  sont  reunis,  en  un  banquet  d’adieu,  dans  la  grande  nef  de  la  Bourse. 

Trois  grandes  tables  avaient  ete  dressees  sous  le  dome  de  ce  palais. 

Celle  du  milieu  etait  commandee  par  M.  Yervoort,  president  du  Con- 
gres, et  M.  le  lieutenant-general  Renard,  president  de  l’GEuvre  de  l’Expo- 
sition  et  du  Congres  ; la  table  meridionale  par  M.  l’inspecteur-general 
Janssens,  president  de  la  section  de  sauvetage  en  general,  et  M.  le  docteur 
Crocq,  president  de  la  section  d’hygiene  medicale  ; et  la  table  septentrio- 
nale  par  M.  Berge,  president  de  la  section  d’hygiene  generale,  et  M.  le 
prince  de  Caraman-Chimai,  president  de  la  section  de  secours  en  temps  de 
guerre.  — Aux  extremites  de  chacune  des  trois  tables  se  trouvaient 
places  les  commissaires  : MM.  Vander  Linden,  De  Mot,  Alvin,  Van  de 
Yyvere,  Van  Haelen  et  Yseux. 

Plusieurs  dames  honoraient  la  fete  de  leur  presence. 

Au  dessert,  M.  Vervoort  a ouvert  la  serie  des  toasts  en  portant  la  sante 
du  Roi,  le  premier  protecteur  du  Congres,  et  celle  des  chefs  des  differentes 
nations  representees : 

« Messieurs,  c’est  la  joie  et  la  fierte  au  cceur  que  nous  avons  recueilli, 
dans  les  fbtes  donnees  par  la  ville  de  Bruxelles  et  par  la  ville  d’Anvers 


BANQUET 


10.” 


aux  membres  du  Congres,  la  manifestation  enthousiaste  de  vos  sentiments 
pour  Sa  Majeste  le  Roi  des  Beiges.  (Applaudissements.) 

9 Dans  lasolennite  de  cejour,  notre  premier  hommage  doit  revenir  de 
nouveau  a ce  Priuce,que  nous  avons,  Messieurs,  l’habitude  d’acclamer  avec 
un  elan  croissant,  parce  qu'il  ne  cesse  de  multiplier  ses  titres  a l’amour  des 
Beiges.  (Applaudissements.) 

» Le  Roi  est  notre  chef  venere  ; il  est  la  personification  de  la  fidelite 
a nos  males  institutions  et  de  rattachement  a la  Patrie  ; il  est  aussi, 
Messieurs,  notre  meilleur  ami  et,  je  l’affirme,  vous  qui  n’appartenez  pas  a 
notre  pays,  mais  qui  etes  parvenus  a vous  faire  en  quelques  jours  les  amis 
de  la  maison,  vous  avez  une  bonne  part  dans  son  estime  et  sa  reconnais- 
sance. (Applaudissements.) 

» Messieurs,  lorsqu’ensemble  nous  acclamions  le  Roi,  a Anvers,  au 
milieu  de  cette  reception  si  cordiale  et  si  chaleureuse  que  nous  faisait 
1’autorite  communale,  nous  acclamions  aussi  Turnon  de  toutes  les  nations, 
devant  nos  ecussons  et  nos  drapeaux  confondus.  Ce  puissant  faisceau  inter- 
national etait,  en  quelque  sorte,  image  de  la  pensee  commune  qui  a inspire 
les  Souverains  et  les  Gouvernements  qui  se  sont  joints  au  Roi  des  Beiges 
pour  nous  donner  leur  appui.  C’est  en  nous  accordant  ce  patronage,  soit 
par  des  delegations  emanees  d’eux,  soit  par  des  encouragements  personnels, 
qu’ils  ont  feconde  nos  efforts  et  fertilise  nos  semailles ! 

» Permettez-moi  d’envelopper  tous  ces  protecteurs  supremes  dans  un 
meme  hommage,  dans  un  applaudissement  general. 

n Honneur  a cet  exemple  eclatant  de  fraternite  internationale  et 
humanitaire  ! Honneur,  trois  fois  honneur  a cette  alliance  noble  et  magni- 
fique,  qui  a eu  pour  but  de  repandre  des  bienfaits  partout,  sans  distinction 
de  pays  et  de  croyance ! Cette  alliance  est  une  des  manifestations  les  plus 
heureuses  de  notre  epoque ; elle  marche  d’un  pas  rapide  dans  la  voie  de 
la  civilisation,  en  suivant  la  banniere  glorieuse  de  la  science  et  du 
progres. 

» Messieurs,  je  propose  de  boire  au  Roi  des  Beiges,  aux  Souverains, 
aux  Princes,  aux  Gouvernements  qui  nous  ont  accorde  leur  puissant  con- 
cours.  d 


Une  nouvelle  explosion  de  bravos  a accueilli  ces  dernieres  paroles. 


M.  le  lieutenant-general  Ren aiid  s’est  leve  apr^s  M.  Vervoort.  Voici  en 
quels  termes  il  a porte  un  toast  aux  membres  etrangers  du  Congres,  qui, 


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par  de  chaleureux  applaudissements,  ont  salue  le  President  de  l’CEuvre  et 
rendu  liommage  a son  initiative  : 

» Messieurs  les  membres  etrangers,  le  toast  que  je  porte  est  un  toast  de 
reconnaissance. 

» Lorsque  nous  avons  resolu  l’entreprise  de  l’Exposition  et  du  Congres, 
nous  avons  parfaitement  compris  que  ses  resultats  seraient  steriles  si  nous 
ne  reunissions  pas  autour  de  nous  les  pays  etrangers.  Nous  nous  sommes 
alors  presente  devant  eux.  Nous  etions  guide  par  une  idee,  et  cette  idee 
nous  voulions  l’exposer  franchement  et  resolument.Nous  nous  sommes  dit: 
“ Tout  ce  qui  concerne  l’humanite,  tout  ce  qui  concerne  1’ amelioration  du 
5)  sort  des  classes  laborieuses  appartient  non  pas  aux  Gouvernements,  mais 
» aux  citoyens.  » ( Applaudissements .)  C’est  done  a l’initiative  privee  que 
nous  avons  confie  l’entreprise.  Nous  affirmons  que  si  la  civilisation  en- 
traine  fatalement  avec  elle  la  difference  de  classes  et  de  fortunes,  une  telle 
difference  ne  peut  etre  justifiee  que  lorsque  les  classes  superieures  par 
Intelligence  et  la  fortune  emploient  cette  intelligence  et  une  partie  de 
leurs  revenus  a l’amelioration  des  classes  laborieuses . [Bravos.)  C’est  cette 
id6e  que  nous  voulions  presenter  a l’etr anger,  et  nous  l’avons  fait,  je  le 
repete,  franebement  et  resolument.  Partout,  je  suis  heureux  de  pouvoir 
le  declarer,  nous  avons  rencontre  des  appuis  spontanes  et  precieux. 
Les  plus  puissants  Souverains  nous  ont  tendu  la  main.  A la  tete  de  tous  les 
Comites  etrangers,  vous  avez  vu  comme  Presidents  d’honneur  ceux  qui,  un 
jour,  devront,  par  succession,  porter  des  couronnes. 

i)  Je  dis  que  c’est  la  un  spectacle  touchant  et  consolant ! Oui,  il  est  tou- 
ebant  et  consolant  de  voir  des  beritiers  aux  trones  de  l’Europe  joindre 
leurs  efforts  a ceux  des  savants  et  des  philanthropes  lorsqu’il  s’agit  d’ame- 
liorer  le  sort  des  classes  travailleuses.  (Applaudissements.) 

* Cela  prouve  que  Ton  a compris  une  chose  : c’est  que  toutes  les 
questions  sociales  qui,  jusqu’a  present,  ont  ete  gatees  parce  qu’elles 
ont  ete  traitees  par  en  bas,  peuvent  etre  resolues  si  on  les  traite  par  en 
haut. 

v Ainsi  que  je  vous  l’ai  dit,  Messieurs,  nous  avons  ete  accueilhs  chaleu- 
reusement  sur  tous  les  points  du  monde.  Des  Comites  se  sont  etablis 
partout  dans  le  but  de  prendre  part  a nos  travaux  et  de  simplifier  notre 
tache.  Grace  aux  efforts  de  ces  Comites,  nous  sommes  enfin  arrives  a reahser 
l’CEuvre  que  vous  avez  appreciee  et  que  les  etrangers  ont  bien  voulu  consi- 
derer  comme  une  ffiuvre  splendide  de  science  et  d’humanite. 

» C’est  avec  une  bien  vive  emotion,  Messieurs,  que  nous  vous  avons  vu 
venir  parmi  nous  ; c’est  avec  une  juste  fierte  que  nous  vous  avons 


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comptes  dans  nos  rangs.  Vous  avez  seconde,  dans  notre  pays,  los  grandes 
assises  humanitaires.  En  retournant  dans  le  votre,  vous  emporterez  la 
conviction  que  vous  avez  accompli  une  bonne  et  genereuse  action.  Et  nos 
sinceres  sentiments  de  gratitude  vous  accompagneront  cbez  vous. 

d Je  bois  done,  Messieurs,  aux  delegues  etrangers  et  aux  membres  du 
Congres  ! *(Applaudissements prolong es .) 

y 

A ce  toast  de  remerciementset  d’ adieu,  les  delegues  etrangers  ontrepondu 
successivement  au  nom  de  leurs  pays  respectifs. 


M.  le  professeur  Gneist  (Allemagne)  prend  le  premier  la  parole  et 
s' exprime  en  ces  termes  : 

“ Les  Comites  du  Congres  et  de  l’Exposition  ont  merite,  par  leurs 
efforts  multiplies  pour  preparer  leur  tache,  les  vifs  remerciements  que  nous 
autres,  Allemands , aussi  bien  que  tous  les  etrangers  qui  se  sont  rendus 
avec  empressement  a l’invitation  hospitaliere  de  la  Belgique , nous  leur 
exprimons  aujourd’bui.  {Bravos.) 

» Mais,  en  meme  temps,  ils  ont  bien  merite  de  leur  pays  et  de  leur 
peuple. 

» Quelle  nation  aurait  pu  tenter  cette  (Euvre  de  paix  et  d’kumanite 
mieux  que  la  nation  beige,  mieux  que  cette  nation  qui  reunit  en  elle  le  sang 
et  Fheritage  de  deux  races  dont  la  civilisation  est  la  plus  ancienne  de 
l’Europe  et  qui  — avec  des  pretentions  egales,  appelee  toutes  les  deux  a 
une  tache  egalement  elevee — represented  en  Belgique  Fimage  d’une  union 
si  intime,  je  dirai  d’une  union  conjugale.  Cette  union,  en  se  developpant, 
pourra  garantir  pour  toujours  la  paix  europeenne.  ( Applaudissements .) 

* Si,  par  ces  raisons,  la  Belgique  etait  appelee  a provoquer  la  premiere 
une  Exposition  et  un  Congres  d’hygiene  et  de  sauvetage,  nous  acclamons 
en  meme  temps  cette  entreprise  comme  l’expression  de  son  amour  pour 
les  idees  scientifiques  et  humanitaires. 

7>  Nulle  part  le  soleil,  aux  derniers  jours  du  moyen-age,  n’a  dore  de  ses 
rayons  des  villes  plus  belles  et  des  campagnes  plus  fertiles  que  dans  ce 
beau  pays.  Nulle  part  la  bourgeoisie  n’a  plus  vigoureusement  qu’en  Bel- 
gique developpe  sa  fiere  independance.  Que  jamais  ces  sentiments  nevous 
quittent,  Messieurs  les  Beiges.  Que  pour  toujours  vous  vous  souveniez  des 
devoirs  qui  decoulent  de  votre  origine.  Noblesse  oblige. 


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» Avant  tout,  cette  force  vitale  s’affirme  dans  l’initiative  des  idees  qui 
profitent  a la  paix,  a l’humanite, . a la  civilisation!  Peut-etre  verrons- 
nous  un  jour,  ici  meme,  a Bruxelles,  un  autre  Congres  qui  manifestera  plus 
fortement  encore  que  l’Europe  est  unanime  a vouloir  les  solutions  des  pro- 
blemes  que  soulevent  l’humanite  et  la  civilisation. 

” Toutes  les  fois  que  la  Belgique  nous  appellera  pour  accomplir  les  tra- 
vaux  de  la  paix,  nous  suivrons  sa  voix  avec  empressement. 

" Bemercions  done  encore  une  fois  le  Comite  central  de  l’GEuvre  et  les 
organisateurs  du  Congres.  » ( Applaudissements .) 


(Texte  original  du  discours  prononce  par  M.  le  professeur  Gneist). — Die  Mitglieder 
del*  Briisseler  Comites  haben,  durcb  die  vielseitige  muhevolle  Vorbereitung  der 
Ausstellung  wie  des  Congresses  den  lebhaften  Dank  verdient,  welchen  wir  Deutsche, 
wie  wohl  alle  Nationen  welche  freudig  der  Einladung  gefolgt  sind,  heute  aus- 
sprechen.  {Bravo.)  Die  Unternehmer  des  Werks  haben  sich  aber  auch  um  ihr  Land 
und  um  ihr  A^olk  verdient  gemacht.  Wer  war  wohl  berufener  dazu  dies  Werk  des 
Friedens  und  der  Humanitat  zu  beginnen  als  dies  Yolk,  welches  das  Blut  und  den 
Erbtheil  der  beiden  altesten  Culturvolker  Europas  in  sich  vereint,  der  beiden  Cultur- 
volker,  welche  gleichberechtigt,  zu  gleich  hohen  Aufgaben  berufen,  in  Belgien  das 
Bild  der  Einigung  und  Verschmelzung  darbieten,  ein  Bild  der  Ehe,  in  der  sich  die 
Gegensatze  ausgleichen,  eine  Schopfung  deren  Bluthe  und  Gedeihen  ein  Unterpfand 
des  europaischen  Friedens  jederzeit  sein  wird.  {Lebhaftes  Bravo.)  War  Belgien  beru- 
fen die  Initiative  dieser  Idee  zu  ergreifen,  so  begriissen  wir  darin  zugleich  den  Aus- 
druck  seines  berechtigten  Selbstgefiihls.  Nirgends  hat  die  Abendsonne  des  scheiden- 
den  Mittelalters  schonere  Stadte  und  Fluren  mit  goldenem  Glanz  erleuchtet,  als  in 
diesem  schonen  Lande;  nirgends  hat  das  Biirgerthum,  in  stolzer  Selbstandigkeit,  sich 
kraftvoller  entwickelt.  Moge  Ihnen  dieser  Sinn  erhalten  bleiben  mit  dem  Bewusstsein 
aller  Pflichten  eines  so  edlen  Stammbaumes.  Noblesse  oblige.  Vor  Allem  aber 
zeigt  sich  diese  Lebenskraft  in  der  Initiative  der  Ideen  zur  Forderung  des  Frie- 
dens, der  Humanitat,  der  Civilisation.  Vielleicht  dass  in  Brussel  noch  ein  Congress 
tagen  wird,  welcher  in  noch  grosserem  Massstab  bethatigen  wird,  dass  Europa  in  den 
Fragen  des  Christenthums,  der  Humanitat  und  der  Civilisation  einig  ist,  die  sich  stets 
nur  eine  Etappe  von  einander  trennen  konnen,  um  sich  immer  wieder  als  identisch 
zusammenzufinden.  In  jedem  Falle,  wenn  Belgien  uns  rufen  wird  zu  Arbeiten  des 
Friedens  wie  diesen,  werden  wir  dem  Ruf  gern  und  freudig  folgen.  Also  Dank  den 
Comites  und  den  Organisatoren  der  Ausstellung  und  des  Congresses.  ( Anhaltendes 
Bravo.) 


M.  le  docteur  Neudorfer  (Autriclie)  rend  un  hommage  eloquent  a la  Bel- 
gique, a ses  institutions,  a son  liospitalite.  II  declare  que,  parmi  tous  les 
membres  du  Congres,  il  n’en  est  pas  un  qui,  s’il  n’avait  pas  de  patrie,  ne 
voulut  etre  citoyen  beige.  (Applaudissements.) 


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M.  Garcia  Quintana  (Chili)  fait  cles  vceux  pour  que  les  idees  d’humanite 
mises  au  jour  dans  les  seances  du  Congres  se  repandent  et  portent  leurs 
fruits  dans  tous  les  pays  dumonde. « Des  paroles  ilfaut  passer  aux  actes  afin 
de  combattre  toujours  et  partout  les  fleaux  de  la  societe,  ses  vices  et  ses 
miseres.  Puissions-nous  dire  un  jour  : l’humanite  est  sauvee ! Nous  assistons 
deja  a l’aube  de  la  paix  universelle,  al’aube  d’unmonde  nouveau. » [Applau- 
dissements.) 


M.  Kobke  (Danemark),  au  nom  de  ses  compatriotes,  se  joint  aux  prece- 
dents orateurs  non  seulement  pour  exprimer  le  desir  de  tous  les  membres 
du  Congres  d’obtenir  un  bon  resultat  de  leurs  travaux,  mais  aussi  pour 
remcrcier  les  Beiges  de  leur  accueil  bienveillant  et  bospitalier. 

t>  C’est  la  mission,  dit  l’orateur,  c’est  le  devoir  des  grandes  nations  de 
marcher  en  tete,  a l’avant-garde,  lorsqu’il  s’agit  de  rechercher  la  solution 
des  questions  bumanitaires.  Et,  je  le  declare,  Messieurs,  nous  emporterons 
d’ici  le  souvenir  du  bien  qu’a  fait  a notre  CEuvre  le  concours  des  grandes 
puissances  et  de  leurs  bommes  illustres. 

» Mais  nous,  petites  nations  libres,  nous  avons  aussi  un  role  a remplir. 
Nous  trouvant  en  dehors  des  grands  conflits  et  pouvant  nous  soustraire 
aux  grandes  convoitises,  nous  sommes  desterres  tranquilles  oupeuventmurir, 
sans  crainte  de  ravages,  les  idees  genereuses ; nous  sommes  des  pays  ou 
n’arrivent  pas  les  fortes  tempetes  et  nous  pouvons  toujours  offrir  un  abri 
sur  et  propice  aux  oeuvres  cbaritables.  ( Applaudissements .) 

» On  sait  ou  a ete  arbore  le  premier  drapeau  de  la  Croix  rouge. 

» Au  nom  des  Danois,  je  remercie  le  peuple  beige  et  je  le  felicite  ! » 
(Nouveaux  applaudissements.) 


M.  Laussedat  (France)  s’exprime  en  ces  termes  : 

» L’bonorable  orateur  qui  vient  de  faire  entendre  de  si  nobles,  de  si 
genereuses  paroles,  au  nom  d’un  petit  Etat,  a montre  une  de  ces  modesties 
qui  sont  1’ apanage  des  grands  coeurs  au  service  des  grandes  idees.  La  nation 
qu’il  represente  est  une  de  celles  qui,  daus  la  limito  d’un  territoire  etroit, 
ont  fait  le  plus  pour  la  solution  des  problemes  les  plus  importants,  les  plus 
graves  de  notre  siecle.  Mais,  disons-le  bautement,  ici  nous  ne  connaissons 
ni  grandes  ni  petites  nations ; la  premiere  de  toutes  est  celle  qui  marche 
d’un  pas  ferme  dans  les  scntiers  de  la  verite,  du  droit  et  de  la  liberte. 
{Bravos.) 


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» Tou cliant  au  termedestravauxde  ceCongres/noiispouvons  nous  rendre 
compte  de  la  maniere  dont  notre  tache  a ete  accomplie.  A quelque  titre 
qus  nous  soyons  venus  ici,  un  meme  sentiment  nous  attirait;  nous  voulions 
rendre  hommage  a la  verite.  Nous  avons  fait  tous  nos  efforts  pour  marcher 
droit  au  but,  et  nous  pouvons  nous  rendre  cette  justice  que  nous  n’en  avons 
pas  devie  et  qu’un  meme  sentiment  de  courtoisie  et  d’urbanite  a preside  a 
nos  debats.  (Adhesion.) 

» Nous  etions,  du  reste,  favorises  en  tenant  nos  assises  sur  cette  terre 
qui  se  distingue  par  son  energie,  sa  foi,  sa  dignite,  et  qui  tient  sa  place  a 
la  tete  de  la  civilisation.  (Applaudissements .) 

» Ce  n est  pas  le  hasard,  ce  n’est  pas  un  pur  caprice  qui  nous  a reunis 
ici.  Nous  sommes  venus  parce  que  la  Belgique,  par  ses  institutions  et  par 
ses  mceurs,  a le  sentiment  de  tout  ce  qui  est  grand  et  noble.  Je  ne  suis  pas 
un  flatteur.  Les  principes  auxquels  j’appartiens,  et  que  j’ai  confesses  toute 
ma  vie,  me  donnent  le  droit  de  parler  sans  passion,  sans  arriere-pensee  et 
sans  qu’on  puisse  me  reprocber  une  louange  de  convention. 

» Permettez-moi  done,  Messieurs,  de  rendre  ici  hommage  a l’honorable 
general  Renard,  un  bomme  qui  honore  son  pays  par  son  patriotisme  et  sa 
science,  soldat  loyal,  savant  profond,  penseur  genereux;  un  bomme  qui  sait 
qu’il  y a des  grandeurs  autres  que  celles  de  l’epee,  et  auquel  il  faut  souhai- 
ter  des  imitateurs  dans  toutes  les  armees.  Je  m’estime  heureux  d’avoir  ete 
Tun  des  premiers  a recevoir  la  confidence  du  projet  du  fondateur  de  l’CEu- 
vre  qui  se  termine  aujourd’hui. 

» Nous  sommes  tous  venus  ici  a son  appel,  quelles  que  soient  les  formes 
des  Gouvernements  auxquels  nous  appartenons,  quelles  que  soient  les  insti- 
tutions, les  moeurs,  les  constitutions  des  pays  qui  sont  les  notres,  car  nous 
sommes  tous  de  ceux  qui,  sous  des  formes,  il  est  vrai,  differentes,  veulent 
marcher  dans  la  voie  duprogres,  fiers  de  cette  noble  devise : Liberte,  Egalite, 
Fraternite!  ( Vifs  applaudissements.) 

n Messieurs,  j’ai  bate  de  terminer  ; je  crois  etrel’echo  veritable  des  sen- 
timens  de  tous  mes  compatriotes,  lorsque  je  dis  a cette  Belgique,  qui  nous 
a donne  a tous  un  asile  si  hospitalier  : « Vous  nous  avez  appeles  a discuter 
» de  grandes  questions  bumanitaires.  Nous  emporterons  d’ici  un  sentiment 
» d’inalterable  reconnaissance.  ?? 

Mais  cela  ne  suffit  pas.  Par  le  seul  fait  de  nous  etre  reunis  dans  ce  Con- 
gres,  nous  avons  contracte  Tobligation  etroite  de  propager  sous  toutes  les 
formes  les  institutions,  les  procedes,  les  moyens  que  nous  avons  etudies 
cbez  vous,  et  de  sanctionner  les  principes  et  les  theories  qui  ont  fait  l’ob- 
jet  de  nos  deliberations.  C’est  a ce  titre  que  leCongres  laissera  des  traces 
profondes. 


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„ Et,  pour  tirer  la  moralite  de  ce  CongiAs,  disons,  Messieurs,  qu’il  est 
consolant,  alors  que  tant  d’liommes  songent,  peut-etre  en  ce  moment 
meme,  a ensanglanter  le  monde  de  voir  des  citoyens  venus  de  tous  les  pays 
pour  recherclier  les  moyens  de  proteger,  de  sauver  la  vie  liumaine.  Soyons 
des  sauveteurs  dans  le  sens  le  plus  vrai,  le  plus  juste,  le  plus  etendu  du 
mot;  songeons  a tout  ce  qui  souffre;  aimons  tout  ce  qui  est  bien;  formons, 
nous  aussi,  une  sainte  alliance  et  donnons-nous  la  main  en  nous  inspirant 
de  la  devise  du  pays  qui  nous  abrite  : l’Union  fait  la  force.  » (Applaudis- 
sements  prolong  es.) 


M.  Furley  (Grande- Bretagne),  parlant  aunom  de  ses  compatriotes  pour 
lui-meme  et  pour  M.  Chadwick,  leur  doyen,  rappelle  les  merveilles  de 
l’Exposition,  les  graves  et  utiles  discussions  du  Congres,  les  fetes  de 
Bruxelles  et  d’ Anvers,  les  excursions  aux  cbarbonnages  de  Mariemont  et 
du  Hasard,  enfin  la  splendide  hospitalite  du  Roi  et  des  citoyens  beiges. 
En  rentrant  dans  leur  pays,  tous  les  Anglais  emporteront  au  fond  de  leurs 
cceurs  un  sincere  attacbement  a la  Belgique.  (. Applaudissements .) 


M.  Errera  (Italie)  parle  en  ces  termes  : 

« Les  Italiens  du  moyen-age,  en  inventant  la  lettre  de  change  — la  vue 
de  ce  local  vous  expliquera,  Mesdames  et  Messieurs,  cette  reminiscence,  — 
ont  contribue  autrefois  a rapprocher  les  differents  peuples  et  a jeter  ainsi 
les  bases  du  developpement  des  relations  commerciales. 

» Notre  nation,  apres  une  bien  longue  et  douloureuse  periode,  est  enfin 
revenue  a la  vie  et  elle  est  heureuse  d’apporter  son  tribut  a toutes  les  oeu- 
vres qui  peuvent  unir  les  nations  et  cimenter  leur  amitie. 

n Italien  de  naissance  et  presque  Beige  par  adoption,  je  suis  fier  d’etre, 
dans  cette  circonstance,  l’interprete  de  mes  compatriotes  etde  vous  expri- 
mer nos  sentiments  de  reconnaissance  pour  vos  voeux,  en  vous  assurant  de 
notre  adhesion  entiere  a la  tache  genereuse  que  vous  poursuivez  avec  tant 
de  devouement  et  de  succes!  « ( Applaudissements .) 


M.  Broch  (Norwege)  prend  ensuite  la  parole  : 

i 

« Messieurs,  des  homines  perseverants  et  profondement  imbus  des  gran- 
des  questions  sociales  de  notre  epoqueont  suscite  a Bruxelles  une  Exposition 


112 


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et  un  Congres  d’hygiene  et  de  sauvetage,  non-seulement  materiel,  mais, 

Pour  ce  qui  concerne  le  Congres,  principalement  d’hygiene  et  de  sauvetage 
moral. 

” Hs  ont  compris  que  c’etaient  les  classes  elevees  de  la  societe,  cedes  qui 
possedent  l’education,  les  sciences  et  les  richesses,  qui  devaient  se  met- 
tre  a la  tete  et  prendre  l’initiative  des  institutions  qui  inculqueraient  au 
peuple  les  principes  d’economie,de  vertu  et  de  morale.  (. Applaudissements .) 
Ils  ont  compris  qu’etre  bon  conservateur,  ce  n’est  pas  s’attacher  invaria- 
blement  a la  meme  forme  exterieure  et  defendre  ce  qu’on  ne  peut  pas  et  ce 
qu’on  ne  doit  plus  conserver ; mais  que  c’est  rechercher  les  cbangements 
que  demandent  les  progres  continuels  de  la  societe  et  les  introduire  en 
temps  utile. 

” De  meme  qu’il  est  plus  facile  de  conjurer  et  d’etudierles  causes  desepi- 
demies  et  de  les  observer  dans  les  petites  villes  et  dans  les  pays  moins 
peuples  que  dans  les  grands  centres;  dememe,  il  est  plus  facile  d’observer 
les  causes  des  fermentations  sociales  ckez  les  petits  peuples  et  dans  les 
petits  Etats,  oft  toutes  les  idees  transpirent  plus  facilement. 

» Toutes  ces  recherches  sont  d’une  grande  importance.  En  effet,  comme 
le  medecin  doit,  pour  combattre  une  maladie,  en  rechercher  d’abord  les 
causes  jusque  dans  les  replis  les  plus  caches,  l’homme  d’Etat  doit  fouiller 
jusqu’au  fond  des  maladies  sociales  pour  avoir  une  connaissance  exacte  et 
precise  de  leurs  causes;  et,  sous  beaucoup  de  rapports,  ces  recherches  sont 
bien  plus  faciles  dans  les  petits  Etats  que  dans  les  grands. 

» II  est  vrai  que  les  petits  Etats  ne  peuvent  rivaliser  en  influence,  en  puis- 
sance et  en  moyens  materiels  avec  les  grandes  nations.  Mais,  pour  tout  ce 
qui  touche  a l’instruction,  a la  litterature,  aux  sciences,  a l’industrie,  aux 
arts  ; pour  tout  ce  qui  contribue  au  developpement  et  aux  progres  intellec- 
tuels  de  l’humanite ; pour  tout  ce  qui  fait  la  vraie  gloire  des  Etats  et  leur 
donne  une  puissante  influence  morale,  ils  peuvent  se  placer  sur  le  pied 
d’egalite  avec  les  plus  grandes  nations.  ( Applaudissements .) 

v Et  lorsque,  parlant  dans  ce  sens,  l’on  vient  me  dire  que  meme  la  les 
petits  Etats  doivent  rester  en  arriere  des  grands ; qu’ils  sont  trop  petits 
pour  contenir  et  pour  suffire  aux  grandes  intelligences  dans  les  sciences  et 
dans  les  arts,  je  reponds,  moi,  a ces  rheteurs  par  ces  mots  d’un  poete 
norwegien  : 

n Soyons  assez  grands  pour  la  patrie,  et  toujours  la  patrie  sera  assez 
» grande  pour  nous!  » [Applaudissemcnts.) 

n Je  sais  que  la  Belgique  a toujours  eu  keureusement,  depuis  les  temps 
anciens,  de  grands  hommes  aux  premiers  rangs  des  sciences,  de  Indus- 
trie, des  arts,  et  je  sais  que  pour  eux  la  patrie  n’a  jamais  ete  trop  petite ! 


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•113 

« Qu’il  en  soit  toujours  ainsi!  Je  suis  bien  certain  d’etre  Finterprete  non- 
seulement  du  petit  Etat  dont  je  suis  ici  le  delegue  officiel,  mais  aussi  des 
representants  eclaires  des  grands  Etats,  quand  j ’exprime  ce  vceu  : 

n Que  la  Belgique  reste  toujours  le  pays  modele  du  travail,  des  sciences, 
des  arts  ; que,  sous  une  Constitution  liberate,  sous  une  auguste  Famille 
royale  qui  met  sa  gloire  a favoriser  et  a developper  tout  ce  qui  touche  au 
progres  de  l’humanite,  la  Belgique  prospere toujours ; quelle  ait  constam- 
ment  de  grands  citoyens,  et,  pour  eux,  la  patrie  sera  toujours  assez  large! 

* Vive  la  Belgique ! » 

Le  discours  de  M.  Broch,  prononce  avec  beaucoup  de  chaleur  et  de 
conviction,  provoque  un  sympathique  enthousiasme. 


M.  Kokhovsky  (Russie),  l’un  des  homines  qui,  des  le  debut  ont  le  plus 
contribue  aux  succes  de  l’Exposition  par  leur  activite  et  leur  talent,  suc- 
cede  au  delegue  de  la  Norwege. 

“ De  tous  les  membres  etrangers  du  Congres,  dit-il,  c’est  moi  qui,  a 
cause  de  l’Exposition  ou  j’etais  envoye,  ai  fait  le  plus  long  sejour  en  Bel- 
gique. 

» Grace  a la  genereuse  et  cordiale  hospitalite  des  Beiges,  j’ai  pu  etu- 
dier  le  pays  et  j’ai  eu  tout  le  temps  et  toutes  les  occasions  possibles  d’ap- 
prendre  a l’aimer  et  a l’estimer.  La  Belgique  est  un  pays  qui  a tous  les 
droits  d’etre  heureux  et  tier  du  Prince  qui  la  gouverne,  de  ses  institutions, 
de  sa  prosperity  et  de  son  independance.  (Applaudissements) 

n Jebois  a cette  nation  oh,  pour  la  premiere  fois,  les  questions  d’ensei- 
gnement  populaire,  les  questions  pedagogiques  sont  devenues  populaires ! 
Je  bois  a cette  terre  ou  l’on  a congu  la  salutaire  et  fructueuse  idee  dune 
Exposition  et  d’un  Congres  d’hygiene  et  de  sauvetage,  que  je  considere 
comme  le  meilleur  moyen  de  developper  le  bien-etre  materiel  et  mo- 
ral non-seulement  de  telle  ou  telle  nation,  mais  de  l’humanite  entiere ! 

» L'union  fait  la  force  l — Je  voudrais  que  cette  devise  beige  de- 
vint  la  base  de  nos  reunions  prochaines.  L’exemple  donne  par  la  Belgique 
sera  utile  a tous  les  pays.  Le  monde  en  profitera. 

» Je  bois  a Leurs  Majestes  le  Roi  et  la  Reine!  Je  bois  au  peuple  beige! 
Qu’il  vive  en  paix  et  en  eternelle  independance ! Et  permettez-moi,  Mes- 
sieurs, d’aj  outer  encore : “Vive  l’instruction  populaire,  et  que  partout  se 
dissipent  a jamais  les  tenebres  de  la  sombre  ignorance! » (Triple  salve 
d'applaudissements.) 


8 


BANQUET 


144 


M,  Couvreur,  secretaire-general  du  Congres',  avait  ete  charge  de  re- 
pondre  aux  orateurs  Strangers.  II  cloture  par  cette  vive  improvisation : 

n Messieurs,  les  organisateurs  du  Congres  ont  reussi  dans  leur  entreprise 
lahorieuse,  grace  a vos  efforts  et  a votre  concours  a tous ! Ils  vous  remer- 
cient  des  felicitations  que  vous  avez  adressees  a la  Belgique  a l’occasion  de 
l’Exposition  et  du  Congres ; ces  felicitations  sont  leur  plus  haute  recom- 
pense. Elies  leur  permettent  d’en  esperer  encore  une  meilleure:  c’estque 
leur  exemple  trouve  bientot  des  imitateurs ! — L’oeuvre  commencee  ne  doit 
pas  perir ; il  faut  qu’elle  devienne  permanente  dans  le  monde.  II  n’est  pas 
possible  que,  dans  quelques  heures,  apres  que  nous  nous  serons  separes, 
tant  de  force  coalisees  pour  le  bien  se  dispersent  sans  laisser  d’autres 
traces  que  des  paroles  et  le  gazon  qui  va  pousser  sur  l’emplacement  de 
l’Exposition.  II  faut  creer  un  centre  d’information  et  d’action  inter- 
nationales  pour  sauver  et  developper  la  vie  humaine.  II  faut  faire 
rayonner  la  civilisation  a travers  ces  masses  sombres  qui  sont  derriere 
nous  et  qui  veulent  a leur  tour  s’asseoir  au  banquet  de  l’instruction  et  de 
la  civilisation. 

a Cela  sera,  si  vous  le  voulez ! 

n La  Presse  peut  beaucoup  pour  cette  taclie.  Les  j ournaux  qui  nous  ont 
aides  par  leur  publicite  ne  manqueront  pas  de  s’associer  de  nouveau  a 
nous  pour  la  realisation  de  nos  idees.  Je  bois  done  a la  Presse  et  a sa 
prosperity. 

„ Mais,  a cote  du  journal,  il  est  une  autre  force  que  nous  devons  enro- 
ler  : e’est  la  femme.  (Applaudissements.) 

* La  femme  est  la  vraie  gardienne  de  la  vie  humaine ! Elle  la  protege  au 
berceau ; elle  la  dispute  a la  mort,  partout,  a chaque  instant,  dans  nos  de- 
meures,  dans  les  hopitaux,  sur  les  champs  de  bataille.  — Pourquoi,  apres 
avoir  ete  la  consolatrice  des  enfants,  des  faibles,  des  souffrants ; pourquoi 
ne  viendrait-elle  pas  augmenter  la  somme  de  nos  connaissances  des  expe- 
riences qu’elle  a acquises  dans  la  lutte  du  devoir  ? Pourquoi  ne  participe- 
rait-elle  pas  a nos  travaux?  Pourquoi  n’apporterait-elle  pas  a nos  fetes 
intellectuelles  le  charme  de  son  esprit  de  pacification  ? 

„ Quelques  dames  sont  ici.  Elies  ont  suivi  nos  debats;  elles  y ont 
pris  part ; elles  ont  releve  1 eclat  de  ce  banquet.  Nous  les  remercions.  A 
elles  ce  dernier  toast ! » {Applaudissements  prolonged.) 


M.  Vervoort,  president  du  Congres,  se  felicite  des  sentiments  exprimes 
pendant  le  banquet.  Il  invite  ensuite  les  convives  a se  rendre  a une  invita- 


BANQUET 


115 


tion  du  Cercle  industriel  et  commercial,  qui  les  attend  dans  ses  salons,  situes 
an  premier  etage  du  palais  de  la  Bourse. 

Le  raout  offert  par  ce  Cercle  a ete  tres-brillant  et  tres-anime;  il  ne  s’est 
termine  que  vers  minuit. 


SEANCE  DE  CLOTURE 


4 OCTOBRE 


La  seance  s’ouvre  a 4 heures  sous  la  presidence  de  M.  Vervoort,  pre- 
sident duCongres. 

A ses  cotes  siegent  les  membres  du  Bureau  general. 

MM.  Yseux,  Ledeganck,  Dumoustier  de  Fredilly,  Feigneaux  et  Stevens 
donnent  lecture  des  rapports  sommaires  des  sections  d’hygiene,  de  sauve- 
tage  et  d’economie  sociale  resumant  l’ensemble  de  leurs  travaux.  (*) 

M.  le  President  annonce  qu’il  a regu  de  Son  Excellence  M.  le  Ministre 
de  Turquie  la  lettre  suivante  : 


Bruxelles,  2 octobre  1876. 


* Monsieur  le  President, 

» Je  me  fais  un  devoir  de  vous  informer  que  le  G-ouvernement  imperial 
» ottoman,  dans  Timpossibilite  oil  il  s’est  trouve,  a son  grand  regret,  de 


(*)  Ces  rapports  sont  rcproduits  page  126  et  suivantes. 


SEANCE  DE  CLOTURE 


HI 


r>  pouvoir  enyoyer,  dans  les  circonstances  actuelles,  des  delegues  speciaux 
» au  Congres  d’hygiene  et  de  sauvetage,  a bien  voulu  m’autoriser  a le 
» representer  dans  ces  assises  humanitaires  si  dignement  presidees  par 

» YOUS. 

t Etant  empechee  d’y  prendre  une  part  active,  la  Sublime  Porte,  par  la 
» meme  qu’Elle  confiait  a son  representant  pres  Sa  Majeste  le  Roi,  l’au- 
» guste  Protecteur  de  l’CEuvre  entiere,  une  mission  aussi  flatteuse  qu’ho- 
» norable,  a tenu  a donner  une  preuve  manifeste  du  grand  interet  qu’Elle 
» prend  a l’entreprise  grandiose  dont  la  mise  a execution  constitue  un  veri- 
n table  titre  de  gloire  pour  la  Belgique.  Aussi  j’aurais  tenu  a coeur  de 
i)  solliciter  une  place  parmi  vous. 

» Cependant  vos  travaux  approcbant  de  leur  fin,  je  dois  me  borner  a 
* avoir  recours  a votre  bienveillant  intermediate,  Monsieur  le  President, 
» afin  de  vous  prier  de  vouloir  bien  dire  au  Congres  que  si,  k la  suite  de 
» sa  situation  exceptionnelle,  l’Empire  ottoman  a ete  mis  dans  l’impos- 
n sibilite  d’envoyer  son  contingent  de  delegues  a son  illustre  Assemblee, 
» il  ne  l’accompagne  pas  moins  de  toutes  ses  sympathies. 

» Mon  pays,  ne  sera  pas  des  derniers,  veuillez,  Monsieur  le  President,  en 
» etre  persuade,  a profiter  de  toutes  les  ameliorations  pratiques  et  huma- 
n nitaires  sous  le  rapport  physique  et  moral  que  la  science  aura  indiquees 
» et  qui  sortiront,  sans  doute,  des  deliberations  approfondies  auxquelles 
» la  Belgique  vient  d’accorder  une  aussi  brillante  hospitalite. 

» Veuillez,  Monsieur  le  President,  agreer  les  assurances  de  ma  haute 
v consideration. 

n Et.  Caratheodory.  » 


L’assemblee  couvre  cette  communication  de  ses  applaudissements. 

M.  le  President  donne  la  parole  a M.  Hubrecht. 

M.  Hubrecht  (Pays-Bas).  — « Delegue  au  Congres  par  le  Gouverne- 
ment  d’un  petit  pays  dont  le  sol,  comme  vous  le  savez,  est  en  grande 
partie  au-dessous  du  niveau  de  la  mer,  il  n’est  pas  etonnant  que  ce  soit 
notre  ennemi  commun,  le  danger , qui  vienne  se  presenter  tout  d’abord  a 
mon  esprit.  C’est  de  lui  que  je  veux  vous  entretenir  pendant  les  quelques 
minutes  qui  me  sont  accordees,  car  c’est  lui  qui  nous  a inspire  l’idee  de 
notre  Exposition  internationale  aussi  bien  que  celle  de  la  reunion  de  notre 
Congres. 

7)  En  opposition  directe  avec  le  sens  de  ces  mots  : hygiene,  sauvetage, 
economie  sociale,  nous  trouvons  le  danger  ; le  danger  qui  menace  la 


118 


STANCE  DE  OLOTURE 


vie  humaine  de  cent  manieres  differentes,  le  danger  qui  affecte  tant 
de  formes  et  prend  tant  de  noms  : insalubrite,  accidents,  guerre,  igno- 
rance; partout  le  danger,  toujours  lui,  c’est-a-dire  le  mal. 

» Chaque  jour  nous  sommes  plus  ou  moins  menaces  ; mais,  a force  de  le 
voir  partout  autour  de  nous,  nous  nous  familiarisons  avec  l’ennemi,  nous 
aimons  a nous  en  occuper.  Mes  compatriotes  sont  habitues  a faire  une 
depense  de  forces  continuelle  contre  un  danger  materiel  ; nous  voyons 
l’ennemi  devant  nous,  a notre  porte,  incessamment  ! Aussi  nous  sentons- 
nous  portes  a preter  l’oreille  des  qu’il  est  question  de  sauvetage. 

» D’un  cote,  c’est  la  mer  qui  bat  nos  plages  sans  relache,  comme  si  elle 
voulait  dans  sa  colere  engloutir  le  Delta  forme  par  les  embouchures  du 
Kliin  et  de  la  Meuse  ; d’un  autre  cote,  ce  sont  ces  deux  memes  fleuves  qui 
tentent  constamment  de  rompre  leurs  digues  pour  submerger  ce  pays 
que  nous  avons  conquis  sur  eux  et  que  nous  aimons  tant.  ( Applaudisse - 
merits.) 

» Aussi  vous  comprendrez  aisement  que  l’idee  fondamentale  du  Congres 
ait  eveille  des  sympathies  nombreuses  dans  nos  Pays-Bas.  Nous  nous 
sommes  empresses  d’offrir  notre  humble  concours  a l’CEuvre  dont  la  Bel- 
gique a pris  l’initiative  ; l’appel  que  ce  noble  pays  adressait  aux  peuples 
civilises  a trouve  chez  nous  des  echos  dans  tous  les  coeurs. 

jj  Des  le  debut,  un  de  nos  savants  orateurs  vous  faisait  remarquer  que 
le  mot  Sauvetage  attendait  encore  sa  definition  dans  les  langues  mo- 
dernes ; ce  mot  vient  ici  d’acquerir  une  signification  claire,  precise, 
cosmopolite.  Mais  un  mot  ne  suffit  pas  a l’heure  du  danger,  quand  l’ennemi 
s’elance  sur  nous  : il  faut  avant  tout  payer  de  sa  personne,  non  pas  tant 
pour  se  sauver  soi-meme  que  pour  defendre  et  secourir  ceux  qui  sont 
menaces. 

55  Vous  vous  rappelez,  sans  doute,  la  belle  inscription  allemande  que 
j’ai  retrouvee  avec  joie  sur  un  des  monuments  de  notre  Exposition  : 


Der  brave  Mann  denkt  an  sich  selbst  zuletzt, 
Vertraut  auf  Gott  und  rettet  die  Bedrangten. 


55  Oui,  le  plus  souvent,les  efforts  individuels  sont  impuissants  a conjurer 
le  danger  ; c’est  en  commun  qu’il  faut  lutter  pour  vaincre  le  mal.  Unitis 
viribus.  Pluribus  unum. 

55  Les  peuples  et  les  gouvernements  ont  compris  cette  verite ; ils  ont 
voulu  s’instruire  tout  en  aidant  les  autres  a s’instruire  ; et,  convies  par  la 
Belgique  a la  naissance  d’une  (Euvre  exceptionnelle,  ils  sont  venus  assister 


STANCE  DE  CLOTURE 


149 


a cette  Exposition  d’engins,  d’appareils  et  de  procedes  d’hygiene  et  de 
sauvetageoii  chaque  nation  aapportele  fruit  de  ses  travaux  liumanitaires, 
afin  d’en  faire  beneficier  les  autres. 

„ La  Belgique  est  trop  eclairee  pour  ne  pas  comprendre  que  sa  mission 
serait  incompletement  remplie  si  l’on  sen  tenait  au  cote  purement 
materiel  de  l’entreprise.  Elle  a senti  que,  pour  consacrer  le  succes  durable 
de  son  (Euvre,  il  fallait  que  la  parole,  cette  puissance  des  temps  modernes, 
la  parole  des  savants  et  des  philanthropes,  retentit  librement  a la  tribune 
international. 

» Qu’il  me  soit,  une  fois  de  plus,permis  d’exprimer  nos  sentiments  de 
chaleureuse  reconnaissance  ala  Belgique  pour  l’organisation  de  ce  Congres 
qui  marquera  parmi  ses  gloires.  Nous  comprenons  tous  les  paroles  pronon- 
cees,  il  y a quelques  jours  a peine,  par  son  auguste  Souverain  : « Si  la 
n Belgique  est  petite,  elle  est  heureuse  et  contente  de  son  sort.  » • — Aussi 
les  savants  discours  qui  ont  ete  prononces  dans  nos  seances  ont-ils  eu  un 
immense  retentissement  dans  toute  la  presse  libre  de  l’Europe  et  viennent- 
ils  d’attirer  l’attention  de  tous  les  hommes  de  bonne  volonte. 

» Le  seul  voeu  que  j’aie  a former  au  nom  de  mon  pays,  c’est  que  notre 
prochain  Congres  puisse  s’occuper,plus  que  nous  n’avons  ete  en  mesure  de 
le  faire  nous-memes,  de  l’enseignement  primaire  dans  toutes  les  classes  de 
la  societe. 

» C’est  la  Kussie  qui  nous  a donne  l’exemple  ; elle  nous  a montre  a 
l’Exposition  comment  son  Souverain  veut  achever  la  tache  glorieuse  qu’il 
a entreprise : l’education  des  millions  d’habitants  qu’il  vient  d’afifranchir. 
( Applaudissements .) 

» Oui,  Messieurs,  c’est  ma  ferme  conviction  : si  nous  voulons  ameliorer  la 
condition  de  ceux  qui  souffrent,  c’est  par  l’enseignement  primaire  qu’il 
faut  commencer  ; c’est  sur  cette  question  que  notre  attention  doit  se 
porter  tout  d’abord.  Je  sais  bien  qu’elle  n’echappe  nulle  part  a la  sollicitude 
des  Gouvemements  et  que  partout  les  hommes  d’Etat  et  les  philosophes 
consacrent  leurs  efforts  a propager  ce  moyen  de  sauvetage  par  excellence 
pour  notre  vieille  Europe  ; je  sais  bien  que  tous  comprennent  que  de  ce 
moyen  dependent  tous  les  autres.  (Applaudissements.) 

» Mais  il  y a des  choses  qu’on  ne  saurait  trop  repeter  et,  avant  de  nous 
separer,  je  n’ai  pas  voulu  manquer  d’indiquer  en  quelques  mots  le  sujet 
qui  merite  la  premiere  place  dans  tout  Congres  de  sauvetage. 

» Sur  ce  terrain,  que  de  dangers  a eviter,  que  d’ennemis  a mettre  en 
fuite ! 

» Esperons  que  notre  prochain  Congres  saura  mettre  ces  questions  en 
avant,  car  vous  no  l’ignorcz  pas,  Messieurs,  elles  portent  en  clles  le  germe 


120 


SEANCE  DE  CLOTURE 


d’une  civilisation  generate,  ellcs  embrassent  les  interets  de  tous,  elles 
preparent  l’avenir. 

» En  insistant  sur  ce  que  d’autres  voudraient  peut-etre  appeler  une 
lacune  dans  notre  programme,  ce  n’est  pas  que  j’aie  l’intention  d’adresser 
un  reproclie  a qui  que  ce  soit.  Loin  de  moi  cette  idee,  chers  collaborateurs ! 
Yous  etes  membres  de  la  grande  congregation  du  sauvetage  compris  dans 
le  sens  le  plus  large  et  le  plus  liumain. 

d Mais  tout  commencement  a ses  difficultes  et  je  ne  crois  offenser  personne 
en  comparant  a un  nouveau-ne,  a un  nourrisson  que  nous  ckerissons  tous 
cette  grande  (Euvre  de  l’Exposition  et  du  Congres. 

j)  Qu’en  pensez-vous,  vous  tous  qui  avez  assiste  a sa  formation  ? 
v II  me  semble  que  nous  pouvons  en  toute  confiance  inscrire  sur  la 
porte  : “ La  mere  et  l’enfant  se  portent  a merveille». 

v Et  je  vous  predis  que  l’enfant  grandira  sous  les  auspices  de  sa  mere 
si  intelligente  et  si  kospitaliere,  grace  aux  conseils  eclair es  de  ses  tuteurs 
internationaux ; je  vous  le  predis,  il  deviendra  l’un  des  soutiens  de  notre 
pauvre  kumanite.  S’il  ne  vient  pas  entierement  a bout  de  l’ennemi,  s’il 
n’arrive  pas  a extirper  le  mal  jusque  dans  ses  racines,  il  sera,  du  moins,  le 
ckampion  des  penples  et  du  bien ; il  saura,  a un  moment  donne,  nous  reunir 
tous  de  nouveau  sous  son  glorieux  drapeau. 

» Nous  sommes  venus  des  pays  les  plus  divers  pour  le  saluer  a sa  nais- 
sance  et  lui  temoigner  nos  sympathies  des  son  berceau. 

» C’est  encore  un  des  progres  de  notre  siecle  que  d’avoir  su  formuler  bien 
kaut,  au  nom  des  peuples,  une  protestation  universelle  contre  les  dangers 
et  l’ignorance.  Jamais  nous  ne  nous  lasserons  de  combattre  pour  la  bonne 
cause,  individuellement  ou  collectivement;  reunis  aujourd’kui  et  sur  le 
point  deja  de  nous  separer,  nous  ne  nous  dirons  pas  adieu,  mais  au  revoir. 

» Un  grand  komme,  que  la  France  vient  de  perdre,  a dit,  en  parlant  de  la 
douleur  « que  notre  seul  but  doitetre  delavaincre  ou  plutotdenousvaincre 
nous-memes  en  depit  d’elle  Son  successeur  a l’Academie  frangaise,  en 
citant  ces  paroles,  a rappele  le  mot  d’Horace  Walpole  : « La  vie  est  une 
•»  comedie  pour  ceux  qui  pensent  et  une  tragedie  pour  ceux  qui  sentent  » . 

» Vous  tous,  membres  du  Congres,  qui  avez  senti  pour  ceux  qui  souffrent, 
qui  n’avez  pense  qu’a  soulager  leurs  maux,  seriez-vous  done  des  trage- 
diens  et  des  comediens  tout  a la  fois  ? Non,  mille  fois  non  ! Ce  qui  fait  que 
la  comparaison  de  Walpole  est  fausse,  c’esl  que  le  sentiment  et  la  pensee 
peuvent  s’unir  pour  produire  la  plus  belle  et  la  plus  grande  ckose  du 
monde,  celle  que  nous  avons  admiree  pendant  toute  la  duree  du  Congres,  et 
qui  s’appelle  la  cliarite  ! 

„ Non  pas  cette  ckarite  froide  et  metkodique  qui  raisonne  tout;  mais 


STANCE  DE  CLOTURE 


-121 


cette  charite  douce,  eclairee,  internationale,  universelle  qui  a preside  nos 
Bureaux,  guide  nos  deliberations,  qui  a ete  le  vrai,  l’unique  but  de  nos 
efforts  mutuels. 

» C’est  elle  qui  a fait  entendre  sa  voix  dans  ces  murs,  nous  disant  que, 
pour  etre  utiles  au  genre  humain,il  fallait,  avant  tout, que  les  idees  de  nos 
cerveaux  guidassent  les  sentiments  de  nos  cceurs;  que, pour  la  guerison  des 
malades,  le  sauvetage  des  infortunes,  l’amelioration  du  sort  des  classes 
ouvrieres,  il  ne  fallait  pas  abaisser  ceux  qui  sont  en  haut,  mais  faire  monter 
ceux  qui  sont  en  bas.  C’est  elle  qui  nous  a montre  tout  ce  qui  reste  a faire 
pour  la  sante  et  le  bien-etre  des  malheureux  et  des  ignorants.  C’est  elle  qui 
nous  a donne  le  courage  d’esperer  toujours,  meme  contre  toute  esperance. 
C’est  elle  qui,  au  moment  du  depart,  au  moment  ou  chacun  de  nous  va  pour- 
suivre  sa  tacbe  dans  son  pays,  nous  exhorte  a ne  jamais  oublier  la  devise 
de  tous  les  bommes  appeles  a servir  l’humanite : Excelsior.  » (. Applaudis - 
sements  prolong  es.) 


M.  le  baron  Maydell  (Russie).  — « Comme  toute  autre  famille,  la  grande 
famille  du  genre  humain  a ses  aines  et  ses  cadets. 

ji  Heritiers  du  sol  et  des  traditions  des  peuples  de  la  civilisation  clas- 
sique,  les  aines  purent  se  mettre  facilement  a l’ceuvre,  au  temps  de  la 
renaissance,  et  devenir  a leur  tour  les  civilisateurs  du  monde.  Les  cadets, 
au  contraire,  places  en  faction  aux  portes  de  l’Asie,  eurent  la  tacbe  d’arreter 
les  terribles  invasions  des  Tartares  et  des  Mongols. 

» Ces  luttes  constantes  absorberent  pendant  des  siecles  les  forces  intel- 
lectuelles  et  materielles  de  la  Russie.  Le  jougTartare  secoue,  il  fallut  encore 
bien  des  annees  pour  que  cette  grande  nation  put  se  relever  des  ruines  de 
cette  epoque  desastreuse. 

» Enfin,  apres  avoir  repris  possession  d’elle-meme,  elle  ne  tarda  pas  a 
comprendre  combien  elle  etait  en  arriere  des  peuples  de  l’Occident. 

n C’esten  travaillant  avec  une  consciencieuse  opiniatrete,  c’est  en  suivant 
parfois  les  traces  des  peuples  qui  l’avaient  devancee,  sans  jamais  cependant 
perdre  son  caractere  national,  qu’elle  a acquis  le  droit  de  reclamer  sa  place 
dans  la  grande  famille  des  peuples  civilises,  et  ce  n’est  pas  la  premiere  fois 
qu’elle  vient  prendre  part  aux  Congres  qui  ont  pour  but  d’eclairer  les  graves 
questions  scientifiques  et  socialcs. 

” Dans  l’Exposition  d’bygiene  et  de  sauvetage,  la  Russie  s’est  appliquee 
afournir  desresultats  palpables  de  son  activite,  a prouver  qu’elle  est  a la 
hauteur  de  toutes  les  questions  de  bien-etre  et  d’bumanite;  j’ose  esperer 
qu’elle  y a reussi. 


122 


STANCE  DE  CLOTURE 


* La  Russie  n’a  pas  besite  a entrer  dans  cette  arene  sainte  au-dessus 
de  laquelle  flotte  le  drapeau  des  sauvetenrs ; elle  a voulu  se  meler  a ces 
luttes  ou  il  n’y  a ni  lionte  eternelle  pour  les  vaincus  ni  tropbee  sanglant 
pour  les  vainqueurs,  ou  cliacun  triomphe  et  conquiert  l’estime  de  tous. 

» Arrives  a Bruxelles,  nous  n’avons  pas  ete  accueillis  avec  cette  cour- 

i 

toisie  froide,  presage  certain  d’un  combat  acbarne.  Non,  ce  sont  des 
freres  qui  nous  ont  tendu  la  main.  Desormais,  nous  avons  cesse  d’etre  les 
cadets  ignores  de  la  famille,  nous  avons  le  droit  d’etre  traites  d’egaux  a 
egaux ; et  cette  conviction  dont  nous  sommes  tiers,  c’est  k Bruxelles  que 
nous  l’avons  acquise. 

» Nous  allons  quitter  cette  ville  k laquelle  reviennent  le  merite  et 
l’honneur  d’avoir  emis  la  grande  et  belle  idee  de  notre  Congres.  C’est  au 
nom  de  mes  compatriotes  que  je  rends  bommage  a Sa  Majeste  le  Roi  des 
Beiges  ainsi  qu’a  son  peuple  pour  l’bospitalite  qui  nous  a ete  offerte  et 
pour  la  bienveillance  dont  on  nous  a combles.  * 

» Je  ne  vous  dis  pas  adieu,  Messieurs,  je  vous  dis  au  revoir;  car  l’oeuvre 
genereuse  commencee  aujourd’bui  sera  certainement  continuee.  — Ce 
Congres  n’est  que  le  premier  : il  ne  peut  manquer  d’etre  suivi  d’une  longue 
serie  de  conferences  internationales  dont  le  but  sera  de  regenerer  l’buma- 
nite  par  le  travail  et  l’instruction.  » ( Applaudissements .) 


M.  le  general  Obroutcheff  (Russie).  — « Nos  travaux,  Messieurs, 
sont  termines,  la  semence  est  jetee  sur  le  sol;  bien  des  graines  resteront 
steriles,  mais  beaucoup  d’autres  seront  productives. 

» C’est  a la  Belgique  et  a son  auguste  Souverain  que  reviendra,  en 
grande  partie,  le  merite  de  ce  resultat  fecond.  Je  crois  done,  Messieurs, 
qu’il  nous  reste  encore  un  devoir  k remplir,  un  devoir  bien  doux  et  bien 
sympathique  : celui  d’ exprimer  solennellement  nos  sentiments  de  pro- 
fonde  gratitude  et  nos  remerciements  a la  Belgique  tout  entiere  dans  la 
personne  de  son  Roi.  (Applaudissements.) 

n Aussi,  Messieurs,  je  vous  propose  de  charger  le  Bureau  du  Congres 
de  rediger  une  adresse  et  de  la  presenter  a Sa  Majeste  Leopold  II. 
(. Acclamations .) 


M.  le  President.  — « Yos  acclamations,  Messieurs,  ont  deja  sanctionne 
la  proposition  de  M.  le  general  Obroutcheff.  J’aurai  l’bonneur  de  prendre 
les  ordres  du  Roi  pour  la  presentation  de  l’adresse.  J’espere  que  Sa  Majeste 
pourra  nous  recevoir  demain  afin  que  Messieurs  les  presidents,  vice- 


STANCE  DE  CLOTURE 


123 


presidents  et  secretaires  etrangers  puissent  accompagner  les  membres 
beiges  du  Bureau  general  et  des  Bureaux  des  sections. 

» Messieurs,  vous  vous  feliciterez  avec  moi  de  la  resolution  que  vous 
venez  de  prendre  quand  je  vous  aurai  fait  connaitre  le  Message 
royal  que  je  suis  charge  de  vous  transmettre. 

« Void  ce  Message  : 


* Palais  de  Bruxelles,  le  3 octobre  1876 


u Monsieur  le  President, 

» D’apres  les  ordres  du  Roi,  je  viens  vous  prier  de  vouloir  bien  infor- 
a mer  le  Congres  que  Sa  Majeste  a resolu  de  mettre  a la  disposition  du 
a prochain  Congres  d’hygiene  un  prix  consistant  en  une  coupe  d’or  de  la 
7i  valeur  de  cinq  mille  francs. 

a Ce  prix,  dans  la  pensee  du  Roi,  sera  decerne  par  le  Congres  a la  ville, 
n a l’autorite  locale,  a l’association  ou  au  particulier  qui,  en  ameliorant 
7i  les  logements  des  classes  necessiteuses,  sera  parvenu  a reduire  de  la 
a maniere  la  plus  notable  et  au  moins  de  frais  la  moyenne  de  la  mortality 
7>  dans  ces  memes  classes. 

» La  Reine,  de  son  cote,  met  a la  disposition  du  prochain  Congres 
77  d’hygiene  une  medaille  d’or.  Le  Congres  la  decernera  a l’institution 
» publique  ou  privee,  chargee  de  l’entretien  d’orphelins,  oil  la  preserva- 
77  tion  de  la  vie  des  enfants  aura  atteint  la  moyenne  la  plus  elevee. 

7i  Veuillez  agreer,  Monsieur  le  President,  l’assurance  de  ma  haute 
7>  consideration. 

77  Le  chef  du  cabinet'  du  Roi , 

» (Signe)  Jules  Devaux.  » 

K J’ai  l’honneur  de  vous  proposer  d’autoriser  le  Bureau  it  comprendre 
dans  l’adresse  que  vous  venez  de  voter  des  remerciements  particuliers  pour 
l’initiative  prise  par  LL.  MM.  le  Roi  et  la  Reine  des  Beiges  et  pour  leur 
genereuse  resolution.  (Applaudissemcnts.) 

77  II  nous  reste,  Messieurs,  a exprimer  notre  reconnaissance  envers  les 


•124 


SEANCE  DE  CLOTURE 


Illustres  Souverains  et  Souveraines,  Princes,  Gouvernements  et  Comites 
etrangers  qui,  par  leur  patronage  et  leur  concours,  ont  favorise  notre 
QEuvre  et  prepare  son  succes.  (Nouveaux  applaudissements.)  Je  vous 
proposerai  aussti  de  voter  des  remerciements  a M.  le  Ministre  de  l’lnterieur 
de  Belgique,  qui  a mis  le  Palais  des  Academies  a notre  disposition;  a 
M.  le  Ministre  desTravaux  publics  pour  la  franchise  postale  et  les  reduc- 
tions de  tarifs  sur  les  chemins  de  fer  qu’il  nous  a accordees  ou  que  nous 
avons  obtenues  par  son  entremise  des  Compagnies  beiges  et  etrangeres; 
a MM.  les  Ministres  de  la  Justice  et  de  la  Guerre  pour  les  etablisse- 
ments  dependant  de  leur  administration  dont  ils  ont  facilite  la  visite  a 
nos  membres;  enfin,  aux  villes  de  Bruxelles  et  d’Anvers,  aux  Cercles  et 
Comites,  pour  l’hospitalite  qu’ils  ont  pratiquee  envers  nous.  (Applau- 
dissements .) 

n Messieurs,  la  communication  de  LL.  MM.  le  Roi  et  la  Reine  des 
Beiges  implique  l’idee  de  ne  pas  briser  l’instrument  de  civilisation  que 
vous  avez  fait  fonctionner  d’une  maniere  si  fructueuse,  et  de  faire  succeder 
a notre  Congres  d’autres  assises  ayant  le  meme  but  utilitaire. 

» Cette  pensee  s’est  manifestee  dans  toutes  nos  reunions  ; elle  doit  etre 
murement  examinee. 

H J’ai  ete  invite  a vous  proposer  de  laisser  aux  membres  du  Bureau 
general  le  soin  d’examiner  les  questions  qui  se  rattachent  a ces  vceux  et 
qui  se  trouvent  implicitement  compris  dans  la  communication  du  Roi.  » 

La  proposition  est  adoptee  a Punanimite. 


M.  le  President. — « Messieurs,  nous  sommes  arrives  au  terme  de  nos 
travaux. 

» Je  constate  le  succes  du  Congres;  je  suis  persuade  qu’il  est  appele  a 
rendre  de  grands  services. 

n Je  n’enumererai  pas  les  travaux  magnifiques,  les  ouvrages  de  statis- 
tique,  les  tableaux  qui  nous  ont  ete  envoyes  de  toutes  parts,  les  memoires, 
les  analyses,  les  notes  dont  il  a ete  fait  hommage  au  Congres.  Ces  oeuvres 
forment  une  collection  precieuse  pour  l’etude  de  Phygiene,  du  sauvetage 
et  de  la  science  sociale. 

» Yos  discussions  savantes  ont  couronne  la  reunion  de  toutes  ces 
richesses.  Elies  ont  ete  fertiles  en  renseignements,  en  observations,  en 
conseils  et  en  indications  pratiques  qui,  certes,  contribueront  a hater  le 
progres  que  nous  avons  en  vue  et  que  P opinion  publique,  attentive,  va  nous 
aider  a realiser. 


SEANCE  DE  CLOTURE 


125 


» Je  crois,  Messieurs,  que  le  grand  role  de  la  science  est  mieux  com- 
pris  par  les  masses,  quand  elles  voient  des  hommes  tels  que  vous  nous 
apporter  leurs  lumieres  sans  autre  stimulant  que  le  desir  de  servir  les 
interets  de  la  societe  humaine. 

» Les 'masses  voient  que  la  science  ne  marcke  pas  avec  fierte  et  dedain 
au  milieu  des  peuples.  Elle  s’affirme  comme  une  mere  genereuse,  dont  le 
patrimoine  appartient  a tous  les  hommes  sans  distinction.  Mais  elle  n’en 
confie  la  distribution  qu’aux  volontes  laborieuses  et  perseverantes,  qu’aux 
arnes  genereuses  dignes  d’etre  ses  depositaires  et  ses  agents. 

» Yous  vous  etes  impose  cette  belle  mission,  son  exercice  a resserre 
nos  bens  d’estime  et  d’affection;  et  cette  mission,  vous  l’avez  remplie  de 
maniere  a meriter  une  reconnaissance  universelle. 

„ Quant  a vous,  Messieurs,  vous  que  Ton  a appeles  les  membres 
etrangers  du  Congres,  permettez-moi  de  repousser  cette  appellation.  Je 
ne  vois  plus  d’etrangers  ici,  je  ne  vois  que  des  collegues  et  des  amis  de  mon 
pays.  (Applaudissements.) 

it  A votre  arrivee,  je  vous  disais:  « Yous  avez  ete  attendus  avec  impa- 
» tience,  nous  vous  accueillons  avec  joie.  Nous  fondons  sur  vous  degrandes 
« esperances.  » Vous  avezrepondu  a notre  attente.  Par  votre  experience  et 
votre  savoir,  vous  avez  feconde  nos  travaux. 

Au  nom  du  pays,  au  nom  des  membres  beiges  du  Congres,  je  vous 
remercie  d’etre  accourus  en  si  grand  nombre  a l’appel  qui  vous  etait  fait 
dans  un  interet  social. 

rt  La  terre  neutre  et  hospitaliere  de  Belgique  est  here  du  sejour  que 
vous  avez  fait  parmi  nous.  (Applaudissements.) 

» En  quittant  Bruxelles,  un  de  nos  collegues  les  plus  eminents,  M.  le 
professeur  von  Langenbeck,  m’ecrivait  cette  toucbante  parole  : « Les  beaux 
» jours  de  Bruxelles,  et  je  parle  au  nom  de  tous  les  membres  du  Congres, 

» ne  s’efFaceront  jamais  de  notre  memoire.  » J’affirme,  de  mon  cote. 
Messieurs,  que  nous  conserverons  de  vous  un  imperissabie  souvenir.  Quand 
vous  nous  reviendrez,  toutes  les  mains  seront  tendues  vers  vous  pour  vous 
recevoir  avec  effusion. 

Je  declare  close  la  session  du  Congres  d’bygiene  et  de  sauvetage  et  je 
vous  dis,  dans  toute  l’effusion  de  mon  cceur : Au  revoir.  » (Vifs  applau- 
dissements.) 

La  seance  est  levee  a 6 heures. 


RAPPORTS  DES  SECTIONS 


PREMIERE  SECTION 
DIVISION  A.  — HYGIENE  GENERALE 


Rapporteur  : M.  Yseux, 

docteur  en  mGdecine  et  en  sciences,  m6decin  du  service  d’hygifcne  de  la  ville  de  Bruxelles. 


La  premiere  section  a discute  et  elucide  cinq  questions  d’une  importance  capitale, 
classees  sousles  numeros  1,  2,  6,  7 et  9 du  programme  : 

1.  Quels  sont  les  avantages  des  distributions  d’eau  et  quels  sont  les  moyens  d’en 
procurer  aux  centres  de  populations?  Discuter  les  inconvenients  qui  resultent  de  la 
prise  d’eau  pour  les  populations  du  bassin  hydrograp tuque.  Preciser  le  chiffre  de  la 
consommation  normale  par  tete  d’habitant. 

2.  Quel  est  le  systeme  le  plus  pratique  pour  debarrasser  une  ville  de  ses  matieres 
fecales  et  putrescibles  et  de  ses  boues  ? Indiquer  les  moyens  : a)  d’epurer  les  eaux 
d’egout;  b)  d’utiliser  les  eaux  vannes;  c)  d’empecher  l’alteration  des  cours  d’eau  par 
les  residus  industriels ; d ) de  neutraliser  les  effets  nuisibles  des  fumiers  k proximite 
des  habitations. 

Determiner  les  circonstances  qui  doivent  regler  le  choix  des  disinfectants  et  des 
antiseptiques. 

6.  Quels  sont  les  meilleurs  systemes  de  chauffage  el  de  ventilation  des  locaux  des- 
tines k recevoir  un  grand  nombre  de  personnes,  tels  que  fabriques,  ateliers,  salles  de 
spectacle,  ecoles,  creches,  salles  d’hopitaux,  etc.? 

7.  A quelles  conditions  de  salubrite  doivent  satisfaire  : a)  les  hospices,  les  hopitaux 
et  les  maternites;  b)  les  installations  provisoires,  telles  que  les  hopitaux  temporaires 
et  les  ambulances  civiles  ? 


HYGIENE  GiiNEItALE 


127 


9.  Influence  hygienique  du  boisement  et  des  plantations;  de  la  fixation  des  dunes  ; 
du  drainage  des  marais  et  des  terres  humides. 

Moyens  de  remedier  k l’insalubrite  des  routoirs,  dea  rivieres  et  des  prairies  irriguees 
avec  des  eaux  limoneuses. 

La  section  a cru  pouvoir  reunir  la  sixieme  et  la  septiemo  questions  dont  les  rap- 
ports sont  tres-connexes;  elle  y etait  d’autant  plusportee  quo,  pour  cause  de  maladie, 
le  rapporteur  de  la  sixieme  question  n’a  pu  remplir  la  mission  dont  il  s’etait  charge. 
Au  cours  de  la  discussion,  les  preoccupations  de  la  section  se  sont  fait  jour  par  les  ten- 
dances continuelles  que  Ton  avait  de  quitter  la  question  pour  traiter  de  l’utilite  des 
hopitaux.  11  resulte  des  debats  qu’avec  l’etat  social  actuel  de  l’Europe,  les  hopitaux 
sont  un  mal  necessaire. 

La  section  a ensuite  recherche  la  forme  k donner  aux  hopitaux  et  aux  maternites  pour 
les  rendre  plus  salubres.  II  lui  a paru  que  les  hopitaux  petits,  k pavilions  separes, 
largement  aeres,  devaient  etre  preferes  aux  monuments  immenses  et  splendides  a 
l’exterieur,  ou  s’accumulent  pele-mele  toutes  les  miseres  pour  s’y  abriter  et,  souvent, 
s’y  aggraver. 

Elle  a cru  que  le  systeme  des  petits  pavilions  etait  souhaitable  surtout  pour  les  mater- 
nites, lesquelles  devraient  avoir  des  locaux  suffisamment  nombreux  pour  permettre 
l’alternance.  L’encombrement,  ^accumulation  des  malades  et  des  parturiantes  dans 
une  meme  piece  lui  ont  paru  un  grand  danger  qu’il  fallait  k tout  prix  eviter.  Enfin, 
l*exposition  Ouest  a ete  par  elle  condamnee  et  elle  a conclu  qu’aux  malades  surtout,  il 
fallait  de  l’air,  de  la  chaleur,  de  la  lumiere  largement  dispenses. 

La  section  a ensuite  aborde  la  deuxieme  question,  celle  qui  a trait  aux  eaux  potables. 

Unanimement,  elle  a reconnu  la  necessite  de  pourvoir  les  agglomerations  de 
beaucoup  d’eau,  et  de  bonne  eau.  Elle  a considere  l’eau  comme  le  vehicule  de  la  vie. 

Elle  aurait  voulu  etablir  les  quantites  dont  chaque  habitant  devait  pouvoir  disposer; 
mais  les  besoins  varient  avec  les  localites  et  les  situations  speciales.  Il  ne  lui  a ete 
possible  que  de  fixer  un  minimum.  Le  chiffre  do  150  litres  par  tete  et  par  jour  a paru 
avoir  l’assentiment  de  la  majorite.  L5assemblee  a aussi  etabli  les  points  sur  lesquels 
devaient  porter  les  caracteres  d’une  bonne  eau.  Elle  doit  etre  oxygenee,  permettre  la 
vie  des  algues  et  des  infusoires,  n’etre  pas  trop  mineralisee  et  avoir  certaines  proprietes 
medicales,  c’est-h-dii’e  que  son  usage  ne  doit  pas  causer  les  desordres  d’ou  rdsultent 
le  rachitisme,  le  goitre  et  le  cretinisme.  Elle  a voulu  que  l’examen  d’une  eau  potable 
portat  sur  les  caracteres  physicochimiques,  physiologiques  et  medicaux.  Elle  a,  dans 
certaines  conditions,  encourage  la  formation  des  reservoirs  pour  recueillir  les  eaux 
pluviales. 

Examinant  un  autre  cote  de  la  question,  elle  a etabli  le  principe  juste  et  moral  de 
l’indemnite  aux  campagnes  pour  les  biens  dont  on  les  prive.  Elle  a surtout  preconise  le 
captage  des  eaux  dans  les  localites  oil  elle  est  surabondante,  en  suite  de  la  depopula- 
tion, resultat  de  Ein gratitude  du  sol. 

Enfin,  le  rapporteur  n’a  pas  ete  combattu,  quand  il  a emis  le  voeu  de  voir  les  peuples 
cn  mesure  de  pouvoir  gaspiller  l’eau;  k coup  sur,  l’hygiene  n’aurait  pas  k s’en  plaindre. 


L’inepuisablc  question  de  l’eau  otait  digne  do  fixer  les  travaux  de  la  section ; mais 


-128 


RAPPORTS  DliS  SECTIONS.  — HYGIENE  G^NltRALE. 


elle  avait  aussi  & etudier  la  question  interessante  du  boisement.  Cette  question  est  une 
question  de  sauvetage  social,  ainsi  quo  l’a  fort  bien  dit  un  des  membres  de  l’assemblee; 
mais  que  de  difficultes  k vaincre  dans  1’ application ! D’une  part,  les  inondations  nous 
causent  tous  les  jours  des  maux  incalculables ; d’autre  part,  la  necessite  imperieuse 
de  manger  impose  aux  cultivateurs  pauvres  l’obligation  de  cultiver  des  vegetaux  d’un 
rapport  immediat.  On  ne  peut  done  songer  k iniposer  le  boisement,  a moins  d’admettre 
le  systeme  des  indemnites  largement  dispensees  et  precedees  d’etudes  faites  dans  de 
nombreuses  stations  d’experimentation. 

Enfin,  pour  terminer,  la  section  a aborde  la  question  si  ardue  des  diverses  methodes 
k employer  pour  debarrasser  une  ville  de  ses  immondices  et  de  ses  boues  et  pour  utiliser 
les  sevages. 

Elle  a cru  qu’il  etait  necessaire  de  soustraire  a la  vue  et  a l’activite  nocive  les 
detritus  de  la  vie.  Les  egouts  ont  paru  un  moyen  commode  pour  atteindre  ce  but; 
mais  les  matieres  fertilisantes  sont  definitivement  perdues  et  empoisonnent  nos  cour* 
d’eau,  k moins  que,  par  une  disposition  speciale,  on  ne  les  repande  sur  la  terre  qui  les 
utilise  pour  la  vegetation. 

Ce  n’est  pourtant  pas  sans  une  certaine  timidite  que  la  section  a enonce  son  avis;  des 
contradicteurs  fort  entendus  et  fort  eclaires  ont  preconise  d’autres  systemes,  soit 
celui  de  la  canalisation  speciale,  soit  celui  des  fosses  mobiles.  On  entrevoit  la  sursa- 
turation  organique  des  terres  et  Teclosion  de  fievres  endemiques.  La  section  a ete 
prudente  : la  solution  definitive  peut  presenter  un  caractere  dangereux. 

Notre  role  est  fini.  Vous  etes  venus,  Messieurs,  de  partout  ajouter  cbacun  & vos  idees, 
resultats  de  vos  etudes  et  de  vos  activites  propres,  le  resultat  des  etudes  et  des  activites 
de  tous  les  autres  savants  reunis  & ces  assises ; il  en  resulte  un  faisceau  a la  fois 
vigoureux  et  neutralise,  dont  les  elfets  sont  comparables  k ceux  de  la  lumiere  blanche 
formee  de  la  reunion  des  diverses  lumieres  colorees.  Yous  etes  venus  aiguiser  vos 
armes  pour  combattre  le  grand  combat  de  l’humanite  dont  la  raison  est  le  progres. 


PREMIERE  SECTION 


DIVISION  B.  - HYGIENE  MEDICALE. 


Rapporteur  : M.  Ledeganck, 

mddecin  du  service  d’hygiSne  de  la  ville  de  Bruxelles. 


Notre  section  ayant  inscrit  k son  programme  les  questions  se  rattachant  speciale- 
ment  a l’hygiene  medicate,  elle  a eu  h s’occuper  des  troisieme,  quatrieme,  cinquieme  et 
huitieme  questions,  qui  figurent  au  programme  general  du  Congres.  Je  vous  resumerai. 
Messieurs,  en  peu  de  mots  les  resultats  de  nos  discussions. 

Troisieme  question.  — La  troisieme  question,  relative  a la  constatation  des  deces, 
aux  depots  mortuaires,  aux  divers  precedes  d’inhumation  et  k la  cremation  des  cada- 
vres,  a ete  examinee  et  debattue  cn  seance  generale,  le  30  septembre.  Le  rapport, 
elabore  par  M.  le  professeur  Berge,  conclut : 1°  la  necessite  de  faire  constater  le 
deces  par  des  hommes  competents,  aussi  longtemps  qu’un  moyen  simple,  prompt, 
facile  et  sur  de  constater  la  mort  reelle  nous  fera  defaut;  2°  k l’inutilite  de  faire  de 
l’etablissement  des  depots  mortuaires  une  mesure  generale,  ces  depots  devenant 
utiles  seulement  en  cas  d’epidemies  et  dans  les  grandes  agglomerations;  3°  & la 
necessity  d’abandonner  d’une  maniere  absolue  le  mode  actuel  d’inhumation,  plein  de 
dangers  pour  la  salubrite  publique,  et  de  le  remplacer  par  la  cremation,  en  donnant 
la  preference  au  systeme  d’incineration  dans  des  fours  k gaz  (appareils  Polli,  Brunetti 
et  Clericetti). 

Une  discussion  interessante  a suivi  la  lecture  de  ce  rapport. M.  le  docteur  Bouchut, 
de  Paris,  a cherche  k etablir  qu’il  existait  deux  signes  certains  de  la  mort  reelle,  l’un 
u la  portee  seulement  des  hommes  de  science,  et  fourni  par  l’ophtalmoscopie,  l’autre 
pouvant  etre  employe  par  tout  le  monde,  et  emprunte  a la  thermometrie.  Quelques 
orateurs  ont  emis  des  doutcs  sur  la  valour  absolue  de  ces  precedes  et  se  sent  attaches 
a prouver  que  la  constatation  des  deces  ne  pouvait  etre  basee  quo  sur  la  concordance 

9 


130 


RAPPORTS  DES  SECTIONS 


d’un  certain  nombre  de  signos  apportant  chacun  un  certain  degre  do  probabilities, 
j usqu’au  moment  oil  se  produisent  lcs  phenomenes  de  la  putrefaction. 

L’etablissement  des  depots  mortuaires  n’a  pas ‘rencontre  d’adversaires  ardents; 
ceux  qui  les  ont  recommandes  sc  sont  appuyes  surtout  sur  des  considerations  ayant 
trait  & l’insalubrite  des  villes  et  k l’encombrement  des  quartiers  populeux.  C’est  done 
au  point  de  vue  de  l’hygiene  et  de  la  philanthropic  qu’on  en  demande  la  creation 
bien  plutot  qu’au  point  de  vue  du  danger  des  inhumations  precipitees.  Un  orateur 
a conteste  l’insalubritc  des  cimetieres  places  k proximite  des  habitations  et  la  conta- 
mination des  eaux  par  les  infiltrations  qui  en  proviennent.  11  a denonce  les  grands 
hopitaux  etablis  au  centre  des  villes  comme  des  causes  d’insalubrite  bien  autrement 
redoutables  que  celles  resultant  de  la  proximite  des  cimetieres.  Ces  assertions  ont 
etc  combattues  par  plusieurs  membres  ; l’un  d’eux  a declare  que  la  ville  de  Paris  se 
proposait  d’instituer  des  experiences  destinees  k resoudre  cette  question  de  l’insa- 
lubrite  des  cimetieres. 

La  cremation  des  corps  avec  conservation  facultative  des  cendres  dans  des  urnes 
funeraires,  recommandee  par  le  rapporteur  comme  le  meilleur  mode  d’inhumation,  a 
ete  chaudement  appuyee  par  quelques  orateurs  et  attaquee  par  d’autres.  Ces  derniers 
ont  principalement  invoque  le  respect  du  a la  depouille  mortelle  de  l’homme,  les 
sentiments  de  piete  et  le  culte  des  morts.  L’expression  de  ces  sentiments  a rencontre 
une  adhesion  unanime,  et  les  partisans  de  la  cremation  ont  proteste  contre  l’intention 
qu’on  pourrait  leur  preter  d’y  etre  hostiles  oil  indifferents. 


La  quatrieme  question,  relative  aux  causes  de  la  mortalite  des  enfants  en  bas-age 
et  a leur  hygiene,  a eu  pour  rapporteur  M.  le  docteur  Kuborn.  D’apres  ce  savant, 
les  causes  de  la  mortalite  se  resument  en  quatre  termes : misere,  — ignorance  et 
superstition,  — immoralite,  — institutions  vicieuses.  La  discussion  de  son  rapport  a 
occupe  trois  seances.  Des  communications  du  plus  haut  interet  ont  ete  faites  par 
des  membres  de  differentes  nationalites,  et  un  grand  nombre  de  points  appar- 
tenant  k cette  question  ont  ete  elucides.  Ainsi,  les  orateurs  se  sont  etendus  sur  les 
avantages  de  l’allaitement  maternel,  sur  l’industrie  des  nourrices  et  l’allaitement 
artificiel,  sur  les  conditions  de  la  mortalite  des  enfants  et  sur  sa  statistique,  sur  in- 
fluence de  la  chaleur  et  du  froid,  etc. 

Le  reglement  general  du  Congres  ne  permettait  pas  de  voter  sur  des  propositions 
doctrinales  ; mais  cette  interdiction  ne  pouvait  evidemment  s’etendre  a des  propositions 
ayant  pour  but  de  regler  les  donnees  de  l’etude  d’une  question  ou  d’etablir  certaines 
regies  pratiques  independantes  de  toute  doctrine,  opinion  ou  theorie.  Aussi  la  section 
a-t-elle  adopte  a Tunanimite  une  proposition  con^ue  en  ces  termes  : « Le  Congres 
u emetle  voeu  qu’une  enquete  soit  organisde  dans  chaque  pays  sur  la  statistique  de  la 
u mortalite  des  enfants  ages  de  moins  d’un  an  et  que  cette  enquete  soit  effectuee  sur 
a des  bases  uniformes.  « Seance  tenante,  la  section  a nomme  une  commission  inter- 
nationale  composee  d’un  membre  .par  chaque  Etat  represente  et  chargee  de  la  redac- 
tion du  questionnaire  d’apres  lequel  devra  se  faire  l’enquete. 

Passant  ensuite  & la  discussion  detaillee  des  conclusions  du  rapport,  la  section  s’est 
ralliee  d’une  maniere  unanime  a la  plupart  des  voeux  exprimes  par  le  rapporteur.  Nous 
en  citerons  les  plus  importants  : 

a Etablir  une  organisation  medicale  et  administrative  de  l’assistance  publique  en  ce 


HYGIENE  MEDICALE 


134 


qui  concerne  les  femmes  en  couches  a domicile  et  l’eleve  des  enfants  abandonnes  ou  mis 
en  nourrice. 

Solliciter  l’allaitement  maternel  par  des  secours  delivres  k domicile  aux  filles  et  aux 
femmes  pauvres,  pendant  une  duree  a determiner  selon  les  circonstances,  et  au  besoin 
l’encourager  & l’aide  de  primes  et  de  recompenses. 

Provoquer  partout  la  creation  de  Societes  protectrices  de  l’enfance  ; soutenir  ces 
institutions  et  leur  venir  en  aide  par  des  subsides. 

Installer  hors  de  Penceinte  des  villes,  a la  campagne,  des  hopitaux  speciaux  pour  les 
maladies  de  Penfance,  oil  seraient  re?us  les  jeunes  enfants  qui  ne  se  trouveraient  pas 
chez  eux  dans  des  conditions  hygieniques  suffisantes. 

Multiplier,  en  les  soumettant  a une  surveillance  medicale  et  administrative  severe, 
intelligente,  les  salles  d'asile  et  les  ecoles  gardiennes,  ces  vestibules  de  l’ecole 
primaire. 

Enseigner  l’hygiene  des  enfants  dans  toutes  les  ecoles  de  filles  et  en  faire  des 
matieres  obligatoires  de  l’enseignement. 

Multiplier  les  creches,  les  etablissements  speciaux  pour  le  traitement  des  rachitiques 
et  des  scrofuleux. 

Enfin,  tenir  la  main  a l’execution  stricte  et  severe  des  reglements  sur  la  prostitution, 
cet  exutoire  necessaire  des  societes  modernes.  « 

A cote  de  ces  conclusions  pratiques,  il  s’est  produit,  sous  forme  de  vceux,  d’autres 
aspirations  genereuses,  que  l’assemblee  a ratifiees  de  ses  applaudissements,  notamment 
le  vceu  de  voir  disparaitre  de  notre  legislation  les  lois  iniques  qui  consacrent  l’ine- 
galite  de  Phomme  et  de  la  femme  lorsqu’il  s’agit  de  la  fille-mere  et  de  son  seducteur  : 
impunite  complete  pour  celui-ci,  responsabilite  terrible  pour  celle-l&  ; interdiction  de 
la  recherche  de  la  paternite  ; refus  de  sanction  legale  a la  promesse  de  mariage  ; non- 
recevabilite  d’une  action  en  justice  pour  obtenir  du  pere  des  secours  pour  la  mere  et 
Penfant ; — en  un  mot,  cet  ensemble  de  lois  draconiennes  qui,  trop  souvent,  mettent  la 
fille-mere  dans  l’alternative  du  crime  ou  de  la  mort  par  misere. 

Cinquieme  question.  — La  cinquieme  question,  relative  aux  quarantaines  et  aux 
lazarets,  &la  prophylaxie  des  epizooties,  etc.,  a eu  pour  rapporteurs  MM.  Charbonnier  et 
Hymans.  Ce  dernier  a traite  specialement  la  par  tie  de  la  question  relative  au  transport 
des  animaux  de  boucherie. 

D’apres  le  rapport,  il  y a,  dans  l’etat  actuel  de  la  science,  une  tendance  manifeste  k 
restreindre  l’importance  des  quarantaines  et  k reserver  leur  application  pour  des  cas 
exceptionnels.  Trop  souvent,  les  fleaux  epidemiques  se  sont  joues  de  ces  faibles  bar- 
rieres  qu’on  leur  opposait ; trop  souvent,  de  cruelles  epreuves  sont  venues  ebranler  la 
confiance  du  public  dans  ces  moyens,  pour  que  la  science  puisse  les  preconiser  encore 
comme  des  mesures  efficaces. 

Des  orateurs  ont  appuye  cette  maniere  de  voir  ; mais  d’autres  ont  pretendu  qu’on  ne 
pouvait  pas  etre  aussi  absolu  et  qu’on  devait  tenir  compte  de  la  position  geographique 
des  pays,  de  la  nature  des  maladies  et  du  mode  de  leur  propagation.  Un  point  sur 
lequel  tous  s’accordent,  c’est  l’efficacite  des  mesures  d’inspection  et  d’isolement  rigou- 
sement  appliquees,  principalemcntau  debut  des  epidemics.  Peut-etre  meme  les  progres 
de  la  science,  de  la  chimieet  del’hygiene  surtout  pourront-ils,  un  jour,  nous  debarrassor 
de  toutes  les  mesures  restrictivcs  prejudiciables  au  commerce  et  aux  relations  interna- 
tionales. 


432 


RAPPORTS  DES  SECTIONS 


Quant  a la  propagation  des  epizooties,  on  a propose  de  les  combattre  par  des  cor- 
dons sanitaires  etablis  autour  des  localites  infectees  ou,  s’il  s’agit  d’un  pays  etranger. 
par  une  surveillance  tres-active  sur  les  importations  de  bestiaux  et  de  fourrages  ; des 
peines  severes  devront  etre  edictees  contre  ceux  qui  se  permettraient  d’enfreindre 
ces  prescriptions.  La  plupart  des  orateurs  ont  recommande  l’abattage  immediat  des 
animaux  infectes.  On  a cite  comme  modeles  & suivre  la  Prusse,  l’Angleterre,  les  Pays- 
Bas  et  la  Belgique,  ou  cette  mesure  est  appliquee  energiquement,  moyennant  une  juste 
indemnite  accordee  aux  proprietaires.  Un  orateur  a pourtant  fait  une  reserve,  en  propo- 
sant  de  garder  pour  l’etude  et  pour  des  essais  de  guerison  une  partie  des  animaux 
malades.  On  a propose  1 incineration  des  betes  abattues  comme  le  meilleur  moyen  de 
couper  court  a tous  les  abus  engendres  par  la  negligence  et  la  cupidite,  et  l’appareil 
de  M.  Kuborn  a ete  cite  comme  le  plus  parfait. 

Le  rapport  de  M.  Hymans  sur  le  transport  des  animaux  de  boucherie  ademontre  a 
1 evidence  que  les  inconvenients  qui  resultent  de  l’encombrement  dans  les  wagons  et 
les  vaisseaux  reclament  une  reforme  radicale  dans  la  reglementation  actuelle.  II  emet 
le  voeu  qu’une  disposition  legislative  rende  obligatoire  dans  tousles  pays  l’alimentation 
des  animaux  de  boucherie  pendant  le  transport.  Cette  proposition  n’a  rencontre  aucune 
opposition. 


Enfin  la  huitieme  question,  relative  & la  statistique  medicale  et  a la  statistique 
demographique,  a ete  traitee  de  main  de  maitre  par  MM.  Janssens  et  Bertillon.  La  dis- 
cussion de  leurs  rapports,  qui  a eu  lieu  aujourd’hui  merne,  s’est  termineepar  l’adoption 
des  conclusions  suivantes  : 

f 

1°  Avant  de  songer  a uniformiser  dans  les  differents  Etats  les  statistiques  de  la 
mortalite  par  professions,  il  y a lieu  d’inviter  les  gouvernements  ainsi  que  les  autorites 
locales  a relever  les  deces  par  professions  et  a publier  ceux-ci  en  regard  de  la  popula- 
tion recensee  de  chacune  de  ces  professions. — 2°  La  question  actuellement  posee  devant 
le  Congres  rentrant  dans  le  domaine  de  la  statistique  officielle,  il  convient  d’inviter  la 
Commission  permanente  du  Congres  de  statistique  a la  soumettre  a l’etude  d’un  Comite 
international  dans  lequel  l’element  medical  serait  largement  represente.  — 3°  Dans 
l’etat  actuel  de  la  science  et  en  presence  des  difficultes  serieuses  que  presente  l’etablis- 
sement  d’un  groupement  hygienique  des  professions  industrielles,  il  y a lieu  de  s’en 
tenir  k la  nomenclature  alphabetique  ou  bien  de  se  rallier  aux  decisions  du  8e  Congres 
de  statistique,  (reuni  en  1872,  a St-Petersbourg,)  en  adoptant  la  classification  interna- 
tionale  elaboree  par  MM.  Maikow  et  Stchepkine. 

M.  le  Dr  Bertillon,  ayant  a rechercher  comment  les  donnees  de  l’etat  civil  pourraient 
etre  utilisees  pour  les  progres  de  la  demographie,  a montre,  d’une  part,  que  les  releves 
consignes  sur  les  registres  concernant  les  naissances,  les  manages,  les  deces  devraient 
tous  etre  releves  et  publies,  car  tous  renferment  des  enseignements;  d’autre  part,  il 
a etabli  que,  outre  ces  donnees  deja  fournies  par  l’etat-civil  de  la  plupart  des 
pays,  il  en  existe  un  certain  nombre  omis  jusqu’fi  ce  jour,  mais  tres-faciles  k relever, 
et  qui  seraient  de  nature  & jeter  la  plus  grande  lumiere  sur  les  questions  qui  interessent 
au  plus  haut  point  la  sante  publique.  Tel  serait,  lors  de  la  dissolution  du  manage,  le 
releve  des  enfants  issus  de  ce  manage,  soit  dejh  morts,  soit  survivants,  au  jour  de  sa 
dissolution;  le  releve  de  la  duree  de  chaque  manage,  etc.,  etc. 

Puisqu’il  est  constant  quo  la  science,  qui  a pour  objet  l’etude  et  la  connaissance  des 


HYGIENE  MliDICALE 


133 


collectivites  humaines,  ou  demographic,  est  un  des  plus  puissants  instruments  d’in- 
vestigation  au  profit  de  l’hygiene  publique,  nous  no  devons  pas  craindre  de  demander 
au  pouvoir  public  ce  quo  lui  seul  peut  nous  donner. 

En  dehors  des  questions  portees  au  programme  de  la  section,  des  communications 
tres-importantes,  soit  orales,  soit  ecrites,  ayant  trait  k Yhygiene  medicale,  ont  ete 
faites  dans  le  cours  de  nos  seances  : 

1.  — M.  Manouvriez  fils,  de  Valenciennes,  a lu  un  travail  tres-complet  sur  les 
maladies  et  l’hygiene  des  ouvriers  travaillant  a la  fabrication  des  agglomeres  de  houille 
et  de  brai. 

2.  — M.  Dunant,  de  Geneve,  a presente  un  modele  de  lit  d’accouchement  construit 
par  M.  le  Dr  Odier,  chirurgien  en  chef  de  l’hopital  cantonal  de  Geneve. 

3.  — M.  Despaulx-Ader,  de  Paris,  a lu  une  communication  sur  les  Societes  protec- 
trices  de  l’enfance  en  France. 

4.  — M.  Houze  de  l’Aulnoit,  de  Lille,  a lu  une  communication  sur  le  traitement  de 
l’asphyxie  par  submersion  et  la  necessite  de  recourir  au  catheterisme  de  l’estomac 
dans  tout  cas  d’asphyxie  par  submersion. 

5.  — M.  le  Dr  Janssens,  de  Bruxelles,  a complete  cet  interessant  travail  par  la  lecture 
des  passages  principaux  de  la  brochure  du  professeur  F.  Pacini  : 11  mio  metodo per  la 
respirazione  artificiale,  qu’il  a traduits  de  vive  voix. 

6.  — Dans  la  seance  suivante,  M.  le  professeur  Melsens,de  Bruxelles,  a donne  lecture 
d’un  travail  sur  l’emploi  de  l’iodure  de  potassium  dans  le  traitement  des  intoxications 
metalliques  aigues  ou  chroniques. 

7.  — Dans  la  meme  seance,  M.  Humbert,  de  Geneve,  a lu  un  travail  tres-important 
sur  la  syphilis  et  les  moyens  d’en  combattre  la  propagation. 

8 et  9.  — MM.  Droixhe,  de  Huy,  et  Billaudeau,  de  Soissons,  ont  lu  d’interessantes 
communications  sur  la  mortalite  des  nourrissons. 

10.  — M.  Dally,  de  Paris,  a fait  une  communication  sur  lagymnastique  et  l’hydrothe- 
rapie  dans  l’hygiene  publique. 

11.  — M.  Germond  de  Lavigne  a lu  une  notice  sur  l’utilite  des  hopitaux  maritimes 
pour  les  enfants  scrofuleux. 

12.  — Enfin,  MM.  Baillarger  et  Krishaber  ont  presente  un  memoire  important  sur  la 
prophylaxie  du  goitre  endemique. 

D’autres  travaux,  dont  les  auteurs  etaient  absents  ou  que  le  manque  de  temps  n’a 
pas  permisde  lire  en  seance,  nous  ont  ete  communiques  en  manuscrit.  Ce  sont : 

13.  — Notice  sur  les  mesures  preventives  necessities  par  l’approche  du  cholera,  par 
le  professeur  Zdekauer,  de  Saint-Petersbourg. 

14.  — Das  Problem  einer  rationnellen  Leichen-versorgung,  von  prof.  Steinbeiss,  zu 
Stuttgart. 

15.  — Memoire  sur  les  moyens  d’eviter  le  danger  d’etre  enterrevivant,  par  lcpastcur 
Heise  (Danemark). 

10.  — Memoire  sur  l’utilite  d’hdpitaux  speciaux  dans  les  stations  maritimes  pour  le 
traitement  des  enfants  scrofuleux,  par  M.  Droixhe,  de  Huy. 

Au  moment  de  se  separer,  la  section,  arrivee  au  terme  do  son  programme,  a decide  a 


134 


RAPPORTS  DES  SECTIONS.  — HYGIENE  MltDICALE 


l’unanimite  de  porter  devant  l’Assemblee  generate  les  vooux  suivants,  ayant  trait  aux 
interets  generaux  de  l’hygieno  : 

1°  La  premiere  section,  division  B,  emet  le  voeu  que  la  ville  de  Bruxelles  realise  la 
pensee  de  la  creation  d’un  Musee  d’hygiene  et  de  sauvetage,  compose  de  maquettes, 
reductions,  plans  avec  legendes  explicatives,  tels  qu’il  s’en  trouve  en  ce  moment  a 
l’Exposition  du  Parc,  ct  enrichi,  par  des  accroissements  successifs,  des  objets  interes- 
sant  la  conservation  de  la  vie  humaine. 

2»  La  premiere  section,  division  B,  considerant  le  nombre  et  l’importance  des  ques- 
tions qu’elle  a discutees  et  l’utilite  de  revenir  sur  celles-ci  et  sur  quelques  autres  qui 
ont  seulementete  indiquees,  emetle  vceu  qu’un  nouveau  Congres  d’hygiene  et  de  sau- 
vetage se  reunisse  dans  deux  ans  a Paris,  a l’occasion  de  l’Exposition  universelle  de 
1878. 


DEUXIEME  SECTION 


DIVISION  A.  — SAUVETAOE. 


Rapporteur  : M.  Dumoustier  de  Fredilly, 

Directeur  au  Ministfere  de  l’Agriculture  et  du  Commerce,  president  du  Comitd  d’adminislration  de  la 

Socidte  franQaise  de  Sauvetage,  a Paris. 


Designe  a la  derniere  heure  pour  suppleer  le  rapporteur  anterieurement  choisi,  il 
m’a  ete  impossible  de  vous  faire  un  rapport  ecrit. 

Je  viens  done  tres-rapidement,  Messieurs,  vous  exposer  les  travaux  de  la  section  de 
sauvetage  en  general. 

La  section  a ete  chargee  d’examiner  six  questions  d’un  ordre  tres-eleve.  Ces  ques- 
tions sont  relatives  aux  interets  de  la  navigation,  au  sauvetage  sur  terre  et  sur  mer,  au 
sauvetage  dans  les  mines,  dans  l’exercice  des  grandes  industries  ou  dans  les  travaux 
publics  proprement  dits.  Le  travail  de  la  section  a ete  singulierement  facilite  par  la 
lecture  de  rapports  tres-complets,  tres-interessants,  dans  lesquels  les  ingenieurs  et 
les  officiers  de  marine  ontfait  preuve  d’une  science  approfondie. 

La  premiere  question  qui  a ete  traitee  etait  ainsi  formulee  : 

" Quels  sont  lesmoyens  deprevenir  ou  de  neutraliser  : 1°  les  collisions  sur  terre  et 
sur  mer;  2°  la  combustion  sponlanee  a bord  des  navires ; 3°  diminuer  les  cas  de  nau- 
fr  age  eld’ abandon.  « 

On  a reconnu  qu’en  presence  du  mouvement  croissant  de  la  navigation  et  de  l’aug- 


136 


RAPPORTS  DES  SECTIONS 


mentation  do  vitesse  considerable  resultant  de  l’emploi  d,e  la  vapeur,  le  danger  des 
collisions  etait  plus  grand  quo  par  le  passe.  Une  reglementation  uniforme  a paru,  des 
lors,  necessaire.  Une  reglementation  individuelle  par  Etat  aurait  peut-etre  des  conse- 
quences facheuscs,  en  ce  sens  qu’elle  permettrait  a la  concurrence  de  triompher  plus 
facilement  de  la  lutte  qui  s’etablit  entre  les  differents  Etats  s’occupant  de  transports 
maritimes.  Nous  avons  partout  la  liberte  du  pavilion.  11  faudrait,  des  lors,  que  les 
garanties  fussent  egales  pour  tous  ceux  qui  ont  des  navires. 

La  section  a done  emis  le  voeu  qu’une  reglementation  generale  futsoumise,  parvoie 
international e,  aux  differents  Gouvernements. 

On  a demande  notamment  l’application  de  quelques  principes  generaux  en  ce  qui 
concerne  la  reglementation  des  feux  k bord  et  la  reglementation  des  manoeuvres  des 
navires  en  cas  de  rencontre. 

C’est  la,  incontestablement,  une  question  difficile  a resoudre.  Toutefois  je  dois  dire 
que  l’Angleterre  a pris  l’initiative  d’une  reglementation  a laquelle  la  France  s’est  ral- 
liee  et  qui  a donne  deja  des  resultats  tres-satisfaisants.  On  a fait  appel  a quelques 
Etats  maritimes  ; cet  appel  est  reste  sans  echo  ; mais  tout  fait  esperer  cependant  que 
le  voeu  du  Congres  sera  suivi  d’une  realisation. 

Beaucoup  de  communications  ont  ete  faites  en  ce  qui  concerne  les  moyens  auxquels 
on  pourrait  avoir  recours  pour  arriver  a ce  resultat.  Ces  communications  sont  mention- 
nees  dans  les  proces-verbaux. 

Je  passe  a la  deuxieme  partie  de  la  question,  qui  touche  aux  chemins  de  fer. 

L’auteur  du  rapport,  ingenieur  beige  fort  distingue,  a indique  les  moyens  de  sauve- 
tage  et  les  engins  employes  en  cas  de  collision,  et  il  a conclu  que  cela  suffirait. 

Nous  nous  sommes  rallies  a cette  opinion  qu’il  n’y  avait  pas  lieu  de  solliciter  de 
reglementation  internationale  a cet  egard.  Les  chemins  de  fer  sont  libres  dans  chaque 
Etat ; il  n’y  a pas  ici  de  difficulty  naissant  de  la  concurrence.  Par  consequent,  tout 
progres  contpi  et  applique  chez  l’un  peut  profiter  aux  autres.  Mais  enfin  il  s’agit  d’une 
action  individuelle  dont  l’initiative  appartient  a chaque  Etat. 

En  ce  qui  regarde  les  conditions  a rechercher  pour  eviter  les  naufrages  et  l’abandon 
des  navires  en  mer,  la  question  est  bien  plus  difficile  a resoudre. 

Il  y a necessite  de  maintenir  la  libre  concurrence  et  la  liberte  de  la  navigation; 
cependant  il  est  indispensable  de  mettre  un  frein  k l’abus  resultant  de  cette  concur- 
rence, a l’egoisme,  a la  rapacite  et  a l’insouciance  meme  des  armateurs  et  des  capi- 
taines  ; car  celle-ci  n’estmalheureusement  que  trop  constatee.  Il  est  evidemment  indis- 
pensable, pour  obtenir  un  chargement,  que  le  fret  ne  soit  pas  trop  eleve,  et,  a cet 
effet,  il  faut  recourir  a des  moyens  aussi  economiques  que  possible  ; et  ces  moyens 
sont  fdcheux ; souvent  les  navires  sont  d’une  construction  mediocre  etles  officiers  eux- 
memes  presentent  des  garanties  de  capacite  fort  douteuses.  Il  serait  incontestablement 
a desirer  que  les  conditions  de  chargement  fussent  etudiees  avec  le  plus  grand  soin. 

On  a signale,  comme  cause  principale  des  sinistres  qui  se  presentent  et  qui,  a diffe- 
rentes  epoques,  ont  frappe  l’opinionpublique,  le  danger  qu’offrent  les  chargements  trop 
considerables  sur  les  ponts  de  navires,  et  surtout  les  chargements  de  grains  en  vrac. 
Il  est  evident  que  ces  grains  se  portent  par  l’cffet  du  roulis  d’un  cote  & 1 ’autre  du  navire, 
et,  si  une  vague  trop  forte  survient,  le  navire,  ayant  perdu  son  equilibre,  est  facilement 
englouti,  et  avec  la  cargaison  perissent  aussi  les  homines  de  l’equipage. 

C’est  une  situation  k laquelle  il  importe  de  remedier  et,  k cet  effet,  il  est  indispen- 


SAUVETAGE 


437 


sable  qu’il  s’etablisse  sur  ce  point  une  reglementation  uniforme  entre  tous  les  Etats 
maritimes.  Aussi  y a-t-il  lieu  tie  penser  que  les  Gouvernements,  preoccupes  cux-memes 
des  consequences  qui  resultent  des  exces  de  chargement  des  grains,  arriveront  a 
s’entendre  sur  ce  point. 

J’ajoute  que  les  Compagnies  d’assurances  de  tous  les  Etats  se  sont  unies  pour 
examiner  cette  question  et  soumettre,  de  leur  cote,  aux  differents  Etats  dont  elles 
relevent  des  dispositions  speciales  qui,  en  ce  qui  concerne  la  France,  sont,  des  ce 
moment,  k l’etude. 

La  quatrieme  proposition  etait  celle  de  la  combustion  spontanee.  Il  n’y  a pas  eu  de 
rapport  sur  cette  question ; mais  des  conversations  ont  ete  echangees,  et  il  en  est 
resulte  cette  opinion  : qu’il  etait  difficile  de  faire  des  reglements  pour  veiller  d’une 
maniere  speciale  au  chargement  de  matieres  telles  que  la  houille,  etc. 

Cette  question  n’a  pas  de  caractere  international  et  peut  etre  facilement  resolue  par 
chaque  Etat. 

La  deuxieme  question,  qui  a fait  l’objet  d’un  rapport  tres-interessant,  est  relative 
aux  mesures  a prendre  pour  faciliter  l’emigration.  Cette  question  a ete  discutee  en 
assemblee  des  sections  reunies. 

Beaucoup  d’idees  ont  ete  soumises  a l’examen  par  des  personnes  qui  ont  pris  part  a 
nos  discussions,  et  la  consequence  de  ces  differentes  idees  a ete  qu’il  y avait  lieu  de  pren- 
dre des  mesures  et  de  provoquer  ici  encore  une  legislation  internationale. 

On  desire  vivement,  — et  ce  desir  me  parait  fonde,  — que,  dans  tout  Etat,  on  deter- 
mine les  conditions  du  depart,  la  visite  des  navires,  la  visite  faite  apres  1’armement, 
l’obligation  d’avoir  un  medecin  a bord,  l’obligation  de  se  conformer  a des  prescriptions 
speciales  concernant  la  nourriture  et  a un  ensemble  de  mesures  hygieniques; 
ces  prescriptions  repondent  k un  sentiment  humanitaire ; elles  sont  appliquees  en 
France,  et  je  ne  doute  pas  que,  dans  un  delai  rapproche,  elles  ne  le  soient  aussi  dans  le 
monde  entier. 

La  question  suivante  avait  pour  objet  l’examen  des  abus  auxquels  donnent  lieu  les 
assurances  maritimeset  la  recherche  des  moyens  necessaires  pour  porter  remede  a cette 
situation. 

L’assurance  a pris  un  developpement  considerable ; elle  est  devenue  une  necessite  de 
situation. 

Dans  certains  pays,  l’assurance  est  libre ; rien  ne  gene  ses  mouvements.  — Dans  les 
pays  soumis  k une  legislation  analogue  a celle  de  la  France,  le  code  de  Commerce  avait 
stipule  que  le  fret  proprement  dit  et  le  profit  maritime  ne  pourraient  faire  l’objet  de 
l’assurance. 

La  liberte  des  pavilions  a ete  proclamee  ; on  a institue  des  commissions  chargees 
de  rechercher  comment  on  pourrait  ameliorer  la  situation  de  la  marine  marchande ; au 
nombre  des  moyens  indiques,  on  a propose  l’extension  des  objcts  sur  lesquels  peut  por- 
ter l’assurancc. 

Vous  save/,  quo  nos  voisins  les  Anglais  ont  pris  l’initiative  des  grandes  entreprisos  ; 
depuis  quelques  annees,  ils  ont  construit  un  tres-grand  nombre  de  navires  dans  les  con- 
ditions les  plus  economiques. 

Mais  ces  navires,  d’une  soliditc  doutouse,  ont  etc  l'objet  de  nombreux  sinistres. 


RAPPORT  DES  SECTIONS 

L’opinion  publiquc  s’est  preoccupee  de  cette  situation  et  le  Gouvernement  s’en  est 
emu. 

On  a recherche  quelles  seraient  les  dispositions  utiles  k prendre,  et  Ton  a conclu 
qu’il  fall  ait  soumettre  les  navires  a une  visite  speciale  avant  d’accorder  1 ’automation 
de  leur  faire  prendre  la  mer. 

En  France,  Messieurs,  cette  visite  est  faite  par  des  officiers  que  designent  les  Tribu- 
naux  de  Commerce.  Cette  visite  n’est  pas  toujoursbien  faite;  mais,dumoins,  le  principe 
existe. 

On  a trouve  qu’une  entente  devrait  s’etablir  entre  les  differents  Gouvernements  pour 
que  cette  mesure  speciale  fut  etudiee  k un  point  de  vue  d’ensemble. 

La  section.  Messieurs,  a propose  une  reglementation  sur  laquelle  l’attention  des 
Gouvernements  devrait  etre  appelee.  Elle  a cherche,  en  meme  temps,  k donner  la 
satisfaction  que  reclament  l’humanite  et  l’interet  de  la  navigation. 


La  quatrieme  question  de  l’ordre  du  jour  etait  ainsi  posee  : 


Comment  pourrait-on  diminuer  les  desastres  occasionnes  par  les  marees  extraor- 
dinaires  el  les  crues  subites  des  cours  dSeau  ? » 


Cette  question  n’a  pas  eu  de  rapporteur. 

Un  travail  sur  l’emploi  de  brise-lames  flottants  a repartir  sur  les  bords  de  la  mer 
et  a l’embouchure  des  fleuves  a provoque  un  echange  de  communications  fort  interes- 
sant. 

Jusqu’au  moment  ou  l’efficacite  du'systeme  propose  soit  reconnue,  la  seule  recomman- 
dation  que  l’on  puisse  faire,  c’est  de  repandr e en  grand  nombre,  dans  les  endroits  ou  le 
danger  est  plus  imminent  et  plus  terrible,  des  ceintures  de  sauvetage,  dont  il  y a des 
specimens  a l’Exposition.  Nous  ne  doutons  pas  que  l’usage  de  ces  ceintures,  en  se  gene- 
ralisant,  ne  produise  d’heureux  resultats. — Permettez-moi  de  vous  dire,  Messieurs,  que 
trente  mille  de  ces  ceintures  ont  ete  distributes  en  France. 

La  question  suivante  se  rattachait  aux  mines  : 

« Quels  sont  les  moyens  de  prevenir  les  explosions  et  les  coups  d’eau  dans  les  mines 
etd’en  conjurer  les  effets  ? — Indiquer  le  mode  d' eclair  age  des  mines  prdsentant  le 
plus  de  securite.  » 

CJest  fa.  Messieurs,  une  question  fort  importante  ; mais  elle  est  trop  technique  pour 
que  je  puisse  la  traiter  ici  dans  tous  ses  details.  Je  me  bornerai  k vous  faire  remar- 
quer  que  toutes  les  propositions  emises  ont  paru  excessivement  heureuses  et  que  les 
conseils  donnes  par  le  rapporteur  ont  ete  tres-ecoutes.  Mais  nous  n’avons  que  des 
voeux  k emettre;  et  c’est  la  legislation  particuliere  h chacun  des  Etats  qui  doit  intervenir 
pour  reglementer  ce  qui  existe  aujourd’hui. 

Une  loi  touchant  la  responsabilite  des  proprietaires  des  mines  serait  d’un  utile 
effet. 

11  est  evident  que  si  les  proprietaires  de  mines  voyaient  leur  responsabilite  engagee 
en  cas  d’accident,  et  s’il  elait  constate  que  ces  accidents  sont  la  cause  non  pas  de 


SAUVETAGE 


■139 


Pimprudence  des  ouvriers,  mais  qu’ils  se  sont  produits  par  suite  de  la  non-execution 
des  prescriptions  reglementaires;  il  est  evident,  dis-je,  que  les  accidents  seraient  raoins 
frequents. 

Dans  certaines  grandes  exploitations  de  mines,  des  mesures  sont  prescrites,  et  je  ne 
sache  pas  que  des  accidents  se  soient  produits  sans  que,  spontanement,  les  proprie- 
taires  de  ces  mines  ne  soient  venus  au  secours  des  victimes. 

Sixieme  et  derniere  question  : 

« Comment  prevenir  les  eboulements  dans  les  travaux  de  terrassement  ? — Indi- 
cate r les  meilleurs  moyens  de  sauvetage  en  cas  d’ accidents  de  cette  nature.  » 

Les  travaux  de  terrassement  presentent  des  dangers  tres-serieux.  Les  ingenieurs 
prennent  toutes  les  precautions  que  la  science  a preconisees  jusqu’a  present ; mais  la 
science  peut  trouver  d’autres  moyens  : c’est  a elle  k les  chercher.  Nous  n’avons  pas  de 
dispositions  speciales  k offrir.  II  est  seulement  a desirer  que  la  responsabilite  puisse 
atteindre,  dans  la  plupart  des  cas,  soit  les  entrepreneurs,  soit  les  proprietaries  qui 
riauraient  pas  pris  les  precautions  particulieres  k raison  desquelles  les  accidents  pour- 
raient  etre  evites. 

Je  dois  ajouter,  cependant,  que  le  droit  commun  donne  deja,  en  cas  d’accident,  des 
garanties  assez  grandes.  Ainsi,  dans  tous  les  Etats,  l’autorite  procede  a une  enquete, 
et  quand  l’enquete  constate  qu’il  y a eu  negligence,  ou  de  la  part  de  l’entrepreneur,  ou 
de  la  partdu  proprietaire,  la  responsabilite  directe  de  l’un  ou  de  l’autre  est  atteinte. 

Toutefois,  un  vceu  etant  emis,  nous  ne  pouvons  que  vous  proposer  de  vous  y asso- 
cier. 

Mon  travail  serait  termine  si,  ce  matin,  une  communication  du  plus  haut  interet 
n’avait  ete  faite.  II  s’agit  de  rechercher  les  moyens  de  faire  reconnaitre  la  juridic- 
tion  des  differents  Etats  et  l’autorite  des  agents  speciaux  de  chacun  de  ces  Etats  dans 
les  cas  de  crimes  ou  delits  commis  a bord  des  navires,  soit  dans  les  ports,  soit  dans  les 
eaux  nationales  des  divers  pays.  Un  grand  nombre  de  jurisconsultes  se  sont  occupes  de 
cette  question;  des  memoires  ont  ete  faits.  L’auteur  de  l’unde  ces  memoires  a demande 
k la  section  de  s’associer  au  voeu  qu’il  emettait  pour  que  cette  matiere  fut  reglee  par 
voie  internationale. 

11  est  evident  que  ces  questions  d’autorite,  de  juridiction  ne  peuvent  etre  deter- 
minees  par  chacun  de  nos  Etats.  II  faut  une  entente  generale  pour  que  les  mesures  puis- 
sent  etre  appliquees  de  plus  pres. 

La  se  bornent,  Messieurs,  les  travaux  de  la  section  et  la  mission  qui  avait  ete  con- 
fiee  au  rapporteur  de  vous  les  exposer. 


DEUXIEME  SECTION 


DIVISION  B.  — SAUYETAGE  (Secours  en  temps  de  guerre). 


Rapporteur  : M.  Feigneaux, 

Docteur  en  m^decine. 


Messieurs,  la  deuxieme  division  de  la  section  de  sauvetage  du  Congres  avait  inscrit  a 
son  programme  l’etude  de  l’action  des  Societes  libres  de  secours  sur  les  champs  de 
bataille  (n0s  7,  8,  9,  10,  11,  12,  13,  14,  15). 

La  section  s’est  occupee  de  l’organisation  de  ces  Comites  avant  et  pendant  la  guerre  ; 
de  la  part  d’intervention  et  des  attributions  de  l’element  civil,  et  de  la  federation  des 
Comites. 

La  tache  du  developpement  de  cette  derniere  question  avait  ete  reservee,  par  les 
membres  organisateurs  du  Congres,  a l’honorable  M.  Moynier,  president  du  Comite 
international  de  la  Croix-Rouge,  siegeant  a Geneve. 

C’est  a lui,  en  grande  partie,  que  devait  incomber,  grace  & l’autorite  de  son  talent, 
l’honneur  de  rappeler  aux  protecteurs  de  1’CEuvre  des  Comites  de  secours  en  temps  de 
guerre  que  le  devoir  de  ces  Comites  est  de  travailler  sans  relache  a elargir  les  droits 
internationaux  poses  par  la  Convention  de  Geneve.  Mais  des  circonstances  indepen- 
dautes  de  sa  volonte  ont  retenu  M.  Moynier  a Geneve  et  nous  ont  prives  de  son  concours 
pendant  nos  debats. 

Toutefois,  il  nous  a adresse  un  rapport  remarquable  qui  a servi  de  base  aux  delibe- 
rations sur  le  sujet  ainsi  indique  au  programme  : Federation  des  comites ; cette  federa- 
tion tendait  a centraliser  toutes  les  associations  de  la  Croix-Rouge,  de  fa?on  a leur 
donner  une  uniformite  d’action,  dirigee  par  un  code  d’organisation  particulier. 

Malgre  tout  le  talent  du  rapporteur,  la  proposition  n’a  point  rencontre  l’assentiment  ‘ 
general. 

Determiner  1 ’organisation  du  service  de  sante  des  Comitds  de  secours  ; etudier  les 
questions  afFerentes  a Thygiene  du  champ  de  bataille ; rechercher  le  meilleur  mode  de 
ravitaillement  des  ambulances  en  temps  de  guerre,  Porganisation  des  renseignements 
dans  les  armees  en  campagne  : telles  sont  les  questions  qui,  successivement,  ont  fait 


SECOURS  EN  TEMPS  DE  GUERRE 


444 


l’objet  des  debats  interessants  de  la  deuxieme  section,  division  B.  Elle  a termine  scs 
travaux  par  la  question  : 

Du  sort  des  prisonniers  de  guerre  au  point  de  vue  de  lour  neutrality,  des  secours  k 
leur  prodiguer,  de  leur  transport,  de  leur  internement  et  de  leur  rapatriement. 

Toutes  ces  questions  touchent  &l’une  des  phases  les  plus  delicates  de  l’organisation 
des  Societes  de  secours  en  temps  de  guerre  ; il  s’agit  de  debattre  les  conditions  du 
contrat  d’alliance  entre  l’element  militaire  et  l’element  civil,  entre  la  guerre  et  la 
charite,  et  determiner  ces  conditions  de  telle  sorte  qu’elles  soient  conciliables  avec  les 
tristes,  mais  inevitables  necessites  de  la  strategic. 

Ce  qui  augmente  les  obstacles  qu’ont  h vaincre  les  Societes  de  secours,  basees  sur 
l’initiative  privee,  c’est  l’esperance  que  fondent  les  Administrations  militaires  sur  la 
possibility  de  pouvoir  faire  face  aux  exigences  sanitaires  des  champs  de  bataille  et  h 
toutes  les  necessites  de  la  guerre. 

II  est  bien  entendu  que  nousne  parlons  que  des  questions  de  principe;  l’histoire  de  la 
derniere  guerre  nous  est  trop  presente  encore  a l’esprit  pour  ne  pas  nous  rappeler  l’he- 
rolsme  et  le  de vouement  des  medecins  militaires  et  les  efforts  qu’ils  ont  faits  pour  sur- 
monter  des  obstacles  qui  augmentaient  k mesure  que  leur  activite  se  deployait.  C’est 
durant  la  guerre  cependant,  la  oil  les  grandes  batailles  viennent  de  se  livrer,  que  le 
besoin  de  secours  en  faveur  des  blesses  se  fait  le  plus  vivement  sentir.  C’est  la  aussi 
que  l’assistance  fait  surtout  defaut,  quelle  que  soit  la  prevoyance  de  l’Administration 
des  armees  pour  recueillir  les  blesses  et  leur  venir  en  aide. 

Les  grandes  guerres  actuelles  exigent  des  contingents  plus  nombreux  ; le  service 
officiel  ne  peut  suffire  aux  besoins  des  blesses  et  des  malades  ; quoique  l’on  fasse,  on  ne 
pourra  done  se  passer  de  l’assistance  volontaire  des  Societes  de  secours,  sous  peine  de 
violer  les  devoirs  les  plus  sacres  de  l’humanite.  Mais,  pour  que  leur  concours  soit  effi- 
cace  et  accepte  de  tous,  elles  doivent  avant  tout  s’organiser. 

Leur  premiere  preoccupation  doit  etre  de  completer  le  service  officiel  de  sante  par  la 
creation  d’ambulances  volontaires,  etablies  sur  des  bases  uniformes  d’ordre  et  de  disci- 
pline. 

La  charite  dans  les  hopitaux  peut  n’avoir  point  de  limites;  mais  il  n’en  est  pas  de 
meme  sur  le  champ  de  bataille. 

Il  ne  faut  pas  oublier  que,  malheureusement,  le  but  de  la  tactique  de  la  guerre  l’em- 
portera  toujours  sui‘  le  butphilanthropique,  et  que  la  bonne  volonte  et  le  desir  de  bien 
faire  ne  suffisent  pas ; la  discipline  et  la  subordination  au  commandement  et  une  bonne 
organisation  sont  aussi  indispensables  pour  l’exercice  de  la  bienfaisance  que  pour  le 
service  militaire;  et,  par  dessus  tout,  il  est  urgent  que  ceux  qui  s’abritent  sous  la 
banniere  de  la  charite  du  champ  de  bataille  possedent  des  connaissances  serieuses 
etune  experience  suffisante  pour  se  rendre  utiles. 

Telles  sont  les  idees  generales  qui  ont  prevail!  pendant  les  debats  auxquels  s’est 
livree  la  deuxieme  section,  division  B. 

Quant  aux  conclusions  prises  sur  les  diverses  questions  de  son  programme,  olios 
sont  les  suivantes  : 

Pour  la  septieinc  question  : 

a)  Comment  faut-il  organiser  les  comites  de  secours,  avant  et  pendant  la  guerre  ? 
b)  Part  d’intervention  et  attributions  de  1’element  civil,  c)  Personnel  a organist  r et 


14  2 


RAPPORTS  DES  SECTIONS 


materiel  a preparer,  d)  Mesures  k prendre  pour  eviter  les  abus  signales  lors  des  der- 
nieres  guerres. 

La  question  a deja  ete  etudiee  k fond  dans  les  conferences  de  Paris  et  de  Berlin,  qui 
ont  eu  pour  resultat,  surtout  en  Allemagne,  une  organisation  complete  des  Comites 
avec  hierarchie  determinee. 

M.  Appia,  de  Geneve,  s’est  charge  de  presenter  le  rapport  sur  ce  sujet.  Voici  les 
conclusions  auxquelles  ce  travail  a conduit  la  section  : 

1°  La  Croix-llouge  et  les  ordres  de  chevalerie  qui  ont  acquis  des  droits  devraient 
seuls  etre  reconnus  sur  le  champ  de  bataille  par  les  armees  belligerantes ; 

2°  Etendre  le  reseau  des  Societes  sur  toutle  pays  et  admettre  une  autorite  centrale 
qui  devra  s’accentuer  surtout  en  temps  de  guerre  ; faire  en  sorte  que  le  Comite  central 
ait,  autant  que  possible,  dans  son  sein  des  representants  de  tous  les  Comites  provin- 
ciaux  ; 

3°  Dans  chaque  pays,  la  Societe  devra  fixer  ses  rapports  avec  son  Gouvernement  et 
en  obtenir  d’abord  la  permission  de  fonctionner  en  temps  de  guerre,  et  ensuite  une  sorte 
de  convention  etablissant  a l’avance  les  roles  respectifs  du  service  officiel  et  de  la 
Societe. 

En  temps  de  guerre  elle  doit,  en  premier  lieu,  creer  un  organe  intermediate  entre 
l’element  civil  et  l’element  militaire  ; en  second  lieu,  creer  des  services  speciaux  qui 
constitueront  le  grand  mecanisme  de  l’oeuvre. 

L’experience  a consacre  en  Allemagne,  et  sous  une  forme  un  peu  differente  en  France, 
le  choix  d’une  commission  superieure,  nominee  et  confirmee  par  le  souverain,  qui 
reunit  dans  sa  personne  la  qualite  militaire  et  celle  de  directeur  des  secours  fibres. 

II  nomme  aussi  des  sous-commissaires. 

Les  services  speciaux  a creer  seront  toujours  : 

1°  Les  finances;  2°  lapublicite;  3°  le  choix  et  l’instruction  du  personnel ; 4°  les 
divers  secours.  materiels ; 5°  l’expedition  du  personnel  et  du  materiel ; 6°  les  relations 
internationales. 

L’element  civil  devra  constamment,  pour  etre  autorise  a agir,  etre  prealablement 
affilie  a la  Croix-Rouge  ; d’autre  part,  les  unites  tactiques  des  secours  civils  seront 
separees  de  celles  de  l’armee,  mais  elles  resteront  toujours  sous  la  dependance  de  l’au- 
torite  militaire. 

En  principe,  le  personnel  de  la  Croix-Rouge  ne  depassera  pas  la  seconde  ligne  ; mais 
il  va  sans  dire  qu’on  tiendra  toujours  compte  des  necessites  du  moment,  car  le  bien  du 
blesse  sera  toujours  le  premier  but  a poursuivre. 

Quant  aux  secours  demandes  aux  habitants  avoisinant  le  champ  de  bataille  et  qui,  le 
plus  souvent,  n’ont  point  encore  eu  de  relations  avec  la  Croix-Rouge,  c’est  le  seul  per- 
sonnel fibre  dont  la  Convention  de  Geneve  fasse  mention,  afin  d’assurer  son  concours, 
toujours  si  necessaire,  en  lui  offrant  des  garanties. 

L’autorite  militaire  fera  bien  dans  ce  cas,  si  possible,  de  provoquer  rapidement  dans 
la  localite  la  formation  d’un  Comite  avec  lequel  elle  se  mettra  en  rapport  pour  les 
secours  a obtenir  des  habitants. 

Sur  la  question  du  materiel  k organiser,  la  section  s’est  demande  si  les  Societes  doi- 
vent  deja,  en  temps  de  paix,  faire  des  approvisionnements  complets  ou  se  borner  k 
etudier  des  echantillons. 

Les  opinions  de  la  section  se  sont  partagdes  sur  ce  sujet. 


SECOURS  EN  TEMPS  DE  GUERRE 


443 


La  derniere  question  qui  a ete  soumise  a la  section  a ete  celle-ci  : 

Comment  obvier  aux  abus  signales  dans  les  dernieres  guerres  ? 

La  reponse  du  rapporteur  a ete  celle-ci  : 

Le  meilleur  moyen  d’obvier  aux  abus,c’est  de  faire  fonctionner  bien  et  regulierement 
le  mecanisme  de  l’oeuvre,  tel  qu’il  a ete  determine  a l’avance. 

Les  moyens  de  details  sont  : a)  une  commission  de  triage  du  personnel  qui  s’offre  ; 
fonction  delicate  et  laborieuse  au  moment  de  l’explosion  d’une  guerre,  b ) Preparer 
d’excellents  manuals,  mettant  les  porteurs  de  secours  au  courant  de  leurs  obligations, 
c)  Demander  des  rapports  frequents  des  chefs  d’escouades  et  les  autoriser  h renvoyer 
immediatement  ceux  qui  manquent  a leurs  obligations. 


Les  debats  qui  se  sont  ouverts  sur  ces  graves  questions  ont  ete  incontestablement 
des  plus interessants. 

Plusieurs  orateurs  ont  apporte  leurs  lumieres  a la  discussion  avec  le  plus  grand  profit 
pour  les  travaux  de  la  section;  notamment  MM.  Heyfelder,  Leuthold,  Peltzer,  Merchie, 

Bougard,  Riant,  de  Beaufort,  Serurier,  Ellissen,  Furley,  Haak. 

/ 

Huitieme  question.  — Determiner  l’organisation  du  service  medical  pour  le  champ  de 
bataille.  Faire  connaitre  les  meilleurs  moyens  de  transport  du  lieu  du  combat  a l’ambu- 
lance  volante. 

M.  le  docteur  Appia,  rapporteur,  a commence  par  rendre  un  compte  succinct  des 
reformes  modernes  relatives  a la  strategie  des  secours  aux  blesses. 

Quant  au  personnel  sauveteur  sur  le  champ  de  bataille,  il  n’a  voulu  parler  que  des 
brancardiers  et  des  qualites  de  l’instruction  qu’ils  reclament. 

Pour  le  materiel  egalement  employe  sur  le  champ  de  bataille,  il  a passe  rapidement 
6n  revue  les  havre-sacs,  les  sacoches,  la  gourde  et  surtout  les  brancards. 

11  a tenu  h faire  remarquer  que  le  premier  pansement,  le  premier  vehicule  k employer, 
la  distance  du  premier  transport  sont  des  questions  connexes  et  solidaires. 

Le  but  k poursuivre  doit  etre,  sur  le  lieu  meme  du  combat,  de  mettre  le  blesse  en  etat 
d’etre  transporte  plutot-que  de  le  traiter  chirurgicalement.  Immobiliser  les  membres 
et  ensuite  le  bien  transporter,  c’est  la  tache  du  brancardier. 


La  section  s’est  egalement  occupee  des  appareils  improvises  ainsi  que  de  la  conve- 
nance  d’admettre  un  secours  complementaire  encas  deforce  majeure. 

La  section  a reserve  ensuite  les  questions  suivantes  : 

1.  Par  quelles  mesures  peut-on  le  mieux  immobiliser  le  membre  du  blesse  et  lui 
epargner  un  examen  trop  frequent  de  sa  plaie  ? 2.  Peut-on  adopter  une  forme  unique 
de  brancard?  3.  Pourra-t-on  et  devra-t-on  le  remplacer  en  tout  ou  en  partie  par  de 
petites  voitures?  4.  Doit-on  tendre  a perfectionner  toutes  les  ressources,  de  fa^on  i\ 
pouvoir  supprimer  la  place  provisoire  de  pansements  ? 

Sur  certains  points  techniques  du  rapport,  la  discussion  s’est  ouverte  sur  le  bandage 
platre  et  les  autres  appareils  de  fractures  applicables  aux  champs  do  bataille. La  section, 
a cette  occasion,  a entendu  les  savants  exposes  des  opinions  dc  M.  le  professeur  von 
Langenbeek,  Van  de  Loo,  Friedrich  et  Dauve. 

Le  c6te  pratique  de  ces  exposes  portera  les  plus  grands  fruits. 


m 


RAPPORTS  DES  SECTIONS 


L’application  des  bandages  platres  sur  le  champ  de  bataille  memo  a ete  consideree 
comrae  dangereuse. 

Les  gouttieres  en  zinc,  enbois  et  en  carton,  adoptees  paries  armees  autrichiennes, 
ont  ete  preferees. 

Neuvieme  question.  — Faire  connaitre  les  meilleurs  moyens  de  transport  du  lieu  du 
combat : a)  a l’ambulance  volante,  a l’ambulance  fixe  temporaire;  b)  aux  hopitaux  et  la- 
zarets. 

Le  rapport  sur  cette  question  a ete  confie  h M.  Hermant,  medecin  de  regiment. 

Les  debats  ont  etabli  que  : 1°  les  meilleurs  modes  de  transport  du  blesse  de  l’endroit 
ou  il  est  tombe  jusqu’au  lieu  de  pansement  est  le  brancard ; 2°  la  voiture  a deux  roues 
doit  seule  servir  k transporter  les  blesses  apres  le  premier  pansement  jusqu’a  la  seconde 
ligne ; 3°  la  voiture  a quatre  roues  n’est  applicable  que  pour  autant  que  les  routes  soient 
carrossables ; ces  voitures  doivent  etre  legeres  et  n’exiger,  quand  elles  sont  chargees, 
que  le  secours  de  deux  chevaux ; 4°  les  wagons  de  chemins  de  fer  qui  servent  a l’eva- 
cuation  des  blesses  devront  presenter  les  dispositions  adoptes  paries  chevaliers  deMalte 
dans  leur  train  sanitaire.  Ces  voitures  doivent  etre  convenablement  ventilees. 

La  ventilation  des  wagons  a fait  l’objet  de  longs  debats  auxquels  ont  pris  part 
MM.  Wolffhiigel,  Hirsch  et  Francisque  Michel. 

MM.  Leuthold  et  Peltzer  ont  signale  a la  section  le  systeme  de  ventilation  de 
M.  Smith,  de  Ludwigshaven,  qui  a paru  tres-applicable  aux  wagons. 

La  section  a reconnu  que  les  moyens  de  transport  des  blesses  fabriques  d’avance 
sont  toujours  insuffisants  ; elle  a emis  l’opinion  qu’ils  devraient  presenter  un  model  e 
uniforme  qui  permit  l’introduction  de  tout  brancard. 

La  dixieme  question  proposait  de  : 

Determiner  le  meilleur  mode  de  construction  et  d’installation  de  tentes  et  de  baraques. 

Les  conclusions  du  debat  souleve  par  le  rapport  de  M.  Bougard  peuvent  etre  resu- 
mees  en  ces  termes  : 

Les  blesses  et  les  malades  doivent  etre  traites  dans  des  baraques  et  des  tentes.  Celles- 
ci  seront  a double  enveloppe,  celles-la  construites  en  planches,  disposees  sur  une  ligne 
et  orientees  d’apres  les  vents  dominants  du  pays.  Leur  plancher  s’elevera  au  moins  k 
50  centimetres  au-dessus  du  sol. 

Pour  la  ventilation,  on  adoptera  le  systeme  le  plus  simple  et  on  rejetera  les  precedes 
artificiels  etles  murs  a double  enveloppe. 

M.  le  Dr  Mazzoni,  professeur  a FUniversite  de  Rome,  a insiste  sur  la  necessite  de 
l’isolement  des  blesses  etdes  malades  atteints  de  memes  affections. 

Onzieme  question. — Quels  soins  faut-il  prendre  des  cadavres  sur  le  champ  de  bataille  ? 
a)  Moyen  d’empecher  la  maraude,  les  rapines  et  autres  abus;  b ) moyens  propres  k 
empechcr  la  putrefaction  ou  k la  ralentir;  — inhumation  provisoire  ; c)  inhumation  defi- 
nitive ; d)  incineration  des  cadavres ; e)  institution  d’une  oeuvre  auxiliaire  : la  Croix- 
Noire. 

Rapporteur  : M.  le  Dr  Guillery,  chirurgien  des  hdpitaux  civils  de  Bruxelles. 

Yoici  le  resultat  des  debats  auxquels  ont  pris  part  MM.  Creteur,  Neudbrfer  et  Van  de 
Vyvere  : 

Aux  vainqueurs  appartient  la  police  des  champs  de  bataille. 


SECOURS  EN  TEMPS  DE  GUERRE 


148 


L’idee  de  la  cremation  des  cadavres  a eu  ses  partisans  et  ses  contradicteurs.  La 
destruction  des  cadavres  doit  etre  entouree  de  tous  les  soins  hygieniques  capables 
d’enrayer  les  mauvaises  influences  que  leur  putrefaction  peut  exercer  sur  les  popula- 
tions voisines. 

L’institution  d’une  nouvelle  association  : la  Croix-Noire,  a paru  inutile  et  sa  neu- 
tralisation impossible. 

Une  section  de  la  Croix-Rouge,  dirigeepar  un  medecin,  devrait  etre  chargee  de  la 
constatation  de  la  mort  reelle,  des  inhumations  ou  de  la  cremation  sur  les  champs 
de  bataille.  / 


La  douzieme  question  relative  aux  animaux  errants  et  blesses  sur  le  champ  de 
bataille,  question  toute  neuve,  a ete  traitee  par  M.  Van  Roy,  inspecteur  veterinaire  de 
l’armee,  a Bruxelles. 

La  section  s’est  ralliee  aux  conclusions  suivantes,  proposees  par  l’honorable  rap- 
porteur : 1°  les  vainqueurs  devraient  recueillir  les  animaux  errants  et  en  disposer 
d’apres  leurs  besoins  ; 2°  les  mesures  pour  empecher  et  punir  le  vol,  la  rapine,  le  recel 
incombent  aux  autorites  competentes,  qui  doivent  reprimer  severementle  trafic  scanda- 
leux  de  ces  animaux;  3<>  interdiction  severe  des  noyades  des  chevaux  dans  les  fleuves, 
les  rivieres  et  autres  cours  d’eau ; 4°  abatage  immediat  des  chevaux  atteints  de  blessures 
mortelles  (abatage  ordonne  par  les  veterinaires);  5°  utilisation,  pour  P alimentation  du 
soldat,  des  chevaux  sains,  mais  impropres  au  service;  6°  benefice  de  la  neutrality  ac- 
corde  aux  veterinaires  a titre  de  non-combattants ; 7°  les  chevaux  morts  seront  detruits 
par  la  cremation  ou  enfouis. 

Legitime  revendication  : 

Nous  ne  sommes  plus  au  temps  de  l’empirisme  oil  les  animaux  etaient  soignes  par 
les  marechaux-ferrants,  et  les  homines  par  les  barbiers  et  les  rebouteurs. 

L’art  veterinaire  et  l’art  medical  reposent  aujourd’hui  sur  la  science,  et  tous  deux 
sont  unis  par  une  solidarity  dont  le  but  est  la  sante  publique.  Le  veterinaire  occupe 
dans  la  societe  une  place  honorablement  acquise;  si  nous  lui  demandons  le  devouement 
et  Pabnegation  necessaires  a la  sauvegarde  des  populations  contre  l’infection  produite 
par  l’accumulation  des  cadavres  d’animaux  sur  le  champs  de  bataille,  il  serait  juste 
de  reclamer  pour  lui  la  neutrality  qui  protegcrait  sa  vie  dans  l’exercice  de  ses  fonctions, 
cornme  elle  est  accordee  aux  medecins  et  aux  pharmaciens. 


Treizieme  question.  — Comment  faut-il  ravitailler  les  ambulances  en  temps  de 
guerre?  Requisition,  transports,  leur  gratuite,  droits  et  obligations  des  convoyeurs. 

Cette  question  a ete  traitee  par  M.  De  Costere,  intendant  militaire,  a Bruxelles. 

II  est  d’avis  qu’il  faudrait  exclure  absolument  la  charite  des  champs  de  bataille. 
Depuis  les  enseignements  de  la  guerre,  aucun  Gouvernement  n’admettra  plus  ni  ambu- 
lances ni  trains  de  charite  sur  le  theatre  de  la  guerre,  sans  que  les  personnels  aient 
ete  militarises. 


Mais  cette  militarisation,  c’est  la  mort  dela  charite. 

Pour  M.  De  Costere,  le  role  de  la  bienfaisance  doit  res  ter  lib  re.  11  laisserait  ii  l’ele- 
rnent  militaire  le  champ  de  bataille  et  lirniterait  Paction  de  la  charite  au  ravitaillement 
des  hfipitaux  d’evacuation  et  de  ceux  de  la  mere-patrie,  destines  k recevoir  les  blesses. 
L’idee  absolue  dela  militarisation  de  la  charite  proposee  par  M.  le  rapporteur,  sou- 


10 


14b  RAPPORTS  DES  SECTIONS. 

leve  un  debat  auquel  ont  pris  part  MM.  von  Held,  Houze  de  l’Aulnoit,  Riant  etPeltzer. 
La  section  a demande  que  pour  l’application  de  cette  question,  comrae  pour  celle  des 
questions  precedentes,  l’element  civil  fut  mis  sous  la  sauvegarde  de  l’element  mili- 
taire. 


La  quatorzieme  question  etait  restee  sans  rapporteur  jusqu’a  la  derniere  heure. 

MM.  Pilloy,  capitaine  d’etat-major  a Bruxelles,  et  Heyfelder,  conseiller  d’Etat  de 
S.  M.  l’Empereurde  Russie,  se  sontpartage  I’honneur  de  traiter  la  question. 

Ces  deux  rapporteurs  se  sont  trouves  en  parfaite  communaute  d’idees. 

11s  montrent  l’importance  des  bureaux  de  renscignements,  particulierement  pour  les 
belligerants,  et  prennent  les  conclusions  suivantes  : 1.  Les  listes  des  blesses,  morts  et 
de  ceux  qui  manquent  sont  dressees  et  publiees  par  les  autorites  militaires  et  doivent 
etre  repandues  par  les  bureaux  de  renseignements.  2.  Les  bureaux  de  renseignements 
doivent  etre  crees  en  grand  nombre  (statistique  et  medecine).  4.  La  correspondance 
demande  un  large  concours  du  secours  libre.  6.  Les  caisses  de  depot  pour  les  objets 
trouves  sur  les  champs  de  bataille  doivent  exister  aupres  des  autorites  militaires  et 
des  bureaux  de  renseignements. 

M.  Heyfelder  emet  l’avis  que  la  creation  d’un  Ministere  d' hygiene  et  de  medecine 
serait  le  vrai  point  de  depart  de  toutes  ces  mesures  et  le  moyen  de  realiser  tous  les 
voeux  du  Congres. 


La  section  a enfin  termine  ses  travaux  par  1’examcn  de  la  question  des  prisonniers 
de  guerre,  les  secours  a leur  donner,  leur  transport,  leur  internement,  leur  repatrie- 
ment. 

M.  Romberg,  rapporteur,  apres  avoir  constate  que  la  question  des  prisonniers  de 
guerre  se  presentait  pour  la  premiere  fois  devant  un  Congres  dans  un  but  d’humanite, 
a fait  ressortir  qu’elle  n’etait  pas  moins  digne  que  celle  des  blesses  de  fixer  la  sollici- 
tude  publique.  L’ancienne  societe  mettait  k mort  les  prisonniers  ou  les  reduisait  en 
esclavage  en  vertu  du  droit  de  la  guerre.  Ce  droit  a flechi  dans  nos  temps  modernes 
devant  les  exigences  de  l’humanite  et  les  progres  de  la  civilisation;  des  conventions 
diplomatiques  ont  assure  un  traitement  humain  aux  prisonniers.  et  les  instructions  aux 
armees  en  campagne  stipulent  egalement  en  leur  faveur  des  mesures  protectrices. 
Toutefois  ces  dispositions  sont  loin  d’etre  generales  et  completes ; il  y a une  grande 
difference,  d’ailleurs,  entre  des  pratiques  qui  dependent  du  bon  vouloir  individuel  de 
chaque  Etat  ou  de  l’accord  de  quelques  contractants  et  l’application  de  regies  fixes, 
ayant  pour  elles  l’assentiment  universel  et  la  consecration  internationale.  L’experience 
a demontre  l’utilite  de  l’intervention  de  1’assistance  privee  pour  les  prisonniers  de 
guerre. 

Le  rapporteur  a reclame  justement,  pour  les  Societes  de  secours  en  faveur  des  pri- 
sonniers, des  garanties  et  des  avantages  identiques  k ceux  que  la  Convention  de  Geneve 
a accordes  aux  Associations  pour  les  blesses. 

Enfin,  il  a recommande  l’adoption  de  mesures  de  protection  et  de  bienveillance  qui 
tendent  & adoucir  le  sort  des  prisonniers  pendant  les  captivites,  it  faciliter  leurs  rela- 
tions avec  les  families,  etc. 


M.  le  comte  de  Caraman-Chimai  a fait  valoir  les  bureaux  de  renseignements  qui  ont 


8EC0URS  EN  TEMPS  DE  GTTERRE 


147 


fonctionne  en  Suisse  en  1870.  Cos  bureaux  devraient  etre  organises  sur  les  champs  de 
bataille  memes.  Ils  communiqueraient  los  renscignemcnts  it  un  second  bureau,  k proxi- 
mite  du  premier,  et  en  rapport  avcc  le  bureau  central  du  pays  voisin.  Chaque  Gouver- 
nement  attacherait,  au  debut  de  la  guerre,  un  personnel  special  & son  agence  diploma- 
tique la  plus  voisine  du  lieu  de  la  lutte.  D’apres  M.  le  prince  de  Caraman-Chimai,  ce 
mode  de  fonetionnement  offrirait  aux  belligerants  toutes  garanties  relatives  aux  in- 
discretions qui  pourraient  etre  commises ; et  aux  correspondants  toutes  les  garan- 
ties possibles  de  rapidite  et  d’exactitude. 

Ce  rapport  est  bien  incomplet,  sans  doute,  Messieurs;  mais  vous  comblerez  facilement 
les  lacunes  que,  par  force,  j’ai  du  y laisser  ; je  dois  cependant,  avant  de  terminer,  si- 
gnaler ^intervention  dans  nos  debats  d’un  element  qui  est  une  force  bien  grande  et  que 
tous  nous  avons  ete  heureux  de  voir  venir  prendre  sa  place  au  milieu  de  nous  : je  veux 
parler  d’une  societaire  de  la  Croix-Rouge,  societaire  vaillante  et  devouee,  dont  les 
recits  simples  et  touchants  de  ce  qu’elle  a vu  et  fait  sur  les  champs  de  bataille  nous 
ont  montre  sous  quelle  forme  la  femme  doit  apparaitre  dans  les  jours  nefastes  oil  les 
hommes,  aux  prises  entre  eux,  oublient  trop  souvent  la  sainte  loi  de  1’humanite. 

Mme  Behrends  a non  seulement  captive  l’attention  de  la  section  par  l’eloquence  de  son 
cceur,  mais  aussi  par  les  idees  qu’elle  a emises  etque  nous  saurons  mettre  a profit. 

Je  ne  suis  que  i’organe  du  Bureau  et  de  la  section  en  rendant  publiquement  hom- 
mage  au  concours  si  precieux  apporte  par  elle  k notre  CEuvre. 


troisiMe  section 


ECONOMIE  SOCIALE 


Rapporteur  : M.  J.  Stevens, 

inspecteur  g£iRral  des  prisons,  k Bruxelles. 


Messieurs,  la  troisieme  section  du  Congres  m’a  confie  la  tache  de  vous  rendre  compte 
de  ses  travaux. 

Je  me  vois  k regret  force  d’etre  bref.  Les  limites  que  me  trace  le  reglement  ne  me 
permettent  que  d’effleurer  les  questions  qui  ont  ete  soumises  a notre  examen.  C’est  en 
quelques  mots  que  je  dois  vous  donner  la  portee  des  etudes  consciencieuses  et  souvent 
remarquables  des  savants  collegues  qui  sont  venus  nous  apporter  le  concours  de  leur 
experience  et  de  leurs  lumieres. 

II  m’cst  toutefois  impossible,  Messieurs,  de  passer  sous  silence  un  reproche  adresse 
au  Congres  par  plusieurs  membres  de  la  troisieme  section.  — « Pourquoi,  a-t-on  dit, 
chaque  section  separement  ou  toutes  les  sections  reunies  en  assemblee  generale  ne 
peuvent  elles  prendre  des  resolutions  ou,  au  moins,  emettre  des  voeux?  « 

Le  Bureau  de  la  troisieme  section  n’a  pu  se  rernjre  k ce  desir. 

Le  Congres  d'hygiene,  de  sauvetage  et  d’economie  sociale,  comme  vous  le  savez,  est 
le  complement  de  TExposition  ; il  devait  done  embrasser  les  memes  sciences,  les 
memes  etudes. 

Ce  cadre,  Messieurs,  etait  beaucoup  plus  vaste  que  celui  dans  lequel  se  meut  d’ordi- 
naire  un  Congres.  Cette  diversite  de  matieres  appelait  le  concours  de  savants  et  de 
specialistes  qui  ne  devaient  prendre  un  veritable  interet  qu’i  l’une  ou  Pautre  des 
trois  sections.  Des  lors,  il  pouvait  y avoir  un  veritable  danger  k demander  a une 


£CONOMIE  SOOIALE. 


UP 

assemblee  composee  d’elements  aussi  divers  de  prendre  des  resolutions  ou  d’emettre 
des  voeux  sur  des  matieres  auxquellos  line  partie  des  auditeurs  serait  presque  comple- 
teraent  etrangere. 

Nos  seances  ont  ete  presidees  par  MM.  Albert  Picard,  Vergote,  Leon  d’Andrimont, 
Hubrecht,  le  baron  Mackay,  Mariano  Carreras  y Gonzales,  assistes  de  MM.  Stevens, 
Yander  Linden,  Hayez  et  Raeymackers  en  qualite  de  secretaires. 

Nos  rapporteurs  ont  ete  MM.  Paul,  Docx,  Leon  d’Andrimont,  Geelhand,  Desguin, 
Boens,  Dauby,  Weiler,  Havard,  Mignot-Delstanche  et  Vander  Linden.  Nous  regrettons 
de  ne  pouvoir,  dans  les  limites  restrgintes  qui  nous  sont  assignees,  nous  etendre  sur 
ces  rapports  qui  ont  ete  accueillis  par  d’unanimes  applaudissements. 

Je  me  hate  de  passer  en  revue  les  questions  raises  en  discussion  au  sein  de  notre 
section. 


Premiere  question.  --  Rapporteur  M.  Paul,  docteur  en  medecine,  a Namur. 

Determiner  les  dispositions  que  les  habitations  privees  doivent  presenter  au  point 
de  vue  de  la  morale  et  de  Vliygiene.  Decrire  et  examiner  V orientation,  les  proced.es  de 
chauffage,  de  ventilation,  d'eclairage,  les  moyens  d’ alimentation  ddeaux  potables  et 
dyeaux  pour  les  usages  domestiques,  les  systemes  de  canalisation  pour  V ecoulement  des 
aux  menageres  et  des  dejections. 

Rechercher  la  solution  economique  de  la  question  precedente  appliquee  d la  construc- 
tion de  maisons  ouvrieres.  Faire  connditre  les  meilleurs  types  de  ces  maisons,  indiquer 
les  combinaisons  les  plus  favorables  pour  que  Vouvrier  puisse  les  acquerir,  preciser  et 
comparer  les  resultats  obtenus  par  les  Societes  cooperatives,  les  Societes  anonymes  et  les 
chefs  d’industrie. 

11  importe,  avant  tout,  dc  procurer  a la  classe  ouvriere  des  habitations  salubres,  d’un 
loyer  peu  eleve,  reunissant  les  conditions  exigees  pour  la  separation  des  enfants  etdes 
adultes. 

Pour  la  construction  de  ces  habitations,  il  est  necessaire  de  tenir  compte  des 
milieux  de  nationality,  de  climat  et  de  conditions  morales  dans  lesquels  on  se  trouvc. 

Les  Societes  creees  dans  le  but  d’elever  des  maisons  ouvrieres  ont  rendu  des  services 
signales  a la  classe  des  travailleurs.  L’ouvrier  doit-il  etre  proprietaire  de  sa  dcmeure  ? 
Doit-on  favoriserles  tendances  qu’il  manifeste  a cet  egard  ? C’est  L\  une  delicate  ques- 
tion qui  a divise  plusieurs  orateurs.  Tandis  que  certains  d’entre  eux  ont  etc  d’avis  qu’il 
faut  faciliter  aux  ouvriers  l’acquisition  de  la  maison  qu’ils  habitent,  que  c’est  la  le  but 
essentiel  k poui-suivre  ; d’autres  estimcnt  qu’en  raison  d’un  grand  nombre  d’indus- 
tries  qui  ne  sont  pas  completement  stables  de  leur  nature,  il  peut  y avoir  danger  d’eta- 
blir  l’ouvrier  k demeure  fixe,  qu’il  faut  eviter  de  grever  son  capital  naturel,  c’est-A- 
dire  son  travail,  d’un  capital  accessoire  qui  peut  devenir  un  obstacle  ou  une  charge 
pour  lui. 

A ces  interessants  debats  ont  pris  part  MM.  Paul,  Douglas  Galton,  AndreefF,  Gneist, 
Kaan,  Du  Mesnil,  Vander  Linden  et  RolinrJacquemyns. 

Deuxieme  question.  — Dans  quelle diesure faut-il introduire  I'enscignemcntdclagym- 
nattique  dans  les  ecolcs  primaircs  cl  moyennes  de  flies  el  dc  gar^otts,  a)  dans  les  villes, 
b)  dans  les  campagncs  ? 


ISO 


RAPPORTS  DES  SECTIONS.  * 


M.  le  capitaine  Docx,  rapporteur,  se  montre  le  partisan  de  la  vulgarisation  de  la 
gymnastique  scolaire.  Son  travail,  qui  denote  une  connaissance  profonde  du  sujet  en 
discussion,  souleve  quelques  critiques  de  M.  Mignot,  president  de  la  Federation  beige 
de  gymnastique.  Cet  orateur  preconise  l’usage  raisonne  des  appareils  classiques,  sous 
la  direction  de  professeurs  instruits  et  experimentes ; il  insiste  sur  la  necessite  d’un 
enseignement  normal  superieur  de  gymnastique  ; il  no  croit  pas  que  les  cours  hebdo- 
madaires  organises  par  le  Gouvernement  beige  suffisent  a la  formation  de  bons  pro- 
fesseurs. 

M.  le  docteur  Boens  appuie  chaleureusement  les  conclusions  de  l’honorable  M.  Docx 
et  appelle  l’attention  des  specialistes  sur  la  gymnastique  des  organes  des  sens. 

f 

Troisieme  question.  — Etudier  les  causes  de  la  depopulation  des  campagnes  et  les 
moyens  d’y  remedier.  Rechercher  la  meilleure  methode  pour  combiner  V enseignement 
primaire  des  enfants  et  des  adultes  avec  V instruction  professionnelle  pour  les  files  el 
pour  les  gargons,  a)  dans  les  campagnes , b)  dans  les  miles. 

M.  Geelhand  lit  son  rapport  sur  cette  interessante  question.  Apres  lui,  montent  a la 
tribune  MM.  le  comte  Vanderstraeten  - Ponthoz,  Andreeff,  Ameline,  T’Serstevens, 
Marjolin,  Dumoustier  de  Fredilly,  le  baron  Mackay  et  de  Damseaux. 

Pour  arreter  la  depopulation  des  campagnes,  il  faut  le  jeu  simultane  de  trois  leviers  : 
l’instruction,  le  credit,  laf'acilite  des  transports.  , 

L’instruction,  afin  .que  le  cultivateur  s’aide  du  concours  puissant  de  la  mecanique 
et  de  la  chimie. 

Le  credit  qui  permettra  la  mise  en  exploitation  des  precedes  nouveaux  signales  au 
cultivateur  etfacilitera  le  developpement  general  de  l’agriculture. 

Les  transports  economiques  qui  autoriseront  l’agriculteur  a compter  sur  l’ecoule- 
ment  facile  de  tous  les  produits  de  la  terre. 

Il  faut  admettre  les  baux  de  longue  duree,  — encourager  Petablissement  a la  cam- 
pagne  des  industries  qui  la  concernent,  — donner  k l’esprit  de  famille  le  plus  de  deve- 
loppement que  Pon  pourra. 

Ce  n’est  qu’a  ce  prix  que  l’on  evitera  l’emigration  des  habitants  des  campagnes  dans 
les  centres  de  population  ou  le  travail  est  moins  rude,  ou  Pouvrier  trouve  des  distrac- 
tions qui  font  totalement  defaut  dans  les  campagnes. 

La  question  d’enseignement  est  difficile  a resoudre.  L’enseignement  tel  qu’il  se 
donne  dans  les  campagnes  n’est  pas  assez  pratique  ni  assez  aproprie  aux  besoins  aux- 
quels  il  doit  faire  face.  L’instruction  agricole  fait  meme  absolument  defaut.  Mais 
comment  la  donner  ? La  methode  d’enseignement  est  difficile  k determiner. 

Quant  aux  ateliers  d’apprentissage,  il  faut  en  borner  l’application  aux  industries 
principals  de  chaque  pays. 

Les  ecoles  professionnelles  reclament  le  concours  du  Gouvernement,  des  industriels 
et  des  ouvriers  eux-memes. 

* 

Quatrieme  question.  — Ranger  de  Vabus  des  boissons  alcooliques  et  moyens  d’y 
remedier.  Statistiques  relatives  a cet  objet.  Faut-il  recourir  d des  dispositions  legales 
our'eglementaires?  Rans  l’ affirmative,  formuler  un  projet  de  loi  ou  de  reglement-  ? 

Cette  question  etait  soumise  a l’examen  des  sections  reunies. 


gGONOMIE  SOCULE. 


1SI 


M.  Desguin,  rapporteur,  developpe  avec  clarte  et  precision  les  moyens  de  remedier 
aux  abus  des  boissons  alcooliques.  11  combat  l’impot  sur  la  biere,  le  cafe,  le  the;  il 
engage  la  legislature  k decreter  l’enseignement  obligatoire  etla  repression  de  Tintem- 
perance  par  une  loi  sur  l’ivresse. 

MM.  Vervoort,  Germond  de  Lavigne,  Crocq,  Garcia  Quintana,  Arneline,  Haak, 
De  Paepe,  Oger  Laurent,  Winsbach  et  Deluc  sont  d’accord  sur  la  question  de  prin- 
cipe,  mais  ils  se  divisent  plus  ou  moins  sur  les  moyens  de  conjurer  le  mal.  Tandis 
que  certains  orateurs  en  appellent  aux  administrations  communales  pour  edicter  des 
reglements  comminant  des  peines  contre  l’ivrogne  et  le  debitant  de  boissons  ayant 
favorise  l’abus  de  l’alcool,  d’autres  croient  que  pour  atteindre  le  but  il  faut  restreindre 
la  liberte  du  debit  des  boissons  alcoolisees.  Il  semble  evident  a tous  les  orateurs 
qui  prennent  part  a la  discussion  que  Ton  doive  attendre  les  meilleurs  resultats  du 
developpemeni  de  l’instruclion  et  de  l’education. 


Cinquieme  question.  — M.  le  Dr  Boens,  dans  un  travail  remarquable,  a cherche  a 
resoudre  l’importante  question  du  travail  des  femmes  et  des  enfants  dans  les  mines  et 
manufactures.  Nous  ne  pouvons  mieux  faire  que  de  vous  signaler  le  projet  de  loi 
formule  par  M.  le  rapporteur  : 

Art.  1.  A partir  de  la  promulgation  de  la  loi,  aucune  femme  ou  fille  ne  travail- 
lant  pas  actuellement  ou  n’ayant  jamais  travaille  dans  les  mines  ne  sera  plus  admise 
a ce  genre  d’occupation. 

Art.  2.  Toute  femme  ou  fille  actuellement  occupee  dans  les  mines  pourra  continuer 
& y travailler. 

Art.  3.  Aucun  enfant  de  12  ans  (en  Belgique)  ne  pourra  plus  etrc  soumis  a un 
travail  regulier  dans  les  etablissements  industriels  ou  les  ateliers  particuliers. 

Une  discussion  fort  interessante  s’est  engagee  entre  MM.  Mariano  Carreras  y 
Gonzales,  AndreefF,  Marjolin,  Willis  Bund,  Havard,  Kindt,  le  baron  Donald  Mackay  et 
Micha. 

Tout  en  ne  partageant  pas  unanimement  les  idees  de  M.  Boens,  Tassemblee  semble 
toutefois  adopter  les  conclusions  du  rapport  presente. 


Sixieme  question.  — Quelle  est  V organisation  des  bureaux  de  renseignements  pour 
patrons  et  ouvriers,  maitres  et  domestiques , ou  les  uns  trouvent  les  bras,  les  autre s le 
travail  dont  ils  ontbesoin?  Quels  sont  les  resultats  obtenus  par  ccs  institutions  et  les 
ameliorations  que  Con  pourrait  y introduire? 

M.  le  rapporteur  Dauby  attend  tout  de  l’initiative  priveo  et  notamment  des  Societes 
de  secours  mutuels.  Ces  bureaux  doivent  etre  etablis  dans  les  grands  centres  et  revetir 
un  caractere  philanthropique  et  cooperatif. 

M.  Havard,  president  de  la  Chambre  syndicale  de  Paris,  nous  a donne  ensuite  d utiles 
renseignements  sur  les  efforts  tentesen  France.  M.  Seve  nous  a rappelc  les  services 
rendus  en  Amerique  par  Porganisation  des  bourses  de  travail. 


Septieme  question.  — Par  quels  moyens  peut-on  dcvelopper  panni  les  classes 
ouvrieres  l’ esprit  de  prevoyance  et  d’ habitude  de  l' Vpargnc ? Determiner  le  role  res- 


RAPPORTS  DES  SECTIONS. 


lo2 


pectif  des  caisses  d’epargne  et  de  refraite,  des  societes  d’ assurances  sur  la  vie,  des 
societes  de  secours  mutuels  et  des  societes  cooperatives . Examiner  Its  resultats  obtenus 
par  ces  diverses  institutions. 

Cette  question,  une  des  plus  interessantes  de  notre  section,  a ete  developpde  par  le 
rapporteur,  M.  Leon  d’Andrimont. 

Les  orateurs  qui  prennent  part  a la  discussion  sont  : MM.  de  Malarce,  Engel, 
Dolffus  fils,  Van  Oye,  Havard,  Hasslacher,  le  baron  Donald  Mackay,  Lombard, 
Salomon,  Bohmert,  Hodgson  Pratt.  , 

Le  debat  porte  sur  toutes  les  faces  de  la  question  que  M.  le  rapporteur  resume  en 
donnant  son  opinion  personnelle  : l’ouvrier  doit  epargner  et  se  relever  par  ses  propres 
ressources  sans  aucune  intervention. 

L’epargne  scolaire,  la  construction  de  maisons  ouvrieres,  l’assurance  contre  les 
accidents  dans  certaines  industries,  les  caisses  de  retraite  combinees  avec  la  partici- 
pation  aux  benefices,  les  avances  pour  achat  de  terrains  et  construction  de  maisons, 
telles  sont  les  institutions  qu’il  faut  developper,  tandis  que  1’intemperance  et  la  chari  tc 
legale  doivent  etre  combattues  par  tous  les  moyens  possibles. 


Huitieme  question.  — Quelle  est  V organisation  des  Conseils  d?  arbitrage  etablis  en 
Angleterre  et  des  Chambres  syndicates  de  patrons  et  d’ouvriers  existant  en  France  et 
en  Belgique?  Quels  resultats  ces  institutions  ont-elles  obtenus? 

M.  l’ingenieur  Weiler,  premier  rapporteur,  expose  l’organisation  des  conseils  de 
conciliation  institues  a Nottingham  et  des  commissions  arbitrales  de  Wolverhampton. 

M.  Havard,  deuxieme  rapporteur,  traite  la  question  au 'point  de  vue  historique.  II 
explique  l’organisation  du  regime  syndical  en  France. 

M.  Buis,  au  nom  de  M.  Mignot-Delstanche,  troisieme  rapporteur,  expose  le  meca- 
nisme  de  Y Union  Syndicate  de  Bruxelles. 

MM.  Seve,  Gneist,  Mariano  Carreras  y Gonzales,  Siltzer,  Ameline,  Engel,  le  baron 
Donald  Mackay,  Bohmert  prennent  part  a la  discussion. 

L’utilite  des  Conseils  d’arbitrage  et  des  Chambres  syndicales  parait  demontree.  11 
leur  reste  toutefois  de  nombreux  progres  a faire  pour  atteindre  leur  but. 

Tout  en  paraissant  seduisante,  mais  prematuree  a plusieurs  membres,  la  question  de 
la  creation  des  Chambres  syndicales  Internationales  est  favorablement  accueillie  par 
l’assemblee. 

Neuvieme  question.  — Comment  faut-il  organiser  le  patronage  des  condamnes 
liberes? 


Le  rapporteur,  M.  Vander  Linden,  soumetaux  deliberations  du  Congres  les  conclu- 
sions suivantes : 

1°  II  est  utile  d’etablir  une  oeuvre  libre  du  patronage  des  condamnes  liberes  (adultes 
des  deux  sexes)  qui,  pendant  leur  detention,  auront  donne  des  preuves  d’amendemcnt. 

2°  II  est  utile  que  cette  oeuvre  soit  abandonnee  a l’initiative  privee,  avec  cette  reserve 
que  le  Gouvernement  intervienne  pour  equilibrer  les  budgets  et  pour  faciliter  et 
encourager,  par  tous  les  moyens  en  son  pouvoir,  Faction  des  comitds. 

3°  II  est  utile  d’accorder  des  secours  aux  liberes  qui,  a leur  sortie  de  prison,  n auront 


tfCONOMIE  SOCIALE. 


155 

pas  ete  admis  au  patronage,  mais  qui  consentiront  4 s’expatrier,  notamment  aux  indi- 
vidus  qui,  en  raison  de  leur  position  sociale  anterieure  ou  du  caractere  de  Foffense 
commise,  auront  perdu  toutespoir  de  se  reclasser  dans  la  societe. 

L’organisation  du  patronage  doit  etre  modifiee.  II  faut  eviter  de  creer  pour  les  con- 
damnes  des  privileges  qui  constitueraient  un  outrage  pour  la  morale  publique.  C’est 
un  appui  moral  et  non  materiel  qu’il  faut  donner.  Les  hommes  de  coeur  doivent  se 
charger  du  patronage  et  contribuer  k son  succes  par  des  prestations  pecuniaires.  Ce 
n’est  pas  a l’Etat  qu’incombe  le  patronage.  Toutefois  le  concours  de  l’Etat  est  neces- 
saire  dans  une  certaine  mesure. 

Tels  sont  les  traits  principaux  que  signale  le  debat  et  qui  rencontrent  de  chaleureux 
defenseurs  en  MM.  Vander  Linden,  Stevens,  Boens  et  Hardouin. 

Ces  orateurs  ont  ete  unanimes  a reconnaitre  que  le  patronage  des  condamnes  liberes 
est  une  oeuvre  de  conservation  sociale,  en  meme  temps  qu’ellc  ouvre  une  noble  arene 
aux  cceurs  genereux,  toujours  si  nombreux  lorsqu’il  s’agit  de  soulager  les  miseres 
humaines. 

M.  le  baron  Donald  Mackay  reserve  a la  femme  une  part  importante  dans  l’ceuvre  du 
patronage. 

M.  Hodgson  Pratt  preconise  le  systeme  de  gradation  penitentiaire  irlandais. 
MM.  Marjolin  et  Stevens  cloturent  cette  importante  discussion. 

Je  n’ai  plus,  Messieurs,  qu’afaire  mention  de  quelques  questions  subsidiaires  traitees 
dans  la  seance  extraordinaire  qui  a cloture  les  travaux  de  la  troisieme  section. 

M.  le  comte  de  Beaufort  a signale  k notre  attention  la  situation  des  victimes  du 
travail  et  recherche  les  moyens  de  mettre’les  mutiles  pauvres  a l’abri  de  la  mendicite 
etde  la  degradation. 

MM.  Hodgson  Pratt  et  Seve  nous  ont  entretenu  des  workmen  clubs  anglais  et  ame- 
ricains,  dont  Faeces  est  libre  et  dans  lesquels  les  ouvriers  trouvent  des  distractions 
utiles. 

M.  de  Kislanski  a presente  un  rapport  tres-complet  sur  les  conditions  economiques 
et  hygieniques  du  personnel  de  la  manufacture  imperiale  des  papiers  de  l’Etat,  a 
St-Petersbourg,  ainsi  qu’un  album  des  plans  et  des  habitations  d’ouvriers  appartenant 
& cette  institution. 

M.  Longhaye  a fait  un  expose  de  FCEuvre  des  invalides  du  travail  de  la  ville  de  Lille. 

M.  Lombard  a emis  quelques  considerations  sur  la  necessite  du  repos  du  dimanche. 

M.  Seutin  a signale  le  danger  de  l’abus  du  tabac. 

Enfin,  M.  Buis,  secretaire  general  de  la  Ligue  de  I'Enseignement,  a donne  connais- 
sance  a Fassemblee  d’un  interessant  travail  sur  l’Ecole  modelo  fondee  a Bruxelles. 

Ainsi  non  seulement  la  troisieme  section  a examine  toutes  les  questions  portees  k 
son  ordre  du  jour,  et  cela,  j’ai  hate  de  le  dire,  grace  au  zele  de  nos  excellents  rappor- 
teurs, mais  elle  a pu  consacrer  une  seance  extraordinaire  pour  rccevoir  diverses  com- 
munications du  plus  haut  interel. 


ADRESSE  AU  ROI 


Le  jeudi,  5 octobre,  a 2 heures  de  lapres-midi,  le  Roi  a regu  au 
palais  de  Bruxelles  les  membres  beiges  et  etrangers  du  Bureau  general  et 
des  Bureaux  des  sections. 

Arrives  au  terme  de  leurs  travaux,  les  delegues*  du  Congres  ne  voulaient 
pas  se  separer  sans  offrir  au  premier  protecteur  de  leur  entreprise  un 
unanime  hommage  de  profonde  gratitude  et  sans  exprimer  personnelle- 
ment,  suivant  l’expression  de  M.  le  general  Obroutcheff,  leurs  sentiments 
de  reconnaissance  a la  Belgique  toute  entiere  dans  la  personne  de  son 
Souverain. 

L’adresse  suivante,  redigee  et  signee  par  les  membres  du  Bureau  gene- 
ral, a etelue  a Sa  Majeste  par  M.  Vervoort,  president  du  Congres  : 


« A Sa  Majeste  le  Roi  des  Beiges. 


» Sire, 

^ Le  Congres  d’hygiene,  de  sauvetage  et  d’economie  sociale  a accompli 
- sa  tache. 

„ Ses  travaux  sont  termines. 


ADRESSE  AU  ROI. 


ISo 

« Mais  ses  membres  etrangers  et  beiges  ne  peuvent  se  separer  sans 
» faire  parvenir  a Yotre  Majeste  l’expression  d’un  sentiment  unanime  : 
" celui  d’une  respectueuse  et  profonde  reconnaissance. 

s Votre  Majeste,  apres  avoir  pris  le  congres  sous  Son  Auguste  patro- 
« nage  aupres  des  Princes  et  des  Gouvernements  etrangers,  a suivi,  avec 
« un  interet  soutenu,  tout  le  developpement  de  son  organisation  et  de  ses 
» travaux. 

« Mettant  le  dernier  sceau  a ces  temoignages  multiples  d’interet,  le 
- Roi  et  la  Reine  ont  fonde  deux  prix  qui  doivent  etre  attribues  a des 
» oeuvres  destinees  a proteger  la  vie  humaine  dans  les  milieux  oti  elle  est 
» le  plus  exposee. 

» Ce  Congres  portera  de  feconds  et  utiles  resultats. 
t II  provoquera  les  peuples  a trouver  dans  Tapplication  des  idees 
» emises  de  nouvelles  sources  pour  le  bien-etre  de  l’humanite. 

« Les  encouragements  que  Votre  Majeste  a donnes  a nos  rechercbes, 
« les  soins  qu’Elle  prend  a se  faire  Elle-meme  le  promoteur  des  plus 
” nobles  entre  prises  civilisatrices  ne  peuvent  qu’attirer  sur  le  peuple 
« qu’Elle  gouverne  l’estime  du  monde. 

i>  Nous  sommes  de  Yotre  Majeste  les  tres-humbles  et  tres-obeissants 
serviteurs.  » 


Apres  cette  lecture,  le  Roi  s’est  approche  des  delegues  du  Congres  et 
les  a remercies  avec  effusion;  donnant  une  nouvelle  preuve  de  sa 
sympathie  pour  l’CEuvre  d’hygiene  et  de  sauvetage,  il  a vivement 
applaudi  a ses  travaux  et  a son  succes. 


CONFERENCES 


PREMIERE  CONFERENCE. 


La  serie  des  conferences  organisees  par  le  Comite  d’execution  du  Con- 
gres  s’est  ouverte,  samedi  soir,  23  septembre,  dans  les  salons  du  Cercle 
artistique  et  litteraire,  devan  t un  public  assez  nombreux. 

Objet  de  la  conference  : le  Muse'e  pedagogique  de  St-Pe'tersbourg  ; son 
organisation , son  but , ses  resultats. 

Conferencier  : M.  le  general-major  Kokhovsky,  president  du  Comite  de 
ce  Musee. 

Au  bureau,  assis  aux  cotes  de  l’orateur,  siegeajent  M.  Yervoort,  presi- 
dent du  Congres,  et  M.  Van  de  Yyvere,  membre  du  Comite  d’execution. 

Le  Musee  pedagogique  de  St-Petersbourg  a ete  l’un  des  plus  brillants 
succes  de  l’Exposition  du  Parc;  il  a joui  a Bruxelles  dune  popularity 
reelle  qui  atteste  ] ’excellence  du  principe  sur  lequel  repose  son  institu- 
tion. 

La  conference  de  M.  Kokhovsky  a ete  la  syn these  des  explications  que 
cet  officier  distingue  a prodiguees  chaque  jour,  durant  trois  mois,  avec  une 
inepuisable  complaisance,  aux  visiteurs  de  l’Exposition  d’hygiene  et  de 
sauvetage. 


Mesdames  et  Messieurs, 

Dans  tous  les  pays  civilises,  on  s’occupe  actuellement  du  developpement  du  ’oien- 
etre  et  de  l’instruction  du  peuple. 

ll  me  serait  impossible  de  citer  toutes  les  mesures  economiques  destinees  a ameliorer 
la  position  materielle  des  masses,  mais  il  est  facile  de  citer  celles  employees  k leur 
donner  l’instruction.  En  efFet,  je  n’ai,  pour  cela,  qu’A  montrer  les  ecoles. 

Si,  en  dehors  des  ecoles,  il  peut  exister  des  mesures  exceptionnelles  pour  activer  le 
progres  moral  du  peuple,  ces  mesures  sont  excessivement  restreintes  et  bien  rare- 
mentefficaces. 


CONFERENCES 


157 


Elies  sont  rares,  attendu  que,  d’apres  une  conviction  tresrepandue  et,  selon  moi, 
tres-juste,  l’homme  ne  peut  acquerir  l’instruction  qu’au  moyen  d’un  travail  systema- 
tique  et  intellectuel,  lequel  est  k peine  admissible  en  dehors  d’une  ecole  reguliere- 
ment  organisee. 

Elies  sont  rarement  efficaces,  pour  la  raison  qu’il  cxiste  souvent  un  abime  entre  les 
inesures  projetees  pour  instruire  les  masses  en  dehors  de  l’ecole  et  le  degre  du  deve- 
loppement  intellectuel  de  ces  masses.  Quel  profit,  par  exemple,  peut  retirer  un  homme 
completement  ignorant  de  l’examen  le  plus  attentif  des  collections  remarquables 
d’oeuvres  d’art  conservees  dans  differents  Musees,  en  admettant  memo  que  ces  Musees 
puissent,  dans  des  circonstances  favorables,  servir  a developper  l’instruction  des 
masses? 

Par  consequent,  l’ecole  est  le  moyen  principal  et  presque  unique  de  repandre  l’in- 
struction  parmi  le  peuple. 

Mais  on  pourrait  objecter  que  toutle  peuple  ne  frequente  pas  les  ecoles.  Je  reponds  : 

« Pourquoi  ne  frequente  t-il  pas  les  ecoles?  Parce  qu’il  ne  le  juge  pas  necessaire,  et 
il  ne  le  juge  pas  necessaire,  parce  que,  n’en  comprenant  pas  l’utilite,  il  ne  ressentau- 
cune  sympathie  pour  l’ecole.  » 

Nous  pourrions  tomber  avec  ce  raisonnement  dans  une  espece  de  cercle  vicieux:  le 
peuple  ne  va  pas  a l’ecole,  parce  qu’il  ne  la  juge  pas  indispensable,  et  il  ne  la  juge  pas 
indispensable,  parce  qu'il  est  ignorant. 

Si  Ton  restait  dans  ce  cercle  les  bras  croises,cela  equivaudrait  a une  complete  etim- 
pardonnable  indifference.  En  meme  temps,  on  semblerait  oublier  que  tous  nos  efforts  a 
relever  le  bien-etre  economique  du  peuple  seront  presque  steriles.tant  que  ce  peuple,  ne 
sachant  pas  ycooperer,  nous  empechera,  par  son  ignorance  meme,  d’atteindre  notre 
but. 

11  est  evident  qu’en  ce  qui  concerne  cette  question, il  ne  nous  est  pas  permis  de  rester 
oisifs.  Il  importe  d’entreprendre  quelque  chose,  afin  d’encourager  le  peuple  a frequen- 
ter les  ecoles;  il  faut  taeher  de  lui  faire  apprecier  les  a vantages  de  la  science. 

Il  est  evident  aussi  que  les  mesures  que  nous  avons  k choisir  doivent  s’appliquer 
dgalement  bien  aux  ecoles  memes  qu’en  dehors  de  ces  ecoles,  et  doivent  agirsimulta- 
nement  sur  toute  la  population,  autant  sur  celle  que  nous  avons  sous  la  main,  dans  nos 
ecoles,  que  sur  celle  qui  se  soustrait  a l’influence  de  l’ecole  pour  se  livrer  uniquement 
aux  travau x des  champs  et  des  ateliers. 

Quelles  sont  ces  mesures,  quel  est  leur  caractere  et  quelle  est  leur  force  ? 

Ce  serait  de  la  vanite  de  ma  part  que  d’oser  repondre  a cette  question  qui  doit  etre 
resolue  par  les  efforts  collectifs  d’autres  personnes  bien  plus  competentes  que  moi;  je 
rne  bornerai  seulement  a racontor  ce  qu’a  fait,  sous  ce  rapport,  danssa  modeste  activite, 
le  Musee  pedagogique  des  ecoles  militaires  en  Russie,  partie  independante  du  Musee 
des  sciences  appliquees  a St-Petersbourg. 

11  n’a  pas  fait  beaucoup,  mais  il  a fait  tout  ce  qu’il  a pu. 

Je  dirai  d’abord  quelles  etaient  les  tendances  du  Musee  et  ce  qu’il  a fait  au  profit  des 
ecoles  dans  le  sens  ci-dessus  indique, 

11  faut  savoir  que  notre  Musee  ne  doit  pas  son  existence  a une  initiative  partieu- 
liere  : e’est  une  institution  du  Gouvernemcnt;  mais,  afin  do  pousscr  son  activite,  elle  est 
organisee  de  telle  sorte  que  le  public  peut  y travailler  et  collaborer  librement,  et 


comrne  cette  collaboration  est  desintcrcssee,  elle  rend  de  reels  services  k l’institu 
tion. 


138 


CONFERENCES 


Par  consequent,  Pinitiative  gouvernementale  se  rencontre  dans  ce  Musee  avec  Pini- 
tiative  particuliere,  et  cc  n’est  que  grace  a cette  condition  qu’on  en  a deja  obtenu  des 
resultats  satisfaisants. 

Le  Musee  a ete  institue  en  1864,  juste  au  moment  de  la  reforme  des  anciens  « corps 
de  cadets  » en  des  etablissements.  d’education  actuels.  Cette  reforme  necessita  l’adop- 
tion  de  beaucoup  de  mesures  propres  & ameliorer  Penseignement;  la  principale  con- 
sistait  & separer  l’instruction  generale  de  l’instruction  speciale  et  a mettre  la  pre- 
miere au  niveau  de  toutes  les  exigences  pedagogiques. 

Conformement  a ces  exigences,  l’instruction  doit  etre  intuitive. 

L’intuition,  comme  on  le  salt,  peut  etre  de  deux  natures  : il  y a l’intuition  par  le 
raisonnement  et  l’intuition  par  les  sens. 

L’intuition  par  le  raisonnement  exige  que  les  idees  qu’on  enseigne  a,  l’eleve  soient 
une  suite  logique  des  idees  qui  se  sont  dej&  formees  chez  lui ; c’est  pourquoi  le  profes- 
seur  esttenu  a le  conduire  du  connu  vers  l’inconnu,  du  rapproche  vers  l’eloigne,  du 
simple  au  compose,  etc. 

L’intuition  par  les  sens  exige  que  1’ecolier  puisse  observer  lui-meme  les  objets  qu'il 
etudie  ou  leur  representation,  c’est-A-dire  des  modeles  ou  des  dessins. 

L’intuition  par  les  sens  vient  en  aide  a l’intuition  par  le  raisonnement,  et  Pensei- 
gnement intuitif  en  general  attire  l’eleve  vers  l’objet  d’enseignement  et  fait  qu’un  plus 
grand  nombre  d’ecoliers  deviennent  des  hommes  instruits  ; ils  ont  appris  k aimer 
l’ecole,  ils  la  feront  aimer  plus  tard  k leurs  enfants. 

Yoyons  quel  role  est  echu  au  Musee  pedagogique  pour  rdaliser  ces  elements  de- 
struction : 

Ce  role  se  bornait  necessairement  A organiser  le  materiel  d’enseignement,  k le  ren- 
dre  le  plus  utile  pour  les  vrais  besoins  de  l’ecole,  a chercher  le  meilleur  mode  d’en- 
seignement avec  ce  materiel,  et,  enfin,  a faire  fabriquer  ce  materiel  en  Russie  et  aux 
prix  les  moins  eleves. 

Pour  remplir  ce  but,  il  fallait  commencer  par  reunir  au  Musee  meme  les  echantillons 
de  tout  le  materiel  d’enseignement  existant  non-seulement  en  Russie,  mais  k 
l’etranger.  4 

A vrai  dire,  en  Russie,  en  1864,  la  fabrication  de  ce  materiel  n’etant  presque  pas 
connue,  sauf  quelques  exceptions,  tout  ce  qui  etait  necessaire  aux  ecoles  s’achetait  i 
l’etranger.  Cependant,  en  1866,  le  Musee  possedait  deja  une  collection  du  materiel 
necessaire  pour  Penseignement  dans  les  ecoles  primaires,  et  ce  materiel,  expose  com- 
pletement,  couvrait  une  surface  de  deux  cent  quatre-vingt  metres  carres. 

Maintenant,le  musee  possede  deux  mille  soixante-dix  collections  et  articles  pour  Pen- 
seignement etl’education  dans  les  ecoles  primaires  et  dans  les  gymnases  (colleges, 
athenees),  et,  en  outre,  pour  Penseignement  populaire,  le  cabinet  hygienique  etquatre 
mille  tableaux  peints  sur  verre  pour  la  lanterne  magique.  Ces  collections  et  articles, 
exposes  pour  la  plupart  comme  specimens  seulement,  occupent  deux  mille  quatre 
cents  metres  superficiels  et  sont  generalement  de  provenance  russe. 

La  valeur  des  collections  du  Musee  et  de  la  bibliotheque  pedagogique,  qui  est  reunie 
au  Musee,  est  estimee  k quatre  vingt  mille  roubles,  c’est-Mdire  trois  cent  vingt  mille 
francs.  ;V 

On  pourrait  me  demander  : « Est-il  possible  que  le  principe  d’enseignement 
intuitif  nous  force  k de  si  grandes  depenses?  * 

Non.  Le  materiel  d’enseignement  a une  importance  d’autant  plus  grande  que  la 


CONFERENCES 


139 

classe  pour  laquelle  il  est  employe  est  inferieure  et  que  les  eleves  ont  moins  de  facilite 
pour  observer  directement  les  objets  et  les  phenomenes  mis  a l’etude. 

Ainsi,  le  materiel  d’enseignement  est  de  plus  grande  utilite  dans  les  classes  prepa- 
ratoires  oil  l’enseignement  ne  doit  pas  se  presenter  comme  but,  mais  plutot  comme 
moven  de  developper  les  facultes  intellectuelles  des  eleves. 

Si,  dans  les  classes  inferieures,  l’enseignement  avait  un  succes  satisfaisant,  le 
besoin  de  materiel  pour  les  classes  superieures  deviendrait  moins  obligatoire  et,  par 
la,  nous  epargnerait  de  faire  de  grandes  depenses.  En  aucun  cas,  les  frais  de  mobilier 
pour  une  ecole  ne  pourront  atteindre  cette  somme  de  trois  cent  vingt  mille  francs,  qui 
parait  presque  fabuleuse. 

A quoi  done  sert  une  collection  si  grande  et  si  couteuse,  et  pourquoi  le  Musde  peda- 
gogique  s’efforce-t-il  de  l’enrichir  encore  ? 

Pourquoi?  C’est  qu’il  a voulu  reunir  tout  le  materiel  d’enseignement  qui  existe  en 
Russie  et  a l’etranger,  et  posseder  la  collection  la  plus  complete  possible ; e’etait  le 
seul  moyen  de  comparer  les  divers  articles  servant  a l’enseignement  et  de  se  prononcer 
sur  leur  valeur  relative  aux  exigences  de  ^instruction  dans  les  difte rentes  classes  et 
ecoles. 

Lne  fois  l’examen  de  ce  materiel  fait,  ehaqueobjet  apprecie,  les  ecoles  pouvaientse 
guider,  si  elles  le  voulaient  bien,  d’apres  les  indications  du  Musee,  etse  servir  du  mate- 
riel d’enseignement  le  plus  parfait  qui  existe,  sans  perdre  ni  leur  temps  ni  leur  argent 
pour  le  choix  de  ce  materiel. 

Dans  ce  cas,  comme  onle  voit,  c’est  le  Musee  pedagogique  qui  depense  et  son  temps 
et  son  argent  pour  toutes  les  ecoles  et  qui  leur  facilite  ainsi  1’ amelioration  des  methodes 
d'enseignement. 

Outre  ces  raisons  d’existence,  la  reunion  au  Musee  d’une  collection  de  materiel  d’ensei- 
gnement tr6s-complete,  & condition  de  la  tenir  toujours  ouverte  pour  les  visiteurs,  a 
un  autre  but,  aussi  substantiel  pour  les  ecoles  que  le  premier  : c’est  que,  par  ce  moyen, 
on  peut  creer  une  concurrence  parmi  les  fabricants  et  faire  baisser  les  prix  du  mate- 
riel, sans  toutefois  diminuer  son  utilite. 

Le  fait  est  la  comme  preuve.  Le  Musee  pedagogique,  s’aidant  par  l’exposition  per- 
manente  du  materiel  et  par  quelques  autres  moyens,  cites  dans  notre  brochure  : « No- 
tice sur  le  Musee  pedagogique  et  description  du  cabinet  hygienique  expose  a 
Bruxelles  »,  a contribue  k la  creation  en  Russie  d’un  grand  nombre  d’ateliers  pour  la 
fabrication  du  materiel  d’ecoles;  de  plus,  il  a fait  diminuer  le  prix  de  ce  materiel  jusqu’a 
cinquante  pour  cent  au  moins  en  cinq  annees. 

Maintenant,  une  question  : Par  quel  moyens  le  Musee  pedagogique  peut-il  faire  con- 
naitre  aux  ecoles  quels  sont  les  objets  les  plus  convenables,  et  comment  leur  donne-t-il 
1 occasion  de  se  procurer  le  materiel  necessaire  aux  prix  les  plus  moderes  ? 

Le  Musee  pedagogique  se  sertde  divers  moyens. 

Ainsi,  en  1870,  il  a public  un  catalogue  du  materiel  d’enseignement  connu  a cette 
epoque.  Ce  catalogue  est  compose  de  vingt-trois  feuilles  imprimees  et  de  dix  feuilles 
dedessins;  il  a ete  mis  en  vente  a 15  coppeks  ou  60  centimes  l’exemplaire.  Dans  ce 
catalogue,  on  a non-seulement  nomme  les  articles,  mais  on  a donne  leur  description, 
leur  mode  d’emploi,  et,  enlin,  on  a marque  leur  prix  chez  les  differents  marchands.  En 
187^,  le  Musee  a public  un  nouveau  travail,  plus  completque  le  precedent,  et, en  1873, 
un  supplement  intitule : a Lf?  Cabinet  physique  du  Musee  pedagogique*.  Enfin,  en  1875, 


1G0 


CONFERENCES 


il  a aide  a la  fondation  d’un  journal  special,  qui  porte  le  tioui  de  Musee  pedagogique 
et  dans  lequcl  les  lecteurs  trouvent  toutes  les  informations  utiles  sur  ce  qui  parait 
de  nouveau  dans  la  sphere  pedagogique. 

Pour  ses travaux  et  scs  renseignements,  ce  journal  sesert  des  collections  du  Musee 
ainsi  que  de  la  bibliotheque  pedagogique,  qui  est  riche  de  douze  rnille  ouvrages  et  de 
cinquante  journaux  pedagogiques  rediges  dans  toutes  les  langues.  Je  dois  ajouter  que, 
pour  faire  connaitre  le  but  du  Musee  aux  fabricants  etrangers,  nous  avons  publie  la 
description  de  cette  institution  en  fran^ais  et  en  anglais,  et  que  nous  avons  tire  cette 
description  k pres  de  quarante  mille  exemplaires. 

Pour  empecher  les  ecoles  d’etre  exploitees  par  les  petits  fabricants,  le  Musee  a aide 
h la  fondation  d’une  maison  de  commerce  pour  la  fabrication  et  la  vente  du  materiel 
d’enseigncment.  Cette  maison  est  reunie  au  Musee  meme  et  se  trouve  sous  le  controle 
permanent  de  cette  institution. 

La  critique  du  materiel,  la  perfection  de  ses  modeles,  ainsi  que  la  recherche  des 
methodes  d’enseignement,  se  font  dans  les  sections  speciales  du  Comite  du  Musee  peda- 
gogique. Ces  sections  sont  composees  principalement  de  personnes  faisant  partie  de  la 
corporation  enseignante  de  Saint-Petersbourg. 

Les  seances  des  sections  sont  publiques.  Chaque  personne  s’interessant  a l’oeuvre 
du  Musee  a le  droit  d’y  assister.  Ainsi  done  les  fabricants  du  materiel  d’enseigne- 
ment peuvent  entrer  en  relations  permanentes  avec  les  representants  des  ecoles  et 
exposer  leurs  opinions  et  leurs  systemes. 

Les  travaux  des  sections  servent  a centraliser  les  efforts  de  ceux  qui  s’occupent  des 
questions  theoriques  et  pratiques  de  la  pedagogie.  C’est  dans  ces  seances  qu’ils  peu- 
vent dchanger  leurs  idees,  leurs  observations  et,  grace  a ceslibres  etfaciles  rapports, 
s’eclairer  mutuellement.  De  pareilles  reunions  ne  peuvent  etre  remplacees  ni  par  un 
journal  special,  ni  par  un  Congres  pedagogique  local  ou  international.  Exprimer  ses 
idees  dans  un  journal  ou  dans  un  Congres  n’est  pas  aussi  facile  que  de  parler  a des 
camarades  assembles.  Et  voila  pourquoi  ces  reunions  ont  de  l’influence  meme  sur  cer- 
tains details  de  la  vie  scolaire  qu’on  n’examine  ordinairement  ni  dans  les  journaux,  ni 
dans  les  Congres,  et  dont  cependant  depend  tres-souvent  le  succes. 

Le  Musee  pedagogique  se  propose  de  creer  en  double  la  collection  du  materiel  d’en- 
seignement et  de  la  faire  voyager  en  Russie  de  ville  en  ville,  comrne  exposition  ambu- 
lante.  Un  semblable  systeme  lui  permettra,  j’espere,  de  faire  mieux  connaitre  aux 
ecoles  le  materiel  d’enseignement  et,  en  meme  temps,  d’encourager  les  fabricants  de 
chaque  localite  a produire  ce  materiel  en  province  meme.  Par  1 k,  nous  esperons  aussi 
dispenser  autant  que  possible  les  ecoles  provinciales  de  pourvoir  a leurs  besoins  en  fai- 
sant arriver  de  tres-loin  et  a grands  frais  ce  dont  elles  ont  besoin. 

J’ai  donne  un  apergu  succinct  des  mesures  employees  par  le  Musee  pedagogique  pour 
ameliorer  les  conditions  d’enseignement  dans  les  ecoles;  les  moyens  sont:  un  bon  clioix 
du  materiel,  les  renseignements  sur  le  meilleur  cmploi  de  ce  materiel  et,  enfin,  l’abais- 
sement  des  prix  des  objets  necessaires  pour  l’instruetion  et  l’education. 

Ces  mesures  memes  peuvent  faciliter,  comme  on  le  comprend,  non-seulement  le 
succes  de  l’enseignement  dans  les  ecoles  existantes,  mais  aussi  la  fondation  de  nou- 
velles  ecoles  et,  par  consequent,  la  propagation  de  l’instruction  dans  le  pays. 

II  faut  ajouter  encore  qu’it  mesure  que  le  succes  d’enseignement  dans  les  ecoles 
grandit,  on  voit  grandir  aussi  l’interet  du  peuple  pour  l’enseignement.  Ainsi  done,  tout 


CONFLUENCES 


<1.1 

ce  cju’on  fait  pour  ameliorer  1'ecole,  on  le  fait,  du  raeme  coup,  pour  propager  Instruc- 
tion des  masses. 

Maintenant,  je  passe  a la  seconde  partie  de  ma  conference. 

Je  vais  purler  du  peuple. 

Le  peuple  no  veut  pas  de  lccole,  il  ne  veut  pas  s’instruire  (1). 

Le  peuple  ne  veut  pas  de  1’ecole,  parce  qu’il  n’on  comprend  pas  toute  l’utilite  ; il  faut 
done  quo  1’ecole  se  rapproche  du  peuple,  en  soulevant  pour  lui  lerideau  qui  cache  tout 
ce  qu’elle  enseigne  d’utilc  et  d’attrayant ; il  faut  que  I’ecole  se  saisisse  du  peuple  dans 
ses  bons  instants  et  qu’elle  fasse  naitre  chez  lui  le  gout  pour  l’etude  et  le  desir  d’ap- 
prendre. 

Quels  moyens  a choisis  le  Musee  pedagogique  pour  arriver  a ces  resultals  ? 

Nous  connaissons  deja  la  richesse  de  ses  collections.  Cette  richesse  a servi  comrae 
point  de  depart  pour  commencer  au  Musee  les  lectures  populates  destinees  aux  basses 
classes  de  Saint-Petersbourg.  — Les  lectures  populaires,  selon  nous,  sont  les  themes 
scientifiques  mis  a la  portee  de  personnes  non-seulement  tout  a fait  ignorantes,  mais 
encore  qui  ne  veulent  rien  apprendre. 

Chaque  lecture  doit  done  satisfaire  aux  exigences  suivantes  : 

1.  Elle  doit  faire  ressortir  au  premier  plan  l’utilite  pratique  pour  l’auditeur  du 
theme  choisi  par  le  lecteur ; 

2.  Elle  doit  etre  congue  de  telle  sorte  que  l’interet  de  l’auditeur  soit  constamment 
soutenu  et  excite ; 

3.  Afin  d’etre  bien  comprise,  elle  ne  doit  pas  s’ecarter  des  connaissances,  du  juge- 
mentet  de  la  comprehension  que  Ton  suppose  a l’auditeur;  elle  doit  etre  exposee  clai- 
rementet  ne  traiter  qu’un  seul  sujet,  mais  le  traiter  entierement,  de  fagon  qu’un  audi- 
teur  de  passage  enpuisse  parfaitement  comprendre  tout  le  sens  ; 

4.  Elle  doit  enfin  presenter  un  cote  exterieur  attrajmnt,  qu’on  obtient  enl’accompa- 
gnant  de  vues  de  lantvrne  magique,  de  chants,  de  musique,  d’experiences,  etc.,  en  se 
guidant  sur  ce  principe  : que  l’impression  exercee  sur  nous  par  les  organes  de  la  vue  et 
de  l’oule  est  la  plus  penetrante. 

Vous  voulez  parler,  parexemple,  a un  homme  tout  a fait  ignorant  de  nos  organes 
de  la  digestion ; eh  bien ! il  ne  vous  ecoutera  pas,  si  vous  commencez  par  lui  appren- 
dre l’anatomie  de  notre  corps.  Mais  proposez-lui  de  l’instruire  sur  les  causes  de  la 
maladie  dont  il  peut  etre  atteint  k chaque  moment,  et  l’interet  est  deja  eveille  chez  lui. 
Oubliez  et  ignorez  completement  tout  ce  qu’il  pense  lui-meme  de  cette  maladie  etde 
ses  causes  d’existence,  vous  perdrez  toute  sa  confiance.  Au  contraire,  abaissez-vous 
jusqu’iises  connaissances,  son  jugement,  sa  comprehension,  son  experience;  puis,  peu 
a peu,  en  avangant  logiquement  et  en  vous  appuyant  toujours  sur  le  bon  sens  de  votre 
auditeur,  parvenez  a votre  but,  et  vous  lui  ferez  estimer  les  sciences  que  jusqu’alors 
il  ne  connaissait  pas  et  qu’il  comptait  pour  rien  dans  sa  vie. 

Donneriez-vous,  en  agissant  ainsi,  du  developpcmeut  intellcctuel  au  cerveau  d'un 
ignorant?...  Non,  nnlle  fois  non.  L’instruction  et  le  developpement  intellcctuel  s’acquie- 
rent  seuleinent  a la  longue  et  apres  des  travaux  serieux  ; mais  vous  l'aites  naitre  chez 
cet  homme  le  desir  d’apprendre,  le  desir  de  se  perfectionner,  et  vous  lui  otez,  uno 

(L  II  est  clair  q'je  jc  nc  parlc  pas  du  peuple  en  g<5n<5ral,  mais  seulcmcnl  d'uue  parlie  tl«  cctte  mas>e 
d’liornmes,  parlie  qui  prdfere  rester  iguorante  plnldt  que  d'aller  it  1‘dcole. 


bONEERENCkS 


ka 


t'ois  pour  toutes,  sa  suffisance,  qui  est  la  consequence  de  sa  complete  ignorance,  — sa 
suffisance  qu’il  croyait  bien  legitime  a cause  de  quelques  petits  talents  qu’il  avail 
acquis  et  qui  etaient  rcconnus  par  ses  camarades. 

L’entree  aux  lectures  faites  par  le  Musee  n’est  pas  gratuite,  afin  que  le  public  ne 
soit  pas  porte  h cn  meconnaitre  le  cote  serieux  ; maisle  prix  est  aussi  minime  que  pos- 
sible. 

Durant  les  quatre  derniers  hivers,  le  Musee  a fait  a peu  pres  trois  cent  soixante 
lectures  populaires  et  a compte  aumoins  cent  cinquante  mille  auditeurs  (je  nepuis  pas 
citer  les  chiffres  exacts,  attendu  que  je  ne  les  ai  pas  sous  la  main  ; je  sais  seulement  au 
juste  que  pendant  ce  temps  nos  lemons,  nos  conferences  publiques  et  nos  lectures  popu- 
laires ont  attire  deux  cent  quinze  mille  personnes).  J’espere  que,  dorenavant,  nous 
attirerons  encore  plus  de  monde,  surtout  s’il  nous  est  possible  d’imiter  les  ingenieux 
precedes  mis  en  pratique  par  le  Comite  des  Soirees  populaires  de  Verviers. 

11  estnecessaire  que  j’ajoute  qu’a  Saint-Petersbourg,  nousavons  la  plupartdu  temps 
pour  auditeurs  les  personnes  qui  ont  frequente  les  ecoles,  qui  appartiennent  meme  au 
public  intelligent. Quant  a celui  qui  devrait  nous  ecou  ter,  il  est  malheureusement  absent; 
il  se  trouve  aux  champs  ou  a Patelier. 

Alors,  pour  parer  au  vice  de  cette  situation,  nous  publions  nos  lectures  en  petites 
brochures,  avec  les  tableaux  necessaires,  et  nous  les  vendons  a tres-bon  marche.  Nous 
enavons  deja  edite  plus  de  six  cent  mille.  En  outre,  nous  facilitons  la  rente  a bas  prix 
des  lanternes  magiques  et  des  tableaux  peints  sur  verre  pour  accompagner  ces  lectures. 

Ces  brochures,  lanternes  magiques  et  vues  dissolvantes,  en  se  repandant  de  plus  en 
plus  dans  les  villes,  dans  les  casernes,  dans  les  ecoles  et  dans  les  prisons,  nous  font 
prevoir  le  temps  ou, par  tous  ces  moyens  de  propagation  du  gout  de  l’etude,  le  peuple 
trouvera  enfin  plaisir  il  acquerir  des  connaissances  qu’il  a refuse  jusqu’a  present  d’aller 
chercher  dans  nos  ecoles. 


Je  ne  veux  pas  abuser  de  votre  patience,  Mesdames  et  Messieurs,  en  enumerant  les 
essais  du  Musee  pedagogique  pour  le  developpement  du  gout  esthetique  parmi  le 
peuple.  Les  Societes  chorales  etmusicales  de  la  Belgique  ont  fait  tant  dans  ce  but  que 
parler  du  Musee  pedagogique  serait  au  moins  une  maladresse.  Je  citerai  seulement  le 
debut  du  Musee  et  sa  creation  de  collections  scientifiques,  al’aide  desquelleson  pourrait 
donner  les  connaissances  les  plus  necessaires  et  a la  portee  de  tout  le  monde.  Je  cite 
Je  cabinet  hygienique  du  Musee  expose  a Bruxelles. 

De  pareilles  collections,  selon  nous,  pourraient  puissamment  prefer  leur  concours 
aux  lectures  populaires  et  agir  independamment  sur  le  peuple,  en  lui  donnant  non- 
seulement  le  gout  pour  les  etudes,  mais  en  propageant  en  meme  temps  les  notions 
necessaires,  par  exemple,  sur  les  moyens  de  conserver  la  sante  et  garantir  la  \ie  d un 
homme.  Ce  serait  une  force  irresistible,  parce  qu’elle  rend  ces  notions  palpables  et 
leur  utilite  evidente. 

Enfin,  il  me  reste  a citer  les  efforts  du  Musee  pedagogique  pour  la  reunion  etl’examen 
des  materiaux  sur  l'hygiene  scolairo. 

En  encourageant  le  peuple  a venir  s'instruire  dans  nos  ecoles,  pouvons-nous  affir- 
mer  que  nos  ecoles  ne  sont  pas  nuisibles  it  la  sante  de  nos  eleves  ? 

Pour  ma  part,  je  n’oserai  pas  me  prononcer. 

Nous  avonsdevant  nous  les  diagrammes  du  docteur  F.  Erismann  sur  le  developpe- 


CONFERENCES 


( lirt 

mentde  la  myopic  dans  les  ecoles  a Saint-Petersbourg.  L’honorable  savant  a examine  a 
l’aide  de  verres  optiques  la  vue  dc  huit  mille  cloves. 

Yoici  le  res ul tat  de  son  travail,  lequel  complete  les  travaux  du  docteur  Cohn,  en 
Allemagne : 

Nous  devons  nous  rappeler  quo,  dans  le  premier  age,  les  enfants  ont  pour  la  plupart 
la  vue  presbyte  et  que  la  vue  normal e h cet  age  est  la  vue  exceptionnelle. 

Yous  voyez,  d’apres  les  tableaux  du  docteur  Erismann,  que  les  enfants  qui  entrent 
dans  les  classes  inferieures  des  ecoles  ont  le  plus  souvent  la  vue  presbyte. 

Vous  voyez,  en  memo  temps,  que  la  vue  myope  est  trcs-rare  a cet  age ; elle  n’est 
guere  que  de  sept  k douze  pour  cent.  Mais  vous  voyez  aussi  qu’a  mesure  que  les  enfants 
avancent  dans  les  classes,  la  vue  presbyte  diminue,  la  vue  normale  diminue  aussi 
ou  reste  immobile,  et  c’est  la  vue  myope  qui  augmente  jusqu’a  trente,  cinquante  et 
meme  quatre-vingt-douze  pour  cent  dans  les  classes  superieurcs. 

C’est  effrayant,  n’est-ce  pas  ? Mais  ce  qui  est  plus  effrayant,  selon  moi,  c’est  notre 
ignorance  sur  les  causes  du  developpement  de  la  myopie  dans  nos  ecoles.  La  question 
n’a  pas  ete  suffisamment  etudiee  pour  que  nous  puissions  ou  eloigner  des  maintenant 
les  causes  de  la  myopie,  ou  constater  si  la  myopie  augmente  dans  les  raemes  proportions 
chez  les  enfants  et  les  adultes  qui  ne  frequentent  pas  les  ecoles  et  chez  ceux  qui  les 
frequentent. 

Yoici  un  autre  travail  du  docteur  Goustchine  sur  le  volume  d’air  affecte  a chaque 
eleve  dans  differentes  ecoles. 

La  section  d’hygiene  du  Comite  du  Musee  pedagogique  a adopte  comme  principe  que, 
pour  chaque  eleve  dans  les  classes,  on  doit  reserver  une  capacite  de  6,5  metres  cubes 
et  que,  par  la  ventilation  artificielle,  on  doit,  de  plus,  lui  donner  vingt  metres  cubes 
d’air  frais  par  heure. 

Regardez  les  diagrammes  du  docteur  Goustchine.  Yous  remarquerez  tout  de  suite 
l’enorme  difference  qui  existe  sur  cette  question  de  l’air  dans  differentes  ecoles. 

Dans  celle-ci,  il  n’y  a pour  chaque  eleve  que  trois  metres  cubes  dans  les  chambres 
d’etudes,  etdans  cette  autre  on  a reserve  pour  chaque  eleve  cent  cinq  metres  cubes. 

II  est  clair  que  dans  la  premiere  on  etouffe,  tandis  que  dans  l’autre  on  a depasse 
les  limites  d’une  aeration  reguliere. 

Mais  si  vous  voulez  donner  comme  base  aux  constructeurs  des  ecoles  les  dimensions 
adoptees  par  le  Musee  pedagogique,  on  vous  dira,  et  non  sons  raison  : « Vous  exage- 
rez,  » ou  bien  : » Le  probleme  n’est  pas  resolu  ».  II  est  done  necessaire  de  prolonger 
les  etudes  et  les  investigations  pour  prouver  que  le  manque  d’air  est  prejudiciable  pour 
lasantedes  eleves,  mais  qu’il  existe,  en  meme  temps,  un  maximum  pour  les  dimen- 
sions des  classes  et  qu’il  n’est  pas  raisonnable  de  le  depasser. 

M.  le  docteur  lllinsky  a fait  un  travail  sur  la  distribution  du  temps  dans  les  ecoles. 

Deux  ecoles  ont  le  meme  but  et  les  eleves  qui  les  frequentent  ont  le  meme  age  ; 
cependant  voyez  l’enorme  difference  existant  dans  leurs  programmes  du  jour.  Dans 
l’une,  par  exemple,  l'ecolier  du  premier  flge  ne  prend  qu’une  heure  pour  son  repos, 
tandis  que  dans  la  seconde  il  n’a  que  dix  minutes  pour  satisfaire  au  meme  bosoin.  Dans 
celle-ci,  une  heure  d’cxerciccs  corporels  suit  les  deux  premieres  lemons  ; dans  celle-h\, 
au  contraire,  quclques  minutes  seulemcnt  sont  coasacrees  a ces  exercices  apres  cinq 
legons  ou  cinq  heures  de  travail  intellcctucl. 

Ne  serait-il  pas  bon  de  rechercker  quelle  est  la  meilleure  regie  de  distribution  du 


1(14 


CONFERENCES 


temps  poui  los  ccoliers  ? II  cst  aussi  muuvais  do  los  forcer  trop  travaillcr  quo  do  laisscr 
leurs  facultes  se  rouiller  dans  un  trop  long  repos.  Esperons  que  des  etudes  seront 
faitcs  sur  ce  point  important. 

Je  vous  presente  maintenantlesdiagrammes  sur  les  maladies  et  deces  dans  les  ecoles, 
diagrammes  executes  par  les  docteurs  Kedrolf  ct  Zacharoff.  De  nouveau,  il  nous 
suffira  de  jcter  un  simple  coup  d’ceil  pour  voir  une  enorme  difference  sous  ce  rapport 
dans  les  ecoles. 

Je  n’ai  qu’h  aj outer  deux  ou  trois  observations. 

Ainsi  personne  n’ignore  que  le  sol  et  lc  climat  ont  la  plus  grande  influence  sur  la 
sante  et,  par  tan  L,  sur  la  vie  d’un  enfant ; mais  voici  des  etudes  qui  prouvent  qu’il  existe 
des  causes  demaladie  et  de  mortalite  encore  plus  graves  que  le  sol  et  le  climat.  — Une 
ecole,  par  exemplc,  se  trouve  dans  une  ville  situee  au  milieu  de  marais,  et,  dans  cette 
ecole,  nous  trouvons  moins  de  malades  que  dans  l’ecole  qui  se  trouve  sur  un  sol  et  sous 
un  climat  parfaits. 

Nous  savons  aussi  que  de  la  nourriture  depend  notre  sante;  mieux  nous  somrnes 
nourris,  moins  nous  offrons  de  chances  a la  maladie.  Eh  bien ! voici  des  faits  de  nature  a 
renverser  toutes  nos  idees.  Des  eleves  sont  nourris  insuffisamment,  ils  man'gent  tres-peu 
de  viande,  et  le  nombre  des  malades  et  des  morts  parmi  eux  est  relativement  le  raerne 
que  dans  les  ecoles  ou  on  les  nourrit  tres-bien.  Oil  sont  done  les  causes  d’un  pareil 
resultat?  Nous  n’en  savons  rien,  parce  que  la  question  n’a  pas  ete  suffisamment  appro- 
fondie. 

J’ai  dit  : « La  question  n’a  pas  ete  suffisamment  approfondie  ».  Je  terminerai  en 
ajoutant'  que  malheureusement,  en  matiere  d’hygiene  scolaire,  bien  des  problemes 
restent  encore  sans  solution. 

C’est.  pourquoi  nous  invitons  toutes  les  nations  a commencer,  sans  perdre  un  ins- 
tant , h rechercher  ces  solutions. 

11  fau  t que,  dans  tousles  pays,  s’etablissent  des  bureaux  d’hygiene  scolaire  et  que 
ces  bureaux  soient  mis  en  relations  permanentes. 

C’est  seulement  ainsi  que  nous  arriverons  a trouver  les  moyens  d’eloigner  de  nos 
ecoles  tout  ce  qui  peut  nuire  ala  sante  des  jeunes  generations;  c’est  seulement  ainsi 
que  nous  obtiendrons  le  droit  de  dire  au  people  entier  : 

« Envoyez  vos  enfants  dans  nos  ecoles  : ils  gagneront  tout;  ils  ne  perdront  rien.  » 


La  conference  de  M.  Kokhovsky  s’est  terminee  au  milieu  des  plus  sym- 
pathiques  applaudissements. 

Le  president  du  Cercle  artistique  et  litteraire,  M.  Vervoort,  se  faisant 
1’organe  de  l’assistance,  a remercie  l’orateur  et  lui  a adresse  de  chaleu- 
reuses  felicitations. 

Une  discussion  s’est  engagee  ensuite  entre  differents  auditeurs  et  le 
conferencier. 


CONFERENCES 


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M.  Ch.  Buls  (Bruxelles).  — J’ai  ete  tr6s-heureux  d’apprendre,  par  1’interessante 
conference  de  M.  Kokhovsky,  que  le  Musee  pedagogique  poursuit  a Saint-Pctersbourg 
la  meme  reforme  que  la  Lir/ue  de  l’  Enseignement  defend,  depuis  douzo  a ns,  en  Belgique. 

Depuis  douze  ans,  nous  demandons  que  Tenlant  soit  soustrait  a Tenseigncmentmeca- 
nique,  routinier  auquel  il  est  soumis  dans  nos  ecoles.  Tout  le  monde  aujourd’hui 
approuve  les  melhodes  intuitives  et  reeonnait  qu ’il  faut  s’adresser  a la  vue  des  enfants 
aussi  bien  qu’a  leur  esprit.  Si  ces  inethodes  sont  si  peu  pratiquees  dans  nos  ecoles 
communales,  e’est  que  nos  ecoles  normales  ne  fournissent  pas  d’instituteurs  capables 
de  les  appliquer,  car  eux  aussi  out  ete  eleves  suivant  les  anciennes  methodes.  Pour 
que  celles-ci  suient  completement  abandonnees,  il  faudrait  qu’elles  fussent  tout  d’abord 
rejetees  des  ecoles  normales,  qu’on  y format  des  instituteurs  penetres  de  leur  esprit  et 
capables  de  mettre  en  pratique  d’autres  method es.  Je  demanderai  done  a Thonorable 
orateur  si  quelque  chose  de  semblable  a ete  fait  en  Russie  et  si  les  ecoles  normales 
y sont  pourvuesdu  materiel  dont  il  nous  a parle  dans  sa  conference. 


M.  Kokhovsky.  — Avant  d’introduire  dans  nos  ecoles  la  reforme  citee  dans  ma  con- 
ference, T Administration  centrale  des  etablissements  militaires  d’education  a voulu 
former  des  instituteurs,  puisque  « l’ecole,  e’est  le  maitre  ». 

Pour  cela,  elle  a cree  deux  institutions  pedagogiques  : 1°  les  » cours  pedagogiques  » 
introduits  dans  un  de  nos  gymnases  (athenees)  militaires  a St-Petersbourg;  2°  un 
seminaire  (ecole  normale)  a Moscou. 

Les  personnes  qui  out  acheve  d’une  fapon  satisfaisante  leurs  etudes  dans  Tune  de 
nos  universites  ou  de  nos  academies  militaires  peuvent,  si  elles  ledesirent,  embrasser 
la  carriere  de  1’enseignement  dans  nos  gymnases  et  suivre  pendant  deux  ans  les 
.«  cours  pedagogiques  «.  La  premiere  annee  est  presque  totalement  consacree  par  ces 
personnes  aux  etudes  des  manuels  des  matieres  qu’elles  veulent  enseigner,  plus 
l’histoire  de  la  pedagogie  , de  la  didactique  et  de  la  methodologie.  Durant  la 
seconde  annee,  elles  donnent  des  lemons  dans  les  classes  inferieures  du  gynmase,  sous 
la  surveillance  des  inspecteurs  el  d’un  comite  special,  tout  en  continuant  leurs  etudes 
-theoriques. 

Pendant  tout  le  temps  que  ces  personnes  suivent  les  cours,  elles  re^oivent  du 
Gouvernement,  outre  le  logement  gratuit,  de  500  i 600  roubles  par  an  comme  subside 
(2,000  a 2,400  francs). 

Les  eleves  des  progymnases,  quand  ils  ont  termine  leurs  etudes  preparatoires, 
entrent  pour  trois  ans  a 1’ecole  normale  de  Moscou,  y completent  leur  instruction 
generale  et  y apprennent  les  notions  do  la  pedagogie,  afin  de  devenir  instituteurs  de 
rtos  progymnases. 

Outre  les  institutions  auxiliaires  que  j’ai  deja  citees,  T Administration  centrale  a 
fonde  un  journal  special,  le  Musee  et  la  bibliotheque  pedagogiques. 

M.  Deluc  (Bruxelles).  — Messieurs,  comme  vous  tous,  j’ai  suivi  avec  un  profond 
interet  le  recit  des  louables  efforts  tentes  a Saint-Petersbourg,  dans  le  double  but 
d’etendre  et  de  perfcctionner  Tinstruction  populaire. 

Partout  on  a mis  a l’etude  cet  important  problcmc  qui  domino  toutes  les  aulres 
questions  socialcs,  et  Ton  se  preoccupc  avec  raison  des  graves  difflcultes  qu’il  souleve. 
CerteR,  e’est  une  tache  ardue  que  d’avoir  a creer  de  vastes  ressources  pecuniaires, 


CONFERENCES 


ir>« 


k imaginer  uno  methode  d’onseignement  rationnelle  et  vivifiante,  a former  dc  nombreux 
et.  habiles  instituteurs.;  mais  il  y a erreur  manifest©  a .presenter  l’indolence  ou  la 
resistance  des  families  interessees  comma  lo  principal  obstacle  que  1’on  ait  k vaincre 
pour  detruirc  l’ignorance. 

Bien  que  notre  honorable  conferencier  n’ait  formulo  que  d’une  fa$on  incidente 
1 assertion  contre  laquelle  je  m’eleve,  je  lui  demande  la  permission  d’entrer  k ce  sujet 
dans  quelques  developpements,  qui,  j’en  conviens,  sont  surtout  destines  a une  autre 
adresse. 

Examinons  les  faits  sans  prevention;  voyons  ce  qui  se  passe  non  dans  des  bourgades 
obscures  et  reculees,  mais  dans  les  villes  les  plus  opulentes  et  les  plus  avancees. 

II  y a une  dizaine  d’annees,  — un  peu  plus  ou  un  peu  moins,  — ici  meme,  a 
Bruxelles,  oil  le  Conseil  communal  est  fermement  devoue  au  mouvement  intellectuel, 
on  refusait,  chaque  annee,  1’entree  de  Tecole  a douze  cents  enfants.  Yeuillez  remarquer, 
Messieurs  , que  pour  etre  seulement  admis  a solliciter  cette  admission , il  faut 
justifxer  d’un  etat  de  pauvrete,  sinon  d’indigence.  Tous  ceux  qui,  bien  que  charges 
de  famille  et  dans  la  gene,  ne  remplissent  pas  les  conditions  reglementaires  s’abstien- 
nent,  connaissant  d’avance  l’inutilite  de  toute  demarche.  C’est  done,  en  realite,  k 
plusieurs  milliers  qu’il  faudrait  evaluer  le  nombre  des  enfants  autrefois  repousses  de 
l’ecole.  Grace  aux  efforts  d’une  Administration  liberale,  la  position  scolaire  s’est  sensi- 
blement  amelioree  : maintenant , le  nombre  des  refus  atteint  a peine  quelques 
centaines,  — mais,  cependant,  il  y en  a encore. 

A Paris,  dans  cette  grande  cite  qui  comprend  si  vite  et  defend  si  bien  toutes  les 
idees  gendreuses,les  exclusions  sont  nombreuses  aussi,  — et  si  nombreuses  meme  que 
je  n’ose  pas,  de  memoire,  en  citer  le  chiffre. 

De  ces  faits  indeniables,  et  de  beaucoup  d’autres  que  j'y  pourrais  joindre,  il  resulte 
al’evidence  que  les  parents  ne  refusent  nullement  l’instruction  offerte  a leurs  enfants. 
Tout  au  contraire,  ce  .sont  les  Gouvernements  ou  les  Communes  qui,  par  incurie  ou 
impuissance,  sont  forces  de  rejeter  les  demandes  d’admission. 

Depuis  quelque  temps  neanmoins,  il  est  de  mode  de  faire  grand  bruit  de  cette  pre- 
tendue  indifference  des  families  pour  r&damer  l’instruction.  Assurement,  tout  etre 
humain  a droit  a la  pature  intellectuelle  aussi  bien  qu’&  la  nourriture  du  corps,  et  le 
pere  qui  pretendrait  s’arroger  le  pouvoir  de  maintenir  ses  enfants  dans  l’ignorance  me 
paraitrait  le  digne  pendant  du  federe  americain  revendiquant  fierement  pour  les  Etats 
du  Sud  la  liberte  d’avoir  des  esclaves.  Mais  l’incontestable  principe  de  l’obligation  n’est 
nullement  en  cause  ; ce  que  je  repousse  avec  energie,  c’est  l’application  illogique  et 
prematuree  que  l’on  veut  en  faire. 

Pourquoi  s’escrimer  contre  des  chimeres  au  lieu  d’attaquer  bravement  les  veritables 
obstacles  F Cette  fausse  manoeuvre  fourvoie  l’opinion  publique  et  detourne  les  esprits 
les  plus  genereux  du  but  unique  vers  lequel,  pendant  longtemps  encore,  devront  con- 
verger tous  les  efforts. 

A l’oeuvre  done  ! Multiplions  les  ecoles,  rendons  les  cours  attrayants,  et  les  enfants 
accourront  en  foule.  Et  comment,  d’ailleurs,  en  pourrait-il  etre  autrement?  Si  un  philan- 
thrope excentrique  ouvrait  un  restaurant  oil  chacun  scrait  admirablement  servi  sans 
bourse  delier,  pensez-vous , Messieurs,  qu’il  faudrait  recourir  aux  gendarmes 
pour  recruter  de  force  des  consommateurs  ? Devrait-on  obliger  le  public  a venir  y 
prendre  ses  re  pas  ? Non,  certes.  De  meme  pour  les  ecoles:  ouvrez-les  veritablement.au 
people,  et  il  y viendra  sans  que  vous  l’v  contraigniez. 


CONFERENCES 


tfi" 

Supposons,  au  qontraire,  '.’obligation  ctablie  des  domain.  Que  ferait-on  do  la  loi? 
Force  serait  bien  de  la  laisser  dormir.  Quelle  opinion  lc  people  prendraii-il  de  legisla- 
teurs  confectionnant  sciemment  une  loi  inapplicable,  et  quelles  intentions  leur  prete- 
rait-il  ? Obligor  le  people  a s’instroire  est  evidemment  on  acte  d’humanite  ct  de  raison  ; 
mais  ce  qui  serait  ridicule,  c’est  de  l’obliger  ii  aller  dans  des  ecoles  od  on  ne  peut  pas 
toujours  le  recevoir. 

La  taehe  des  gens  de  coeorqui  s’occupent  des  questions  d'instroction  est  done,  avant 
tout,  de  donner  a tous  les  enfants  one  place  a l’ecole  et  de  repandre  sur  ces  jeunes 
fronts  une  egale  part  d’enseignemenl  : c’est  on  bapteme  qu’ils  leur  doivent.  Et  quand 
les  ecoles  seront  ouvertes  partout,  quand  du  plus  riche  au  plus  pauvre  chacun  y pourra 
venir  s’assecir,  alors,  mais  seulement  alors,  il  sera  legitime  et  opportun  de  decreter  la 
coercition  pour  les  cas  fort  exception nels  od  des  parents  avides  ou  attardes  essave- 
raient  de  soustraire  leurs  enfants  ala  loi  commune  de  reducation. 

II  ne  peut  jamais  etre  utile  de  placer  la  charrue  devant  les  boeufs;  sous  aucun  pre- 
texte,  le  grand  parti  des  lumieres  et  du  progres  ne  doit  sortir  de  la  logique  et  de  la 
verite. 


M.  ICokhoysky.  — L’honorable  preopinant  a donne  une  interpretation  trop  absolue 
a ma  pensee.Et  puis,  il  n’a  pas  tenu  compte  d’une  chose  : c’est  que  j’ai  parle  de  ce  qui 
se  passe  en  Russie.  On  a decretechez  nousle  service  obligatoire,  en  ajoutant  : « Ceux 
qui  auront  passe  par  l’ecole  serviront  une  annee  de  moins  ».  Aussitot,  les  ecoles  ont 
etc  envahies.  Qu’est-ce  que  cela  prouve  ? Que  le  peuple  aime  l’ecole  ? Non,  mais  qu’il 
veut  servir  une  annee  de  moins. 


M.  Couvrelr  (Bruxelles). — En  Belgique,  la  frequentation  des  ecoles  par  les  enfants 
jusqu’i  l’age  de  leur  premiere  communion  ne  laisse  guere  a desirer.  Les  parents  sont 
enchantes  de  se  debarrasser  du  soin  de  les  surveiller.  Les  locaux  et  les  bons  instruc- 
teurs  font  bien  plus  defaut  que  les  eleves.  Sous  ce  rapport,  l’instruction  obligatoire 
n’est  pas  une  necessite  pressante.  Mais  od  ses  bienfaits  se  feraient  sentir,  c’est  pour 
l’enfant  qui  a franchi  sa  douzieme  annee.  Des  qu’il  commence  a pouvoir  rendre  des 
services,  les  parents  l’enlevent  a l’ecole.  Il  oublie  alors  le  peu  qu’il  y a appris;  k dix- 
huit  ans,  il  est  aussi  ignorant  que  s’il  n’avait  jamais  tenu  en  main  un  livre  ou  une 
plume. 

On  a essaye  de  combattre  le  mal  par  la  creation  d’ecoles  d’adultes. 

Le  nombre  de  ces  ecoles  va  decroissant  d’annee  en  annee,  surtout  dans  les  campa- 
gnes.  Elies  ne  subsistent  que  dans  les  localites  ou  les  administrations  publiques  s’inte- 
ressent  a leur  existence.  Beaucoup  de  causes  expliquent  cctte  decadence.  Au  point  de 
vue  pedagogique,  il  suffit  d’en  citer  une  : c’est  le  vice  des  methodes.  Au  lieu  de  s’adres- 
ser  a l’intelligence  des  eleves  adultes,  d’eveiller  leur  curiosite,  leur  desir  d’apprendre, 
on  abuse  de  leur  bonne  volonte  par  un  enscigncment  trop  formaliste,  ne  reposant  que 
sur  le  developpement  des  facultes  de  la  memoire. 

Quel  intcret  peut  prendre  a la  le^on  un  ouvrier  qui  arrive  k l’ecole  il  huit  heures  du 
soir,  harasse  des  travaux  de  la  journee,  ayant  eu  k peine  le  temps  de  prendre  son  der- 
nier ropas,  ct  que  Ton  oblige,  durant  une  heure  ou  deux,  apprendre  peniblement  par 
creur  des  regies  de  grammaire  ou  d’arithmetique  ? A moins  d’une  grande  force  de 
caractere,  il  doit  s’endormir  sur  son  travsil.  A sa  place  n’en  ferions-nous  pas  autant  ? 


CONFLUENCES . 


m 

Si  penetre  qu’il  puisse  etre  tie  l’utilite  ties  choses  qu’on  lai  enseigne,  les  difficultes 
le  rebutent,  et  rien  ne  l’encourage  k les  surmonter.  Le  bat  k atteindre  est  trop  loin. 
II  faut  eveillcr  cn  lui  le  desir  de  savoir,  provoquer  les  faoultes  de  Pobservation  et 
du  raisonnement.  A ce  point  de  vue,  nous  ne  saurions  trop  remercier  M.  le  general 
Kokhoysky  de  nous  avoir  donnd  le  moyen  de  relever  l’instruction  et  l’education  des 
masses,  en  interessant  celles-ci  a la  science,  rendue  attrayante,  en  leur  inspirant  le 
gout  de  l’etude,  en  leur  faisant  toucher  du  doigt  les  jouissances  qu’elle  procure,  les 
avantages  qu’on  peut  en  retirer.  Si  toutes  les  ecoles  d’adultes  pouvaient  jouir  d’un 
enseignement  par  la  vue,  telle  que  l’organise  le  Musee  pedagogique  de  St-Peters- 
bourg, loin  d’etre  dclaissees,  elles  seraient  encombrees,  et,  le  desir  d’apprendre  une 
fois  eveille,  l’acquisition  des  premiers  elements  de  la  science,  qui,  maintenant,  se  pre- 
sente dans  des  conditions  si  arides,  en  serait  grandement  facilitee. 

Ne  perdons  pas  de  vue,  Messieurs,  que  nous  n’avons  pas  a nous  occuper  seulement 
de  l’instruction  des  enfants,  mais  aussi  de  l’instruction  des  generations  qui  ont  ete 
privees  des  bienfaits  de  l’ecole  ou  qui  les  ont  perdus,  et  qui  sont  livrees  aujourd’hui  k 
toutes  les  mauvaises  influences  de  l’ignorance  et  des  prejuges  qu’elle  engendre. 

II  ne  suffit  pas  que  ces  generations  sachent  lire  et  ecrire,  il  faut  surtout  qu’elles 
apprenrent  a reflechir.  11  y a des  peuples  qui  sont  tres-lettres  et  qui  occupent  cepen- 
dant  un  degre  inferieur  dans  l’echelle  de  la  civilisation.  Leur  science  est  une  science 
morte.  Celle  que  nous  reclamons  pour  nos  ouvriers  est  une  science  vivante,  qui  deve- 
loppe  chez  eux  les  facultes  de  l’observation,  dela  comparaison,  du  raisonnement.  C’est 
ce  but  que  vise  le  Musee  pedagogique  de  St-Petersbourg,  et  voil^  pourquoi  nous  ne 
saurions  trop  applaudir  aux  efforts  de  ses  orgamsateurs. 


DEUXIEME  CONFERENCE. 


Le  dimanche  24  septembre,  a onze  heures  du  matin,  M.  le  docteur 
Hubert  Boexs,  membre  de  l’Academie  Royale  de  Medecine  de  Belgique,  a 
donne,  dans  les  salons  du  Cercle  artistique,  une  conference  sur  le  pro- 
gramme des  notions  medicales  indispensables  aux  diverses  professions 
pour  donner  les  premiers  soins  en  cas  d’accidents. 


Mesdames  et  Messieurs, 

J’avais  espere  me  trouver,  etant  donnee  la  nature  du  sujet  de  ma  conference,  en  pre- 
sence d’un  auditoire  compose  principalement  de  patrons  et  d’ouvriers  ; aussi  n’est-ce 
pas  sans  une  certaine  apprehension  que  je  vois  ici  des  medecins  de  divers  pays,  des 
membres  de  nos  Academies  et  de  nos  Societes  savantes,  des  deputes  et  des  hommes 
de  lettres,  qui,  pour’ la  plupart,  connaissent  autant  et  peut-etre  mieux  que  moi 
tous  les  details  de  la  question  qu’il  m’incombe  de  vous  exposer. 

Yous  nie  permettrez  done,  Messieurs,  de  ne  pas  m’arreter  sur  certains  points  qui 
vous  paraitraient  d’une  banalite  fatigante  ; je  veux  insister  surtout  sur  quelques  conside- 
rations speciales  que,  je  l’esperc,  vous  jugerez  dignes  de  votre  bienveillante  attention. 

Pour  dresser  le  programme  des  notions  medicales  indispensables  aux  diverses  profes- 
sions dans  le  but  de  pretcr  les  premiers  socours  en  cas  d’accidents,  j’ai  du  commencer 
par  me  demander  : » Quels  sont  ccs  accidents  ? « et  par  rechcrchcr  ensuite  si,  outre 
les  accidents  communs  h une  foule  do  professions,  il  en  est  qui  sont  plus  particu- 
lierement  on  mcme  exclusivement  propres  a l’une  quelconque  d’cnlr’ellcs  ? 

Jesuis  arrive  a ce  resultat,  (jui  vous  semblera  peut-etre  etrange  de  prime-ubord  : 
e’est  quo  — h part  les  maladies  professionnelles  aigues  ou  chroniques,  dont  je  n’ai  pas 
a m’occuper  en  ce  moment — il  n'est  pas  un  accident  qui  puisse  etre  considere  commr 


170 


CONFERENCES. 


l’apanage  special  d’une  seule  profession.  Vous  en  sore/,  convaincus  quand  j’aurai  fait  la 
revue  des  principaux  groupes  de  ces  accidents,  dont  je  me  serais  occupe  plus  ou  moins 
longuemcnt  sij’avais  rencontre,  dans  cctte  enceinte,  un  auditoire  auquel  mes  conseils 
eussent  pu  inculquer  des  idees  et  des  notions  nouvelles  pour  lui,  mais  sur  lesquels  je 
ne  me  permettrai  pas  de  beaucoup  insistcr  devant  vous. 

II  y a d’abord  les  piqures  de  toute  cspece,  simples  ou  compliquees  par  la  presence 
d’un  corps  etranger  ou  d’une  matiere  virulente.  Les  tailleurs,  cordonniers,  passemen- 
tiers,  couturieres  et  modistes  sont  plus  exposes  aux  piqures,  sans  doute,  que  ne  le  sont 
les  personnes  etrangeres  aces  professions  ; mais  tout  le  monde  peut  se  piquer  avec  une 
aiguille,  un  canif,  ou  etre  pique  par  un  insecte,  une  mouchc  venimeuse.  Et  tout  le 
monde,  en  negligeant  les  premiers  soins  en  cas  de  piqure,  peut  contracter  un  panaris, 
un  phlegmon,  une  carie  osseuse,  ou  mourir  soit  par  infection  purulente,  soit  par 
le  charbon,  soit  par  empoisonnement.  11  n’estdone  pas  prudent  d’abandonner  ala  nature 
de  semblables  accidents,  si  peu  serieux  en  apparence,  et  pourtant  parfois  si  graves. 

Voici  ce  qu’on  doit  faire  dans  le  cas  de  piqure  : 

Enlever  completement,  avec  une  aiguilleou  une  epinglepropre,  les  corps  etrangers, 
corpuscules  mineraux,  pointes,  epines  vegetales,  qui  se  trouveraient  dans  ou  sous  la 
peau.  Faire  saigner  un  peu  la  partie  blessee,  non  pas  par  succion,  mais  par  pression 
a Vaide  des  doigts,  ce  qui  se  fait  tres-facilement  dans  tous  les  cas.  Recouvrir  le  point 
pique  d’un  morceau  de  taffetas  ou  de  linge,  et  laisser  cette  partie  en  repos  pendant 
quelques  heures  et  me'me  un  jour  entier. 

Si  la  piqure  a eu  lieu  sous  un  ongle  et  s’il  s’est  introduit  au  fond  de  cette  piqure 
quelques  grains  de  poussiere,  il  faut  aller  chercher  ceux-ci  en  coupant,  a l’aide  de  fins 
ciseaux,  la  partie  correspondante  de  l’ongle. 

Enfin,  en  attendant  l’arrivee  d’unmedecin,  on  cauterisera  toute  piqure  suspecte,  a la 
levre,  a la  paupiere  ou  ailleurs,  au  moyen  d’un  peu  d'eau  bouillante  versee  sur  le  siege 
meme  de  la  blessure. 

Ces  premiers  secours  appliques  aux  piqures  dispenseront  souvent  les  blesses  de  l’in- 
tervention  des  hommes  de  l’art. 

Les  plaies  affectent  des  formes  diverses.  Tantot  il  y a simplement  dechirure  des 
tissus,  tantot  il  y a perte  de  substance. 

On  lave  les  plaies  a l’eau  froide,  on  cn  extrait  tous  les  corps  etrangers,  on  rapproche 
ensuite  leurs  bords  ou  levres,  de  maniere  a recouvrir  exactement  toutes  les  parties 
sous-jacentes  comme  si  la  peaun’avait  pas  ete  entamee,  et,  pour  maintemr  celle-ci  en 
place  jusqu’a  la  cicatrisation  complete  ou,  au  moins,  jusqu’a  ce  qu’unchirurgien  puisse 
renouveler  le  pansement,  on  y applique  de  petites  languettes  d’emplatres  agglutinatifs 
de  la  grandeur  d’un  billet  de  caramel,  en  ayant  soin  de  les  imbriquer  par  leurs  bords 
k la  fa^on  des  ardoises  ou  des  tuiles  sur  un  toit. 

Ces  petits  bandages  sont  tres  sol  ides  et  valent  souvent  mieux  que  la  suture  chirur- 
gicale  elle-meme. 

A defaut  d’emplatr  e agglutinatif,  on  aurait.  recours  k un  peu  de  poix  noire  ou  blan- 
che, que  les  cordonniers  employent  habituellement,  fondue  avec  une  tres-petite 
quantity  d’huile  d’olive  ou  de  colza  et  etendue,  a chaud,  sur  un  morceau  de  toile  forte 
apres  refroidissement,  on  decoupe  ce  linge  emplastique,  comme  je  l'ai  dejA  dit,  en  pe- 
tites bandelettes  de  la  grandeur  des  billets  do  caramel. 


CONFERENCES . 


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Avec  lcs  plaies,  on  rencontre  assez  sonvent,  comme  complication,  des  hemorrhagies 
plus  ou  nioins  abondantes. 

On  les  appelle  hemorrhagies  externes,  ou  do  l’exterieur. 

Muis  divers  accidents  produisent  aussi  des  hemorrhagies  qui  ont  leur  source  au  de- 
dans de  l’organisme,  telles  que  l’epistaxis  (saignemont  do  nez)  et  le  vomissement  ou 
le  crachement  de  sang. 

Quarul  Vhemorrhagie  provient  des  parties  cxtericures  du  corps,  de  la  tete,  du  cou, 
du  tronc  ou  des  membres,  on  s’empresse  d’appliquer  sur  le  point  d’ou  le  sang  jaillit 
des  pelottcs  d’ouate,  d’etoupe,  de  charpic,  d’amadou,  de  toile  brulee,  ou  des  compresses 
petites  et  courtes  de  linge,  empilees  lcs  unes  sur  les  autres  de  maniere  k former  un 
petit  tas  sur  la  surface  de  la  plaie  saignante;  on  roule  ensuite  quelques  tours  d’une 
bande  de  toile  qu'on  serre  assez  fortement  pour  comprimer  cette  plaie  et  obstruer  les 
vaisseaux  dechires. 

Lorsqu’on  ne  parvient  pas  k enrayer  l’ecoulement  sanguin  paries  bandages  directs, 
dans  le  cas  ou  cet  ecoulement  rebelle  a son  siege  k l’un  des  membres  superieurs  ou 
inferieurs,  on  applique  de  petites  compresses  de  linge  empilees  au  pli  de  l’articula- 
tion  qui  se  trouve  immediatement  au  dessus  du  point  blesse,  en  allant  de  l’extremite 
du  membre  versle  tronc,  c’est-a-dire  : au  pli  du  coude  si  l’hemorrhagie  a lieu  &l’avant- 
bras,  au  creux  de  l'aisselle  si  elle  a son  siege  au  bras  ; et  on  comprime  fortement  ces 
compresses  par  une  bande  roulee  autour  de  Participation. 

C’est  un  moyen  excellent  qui  doit  toujours  etre  employe  dans  les  circonstances 
graves. 

Les  hemorrhagies  dont  le  point  de  depart  se  trouve  a l’interieur  du  corps,  dans  les 
muqueuses  du  nez.  de  la  bouche,  de  la  poitrine,  de  l’estomac  ou  desorganes  abdominaux, 
reclament  des  soins  generaux  immediats,  qui  consistent  dans  des  boissons  froides, 
acidulees  avec  du  vinaigre,  du  citron  ou  du  vin  de  Bordeaux,  et  le  repos  absolu  du 
corps  dans  un  fauteuil  ou,  ce  qui  est  preferable,  au  lit. 

L ’application  permanente  de  compresses  d’eau  froide  sur  la  poitrine  ou  le  ventre 
auxquelles  beaucoup  de  personnes  ont  desuite  recours  dans  ces  cas,  ne  doit  jamais  etre 
conseillee  que  par  un  medecin  qui  en  surveillera  les  effets.  Beaucoup  de  fluxions  de 
poitrine  et  de  peritonites  ont  ete  occasionnees  par  Pemploi  intempestif  etinconsidere  de 
l’eau  froide  sur  la  poitrine  ou  le  ventre. 

Ces  precautions  ne  sont  pas  necessaires  lorsqu’il  s’agit  d’epistaxis.  Pour  combattre, 
des  le  debut,  cette  hemorrhagie,  on  doit  mettre  en  usage,  outre  les  boissons  fraiches  aci- 
dulees et  le  repos  du  corps,  les  compresses  froides  sur  le  front  et  sur  la  nuque,  et  meme 
de  petites  boulettes  de  charpie  enduites  de  perchlorure  de  fer  liquide  qu’on  insinue 
dans  la  ou  les  narines  d’ou  le  sang  jaillit. 

Le  perchlorure  de  for  liquide  est  un  hemostatique  si  sur  et  si  precieux  que  son  nom 
ainsique  son  usage  doivent  devenir  farruliers  aux  gens  du  monde  et  surtout  aux  gens  du 
peuple. 

C’est  le  moyen  par  excellence  pour  arreter,  par  exemple,  les  petites  hemorrhagies 
cutanees  qui  suivent  parfois,  chez  les  enfants  et  les  femmes  debiles,  l’application  des 
sangsues.  II  sufflt  de  quelques  gouttes  de  ce  liquide  sur  un  peu  d’ouate,  de  linge  ou 
d’amadou  pour  atteindre  k l’instant  ce  but. 

Nous  arrivons,  Messieurs,  a des  accidents  plus  graves. 

L^s  engins  puissants  dont  1’homme  fait  usage  dans  les  travaux  salutaires  de  la  pa\x 


<72 


CONFERENCES. 


ainsi  que  dans  les  attentats  criminels  dc  la  guerre  : les  machines,  voitures,  balles,  bou- 
lets,  obus  et  mille  autres  instruments  do  production  et  de  destruction,  determinent  par- 
foisdes  entorses,  dos  contusions  profondes,  des  luxations,  des  fractures,  des  broiements, 
des  ecrasements  plus  ou  moins  etendus  et  compliques.  Ces  accidents  se  produisent 
partout : sur  les  voies  publiques,  dans  les  ateliers,  sur  les  champs  de  bataille ; presque 
toujours  loin  deshopitaux. 

Que  faire  dans  tons  ces  cas.  en  attendant  l’arrivee  du  chirurgicn  ? 

11  faut  examiner  avec  attention  les  blcssures  en  puisant  son  courage  dans  le  desir 
d’etre  utile  k son  semblable,  dans  la  conviction  que  des  secours  immediats  peuvent 
sauver  la  vie  du  malheureux  que  le  hasard  meten  notre  presence.  C’est  au  fond  de  son 
cccur  que  le  chirurgien  trouve  l’energie  qu’il  deploie  dans  les  grands  accidents;  c’est 
dans  son  cceur,  dans  son  amour  pour  l'humanite  que  toute  personne  etrangere  al’art 
de  guerir  doit  trouver  le  sang-froid  et  la  presence  d’esprit  qui  lui  permettront  d’appli- 
quer  les  premiers  secours  que  je  vais  indiquer,  et  desquels  depend  bien  souvent 
la  vio  ou  la  mort  des  blesses. 

On  commence  par  nettoyer  soigneusement  la  blessure  en  enlevant  les  linges  qui 
la  recouvrent  ou  les  debris  qui  s’y  sont  introduits  et  les  portions  d’os  ou  de  peau 
qui  sont  completement  detachees. 

On  rapproche  les  chairs  et  on  rajuste  tous  les  lambeaux  avec  les  doigts ; puis,  on 
les  maintient  en  contact  a l’aide  de  bandelettes  agglutinatives  ou  de  bandes  de  linge; 
on  arrete,  ensuite,  les  hemorrhagies,  s’il  y en  a,  avec  des  compresses,  bandes,  etc., 
comme  je  l’ai  dit  tout-a-l’heure. 

Apres  cela,  il  faut  immobiliser  les  parties  mutilees,  afin  d’eviter  les  douleurs 
excessives  que  le  transport  des  blesses  provoque  si  frequemment,  douleurs  qui 
epuisent,  extenuent  et  tuent  beaucoup  de  patients. 

Nous  avons  vu,  Messieurs,  a l’Exposition  de  sauvetage  , beaucoup  d’appareils 
excellents  pour  immobiliser  les  fragments  osseuxdans  les  fractures  ou  les  os  eux-memes 
dans  les  luxations,  et  pour  transporter  les  blesses  aux  ambulances  ou  aux  hopitaux. 

■ A cet  egard,  voici  quelques  recommandations  qui  ne  vous  paraitront  peut-etre  pas 
denudes  d’interet. 

Pour  immobiliser  les  parties  mutilees  ou  deplacees,  il  suffit  d’appliquer  lateralement, 
au-dessus  du  premier  pansement  de  linge,  trois  ou  quatre  attelles  en  bois,  plus  ou 
moins  grossieres,  faites  a la  hate,  garnies  de  linge  et  assez  longues  pour  deborder  en 
haut  et  en  bas  les  points  leses. 

On  fixe  ces  aPelles,  au-dessus  et  au-dessous  de  la  blessure,  avec  des  bandes  roulees, 
qu’il  faut  prendre  garde  de  ne  pas  serrer  trop  fortement. 

Mais  cette  premiere  immobilisation  n’est  pas  suffisante  pour  permettre  aux 
blesses  d’etre  transports,  sans  secousses  penibles,  cruelles,  meme  dans  les  voitures 
les  plus  perfectionnees,  si  l’on  n’y  ajoute  1 ’immobilisation  complete  de  tout  le  mem- 
bre  qui  a ete  atteint,  en  fixant  solidement  ce  dernier  au  tronc,  s’il  s’agit  d’un 
bras,  ou  au  membre  reste  sain,  s’il  s’agit  d’un  pied,  d’une  jambe  ou  d’une  cuisse. 

Voici,  alors,  comment  on  procede  : 

Supposons  qu’il  s’agisse  du  bras.  Le  pansement  complet  de  la  partie  blessee  etant 
termine,  on  place  le  bras  a demi-flechi  contre  le  tronc  et,  avec  de  longues  bandes,  on 
entortille  tout,  le  tronc  sain  et  le  bras  blosse,  de  maniere  a n’en  faire  qu’un  bloc. 

Quand  la  blessure  occupe  un  membre  inferieur,  on  allonge  celui-ci  contre  son  corrcs- 
pondant,  et  on  les  entortille  tous  les  deux  on  y ajoutant,  au  besoin,  une  planch* 


CONFERENCES. 


l7.-> 

plus  ou  moins  elroite,  mais  assez  longue,  qui  est  elle-meme  enveloppee  dans  les  tours 
de  bande  et  qui  donne  ainsi  prise,  commc  point  d’appui,  aux  mains  des  aides  charges 
d’effectuer  le  transport. 

Les  blessures  graves  dc  la  poitrine  et  du  ventre  reclament  un  mode  d’immobilisation 
generale  analogue,  apres  le  premier  pansement  direct. 

On  se  sert,  a cet  effet,  de  grands  et  larges  bandages  de  corps  formes  avec  des  draps- 
de-lit  ou  des  nappes,  et  aussi,  quand  cola  est  necessaire,  d’une  planche  etroite  et  lon- 
gue, prealablement  garnie  de  linge,  sur  laquello  le  patient  est  couche,  ct  qui  est  main- 
tenue  par  le  bandage  de  corps. 

C’est  de  cette  maniere  qu’on  doit  transporter  au  jour  les  houilleurs  qui  ont  re$u 
des  blessures  graves  au  fond  des  fosses  a charbon. 

Dans  les  cas  oil  le  blesse  est  simplement  atteint  d’une  entorse  ou  d’une  contusion 
profonde,  il  est  sage  de  s’opposer  de  suite  k un  afflux  trop  considerable  de  sang  dans 
les  parties  lesees  en  pla^ant  cellcs-ci  dans  la  position  le  plus  relevee  possible. 

Ainsi,  par  exemple,  au  lieu  de  plonger  un  pied  blesse  dans  un  seau  d’eau,  comme 
cela  se  pratique  generalement  en  depit  des  regies  de  l’art  et  du  sens  comaiun, 
il  faut  le  mettre  sur  une  chaise,  dans  une  position  rclevee,  et  y appliquer,  jusqu’A 
l’arrivee  du  chirurgien,  de  legeres  compresses  d’eau  froide. 

A cq  propos,  Messieurs,  je  voudrais  vous  dire  un  mot  d’un  procede  fort  k la  mode 
chez  iidus,  en  ce  moment : le  reboutage. 

Le  reboutage  n’a  guere  de  raison  d’etre  que  lorsque  des  chirurgiens  malavises  ont 
tenu  troplongtemps  immobiles  les  articulations  atteintes  d’entorse  ou  de  contusion.  Le 
massage  force  vientalors  ranimer  la  vitalite  des  tissus  engourdis  et  engorges.  Traitons 
mieux  les  entorses,  avec  une  immobilite  relative  de  quelques  jours  seulement,  suivie 
par  des  exercices  moderes,  — etles  rebouteurs  ignorants,  n’ayant  plus  a reparer  nos 

Ibevues,  resteront  en  presence  de  celles  qu’ils  commettent  a chaque  instant  et  tom- 
beront  bientot  en  discredit  dans  l’opinion  publique. 

Je  tiens  encore  a faire  une  remarque  au  sujet  des  malheureux  atteints  de  bles- 
sures graves  qui  necessitent  les  soins  les  plus  prompts  des  chirurgiens. 

Pourquoi,  au  lieu  de  faire  transporter  les  patients  du  theatre  de  l’accident  jusqu’aux 
hopitaux  les  plus  proches,  ne  fait-on  pas  transporter  les  chirurgiens,  avec  leur  arsenal 
therapeutique,  aupres  de  ces  infortunes,  chaque  fois  que  cela  est  possible  ? Et,  sauf  sur 
les  champs  de  bataille,  cela  est  toujours  possible. 

C’est  une  recommandation  que  je  ne  cesse  d’adresser  aux  Administrations  de  nos 
chemins  de  fer,  parce  que  j’ai  la  conviction  d’avoir,  pour  ma  part,  sauve  la  vie  a un 
grand  nombre  de  patients,  qui  auraient  succombe  aux  grands  dclabrements  dont  ils 
ctaient  atteints,  si  je  n’avais  pris  la  peine  d’aller,  au  plus  vite,  les  amputer  etles 
panser  sur  place , plutot  que  de  perdre  un  temps  precieux  en  les  faisant  transporter, 
comme  on  le  fait  presque  toujours,  chez  eux  ou  clans  les  hopitaux. 

N’oublions  pas  aussi  d’insistcr  ici  sur  l’abus  que  Ton  fait  trop  souvent  du  genievre 
chez  les  blesses,  peu  apres  l’accidcnt.  Une  petite  quantitede  liqueur  alcoolique  ne  nuit 
certainement  pas,  mais  une  tasse  d’excellent  cafe  cliaud  ou  un  verre  de  vieux  vin 
valent  infiniment  mieux. 

Avant  d’aborder  1’expose  des  premiers  soins  k donner  dans  les  brulures  ct  les 
asphyxies,  permettez-moi,  Messieurs,  de  vous  entreteuir  un  instant  d’un  accident 


CONFERENCES. 


171 

tres  coramun,  qui  peut  se  produire  au  moindre  effort  musculaire  lorsqu’on  y est  pre- 
dispose : \d  hemic,  qui  est  Tissue  subite  d’unc  portion  d’intestin  k travers  les  anneaux 
sous-cutanes  du  ventre. 

Dans  un  cas  semblable,  une  douleur  vive,  accompagnee  ou  suivie  du  developpernent 
d une  tumeur  du  volume  d’un  oeuf  de  pigeon,  quelquefois  d’un  oeuf  de  cane,  appelle 
Tattention  du  blesse.  En  attendant  le  chirurgien,  a defaut  d’un  bandage  special  qu’on 
a larement  de  suite  a sa  disposition,  il  faut  se  coucher,  les  talons  haut,  le  bassin  bas, 
et  tenir  la  main  sur  la  tumeur  ou  plutot  y mottre  de  petites  compresses  de  linge  bien  sec 
qu’on  maintiendra  en  place  avec  une  bande,  roulee  autour  du  bassin,  d’une  part,  et  du 
pli  de  Taine  correspondant  a la  hernie,  d’autre  part,  de  maniere  que  les  deux  anses 
torment  un  veritable  huit  couche  (oo  ). 

Ln  bandage  ainsi  fait  permettrait  au  blesse  de  marcher  et  d'agir  immediatementapres 
Taccident. 

Lorsqu’une  hernie  ancienne  vient  a sortir  brusquement  de  l’abdomen  ou  elle  etait 
contenue  au  moyen  d’un  bandage,  elle  peut  s’etrangler,  si  on  ne  parvient  pas  a la  faire 
rentrer  immediatement.  Dans  une  circonstance  aussi  critique,  on  doit  se  coucher,  le 
bassin  plus  bas  que  les  jambes,  et  appliquer  de  nombreux  et  tres  chauds  cataplasmes 
sur  la  tumeur  meme.  Au  bout  d’une,  de  deux  ou  trois  heures  au  plus,  la  hernie  pourra 
presque  toujours  etre  facilement  refoulee  en  place. 

J’ai,  par  ce  simple  moyen,  empeche  bien  des  operations  sanglantes  qui  avaient  paru 
inevitables  k des  praticiens  experimentes. 

Les  hrulures  sont  produites  par  des  agents  physiques  ou  par  des  agents  chimiques. 

Dans  le  premier  cas,  les  desordres  sont  l’effet  d’un  exces  de  calorique , dans  le  second, 
outre  un  degagement  plus  ou  moins  abondant  de  chaleur,  il  se  fait  des  combinaisons 
speciales,  qui  ont  pour  consequence  une  deterioration  plus  ou  moins  profonde  et  rapide 
des  tissus  affectes.  C’est  ainsi  que  les  acides  energiques,  la  chaux  vive,  la  potasse 
caustique,  l’azotate  d’argent  ou  pierre  infernale,  agissent  sur  l’organisme  vivant,  en 
absorbant  une  partie  de  ses  elements,  l’eau  par  exemple,  et  en  comburant  les  autres. 

Selon  leurs  degres,  les  brulures  ont  ete  divisees  en  plusieurs  groupes,  dont  il  nous 
suffit  deretenirles  suivants  : hridures  legeres  avec  conservation  de  lepiderme  hletat 
de  croute  parcheminee  ou  d’ampoules;  hrulures  super ficielles  ayant  detruit  et  enleve 
l’epiderme  ; hrulures  avec  escharres  plus  ou  moins  etendues  et  profondes. 

Quant  k leur  siege,  on  peut  distinguer  : 

1°  Les  brulures  du  ventre  et  celles  des  autres  parties  exterieures  du  corps.  Les 
premieres  sont  les  plus  graves. 

2°  Les  brulures  interieures,  telles  que  celles  des  voies  respiratoires  ou  des  voies 
digestives,  qui  peuvent  etre  occasionnees  par  des  fluides  ou  des  liquides  brulants  ou 
par  des  agents  chimiques  corrosifs. 

Les  soins  k donner  dans  ces  di  verses  circonstances  doivent  etre  divises  en  precautions 
au  moment  ou  Taccident  a lieu,  et  en  secours  quand  Taccident  est  consomme. 

Supposons  qu’un  gaz  enflamme  ou  un  jet  de  vapeurs  cuisantes  se  degage  dans  un 
endroit  clos.  Que  faut-il  faire  ? Il  faut  se  coucher  k plat  ventre  et  ramper  ainsi  pour 
gagner  une  issue. 

Quand  — ainsi  que  cela  arrive  si  souvcnt  de  nos  jours — le  feu  prend  aux  vetements 
d’une  femme,  il  faut  qu’elle  reste  immobile  et  qu’ellc  s'accroupisse  k Tinstant,  en 
appelant  du  secours.  ✓ 


CONFERENCES. 


173 


Ce  conseil  est  de  la  plus  haute  importance.  Je  suis  persuade,  Messieurs,  que  si  les 
malheureuses  femmes  dont  lesjupcs  flambent  tout-a-coup  gardaient  leur  sang-froid 
et  s’accroupissaient  immediatement,  au  lieu  de  courir  affolees  de  ci,de  la,  elles  arrive- 
raient  presque  toujours  a eteindre  clles-memes  les  flammes  qui  les  enveloppent. 

Independamment  de  ces  precautions,  il  en  est  encore  une  sur  laquelle  je  ne  puis  trop 
appeler  l’attention  des  homines  de  lettres  et  des  journalistes  qui  ont  bien  voulu  venir 
ecouter  cette  conference. 

Comment  etoufle-t-on  d’ordinaire  le  feu  qui  a pris  aux  vetements  d’une  femme  ? En 
la  roulant  dans  une  couverture,  a terre,  et  en  rejetant  ainsi  les  flammes  sur  les  chairs, 
surtout  vers  la  region  du  ventre,  oil  les  brulures  sont  plus  graves  que  partout  ailleurs. 

Comment  devrait-on  faire?  Pour  eviter  les  consequences  deplorables  de  cette  mau- 
vaise  meihode,  il  faudrait  s’empresser  de  placer  entre  les  tissus  enflammes  et  la  peau, 
un  corps  etranger  quelconque  : une  couverture  de  lit,  un  tapis  de  table,  un  paletot 
d’homme,  qui  protegerait  la  femme  pendant  qu’ik  l’aide  de  linges  jetes  par  dessus  ses 
vetements,  on  comprimerait  et  etoufferait  les  flammes. 

Quand  les  brulures  sont  produites,  voici  comment  on  doit  soigner  les  patients  : on  met, 
dans  une  bouteille  parties  egales  d’eau  de  chaux  et  d’huiled’olive  ou  de  colza,  on  secoue 
vivement,  et  on  enduit  avec  ce  melange,  qu’on  appelle  liniment  oleo-calcaire , toutes 
les  parties  contaminees.  Ce  pansement  doit  etre  renouvele  souvent,  jusqu’a  complete 
guerison,  — sauf,  dans  certains  cas  particulars  assez  rares,  meilleur  avis  des  hommes 
de  Part. 

Ce  remede  s’applique  a toutes  les  brulures,  dans  tous  les  cas,  pour  tous  les  ages  et 
dans  toutes  les  regions  du  corps.  C’est  le  topique  universel  par  excellence  contre  ces 
accidents;  il  tient  lieu  de  tout  autre  et  ne  peut  etre  avantageusement  remplace  par 
aucun. 

Rejetez  done  tous  lesonguents  de  charlatans,  tous  les  specifiques  de  la  pharmacie 
contre  les  brulures,  pour  les  remplacer  par  ce  simple  liniment  d’huile  et  d’eau  de  chaux 
legere,  qui  merite  de  devenir  populaire  et  quise  trouve  a laportee  de  toutle  monde,  & 
lacampagne  comme  a la  ville. 

S’ily  a des  ampoules  ou  vesicules  sur  les  points  brides,  n’y  touche?  pas. 

De  meme,  ne  touchez  pas  aux  escharres  aussi  longtemps  qu’elles  ne  se  detachent  pas 
d’elles-memes. 

Les  brulures  internes  sont  excessivement  graves.  J’ai  vu  des  ouvriers  qui  avaient 
ete  enveloppes,  les  uns  a Charleroi  dans  une  atmosphere  de  flammes,  et  les  autres  k 
Thy-le-Chateau  dans  une  masse  de  vapours  d’eau  bouillante,  retourner  tranquillement 
chez  eux  avec  les  apparences  de  la  sante,  se  mettro  au  lit  sans  souftrances  le  soir,  et 
s’eteindre  par  asphyxie  au  bout  de  deux  ou  trois  jours,  comme  dans  certains  cas  de  cho- 
lera sec  ou  d’embolie  cardiaque  ou  vasculaire. 

A quel  phenomcne  morbide  la  mort  peut-elle  etre  rapportee  dans  ces  circonstances? 
L’epiderme  a-t-il  perdu  sa  faculte  perspiratoire  au  contact  momentane  des  vapeurs  ou 
des  gaz portes  i une  haute  temperature?  La  muqueuse  des  bronchos  et  des  poumons 
a-t-elle  ete  desorganisee  par  le  passage,  au  moment  do  Inspiration,  d’un  air  echauffe  & 
100°  centigrades,  et  au-delk?  Serait-ce  simplcment,  comme  M.  Crocq  et  un  medecin 
fussc  dont  j’ai  oublie  le  nom  le  croicnt,  le  resultat  d’un  oedeine  de  laglotte  ? 

Questions  bien  importantes  quo  je  soulevc,  Messieurs,  devant  vous,  mais  quo  des 
autopsies  soigneusement  faites  pourront  seules  resoudro. 

Pour  combattro  les  desastreux  effets  des  brulures  internes  que  doit-on  faire?  Si 


CONFERENCES. 


t"r, 


M.  Crocq  a raison,  e’est  la  larynyotomie  qui  est  indiquee  d’urgencc,  des  que  les  syrnp- 
tpmes  asphyxiqucs  : refroidissements,  gene  respiratoirc,  coloration  bleuatre  destissus, 
deviennent  manifestes.  Si  non,  on  aurarecours  aux  seuls  moyens  quo  nous  pouvons  op- 
poser  aux  dillerents  cas  d’asphyxie  consecutive,  comme  nous  le  verrons  tantot  : cafe 
noir,  vins,  toniques  et  stimulants  a l’intericur,  et  chaleur  arlificielle  autour  du  corps. 

J’aborde  maintenant  le  vaste  sujet  dcs  asphyxies  tant  primitives  que  consecutives. 

L’asphyxie  consiste  dans  le  defaut  d’air  suffisant  pour  entretenir  la  respiration. 

Elle  est  primitive  quand  le  manque  d’air  est  la  cause  directe  de  l’asphyxie,  comme 
cela  arrive  chez  les  noyes,  les  pendus,  etc...  ; et  consecutive  quand  la  respiration  cesse, 
non  par  defaut  d’air  respirable,  mais  par  la  paralysie  des  organes  thoraciques,  ainsi 
que  cela  se  presentc  dans  les  empoisonnements,  la  congelation,  les  convulsions,  la 
syncope,  etc. 

Cette  distinction  est  importante.  Elle  me  permettra  de  grouper  ensemble  les  notions 
medicales  ou  plutdt  les  conseils  therapeutiques  destines  amettre  toute  personne  etran- 
gere  hl’art  de  guerir  en  etat  de  donner  des  soins  intelligents  et  efficaces  aux  asphyxies 
de  Tune  et  de  l’autre  categories. 

On  a longtemps  agite,  dans  la  science,  la  question  de  savoir  comment  la  mort  se 
produit  dans  les  cas  d’asphyxie. 

Est-ce  le  coeur,  est-ce  le  corveau,  ou  sont-ce  les  poumons  qui,  cessant  de  fonctionner, 
amenent  la  suppression  des  fonctions  de  tous  les  autres  organes? 

La  question  est  complexe  et  n’a  jamais  ete  tranchee  d’une  maniere  generale  et 
absolue. 

Cependant,  pour  donner  une  bonne  direction  aux  premiers  secours  qui  doivent  etre 
appliques  dans  les  divers  cas  d’asphyxie,  il  est  urgent  de  connaitre  si  c’est  vers  les 
poumons,  ou  le  cerveau,  ou  le  coeur  qu’il  faut  porter  son  attention  et  ses  efforts. 

L’experience  etla  theoriem’ont  conduit  a admettre,  k cet  egard,  les  conclusions  sui- 
vantes  : dans  l’asphyxie  primitive  ou  directe,  e’est-a-dire  par  defaut  ou  manque  d’air 
respirable,  que  l’air  oxygene  ait  ete  ou  non  remplace  par  des  gaz  impropies  ou  nuisi- 
bles  k l’economie,  la  mort  est  due  ala  suppression  des  fonctions  respiratoires  par  suite 
d’une  congestion  generale  des  poumons;  dans  l’asphyxie  consecutive  ou  indirecte,  au- 
trement  dit  : par  paralysie  des  organes  de  la  respiration,  la  mort  provient  de  la  dispa- 
rition  de  l’influx  nerveux  par  suite  d’une  congestion  ou  d’une  anemie  profonde  de  la 
substance  du  cerveau. 

Done,  dans  les  asphyxies  primitives , il  est  necessaire  de  chercher,  de  prime-abord, 
a ranimer  les  fonctions  pulmonaires;  dans  les  asphyxies  consecutives,  au  contraire, 
on  doit,  avant  tout,  s’attacher  k reveiller  le  cerveau. 

Procedons  avec  methode,  Messieurs.  Voyons  d’abord  quels  sont  les  soins  que  recla- 
ment  les  asphyxies  de  la  premiere  categorie. 

Le  defaut  ou  le  manque  d’air  respirable  peut  survenir  dans  bien  des  circonstances 
diverses.  Occupons-nous  seulcment  des  plus  frequentes  et  des  plus  remarquables. 

Le  larynx,  ou  la  gorge,  peut  etre  obslrue  par  un  corps  etranger,  comme  cela  se  voit 
assez  souvent  chez  les  enfants  et  meme  chez  des  adultes. 

Dans  ce  cas,  il  faut  hardiment  glisser  l’index  de  la  main  droite  ou  de  la  gauche,  le 
long  d’une  joue  et  sur  le  cote  de  la  langue,  le  plus  profondement  possible  dans  la  gorge, 
puis  ramener  dans  la  bouche,  avec  le  doigt  formant  crochet,  les  matieres  ou  les  objets 
qui  mettent  obstacle  k la  respiration.  On  ne  doit  pas  craindre  d’etre  mordu  dans  le 


CONFERENCES. 


177 


coursde  cette  operation,  le  patient  ne  le  pourrait  pas  ; d’ailleurs,  on  peut  avoir  dans 
la  main  nonoccupee  un  corps  dur,  propre  k etre,  au  besoin,  intercale  enti  o les 
dents. 

La  strangulation,  la  pendaison,  la  submersion,  le  passage  dans  des  regions  atmos- 
pheriques  trop  elevees,  le  sejour  dans  des  endroits  ou  l’air  est  vicie  ct  confine,  par 
exemple  dans  des  puits  eboules,  des  citernes,  des  fosses  d’aisanccs,  des  galeries  de 
mines  mal  ventilees,  des  appartements  clos  ou  sc  degagent  desgazde  charbon,  dans  les 
aires  ou  halles  des  fours  k chaux,  des  fours  k coke  et  des  hauts-fourneaux  ; telles  sont 
les  causes  les  plus  ordinaires  de  l’asphyxie  primitive  ou  directe. 

Les  premiers  soins  a donner,  dans  tous  ces  cas  indistinctement,  doivent  tendre  a ram- 
mer les  fonctions  des  poumons.  Pour  cela,  il  faut  introduire  dans  la  poitrine  de  Pair  pur 
et  provoquer  la  respiration  artificielle  k l’aide  d’un  petit  soufflet  ou,  faute  de  soufflet, 
en  soulevant  les  bras  du  patient  au-dessus  de  la  tete  et  en  les  ramenant  le  long  de  la 
poitrine,  alternativement,  toutes  les  cinq  minutes.  On  aide  k Paction  du  soufflet, 
comme  k celle  des  mouvements  du  thorax  qui  accompagnent  l’elevation  et  Pabaissement 
alternatifs  des  bras,  au  moyen  de  pressions  energiques  exercees  sur  les  cotes  pendant 
qu’un  aide  abaisse  les  bras  ou  durant  les  intervalles  des  injections  d’air  par  le 
soufflet. 

Le  soufflet  est,  sans  contredit,  le  procede  de  respiration  artificielle  le  plus  avanta- 
geux,  le  plus  suretle  plus  expeditif  dans  tous  les  cas  possibles  d’asphyxie.  II  ne  peut 
produire  aucun  accident,  etil  doit  etre  manie  franchement,  sans  autre  precaution  que 
d’en  introduire  le  bout  entre  les  dents,  de  ne  pas  le  pfonger  trop  avant  dans  la  bouche 
et  de  ne  pas  faire  serrer  les  narines,  comme  beaucoup  de  medeeins  le  recommandent 
i tort. 

Chez  un  assez  grand  nombre  desujets  asphyxies  par  les  gaz  du  charbon,  j’ai  obtenu 
des  resultats  inesperes,  grace  k la  respiration  artificielle  operee  au  moyen  de  mon 
petit  soufflet.  J’en  ai  publie  les  plus  interessants  dans  mon  Traite  des  maladies  tides 
accidents  des  houilleurs.  Dan=!  eetouvrage,  j’ai  meme  insiste  beaucoup  sur  lanecessite 
ile  faire  placer  au  fond  des  puits  k charbon  un  ou  plusieurs  soufflets  de  petite  dimen- 
sion, et  d’apprendre  aux  ouvriers  la  maniere  de  s’en  servir  au  besoin.  Ce  qui  n’empeche 
nullement  les  directeurs  de  charbonnages  de  suivre  les  vieilles  routines  et  de  continuer 
a faire  remonter  a la  surface  les  malheureux  asphyxies,  au  lieu  de  leur  faire  donner  les 
premiers  soins  par  leurs  camarades. 

Qu’en  resulte-t-il  ? C’est  que  tout  ouvrier  asphyxie  dans  les  fosses  est  un  homme 
perdu.  Pourquoi  ne proteste-t-on  pas  contre  une  semblable  incurie? 

Pendant  quo  deux  ou  trois  personnes  pratiquent  la  respiration  artificielle,  comme  je 
viens  de  le  dire,  il  est  indispensable  que  d’autres  aides  fassent  sur  le  corps  de  l’asphyxie 
des  frictions  energiques. 

Comment  faut-il  exercer  ces  frictions?  Avec  la  main  ou  un  moreeau  de  linge,  etsans 
aucune  espece  de  liquide  nide  baume  Pour  etre  efficaces,ces  frictions  doivent  etre  seches , 
mais  surtout  excessivemcnt  rapides.  Au  lieu  de  les  pratiquer,  comme  on  l’a  conseille 
dans  V Instruction  officielle  qui  a etc  recemment  envoyee  a tous  les  medeeins  de  nos 
prisons,  de  has  en  haut,  il  faut  les  faire  en  tous  sens,  tres-courtes  et  avec  une  extreme 
vivacite,  a la  fa^on  des  sauvages  qui  veulent  enflammer  un  moreeau  de  bois.  Jamais  les 
frictions  exercees  dans  un  seul  sens,  de  bas  on  haut  ou  de  haut  en  has,  ne  parviendraient 
k rechaufTer  un  moribond.  Essayez,  au  contraire,  Messieurs,  sur  vos  bras  les  frictions 
que  je  conseille,  et  vous  comprendrez  qu’il  faudraitetre  mort,  absolument  mort,  pour 

1 i 


178 


CONFERENCES 


ne  passe  reveiller  sous  leur  vivifiante  influence.  11  estvrai  quo  l'auteur  de  V Instruction 
destinec  k enseigner  aux  medecins  des  prisons  les  moyens  de  ressusciter  les  pendus 
s’est  imagine  que,  chez  ccs  sujets,  le  sang  devait  etre  refoule  de  bas  en  haut,  vers  lc 
coeur  et  le  ccrveau,  pour  exciter  ces  organes.  Suivant  moi,  c’est  une  erreur.  Chez  ces 
malheureux,  corame  chez  toutes  les  victimes  des  causes  directes  d’asphyxic  que  j’ai 
enumerees,  les  visceres  thoraciques  sont  gorges  de  sang  et  c’est  bien  plutot  vers  la  pe- 
ripheric qu’au  centre  de  Forganisme  qu’il  faut  chercher  a ramener  ce  liquide.  C’est  pour 
atteindre  ce  but  qu’il  estrequisd’envelopper  les  asphyxies,  surtout  les  noyes,  dans  de 
bonnes  couvertures  delaine  et  de  les  tenir  tres-chaudemcnt  aussitot  que  les  fonctions 
de  la  vie  animale  commenccnt  a reparaitre.  On  aura  done  soin  d’entretenir  autour- 
des  jambes  et  des  pieds  une  douce  chaleur  artificielle  au  moyen  de  briques,  de  sable 
ou  de  bouteilles  d’eau  convenablement  chauffee,  jusqu’au  moment  oil,  la  circulation 
etant  retablie,  on  aura  la  certitude  qu’aucune  congestion  interne  vers  les  poumons  ni 
le  cerveau  n’est  plus  a redouter. 

Quant  a ces  ingredients  qu’on  a l’habitude  de  mettre  sous  le  nez  des  asphyxies  : 
vinaigre,  sels,  aromates,  ammoniaque,  ils  n’ontd’elFet  utile  que  lorsque  la  respiration 
naturellc  commence  a se  retablir.  Ce  sont  de  simples  adjuvants,  qu’on  ne  doit  pas 
negliger  de  mettre  en  usage,  mais  sur  Taction  desquels  il  serait  imprudent  de  trop 
compter  si,  pour  y recourir,  il  fallait  negliger  l’emploi  du  soufflet,  des  mouvements 
des  bras  et  des  frictions  energiques. 

Un  dernier  mot  a propos  de  cette  espece  d’accidents. 

Quand  un  ouvrier  est  tombe  au  fond  d’une  citerne  ou  d’une  galerie  ou  l’air  est  pro- 
fondement  vicie,  il  faut,  avant  tout,  aller  le  chercher  et  Femporter  dans  un  autre  mi- 
lieu, de  merae  qu’il  faut  couper  la  corde  d’un  pendu  avant  d’essayer  de  le  rappeler  k 
la  vie.  On  a imagine,  a cette  fin,  une  foule  d’appareils  plus  ou  moins  ingenioux  et  tres- 
utiles,  que  nous  avons  remarques  a FExposition  du  Parc,  mais  qu’on  ne  possede  pas 
toujours.  Voici  alors  comment  on  s’y  prend  : on  lance  dans  la  galerie  ou  la  citerne 
un  jet  de  vapeur  ou  une  certaine  quantity  d’eau  la  plus  chaude  possible,  qui  determine 
au  sein  de  la  masse  gazeuse  un  ebranlement  et  un  courant  en  vertu  desquels  les  mole- 
cules malsaines  sont  chassees  et  remplacees  par  Fair  exterieur.De  son  cote,  le  calorique 
degage  par  la  vapeur  ou  l’eau  chaude  dilate,  remue  cette  masse  et  contribue  aussi 
k l’assainissemenrt  rapide  du  foyer  deletere. 

Arrivons  maintenant,  Messieurs,  aux  asphyxies  consccutioes  qui  foment  notre 
seconde  categorie. 

A la  rigueur,  le  nom  d’asphyxie  consecutive  applique  k des  accidents  tels  que  la 
syncope,  les  convulsions,  la  congelation,  le  cholera,  les  empoisonnements  de  toute 
espece,  les  vastes  brulures  exterieures,  les  brulures  internes  et  Fivresse  semble 
passablement  impropre.  Cependant,  au  point  de  vue  pratique,  surtout  en  ce  qui  con- 
cerne  les  premiers  soins  a donner  dans  chacun  de  ces  accidents,  — jo  dis  accidents  et 
non  maladies,  parce  que  par  leurs  causes  et  leur  nature  les  asphyxies  consecutives 
ont  plus  de  rapports  avec  les  accidents  chirurgicapx  qu’avec  les  affections  patho- 
logiques  ordinaires,  — ils  constituent  un  groupe  ou  plutot  une  familh  morbide  bien 
definie,  dont  tous  les  sujets  presentent  les  memos  indications  et  reclament  des  moyens 
therapeutiques  analogues. 

A Yivresse  poussee  jusqu’a  menace  d’asphyxie  par  congestion  pulmonaire  ou  ence- 
phalique,  il  faut  opposer  la  chaleur  artificielle , specialement  autour  de  la  moitie 


CONFEIIESCICS. 


179 


inferieure  chi  corps : pieds,  janibes,  cuisscs  ct  ventre ; du  cafe  chaud  a l’interieuret  des 
baissoas  ammoniacales. 

Dans  la  periode  asphyxique  dcs  vcistcs  brCilures  exterieurcs  ct  des  briilurcs  internes , 
ainsi  que  dans  Ie  cholera  confirme , on  doit  employer  egalcmcnt  la  chalcur  artificielle 
an  to  ur  du  corps,  lo  cafe  chaud  ou  froid  et  des  boissons  ammoniacales,  aromatiques 
ou  vineuses. 

Lorsqu’il  s’agit  d’une  personne  empoisonnee , soit  par  des  substances  mineralcs, 
suit  par  des  matieres  organiques,  il  cst  inutile  de  perdre  son  temps  a rechercher  la 
nature  du  poison  qui  a ete  ingere.  Le  meilleur  de  tous  les  contre-poisons  n’aura  pas 
I’efficacite  qu’on  peut  attendre,  avec  confiance,  des  moyens  suivants,  qui  sont  partout 
ot  en  tous  temps  a la  portee  de  chacun  : gorger  le  sujet  d’eau  tiede  ou  froide, 
et  d’huile  d’olive  ou  de  beurre  fondu  non  sale  ; administrer  aussitot  un  vomitif,  ou  pro- 
voquer  le  vomissement  en  titillant  le  palais  ; entourer  le  corps  de  chalcur  artificielle; 
faire  prendre,  apres  les  premiers  vomissements,  du  cafe  chaud  ou  d’excellent  vin  de 
Bourgogne. 

•I’ai  traite  de  cettc  maniere  diverses  personnes,  et  meme  des  animaux,  qui  avaient 
ete  empoisonnes  par  l’arsenic,  le  phosphore,  l’aconit,  etc.,  et  le  sueces  le  plus  com- 
plet  a repondu  a mon  attente,  chaque  fois  que  les  premiers  soins  ne  sont  pas  arrives 
trop  longtemps  apres  l’ingestion  et  l’absorption  dans  l’economie  des  matieres  vene- 
neuses. 

Lorsqu’on  se  trouve  on  presence  d’un  individu  atteint  de  congelation , il  ne  faut  pas 
trop  vite  desesperer  de  le  ramener  a la  vie.  Je  connais  un  vieillard  qui  a recouvre  la 
sante  apres  avoir  passe  la  nuit  du  4 deccmbre  1875,  depuis  onze  heures  du  soir 
jusqu’au  lendemain  a neuf  heures  du  matin,  inanime,  sans  connaissance  sur  la  neige, 
par  une  des  gelees  les  plus  intenses  que  nous  ayons  vues. 

La  vie  persiste  longtemps  dans  certains  organismes  a la  suite  des  congelations 
ct  de  quelqucs  asphyxies  primitives,  telles  que  celles  qui  sont  produites  par  la  submer- 
sion dans  l’eau  ou  par  le  sejour  dans  les  gaz  emanant  de  la  combustion  du  char- 
bon. 

11  faut  done  insister  longtemps,  dans  tousles  cas,  sur  les  soins  que  l’on  prete  aux 
patients,  et  ne  croire  a la  niort  reclle  que  lorsque  des  signes  certains  de  decomposi- 
tion se  manifestent. 

On  reconnnande  avec  raison  de  ne  pas  rechauffer  trop  i‘apidement  les  sujets  glaces 
par  le  froid.  Il  pourrait  en  resulter  des  congestions  etdes  reactions  qui  compromettraient 
de  nouveau  la  vie  qu’on  aurait  momentanement  sauvee.  Les  frictions  seches,  l’cntretien 
d’une  douce  chaleur  artificielle  autour  du  corps  avec  des  couvertures  de  laine,  du  sable 
bien  chaufle,  des  briques  ou  de  l’eau  tres-chaudes,  quclques  boissons  cordiales,  le  cafe 
et  le  vin  principalement,  qui  constituent  les  excitants  les  plus  sains,  les  plus  inoftensifs 
ft  les  plus  efficaces  ; telles  sont  les  rcssourccs  precieuses  que  chacun  trouve  partout  a 
sa  disposition  et  peut  employer,  avec  confiance  et  pcrseveranco,  dans  tous  les  cas  de 
congelation. 

Les  convulsions,  accident  si  subit  ct  si  frequent  dans  le  jeune  age,  qui  fait  l’effroi  des 
meres  et  dont  le  triste  spectacle  dmeut  les  hornmes  les  plus  cndurcis,  meritent  d’arre- 
ter  un  instant  notre  attention. 

Noici  tout  ce  que  jc  fais  pour  combattrc  les  convulsions  des  enfants,  quellcs  qu’en 
«')ientles  causes  : dentition  laboi’ieuse,  constipation  accidcntellc,  congestions  viscerales, 


1 so 


CONFLUENCES. 


debut  d’une  fievre  eruptive,  etc.  Je  debarrasse  le  baby  de  ses  langes  ou  de  ses  vete- 
ments,  je  l’enveloppe  dans  de  la  flanelle  et  je  lui  fais  passer  ou  lui  passe  moi-meme 
un,  deux  ou  trois  lavements  composes  d’eau  et  d’huile  d’olive,  melange  auquel  on 
peut  ajouter  une  cuilleree  a cafe  de  sel  de  cuisine. 

En  meme  temps,  je  fais  venir  des  cataplasmes  tres-chauds  avec  lesquels  j’enveloppe 
chacun  de  ses  pieds,  et  je  lui  administre  quelques  cuillerees  k dessert  de  sirop  de  rhu- 
barbe. 

11  y avingt-cinq  ansque  je  traite  de  cette  manierc  simple,  a la  portee  de  toutlemonde 
et  qui  ne  peut  jamais  otfrir  d’inconvenients  en  aucune  circonstance,  tous  les  enfants 
atteints  de  convulsions,  et  j’ai  toujours  eu  la  satisfaction  de  triompher  de  ce  mal  plus 
effrayant  que  dangereux,  si,  bien  entendu,  un  medecin  maladroit  ou  des  matrones 
ignorantes  ne  se  mettent  pas  de  la  partie. 

Chez  les  adultes,  les  convulsions  ou,  comme  on  dit  plus  generalement,  les  attaques 
de  nerfs,  reclament  les  memes  soins  que  chez  les  enfants.  Dans  les  cas  tres-graves, 
specialement  chez  les  epileptiques,  les  hysteriques  et  les  visionnaires  qui  tombent  en 
extase,  comme  la  malheureuse  hallucinee  ou  plutot  l’habile  thaumaturge  qui  a norn 
Louise  Lateau,  quand  il  y a lieu  de  craindre  une  asphyxie  consecutive  prochaine,  il 
faut  s’empresser  d’appliquer  au  creux  de  l’estomac  la  tete  d’un  marteau  qui  aura  ete 
prealablement  plongee  dans  l’eau  bouillante.  Ce  puissant  et  rapide  revulsif  m’a  rendu 
d’excellents  services  dans  diverses  circonstances  delicates  ou  il  n’y  avait  pas  de  temps 
a perdre. 

On  doit  se  garder  de  contenir  de  force  les  sujets  atteints  de  convulsions  ; il  faut,  au 
contraire,  leur  laisser  la  liberte  cntiere  de  tous  leurs  mouvements,  en  veillant  seule- 
ment  a ce  qu’ils  ne  puissent  se  blesser. 

La  syncope  est  un  accident  extremement  frequent  et  beaucoup  plus  serieux  qu’on  ne 
le  croit. 

Sous  l’influence  d’une  violente  secousse  physique  ou  morale,  quelquefois  d’un  simple 
derangement  de  la  sante,  le  coeur  cesse  tout- a-coup  de  battre ; le  sang,  qui  obeit 
comme  tous  les  corps  solides  et  fluides  aux  lois  de  lapesanteur,n’etant  plus  chasse  par 
les  contractions  cardiaques,  descend  rapidement  du  cerveau  et  engorge  les  veines  pul- 
monaires.  Qu’arrive-t-il  alors?  L’encephale  prive  du  liquide  qui  le  stimule  cesse  de 
produire  l’intlux  nerveux  ou,  si  l’on  veut,  le  fluide  vital ; la  vue  se  trouble,  les  oreilles 
tintent,  la  tete  s’atfaisse,  tous  les  muscles  se  relachent,  et  le  sujet  tombe  en  syncope. 

S’il  ale  bonheur  de  tomber  par  terre,  il  est  sauve;  le  remede  est  a cote  du  mal.  En 
effet,  dans  la  position  horizontale  du  corps,  le  sang,  qui  etait  descendu  sur  la  poitrine, 
reflue  plus  ou  moins  vite  vers  la  tete,  revient  au  cerveau,  et, comme  le  liquide  acidule 
qui  arrive  en  contact  avec  une  pile  galvanique,  il  fait  jaillir  l’electricite  vitale,  origine 
et  principe  unique  de  l’existence  des  etres  organises. 

Mais  si,  au  contraire,  le  sujet  a le  malheur  de  tomber  dans  les  bras  d’un  parent  ou 
d’un  ami  attentif,  qui  ne  connait  rien  des  soins  a donner  en  pared  cas,  il  court  grand  risque 
de  mounr.  En  effet,  la  syncope  est  presque  toujours  inortelle,  si  Ton  s’obstine  itenirles 
personnes  qui  sont  dans  cet  etat,  debout  ou  assises,  la  tete  pilus  elevee  que  la  poitrine. 
Les  sels,les  stimulants,  les  excitants  les  plus  energiques,  sont  alors  de  simples  palliatifs, 
qui  entretiennent  un  souffle  de  vie,  mais  qui  ne  l’empecheront  pas  toujours  de  s’e- 
teindre  completement.  Tous  les  praticiens  ont  rencontre  dans  leur  carriere  denombreux 


CONFERENCES. 


181 


eas  de  mort  subite  qui  n’ont  eu  d’autres  causes  qu’une  syncope  soignee  par  des  igno- 
rants. 

Ainsi,  chaque  fois  que  nous  rencontrons  une  personne  qui  eprouve  un  malaise  subit, 
qui  s’afFaisse  sur  elle-meme,  nous  devons  toujours  commencer  par  la  laisser  etendue  de 
son  long  k terre,  si  elle  y cst  deja,  ou  l’y  mettre  immediatement,  si  elle  est  assise  sur 
une  chaise  ou  soutenue  soit  par  un  meuble,  soit  par  des  mains  amies. 

Apres  cela,  on  prend  un  verrc  d’cau  fraiche  et  on  lui  on  jette  le  contenu,  vivement  et 
de  haut,  en  pleine  figure,  de  maniereque  le  liquide  frappe  a la  fois  les  levres  et  l’inte- 
rieur  des  narines.  Celasuffit.  Quelques  frictions,  des  tapottements  sur  la  poitrine,  une 
ou  deux  secousses  brusques  imprimees  a tout  le  corps  acheveront  d’eveiller  les  sens. 

Pas  n’est besoin.  vous  le  voyez,  Messieurs,  d’avoir  sous  la  main  du  vinaigre  ou  des 
essences  pour  soigner  et  guerir  les  sujets  en  syncope. 

II  me  reste  a parler  des  accidents  exclusivemont  propres  k certaines  professions 
particulieres. 

Mais  je  vous  avouerai.  Messieurs,  que  pour  remplir  cette  derniere  partie  de  ma 
tache,  j’ai  cherche,  et  je  n’ai  rien  trouve. 

Sans  doute  toutes  les  professions  ont  leurs  inconvenients  speciaux.  Personne  n’est 
content  de  son  etat ; on  connait  tous  les  ennuis  de  celui  qu’on  exerce,  pas  ceux  des 
autres. 

Sans  doute  aussi,  chaque  profession  predispose  l’organisme  de  ceux  qui  s’y  adon- 
nent  a certaines  infirmites  plus  ou  moins  serieuses,  qui  constituent  ce  que  nous  appe- 
lons : les  maladies  professionnelles,  dont  je  n’ai  pas  a m’oc-cuper  ici,  mais  qui  merite- 
raient  de  faire  l’objet  d’une  etude  ou  d’uno  conference  destinee  a indiquer  les  mesures 
a prendre  dans  toutes  les  professions  pour  eviter  ou  prevenir  le  developpement  des 
affections  qui  en  sont  la  consequence . 

Mais,  je  le  repete,  en  fait  d’accidents  proprement  dits,  je  n’en  connais  pas  un  qui  soit 
exclusivement  propre  a une  seule  profession. 

Cherchez  avec  moi,  Messieurs,  et  vous  verrez. 

L’ardoisier  peut  tomber  du  haut  d’un  toit ; mais  je  crois  qu’on  voit  plus  de  domesti- 
ques  tomber  par  megarde  des  fenetres  qu’ils  nettoyent  que  d’ardoisiers  tomber  des 
toits.  II  n’y  a pas  que  sur  les  champs  de  bataille  des  plaies  d’armes  & feu.  Les  marins 
courent  risque  de  se  noyer ; mais  que  de  noyes  qui  n’etaient  pas  marins ! Ne  parlons 
pas  des  pendus  : dans  quelle  profession  n’en  a-t  on  pas  vu  ? 

Cependant  on  m’a  signale  deux  accidents  qui  pourraient  vous  faire  admettre  une 
exception  a la  regie  que  je  viens  de  poser  : les  peinlres  sont  sujets  aux  coliques  de 
plomb,  et  les  debardeurs  qui  travaillent  dans  des  eaux  fangeuses  a des  plaies  aux 
jambes 

Unmot  la-dessus,  et  j’ai  fini. 

Les  coliques  de  plomb  doivent  etre  combattues  comrae  tous  les  autres  empoisonne- 
ments.  Seulement,  commc  la  substance  toxique,  chez  les  peintres,  a cte  absorbee 
petit  a petit  et  ne  se  trouve  plus  dans  l’cstomac  au  moment  ou  les  coliques  survien- 
nent,  les  vomitifs  ne  sont  pas  necessaires.  On  les  remplace  avantageuscment  par  des 
purgatifs  huileux.  Du  reste,  chaleur  artificiclle,  bon  cafe,  boissons  chaudes,  aromati- 
qucs  ou  ammoniacales,  commc  dans  les  autres  especes  d’intoxication. 

Mais  ajoutons  que  si  les  peintres  se  lavaienl  soigneusemenl  les  mains  avant  de 


CONFERENCES. 


I 82 

manger,  ils  sc  preserveraient  facilement  do  cet  accident  ou  plutot  de  cette  maladie 
professionnelle. 

Les  debardeurs , masons  et  autres  ouvriers  qui  travaillcnt  dans  dcs  mares  contenanl 
des  detritus  organiques  sont  exposes  it  des  eruptions  douloureuses  des  jambes  et  dcs 
bras  qu’il  faut  soigner  de  la  memo  manierc  quo  les  brulures  : par  le  liniment  d’huile  et 
d’eau  de  cliaux.  Et  eommc  il  lour  serait  aussi  facile,  pourtant,  d’empecher  les  atteintes 
de  ce  mal,  aecidentel  plutot  quo  professionncl,  si,  avant  de  descendre  dans  les  mares 
infectes,  ilsprenaient  la  peine  de  mettre  des ...guelres! 

Je  m’arrete,  Messieurs. 

J’espere  avoir  reussi  a vous  montrer  combien,  avec  peu  de  choses,  avec  des  band.es 
de  linge,  des  empldtres,  des  morceaux  de  bois , de  Vcau  fraiche , de  Vhuile,  de  Yeau  de 
cliaux , du  perchlorure  de  fer  liquide,  du  sirop  de  rliubarbe,  des  cataplasmes  chauds, 
une  seringue  d' enfant,  du  cafe  etdu  tin,  qu’on  trouve  & peu  pres  partout,  et  un  peti  t 
soufflet  qu’on  devrait  introduire,  ne  fut-ce  que  comme  jouet,  dans  toutes  les  families 
ou,  au  moins,  chez  tous  les  chefs  d’ateliers,  il  vous  est  facile  do  venir  efficacement  au 
secours  de  vos  semblables  dans  tous  les  accidents  qui  peuvent  survenir  autour  de  vous. 

Jen’ai  plus  qu’a  vous  remercier  de  l’attention  que  vous  avez  bien  voulu  m’accorder 
et  k vous  souhaiter,  de  tout  caur,  d’avoir  le  moins  souvent  possible  l’occasion  de 
mettre  en  pratique  les  consei’s  et  les  enseignements  qui  ont  fait  l’objet  de  cette  con- 
ference. 


TROISlfiME  CONFERENCE. 


M.  Andr£eff,  conseiller  actuel  d’Etat  de  Russie,  avait  prepare,  pour  les 
membres  du  Congres,  une  conference  sur  les  E coles  pfofessionnelles  d'ou- 
vriers  et  le  travail  des  enfants  cn  Russie ; mais  il  n’a  pn  la  donner  par  suite 
de  circonstances  independantes  de  sa  volonte. 

Yoici  le  texte  de  cette  conference  que  M.  Andreeff  a bien  voulu  nous 
communique  r : 


Mesdames  et  Messieurs, 


L’idee  de  cette  conference  m’a  etc  donnee  par  Fhonorable  president  du  Congres. 
M.  Vervoort.  Sije  m’en  empare,  ce  n’estpas  que  je  me  sente  plus  qu’un  autre  capable 
d’etudier  a fond  lacpiestion  du  travail  des  enfants  et  surtout  des  ecoles  professionnelles 
pour  les  ouvriers ; ce  n’est  pas  non  plus  que  je  comptc  tircr  de  mes  connaissances  et  de 
mes  observations  personnelles  des  conclusions  irrefutables  sur  la  rnaticre  ; jo  suis  loin 
d’avoir  de  pareilles  pretentions ; je  fais  appcl,  au  contraire,  i toute  votre  indulgence. 
Mais  je  veux  cmettre  quclqucs  oiiinior.s  conscicncicuscs  cn  souhaitant  ardennnent 
qu’clles  vous  paraissent  bonnes. 


CONFERENCES 


U<4 


Le  sujet  que  je  suis  appele  a traiter  dcvant  vous  est  loin  d’etre  nouveau ; depuis 
longtemps,  bien  des  efforts  genereux  ont  cte  tentes  dans  le  but  detrouver  des  solutions 
pratiques  aux  differentes  questions  qui  en  decoulent.  Mais  tant  que  ces  questions  n’au- 
ront  pas  ete  definitivoment  et  cfficacemcnt  resolucs,  il  restera  encore  quelque  chose 
k faire. 

Je  dois  vous  prevenir  d abord,  Messieurs,  que  je  porterai  principalement  mon  etude 
sur  1 instruction  pro  fessionnelle  des  ouvriers . Je  ne  m’occuperai  qu’incidcmment  du  tra- 
vail des  enfants,  e’est-a-dire  en  ce  qui  concerne  son  rapport  avec  l’instruction  profes- 
sionnelle,  et  sans  l’analyser  au  point  de  vue  de  l’hygiene  ou  de  la  philanthropic.  11  no 
s agira  done  pour  moi  que  d’examiner  jusqu'a  quel  point  l’admission  prematuree  des 
enfants  au  travail  est  compatible  avec  leur  instruction  professionnelle,  dont  le  but  est 
de  creer  des  ouvriers  habiles,  intelligents  et  pouvant  veritablement  se  rendre  utiles 
dans  la  mesure  de  leurs  moyens  naturels. 


J’entre,  sans  autre  preambule,  au  coeur  de  mon  sujet,  et  je  vais,  tout  d’abord,  citer 
quelques  chiffres  tires  des  comptes-rendus  officiels  des  ecoles  fondees  a St  Petersbourg 
pour  les  ouvriers  et  leurs  enfants. 

Dans  l’annee  scolaire  1874-75,  nous  avons  eu  dans  ces  ecoles  une  moyenne  de 
630  eleves,  dont  276  a classer  parmi  les  enfants  (quatre  ecoles)  et  354  a classer 
parmi  les  adultes,  e’est-a-dire  parmi  ceux  qui  frequentent  les  ecoles  du  soir  et  du 
dimanche  (six  ecoles)  pour  completer  leur  instruction  elementaire  ou  en  chercher  les 
principes,  s’ils  ne  les  possedent  pas  encore  et  s’ils  doivent  consacrer  leurs  journees 
au  labeur. 

Les  ecoles  d’enfant*  contiennent  en  minorite  des  eleves  de  six  a treize  ans,  en  ma- 
jority de  huit  a onze  ans.  Les  etudes  y ont  lieu  le  matin;  elles  commencent  a la  mi- 
aout  et  continuent  jusqu’en  juin.  Dans  une  de  ces  ecoles,  il  y avait83  eleves  en  sep- 
tembre,  96  en  novembre  et  decembre,  83  en  avril  ; dans  une  autre,  il  y en  avait  47  en 
septembre,  59  en  avril  et  en  mai.  Les  chiffres,  on  le  voit,  sont  constants ; ils  ne 
varient  guere;  quant  aux  absences,  elles  sont  assez  rares  : sur  100  inscrits,  on  en 
compte  tout  au  plus  une  vingtaine. 

Les  ecoles  du  soir  presentent  un  tout  autre  aspect.  Ainsi,  dans  la  raeme  ecole,  au 
courant  de  la  meme  annee  scolaire,  sur  70  inscriptions  relevees  en  octobre,  on  en 
avait  perdu  25  en  mai ; l’annee  precedente,  quatre  ecoles  possedaient  en  mars 
336  eleves;  il  n’y  en  avait  plus  que  162  en  mai.  La  frequentation  des  ecoles  du  soir 
est  done  tres-irreguliere.  Sur  100  inscriptions,  e’est  a peine  si  30  a 40  eleves  s’y 
rendent  d’une  fa^on  suivie. 

Et  ces  faits  ne  se  produisent  pas  seulement  a St-Petersbourg.  En  France,  les  rap- 
ports de  M.  Greard,  inspecteur  des  ecoles  primaires  du  departement  de  la  Seine, 
nous  apprennent  que,  dans  les  cours  du  soir,  la  presence  reguliere  est  de  33  pour  100 
parmi  les  hommes  et  de  50  pour  100  parmi  les  femmes,  alors  que,  dans  les  cours  du 
matin,  elle  est  de  90  pour  100. 

La  raison  de  ces  desertions  des  classes  du  soir  est  tout-a-fait  naturelle.  Je  vais  tacher 
d’en  expliquer  la  raison.  Chez  nous,  par  exemple,  il  y a,  le  soir,  dans  la  meme  salle,  des 


CONFERENCES 


I sr, 

cloves  dont  l’age  varie  entre  huit  et  quarante  ans.  Sur  542  inscrits  on  1873-74, 
il  y en  avait  17  n’ayant  pas  atteint  la  douziemc  annce,  ct  GO  k peine  ayant  passe  la 
vingt-cinquieme.  Eh  bien  ! voil&  pourquoi  les  classes  du  soil-  n’ont  pas  toujours  un  cote 
raisonnable,  un  cote  pratique.  Yoyez-vous  d’ici  ces  jeunes  enfants  venant  h l’etude 
apres  dixou  douzeheures  de  travail,  harasses,  engourdis,  succombant  a la  fatigue  et 
ausommeil?  Que  peut-on  esperer  lour  apprendre  ? Quels  succes  attend-on  de  lemons 
donnees  k ces  pauvres  intelligences  presque  eteintes  sous  les  fatigues  physiques? 

Quant  aux  eleves  qui  ont  de  douze  a vingt-cinq  ans,  — il  ne  faut  pas  y compter.  11s 
sont  un  peu  leurs  maitres,  personne  nc  les  dirige,  ils  n’ont  pas  a se  forcer  contre  la  las- 
situde qui  suit  leur  journee,  et  n’ayant  jamais  goute  les  charmes  de  l’instruction,  ils 
n’en  comprennent  pas  l’attrait,  comme  des  passants  qui  nc  voient  pas  les  fleurs  de  la 
route. 

Puis,  n’ont-ils  pas  souvent  les  travaux  de  nuit  ? N’ont- ils  pas  les  soi-disant  plaisirs 
de  leur  age?  N’ont-ils  pas  les  cabarets  ? N’ont-ils  pas  les  divertissements  que,  plus 
jeune,  on  ne  connait  point?  Et,  d’ailleurs,  il  n’est  pas  facile  d’ouvrir  pour  l’etude,a  une 
epoque  trop  avancee,  une  intelligence  restee  jusque-li  inculte  ou  a lui  faire  saisir  la 
langue  nette  et  precise  de  l’ecole.  — L’intelligence  est  un  champ  ou  les  idees  pous- 
sent  comme  des  herbes  vivaces.  Les  bonnes  doivent  y etre  semees  des  l’enfance,  sans 
quoi  les  mauvaises,  celles  qui  naissent  d’elles-memes,  y pousseront  d’abord, — et  ce 
sera  une  dure  besogne  alors  que  de  les  detruire,  car  elles  auront  pris  une  forte 
racine  en  se  developpant. 

Certes,  je  neveux  pas  dire  que  tous  les  adultes  fuient  les  classes  du  soir.  Cela  n’est 
pas,  heureusement.  Il  y en  a,  aucontraire,  qui  les  frequentent  regulierement  pendant 
quelques  annees  et  qui  nous  reoompensent  ainsi  de  nos  peines.  Mais  la  majeure  partie, 
je  le  repete,  ne  reste  pas  a l’ecole,  et,  au  bout  de  trois  a quatre  mois,  quand  elle  a ap- 
pris  a dechiffrer  et  a tracer  les  lettres,  quand  elle  sait  un  peu  d’arithmetique,  elle 
deserte. 

Devant  cette  situation,  je  pose  une  question  : — « Pareil  etat  de  choses  doit-il  durer 
toujours  ? Ne  peut-on  pas  y remedier  ? * 

Je  reponds  : — « On  peut  y remedier.  n 

Bien  autre  sera  l’aspect  des  cours  du  soir  quand  les  ecoles  elementaires  auront 
prepare  l’auditoire  : il  suffit,  pour  arriver  ace  resultat,  de  redoubler  d’efforts  et  de 
fonder  partout,  toujours,  sans  cesse,  des  ecoles  primaires  pour  l’enfance.  Rem- 
plissez  l’ecole  primaire  d’eleves,  vous  vous  creerez  autant  de  fideles  pour  vos  ecoles 
d’adultes;  elles  en  deviendront  le  vestibule.  Le  gout  des  etudes  intellectuelles,  pris 
de  bonne  heure,  se  perpetuera,  soyez-en  convaincus,  chez  l’adolesccnt,  puis  chez 
1’homme.  Mais  n’esperez  pas  le  contraire  : l’ecolier  peut  devenir  un  homme,  l’homme 
se  resigne  rarement  & se  faire  ecolier;  e’est  une  loi  de  nature.  Ainsi,  quand  l’arbre  est 
jeune,  e’est  le  moment  de  le  fagonner,  de  lui  donner  une  forme,  de  le  courber  ou  de  le 
redresser ; quand  il  a vieilli,  quand  la  seve  a longtemps  travaille  sous  son  ecorce, 
il  ne  ploie  plus  : il  rompt. 

« Mais,  objectera-t-on,  vous  avez  done  bien  besoin  d’instruire  l’ouvrier?  N’est-il  pas 
deja  trop  exigeant?  Sait-il  vraiment  tirer  profit  de  son  savoir?  » 

Sur  cette  derniere  question,  je  dirai : « Certes  oui,  l’ouvrier  sait  tirer  profit  de  son 


186 


CONFERENCES 


savoir;  je  l’affirme.  Nos  elevcs  deviennent  presque  toujours  de  plus  habiles  praticiens 
que  leurs  corapagnons  ct  ils  voient,  par  consequent,  lour  salaire  augmenter  ». 

Sur  I’ autre  question,  ma  reppnse  ne  sera  pas  moins  categorique.  Vous  me  demandez 
pourquoi  j’instruis  l’ouvrier.  Je  l’instruis,  parce  que  l’ecole  cst  un  puissant  moyen  de 
le  moraliser  ; parce  que  l’instruction  apporte  l’education,  et  que  l’education  a pour  re- 
sultat  immediat  d’initier  1’homme  a la  vie  socialejdc  developper  en  lui  ce  que  j’appelle- 
rai  ici,  a defaut  d’un  mot  plus  exact,  la  vraie  sociability  e’est-^-dire  le  besoin  de  la  com- 
munication, la  connaissance  de  ses  devoirs  et  de  sa  dignitc,  le  penchant  & faire 
le  bien  ct  & provoquer,  par  la  bonte,  les  reactions  de  la  bienveillance.  Le  progres  est 
Y education  de  l’humanite;  l’education  est  le  progres  de  1’homme  ; — et  ce  n’est  pas 
sans  raison  qu'on  a dit  qu’instruire,  e’est  clever. 

En  outre,  l’ecole  est  un  lieu  0C1  regne  la  discipline,  oil  une  merae  loi  regit  tout  le 
monde.  Et  je  ne  parle  pas  ici  de  cette  discipline  brutale  du  moyen-age,  commandee 
par  le  baton,  courbant  les  tetes,  brisant  les  fronts;  celle-la,  je  la  reprouve.  Mais  je 
parle  de  cette  discipline  volontaire  iUaquelle  chacun  se  soumetde  bon  gre,  car  cha- 
cun  en  puise  le  sentiment  dans  sa  conscience  et  comprend  qu’elle  doit  etre  la  base 
d’une  societe  0C1  les  hommes  se  valent.  L’ecole  indique  la  necessite  qu’il  y a de  grou- 
per les  efforts,  de  les  regler  pour  faire  prosperer  une  ceuvre  commune. 


Mais  je  me  suis  un  peu  ecarte  de  mon  sujet.  J’y  reviens. 

J’emprunterai  h,  un  ouvrage  que  M.  Wreden  a soumis  au  Congres  le  passage  sui- 
vant  : 

« Le  travail  mecanique  du  manoeuvre  demande  un  plus  grand  emploi  de  force  ; il 
amene  done  une  grande  fatigue.  Cependant  le  travail  du  manoeuvre  est  beaucoup 
moins  retribue  que  le  travail  intelligent  et  raisonne  du  contre-maitre.  Pourquoi  ? Parce 
que  les  patrons  ne  gagnent  presque  rien  avec  le  manoeuvre,  qui  n’est  qu’un  instru- 
ment qui  ne  produit  pas  par  lui-meme,  et  qu’ils  gagnent  avec  l’ouvrier  habile,  qui 
travaille  mieux  et  plus  vite,  qui  menage  ses  outils,  qui  ne  gaspille  pas  la  matiere 
premiere.  » 

M . W reden  dit  encore  : 

« Les  manoeuvres  sont  de  plus  en  plus  remplaces  par  les  machines.  Que  ferons-nous 
des  manoeuvres?  Voulons-nous  entendre  de  nouveau  retentir  le  vieux  cri  des  masses 
qui  souffrent  et  veulent  du  pain?  Aurons-nous  recours  a la  charite  pour  secourir  ces 
hommes  qui  n’auront  plus  de  travail  et  qui  ne  gagneront  plus  leur  vie?  Messieurs,  la 
charites’epuise  souvent,  elle  humilie  toujours.  » 

II  faut  done,  pour  ameliorer  d’une  manierc  efficace  la  position  de  la  classe  ouvriere, 
viser  a une  augmentation  de  son  salaire,  soit  en  lui  donnant  plus  d’argent,  soit  en 
creant  differentes  institutions  philanthropiques  pour  lui  assurer  des  garanties  dans 
l’avenir.  Mais  commc,  d’un  cote,  cette  augmentation  du  salaire  ne  peut  etre  prescrite 
par  un  dccret;  comrne,  d’autre  part,  les  ouvrages  actuels  ne  peuvent  pas  etre,  dans 
beaucoup  d’industries,  remuneres  plus  qu’ils  ne  le  sont,  — il  faut  que  cette  augmenta- 
tion se  fasse  naturellement,  progressivement,  par  suite  d’une  meilleure  qualite  de 
travail. 

Souvent  memo,  le  bien-  etre  des  ouvriers  pourrait  s’accroitre  sans  qu’il  y eut  besoin 
pour  eux  d’aucune  augmentation,  par  le  seul  coneours  d’habitudes  plus  ordonnees,  plus 
reglees,  resultant  d’une  plus  grande  moralite. 


CONFERENCES. 


{Iff 


Consideree  k cc  point  do  vue,  l’ instruction  elementaire  dement  une  nicessite. 

Jesaisbien  quo,  neanmoins,  olio  rencontre  des  contradicteurs ; mais  ils  deviennent 
heureusement  do  plus  en  plus  raves  et  on  no  les  ecoutc  pas  en  Russie.  Nobles  ot  pay- 
sans,  pretres  etlalques,  rnilitaires  et  civils,  nous  attondons  avec  une  memo  assurance 
la  loi  sur  l’instruction  obligatoire,  — loi  doji  annoncee  par  M.  le  ministre  de  l’instruc- 
tion  publique  et  qu’on  doit  tout  d’abord  appliquer  k St-Petersbourg. 

II  ne  faut  pas  oublier  quo  chez  nous  la  duree  du  service  militaire  estdiminuee  d’une 
annee  pour  ceux  qui  ont  passe  par  une  ecole  elementaire. 


Ici,  je  rn’arrete  un  instant. 

A quelle  epoque  doit-on  envoyer  l’enfunt  & l’ecole  et  jusqu’a  quel  age  doit-il  y 
res  ter  ? 

En  ce  qui  concerne  l’epoque  de  l’entrce  en  classe,  vous  savez  qu’on  n’aime  plus  k 
voir  les  enfants  suivre  des  etudes  regulieres  avant  l’age  de  huit  ans.  Pour  ina  part, 
cet  age  me  parait  un  peu  avance;  si  cependant  les  enfants  ont  doja  sui\i  les  cours 
d’une  ecole  gardienne,  s’ils  ont  etc  dans  un  bon  jardin  d’enfants  (systeme  Frcebel), 
on  apeut-etre  raison.  — Quant  a la  duree  des  etudes,  e’est  une  question  d’une  tres- 
haute  importance.  Je  condamnc,  pour  mon  compte,  l’opinion  de  tous  ceux  qui,  dans 
leurs  efforts  pour  obtenir  l’instruction  obligatoire,  voudraient  suivre  I’exemple  de 
PAllemagne  ou  de  la  Suisse  et  fixer  une  duree  legale  et  generale  i la  frequenta- 
tion  de  l’ecole  elementaire. 

Nous  ne  demandons  pas  seulementh  une  ecole  reguliere  de  nous  garder  nos  enfants 
pendant  tant  d’heures  par  jour,  nous  lui  demandons  aussi  de  leur  inculquer  certaines 
connaissanccs  et  de  developpcr  leurs  facultes  intellectuelles.  Par  consequent,  il  n’y 
a pas  de  mesure  generale  a prendre,  enr  le  degre  d’aptitudes  chez  les  cleves  est  diffe- 
rent; ils  n’apprenncnt  pas  tous  en  memo  temps;  les  intelligences  ne  sont  pas  des  pen- 
dules  qu’on  peut  regler  les  unes  sur  les  autres  et  qui  doivent  marcher  ensemble. 

J’ai  visite  quelques  ecoles  elementaires  en  Allemagne  eten  Suisse;  je  dois  l’avouer, 
j’en  ai  ete  tres-peu  satisfait.  Elies  ne  sont  pas  en  progres;  et,  ce  manque  de  progres, 
jel’explique  sui  tout  par  le  terme  present  a la  frequentation  de  l’ecolc.  Cela  enleve 
aux  enfants  comme  aux  instituteurs  toute  emulation.  Quelquefois  un  eleve  intelligent 
sejourne  dans  une  classe  ou  il  n’a  plus  rien  k apprendre;  il  devient  paresseux. 
D’autres  de  ses  condisciples,  1c  temps  ecoule,  sortent  de  l’ecole  sans  aucune 
instruction. 

4 

Il  faut  done,  k mes  yeux,  quo  la  loi  fixe  le  programme  des  etudes  dans  les  ecoles 
elementaires  et  non  la  duree  de  ces  etudes. 

Pans  une  bonne  ecole  elementaire,  il  faut  enseigner,  outre  les  notions  do  la  lecture 
et  du  style,  les  quatre  regies  (nombres  entiers  et  fractions,)  un  peu  de  geometric, 
l'histoire,  la  geographic  et  les  elements  de  l’histoire  naturelle,  du  dessin  ct  du  chant. 
Si  cette  ecole  estbien  dirigeo,  un  eleve  pourra  facilemcnt,  en  travaillant  cinq  heures 
ptir  jour  — et  cn  consacrant  une  sivieme  heurb  k la  gymnastique,  qui  devrait  dtre 
obligatoire  pour  les  enfants  d’ouvriers ; — un  eleve  pourra  facilcment,  au  bout  de 
quatre  ans  environ,  avoir  termine  ses  etudes  primaircs  d’une  fapon  satisfaisante.  — 
f et  eleve  aura  alors  tlouze  ans:  e’est  l’age.auquel  les  enfants  peuvent  ctrc  admis  au 
travail.  — Si  des  eleves  plus  capables,  mieux  prepares,  achevent  leurs  cours  cn  trois 


CONFLUENCES. 


ISS 

annees,  c’est-a-dire  a onze  ans,  on  les  soumettra  a un  examen  medical  qui,  si  leur 
constitution  le  permet,  les  autorisera  a travailler.  D’autre’s,  au  contraire,  resteront  a 
l’ecole  un  an  de  plus,  juaqu’a  treizc  ans,  s’ils  n’ont  pas  attcint  lc  degre  destruction 
voulu  ou  si,  par  dcs  raisons  de  sante,  ils  ne  peuvent  pas  encore  etre  employes  a un 
metier  manuel.  (1) 

Jeconnais  toutes  les  objections  quo  l’on  fait  contre  la  fixation  d’un  mininum  d’age  : 
la  principale  vient  dcs  parents  qui  ont  les  enfants  a leur  charge;  la  seconde,  des  chefs 
d’atelier  qui  craignent  de  manquer  de  bras  et  qui  les  emploient  dans  toutes  les  con- 
ditions. 

La  premiere  objection  est  vraiment  serieuse;  je  crois  neanmoins  qu’il  faut  main- 
tenir  le  chitfre  de  douze  ans.  Cependant  si  un  minimum  de  dix  ans  pouvait  etre,  tout 
d’abord,  generalement  accepte,  ce  serait  deja  un  progres  notable,  car  j’ai  vu  derniere- 
ment  de  pauvres  petits  etres  de  six  a sept  ans  tourner  des  cigares  pendant  douze  heu- 
res  par  jour  ; — et  je  ne  cite  pas  la  un  fait  exceptionnel.  Mais  il  faudrait  qu’alors  une 
loi  se  pronongat  centre  les  industries  dangereuses  et  malsaines  au  service  desquelles 
les  enfants  ne  seraient  admis  qu’apres  quatorze  ans. 

Quant  aux  chefs  d’atelier,  je  me  permettrai  de  leur  rappeler  ce  qu’a  dit  le  savant 
M.  Corbon  : - — - <-  Placez  un  enfant  dans  une  fabrique,  placez-en  un  autre  pour  deux 
ans  a l’ecole,  et  vous  verrez  que,  revenu  a la  fabrique,  ce  dernier  egalera  le  premier 
des  la  quatrieme  annee  et  qu’il  le  surpassera  a la  cinquieme  (2).  Les  chefs  d’atelier 
n’auront  done  rien  a perdre,  si  les  enfants  vont  a l’ecole;  quant  aux  parents,  des  institu- 
tions philanthropiques  devraient  leur  permettre  d’attendre  l’epoque  a laquelle  les 
etudes  finissent.  Le  peuple  fait  la  richesse  et  la  puissance  des  nations  : on  doit 
l’aider.  * 

Le  minimum  d’age  fixe  par  la  loi  depend  encore  de  la  somme  de  travail  que  l’enfant 
devra  fournir.  La  commission  dont  j’ai  cite  les  conclusions  en  note  a pense  que,jusqu’a 
l’age  de  quinze  ans,  le  travail  effectif  des  ouvriers  devrait  etre  fixe  a un  maximum  de 
cinq  heures  et,  a partir  de  quinze  ans,  a un  maximum  de  dix  heures.  — Cette  maniere 
de  voir  a souleve  l’opposition  de  quelques-uns  de  nos  fabricants  qui,  pour  la  plu- 
p-art.font  travailler  quotidiennement  pendant  douze  heures  environ  et  quelquefois  plus; 
cependant,  dans  les  ateliers  de  l’Etat,  le  travail  est  fixe  a dix  heures,  et  il  en 
est  de  raeme  dans  quelques  fabriques  privees;  de  plus,  le  Congres  des  constructeurs  de 
machines  et  des  proprietaires  d’usines  metallurgiques,  reuni  en  1875,  a adopte  l’opinion 

(4)  Le  minimum  d'dge,  en  Allemagne,  pour  les  occupations  constantes  dans  les  fabriques  est  de  douze 
ans  ; en  Autriche,  il  est  de  dix  ans,  mais  en  verlu  d une  permission  special?  dont  l’effet  ne  s’arrete  qu'i 
la  douzifcme  ann£e.  La  nouvelle  loi  frangaise  exige  aussi  l’age  de  douze  ans,  mais  elle  admet  des  excep- 
tions. bn  Ang’eterre.le  minimum  eslde  dix  ans.  La  commission  que  j’ai  convoqude  en  1871,  a St-P^ters- 
bourg.pour  <5t udier  la  question, s'est  arretee  au  chiffre  de  douze  ansjsuivant  elle,  les  enfants  ne  devraient 
travailler  que  cinq  heures  par  jour  jusqu’S  quinze  ans  et  seulementdauslajourn<5e;unelistesp6- 
ciale  serait  dre^stSe  pour  les  fabriques  ou  lc  travail  de  nuit  est  indispensable; — dans  les  ateliers  militai- 
res  et  les  Amirautds  on  n'admet  pas  d'enfants  avant  l’5ge  de  douze  ans ; — dans  les  fabriques  de  papiers 
de  l’Etat,  pas  avant  treize  ans;  — dans  nos  fabriques  de  machines,  gdndralemenl  pas  avant  quatorze 
ans. 

(2j  Nous  avons  consult^  quelques  directeurs  de  fabrique  au  sujet  du  minimum  d’age  auquel  les  enfants 
pouvaient  6tre  employes  ; ils  nous  ont  rdpondu  que  c’Atait  vers  onze  ou  douze  ans. 

L app  icalion  de  la  nouvelle  loi  franqaiso  n’a  pas  rencmlrd  de  sdrieuscs  difficult6s. 


CONFERENCES. 


!«• 


de  la  commission,  — opinion  appuyee  par  divers  industriels  importants,  parmi  lesquels 
je  dois  citer  M.  Nobel,  frere  de  l’inventeur  de  la  dynamite. 

La  question  du  maximum  du  travail  des  adultcs,  quand  ce  travail  doit  lour  per- 
mettre  d’achever  leur  instruction  professionnelle,  se  presente  maintenant. 

II  est  bien  entendu  qu’A  l’ecole  primaire,  nous  n’avons  donne  a l’enfant  que  les  prin- 
cipes  elementaires  de  l’instruction.  Le  but  de  l’instruction  professionnelle  est  done  de 
completer  cette  instruction  du  premier  age  par  la  connaissance  plus  ou  moins  etendue 
des  sciences  appliquees. 

Malheureusement,  le  r61e  de  instruction  professionnelle  a ete  souvent  mal  inter- 
prets. On  a cru  qu’il  etait  possible  de  passer,  sansaucun  preambule,  a l’etude  des  pro- 
cedes  employes  dans  les  differentes  industries.  C’estla,  au  contraire,  l’ecueil  qu’il  faut 
eviter.  Dans  chaque  systeme  d’instruction,  simple  ou  professionnelle,  ce  qu’on  doit  re- 
chercher,  e’est  le  developpement  de  l’entendement.  Par  l’etude  des  sciences  natu- 
relles,  nous  visons  le  moyen  de  faire  comprendre  les  phenomencs  de  la  nature  en  les 
analysant  et  en  etudiant  les  lois  qui  les  dirigent.  Nous  poursuivons  le  meme  but  par 
les  sciences  techniques.  Tous  les  procedes  dont  on  se  sert  dans  les  fabriques  ne  repre- 
sententqu’un  agencement  de  differentes  actions  physiques,  mecaniques  ou  chimiques  ; 
ce  sont  done  les  elements  de  ces  sciences,  avec  une  etude  preparatoire  des  mathe- 
mathiques,  — de  la  geemetrie  surtout,  — du  dessin  lineaire  et  a main-levee  et  de  la 
tenue  des  livres,  qui  doivent  faire  le  fond  de  tout  enseignement  professionnel. 

N’oubliez  pas  que  l’ecole  elementaire,  s’adressant  a des  enfants  tres-jeunes,  n’a  pu 
qu’ebaucher  leur  instruction  et  que  vous  ne  pouvez  pas  les  priver,  adolescents,  d’une 
certaine  continuation  de  leurs  premieres  etudes : litterature,  histoire,  elements  d’eco- 
nomie  politique  et  d’hygiene.  Mais  encore  la  il  n’y  a rien  de  special ; ce  n’est 
qu’un  enseignement  preparatoire ; mais  ce  n’est  qu’avec  une  preparation  semblable 
que  les  cours  speciaux  sont  possibles  ou  qu’ils  peuvent  etre  remplaces,  au  bescin, 
par  des  manuels. 

L’instruction  professionnelle  doit  etre  generale  pour  tous  les  apprentis  ou  jeunes 
ouvriers,  parce  que  l’enfant  k qui  on  la  donne  n’est  pas  encore  en  age  de  choisir  un 
metier. 

Doit-elle  etre  obligatoire,  comine  elle  Test  dans  quelques  parties  de  l’Allemagne,  ou 
facultative  ? Pour  ma  part,  ayant  la  ferme  conviction  que  les  ecoles  professionnelles 
ne  rnanqueront  jamais  d'eleves  quand  la  frequentation  leur  en  sera  rendue  humaine- 
ment  et  sagement  possible,  je  ne  voudrais  pas  qu'elle  fut  obligatoire,  je  ne  voudrais 
meme  pas  qu’elle  fut  gratuite.  En  cela,  je  ne  fais  quo  rester  tidele  au  principe  exis- 
tant  dans  nos  ecoles  de  Saint-Petersbourg,  au  principe  existant  aussi  dans  les  ecoles 
ouvrieres  du  Creuzot,  qui  exigent  une  petite  retribution  de  soixante-quinze  centimes 
par  mois  : elles  croient  probablement,  comme  nous,  (pie  les  etudes  payees  sont  mieux 
suivies  et  plus  appreciees. 

Tout  en  desirant  que  ces  etudes  soient  libres,  il  serait  bon  cependant  que  chaque  pa- 
tron  put  les  imposer  chezlui;  ehaque  patron  ferait  bien,  en  meme  temps,  d’accor- 
der  quelques  privileges,  — comme,  par  excmple,  une  diminution  dans  les  heures  de 
travail,  — aux  ouvriers  qui  suivraiont  les  cours  avec  succes. 

Si  je  voulais  parler  avec  quelques  details  do  cours  speciaux,  je  devrais  passer  en  re- 


190 


CONFliltENCES. 


vuc  une  serie  d’industries  auxquellcs  ces  cours  preparent  les  jeunes  eleves.  Mais  je 
craindrais  dc  fatigucr  mon  auditoire  par  des  digressions  infinies.  Je  me  bornerai  done 
a dire  que  le  caractere  de  ces  cours,  qui  s’adressent  a des'ouvriers,  doitetre  dernon- 
etratif;  on  doit  les  faire  suivre,  autant  que  possible,  d’excrcices  imposes  aux  eleves.  Le 
plus  ou  moins  de  details  que  le  professeur  pourra  dormer  dependra  enticrement  des 
circonstances  locales,  de  l’importanee  de  l’industrie  et  de  sa  richesse,  etc.  Ces  cours 
spdeiaux  devront  presque  toujours  etre  des  cours  du  soir,  car  ce  sont  les  adultes  ayant 
definitivement  choisi  leur  carriere,  lour  metier,  qui  sauront  cn  pro  fit  er  v cri  tablemen  t ; 
en  sortant  de  1‘atelier  ou  de  la  fabrique,  ils  viendront  ecouter  les  lemons  du  maitre. 
Yoila  pourquoi,  Messieurs,  je  crois  utile  de  nc  pas  depasser  lc  cliiffre  de  dix  heures 
pour  lc  travail  des  adultes.  Je  crois  aussi  que  les  adultes  devraient  avoir  la  possibility 
de  frequenter,  outre  les  cours  professionals,  d’autres  cours  et  des  conferences  sur  des 
sajetshistoriques,  litteraires,  etc. 


Mais  le  temps  mepresseet  je  dois  encore  examiner  la  question  de  1 ’oppren tissage . 

Generalement,  l’apprentissagese  fait  dans  les  ateliers.  Le  point  important  estde  sa- 
voir  si  nous  devons  laisser  les  choses  en  l’etat  ou  bien  si  dies  sont,  comme  beaucoup 
de  personnes  le  pensent,  a reformer  entierement ; si,  en  un  mot,  l’apprentissage  doit 
se  faire  dans  une  ecole  professionnelle  ou  dans  un  atelier. 

Je  ne  saurais  trop,  en  pareille  matiere,  precher  la  prudence  : traneher  la  question  ne 
serait  pas  la  rcLoudre. 

On  reproche  a l’apprentissage  actuel,  dans  les  ateliers,  beaucoup  d’inconvenients  : 
« Ce  n’est,  dit-on,  qu’apres  ladeuxieme  ou  troisieme  annee  qu’il  commence  reellement. 
Jusqu’a  cette  epoque,  l’enfantest  employe  aux  services  du  menage,  aux  courses  ; il  est  le 
commissionnaire  des  ouvriers,  dont  il  a souvent  a endurer  de  rudes  traitements;  il  va 
chercher  l’eau-de-vie  des  contre-rnaitres;  il  nettoie  les  machines,  balaie  l’atelier  et 
contracte  presque  toujours  de  mauvaises  habitudes.  » — Mais  si  nous  faisons  passer 
ainsiparlc  creuset  d’une  scrupuleuse  critique  unefoule  d’autres  institutions  nousy  trou- 
verons  egalement  d’immenses  defauts  ; nous  devons  travailler  ales  corrigeiqmaiscelane 
veut  pas  dire  qu’il  faille  abolir  les  institutions  elles-memes.  11  serait  stupide  de  tuer 
un  malade  pour  le  guerir  de  la  fievre.  Essayons  de  moraliser  les  patrons,  les  contre- 
rnaitres  et  les  ouvriers,  plafons  les  enfants  sous  la  protection  dela  loi;  surtout  qu'on  ne 
se  depeche  pas  de  les  mettre  en  apprentissage,  qu’on  ne  les  y mette  pas  avant  quelques 
annees  d’etudes  intellectuelies,  et  la  situation  sera  autre  qu’elle  ne  l’est  mainte- 
nant.  C’est  la  ce  qu’il  faut  rechercher  ardemment. 

Dans  ces  conditions,  quand  patrons,  contre-rnaitres  et  ouvriers  comprendront 
lours  devoirs  vis-a-vis  des  jeunes  gens  qui  viennent  parmi  eux  apprendre  a travail- 
ler, quand  ces  jeunes  gens  connaitront  les  diverses  qualites  qu’il  faut  posseder, 
alors,  l’atelier  ne  presentera  plus  les  dangers  signal es  tout  a l’heure. 

L’atclicr  est  le  seul  endroit  oh  l’apprenti  puisse  acquerir  de  veritables  connaissances; 
l’ecole  doit  lui  donner  seulement  — et  e’est  dejaune  loui'de  mission  — ^instruction 
theorique. 

Je  me  resume  en  disant  qu’il  faut,  pour  qu’une  instruction  professionnelle  soit  com- 
plete, que  le  jeune  ouvrier,  pratiquant  dans  un  atelier,  trouve  a cote  une  ecole  ou  il 
puisse  continuer  son  instruction  theorique  et,  cn  mime  temps,  completer  son  instruc- 
tion intcllcctucllc.  Je  place  done  1’ecole  a cote  dc  l’atelicr,  et  ce  n’est  que  dans  certaincs 


CONFERENCES. 


191 


circonstances,  plus  ou  moins  exceptionnelles,  que  je  conscillerai  dc  placer  l’atelier 
dans  l’ecole,  c’est-^-dire  de  creer  des  ecoles  d’apprentissage. 

Comme  on  voit,  je  ne  nie  pas  la  necessite  des  ecoles  d’apprentissage  d’une  nianiere 
absolue  ; mais  il  importe  de  definir  d’une  nianiere  generate  les  cas  dans  lesquels  elles 
sont  desirables. 

Ce  n’est  pas  chose  difficile  a faire. 

Les  ateliers  d’apprcntissage,  les  ecoles  pratiques  sont  desirables  partout  oil  Ton 
veut  etablir  une  industrie  nouvelle  pour  donner  de  1 ’occupation  a la  population. 

C’est  ainsi  qu’en  Silesie  il  y a eu  des  ecoles  dentellieres ; dans  la  Foret-Noire,  des 
ecoles  d’horlogerie ; en  Allemagne,  des  ecoles  linieres;  on  Belgique,  des  ecoles  de  tis- 
sage ; c’est  ainsi  qu’avec  l'aide  du  Gouvernement  et  de  la  Municipality  de  Twer, 
M Wereschaguinc  a forme  cliez  nous  une  ecole  vachere.  Toutes  ces  industries  etaient 
introduites  pour  la  premiere  fois  dansles  pays  que  je  viens  de  citer.  On  ne  pouvaitpas 
les  enseigner  dans  des  ateliers  ou  des  usines,  puisqu’elles  n’cxistaient  pas  encore.  Il  a 
done  fallu  fonder  des  ecoles  d’apprentissage. 

Ccrtaines  industries  exigent  un  cours  theorique  a cote  d’exercices  pratiques  : par 
exemple,  l'horlogerie  de  precision,  le  tissage  des  etoffes  fa$onnees,  etc.  Dans  ce  cas, 
l’ecole  d’apprentissage  est  utile,  elle  est  necessaire,  parce  que,  des  leur  entree  aux 
ateliers,  les  apprentis  sont  assujettis  k une  speciality  tres-etroite  et  restent  au  raeme 
travail,  comme  cela  arrive  dans  les  industries  metallurgiques. 

J’admets  encore  que,  dans  l’etat  actuel,  tantque  nous  n’aurons  ni  l’instruction  obli- 
gatoire  ni  une  bonne  loi  sur  le  minimum  d’age  et  sur  l’instruction  ulterieure  des  ap- 
prentis, les  ecoles  d’apprentissage  sont  necessaires.  Ainsi,  je  ne  puis  qu'applaudir  a 
la  fondation  de  nos  asiles  pour  les  jeunes  Giles  qui  apprennent  les  travaux  d aiguille, 

itravauxdontplusieurs  specimens  ont  figure  a l’Exposition  du  Parc.  Mais  je  crois  cepen- 
dantqu’on  va  trop  loin,quand  on  dit  qu’une  ecole  d’apprentissage  peut  donner  II  l’atelier 
un  ouvrier  corr.pletement  forme,  voire  raeme  un  contre-maitre.  Je  crois  que  l’appren- 
tissage  dans  une  ecole  ne  doit  pas  depasser  l’etude  des  elements  du  metier,  et  cela  en 
vue  de  raccourcir  le  terme  de  l’apprentissage  theorique  dansles  ateliers. 

Pour  assurer  le  succes  des  ecoles  d’apprentissage,  il  faut  que  les  chefs  d’etab'.isse- 
ments  industriels,  quiprofiteront  des  apprentis,  y soient  interesses  comme  fondateurs  et 
surveillants.  Pareille  chose  existe,  d’ailleurs,  dans  les  ecoles  pratiques  creees  chez 
nous  par  quelques  Compagnies  dc  chemins  de  fer. 

Encore  une  remarque.  Messieurs  : ce  sera  la  dernicre. 

Jeconnais  plusieurs  ecoles  d’apprentissage  etablies  k grands  frais  qui  ont  pour  regie, 
dans  l’enseignement  des  elements  de  travaux,  de  suivre  une  marche  pour  ainsi  dire 
theorique;  par  exemple,  pour  la  couture,  on  enseigne  les  difTerentes  sortes  dc  couture, 
mais  on  evite  soigneusement  de  livrer  au  public  les  essais  de  l’apprentie  qui  n’est  pas 
encore  parvenue  a la  perfection ; on  procede  de  meme,  dans  quelques  atelicrs- 
ecoles  metallurgiques.  Cette  fa^on  de  ])roceder  est  cssentiellement  vicicuse.  Nous 
savons  tous,  Messieurs,  combien  les  enfants  sont  heureux  d’etre  utiles ; jepuis  vous 
en  parler  par  experience,  car  j’ai  eu  un  atclier-ecole  sous  ma  direction.  Les  enfants 
aiment  a produire  des  choses  dont  on  fait  usage  et  ils  sont  fialtes  de  gagner,  nc  fut-cc 
que  quelques  centimes  par  jour,  par  leur  travail.  C’est  H un  sentiment  d emulation 
qu’il  ne  faut  pas  detruire;  e’est  un  des  bons  cotes  de  la  nature  humaine;  sachons  en 


I!*2 


CONFERENCES. 


profiter  pour  mener  k bien  l’instruction  de  l’enfant.  Je  dois  dire,  d’ailleurs,  que  dans 
plusieurs  de  nos  ecolcs  d’apprentissage  l’apprenti  travaille  a des  choses  utiles;  je  ci- 
terai  les  ecolcs  des  chemins  defer,  ou  Ton  estheureux  des  resultats  obtenus.  Sem- 
blable  methode  cst  suivie  dans  l’ecole  des  apprentis  de  la  Villette,  k Paris, 

Me  voici  maintenant  arrive  a la  fin  de  ma  tache  et  je  vous  rerncrcie,  Messieurs,  de 
l’attention  que  vous  avez  bien  voulu  me  preter. 

Je  finirai  en  concluant  que,  quoiqu’elle  marche  d’un  pas  peu  assure,  l’instruction  du 
peuple  est  en  bon  chemin;  les  ouvriers,  j’en  ai  la  preuve,  sont  avides  de  cette  instruc- 
tion; chaque  fois  qu’on  leur  en  donnera  les  moyens,  ils  en  useront  volontiers.  Que  les 
chefs  d’industrie,  que  les  patrons  secondent  done  le  corps  enseignant,  auquel  j’ai 
I’lionneur  d’appartenir,  et  peut-etre  obtiendrons-nous  bientot  de  bons  resultats. 

Quand  nous  les  aurons  obtenus,  bien  des  douleurs  que  creent  chez  le  peuple  l’in- 
fortune  et  le  sort  seront  apaisees  ; quand  tous  les  homines,  du  riche  au  pauvre,  auront 
etudie,  appris,  sauront,  bien  des  haines  seront  eteintes  : l’instruction  mettra  sur  tous 
les  fronts  sa  supreme  egalite. 


QUATRIEME  CONFERENCE. 


U Association  frcincaise  contre  I'abus  clu  tcibac  et  des  boissons  alcoo- 
liques  s’etait  fait  representer  an  Congres  par  son  secretaire-general, 
M.  Germond  de  Lavigne. 

Cet  honorable  delegue  a bien  voulu  exposer,  en  une  conference  clonnee 
au  Cercle  artistique,  le  25  septembre,  a 8 heures  clu  soil’,  le  fonctionnement 
de  l Association  frangaise.  S’appuyant  sur  les  travaux  publies  par  elle, 
il  a determine  le  but  qu’elle  se  propose  et  a fait  un  tableau  saisissant  des 
desordres  moraux,  sociaux  et  pliysiologiques  auxquels  elle  s’efforce  de  por- 
ter remede. 


M.  le  docteur  Crocq,  membre  de  l’Academie  royale  de  medecine  de 
Belgique,  presidait  la  seance ; par  quelques  paroles  sympathiques  et 
courtoises,  il  a presente  le  conferencier  h ses  aucliteurs  et  a fait  res- 
sortir  rapidement  les  dangers  dont  nous  menacent  ces  deux  toxiques  : 
l’alcoolet  le  tabac,  dont  la  consommation  augmente  chaque  jour. 

Nous  regrettons  de  ne  pouvoir  publier  le  texte  complet  de  l’etude  de 
M.  de  Lavigne  ; nous  en  reproduisons  ci-apres  une  analyse  sommaire  : 


L’  Association  frangaise  contre  Vabusdu  tabac  el  des  boissons  alcooliqacs  cxiste  depuis 
huit  ans  ; elle  public  tousles  deux  mois  un  Bulletin  qui  estlcresumede  ses  travaux  et  le 
moyen  de  propagandc  dont  elle  sc  sert  pour  repandro  ses  doctrines.  Ce  Bulletin  ren- 
ferme  des  ecrits  de  MM.  les  doctours  Paul  Jolly  et  Jules  Guerin,  tons  deux  membros  do 
1 Academic  de  medecine  de  Paris,  presidents  d’honneur  de  V Association  ; dc  M.  E.  Pe- 


is 


194 


CONFERENCES. 


croix,  president  actuel,  de  MM.  Druhen,  Bergonzi,  Stugowski,  Thomas  Reynolds  et 
autres. 

Lc  but  de  ce  recueil,  redige  par  dcs  savants  estimes,  est'de  demontrer  que  l’abus  du 
tabac,  non  moins  que  Tusage  oxcessif  des  boissons  alcooliques,  occasionne  dansl’orga- 
nisine  humain  de  graves  desordrcs,  qu’il  cxercc  sur  les  principals  de  nos  facultes  la 
plus  fachcuse  influence,  qu’il  cst  enfin  un  narcotique,  un  stupefiant,  un  poison  au  pre- 
mier chef. 

Les  citations  empruntees  par  M.  Germond  de  Lavigne  aux  auteurs  qui  viennent 
d’etre  mentionnes  ont  explique  successivement  comment  nait  l’habitude  du  tabac, 
qu’un  auteur  a qualifie  un  » besoin  inutile  » ; ce  qu’elle  coute  economiquement,  mora- 
lement  et  socialement ; ce  qu’elle  detourne  de  l’epargne  du  proletaire  ; quels  en  sont 
les  effets,  soit  sur  les  fonctions  de  l’estomac,  soit  sur  Taction  des  voies  respiratoires, 
soit  sur  l’organe  visuel,  sur  la  circulation  du  sang,  sur  les  facultes  viriles,  sur  le  cer 
veau,  la  memoire  et  les  facultes  intellectuelles. 

Des  exemples  prouvent  que  l’intoxication  penetre  l’individu,  donne  & ses  chairs,  a ses 
muscles,  a ses  os  la  couleur  et  l’odeur  caracteristique  du  tabac,  de  meme  que  Talcoo- 
lisme  le  sature,  s’insinue  jusqu’aux  points  extremes  de  la  circulation,  transformant 
l’etre  humain  en  une  combinaison  qui,  a sonheure,  peut  devenir  spontanement  inflam- 
mable. 

II  importe  done,  et  e’est  la  le  but  del ' Association  frangaise , de  ne  pas  laisser  ignorer 
de  telles  choses  aux  hommes  de  la  classe  laborieuse,  qui  usent  le  plus  souvent,  jusqu’a 
Tabus  meme,  et  du  tabac  etdes  boissons  alcooliques;  il  importe  surtout  a ceux  qui  ont 
quelque  souci  de  la  sante  publique  et  de  l’intelligence  humaine  de  detourner  de  ce* 
entrainements  les  jeunes  gens,  qui  en  sont  paralyses  dans  leur  developpement  intel- 
lectuel,  et  les  enfants,  qui  en  sont  arretes  dans  leur  developpement  physique. 

Un  fait  tire  des  tables  des  concours  de  l’Ecole  Polytechnique  de  Paris,  et  fourni  par 
M.  le  docteur  Bertillon,  a paru  faire  une  vive  impression  sur  Tauditoire  : e’est  que, 
sur  une  promotion  de  cent  soixante  eleves,  l’inferiorite  dans  le  classement  etait  en 
proportion  avec  l’intensite  de  Tusage  du  tabac,  e’est-a-dire  qu’il  ne  se  trouvait  que 
six  fumeurs  parmi  les  vingt  premiers,  et  que,  progressivement,  on  comptait  six, 
douze,  quinze  et  seize  fumeurs  par  chaque  vingtaine,  jusqu’a  la  derniere  categoric 
(de  cent  quarante  a cent  soixante). 

M.  de  Lavigne,  en  concluant,  a demande  qu’on  recherchat  un  moyen  de  faire  dispa- 
raitre  Tabus  du  tabac  et  des  alcools,  soit  par  une  augmentation  considerable  de  Timpot, 
soit  par  l’application  de  mesures  preventives  dirigees  contre  l’adolescence  et  T'en- 
fance,  soit  par  une  plus  rigoureuse  observation  des  reglements  edictes  a l’egard  des 
Chemins  de  fer  et  des  etablisscments  surveilles  par  l’Administration,afin  que  ce  qui  est 
et  ne  doit  etre  qu’une  fantaisie  individuelle  ne  devienne  pas  une  gene,  une  persecu- 
tion et  un  fleau  public. 


C1NQUIEME  CONFERENCE. 


La  cinquieme  et  derniere  conference  a ete  clonnee  par  M.  De  Rote, 
ingenieur  des  ponts  et  chaussees,  le  2 octobre,  a 8 heures  du  soir,  dans  une 
des  salles  de  l’Hotel-de-Ville. 

L’orateur  avait  obligeamment  prete  son  concours  an  Comite  d’execution 
pour  traiter  devant  les  membres  du  Congres  la  question  de  l’utilisation 
des  eaux  d’egout  et  faire  l’liistorique  des  travaux  d’assainissement  de 
Bruxelles,  executes  sous  son  habile  et  savante  direction. 

La  seance  etait  presidee  par  M.  le  docteur  Crocq,  membre  de  l’Aca- 
demie  royale  de  medecine  de  Belgique.  — M.  Alvin,  ingenieur  des  mines, 
remplissait  les  fonctions  de  secretaire. 

Mesdames  et  Messieurs, 

Lesujet  dontle  Comite  d’execution  du  Congres  a bien  voulu  me  demander  de  vous 
entretenir  souleve  des  questions  si  multiples  et  si  complexes  quo  ce  n’est  pas  en  une 
conference  que  Ton  pourrait  songer  a les  traiter  d’une  fagon  quelque  peu  complete. 

Aussi.  en  vous  pari  ant  de  ce  que  la  Ville  de  Bruxelles  a fait  depuis  1866  et  de  ce  qui 
luireste  encore  k faire  pour  realiser  la  grande  oeuvre  de  l’assairiissement  de  la  Scnne, 
je  ne  compte  toucher  qu’aux  questions  principales,  c’est-a-dire  aux  questions  de  prin- 
cipe  encore  eontroversees  et  ofFrant,  des  lors,  un  interet  d’actualite. 

Et  tout  d’abord,  presse  par  le  temps,  je  ne  vous  dccrirai  pas  les  travaux  faits.  Les 
Bruxellois  les  connaisscnt,  et  les  etrangers  qui  s’y  interessent  auront  eu,  je  pense, 
l’occasion  de  voir  des  plans  et  d’entondrc  les  explications  des  fonctionnaires  de  la 
Ville,  lors  des  visitcs  organisees  dans  les  collectcurs.  Ils  auront  appris  que  les  tra- 
vaux d’assainissement  actuelleincnt  executes  ont  coute  27  millions  do  francs;  que  la 
depenso  totale  pour  ces  travaux,  pour  l’acquisition  de  la  zone  des  terrains  a bfitir  le 
long  des  nouveaux  boulevards  et  pour  la  construction  do  la  Bourse  et  des  Halles  est. 


11)6 


CONFERENCES . 


de  57  millions  environ  ; queTexecuticn  dcs  travaux  a necessite  la  demolition  de  pres 
de  1,100  maisons  ; enfin  que  le  resultat  obtenu  est  le  suivant  : 

Bruxelles  a l’abri  dos  inondations  ; remplacement  de  la  partie  la  plus  sordide  de 
l’aucienne  ville  par  un  quartier  nouveau  magnifique  j separation  des  eaux  des  egouts 
d avec  les  eaux  de  la  Senne,  dans  la  traversee  de  l’agglomeration ; reunion  de  toutes  les 
eaux  d’egout  de  cettc  agglomeration  dans  un  memo  grand  collecteur,  qui  les  amene 
jusqu’a  7 kilometres  cn  aval  de  la  ville,  a un  endroit  nomme  Haeren. 

Le  debouche  du  grand  collecteur  est  situe  a proximite  de  la  riviere  et,  pour  le 
moment,  e’est  dans  la  riviere  que  le  collecteur  deverse  ses  produits. 

La  Senne  est  done  assainie  dans  la  traversee  de  Bruxelles  et,  en  aval,  jusqu’a 
Haeren,  soitentout  sur  une  etenduo  d’une  dizaine  de  kilometres.  A Haeren,  la  Senne 
reQoit  en  bloc  tout  ce  qu'elle  recevait  en  detail  avant  l’execution  des  travaux. 

A partir  de  Haeren,  la  riviere  n’est  done  pas  plus  assainie  qu’il  y a dix  ans. 

Bruxelles  et  ses  faubourgs  sontassainis  : e'estee  qui  est  fait. 

La  Senne,  en  aval  de  Haeren,  ne  Test  pas  : e'est  ce  qui  reste  a faire. 


Ausujetde  ce  qui  est  fait,  posons-nous  une  seule  question  de  principe  : 

A-t-on  eu  raison,  a Bruxelles,  d’envoyer  toutes  les  eaux  sales  a l’egout?  ou  aurait- 
on  du  exclure  de  l'egout  les  produits  des  water-closets,  solides  et  liquides  ? 

Le  systeme  consistant  a tout  envoyer  a l’egout  est  applique  a Londres,  a Francfort 
et  on  est  en  voie  de  l’appliquer  a Berlin. 

Le  systeme  consistant  a n’y  envoyer  que  les  eaux  pluviales,  les  eaux  menageres  et 
les  eaux  industrielles,  a l’exclusion  des  produits  des  water-closets,  est  encore  en 
usage  k Paris. 

On  a bien  fait,  pensons-nous,  de  tout  envoyer  a l’egout. 

Le  systeme  contraire,  en  effet,  implique  le  maintien  des  fosses  d’aisance.  Or,  ce 
systeme,  sans  parler  de  la  salete  des  operations  nocturnes  qu’il  necessite  une  ou  deux 
fois  par  an  dans  chaque  habitation,  est  foncierement  mauvais,  parce  qu’il  ne  satisfait 
pas  au  premier,  au  plus  important  des  principes  qui  doivent  servir  de  base  a l’assai- 
nissement  des  villes,  principe  en  vertu  duquel  il  ne  faut  pas  permettre  aux  eaux  sales, 
tenant  en  suspension  et  en  dissolution  des  matieres  organiques,  d’entrer  en  fermenta- 
tion. Pour  prevenir  la  fermentation,  il  est  necessaire  de  ne  pas  laisser  un  seul  instant 
les  eaux  sales  en  repos;  elles  ne  doivent  pas  cesser  d’etre  en  mouvement.  depuis  l’ins- 
tant  ou  elles  s’introduisent  dans  l’egout  prive  de  la  maison,  jusqu’au  moment  ou  elles 
arrivent  al’endroit  ou  il  s’agit  de  les  utiliser. 

Pour  Bruxelles,  disons  qu’il  faut  qu’une  matiere  sale,  partant  d’un  point  quelconque 
del’agglomeration  soit,  au  bout  de  quelques  heures,  rendue  a Haeren.  Il  faut  que  l’ag- 
glomeration ne  soit  traversee,  meme  souterrainement,  que  par  des  matieres  sales  a 
I’etal  frais;  il  ne  faut  pas  qu’elle  emmagasine  souterrainement  des  matieres  sales  a 
Vetat  putride. 

Les  ingenieurs  de  la  Ville  de  Paris  admettent  aujourd’hui  cette  maniere  de  voir.  Si, 
a Paris,  on  a maintenu  aussi  longtemps  le  systeme  barbare  des  fosses,  e’est  parce 
qu’en  raison  du  systeme  descollecteurs  cures  au  moyen  de  wagons-vannes  et  dans  les- 
(juelsdoit,  des  lors,  pouvoir  vivre  tout  un  personnel  d’ouvriers  egoutiers,  on  a craint 
que  l’introduction  des  produits  des  water-closets  dans  les  egouts  ne  rendit  l’at- 
mosphere  des  collecteurs  trop  infecte.  L’excmple  de  Bruxelles  est  de  nature  a etablir 


CONFERENCES. 


107 


que  cette  crainto  n’est  pas  fonclee,  et  parmi  ceux  qui  m’ecoutent  bon  nombre  ont 
pu  s’en  convaincre  par  eux-memes.  Et  encore  faut-il  noter  que  l’atmosphere  dans 
les  collecteurs  de  Bruxelles  sera  beaucoup  plus  pure  qu’elle  ne  Test  aujourd’hui, 
lorsque  Ton  aura  ameliore,  dans  toutc  l’agglomeration,  les  egouts  prives  des 
maisons,  egouts  generalement  ^tablis  dans  des  conditions  vicieuses  permettant  aux 
matieres  sales  d’y  roster  en  repos  et  d’y  fermenter.  C’estlii  que  se  produisent  les  guz 
mephitiques  qui  viennent  encore,  dans  une  certaine  niesure,  salir  l’atmosphere  de  nos 
collecteurs. 

Bruxelles  n’adonc  pas  it  regretter  d’avoir  admis  toutes  ses  eaux  sales  a l’egout,  et 
il  ne  semblc  pas  douteux  que  Paris  fasse  bientot  de  memo  et  supprime  ainsi  son  deplo- 
rable systeme  des  fosses  d’aisance. 

Je  n’en  dirai  pas  davantage  au  sujet  de  ce  qui  est  fait.  J’ai  hate  d’aborder  la  seconde 
partie  dema  conference  et  de  vous  entretenir  de  ce  quireste  a faire,  en  d’autres  termes 
d’examiner  cette  interessante  question  : 

Que  faut-il  faire  des  eaux  d’egout  ? 

En  1866,  ii  Bruxelles,  la  question  a ete  resolue  — en  principe.  II  a ete  decide  que 
l’on  adopterait  le  systeme  de  V irrigation  ou  emploi  direct  des  eaux  d’egout  a l’agricul- 
ture.  Dans  le  contrat  passe,  it  cette  epoque,  entre  la  Yille  et  la  Societe  anglaise  qui 
avait  entrepris  les  travaux  d’assainissement  de  la  Senne,  on  a choisi  un  type  : c’etait 
la  petite  localite  de  Croydon,  en  Angleterre,  dans  le  voisinage  de  Londres.  On  a dit  : 
» II  faut  que  les  eaux  d’egout,  apres  leur  passage  sur  les  prairies,  retournent  a la  riviere 
avec  le  memo  degre  de  purete  que  celui  obtenu  a Croydon  » . On  a fixe,  dans  ce  contrat, 
un  chiffre  minimum  pour  le  nombre  d’hectares  a affecter  ainsi  a l’irrigation,  chitfre 
dont  les  ingenieurs  etrangers  ont  dit  assez  de  mal  : on  a indique,  comm q minimum, 
60  hectares. 

En  admettant  une  population  de  360,000  habitants,  cela  correspond  a 1 hectare 
pour  6,000  habitants.  Or,  it  Croydon,  qu’on  prenait  pour  type  , il  y avait  environ 
100  hectares  pour  30,000  habitants,  soit  1 hectare  pour  300  habitants,  soit  20  fois 
plus  d’hectares,  proportion  gardee,  que  le  minimum  indique  au  contrat  de  la  ville  de 
Bruxelles.  En  admettant  un  nombre  d’hectares  proporlionnel  a celui  de  Croydon,  on 
serait  arrive  it  20  fois  60  hectares,  c’est-&-dire  it  1,200  hectares. 

On  s’est  etonne,  a l’etranger,  que  Ton  ait  trouve  utile  d’inscrire  dans  un  contrat 
un  minimum  s’ecartant  d’une  fagon  aussi  considerable  du  chitfre  proportionnel  it  celui 
de  la  localite  prise  pour  type.  Quoiqu’ilen  soit,  on  peut  considerer  ce  minimum  de 
60  hectares  comme  ayant  peu  d’importance,  puisqu’il  reste  toujours  la  clause  princi- 
pale  : epuration  aussi  parfaite  qu’a  Croydon. 

D’ailleurs,  la  Societe  anglaise  est  venue  & disparaitre,  et  c’est  la  Ville  de  Bruxelles 
qui  a,  actucllement,  it  realiser  elle-meme  le  programme  trace  en  1866. 

En  1872,  la  Ville  a fait  elaborer  un  projet  conforme  au  programme  de  1866,  sauf 
deux  modifications  de  detail,  resultant  de  ce  quo  les  auteurs  du  projet  ont  tenu 
compte  de  deux  modifications  qui  s’etaient  introduces,  depuis  1866,  dans  les  principes 
admis  en  Angleterre  en  matierc  d’irrigation  par  eaux  d’egout.  En  1866,  on  ne  parlait 
guere  encore  que  de  prairies,  de  Rye-grass  (sorte  d’herbc) ; on  arrosait  des  tcrres 
fortes,  ix  proximite  d’une  riviere.  En  1872,  il  ctait  generalement  reconnu  que  les 


<98 


CONFERENCES. 


torres  lcs  plus  cbnvenables  pour  l’irrigation  sont,  au  contraire,  dcs  terree  permeables, 
elevees  au-dessus  du  niveau  des  rivieres,  et  qu’il  convient  d’y  produire  non  do  l’herbe, 
raais  des  legumes,  de  la  culture  maraichere.  Le  projet  de  1872  impliquait  l’irrigation 
d’une  quantite  considerable  de  terrains  suffisamment  sablonneux,  permeables,  situes 
sur  les  plateaux  de  Loo  et  de  Peuthy, a proximite  de  l’extremite  du  grand  collecteur. 
Lcs  eaux  devaient  etre  elevees  a une  trentaine  de  metres  de  hauteur,  et  l’on  disposait 
ainsi,  pour  l’irrigation,  d’une  surface  totale  de  4,000  hectares,  dont  1,600  a Loo  et 
2,400  it  Peuthy. 

Ce  projet  a ete  sounds  a l’examen  du  Gouvernement.  On  a consulte  le  Conseil  supe- 
ricur  d’hygiene  et  le  Departement  des  Trayaux  Publics.  Les  rapports  ont  etc  favorables  ; 
mats,  au  lieu  de  donner  au  projet  une  approbation  pure  et  simple,  on  a trouve  prudent 
de  ne  rien  decider  definitivement  avant  d’avoir  procede  k un  essai.  La  ville  est  entree 
dans  la  voie  que  le  Gouvernement  lui  indiquait;  elle  a choisi  une  trentaine  d’hectares 
parmi  les  terrains  du  plateau  de  Loo  et  elle  a demande  le  droit  de  les  exproprier  pour 
cause  d’utilite  publique,  ainsi  qu’une  dizaine  d’autres  hectares  destines  aux  pompes  et 
aux  installations  qui  s’y  rattachent.  Le  Gouvernement  n’a  pas  encore  statue  sur  cette 
demande,  mais  je  crois  savoir  que  l’arrete  d’expropriation  est,  en  ce  moment  meme, 
soumis  a la  signature  de  Sa  Majeste,  et  il  y a tout  lieu  d’esperer  qu’il  ne  tardera 
pas  a paraitre  (1). 

Au  bout  de  dix  ans,  on  aura  done  abouti  au  mince  resultat  que  voici  : faculte  pour 
la  Ville  de  proceder  a un  essai  sur  30  hectares  de  terrain. 

Quant  k la  Senne,  elle  continuera  k etre  absolument  aussi  polluee  pendant  l’essai 
qu’avant.  Car,  pour  que  l’essai  soit  bien  conduit,  il  faut  y faire  en  petit  ce  que  l’on 
ferait  en  grand  si  l’on  disposait  de  1,000,  de  2,000  hectares,  e’est-a-dire  ne  donner 
au  terrain  que  la  dose  normale  qui  lui  convient.  Si  Ton  procede  autrement,  on  n’aboutira 
qu’a  mettre  ce  fait  en  lumiere,  une  fois  de  plus  : e’est  qu’en  donnant  a la  terre  plus  d’eau 
d’egout  qu’elle  n’en  peut  digger,  on  produit  de  nombreux  inconvenients.  On  ne  pourra 
done  distraire  du  collecteur,  pour  cet  essai,  qu’une  dose  extremement  minime  des 
eaux  d’egout,  et  la  grande  masse  de  celles-ci,  pendant  toute  la  duree  des  essais,  con- 
tinuera forcement  a se  deverser  dans  la  riviere. 

Dois-je  dire  que,  dans  mon  opinion  personnelle,  la  question  etait  mure  et  qu’il  n’eut 
pas  faliu  se  borner  a decreter  un  simple  essai?  Et,  malgre  l’autorite  de  ceux  qui,  a des 
titres  divers,  sont  intervenus  dans  la  decision  prise,  n’est-on  pas  en  droit  de  se  deman- 
der  si  l’on  a suffisamment  reflechi  qu’en  echappant  a la  responsabilite  eventuelle  de 
je  ne  sais  quelles  consequences  de  l’irrigation,  on  en  assumait  une  autre  : celle  de 
la  prolongation  de  l’abominable  etat  de  choses  actuel  ? 

Les  hesitations  de  ces  dernieres  annees  se  justifient-elles  par  les  faits  qui  se  sont 
passes  dans  les  pays  voisins?  Examinons. 

En  Angleterre,  en  1866,  on  ne  pratiquait  l’irrigation  que  dans  4 localites.  Il  y en 
a aujourd’hui  44.  Ce  sont,  il  est  vrai,  de  petites  localites,  n’ayant  ensemble  que 
550,000  ames  et  irriguant  2,000  hectares. 


(1)  Cet  arrfit6  a paru  le  5 octobre  1876. 


CONFERENCES. 


199 


A Londres,  on  est  clans  une  situation  qui  rappelle  cello  de  Bruxelles.  En  1805,  la 
question  y etait  aussi  resolue  — sur  le  papier.  On  avait  traite  avec  une  Societe  au 
capital  de  75  millions;  elle  devait  irriguer  13,000  hectares  de  sable  k endiguer  aux 
bords  de  la  raer,  a 70  kilometres  de  Londres.  On  a fait,  a proximite  de  Londres,  un 
essai  a une  ferine  nominee  Lodge-farm.  Au  point  de  vue  de  l’hygieno,  de  la  qualite 
des  produits,  tout  etait  parfait ; mais  les  capitaux  ne  sont  pas  venus.  II  en  fallait  trop 
avant  de  rien  recolter.  Le  projet  est  reste  & l’etat  de  lettre  morte.  Les  eaux  d’egout 
de  Londres  continuent  a se  devcrser  dans  la  Tamise. 

Paris  a commence  en  1807.  Tout  le  monde  connait  les  irrigations  de  la  plaine  de 
Gennevilliers.  Aujourd’hui,  240  hectares  sont  irrigues.  Le  terrain  est  permeable,  mais 
situe  k un  niveau  peu  eleve  au-dessus  de  la  nappe  d’eau  souterraine  de  la  Seine. 

Quel  est  le  resultat  de  ecs  irrigations  ? On  est  tres-partage.  Les  uns  trouvent  que 
c’est  admirable,  d’autres  disent  que  c’est  manque.  La  verite  ne  serai t-elle  pas  entre 
ces  deux  opinions  extremes  ? 

C’est  reussi  en  tantque  produits  : les  legumes  sont  sains,  magnifiques ; la  terre  les 
produit  a profusion.  Et  cependant,  it  Paris,  l’irrigation  est  loin  d’etre  constamment 
bien  conduite.  Cela  tient  au  systeme  adopte.  La  Ville  n’est  pas  proprietaire  des  240  hec- 
tares irrigues.  Elle  ne  possede  qu’unjardin  de  6 hectares,  a titre  de  specimen. Elle  eleve 
ses  eaux,  les  amene  a pied  d’oeuvre,  par  des  conduits  places  sous  les  chemins,  et  les 
donne  pour  rien  a qui  veut  les  prendre.  Le  paysan  n’a  qu’un  robinet  a tourner ; il 
prend  autant  d’eau  d’egout  qu’il  en  veut  et  cultive  comme  il  lui  plait.  La  Ville  se  desin- 
teresse  absolumentde  tout  ce  qui  concerne  la  culture.  Elle  donne  l’eau  d’egout,  eta  cela 
se  borne  son  role.  Le  paysan  est  libre  de  noyer  son  champ,  d’y  mettre  dix  fois,  vingt 
fois  plus  d’eau  d’egout  qu’il  n’en  faut  : on  le  laisse  faire. 

Qu’est-il  resulte  de  ce  systeme  au  point  de  vue  de  l’hygiene  ? 

Des  abus,  et.  par  consequent,  des  reclamations  fondees.  L’an  dernier,  en  septembre, 
une  petition,  dont  on  a fait  grand  bruit,  a ete  adressee  a l’Assemblee  nationale. 
Quelques  centaines  d’habitantsde  Gennevilliers  declaraient  que  l’eau  n’etait  pas  epuree 
par  l’irrigation.  Quelques  centaines  d’autres  habitants  ont  petitionne  en  sens 
inverse,  en  favour  de  l’irrigation.  On  a fait  des  enquetes.  Le  Gouvertiement  beige  et  la 
Ville  de  Bruxelles  ont  envoye  des  ingenieurs  avec  mission  do  se  renseigner  sur  \ lace. 
Qu’a-t-on  trouve  ? Que  le  systeme  d’irrigation  est  mauvais  ? Nullement ; mais  que  lirri- 
gation  mal  conduite  produit  des  inconvenients.  On  n’arrosait  pas  le  terrain  ; on  l’inon- 
dait.  On  donnait  a un  hectare  cinq  fois,  dix  fois  plus  d’eau  d’egout  que  cet  hectare  ne 
pouvait  endigerer,  en  epurer.  L’eau  en  exces  traversait  le  sol  sans  etre  epuree.  La, 
au  contraire,  ou  l’on  ne  donnait  au  sol  qu’une  dose  normale,  notamment  dans  le  jardin 
de  la  Ville,  l’eau  etait  completement  epuree.  Qui  pourrait  trouver  dans  ces  faits  un 
argument  contre  le' systeme  de  I’irrigation  ? Est-ce  done  un  mauvais  systeme  que  de 
manger  et  de  boire,  parce  que  l’on  meurt  d’indigestion  en  mangeant  et  en  buvant 
trop? 

Ne  faut-il  pas  se  borner  a conclure  des  faits  exposes  que  la  marche  administrative 
admise  a Paris  n’est  pas  la  meilleure  ? Qu’il  convient,  au  nom  de  Vlujgi'enc , que  les 
lilies,  au  moins  au  debut,  ne  laissentpas  faire  au  paysan  tout  ce  qu’il  veut  ct  qu’elles 
irriguent  au  besoin  elles-memes,  de  fagon  k ne  pas  permettre  qu’on  inonde  les  terrains? 

•Je  suis  porte  & le  croire. 

Quoi  qu’il  en  soit,  voici  la  phase  nouvelle  dans  laquellc  l’affaire  des  irrigations  de 


200 


CONFERENCES. 


Paris  est  entree. La  Yillo  s’est  decidee,  pour  n’etre  plus  ala  merci  do  personne,  a faire 
lestravaux  necossaires,  pour  amenerscseaux  d’egout  dans  les  parties  basses  de  la  foret 
de  St- Germain.  La  zone  d’irrigation  sera  en  tout  de  6,000  hectares,  dont  1,500  font  par- 
tie  de  la  foret,  propriety  domaniale.  La  Ville  n’a  demande  le  droit  d’exproprier  que  les 
terrains  nocessaires  au  placementdes  conduites  depuis  la  plaine  de  Gennevilliersj  usqu’a 
la  foret  de  St-Germain.  11  y a cu  enquete  dans  le  departement  de  la  Seine  et  dans  celui 
de  Seine-et-Oise.  Dans  le  premier,  le  resultat  est  pleinement  favorable;  dans  le  second, 
on  dit,  en  substance  : « Le  systeme  est  bon,  mais  il  faudrait  l’appliquer  plus  loin,  a 
15  lieues  de  Paris  « . II  appartient  a l’Assemblee  nationale  de  statuer. 

Le  resultat  ne  semble  pas  douteux. 

Si  le  projet  est  adopte,  comme  toutjporte  a le  croire,  Paris  tiendra  sa  solution;  il  ne 
sera  plus  a la  merci  de  personne  ; il  pourra  chercher  a vendre,  sur  le  trajet  des  con- 
duites, ce  qu’il  donno  aujourd’hui  pour  rien,  et  la  Seine  sera  enfin  debarrassee  du  dot 
noir  qui  Pinfecte. 

A Dantzig,  autre  combinaison  : MM.  Aird  ont  traite  avec  la  Municipalite. 

Pendant  30  ans,  ils  pourront  disposer  de  plusieurs  centaines  d’hectares  de  dunes  et 
de  toute  l’eau  d’egout.  Par  contre,  ils'  ont  l’entretien  et  le  curage  des  egouts  a leur 
charge,  ce  qui  equivaut  a 25,000  fr.  par  an.  Plus  de  150  hectares  de  dunes  sont  ainsi 
deja  defriches  et  irrigues. 

A Berlin,  on  a commence  tard,  mais  on  a marche  rapidement  et  avec  decision.  11  n’v 
a guere  que  deux  ans  que  les  travaux  d’assainissement  ont  commence,  et  deja  10  mil- 
lions sont  depenses,  soit  le  quart  de  la  depense  totale,  evaluee  a 40  millions.  C’est  la 
Ville  qui  supporte  toute  la  depense,  sans  subside  de  1’Etat.  Berlin  n’avait  pas  d’egouts  : 
on  en  fait.  Le  quartier  de  Friederickstadt  vient  d’en  etre  pourvu.  Et  voici  ce  qu’il  y 
ad’admirable  et  d’assez  peu  connu  encore  : c’est  que  Berlin  a acquis  1,600  hectares  de  ; 
terres  k irriguer  it  13  kilometres  de  la  Ville  ; que  pour  y amener  les  eaux  d’egout,  il  j 
faudra  pomper  a 30  metres  de  hauteur  100,000  metres  cubes  d’eaux  d’egout  par 
jour;  qu’il  y aura  2,000  chevaux  de  force,  et  que  deja  il  y a de  30  a 40  hectares  irri- 
gues. Ces  1,600  hectares  ont  ete  achetes  a ^’amiable,  sans  expropriation  : ils  ne  se 
divisaient,  d’ailleurs,  qu’entre  quatre  proprietaires.  Le  tout  a coute  environ  4 mil- 
lions de  francs,  ce  qui  fait  ressortir  l’hectai'e  a pres  de  2,500  francs. 

C’est  la  Ville  qui  se  fait  agriculteur  (l’inverse  de  Paris),  du  moins  pendant  les  pre- 
mieres annees.  Plus  tard,  on  verra. 

Resumons  ces  quelques  faits  : 

En  Angleterre,  44  localites  irriguant  2,000  hectares; 

A Paris,  240  hectares  irrigues,  6,000  a irriguer,  dont  1,500  dans  la  foret  domaniale 
de  St-Germain. 

A Dantzig,  150  hectares  irrigues,  800  a irriguer ; 

A Berlin,  30  hectares  irrigues,  1,600  acquis  k irriguer. 

En  quittant  le.  terrain  des  faits,  des  exemples  fournis  paries  autres  pays,  etavant 
d’aborder  la  derniere  question  dont  je  desire  vous  entretenir,  a savoir  la  question  d’ar- 
gent,  j’aurais  voulu  pouvoir  vous  dire  quelques  mots  des  rapports  des  commissions 
nominees  par  le  Gouvernement  anglais  avec  mission  de  proposer  les  mesures  legisla-  ; 


CONFERENCES. 


201 


tives  k prendre  en  vue  de  defendre  les  rivieres  contre  l’infection  des  eaux  resultant  • 
soit  des  egouts  des  villcs,  soit  des  manufactures,  mines,  ateliers,  etc.  Mais  le  temps  me 
presse,  etje  crains  dejii  d’abuserde  votre  obligeante  attention. 

Je  me  bornerai  done  a vous  dire  le  resultat  de  cette  enquetc,  qui  dure  depuis  envi- 
ron vingt  ans. 

La  lutte  existe  entre : 

L’irrigation,  d’une  part; 

Les  precedes  chimiques,  d’autre  part. 


Une  commission  a etc  nominee  cn  1857  ; une  seconde  en  1865;  une  troisieme  en 
1868.  La  premiere  a fait  trois  rapports;  ladeuxieme,  trois ; la  troisieme,  cinq.  Les 
homines  qui  les  composent  sont  les  plus  eminents  et  les  plus  competents  du  pays. 
Ehbien  ! depuis  vingtans,  la  composition  des  commissions  s’est  modifiee,  mais  la  conclu- 
sion n’a  pas  varie  ; elle  est  aujourd’hui  ce  qu’elle  etait  al’origine,  malgre  les  precedes 
chimiques,  plus  nombreux  quo  les  etoiles,  qui  ont  fait  leur  apparition  depuis  cette  epo- 
que,  mais  qui  semblent  tous  de  la  nature  des  etoiles  lilantes,  car  leur  sort  a tous  est  le 
memo  : ils  apparaissent,  brillent  quelque  temps  au  firmament  des  publications  et  de  la 
Bourse,  apres  quoi  * ils  filent,  filent  et  disparaissent  » rejoindre  leurs  aines  dans  le 
goufifre  de  l’oubli. 

Cette  conclusion  constante  de  tous  les  rapports,  e’est  qu’t7  n' existe  aucun  'precede 
chimique  capable  de  separer  des  eaux  sales  les  matieres  organiques  que  ces  eaux 
tiennent  en  dissolution,  e’est-a-dire  celles  qui  sont  a lafois  les  plus  nuisibles  pour  les 
cours  d’eau  etles  plus  utiles  a l’agriculture  ; qu’il  n’existe  qu’un  seul  precede  pratique 
pour  operer  cette  separation,  et  que  ce  precede  e’est  l’irrigation. 

Et  cette  conclusion  ne  s’applique  pas  seulement  aux  eaux  d’egout  des  villes  : elle 
estgenerale,  elle  s’applique  aux  eaux  sales  resultant  des  manufactures  de  toute  espece. 


Pour  ne  parler  que  de  la  derniere  commission,  dontle  cinquieme  et  dernier  rap- 
port est  de  la  fin  de  1873,  commission  qui  a fonctionne  pendant  cinq  ans,  elle  a visite  : 

159  manufactures, 

69  mines, 

43  usines  pour  eaux  d’egout ; 

Total : 271  etablissements,  soit  plus  d’un  en  moyenne  par  semaine.  C’est  un  travail 
admirable.  La  commission  a fait  plus  de  3,200  analyses.  Tout  cela  est  publie  en 
detail.  Ce  sont  done  des  conclusions  qui  pouvent  inspirer  confianee;  la  lecture  des 
rapports  amene  une  conviction  absoloe  dans  l’esprit  de  ceux  qui  les  etudient. 

A-t-on  l’espoir,  au  moins,  ^|ue  cette  situation  se  modifiera  d’ici  k longtemps  et 
qu’il  naitra  un  precede  chimique  donnant  la  solution  du  problemc  ?«  Non,  repond  la 
commission;  il  y a fort  peu  d’espoir  qiCon  en  trouve  jamais,  parce  que  les  afflnites 
chimiques  des  matieres  organiques  dissoutes  sont  extremement  faibles  et  quo  ces 
matieres  sont  dissoutes  dans  un  cnorme  volume  d’eau  » 

N’eanmoins,  comme  il  serait  temerairc  de  vouloir  assigner  des  limites  aux  possibilites 
de  la  chimie,  la  commission  n’estime  pas  qu’il  convienne  d’imposer,  par  la  loi,  une 
solution  determinee.  » La  loi,  dit-clle,  doit  se  borncr  h decreter  certains  types  de 
purete , en  dessous  desqucls  il  serait  interdit,  sous  les  penalites  voulues,  de  deverser 


CONFLUENCES. 


•20  2 


des  eaux  sales  dansles  cours  d’oau.  » Elle  definit,  cn  dix  articles,  ces  types  de  purete. 
11  ne  faut  pas  plus  d’autant  de  cent-milliemes  de  ceci,  pas  plus  d’autant  de  cent-mil- 
liemes  de  cela.  Je  ne  vous  lirai  pas  ces  articles  ; mais  je  demanderai  la  permission  de 
les  reproduire,  sous  forme  de  note,  dans  ie  compte-rendu  de  ma  conference  (1). 

Seulement,  cette  liberte  de  recourir  a tous  les  procedes  n’est,  pour  le  moment  du 
moins,  qu’une  apparence  ; car  il  n’existe  actuellement  que  l’irrigation  qui  permette  de 
realiser  les  types  db  purete  proposes  par  la  commission. 

Une  quatrieme  commission  est  nommee ; son  premier  rapport  n’a  pas  encore  paru, 
mais  je  tiensde  bonne  source  qu’il  sera  sous  peu  depose  aux  deux  Chambres  des  Lords 
et  des  Communes. 


Est-il  necessaire  d’ajouter  que  ces  enquetes  pnt  eu  egalement  pour  objet  et  pour 
resultat  d’etablir  que  tout  ce  qu’on  a dit,  a l’origine,  au  sujet  de  la  pretendue  insa- 
lubrite  des  legumes  produits  au  moyen  des  eaux  d’egout  ne  tient  pas  un  instant 
devant  les  faits  ? D’ailleurs,  s’il  est  un  pays  au  monde  oil  les  prejuges  de  cette  nature 
doivent  trouver  peu  de  creance,  c’est  bien  la  Belgique,  ou,  depuis  des  siecles,  on  a 
su  apprecier  et  employer  ce  que  Ton  nomme,  meme  a l’dtranger,  Vengrais  flamand. 
Qui  pourrait  pretendre  que  les  legumes,  sains  lorsqu’on  a employe  l’engrais  flamand 
amene  au  moyen  de  tonneaux,  seront  malsains  parce  qu’on  aura  employe  le  meme 
ongrais  amene  au  moyen  de  tuyaux  ? 


Mais  j’ai  hate  d’aborder  la  derniere  question,  la  question  d’argent. 

C’est  la  grosse  difficulte,  celle  qui  se  dresse  devant  l’Administration  communale  de 
Bruxelles,  comme  devant  les  Municipalites  de  la  plupart  des  grandes  villes. 


(t)  La  commission  propose  de  considdrer  comme  ne  pouvant  6 ire  admis  dans  les  cours  deau: 

a)  Aucun  liquide  qui  n’ait  pas  did  soumis  & un  repos  complet  dans  des  bassins  da  precipitation  de 
dimensions  suffisantes  pendant  une  pdrioded’au  moins  six  heures  ; ou  qui,  ayanldld  ainsi  soumis  a la 
precipitation,  contienne  en  suspension  plus  d’une  partie  en  poids  de  matiere  organique  sdche  dans 
100,000  parlies  en  poids  du  liquide  ; ou  qui,  n’ayant  pas  did  ainsi  soumis  a la  prdcipilation,  contienne 
en  suspension  plus  de  trois  parties  en  poids  de  matidre  mindrale  seche  dans  101), 000  paities  en 
poids  du  liquide ; 

b)  Aucun  liquide  contenant,  en  solution,  plus  de  deux  parlies  en  poids  de  carbone  organique  ou  plus 
de  trois  parties  en  poids  d’azote  organique  dans  100,00)  parties  en  poids  du  liquide ; 

c)  Aucun  liquide  qui  montre  a la  lumidre  du  jour  une  couleur  distincte,  lorsquon  en  place  une 
couched’un  pouce  d'dpaisseur  dans  un  vase  en  porcelaineou  en  faience  blanche  ; 

d)  Aucun  liquide  qui  contienne,  en  solution,  dans  100,000  parties  en  poids,  plus  de  deux  parties 
en  poids  d’un  mdtal  autre  que  le  calcium,  le  magndsium,  le  potassium  et  le  sodium  ; 

e)  Aucun  liquide  qui,  dans  100,000  parties  en  poids,  contienne,  soit  en  solution  soit  en  suspension, 
en  combinaison  chimique  ou  autrement,  plusde  0,0o  partie  en  poids  d’arscnic  mdtallique  ; 

j)  Aucun  liquide  qui,  aprds  acidification  avecde  l'acide  sulfurique,  contienne,  dans  1)0,000  parties 

en  poids,  plus  d’une  partie  en  poids  de  clilore  libre  ; 

g)  Aucun  liquide  qui  contienne,  dans  100,000  parties  en  poids,  plus  d’une  partie  en  poids  de  soufre, 
sous  forme  soit  de  sulfide  hydrique,  soit  d'un  sulfure  soluble  ; 

h)  Aucun  liquide  poss6dant  une  aciditd  plus  graude  que  celle  qui  est  produite  par  1 addition  de  deux 

parties  en  poids  d’acifle  muriatique  rdel  dans  1,000  parties  en  poids  d’eau  distil  16e  ; 

i)  Aucun  liquide  poss^dant  une  alcalinit6  plus  grande  que  celle  qui  est  produite  par  1 addition  d une 
partie  en  poids  de  soude  caustique  s&chc  dans  1,000  parties  en  poids  d’eau  distill(5e  ; 

j)  Aucun  liquide  montrant  A sa  surface  une  pellicule  de  p6trole  ou  (Vliuile  hydro -carboude  ou  conte- 
nant,cn  suspension,  dans  100,000  parties,  plus  dc0,05  partie  de  semblable  huile. 


CONFIDENCES. 


203 


Est-il  exact,  comrae  on  le  dit,  comme  on  le  repete,  que  l’irrigation  no  puisse  consti- 
tuer  qu’une  affaire  mauvaise  au  point  de  vue  financier? 

C’est,  a mon  sens,  absolument  inexact,  et  j’ospere  l’etablir. 

Mais  voyons  d’abord  sur  quoi  se  fonde  une  opinion  a la  Ibis  si  paradoxale  et  si  com- 
mune. 

Voici  les  principaux  arguments  : 

Londres  n’a  pas  trouve  les  75  millions  qu’il  fallait  pour  irriguer  les  sables  de 
’Maplin. 

Les  44  localites  d’Angleterre  qui  ont  recours  k l’irrigation,  prises  en  masse,  perdent 
de  l’argent. 


Ces  arguments  sont  fort  peu  probants  quand  on  les  analyse. 

Londres  n’a  pas  trouve  les  75  millions  necessaires.  II  se  peut  que  les  capitalistes 
n’aient  pas  eu  suffisamment  confiance  pour  donner  75  millions,  alors  que  cette  somme 
• considerable  devait  etre  employee  exclusivement  en  travaux  prealables,  avant  de 
rien  recevoir.  Mais,  en  admettant  qu’ils  eussent  eu  confiance,  cela  eut-il  neces- 
•sairement  suffi  pour  leur  faire  donner  leurs  millions?  Nullement.  Ce  que  les  capi- 
taux  recherchent  en  Angleterre,  comme  partout  d’ailleurs,  ce  sont  les  affaires  donnant 
de  gros  interets. 

J’ai  eu  l’occasion,  il  n’y  ajpas  longtemps,  de  parler  de  la  question  des  eaux  d’egout 
a un  financier  tres-entreprenant  et  de  lui  dire  que  par  l’irrigation  on  triplerait  certai- 
nement  le  revenu  de  la  terre  k Haeren. « Eh  bien ! m’a-t-il  repondu,  mettons  qu’au  lieu 
de  2 a 2 1/2  p.  c.,  la  terre  rapporte  6 a 7 1 J2  p.  c. ; vous  ne  trouverez  pas  les  millions 
necessaires,  si  vous  vous  adressez  aux  capitaux  habitues  a rechercher  et  a trouver  des 
affaires  donnant  10et20p.  c.  et  davantage.  « 

C’etait  tres  juste. 

Que  prouve  done  l’echec  de  Londres  ? Rien,  sinon  que  Londres  a eu  tort  de  vouloir 
resoudre  un  probleme  d 'hygiene  par  l’intermedaire  d’une  Societe  de  capitalistes. 

Une  ville  qui,  pour  une  grande  oeuvre  hygienique,  emprunterait  des  capitaux  a 4 ou 
4 1/2  p.  c.,  et  qui  ferait  produire  a ces  capitaux  6 ou  7 1/2  p.  c.,  ferait  une  affaire  fort 
satisfaisante  au  point  de  vue  financier,  alors  que  des  capitalistes,  faisant  identiquement 
la  meme  operation,  la  jugeraient  absolument  mauvaise.  Une  ville  peut  se  contenter  o la 
rigueur  de  ne  pas  travailler  a perte. 

Quant  aux  44  localites  anglaises  qui,  prises  en  masse,  perdent  de  l’argent  en  irri- 
guant,  il  existe  une  veritable  confusion  : 

Elies  perdent  de  l’argent,  si  Ton  etablit  les  comptes  en  portant  au  debit  l’interet 
et  l’amortissement  du  cout  des  egouts,  des  tuyaux,  et,  en  general,  de  toutesles  instal- 
lations prealables  ; 

Elies  n’en  perdent  pas,  dans  le  cas  contraire. 

C’est  comme  si,  pour  etablir  k Bruxelles,  le  compte  des  profits  et  pertes  de  1 irri- 
gation, on  commengait  par  porter  au  debit  l’interet  et  l’amortissement  des  50  ou  des 
f>0  millions  dont  nous  avons  parld  au  debut  de  cette  conference.  Ou  faites  disparaitro 
res  postes  du  debit,  ou  introduisez  k l’actif  l’economio  rcalisee  annuellement  sui 
les  operations  consistant  a vider  les  fosses. 

On  a calcule  a Berlin  quo  l’interot  et  l’amortissement  des  sommes  consautes  a 


204 


CONFERENCES 


Petablissement  ct  k l’entretien  des  egouts,  des  tuyaux  et  des  pompes  necessilent  | 
annucllemcnt  une  iepense  moindre  quo  cclle  qu’il  fallait  faire  chaque  annee  pour  le* 
operations  de  vidangc  que  la  creation  des  egouts  a pcrmis  de  supprirner. 

Les  arguments  sur  lcsquels  on  se  fonde  n’ont  done  rien  de  concluant. 

Berlin  compte  bien  non-seulem'ent  ne  pas  perdre,  mais  gagner.  On  y regarde  comine  i 
etabli  que  les  terres  acquises  par  la  ville  rapportent  20  k 30  thalers  par  an  sans  irri- 
gation, par  la  culture  ordinaire,  et  60  k 100  thalers  par  an  avec  irrigation,  soit  trois  ■ 
ois  plus. 

Les  chiffres  sont  fastidieux  suivre,  cl  une  simple  audition.  Permettez-moi  cependant 
de  vous  faire  un  petit  calcul  qui,  a mon  sens,  resume  l’affaire  d’argent  en  cc  qui  con- 
cerne  l’irrigation  de  Haeren. 

Supposez-vous  proprietaires  de  2,000  hectares  de  terrain  i\  Loo  et  k Peuthy  et  ad-  j 
mettons  qu’il  ne  soit  pas  question  d’irrigation  par  eaux  d’egout,  mais  de  culture  ordinaire  , 
seulement.  Suffirait-il,  pour  vous  effrayer,  qu’on  vint  vous  dire  : « Songez  done  a vor 
charges  annuelles ; il  vous  faudra  en  moyenne  20  tonnes  de  fumier  de  ferine  par  hec- 
tare, ce  qui,  a raison  de  10  francs  par  tonne,  fait  200  francs  par  hectare,  ou  400,000  francs 
par  an  pour  les  2,000  hectares  «.  Vous  repondriez  que  e’est  malgre  cette  charge,  qui 
est  la  charge  ordinaire  de  tout  bon  terrain  cultive,  que  vous  comptez  retirer  de  vor  , 
terres  le  revenu  normal. 

Supposez  maintenant  que  l’on  vienne  vous  dire  :«  Ne  mettez  plus  sur  vos  2,000  hec- 
tares de  terrain  vos  400,000  francs  par  an  de  fumier  de  ferine;  faites  l’economie  de  ces 
400,000  francs;  mais,  par  contre,  depensez  precisement  la  meme  soinme  pour  clever  et 
repandre,  sur  vos  2,000  hectares,  des  eaux  d’egout  ». 

Vous  direz  : « Cela  depend  ; me  donnez-vous  autant  d’azote  qu’il  y en  a dans  mes 
400,000  francs  de  fumier  de  ferine  ? * 

La  chimie  permet  de  repondre  : » Je  vous  en  donnerai  clix-huit  fois  davantage,  la 
population  ctant  de  350,000  habitants 

Voici  done  comment  s’etablit  le  compte  : 

Culture  ordinaire  : 

Par  an,  400,000  francs  d’engrais  de  ferme. 

Culture  en  irriguant  avec  eaux  d’egout : 

Par  an,  400,000  francs  pour  frais  d’exploitation  et  interet  des  frais  d’installation. 

Mais  difference  dans  la  valeur  de  l’azote  dont  en  dispose  ; 

Culture  ordinaire  : 

Pour  320,000  francs  par  an  ; 

Culture  par  eaux  d’^gout : 

Pour  5,760,000  francs  par  an. 

' 

Vouspourrcz  done  fumer  chaque  hectare  dix-huit  fois  plus,  pour  la  meme  depense,! 
en  employant  les  eaux  d’egout  de  Bruxelles  sur  2,000  hectares  qu’en  y employantl  en-  jj 
grais  de  ferme  ordinaire. 

Je  suppose  d’abord,  hypothese  absurde,  qu’en  ayant  dix-huit  fois  plus  d azote,  la*! 
recolte  restc  la  meme.  Vous  ne  perdriez  ni  ne  gagneriez;  vous  feriez  une  affaire  I 
blanche  au  point  de  vhe  pecuniaire,  tout  en  ayant  resolu  le  probleme  au  point  de  vue  * 
de  l’hygiene. 

Mais  si  la  recolte  devient  au  moins  trois  fois  plus  forte  avec  dix-huit  fois  phis  I 


CONFLUENCES. 


205 


Pazote,  commc  il  faut  s’y  attcndre  en  se  basant  sur  lcs  faits,  n’aura-t-on  pas  realise 

la  fois  une  affaire  fort  satisfaisante  au  point  de  vue  pocuniaire  ct  parfaite  au  point 
de  vue  de  l’hygienc  ? 

Pour  etre  en  perte,  il  faudrait,  en  depit  de  tous  les  faits  acquis  et  du  bon  sens, 
ju’en  mettant  sur  un  hectare  dix-huit  fois  plus  d’azote,  on  obtint  une  recolte 
inoindre. 

O’est  impossible. 

Je  me  resume  et  je  conclus. 

L’irrigation  est  le  seul  procede  qui  epure  les  eaux  d’egout;  bien  conduite,  elle  cons- 
ttitue  une  solution  parfaite  au  point  de  vue  de  l’hygiene,  satisfaisante  au  point  de  vue 
j pecuniaire,  en  ce  qu’on  est  certain  de  ne  pas  travailler  a perte  ct  que  l’on  peut  comp- 
ter sur  un  certain  benefice,  meme  dans  des  circonstances  defavorables.  Dans  l’etat 
lactuel  des  choses,  l’irrigation  ne  constitue  cependant  pas  une  affaire  assez  remu- 
neratrice  pour  qu’il  convienne  de  s’adresser  aux  capitaux  prives  : c’est  done  aux  Admi- 
nistrations communales  qu’il  appartient  d’agir  sans  intermediaires. 

Je  termine,  messieurs,  en  emettant  le  voeu  que  toutes  les  grandes  villes  entrent  de 
plus  en  plus  dans  cette  voie,  qu’elles  completent  ainsi  leurs  organes  essentiels.  Car 
i toute  agglomeration  d’hommes  a des  organes  comme  le  corps  hhmain.  Deji,  M.  Dumas 
a justement  compare  les  conduites  d’eau  d’une  ville  au  reseau  arte'riel  du  corps  et  le 
reseau  des  egouts  au  reseau  veineux.  Ne  pourrait-on  completer  la  comparaison  en 
disant  que  la  terre  doit  etre  i la  ville  ce  que  le  poumon  est  au  corps  ? C’est  dans  le 
poumon  que  l’air  revivifie  le  sang  veineux,  de  fagon  a rejeter  dans  la  circulation  du 
sang  pur.  C’est  par  le  sol  que  Pair  doit  revivifier  l’eau  noire  do  Pegout,  de  fajon  a 
ne  deverser  dans  les  cours  d’eau  que  de  l’eau  pure,  au  lieu  de  l’eau  infecte  qui  s’y 
deverse  presque  partout  aujourd’hui.  ( App la udisseme nts.) 


Cette  conference  a donne  lieu  au  debat  suivant : 

M.  Crocq,  president.  — Messieurs,  vous  venez  d’entendre  le  remarquable  travail 
dans  lequel  M.  De  Rote  nous  a expose  comment  la  ville  de  Bruxelles  compte  completer 
Pceuvre  de  Passainissement  de  la  Senne,  qu’elle  a si  bien  commencee.  Je  suis  heureux 
que  cette  conference  ait  eu  lieu,  car  elle  repond  ides  doutes  ct  a des  objections  qui 
'•ntdte  soul  eves  dans  le  public  a l’egard  de  cette  oeuvre  importante.  Nous  devons  bien 
nous  avouer  qu’elle  presentait  encore  quelque  chose  d’incomplet;  on  reunit  parfaite- 
rnent  dans  des  collecteurs  et  on  entraine  au  loin  les  eaux  d’egouts,  mais  ou  les  con- 
duit-on, qu’en  fait-on  ? C’cst  a combler  cette  lacune  que  M.  Do  Rote  s’est  attache,  et  je 
< rois  qu’il  y a reussi  cornpletcment.  Si  toutefois  il  y a dans  l’Assemblee  des  personnes 
qui  vculent  presenter  des  observations,  je  leur  accorderai  la  parole. 

M.  Neissen,  avocat  (Bruxelles),  pense  que  l’on  ferait  bien,  avant  d’entreprondro 
de  grands  travaux  d’irrigation,  de  commcncer  par  unessai. 

M.  De  Rote  repond  que  c’cst  precisemcnt  ce  qui  a etc  decide,  bien  quo,  personnel- 
lenient,  il  considerc  Pcesai  commc  superflu. 


206 


CONFERENCES. 


M.  Van  de  Vyveue,  pharmacien  (Bruxelles),  parle  dcs  travaux  do  precipitation 
executes  & Haeren  parM.  Petermann.  Les  precipites  no  remunereraient  pas  les  frais 
qu’entraine  la  manutention  des  eaux. 


M.  De  Rote  developpe  l’idee  que  la  manipulation  dcs  eaux  pour  enlever  les 
matieres  en  suspension  ne  peut  reussir  au  point  de  vue  pecuniaire.  II  ne  croit  pas 
qu’une  grande  Administration  puisse  accepter  les  propositions  de  chimistes  lui  offran! 
d’epurcr  par  des  procedes  speciaux  les  eaux  contaminees,  parce  qu’il  n’existe  aucun 
procede  chimique  capable  d’atteindre  le  but.Ou  les  fabricants  d’engrais  faits  au  moyen 
des  eaux  d’egout  se  ruineront  ou  ils  vendront  cher  un  engrais  sans  valeur. 


M.  Netssen  fait  remarquer  qu’il  n’est  pas  non  plus  d’avis  qu’on  emploie  des  pre- 
cedes chimiques. 

M.  Bignami-Sormani,  ingenieur  de  la  ville  de  Milan.  — M.  De  Rote  a cite,  dans 
sa  conference,  les  villes  de  Londres,  de  Paris,  de  Dantzig  qui  emploient  le  systeme 
de  l’irrigation.  A ces  exemples,  il  faut  ajouter  la  ville  de  Milan.  Depuis  sept  cents 
ans,  une  partie  des  eaux  d’egout  de  cette  ville  sert  a irriguer  les  prairies  environ- 
nantes  qu’on  appelle  Marcite.  On  les  loue  A raison  de  trois  cents  francs  l’hec tare.  Au 
sud  de  Milan,  sur  les  terrains  irrigues,  on  coupe  les  herbes  six,  sept  et  jusqu’cl  huit 
fois  par  an. 


M.  Varrentrapp,  conseiller  in  time  de  medecine  (Francfort-sur-Mein).  — Unorateur 
a demande  qu’on  commenfat  par  des  essais  d’irrigation  ; je  reponds  que  ces  essais 
sont  inutiles  aujourd’hui.  On  irrigue  sous  les  climats  les  plus  difierents  et  sur  tout 
genre  de  sol.  Depuis  des  annees,  plus  de  vingt  villes  d’Angleterre  ont  recours  d. 
l’irrigation  par  eaux  d’egout ; la  methode  de  l’irrigation  reussit  sous  le  climat  froid. 
de  Dantzig  aussi  bien  que  sous  le  climat  tempere  de  Paris. 

De  1856  & 1875,  on  a delivre  pres  de  quatre  cents  brevets  pour  des  systemes  do 
purification  des  eaux  d’egout  au  moyen  de  procedes  chimiques ; pas  un  de  ces 
systemes  n’a  atteint  le  but.  II  laut  done  recourir  & l’irrigation;  un  bon  agriculteur 
apprendra  vite  a l’employer  suivant  le  sol  et  le  climat,  comme  selon  le  temps  et  le 
terrain  il  a appris  deja  a preparer  ses  cultures. 

A quoi  bon  dcs  essais,  puisque  les  resultats  sont  connus  et  que  les  pays  qui  se 
servent  de  l’irrigation  s’en  trouvent  bieni’  Contentons-nous  de  profiter  de  leur  expe- 
rience et  imitons-les. 


M.  Crocq.  — Il  resulte  de  la  conference  et  de  la  discussion  qui  l’a  suivie  que  Firri- 
gation  est  bien  rellement  le  seul  moyen  d’epurer  les  eaux  d’egouts  et  que  e’est  la 
seule  solution  & laquelle  doivent  recourir  les  villes  pour  se  debarrasser  de  leurs  im- 
mondices. 


La  seance  est  levee. 


PREMIERE  SECTION. 


PREMIERE  DIVISION.  - HYGIENE  GENERALE. 


M&MOIRES  ET  DEBATS. 


La  premiere  division  de  la  premiere  section  s’occupe  d'hyg i'me  generate. 

Le  programme  du  Congres  avait  soumis  neuf  questions  a l’examen  de 
la  section  d’hygiene.  En  subdivisant  cette  section  en  deux  divisions,  Tune 
d’hygiene  generale,  l’autre  d’hygiene  medicale,  le  Comite  general  avait  re- 
serve pour  la  premiere  division  les  questions  suivantes  du  programme  (1). 

1°  Quels  sont  les  avantages  des  distributions  d’eau  et  quels  sont  les  moyens  d’en 
procurer  aux  centres  de  populations  ? 

Discuter  les  inconvenients  qui  resultent  de  la  prise  d’eau  pour  les  populations  do 
bassin  hydrographique. 

Preciser  le  chiffre  de  la  consommation  normale  par  tete  d’habitant. 

2°  Quel  est  le  systeme  le  plus  pratique  pour  debarrasser  unc  vide  de  ses  matieres 
fecales  et  putrescibles  et  de  ses  boues? 

Indiquer  les  moyens : a)  depurer  les  eaux  d’egout  ; b)  d’utiliser  les  eaux  vannes;  c) 
d’empecher  l’altcration  des  cours  d’eau  par  les  r^sidus  artificiels  ; d ) de  neutraliser  les 
cffets  nuisibles  des  fumiers  & proximitc  des  habitations. 

De  terminer  les  circonstances  qui  doivent  reglcr  le  choix  des  disinfectants  et  des 
antiseptiques. 

6°  Quels  sont  les  meilleurs  systemes  de  ohautTago  et  de  ventilation  des  locaux  des- 
tines a recevoir  un  grand  nombre  de  personnes,  tels  quc  fabriques,  ateliers,  salles  do 
spectacle,  ccolcs,  creches,  salles  d’hopitaux,  etc.? 


(I)  Les  nuin<$ros  primitifs  ont  <5t6  maintcnus  aux  questions. 


208 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GENERALE. 


.7°  A quellcs  conditions  de  salubrite  doivent  satisfaire  : a)  les  hospices,  les  hbpitaux 
ot  les  maternities  ; b)  les  installations  provisoires,  telles  quo  les  h&pitaux  temporaires 
ot  les  ambulances  civiles  ? 

!)°  Influence  hygieniquo  du  boisement  et  des  plantations,  de  la  fixation  des  dunes, 
du  drainage  des  marais  etdes  terres  humides. 

Moyens  de  remedior  a 1 insalubrite  des  routoirs,  des  rivieres  ct  des  prairies  irriguees 
avec  des  eaux  limoneuses. 

La  premiere  division  de  la  premiere  section  a ouvert  ses  travaux  le 
27  septembre  1876,  a 4 lieures. 

M.  Berge,  membre  de  la  Cliambre  des  representants  de  Belgique, 
charge  par  le  Comite  general  de  presider  a l’installation  du  Bureau  de 
cette  division,  propose  de  confirmer  les  choix  provisoires  arretes  par  le 
Comite. 

L’assemblee  acclame  cette  proposition. 

En  consequence,  le  Bureau  de  la  premiere  section,  premiere  division,  est 
compose  de  la  maniere  suivante  : 

Presidents  : 

MM.  Hirsch,  professeur  et  conseiller  intime  de  medecine,  et  Gunther,  conseiller 
intime  de  medecine  (Allemagne);  le  chevalier  de  Karajan,  chef  des  affaires  sanitaires 
de  la  Basse-Autriche  (Autriche-Hongrie);  Berge,  membre  de  laChambre  des  represen- 
tants (Belgique);  Garcia  Quintana,  docteur  en  medecine,  attache  de  Legation  (Chili); 
Schleisner,  inspecteur  du  service  medical  de  Copenhague  (Danemark) ; J.  Castro 
y Serrano,  horame  de  lettres  (Espagne);  Laussedat,  docteur  en  medecine,  depute 
(France);  E.  Chadwick,  ancien  president  du  Bureau  d’hygiene  (Grande-Bretagne) ; 
le  chevalier  Bignami-Sormani,  ingenieur  de  la  ville  de  Milan,  et  Palasciano,  pro- 
fesseur (Italie) ; A’an  Cappelle,  docteur  en  medecine  (Pays-Bas) ; le  baron  Maydell, 
docteur  en  medecine  (Russie) ; Kullberg,  inspecteur  d’hygiene  de  la  ville  de . Go- 
thembourg  (Suede-Norwege). 

Vice-Presidents  : 

MM.  Neumann,  docteur  en  medecine  (Autriche-Hongrie);  T’Serstevens,  ancien 
membre  de  la  Chambre  des  representants  (Belgique);  Marjolin,  chirurgien  hono- 
raire  des  hopitaux  de  Paris  (France)  ; H.-H.  Collins,  membre  du  Comite  de  l’Asso- 
ciation  nationale  pour  l’avancement  de  la  science  sociale  (Grande-Bretagne) ; Strohm, 
professeur  a l’Academie  des  Bcaux-Arts  de  St-Petersbourg  (Russie). 

Secretaires  : 

MM.  Yseux,  docteur  en  medecine  ; Stein,  ingenieur  chimistc,  et  Hendrickx, 
architecte  (Belgique) ; Liouville,  docteur  en  medecine,  depute,  et  Millet,  ancien 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GlblERALE. 


209 


inspecteuv  des  eaux  et  forets  (France);  W.  Phene,  docteur  en  medecine  (Grande-Bre- 
tagne);  de  Sczor,  architecte  de  la  ville  de  St-Petersbourg  (Russie). 

, Membres  du  Comite  : 

MM.  Braconnier  de  MaT!AR, industriel ; Dewilde,  professeur  de  chimie;  de  Damseaux, 
vice-president  dela  Societe  protectrice  des  animaux ; Duhayon,  industriel ; Fayn,  inge- 
nieurj  Hymans,  secretaire  de  la  Societe  protectrice  des  animaux ; Lahaye,  avocat ; Mon- 
tefiore-Levi,  ingenieur; Maus,  industriel;  Trappeniers,  architecte;  le  comte  F.  Van- 
derstraten-Ponthoz,  vice-president  do  la  Societe  centrale  d’Agriculture  (Belgique). 


M.  Berge,  prend  place  an  fauteuil  de  la  presidence  suivi  des  autres 
membres  du  Bureau. 

II  prononce  quelques  paroles  de  bienvenue  k l’adresse  des  etrangers  et 
propose  a la  section  d’aborder  ses  travaux  dans  l’ordre  des  questions 
telles  qu’elles  sont  inscrites  au  programme,  a moins  que  des  convenances 
personnelles  ne  s’y  opposent. 

M.  le  docteur  Herpain,  medecin  de  la  Maison  penitentiaire  de  Saint- 
Hubert,  fait  parvenir  aux  secretaires  une  demande  tendant  a lui  permettre 
de  produire  son  rapport  sur  la  septieme  question  le  plus  tot  possible. 

M.  Berge  annonce  que  M.  Bordiau,  rapporteur  de  la  sixieme  question 
(cbauffage  et  ventilation),  est  malh.eureusem.ent  malade  depuis  quelques 
jours  et  qu’il  n’a  pu  terminer  le  rapport  dont  il  avait  ete  charge. 

Cette  nouvelle  decide  l’assemblee  a reunir,  pour  etre  discutees  dans  la 
meme  seance,  la  sixieme  et  la  septieme  question. 

Apres  un  court  debat  entre  MM.  Delecosse,  Yseux  , de  Yergnies  et 
Deluc,  l’ordre  des  travaux  est  fixe  comme  suit : 

28  septembre  : les  questions  concernant  le  chauffage  et  la  ven- 
tilation des  locaux  destines  a recsvoir  un  grand  nombre  de  personnes  et 
les  conditions  de  salubrite  auxquelles  doivent  satisfaire  |les  hospices,  les 
hopitaux  et  les  maternites.  — Jours  suivants  : les  autres  questions  dans 
l’ordre  du  programme. 


La  seance  est  levee  a quatre  heures  et  demie. 


it 


210 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GlSN^RALE. 


SEANCE  DU  28  SEPTEMBRE. 


Presidence  de  M.  Bkrge. 


A quelles  conditions  de  salubrite  doivent  satisfaire  : 1)  les  hospices,  le* 
hopitaux  et  les  maternites ; 2)  les  installations  proyisoires,  telles  que 
les  hopitaux  temporaires  et  les  ambulances  civiles? 

Rapporteur  • M.  le  docteur  Herpain,  medecin  de  la  Maison  penitentiaire 

de  Saint-Hubert. 


Resume  succinct  cl'un  essai  sur  Vhistoire,  la  statistique,  la  construc- 
tion et  V organisation  des  hopitaux , par  M.  le  docteur  Frederic  Sander, 
medecin  en  chef  cle  Vhopital  municipal  de  Barmen. 

I.  L’histoire  des  hopitaux  prouve  que  ni  les  individus,  ni  l’Eglise,  ni 
l’Etat  ne  peuvent  etablir  ou  diriger  des  hopitaux.  Les  administrations 
municipales  seules  sont  en  situation  de  prendre  des  mesures  qui  respon- 
dent aux  besoins  et  aux  ressources  des  diverses  localites. 

La  centralisation  & outrance  qu’au  siecle  dernier,  la  Revolution  frangaise 
appliqua  aux  hopitaux,  comme  a toutes  ses  autres  creations,  eut  pour  con- 
sequence de  faire  negliger,  a certaines  epoques,  leur  administration.  Les 
frequents  changements  dans  le  pouvoir  acheverent  d’y  mettre  le  desordre. 
II  ne  fut  plus  possible  de  tenir  compte  des  differentes  necessites  locales. 
Parfois  aussi,  le  systSme  produisit  une  uniformite  trop  grande. 

La  bienfaisance  privee  qui,  en  Angleterre,  jusque  dans  ces  derniers 
temps,  a preside  exclusivement  a l’organisation  des  hopitaux,  y a deve- 
loppe  une  specialisation  exageree. 

L’Eglise  enfin,  a toutes  les  epoques,  par  la  fondation  d’hopitaux,a  pour- 
suivi  d’autres  buts  que  le  traitement  des  malades  ; elle  a dote  ces  etablis- 
sements  taotottrop  liberalement,  tantot  avec  trop  de  parcimonie. 


HOSPICES,  HOPITADX,  MATEltNITES. 


211 


II.  La  statistique  cles  hopitaux  s’appuie  soit  sur  le  chiffre  de  la  mortalite 
generale,  soit  sur  celui  (le  la  mortalite  causee  par  des  maladies  speciales. 
Comme  la  nature  etl’intensitedes  maladies  varient  sensiblement  d’apres  les 
hopitaux,  le  chiffre  de  la  mortalite  generale  ne  jieut  servir  ni  a etablir 
une  comparaison  entre  les  divers  hopitaux,  ni  a donner  la  mesure  de  la  sa- 
lubrite  de  ces  etablissements. 

II  est  tout  aussi  impossible  d’apprecier  la  mortalite  d’apres  les  deces 
qui  suivent  des  maladies  determinees  ou  des  operations  chirurgicales. 
Les  cas  different  trop  entre  eux  et  leur  somme  totale  n’est  pas  assez 
grande  pour  que  Ton  puisse  etablir  des  moyennes.  Toutes  les  conclusions 
que  Ton  a tirees  jusqu’ici  des  statistiques  pour  apprecier  les  effets  nuisibles 
des  grands  hopitaux  ou  les  avantages  de  Tun  ou  de  l’autre  systeme  de  con- 
struction sont  prematurees.  On  les  a deduites  sans  avoir  egarcl  aux  regies 
fondamentales  qui  precedent.  L’experience  medicale,  toutefois,  a generale- 
ment  etabli  que  les  influences  pernicieuses  causees  par  la  reunion  d’un 
grand  nombre  de  malades  peuvent  etre  ecartees  par  des  installations  ap- 
propriees  qui  permettent  de  renouveler  fair  en  quantite  sufflsante  et  d’en- 
tretenir  une  proprete  irreprochable.  Elle  etablit  notamment  que  la  marche 
des  maladies  resultant  de  blessures  depend  de  ces  installations  et  du  trai- 
tement  medical  suivi,  et  non  de  la  dimension  de  l’hopital.  II  va  de  soi  que 
la  propagation  des  maladies  contagieuses  doit  etre  arretee  par  des  espaces 
isolants. 

III.  Les  differents  systemes  d’hopitaux  peuvent  se  ramener  a deux  types 
principaux  : 1°  les  hopitaux  a corridors,  2°  les  hopitaux  a pavilions.  Une 
forme  intermediate  consiste  a etablir  des  pavilions  qui  ne  viennent  pas 
aboutir  a un  corridor  commun,  mais  qui  sont  relies,  du  cote  de  leurs  pi- 
gnons,  par  de  petits  corridors  et  des  cages  d’escalier;  de  cette  fa$oa,  les 
locaux  affectes  aux  malades  et  a l’administration  sont  reunis  sous  un  seul 
toit,  mais  chaque  local  renfermant  des  malades  conserve  une  certaine  iude- 
pendance,  surtout  en'ce  qui  concerne  la  ventilation. 

Les  hopitaux  a corridors  presentent  cet  avantage  qu’ils  permettent  d’eta- 
blir  des  cliambres  de  toutes  dimensions.  Cela  facilite  le  service  de  1’acl mi- 
nistration. 

Le  systeme  des  hopitaux  a pavilions,  par  contre,  donne  de  toute  part 
libre  acces  a la  lumiere  et  a fair.  En  outre,  comme  il  divise l etablissement 
en  autant  de  petits  hopitaux  particulars,  il  empeche  l’extension  de  la 
contagion  de  l’un  a l’autre  batiment.  L’air  de  chaque  pavilion  s’eehappe 
librement  dans  l’atmosphere  exterieure,  sans  danger  pour  les  autres. 

Au  point  de  vue  financier,  le  dernier  systeme  l’emporte  encore.  11  per- 


212 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  G^N^RALE. 


met  de  construire  a mesure  des  besoins,  tandis  que  l’hopital  a corridors 
lie  souffre  pas  d’agrandissements  et  oblige  le  constructeur  a prevoir  les  ne- 
cessites  futures.  Cela  constitue  une  perte  plus  ou  moins  considerable  par 
l’interet  du  capital  engage. 

La  communication  des  pavilions  entre  eux  au  moyen  de  corridors  n’est 
pas  desirable. 

Les  baraques  en  bois  ne  sont  recommandables  que  comme  kopitaux 
provisoi res  en  temps  de  guerre.  Une  substruction  voutee  est  couteuse  et 
ne  donne  pas  de  resultats  satisfaisants. 

Une  combinaison  des  deux  systemes  qui  consisterait  en  un  batiment 
principal  a corridors  pour  les  maladies  ordinaires,  avec  pavilions  pour  le 
traitement  de  certaines  maladies  determinees,  ne  remplirait  pas  son  but  : 
Favantage  liygienique  de  Fhopital  a pavilions  n’existe  pas  seulement  pour 
les  maladies  speciales,  — comme  celles  resultant  de  blessures,  — mais 
aussi  pour  le  plus  grand  nombre  des  maladies  connues. 

Cliaque  maladie  contagieuse  doit  etre  isolee  dans  un  pavilion  special. 
Dans  les  grandes  agglomerations  ou  la  petite  verole,  le  cholera  et  la  fievre 
typlioide  regnent  plus  ou  moins  en  permanence,  le  plus  sage  est  de  con- 
struire, pour  le  traitement  de  ces  maladies,  des  kopitaux-baraques ; dans 
les  villes  moyennes  et  petites,  il  faut,  tout  au  moins,  les  isoler  dans  des 
baraques  placees  a proximite  de  Fhopital,  mais  separees  de  lui  par  des 
murailles. 

Pour  Fhopital  a pavilions,  comme  pour  tout  autre,  le  systeme  d’unckauf- 
fage  central  par  la  vapeur  est  le  plus  & recommander. 

Quant  a la  ventilation,  si  elle  n’est  pas  assuree  par  les  ouvertures  du 
toit,  on  peut  etablir  des  cliaudieres  dont  l’eau  est  ckauffee  par  la  vapeur 
et  autour  desquelles  on  fait  circuler  de  Fair  pur  introduit  du  dehors.  L’air 
ainsi  ckauffe  dans  des  enveloppes  en  tole  est  introduit  dans  les  ckambres 
des  malades. 


Rapport  de  M.  le  docteur  Herpain,  medecin  de  la  Maison 
penilenliaire  de  Saint- Hubert. 

DES  MATERNITES. 

Depuis  plusieurs  annees,  l’attention  des  kygienistes  est  particulierement 
attiree  vers  les  questions  qui  touckent  a Famelioration  des  maternites. 
On  en  a surtout  etudie  les  defauts  etl’on  s’est  complaisamment  etendu  sur 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


2i:t 


les  dangers  auxquels  elles  exposent  les  accouchees.  Sans  nier  que  l’obi- 
tuaire  des  grandes  inaternites  ne  soit  considerable,  l’equite  exige  que 
leurs  avautages  soient  places  en  regard  de  lours  inconvenients. 

Apr 6s  avoir  envisage  le  problems  sous  ses  differcntes  faces,  nous  ne 
desesperons  pas  do  voir  la  science  indiquer  les  moyens  de  maintenir  ces 
asiles,  en  les  assainissant.  Un  double  interet  humanitaire  est  attache  a 
leur  conservation  : offrir  un  toit  liospitalier  aux  desheritees  de  la  fortune 
et  constituer  un  centre  d’activite  intellectuelle,  indispensable  pour  former 
des  praticiens  instruits. 

En  defendant  la  cause  des  inaternites,  nous  accomplissons  un  devoir  de 
reconnaissance.  C’est  la,  en  effet,  que  ceux  d’entre  nous  qui  ont  cultive 
avec  quelque  succes  l’art  des  accouchements  ont  acquis,  avec  les  legons 
qui  les  ont  guides,  la  pratique  qui  les  a servis.  Avant  d’abolir  les  mater- 
nites, que  Ton  reflechisse  a la  position  difficile  du  jeune  medecin,  isole, 
livre  a lui-meme,  en  presence  des  cas  si  compliques  qui  se  presentent  a 
l’art  obstetrical  dans  les  campagnes,  et  que  l’on  se  rende  compte  de  sa 
perplexite,  si  l’enseignement  clinique  ne  lui  a forme  une  main  habile. 

C’est  sans  delai  ni  hesitation  que  doivent  etre  executees  les  operations 
les  plus  difficiles.  La  moindre  temporisation  peut  devenir  fatale  a la  mere 
et  a l’enfant.  II  faut  pratiquer  la  craniotomie,  proceder  a l’extraction  d’un 
placenta,  tenter  une  version,  faire  une  application  de  forceps  sur  une  tete 
mobile  ; et  ces  redoutables  operations  vont  etre  livrees  a la  timidite  on  a 
la  temerite  d’un  theoricien  que  n’aura  pas  forme  la  frequentation  assidue 
des  grands  hopitaux!  Par  mi  ceux  qui,  comme  nous,  ont  deja  parcouru  une 
longue  carriere  medicale,  beaucoup  n’ont  pas  encore  oublie  les  angoisses 
de  leur  debut,  malgre  l’experience  deja  acquise  dans  les  cliniques  des 
inaternites.  Demandons-nous  quelles  seront  les  incertitudes  de  nos  jeunes 
confreres,  quand  cette  experience  leur  fera  defaut  ? Si  l’on  est  expose  aux 
plus  cruels  mecomptes,  malgre  les  ressources  d’un  enseignement  univer- 
sitaire  qui  concentre  dans  des  etablissements  speciaux  les  elements  d’une 
bonne  clinique  obstreticale,  quel  sera  le  sort  de  nos  villageoises  livrees  a 
des  medecins  formes  dans  les  petites  maisons  d’accoucliements  et  dont  la 
pratique  sera  a peine  superieure  a celle  des  sages-femmes  ? 

La  reponse  a cette  question  est  tout  entiere  dans  les  anciens  traites  d’ac- 
couchemerits  et,  particulierement,  dans  les  observations  de  Mauriceau. 

Lorsqu’on  aura  supprime  les  maternites,  ou  des  professeurs  d’elite 
forment  des  disciples  dignes  d’eux,  on  se  sera  prive  des  meilleures  ressour- 
ces que  Ton  puisse  opposer  aux  difficultes  de  la  dystocie,  et  l’on  se  trouvera 
dans  la  position  d’une  armee  qui,  pour  augmenter  son  effectii,  aurait 
sacrifie  son  etat-inajor. 


-li  PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GtiNlOlALE. 

Mais  notre  intention  n’est  pas  de  considerer  uni  quern  cnt  les  maternites 
au  point  de  vue  d’un  enseignement  destine  a multiplier  le  nombre  des 
praticiens  capables  de  repan dre  les  bienfaits  d’une  habilete  que,  seule, 
procure  la  frequentation  des  hopitaux ; nous  devons,  avant  tout,  defendre 
les  interets  des  accouchees. 

Faut-il,  dans  ce  but,  supprimer  les  maternites  et  les  remplacer  par 
1 ’accouchement  a domicile?  Telle  est  la  question  que  nous  devons  examiner. 

La  suppression  des  maternites  a pour  elle  l’appui  d’un  grand  nombre 
d’hommes  competents.  La  seduction  des  noms  illustres  opere  son  prestige, 
et  e’en  est  fait  de  110s  ecoles  d’accouchements,  si  une  protestation  juste  et 
energique  n’amene  une  reaction  salutaire.  Tachons  done  de  resister  a 
l’entrainement  general,  et  ne  consentons  a mettre  le  feu  aux  maisons 
d’accouchements  qu’apres  avoir  epuise,  pour  les  ameliorer,  toutes  les 
ressources  de  l’hygiene. 

Nous  n’ignorons  pas  que  la  mortality  est  de  5 a 10  fois  plus  elevee 
dans  beaucoup  de  maternites  actuelles  qu’en  ville  ; nous  avons  presentes 
a l’esprit  les  desolantes  statistiques  de  M.  Lefort  et  les  remarquables 
commentaires  de  M.  le  professeur  Hubert,  mais  nous  repoussons  les 
conclusions  que  l’on  a voulu  en  tirer.  Elies  ne  seraient  fondees  que  si  la 
comparaison  qui  leur  sert  de  base  etait  exacte  sous  tous  les  rapports.  Or, 
il  ne  nous  semble  pas  qu’il  en  soit  ainsi. 

D’un  cote,  on  reunit  les  femmes  les  plus  miserables,  celles  qui  n’ont 
meme  ni  taudis  ni  grabat,  celles  que  le  denument  a affaiblies,  que  le  tra- 
vail, l’insuffisance  de  nourriture , le  chagrin,  la  debauche  et,  quelquefois, 
les  mauvais  traitements  predisposent  a recevoir  legerme  de  toute  maladie, 
et  on  leur  oppose  des  parturianteshpii  enfantent  au  milieu  des  joies  de  la 
famille,  entourees  d’affectueuses  caresses  et  d’un  confortable  relatif.  Peut- 
on  s’etonner  de  voir  la  mort  epargner  celles-ci  et  exercer  ses  ravages 
parmi  les  premieres,  victimes  elues  pour  le  developpement  de  toutes  les 
causes  morbigenes  ? 

Ces  femmes  que  la  detresse  morale  et  la  detresse  jihysique  out  epuisees 
sont  revues  dans  des  asiles  que  la  routine  entretient  dans  de  deplorables 
conditions. 

En  effet,  Messieurs,  placer  les  maternites  au  centre  des  villes,  dans  des 
quartiers  populeux,  trop  souvent  dans  le  voisinage  d’etablissements  dan- 
gereux  ou  nuisibles,  les  reunir  comme  partie  Integra nte  ou  accessoire 
aux  hopitaux,  n’est-ce  pas  plonger  des  parturiautes,  qui  elles-memes 
exhalent  des  miasmes,  dans  une  atmosjihere  viciee  ? Faire  ensuite 
visiter  ou  toucher  ces  monies  femmes  par  les  etudiants  qui  frequen- 
tent  les  amphitheatres,  pansent  des  plaies,  parcourentdes  salles  occupees 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITES. 


2 Ifj 


par  des  affections  infectieuses ; les  mettre  en  contact  avec  un  personnel 
cVinfirmieres  et  d’eleves  sages-femmes  qui  circulent  dans  les  bopitaux  et 
assistent  aux  cliniques  speciales,  n’est-ce  pas  les  exposer  a tous  les  perils 
de  la  contagion  directe?  Recevoir  ces  femmes  dans  une  maternite  ou  lepi- 
demie  sevit  encore  ou  qu’elle  vient  d’abandonner,  n’est-ce  pas  les  vouer 
aux  funestes  consequences  de  l’infection?  Designer,  pour  operer  les  accou- 
cbees,  un  seul  medecin,  et  clioisir  precisement  le  specialiste  qui  traite  le 
plus  grand  norabre  de  femmes  infectees,  n’est-ce  pas  commettre  la  plus 
Hagrante  comme  la  plus  inutile  des  imprudences  ? 

Nous  ne  comparerons  done  pas  la  position  des  femmes  qui  accouclient  a 
domicile  a celles  des  femmes  qui  font  leurs  couches  a l’hopital. 

Sans  merae  avoir  fait  de  l’hygiene  une  science  de  predilection,  on  peut 
comprendre  que  les  malheureuses  placees  dans  le  milieu  que  nous  venons 
de  decrire  paient  a la'mort  un  tribut  enorme.  Mais  est-ce  la  une  raison 
suffisante  pour  abolir  les  maternites,  quand  il  est  possible  de  les  etablir 
dans  des  conditions  infiniment  plus  avantageuses  ? Avec  un  systeme  aussi 
revolutionnaire,  on  prevoit  qu’elles  eussent  du  etre  les  conclusions  du  rap- 
port d’enquete  de  Tenon  et  La  Rochefoucault  : on  arrivait  a fermer  les  ho- 
pitaux,  a instituer  letraitement  des  malades  et  des  blesses  a domicile,  e’est- 
a-dire  a tenter  la  realisation  dune  utopie,  a decujiler,  a centupler  les 
foyers  en  cas  d’epidemie,  a priver  les  indigents  des  conseils  des  praticiens 
les  plus  instruits,  des  Broussais  et  des  Dupuytren,  des  Trousseau  et  des 
Velpeau,  et  de  cette  legion  d’illustres  cliniciens  qui  out  cree  la  cbirurgie 
conservatrice  et  repandu,  avec  tant  de  generosite,  les  bienfaits  de  notre 
chere  science  de  medecine. 

II  est  reconnu  que  la  mortalite  dans  les  maternites  de  petites  villes  ne 
depasse  guere  celle  que  fournissent  les  accoucbements  a domicile ; l’ou 
y constate  rarement  des  epidemies  et  notamment  des  fievres  puerpe- 
rales.  Les  grands  centres  de  population  ne  pourraient-ils,  par  la  stricte 
observance  des  lois  de  l’bygiene,  se  creer  des  etablissements  aussi  avanta- 
geux  ? Celui  que  possede  la  ville  de  Gand  parait  repondre  a toutes  les 
exigences.  Ainsi,depuis  son  origine,  qui  remonte  a plus  dedix  ans,  lafievre 
puerperale  n’y  a fait  qu’une  seule  apparition,  et  a une  epoque  ou  elle  re- 
gnaitdanstoutela  cite  gantoise.M.  von  Sigmund  nous  a rappele,  au  dernier 
Congrcs  des  sciences  medicates,  qu  a la  maternite  de  Vienne,  la  plus  grande 
peut-etre  du  continent,  on  avait  a enregistrer,  il  y a quinze  ans,  une  im- 
mense mortalite,  tandis  que,  par  une  sage  application  de  l’bygiene,  ou  en 
a fait  un  etablissement  modele. 

Voyons,  maintenant,  si  les  accoucbements  cbez  les  sages-femmes  pi  e- 
sentent  plus  de  securite  qu’b  la  maternite ; examinons  si  cette  metboae, 


210 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GJiNliRALE. 


preconisee  par  M.  Lefort,  merite  notre  approbation,  et  si  Ton  n’a  pas  le 
droit  dc  considerer  comme  prematurees  des  conclusions  qui  n’ont  pour 
ellcs  ni  la  consecration  du  temps  ni  celle  de  l’experience. 

Toutes  les  sages-femmes  ne  consentiront  pas  a recevoir  des  indigentes ; 
les  maisons  les  mieux  tenues,  qu’alimente  une  clientele  clioisie,  ne  peuvent, 
sans  deroger  et  dechoir,  accepter  des  parturiantes  appartenant  a la  der- 
niere  classe  de  la  societe.  L’administration  de  la  bienfaisance  sera  done 
forcee  de  traiter  avec  des  maisons  de  deuxieme  et  de  troisieme  ordre  sou- 
vent  moirfs  bien  situees,  moins  confortablement  meublees,  moins  large- 
ment  ventilees  que  nos  maternites  et  oil  l’arrivee  de  nouvelles  pension- 
naires  amenera  bientot  l’encombrement  avec  toutes  ses  consequences. 
Qu’une  epidemie  eclate  dans  une  de  ces  maisons,  — et  cette  epidemie 
eclatera  fatalement,  — elle  y exercera  d’autant  plus  de  ravages  qu’on 
n’aura  a lui  opposer  ni  le  controle  ni  les  moyens  varies  dont  dispose  une 
administration  riche,  puissante  et  eclairee. 

L’interet  particulier  entravera  les  meilleures  resolutions ; on  essaiera 
de  celer  les  j^remiers  cas  de  maladie;  on  se  bornera  d’abord  a des  demi- 
mesures;on  temporisera  avant  d’abandonner  des  salles  contaminees,  avant 
d’etablir  une  separation  absolue,  radicale  des  malades  et  des  indemnes  ; 
on  hesitera  avant  de  refuser  l’admission  de  nouvelles  accouchees,  et  Ton 
reculera  trop  souvent  devant  les  frais  onereux  d’une  desinfection  efl&cace. 
Que  seront  ces  etablissements,  lorsque  le  terrible  fleau  de  la  fievre  puer- 
perale  y aura  penetre?  Des  lieux  malsains,  des  receptacles  de  miasmes, 
des  foyers  d’infection  et  de  contagion,  qui  devront  etre  repudies  au  meme 
titre  que  les  maternites,  condamnees  pour  contravention  aux  lois  de  l’hy- 
giene  hospitaliere.  L’avertissement  sera  entendu ; bientot  les  autres  mai- 
sons d’accouchement,  pour  sesoustraire  ala  deconsideration  et  a la  ruine, 
cesseront  de  recevoir  des  indigentes,  et  l’administration,  decouragee,  devra 
enfin  se  resoudre  a edifier  des  maternites  qui  respondent  a la  generosite  de 
ses  intentions. 

Les  hygienistes  seront  alors  consultes  d’une  maniere  pressante.  Leur 
reponse  sera  toute  preparee,  puisque  vous  allez  decider,  Messieurs,  par 
vos  discussions,  ce  que  doivent  etre  les  maternites  pour  repondre  a leur 
double  but  charitable  et  scientifique. 

La  societe  tout  entiere  est  interessee  a vous  preter  son  concours,  car 
nullepart  la  loi  de  la  mutuality  sociale  ne  se  montre  avec  plus  d’evidence. 
A peine  la  fievre  puerperale  a-t-elle  fait  une  victime  dans  les  hopitaux, 
qu’elle  peut  etre  transportee  en  ville  par  les  medecins,  les  sages-femmes, 
les  convalescents,  pour  venir  desoler  les  foyers  les  plus  paisibles  et  qui 
paraissent  les  mieux  defen dus. 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITES. 


217 


Conclusions.  — I.  Les  grandes  villcs  doivent  posseder  unc  mater- 
nite par  50,000  a 100,000  habitants  de  population.  Lorsque  la  fievre 
puerperale  sevira  clans  un  do.  ces  etablissements,  les  femmes  enceintes 
seront  reparties  dans  les  autres  maternites.  L’hospice  contamine  sera  de- 
sinfecte  et  subira  une  quarantaine  de  repos  aussi  prolongee  que  possible. 

II.  Les  maternites  ne  peuvent,  dans  aucun  cas,  etre  une  dependancc 
des  hopitaux. 

III.  Elies  seront,  autant  que  possible,  etablies  dans  de  vastes  jarclins. 
II  serait  meme  avantageux  de  les  eloigner  clu  centre  des  villes,  auquel  elles 
seraient  reliees  par  un  service  de  tramways. 

IV.  On  donnera  la  preference  au  systeme  clit  a pavilions  separes,  di vises 
en  5 ou  6 salles  ne  renfermant  chacune  que  4 ou  5 lits.  Toutefois,  il  sera 
tenu  compte  de  la  possibilite  d’affecter  a chaque  accouchee  unc  piece  spe- 
ciale,  comme  on  l’a  fait  a Gancl. 

V.  Chaque  maternite  doit  posseder  un  pavilion separe  et  tout  a fait  isole, 
pour  y recevoir  les  femmes  dont  l’etat  puerperal  .se  compliquerait  d’une 
maladie  contagieuse.  Un  medecin  des  hopitaux,  seconde  par  un  personnel 
particulier,  sera  charge  du  service  de  cette  infirmerie. 

VI.  Chaque  maternite  aura  egalementun  personnel  special.  Les  etudiants 
n’y  seront  regus  qu’apres  s’etre  soumis  a certaines  mesures  de  precaution, 
parmi  lesquelles  nous  signalons  l’utilite  de  se  laver  les  mains  avec  une  so- 
lution d’acide  salicilique.  Les  eleves  sages-femmes  n’assisteront  pas  aux 
cliniques  des  maladies  contagieuses. 

VII.  Apres  le  depart  de  chaque  accouchee,  Tappartement  ou  le  lit 
qu’elle  a occupe  sera  soumis  a l’alternance,  ventile  et  desinfecte.  Si  l’on 
est  menace  de  la  fievre  puerperale,  les  lits  seront  demontes  et  laves,  et  les 
murs  seront  badigeonnes  a la  cliaux  ou  laves  avec  une  solution  pheni- 
quee. 

VIII.  Les  operations  obstetricales  ne  pourront  etre  pratiquees  que 
dans  des  salles  d’ampliitheatre,  et  jamais  en  presence  des  femmes  en 
couches  ou  de  celles-qui  sont  sur  le  point  de  devenir  meres. 

IX.  L’entree  des  salles  sera  severement  interdite  au  public  et  a toute 
personne  non  munie  d’une  carte  d’admission. 

X.  Toutes  les  ressources  de  l’hygiene  seront  mises  a contribution  pour 
assurer  aux  salles  des  maternites  la  plus  grande  proprete  et  une  ventila- 
tion gen6reuse,  capable  d’empecher  la  stagnation  de  l’air  et  l’accumulation 
des  iniasmes  morbigenes. 

XI.  A l’imitation  de  ce  cqui  se  fait  dans  plusieurs  grandes  villes,  ou  ad- 
mettra  gratuitement  toutes  les  femmes  qui  se  presentent  pour  faire  leurs 
couches. 


218 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GI^N^RALE. 


XII.  On  engagera  les  accoucliees  a ne  pas  quitter  la  maternite  avant  le 
dixieme  jour  et  a subir  eusuite  une  quarantaine  dans  un  asile  destine  aux 
convalescentes  et  situc  a proximite  de  la  ville,  dans  des  conditions  avan- 
tageuses. 

XIII.  Les  vetements  qui  serontrerais  aux  accoucliees,  a leur  sortie  de  la 
maternite,  seront  prealablement  desinfectes  a letuve,  cliauffee  a une  tem- 
perature de  plus  de  150°. 

XI V.  Afin  de  s’opposer  aux  accidents  et  aux  maladies  qui  resultent  trop 
souvent,  cliez  les  femmes  pauvres,  de  la  reprise  prematuree  de  travaux 
fatigants,  Fadministration  accordera  un  secours  en  argent  aux  accou- 
cliees qui  seront  legitimement  empechees  de  passer  par  la  salle  des  conva- 
lescentes. 


DES  HOPITAUX. 

Les  hopitaux  n’ont  pas  ete  compris  dans  le  merne  verdict  que  les  mater- 
11  ites,  et  je  ne  sache  pas  qu’un  juge  inflexible  ait  prononce  contre  eux  une 
condamnation  sans  appel.  Cependant, loin  d’etre  meconnus,  leurs  inconve- 
nients  ont  ete  souvent  signales.  II  j a a peine  quatre  ans  que  la  Societe  des 
medecins  et  chirurgiens  des  hopitaux  de  Paris  declarait  que  le  nouvel  Hotel- 
Dieu,  bati  a grands  frais,  etait  un  hopital  detestable  qu’il  fallait  demolir 
ou  livrer  a une  autre  destination.  Cet  arret,  quelque  severe  qu’il  paraisse, 
est  applicable  a la  plupart  des  hopitaux  des  grandes  villes.  II  en  est  fort 
peu  qui  ne  presentent  des  dispositions  absolument  contraires  aux  prin- 
cipes  fondamentaux  de  l'hygiene.  Partout  la  mort  y preleve  un  tribut  trop 
onereux.  Ni  le  zele  de  Padministration,  ni  le  talent  des  chefs  de  service  ne 
parviennent  a conjurer  les  consequences  qui  doivent  fatalement  resulter  de 
cette  infraction  aux  lois  de  la  science  hospitaliere,  de  ce  mepris  des  con- 
seils  d’hommes  competents  et  des  societes  savantes. 

II  n’est  pas  de  chirurgien  de  campagne  qui  ne  puisse  victorieusement 
opposer  la  statistique  de  sa  clientele  a celle  des  hopitaux  les  mieux  tenus. 
Sans  parler  de  l’operation  cesarienne,  qui  lui  procure  au  minimum  une 
guerison  sur  quatre,  alors  quelle  n’a  presque  jamais  reussi  dans  les  mater- 
nites  et  tres-rarement  dans  les  grandes  villes,  ne  voit-on  pas,  a la  suite 
de  la  kelotomie,  de  l’ovariotomie,de  la  trepanation,  des  amputations,  l’in- 
fluence  nosocomiale  annuler  et  frapper  d’impuissance  l’habilete  et  les  soins 
des  chirurgiens  les  plus  distingues,  tandis  que  ces  operations  fournissent 
au  modeste  praticien  de  village  des  succes  qui  compensent  bien  des  de- 
boires  et  des  mecomptes  ? 


HOSPICES,  nOPITAUX,  MATERNITIES. 


219 


II  faut  done  cherclier  a procurer  aux  malades,  que  le  denffment  et  la 
raisere  conduisent  a l’hdpital,  les  avantages  dont  jouissent  les  malades  de 
la  campagne,  e’est-a-dire  un  air  pur,  de  bonne  eau  et  un  isolement  con- 
venable.  Ce  qui  contribuera  puissamment  a atteindre  ce  resultat,  ce  sont 
les  baraquements  dessines  aux  maladies  epidemiques  et  les  asiles  consa- 
cres  aux  convalescents. 

Conclusions.  — I.  L’hopital  doit  etre  situe  a la  limite  de  la  ville  ou, 
mieux,  hors  ville,  autant  pour  empecher  la  propagation  des  maladies  con- 
tagieuses  que  pour  mettre  les  malades  eux-memes  dans  des  conditions 
favorables  leur  guerison. 

II.  On  clioisira  pour  son  emplacement  un  terrain  en  pente,  sec  et  eleve, 
L ' eloigne  detoute  agglomeration,  et  particulierement  des  casernes,  des  ate- 
liers et  des  fabriques  ou  usines,  afin  d’eviter  Ids  exlialaisons  nuisibles,  de 
procurer  aux  malades  le  calme  et  la  solitude  qui  leur  sont  si  necessaires 
et  de  ne  pas  contrarier  la  libre  circulation  de  l’air  et  de  la  lumiere. 

III.  II  faut  qu’une  eau  d’une  grande  purete  soit  genereusement  distri- 
bute dans  toutes  les  parties  de  l’edifice. 

IV.  La  separation  complete  des  sexes  et  celle  des  enfants  doit  etre  aussi 
rigoureuse  que  celle  des  differents  genres  de  malades  : blesses,  fievreux, 
ophtlialiniques.  veneriens,  etc.  Chaque  categorie  d’affections  aura  son  bati- 
ment  particulier  avec  ses  dependances  : preau,  cabinet  de  bains,  latrines, 
evier,  salle  de  garde  et  salle  de  debarras  ou  lingerie. 

V.  Pour  repondre  a cette  indication  autant  que  pour  soustraire  les 
malades  a la  contagion  qui  se  propage  d’une  salle  a l’autre,  on  adoptera 
le  systeme  d’hopital  a pavilions  separes  par  une  large  circulation  d’air. 

VI.  L’espace  reste  libre  entre  les  pavilions  sera  proportionne  a l’ele- 
vation  des  batiments.  II  sera  converti  en  jar  din  cultive  et  reserve 
aux  malades  non  alites  du  pavilion  attenant.  II  communiquera  par  une 
grille  avec  la  vaste  cour  des  convalescents  placee  au  centre  des  differents 
quartiers. 

VII.  Un  pavilion  central  sera  reserve  pour  les  departements  de  la  phar- 
macie  et  de  la  cuisine.  Les  bureaux  de  l’administration  et  les  salles  do 
consultation  se  trouveront  a l’entree  de  l’etablissement. 

VIII.  Les  differents  quartiers  seront  relies  entre  eux,  a la  hauteur  du 
rez-de-chaussee,  par  des  galeries  couvertes  etabiies  sur  colonnades  et, 
autant  que  possible,  ecartees  des  batiments. 

IX.  Les  galeries  aboutiront  a un  promenoir  couvert,  a une  sorte  de 
serre  situee  dans  la  cour  centrale.  Le  jardin  d’hiver,  destine  aux  malades 
non  alites,  sera  ouvert  aux  convalescents  pendant  les  mauvais  jours.  11 


220 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GENERATE. 


sera  largement  ventile  ct  pourra  etre  transforme  en  refectoire  et  en  cabi- 
net  de  lecture. 

X.  Les  murs,  les  plafonds  ct  les  planchers  seront  points  a l’liuile  et  en- 
cl nits  de  plusiours  couclies  de  vernis  copal,  alin  d'etre  completement  im- 
permeables  et  ne  pas  devenir  lc  receptacle  de  germes  contagieux.  Ils  se- 
ront frequemment  laves  a grande  eau  ct  an  savou  carbolique,  pendant  que 
les  malades  occuperont  un  pavilion  de  rechange. 

XI.  II  est  necessaire  que  dans  lerection  d’un  hopital,  l’arcbitecte  me- 
nage des  cabinets  de  sequestration  pour  les  delirants  et  pour  les  operes. 

XII.  En  attendant  que  Foil  cree  un  asile  pour  les  convalescents,  il  sera 
indispensable  de  leur  reserver  des  pavilions  oil  ils  se  trouveront  a l’abri 
de  l’infection  nosocomiale. 

XIII.  Le  salles  des  malades  ne  contiendront  que  10  ou  12  lits,  autour 
desquels  on  laissera  un  espace  suffisant  pour  la  circulation  des  medecins, 
infirmiers,  etc.  Celles  des  convalescents  pourront  loger  24personnes.  Leur 
hauteur  variera  selon  les  pays,  mais  elles  seront  assez  spacieuses  pour 
fournir  a chaque  lit  une  atmosphere  d’au  moins  50  metres  cubes.  La 
ventilation  sera  telle  que  l’odorat  ne  puisse  constater  d’odeur  desa- 
greable. 

XIV.  Les  fenetres  disposees  entre  deux  lits,  et  des  deux  cotes  opposes, 
distribueront  egalement  la  lumiere  a toutes  les  parties  de  la  salle. 

XV.  La  superficie  totale  des  fenetres  sera  au  moins  egale  au  20me  de  la 
capacite  cubique  des  salles. 

XVI.  La  fenetre  du  fond,  faisantface  a la  porte  d’entree,  s’ouvrira  du 
plancher  au  plafond  et  sera  horizontalement  divisee  en  trois  series  de 
panneaux  pouvant  s’ouvrir  isolement  pour  chasser  les  differentes  couches 
d’air. 

XVII.  Les  latrines  devront  etre  precedees  d’une  antichambre  ou  tam- 
bour activement  ventile  pour  s’opposer  au  reflux  des  odeurs  vers  la 
salle. 

XVIII.  La  salle  principale  d’operation  sera  separee  des  salles  de  blesses 
par  un  cabinet  contenant  un  arsenal  chirurgical  et  des  objets  de  panse- 
ment. 

XIX.  La  salle  de  bains  servira  de  lavoir  pour  les  malades  non  alites. 
Elle  sera  pourvue  d’au  moins  deux  baignoires  avec  douches ; ces  bai- 
gnoires seront  assez  ecartees  des  murs  pour  permettre  aux  infirmiers 
d’aider  le  baigneur. 

XX.  Maintenant  que  les  rideaux  sont  generalement  condamnes, 
l’examen  medical  pratique  dans  la  salle  commune  expose  les  jeunes  per- 
sonnes  a des  repugnances  que  la  charite  et  les  bonnes  mceurs  font  un 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


221 


devoir  de  respecter,  en  leur  assurant  une  separation  plus  absolue  qu’aux 
autres  malades. 

Nous  recommandons , en  leur  faveur,  un  moyen  de  protection  qui  mettra 
leur  delicatesse  a l’abri  de  toute  atteinte,  sans  condamner  leurs  organes 
respiratoires  a la  portion  congrue.  II  consiste  h pourvoir  leur  dortoir 
d’alcoves  de  fer  garnies  d’un  treillis  en  avant,  en  arriere  et  en  liaut,  et 
ayant  cbacune  2 metres  de  profondeur  sur  2 metres  de  largeur,  telles  que 
M.  linspecteur-general  J.  Stevens  les  a etablies  a l’infirmerie  du  peniten- 
cier  de  Saint-Hubert.  Ce  sont  des  cliambrettes  suffisamment  spacieuses, 
n’ayant  de  solides  que  les  parois  laterales,  plongeant  par  les  autres 
points  de  leur  surface  dans  l’atmospkere  de  la  salle,  et  dont  on  peut  a 
volonte  renouveler  l’air  en  ouvrant  la  fenetre  qui  les  eclaire.  Par  ce 
moyen,  l’odeur  des  dejections,  des  cracbats,  des  sueurs  d’un  malade  cst  a 
peine  pergue  par  son  voisin.  En  cas  de  necessity,  on  peut  ouvrir  la  porte 
a deux  battants  et  faire  glisser  le  lit  vers  la  partie  libre  de  la  salle,  soit 
pour  nettoyer  l’alcove,  soit  pour  donner  des  soins  au  malade.  Ces  alcoves 
rendraient  encore  des  services  dans  la  salle  des  pulmoniques,  en  sous- 
trayant  a la  vue  des  malades  le  spectacle  si  affligeant  et  souvent 
renouvele  de  l’agonie  et  d’une  mort  inevitable. 

XXI.  La  cliapelle  sera  situee  a l’extremite  de  l’kopital  et  devra  etre 
facilement  accessible  par  les  galeries  couvertes. 

XXII.  L’ampkitkeatre  d’anatomie  sera  relegue  aussi  loin  que  possible 
des  batiments  affectes  au  traitement  des  malades. 

Nous  ne  devons  pas  nous  occuper  ici  du  cliauffage,  de  la  ventilation,  des 
modes  de  disinfection,  ni  de  la  distribution  d’eau,  ni  des  egouts,  ni  des 
quarantaines.  Ce  sont  des  questions  speciales  dont  la  solution  a ete  confi.ee 
a d’autres  subdivisions  de  la  section  d’hygiene  de  ce  Congres. 


DES  HOSPICES. 


Les  regies  que  nous  avons  etablies  pour  lerection  d’un  kopital  peuvent 
s’appliquer  ala  construction  des  hospices  pour  vieillards  ou  pour  les  mala- 
dies speciales.  On  doit  seulement  insister  sur  l’utilite  de  ne  pas  faire  kabi- 
ter  les  etages  par  les  pensionnaires  et  de  laisser  les  salles  de  niveau  avec 
les  galeries,  afin  de  prevenir  les  cliutes. 

Quant  aux  ecoles  de  reforme,  aux  orpkelinats  et  aux  etablissements 
analogues,  le  systeme  des  batiments  separes,  tel  qu’il  se  trouve  realise  a 
la  colonie  de  Mettray,  repond  a toutes  les  exigences  dc  la  pratique  et  de 


222 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GENliRALE. 


l’liygiene.  Cependant  les  batiments  eii  carres,  en  losangc  ou  en  etoile  offrent 
ici  moins  d’inconvenients  'que  pour  les  lidpitaux. 

Dans  un  hospice  d’enfants  de  10  a 20  ans,  il  faut  surtout  considerer  les 
dortoirs,  les  ateliers  et  les  ecoles. 

Autant  que  possible,  les  etages  scront  reserves  pour'les  dortoirs,  et  l’on 
etablira  les  ecoles,  les  ateliers  et  les  refectoires  au  rez-de-chaussee. 

On  veillera  a ce  que  les  dortoirs  aient  des  degagements  faciles  ; beaucoup 
d’liospices  et  meme  de  colleges  manquent  d’escaliers  en  nombrc  suffisant 
pour  permettre  la  prompte  evacuation  des  dortoirs,  en  cas  d’incendie. 

II  faut  proscrire  les  dortoirs  dans  les  combles  ; ils  sont  etouffants  en 
ete  et  trop  froids  en  hiver.  Nous  avons  constate  que,  dans  notre  pays, 
leur  temperature  est  plus  elevee  en  ete  de  4°  environ  que  celle  des  dor- 
toirs de  l’etage,  tandis  qu’en  hiver  ceux-ci  conservent  en  moyenne  4,  1/2° 
de  plus  que  les  premiers.  L’atmosphere  trop  froide  des  dortoirs  epuise  la 
souplesse  climaterique  de  l’homme  et  l’expose  a toutes  les  maladies  qui 
reconnaissent  pour  cause  l’abaissement  de  la  temperature  (pneumonie,  af- 
fections catarrhales  etrhumatismales).  Mais  son  action  nocive  s’accuse  plus 
liabituellement  par  la  dyspnee  due  a la  rigidite  contracturale  des  muscles 
inspirateurs.  Cette  gene  est  d’ autant  plus  prejudiciable  a l’hematose  qu’a 
volume  egal,  l’air  froid  contient  plus  d’oxygene  que  l’air  chaud,  ce  qui, 
avec  le  besoin  de  calorique  que  ressent  l’organisme,  necessite  une  activite 
plus  grande  des  fonctions  pulmonaires,  d’ou  resulte  le  besoin  dune  ali- 
mentation plus  abondante  et  mieux  composee,  si  Ton  veut  combattre  la 
detresse  respiratoire  qui  constitue  une  des  causes  les  moins  discutables  de 
1’evolution  de  la  phthisie  pulmonaire.  Une  autre  cause  du  developpement 
dela  tuberculose,  qui  exerce  tant  de  ravages  parmi  lajeunesse  des  pen- 
sionnats,  des  ecoles  de  reforme  et  des  orphelinats,  consiste  dans  l’excitation 
prematuree  des  organes  genitaux  par  les  habitudes  solitaires  et  les  plai- 
sirs  contre  nature.  Seuls,  les  hommes  speciaux  apprecient  l’etendue  du 
mal  que  nous  signalons. 

Parmi  les  moyens  de  prevenir  ou  de  combattre  la  corruption  morale  qui 
conduit  a ces  desordres,  il  en  est  peu  d’aussi  utiles  que  la  separation  des 
adolescents  dans  les  dortoirs.  On  obtient  ce  resultat  en  pla^ant  leur  lit 
dans  des  alcoves  de  fer  ri’ayant  que  trois  parois  solides  et  fermees  par  un 
treillis  metallique  sur  le  devant  et  vers  le  haut.  Le  penitencier  de  Saint- 
Hubert  fait  usage  de  ces  alcoves,  qui  lui  valent  les  compliments  des  visi- 
teurs  competents;  d’un  autre  cote,  nous  avons  chaque  jour  occasion  de  nous 
assurer  que  Pair  s’y  renouvelle  avec  une  grande  facilite  et  que  la  ventilation 

• de  ces  dortoirs  ne  laisse  rien  a desirer. 

M.  leMinistre  de  l’lnterieur  de  Belgique  apublie,  le  24  novembre  1874, 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


223 


uu  programme  detaille  des  regies  a observer  dans  la  construction,  la  dis- 
position interieure  et  l’ameublement  des  maisons  decole.  On  ne  peut  mieux 
faire  que  de  s’y  conformer  en  tons  points. 

Les  ateliers  doivent  etre  disposes  au  rez-de-chaussee,  dans  des  pieces 
ayant  au  moins  3in  50  de  hauteur.  Ils  ne  pourront  en  meme  temps  servir 
de  refectoire,  de  salle  de  lecture  ni  de  classe. 

La  ventilation  et  le  cliauffage  seront  combines  de  fac-on  a maintenir  dans 
les  saUes  une  temperature  moyenne  de  14  a 15°  centigrades.  Toutes  les 
deuxlieures,  les  ateliers  seront evacues  et  les  fenetres  seront  ouvertes  pour 
en  renouveler  Fair. 

Les  fenetres  seront  placees  lateralement  et  disposees  des  deux  cotes  de 
la  salle.  Le  nombre  representant  la  surface  vitree  des  fenetres  sera  au 
moins  egal  au  vingtieme  du  nombre  representant  la  capacite  cubique  de 
l’atelier.  La  partie  superieure  du  chassis  doit  pouvoir  s’ouvrir  a volonte. 

Tout  etablissement  hospitalier  affecte  aux  convalescents  doit  etre 
pourvu  d’un  bassin  de  natation  ou  d’une  salle  de  bains  avec  douches. 

L’infirmerie  sera  releguee  a l’extremite  des  jardins,  afin  d’assurer  aux 
malades  le  calme  que  leur  etat  reclame  et  de  mettre  les  valides  a l’abri  de 
la  contagion  et  de  l’infection. 

Les  latrines  communes  seront  suffisamment  ecartees  des  batiments  pour 
que  les  odeurs  et  les  miasmes  qui  s’en  degagent  ne  puissent  penetrer 
dans  les  locaux  habites.  Chaque  siege  sera  separe  du  siege  voisin  par  une 
cloison  et  le  local  commun  sera  muni  d’un  tuyau  d’aerage  qui  depassera  le 
faite  du  toit.  II  y aura  un  siege  et  un  urinoir  par  20  personnes  dans  les 
etablissements  d’hommes,  et  un  siege  par  1 5 pensionnaires  des  maisons  de 
femmes. 

/ i 

II  sera  reserve  un  local  special  pour  les  exercices  de  gymnastique.  II  de- 
vra  etre  assez  vaste  pour  servir  de  promenoir  et  de  salle  de  recreation 
pendant  les  jours  humides  et  froids. 

Les  preaux  ou  cours  d’exercice  seront  clos  de  murs  de  2 a 2 metres  50 
de  hauteur.  Ils  seront  garnis  d’arbres,  et  leurs  dimensions  ne  pourront  ja- 
mais offrir  moins  de-5  metres  carres  par  habitant. 

Dans  chaque  preau,  se  trouvera  un  lavoir  pourvu  de  robinets  enquantite 
suffisante  pour  servir  aux  ablutions  des  pensionnaires.  Chacun  d’eux  aura 
son  essuie-mains  numerote. 


DES  BARAQUBMENTS. 


Nous  ne  devons  nous  occuper  des  installations  provisoires  qu’au  point 


224 


PREMI&RE  SECTION.  — HYGIENE  GliNltRALE. 


cle  vue  des  services  qu’on  peut'en  attendre  en  temps  d’epidemie,  soit  pour 
suppleer  aux  liopitaux  eilcombres,  soit  pour  servir  d’asile  aux  convales- 
cents. La  deuxicme  section  du  Congres  examinera  le  meilleur  mode  de 
construction,  d’installation  et  d’amenagement  des  tentes  et  baraques  pen- 
dant la  guerre. 

Les  maladies  epidemiques  exigent  des  conditions  rigoureuses  d’isole- 
ment,  d’aeration,  de  proprete  et  de  disinfection  qui  riepeuvent  etre  reunies 
que  dans  un  etablissement  special. 

Pour  que  les  baraquementsrepondent  aleur  destination,  on  doit  observer 
dans  leur  construction  les  regies  liygieniques  que  nous  avons  prescrites 
pour  Tedification  des  liopitaux  permanents. 

Comme  il  importe,  en  temps  d’epidemie,  de  couper  le  mal  dans  sa 
racine,  chaque  localite  importante  doit  disposer  dun  emplacement  pour  y 
etablir  des  installations  particulieres  destinees  aux  premiers  malades.  A 
cet  effet,  on  fera  choix  d’un'  endroit  bien  ventile  et  eloigne  du  centre  de  la 
ville,  dont  il  devra  etre  separe  par  des  plantations. 

II  conviendrait  que  les  villes  les  plus  populeuses  eussent  dans  leurs 
environs  deux  ou  trois  pavilions  pouvant,  en  temps  ordinaire,  servir  de 
de  magasin  pour  y abriter  le  mobilier  de  l’kopital,  etqui  deviendraient  des 
refuges  tout  prepares  pour  recevoir  les  premieres  victimes  du  fleau  epide- 
mique. 

On  donne  generalement  la  preference  an  bois  sec  pour  la  construction 
des  hopitaux  provisoires ; mais  comme  sa  grande  porosite  entraine  l’in- 
convenient  d’absorber  et  de  conserver  les  miasmes,  il  sera  utile  de 
peindre  a riiuile  rinterieur  des  baraquements  et  de  les  bruler  ajires  cbaque 
epidemie. 


DEBAT 

M.  Bucquet,  president  du  Conseil  de  l’inspection  generate  des  etablissements  de 
bienfaisance  (Paris).  — L’installation  des  bains  est  indiquee  dans  le  rapport  que  vous 
vene.z  d’entendre  comme  devant  faire  partie  de  l’liopital ; il  serait  preferable  d’en 
faire  une  dependance,  adn  d’eviter  les  miasmes.  11  vaudrait  mieux  joindre  la  salle  des 
bains  a labuanderie,  sauf  a etablir  des  baignoires  dans  un  cabinet  particulier  situe  a 
la  suite  des  salles.  Ces  baignoires  seraient  destinees  aux  malades  qui  ne  pourraient 
pas  supporter  de  trop  grands  deplacements. 

La  hauteur  des  salles  n’a  pas  etc  fixee.  Il  y aurait  cependant  interet  a indiquer  une 
hauteur  maximum  pour  un  certain  nombre  de  malades.  Cela  est  tres-necessaire  pour 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITES. 


22,“ 


les  architectes  qui  veulent  construire  des  hopitaux.  Les  hauteurs  ne  pcuvent  etre  ni 
trop  petites  ni  trop  grandes.  C’est  \k  une  question  quo  la  science  medicate  doit  resoudre, 
non-seulement  pour  les  hopitaux  des  grandes  villes,  mais  encore  pour  les  etablisse. 
ments  des  petites  villes,  la  oil  les  ressources  financieres  no  permettent  pas  d’avoir  des 
constructions  aussi  completes. 

Quant  aux  maternites,  il  est  difficile  d’en  creer  dans  les  petites  villes.  Des  resultats 
tres-favorables  ont  eteobtenus  dans, des  maternites  qui  constituaicnt  des  dependances 
d’hdpitaux.  Mais  ces  dependances  doivent  etre  etablics  avec  les  soins  indiques  tout  a 
1’heure  par  M.  le  rapporteur. 

II  faudrait  surtout  pouvoir  changer  le  mobilier,  evacuer  les  salles  pendant  un  certain 
temps.  En  observant  toutes  ces  conditions,  on  est  arrive,  par  exemple,  k l’hopital  de 
Rouen,  k obtenir  d’excellents  resultats.  La  mortalite,  qui  etait  do  80  pour  cent,  est 
presque  nulle  aujourd’hui. 

L’accouchement  & domicile  tend  &'augmenter  en  France,  parce  qu’on  y trouve  de 
grands  avantages;  mais,  au  point  de  vue  de  la  science,  et  pour  certaines  categories 
d’accouchees,  il  faut  conserver  les  maternites. 

J’exprimerai  un  vceu  a ce  sujet : les  plans  d’hopitaux  et  de  prisons  que  nous  avons 
vus  a la  remarquable  Exposition  d’hygiene  et  de  sauvetage  ne  laissent  que  des  impres- 
sions fugitives.  Nous  admirons  ces  plans ; mais  nous  ne  pouvons  les  emporter  dans 
notre  pays,  afin  d’en  faire  profiter  les  Administrations.  11  serait  desirable  que  l’on  put 
choisir  quelques-uns  de  ces  plans,  les  faire  autographier  ou  photographier  par  un 
moyen  rapide,  de  maniere  & les  soumettre  aux  administrateurs  qui  en  feraient  la  de- 
mande  au  Congres. 

Si  la  depense  4tait  trop  elevee,  on  pourrait  se  contenter  de  joindre  au  rapport  qui 
sera  publie  un  plan  d’hopital,  un  plan  de  prison,  de  penitencier,  d’orphelinat,  de  creche 
qui  auraient  ete  adoptes  par  la  section  comme  etant  les  meilleurs  de  tous  les  plans 
exposes. 

Je  crois  que  cela  serait  tres-utile  etque  les  delegues  des  divers  pays  seraient  tres- 
heureux  de  posseder  de  pareils  documents. 

Je  ne  sais  si  ma  proposition  pourra  se  realiser  ; mais  je  la  soumets  a l’appreciation 
dela  section. 

M.  Deluc,  professeur  (Bruxelles).  — Les  statistiques  qui  concernent  les  maternites 
laissent  fort  a desirer,  comme  toutes  les  statistiques.  Il  est  difficile,  d’ailleurs,  de 
bien  faire  en  cette  matiere.  Certaines  femmes  sont  dans  les  conditions  que  M.  le  rap- 
porteur a decritts  ; mais  il  y en  a d’autres,  en  grand  nombre,  qui  sont  loin  de  se 
trouver  dans  une  situation  desesperee.  Beaucoup  de  filles-meres,  tout  en  ayant  dans 
les  circonstances  ordinaires  une  position  supportable,  sont,  parfois  au  dernier  moment, 
forceesde  recourir  k la  maternite.  Les  femmes  d’ouvriers  qui  ont  un  petit  interieur,  je 
ne  dirai  pas  bon,  mais  supportable,  peuvent  etre  aussi  obligees  d’aller  k la  mater- 
nite faire  leurs  couches,  par  suite  d’un  chomage  dans  le  travail  du  mari. 

11  est  evident  que  ces  femmes  ne  sont  pas  dans  les  conditions  dcplorables  signalees 
par  M.  le  rapporteur. 

11  faudrait  done  dans  les  statistiques  s’enquerir  separement  de  la  situation  des 
femmes  etvoir  si  reellcment  la  mortalite  frappe  aussi  bien  les  uncs  que  les  autres.  11 
est  evident  que  si  la  mortalite  portait  aussi  bien  sur  les  femmes  qui  ne  sont  pas  dans 
de  mauvaiscs  conditions,  e’est  h l’elablissemcnt  lui-memo  qu’il  faudrait  imputcr  ces 


m 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GliNliRALE. 


consequences  fucheuses.  La  situation  des  personnes  qui  viennent  demander  aux  mater- 
nites  les  secours  de  l’art  n’y  serait  pour  rien. 

11  est  impossible  qu’une  mortalite  aussi  effrayante  que  celle  que  Ton  a indiquee 
ne  tienne  pas  a des  raisons  mattresses.  Cela  ne  peut  provenir  que  de  causes  accidentelles. 

II  y a toujours  une  classe  de  femmes  qui  no  peuvent  pas  recevoir  chez  elles  les  secour 
necessaires.  Mais  quant  k celles  qui  n’ont  besoin  que  d’un  peu  d’argent,  il  faut  les  i 
aider  k recevoir  les  soins  k domicile. 

11  y a done  une  distinction  a faire. 

Maintcnant,  puisque  Ton  constate  que  les  maternites  sont  indispensables  dans  cer- 
tains cas  et  que  dans  les  petites  localities  de  province  la  mortalite  est  moindre  que 
dans  les  grandes  villcs,  il  faut  absolument  se  decider  k remplacer  les  grands  etablisse-  , 
ments  par  de  petits. 

Quant  a l’instruction  que  les  medecins  peuvent  y chercher,  n’etant  pas  medecin,  je 
ne  suis  pas  competent.  Mais  k premiere  vuc  il  me  semble  que  si,  dans  une  ville  comrne 
Bruxelles,  il  y avait  plusieurs  maternites  au  lieu  d’une  seule,  cette  division  ne  serait 
pas  un  obstacle  a l’enseignement  medical. 

Un  mot  au  sujet  des  batiments  destines  aux  hospices,  aux  hopitaux,  aux  mater- 
nites. 

11  me  semble  que,  jusqu’&  present,  les  architectes  se  sont  appuyes  sur  un  prin- 
cipe  faux  : le  principe  de  l’eternite.  On  construit  des  hopitaux  comme  des  monuments 
publics,  comme  des  cathedrales.  Je  comprends,  lorsqu’il  s’agit  d’une  cathedrale,  que 
l’on  fasse  des  assises  de  pierrej  que  l’on  construise  un  monument  qui  doive  durer.  Puis- 
qu’il  est  d'e  l’essence  meme  du  catholicisme  d’etre  immuable  et  eternel,  il  convient  que  j 
ses  monuments  durent  aussi  longtemps  que  lui.  Mais  comme,  k part  le  catholicisme, 
aucune  institution  n’est  immuable  ; comme  tout  change  avec  le  temps,  avec  les  circon-  • 
stances,  avec  les  progres  de  la  science,  je  crois  qu’il  est  mauvais  de  faire  des  hopitaux 
immuables.  Le  type  des  maternites  devrait  etre  un  batiment  excessivement  leger,  tres- 
facile  a renouveler,  c’est-4- dire  ne  presentant  pas  d’importance  monumentale  et  pou- 
vant  etre  reconstruit  tres-souvent.  En  effet,  quoi  qu'on  fasse,  quand  un  hopital  a servi 
pendant  un  long  espace  de  temps,  les  materiaux  sont  tellement  penetres  de  miasmes  : | 
qu’on  ne  peut  les  assainir  completement. 

Il  n’y  a d’ autre  moyen  que  de  detruire  le  batiment.  De  la,  necessite  de  faire  des 
hopitaux  tres-legers.  Cependant,  il  faut  trouver  le  moyen  de  defendre  les  malades,  les ; 
vieillards  des  intemp  eries  des  saisons.  Il  me  semble  qu’il  y a des  materiaux  qui  se{ 
pretent  h cette  necessite.  Pourquoi  ne  pas  employer  des  briques  creuses?  On  pourrait  i 
aussietablir  des  murs  creux  avec  aerage  au  moyen  dedeuxrangeesde  briques  separees  ; j i 
cela  defendrait  l’interieur  du  froid  et  de  la  chaleur.  La  partie  evidee  de  la  muraille  I 
pourrait  tres-aisement  etre  le  siege  d’une  circulation  d’air.  Un  batiment  construit  dans 
ces  conditions  ne  couterait  pas  cher  et  pourrait  etre  renouvele  tous  les  vingt  ou  trente  I; 
ans. 

Voilales  quelques  observations  que  j’avais  k presenter.  (Applaudissemcnts.) 

M.  le  baron  Maydeli,,  docteur  en  medecine  charge  du  service  sanitaire  de  Saint-  t 
Petersbourg.  — Les  etudes  qui  ont  ete  faites  & St-Petersbourg  relativement  a la  mor-  t 
talite  dans  les  maternites  donnent  des  chiffres  tres-interessants. 

Il  y atrois  grandes  maternites  k St-Petersbourg.  La  premiere  comprend  k peu  pres 
2,000  femmes  accouchees  par  an  ; la  seconde  en  compte  k peu  pres  1,000,  et  la  troi- 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


2* 7 


siemen’a  pas  plus  do  400  accouchees.  Les  systemes  les  plus  nouveaux  en  faitde  cons- 
truction, de  ventilation,  de  chauff'age  ont ete  introduits,  surtout  dans  le  premier  de 
ces  etablissements.  II  etait  impossible  de  faire  rien  de  plus  complet  pour  assurer  la 
purete  de  l’air  et  donner  toutes  les  facilites  qu’exige  le  service  des  femmes  en  couches. 
Cette  maternite  n’existe  que  depuis  une  quinzaine  d’annees.  La  mortalite  y est  de 
30  a 40  pour  mille. 

La  seconde  maternite  n’a  qu’une  mortalite  de  25  pour  mille.  Le  batiment  n’est  ce- 
pendant  qu’une  maison  privee,  moins  bien  amenagec,  moins  bien  aeree  que  la  grande 
maternite. 

Enfin  la  troisieme  maternite,  celle  qui  ne  compte  que  400  a 500  femmes  en  couches 
par  an,  a une  mortalite  d’environ  20  par  mille. 

Le  directeur  de  la  grande  maternite  de  Moscou  a fait,  pendant  des  anndes,  des  etudes 
statistiques  sur  la  mortalite  des  femmes  en  couches  dans  toutes  les  maternites  de 
l’Europe.  De  plus,  il  est  parvenu  k recueillir  des  chiffres  assez  exacts  sur  la  mortalite 
des  femmes  en  couches  dans  les  maisons  privees  de  Saint -Petersbourg.  Le  chiffre  de  la 
mortalite  y etaitd’environ  5 pour  mille,  y compris  les  femmes  accouchant  dans  les  plus 
tristes  conditions.  On  avait  aussi  compte  les  femmes  accouchees  sur  la  voie  publique. 

II  y a six  ou  sept  ans,  le  Comite  d’hygiene  de  Saint-Petersbourg,  trouvant  qu’il  etait 
necessaire  de  fonder  des  maisons  d’accouchement,  me  chargea  d’etablir  les  plans  de 
petites  maisons  d’asile  d’accouchement  a construire  partout  dans  les  villes,  et  surtout 
dans  les  quartiers  pauvres. 

La  premiere  annee  cinq  de  ces  petits  asiles  ont  ete  fondes  par  les  soins  de  la  Muni- 
cipality Mais,  au  boutde  deux  ans,  leur  nombre  s’est  eleve  a onze.  Nous  y avons  eu 
jusqu’a  1,600  femmes  en  couches ; la  mortalite  y est  de  9 pour  mille. 

Veuillez  vous  donner  la  peine  d’examiner  les  trois  petits  plans  que  j’ai  fait  figurer  a 
PExposition  et  que  j’ai  eu  l’honneur  de  proposer  a la  Municipality  de  St-Peters- 
bourg. 

Ce  sont  pour  la  plupart  des  maisons  privees.  On  a pris  ce  que  l’on  trouvait.  Trois 
lits  pour  trois  femmes  en  couches  sont  places  dans  une  chambre.  Une  seconde  chambre 
astdestinee  a l’operation  de  l’accouchement.  La  femme  accouchee  est  transportee  de 
cette  seconde  chambre  dans  une  autre  place  oil  il  n’y  a jamais  plus  de  trois  femmes  et 
oil  le  chauffage  se  fait  par  des  cheminees.  Il  y a aussi  une  petite  salle  de  bains  et  une 
chambre  pour  les  sages-femmes  qui  dirigent  l’etablissement  sous  la  surveillance  d’un 
accoucheur.  Nous  avons  tache  de  reunir  toutes  les  conditions  dans  lesquelles  les  femmes 
accouchent  k domicile.  Et  cependant  ces  conditions  ne  sont  pas  les  memes,  car  si  la 
mortalite  a domicile  donne  4 et  5 pour  mille,  nous  avons  ici  9 et  10  pertes  pour  mille, 
y compris  les  femmes  atteintes  de  fievre  puerperale  et  venant  des  hopitaux. 

Ce  systeme  existe  chez  nous  depuis  cinq  ans.  Il  a donne  les  meilleurs  resultats.  Ce 
qu’il  faut  pour  une  maternite,  ce  n’est  pas  une  grande  construction,  ce  n’est  pas  une 
accumulation  de  femmes  en  couches.  Il  faut  disperser  les  femmes  en  couches  surtout 
le  territoire  de  la  ville,  il  faut  surtout  installer  de  petits  asiles  dans  les  petites  villes, 
et  particulierement  dans  les  quartiers  pauvres.  Le  resultat  qu’on  obtiendra  sera  le 
meme  que  celui  que  nous  avons  realise  k Saint-Petersbourg  et  qui  est  mentionne  dans 
un  compte- rendu  figurant  k l’Exposition.  (ApplaudissementsJ . 

M.  ledocteur  Hyernaux,  professeur  k l’Universite  (Bruxelles).  — Messieurs,  il  y a 
ur.  an,  k pareille  epoque,  dans  ce  meme  local,  en  presence  d’illustres  savants  de  tons 


2"2!*  PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  Gl£N]iiRAL,E. 

les  pays,  j’ai  defendu  la  meme  these  qu’a  defendue  aujourd’hui,  dcvant  cette  assem- 
blee,  mon  estimable  confrere  M.  le  docteur  Herpain. 

A l’occasion  de  la  defense  de  cette  these  concernant  les  maternites,  j’ai  rencontre 
je  dois  le  dire,  de  tres-rudes  adversaires,  et  cela  dans  les  personnes  de  MM.  Lefort 
Gallard,  Forget,  Laussedat(de  France),  etdoMM  Borlee  etWeverbergh  (de  Belgique)! 

Mais,  k cote  de  ces  adversaires  serieux,  du  plus  haut  merite,  j’eus  la  consolation  bien 
grande,  bien  legitime  de  me  trouver  en  tres-noble  et  tres-illustre  compagnie. 

En  effet,  j’avais  a cote  de  moi,  pour  me  soutenir,  des  hommes  que  vous  connaissez 
tous,  des  hommes  dont  la  valeur  scientifique  et  la  valeur  pratique  sont  incontestables 
et  incontestees. 

Ce  sont  MM.  Marcowitz  (de  Bucharest),  Admed  (de  Turquie),  Pascalli  (de  Rome), 
Conrad  (de  Hongrie),  Testelin  (de  Lille)  et  l’illustre  M.  von  Sigmund,  lequel  pratique 
dans  le  plus  grand  hopital  du  continent,  celui  de  Vienne. 

A cote  de  ces  noms,  j’ai  rencontre  encore  quelques  adherents  et  quelques  defenseur3 
dans  les  personnes  de  MM.  Crocq,  Thiry  et  Yseux  (de  Bruxelles).  Enfin  j’avais  aussi 
pour  aide,  j’ai  a coeur  de  le  dire,  un  homrae  que  vous  connaissez  tous,  si  pas  per- 
sonnellement  au  moins  de  nom,  parce  que  ce  nom  s’est  repandu  dans  toute  l’Europe 
medicale  : je  veux  parler  de  M.  Vleminckx,  notre  ancien  president  a l’Academie  de  Bel- 
gique, lequel  avait  aussi  appuye  de  son  autorite  grande  les  idees  quej’avais  defendues. 
Combien  il  est  regrettable  que  M.  Vleminckx  ne  soit  plus  ici;  la  mort  nous  l’a  enleve 
peu  de  temps  apres  qu’il  eut  preside  avec  tant  de  talent,  de  dignite  et  de  courtoisie  le 
dernier  Congres  des  sciences  medicales  et  naturelles  de  Bruxelles.  Honneur  et  gloire 
k sa  memoire ! 

J’ai  done  defendu  les  maternites;  je  viens  encore  aujourd’hui  defendre  ou  plutfit 
appuyer  le  rapport  que  vient  de  vous  faire  M.  Herpain ; je  le  defends  dans  le  triple  in- 
teret  de  l’enseignement,  de  la  societe  et  de  la  morale. 

Dans  l’interetde  l’enseignement  d’abord,  parce  que,  dans  mon  opinion,  comme  dans 
celle  proclamee  par  M.  Vervoort,  l’honorable  president  de  ce  Congres,  k la  seance 
d’ouverture,  sans  enseignement,  en  these  generate,  il  n’y  a pas  de  societe  possible  et, 
par  extension,  ouplutotpar  application,  je  dis  que  sans  enseignement  medical  surtout 
la  societe  est  en  peril ; sans  lui,  elle  perd  le  plus  precieux  de  ses  biens,  j’entends  la 
saute,  sans  laquelle  elle  n’est  rien  et  ne  peut  rien  ; supprimez  l’enseignement  medical 
pratique,  et  vous  assurez  du  meme  coup  le  triomphe  des  empiriques  et  des  charlatans 
dont  l’unique  objectif  est  toujours  l’exploitation,  k leur  profit,  de  la  sante  publique. 

Vous  ne  serez  pas  assez  complaisants,  n’est-ce  pas,  Messieurs,  pour  croire  qu’il  soit 
possible,  avec  des  livres,  de  former  des  medecins  praticiens,  e’est-a-dire  des  hommes 
qui  doivent  repondre  a toutes  les  exigences  des  situations  serieuses,  de  ces  situations 
imprevues,  instantanees  et  qui  n’admettent  pour  ainsi  dire  pas  la  reflexion?  f 

Sans  doute,  on  pourrait,  par  des  etudes  theoriques  seulement,  creer  des  medecins 
des  chirurgiens  et  des  accoucheurs ; cela  ne  serait  pas  bien  difficile;  mais  avec  ce 
systeme  on  ne  ferait  que  des  porteurs  de  diplome  et  jamais  des  praticiens. 

Sans  doute,  un  livre  de  science  medicale  est  chose  utile,  indispensable  meme,  en 
tant  qu’il  est  l’expose  fidele,  honnete,  des  observations  cliniques  de  son  auteur ; il  n’a 
meme  de  valeur  reelle  qu’&  cette  condition.  L’eleve  qui  le  lit,  autant  que  le  maitre 
qui  l’a  ecrit,  doit  soumettre  au  creuset  de  l’experience  et  de  la  pratique  chacune  des 
idees  theoriques  qui  s’y  trouvent  consignees. 

Sans  clinique,  il  est  done  impossible  de  se  livrer  utilement  a l’exercice  d’aucune  bran- 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES . 


229 


che  de  Part  de  guerir,  et  cependant  c’est  en  rendant  ces  connaissances  pratiques  illu- 
soires  que  l’on  voudrait  aujourd’hui  lancer  dans  le  monde  des  jcunos  gens  qui  doivent 
aider  nos  femmes  et  nos  filles  dans  le  penible  et  perilleux  labour  de  la  parturi- 
tion ! 

Oui,  un  enseignement  medical  serieux  est  necessaire  et,  suivant  les  branches 
qu’il  comporte,  cet  enseignement  ne  peut  se  dotiner  et  s’acquerir  que  dans  les  hopitaux 
etles  maternites,  que  quelques  statisticiens  voudraient  voir  disparaitre. 

Le  grand  argument,  le  seul,  et  il  est  considerable,  j’en  conviens,  consiste  a dire  que 
dans  les  maternites  la  mortalite  est  plus  grande  qu’elle  ne  Test  ailleurs  dans  les  maisons 
d’accouchements,  dans  la  clientele  civile,  k la  campagne;  on  nous  donne  raeme  des 
chiffres;maisje  ne  sache  pasque  quelqu’un  ait  jamais  decompose,  analyse  ces  chiffres. 

« Dans  vos  maternites,  vous  perdez  tant  pour  mille,  nous  dit-on,  tandis  que  vos  deces 
dans  la  clientele  particuliere  sont  insignifiants.  » Tout  cela  est  bien,  mais  ce  ne  sera 
justice  que  le  jour  ou  Ton  specifiera  les  cas  etles  causes  des  deces.  Aussi  longtemps 
qu’on  se  bornera  k me  presenter  un  chiffre  brut,  je  le  rcpudierai,  parce  qu’il  n’est  pas 
l’expression  de  laverite. 

En  etfet,  quand  il  s’agit  de  l’obituaire  des  maternites,  on  porte  invariablement  le  tout 
iPactif  de  ce  Protee  qui  a nom  fievre  puerperale  et  qui,  semble-t-on  dire,  ne  s’abat 
jamais  que  sur  les  asiles  des  femmes  en  couches. 

Mais,  de  grace,  une  femme  en  couches  ne  peut-elle  mourir  que  de  fievre  puerperale  ? 
L’hemorrhagie,  le  traumatisme,  l’epuisement  nerveux,  l’albuminurie,  les  convulsions, 
les  ruptures  uterines  et  vaginales,  les  trombus  profonds,  I’apoplexie  pulmonaire  et 
cerebrate  rachidienne,  les  dechirures  d’anevrisme,  la  penetration  de  Pair  dans  le  torrent 
circulatoire,  la  syncope,  l’embolie,  tout  cela  est-il  done  insignifiant  et  ne  vient-il  pas, 
au  contraire,  grossirde  beaucoup  notre  chiffre  de  deces? 

Et  puis,  ainsi  que  viennent  de  le  faire  observer,  avec  infiniment  de  raison,  les  trois 
honorables  preopinants,  on  ne  tient  pas  assez  compte  des  conditions  souvent  defavora- 
bles  dans  lesquelles  se  trouve  une  femme  qui  entre  a la  maternite. 

En  effet,  quand  une  femme  accouche  avec  difficulty,  quand  on  1’a  laissee  dans  le 
meme  etat  pendant  deux,  trois  ou  quatre  jours,  quand  des  essais  de  delivrance  de  toute 
nature  ont  ete  essayes,  que  fait-on?  On  s’en  debarrasse  en  la  conduisant  a l’hopital. 
A l’heure  ou  je  vous  parle,  j’en  ai  dans  mon  service  qui  sont  dans  ce  cas;  elles  ne  peu- 
vent  guere  qu’y  mourir.  Et  qu’en  serait-il  advenu  si  elles  etaient  restees  chez  elles? 
Exactement  la  meme  chose. 

Il  est  done  notoire  que  partout  ou  il  y a une  maternite,  beaucoup  de  femmes  y en- 
trent  dans  un  etat  desespere,  et,  malgre  cela,  certaines  sont  assez  heureuses  pour  y re- 
venir  ala  sante,  grace  aux  soins  assidus  et  speciaux  qu’elles  y reyoivent  et  dont  elles 
etaient  privees  chez  elles. 

En  presence  de  ces  faits  patents  et  journaliers,  persistera-t-on  a mettre  surle  compte 
de  Phdpital  la  plus  grande  mortalite  qu’on  y constate  ? 

J’admets  sans  reserve  tout  ce  que  l’encombrement  a de  pernicicux;  un  espacerelati- 
vement  rcstreint  pour  le  nombre  de  personnes  qui  Poccupent  peut  devenir  le  foyer 
d’affections  diverses;  le  typhus,  la  variole,  la  scarlatine  peuvent  apparaitre  et  faire  de 
grands  ravages. 

Mais  quand  vous  aurez  detruit  les  hopitaux  et  les  maternites  jusquA  la  derniere 
pierre,  aurez  vous  aneanti  pour  toujours  les  epidemics?  Nullemcnt.  Ce  qui  le  prouve 
k toute  evidence,  et  e’est  lil  un  point  de  vue  auquel  on  ne  s’attache  guere,  je  pense, 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  Gl^NliRALE. 


--"0 

c’est  que  vous  voyez  souvent  des  malades  au  dehors  avant  d’en  avoir  a l’hopi tal.  Qu’on 
ne  s’y  trompe  pas,  il  y a des  typhyses,  des  scarlatines  et  des  varioles  hors  des  asiles 
hospitaliers  avant  que  ceux-ci  s’en  peuplent. 

11  on  est  do  meme  de  la  fievre  puerperale.  Elle  a aussi  ses  epidemics  et  elle  regne  au 
dehors  alors  qu’il  n’y  en  a pas  encore  un  seul  eas  a la  maternite.  Je  ne  dis  pas  qu’il  en 
soit  toujours  ainsi,  mais  cela  arrive  souvent,  et  je  pourrais  citer  une  epidemie  oil  nous 
avons  vu  les  parturiantes  delirant  en  entrant,  sur  le  seuil  en  quelque  sorte  de  la  porte, 
et  succombant  une  heure,  quatre  heures  apres  leur  delivranee  ou  le  lendemain.  Cer- 
tes,  on  n’attribuera  pas  ces  eas  foudroyants  a une  influence  nefaste  du  local,  mais 
evidemment  a un  etat  morbide  preexistant. 

C’est  encore  une  seconde  illusion  de  croire  qu’il  n’y  a de  fievres  puerperales  que 
dans  les  grands  centres  de  population;  il  y en  a ailleurs,  il  y en  a partout. 

Ainsi,  il  y a quelques  annees,  il  y eut  une  epidemie  k la  maternite  de  Gand ; elle 
regnait  en  meme  temps  dans  la  ville  entiere.  On  m’a  cite  egalement  une  annee  oil  tout 
un  cote  d’une  grande  rue  de  Tournai  etait  frappee  de  l’epidemie,  alors  qu’il  n’y  en  avait 
aucun  eas  a l’hopi  tal. 

J’ai  vu  des  localites  de  province  que  les  femmes  fuyaient  pour  venir  en  ville,  dans 
l’espoir  dechapper  al’affection  qui frappait  non-seulement  les  pauvres,  mais  encore  les 
personnes  aisees. 

Les  campagnes  ne  sont  done  pas  non  plus  indemnes  de  la  fievre  puerperale  ; elle  y 
sevit  parfois  avec  intensity  et  les  faits  que  je  veux  encore  vous  signaler  vous  prouve- 
ront  que  ce  n’est  pas  l’hopital  seul  qui  l’engcndre. 

Il  y a deux  ou  trois  ans,  jeretournais  chez  moi;  je  suis  originaire  d’un  petit  village 
des  environs  de  Bruxelles,  pres  de  Waterloo.  Je  m’etais  arrete,  en  passant,  a une 
pauvre  maison  pour  m’informer  d’une  vieille  femme  qui  1’habite,  lorsqu’une  des  filles 
se  mit  k pleurer  et  a manifester  ses  craintes  au  sujet  de  1’accouchement  prochain  de 
sa  soeur.  Celle-ci  etait  dans  le  neuvieme  mois  de  sa  grossesse.  Tout  en  la  rassurant, 
je  m’enquis  de  la  cause  de  ses  inquietudes.  « Mais,  Monsieur,  me  dit-elle,  vousne  savez 
done  pas  : toutes  les  femmes  en  couches  meurent  ici.  » Cela  se  passait  a Alsemberg. 

Je  pris  quelques  renseignements  et  j’appris  que  ces  femmes  etaient  aidees  les  unes 
par  une  matrone,  les  autres  par  une  accoucheuse,  et  que  certaines  accouchaient 
seules.  Il  n’en  etait  pas  moins  vrai  que  la  plupart  etaient  malades  et  que  bon  nombre 
mouraient. 

La  jeune  fille  dont  je  vous  parle  accoucha  naturellement  a douze  ouquinze  jours  de 
la;  trois  jours  apres,  elle  etait  morte. 

11  y aun  mois,  j’eus'l’honneur  d’etre  consulte  par  un  medecin  des  Ardennes  pour 
une  de  ses  clientes.  Il  me  fit  part  d’une  epidemie  de  fievre  puerperale  qui  regnait  chez 
lui,  pres  d’Houffalize  ; elle  frappait  indistinctement  les  accouchees,  n’importe  de  qui 
elles  eussent  re^u  des  soins. 

M.  Testelin,  qui,  lors  du  dernier  Congres  des  sciences  medicales,  a si  energiquement 
parle  en  faveur  des  maternites,  nous  a fait  part  de  ce  qu’il  a constate  a Lille,  il  y a 
quelques  annees.  On  a vu,  nous  a-t-il  dit,  pendant  une  periode  tres  restreinte,  dix  a 
douze  epidemies^e  declarer  dans  cette  ville,  en  dehors  de  la  maternite,  qui  n’existait 
pas  encore  a cette  epoque.  C’est  alors  qu’on  s’est  decide  a en  etablir  une.  On  se  felicite 
de  cette  decision  aujourd’hui. 

11  y a un  instant,  l’honorable  preopinant  nous  a egalement  cite  des  faits  de  meme 
nature. 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


ftfais  on  invoque  des  chiffres.  En  voici  quo  j’oppose  k ceux  quo  Ton  a donncs  pour 
condamner  restitution  des  maternites. 

M.  von  Sigmund,  de  Vienne,  vous  a dit5  l’annee  derniere,  que  la  maternite  de  Vienne 
comporte  8,000  accouchements  sur  une  population  d’un  million  d’habitants.  11  nous 
a dit,  cela  est  ecrit  en  toutes  lettres  dans  le  compte-rendu  du  Congres  des  sciences 
medicales,  que  cette  maternite  de  Vienne  est  tres-populaire,  et  que  les  femmes 
preferent  de  beaucoup  accouchcr  dans  cet  etablissement  qu’&  domicile ; c’est  une 
preuve  evidente  que  sa  reputation  doit  etre  tres-bonne.  Du  reste,  les  chiffres  en 
repondent.  En  effet,  la  mortalite  totale  k la  maternite  de  Vienne  est  de  16  par  m:lle 
Vous  m’accorderez  bien  qu’il  y a plus  de  la  grosse  moitie  qui  doit  etre  rapportee  a 
des  accouchements  laborieux,  a des  operations  qui  ont  ete  faites  trop  tardive- 
ment. 

Comme  je  vous  le  disais  tantot,  c’est  souvent  apres  des  essais  de  delivrance  mul- 
tiples et  infructueux,  apres  un  travail  trop  longtemps  prolonge  que  les  femmes  nous 
arrivent.  11  en  est  de  raerae  k Vienne,  k Berlin,  partout  dans  les  grandes  villes.  II  en 
resulte  que  des  femmes  en  couches  qui  succombent,  il  en  est  une  bonne  part  dont 
la  mortdoit  etre  attribute  a d’autres  causes  qu’a  la  fievre  puerperale  proprement  dite. 

J’ai  revu  ce  matin  un  cahier  d’observations  qui  comporte  une  periode  de  vingt  an-  • 
nees  k la  maternite  de  Bruxelles. 

De  1840  a 1860,  epoque  pendant  laquelle  les  malades  etaient  invariablement  traitees 
a l’hospice,  je  trouve  comme  mortalite  totale  2 pour  cent;  ni  plus  ni  moins  ; les  re- 
gistres  sont  la.  Encore  une  fois,  il  faut  defalquer  de  ce  chiffre  tout  ce  qui  est  etranger 
a la  fievre  puerperale.  11  me  semble  que  cela  plaide  d’une  fagon  irrecusable  en  faveur 
de  l’etablissement  comme  institution. 

Maintenant,  par  quoi  voulez-vous  remplacer  les  maternites?  Comment  donnerez-vous 
l’enseignement  obstetrical  ? Deux  moyens  se  presentent ; accouchements  a domicile 
par  les  eleves  en  medecine  et  accouchements  chez  les  sages-femmes. 

Ceci  me  fournira  l’occasion  de  vous  parler  un  peu  du  cote  moral  et  social  de  la  ques- 
tion. 

Supprimez  les  maternites  et  il  faudra  de  la  polyclinique ; il  faudra  disperser  les 
eleves.  Je  trouve  cela  d’une  pratique  excessivement  difficile.  Connaissant  les  femmes 
de  Bruxelles,  je  crois  pouvoir  dire  que  ce  systeme  ne  leur  conviendrait  pas  beaucoup. 
En  effet,  voyez-vous  un  eleve  en  medecine,  un  debutant  qui  n’a  jamais  fait  d’accou- 
chement, — il  faut  toujours  commencer  par  un  premier,  — et  qui  est  charge  d’accoucher 
une  femme.  Cette  femme  n’aura  pas  de  confiance,  parce  qu’elle  saura  qu’elle  se  trouve 
en  presence  d’un  eleve  qui  vient  apprendre  a ses  depens  et  parce  que  le  maitre  n’est 
pas  li  pour  le  guider  etr  prendre  la  responsabilite  de  la  situation  ; elle  preferera  de 
beaucoup  une  sage-femme,  parce  qu’elle  saura  que  cette  sage-femme  est  diplomee  et 
qu’elle  aura  foi  dans  son  diplome. 

D’autre  part,  ne  nous  y trompons  pas  et  rappelons-nous  ce  que  tous,  k bien  peu  pres, 
nous  avons  ete.  L’eleve  est  toujours  aussi  presse  de  s’en  aller  que  desireux  de  s’exercer. 
Be  la,  des  applications  intempestives  de  forceps,  des  versions  sans  indication  reelle,  des 
delivrances  hatives  ou,  dans  certains  cas,  par  crainte  de  mal  faire  ou  par  negligence, 
une  trop  longue  temporisation.  Les  consequences  de  tout  cela  sont  facheuses;  elles 
sont  nombreuses;  je  ne  veux  pas  les  enumerer,  convaincu  que  tous  vous  saisissez  les 
millc  dangers  qui  derivcnt  d’une  trop  confiante  ou  d’une  ignorante  abstention,  comme 
d’une  intervention  malhabile  quelconque. 


32. 


PREMIERE  SEOTION.  — HYGIENE  GliNERALE. 


Je  pourrais  m’etendre  cl  a vantage  sur  ce  sujet,  mais  craignantde  depasser  le  temps 
de  parole  qui  m’est  accorde,  j’arrive  de  suite  aux  sages-femmes.  Celles-ci  habitent 
generalement  de  petites  rues,  des  impasses  ; certaines  ont  peut-etre  pour  se  loger 
ai'nsi,  independamment  de  l’insuffisance  de  lours  ressources,  des  raisons  morales,  ou 
plutot  immorales,  qui  les  empechont  de  so  mettre  en  evidence.  On  n’en  trouve  guere  ni 
dans  la  rue  de  la  Madeleine,  ni  dans  ces  enormes  arteres  qui  traversent  la  ville  et  qui 
sont  tres-frequentees. 

La  plupart  sont  done  mal  logees.  11  en  resulte  quo  les  accouchees  qui  partageront  ce 
logement  y seront  dix  fois  plus  mal  quo  dans  les  maternites  ou  tout  estoutille  pour  les 
bien  recevoir,  ou  le  chauffage,  l’eclairage,  l’aeration  sont  convenables.  Et  vous  voule/. 
que  ces  malheureuses,  pensionnaires  chez  les  sages-femmes,  ne  deviennent  pas  rna- 
lades?Et  l’on  croit  que  ces  petites  agglomerations  ne  vont  pas  former  autant  de  noyaux 
epidemiques  et  ne  vont  pas  donner  lieu  a une  dissemination  de  l’affection  V Le  contraire 
m’etonnerait  beaucoup. 

D’autrepart,  je  sais  un  peu,  & raison  de  ma  position,  cequi  se  passe  en  cette  rnatiere. 
Les  sages-femmes  redou tent  to uj ours  d’avoir  des  deces  chez  elles,  car  c’est  lour  ruine. 
Cela  etant,  je  crains  que  beaucoup  ne  veuillent  pas,  pour  quelques  accouchements 
qu’elles  auront  a faire  en  plus  par  an,  s’exposer  a avoir  des  cas  de  mort.  En  cas  de 
deces,  l’administration  ferait  fermer  immediatement  ces  petites  maternites  infectes. 
A de  telles  conditions,  la  sage-femme  refusera  la  parturiante  qu’on  veut  lui  confier. 

Messieurs,  il  y a aussi  le  cote  moral  a envisager.  Envoyer  les  femmes  chez  les 
accoucheuses,  c’est  developper  plus  encore  qu’elles  ne  le  sont  a l’heure  actuelle  les 
pratiques  illicites,  criminelles  ; c’est  favoriser,  en  d’autres  termes,  et  l’avortement,  et 
les  accouchements  prematures,  et  l’infanticide. 

A l’occasion  d’une  interpellation  que  j’ai  faite  lors  du  dernier  Congres  medical  de 
Bruxelles,  M.  Lefort  a ete  oblige  de  m’avouer  que  les  sages-femmes  de  Paris  ne  se  dis- 
tinguent  pas  par  la  vertu.  II  m’a  dit,  et  cela  est  imprime,  que  le  plus  clair  de  leurs  re- 
venus  provient  de  la  facilite  avec  laquelle  la  plupart  dispensent  leurs  faveurs  ainsi  que 
de  la  pratique  de  l’avortement  clont  elles  ne  se  font  pas  faute.  Et  c’est  chez  des  femmes 
qui  ont  une  pareille  reputation  qu’on  nous  convie  a conduire  des  epouses  vertueuses, 
des  filles  qui  vont  devenir  meres  et  qui  sont  delaissees  de  leurs  parents,  parce  qu’elles 
ont  le  malheur  d’avoir  ete  trompees  ! Et  que  va  devenir  l’enfant  ne  chez  la  sage-femme? 
Etes-vous  surs  qu’il  en  sortira  vivant?  Je  ne  le  sais  pas,  moi.  II  est  vrai  que  M.  Lefort 
m’a  repondu  : u Cela  moralisera  ces  femmes  «.  Je  ne  suis  pas  si  croyant,  car  ce  n’est 
pas  une  somme  de  50,  60,  80  francs  donnee  a une  sage-femme  mauvaise  qui  peut  la 
moraliser.  Elle  prendra  cela  avec  le  reste,  et  l’avortement  se  fera  sur  une  e'chelle  infi- 
nimentplus  vaste  qu’aujourd’hui. 

Et  ces  femmes  n’auront  pas  meme  l’excuse  de  cette  matrone  romaine  que  vous  con- 
naissez  et  qui,  par  fanatisme  religieux,  pour  paver  le  ciel  de  petits  anges,  enfon§ait  des 
aiguilles  dans  la  fontanelle  des  enfants  nouveau-nes.  Celle-la  etait  criminelle  par 
amour  deDieu,  tandis  que  les  sages-femmes  dont  je  vous  parle,  c’est  par  amour  de  i’or 
qu’elles  ne  reculeront  pas  devant  la  perpetration  du  plus  abominable  et  du  plus  anti- 
social des  crimes. 

A defaut  de  renseignements,  que  nous  ne  trouvons  pas  chez  nous,  transportons-nous 
a Paris  et  demandons  k la  Morgue  ce  que  ses  dalles  glacees  regoivent  de  foetus  et  de 
cadavres  de  nouveau-nes;  demandons  aux  balayeurs  de  rues  et  aux  vidangeurs  combien 
ils  recueillent  d’embryons  de  tous  ages  ; et  si  le  feu,  a cause  meme  do  son  incandes- 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITI&S . 


233 


cence,  n’etait  pas  si  muet,  jclui  demanderais  volontiers  combien  souvent  il  incinere  de 
produits  humains  pour  cn  jcter  ensuite  la  poussicre  aux  quatre  vents  du  ciel.  Eh  bien  ! 
Messieurs,  ce  que  la  Morgue  nous  dirait,  ce  quo  lcs  balayeurs  de  rues  et  les  vidan- 
geurs  nous  repondraient,  ce  que  le  feu  nous  dcvoilerait,  je  le  trouve  dans  un  travail  lu 
par  M.  Kuborn  a l’Academie  royale  de  medecine  de  Belgique  (Bulletin  1870.  Tome  X. 
N°  3) : 

» De  1837-1866,  au  rapport  deM.  Tardieu,  la  Morgue  de  Paris  a regu  1,340  foetus 
« de  2 a 9 mois,  dont  1,090,  plus  des  quatre  cinquiemes,  de  rnoins  de  six  mois  de  vie 
« intra-uterine. 

* Surla  voie  publique  de  Paris,  de  1836-1845,  on  a trouve  393  embryons.  » 

» Depuisque,  dans  beaucoup  de  maisons,  dit  enfin  le  docteur  Lagneau,  les  appareils 
» separateurslaissent  ecouler  les  matieres  liquides,  en  retenant  les  matieres  solides,  de 
« nombreux  foetus  etaient  trouves  dans  les  fosses  de  vidanges,  mais  non  dans  les  fosses 
» de  maisons  d’accouchements,  les  sages-femmes  ayant  pris  soin  de  les  detruire  par  le 
« feu  ou  autrement,  dans  la  crainte  des  enquetes. 

* De  1837  a 1851,  le  chiffre  des  nouveau -nes  a terme  deposes  k la  Morgue  aurait  ete, 

» d’apresM.  Tardieu.de  315,  dontJ169  infanticides  constates.  Durant  les  quinze  annees 
» suivantes,  1852  a 1866,  le  nombre  des  deposes  s’est  eleve  a 929;  infanticides  consta- 
« tes  : 566 ! « • 

Eh  bien!  Messieurs,  supprimez  les  asiles  de  maternite,  et  ces  desordres  deja  si  grands 
ne  feront  que  s’accumuler,  je  le  crains. 

Nous  lisons  encore  dans  le  travail  de  M.  Kuborn  que  la  mortalite  enfantine  deja 
enorme,  en  general,  la  premiere  semaine,  effrayante  pour  les  enfants  illegitimes,  recu- 
lerait  de  beaucoup  ses  bornes  si  Thospice  n’existait  plus.  « La  faiblesse  native  de  l’en- 
fant,  nous  dit-il,  ti*ouve,  en  dehors  de  l’asile  hospitalier,  dans  la  misere,  dans  les  cir- 
constances  qui  accompagnent  sa  naissance,  un  surcroit  d’obstacles  a son  developpe- 
ment,  tandis  que  les  bons  soins,  la  sollicitude  qui  l’entoui'ent  la  premiere  semaine 
assurent  la  seconde,  et  chaque  jour  c^ui  s’ecoule  apporte  a la  vie  de  l’enfant  une  chance 
de  plus. » 

Ces  paroles.  Messieurs,  j’en  constate  chaque  jour  la  justesse. 

En  effet,  les  enfants  qui,  a la  maternite,  naissent  chetifs,  miserables  ou  avant  terme 
y re?oivent  des  soins  minutieux,  constants  et  lorsque,  au  moment  de  leur  sortie,  on  les 
remet  dans  les  bras  de  leur  mere,  ils  sont  dans  des  conditions  de  viabilite  qui  leur  assu- 
rent une  existence  qui  n’eut  ete  souvent  qu’ephemere  en  naissant  a domicile. 

Je  tiens  encore  a faire  valoir  une  autre  consideration.  S’il  y a des  avocats  dans  cette 
enceinte,  ils  me  dirontsi  j’ai  tort.  Voit-on  accuser  d’infanticide  beaucoup  de  femmes 
sortant  de  l’hopital?  Ne  voit-on  pas  plus  souvent  accuser  de  ce  crime  des  femmes  qui, 
accouchees  clandestine’ment,  ont  jete  leur  enfant  dans  la  rue,  dans  l’eau,  dans  un  lieu 
d’aisance  ? Cela  n’est  pas  douteux. 

Depuis  vingt-deux  ans  que  je  suis  k la  maternite,  je  n’ai  vu  qu’une  seule  femme 
abandonner  son  enfant;  elle  l’avait  depose,  & sa  sortie  de  Phfipital,  derriere  le  palais 
de  Laeken.  Je  n’ai  pas  souvenir  d’autre  cas  de  ce  genre;  mais,  plusieurs  fois  par  se- 
maine, je  vois  que  les  journaux  rapportent  des  cas  d’infanticide  dans  des  cndroits  divers. 

Ce  n’est  pas  que  la  femme  qui  vient  accoucher  k la  maternite  ne  nourrit  peut-etre 
pas  des  projets  aussi  criminels  que  celle  qui  accouche  en  ville.  Mais  il  y a une  grande 
difference.  La  femme  qui  accouche  dans  sa  chambre  est  constammont  preoccupee  de 
son  enfant,  de  1’embarras  qu’il  lui  occasionnera,  do  l’abandon  de  son  amant,  de  la  de- 


234 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GltNI^RALE . 


tresse  clans  laquelle  cet  abandon  va  la  plonger,  de  la  crainte  de  ne  pouvoir  suffire 
k l’existence  do  l’enfant  qui  va  nattre.  Le  ressentiment  qu’elle  a contre  cet  enfant 
grandit,  se  developpe;  finalement,  la  mere  fatiguee  le  repousse  et  s’en  dobarrasse. 

A l’hopital,  cola  ne  se  passe  pas  ainsi. 

Les  femmes  accouchees  sont  en  compagnie  de  deux  ou  trois  autres  femmes;  elles  les 
voient  aimer  leurs  enfants,  les  caresser,  lour  donner  le  sein  ; elles  font  la  meme 
chose.  C’est  la  contagion  du  devoir.  Le  ressentiment  s’effacc  peu  a peu;  bientot  il  est 
remplace  par  une  affection  qui  grandit  insensiblement.  Enfin,  la  femme  qui  sort  de 
1 hopital,  le  neuvieme  ou  le  dixieme  jour,  aime  cet  enfant  pour  lequel  elle  n’aurait  eu, 
dans  d’autres  conditions,  que  haine  et  aversion. 

•Je  vous  demande  pardon,  Messieurs,  d’avoir  abuse  aussi  longtemps  de  votre  trop 
bienveillante  attention;  je  termine  par  une  petite  protestation  qui  sera,  en  meme  temps, 
ma  profession  de  foi. 

En  raison  de  ma  position  it  la  maternite  de  Bruxelles,  on  a dit,  et  l’on  redira  peut- 
etre  encore,  qu  en  cette  circonstance,  je  suis  l’avocat  de  ma  cause,  que  je  plaide 
pro  domo,  pour  mon  eglise,  suivant  la  vulgaire  expression.  Ces  paroles  ont  ete  pro- 
noncees  par  un  mien  confrere  que  j’ai  en  tres-haute  et  tres-legitime  estime  et  qui,  j'en 
suis  convaincu,  n’a  rien  voulu  dire  de  desobligeant  pour  moi.  Neanmoins,  je  crois  de- 
voir les  relever,  parce  que  l’on  se  trompe  et  sur  mes  intentions,  et  sur  mon  caractere. 
En  effet.  Messieurs,  et  je  vous  le  declare  dans  toute  la  sincerite  de  mon  ame,  mon  eglise, 
comme  la  votre,  j’aime  a le  croire,  c’est  le  temple  de  la  science  et  de  la  verite;  mon 
idole,  elle  trone  majestueuse  sur  l’autel  de  ce  temple  : c’est  l’humanite  sous  la  double 
figure  d’une  femme  et  d’un  enfant,  image  du  present,  espoir  de  l’avenir.  ( Applaudisse - 
merits  prolonges.) 

M.  le  baron  Maydell.  — Je  crains  de  ne  pas  m’etre  exprime  tres-clairement  en  par- 
lant  des  maisons  et  asiles  d’accouchements  de  Saint-Petersbourg.  Mon  honore  confrere 
a done  pu  tirer  de  mes  paroles  des  conclusions  qui  ne  sont  pas  tout  a fait  exactes. 

J’ai  fixe  & 9 ou  a 10  pour  mille  la  mortality  parmi  les  femmes  accouchees  dans  les 
asiles,  y compris  celles  transportees,  apres  les  couches,  des  asiles  d’accouchements 
dans  les  hopitaux.  Mais  jamais  une  femme  atteinte  d’une  autre  maladie  que  la  fievre 
puerperale  n’est  transportee  dans  un  hopital. 

Dans  chaque  asile,  il  y a place  pour  trois  femmes  et  une  accoucheuse  dont  la  repu- 
tation est  faite  dans  la  science.  Toutes  les  operations  se  font  la,  y compris  les  opera- 
tions cesariennes. 

Les  accouchees  atteintes  de  la  maladie  puerperale  sont  transportees  dans  un  hopital 
de  femmes,  aftn  que  leur  maladie  ne  puisse  pas  se  repandre  dans  l’asile.  On  evite  aussi 
de  cette  fagon  l’infection  des  murs  de  la  maison. 

M.  Herpain,  medecin  de  la  Maison  penitentiaire  de  St-Hubert.  — M’est-il  permis 
de  vous  demander  un  renseignement  ? 

Toutes  les  femmes  d’un  meme  quartier  doivent-elles  etre  transportees  au  meme 
asile,  ou  bicn  ont-elles  le  choix  de  l’asile  et  de  la  maternite? 

M.  le  baron  Maydell.  — Il  y a liberte  complete;  chaque  femme  n’a  qu’i  choisir 
l’endroit  ou  elle  veut  aller,  soit  l’asile,  soit  la  maternite. 

Elles  preferent  ordinairement  l’asile,  vu  qu’il  ne  s’y  trouve  que  deux  ou  trois  lits; 
elles  y sont  moins  genees  qu’^  la  maternite. 


HOSPICES,  HOPITAITX,  MATERNITIES. 


2;i“, 

J’ai  eu  l’honneur  de  vous  dire  quo,  pour  les  grandes  villes,  je  considere  la  maternite 
eomrae  un  etablissement  dont  on  ne  pout  se  passer.  Je  suis  tout  a fait  d’accord  sin- 
ce point  avec  M.  le  docteur  Hyernaux. 

Pour  l’enseigaement,  la  maternite  est  egalement  indispensable. 

M.  'VVeveubergii,  docteur  en  medecine  (Bruxelles).  — Messieurs,  comme  vous  l’a 
ditM.  le  docteur  Hyernaux,  ce  n’est  pas  la  premiere  fois  que  cette  question  des  mater- 
nites est  discutee.  L’annee  derniere,  elle  1 a etc  tres-longuement  par  une  assemblee 
extra-competente  au  Congres  des  sciences  medicales. 

M.  le  docteur  Hyernaux  vient  de  reproduire  les  arguments  qu’il  fit  valoir  a cette 
epoque ; je  ne  puis  agir  mieux  qu’en  reproduisant,  de  mon  cote,  ceux  avec  lesquels 
je  combattis  alors  sa  these. 

11  faut  d’abord  bien  poser  la  question  ; elle  est  dominee  par  un  point  capital,  ainsi 
Pa  tres-bien  expose  M.  le  docteur  Hyernaux  : la  question  de  mortalite. 

Lamortalite  est  elle  plus  considerable  dansles  maternites  que  dans  les  accouchements 
k domicile  et  quelle  est  la  proportion? 

On  ne  contestera  pas  que  la  mortalite  soit  moins  elevee  dans  les  accouchements  a 
domicile  : elle  est  de  5 sur  1 ,000  en  moyenne. 

Pour  les  maternites,  la  mortalite  est  representee  par  30  pour  1,000.  Ce  sont  la 
des  chiffres  qui  ontete  etablis  dans  differents  pays  par  des  statistiques  rigoureuses.Tout 
le  monde,  du  reste,  y compris  les  partisans  des  maternites,  est  d’accord  sur  ce  point. 
Seulement  la  oil  Pon  commence  a ne  plus  s’entendre,  e’est  lorsqu’il  s’agit  d’expliquer 
d’oii  provient  cette  difference  de  mortalite. 

Ainsi,  vous  avez  entendu  M.  le  docteur  Hyernaux  vous  dire  que  la  mort  de  toutes  les 
femmes  qui  succombent  k la  maternite  ne  doit  pas  etre  mise  sur  le  compte  de  la  mater- 
nite. Je  suis  parfaitement  de  son  avis ; il  y a certainement  des  femmes  qui  viennent 
k la  maternite  dans  des  conditions  tellement  mauvaises  qu’elles  portent  deja  en  elles 
le  germe  de  la  mort;  la  maternite  est  parfaitement  innocente  de  leur  deces. 

Mais  il  s’agit  de  savoir  pour  quelle  part  entrent  dans  la  totalite  des  deces  ces  cas 
malheureux,  oil  la  mort  est  un  resultat  fatal  inevitable,  Jusqu’a  present,  cette  propor- 
tion n’a  pas  ete  bien  posee  et  il  est  difficile  de  Petablir  sur  des  donnees  positives 
Cependant  nous  pouvons  juger  par  des  analogies.  Un  fait  nous  dit  que  l’excedant 
dans  la  proportion  des  deces  est  due,  d’une  maniere  generate,  non  pas  aux  conditions 
malheureuses  preexistantes  chez  les  femmes,  mais  a Pinfluence  occulte  mal  definie 
jusqu’a  present  de  l’etablissement  lui  meme. 

M.  le  docteur  Hyernaux  vous  a dit  que  les  femmes  qui  se  presentent  a la  maternite 
se  trouvent  en  grand  nombre  dans  des  conditions  deplorables  et  que  e’est  la  la  cause 
du  chiffre  plus  eleve  des  deces.  Je  lui  demanderai  alors  l’cxplication  de  ce  fait : que  Pon 
prenne  une  femme  ayant  un  bassin  vicie;  que  Pon  fasse  l’operation  cesarienne  & la  ma- 
ternite, et  99  fois  sur  100  la  femme  succombera. 

Dans  des  conditions  plus  malheureuses,  au  contraire,  chez  des  gens  qui  n’ont  ni 
l’aisance  ni  le  confort ; chez  des  femmes  qui  n’ont  pas  k leur  disposition  la  prati- 
que savante  des  princes  de  la  science  qui  se  trouvent  k la  tete  des  maternites ; dans 
les  campagnes  par  exemple,  la  oil  il  n’y  a qu’un  medecin  modeste,  n’ayant  pas  l’ex- 
perience  des  medecins  des  villes ; dans  les  campagnes,  dis-je,  nous  voyons  l’operation 
cesarienne  reussir  tres-souvent.  Je  ne  cite  pas  de  chiffres  positifs,  mais  la  proportion 


236 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  Gl^NltRALE. 


ontre  les  operations  faites  avec  succes  dans  les  maternites  et  a la  campagne  dans  des 
conditions  malheureuses  est  de  beaucoup  en  faveur  de  ces  dernieres. 

Jo  dis  done  qu’il  faut  attribuer  la  grande  difference  de  mortalite  non  pas  aux  condi- 
tions dans  lesquelles  se  trouvent  les  femmes,  mais  a l’influence  nefaste  qu’exerce  sur 
elles  l’etablisscment. 

Je  passe  sous  silence  ce  fait  signale  par  moi  au  Congres  medical,  qu’il  y aurait  des 
accouchements  indument  portes  cl  l’actif  des  maternites  et  qui  devraient  figurer  & leur 
passif. 

Voih\,  quant  au  point  capital,  la  mortalite. 

On  veut  justifier  l’existence  des  maternites  de  differentes  manieres,  on  invoque  les 
necessity  de  1’enseignement.  Oui,  certainemcnt,  1’enseignement  est  une  chose  indis- 
pcnsable,  excessivement  respectable;  mais  encore  ne  faut-il  pas  qu'il  se  donne  au  de- 
triment de  l’humamte.  Du  reste,  1’enseignement  peut  se  donner  sans  compromettre  les 
interets  de  l’humanite.  Je  m’explique  : l’enseignement  ne  pourrait-il  pas  se  donner  au 
moyen  de  polycliniques ? Ne  pourrait-il  pas  se  donner  dans  d’autres  services?  Ne 
pourrait-il  pas  se  donner  dans  de  petites  maternites  multiples,  ou  meme  dans  les  mai- 
sons  particulieres  d’accouchement  inspectees  par  l’autorite? 

On  objecte,  il  est  vrai,  qu’il  faut  sauvegarder  la  pudeur  de  la  femme. 

Mais  quand  une  femme  est  en  couches  dans  un  hopital  et  qu’elle  est  en  presence 
de  vingt,  vingt-cinq  ou  cinquante  jeunes  gens,  croyez-vous  que  sa  pudeur  ne  soit  pas 
plus  effarouchee  que  si  elle  se  trouve  dans  une  chambre  isolee  avec  un  praticien  seul 
ou  accompagne  de  quelques  eleves  ? 

Je  crois  que  l’on  pourra  plus  facilement  obtenir  l’examen  de  la  femme  en  tete-^-tete 
ou  pour  un  petit  nombre  de  personnes  qu’en  presence  d’une  assistance  nombreuse,  en 
quelque  sorte  en  public.  Notez  bien,  du  reste,  que  les  maternites  serviront  toujours  a 
1’enseignement.  II  y aura  toujours  des  maternites,  parce  qu’il  y aura  toujours  des  fem- 
mes qu’on  ne  pourra  pas  accoucher  a leur  domicile,  et  cela  pour  une  excellente  rai- 
son : e’est  qu’elles  n’en  ont  pas. 

II  faut  avoir  un  asile  qui  recueille  ces  femmes.  Par  consequent,  dans  mon  esprit  et 
dans  l’esprit  de  tous  ceux  qui  partagent  ma  maniere  de  voir,  la  maternite  est  un  mal 
necessaire,  tandis  que  dans  l’esprit  des  defenseurs  de  cet  etablissement  la  maternite 
est  un  bien.  II  y a la  une  difference  enorme  au  point  de  vue  de  la  pratique.  Ce  que 
demandent  les  adversaires  de  la  maternite,  e’est  qu’on  la  restreigne  aux  plus  extremes 
limites  du  possible.  Je  crois,  au  contraire,  que  les  defenseurs  des  maternites  veu- 
lent  les  etendre  autant  que  cela  sera  en  leur  pouvoir. 

Je  le  repete  : il  y aura  toujours  des  maternites  et  jusqu’a  un  certain  point,  ces  ma- 
ternites serviront  a l’enfeeignement  aussi  bien  que  les  maternites  telles  qu’elles  sont 
etablies  actuellement. 

Pour  attenuer  le  reproche  que  l’onadresse  aux  maternites  d’etre  des  foyers  de  fievre 
paerperale,  on  objecte  que  cette  fievre  peut  se  declarer  et  se  declare  en  dehors  des 
maternites.  Sans  doute,  nous  savons  tous  que  certaines  maladies  se  repandent  par 
zones.  Par  des  raisons  jusqu’a  present  inexpliquees,  elles  epargnent  une  zone  pour 
passer  dans  une  autre.  Par  consequent,  si  une  epidemie  de  fievre  puerpuerale  existe 
dans  une  localite,  une  partie  de  cette  localite  peut  en  etre  indemne.  Le  local  de  la 
maternite  peut  ne  pas  etre  situe  dans  la  zone  infectee. 

Mais  que  voyons-nous  si  la  fievre  puerperale  se  declare  dans  l’etablissement  ? 
Nous  voyons  se  produire  un  centre  d’infection ; la  maladie  se  repand  comme  une  tache 


HOSPICES,  HOP1TAUX,  MATERNITES. 


237 


d’huile  ct  la  proportion  des  deces  s’eleve  jusqu’ii  soixante-dix-sept  pour  mille. 

On  vous  a parle  de  la  maternite  de  Vienne.  M.  von  Sigmund  nous  a dit  que  la  ma- 
ternite de  Vienne  etait  etablie  autrefois  dans  des  conditions  desastreuses.  C’est  juste- 
ment  a cet  etablissement  que  Ton  a constate  la  proportion  de  dec6s  de  77  pour  1 ,000. 
M.  von  Sigmund  a ajoute  que  depuis  on  avait  ameliore  l’etablissement.  11  nous  a expli- 
que  que  Ton  avait  ameliore  le  chauffage,  la  ventilation,  et  que  les  deces  avaient 
dirainue  dans  une  notable  proportion.  11  nous  a cite  cela  comme  un  exemple  on  faveur 
des  maternites  ; mais  il  y a un  point  qu’il  n’a  pas  fait  ressortir,  et  M.  le  docteur  Hyer- 
naux  a senti  le  cote  faible  de  Pargumentation. 

En  effet,  la  maternite  de  Vienne,  amelioreo  telle  qu’ellc  existe  aujourd’hui,  donne 
encore  16  pour  1,000  de  mortalite,  tandis  que  les  accouchements  en  ville  ne  donnent 
que  5 pour  1,000  de  deces. 

M.  Hyernaux. — Mortalite  totale. 

M.  WEVERnERGH.  — M.  le  docteur  Hyernaux  se  fait  la  part  tres-belle  en  disant : 
« Mettons  la  moitie  pour  la  fiOvre  puerpuerale  etl’autre  moitie  pour  les  maladies  ordi- 
naires.  On  meurt  aussi  d’hemorrhagie,  de  bronchite,  de  pneumonie,  d’autres  maladies 
encore.  » C’est  vrai.  Mais  croyez-vous  qu’en  ville  on  ne  meurt  pas  aussi  de  ces  mala- 
dies ? 11  n’y  a done  pas  a invoquer  cette  difference. 

M.  le  docteur  Hyernaux  a parle  ensuite  de  la  mortalite  des  enfants.  Sans  doute,  a la 
maternite,  les  enfants  sont  entoures  de  soins;  mais  il  serait  cependant  tres-mallieureux 
que  la  diminution  de  la  mortalite  des  enfants  dut  etre  payee  par  l’augmentation  des 
deces  des  mOres.  Et,  encore  une  fois,  ce  mal  n’est  pas  sans  remOde.  Si  une  femme  qui 
est  dans  le  besoin  accouche  chez  elle,  je  ne  vois  aucun  inconvenient  a ce  qu’on  lui 
vienr.e  en  aide  par  des  seeours  soit  en  argent,  soit  de  toute  autre  fa^on. 

Arrivons  h la  question  de  la  moralite  des  meres. 

M.  Hyernaux  croit  que  l’accouchement  a domicile,  dans  les  maisons  particulieres 
d’accouchement  ou  dans  les  petites  maternites  conduit  a l’immoralite  des  meres,  tan- 
dis que  la  grande  maternite  sauvegarde  la  moralite.  Rapportons  un  fait  caracteris- 
tique  : M.  le  docteur  Hyernaux  nous  a dit  qu’il  n’a  souvenir  que  d’une  seule  personne 
qui  ait  abandonne  son  enfant  dans  la  maternite  de  Bruxelles.  Moi,  je  me  rappelle  un 
autre  fait  qui  s’est  passe  a l’etablissement  qu’il  dirige. 

VI.  Hyernaux.  — Il  y a eu  un  fait  ou  deux. 

M.  Weverhergh.  — .Je  vais  vous  en  citer  un  qui  vous  demontrera  l’influence  demo- 
ralisatrice  des  hopitaux.  Une  femme  a refuse  de  reconnaitre  son  enfant. 

M.  Hyernaux.  — Au  point  de  vue  de  Pe'iat- civil,  c’est  possible ; mais  au  point  de 
vue  du  sentiment,  ne  l’a-t-elle  pas  reconnu  ? 

M.  VVeverbergh.  — Elle  a abandonne  son  enfant,  disant  qu’il  n’etait  pas  h elle, 
qu  elle  ne  le  reconnaissait  pas,  et  elle  a cherche  meme  h embaucher  l’une  de  ses  com- 
pagnes,  en  l’engageant  a faire  comme  elle.  Ce  n’est  qu’au  dernier  moment,  que  le  sen- 
timent maternel  a repris  ses  droits  chez  cette  derniere.  Voila  pour  la  moralite  qui  se 


238 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GENERALS. 


developpe  chez  la  femme  qu’on  accouche  £ la  maternite.  Je  cite  evidemment  un  cas  ex- 
traordinaire ; mais  enfin  il  n’est  pas  si  rare  qu’on  pourrait  le  croire. 

On  a parle,  d autre  part,  de  1 avortement  et  l’on  a dit  : « Si  vous  supprimez  les  ma- 
ternites,  vous  allez  favoriser  le  developpement  de  l’avortement  ».  Je  ne  sais  pasjus- 
qu  a quel  point  cela  est  avere.  Les  femmes  qui  se  font  avorter  n’attendent  generale- 
mcnt  pas  la  fin  de  leur  grossesse;  elles  ont  pris  leur  parti  des  les  premiers  jours. 
C est  presque  toujours  dans  les  deux  premiers  mois  ou  le  sixieme  mois  que  le  crime 
se  commet,l  avortement  etant  plus  dangereux  aux  troisieme  et  quatrieme  mois.  Qu’est- 
ce  que  la  maternite  a a faire  li-dedans  ? 11  est  evident  qu’une  femme  ne  va  pas  reclamer 
des  soins  a 1 hopital,  si  elle  a 1 intention  de  se  faire  avorter.  D autre  part,  la  femme  n’est 
admise  a l’hopital  que  pour  l’accouchement  a terme,  peut-etre  huit  jours  avant  la  fin  de 
sa  grossesse. 

Par  consequent,  et  je  termine  par  la,  la  maternite  est  un  mal  qu’il  faut  taeher  de 
restreindre  dans  l’extreme  limite  du  possible.  11  faut  diminuer  le  nombre  des  femmes 
qui  accouchent  dans  les  maternites  et  augmenter  le  nombre  des  accouchements  k do- 
micile; ilfaut  a la  grande  maternite  substituer  un  certain  nombre  de  petites  maternites. 

Maintenant,  la  question  de  principe  ainsi  debattue,  nous  avons  parfaitement  raison 
de  discuter  ici  les  conditions  d’une  bonne  ou  d’une  mauvaise  maternite,  bien  qu’au 
Congres  medical,  M.  Borlee  ait  dit  qu’il  n’y  a que  de  mauvaises  maternites. 

II  faut  done,  Messieurs,  examiner  les  conditions  dans  lesquelles  les  maternites 
doivent  etre  etablies,  parce  que,  je  le  repete,  il  en  faudra  toujours. 

La  question  de  l’existence  des  maternites  et  de  leur  mode  d’existence  a ete  traitee 
avec  autorite  par  le  Congres  medical  de  1875,  et  voici  les  principals  conclusions  aux- 
quelles  il  a abouti  presque  unanimement  sur  cette  matiere  : 

Suppression  des  grandes  maternites ; etablissement  de  petites  maternites ; reparti- 
tion sur  un  rayon  le  jilus  large  possible;  etablissement  dans  le  voisinage  de  maisonsde 
rechange  ; propager  la  pratique  des  accouchements  a domicile  et  restreindre  les  accou- 
chements a l’hopital.  (Compte-rendu  du  Congres  international  des  sciences  medicales. 
Bruxelles  1875,  seance  du  21  Septembre.)  (Applaudissements .) 


M.  Gunther,  conseiller  intime  de  sante  (Dresde).  — La  maternite  de  Dresde 
compte  a peu  pres  onze  cents  couches  par  an ; le  rapport  en  a ete  publie  il  y 
a quelques  semaines.  On  trouve  dans  ce  rapport  une  comparaison  entre  la  mortalite 
dans  les  maternites  et  la  mortalite  chez  les  sages-femmes.  Il  resulte  de  ce  rapport  que 
la  mortalite  dans  les  maternites  est  bien  moins  considerable  que  chez  les  sages-femmes 
et  qu’elle  n’est  pas  plus  grande  que  la  mortalite  des  femmes  en  couches,  en  general. 

Il  resulte  egalement  de  ce  rapport  que  l’on  peut  diminuer  la  mortalite  produite  par 
la  fievre  puerperale,  grace  a un  surcroit  de  proprete. 

La  maternite  n’est  pas  un  mal  necessaire  ; au  contraire,  elle  constitue  un  bienfait. 


M.  Deluc. (Bruxelles). — M.  Weverbergh  vient  de  rappeler  les  conclusions  du  Congres 
medical.  Voici  textuellement  quelles  etaient  ces  conclusions  : « Remplacement  d’une 
grande  maternite  par  plusieurs  petites  maternites ; remplacement  de  la  grande  ma- 
ternite de  Bruxelles  par  quatre  maternites  disseminees  dans  les  faubourgs  ». 

Je  suis  etonne  que  l’honorable  M.  Ilyernaux  n’ait  pas  donne  son  opinion  sur  cette 
substitution  de  quatre  petites  maternites  a une  maternite  unique. 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


259 


M.  Hyernaux.  — Mon  opinion,  jc  l’ai  emise  lors  de  la  discussion  en  section  et  memo 
dans  une  assemblee  generate  du  Congres  des  sciences  medicalesde  l’annee  derniere. 

J’ai  dit  que  je  voulais  de  profondes  modifications,  de  grandes  ameliorations  a l’eta- 
blissement  des  maternites ; j’ai  dit  qu’il  etait  prejudiciable  k tous  les  points  de  vue 
d’avoir  un  etablissement  de  ce  genre  annexe  k un  hopital,  comme  c’est  le  cas  pour 
Bruxelles.  Vous  savez,  en  effet,  que  notre  maternite  est  etablie  a l’hopital  Saint-Jean. 

Une  amelioration  que  j’aurais  voulu  rdaliser  consistait  a transporter  la  maternite 
dans  un  lieu  eleve,  bien  aere,  d’une  orientation  convenable.  J’aurais  voulu  un  etablis- 
sement unique,  avec  quatre  pavilions,  separes  par  des  arbres  et  des  jardins;  les  quatre 
pavilions  auraient  ete  divises  eux-memes  en  quatre  compartiments,  contenant  chacun 
une  chambre  de  quatre  ou  cinq  lits.  Quant  k la  distribution,  c’est  une  affaire  a debattre 
avec  l’architecte,  le  medecin  et  l’hygieniste. 

Ces  chambres  et  ces  pavilions  seraient  successivement  occup^s,  de  telle  fa§on  que, 
quand  le  quatrieme  serait  occupe,  le  premier  serait  vide  depuis  huit  ou  neuf  mois  ; il  y 
aurait  ainsi  un  roulement  continuel ; ce  seraient  des  maisons  de  rechange  dontl’entretien 
ne  serait  pas  trop  dispendieux. 

Nous  pourrions,  je  pense,  satisfaire  ainsi  k toutes  les  exigences.  Nous  n’aurions  pas 
les  inconvenients  de  ces  petites  maisons  d’accouchements  qui,  en  somme,  d’apres  ce 
que  j’entends,  ne  sont  pas  aussi  favorables  qu’on  pourrait  le  croire,  puisque  l’honorable 
preopinant  vient  de  dire  que,  dans  la  maternite  de  Dresde,  les  deces  sont  moins  nom- 
breux  que  dans  les  petites  maisons  d’accouchements  ou  dans  les  maisons  particu- 
lieres. 

Je  crois  qu’une  maternite  etablie  dans  les  conditions  que  je  viens  d’indiquer  repon- 
drait  parfaitement  a sa  destination. 


M.  Cacheux,  ingenieur  (Bruxelles).  — J’ai  fait  un  hopital  k Chateau-Thierry  et  je 
puis  indiquer  un  moyen  bien  simple  d’eviter  l’odeur  : on  n’a  qu’a  impregner  les  murs 
d’un  enduit  quelconque,  y appliquer  quelques  bonnes  couches  de  peinture  et  les  laver. 
Dans  ces  conditions,  la  chambre  peut  etre  aeree  au  bout  de  quelques  jours  ; au  bout 
d’un  mois,  on  peut  en  disposer. 

M.  Winsbach,  docteur-en  mcdecine  (Metz).  — • Pour  desinfocter  une  sallc  d’hopital 
dans  laquelle  les  maladies  se  sont  declarees,  il  ne  suffit  pas  de  laisser  la  chambre  vide. 

Je  suis  attache  depuis  vingt  ans  k l’hopital  de  Metz ; on  y a traite  beaucoup  de 
cas  de  blessures  graves,  de  fractures  compliqudes.  Il  en  est  resulte  que  depuis  fort 
longtemps,  dans  certaines  salles,  il  eclatait  des  maladies  qui  desolaicnt  les  chirur- 
giens  : les  erysipeles,  les  pourritures  d’hopital,  les  infections  purulentes,  etc.,  se  sue- 
cedaient  k certains  intervalles. 

On  avait  recours  au  badigeonnage  k la  chaux,  qui  donnait  bien  quelques  resultats ; 
mais  il  fallait  vider  les  salles,  et  cela  n’etait  pas  toujours  facile. 

Vous  comprcnez  combien  ce  procede  etait  insuffisant  et  genant. 

Depuis  deux  ans,  un  de  nos  confreres  a eu  l’idee  d’employer  sur  une  tres-large 
4chelle,  dans  le  service  chirurgical,  le  pansemont  phenique.  J’ai  fait  constamment  avec 
lui,  pendant  six  mois  de  1’annee,  son  service;  j’ai  vu  les  bons  resultats  qu’il  obtenait  a 
l’aide  de  ce  pansement,  et  je  n’ai  pas  hesitc  k l’employer  moi-meine.  11  en  a etc  question 
1 an  dernier  au  Congres  medical. 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  G]£N]<:RALE. 


240 

La  methode  consiste  k no  faire  une  amputation  ou  un  pansement  que  quand  le 
malade  cst  cntoure  d’un  nuage  d’eau  pheniquee. 

La  pulverisation  d’eau  pheniquee  doit  elre  un  excellent  mode  de  purification  dans 
les  salles  de  chirurgie  ; dans  la  pratique  des  accouchements,  il  pourrait  etre  em- 
ploye aussi. 

' Le  meme  principe  doit  agir  dans  les  deux  services. 

Depuis  deux  ans,  nous  n’avons  eu  a Metz  qu’un  seul  cas  d’infection  purulente  et  un 
seul  cas,  peu  grave  du  reste,  de  pourriture  d’hdpital.  Nous  n’avons  plus  eu  d’erysipeles 
graves.  Or,  depuis  vingt  ans,  je  n’avais  pas  vu  obtenir  un  pareil  resultat,  malgre  l’ha- 
bilete  des  medecins  qui  nous  avaient  precedes  dans  les  services.  Je  n’hesite  pas&attri- 
buer  cet  heureux  resultat  a la  disinfection  par  la  pulverisation  d’eau  pheniquee. 

Je  reviendrai  maintenant  en  quelques  mots  sur  la  question  que  l’on  a agitee  tout  a 
1’heure,  bien  qu’un  precedent  orateur  ait  repondu  par  d’excellentes  raisons  al’honora- 
ble  M.  Hyernaux.  Je  demanderai  s’il  ne  croit  pas  que  les  epidemies  de  fievre  puer- 
perale soient  infiniment  plus  frequentes  dans  les  maternites  que  partout  ailleurs.  Je 
crois  qu’il  n’en  est  pas  un  seul  d’entre  nous  qui  puisse  avoir  le  moindre  doute  k cet 
egard. 

M.  Hyernaux  nous  a pari  e d’une  femme  quilui  avait  temoigne  des  inquietudes,  parce 
que  toutes  les  femmes  qui  accouchaient  dans  la  meme  localite  mouraient  de  la  fievre 
puerperale.  II  nous  a dit  que  cette  femme  avait  succombe,  elle  aussi.  Eh  bien  ! si  elle 
avait  eu  la  possibility  de  se  rendre  dans  une  autre  localite,  M.  Hyernaux  n’eut-il  pas 
ete  le  premier  a lui  dire  : « Allez  ailleurs,  fuyez  le  foyer  de  la  contagion  » ! 

Defendre  les  maternites,  quand  on  sait  dans  quelles  conditions  elles  sont  etablies; 
quand  on  sait  qu’elles  sont  tres-souvent  la  cause  d’epidemies  de  fievre  puerperale  ; 
dire  qu’il  faut  maintenir  ces  maternites,  qu’il  faut  continuer  a y envoyer  des  malades; 
n’est-ce  pas  dire  aux  femmes  : » Au  lieu  de  rester  chez  vous,  dans  un  milieu  a peu  pres 
convenable,  transportez-vous  dans  un  endroit  ou  vous  aurez  beaucoup  plus  de  chance 
d’etre  prises  par  les  maladies  terribles  auxquelles  tant  de  femmes  succombent  «.  ( Ap - 
p laudissements ) . 

M.  le  President.  — Je  rappellerai  de  nouveau  aux  orateurs  que  nousdevons  tacher 
d’examincr  la  question  qui  nous  est  soumise  sous  toutes  ses  faces. 


M.  Douglas  Galton,  membre  de  la  Societe  royale  des  sciences  (Londres).  — A 
Londres,  la  mortalite  etait  tres -grande  au  grand  hopital  de  Queen-Charlotte ; on  a 
tache  autant  que  possible  d’en  ameliorer  les  installations  et  les  conditions  hygieniques 
je  ne  crois  pas  que  la  mortalite  ait  beaucoup  diminue.  Mais,  a cdte  de  cet  hopital,  se 
trouve  aussi  le  « work-house  « (maison  des  pauvres)  ou  chaque  personne  ale  droit 
d’etre  regue.  L&  aussi  il  y avait  une  maternite. 

Dans  ce  dernier  etablissement,  jl  n’y  avait  presque  pas  de  mortalite.  On  accouchait 
les  femmes  dans  une  chambre  ; un  ou  deux  jours  apres,  on  les  transportait  dans  un 
autre  endroit  ou  elles  se  guerissaient,  et  alors  la  chambre  d’accouchement  etait  tout- 
a-fait  nettoyee,  desinfectee,  afin  que  les  emanations  fussent  detruites. 

L’annee  passee,  un particulier  a eu  l’idee  d’etablir  une  maternite;  cet  etablissement 
est  en  voie  de  construction  ; l’on  a adopte  k peu  pres  le  plan  indique  par  M.  Hyernaux. 

Il  y a des  pavilions  separes  ; chaque  pavilion  comporte  une  chambre  ou  la  femme 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


m 


accouche,  et  une  seconde  chambre  ou  la  femme  est  transportee  trois  ou  juatre  jours 
apres  l’accouchement. 

Je  ne  crois  pas  que,  pour  desinfecter,  il  suffise  de  peindre  lcs  murs  des  chambres; 
Pon  doit  gratter  la  surface  du  platre  et  appliquer  une  nouvelle  couche  dc  chaux  tous 
les  six  mois  ou  tous  les  ans  au  moins. 

Tel  est  le  moyen  que  je  conseille  pour  faire  disparaitre  toutes  les  emanations. 

M.  Casse,  docteur  en  medecine  (Bruxelles).  — II  me  semble  que  le  debat  s’est 
ecarte  des  veritables  points  en  discussion.  Ainsi  on  a oublie  de  nous  dire  comment 
doivent  etre  etablies  les  maternites. 

M.  Herpain'.  — Le  rapport  le  dit  en  partie ; il  contient  une  vingtaine  d’articles  a 
observer. 

M.  Casse.  — Nous  devrions,  me  semble-t-il,  determiner  les  conditions  auxquelles 
doivent  satisfaire  les  hospices  et  les  maternites.  A ce  propos,  je  voudrais  faire  une 
courte  reponse  k M.  Winsbach.  Il  nous  a dit  que  les  erysipeles  sont  frequents  dans  les 
grandes  salles  de  chirurgie.  Dans  lcs  baraquements,  qui  sont  toujours  les  installations 
les  plus  pratiques,  ils  ne  le  sont  pas  moins. 

M.  le  President.  — Les  conclusions  qui  ont  ete  presentees  par  M.  Herpain  rcsument 
parfaitement  la  question.  Les  membres  du  Congres  etaient  libres  d’en  aborder  les  di- 
vers points.  Il  est  tres-difficile  d’aborder  l’examen  de  certaines  questions  sans  s’ecar- 
ter  un  peu  du  veritable  objet  a discuter. 

M.  Herpain.  — On  ne  s’est  guere  ecartedelaquestion.  M.  Hyernaux  a parle plusieurs 
fois  dans  son  discours  des  conclusions  de  mon  rapport  et  il  a insiste  notamment  sur 
l’utilite  des  pavilions  separes,  sur  l’etendue  de  ces  pavilions,  sur  le  nombre  de  femmes 
qu’ils  pouvaient  recevoir. 

M.  Deluc.  — On  n’a  pas  parle  des  materiaux  4 employer. 

M.  le  President.  — L’heure  est  trop  avancee  pour  le  faire  maintenant;  nous 
pourrons  reprendre  la  discussion  dans  la  seance  de  demain  et  aborder  ensuite 
l’examen  du  rapport  de  M.  Zimmer,  relatif  k la  question  de  la  distribution  d’eau. 


La  seance  est  levee  a midi. 


10 


PREMIERE  SECTION.  - HYGIENE  gEnEralu. 


542 


STANCE  DU  29  SEPTEMBEE 

Presidence  de  M.  Berge. 


La  seance  est  ouverte  a 9 lieures  et  demie  du  matin. 

L’assemblee  reprend  la  discussion  sur  les  hospices,  les  hopitaux  et  les 
maternites. 


DEBAT 


M.  le  President.  - — Jusqu’a  present,  messieurs,  la  question  des  maternites  a ete 
seule  discutee.  Je  dois  cependant  vousfaire  observer  que  notre  ordre  dujour  comporte 
une  etude  plus  large;  nous  devons  rechercher  aussi  les  conditions  de  salubrite  aux- 
quelles  doivent  satisfaire  les  hopitaux  en  general  et  les  installations  provisoires,  telles 
que  les  hopitaux  temporaires  et  les  ambulances  civiles. 


M.  Chadwick,  ancien  president  du  Bureau  d’hygi&ne  de  la  Grande-Bretagne  (Lon- 
dres).  — Messieurs,  mon  experience  personnelle,  d’accord  avec  les  renseignements 
que  j’ai  recueillis  sur  la  question  qui  nous  occupe,  m’a  convaincu  qu’il  existe,  dans  le 
traitement  des  malades  des  hopitaux,  des  elements  psychologiques  d’une  grande 
importance  quant  a leur  influence  sur  les  conditions  physiques  des  patients.  II  n’en  a 
pas  ete  tenu  compte  jusqu’ici. 

Tout  medecin  experiments  a pu  observer  l’effet  moral  produit  chez  le  moribond 
parlaperte  de  Tesperance,  lorsqu’on  l’engage  a prendre  ses  dernieres  dispositions  : 
o’est  sa  guerison  retardee  ou  sa  mort  hatee. 

Soutenir  l’esperance  en  lui  par  tous  les  moyens  possibles,  voila  done  quelle  doit  etre 
la  grande  pre'occupation  du  medecin.  Quand  deux  membres  d’une  famille  tombent  ma- 
lades en  meme  temps,  dans  la  meme  maison,  le  premier  soin  n’est-il  pas  de  les  isoler 
defagon  a eviter  a l’un  la  vue  des  souffrances  de  l’autre?Des  personnes  qui  sortaient 
d’etablissements  de  sante  m’ont  affirme  que  la  vue  des  douleurs  et  Tagonie  de  leurs 
voisins  de  lit  produisaient  sur  eux  une  impression  cruelle,  qui  leur  enlevait  toute 
force. 

Un  medecin  d’hopital  me  disait  que  1’ administration  des  sacrements  de  la  religio: 
catholique  avait  toujours  pour  effet  certain  d’empirer  l’etat  de  tous  les  malades  de  la| 
salle.  Sir  James  Simpson  a demontre  par  des  chiffres  irrefragables  que,  dans  le 
cas  chirurgicaux,  plus  Thopital  est  grand,  moindres  sont  les  chances  de  gue 
rison. 

Pour  mon  compte  personnel,  j’ai  remarque  que  si  les  hopitaux  modernes  sont  dam 
les  medicares  conditions hygieniques  en  ce  qui  concerne  la  ventilation,  le  traitemen 
la  surveillance,  leurs  immenses  salles  offrent  le  spectacle  de  plus  de  souffrances  mor 
les  occasionnees  par  la  vue  des  douleurs  des  autres  malades ; leurs  cris  et  leurs  ge 
missements  constituent  une  des  causes  principales  des  resultats  defavorables  que  pr< 
sento  la  statistique  des  hOpitaux. 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES. 


243 


Les  effets  d’une  panique  epidemique  dans  une  salle  d’hopital  sont,  a certains  mo- 
ments, des  plus  desastreux. 

M.  Caciieux,  ingenieur  (Bruxelles).  — Je  signalo  a 1’assemblee  l’opportunite  qu’il 
y aurait  it  recouvrir  les  murs  d’hopitaux  de  plaques  do  faience  ou  de  tole  : ce  serait 
un  moyen  d’empechcr  la  penetration  des  miasmes ; on  pourrait  layer  la  faience  a 
grande  eau  et  traitor  la  tole  par  le  feu. 

M.  Deluc,  professeur  (Bruxelles).  — Le  rapport  de  M.  Herpain  fixe  h cinquante  le 
nombre  de  metres  cubes  qui  doit  etre  reserve,  dans  les  hopitaux,  pour  chaque  lit.  Je 
ne  veuxrien  dire  sur  ce  chiffre,  mais  il  me  parait  utile  do  faire  remarquer  que  toutes 
les  mesures  equivalentes  en  geometrie  ne  le  sont  pas  medicalement. 

Si  vous  obtenez  cinquante  metres  cubes  d’air  avec  une  petite  surface,  votre  aeration 
aura  moins  de  valeur  que  si  vous  obteniez  le  meme  nombre  de  metres  cubes  avec  une 
hauteur  moyenne  et  une  tres-grande  surface.  Ainsi,  je  suppose  que  vous  etablissiez  un 
hopital  dans  une  eglise  ; — je  cite  une  eglise  comme  exemple,  parce  que  c’est  un  des 
monuments  qui  ont  la  plus  grande  elevation,  une  elevation  demesuree  relativement  aux 
constructions  ordinaires  ; — • eh  bien  ! cette  elevation  ne  servira  presquc  a rien  si  vous 
placez  les  malades  trop  pres  les  uns  des  autres,  et  le  nombre  de  metres  cubes  d’air  de- 
viendra  alors  tout-a-fait  insuffisant. 

II  faudrait  done  indiquer  non-seulement  le  nombre  de  metres  cubes  d’air  qui  doit 
revenir  a chaque  lit,  mais  aussi  le  nombre  de  metres  superfieiels  qui  doivent  les  se- 
parer;  cela  n’est  pas  moins  important. 

L’augmentation  en  hauteur  ne  saurait  compenser  la  diminution  en  superficie. 

Je  dois  ajouter  qu’en  ce  qui  concerne  la  superficie,  la  forme  rectangulaire  est  pre- 
ferable au  carre. 

M.  le  baron  Maydell,  docteur  en  medecine  charge  du  service  sanitaire  de  Saint- 
Petersbourg.  — L’honorable  preopinant  vient  de  nous  dire  que  pour  disposer  sainement 
les  lits  dans  les  hopitaux,  il  faut  avoir  en  vue  la  question  de  superficie  beaucoup  plus 
que  la  question  de  hauteur;  mais  j’ai,  pour  mon  compte  personnel,  visite  un  hopital 
dont  l’installation  prouve  precisement  le  contraire. 

S’ii  y a ici  des  Italiens,  ils  vous  affirmeront  que  le  grand  hopital  do  Milan  peut  con- 
tenir  de  2,000  a 3,500  malades  et  qu’il  est  situe  au  centre  de  la  ville.  La  mortalite  y 
est  cependant  extremement  miriime.  Mais  aussi  dois-je  avouer  que  je  n’ai  jamais  vu 
d’h6pital  qui  presentat  une  telle  hauteur  : il  a presque  la  meme  elevation  qu’une  eglise. 
Les  lits  des  malades  y sont  places  tres-pres  les  uns  des  autres,  plus  pres  que  nous  ne 
les  mettons  ordinairement  dans  nos  hopitaux.  Eh  bien ! j’ai  la  plcine  conviction  que  c’est 
& la  grande  elevation  de  ses  salles  qu’il  faut  attribuer  le  petit  chiffre  des  cas  de  deces 
releves  dans  cet  hopital. 

M.  Bucquet,  president  du  Conseil  do  l’inspection  generate  des  etablisscments  de 
bienfaisance  (Paris).  — Je  connais  un  fait  qui  peut  corroborer  ce  qu’avance  M.le 
baron  Maydell.  En  France,  un  hopital  a ete  construit  dans  une  eglise  et,  dans  chaque 
■alle,  il  n’y  a qu’un  metre  de  distance  entre  les  lits.  La  mortalite  y est  & peu  pres 

nulle. 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GI^NliRALE. 


244 


Lo  point  capital,  dans  les  hopitaux,  est  de  bien  placer  les  lits.  11  serait  utile  de 
preciser  la  distance  qui  doit  les  separer.  11  importe  qu’ils  ne  soient  -mis  que  sur  deux 
rangees  et  qu’ils  soient  adosses  au  mur.  En  France,  on  les  place  devant  un  trurneau, 
a un  metre  les  uns  dcs  autres,  de  manierc  a ce  que  les  rnalades  ne  soient  pas  exposes 
au  froid  des  fenetres. 

M.  le  rapporteur  a omis,  dans  ses  conclusions,  une  chose  de  grande  importance  : c’est 
de  fixer  le  nombre  maximum  de  lits  qu’unhopital  devrait  contenir.  Le  chiffre  de  cinq 
cents  me  parait  deja  considerable;  mais  je  crois  pourtant  qu’on  pourrait  l’adopter 
comme  limite. 

M.  le  rapporteur  n’a  pas  non  plus  indique  de  quelle  fagon  devait  etre  expose  un  hopi- 
tal.  Faut-il  que  ses  salles  soient  placees  au  Nord  ou  au  Midi  ? C’est  la  une  question 
d ou  depend  la  vie  de  bien  des  rnalades.  Ainsi,  les  poitrinaires  ne  peuvent  rester  dans 
une  salle  exposee  au  Nord. 

11  est  egalement  necessaire  de  mettre,  autant  que  possible,  unhopital  al’abride 
certains  vents,  afin  d’eviter  qu’ils  n’y  apportentles  miasmes  de  la  ville. 

En  ce  qui  concerne  les  maternites,  on  est  generalement  d’accord  qu’elles  ne  doivent 
pas  etre  annexees  aux  hopitaux.  Je  crois  que  c’est  aller  un  peu  loin,  surtout  au  point 
de  vue  administratif. 

Dans  les  grandes  villes,  il  est  permis  d’affecter  aux  maternites  des  etablissements 
speciaux ; mais  les  petites  villes  ne  peuvent  s’imposer  de  grands  sacrifices  pour  cet 
objet.  II  ne  faut  done  pas  etre  trop  exclusif.  On  devrait  se  borner  & faire  en  sorte  que 
les  salles  de  maternite  fussent,  a l’avenir,  separees  des  hopitaux  par  des  jardins,  des 
dependances  assez  vastes.  Exclure  completement  les  maternites  des  hopitaux,  ce 
serait  aller  k l’encontre  de  toutes  les  pratiques  administratives  des  villes 
pauvres, 

M.  de  Chaumont,  docleur  en  medecine  (Londres).  — J’ai  quelques  mots  a dire  sur 
deux  points  touchant  la  sante  des  rnalades  dans  les  hopitaux. 

Je  suis  tout  a fait  de  l’avis  de  l’honorable  orateur  qui  s’est  prononce  contre  les  salles 
carrees.  Je  puis  citer  un  fait  tres-curieux  que  j’ai  constate  dernierement  a Londres, 
dans  Fhopital  de  Padington,  dont  la  ventilation  est  tres-mauvaise.  II  y a la  une  salle 
carree  dans  laquelle  sont  placees  quatre  rangees  de  lits,  deux  le  long  des  fenetres,  deux 
dans  le  milieu.  On  a constate  que  tous  les  rnalades  couches  dans  les  lits  du  centre 
avaient  l’erysipele.  Quelle  etaitla  cause  de  cette  affection  ? Evidemment,  la  mauvaise 
disposition  de  leurs  lits,  puisqu’aussitot  qu’on  transportait  les  rnalades  dans  ceux 
places  pres  des  fenetres,  ils  se  guerissaient. 

En  presence  d’une  pareille  situation,  j’aidonne  au  Comite  de  direction  de  l’hopital 
le  conseil  sinon  de  supprimer  tout  a fait  les  lits  du  centre,  du  moins  de  faire  dispa- 
raitre  les  paravents  qui  les  separaient. 

II  est  encore  un  autre  point  k examiner  : quel  est  l’espace  cubique  qu’il  convient  de 
donner  a chaque  malade  ? II  est  evident  que  l’hygiene  exige  un  espace  superficiel  assez 
suffisant.  En  Angleterre,  on  donne  pour  un  espace  cubique  de  douze  cents  pieds  carres, 
par  exemple,  un  espace  superficiel  de  pres  de  cent  pieds  carres.  Cela  est  suffisant.  11  est 
tr6s-difficiled’avoir  une  tres-bonne  ventilation  avec  une  tres-grande  hauteur.  C’est  ce 
que  j’ai  constate  dans  les  salles  d’hopitaux  en  Angleterre  ct  dans  d’autres  pays. 
M.  Herpain  nous  dit  que  les  salles  doivent  etre  ventilees  jusqu’d,  ce  que  l’odorat  ne 
pergoivc  aucune  odeur.  J’ai  deja,  presente  quelques  observations  h ce  sujet  dans  un 


HOSPICES,  HOPITAUX,  MATERNITIES . 


2 iS 

travail  qui  a etc  In  k la  Societe  medicale  de  Londrcs  : Possibility  de  juger  par  Vodo- 
rat  I'etat  sanilaire  d'une  salle.  Qui  pourra  juger  de  I'etat  sanitairo  d’unc  salle  par 
l’odorat?  Sera-ce  le  medecin  ? Scra-ce  la  garde-malade  ? Sans  doute,  il  estbonde  s’en 
rapportei*  k l’odorat;  mais  je  erois  qu’il  vaudrait  mieux  preciser  la  quantite  d’air  a 
donner  aux  malades.  Onpourraitla  fixer  & cent  vingt  metres  cubes  pour  les  cas  ordi- 
nances, et  cent  vingt-cinq  ou  cent  cinquante  pour  les  cas  plus  graves. 

Je  tiens  a faire  remarquer  aussi  que  les  agglomerations  de  personnes  sont  partout 
une  cause  de  mortalite.  11  y a des  statistiques  qui  etablissent  le  fait.  C'est  ce  que  je  me 
suis  efforce  de  demontrer  dans  le  cours  de  medecine  que  j’ai  donne  l’annee  derniere 
a Londres.  Partout  ou  il  y a une  forte  agglomeration  de  personnes,  la  mortalite  aug- 
mente,  surtout  la  mortalite  pour  cause  de  maladie  desvoies  respiratoires. 

Il  faut,  messieurs,  que  dans  les  hopitaux  1’etat  sanitaire  soit  surveille  constamment 
et  attentivement.  Je  erois  done  qu’il  conviendrait  de  nommer  un  medecin,  un  fonction- 
naire  special  qui  aurait  mission  de  surveiller  la  ventilation  et  de  proceder,  de  temps 
en  temps,  a l’analyse  de  l’air.  Il  est  a ce  point  difficile  de  faire  comprendre  aux  garde- 
malades,  aux  soeurs,  aux  malades  eux-memes  la  necessity  d’avoir  de  l’air  pur  que 
beaucoup,  quand  ils  peuvent  le  faire,  s’empressent  de  fermer  les  fenetres.  Presque 
toujours,  quand  on  entre  dans  une  salle  d’hopital  qui  devrait  etre  bien  ventilee,  on 
constate  que  Pair  n’est  pas  loin  d’etre  completement  vicie. 

M.  le  President.  — Messieurs,  j’ai  a vous  prevenir  qu’il  a ete  depose  sur  le  Bu- 
reau un  Rapport  da,  Conseil  superieur  d' hygiene  de  Belgique  sur  les  conditions  aux- 
quelles  doivent  satis faire  les  hopitaux. 

J’appelle  tout  partieulierement  l’attention  des  membres  de  la  section  sur  ce  travail, 
qui  resume  l’opinion  des  medecins  et  architectes  beiges. 

L’hopital  de  Mons  est  le  type  des  hopitaux  construits  en  Belgique  d’apres  les  nou- 
velles  donnees. 

M.  Guido  Susani  (Milan).  — J’ai  demande  la  parole  afin  de  donner  quelques  expli- 
cations au  sujet  de  l’hopital  de  Milan,  dans  lequel,  comme  on  l’a  dit,  la  mortalite  est 
tres-faible. 

On  a fait  beaucoup  pour  1’installation  de  cet  hopital  et  pour  lui  donner  les  amelio- 
rations indiquees  par  la  science  moderne.  J’ai  visite  un  grand  nombre  d’etablisse- 
ments  de  sante,  etje  erois  pouvoir  afBrmerque,  dans  les  salles  tres-longues  et  tres- 
etroites  de  l’hopital  de  Milan,  il  y a une  ouverture  d’air  libre,  une  circulation  natu- 
relle  beaucoup  plusforte  que  dans  la  plupart  des  autres  hopitaux. 

Je  erois  qu’il  faut  tenir  compte  de  cette  circonstance  qui  diminue  peut-etre  l’impor- 
tance  relative  dela  hauteur. 

L’honorable  M.  Maydell  a fait  remarquer  que  dans  cet  hopital  il  y a en  moyenne 
^,'>00  malades  et  qu'ils  occupent  un  espace  relativement  restreint.  J’ajoute  que,  dans 
certains  cas,  on  en  a reunis  jusqu’h  3,000.  Mais  alors  savez-vous  ce  quo  l’on  fait  ? 
Il  y a un  porche  autour  d’une  cour  sur  laquclle  donnent  les  chambres  des  malades 
on  place  1,000  lits  sous  ce  porche,  et  l’on  en  ferme  la  devanturc  avec  des  toilcs 
cirecs  ou  des  planches.  Les  malades  sc  trouvent  ainsi  dans  des  conditions  hygieni- 
ques  cxccllentes. 

M.  Bouchut,  docteur  en  medecine  (Paris).  — J’ai  entendu  differents  medecins 
donner  comme  criterium  de  la  salubrite  relative  d’un  hopital  le  sens  de  l’odorat.  Or, 


24G 


PREMIERE 'SECTION.  — HYGIENE  G^N^RALE . 


je  crois  que  rien  n’est  plus  trompeur.  II  est  certes  tres-desagreable,  en  entrant  dans 
une  sallo  d hopital,  do  sentir  les  niauvaises  odeurs,  ce  qui  arrive  quand  les  garde- 
malades  n’ont  pas  ouvert  les  fenetres  en  temps  utile.  Mais  ce  ne  sont  pas  les  etablis- 
sements  qui  senteut  le  plus  mauvais  qui  sont  les  plus  malsains.  J’ai  trouve  lapreuve 
do  ce  que  j avance  dans  les  hdpitaux  de  Pai’is  oil  j’ai  passe  trente  annees  de  macar- 
riere.  Eh  bien!  je  citerai  1 IIotel-Dieu,  qui,  jadis,  etait  forme  de  petites  salles  basses 
dans. lesquclles  ne  se  trouvaient  pas  un  grand  nombre  de  malades.  La,  tout  etait  dans 
un  etat  de  complete  vetuste  ct  les  mauvaises  odeurs  ne  manquaient  pas.  Cependant.  les 
chirurgiens  qui  y pratiquaient  des  operations  se  felicitaient  des  resultats  qu’ils  obte- 
naient;  depuis  que  l’etablissement  en  question  a ete  remplace  par  une  construction 
nouvelle,  la  mortalite  est  devenue  bien  plus  considerable. 

A Lariboisiere,  meme  fait  s’est  produit : les  nouveaux  hopitaux,  plus  spacieux  que 
les  anciens,  sontmoins  salubres  au  point  de  vue  du  resultat  des  operations. 

J’en  conclus  que  ce  n’est  pas  l’odeur  de  l’air  qui  revele  le  danger  qu’il  y a ale  res- 
pirer. 

Les  professions  dans  I’exercice  desquelles  on  est  expose  aux  plus  mauvaises  exha- 
laisons  ne  sont  pas  celles  qui  sont  les  plus  redoutables  au  point  de  vue  de  la  sante. 
Ainsi,  l’on  cite  a Paris,  comme  jouissant  de  l’immunite  du  cholera,  tous  ceux  qui 
ramassent  ou  triturentles  dejections  dela  ville. 

S’il  etait  vrai  que  les  mauvaises  odeurs  transmissent  des  maladies,  les  personnes  qui, 
dans  les  hopitaux,  touchent  les  dejections  des  choleriques,  des  varioleux,  etc. 
devraient  succomber.  Pourtant  cela  n’arrive  pas. 

II  y a,  ensuite,  un  autre  fait  a observer:  e’est  que  le  poison  contagieux  des  differentes 
maladies  n’a  aucune  espece  d’odeur.  L’ennemi  qui  nous  tue  n’est  pas  un  gaz;  1 ’analyse 
chimique  de  Pair  ne  l’a  pas  fait  decouvrir.  En  revanche,  l’analyse  microscopique  le 
decouvre  peut-etre.  Nous  sommes,  depuis  une  dizaine  d’annees,  sur  la  voie  de  decou- 
vertes  importantes,  dues  au  microscope,  et  nous  finirons  par  constater  que  les  animaux 
qui  nous  tuent,  qui  font  parmi  nous  plus  de  victimes  que  les  canons  rayes  sont  formes 
de  particules  dont  la  presence  et  la  forme  echappent  a l’oeil. 

Ce  n’est  done  pas,  je  le  repete,  dans  les  gaz  putrides  dont  l’odeur  malsaine  frappe 
notre  odorat  que  reside  la  cause  des  maladies  epidemiques,  telles  que  le  cholera  et 
le  typhus.  Nous  pouvons  aller  dans  un  endroit  ou  se  degagent  des  odeurs  nausea- 
bondes  et  en  sortir  aussibien  portants  que  nous  y sommes  entres,  de  meme  que  nous 
pouvons  nous  rendre  dans  un  endroit  ou  Ton  ne  sent  aucune  mauvaise  odeur  et  en 
revenir  malades.  Je  ne  voudrais  pas  pour  cela  eriger  en  principe  que  les  mauvaises 
odeurs  ne  doivent  pas  etre  combattues;  loin  de  la!  II  faut,  au  contraire,  les  combattre 
autant  que  possible  en  enlevant  les  dejections  qui  corrompent  l’air;  mais  il  n’est 
malheureusement  que  trop  vrai  que  le  danger  reside  autre  part  et  que  nous  ne  pouvons 
le  saisir. 


La  discussion  sur  la  question  des  hospices,  des  hopitaux  et  des  mater- 
nites  est  close. 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION . 


'll  7 


Qnels  sont  les  meillenrs  systemes  <le  chauffftge  et  de  ventilation  des  locaux 
destines  a recevoir  un  grand  nombre  de  personnes,  telsqne  fabriques,  ateliers, 
salles  de  spectacle,  6coles,  creches,  salles  d’hopitaux,  etc.  1 


Rapport  de  M.  Bordiau,  architecte,  a Bruxelles  (1). 


Chauffage.  — L’examen  de  cette  question  et  la  recherche  des  meilleurs 
raoyens  de  la  resoudre  necessitent  line  division  que  les  auteurs  ont  toujours 
adoptee. 

II  faut,  en  effet,  considerer  : 

1°  Les  corps  a echauffer ; 

2°  Les  sources  de  production  de  la  chaleur. 

Corps  d echauffer.  — Les  corps  a echauffer,  qu’ils  soient  solides,  li- 
quides  ou  gazeux,  sont  bons  ou  mauvais  conducteurs,  suivant  qu’ils 
absorbent  plus  ou  moins  aisement  la  chaleur ; les  solides  sont,  en  general, 
les  meilleurs  conducteurs. 

La  conductibilite  n’est  d’ailleurs  point  le  seul  element  a considerer ; 
il  faut  examiner  aussi  la  nature  des  corps  a echauffer. 

Cet  examen  indique  tout  naturellement  les  moyens  de  production  de 
la  chaleur  dans  telle  matiere  determinee. 

Sources  de  production  de  la  chaleur.  — Ces  sources  sont  chimiques 
ou  mecaniques  suivant  qu’elles  se  produisent  a la  suite  de  la  combinaison 
de  deux  corps  determines  ou  bien  a la  suite  du  contact  mecanique  de 
ces  memes  corps. 

La  chaleur  se  transmet  de  deux  manieres  differentes : ou  bien  elle  se 
transmet  a distance  par  voie  de  rayonnement,  ou  bien  elle  se  transmet 
seulement  par  contact. 

La  transmission  de  la  chaleur  rayonnante  s’opere  par  voie  d’action 
directe  des  rayons  calorifiques  sur  le  corps  a echauffer  ou  bien  par 
voie  d’action  indirecte  des  memes  rayons,  apres  refraction  a travers  un 
corps  transparent  ou  reflection  sur  une  surface  intermediaire. 


il;  Par  suite  d’une  indisposition  de  M.  Bordiau,  ce  rapport  n’a  pu  itre  presents  ii  la  section- 


248 


PREMIERE- SECTION . — HYGIENE  GliNlfrlALE. 


Quant  a la  transmission  de  la  clialeur  qui  ne  se  produit  quo  par  le 
contact,  on  peut  distinguer  le  cas  ou  la  source  de  -la  clialeur  est  mise  en 
rapport  immediat  avec  le  corps  a ecliauffer  et  le  cas  ou  ces  deux  matieres 
sont  separees  par  un  corps  intermediaire  qui  conduit  le  calorique. 

Le  corps  qu’il  s’agit  le  plus  souvent  d’echauffer  est  l’air,  fluide  gazeux, 
leger,  incombustible  et  mauvais  conducteur  de  la  chaleur. 

Ici,  la  source  de  production  de  la  clialeur  est  chimique ; elle  exige  la 
combinaison  du  carbone  et  de  l’hydrogene  contenus  dans  les  corps  echauf- 
fants  avec  l’oxygene  de  Fatmospliere. 

Le  probleme  a resoudre  est  complexe;  car  s’il  s’agit,  dune  part, 
d’obtenir  Fechauffement  de  l’air,  il  faut,  d’autre  part,  que  ce  phenomene 
se  produise  dans  les  limites  des  necessites  indiquees  par  la  science  de 
l’hygiene. 

La  temp'erature  doit  etre  elevee  convenablement  et  etre  suffisamment 
saturee  par  la  vapeur  d’eau;  l’air  doit  rester  pur  et  ne  contenir  aucun 
corps  etranger. 

La  transmission  de  la  chaleur  emanant  des  combustibles  a Fair  a 
echauffer  n’est  point  uniforme.  Comme  nous  le  disions  plus  haut,  cette 
transmission  peut-etre  directe,par  exemple  quand  le  calorique  se  degage  de 
foyers  ouverts,  ou  bien  indirecte  si  ce  calorique  traverse  d’abord  un  corps 
intermediaire  bon  conducteur.  Ce  corps  intermediaire  peut  etre  solide, 
terre  cuite,  fonte,  fer,  etc.;  liquide , tel  que  l’eau  dans  les  caloriferes 
a eau  chaude;  gazeux,  vapeur  d’eau  dans  les  caloriferes  a vapeur. 

Ventilation.  — La  ventilation  consiste  dans  le  double  fait  de  faire 
evacuer  Fair  vicie  et  corrompu  et  de  le  remplacer  par  de  Fair  pur  exempt 
de  tout  melange. 

Les  elements  qui  peuvent  vicier  Fair  sont  nombreux  ; citons  la  respira  - 
tion  animale,  les  evacuations  des  corps  fermentes  ou  en  voie  de  decompo- 
sition, les  gaz  chimiques,  les  vapeurs,  les  poussieres. 

Dans  l’enlevement  deces  elements  morbides,  il  faut  user  de  precaution, 
en  evitant  de  soumettre  les  individus  ou  les  objets  a leur  influence  alte- 
rante. 

Quant  a Fair  pur  qui  viendra  remplacer  Fair  vicie,  il  doit  etre  admis 
loin  des  individus  qui  devront  le  respirer  ; toute  admission  faite  dans 
d’autres  conditions  presenterait  cet  inconvenient  de  soumettre  les  per- 
sonnes  a des  courants  violents  dont  le  caractere  prejudiciable  est  evident. 

Le  depart  de  Fair  vicie  et  son  remplacement  par  de  Fair  pur  peuvent 
d’abord  se  faire  par  voie  d’appel,  c’est-a-dire  par  Faspiration  de  cet  air 
corrompu  qui  est  remplace  par  de  Fair  pur. 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


249 


Ils  peuvent  egalement  etre  le  resultat  do  V insufflation  refoulant  l’air 
pur  dans  le  milieu  vicie  et  en  ckassant  Fair  qui  y sejournait  aupara- 
vant. 

h'appel  et  F insufflation  peuvent  etre  combines. 

On  peut  done  ventiler  : 1°  par  appel ; 2°  par  insufflation ; 3°  par  la  com- 
binaison  de  l’appel  et  de  Finsulllation. 

Abordant  les  differents  systemes  de  chauffage  et  de  ventilation,  je  les 
resumerai  tres-brievement,  l’examen  de  ce's  deux  questions  etant  des 
plus  complexes  et  devant  necessiter  des  developpements  tres-longs  que 
ne  comporte  pas  le  travail  que  j’ai  l’honneur  de  soumettre  au  Con- 
gres. 

Ecoles  de  petites  dimensions.  — Chauffage.  — 1°  A la  partie  infe- 
rieure  des  locaux  par  des  appareils  speciaux  pour  une  ou  deux  classes ; 
ces  appareils  sont  a nervures  ou  a double  enveloppe  avec  systeme  pour  la 
saturation  suffisante  de  Fair  chauffe ; 2°  a la  partie  superieure  par  des 
caissons  etablis  aux  angles  des  plafonds  et  mis  en  communication  avec  les 
appareils  de  chauffage. 

Ventilation.  — Introduction  de  Fair neuf vers  le  nord.  Orifices  de  sortie: 
1°  par  les  angles  du  plafond  ; 2°  par  des  vasistas  a soufflet  fermes  late- 
ralement  et  places  a la  partie  superieure  des  fenetres. 

Extraction  de  Fair  vicie  : 1°  par  des  ouvertures  verticales  a la  partie 
inferieure  des  pupitres  ou  des  bancs  et  mises  en  communication  avec  les 
cheminees  d’appel  par  des  collecteurs  en  magonnerie  isolant  le  sol  du 
pavement  du  rez-de-chaussee  ou  par  des  entrevous  aux  etages,  entre  le 
plafond  et  le  plancher;  2°  par  la  partie  centrale  des  plafonds  pour  les 
gaz  plus  legers  que  Fair  nouveau  a introduire. 

Les  conduits  d’appel  sont  actives  par  les  cheminees  des  appareils  de 
chauffage  ou  par  des  bees  de  gaz. 

Creches.  — Chauffage  par  des  caloriferes  a double  enveloppe  avec 
saturateur ; des  etuves  speciales  doivent  etre  disposees  pour  le  linge 
avec  evacuation  de  vapeurs  par  la  cheminee.  La  cheminee  des  caloriferes 
chauffant  un  reservoir  d’eau  chaude  pour  le  service  interieur,  ce  reser- 
voir est  chauffe,  en  etc,  par  un  petit  foyer  special. 

Ventilation.  — Entree  par  la  partie  superieure  et  extraction  au  bas  des 
(livers  locaux. 

Lycees,  colleges  et  ecoles  de  giiandes  dimensions.  — Chauffage  a 


230 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  Gl&NliRALE. 


l’eau  chaude  et  a la  vapcur.  Ces  deux  systemes  ont  l'imraense  propriete 
de  pouvoir  emmagasiner  et  porter  au  loin  la  chaleur;  le  dernier  convient 
surtout  pour  lcs  edifices  de  grande  dimensions. 

Appareils  etablis  a la  partie  inferieure  des  edifices  dans  des  chambres 
de  melange. 

Communication  : 1°  par  des  conduits  aboutis-ant  a la  partie  superieure 
des  locaux ; 2°  par  des  tuyaux,  poeles  ou  appareils  a la  partie  inferieure  des 
cbambres  a chauffer;  permettant  ainsi  un  chauffage  regulier  a toutes  les 
hauteurs  des  divers  locaux.  Ces  poeles,  tuyaux  et  appareils  sont  dispo- 
ses de  maniere  a etre  facilement  regies. 

Ventilation.  — Introduction  de  l’air  par  appel  ou  par  insufflation  me- 
canique dans  des  chambres  de  melange  separees  par  groupe  de  construc- 
tion a ven tiler;  orifices  de  sortie  a la  partie  superieure  des  locaux. 

Extraction  par  le  bas,  les  conduits  etant  mis  en  communication  avec 
les  games  d’appel  qui  sont  activees  par  la  cheminee  des  appareils  pour 
les  edifices  de  dimensions  ordinaires  et  par  moleur  mecanique  pour 
ceux  dun  grand  developpement. 

Hopitaux.  — Chauffage.  — 1°  A l’eau  chaude  ou  a la  vapeur  par  des 
appareils  etablis  dans  les  souterrains  et  dans  des  chambres  separees  pour 
chaque  groupe  de  construction  ou  categorie  de  malades. 

Communication  avec  les  differents  locaux  par  des  orifices  etablis  a des 
hauteurs  determinees  par  genres  de  maladies. 

2°  Par  des  appareils  chauffant  directement  la  partie  inferieure  des 
locaux. 

Ventilation.  — • Introduction  de  Pair  par  insufflation  mecanique.  Arrivee 
dans  les  chambres  a certaines  hauteurs  determinees. 

Extraction  par  appel  et  moteurs  mecaniques  a la  partie  inferieure  et  au 
plafond. 

L’insufflation  et  l’extraction  par  moyens  mecaniques  sont  de  toute  ne- 
cessite  pour  ces  etablissements. 

Maisons  et  hotels  de  grandes  dimensions.  — Chauffage  a air  chaud 
suffisamment  sature  d’humidite  ou  a eau  chaude  dans  des  chambres  de 
melange  etablies  dans  les  caves. 

Communication  avec  les  appartements  par  des  conduits  aboutissant  dans 
les  corniches  ou  les  plafonds. 

Les  deux  chauffages  reunis  k air  chaud  ou  a eau  chaude  ont  produit  des 
resultats  tr^s-satisfaisants. 


CHAUFFAGE  F.T  VENTILATION. 


251 


Le  chauffage  a l’eau  permet  une  facile  saturation. 

On  arrive  a un  chauffage  regulier  dans  toutes  les  parties  des  locaux 
a chauffer  en  etablissant  des  appareils  an  has  des  appartements,  qui 
sont  ainsi  chauffes  par  le  plafond  et  facultativement  a la  partie  infe- 
rieure. 

Le  chauffage  a l’eau  avec  circulation  au  has  des  appartements  presente 
de  grands  avantages,  mais  il  a etepeu  employe  pour  les  habitations  jus- 
qu’aujourd’hui. 

Ventilation.  — Introduction  de  l’air : 1°  par  les  chambres  de  melange  en 
communication  avec  les  appartements  par  les  corniches  et  plafonds;  2°  par 
les  vasistas  des  fenetres. 

Extraction  par  des  orifices  a la  partie  inferieure  mis  dans  des  conditions 
d’appel  suffisantes  par  les  cheminees  des  appareils  de  chauffage  ou  des 
bees  de  gaz. 

Fabiiiques  et  ateliers.  — Chauffage  par  la  vapeur  a la  partie  infe- 
rieure. Elle  se  procure  toujours  facilement  dans  ces  sortes  d’etablisse- 
ments. 

Ventilation  naturelle  par  des  vasistas  a la  partie  superieure  aussi 
rapproches  que  possible  du  plafond. 

Pour  les  usines  ou  etablissements  insalubres,  extraction  des  matieres 
nuisibles  par  des  moteurs  mecaniques;  les  ventilateurs  a helice  et  Pair 
comprime  surtout  ont  produit  d’excellents  resultats. 

Theatres.  — Chauffage  par  la  vapeur  dans  des  chambres  de  melange 
disposees  sous  le  parterre  et  les  stalles  pour  la  salle,  les  couloirs  et  une 
grande  partie  des  locaux  precedant  et  entourant  les  parties  occupees  par 
les  spectateurs. 

Ces  chambres  de -melange  tres-spacieuses,  separees,  formant  reservoir 
d’air  chaud  et  divisees  pour  pouvoir  chauffer  facultativement  les  differents 
etages  sont  mises  en  communication  : 

lu  Avec  la  salle  par  des  orifices  etablis  sous  le  parterre  et  sous  le  plan- 
cher  des  stalles  et  du  parquet. 

2°  Avec  les  couloirs  par  des  conduits  dont  les  orifices  sont  places  a la 
partie  superieure  pres  du  plafond. 

3°  Par  des  poeles  ou  grillages  dans  les  pavements  et  qui  peuvent  etre 
facilement  regies  et  places  aux^differents/'etages  des  couloirs,  escaliers  et 
vestibules. 

Une  grande  partie  des  vestibules,  des  escaliers  et  corridors,  la  scene,  les 


282 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  G^NlSRALE. 


foyers,  les  grandes  logos  des  choours,  les  couloirs  des  loges,  sont  chauffes 
directement  soit  par  des  tuyaux,  soit  par  des  poeles  ou  appareils  disposes 
coiitre  les  murs  ou  sous  les  pavements. 

La  vapeur  se  prete  tres-bien  au  chauffage  des  grands  edifices  a cause 
de  ses  grandes  proprietes  de  pouvoir  etre  portee  aux  parties  les  plus  eloi- 
gnees  de  ces  constructions. 

Introduction  de  fair.  — Par  insufflation  mecanique.  L’appel  naturel 
est  completement  insuffisant  pour  la  ventilation  des  theatres. 

Les  prises  d’air  sont  disposees  au  nord  et  a l’ouest. 

Communication  des  chambres  de  melange  separees  pour  chaque  partie 
de  la  salle : 

1°  Paries  planchers  des  stalles,  du  parquet  et  du  parterre; 

2°  Par  des  cheminees  de  communication  et  par  des  doubles-fonds  dispo- 
ses sur  tout  le  pourtour  des  loges; 

3°  Par  l’avant  scene  et  par  des  ouvertures  menagees  dans  les  parois  ver- 
ticals des  murs  et  le  cadre  du  rideau  ; 

4°  Par  des  ouvertures  auxiliaires  destinees  a la  ventilation  d ete  et  me- 
nagees sous  les  planchers  des  corridors  et  des  parois  verticales  dos 
gradins  des  amphitheatres ; 

5°  Par  la  partie  superieure  au-dessus  de  la  corniche  de  la  salle. 

Tous  les  conduits  d’air  sont  munis  de  registres  places  dans  les  souter- 
rains;  ils  permettent  de  modifier  a volonte  les  quantifies  d’air  a intro- 
duce. 

On  rafraichit  cet  air  a volonte  en  le  faisant  passer  a travers  de  nom- 
breux  jets  d’eau  pulverises. 

L’evacuation  de  Pair  vicie  a lieu  : 

1°  Par  les  bouches  d’appel  placees  sur  tout  le  pourtour  vertical  infe- 
rieur  des  baignoires;  ces  bouches  sont  mises  en  communication  avec  les 
cheminees  d’appel  par  des  entrevous  disposes  sous  les  loges  du  rez-de- 
chaussee  et  suffisamment  eleves  pour  qu’on  puisse  y penetrer  pour  le 
nettoyage ; 

2°  Au  niveau  et  au  fond  du  sol  des  loges  des  differents  etages  ; 

3°  Au-dessus  des  quatriemes  galeries  et  autour  de  la  coupole  qui  cou- 
ronne  la  salle. 

Les  orifices  d’evacuation  de  Pair  vicie  sont  places  au  bas  des  loges  afin 
d’arriver  a un  renouvellement  plus  complet  de  Pair  autour  du  spectateur ; 
on  y gagne  une  hauteur  d’appel  egale  a celle  de  chacun  des  etages. 

L’extraction  a lieu: 

1°  Par  plusieurs  cheminees  d’appel  a droite  et  a gauche  de  la  salle; 

2°  Par  une  double  enveloppe  autour  du  plafond  surmontee  de  cheminees 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


253 


d’evacuation  de  grandes  dimensions  et  pouvant  etre  parfaitement  reglees. 

L’appel  est  active  par  l’air  comprime  ou  par  des  moteurs  mecaniques; 
tous  les  appels  naturels  sont  insuffisants  pour  les  edifices  d’une  certairre 
importance. 

Direction  du  service  du  chauffage  et  de  la  ventilation.  — Laregularite 
du  chauffage  et  de  la  ventilation  est  assuree  par  un  employe  qui  a dans 
son  bureau : 

1°  Les  tableaux  dedication  lui  permettant  de  connaitre  a tout  instant 
la  temperature  existante  dans  la  salle,  les  corridors,  les  foyers,  et  dans 
n’importe  quelle  place  du  theatre,  par  la  transmission  des  fils  electriques 
mis  en  communication  avec  les  thermometres  metalliques  brevetes,  poses 
dans  chacune  de  ces  places.  L’employe  peut  ainsi  faire  modifier  a volonte 
cette  temperature  sans  se  deplacer,  a l’aide  de  boutons  electriques  et  de 
porte-voix  qui  lui  permettent  de  donner  des  ordres  pour  ouvrir  ou  fermer 
les  appareils  de  communication. 

2°  Les  tableaux  indiquant  si  les  portes  sont  fermees  ou  ouvertes  au  quart, 
a moitie  ou  aux  trois  quarts.  Les  ouvertures  ayant  une  grande  influence 
sur  la  ventilation,  il  est  indispensable  d’en  concentrer  la  surveillance  dans 
des  mains  intelligentes  et  determinees. 

En  terminant  ce  rapide  examen,  je  me  suis  demande  avec  un  auteur 
des  plus  distingues,  M.  Ch.  Joly,  si  l’avenir  ne  pouvait  reserver  de  nous 
pourvoir  d’air  pur  et  de  chaleur,  comme  la  plujDart  des  villes  le  font 
aujourd’hui  pour  le  gaz  et  l’eau. 

La  science  et  l’industrie  progressent  chaque  jour,  et  il  y a lieu  d’esperer 
que  l’on  finira  par  supprimer  les  obstacles  et  resoudre  le  probleme. 


Memoire  sur  le  chauffage  et  la  ventilation  des  voitures  a voyageurs, 
'presente  par  M.  Serta.  chef  de  station,  a Tirlemont. 


Le  nouveau  systeme  de  chauffage  et  de  ventilation  dont  je  suis  Fin- 
venteur  comprend  quatre  organes  principaux  necessaires  i\  son  fonction- 
nement,  savoir  : un  calorifere , un  ventilateur , des  tuyaux  de  conduite  et  des 
benches  de  chaleur. 

Ces  appareils  deviennent  solidaires  entre  eux  pendant  la  saison  d’hiver. 
Les  deux  premiers  sont  places  soit  sur  le  tender  de  la  locomotive,  soit 


254 


TKEMlilRE  SECTION.  — HYGIENE  GiiNJilRALK. 


dans  un  fourgon,  c'est-i\-dire  autant  que  possible  a la  tete  du  train  ; les 
deux  derniers  sont  fixes  au  plancher  des  voitures  a voyageurs. 

Le  calorifere  consiste  dans  sa  disposition  la  plus  simple  en  une  colonne 
verticale  cylindrique  en  fonte  de  lm20  de  hauteur  sur  0mG95  de  diametre, 
renfermant  le  foyer  et  surmonte  d’un  tuyau  egalement  vertical  servant  de 
clieminee  et  couronne  d’un  petit  appareil  diaphragmatique,  pour  activer  le 
tirage ; la  colonne  qui  contient  le  foyer  est  environnee  d’une  enveloppe  me- 
tallique  de  plus  grandes  dimensions,  formant  la  chambre  a air. 

Cet  espace  entre  la  colonne  et  l’enveloppe  communique  directement  avec 
l’air  exterieur  par  l’ouverture  de  0 ni  1 5 sur  0m42  se  trouvant  sous  le  cen- 
drier  du  foyer,  ainsi  que  par.celles  environnant  la  porte  du  foyer  du  calo- 
rifere. 

Ces  prises  d’air  sont  pourvues  de  portes  a glissieres  pour  regler  le  tirage 
et  garnies  d’une  feuille  de  fine  toile  metallique  afin  d’empecher  l’introduc- 
tion  de  la  poussiere;  elles  presentent  une  surface  totale  de  0m256.  Une 
troisieme  bouche  d’air  se  trouve  entre  les  deux  deja  indiquees  et  sert  a 
l’alimentation  du  foyer. 

Une  doublure  de  0m575  de  diametre  interieur  sur  0m15  de  hauteur  et 
0m04  d’epaisseur  en  terre  refractaire  isole  les  parois  interieures  du  con- 
tact direct  du  feu  du  foyer  et  garantit  la  colonne  principale  du  calorifere 
contre  une  desagregation  rapide. 

Pour  pouvoir  chauffer  le  plus  grand  nombre  de  voitures  qu’il  soit  pos- 
sible d’atteler  a un  train  de  voyageurs,  on  augmente  la  surface  de  chauffe 
par  la  simple  introduction  d’une  tubulure  en  fonte,  en  cuivre  rouge  ou  en 
fer  etire  a l’interieur  du  calorifere ; cette  modification  peut  etre  operee  avec 
facilite,  car  le  fond  de  l’appareil  est  mobile  comme  celui  de  son  enveloppe. 

Des  deux  cotes  de  la  clieminee,  a la  partie  superieure  de  la  calotte  enve- 
loppant  la  chambre  a air  chaud,  est  adaptee  une  soupape,  afin  de  pouvoir 
degager  le  trop  plein  de  chaleur  au  moment  voulu,  pendant  barret  trop 
prolonge  d’un  train  dans  une  station,  par  exemple. 

L’appareil  est  aussi  muni  d’un  thermometre  qui  indique  le  degre  de  la 
chaleur  donnee. 

Le  ventilateur,  place  immediatement  derriere  le  calorifere  dont  il  as- 
pire la  chaleur  produite,  consiste  en  une  caisse  en  forme  d’escargot  renfer- 
mant une  roue  a palettes  belico'ides  de  0m32  de  diametre  sur  0n,12  de  lar- 
geur  paralleles  a l’axe,  ayant  deux  ouvertures  centrales  de  faisant, 
pour  une  vitesse  de  la  marche  du  train  de  40  kilometres  a l’heure,  1,862 
tours  en  une  minute  et  exigeant  une  force  motrice  de  3/4  de  cheval  vapeur, 

L’air  chauffe  sortant  du  calorifere  se  refroidit  dans  les  tuyaux  et  tou- 
jour s davantage  a mesure  qu’il  se  rapproche  de  la  fin  de  la  conduite.  Ce 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


255 


refroidissement  depend  a la  fois  de  la  vitesse  d’ecoulement,  de  la  perte  de 
chaleur  par  le  tuyau  et  de  la  repartition  de  la  clialeur  dans  cliaque  tranche 
transversale.  Ces  phenomenes  sont  si  compliques  et  si  variables  qu’il  est 
impossible  de  calculer  exactement  la  temperature  des  differents  points  des 
tuyaux  et,  par  suite,  l’etendue  de  la  surface  de  cliaulfe. 

L’axe  du  ventilateur,  d’une  longueur  totalede  0ra75,  porte  d’un  cote  une 
pouliede  0m07  de  diametre  ; une  seconde  poulie  de  0m49  de  diametre  est 
fixee  sur  Tun  des  essieux  du  vehicule  portant  l’appareil : elle  est  reliee  k la 
premiere  par  une  courroie  coordonnant  les  mouvements. 

Ce  ventilateur- aspirateur  est  construit  dans  le  but  d’aspirer  et  de  ckasser 
de  grands  volumes  d’air  avec  un  nombre  minimum  de  rotations  et  sans 
comprimer  Fair  inutilement. 

Pour  mesurer  la  vitesse  de  Fair  lance  dans  les  voitures,  on  emploie 
l’anemometre  a pointage  de  M.  Bianche,  qui  permet  d’observer  le  mou- 
vement  de  Fair  dans  le  cas  de  vitesse  de  20  a 30  par  1 ; et  comme  une 
grande  vitesse  empecherait  Fair  introduit  dans  le  calorifere  de  se  chauffer 
suffisamment,  on  la  reduit  en  diminuant  le  diametre  de  la  grande  poulie, 

Enete,  le  ventilateur  regoit  Fair  qui  s’engouffre  dans  le  calorifere,  trans- 
forme, faute  de  feu,  en  vaisseau  refrigerant,  le  lance  dans  les  comparti- 
ments  et  y produit  une  temperature  agreable. 

Des  tuyaux  de  conduite  en  tole  de  0m15  d’ouverture  (diametre),  adaptes 
sous  le  plancher  des  voitures,  servent  a repartir  la  chaleur  donnee  par  le 
calorifere.  Dans  chaque  compartiment,  se  trouve  une  bouclie  de  chaleur, 
garnie  d’une  plaque  percee  mobile  ; a l’aide  d’un  bouton,  cette  prise  d’air 
peut  etre  ouverte  et  fermee  a volonte.  Une  semblable  bouclie  de  chaleur 
existe  a l’extremite  de  la  conduite. 

Le  canal  en  tole  est  enveloppe,  sur  toute  sa  longueur,  d’une  couverture 
en  feutre  russe,  afin  d’empecher  le  refroidissement  de  Fair  cliaud  par  le 
frottement  des  courants  exterieurs. 

La  transmission-  ou  le  passage  des  courants  d’air  d’un  wagon  a l’autre 
s’opere  par  des  tuyaux  en  caoutchouc  vulcanise  renfermant  un  mandrin  de 
fil  d’acier,  fixe  aux  extremites  par  des  brides,  moufles  ou  courroies  per- 
mettant  un  declan chement  facile  et  rapide. 

Get  appareil  de  transmission  nc  permet  aucune  perte  de  chaleur ; il  est 
flexible,  sc  plie  et  se  redresse  a volonte. 

Telle  est,  en  resume,  la  construction  desappareils  au  moyen  desquels  on 
modifie  la  temperature  ii  l’interieur  des  voitures  a voyageurs  scion  la  saison. 


PREMIERE  SECTION.  — HYGI&NE  G£n£RALE. 


250 


Memoir e presente  par  M.  Somasco,  ingenieur , a Bruxelles. 

Une  cles  questions  les  plus  importantes  se  rattachant  a notre  hygiene 
est,  sans  contredit,  celle  qui  concerne  la  ventilation. 

La  bonne  qualite  de  l’air  que  nous  respirons  a une  influence  evidente  sur 
la  sante  generale  et  il  faut  reconnaitre  que,  dans  l’etat  actuel  des  choses, 
bien  des  maladies  ont  pris  leur  germe  dans  1 ’atmosphere  malsaine  des  salles 
d’ecoles  et  se  sont  aggravees,  plus  tard,  dans  l’atmosphere  viciee  des  sa- 
lons, des  theatres,  des  salles  de  reunion,  en  general. 

La  science  du  chauffage  et  de  la  ventilation  est  celle  qui  permet  d’assurer 
a l’air  que  nous  respirons,  dans  tous  les  cas  et  quelles  que  soient  les  con- 
ditions de  notre  existence,  les  qualites  necessaires  pour  que  son  action  in- 
cessante  sur  nos  organes  n’apporte  avec  elle  aucune  cause  de  trouble  pour 
la  sante. 

Cette  definition  montre  que  l’etude  de  Fair  atmospherique  prend  la  pre- 
miere place  dans  les  recherches  relatives  au  chauffage  et  a la  ventilation. 

L’oxygene  de  l’air,  se  transformant  en  acide  carbonique  par  le  fait  de 
la  respiration,  a besoin  d’etre  remplace  constamment  par  de  l’oxygene  nou- 
veau, sous  peine  de  rendre  Fair  irrespirable  dans  un  temps  tres-court. 

Ce  travail,  que  la  nature  accomplit  merveilleusement  par  la  nutrition 
des  plantes  qui  s’assimilent  l’anhydride  carbonique,  a besoin  d’etre  produit 
d’une  fagon  factice  toutes  les  fois  que  nous  sortons  des  conditions  regu- 
lieres  de  l’existence. 

Lorsqu’une  agglomeration  plus  ou  moins  grande  de  monde  a lieu  dans 
un  local  ferme,  il  est  urgent  d’assurer  une  ventilation  permettant  de  rem- 
placer  par  de  Fair  contenant  la  quantite  voulue  d’oxygene  celui  charge 
d’ acide  carbonique  qui  est  le  produit  final  de  notre  respiration. 

C’est  la  le  but  de  la  ventilation. 

En  outre,  il  convient,  lorsque  la  temperature  exterieure  l’exige,  de  modi- 
fier la  temperature  interieure  des  locaux  conformement  aux  besoins  du 
bien-etre  et  de  l’hygiene. 

C’est  la  le  but  du  chauffage. 

En  un  mot,  le  chauffage  et  la  ventilation  ont  pour  consequence  de  nous 
maintenir  toujours  dans  un  milieu  pourvu  d’air  a temperature  convenable- 
ment  reglee. 

Le  probleme  du  chauffage  et  de  la  ventilation  n’est  pas  si  facile  a re- 
soudre  qu’il  le  parait  au  premier  abord,  et  l’on  s’explique  aisement,  apres 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


257 


an  court  examen  de  la  question,  pourquoi,  meme  aujourd’hui,  un 
grand  nombre  de  nos  monuments  sont  encore  depourvus  de  moyens  per- 
mettant  d’assurer  une  ventilation  dont  Futility  n’est  en  doute  pour  per- 
sonne. 

Que  faut-il  done  faire  pour  satisfaire  aux  conditions  d’hygiene  au  point 
de  vue  de  Fair  des  locaux? 

D’abord,  prendre  de  Fair  pur ; le  chauffer,  si  la  saison  l’exige,  sans  alte- 
rer  sa  qualite ; conduire  cet  air  jusqu’au  local  a chauffer;  l’introduire  a 
l’interieur  des  pieces  sans  occasionner  de  courants  d’air  genants;  enlever 
Fair  vicie  aussi  pres  que  possible  de  l'endroit  ou  sont  produites  les  causes 
de  viciation,  toujours  sans  courants  d’air;  enfin  s’arranger  de  telle  sorte 
qu’il  n’y  ait  aucun  cas  de  rentrees  d’air  exterieur  par  les  fissures  des 
portes,  des  fenetres  ou  les  ouvertures  accidentelles.  — Par  exemple, 
il  ne  faut  pas  que  l’ouverture  d’une  porte  de  loge  dans  un  theatre 
amene  un  courant  d’air  froid  a l’interieur  de  la  salle  ou  que  l’ouver- 
ture  d’un  vasistas  dans  un  salon  rende  inhabitable  une  partie  de  ce 
salon. 

Voila  bien  des  questions  posees.  Examinons  comment  on  peut  les  re- 
soudre. 

D’abord,  il  faut  de  Fair  pur;  toutes  les  fois  qu’on  le  pourra,  Fair 
sera  pris  dans  un  jardin;  a defaut  de  jardin,  on  le  prendra  sur  la  toi- 
ture  des  edifices,  dans  une  partie  exposee  au  nord.  Dans  les  pays  ou  Faction 
des  vents  est  une  des  conditions  normales  de  l’atmosphere,  on  etablira 
deux  prises  d’air  dans  des  directions  opposees. 

Il  faut  ensuite  chauffer  Fair.  Trois  systemes  sont  en  presence  : les  calo- 
riferes  a air  chaud,  a eau  chaude  et  a vapeur. 

Chaque  systeme  a ses  avantages  et  ses  inconvenients  et  trouve  son  ap- 
plication rationnelle  suivant  les  cas.  Nous  ne  pouvons  pas  entrer  dans 
l’examen  des  merites  comparatifs  de  chacun  d’eux;  nous  devons  seulement 
nous  rendre  compte  de  la  difficulty  que  presente  le  chauffage  de  Fair  au 
point  de  vue  puremeiit  hygienique.  Nous  savons  que  si  l’on  met  un  poele 
en  fonte  porte  a la  temperature  rouge  dans  une  piece  de  petites  dimen- 
sions, Fair  qui  s’echauffe  au  contact  de  ce  poele  produit  sur  nos  organes 
des  effets  physiologiques  tres-accentues  qui  ne  tardent  pas  a provoquer  un 
malaise. 

Les  causes  de  l’insalubrite  des  poelcs  en  fonte  out  donne  lieu  a de  lon- 
gues polemiques,  qui  n’ont  pas,  il  est  vrai,  beaucoup  eclairci  la  question. 
Nous  n'avons  pas  la  pretention  de  vouloir  indiquer  les  raisons  d’un  phe- 
nomene  au  sujet  duquel  des  opinions  plus  autorisees  que  la  notre  out  deja 
ete  emises.  Nous  nous  permettrons  seulement  de  resumer  les  hypotheses 


a 


258 


PREMIERE  SECTION. 


HYGIENE  G^NIiRALE. 


qui  ont  ete  faites  et  de  donner  notre  avis  dans  la  question.  D’abord,  il  est 
un  point  indiscutable  : c’est  que  Fair  atmospherique  normal  contenant  en 
dissolution  une  certaine  quantite  de  vapeur  d’eau  et  ayant  la  propriety 
d’en  contenir  d’autant  plus  que  sa  temperature  est  plus  elovee,  il  faut,  lors- 
qu’on  chauffe  de  Fair,  lui  donner  la  quantite  d’eau  necessaire  pour  que  sa 
saturation  soit  amenee  a un  degre  convenable. 

C’est  un  point  qui  a toujours  ete  mal  resolu;  on  a donne  trop  ou  trop 
peu,  et  nous  verrons  quels  sont  les  moyens  a employer  pour  donner  la  quan- 
tite d’eau  strictement  necessaire. 

Revenons  au  cliauffage  proprement  dit. 

Il  est  evident  que  si  l’on  prend  de  Fair  chimiquement  pur,  qu’on  le 
cliauffe  a une  temperature  quelconque,  Ton  aura  encore  de  Fair  chimique- 
ment pur,  si  l’on  n’introduit  pas  toutefois  d’elements  nouveaux,  provenant 
soit  des  infiltrations  des  gaz  de  la  combustion,  soit  d’autres  causes. 

L’air  etant  un  melange  de  deux  corps  simples,  c'est-a-dire  indecom- 
posahles,  il  ne  devrait  a premiere  vue  se  produire  aucun  effet  contraire  a 
l’hygiene.  Cependant  cet  effet  a ete  parfaitement  constate,  et  les  expe- 
riences du  docteur  Carret  sont  venues  lui  attribuer  une  partie  des  maladies 
qui  desolent  les  pays  montagneux.  On  a,  naturellement,  cherche  la  raison 
de  ce  phenomene  et,  ayant  trouve  dans  Fair  recueilli  dans  des  salles  chauf- 
fees  par  des  poeles  en  fonte  portes  au  rouge  des  traces  de  gaz  oxyde  de 
carbone,  e’est-a-dire  un  poison  des  plus  violents,  le  champ  des  supposi- 
tions s’est  trouve  ouvert.  D’abord,  et  surtout,  on  a attribue  la  presence  de 
l’oxyde  de  carbone  a des  corpuscules  organiques  contenus  en  suspension 
dans  Fair,  a des  poussieres  vegetales  qui,  venant  se  bruler  au  contact  de 
la  fonte  rouge,  formaient  la  premiere  cause  d’insalubrite.  D’autre  part, 
on  a pense  que  la  fonte  rouge  avait  une  permeabilite  suffisante  pour  sa 
laisser  traverser  par  des  gaz  incompletement  brides  a l’interieur  du  foyer. 

Je  ferai  remarquer  qu’a  moins  d’admettre  un  phenomene  d’endosmos 
tres-energique  au  travel’s  du  metal,  il  est  bien  difficile  de  penser  que  le: 
gaz  du  foyer  penetrent  par  porosite  dans  la  piece  chauffee.  Il  est  bien  plu 
naturel  d’admettre,  en  raison  du  tirage  du  foyer,  et  si  Fon  suppose  cett 
porosite,  que  c’est  Fair  de  la  piece  qui  ira  se  melanger  aux  gaz  de  1 
combustion. 

On  peut  remarquer  aussi  que  la  fonte  est,  en  resume,  un  compose  de  car-; 
bone  et  de  fer;  que  la  fonte  chauffee  au  rouge,  en  presence  de  la  vapeui 
d’eau  contenue  dans  Fair,  doit  decomposer  cette  vapeur  d’eau  et  s oxydei 
rapidement;  que  le  carbone  laisse  libre  par  une  partie  de  l’oxydation  du 
metal  peut  aussi  s’oxyder  a son  tour  et  que,  par  consequent,  la  presence  | 
de  l’oxvde  de  carbone  serait  toute  naturelle. 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


259 


Cette  theorie  viendrait,  du  reste,  corroborer  les  assertions  du  docteur 
Carret,  qui  reconnait  que  les  poeles  en  tole,  c’est-ii-dire  construits  en 
fer  pur,  ne  presentent  pas  les  inconvenients  des  poeles  en  fonte. 

Pourquoi  aussi  ne  pas  cliercker  la  raison  de  l’insalubrite  de  l’air 
ckauffe  dans  un  autre  ordre  d’idees  ? Peut-etre  en  ckauffant  brusquement 
de  Pair  s’opere-t-il  une  transformation  allotropique  des  deux  gaz  ou  de 
Pun  des  deux  gaz  qui  entrent  dans  sa  composition,  transformation  dont 
certains  corps,  le  soufre,le  pliosphore,  nous  donnent  l’exemple,  et  certaine- 
ment  la  presence  ou  l’absence  d’ozone  dans  Pair  doivent  jouer  un  role 
important  dans  la  question. 

Pour  trouver  la  meilleure  solution  du  probleme  de  chauffage  de  Pair, 
voyons  ce  que  fait  la  nature,  qui  se  trouve  en  presence  des  memes  difficul- 
tes  que  nous  et  qui  certainement  a de  bons  moyens  pour  les  resoudre. 

L’air,  dont  la  temperature  descend  en  hiver  a 20°  au-dessous  de  zero 
dans  nos  climats,  est  insensiblement  amene  a une  temperature  superieure 
a 30°  pendant  Pete.  Cet  eckauffement  se  fait  surtout  par  Paction  des 
rayons  solaires.  II  entraine  des  deplacements  d’air  ou  des  vents  qui  sont 
la  consequence  inevitable  des  cliangements  de  saison.  Cet  air  ckauffe 
lentement  se  trouve  en  presence  de  l’eau  des  pluies  qui  s’y  dissout,  il  est 
entraine  par  les  vents  au  travel’s  des  forets  qui  le  purifient,  et  lorsque 
cette  grande  operation  annuelle  est  terminee,  c’est-a-dire  au  printemps, 
Pair  presente  toutes  les  conditions  necessaires  pour  satisfaire  aux  besoins 
de  notre  existence. 

L’bomme,  qui  a la  pretention  d’aceomplir  en  quelques  minutes  ce  que  la 
nature  met  plusieurs  mois  a faire,  doit  evidemment  prendre  les  plus  gran- 
des  precautions  s’il  ne  veut  pas  renverser  l’ordre  de  cboses  etabli.  II 
doit  tirer  des  consequences  logiques  du  grand  exemple  qu’il  a sous  les 
yeux  et  il  doit  y puiser  des  donnees  saines  qui  lui  dicteront  la  ligne  de 
conduite  qu’il  a a tenir. 

Remarquons,  d’ autre  part,  qu’il  est  indiscutable  que  l’effet  physiologique 
produit  par  le  chauffage  d’un  foyer  apparent,  tel  qu’une  cheminee,  effet  qui 
se  traduit  par  une  reelle  sensation  de  bien-etre,  n’est  pas  comparable  avec 
celui  produit  par  des  appareils  de  chauffage  quelconque,  et  que  la  chaleur 
rayonnante  a,  en  ce  qui  concerne  notre  hygiene,  des  avantages  conside- 
rables sur  la  chaleur  obtenue  par  contact,  ou  chaleur  obscure.  Mais,  d’un 
autre  cote,  la  cheminee  a cet  inconvenient  de  n’utiliser  qu’une  tres-minime 
partie  de  la  chaleur  produite  par  le  combustible  ; au  point  de  vue  econo- 
mique,  elle  doit  etre  rejetee  toutes  les  fois  qu’il  s’agit  d’un  chauffage  im- 
portant, et  il  faut  bien  alors  recourir  aux  appareils  donnant  de  la  chaleur 
obscure.  Pour  bien  les  construire,  observons  ce  que  fait  la  cheminee.  — 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GliNERALE. 

Elle  ecliauffe  l’air  des  pieces  surtout  par  rayonnement.  Elleagit  a la  fa(;on 
du  soleil  sur  la  surface  de  la  terre  et  c’est  a cette  similitude  qu’il  faut  cer- 
tainement  attribuer  les  bons  elfets  physiologiquos  qu’elle  produit.  Elle  a 
pour  grand  avantage  que  l’air  d’une  piece  qui  doit  etre  respire  a 20°  par 
exemple  n’est  ecliauffe  qu’a  20°,  tandis  que  tous  les  appareils  de  chauffage, 
en  general, ont  pour  inconvenient  de  chauffer  l’air  a une  temperature  supe- 
rieure  a celle  a laquelle  il  doit  etre  respire.  C’est  un  fait  presque  ine- 
vitable en  pratique.  II  est  evident  que  si  i’on  veut  chauffer  une 
piece  a 20°  par  emission  d’air,  il  faudra,  vu  les  causes  de  refroidissement 
qui  existent  dans  cette  piece,  chauffer  Fair  a une  temperature  plus 
elevee,  et  que  l’ecart  de  temperature  entre  Fair  introduit  et  Fair  de  la 
piece  sera  d’autant  moindre,  les  causes  de  refroidissement  restant  les 
memes,  que  la  quantite  d’air  introduit  sera  plus  grande.  Done,  pour  se 
rapprocher  de  Fideal  a atteindre,  il  faut  chauffer  par  de  grandes  quan- 
tites  d’air  k temperature  peu  elevee,  e’est-a-dire  differant  aussi  peu  que 
possible  de  la  temperature  a laquelle  cet  air  doit  etre  respire.  C’est  un 
point  sur  lequel  aujourd’hui  tout  le  monde  est  d’accord. 

Reste  la  question  d’humidification  de  Fair.  — L’eau  est  necessaire  dans 
Fair,  dans  une  proportion  convenable.  L’air  sec  aurait  pour  inconvenient 
d’amener  a la  surface  de  la  peau  et  des  muqueuses  une  evaporation  trop 
considerable ; Fair  trop  humide  arreterait  completement  cette  evaporation 
et  apporterait  un  malaise  que  nous  ressentons,  du  reste,  pendant  Fete,  au 
moment  oh  l’atmosphere  est  chargee  d’humidite  pendant  la  periode  qui 
precede  les  orages.  L’air  normal  doit  etre  a peu  pres  sature  a moitie. 

Yoyons  encore  ce  que  la  nature  fait  pour  obtenir  ce  resultat. 

L’air  mis  an  contact  des  pluies  on  entraine  par  les  vents  au-dessus  des  i 
rivieres  est  dans  des  conditions  excellentes  pour  absorber  l’humidite.  En 
raison  de  l’evaporation  naturelle  qui  se  produit  a la  surface  de  la  terre  par  f 
toutes  les  matieres  organisees  qui  couvrent  le  sol,  il  est  evident  meme  que  t 
sa  saturation  deviendrait  complete,  au  bout  d’un  certain  temps,  si  aucune  : 
circonstance  ne  venait  l’empecher.  Mais  le  refroidissement  nocturne  fait  i 
que  l’exces  d’eau  se  depose  sous  forme  de  rosee  et  que  les  choses  sont  tou-  . 
jours  ramenees  a leur  etat  normal.  L’air  pris  au  milieu  du  jour  se  trouve  f. 
done  dans  des  conditions  d’humidite  convenable. 

Si  nous  appliquons  ce  raisonnement  aux  appareils  de  chauffage,  nous  r 
reconnaissons  qu’un  calorifere  donnant  de  Fair  sature  est  un  tres-mauvais  i 
appareil,  d’autant  plus  que  ce  calorifere  donnant  de  l’air  a une  temperature, 
superieure  a celle  a laquelle  Fair  doit  etre  respire,  le  calorifere  donneraitl 
un  exces  considerable  d’humidite  qui  serait  certainement  nuisible  pour 
la  sante. 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


261 


Admettons,  pour  fixer  les  idees,  que  l’air  sorte  suture  d’un  calorifere  a 
la  temperature  de  40°,  que  la  temperature  moyenne  de  la  piece  chauffee 
soit  20°,  enfin  que  la  temperature  exterieure  soit  0°. 

L’air  normal  a 0°  doit  contenir  environ  2 a 3 grammes  d’eau  par  metre 
cube.  L’air  normal  a 20°  doit  en  contenir  environ  10  grammes.  Enfin 
l’air  sature  a 40°  en  contient  46  grammes. 

Un  calorifere  qui  donnerait  de  l’air  sature  apporterait,  par  consequent, 
dans  la  piece,  par  cliaque  metre  cube  d’air  introduit,  un  excedant  d’eau 
nuisible  de  46  grammes  moins  10  grammes  : soit  36  grammes. 

Or,  s’il  semble  simple  de  mettre  de  la  vapeur  d’eau  dans  Fair,  il  est 
assez  difficile  de  n’en  mettre  que  ce  qu’il  faut. 

Cependant  remarquons  que  Fair  exterieur  prisa  0°  et  devant  sortir  a 40° 
du  calorifere  va  passer  successiveme'nt  par  toutes  les  temperatures  com 
prises  entre  0 et  40°.  II  y aura  evidemment  un  moment  ou  la  tempera 
ture  de  cet  air  sera  precisement  celle  de  l’interieur  des  locaux,  c’est-a-dire 
20°.  Si.  a ce  moment  precis,  nous  mettons  cet  air  en  contact  avec  de 
l'eau  a 20°  comme  lui,  en  le  faisant  passer  a la  surface'  d’un  vase  dispose 
pour  cela,  nous  nous  approclierons  des  conditions  naturelles  etnous  l’humi- 
difierons  convenablement.  Une  fois  humidifie,  c’est-a-dire  une  fois  que 
cbaque  metre  cube  aura  pris  les  8 grammes  d’eau  necessaires  pour  com- 
pleter les  10  grammes  indispensables  a notre  respiration,  il  nous  impor- 
tera  peu  que  cet  air  s’echauffe  a 40°.  Nous  sommes  bien  certains  d’avance 
que  lorsqu’il  sera  introduit  dans  la  piece  et  qu’il  sera  refroidi  par  son  me- 
lange avec  Fair  ambiant  a la  temperature  de  20°,  a laquelle  il  doit  etre 
respire;  nous  sommes  bien  certains,  dis-je,  qu’il  contiendra  les  10  gram- 
mes d’eau  necessaires  a notre  hygiene. 

Ceci  montre  que  le  probleme  de  la  bonne  humidification  de  Fair  est  solu- 
ble ; ceci  montre  aussi  que  les  vases  d’eau  que  l’on  met  dans  les  caloriferes 
pour  atteindre  ce  but  doivent  etre  places  dans  le  courant  d’air  qui 
s’echauffe,  et  non  dans  le  courant  d’air  echauffe,  contrairement  a ce  qui 
sefait  malheureusement  dans  un  tres-grand  nombre  d’appareils. 

L'air,  chauffe  a temperature  differant  tres-peu  de  celle  de  Fair  des 
locaux,  humidifie  convenablement,  est-il  de  Fair  parfait  au  point  de  vue 
de  nos  organes?  Non,  sans  doute.  Il  y a toujours  une  difference  qui  est 
celle  qu’on  constate  entre  les  eaux  minerales  naturelles  et  les  eaux  mine- 
rales  artificielles.  Au  point  de  vue  chimique,  c’est  identique;  au  point  de 
vue  physiologique,  c’cst  tout  different. 

Cependant  l’emploi  des  precautions  que  je  viens  d’indiquer  permet  de 
sapprocher  autant  que  possible  de  la  perfection,  et  dans  l’etat  actucl  de  la 
science  du  chauffage  il  faut  s’en  tenir  la. 


262 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GlforiRALE. 


Pour  suivre  l’ordre  d’idees  que  nous  avons  adopte,  examinons  mainte- 

nant  comment  on  peut  et  comment  on  doit  conduire  cet  air  au  local 
chauffe. 

Pour  cela,  on  dispose  de  bien  des  moyens  : 

Les  uns  sont  bases  sur  la  diminution  de  densite  de  l’air  chaud  qui  lui 
donne  une  force  ascensionnelle. 

Je  les  designerai  sous  le  nom  de  moyens  physiques. 


Les  autres  out  recours  a des  appareils  mecaniques,  ventilateurs,  helices, 
pompes  a air  pour  mettre  Fair  en  mouvement. 

Je  les  appellerai  moyens  mecaniques. 

Dans  les  deux  cas,  on  peut  agir  soit  en  formant  Fair  pur  a entrer  dans 
le  local,  soit,  au  contraire,  en  aspirant  Fair  vicie  du  local  et  en  laissant 
Fair  pur  prendre  la  place  qu’occupait  Fair  vicie. 

Et  Fon  a deux  systemes  connus  sous  le  nom  de  : 

Ventilation  par  insufflation. 

Ventilation  par  appel. 

Nous  ne  voulons  pas  entrer  dans  le  detail  des  merites  comparatifs  de 
chaque  systeme.  Cependant  il  est  facile  de  reconnaitre  a priori  que 
Femploi  de  moyens  physiques  a sur  Femploi  des  moyens  mecaniques  l’avan- 
tage  de  la  simplicity  mais  que  ces  derniers  ont,  de  leur  cote,  les  avantages 
de  l’energie,  de  la  puissance  d’action  et  souvent  de  Feconomie. 

Les  moyens  physiques  de  ventilation  conviennent  toutes  les  fois  que 
Fon  a affaire  a des  installations  de  petites  dimensions  ou  presentant  des 
conditions  relativement simples.  C’est  le  cas  des  appartements  et  desecoles. 

Les  moyens  mecaniques  sont,  au  contraire,  d’un  emploi  indispensable 
toutes  les  fois  qu’il  faut  produire  une  ventilation  energique  correspondant 
a une  grande  agglomeration  dans  un  lpcal  de  petite  capacite  : c’est  le  cas 
des  salles  de  reunion,  des  hopitaux,  des  theatres. 

Ainsi  que  nous  l’avons  dit,  la  ventilation  peut  se  taire  par  insufflation 
ou  par  appel.  Chaque  systeme  a ses  avantages  et  ses  inconvenients. 

Supposons  un  local  quelconque  Si,  par  des  ouvertures  disseminees  dans  i 
la  salle,  on  introduit  une  quantite  d’air  au  moyen  de  ventilateurs  ou  d’ap- 
pareils  insufflants  quelconques,  et  si  on  laisse  simplement  s’echapper  Fair  , 
vicie  par  des  orifices  menages  a cet  effet  et  communiquant  avec  l’exterieur,  i 
on  aura  fait  de  la  ventilation  par  insufflation. 

Si,  au  contraire,  on  applique  le  moyen  de  mise  en  mouvement  d’air  sur 
Fair  vicie  par  sa  sortie  de  la  salle  et  qu’on  laisse  rentrer  Fair  chaud  a Fin- 
terieur  du  local  en  raison  de  la  depression  produite,  on  aura  fait  de  la  ven- 
tilation par  appel. 

En  un  mot,  dans  les  deux  cas,  il  faut,  pour  faire  de  la  ventilation,  un 


OHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


2G5 


entree  pour  l’air  pur,  une  sortie  pour  Fair  vicie  et  uno  force  pour  mettre 
Fair  en  mouvement. 

Si  cette  force  agit  sur  Fair  pur  avant  son  introduction,  c’est  de  la  venti- 
lation par  insufflation;  si,  au  contraire,  elle  agit  sur  Fair  vicie  apres  sa  sortie 
de  la  salle,  c’est  de  la  ventilation  par  appel. 

Le  resultat  semble  a premiere  vue  le  meme  dans  les  deux  cas.  II  est 
cependant  bien  different  en  pratique,  et  je  vais  tacher  d’en  faire  compren- 
dre  la  raison. 

Si,  dans  un  local  quelconque,  nous  insufflons  de  Fair  pur,  cet  air  va 
prendre  en  entrant  une  direction  conforme  k sa  densite.  S’il  est  plus  chaud 
que  Fair  du  local,  il  se  dirigera  vers  la  partie  haute  et  ne  descendra  qu’a- 
pres  s’etre  convenablement  refroidi.  On  ne  sera  pas  absolument  maitre 
d’eviter  son  melange  avec  Fair  vicie ; la  question  de  temperature  decidera 
seule  de  la  direction  qu’il  devra  prendre,  et  Fair  qui  sortira  par  les  orifices 
d evacuation  sera  un  melange,  dans  une  proportion  variable,  de  Fair  pur 
introduit  et  non  utilise  avec  Fair  vicie. 

Si,  dans  le  meme  local,  on  agit  par  appel  et  si  les  bouches  d’aspiration 
sont  reparties  sur  toute  la  surface  oil  les  viciations  se  produisent,  on  sera 
sur  que  Fair  vicie,  trouvant  une  issue  et  un  appel  energiqueou  il  se  produit, 
ne  se  melangera  pas  avec  Fair  pur. 

Voila  un  avantage  de  la  ventilation  par  appel. 

Mais  prenons  la  question  d’un  autre  cote  et  examinons  ce  qui  se  passe 
au  point  de  vue  physiologique,  en  comparant  les  effets  produits  par  deux 
orifices  de  mise  en  mouvement  d’air  dont  Fun  insuffle  et  Fautre  aspire  dans 
les  memes  conditions. 

Si  nous  approchons  a petite  distance  des  deux  bouches,  nous  sentirons 
tres-vivement  a la  main  le  courant  produit  par  la  bouche  d’insufllation, 
c’est-a-dire  par  celle  qui  souffle  de  l’exterieur  vers  nous.  Si  nous  appro- 
chons au  contraire  de  la  bouche  d’appel,  c’est-a-dire  pres  de  celle  qui 
donne  un  courant  d’air  allant  de  nous-memes  a l’exterieur,  nous  ne  senti- 
rons a la  meme  distance,  et  meme  a une  distance  beaucoup  moindre,  aucun 
courant  appreciable;  et  cependant  observons  que  la  quantite  d’air  passant 
par  les  deux  bouches  est  la  meme.  Ce  fait  fort  remarquable,  et  dont  je  ne 
crois  pas  utile  de  donner  une  explication  detaillee,  a une  tres-grande  im- 
portance au  point  devue  de  la  repartition  des  courants  gazeux  a Finterieui 
d’un  local.  Il  a cette  consequence  : c’est  que  l’ouverture  accidentelle  d’une 
porte  ou  d’une  fenetre  dans  un  local  ventile  produira  des  effets  absolument 
differents  suivant  lc  systeme  de  ventilation.  Dans  le  cas  de  l’insufflation, 
par  exemple,  cette  ouverture  occasionnera  une  pertc  d’air  inutile,  c’est 
vrai,  mais  qui  ne  sera  genante  pour  personne.  Dans  le  cas  de  la  venti- 


26i 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GENERALE. 


lation  par  appel,  au  contraire,  l’air  exterieur  affluera  par  l’ouverture  acci- 
dentelle  et  occasionnera  un  courant  d’air  non  prepare  sensible  a grande 
distance. 

• C’est  la  un  inconvenient  grave  de  la  ventilation  par  appel  et  qui  la  fait 
rejeter  dans  bien  des  cas. 

Ainsi,  la  ventilation  par  appel  repartit  mieux  Pair  a Pinterieur  des  lo- 
caux;  elle  permet  d’enlever  Pair  vicie  aussitot  produit  et  d’eviter  son  me- 
lange avec  Pair  pur,  et,  par  consequent,  pour  une  meme  quantite  d’air  mis 
en  mouvement,  elle  assure  une  ventilation  plus  efficace ; mais  elle  a,  par 
contre,  l’inconvenient  de  creer  des  courants  d’air  tres-genants  par  toutes 
les  ouvertures  accidentelles  et  inevitables. 

La  ventilation  par  insufflation  doit  souvent  lui  etre  preferee. 

Le  mieux  est  de  combiner  les  deux  systemes,  de  reunir  les  avan- 
tages  de  Pun  aux  avantages  de  l’autre;  en  maintenant  meme  un  petit 
exces  du  cote  de  l’insufflation,  de  facon  a assurer  une  petite  surpres- 
sion  a Pinterieur  des  locaux  ventiles,  on  realise  les  meilleures  condi- 
tions. 

La  question  du  placement  des  orifices  d’entree  et  de  sortie  d’air  a Pinte- 
rieur d’un  local  est  une  des  plus  importantes  de  celles  qui  doivent  preoc- 
cuper  l’ingenieur  charge  dune  installation. 

Chaque  cas  particulier  comporte,  en  effet,  des  dispositions  speciales.  Au 
point  de  vue  general,  il  nous  est  done  difficile  d’en  parler  sans  entrer  dans 
des  details  qui  nous  entraineraient  trop  loin, 

Je  crois  utile  de  citer,  en  terminant,  l’opinion  de  M.  Angiboust  au  sujet 
de  Paction  physiologique  produite  par  les  courants  d’air  provenant  du  fait 
de  la  ventilation. 

M.  Angiboust  faisait  remarquer  dans  un  ouvrage  sur  la  ventilation  des 
hopitaux,  publie  il  y a quinze  ans  environ,  que  les  effets  physiologiques  de 
Pair  en  mouvement  sur  Phomme  sont  differents  suivant  le  sens  de  ce 
mouvement. 

Lorsqu’il  est  horizontal,  le  courant  n’atteint  Phomme  que  d’un  seul  cote  et 
la  depense  de  chaleur  devient  plus  grande  de  ce  cote  que  sur  l’autre,  en 
raison  de  la  transpiration  cutanee  et  du  refroidissement  par  contact. 
L’experience  indique  que  cette  inegalite  d’action  engendre,  quand  le  cou- 
rant est  rapide,  des  fluxions  de  poitrine  et,  quand  il  est  lent,  des  affections 
rhumatismales,  des  nevralgies,  etc. 

Lorsque  le  mouvement  d’air  est  vertical,  le  courant  entoure  complete- 
ment  Phomme  et  il  augmente  partout  egalement  et  symetriquement  la 
transpiration  cutanee  et  le  refroidissement  par  contact.  L’inegalite  pre- 
cedente  n’existe  pas  et  il  ne  se  produit  plus  d’accidents  facheux. 


CHAUFFAGE  ET  VENTILATION. 


2GJJ 


C’est  la  un  fait  important  qui  trouve  son  application  frequente  dans  les 
etudes  relatives  au  chauffage  et  a la  ventilation. 

Je  conclus  en  souhaitant  que  bientot  nos  musees,  nos  theatres,  nos 
ecoles,  nos  casernes  soient  pourvus  de  moyens  rationnels  de  chauffage  et 
de  ventilation. 

Esperons  que  bientot  aussi,  le  progres  devenant  victorieux  de  la  rou- 
tine, propagee,  il  faut  bien  le  dire,  par  les  constructions  d’appareils  de 
chauffage  eux-memes,  il  ne  sera  plus  permis  de  voir  le  poele  en  fonte 
mal  construit,  cet  engin  insalubre  si  repandu,  prendre  la  premiere  place 
au  foyer  des  families  pauvres  dont  il  empoisonne  les  enfants. 

Esperons  que  bientot  enfin,  l’instruction  se  propageant, l’enfant  recevra 
a l’ecole  des  principes  d’hygiene  pure  qu'il  apportera  dans  la  famille. 

Alors,  la  sante  physique  et  la  sante  morale,  qui  en  est  la  consequence, 
seront  ameliorees. 

Puissent  nos  efforts  dans  ce  sens  etre  couronnes  de  succes  ! 


DEBAT. 

M.  de  Suzor,  architecte  de  laville  de  Saint-Petersbourg.  — En  Russie,  nous  avons 
a latter  contre  une  situation  climaterique  tres-serieuse.  J’attirerai  l’attention  de  l’as- 
semblee  sur  les  appareils  de  ventilation  et  de  chauffage  que  notre  pays  expose  au  Parc. 
Je  crois  qu’en  examinant  ces  appareils,  on  aura  une  bonne  idee  de  la  fagon  dont  la 
question  de  chauffage,  de  ventilation  et  de  purification  de  Pair  est  deja  resolue  chez 
nous.  JeregrettequeM.Somascon’aitpas  donne  de  renseignements  statisiiques,  car  il 
importe  de  savoir  quels  sont  les  resultats  obtenus  par  sa  fag  on  de  proceder. 

M.  Somasco,  ingenieur  (Bruxelles.)  — En  Russie,  Pair  est  toujours  sec  en  raison 
de  la  temperature  qui  existe  a l’exterieur;  mais  en  France  et  en  Belgique,  dans  les 
climats  temperes,  les  conditions  ne  sont  pas  les  memes.  L’air  contient  toujours  une 
certaine  quantite  d’eau  quand  il  entre  dans  les  caloriferes.  Ainsi,  un  calorifere  qui 
convient  en  Russie  ne  conviendrapas  en  France.  J’ai  ete  oblige  de  traiter  la  question 
au  point  de  vue  du  climat  tempere. 

M.  Casse,  docteur  en  medecine  (Bruxelles.)  — Il  me  semble  que  la  question  est 
parfaitement  resolue.  Il  a ete  fait  des  travaux  tres-importants  sur  les  diflferents  modes 
de  ventilation  et  de  chauffage  appliques  aux  salles  de  spectacle,  aux  ecoles,  aux 
creches,  aux  hopitaux.  Pour  ne  parler  que  d’un  seul  de  ces  ouvrages,  je  citerai  le 
traite  du  general  Morin  qui,  je  pense,  resout  toutes  les  difficultes  et  indique  les 
meilleurs  systemes.  Je  crois  done  que  nous  ne  devons  pas  nous  arreter  h des  discussions 
qui  seraient  absolumont  steriles. 


26G 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GENERALS. 


Quels  sont  les  avantages  dcs  distributions  d’eau  et  quels  sont  les  moyens  d’en 
procurer  dans  les  centres  dc  populations  2 
Discuter  les  inconvenients  qui  r6sultent  de  la  prise  d’eau  pour  les  popu- 
lations du  bassin  hydrograpbique. 

Preciser  le  cliiffre  de  la  consommation  normale  par  tete  d’habitant. 


Rapport  de  M.  Zimmer,  professeur  ci\VUnwersite  de  Bruxelles. 

De  nos  jours,  la  question  des  distributions  d’eau  dans  les  centres  popu- 
leux  a une  importance  qui  l'impose  a l’attention  de  tous. 

Partout,  on  fait  les  plus  grands  efforts  pour  assurer  a.ux  agglomerations 
les  bienfaits  d’une  distribution  abondante  d’eau  potable. 

C’est  qu’en  effet,  l’eau,  comme  fair,  est  necessaire  a la  sante  et  a la  vie 
des  liommes. 

Sans  eau  en  abondance,  a bon  marche,  distribute  jusqu’aux  etages  supe- 
rieurs  des  habitations,  les  exigences  de  la  proprete,  ce  facteur  si  important 
de  la  salubrite,  ne  peuvent  etre  satisfaites. 

II  faut  qu’a  tous  les  etages  des  maisons,  les  habitants  puissent  se  procu- 
rer, sans  travail,  par  le  simple  jeu  d’un  robinet,  l’eau  necessaire  aux  soins 
de  proprete  personnels,  au  lavage  des  appartements,  au  lessivage,  a la 
preparation  des  aliments,  a la  boisson,  aux  water-closets. 

Si  les  habitants  des  etages  superieurs  ne  peuvent  s’alimenter  d’eau 
qu’en  allant  puiser,  seau  par  seau,  au  rez-de-chaussee,  ils  n’usent  que 
de  la  quantite  d’eau  strictement  indispensable,  et  cela  au  grand  prejudice 
de  leur  sante  et  de  la  salubrite  publique. 

Independamment  de  l’eau  destinee  a 1’ usage  personnel  des  habitants,  une 
distribution  doit  fournir  1’eau  necessaire  au  lavage  des  egouts.  II  faut,  en  1 1 
effet,  eloigner  rapidement,  au  moyen  de  grandes  quantites  d’eau,  les  ma-  I 
tieres  organiques  qui  sont  deversees  dans  les  egouts.  Si  ces  matieres  y se- 
journent,  elles  ne  tardent  pas  a entrer  en  putrefaction  et  engendrent  des 
gaz  pernicieux  dont  le  degagement  est  funeste  a la  sante  publique. 

Toute  agglomeration  dans  laquelle  il  n’est  pas  pourvu,  de  la  maniere  la 
plus  large,  a la  distribution  de  l’eau  dans  les  habitations  et  au  lavage  a 


DISTRIBUTIONS  D'EAU. 


267 


grande  eau  des  egouts  se  trouve  dans  de  mauvaises  conditions  de  salubrite 
et  ne  peut  prosperer. 

II  convient  egalement  que  1’agglomeration  dispose  d’eau  pour  les  arro- 
sages  do  la  voie  publique  et  des  jardins,  pendant  les  chaleurs  de  l’ete,  pour 
ralimentation  des  fontaines  monumentales,  pour  l’extinction  des  incen- 
dies,  pour  les  usages  industriels. 

Enfin,  il  est  desirable  que  la  petite  industrie  puisse  utiliser  l’eau  comme 
force  motrice  destinee  a templacer  le  travail  musculaire  de  l’homme  dans 
bon  nombre  de  metiers. 

Pour  satisfaire  a ces  consommations,  les  unes  d’indispensable  necessity, 
les  autres  d’utilite  publique  ou  d’agrement,  il  faut  amener  dans  les  villes,  a 
une  altitude  superieure  a celle  de  tous  les  points  a desservir,  des  quantites 
considerables  d’eau  de  bonne  qualite. 

Un  grand  nombre  de  systemes  ont  ete  employes,  soit  separement,  soit 
cumulativement,  pour  arriver  a ce  resultat.  Je  citerai  : 1°  les  puits  arte- 
siens;  2°  la  captation  des  sources;  3°  les  galeries  filtrantes;  4°  la  prise 
directe  aux  rivieres ; 5°  la  prise  directe  a des  lacs  profonds ; 6°  la  crea- 
tion de  vastes  reservoirs  obtenus  en  barrant  des  rivieres. 

Le  premier  systeme  n’est  applicable  qu’aux  villes  baties  sur  des  terrains 
de  constitution  geologique  particuliere.  Les  puits  artesiens  ne  donnent,  du 
reste,  que  des  quantites  d’eau  relativement  faibles. 

Le  systeme  de  la  captation  des  sources  a l’avantage  de  donner  une  eau 
fraiche  contenant  peu  ou  point  de  matieres  organiques,  lorsque  les  sources 
captees  sont  bien  choisies. 

Les  eaux  de  source  renferment  toujours  des  sels  provenant  des  terrains 
a travers  lesquels  elles  ont  filtre.  Certains  de  ces  sels  peuvent  etre  nuisibles 
a la  sante.  Aussi  faut-il  analyser  avec  soin  les  eaux  d’une  source  avant  de 
les  deriver  pour  les  faire  servir  a l’alimentation  publique. 

La  captation  des  sources  n’est  pas  sans  avoir  des  inconvenients  pour  les 
populations  voisines.  En  eifet,  les  eaux  derivees  cessent  d’etre  disponibles 
pour  les  habitants  qui,  dans  certains  cas,  peuvent  se  trouver  prives  d’eau. 
D’autre  part,  le  debit  des  ruisseaux  alimentes  par  les  sources  diminue  de  toute 
la  quantite  d’eau  qu’on  derive.  Les  industries  situees  sur  ces  ruisseaux  peu- 
vent ne  plus  posseder  la  quantite  d’eau  necessaire  a leur  fonctionnement. 
C’est  un  inconvenient  tres-grave  qui  peut  avoi  r pour  resultat  la  fermeturede 
grands  etablissements’industriels  et,  par  suite,  la  mine  de  toute  unecontree. 

Lorsque  la  captation  des  sources  se  fait  dans  le  bassin  hydrographique 
de  la  ville  a desservir,  le  systeme  presente  un  danger  reel  pour  la  ville 
elle-meme.  Les  eaux  captees  en  amont  de  la  ville  sont  enlevees  a la  riviere; 
elles  n’y  retournent  qu’en  aval. 


268 


PREMIERE ’SECTION,  —.HYGIENE  G^NERALE. 


La  riviere,  a son  passage  clans  la  ville,  a done  un  volume  moindre  de 
toute  la  quantite  d’eau  cap  bee  a l’amont.  Dans  une  ville  comme  Bruxelles, 
oil  la  Senne  n’a  deja  que  troppeu  d’eau,  ce  danger  ne  laisse  pas  que  d’etre 
grave. 

Le  systeme  de  prise  d’eau  par  galeries  filtrantes  a les  memes  avantages 
et  les  memes  inconvenients  que  le  systeme  precedent. 

Seulement,  par  ce  systeme,  on  peut  generalement  recueillir  dans  un 
meme  bassin  hydrographique  l'eau  en  plus  grande  abondance  que  par  la 
captation  des  sources.  Par  consequent,  les  inconvenients  qui  en  resultent 
pour  les  habitants  du  bassin  clraine  sont  beaucoup  plus  importants  et  peu- 
vent  devenir  desastreux. 

Ce  systeme  doit  etre  proscrit  dans  tous  les  bassins  hydrographiques 
renfermant  une  population  dense  et  industrieuse. 

Le  systeme  de  la  prise  directe  aux  rivieres  permet  de  recueillir  une 
grande  quantite  d’eau  sans  occasionner  de  dommages  sensibles  pour  les 
populations  riveraines,  lorsque  la  riviere  a un  debit  considerable. 

Les  eaux  de  riviere  ont  le  desavantage  d’etre  chaudes  en  ete,  froides  en 
hiver.  Elies  sont  souvent  chargees  de  limon.  Aussi  leur  filtration  est  pres- 
que  toujours  necessaire,  ce  qui  est  un  inconvenient  considerable. 

La  question  de  savoir  si  les  eaux  des  rivieres  doivent  etre  preferees  aux 
eaux  de  source  a ete  longuement  debattue  par  les  hygienistes.  On  peut 
dire,  a ce  sujet,  qu’il  y a de  bonnes  eaux  de  rivieres  et  qu’il  y en  a de  mau- 
vaises,  tout  comme  il  existe  de  bonnes  et  de  mauvaises  eaux  de  source. 

La  prise  directe  a des  lacs  profonds  donne  des  eaux  fraiches  et  lim- 
pides,  ayant  une  temperature  constante  lorsque  la  profondeur  a laquelle  se 
fait  la  prise  d’eau  est  considerable.  Ce  systeme  est  sans  dangers  pour  les 
populations  riveraines.  La  qualite  des  eaux  depend  de  la  nature  geolo- 
gique  des  terrains  du  bassin  hydrographique. 

La  prise  d’eau  a de  vastes  reservoirs  obtenus  en  barrant  des  rivieres 
donne  des  resultats  analogues  a ceux  du  systeme  precedent.  Les  reservoirs 
crees  ne  sont,  du  reste,  que  des  lacs  artificiels.  Par  ce  systeme,  on  peut 
disposer  de  tres-grandes  quantites  d’eau  que  Ton  emmagasine  pendant  la 
saison  des  pluies  et  clont  on  dispose  ensuite  au  fur  et  a mesure  des  besoins; 
mais  il  n’est  applicable  qu’a  des  rivieres  coulant  dans  des  vallees  etroites 
qui  ne  conti ennent  que  peu  de  population. 

Ces  divers  systemes  ont  ete  employes  et  ont  necesSite,  dans  certains  cas, 
des  travaux  gigantesques. 

Le  tableau  ci-contrefaitconnaitre  les  resultats  de  ces  travaux  pour  quel- 
ques  agglomerations. 


DISTRIBUTIONS  D’EAU. 


‘269 


VILLES 

POPDLATIONS 

u Eau  (ouruie . 
£ parjour&par 
” habitaut. 

NATURE 
de  l'eau 
distribute. 

illeniasiK!. 

Berlin.  . . . 

710  000 

95 

Riviere. 

Hambourg  . . 

200  000 

129 

Id. 

Altona  . . . 

71  000 

46 

Id. 

Metz  .... 

50  000 

470 

Munich  . . . 

140  000 

OD 

Ameriquc. 

New-York  . . 

1 000  000 

450 

Riviere. 

Philadelphie  . 

701  000 

370 

Id. 

Washington  . 

110  000 

400 

Id. 

Boston  . . . 

250  000 

218 

Id. 

Chicago  . . . 

300  000 

168 

Jersey-City . . 

83  000 

258 

Brooklyn  . . 

397  000 

63 

An 

gleterre. 

Londrcs  . . . 

3 400  000 

180 

Rivihre. 

Manchester . . 

370  000 

104 

Id. 

Leicester  . . 

105  000 

73 

Id. 

York  .... 

45  000 

156 

Id. 

Liverpool  . . 

510  000 

356 

Id. 

Wakefield  . . 

26  000 

136 

Id. 

Edimbourg  . . 

265  000 

134 

Source. 

Glascow . . . 

600  000 

400 

Lac. 

Greenock  . . 

45  000 

57 

Riviere. 

Perth .... 

27  000 

34 

Id. 

Dublin  . . . 

334  000 

134 

Id. 

Australfe. 

Melbourne  . . 

589  000/  650|  Rivihre. 

Autrlchc. 

Vienne  . . . | 

650  000 | 

250 (Source  & riv. 

Belgique. 

1 

Bruxelles^  faubourgs 

390  000 

66 

Source. 

Binche  . . 

7 000 

70 

Id. 

Mons  . . . 

25  000 

120 

Id. 

Liege .... 

111  000 

90 

Id. 

Chimay  . . . 

3 200 

53 

Id. 

Verviers.  . . 

35  000 

1471 

Rivihre, 

VILLES 

POPDLATIONS 

|5*  = 

2 u 

— © 

3 n 

^ & 
LITRES. 

NATURE 
de  l’eau 
distribute. 

Espagne. 

Madrid  . . . 

] 365  000J  630|  Rivihrc. 

France. 

* 

Paris  . . . 

1 852  000 

148 

Source  &riv. 

Angers  . . . 

55  000 

41 

Id. 

Nantes  . . . 

120  000 

60 

Id. 

Lyon  .... 

335  000 

185 

Id. 

Toulouse.  . . 

130  000 

80 

Id. 

Marseille.  . . 

300  000 

550 

Id. 

Carcassonne  . 

23  000 

300 

Id. 

Besancon  . . 

40  000 

246 

Source. 

Dijon  .... 

30  000 

200 

Id. 

Bordeaux  . . 

200  000 

176 

Riviere. 

Narbonne  - . . 

13  000 

85 

Ganges  . . . 

4 500 

400 

Pezenas  . . . 

9 000 

300 

Angoulhme  . . 

26  000 

40 

Rivihre. 

Aix  .... 

30  000 

400 

Id. 

Orleans  . . . 

51  000 

78 

Lille  .... 

160  000 

62 

Source. 

Laval .... 

28  000 

107 

Nimes.  . . . 

65  000 

250 

Riviere 

Lons-le-Saulnier 

10  000 

45 

Id. 

Le  Havre.  . . 

75  000 

45 

Source. 

Cette  .... 

30  000 

106 

Clermont.  . . 

37  000 

52 

Sl-Etienne  . . 

30  000 

170 

Grenoble.  . . 

42  660 

62 

Montpellier.  . 

37  727 

22 

Italic. 

Rome.  . . . 

250  000 

944 

Source. 

Genhve  . . . 

160  000 

120 

Riviere. 

Livourne  . . 

100  000 

27 

Source. 

Luxembourg. 

Luxembourg  . | 

15  000| 

40 1 Source. 

Suisse. 

Geneve  . . . | 

55  000 [ 

74 1 Rivihre. 

Turquic. 

Constantinople.  | 700  000|  20| 


270 


PREMIERE  SECTION.  - HYGIENE  GtfN&tALE. 


On  voit  quo  les  quantites  d’eau  distributes  par  tete  et  par  jour  varient 
considerableinent  d’une  ville  a l’autre. 

Los  hygionistes  sem  blent  etre  d accord  iiour  fixer  a 150  litres  par  tete 

et  par  jour,  au  minimum , la  quantite  d’eau  dont  une  grande  ville  doit  pou- 
voir  disposer. 

II  n’y  a evidemment  rien  d’absolu  dans  ce  chiffre,  car  toutes  les  villes  ne 
sont  pas  dans  les  memes  conditions. 

Une  demarcation  bien  nette  peut  s’etablir  entre  les  villes  ou  toutes  les 
dejections  des  habitants  vont  a l’egout  et  celles  ou  les  matieres  fecales  sont 
recueillies  dans  des  fosses. 

Dans  les  premieres,  la  quantite  d’eau  necessaire  au  lavage  des  egouts 
doit  etre  incontestablement  plus  grande  que  dans  les  secondes. 

Ainsi  je  pense  que  pour  des  villes  comme  Londres,  comme  Bruxelles,  ou 
toutes  les  dejections  vont  a l’egout,  le  minimum  devrait  etre  porte  a 200 
litres  par  tete  et  par  jour. 

Tous  les  hygienistes  prescrivent  d’amener  dans  les  villes  la  plus  grande 
quantite  d’eau  possible ; mais  personne  n’afixe  de  maximum. 

AussiM.  Foucherde  Careil  a-t-il  pu  dire  dans  Etudes  sur  V Exposition 
de  1867  (page  273)  : 

“ II  faut  qu’il  y ait  trop  d’eau  pour  qu’il  y en  ait  assez.  » 


D^BAT. 

M.  Gerardin,  inspecteur  des  etablissements  insalubres  (Paris).  — Vous  venez  d’en- 
tendre,  messieurs,  le  rapport  de  M.  Zimmer  sur  la  question  des  eaux.  Depuis  une 
dizaine  d’annees,  je  m’occupe  presqu’exclusivement  de  cette  question ; mes  recher- 
cbes  et  mes  etudes  m’autorisent  a vous  en  entretenir  quelques  instants'. 

II  est  parle  dans  le  rapport  de  Veau  de  bonne,  qualite.  Qu’est-ce  done  que  l’eau  de 
bonne  qualite  F 

Certainement  la  question  est  difficile  a resoudre.  Ainsi,  par  exemple,  l’analyse  chi- 
mique  trouve  la  meme  composition  a l’eau  de  la  Seine,  a Paris,  et  a l’eau  de  la  Yanne 
que  cette  ville  regoit  depuis  quelque  temps;  or,  tout  le  monde  peut  constater  a premiere 
vue  que  l’eau  de  la  Yanne  est  bien  meilleure  que  l’eau  de  la  Seine. 

Pour  connaitre  les  qualites  hygieniques  de  l’eau,  ce  n’est  pas  seulement  l’analyse 
chimique  que  nous  avons  a faire.  Ce  qu’il  importe  d’etudier,  a mon  avis,  ce  sont  les 
algues  et  les  infusoires  qui  y vivent,  et  je  vous  propose  la  loi  suivante  que  j’ai  etablie 
par  de  laborieuses  recherches  : 

« Une  eau  est  de  bonne  qualite,  quand  elle  peut  favoriser  le  developpement  d’etres 
doues  d’une  organisation  superieure,  et,  au  contraire,  une  eau  est  de  mauvaise  qua- 
lite, quand  elle  ne  peut  nourrir  que  des  etres  doues  d’une  organisation  inferieure. » 

Nous  admettons  que  l’organisation  superieure  est  caracterisee  par  la  division  du  tra- 
vail physiologique.  Ainsi,  les  algues  pourvues  abondamment  de  chlorophylle,  'k  articu- 


DISTRIBUTIONS  D’EAU. 


271 


lations  distinctes,  dont  les  cellules  fructiferes  sont  differentes  dcs  cellules  vegetatives, 
telles  que  les  cladophoras,  sont  douees  d’une  organisation  superieure  k cello  des  zy- 
gnemas  ou  des  spirogyras,  dans  lesquelles  la  chlorophylle  est  disposed  en  etoiles  ou 
en  helice  etdont  les  organesde  fructification  se  confondent  avccles  organes  de  vege- 
tation. Les  algues  les  plus  inferieures  sont  les  algues  blanches,  depourvues  de  chlo- 
TOphylle,  dont  les  articulations  sont  souvent  peu  visibles,  et  surtout  celles  qui  sont 
unicellulaires,  conune  les  beggiatoas,  terme  inferieur  ct  constant  de  cette  serie  dans 
laquelle  on  trouve  les  leptothrix,  les  leptomites  et  les  hypheotrix,  k mesure  que  Ton 
s’eleve,  c’est-iVdire  k mesure  que  l’eau  s’ameliore. 

Qu’est-ce  qui  fait  la  bonne  qualite  de  l’eau?  Sont-ce  les  sels?  Je  ne  le  crois  pas.  Les 
sels  mineraux  dans  les  proportions  ordinaires  ne  me  semblent  pas  avoir  une  grande 
influence  surles  qualites  hygieniques  de  l’eau,  tandis  que  les  matieres  organiques  ont, 
au  contraire,  une  influence  tres-grande.  Pour  le  prouver,  voici,  messieurs,  une  de  mes 
experiences : j’ai  mis  un  centimetre  cube  de  jus  de  pomme  de  terre  dans  trois  litres 
d’eau  de  la  Vanne;  apres  quelques  jours,  le  jus  de  pomme  de  terre  s’etant  putrefie, 
l’eau  fut  peuplee  d’infusoires;  je  la  divisai  en  plusieurs  flacons  de  cent  grammes,  et 
j’ajoutai  dans  chaque  flacon  une  petite  quantite  de  matiere  minerale  ou  de  matiere 
organique.  Les  infusoires  furent  ainsi  sounds  les  uns  a l’action  des  corps  simples, 
chlore,  brome,  iode  etc.;  les  autres  a l’action  des  acides  sulfurique,  azotique,  chlorhy- 
drique,etc.;  ceux-chl  l’action  des  bases,  potasse,  soude,chaux,  ammoniaque,  etc.;  ceux- 
la  a l’action  des  sels,  carbonates,  sulfates,  azotates,  sulfures,  chlorures ; quelques-uns 
enfin  re^urent  des  matieres  organiques,  sucre,  alcool,  amidon,  etc.  Dans  tous  les  fla- 
cons oil  j’avais  mis  des  matieres  minerales,  les  infusoires  continuerent  a vivre,  et  dans 
tous  les  flacons  oil  j’avais  mis  des  matieres  organiques,  ils  perirent  rapidement.  Je  vous 
le  conseille,  messieurs,  repetez  cette  experience ; elle  est  bien  simple,  et  elle  reussit 
toujours. 

M.  le  rapporteur  nous  a dit  tout-a-l’heure  qu’il  n’approuvait  pas  le  filtrage.  Je  ne 
saurais  trop  appuyer  cette  opinion.  Avez-vous  jamais  regarde  un  filtre  au  microscope, 
messieurs?  Vous  verrez  des  cavites  qui  renferment  chacune  une  infinite  de  cadavres 
d’infusoires ; ce  sont  les  loculi  des  catacombes  de  Rome,  ces  alveoles  garnis  de  corps  en 
decomposition.  L’eau  qui  passe  sur  ces  corps  se  charge  de  matieres  putrefiees,  et,  d’a- 
pres  mes  experiences,  le  filtrage  fait  perdre  k l’eau  8 pour  100  de  sa  qualite. 

Vous  souriez  d’incredulite  en  m’entendant  evaluer  en  nombre  la  cote  d’altera- 
tion  de  l’eau.  Cette  evaluation  est  pourtant  facile  a faire,  si  on  prend  la  precaution  de 
bien  etablir  ses  points  de  repere.  Mon  point  de  repere,  c’est  la  quantite  d’oxygene  dis- 
sous  dans  l’eau.  L’eau  renferme-t-elle  des  matieres  organiques  en  decomposition,  le  litre 
oxymetrique,  c’est-fi-dire  la  quantite  d’oxygene  dissous  dans  l’eau,  va  en  diminuant, 
quelle  que  soit  l’agitation  mecanique  k laquelle  l’eau  est  soumise.  Quand,  au  contraire, 
de  nouvelles  organisations  se  developpent,  quand  la  vie  reparait  au  milieu  des  debris 
frappes  de  mort,  le  titre  oxymetrique  va  en  s’elevant,  bien  que  l’on  maintienne  l’eau  en 
repos.  L’oxygene  dissous  nous  apprend  en  un  instant  ce  que  le  microscope  ne  nous 
laisse  voir  souvent  qu’apr^s  de  longues  observations ; il  nous  montre  le  passage  de  la 
vie  a la  mort,  de  la  mort  k la  vie,  les  progres  de  l’alteration  et  de  l’amelioration 
des  eaux. 

II  y a un  dernier  fait,  messieurs,  sur  lequel  je  crois  devoir  appelcr  votre  attention  : 
c’est  l’inconvenient  qui  resulte  presque  toujours  du  melange  de  deux  eaux  differentes. 
Ces  melanges  se  font  tres-souvent  dans  les  grandes  villes,  a Paris  par  exemple. 


272 


PREMIERE  SECTION.— HYGIENE  g£n£UALE. 


Pour  vous  en  montrer  l’influence  manifestement  funeste,  permettez-moi  de  vous 
citer  un  fait  : en  septembre  1875,  le  brick  frangais  Jules  se  trouvait  dans  le  port 
de  St-Valei,y-sur-Sommc.  11  aVait  k son  bord  un  reservoir  plein  jusqu’au  tiers  d’eau 
qu’il  avait  prise  a Hernosand  (Suede).  Cette  eau,  embarquee  depuis  six  seraaines,  avait 
un  titre  oxymetrique  que  j’ai  trouve  egal  ii  4,30.  On  acheva  de  remplir  le  reservoir 
avec  de  l’enu  de  la  Somme,  dont  le  titre  etait  ce  jour  la  7,-7,  d’apres  mon  analyse. Huit 
j ours  apres  avoir  fait  ce  melange,  le  navire  appareilla  pour  partir.  Je  pris  de  nouveau 
le  titre  oxymetrique ; il  etait  tombe  k 2,3.  Je  previns  le  capitainc,  je  l’invitai  a ajourner 
son  depart  jusqu’h  ce  qu’il  out  change  son  eau.  C’etait  impossible.  Le  Jules  partit  a la 
maree,  et  Dieu  sait  ce  que  l’equipage  eut  k souffrir  de  la  corruption  de  l’eau  pendant  la 
traversee ! 

Des  faits  analogues,  que  je  n’ai  eu  que  trop  souvent  l’occasion  d’observer,  s’accordent 
avec  ce  que  l’on  sait  depuis  longtemps  du  danger  que  presentent  les  melanges  d’eau  de 
mer  et  d’eau  douce.  Je  vous  le  repete,  messieurs,  avec  une  entiere  conviction  : il  est 
aussi  nuisible  de  melanger  deux  eaux  differentes  qu’il  est  nuisible  de  melanger 
deux  vins  differents;  generalement,  au  lieu  de  les  ameliorer,  on  les  gate  l’une  par 
l’autre. 

• «*  • e ' 

M.  Verrine,  ingenieur  de  la  ville  de  Caen.  — M.Gerardin  estimela  qualitede  l’eau 
d’apres  la  quantite  d’oxygene.  Or,  les  eaux  que  l’on  prend  aux  puits  artesiens  ne  sont 
pas  aussi  aerees  que  les  eaux  de  riviere ; elles  doivent  done  necessairement  contenir, 
au  moment  oil  on  les  distribue,  une  quamite  d’oxygene  bien  moins  grande.  Cependant, 
il  est  entendu  que  ce  sont  des  eaux  excellentes. 

J’en  conclus  que  si  Ton  n’a  pas  d’autre  methode  que  de  rechercher  la  quantite  d’oxy- 
gene pour  apprecier  la  qualite  des  eaux,  celles  qui,  en  realite,  sont  les  meilleures 
pourront  paraitre  les  plus  mauvaises. 

M.  Gerardin.  — L’observation  de  M.  Verrine  est  parfaitement  juste.  En  effet,  j’ai 
constate  que  l’eau  des  puits  artesiens  et  meme  celle  des  sources  sont  absolument  de- 
pourvues  d’oxygene.  Mais  pour  constater  l’absence  d’oxygene, il  faut  que  l’eau  soit  prise 
avec  un  siphon  a 7 ou  8 metres  de  profondeur  et  que  ce  siphon  vienne  s’ouvrir  dans 
un  flacon  plein  d’azote. 

Car  a peine  l’eau  de  puits  artesien  ou  de  source  est-elle  mise  au  contact  de  l’air 
qu’elle  dissout  3 centimetres  cubes  d’oxygene  par  litre. 

Si,  en  amorgant  le  siphon  qui  amene  l’eau  non  aeree,  vous  avalez  un  peu  de  cette 
eau,  vous  la  trouvez  lourde  et  indigeste.  D’apres  mes  observations,  elle  est  insalu- 
bre  et  peutmeme  produire  la  mort. 

Si  vous  voulez  vous  rendre  compte  de  la  maniere  dont  se  fait  la  diffusion  de  l’oxygene 
dans  l’eau  des  puits  artesiens,  je  vous  recommande,  messieurs,  l’observation  suivante  : 

Examinez  un  puits  artesien  dont  l’extremite  de  la  colonne  d’ascension  est  munie 
d’une  vasque  en  forme  d’entonnoir.  Dans  le  tube  d’ascension,  il  n’y  a pas  d’oxygene,  il 
n’y  a pas  d’algues.  Dans  la  vasque,  l’oxygene  se  repand  par  diffusion,  les  algues  appa- 
raissent  en  longs  filaments,  blancs  a la  partie  inferieure,  verts  a la  partie  superieure, 
e’est-a-dire  dans  la  partie  la  plus  rapprochee  de  la  surface  de  l’eau.  Je  detache  avec  une 
baguette  ces  longs  filaments  ; a mesure  qu’ils  remontent  a la  surface,  ils  verdissent  ins- 
tantanement,  des  que  l’oxygene  dissous  est  en  quantite  suffisante;  de  meme,  en  souf- 
flant  une  bulc  d’air  sur  ces  algues  blanches,  on  les  voitverdir  partout  ou  l’air  les  touche. 


DISTRIBUTIONS  D’EAU. 


573 


J’ai  etudie  cette  algue  si  curieuse  an  microscope.  C’est  un  microspora  qui  ne  me 
semble  appartcnir  k aucane  dcs  six  especcs  de  microsporas  actuellemcnt  connues.  MM. 
les  delegues  de  l’Allemagne  qui  etes  ici,  je  vous  prio  de  signaler  cette  confervacee 
des  puits  artesiens  k votre  savant  compatriote  le  docteur  Rabenhorst,  de  Leipzig; 
mieux  que  personne,  il  pourra  reconnaitre  si  c’est  Lien  une  espece  encore  inconnue,ce 
microspora  qui  possede  k un  si  haut  degro  la  propriete  de  verdirau  contact  de  l’oxy- 
gene  et  dont  je  vous  signale  ici  l’existence. 

M.  Millet,  ancien  inspecteur  des  eaux  ct  forets  (Paris).  — Je  me  rallie  pleinement 
aux  observations  si  judicieuses  que  vient  de  produire  M.  Gerardin  sur  la  nature 
des  eaux.  J’ai  etudie  cette  question  pendant  une  vingtaino  d’annees,  mais  a un  point  de 
vue  un  peu  different,  c’csth-dire  au  point  de  vue  de  la  pisciculture. 

Les  poissons  sont  bien  plus  scnsiblcs  que  les  autres  animaux  en  ce  qui  concerne  la 
qualite  do  l’eau.  II  est  exact  que  la  nature  mincralogiquo  ne  nuitpas  a leurs  conditions 
d’existence.  Dans  des  eaux  fortement  chargees  de  sels  calcaires,  mais  suffisamment 
aerees,  le  poisson  le  plus  delicat  pcut  tres-bien  vivre. 

Les  eaux  parfaitement  pures  qui  traversent,  en  Belgique  et  en  France,  les  terrains 
ardoisiers  ne  sont  pas  oxygenees ; eh  bien  ! elles  sont  mauvaises  pour  l'elevage  de  la 
truite,  par  exemple.  C’est  done  la  presence  de  l’oxygene  qui  fait  la  qualite  de  l’eau. 

Quant  aux  matieres  organiques,  aux  infusoires,  il  y a une  chose  curieuse  a constater  : 
c’est  que  dans  certaines  eaux  d’ltalie,  pour  ne  citcr  qu’un  fait,  on  introduit,  quand  on 
veut  avoir  de  l’cau  potable,  des  anguilles  qui  se  nourrissent  au  detriment  dcs  infusoires 
et  des  matieres  organiques. 

Je  ne  m’occupe  pas  de  l’analyse.  Il  suffit,  comme  vous  l’a  dit  M.  Gerardin,  d’etudier 
la  nature  vegetale  et  minerale  des  eaux  pour  savoir  si  ces  eaux  sont  convenables  k 
telle  ou  telle  espece  de  poissons. 

M.  Zimmer.  — Les  deux  honorables  preopinants  se  sont  surtout  occupes  des  matieres 
organiques  qui  sont  dans  l’eau  et  de  la  potabilite  de  l’eau  au  point  de  vue  de  l’alimen- 
tation;  mais  il  y a un  autre  point  a considerer  dans  une  distribution  d’eau. 

Il  faut  que  l’eau  que  l’on  distribue  puisse  servir  au  lavage,  au  lessivage,  aux  eta- 
blissements  industriels.  A ce  point  de  vue,  la  qualite  minerale  de  l’eau  acquiert  une 
grande  importance.  Ainsi,  il  est  connu  que  l’eau  qui  marque  plus  de  vingt  degres  au 
densimetre  ne  convient  pas  pour  une  distribution. 

M.  Vanden  Schrieck,  docteur  en  medecine,  conseiller  provincial  (Hal).  — Le  rapport 
de  M.  Zimmer  nous  indique  que,  pour  la  ville  de  Bruxelles,  il  faut  une  consommation 
d’au  moins  deux  cents  litres  par  jour  et  par  tete  d’habitant.  Je  crois  que  ce  chiffre 
est  exagere. 

M.  Zimmer  dit  qu’a  Bruxelles,  on  envoie  toutes  les  matieres  fecalesa  1’egout;  mais 
iloublieque  la  ville  de  Bruxelles  est  situee  sur  une  colline,  que  tous  les  egouts  ont 
une  grande  pente  et  quo  chaque  fois  qu’il  pleut  toutes  les  matieres  sont  entrainces 
avec  rapidite. 

La  plupart  d'entre  vous  ont  visite  l’egout  collecteur  sur  l’invitation  do  l’Adminis- 
tration  communale  de  Bruxelles;  vous  avez  pu  constater  que  les  matieres  qu’il  renferme 
n’ont  pas  une  odour  bien  desagreable;  c’est  que  ces  matieres  n’ont  pas  eu  le  temps  de 
se  decomposer  et  qu’elles  ont  ete  entrainees  rapidement  dans  les  egouts. 


274 


PREMIERE  SECTION.  - HYGIENE  GliNltRALE. 


Remarque/,  du  reste,  que  la  premiere  distribution  do  Bruxelles  ne  date  que  d'une 
quinzainod’annees;  avant  cette  cpoque,  l’on  etait  oblige  do  puiser  dans  lc  sol  toutel’eau 
neccssnirc.  On  avaib  alors  tout  au  plus  quinze  ou  vingt  litres  d’eau  par  tete  d’habi- 
tant,  ct  cepcndant  la  population  nose  trouvait  pas  dans  des  conditions  de  salubritd 
inferieures  deciles  d’aujourd’hui ; les  maladies  n’etaient.  pas  plus  frequentes.  Ce 
n’est  que  depuis  l’otablissement  de  notre  distribution  d’eau  que  les  epidemies  sont 
arrivees. 

M.  Zimmer  vous  a dit  que  les  eaux  de  rivieres  etaient  preferables  a toutes  autres. 

M.  Zimmer. — Je  vous  demande  pardon. . . 

M.  Vanden  Schrieck.  — N’avez-vous  pas  dit  que  le  procede  qui*  consiste  k prendre 
de  l’eau  a une  riviere  est  preferable  d tout  autre  ? 

M.  Zimmer.  — Non,  du  tout. 

M.  Vanden  Schrieck.  — Je  crois  que,  dans  tous  les  cas,  il  est  necessaire  de  proscrire 
d’une  maniere  presque  complete  la  prise  d’eau  d une  riviere.  On  ne  devrait  avoir 
recours  a,  ce  procede  que  lorsqu’on  ne  peut  pas  obtenir  de  bonne  eau  de  source.  Je 
crois  que  tous  les  homines  de  science  sont  d’accord  avec  moi  sur  ce  point. 

Toutes  les  publications  sur  la  matiere  constatent  que  la  plupart  des  maladies  conta- 
gieuses,  le  cholera,  le  typhus,  etc.,  sont  causees  par  des  germes  repandus  dans  l’eau. 
Si  Ton  prend  de  l’eau  dans  le  Luxembourg-  et  si  le  cholera  eclate  dans  cette  province,  il 
sera  a Bruxelles  au  bout  de  quelques  jours. 

M.  Francois  Vander  Straten-Ponthoz,  membre  de  la  Societe  centrale  d’agricul- 
ture  (Bruxelles).  — Nous  avons  dl’Exposition  du  Parc  des  modeles  magnifiques  de  dis- 
tribution d’eau  pour  les  villes.  L’interet  quis’y  attache  est  trop  grand  pour  que  nous 
ne  nous  en  occupions  pas  encore  un  peu, 

Vous  avez  tous  remarque,  messieurs,  que  e’est  depuis  que  Ton  a etabli  le  systeme 
des  eaux  et  des  egouts  dans  les  grands  centres  de  population  que  ces  centres 
ont  acquis  un  vaste  developpement.  Ce  sont  les  immenses  travaux  de  Paris  et  de  Lyon 
qui  ont  fait  de  ces  deux  villes  des  capitales  si  importantes  dont  la  population  a pres- 
que double. 

Nous,  Beiges,  qui  avons  vu  commencer  les  travaux  d’assainissement  de  la  Senne, 
nous  nous  rappelons  les  luttesque  nous  avons  eues  k soutenirh  ce  propos,  les  diver- 
gences d’opinions  qui  s’etaient  produites,  comme  il  s’en  produit  toujours  sur  les  grandes 
questions.  Cependant,  nous  savons  tous  aujourd’hui  que  e’est  aux  travaux  de  la  Senne 
que  Bruxelles  doit  d’etre  devenue  une  des  plus  belles  villes  du  continent. 

On  a dit,  sur  la  necessite  d’avoir  des  eaux,  des  choses  bien  completes  et  bien  pre- 
cises. On  nous  a parle  des  difffirents  moyens  a employer  pour  nous  procurer  ces  eaux; 
on  nous  a signale  les  inconvenients  des  uns  et  des  autres. 

La  grande  difficulty,  messieurs,  e’est  que,  pour  donner  de  l’eau  aux  centres  popu- 
leux,  on  doit  necessairement  l’enlever  a quelqu’un.  Pour  la  donner  aux  grandes  villes, 
il  faut  que  les  campagnes  en  fassent  le  sacrifice.  C’est  1&  un  point  capital  du  debat  et 
sur  lequel  j’appelle  toute  votre  attention. 


DISTRIBUTIONS  D’EAU. 


176 


Eli  bien ! messieurs,  le  principc  que  Eon  admet  cn  toutes  matieres,  que  l'on  admet 
quand  on  demolit  la  moitie  d’une  vil le,  comme  c’est  en  ce  moment  lc  cas  do  Bruxelles, 
c’est-a-dire  le  principc  de  l’indeninite,  on  ne  vcut  malheureusement  pas  l’admettro 
dans  la  question  des  eaux. 

Et  quelle  est  la  raison  que  Ton  fait  valoir  ? 

On  n’entend  pas  que  les  eaux  soient  uno  proprieteparticuliercjon  en  fait  une  propriete 
publique  comme  l’air  et  le  soleil. 

On  confond  certains  principes  de  droit  dont  jo  n’ai  pas  a vous  entretenir  ici.  Je  n’ai 
qu’i  poser  le  fait  pour  engager  tons  les  honorables  orateurs  it  chercher  k resoudre  cette 
question  de  la  propriete  des  eaux  etde  l’indemnite  que  Eon  doit  accorder  a tous  ceux 
k qui  Eon  fait  tort  en  les  prenant. 

M.  le  rapporteur  vous  a parle  de  vallees  dont  on  captait  les  eaux  par  le  drainage. 
Mais  il  est  clair  qu’en  drainant,  vous  faites  tort  aux  campagnes  et  aux  industries  qui 
jouissaient  des  cours  d’eau.  II  est  evident  que  vous  leur  devez  un  dedommagement. 

M.  le  rapporteur  a dit  aussi  que  toutes  les  matieres  fecales  allaient  k l’egout  par 
le  collecteur.Ca  que  M.  Vanden  Schrieck  a fait  remarquer  a ce  propos  est  exact.  Mais 
il  y a des  rues  qui  n’ont  presque  pas  de  pente,  et  ces  rues  seraient  veritablement  in- 
fectees,  si  Eon  ne  jetait  dans  l’egout  de  grandes  quantites  d’eau. 

M.  Gerardin.  — On  a discute  la  question  des  eaux  do  riviere  et  des  eaux  de  source; 
cette  question  est  bien  plus  difficile  it  resoudre  qu’on  ne  pourrait  le  croire  au  pre- 
mier abord. 

D’apres  mes  recherches,  je  distingue  deux  especes  d’eau  : l’eau  bleue  et  l’eau  verte. 
Le  lac  de  Geneve  est  de  l’eau  bleue,  les  bassins  du  Parc  sont  do  l’eau  verte.  L’eau 
bleue  est  brillante  comme  le  cristal  de  roclie,  l’eau  verte  est  terne  comme  le  verre  de 
qualite  inferieure.  L’ordre  d’eclat  est  l’ordre  des  couleurs  et  l’ordre  de  la  qualite  au 
point  de  vue  de  l’hygiene. 

Les  eaux  bleues  et  brillantes  ont  la  propriete  de  rester  troubles  pendant  un  temps 
fort  long  sans  s’eclaircir;  les  eaux  vertes,  etant  troubles,  s’eclaircissent  au  contraire 
tres-rapidement. 

L’eau  bleue,  c’est-a-dire  l’eau  qui  est  brillante,  cello  qui  reste  trouble,  l’eau  de  ro- 
che  en  un  mot,  est  tres-bonne  pour  l’alimentation.  On  peut  la  conserver  presque  sans 
alteration  pendant  des  semaines  et  meme  des  mois.  C’est  l’eau  par  excellence  pour  le3 
usages  de  la  vie;  mais  vous  observerez,  messieurs,  qu’elle  ne  convientpas  pour  l’indus- 
trie.  Dans  les  applications  industrielles,  c’est  l’eau  verte  qu’il  convient  d’employer.  La 
gelatine  fait  prise  dans  l’eau  verte  et  ne  fait  pas  prise  dans  l’eau  bleue.  La  fecule  se 
precipite  dans  l’eau  verte  et  reste  en  suspension  dans  l’eau  bleue. 

En  resume,  messieurs,  je  crois  que  si  les  populations  souffrent  dans  les  pays  oil  il 
n’y  a que  des  eaux  vertes,  l’industrie  est  impossible  la  ou  il  n’y  a que  de  l’eau  bleue. 

M.  Jager,  conseiller  communal  (Amsterdam).  — En  Ilollande,  il  a ete  fait,  mes- 
sieurs, une  loi  sur  le3  expropriations  en  matiere  d’eaux.  Moi-meme,  comme  un  des 
directeurs  de  la  Compagnie  des  eaux  potables  d’Amsterdam,  j’ai  pu  cooperer  il  obtenir 
un  decret  pour  Eexpropriation  des  terrains  de  dunes  dans  les  environs  de  Haarlem. 
Si  dans  d’autres  pays  pareilles  mesures  n’existent  pas,  je  leur  souhaite  de  combler 
cette  lacune. 


PREMIERE  SECTION.  ~ HYGl&NE  GENli:RALK. 


270 

tive  de  la  nomination  d’uno  commission  qui  avail  pour  but  de  prevenir  le  retour  du  lleau 
et  do  constater  les  rapports  qu’il  jieut  y avoir  entre  l’eau  et  le  cholera  ou  les  autres  ma- 
ladies epidemiques.  J’ai  consigne  les  resultats  des  travaux  de  cette  commission  dont 
j’etais  membre  dans  un  memoire  compose  ct  public  par, ordre  de  S.  M.  Napoleon  III. 

La  conclusion  de  cette  commission  est  qu’il  ne  faut  pas  s’en  rapporter  uniquement 
a la  sollicilude  des  autorites  locales  et  que  le  scul  moyen  de  trouver  la  solu- 
tion de  toutes  les  questions  relatives  al’cau  potable,  e’est  de  recourir  a l’intervention 
de  l’Etat. 

Nous  savons  tres-bien  que  e’est  la  une  question  delicate,  carelle  touche  a l’autono- 
mie  communale  dont  nous  sommes  tous  trcs-jaloux.  Nlais  quand  il  s’agit  de  police  ge- 
nerate, l’interet  public  ne  peut  cepcndant  pas  etre  sacrifie  a 1’ignorance  de  quelques 
petites  localites. 

Le  projet  de  loi  qui  a etd  formule  en  Hollande  pourrait  servir,  un  peu  partout,  de 
base  a la  legislation  sur  la  matiere.  Et,  a cette  occasion,  je  voudrais  que  le  Congres 
put  emettre  un  veeu  : ce  serait  do  voir  la  question  des  eaux  potables  confiee  a la 
sollici tuclo  du  Gouvernement  central  dans  tous  les  pays. 

II  ne  faut  pas  que,  dans  un  petit  coin  du  pays,  on  puisse  alimenter  une  epidemie  qui 
decimera,  a de  tres-longues  distances,  des  populations  entieres.  Vous  connaissez  trop 
les  statistiques,  vous  etes  trop  hommes  de  science  pour  ignorer  combien  une  seule 
localite  peutnuire  a toute  une  population. 

Vous  savez  que  le  Zuiderzee,  qui  cxiste  encore,  a pour  limites,  d’un  cote,  la  petite 
commune  de  Zwartsluis,  dans  la  province  d’Overysscl.  A Zwartsluis,  se  trouvent  de 
grandes  eel  uses  ; parfois  vingt  a trente  bateaux  y attendent  le  moment  favorable  pour 
reprendre  leur  maiche.  Pendant  le  cholera,  on  a constate  que  plusieurs  de  ces  bati- 
ments  portaient  des  malades.  Tous  les  excrements  etaient  rejetes  du  bateau  dans  les 
bassins  de  ces  ecluses,  et,  k ce  moment  meme,  on  prenait  de  l’eau  pour  en  remplir  des 
tonneaux  pour  le  service  domestique.  Or?  a vu,  de  cette  fa^ori,  des  vaisseaux  se  faire 
les  colporteurs  du  cholera  dans  differentes  contrees. 

M.  Berge  cede  le  fauteuil  de  la  presidence  a M.  Strohm,  professeur 
a l’lilcole  des  Beaux-Arts  de  St-Petersbourg. 

M.  Berge,  membre  de  la  Chambre  des  representants,  professeur  a l’Universite 
(Bruxelles).  — Jc  n’ai  pas  l’intention  de  parler  bien  longuement.  Si  jo  prends  la  pa- 
role, messieurs,  e’est  pour  faire  quelques  observations  seulcment. 

D’abord,  une  rcctif.caticn : tout-a-l’hcure,  il  a cte  dit  que  la  ville  de  Bruxelles 
n’ava't  pas  de  distribution  d’eau  avant  le  grand  systeme  de  disti'ibution  que  nous 
avons  actuellement  et  qui  est  devenu  insuffisant. 

N’oublions  pas  cepcndant  que  deja  du  temps  de  Joseph  II  notre  ville  avait  une  dis- 
tribution qui  pcrmcltait  l’alimcntation  de  plusieurs  fontaincs  pubiiques,  de  quelques 
industrlcls  ct  d’un  grand  nombre  de  particuliers. 

J’abordc  maintenant  les  differentes  assertions  qui  ont  ete  cmises  par  3\I  Gerardin. 

Suivant  M.  Gerardin,  la  qualitc  d’une  eau  potable  est  detormince  par  la  presence 
ou  l’abscncc  de  certaines  matiet  es  organiques.  Quant  aux  produits  mineraux,  l’orateur 
semblc  ne  pas  y attacher  d’importance.  Or,  jc  ne  suis  pas  du  tout  de  son  avis.  Je  crois 
que  les  sels  mineraux  agissent,  au  point  de  vue  de  l’alimentation,  sur  les  eaux  potables, 


DISTRIBUTIONS  D'EAU. 


277 


etce  serait  nier  completemcnt  l’efficacite  tics  eaux  minerales  quo  de  soutenir  que  la 
nature  de  ces  sels  est  sans  influence  soricuse.  J’ai  pu  constatcr,  par  dcs  experiences 
vraiment  irrecusables,  conibien  la  presence  do  certains  scis  est  capable  de  produiro 
d’effets  different*,  suivant  leur  nature. 

Ainsi,  si  vous  prenez  ties  eaux  contcnant  une  tres-minime  quantite  do  chaux  hydratee 
et  si  vous  y places  ties  poissons,  les  poissons  meurent  immediatement.  Si  vous  jetez 
dans  l’cau  du  chlorura  tie  calcium  ou  des  hypochbritcs,  les  diets  cn  seront  dcs  plus 
nuisibles  pour  l’existence  du  poisson.  II  cn  faudra  bien  peu  pour  determiner  la  mort; 
cesfaits  ont  etc  parfaitement  etablis;  ties  usiniers  ayantrejete  a la  riviere  du  chloruro 
de  calcium,  on  a pu  en  constatcr  les  resultats  facheux.  II  n’est  done  pas  indifferent  tie 
savoir  s’il  y a des  sels  dans  les  eaux  potables  et  quelle  en  est  la  nature.  Je  consi- 
dere l’analyse  commc  un  puissant  moycn  d’investigation.  Les  eaux  qui  contiennent 
des  nitrates  ou  des  sulfates  sont  essentiellement  insalubres. 

II  faut  done  savoir  quelle  est  la  composition  mineralcdes  eaux  destinees  a l’alimen- 
tation. 

M.  Gerardin  nous  disait  que  deux  eaux  convenablcs  devenaient  nuisibles  si  on  les 
melangeait.  Je  voudrais  bien  savoir  comment  lc  f.iit  peut  s’oxpliqucr.  En  science,  en 
effet,  il  faut  ou  bien  que  la  question  tie  fait  et  d’cxperienco  soit  si  bien  etablie  que  cola 
puiase  etre  considere  commc  indiscutable,  ou  bien  que  Ton  nous  donne  une  explica- 
tion theorique.  Or,  nous  n’avons  qu’une  afl'irmation. 

M.  Gerardin  nous  a parle  des  eaux  troubles  qu’il  considere  commc  meilleures  que  les 
eaux  claires.  Je  ne  partage  pas  non  plus  cctte  maniere  de  vciretjene  sais  pas  pour- 
quoi,  aussi  bien  au  point  de  vue  theorique  qu’au  point  de  vue  dcs  faits,  les  eaux  trou- 
bles seraient  plus  convenablcs  a l’alimenlation  que  les  eaux  claires.  J’ai  pu  constater 
que  les  eaux  de  Genck,  pres  du  Demer,  dans  le  Limbourg.  sont  toujours  troubles  et 
que  l’on  ne  peut  les  clarifier.  C’est  & peine  si,  apres  un  depot  tres  prolonge,  la 
partie  superieure  devient  claire.  Eh  bien  ! cette  cau  trouble,  legerement  laiteuse, 
est  eminemment  nuisible.  Aussi  les  habitants  se  defient-ils  de  ces  eaux;  les  etrangers, 
qui  ne  savent  pas  combien  clles  sont  insalubres,  sont  exposes  a des  indispositions  tres- 
serieuses. 

Quant  aux  effets  industriels  que  les  eaux  peuvent  produire,  ils  varient  k l’infini. 

Ici,  nous  n’avons  plus  a examiner  si  les  eaux  sont  potables.  Tel  industriel  desire  que 
l’eau  renferme  certaines  matieres  organiques;  tel  autre  desire  le  contraire.  Dontiez,  par 
exemple,  au  fabricant  de  papier  l’eau  la  plus  claire,  ce  sera  cello  qu’il  preferera.  Lors- 
qu’il  y a des  matieres  organiques  dans  l’eau  dont  se  sert  une  papeterie,  on  est  expose 
k voir,  au  bout  d’un  certain  temps,  lc  papier  moisir;  ce  papier  se  conserve  mal  et  ne 
tarde  pas  a se  picotter.  Donnez  au  fabricant  de  papier  dcs  eaux  claires,  des  eaux  de 
roche  comme  en  fournit  l’Ecosse,  il  sera  enchante. 

Les  eaux  de  l’Ecosse  alimentent  un  tres-  grand  nombre  d’etablissements  industriels. 
L’industrie  est  tres-prospere  dans  ce  pays.  11  semblc  ccpendant,  d’apres  M.  Gerardin, 
que  ce  ne  sont-  pas  la,  des  eaux  privilegiees.  Je  crois,  moi,  que  ces  eaux  sont  les 
meilleures. 

En  resume,  on  peut  dire  que  lorsqu'on  se  place  au  point  do  vue  de  1’alimentation, 
l’eau  potable,  l’cau  dcstinee  aux  usages  alimentaires  ne  peut  pas  contenir  de  matieres 
organiques  et  qu’en  ce  qui  concerne  les  principes  mincraux,  ello  ne  peut  en  contenir 
que  dans  des  proportions  fort  restreintes,  alors  meme  que  ces  combinaisons  minerales 
ne  sont  pa3de  nature  k exercer  des  effets  nuisibles  sur  Teconomie  Entout  etat  de  cause, 


27R 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GltNjtRALE. 


l’eau  qui  renfermerait  une  forte  proportion  do  nitrate  ou  de  sulfate  serait  une  eau  mal- 
saine. 

II  suffit,  pour  s’en  convaincro,  de  se  placer  ft  un  point  de  vue  pratique.  Pourquoi  les 
eaux  de  Paris  sont-clles  mauvaises  ? Parce  qu’elles  contiennent  des  sulfates  calcaires. 

Je  conclus  done  en  disant  qu’il  faut  faire  l’analyse  des  eaux  et  tenir  compte  de  leur 
composition  chimique;  cela  est  absolument  necessaire.  ( Applaudissements .) 

M.  Gerardin.  — Au  point  de  vue  de  l’analyse  minerale,  je  suis  de  l’avis  de  M.  Berge. 
Maisje  n’ai  pas  eu  lc  temps  d’entrer  dans  des  details  en  ce  qui  concerne  le  melange  des 
eaux.  J’y  reviens  pour  repondre  ftM.  Berge. 

Tootes  les  eaux  renferment  des  etres  vivants  qui  sont  caracteristiques  de  leur  qua- 
lite.  Si  vous  melangez  deux  eaux  ensemble,  il  arrive  tres-souvent  que  les  etres  qui 
vivaient  dans  les  deux  especes  d’eaux,  avant  le  melange,  meurent  en  metne  temps,  des 
que  ce  melange  est  fait. 

Ainsi,  l’eau  de  mer  a ses  habitants;  j’y  ajoute  de  l’eau  douce,  qui  est  peuplee  d’autres 
animalcules,  etj’ai  de  cette  fapon  de  l’eau  saumatre.  Mais  niles  animalcules  marins, 
ni  les  animalcules  d’eau  douce  ne  peuvent  vivre  dans  l’eau  saumatre.  Ils  meurent 
done  et  leurs  corps  se  putrefient. 

Alors,  nait  une  autre  generation  qui  se  trouve  appropriee  au  nouveau  milieu,  et  qui 
absorbe  les  debris  des  generations  qui  ont  peri  au  moment  du  melange.  Ce  n’est  qu’a- 
pres  plusieurs  jours  qu’on  peut  considerer  le  melange  des  deux  eaux  comme  etant 
parvenu  ft  un  etat  d’equilibre  stable. 

Avant  d’achever,  je  dois  faire  remarquer  que  je  n’ai  pas  voulu  dire  que  l’eau  est 
d’autant  meilleure  qu’elle  est  plus  trouble.  -J’ai  voulu  dire  que  l’eau  de  riviere  s’eclair- 
cit  plus  vite  que  l’eau  de  source;  voilft  tout  simplement  ma  pensee  sur  ce  sujet. 

La  seance  est  levee  a midi. 


STANCE  DU  30  SEPTEMBRE. 

Presidence  de  M.  Berge. 

I, a seance  est  ouverte  A 9 heures  et  quart. 

L’assemblee  reprend  la  discussion  du  rapport  de  M.  Zimmer  sur  la  ques- 
tion des  eaux. 

DEBAT. 

M.  Douglas  Galtoh,  membre  de  la  Societe  royale  des  sciences  (Londres.)  — Les 
orateurs  qui  ont  pris  la  parole  dans  la  seance  d’hier  se  sont  particulierement  occupes, 
messieurs,  de  la  composition  chimique  des  eaux,  de  leurs  qualites,  des  effets  qu’elles 
produisent  sur  la  sante.  Mais  ils  ont  laisse  de  cote  la  question  de  la  distribution  et  de 
la  somme  d’eau  qu’une  ville  doit  donner  quotidiennement  ft  chaque  habitant. 


DISTRIBUTIONS  D’EAU. 


279 


La  distribution  des  eaux  en  Angloterre  se  fait  do  deux  fayons  : il  y a la  distribution 
au  moyen  de  citernes,  de  reservoirs  qui  sont  remplis  une  fois  par  jour,  et  la  distribution 
constante  qui  permet  au  consommateur  de  prendre  l’eau  dircctement  aux  tuyaux  de 
service. 

De  ces  deux  systemes  de  distribution,  le  second  est  lc  plus  economique  et  offre  sur 
les  premiers  cet  avantage  quo  les  citernes  ne  sont  pas  toujours  nettoyees  et  que,  dans 
ce  cas,  elles  ne  peuvent  donner  que  de  mauvaise  eau;  mais  il  necessite  une  grande  sur- 
veillance : il  faut  que  les  tuyaux  soient  toujours  en  bon  etat  pour  eviter  les  fuites  et  la 
perte  d’eau  qui  en  resulte. 

Toutefois,  mieuxvaut,  sous  tous  les  rapports,  une  distribution  constante  qu’une  dis- 
tribution rationnee  aumoyen  de  reservoirs. 

M.  le  comte  Franyois  Vander  Straten-Ponthoz,  vice-president  de  la  Societe  cen- 
trale  d’agriculture  (Bruxelles).  — Je  desirerais  revenir  sur  ce  que  j’ai  dit,  hier,  au 
sujet  des  expropriations  et  des  indemnites. 

Il  est  evident  que  les  prises  d’eau  en  favour  des  villes  peuvent  constituer  une  perte 
enorme  pour  les  campagnes  et  qu’une  indemnite  est  due  acelles-ci. 

Laloi  sur  les  expropriations  devrait,  jusqu’h  un  certain  point,  s’appliquer  a la  ma- 
tiere  qui  nous  occupe.  Mais  les  tribunaux  n’accordent  guere  d'indemnites  h ceux  qui 
sontdepossedes  de  leurs  eaux,  merae  des  sources  detournees  par  le  drainage. 

D’apres  la  jurisprudence  que  Ton  tend  hfaire  prevaloir,  les  eaux  courantes  ne  sont 
la  propriete  de  personne,  sauf  les  sources  particuiieres,  Ainsi  le  veut,  dit-on,  le  code 
civil,  ce  qui  est  une  grande  erreur. 

En  ce  moment,  la  ville  de  Bruxelles  fait  des  travaux  considerables  pour  le  drainage 
d’une  partie  de  la  vallee  etde  laforet  de  Soignes,  ou  differents  ruisseaux  et  differentes 
rivieres  prennent  naissance.  Eh  bien  ! la  ville  de  Bruxelles  ne  se  croit  pas  obligee  a in- 
demniser  les  usiniers  qui  se  trouvent  le  long  de  ces  ruisseaux;  elle  ne  se  croit  pas  obligee 
non  plus  d’indemniser  les  proprietaires  des  etangs  ct  des  fontaines  mis  a sec. 

Voili  l’etat  des  choses  dans  ce  pays. 

Notre  legislature  est  saisie  d’un  projet  de  loi  sur  la  reglementation  des  eaux.  D’apres 
ce  projet,  il  ne  serait  accorde  aucune  indemnite  aux  proprietaires  qui  se  trouvent  leses 
par  la  perte  des  eaux  dont  ils  ont  toujours  joui. 

Au  Congres  d’hygiene  de  1852,  qui  se  transforma  en  Congres  de  legislation,  le 
principe  de  la  propriete  des  eaux  courantes  a ete  si  habilement  developpe  en  favour  de 
l’Etat  que  e’est  encore  ce  principe  qui  doraine  dans  le  projet  dont  je  vous  parle;  il  donne 
aux  deputations  provinciales  le  droit  de  repartir  i chacun,  riverain  ou  non,  l’eau  des 
rivieres  et  des  ruisseaux. 

C'est  contre  ce  principe  que  j’ai  proteste  et  que  je  proteste  encore. 

M.  le  comte  Torelli,  senateur  (Milan).  — - Pour  determiner  la  quantite  d’eau  neces- 
saire  aux  besoins  des  campagnes,  il  faut  tenir  compte  du  climat  et  de  plusieurs  autres 
considerations  particuiieres;  il  faut  savoir  ce  que  le  soleil  et  lc  sol  absorbent,  ce  que 
consomment  l’homme  etle  betail;  il  faut  savoir  aussi  quelle  est  la  quantite  d’eau  em- 
ployee pour  les  usages  industriels. 

Pienons  les  villes  d’ltalie,  Rome  et  Venisc,  par  cxemplo.  Elles  n’ont  pas  besoin  do  la 
meme  distribution  d’eau  que  d’autres  villes  de  l’Europe.  11  est  bien  difficile  d’etablir 
une  moyenne.  Si  vous  avez  un  flcuve,  vous  pouvez  y puiser  de  l’eau  en  abondance;  si 


580 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  GjtN^RALE. 


le  lleuvo  C8t  situoloin  de  la  ville,  cette  ressource  disparatt.  11  est  utile  que  les  habi- 
tants dc  la  ville  ne  soient  pas  obliges  de  faire  un  trop  long  trajet  pour  avoir  del’eau 
et  que  la  distribution  soit  telle  qu’ils  puissent  tous  so  procurer  de  Peau  dans  leurs 
maisons,  s’ils  n’ont  oas  de  puits  ou  de  fontaincs. 

On  pourrait  fixer,  dit-on,  un  minimum  do  cinquante  litres;  il  y a des  pays  ou  cela 
suffit,  en  effet.  Mais  l’habitant  de  Venise  avee  cinquante  litres  aura  bien  plus  d’eau  que 
celuide  Milan  avee  cent  litres. 

II  faut  tonir  compte  aussi  du  nombro  de  bestiaux  et  d’usines  reunis  dans  les  villes  et 
savoir  si  celles-ci  sont  ouvertes  ou  fermees. 

Je  tiens  moins  a la  quantite  qu’a  la  qualitc  de  Peau  distribute  dans  les  habitations. 

Quandl’eau  est-elle  bonne?  L’eau  bonne  est  celle  qui  fait  du  bien  lorsqu’on  la  boit 
ou,  tout  au  moins,  qui  ne  fait  pasdomal.  II  faut  que  Peau  soit  fraiche  et  bien  aeree. 

Quelles  causes  rendent  l’eau  mauvaise?  II  y en  a beaucoup;  je  ne  veux  citer  que 
les  principales  : 

1 0 II  y a,  d’abord,  dans  les  pays  anciennement  habites,  les  matieres  organiques  qui 
se  sont  infiltrees  dans  le  sol.  Autrefois,  on  enterrait  dans  les  eglises  et  autour  des  egli- 
ses;  les  cimetieres  ont  contribue  dans  les  fortes  agglomerations  a alterer  la  qualiie  de 
l’eau.  — 2°  Dans  les  campagnes,  e’est  le  fumier  qui,  ordinairement,  rend  Peau 
mauvaise. 

A Milan,  on  croyait  avoir  de  la  bonne  eau.  On  a fait  des  etudes  tres-approfondies  avee 
le  secours  de  la  chimie,  on  a analyse  les  eaux  et  on  a trouve  que,  dans  toute  la  ville,  il 
n’y  avait  pas  un  puits  qui  donnat  de  la  bonne  eau.  Pourquoi?  Parce  que  les  matieres 
organiques  s’etaient  infiltrees  dans  le  sol  depuis  des  siccles. 

11  y avait  a Florence  un  homme  de  beaucoup  d’esprit,  un  medecin  dont  le  nom 
m’echappe,  qui  disait  a ce  propos  : « Les  Florentins  ont  bu  leurs  ancetres  «.  ( Rives .) 
C’etait  une  plaisanterie,  mais  elle  ne  manquait  pas  d’un  fond  de  verite.  Il  est  prom  t que 
Peau  de  Florence  est  une  des  plus  mauvaises  de  PItalie;  elle  est  impregnee  de  matieres 
organiques  accumulees  depuis  des  siecles.  Florence  est  une  ville  tres-ancienne  qui 
a ete  le  theatre  de  guerres  nombreuses,  d’tpidtmies  terribles,  et  les  morts  ont  ete  en- 
terres  en  quantite  considerable  dans  ses  murs. 

Il  faut  autant  que  possible,  pour  la  consommation,  chercher  de  Peau  courante.  Si 
Pon  dispose  de  puits,  il  faut  que  ces  puits  soient  au  moins  eloignes  de  neuf  a dix  nietres 
des  egouts. 

A la  campagne,  un  ruisseau  seul  donne  quelquefois  de  Peau  & tout  un  village;  l’eau 
exposee  a Pair  est,  enhiver,  tres-froide  et,  en  ete,  tres-chaude.  Il  suffirait  d’une  cen- 
taine  de  francs  pour  faire  couvrir  ce  ruisseau  et  avoir  de  Peau  bonne  dans  toutes  les 
saisons.  Mais  le  malheur  est  qu’a  la  campagne,  les  Administrations  se  decident  diffici- 
lement  a faire  des  depenses. 


M.  le  docteur  Laussedat,  depute  (Paris).  — Messieurs,  la  question  que  nous  discu- 
tons  est  assurement  Pune  des  plus  importantes  et  des  plus  difficiles  sinon  a traiter,  du 
moins  k resoudre. 

En  effet,  les  eaux  peuvent  etre  considerees  k un  grand  nombre  de  points  de  vue. 
Nous  nous  occupons  surtoutici  de  ce  qui  a rapport  k l'alimentation.  Mais  les  eaux  qui 
sont  si  utiles,  si  necessaires  sont  quelquefois  dommageables.  Il  faut,  en  certaines 
circonstances,  sc  premunir  contrc  le  danger  qu’entrainent  avee  elles,  par  exemple,  les 
inondations,  les  infiltrations,  les  stagnations.  A tous  ces  points  de  vue,  la  question 


DISTRIBUTIONS  D’EAU. 


281 


offre  un  interet  considerable;  mais,  cnvisagec  de  cetto  fa^on,  elle  ne  rentre  paspreci- 
sement  dans  les  attributions  dc  notre  section.  Ccpendant,  il  ne  faut  pas  negliger  ce 
cote  du  probleme.  II  le  faut  d’autant  moins,  meme  quand  nous  nous  occupons  speciale- 
mcnt  de  l’alimentation  dcs  villes,  qu’il  y a bcaucoup  de  localites  oil  les  prises  d’pau, 
faites  pour  pourvoir  i cetto  alimentation,  nuiscnt  bcaucoup  aux  autres  intercts. 

Vous  avez  entendu  les  recriminations  qui  so  sont  produites  on  France,  lorsque,  pour 
alimenter  la  ville  de  Paris,  on  a cnlcve  i plusieurs  provinces  les  eaux  qui  leur  etaient 
necessaires,  cntr’autres  les  eaux  de  la  Somme. 

Les  capitales  font  pnrfois  de  grandes  choses,  qui  ont  leur  raison  d’etre,  leur 
utilite  dans  notre  civilisation.  Mais  clles  sont  aussi  tres-exigeantes  et  dies  prennent 
souvent  aux  autres  populations  ce  qu’il  serait  bon  de  lour  laisser  et  ce  qui  leur 
appartient. 

De  li,  decoule  la  necessite  d’une  reglementation  sericuse  dans  le  mode  d’alimenta- 
tion  des  villes. 

Jc  ne  parlerai  pas  des  interets  prives,  qui  sont  cependant  tres-respectables  et  que 
l’edilite  meme  ne  peut  laisser  fouler  aux  pieds,  parce  que  le  droit  de  propriete,  sous 
toutes  ses  formes,  doit  etre  respecte  ; mais  il  y a,  je  le  repete,  dans  les  lois  et  dans 
les  reglcments  sur  la  matiere  des  considerations  tres-variees  et  qui  ne  permettent 
pas,  je  crois,  de  donncr  une  formule  uniforme. 

Voiciun  fait  tres-interessant  ettres  grave  qui  se  produit  en  ce  moment.  En  Suisse, 
la  ville  de  Geneve,  quiest  situee  sur  le  lac  Leman,  dans  lequel  il  semble  qu’on  peut 
puiser  a volonte.  dispose  egalement  des  eaux  du  Rhone.  Le  Conseil  cantonal  a etabli 
sur  le  fleuve,  a sa  sortie  du  lac,  un  systeme  dc  pompe  qui  lui  a pcrmis  de  distribuer 
dans  la  ville  des  quantites  d’eau  enormes.  Or,  le  fait  scul  de  l’existence  de  ce  systeme 
a fait  tellemcnt  baisser  le  niveau  du  lac  que  la  navigation  en  souffre.  Le  canton  de 
Yaud  a adresse  des  reclamations  au  Conseil  federal  et,  deja,  celui-ci  aprevenu  la  ville 
de  Geneve  « qu’il  serait  oblige  dc  prendre  dcs  mesures  pour  supprimer  Tabus  signale  ^ 
son  attention  ». 

Vous  voycz,  messieurs,  combien  il  importe,  en  raison  des  localites,  de  laisser  aux 
nations  le  droit  de  regler  cette  question  des  eaux,  en  tenant  compte,  bien  entendu,  des 
necessites  diverses. 

Mais,  je  l’ai  deja  dit,  ce  qui  doit  surtout  nous  occuper  ici,  c’est  de  donner  aux  popu- 
lations de  l’eau  potable  en  quantite  suffisante. 

Jc  crois,  comme  l’honorable  preopinant,  que  nous  ne  pouvons  pas  resoudre  la  ques- 
tion de  la  quantite  minima.  Au  point  de  vuc  de  l’alimentation,  la  question  de  quantite 
est  tres-importante.  On  ne  saurait  jamais  avoir  assez  d’eau.  C'est  en  cette  matiere  sur- 
tout que  l’on  pourrait  dire  que  « le  trop  n’cst  pas  assez  ».  On  nous  a demontre  que  la 
somme  d’eau  neccssaire  a une  ville  varie  bcaucoup  selon  les  besoins  de  l’induslrie,  de 
la  salubrite,  de  ralimentation,  du  nombre  des  animaux  domestiques.  Je  suis  done 
d’avis  que  la  discussion  doit  porter  principalement  sur  la  question  de  qualite;  nous 
nous  occuperons  ensuite  des  principes  generaux  de  la  reglementation,  mais  sans  ar- 
retcr  ces  principes  d’une  maniere  uniforme. 

M.  Douglas  Galton.  — En  Angleterre,  la  quantite  des  eaux  distributes  varie  selon 
les  villes.  Li  oil  il  y a des  citerncs,  cette  quantite  va  de  180  a 220  litres  par  jour  et  par 
habitant.  Dans  les  villes  oil  il  y a un  service  d’eau  permanent,  la  quantite  quotidienno 
est  parfois  de  130  litres. 


282 


PREMIERE  SECTION.  — HYGIENE  G&*£RALE. 


II  ne  faut  pas  pcrdre  de  vuo  qu’avcc  le  systeme  du  service  constant,  on  paie  ordinai- 
rement  la  moyenne  dc  la  quantite  delivree.  Si,  au  contraire,  il  y a des  citerncs,  on 
paie  genaralement  tant  par  maison  et  parannec.  Quand  on  paie  d’apres  la  quantite,  ilse 
trouve  des  gens  qui  economisent  l’eau  beaucoup  plus  que'si  on  la  payait  par  une  contri- 
bution fixe  annuclle. 

La  question  sanitaire  intcrvient  ici,  car  il  est  desirable,  ace  point  de  vue,  que  la 
quantite  d’eau  a consommer  ne  soit  pas  trop  restreinte.  Il  est  done  important  de  sa* 
voir  si  la  consommation  d’eau  est  plus  forte  lorsqu’on  la  fait  payer  par  annee  que  lors- 
qu’on  en  fait  payer  exactement  la  quantite  consommee. 

Une  autre  question  se  presente  : colie  de  savoir  s’il  n’est  pas  du  devoir  des  Munici- 
pality de  fournir  do  l’eau  a tous  les  habitants.  L’eau  est  aussi  necessaire  que  l’air. 
A une  epoque  of!  la  civilisation  etait  moins  avancee,  l’eau  n’etait  pas  distribute  dans 
les  habitations , mais  il  y avait  des  fontaines  oil  tout  le  monde  pouvait  puiser.  Pour 
moi,  je  pense  que,  jusqu’&  un  certain  point,  l’eau  doit  etre  livree  au  consommateur 
sans  retribution.  ( Applaudissements .) 

M.  Deluc,  professeur  (Bruxelles.)  — Je  voulais  precisement  appeler  votre  atten- 
tion sur  le  point  que  vient  de  traitor  l’honorable  preopinant.  En  effet,  dans  les  grandes 
villes,  dans  celles  que  je  connais  le  mieux,  Paris  et  Bruxelles,  tout  se  faisait  dans 
l’ordre  d’idees  que  l’on  vient  d’indiquer. 

A Paris,  il  y avait  des  bornes-fontaines  qui  servaient  au  nettoyage  des  rues.  Le  ma- 
tin, elles  etaient  disposees  de  maniere  a permettre  a tout  le  monde  d’y  puiser  de  l’eau 
et  meme  de  s’y  lave.r,  si  l’on  en  sentait  la  necessite. 

On  a detruitles  bornes-fontaines  et  on  les  a remplacees  par  des  conduites  et  des  ro- 
binets  etablis  dans  le  sol  et  qui  ne  sont  plus  a la  disposition  du  public. 

J’etais  k Paris  dernierement  et  j’y  ai  vu  un  spectacle  qui  m’a  profondement  afflige. 
Il  y a la  des  fontaines  dont  Richard  Wallace  a dote  la  ville  et  a qui  on  a donne  le  nom 
de  ce  philanthrope.  Ces  fontaines  versent  de  l’eau  filtree  qui  est  tres-bonne.  Pendant 
les  chaudes  journees  du  mois  d’aout,  j’ai  vu,  autour  de  ces  fontaines,  des  centaines  de 
personnes  — je  n’exagere  pas  — attendant  pendant  cinq  minutes,  dix  minutes,  un 
quart  d’heure  pour  boire  une  tasse  d’eau. 

J’etais,  je  le  repete,  afflige  de  ce  spectacle ; d’abord,  parce  qu’il  est  etonnant  qu’une 
Municipality  comme  eelle  de  Paris  ait  attendu  la  generosite  d’un  etranger  pour  rendre 
a la  ville  qu’elle  administre  un  pareil  service  ; ensuite,  parce  que  cette  accumulation 
de  personnes  indiquait  evidemment  l’insuffisance  du  nombre  de  fontaines. 

Autrefois,  il  y avait  aussi  a Bruxelles  des  fontaines  accessibles  a tout  le  monde.  Je 
citerai  celles  qui  coulaient  a la  place  des  Martyrs  et  derriere  l’Hotel-de-Ville  ; elles 
ont  disparu.  Pourquoi  ? 

La  quantite  d’eau  distribute  par  personne  importe  peu,  si  l’eau  coule  dans  les 
egouts.  Il  faudrait  done  des  bornes-fontaines  delivrant  de  l’eau  pour  tous  les  usages.  - 
Pas  n’est  besoin,  devant  un  auditoire  d’hygienistes,  de  rappeler  l’importance  des 
fonctions  de  la  pcau.  Rendez-vous  compte  do  la  situation  des  ouvriers  employes  dans 
une  usine.  Ces  homines  se  salissent  la  figure  et  les  mains  non-seulement  par  les  ne- 
cessites  du  travail,  mais  encore  par  toutes  les  emanations  auxquelles  ils  sont  exposes. 
Or,  comme  il  n’y  a pas  dans  la  rue  de  fontaine  qui  soit  disposec  de  maniere  a leur 
permettre  de  se  laver,  les  ouvriers  sont  obliges  de  prendre  lours  repas  avec  des  mains 
et  une  figure  sales.  De  lii,  des  habitudes  de  malproprete.  Lorsqu’ils  rentrent  chez  eux, 


DISTRIBUTIONS  D’JSAU, 


283 


ils  ne  songcnt  plus  k se  dcbarrasser  de  toutes  ces  substances  qui  arretent  la  transpira- 
tion de  la  peau  et  les  fonctions  indispensables  k la  santo. 

Je  conclus  done  en  disant  que  plus  los  fontaines  seront  nombreuses,  mieux  dies  se- 
•ront  disposees  et  accessibles  au  public,  et  plus  l’hygiene  cn  ressentira  les  bons  effete. 

M.  Varrentrapp,  conseiller  intime  de  sante  (Francfort-sur-Mein.)  — Si  nous  vou- 
lons  resoudre  la  question  des  eaux  de  fagon  it  donnor  aux  populations  de  la  bonne  eau 
etde  l’eau  en  quantite  sufnsante,  je  crois  qu’il  faut,  avant  tout,  tenir  compte  d’une 
•chose  essentielle.  Nous  sommes  des  hygienistes  et  nous  ne  pouvons  pas  nous  mettre 
- sur  le  terrain  oil  s’est  place  l’honorable  M.  Torclli. 

Si  l’on  parle  des  villes,  il  faut  un  approvisionnement  general  coramun  qui  re- 
jette  toute  prise  d’eau  dans  la  ville  memo.  II  faut  rechercher,  hors  de  son  enceinte, 
des  sources  suffisamment  fournies  ou,  si  l’on  n’en  a pas,  avoir  recours  k des  ruis- 

• seaux,  k des  fleuves,  dont  l’eau  doit  etre  soumise  a une  bonne  filtration. 

Je  crois,  messieurs,  que  nous  devons  fixer  une  quantite  minimum  d’eau  a la  con- 

• sommation.  Si  un  Conseil  municipal  econome  ne  donne  que  30  ou  50  litres  par  tete 

• d’habitant,  nous  devons,  nous,  hygienistes,  faire  remarquer  que  cette  quantite  est  in- 

• suffisante.  Sans  doute,  nous  voulons  bien  reconnaitre  qu’une  ville  comme  Venise  n’a 
besoin  que  d’une  petite  somme  d’eau.  Mais  une  ville  dans  laquelle  s’exercent  de 
nombreuses  industries  doit  disposer  d’une  somme  d’eau  considerable. 

Dans  mon  opinion,  le  chiffre  de  150  litres  est  un  minimum  que  l’on  peut  admettre. 
Je  veux  bien  que  pour  certaines  villes,  pour  Venise,  par  exemple,  on  fasse  une  excep- 
tion. Mais  occupons-nous  de  la  generality.  Eh  bien ! si  nous  voulons  etre  utiles  aux  po- 
pulations, nous  devons  fixer  un  minimum.  En  negligeant  ce  point,  nous  ne  ferons  pas 
■ notre  devoir.  ( Applaudissements .) 

Je  crois  qu’il  est  contraire  k une  saine  economie  politique  d’etablir  beaucoup  de 
bornes-fontaines  et  de  ne  pas  obligor  les  proprietaires  & introduire  1’eau  jusqu’aux 
etages  superieurs  de  leurs  habitations. 

Je  suis  president  k Francfort  d’une  Societe  creee  pour  la  construction  de  maisons 
ouvrieres.  Les  maisons  construites  ont  cinq  etages  et  nous  avons  a y placer  des  water- 
closets  jusqu’au  quatrieme.  Mais  il  y a des  maisons  ou  ces  water-closets  ne  peu- 
vent  etre  installes  parce  qu’il  n’y  a pas  de  canalisation.  Le  locataire  a qui  l’on  impose 
un  loyer  de  200  francs  ofire  d’en  donner  250  pour  avoir  de  l’eau. 

Imaginez-vous  une  mere  de  famille  qui  a un  enfant  au  sein  et  un  autre  enfant  qui 
ne  peut  encore  marcher  : cette  femme  ne  trouve  pas  d’eau  a